Le Monde illustré, 5 septembre 1891, samedi 5 septembre 1891
[" LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS : 8un ANNEE, No 383 \u2014 SAMEDI, 5 SEPTEMBRE 1891 | ANNONCFS : Un an, 88.00 - = - Six mois.1.60 La hgne, par insertiun \u201c+ + = TU cents Quatre mois, 81 00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquenies - .- - scents Vendu dans les dépôts - - 5 eents la copie | BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL, Tarif spécial pour annonces à onu terme L'ÉGLISE DE SAINTE-ANNE DK LA PÉRALE OU LES MÉDAILLES UNi ETE DISTRIBUEKS A TRAVERS LE CANADA.\u2014LES FÈTES A TOUROUVRE Photographis Quéry fréres\u2014Photogravure Armstrong 290 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 5 SEPTEMBRE 1891 SOMMAIRE TEXTE \u2014A l'étranger, par À.d\u2019Audeville.\u2014Cuoillettes et glanures : Les fètes à l'ourouvre, par Jules Saint- Elme.\u2014Le journal d'une jeune fille, psr Anny.\u2014 \u2014Hazeille.\u2014l\u2019oésie : Souvenir de villégiature, par FE.7.Massicotte, \u2014 Les combats d'animaux : un duel étrange (avec gravure), par Remond l\u2019eal.\u2014 Les chars électriques à Ottawa, par N.Durand, \u2014ltudes historiques : Eglise Notre-Dame de Montréal (avec gravures), par Gi.À.Dumont.-Contes de mon vil- age : L'abbé l'Hermitte, par J.K.Chatrian.\u2014Nou- veau feuillaton.\u2014M.Richer, peintre.\u2014\u2014Sur Ia ligne du che nin de fer Grand-Troue : Gorham, \u2014Fouille- tons : Un amour sous les frimas, par Louis \u2019l'esson.\u2014 Fleur-de-Mai.\u2014Chiosea et autres.-Jeux d'esprit et de combinaison.GRAVIRES.-\u2014 À travers le Canada : Les fêtes à Tourouvre : L'église de Sainte-Anne de la Pérado ou les médailles ont été distribuées.\u2014CGorham et ses environs.\u2014Salon de 1891 : Bazeilles (1S70).\u2014Les fêtes à Tourouvre : Groupe des zouaves décorés, et autres dessins.Paimes Mensueces oo Monoe luusme lre Primes .$50 2me \u201c Ce 25 3me \u201c 124215 âme \u201c Ce 10 Sme \u201c Ce 4 5 6me \u201c Ce 4 Tme * Cee 0 3 8me \u201c Ce 2 86 Primes, 281 .86 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans uns salle ublique, par trois personnes choisies par \u2018assemblée.Aucune pr.me ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.NOS PRIMES QUATRE-VINGT-DIX-NEUV IEME TIRAGE Le quatre-vingt dix neuvième tirage des primes mensuelles du MONDE ILLUSTRE (numéros datés du mois d'août), aura lieu samedi, le 5 SEPTEMBRE, 4 8 heures du soir, dans la salle de l'UNION- SAINT-JOSEPH, coin des rues Sainte-Catherine et Sainte-Elizabeth.Le public est instamment invitéà y assister.Entrée libre.AVIS A NOS CORRESPONDANTS Certains correspondants envoient encore au Moxpe ILLUSTRE des articles divers, sans nom reaponsable.Nous tenons à répéter que, en de telles conditions, tout envoi, quel qu\u2019il soit, est impitoyablement rejeté.Le MoNDE ILLUSTRE est une tribune libre qui vaut bien rester large ouverte À toute collaboration susceptible de produire quelque bénéfice, religieux, moral, littéraire, voire de simple amusoment, même sous le couvert du proudonyme, mais la direction a besoin de savoir qui elle à affaire.Pour éviter des encombrements dans le service, il a été décidé et devra être bien entendu de nos correspondants que les manuscrits, accceptés ou non, ne sont pas rendus.La Dirgction.LE MONDE ILLUSTRÉ A L'ÉTRANGER Pendant qu'à Cronstadt et à Saint-Pétersbourg les marins de l\u2019escadre française recevaient du uple russe un accueil magnifique, qui trans.orms cette simple visite en une éclatante manifestation de sympathie, le voyage «le l'empereur d'Allemagne s\u2019achevait d'aasez piteuse façon.Les journaux officiels ont annoncé qu\u2019à bord du Hohenzollern l'empereur avait fait un faux pas et s'était blessé au genou.S'il faut en croire les gens qui se disent bien informés, il paraît que ce faux pas était plutôt de l'ordre moral.La sobriété ne fut jamais une vertu allemande, Guillaume II, debilité outre mesure par le régime que lui faisait suivre le docteur Leuthold, aurait, il y a quelques jours, jeté par-dessus bord la médecine, sinon le médecin, et serait revenu À l\u2019usage immodéré des boissons alcooliques.Des acènes indescriptibles se seraient passées à bord du Holhenzollern.Certain soir, l'empereur, en proie à cette lourde ivresse allemande, aussi incompatible avec l\u2019eeprit qu'avec la raison, prit le commandement du navire, qu\u2019il fit d'abord pavoiser du haut en bas, puis, poussant au large en forçant les machines, il ordonna des salves et des feux d'\u2019artifice, tandis que la musique faisait rage.L'empereur parut successivement en costume d\u2019amiral allemand, d'amiral anglais et d'amiral italien.Il eût été plus à propos de revêtir un costume d'amiral suisse, et le souverain sans doute aurait pa s\u2019en composer un pour la circonstance, car on sait qu\u2019il ne voyage pas sans quelques habite de rechange.Comme ce jeu de prince dura toute la nuit, officiers et matelots étaient sur les dents.Sur une observation respectueuse d\u2019un lieutenant, l\u2019empereur se serait oublié jusqu'à frapper ce malheureux, dont on donne le nom et qui, de désespoir, se serait fait sauter la cervelle.* + + Ou comprend que, dans ces conditions, chacun poosse le souverain À borner le cours de ses pérégrinations.Mais combien il est regrettable pour les amateurs du pittoresque, pour ceux qui ont en haine la vieilie étiquette, que (iuillaume Il ne se soit pas livré à ces incartades à la cour d'Angleterre.Qu'aurait dit grand'maman ?Qu\u2019auraient fait les vénérables fonctionnaires anglais sous leur lourde perruque ?D'ailleurs, après l'enthousiasme de commande des réceptions otlicielles, les caricaturistes d'Outre- Manche ont lsissé courir leura crayons satiriques.Ici, l'empereur monté sur un choval de bois, passe la revue d\u2019un volontaire anglais ; il est reçu en triomphateur par le général de l'Armée du ea- lut, escorté d'une grosse caisse.Ailleurs, tenant dans 8a main un soldat anglais, Guillaume IT, sous les traits corpulents de Gulliver, marche à la tête d\u2019une troupe do Lilliputiens qui figure ironiquement l'armée anglaise.Voici la grand\u2019mère qui offre à son petit fils un savon, sur lequel se lit cette marque que la réclame a fait connaître aux quatre coins du monde : Pear\u2019s suap.\u2014 C'est que le prince vient d'être admis dans l\u2019ordre du Bain.Enfin ls scène du départ.D'un côté la reine et le prince de Galles affaissés en leurs fauteuils et respirant les sels que leur présente lord Salisbury, gémissent : \u201c Quel travail il nous a donné à tous.\u201d Tandis que l'empereur, en pantouiles, affalé aussi lui dans son fauteuil, donne toutes les marques d'une évidente lassitude.» + + S\u2019il a compté goûter quelque repos à son retour, Guillaume II a été vivement déçu.Il aurait pu relire avec profit les conseils de Molière à l\u2019homme qui rentre en na maison.Le chef du cabinet particulier de l\u2019empereur est inculpé de faux, de détournements, de manwuvres frauduleuses et autres inenues peccadilles.Ce qui cause un scandale indescriptible à la cour et dans l'aristocratie berlinoise, c'est que M.Manché jouissait de toute ls confiance du souverain, dont il était l'intime ami, depuis de longues années.Ce personnage qui s'était réservé le rôle d'apposer la signature de l'empereur sur les dossiers, était À la tête d'une bande parfaitement organisée d'individus de la haute société, qui, moyennant finances naturellement, çe chargeait depuis trois ans d'obtenir des grâces, des titres, des brevets, ete.L'autre part les paysans de Ia vallée de la Sprée sont menacés d\u2019une terrible famine.Voilà les heureuses nouvelles qui attendaient Guillaume 11, après les ovations otticielles.+ * Un autre prince qui voyage de son côté, vient d'être aussi victime de mésaventures heureusement moins terribles.Sar le paquebot qui ramenait de New-York 4 Paris le prince Georges de Grèce, une centaine de jeunes Américaines, qui faisaient route avec lui s'étaient munies) d'appareils photographiques instantanés.\u2014 Dès que le prince paraissait sur le pont, tous les objectifs étaient braqués sur lui.11 s'efforçait bien de tourner le dos, de se dissimuler derrière son journal, mais que faire contre tant d'appareils !\u2014De guerre lasse, le prince s'enferma dans sa cabine, et y resta, maudissant sa grandeur qui l\u2019enchaînait loin du rivage.+ + + Chacun, en cette saison, court lo monde de so: côté, car nous sommes À l\u2019époque où la mode veut qu'on soit bien partout, hormis chez soi.Aust nous n\u2019en finirions pas si nous voulions noter toutes les aventures qui courent le monde avec les voyageurs.En voici pourtant une plus plaisante que les autres On sait que les Italiens ont la réputation par faitement méritée d'exceller À débarrasser de leurs bagages ceux «ui se hasardent dans leur pays.Point n'est besoin pour devenir leur victime de parcourir les montagnes des Abruzzes, il suflit dv perdre un instant de vue ses colis, dans l\u2019une de- villes du royaume.L'administration des chemins de fer, désolée des vols trop nombreux qui se commettent sur les lignes italiennes, avait chargé M.de \u2018resti-, commissaire de police fort estimé À Florence, d'v- tudier les moyens de prévenir ces vols.Pour remplir sa mission, en bon fonctionnair-, M.de \u2018\u2019restis commença par se rendre 4 Nice pour y prendre un mois de congé avec a famille.Ce voyage, hélas ! devait lo convaincre de l'urgence de l'enquête À lui confiée, car en arrivant, il trouva sa malle vide de tous les ubjots précieux qu'elle contenait, y compris ses décorations Etait ce malice ou vengeance de la part des 'n leurs ?Voler l\u2019écharpe du commissaire, cola mériterait de passer en proverbe.Cette aventure rappelle l\u2019histoire du hardi pi k pocket, fanilièrement interrogé par un comi:.is- saire, qui ne pouvait le prendre en flagrant délit : \u2014Comment faites-vous donc pour détroussrr ainai les gens, sans qu'ils s\u2019en aperçoivent seule ment 1 Vous devez choisir votre monde et n'opérer que sur les imbéciles ?\u2014Nallement, monsieur le commissaire, cela n'est pas nécessaire, et voici comment je n\u2019y prends, répond le filov, en restituant au magistrat interloqué sa montre qu'il venait de lui enlever.A.VAUDEVILLE Un critique de profession est un jardinier de profession qui étouile et arrache plus de plantes ct de fleura qu'il n'en sème et n\u2019en fait éclore.\u2014l.À La résolution est comme une anguille, on In prend aisément, le diable ast de la tenir.