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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 21 novembre 1891
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1891-11-21, Collections de BAnQ.

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Marie-Louise.\u2014 Le R I\u2019, Fruhwirth.- - Le problèmes des chameaux, par Jules Lefebvre.\u2014 Nouvelles à la main.\u2014 Feuilletons : Un amour sous les frimas (suite), par Louis Tesson.\u2014Carm (suite) \u2014Problèmes d\u2019Echecs et de Dames, \u2014Jeux d'esprit.GRAUREs \u2014l\u2019ortrait du Rév.Père André Fruhwirth, nouveau général des Dominicaine.\u2014 La justice sur les froutières mexicaines : Arrestation et procès de voleurs de chevaux.\u2014 Musique (chanson) : Aux cerises prochaines.Primes Mensueues où Monae Iuusme Ire Prime - ., .$50 2me \u201c Ce 25 8me \u201c ee 15 dme \u201c oe 10 Sme \u201c eee 5 6me \u201c 24 4 Tme \u201c Cee 3 8me \u201c Co 2 86 Primes, 4 $1 .86 94 Primes $200 \u2014 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle ublique, par trois persounes choisies par assemblée.Aucune pr.me ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.FUMISTERIES TELEGRAPHIQUES Lisez vous parfois les dépêches télégraphiques publiées par les journaux quotidiens ?Si ce divertissement à ls mode vous inspire peu d'enthousiasme, je ne saurais trop vous en bldmer.Le fait est que si je n'étais pas forcé par état à rechercher cette incomparable distraction, il m'arriverait très souvent de me priver des jouissances ints llectuelles qu'elle procure.Et pourtant, ces dépêches sont parfois d\u2019an cocasse achevé Il est vrai que ce n'est pas la faute des pourvoyeurs de la presse associée qui, rendons leur ce témoignage, ne l'ont jamais fait exprès pour être drôles.*,* Toutes les nouvelles du dehors qui nous viennent par voie télégraphique sont de source anglaise.Elles sont recueillies et rédigées par des scribes anglo saxons, presque toujours très jeunes et très naïfs, invariablement imbus de tous les préjugés de leur race, ne doutant de 1ien, croyant remarquer partout la preuve de la supériorité de leurs congénères, tranchant imperturbablement les questions internationales les plus épineuses, décidant du sort des empires, ne laissant jamais passer une occasion d\u2019accommoder ane nouvelle de façon À donner le beau rôle au lion britannique, tout en représentant les autres carnassiers emblématiques sous l'aspect le plus repoussant.Destinées à un public anglophone, car nos quelques journaux franco-canadiens qui les reçoivent ne comptent guère dans le nomhre et doivent les accepter telles quelles ou les refuser en bloc, elles fourmillent de détails, insignifiants pour nous, palpitants d'intérêt pour l'anglomane anglicieant.LE MONDE ILLUSTRE C'est ainsi qu'une partie de pugilat, une course à ls rame, un tournoi de balle, de ballon ou de Lacrosse, tous événements de premier ordre dans l'esprit de nos vendeurs de nouvelles à tant la brasse, encombrent les colonnes de nos confrères de langue anglaise.*,* L'art de se pocher les yeux conformément À certaines règles passablement arbitraires, de s'assommer à coups de Lacrosse, de s\u2019enfoncer les côtes en jouant au foot ball, a sane doute fait d'immenses progrès depuis que les télégraphistes rivalisent À qui lui fera le plos de réclame.Je veux bien croire que plus un peuple compte d'estropiés plus il est fort physiquement, mais enfin tout le monde n\u2019est pas de cet avis, et le lecteur cunadien-français, par exemple, accueillerait peut être avec plus d'émotion certaines nouve!les que la télégraphie de is presse associée lui cache avec svin, de crainte de froisser les susceptibilités de ses principaux clients.Remarquez bien que je ne reproche pas à cette encombrante asssociation de traiter ses clients franco canadiens comme s'ils n\u2019existaient pas.Nous sommes si peu exigeants, ei Lien habitués à nous contenter du peu qu'on nous jette eu pâture, que des personnes bien intentionnées peuvent, sans parti prie, oublier jusqu\u2019au fait que nous existons.*,* Sije n\u2019approuve pas entièrement les Anglais lorsqu'ils exigent qu\u2019on leur serve des nouvelles plus consolantes à leur point de vue que conformes à la vérité, je ne puis m'empêcher d'admirer la tenacité avec laquelle ils insistent pour qu'on leur parle de tout ce qui les intéresse.Je tenais seulement à expliquer comment il se fait que les dépêches expédiées à nos journaux quotidiens offrent peu de garantie sous le rapport de la vérité ; que leur authenticité est souvent douteuse ; que leur partialité ne l'est pas du tout et que le peu d'originalité qu\u2019elles contiennent est tout À fait inconsciente Depuis quelques semaines, j'ai remarqué que deux journaux, La Presse et La l\u2019atris, ont, en deux cds distincts, vertement relevé certaines ab surdités tranemises par le télégraphe.Ce n'est pas trop tôt, et cela vaut beaucoup mieux que de se borner à traduire littéralement des masses de prose indigeste, après en avoir élagué les dépêches qui renferment les bourdes les plus grossières.*,* Parmi les spirituels correspondants de la presse associée, nous avons le znosseeu qui prend la p'ine de nous télégraphier de Londres que le pu giliste Slavin a été condamné à #1 45 d'amende pour simple ivresse.J'avoue que cette catastrophe me laisse froid Ce dénicheur de nouvelles est d\u2019un type très répandu, si j'en juge par le grand nombre da dépêches anodines qui nous viennent de New-York, Boston, Chicago, Saint-Louis, Cincinnati, ou des légions de ses congénères se sont improvisés historiographes de chiens écrasés, nécrologistes de chata aasosainés et biographistes de pugilistes démantibulés.*,* On a vu parfois certains télégraphistes s'armer du fouet de la satire et faire résonner le fil électrique sous leurs sarcasmes mordants.Témoin ce jeune gâteux du Détroit qui, tout récemment, parlant dans un télégramme d'un certain nombre da Yankees, de Canadiens et de Chinois, disait les blancs en parlant des premiers, donnant spirituellement à entendre que les Canadiens n'appartiennent pas à ia race blanche.Ce qu'on a ri ! D'ordinaire, les télégraphistes se montrent pourtant assez antipathiques aux Canadiens Francais sans que le scribe chargé de livrer la dépêche à l\u2019imprimeur éprouve le besoin d'ajouter une sottise de son cru : c'est cependant ce qui arrive, Ainsi, on voyait ces jours derniers s\u2019étaler en titre flamboyant, au sommet d'une colonne de dépôches de New York, dans un grand journal anglais de cette ville, les mots suivants : \u201c French Canadians an Easy l\u2019rey.Les Canadiens Français sont une proie facile.\u201d Il s'agissait d'un Yankee qui avait écoulé de faux billets du trésor des Etats Unis en les vendant à dos complices aussi gobeurs que naïfs.Vous lisiez la dépéche et vous constatiez que ln titre était aussi taux que les billets on question.Pas un seul Canadien-Francais n\u2019avait donné dans le panneau, Lien qu\u2019on eût inutilement tenté d\u2019en entraîner plusieurs dans cette galère déjà encombrée de galériens ayant la grâce d'état.On avait mieux réusei auprès des co-nationaux du calomniateur dont les noms bien anglais or- naïent la liste des coupables.Le scribe en question mérite d'être télégraphiste de la presse associée et je suis porté À croirc qu\u2019il a dû débuter par là.Le fanatisme bête de tous ces brocanteurs du canarde faisandés les pousse continuellement à £- briquer des mensonges qui, grâce à la crédulité du leurs lecteurs, peuvent parfois avoir les conséquences les plus graves.Le moindre mal qui puisse on résulter, lorsqu'ils sunt pris au sérieux, c'est la position ridicule des gouvernements qui s\u2019emballent sur la foi de pareils l'acontars.Nous en avons eu un exemple tout récent.Les matelots du navire de guerre américain Baltimore étant à Valparaiso, Chili, se prirent de querelle avec des Chiliens à la suite d'une orgie.Il est permis de supposer que tous les torts n': taient pas du côté dre Chiliens, mais même en ce dernier cas, il n\u2019y avait pas là matière à échan-r de notes diplomatiques.*,* Les Anglo Américains ont conservé tour la superbe arrogance de leurs sinée, ce mépris al solu des étrangers et cette forfanterie aggressive que leurs nombreux journaux ont soigneusement cultivée.Le frère Jonathan est tout auesi irs.cible et tout aussi mauvais coucheur que Jolin Ball.Tl est probable que les matelots du Aultimor ont voulu régenter les Chiliens.Ils se sont fait rogser d'importance.LA dessus grand brouhaha, Les dépêches ne nous parlaient plus que des sun.glantes représailles que le gouvernement américain allait exercer.On ne devait faire du Chili qu\u2019une seule bouchée.L'importance de la bagarre était excessivement exagérée.Pas moins de quarante marins y avaient perdu la vie On les avait fait purir dans des supplices atroces.\u2018Fous les journaux américains entonnèrent leur chant de guerre et quand on eut bien tartarinc.brutalement demandé réparation au Chili, prononcé maints discours incendiaires et fait un tn page à tout casser, on découvrit qu\u2019il n\u2019y avait eu ni meurtre, ni assassinat, ni insulte au drapeau am ricsin ; qu\u2019au contraire c'était au Chili à 6e plaindre de la conduite d'Egan, le ministre américain, et que le gouvernement chilien ne se laisserait pss intimider par les menaces.Puis, tout rentra dans l\u2019ordre.Les journaux avaient eu de la copie À sensation ; on avait failli allumer une guerre injuste, les autorités américaines s\u2019étaient couvertes de ridicule et le tour était joué.*,* Une veste diplomstique de même étotle vient d'être rapportée de Suisse par l'Angleterre.Madame Burke, une particulière assez mal notée chez les siens, partageait l\u2019opinion trop répandue parmi ses compatriotes qu\u2019au moindre rugissement du lion britannique tout genou doit fléchir, même dans une république aussi fière de sa liberté que lu patrie de Guillaume Tell.Forte de cette conviction, elle entreprit de rosser le personnel d'une hôtellerie où elle était des: cendue.Intervention de la gendarmerie, emprisonnement de la belliqueuse fille d\u2019Albion, intervention du ronsul anglais, enquête sur le prétendu affront que le vieux drapeau avait reçu dans la personne de Mme l>urke, immense branle-bas télégraphique, et finalement manifeste du Conseil fédéral suisse qui, en termes courtois, à su donner une leçon de savoir-vivre aux autorités britanniques, tel à été le bilan de cette sotte équipée.C'est qu'il n\u2019est pas prudent pour un peuple de toujours décider d'avance que les sions ont raison envers et contre tous.Les autres nations savent cela, et on ne les sur- rend pas à commettre de ces bévues grutesques.Si les races anglo-saxonnes donnent toujours tête baissée dans ce travers, cela est dû à l'exagération d'an sentiment très louable au fond, À cet admirable esprit de corps qui les distingue et les porte à pousser jusqu\u2019à la charge l'instinct de la solidarité nationale.C'est à cette disposition particalière du caractère anglo saxon qua nous devons toutes les nouvelles fantaisistes qui nous sont livrées par un service de télégraphie exclusivement anglais.Quant à nous, Canadiens-Français, au lieu de pêcher par excès de zèle national, nous tombons dans l'extrême opposé, ce qui ne vaut certainement pas mieux.*,* Il y a quelques semaines, l\u2019un de nos nom - breux théâtres offrait le spectacle de deux hercules plus souples que Louis Cyr et presque aussi forts.Chaque soir on lançait un défi à Cyr, qu\u2019on savait absent et qui, revenu de son voyage, est allé se mesurer avec les deux souleveurs d'haltères.Deux ou trois séances farent occupées à discuter sur la manière de procéder, Cyr avouant qu'il lui était impossible de faire certains tours de force exécatés par MM.Sandowe et Cyclops, mais offrant de lever le poids le plus lourd.La presse anglaise se passionna pour Cyclops et Sandore, parce qu'elle les croyait anglais.Les spectateurs anglais du Lyceum suivirent son exemple, le télégraphe annonça même qu'ils avaient vaincu Cyr, ce qui était faux, comme bien l'on pense.Aujourd'hui même, une foule de personnes les considèrent comme les zoutiens de l'honneur des muscles britanniques.Eh ! bien, ces deux athlètes sont tout simplement des Canadiens Français qui, sans la moindre protestation, sc laissent affubler de noms anglais ct qui s'esquintent pour la plus grande gloire de veux qui paient leurs services.C'est du moins ce que m\u2019assure un homme digne de foi qui prétend les bien connaître l'un et l'autre.*,* Les Canadiens Francais n'ont pas cru de voir s\u2019emballer et ils ont bien fait.Qu'il y ait des hommes forts cliez nous comme ailleurs, et peut- être plus qu\u2019ailleurs, cela est assez naturel et ce n\u2019est pas une raison pour perdre la tête.D'ailleurs les peuples décadents sont les seuls qui éprouvent une admiration outrée pour la force physique, et nous sommes encore au berceau.C'est égal, elle sunt jolies les nouvelles trans wises par le télégraphe ! EN JUSTICE Pour nus collaborateurs nous tenons à dire : Que le Monor ILivarué, s'étant toujours fait scrupule, lorsqu\u2019il emprunte à l'un de ses confrères un bout de reproduction quelconque, de ne pas retrancher un iota de la signature, d'indiquer méme souvent la source, il doit avoir droit de compter sur la même courtoisie.On de nos excellents confrères de Bruxelles, Belgique, qui nous fait \u2019honneur de nous reproduire, voudra bien prendre note de notre amicale remarque et obliger ainsi l'auteur de l'article Svri- cide d'une Meur, spécialement écrit pour notre journal par M.E.7.Maassicotte.La REDACTION, LE MONDE ILLUSTRE \u2014 \u201cLES l'EUILLES VOLANTES \u201d A M.LOUIS FRÉCHKTTE I Lasse entin de porter sa brillante parure, Une fille sux doux yeux, après Pémoi du bal, Eparpille en flots d'or sa bionde chevelure Sur le blanc oreiller de son lit virginal : L'arbre penche son front, sur les beaux soirs d'automne, Livrant sa jeune tite aux buisers frémissante De la brise amoureuse, et gaiment abandonne Nes belles feuilles d'or aux caprices des vents, Ainsi, noble poite, aux pages consolantes, Aux baisers de la Muse alandonnant ton front, Tu répands la moisson de tes fr illes volantes, Sur la tête d'un peuple incliné sous ton nom, Et le vent de la gloire « travers l'Amérique Balayera gaiment leurs tourbillons épais, Sur tout le continent, à travers l'Atlantique, l\u2019artout enfin ou bat un cvur vraiment français, IT Mais lu vierge s'apprête à de nouvelles fes, Et l'arbre, recucilli sous le froid de ! hiver, Quand vient de s'achever la saison des tempètes, Se revet de nouveau d\u2019un beau feuillage vert.Ainsi, dans ton esprit où coule le génie, Comme une sève ardente en la douce saison, On verra s'élever un flot de poésie Et briller au soleil ta riche floraison.CT To Sm LA Sed AF 7 CHRONIQUE DU GOLFE QUI PARLE DE L'AMOUR Comment ?.parler de l'amour par un temps semblable !.