Le Monde illustré, 6 février 1892, samedi 6 février 1892
[" | LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS, 8ux ANNEE, No 405\u20148AMEDI, 6 FEVRIER 1892 ANNONCES), Unen, 83.00 - - - Six mois.$1.50 La ligne, par insertion - - - - o 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES, Insertions subaéquentes - - - - Beents Vendu dans les dépôts - - 5 cents la copie | BURRAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIKR, MONTRÉAL, Tarif spécial pour annonces à long terme \u2014_\u2014_\u2014 ee = eee \u2014 7 m\u2014 a \u2014\u2014 \u2014 er rm _ EE Ur tr M.OLIVIER DUROCHER, LE NOUVEAU MAIRE CANADIEN-FRANÇAIS, D'OTTAWA Photographie Ashfisld\u2014Photogravure Armstrong _ \u2014 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 6 FEVRIER 1892 SOMMAIRE Trxrk.\u2014Chronique, par Wi.frid.\u2014En babillant, par Ge- nevidre,\u2014 Une bonne nouvelle, par J.G@ Boisson- neault.\u2014Poédsie : Stances, par Albert Ferland \u2014Les chrysanthèmes (nouvel \u20ac couronnée+, par Jean Rival.\u2014Fê es d'Alsace : Les chités, par J.B.Chatrian.\u2014 Note« et faits.\u2014Accroissement prodigieux du \u20ac in dans la grieue et la crinière d'un cheval \u2018avec gravure), \u2014M.Olivier Durocher, le nouveau maire d'Ottawa, par Ed.Aubé.\u2014Nos gravures, par Jules St- Elme.\u2014In memoriam, par J.-B.-B.Prévost.\u2014Itiblio- graphie \u2014Nouvelles à ia main.\u2014Feuilletons.\u2014Un amour sous les frimas (suite), par Louis \u2018l'esson.\u2014 Carmen (suite).\u2014 Problèmes d'Echecs et de Dames.GRAVURES \u2014Portrait de M, Olivier Durocher, le nou eau maire ca adien-français, d'Ottawa.\u2014 Le grand incendie du square Victoria : les ruines.- Portrait de Raoul de Martigny.\u2014L'esclavage au Maroc : un appel arx juges.\u2014 En Sibérie : femmes visitant la pii- son d\u2019Irku ak, \u2014 Beaux-Arts : Réflexions, tableau de Schachinger.Paimes Mensoeuces où \u2014 Monoe Duos are Prime .850 0 * ° .25 Sme .4e 4 15 sue \u201c .1 6me .ce 4 7me .3 \u201c 8me 9 86 Primes, a$1 .gg 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle ublique, par trois personnes choisies par assemblée.Aucune prme ne sera payée he les 30 jours qui suivront le tirage de ue mois, NOS PRIMES QUATRE-VINGT QUATORZIÈMB TIRAGE Le quatre vingt-quatorzième tirage des primes mensuelles du Monps ILLUSTRS (numéros datés du mois de JANVIER), aura lieu samedi, le 6 FEVRIER, à 8 heures du soir, dans la salle de l'UNION ST-JOSEPH, coin des rues Sainte Catherine et Sainte-Elisabeth.Le public est instamment invité à y assister Entrée libre.Chronique.qu'est-ce que la chronique ?.Quelqu'un a dit, je crois, que c'est un genre de lit- tératare qui consiste à dire tout ce qu'on pense sans titre ni préambule.Ce n'est pas assez général.Moi, je dirais que c\u2019est un coin de Fanchette ou l\u2018on dépose en passant, sans aucun ordre, tout ce qu'on trouve sous là main, que les autres n\u2019ont pas voulu où n'ont pas eu occasion de déranger.Ma définition n'est probablement pas meilleure, qu'importe! Le plus haut degré que puisse atteindre ce genre, c\u2019est de résumer ce que tout le monde sait, Ecrire une chronique, c'est prendre la plume, un soir, ec dire tout oe qui passe par la tête : genre LE MONDE ILLUSTRE favori des inconstants, genre aimé de bien des jeunes, par conséquent.J'en ai connu un qui simait bien cela, la chronique : pour lui, c'était toute la littérature.Il adorait Boies.Il doit en avoir offert à quelque rédacteur de journaux.Je n\u2019en ai pas vu encore des siennes ?en a t il vu, lui f Fa verra-tili.En passant, je puis bien me demander si j'en verrai des miennes.Je parais le auppo-er, du moins.Mais voyons, je n'ai pas écrit chronique pour rien : il faut que je dise quelque chose.De quoi parler ?.Pour commencer.quelque chose que tout le monde aime, quelque chose de doux.les arts, par exemple.disons, la musique.Ah oui !.Il y a eu un, deux même, oui, deux concerts À Rimouski, il y a quelque tempi.Les célèbres artistes du Texas, M.et Mme Babel out donné deux soirées au Saint-Lawrence Hall.Après annonce à la cathédrale, dans les intérêts des membres sonffrants de N S, toute la ville fat inondée de circulaires colorées En grosses lettres on y lisait des marvellous, prodigious, astonishing, wondertul, extraordinary et tous lea autres grat.ds mots familiers & nos emphatiques voisins, les bons yankees.Come and see / come and hear / chose surtout digae d\u2019admiration, l'artiste possède un golden cornet de la valeur de tr\u2026ois,.mille.trois cents dollars : come every body / M.et Mme Babel en effet sont des artistes émérites : aussi ontila été fortement applaudis par leurs auditeurs.Mais les auditeurs, il était facile de les compter, paraîtil : ne débourse pas qui veut, vingt-cinq centins pour un amusement.Cependant, après la première soirée, paraît-il, (je puis me tromper, la nouvelle me vient de vingt lieues : il peut se faire que le résultat n'ait pas été ausei considérable) les artistes ont ajouté à leur trésor la somme rondelette de, non pas cinq cents piastres, mais bel et bien c.inq piastres ! Et 4 la fin de la deuxième soirée, ils recueillirent les applaudissements des propriétaires et de tous les hô:es da St- Lawrence Hall.Le profit de cette seconde soirée est évalué, par les connaisseurs, à deux piastres et cinquante centins.Noa forfamed artistes ont quitté Rimouski enchantés de l'accueil bienveillant et bienfaisant surtout qu'ils y ont reçu, et emportant sans doute avec un bon souvenir leurs sept piastres et cinquante centins.Ami des arts, le public de Rimouski, n\u2019est ce pas ?.Je suis heureux d'en faire cette mention honorable.+ + * A propos de grands mots, & propos de mots en général, j'aime bien le langage de nos habitants.Ces bonnes gens n'ont pas étudié comme nous la croûte da grec : parlez leur d\u2019étymologie, ils vous diront que vous dites un grand mot ou que vous parlez en farmes Eux parlent comme ils pensent ; ils désignent les choses par des mots figurés, tels qu'on les trouve à l'origine d'une langae, tela qu'on peut les remarquer en particulier dans les langues sauvages.Ils ne remontent pas ordinairement à la cause pour donner un nom ; ils parlent presque tonjours des effets : c'est pourquoi souvent un langage baroque est très intelligible, un seul mot met les choses sous les yeux : l'apparence extérieure, l'usage, tout y est.Ces mots n'ont qu\u2019un défaut : celui de n'être pas scientifiques.Un grand nombre de ces mots nouveaux auront leur tour.Les langues changent comme les peuples, elles ! changent surtout avec les idées ; il est nombre de mots employés par le peuple, que beancoup ne voudraient pas dire, encore moins écrire, et qui figureront plus tard dans nos journaux (à cela rien de surprenant), daus nos revues même et dans les livres.Combien de mots qu'on n'\u2019écrivait pas il y a quelques années et qui aujourd'hui passent partout sans être soulignés même.Espérons que la postérité adoptera et conservera un bon nombre des expressions inventées par notre peuple.Je ne vois pss l'opportunité d'attendre, pour se aervir d'un mot ou d\u2019une locution, que ce mot ou cette locution soient inscrits au dictionnaire de l\u2019Académie.Si le mot est bon, pourquoi ne pas s'en servir, et s'il eat nécesssire pour rendre une idée, pourquoi ne pas la populariser : c'est le seul moyen de le faire inscrire parmi les classiques.Certains de nos philosophes ont péché sous ce rapport : des expressions raisonnables eb même nécessaires ont été impitoyabloment rognées.Mais d'un autre côté j'en veux et j'en voudrai toujours à ceux qui, les promiers, ont commencé cette pratique de mal prononcer des mots bien faciles à prononcer correctement, même sans passer pour parler dung les termes.Probablement que le reproche s'adresse pour une bonne proportion À nos ancôtres, les Français de France ; mais si je ne me trompe, c\u2019est dû pour la plus grande partie À nos premiers co'ons.J'ai cru remarquer la même tendance parmi les colons de nos jours : ils changent leurs habitudes et leur langage pour en prendre d'autres.C'est regrettable, car il est bien difficile, il serait presque imporsible de détruire ces habitudes de pronunciation : le respect humain se mêle partout.Pourquoi, je le demanda, avoir défiguré de beaux mots pour y substituer des patois ! Qu'y a-t-il de difficile à prononcer dans le mot bien, par exemple Pourquoi le prononcer comme si c'était baiæ ou encore ban 1 Autant vaudrait ne plus dire mieur mais meux } Pourquoi encore dans certains mots en oir prononcer comme si c'était oué ?* + * Je vois des Montréslais et des Montréalaises (qu'ils me pardonnent si je ne dis pas lontréa- listes), s'apercevant que je suis un Québecquois, dire : vui, ces pauvrer Québecquois, ils en ont bien des patois.Nous, Montrea.Pardon, pas tout à fait immaculés, messieurs de Montréal.Bien parler ne consiste pas à se pincer le bec de manière à ne laisser sortir que des sons aigus.Vous dites que nous parlons trop gras ; eh bien ! vous, vuus parlez trop maigre ; et un grand nombre d'entre vous, vous en particulier qui m'avez interrompu, oui, vous parlez avec affectation : chacune de vus phrases semble dire : je ne suis pas un Québecquois.Mon Dieu, je vous rende grâce !.Phari-ien ! examinez-vous donc.Dites moi donc, par exemple, ce que signifie le mot svou, que vous avez sans cesse à la bouche au lieu du mot que les Québecquois rlisent où, avec les Français 1 En vertu de quel principe pronuncez-vous dehoors au lieu de dehors.Mais, il y à longtemps que je veux être rensvigné là dessus, que vous a fait le mot agrés pour que vous ne puissiez ouvrir la bouche sans le prononcer.Vous voyez un homme, une femme, un cheval, un chien, une maison, vous voyez quoi que ce soit et vous dites toujours : C'est un bel agres, c\u2019est un dur agrès Croyez moi, c'est on ne peut plus ridicule pour des gens qui fuient un Québecquois qui se piquent de porisme.Je ne finirais pas l'énumération.Tenez pour certain, messieurs les puristes montréalistes, que votre langage n\u2019est pss muins ridicule que celui des Québecquois, et même en bon Québecquois je dirai qu'il l'est davantage.Nous avons un avantage sur vous : nous avons moins de prétention ; nous laissons parler les Montréalais comme ils l'entendent, lorsqu\u2019ils viennent chez nous.