\u2014 ALE.Dumas. RTE Va LA quarts et Glarures q at (QU LES FÊTES A TOUROUVRE I! a\u2019agiesait pour les zouaves pontificanx du Canada d'aller revevoir les médaillea d'honneur à eux destinées par S.S.Léon NITI et envoyées ar l'entremise du général baron de Charette.Celui-ci en avait confié la garde à l'honorable comte Marcier, premier ministre de la province de Québec, qui avait tenu à honneur de s\u2019en charger, lors de son passage au château de la Basse-Motte, en juin dernier.Monsieur le comte Mercier avait bien voulu offrir à tous les zouaves l'hospitalité la plus large, en «a maison d'été de Tourouvre, à Ste-Anne de la Pérado, et c\u2019est là que devait se faire la distribution des mécailles pontificales, des mains de M.le chevalier B.A.T.DeMontigny, l\u2019aîné des zounves canadiens et leur digne commandant.Voilà tout l'objet de cette fète de famille, ce qui ne l'a pas empéclhiée d'en être une magnifique.Il faisait si bon voir tous ces vaillants zouaves (les vieux zouzous comme ils se nomment dans l'intimité) se rencontrer après une séparation plus ou moins prolongée et revivre, quelques heures durant, dane cette atmosphère de chaude camaraderie, comme autrefois À la caserne.C'était d'une gaîté toute juvénile et d'un entrain des plus joyeux.Au nombre des invités de la /\u2019resse assuciée, que l'honorable comte avait mandés pour accompagner les zouaves, sans «distinction aucune de couleur ni de sympathie, nous nous étions joint au détacha- ment des zouaves de Montréal.Franchement, nous sommes heureux de le dire, d'avoir vu leur satisfaction, contemplé leur bonheur à se trouver réunis, pendant ce joli voyage à Ste-Anne de la Pérade, c'est encore un des meilleurs plaisirs que nous ait procurés notre vie de publiciste où, toujours, tout n\u2019est pas rose, comme on pourrait être tenté, au loin, de le croire.Si le voyage fut bien gentil, le rendez-vous général à Tourouvre, les agapes fraternelles, dues à la mugnificence de M.le comte palatin Mercier, n\u2019offrirent pas moins de charmes à tous ces chers zouaves et d'entraînement à ceux qui était là comme des étrangers, si ce n'est par la plus vive des sympathies Mais là où, peut être, leur douce fraternité s'est accusée davantaye, presqu\u2019aussi forte, que celle du sang\u2014que dis-je ?aussi forte puisque c'est celle du sang répandu\u2014c\u2019est dans les transports d\u2019émotion profonde qu'ils subissaient, tous et chacun, pendant que les divers orateurs de la circonstance rappelaient leur dévouement et leurs hauts faits.Que ce fût un de leurs frères parlant de la vie ancienne du zouave du pape, retraçant les scènes du passé, que ce fut un étranger, admirateur sincère, proclamant leur gloire pure, on sentait À cortains , frémissements qui agitaient leur être comme ils : étaient sensibles à tout cela.| Surtout quand, dans la grande et belle église de Sainte Anne de la Pérade, quelques minutes avant la distribution des chères et désirées médailles, M.l'abbé Proulx leur redisait, d'uno voix vibrante et émue, leur droit indiscutable à cette haute récompense, l'inportance, d'autre part, qu'ils devaient y attacher, nous en avons vus verser des larmes.Ces larmes devenaient même sanglots chez quelques- uns lorsque l'orateur, retraçant les phases diverses de leur héroïque croisade, rappelait leur passage acclamé partout, et surtout à Lyon, par la reli: gieuse lyre de Victor de Laprade : Allez votre chemin, Français du Nouveau-Monde, Race le nos aiux tout-à-coup ranimés ; 9 Allez, laissant chez nous une trace profonde, Offrir un noble sang au Dieu que vous aimez.Et de plus nombreux encore lairsaient couler les pleurs de leurs paupières gontlées lors: qu\u2019il en vint à rappeler la fierté des parents qui sacrifiaient généreusement leurs fils, l'espoir de LE MONDE ILLUSTRE leur vieillesse, à la cause du pape persécuté.Nombreux furent-ils ces Abrahama magnanimes du Teatament Nouveau, prits À dire à leur fils co qu'écrivait au sien l'un d'entre eux : Va, pare, ei Dieu t'appelle.Ah ! si j'avais ton fige, Nul ne me ravirait ton glorieux partage.Pour son pays, mon tils, il est beau de mourir ; Pour la cause du Dieu, plus beau d\u2019être martyr ! Quand notre père à tous jette un cri par le monde, Ne faut-il pau qu\u2019au moins chaque foyer réponde ?Réponds pour nous, mon ils, réponde ! et, fier chrétien, Va dire au monde entier ce qu'est un Canadien.Après ce sermon magnifique, tout imprégnés encore de l'émotion qu\u2019il leur avait causée, les zouaves gravirent les degrés, tour À tour, et allèrent jusque dans le sanctuaire recevoir la décoration que leur accorde le Souverain Pontife.C'est une jolie mélaille de bronze qui porte d\u2019un côté l'etligie du Saint-Père, de l'autre ces seuls mots qui sont tout un poème adressés aux zouaves : Bene merenti ; à celui qui a bien ruérité.Quelques moments plus tard, les zouaves rentraient à Tourouvre pour le graad banquet précédant le départ.C'est là que notre artiste les a photographiés, en ce beau groupe que nous reproduisons.Le fond du portrait, c'est la résidence même de l'honoralle comte, le décor la belle nature, & ciel ouvert, dans ses appréts les plus charmants.Nous voudrions pouvoir dire un peu quelque chose de tous les beaux discours prononcés au banquet, par le noble hôte luimême ou par les zouaves ; malgré le mérite réel de harangues comme celles de MM.Desjardins, De Montigny, et autres, l'espace à notre disposition ne nous permet pas de les rapporter.Qu\u2019il nous suflise de dire que chacun de ces orateurs convaincus a su donner la note vraie et impressionnante au plus haut point ; que tous ont été parfaitement goûtés, Inutile, enfin, d'ajouter que le digne amphytrion des zouaves À Tourouvre a royslement fait les choses et leur n ménagé un jour d'allégresse qu\u2019ils n'oublieront jamais, dont ils geront bien longtemps reconnaissants À sa généreuse sollicitude « - ; .1 .loi dl Ww | - 9 wel JOURNAL D'UNE JEUNE FILLE A MON AMI EDMOND Je ne suis qu'une jeune fillette tout-a fait novice dans l\u2019art d'écrire.Je confie bien, sans doute, mes impressions de tous les instants à mon journal intime ; mais écrire pour voir sa prose reproduite dans un grand journal, où bien des yeux la liront, quelle audace ! quelle témérité ! Et qai donc m'a donné cette nudace ?C'est un mien ami, qui, parcourant ces lignes écrites au jour le jour, m'a invitée à les transcrire pour le MonDr TLLUSTRÉ.Sans plus de préambule, et assurée de l\u2019indulgence des amis lecteurs du Mouse Itcvatii, j'ouvre mon journal, Dimanche, le \u2018* août.\u2014 T1 fait un temps magnifique.Le suleil réchauffe tout et met la joie dans la nature.Déjà les oiseaux du ciel ont chanté leur hymne au Créateur.Tout respire le bonheur.Pour moi, je me suis levée à une heure assez matinale, et après mes petites occupations, je pars pour assister À la messe du dimanche, pendant laquelle je pric eb je jouis.oui, je jouis, carla prière est une jouissance pour le cœur chrétien.Mais plus encore je jouissais dans ce beau temple rempli de pieux fidèles, accourus pour rendre leurs devoirs à Dieu, maitre de toutes choses.Je jouissais à la vue cles belles cérémonies qui s'accomplissaient sous mes yeux.Je jouissais en entendant ces bolles parules prononcées pour la fête du jour.Et puis cette musique entrainante, ce chant grave et plein de majesté, et puis encore ce parfum de prières et d\u2019encensqui embaumait la maison de lieu.Tout me pénétrait et me transportait ! Que la religion catholique renferme de grandes et sublimes leçons !.\u2026.291 Mardi, le !! août.\u2014Je pars pour la campagne.Je veux aller me reposer un peu de mes fatigues.Merci, cher ami, de m'avoir accompagnée jusqu\u2019au bateau qui devait me transporter sur d\u2019autres ri vages ! Que j'étais heureuse des paroles ue nous avons échangées ensemble ! Les adieux furent longs et cruels ; mais il fallait se quitter, tu ne devais pas faire route avec moi.Je t'ai suivi des yeux, tant que le vaisseau s'éloignant de la rive, me le permit ; et encore longtemps après je cherchais à te voir, mais, peine inutile, il me fallut vivre par le souvenir.Les moments de bonheur sont courts dans la vie ! A peine leu goûtons-nous quelques instants, et déjà il nous faut y renonoer!.Mercreds, le 12 août \u2014Je suis à la campagne.Je rencontre des parents et des amis qui m'aiment et qui veulent me rendre la vie douce et tranquille.Aussi, je les revois avec plaisir.Que la vie à la campagne est agréable ! Comme elle nous procure un bon repos ! Je m\u2019y délecte à satiété.Cependant la vie des vacances est quelquefois monotone.Sans se dégoûter complètement des plaisirs qu'elle nous procure, on aime à chercher le repos et la solitude.Pour moi, ce repos, je le trouvais À l\u2019ombre des grands bois, où assise, j\u2019écoutais tranquil'e le ramage des oiseaux et le murmure de la petite rivière qui coulait près de là.Mes livres et mes journaux étaient mes seuls compagnons.Que de délicieuses heures j'ai passées avec ces bons amis ! Et savez vous quel était mon livre de prédilection ?C'était le MonbE IrrusTié.Et maintenant, savez-vous quel est le bon ami, qui, fidèle, revient chaque semaine frapper à la porte de ma demeure ?.Le Mob ILLUSTLÉ.Savez vous quel est mon consolateur dans les petits ennuis de la vie ?Encore le MONDE 1 LLUBTRE, que je relis toujours avec plaisir.Pour moi, je l\u2019aime ce bon journal.Chaque semaine il m'\u2019arrive gracieux et souriant ; et à chaque fois, je le reçois comme un compagnon sincère et fidèle.Pourquoi 1.Ah ! c\u2019est qu\u2019en le parcourant, je devine bien des choses, ,.ll me semble qu'on lui confie des secrets qu'on tient & voir se dévoiler partout ?Me comprenez-vous ?Oui, j'en suis certaine.Tiens, bien des fois, il me semble avoir compris des amitiés que l'on faisait connaître par la voie du papier et qui devaient se torminer par un long tête à-tête ! Discret ou indiscret le journal partait et s\u2019en allait dire bien des choses à un quelqu'un qui devait exister et qui se trouvait heureux de les apprendre.Ce sont des rêves, me direz vous ! Mais qu'importe après tout, j'aimais à les caresser, ces rêves, et je me voyais heureuse du bonheur des autres.On aime souvent à se bercer dans de douces illusions ; et la vie n'est pour ainsi dire qu\u2019un rêve de tous les jours.L'existence est comme une longue chaîne d'espérances brisées qui se termine au tombeau.Et cependant, on tient À la vie.On espère, et voilà la vie ! Dimanche, le It; août \u2014Je reviens de ma promenade.Je suis plus disposée au travail.Un peu fatiguée par le trajet je me repose tranquillement.Au revoir ANNY.SALON DE 1891.