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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 26 septembre 1891
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1891-09-26, Collections de BAnQ.

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[" E MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : 8ux ANNEE, No 386 \u2014SAMEDI, 26 SEPTEMBRE 1891 ANNONCES : Unan, 88.00 - - - Six mois.81.50 La ligne, par insertion - - - - o 10 eents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - Beents Vendu dans les dépôts - - 5 cents la copie J BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTREAL.Tarif spécial pour annonces à long terme a - \u2014 \u2014 \u2014 OLN ITOE) A as: PECOGNS ENN ONG 7 MEN ENDNOTE OLN FNS I NVE LG TARY - CE pub 0) 9 oe) À SV = 7 + 2 (Le © I 5 x4 | = | 3 (% ° Se HW C NP Z , 5 ÿ (57 SNS 1 À EA N34 Re ca x x LY =) z LG Nn © pik} 0 y J 5 = Na $73 >) J og an ky x Ly ° % ENG x ee ee a ER TREE EE TE EE WE TE ER TI I (AT y: Wa 9 © w VS {| TU GT © ç Lae AY 2 4 HS y Ve soe ° SA GRANDEUR Mur EDOU ARD-CHARLES FABRE, ARCHEVÈQUE DE MONTRÉAL Photographie Laprès\u2014Photogravure Armstrong 338 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 26 SEPTEMBRE 1891 SOMMAIRE Texte.\u2014Causerie : Artilleur de Ia garde.par Benjamin Sulte.-Le bazar de la cathédrale, par J.S.-K.\u2014 Sault-au-Récollet, par J.-l.Vébert -\u2014Poésie : Chanson, par Léon de ls Morinerie.-\u2014Mon rêve, par E.- 7.Massicotte \u2014A travers le Canada : Saint-André d'Argenteuil, par Julos Saint-Klme.\u2014Avis à tous.L'alpha et l'oméga d'une grande «uvre, pur Jules Saiat-Elme.\u2014 Nouvelle : Une journée aux bains de mer, par J.Martin.\u2014[es trois filles, par Leon Gran- dillot, \u2014 Primes du mois d'août : Liste des réclamants.\u2014 Feuilletons : Un amour sous les frimas (suite), par Louis Tesson.\u2014Carmen (suite), \u2014Jeux d'esprit.\u2014 Problèmes d'échecs et de Dames.GRAVURES.\u2014 Portrait de Sa Grandeur Mgr Charles- Edouard Fabre, archevèque de Montréal.\u2014 Eglise de Saint-André d'Argenteuil.-Carte du chenun de fer de Montréal et Ottawa \u2014 Eglise du fort Villemarie (1643).\u2014 Cathédrale Saint-Pierre, de Montréal (1891).\u2014La famille impériale de Russie (vingt portraits).\u2014 Gravure du feuilleton.Paimes Mensoeces où Monoe Tease 1re Prime - 1 A 850 2me \u201c .25 3me \u201c 2422 15 éme\u201c Ce.10 5me \u201c Cee, 5 éme \u201c Ce 4 Tme \u201c Cee 3 8me \u201c 44 2 86 Primes, a$1 .8 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans uns salle ublique, par trois personnes choisies par assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.CAUSERIE ARTILLEUR DE LA GARDE Le Monpe ILLUsTRrÉ demande un article.Je vais lui donner une sorte d'analyse du livre que je lis en ce moment \u2014il m'en coûtera la peine d'écrire les lignes qui vont suivre : C'était un original que le colonel Pion «les Loches, de l'artillerie du la garde de Napoléon I, tellement à part du commun des mortels qu\u2019il avait un nom impossible : Pion des Lockes / Sil eut dit le mot de Cambronne à Waterloo, nul ne s\u2019en serait occupé, à cause du nom flasque et pâle de l\u2019auteur.Mais Cambronne Cela sonne Et personne Ne n'étonus A l'excès.Quant à loche, Il s'accroche Sans succès.Voilà au moins des vers qui ne seront pas couronnés par l\u2019Académie.Je les ai faits dans ce dessein.+ + + Pion avait la louable habitude d'écrire de longues lettres à sa famille, à travers le fer, le feu, les bataillons, les marches et les avaries de la guerre.On a tiré de ces papiers la matière d'un volume intitulé : les campagnes.Ce qu'il voit des grandes opérations stratégiques et des combats auxquels il a été mêlé, ne dépasse LE MONDE ILLUSTRE pss un rayon de cent pieds autour de sa propre personne, mais cela il le voit bien eb le raconte de même.La vie du soldat et du petit otlicier est peinte sous sa plume, pas moyen de s\u2019y tromper.Les hauts panaches ne ressemblent pas aux simples coiffures que porte la masse dea troupes.De même, dans les arrangements cb les combinaisons des chefs, on ne voit briller que de grandes ma.nœuvres, mais rien des mouvements do ces êtres qui grouillent en bas ot gagnent des batailles sans savoir comment ile arrivent À de pareils triomphes.La vie da troupier est toute d'ubéissance eb de sacrifice.La conception des grandes choses ne lui est pas interiite ; elle ne lui est pas demandée non plus.Simple rousge dans une immense machine, il va jusqu\u2019à ce qu\u2019il casee\u2014et alors on le remplace.Très amusant, la guerre ! Pion allait avec une tranquillité parfaite, qui implique et la bravoure et le savoir-faire.On l\u2019avait mis Ji : \u201c très bien, j'y suis ; comptez sur moi.\u201d Voila tout.++ * \u2014Portez vos quatre batteries au flanc de ce cô- teau, pour commander la route ! Les batteries partaient à fond de train et pointaient leurs canons en plongeant sur le chemin indiqué.A quoi cette manœuvre pouvait elle servir 1 Pion ne se le demandait même pas, vu qu\u2019il ne connaissait en rien le plan d\u2019ensemble «le l\u2019affaire.On lui eut «lit : \u201c Faites-vous tuer ici, afin que l'ennemi ne passe pas \u201d, il se serait fait tuer, pour la bonne raison que c'était l'ordre.\u2014Qui disntre vous a fiché ici avec cles pivces de trente-six ! c\u2019est absurde.\u2014Mon général, c\u2019est un aide de-camp de l'empereur.\u2014Ah ! Parfaitement.Les mazettes parlent ordinairement au nom de l'empereur.Rétrogradez au galop et plantez-moi vos canons sur cette pointe, la voyez vous Ÿ et tirez à feu roulant sur les colonnes qui vont déborder de ce côté.Pion, «docile, rassemble ses attelages, lance toute la boutique en avant et prend possession de la pointe de terre.Aussitôt arrive une ordonnance : \u2014Pas de ça ! descendez la côte.Barrez l'avenue où passent les convois de l'ennemi ! \u2014 Triple galop ! En avant ! houp ! On barre l\u2019avenue et on attend.vois visibles, parole de Pion ! Trente minutes plus tard, l'empereur survient, s'arrête et dit : \u2014 Qu'est-ce que c\u2019est que cette inanigance Ÿ Re- pliez-vous sur la Garde ! Rien A faire ici.La bataille était gagnée, Pas de con- +t + * Ordres et contre ordres, c\u2019est le service.Nester impassible et ohéissant, au milieu de ce bazar, caractérise le vrai soldat, Les hauts pavaches savent ce qu'ils font ; les autres doivent songer à bien faire ce qu'on leur ordonne.Pion ne regardait Napoléon que comme un général connaissant sa besogne ; emperour, il ne l\u2019aimait pas.À la tête de l\u2019armée, il l\u2019acceptait.Aussi, jusqu'd 1508, il est assez content\u2014mais dès que lee guerres de conquêtes commencent, il écrit à sa femme que tout va mal tourner\u2014et il était prophète.Napoléon, de 1796 4 1807, se défendant, est sublime.De 180% à 1812, atta- taquant, c\u2019est un autre homme.De 1813 à 1815, il est de toutes formes et couleurs.Tombé, il fut grand encore une fois.Pion nous dit que l'armée pressentait la chute, dès 1512, en marchant sur Moscou.Et il va plus loin, il aflirme que, en 1XO%, les officiers supérieurs exprimaient déjà leur mécontentement, si bien que, de grade en grade, en descendant toujours, ce sentiment atteignit le dernier soldat.Il devait un être ainsi, du moment que les favorisés du sort étaient les premiers à so plaindre de la continuité des guerres.La bataille de la Moskowa (7 septembre 1817), racontée par Pion, est à lire.J'abrège, je condense le récit en peu de lignes : Depuis trois jours, on disait : \u201c C\u2019est visible, ane grande aflaire va avoir lieu.\u201d Cela ne nous faisait ni chaud ni froid.Quand on a vu Rivoli, Austerlitz, Iéna, Wagram, etc., c'est toujours la même sarabande : à droite, à gauche, en arrière, en avant, immobile, pressez le pas, tirez, ne tirez plus | Eh bien ! vous concevez, on ne tient pas compte de ceux qui tombent autour de nous Le matin en question, tranquillité complète dans l'artillerie de la garde \u2014et pourtant, il y avait des tremblements de terre sur notre gauche : c'était la cavalerie de Murat \u2018jai se démenait.La bataille était engagée avec les Russes, sur quatre lieues de terrain, où l'ennemi se présentait partout, et nous n\u2019en savions rien.J\u2019ordonne la soups, comprenant bien que nous ne pouvions nous battre ventre vide.La soupe servie, à midi juste, l\u2019empereur arrive, la goûte, la trouve bonne, en mange et la Ciarde (trente-six mille hommes de toutes armes), commence à chanter victoire.I! avait mangé de la soupe du soldat ! Napoléon les calme d\u2019un goste amical, et, choisissant un tout petib monticule de sable, il s\u2019y asseoit, cn nous regardant, comme s\u2019il eut été dans un salon.Le canon se mettait à gronder avec fureur sur notre droite.Je comprenais très bien que nos deux ailes étaient engagées contre l'ennemi et que la Garde, placée au centre de cette longue ligne de bataille, servait de rérerve pour porter le coup de la fin.+ *+ * Les aides de camp arrivaient, de minute en minute, rendre compte de ce qui se passait, et souvent ils demandaient le secours de toute ou partie de la Garde, mais l\u2019empereur fouettant le sable de sa cravache, répondait toujours : \u2014\u2014Non, non ! suivez le plan convenu.Le temps s\u2019écuulait.Napoléon avait I'air bien ennuyé ; (le fait, il était malade.Nous attendions les événements\u2014à peu près aussi calmes que des hommes exposés à être pendus.Très amusant la guerre ! + + * Les nuages de poussière, le fracas de l'artillerie, les trépidations du sol sous les pas «les chevaux, tout cela se rapprochait eb nous devenions le milieu d\u2019un capharnaum ditticile à décrire.Le froid était déjà piquant, le 7 septembre ! Sans quitter sa butte, le Potit Caporal donne un ordre, à peu près comme qui dirait : \u2018 Servez les huitres \u201d et, tranquillement, les hommes de l'artillerie de la Garde cessent de jouer aux cartes ou de conter des contes ; on reforme les rangs plus ou moins ; nos canons s'alignent sur le rebord d\u2019un terrain qui va un peu en pente.Entre chaque batterie on fait un large vide, de manière À Inieser passer notre cavalerie qui est au deuxième rang.En arrière, les soldats d'infanterie sc placent\u2014mais tout cela se fait avec mollesse : nous n'éprouvons pas encore l'empoigne- ment du combat.Reprenons nos sièges sur le canapé des vaches.Moi je fais un somme, songeant que la fortune et l\u2019ennemi viennent en d-rmant.* + * Arrivent encore dos aides-de-camp, qui repartent emportant le même mot : \u2014 Suivez le plan.Je ne veux pus faire démolir la Garde.Le tas de sable, avec son hommo dessus, était à voir, foi de Loche ! La bataille rageait, à droite ct & gauche.Petit À petit, nous nous dégourdissions ; le moment do partir en guerre arrivait.A quatre heures, devant nous, sur les terres un peu plus basses, des masses de troupes se dessinèrent, semblables aux vagues de l'océan, avançant avec menace de notre côté.Le tapage était devenu infernal.Murat d'un bord, Ney de l'autre, culbutaient les deux flancs de l'ennemi sur son 4 | D pre rames an wt LE MONDE ILLUSTRE \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 LS centre et celui-ci formait un point d\u2019appui pour tous les Russes qui, maintenant, voulaient percer, ar le milieu, la ligne de bataille les Français.Ni ce n\u2019est pas cela, si jo n'ai pas bien vu ce qui sa passait, prenez vous-en à la poussière dont l\u2019air était chargé.Napoléon fit signe d'amener son cheval et monta en selle avec nonchalance.Je l'avais vu_ plus alerto que cela en Italie ! + + + Le maréchal Lefebvre duc de Dantzig qui commandait la Garde, adressa des ordres aux chefs de corps.Tout se redresan : le frisson qui animait nos vétérans électrisait jusqu'aux chevaux.Uni nusge immense, composé de poussière et dus fumées de la poudre s'étendait partout, mais nous distinguions la marée montante «los Russes qui arrivait sur nous.Napoléon, ge tournant vers le maréchal Le- febvre, lui dit : \u201c Allez !\"\u201d Lefebvre sauta à cheval, Lira son épée at d\u2019une voix éclatante, avec des éclairs dans les yeux, il cris : \u201c En avant, la Garde ! toute la Garde ! \u201d Ce fat un coup de théâtre Mes canons cra- chérent trois fois sur la marde russe, puis lea cava.liors passèrent, comme des torrents déchaînés, entre nos batteries pour se ruer sur les masses sombres que la mitraille et les boulets avaient arrêtées un instant dans leur marche.Après celn vinrent les corps d'infanterie, l'arme nu bras, graves, alignés, trarchant au pas mesuré, comme à lu parade, et comptant sur la bnionnette pour terminer la journée.