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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 29 avril 1893
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1893-04-29, Collections de BAnQ.

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[" + LE MONDE ILLUSTRÉ ANNONCES : ABONNEMENTS 1 9uz ANNÉE, No 469 \u2014SAMEDI, 29 AVRIL 1893 man, 53.00 - - - Six mois.$1.50 La isgne, par insertion - - - - - IO cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - Beents nonces à long terme vendu dans les dépôts - - 5 eents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.| Tarif spécial pour an am Wo mean ~\u2014 LE DERNIER COUP DE CISEAU AUX GRANDES STATUES de D.C.French ; Chevaux, de E.C.Potter EXPOSITION COLOM BIENNE \u2014 Les coureurs du quadrige, > RN .us 2255 \u2014\u2014\u2014\u2014 2 .4 = \u2014\u2014\u2014 > 27 casa OR Ee 11627 TNT 612 LE MONDE ILLUSTRE MONTRÉAL, 29 AVRIL 1843 SOMMAIRE Trxre.\u2014Entre-Vous, par Léon Ledien.\u2014 Lettre d'Aca- die, par Jules L nos.\u2014Carnet du Monde Illustré, par Jules Saint-Elme,-\u2014Poé-ies : Son amour.psr Mme Edouard Lenoir ; Hommuage reconnaissant, par Frid Olin.\u2014 Nos correspondants à l'étranger : Ame Marie- Edouard Lenoir, par Jules Saint-Flme.\u2014La prévoyance, par Jeanne l'Etoile.\u2014 Pages étrangères, par Michel Delines \u2014Poés es : À la Muse de Lormont ; Sur l\u2019envoi de plusieurs de ses livros, par Frédé-ie Lévy.\u2014Nouvelle canadienne : Le naufrage d\u2019un bonheur, par Pedro \u2014 Nouvelles à la mais.\u2014Notes sur l'Exposition de Chicago.\u2014 Choses et autres.\u2014Feuitle- tors : Les deux mariages de Cécile \u2014 Les Mangeurs de Feu-\u2014Enigme.\u2014 Echecs et Dames.GRAVURES \u2014E «position culombienne : Le dernier coup de cisean aux grandes atatues \u2014Reaux-Arta : Une étude instructive.\u2014F'ortraits : Mlle \u2018\u2018 Jeanne L'E- toile\"! ; Mme Marie-Fdou erd Lenoir.\u2014Fiorence (Italie) : La villa Palmiéri occupée actuellement par S, M.la reine d'Angleterre.\u2014Gravure du feuilleton.\u2014 Regrets éternels.PRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE Moxne ILLUSTRÉ réserve à ses lecteurs mêmes l\u2019escompte ou la commission que d\u2019autres journaux paient à des agents de circulation.Tous les mois, il fait la distribution gratuite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nombre de 94 ; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : $2, 83, $4, 85, 810, 215, 25 et $50.Nous constituons par la, comme les zélateurs du MoNDE ILLUSTRÉ, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le même pied de rivalité ; c\u2019est le sort qui décide entr\u2019eux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque mois, par trois personnes choisies par l'us-emblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront chaque tirage.S-IER, 14 avril, sachant, par l'almanach, que + lechevalier Printemps =; devait être arrivé, et .ne l'ayant pas encore vu, je me suis décidé à faire le tour des hôtels de Montréal, où Je constatai que son nom ne figurait pas dans les livres.Où pouvait donc bien être cet intéressant et amoureux jeune homme ?J'allais donner ma langue aux chiens, dans l\u2019impossibilité de résoudr« le problème, quand, arrivé rue Saint-Hubert.j« imwe décidai À aller serrer la main de mon aini, le docteur S.L., qui dirige, comme vuus le savez, un établissement d'un genre spécial.On parlait de la pluie plutôt que du beau temps, bien entendu, vu l\u2019humidité de l\u2019atmosphère, quand le docteur me dit que la chose n\u2019avait rien d'étonnant.\u2014 Comment, rien d'étonnant ?mais, mon cher docteur ! , ,\u2014Absolunient rien.Le chevalier Printemps est ici, sous mes soins.\u2014Expliquez-vous, \u2014Pour obéir aux astronomes et aux fabricants d'almanachs qui ont décidé que la saison du renouveau commencerait le 21 mars, le chevalier Prin- » LE MONDE 1LLUSTRE temps s'est mis en route le jour susdit, et c'est par hasard que je l'ai rencontré ; mais, dans quel état ! = Quel état \u2014Piteux, lamentable, déplorable ! Printemps, ressé d'arriver chez nous, était parti de New-York habillé légèrement, en complet, couleur du temps de là-bas, une pervenche à la boutonnière, gai comme un pinsun, avec sa malle pleine de semences, Tout alla bien au commencement, mais en traversant, 4 pied, comme il voyage toujours, la chaîne des Alleghanys, il prit froid, s'enrhuma et, c'est tout enchifrené qu\u2019il me tomba dans les mains, car son premier soin fut de venir me consulter.Vous savez que je l'avais connu à Rome, où il demeure pendant neuf mois de l'année, alurs que j'étais zouave pontitical.\u2014Oui, là et ailleurs ; il vient rarement dans le nord, je le sais, mais après ?\u2014 Apres, la chose est bien simple : il était malade, je l\u2019ai fait coucher, transpirer\u2014comme le temps\u2014et il est en bonne voix de guérison.\u2014 Quand le verrons-nous ?\u2014 Dans quelques jours, quand il aura fini le second traitement.\u2014Le second ?\u2014Oui ; il subit en ce moment mon traitement contre .pas l'ivrognerie, non, \u2014anti-alcoolique.\u2014 Allons, bon ! moi qui me figurais que le chevalier ne buvait que de la rosée, de l'eau d'érable, ete.\u2014Justement, cela et autre chose, mais c\u2019est en allant au sucre que, comme tous les buns Canadiens, il prend aussi un peu d'étoffe du pays, et vous n\u2019ignorez pas qu'on en prend parfuis trop.C\u2019est donc, pour se remettre complètement, qu'il s\u2019est décidé à se faire soigner.La chose est bien claire.Et vuilà comment il se fait que le Printemps est en retard et qu'il nous arrivera bientôt, frais comme une primevère et subre comme un juge.