* + * Quelqu\u2019un va supposer tout do euite qu\u2019il m'est arrivé que'que mésaventure à Montréal.Du tout.Cependant, je vais vous dire une circonstance où j'ai pu voir quel est l'esprit de certains habitants de la métropole et de ses entours.Car, bien entendu, je ne parle pas en général.ce serait un malheur trop grand s'il n\u2019y avait pas plus de gens intelligents.Sont de la catégorie que j'ai indiquée, tous ceux qui se formaliseront en lisant les quelques lignes qui précè lent.J'avais affaire à un homme, non pas le maire ni les échevins de Montréal (il m'arrive assez rare- mene do leur parler), mais non pas non plus le dernier venu.Je ne le nommerai pas ; j'espère qu\u2019il se reconnaîtra sans cela.Par hasard, jo causais avec lui, tout bonnement, comme on parle dans une conversation im- LE MONDE ILLUSTRE 647 ee provisée.J'eus l\u2019occasion de lui dire que j'étais né à Fraserville, que j'étais Québecquois par consé- uent.4 \u2014Vous êtes Q1ébscquols, vous 1 \u2014Sans doute : je trouvais cela bien naturel.\u2014Vous êtes Québecquois.et puis vous parlez absolument comme si vous étiez Montréaliste\u2026 Y a til longtemps que vous habitez Montréal ?Il n'était pas digne d'une bonne réponse.\u2014\u2014Je suis Québecquois, répliquai je, Québecquois de naissance, mais j'ai passé quinze années déjà à Montréal, où j'ai pa former mon langage et celui de mes enfants.\u2014Je voyais bien, reprit il, m'interrompant dans une phrase ambigue, que vous n'étiez pas Québec- quois : vous parlez un français tout comme nous autres.Oui, nous autres ! voilà le mal.Nous autres ! +.+ + Nous allons avoir des élections.Des élections ! c'est sérieux.Electeurs, gare à vousj.gare aux acheteurs !.je veux dire aux caba- leurs !.Mais ce toerrain-là eat trop glissant : balte-là ! WILFRID.EN BABILLANT L'hiver sera long, disaient les astronomes, dans leur ang sse prophétique.L'huwble calendrier d\u2019un journal quelconque nous en apprend tout autant du carnaval qui s'ouvre joyeux au son argentin des clochattes, à l'animation extraordinaire \u2014fébrile méme\u2014dans le monde social où l\u2019on s'amuse.Le carnaval rappelle la eaison des eaux.Non que les brises tièdes caressent doucement le front \u2014ou les grisotes des cheveux \u2014non que le soleil se lève encore tout large, tout rouge à l'horizon ; uon, rien de cela.La nature, drapée de son blanc manteau, semble pôle et souflr-teuse ; le gel seulemsnt peut, avec le givre, lui donner un éclat passager.\u2014ù donc, le rapprochement / dites vous.C'est que, jeunes filles, aux lueurs féeriques des grandes salles éclairées giorno, comme aux jours des chauds rayons de soleil, la situation est la même.Sur les divans, comme sur le vert tapis de mousse, vous êtes cutourées de petits cupilons faisant l'école buissonnière, tandie que Minerve dort ou feint de dormir.Le carnaval, voyez vous, c'est l\u2019été de l'hiver et, comme d «ns la belle saison, il faut faire provision de philosophie et surtout de quelques grains de sel, (le poivre ne serait pas de trop non plus).Rien qui enivre comme une salle de bal, avec ces illuminations, ces toilettes, la musique entrai- pante et les murmures admirateurs qui courent daus l'air parfumé !.Eblouies, on se croit reine des cœurs et, sceptre en mains, on veut régner encore au land-main.Proche est l\u2019heure, souvent, où le trône, à moitié élevé, s'effondre de lui même et on se retrouve la reine de son roi comme au tirage du gâteau : pour un instant.Amusons-nous franchement, sans trop se conter fleurette ; dansons avec qui n'est pas en griboaille avec la mesure ; causons, rions, c\u2019est le temps.Aimons ?.pas trop ! pas trop, ma belle ! + + * Bien dit, Françoise ! Vuus avez raison.Le char urbain est une autre misère à laquelle nous sommes assujettis de par le sans gine de certains actionnaires égoistes.Aveo vous, je m\u2019indigne du traitement immérité infligé, ici, à l\u2019homme et à la bôte.Seulement, aimable chroniqueuse de la Patrie, vous pestez plutôt contre les conducteurs, tandis que ceux ci ne sont que les instruments, les Attilas nouveaux dont la compagnie se sert pour flageller impitoyablement.as de portes, pas un simple rideau dans ces p'tite chars où s\u2019engouffrent vent, pluie, neige e° créatures du bon Dieu ! ; Pas même un paillasson ! Comme si on avait visé au grand nombre, accroché aux lanières pen- dentes\u2014comme dit Françoise\u2014pour réchauffer lea pieds du petit nombre cordé sur les banquettes.Comme ces sardines pressées dont on n'en peut détacher une sans bouleverser les autres, ainai, y a t-il remuement, oscillation générale, quand une victime est arrivée à destination.On dirait un pan de mur enlevé à un château de cartes.\u2014 Qu'est-ce que vous voulez que j'y fause Î répondait un conducteur, ahuri par les récriminations de la foule.Faut ben qu'y-y embarquent ceuse là aussi ! Et il disait vrai.La faute n\u2019est pas la sienne, #i la marchandise eat trop forte : elle est à ceux qui\u2014par mesquinerie sans doute\u2014ont commandé les colis trop petits.Ces pauvres chevaux qu'on prétend vouloir ménager en embarguant et debarquant (sic) les passagers au coin des rues seulement, \u2014croyez-vous, Ô miséricordieuse compagnie, qu\u2019ils ne vous rendraient pas d'autres actions de grâ:es si, seulement, vous posiez À lear sabot du ces bons fers cramponnés, à l'épreuve de la glace.Et, quand ces vaillantes bêtes, fatiguées, à bout de forces, menacent de rester en chemin, que ne leur donnez-vous des compagnons de somme ! Afin, que s'entr'aidant, ils vous bénissent.avec le fardeau qu\u2019ils traînent ! Philanthropes, actionnaires, hommes de progrès, donnez au public de Montréal les chars électriques ! 2 «- _ UNE BONNE NOUVELLE Ce n'est pas sans une certaine fierté et une légitime satisfaction que 1» Movok ILLUSTRE annonce aujourd'hui À ces lecteurs une heureuse nouvelle.Ile ne sauraient manquer de s'en réjouir avec lui, va qu'il s'agit d\u2019une appréciation publique ot distinguée, faite de sa rédaction,fdans la personne \u201cde l'un de ses collaborateurs, à l'étranger, en France, au pays du bon goût littéraire.A sa dernière séance, \u2018\u2019 l\u2019Académie Littéraire, Musicale et Biograohique de France,\u201d dont le siège est à Bordeaux (*), département de la Gironde, en France, s promu au nombre de ses membres, le premier parmi nos compatriotes canadiens fran- gaie, M.J.MARIE AMÉDÉE DENAULT, l\u2019un de nos rédacteurs de la première heure et parmi les plus assidue, Notre nouvel académicien a partagé l'insigne honneur de cette élection\u2014honneur qui doit loi être d'autant plus agrësble qu\u2019il était loin de s'y attendre, sans doute, va la ré«erve, bien connue, de ses ambitions\u2014avec des candidats aussi marquants que S Em le cardinal Lavigerie, archevêque d'Alger, l'illustre apôtre des esclaves, M.Eugène l)alzac, hommes de lettres et poèts français, et M Antoine Ricard, rédacteur en chef du journal Le /\u2019rogrèx de Paris.L'Académie littéraire, Musicale et Bingra- phique de France,\u201d est une société de propagande des beaux-arts et de la philanthropie.Les efforts intelligents de ses membres, choisis parmi les nationaux de langue franç sise, dans le monde entier, réaliseat de mieux en mieux, depuis plasieurs années, ce programme humanitaire, si noble et relevé.Une juste popularité n'a cessé de sourire à \u2018\u2018l\u2019Académie Littéraire\u201d là bas, au beau pays de France, où, en 1856, la\u2018 Société nationale d'encouragement au bien,\u201d lui décernait sa médaille d'or.Les sociétaires ot collahorateurs de ** I' Académie Littéraire, Musicale et Biographique de France \u2019 se recrutent parmi des individualités aussi avantageusement connues que celles de Jean Aicard, (*) \u2018* L'Académie Littéraire.qui s'intéresse Vivement au mouvement littéraire français, à travers le monde, se fait adresser régulièrement le MosbE ILLUSTRE F.Bataille, Maro Bonnefoy, D.Cillé, Jules Clare- tie, Fra Coppée, Alph.Daudet, Paul Féval, fils, Alfred Gauche, Eug.Godin, Arsdne Housssye, Clovie Hugues, Leconte de Lisle, Catulle Men.dès, Roger Milès, Léon de La Morinerie, Gustave Nadaud, Germain Picard, Sully Prudhomme, Jean Richepin, Fransisque Sarcey, Armand Sylvestre, Joréphin Soulary, André Thavriet, Auguste Vac- querie\u2014Mesdames Marie Edouard Lenoir, Adèle Chalendard, F.L Lemsitre, Irma Gallet, Miss E, Ehrtone, Antonie Jauffret \u2014 les abbés Bergé, Bière, Darand, et bon nombre d'autres qui le cèdent bien moins en mérite qu\u2019en notoriété aux académiciennes et aux académiciens sus-mention- nés.TI ne nous reste qu\u2019à souhaiter an regain de suc- cba A la savante Académie qui vient d'ouvrir son sein à notre estimé confrère, et à leur offrir nos compliments, à tous deux, de leur bonne fortane réciproque.AG Bris zo MELLE EUGENIE TESSIER Melle Eugénie Tessier, notre jeune cantatrice aveugle qui nous a laissés il y a quelques mois, ur aller demsurer aux Etats-Unis, est mainte: nant à Albany, où elle chante à la cathédrale de cette ville, église oi Mme Albani a fiit ses débute.Dernièrement, le chœur de cette église a donné un concert ; le Daily Press d\u2019Albany en donne le rapport suivant bien élogieux pour notre compatriote : \u2018\u201c Le Leland Opera House était bien remplie hier soir (17 janvier), à l\u2019occasion du concert donné par le chœar de la cathédrale.Le programme contenait plusieurs perles musicales.L'orchestre Parlati a fait la partis musicale et son exécution a été splendide.Professear Dumouchel, organiste, dirigeait le chœur et M.L.M.Marcil en avait la maîtrise.Les différents morceaux du chœur ont été artistiquement exécutés, les voix étaient nuancées et harmonisées de manière à produire an effst plaisant.Mile Eugénie Tessier, soprano, Mlle Vina Mahan, alto, et M.F.