Le Monde illustré, 20 juin 1891, samedi 20 juin 1891
[" \u201cLE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS: 8Mk ANNEE, No 372\u2014SAMEDI, 20 JUIN 1891 ANNONCES : Un an, $3.00 - - - Six mois.81.50 La ligne, par insertion - - - - - 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - 8 cents Vendu dans les dépôts - - 5 eents lu copie | BUREAUX, 10, PLACE JACQUES-CARTIER.MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long terme MUNSIGNOR ETIENNE ISSA SA BEATITUDE Mar PIERRE-ELIE XI1 ABOLYENAN 114 LE MONDE ILLUSTRE Ee LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 20 JUIN 1891 SOMMAIRE GRAVUREs : Portraits : Joreph-Edmond Roy, de la Société Royale ; Sa Béatitude Mgr Pierre-Elie XI) Abolyonan ; Monsignor Etienne Issa.\u2014Les événe- ments de Bulgarie : Expulsion de la reine Nathalie, \u2014Fn Bretagne : Une procession du mois de Marie au bord de ls mer.TxxTE : A l'étranger, par A.d\u2019Audeville.\u2014Nos jeunes littératours : Silhouette:, par Jean Rit.\u2014Les événe.ments de Belgrade.\u2014Peurquoi lire le journal *'\u2014 Poésie : Silence, par Charles Fuster.\u2014Joseph-Ed- mond Roy, par Benjamin Sulte et Chs- à, (jauvresu.\u2014Le miroir de l'assassin, par Antonin Rondelet.\u2014 La grammaire pour tous.\u2014Chronique : Le triomphe e » Eglise, par Jules Saint-Elme,\u2014A propos de paris, par P.-G.Roy.\u2014La procession au bord de la mer.\u2014La légende des oranges rouges.\u2014Occasion, \u2014 Fable : La montagne et le corbeau, Jean Rémy.Le gentilhomme, par Adélard Lafond.\u2014La vie dans la tête d'un guillotind.\u2014Notes historiques.\u2014Feuille- ton : Fleur-de-Mai.\u2014 Choses et autres.Primes Mensoeues oo Mono Duos Ire Prime - .850 îme \u201c Ce 0 25 Sme \u201c 6444 15 dme \u201c Ce 10 5me \u201c oe, 5 6me \u201c Ce 4 Tme \u201c Ce 3 8me \u201c ce, 2 86 Primes, 281 .8 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle ublique, par trois pergonnes choisies par \u2018assemblée.Aucune prme ne sera payée he les 30 jours qui suivront le tirage de ue mois, A L'ETRANGER \"ÉTONNANT empereur d\u2019AI- lemagne, qui, tantôt affecte de se placer à la tête du mouvement socialiste, tantôt se montre le plus autoritaire des souverains, redoute les longueurs de l'é loquence sacrée Guillaume II vient d\u2019interdire aux prédicateurs de la cour de faire durer leurs sermons plus de quinze minutes, sous quelque prétexte que ce soit.J'imagine que pour faire exécuter cet ordre, ai l\u2019orateur, entraîné par le feu de l'improvisation, dépasse le temps réglementaire, un roulement de tambour lui coupera la parole.Quinze minutes ! Quels sont les Massillons d'Outre Rhin qui sauront, en si peu de temps, dire toutes ses vérités au jeune souverain.Passant du sacré au profane, il paraît qu\u2019on est fort embarrassé dans les villes qui ont l'honneur de recevoir l'empereur, au cours de son voyage à travers les provinces rhéannes.Guillaume II aime autant le champagne qu\u2019il déteste les produits français.Nombre de ses fidèles sujets fabriquent, il est vrai, un breuvage fallacieusement décoré du nom de la pétillante liqueur française, mais il n'en a que le nom, et ce n\u2019est pas assez.On s\u2019en tire comme l'on peut.A Dusseldorf, on avait affublé de menteuses étiquettes allemandes, d'honnêtes bouteilles res- tées françaises de cœur.C'était le monde renversé : des falsificateurs mettent une marque de contrefaçon sur des produits authentiques.A Cologne, c'est une maison française qui avait gratuitement fourni le champagne, à la seule con- ition qu'on ne servirait pas d'autre vin mous seux durant le re On a pas dit son nom.Le toast de Guillaume II dans cette dernière ville a fait quelque bruit de par le monde.La coupe & la main, fit on prince, on se laisse entraîner parfois, cela peut arriver à tous les fonctionnaires, aussi bien aux plus grands qu'aux plus humb'es.Dernièrement, dans un repas de fonctionnaires de village : \u2014Je bois à la science ! s\u2019écrie l\u2019instibuteur de l'endroit.\u2014Et moi, répond le facteur rural, je bois-t-aux lettres ! Il faut excuser les écarts de langage des grands, comme les écarts de grammaire des petits.+ * Voilà le prince de Bismarck entré par une basse porte au Reichstag, où jadis il pénétrait plus fièrement.Quelle attitude y prendra til ! Mystère encore.Mais la comédie qui va se jouer là ne peut manquer d\u2019être amusante pour nous, les spectateurs.Les torches qui ont éclairé les derniers honneurs rendus à son heureux collaborateur, le comte de Moltke, sont à peine éteintes Il n\u2019est pas trop tard pour rappeler une aventure du maréchal qui vient de mourir chargé d'ans et de gloire.Alors qu\u2019il était en garnison à Francfort, simple lieutenant, déjà travailleur acharné, mais encore modeste et timide, le jeune de Moitke s'éprit de la fille du général de Bulow, qui commandait la garnison de Custrin.La belle Hippolyta, dont les beaux yeux avaient tourné la tête du lieutenant, répondait d\u2019ailleurs à ce doux sentiment et tout aurait marché à souhait, sans le papa.Le général de Bulow, malheureusement pour les jeunes gens, à l'instar du Grand Frédéric, aimait les beaux hommes largement étoffés.Or, s'il avait pour lui les grâces de la jeunesse, auxquelles restait insensible le vieux général, le lieutenant de Moltke était d\u2019une maigreur désespérante et son étroite poitrine annonçait une constitution délicate.Le général, par attachement à ses principes et par prudence paternelle, souwit le jeune homme à un conseil de révision d\u2019un nouveau genre et consultât le docteur.La réponse du médecin ne fut pas favorable au lieutenant.L'homme de l\u2019art prédit au général u\u2019avec une telle maigreur, un thorax si étroit, Me Moltke finirait à bref délai dans la peau d\u2019un poitrinaire.Tout fut rompu.Mlle de Bulow se consola en épousant M.de Pétersdorff, qu\u2019elle rendit père de douze enfants, tandis que pour se venger du médecin, en le faisant mentir, de Moltke continua de vivre pendant soixante années.Soixante années ! n'est-ce pas l'excuse de l\u2019homme de l'art.De Moltke n'est pas mort phtisique, mais comment voules-vous que le plus habile homme du monde prédise si longtemps d'avance la fin qui nous attend ! * + * Les échos d'Irlande nous apportent une histoire ui montre le degré d\u2019impopularité où est tombé arnell.Un buste de l\u2019ancienne idole jadis adorée de tout un peuple, mis aux enchères pour en débarrasser une salle de réunion dont il était auparavant le plus bel ornement, a été adjugé pour la modeste somme de cinq centins Grandeur et décadence des hommes politiques ! A quoi tient la gloire ! : Savez-vous, par exemple, comment les journaux italiens expliquent les mésaventures en Afrique de M.Crispi, cet autre politicien auquel il est diffi- cila de ne pas penser quand on parle d'impopula- ité.ri La femme du roi Ménélick, désolée de voir tomber ses cheveux, avait demandé au comte Anto- nelli un cosmétique capable de les faire repousser.Un ambassadeur ne doit jamais être pris au dépourvu.La demande était pourtant si singulière que le comte Antonelli fut incapable de donner satisfaction 4 la reine.Plus habiles, les agents français lui offrirent non seulement un merveilleux cosmétique, mais encore, chose plus sûre peut-être, une perruque A la dernière mode.La reine, ravie de ces présents, manifesta tout son mépris pour les Italiens qui prétendaient protéger un trône, alors qu'ils étaient incapables de restaurer seulement une chevelure, et le vieux roi Ménélick, épousant la querelle de sa femme, rompit les négociations avec l'envoyé du roi Humbert, * * L'art de vivre longtemps, avec ou sans perruque, a toujours excité la curiosité des hommes, et depuis qu'il est d'usage d'infarviewer les gens, les reporter vont, comme Ja chose la plus naturelle du monde, demander aux grande hommes à cheveux blancs, comment ils s\u2019y sont pris pour vivre si longtemps.Voici Is réponse toute simple que vient de faire M.Gladstone au reporter du New-York Morning Journal : + * Vous voulez savoir comment on arrive À l'âge de quatre-vingt ans Mon Dieu ! c'est bien simple ! \u201c Chaque nuit, je dors paisiblement pendant sept heures.Quand je suis à Hawarden-Park, je vais tous les matins à l'église.\u2018utre le bien-être de l'esprit que procurent les exercices religieux, je crois qu\u2019en allant prier on répand sur le système nerveux tout entier un calme bienfaisant.\u201d C'eat très simple, en effet.Il est à remarquer, du reste, que tous ceux qui donnent des recettes plus ou moins infaillibles pour vivre longtemps, quand ils ne se moquent pas aimablement des reporters pour s'en débarrasser, comme faisait Chevreul, n'indiquent que des moy ens d\u2019une antique simplicité.J es médecins, il faut en convenir, ne jouent en cette affaire qu\u2019un rôle secondaire.Dieu me garde pourtant de médire d'eux et de contester leur utilité ; je prônerais bien plutôt l'idée originale du grand journal anglais, The Lancet, qui voudrait qu'on imposät à tous les docteurs un chapeau de forme spéciale, pour qu\u2019il fût possible de les distinguer au premier coup d'œil du commun des mortels en cas de besoin.Je demande un concours pour la forme à donner à ce chapeau.* * Dernièrement, dans un grand hôpital, le professeur entouré de ses élèves soigne un phtisique.\u2014Quelle est votre profession ! \u2014Musicien.\u2014Enfin, messieurs, dit le docteur en se tournant vers ses élèves, voici la démonstration expérimentale de ce que je vous ai enseigné à l\u2019ampbhithéâtre : la fatigue et les efforts qu\u2019occasionne l\u2019action de souffler dans un instrument do musique, prove- quent des désordres dans l'appareil respiratoire, et causent trop souvent l'affection dont souffre cet homme.Et s'adressant au malade : \u2014De quel instrument jouez-vous 1 \u2014De la grosse caisse, monsieur.Tableau.A.D'AUDEVILLE.LE GROS LOT L'heureux gagnant de la prime de $50 00, pour le dernier tirage mensuel des primes du Moxpz ILLUSTRÉ, est M.Louis Ferdinand Falardeau, marchand de chaussures, 77 et 79, rue des Fossés, Saint Roch, de Québec.L'on est plus souvent du r le défiance que par la confiance \u2014RæTz.pr ! NOS JEUNES LITTERATEURS SILHOUETTES La première série des ailhouettes ayant eu la vogue que nous en attendions, la rédaction a dé- ode de continuer la publication de ce travail.La majorité des lecteurs ont ri-\u2014sans arridre-pensée\u2014 de ce badinage sur nos jeunes, et les quelques ail- houettés qui se montrent froissés ont tort de se faire du mauvais sang.Marntas FiILION.\u2014Son visage vu à Ja loupe, se réduit à un nez superbe, d'après Roxelane.D'aucuns prétendent que c\u2019est un point d'exclamation.On a jamais pu savoir.Gesticulation saccadée et électrique.Reporter, blagueur, audacieux, nouvelliste, orateur et idéaliste.Parle en riant, écrit en pleurant.Prépare admirablement le canard ; preuve : son départ pour l'Afrique assez bien fait.A surtout écrit le Rosier d'amour et autres perles de même valeur Les jeunes filles, qui ne le connaissent pas, en raffolent.A ontrepris un travail sar le Ça ira au Sahara.Ses discours sont appréciés par ceux qui les paient.Signes particuliers : Païen.à Minerve.Consacre ses nuits E H.TELLIER.\u2014Colossal en tout.Dude.(Eil droit vitreux.Si vous rencontrez, rue Notre- Dame centre, un monocle retenu par une chaîne dorée, s\u2019enroulant se déroulant autour d\u2019un index quelconque, soyez certain que derrière cette machine infernale se dresse Tellier.Reporteur par éducation ; étudiant par goût ; propriétaire de journaux par compagnie.Soutient la doctrine de Il'unité : un et indivisible.C'est pourquoi il porte monocle et reste célibataire.Un mahométan canadien rapporte que Tellier est T'el- lier et Taillefer est un prophète.Signes particuliers : Partisan de la journée de deux heures de travail.Gloire de la patrie.Goperroi LANGLoIS \u2014Figurez-vous un beau grand gaillard de six pieds deux pouces, aux yeux noirs, mais atone ; aux cheveux d\u2019ébène ; À l\u2019esprit lent, lourd ; muscles d'acier, à la force herculéenne, .c'est juste le contraire de Langlois.Vif, journaliste, pétillard, déiste, spirituel, reporter, gaî, poète, petit, radical, orateur, railleur.Fait des mamours à sa musette.Ses idées avancées font se oriper les nerfe des bigots.À un succès fou dans les campagnes.électorales, Admirateur passionné de ses poésies.A fait de fortes études acoustiques! et pris des leçons de clairon ; depuis, s\u2019amuse à faire raisonner l'Echo des deux montagnes.Signes particuliers : Brutus.Binoclé.G.A.DumoxT.\u2014Figure plutôt mince que large.Yeux plutôt ternes que brillants.Teint plutôt jaune que blanc.Mine plutôt triste que joyeuse.Solitaire.Ancien typographe de caractère.Sainte Henriette lui permet de vendre des livres.A prouvé que les Loisirs d\u2019un homme du peuple ne sont pas ce qu\u2019un vain public pense.Eut la douleur de voir mourir, dans ses bras, après son sixième cri, le Courrier canadien.Signes particuliers : Président inamovible du Club Letellier.Doit publier les discours de C'ali- peaux avec notes et préfaces.J.W.Porrras.\u2014Chérubin blond, yeux bleus, cheveux frisés, avec une moustache de sapeur.Est poète en littérature.Tous les sujets sont élastiques pour lui.Phrase à clinquants.Images à profusion.Célèbre depuis son Ode à Léon XIII.N'est pas encore décoré.Ottawa le contient.Signe particulier ; À bonne opinion de lui.ARTHUR Giroux.\u2014Don Juan binoclé, de Saint- Henri de Montréal.Cheveux à la Pompadour.Comptable et froid à l\u2019extérieur ; nouvelliste et chaud à l'intérieur.Se livre à la littérature depuis 1884.Quoique jeune, a produit peu.A dernière- LE MONDE ILLUSTRE ment perdu son pseudonyme d\u2019A:thur Appeau.Libérale récompense à qui le retrouvera.ppoe Signe particulier : Ecrit deux articles tous les cing ans.J.A.Cuaussh.\u2014Jeune encore.Apparence blanche, rose et blonde, ME 51 0000 0 54 001 000005 100002 0000 Se th ere eee Eee saa ses 0 0 0 4 4 604 111000 UC 04 64554 4 4 414 1 1 0000 BNE Ete ssa es re Ba Eee etree ae eae Signe particulier : Naquit chaussé.VARAINE.\u2014Fluet.Chapeau mou, brun.Aurait pu être étudiant en droit, en médecine, en loi.Connaît l'énergie de nom.Journaliste, imberbe, dramaturge fécond.À produit pas moins de trente-deux tragédies, cent cinquante - quatre drames, trois cent quarante-huit articles et nouvelles.Malheureusement, aucun journal, aucun éditeur ne veut les accepter.Incompris.Son style coupé, haché, meurtri, plaît beaucoup aux torturés de Ia nature.Veut devenir décadent et réaliste.A choisi Massicotte pour chef d'école.Ce dernier est fier de son disciple.Signe particulier : Viogt-trois ans.JEsN Rie.LES EVENEMENTS DE BELGRADE (Voir gravure) Il vient de se passer en Serbie des événements graves.La mère du jeune roi, la reine Nathalie, qui avait obtenu la permission de séjourner près de son fils, a été violemment et subitement expulsée de Belgrade.Comme elle avait refusé de partir si l'on n'employait pas la force, la Régence envoya des agents pour l\u2019arrêter.La reine a cédé à la force et est montée en voiture pour aller à l\u2019embarcadère.Mais le peuple de Belgrade s\u2019est opposé à son départ : on a dételé les chevaux et on a ramené la reine en triomphe.Pendant ce temps, la Régence faisait avancer la troupe.Les manifestants ont jeté des pierres, les soldats ont fait usage de leurs armes, et de quatre heures à dix heures du soir la Régence a été tenue en échec.A onze heures, on a fait tirer sur les bous Serbes, et à minuit la reine Nathalie, mise dans une voiture et escortée par de la cavalerie, est partie pour Semlin.Le lendemain matin, les ministres et la Régence n'ont plus été d\u2019accord, le ministre de la Guerre à donné sa démission, une crise pour le moins ministérielle a éclaté, et le pauvre petit roi de treize ans, auquel on n\u2019a pas eu honte de faire signer le décret d'oxil de sa mère, est obligé de rester dans un château situé à une heure de Belgrade, attendant que sa politique ait triomphé.Voilà ce qui s\u2019est passé à Belgrade, \u2014et il fant souhaiter au jeune roi encore de longues années d'inconscience.Et maintenant que va faire la Régence ?La voilà débarrassée d'un roi auquel on reprochait de ne faire que la fête et d\u2019une reine à laquelle on reprochait de faire de la politique.Les régents vont pouvoir faire du gouvernement,\u2014rien ne les en empêche, \u2014 seulement ils ont fait preuve d\u2019une trop grande énergie envers une femme, et ce sont là des choses que la conscience publique ne pardonne pas.Que la reine Nathalie ait fait de la politique, c\u2019est possible, mais le roi Milan n\u2019en a-t-il pas Tait et le marchandage qui a précédé son départ n'est-il pas plus blâmable que les agissements d\u2019une femme, d'une mère ?Ce sont là des raisonnements que le peuple serbe se fait, et si demain nous apprenions que la révolution est faite en Serbie, que la régence a été donnée à la reine Nathalie, il faudrait ne s\u2019en étonner qu\u2019à demi.Il faudrait peut-être s\u2019en réjouir, si ce qui se passe à Belgrade ne regardait que les Serbes.Mais quelque ridicule que ls chose paraisse à certains esprits, tout ce qui se passe dans cette réserve aux allumettes de la politique internationale peut mettre l\u2019Europe du jour au lendemain en face de la guerre.Il serait ridicule de nier que la reine Na- 115 thalie représente sinon les intérêts, mais tout au moins l'influence russe.Et ai les Serbes la ra fellent 1 ot si elle revient 1 et si elle fait appel à protection du tear 1 Ce n'est pas ce que fera la Russie qui peut inquiéter, mais c'est ce que fers l\u2019Autriche ! POURQUOI LIRE LE JOURNAL 1 Pourquoi avoir des amis ?Pourquoi cesayer à classer nos ennuis et charmer nos loisirs Ÿ Pourquoi chercher à s'instruire, à acquérir des connaissances qui développent l'esprit en même temps qu'elles forment le cœur.La réponse à toutes ces questions se trouve dans la solution de la question :\u2014pourquoi lire le journal ?Comme l'intelligence tend toujours vers quelque chose et aspire sans cesse à apprendre, elle trouve dans la lecture l'aliment qui lui est naturel.Elle éprouve cette satisfaction qui se communique au cœur et qui produit le charme de la vie.La jouissance de l\u2019esprit et de l\u2019Âme est la seule qui puisse mériter le nom de bonheur.La lecture, qui nous apprend quelque chose d\u2019utile, nous procure une satisfaction intellectuelle qu'on éprouve pas même en compagnie d'amis qui nous amusent sans nous être utile.Le journal est le plus précieux de nos amis, 11 est I'intime de la maison.Il est notre com- psgnon du soir, après une journée de travail et de labeurs.C\u2019est notre conseiller pratique dans la carrière ou le métier que nous avons embrassé.C'est un ami qui éclaire et instruit.Le lecteur doit l\u2019aimer comme on aime un ami sincère et dévoué à ses intérêts.Alphonse Karr disait un jour : \u201c Chacun veut avoir un ami; presque personne ne pense à être ami.