(J'allais écrire .\u201c Comme un juge\u2014sobre,\u201d mais la magistrature a été si malmenée depuis quelque temps, que je n'ai pas envie de me brouiller avec elle).Peut être mèêtue est il, à l'heure où vous me lirez, sorti de la imaison de la rue Saint-Hubert, pour aller ouvrir les bourgeons dans les buis et suspendre des nids dans les branches.*,* Nous sommes si près du premier mai, qu'il faut forcément parler de l'Exposition de Chicago qui va s'ouvrir.Parmi les cnriosités exposées, figurera la première locomotive, \u201cJohn Bull,\u201d ayant fait un service régulieraux Etats-Unis.Cette honne vieille est encore très alerte pour son âge, et c'est sans aide aucune qu\u2019elle s\u2019est rendue de New York à destination, pas plus vite mais pas plus lentement qu\u2019autrefois, avec cette sage et prudente cadence qu\u2019avaient les locomotives du temps de sa prime jeunesse.Le Canada puurrait aussi revendiquer une place d'honneur dans l\u2019histoire de l'industrie, et j'espère qu\u2019il en sera question dans le Congrès scientifique qui aura lien pendant exposition, C'est du Canada, en effet, de Québec, qu'est parti le premier vapeur, la première * gondole au cœur de feu,\u201d qui ait fait la traversée de l\u2019Atlantique, entièrement à la vapeur Ca fait est malheureusement ignoré en Europe, mais les écrits de Sulte, LeMoyne, Campbell, Sandford Fleming et Rouillard, ont parfaitement décidé la question d\u2019une manière incontestable, M.Rouillard vient justement de faire, à Québec, une conférence très intéressante sur ce aujet et il y a lieu d'espérer qu'il la répétera sous peu à Montréal.Je vais, avec sa permission, lui faire de nombreux emprunts : *,* Ouvrez n'importe quel dictionnaire, une encyclopédie quelconque, voire même un ouvrage spécial sur l'emploi de la vapeur, et vous verrez qu'on affirme que c'est le Savannah qui est le pre mier bateau à vapeur ayant traversé l'Atlantique en 1819, C\u2019est vrai et c'est inéxact.Vrai, en ce sens que le Savannah a, en «fit, traversé la mer en 1819.! Inéxact, parce que la traversée se fit à la voile les neuf dixièmes du temps, ll était cependant sous vapeur en arrivant en Europe, car on lit dans une correspondance adres séo de Londres, le 9 juillet, à un journal de Mont réal, le Western Star : \u201c Le Savannah, bateau à vapeur, récemment arrivé à Liverpool, d'Amérique, le premier vai- seau du genre qui ait jamais traversé l'Atlantique, « été poursuivi pendant toute une journée à qu.que distance des côtes d'Irlande, par le croiseur du Revenu, le Aite, de la station de Cork, qui la vait pris pour un vaisseau en feu.\u201d Après son voyage à Liverpool, le Savannah fn conduit à Saint-Petersbourg, où l'empereur «iv Russie ne put s'empêcher d'exprimer son admira tion pour l'entreprise américaine.Il revint  Qu - Elus riens Inédits, de la 4ème série des Poèmes du cœur.HOMMAGE RECONNAISSANT À Mme Marie-Edouard Lenvir, pour sa gracieuse photographie spontané nent offerte à un pauvre jeune rimeur * Madame, qui vous voit vous aime et vous aimire, * En vous se trouvs tout : talent, grâces, beauté, «\u20ac Nul ne saurait, jamais, vous parler sans délire.* Oa rêve, à votre aspec:, de la divinité.\u201d J'avais chéri le cœar pleurant dans votre lyre, Les fi sure de votre esprit dans vos vers enchantés ; J'admirais vos talents dont le charme m'at ire, M'eaivrant, à longs traite, de leurs auavités ! D'auesi célestes dons je aubi«eais l'empire Et, pourtant, j'ignorais nombre de vos beautés.Contemplant votre image, où votre à « \u20ac respire, J'ai vu le digue écrin de joyaux si vantés, Muse au cœur soupirant, à l'esprit qui pétille, Muse à l\u2019 ccent sublime, au doux gazouillement, Ton œil pur et profond c'est l\u2019astre qui scintille.Ponr guider au succès le littéraire amant ! De m'avoir allumé ce phare incomparable, Madame, je bénis votre main secourab.e.-\u2014\" f Frid Le Du Moxpz IuLusTRÉ, de Montréal, NOS CORRESPONDANTS A L'ETRANGER MADAME MARIE-EDOUARD LENOIR, Dir.c rice du Biographe et présidente de I' Académie Li té- raire, Musicale ct Bivyraphique de France NTRE toutes les personnalités intéressantesque noslecteurs ont déjà vues défiler dans cette galerie, au cachet exotique si attrayant, en voici une qui méritait bien de figurer aux premiers rangs.Notre regret sera, pour bien longtemps, que sa tardive collaboration nous nit permis, naguère seulement, l\u2019honneur insigne de la compter parmi les nôtres.Mieux vaut tard que jamais, cependant, alors surtout qu'il s'agit de cette riche et précieuse acquisition : le concours de Mme Lenoir à une œuvre littéraire.Aussi, sommes-nous fiers de lui accorder aujourd'hui la place d'honneur si méritée, et, tout en la présentant à notre public, de la remercier en face de lui.C'est un des plus délicats et sympathiques littérateurs de la France actuelle que nous trouvons en Mme Lenoir.Notre gracieuse co-sœur du Zio- graphe n\u2019en est pas moins l\u2019une de ces femmes d'élite qui font l\u2019honneur et accentuent le triomphe de leur sexe, en révélant tout à fait et au grand jour les côtés les plus charmants et pratiques à la LE MUNDE :LLUSTRE fois de ses vertus propres.Grâce aux séductions d'un tendre et noble cœur s'alliant à la