Ÿ songe t-il %.Mais a-t il perdu la tête, le chroniqueur Ÿ Parler de l'amour quand le bocage est sans mystère et sans voix, quand les charmilles sont muettes, quand les arbres pâlissent de froid et que les pauvres feuilles sèches jonchent le sol.Parler d'amour et de vie sous un air glacial, une atmosphère de mercure quand, comme un coursier fougueux à la crinière blanche d\u2019écume, le golfe hen- nib et piatfe sur ses rives frangées de glaçons, quand, en un mot, la nature entière grelotte, toute transie !.Oui, et les glaciers arctiques, les banquises polaires accompagnés de leur cortége de rigueurs hyperboréennes fueseut-elles amoncelés sur ma tête, j'en parlerais encore.Que dis je ! dût le globe entierse cryatalliser de nouveau sous l\u2019action da froid, dussent l'air et les nusges se inétäamor- phoser en frimas, je ne me tairais pas.C'est (ue, voyez vous, je suis blindé du triple airain dont parle Horace dans une de ses Odes : RAS aes triplex Circa pectus erat.\u201cJe ne comprends pag, me disait une jeune demoiselle de trente et quelques printemps.non, de trente huit automnes bien comptés, je ne comprends pas comment il se fait que les hommes s'occupent d'amour.Ah ! si j'étais homme'.\u201d Je sentis, à l'audition de ce cynique reproche, le réseau de risrfa qui parcourt ma personne se crisper malgré moi, et j'eus toutes les peines du monde à retenir un juron qui voulait, à tout prix, se frayer un passage À travers mes lèvres closes : enfin, redevenu maitre de moi même, ce fut le sourire dans les yeux que j'envoyai du fond du cœur à tous les diables les vicilles bourriques incomprises.Comme si l'homme n'avait pas une me et comme si l'âme n\u2019était pas faite pour aimer.L'amour, l'amour, que serait la vie sans l\u2019amour ?Alfred de Musset avait bien raison de dire que c\u2019est ieee le seul bien d'ici bas.Naturellement l'homme a besoin d\u2019aimer.Que dis-je, l'amour est inné en lui ; il lui est aussi né- 467 cessaire que l'air qu\u2019il respire.C'est le mobile de toutes ses actions, le but de toutes ses aspirations, la fin de son existence.Et l\u2019on reproche à l'homme d'aimer ! Qaand il est libre, quand il ne redoute aucun regard curieux et n'a pas par conséquent à s'envelopper de myatère, comme il parle bien l'amour ! J'avais, hier, entre les mains une confidence de jeune fille ; (par quel hasard, je l'ignure et ne clier- cherai pas à l'expliquer).Vous le dirai je ?.À chaque ligne j'ai pleuré ; que dis-je Ÿ à chaque ligne,\u2014A chaque mot j'ai versé une larme.Je won fais pas plus pour lea poètes.C'est que chaque syllabe pour ainsi dire était une révélation ; ce n\u2019était pas des mots, c'était le cœur lui- méme photographié, c'était le cœur vivant entre les lignes.Comme il parle l'amour ! Grand Dieu ! comme il parle ! Le cœur ! il faut qu\u2019il aime : c'est plus fort que lui.S'il a un objet digne de son affection, il s\u2019y attache avec frénésie.La vie alors sort du domaine de la réalité.Ce n\u2019est plus la vie, c'est un rêve enchanté ; et l\u2019âÂme, fagcinée, vole à des hauteurs vertigineuses, bercée par la grande voix de l'illusion idéalisée.S'il n\u2019en a \u201cpas, il s'entichera du premier objet venu : son choix (ai choix il y a) se fera au hasard de l'imprévu.Trouvant le pen de perfection de cet objet indigne de lui, il ne le considèrera pas dans le détail, il ne le regardera même pas dans la réalité, mais prenant «juelques qualités saillantes il en créera un être nouveau auquel il rapportera le bon côté de chaque chose.Son idole élevée il se prosternera devant elle et baisera ses pieds d'argile.Le cœur, le cœur, il ne peut pas ne pas aimer ! C'est plus fort que la volonté, plus fort que la raison et souvent, hé:as ! beaucoup trop souvent : plus fort que le devoir.Mon pauvre cœur ! c\u2019est un vrai modele d'inconstance.Il passe d\u2019une impression, d\u2019une sensation à vne autre avec une rapidité inouie, pour ne pas dira décourageante.Quel est, pensez vous, l'objet de ses préoccupations, de ce temps-ci ?Sans doute, vous vous figarez une gentille brunette à physionomie aninée, lèvre vermeille et œil tout d\u2019une flamme ?Détrompez-vous, j'aime.j'aime.je n'ose, j'ai presque honte de le dire : j'aime,.mon chien ! Hola ! Silence, chroniqueur.Pas de blasphéme, Ne prostitue pas l'amour ! L'amour est une création divine ; il faut respecter l\u2019œuvre de Dieu.Et le chien, lui, est-ce une invention diabolique ?Ah ! ah! je vous y tiens.n'est-ce Fas \u201d Aussi, ne vois-je aucune prostitution d'amour à s'attacher à une œuvre quelconque de lieu.Sans doute, sans aucun doute, quand il s'agit «le préférer la créature au Créateur,\u2014-ce qui est tou jours une profanation,\u2014plue la créature, à laquelle dans son indignité l\u2019homme s'attache, est basse dans la hiérarchie des êtres créés, plus lof.fense est grande, plus la faute est impardonnable envers le Créateur.Mais est-ce nécessaire d'ajouter que tel n\u2019est point ici le cas.J'avaia promis de vous parler de l'amour\u2014et non pas d'amour ; il y a quelque différence ;\u2014]Je l\u2019ai fait.Arrêtés sous le portique du temple nous avons jasé un moment, admirant l'originalité vraie de l'architecture extérieure, sa hardiesse et ses bizarres caprices.Je laisse à d\u2019autres le soin do vous faire pénétrer dans l'édifice et de vous en faire aduirer les radieoses beautés.Si quelqu'un même, poussé par un désir bien légitime, aimait à pousser ses investigations jus«jue dans le eaint des saints, nous le confions aux mains des initiés, persuadés que les prêtres du sanctuaire sont toujours disposés À bien accueillir tout nouvel adepte. bem SAUTE pt EE 0 {Des promesses.je n\u2019en ai jamais fait de promesses.\u2014I\u2019age :169, col.3 - | y baie ee 0 PRG MR HT TROP SAGE POUR SA BELLE A MLLE ADA MARIA B,.Même lorsqu'il n'était encore qu\u2019un modeste éoolier, bien avant les humanités et la rhétorique, Arthur Lambridor s'était montré toujours d\u2019un caractère sérieux.de l'aveu de tous ceux qui le connaissaient, bien en avance sur son âge Si bien qu'étant encore sur les barce de l'école primaire de son village, il avait été nommé le philosophe par des camarades mogneurs.Sa petite philoanphie précoce n'empêchait pns, toutefois, notre jeune héros d'être un amoureux p'atonique, de la plus belle venue.Elle I'y aidait peut-être bien un peu.Quoi qu\u2019il en soit, les flammes de son cœur s\u2019étaient avivées avec non moins de rapidité que se développait la sagesse de son esprit.Toute cette folle parsinn et cet emportement que les jeunes garçons de huit, dix ou douze ans mettent À jouer, d'ordinaire, Arthur l\u2019avait comprimée dans snn grand sens philo: ophique et condensée en 8a manie à lui, celle de f -ire des mamours aux petites donzelles les plus ge ntilles de ses connaissances.Mais des mamours inoffansives, Ia, tout À fait inoffensives.Histoire de reposer sa têta en déliant les fibres de son cœur, tout comme ses jeunes condisciples exerçaient les muscles de leurs iam bes.À dix ans, le petit Lambridor était déjà connu ponr un galantin, dans le monde des enfants où il vivait.À treize ans, alora qu'il venait de commencer ses études clas-iques dans une des grandes institutions de Montréal, aux beaux jours des vacances, il riaqnait déjà un bont de cour, en catimini, aux plus tendres jonvencelles de sa paroisse, Et celles ci, de petites grand'filles, qui avaient bien hâte de laisser les robes courtes, traitaient aussi M.Arthur en grand garçon.C'était un jeune étudiant, quoi ; dix mois absent, et des manières de ville, au retour, avec tirades latines par-dessus le marché,\u2014à tout propos et hors de propos.Ce pendant, le jeune amoureux était toujours le petit philosophe, et ses airs entendus servant de cadre à toutes ses attentions galantes n'étaient pas pour \u2018 rien qu\u2019un peu dans le respect qu\u2019il inapirait aux fraîches damoiselles.Quand il eut quinze années révolues, M Arthur Lambridor, élève de cinquième au collège de M ., jeune homme de talents, très posé, annonçant bien pour l'avenir, était admis par les mamans à faire sa cour à ciel ouvert.Sa famille, connaissant les grûts du sujet, ne l\u2019inquiétait pas dans ses sssi- duités prématurées, et se disait : \u201c C\u2019est sa façon de re divertir, il pourrait faire pis.\u201d Nonobstant ses discours sérieux, ses aire rétlé- \u2018 chis, toutes choses qui n'ont pas le don de plaire, la plus souvent, aux fillettes qui commencent à être des jeunes filles, Arthur était à un tel point ce qu\u2019elles appellent un homme de salon, poli, ave nant, empressé, savant complimenteur, obligeant, etc, qu'elles se di-putaient ses sttentions.Lui, dont la philosophie précoce n'avait pourtant pas encore approfondi le vide des frivoles amours, se prêts d'abord À ce jeu, assez volontiers I) eut, de ce chef, deux ou trois lisisons successives, lorsqu'il n'avait même pas encore terminé le cours de ses études.On sait avec quelle rapidité ces attachements disparaissent, qui sont nés d\u2019un caprice de jeunesse, d'an caprice de passion, et s\u2019évanouissent tout d\u2019un coup, sans éclat.Lorsqu'Arthur eut fait ses classcs de philosophie, il avait atteint sa dix-neuvième année.D é- veloppé par le rérieux de ces dernières études, son caractère refléchi s'accentus davantaga.Devenu itif en amour, comme en tout, du reste, après qu\u2019il eut obtenu d'emblée ses diplômes et cou: mencé ses études de droit, il résolut de fixer son cœur.C'était, dans ron idée, un moyen sûr de rasséréner ses passions naissantes, en même temps que de donner un but à ses aspirations et à ses travaux.La femme qui allait entrer dans sa vie, à si noble titre, fut cependant bien vite trouvée.Peut- être nême y mit-il de l'impréviyance Ÿ Quoi qu'il en soit, il y allait avec taut de bonne foi que l'os ne saurait le lui reprocher Tout comme bien d'autres, Arthur Lambridor avait dans son hatoire une petite cousina.( avait dabord été une liaison d'eufsuce, lorsqu il avait quinze ans et elle quatorze à peine : on n\u2019y atta chait print d'importance.Néaumoins, l'intimité grandissait à mesure que les jeun+a ge ns se voyaient davantage, à chaque snnée ; car la cousine demeurait bieu loin de ls campagne où visait Arthur, dans la ville capitale du Canada.Puis, tout en badinant, les mères s'étaient dit : \u2018* Nous ferons un marisge, pourtant.\u201d Elles le répetèrent même : si bien qu'a force de se l'entendrs redire, Archur et an cousine s'étaient laissé convaincre.L'entrai- nement, naturel À cet âg-, aidant, leur attachment mutuel était deveuu très sérieux.Void comme il se trouva que l'étudiant en «iruit tout frais éclos, décidé à faire enfin uu amour pour tuut de bon, jeta les yeux sur sa cousine.À vrai dire, 1l n\u2019étuit pas sans excuse, notre ami Arthur, car c'était une furt julie personne que mademoiselle Clarisse L\u2019aulon, dans toute la fraicheur de ses dix huit ans.Brune au teint clair, aux grands yeux noirs etincelants, à la bouche «xquise, aux cheveux soyeux et aboudants, aux biauches maias effilées, à la gorge ronde et gracieuse, aux pieds de marquise ; avec cela, d'un naturel très doux et compatissant, d'une intelligence distinguée, un peu réveuse, un pea poète.Seulement, ce qui eut dû paraître incompatible avec le tempérament d'Arthur, elle avait le defaut de ses qualités : caractère léger, rebelle à toute considération sérieuse, se r fusant à connaître plus luin que le des sus des choses Maelgré tout, Arthur s'était dit : \u201c L'amour est un grand médecin ; pour m'être agréable, Clarisse modifiera son caractère.\u201d Il avait compté, l\u2019enthousiaste amoureux, sans l'habitude, qui est une seconde nature, plus difficile à réformer, peut être, que ls première.Agréé sans peine par la jeune fille, ct méme tacitement, par la famille, à l'exclusion d'un rival moins heureux, devant lequel, tout: fois, il avait généreusement off-rt de se retirer, Arthur commença, d\u2019ores et déjà à naviguer sur l'océan tranquille des amours vraies, ce qui devait le conduire infailliblement, pentait-il, au port ensoleile de l\u2019hyménée.Au min d\u2019une intime liaison, depuis longtemps établie et favorisée par un stage de quelques mois que fit Arthur dans la capitale, les confidences et épanchements ne tardèrent point À éclore.On vivait déjà comme des amoureux d'antan.Je l'aime, tu m'as aîmé, nous nous aimerons : chacun des temps de ce verbe sans pareil qui a eté redit aux échos de tous les siècles, et doit l'être à jamais, fnt conjugué tour à tour par nus tendres tourtereaux Îls préludsient ainsi à an bonheur conjugal plus définitif.lis se promettaient que cela allait darer toujours ! Cependant, un point noir restait encore dans le firmament bleu de leurs douces relations.Arthur, qui s'était dit, dans ls conviction profonde de son LE MONDE ILLUSTRE amour : je raurai bien mettre ma Clarisse d'accord avec mon caractère, prenait au sérieux son rôle d\u2019éducateur.Et dans son désir du succès, il trouvait une élève passablement réfractaire à ses leçons, qu il faisait pourtant douces au possible.Dès l'abord, la force de l'amour les avait fait accepter sans mot dire, puis, la familiarité venue, on se montrait moins docile, bientôt on se laisea paraître ennuyé, et finalement, toute gêne disparaissant, l'élève devint inducile tout à fait.Le jeune étudiant en droit, fort de ses principes, imbu d'idées relevées et généreuses, ne l'entendait point de cette oreille ; il insista La raison reprenant ses droits contre le cœur, un inatant affolé, il posa à sa cousine, comme coudition siné qud non du sérieux de leurs amours, celle de faire tout en son pouvoir pour devenir une f-mme solidement chrétienne, une femme forte suion l\u2019Kcriture.Dans sa loyale franchise, il alla jusqu\u2019à se permettre de lui citer, de lui proposer même, comue programme, les belles paroles qu'a prononcées sur ce sujet, na guère, l\u2019iliustre Montasbré, danu sa conference splendide sur le mariage chrétien.