\u2014BAZEILLES (Voir gravure) M, Ch.Merlette s\u2019est inspiré, pour cet émouvant épisode de la bataille de Bazeilles, en 1870, des vers suivants de Paul Déroulède, et ce tableau en est une éloquente paraphrase.Aux armes, mes enfants ! c'était le vieux curé.ess 5 5 au 011 11 0 60000000 000000 Ft passant sa soutane aux plis «le aa ceinture, Faisant aux paysans signe de l'imiter, Il ramasse un fusil que la mort lui procure.Chacun s\u2019arme, chacun s'excite, se rassure, Et la poudre aussitot recommence à chanter ! SOUVENIR DE VILLÉGIATURE A MLLKE URBULE P., CHICAGU Placé le long de la rivière, Surplombé par un soleil blanc, Qui transvase sur la matière \"Toute la chaleur de son flanc, Existe le mignon village Où les mortels\u2014heureux séjour\u2014 Ne sentent pas l'effet «le l\u2019Age : La joie y règne chaque jour.C'est au versant d\u2019une colline Qu\u2019il s\u2019échelonne, gracieux ; Et sur le plus haut poiat domine L'église roide sous les ci.ux.Puis autour est une bordure De maisons belles de blancheur.Perles mises dans la verdure, Véritables nids de fraîcheur.Jamais, jamais le bruit des villes Ne vient troubler les chants d'oiseaux.Ici s'arrêtent les voix viles Aux entours de ves frais Lerceaux.Ce lieu béni c\u2019est ta patrie, A lui tu donnes tes amours.J'ai vu cette terre chérie, Ma foi, je l'aimerai toujours ; = =.ee DT \u2014 LES COMBATS D'ANIMAUX UN DURL ÉTRANGE I! y a de cela de longues années déjà ; mais le souvenir de ce combat est resté gravé dans ma mémoire de voyageur et je ne résiste pas à l'envie d'en retracer ici les phases mouvementées.J'étais à la Louisiane.Un matin, je me livrais au calme délassement de la pêche à la ligne dans les ondes transparentes du Téche, non loin du point où ce cours d'eau se jette dans l\u2019Atchafalaya, à quelque trente kilomètres de la baie du même nom.Bien abrité du soleil par la robuste frondaison d'un grand chêne, j'attendais, avec l'inaltérable patience que doit professer tout coureur d'aventures digne de ce nom, que quelque spécimen de la gent poissonnière vint s'enferrer à mon hameçon.Je jouissais bien à tort d\u2019une douce quiétude, car un grognement formidable retentit tout à coup à peu de distance.Je lâchai ma ligne, m'abritai en toute hâte derrière le tronc de mon chêne, prêt à gravir, en cas de danger, son écorce chenue, et je vis.Voilà ce que je vis : Un ours noir de petite taille, la gueule ouverte, les yeux sanglants, était en arrêt devant un ennemi, invisible pour moi, mais qui devait venir des bords mêmes de la vivière.Quel pouvait être cet ennemi capable de causer A maitre Martin une telle fareur Ÿ J'étais curieux de le savoir.et ma curiosité fut bientô* satisfaite.Du milieu des hautes broussailles je vis émerger la gueule terrible d'un crocodile.Cet alligator mesurait pour Je moins cinq mètres de longueur.Lentement il s'avança vera l'ours.Assister à una lutte entre de si dissemblables adversaires, voilà qui valait bien, en vérité, de voir ma partie de pêche fort compromise.Je l\u2019avouerai, j'étais littéralement stapéfait.et je crains bien que le lecteur ait quelque peine à LE MONDE ILLUSTRÉ ajouter foi à la réalité de ce combat monstrueux que j'ai pourtant vu, de mes yeux vu.S'il s'agissait de bisons furieux, de fauves entre eux ou tout eimplement d'humains dont l'humeur batailleuse, aur tous les points du globs, n'est que trop connue je n'aurais pas besoin de précaution oratoire pour obtenir créance.Mais un ours se mesurer avec un alligator ! voilà qui prouve, certes, que \u2018* Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable : \u201d Les deux ennemis demeurèrent immobiles une longue minute, face À face, à s'observer.Le crocodile battant de sa terrible queue squameuse de la plus menagante façon.Maître Martin roulait sa grosse tôte, l\u2019air fort indécis et quelque peu inquiet.Par où, en etfet, pourrait-il attaquer un adversaire aussi formidablement cuirassé d\u2019écailles ?Son hésitation, cependant, fut de courte durée.Se dressant brusquement, il se rua sur le monstre des eaux.Celui ci, se retournant à demi, l\u2019accueillit d'un solide coup de queue sur le museau qui força l'ours à battre en retraite en poussant un cri de douleur.Trois fois le plantigrade revint à la charge, trois fois il dut bondir en arrière, la tête ensanglantée.Comprenant sane doute que, dans un duel aussi étrange, ses moyens ordinaires de combat n'étaient plus de mise, il se décida à jouer, non au plus fort, msis au plus fin.Il déploya, dans sa quatrième attaque, une habileté et une ruse dont je n'aurais jamais cra capable ce lourd animal.Trompant le crocodile par une feinte suivie d\u2019un rapide saut de côté, il évita à demi le coup de queue, se trouva sur |as flancs de la bête aquatique et, avant que celle-ci eût eu le temps de faire un L\u2019ours lui saisit l\u2019une des pattes.demi tour à droite afin de se retrouver en position de défense, l'ours lui saisit à pleine gueule une «les pattes de devant, puis, «l\u2019un brusque effort, retourna l'alligator sur le dos.La situation de l'hôte des rivières était dès lors désespérée.On sait, en effet, que l'impénétrable cuirasse d'écailleu qui défend son dos, sa queue ct ses membres, offre, aous le ventre, une solution de continuité.des p'us périlleuses dans le cas présent.Il fit, pour se remettre en position normale, dea efforts prodigieux que maître Martin sut rendre vains en pressant son ennemi contre terre de tout son poids, et auxquels il crut devoir mettre un terme en déchirant à belles dents la gorge de son antagoniste vaincu Mais i' comptait sans l'agonie de l'amphibie.Le crocodile, mortellement blessé, se tordit avec une telle puissance de muscles qu'il entraîna l'ours qui ne lâchait toujours pas prise \u2014jusqu'au bord de la berge à pic du Téche.Une suprême convulsion fit rouler vainqueur et vaincu dans le fleuve.Haletant, tremblant, car ce terrible combat m'avait impressionné au delà de tout ce que je pourrais dire, je courus À la rive et me penchai vera le fleuve.Je vis l\u2019ours se débattre dans les eaux profondes pour regagner la terre ferme.Je sautais sur ma carabine pour m'opposer à ce dessein, dans l'intérêt de ma propre conversation, lorsque j'aperqus un nouvel alligator fendant les eaux, droit A la rencontre du piantigrade naufragé.TIE Je demeurai attentif, m\u2019attendant A un nouveay combat, naval cette fois.Il eut lieu, en eflet, mais fut de courte durée, L'ours n'étant plus dans son élément fut bless ii mort en moing d'une minute et coula A pic.J'en conclus très philosophiquement que chacun est maître eur son terrain.REmonp Prat.LES CHARS ELECTRIQUES A OTTAWA J'ai lu dernièrement, dans jo ne esia plus quel journal, qu\u2019une compagnie se formait à Montréal, dans le but d\u2019y établir un service de chars électriques comme ceux qu'Üttawa possède aujour- d'hui.Sous tous les rapports, ces chars sont pré férables à ceux que tirent les chevaux.Depuis les clerniers jours de juin 1#91, la compagnie des chars électriques d'Ottawa a placé dans nos principales rues, d\u2019un bout a l'autre de la ville, à mesure qu'elle les recevait des ateliers, un certain nombre de chars.Tous ceux qui se sont servis de cette vuie en sont enchantés ; l'on y est moins secoué ou ballotté que dans les chars traînés par les chevaux : les sièges sont plus moelleux et le service plus rapide.Le passant ne peut réprimer un geste d'admiration en voyant ces chars se mouvoir avec tant de facilité et de rapidité sans efforts apparents.Les chars sont continuellement remplis tout lo jour, mais le soir, c'est encure pis : il y a des pas sagers debout à l\u2019intérieur et à l'arrière.C\u2019est que beaucoup de nionde se récréent de cette manière, se faisant transporter à un bout de la villo et ramener à leur point de départ.les chars alors sont trop pleins, c'est là le seul inconvénient que j'y trouve.De tous ceux qui remplissent ainsi les convois, chaque soir, bien peu descendent au terminus pour faire une courte promenale aux eavirons, presque tous gardent leur siège pour revenir tout de suite ila ville.Il est ane marière de passer agréablement la soirée et respirer l'air frais et pur de la campagne.que je voudrais indiquer à ceux qui travaillent tout le jour dans noa bureaux, Mos magasins et nos ateliers.Nous avions convenu, Un mien ami et moi, d'aller ensemble, le soir après souper, par le train électrique de la ru lank, jusqu\u2019au terrain de l'ex position et de pousser à pied, soit jusqu'au pont Billinge, soit le lon de la rivière Rideau, qui coulr tout près du terminus de cette voie.La soirée était belle, nous primes nos places et partimes.Le trajet, surtout depuis Stewarton, aux limites de la cité, jusqu\u2019au terrain de l\u2019exposition, sur la rue Bank, est rapide, car il n\u2019y a plus de rues et conséquemment plus d'arrêts.Le char est plein ; les dames et les demoiselies ne sont pas la minorité parmi les passagers, et nous pouvons, tout en goûtant avec plaisir notre petit voyage, réjouir nos yeux en les arrêtant sur de gais et jolis minois.Dientôt le char arrête, et nous sommes arrivés.Un soupir nous écliappe inconsciemment, car nous avons trouvé la route bien courte grâce à l\u2019électricité et.aux minois.Nous descendons.Mon compagnon allume sa pipe, moi une cigarette, et nous allons sur la route poudrée, lent«ment, causant et adimirant les Leau- tés du lieu.Je remarque plusieurs personnes qui, comme nous, ont eu l'idée de venir prendre le frais es se délasser un peu, après le labeur et la chaleur d'une journée tropicale.Qu'il fait bon ! l'air est si frais et pur ! l'air de la campagne que je res: pire avec délices Nous allons jusqu'au village de billings, ot nous trouvons les villageois aux portes et les enfants jouant dans l'herbe sur le bord du chemin, le tout formant une scène calme, paisible et rafraichi- sante.Mais il se fait tard, les ombres du soir devirn nent plus épaisses, allons, rebroussons chemin.Un quart d'heure plus tard nous étions assis dans un char électrique qui nous ramenait à Ottawa, + deux pas de chez moi.N.Dugasb. 208 LE MONDE ILLUSTRE Lea tis Fe Vae du pont de la Mine de Plowl;, avec Jes monts A-lams, ra qu 3 ferey Maslison et Washing'on Fa clissacie du diable et les j ics Percy, pres du village Sta !.xs = < SEES ESS sm \u2014\u2014 - >-\u2014 me a > Se \u201cIE Ia.v GORHAM ET LES ENVIRONS, \u2018NEW HAMPSHIRE) tiorham, vue de l'ouest Les monts Ada: et Madison vus de la montazne Randolph Sur la route des voitures, pr's de l'Hôtel Glen \u2014.epg Mou':n Libbi ave le n.on: Hayee À l'arrière plan ce neg 244 em J .ISTIRIQUES + ÉGLISR NOTRE-DAME DE MONTREAL (Suite et fin) Ce fils de saint Dominique est né en 1859, dans l'arrondissement de Clisson, département de la Loire-Iuférieure (France).Après avoir fait ses humauités à la Pualette et au Petit Séminaire de Nantes, il vint passer une année à ls Philosophie de la rue Saint-Clément.Ensuite, désirant se consacrer à Dieu, il entra au noviciat des Dominicains.En raison de la situation faite aux ordres religieux en France, le R.P.Plessis fut obligé de partir pour l'Espagne, où il étudia de nouveau la philosophie pendant deux ans.À son départ de l'Espagne, il se dirigea vers le Tyrol et ensuite la Corse, passant son temps à l'étude de la philosophie de saint Thomas d'Aquin.Le ler mai 1887, il arriva en Amérique pour se rendre à la maison de Saint-Hyacinthe.Il se fit bientôt connaître comme prédicateur par diverses retraites prêchées à l'église Saint- Jacques et à l'église Saint-Joseph de Montréal, et par des sermons faits dans d'autres circonstances.C'est ce qui fit jeter les yeux sur lui pour les prédications du carême de 1389.Dans ses sept conférences, le R.P.Plessis s'attacha à prouver la présence de Dieu dans le monde.Et il le fit de main de maître.20, \u2014 Un prêtre de la famille d\u2019Aaron offre le sacrifice appelé perpétuel d\u2019un agneau sans tache \u2018 Les vastes nefs et les galeries de Notre-Dame, dit un écrivain, n'ont pas cessé d\u2019être remplies d\u2019une foule immense de citoyens de toute condition, de tout rang, nous osons presque dire de toute religion.Chaque dimanche, elle devenait de plus en plus attentive, haletante sous cette parole ardente et enflammée qui planait d'un vol ai hardi et ai naturel au-dessus des hauts sommets de la philosophie et de la théologie.