puissance d'une âme forte, aux enchantements d'un bel esprit, Mme Lenoir a accompli ce tour de force littéraire : devenir une femme de lettres distinguée, et rester en même temps rene femme !.dans In plus exquise acception du mot.2 © Charmeurs et pratiques, à la fois, ai-je dit.De fait, elles sont l'exception les femmes ayant dévoué leur vie au culte du beau littéraire, sans que ce soit un peu au détriment, sinon du bien, hélas ! au moins du bon, tel qu'il est l'apanage naturel des filles d\u2019Eve.La femme, trop souvent, garde mal l'équilibre dans ses dévouements comme en ses hostilités.Mme Lenoir, elle, a su éviter ces écarts qui nous font regretter parfois l'intrusion de nos sœurs ou de nus belles dans des milieux où se fane leur plus véritable courunne de reines, où se ruine leur prestige de femmes.Femme par la délicatesse de l'esprit, femme par la richesse du cœur, femme par la genérosité de l'âme : telle elle fut dès l'abordi, telle elle à grandi, telle elle demeure encore sous les dehors du charmant publiciste que toute la France admire et affectionne.Elle ne se contente point de charmer, comme pour ses congénères c\u2019est si souvent le cas.Elle ne s'arrête pas même à la prétention d\u2019instruire les masses, de les guider, ravies, à travers les champs de la science ou les plaines éthérées de l'idéal.Mme Lenoir a voulu faire servir à plus digne fin les qualités etlicaces, particulières à sa nature de fennne, superbement douée.Elle s'ingénie à n\u2019employer les ressources de son talent subtil qu\u2019à soulager les maux de ses semblables, les guérir, si possible, les enchanter du moins.Voilà pourquoi elle multiplie pour eux, avec une constance toute féminine, les refrains suaves de foi, d'amour et d'espérance dont elle berce tendrement les cœurs endoloris, Vivre pour embaumer continuellement, des arômes d'une âme tout entière imprégnée de chrétienne bonté, les plaies de l'existence et en adoucir les amertumes, ce fut, à jainais, son programme.Le sonnet que nous allons lire nous le démontre.Et les affections qu'elle s\u2019est acquises, de partout, fortes, sincères, durables, prouvent qu'elle l'a fièrement accompli VRIELE S'il est vrai que sur terre, à mon Mieu, je fus mise Pour rendre ua peu d'espoir au cœur des malheureux, N'enlevez pas au mien les élans généreux Ni la compassion tendre et par vous permise.A mon rôle de sœur, fière d'être soumise, Je sais le prix «| ua mn :t rinerre et chaleureux ; Ceux qui souffrent par l'âm- et pour l\u2019art sont nombreux Dans lu sphere d'élite où vous m'avez ailmise, Prraque tous sont en proie au doute meurt ier ; Manquer de fui, douter, tue un homme avan: l'heure \u2014 Pour vivre, il n'est de bon qu'aimer, cruire et prier.Plutôt que de nc pas plaindre un frère qui pleure Quanl is vient, 1ristement, à moi «+ confier, Oh ! permeit:z, mon Dien, que bien vite je meure, Mme Marie -Epovarp LENOIR Pour nous, c'est Ia que s'atlirme sur le grand nombre de ses semblables, rivales dans les arts de la pensée, la supériorité du doux poète qui a rimé ces vers.Ils respirent, en effet, le dévouement attendri, ln commisération généreuse, qui consolent et soutiennent, notes caractéristiques de l'être où Dieu mit beaucoup plus de l'ange, parce qu\u2019il vouluit en faire le soutien de l'homme et sun inspirateur.Mme Lenoir a, cependant, nn autre don qui la distingue entre plusieurs.C\u2019est cette douce phi- losuphie, toute d'amour, d'espoir, de confiance, par In vertu de luquelle \u201c si elle pleure, c\u2019est sans amertume, si clle.aouffre, c'est en souriant.Un secret espoir soutient cette femme supérieure.C'est là toute sa force ! \u201d Et pour dépenser l'énergie de cette force d'âme, rare de plus en plus, en ces jours où l'on dégénère, il semble, parce que la fui, l'espérance et Ia charité se sont obscurcies au souffle immonde du matérialisme, Mme Lenoir se plait à inventer des dévouements nouveaux.L'aumône de l'argent, aux pauvres qui l\u2019acclament, comme uno Providence visible, ne satisfait point l'ambition de son Ame ardento.L'aumône* du cœur aux éprouvés qui l'inplorent, parce qu'elle & subi d'extase de la douleur ; parce que \u2018 marice à seize ans À peine, elle n connu les joies délirantes et les angoisses poignantes de la maternité à l'age où il y a encore de l'enfant dans la femme : ete n'avait pas vingt ans que sa vie maternelle était déjà terminée, elle avait perdu ses deux enfants : ° l'aumône du cœur ne la rassasie même pas.Ei.pousse l\u2019héroïsme jusques aux libéralités de la per née, l'aumône de l'esprit, si je puis ainsi m'expr: mer.N'en déplaise à s& modestie, Mme Lenoir fun école, Plus d'un littérateur de demain, prosateur ou poète, lui sera redevable de ses succès, (og qu'elle aura été l'ange tutélaire qui, dans les drop, sentiers, prit soin de diriger ses premiers pas troy).blants.Après avoir charmé par les beautés de son cor, les trésors de son âme, elle consacre à patrosnr, éclairer les débuts des zélés disciples quelle «oo faits, les puissants moyens de son lucide juvement et de sa belle intelligence.Qui ne sent tout le bien que peut accomplir coute moderne Clémence Tsaure en favorisant in.sur de la pensée, de tout le prestige qui sc vheu sa haute personnalité ?Que de talents chi, tenus dans l'ombre par une timidité excesste, ou qui se seraient totalement fourvovés fant d'une sage orientation, ont éclos, se sont développes, ont pris de l\u2019ampieur et de la