\u201c Au jeune homme qui à su se cuuserver tout entier et garder pour une faste uuique la flur immaculée d- son amour, l\u2019eu se réserve de donner l'épouse qui lui couvient, la femme prudente et bonne qui duit le récompenser de sa fui et de ges vertus, celle qui se sera préparée aussi, non ps8 dans l-s vains désirs d'une âme légère qui rève liudépeudance et l éternité du plaisir, mais daus le recuei-lement, la prière, la reiigieure attente de la bunne volonté du Seigneur.Avant la fortune que l'adversité renverse, avaut les grâces trompeuses et la vaine br auté que le temps fletrit, le chrétien veut la vertu Celle qui répondra 4 »es nobles désirs c'est la femme forte que les trérors les plus précieux ne sauralent payer, et qui peut recevoir dans un cœur ferme la coutiance d\u2019un cœur viril ; c\u2019est la fr mme sage yui éditie sa maison ; cest la f mme diligente qui est la couroune de son wari ; c'est lu feinme latorieuse qui ne mange que le pain qu'elle a g»gué ; c'est la femme douce qui remplit de joie le cœur de son époux et double le nombre oe ses années ; c'est lu femme simple qui niéprise l'apprêt ridicule de sa personue, la surcharge d'ornements et le culte exagéré du vêtement ; c'est la femme aimaute, prudente, chsste, sobre, soigneuse, bé- nig: e, souwise, qui non seuiewent ve donne jamais lieu de blasphémer la saiate parole de Lheu.mais jamais liru de douter de won adorable bonté.tjuaud le ch étien l'a rencontrée, il sécrie : O épouse de wou âme, d'autres filles, et beaucoup, ont ama-8é des ri-hesses, mais toi tu les surpasees toutes.Et comme il est heureux de la voir si belle, de la véritable beauté, elle est heureuse de pouvoir aimer en lui un sage qui a gardé pour son épouse tous les trésora de sa vie 1mmaculés, un fort qui saura proteger aa faiblesse, un véritable enfant de Dieu qui sera le plus aimable des maîtres et le plus tendre des amis.Ile re conviennent, ilg s'aiment, ile unissent leurs mains et leurs cœurs puritiés par la grâce et offrent, avec le même religieux respect, le consentemer.t qui les enchaîne à jamais l\u2019un à l\u2019autre, dans le Christ aduré dunt ils atteudent lu bénédiction ! Un pareil ultimatum, contrecarrant si ouvertement les principes ou plu:ôt l'absence de principes de Ia volage C ariste, c était la guerre a courte échéance ; elle éclata, en eflet, sourde d'abord, mais bientôt ouvertewent.La petite mondaine n'eut pas la force de sacrifier à son amour qu\u2019elle- même provlamait \u2018immense et éternel,\u201d quelques fantaisies de villes et autres défauts mignons, selon que le demandait son tendre amant d'hier redevenu cet exigeant cousin.Elle ne cacha pas son dépit, et fit bien comprendre à ce pauvre désillu-ionné d'Arthur qu'elle entendait ètre elle-même, que c\u2019était à prendre ou à laisser.On ne s'arrête pas en ri beau chemin : malgré l'amour pour son cuvsin, dont son cœur était plein, en réalité, elle se risqua à rappeler le nom du rival récemment éconduit.Elle fit plus, et le malheureux dut conclure qu\u2019il n'était point le sepl simé.La fierté du jeune homme, sa bonne foi méprisée et trompée, ses espérances déçurs lui traçaient la conduite à suivre.En matière aussi grave, toute- foin\u2014ils s'étaient réciproquement fait des pro.469 messes\u2014 Arthur ne voulut rien précipiter et patienta longtemps.Dans l'intervalle, il avait quitté la ville capitale et était retourné vers son psys.Un jour, il y revint, et trouva Clarisse, cette fois, tout à fait changée.De l'amoureuse de jadis il ne restait qu\u2019une ombre, des amours enchantées qu\u2019un pâle souvenir.Ce jour-là, ils étaient allés faire, tous deux, sne promenade à pied.Ile suivaient cette sente ombreuse et sans pareille qui s'accroche, ainueuse, aux aux flancs du promontoire où se dressent le s bâtisses du parlement fédéral : Le chemin des amoureux, le bien nommé.La promenade était deverte, et nos deux jeuves gens, échas geunt des propos banals sur les derniers événements moudains, sor le panorama, splendide à cet endroit, ae trouvaient seuls à ls suivre.À moitié chemin, Clarisse s'était A&ssi-e, tout à coup, eur un banc de pierre, et, dou blement perdue dans l'ombre d\u2019un large parasol et des grande arbres feuillus qui se penchai-nt curieusement au dessus de »a tête, elle semblait vouloir rêver.Mais Arthur songeait à bieu autre chose, lui qui, depuis de longues minutes, cherchait à faire uaî re les explications \u201cont son âme honnête avait brsrin, avant que de reprendre sa foi à celle qui, décidément, n\u2019en avait cure.\u2014Fh bien, ma cousine, inter'ogea t il, soudain \u2014depuis lopgiemps, il ue sétait pas servi, avec elle, de ce quanficarif inditférent \u2014 seriez-voua prête à redire, aujou:d hui.les promesses que vous me fesiez, l'an dernier, à ce mêma endroit-ci 1 Ainei arraché à son apparente rêvs rie, et levant vers son iuterlocuteur de grai-ds yeux om'ragés de dépit, peudant qu'elle laissait glisser à «es pi du ton ombrelle tout ouserte : \u2014Des promises.je n'ai point fait de pro messes, reprit-elle, vivement.Puis se ravisant : J'ai réfléchi.Arthur.dit elle, depuis notre dernière rencuntie ; Je Croi- que Je ne Vous 4) j «Ai» simé autrement que en cousine.\u2014 De soite que, vi je comprends bien, vour êtes loin de vouloir acceprer les conditions que je vous posais alors / \u2014Je refuse, en effet : rous ne serons plus que des cousins, il me semble que c'est mieux comme cela \u2014 Ainei, voilà qui est bien entendu, c'est à ia- mais fini entre nous de toute question d'amour ?Le sang froid et la fierté du jeune philoeopbe reprenaient leur empire, domir-ant la rage qui gren- dait sous ler parois de ea poitrine Sur ces propos, la hwutuine Clarisse baisea la tête, sans répondre : \"on amour réel pour Arthur parlait plus haut que sa légèreté, plus haut que son orgue:l.Pourtant, elle n'eut pas le courage de dire franchement sa pensée.lor3que seul un loyal aveu eut sauvé la situation.C'est le chati- ment des âmes longtemps dissimulées de ne pouvoir s\u2019épanouir même sous les chauds rayons d\u2019an amour pur, ce soleil de bonheur ! Après une telle explication, Ia promenade ne pouvait guère se continuer, on l'abrégea ; et ce reste fut encore bien triste et monotone.Da retour chez sa cousine.Arthur se noutra froid et résers é, comme un cousin bien convenable ; Clarisse fut guiudér et grincheuse comme lorsque la conscience est en proie au remords.Quelques heures plus tard, le train qui fuyait loin de la ca pitale emportait ce covsin chéri de son cœur et abusé par sa vanité.Arthur n'avait pas voola, malgré les pressantes invitations de sa cousine et celles de la famille, promettre de revenir.Car, pour lui, promettre et tenir ne font qu\u2019on, et il avait son densein arrêté.Clarisse ne I's jamais revu ; et pendant de longs mois elle a vainement soupiré après une lettre qui vint lui parler de retour.Depuis, Arthur a su qu'elle se console d'un amour véritahle et profond, volontairement noyé par elle dans les flots de sa coquetterie, au moyen d\u2019un semblant d'amour qu\u2019elle prodigue, afin de se faire faire une cour à non goût.au rival d'autre- foin.C'est le même dont, un jour, elle disait à son cousin : lui, tout au plus si je l'estime, c\u2019est toi seul que j'ido âtre ! \u2014je ne sais pas si elle n'avait point prononcé j'adore.Du fond du cœur lu brave Arthur souhaite PE ved EL in 470 qu'ils puissent mieux se convenir à présent puisque, s\u2019il faut en croire la commune renommée.\u2018On annoncera, dimanche, \u2018\u201c Le mariage prochain.Quant À lui-raëme, Arthur, qui ne peut vivre sans une affection pure et forte où il aille souvent retremper son Âme et ragaillardir son cœur, s\u2019est réfugié dans un nouvel amour.Il croit avoir bien trouvé, cette fois, la perle de femme immortalisée par Montssbré, la femme selon le cœur de Dieu, que sa Providence donne au chrétien fidèle qui sait espérer et être digne.Souhaitons lui qu'il ne se soit point trompé, car, là encore, notre jeune ami y va en toute bonne foi.Jusqu'ici, paraît il, sa liaison nouvelle ne lui a valu que du bonheur, et du plus exquis.Nous voulons bien y voir, avec lui, les prémices d\u2019une félicité parfaite, telle qu'il croit devoir s'en promettre dans un hymen cher à son cœur, et qu'il rêve déjà pour un avenir plus ou moins rapproché ! La morale de cette quasi véridique histoire c\u2019est qu'il faut un amour bien ferme pour vaincre la coquetterie enracinée ; c\u2019est encore que le bonheur vrai d'aimer eb d'être aimé n\u2019est accessible qu\u2019aux cœurs loyaux sachant le comprendre et l'apprécier ! .GA shoot Ale ime CENIENAIRE DE LA DÉCOUVERTE DE L'AM-RIQUE Voir gravure, page 472) La maison de l\u2019Amiral à Ciudad Antigua, au- iourd hus Santo-Domingo, capitale de la République dominicaine \u2014La maison dite de l\u2019Amiral a été construite par Diego Colomb, tils aîné de Christophe Colomb.Ce gigantesque édifice donne une haute idée de la solidité et de la grandeur des édifices du Santo Domingo du XVIe siècle.En 1501 l\u2019on pouvait encore voir ta galeric supérieure presque intacte, tandis qu'actaellement il ne reste plus trace d'ornements, c\u2019est à peine si aux extrémités l\u2019on distingue encore une partie de la galerie, Aujour- d'hui, cela est triste à dire, le berceau des enfants de Christophe Colomb, le palais des vice rois du Nouveau-Monde, sert de dépôt d\u2019immondices ! L'édifice, entièrement construit en pierres superposées, sans aucun ciment, s'élève sur une hauteur : il est entouré de créneanx et du côté de la ville débouche un étroit passage qui donne accès à las muraille qui regarde le nord.C'est également là que s'arrête la route appelée Sentier de l\u2019Amiral qui commence À peu de distance du palais, du côté ouest et débouche dans la rue Atarazana au commencement de la descente de la côte.Le terrain réduit, compris entre le palais et le sentier et deux ou trois ruelles, est couvert de misérables demeures habitées par de pauvres gens, Du côté du tleuve se détachent les deux masses principales, ou tours «uadrangulaires, entre les- \u201cjuelles se trouvait la galerie.l)ans l'angle de gauche, en regardant le fleuve, s\u2019élève une petite tourelle où se trouvait un escalier tournaut dont quelques marches servent encore pour monter sur le faite.De tous côtés se trouvent de nombreuses fenêtres, dont quelques-unes très ornées.\u2018l'rès peu de portes.Quanta la toiture, on peut encore voir «juekjues-uns des socles sur lesquels elle s\u2019appuyait.NOUVELLE BANQUE D ÉPARGNES La Banque du Peuple a ouvert, comme nos lecteurs le savent, un département d'Epargnes, dans la succursale No 1555, rue Ste-Catherine, coin de sa rue Saint-André, à Montréal.On y reçoit en dépôt toutes les petites économies, à partir de \u201c* une piastre \u201d en montant.La Banque paie sur ces dépote 4 pour cent d'intérêt, LE MONDE ILLUSTRE NOVEMBRE Voici le froid, voici l'automne Les vents, la pluie et les brouillards ; La terre qui se découronne ; Le ciel qui se voile aux regards.Voici la saison monotone Des sombres nuits, des jours blafards : Voici l'âtre en feu qui bourdonne : Sous nos tuits tremblent les vieillards \u2018 Voici la fête que l\u2019église Dans sa tristesse solennise Fa mémoire des trépassés, Tout tombe, tout meurt, tout s\u2019efface.Autour de nous, lorsque tout passe Pensons à ceux qui sont passés.Hector Mecsier UNE PLACE POUR CHAQUE CHOSE FT CHAQUE CHOSE A SA PLACE La tâche la plus ditlicile quand on est jeune, est bien celle de remettre les choses à leur place.Ma bonne grand\u2019mére disait toujours qu'elle se sentait pleine d'indulgence pour les jeunes filles, car elle ge rappelait si bien les temps où elle éprouvait tant de répugnance à tenir toutes choses en ordre.Voici ce qu'elle nous racontait : \u201c Je me demande s'il est possible d'être plus paresseuse que je l\u2019étais à l\u2019âge de quinze ans.S'agissait il de remettre un livre ou vn outil à sa place, de suite je me sentais prise d\u2019une lassitude que les jeunes filles d'aujourd'hui comprennent sans doute.Moi, qui pouvais traverser un champ en un clin d'wil, marcher des milles pour aller à un pique- nique, trainer après moi une énorme traîne-sau- vage jusque sûr la plus haute côte, sans me fatiguer, quand il me fallait me déranger pour remettre une chose à ça place, il me semblait que c'était la mer À boire.