* Si parfois il lui arrivait de le perdre de vue dans les élans de ses coups d'ailes puissants, qui captivaient son admiration, bientôt elle le reasaisissait par ces brillantes comparaisons, par ces faits de l'histoire sacrée et profane que l\u2019orateur fondait dans son discours avec une inépuisable profusion de tact et de convenances.LE MONDE ILLOSTRE * Car la richeuse de l'imagination poétique ne lui fait pas plus défaut que l'enchaînement de la pensée et des déductions, pas plus que la vie, lo mouvement et la châleur brûlante de l\u2019action.\u201d En 1840, les stations du caréme sont encore faites par un Père Dominicain, venu expressément de France, le R.P.Balsonneau.(*) Sacrifice sanglant de Jésus-Christ Comme orateur et comme théologien, il était le digne émule des orateurs qui l'avaient précédé à la chaire de Notre-Dame.Ses prédications attirèrent une affluence considérable et furent fort goûtées.Le 11 avril, une adresse lui fut lue au Cabinet de lecture paroissial, au nom de la Société Saint- Jean-Baptiste, par M.L.O.David.Le P.Babonneau y répondit par un petit discours très délicat et rempli d'apropos.Nous nous permettrons d\u2019en extraire le passage qui suit : \u201c Savez vous, dit il, ce «jui m\u2019a soutenu : la première chose, c\u2019est l\u2019amour très vif de la parole que j'ai constaté en vous.Vous aimez la parole, vous aimez à entendre parler ; tout le monde le dit, c\u2019est votre réputation et je crois qu\u2019elle n'est pas surfaite.Et savez-vous pourquoi vous aimez tant la parole Ÿ c\u2019est parce que vous êtes Fracyais.de vrais Français.Indépendamment de leurs autres qualités, les Français sont des hommes qui aiment à parler, mais surtout à entendre parler, et cela date de loin.César en faisait déjà la remarque dans ses Commentaires, que vous avez étudiés sur les bancs du collège ; il disait \u201c que le Gaulois est un homme qui aime à se battre et à parler.\u201d Eh bien ! bon sang ne peut mentir ; vous avez du sang gaulois dans les veines, et voilà pourquoi vous aimez à parler et À entendre parler.Il y a une autre raison : savez-vous pourquoi vous aimez à parler! C'est parce que vous avez dans le cœur des sentiments élevés, nobles et généreux.J'ai remarqué antre «iio8e qui m'a frappé singulièrement, c'est que vous aimez la parole.en français, dans la langue française, dans cette belle et noble langue française que vous avez conservée clans son intégrité.N'est il pas vrai qu\u2019elle est belle, notre langue française ! N\u2019est-il pas vrai que c\u2019est la langue de la loyauté, la langue de la clarté.N'est- il pas vrai que notre langue française ne se prête pas aux détours et aux mensonges, qui ne seraient 8 compris en français ?Quand on veut mentir, on eat obligé de faire des fautes de français.\u201d Le carôme do 1891 a été également prêché par un Père Dominicain, le R.P.Henriot, qui, lui aussi, laissa un excellent souvenir de son passage au milieu de nous.Chaque année, généralement dans le cours de mars, une neuvaine est faite en l'honneur de l\u2019apôtre des Indes, saint François Xavier.Le prédi- (*) Après avoir préché les stations du carème, le même Père fit les prédications du mois de Marie, à l'église St- Jacques.cateur est toujours un orateur distingué, choisi dans un des ordres religieux du Canada.Ces exercices religieux attirent toujours un auditoire choisi et nombreux.A propos du tombeau de saint François Xavier, qui se trouve a (ios, nous lisons los lignes suivantes dans I'/ndo- European Correspondence (1887) : \u201c C'est dans la vaste église du Bon-Jésus qu'on conserve les restes de saint François-Xavier depuis l\u2019année 1623.Sur l\u2019autel est une statue de saint Ignace, et À côté celle de saint François-Xavier, en argent massif.\u2018 Le mausolée de l'apôtre des Indes est un présent du grand-duc de Toscane.Il consiste en trois étages auperposées avec un cercueil d\u2019argent pour couronnement.\u201c L'étage inférieure est de jaspe, avec des statues d\u2019anges en marbre de Carrare ; le second étage, en jaspes de diverses couleurs, offre, sur chacun de ses quatre côtés, un bas-relief en bronze, représentant une scène de la vie du saint.Le premier de ces baz-reliefs montre saint François- Xavier baptieant des sauvages : au dessus de la scène, on lit ces mots : L'é vitam habeant (pour qu\u2019ils aient la vie).Le second bas-relief représente saint François-Xavier prêchant aux idolâtres, avec une inscription : Nox inimica fugiat (que la nuit ennemie se dissipe).Sur le troisième, on voit l\u2019apôtre devant les barbares de l'île de Mero, avec co texte : Nikil horum vereor (je ne crains aucun de ces maux).La quatrième scène, à la tôte da monument, montre Xavier mourant.Major in oc- cast (plus grand dans sa fin).Le troisième étaye est de jaspe ct d'autres pierres rares.* Sur ce triple étage repose le cercueil d'argent.\u201d * % * L'église Notre-Dame a vu plusieurs démonstration funèbres dans son enceinte.Citons, au hasard, le service funèbre de sir (Georges-Etienne Cartier, celui de Mgr Bourget et celui de Louis Riel, l'agitateur métis.Uue figure du sacritice eucharistique À cette dernière occasion, six mille personnes étaient rassemblées dans l'enceinte du temple, toutes ayant tenu à répondre à l\u2019appel de l'association Saint-Jean-Daptiste, qui avait eu l'idée première de cette démonstration funéraire.M.l'abbé Sentenne, curé, ollicia, assisté de M.l\u2019abbé Braye, comme diacre, et de M.l'abbé lesaul- niers, de Notre l'ame de Bonsecours, comme suus- diacre.Le chœur, sous ia direction de M.Charles Labelle, chanta ln messe des morts harmonisée de M.l'abbé Perrault, et à l'offertoire le Dumine.a a om 1 A - LE MONDE ILLUSTRE 295 A \u2014 pr \u2014 MM.les abbés Maitiveau, Giband, Picard, Da- nie), Reid, Kavanagh et beaucoup d'autres membres du clergé étaient dans le sanctuaire.Les marguilliers de I'Eglise, MM.J.-B.Rolland, C.-P.Hébert et E.Prud\u2019homme, assistés des ofli- ciers de l'association Saint-Jean Baptiste, firent la uête.4 Le conseil municipal avait pour représentants, MM.les échevins Beausoleil, Grenier, Préfontaine, Mount, ete.La délégation des anciens zouaves pontificaux étaient composée de MM.G.-A.Drolet, T.Fau- teux, C.-A.Vallée et C.-A, Lebel.Pendant la messe funèbre, la plupart des marchands catholiques du centre de la ville avaient clos leurs établissements ; les drapeaux étaient hissés À mi-mât sur plusieurs édifices.++ * La paroisse de Notre-Dame comprenait, 4 l'origine de 1a colonie et jusqu'à une date relativement rapprochée de nous, toute la ville de Montréal.Mais l'évêque de Montréal crut devoir, plus tard, afin de s'assurer «les revenus absolument nécessaires pour l'existence du diocèse,essayer do diviser cutte vaste paroisse.NAT OT TA DER TEE Une figure de l'Euchariatie Cette démarche fut le point de départ d\u2019une chaude polémique entre le séminaire et l\u2019évëché Une correspondance volumineuse, dépusée aux archives de ces deux maisons, témoigne de l'ardeur de la lutte.La presse s\u2019en mêla également ; quelques journaux prirent fait et cause pour les sulpiciens, d'autres se firent les défenseurs de l'évêché.A cette époque parurent deux brochures bien connues : La grande guerre ecclésiastique, par M.Deasaulles, et la Cumédis infernale, par M.Villeneuve, qui devint prêtre de l'évêché, dunt it s'était fait le champion, peu de temps après la publication de ce livre Ces deux ouvrages mméritèrent les censures ecclésiastiques.Enfin, le dimanche 23 avril 1871, Mgr Bourget fit lire un mandement dans les diverses églises de la ville, par lequel il annonçait que Mgr Tasche- reau, archevêque de Québec, avait été nommé par Rome pour régler le diflérend.Gol L'égoïsme eat comme l'emhonpoint ; plus on en à, plus on est géné par celui des autres.\u2014J ULES LEMAITRE.Souffrir que le méchant fasse mal, quand on ut l'empêcher, c\u2019est participer À son crimo.\u2014 TAXIME ORIENTALE.CONTES DE MON VILLAGE (Récits d'Alsace) IV.\u2014L'ARLÉ L\u2019HERUITTE \u2014 Mille excuses, si je vous dérange, monsieur le curé._ L'abbé L'hermitte, plongé dans la lecture de son journal, qui devait l\u2019intéresser énormément, ne m'avait pas entendu ouvrir la porte du jardin.J'étais même arrivé tout à côté de lui, devant la tonnelle de chèvrefeuille en faisant crier un peu fort le gravier de l'allée, qu'il n'avait pas levé la tête.Ce n\u2019est qu\u2019en me voyant planté devant lui qu\u2019il s'écria, comme au sortir d\u2019un rêve : \u2014Ah ! monsieur Jeun, je ne vous avais pas entendu.Excusez moi ; que je suis heureux de vous C'était un gros homme, de cinquante ans environ, le visage paisible d\u2019an bon curé de campagne, qui ne veut de mal À personne et se contente de vivre en paix, à l'ombre de son église, avec sa vieille servante et ses habitudes d'autre fois.Quelle perle d'homme ! C'était l\u2019ami intime du grand père.Ils faisaient ensemble d'interminables parties de cartes, et, comme le brave homme est mort et que monsieur le curé n'a pas perdu le goût de ce jou, fort innocent du reste, c'est son petit-fils qui remplnce le partenaire disparu.C'était mème le seul but de sa visite, Le village, désert, par cet après midi de juillet, était d'une mélancolie ! et la \u201c copie \u201d n'allait pas du tout.L'inspiration manquait : que voulez- vous, on ne commande pas ces choses la.\u2014Allons, pensais-je tout à coup, monsieur le curé doit s\u2019ennuyer autant que moi : il n\u2019y a que quelques b.nnes parties de piquet et deux ou trois verres de son vieux vin de Tours (je n\u2019en ai plus jamais bu de pareil), qui puissent nous secouer de cette torpeur.\u2014Quelle chaleur, monsieur le curé, quelle chaleur !.\u2014.Et vous êtes venu pour une partie de piquet, n'est ce pas?Oa s\u2019ennuyait dans la grande maison déserte : les idées ne coulaient pas comme on l'aurait voulu ; la tête était lourde.C'est tout naturel.J'étais précisément dans le même cas que vous.Tenez, mon journal était tellement intéressant que je me suia endormi dessus ! Quelle comédie que la fatigue !.\u2014.Qu'on est donc bien, chez vous, sous cet te tonnelle qui parfume, pour lire, rêver et clore les yeux tout À fait, si on en a envie ! Et nous nous mîmes tous les deux à rire, au nez l\u2019un de l'autre, d\u2019un de ces bons rires de béat contentement, comme les hommes heureux seuls savent vous on trouver.\u2014Catherine, appelle tout à coup monsieur le curé, Catherine, apportez nous.vous saves bien uoi.Il n'avait pas besoin d\u2019en dire plus long, pour voir peu après la petite porte de la cour s'ouvrir et la vieille servante, une de ces bonnes femmes, toute ridée, en casaquin de laine et petit bonnet tuyauté, apparaître, dans la verdure de l\u2019allée qui faisait un cadre si harmonieux à la scène vraiment attendrissante, avec un grand plateau à la main.