solidité, sous l'égide protectrice et l'inspiration éclairée de cette Muse bienfaisante ! Telle est encore l'histoire -1- tous les jours, car Ia sollicitude de Mme Marie FE :-ward Lenoir est inépuisable.En nos jours où, 1° 1- que jamais peut être, les consciencieux travailleurs de la pensée vont devenir les maîtres des denies humaines, le progrès social sera redevahie pour autant à la fenime remarquable dont nos le-reur- ont à présent l'image sous les veux.Cos tradts sont à considérer ; très vraisemblahlement.1-0 revivront un jour dans l'histoire littéraire de cer tin de siècle.La gracieuse présidente de l'\\uv démie Littéraire, Musicale et Biographique de France, devra occuper là une place d'honneur, d'après la louable coutume de rappeler les nou des bienfaiteurs au frontispice des monuments En dépit de cette gloire qui l'attend, de vetre faveur qui l'entoure, Mme Lenoir ne lai.se pas que de briller par une aimable modestie.\u201c l'un abord extrémement gracieux, a ov quelqu'un qui eut l'avantage de la connaitre jor sonnellement, mais très simple malgré la mai + de son air, elle sait vous mettre parfaitemer a l'aise : la bonté d'ailleurs est écrite sur ses tr.d'une infinie douceur.\u201d Une dernière note nous est fournit par le us © écrivain que je viens de citer et nous offre vue démonstration nouvelle de la chrétienne phi\u2019 0 phie dont s'inspire l'éminent publiciste, au vir.\u20181 lent, resté femme, pourtant, par l'esprit et le cr \u201c Souverainement indulgente et honne, dir À Ricard, rédacteur en chef du Progréz, de Pa winterprétant pas avee malignité ce qu'elle © ne répétant pas sans charité ce qu'elle entend.+ jugeant pas témérairement ce qu'elle ignore, plus heureuse de louer les autres que de les | mer.\u201d Voilà pour la femme.S'agit-il, à présent, d'u prévier l'écrivain, poète et journaliste (*), me sens moins d\u2019audace, parce que je me sus encore moins de compétence.Je laisse à Ÿ Eugène Fnivre, de Paris, une autorité en 4 matière, cette tâche agréable mais délicate.\u2018 publiciste de renom a consacré à Mme Lenoir urr jolie page biographique dont j'extrais les quelqu s lignes suivantes.** La simplicité du style prévaut contre l\u2019éclu le plus vif quand elle recouvre un esprit alerte +t bien conformé.En cela il en va de même que pour l'art oratoire où les plus brillants effets ront éclipsés par le naturel.(*) Mme Maric-Edouard Ls noira publié Fieur de Curro, ouvrage couronné par la Société d'encovragement au bien, sirsi gua Fleurs sphémères, un Abime, d'Adolescence * l'Age mûr, les poèmes ru « œur, Connus r& Inconnus, Quoi ques Micttes de ma table, plus le Lioygraphe, LE MONDE ILLUSTRE 615 « Mme Edouard Lenoir semble la manifestation vivante de ces vérités.; « Elle écrit purement et simplement.Elle habille sa phrase avec guût, avec subriété, avec élé- yance aussi, une élégance sans recherche, sans fanfreluches, et qui laisse toujours entrevoir sous lv vêtement la ligne nette et souple de la pensée.« Son talent est fait de bon sens, de finesse in- \u201cnitive et de charme.Jourreliste, Mme Marie-Edouard Lenoir ré- cout la difficulté d'être piquante sans piquer qui- vonque, d\u2019être spirituelle sans qu\u2019il en coûte à personne, de biographier et de faire de la critique itérnire comme ello présenterait la personne ou l'wuvre d'un invité nouveau-venu aux familiers de sible pour accompagner ss photographie.Dbiecrète et inudeste, © le n'en eat tenue à nous conununiquer simplement ce quieuit.Eile dis : ** Ce que femme veut, Dieu le veut.\u201d Le 4 février dernier, au cours de ma chronique dans Le Canadien, j'insérais ce qu\u2019on va lire, me doutant fort peu que l'idée que j'énonçais alors presqu\u2019avec crainte, serait sitôt couronnée de si heureux résultats.\u201c Un jour en lisant un discours prononcé par un jeune orateur fort en vogue dans la politique, J'avais été frappée de la citation que j'ai placée en tète de ces pages ! \u2018\u201c Quand Dieu veut embraser le monde d'une grande idée, il l\u2019allume dans \u20ac cœur d'une femme.\u201d Ce rouflle inspirateur m'a donné le courage de vous faire connaître l'idée qui germe dans mon cerveau depuis longtemps déjà.Si mes projets méritent vos sympathies, j'en serai très tlattée, si au contraire, ils vous paraissent irréalisables, nous n\u2019en serons pas plus mauvais amis, Déjà j'ai causé de la chose avec plusieurs de nos grands industriels qui emploient un nombre cousi- dérable d'ouvrières et tous ceux que j'ai vus m'ont l'air d'accueillir mes suggestions avec intérêt.\u2018* La nécessité de la fondation d'une Société de Necours Mutuelsentre les femmes canadiennes-fran- çaises est évidente, et la fondation d'une association de bienfaisance serait un bienfuit réel pour la classe ouvrière.De même que la Société des Artisans dont j'ai étudié la constitution, l\u2019association aurait pour but de venir en aide aux ouvrié- res dans la maladie et cela se fersit au moyen de la cotisation mensuelle, usitée dans ces sortes de sociétés.Je ne vous en dis pas plus long sur ce sujet aujourd'hui, on me dira ce qu\u2019on en pense à huis clos.\u201d Trois mois à peine se sont écoulés (lepuis la suggestion de cette Société de Bienfaisance, ot nous sommes déjà en pleine organisation.