Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 31 octobre 1891
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le Monde illustré, 1891-10-31, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS : 8us ANNEE, No 391\u2014SAMEDI, 31 OCTOBRE 1891 | ANNONCES: Onan, 83.00 - - - Six mous.#1.ol La ligne, par insertion - - - - = 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - Boents Vendu dans les dépôts - - 5 cents Ja copie | ls\" BUREAUX, 40, PLACE id ACQUES-CARTIER, MONTREAL.Tarif spécial pour annonees à long terme - \u2014 \u20ac sn $ A « Ww \\ hs ng 3 ak Co A\u201d Mh ¢ = pA ; P | iv 4 ON 7 I à i | i BELGIQUE.LE SUICIDE DU GÉNÉRAL ROULANGER DANS LK CIMETIÈRE D'INELLES pu Jucroot Llustre) 418 LE MONDE ILLUSTRE re LE MONDE ILLUSTRE , MONTREAL, 31 OCTUBRE 1891 SOMMAIRE TEXTE.\u2014Causerie, par Benjemin Sulte.\u2014 Nouvelles dé- couver es dans le ciel, par Camille Flammarion.\u2014 Poésie : Montre-nous ton frais visage, par J.W Poitras.\u2014 Une page d'histoire, par Mathias Filion.\u2014 Ua peu de mode (avec gravures), La science récréative (avec gravure).\u2014 l'esprit des autres.\u2014 l\u2019oésie : Rimes d'automne, par E.-4.\u2018Ma sicotte.\u2014Chez nos ainés, par Rémi Tremblay.\u2014 Bibliographie, par Jules Saint-Flme \u2014Le suicide du géné-al Boulanger.\u2014 Le noyau \u2014 Feuilletons : Un amour sous les frimas (suite), par Louis Tesson.\u2014Carmen (suite), \u2014Jeux d\u2019esprit, Problémes d\u2019échecs et de Dames.Grav ORES.\u2014Le suicide du général Boulanger dans le cimetière d'Ixelles, \u2014(iravures de mode, \u2014Hotel où demeurait le général Boulanger, à Bruxelles.; L'exposition du corps du général dans la chambre mortuaire.\u2014 Beaux-Arts : Dans le boudoir, Primes Mensueues où Mowe luuosmae lre Prime - .$50 2me \u201c 14\u20ac 25 3me \u201c 4442 15 me\u201c Ce 10 Sme \u201c eee, 5 éme \u201c Ce 4 Tme \u201c LL 4 3 8me \u201c 410 2 86 Primes, 21 .8 94 Primes $200 Le tirage te fait chaque mois, dans uns salle ublique, par trois pereounes choisies par assemblée.Aucune prme ne sera payée apres les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois, \u2019 AVIS M.Léon de Poltorazky n'est plus l'agent voya- ur du Mospe ILLusrré \u2014Ce Monsieur vient de s'établir À Quebec comme marchand de journaux, ete.NOS PRIMES QUATRE-VINGT ONZIEME TIRAGR Le quatre viogb onzidme tirage des primes mensuelles du MoNDE ILLUSTRE (numéros datés du mois d'OŒCTOBRE), aura lieu samedi, le 7 NO VEMBARE, à 8 heures du soir, dans la salle de I'UNION ST-JOSEPH, coin des rues Sainte- Catherine et Sainte-Elizabeth.Le public est instamment invitéà y assister.Entrée libre CAUSERIE TROIS TYPES ORIGINAUX Qu'ai-je là, devant les yeux 9 Mes masses de notes sur tne seule tamille, de quoi écrire une brochure, mais nous allons nous contenter de trois petites colonne«\u2014et ce sera plus «iffi-ile à faire que de naviguer grand la gue au milieu de toutes ces paperasses.L'ana'yse de tant et tant de lignes demande un soin, une attention, un tour de main particulier, et si l'on ne réussit pas on tombe dans le grand sérieux qui fait bailler eb qui chasse l'abonnement.C'est assez!trembler de peur.Commençons.+ + * Un officier suisse\u2014côté protestant, de langue française\u2014était au service de la Hollande, vers l'année 1730 ; il se nommait Uugy et daneurait à La Haye.Cest là que naquit son fils aîné Conrad, lequel après avoir étudié le génie militaire, entra dans l\u2019armée anglaise, arriva devant Québec en 1759 avec le 60e régiment, et s'attacha au colonel Haldimand, suisse, de langue française comme lui.En 1764, Haldimand devenant gouverneur du district des Trois-Rivières, le nomma son secrétaire.C'est alors qu'il vendit sa commission de lieutenant et acheta la seigneurie de Ma- chicha où il alla bientôt résider.Ses allures franches et ouvertes, ea démarche enlevée, sa belle stature, sa familiarité avec l\u2019habitant, son esprit de progrès, son habileté À amasser de l\u2019argent, l'expression toujours prompte de ce qu'il pensait, firent de lui l'on des types de son temps.On disait * Gugy \u201d et cela sutli-ait.Len ennemis ne lui manquaient pas.mais il aimait la lutte, étant beau joueur aux chances da la vie.Battu, bat\u2018ant.c'était partout le mê:ne Gugy L'été de 1775, comme la tempête américaine menaçait de nous envahir, le général Carleton forma un conseil égislatif, pour rassurer les Canadiens qui ne voyaient pas d\u2019un bon œil le gouvernement absolu.Gugy re trouva du nombre des appelés.Il valait certainement autant et même plus que la moitié de ses nouveaux cullègues ; c'est bien ce que les Américains lui firent comprendre, durant l'hiver de 1775-76, lorsqu'il s\u2019amusèrent À piller sa maison de Machiche.Réfugié aux Trois-Rivières, puis aux forges Saint- Maurice, notre homme tira parti de sa situation en étadiant les Forges\u2014qu'il achets en 1783.Conrad n'étnit pas anglais dans le sens administratif du mot ; il ne voulait pas reproduire ici les manières d'agir de la Grande Bretagne, mais la Suisse est un pays de forme démocratique, ls jary, dans les affaires légales, lui va parfaitement et comme l\u2019Angleterre et la Suis:e ne différaient que peu où point sous ce rapport, il crut bien faire en travaillant à établir en Canada l'institution des jurés Quelle catastrophe pour l\u2019auteur ! Sitôt que la mesure devint loi, les habitants prirent Gugy en grippe ; ils ne parlaient ne de sa \u201c machine anglaise, sa boingre d'invention, qui allait interboli- ser tout le monde \u201d, car ila n'aimaieut pas à être dérangés par les cours de justice autrement qu\u2019à titre de demandeurs ou de défandeurs \u2014miais cela, par exemple, l-ur plaisait hraucoup ! Il arriva que monsieur Twirs, marchand de bois rond ou carré, voulut faire descendre des troncs d'arbres sur la grande rivière Machiche, et, se trouvant gêné par une chaursée de moulin, il invoqua la scienca de Conrad Grgy.Simple aflaire de couper la chaussée, da passer les billots, de refermer la brêche et d'en payer les frais.Tous et un chacun étant d'accord, l'opération eut lieu avec succès.Twiss se noya le lendemain, et Gugy reçut la note des travailleurs qu'il avait employés ! Premier procès par jury.en Canada ! L'intimé, auteur de la loi ! Les jurés, ennemis intimes de cette loi ?Voyez-vous le verdict ?Condamné ! par son jury ! Le sang monte au cerveau, on ôte sa cravate, on se jette sur un canapé et l\u2019on meurt.C'est comme cela que le pauvre Gugy Lattit en retraite\u2014en sortant du monde\u2014mort le 10 avril 1786, inhumé à Montréal le 12 du même muis, Que les romanciers n'oublient pas cet épisode.+ + * Barthélemi était le frère cadet de Conrad.II servait dans la garde suisse de Louis XVT, régiment de Schomberg, ou les Grisons.En 1790, à pru près, ne voulant pas prêter le serment À la Constitution que lai imposait l\u2019Assemblés Nationals, il dit & ses hommes : -Décidez-vous ; moi je refuse, Le méme refus ¢\u2019exprima dans tous les range.-\u2014Armes en faisceaux ! Les fusils se groupent par trois sur le champ de parade, \u2014Brisez les ranga ! Nous n'avons plus rien à faire ici.Et les (irisons entourent leur capitaine, qui leur dit simplement : - En marche ! route de Suisse.Retournons chez nous.Abandonnez vos armes.Parvenu À Ja frontière, Gugy offre son cheval en vante pour se procurer l'argent nécessaire à un voyage qu'il médite Un indisidu lui achète l\u2019animal.Au moment de la recevoir somme déter minée, il lui semble reconnaître une physionomie, et pose cette question : -\u2014C'est vous, n'est-ce pas, qui vous teniez à lu portière du carosse du roi au retour de Versailles ?\u2014Saus doute ! vous avez bonne mémoire.Gugy retire un pistolet de ses fontes, cassa la tête à run cheval et regardant l'homme tout étonne qui ne comprend rien à une pareille action : \u2014Tu n'auras pas ma monture ! Sur ces mots, 11 part À pied, sans sou ni maille, pour traverser l'Allemagne et se rendre à La Haye.Dans la capitale de la Hollande il reçut des lettres du Canada lui apprenant la mort récente de son frère Conrad et l\u2019héritaga qui s'en suivait voilà comment il parut aux Trois-Rivitres quelque temps après.Il emmenait, ou fit venir, son fils Louis, qui d vint shérif des Trois Rivières et qui fut le père (le Barthélemi-Conrad-Auguste Gugy, né aux Trois- Rivières en 1790, décédé à Beauport en 1874.Celui çi était un type rare, un original, un excentrique, un homme de talent, un brouillon, un it commode, à l\u2019instar de tous les sirns.Nous I'avons assez connu pour avoir peur «l\u2019aborder ea biographie.Rien que dane les brochures oi il rn conte ses affaires de famille, il y à vingt romans.Avocat durant un demi-riècle, militaire par çi par là député au parlement, mélé aux mille et mille troubles de son temps, Giogy était toujours vi-ib'e à l'horizon, s\u2019agitant, parlant, écrivant, galoppant et tapsgrant.Sa taille fantastique, res allure dégourdien, 8a voix retentissante sont encore touts fraîches à mon souvenir.Tl ne faisait rien comme un autre.Un jour qu\u2019! plaidait, aux Trois-Rivières, devant les magistrat, il se permit des frasques à sa mode.Le gretlier lisait une déclaration et prononçait ces mots \u201c ayant confié ma cause à MP A BC Guuy.- D'ua bond, Gigy fut près du gretli-r et, l'apostrophant avsc un «ete comique et un débit de paroles étourdissant, il s\u2019écria : \u2014A.B.C.Gugy! moa nom est Barthelemi.Conrad-Augaste ! Abais-or Gugy ! venez y, pour voir ! Je l'ai vu, à l'âge de soixante et douze ans, par tir à pied, par les vases et les mauvais chemins «lu printemps, ayant à faire une route de trois lieuss.Quelqu'un lui fit observer qu'il entreprensit un p«u trop pour ses moyens.Gugy, tout en riant, plaça la pointe de sa botte sur le nez de son chu ritable awi et lui dit d'un ton gouailleur : -\u2014Avec ces jambes là ! je fersis cent lieues.Son corps et ann esprit étaient toute souples: Il avait une religion très élastique aussi.mis arrêtons-nous.Rien ne pèse tant que la reconnaissance, lor: qu\u2019on la doit à des ingrats.\u2014 M ANMONTEL.Malgré ce qu\u2019il lui doit de progrès, l\u2019homme sera toujours p'us nécessaire aux machines que les ma: chines à l'homme.\u2014 G.-M.VALTOUR.Quand j'entends dire du mal de mes amis, je tue garde de prendre vivement leur défense et de tenir tête au médisant : c\u2019est le moyen d\u2019irriter la vipere et d'en exalter le venin.\u2014Mmo GEOFFRIN.a NOUVELLES LECOUVERTES DANS LE CIEL (\u201cest pour nous ua grand honneur et un vif plaisir d'offrir aujourd'hui à nos lecteurs un article scientifique.spécialement écrit pour le Moxpg ILLUSTRE, sur une question tout à fait neuve et intéresssnte au plus haut point.Cet article nous & été adressé par le savant astronome français, M.Camille Fiammarion, sur la demande de notre collaborateur, M.Gi.À.Marsan.Oa se rappelle que, il n'y a pas bien longtemps, nous publiions une photographie de M.Flammarion avec une notice biographique.Par un échange de courtoisie, notre distingué correspondant veut bien nous mettre en mesure de le présenter lui-même à nos lecteurs ; car il ne faut int oublier que \u2018\u2018 le atyle c'est l'homme.\u201d Au nom de tous, nous lui disons merci.La RepacTION, La science vient encore de faire l'une de ces découvertes inattendues qui reculent tout d'un coup à une distance prodigieuse l'horizon de notre savoir.Et quelle étrange conquête.T1 s\u2019agit d'astres que l'on a jamais vas, que l\u2019on ne voit pas davantage aujourd'hui, et que, selon toute probabilité, on ne verra jamais ! C'est là, nul ne le contestera, une découverte assurément bizarre : constater l'existence, mesurer, peser et même analyser chimiquement, des astres condamnés pour nous à une éternelle invisibilité.Et en même temps, la même méthode Fobser- vation détermine leurs mouvements, non moins invisibles, mouvements qui s\u2019effrctuent juste dans le sens de notre rayon visuel, soit que l'étoile s'ap proche de nous, soit quelle s'éloigne, mais qui ne se traduisent par aucun déplacement de l\u2019étoile sur la sphère céleste.En vérité, chacun de ces pau gigantesques de la science mu ierne transforme nos perspectives et agrandit démésurément la sphère de nos conceptions.Sans doute, ce n\u2019est pas aujourd'hui encore que les ingénieurs du ciel lanceront le pont destiné à nous mettre en communication avec les autres mondes ; mais les idées éclosent vite au soleil de notre sciècle, et j'avoue pour mon humble part que je suis très fier d\u2019avoir été la cause indirecte d'un accroissement de cent mille france dans le capital de l\u2019Institut destiné aux encouragements scientifiques.L'inconnu d'hier est souvent la réalité de demain.La vénérable dame de Pau, madame Guzman, peut dormir en paix : elle est sortie de la vulgaire banalité, et sun nom sera lié au progrès de la plus belle des sciences.Mais quels sont ces astres invisibles nouvelle ment découverts | 1 * + + Levez les yeux au ciel, et cherchez, parmi les constellations qui planent dans les hauteurs éthérées, celle du Cocher dans le prolongement des trois belles étoiles d'Andromède.Vous remarquerez deux étoiles fort brillantes rappelant l'aspect des Gémeaux Usstor et Pollux, mais moins égales, l'une des deux étant très éclatante.Celieci a reçu pour désignation la première lettre de l\u2019alphabet grec, Alpha ; la seconde est désignée sous Ja deuxième lettre, Bêta C'est celle ci qui vient de faire l'objet d'une de ces découvertes inattendues.Len Arabes appellent cette étoile Menkalinan ; mais le nom ne fait rien à l'affaire.Aux Etats Unie, où l'astronomie est benucoup plus répandue qu\u2019en Europe, et, du reste, beaucoup mieux encouragée, des observatoires particuliers nombreux sont élevés à la gloire d\u2019Uranie, et presque tous, magnifiquement inetallés, munis de tous les éléments nécessaires aux recherches nouvelles.Les femmes ne sont pas restées étrangères à ce mouvement et la science contemporaine leur doit une partie de ses progrès.Elles ont souvent un amour profond pour tout ce qui cst noble, pour tout ce qui est grand, cout ce qui est beau, restent plus idéales, et ne se laissent pas envahir par le mercantilisme grossier qui écrase et aplatit tant d'intelligences masculines ; clles s'élèvent plus haut, voient plus loin, vivent dans un monde supérieur, protègeat les sciences ou s\u2019y consacrent LE MONDE ILLUSTRE elles mêmes.Et puis leurs yeux sont souvent meilleurs que les nôtres pour certaines observations.Déjà en France, M.Bouquet de la Grye, à l\u2019Institut, avait obtenu d'excellents résultats en formant un burcau de jeunes filles destiné à la mesure attentive et subtile de toutes les photographies du passage de Vénus.Aux Etat-U nis, ce qui n'est qu'exceptionnel en Europe est presque la règle aujourd hui.Eh Lien, c\u2019est précisément une femme, une jeune fille, Miss Maury, qui vient de faire la découverte dont nous parlonsici.À l'Observatoire de Harvard College, on prend régulièrement la photographie des spectres des étoiles : on reçoit l'image de l\u2019étoile sur un prisme ; en traversant le prisme, la lumière de l'étoile s'étale en forme de petit ruban coloré ; c'est ce petit ruban que l'on photographie.Ue spectre photographié ae montre rayé de lignes transversales qui indiquent la constitution chimique de l'étoile.Or, en examinant ces raies avec l'attention délicate que les femmes ee plaisent souvent à apporter aux moindres détails, Miss Maury s'est aperçue que certaines raies étaient doubles ; et que les dédoublementa se montraient tantôt dans un sens et tantôt dans l\u2019autre.Quelle est la cause de ces aspects inattendus ! La théorie l'indique.Et en voici l'explication.