\u2014Tiens, bonjour monsieur Jean, disait-olle alors de sa voix cassée, comment vous portez vous ?\u2014Mais pas mal, mademoiselle Catherine, et vous ?\u2014 Assez bien, merci.Et mademoiselle Victoire (c'est ma servante), en at-elle finie avec ses névralgies qui doivent la faire bien souffrir, la auvrs enfant 1.Elle dépose déjà sur la taple la vieille bouteille, toute empoussiérée, deux verres, des cigares et un jeu de cartes, avec le tapis, l'ardoise et le bâton de craie.C'est alors que les interminables parties de piquet commencent, silencieuses, farouches, avec le seul bruit des cartes qui s\u2019abattent ou le bon rire d\u2019un joueur qui a beau jeu.La fumée Lbleuâtre des cigares monte doucement dans le feuillage des arbres ; les verres de ce bon petit vin de Tours, sucré et mielleux dans la bouche, comme un nectar (monsieur le curé est un connais- 2 seur émérite), se vident les uns après les autres\u2019 avec une rapidité merveilleuse.Et c'est ainsi que peu à peu le soleil baisse ; uno petite brise parfumée nous apporte, en passant, les senteurs de toutes les roses, des girotlées, du réséda.\u2014Et si nous allions souper, interrompt tout À coupll\u2019abbé L\u2019'hermitte, en se levant.\u2014Une excellente idée, monsieur le curé ; l\u2019air vif creuse bien plus que tous les apéritifs du monde.Et là-dessus, on se quitte, après force poignées de mains.Le bon curé me reconduit jusqu\u2019à la petite porte du jardin, en disant : \u2014 Quelle belle soirée, monsieur Jean, quelle belle soirée.Ah\u2019! la grandeur de Dieu ! la sublime beauté de l'univers ! La route c\u2019allonge devant moi, toute blanche au clair de lune et dans le grand silence de cette splendide soirée d'été, je songe au bonheur de cette vie calme et paisible, loin du tumulte des villes, qui eat ce que les hommes ont encore trouvé de mieux pour ne pas être tout à fait malheureux.FAT Bruxelles (Belgique), 1891.NOUVEAU FEUILLETON A la suite de Fleur de-Mai qui s'achève, le Monni ILLU&TRE commencera bientôt la publication d'un magnifique roman feuilleton.C'est l\u2019œuvre par excellence du meilleur romancier feuilletoniste de Paris.Sans aucun doute, ici comme en France, le prochain feuilleton du Mosur I1- LUSTRÉ obtiendra un succès sans égal.M.RICHER, PEINTRE M.Richer qui vient d'arriver de Paris, où il # fait de puissantes études, à tenu une exposition de ses œuvres chez M.Archambault, photographe, (rue Notre-Dame) Nous avons été voir les divers ouvrages exposés par cet artiste, de même que beaucoup d'autres, et nous sommes revenu satisfait de notre visite.M.Richer a beaucoup de talent, et on s'en aperçoit aisément en regardant ses tableaux.Cet artiste, qui doit repartir en octobre prochain pour aller continuer ses études à Paris, deviendra certainement un des meilleurs parmi nos peintres canadiens.Le tableau représentant la Mort de Cadieux est bien peint, ainsi que plusieurs autres.Nos félicitations à l\u2019auteur.SUR LA LIGNE DU CHEMIN DE FER GRAND-TRONC : GORHAM (Voir gravures) Ce charmant endroit est le point d'entrée au pays merveilleux des Montagnes Blanches.C'est le village le plus rapproché du mont Washington et des grands pics du Nord.Son élévation, de 812 pieds au-dessus du niveau de la mer, fait que l'air y est on ne peut plus salubre.Le voisinage des monts Washington, Madison, Jefferson et Adams, lui donne un rare aspect de grandeur.C'est un des plus pittoresques coins de pays où l\u2019on puisse aussi facilement arriver, situé qu'il se trouve sur la grande ligue directe du chemin de fer Grand Tronc, de Montréal à Portland.Les quelques vues que nous donnons aujourd hui suffiront À rappeler tous les attraits qu'offre au touristes une excursion à Gorham, New Hampshire.J.8.E.Si la rareté d\u2019une qualité en fait le prix, il y a peut-être moins À s'énorgueillir d\u2019avoir du génie que du bon sens.\u2014G.M.VALTOUR. HET = SO EE Pres lie J.er il! 0 Il nu rey A il Jie] by i in 7 il jal i I Bi fd IN fi i LL in : il ; ¢ I ! | i i ig By di Au i il | | uf i | \\ ; hi i 4 3 22 = } | I | i i | | | | | i i i 1 | LE OU { Il | 4 | \u2018 ; | fi i i | i | | ; | 1 i Ji M ) ads SV qi i I | i | | pt | bi ih Ù | | ju > Se | Ÿ | in Hi hf ! | .Hd fs dos i} ih # i 1h 7 7) Ÿ Ny \\ Hi i Le fl i fi fir | if i if | | ih ih I iin) Li ; 4 pu a À 1.\\ | i y Un WE hy | Il I à wl ii as j i Li à iE Wi i iy A À A i i | [ck wl i ir À i pt f= a) i! he : ARE ANA Jon LH) \u20ac | J Ji H » Hy 2 À i i ce À il i PE M I \u201c 3 hil hips Ji he ih i | al hi jill 4 { À i iy i pe ih [iH li | lily Ph a i | 4 I h 44 ji we | ja A hy us ! | \u2018 i i il il | 1 i i : | | bd Wi il fy J ji ji il a | | | | | il Tr Ji iit i ; i | ; ir Wi ilu i a | ! | Win i i i q i IH 4 [1 i Faut na TE i if Loy ii i I ht hi il | I | il i ii fil | pal \u2018 nt li il Ii = hl aid), I | i | | i i | | | I | A 1, th hi Ir |; i Eee Aie i wb is oS | \u2014\u2014 ill Mi J! H i | il [it Xi | mn iti 7 ITT TEA HH Si i i ~ dn ii it fi io Mh m il dui Lip =.i i iy it à ne ii i o i I de wl | >\" a wl hi à { i I I i! tm : ; jh It i hig G 3 Ta i | I a il g i Ih i s tl] | i fi pires pistes | tar i | in ji! Hf i aif If i I H I] |, | f il al M A li > il | Fi i fh k i Lu + | LX j H = 3 inl i MR i | | | 7H T i AE I ih WW yi d Jy ji! { fd y i i Hi i vid id \u2018 pile * i A (i 1.gh ; I hy I aa I [ JA Qu i pe + il A SE y pl # Ë / ill À (pfff J it N A ol 5d 2° kl I I} Ear } ; ti di dg Tree gor pr od i | i 7 i! \u201c ill B bail ere mr, ) Sas wi) Ni i QU ê A A bu if i bl il yl so Pal Ng 257\" | | M ih i il liu i ! HW | vi 4 | nde] bi \u201cYe 7 = ès ; Ÿ Ra } a Seth (NS Ll ci M ; I fA ; + net 3 9 6 =.ve trame \u2019 = NEY v hi ee 4 2 \u2014 > XR) WO 4 CAD = = - =, a.2e ea = y4 end = = =.adil ae dg = el Te = \u2014 a\" = ETT Se = \u2014\u2014 STA = Le ES NN WS [N \u2014 TE ee wr -r = me us = Ta a Le | UE \\ \u2014 5506 me > CF ; per > a ue CT AT agin 3 ty une Rd = 3 - +, me + - Hp MED FA » = Les WE Sy - (Sig rao BIE \u201d JR \u2026 L'an, FE + = Gi EA gid LA hE 2 pen Fi abhor 23 i was x XF ol : = g x - .Pré cu.= 41 Es oF fes = ; Ld 54 \u201ca mer, CLE eee À x vA y eo rar of 25 = ta, ft ke se FE Fuel 0 PA) yp.\u20ac >.3 24 xt 4 < a\" pat T à \u201cve # Le oi re + \"wy 1 ï 3 id 4 2 nique RA En b> | È é LS SY A \u20ac RES ; À : oe L p.An 4 * SEE ed 9 pes rk B 2 a R kJ ba \u20ac ons A ÿ A [34 * ES WN È \\ > À 3 pry y+ 2 AS TR > cP à 6e © © N ; L A0 rl.[3] =\" fe : > ot és D jg 2 1 42 >.A Ae .1 £a a LTS y \u201ceB 7 \u2014.A A 2 \u20ac un = A L ~~ Sones vr ase D > \u2019 al Pt or > - Ss > ee & \u201c.; ES san eo , se lt rs vs a I wkd Chan = UE \u201ca 1 = a + .4, Pl we 2 A Ki ç a's Pd & fea LIRE 55 ete\u201d * 2 EE; ea oy (ad ms.+ Fin PRS ; 2 ve.\"2 vag of qe x.ML) > Ww a \u201ci.ue ovine PY kK D G A be 2 as ne tek, > > Cos 3 ®c, FEN Ld LEY a_i A 444 = =.7 qe *- 4 Pr a ro * ve æ \u201c.+ ) = + A gl \u201c Pp * \u20ac 1 a5 2 As = 2 nest A + ~3 > - oN si To Ba GROUPE DES ZOUAVES DECORES A TRAVERS LE CANADA.\u2014LES FÊTES A TOUROUVRE Photographie \u2018Juéry frères\u2014Fhotogravure Æ rmstrong | pe Af \u2014 \u2014 en tr TT rs -\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 ETERS.Te, LE MONDE ILLUSTRE \u2014 \u2014 298 ROMAN CANADIEN INÉDIT UN \u2014\u2014 IN ENTRE L'AMOUR ET L\u2019AMITIÉ (Suite) \u2014Je le crois bien, interrompit Mme Barley.Et les hommes qui conduisent ces petits bateaux pataugent dans la neige, s'enfonçant quelquefois dans l\u2019eau à travers la glace, quelle constitution pour résister à de si rudes assauts ! \u2014Oh ! oui, madame.Figurez-vous que j'ai vu un de ces hommes enlever ses bottes pour en rejeter l\u2019eau, puis les rometsre tranquillement par-dessus son pantalon gelé.N\u2019y a-t il pas de quoi se donner la mort par une température glaciale ?\u2014 N'aurons-nous pas bientôt un tannel ?\u2014Je vous assure que M.Laurier et sa suite sont fortement en faveur de la construction d'un tunnel.Lans l'intérêt du projet, il est même bon que ces messieurs se soient rendu compte par eux- mêmes de la situation déplorable dans laquelle ge trouvent réduits, l'hiver, les 150,000 habitants de l\u2019île du Prince-Edouard.Il n'est peutêtre pas dans tout le monde civilisé de population aussi nombreuse qui soit dans de semblables conditions.\u2014Oui, certainement le gouvernement devrait faire quelque chose pour nous, hasarda M.Rosewood.\u2014II le faudra bien, un jour ou l\u2019autre, riposta Alfred.Quand la question viendra devant le parlement, ces messieurs seront bien préparés pour démontrer la nécessité d'un tunnel.Quant à l\u2019argent, ils voteront tout ce qui sera nécessaire.J'ai entendu l\u2019un d'eux, dire, qu'il voterait quinze, vingt millions si c'était nécessaire, et.Un cri de douleur éclata tout à comp comme une fusée : \u2014 Aie ! aie ! Félix ae frottait la main, avec des contorsions comiques, tandis que le chat s'enfuyait de toute la vigueur de ses pattes.\u2014Ah ! ah ! s\u2019exclama la mère, je t'avais prévenu, mon garçon ; il ne t'a pas manqué cette fois, C'est bien fait ; si tu ne restes pas tranquille, je t'enverrai coucher.Mme Rosewood intervint : \u2014Ne le grondez pas tant.Il est ausez puni, Tenez, regardez cette main comme le chat l'a égra- tignde.Et comme elle pourchassait pour le faire sortir, le chat qui #\u2019était réfugié sous le canapé.\u2014Oh ! je vous en prie, madame, s'écria Mme Barley, laissez ce chat tranquille.Ce n'est pas sa faute à cet animal.T1] faut que le gamin apprenne à ne pas taquiner les chats.L'incident donna un autre tour à la conversation.\u2014 Mademoiselle Annie, fit Mme Rosewood, n'êtes-vous pas sortie dernièrement en traîneau ?\u2014Certeinement, madame, plusieurs fois, Les chemins sont en oi bon état pour les traîneaux maintenant.\u2014Alurs, vous aimez beaucoup A aller en traf- neau } \u2014Beaucoup, madame, \u2014Bien, il faudra venir avec nous, un de ces jours.Et en disant ces paroles, elle tournait lee yeux du côté de son fils.Il comprit très bien ce que ce regard signifiait ; mais il feignit de ne pas comprendre.\u2014J'accepte avec beaucoup de plaisir, fit simplement la jeune fille.No \u2014 \u2014À propos de traîneau, continua Mme Rose wood, avez-vous remarqué le nouvel équipage de Mme Spierling.Je l'y ai vue l'autre jour en compagnie de Mme Spencer, un équipage superbe- À quatre places, tout flambant neuf, garni des plus riches fourrures ; des chevaux fringants, des harnais reluisants.Ces deux dames paraissent très intimes.C'est beau quand môme la richesse.\u2014Surtout quand on sait si bien l'employer, ajouta Annie.Aux noms de Spierling et de Spencer, ces deux noms qui occupaient son esprit tout entier depuis quelques jours, résumant ses amours et ses antipathies, Alfred avait tressailli et il écoutait très attentivement.