\u201c L'association de Prévoyance,\u201d pour les femmes, hommes et enfants est à préparer ses règlements.Les fondateurs de l'œuvre sont tous avantageusement connus du public.Le comité do direction est composé de MM, Thos.Gauthier, Dr C.A.Casgrain, Jules Helbronner, de La Presse, De £.P.Lachapelle, J.M, Fortier, Rémi Tremblay, de La l\u2019atrie, W.Pagnuelo, P.J.A.Voyer, du Monde, Urbain Lafontaine et autres.Les aviseurs légaux de lu société sont l'hon.L.O.Tuillon, MM.J.Alex.Bonin et Wilbrod Pa- gnuel- , avocats associés.La Prévoyance est fondée principalement dans le but d'avantager, de secourir ¢t de protéger les filles ot les femues qui ne peuvent assurer leur vie dans les compagnies d'assurance qui exigent de fortes primes et ne paient qu\u2019à lung terme ou à la mort cles assurés.De plus les femmes ne peuvent faire partie d'aucune de ces nombreuses sociétés de secours mutucls, telles que la St-Joseph, les Artisans, la C.M.B.A, les Forestiers, ete.Jusqu'ici donc la femme ne pouvait trouver de secours dans le cas de maladie, qui ne ln ménage pas.À son décès il est rare qu\u2019une femme du peuple laisse quelque petit capital à ses enfants ou parents ; aucune société n'a voulu jusqu\u2019à ce jour y pourvoir.Aujour- d'hui il n'en est plus ainsi, toutes les femmes peuvent, moyennant une contribution minime, faire partie de l'Association de Prévoyance, qui offre, entre autres les avantages suivants à ses membres.(«) A la mort d\u2019un membre, une forte prime est payée aux héritiers ; (h) Durant tout le cours de la maladie, les soins d\u2019un savant et habile médecin et même tous les remèiles nécessaires, le tout gratuitement : (c) Pendant la maladie, l'association paie une pension à | associée malade, ce qui est d'un grand SECOUTS : (dd) ! es contributions, quoique très légères, sont néanmoins collectées au domicile de chaque membre par les agents de l\u2019association ; ainsi les membres n\u2019ont pas à se «léranger et à laisser leurs maisons ou leurs besognes pour aller verser leurs petites contributions au bureau de l'association.C\u2019est là un grand avantage que l'Association de l\u2019révoyance scule, croyons nous, offre à ses membres.Les femmes surtout sauront bien l'apprécier.Le bureau de l'association est situé au No.7la rue St-Jacques, dans la la bâtisse de La /\u2019resse, On pourra y adresser toute demande.PAGES ETRANGERES LE SORT LES FORÇATS EN RUSSIE \u2014 LE MARTEAU ET LE RASOIR \u2014UN ÉPISODE.\u2014 CE QUI SE PASSE EN SIBERIE Il semble qu'apres la Maison des Morts de Dos- toiewski, il est ditlicile de trouver dans le récit de la vie des forgats en Sibérie quelque détail caractéristique.Cependant je viens de rencontrer dans un livre russe intitulé : te malien des Réprouvés, que vient de m'envoyer un écrivain russe, M.Lineff, un tableau bien saisissant.Nous sommes dans la cuisine des forçats.Sur le seuil de la porte, granile ouverte, se tient une sentine le.Au milieu de la cuisine on aparçoit un groupe de prisonniers gardés par la troupe.Au centre de ce groupe, près d'une enclume de forgeron, on remarque un petit homme brun, couvert d'un long tablier noir.À côté de lui, un personnage vêtu d\u2019un vieil uniforme d'utlicier, râpé et sans épaulettes, le barbier de la prison, est occupé à aiguiser un rasoir sur une large courruie attachée au cadre de la fenêtre.Un brigadier et deux gardiens apportent deux longues chaînes et les jettent devant l\u2019enclume.\u2014Eh bien-! qui donne le bon exemple 1 demande avec honhomie le forgeron- \u2014Moi, si vous voulez !.On n'échappe pas à sa «destinée.Et un tout joune homme, secouant une luxurieuse chevelure noire qui tombait en longues boucles sur son col, s'avance en souriant.\u2014 Pauvre diable ! il a douze ans de travaux forcés, explique un des prisonniers à un gardien : il a tué sa femme.C'est un bon diable quand mémé.Le jeune homme, sans se faire prier, s'assi par terre eu allongennt les jambes, et pendant que ses camarades lui jetaient des lazzi, en attendant leur tour, le forgeron prenait la messure de ses chevilles pour y ajuster les chaînes, Il ne reste plus qu'à fermer les deux anneaux en enfonçaut dans chacun un clou muni d\u2019une tête énorme.\u2014Et maintenant, ne bougeons plus ; attention, dit le forgeron au patient avant de commencer cette opération ; et vous, gardiens, ajouta-t-il, prenez garde, il ne faut pas qu'il relève la jambe ou je ne réponds plus de rien.\u2014 Soyez t\u2018anquille, dit l'assassin d'une voix.résolue, je ne ne ferai pns estropier.\u2014Oh ! nous la connaissons.que ne fait-on pas pour sortir du bagne ?\u2014 Attention ! je commence, cria le forgeron en brandissant un énorme et lourd marteau, dont il frappa des coups redoublés pour enfoncer le clou dans l\u2019anneau.Le moindre écart du marteau et la jambe du forçat eût été broyée.Tout se passa bien.Le jeune homme se releva ; son large front élevé et son beau visage étaient couverts de grosses gouttes de sueur.Les beaux bracelets qu'on t'a donnés là ! ricana le prisonnier qui prit la place du premier.\u2014Ne m'en parlez pas, ne m'en parlez pas ! camarade, dit un troisième, mieux vaut se pendre que de purter ces bracelets-là ! \u2014 Moi, je m'en moque bien ! dit un forçat qui, évidemment, avait déjà fait plus d\u2019une fois connaissance avec ces bracelets.Quand je voudrai ficher le champ, ve n\u2019est pas ce joujou qui me retiendra ; je l\u2019enlèverai comme une plume.En attendant, son cliquetis m'amuse.Pendant ce temps, le jeune meurtrier, à qui l'on venait de mettre les chaînes, avait été placé sur un escabeau, «levant une fenêtre, dans l\u2019attente d\u2019une nouvelle épreuve.