\u2018Îrès amusant la guerre ! ++ + Pion des Locher se borne a ajouter que, le len- main, on connut que c'était une victoire.J'ai tiché d'imiter les allures de l\u2019auteur, tout en ahrégeant sos récits.Que je voudrais donc avoir assez d'espace pour parler de la retraite, de Moscuu jusqu\u2019à Wilna ! Pion des Loches s'y est montré habile à soigner sa table, lorsque toute l'armée mourait de faim.Un type, co Pion ! LE BAZAR DE LA CATHEDRALE Le bazar de la cathédrale bat son plein.Ce que nous en avons déjà dit et ce que nous en disons encore dans le présent numéro, à propos du portrait de monseigneur l'archevêque, rappelle assez comme cette grande et charitable entreprise mérite de réussir.Nous sommes bien convaincus qu'elle a lea sympathics de tous nos lecteurs et rencontrera de même leur aide effective.C'est ce que nous souhaitons de tout cœur.Un dos meilleurs agents de succès pour le bazar sers, nous n\u2019en doutons pas, lo journal qui a été publié pour l'ocension, l\u2019A/hren-Sonvenir.Les éditeurs de ce numéro unique et très bien fait, que nous venons d'examiner, ont droit le se féliciter.Cette publication fera époque dans nus annales littéraires.Choix et fini des illustrations, variété, distine- tion des articles de prose ou de poésie, autographes rares, impression splendide sur papier de luxe ; rien n\u2019y manque.Tout spécialement, notre estimé collaborateur, M.J.de Lorde, rédacteur de l\u2019AlMem-Souvenir, peut être satisfait de son œuvre.Nous n\u2019entrerons pas dans les détails, ce serait trop long.Aux nombreux lecteurs de se convaincre par eux-mêmes du haut mérite de l\u2019Albwn- Souvenir.Et ils devront être nombreux, de fait, les lecteurs de cet album si intéressant, car personne, que nous sachions, ne voudra se priver d'en conserver une copie, et, moyennant ls modeste obole de vingt-cinq centins, faire du même coup une libéralité à l'œuvre si noble deJ la cathédrale.L'Album-Suuvenir est on vente dane les villes suivantes : Québec : I.Béland, 276, rue St Jean ; Ottawa : libraire Guillaume, rue Sussex, et M.Lassonde, 63, rue Rideau ; Trois-Rivières : Mlle Méthot ; Sherbrooke : M.lticher ; Sorel : M E.Boucher ; Joliette : M.Gervais ; Valleyfield : M, K.IL.Solis ; St-Thomas de Montmagny : A.Mi- chon ; Montréal : Léon de Poltoratzky, 160%, rue Notre-Dame.J.S.E.SAULT AU-RECOLLET (Suite) Lorsque les sauvages de la Mission de la montagne se furent transportés au Sault, non seulement lo missionnaire les y suivit, mais les sœurs de la Congrégation y établirent, en 1701, lorsque le fort fut construit, l\u2019école primitivement située à ce dernier endroit.M T'aillon dit à ce sujet : \u2018 Le séminaire fit construire un fort de pieux, défendu par trois bastions avec une église bâtie sur le modèle de ia chapelle de Notre-Dame de Lorette, en Italie ; ce qui fit appeler Nouvelle Lorette la mission du Sault-au- ltécollet.\u201d Les so-urs occuplient, dans le fort, un bâtiment à la construction duquel elles avaient contribué au moyen de la gratification de 3,000 livres que le roi leur faisait annuellement.Il reste encore au- jourd'hui des ruines satisfaisantes pour reconnaître In maison seigneuriale qui y était renfermée et qui a servi pendant 51 ans de résidence aux curés qui out desservi cette paroise.Les mémoires de l'époque sont remplis de faits élogieux À l'adresse de ces humhles religieuses.Le dérichement des terres des deux côtés de la ville, se poussant ineensib'ement, on commença à établir les paroisses de Lachine et de la Pointeaux Trembles, vers I7lV.La Swur Bourgeoie, pour procurcr plus promptement et plus eflicace- ment la gloire de Dieu et le salut des Âmes, ré- psndit de tous côtés les filles qu'elle avait amenées de France.Elle n'attendait pas que les paroisses fussent en état de procurer à ses filles missionnaires de quoi subaister ; il lui suflisait qu'il y eût du bien à faire L'esprit de zèle et d'obéissance qui les animait, et la mortification et la pauvreté dont elles faisaient profession, leur tenaient lieu de tout.Comme peu de membres de la congrégation possédaient la langue sauvage, on envoys au Sault Sœur Marie-Anne (iuyon, dite de la Passion, et Sœur Courtemanche, dite Sainte Claire, qui y demeurèrent jusqu'en 1721.lien qu\u2019elles ne(fussent pas mieux partagées que les autres sous le rapport de l'habitation, il parait qu'elles trouvèrent cependant moyen de rendre leur «lemeure nssez confortal'e, car In supérieure générale, visitant un jour cet établissement, trouva qu\u2019il y avait un peu trop de luxe et de recherche dans leur petit couvent.Elle remarqua peut être qu\u2019il y avait un trop grand contraste avec les autres maisons de la bourgade.Après Ÿ5 ans de séjour ici, les Indiens furent, par ordre du gouvernement, tranemigrés au Lac des Deux-Montagnes.Par unc belle matinée du mois de septembre 1721, les sauvages, a l'appel du missionnaire, &e réunirent une dernière fuis dans la chapelle de la mission.Après la messe, ils se rendirent processionnellement au cimetière pour donner un dernier souvenir à leurs chers morts que, contre leur habitude, ils allaient abandonner, À genoux au pied de la grande croix, le prètre, d\u2019une voix émue, implorait le Tout-Puissant pour ceux que la mort avait définitivement fixés en ce lieu et pour ceux que la civilisation éloignait de gon sein ; puis, la petite tribu e'achemina tristement vers lo lieu marqué pour leur exil.ZE\u2018 æ -é Bordeaux, 1\".Q.CHANSON (*) A MRITRE EN MUSIQUE J'aurais voulu.À ma femme.J'aurais voulu, l'âme charinée, Par ces beaux jours de Messidor, Cueillir aux champs des boutons d\u2019or Pour ton corsage, à bien-aimée ! J'aurais voulu, fier de ton bras, Durant notre marche pareille, Prendre eur ta bouche vermeille Des baisers que tu me devras.J aurais voulu, mon amnoureuse, En ces instants de liberté, Oublier la réalité, Tout joyeux de te voir heureuse.Mais le destin m'a fait captif De ma vieille chaise de paille, On ne veut pas que je m'en aille, Mon regret n'en est que plus vif.Et c'est l'amertume dans l'üme tue je t'offre ces quelques vers, Fleurs sans parfums, sans raiLeaux verts, Mon seul bouquet, © pauvre femme ! di) rimes 8 Hotel de-Ville, Paris 1801, MON RÊVE POUR CELLE QUI M\u2019A SOURI Mon rêve, à moi, c'était une enfant quasi blonde, avec un coin du ciel dans les yeux, avec des perles pour dente, avec des fraises pour lèvres, avec un rire franc, une mine gentille, une téte folichonne.Je l'ai trouvée, je lui ai tenda la main, elle a souri.sans rien dire.Et qu'avais-je 4 lui offrir § Une figure sombre, renfrognée, une téte pensive et réveuse, des yeux brillants mais se perdant dans le vague.Puis une vie solitaire, un coin retiré du monde où elle m\u2019aurait réjoui, où je l'aurais adorée, où je me serais fait son esclave pour la servir, son sujet pour la faire reine.Elle n'a pas refasé, mais elle a souri.Et son sourire m\u2019a brieé le cœur.Je suis resté dans l'incertitude, dans le coute ; cet état qui tue.Pourtant, il ne pouvait y avoir d'incertitude, son sourire était un non poli.Entre la jeunesse qui lui tendait la main pour l\u2019inviter à s'amuser et moi qui lui offrait la mienne, pour la poser sur un piédestal, elle n'a pas hésité.À cet âge, le plaisir n'offre t-il pas plus d\u2019attraite qu'un trône ?Toutefois, il me semblait qu'elle m'aimait.Hélas ! une femme peut donner son cœur par petits morceaux, à différents adorateurs, et faire croire à chacun qu'ils l'ont en entier.Le rêve que j'avais bâti d'imagination ne pouvait résister au souille de la réalité.Il eat tombé comme un château de cartes, il e\u2019est évanoui comme un château en Espagne.Je me le rappellerai toujours.Le souvenir est le seul bien qui reste aux désillusionnés.ce) Extrait du volume en préparation : Rimes d'été. 340 LE MONDE ILLUSTRE a VE ÉGLISE DE SAINT-ANDRE D'ARGENTEOIL SAINT-ANDRE D'ARGENTEUIL Un jour, c'était à Ottawa, et il y a juste de cela une quinzaine de mois, par l'entremise de l'un de nos députés fédéraux, un mien intime, je recevais inopinément une lettre à peu près conçue en ces termes : \u201c Mon cher A.Il y aura ici une fête de charité à telle date du mois prochain ; il m'est venu à l\u2019idée que peut-être tu ne nous refuserais pas l\u2019aide et le plaisir de composer une pièce, prose ou poésie, sur la charité, et de venir nous la dire toi même, à l'époque marquée, su cours d'une séance dont nos jeunes élèves vont faire les frais.Ta tante : Sear C,.\" Le moyen de se refuser, je vous le demande, à une aussi courtoise invitation, et encore, faite au nom de la charité Ÿ Aussi bien je ne tentai même pas de le faire, j'acceptai la corvée et je répondis en conséquence.+ + + Il y a des gens qui disent \u2014d\u2019aucuns l'ont même rouvé\u2014que la Muse ne répugue pas absolument visiter parfois les employés civils, à travers les grands édifices sombres et froida des ministères.Cela peut bien être, mais quant à moi, il me souvient qu\u2019elle m'oublia presque tout À fait, l\u2019infidèle, dans cette occasion.Peut-être parce que je n\u2019étais là qu\u2019un oiseau de passage et qu'elle garde ses faveurs pour les plus constants du métier ?Quoi qu\u2019il en soit, j'ai conscience d'avoir entrepris, et plus d\u2019une fois, le poème si cher au cœur de ma bonne tante, sans l'avoir pu jamais conduire plus loin que ces premières rimes, plus que désespérantes : La Charité ! quel mot * Comme il a de puissance ! Comme tout s'attendrit, jusqu'à l'indifférence, Quand on l'a prononce ! Je me consolai en songeant que je pourrais dire à ces bonnes dames la magnifique et touchante poésie : Dévouement d'une sour de Charité, que j'avais, heureusement, en mémoire.Muni du ba- gaye d'un autre, j'attendia donc de pied ferme le grand jour indiqué.+ + * A la suite des événements que je viens de raconter, et en conséquence d'iceux, par un beau midi du mois de mai 189., je débarquais à Saint André d'Argenteuil.Lorsqu'il y a quelques mois j'ai narré, ici même, dans ces colonnes, les péripéties d'un charmant voyage * en descendant I'Ottawa,\u201d j'avais promis À mes lecteurs de les ramener un jour à Saint André d'Argenteuil.Ce sera pour aujourd\u2019hui : nous y sommes.Pas encore tout à fait cependant, car nous avons quitté le train de transbordement à Carillon, soit à deux milles, environ, du village de Saint-André.LA m\u2019attendait madame la supérieure, mon aimable tante, au débarcadire.Nous montons en voiture, et en route pour la maison.Un coup d'wil, en passant, au village de Carillon, plus proprement un gros hameau, puisqu'il ne possède pas d'église.sa grande rue s'étend parallèle à la rivière Ottawa, au pied des hautes falaises de la côte nord.Il fait vis-à-vis au village ou hameau de Pointe-Fortune, sur le côté sud, dans le comté de Vaudreuil.Un bateau traversier met les deux rives en communication.Carillon est un gros bourg ordinaire, écrasé, sur la basse rive où il eat sis, par les hauteurs qui l\u2019environnent.Seuls, le terminus de la courte voie ferrée de Carillon à Grenville et le port de retour des bateaux passagers de Montréal à Carillon, lui donnent un cachet particulier et y répandent un peu d'animation.Autant le site même de Carillon est d'un aspect défavorable, autant ses environs sont pittoresques et charmants.Sitôt que, laissant,le rivage, on gagne le haut des côtes en suivant le chemin qui conduit à Saint-André, on jouit de points de vue magnifiques.Voici d'abord, à droite, un très joli bosquet au versant du monticule, endroit très bien choisi pour les pigueniqueurs qui viennent jusque de Montréal y savourer les douceurs de la campagne et du sous- bois.Cette place avoisine le quai du bateau de Montréal.A main gauche, on aperçoit les ruines de ce qui semble avoir été jadis quelque prison ou forteresss.Sur la grande route sablonneuse qui longe la rivière en la dominant, du sommet de scs côtes élevées, nous avançons vers St André.De chaque côté du chemin s'alignent, comme des militaires présentant les armes, de bons gros arbres qui forment au dessus de nos têtes un dôme presque complet de verdure.Dans l'intervalle que laissent leurs troncs espacée, on entrevoit de vastes et fertiles champs frais ensemencés.Mais par un chemin si enchanteur, un n\u2019est que trop tôt arrivé.léjà on distingue la modeste église à travers les arbres, avec le vieux couvent et le presbytère nouveau.C'est tout ce qui se trouve ici d'habitations, plus deux ou trois maisons à peine : le gros du village est d'à peu près un mille encore plus éloigné.L'église de Saint-André a été placéo ainsi à mi- chemin entre ce dernier village et ceux de Carillon et Pointe Fortune pour pouvoir servir à la fois à la population catholique de chacun de ces trois bourgs.