\u201d Le public, c\u2019est à-dire l'ouvrier, l'artisan, l'homme d\u2019affaires et de bureau se montre ami du journal, si le soir, en rentrant à la maison, on prend le journal, ou si en revenant de l'ouvrage on le prend au dépôt, comme on arrêterait prendre un intéressant compagnon.De son côté, le journal se montre l\u2019ami du lecteur, en lui apportant des nouvelles qui l'intéresseront et en lui donnant des renseignements qui l\u2019instruiront sur ses droits, sur ses devoirs et ses intérêts.Le journal travaille au développement des dispositions naturelles que le lecteur a déjà, et agrandit d\u2019une manière étonnante le cercle de ses idées.Ainsi le journal en travaillant au perfectionnement de l'intelligence, enseigne le devoir, et mieux les hommes connaissent leura devoirs, mieux ils sont disposés à les remplir.Il y a un fait indé- piable, c'est que plus un homme est intelligent, mieux il sait travailler, et si l\u2019homme instruit est plus laborieux et connaît mieux ses devoirs, l\u2019ignorance, au contraire, engendre la paresse, l\u2019imprévoyance, l'immoralité, le préjugé et bien d'autres maux.L'ouvrier ignorant dilapidera son sslaire, non seulement en dépenses inutiles, mais encore nuisibles.L'enseignement qui ressort de ces choses est très salutaire et l'homme avide de savoir trouve toujours dans le journal des choses utiles et intéressantes.Quant aux lecteurs et aux lectrices dont les dis- itions ne les portent pas aux études sérieuses, ils trouveront dans le feuilleton ce qui peut charmer les loisirs On aime parfois à sortir, en imagination de la vie réelle, où les soucis l\u2019emporteront sur les beaux jours pour voyager quelque peu dans ce monde idéal où l\u2019on s'intéresse, sans s\u2019attrister aux infortnnes d\u2019un personnage fictif, dont le bonheur rend heureux et dont les qualités et les vertus rendent meilleurs.En lisant ainsi chaque jour le journal, on acquiert, sans s\u2019apercevoir, une foule de connaissances qui ornent l'esprit et développe les qualités intellectuelles.Tout citoyen, à quelque état qu\u2019il appartienne, a besoin d'étude.La \u2018lecture du journal nous démontre nos intérêts et nous apprend À raisonner et À juger les hommes et les choses.Ft comme il n\u2019est pas permis d\u2019être indifférents À ses intérêts, il ne nous est pas permis de négliger la lecture du journal qui nous éclaire, nous instruit et nous arause, SILENCE Le grand silence est sain comme l'air de montagne.Le long de cette plage oh rien ne remuait, A la mer descendante et sous un ciel muet, J'allais, forçat guéri qu'on a tiré du bagne.Ma pose et mon orgueil, mon mal, tout était loin ; J'avais tout dépouillé du manteau de jactance ; Et, presqu'\u2019indifférent devant mon existence, Je la jugenis avec les yeux clairs d'un témoin.Ainsi les flots boueux et les linons du fleuve Vont se purifier au calme de la mer.Le grand silence est chaste ; il lave comme l'air : Voici que je reviens avec une Âme neuve.Z (Karke l'un \u2014 JOSEPH - EDMOND ROY (OE LA SOCIÉTÉ ROYALE) On dirait que la Société Royale recherche les jolis garçons : après avoir appelé dans ses rangs M L.-O.David, elle vient d\u2019élire M.J.-E.Roy, dont nos lecteurs trouveront le portrait dans une autre page.M.Roy n juste trente ans.Il est notaire ; c\u2019est même lui qui a passé le fameux contrat de vente du chemin de fer du Nord.Son père, Léon Roy, notaire aussi, est décédé il y à quelques années.Son frère, Pierre Georges Roy, est le directeur du recueil littéraire, le Glaneur, publié à Lévis.La famille Roy est résidente à Lévis où elle a des intérêts da propriétaire.C'est dans le comté de Lévis que Joseph-Ed- mond Roy a failli avoir le malheur d\u2019être élu membre du parlement.Echappé à ce péril, il a .tourné le dos à la politique et s'est trouvé en face de sa bibliothèque, vers laquelle il s\u2019est précipité à bras ouverts, comme auprès d\u2019une maîtresse qui revient à vous.Après avoir étudié au séminaire de Québec et avoir fait sa loi à Laval, il a été reçu notaire en 1880, puis durant plusieurs années a rédigé le Quotidien, de Lévis, journal qui le mena deux fois A la candidature politique, comme je l'ai dit plus haut.A présent, il ne s'occupe que de sa profession et du travail de l\u2019histoire du Canada.C'est un collectionneur de pièces historiques.Il en fait faire des copies en Europe aussi bien qu'en Canada, partout où il découvre du nouveau.La dépense d'argent ne lui semble rien, comparée au plaisir qu'il éprouve d'enrichir nos annales nationales.C'est un homme qui dissèque les points de l'histoire ; il vérife les moindres détails et tire de ses recherches des aperçus qui jettent une lumière pénétrante à travers les événements du passé.La liste de ses ouvrages nous donne une idée de ce qu'il a fait en ce genre, mais il faut se rappeler sa collection de manuscrits inédits qui augmente toujours \u2014et songeons que ce travailleur est encore très jeune ; la Société Royale va donc profiter de toute sa carrière\u2014que nous souhaitons longue et heurause.C'est une bonne recrue, ou plutot un soldat tout formé, qui prendra le ser- vioe à cœur et ne tardera pas à se distinguer davantage.Voici la liste en question : Guillaume Couture, premier colon de Lévis, chez Mercier & Cie, libraires, Lévis, 1884.Monseigneur Dériel, mêmes éditeurs, 1885.L'Ordre de Malte en Amérique, chez A.Côté et Cie, Québec, 1888.Au royaume du Saguenay, même éditeur, 1889.La justice ssigneuriale de Notre-Dame des Anges, Montréal, 1890, M.Roy se propose de recueillir plusieurs de ses écrits dispersés à présent dans les journaux et les revues, et d\u2019en former un volume.Sucoès et bonheur au nouvel académicien ! *.+ * JOSEPH-ÉDMOND RUY N.E.\u2014 Nous publions l'article de M.Gauvreau, tout en faisant nos réserves au sujet de ce qu\u2019il dit de M.Fré- chette.Il n\u2019y a pas que son nom qui le destinait d'avance aux honneurs de l\u2019Académie Royals ; toute une carrière, bien remplie au point de vue littéraire, le marquait entre tous pour ce poste de confiance et d'honneur.En voilà un lettré, un délicat des lettres, un quelqu'un en littérature, une personnalité enfin.Il n\u2019est d'aucune école, et son éclectisme lui assure, dans la voie large de notre littérature canadienne, une place À part où les honneurs les plus justes ne tarderont pas à le relancer.Jeune encore, distingué de manières, orateur aimé, chercheur infatigable, écrivain de mérite, il a donné la mesure d\u2019un esprit élevé, que les études et les méditations ont rendu apte à tous ces travaux utiles qui sont tombés de sa plume et ont enrichi, d'autant, le.collection des œuvres natio- rales.Fréchette est un lettré, un écrivain dont la réputation, faite ou surfaite selon les goûts, demeurera stable, malgré les coups qu'on lui a portés ; LeMay, plus timide, moins dans le courant pour arriver, est une de nos plus pures gloires littéraires ; Sulte, incisif, renseigné, presque chef d\u2019école parmi les jeunes qui s'occupent d'histoire, est une personnalité qui s'impose et commande avec autorité, l'autorité du savoir et des connaissances acquises par un labeur ardu, un travail de tous les instants ; Legendre, un quintessencié, le plus féminin de nos littérateurs, le plus poète de tous nos poètes, a son chemin tout fait qui mène aux plus grands honneurs littéraires ; Poisson, que de nouveaux succès viennent de mettre en évidence dans une lutte des plus pacifiques avec son ami intime l'abbé Appolinaire Gingras, est certainement plus réellement poète que Fréchette ; mais J.Edmond Roy, avec ses défauts apparents et ses qualités multiples, a su trouver, dans une voie as- eez aride et ingrate, la note qui fait les véritables écrivains, les vrais penseurs, ceux qui sont appelés, sinon à faire école, du moins à demeurer pres- qu\u2019aniques dans le sentier qu\u2019ils ont parcouru.Si l\u2019on me demandait quel est le meilleur de nos écrivains contemporains, je répondrais sans hésiter : Jos.Edmond Roy, et si l\u2019on paraissait étonné de ma réponse, je leur dirais : messieurs, lisez le travail de cet auteur * Au Royaume du Saguenay \u201d et vous me direz si jamais Faucher de St-Maurice, Lusignan, DeCelle et autres ont écrit des pages aussi dignes, aussi élégantes, aussi poétiques que celles que l\u2019on rencontre à tout instant dans ce volume qui a soulevé des applaudissements unanimes lorsqu'il parat devant le public.Je ne mesure pas les talents et les aptitudes d'un écrivain au nombre de ses productions ; #\u2019il devait en être autrement, Marmette, Fréchette et LeMoine seraient les étoiles de premier ordre au firmament de notre littérature, tandis que Gingras, Roy, Poisson et autres, ne joueraient que le rôle de satellites tournant autour d'astres supérieurs.J.-Edmond Roy n\u2019a encore produit que de très rares ouvrages de longue haleine.Tl à bion une foule d'articles de revues, disséminés ici ot là, portant tous le cachet de l'écrivain érudit, patient, et maître de son sujet ; mais il n'a réellement à son acquit que * Le colon de Lévis \u201d et son \u201c Voyage au Royaume du Saguenay \u201d ; peut-être aussi une notice biographique de Mgr Déziel, je n\u2019en suis pas bien sûr.C'est peu, mais c\u2019est encore beaucoup au point de vue de la qualité.II y a une saveur particulière dans les œuvres de l'écrivain de Lévis ; prenez le premier travail venu, signé de son nom, et vous y trouverez un charme, qui ne vous laissera qu\u2019à la dernière ligne de l'œuvre.Tout est naturel, sobre, bien dit, et marqué au coin du style exempt de tout pathos, de toute emphase, et de toute vulgarité malsonnante.Il n'a pas le style enchanteur de notre maître à «ous : L'Hon.Juge A.B.Routhier ; il ne possède as non plus cette chaleur, cette onction, ce verbe lumineux qui est l'apanage presqu\u2019exclusif de toutes les œuvres sorties de la plume de notre Chénelong canadien ; mais il n'en a pas moins le secret de nous attirer et de nous attacher à son travail par des qualités maîtresses, qui en font un écrivain de marque, châtié, subtil parfois, mais toujours à la bauteur de son sujet.Qu- M.Léon Ledieu, \u201c l\u2019ami de la Vérité,\u201d n\u2019insiste pr: trop auprès de notre écrivain nouvellement élu membre de la Société Royale, pour lui faire abandonner la voie qu\u2019il a suivie jusqu'ici, cette voie étroite des études historiques et archéo- ogiques où il a trouvé des succès auxquels nous ne nous attendions pas, nous qui suivons ces travaux avec le plus grand intérêt.Qu'il continue à épuiser la veine avec autant de bonheur qu'il a eu jusqu'ici et, loin de le décourager, cherchons plutôt à le usser davantage dans cette route où il y a tant glaner, même après que bien d\u2019autres y auront Notre littérature nationale a beñoin d'œuvres vigoureuses, saines et fortes comme celles qu'a produites J.-Edmond Roy, pour se créer à l'étranger une position qui nous fasse honneur et soit en même temps une récompense pour les travailleurs de la pensée de ce côté-ci de l'Océan.Je félicite donc notre ami de Lévis de la digne et juste récompense qui vient couronner son travail persévérant.C'est un honneur pour lui et un encouragement p.ur nous.Nous inspirant de aa conduite et de sun amour de l'étude et du travail, nous réussirons peut-être, nous les jeunes, à voir nos travaux récompensés par ce tribunal souverain qu'on appelle la Société Royale, En attendant que cette heure fortunée arrive, je me bate de livrer aux lecteurs du MoNps ILLUSTRÉ mes impressions personnelles sur les mérites de M.J.Edmond Roy, impressions qu'on peut ne pas partager mais que l\u2019on devra respecter.CA A Alias a LE MIROIR DE L'ASSASSIN 1 *ÉTAIS jeune alors, me disait ma vieille amie la baronne de Kerdaniel ; je venais de me marier.Vous n'avez point cnnnu mon époux, le baron Roger de Kerdaniel.Tl était mort depuis deux ans lorsque vous êtes venu en Bretagne.Je n'ai jamais été, mon ami, de ces femmes inconséquentes et injustes envers la Providence, qui attendent la mort de leur mari pour s'apercevoir enfin de leur bonheur, au moment même où elles en sont privées.Je ne vous ferai pas la peinture de ce bonheur : les regrets de la vieillesse ressemblent trop à des murmures.* Le premier jour ol je me séparai de lui pour une absence qui devait durer vingt-quatre heures, est resté l'une des époques les plus mémorables do ma vie.* Nous avions un château à vingt-sept kilomètres de Rennes, dans une direction qu'il mo serait bien difficile de faire retrouver À votre mémoire.Malgré cette courte distance, les chemins étaient ai wauvais et la route si peu fréquentée qu\u2019il fallait partir de Rennes dès le commencement de la matinée, pour arriver au grand perron avant les premières ombres de la nuit.Ce trajet me parut court la première fois que je le fis avec Roger, dans ls semaine de nos noces.Maintenant qu'il me fallait recommencer toute seule ce chemin pour À LE MONDE ILLUSTRE 117 aller l\u2019attendre au château de Montbazan, j'éprouvais plus que l'ennui de le quitter, une véritable appréhension, comme une terreur secrète, pressentiment trop véridique des aventures que j'allais avoir à courir.« Nous étions en automne.Je n'étais attardée le matin à Rennes, un peu plus longtemps qu'il ne l'aurait fallu.Je vous ai dit déjà que je ne m'étais point encore séparée du baron de Kerdaniel.Nous prolongions à l\u2018envi le charme et le trouble de ces premiers adieux.Il n'avait pas la force de me renvoyer, ni moi la raison de partir ; et cependant il devait me rejoindre au bout de trois semaines.\u201c Du reste, pour arriver au château de Mont- bazan avant ls nuit, ne suffisait-il pas de presser un peu l'allure de nos trotteura ?Le chemin était mauvais, mais la calèche était tellement légère, qu'elle s\u2019enlevait d'elle même sous le moindre effort de l\u2019attelage.\u201c Nous partimes donc avec une rapidité de bon augurs et si notre voyage se continuait avec cette allure et cet entrain, nous ne devions pas manquer de regagner le temps que nous avions perdu.\u201d 1a baronne interrompit son histoire et, après un silence, elle reprit : # Ici, mon cher ami, il faut absolument me pro mettre que je ne verrai pas sur vos lèvr - l'ombre d\u2019un sourire ou d\u2019une ironie, bien que mo.«venture tourne à l\u2019invraisemblable : le ressort de ma calèche se brise juste à l\u2019entrée d\u2019un petit hameau que nous allions traverser.J'étais déjà à une vingtaine de kilomètres de la ville.Il y avait plus de deux heures que j'avais quitté la graade route, pour me jeter dans des chemins de traverse dont notre voiture avait toutes les peines du monde à se tirer.C'était une succession ininterrompue de fondrières, de marécages, ou bien de rochers mis à nu qui formaient pour ainsi dire les degrés d'un escalier sur des ponts impraticables.Le baron n'avait guère fait cette route qu'à cheval, avec le laisser- aller et l'insouciance d'un jeune homme auquel les cbatacles offrent plus d\u2019agréments que de difficultés.Mon seul étonnement fut que la voiture eût résisté si longtemps, et mon seul regret qu\u2019elle nous eit conduite si loin.\u201cEn effet, ce malencontreux accident nous mettait tout À la fois dans l'impossibilité de conti- nur notre route aussi bien que de revenir sur non pas.La nuit approchait.Je n'avais ni le loisir ni les ressources nécessaires pour improviser quelque moyen de transport ; et d\u2019un autre côté, où chercher un abri dans ce misérable village qui ne comptait pas plus de vingt ou trente maisons ?« En face même de l'endroit où une ornière plus profonde que lus autres avait causé notre méssven- ture, deux vieilles bonnes gensétaient assis à l'entrée d'une cour assez vaste, terminée dans le fond par un petit bâtiment d'assez maigre apparence.\u201cIl fallait bien accepter l'hospitalité qu'ils s'empressèrent de nous offrir, ou rester à la belle étoile, sinon coucher dans notre voiture dont les glaces avaient été brisées.