\u2014Oh ! les beaux cheveux ! les beaux cheveux ' s'exclama avec enthousiasme le barbier qui aiguisait son rasoir : ça me fait mal de les couper.Quel dommage ! \u2014Celui qui tond un mouton en retire du profit, s\u2019écria un prisonnier, mais nous, on nous tond pour nous humilier, nous défigurer.\u2014Voyez-vous, ami, reprit un vieillard, nous tondre ainsi la moitié de la tête, c\u2019est pire que la Sibérie, pire que le bagne\u2026.c\u2019est faire de nous des lépreux.\u2014Plaignez-vous, plaignez-vous, dit le brigadier, vous devez être reconnaissants qu\u2019on ne vous marque plus au fer rouge.il n\u2019y a pas longtemps Qu'on à cessé.Tout à coup, la salle fut remplie d\u2019un bruit de sanglots irrépreseibles.\u2018Tous les prisonniers se turent et regardèrent avec cumpassion le beau gars, dont le figaro du bagne avait coupé les plus belles boucles.Le malheureux, qui avait stoiquement regardé le fer qui s\u2019enfonçait dans ses chairs et menaçait de broycr ses os, pleurait comme un enfant sous le rasvir qui fauchait l'épaisse tuison dont il était si fier.\u2014 Assez, ami, assez pleuré, lui dit le barbier d'une voix qui tremblait d'cmotion.\u2014Laissez-le, laissez-le pleurer ! implorérent tous les autres prisonniers.\u2014Si cela ne dépendait que de moi, j'aimerais bien mieux m'en aller tout de suite ; croyez-vous que cela me fasse plaisir de voir ce beau garçon pleurer ainsi ses beaux cheveux ?répondit le barbier.Quelques prisonniers s'approchèrent de leur -ca- marade et s'efforcèrent de le consuler.} Mais il les repoussa : \u2014 Laissez-moi, laissez-moi, de grâce.Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi me fait-on souffrir ainsi Ÿ.\u2026 Pourquoi ai-je brisé comme cela ma vie.je n\u2019ai plus de courage !.tuez-moi plutôt, pour en finir.*.Et pendant longtemps le prisonnier pleura a se lumenta, tandis que le barbier déconcerté, done main tremblante achevait de raser la moitié dé sa tête, au milieu des imprécations et des wurmyres hostiles des forçate.Ce Micuzt DrLingd > Dans le but de populariser le Pater de Frantois Coppée, la librairie G.A.et W.Dumont (1826, rue Ste-Catherine) en a publié une édition réduite à 10 centins.À tous de l'acheter. à È P° z= i! £ IS : f 4 i 3 A 2 = Ç\u201c $ \"À Lo; ES 1 LS PR Pr > LEN a i à J ¢ % AA £ : F4 n rr A = Ret 4 7 | ' à wr po + jen i pe 7 Lis p Ped] or oa # r= Ze K >» en Pug N = = X aa G 7 = Eu) éd 4, Le a - of > din A Ë 7, pd vs Au UNE E1UDE INSTRUCTIVE \u2014 CoMposiTioN DE M.H VOGLER PT # a | é D = £ : \u201cA Wr ae ann + F ws / E = d 5 % gp pa \u20ac 7 VY / La pas J > a 4 5 si : k dA om à bi Mug MARIE-EDOUARD LENOIR Mure \u201cJEANNE L'ETOILE\u201d Promotrice de * l'Associati-n de Prévoyance,\u201d pour les femmes Prés.de l'Aca:lémie Littéraire, Musicale et Biographique de France = = =x - = A \u201cSa = me ONE Æ res ui, UN = | HL sz 2 nd me _ > Er =2 = les mm > Sas 7 : ï ee à {cal i 3 10 wd re WN = iu à PTS Nes se all À 5 E ee I + re = 4 {x à wir rv iP ng NEL tr -v LA = 14 À Ç | ayn) M \u201c iu i a oe = io ».Les OF GE SN Gr a wb \u2018a \u201c2 *e a - SN 3 e Tp 4 i ey : te FES oN ad PRN Fe A ei x % ol A i» tv Ls Le i 4 are cn er ae \u2014\u2014 & > + => i AES \u201ca >| \u20ac i = de J ; z A ES = it, >.- i! go + ; Re 4\u201c sb À fk.A + À = pg SP } x ol at = - ; = Sans es gr ï a LL Su $i gsm 4e = > \u201chtt 11 ca?ke NY + Pa es Res 434% Pa Le Ew FX be PT = | i FLORENCE (ITALIE) \u2014 LA VILLA PALMIÉBI OCOUPÉE ACTUELLEMENT PAR 8.M.LA REIXE D'ANGLETERRE 1 ii 618 LE MONDE ILLUSTRE Er A LA MUSE DE LORMONT (Sur lenwvi de son portrait) Vous avez sur les traits tous les charmes, madame, Et l'on doit vous aimer con.me une À ujeuté, Car le Ciel à posé sur votre front de femme, Cette couronne d'or qui se nomme beauté ! V us avez les tréaors de l'esprit et de l\u2019âme, Vous avez, double sceau de voire royauté : Dans vos grands yeux réveurs ce dismant : la flamme, Dans votre cœur nimant, ce rayon : tu bonté, Vous avez dans :a voix les douceurs d'une lyre ; Muse, pour cultiver les fils de votre empire, Vous avez votre luth aux accents enchauteurs.Puis, vous avez encore la grice et le sourire, Et pour mieux nous prouver combien l'on vous admire, Vous avez votre nom gravé dans tous les cœurs.(Sur l'envoi de plusivurs de ses œuvres) Merci de ce présent ! Quels braux livres, madame ! Quelle aimable surprire et pour moi quel plaisir De savourer ces sers d'où s'exhale votre âme, Comme d\u2019un cœuz trop ple 1 s'exhale le soupir.Merci ! Par ce lon fait dans le but de me plaire, Vous venez de fleurir mon modeste logis, Grâce À vous le rê eur sera moins solitaire Et son foyer désert sera peuplé d'amis.Je les aime déjà ces fils de votre Tyre, Ces oiselets charmants exil-s de vos cieux Et je vais\u2014changement ui doit peu leur sourire\u2014 Dans un coin de mon cœur leur faire un nid soyeux.Je les lirai souvent vos doux écrits de femme, Je les lirai surtout & I'heure ont dort tout bruit, Et pour mieux respirer ces roses de votre ime, Je clorai ma fenêtre aux parfums «le la nuit.Et quand je les lirai près de la fiancée, Si je vois son œil clair par un pleur obscurci, Si sa main duns ma main frissonne, ma pensée Vers vous e'envoiers vous dire encor : Merci ! FREDÉRIC Lévy, France Alais (Gard), 1892.LE NAUFRAGE D'UN BONHEUR (Suite et fin) Quoiqu'il m'en cuütât affreusement de le relan cer jusqu\u2019à la banque, je ne devais pas reculer, il fallait à tout prix le voir, mais.s\u2019il n'allait pas être là !.N'importe, j'apprendrais toujours quelque chose le concernant.En entrant dans les bureaux, je vis une figure étrangère, à ses lieu et place, et je compris que le malheureux avait été renvoyé\u2014chassé honteusement sans doute.Alors il me prit une envie fuile de partir et «le l\u2019abandonner à son sort, mais en un instant les mille souvenirs se rattachant à notre vie commune, puis le serment que je m'étais fait en recevant la plainte de sa flancée me vinrent à l\u2019esprit, et je pensai qu\u2019il eût été lâche de m'avouer vaincu avant même d'avoir combatiu.Ce fut donc avec une résolution nouvelle et plus forte que jo m\u2019approchai du guichet oil se tenait le caissier.Je lui demandai si Lucien L.