* +* * L'étoile dont le spectre offre ainsi des raies parfois dédoublées est composée de deux astres, de deux soleils, très proches l\u2019un de l\u2019autre, si proches, en fait, que les plua puissants télescopes du monde seraient incapables de les séparer.Ces deux soleils conjugués touruent l\u2019un autour de l'autre dans le plan de notre rayon vieuel.De ces deux astres, l\u2019un peut être obscur d'ailleurs, ou à peu près éteint : mais le résultat du mouvement est que dans une moitié de la période de révolution, le soleil principal s'éloigne de nous, tandis que pendant l'autre moitié, il s'approche.Dans le premier cas, les lignes de son spectre s'écartent vers la gauche, vers Pextrémité rouge du ruban : dans le second cas, elles s\u2019écartent vers la droite, vers l'extrémité violette.Il arrive là pour la lumière, ce qui arrive pour le son dans une source sonore en mouvement.Tout voyageur a pu observer que lorsque sur une lixne de chemin de fer un train plus ou moins rapide vient croiser celui dans lequel nous sommes, le sif tlet devient très aigu au moment de la rencontre et redescend ensuite.C'est parce que, lorsque les deux trains s'approchent l\u2019un de l'autre, les ondes sonores sont raccourcies, tandis que lorsqu'ils a\u2019é- loinent elles sont allongées.La lumière se transmet également par ondulations.Lorsqu'une étoile s'éloigne de nous, les ondes lumineuses que nous en recevons s'allongent, leur nombre reçu par seconde est moins grand, et son spectre paraît s\u2019écarter du côté du rouge.C'est le contraire si l'étoile s'approche.S1 dunc on compare attentivement les raies du spectre d'une étoile à celles d\u2019une source lumineuse artificielle fixe, comme par exemple une lumière électrique, la différence observée dans la position de ces raies indique si l'étoile s'éloigne de nous ou si elle s'approche.Cotte méthode ingénieuse, dis A deux éminents phyriciens, Dappler, en Autriche, et l\u2018izenu, en France, a déjà donné de surprenants réaultata, Elle a montré, entr'autrea, que certaines étoiles qui paraiseent immobiles dans l'immensité des cieux sont lancées dans cette immensité avec des vitesses prodigieuses de cent, deux cent, trois cent mille mètres par seconde.Elle a montré, surtout, que certaines étoiles, qui nous paraissent simples, sont doublus, accompagnées d'un astre invisible, mystérieux compagnon qui régit leur destinée, perdu dans leur rayonnement, inaccessible aux plus puissants télescopes, mais que la spectrophotographie vient aujourd'hui saisir dans un nouveau genre de filets.Cette étoile Menkalinan, qui brille non loin de ja blanche Capella, est associée À un astre invisible.(es deux astres conjugués tournent l\u2019un autour de l'autre avec une vitesse inouie : 240 kilomètres par seconde, et cette révolution s'effectue 419 rt en quatre jours.L'orbite parcourue mesure treize millions de kilomètres de rayon.Ce soleil double, 6 par cette vitesse est huit cent mille fois plas ourd que la terre.Sa distance est de quatre millions de fois celle du soleil, soit de 11x mille milliards de licues.Pour dédoubler cette étoile, il faudrait une lunette de trente mètres d'ouverture, ou de six cents mètres de longueur.Tout est fantastique dans ces résultats : la découverte d\u2019un astre qu'il est impossible de voir, la mesure de sa vitesse inimaginable do 240,000 mètres par seconde, le calcul de son poids, et, ajouterai-je encore, par dessus tout, peut être le fait que pour nous venir de ce point du ciel le rayon lumineux dont l'analyse nous révèle ces réalités n'a pas mis moins de soixante et trois ans, c'est-à dire, esb parti de là en 1428.En regardant cette étoile, noua sommes en retard desoixante- trois ans sur ce qui s\u2019y passe : ce que nous voyons en ce moment se passait là, il y a soixante-trois ans.Et si une catastrophe est arrivée là depuis, nous ne pouvons pas encore le savoir.+* Mystères de l\u2019Infini, I'homunculus terrestres parvient à vous pressentir, mais vous l'enve- Joppez comme l'océan fait d'un grain de sable qui tombe en ses profondeurs.La nuit est belle, étincelante de soleils, transparente jusqu\u2019à l\u2019Infini, peuplée de myriades de mondes ; mais elle est silencieuse, elle resterait muette sans l'astronomie qui l\u2019interroge, et ce n\u2019est que par monosyllables que le sphinx répond, rarement même, à ses questions.Voi-i déja quatre étoiles qui viennent de révéler leurs secrets.La brillante Alpha de la Vierge, celle qui porte l\u2019Epi dans les anciens Zodiaques des poctes chaldéens de Babel et des sarcophages égyptiens, est, elle aussi, associée à un astre invisible qui la goaverne, et qui la fait graviter en cadence en une période de quatre jours également.La belle Mizar, de la Grande Ourse, sur le Timon du char du nord, vient aussi de se faire connaitre : autre mariage céleste, deux étoiles éclatantes de blanchear qui se bercent mutuellement dans la même attraction, et se glissent lentement l'une autour de l\u2019autre en une période de 104 jours Et Algol, le diable des Arabes, qui jette ses feux dans la tête ébourrifée de Méduse, et qui vient de se montrer composé d'un soleil noir et d\u2019un blanc tournant l\u2019un autour (le l'autre en 2 jours, 20 heures, 18 minutes, 53 secondes ; le noir éclipse le blanc à ces intervalles réguliers.Nul ne saurait se vanter de prévoir ce que les nouvelles méthodes d'analyse physique et chimique découvriront dans l'avenir, et bien imprudents, bien aveugles, sont ceux qui osent penser que la science a dit son dernier mot.Nous ne sommes qu'au vestibule, Et ces premières conquétes sont d'autant plus merveilleuses, qu\u2019elles sont faites contre I'inertie générale de l'humanité, malgré tous les obstacles que la vis vulgaire oppose aux travaux intellec- tuele, en dehors des tendances commerciales, financières, politiques, militaires, qui absorbent toutes lea forces vivea de notre pauvre race, loin des fanfares retentiasantes de la gloire mondaine, et par des esprits très humblement dégagés de tout ce qui constitue l'immense vanité humaine.Si l\u2019humanité devenait quelque jour vraiment intellectuelle, quels pas de géants la connaissance de l'Univers ne ferait elle pas ! Mais ne nous plaignons pas trop.11 est déjà beau d'avoir les yeux ouverts sur cette immensité et de pouvoir jeter parfois un regard sur les avenues de l'espace et du temps.Nous commençons à épeler les premières pages du grand livre de l\u2019Univers, Il y a dans I'Infini d'autres soleils, d'autres lumières, d'autres jours, d\u2019autres siècles que les nôtres, et la terre n\u2019est qu\u2019une ile dans l'Océan des cieux.Cas AK Set renal MONTRE-VOUS TON FRAIS VISAGE Ton sourire est beau, mignoune:te ! Dans tes regards quels puissants feux ! Huumble comme la violette, Plus belle qu\u2019elle, loin des yeux, Tu coules ten jours en retraite.11 est un cwur qui veut te voir.Ne cache pas ainsi tes charmes ; Que le rayon de ton œil noir Brille et vienne sécher ses lariues.Tenda l\u2019oreille à tous les soupirs Qui frémissent, dans la nature, l\u2019ortés sur l\u2019aile des zéphirs, Caressnat nid, feuilles et ramure, Où parlent tant de souvenirs.Tout vibre au milieu d\u2019une flamme Que souillent la nuit et le jour, Et tout cela pour dire à l'âme Que pour e.le Dieu fit l'amour.C'est l'amour qui t'a façonnée ! N\u2019abhorre pas aa tendre loi ; Près d'un trône tu n'es pas née, Mais, si j'étais seigneur ou roi Je t'aurais bientot courounée ' Respire un peu de liberté, Oui, montre-nus ton frais visage ! Ignore tu donc ta beauté O chaste fleur de mon village ?.JU Lefer >, UNE PAGE D'HISTOIRE C'est aujourd'hui le 6 actobre.J'ai formé hier le projet \u2014téméraire on l\u2019avouera \u2014de remettre sous les yeux des lecteurs du MowpE ItLvsTRÉ quelques-uns des événements qui se sont passés en France, les 5 et 6 octobra 1789.Je mets aujour- d'hui mon projet à exécution La similitude des dates donna de l'intérêt aux récits les plus insignifiants et les plus mal racontés.Je n\u2019entreprendrai pas de faire l\u2019histoire de la Révolution française, pour plusieurs raisons : D'a bord le champ est trop vaste pour que je le puisse parcourir dans un seul article, ensuite je n'ai ni les connaissances ni 'expérience requises pour entreprendre ce travail.Faire l'histnire des nations, c\u2019est raconter la vie des hommes, et pour cela il faut avoir vécu, et le vent de l\u2019autamne n\u2019a pas encore agité mes cheveux.Je m'en tiendrai donc aux journées du 5 et 6 octobre, évitant tout commentaire, me contentant de rapporter quelques appréciations d'écrivains dietingaés.++ * Le dix huitième siècla touchait à sa fin ; l'hori- zou politique s\u2019assombrissait en France, l'atmosphère, chargés, annonçait un orage prochain.Les esprits étaiant agités, inquiets, tourmentéa.Jean Jacques Rousseau et Voltaire avaient écrit, Mirabeau venait de paraître sur la scène.| es doctrines impies et séditieuses pratiquées par un trop grand nombre d'écrivains se prétendant phi'osophes, avaient fait leur œuvre, On attagnait le prêtre, on attaquait le roi.On parlait de liherté, des droite du peupls, et le peuple se demandait si le trône, le vieux trône vermoulu, était bien le symbole de la liberté et si le prêtre était bien le trait-d\u2019union entre la terra et la ciel, C'était le 5 octohra : deu scènes de désordre graves se passaient à Paris.et cependant tout était tranquille à Versailles ou da moins au château, Le roi, parti de bonne heure pour la chasse, sem- LE MUNDE 1LLUSIKE succédés sans interruption depuis quelques mois ; que les Etats généraux avaient été convoqués eb que le tiers Etat avait réclamé des privilèges qu\u2019il n'avait jemais réclamés jusque là ; le roi, disons- nous, semblait oublier que la Bastille avait été prise et que le pain manquait dans Paris.Oui, la disette à laquelle on peut assigner des causes trop sérieuses, mais qui en ce moment eut quelque chose de factice, la disette régnait dans aris.Il y avait là, dit M de la Rocheterie, des souffrances réelles, et comme toujours c'était au roi, à la cour, aux membres les plus impopulaires de la famille royale, à la reine par conséquent, qu'on faisait remonter la responsabilité de ces souffrances.Des hommes ambitieux, fauteurs de désordre comme Gorsas, Marat, C.Desmoulins, Loustalot, en profitaient pour jeter de I'huile sur le feu qui consumait sous cendre.Des difficultés aesez graves s\u2019étaient élevédes au sujet des gardes du château, et les écrivains révolutionnaires ne craigoaient pas de pubiier dans leura journaux que la cour n'avait appelé le régiment de la Flandre qua pour faire enlever le roi de Metz, d'où il devait revenir à Paris avec des troupes considérables pour rétablir la tyrannie dans le \u201c sang des Patriotes.\u201d Dapois quelque temps, d'ailleurs, le bruit s\u2019était répandu dans toute la Flandre que les Parisiens iraient enlever le roi et l\u2019Assemblée, et que \u201c les députés qui s'étaient mal montrés pour le peuple seraient traités comme ils le méritaient.\u201d Les bruits d'insurrection étaient dana l'air ; les esprits y étaient préparés, on n'attendait plus qu\u2019un prétexte, et ce prétexte on le trouva dans les ditti- cultés au aujet des gardes du corps.M de la Rocheterie va nous apprendre comment la fameuse invasion de Versailles commença, Le 5 octobre au matin, une émeute de femmes éclata & Paris, une jeune fille du quartier des Halles entre dans un corps de garde, saisit un tambour et parcourt les rues en battant le rappel et en poussant des cris contre la rareté du pain.Les femmes s\u2019assemblent, un grand nombre d'hommes déguisés en femmes se joignent à elles, et la foule 8e porte vers l'Hôrel-de- Ville qu\u2019elle envahit vera neuf heures et qu'elle cherche à incendier.Fait significatif, la plapart de ces femmes étaient vitues de blanc, coiti\u201ces et poudrées comme si elles al.laieat à une fête.Sur ia place Louis XV, Mail- lard haraugue sa troupe qui, en ce moment, se composait de sept à huit milles femmes, puis part à ra téte, * A Versailles ! A Versailles ! crinit- on.Et dans cette étrange cohue on se disait pour se rassurer : \u201c Le roi est bon, il ne fera jamais tirer sur des femmes qui demandent du pain\u201d Lea bri.Rands dégui-és en femmes se disaient qu\u2019ils pourraient mettre leur sinistre projet à exécution sans courir de danger.La horde, traînant avec elle deux canons, se précipita dans l'après midi sur la route de Veraailles, Mais que faisait-on à Versailles ?Le roi, nous l'avons dit, était À la chesse ; à l'Assemblée, les chefs de la gauche avaient connaissance du plan qui devait être exécuté contre la cour.Le ton qu'affectaient de prendre certains membros annon- ¢aient qu'il se préparait quelque chose d'extraordinaire Mirabeau déclarait à ses amis qu\u2019il n\u2019était pas temps encore d'attaquer le roi, mais qu\u2019il était prêt à dénoncer la reine, l\u2019Autrichienne, comme on l\u2019appelait.i Entre onre heures et midi, Mirabeau dit à Mou- nier : \u2014Monsieur le président, quarante mille hommes arrivent de Paris, pressez la délibération, levez la séance ditea que vous allez chez le roi, \u2014On ne pressera pas les délibérations.répondit Mounier, je trouve qu'on les presse trop souvent.Ces hommes peuvent.nous tuer tous, tous, mais les affaires de la République n'en iront que mieux.\u2014Le mot est joli, reprit Mirabeau en se retirant La bande, dirigée par Maillard, était toujours en marche.Le temps était affreux, l'eau tombait par torrent, la route, détrempée, était devenue un closque.Le cortège de cen femmes en désordre, mouillées par la pluie, sonil!éea par la boue, hurlant, vociférant, était hideux à voir.Env arrivant blait oublier que des événements graves s'étaient à Verasilles, Maillard arréta le cortège, fit mettre rame, amet les femmes sur trois range et, \u201c dans la crainte dit-il, avec une hypocrisie révoltante, qu'elleg parussent avoir des intentions hostiles et devinssent victimes de leur dévouement,\u201d il renvoya en arrière les pièces de vanon que ces dames trafnaient avec elles.Puis il fit chanter : Vive Henri 1V / ive le Koi / Et c'est au bruit de la vieille chanson royaliste, hurlée comme une ironie sanglante par ces mégères, que l\u2019effroyable troupe fit son entrée dans Versailles.Les Veranillais, avertis de cette visite, les reçurent eu criant : Vivent nos chu.mantes Parisiennes ! Les charmants visiteurs envahirent la salle où était réunie l\u2019Assemblée nationale.Maillard, l\u2019e- rateur des citoyensnes, cria d'un ton menaçant : \u2014 Paris manque de pain, le peuple est au désespoir, il a le bras levé, qu\u2019on y prenne garde, C'est alors que retentit ce cri de haine au prêtre, devenu, depuis, trop habituel aux jours d'émeutes, \u2014A bas les calotins ! criait la populace, il noua faut le pain à six liarda la livre et la viande À Huit sous.Pendant ce temps le roi, instruit des événements, et revenu de la chasse, attendait avec ses ministreg l'arrivée de la députation féminine qu'on lui avait promise.Elle arriva, enfin, cette députation ; mais ici les opinions des historiens se partagent.Quelques.uns prétendent que ces femmes forcèrent le ri à boire avec elles, lui mirent un bonnet rouge sur la tote, ot d'autres disent qu'elles se contentir nt simplement de demander du pain.\u2014 Vous davez connaître mon cœur, leur répon:lit le roi ; je vais faire donner des ordres pour rassembler tout le pain que l\u2019on pourra trouver.Les gardes du corps et le régiment de Flandres stationnéa à Versailles étaient au complet : les dé fenseurs de la royauté étaient en bien petit nombre Les Parisiens, les hommes, arrivèrent À Versailles vers quatre heures, au nombre de 40 à 50,000, en criant : \u201c À bas les gardes du corps ! Vive le r.giment de Flandres!\u201d On voulait diviser l'arme.L'excitation était à son comble ; plusieurs gardes furent massacrés dans la nuit du 5 au 6 octobre, nuit terrible, nuit obscure La pluie tombait toujours, la foule avait envahi les églises, les maisons, les boutiques, etc , etc.Les gens les plus paisibl-s sc repusaient tandis qu'on se battait au dehors, » u plutôt gn'on assascinait les fidèles serviteurs du roi.La reine elle-même n\u2019échappa que par mirac!e à la mort.On voulait l\u2019assasirer, cette Autrichienne, la plus sublime des reines, la plus fidèlr des épouses, la plus nimants des mères ! Et quand, au château, le roi hésite, qu\u2019il est indécie, qu\u2019il ne sait plus quel parti prendre, rester ou s'enfuir, I+ reine, seule, n'est pas consternée.\u2014 Je sais qu'on vient de Paris demander ma tête, dit elle, mais j'ai appria de ma mère à ne pas craindre la mort, je l\u2019attendrai avec fermeté.On l'engage à partir, A se mettre en sûreté avec ses enfants.\u2014Non ! du roi.répondit-ello, ma place est ici auprès * * Nous sommes au octobre, le jour commence a paraître, les bandes s\u2019éveillent, le désordre recom menca avec des scènes plus sanylantes et plus disgracieuses que la veille.On entoure le château, ou force la reine à se montrer sur le balcon, elle y paraît avec ses enfants ; un homme, revêtu de l'uniforme de la garde nationale, la met en joue mais n'cse tirer.La foule crie : \u201c Vive la reine ! Marie: Antoinette, en rentrant au château, dit : \u2014Tle vont nous forcer, le roi et moi, à nous rendre A Paris avec les têtes de nos gardes du corps portées au bout de leurs piques.Et c'est ce qui arriva en effat.La foule se mit bientôt à crier : \u201c Le roi à Paris ! Le roi à Paris ! \u201d Comment résister Ÿ Le roi se décide à partir, et on s'empresse d'annoncer au pouple la défaite du souverain.A une heure, la famille royale descendit l\u2019esca lier de marbre du château et monta en voiture.Le cortège était immense.En avant marchaient deux gardes portant au bout de leurs piques les tétes sanglantes des malheureux Deslultes et Vari- court, assassinés à leur poste, puis venait une voiture dans laquelle étaient le roi, la reine et lv LE MONDE ILLUSTRE 421 dauphin.Autour de Ia voiture, comme une lamentable escorte, dea gardes désarmés, des hommes déguenillés, des femmes avinées qui crisient : \u201c Nous ramenons le boulanger, la boulangère et le petit mitron.