À.Hazen, tenor, ont obtenu un brillant succès.C'était la première apparition, dans un concert, de Mlle Tessier, et tous ceux qui l'ont entendue retiendront comme un agréable souvenir les notes sympathiques et charmantes de cette délicieuse voix de soprano.Elle possède une délicatesse et une douceur telles qu\u2019elle pénètre jusqu\u2019à l'âme, produisant un irrésistible sentiment d'admirat ion pour la belle voix de la jeune aveugle.Son chant, tel que le gazouillement d'an oiseau, a produit beaucoup d'admiration chez les auditeurs ; ils étaient non seulement charmés, mais électrisés.Elle chante avec grâse et aisance, les notes les plua élevées devenant aussi facilrs que les notes du plas bas registe, et tout d\u2019une manière à ravir les auditeurs.Des applaudiesements nombreux se sont souvent fait ent-ndre, démontrant ainsi l'appréciation de l'auditoire et l'estime dans lequel est tenue Mile Tessier.\u201d Nous ajouterons un mot pour dire qua Mlle Tessier viendea chanter & Montréal, au prochain concert de l'asile Nazareth.Dane les grandes choses, les hommes se montrent tels qu'ils veulent paraitre ; dans les petites ile se montrent tels qu\u2019ils sont.\u2014CHAMPFORT.O poésie du jeune Âge, enchantements des songes enfantins et des naives crédulités ! Ceux là ne sont point comptés parmi les riches et les puissants de ce monde, qui resteront attachés au charrae de l'idéal.Mais nul pouvoir et nulle fortune ne valent In quiétude et la splendeur da paradis de leurs pensées Dans les ambitions de la vie terrestre, île ont choisi la meilleure part.Heurenx ceux & qui elle n'est point enlevée !\u2014Xavise Manuiza, NT Pr RE ARN: NET ET men mew oases rays messe meme STANCES Comment ! je suis poète et je n'oserai dire, De peur que les pervers, les sota puissent en rire, Que je reconnais Dieu pour le Muitre éternel, Que j'adore son nom, que je le crai « et l\u2019airne, Que j'espère toujours en sa bonté suprême, Qui daigne à l'homme juste ouvrir son vaste ciel ! Non, non, mortels, jamais le Dieu saint que j'adore, Et qu'on doit respecter du couchant à l'aurore, Ne me verra rougir disant son nom si g'and ! Avec le jour, Ia nuit, le feu, les venta, les rnd -a,! La terre, les cieux bleus, les soleils et les mondes, Je le dirai toujours,.et toujours fièrement ! \u201c Eh ! pourquoi rougirai-je, enfants vils de la terre, De celui qui commande aux flots comme au trnnerre ?Est-ce parce qu'il est le Maître tout puissant, Celui qui fit l\u2019azur, I'astre, le mont superbe, L'aigle fier, l'oisi.lon qui se cache daus l'herbe, L\u2019invisible ciron, le lion rugissant ?Ah ! oi dans les déserts, sur les plus vastes cimes, Au bord des océans, au fond des cieux sublimes, Il est un être bon, digne de notre amour, Qne c'est bien ce grand Dieu qui remplit l'étendue, Dont la gloire éternelle est partont répandue, Et qui d'un seul regard a fait jaillir le jour ! Respectez le, mortels, oh ! gardez-vous d'en rire ; Car ce n\u2019est pas en vain qu'il m\u2019enflamme, m'inspire, Et versa daus mon cœur un juste et »aint courroux, Craignez de soulever les flots de sa colère, Oui.tremblez et baissez votre tête si fière, Car sa foudre bientôt viendra tonner sur vous ! AU Eat ; \u2014_\u2014 LES CHRYSANTHEMES (Courenné par I Académie Clémence-Tsaure, de Toulouse) Il est passé, le bel été, tout rayonnant de soil Las faui!les tombent, une À une.avec un petit bruissament daux et monotone.et formant au pied des arbres d\u2019épais tavis qui frémiesent sous nos pas, puis, soulevées par le vent d\u2019automne, elle sa Ji- Front A une danse folle et tourbillonnent dans \u2018afr.Au loin, sa fait entendre le cri rauque et ran.vage du oorbaan, précnreaur de l'hivar, ane l'aigre bine a chausé des montagnes.Plus de flenra dans la campagne, plans de chants d'niseaux dans les bois.Lea fauvr:tos, lea hirondelles, les rossignols se sont enfuis bien loin, cherchant un ciel plus clément.Au jardin, quelques roses, les dernières, frissonnent snus le vent hawmide et glaré inclinent leurs rorolles pâ\"ien, se flétrissant bientôt, et avec elle s'évanouit le dernier sourire de la belle saison disnarue.Hélas ! est-ce bien fini 1 N'y a-t-il vraiment plug de fleurs nulle part Ÿ Fant-i] dire adian À tous ces charmants sonvenirs da l'été qui réjouissent nos regarda et notre cœur $ Mais non! il nous reste une dernière consolation.Quand les glaïnals, lea roses et les rrina marguerites sont fanée, len chryaanthèmes entronvrent lenrs fraîrhon cnralles at répandant lenr parfom ai suhtil et si fin.C'est la dernière parnre da la terra qui va s'endormir da son nommeil hivernal ; ce sont les derniers bouquets qui nrnernnt encore nos demeures, loraque In naîge couvrira déià chamna at prairies.Fn attendant la main qui les curillera, Île w'épanoniesent dans les varterres en grosses .touffes blan-has, ranga-fnncé, hran-doré où jaune- pêla, entramôlés da lear fauillage sombre et rustique, prêt à résister aux frimas, LE MONDE ILLUSTRE Chaque aunée, quand je voie les chrysanthèmes\u2019 un vieux souvenir vient hanter mon esprit.Il y n bien longtemps.car j'étais jeune alors.La vie me semblait belle comme un chemin fleuri, gaîment ensoleillé.Je n'y avais encore trouvé aucun fruit amer.Je n'avais pas connu mon père, c'est vrai ; mais me mère était si bonne ; elie 'avait si bien remplacé auprès de moi ! Tendre et prévoyante, elle m'avait éloigné des tentatione du mond®, elle avait semé dans ma jeuue âme de salutaires enseignements, et, à vingt ans, j'avais le cœur pur et neuf comme une jeune fille.Je passais l'été à la campagne avec ma mère.Heureux et libre, je chassais toute la journée dans le grand parc giboyeux qui entourait notre vieux castel, au pied de la montagne.J'errais dans la campagne, sans souci, n\u2019écontant que mon caprice ; puis, las de courir, je m'arrêtais dans quelque rinnt vallon, et là, étendu sur la mousse ou la bruyère, je passais des heures à rêver, en regardant lo ciel bleu eb les cimes des grands sapins que la brise agitait doucement.Cette songarie délicieuse était vague et sans objet.Bientôt, elle devait prendre une forme plus précise, une forme charmante, brane et rieuse.Eile se nommait Renée ; elle avait seize ans.Je l'avais vue chez ma mère, amie de la sienne.Eile sortait de pension et habitait un château du voisinage.Vive et grrcieuse, toujours en mouvement, elle rappelait la bergerronnette.Mon cœur ardent fut aussitôt tout rempli de son image.Je ne vis plus qu'elle au monde ; je I'aimai foilement, éperdûment, comme on aime à vingt ans, pour la première fois.J'avais toujours présents à l'esprit son joli visage mutiu, ses yeux noirs pleins de malice, ses cheveux fias comme de la soie, échappant, rebelles et friséa, au peigne d'écaille qui devait les retenir.Je la voyais souvent.Chaque fois, je la trouvais plus charmante ; je sentais ma passion grandir sans cesse, un mot de ces lèvres rouges m\u2019eût fait faire des foliea Elle me taquinait doucement, sans paraître remarquer mon trouble ; elle me traitait avec une camaraderie quasi fraternelle, qui me ravissait, tout en me faisant désirer plus de tendresse.L'été passa ainsi, comme un beau rêve.L'automne vint, et ma mère parla de rentrer à Paris, Les parents de Renée avaient projeté un voyage en Italie, oi ils emméneraient leur fille, et leur départ était fixé à dix jours plus tard.Il fallait donc me résoudre à la quitter ! Cette pensée m'accablait de tristesse Comment vivre loin d'elle, après avoir pris l'habitude charmante de la voir presque chaque jour ! Que la vie allait me sembler triste et décolorée ! Non, je ne pouvais lui dire adieu sans un mot d'espoir ! Les derniers jours passèrent rapidement.La veille de notre départ, nous allâmes, ma mère et moi, au château de X., pour prendre congé de nos amis.Ma bonne mère savait-elle combien mon cœur était serré 1 Jo l'ignore ; je n\u2019avais pas osé lui avouer que j'aimais Renée.On nous reçut av milieu des préparatifs de voyage, dans le désordre de malles et de caisses qui précède toujours un départ.A la campagne, les tête à tête sont aisés.Je ne sais comment cela se fit, mais un quart d'heure après, je me promenais avec Renée dans une allée du parc.C'était une des dernières belles journées de cette tiède arrière saison que l\u2019on nomme l\u2019été de la Saiot Martin.Le soleil brillait encore ; le ciel était bleu ; un léger brouillard, pareil à an voile de gaz blanc impalpable, flottait dans l'air, et les fils de la Vierge passaient devant nos yeux, s\u2019envolant au hasard dans l'azur pâli.De tous côtés, autour de nous, les chrysanthèmes s\u2019épar vurssaient en gros bouquets.Nous marchions côte À côte, mais nous ne parlions gaère.J'avais le cœur serré ; elle-même semblait avoir perdu ss gaîté accontumée.Je me répétais avec amertume que je ne la verrais pas pendant plusienrs mois, qu'elle allait peut être m'oublier, qu\u2019un autre lui semblerait plns digne de son amour, qu'elle serait perdue à jamais pour moi | Toutes ces affrensos pensées remplissaient mon cœur d\u2019une telle angoisse que, n'y tenant lus : ?