\u201c A neuf heures du soir, après un souper frugal servi par la bonne vieille en personne, lorsque je me vis seule dans la pièce où l\u2019on m'avait conduite pour y passer la nuit, je me pris à regretter de n'avoir point gardé avec moi ma femme de chambre.* Quoiqu\u2019elle fut à mon service depuis bien peu de temps, il m\u2019eût été agréable de l'avoir auprès de moi, non point à cause des services qu\u2019elle eût pu me rendre, mais à cause de la compagnie qu'elle m'aurait tenue, Je n'avais pas même la ressource d'apercevoir la campagne.Les fenêtres de la petite chambre que j'occupais donnaient sur la grande cour, et je n'avais en face de moi qu\u2019un grand mur blanc longeant le chemin, et au milieu une porte noire solidement fermée.Un gros chien de garde qu\u2019on avait détaché se promenait de long en large, la gueule à demi ouverte, et je me demandais malgré moi s\u2019il était là pour mo protéger contre les attaques ou bien pour me défendre de fuir.\u201c Mon cocher aussi bien que ma femme de chambre avaient été emmenés pour parer la nuit dans d'autres maisons du village.En cas d'accident je n'aurais pes même su au juste où les envoyer quérir.II \u201c Je regardais machinalement ce que j'avais de vant les yeux.\u201c* J'étais assise devant une table, sur laquelle j'avais déposé un petit nécessaire de voyage, quelques feuilles de papier, des lettres que j'avais emportées afin de mettre à jour ma correspondance dans ma prochaine solitude.\u201c En face de moi et & quelque distance au dessus de ma tête, pendait, accroché à un clou, un petit miroir tel que les gens du village les emploient pour se faire la barbe.Ce miroir un peu penché en avant offrait à mes regards l\u2019intérieur triste et nu de cette chambre à peu près vide, qu\u2019assombrissait encore la lumière fumeuse de ma lampe bretonne.\u201cCe que je distinguais par-dessus tout dans ce miroir, c'était la porte blanche d\u2019un grand placard en sapin, adossé contre la muraille à l'autre bout de la pièce, derrière moi.\u201c Cette armoire paraissait fermée : il n'y avait pas de clé.\u201c Je n\u2019avais pas accordé d'autre importance ni d'autre attention à cette circonstance qui ne semblait pas faite pour m\u2019intéresser.\u201c Jo continuais machina\u2019sment À regarder dans le miroir cette porte blanche qui ressortait dans l\u2019ombre, lorsqu'il me sembla tout d\u2019un coup la voir s\u2019entr'ouvrir.\u2018\u201c Etait-ce uno illusion ?était-ce quelque jeu de l'ombre ou quelque trouble de ma vus ?\u2018\u201c Avant que j\u2019eusse achevé cette première réflexion eb commencé mon mouvement pour me retourner, quelle ne fut pas ma stupéfaction d\u2019apercevoir dans la glace fidèle la porte de l'armoire qui achevait de s'ouvrir, en tournant sans bruit sur ses gonds ! * Je n\u2019avais pas besoin de faire aucun moave- ment pour continuer d'apercevoir dans la glace tout ce qui pouvait se passer derrière moi ; je continuai à demeurer immobile ; aucun tressaillement ne trahit mon émotion.\u201c L\u2019armoire, autant que je pouvais m'en rendre compte dans cette demi-obscurité, était partagée, comme il arrive d'ordinaire, par un certain nombre de rayons placés à des hauteurs inégales.Le dernier étage était beaucoup plus élevé que les autres, et je voyais distinctement, à Ja lueur tremblante de las lampe, deux mains velues et nerveuses qui ient en dehors et se posaient l\u2019une après \u2018autre sur le plancher de briques rougies.* Ces deux mains furent presque aussitôt suivies d'une tête.\u201c Je n'avais point encore vu cet homme.Il me parut offrir une vague ressemblance avec les deux vieillards dont les avances m\u2019avaient fait agréer leur hospitalité perfide.C'était leur fils sans doute, ou tout au moins quelqu\u2019un de leurs parents, complice de la sanglante tragédie dont le denoû- ment lugubre allait s'accomplir.\u201c L\u2019assassin jeta à droite et à gauche des regards furtifs ; sur le lit d'abord, qu\u2019il parut s'étonner de trouver vide.Il avait compté sur les habitudes de la province et croyait sans doute me trouver profondément endormie de mon premier sommeil.Puis, ramenant les yeux, il ne tarda point à m'apercevoir.Après quelques moments d\u2019hésitation, je le vois qui s\u2019avance en rampant ; son corps et ses pieds ne tardent point à sortir du placard.Le voilà debout, et, autant que je puis le distinguer dans le mirvir, il tient à la main une barre de fer, une espèce de massue dont il a pris la précaution de se munir \u201d.À cet endroit du récit, et malgré le fiegme dont j'étais armé, je ne pus m'empêcher d'interrompre la haronne.\u201c \u2014 Vous étiez vraiment perdue, madame ! m'é- criai-je malgré moi, et si je n\u2019entendais pas ce récit de votre bouche, il me faudrait renoncer à deviner quelle intervention miraculeuse à pu vous tirer de ce péril.péri acune, reprit Mme de Kerdaniel avec beaucoup de sang-froid, aucune absolumènt.C'est à ce signe, mon ami, qu'il vous sera donné, si vous le voulez bien, de distinguer une histoire véritable d'un roman fait À plaisir.Il est très facile, dans les d'inventer je ne sais quels incidents merveilleux qui dénouent toutes les situations.Il n\u2019en est pas de même dans la vie réelle.Le premier, je dirais presque le seul secours sur lequel nous puissions compter, c'est notre calme, notre sang-froid, notre esprit de résolution.Vous vous figurez bien la position dans laquelle je me trouvais, a demi-renversée sur ma chaise de paille, les yeux naturellement dirigés vers ce petit miroir qui ne me laissait ignorer aucun mouvement de l'assassin.Il n'avait plus qu'à étendre le bras pour me saisir et qu'à me frapper de son arme pour m\u2019étendre inanimée sur le carreau.* A ce moment suprême, je saisis lentement, d\u2019un geste nonchalant et ennuyé, une des feuilles de papier qui se trouvaient étendues devant moi sur la table, et feignant de me relire à moi-même, à demi-voix, une lettre que j'aurais écrite, j'improvisai, à quelque chose près, les paroles qui suivent : Mon cher Roger, Il m'arrive une bien étrange aventure.Ma calèche s\u2019est brisée, et me voilà tout d\u2019un coup arrêtée au milieu de mon chemin chez de braves gens qui m'ont offert l\u2019hospitalité.Ce qu\u2019il y a de plus piquant, c\u2019est que je suis absolument sans argent.J'ai oublié ma bourse, et me voilà dans l'impossibilité de payer le charron, aussi bien que de reconnaitre les services qui me sont rendus.Envoie- moi donc de l'argent au plus tôt ; je suis condamnée à rester ici jusqu\u2019à ce qu'il me soit parvenu.* J'ajoutais le nom du village.Je ne vous le dis pas, parce que vous y connaissez, je crois, quelques habitants.\u201c J'avais à peine achevé de lire cette lettre imaginaire que je me penchai en avant pour la plier et y mettre l'adresse.L'assassin, qui ne se savait point observé de si près, laissait éclater l\u2019un après l\u2019autre les sentiments divers qui l'agitaient tour à tour.Immobile d'abord et hésitant, il semble se demander ce qu'il doit faire.A quoi bon commettre un meurtre inutile ?Je n'avais sur moi aucune espèce de bijou, pas même des boucles d'oreilles.Enfin, après une minute plus longue qu\u2019un siècle, je le vois qui recule et qui regagne l\u2019armoire avec le même silence et les mêmes précautions.La porte ae referme : j'étais sauvée ! \u201cJe n'ai pas besoin de vous raconter ce qui suivit.Le lendemain, à la première heure, j'étais debout, et, sous prétexte de me rendre à la messe, je me hâtai de gagner le bourg le plus voisin.Le bon vieux et la vieille sont morts l\u2019un et l'autre au bagne de Toulon.D'autres voyageurs s'étaient réfugiés avant moi dans cette chaumière patriarcale ; je suis la seule à laquelle il ait donné d\u2019en sortir.\u201d ANTONIN RONDRLET.LA GRAMMAIRE POUR TOUS Un pédagogue, lecteur assidu du journal, nous signale quelques solécismes dont ne sont même pas exempts les bons auteurs : C'est deux francs chaque (pour chacun, chacune).\u2014 Entre chaque acte (pour après chaque acte, ou entre /es actes).\u2014 A raison de sa conduite (pour en raison) \u2014 Sans qu'il ne le sache, et avant qu'il ne vienne (la négation est de trop) \u2014J'y vais de suite (pour tout de suite).\u2014Son air de grandeur m'en impose (pour wmi'impose, car * en imposer \u201d signifie tromper).\u2014Ila se sont succédés.\u2014Empêchez qu\u2019il vienne (pour qu'il ne vienne).\u2014Je ne nie pas que cela soit (pour que cela ne soit), \u2014Je crains qu\u2019il tombe (pour qu'il ne tombe), etc.C'en est fait de mon bonheur (pour c'est fait de) \u2014Je suis passé par Paris (pour j'ai passé.).\u2014 Un établissement pénitencter (pour pénitentiaire).\u2014Tout grand que soi le prince (pour tout grand qu'est.).\u2014 Une entrecdte (pour un).\u2014 Toute l'œuvre d\u2019un peintre, poète, dessinateur, etc.(pour tout l'œuvre, quand il s'agit de l'ensemble des œuvres).\u2014Elle s'eat laissée séduire par ce langage (pour lnissé séduire.).\u2014 Au cas où il viendrait (pour en cas qu'il.).\u2014Du moment où vous l'exigez (pour du moment que.).\u2014Embarras pécu- niers (pour pécuniaires) \u2014Un donataire généreux (pour donateur), etc.La jeunesss n\u2019a pas assez souffert pour savoir consoler, \u2014E.LEGOUVE. LES TRIOMPHPFS DB L'ÉGLISE Le Moxon ILLUSTRS présente cette semaine à ses lecteurs le portrait d'an prélat romain très distingué, monsignor Etienne Issa, missionnaire apostolique, délégué de 8.8.Léon XIII en Amérique, et en même temps le portrait du patriarche chaldéen catholique, dont monsignor Issa reléve.Nos confrères de la presse quotidienne ont déjà donné de nombreux détails sur la haute et digne mission de monsignor Iasa : travailler à opérer le retour à la foi orthodoxe de la nation chaldéenne, depuis des siècles adonnée aux erreurs du schisme de Nestorius.Quant à nous, nous avons l'avantage d'offrir à nos lecteurs des détails complets, rédigés sur les notes même qu'à bien voulu nous communiquer le bienveillant prélat, sur sa propre personnalité, celle de son patriarche et tout l'historique de sa mission avec les causes qui l'ont déterminée.* + + Monsignor Etienne Issa, archidiacre du patriarcat \u2018chaldéen et chapelain d'honneur de Sa Sainteté, est originaire de la Mésopotamie et précisément de Mossoul, capital d\u2019un caliphat arabe, bâtie sur une partie des ruines de Ninive, la grande ville, capitale de l\u2019ancien empire assyrien.Il a fait toutes ses études à Rome, au collège de la Propagande.En 1884, il reçut son bonnet de docteur en philosophie, et celui de théologie en 1888, des mains de Son Eminence le cardinal Siméoni, préfet de la Propagande.Etant retourné la même année dans sa patrie après de longs voyages dans les pays bibliques, il alla se faire autoriser par son vénérable patriarche, Mgr Elie XII Abolyonan, à travailler sérieusement à l'effacement des derniers vestiges du schisme nestorien qui a longtemps désolé la Mésopotamie.Malgré de pressantes influences contraires, susceptibles d'empêcher le rapprochement de ses frères égarés, après deux mois de négociations très actives, il a réussi dans l\u2019œuvre difficile et délicate de réunir à «a nation et à l\u2019Eglise catholique une première fraction du parti rchismatique, soit un archevêque, dix-huit prêtres et 8,000 âmes, oceu- pant douze églises.Le patriarche le nomma alors secrétaire du patriarcat.Cette première union a provoqué une autre conversion ; six mois après revenait à l\u2019Eglise un jeune évêque nestorien, avec tout son diocèse, composé de vingt villages des bords du Tigre.Pendant que Mgr Issa exerçait les fonctions de secrétaire du patriarcat, de professeur de théologie dogmatique au séminaire patriarcal, et celui de curé (ce qui, en Chaldée, comprend l\u2019office parois- aial, la prédication, le confessionual, le tribunal le lus ordinaire pour les causes entre chrétiens, et \u2018office d'avocat entre chrétiens et non chrétiens), il consacrait quelques heures de ses nuits à l\u2019étude de l\u2019ancienne langue d'Assyrie et des inscriptions cunéiformes.Etant aur les lieux même des découvertes, il profitait à cet effut de la connaissance de douze langues anciennes et modernes, connaissance qu\u2019il avait acquise ou perfectionnée à Rome.LR J + Le 17 mars 1890, le patriarche lui ordonnait de le suivre à Rome, en qualité de secrétaire.Après avoir traversé la Mésopotamie et la Syrie à cheval, ils arrivèrent le 15 juin à Jésuralem, et de-là ils partirent pour Constantinople.Les journaux de cetto ville du mois de juillet dernier sont remplis des témoignages d'attention et de sympathie, sans précédent, donnés aux visiteurs, chaque jour et en mille manières, par la cour et par le gouvernement de Constantinople.Le 28 juillet, jour même de Ia plas grande fête du Sultan, en présence de tous les dignitaires de l'empire en grande tenue, le souverai: les admettait en au- LE MONDE ILLUSTRE \u2014 \u2014 dience.Alors et spontanément il décora le secrétaire du patriarche catholique des insignes de de l'ordre du Medjic.C'était un témoignage flatteur que cette audience donnée par l\u2019empereur des Ottomans qui est en même temps le chef religieux de l'Islam tout entier, à un éminent prélat catholique.Une fois arrivé à Rome, l'actif patriarche reçut du Saint- Siège les témoignages de la plus haute bienveillance.Ses douze ans de patriarcat sont pleins de mérites pour l'Eglise.Lorsqu'il fut élu pati \u2018arche par les évêques chaldéens réunis à Haban Hor- mug, il était le plus jeune des évêques.Le moment était critique, mais il se montra fort et à la hauteur des difficultés.La première année de son patriarcat il avait déjà ramené à l\u2019Eglise quatre évêques, deux couvents de moines et environ quinze wille schismatiques, et en 1890 i) était parvenu à frapper de stérilité le schisme dans la Chaldée, la Mésopotamie et l\u2019Assyrie occidentale.* 8 * La visite du patriarche au siège du Vicaire de Jésus-Christ ne pouvait manquer de produire ses effets, c\u2019est-à-dire de lui inspirer un nouveau courage et de nouvelles forces pour la régénération de l'Orient, si infortuné et si cher à l'humanité et À la foi, dont il a été le double berceau.Le patriarche entretint Sa Sainteté des œuvres accomplies avec les secours célestes et sollicita ses bénédictions pour les «uvres qui restent À faire.Six diocèses, privés de leurs pasteurs et de leurs fidèles qu'avaient dispersés la famine régnant depuis ouze ans et le défaut de tout mouvement commercial et industriel depuis vingt ans, avaient été même dépouillés de leurs évêchés, de leurs écoles et de leurs églises, dont les pierres étaient emportées et dispersées par les Kurdes.Ils vont recevoir de nouveaux pasteurs qui devront commencer par loger, tout d'abord, chez de pieux particuliers.Un nouveau diocèse va être érigé ; un huitième s\u2019est tout récemment converti.Le séminaire, composé seulement de six longues chambres installées dans le portique du vieux cimetière, ne pouvait accommoder plus de douze élèves ; cela est absolument insuffisant pour remédier au manque de clergé instruit.À l'exception du breviaire, tous les livres liturgiques sont encore des manuscrits, même le missel, dont l\u2019origine remonte au premier siècle du chris- tianieme et qui a été conservé, en Chaldée, pendant une persécution dix-huit fois séculaire.Le besoin d\u2019une école industrielle s'impose pour donner quelque occupation à la future génération qui n\u2019a rien de quoi s'occuper.On préservera ainsi les mœurs, maintenues jusqu'à présent si pures par le feu des persécutions, parmi les chrétiens.Sa Sainteté, en béniseant les wuvres du patriarcat, a bien voulu donner, avec une munificence vraiment royale, un gage des plus précieux de sa paternelle prédilection pour la vieille patrie d\u2019Abraham, en manifestant l\u2019intention de fonder bientôt à Rome un collège pour la nation chaldéenne.Le patriarche, ayant obtenu de présenter au pape son secrétaire, nous lisons, à la date du 28 septembre 1890, dans le Moniteur de Rome, que le Saint-Père a prodigué à celui-ci les marques de la plus paternelle bienveillance.Sur prière du pa- trisrche, Léon XIII » approuvé la nomination de monsignor Issa comme recteur du futur colldge et procureur du patriarcat près le Saint Siège.++ * De Rome, monsignor Issa se rendit en France, accompagnant son patriarche, cn ce beau pays de France toujours si sympathique à l'Orient, et de France en Angleterre.