+ * Cependant, depuis quelques instants nous cheminions À travers l'allée ombreuse, large et belle qu'est devenue la grande route, garnie qu'elle se trouve, de chaque côté, l'espace de quelques arpents, de hauts pins à la douce senteur.Comme nous débouchons de cette allée ot juste en face de l'église, j'aperçois une vieille, vicille maison de briques, tout en ruines.On la signale à mon attention de nouveau venu, émerveillé par les surprises d'un si charmant coin de campagne, et j'apprends que c\u2019est là qu'a vécu mon sieul maternel, un de ces dignes notaires campagnards du bon vieux temps, c'est là qu'a grandi toute ls famille à laquelle appartenait ma mère.Avjourd'hui, l'héritage est délaissé, la vieille maison de famille tombe de vétusté, ses murs croulants et ajourés sont devenus le refuge des nocturnes oiseaux, Ia bise y siffle tristement un hymne d\u2019asbandon, et cependant on ne peut contempler sans émotions ces reliques d'un bien joyeux passé.Ma honne tante, tout la première, qui vit dans leur aimé voisinage et les voit tous les jours, svait un pleur dans les yeux en: me les indiquant.O culte du souvenir | Confinant & I'héritage grand\u2019paternel, le cime- titre protestant de Saint-André dresse ses croix blanches et ses mausolées A travers les arbres d'un joli cotean.Un peu plus loin, c'est la partie nouvelle du cimetière catholique, tandis que l\u2019ancienne partie est sise À quelques centaines de pieds de l\u2019église, près du couvent et sur lo hord même de la rivière Ottawa.Là, j'eliai tantôt m'agenouiller au pied de la tomba bénie des chers défunts qui furent le père, le frère, les sœurs de ma bien-aimée mère.J'allais, tout ému, pour la plupart d'entre eux, faire leur connaissance ou les approcher pour la première fois, à leur tombeau, et là, prier, penser quelques instants.La visite des cimetières n\u2019est pas toujours celle «jui offre le moins de charmes ! Ensuite je me rendis À l\u2019église, après avoir été ssluer monsisur le curé, affable et bienveillant, dans son coquet presbytère.[ 2 LE MONDE ILLUSTRE J41 Mosinsne, 1S Dev mane 1890, CARTE vf CHEMIN DE FER .VAUDREUIL ET OT TAWA Faire Pan Come le > l CARTE DU CHEMIN DE FER MONTRÉAL « OTTAWA, EN OPERATION JUSQU'A RIGAUD L'église, c'est plutôt une de cus anciennis chapelles de missions, un peu plus vastes quu d'autres, mais vieille, très vieille, ferme encure pourtant dans sa forte ossature de pierre.À gauche de la façade, en entrant, se trouve une sorte de masure du temps jadis, décorée du nom de charnier et qui semble un diminutif de cet antique temple.Elle n\u2019a rien que de simple et d'ordinaire, au dedans comme au dehors, cette construction, ancienne d'un siècle près.Tout comme son modeste clocher avec l'unique cloche dont il semble fier, les grands murs blancs, symboles d'innosence et de candeur, invitent à l'humilité et commandent la ferveur.Je le dis ici pour ln dixième fois peut- ètre : dans ces humbles sanctuaires de la campagne, «h ! que l\u2019on prie bien mieux que dans les temples somptueux des grandes villes ! «+ + * Un peu en arrière de l'église, et plus près de la rivière, se dresse le couvent.C'est un massif édifice en pierre A deux étagos, avec cour et jardin avoisinant.Cette maison avait été construite par un des dévoués curés de la paroisse pour en faire un collège.Mais comme l'entreprise ne put aboutir, ce local fut livré, dans la suite, et depuis quelques années seulement, aux excellentes Sears de Charité de la Providence, de Moutréal, qui, sous le nom de Providence du Sacré-Ceeur, & Saint.André d\u2019Argenteuil, y ont fondé un couvent qui grandit et se dévelon.se parmi les meilleures inati- tutions du ger , a la campagne.Non contentes da s'occuper de l'instruction complète des jeunes filles, en anglais et en français, avec musique et les autres accessoires, ces bonnes dames ont installé un département spécial, dans un bout de leur vaste bâtisse, où elles donnent tous leurs soins à l'instruction et à l'éducation des garçonnets de cin« À dix ans, qui leur sont confiés, comme à d\u2019autres mères, par les familles.11 fuut avoir, sur les lieux, visité l\u2019institution pour dire avec quelle attention, quelle tendresse vraiment maternelles et infatigables cette petite population est surveillée, régie ot soumise à une formation douce mais certaine.C'est faire œuvre de justice, il me semble, que de signaler la chose en passant.Puisse mon humble témoignage être un encours- gement aux familles chrétiennes à diriger vers le couvent de ls Providence du Sacré Cœur, à Saint- André d'Argenteuil, les petits garçons et lea fillettes à qui elles voudraient faire donner, en même temps «qu'une solide instruction, une élucation saine et morale.Un autre immense avantage qu'offre le couvent de Saint André, c'est la condition de salubrité, assez rare, où il se trouve.Situé comme il l\u2019est sur le perchant des côtes, à quelques cents pieds seulement de l'Ottawa, l\u2019air qu\u2019on y respire à travers les grands arbres et pardessus les fleurs qui l\u2019entourent, est toujours frais et pur, embaumé cles senteurs «le l'eau et des parfums des tleurs.Et puis, cette vie de communauté, en pleine cam- pagae, à l'ombre du clocher, ayant pour seuls voi- sius l'église et le presbytère, ne manque pas d'un certain charme et d\u2019une utilité pratique incoutes- table pour la formation droite de jeunes caractères.* #* + Au lendemain de mon arrivée à Saint-André, j'avais eu l\u2019honneur de passer la nuit sous le toit hospitalier d\u2019un couvent et l'avantage plus insigne encore de servir le prêtre au saint autel, dans la fraiche et pieuse chapelle de communauté.Mon départ étant fixé pour d'ici à quelques heures À peine, je m'empressai de faire visite au vrai village de Saint André, de quelques arpente plus éloigné, comme je l'ai dit.Cette chère tante tit préparer la voiture et l\u2019on me conduisit, touriste insatiable, dans chacune des rues du grand et beau village.Il y n d'abord la grande rue qui conduit de l'église au pont sur la rivière du Nord.Celle-là vat bordée, sur une partie de son parcours, des plus jolies réridences privées de l'endroit.Les autres rues, transversales, dont une couple longent la rivière, ne manquent pas de pittoresque.On remarque, comme bâtiments et constructions, le magoitique pont de fer que je mentionnais plus haut, puis I'hotel-de-ville, doux ou trois temples protestants, autant de grands hotels A peu pris, et le gros moulin que :a petite rivière fait mouvoir en passant et comme en se jouant.Je dis In petite rivière car l\u2019Ottawa est là, tout près pour l\u2019éclipser, mais je lui dois cette justice de noter qu'elle est assez considérable pour permettre la navigation jusqu\u2019à un endroit assez rapproché du village de Saint-André, aux crues du printemps.À la sortie du pont, sur la rive nord de la rivière, s'ouvre la route qui conduit à Lachüte.Le voisinage «le cette active petite ville et le manque presque complet de communications rapides, l\u2019hiver surtout, ont été préjudicialles aux dévelcppe- ments de Saint André d'Argenteuil.La position, néanmoins, tend à s'améliorer à présent, et ce village peut espérer de voir renaître l'état de prospérité qu'il a déjà connu.L'un côté, on parle d'un chemin de fer de jonction qui relierait Saint-André à la ligne principale du Pacifique Canadien, à La- chûte ; d\u2019autre part, la construction du chemin de fer Montréal et Ottawa, sur la rive sud de l'Ot- tava, va ètre un bienfait pour Saint-André.Le MoNDE ILLUSTRÉ donne aujourd\u2019hui un croquis fidèle de cette voie ferrée, jusqu\u2019à Rigaud, où en est rendue la construction actuellement, depuis Vaudreuil, point de raccordement avec la voie centrale du Grand-Tronc.Lorsqu'elle aura atteint Pointe Fortune, Carillon et Saint-André, les voisins immédiats, ne se trouveront plus ainsi qu'à quelques quarts d'heure de Montréal.Telles sont les réflexions que me faisait ma bonne tante sur l\u2019avenir du cher village dont elle a fait sa potite patrie, alors que je pris congé d'elle, à mon départ de Saint-André d'Argenteuil.a A , gi 7 Ts .UAE aA VL ALE AVIS A TOUS Les personnes qui ont des locuments historiques se rapportant à l\u2019établissement de Montréal, et en particulier les descendants des premiers habitants de cette ville, sont priés de communiquer ces documents à M.G.-A.Dumont, qui est occupé actuellement À écrire uno histoire de Montréal.Ces papiers seront soigneusement déposés dans un coffre-fort.Adresser toutes les communications corume suit : G.-A.Damont, bureau du Monvk ILiusTuÉ, Montréal.L'entretien des vertus eat fort aisé, celui des vices fort coûteux.\u2014SENÈQUE. 842 LE MONDE ILLUSTRE r \u201c+ 2; J) ; / \u2018 - \u201d (1643) EGLISE DU FORT VILLEMARIE L\u2019'ALPHA ET L'OMEGA D'UNE GRANDE ŒUVRE Cette œuvre unique et belle par-dessus toutes, c'est celle de Ville Marie catholique.L'humble fondation de M.De La Dauversière et de M.De Maisonneuve, née sous les auspices de la foi, ne pouvait manquer de se développer dans les mêmes conditions.C\u2019est ce qui est arrivé ; et Ville-Marie, dont le berceau fut placé À l'ombre d'un clocher bien modeste, a grandi, est devenue une métropole, sous cet égide béni, voyant de jour en jour se multiplier dane son sein les flèches élancéea des clochers d'église, ces doigts de la foi qui se dressent sur la terre comme pour lui montrer continuellement le ciel.Au début, près de la croix, plantée en arrivant, par les pionniers de la foi et de la civilisation, c\u2019est une humble, bien humble chapelle qui se dresse aussitôt : puis, la première église du fort Ville-Marie, en 1643.Aujourd'hui, c\u2019est une immense cathédrale dont le dôme imposant s'élance dans l'azur du firmament, comme pour servir de point de ralliement à la population catholique de tout un vaste diocèse, dans une ville en grande majorité française, reconnue pour la métropole catholique de la Puissance du Canada, comme elle en est la métropole commerciale.Nous avons voulu mettre en regard ces deux églises de Ville-Marie.C\u2019est un contraste qui ne peut manquer d\u2019intéresser.L'église du fort Villemarie fat bâtie en 1645, dans le fort de Villemarie, pour remplacer la petite chapelle érigée lors du débarquement des premiers colons à Montréal (1642).Elle était placée, ainsi que le montre la gravure ci-dessus, au milieu d'un grand bâtiment à deux ailes, conatruit en bois.Les autres parties de la maison servaient de résidence aux colons, à la garnison eb en même temps d'entrepôt pour les marchandises.Pour les autres détails, voir les Etudes historiques de M.G.-A.Dumont, publiées dans le MoNDpr ILLUSTRÉ (numéros 377 et suivants).À côté de la pauvre petite église de 1643, la cathédrale de St-Pierre, à Montréal, en construction, et dont nous donnons une vue, telle qu'elle apparaîtra après son achèvement, est un monument grandiose Bien qu\u2019elle ne soit qu'aux proportions de la moitié avec la basilique de St-Pierre de Rome, elle eat encore immense, et fera certainement un des plus beaux, sinon le plus beau temple catholique du Nouveau-Monde.La cathédrale de Montréal, d'après la basilique de St-Pierre, à Rome, aura : A l'extérieur, 333 pieds de longueur ; à'l'intérieur, 795 pieds de longueur ; entre les murs latéraux, dans la partie la plus large, 150 pieds de largeur ; entre les murs latéraux, dans ls partie la moins large, 114 pieds de largeur ; dans le transept, à l'extérieur, 222 pieds ; dans le trans- sept, À l'intérieur, 216 pieds ; dans la partie la plus large de la grande nef, 44 pieds ; dans la « C'est de cette confiance, à la fois patriotique et religieuse, que sont mus tous les promoteurs de l'œuvre si belle de la cathédrale Saint-Pierre, à Montréal.Et parwi les promoteurs les plus zélés, comme les plus dignes, celui à qui la réalisation de cette pensée est chère entre tous, c'est bien Mgr l\u2019arche- véque de Montréal, dont le MoNDE ILLUSTRE offre aujourd\u2019hui le portrait À ses lecteurs, en première age.L'histoire de ce vénérable prélat, que la sollicitude de Rome a placé A la téte de I'immense province ecclésiastique de Montréal, est assez bien connue de tous pour que nous ne tentions pas le propos oiseux de la rééditer ici.Un instant, seulement, arrêtons nous à la phase présente de lu vie de monscigneur Edouard Charles Fabre, elle n\u2019est pas ls moins pleine d'intérêt\u2014et en contemplant ss loyale et patornelle figure, en songeant aux bénédictions que #'attirent les fils pieux qui savent aller au-devant des légitimes désirs de leur père, promettons nous bien, catholiques de partout, catholiques da diocèse de Montréal spécialement, d'accomplir généreusement notre quote-part de \u201c sacrifices pour le parachèvement prochain de la partie la moins large de la grande nef, !