\u2014Oh ! Renée, m'\u2019écriai je, fautil donc nous quitter ?Ah ! cette pensée me déchire le cœur ! Si vous saviez.Renée, je ne puis vous quitter ainsi ; vous ne savez donc pas que je vous aime | Elle rougit et ne répondit pas.\u2014 Non, reprisje avec une ardeur croissants, nous ne pouvons nous séparer sans que vous m'ayez donné quelque espoir.Oh ! dites, ne pouvez vous m'aimer un peu ?Elle reprit tout à coup «a mutinerie habituelle.Un ravissant sourire éclairs son visage encore tout rose, et, relevant la tête : \u2014 Pourquoi pas ?dit-elle simplement.\u2014Ovi ! vous dites oui ! Oh ! promettez moi de n'être qu\u2019à moi seul, Renée, d'être la compagne de ma vie, ma femme bien-aimée ! Kile me regarda avec une gravité candide ; malgré sa jeunesse et son insouciance, elle avait beaucoup de raison.\u2014Votre femme ?oui ; mais plus tard ; nous sommes trop jeunes ; nos parents n'y consentiraient pas encore.Attendons, \u2014Attendre | Pourquoi ?Oh ! non, soyons hes- reux tout-de-suite ! \u2014 Nous avons le temps.Maintenant, je vous assure que mes parents ne voudraient pas, et votre mère non plus.\u2014Vous avez raison.Hélas ! attendons, puis- qu'il le faut.Mais, sans en parler encore, pro- mettons-nous de nous marier p'us tard, et pois, donnez-moi quelque chose qui me rappelle ce jour, un souvenir de vous.,, une fleur.\u2014C'\u2019est cela Tenez, coupez une branche de ces chrysanthèmes blancs pour moi ; j'en couperai une pour vous.Chacun gardera pieusement la sienne : ce sera notre bague de fiançailles.Nous échangeâmes alors ces fleurs qui, dans leur blancheur parfumés, rappelaient la fraîcheur et la pureté de notre amour.Elle cacha les siennes dans son corsage ; je serrai les miennes dans mon portefeuille ; puis, timidement, je mis sur eon front le premier baiser.\u2014A moi pour toujours ! murmurai-je, \u2014Pour toujours ! répéta-t elle gravement.+.* Bien des années ont passé depuis, et le gage virginal de notre amour n'a point été échangé en vain.Renée est devenue ma femme ; elle a partagé mes joies eb mes douleurs, La jeune fille rieuse et charmante est une grand'mère en cheveux blancs, mais son visage, comme son esprit, à gardé une douce sérénité.Et quand l'automne revient, avec ses chryssn- thèmes, la petite table de Renée, à sa place favorite, se pare d\u2019un grand bouquet, blanc comme celui d\u2019une fiancée, et, au milieu de ses petits- enfants, l'aieule se rappelle et sourit.FÊTES D'ALSACE LES CHIBÉS C'est la veille da carnaval que se célébrait, là- bas, à Abseschwiller, dans ce joli coin sauvage de l'ancien comté Dabo, l'antique et curieuse réjouissance des \u201c chibés.\u201d Elle m'est toujours restée devant les yeux, avec ses coutumes si originales, et c'est un de mes plus anciens et de mes plus chers souvenirs d'enfance que je vais vons conter.Le samedi donc avant le carnaval, tout le village attend avec impatience la tombée de la nuit.\u2014 Nous allons apprendre dua nouveau, se disent les bonnes femme», sur le seuil de leurs maisons, avec de petits clignements d'yeux entendus.Nous verrons ai ce qu'on raconte sur un tel ou une tel'e est vrai.Les \u201c chibés,\u201d il faut vous le dire avant d'aller Paris, 1892. grrr plus loin, sont ce qu'on pourrait appeler la fête des mauvaises langues.C'est alors qu'on apprend les flançailles et les promesses de mariage, restées jusque là à l\u2019état de secret, du moins on le pense, puisque tout se découvrira dans un instant.Alors, dès que la nuit est tombée et que les rands sapins de la côte, tout recouverts da neige, Secoupent sur l'horizon leurs silhouettes fantastiques, on s\u2019en va par petite groupes à travers les chenevières, jusqu\u2019à la roche des * chibés.\u201d On se cache dans les broussailles, car le froid est très vif et de grande coups de vent sifflent dans les arbres avec des bruits sinistres, tandis que tout le monde attend avec impatience.Sur la roche qui s\u2019avance toute noire, au milieu des vapins, un petit feu de ronces et de bruyères brille dans la nuit, et des ombres vont et viennent, comme des lutins des légendes et des contes d'autrefois.Puis, sur le coap de neuf heures à la vieille horloge de l'église, vous voyez tout à coup sur la roche comme une grande roue de feu, de six à huit ponces, qui s'agite au bout d\u2019ane perche qui tourne, qui tourne et qui file tout à coup comme uns étoile qui traverserait l'espace, avec une grande courbe vertigineuse.De ce même instant, la voix trainante da * hardier \u201d (car c'est pre-que toujours lui qui préside à ces importantes fonctions), se fuit entendre au dessus des grands éclats du vent farieux : \u2014Chibé !.Chibé !.Va à gauche ; va à droite ; élève-toi tout droit en l'air.tandis que des pétaris et des coups de pistolet se succèdent sur la roche eb que la clarinette de Ptiffer Karl, le célèbre ménétrier de nos montagnes, nasille quelqu\u2019air naif de #a composition.Alors la voix du hardier s'élève de nouveau, plas furte et plus pénétrante, et il annonce le prochain mariage d'un tel avez une telle.\u2014Non, non, ce n\u2019eat pas vrai, crient les parties en cause, du fond des brouseai:les.Acassitôt des éclats de rire partent de tous les coins, au bas de la colline.Puis un nouveau chibé s'envole avec un crépitement de fusée et cela continue ainsi, bien avant dans la nuit, jusqu\u2019à la proclamation du mariage da *\u201c diable avec sa grand'mère,\u201d qui clôture dignement cette fête étrange.Chacun après cela se hâte d'aller dormir, tandis que lrs garçons parcourent le village avec des tisons enflamimée à la main ; que les derniers coups de pistolet ébranlent lea échos lointains de la montagne et que la clarinette du vieux Pifler Karl, mise en verve par tout ce bruit, égrène l'une après l\u2019autre, les interminables valses de son inépuisable répertoire.Et voilà, mes chers amis, ce que je me représentais l'autre soir, au coin de mon feu, avec un retour mélancolique sur toutes ces choses de notre enfance, qui s'enfoncent bien loin dans la nuit de nos souvenirs, dans cette nuit, lumineuse comme celle des ** chibés,\u201d qui sera toujours n'est-ce pas, la meilleure et la seule partie vraiment heureuse de notre vie.L'autre jour, je me promenais sur le boulevard des Italiens, d'Ottawa, avec un chaud partisan libéral.Ce dernier, comme de juste, me parlait des événements politiques de Québec.\u2014Et dire que tout le ministère était ** Mer- cler™ 11! \u2014Oul, lai répondis je, aujourd'hui il s\u2019est fait * tout remeroler.*\u2014ToU0EATOUT.LE MONDE ILLUSTRE DECOUVERTE D'UNE VILLE On vient de découvrir en Asie, dans le massif des monts Celestes (Tian Chan) et sur la rive N.- E.da grand lac Issyk Koul (attitude 1615 mètres) les vestiges d'une ville aubmergée.Cette cité asiatique, Z'chigou, au centre dus peuplades tartares et mongol: a, était habitée deux siècles avant notre ère par les Oucouni, tribu aux yeux bleus et aux cheveux blonds.Des dragages ont permis de recueillir en quantité considérable des briques cuites, des poteries, des où humains et des crânes.Les vestiges recueillis ont été déposés au musée archéo!ogique de Tomsk.+ + ++ LES LECTURES Un assez brave homme, grand lecteur de livres frivoles, était un jour gourmandé pas ea femme sur cette habitude.\u2014Que tu es bonne de t'inquiéter A se sujet ! finitil par dire à sa femme.Quel mal veux ta que cela me fagse ?J'oublie aussitôt après avorr u.\u2014Papa, lui dit sa fille, qui était présente à la conversation, qu'avons nous mangé dimanche ?Le père, étonné, ne savait que répondre à cette questiun imprévue, et finit par dire qu\u2019il ne se le rappelait pas du tout.\u2014Eh bin ! oui, papa, s\u2019écrie la jeune fille avec finesse, vous ne vous en souvenez pas, et cependant cela vous & nourri.\u2014m\u2014 re Cette réplique ai simple fit sourire le père.Il embrassa sa fille, et désormais il renonça À ses lectures futiles et dangereuses.«+ + + CURIEUX PROJET DE CINETIÈRE L'imaginstion du roi Henri IIT\u2014lisons nous dans le Musée des Fumillee\u2014se récréait assez souvent de façon fort logabre : au deuil de la prin- cease de Condé, qu\u2019il avait passionnément aimée, il fit peindre de petites tôtes de mort sur les aiguillettes de ses habits et aur les rubans de ses souliers ; à ls mort de sa mère, Catherine de Médicis, il ordonna de détendre tous les appartements du château de Blois, où il était alors, et il les fit peindre en noir semé de larmes.Il avait conçu un projet bien singalier : c'était de percer dans le bois de Boulogne six alléee, qui auraient abouti au même centre ; il aurait fait élever dans ce centre un magnifique mausolée pour y déposer son cœur et ceux des rois ses successeurs.Chaque chevalier de l\u2019ordre du Saint-Fsprit se serait fait bâtir un tombeau de marbre, avec sa statue ; et ces tombeaux, le long des allées, auraient été sé- arés-les uns des autres par un petit espace planté d'ifs taillés de differentes manières \u2018\u201c Dans cent ans, disaitil, ce sera une promenade bien ama- sante ; il y aura au moins quatre cents tombeaux dans ce bois.