À Londres encore le patriarche chaldéen catholique fi .comblé d'égarde par les chefs du gouvernement : pour s'en convaincre on n\u2019a qu\u2019à consalter les journaux london- niens du temps, dont quelques-uns même publièrent les portraits des lointains visiteurs.Le patriarche at son secrétaire allaient se séparer, le premier pour retourner à ses ouailles de la Chaldée catholique et l\u2019autre pour ss rendre dans la Ville Eternelle, après un court séjour en France, lorsqu\u2019an évènement aussi consolant que soudain et inattendu les rappels ensemble et sur le champ à Rome.; .Le patriarche nestorien, chef religieax eb aivil de toute la Chaldée nestorienne, de la Perse et de la Turquie schismatiques, s'était rendu de lui- même, en compagnie de trois de ses principaux évêques, à la station de missionnaires chaldéens catholiques ls plus rapprochée de son siège.De là, lui même et ses évôques écrivirent au patriarche catholique une lettre collective, sollicitant un rapprochement.Ils rappelaient d\u2019abord au patriarche eatho- lique le fait que son prédécesseur avait généreusement offert au prédecesseur du patriarche nestorien actuel de renoncer en sa faveur aux bénéfices du patriarcat chaldéen catholique, moyennant le retour sincère de la nation nestorienne à la foi orthodoxe.lle ajoutaient que, cette fois, le patriarche abandonuerait lui-même ses titres aux mains \u2018du patriarche catholique, à condition qu'on lui permit de retenir, sa vie durant, le nom de patriarche et À la famille de son second nevev, Nemrod, la succession de primat de la nation réunie.Il s\u2019agissait pour Mar-Chimoun, le patriarche repentant, de sauver sa nation réduite aux dernières extrémités de la misère, incapable de se soutenir plus longtemps, minée qu'elle se trouvait par l'ignorance la plus profonde au de dans, au dehors par les persécutions.La lumière, écrivait-il au patriarche catholique, a éclaté aux yeux de mon peuple, les notabilités surtout, à l'occasion de votre voyage à Rome.Il finissait en priant Sa Béatitude de ne pas quitter Constantinople sana lui avoir obtenu, pour lui- même et sa nation, la protection du gouvernement ottoman pour lequel il professait, disait-il, la loyauté la plus absolue.Il sollicitait en même temps l'envoi de douze missionnaires pour chacun de ses diocèses, pour assister les évêques, et de plus douze professeurs pour fonder des écoles.Il sentait bien que l'ignorance était la cause de tous les maux de son peuple qu\u2019elle réduisait au-dessous même du niveau des infidèles voisins.Je n'ai pas besoin de vous exhorter davantage, concluait il, à prendre en sérieuse considération ces diverses demandes parce que, d'ores et déjà, le peuple nestorien que je dirige est devenu votre peuple ! .* On pourrait difficilement s'imaginer l\u2019effet que produisirent à Rome même et sur le patriarche surtout ces heureuses nouvelles.Un nouvel horizon s'ouvrait, un nouvel avenir, longtemps espéré en vain, s'annonçait pour la nation chaldéenne.Réduite et affaiblie par ses divisions, elle allait se voir, en un instant, portée de 70,000 âmes à un demi-million.Dans l\u2019Inde, un autre demi- milion n'aurait plus raison de continuer l\u2019hérésie eutychienne.Après uno conversion si généreuse, aux perspectives si pleines de promesses, ne fallait il pas s'occuper plos spécialement des nouveaux convertis, au détriment même de l'œuvre des diocèses catholiques ?Mais où trouver les ressources nécessaires pour entreprendre ce travail de régénération, non moins dispendieux qu'important 1 On ne pouvait s\u2019adres ser aux Chaldéens catholiques qui avaient de leur côté, nous l'avons dit, grand besoin de secours, devenus incapables de se sustenter eux-mêmes par suite des malheurs qui venaient d\u2019affliger leur pauvre pays.Le commerce chaldéen n'est plus rien ; depuis le commencement du monde la Chaldée avait été la voie naturelle de transit entre l'Inde et l\u2019Europe, l'ouverture du canal de Suez lui a ravi cet avantage.L'industrie chaldéenae est détruite : dépendant entièrement de la main de l'homme, elle n'a pu soutenir la concurrence avec lus machines européennes.Pour comble de malheur Je fléau terrible des sauterelles a dévasté les carnes : toute végétation a été anéantie.Incapable d'arrêter cette funeste invasion, la populs- tion misérable voyait détruire en un jour, et juste au moment de la récolte, d'ordinaire, le fruit de ses pénibles labeurs de toute une année.Après s'être vus dans l'impossibilité d'obtenir LE MONDE ILLUSTRE 119 EE TEEEEE,,,,T,T,T,,,,e,mesem\u2014e,\u2014,\u2014,\u2014m,m,m,mmm\u2014\u2014\u2014m\u2014\u2014 des aliments des pays limitrophes, ravagés comme le leur, non plus que des ports de la Syrie dont ils sont séparés par cinquante journées de marche, les infortunés chrétiens finissaient par se disperser, abandonnant leurs maisons et leurs propriétés, vendant tout pour un peu de blé, ou bien succombaient à la famine.Dans ces tristes circonstances, il ne restait plus qu\u2019à faire appel, au now de tous ces malheureux, À la générosité des fidèles de tout le monde catholique, leurs frères en J.C.Le monde catholique ne pourra manquer de s\u2019émouvoir et de répondre à cet appel ; alors la Chaldée tout entière le bénira, elle lui sera redevable à son tour de cette double vie de l'âme et du corps qu'elle lui avait donnée un jour | .L'œuvre de la conversion des Nestoriens fait concevoir à l'Eglise de Rome les plus belles espérances.Le patriarche schismatique et son peuple sont fermement résolus à rentrer dans le giron de l\u2019Eglise mère, et la nécessité même est là en plus pour appuyer leur détermination.Pour eux c'est une question de vie ou de mort : sans ce ralliement, ils sont appelés à disparaître, absorbés qu'ils ge- raient par les sectes qui ont envahi ce corps et se disputent les membres.Trois fois déjà ils ont demandé qu\u2019on leur permit de rentrer au bercail, et devant cette insistance le gouvernement s'est enfin rendu : car en Orient, on le sait, le rite religieux et les coutumes civiles ne font qu\u2019un.Ainsi, il ne reste plus d'autres formalités à remplir pour que ce mouvement de retour soit un fait accompli que le départ des doure missionnaires et des douze professeurs demandés pour aller réévangiliser la population et créer des écoles, de concert avec les évêques nestoriens convertis.Il n'eat donc pas loin le jour où les Chaldéens catholiques et nestoriens, depuis si longtemps séparés, s'embrasseront comme des frères, dans l'unité de la foi ! Se trouvera-t-il quelqu\u2019un pour ne pas chercher À avancer par tous les moyens cette union désirable, pour laisser, par sa faute se perpétuer de nouvelles divisions qui n'auraient d'autres fruits que de faire disparaitre de la surface de la terre une nation complète, à laquelle cinq mille ans d'existence à travers l\u2019histoire ont dû y assurer droit de cité, ce semble.S'il se trouve de ces ingrats, de ces inbumains, ce ne devra pas être au moins, dans les rangs des catholiques de la terre.Il serait bien malheureux que les derniers restes de cette noble et jadis illustre nation aient échappé aux persécutions des Parthes, des Sausanides, des caliphs, des Tartares et des Kurdes pour disparaître et s'anéantir sous les coups de l'indifférence de faux frères, trop désintéressés.Aausi il n\u2019y à pas à douter que chacun veuille Pé faire en sorte, par tous les moyens à sa disposition, de seconder les desseins de Dieu.Aujourd\u2019hui se trouvent réalisées les prophéties de ceux qui ont annoncé que la vieille nation chaldéenne renaîtrait à 1a vie par la religion catholique, la seule qui soit capable d'accomplir cette haute et digne mission.Et c'eat vraiment l\u2019œuvre de Dieu qui s'opère dans cette conversion se pro- duissnt soudain, toute spontanée, et par des causes inattendues.Digitus Des est hic.Qui pourrait s'empêcher de croire que l'exemple de la Chaldée repentante doive probablement déterminer enfin ce mouvement général de conversion qui se prépare depuis longtemps au sein des nations orientales, vers la catholicité ?Voilà une Eglise qui a passé par toutes les phases du schisme jusqu\u2019à l'abîme de l'ignorance et de la désorgani- tation : la Chaldée, revenant de si loin, n'entraf- nera t-elle pes avec elle la Palestine et l'Egypte Ÿ Et alors, quel triomphe pour l'Eglise du Christ Nazaréen, le jonr où ces trois filles pénitentes reviendront se presser amoureusement sur son sein généreux de Mère ! TX Ci té un des buts les plus constamment pour suivis l'immortel Léon XIII, notre Pontife bien-aimé, depuis son avénement eu pontificat, que ls conversion en bloc de ce mystérieux Orient ; il va lui être donné de la voir enfin, après treize années de labeur.Il avait rêvé, dans sa sagesse et sa sollicitude apostoliques, ce retour en masse des enfants égarés, sachant combien l'identification de nationalité et de religion chez ces peuples rend difliciles, impossibles presque, les conversions individuelles.Comme pour combler les vœux ardents de l'illustre suscesseur de Pierre, voici donc que la Providence a abaissé sur l'Orient les regards de sa miséricorde : un frémissement de grâce vient d\u2019agiter son sein, l\u2019heure de salut à enfin sonné pour lui.Il revient vers le centre nécessaire d'attraction, l'Eglise vraie, l\u2019Eglise de Rome.Et c'est la nation nestorienne qui aura dans l\u2019histoire le grand mérite d'avoir donné l'exemple et le signal d'une conversion qui s'annonce, Dieu le voulant, pour être générale., C\u2019eat pour recueillir, à travers le monde catholique, les secours matériels et nécessaires à opérer cette conversion ai belle, à en hâter les heureux effets, que monsignor Etienne Issa, chapelain d'honneur de Sa Sainteté, secrétaire du patriarcat chaldéen catholique, est parti, sur l\u2019ordre du Pape, pour la tournée apostolique qu\u2019il accomplit en ce moment, et qu'il nous a fait l'honneur de commencer par notre cher Canada qu\u2019il aimait, nous dit-il, dès avant de l\u2019avoir vu.Dans l\u2019effusion de sa paternelle bonté, le Souverain Pontife a daigné répandre sur cette œuvre ses plus abondantes bénédictions.Aussi ne pourra- t-elle manquer d'avoir, c'est le vœu que nous exprimons au nom de tous les catholiques sincères, tout le succès qu\u2019elle mérite par elle-même et par le digne prélat qui la représente au milieu de nous.Éiudutéline A PROPOS DE PARIS Un millionnaire français vient de parier qu'il se rendrait de Paris à Londres à cloche pied.Je connais quelque chose d'aussi fort.En 1827, un M.Pemberton, marchand, de Québec, paria un fort montant qu\u2019il se rendrait à pied, en plein hiver, de Montréal à Québec.Pembearton parsit de Montréal le vingt février dans la matinée et arriva à cinq heures du soir à Berthier où il coucha.Le lendemain à cinq heures il se remit en route, prit son déjeuner à la Rivière-du-Loup, et à cinq heures et demie du soir arriva aux Trois-Rivières.Une tempête de neige avait rendu la ronte très nible.Après s'être reposé trois heures, il se remit en marche et arriva à Champlain à minuit.L'igno- ranoe de son guide lui avait fait faire un détour d'une lieu.Le vingt-trois, il se remit de nouveau en route à six heures, et malgré les mauvais chemins il arriva aux Grondines à cinq heures du soir.A huit heures il se remit en marche et arriva au Cap-Santé le lendemain, à deux heures du matin.T1 prit quelques heures de repos et à huit heures il continua.Il arriva devant la cathédrale de Québec un peu avant sept heures du soir.Tl avait les jambes enflées et les yeux en feu, et il était tellement fatigué qu\u2019il déclara qu'il ne ferait pas ce voyage une deuxième fois pour cinq cents louis.Laine Eng.Quand on fait des fautes par la tôte, tout est pardonnable ; quand on a péche par le cœur, il n\u2019y a pas de remède et par suite pes d'exouse.\u2014TaL- LEYBAND, LA PROCESSION AU BORD DE LA MER (Voir gravure) C'est une procession du mois de Marie que l'artiste a représentée.\u2014On est heureux de voir la piété de ces jeunes vierges qui portent la statue de leur protectrice.\u2014 Mais ce qui donne un caractère particulier à ces cérémonies du bord de l'océan, c'est surtout la présence de tous ces braves marins au teint cuivré, aux mains calleuses, à l'aspect dur eb sévère, qui suivent aussi, avec la foi robuste et simple de ceux dont la vie se passe, en présence de l'infini, & braver tant d'épreuves et tant de dangers.LA LÉGENDE DES ORANGES ROUGES Entre Noël et le 15 janvier, il se consomme des milliers d'oranges.Autrefois, la France n'en recevait que de l'Espagne ou du Portugal, puis d'Italie ; maintenant l'Algérie en fournit des quantités prodigieuses.Au nombre est venue se joindre la variété.Après la Valence, nous avons eu la Blida, puis la Nice et la Mandarine.La dernière venue est l'orange rouge, dite vineuse ou sanguine, dont la chair est très savoureuse et le jus plus tonique que celui des autres espèces, mais dont la couleur déplaît À beaucoup de personnes.La légende que nous reproduisons ci-après en fers revenir quelques-uns sur leur présomption instinctive.Hégésippe Moreau s\u2019est servi du souvenir de cette légende, dans une de ses poésies immortelles, pour expliquer le motif, d\u2019une suave délicatesse, qui le portait à s'abstenir de consoler une douleur inconsolable.Cette poésie à pour titre : La Fauvette du Cal- vairs ; nous en détachons une strophe, pour orner la légende reproduite ci-dessous d\u2019une épigraphe qui s\u2019y adapte naturellement : Et sur le Golgotha noir de peuple infidèle, Quand les vautours, à grand bruit d'sile, Flairant la mort, volaient en rond ; Sortant d'un bois en fleur au pied de la colline, Une fauvette pélerine, Pour consoler Jéaus, s\u2019envols sur son front.Quand Jésus, portant sa croix, s\u2019achemina vers le Calvaire, tous ceux qui avaient vécu de sa parole s'étaient enfuis.Seul un petit oiseau auquel, le jour de la Cène, il avait jeté quelques miettes, suivait la victime et ses bourreaux.Seul des amis du Fils de l\u2019homme, il assista au drame du Golgotha.Quand Jésus sentit approcher sa délivrance, il baissa les yeux vers le buisson dans lequel l'oiseau agitait ses ailes, et il dit : \u201cTu es béni, toi qui n'as pas abandonné celui que son père lui-même abandonne.\u201d Alors, volant sur la tête du Crucifié expirant, l'oiseau détacha une épine de la couronne ensanglantée et l'emporta dans son bec, et une goutte de sang qui suintait de la sainte relique descendit sur sa poitrine et la décors du plus glorieux de tous les stigmates.Après que le Christ eut rendu le dernier soupir, le rouge gorge prit son vol et alla se reposer sur un oranger.Puis, comme il avait une soif ardente, il becqueta sur une orange les gouttes d'eau qui s'y étaient attachées pendant l'orage.Aussitôt, tous les fruits de l'arbre furent teintés de rouge.OCCASION Une belle statue de Madone en ARGENT MASSIF, à vendre : hauteur, un mètre, et un demi metre de circonférence ; étant une copie de la statue de la Piazza d'Espagne, à Rome : valeur réelle 8,000 francs, ayant appartenu a 8.S.le pape Pie IX, ainsi que plusieurs autres reliques de feu le comte T.Filippani Ronconi.Pour renseignements, écrire à LE de P., bureau du Monpe ILLUSTRE, 40, Place Jacques-Cartier, Montréal. ei pars SRE od pa | i v Y, Kd [3 | LF ot % Qu 5 i i fF) NN it, of Ga g In ot hE T Ë ès F wd a KY 1e ; b are - [KY Sy 4 Le # LE tu ZR rush =p hb i '¥ i [i LUE LL \\ Ta i: N 5 : ae 3A Es ps :3 per rae.| ABT al : dr ; * i Pk 2) Rg ard | Pad: AY Yr | \"3 A La) jus 4j U2 5 ay Aa Le Ei Lor 5 ph sq, eh) ei N is ba ve De | ty [Xs = | CL = wy Le ; = fore AN FA L 17 XI FT 3 b æ FNS | Za LA » a 3 LS bey 3 peg ar % A Bi eo 1d Ny | A » ¥ 4d 4 / Eo I Lo .ta kr rw =: 2 À a A A Pa LN Ey ny Ee REE RY TER Poe » FA » Nn à = b A I == / Caf] i NO \u201c E h Ee a be * 2 Le M \u20ac, Ee Le) re Le \u2014 À 5 CL Le ae) I a A Sd Sd \u2014 - = Ÿ ÈS me a NA HY a3 5 A : Cac Ld Nd [= Di! oz \u2014a8 et cn == pts Ÿ | | i=.YO hes : « À | | 1 hl de MESS \u2014 PP | [3 37 Lift ES ¥ i £19 Lik N° ul i; Jeb \u2014\u2014 a oY g SYS Rae @ y ny 3 | n TE J x i a a= ps = LEs ÉVÉNEMENTS DE BULGARIE.\u2014EXPULSION DE LA REINE NATHALIE.\u2014 (Du Journal Ilustre) A Le : ll) + x = Laelia | | r ht Ne 1 1 = Nc L.| || \u201cnn PSE a q Vs ro AL RS y Pe f ae - Tf M4 Id Le =r =] 3) A AY A i at) * ra À i AS x TJ AY | - 1 a eC [ART EN ea RT ES hs ce PR À (XN Ty LR Le I ! kz SCT vs [a CE Ss 1 lu hu Tow ; à : , 4 I; == = by EE = Ÿ + ae READ Ni we TE 0 Ea cu Rr pe a te ess Ys =, \u201c7 arte pots { = LX J = Pl SY Idd = dE, = * 2 IE FE a si, mot = a J Sri + XT = Le ah K Ts SA 2 use SR 7 fe Soe 2a Ed se 2 _ \u2014_\u2014 Fix pa 2 = 2 DE rR, af æ = ve, as v ee mage \u2014 atv, peg a æ =| wy \u2014 A Pr NY = = g La: == = = = 19/8 Tae Te a, M Se TY = { EF xX} 3 Zz TEN ye », ÿ EE P= i DU MOIS DE MARIE AU BORD DE LA MER La Da A oR = 22 a > 4 EF er SIO hoy po Lop FA EA (IN Es = = À AE NN FAN AIRES AS J | des > E PROCES Tse N q = hd gd La \u2014U ~ Ze i ZZ 5 i 4 ee hE KEN BRETAGNE a «PQ a ox nN Lib $1 hi ÿ Tai\" © A } + | 1) I p © A % | } Jv 4 i HI pos ~- = = i\" § i ; ~~ 4 = Why N IE ie am 122 LE MONDE ILLUSTRE eee LA MONTAGNE ET LE COTEAU FABLE La montagne dit au coteau : \u201c\u201c Vois, je drense au délà des nues Mes cimes altières, chenues, Et mon front s'élève si haut Que je domine tout le monde.Les autans, l'o qui gronde, L'éclair qui déchire les cieux, Ne le rendent point svucieux.L'homme, à mon aspect formidable, Se sent inôme et misérable, Et l'Olympe, séjour des dieux, N'est plus qu\u2019une simple colline, Quand on parle de ma splendeur.L'univers de ant moi s'incline ; Tout rend hommage à ma grandeur.Petit coteau, bien humble, reste À mes pieds, rampent et modeste, Et ne t'égale pas à moi \u201d.