\u201d Elle riait souvent, en retrouvant chez ses enfants eb ses petits-enfants, ce même défaut ; mais elle était si bonne qu'elle leur pardonnait facilement ce qui lui avait tant coûté À faire, à leur âge.L'ordre est une des grandes lois de la nature, et si une femme veut faire un petit paradis de a maison, pour le compagnon de sa vie et pour elle- même, il faut de toute nécessité voir à ce que mêmes les petites choses soient à l\u2019ordre.Quand on est jeune, on ne réalise pas ce qu\u2019il en coûte à une mère délicate ou seulement fatiguée, d\u2019être souvent penchée à ramasser les jouets de celui-ci, l'ouvrage de cellelà.ll faut apprendre aux enfants, quand ile sont encore jeunes, à être obligeants et attentifs.I's sont forts eux, et bien plus capables de ramasser leurs jouets que Ia pauvre mère qui a bien autre chose à faire.En mème temps, c\u2019est leur apprendre à avoir de l\u2019ordre.Une jeune femme, mère de plusieurs enfants, se décida un jour à leur apprendre à tenir leurs chambres et leurs jouets en ordre.Voyant qu\u2019on ne l\u2019écoutait pas toujours, elle annonç qu\u2019à l\u2019avenir à l'heure du coucher les jouets qui ne seraient pas ramassés seraient jetés au feu.D'abord, les enfants crarent que c'était pour rire, mais après La avoir vu sacrifier un Noé, deux de ces fils, un cheval, deux oiseaux et un mouton, ils s'aperçurent que c'était bien sérieux.Il est inutile d'ajouter qu'après cela on ramasea les habitants de l'arche, et cela avec une rapidité extraordinaire.Combien y a t il de jeunes filles qui ont la précaution d\u2019accrocher leurs robes, le soir avant de se coucher $ Quelques-unes croient que c'est avoir de l\u2019ordre que de les jeter sur le dossier d\u2019une chaise quand, au contraire, c'est montrer beaucoup de négligence, car la jolie robe prend des plis disgracieux et perd cette frafcheur qu'une robe accrochée conserve bien plus longtemps.Il faut a\u2019mer l\u2019ordre pour le plaisir seul de voir lea choses À l'ordre.est étonnant comme on prend l\u2019habitude de remarquer si une chambre est en désordre.D'abord, on s'aperçoit si les principaux meubles sont mal placés, et il est impossible de résister au désir de remettre la chaise, le sofa, le cadre à sa place.Petit À petit, on devient plus particulière, on finit par remarquer les petites choses, si bien qu\u2019à la fin un morceau de papier, un bout de fil nous agace.C'est une éducation à faire, mais une fois que la leçon est apprise, le bonheur ne se trouve pas pour la femme là où règne le désordre.Il ne faut pas être négligente, ni surtout indifférente, mais du moment qu'on entre dans une chambre, remarquez si quelque chose choque l'wil, Deux ou trois choses à terre ou hors de leur place suflisent souvent A faire parsitre une chambre en désordre.On ramasse un journal, on retouche one draperie, on redresse une pile de livres, et voili que tout est à l'ordre.C'est en faisant ces petites choses qu\u2019on parvient à acquérir, presque sans s'en apercevoir, cette grande qualité qui est essentiellement du domaine de la femme et qui s'appelle l'ordre.+ + * Il n'y a pas de doute qu'il n'y a rien de plus joli qu'une main bien blanche, et que c\u2019est un des plus granda charmes chez la femme.Si la peau est naturellement blanche, il faut bien peu de soin pour la conserver telle.On doit employer un bon savon, avec une pincée ou deux de farine d'avoine, trois ou quatre fois par jour, et surtout se laver les mains à l'eau chaude.Il n'y a rien coma l'eau chaude pour conserver la peau douce et fine.Une fois par semaine, frotter le jus d\u2019un citron sur toutes les parties de la main.Quand les mains sont parties à gercer, le \u201c cold cream \u201d camphrée adoucit beaucoup la peau.\u2018'u peut en appliquer le soir, et mettre des gants pour la nuit.Le meilleur \u2018 cold cream \u201d est celui qu se fait à la maison.Faire fondre une petite quantité de cire blanche, de la meilleure, et remuer avec une cuillère jusqu\u2019à ce cela devienne épais comme de la crême, ajouter plusieurs gouttes dc camphre.Pour des mains bien rouges, on peut appliquer une lotion de glycerine, jus de citron, et eau d« rose, parties égales.Mettre ceci le soir avec des gants, et le jour, le jus de citron seul, fera des merveilles.Souvent una manche de robe trop juste ou même une bague trop petite, amène cette rouyeur des mains qu'aucune femme ne peut tolérer.Pour ceci, il n\u2019y a qu\u2019à faire disparaître la cause, bien entendu Erick.BIBLIOGRAPHIE Quand les marins français du /isson sont venus nous visiter, l'été dernier, nous avons consacré bien des lignes À leur souhaiter une cordiale bienvenue.Cela est, eana doute, presque partout oublié déjà.Pour éviter le même désagrément, notre confrère du Petit Figaro, de Montréal, a cu ln bonne idée de réunir en brochure tous ses articles patriotiques.Cela forme un joli petit volume qui restera, et il en est digne.Une idylle acadienne.\u2014 Notre collaborateur M.Tesson est inépuisable.Loraqu'à peine nous avons publié la moitié de son joli roman \u201c Un amour sous les frimas,\u201d il vient de livrer à notre confrère le Messager de Lewiston, Etat du Maine, le manuscrit d'une autre charmante histoira, sous le titre plus haut posé.La publication va commencer incessamment et, à l\u2019instar des grande publicistes français, plus fort que plusieurs d\u2019entre eux, M.Tesson aura à la fois deux de ses ouvrages inédits en cours de publication.Cette personnalité d'écrivain s'affirme de plus en plus eb mérite nue attention spéciale, Ansei LE MONDE ILLUSTRE 471 dans un prochain numéro, présenterons nous aux lecteurs du Monpe IcLusrre la photographie de M.\u2018l'esson, avec une notice biographique, spécialement rédigée par un de nos collaborateurs, Point n'est besoin de dire tout ce que devra offrir d'intérêt à nos nationaux Une idylle acadienne, le titre est assez significatit.Ceux qui aimeraient suivre les développements de cette fraiche Jdylle acadienne pourront #'a dresser au Messager de Lewiston, Maine, qui oflre à cet eflet des abonnements spéciaux pour trois mois, à quarante centins.On peut s'abonner au bureau du Monne ILLUSTRÉ ou en envoyant 10 centins en timbres poste canadiens de \u2018ic ou le, ou en timbres poste américains da 2c, À l'auteur M.Louis Tesson, Hotel Davies, Charlottetown, Prince Edward Island, Canada.On demande des agents pour solliciter des abonnements dans tous les centres français du Canada et des Etats-Unis.L'Echo des Jeunes vient de lancer sa deuxième livraison, Comme j'en avais prévenu mes lecteurs, l\u2019autre jour, nous venons d'entendre les premières voix de nos jeunes ; ce fascicule nour apporte les premières pièces d'éto/Je du pays Nous en reconnaissons cing, sur les huit morceaux du dernier sommaire.Des trois reproductions, disons de svite que La pêche miraculeuse eat fort jolie ; Adieu, bien pas sable dans l'ensemble, la fin, comme clarté, lsissant pas mal à désirer, mais La Marguerite, de déca- dentisme renforcé, n\u2019a pour sauver sa forme triste, broussailleuse et inextricable presque partout, qu'un certain charme dans le fonds.Venant au crû du terroir, nous avone trouvé du bon dans les diverses pièces.Une petite vengeance, de Héral l\u2019Enfer\u2014le nom de l'auteur mis a part\u2014 est une délicate bluette bien touchée ; le cri Qu'il vive, poussé par Paul de Varès, souhnit d\u2019un jeune à l'Æcho des Jeunes, semble sincère et traco À la nouvelle revue un programme assez acceptable ; dans Morte d\u2019un baisrr, si Kdouard Cabrette avait pu faire sortir de l'imbroglio d'amour son héroine, par une autre porte que celle de la mort\u2014 dénouement un peu violent et immoral\u2014je lo jugerais sur le chemin du parfait dans le genre.Je pense de la pnésie intitulée : Secret connu, par Marc Hassin, qu'elle aurait pu disparaitre avec profit peut etre devant Adieu, qui dit à peu près la même chose\u2014 tant les amours déçues se ressemblent partout.Né anmoins, elle nous parait déterminer en quelque sorte la juste limite que ne devrait pas dépasser Echo des Jeunes pour être bien vu de tous.À ce compte là, dans la poésie de Daphnie, Ævle.nous aurions aimé trois ou quatre vers modifiés.La littérature est toute pour l'esprit : or, ce ni parle aux sens renie et méprise l'esprit, donc la sensation pour la sensation n'a rien de littéraire.On m'entendra ; voudra-t-on me comprendre ?En somme, ce deuxième numéro de l\u2019Acho des Jeunes est en progrès sur son aîné, et sur la moralité du fonds et sur l\u2019intelligibilité de la forme.Il est à croire qu\u2019on n'en restera pas là, et que, châtiant de plus en plus l'un et l'autre de ces éléments, on fera de cette revue un canal large et profond, plus tortueux du tout et nettoyé des vases de l'immoralité, par où coulera sur le terrain fécond de l'opinion publique l\u2019eau fertilisante de l\u2019enthou- siagme généreux propre aux jeunes esprits.JULES SAINT-ELME.SI J'ETAIS RICHE ! Je plains ceux qui bâtissent des châteaux en Espagne, parce qu'ils perdent leur temps, et que l\u2019ef- ondrement subit de ces beaux édifices leur cause d'amères désillusions.Si j'étais riche ! Combien de personnes ont eu cette pensée, et s\u2019y sont ar- rétées, formant des projets superbes daus l\u2019attente de la réalisation de leur rêve.Et la fortune n'est point venue, même À celles qui parmi elles ont fait de grands efforts pour la saisir, et l'ambition n\u2019a pas été satisfaite, et le cœur a souf- fort, et le rêve s'est évanoni.Cependant j'ai passé, hier soir, quelques minutes avec une amie, à construire un magnifique ch&- teau sur cette même base ; nous ne nous sommes permis cette diatraction qu'à la condition de le détruire de fond en comble et de nou propres maine, aussitôt après son érection.Nous en avons disposé les matériaux à notre goût et certes ! tout a été À merveille.Je ne dirai pas, ici, que les matériaux aient travaillé comme cela m'est arrivé lorsque j étais enfant en écrivant une phrase pour remplir mon cahier d\u2019exercices, ce qui avait fait bien rire ma ruaîtresse et m'avait fait rougir beaucoup.Je laisse parler mon amie : Si j'étais riche ! Je voudrais d'abord avoir une splendide maison à Montréal où je passerais les hivers dans les amu- sementa qu\u2019oflre la ville durant cette saison de plaisirs ; je voudrai avoir une coquette villa dans une des plus belles campagnes de la province, à Vaudreuil où à la Malbuie, peutêtre.Je me reposerais au frais ombrage des grands arbres ; je respirerais le parfum des mille fleurs qui embau- mersient mon jardin.Si j'étais riche ! J'entreprendrais un grand voyage en Europe sinon autour du monde ; j aurais un brillant équipage pour faire de ces ruvissantes promenades qui me plaisent taut ; j'aurais pour moi des ajustements qui, sans être somptueux, éclipsersient ma simple toilette du moment.Si j'étais riche ! je donnerais de fréquentes réceptions, et je verrais ainsi ceux que j'aime plus souvent réunis autour de moi ; mais je ne dis pas que j'aurais plus d'amis.Ni j'étais riche ! Je prodiguerais encore mes aumoénes i tous ceux qui me tendraient la main ; je voudrais surtout que personne ne soulirit de la faim.Et toi que ferais tu?Si j'étais riche, moi, mon amie, riche comme te voilà, riche comme Crésus, j'irais résider aux files Sandwich, à Hawaii peut-être, dont que'qu\u2019un a tant vanté la beauté et le climat ; j'aurais une bibliothèque plus grande que l'appartement où nous sommes, leg livres les plus instructifs, les plus amusants ; je recevrais tous les journaux que j'aime à lire.Si j'étais riche ! Je voyagerais, je vieiterais les merveilles de la nature, les lieux où se sont déroulés les faits importants de l'histoire.Si j'étais riche ! Je facilhiterais l\u2019instruction des enfants pauvres et intelligents que je vois souvent et qui feraient, je pense, la gloire du pays dans l'avenir s'ils recevaient ce que tant d'autres reçoivent saus en profiter.Je voudrais encore que tous les poètes pauvres puissent chanter continuellement, sans souci.Mais nous ne sommes pas riches et nous ne le serons sans doute jamais ; laissons agir ceux qui ont été plus favorisés que nous sous ce rapport.il: J RY, LE R P.ANDRE FRUHWIRTH (Voir gravure) Le nouveau général des Dominicaing, élu par le Chapitre général de l'Ordre réuni à Lyon est le P.André Frohwirth, provinrial d'Autriche, appelé à prendre la succession du Rme P Larroca.Le nouveau général a quarante six ans.Clest le plus jeune des Dominicaine élus généraux depuis des siècles.D'abord prieur de Vienne, deux foia provincial d'Autriche, il & été proposé pour l'évêché de Klagenfurth en Carinthie, qu\u2019il a re fusé, et à été depuis nommé par les archevêques et cardinaux de l'enspire, conscillor de la curie épisco- ale.! ll a prononcé ses vœux en 1861 et a fait une grande partie de ses études à Saint Maximin, près de Marseille.Déjà, à cette époque, il possédait ei bien notre langue, qu'il a pu prêcher à la Sainte Baume, dans un pèlerinage en l'honneur de sainte Madeleine.Professeur de théologie peu après, il se fit remarquer dans plusieurs discours par une dialectique très serrée et une grande netteté d'expression, et depuis qu\u2019il exerce les fonctiuns de provincial en Autriche, par de grandes qualités diplomatiques et administratives.Le nouveau général est le soixante quinsième depuis la fondation de l'Ordre.Deux d\u2019entre eux, Benoit XI et saint Pie V ont été papes.LE PROBLÈME DES CHAMEAUX Monsieur le Directeur, Je lis dans votre intéressant journal (numéro du 24 octobre) l'énoncé d'un problème justement connu et qui mérite sa notoriété par l'or-ginalité de sa solution.Toutefois il serait utile, je crois, de montrer à vos nombreux lecteurs quelle est la clef de cette solution, en expliquant le paradoxe qui semble exister en comparant l\u2019énoncé au résultat inattendu.La contradiction apparente résulte de ce que le père n'avait pus légué tout son bien, mais seule ment les 17;1Wes, et qu\u2019en fait le cadi a partagé le tout.Je vous envoie ci-jointe la suite de l'histoire : Aussitôt le cadi, fier «le son stratagime, Vint faire son rap; ort, hiérarchiquement, Au gouverneur, son chef, et lui montra comment 11 avait su traiter cet épineux probléme, Il espérait bien, en lui-même, Pour pris de son génie, un prompt avancement.Mais, hélas ! combien fut «xtrême Non amer désappointement ! Le gouverneur, ayant compté mentalement, Lui dit : \u2018* Une demie, un tiers, plus un neuvième, \u2018 Cela ne fait pas an : il manque un dix-huitième, ** Qui n\u2019était pas légué, suivant le testament, ** Et qui devra, conséquemment, \u201c* Revenir au gouvernement, ** Pour faciliter ton système, \u201cFu vins mettre à la masse, inconsidérément, *\u201c \u2018Fon chameau qui forma la fraction ultième, *\u201c M appartient au tiec, Aussi, dis ce moment, * Je le garde.Que Dieu te garde également.\u2018\u20ac Au revoir.\u201d -Le cadi tout blème De ne pouvoir répondre à ce juste argument, Fatigué, décontit d'un pareil dénotment, À son lointain logis revint pédestrement.Veuillez sgréer, monsieur, etc.JULES LEFEBVRE, Professeur au Lycée de Lille NOUVELLES A LA MAIN Les miroitiers sont des gens très chauds ; en toute saison leurs magasins sont encombrés de glaces.\u201c+ + Dialogue de la rue : \u2014 Moi, tel que vous me voyez, j'ai vécu à Paris pendant quinze jours avec quarante seus ! \u2014 Vraiment ?\u2014Oui, j'empruntais tous les matins un louis À un ami.+ + + A la police correctionnelle.Le président \u2014 Votre now 1 Le prévenu.\u2014 Anachareis Le président.