| pieds\u2019 La façade du portique auras 176 pieds : la lar geur du portique aura \u2018O0 pieds.A part certaines modifications à l\u2019extérieur, dans les murs latéraux et le toit, la cathédrale de Montréal devra être une imitation de la basilique de Saint Pierre à Rome.Le portique, les dômes et tout l\u2019intérieur devront représenter aussi fidèlement que possible Saint-Pierre de Rome.Mais le dernier mot n'est pas dit sur cette importante et intéressante question.Ainsi que nous l'annoncions plus haut, la cathédrale Saint-Piorre A Montréal n'est point parachevée encore.Ville- Marie s\u2019est déjà montrée digne d'avnir un temple aussi splendide : elle ne s'arrêtera pas là.La métropole eaura faire de nouveaux sacrifices pour accomplir l\u2019œuvre de Dieu, le grand et généreux diocèse de Montréal suivra l'exemple ; tous les catholiques du Canada français même y prêteront la main, et nous pourrons voir ce bâtiment magnifique enfin terminé, ou du moins livré au culte, dès l\u2019année prochaine, en 1892, Il y aura alors deux cent cinquante ans que la première messe fut dite à Ville-Marie, au pied du Mont-Royal.Après vingt années d'efforts et de sacritices, Paris et la France chrétienne ont salué avec joie la basilique du Sacré Cœur, sortie des sables de Montmartre ; Ville Marie et le Canada catholique, après trente années et plus d'espérances et de travaux, ne pourront ils trouver enfin un sanctuaire digne de leur foi, dans ce temple sans pareil, pour y célébrer pompeusement un aussi glorieux anniversaire ?ad\" es Damme pe gn srs Th SUL dra - Heu ~ cathédrale Saint-Pierre à Montréal.Le Monbk ILLUS1RÉ, pour ea part, sera fier et content, si des quelques lignes et documents qu'il a pu publier sur le sujet, cette idée pratique peut vivement ressortir.JuLks SAINT-ELMF.NOUVELLE UNK PROMENADE AUN BAINS DE MER J'étais assis devant la mer, sur le galet, Sous un ciel clair les flots, d'un azur violet, Apria s'être gontlés en accourant du large, Comme un homme accablé d'un fardeau s'en décharge, Se briraient devant moi, rythmés et successifs.F, Corr£E (Rythme des vagues).C'était la 1U août au soir, vers les quatre heures.Nous étions plusieurs amis, réunis autour d\u2019une table dans un café du village de A \u2026, en train de discuter sur la manière dont chaque partenaire avait mené son jeu, après une longue partie de manille.La conversation était animée et l'un des perdants re prononçait vivement contre son associc, auquel il reprochait de n'avoir pas su profiter plusieurs fois de gon jeu.Tandis que l\u2019on comparait les chances de chaque joueur, un autre ami commun arrive tout couvert de sueur et s\u2019écrie : \u2014 Ouf ! quelle chaleur insupportable mes amis, ! Co eu 5 + SEU .- Jima alot a (1891) CATHEDRALE SAINT-PIERRE, DE MONTREAL a a NRT ps - LE MONDE ILLUSTRE 843 On dirait vraiment que nous sommes dans le Sénégal 1.Si l'heure n'était pas aussi avancée et si je n'avais pas deux lieues À faire, j'irais embrasser avec plaisir cette belle mer aux eaux bleues qui baigne nos côtes.Mais demain, je n\u2019y manquerai pas.\u2014Demain, lui répondis-je, si vous voulez mo le permettre, je vous accompagnerai.A quelle heure partirons-nous Ÿ \u2014D'abord, me dit-il, nous irons à picd, nous suivront la montagne pour éviter de trop longs détours et nous partirons avant quatre heures du matin, pour saluer le soleil levant.\u2014Ca me va, lui dis-je encore, et je suis des vôtres, car il faut ajouter que nous devions être cinq ou six de la partie.Le soir, après diner, nous fixâmes de nouveau l'heure du «lépart et, après une cordiale poignée de main, nous nous séparâmes pour aller nous reposer un peu, nous promettant pour le lendemain une agréable journée de plaisir, étant joyeux et Avec le doux eapoir d'aller sur le rivage, Admirer cette mer dont le Hot bat la plaze, N'enivrer de ce bruit faiblement cadencé, Qui nous laisse rêveurs après qu\u2019il & cessé.J'ignore si mes amis dormirent tranquillement jusqu\u2019au moment de leur lever ; quant à moi, je n'avais jamais goûté un repos aussi doux depuis longtempa, ot mou sommeil ne fut troublé que par un court rêve empreint de la plus exquise poésie, me retraçant les juiea dont je (levais jouir quelques heures plus tard.J\u2019étaia plongé dans une douce somnolence, l'âme tranquille et le corps dispo, lorsque la pendule placée sur la cheminée de mon salon vint me rappeler qu'il était temps do partir.Mes préparatifs terminés, je rejoignis mes amis qui m'attendaient déjà depuis plus de cinq minutes, quoique nous fussions un peu en avance sur l'heure fixée In veille et, accompagnés de nus fidèles Dick et Rob, deux fins limiers qui nous suivaient dans toutes nos courses matinales, nous quittimes gaiement le village, nos vivres sur le dos, devisant à qui mieux mieux et nous promettant beaucoup de plaisir.Il faut avoir respiré la brise embaumée du matin ; marché péniblement dans In montagne, gravi les sommets rocailleux et arides de notre région, contemplé, en arrivant sur le plateau, In beauté incomparable du soleil levant, qui enflamme l\u2019horizon et transperce «le ses rayons encore faibles une brume épaisse qui ne vous laisse arriver qu\u2019une lueur blafarde ; foulé sous vos pieds le thym et la lavande dont l\u2019agréable odeur excite votre odorat, pour comprendre tout ce qu\u2019il y a de majestueux et de sublime dans cette nature qui nous envi- /_ \u2014ronne, qui ne cesse de nous prodiguer ses charmes, 4 nous faisant comprendre ainsi la puissance du Créateur.Tout cela, je l'ai senti ce jour là, et il m\u2019en est resté une agréable impression que ma plume est impuissante à décrire.D'autres entisfactions nous étaient encoro réservées : En arrivant aur le plateau, et le jour commençant À paraître, le premier de la troupe s'écria : \u201c1a mer ! la mer ! \u201d Ah ! oui, la voilà cette lrelle mer tant désirée et dont une lieue nous sépare encore ; c\u2019est dans son onde bleuâtre et diaphane que nous irons plonger bientôt, nous laissant bercer mollement par son flot légèrement agité, dont les petites vagues viennent battre par instants le rivage, avec une cadence si régulière, que notre imagination en est étonnée et ravie tout a la fois.Nous arrivons enfin ; nous foulons déjà le sable de l\u2019admirable plage qui nous environne, nous laissons nos vivres à la garde de nos limiers, et nous nous rendons en un instant au bord de l'eau où stationne une foule de gaie baigneurs et de charmantes baignouses venus des localités voisines et attendant les neuf heures du matin pour prendre le bain.Enfin, le moment tant désiré arrive : nous endossons notre costume dc baigneur et nous nous jetons hardiment dans ce llot qui semble nous appeler de sa voix harmonieuse et douce, pour nous faire Joule de tout le plaisir que nous nous étions pro m Ce fat un moment délicieux que celui où notre corps, fatigué par une longue marche, se balança suns peine aur cette onde azurée, soulevé doucement par de petites vagues qui venaient le caresser, comine pour l'engager à rester dans leur sein le plus longtemps possible.l\u2019rès de nous était un groupe d'enfants qui se culbutaient, ae jetant de l'eau sur leur corps d'un blanc mat et faisaient entendre de petits cris perçante.Plus loin, quelques jeunes filles au teint carminé, très coquettes avec leur costume de marin qui laissait ressortir leur gorge admirable, découverte, plus blanche que l\u2019sibâtre, et leur tête entourée d\u2019une espèce de turban, ce qui ne nuisait en rien à leur grâce, se livraient à une sarabande «ffrenée sur la plage, ou s\u2019abandonnaient nonchalamment au gré capricieux du flux \u2018et du reflux, qui tantôt les repouseait sur le rivage et tantôt les attirait au milieu des vagues.Sur le bord de l'onde amère, une foule nombreuse se pressait pour admirer les allées et venues des baigneurs de tout sexe, les excitant du geste ou de la voix, les engageant A continuer encure leurs exercices si bien commencés, augnientant ainsi le bruit des lames qui venaient mollement se briser sur le rivage.Au bout d'une heure, tout fut fini.Chacun s'apprêta à déjeuner sur le sable, à l'abri d\u2019une tente qui nous garantissait des chauds rayons du soleil et à savourer l'excellente bouillabaisse que l\u2019on avait fait préparer à l'hôtel.On n'entendait plus alors que le léger bruit des vagues qui venait encore nous charmer de son magique concert, ou les propos joyeux des centaines de personnes qui étaient venues ge promener à la mer, Le soir, à deux heures, le méme mouvement recommença avec le méme entrain, plus gai et plus vif encore.Tant de joie et tant de gaieté nous raviesait.Excités par nos amis, nous fimes comme cux et nous partageAmes leur plaisir.Cela: dura plus d'une heure, temps qui nous parut bien court et trop vite écoulé.Puis tout cessa brusquement et la foule disparut insensiblement, après une journée si bien remplie.Pour moi.ja n\u2019oublierai pas de longtemps cette agréable promenade, et je la recommencerai tous les ans, lorsque la saison sera arrivée.Heureux ators si mes amis peuvent en faire autant, car un plaisir partagé nous donne plus de satisfaction.Armissan (France) 1891, LES TROIS FILLES Comme il suivait la route ombragée de lilas et bordée de halliers d\u2019églantine, le jeune homme arriva À un carrefour, où trois chemins venaient aboutir.Et, à la naissance de chaque chemin, il y avait une jeune fille.La première était blonde, la seconde était brune, In troisième était rousse.La blonds avait les yeux bleus, la brune avait les yeux verts, la rousse avait les yeux noirs La première tenait à la main une touffe de violettes.La seconde portait au corsage un bouquet d'œillets.La troisième avait aux dents une rose d\u2019un rouge de sang.La première était élancée, sa silhouette ondoyante, pleine d\u2019une grâce virginale, le regard pur, le front candide et son teint délicatement estompé dos exquises transparencee de la pudeur.La seconde était grande, sa franche stature pleine d\u2019une grâce soreine, le regard brillant, le front souverain, et son teint savoureusement velouté «es joyeux refleta de la volupté.La troisième était petite, sa pimpante tournure pleine d\u2019une grâce provocatrice, le regard luisant, le front troublant, et son teint capricieusement avivé 6 subtils éclats de la coquetterie.Et la première jeune fille dit au jeune bomme ; \u2014 Je suis ta fiancée.Je suis celle qui t'attend, craintive, depuis que son cœur timide s'est ouvert aux aspirations inconnues.Je suis celle que ta pensée fait tressaillir, et qui rougissante s'abandonners à toi, le superbe vainqueur.Je suis celle qui t'environners «ans cesse de son affection, toi à qui elle a donné toute son âme.Je suis la compagne fidèle qui élèvera à ton foyer tes enfants, gage de notre indissoluble union.Je suis ta fiancée, jeune homme.Je t'aimerai toujours.Et la seconde jeune fille dit au jeune homme : \u2014 Je suis ta maîtresse.Je suis celle qui t'attend curieuse, depuis \u2018ue son cœur hardi s'est ouvert aux aspirations inconnues.Je suis celle que ta pensée agite, celle qui t'entourera vn instar t de son aflection, toi à qui elle a donné un peu de son cœur.Je suis la franche compagoe qui partagera tes plaisirs, tant que dureras notre pasagère union.Je suis ta maîtresse, jeune homme.Je t'simerai quelque temps.Et la troisième jeune fille dit au jeune homme : \u2014Je ne suis ni ta fiancée, ni ta maîtresse.Je suis celle qui ne ta jamais attendu, car son cwur ne s'est jamais ouvert aux aspirations incon nues.Je suis celle qua t'a pensée amuse, celle qui te torturera sans cesse de sa cruauté, toi qui n\u2019amolliras jamais une des fibres de son Ame.Je suis la perverse compagne qui te trompera tout le cours de notre lamentable union.Je suis un être sans nom.Je ne t'aimerni jamais.Et le jeune homme regarda successivement les trois jeunes filles.Et la première s\u2019assit sur une pierre, et se mit à pleurer longuement.Et la seconde eut un léger haussement d'épaules, et elle s\u2019en alla lentement.Et la troisième éclata d\u2019un rire sonore, et elle s\u2019enfait.Et le jeune homme s\u2019élança à sa poursuite.JÉoN GANDILLOT, PRIMES DU MOIS D'AOUT LISTE DES RECLAMANTS Montréal.