*\u2018 O montagne, rassure-toi, Dit le ccteau.Riant, tranquille, A l'homme j'offre une aide utile, Il m'appelle son petit bien, Me cultive : je suis fertile.Tandis que toi, géant stérile, Que fait-il de ta grandeur ?Rien *, JEAN Rémy.LE GENTILHOMME Définir le gentilhomme, est quelque chose tout à la fois hardi et difficile : hardi, parce que en lisant les nombreuses qualités qui font le vrai gentilhomme, peut être plusieurs, à leur grand étonnement, s'apercevront qu\u2019ils ne sont pas gentilshommes, ou tout au moins qu'ils ne sont pas parfaits gentilshommes, de là la hardiesse de mon énoncé me suscite des adversaires ; difficile, parce- qu\u2019il n\u2019est certainement pas facile de peindre comme ils en sont dignes ces modèles de la société qui répandent partout, dans les cercles qui ont l'honneur de les posséder, le charme de leur haute et noble éducation.Cependant, me reposant sur la bienveillance des premiers, et m\u2019inapirant des qualités des seconds, j'essaierai de vous faire le portrait de l'être humain que la sagesse des nations a nommé gentilhomme, yantleman, gentil- nomo, herr, far-rusal, vir-nobilis, etc., etc.Dire d\u2019un homme qu\u2019il n'injurie jamais son prochain, au contraire qu\u2019il cherche toujours à lui faire plaisir, qu\u2019il ne fait Jamais sans nécessité de peine à personnel, c'est dire en peu de mots qu\u2019il est gentilhomme ; mais comme cette description est très succincte dans son énoncé et copendant très vaste dans sa signification, je me permettrai de l'amplifier un peu.Le vrai gentilhomme, très soigneusement évite tout ce qui pourrait lui aliéner les esprits de ceux au milieu desquels il vit,\u2014c'est-à-dire évite toute opposition contraire d'opinion ou de sentiment, toute restriction ou tout soupçon mal fondé, son seul plaisir étant de mettre les gens à leur aise et de les faire se sentir at home, comme on dit en anglais.Il eat bienveillant avec le timide, gentil avec le réservé et indulgent avec l'absurde.Il évite dans les conversations les allusions hors de raison ou les sujets qui pourraient froisser ; dans les salons il sait plaire par ses paroles, et dans les divertissements il sait amuser par sa gaîté franche et loyale.A moins d'y être obligé, jamais il ne parle de lui-même et, est il forcé de le faire.à l'exemple de Démosthénes \u201c c\u2019est avec toute la mesure possible \u201d ; il se défend avec réserve et distinction, et jamais sur ses lèvres ne viennent éclore ces paroles insipides ou blessantes qui dénotent toujours la somme d'esprit de celui qui les prononce.Le vrai gentilhomme n\u2019est jamais sordide dans les différends, ne profite jamais d\u2019un injuste avantage et surtout u'entre jamais dans les personnalités Conduit par la prudence, il aime à observer cette belle et noble maxime du Sage : \u201c De ne jamais faire aux autres ce qu\u2019il ne voudrait pas qui lui fut fait à lui-même.\u201d Son bon sens ne se choque pas des insultes, car il sait très bien qu'elles frappent d'autant plus fort \u2018elles viennent de plus haut, et son esprit ne saurait ni se les rappeler, ni en conserver malice.Il est bon naturellement, Jardonnant de grand cœur et réprimandant avec douceur.S'il discute, ses arguments sont justes et bien fondés, ne suivant pas l'exemple de ces esprits obtus et rétrécis qui, par une parole sonore, font rire les quelques uvres d'esprit qui les entourent, et pensent par à avoir assuré Your triomphe ; le gentilhomme, dis-je, au contraire, regarde plutôt le fond que le son de l'argument qui doit faire rendre son adversaire.Son opinion sera bonne ou mauvaise, mais lui-même ne sers jamais injuste ; s'il est puissant, #'il est décisif, il sera bref.11 est grand par l'âme, par la considération et par l'indulgence.Il connaît a faiblesse de la raison humaine aussi bien que sa force, et pardessus tout il connaît su puissance et ses limites.Le gentilhomme est celui qui respecte la religion, la piété, Ja dévotion.Eat il protestant Ÿ il a trop d'esprit pour ridiculiser les manières diffé rentes aux siennes d\u2019adorer Dieu ; il aime à supporter et à encourager les institutions tant charitables que classiques ; il respecte les ministres de la religion.Pour tout dire, le gentilhomme enfin se respecte lui-même, et par là fait l'honneur de ceux qui l\u2019entourent et le bonheur de ceux qui le possèdent.Avécarp Laronp.LA VIE DANS LA TÊTE DUN GUILLOTINÉ La Revue londonienne Lucifer du 15 mars publie un article d'une horreur indescriptible, intitulé \u2018\u201c La vie dans la tête d'un guillotiné \u201d, et en réalité, c\u2019est le récit d\u2019un peintre belge, Wiertz, qui, pour se rendre compte des souffrances d'un décapité, se laissait hy pootiser A côté de l'échafaud où un condamné expiait son crime.Wiertz était à moitié mort après son expérience.Il eat à remarquer que, à la biographie de \\Viertz, se trouve ajouté un appendice, par M.Emile de Lavelaye, dans lequel sont transcrites les paroles prononcées par \\Viertz dans l'état hypnotique, et, suivant Emile de Lavelaye, cette expérience de \\Viertz établit sans aucun doute que la pleine connaissance et une douleur terrible persistant pendant trois minutes après la décapitation, que ce n\u2019est qu'après cette durée que la mort réclame sa proie.Mais laissons l'auteur de l'article, Vera P.Jeliboveky, développer son récit.Wiertz avait été endormi d\u2019un sommeil hypnotique, dix minutes avant l'exécution, et on jui avait suggéré de s'identifier avec le condamné.Le couteau tomba.OMNENT vous trouvez vous $ demanda le médecin.Qu'est-ce que vous voyez ?Tout en tremblant, et avec un tressaillement convulsif, W iertz soupirait : \u2014Une oppression vague et indéfinie, quels éclairs ?Un coup de foudre est tombé.Oh ! quelle horreur ! elle pense, elle voit.see \u2014Quoi, elle ?\u2014\u2014Elle, la tête.Elle souffre horriblement.Elle sent, elle pense, mais ne peut se rendre compte de la situation.Elle demande son corps.// lui semble que le corps lève les bras pour la chercher.Elle attend toujours le coup.Oh ! donnez lui l'oubli.mais.l'oublt ne vient point.L'un des assistante écrivaii hâtivement ces mote découpés.Tous étaient en proie à une terreur épouvantable, ils étaient glacés, leurs cheveux se hérissaient soudain, leurs yeux se fixèrent sur une chose qui défie toute description, qui traversait le sac le toile.&lle s'était arrêtée momentanément et au même instant une tache noire\u2014non rouge\u2014 se formait sur la toile sale, et le sang commençait à s'étaler.La chose continuait sa chute et tombait lourdement au fond du panier.Alors, ils virent tous une tête d'une pâleur effrayante, les cheveux ensanglantés, le cou saignant, qui dirigeait sur eux ses regards en même temps que la bouche ricanait, les dents serrées.Les artères du cou battaient encore et projetaient du sang qui inondait la fiçare et trempait les cheveux.La tête pensait, voyait, souffrait, et il semblait À l\u2019homme vivant qui s'était identifié avec cette tête, qu'il partageait toutes ses souffrances.Et maintenant, il commençait à perdre haleine.Une main gigantesque, terrible, sans miséricorde a paru au dessus de la \u2018fe.Elle l'a saisie par la gorge, puis cherchant le crâne, s'appuie avec un Bods lourd, la presse et cherche à l'annihiler.Des ronds de feu se forment devant ses yeux, un nuage rouge l'aveugle.Il cherche à s'échapper.Il pense qu'il a saisi avec les deux mains cette main d'enfer, cette arme de torture insupportable.Mais, qu'est-ce que c'est que cela Ÿ du sang 1 une blessure ?.Ce n'est que maintenant, après des souffrances qui semblaient intertainables, que la tête devient en partie consciente, qu\u2019elle meurt, non pas asphyxiée, meis parce qu'elle a été enlevée du corps.Elle à un commencement de délire.maintenant elle se figure être une toupie qui tourne avec une rapidité vertigineuse, et qui se dirige vers les flammes où elle tourne et en tourne ; et tout autour d'elle tourne au milieu d\u2019une pluie de feu qui consume tout.Elle, décapitée !.Oui, en est-il vraiment ainsi $.Dans sa course vertigineuse, la tête se souvient, elle essaie de se rappeler.\u2014Ah ! donnez-moi la mort ! disait le clairvoyant, en répétant les pensées de la tête deux minutes après la décapitation.\u2014\u2014Est il possible ! demaudait l'hypnotisant, que la connaissance y soit encore 1 Il ne l'a pas perdue ! I voit ses juges, il entend la condamnation, il reconnaît sa famille, sa femme À moitié morte de déseapoir, ses enfants en pleurs.Oh ! le malheureux ! Ïl pense que sa famille ne veut plus le sauver, il rôve qu\u2019il les prie de le faire et qu'ils ne veulent pas l'écouter.Regardez, il embrasse ses enfants.il leur dit adieu.Et toujours les souffrances physiques incessantes, variées, interminables continuent comme au premier moment.Et toujours les souffrances morales, les visions terrifides, les tortures.Quand, oh ! quand la fin arrive-t-elle 1 Ok ! plus terrible encore, pis que toutes les agonies.Un soupçon lorrible s'empare du cerveau de la tête.Les tortures qu\u2019elle souffre ne peuvent- elles pas être la punition d'au delà du tombeau, les flammes d'enfer ?Le sang des assistants se glace en attendant le peintre lhypnotisé prononcer ces mots : \u2018\u201c Ils regardent la tête et ils sont écœurés de ce qu\u2019ils voient.\u201d Les yeux, il leur semblait, étaient plus ouverts qu'auparavant, et il y avait une expression d'horreur dans le regard implorant.\u2014 Voyez, voyez ! s\u2019écrie l'artiste, elle voit son erreur maintenant.Ælle enit que cela ne peut pas être, que le repos et non la damnation éternelle l\u2019attend, la miséricorde et le pardon, et non la torture à jamais.Le voile se déchire.elle voit maintenant le ciel clair et brillant.Oui, la vie a cessé ; il est mort ! NOTES HISTORIQUES La banque de Montréal a donné $500 pour la construction de la salle d'exercice des Fusilliers Victoria.Par son testament, le juge Ramsay laissa 31,000 à la bibliothèque de l\u2019université McGill.Le 14 juilleb 1886, M.L.B.de Gonzague se donne la mort à l'île Sainte-Hélène.C'est le premier suicide à cette place.L'école protestante (rue Saint-Luc), a été commencée dans l'hiver de 1887 ; elle peut contenir 800 enfants et sa valeur est d\u2019environ $4,000.Le bijou Théâtre (le Conservatoire) fat inauguré le 21 février 1887, dans une ancienne maison ayant servi autrefois de caserne, durant le séjour de l\u2019armée anglaise au Canada, et plus tard de manufacture.Une transformation complète y avait été faite et bien décorée.On joua les Nobles par aventure, comédie en trois actes, et la Mort du duc de Reischtadt ; ln plupart des acteurs étaient des amateurs français.\u2018Ze théâtre eut une vie éphémère.Le soubassement de l'édifice est maintenant converti en manufacture de vinaigre, et l\u2019éta supérieure, la salle du théâtre, sert aujourd'hui caserne à l'Armée du Salut, section française. LE MONDE ILLUSTRE 128 gEUILLETON DU \u201cMONDE ILLUSTRR\" lubriques la Petite-Mai, réfugiée dans un coin de =n MONTRÉAL, 20 JUIN 189) FLEUR-DE-MAI TKUISIEMM PARTIR LA FADE GRISE Et le pauvre diable reprit sa course, avec toute la vitesse que lui permettait l\u2019éreintement qu\u2019il.ressentait.et sa diablesse de jambe en retard.La troupe de Gulistan Cantaloube marcha toute ls nuit.Au matin, les voitures atteignirent Lamotte Beuvron.Il fallut bien s'arrêter.On camps à l'entrée de la petite ville.et Gulistan, ainsi que Maraton, se livrèrent aux douceurs d\u2019un sommeil dont ils avaient un impérieux besoin.Pendant cette nuit Fédor tentait son infructueuse escalade et regagnait désenpéré les Souches, alors qu\u2019Henriette et son frère, cachés derrière le pan des ruines, constataient avec une joie infernale qu\u2019lls n\u2019avaient eu que tout juste le temps de soustraire l'enfant dont la retraite venait d'être découverte.Fabrice Dernentières, au moment où il se rendait à la glacière, pour savoir si effectivement on tenterait d'enlever la Petite-Mai, Fabrice avait eu l'envie de se munir d\u2019un fusil, et de tirer à bout portant sur celui qui passerait par-dessus le mur du parc.Henriette avait eu toutes les peines du monde pour l'en dissuader, mais elle avait enfin trouvé l'argument vainqueur.\u2014 Comment !\u2014avait-elle dit à son frère,\u2014tu le Tu ie délivrerais en une fois de ses peines !.Que ferais tu après $ Tu n'éprouves donc pas du bonheur à le faire souffrir ?.C'est ainsi que Fédor avait eu la vie sauve.car Fabrice, sans le raisonnement de &a sœur, était bien décidé à l\u2019assaasiner légalement.Les saltimbanques avaient dormi, faisant la grasse matinée.Gulistan Cantaloube se réveilla avec les idées les plus riantes.Très nette, la perception des incidents de la veille lui revenait.Et il supputait tous les bénéfices qu'il allait réaliser, grâce à l'incomparable \u201c numéro \u201d que le sort venait de lui faire tomber entre les mains.Maraton, l\u2019hercule, était enchanté, lui aussi.Mais il cachait son jeu.La beauté de Fleur de Mai, entrevue un instant avait produit eur lui une impression profonde.Cette brute, qui semblait un taureau debout sur ses jambes de derrière, avait tressailli à l'aspect des lignes pures du visage de la Petite-Mai, de ses grands yeux, agrandis par l'affolement et l'effroi.Mais Chinette, qui tenait à son homme, Chi- nette qui menait l'hercule à la baguette, avait senti, à première vue de Fleur-de-Mai, tous ies serpents de la jalousie lui mordre le cœur.\u2018Tout d'abord elle n'avait rien dit, épiant son Maraton du coin de l\u2019œil.Mais elle n\u2019avait pas tardé à voir l\u2019hercule venir rôder autour de la cage et appliquer sa grosse face contre I'auvent de bois recouvrant les barreaux.Une fois, deux fois, elle avait eu la patience de ne point paraître.Mais à la troisième visite de Maraton à la cage, elle s'était élancée ! Et Maraton avait encore reçu des claques.Oh ! mais.des claques, de toute la force nerveuse de Chinette, au moment où par une fissure assez large, il se délectait en admirant de ses gros yeux cage.~\u2014 File plus loin !\u2014lui avait dit Chinette, tapant À s\u2019en faire mal \u2014File plus loin, et vite, et este.Et si je t'y reprends, tu auras affaire à moi.Maraton essays de la plus sotte des excuses.\u2014Je voulais voir si elle avait besoin de quelque chose, \u2014balbutis t-il.\u2014Que je t'y reprenne !.Tu me crois donc une dinde !.Avec ça que je n'ai pas vu tes yeux !.Et dépêche toi, ou je prends un fouet ! Elle s\u2019en armait comme e:le disait.\u2014Chinette, prends garde |.easayant de se rebiffer.Chinette brandit la chambridre et cingla les mollets de I'hercule, sans tenir aucun compte de cette menace, \u2014Prends garde ! Chinette !.\u2014cris une seconde fois Maraton en se frictionnant vigoureute- ment les tibias \u2014 Qu'est-ce qui sait, \u2014fit Chinette,\u2014tu oserais lever la main sur moi #.\u2014 Et faisant tournoyer sa redoutable chambrière :\u2014Frappe donc, grand lâche ! frappe une faible femme sans défense !.Maraton se retira en grognant, tandis que Chi- nette lui posait cette ultimatum : \u2014Je te défends !.tu m'entends bien, je te défends.de t'approcher de la cage de la femme sauvage.C'est moi qui soignais Brutus.J'entends prendre soin de la nouvelle.Autrement, tu verras.La voix de la bonne Palmyre se fit entendre.La directrice essayait de tout concilier.\u2014Ne vous disputez donc pas, mes enfants, puisque vous vous aimez bien.\u2014Je ne veux pas qu'il ls regarde, autrement, je m\u2019en irai.Maraton s'était retiré en grognant et en mena- ant.\u2018 \u2014 Dites donc, mon camarade, elle n\u2019y va pas de main morte, m'ame votre épouse.Ces paroles étaient adressées à Maraton par un individu crotté jusqu'à l\u2019échine, et qui, boitant à pied bas, semblait singulièrement fatigué.-\u2014 Qu'est-ce que ça peut vous faire ?\u2014 répliqua brutalement Maraton, qui n'aurait pas été mécontent de trouver quelqu'un sur qui passer sa rage.\u2014 Passez donc votre chemin, est-ce que je vous connais ?.Jules Raisin arrivait.Dame, il était éreinté, il suait, soufflait, était rendu.TI avait eu beau se répéter maintes fois pendant la route : \u2014Mais je suis-t\u2019y bête, ai je suis la voiture qui emmène la ch\u2019tite, elle s'arrêtera sans aucun doute à Lamotte.Donc je n\u2019ai pas besoin de m'éreinter.Il avait marché quand même, mais, à la fin, il avait hien été forcé de s'arrêter, et il arrivait en retard.Aussitôt, il avait tenté une ouverture auprès d'un membre de la troupe Cantaloube, et nous venons de voir comment il avait été reçu.Jules Raisin, à courte distance, inspectait les voitures, et il se disait avec juste raison que l'une d'elles pouvait bien être celle dont il avait relevé le train partant du portail de Vernon.A cette instant Gulistan Cantaloube sortit de la dernière caisse roulante qui lui servait de maison.Quelle que pûb être son ébriété de la veille, il n'avait pas oublié les expresses recommandations du bourgeois qui lui avait fait don de la femme sauvage.\u2014 Méfiez-vous, \u2014 lui avait dit celui ci, \u2014 il y a des gens du pays qui voudront savoir ce que cette fille est devenue, on pourra tourner et retourner autour de vous, vous questionner, vous tirez les vers du nez.C\u2019est à vous de vous défendre.Vous comprenez bien qu'il sutlit d\u2019une dénoncis- tion à la police pour compromettre le auccèa de votre opération.\u2014 Mais nous avons pourtant le droit de passer un marché.\u2014Sans doute, mais la police interviendrait, vous arr.terait d\u2019abord, on voudrait savoir ceci et osla : \u2014-Enfin, nous en aurions pour trois mois avant de pouvoir régulariser notre affaire, et ce serait trois mois de perdus pour vous.fit Maraton en Gulistan Cantaloube était donc prévenu, il se tenait sur ses gardes.Aussi guigna-til Jules Raisin qui venait, \u2014on ne le voyait que de reste,\u2014de fournir une grande course.Jules Raisin s'avançait la bouche en cœur.\u2014Sans être trop curieux, \u2014 fit-il en touchant son chapeau, \u2014 qu'est-ce que vous pouves bien avoir dans ces belles voitures ?.\u2014 Qu'est-ce que ça peut bien vous faire 1\u2014répli- qua vertement Gulistan Cantaloube, \u2014 en le regardant d'un air parquois.Passez donc votre chemin, mon brave homme.Est-ce que je vous demande ce que vous vendez et où vous allez !.C'est-y curieux ça !.\u2014Bonnes gens !