\u2014 Que faites vous 1 Le prévenu.\u2014 Le désespoir de ma famille.* * + Le romancier M.à la comtesse de T.\u2014Je ne connais que deux femmes qui soient réellement parfaites.\u2014 Quelle est l'autre, lui demanda finement son interlocutrice.+ + + Entre Mareeillais et Bordelais : \u2014A Marseille, une nuit, mon cher, des malfaiteurs ont enlevé toutes les portes des maisons de la Cannebière.té ! \u2014A Bordeaux, c'est différent.Quand les voleurs ne trouvent pas de portes dans une maison, ils en posent ! Sur le boulevard \u2014Comment se fait-il que toi, un homme si fringant, tu sortes avec un chapeau tout râpé ?\u2014 Mon Dieu, pour une raison bien simple.Ma femme m'\u2019a dit : tant que tu mettras oet affreux chapeau, je ne sortirai pas avec toi.+ + + v === t ee à 2 Lit, à » À A oY $ \\ WRN hé | hy N y cu WO VAN 4 =| > x x by ap 4 1e 2 | ad 4 R Sy x À\" ° 3 tl { \\ *% $ Man Qu an = $ ASSNDT = > EN A Ÿ ANS 5 % > x à A 2 wr.S 19 a \u2014 \u20ac 78 = his 2% Ce N LA JUSTICE SUR LES FRO # ba Ri vi Lei) [4 A \\ BN { vg (7 ne 4 - - \u20ac 3 ¢ N N W od ps a .{ $ \u2014 \u20ac \\ N Lal kr 3 W ÿ NN i à WN | AD \\ fx A x A \\ 3 = « L 5 \\ N PA | Ÿ Le à \u201cA 3 Mi ti S yr » i Ng | \\ Li i a) i 4 = 3 | i or a Lo + PRs 2 w A) wr { | fad \\ > - a ue \u2018 a A fi * n Ey ¥ +H 9 Ra § LY «x \\ AY RY nN x = pa ty fix # % À = * X 3 \\! & Re w ip % - [> LE N WN W N 3 §.8 Wh à = n > A) SE ST è a i a LA 4 a rr Se Ot ym.sp > NN : Nl pati dl = \\ ol p= io oY 7 } \\ | a - i 3 \\ WN \\ - NTIERES MEXICAINES.\u2014ARRESTATION ET PROCES DE VOLEURS DE CHEVAUX \u2014Desein DE J.B ; \\ - NS hii C5) ® Ni a hy \\ x JA WN : a AS : | ; 2 =) fm \\ \u2018| = : > ot ATH \\ An \\ X a 7 Jr = 2 ?: \\ EN \"4 RD da \\ N \\ N WN Wt è ; id a 4 À il ; = * | 3 Ù AN on en = i = '! Gui Xl à | ta à a Ey \u2018Ny / \\ N Wr \u2018 | (8 Ÿ 7 7 \\ \\ i a sMITH.\u2014(Du Frank Leslie's) = f » | A) i) ! + A \u2019 AN N 3 i A A \\ \u2018 : D EE dl WN NW N\\ \\ | ë re Py he A WW 4 7 hg] A A og TAN Nan vi : Mux - BERISES- PROCHAINES Es Andante simplice ~~ m CHANT beaux lilas blanesQue l'on > Lorsque reviendra le temps des ce_ri-ses, Quand re_fleu.ri_ront les \u2014_\u2014 = PIANO nf Sostenuto m.g.Ped .À PP = .Poco pit animate senallait cueillir en révant,Que d'amours\u2014 que damours aura balay_é i - se \u2018Le gentil Lucas, la Poco più animato of ~~ ve oa Pp vd vd ede.J Ped Ÿ Ped Ped 4 Ped Poco rit nf\u2019 ~~ Mi 1 te LiL ose Au - rontpeuté _ tre q vingt dixans, Lorsque reviendra letempsdes ceri _ ses .F353 dg vd tr A I TEL, \u2014 Cresc.\u2014 Rat \u2014\u2014 1 1 144 tecœur sebri_ se x liJasblancs Le pont des soupirs où ura vu passer bien des revenants Quand refleuri F sage JS Rall.- = \u2014 à du Lorsque reviendra lv temps des cerises, Quand refleu_ri_ ront les ux lilas blancs Que fon sen al_lait cueillir en ré_vänt, ; dés Ye Lies » Que damours que damours au_ra ba_lay.é n P .RS Poco mi, ed +4 cd rd] Suiv fa PPA *Phd Ped oni + 424 tre ROMAN CANADIEN INÉDIT UN Sp (Suste) \u2014En êtes vous bien sûre, su moins disait le jeune homme, effrayé ! Vous savez, quand on aime beaucoup on est jaloux, et la jalousie nous fait voir bien des choses qui n'existent pas.\u2014Hélas ! je n\u2019en suis que trop sire.Je ne puis récuser le temoignage de mes yeux.Vous vous rappelez cette soirée où nous avons dansé, après on parti de raquettes ?Pendant que ls danse était engagée, Marguerite et Alfred s'étaient réfugiés dans un boudoir.Par hasard, je suis arrivée derrière eux et je les ai surpris au moment où Alfred les deux bras passés autour du cou de Marguerite, lui donnait un baiser.\u2014Et vous n\u2019avez pas bondi d'indignation ?vous n\u2019avez rien dit ?\u2014En avais-je bien le droit ! Oui, sans doute, puisque Alfred me trompait ; mais dévoiler son manège c\u2019était me faire un ennemi de lui, c'était me condamner à ne plus le voir, c\u2019était m\u2019enlever du cœur la douce espérance de gagner un jour son amour, car, voyez vous j'ai toujours cru que ce mariage était impossible.\u2014Et pourquoi eerait-il impossible Ÿ C'est vrai, il y a beaucoup d'obstacles.D'abord l'opposition des parents de Marguerite : mais il n\u2019y pas de barrière qu'on ne puisse briser avec de la patience.Le père et la mère de Marguerite aiment leur enfant ; ils veulent son bonheur.Elle est \u2018ncore jeune et l'on peut penser que son affection n\u2019est qu\u2019ane ardeur pasesgère que le temps emportera.Mais si elle persiste dans son amour, ses parents finiront bien par céder.L'échappée de cette nuit peut changer bien des choses.\u2014 Ne dites pas cela, monsieur Henri.Perdriez- vous courage $ \u2014Ma foi, je vous avoue que je ne me sens plus guère la force de lutter.Lutter ?Pourquoi ?Pour gagner un cœur qui ne veut pas de moi, qui, au contraire, s\u2019est volontairement donné & un autre.Est-ce faiblesse, est-ce abnégation ?mais il me semble que j'aime trop Marguerite pour pouvoir m'opposer & son boaheur Qu'elle soit heureuse, c\u2019est là le vœu le plus ardent de mon cœur ; même sans moi, ajouta t-il avec un soupir.\u2014Non, monsieur Henri, je crois que vous faites erreur.J'ai plus de confiance que vous dans l'avenir.Il ne faut jamais désespérer, et, voyez- vous, quelque chose me dit que ce mariage ne se fera point.Il faut lutter, lutter toujours jusqu'au «lernier moment.Veuillez me pardonner de ne vous avoir pas prévenu à temps.J'ai cru bien faire.Peut être même ai-je bien fait 1 \u2014Je ne sais pas.Peut être n'aver-vous fait que prolonger mies illusions et me les avez-vous, rendues plus tenaces.Le mieux eût été de me les arracher tout d\u2019abord avant que leurs racines eussent pénétré si profondément dans mon cœur.Quui qu'il en soit, je ne puis vous blâmer de ce que vous avez fait.Seulement je n'ai ni votre courage, ni votre foi robuste.Annie jeta les yeux sur la pendule.\u2014Deux heures passées ! Il est grand temps que je m'en aille.\u2014Je vovs accompagne ; le temps d'atteler le cheval et je suis À vous.Quelques minutes plus tard les deux jeunes gens s'en allaient lentement, par les rues noires de la viile La tempête mugissait autour d'eux dans toute sa fureur.Le vent soulevait la neige en épais tourbillons, arrachait les branches des arbres et les volets des maisons dont elle semait au loin les débris.C'était l'image de la tempête qui ravageait leurs cœurs en y amoncelant les ruines de leur amour.Ne 17 LE MONDE ILLUSTRE X EXPLICATIONS DE FAMILLE Quand Marguerite arriva chez elle, son père et sa mère l'attendaient avec impatience.Sa mère la prit dans ses bras, la presss sur son cœur et l\u2019appels ss chère enfant, en versant des larmes de joie.Elle eut presque une crise nerveuse.Puis, la première effusion de tendresse passée, et comme par une sorte de réaction, elle se mit à accabler sa fille de reproches.\u2014Enfe nt terrible, disait elle, tu veux donc nous faire mourir de chagrin, ton père et moi.; Et comme Marguerite se défendait de son mieux et fondait en larmes, lo père intervint : ; \u2014-Allons, ma chère amie, calme toi un peu, je \u201ct'en prie.Tu le vois, cette enfant est encore sous le coup des impressions de cette terrible nuit.Dis lui plutôt de nous raconter ca qui lui est arrivé.Marguerite commença son récit.Elle raconta tout ou à peu près.Lorsqu'elle eut fini, madame Spencer poussa un soupir de satisfaction.\u2014 Est ce bien tout, ma fille t \u2014 Oui, maman, La mère, reprise soudain d'un accès de tendresse se mit à couvrir sa fille de baisers.\u2014A la bonne heure ! nous nous figurions, ton père et moi «ue cette escapade avait été préméditée.\u2014Non non, se récria Marguerite.Il n\u2019y a là aucune préméditation.C'est le hasard qui a tout ait.\u2014 Ah ! fit la mère surprise.Dis-moi que tu ne penses pas à lui, que tu ne l\u2019aimes pas que tout ce qu\u2019on a dit est un mensonge.Et comme Marguerite baissait :a tête en silence.\u2014Malheureuse fille, c'est donc bien vrai, que tu n'oses pas me contredire.Tu ne comprends donc pas que nous voulons ton bonheur.Pourquoi t'attacher ainsi 4 un garçon qui n\u2019est pas de ta condition ?Pourquoi ne pas te reposer sur nous du soin d'établir ton avenir ?Ne sommosnous pas meilleurs juges que toi 1 Va, tu ne nous aimes pas.Margaerite fondit en larmes : \u2014 Si, je vous aime et je vous respecte mes bons parents ; mais je ne puis commander à mon cœur comme vous le désirez.Je l'avoue je n'ai rien calculé, je ne conçois pas qu\u2019on puisse commander à ses sentiments.J'aime Henri, comme un bon camarade, comme un frère plutôt, mais il me serait impossible de l'aimer comme j'aime Alfred.La mère eut an mouvement d\u2019impatience.\u2014Raisonnement de fillette, voilà tout.Cela changera il faut que cela change, dit la mère en accentuant davantage la voix.\u2014Voyons, ma bonne, intervint le père, est-ce bien le moment de te fâcher ! Cette enfant est très fatiguée.Laisse-lui au moins le temps de se remettre de ses émotions.Quand elle auras l'esprit plus calme, nous pourrons revenir sur ce sujet Les jours qui suivirent furent des plus désagréables pour la pauvre Marguerite A chaque heure, à chaque instant de la journée, elle avait à subir de nouvraux assauts de la part de ses parents, de sa mère surtout.Le père eût été d'avis de laisser sa fille tranquille, s\u2019en remettant au temps du soin de modifier ses sentiments Il savait que le premier amour est ardent dans un jeune cœur ; mais qu'à cause même de son ardeur il est exposé à n'avoir qu'une courte durée ; il n\u2019ignorait pas que le temps et l'oubli cicatrisent bien des blessures.En fin de compte, même, il eût consenti au mariage de sa fille avec Alfred, plutôt que de la voir se dlésoler.T1 comprenait ce qu'il y a de saint, de noble, de pur dans un amour qui s'élève au dessus des questions mesquines d\u2019intérêt et qu\u2019anime le souffle délicat du sentiment.N'est-ce pss là le meilleur gage du bonheur sur la terre ! C'était un homme un peu froid peut-être, comme tous ceux de sa race, beaucoup préoccupé des affaires, mais en même temps un esprit libéral et généreux.Il avait épousé «a femme par amour ; après tent d'années de mariage, il 'aimait encore d'une tendresse toute juvénile ; il adorait sa fille ; il j\u2019adorait d'autant plus qu'elle n'était qu'une fille adoptive.Il n\u2019y a pas de bonheur sans mélange sur terre.À une union si bien ag.sortie, le ciel avait refusé un enfant, c\u2019est-à-dire le couronnement et la consécration de toute fulicité conjugale.Marguerite lui était encore plus chère, si c'est possible, que si elle eût été le sang de son sang.À tous les trésors d'amour de la paternité, il ajoutait encore toute la reconnaissance qu\u2019il lui vousit pour avoir rempli le vide qui s'était ainsi produit dans son bonheur de mari, toujours incomplet sans le titre de père.Marguerite ne savait rien de ss naissance.Il fallait qu\u2019elle n'en sut rien.Sachant sa naissance, elle pouvait sentir diminuer son afl: ction pour ses parents adoptifs.Cette pensée faisait frémir le pauvre pire.|i voulait le bonheur de sa fille.La voir triste, In voir pleurer lui crevait le cœur.S'il se füt écoutr il lui eût dit : \u201c Va, ne pleure plus ma fille, ta volonté sera la mienne\u201d Mais il ne voulait pas mécontenter sa femme, et, bien que mollement, il était obligé de s'associer À ses remontrances.Pourtant, en tête à tête, ils avaient parfois des discussions assez vives.C'étaient les premières depuis leur mariage.\u2014Voyous, femme, dirait-il, tu vas faire mourir de chagrin cette pauvre petite.Qu'astu donc contre ce jeune homme ?C\u2019est vrai, moi mine j'eusse préféré Henri, mais enfin il n'y à rien à dire contre l'autre.C'est un bon garçon, assurément et il appartient à une famille respectable.Marguerite l'aime.Pourquoi contrarier cette pausre fille / Au moins, laisse la tranquille.Madame Spencer ne savait trop que répondre, Au fond, elle reconnaissait très bien que sun mari avait raison.Mais elle s'entétait.C'était elle qui, la première, avait eu l'idée du mariage de Mar guerite avec Henri.Elle avait longtemps caressé ce projet, elle en avait construit peu à peu l'échafaudage et au moment où l'édifice allait recevoir son couronnement, on loi demandait d'aider ¢'lo- méme a le démolir.Ah ! non, par exemple.!t plus son idée semblait menacée de ne pas réussir.plus elle s'y obstinait.Marguerite n'était qu'une enfant qui certainement s0 laissorait convaincr.Marguerite demeurait intlexible.Harcelée sans cesse par ra mère, elle se défendait par les lari: s.Elle, si rieuse d'ordinaire, était devenue fort triste.Elle recherchait la solitude.Elle s'enfern:ait dans sa chambre, des heures entières.Elle devint pale.Madame Spencer en fut alarmée.Eile se reprochas wéme intérieurement d'ètre allée trop loin.NI DÉVOUEMENT D'UN AMOUR FUR Un soir, Henri vint chez Mme Spencer, rolli- cité par elle, et à contre cœur.L'entrevue avec Marguerite fut triste.Au bout de quelque - ni: nutes, Mme Spencer pensant que ss présence les génait, les laiama seuls Une fois en tote dt te Marguerite éclata en sanglots.\u2014 Pardonnez-moi, monsieur.J'ai été bien méchante.Je vous ai fait beaucoup de mal, jr le sens : mais, croyez-le, je suis moins coupable que vous ne le pensez.Devant cette douleur si sincère, ni naive, i: uri ne trouva place dans son cœur que pour la pitié.~Je ne vous en veux nullement mademoisvile, ne parlons pas du passé.Je respecte trop vos sentiments pour insister sur co sujet.Je dois mème vous dire que je ne suis revenn vous voir que -ur les sollicitations réitérées de votre mère.Mais je ne veux pas abuser de cet avantage.Je ne vous importunerai plus désormais.11 se levait, prêt À partir Marguerite le retint du regard.Elle se sentait prise de compassion devant ce jeune homme qui l'aimait sincèrement et qui lui en donnait la plus grande preuve qu'on en puisse donner : 'abnégation et le sacrifice \u2014Vous êtes trop bon, murmura-t elle.\u2014 Non, je ne suis que juste.Louis Trsson.À suivre LE MONDE ILLUSTRE 476 FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRE\u201d MONTREAL, 21 NOVEMBRE 1891 | CARMEN PREMIERE PARTIE (Suite) -Non pas au revoir, Quirino, répondit Ia jeune tille dont le regard acéré comme la pointe d'une épée, le blessa au cœur, non pas au revoir, mais adieu ! \u201d L'Indion se dirigea lentement vers la porte.Au moment de l'atteindre il çe retourna.