\u201d ACCROISSEMENT PRODIGIEUX DU CRIN DANS LA QUEUE ET LA CRINIÈRE D'UN CHEVAL Le cheval que représente notre gravure est un très bel animal, particulièrement remarquable par les développements extraordinaires qu'a pris le crin de sa queue eb de sa crinière.C'est un éta\u2019on percheron.haut de seize mains ; il pése 1,436 livres et est de couleur chataigne : la crinière et la quene gardant la même nuance, Il appartient à des propriétaires da comté Marion, en Orégnn, Etats Unis.Sa crinière est longue de quatorze pieds, la tresse frontale de neuf et sa queue de douze pieds.Etendues dans leurs pleines dimensions, elles offrent un coup d «il du plus charmant effet, avec leurs tresses de crins brillants.Cette crinière magnifique est l\u2019objet des soins les plus minutieux.On la lave à l\u2019eau froide, évitant d'y appliquer aucune composition.Avant de le loger dans son écurie, on peigne, avec précaution, son crin, qu\u2019on divise ensuite en plusieurs nattes épaisses La seule crinière en forme quatre.Chaque natte, après cela, est attachée environ six pouces de son extrémité inférieure, soigneusement roulée jusqu\u2019en haut «t logée en un sac.Cinq sacs semblables sont nécessaires pour la tresse frontale et celles de la crinière seulement.C'est dans le même accoutrement qu'on le tort pour l'exercice : ce qui se pratique chaque jour dans un rond spécial, où en pleine campagne, sous la selle, Dans ce de rnier cas, on lui jette sur le dos une couverture ou draperie quelconque, afin de dissimuler les mauvais etF-ta de tous ces sacs suspendus.La santé de ce bel animal, dit notre confrère du Scientific American, est traitée aux petits soins.Les propriétaires ne voudraient pas permettre qu\u2019on le conduise au premier étage d'aucun bâtiment, par crainte d'accident.Dans le cours des deux années dernières, la queue et la crinière de ce cheval peu ordinaire, ont gagné en longueur environ deux pleds. tE MONDE ILLUSTRE MONTRÉAL \u2014LE GRAND INCENDIE DU 20 JANVIER AU SQUARE VICTORIA : Photogrs phie B.Chalifou\u2014l\u2019hotogravure Armstrong LE NOUVEAU MAIRE D'OTTAWA (Voir gravure) Les Canadiens Français de la capitale sont er liesse.Il y a de quoi, car, pour la première fois depuis 1882, ils ont eu le plaisir d'évire à la haute dignité de premier magistrat de la ville, l\u2019on des leurs, dans la personne de M.Olivier Duros her.À cette occasion, j'ai cru devoir orner le galerie du MorDs ILLUSTRÉ du port rait du nouvess maire d'Ottawa, en y ajoutant, à la hâte, quelques notes sur as carrière municipale, .+.+ M.Olivier Durocher naquit à St-Antoine, près de la rivière Chambly, district de Richelieu, P.Q, le 3 janvier 1844.Son père étant décédé lorsqu'il n'avait encore que dix ans, madame Darocher se retira à Longueuil, où le jeune homme suivit les cours d\u2019une école locale, jusqu'à ce qu'il eut atteint l'âge de vatorze ans.Cest de Jà qu\u2019il partit pour aller se er à Verchères où il ae livra à l\u2019apprentissage de le cordonnerie.En 1861, il vint s'établir à Ottawa.Plus tard, en 1866, il épousa mademoiselle Virginie Noël, la mairesse actuelle, et ouvrit, à son compte personnel, un megasin de chaussures qui occupe encore aujourd hui une place imjortante dans le commerce canadien de la capitale.Le succès ayant couronné ses entreprises, grâce À son énergie doub'ée d'un incessant labeur, M.Durocher se décida, à la demande de ses nombreux amis, à entrer dans la carrière municipale.Li encore, la chance lui sourit et il eut le plaisir Poe 5 À de vd 57 He Ne a té = ww Jd £e « Éd tr ny 2; LES RUINFS d'être élu chaque fois qu'il sollicita les suffrages des électeurs municipaux d Ottawa.Son Honneur le Maire Durocher représenta le quartier By, en 1874, mais, à la fin de son terme d office, il ve jugen pas à propos de se représenter.En 1884, il retourna siéger parmi les Pères de la Cité, comme échevin du quartier Ottawa\u2014quar- tier auquel il doit son élection 4 la maiiie.\u2014 Da.rant son long séjour au Conseil, il fit partie des importants comités des travaux publics, de l\u2019aqueduc, des marchés et des propriétés.II fut président de ce dernier, en 1856 et 1847.En 1883, il fut appelé A la présidence da comité du feu et de l'éclairage.C'est à cette même épc que qu'il fat candidat pour la mairie, mais il offrit sa résignation quelques jours avant la date fixée pour la votation, s'effaçant en faveur de M.le Dr FX, Valade.Durant son terme d's flice, M.le maire Daro- cher a été très souvent appelé à présider lee séances de la Cour de Police, surtout durant les vacances de M.le magistrat O Gars, qu'il remplaçait de manière à s\u2019attirer les félicitations de tous\u2014si l\u2019on en excepte toutefois les pauvres habitués de la boîte qu'il condamnsit invariablement À two dollars and cost, or eight days.Durant les années 1889 et 1890, M Dorocher à occupé Is charge de Président de la société Saint Jean Baptiste d'Ottawa.Je puis ajouter que c\u2019est sous son règne que cette société a pu acquitter ses dettes et déposer à son crédit, en banque, un fort joli montant.Le maire d'Ottawa avait précédemment occupé le fauteuil présidentiel de l'Union Saint Joseph, ls plus ancienne société de secours matuels de la capitale.Lors des noces d'argent de cette asso- EE ciation, son digne et 24lé président & réussi avec succès dans l'organisation de deux jours de gala comme jamais encore on n\u2019en avait été témoins, Le dernier maire canadien français élu à Ottawa a été M.le Dr P.St Jean, en 1882 1583.Depuis cette époque fla population canadienue française de la capitale avait en vain cherché à faire élire l\u2019an des siens au poste élevé de premier magistrat de la cité.* * Afin de bien couronner le triomphe de M.Duy.rocher, quelques-uns de ses intimes se sont réunis à sa résidence l\u2019un do ces soiré derniera et lui ont présenté, en même temps qu'une saperhe adresse richement enluminée, un paletot doublé en four- ruro et un casque, de grand prix.La fête, comme bien on le pense, & été splendide, ni p'ue ni moios, et madame la mairesse ainsi que Mlle Darocher ont fait les honneurs de la réception avec tact et bon gnût.M.Durocher » eu un mot heureux.\u2014Ah, ça ! ditil, je croyais qne, étant moi- même de la bonne éloges du pays cela sviliaait, mais il paraît qu'il faut aussi un vêtement riche.Les deux sont bons : j'accepte ! Renouvelant un ancien jeu de mots, M.Daro- cher eng+grait la brigade du feu À continuer à se distinguer ; il leur dit, en terminant : \u2014 Soyez braves comme Cuaar et pompe: / FE Club e 2 NOB GRAVURES INCENDIE DÉSASTREUX AU SQUARE VICTORIA Le 20 janvier dernier, vers lea huit hourca du soir, une alarme générale appelait tout entière la brigade du feu de Montréal.L'élément destructeur venait d'envahir un bloc immense au square Victoria.Lorrque la première alarme fut donnée, la bi.tisse était enveloppée de fumée, et un peu avant l'arrivée des pompiers, les flammes dévoraient tout l\u2019intérieur.Le stock composé de marchandises sèches activait le feu qui était rendu plus difficile à combattre par la forte brise de vent d'ouest qui sou#H it alors, On semble ignorer comment le feu a pris.Les constables Mercier et O'Connell déclarent qu'ils ont passé visà-vie l'endroit quelques instants avant que l'alarme aib été sonnée et qu'alors, il n'y avait aucun indice de feu.Environ une heure auparavant les officiers de police avaient vu entrer la balayeuse.Lors de l'arrivée du premier détachement des pompiers, les flammes avaient fait beaucoup de progrès.Environ dix secondes plua tard toute la bâtisse était enveloppée de flammes, Malgré le froid, ln chaleur qui se dégageait de la bâtisso était tellement intense que la neige fondait et inondait les environs.Le chef Benoit, secondé par les sous-chefs Jackson et Beckingham, a soutenu d'une manière admirable les efforts de ses hommes, qui ont prouvé une fois de plus, que Montréal possède une brigade qui ne le cède en rien à aucune de celles des autres grandes villes.La bâtisse fut inondée par des jeta d\u2019eau provenant des bornes fontaines et des pompes à vapeur, eur nes quatre faces.Le magasin de M.Fisher & Fils, situé & côté, n été sauvé ainsi que le clos de bois de MM.Evans & Frère.Le bureau de ces derniers, situé dana le aoubassement, a été complètement détrait.Vera dix heures, le toit w'effundrait avec un grand fracas, en lançant au ciel une gerbe d'étincelles.Pendant quelques instants, Ia lueur faisait pA'ir les lampes électriques.Tous les pompiers étaient couverts d'une épaisse couche de glace qui génait beaucoup leurs mouvements.Les hommes placés dans l'échelle Langevin ont eu surtout à souffrir.Ce n'est que vers dix heures et demie que le chef Benoit put déclarer que le feu était sous contrôle.La bâtisse, depuis lors, présente an aspeot des plus pittoresque. RÉFLEXIONS La jolie fille n\u2019en revient pas : elle v'est découvert une rivale | Et une rivale qui loi vole tous ses charmes, jus(jues au moindre détail.Elle en veut preæque à son miroir.La réflexion fidèle do la glace lui fera t elle faire de sérieuses réflexions sur la fatilité de tous ces atours, si aisés à copier ! C'est ce que la moue dédaigneuse de la belle ne paraît p«s promettre, au contraire.Vilain métier que fait le miroir des jeunes filles.EN SIBÉRIE Sont-elles assez tristes ces lugubres visites que font leurs épouses éplorées aux prisonniers sibériens Ÿ Elles ont marché de longues journées ; fait de pénibles étapes ; enduré le froid, la feim avec la fatigue, pour venir porter aux époux un peu de consolation.Bouveut elles ont traîné avec elles d'infortunés petite.Et une fois sur ies lieux elles ne peuvent voir les prisonniers qu'à travers d'épais grillages ; s'entretenir avec eux autrement que sous la surveillance d'un garde.Oh ! l\u2019exil en Sibérie, le Russe a bien droit de le redouter ! L'RBCLAVAGE AU MAROC Cette pauvre race noire, ses tyrans inusulmans cherchent à lui faire croire encore à un siwulacre de justice Esclave et maltraitée, il semble que cette femme nègre personnifis sa race entière, devant les fidèles du Coran, en face da qui elle comparaît.Obtirndra-t-elle, la pauvresse, l\u2019équité qu'el'e en espère ?Ces faces hypocrites ne semblent pas l'annoncer.Seule, la doctrine du Christ sait \u2018re équitable pour les fils malheureux de Cham.