\u2014fit Jules Raisin, \u2014 vous n'êtes uère aimable.Et sûr, ça n\u2019est as Far les pieds ue vous vous êtes levé ce matin.Il n\u2019y avait rien A faire, mais Jules Raisin commit l'insigne maladresse de continuer à rôder autour des loges, ne pouvant se décider à s'en éloigner.Et en un instant, il fut signalé à toute la troupe.Comme il revenait encore aux voitures deux heures plus tard, les petits Cantaloube poussèrent des cris de putois en annonçant ss venue et tout le personnel se précipita sur lui, lui appuyant une chasse.\u2014 Bonnes gens!\u2014fit Jules Raisin en se sauvant à tire d'aile malgré sa patte à la traîne, \u2014bonnes gens ! me voilà bien.Quest-ce que js vas faire pour obtenir un bout de causette du frère.Ils sont ben mauvais comme des teignes, dans cette bande-là.Enfin, je ne les lâcherai toujours point et je tiendrai à eux comme ce que je viens de dire.En attendant je suis blousé et faut que je prenne garde à moi, autrement tous ces gredins là seraient bien capables de me donner quelque mauvais coup.Tandis qu\u2019il se faisait ce triste raisonnement, Gulistan réunissait son monde et tenait cet énergique langage : \u2014Mes enfants, faut veiller !.faut ouvrir l\u2019œil.On veut évidemment nous enlever notre \u2018\u201c numéro.\u2019 Et vous comprenez que ça ne ferait pas notre affaire.Le citoyen que nous venons de reconduire, ça doit être un agent de police déguisé, ou quelque chose d'approchant.Je ne sais pas ce qu'il peut nous vouloir, mais il ne faut pas qu'il puisse s'approcher.\u2014 Mais à Orléans, \u2014interrompit Chinette qui gardait toujours son franc parler, \u2014h Orléans, à la représentation, il pourra entrer comme tout le monde.\u2014A Orléans, je ne dis pas, \u2014 fit Cantaloube, \u2014 mais jusque-là, il ne doit point savoir ce qui se passe chez nous.Et une gratification de cinquante centimes fut promise à chacun des deux jeunes gymnasiarques pour faire le guet, et ne pas laisser approcher des loges l'homme dangereux, bien reconnaissable à sa démarche.Tranquillisé par les deux petits Cantaloube, qui pour gagner dix sous, auraient passé le jour et la nuit sans manger et sans dormir, Gulistan put w'occuper enfin de sa nouvelle pensionnaire.Avant de la présenter devant le public, il y avait une préparation à lui faire subir.Il fallait que le dompteur s\u2019assurât du parti qu\u2019il pouvait tirer de son \u201c numéro.\u201d Allait-elle être difficile à dompter 1 Fabrice Dementières avait raconté à Cantaloube une histoire renfermant une partie de la vérité.La créature qu'il lui livrait était bien et dûment une créature sauvage.Elle s'était Isissée choir une nuit dans une foue préparée pour prendre des sangliers et il était très embarrassé de sa capture, qui pouvait lui causer mille désagréments, et très satisfait de s\u2019en débarrasser au profit d\u2019un brave et honnête saltimbanque.Et le bourgeois avait eu beau affirmer à Cantaloube que la créature n'était nullement méchante, celui ci se méfiait, et il s'était muni à tout hasard de l'énorme fouet qu\u2019il employait, bien inutilement, d'ailleurs, pour pénétrer dans la loge de ses loups et de ses ours.La pauvre Petite-Mai était toujours aocroupie dans son coin. 124 Mais, à la vue du dompteur qui s'svancait vers alle, un énorme fouet à la main, elle fut prise d\u2019une terreur folle, et, bondissant avec une inoom- parable légèreté, s\u2019accrocha aux barreaux de sa cage en poussant des cris rauques.\u2014Bien ! très bien ! parfait, fit-i), ça va être d\u2019un effet surprenant.Oh ! le bourgeois n\u2019a pas menti, elle est réellement tout ce qu'il y a de plus [Il leva la fouet.le fit tourner autour de sa tête, en claquements répétés.La malheureuse Fleur de-Mai, convaincue que le dompteur lui en voulait réellement, redoubla ses bonde vertigineux, et se mit À proférer des clameurs déchirantes.\u2014Mais il n\u2019y a rien à faire, se dit tout haut Gulistan, elle est naturellement dressée.Je ne lui en demande pas davantage.Le public sera épouvanté et émerveillé !.La Petite-Mai, voyant qu\u2019elle n\u2019était point frappée, se calmait un peu \u2026 et lentement, lentement, tandis que de grosses larmes de colère et de douleur ruisselaient sur von visage, venait reprendre la place qu'elle occupait dans le coin de sa cage.\u2014 Reste maintenant la question de la nourriture et du costume.La nourriture, si elle pouvait manger de la viande crue devant le public, ce serait mirobolant.Quant au costume, si on pouvait lui appliquer un véritable tatouage.ce serait très bien.Il faut que je cause de ça avec Chinette et Palmyre.Mais pour l'instant, en voilà assez, la première leçon a été surprenante.Et regardant la loge centrale, il s'écria devant toute la troupe : ~\u2014Mes enfants ! ça dépasse toutes mes espérances.On n'aura jamais vu ça.C'est uue fortune 1.Ce fut au tour de Chinette de prénétrer dans la cage de la Petite-Mai dans l'après-midi de ce jour.lle le fit sans précaution.,.Brutus avait habituée au mépris du danger.Chinette n\u2019était point une méchante créature.Et elle se sentit le cœur serré à l'aspect misérable de la malheureuse enfant.\u2014Je ne sais pas ce qu'il a, le patron, \u2014murmu- ra-t-elle,\u2014elle n'est pas sauvage du tout.Qu'est- ce qu'elle va manger, la pauvre ?lle lui tendit un morceau de viande crue, selon les ordres de Cantaloube ; la pauvre petite bien qu'elle mourûv littéralement de faim, la repoussa avec horreur.Mais elle se laissa prendre la main par Chinette celle-ci lui adressant de bonnes paroles, avec une inflexion de voix trds douce.La Petite Mai la regardant toute craintive, encore tout appeurée, mais elle ne poussait plus ces cris effrayants qui avaient fait la joie de Canta- loube.Alors, Chinette lui donna du pain, des fruits et la pauvre enfant se précipita bestialement sur cette nourriture.Le soir même, toute la troupe reprenait la grande route conduisant à Orléans.Et Cantaloube qui avait appuyé sa joie grandissante d\u2019un nombre incommensurable de petits verres, répétait tout le long du chemin et à haute voix à Maraton : \u2014Tu as un succès.un incommensurable sucoès.Cette ülle là, ça va être une fortune.On arriva exténué à Orléans, et les voitures de la troupe de Gulistan Cantaloube s'alignèrent sur le boulevard Saint-Vincent.La loge une fois montée n'avait pas grard air, mais Gulistan souriait d\u2019un air modeste, était à l'avance certain de son triomphe.Encore quarante huit heures à attendre et puis alors on verrait.Chinette venait aisément à bout de la Petite- Mai.Celle-ci ne lui offrait aucune résistance, Chinette et Falmyre étaient occupées à cet instant à confectionner un costume exotique, digne du public devant lequel allait paraître le \u201c numéro.\u201d Neanmoins, elle était triste, Chinette !.Elle avait beau faire, beau se mettre en colère, Maraton n\u2019en continuait pas moins à tourner tout au tour de l\u2019ancienne onge de Brutus, attiré par ls surprenante beauté de la Potite-Mai |.LE MONDE ILLUSTRE Qui n\u2019était pas heureux à Orléans, c'était un individu de notre connaissance, le pauvre Jules Raisin.De Lamotte, il avait aisément suivi les baladins à Orléans, mais les petits Cantaloube, émerillonnés par la prime qui leur avait été promise, se relayaient pour ompêcher Jules Raisin de s\u2019approcher des voitures.Jules l'avait tenté À diverses reprises, et toujours il avait été \u201c*vement signalé.Sa persistance commençait même À singulièrement inquiéter Gulietan Cantaloube.Le domptear était sur les épines.Qu'est-ce que pouvait bien lui vouloir ce particulier qui l'espionnait ainsi sans repos ni trêve 1.Evidemment, il en voulait à l'extraordinaire \u201c numéro \u201d dont le bourgeois lui avait fait don.Et cette simple supposition le rendait féroce ! Aussi se creusait-il la cervelle depuis le départ de Lamotte pour trouver le moyen de se débar- rauser de ce mouchard qui se tenait toujours en sentinelle non loin des voitures et de la loge du domptear.Tl avait excité en sous-main Maraton à aller offrir un \u201c caleçon \u201d à cet inquétant personnage, mais Chinette s\u2019y était opposée.\u2014Quand on aura fourré mon homme dedans, ce n\u2019est pas vous qui le mettrez dehors, et il aura bien cela pour lui.J'ordonne donc à Maraton de se tenir tranquille.Autrement, patron, je quitte votre cambuse, car je commence à en avoir joliment de trop.Et Chinette ajoutait en aparté : \u2014Je voudrais la voir aux cinq cent mille diables, la femme sauvage.J'ai dans l'idée que si cela continue, elle nous occasionnera que des désagréments.Chinette, pas plus que Palmyre, n\u2019était une méchante créature, mais elle était jalouse comme une tigresse d\u2019Ircanie, et la passion naissante de Ma- raton la mettait hors d\u2019elle même.Maraton, ayant reçu l'ordre de ne point bouger, ne pouvait donc aller \u2018\u201c tremper une soupe \u201d au particulier que l\u2019on apercevait à tout instant dessinant un large cercle autour de la loge.Gulistan dut donc chercher autre chose.Et ma foi, prenant son courage à deux mains, au moment où il apercevait Jules Raisin faisant une nouvelle tentative pour se rapprocher de l\u2019objet de son incessante curiosité, il résolut de frapper un grand coup.Comme le commissaire de police, escorté de plusieurs agents, venait s'assurer par lui-même que les saltimbanques avaient satisfait pleinement à toutes les formalités municipales, il alla carrément se planter devant ce fonctionnaire.C'était la veille même de l\u2019ouverture de la foire.Vingt-quatre heures encore et les loges s'ouvraient au public.Gulistan Cantaloube avait commandé à un peintre orléanais une toile énorme représentaut une femme sauvage, à laquelle un officier de la marine française, en grende tenue, arrachait un enfant nouveau né qu'elle s\u2019apprêtait à dévorer.On l\u2019a dit plus haut, Chinette et Palmyre achevaient de composer avec toutes les loques pailletées que l'on avait pu ramasser dans les coffres de la troupe, un costume de reine indienne, qui devait sembler au public émerveillé, excessivement somptueux.Tous ces énormes frais ne pouvaient en vérite être compromis par cet espion qui ne devait nourrir à l'endroit de la troupe Cantaloube et de son principal \u2018 numéro \u201d que les plus noirs dessins.Gulistan aborda donc très nettement le commissaire de police en lui disant de la façon la plus convenable, tenant son bonnet de fourrure à la main : \u2014Monsieur le commissaire, est-ce que je suis en règle ?\u2014Parfaitement, mon garçon.\u2014-On sa rien à me reprocher ; j'ai accompli toutes les formalités, je ne dois rien à personne, je puis demander aide et protection à l'autorité 1 \u2014Très parfaitement, répliqua le commissaire, mais pourquoi toutes ces questions ! \u2014Monsieur le Pommimifs, parce qu y a un particulier qui me turlupine depuis deux jours 0 qui veut dortainement me jouse un pied doco J chon.4 moi, A mes bites ou 4 mes \u2018 numéros.\u201d \u2014Je ne l'ai jamais vu !.Jamais je ne lui avais parlé avant ces deux jours.Mais je crois u'il m'en veut, ou à quelque sujet de notre troupe.dont la supériorité dans tous les genres est bien faite pour exciter la basse envie, ou peut-être même, et Gulistan Cantaloupe prononça ces derniers mots en se gonflant avec importance, ou peut-être même aurait-il l'intention de forcer ma caisse, et de s'en approprier le contenu.Pour instant, la caise de Gulistan Cantaloube ne devait contenir que quelques araignées acoom- pagnées de leurs toiles, néanmoins ces derniers mots parurent donner à réfléchir au commissaire qui demanda au dompteur : \u2014Et où est-il cet homme qui vous espionne et veut À toute force pénétrer dans votre loge 1 \u2014Tenez ! le voila, fit Gulistan.Le commissaire et les agents qui l\u2019accomps- gnaient tournèrent en même temps la tête vers le point désigner par le dompteur «t ils apergurent nettement Jules Raisin, qui se voyant de la part des autorités et de la police l\u2019objet d'une attention toute spéciale, commençait, comme un dit très vul- £airement, à se tirer des grégues et à filer par la tangente.\u2014C'est bien l\u2019homme qui a une jambe en retard, demandant le commissaire.\u2014Oui, oui, c\u2019est bien lui,.I! nous pistonne depuis deux jours, il est sans cesse sur nos talons, nous l\u2019avons coursé cependant d'une rude manière et ça aurait dû lui servir de leçon.\u2014Très bien, fit le commissaire.Et il ajouts, en s'adressant à un de ses agents : \u2014Amenez moi cet individu, je vain l'interroger.L'agent partit d'un pas rapide.Voyant que le sergent de ville se dirigeait de son côté, Jules Raisin commit l\u2019insigne maladresse de prendre ses jambes à son cou.Mais alors, à un signe de leur chef plusieurs agents s\u2019élançèrent et Jules Raisin fut vivement pincé et appréhendé au corps.\u2014Au nom de la loi ! je vous arrête ! fit l\u2019agent en lui mettant la main au collet.\u2014Ah ! pour aûr ! s\u2019écria Jules Raisin, en cessant de courir, en voilà une affaire !.Et quoi donc que j'ai commis § \u2014(Ça ne me regarde point.J'ai un ordre.Vous vous expliquerez devant M.le commissaire.Et peinant, se faisant quelque peu traîner, Jules Raisin arrive en compagnie de l'agent, jusqu\u2019au groupe des saltimbanques et des sergents de ville, au milieu duquel 5e trouvait le commissaire.\u2014Ça ne va pas arranger mes affaires, pas plus que celles de M.Fédor.C\u2019est moi qui donnerais bien une bonne pièce de trente sous pour me trouver en chemin de fer.Le commissaire, un ancien militaire, à figure énergique, regardait le petit homme, fouillant dans ses yeux, comme s\u2019il eût voulu lire au fond de ss conscience.\u2014Comment vous appelez-vous ?lui demanda brusquement le commissaire.Jules Raisin cherchait une idée, et elle ne lui venait pas.Il essaya de gagner du temps en prenant son air le plus bête.\u2014Mon bon monsieur, répliqua-t-il en hésitant et en traînant sur ses mots, je vas vous dire, j'ai tout plein de noms.On me nomme Touzy, Jules Touzy, rapport que j'ai habité longtemps une ferme de Touzy, aux environs de Brétigny-aur-Aire, une petite ville qui est même très jolie, où il y a tout plein de.mais ça ne vous intéresse pas, mon bon monsieur.\u201c Il y en & aussi certains qui m\u2019appellent \u201c Saucisson \u201d parce qu'il y a comme ça un monsieur qui a trouvé que je ressemblais, sauf vot'respect, à une an.à un je veux dire.Enfin c'est pas tout ça, de mon vrai nom, je m'appelle Jules.Brusquement le commissaire lui coups la parole.\u2014Tâchez de ne pas faire le malin, autrement je vous colle au clou, ça ne va pas être long.\u2014Au clou 3.\u2014Au poste, si vous aimez mieux, en prison.\u2014Moi !.Bonnes gens !.\u2026.' + e vous demande comment vous vous appe- es \u2014Mais jo viens de vous le dire.,., J\u2019 trente-six de noms.wre Jon ol \u2014Votre vrai nom.\u2014Alors, si vous vous rendez comme qui dirait à Brétigny-aur-Aire, faudrait demander Jules Raisin, parce que défunt mon père se nommait Raisin.Tout comme moi.naturellement.puisque.\u2014Taisez-vous ! \u2014Ah ! je ne demande pas mieux, mon bon monsieur, parce que pour tant ce que j'ai à vous dire.La vérité du bon Dieu ! \u2014Je vous dis de vous taire.\u2014J'ai bien compris ! Bonnes gens.\u2014Vous avez des papiers 1 \u2014Des papiers | \u2014Oui, un livret, des lettres.pour constater votre identité.Jules Raisin secoua la tête.* \u2014 Mon identifiée, que vous avez dit\u2026 Je n'connais point cette chose là.Je n'connais rien du reste et j'n\u2019ons rien sait.\u2014-Pourquoi suivez vous ces saltimbanques depuis deux jours | \u2014J'les ai suivis.j'les ai suivis.c'est manière de parler.Plus souvent j'ai été devant eux.et c'étaient eux qui me suivaient.À cet instant la paupière de Jules Raisin se mit À clignoter vivement.L'idée qu'il cherchait vainement depuis que la police lui avait mis le grappin dessus venait tout droit de pointer dans son esprit.\u2014Mon bon mousieur, j'vas vous dire et si ce digne homme qui est un peu prompt, parce qu'il m'a coursé avec ses bons amis, et méme que s'ils m'avaient pris.enfin n'importe, mais ils n\u2019avaient point l'air de vouloir me joindre pour m'offrir une partie de cartes.\u2014Voulez vous me dire pourquoi vous les suiviez1.\u2014Mais je ne vous \u2018lis qu'ça, mon bon monsieur.C'est une petite idée que j'ai eue comme ça.\u2014 Quelle idée 1.\u2014Je voulais savoir si y voulait bien me vendre une bête féro:e.comme qui dirait.un loup!.Jules Raisin avait entendu les loups de la seconde voiture hurler la nuit précédente, et il était bien certain qu\u2019il s\u2019en trouvait dans la loge de Gu- listan Cantaloube.\u2014 C'est pour cela que vous le suivez depuis deux jours, \u2014 fit le commisssire d\u2019un air de doute, \u2014 et que voulez vous faire d'un loup ?\u2014Gagner ma vie, donc !.en ferme, et on vous donne.\u2014Je crois que vous voulez-vous moquer de moi, \u2014répliqua le commissaire.-\u2014Je ne coupe pas le moins du monde dans votre histoire de loup.\u2014Et pourquoi d'ailleurs, \u2014demanda Cantaloube, \u2014ne me l'avez-vous pas dit 1 M \u2014 Ah ! vous ne m'en avez pas laissé le temps, mon brave monsieur.méme que.Jules Raisin #'arréta tout net, et son visage, redevenu inquiet, prit subitement une expression joyeuse.Naturellement, en voyant arrêter un homme, les passants s'étaient attroupés et regardaient curieusement Jules Raisin en écoutant son interrogatoire en plein vent.; Et au milieu du groupe, se pressant et jouant des coudes pour arriver au premier rang, Jules Raisin venait tout à coup d'apercevoir deux figures amies dont les propriétaires se mirent à pousser de grandes exclamations de surprise.