\u201c Au revoir ! \u201d répéta t-il avec l'accent de la menace, et il sortit.Moralès aussitôt quitta la chambre ci il se cachait et rejoignit Carmen La jeune fille, les deux bras croisés sur la poitrine, la tête haute, les yeux tournés vers la porte qui venait de se refermer derrière ŒQuirino, conservait une attitude de défi, et son scin se sou!c- vait avec force sous le tissu de son corsage.\u201c Ah ! je le savais bien ! murmara le gitano, je ne le savais que trop, ce sauvage maudit, ce Qui- rino damné te détesta maintenant tout autant qu'il t\u2019aimait ! Il t'a menacée, et la menace d\u2019un Indien n\u2019est jamais vaine ! Ces gens là, vois tu, ont toutes les ruses du serpent, il te l\u2019a dit lui- même.Il te suivra partout, il marchera dans ton ombre, et par conséquent dans la mienre \u2018 Ah \u2018caramba ! caramba ! ma sœur, dans quelle fi- cheuse et vilaine situation tu viens de nous jeter ! Ni Notre-Dame-del-Pilar et saint Jacques de Com- postelle n'ont point pitié de nous, comment allons- nous sortir de là ?\u201d Et Moralès se mit à evupirer d'une façon la mentable, La baladine restait silencieuse.Elle ne sem: biait point avoir écouté les doléances du gitano.\u201c Carmen ' lui dit ce dernier avec impatience et dépit.\u2014Mon frère ?demansla-telle en le rezardant avec distraction.\u2014Voyons, au moins, réponds-moi ! \u2014A quoi veux tu que je réponde ?- Que penses-tu de ce qui se passe ?\u2014Je pense que nous allons jouer unv partie dapgoreuse dont ma vie est l'enjeu, et que, par conséquent, il faut gagner cette partie ! \u2014 Ainsi, tu persésères ! \u2014Plus que jamais ! \u2014Ta n'as pas peur de Quirino : \u2014Quirino me tuera peut être, mais je n'ai pas peur de lui ! l'a sais bien d\u2019ailleurs, toi qui me connais, que je ne suis pas fille à pâlir devant un danger, à reculer devant une menace ! \u2014 Allons, le cort en est jeté ! puisque tu le veux, agissons.\u201d En prononçant d\u2019une voix tremblante ces paroles résolues, Mora!ès se baissa : il ramassa lcs montures d'or des boucles d'oreilles ¢craséen et les mit prestement dans sa poche, en murmurant d'un ton de regret et de courroux : \u201c Féroce Indien ! demi-sauvage ! double brute \u2018 voilà cent piastres en poussière ! N'auraitil pus mieux valu mille f.is me donner ces perles, puisque Carmen n'en voulait pas ! XVI LA MULATRESSE Nos lecteurs se souvient-ils qu'en quittant don José et Annunziata, le chevalier Tancréde de Na- jac se disait à peu près ceci : \u201c Comme elle est divinement belle et gracieuse, cette charmante et fière Espagnole ! Ah si j'étais riche ! si j'étais amiral ! si seulement j'étais mar- No 10 quis, je sens que je l\u2019aimerais, cette jeune fille ! Mais que loi pourrais-je offrir en échange des millions de son père, moi «ui suis un pauvre cadet n'ayant que mon nom sans titre et mon épée pour tout bien ?Allons, ne pensons plus à elle, car j'aurais peur d'y penser trop ' \" Certes cette résolution était sage \u2018 Par malheur, il est bien rare que des résolutions de ce genre soient tenues religieusement, et presque toujours, lorsqu'un homme s'est dit : Je ne veux plus penser « telle femme / c'est une raison pour qu'il y pense invinciblement et d'une façon à peu près continuelle.Tancrède ne fit point exception à cette règle générale.La séduisante image d\u2019Annunziata, sang cesse présente à son souvenir, lui causa des préocenpa- tions constantes, presque des insomnies, et, avai t ue trois jours se fussent écoulés, il se croyait fort éperdiiment épris de la fille de don José.Ceci, d\u2019ailleurs, n\u2019était qu'une illusion, mais cette illusion n'aurait point tardé sans doute à da- venir une réalité (ainsi que cela arrive facilement en matières amoureuses), si les faits nouveaux et importants, dans le détail desquels nous allons entrer, n\u2019étaient venus distraire le jeune homme et lui faire oublier sa passion improvisée.Le surleudemain du jour où s'étaient passées entre Carmen, Quirino et Mora'(s les scénes «ui remplissent les précédents chapitres, Tancride, en rentrant après one promenade longue et ennuyée À travers la ville, trouva dame Yvonne Sandric dans un état d'agitation extraordinaire.Le visage de la digue femme exprimait l'émotion, en physionnomie semblait mystérieuse, ses petits yeux étincelaient sous les larges rebords de 8a cuille bretonne, car cette honorable personne n'avait jamais voulu consentir, en dépit du climat de la Havane, à renoncer au costume de son pays natal.A coup sur ella avait un secret sur les lèvres, et ello se trouvait tiraillée en sens inverse par le désir de se taire et par celui de parler.\u201c Eh bien ! dame Yvonne, lui demanda le l\u2019rarçais, qu\u2019y at il donc \u2014Ce qu'il v a, monsieur Tancrède / Ah ! Dieu merci ! ce n\u2019est pas moi qui vous le dirai, s\u2019écria la bretonne.\u2014Et pourquoi donc ne la diriez-vous pas ?\u2014Pourquoi ?\u2014 Oui, pourquoi : -\u2014Parce que, monsicur Tancrede, avec l\u2019aide du ciel je suis arrivée à mon àge de cinquante sept ans sonné, sans avoir travaillé jamais à la perdition «de l'âme de personne (que mon patron le grand saint Yves, et la bonne sainte Anne d'Au- ray en soient bénis !) et ce n\u2019est pas par la vôtre que je commencerai, s\u2019il plait À Dieu ! \u2014Ah ça, mais, dit Tancrède, fort intrigué par ce début, s'agit-il donc de la perdition de mon âme?\u201d La bonne dame fit le signe de la croix.\u201c Ni plus ni moins, répondit-elle ensuite.\u2014Alors, Ia chose que vous ne voulez pis me dire me regarde / \u2014Ah ! monsieur Tancrède, je vous en supplie, ne me le demandez pas !.\u2014Je vous le demande, au contraire.\u2014 Mais, ma conscience.\u2014 Votre conscience n\u2019a rien à voir dans mes af- fuires, ma digne hôtesse.\u2014 Alors, voua le voulez abaolument / \u2014Tout à fait absolument.\u2014 N'oubliez pas, au moins, que c'est vous qui me forcez à parler, et que, par conséquent, je ne serai coupable ou responsable en aucune façon si les choses que jo vais vous dire vous induisen en tentation et vous deviennent une occasion de péché.\u2014C'est parfaitement convenu.\u2014Tenez, monsieur T'ancrède, ausei vrai que j'ai toujours vécu dans la crainte de Dieu, vous feriez mieux de ne plus vous occuper de cels.\u2014Je vous ferez observer, dame Yvonne, que j'attends votre bon plaisir, et que vous me le faites un peu longtemps attendre.\u201d Forcée dana ses retranchements, la Brotonne s'exécuta, quoique tout À fait à contre cœur.\u2018 Eh bien ! dit-elle en baissant la tête, on est venu vous demander il y a à peu près une heure.\u2014 Qui donc est venu ?\u2014Une femme.\u201d Mme Sandric ne pronença ces deux mots qu\u2019avec une répugnance manifeste.\u201c Une femme ?répéta Tancrède.\u2014 Oui.-\u2014Jeune ! \u2014Oh ! non pas ! !! vaudrait mieux qu\u2019elle fût jeune ! \u2014 Pourquoi cela ?\u2014Parce que l'on connait que trop bien l'emploi de ces matronnes de sang mélé, qui sont la corruption, la perdition, I'sbomination de la Havane.\u2014C'était donc une femme de couleur 1 \u2014Oui, une mulâtresse.une Cabresse.enfin une face de clair de lune, comme elles en ont toutes ici, ces damnées métisses / \u2014Que me voulait-elle ?\u2014Kille voulait vous parler, l'aventurière ! \u2014Que vous a t elle dit ?\u2014Elle m'a fait des questions sans nombre sur votre compte.Elle ¢'inquiétait surtout de savoir si vos parents, en France, étaient bien riches et bien grands seigneurs.\u2014Et qu\u2019avez-vous répondu, ma chère dame ?\u2014 Vous comprenez, monsieur Tancrède, qu'entre compatriotes, en pays étranger, on doit se soutenir.J'ai répondu que vos parents étaient aussi nobles que le roi, et aseez riches pour pouvoir acheter l'ile de Cuba toute entière s'ils en avaient la fantaisie.\u201d T'ancrède sourit.\u201c Dieu vous pardonne cit innocent mensonge ! murmura til.Quant à la noblesse, il n'y a rien 3 dire.je suis aussi bien gentilhomme qu'un Montmorency, qu\u2019un Créqui ou qu'un Rohan, quoique ma race soit moins illustre que la leur ; mais pour ce qui concerne la fortune, c'est autre chose.Si j'achetais l'ile de Caba, il faudrait que l\u2019île de Cuba fit vendue bien bon marché.\u2014FEntin, reprit dame Ÿ vonne, vous conviendrez, j'imagine, que tout cela ne regardait pas cette mu'âtresse.\u2014 J'en conviendrai tant que vous voudrez.Enfin, ma chère dame, après avoir obtenu de vous ces renseignements légèrement apocryphes, qu'a fait la questionneuse ?\u2014Flle est partie.\u2014 Sans rien dire -\u2014En disant qu'elle reviendrait.\u2014A merveille !,.\u2014 Mais soyez tranquille, monsieur Tancrède, elle ne vous importuners pas.Eloi Sandric, mon mari, se chargera de la mettre 4 la porte.C'est moi qui lui ferai la leçon.\u2014Gardez vous en bien ! \u2014 Comment ! s'écria dame Yvonne, vous voulez la recevoir ?\u2014Sans doute.\u2014 Mais à quoi bon : \u2014A savoir ce qu'elle me veut.\u2014Eh ! qui vous aflirme qu'on ne cherchera pas À vous attirer dans un piége en vous amorgant avec un semblant d\u2019aventure ! En Bretagne, nous mettons toujours un morceau de lard grilié ou des quartiers de noix dans les ratières, sans cela les souris ne s\u2019y prendraient pas.\u2014 Vous pouvez avoir raison, dame Y'vonne.\u2014Ah ! je le crois bien, que j'ai raison.jen jure par le grand saint Y ves, mon vénéré patron ! \u2014 Mais, poursuivit le jeune homme, je prétends rester le seul juge et le maître unique de la conduite que je dois tenir, Par conséquent, ma digne hôtesse, lorsque ls mulâtresse reviendra, vous voudrez bien l'introduire auprès de moi sur le champ et sans la moindre ditliculté.\u2014 Vous m'en donnez l'ordre, monsieur le chevalier ?-Je vous donne aucun ordre, ma chère dame, et vous ne devez en recevoir de personne.Je vous explique seulement quel est mon déair et quelle est ma volonté, et j'espère que vous ne vous opposerez ni à l\u2019un ni à l\u2019autre.\u2014Soit, monsieur le chevalier, murmura dame Yvonne en secousnt la tite.Vous étes le maitre d\u2019agir à votre guise et de ne tenir aucun compte des bons conseils qu'on vous donne.Je m'en lave les mains.Quand ce serait le diable en 476 personne qui viendrait vous demander, je le laisserai monté chez vous ! \u2014On ne saurait y mettre plus de complsitance ! répondit Tancrède en riant ; mais, à vous parler franchement, je doute très fort que Sa Majesté infernale daigne quitter ses royaumes souterrains et les portiques flamiboyants de ses palais pour venir rendre sur la terre une visite à un simple gentilhomme comme moi.\u2014On ne sait pas.on ne sait pas murs la Bretonne entre ses dents.Et tout bas elle ajouta : \u2018* Le recteur de ma paroisse avait coutume de dire qu\u2019on ne peut point empêcher un fou de faire sa folie.II savaic bien ce qu\u2019il dirait, le saint homme ! \u201d \u2014 Puis elle reprit à haute voix : \u201c Je n\u2019ajouterai plus un mot à ce sujet, mon sieur le chevalier, car je ne veux pas vous contrarier.mais croyez-moi, défi-z-vous ! \u2014Soyez tranquille, dame Yvonne ! je ferai pour le mieux, et, quoi qu\u2019il arrive, merci de votre bonne volonté pour moi \u201d Après l'entretien que nous venons de rapporter fidètement, l'ancrède regagna l'appartement composé de deux petites pièce» qu'il occupait au premier étage de la maisen d Elvi Sandric.11 ouvrit l\u2019une des fenêtres qui donnaient sur le quai, et s'accoulant à l'appui de cette fénêtre, derrière les lames d'une juiourie peinte en bleu qui le préservait des rayous du soleil et le dérobait aux regards des paseants, il resta immobile pendant de lougues heuree, laissant errer ses yeux sur lu foule bigarrée qui passait et repassait au- dessous de lu», mais bien moins occupé de ce spec- tacie que de se demander à lui même « uel pous ait être le motif de la visite de la mnlâcresse mystérieuse.Les heures s\u2019écoulèrent.L'impatience de Tan- crède avgmentsit, et la mulitresse ne revenait !\u201d mur- « Pourquoi donc ai je eu la eotte idée de sortir tantôt, se dit le jeune homme presque avec colère ; si J'étais resté chez moi, je serais swns doute au moment de savoir le dernier mot de cette énigme.Maladroit que je suis.\u201d Le soleil allait disparaître à l'horizon : par con séquent la nuit était proche.Désespérant de recevoir ce jour-là la visite de l\u2019'inconnue, Tancrède quitta sa chambre pour aller prendre son repas du suir.Ce repas fut court et succinct, car le Français ressentait les atteintes d\u2019one sorte de fièvre nerveuse tout à fait incompa tible avec l'appétit.Au moment où il sortait de 1 hôtellerie dont il était le commensal habituel, les ténèbres venaient de s'abattre sur les rues si insuffisamment éclairées de la Havane.T'ancrède se disposait à regagner son logis et à ae jeter sur son lit, faute d'avoir à faire de sa sci- rée un meilleur emploi.Nous savons que dans la ville il ne connaisssit que don José, chez lequel il ne pouvait se présenter à cette heure.En outre, sa dernière mésaventure l'avait dégoûté des maisons de jeu.Il s'ennuyait donc contciencieusement et voulait chercher dans le sommeil une distraction, ou plutôt un rewéde hércique contre son ennai.Déjà il avait fait quelques pas dans la direction du quai, quand 1! s'arrêta tout à coup en tressail lant.Une main venait de se poser sur son épaule, et vne voix de femme venait de murmurer : * Est ce bien vous, tenor, qui étes le chevalier Tancrède de Najac, gentilhomme francais \u2014Oui, répondit Tuncréde, c'est bien moi.\u2014Dans ce cas, senor, suivez moi, en me laissant vous précéder de quelques pas.\u2014Oi voulez-vous me conduire ! \u2014 Non loin dici, à la promenade du Laméda.\u2014Lans quel but ?\u2014 Dans le but de pouvoir vous parler librement et sans crainte des espions.\u2014C'est vous, sans doute, qui dans ls journée êtes venue me demander chez moi $ \u2014Vous ne vous trompez point, senor.\u2014Comment se fait-il que, ne me connaissant pas, vous aves pu tout à l'heure deviner qui j'étais ; LE MONDE ILLUSTRE EEE, \u2014 C'est bien simple.La maîtresse du logis que vous habitez m'a témoigné tant de malveillance que je n'ai pas osé me présenter de vouveau dans votre maison ! J'ai attendu sur le quai.je vous ai vu sortir.Je n\u2019ai pas voulu vous aborder sur la rue tant qu'il a fait jour.je vous ai suivi.Je vous ai vu entrer dans cette hôtellerie, et je viens enfin de vous en voir resortir.