\u2014J.STE.IN MEMORIAM = Fo Te Aa EE RAOUL DK MARTIONV, décédé Plus do tristesses que de joies, plus de larmes que de sourires, la vie est ainsi faite et pourtant l\u2019homme ne peut s'habituer à cette dure loi d\u2019ici- bas ; il répugne à l\u2019égoisme humain de s\u2019attarder dans le chemin des larmes, il lui faut la dilatation du cæœar et le charme d'une vie sans épreuves ; c'est pourquoi les douleurs les plus cuisantes s'atténuent malgré nous pour ne plus exister qu à l'état de souvenir.Cependant, malgré cette nouvelle misère de notre nature faible et oublieure, il eat de ces malheurs qui font vibrer dans nos âmes une note dont l'écho triste et plaintif fera toujours tressaillir notre cœur.L'impitoyable fauix de la mort vient de nous en donner une preuve cruelle en enlevant à l\u2019affection et A l'estime de tous mon jeune confrère Raoul de Martigny.i 11 nous a quittés pour un monde meilleur, laie- sant derrière lui le souvenir de ses nobles qualités.Raoul de Martigny eat né en l'année 1867.Sa vis n'est pas accidentée ; après quelques années LE MONDE ILLUSTRE d'étude au séminaire de Saint Hyacinthe, il vint terminer son cours classique au collège Sainte- Marie.C'est danu cette dernière maison qu'il se distingua par sea talents, surtout] dans l'art oratoire.Doux discours qu\u2019il prononça, l\u2019un à une séance de la classe de 1hétorique, et l\u2019autre, lors du jubilé de sa Sainteté Léon XTIT, lui valurent les félicitations de l'élite de la société'de Montréal.A peine eutil Isissé l\u2019A/ma Mater, qu'il vint s'unir à la phalange des jeunes gens aspirant aux professions libérales.Ji suivit les cours de droit À l\u2019Université Laval et eut l'avantage de faire ça cléricature au bureau de MM.Lacoste & Cie.Sa courtoisie et ses manières distinguées ne tardèrent pas à lui gagner l'estime de ses profrsseurs et de ses patrons.Son assiduité surtout lui valut des compliments flatteurs de la part de l'honorsb'e professeur de droit civil.Mais ce qui, naturellement, m'a le plus frappé, pendant les quelques années si courtes, hélas ! que j'ai passées à'ses côtés, c'est l'immense popularité dont il & toujoura joui parmi ses confrères.Sa gaieté communicative, ses manières enjouées, son caractère conciliant lui ont toujours gagné tous les cours et loreque la maladie vint l\u2019arracher vic- lemment à notre affection, tons les regards cherchèrent instinctivement celui qui nous égayait tant par son rire franc et sonore, ses saillies api- rituelles, ses refraine gaie et_entraînants Hélas ! quelques jours après, au commencement d'une année qui devait le voir revêtir la toge du disciple de Thémi:, une tombe s'est entr'ouverte ; dernière demeure de celui que nous avons aimé, elle renferme avec ses restes, tont un long cortège de projets irréalisés et d\u2019 spérances déçaes.Qu'une personne au déclin de la vie après avoir psyé à la religion et à la société le juste tribut que ces deux grandes institutions attendent de scs efforts, meure, entourée de l'estime et da la reconnaissance de tous ceux qui l'ont connue \u2018et sppré- ciée, c'est une loi de la nature s~us laquelle il faut courber la tête ; mais qu'un jeune homme à l'aurore de la vie, après avoir à force de travail et d'énergie ouvert à deux battant« les portes gardiennes du succès ct de la réussite, soit impitoyablement fauché par la graude destructrice de l'humanité, c'est un malheur en face duquel notre cœur ge broie et notre Ame se révolte.; Nous trouvons cependant une consolation bien douce dans ces paroles de Fénelon : çÇ \u201cIl fallait qu'il mourut à la fleur de l'âge, parce qu'il n\u2019y avait plus que cette mort qui pût ajouter à sa couronne.L'homme lui-même laisse- t-il à une fleur parfsite le tempe de s'épanouir 1 Nos plus sincéres conduléances à M.A.L.de Martigny eb à sa famille.Qu'il ait l'assurance, que les amis,\u2014et ils sont légion-\u2014partageront avec lui, le deuil profond, causé par ls mort de son fils Raoul, et voueront un culte À sa mémoire hérie.chérie J.B.B.Prévost.St-Jérôme, Villa Régina, janvier 1N92, BIBLIOGRAPHIE siété biographique de France, et Académie\u2019 littéraire Socierd Frome ne nouvelle médaille-insi ne de l\u2019Aea- démie Littéraire «t! Musicale de France vient d'être frappe.(\u2018eux des Sociétaires qui ne la possèdent pas dans leur médailler sont autorisés À la réclamer, Valla-Marie, à Lormont, et elle leur sera expédiée, franco et recommandée, contre Un matidat-poste de 3 fr 50 adressé à la Présidente, Mme Marie-Edouard Lenoir, Cette société pour la dittusion de ln saine littérature, en France et à l'étranger\u2014je pourrais même dire pour le triomphe de l'idéal ! \u2014s\u2019est révélée d'un bénéfice incontestable pour les lettres françaises.; i Pius tard, j'aurai l'occasion, j'espère, et le plaisir d\u2019en parler plus longuement à propos da /io- graphe, la charmante revue mensuelle, organe de cette société, revue avec laque le le MuNDk ILLUS- TRt à l'honneur d'échanger régulièrement et fra ternellement.Il suffit de connaître, ne fut-ce que par corres.651 pondance et à ls lumière des produits si délicats de sa plume enchantée, l\u2019exquise présidente de la Société Bioyraphique et directrice du Biographe pour bien comprendre les auccès croissants de cette œuvre ai belle.Et puisque je viens de mentionner les écrits de Mme Marie Edouard Lenoir, je voudrais pouvoir narrer A mes lecteurs les extases où l\u2019on se perd en lisant les Poèmes du cœur et autres productions d'une rychologie ei noble et pure, dûes à ce grand cœur de femme qui a saisi si justement les secrets de tous les cœurs.Peut être y reviendrai je, si les circonatances\u2019s'y prêtent.En tous cas, et avant que je ne les prévienne, si quelques-uns de mes lecteurs canadiens éprouvaient, à part eux-mêmes et comme par un instinct irréaistible\u2014c'est ce qu\u2019on éprouve au seul titre des œuvres de Mme Lenoir,\u2014le besoin de savourer ces délicatesses infinies, je me fais fort de leur procurer ce p'aisir.1! suffirait pour cela d'envoyer au MONDE ILLUSTRÉ, à mon nom, l'adresse du souscripteur avec le montants suivants pour chaque volume, au choix, parmi les ouvrages de Mme Lenoir : Fleurs de cyprès : T0o ; Fleurs éphémères : 81 00 ; Les poèmes du cœur, trois volumes : deux à 20e, le troisième à 40c ; Connus es inconnus, T.1 : 8120 ; Quelques miettes de ma table, T.I : 40c.Loraque l'on a goûté un grand bonheur, on voudrait pouvoir le faire partager.C'est le cas pour moi.Lire des ouvrages comme ceux qu'a signés Mme Marie Edouard Lenoir, c\u2019est pour le cœur encore sensible à l'impression du beau, du pur, da noble, une des meilleures écoles que je sache, de droite formation, non pas seulement littéraire mais morale même.++ * Les lecteurs du MoNDE ILLUSTRÉ ne sont pas sans se rappeler, je suis sûr, un livre récemment publié à Paris, et dont M.J.B.Chatrian, un de nos colloborateurs distingués, leur a dit beaucoup de bien, tout mérité.J'ai nommé L'Amour de Jacques, de Chs.Fuster, un \u2018autre de nos correspondants, parmi les plus estimés.Eh ! bien, je ne veux aujourd'hui ajouter qu\u2019un mot aux justes louanges de M.Chatrian : cela couronne le tout.Le livre de M.Fuster a été jugé digne de donner naissance à une pièce dramatique pour l\u2019un des grands théâtres parisiens : paroles de Fuster, musique de Bernède.Après sa traduction en diverses langues, ses dix éditions consécutives, L'Amour de Jacques ne pouvait recevoir de consécration plus solennelle Nous en félicitons chaleureusement notre digne correspondant et ami, M.Chs.Fuster.\u2014J.St E.NOUVELLES A LA MAIN Simple question : \u2014Quelle différence entre un homme conduit au poste et un autre qui s\u2019étrangle en mangeant du poisson 1 \u2014En a pas, les deux sont arrêtés.+ À la cour d'assises : Le président.\u2014 Misérable, vous avez empoisonné votre belle mère avec du laudanum.Le prévenu.\u2014Non, je lui ai seulement donné une dose un peu trop forte.Dès lors, on ne peut me poursuivre que pour exercice illégal de la médecine ! ++ * Dialogues entre vivants : \u2014Alors la jeune fille qu\u2019on t'offre en légitime mariage, elle a le sac $.