\u2014 Georges Violletti (85.00), 67, rue St- André ; F.U.Lavallée (4.00), 219, rue Berri ; Gédéon Roy, 45, rue du Champ-de-Mars ; Alexandre Dupuis: chez Dupuis frères, coin des rues Nte-Catherine et St-André ; R.Bé- rubé, 1{MU, rue Ste-Catherine : L.À.Bergeron, 143, rue des Allemands ; J, Horace David, 259, rue St-Denis ; D.C.Gilmour, M, rue St-Félix ; Félix Raymond, 849, rue Montana : 1).D.Montplaisir, 174, rue St-Doniinique : V.Marcil, :05, avenue l\u2019uluth ; l\u2019.Jedoin, 95 rue St Hubert ; Wilfrid Gagnon, 5%, rue Latour : Dame Alphonse Demers, 1:37, rue St-lHypolite ; Ladislas Comtois, 215, rue Wolfe, Quebec.Dame J.P.Garneau (210.00), 14, rue St-Fla- vien ; Napoléon Marois, \u2018lit, rue St-François ; Delle Marie-Louise Matte, 7:3, rue Sault-au-Matelot, Hasse- Ville ; Delle Malvina Pourtier, 255, rue Arago, St-Sau- veur ; Delle Marie Lapointe, 12, rue Ste-Madeleine ; Cyrille Gingras, 139, rue Richelieu : 1.M.Goulet, SU, rue St-Anselme : O.Lachance, 1:4), rue Lachapelle : Romuald Lamontagne, ISt, rue Richelieu ; Pierre Caron, 17, rue Fontaine, St-Roch ; Dame Arthur lépine, coin des rues Richelieu et l'achereau, faubourg St-Jean ; Cercle Sala- berry, coin des rue Fontaine et St-Jean.Brauport, Québee,\u2014F.X.Laplante, Se-Henri de Montréal.\u2014 Napoléon Charron, 209, rue St- Ambroise.Ste-Cunégonde,\u2014J.M.Tremblay, 113, rue Quesnel.Pointe St-Charles.\u2014Mme M:zCown, 77, rue Bourgeois ; J.0.Vallée, 534, rue Centre.Trois-Rivières.Lucien Carignan : Alphonse Normand, 67, rue Bonaventure.St-Hnacinthe,\u2014 Louis l'lamondon : Damien Bouchard ; CU.D, Beauvais ; E.O.l'rovost.Stanjuld,\u2014Ajphonse Bordeleau.Fras rrille.\u2014Narciese Gauvin.Ste-Marguerite, Lie Musson, \u2014Delle Marguerite Lajeu- nesse.Sherbrook:.\u2014 À.l'aradis.Manchester, N.H.\u2014 Welle Lia Livernois (83.00), 351, rue Pine, Houghton, Mich.\u2014Mme Emma Vincent.Oconto, Wis.\u2014F.NX.Brazeau, >.4 GRANDES DUCHESSES XENIE-ALEXANDROWNA of MICHEL ALEXANDROVITCH.OLGA-ALEXANDROWNA, filles du tsar GEORGE-ALEXANDROVITCH, grand-duc, 3\u201c fils du tsar NICOLAS ALEXANDROVITCH, tsarevitch, grand-duc, 2° fils du tsar.ALEXANDRE III ALEXANDROVITCH.MARIE FÉODOROVNA, impératrice empereur de toutes les Russies.grand-due héritier.TS r\u2014a\u2014 goes = GRAND-DUC WLADIMIR-ALEXANDROVITCH, \u2026 MARIE-PAULOWNA, duchesse de Mecklembourg.GRAND-DUC ALEXIS ALEXANDROVITCH, GRAND-DUC SERGE ALEJANDROVITCH, ELISABETH PEODOROVNA, princesses de Hosse ot du GRAND-DUC PAUL-ALEXANDROVITCH, ALEXANDRA-GEORGIEWNA, princesse de Grèce, femme du grand-duo Wiadimir.8 frère du tsar.° 8 frère du Rbin, femme du grand-duc Serge.4° frère du tsar.femme du grand-duc Paul.4% frère du taar.GRAND-DUC NICOLAS -MICHAILOVIICY, GRAND-DUO MICHEL NICOLAIEVITCH, Sie du crand-dus Michel.se de Baze- ORAND-DUC NICOLAS NICOLAÏRVITCH, cousin du tsar ORANDE-DUCHESSE OLGA-CONSTANTINOVNA, GRAND-DUO CONST.CONSTANTINOVITCH, ELISABETH -MAVRIRIEVNA.cousin du tsar.ORAND-DUC CONSTANTIN NICOLAIBVITCH.fille du grand-duc Constantin, reine de Grèce.frère de ls reine de Grèce Altenbourg.femme du grand-duc Constantinovitch.LA FAMILLE IMPEMALE DE RUSSIE bee prie 344 ROMAN CANADIEN INÉDIT UN (Suite) La mêma rencontre se renouvela plusieurs fois Alors ils ne cherchaient plus À mettre ces rencontres sur le compte du hasard.Il leur eût été bien inutile de dissimuler.Ils causaient comme deux amis ; quelquefois ils s\u2019approchaient l\u2019un de l\u2019autre pour se montrer un objet quelconque, par un de ces manéges si communs aux amoureux, pour ge frôler les mains ou le bout des doigts.Alors le malade et sa femme détournaient les regards pour mettre les amoureux à leur aise, feignant de ne pas s'apercevoir de leura manœuvres.Un jour Alfred eb Marguerite étaient occupés à feuilleter ensemble pour la dixième fois peut- être un album de photographies placé sur la table devant eux.Tls étaient si absorbés dans leur occupation qu'ils n\u2019entendirent pas un coup léger frappé à la porte.Un des enfants courut ouvrir, et deux dames apparurent sur le seuil.Alfred et Marguerite s\u2019écartèrent l\u2019un de l'autre, as assez vite cependant pour ne pas être aperçus.C'étaient Mme Spierling et Mme Spencer.\u2014Comment, g'écria Mme Spencer, tn voilà ici Marguerite ! Ne m\u2019avais-tu pas dit que tu allais voir ton amie Amélie ?Marguerite, surprise, sentait la rongeur lui monter au front.Elle fit cependant assez bonne contenance sous le feu des regards maternels, et elle répondit suns hésitation : \u2014C'est vrai, mais en chemin, j'ai pensé que Amélie, n\u2019était pas libre à cette heure-là, car elle prend sa leçon de musique ; alors, comme j'étais sortie, je suis venue ici.\u2014 Bien, bien, fit la mére d'un ton d'incrédulité, et en regardant Alfred d\u2019une manière curieuse.Celui ci frémit intérieurement sous ce regard froid et inquisiteur.ll se sentait gauche et embarrassé, ll voulait partir et cependant il ne voulait pas se sauver comme un écolier pris en flagrant délit.Pour se donner une contenance, il s\u2019avança vers le malade et lui adressa quelques paroles ; puis, disant un adieu général à toutes les personnes présentes, il sortit.Une fois dans la rue, il put respirer un peu et il essaya de rassembler ses idées en désordre.La colère grondait en lui, il la sentait comme un fer rouge sur ses joues brûlantes.Elle montait au cerveau et y tourbillonnait comme dans une fournaise.Décidément il n\u2019avait pas de chance.Toujours des ditlicultés, toujours des obstacles sur le chemin de son amour.À la façon dont ces dames avaient regardé Marguerite et dont sa mère lui avait parlé, il n\u2019y avait plus de doute que la jeune fille serait surveillée plus activement et qu\u2019il ne pourrait plus la revoir chez le marin.Tout était contre lui.Ne valait-il pas mieux abandonner de suite un amour sans espoir Ÿ Puis, comme le naufragé, il s\u2019accrochait à la moindre épave.Tout pouvait changer avecletemps.D'ailleurs n\u2019était- il pas certain de l'amour de Marguerite.Ce mot n\u2019était jamais venu sur leurs lèvres dans les courts entretiens qu'ils avaient eus ensemble.Mais qu'importent les mots ?Les lèvres ne parlent pas seules.Les regards, les serrements de mains ne sont-ils pas le langage le plus expressif du cœur, d'autant plus expressif qu\u2019il semble plus gauche, plus timide et plus réservé ?Alfred allait ainsi par les rues de la ville, au hasard, sans but, éprouvant le besoin de marcher, de se mouvoir.Tout-à-coup, sans bien s\u2019en rendre compte, il se trouva à la porte d'une église.LE MONDE ILLUSTRE C'était un édifice en briques rouges, La façade était flanquée de deux tourelles qui dressaient leurs flèches pointues au-dessus de la croix surmontant le triangle placé au-dessus de la porte.Celle-ci n'avait rien de bien remarquable, avec ses deux battants en hois massif s\u2019ouvrant sous un plein-cintre vitré.L'aspect général était triete et murne ; le rouge uniforme de la hrique jetait partout sa note sombre.Alfred cependant s\u2019arrôta avec plaisir devant cette église.Il se sentait un pou las, il avait besoin de repos, et puis un aimant l'attirait vera ces mars C'était là que plus d'un soir il avait comtemplé Marguerite dane le recueillement de la prière.Dieu, sans doute, lui pardonnait ces pensées profanes, dans son temple, si toutefois il y a quelque chose de profane dans la contemplation d\u2019une de sos œuvres les plus admirables, d\u2019un de ses anges les plus beaux et les plus purs.Il lui semblait que dans cette enceinte devait encore tlotter quelque chose d'elle, comme un parfum délicieux dont son esprit se grisait.Assis près de la porte, il la voyait à son banc dans une attitude recusillie, les yeux sur son livre ou le front penché dans la prière.Le silence de l\u2019enceinte religieuse n'était troublé que par le mugissement du vent au dehors ; et il lui semblait entendre parfois des flots d'harmonie céleste rouler sous les votes sacrées, ou des bruissements d'ailes angéliques eflleurer les parois du temple.Puis un déar lui vint de voir de plus près, de toucher la place où se tenait Marguerite, et il entra dans son bac.Cependant la porte venait de s'ouvrir et un homme était entré clans l'église.Le charme était rompu.Alfred, craignant que sa présence À cette heure dans cette enceinte ne parût insolite, en sortit au bout de quelques instants.Il se mit A errer de nouveau par les rues presque désertes.Le vent soutHait assez fort et lui bleuissait le visage.Mais il ne sentait rien de tout cela.Il allait toujours droit devant lui, sans but, tout entier À ses pensées.Tout À coup, au détour d'une rue, il se trouva en présence d'un convoi funèbre qui s\u2019acheminait lentement au cimetière.D'abord, le corbillari avec ses chevaux tout caparaçonnés de noir, puis une longue file d'hommes marchant deux à deux comme des pensionnaires en promenade, puis un défilé de traîneaux allant au pas dans la neige.C\u2019éteit une longue ligne noire s'allongeant lentement sur la blancheur du sol.D'ordinaire Alfred n\u2019était pas superstitieux, mais dans les dispositions d'esprit où il ec trouvait, présentement, il ne put s\u2019empécher de considérer cette rencontre comme de mauvais augure.Un instant, il eut même ls penséo de suivre cet enterrement jusqu'au cimetière là bas, où vont s\u2019effondrer nos illusions et nos espérances, aboutir tous nos projets.Et il songeait : Est-ce donc là la vie Ÿ Faut-il se créer tant do soucis pour en arriver à la tombe.Poutant il était trop jeune pour se livrer ainsi à la désespé- ranco, Il avait bien le temps sans doute de on.ger à la mort.Maintenant, il longeait les quais.A cette époque de l\u2019année, toute navigation était interrompue, les bords de la rivière étaient déserts et les bassins veufs de leurs navires.Le port n'était qu\u2019une vaste surface gelée, un plancher de glace d\u2019une rive à l\u2019autre, de trois à quatre pieds d'épaisseur.À peine sur les bords quelques larques prises dans une ceinture de glace, et élevant vers le ciel leurs vergues dénudées comme en rigne de détresse.Là-bas une bande d'enfants en patinant sur la glace glissait comme une troupe de cygnes sur la surface tranquille d\u2019un lac.Une double ligne, légèrement sinueuse, de branches de sapins plantées dans la glace marquait la route d'une rive à l'autre.De lourds traîneaux chargés ce personnes et de marchandises se cromaicut dans les deux sens.Sur la rive opposée, il apercevait de légères ondulations de sapins noircis par l'éloignement.De tous côtés la vue embrassait une vaste étendue llanche coupée ça et là de points et de lignes noires sous le dôme grisitre du tirmament, comme un immense écrin de satin parsemé de lijoux, Alfred s'arrêta longtemps devant ce talleau dont le calme et la monotonie étaient si bien en harmonie avec ses pensées, Il alla un pou plus loin.LA, la scène était plus animée, Des cris joyeux se faisaient entendre.Toute une bande de jeunes gens, garçons et filles dégringolaient en toboggan sur une pente douce qui descendait à la rivière.Alfred s'était à peine arrêté pour observer ce curieux spectacle qu\u2019il s\u2019entendit appeler par une voix ilütée.\u2014 Monsieur Alfred, vous arrivez juste À point.Venez ici, il y a une place pour vous.Qui pouvait être cette jeune fille qui l\u2019appelait ainsi 1 Tl ne la reconnut pas tout d\u2019abord, et à cette heure il eût voulu voir bien loin l\u2019importuue qui venait l'arracher à ses méditations.Pourtant, il fit bonne contenance et s'avança vers elle.C'était Annie Barley.Elle alla au-devant du jeune homme en lui tendant la main avec cette simplicité et cette franchise d\u2019allures si admirables chez les femmes anglaises : \u2014Voulez-vous me faire l'honneur d'accepter une place dans mon loboggan 3 \u2014Certainement, mademoiselle, vous êtes trop nimable ; et j'aurai aussi l'honneur, je suppose, fit.il en riant, de remonter votre toboggan au haut de ln côte ?