\u2014Ces dames sont très charitables, poursuivait Annie.On dit que Mlle Marguerite marche sur les traces de sa mère.L'autre jour, je l'ai vue qui sortait de chez Johu Smithson où elle venait de porter des secours et des consolations.Alfred était ravi d'entendre parler ainsi de Marguerite.Il eut pour Annie un mouvement de reconnaissance.Mme Ro:ewood reprit : \u2014Vous voulez parler sans doute de ce pauvre diable de marin, qui a été si grièvement blessé lors du naufrage de la barque Mary.\u2014Précisément.Il paraît qu\u2019il va beaucoup mieux et qu'il sera debout dans quelques jours, grâce À ces dames.Alfred brûlait d'envie de faire quelques questions au sujet de ces dames, de Marguerite surtout, mais il n\u2019osa pas.Surtout après sa querelle publique au patinoir avec Henri, il crut que le mieux était de garder le silence.Il écoutait avec intérêt.Sa mère continuait à parler : \u2014Cette demoiselle Marguerite est bien gentille et bien aimable, paraîtil.On dit qu'elle est aun mieux avec M.Henri, cela fera un beau couple, et bien assorti.En même temps, elle jetait un coup d'œil de côté sur son fils pour voir l\u2019effet que produisaient sur lui ces paroles.Il demeurait impasaible.\u2014Oh ! ils sont si jeunes l\u2019un et l\u2019autre qu'ils n\u2019y nsent peut être çaère eux-mêmes.Ce ne sont Ëà que des suppositions.\u2014Je no le crois pas ; mais qu\u2019en penses tu toi Alfred $ Ainsi brusquement interpellé, Alfred eut un soubresaut de surprise : \u2014Moi, que veux-tu que j'en pense 1,.\u2014Parce que tu as eu une petite ditliculté ave M.Henri, ce n'est pas une raison pour lui en vou- \u201cloir encure.Alfred changea de couleur en comprenant où sa mère voulait en venir ; mais il sut se contenir.TI répondit tout simplement : \u2014Je ne lui en veux pas, Dieu m'est témoin ; mais toute camaraderie a cessé entre nous.\u2014Bah ! répliqua le père, bagatelles que tout cela.Ce n'est vraiment pas la peine d'en parler.L'amitié, la camaraderie d'un jeune homme comme M.Henri Spierling est précieuse, on ne la rencontre pas tous les jours, et c'est folie que de la perdre pour des vétilles.J'espère que tout cela s'arrangera.Alfred faisait la sourde oreille et avait juré de ne pas répondre.Pour se dunner une contenance, il avait été prendre le chat et l'avait mis sur les genoux du gamin en disant à celui-ci : \u2014Tiens ! caresse-le comme cela, et tu verras qu'il ne te fera aucun mal.Le chat se mit à ronronner tout doucement sous la main de l'enfant.\u2014Ta vois, s\u2019écria triomphalement Alfred, voilà comment on dompte les animaux les plus féroces.Maintenant, nous allons passer à un autre genre d'exercices.Il prit un chiffon qu\u2019il roula en boule et attacha au bout d\u2019une ficelle.Il la fit rouler sur le tapis devant le chat qui, auasitot, s\u2019élança pour courir après ; puis il tendit la ficelle au gamin triomphant : .\u2014Vonus voilà bien amis tous deux maintenant ; tâchez de le demeurer.\u2014C'est cela, fit en manière de morale le père, qui avait suivi attentivement ce petit jeu.Toi qui \u2014_ connais si bien le moyen de ramener la concorde, j'espère que ta l'emploieras pour ton propre compte.\u2014Amen / répondit en riant Alfred.Sais tu, père, que tu t'entends parfaitement à faire un sermon ?\u2014Et à ennuyer mes auditeurs, n\u2019ost-ce pas i ajouta malicieusement le père.Mais c\u2019est le sort de bien des sermons d'être ennuyeux.Onze heures sonnèrent à la pendale sur la cheminée.Mme Barley se leva brusquement.\u2014Comment ! il est déjà onze heures ! Mon Dieu ! comme le temps pagse vite en bonne société.\u2014Merci bien pour le compliment, s\u2019écrièrent en chœur M.et Mme Rosewood ; mais ne vous pressez pas, restez encore un peu.\u2014Oh ! non, merci, il est bien temps de rentrer.Mme Barley, Annie et son frère, se levèrent et se dirigèrent vers la porte.Pendant que ces dames endusssient leurs manteaux et mettaient leurs imperméa!les, Mme Rosewood, voyant qu\u2019Alfred ne mettait pas beaucoup d\u2019empressement À les accompagner, lui poussa le bras en lui disant À l'oreille : \u2014Tu vas escorter ces dames.A cet avertissement maternel, le jeune homme décrocha son pardessus.En moins d'une minute, il sortit avec ces dames.Il avait plu dans la soirée, et le dégel commençait.L'eau avait lavé la surface de la glace sur les trottoirs, tandis qu'elle s'arrétait dans des trous, mélangée à la neige et à la terre.Le trottoir était presque impraticable.Alfred prit le bras de ces dames : une de chaque côté, et tous les trois, quelle que fat leur habitude de ces sortes de marche, s'avancèrent avec précaution.Souvent un pied glissait et menacait d'entraîner tous les autres.On se raidiesait contre son voisin, où l\u2019on se laissait glisser mollement.Une fois, Annie faillit perdre l'équilibre et dût se retenir au bras d'Alfred qu\u2019elle serra fortement.La nuit était noire ; ils ne voyaient pas bien où ils mettaient le pied.Il y avait une lampe électrique dans la rue, mais là-bas, tout au bout, ses rayons ne parvensient pas jusqu'à l'endroit où ils étaient.\u2014Prenons la chaussée, dit enfin Alfred ; ce sera plus sûr, autrement nous allons tomber., En etfet, il y avait au milieu de ls chaussée un passage battu par les pieds des chevaux et par les traineaux.Ils s\u2019y rendirent après deux ou trois glissades sans mauvais résultat, heureusement.o \u2014ZEnfin, g'écria Mme Barley en lichant un peu le bras d\u2019Alfred qu'elle serrait fortement contre elle, z:0us voici en sûreté.Elle appela son gamin ; mais celui-ci n'écontait pas.Il courait sur la glace avec une légèreté de daim ; une fois cependant, son pied heurta contre un obstacle et il tomba de tout son long sur le dos.Sa mère cria de nouveau : \u2014 Viens ici.Mais déjà le gamin s'était relevé vivement et avait repris sa course de plus belle.Lorsque Alfred fut rentré à la maison, as mère lui demanda : \u2014 Eh bien ! comment trouves-tu Annie 1 \u2014Moi ?fit Alfred d'un air étonné.Mais jo la trouve comme toujours, une très bonne fille.\u2014Rien de plus ?\u2014 N'est-ce pas assez / C'est un assez bon compliment, je crois ; on ne peut pas en dire autant de tout le monde.\u2014C'est vrai, ajouta la mère, en manière de conclusion.CT DIT Cie 4 | A APS A suivre Les liens que l'on vante Je plus ne sont pas ceux que l'on a, mais ceux que l'on désire.\u2014EDm.AuouT. LE MONDE ILLUSTRE 299 FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRÉ \" MONTRÉAL, D SEPTEMBRE 1871 FLEUR-DE-MAI QUATRIÈME PARTIE L'AFFAIRE DE LAURTAC Puis elle #0 promena affairée dans la salle à manger, aysnt l'air do s'occuper à un rangement de dernière heure.Lentement la porte de la salle & manger donnant sur le corridor s\u2019ouvrait et la face jaune et terreuse de Fahrico Dementières se montra.\u2014 Tiens !.dit-il, vous n'êtes pas encore couchée ?.\u2014Non.Je rangeais, comme vous voyez.Et vous, monsieur Fabrice, vii venez vous t.Rien de bon à coup sûr encore ?.\u2026.\u2014 Mais si, Irma '.mais si !.je veus dirai ça demain.Une chose heureuse.Ile ne Pont pas.et pour un peu ils ne l'auront plus.car je pourrai peut-être y mettre la main.Inu tile d'en dire pour l'instant d'avantage.D'ailleurs, je suis rompu.Les yeux d'TIrma tombèrent alura sur son muître, et elle s\u2019aperçut qu\u2019il était souillé de boue.\u2014Une lumière et je vais me coucher.Ce soir, j'ai une espérance.Et, je suis sir que je vais enfin pouvoir dormir.Et prenant un flambeau, Fabrice Dementicres se retira dans sa chambre.La porte de l'oflice s'ouvrit et la sinistre face de Homain apparut.\u2014Il avait bien besoin de venir, celvi là.Irma hocha la tête, regardant son mari droit dans les yeux.\u2014 Dame, tans pis pour lui.Qu'est-ce que tu veux ?.\u2014 ben oui ! \u2014Faut ce qu'il faut !.\u2014Evidemment.Clest égal.ça va itre dur.D'autant plus qu\u2019il va brailler comme un blaireau.\u2014Ah ! bah ! le jardinier couche au-dessue «le l'écurie, et il est sourd comme une pioche,.Il n\u2019y a donc que la vicille.Et elle pourra crier de son lit.Personne ne l\u2019entondra.\u2014Oui, mais faut attendre qu'il soit endormi.\u2014Oh ! je trouverai bien un prétexte.Quand il sera au lit, j'entrerai dans sa chambre.tu m'entendras aller et venir.et quand jo lui dirai : ** \u2014Allons, bonsoir \u201d, tu entreras.\u2014Compris.\u2014Tu ne feras pas de gale ! \u2014Tu peux en être sûr.Doucement, Irma se leva et ouvrit sans se presser la porte de la chambre de M.Dementières.Celui ci était déjà couché.\u2014 Qu'est-ce qu'il y a, Irma ?\u2014demanda-til.\u2014 Rien, monsieur, rien, ne vous dérangez pas.En balayant et en arrangeant votre chambre, j'ai dû laisser les clefs de Mile Menriette et elle va être très méchante si je ne les lui rapporte pas avant de me coucher, \u2014 Les trouvez vous Ÿ \u2014 Non, monsieur.Irma cherchait, furetant par ls chambre.\u2014Elles ne sont pas là, je les aurai Inissées ailleurs.Et auprès une pause, élovant légèrement la voix : \u2014Allons ! bonsoir.bonevir.Fabrice Dementières qui s'était soulevé de son lit, la tête appuyée sur son coude pour suivre Irma du regard durant ses recherches, se laissa retomber, s'allongeant dans son lit et se préparant au sommeil.Avec une énergie désospérée il tressauta subitement !.Ne 46 Uni lourd manteau, un pardessus énorme venait de s\u2019abattre sur lui, recouvrant sa tôte et la partie supérieure de son corps.En même temps Îlomain bondit et tomba sur lui de tout son poids, paralysant les mouvements de ses mains.Un rugissement étouflé ge fit entendre.Fabrice Dementidres était nerveux, il luttait avec |'énergie que I'angoisse supréme décuple.\u2014Mais tiens-lui donc les pieds, \u2014 gronda Romain, \u2014 car l\u2018abrice se tordait et ges jambes battaient l'air à coups désordonnés.Irma ne purvenait pas À s\u2019emparer des deux pieds.\u2014 Mais tiens lui donc les pieds.comme pour l'autre.Tu te souviens bien.Encore un eflort et Fabrice Dementières fut totalement réduit à l'impuissance.\u2014 LA, tiens le bien, sonflla Romain,\u2014 j'ai ce qu'il faut.Dans l'oflice, Romain s'était emparé d'un couteau À découper la viande.Un véritable coutelns sililé et pointu.\u2014Ne le lâche pas.Je finirai bien par trouver la bonne place ! Par desaus le manteau, À travers l\u2019étofte, tout en s\u2019étalunt eur Fabrice, Romain frappait à grands coups, cherchant à atteindre la gorge.M.Dementières parvenait parfois, malgré tout le poids qui l\u2019étouffait, à soulever Romain, à le faire osciller.\u2014Oh ! t'as beau te débattre, faisait Romain, \u2014 t'as beau frire le malin, \u2014 faut que tu y passes.Fallait pag rentrer ce soir, v'là tout ! C'est un malheur pour toi.Entin, à travers le drap, un \u201c han \u201d de mort se fit entendre.Le coutelas de Romain venait de s'enfoncer dans le cou de sa victime.Tout juste à ce moment, Irma disait à son mari : \u2014Dépéche toi, Romain, je n'en peux plus.Je vas le lâcher.Toujours étendu sur le corps de Fabrice Demen- tirez, Romain attendit encore un long instant, Mais les efforts des jambes s'alanguiseaient.Elles s\u2019allungeaient maintenant, n\u2019opposant plus à ln pression d'Irma que les mouvements nerveux.('a y est, va !