\u2014Je te crois mon bon ! Quatre cent mille francs en espèces.\u2014Fichtre ! Et tu hésiterais, avec une dot pareille ?\u2014 Ah ! c\u2019est que la demoiselle possède encore sa maman.\u2014Oh ! oh! une belle-mère ! Je comprends : c'est l'anti-dot ! vi J (43 I ai a > pe: 4 Le FAL A x = Ee Ea ES ELS TA PU as cen Wr mrt PE =) PS M wr ACE sn EE Ni 5 Pd FY; $< En IT.74 =.(N 3 \u20ac tn = AJR Tis py RES ea ot a SE x us RR] Lai [3 3 RE, ~~ a A w oe = £7 Lv) a = LIAR 24 æ\u2014 2 1 Ne 2) (35 4, fa H pi LL; = i J = { \u201c+ Be ih] | h_ ÿ | h.\\ es = A 7 LL EH ; [ A ls op ESF * as I: 29 + \u2018ons ~~ 5% L of or fe, fa] Vy + CASES uA 3 fats py pole: -y AYA] # Be vt Sd =: 2 oN si \u201ca i yy => Xe el a: _ A = A Fk od | QU gy a Ÿ H 2 ad < Ran 53 WE + Dead prices Lg oo oy x Ry vers ee w 32 > at 4 3 KE de Fe SON + Vet ig Ca 2.RÉ \u20ac * \\ 5 à § \\i rh Bp ck he A: ed : Hem 5 EAf - = pes Ta fa 4 3 Pedra; Ao 3 AN a \\ a caca \u201coa b ES - a \u2014 .we - en L'ESCLAVAGE AU MAROC.\u2014UN APPEL AUX JUGES TA Ce = % M \u201ci ene \u2014\u2014 \u2014 \u20ac À Lu ; + Le er rer Pu.\"44 pie se den Li fi any.+ Kf} , ê 4 a be = a E 15 ot ~%¥ 5 3 ih WEE à a+ { as 3 kg | Da ERE Ke 3 BAA NI a =r At Rye NR AS 3 \\ na i a RUE dE.AN ES 8 = JEss eer IE) REED LE = WU un Lh SL LU 3 : ~ 5 | I + LA +R | | Li = À an I i ih ih li IN ir 87 J th ly i ii We fl or ! | I ¢ JI | rt $ A # as i 2 4,7 i ll] i mia ai Pi >» ta Jil | ! ii »y Bi Th i i 4 oh ball if je; I) I i Eo Qu / us wo Lui ÿ i Lu / ei La | J | Le PL it oi\u2019 * tj 5 rv 2 | » a =>, A +, > \\ AL | | | if fh J | Ns 7 Ay Re = M , i ha = Pe Lie [Ad vb vez % ré : y A fr | Agr wt 7 (3 YX { F4, / jt { A 3 Pr ri k i i fi Ja RB) Ea sul Si jot 4 À ;.ww, il ! | > jee G0 I = à A {NY caf oF ln | > [lcd ] bl Cr a Aa Ah Un Pa J fe N Rel RN > A A X A [i il vi À c 4m 3 à e MT |! I as A) or 2] M Jit Ji N aos > J RT STA À ill li li Hiry 3 Le EY 7 à Ns 7» 23?Arh i fr it il ! fi I + zu es A ¥ Ne il = TM AV 4 +, an = ed i CO \\ fi SA ES ar i$ A q A Aguayo Chg, IIs A : re i A i 2] f Le CL Lad - Fi Gr a ji Jo] ii 4 \u20ac LP A te I HUE 7 ht 2] A au Ë pt An 5; À i 4 24 Sp [of = id { il ¥ PAY à pl li LE a fori STORE 5 SAY [= ih i ES PIC aie FE rid f A Ls & 11 2 | i his eg 1 iN i b Mes 7 i » | il hil po , 7 NY pi ; (rfi | « | | | = oy im he i Les el p tr ml > od : = pou SA ht: a Il I i 3 +X ; A i 3 il Ih sou # A JL 4 no : i x aid Crd \u201c à 1 Sere leat k ; il il il » ae li hh: N x Ug 4 rN ki til i % 3 2 f al) 1 [1 LS 5 RES | as et -\u2014 em Pry + THIS Il | OX al AY Ce » \u20ac tHl ul 2 re Ji ya! ¥ 3 2 AN) bh \\ #3 Je LP.x pe à ae VL \u201c\u20ac IL \u2014\u2014\u2014 I ii A À 7) # 3, oN ER y ev si A; ei as i TY iS 1 | il ¢ | W Ÿ 4 ih fi 2 Le\" ps | 4 | ce x # LE 3 * * | Te sda 4 de yi | ih LU wr | ACY = ÿ I Fo as Lu Ae i ER LL Fda ke?i) Se BBAUX-ARTS.\u2014BEFLEXIONS, TABLEAU DB S0BACHINGAS 654 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 ROMAN CANADIEN INEDIT AMOUR S005 LES FRINAS A mesure qu'ils montaient, l\u2019église grandisaait, comme si ello eût surgi des entrailles de la terre.D'abord la pointe du clocher, eifilée comme une aiguille et surmontée de sa croix de fer, puis sa base svelte encore reposant sur la stractare carrée du campanile aux flancs ajourés ; puis la toiture de la grande nef, puis celles des nefs latérales, s\u2019allongeant à leurs yeux, comme de grandes tentes, presque à fleur de terre ; puis les cintres des vitraux, le haut du porche, puis le bas des portes, le perron, la dernière marche, et enfin ils purent embrasser d'un seul regard cette égliee robuste et Eracieuse à la fois soûs son vêtement de briques rouges et son capuchon d'arroises noires, fière meut campée sur le sommet de la colline comme\u2019 une sentineile avancée dressant dans les airs sur la pointe de sa bsionnette étincelante l'étendard de la foi et le signe du rallivrment et du salut.À côté, une maison de bonne apparence, presque coquette, avec un jardinet soigneusement cultivé et entouré d\u2019une barrière en boia blanchie à la chaux.C'est le presbytère.À droite, sur le flanc d'une pente douce toute gazonnée, le fourmillement d'une foule bigarrée autour de larges tentes de toile blanche, couvertes de branches vertes.La route qui longe ce champ de foire impovisée est bordés sur une longue distancs d\u2019ane doabie haie de voitures dont les chevaux sont attachés aux barrières, tandis que d\u2019autres circulent au milieu dans un mouvement incessant de va-et-vient.De tous côtés le regard se repose sur un paysage délicieux.De longs sillons de pommes de terre et de larges nappes d'avoine verdoyante descendent dans la vallée, attirées par la fraicheur de l'eau.Au fond de la vallée, la rivière étale aux rayons du soleil sa surface claire et polie comme un miroir.Plus loin, elle disparaît tout à coup, masquée par un boaquet d'arbres, pour reparaître ensuite dans une longue ligne sinueuse souvent interrompue, qui va se perdre enfin dans le loia.tain.Partouv c\u2019est an éparpillement de couleurs tels que n'en ont jamais rêvé ni les peintres ni les poètes.On diraio une gigantesque palette réunissant dans une parfaite harmonie toutes les nuances imaginables du vert, avec ça et là, pour former contraste, les longues raies rouges et roses des chemins, les lignes grises des barrières se croisant en damier, les taches blanches et noires des troupeaux de chevaux, de bœufs et de moutons, paissant dans les pâturages, Tel était le splendide panorama qui se déroulait devant les yeux d'Henri et de Marguerite.Ils s\u2019y arrachèrent pour entrer dans le champ de foire.La première chose qui attira leur attention fut un manège de chevaux de bois, s\u2019il est permis de s'exprimer ainsi, car les chevaux y brillaient par lear absence.A leur place étaient des sièges de bois, suspendus par des tiges de fer, attachées tout autour d\u2019un grand cercle relié par des rayons obliques au pivot central.Cette machine, d\u2019une construction toute primitive, tournait tant bien que mal, mûe par un cheval.Ce pauvre cheval, peu habitué sans doute à ce mouvement de rotation, en paraissait tout étourdi, et, dans ses instants d'arrêt, fort courts, contemplait mélancoliquement, à dix pas devant lui, les touffes d'herbes, vertes et vigoureuses, qu\u2019il lui était interdit de brouter.Par la moindre musique pour LE MONDE ILLUSTRE accompagner ce tournoiement quelque peu monotone, si ce n\u2019est l'écho affaibii des cornemuses criardes jouées là-bas par une demi douzaine de grands Écossais, en custume national, avec leur toque ornée d'une aigrette, coquettemeut posée sur l'oreille, leur plaid, eb leurs genoux découverts.D'ailleurs lea clients ne se faisaient pas prier ; ils abondaient et les sous pleuvaient drâs comme grêle, dans l'eacarcelle des directeurs des chevaux de bois.Chaque cheval, ou soi-disant cheval, offrait deux places occupées le plus souvent par un jeune homme et une jeune fille.Henri prenait grand plaisir À les regarder.C'étaient pour la plupart des couples campsgnards de cette race écorsaise forte et vigoureuse.Les garçons, bien découplés, avaient ce visage bruni par le grand sir et le travaux des champs, qui annonce le force et la santé.Les filles, bien prises, à l'œil vif, au pied dégagé, avaient des peaux fines, quelquefois d'une bisncheur de lye, avec des pommettes toutes rouges comme des pommes d\u2019api.C'était appétissant à voir.Une fois le signal du départ donné et ls machiae mise en mouvement, toutes ces physionomies rieuses devenaieat plus recueillies et plus attentives.Les filles avaient de brusques sursauts, comme si elles craignaient de tomber.Alors, pour les rassurer, les garçons complaisants sempressaient de leur parser le bras autour de la taille, et les y maintenaient étroitement enlacées.D'autres se penchaient sur I'épaule de leurs compagnons, pour mieux entendre lcurs paroles, ou comme pour y chercher un appui, et, dans le mouvement accéléré de la machine, les cheveux semblaient se mêler.Tous ces manèges de l'amour intéressaient Henri au plus haut degré et intérieurement il soupirait.Que ces jeunes gens étaient donc heureux dans l'expansion naïve de leurs amours ! Que n\u2019eût-il pas donné pour pouvoir, avec Marguerite, en agir comme eux ! Mais À quoi boa y penser $ Il regarda la jeune fille ; il crut voir dans son regard comme une sorte de prière ou d'interrogation.Il n\u2019osa rien dire ; elle non plus, et ils continuèrent leur chemin.Une salie de danse les arrêta au passage.C'était un plancher fixé sur le gazon et recouvert d'an toit de branches vertes.Deux violons, juchés sur une planche reposant sur deux barils, composaient tout l'orchestre.Les couples, trop nombreux et trop à l'étroit, pouvaient à peine esquisser les quadrilles, se frappant du coude au passage, se bousculant avec de grands éclats de rire.Dans ls confasion de la mêlée, les cheveux des filles se détachaient parfois et s'éparpillaient en flots d'or fauve, sur les épaules rebondies, Tous les fronts ruisselaient de sueur ; il fallait les éponger à chaque instant.Toute cette gainté commençait à faire mal à Henri.\u2018Tant de joie et de bonheur étalés en plein soleil lui semblait une insulte directe à ses chagrins secrets.\u2014 Il fait bien chaud, ici, Marguerite ; vous accepterez sans doute une crême à la glace.