\u201d Quel cortège pour le petit fils de Louis XTV ! Pendant ce temps là, on crisit en certnins endroits : \u201c Vive le duc d Orléans ! Vive le roi Orléans ! \u201d La journée était splendide ; par une de ces ironies poignantes, la nature semblait en fête, tout était calme et gai.Les oiseaux chantaient, les feuilles avaient de ces belles teintes jaunes et rouges qu\u2019elles revêtent avant de tomber ; un beau soleil d'automne éclairait le convoi funèbre de la monarchie.A 10 heureux, le cortège entra aux \u2019l'aileries, la famille royale était prisonnière.M.de la Rocheterie, à qui nous avons emprunté ces détails, termine en disant : \u2018 Les journées d'octobre ont été, dans l'ordre politique et dans l'ordre moral, un de ces ébranlements profonds dont le contrecoup se prolonge à travers les siècles.Tous les excès de la Révolution sont là en germe ; le 20 juin, le 20 août et le 21 janvier n'en ont été que les conséquences logiques.Et n\u2019estil pas permis de dire que ces journées.si néfastes pourtant, ont été moins fatales encore gne celles d\u2019octobre pour l'avenir de la France.Le 10 août a renversé la monarchie, les journées d'octobre ont avili l'autorité ; le 1 janvier a tué le roi, les journées cl'octobre ont tué la liberté.\u201d * Bien des événements se sont passés depuis cette époque.Mirabeau, cet orateur extraordinaire, ce géant ** beau de laideur,\u201d Mirabeau, maudit par son père, méprisé des siens, qui voulait élever son front aux nues pour ca-her les taches qu\u2019il y portait, Mirabeau qui avait voulu saper le trône dans es base, Mirabeau voulut un jour, par remords ou par intérêt, reconsolider ce trône.11 n'était plus temps, car il oubliait, lui, le fougueux orateur, qu'il est plus facile de détruire que d'édifier, qu'il faut à peine quelques minutes pour détruire un homme dans l'opinion publique et qu'il faut des années pour le placer sur un pied stal.Il oubliait que les hommes de génie, amis de la paix et de l ordre, peuvent seuls faire de grandes choses, et que les exaltés et les révolutionnaires ne peuvent que détruire.L'œuvre de destruction n'est pas enviable.Mais il avait reconnu sa faute, trop tard il est vrai, et quand il disparut de la scène du monde, peu de mois avant la mort de ce roi qu\u2019il voulait tant renverser, un craquement sinistre, nous dit un écrivain célèbre, se fit entendre dans toute la France, c'était la vieille royauté des Bourbons qui s\u2019ébranlait pour assister uux funérailles de Mirabeau.Louis X VI est mort sur l\u2019échafaud au mois de janvier 1794.La France, depuis ce temps, a subi le contre coup de bien des révolutions ; elle qui voulait s'affranchir du joug des rois et qui avait \u201c\u2018 acheté sa liberté \u201d au prix de tant de sang, elle s'eat inclinée devant la volunté d'un dictateur parvenu et en a fait un empereur.La France a subi bien des revers ; elle pleure encore aujourd'hui la perte de deux enfants : l\u2019Alsace et la Lorraine, et cependant il s\u2019est présenté un homme qui a voulu imiter le grand Napoléon, qui prétendait avoir le génie de la guerre et qui voulait rendre à la France ce que l'Allemand lui avait enlevé.Cet homme a été l'idole d\u2019une grande partie de la population franç«ise ; on 86 moquait de lui dans lus cafés concerts, et on l'admirait sur le champ de parade.Le clergé, que l'on attaquait si violemment les 7 et G octobre, recrute aujourd'hui ses membres dans l\u2019armée française même : le séminariste porte l'uniforme da soldat.Le comte de Chambord, le descendant du malheureux Louis X VI, Ie dernier Bourbon, est mort sans avoir régné, et aujourd\u2019hui le comte de Paris réclame le trône que son ancêtre, le duc d'Orléans, a contribué À renverser.Napoléon est mort sur l'île Sainte-Hé'ène ; le général Houlanger s'est suicidé il y a quelques jours sur la tombe de sa maîtresse.Matias Firion.6 octobre 1891.UN PEU LE MODE Toilette d\u2019intérieure Toilette d'intérieur, en lainage rouge.Corsage- plastron allongé en carré sur la jupe, décolleté dans le haut sur un petit plastron de velours voir, encadré dans un col Médicis légèrement gautfré.Etroites bandes de velours nuir, posées en biais et attuchées pir des boatons, ornant le devant du corsage.Les mêmes bandes se retrouvent sur les manches, épaulées et terminées dans le bas par un volant de dentelle.Jupe fourrean, plissée derrière, garnie sur le devant par des bandes de velours transversales.Costume de voyage Costume de voyage, en lainage gris Corsage plat et court, sous une ceinture de passementerie noire, recouvert par uno grande pèlerine très épaulée, garnie dans le haut pr one riche applique de passementerie.galon et frange, svec col montant semblable Jupe plate devant, plissée derrière en petite traîna, garnie dans le bas par des galons de passementerie, terminés par des choux.Petit chapeau de feutre gris, garni de nœuds de ruban même nuance, devant et sur le derrière de la passe relevée.LA SCIENCE RÉCRÉATIVE Comme nous l'avons annoncé la semaine der- bière, nous donnons ci-dessous la solution dea deux problèmes parus sous le titre de : La science récréative, page 405.PROBLÈME DES DIX CHÈNES PROBLEME ARABK Les trois fils, très embarrarsés, font venir le cadi, qui arrive monté sur ux chameau.\u201c Il y a ici 18 chameaux, en comptant le mien, dit il.Je donne au premier des héritiers la moitié de ces chameaux, c'est-à-dire 9 chameaux ; au deuxième, le 1 3, c'est à dire G chameaux ; et au traisième le ! 9, c'est à-dire 2 chameaux.Total : 17 chameaux.\u201d Et il s\u2019en va, monté sur son propre chameau.Dr Paur SAPIKNS.L'ESPRIT DES AUTREs Lune de miel : \u2014 Dis, chéri, si je meurs avant toi, jure-moi de ne pas te remarier.\u2014 Sois tranquille : j'ai une belle-mère, je ne tiens pas à en avoir deux.+ + * Gontran arrive comme un fou chez Gaston.\u2014Veux tu étre mon témoin 1 \u2014Iu te bats?\u2014 Non, Je me marie.Gaston, après réflaxion : \u2014 Est-ce que tu ne peux pas faire des excuses ?+ + * Après avoir enterré ses trois femmes, le père Jean convole en quatrième noces.Et comme son curé lui fait quelques remontrances.\u2014Veyez-vous, c'est une affaire réglée : tant que lbon Dieu s'chstinern à me les prendre, moi je m'obstinerai À en reprendre.++ * Dans la rue : \u2014Tians ! je te croyais marié.\u2014Non, la chose n'a pas eu de suite.\u2014\u2014Ah ! qu'est ce qui a rompu, elle ou toi ' \u2014C'est son père.\u2014Comment cela ?\u2014II s\u2019est ruiné. 422 LE MONDE ILLUSTRE er \u2014\u2014 RIMES D'AUTOMNE A MADEMOISELLE ROSE-ANNA L.\u2014O nature | pourquoi ces splendeurs automnales, \u2018l'e préparerais-tu pour quelques saturnales * Pourquoi ces babits fins, ce solennel décor D'émeraude tout pâle et de pourpre, puis d\u2019or * Est-ce pour le départ de qui t'a fécondée De l'amant inconstant qui t'a seul possédée * -Comme la poitrinaire allant vers le touibeau, Qu'un rayon de santé guide\u2014brillant flambeau *- - Je meurs en souriant, helle, fraiche, pinipante Vidant avec transport ma voupe de népenthe.CHEZ NOs AINES \u201c Quand ou est apte à ça, on est apte à tout.\u201d Cette réflexion, beaucoup plus profonde qu'euphonique, terminait l\u2019autre jour par un immense éclat de rire une discussion sur les aptitudes variées, universelles de nos compatriotes.Un Français, peu indulgent envers les liaisons dangereuses, termina le débat en déclarant qu\u2019il ignorait les beautés de la langue micmaque, qu'un peuple qui joignait à des qualités incontestables l'avantage d\u2019être à la fois taptaga et taptatou de vait être bien près de friser la perfection au rieque de la rendre suspecte à M.Robillard, et que cette phrase à elle seule prouvait surabondemment l\u2019étonnante diversité du talent canadien.L'auteur de la cacophonie en question avait cité plusieurs faite à l'appui de la thèse qu\u2019il soutenait et qui était la bonne à mon sens.Nous descendons d\u2019une race qui n'est pas, tant s'en faut, la plus sotte de l'univers.Les conditions de notre existence, notre éloignement des grands centres intellectuels, l\u2019absence presque complète chez les nôtres de ces fortanes colossales qui permettent à plusieurs générations d'une même famille de consacrer exclusivement à l'étude des arts et des sciences les heureuses facultés que l'atavisme développe de plus en plus, le manque d'écoles, de musées, de bibliothèques, de monuments qui puissent entretenir le goût, créer des vocations, tenir l\u2019intelligence en éveil en mettant à la portée de tous les résultats des recherches, des collections et des travaux d\u2019une longue suite de devanciers, l'éparpillement d'une population peu nombreuse disséminée sur un vaste territoire, les lacunes regrettables qui interrompent la chaine des traditions scientifiques, littéraires et artistiques, les tyranniques exigences du primo vivere, tels sont les obstacles qui se dressent devant nous et ils sont plus que suffisants pour expliquer notre infériorité relative.Ceux qui se rendent compte de ces inconvénients sont parfois portés à croire que dans ces conditions il est impossible de conserver chez nous, même à l'état latent, les aptitudes qui font la gloire des nations mieux favorisées que la nôtre.Ile se demandent de bonne fui si nous devons entamer le lutte, ti !a partie n\u2019est pas trop inégale et si les difficultés que nous avons à vaincre ne nous autorisent pas à nous laisser distancer davantage.D'autres vont jusqu\u2019à nous reprocher de ne pas avoir chez nous des monuments qui existaient ailleurs bien avant la découverte du Canada.Les fondateurs de la nationalité canadienne- française étaient tous des héros sans le sou.Tous méritaient une statue, aucun d'eux n'avaient le moyen de se payer une pierre tumulaire.Ils combattaient les Iroquois ; leurs deacen- dants combattent la misère avec assez de succès pour se multiplier rapidement, avec trop peu d\u2019éclat pour pouvoir hérisser de statues un sol encore imparfaitement défriché.Il faut en prendre son parti : Nous manquons ici de tout ce qui, chez nos aînée, entretient le feu sacré ; nous n'avons pas même un public appréciateur.Cela doit être et cela sera encore d'ici à longtemps., Ici, pas de classe opuleusement oisive, capable de payer au génie artistique le tribut nécessaire à sa subsistance.11 en serait peut-être autrement si toute la population francaise du Canada était groupée dans une seule ville, et même alors elle ne dépnaserait pas beaucoup la moitié de la population parisienne, mais tant que nos groupes épars, séparés par des centaines de lieues, se livreront isolément et simultanément à l\u2019intéressante occupation qui consiste à tirailler l\u2019appendice caudal de Sa Majesté Satanas, les artistes égarés dans nos parayes seront olligés de leur prêter main-forte.S'en suit il qu\u2019il y ait chez nous absence complète de sens artistique ?Pas le moins du monde.Le goût n\u2019est pas cultivé.En ce «ui concerne le théâtre, il ent faussé par les cabotins de langue anglaise qui sont à peu près les seuls représentants de l\u2019art dramatique en ce pays.Cependant, les succès remportés par quelques- una des nôtres à l'étranger prouvent qu\u2019il y a de l\u2019étotle chez nous, et de l'étotfe du pays par-dessus le marché.L'Albani, Lavallée, Desève, Hébert, Fréchette, eb autres, ont prouvé que l'intelligence du Canadien est plus vaste que le champ ouvert à son activité.Je m'abuse peut être, mais il me semble que la condition exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvons nous offre, À côté des inconvénients que j'ai signalés, certains avantages propres à multiplier nos facultés intuitives.Les vastes horizons, le besoin d'observer, cet air de liberté que l'on respire dans toutes les parties de l'Amérique sous quelque forme gouvernementale que l'on cherche à déguiser des institutions aussi démocratiques que nos mœurs sont égalitaires, la confiance en soi même, la nécessité de la lutte pour l'existence et ls conviction intime que le travail intelligent peut aplanir tous les obstacles : voilà ce qui a déterminé certaines vocations artistiques que les connaisseurs étaient À cent lieues de rêver.\u201c Notre pays nous offre un théâtre trop restreint,\u201d il n\u2019a pas voulu être le premier à nous connaître, se sont dit nos compatriotes qui sentaient en eux l\u2019étincelle du feu sacré.* Nous le ferons connaître ailleurs, et il nous connaîtra plus tard.Le monde pour arène, la gloire de notre pays pour but et le travail comme moyen.\u201d Et ils sont partis pour la Ville-Lumière, qui, depuis quelques années, devient plus que jamais la Mecque de tous les Canadiens fanatisés par une louable ambition.Tla y ont puieé des connaissances qu'ils n'auraient jamais pu se procurer ici.Encourayés par leur exemple, plusieurs jeunes peintres et musiciens les ont suivis Les médecins ne sont pas restés en arrière et, depuis quelques années surtout, plusieurs spécia- hetes canadiens sont revenus, après avoir suivi avec succès les cours des plus célèbres médecins de la faculté de Paris.Citons les docteurs Fouché, Desjardins, Brodeur, Chrétien Zaugg.Ce dernier, recu médecin en 1881, partit immédiatement pour Paris où il suivit les hôpitaux pendant un an.Après avoir fait ce stage, il fut nommé chef de clinique chez M.de Weker.En 1889, il revint au Canada, et six mois après il était rappelé par M.de Weker.Chef de clinique chez le docteur Chatellier, pour les maladies des oreilles, du nez et de la gorge, pendant plusieurs années, il fat nommé À l'Ilôtel-Dieu pour les affections des yeux, des oreilles et de la gorge, en juin 1891.Le docteur Hormidas Brodeur a aussi passé trois ans & Paris.Il à suivi les cours de Guyon pour les maladies des voies urinaires, etc, de Ber- nier et de Brock, sur les maladies de la peau.Il a aussi passé six mois en Allemagne à suivre les grands maîtres et nous est revenu au mois de juillet dernier.Actuellement, Paris compte toute une colonie de médecins canadiens qui suivent les cliniques des principaux hôpitaux.Les malades viennent de très loin pour se faire traiter à Paris, ce qui permet aux médecins d'étudier sous les grands maîtres des cas pathologiques très intéressants.Ce n'est pas la vie de bohdme que nos (\u2018ana diens vont chercher là.Tous travaillent sérieusement et ont le bon esprit de profiter de leur séjour à Paris pour s\u2019instruire au lieu de passer leur temps À s'amuser.L'un d'eux doit nous revenir vers le 15 novembre.Je veux parler du docteur Lespérance, qui a laissé d'excellents souvenirs à Montréal.En voilà encore un qui n'aura pas perdu son temps.ll a fait ses études médicales À l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, et en | xxi; il recevalt son diplôme de Médecin et de Muitre en Chirurgie.Après une année de pratique aux Etats Unis, il revint à Montréal et fut nommé interne à l'Ilôtel Dieu, où il demeura un an.La même année l'Ecole de Médecine le chuisit comme démonstrateur d'anatomie et vers In mime temps le charges de taire des conférences sur l'histologie.Il occupait encore ces deux chaires trois aus plus tard, lorsqu'après avoir pratique pendant deux ans à sontréal, il partit pour Paris au mois d'avril LSR9, Il a recommencé toutes ses études et subi seize examens avec beaucoup de succés dans 'sepace de dix-huit mois.Externe dans plusieurs des lôpi- taux de Paris, il a suivi les cours des grands maîtres de l'art.Le Dr Lespérance joint à an grand amour du travail des talents de premier ordre.Il a passé son dernier examen le i juin et n\u2019a plus qu'à produire sa thèse, qu\u2019il présentera le ler novembre prochain.Après cette dernivre épreuve, à laquelle il s\u2019est préparé avec tout le soin possible, il nous reviendra avec le titre de docteur en médecine de la faculté de Paris.Ce sera un de plus À ajouter à la brillante pha- Janse des médecins consciencieux qui ne ge sont pas contentéa de leur brevet, mais qui consacrent toute leur vie à approfondir les secrets de l\u2019art si éminemment utile qui permet à l\u2019homme de soulager et de guérir son semblable.On a brau blaguer la médecine et les médecins, ils sont bien rares ceux qui ne les prennent pas au sérieux lorsque la maladie amène la rétlexion.Les connaissances théoriques et pratiques, ;'ui- sées au prix de lourds sacrifices À la source mume où président les sommités de la science médi: ale, sont justement appréciées à Montréal, et le Dr Lespérance pourra compter à son retour sur une excellente clientèle.Le Dr de Martigny doit être actuellement à Paris, et le Dr Chevrier, l\u2019un des collaborataars du MonDE ILu0sTRÉ, y poursuit aussi ses études mé dicales qui, je l'espère, ne lui feront pas sublier les Muses.Je constate avec plaisir que notre jeunesse ca dienne comprend de mieux en mieux l'utilité Je poursuivre ses études À Paris.Ceux là même qui ne peuvent se procurer cette satisfaction retireront quelque avantage de l'expérience acquise par leurs camarades mieux favorisés par le destin.