\u2014fit Romain qui se releva enfin tout trempé de sueur.Avec des précautions, cependant, la tète tendue, toub prêt à rebondir sur Fabrice, il souleva douce ment son pardessus.M.D'ementières expirait.Son sang à gros bouillons s\u2019échappait par une blessure béante, énorme.La curotide avai été tranchée net du dernier coup.L'œil du mourant devenait vitreux.la hou- che tomhait béante.Un tlot d\u2019écume rougeâtre apparut à ses lèvres.\u2014Oh ! c'est bien fini cette fois, \u2014fit Romain, tu peux le lâcher.\u2014 lien oui, mais tout ce sang !.Les draps, par taches énormes, étaient souillés.Maintenant il imbibnit le matelas, glissant sur la descente de lit.Le pardessus était même tout trempé.\u2014 Mais, puisque nous nettoyons tout,\u2014fit Romain, en s'essuyant les mains aux draps et à l\u2019oreiller.\u2014C'est vrai, tu ns raison.Maintenant, à l'autre.Mais elle ne nous donnera pas tant de mal.Faudra bien qu\u2019elle dise ce qui en est.Henriette Dementières no dormait pas.Du fond de l\u2019alcôve, au milieu de 8a face jaunie et ridée, les gros yeux ronds pointaient étince- lanta comme des prunelles de chat dans l'ombre.U ne bougie brülnit sur la table de nuit.Longtemps, bien longtemps, comptant les heures, ellé avait attendu le retour d\u2019Irma qu\u2019elle savait bien sortio pour aller papoter au bourg.Sitôt qu'Irma apparut, clle commença à bougonner.\u2014Si ca a du bon sens, \u2014 dit-elle, de sa voix devenue pâteuso et embarrasséo,\u2014 oui, si ça a du bon sens de courir ainsi le soir par les chemins creux ! \u2014Je cours où ça me plait, \u2014répliqua aigrement Irma.-On n'est pas des esclaves, je pense.Il y a assez longtemps que je me décarcasse inutilement pour vous.Après tous les services que je vous ai rendus.Si on peut croire.Et rien ! Pas un mot !.Rien de rien !.Méme que votre frère et vous vous viendriez à mourir, je sortirais d'ici nue comme un saint Jean.Eb ça n\u2019est pas une horreur !.\u2026.Fb bien !.qu'est ce que vous en dites ?.Vous ne répondez rien.\u2014 Qu'est-ce que vous voulez ?\u2014Je veux que vous teniez la promesse de votre frère.Il m'avait promis de l'argent.J'ai tout fait pour lui.Je me suis sacrifiée, j'ai peiné.J'ai tout fait.Eh bien.en voilà assez ?.Où est il votre argent ?.La téte de Mlle Dementiéres s'agita sur son oreiller.\u2014Je n'en ai point,\u2014fit-elle \u2014 Vous savez bien que je n'ai point d'argent.La porte, qui n'avait été que poussée par Irma, sc rouvrit.\u2014Répétez voir un peu que vous n'avez pas d'argent, \u2014fit Romain apparaissant sur le seuil, \u2014 oui, redites-le.Avec ¢a que nous ne savons pas que vous avez un fort sac.La terreur de Mile Dementières & apparition de Romain avait été tellement forte qu\u2019elle ne trouva pas la force de répondre.L'imprudente phrase prononcé par Arthur For- citro au souper qui avait suivi le bal de l'Opéra n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.\u2014J\u2019ai répété cent fois à Mlle Dementières qu'elle avait tort de garder ainsi de l'argent chez elle, avait-il dit, c\u2019est de la dernière imprudence.Il avait même ajouté : \u2014 Un beau jour, elle sera assassinée par un rôdeur.Romain avait inscrit cette phrase dans sa mémoire, attendant l'instant propice pour tenter le coup qu\u2019il était en train de si bien réusair.-(\u2018a,\u2014se répétait il, \u2014ça me réconciliera avec Irma.Tl n'avait pas menti.Et tandis qu\u2019il tenait sa femme à la gorge, pour l'empôcher de crier, il lui avait expliqué tout son plan, mûri sagement depuis de longs jours.D'abord furibonde, Irma se calmait comme on l'a vu.Fabrice était venu à Vernon au moment où on l'attendait le moins, tant pis pour Fabrice ; son intempestive arrivée avait signé son arrêt de mort.Maintenant, à l\u2019autre.Et ainsi que l'avait fort bien dit Irma, comme celle-là ne pouvait pas bouger, la chose serait beaucoup moins pénible.Romain a\u2019ait tranquillement refermé la porte.\u2014 Allons, ma petite mère,\u2014dit-il carrément à Henriette \u2014faut pas faire laméchante, et nous dire, là, bien gentiment, où vous cachez votre galette.autrement, ça vous causera du bobo.\u2014Misérables !.Allez-vous-en !.Laissez moi !.Je n\u2019ai pas d'argent.\u2014Ne dites donc pas de hitises,\u2014interrompit Romain en a\u2019avançant, les mains étendues.\u2014 Vous comprenez bien que nous ne viendrions pas vous trouver comme ça la nuit, si nous ne savions pas que vous avez un vrai magot.Nous ne nous serions pas dérangés pour des prunes.Faut vous faire une raison, ma potite mère.Là.je vous dis que si vous voulez être bien gentille, on ne vous fera pas de mal.Mais faut pas obliger les gens À sortir de leur carsctère, faut pas les obliger à cogner.LA, c'est y compris | \u2014 Mon frère reviendra.bégayait toujours lu vieille fille, \u2014il préviendra la gendarmerie.\u2014Ne dites donc pas de bétises.\u2014 Romain eut un ricanement sinistre, \u2014votre frère ne reviendra pas.là.vous pouvez en être sûre.ne vous ostinez pas.allez, c\u2019est bien inutile.Romain s\u2019approchait toujours du lit, \u2014 Allons, \u2014dit il, comme Mlle Dementières continuait À se renfermer dans un mutisme farouche, \u2014alors, la bonne douceur, la franche amitié, c'est inutile.Va falloir taper.et dur, et longtemps, jusqu'À ce qu'un dise où est la galette 1.La main de Romain s\u2019abattit sur la gorge ridée de la vielle fille.Alors, la soif de la vie fut plus violente que la soif de l'or. 800 LE MUNDE ILLUSTRE \u2014 Elle agita la tête dans un mouvement déseu- ré.pére !là.\u2014fit elle, grinçant des dents, \u2014là, dans le secrétaire.Oh misérables.on vous prendra.on vous coupera le cou.\u2014 Faut pas parler de «a,\u2014fit Romain d\u2019un ton sinistre,\u2014¢a porte malheur.Irma s'était précipitée vers le vieux secrétaire.Homain, moins leste, ne l\u2019atteignit qu'après elle.\u2014C\u2019est à moi !.\u2014fit Irma.\u2014C'est à moi ; tu me l'as promis !.pour remplacer l'argent que tu m'as volé !.C'est à moi.Ah! ne vas pas essayer de me le prendre.\u2014Mai« non ! Mais non !\u2014répliqua Romain, \u2014 tiens-toi donc tranquille\u2014mais tu ne prendras pas tout, il y a part à deux.Irma avait ouvert le secrétaire.Elle savait où se trouvaient les clefs, et alors ella sortit un à un les tiroirs, fouillant, cherchant, éparpillant les papiers.\u2014Il y a une cachette, \u2014fit Romain,\u2014 c'est sùe.Mais où ?.,.Nous n'avons pas le temps de chercher.Tire tous les tiroirs.Et quand ils furent par terre, Romain, avec une clef, sonda les parois de chêne.Il finit bien vite par percevoir un son creux \u2026 La cachette.c'était là, dans l'épaisseur.Alors, avec le couteau de cuisine qu'il sortit de dessous son paletot, il pratiqua une pesée \u2014Ne te dérange pas, va, ma vieille,\u2014fit il & Mile Dementières, \u2014 nous travaillons bien sans toi.Ca ne sera pas long.Le couteau était encore rouge, encore humide ! Sur les mains de Romain il luissa une trace, également sur le buis une longue raie rouge, mais le ressort de ln cachette sauts, et alors les liasses de billets et l'or apparurent aux yeux des deux bandits.Avec de petite cria de joie convalsive Irma enfouissait les liasses de billets dans la poche de sa robe, tressuillant & la délicieuse sensation du papier soyeux.\u2014Eh !labas.Pas tout ! pas tout,\u2014fit Romain, \u2014je veux ma part.Elle lui laissa quelques liasses et aussi des rouleaux d'or.Oui, il fallait bien lui abandonner sa part.Elle le comprenait, autrement il lui aurait tombé dessus.Elle aurait bien voulu tout garder, mais non, elle devait partager avec lui.Maintenant, ils s\u2019en allaient, sans même dire un mot À la vieille, sans plus s'occuper d'elle que si elle n'existait déjà plus, laissant même la porte ouverte Bientôt Henriette entendit le bruit de leurs pas se perdre dans l'escalier.Ile s'arrêtèrent encore un moment au rez de- chaussée mais un instant fort court.Puis le grand portail se feriha avec un énorme coup de tam tam qui résonna dans le silence de la nuit.Alors, mais seulement alors, Mlle Dementières se mit à pousser des clamears suraigues.\u2014Au voleur !.au voleur !.Ses longa gémissements, pareils à ceux d'un chien hurlant à la mort, semblaient retomber sur elle-meme et l'écraser daus son malheur.\u2014Fabrice.au voleur !.Fabrice.au secours !.Klle s'arrêta soudainement.Une bouffée d'âcre fumée venait de la prendre à la gorge, terminant sa clameur en un accès de toux.Epais et noir,\u2014elle ne se trompait pas, \u2014un nuage montait par l'encorbellement de l'escalier.Et alors de cette ombre sini-tre jaillit tout à coup une lueur rouge ! \u2014Le feu !\u2014bégaya Mlle Dementières.\u2014Oh ! les misérables, ils ont mis le feu !.A moi !.Je vais brûler là.Je vais être brûlée vive !.\u2026 Oh ! misère !.et ne pas pouvoir remuer.A moi !.La flamme montait.Maintenant l'escalier ronflait comme une cheminée énorme.Des langues de flammes tourbillonnaient en longues colonnes et gagnaient peu À peu les combles.Le fou n'avançait point comme il agit lu plupart du tenps, avec une surprenante rapidité, Momain et Irma ayant pris le soin de fermer toutes les portes.Mais avant de partir, ils avaient répanda eur le plancher, aur les rideaux de la chambre de Fabrice, sur les tentures du lit où il se raidissait sous les atteintes du froid inortel, tout un bidon de pétrole et au moment de partir, uue allumette faisait llamber le tout.L'incendie avait promptement gagné l'escalier et ses craquements, ses détonations sourdez se- cousient déjà les murailles de la vieille maison.Tout tlambait à l'intérieur, et bientôt les flammes s\u2019élançèrent par la porte de la chambre de Mlle Le mentières.Elles arrivaient menaçantes, encore un instant et elles allaient l'atteindre.Alors, au prix d\u2019un surhumain effort, les mains de la vieille tille s\u2019accrochèrent aux draps, au bois du lit, et elle parvint à se jeter à bas, tombant sur le tapis où un instant elle demeurs inerte.Mais les flammes gagnaient, elles arrivaient au lit, et el'es grésillièrent les rideaux en une seconde.Les mains d'Henriette s\u2019arc-boutèrent sur le p'ancher, et alors lentement, car ss ongles sa retournaient, ses doigts saignaient, elle put traîner son misérable corps jusqu'à le fénètre.Toute la chambre était en feu ! Eile allait être brûlée là toute vive.Ne levant sur un de ses bras, tovjours avec une peine furieuse, elle parvint à atteindre le carreau.Elle donna du poing dedans, faisant sauter In vitre, se conpaut au poignet.Elle ne sentit pas la coupure.Le feu, le feu partout, le feu qui l\u2019entourait, la grillait déjà !.S'accrochaat nu portant de la fenêtre, elle réussit à mettre la main jusqu'à l'espagnolette, et alors elle ouvrit.Mais alors, elle retomiba, et il fallut un nouvel effort pour gaguer le bord de la fenêtre.Sa tête s'y appuys, Be maintenant ainsi les mains accrochées sur le plat bord.