était dans les bureaux à l\u2019heure présente.À peine avais-je formulé ma demande que je vis avec un malaise extrême, cing ou six paires d'yeux me regardant à travers la grille dorée.Sans doute, Ja curivsité seule était le motif de cette \u2018attention que j'avais éveillée, mais il me semblait qu'on me prenait pour un compagnon de débauche de cœlui que je venais de nommer.Le caissier, après m'avoir comme ses subalternes, fouillé l'âme de son regard acerbe, me dit que Lucien L.ne faisait plus partie de leur personnel, et que si je voulais le voir, je le trouverais sans doute chez'le restaurateur G., rue A., numéro 10, ou bien dans quelque fossé, Indigné de cette réponse que je trouvais brutale, je partis sans remercier, poursuivi par les sourires railleurs que j'avais vus sur les lèvres de tous les employés qui avaient applaudi à la grus- sièreté de leur patron.+ + * T1 était alors trois heures de l'après-midi, mes occupations me laissaient libre jusqu'à huit heures (je faisais le service de nuit), Mais craignant de ne pouvoir me rendre à mon poste au temps voulu, par voie télégraphique j'obtins de mon confrère la promesse qu\u2019il me remplacerait jusqu\u2019à mon retour.Rassuré cle ce côté-là, je me dirigeai vers l'endroit où m'avait adressé le caissier.Plusieurs fois, je dus prendre des informations ; la rue que je demandais était presqu\u2019inconnue.Enfin, un sergent de police me fournit les renseignements nécessaires pour la trouver et lorsqu\u2019arrivé au numéro indiqué, j'aperçus l\u2019étroite porte qui donnait dans un sombre roubassement, je me dis que ce devait être des établissements de ce genre que les romanciers appellent restaurants borgres.Moi, j'aurais dit aveugles, car c\u2019est à peine si, étant entré, j'avais * pu me guider dans la demi-obscurité qui régnait dans la salle appelée bar room où le jour n'entrait que par (leux étroites fenêtres, garnies en partie de carreaux de carton en guise de vitres.et puis, celles qui restaient étaient si sales !.Ah ! c'était bien le lieu que je m'étais figuré comme étant le cadre digne du vice et de la débauche ; oui, cela sentait la fange, le déshonneur et pourtant, c'était là que je venais chercher celui que j'avais longtemps appelé mon ami, mon frère !.\u2026.Malgré la répulsion que m\u2019inspirait le lieu où je me trouvais, je parvins à prendre l'air d'un habitué de la guinguette et d\u2019un pas ferme, je m\u2019approchai «de l'homme qui trônait derrière le comptoir d'étain, puis, tout d\u2019un coup, il me vint à la pensée que le nom de Lucien ne devait pas être connu de ce bonhomme, alors, j'hésitai une seconde et ayant avalé avec dégoût un verre de menthe que je m'étnis fait servir, je demandai s\u2019il n'y avait là personne avec qui je pourrais passer le temps.Sans une parole, le vieux me désigne à la droite de la pièce, une porte fermée d'une portière en loques.De l'autre côté, c'était un passage, où je me trouvai en face de sept ou huit portes comme celles que je venais de franchir.Les premières étaient ouvertes et les cabinets étaient vides, mais j'entendais des éclats de vuix et je fus bientôt devant celui d'où venait le bruit.Les déchirures de la portière me permettaient de voir ce qui se passait au dedans, et je ne m'en fis pas scrupule.Je vis trois hommes assis à une table carrée ; ila jouaient aux cartes.La quatrième place était occupée par deux bouteilles et trois verres, sales comme tout ce que j'avais vu là ! Les deux individus dont je pouvais voir la face m'étaient inconnus, mais dans celui qui me tournait le dos, je n\u2019eus pas de peine à reconnaître celui que je cherchais.Enfin, je le tenais, et je ne sortirais de là qu'en sa compagnie.M\u2019étant donc avancé jusqu\u2019à lui, sous le regard inquisiteur de ses deux compagnons, je lui mis la main sur l\u2019épaule ; il tressauta, puis, m'ayant regardé, il balbutia.je ne sais quoi.II avait ba, mais il n\u2019était pas complétement ivre, il me reconnaissait, et je vis dans son regard troublé qu\u2019il avait honte de l'état dans lequel je le voyais.Ses habits, qu\u2019il entretenait d'ordinaire si propres, étaient fanés, tachés de boue et de vin ; son chapeau ce feutre dur était cass$ en maints endroits ; sa figure même était changée et ses yeux rougis ; sur chacun de ses traits on pouvait lire comment avait été rude pour lui l\u2019apprentissage de la vie de taverne.Je lui tendis la main, il me donna la sienne, mais ce signe de bienvenue n'avait rien de la pression sympathique que nous échangions auparavant.Il me présenta ses camarades de jeu : le premier était un compagnon de hasard, dont j'ai oublié le nom ; l\u2019autre, plus intéressant, était