\u2014\u2014Si vous lo désirez, c'est un honneur que vous partagerez avec mon frère.En etfet, le gamin s'était déjà nttelé au véhicule et commençait à le tirer dans son mouvement ascensionnel.Alfred s'\u2019attels à côté de lui ot tous deux com.mençèrent à gravir ln côte.La jeune tille les suivait derrière le toboggan.Des groupes lee précédaient et d'autres venaient après tandis que le reste dégringolait sur la pente glacée.(\u2018ela formait un circuit ovale très allongé, toujours mouvant, sans cessv changeant, comme un lo»y chapelet s\u2019allongeant sur la neige, avec un égrenage de rires et de notes perlées.D'un côté, on eût dit des bateliers, trainant leur canot échoué sur le rivage, de l'autre côté des esquifs légers emportés à toute vitesse sur les eaux d\u2019un torrent impétueux.Arrivés au haut de la pente, \u2018iis montirent dans le toboggan qui, aussitôt, se mit à descendre ; puis ile recommencèrent leur ascension.Alfred, tout d'abord contrarié de cette rencontre, se prenait maintenant à moins la regretter.L'exercice lui faisait du bien, il éprouvait du plaisir à se sentir entrainé comme dans un tourbillon.L'air frais, en lui fouettant la figure, chassait peu à peu de son esprit les pensées sombres et luubres.Maintenant, il était presque reconnaissant à ls jeune fille de lui avoir procuré cette diversion.Dans leur descente vertigineuse, elle était pla cée devant lui, le buste penché en arrière.Le vent soulllant dans sa chevelure blonde faisait envoler des mèches folles sous sa toque de fourrures gracieusement posée sur l'oreille.Puis, quand ils remontait, il se retournait bien souvent pour lui adresser un mot gracieux auquel la jeune fille répondait par un fin sourire, montrant ses blanches dents.Ils redescendaient peut-être pour la dixième fois la pente glacée, lorsque tout à coup un \u2018oboy- gan, qui les suivait de tout près, vint heurter rudement le leur et le renverse.Aunie poussa un grand cri, elle était évanouie.Alfred se releva et se mit à lui frotter les poignets et les tempes avec de la neige.Elle était très pâle.T1 la prit dans ses bras et la transporta un peu plus loin, où il l'adossa contre un tas ce neige.Cependant tous les fohogannistes étant accourus et formaient le cercle autour d\u2019eux, d\u2019un sir du curiosité émue.Tous parlaient à la fois et émettaient leurs avis sur ce qu\u2019il y avait À faire.D'autres, joignant l'action à la parole, sidaient de leur mieux à ramener la malade.Celleci ne remuait pas.Alfred la regardait avec lu tendrosse inquiète d\u2019une mère.Louis Trsson.A wuilvre LE MONDE ILLUSTRE 847 Ly Lu.W\\ \u2019 NM x rs \u2014\u2014 - .\u2026\u2026 La (sitane sv canbra et bondit «tans le cercle formé autour d'elle.\u2014 Page 311, cal, 3 FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRE \" MONTREAL, 20 sEPVEMDRE IS91 CARMEN e PREMIERE PARTIE (Suite) Nous l'avons dit, lorsijue l'escogritiv au bindeau noir se servait de sa voix pour parler, cette voix rappelait l\u2019aboiement enroué d'un chien de carton ; lorequ'au contraire il en faisait usage pour chanter, elle s¢ métamorphosait miraculcusement ct devenait une remarquable voix de ténor.Quant À la jeune fille, des notes de cristal et d'argent, des notes ailées et d\u2019une suavité incomparable, s\u2019élançaient Fans ctlurt de son gosier, comme des fusées mélodicuses.La séguedille obtint le plus grand succes.Les joueurs les plus forcenés vublièrent pour un instant la loteria ; eb les amateurs du monte quittèrent la pièce voisine et s\u2019entassèrent dans la première salle afin de mieux entendre.A la réguedille succéda une arietto chantée par la jeune fille seule avce un accompagnement do la mandoline faible et doux ; tissu disphane sur \u2014 Ne 2 equel ln Fowrette de la Hovan sewmait des broderies ¢blouissantes.A prvs l'ariette vint un morceau singulier et auquel il nous serait impossible de dunner un nom.C'étaient des paroles inintellivibles, tantôt déclamées, tantot chantées sur un air inconnu, mélange inoui de mélancolie et d\u2019ardeur, ressemblant parfois aux soupirs exhalés d'un cœur qui se brise, et parfois aux brülants appels de la passion en «élire.Cet air était naif sans doute, inhabile à coup sûr.[a chanteuse en tit un chef-d'œuvre.On cit dit, en l'écoutant, que ses yeux pleuraient de vraies larmes, puis, sans transition, que le feu de son cœur jnillissait de ses lèvres et tombait sur ses auditeurs en gerbes d'étincelles.La chanteuse voilée frt applaudie avec frénésie.Elle salun gracieusement les dilettanti bronzés qui lui faisaient cette ovation.Sous la dentelle épaisse on put deviner le rayonnement de ses yeux humides.Ses lèvres s'écartèrent dans un sourire, dévoilunt des perles sans défaut enchâseces dans un écrin de corail rose.L'escrogtifle, pour laisser à sa compagne un instant de repos, fit alors quelques imitations bur lesques de cris, de glapiesements, de minulements, de bourdonnements.On rit en l\u2019écoutant, mais, en somme, ve ne fut qu'un demi succès On attendait avec impatience lo holéro sérillanais que la haladive devait danser immédiatement après ce court intermède.Le borgne repoussa son large sombrero d\u2019un air cavalier, vers le côté droit de sa tète anguleuse.11 prit une attitude, posant son pied gauche sur un escaleau eb «levant son tambour de bagque au- dessus de sa tête.Le jeune fille s'était débarrassée de ga mandoline et déjà es castagnettes d'ébène cliquetait à tes (loigts mignons, «éja ses petits pieds piaflaient sur le sol avec une nerveuse énergie.L'escogriffe frappa le parchemin, les castagnettes babillèrent, la baladine se cambra et, faisant ployer son buste sur ses larges hanches avec un morbide:za enivrante, elle bondit dans le cercle formé autour d\u2019elle et commença les évolutions chorégraphiques de cette danse hardie et fiévreuse que tout le monde connaît aujourd'hui et qu'il ne nous est, par conséquent, ni permis pi possible de décrire.Quand la jeune fille so fut arrêtée, une clameur unanime s\u2019éleva, clameur si haute, si impérieuse, qu\u2019elle ressemblait à un ordre : les spectateurs, d'une voix unanime, demandaient un nouveau boléro.La baladine sourit.Elle appuyn ça main sur son c«wur en témoignage de reconnaissance et de soumission.Elle prit une rose attachée aux plis de son voile.Ello se déchaussa, avec un geste gracieux, de l\u2019un de ses petits souliers blancs aux cocardes rouges.Elle plaça la feuille de rose entre son talon nerveux et la semelle intérieure de cette coquette chaussure dans laquelle son pied de nym phe ou de fée reprit sa place.Elle agita ses castagnettes, l'escogritfa heurta son tambourin, et le boléro recommença de plus belle.Lorsqu'il fut achevé pour la seconde fois, ls ba- ladine se pencha pour se déchausser de nouveau et se redrersa hientOt en élevant triomphalement au-dessus de sa tête la feuille de rose, aussi fraiche, aussi veloutée que cinq minutes auparavant, msn 1m - SCE TEE Sa 348 Un tonnerre d'applaudissements retentit.Havanais, Mexicains, gens de la Martinique ou de Saint-llomingue, capitaines négriers et colons de la Floride, tous, en un mot, auraient volontiers porté la baladine en triomphe, et leurs regards, en se fixant sur elle, dégagaient une électricité plus que sutlisante pour établir des communications télégraphiques entre 1a Havane et Paris si le télégraphe électrique avait existé en 1770.Sous le feu croisé de ces regards, la danseuse voilée semblait dana son élement comiue la salamandre au sein d\u2019un brasier.Parmi tous les hommes entassés dans la salle de la maison de jeu, il en était un dont les sensations différaient par plus d'un point de celles de ses compagnons.Avons-nous besoin de désigner le jeune Français ?Ceux-là sentaient le sang moater À leurs tempes et bouillonner dans leurs artères que gonilaient de grossiers désirs.Celui-ci, devenu plus pâle, écoutait battre son cœur.Cependant la séance était finie.Le borgne à la longue épée quitta la posture prétentieuse que nous avons précédemment décrite.Il souleva de quatre pouces son gigantesque sombrero, et, ployant à quatre reprises sa longue et maigre échine, il salua à gauche et à droite, en avant et en arrière.Cette quadruple salutation accomplie, il pro- nongs, de sa voix de polichinelle enrhumé, les paroles suivantes que nous ne saurions reproduire d'une fagon trop exacte ct trop consciencieuse : « Senors, hidalgos et seigneuries, puisque nous avons su conquérir les suffrages d'amateurs éclai- réa comme vous, cette soirée est la plus belle de notre vie !.Nos faibles efforts sont trop payés par vos bravos, une telle récompense est au-dessus de nos mérites, elle nous paraît cent fois plus précieuse que tout l'or de la terre et nous voudrions pouvoir n'en point réclamer d\u2019autres.Mais, hélas ! il faut vivre !.La senora que voici, et moi (qui suis votre bien humble serviteur), nous ne rougissons pas do notre honorable pauvreté et nous accepterons avec orgueil eb reconuaissance l'obole tombée des nobles mains qui nous applaudissaient tout à l\u2019heure.Allons, senora, une ! deux !.pan !.pan!.et en avant la quéte !.\u201d La jeune fille glissa promptement ses castagnettes dans la poche de sa jupe, et de cette méme poche elle sortit une sébile d\u2019étain, assez semblable à culles que les caniches des aveugles tiennent si gaillardement à leur gueule.Ensuite, légère, pimpante, provoquante, elle se glissa entre les petites tables, à la façon des chanteuse des modernes cafés-concerts parisiens, sans prononcer une seule parole, et elle présenta suc- ceasivement sa sébile à chacun de ses auditeurs.Les réaux se mirent à pleuvoir drus comme grêle, et de loin en loin, des piastres s\u2019y mélèreut, opulente offrande de quelques joueurs favorisés par une heureuse veine.L'œil vitreux du borgne suivait à distance cette ample récolte et roulait dans son orbite avec des rayonnements prodigieux.La baladine n'avait encore exploré que la moitié du cercle, et déjà la sébile était remplie jusqu'aux bords.Elle revint auprès de son compagnon qui tendit son vaste et profond sombrero dans lequel roula bruyamment la pluie métallique.\u201c Ah ! caramba ! ! murmurs le borgne d'un air radieux, tandis que la jeune fille recommençait sa tournée, caramba !.caramba !.\u201d Le jeune Français se tenait toujours debout à côté de la table ou plutôt du comptoir sur lequel le croupier achevait sa banque interrompue et enveloppait de papier les piles de larges vnces d'or.Au moment où la baladine s\u2019approcha, l\u2019une de ces piles était encore à découvert et le croupier se disposait à l'empaqueter comme les autre.Le Français prit du bout des doigts trois des pièces éblouissantes et les laissa tomber dans la sébile.La jeune filie, étonnée de cette générosité inat- LE MONDE ILLUSTRE tendue eb qui dépassait tellement les bornes des largesses habituelles, regarda fixement le Français pendant quelques secondes, elle inclina doucement a tôte en souriant avec une expression enivrante, uis, par un geste brusque et charmant, elle saisit a main qui venait de se montrer si libérale envers elle, et, sur cette main, elle appuys ses lèvres.Le Français n\u2019était point encore revenu de sa surprise, et, disons-le, de son éblouissement, que déjà la baladine avait fait quelques pas en continuant sa ronde, et qu'elle se trouvait en présence d'un personnage de mine un peu plus suspecte dont les sourcils s'étaient froncés au moment où la jeune fille baisait la main du Français.Ce personnage, de haute taille et d\u2019une maigreur qui faisait ressembler son corps à une préparation ostéologique, paraissait laid, même à côté de l'invraisemblable lsideur da musicien borgne.Sous lea rebords à demi brisés d\u2019un vieux chapeau lampion enfoncé sur l'oreille droite et penché en avant jusque vers les sourcils, on voyait étinceler des yeux caves qui semblaient, dans la pénombre, phosphorescents comme ceux d'un chat.La tite était petite, avec de grands traits anguleux et un menton réalisant le problème d\u2019être tout à la fois pointu et carré.Deux longues moustaches noires, semllables à celles que por taient messieurs les gardes françaises, moustaches soigneusement astiquées et retroussées en crocs, donnaient à cette basse et vilaine figure un aspect qne ne démentait puint un ajustement presque militaire qui devait paraître bien lourd sous le climat étouflant de la Havane.L'habit de drap rouge offrait des vestiges de galons d'or faux, noirci et terni.La culotte était d'un drap jadis blanc, et de longues guêtres noires venaient la rejoindre un peu au-dessus du genou.Une rapière plus monumentale encore que celle du musicien caressait les mollets de l'homme aux moustaches, où plutô: la place où ces mollets auraient dû se trouver.La baladine, nous l\u2019avons dit, s'arrêta en face de l'individu presqu'effrayant que nous venons de décrire et lui présenta sa sébile.