(En AM itty \u20ac) BTBLIOGRAPHTE Le Père Lacordaire +1 los jrun.s gens, lecture faite au Cercle Ville-Marie, de Montréal, par le Rév.Pere Halo: neau des Freres Pricheurs : in-12, de 60 pages : Fu.sèbe Nénécal X Fils, éditeurs.De nus jours où il s\u2019imprime un nombre si considérable de livres, brochures et publicati ns diverses, tant de pages frivoles, d'une lecture vaine et aride, nous passent sous les yeux, comme notre insu, que notre étonnement est vif, notre reconnaissance sincère, lorsqu'une œuvre d'ou m rito réel vient tout d'un coup solliciter notre attention.Noyés presque par le flot envahisseur de tant de littérature indigeste, nous hénissons 1a rencontre d'un tel ouvrage, comme le voyageur exténué celle d'une oasis rafraîchissante parmi les sables du désert.C'est absolument le cas pour l'opusoule tout à LE MONDE ILLUSTRE 423 fait charmant que je viens présenter à mes lec teurs.Ceux qui connaissent Lacordaire, et ils sont légion, en ont eu ssvez d\u2019y voir iuscrit son nom ; ceux qui ont goûté l\u2019 avantage d'entendre et d'admirer, l\u2019annéa dernière, à Notre-UVame de Montréal, le Père 13+bonneau, l'éloquent frère en religion du moine illustre de Sorèze, savent que mon sentiment n'est pas outré.Tout le monde voudra relire cette conférence si belle, ai grande, si pare et noble, qui avait attiré, au mois de mai 1590, à salle comble, toute l\u2019élite de la société montréalaise à l'une des plus remarquables séances littéraires dont la Cercle Ville Marie garde souvenir en ses annales.Ceux qui ont pu l'entendre chercheront à renouveler ainsi l'émotion ressentie naguère en face d'un fils de Saint Dominique révélant À ses auditeurs les secrets intimes d'une âme forte, d'un cœur aimant le cœur, l\u2019âÂme d\u2019un frère, d\u2019un religieux comme bien des siècles n'en ont pas vu.D'autres qui n\u2019eurent pas cet avantage unique voudront se dédommager en lisant ce qu'ila n'ont pu entendre.Nous les approavons, certes, fort.Mais entre tous, tiendront à lire, et À bon escient, le petit livre dont nous nous occupons ceux qui y sont particulièrement intéressés : j'ai nommé les jeunes gens.Il leur convient de le choyer, d\u2019en faire comme un vadr mecum, puisqu'ils y trouveront à jamais le précis d\u2019une doctrine à la fois suave, droite et bonne, propre À faire le bonheur et la gloire de leur vie.Kt ils jouiront, d'une jouissance bien douce, à savourer l'art merveilleux avec lequel le savant conférencier a su agencer pour eux ces pages, parmi les plua belles du prédicateur incomparable qui a mérité d\u2019être appelé \u201c l'apôtre des jeunes gens,\u201d où il donne à sa chère jeunesse de paternels conseils sur l'amitié, le caractère, l'honneur, la chasteté, etc.; toutes ces vertus si nécessaires à ceux qui ont à c«wur de devenir des hommes.Nous voudrions citer des passages qui nous ont ravi : peine inutile ; Lacordaire serait à citer en entier, à ce compte là, eb le père labonneau n\u2019a pas besoin, pour sa réputation, que nous :ppuyions davantage.Donc, nous allons laisser aux lecteurs avides la contentement de la surprise : nous les renvoyons à la conférence imprimée.Seulement devons-nous louer comme elle le mérite l\u2019initiative prise par la direction du Cercle Ville-Marie, de cette publication.Ce discours fit un jour les délices du public auditeur, cette brochure, certes, fera celle du public lecteur.Sou.haitoas aux directeurs du Cercle de continuer dans cette bonne voie et de réaliser l'espérance, par la rumeur encouragée, que la conférence du père Ba- bonneau sera bientôt suivie de celle, plus récente, du père Henriot, laquelle fut aussi un euccès.On dit même qu'un plus grand nombre des belles lectures qui se font dans ce cénacle littéraire paraî tra ainsi en brochures formant série ?Tant mieux ! La forme typographique est parfaite : la maison Sénécal s'est surpassée pour la rendre digne du fond.C'est assez dire avec quelle rapidité les exemplaires de cette conférence, magnifique de toutes façons, vont #\u2019envoler de chez los princi paux libraires de Montréal, où ils ont été mis en dépôt ! L'éditeur Granger vient de mettre en vente la seconde édition d'un ouvrage qui semble appelé à une grande popularité.Cela s'explique par le fait que le nom de M.Louis Fréchette, le poète lauréat, eat attaché à ce livre.Voilà qui en ferait mousser bien d'autres.Les Feuilles rolantes forment un très joli volume in douze, de deux cents pages, qui fait l'honneur et la recommandation de l'éditeur et des imprimeurs, MM.Désaulniers et Leblanc.Quant au mérite intrinsèque de l\u2019\":ivrage, un de nos collaborateurs se chargera de l\u2019ex poser dans un prochain numéro.Un de nos confrères de la presse anglaise des Etats Unis, le New England Magazine, publiera, dans sa livraison mensuelle de décembre prochain, une étude très élaborée, avec portraits à l\u2019appui, sur le journalisme et les journalistes canadiens, français et anglais M.Harte, celui des collabo- rateura de la revue bostonnaise qui réligera cet article est, paraît-il, un homme très entendu en la matière, et tout annonce que ce travail sortira du commun Nous nous faisons un devoir et un plaisir de communiquer cette nouvells à nos lecteurs, comptant bien que parmi eux plosieurs amateurs voudront se procurer l'intéressante livraison décem- brale de nutre confrère de là-bas.Adresse : No 56, Federal street, Boston, Mass.C abat Aire LE SUICIDE DU GÉNÉRAL BOULANGER (Voir gravures) On a donné plusieurs variantes des événements qui ont accompagné ce suicide.Le mari de la nièce du général, M.Dutens, qui l'avait accompa gné en exil, a fixé d\u2019uns façon définitive les détails de cette fin tragique.\u2018 Je savais, a dit M.Dutens, la général déterminé à en finir avec une existence qui lui pesait, mais non dans ces conditions.\u201c Je suis comme une horloge qui a perdu son ressort, et rien ne pourra me remonter \u201d, nous disait il souvent, à Mme Dutens et à moi, alors que nous essayions de le distraire de son chagrin.* Mais je ne pouvais supposer qu il se tuât au cimetière, j'étais convaincu que c'était dans sa chambre, dans son lit, devant le portrait de celle qu'il & regrettée jusqu'à la mort, qu'il accomplirait son sinistre projet.Aussi lorsqu'on me prévint qu'il était, contre son habitude, sorti dès le matin pour aller au cimetière, je ne fus pas très inquiet.Néanmoins, je m'y rendis et comme on m'avait prévenu que le général avait un quart d'heure d'avance sur moi, je hitai le cocher le plus que je us.we En arrivant devant la porte du cimetière, je trouvai le cocher et le valet de pied bien tranquilles, ce qui me raseura à cause de l\u2019avance en question et de lu qualité de ses chevaux ; je me fis la réflexion que, s\u2019il avait voulu se tuer, ce serait déjà fait.\u201c J\u2019entrai précipitamment dans le cimetière et je l\u2019aperças auprès de la tombe, les deux mains dans les poches, selon ea coutume, ainsi que vous le savez, les sortant de temps en temps pour redresser une fleur, arranger une couronne.\u201c En m'apercevant, 11 me regarda sans aucune colère et me demanda par quel hasard je me trou vais la.Je ne pus lui cacher quel avait été notre effroi à tous, ct alors il sourit et, me prenant le bras : « \u2014 Mais vous êtes tous fous ; si j'avais voulu me tuer, ce serait dans ma chambre et pas ici.Je ne serais pas tranquille, il y a des ouvriers tout autour, des visiteurs, il peut survenir ua enterrement, et, pour se tuer, à mon avis, il faut être tranquille.\u201c Mais, si j'avais voulu me tuer ce matin, je n'aurais pas fait atteler, ce qui a donné l'éveil ; je serais sorti à pied, j'aurais pris un fiacre, je serais venu ici et tout eût été dit.\u201c Si je suis venu ici ce matin, c\u2019est, vous le savez bien, parce que c\u2019est ma vie d'être ici et que je ne vis pas lorsque je suis loin de cette tomba.\u201d \u201c Nous causâmes alors très amicalement ; puis, tout d\u2019un coup : \u201c \u2014 Voilà l'heure qui s\u2019avance.D'après ce que vous m'avez dit, ces dames doivent être inquiètes ; nous allons rentrer déjeuner.Vous avez une voiture « \u2014Oui, général.\u201c\u2014 Eh bien ! allez la payer ; je vais pendant co temps dire un dernier adieu à celle qui n\u2019est plus, et nous reatrerons ensemble.\u201c Je lui obéis, je fis quelques pas du cô\u2018é de la sortie du cimetière ; puis un vague pressentiment m'\u2019assaillit.Je revenais sur mes pas, lorsque j'entendis une détonation.Je me précipitai vers la tombe.\u201c Le général était par terre, A sa place favorite, la têta penchée sur la poitrine.Deux filets de sang lui coulsient de chaque côté du crâne ; il eut quelques légers spasmes, et ce fat tout.\u201d +.* Voici maintenant l'hôtel de la rue Montoyer qu\u2019'habitait le général Boulanger.C'est, on le voir, une simple maison bourgeoise ; toutes les fe- nétrea sont closes, les prrsiennes fermées et les stores partout ahaissés.Une seule fenêtre est ouverte au deuxième étage, montrant une silhouette de femme qui, penchée, regarde les groupes arrêtés devant la maison.C'est Mme Boulanger mère ; elle na sait rien encore de 1'é:énement, alors que, par un poignant contraste, le corps de son fils est étendu à côté d'elle.Dans la pièce du second étage, en effet, dont les deux fenêtres sont, dans notre gravure, à droite de celle vil est placée Mme Boulanger, est étendu le cadavre.Entronsy.L'ameublement en a été souvent décrit ; le bleu domine.C'était la ch «m- bre de l\u2019amie, le corps repose sur le lit où elle- même est morte, un lit de milieu.La figure est calme.La pho ographie nous montre sur la tempe gauche la blessure faite par la balle à sa sortie, le trou est caché par un tampon de ouate engagé dedans.Le général est en frac, tenue de soirée, avec pantalon à bande de soie.Sur la poitrine.à droite, la plaque du grand-officier de la Légion d'honneur Le corps, dans son ensemble, forme une grande ligne noire, rigide, sur l'étoffe du dessus de lit.Des bouquets sont disséminés tout autour.UN NOYAU HISTOIRE VRAIE La mére avait acheté des prunes, et voulant les distribuer aux enfants après le diner, elle les avait mi=es sur une assiette Vania n\u2019avait jamais mangé de prunes ; ces fruits le tentaient beaucoup ; il les avait flairés et désirait fort les gouter ; il na faisait que tourner autour.Resté seul dans la chambre, il 10 put ré ister a la tentation ; il en prit une et la mangea.Avant le dîner, la mère compta les prunes, et vit qu\u2019il en manquait une.Klle en informa le père.A table, le père demanda : \u2014Eh bien, mes enfants.n\u2019en est-il pas un parmi vous qui ait mangé une prune Ÿ Tous répondirent : * Non ! \"\u201d Vania devint rouge comme une cerise et affirma : \u201c Non, je n'en ai pas mangé.\u201d Alors, le père reprit : \u2014Si quelqu'un de vous l'a mangé, ce n'est pas bien, mais là n\u2019est pas le malheur.Le malheur «at qu'il y a des noyaux dans les prunes, et que si lon avale un de ces noyaux, on meurt dans les vi.gt-quatre heures ; voilà ce que je crains.Vania pâ it et s\u2019écria : \u2014 Non, j'ai jeté le noyau par la fenêtre ! Tout le monde rit et Vania se mit à pleurer.NOUVELLE BANQUE D'EPARGNES Ta Banque du Peuple a ouvert comme nos lecteurs le savent, un département d'Epargnes, dans sa succursale No 1555, rue Ste-Catherine, coin de la rue S«int- \u2018ndré, à Montréal.On y reçoit en dépôt toutes les petites éronomies, à partir de \u2018 une piastre \u201d en montant.La Banque paie sur ces dépots 4 pour cent d'intérêt.Une petite remarque : Lafontaine s\u2019est.trompé dans la fable du chène et du rosrau, ce n\u2019était pas un chêne qu\u2019il voulait mettre, puisque la morals de l'épilogue se bsrne« à ceci : \u2018 Au fort de la tempête il faut un peu plier )peuplier). x\u201d FAT A AN |! I H A un 4 si Bn mn be \\ oA \\ fe | li y i h \\ i fii I L § | NN 3 , ces ; | | | 1 | i : i Tir | 1 i Bi 0 lie li \u2018# fi ul | it | 4 | oN Wy P Lil La a titi het) fl | | | J i Ma | ih | i | | | si | | il ju à il | H I NC LT I I # # \u2018 Un | i | | | = Ÿ | Ji id, | HN hl M I dil | il | ; I ii Ii j | | Lf i il hi f | | i! VS | | | i | 8 | | | | : ; j i i il i Hi : | | 0 [id il | [ \u2018 ; | | | i i I | M i lj ! I! ] Ig i : i I | | | i if i a ii | i i he A iS al.li | & J fl \u2018 i i | li ty } ly | | \"Un | wi i | 4 A M | A | I il iH If ; | I 7 Ul 4 Hj \"ah I | Ik H fi a [ | 2 ul | th if 1 Lie Et i A Ht 30 t | | | N | * d Al J il | ii] >= fe Es J À li hl ] de RUE ii | ge [J A $ i | NN N LUE Hi N NN ae \\ © nier | ae : « N A) S pd \u2014 > 3 = = ET > dû \u201c¥.Cay | YY TR # 57, 5 = = ZF EX = 3 Ca es == = S > NH ~~ = SSN X SN = SEE = FE SSSS = = 227 $ s = Sy OS 5 = NSS = == = = = = = N S ON DONNE NS = = => ILES \u201c= I Ns SSS HS = SN NS = Set SN .SS DD S A NNN SNS 5 = == AE TREES SS ==\" HOTEL OU DEMEURAIT LE GENERAL A BRUXELLES VUE EXTERIEURR L\u2019EXPOSITION DANS LA CHAMBRE MORTUAIRE LE SUICIDE DU GENERAL BOULANGER.\u2014 (De l\u20197lustration) Lu B A ce = al ry & 4 gg 3 3 A des Yo xy LE > i i oe Yo, ps #2 A) © IY) ou Tow % SER LÉ.XH > (4 Ÿs À.CAS 4 5 2 JT J 4 § Py hs i 4 gp A = ba Le EEE Pd 2 \"Q a od > 3 7 of 19 | Ar J] I i è = ~ À ily Th 20) 1 J Ji Li « 3 2 1 : EY) Kl 1 4 nes cl Es Sa, LEN 3 da ns se Le LA} LS ay ra pA LE EAN @ 8 N 4 2.i> TRY A PRP, ! IX { ji © \u201c+ 4 > 4 A f, Ad) y+ -, | \u2018 4; SN | © BEAUX- Ë x A 2 LB 7 if 6 ; ep \u2018e A) Rs : : nh PE] ÿ MH &£ 5 LE 13 : un _ ¥ y oo > IER a J ë > s eu rg PRS cu dr Fi Ah ; #4, q sey a x > n'y 310 a» =F pe Wu \", » JN y E PER m2 ca) ZH x \u201cNy LR à PH) (y 4 ver ANY 75 PY \u2018 M & Ÿ es \u2018 fn xy ie as (TA AS el Ba i ?< an {TRS 2.; X À by & Re A A No RTS \u2014DANS LE BOUDOIR er £ 3 = po AR i LB ra NS, = S CES Rh, Fe NN Cs Va of sd \\\\\\ 3 ee Fe LPL EA GE A > 4 2 A PS pd ea 2 A Rif £3 x a Praag Fac, N &) A i £ bo LAX Le = 8 eg 2% x N = a k 3 Le * = am Sk Ee pe 2 bap NE = La 43 Je 1 ni ge gl 3 ES _ a Ru VA I A > Ts pI by JOT sas Vg ais.me et i: (2 a ES Pa.Get fe 8 A Ro 7d NN en 5 x.5?2, + dP WE) 4 \u201ca =.aad to [a £ fo La ya Lt 2% A E=- > ix rE - hd & ov FF Ke 56 5 zÉ ms ~~ a Ih Cs É 3 = 2s 2 IF = == i, & =2 +5 AF + = EF; Gr bn Li è in = Bi = E LA IR = = 3 LR W Wr = 5 RE Lu g .Bes x » ps A onal ell HALA 11 ; ! bo MONDE ILLUSTRE AMOUR 5005 LES FRIMAS Lui, s'enhardissait.Il passait ses longs doigts, effilés dans les boucles soyeuses de la chevelure de la jeune fille, en lui murmurant à l'oreille des paroles d'amour.Dans leur ravissement, ils oubliaient où ils se trouvaient.Ils ne s'apercevaient plus que les dernières notes de la musique venaient d\u2019expirer avec le dernier frôlement des pieds sur le parquet.Maintenant, il ne venait du salon qu\u2019un bruit confus de voix.\u2014 Marguerite, continuait Alfred, dites-moi encore que vous m'aimez.Il est si doux d'entendre de telles paroles de votre bouche.\u2014Oui, je vous aime, vous seul, toujours, toujours! Et pris d\u2019un soudain transport, Alfred enlaça la jeune fille de ses deux bras, et l'attirant doucement à lui, lui imprima sur la joue un délicieux baiser.Alors la pensée lui vint que quelqu\u2019un pouvait les voir.I! tourna la tête et aperçut Aunie dans l\u2019embrasure de la porte.Elle était toute pâle ; mais elle avait le sourire aux lèvres, un de ces sourires résignés qui cachent une souffrance.\u2014Excasez moi, ma cavalière, fit Alfred un peu décontenancé, il fait si chaud dans ce selon.Au même instant, Henri arrivait.\u2014Je vous cherche partout.Je ne savais pas ce que vous étiez devenu.Marguerite s'avança et répondit : \u2014Comme vous le voyez, nous sommes venus chercher ici un peu d'air.Vraiment, on étoufte dans ce sslon.