\u2014L'explication est suffisante.Passez la première, je marcherai religieusement sur vos traces.\u201d L'inconnue prit le chemin qui devait la conduire par ls ligne le plus directe.Elle allait si rapidement que Tancrède était obligé de bâter le pas pour ne point la perdre de vue, d'autaut plus qu'elie n\u2019apperaissait au travers des ténèbres que comme une forme sombre à peine distincte.Un peu avant d'arriver au but de leur course, la mulitresse et le Français croisèrent une litière escortée par des esclaves porteurs de torches.À la lueur de ces torches, lancréde put examiner curieusement, pendant quelques secondes, sa mystérieuse conduct rive, C'était une femme d\u2019une taille assez élevée et d'une tournure leste et dégagée.Une mantille noire esp»gnole serrait sa tailie, couvrait sa tête et retombæit à demi sur son visage.La mulâtresse se retourna à demi : et le chevalier entrevit Je vieage bronzé et les yeux étincelants d'une femme de quarsnte à quarante cinq ans, belle encore, mais déjà flé rie.Au tout de dix minutes a peu près, tous les deux atteignaient la &ptople rangée d'arbres quais séculaires qui formaient la promenade du Laméda.Le Laméda et le Paréo étaient jadis et sont encore aujourd\u2019hoi les Champs Elysées et le bois de Boulogne de la Havane.Daus le premier moment, Tancréde se dit que si la mu &tresse désirait envelop per de mystère l'entretien qu'elle alluit avoir aveu lui, il était inpos- sible de choisir un endruit plue complétement défavorable pour cet entretien, En effet, toute la cohue é'égante et galante de la ville semblait s'être donné rendez-vous au La- méda ce soir là.Les belles et riches Havanaises de l'aristocratie pasraient et repæasaieut dans leurs volantes ou dans les palanquins, avec des ercouades de valets et d'esclaves portant des torches, des tlambesux, des lanternes en verres de couleurs ou en papier teint.Bref, la promenade resplendissant de lumières, regorgeant de monde, de bruit et de mouvement, offrait an epeztacle féerique, mais, nous le répétons, ne sewblait nullement un lieu favorable pour une conversation confidentielle ; du moins telle était l\u2019opinion de Tanciède.Le jeune hemme, d'uilleurs, ne tarda pas bean.cotp i s'apercesoir qu'il s'ctait trompé, et il ne fit nulle difficulté d\u2019en convenir vis À vis de lui même.La mu'âtresse, après avoir traversé le Lameda dans toute sa longueur, atteignit un bouquet d\u2019arbres situé en dehurs de la promenade, dont il n'était séparé d\u2019ailleurs que par une route assez large.L'espace circulaire que ces arbres couvraient de leur ombre épaisse semblait d'autant plus obscur que de vives lueurs rayonnaient près de là.II était abroloment désert, et nul indiscret ne pou- vsit s'en approcher sans être aperçu.Un barc de pierre se trouvait placé au point central dv ce massif de verdure.La mulâtresse s'assit rur le banc et dit au Français : \u201c\u201c Maintenant, nous pouvons causer, et personne ne virndra nous surprendre.\u2014 Il s'agit entre nous de choses bien importantes et bien mystérieuses, pour que vous craigniez tant les espions Ÿ demanda Tancrède.\u2014 TI s'agit de la chote la plus importante «u'il y ait au monde.\u2014Laquelle 1 \u2014l\u2019honneur d'une dame.Aina c'est d'une dawe qu'il est question ?\u2014Oui.\u2014Une dame que je connais ?\u2014 Non, mais qui vous connait, elle, et qui vous veut du bien 1 \u2014Votre maîtresse, sans doute ! \u2014Vous l'avez dit.Ne croyez point, cependant, que je sois une esclave,.je suis Ia nourrice de celle qui m\u2019envuie.Mon dévouement pour elle est sans bornes, et je le prouve en ce mo- mont.\u2014Où donc m'\u2019a-t-elle remarqué ?\u2014FElle vous le dirs sans doute si vous le lui demandez.Moi, je ne sais rien.Je suis chargée d'une mission, je m'en acquitte.voilà tout.\u2014 Votre maîtresse est jeune ?\u2014Elle n'a pas encore dix huit ans.\u2014Jolie ?\u2014Une vraie perle de beauté ! \u2014 Mariée, ou libre $ \u2014Senor, vous m'en demandez bien long et je ue puis répondre.\u2014C'\u2019est juste, et ma question est indiscrète ! Enfin, cette dame, que désire-t elle de moi ?\u2014Une entrevue secrète.\u2014Je svie un trop galant gentilhomme pour la lui refuser.\u2014 Vous êtes Frarçais, senor, cela dit tout ! \u201d Cette louange adressée à la patrie absente fit battre le cœur de Tancrède.\u201cJo suis prêt ! a\u2019écria-t-il ; remettez vous en marche, et, dussiez-vous me conduire en enfer, je vous y suivrais.\u2014Ce ne sont pas les portes de l'enfer que je vous ouvrirai, senor, ce sont celles du paradis.\u2014Raison de plus pour ne pas perdre un instant.\u2014Calmez cette impatience ! \u2014 Pourquoi donc 1 \u2014L'entrevue ne saurait avoir lieu ce soir.\u2014Ah ! \u201d murmora le jeune homme avec un désappointement manifeste.Puis il ajouta : * Mais enfin, combien durera mon attente ?Me ferez-vous longtemps languir ?\u2014 Non, ri vous ne refusez point de faire le serment que j'ai | ordre de vous demander.\u2014Quel est ce serment / \u2014!1 faut me jurer, sur votre honneur de gentilhomme et sur votre fui de chrétien, que vous êtes libre et que votre cœur n\u2019appartient point À une femma.\u201d Tancrède garda le silence pendant un instant.** Eh quoi ! s\u2019écria la mulAtresse, vous hétitez.senor.\u2014Un serment, quel qu'il roit, est une chose grave et ancrée et je ne saurais jurer que mon cœur n\u2019a jamais battu, répondit le Françaie, qui songeait A son commencement de passion pour Annunziata, \u2014Ma maîtresse ne songe point à vous interroger eur le passé.le passé ne Ia re garde pas '\u2026.elle veut seulement savoir si maintenant vous êtes libre et si vous n'aimez personne.\u201d Tancrède s'interrogea.Il lui sembla que depuis le moment ot il venait dentendre parler de cette inconnue de dix- huit ans, vraie perle de beauté, qui lui voulait du bien, l'image de lu fille de dou Jueé s'était effacée, comme s'efface le souvenir d'un rêve à l'heure du réveil.Il en conclut que rien ne s\u2019opposait à ce «qu'il fit, en toute sûreté de conscience, le serment dé- mandé.\u201c Sur mon honneur de gentilhomme et sur ma foi de chrétien, dit il, je jure que je suis libre et que mon cœur n'appartient à personne.\u2014C'\u2019est bien, \u2014Et maint nant, 4 quand le rendes vous ! \u2014Demain soir.\u2014Qui me conduira ?Moi.\u2014Où vous trouverai-je $ \u2014À l'endroit même où nous sommes, sous ces arbres et aur ce banc.\u2014A quelle heure { \u2014 Au moment cù les horloges de la ville sonneront huit heures, j'arriverai.\u2014Maintenant, senor, je vous quitte.\u2014Dé à ?\u2014Quel plaisir pouvez-vous trouver auprès du moi ?demanda la femme de couleur avec un sourire.\u2014Il me semble que votre présence me rappro che de celle dont, sans la connaître, et sur ce que re vous m'en avez dit, je me sens déjà éperdament épris.P Ab !.murmura la mulâtresse, on a bien raison de I'aflirmer, les gentildhommes français sont les plus galants du monde entier ! \u201d Tancrède fouilla dans l'une de ses poches.Il en tira deux onces d'or et il voulut les mettre dens la main de la mystérieuse messagère en lui disant : « Prenez ceci pour l'amour de moi.\u201d Mais la mulâtresse retira vivement sa main.\u201c Vous refusez Ÿ murmura le jeune homme avec étonnement, car l'avidité des femmes de couleur est proverbiale.\u2014Oui, senor, je refuse.Ma maîtresse est riche et généreuse.Non-seulement elle ne me laisse manquer de rien, mais elle m'accable de ses bienfaits.d'ailleurs je la sers par dévouement et non par intérêt.Au revoir, senor.La mulâtresse, en prononcant ces dernières paroles, traversa vivement la route, se perdit parmi la foule des promeneurs du Laméda et disparut aux yeux de Tancrède qui resta seul et stupéfait.XVII LE PREMIER RENDEZ VOUS Avons nous besoin de dire que Tancrède ne ferma pas les yeux cette nuit-là, \u20act quo In journée du lende main Ini sembla ne devoir jamais finir ?\u2026 Les secondes de cette interminable journée étaient longues comme des heures, les minutes commes des, mois, les heures comme des années ! le jeune homme passait son temps à regarder sa montre, il la croyait arrêtée, en se persuadant que les aiguilles ne marchaient pas sur le cadran d'é mail ; il l\u2019'approchait de son oreille et il frappait do pied avec colère en entendant son tic tac régulier et monotone Enfin le soir arriva.Tancrède, assis eur le banc de pierre formant le centre du massif de verdure isolé que nous connaissons, murmurs : * Encore une demi heure !.un siècle !.\" La cloche d'un couvent situé à une très-faible distance de la promenade sonna huit heures.À cet instant précis, une sorte de fantôme som bre, une forme indistincte, dont le Français n\u2019avait point deviné l'approche, sembla surgir comme par enchantement au milieu des troncs d'arbres.En même temps une voix que Tancrède reconnut aussitôt pour celle de la mulâtressee, murmura : \u201c Je suis exacte, senor, vous la voyez, puisque le deuxième coup de huit heures n\u2019est pas sonné et que me voilà.\u2014 Enfin !.a'écria Tancrède avec une sorte d'ivresse.\u2014 Venez avec moi, senor.\u2014 Quand arriverons-nous ?\u2014 Bientôt.\u201d La mulâtresse se remit en marche et traversa, suivie du Français, la promenade complètement déserte.Arrivée sur l'extrême limite du Laméda, elle fit halte.Tancrède était impatient de tout retard, il demanda : \u201c Qu'avez-vous donc ?\u201d Au lieu de répondre, la mulâtresse approcha de ves lèvres un petit sitilet de métal dont elle tira un son doux et prolongé.Ce sifflement était un signal, car à une faible distance retentit un bruit sourd, régulier, qui se rapprocha rapidement.Le trot allongé d'un cheval et le roulement d'une voiture prodvisaient ce bruit.Au bout de moins d\u2019une minute, une volante dont les lanternes n'étaient point allumées s'arrêta devant nos deux personnages.\u201c Montez, dit la mulâtresse.\u201d Tancrède s'élança sur les coussine, la femme de couleur prit place à côté de lui, et, sans qu'cne parole eût été prononcée, la volante repartit Contrairement aux usages de la Havane, le ca.lésero avait son itinéraire tracé d'avance, car la mulâtresse ne lui indiquait en aucune façon le chemin à suivre.Le cheval, sans ralentir la rapidité LE MONDE ILLUSTRE \u2014 de son allure, \u2018tournant tantôt à droite, tantôt à gauche, et la volante s'engagesit au milieu d\u2019un réseau de rues petites et grandes, réseau plus inextricable et plas embrouillé que le lin eur la quenouille d\u2019une fileuse hu'landaise.Enfin l'atteluge atteignit une sorte d'avenue bordée d'un c:é comme de l'autre par des murs de jardins.\u2018es branches vigonreuses des arbres touffus dépassaient ces murailles et se rejoignaient de manière a former une vofite au dessus du chemin.\u201c Approchons-nous ?demanda T'ancrède.\u2014Nous faisons mieux que d'approcher.nous arrivons ; répondit la malâtresse.\u201d Puis elle ajouta : \u2018Tournez votre visage de mon côté, je vous prie, senor.\u201d Le jeune homme obéit machinalement.Tl «entit sur ses joues et sur son front le contact d'une étoffe de soie.+ Que faites-vous donc ?murmura-t il.\u2014Je vous bande les yeux, senor.\u2014A quoi bon ?\u2014Je u\u2019ai rien à vous répondre, sinon qu'il faut qu'il en soit ainsi.\u201d Un homme dont les yeux sont bandés est un homme désarmé.On peut le frapper par derrière ou en pleine poitrine sans qu'il loi soit possible d'opposer plus de résistance que celui dont les mains s\u2018 raient attachées derrière le dos.T'ancrède se dit cela, et il éprouva un sentiment de défiance instinctive qui lui fit reculer brurque- ment la tête avant que le bindrau ne fût noué.\u2018 Arrima / \u201d cria la mulâtresse au calésero.La cheval s'arrêta.\u201c N -nor, reprit la f-mme de couleur, d\u2019une voix sèche et dans laquelle se devinaient des nuances d'ironie et de dedain, s'il ne vous convient point d'avoir les yeux bandés, si vous craignez quelque piège.enfin si vous reculez, vous n'avez qu\u2019un mot a dire: Nous allone retourner à l'endroit cù je vous ai pris tout à l'heure, et, lorsque ma maf- tresse saura que vous avez eu peur, je vous jure qu'elle ne regrettera nullement l\u2019entrevue de ce soir, et que votre souvenir a'effacera de son esprit et de son cœur eans y laisser de trace.\u201d La mulâtresse parlait encore que déjà l'ancrède rougissait de son hévitation passagère.\u201c Je suis venu trop loin, peneait-il, pour ne point aller jusqu\u2019au bout : D'ailleurs, qu\u2019sije à craindre \u2019 personne ne me connait À la Havane, et ceux qui m'\u2019attireraient dans un traquenard pour me dépouiller feraient une bien mauvaise affaire ! \u201d En même temps il dit à sa compagne : Voici mon vissge.faitesen ce que vous voudrez.\u201d Le mouchoir de soie fut noué faiblement derrière sa tête.* Ce bandeau tombera quand il en sera temps, fit la mulâtresse.\u2014 Segua / \u201d cria-t-elle au calésero.La volante repartit.Au tout de trois ou quatre minutes elle s'arrêta de nouveau.; « Sommes nous arrivés ! murmura le jeune homme.i \u2014Ooi, Je descends la première: Maintenant, appuyez-vous sur mon bras pour descendre à votre tour.\u201d Tancrdde entendit vne clef grincer dans une serrure, et une porte crier lamentable ment tournant sur ses gonds La mulâtresse le saisit par le bras et lui dit : \u201c* Prenez garde ! il y à un seuil à franchir.Voilà qui est fait.Maintenant, marchez sans crainte.\u201d Je Français suivait sa conductrice, qu'il l\u2019entraînait rapidement Ses pieds foulaient le sable uni d'une allée de jardin : de menues branches lui caressaient doucement le visage, une fraîcheur délicieuse semblait indiquer l'abri protecteur d'une végétation luxuriante.Le jeune homme et Ia femme de couleur firent ainsi une centaine de pas, puis la mulâtresse ralentit sa marche et répéta : « Prenez garde ! prérarez vous À monter, vous êtea en face d'un escalier de six marches.