\u2014Certainement, avec plaisir.Ils entrèrent sous une tente où s'alignaient des tables servies.Presque toutes les places étaient prises, et i's eurent quelque difficulté à en trouver deux situées À côté l\u2019une de l\u2019autre.LA aussi les affaires allaient à merveille La crême les mit en appétit, ils pensèrent qu'ils rentreraient aggez tard A la maison et qu'il valait mieux prendre un lunch.Il y avait là de quoi satisfaire les plus diffiziles : toutes sortes de viandes, des monceaux de pâtisseries, tout cela servi par des jounes filles en tablier blanc, très avenantes, très empressés, quoiqu\u2019an peu embarrassées parfois dans des fonctions Loutes nouvelles pour elles.En sortant du restaurant, ils s\u2019arrétèrent devant la boutique d\u2019une sorte de charlatan qui dé- pirait son boniment à la foule amassée autour de ui : \u2014Mesdames et Messieurs, prenez des billets à la grande loterie qui va se tirer tout à l'heure.Ce n'est que cing sous : une bagatelle, et pour cette bagatelle de cinq sous, vous pouves gagner une fortune.Non ; n\u2019exagérona pas les choses ; d'ailleurs je dis toujours la vérité.Je dis donc qu'avec un billet de cinq sous, vous pouvez gagner le gros lot ; voyez, cette belle paire de vases qui feront bonne figure sur la checiinée de votre salon | \u2014\u2014\u2014 ou tout autre lot, dont vous serez pleinament ga.tistai's.Tenez, il ne reste plus que dix billets.Attendez ! ne parlez pas tous à la fois.Une voix s'éleva : ; \u2014Ici, je les prends vos dix billets.C'était Henri.L'homme lui tendit les billets, reçut cinquante sous, puis : \u2014 Mesdames, messieurs, il ne reste plus que dix billets.Henri ne pub s'empêcher d'interrompre en riant : \u2014Je croyais que vous m'aviez vendu les derniers.\u2014Je ne vous ai pas dit que je disais toujours la vérité.comme tous les charlatans naturellement.\u2014C'est bien, je vois que vous vous acquittez parfaitement de votre rôle.Pour vous encours- ger, donne moi encore les dix derniers.\u2014Parfaitement.C'est comme les cheveux d'Elécnore ; quand il n'y en a plus, il y en a encore.Mesdames et messieors, il ne resie plus que dix billets.L'aimable charlatan venirait encore ses dix derniers billets si une ondée subite ne venait l'interrompre daus ses opérations en disp raant la foule.Cétait pitié de voir les femmes aux toilettes claires, les jeunes filles surtout vêtues de robes blanches, chercher vainement un abri sé- riaux sous un parspluie trop étroit, ou sous le toit rustique des tentes.Dientô les feuillog laissaient passer l\u2019eau comme à travers un crible.Au bout d'un instant, l'averse caasa de tomber, et les femmes s'éloignèrent à la hâte, marquant fortement l'empreinte de lear« pas daus la terre moail- lée, relevant leure jupes au-dessus de la cheville.Les unes étaient trempées et dégouttantes de pluie, comm» un linge sorti de la rivière ; les autres avaient çà et là de larges taches qui tranchaient d\u2019une façon pea sgréable sur la blancheur de leur toilette Quelques chapeaux surtout étaient dans un état pitoyable.Les rubans convertis en chiffons sans lustre et sans consistance, les flears, étioléer, s'affaissant languissamment sur leurs tiges, les plumes abattues.C'était sn vrai désastre, dont la plupart, il est vrai, riaient et se consolaient en pensant que la recette de la journée avait été exceptionnellement boone : ce qui était le point capital.Alors commença l\u2019exode des voi ures dans toutes lea directions.\u2014Partons nous, nous aussi, Marguerite 1 \u2014Oui, c\u2019est, je crois, ce que nous avuns de rhieux à faire.Voyez-vous là-bas ces gros nuages noirs qui nous menacent.Il serait bien dé.agréable d'être encore surpris par la pluie.Voyez dans quel état nous sommes.Et elle montrait le bas de sa robe blanche que le parapluie n'avait pu garantir, tout mouillé, collant aux chevilles, Cependant les nuages noirs disparurent à l'horizon et le foleil resplendit de nouveau daus le ciel rasséréné.Il s'inclinait de plus en plus vers le couchant ; ses rayons horizontaux ne firent plus bientôt qu\u2019eflleurer la cime des pins.Il se couchait, comme un roi dans toute sa magnificence.Le ciel, représentait un océan «le lumière, dans lequel flottersit un archipel de nusges d'or, d\u2019émeraude, de pourpre, d'opale, les uns arrondis et festonnés, lrs autresYallongés et eflilés ; d'autres, plus petits, semés dans les profondeurs argentines d'une perspective sans fin, comme des fleure dans une prairie s'étendant à perte de vue.Henri et Marguerite admiraient silenci-use- ment ce tableau dont les couleurs vives et gaies contrastaient si étrangement avec ls mélancolie de leurs pensées.Mais, comme pour prouver qu'il n'y a rien de stable en ce monde, que la douleur succède à la joie, comme lea ténèbres À la lumière, l'infortune au bonheur, les teintes du ciel t'affaiblissaient de plos en plus, noyées bientôt par les ombres.C'était une nuit tranquille et sereine.Une brise fraîche soufflait du large.Sans le bruit de leur voitare, Henri et Marguerite l\u2019eussent entendue murmurer à travers le feuillage son hymme nocturne.À suivre Louis Tusson. FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRE » { MONTREAL G FEVRIER 1892 CARMEN PREMIERE PARTIE La lettre de Jusn Mondégo était écrite en pur espagnol, mais Olivier parlait l'espagnol avec la même facilité que sa largue maternelle.Il traduisit donc litteralement et rapidement, tout en lisant d\u2019une voix tremblante et basse : *\u201c Lisbonne, du 5 mars, l'an de > .4,4 a AV 7 a on a CA VA es ee Bl 3 7, Vii Wizz.Blanca\u20147 pitces Les Blancs jouent et font mat en 2 coups No 25.\u2014PROBLEME DE DAMES Composé par M.E.Saint-Maurice, Montréal Noirs\u201413 pièces py Gui Ÿ NPRE Z Z y un nihil En y ; 72 vg $ Blance\u201411 pièces Les Blancs jouent et gagnent DU PROBLEME DE DAMES NO 23 SOLUTION DU PROBLKME D'ÉCHECS NO 25 Noirs 46 à 33 29 à 38 3s à Al 51 à 29 29 à ts 23 à à 68 A 15 15 à 65 58 à 47 G6 à 61 rtie gagnée pe No 24 S7 à 61 43 à 69 69 à 33 2X à 00 19 à N 21 à 68 partie gagnée.| St-Joseph, Beauce ; E.Dugas, Québec, Blancs Noirs 1R6D 1 C4R D pr \u20ac, échec et mat Si: D'ou ©, échec et mat.! F ou P joue Solutions jnstes da problème d'échecs : N.Dusa\u2019, Montréal ; J.A.St-Alphonse, Nt-Jean- Baptiste de Montréal.Solutions justes des problèmes de dames Nos 23 et 24: MM.F.Vermette, J.A.Bleau, N.Saucie , Montréal ; Un amateur, Ottawa ; F.Girard, Ste Cunégonde ; Thaddée Brunet, fils, Lachine, La solution du problime de dames No 23 ut s\u2019abréger en jouant, au 4e temps : 47 40, suivi de 34 à 24\u2014563 à 27\u20147 1 à 65- 69a7l.-Solution du No 36 : Le mot est Tonibeau.Mile [.D.Chagnon, Montréal ; Alf, de la Chaudière, village GRAND REMEDE co NTRE LA DOU LEUR RHUMATISME NÉVRALGIE.SCIATIQUE LUMBAGO.DOULEUR Dorsate.Tic Doutoureux MAL De TETE.MALoe DENTS MAUX ne GORGE ENROUEMENT, ENGELURES, ENTORSES.FOULURES, CoNTUSIONS., BRÛLURES ETC.En vente chez tous les pharmaciens, et marchands généraux, Prix, SMiets, la bouteflle.Envoyé par la malle sur réception du prix.THE CHARLES A.VOGELER CO, Baltimore, Mde Népôât nonrle Canada à Toronto, Ont.KEEP) 7HE DOLLAR NITTING Your A ive AND Ask your suing machine ag't.for it, or send a 3ct, stam, for particulars and price list, THIS IS GOOD FOR $3.SE to CREELMAN BROS.Mrs, Grorgetounr, Ont, Les Martyrs Des maux de tête cherchent en vain un soulagement jusqu\u2019à ce qu'ils aient commencé à faire usage de la Salsepareille d\u2019Ayer, Alors ils regrettent les années de souffrances, qu'ils auraient pu éviter, s'ils avaient essuyé ce remède plus tôt.Le mal était constitutionnel, non local; et jusqu'à ce que la Salseparellle d'Ayer «ût effectué son travail, comme Altératif et Épurateur do Sang, ils étaient condumnés à souffrir.La femme de Samuel Pare, 21 Austin st, Lowell, Muss, était depuis longtemps, sujette à d'horribles maux de tête, résultat de désordres de l\u2019estomac et du foie, Unie guérison radicale à été accomplie par la Salsepareille d\u2019Ayer.Frank Roberts, 727 Washington st, al Boston, dit qu'il avait autrefois de terribles maux de tête et que jusqu'à ce qu'il prit de la Salsepareille d'Ayer, il n'avait Lois trouvé aucune médecine qul pat lui douner un Soulagement Permanent.\u201cJe souffrais de maux de téte, d'indigestion, de faiblesses, et étais à peine capable de me traîner dans la maison,\u2019 \u201cécrit Mie.M, M.Lewis, de A st, Lowell, Muss.\u201d ¢ La Salsepareille d\u2019Ayer à accompli un merveilleux changement dius mon eus.Je me sens maintenant aussi bien portante et aussi forte que jamais.\u201d Jonas Garman, Esq., de Lykins, Pa., écrit: \u2018Chaque Printemps, pendant des années, Jud souffert d'une manière affreuse de maux de tête, causés par l'impureté du sang et de la bile.Il me semblait pendant des jours et des semaites que ma tête allait so fendre.Rien ne me soulagen wed ve que je prisse de la Salsepareille d'Ayer, Cette médecine m'a guéri complétement.\u201d Quand Mme.Genevra Belanger, du No.24 Bridze st, Springfield, Mass, commença à prendre de la Salsepareille d'Ayer, elle avait souffert depuis nome bre d'années d'une affection grave des reins, Chaque Printemps, aussi, elle était afitizée de maux de tête, de la perte d'appétit et d\u2019indigestion, Une de ses amies la persuada de faire usage flo la Kalseparcille d'Ayer, laquelle Tul profits merveilleusement, Sa santé est maintenant parfaite, Les Martyrs des tuaux de tête devraient essayer | Ayer\u2019s Sarsaparilla.Préparée par le Dr.J.C.Ayer & Co., Lowell, ass, Etats-Unis.Prix $i, olx flacons, 65 Valant $5 le facon. 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