\u2014C'\u2019est vrai, fit simplement observer Henri ; la chaleur est trop forte.Et tout en offrant son bras à Annie, Alfred pensait à part lui : \u2014S'il était arrivé une demi-minute plus tôt, il nous eût surpris.Quel malheur ! Annie nous a vus, c'est vrai, mais c'est une bonne fille ; je suis certain qu'elle ne dira rien.Ev alors il redoublait d'attention pour elle, lui donnant à entendre qu'il cherchait à acheter son ailence.Elle le comprenait très bien, et, refoulant au fond de son cœur les flots d\u2019amertame qui y surnageaient, elle souriait de son mieux et répondait avec la meilleure grâce du monde.Le reate de la soirée se passa sans encombre.Aussi, par nécessité et par la force des choses, Annie était devenue complice dans cette comédie presque quotidienne, car les parties de plaisir se renouvelaient très fréquemmeut.Il ne lui venait même pas à l\u2019esprit l'idée de jouer un autre rôle que celui de confidente forcée, ni de dévoiler l\u2019intrigue où elle se trouvait mêlée.Vendre Alfred, n\u2019était ce pas du même coup s\u2019attirer son inimitié et se priver volontairement des attentions qu\u2019il avait pour elle ?Elle ne savait que trop que ces attentions n'étaient de sa part qu\u2019une feinte ; mais malgré tout cela, elle en aavourait la douceur et dans ses rêves le plus doux, elle entrevoyait un jour où son amour serait payé de retour.Que ne supportons-nous pas avec l'espérance ?VIII DANS LA TEMPÊTE Les parties de plaisir se succédaient les unes aux autres avec rapidité.Un soir, une réunion intime, Ne 14 une sauterie, un autre soir le patinoir, le tobaygan, trainean, etc.Lo , Les familles Spencer et Spierling étaient émerveillées du changement survenu dans les rapports de Marguerite avec Alfred ; celui-ci ne leur donnait plus aucune inquiétude.Elles lui en savaient gré et lui montraient leur contentement.à l\u2019occasion.En eflut, A ln demande d'Henri et de Marguerite, Alfred et Annie étaient reçus chez leurs parents.Alfred recevait les compliments de ces dames sans broncher, et répondait À leurs amabi- litées le sourire aux lèvres.Mais, intérieurement, il rageait.Ce rôle d'hypocrisie qu'il était obligé de jouer révoltait sa conscience d\u2019honnéte homme, Toutes les prévenances dont il était obligé d\u2019entourer Anvie lui semblaient comme autant de vols faits à Marguerite.Cette contrainte lui était un supplice, D'ailleurs, il était trop clairvoyant pour ne pas s'apercevoir qu\u2019 Annie n\u2019était pas dupe de ses manèges.Il comprenait qu'elle l'aimait eb que dans son amour seui elle trouvait la force de ne rien dire.Mais qui sait si un jour la patience ne lui échapperait pas / Etait il si sûr de lui- même et de Marguerite qu'il pût croire qu\u2019à la fin ils ne se trahiraient pas.Cette situation ne pouvait durer.Elle ne menait à rien.Ce n'était pas une solution, mais seulement un ajournement ; le mensonge n\u2019a qu\u2019une durée éphémère, la vérité seule est éternelle, et un jour où l\u2019autre elle devait éclater.Plusieurs fois eux-mêmes, ils avaient failli se trahir par un regard, vne parole, un sourire Henri ne voyait rien ; mais Annie, tout en feignant de ne rien voir, s'apercevait de tout.Parfois, le serpent de la jalousie la piquait au cœur, et elle se redressait sous la morrure comme un cheval qui se cabre sous le frein.Puis la réflexion subite arrivait : À quoi cela m'avancerait il ! Patientona encore.Et elle patientait toujours, se pritant malgré elle à cette infâme comédie de l'amour qui lai brisait le cœur.Un soir, après souper, une bande joyeuse s\u2019éloignait de la ville par les chemins fraîchement saupoudrés de blanc.Le ciel était assez clair Seule, une grande tache noire barrait l'horizon.Le défilé des truineaux glissait comme un long reptile au milieu du bruit des grelots et des éclats de rire.Arrivés à un rarrrfour ou plutôt à une torte de clairière sur la lisière d'un bois, jeunes gens et jeunes fillea descendirent.Des rondes s'organisèrent.Ils n'avaient d'abord que l\u2019intention de s'arrêter un instant, le temps de se dégourdir un peu les pieds et de se réchauffer, car malgré leurs fourrures, le froid commençait à les saisir, et le temps de laisser reposer les chevaux.Cependant, ils prenaient goût au jeu et ils s\u2019y attardèrent Dans l'animation du jeu, ils ne s'apercevaient pas que la barre noire do l'horizon s\u2019é'uignait dans le ciel.La brise fraîchissait.Foudain, un violent coup de vent se déchaîna en soulevant des tourbillons de neige aveuglante.Les arbres, pris d'une conval-ion soudaine, ge cabraient, ruaient comme des chevaux emportés au milieu d'un nuage de poussière.Les danseurs, surpris par cette attaque subite, presque soulevés de terre par le vent, aveuglés par la neige, se précipitèrent vers les traîneaux.Il n'était que temps.Les chevaux commençaient à s'emporter.Alfred.qui tenait Marguerite par la main dans la danse, l\u2019entraina rapidement.C'était un mouvement instinetif.L'attaque avait été si proimpte qu\u2019elle ne laissait pas un moment de réflexion.C'était un sauve qui peut général.Tout le monde foyait sans savoir où il allait.Alfred reconnut son cheval qui commençait À fuir.Il courut aprés en trainant toujours Marguerite par le bras, et réusssit à l'arrêter, puis il fit monter la jeune fille et se jets lui même dans le traîneau au moment où le cheval sffolé s\u2019emportait de nouveau.C'était de tous les côtés une débandade générale.Alfred était impuissant à maîtriser son cheval, Il ne savait pas d'ailleurs où il allait.Il était aveuglé par la neige que le vent lui soufflait à la figure.Le cheval exténué de fatigue s'arrêta enfin tout à coup.I! venait de s'abattre dans un banc de neige.Alfred, alors se pencha vers sa «0 upagne.Kile était chaudement enveloppée dans la fourrure ; mais son visage était tout pâle d\u2019émotion.\u2014N'avez-vous pas eu peur Marguerite ?fit-il.\u2014Oui ; mais ce n'est rien ; c\u2019est passé maintenant.Où sont nos camarades ?\u2014Ma foi, je n\u2019en sais rien, Je ne puis rien distinguer à travers ces tourbillons de neige.Je vais appeler.Il cria fortement à diverses reprises et dans toutes les directions.Il cris vainement.Aucun écho ne répondit à sa voix.|l écouts.Rien, que le mugissement de la tempête à travers les arbres.JI regarda tout autour de lui, ou plutôt, il essays de regarder.Il ne vit qu\u2019un tourbillon de neige au milieu du' quel se tordaient les branches noires et dénudées des arbres, comme de sombres squelettes sous des lambeaux de ausires blancs Que faire 1 De quel côté se diriger 7 11 se trouvait dane une prairie, Il fit avancer son cheval au hasard.Bientot il arriva à un chemin qu'il crut reconnaitre.I.cheval s'arrêta ; Alfred no savait de quel côté le diriger.Marguerite avait dégagé sa tête de la fourrure avec un petit air visiblement inquiet : \u2014Qu'y a t il donc : \u2014Il y & que je suis bien embarrassé.sais vraiment pas de quel côté aller.moyen de se reconnaitre ici.\u2014Rapportez-vous en à votre cheval.J'ai tou jours entendu dire que ces animaux pouvaient reconnaître très bien leur chemin.\u2014Ooi, je le sais ; mais voyez, le cheval est aveuglé, il ne sait pas luimême de quel côté se tourner.Cependant, au même moment et comme s'il cut compris, l'animal fit un léger mouvement À droite Alfred secoua les rênes, et le cheval continua sn marche.\u2014À la grâce de Dieu ! s'écria-t il.\u2014A la grâce de Dieu! soupira Marguerite.comme un écho, et elle s'enfonça la tête dans ses fourrures comme un gracieux oiseau qui ramène sa tête sous son aile pour s'endormir.Tla ne pouvaient avancer que lentement, |.allèrent ainsi pendant plus d'une demi heure, qui leur sembla longue comme une éternité.L\u2019ouragu: augmentait de fureur, la neige s'épaississait ainsi que les ténèbres, et pas une maison ne se dessinait dana l'ombre ! Le cheval allait toujours lentement, la tête et les oreil es bainsées.Alfred commençait à avoir froid Il avait vu tassé toutes ses couvertures sur Marguerite, «! celle.ci avait dû presque se fâcher pour qu'il en gardit une.Mais il endurait héroiquement 54 souffrance.Que n'eût il pas souffert pour Margue rite, et pourvu qu\u2019elle ne souffrit pas trop, que lui importait le reste ?Tout-à-coup, il eut une exclamation de joie, ! cri du matelot naufragé qui aperçoit une voile.\u2014Voyer, Marguerite, une lamière.La jeune fille qui, depuis longtemps se tenai: tranquille dans une muette résignation, se soulev.soudain.\u2014\u2014Ah ! enfin, mon pauvre Alfred ; vous deve: être à moitié mort de froid et de fat gue.\u2014 Non, non ; ce n'est rien, Marguerite, ct «1: tout cas vos bonnes paroles sufliraient pour mu ranimer.\u2014Flatteur, ne put s'empêcher de dire la jeun« fille.Le cheval lui même rans doute avait aperçu In lumière, csr il se dirigea de ce côté d'un pas plu- allègre.Il vint s'arrêter devant une porte base.C'était une petite maison & un seul étage, d'apps rence peu riche, mais propre et ayant un certain cachet d'élégance avec ses faux airs de chilet suisse.Alfred donna à peine un coup d'œil à la fa:ad- de la maison ; il allait frapper à la porte lorsque celle ci s'ouvrit tout À coup et daus l'encadrement de la porte apparut une fraîcho figure de jeunir fille aux blonds cheveux.\u2014Est-ce vous, papa et maman 1 s'écria.t-clle.\u2014 Alfred eut une exclamation do surprise.\u2014 Tiens, c\u2019est toi Hélène ! \u2014Moi même, monsieur.Mais comment êtes vous ici, par un pareil temps.FExcusez moi, monsieur, veuillez entrer au plus vite avec cette dame.Vous devez être morts de froid.Louis TessoN.Je ne Il n'y A pas À vuivre FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRÉ \" MONTREAL, 31 OCTOBRE 1891 CARMEN PREMIERE PARTIE (Suite) A la lavane, au Mexique, aux Indes et dans bien d\u2019autres lieux, quand on voulait parler d'un homme à qui tout réussissait et dont les coffres re- gorgesient d\u2019or, on avait coutume de dire : «Heureux comme don José Rovero.Ou bien : « Riche comme don José Rovero.\u201d Qu'il était loin ce temps où José Rovero, ie uvre pâtre, les jambes nues ct ne sachant pas ire, menait paître des chèvres sur ls plage de Ca- dix ! XI THOIS LETTRES Cette fois encore il nous faut franchir un nouvel espace de plusieurs années.Dieu avait béni le mariage de Philippe Le Vaillant et celui de José Rovero, deux enfants étaient venus au monde, l'un au Havre, l'autre À la Havane.Le fils de Philippe s'appelait Olivier ; la fille de José portait le doux nom d\u2019 Annunziata.Le Frangais et I'E+paguol conservaient au fond de leur cœur la jrofonde et sainte amitié de leur jeunesse, mais absorbés pur les tendresses exigeantes et par les juies du foyer, ils ne s'écrivaient plus qu\u2019à de longs inter: alles et perdaient tout espoir de se revoir jamais.Un jour, don José, causant avec le capitaine d'un navire français que des avaries contraignaient à relâcher à la Havane, apprit à l'improviste une terrible nouvelle.Philippe Le Vaillant, victime de la confiance illimitée qu'il accordait à deux maisons de banque importantes, venait de perdre des sommes inu- menses et se trouvait à la veille d'une ruine complète.Le lendemain l'un des navires de don José mettait à la voile pour le Havre ; il portait une lettre à l'adresse de Philippe Le Vaillant.Voici cette lettre : \u201c Eh ! quoi ! mon vieil ami, mon frère, le malheur est venu frapper à ta porte, et tu ne m'as dit : \u201c José, j'ai besoin de toi / « Comme il faut que je t'aime, Philippe, pour trouver en moi-même assez d'indulgence pour te pardonner ! « Esteban Gallina, capitaine de l\u2019un de mes navires, et chargé par moi de te remettre ce pli, fera transporter chez toi, au moment de son arrivée au Havre, une somme de quatre millions en monnaies d\u2019or, onces et doublons.Je recoustitue, de mon autorité privée, notre association dissoute à l\u2019époque de mon mariage.La maison Philippe Le Vaillant et José Rovero recommence, à compter d'aujourd'hui una nouvelle existence.; \u201cJe n'ai pas besoin d'ajouter que je ferai hon- peur A toutes les traites que tu jugeras à propos de tirer sur moi, et que je we reconnais personnellement responsable de tous les engagements que tu prendras en notre nom commun.\u201c Le temps me manque pour t'écrire plus longuement.Je me hite de t'embrasser en te disant que je t'aime.José Rovæno.\u201d Avons-nous besoin d'expliquer quelles furent les conséquences naturelles de cette lettre et de cet envoi Ÿ La fortune de Philippe Le Vaillant n'était com- Ne 7 LE MONDE ILLUSTRE promise que parce que les pertes énormes qu'il venait de subir paralysaient son crédit et rendaient impossible la réalisation immédiate d\u2019un actif dont le chiffre dépassait, et de beaucoup, celui du passif.Les millions de la Havane comblèrent l\u2019abîme ouvert sous les pas de l'armateur, dont la situation se trouva tout à coup d'autant plus solide qu\u2019elle avait été plus chancelante.Au bout de quelques mois le déficit était comblé, les affaires de Philippe reprenaient une extension gigantesque et José Rovero rentrait dans les sommes avancées par lui.Telle était la position réciproque des deux amis.Tl nous semble que la dette de reconnaissance contractée par l\u2019un et par l'autre pouvait et de vait passer pour égale, et que l'Espagnol avait pour sa part largement puyé cette dette ; cependant il se regardait toujours et plus que jamais comme l\u2019obligé de Philippe Le Vaillant.Voici que nous avons liquidé notre compte avec le passé, et maintenant nous prions nos lecteurs de rejoindre avec nous don José dans cettre chambre où nous l'avons entendu murmurer aux pieds du crucifix une prière ardente et déchirante.Nous avons laissé le vieillard assis dans un fauteuil à dossier sculpté ; les coudes appuyés sur son bureau, la tête cachée entre ses mains, tandis que de grosses larmes tombaient une à une de ses eux.Te Frappez moi jusqu\u2019à la mort, avait il crié à Dieu dans son désespoir, mais ne rejetez pas ma demande unique et suprême ! Laissez-moi vivre jusqu'au jour où la réponse venue de France m\u2019apprendra que mon enfant chérie peut espérer encore en l'avenir, et qu\u2019une terre lointaine garde une famille et du pain à la pauvre fille qui se croit au- jourd'hui si riche et si heureure, et qui sera, demain peut être, orpheline et sans asile.Voi'à ce que je vous demande à deux genoux, mon Dieu ! Oh | n'est-ce pas, Dieu bon et miséricordieux, n'est-ce pas que vous accorderez cette grâce au malheureux père qui va mourir ?\u201d Ce lettre, dont le vieillard attendait l\u2019arrivée avec une patience désespérée, devait être la réponse de Philippe Le Vaillant à un message envoyé en France par J osé Itovero bien des mois auparavant Nous devons reproduire ici textuellement le contenu de ce message, et il achèvera d'éclairer la situation de nos personnages.« La Havane.\u2014 Février 1/15, « Pardonne-moi, mon vieil ami, pardonne-moi, mon frère, si les lignes que je t'écria en ce moment t'apportent un violent chagrin J'aurais voulu ne te faire partager jourd'hui, je n'ai plus que des douleurs à apporter À ceux que j'aime.« Tu doutes de ce que tu lis, n'est-ce pas! Tu ne peux me comprendre, toi qui sais «jue partout on w'sppelle : Jos¢ Rovero le riche ! José Rovero l'heureux / toi qui crois que l'unique désespoir de ma vie a été la mort de ma bien-aimée Lola, qui m'a laissé, en quittant cette terre, un ange de con solation et d'amour, ea vivante image, mon An nunziata chérie.« F.coute-moi, Philippe et crois-moi quand je te dis : L homme le plus malheureux de la terre, c'est moi, c'est ton ami, c'est ton frère \u201d « Ft c'est vrai, cela, Philippe, car rien ne saurait se comparer au malheur du vieillard qui, après avoir perdu une femme adorable et adorée, après avoir reporté toute la tendresse de son âme et de son cœur sur son enfant unique, se voit au moment de laisser cette enfant orpheline, pauvre et seul au monde « Telle est ma destinée, mon ami.« [lle te résume en un bien petit nombre de mots : Je rau mourir et je suis ruiné.Je puis compter, sinon les jours, au moins les mois, qui me séparent de mon heure auprême, et ma fortune immense est si complètement anéantie que non- seulement il ne restera rien après moi, mais encore, et je rougis de honte en traçant cette ligne sinistre, on pourra prononcer Sur ma tombe le mot infamant de Langueroute et flétrir ainsi mon nom si longtemps honoré.que mes joies, mais, hélas ! au- P 427 \u2014 \u2014 \u201c Personne au monde, mon ami, ne roupçonne ce double secret.Toi seul et moi nous le connais sons : ma fille vit heureuse et calme suprès de son père agonisant et désespéré, mais, hélas ! la vérité fatale éclatera bientôt.\u201c Je dois te dire, d'abord, pourquoi j'ai la certitude d'être condamné À mort, et comment il se fait que personne autour de moi ne devine l\u2019existence du mal qui me dévore.