\u201d Tancrède devina que cet escalier était un per- 477 ron.Il ne se trompait point, car, lorsqu'il eut escaladé les six marches, il entendit une nouvelle porte s'ouvrir, et ses pieds, au liau de toucher de nouveau le sable, foulèrent des nattes d'une grande finesse: En même temps il respiraït un de ces parfume vagues et pénétrants qui parlent, non- seulement aux sens, mais à l'âme et à l'imagination, comma la musique.Le Français sentit alors la main qoi l'avait guidé jusque là se détacher de son poignet.La mulâtresse murmura : \u201c Attendez.\u201d Des portes s\u2019ouvrirent et se refermèrent ; puis un silence complet et profond régna.Au bout de trois ou quatre minutes, la voix dela mulâtresse, semblant partir d'un point éloigné, retentit dans ce silence : \u2018 Maintenant, senor, ôtez votre bandeau.\u2019 fit cette voix.Tancrède n'attendait que ces paroles ; à peine avaient elles été prononcées qu\u2019il arrachait le mouchoir noué sur ses yeux et qu'il regardait avidement autour de lui.D'abord il ne vit rien.Il se trouvait dans une pièce si complètement obscure qu'il ne pouvait même en apprécier les dimensions.Au bout de quelques secondes d'examen, une faible trainée lumineuse sur la natte qui cousrait le plancher, lui apprit que ls porte d'une pièce voisine n\u2019était pas tout à f«it fermée.Tl s\u2019approcha de cette porte ; mais il hésitait à l\u2019ou vrir, lorsqu'une voix qui lui sembla divinement douce et mélolieuse, et qui l'était en effet, mur- mora crs deux mots qui suspendirent les battements du cœur du Français : \u201c Entrez, senor.\u2026.\u201d Tancrède ouvrit ; il franchit le seuil et il s\u2019ar- rita, muet, ébloui, en prois à une sorte d'extase, car non-seulement tous ses rêves se trouvent réalisés, mais encore la réalité dépissait de beaucoup les plus séduisantea promesses de l'imagination.À ses regarda s'offrait une chambre de moyenne grandeur, entièrement tendue de toile des Indes à dessins bizarres.Tout autour de cette chambre dans des vases de Chine, se trouvaient des gerhes de fleurs dont les parfums capiteux enivralent comme des vins d'Espagne Quatre bougies, abritées sous des garde-brise en verre ross, répandaient une lueur voilée d'un effet délicieux.À suivre RANELAGH HARRIES\u2019 CLUB Les membres du Ranelagh Harries\u2019 Club bien conou de Londres, Ang.counsissent ce qu'il v a de muieux.lorsque 1 un d'eux écrit dans les termes sui suts.M.W.F Jeffe- ries, mew bre du club oit : Je trouve que l'Huile Saiut-Ja- cob est le meilleur remède que J'ai jamais cnployé our les entorses, ls efforts, et la raideur ves membres.Ell en- love rapidement la douleur fait disparaicre 1intlemma.tion et son em:loi pour fri>tior ner les men.bres produira des effets remarquab es notamment chez les athlètes, J'ajouterai que plusieurs de nos amis out trouvé dans l'emploi de vette huile, la guérison du rhumatisme et des névralgi.æ D\u201d MATHIEU & BERNIER CHIRURGIRNS-DENTISTRS Coin des rues Champ-de.Mars ot Bonsecours Ext-action de dents sans douleurs avec les prooédés les plus perfectionnés.J.N.LAPRES PHOTOGRAPHE 208, RUE SAINT-DENIS, MONTREAL Ol-devant de la maison W, Notmau & File.\u2014Perteaite de tous genres, et an prix courant, Téléphone Bell, 7288. \u2014 478 LE MONDE ILLUSTRE Avis aux méras.\u2014Le \u2018\u201c\u201c sirop calmant de Madame Winslow \" est employé depuis plus de 50 ans par des millions de meres pour la dentition des enfants, et toujours avec un succès complet.Il soulage le petit patient aussitôt, procure le sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u2018 s\u2019épanouit comme un bouton de fleur.\u201d est très agréable à prendre, il calme l'enfant, amollit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par la aentition ou autrement.Vingt-cing cents la bouteille.pes A NOS LECTRICES Nous attirons spécialement votre attention sur la beauté de notre assortiment, qui surpasse de beatcoun, les années précédentes : tels que chspeaux impostes, oiseaux, aivrettes, chiffons, etc.Une visite est sollicitée.Mur H.Po.rnas, 1989, rue Notre Dame, - -__\u2014-_ UNE PREUVE De l'efficacité des Pilulrs Anti-Bilien e du Dr Ed.Morin, est Ja f.veur de plus en plus rande dont elles jouissent auprès du pu- ic ; 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sur le capizal veisé Le cette institution, Les ivres de tra -avort, seront en conséquence fermés du 20 au 30 novembre in- c.usivement U.GARAND, Montréal, 20 Octotire 1891 Caissier.TIRAGES EN NOVEMBRE 1891 4 ct 18 5134 LOTS VALANT.852,748 GROS LOT VALANT.$15,000 Le Billet: 81 - - - 11 Billets pour $18 «#Demandes les circulaires 8, E.LEFEBVRE, Gérant 81, rue St-Jaoques, Montréal, Canada Restaurateur æ Robson.\u20140 Pourquoi permettre à vosche- voux gris«là vous vieiilir prématurément quand, par un usage judi.cleux du RESTAU- MATEUR DB MOR- SUN, VOUA pouvez \u2018\u201cacilement rendre à votrecheve- Jure sa couleur .naturelle ot faire | disparaître cesai- gnes d'uno décré pitude précuce ?M Non seulement le restaurateur de Robson restitue aux cheveux leur couleur naturelle, mils) possède de plus la précieuse propriété de les assouplir, de leur donner un lustre incomparable, et de favoriser leur crofssance, quali- téa que ue p dent pas Jes teintures A cheveux ordinaires Ea J = Marque de Commerce.Cette preparation eat hautement re commandes par des personnes compétentes, plusieurs medecins et autres.102 En vente partout\u201450 tentins la bouteille eme 33e L, ROBITAILLE, Proprictaire.Joliette, P.Q., Canoda.ACIFIQUE CANADIEN of Excursion Populaire A LA COTE DU PACIFIQUE Des chars dortairs pour touristes laisserout Montréal, à la gare Windsor À S,15 hrs.p.m.Les Il et 25 Novembre, et 3 Drcembrr 1891 sc rendant directement et sans changement aucun, jusqu'à la Côte du Pacifique, Rien que =2.50 additionnelles au tarif ordinaire de seconde classe pour cette magnifique accommodation.Pour plus de détails s'adresser à l\u2019an quelcongne des agents du chemin de fer canadien du Pacifique.BUREAUX des BILLETS à MONTREAL 266, rue St Jacques et aux Gares Ww, F.BG, D, MeNICOLL, Ag.Dist.Pass.Ag.Gen.ass.MONTREAL.ECOLE De dessin et de peinture Cours d'apréa nature et d'ap:às l'antiqas Leçons privecs données à l'ateiier ou à domi oile.Classe du soir trois fois par semaine, E.LKFEUNTIN Artiste-peintre, N 1 43, rue 8t- Jacques, Montréa CASTOR FLUID On Gevrait se servir fr leacheveux dette paration délicieuse eù rafraichis sante.Ælie entretient le scalpe en bonne santé etmpêche les peaux mortes et excite la pounse Bzoellent icle de tellette pour.a cheve ture.Indiepensable pour les familles.34 ots {a boutellle HENRY R.GRAY, Chimiste-pharmacisn, 128 rus 8-Laaureas Pour une ville comme Montreal d'avoir un marchand qui veud des meubles de toutes sortes à bon marché, tel que M.F.LAPOINTE.Voyez ska ameublements de salon depuis 320 (NN) jusqu'à $250.00 qui ne sont pas sur: passés pour la beauté et la qualité ainsi qu'un choix de sets de chambre des plus congidérables depuis $12 0 4 200,00.Une visite vous convainera du beau choix et de ses bas prix.F.LAPOINTE 1661, RUE STE-CATHERINE (3ème porte de la rue St- André) rept tous les soirs jusqu'à 9 hrs, EMILE TRUDEL Emitk DEMERS.LIBRAIRIE NOUVELLE TRUDEL & DEMERS 1611, RUK NOTRE - DAME Coin rue 8t-Gabriel Papeterie, livres d'écoles et de littérature articles de fantaisie, objets de piété.blanc, d'avocats.eto.Une viaite ent sollicitée.J.ALCIDE CHAUSSÉ ARCHITECTE MESUREUR ET EVALUATEUR No 1541, Ste-Catherine, Montréal Téléphone Bell : 6930 Spécialité : Résidences orivées LADIESE AUX DAMES.\u2014Les Pir.cres DE TANSY de la mere Green sont ewployées avec suc- cés par des milliers de personnes ; 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800 Tw ng | | LE MONDE ILLUSTRE \u201cGerman Syrup\u201d G.Glover, drogiste, \\Watettowa \\Wis Voici l'opinion d'un homme qui tient une pharmacion, vend toutes sortes de médecines vient en contect directomeut avec les stients et leurs familles, et connait ruieux que tout autre comment se vendeut los remèdes et quel est lour mérite.11 entend parler de tous los éohccy eb de tous les sac.cès et peut em juger en conséquence, \u2018\u2018 Je ne connais aucune médecine pour la Toux, le Mal de Gorge ou l\u2019Énrouement qui ait produit autant d'effet dans ma ciientile aue le Sirop Allemand de TOUX, Boschie.L'hiver dernier une dame entra dans mon MAL DE CORCE, magasin, elle avait un rhume très sérieux.E'le pou- ENROUEMENT, vait à p-ine parler et si les résultats n'etaieut pas ea- tisfaisants je lui dis que je n'exigorats rion, tuelques jours ap:ès elle revint, me paya le prix de \u2018a bouteille et me dit qu'à l'avenir elle en surait toujours parce que quelques dotes l'avaient soulagés.Et jo lui dis que quelques doses du Sirop Allema:-d lui douneraient du soulagement ; mais elle n'avait pas confian.e dans les mé- decinee patertévæ.Je lui conseiilsi d'un prendre une bouteil'e, (7) MAISONS REOCOMMANDEES NEW-YORK Hotel Lanteime 40 Union Square\u2014Maison Française de lére ordre, Prix modeéres OTEL JACQUES-CARTIER 28, 35, 31, PLACE JACQURS-CARTIER Hotel canadien francais situé dans la partie la plus centrale de la ville.Exoellente cul- sine, consommation de premier choix.Arran: gementas pour familles.Prix modérés, J.P.MARTEL, Prop.Montréa ROY & L.5.GAUTHIER, ° Architectes et évaluateurs rus transporté ieur bureau au numéro 180 \u2014 RUE SAINT - JAOQUES \u2014 180 Edifice de la Banque d'Epargne Yicron Roy L E.GAUTHIER Elévateur de plancher Chambre 8 et 4 PREFONTAINE, ° ARCHITECTE Suocesseur de feu Victor Bourgeau 18, Place d'Armes, Montréal LACOMBE.® Architecte et Mesureur 807.RUR STE-CATHERINE Entre les rues Delorimier et Parthenais Montreal EMILE VANIER (Ancien élève de l'Kooie Polytechnique INGENIEUR CIVIL, ARPENTEUR 167, rue St-J ues, Royal Buildin \u2019 Montréal y 8 Demandes de Brevets d'Invention, marques de commerce, eto.préparées pour le Canada et l'Etranger.J.B.RESTHER & Fils, AROHITEOTES Chambres Nos 60 et 66, Bâtisse Impérial 107, RUE SAINT-JACQUES Télé, Bell 1800 MONTRÉAL Journal illustré pour gar- Saint-Nicolas, cons et filles, paraissant le eudi de chaque semaine.Les abonnements partent du ler décembre et du ler juin.Paris fede rloments, un ha: 18 fr ix ohols 110 t Union e, un an 901 fr, | six mois: 13 francs.adresser à la librairie Oh.grave.15.rus Gouffiet.Paris (France) pour $4.00 en le priant disparu, il a perdue, SOLUTION Rlancs 42 A 56 24 N17 45 à 39 20 à 25 37 AR WAY I\u2019'robléme Ottawa ; 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GA 4, wy GE 1 Blancs\u20142 pièces 7 Les Blancs ou les Noirs jouent Z 2 » 9, 7 77% 0 7 7.7% 7 ; jt 7% 7 7 NN AW vor S DN wy ss R N Les Noirs gagnent toujours.Quand la tour blanche ne pourra plus donner échec sans se mettre en prise par une tour noire, le pat cessera d'itre possible.PROBLEME DE DAMES No 14 Composé par un Amateur, Ottawa Noirs\u20144 pièces Blanes\u201422 pièces Les Blancs jouent et gagnent DU l'ROBLEMK DE DAMES NO 13 SOLUTION DU PROBLEME b'ÉCHECS No 13 Noirs Blancs Noirs 52 à ti: ID4C IR3F(A 34 à 17 2 D pr PP, echec, ete.52 a: (A) 1 R4D(B) 12 à 28 2 Ft F, échec, ec.20 à 51 (BY FP RIR (OC) 2 FF, échec, etc, par.gaguée 1 PIR 1 FIFE) \\ > \u20ac 6 F, échec, ete.2 Ft F, échec, etc.(FE) 1 TprPoul > Dpr l*, échec, etc, tF de Dames.J.A.Bleau (Noa 12 et 13), Montréal : Un ameteur (No 13), Bayard et Nap.Desautels (No 13), Montréal ; Un amateur, Pointe-Gati (onu (No 13) ; À Gohier, St-Henri (No 13).CONTRE LA DOULEUR GUERIT: RHUMATISME NÉVRALGIE.SCIATIQUE LUMBAGO.DOULEUR DonsALE.Tic DoULOUREUX MAL DETETE.MALoe DENTS MAUX oe GORGE ENROUEMENT.ENGELURES, ENTORSES.FOULURES, CONTUSIONS, BRULURES ETC.En vente chez tous les pharmaciens, et marchands généraux, Prix, Mets, la bouteille, Euvoyé par la malle sur r\u201cception du prix.THE CHARLES A.VOGELER CO., Baltimore, Md.Dépôt pour le Cauada à Toronto, Ont.MAISON BLANCHE 65 RUE ST-LAURENT Ouverture de tnarchandises d\u2019automne et d'hiver, valeur extra, achetées à des prix excessivement bas.\u2018 Venez voir nos prix et vous serez satis- ait.Les Martyrs Des maux do tête cherchent en vain un soulagement jusqu'à ce qu\u2019ils aient commencé à faire usage «de la Salsepareille d'Aver, Alors ils regrettent les années de souffrances, qu\u2019ils auraient pu éviter, S'ils avaient essavé ce reiuéde plus tôt.Le mal était constitutionnel, non local; et jusqu'à ce que lu Salsepareille d\u2019Ayer cât effectué son travail, comme Altératif et Épurateur de Sang, ils étaient condamiés à souffrir.e La femme d« Samnuel Pure, 21 Austin rt., Lowell, Mass, était depuis longtemps, sujette à d'horribles maux de tête, résultat de désordres de l'estomac et du foie.Une yuérison radicale a été accomplie par lu Salsepareille d\u2019Ayer.Frank Loberts, 727 Washington st, Boston, dit qu'il avait autrefois de terribles maux de tête et que jusqu\u2019à ce qu\u2019il rit de la Salsepareille d'Ayer, il n'avait Jamais trouvé aucune médecine qui pat lui donner un Soulagement Permanent.\u201cJo souffrais de manx de téte, d'indigestion, de faiblesses, et étais à peine capable de me traîner dans la maison,\u201d \u201cecrit Mme.M, M.Lewis, de A st, Lowell, Mass.\u201d * La Salsepa- reilled\u2019 Ayer a accompli un merveilleux changement dans Mot vas, Je me sens maintenant aussi bien portante et aussi forte que jamais,\u201d Jonas Garman, Fsq., de Lykins, Pa., écrit: \u2018Chaque Printemps, peadant des années, j'ai souffert d'une mauière affreuse de maux de tête, causés par l'impureté du sang et de la bile.I! me semblait pendant des jours et des semaines que ma tête allait se fendre.Ten ne me soulageï jusqu'à ce que je prisse de La Salseparcille d'Aver, Cette Wédecine n'a guéri complétement.\u201d Quand Mme, Geuevra Belanger, du Nu.24 Bridue st, sprinatield, Mass, commença à preudre de la Salsepareille d'Ayer, elle av.ut souffert depuis home bre d'années d'une affection grave des reins.Chaque Printemps, aussi, ello était afffigée de maux de téte, de la perte d'appétit et d'indizestion, Une de ses amies lu persuada de fare usage de la Sale pareille d'Ayer, laquelle lui profita merveilleusement, Sa santé est Maintenant parfaite.Les Martyrs des tuaux de tête devraient essayer 1 Ayer\u2019s Sarsaparilla.Préparée par le Dr.J.Ayer & Co., Lowell, ase.te-Unis.Prix $1; 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