\u201c Eh ! la fauvette, dit-il en saisissant la jeune fille par le poignet, j'ai quelque chose de mieux qu'une aumône à te proposer.\u2014 Quoi donc ?demanda la quêtense sans mani- feater la moindre inquiétude et saus chercher à se dégager.\u2014Un marché.\u2014 Lequel ?\u2014Tu viens de baiser la main qui t'avait donné trois uncez / \u2014Oui.Après ! \u2014Fh bien ! moi, je t'ollre cent pinstres pour un baiser sur ma joue.\u201d La baladine secoua la tête.\u201c Tu refuses s\u2019écria l\u2019homme à l\u2019habit rouge.\u2014Oui.\u2014 Peut-être crois-tu que je n'ai pas cent piastres à te donner ?.Tiens, regarde.Je suis riche,.\u201d Il tira de sa poche une longue bourse de soie.À travers les mailles on vit étinceler lea onces mexicaines et les quadruples espagools.« Et maintenant, ajouta-t-il, veux-tu ! \u2014Non.\u2014Pourquoi ?\u2014Parce que je ne vends pas mes baisers.\u2014Si tu ne les vends pas, tu les donnes ! \u2014 C'est possible, mais que vous importe ?\u2014-11 m'importe beaucoup, car je vais avoir pour rien ce dunt tu ne veux pas recevoir le prix.\u201d Et le hideux personnage allonges ses bras gi- ganteaque pour saisir la baladine et pour l'embrasser de force.La jeune fille se jeta violemment en arrière, afin d'éviter la hideuse étreinte.Duns son mouvement de recul elle licha sa sébile dont le contenu roula sur le plancher et disparut sous les tables.En méme temps, elle cris : \u201c A l\u2019aide, mon frère !.défende-moi.\u201d Le géant répondit à cet appel par un ricane- went, et souleva la baladine malgré ses efforts désespérés.1 cave 111 L'HOMME A L'HAUIT ROUGE L'homme à l'habit rouge avait saisi la baladine par la taille, et, sans se préoccuper de sa résistance, au risque méme de briser les bras charmants qu'elle archoutait contre sa poitrine pour se dégager, il 1a rapprochait de plus en plus de son visage.La galerie trépignait d\u2019aise et rinit aux éclats de cette lutte dont le résultat était prévu d'avance.Il devenait évident que, quelques secondes plus tôt ou quelques secondes plus tard, la figure vs- seuse et moustachue du bandit toucherait le divin et pâle visage de la pauvre fille, qui répétait d'une voix supliante : \u201c A l'aide, mon frère !.viens à mon aide.\u201d Mais en ce moment le musicien borgne avait tout autre chose à faire qu'à venir au secours de sa sœur dont le péril, sans doute, ne lui paraissait pas bien sérieux.Il s'était jeté À yuatre pattes sur le plancher (qu\u2019on me passe cette expression vulgaire mais expressive) et il s'occupait avec zèle et assiduité à ramagser les réaux et les piastres épars sous les guéridons et sous les escabeaux.1! se préoccupait surtout de retrouver les trois onces d\u2019or données par le I'rancais et qui se dérobaient obstinément À toutes ses recherches.\u201c Ah ! caramba ! murmarait-il d\u2019un ton piteux en explorant les coins et les recoins de la vaste salle, caramba ! seraient elles décidément égarées ! oh ! malheur ! quelle sotte fille que cette Carmen ! Refuser d'un seul coup cent piastres sonnantes et perdre trois onces d\u2019or ! sans compter les réaux | ah ! caramba ! \u201d La baladine, que désormais nous appeilerons Carmen, puisque nous savons maintenant qu\u2019elle se nommait ainsi, était & demi vaincue.Ses joues veloutées comme les pétales des belles fleurs des tropiques allaient subir l\u2019odieux contact des lèvres du géant, et ce dernier, riant d'un rire de faune, s'apprétait à soulever le voile qui cachait en partie le visage de sa victime.\u201c Que ceci vous serve de leçon, la fauvette ! s\u2019écria-t-il, ce qu\u2019on ne veut ni me vendre ni me donner, je le prends !.\u2026.\u2014 l'as toujours ! répondit une voix brève et que la colère faisait trembler ; la voix du Français, qui, poussé par une force irrésistible, venait de s'avancer jusqu'auprès du bandit et du bout de son doizt lui touchait l'épaule.\u201d Le géant tressaillit, et, laissant tomber un regard dédaigneux sur son adversaire, qu'il dominait de toute la tête, il demanda : * Qu'est-ce À dire ?-Senor, reprit le Français, celui-là est un lache qui n'a pas honte de violenter une femme, que ceci vous serve de leçon, ainsi que vous le désirez vous- même à l'instant ! lächez cette jeune fille : \u2014-Un ordre |! Dieu me damne ! Je crois que c\u2019est un ordre ! \u2014Positivement.- -Savez-vous bien À qui vous parlez : \u2014Je sais que je parle à un drôle que je vais châtier avant une minute s'il ne m'obéit pas à l'instant .\u2014Je suis don Ramirez Mazatlan, colonel dans l'armée mexicaine \u2018 \u2014 Quand vous seriez le diable, je vous ordonne de lâcher cette jeune fille.\u2014Et si je refuse Ÿ \u2014Je vous passerai mon épée au travers du corps, tout simplement.Vous voyez que je suis pour les mesures énergiques.\u201d Tout en parlant le Français avait tiré du fourreau sa petite épée damasquinée à poignée de vermeil.A la vue de cette arme de parade, coquette, mais inoffensive en apparance, le géant Ramirez eut un accès de rire éclatant.« Jeune homme, dit il ensuite avec une exprea- sion souverainement méprisante, rengainez cette aiguille à tricoter et souvenez-vous qu\u2019un colonel mexicain ne ferait de vous qu'une bouchée !.\u2014\u2014Prenez garde à vous, senor colonel !.l'aiguille à tricoter est pointue, et, quoique vous 1 { | LE MONDE ILLUSTRE 849 soyez un maigre gibier, elle ne déduignera pas de vous embrocher ! pour la troisième fois je vous ordonne de lâcher cette jeune fille, et, foi de gentilhomme français, je ne répéterai plus ! \u201d Ramirez ricana au lieu de répondre.Le Français reprit : « Une fois !.deux fois !.trois fois !.Vous ne voulez pas ?.non t.bon ?.La petite épée fouetta l'air en aifllant, fit dans le plastron de l\u2019habit rouge une étroite bouton- pidrs, non prévue par le tailleur, et mordit légè- roment de sa pointe acérée la poitrine décharnée et velue du prétendu colonel.Ce dernier poussa un cri aigu, accompagné d\u2019un épouvantable blag phème ; il lâcha brusquement Carmen et il dégaina sa formidable rapière en hurlant de toutes les forces de sa voix rauque et caverneuse : \u201c Recommance ton âme au diable, je te le con seille, car tu es un homme mort !.\u2014Permettez-moi d'en douter jusqu\u2019à preuve contraire, senor Ramirez Mazatlan, colonel mexicain.\u2026.\u201d répliqua le Français d\u2019un ton railleur en ge mettant en garde.Carmen échappant à l'étreinte du géant, retomln parfaitement d'aplomb sur la pointe de scs petits pieds À la vue de ses armes prêtes à so croiser elle ne put retenir an cri de terreur, et ne se souvenant sans doute pas qu\u2019elle était l'unique causedu combat qui s'engageait, ou peut-être au contraire s'en souvenant trop et craignant que la victoire ne restÂt À la plus longae épée, elle sortit précipitammient de la salle, de la maison et du jardin, sans que personne ne songrât à ln suivre, excepté son frère, qui venait enfin de retrouver les trois onces d'or dont la perte lui causait une douleur si vive, L'enthousiaame et la curiosité des spectateurs ne connaissaient plus de bornes depuis que les deux épées nues se trouvaient en présence.Un intermède sanglant et gratuit, succédant aux chants et aux danses de la baladine, quelle que de plaisirs ans une seule soirée ! Personne, j'ose l'aflirmer, ne songeait aux cartes du mente ot aux numéros de la ut.ria et ne donnait un regret aux parties interrompues.On ne se contentait plus de former un cercle autour du Moxicain et du Français, on montait sur les chaises et même sur lea guéridons afin de mieux jouir du spectacle.Les croupiers vensient d'enfermer dans de so- lidea tiroirs leurs piles d'argent et d'or et rien ne devait les distraire des péripéties du duel imminent.Don Ramirez, ça voyant le Français tomber en garde avec une agilité et une précision qui dénotait un maître en fait d'armes, fit un pas en arrière et ses yeux clignotants et phosphorescents exprimèrent l'indécision et l\u2019inquiétude, mais un regard jeté sur sa colichemard» et sur l'aiguille à tricoter de son adversaire le rassura complétement.Il agita au-dessus de sa tête, d\u2019un air de capi- tan, la lame demesurée de sa brette que maculaient en maint endroit de larges taches de rouille, et il dit tout en frappant dos appels réitérés avec le pied droit: \u2018* Approche, si tu l'oses !.\u2026.\u2014Je vous attends, senor colonel mexicain.répliqua le Français, \u2014-C\u2019est-à-dire que tu recules !.\u2014Non pas.j'avance, au contraire, et vous le voyez bien.\u201d En prononçant ces derniers mots le jeune homme, se courbant à demi, bondit en avant, passa comme un éclair sous la lame menaçante de la coclichemarde, et d\u2019un coup droit do sa petite épée il fit sauter un «les boutous décorés de l'habit rouge et pratiqua une nouvelle houtonnière, douloureuse quoique peu profonde, non pas dans l'étoffe, mais dans la chair.Eperdu de surprise et de frayeur, la Mexicain, dont l'arme gigantesque n'avait rencontré que le vide, voulut battre en retraite.11 rompit de deux ou trois pas, se huurta sur un guéridon placé derrière lui, perdit l'équilibre, roula sur lo sol tout À la ronverse, au milieu des éclats de rire frénétiques de l'assemblée, se releva, écumant de rage, et balbutia d\u2019une voix quo la fureur rendait à peine distincte : \u201cIl y a trahison !.le coup n'est pas loyal ! \u2014En quoi, s'il vous plait, sénor colonel ?demanda le Français qui n'avait pu se défendre de partager l'hilavité générale.\u2014Nous nous battons à l'épée et vous m'avez frappé comme on frappe avec un cuuteau |.\u2014Trouveriez-vous, par hasard, mon arme \u2018avantageuse ot voudriez vous l'échanger contre la vôtre 1.J'y consens de tout mon cœur.\u201d Les éclats de rir« redoublèrent.* Enfin, continua le Français, de quoi vous plai- gnez-vous 1.\u2014 L'espace me manque ici.Je ne suis point un pantin de carton, pour me battre dans une boîte.J'ai mes habitudes, l\u2019épée à lu main.j'aime à pouvoir rompre de quelques semelles.\u2014 Oui, je crois, en eflet, senor culonel, que vous rompez assez volontiera,., et vous venez de nous en donner la preuve en risquant à l'instant de vous rompre les reins, pour avoir trop rompu.\u2014Est ce une raillerie ?demanda Ramirez en grinçant les dents \u2014Elh ! won Dieu ! peut être bien.rien ne vous empêche de le prendre ainsi.\u2014Je me vengerai ! \u2014 Quand il vous plaira.\u2014A l'instant ! \u2014Soit, mais défiez-vous !.Si vous recommencez vos exercices de tout à l'heure, ce n\u2019est pas seulement au visage que vous serez atteint ! D'ailleurs pour vous prouver tout mon désir de vous être agréable, ju vous fais une proposition.\u2014FEt c'est?.\u2014 De passer au jardin pour y continuer cette conversation.LA, du moins, rien ne vous em péchers «le rompre tout à votre aise ! \u2014Moit *.Allons au jardin, et prenez garde à vous !.\u2014 Vous vous trompez, senor colonel, c'est à vous qu'il faut prendre garde.à vous qui, dans votre imprudente valeur, trouvez moyen de vous faire blerser à la fois par devant et par derrière !.