«Ce mal ct au cœur.J'en ai ressenti les premières atteintes il y a trois ans.Depuis lors il a grandi sans cesse ; maintenant il ne me laisse ni tréve, ni repos ; il me torture comme ferait le bec d'un vautour fouillant ma poitrine enflammée.Chaque jour, et plus d\u2019une fois par jour, je me tords dans des crises effroyables, il me semble alors que mon cœur est déchiré par des tenailles do fer rouge ; mes muscles et mes nefrs se tendent sous l\u2019effort de la douleur et sont près d\u2019éclater.Des gémissements s\u2019échappent de mes lèvres, malgré l'énergie de ma résistance, et des larmes coulent de mes yeux.« Quand la crise approche, je m'enferme et je me cache, car je ne veux pas que mes défaillances aient des témoins.\u201c Il y a quelques mois, le hasard fit prononcer en ma présence le nom d\u2019un Brésilien centenaire, qui possède, dit on, l\u2019art de guérir, à un degré quasi miraculeux et auxquels les plus savants docteurs européens sont bien loin d'atteindre.\u201cUne innombrable quantité de gens, arrivée aux dernières périodes de maladies réputées in- guériseahles, font des centaines de lieues pour venir trouver ce vieillard et repartent guéris.« Les résultats de son savoir et de son expérience sont parfois si prodigieux qu\u2019ils dépassent en appareuce les bornes du possible et frappent les esprits d\u2019étonnement comme des faits surnaturels.Le lendemain du jour où j'avais appris toutes ces choses, je m'emtarquai Mon navire fit voile pour Æspiritu Sanlv, Je passai trois jours dans cette ville atin de me reposer des fatigues de la traversée, puis je me mis en marche A petites journées vers l\u2019intérieur du pays et )'atteignis, au bout d'un mois, la résidence du centenaire.« Plus de cinq cents malades campaient autour de sa demeure, attendant depuis bien des jours que leur tour d\u2019être introduit füt arrivé.\u201c Moyennant cent piastres un pauvre diable d\u2019épileptique me laissa passer à sa place.Le centenaire me reçut, m'interrogea, m\u2019examina longuement, et enfin il me dit avec une expression de certitude écrasante : \u201c__ Vous êtes perdu sans ressources.Je puis vous procurer un faible soulagement, mais je ne uis vous sauver.Revenez demain.\u201d « Le lendemain le savant vieillard me remit un {lacon de cristal rempli d'une liqueur rouge et transparente et un petit gohelet de métal, en me disant : \u201c__ Lorsque la douleur sera si violente qu'il vous semblera que vous ne pouvez plus la supporter sans mourir, versez dans ce gobelet quelques gouttes du cuntenu de ce flacon et buvez.La crise disparaîtra aussitôt.Usez, mais n\u2019abusez pas.car cette liqueur contient un poison végétal qui calme, mais qui tue.\u201d « Je pris le flacon et je demandai » \u201c Combien me reste il de temps à vivre * «Est ce bien la vérité que vous voulez savoir, quelle qu\u2019elle soit 1 \u201c«_ Oui, c\u2019est la vérité, quelle qu\u2019elle soit.«__1] vous reste un an, au moins, quatorze mois au plus.«_ Ainsi, je suis sur d'une année de vie ! \u201c_ Oui, mais une fois le trois cent soixante- cinquième jour écoulé, tenez vous prêt pour le grand voyage, car 1a mort sera proche.\u201d \u201c Voilà ce que me dit le centenaire.\u201c Au moment où je t'ésris, mon ami, quatre mois se sont écoulés depuis le jour où cette prédiction m'a été faite.« Au moment oli tu recevras cette lettre, huit mois seront passés.\u201c Au moment où ta réponse pourra me parve nir, le dourième mois de l'année fatale touchera à son terme.Si même les hasards de ls mer ne re- me meer tardent point ma lettre et ne font pas que ta réponse arrive quand, moi, je serai parti.* Et cependant, Philippe, je donnerais de bien grand cœur la moitié des jours qui me restent à vivre pour que mes yeux aient lu cette réponse avant d'être fermés pour toujours.\u201c Tu aais maintenant comment et pourquoi je suis condamné à mort, « J'en arrive à ma ruine.C\u2019est una simple et triste histoire.Un bien petit nombre de lignes suffiront pour te la raconter.\u201c Tu n'ignores pas que ma fortune (cette fortune que je te devais toute entière) était immense.Je ais dix millions.\u201c Une fatalité étrange, implacable, s\u2019est appesantie sur moi, comme ai Dieu dans sa colère avait résolu de me perdre et de m'anéantir.* Depuis quatre mois, cinq de mes naivres, dont les cargaisons représentaient d\u2019énormes valeurs, ont péri corps et bien.Ces désastres sont, jusqu\u2019à ce jour, ignorés à la Havane.Des témoins oculaires des quintup'es sinistres en ont donné avis à mes correspondants, eb je suis seul À connaître ces effroyables catastrophes.\u201c Ce n\u2019est pas tout, et, comme dit un vulgaire et désolant adage : Un malheur n'arrive jamais sans qu'un autre malheur l'accompagne / \u2018 Sur mes plantations, qui passaient pour être les plus productives de la colonie, j'occupais près de dix mille esclaves.Parmi ces esclaves il s'est trouvé des empnisonneurs.* Oa ignore en Europe que, parfois, le sang des Borgis, des Voisins, des Brinvilliers coule dans les veines de ces noirs enfants de l'Afrique.Ces monstres, et ils ne sont pas rares, n'ont qu\u2019un rêve, qu\u2019un désir, qu'une joie, qu\u2019uue volupté, c\u2019est de tuer par le poison ! Chez eux, le meurtre est une passion que rien ne peut rassassier, que rien ne peat éteindre.Ils ne vivent heureux qu'au milien des cadavres qu'ils entassent.Tout leur est bon, pouvu qu\u2019ils tuent.Ile n\u2019épargnent pas plus les bestiaux que les hommes.\u201c Un nègre empoisonneur, dans une plantation, c'est la ruine inévitable du maître, car il n\u2019existe aucun moyen de reconnaître le coupable au milieu des autres esclaves, qui, s'ils le connaissaient, garderaient le silence et mourraient atoïquement plutôt que de le dénoncer.\u201c Eh bien ! mon ami, ce crime épidémique, ce monstrueux fléau, se sont abattus sur mes habita- tations.\u201c Un tiers de mes esclaves a péri déjà, le se cond tiers souffre et languit, les autres ne tarderont point À être frappés à leur tour.Partout, au lieu du mouvement et du travail, l'abattement et l'inaction ; partout, au lieu de la joie et des chansons, la souffrance et la mort ; partout, au lieu de la prospérité, la ruine.\u201c Tu vois que ma situation est bien réellement et bien complètement désespérée, et que rien au monde ne peut me sauver.\u201cJe me suis rendu compte, avec une rigoureuse exactitude et dans les moindres détails, de ce que produiront les débris de ma fortune ; en d autres termes, j'ai établi mon bilan.En voici le résultat : Lorsque mes navires, mes plantations, mes maisons et les ameublements, mes esclaves, mes troupeaux auront été vendus, lorsqu\u2019enfin la liquidation sera complète, ma succession se trouvera en face d'un passif de deux millions qu\u2019il ne sera pas possible de combler.Ma fille, mon An.nunzista, ristera plus pauvre que la plus pauvre des mendiantes de la Havane, et le nom de José Rovero sera un nnam déshonoré !.\u2026.\u201c Eh bien ! Philippe, avais-je raison, et crois-tu qu'il puisse se trouver sur la terre un homme plus malheureux que moi ?.\u201c Il dépend cependant de toi, mon ami, mon frère, d'apporter an peu de calme et de consolation à ma dernière heure, eb j'ai la certitude que tu le feras, car je ne doute pas plus de ton cœur que je ne doute de la miséricorde de Dieu.* Ecris moi que tu serviras de père à Annun- ziats, que tu la recueilleras dans ta maison, que tu l'aimeras comme si véritablement elle était ta fille.Ecris-moi cels, Philippe, et je mourrai en te bénissant, et j'oublierai, je crois, tout ce que je viens de souffrir.tout ce que je souffre encore.\u2018* Adieu ! mon frère.Je n'ai pas besoin de te LE MONDE ILLUSTRÇ répéter que je t'aime, tu le aais depuis quarante \u201c Adieu encore, et, cette fois, c'est pour toujours.\u201c José Rovero.\u201d Telle était cette lettre, qui nous paraît plus que touchante, qui nous paraîc sublime, et qui semblera telle à nos lecteurs s'ils veulent bien se souvenir que l\u2019'homuie qui venait de l'écrire, et qui ne réclamuit pour sa fille qu'un asile et un peu de tendresse, avait cru s'acquitter simplement de son devoir en envoyant à Philippe Le Vaillant les quatre millions par lesquels l\u2019armateur du Havre avait été sauvé.+, Dans le premier chapitre de cette histoire, nous avons signalé la présence, en vue de la Havane, d\u2019un navire de commerce sous pavillon espagnol, retenu à deux lieues au large par le calme plat de la mer et l'absence de toute brise.Ce navire, à ls hauteur du cap de Bonne Espérance, s'était entendu hêler par le capitaine d'un bâtiment français, le ./arsouin, du Havre, qui svivait la même route et qui venait d'être désemparé par une tempête, mis hors d'état de continuer sa route, et forcé de gagner le plus prochain mouillage pour y réparer ses avaries.** Quelle est votre destination ?demanda le capitaine français au capitaine espagnol.\u2014-Buenos-Ayres, répondit ce dernier.\u2014 Combien ce voyage doit-il rapporter à votre armateur { \u2014 Deux mille piastres environ.\u2014Eh bien ! à ces deux mille piastres de bénéfice je vous propose d'en joindre immédiatement mille autres.\u2014Que faut-il faire pour cela ?\u2014-Aller jusqu\u2019à la Havane avant d'aller à Bué nos-Âyres.\u2014Ce n'est pas impossible.que ferai je 1 \u2014 Vous remettrez, en mains propres, à un né gociant de cette ville, un petit paquet que je devais lui remettre moi-même.\u2014-Et voilà tout ?\u2014Voilà tout.\u2014Affatre conclue alors.Donnez-moi le paquet, et comptez-moi les mille piastres.\u2014 Vous me jurez, sur votre honneur d\u2019Espa- guol eb sur votre foi de chrétien, d'accomplir fidèlement, et sans retard, la mission que vous acceptez ?\u2014Je vous le jure sur mon honneur d'Espagnol et sur ma foi de chrétien.\u2014 Voici le paquet, et voici l'argent ; et souvenez vous, capitaine, que vous aurez obligé deux des plus riches armateurs du monde entier, Philippe Le Vaillant, du Havre, et dont José Ro- vero, de la Havane.\u2014Oh ! oh ! reprit l'Espagnol, voilà en effet deux noms qui remuent des millions ! Il est toujours bon de pouvoir rendre quelque service à ces rois du commerce, tôt où tard on y trouve son profit,\u201d Les deux bâtiments se séparèrent.Le capitaine du navire espagnol tint religieusement sa parole, mais l'absence de toute brise retarda de plusieurs heures son entrée dans le port de la Havane.Au liea de débarquer le soir, en présence de l'immense foule que nous avons montrée s'entassant, immobile et sufloquée par la chaleur, sur la jetée et sur les quais, il ne lui fut possible de prendre terre que le lendemain au point du jonr.Mais à la Havane, ++ + Don José, nous le savons, avait fermé sa porte on dedans, au moment où Ja crise s'emparait de ui On frappa doucement à cette porte.\u201cQui est là ?demanda t il en se levant, et en essuyant les larmes qui coulaient aur ses joues, \u2014 Moi, eenor.répondit da dehors une voix que nous connaissons, moi, Pablo.\u201d José ouvrit.\u201cQue me veux ta ?demanda t il à son domestique de confiance.\u2014 Senor, il y à là, au salon, un capitaine de navire.il désire vous parler.\u201d Un éclair brille dans les regards de don José.\u201c Un capitaine français Ÿ s'écria-t il vivement, -Non, ssnor.espagnol.\u201d L'éc'air s\u2019éteignit, \u201c Mais, poursuivit Pablo, il apporte des lettres de France.\u2014Eofin ! balbotis José en appuyant ses mains sur son cœur qu'une émotion trop vive dilatait outre mesure, mon Dieu.eigneur, mon Dien, vous m'avez donc écouté !,.\u201d Et il se rendit dans le salon avec une hâte facile à comprendre.\u201c C\u2019est bien au senor don José Rovero que j'ai l'honuear de parler ?demanda le capitaine.\u2014 Oui, senor, À lui-même \u2014 Voici, senor, un paquet que je dois remettre entre vos mains.Mais d'abord permettez-moi de vous dire comment il se trouve entre les miennes,\u201d Et l\u2019E«pagnol raconta ce que nous avons raconté nous-même, en peu de lignes, plus haut, Ensoite il présents & don José le petit paquet sur lequel la main de Philippe Le Vaillant avait écrit le nom de son ami.\u201cJe vous remercie, senor, fit l\u2019armateur en s'efforçant de dominer l\u2019émotion qui lui causaient la vue et le contact de cet objet, et j'espère que pendant le temps de votre séjour à la Havane vous n'aurez pas d'autre maison que la mienne.\u2026.\u2014J'accepterais cette offre de bien grand cœur répliqua le capitaine, mais mon intention eat de remettre à la voile ce soir même.\u201d Don José ouvrit un coffret placé dans une armoire de boule.Il y prit une bague en diamants, d\u2019ane grande valeur, et il la présenta ou capitaine en lui disant : \u201c\u2018 Permettez-moi da moins de vous offrir cette Labiole, et faites-moi le plaisir de la porter comme témoignage de ma reconnaissance pour le service que vous venez de me rendre.\u201d Le marin ne fit aucune difficulté pour accepter, et il quitta José Rovero, en bénissant l'heureuse étoile qui avait permis à son navire de rencontrer le Marsouin du Îavre.Don José, reaté seul, alla s\u2019enfermer de nouveau dans «a chambre, avec ce paquet qui brûlait ses doigts.Il rompit les cachets d'une main fièvreuse.La première enveloppe renfermait une petite boîte.Cette boîte contenait une lettre.Voici ce qu'il lat : \u201c De tous les malheurs que tu m\u2019annonces, mon frère José, un seul me touche véritablement, c\u2019est ton état de cruelle souffrance, mais je ne veux pas croire à la prédiction funeste de ton centenaire bréilien.Cet homme est un sauvage, bien qu'il soit un savant, distu.Nous avons en France de grands médecins qui en savent plus long que lui et qui te guériront, je te le promets, et qui te guériront bien vite, car je t'attends au Havre dans le plus bref délai, avec ta chére Annunziata.\u201c Quant à tes inquiétudes pécunisires, elles sont insensées, permets moi de te le dire ! Tu dois deux milions ! Qu'est ce que cela ?Est-ce que mes millions ne sont pas à toi, mon bon Jose ?Décidément tn perds ;a tête et la mémoire \u2018 \u201c Voici de quelle façon nous allons arranger l'a venir : Un liquidateur de ton choix partira pour la Havane aussitôt que tu seras arrivé en France.Il réglera toutes tes affaires et psyera coa deux pauvres millions à propos desquels tu te tourmentes si follement ! Ceci fait, tu redeviendras pour la troisième fois mon associé et nous ne nous quitterons plus.* Non, nous ne nocs quitterons plus! Et comment donc pourrions-nous désormais nous séparer, puis que nous ne serons qu\u2019une seule et même famille ?* José, mon vieil ami, mon frère, j'ai l'honneur de te demander pour mon fils Olivier, la main de ta fille Annunziata.\u2026.\u201c Puitirre LE VAILLANT.\u201d Don José poussa un cri et tomba de toute sa hauteur et sans connaissance sur le parquet de sa chambre, wd \u2014 LE MONDE ILLUSTRE 429 XII LE CAUINET DE VERDURE S'il est des situations d'esprit eb de corps dans lesquelles la joie doive tuer d'une manière aussi foudroyante que la douleur, certes, la situation de don José Rovero était de celles-là.Une émotion violente pouvait amener brusquement à son dernier période la maladie de cœur qui conduisait le vieillard vers la tombe par un chemin rapide et douloureux.Selon toute vraisemblance, José Rovero ne devait sortir de son évanouissement que pour mourir.Il n\u2019en fat rien, cependant.Au bout de quelques minutes l'Espa;nol reprit connaissance.Il se releva lentement, tenant toujours dans sa main droite la lettre de Philippe, et au premier regard qu\u2019il jeta sur cette lettre, ses souvenirs lui revinrent en foule.Alors, et par une réaction naturelle et pour ainsi dire inévitable, cet homme que nous avons va courhé, anéanti, écrasé sous le poids des malheurs qui 'accablaient, et qui lui semblaient sans remède, cet homme, disons noue, se reprit à es- rer.Tl entrevit, non seulement l'honneur commercial de son nom sauvé de toute tache, nou seulement sa fortune réédifiée, l\u2019avenir et le bonheur de sa fille assurés, mais encore, oubliant ses longues tortures et la prédiction sinistre du Itrésilien centenaire, il rôva la guérison promise par son awi.Il se dit que sa vie pourrait être longue, puisqu'elle pourrait encore être belle.\u201c Qai sait, murmara t il, qui sait si le climat de feu de cette ile n'est pas pour beaucoup dans ces souffrances que je croyais mortelles 1 Sana doute le soleil tiède et la douce atmosphère de cette belle France qui m'attend m'apporteront le soulagement et le calme.Et puis, là-bas je trouverai des médecins illustres dont la science saura combattre victorieusement un mal qui paraît ici sans remède.Oh ! béni soista cent fois, Philippe, mon frère hien-aimé ! Que tu me rendes ou non la vie, tu w'suras rendu le lhonheur ! tu dépasses mes plus ainbitieuses espérances ! Dieu m'est témoin que j'aurais souffert joyeusement mille morts pour assurer dans l'avenir l'union d'Olivier et d'Annun- ziata, et, ce rêve que je n'osais former qu\u2019à peine, c\u2019est toi même qui m'offres de le réaliser !.