\u2014 Le cousin Jules !.(\u2019est-y Dieu possible ! Et Jules Raisin de s'écrier de son côté : \u2014 Victor ! Reynette !.En voilà une de rencontre ! Et ce furent des poignées de main.Reynette et Victor à Orléans !.Comment se trouvaient-ils à a foire ?.Oh ! d\u2019une façon toute simple.A l'issue du second jour, Reynette en avait eu, non pas seulement assez, mais beaucoup trop de toutes ces grosses plaisanteries que l\u2019on fait aux mariés, généralement, dans toutes les noces de campagne.Et ma foi, comme on était À le fin du second jour, comme les invités retournaient chez eux les uns après les autres, Reynette s'était amoureusement penchée à l'oreille de Victor et lui avait dit tout bas : \u2014Victor, j'ai un grand désir, je voudrais bien On va de ferme LE MONDE ILLUSTRE voir une grande ville, faire un petit voyage.ne point rester ici, enfin.Victor n'avait rien à refuser à Raynette, et en un clin d'œil, 108 foi, la chose avait été décidée, et le jeune ménage était parti pour Orléans.Là, ils avaient vu les baraques, les loges, les voitures, tous les préparatifs cles saltimbanques, tous les bazars et les jeux qui commençaient à s'ouvrir, et tout cela était bien fait pour éveiller la curio- vité de Revnette .Le groupe au milieu duquel se démenait Jules Raisin en face du commissaire avait attiré leurs regards, il leur avait semblé reconnaître le cousin Jules, et ils s'étaient approchés pour être certains que leura yeux ne les trompaient pas.\u2014 Bonnes gens !\u2014s'écria Jules tout triomphant cette fois, \u2014 voilà un garçon et ss femme, des pays, des parents, qui pourront ben vous dire que je ne suis pas un voleur.\u2014Ca bien siir,\u2014appuya Reynette.\u2014Puisque je vous dis ça depuis une heure, ob que vous ne voulez pas me croire.Le commissaire était bien forcé de reconnaitre qu\u2019en présence des répondants, que le hasard venait de fournir à l\u2019homme qui inspirait des soupçons, il n'avait aucune raison pour retenir celui-ci sur la dénonciation des saltimbanques.\u2014 Alors, \u2014 reprit-il cependant, \u2014 une dernière fois, avec la prudence habituelle du policier, et en s'adressant au jeune couple, comment se nomme til votre cousin ?Victor Fortier se mit à rire.\u2014Oh ! il a bien des noms, sans compter son véritable ; on le nomme Mon Jules, Jules Touuy, du nom de son ancienne ferme, on l'appelle aussi \u2018 Saucisson \u201d Saucisson-à-Pattes, parce qu'il est court.Son vrai nom est Jules Raisin.\u2014N'y a pas d'erreur, \u2014conclut un des agents.Et le commissaire se retira accompagné de ses hommes.Mais cette terminaison de l'affaire en queue de poisson ne faisait pas le moins du monde l'affaire de Gulistan Ca:taloube, qui se posa en face de Jules Raisin, le regardant d\u2019un air narquois en lui disant : \u2014Et votre loup 1.Vous voalez bien toujours acheter votre loup ft.\u2014Pour sûr.Ces paroles furent accompagnées d\u2019un clignement d\u2019yeux à l'adresse de Victor pour mettre celui-ci en éveil.C'était chose tout au moins inutile.Victor en reconnaissant son cousin, guené, crotté, fait comme un voleur, s'était bien douté que la mystérieuse affaire pour laquelle il l'avait accompagné au parc de Vernon continuait toujours.11 abonda donc dans le sens des paroles du cousin Jules en disant tout haut : \u2014 Vous voulez donc toujours acheter un loup, cousin ! \u2014Eh bien ! je vais vous en montrer plusieurs, fit Gulistan, et vous choisirez.\u2014Tu viens avec nous Victor ?Cousine Rey- nette, vous n'êtes pas de trop.Et tout le monde s\u2019engouffrs dans la loge.Jules ltaisin poussa un long soupir de satisfaction.T1 était dans le cœur de la place.Mais Palmyre, Maraton, les musiciens et jusqu'aux petits Cantaloube, prévenus et mis en garde par un geste du dompteur, emboitèrent le pas à Jules Raisin et ne le quittèrent pas d'une semelle.Trois loups maigres, épuisés, s\u2019agitaient tristement dans une cage, aflligés du tic de l'ours.Nous avons dit dans quel piteux état le solde de la ménagerie du dompteur.\u2014 Voilà de bien belles bêtes, fit-il en frappant de son fouet les barreaux, ce À quoi les loups répondirent en montrant leurs dents jaunes.\u2014Ils n\u2019ont point trop beau poil, répondit Jules Raisin.Toute la troupe se récria.C'était le moment de la mue, quelques jours encore et leur fourrure serait aussi velue que celle des deux Martin qui dansaient dans une autre cage en face.\u2014 Vous n\u2019en avez pas d'autres, des loups ?demanda Jules Raisin.125 Tout en parlant, il guignait l\u2019ancienne eage de Brutus eb faisait mine de s'en approcher.Gulistan Cantaloube lui barra résolument la route.\u2014 N'y a pas de loups par là, fit-il.Jules Raisin se grattait l'oreille.\u2014C'\u2019est pas des loups, dit-il, mais c\u2019est donc qué- qu'bôtes qu\u2019on ne doit point voir 1 Reynette qui l'observait toujours elle aussi du coin de l'œil se pencha vivement vers lui et lui dit du bout des lèvres : \u2014Je sais ce qu'il a là-dedans, cousin et je vous le dirai dès que nous seront sortis.\u2014Bonté du sort ! Jules Raisin en ressentit une petite suée qui lui coula le long des joues.Il n'en demandait point davantage.\u2014Il ne me plaisent point vos loups, dit-il brusquement A Gulistan.Et il amena tout droit Reynette et Victor, poursuivis par les quolibets et les malsonnantes paroles de toute la troupe.Quand ils furent sur le boulevard : \u2014Vous savez ce qu'il y a dans la grande cage, cousine Reynette ?\u2014Oui, oui ! Je I'si vue tout à l'heure par le joint de l'auvent en bois.Et mon sang n\u2019a fait qu\u2019un tour, cousin Jules.C'est la Fade Grise.Je l\u2019ai bien reconnue.\u2014Bon lieu de bon Dieu ! ça y est, bonnes Ça» y est cette fois-ci, eb vous ne vous doutez pas ?.Et dans sa joie il embrassa Reynette et Victor, en répétant : \u2014Non, vous ne saver pas, vous ne pouvez point savoir.\u2014Alors ?demanda Reynette qui aurait bien voulu savoir quelque chose.\u2014Ne m'interrogez pas, ce n\u2019est pas mon secret.Mais plus tard, je vous dirai tout et M.Fédor aussi, en vous adressant toutes sortes de remerciements.Et Jules Raisin partit, toujours courant jusqu'à la gare.Un expresse allait passer.Ce qui ne lui était certainement jamais arrivé, il prit un billet de première.Une heure après, il arrivait à Salbris et là il trouva un bidet qui le mena d'une galoppée aux Souches.Le comte Fédor et Marcelle n\u2019avait point quitté le château.À travers ces grands enfilades d\u2019apparfements, ils erraient comme deux âmes en peine, en proie à ce même désespoir qui les minait sourdement.Avoir été aussi près du but, l\u2019avoir touché pour ainsi dire du doigt ! Ne dire que leur interminable et inconsolable malieur allait avoir un terme, eb voir s\u2019écouler encore une fois toates leurs espérances ! Et pour la milième fois peut être, Fédor venait do répéter À mi-voix : \u2014 Mais qu\u2019est donc devenu Jules Raisin 1 Ou est-il 1.Que lui est-il arrivé ?Par ses ordres, Foster et les autres gardes s\u2019étaient mis en campagne.Et tous deux ils avaient battu Je pays sans pouvoir naturellement parvenir & découvrir le susdit.A suivre D\u201d MATHIEU & BERNIER CHIRURGIENS-DRNTISTRS Coin des rucs Champ-de.Mars ot Bonsecour Extraction de dents sans douleurs avec les procédés les plus perfectionnés.J.N.LAPRES PHOTOGRAPHE 208, RUE SAINT-DENIS, MONTREAL Ci-devant de la maison W.Notman & File \u2014Portraite de tous genres, et le nouveau procédé imitant la gravure sur acier TEI TE 126 CHOSES ET AUTRES \u2014L'empereur d'Allemagne vient de prendre une dévision originale : Il a fait savoir aux prédicatears de la Cour que leurs sermons ne devraient, à l'avenir, sous aucun prétexte, durer plus de quinze minutes.\u2014La fabrique de Québec a décidé d'acheter de nouvelles cloches pour la Basilique.Ces cloches ont été commandées à la manufacture d'Ha- vard en France et doivent arriver au mois de septembre.La plus grosse cloche devra peser 2,500 lbs, la moyenne 2,000 lbs eb la petite 1,600.\u2014Le gouvernement de Québec vient de distribuer à 480 familles de douze enfants les cent acres de tecres auxquels la loi leur donne droit, ca ui avec ja concession de 20,000 acres, t 68,000 acres de terres distribués depuis huit jours.Dans cette seconde liste, on remarque le nom de M.F.X.Lemieux, député de Lévis, \u2014Napoléon Bonaparte fonda la dynastie napoléonienne et prit avec raison le titre de Napoléon ler.Son fils, qui n'a jamais régaé, n\u2019en est pas moins connu dans l'histoire sous le nom de Napoléon II.Le neveu du grand empereur fut donc obligé de se nommer Napoléon III, quand il monta sur le trône.À ss mort, son fils, le prince impérial, passs parmi les bonapartistes pour être Napoléon IV, quoiqu il soit mort misérablement de la main des Zonlous, avant d'avoir pu être couronné.Un autre neveu du grand empereur, le prince Jérôme- Napoléon, mort dernièrement, devint donc, après cette tragédie africaine, Napoléon V, et le priuce Victor, file de ce dernier, est à présent Napoléon VI Et voild comment, bien qu'il n\u2019y ait eu que deux Napoléon qui aient manié le sceptre, nous avons à présent Napoléon VI sur la scène politique du monde.\u2014-Il vient de naître un fils à Jean Sérien.L'heureux père se rend à l\u2019Hôtel de Ville pour faire sa déclaration.\u2014 Votre nom ?\u2019 fait l'employé.\u2014\" Jean Sérien, Monsieur.\u201d\u2014\u2018 Comment, vous n'en aavez rien ! Vous plaisantez ! Allez donc ! dites votre nom.\u201d \u2014 \u2018 Je vous le dis, Monsieur : Jean Sérien.\u201d \u2014 \u201c Avez-vous fini de vous moque: de moi $ \"\u2014\u201c C'est plutôt vous qui vous moquez de moi ! \u201d \u2014# Une dernière fois : votre nom ?\u201d \u2014\" Mais puisque je vous dis : Jean Sérien.\u201d L'employé se fâche.Jean se fâche aussi.Les agents de police s'en mê lent, et on emmène Jean chez le commissaire.\u2014 \u2018 Votre nom ?\"\u2014\u201c Jean Sérien.\u201d \u2014 \u201c Si vous continuez cette preisenteries on vous gardera au poste.ne dernière fois je vous demande votre nom.\u201d Jean sort de ses gonds ; il menace de tout casser.Finalement le commissaire ordonne de le garder.On dresse procès-verbal des faits, on en donne lecture à Jean et on le prie de signer.Il signe : Jean Sérien.Le commissaire éclate de rire et renvoie l'infortuné en lui disant : \u201c C\u2019est rien, Jean ! \u201d Il avait de l'es prit ce commissaire-là ! \u2014Daus ce vaste Hindoustan où uillent 254 millions d'être humains, il n\u2019y à pas peut être de peuple plus LE MONDE intéressant à étudier que le Rijputina dont le territoire est à peu près deux fois aussi grand que :'Italie.La moitié de cette contrée fait partie du Punjab et comprend 34 Etats feudataires, qui ont entre tous une population de 5 millions d'Ames.\u2018autre .noitié constitue l'agence du Ràjputâne, qui s'étend au sud du Paniab entre le Sind et les Provinces du Nord-Ouest, et qui comprend 10 millions et demi d'habitants.Dans cette seconde moitié, on ne compte pas moins de de 35,000 villes ou vil- ages.Les RAjputs sont des conquérants de noble race qui, de temps immémorial, ont fourni les familles roysies.Grand nombre de ces dynasties, qui sont encore sur le trône, étaient déjà réputées fort antiques à l'époque où Agamemnon, Ulysse, Achille, Ajax et les autres héros de l'Illiade s'apprê taient à entrer dans la ville de Troie, 1193 ans avant l'ère chrétienne.Sir Lepel, ancien secrétaire d'Etat du Panjab, raconte qu'il vit un jour, dans un temple de la charmante vallée de Chumba, en, pleine chaîne de l\u2019Hymalays, un rouleau d\u2019une longueur immense où se trouvait insorite la liste des souverains du pays et dans laquelle il ne compte pas moins de 673 noms de monarques appartenant tous à la mêmes dynastie et qui s\u2019était succédés régulièrement de père en fils.Pour avoir une idée de l'énorme période représentée par ces 673 souveraine, qu\u2019on se rappelle que, depuis la cession du Canada à l'Angleterre, il y a decela 128 ans, la Grande Bretagne n'a eu que 4 souverains : George IIT, George IV, Guillaume IV et Victoria Ière Dans la même proportion, cette dynastie royale du Räjputäna aurait régné plus de 20,- 000 ans.\u2014\u2014 LE GERANT D'UNE Cix DE CHEMIN DE FER Chemin de fer Ohio et Mississipi, bureau du présidenc et du gérant-général, Cincinnati, Ohio, E.U.A,, 15 Nov.1886, Messieurs : Tout dernièrement, en descendant de mon char, je mis le pied sur une pierre qui tournant subitement, me fit tomber.Je me relevai avec une grave entorce à la cheville du pied.J\u2019éprouvais d\u2019atroces douleurs, on m'aida à regagner mon char, où mon valet me frictionna sérieusement, et me fit force applications d'arnica et d'au- tren substances analogues, mais sans résultat.En arrivant à une gare où l'on put ze procurer de l\u2019Huile de Saint-Jacob, j'en fis acheter deux bouteilles et une première application fut suivie d'uu soulagement immédiat de la douleur qui était venue insupportable.rois jours après je sortais et vaquais A mes affaires.W.W.Peabody, président et gérant général.\u2014\u2014# \u2014\u2014 Avis AUX MÈREs \u2014Le \u2018\u201c sirop calmant de Madame Winslow \u201d est employé depuis plus de 50 ans par des millions de mères pour la dentition des enfants, et toujours avec un succès complet.Il soulage le petit patient aussitôt, procure le sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u2018 s\u2019épanouit comme un bouton de fleur.\u201d Il est très agréable à prendre, il calme l'enfant, amolit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remê le connu pour la diarrhée causée par la aentition ou autremont.Vingt-cinq oenta la bouteille, _\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014Grand nombra d'arbouriculteurs suggèrent la formation de haies oompo- ILLUSTRE endroits dans le verger.Par ce moyen les arbres fruitiers sont moins sujets à être brisés par le vent, et en hiver par la neige.L'odeur résineuse que ces arbres répandent, disent-ils, contribue à éloigner du verger plusieurs espèces d'insectes qui d'ordinaire s\u2019at taquent aux arbres fruitiers.\u2014Réflexion de Taupin : \u2018 Pour moi, les femmes c'est tout le cont.'aire des violons ; plus elles sont vieilles, moins elles sont recherchées !\u201d \u2014 Pensées d\u2019un paveur en chambre \u2018 J'aime une charmante brunette qu adore les sucreries ; aussi j'offre tou\u2019 jours des pastilles à l\u2019amante amante qui sans menthe se lamente.\u2014\u2014_ PURIFIEZ VOTRE SANG Je printemps est le moment où l'on doit prendre des purgatifs pour prévenir les maies que la bile peut causer, comme congestion'de foie, étourdissement, dérange- monts d'estomac, abcès, clous, furoncles et même les maux de tête.Prenez les Pilules Anti-Biïieuses du Dr Ed.Morin, qui sont une médecine purement végétale, un purgatif très doux et certain, qui n'irrite pas comme beaucoup d'autres purgatifs drastiques.Ces pilules ne contiennent ni mercure, ni ingrédients préjudiciables à la santé.Elles ne nécessitent pas de précautions comme les autres purgatifs ; elles peuvent êtr prises en travaillant et ne causer aucun trouble à Ia santé.Elles pouvent être données aux enfants sans aucun inconvénient quelconque.En vente chez tous les pharmaciens.Vous semez-Vous Faible et épuisé?C'est parce que votre sang est impur.Autant s'attendre a ce que la salubrité d\u2019une ville soit parfaite avec de l\u2019eau sale et un drainage défectueux, comine de s'attendre à ce qu'une pièce de mécanique, comme la charpente huunaine, soit en bon ordre avec Un sang fimpur circulant même dans les plus petites veines.Savez-vous que chaque goutte de votre sang passe à travers le cœur et les poumons toutes les deux minutes et demie; ct que, sur son passage, elle fait les os, les muscles, la cervelle, les nerfs et les autres solides et les autres fluides du corps?Le sang est le grand nutritif, ou, comme l'appelle la Bible, \u201cLa Vie du Corps.\u201d Est-il donc étonnant, alors, que si le sang n\u2019est pas pur et parfait dans ses vaisseaux, vous souffriez d'aussi indescriptibles symptômes ?La Salsepareille d\u2019Ayer cat À cent coudées an dessus de tout autre Alté ratif et de toutes autres Médecines pour le Sang.Conune preuves, lisez ces témoignages «lignes de contiance: G.C.Brock, de Lowell, Mass, dit: «Pendant \u2018es 25 dernières années j'ai vendu de la Salsepareille d\u2019Ayer.Dans mon opinion, les ineilleurs ingrédients pour la guérison «de toutes les maladies provenant de l'impureté du sang sont contenus dans cette médecine.\u201d Le Dr.Eugène I.Hill, 381 Sixth Ave, New-York, dit: \u2018 Comme épurateur du sang et régénérateur du système, je n'ai jamais rien trouvé qui égale Ia Salsepa- Teille d\u2019Ayer.Elle donne entière satise faction.\u201d La Salsepareille d'Ayer prouve également son efficacité dans toutes les formes de la Scrofule, de Furoncles, de Boutons rouges, d'Eczémas, d\u2019Humeurs, de Lumbago, de Cathurre, &c.; et est, con séquemiment la meilleure Médecine de Printemps et de Famille en usage, \u201cElle les surpasse du tout au tout,\u201d dit Mr, Cutler, de: Cutler Brothers, soston, \u2018\u201cpar la quantité des ventes.