\u201d On applandit ces paroles ironiques comme on avait applaudi le chant et la danse de lu baladine.Rainirez écumait.Les deux ndversaires gagnèrent le jardin, et tous les hôtes de la maison de jeu, sans exception, les suivirent ct so groupèrent sur les pelouses afin de ne perdre aucun «létail des péripéties du combat.Le Français et le Mexicain se plaçérent de nouveau en face l\u2019un de l\u2019autre sous un grand arbre dont les branches supportaiant des lanternes de papier peint.Une douce et faible lumière les éclairait saus les «blouir.Ramirez, à peine en garde, se mit à «décrire avec son épée le moulinet le plus bizarro et le plus terrible ; la rapière géante allait et venait avec une incroyable vélocité, fendant l\u2019air dans tous les gens en sitllant ainsi qu'une vipére.Le Mexicain espérait, grâce à cette mancwuvre et à la longueur «le son arme, atteindre son adversaire à distance, tout en l'empéchant de s'approcher.Muis il avait compté sana la science du Francais on fait d'escrime, et surtout sans sa prodigieuse agilité.Le jeune homme, souple et adroit comme un farfadet, évitait avec une extréme facilité la lourde mause de fer qui le cherchait sans cesse et ne le trouvnit jumais : i! était tantôt A gauche, tantôt à droite, tantôt en face, partout enfin où la colichemarde ne frappait pas.Par cette tactique il laissait Ramirez se fatiguer vainement, ce qui ne tarda guère, et lorsque les mouvements du long bras engourdi furent moins rapides, et plus saceadés, le Français plongea sous le fer pour la seconde fois, ainsi qu'il l'avait fait déjà dans la maison, et l'épée do parade sillonna la joue droite du géant mexicain.En sentant cette nouvelle blessure, qui n'offrait d'ailleurs pas plus de gravité que la première, le colonel perdit la tête et se crut perdu.Au lieu de se remettre en garde, il pirouetta sur ses talons et se rapprocha, par d'immenses enjambées, de la porte qui donnait dans la rue.Te Français le poursuivit en criant : \u201cVamos, cobard: ! ce qui veut dire en bon français : Allons dune.lâche!\u201d Lo Mexicain n\u2019en courut que plus vite, des applaudissements moqueurs et des huées retentis- saient sur tous les points du jardin ; le nègre Jupiter lui-même se pormettait de répéter à tue-tête : \u201c Vamos, cobarde / vamos /.\" : Au moment d'atteindre la porte, Ramirez sentit, tout près de ses reins, la pointe de la petite épée.La terreur l\u2019aveugla ; il ne sut plus distinguer l'issue si ardemment convoitée par lui.Ln petite épée touchait les basques de l'habit rouge ; une seconde d\u2019hésitation compromettait notablement les parties les plus charnus de la maigre personne du colonel.Ses jarreta «l'azier plidrent sous lui ; il prit son élan avec une vigueur surprenante que centuplait Veffroi ; d'un bond il franchit la haie vive qui clôturait le jardin, et il se trouva dans la rue déserte.Mais il était trop tard.La petite épée frémissante avait ouvert un large sillon, en un endroit que nous dev.ns nous avstenir de signaler.Don Ramirez Mazatlan, colonel mexicain, ve nait de conquérir une de ces b'essures dont les cicatrices ne sont pas précisément cles certificats d\u2019héroisme !.\u2026.Désormais il possédait le droit de dire, à peu près comme le marquis «le Mascarille dans les /\u2019ré- vieuses ridirules, en mettant la main sur les aiguillettes de son haut-dechausses : # Jo vais vous montrer la trace d'un furieux coup d'épée, qui m'aurait pu frapper au cœur.si je n'avais eu le dos tourné.\u201d Lorsque le colonel eut disparu dans les ténèbres par-dessus la clôture si vigoureusement franchie, les joueurs, rassemblés pour assister au combat dont !: burlesque dénoûment trompait cruellement leur attente, poussèrent une immense clameur pareille à celles qui s'élèvent «des les cirques «spa- gnols lorsque les tauraux épouvantés reculent dans l\u2019arène au lieu de se précipiter avec una rage furibonde eur les picadores à cheval ot la lance à la main.Cette unanime et multiple exclamation de colère et de mépris fut ri violente que les grandes chauves souris vampires qui frôlsient du lout de leurs ailes membreuses les lanternes suspendues aux arbres, s\u2019envolèrent \u201cpouvantées pour ne plus revenir de la nuit.À suivre LES GHANDES PARTIES DE JEUN Les parties de llaseball, le grand jeu national américain, en ce moment, battent leur plein aux Etats-Unis, le grand anglais, le Cricket.Kt il eat opportun de rap: peler les paroles d'un champion célèbre : M.Louis Rush, 49, Preston st., Détroit, Mich., KE.U.\\, dent: En lan- ant la balle, je me suis foulé un bras.Deux applications d'Huile Saint-Javob m'on guéri.\u201d Si vous voulez être prêt pour le lendemain, essayez-là.~~ RN Lee TOUN ET BRONCHITES On attache pas toujours assez d'importance aux refr oi dissements auxquels on peut étre sujet tous les jours à cette saison de l'année, |! arrive par conséquent qu\u2019on est à chaque instant en proie aux rhumes et aux bronchites.Ur.apris avoir eu le tort de se laisser refroidir de manivre à se rendre malade, il arrive trop souvent qu'tn ait le tort non moins grand de ne pas se soigner, s'exposaut par là à laisser s'uggraver le mal à tel point qu'il faille eu plus garder la maison et_ mème prendre le lit.Rien de plus facile que d'avoir raison de ces indispositions dus leur apparition.Il s\u2019agit simplement d\u2019employer le Vin à lu Créosote de Hètre du Dr Morin qui obtient partout des sucvès d'autant plus grands que ses effets sont plus bienfaifants.D\u201c MATHIEU & BERNIER CHIRURGIENS-DENTISTES Coin des rues Champ-de-Mars et Bonsecour Katraction de dents sans douleurs avec les procédés les plus perfectionnés.J.N.LAPRES PHOTOGRAPHE 208, RUE SAINT - DENIS, MONTREAL Ot-devant de la maison W, Notman & File.\u2014Pertraite de tous genres, ot au prix courant.Téléphone Bell, 7288, 50 0 850 Avis AUX Mires, \u2014Le * sirop calmant de Madame Winslow \" est employé depuis plus de 50 ans par des millions de m pour le dentition des enfants, et toujours avec un succès complet.It soulage le petit patient aussitôt, procure le sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u2018 s'épanouit comme un bouton de fleur.\u201d eat très agréable à prendre, il calme l'enfant, amollit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par la duntition ou autrement, Vingt-cinq cents la bouteille, EMILE TRUDEL.EMILE DEMERS.LIBRAIRIE NOUVELLE TRUDEL & DEMERS 1611, RUE NOTRE - DAME Coin rue St-Gabriel Papeterie, Hvres d'écoles et de littérature articles de fantaisie, objets de piété.blanc, d'avocats.eto.Une visite est sollicités.ANNONCEURS Si vous désirez annoncer quelque chose en tout tempa écrivez à GEo.P.RoWELL & Co,, No, 10 Spruce St., New-YoRK.Toute personne ayant besoin d'information sur Ia meilleure manière d'annoncer ferait bien de se procurer une copie du Buo for Advertisers, 368 pages, envoyé franco sur réception d'une piastre.Ce livre contient une soigneuse compilation des meilleurs journaux et publications et uno foule d'informations sur les prix et autres choses qui touchent aux affaires d'annonce.\u2014 Adresse : RewR1.l'8 ADVELTISING Buræau, lu Spruce St, N.Y, CASTOR FLUID On éovrait soserrir les cheveux de sette piparetion à euse et rafraichie sante.tretient le scalpe on bonne santé, empêche les peaux mortes © excite la pousse Exocllent icle de toiletts puus, à Chevelure.Indispensable pour les familles.35 ote la bouteille HENRY R.GRAY, Ohimiste-pharmacien, 199 wna At.Taanrand C'est un remède certain et prompt por Quérir le Rhume de Lerveau dans toute FA \u2018soul NETTOIE SOULAGE, NETTOIE, GUÉRIT.\" QT bog, Ln a Plusieurs soidisaates maladies sont simplement des symp mes Ju Catarthe, tel ue | Mal de tête, surdité partielle, perte de l'odorat, mauvaive Balewe, crachats x, nausées sensation de débute, etc.Si vous êtes sujet À ces symptômes ou d'autres sem?tous les pharmaciens, ou envoyé, frais de poste payé sur réception du pos (Sots ou $1.00) en addressant FULFORD & CO., Brockville, Ont LE MONDE ILLUSTRE La seule maison du Canada ayant rapporté ponr ses chapeaux : une Mé- daile d'Or, Trois Premiers Prix et Dix Diplômes d'honneur aux Expositions de Montréal.SAS NES CRANDE OUVERTURE DES MODES Et exposition des chapeaux d'automne pour dames Rien n'a été épargné pour augmenter encore la popularité que nous nous sommes acquise depuis plus de 12 ans et nos importations actuelles sont de la plus grande Richesse.Nous possédons les créations les plus récentes des premières modistes de Paris, Londres et New-York, tel que : Chapeaux Léa, Malvina, Divonne, Elvire,Giieile, Mercure, Dora, Rosita, Cliane, Stéphanie, Sibylle, qui sont très portés à Paris.Nous avons en outre un assortiment considérable de Plumes, Oiseaux, Rubans eb Ornements, qui seront vendus à des prix modérés.EGALEMENT OUVERTURE DE NOS DEPARTEMENTS DE MANTEAUX ET DE FOURRURES Plus de 700 Jaquettes et Manteaux Lonzys seront exposés, Le tout des dernières modes et importé directement de I'aris et de Londres, à des prix tellement bas que nous ne craiguons aucune concurrence.Le Département des l\u2019ourrures sera, Comme chaque année, abondamment pourvu de Sesl, Mouton de Perse, l'astor, loutre, ()possum, Nutria, Heaver, Mouton gris, Greenland Seal, Baltic Seal, Vison, Rat Musqué, ote.nous permettant «le faire face à toutes les demandes.Quant aux prix nous n'en parlerons pas, tous nos clients savent parfaitement que nous vendons jusqu'à 50 pour cent meilleur marché qu'ailleurs, au grand désespoir de nos concurrents, l\u2019rofitez-en.- BOISSEAU FRERES\u201d 235 et 237, Rue Saint-Laurent ACIFIQUE CANADIEN Commescast Lesor, 22 Juin Is BERND KING & PATERSON - 662, RUE CRAIG - > = ° \u201cMeubles ! 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PRIX DE 1.30 Du 5 PRIX DE 25,000 PRIX DE ne ,000 DR V.PERRAULT (so0phix br 69,000 500 PRIX DE 100,000 Cee sovons, qui guérissent toutes les Mala- 100 PRIX DE Rue 50.000 dies de la u sont aujourd'hui d'un usage 100 PRIX DK 8500 son prete \u2018 général.Des cas nombreux de demangeai- 100 PRIX 300 sont.\u2026.\u2026.30,000 sons, dartres, hémorroides, eto.réputés in- DE 200 sont, aonveneucaus 20,000 currables, ont été radicalement guéris par PRIX TERMINAUX l'usage de ces sauons.90 PRIX DE $iñ0eont.\u2026.9.000 NUMKROS ET USAGES DKS SAVONA 99 PRIX DE 100 sont\u2026.\u2026.- 99,900 Savon No 1\u2014Pour démangeaisons de toutes 3,134 prix se montant à.su §1,084,80 so Savon No 5\u2014Pour toutes sortes de dartres PRIX DES BILLETS : ; Savons No 8\u2014Contre les taches de rousse et Billets complets, $20 ; Demis, $10 :Quarts, 85.e masque.Dixièmes $2 ; Vingtième $1.Savon No Ii - Surnommé à juste titre savon }rix des clube, 65 billots d'une $1 pour 950 de beauté, rert à embellir la beau et dunner Taux laux D 1 ts.Agents de- un beau teint la figure.Ia.C 1 mandes partonre oo Agente.Agente ce von No 17\u2014Contre la gala.Cette maladie essentiellement contesrioune disparait on quel- raMFONTANTRavoyes tout argent pas q Savon à» 18 Cr pour les Pemorroidea Ce maine de Sn plastr on pour lesquelles ous \" i * \u201c| pa us als,e 8 payon Pabioe.ot ota ans los omciros los plus admi- B08 iy Hx proasd + BILLKTS of LIBTES rablee, et cola duns lescas lusc ma savo 8 sont ge vente chez tous 108 phAF DKS PRIX envoyé \"os correspondants.ens.Kx : du prix (35 cents).par la poate sur réception PAUL CINRAD, ax\", \u201cTE ions, nt Kustache.P.\u2014 ustache.Donnes l'adresse compléte ot faites 1a signa turelisible Le oongrès ayant dernièrement adopté une loi rohibant l'emploi de la malle à TOUTES les Loteries, nous nous servons des Compagnies d'Express pour répondre à nos correspondants et pour envoyer les listes de prix, jusqu\u2019à ce que les tribuneaux aient décidé la Fusion de NOS DROI'T8 COMME INSTI- Los autorités postales.cependant, continue autor postales, cependant, continueront à délivrer toutes les lettres ORDI- NAIRKS adressées à Paul Conrad, mais non les lettres, CHARGKKS à lui adrensées, N'oubliez pas que la charte actuelle dela Loterie de l'Ktat de la Louisiane qui forme partie de 1a const!tution de l'Etat de la Louisiane et guia été déclarée par la Cour Su- reme des E.-U.un contrat avec l'Ktat de a Louisianeet une partie de la sonstitution de cet Ktat, n'expire que lo premier janvier 1885.La législature de l'Etat de la Louisiane, qui s'est ajournéo le 10 de juillet cette année, a ordorné qu'un amendement à la constitution de I'Ktat soit soumis au peuple.à une élection qui aura lieu en 1803, amendement THIS £ may as ie a8 Geo.2 destiné à prolonger la charte de la Compa gnie dela Loterie l\u2019Btat de 1a Loui: Trerteg Dues (A prpee Sane jusn'es Tass mil mont seat div: \\ A pamphlet of Information and ab- \\atract of the laws, showing How to, à Outain Patents, Caveats, Trade.Marks, Copyrights, sent free.Addrem MUNN & CO, 361 Broadway, _ New York, ia "]
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