\u201d La joie est presque toujours expansive.Don José ne voulut pas garder pour lui seul cette allégresse immense qui débordait dane son cœur.Il quitta son appartement et se dirigea vers celui d\u2019Annunziata.\u201c« Où est ma fille Ÿ demanda-til à une mulé- tresse qui s\u2019occupait à mettre en ordre des étoffes et des parures.\u2014La senora est daus le jardin.\u201d, répondit l\u2019esclave.Le vieillard quitta le pavillon et s'engages dans les allées ombreuses dont le sable blanc assourdissait le bruit des pas ainsi qu\u2019un épais tapis de velours.Le jardin était vaste comme un parc.(la pouvait errer longtemps dane ses dédales verdoyants sans trouver la personne qu\u2019on y cherchait.Ceci d'ailleurs n\u2019arriva point à don José, qui connaissait la retraite favorite d'Annunziata et qui se dirigea vers cette retraite par le chemin le plus court.Au bord du lar, dans un endroit où l'esu transparente venait lécher mollement la rive gazonnée, existait, adossé au tronc colossal d'un baobab, une sorte de cabinet de verdure conatruit en treillages eur lesquels s\u2019enroulaient los lierres des tropiques aux larges feuilles, et toute une population de plantes grimpantes inconnues en lurope et couvertes de fleurs éclatantes pareilles à des étoiles de pourpre et d'azur.Le voisinage de la pièce d\u2019eau, l'ombre impénétrable de l'arbre géant, et les inextricables entre lacements qui brodaient d\u2019une façon splendide le canevas du treillage, entretenaient dans ce charmant réduit une fraicheur délicieuse, même aux heures où le soleil perpendiculaire laissait tomber sur la Havane une pluie de flammes liquides.Une table rustique, un hamac de soie et plusieurs bulacas formaient l'ameublement du cabinet de verdure.Chaque jour, selon l'habitude des créoles, An- nunziata venait y faire la sieste, mollement étendue dans son hamac ; ou bien, assise aur l'un des fauteuils À bascule, elle Jissir, brodait ou rêvait.Toute une volée de petits oiseaux familiers, accoutumés à recevoir des mains de la jeune fille des miettes de pain ou des poignés de grains, venaient alors se poser sur les plus basses branches du baobab, ou sur les lianes da berceau, et, chacun d'eux chantant sa chanson sans se préoccuper de celle de son voisin, ils produisaient un concert bi zarre, une harmonie confase, mais qui n'étaient pas sans charmes.Quelques-uns, plus aventureux et moins timides (peut être devons-nous dire aussi plus gourmands), pénétraient jusque dans l\u2019intérieur du cabinet de verdure, se perchaient sur les cordelettes du hamac et sur les dossiers de bambou des buta- cas, ot par leurs petite cria répétés s\u2019efforçaient d'attirer l'attention d'Annunziats, qui ne manquait jamais da récompenser leur eonfiance par une libérale distribution de friandises.La jolie Hi avanaise, au moment où nous allons la rejoindre, était assise auprès de la table rustique sur laquelle s\u2019sppuyait son coude.Auprès d'elle se voyaient un livre cntriouvert et une broderie commencée : mais elle ne lisait ni ne travaillait.Ses baux yeux, laissant errer distraitement leurs regards sur les eaux argentées du petit lac, indiquaient «jue sa pensée était absente.En effet, l'esprit de la jeune fille se trouvait en ce moment à plus de deux mille lieues de la Havane.Elle se souvenait des dernières paroles de son entretien avec son père, et elle songeait à cette lointaine terre de France que peut être elle verrait bientôt.Ces deux mots, la France, sutlisaient pour évoquer devant elle tout un radieux mirage de paysages féeriques et d'horizons inconnus.An- nunziata révait un pays fantastique, une sorte de merveilleux Elen où jamais les rayons d'un so'eil trop brûlant desséchaient les feuillages toujours verts, où tous les visages étaient blancs, où l'on n\u2019entendait point les brutales lanières du commandeur déchirant la chair meurtrie des esclaves.Enfin, disons-le tout bas, car la jolie Havanaise se l'avouait tout bas à elle-même, il lui semblait que les Français devaient ressembler à ce pâle et charmant Tancrèda de Najac qu\u2019elle n'avait fait qu\u2019entrevoir, et qui lui ievait la vie.C\u2019est au moment ol Annunziata s\u2019abandonnait si complètement aux songes gracieux qu'elle faisait tout éveillée, que don Jusé Rovero arriva sur les hords du petit lac, auprès du cabinet de verdure.1! écurta de la main les pampres qui retombaient comme un rideau mouvant sur la porte toujours ouverte, ot il pénétra dans l'intérieur.La jeune fille quitts son siège et courut À son ère.Tout en 'embrassant, elle remarqua le changement survenu dans l'expression de son visage.Ce visage était véritablement transfiguré et respirait la joie la plus vive.Annunziata s'éeria : \u201c Mon père, qu\u2019avez-vous donc 1 comme vous semblez heureux ! \u2014Clest que je suis heureux, en effet, chère enfant de mon cœur.\u2014 Et vous venez me faire partager votre bonheur 1 \u2014Oui.\u2014Eh bien, asseyez-vous là et dites-moi bien vite ce jui vous amène, afin que je me réjouisse aussi.\u2014J'ai requ de bonnes nouvelles.- -De vos plantations ?- Non.De mon meilleur ami.Le cœur d'Annunziata battit vivement.« De France alors, dit elle, et de Philippe Le Vaillant ?\u2014Oui, mon enfant, de France et de Phjlippe.\u2014Que vous dit-il ?\u2014 Il me dit qu\u2019il nous attend.Il me dit de nous hâtor d'aller le rejoindre.Il me dit enfin.\u201d Don José s'interrompit.| \u201c Quoi donc 1 demanda curieusement Annun- zlate.\u2014Tu le sauras, mais un peu plus tard.\u2014Pourquoi pas tout de suite ?\u2014Parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un petit secret que je veux te cacher encore.répondit le vieillard en souriant, sois tranquille d'ailleurs, chère fille, ce secret n\u2019a rien de funeste.\u201d Peut être nos lecteurs ont ils deviné déjà le don- ble motif qui venait d'arrêter sur les lèvres de don José Rovero les paroles prêtes à s\u2019en échapper.Il avait réfléchi, d'abord, qu'Annunzista, ne connaissant point Olivier, pouvait être inquiétée par cette demande en mariage qui lisit en quelque sorte son avenir, et que mieux valait cent fois laisser les deux jeunes gens faire connaissance, et donner à l\u2019amour le temps de naître dans leurs cœurs, que d'annoncer & la senorina qu'elle était fiancée.Ensuite, apprendre 4 Annunziata cette union comme une choie arrétée d'avance, n'est-ce pas lui dire que ni elle ni don José ne reviendraient plus à la Havane Ÿ Or, la pensée de quitter, pour ne les revoir jamais, les lieux si beaux où elle était née et où elle avait grandi, devait, selon toute apparence, attrister vivement la jeune fille, tandis qu\u2019en France, au contraire, d'autres pensées, d'autres sentiments, d'autres affections, viendraient bien vite effacer les premières empreintes et couper court aux regrets avant même qu\u2019ils cussent eu le temps de naitre.Annunziata, ne soupgonnant en aucune fagon la gravité de ce que lui cachait son père, eb convaincue qu'il ne s\u2019agirsait que de quelque surprise qu'il lui ménageait, n'insista point.\u201c Puisqu\u2019il en est ainsi, dit-elle à don José, eb puisque M.Le Vaillant nous attend avec impatience et vous presse de partir, l'époque de notre départ est imwinente | \u2014-Oui, mon enfant.\u2014Mais enfin, cette époque, pouvez vous la fixer ?\u2014Non.\u2014Pourquoi ?\u2014Parce qu'elle ne dépend de moi en aucune fs- con, puisqu\u2019en ce moment je n'ai pas dans le port un seul de mes navires, ¢t que par coneéquent il nous faut attendre «ju\u2019un batiment étranger vienne ici prendre une cargaison de sucre ou de bois des iles pour ls France ou pour l\u2019Angleterre.Nous nous embarquerons à bord de ce bâtiment.\u2014Cela peut tarder.\u2014De fort pea de temps.A cette époque de \u2019année les arrivages sont fréquente.Dans tous les cas, tenons-nous préts afin (ue rien ne puisse nous empêcher de saisir la première occasion «pui se présentera.À suivre EN FIN DE COMPTE Les sports de la ssison d'été amenent toujours leur fort vontinguent d'accidents de toutes sortes et pour leur traitement, voici un exemple qui porte sun enseignement M.Jocobs Etzensperger, 14 Summer St ; Cleveland, O.E.U.A.dit : le me rvis foulé le bras, en gaunlant des chataignes j'étais incapatle de le soulever : j'ai souffert pendant «les années.et c'est I'Haile Saint-Jacob qui m\u2019a guéri.Après plusieurs snnées de souffrances.Il est tombé sur le bon remède, en fin de compte.Avoir imméuist«ment le meilleur rem: de sous la main, c'est s éviter beaucoup\u2019 de souffrances.D\u201d MATHIEU & BERNIER CHIRURGIENS-DENTISTES Coin des rues Champ-de-Mars et Bonsecour Extraction de dents sans douleurs avec les prooédés les plus perfectionnés.J.N.LAPRES PHOTOGRAPHE 208, RUE SAINT-DENIS, MONTREAL Of-devant de la maison W, Notman & Fils.\u2014Pertralte de tous genres, et au prix courant, Téléphone Bell, 7283. CS 430 LE MONDE ILLUSTRE Er re Avis aux mèmua.\u2014Le \u201c\u201c sirop calment de Madame Winslow \u201d eat employé depuis plus de 50 ans par des millions de mères pour la dentition des enfants, et toujours avec un succès complet.Il soulage le petit patient aussitôt, procure le sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u2018s\u2019épanouit comme un bouton de fleur.\u201d est très agréable à prendre, il calme l'enfant, amollit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par Ia aentition ou autrement.Vingt-cing cents la bouteille, 24 POURQUOI VOULOIR Laisser un rhume s'avancer dans notre système et encourager aiusi d'autres maladies séricuses, telles que le Phtisi-, llémorrogie, etc, quand un soulagement imméiat peut être acquis si promptement / La vente du Vin à la Créusote de Hêtre du Dr Ed.Morin est sans précédent dans l'histrire des médecines patentées, pour le guérison des toux, Bronchites, et por r les plus sé .ères maladies de poitrine.Dupuis son introduction, il a ocoasionné une demande de plus en plus croissante et il n'a jamais failli dane aucun cas Peut s\u2019obtenir daus les pharmacies.ECOLE De dessin et de peinture Cours d'après nature et d'aprés l'antique Leçons privéos données à l'atelier ou à domi- elle.Classe du soir trois fois par semaine.K.LEFEUNTIN Artiste-peintre.No 03, rus 8t-Jacques.Montrés ANNONCEURS Si vous désirez annoncer quelque chose en tout temps éciivez à GRo, P.RowELL & Co, No.10 Syruce St, NEwW-Yokk.Tonte personne ayant besoin d'informa\u2018 tion sur 1a meilleure manière d'annoncer ferait bien de se procurer une copie du Book for Advertisers, 368 pages, envoyé franco sur réception d'une piastre.Ce livre contient une soigneuse compilation des meilleurs journaux et publica'ious et une foule d'informations sur les prix et autres choses qui touchent aux affaires d\u2019an nonce.\u2014 Adretse : ROWELL'H ADVERTISING Buræau, 10 Sprace St, N.Y.gr ACIFIQUE CANADIEN Excursion Populaire ALA COTE DU PACIFIQUE Des chars dortnirs pour touristes laisseront Montréal, à la gare Windsor à 8,15 hrs.p.m.Les 11 et £5 Novembre, ! et 14 Decembre 15511 se rendant directement et sans changement aucun, jusqu'à la Côte du Pacifique.Rien que =2.50 additionnelles au tarif ordinaire de seconde classe pour cette magnifique accommodation.Pour plus de détails s'adresser à l\u2019un quelconque des agents du chemin de fer canadien du Pacifique.BUREAUX des BILLETS à MONTREAL 266, rue St Jacques et aux Gares wu F.EGG, D.McNICOLL, Ag.Dist.Pass.Ag.Gen.l'ass.MONTREAL.Blixir Resineux Pectoral Voulez-vous ne plustousser ?Faites usage de l'EDixir Recineux Pectoral, le grand re- mode thajour contre la TOUX, le KHU- ME et Autres affec- tiona de la Gorge et des Poumour Be nGinbreuxeer- t{fients émanant de citoyens éminents, de membres du clergé, de commu- nnutés rellgieunes, de medecins dise tingues Aatlestent l'effcacit@merveilleuse de cette préparation, A défaut d'espace nous ne donnone ¥ us lecertificat suivant: MAHL LL.\u20ac Montréal, 37 mars 1889.Après avoir pris connaissance de la com position do 'Elixir Resineux Pectoral, jo crois de mou devolr dele recommander comme un excellent remade contre les affe- otions des poumons en général, N.FAFARD, M.D.Professeur de chimie\" à l'Université Laval.:0: En vente partout \u2014 25 centins la bouteille, 10! L.ROBITAILLE, Proprietaire Joliette, P.Q., Canada veau ; c\u2019est-à-dire le siège OXY des principales tualadies : Giant Food La dispepsie, la ronsomp tion, le manque de force.les erreurs de jeu- uesse, la maladie de cœur, de foie, des ro- guons ; donne une vie nouvelle à tout le corps.En vente chez 8.LACHANCE 1530, rue Ste-Catherine, Ou envoyer sur réception du prix 35c.OXYR AG'Y, P.O., Lox 748, Montreal, P.Q.Guérit les nerfs et le cer- Pour une ville comme Montréal d'avoir un marchand qui vend des meubles de toutes sortes à bon marché, tel que M.[72 'F.LAPOINTE.Voyez a+3 ameublements le salon depuis $20.00 jusqu'a $254.00 qui ne sont pas sur passés pour la beauté ot la qualité ainsi qu'un choix de sets de chambre des plus considérables depuis $12.00 4 $200.00, Une visite vous convainers du beau choix et de ses bas prix.F.LAPOINTE 1651, RUE STE-CATHERINE (3ème porte de la rue St-André) twrert tous les soirs jusqu'à 1 hrs.KMILE TRUDEL.EMILE DEMERS, LIBRAIRIE NOUVELLE \u2014\u2014 TRUDEL & DEMERS 1611, RUE NOTRE - DAMK Coin rue St-Gabriel Papeterie, livres d'écoles ot de littérature articles de fantaisie, objets de piété.blanc.d'avocats, ata.Une viaite eat aallinitéa.Ingénieurs Civils of Archit cles Chambre 213 st 214.Tel.Bell 2846 Epirick bE LA NEW-YORK LIFE 25, rue Et-Pierre, Montréal Montréal, 19 Janvier 1891.J.G.LavioukTTE, Fer, M.D., Mon cher Monsieur.\u2014 Je me fais un devoir de témoigner de l'excellence de votre Sirop de Térébe\u2026thine.Je m'en suis servi pour le traitement d'une laryngite aigue dont je souffrais depuis plus de neuf ans.Une seule bouteille m'a complètement guéri.Veuillez agréer mes remerciements Votre tout dévoué, C.A.M.Parapis, Ptre, O.M.I CASTOR FLUID On devrait seservir pour les cheveux 4: ette préparation délicieuse et rafraichis -ante.Blie entretient le ecalpe en bonne santé.erpôche ies peaux mortes et oxcite ia pousse &xoelient icle de teilette pour, & cheve «ure.\u2018a bouteille HENRY R.GRAY, Ohimiste pharmacies, 199 ena Rt Lagann & HAR7SHORNS» SELF-ACTING @)SHADE ROLLERS » Beware of imitations, Insist upon having the HARTSHORN.SOLD BY ALL DEALERS.Faotory, Toronto, Out.A.BONNIN & G.MANN Indispensable pour les familles, 35 ots J.ALCIDE CHAUSSE AROHITEOTS MESUREUR ET EVALUATEUR No 1541, Ste-Catherine, Montréal Téléphone Bell : 6930 Spécialité : Résidences privées LADIE AUX DAME +.\u2014Lrs Pitvl.es ve TANSY de la mère Green sont employées avec succès par des milliers de personnes ; elles sont :ertaines et sans danger.Agissant seulement sur les organes génératifs et soulageant toutes les malaiies, On ne devrait pas en faire usage si l\u2019on s'attend à la gros- esses, avant que la question soit décilée hors de doute, car leur usage sers suivi de résultats autres que ceux «désirés, Parla malle $1.00, Détails comp'ets (scellés), 3 cts.True LANE MEbEciNE Co , Montréal, Canada.En vente par John T.Lyons, coin des rues Craig et Bl.ury.EMPLOYEZ LES EXTRAICS \u201cCrown Brand\u201d Vendus par tous les épiciers importants NCTE C.ALFRED CHOUILLOU, Agent General Pour le Canada, - MONTREAL, tp RENAUD KING PATERSON - 852, RUE CRAIG - Meubles ! Gros et détail \u201d \u2014;_ \u2014_ mL Ts te - BUFFETIEN VIEUX CHENE Beulemen $22.- Ls plus beau choix de meubles en chéne et en noyet noir qu'il y ait à Montréal.Ne manquez pas\u2019 de visiter cet étabilisac ment avant de faire vos achats.MIRE \u2018auDETTE- Nettoie la TÈTE et fait disparait > PELLICULES.Ml arrète la châte a cheveux et en active la croissalice, Chez tous les PHARMA CIENS.\u2014 Prix : 50 cts = sow POINT \"2 médicarme:t purastif, mas vien une pré A varstion réparatrice du sang, et un toniquerécoustitua:.* Elles fournissent, e'1 effet, tous les él ments de vitalité né- CufsAires au sas, guérissent toutes les aflections provenaut de la pauvreté ou de D la tropgrande fluidité A'Jieuse du sang, ou des humeurs viciées gui s'y trouvent, doi RC rout ton et vigueur Ÿ nusangetau syaté:.e wutiorqueles travax oxvessifs, les fatigues.mentales, 16 mala », les excés et les in ls crftions de toitiet surtes ontépuit- Four action spécifique so fait sentir princips.» mont surloaystéine géhérique de l'homme et «0 l& formine, auquel 11 rend leur vigueur perd- Il corrige et régularise on mêmagemnps tow irréguiaritéset suppressions dans le fonction.ment de cos organes.TOU HOMME qui s'apercoit que sed facuitfs mentees sont appesanties : u s'en vont, ou que sa put uea physiques affaitiit.devrait faire usage «te ces pilules, Elles lus red dront soe forces purduos, svil pliysiques, Bois men: tales.