\u201d Ayer\u2019s Sarsaparilla, sées d'arbres d'essence résineuse pour la protection des arbres fruitiers ; aussi de planter des sapins à plusieurs Préperée per le Dr.J.C.Ayer & Co., Lowell, Mass, États-Unis.Prix, $1; aix flacons, $& Valont $6 le facon.gay { A GRAND REMEDE CONTRE LA DOULEUR GUERIT: RHUMATISME NÉVRALGIE.SCIATIQUE LUMBAGO, DOULEUR Dorsare Tic Doucoureux MAL pe TETE.MALoc DENTS MAUX oe GORGE ENROUEMENT, ENGELURES, ENTORSES, FOULURES, CoNTUSIONS, BRÛLURES ETC.En vente chez tous les pharmaciens, et marchands généraux, Prix, h0cts.la bouteille.Envoyé par la malle sur réception du prix.THE CHARLES A.VOGELER CO., Baltimore, Mée Dépôt pour le Canada à Toronto, Ont.ACIFIQUE CANADIEN Les trains quittent Montreal de la gare rue Windsor Ottawa, 7.50 a.m.+*11.45 a.m., 4.15 p.m.tPortland, Boston,\u2014*9.00 a.m., t*8.1ép.m Toronto\u2014*9.20 a.m., +*8.45 pme Détroit, Chicago, etc.\"8,40pm 8.Ste-Marie, St-Paul, Minneapolis, etc, +*11.45 am.Montréal Jet, St-Anne, Vaudreuil,, *9.20 am, 12.30 p.m.6.15 p.m., 6.15 p.m., 18.45 p.m.\u201411.20 p.m.samedi seulement.edi 1.30 p.m.au lieu de 11,50 p.m.St-Jean, Sherbrooke, 9.00 a.m.4.00 p.m, ii*8 30 p.m.Winchester,*9.20a.m.5.16p.m.+*8.45 p.m.Newport, 9.00 a.m., 5.45 p.m.,+*8.15 p.m.ifax, N.E.,St-Jean, N.B.etc.,*8.30 p.m De 1a Gare duoarréDalhousie: Québec,®8.25 a.m.,3.30 p.m.[Diman.seul.] et *10.00 ke Joliette, St-Félix, St-Gabriel, eto., 5.15 p.m Ottawa, *8.50 a.m., 4.40 pm *8.40 p.m.Winnipeg et Vanoouver,*8.40 p.m.St-Lin, St-Eustache 5.30 p.m.St-Jérôme, 5.30 p.m.Ste-Rose et Ste-Thérdee\u2014S8 55 a.m., 3.p.m, 4.40p.m.5.30 p.m.6.20 p.m.\u2014 Sam.1.30 p.m.au lieu de 3.p.m.De La gare Bonaventure Chambly et Marrieville 9,00 a, m., de St- Lambert, faisant connection avec le train qui laisse la Bonaventure à 8,30 a.m Marieville, St-Césaire, Farnham, 5.p.m | Samedis exceptés.+ Tous les jours, dimanches inclus.Les autres trains les jours de semaine seulement tel qu'indiqué.Chars-palais et chare-dortoirs.3 Tes trains laissant Montréal les samedis ne font point connection LAURENT LAFORGE BOURDEAU MAISON FONDEE EN 1860 Seuls importateurs des Célèbres Pianos HARDMAN, de N.Y., et MANHALL & WENDELL, de N.Y.sf Ont aussi constamment un nd choix de MIANOS et ORGUES fabriqués en Ca- a Catalogues expédiés sur demande.Ao.oords ot réparations faite à ordre, Une visite est sollicitée aux salles 1637, RUE NOTRE-DAME Téléphone 1207 LE MONDE ILLUSTRE \u2014 NEW-YORK Hôtel Lanteime Maison F de là $0 Union Square\u2014 alson | Francalse e lére RIMOUSKI Hétel St-Laurent, À St-Laurent & Cle Pro QUEBEC Magasin éu Leavre, Corz & Fasur Importateurs de Marchandises d'Etapes ot de taisie, 97, rue Saint-Jean SOREL HOTEL BRUNSWICK.MONTREAL RESTAURANT OCCIDENTAL 181, rue Vitré, Montréal +.Fish, Prop GEORGES CHARTRAND 1634, Notre-Dame Repas à toutes houres.\u2014 Vins, 1 - gars de choix, oto a o OTEL JACQUES-CARTIER 3, 25, 27, PLACE JACQUES-CARTIER Hôtel canadien-fran artué dans la par- tio la plus centrale de ville, Excellente oul.©, consommation de premier ci Arran- rements pour familles.Prix modérés, an 13.P.MARTEL, Prop.Montréal ROY & L.Z.GAUTHIER, ° Architectes et évaluateurs ont transporté leur bureau au numéro 180 \u2014 RUE SAINT - JAOQUES \u2014 180 Edifice de la Banque d'Epargne Vroron Ror L.8.GAUTHIER Elévateur ée plancher Chambre 3 et 4 PREFONTAINE, ° ARCHITECTE Buccesseur de fou Viotor Bourgeau 12, Place d'Armes, Mentreal LACOMBE, ° Architecte et Mesureur 897, RUE STE-CATHERINE .Entre les rues Delorimier et Parthenais Montreal EMILE VANIER + (Ancien élève de l'Ecole Polytechnique INGENIEUR CIVIL, ARPENTEUR 107, rue St-Faoques, Royal Building, a Demsndes de Brevets d'Invention, mare ues commerce, étc., préparées pour le Canad et l'Etranger.po , J.B.RESTHER & Fils, ARCHITECTES Chambres Nos 60 et 66, Bâtisse Impérial 107, RUE SAINT-JACQUES Télé.Bell 1800 MONTRÉAL R J.LABONTE OHIRURGIEN-DENTISTE 258, RUE ST-LAURENT Extraction de dents sans douleur.LDentiers faite par les procédés les plus nouveaux.G.MANN ARCHITECTE New - York Life Building Chambre 213 et 214.Tel.Bell 1820.EMILE TRUDEL, EMILE DKMERS.LIBRAIRIE NOUVELLE TRUDEL & DEMERS 1611, RUE NOTRE - DAME Coin rue 8t-Gabriel L'apeterie, MHvres d'écoles et de littérature an de fantaisie, objets de piété, blano, 'avooats.eto.Uns visite est sollicitée.APRES L'INSUCOES de tous les autres remèdes de vous rendre la santé SOYEZ ASSURE d'une guérison permanente en prenant Ja nourriture OXYR UNE BOITE GEANTE DE 81.00 aussi délicieuse qu\u2019un bonbon.est suffisante pour vous guérir.Que votre pharmacien vous le procure ou adressez : Oxyr Agency BOITE 748, MONTREAL, P.Q.Prix : 10c, 350 et $1.00 la boîte.A toute mére qui enverra son nom et son sdiesse sur une carte postale Bous lui enverrons deux échantillons de la nourriture LACTEK de NEsTLE pour quatre repas.Ceste nourriture, n'exige pour sa préparation qu'un peu d'eau, C'est lu diète la meilieura «tla plus sure pour prot sger ies enfants contre les maladies provenanu des chaleurs d'été.Parlez en à votre médecin.THOS.LEEMING & CIE.Seuls Agents 25, rue Et-Pierre, Montréal | @EHARTSHORNS) @ SELF-ACTING > @)SHADE ROLLERS Beware of Imitation _, NOTICE or AUTOGRAPH LABEL OF AND GKF HE GENUINE 43) 3 Insist upon having the HARTSHORN.SOLD BY ALL DEALERS.= Factory, T-ronto, Ont C certain et prompt pou quire le Rhume de Cerveau dans toutes [7 nl ses phases.BAUME NAS 8 l'instant, Querit pour are, ble, Plusieurs soilisantes maladies sont simplement des symptômes du C'atarshe, tel ue ; Mal de tête, surdité partialie, perte i l'odorat, mauvaise haleme, crachats sensation de debilite, sujet À ces symptômes x, fai etc, Si vous êtes tem vous de Athen NASA Soyezarisé à temps.un thume de Cerveau nésllgé résulte \u20ac un Catarrhe, Suivi consomiption et de mort Le BAUME NASAL est en vente chez tous les pharmaciens, ou envoyé, frais de poste payé sur réception du prix (20.15 Ou $1.60) en sddressaat Brockville, Ont.§ FULFORD & CO.TUL, T.Voitures d'Enfants ! EnJONC,AMBOU, oto, is $6.00 Ë A $30.\u201480 rire Eee ; cx a4 ay HA ST pa Sa oc EN] by Aussi le plus grand choix de MEUBLES de la Puissance.Escompte apécial\u2018accordé aux acheteurs hors Montréal.RENAUD, KING & PATERSON: Meubles et Literies;{ 652, RUE CRAIG, MONTREAL MAISON BLANCHE 66 RUE ST-LAURENT Vente extraordinaire d'articles pour hommes Tels que : Chemises et Cravates de haut goat.Sous-vêtements, qualité extra.Gants, Mou- choires, Parapluies, otc.BAS PRIX.EMPLOYEZ LES TRAICS \u201cCrown Brand\u201d Vendus par tous les épiciers importants J.ALCIDE CHAUSSE ARCHITEOTB MESUREURIET EVALUATEUR No 1541, Ste-Catherine, Montréal Téléphone Bell : 6930 Spécialité : Résidences privées EOOLE De dessin et de peinture Cours d'après nature et d'a l'antique Leçons privéos données à l'atelier ou à domi dusoir trols fois ain olle.C 127 pom Specirigue AnTustimaTique du Dr NEY Pour le soul ent % Lich Croup, eto.Après tine expérience de nombre d'années ches une fuule eee le BPÉCIFIQUE LU Du NEY estoffcrt au public eu toute confiance.Les mérites du cette excellente préparation sont attestés par de KOMBREUX TéMOIGMAGES.Faute d'espace, tous ne donnous que quelques éxtraite de deux de ces attestations La Hév, Sœur À.Boire, de l'Hopital Général de St-Boniface, Manitoba, dit : ® .Quant à l'effet de votre Spécifiqu tlasthmalique, je crois qu'il vaut ce qu'il promet.S'il ne guérit pus toujours, 64 soulage im failliblement.\"* 8t-Bouiface, 8 Juin 1887.Sœun À, Boixs.Le Dz G.Desrosiers écrit, 15 nov.1890 : Pat fait usage du SPÉCIFIQUE ANTI- ASTHMATIQUE DU Dr NEY dans J sieurs cas d'asthme avec très don succès.at eu un cas particuliérement grave dansla personne d'un vieillard de 72 ans, asthmatique ên- vétéré depuis 12 à 15ans.Cet homme étdit tellement mal, qu'il craignait la aufforation.Je lui fie aspirer la fumée du SPÉCIFIQUE AN- TIASTHMATIQUE DU Dr NE Y,et aussitot la respiration reprit son coure régulier.Ilya de cela plusieurs semaines, et, d'aprèsce que j'en sais, sa santé a été excellente depuis cette (pique, Je n'a donc qu'à me louer de l'usage de cette excellente préparation.8t-Félix de Valois, G.DESROSIERS, M.D.Vendu par tous les pharmaciens eu boîtes de bo cta et de $1.00.ZA Franco par la malleeur réception du pris.SEUL PROPRIÉTAIRE L.ROBITAILLE, Pharmacier JOLIETTE, P.@- SANG PEUR ET SANS REPROCHE SAVONS MEDICAUX DU DR V.PERRAULT Ces sovons, qui guérissent toutes les Maladies de la u sont aujourd'hui d'un usage général.Des cas nombreux de deman - sons, Jartres, hémorroides, ete, réputés in- currables, ont été radicalement guéris par l'usage de ces sauons.NUMEROS ET UBAGES DEB SAVONS Savon No 1\u2014 Pour démangeaisons de toutes sortes, Savon No 5\u2014Pour toutes sortes de dartres Savons No 8\u2014Contie les taches de rousse et le masque.Savon No 14 - Surpommé à Juste titre savon de benuté, sert à embellir la beau et dunner un beau teint à la figure.Savon No 17\u2014Contre la gale.Cette maladie essentiellement contagieuse disparait en quelques jours en atr ployant le savon No 17.Savon No 18 \u2014 Pour les hémorroides, Ce savon a déjà vroduit lcs cures les plus admi- rablee, ct cela dans les cas les pluschroniques.Ces savoir s sont en vente chez tous les pharmaciens.Expédiés par la poste sur réception du prix (25 cents).An ALFRED LIMCGFR, Sat 1 Fu tache PQ .Jl's LES TORTURES CORFORELLES Une femme qui a longtempe souffert du Bean Mal nous écrit : \u2018\u2019 Une de mea amies me conseilla l'essayer le \u2018\u2018 Régulateur de la Santé de la Femme \u201d du Dr J.Larivière de Man- ?ville, R.I.et après en avoir pris une bouteille sans besucoup de succès, j'étais déci- iée de ne plus continaer.Mon amie me con- veilla de persévérer et avant d'en avoir pris troi« bouteilles je commençai à ressentir un grand soulayement.Je contiuvai à en faire usage et aujourd\u2019hui je suis complètement guérie.Ce remède est le véritable au i de \u2018a femme.\u201d A vendre chez la plopart des pharmaciens ainsi que mes \u2018* Females Porous Plasters \u201d (les seuls emplâtres recom | mandées par les meilleurs médecins) que j'envoie avsei par la malle sur réception de 25 cents en timbres de poste.VANS & SON 13 Agents généraux pour le Can Pr ape.128 er JohnMurphy & Cie NETTES =\u2014\u2014POUR-\u2014\u2014 DRAPERIES | AVIS AUX DAMES Nous venons de recevoir un LOT très considérable de NkrTrs pour DRAPERIRS de ROBRS qui surpassent tous ce que nous avons eu précedemment.Ilsconsistent en FISH NET de 14 de verge de large, vendu pour 400\u2014LA Vrece\u2014\u2014400 uez bien lo prix, 40c la verge, 1§ verge 4e large.INTÉRESSANT POUR PLUSIEURS Viennent d'être reçues : DENTELLES de s0IB NoIRB de 12, 15, 18, 22, 30 pouces de largeur pour épaulettes, qualités supérieures, dessins nouveaux.Prix très bas.JOHN MURPHY & CIE Gola des rues Notre-Dame ot St-Pierre Au comptant et à un seul prix Bell Tel.2193 Federal Tel.88 LORSQUE VOUS VOYAGEZ Demandes vos billets cette ligne u- laire.Ello traverse toutes pop Les Villes et Villages im ts dans les Provinces.PORT DETROIT.CHI- CÂGO et autres villes dans les Etats de ments elle offre des avantages uriques ; LA SEULE COMPAGNIE CANADIENNE sous le contrôle d'une seule edministration.ndances lirectes pour tous Donnant correspo: ces chemins de fer américains.Seule route donnant des avantages pour Biddeford, Manchester, Nashua Boston, Fall River, New-York Mt toutes villes et villages importants dans la Nouvelle- Angleterre.Pour pl Amp informations, adreases- vous à la rs and Tronc.à Montréal oû à notre représentant MUSIQUE NOUVELLE caprice mazurke, nette, polka, F.Be , 200 ; Jolin oiseanx votte, Ed.Holst, 20c ; Race Course, ga- fs.C.-D.Blake, 200 ; Marche Fantas- rs Le D s ; Chautauqua lake, valse, W.er, 10c ; Wild rose, valse, C.Schubert, 100 ; Dream of love, réverie à la mazurka, E.Mack, 100 ; La chasse infernal, guadrille, Bollman, 100 ; Raquet, for, Miss E.-H.Simmons, 10c ; General grande marche, C.Young, 100.franco par la poste sur réosp- tion du prix marq 1lo.pour les morceaux de 100.J.G.Yon, 1898 rue Sainte-Chatherine.\u2019 Ir Salnt-Nioolas, Jose: files paraiseast io oudi de chaque semaine.Les abonnements partent du ler décembre et du ler uin.Paris départemen un an: 18 fr.; mois : 10 + Rion powiale ua aa 0 fr; Mx mas france.B'adresser à la li Oh.Dela- ve: Serie Francs] grave, lé ree \u201d | Consda ES LE MONDE ILLUSTRE L'ancien Magasin L A.BEAUVAIS 2048, rue Notre-Dame.vrès du Oarré Ohaboilles Aves un assortiment complet de TWEBDS, SERGES, HARDES FAITES, OHA- PEAUX, MERINOS, ete., etc.Le tout devant être vendu à 50 dans Le piastre pour faire place à notre importation du printemps.Venes voir nos peix où vous seres cen- vainous de nos avances.DUPUIS LANOIX & CIE Marehands-Talllours, 2048, rue Notre-Dame, près du Carré Chabeilles \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 oo, ed \u2014LE\u2014 Johnston's Fluid Beef Eat la seule préparation; de viande qui donne de la force et un excellent thé de bœuf.Nouveautés du Printemps | | AE IMPORTATEUR des célèbres Chapeaux Marsland & Co., Christy & Co., Woodrow, Sutton & Tarkington, Lincoln & Bennett, eto\u201497, RUE ST-LAURENT [I$ FRIENT CASTOR FLUID BAKING POWDER.DE W.D.McLAREN la bou! Est Riche comme Levain LA OOMPAGNIE D\u2019ASSURANOEK \u201c¢ WESTERN \u201d CONTRE LE FEU ET SUR LA MARINR we run Re-Taaurent pour \u2018année 1800.noce vesssesesussess sanvocsusss0csrecenc0es 001,988 97 Bente pour les BESUFÉS.2000000000 nacsssncusis0 ansscccuc00 avesonconcecerenese rtrd) BUREAU A MONTREAL, 1% RUR STJAOQUES ARTEUR EOGUR, J LL ROUTE & Cle, Agent du département français.Agents généraux, Nous donnons des reçus et des polioss écrites en français.Institutions religieuses of priétés de campagne assurées à de très bas taux.pre PISO'S CURE FOR » Le Moilleur Remède pour la toux p4 En vente dans toutes 1es Pharmacies.CONSUMPTION TIRAGES EN JUIN 1891 : 3 ET 17 JUIN $134 LOTS VALANT.958,740 GROS LOT VALANTY.$15,000 Lo Billet: $1 = « - 11 Billets pour $16 sr Demandes les ciroulaires 8, B.LEFEBVRE, Gérant , 81, rue St-Jaoques, Montréal, Canad bonnes - vous au MONDE Attraction sans precedent Plus deux millions distribué COMMENT do la [TTENIESoL'TTIT do La LONISUNI Incorporée la Légialature pour les fins d'éducation de charité, et ses franchises Séclarées, être parties de fa présente Consti- tation de Etat on 1879, par un vote populaire n Laquelle expire le Ier Janvier 1008 ent lieu s6mi-annuellement (Juin et Décembre) ot les Grands 8 les ont llou mensnellement, les dix autres mois de l'am- nés, Ces tirages ont lieu en publi, à l'Académie de Musique, Nouvelle-Orléans, Le.\u201c Nous certifions par les présentes que sous surveillons les arrangements faits pour les tirages mensuels et semi-annuels de la Cor pagnie de Lotterie de l'Etat de la Lousiane, que nous gérons et contrôlons personnellement les tirages nous-mêmes et que tout esd conduit aveo honnêteté, franchise et bonne foi pour tous les intéressés : nous autorisons la Compagnie à se servir de ce certificat, avec des fac-simile de nos signatures attachés dans su J1 bel \u2014 Commissaires Nous, les soussignés, Banques ot Banquiers pulerone tous les prix aux Loteries de Etat de la Lou! qui seront présentés à nos calsse .RM.Walmsley, frés.Louisiana Nations] Bk Pierre Lanaux,Prés.State National Bk À.Baldwin, Prés.New Orleans National Bk Carl Kohn, Prés Union National Bk Grand Tirage Mensue.L'ACADEMIB DB MUSIQUE.NOUVELLS ORLEANS, MA HDI, 14 JUILLET 1801 PRIX GAMTAL - - - $600,000 100,000 BILLETS DANS LA ROUE LISTE DES PRIX 1 PRIX DE $600,000 688.\u2014.$608,000 1 PRIX DE 00,000 est.200.000 1 PRIX DE 100,000 est.100.1PRIX DE 40,000 eet.20, 6 PRIX DE 20,000 sont 40,000 5 PRIX DE 10,000 sont 60,000 10PRIX DE 5.000 sont 50.000 85 PRIX DE 3.000 sont 60,000 100 PRIX D #00 sont $0,000 200 PRIX DE 600sont.100,000 S00 PRIX DE {00 somt.PRIX APPROXIMATIFS 100 PRIX DE $1,000 sont.100 PRIX DE 80080nt.cccocovovens £0, 100 PRIX DE \u2014400sont,.\u2026.\u2026.\u2026.40,000 PRIX TERMINAUX 1,908 PRIX DE $200 sont.$309,600 3,144 prix se montant d.$2.160.6 0 0 PRIX DES BILLETS : Billets complets, $40 ; Demi ; Quarts, $10 Huitidmes $5 ; arr A ek ; Quarantismes $1.Prix des clubs, 55 billets d'une $1 pour $50 Taux spéciaux pour les agents.Agents demandés parton IMPORTANT.\u2014Knvoyez tout a t par l'Express à nos frais pour tout envoi de pas moins de cinq piastres, pour lesquelles nous palerons tousles frais,et nous payons tous os frais d'Exprescé 113 BILLETS et LISTES DES PRIX envoyé \u201cos correspondants.resses : PAUL C INRAD.ou La Donnez l'adresse complète et faites la signa turelisible Le congrès ayant dernièrement adopté une loi rohibant l'emploi de la maile à TOUTES les teries, nous nous servons des Com d'Express pour répondre à nos co - danta et pour envoyer les listes de prix, dx qu'à ce que les tribuneaux aient décidé la question de NOS DROITS COMME INBTI UTION DK L'ETAT.Les autorités postales, cependant, continueront à délivrer toutes les lettres ORDI- NAIRKS adressées à Paul Conrad, mais nos lon lettred, CHA RGKES à lui adressées.N'oubliez pas que la charte actuelle de la Loterie de l'tat de 1a Louisiane qui forme partie de la constitution de l'Etat de la Louisiane et qui a été déclarée par la Cour Su- reme des E.-U.un contrat avec l'Etat de a Louisiane et une partie de la sonstitution de cet Etat, n'expire que le premier jaser .La législature del'Etat de la Louisiane, qui n'est afournée le 10 de juillet oett année, 8 ordonné qu'un amendement à la constitution de l'Etat soit soumis au peuple.à une qui auras lieu en 1898, amendement EF 4 ILLUSTRE, le plus complet ot le : marché Par | RRR é Jusqu'eu l'année mil neuf cent dentin la charte 40 la Cempa- gale dela Loterie de l'Etat de 1a Lou: noué "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.