\u2014Au feu ! A moi '\u2014commença t-elle À crier.Dans le lointain, oui, elle ne se trompait pas, des cris lui répondaient.La lueur de l'incendie avait été aperçue, car les fla mes s\u2019élançaient à cette heure du fuite de la maison.Ces flambées immenses, qui se tordaient dans les aira avaient fini par avoir raieon du sommeil du vieux jardinier sourd.En sursaut, il s'habilla.Trop tard.La porta venait de céder à la formidable poussée du feu ! La cage de l'escalier dégringolait avec un fracas strident, lançant par la porte même des gerb\u2018es d'étincelles.\u2014Et mame'elle qui est là-dedans.\u2014 fit le vieux sourd ! Levant alors les yeux, il aperçut appuyée contre le portant de la fenctre cette téte eflurée, hideuse, que les flammes environnaient déjà, la corclant d'une infernale auréole \u2014Ah ! \u2014répétait le sourd, wæm'\u2019z lle qui est là- dedans.\u2014 faut aller chercher une échelle.Il y mit du temps, de la peine, trois fois il l\u2019ap pliqua da travers.et les yeux hagards dein vieille fille le suivaient dans ses waladroits ef- forta !.Enfin l'échelle tint lon.Elle arrivait largement jusqu'à la hauteur du premier étage.Le vieux jardinier monta, voulant essayer de sauver sa maîtresse.Mais les (lammes le firent reculer.Et la tête de Mlle Dementières retom!ra grésil- lante, les cheveux tout flambants, sur le plancher embrasé.Tout s'écroulait !.La vieille fille venait, avec un dernier hurlement d'agonie, de disparaître dans la fournaise.\u2026.Au mi'ieu du brasier autour duquel les paysans des envirous accouraient, devisant, gesticulant, piétinant de toutes façons inutiles, les corps des Lourreaux de la Petite-Mai se carbonnisaient à présent, ensevelis sous les décombres de cette vieille maison de Vernon dont le toit avait abrité tant d'opieuses et d\u2019infâmes haines.\u2026 .Romain et Irma s\u2019enfuyaient.; De temps à autre ile se retournaient pour s'assurer que la grande lueur de l\u2019incendie continuait À monter dans le ciel.C'était leur siveté, leur sauvegarde que cette flamme.\u2014Nous nettoierons tout.Le feu nettoie, puritie tout, on cilat., Le feu devait faire disparaître la trace de leur double crime.Tout en suivant un chemin creux, qui les rapprochait de la grande route, ils causaient.Rien ne les pressnit.Comment donc, ile irnient prendre la train à Lamotte, après avoir fait au petit jour une station près de la rivière, après avoir passé une minutieuse inspection de lears vêtements, de leurs mains, pour qu'une tache de sang ne vint pas les trahir.\u2014\u2014Alora,\u2014répétait Romain pour la dixième fois peut-être à Irma, - non, Lien vrai, ma petite Mama, tu ne m'en veux plus.\u2014Graud chenapan !.en a8 ta du vice ! \u2014N'en faut pour vivre!.Kt encore i ne réussit pas toujours.Tiens ! bien souvent jo t'ai parlé de Fil de Soie.Oui, encore vn jo!i su\u2018et.\u2014Oh ! un malin s'il eu fut, et roué comme le \u201c Eh bien, nous avons fait un joii coup, ah ! mais un coup tout ce qu\u2019il y adorup.Eh hien | pas du tout.nu dernier moment, can raté.\u2014Ah!.\u2014 Oui.je te dirai ça.Alors.jai pensé à toi.et je me suis dit que je voulais revenir avec toi et réparer mes torts.\u2026 Et voi'à pourquoi je t'ai arcpincée au tournant.\u2014J'en ai même mal à la gorge, \u2014Oui, mais si je t'avais tout doucement appelée, tu auraia fait de beaux cris.\u2014Pour sür.Mais qu'est-ca que c'est que lo coup de ton ami lil da-Soie ?Et Romain se mit A raconter à son aimable moitié Ia suite de l'aifitire de Laurine.Mn été nié de deviner de quelle Euçon, blessé par un coup de feu tiré à bout portant, Henci de Lauriac était tombé face en torre.Au moment ou Henri sortait du château, laissant \u2026s Imugie sur l'une des consoles du vestibule, on se souvient que Louclhard et Romnin étaient cachés derrière l'un des rideaux de cette vaste pièce.Viens, avait dit Louchard à ton compagnon, en l'entraînaut dans ln suite des appartemonts du rez de chaussée, \u2014 viene, nous trouverons une nutre sortie.Et ils avaient traversé la petite salle cù se trouvaient accrochées au râtelier les armes du marquis des meubles à tiroirs pleins da cartouches, d'usten sile 8 de chrase, etc.Une lueur infernale avait juilli dans le cerveau de Louchard.Prestement il s'était emparé d\u2019un fusil de chasse, le chargeant de deux cartouches de gros plomb, À travers le taillis une forme blanche fuyait, poussant les cris répétés de Henri ! Meari?.Alors, derrière la Petite-Mai, la suivant à courte distance, (Gaston Louchard n'était avancé.Répondant à l'appel de la jeune fille le marquis courait à elle !.\u2026.Et g'abritant derrière le tronc d'un gros chêne, [ouchard l'avait tiré à dix pus, jetant le fusil en travers de l'allée, après avoir vu le jeune homme battre l'air de ses «eux brns et tomber face en terre.Romain et Louchard filaient À travers bois.Le coup était fait, et bien fait.\u2014Coup double, \u2014 comwe disait Romain, avec une admiration concentrée, \u2014 coup double ! Ah ! Fil de Suie ! il n'y a encore que toi au monde !.A toi le pompon !.Et il suivait la ligne des grands bois & enjambées démesurées, regagnant les Souches.Oui, le coup était fuit, bien fait.,., un trait \u2014 pe de génie !.Personne ne songerait jamais À venir accuser M.le vicomte de Kersaint d'avoir assassiné son beau-frère.Ft quant à l\u2019argent !.quant aux billets !.\u2014 se disait Romain, \u2014 c'est ta femme qui a bien voulu te les donner !.On ne peut pas empô- cher ta femme de te donner do la monnaie.Ce qui est à elle eat À toi.\u2014Oui, oui,\u2014dissit Louchard,\u2014ça marche bien, Ja veine a décidément tourné.Et maintenant que mon aimable beau-frère a reçu son compte, nous allons en faire des affaires.Nous nous occuperons tout d'abord du Strogauof, du Dementières, mais, vois-tu, tant que mon compte n'aurait pas été réglé avec M.do Lauriac, jo n'aurais été bon à rien.\u2014 Ah ! tout ça va marcher.Il n\u2019y a que le premier pas qui coûte.\u2014Qui sait, maintenant que ls place est libre à Lauriac, qu'il n\u2019y a plus de maître, je m'y installerai bien à mou tour.je me remettrai avec ma femme.quand même ça ne serait que pour faire enrager le Valroy, avec le plaisir de le flanquer & laporte!.en compagnie de ma vieille bringae de belle-mire !.\u2014ÆEh bien ! Et moi ! \u2014Toi, tu resteras avec moi.Tu seras la pour leur faire peur.Oh ! nous rigolerons.\u2014En attendant, il ne faut pas oublier l'autre, auquel j'ai promis ses mille francs, car si je ne les lui donnais pas, il mangerait cortainement le morceau et nous dénoncerait.\u2014('a, tu peux le croire.Un rendez-vous avait été précédemment donné à Félix Mingat, à une lieue «nviron du château de Lauriac, au matin de ce jour même.Ti était entendu que le vicomte de Kersaint a cet instant lui remettrait de la main À la main, les mille francs promis.Au petit jour, Gaston ct son complice continuaient donc À longer une de ces intorminables lignes, qui dans les bois bien percés, s'enfoncent à perte de vue.-\u2014l ya un homme su poteau du milieu, \u2014 fit Romain.\u2014C'est notre homme.Les deux bandits, en s'approchant, reconnurent effectivement Félix Mingat qui avait fait, tout courant.un long détour, et les attendait au passage pour recevoir son glaire, le prix du sang.in e'approchant, Gaston et Romain purent s\u2019apercevoir que Félix Mingat était très pâle.Les émotions de la nuit l'avaient profondément secoué.Il nu croyait plus guère à lafable que le vicomte de Kerenint lui avait racontée.\u2014 Mais tout «a, c'est pas mes affaires et pourvu que je touche mes mille france, le reste ne ne regarde pas.Et quand Louchard s'avança, il lui tendit sim plement ln main.\u2014 Vous voyez bien, mon brave garçon, que je ne vous ai pas trompé.\u2014 Dane, mon bon monsieur, on dit comma ça qu\u2019un honnête homme n'a que sa parole.Kt avec une sensation déliciense, qui faisait trembler ses doigts, Félix Mingat avait palpé le billes de mille, lo seul certainement qu'il eit jamais vu dans sa vie.Le misérable chercha une autre parole que le mot : \u201c Merci bien.\u201d || ne la trouva point.TI serra le précieux papier dans sa poche, il repartit, courant dans la direction de Lauriac.\u2014 Bion voyage,\u2014fit Louchard en voyant le drôle s'éloigner.Celui là, nous ne le retrouverons jamais sur notre route.|i aurait trop peur que nous uc lui redemandions notre monnaie.Et alors, libérés envers loi, Romain et Gaston reprirent leur course.Gaston Louchard avait admirablement combiné son affaire.Il était parti à pied de liairelle, et la «distance était grande, elle se comptait bien par sept à huit lieues de pays, encore les doux gredins étaient-ils obligés de faire de grands détours pour cheminer toujours à travers bois.Si bien que Gaston Louchard, mince, chétif, malingre même, n'en pouvait plus de ce surcroit de fatigue.LE MONDE ILLUSTRE \u2014 11 ne faut pas compter non plus pour rien dans ce surmenaye, l'effroyable dépense d'énergie que fait un misérabile pour accomplir son crime.Donc, Gaston Louchard était rompu.Romain n\u2019osait méme plus le plaisanter sur cette fatigue qui le faisait trébucher à chaque pas, butant de-ci de-1 contre un caillon ou contre une souche.Les deux derniers succès de son chef de file étaient trop dignes d'admiration «pour ne pas rendre Romain tout plein de sollicitude et de mansuétude par la faiblesse de celui ci.A la fin, Gaston s'arréta.\u2014FKcoute, mon vieux lapin,\u2014ditil,\u2014je n'en puis plus, je meurs de faim, il m'est impossible d\u2019aller plus loin.Avec cela, je meurs de faim.Sois gentil ; toi qui es solide comme un chéne, continue jusqu'à la Hairelle, tu reviendras me chercher avec la voiture et le cheval.\u2014Je veux bien tout de même.Mais toi, qu\u2019est- ce que tu feras pendant ce temps-là ?\u2014 Moi je vais chercher un trou quelconque pour m'abriter et me reposer.Si je pouvais seulement mettre la main sur un verre de vin ot une croûte.Je meurs de faim, .\u2014Et moi donc, si tu crois que je n'ai pas les dents longues.Comme à rouhait, sur la droite, ile venaient d\u2019apercevoir un élazage.Des bûcherons avaient par là un abatis qui s'étendait au loin, sur plusieurs centaines d'hectares.A l'entrée de la clairière, une hutte, en mottes de terre et en branches de sapins \u2014\"Tiene,\u2014dit Gaston en désignant cet abri à son compagnon, \u2014Voi'à mon affaire.Je vais me coucher là, mc reposer en t'attendant.Les hommes travaillent au loin, rien À craindre.En pénétrant dans le réduit, il poussa même une exclamation joyeuse.Dans un coin, tout à côté d\u2019une couche de fougères, une miche de pain noir, un bout de fromage de chèvre, et une de ces outres en terre cuite toute pleine «l'un picton aigrelet.À la guerre comme À ls guerre.Romain et (ineton ne se firent aucun scrupule de s\u2019appropiier le chétif repas du pauvre.\u2014Ni celui à qui il appartient revient avant mon départ, je lui remettrai le double de la valeur de la chose, et il sera encore content.Telle fut ln façon dont Louchard règlait l'en-cas u'il venait de trouver sur sa route, tandis qu\u2019il g'étendait sur Ia couche da mousse, et que Romain repartait de son pied léger pour la |lairelle.Gaston dormit là quatre
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