\" TOUTE FEMME A-vrait en {air usage.Files pr trims it efficacetu' .1t toutes Ces Büppressio, = » 1 Toutes ces qu'a itée qui amènent Liev stbluinent une maladie si on les néclige.LES { EN devraient evoir recours EUNES C $ acenrilules, Elles er iront toutes lus suites des exces ot dea golies d¢ ESE etrendront Ia viguenr A tout legystéie ES JEUNES FILLE dovraient 6gaiemeut les employer.Ces ri ules aasuront la régularité de le menstrustivs En vente ches tous les pharmaciens.ou oo Tes De BIEL WEE ¢ ' t THEDr.V1 ED, \u2014 Age.fr __ \u2014 LE MONDE ILLUSTRE \u201cAugust Flower\u201d Mme Sarah M.Bla \u2018k, de Seneca, Mo., à étéaillligée durant les deux dernic cs anu éus ar la névralgie de la tête, de l'estomac et La entrailles, et Lous éviit : \u2018* La nourriture que je prenais ne me duunait suoune forc à, et mon appétit était très variable.Ma figuee était devenue jaune, ma téte pe-ante et j'avais des douleurs dans le co 6 gacche, Quand je me lvva s le matin, j'avais le bouche pleiue humeur mnqu.use, et un mauvais goût de rür, Quelque fois, j'avais des hatte ments de cur, ot ms respiration était gé- nés, Je souffr:18 constamment «le douleurs au côté gauche, sous les aisselles, dans la partis postérieure de mes membres.Cela devenait pire on liver et aux priuternps et quand les trau ca arrivaient, j'avais frois aux Mains et aux pieds, et je ne duriais pas du tout.J'essayui de to s les réu.eles rans en éprouver de soulsg ment, jusqu'au juir où je me servis de Aux i«t Fiower, Alors, je me sentis soulagée.Ce remède m'a fait un bien immense depuis que j'ai commencé à le prendre, ct me guérirs cestainement.G.ti.GREEN, Seoul Fabricant, Woodb-ry, New-Jersey, E.U.A.et Toronto, Canada.[4] MAISONS RAOOMMANDEES NEW-YORK Hôtel Lanteime 40 Union Square\u2014Maison Française de lére ordre, Prix moderes OTEL JACQUES-CAKTIER 23, #5, 77, PLACE JAOQUBA-OARTIER Hotel canadien français aïtué dans la partie ja plus centrale de la ville.Excellente cuisine, consommation de premier choix.Arran- goments pour familles.Prix inodérés, J.P.MARTEL, Prop.Montréa ROY & L.Z.GAUTHIER, V.Architectes et évaluateurs ont transporté leur bureau au numéro 180 \u2014 RUE SAINT - JAOQUES - 180 Edifice de la Banque d'Epargne Vioron Ror L 2.GAUTHIRR Rlévateur de plancher Ohambre 8 et 4 PREFONTAINE, ARCHITECTE Sucoesseur de fou Viotor Bourgeau 18, Place d'Armos, Montreal LACOMBE, Architecte ot Mesureur 807, RUE BTE-OATHERINE Entre les rues Delorimier et Parthenals Montreal EMILE VANIER « (Ancien élève de l'Ecole Polytechnique INGENIEUR CIVIL, ARPENTEUR 167, rue St-Jaogues: Royal Building.ontréal Demandes de Brevets d'Invention, marques de commerce, etc.préparées pour le Canada et l\u2019Etranger.J.B.RESTHER & Fils, AROHITEOTES Chambres Nos 60 et 66, Bâtisse Impérial 107, RUE SAINT-JACQUES Télé, Bell 1800 MONTRÉAL found flo at Ses.3 RR rw Jeux d'esprit et de combinaison La salle du \u2018Club d'Echecs et de Dames Canadien-Français \u201d est ouverte tous les soirs, au No 292, rue Richmond, Montréal.Les amateurs sont invités.No 20.\u2014ENIGME lt pour tout prix de mes services, Vous me jetez aux immmondices Sans avoir su m'spprécier.Si petit objet que je soi, Je puis aux champs comme à lu ville Journellemeut vous être utile, Et souvent plus que Je ne crois.Mot dout la rencoutre opportune, Neul pourtant fit le fortune Mais il arrive que parfois, D'un trés célèbre financier.La tâche étant trop ditticile Pour ma nature si debile, Je fléchis vite sous vos doigts, .PON, PROBLEME No 11 Composé par M.Alfred ¢:authier, France | Noirs\u20143 pièces GA VON GO Bag à 5 YU HE ME ZZ 7277 78 2h, \u201chy 7 von 0 Ln A 727 EME NA A A ! YU À wy, G re re 5004 wT Blancs\u2014S pièces Les Blancs jouent et font mat en : coups, PROBLEME DE DAMES No |l Composé par M.Elie Jacques, Montréal.Noira\u20141ti pièces Blance\u201421 pièces Les Blancs jouent et gagnent SOLUTION DU PROBLEME DE DAMES No HO SOLUTION DU PROBLEME D'ÉCHECS NO IU Blancs Noirs Blancs Noirs 30 à 33 44 à 57 Prière d'ajouter un Pion Blanc à 5 D des $1 à 6 st à 44 Blancs.Bit» 45 20 A 31 ETZCD | R_ D2D, échecet mat.97 à | GG à 27 Si : 1 R4R > - 1 & +4 partie gagnée l'ai FR, échec ct mat.SOLUTIONS.\u2014No.17, les mots sont : Folie et Oie.\u2014No 18 : Vienne et Poitiers.No 19: Fardeau.Problème des dix chènes.\u2014 M.- tagne.Montréal.Probleme arabe.\u2014 Alex.Dion, Québec + J.-Bte F., Montréal.Problème d'échecs (No 9)\u2014 Louis Lanbert, St-Paul, Minn, ; F.St.Louis, Valleytield.Probleme de Dames \u2014J.À.Bleau, Montréal ; Un amateur, ti.Trouver W.B.de Grorbois, Ottawa : Un amateur, Pointe-Gatineau ; 8.Dargis, F Dion, Montréal ; J.O.Meloche Thaddée Brunet, fils, Lach-ne ; Henri Girard, Nainte-Cunégonde ; C.Béliveau, Montréal.Ste-Cunégonde : Jos Dupont, Québec ; R.A.DesRoches- Jeux d'esprit - (dipe.x brunvs, St-Joscpl, Beauce ; Mile Enima Blanchard, Mile Clotilde Morache, Montréal.J, F.Eug.Beauchamp, Québec : Mlle N.©.Lamon- CONTRE LA DOULEUR GUERIT: RHUMATISME NÉVRALGIE.SCIATIQUE .LUMBAGO._ OouteuR Donsare.TicDouLouReux MAL pe TETE.MALoe DENTS MAUX ne GORGE ENROUEMENT.ENGELURES.ENTORSES.FOULURES, CoNTUSIONS, BRÜLURES ETC.En vente chez tous les pharmaciens, et marchands généraux, Prix, Mets, la bouteille.Envoyé par la malle sur réception du prix.THE CHARLES A.VOGELER CO.Baltimore, Md.Dépôt pour le Canada à Toronto, Out MAISON BLANCHE 66 RUE ST-LAURENT Ouverture de marchandises d'automne et d'hiver, valeur extra, achetées à des prix excessivement bas.Venez voir nos prix et vous serez satisfait, Vous Portez Un droguier complet daus votre poche, avec Une boîte des Pilules d'Ayer.Comme elles agissent directement sur l'estomac et les iutestius, elles agissent indirectement sur chaque organe du corps.Quand l'estomac est dérangé, la tête affectée, La digestion décline, le sang s'appauvrit et vous devenez Une victime facile de n'importe quelle maladie régnante.Mile.M.E, Boyle, de Wilkes- barre, Pa, exprime toute la vérité en ces mots: \u201cJe ne me sers d\u2019autre médecine que do celle des B\u2019ilules d\u2019Ayer.Elles sout tout ce que l'on peut avoir besoin, et juste la chose pour épargner son argent dans les mémoires des médecins.\u201d Voici un exemple D\u2019un Médecin qui avait perdu sa pharmacie portative, mais qui ayant avec lui un flacon des Pilules d'Ayer, se trouva entièrement équipé.\u2014 Le Dr.J.Arrison, de San José, Cal, écrit: \u201cIl y a trois ans, par le plus grand des hasards, je fus forcé, À vrai dire, de prescrire des Pilules d\u2019Ayer pour plusieurs homtues malades parmi un parti d'ingénieurs «aus les moutagnes de la Sierra Nevada, ma pharmacie portative ayaut été perdue en traversant un torrent.Je fus surpris et enchanté de l'action des Pilules, telleguent, en vérité, que je fus amené à en faire un autre essai, AUSsi bien que de votre Pectoral- Cerise et de votre Salsepureille.Je n'ai que des louanges & vous offrir eu leur faveur.\u201d Le Dr.John W Brown, d'Oceana, W.Va, écrit: *J'ordonue des Pilules d'Ayer dans ma pratique, et les trouve excellentes.d'iusiste pour leur usage général dans les familles.\u201d Le Dr.T.E.Hustinxs, de Baltimore, Ma, écrit: Les Pilules d'Ayer contrôlent et guérissent les maux pour lesquels elles sont désignées: Ve preuve excellente de leur efficacité.Elles sont le meilleur cathartique et le meilleur apéritif que l'ou puisse se procurer.\u201d Ayer\u2019s Pills, Préparées parle Dr.) ¢ Ayers Co, Lowell, Mass.États-Unis.Vendues par tous les Pharmaciens. 432 ANNONOE DE JohnMurphy & Cie Toutes les Dames sont invitées Toutes les dames sont invitées à venir vi iter notre importation d'autrmne, qui comprend lee plus hautes nouvesutés européennes, tout ce que l'imagis ation | eut concevoir de beau en n'archanciises de fautai ie peut ê re vu à nos magasins, et les bas p:ix pour lesquels nous les offrons sont une tentation irrésistible pour tous.Chiffons pour 10e, 12e, 176, 22c, 400, $1.25 la verge, do toutes les cou eurs.Fichus chiffons, toutes les nuances, vendus de 45c à $1.05 chaque, Dentelles noires, pure soie, toutes les largeurs, vendues «le 10c jusqu\u2019is 85 50 la verg.Fichus en chenille noire, vendus $1.00 $1.50 valour ex'ra, Demandez à voir les tabliers, ceintarons, collets, épaulettes, ornements, en corde de toie, dans tous les prix.GANTS ! GANTS ! Gants de kid d ublés pour dames, valeur extra, & 752, $1.00, $1.25, $1.50 et 81 75 la paire.Gan » de kil doublés pour enfant, 75c, Gants de kid doutilés pour hommes, vendus de 75c à 85 00 la paire.JOHN MURPHY & CIE Goin des rues Notre-Dame ot St-Plerre Au comptant et à an seul prix Bell Tel.2193 Federal Tel.58 LORSQUE VOUS VOYAGEZ Demandes vos billete cette ligne popu- lnire.Elle ee toutes P Les Villes et Villages importants dans les deux Provinces.Four PORT EURON, DETROIT, CHI- et autres villes dans les Ktate de Ouest.elle oftre des avantages uniques ; LA SEULE COMPAGNIE CANADIENNE us le contrôle d'une seule edministration.Éonnant correspo ces lirectes pour tous chemins de fer américains.Seule route donnant des avantages pour Biddeford, Manchester, Nashua Boston, Fall River, New-York Et toutes villes ot villages importants dans la Nouvelle-Angleterre.Pour plus amples info tions, adresses- vous à la gare du Grand-Trono, à Montréal of à notre représentant MUSIQUE NOUVELLE Dolores, valse, Waldteufel, 200 ; Cir.cassienne, valse, G.Marcailhou, 200 ; Heroine, valse, W.H.Ashley, 20c ; Ida, on) masurka, Pyllemann, 200 ; Mario- , polka, F.Behr, 200 ; Jolis oiseaux votte, Ed.Holst 200 ; Race Course, ga- En C.-D, Blake 20c ; Marche Fantas- ue, A.Latour 15¢ Grande marche Lebengri, R.Wagner, 20c; Chautauqua lake, valse, W.ker, 100 ; Wild rose, valse, C.Schubert, 10c; Dream of love, rôverie à la maszurka, K.Mack, 10c ; La chasse infernal, quadrille, Bollman, 10c ; Raquet, galop.Miss EK.-H.Simmons, 10c ; General Lee, grande marche, C.Young, 100.éa franco la poste sur réce; tion du prix Ar P llo.pour les morceaux de 10c.G.Yon, 1498 rue Sainte-Chatherine.publication bi- Le Musée des Families, Publicaflonbi Conditions d'abonnement : U a de du Jer janyier 1380) : Paris Eh.trace Départoment, 16 frs ; Canada, 18 tre.8° ost à la librairie Ch.Delagrave 16, rue: uf Got, Paris( France) Lt valk libvoïot LA COMPAGNIE D'ASSURANOE \u201c WESTERIN \u201d Revenu pour \u2018année 1800.sr irene eas beesa ss aes son0-210 051000000000 00e 8Séourités pour les assurds.sascceo nee secss0000 neevsoaue20 16000000 srvaocunc0s .BUREAU A MONTREAL, IM RUE ET-JAOQUES an KOO J.L ROUTH & t Oo aéartement français.agente généraux, Nous 4 4 fr! Institutions of pre- priétés de campagne aosurège & 08 (roe bas wens.res religianses 001,083 \"vise RIEN DE PARFIL A UNE LIVRE \u2014 bE\u2014- JOHNSTON'S FLUID BEEF; Elle contient autant de principes nutritifs que quatus @e livres et un quart de bon heefsteak AVE Importateur et Fabricant de Chapeaax et Fourrures de tout Genre 97\u2014RUE SA Ey IEE] i 7 LILI +] 11: DE W.D.McLAREN hh Est la plus économique TIRAGES EN NOVEMBRE 1801 4 ot 18 CHURENT LIFORCE BOURDEAU MAISON FONDEE EN 1860 Seule Importateurs des Célèbres Piance HARDMAN, de N.Y.et MANHALL & WENDELL, de N.Y.Ont aussi constamment 0 dq de PIANOS et ORGUES tabriqués os Ca Catalogues expédiée sur demande.cords et sarasota à ordre.nde Une visite est sollicitée aux salles 1637, RUE NOTRE-DAME Téléphone 1397 SANS PEUR ET SANS REPROCHE SAVO YS MEDICAUX DR V.PERRAULT Cea sovons, qui guérissent toutes los Mala: dies de la u sont aujourd'hui d'un usage général.cas nombreux do demangeai- sons, dartres, hémorroides, eto., réputés in- currables, ort été radicalement guéris par l'usage de ces sations.NUMEROS ET USAGKS DKS BAVONS Bavon No 1\u2014Pour démangeaisons de toutes AAA INT - LAURENT 97 $134 LOTS VALANT.- 952,760 $15,000 Le Billet:$1 - - - 11 Billets pour $10 Fr Demandes les ciroulaires 8.K.LEFEBVRE, Gérant 81, rue St-Jacques, Montréal, Canada Ao LES TORTURRS CORPORELLES Une femme qui a longtemps souffert du Beau Mal nous écrit : \u2018 Une de mes amies me conseilla d'essayer le \u2018 Régulateur de lv Santé de la Femme\u201d du Dr J.tarivière de Manville, R 1, ot après en avoir pris une bouteille sans beaucou » d * succds, j'étais dé- : cidée ie ne plus Spotinuer.Mon amie me sor conseilla de persévérer et avant d'en avoir ° pris trois bouteilles je commençai à ressen- - Bavons No B-Conteg jet ores de dartres tir un grand soulagement.Je continuai à le masque.en faire usage et aujourd'hui je svis complè- , Savon No 14 - Surnommé à Juste titre savon tement guésie.Ce remèl- est le véritab \u20ac, Lp beau tory, An acer la beau et dunner ami de la femme.\u201d A vendre chez !aplu- Savon No 17\u2014Contre la gala, Cette maladie part des pharmaciens ainsi que mes ** For- males Porous Plasters \u201d (les seules empla- _ tres recommandées par les meilleurs méd > savon deg produ les euros joa piste cine) que envoie aussi par le malle sur rables et Sela oats los cas les plusc roniques.chez réception de 25 cents en timbres de poste.naciene.Expédié par la posts or oar Evans k Sons, du prix (35 cents).ALFRED LIM Agenta pour le Canada.Saint Eustache P.Q ques jours en «\"-ployant le savon No 17.essentiellement contagieuse disparait on quel.vi Attraction sans preoedent Plus d'un million distribns GOMPIEDIE de la LOTERIE de L'ETAT do tag igi4p Incorporée par la Légielat d'éducation et de charité, ot ses france nee bation ds) rar on om, ao\" saeats Comat qu ge » Dar UD vote populaire Lagnelle expire le ler Janvier 1895 ont lle 1 il me u sémi-annuellement (Juin et Décembre) et les Grands es Bimples ont lew mensuellement, les dix autres mois de l'année, Ces tirages ont lieu en publi, à l'Aocdé mie de Musique, Nouvelle-Orléans, Le, Nous certifions par les présentes que sous survelllons les arrangements faits our les tirages mensuels et semi-annuels de la Cor pagnie de Lotterie de l'Etat de la Lousiane que nous gérons et contrôlons personnel\u2019 ment les tirages nous-mêmes et que tout est conduit avec honnêteté, franchise et bonne foi pour tous les intéressés : nous autorisons ac gpagnie 4 se servir de ce certificat, avac e nos signatu on ac stmile g Tes attachés dan: 47 £ cet 4 -\u2014 Commissaires Nous, les sousaignés, Banques et Banquiers falerone tous les prix gagnés aux Loteries àe Etat de la Louisiane qui seront présentés à RM Waimsl y.Prés.Louis! Nat! oy.Louisiana National Plerro Lanaux,Pres State National Br be A.Baldwin, Prés.New Orleans National Pa Carl Eohn, Prés Union National Bk Grand Tirage Mensue.L'ACADEMIB DE MUSIQUE, NOUVR:\"* ORLBANS, MARDI, 10 NOVEBRE 1891 PRIX CAPITAL $300,000 100,000 BILLETS DANS LA ROUE LISTE DRS PRIX 1 PRIX DE $300,000 088.$300.1 PRIX DE 100,000 est.200.200 1PRIX DE 50,000 0et.50.1P 25,000 est, 2% i 25 PRIX DE 23000 100 PRIX DE 5,000 200 PRIX DR £0,000 800 PRIX DE 100,000 PRIX APPROXIMATIFS 100 PRIX DE $500 sont.- 50, 100 PRIX DE 300 sont.e 30.00 100 PRIX DE 200 sont,.20,000 PRIX TERMINAUX 990 PRIX DE $100 sont.99,006 990 PRIX DE 100 sont\u2026.\u2014.\u2026.M0 3,184 prix se montanta.- $1,054.50 PRIX DES BILLETS: Billets complets, $20 ; Demis, $10 :Quarts, $5, Dixiémes $3 : Vingtiéme $1.Prix des clube, 55 billets d'une 81 pour 850 Taux spéciaux pour les agents.Agents de mandés prion IMPORTANT.\u2014Envoyes tout argent par l'Express à nos frais pour tout envoi de pas moins de cinq piastres, pour lesquelles nous aierons tousles frais,et nous payons tons es frais d'Expreseé +n1 BILI, et LISTKS DES PRIX envoye os correspondants.Adresnez : PAUL L INRAD.NOUVKLLE 8, Donnes l'adresse compléte et faites la signa turelisible Le congrès ayant dernièrement adopté une loi probibant l'emploi de la malle à TOUTES les teries, nous nous servons des Compagnies d'Express pour répondre à nos correspondants et pour envoyer les listos de prix.ue qu'à ce que les tribuneaux aient décidé la qupstion de NOS DROITS COMME INSTI UTION DK L'ETAT.Les autorités postales, cependant, continne- ront à délivrer toutes les lettres ORDI- NAIRKS adressées à Paul Conrad, mais noo les lettres, CHA RGKEKS à lui adressées.N'oubliez pas que ia charte actuelle de la Loterie de l'État de la Louisiane qui forme partie de la constitution de 1'Ktat de la Loui slane et quia été déclarée par la Cour Bu.[rome es E.-U.un contrat avec l'Etat de a Louisianeet une partie de la sonatitution de Set fiat, n'expire que le premier jan.or La législature de l'Etat de la Louisiane, qui s'est ajournée le 19 de juillet cette année, à ordonné Juun amendement à la constitution do l'Htat voit sournie au peuple,s une élection qui aura leu en 1803, amendement destiné à prolonger la charte de la Compa gaie de la Loterie de l'Etat de la Loui siane nequ'es l'année mil eonf sont diz "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.