M.Roger.Je ne doutai pas un instant que ce ne fût lui que Mlle D.m'avait désigné.Pourtant, il n'avait en rien l'air d'un vilain, au contraire, et si je l'avais rencontré ailleurs que daus cette cambute je l'aurais certainement pris pour un gentilhomme, De figure et de taille parfaites, mis avec une à Le gauce un peu rare, il ne sembluit pas être duns le wilieu qui lui était habituel.D'ailleurs il était par faitement sobre, et, plus tard, lorsque pour 1 teindre mon but je dus trinquer avee eux, je com pris comment il avait pu garder sa raison intace, tandis que les autres arrivaient à l'ivresse ; «ét.1 lui qui versait à boire à verres pleins pour eux, + quelques gouttes à peine pour lui.Cet honime-là, pensai Je, si c'est bien lui qui entraîné Lucien dans ce bouge, duit avoir un lit caché pour cela.Je no me trompais pus, en sup posant ainsi, car, peu après, j'apprenais que, daigné et repoussé par la tiancée de Lucien, il s'était vengé à sa manière en perdant celui qui lui était préféré.Ayant tiré mon ami à l'écart, je lui dis que qe le cherchais depuis plusieurs heures, que j'avais eg communications importantes à lui faire, ete.J, lui propusai de venir avec moi faire une marci , et je lui couterais cela en route.11 semblait 1.pas y tenir, mais il finit par se laisser con vrate re.Je craignais que Roger ne lui fit des ob-ersations sur son départ précipité, mais il se contenta de nous souhaiter un bun voyage et nous Inissa partir.Dans la rue, je me sentis déchargé d\u2019un ponds immense, Sans mot dire, l'on se dirigea vers la gare «du chemin de fer, où nous arrivions vers » pt heures.Il y avait un train à sept heures et de rue, nous le prendrions.Jo tis part de mon programe à Lucien, il n\u2019éleva aucune objection, il sensblait indifférent à tout.Nous étions montés daus le convoi : un quart d'heure, et nous serions loin de la ville.Le train allait partir, quand j'aperçus Roger qui venait a nous, le sourire aux lèvres.Ayant échange quelques paroles avec moi, il s'adressa ensuite à Lui :vn il parlait à voix basse.Que lui dit-il 7?Je lignore, mais le résultat fut que, malgré mes prières e: mes supplications pour le retenir, il s\u2019en alla uv Roger.Je partis seul, le génie du mul trio phait.+ +.+ Cependant, j'étais résolu à recommencer la jui bientôt ; mais quand, trois jours après, je retour nai à M., ce fut pour apprendre que mon mai heureux ami n'y était plus.On me dit que, «i laissé par Roger qui, jusque 1a, lui avait fourni l'argent pour boire, il s'était embarqué pour un voyage sur un vaisseau transatlantique.TE n'avan pas d'argent, il paierait de sa personne,fil serai matelot, homme de somme, que sais-je ! Quand je me fus assuré que ce qu'on m'avait di: était vrai, je n'eus plus l'espoir de tenir jamai- mon serment.Revenu chez moi, j'écrivis quelques lignes « Mlle D.Je lui dis mes démarches, leur inut lité et mes regrets de n'avoir pu conserver mun ami et lui rendre son fiancé.TV Trois années avaient passé sur les événements que je viens de raconter.Souvent, je pensair avec amertume au sort de Lucien, de qui j'étais sans nouvelles depuis son départ.Qu'était-il de venu 1 Je l'ignorais et j'étais sans espoir de l'ap prendre jamais, quand, par une nuit d'orage, un nuit de janvier, froide et poudreuse, on frappe à la fenêtre de mon bureau.J'étais à demi endormi dans ma chaise, en attendant qu\u2019un train vint re quérir mes services pour obtenir sa feuille de route.J'avais éteint ma lampe pour reposer ma vue fatiguée, de sorte que quand j'eus ouvert à celui qui avait frappé, je ne pus voir ses traits ; ce que je vis, c'est que c\u2019était un vagabond comme il y en a tant, hélas ! qui voyagent à pied sur la voie ferrée, attendant une occasion de se glisser inaperçu dans un char vide, pour faire un bout de route à bon marché.D'ordinaire, je n'ai pas d\u2019égands pour cette classo d'hommes, mais il faisait si mauvais au dehors que, pris de pitié, je lui permis de se réchauffer à mon feu.rien dire, il w\u2019assit sur le siège KE MONDE ILLUSTRE que je luis avais poussé, et moi, sans plus m'occu- wr de lui, je repris ma sieste interrompue.Une heure s\u2019écoula.Un train entra en gare.l'étranger se lève, il s'en va, mais arrivé à la porte, il s'arrête pour me remercier de l'hospitalité que j'avais bien voulu lui donner.Je fus frappé du son de cette voix.Je l'avais déjà entendue, j'en étais sûr.11 me semblait même qu\u2019elle m'était familière.En tne seconde j'eus de la lumière, et je vis devant moi, non un vagabond ordinaire, mais un malheureux qui pleure, le visage duns ses mains.FEmu malgré moi, je cours à lui, et ayant relevé sa tite, je recule de surprise en reconnaissant.Lucien ! Lui, honteux, avait voulu s'enfuir, mais je l'avais retenu.\u201c _ _Non, lui dis-je, tu ne partiras pas, je t'avais perdu, je te retrouve et je te garde.Je veux savoir.Je veux que tu me dises.Lui, pleurait toujours.Alluns, cuntinuai-je, calme-toi, et prenant mon propre mouchoir j\u2019essuyai ses larmes.Alors seulement, je remarquai l'extrême pâleur de son visage, ses yeux enfoncés sous l'orbite et «es lèvres minces.Il était malade, bien malade, le pauvre ami, et il voulait s'en aller braver de nouvenu le froid et la neige.Oh non! mon aumnitié ne le permettrait pas.* + * Depuis plusieur: jours, que Lucien partageait ma chambre et ma table, sa maladie avait empiré.I! était pris de la poitrine et il avait déjà eu deux hémorrhagies abondantes.Un matin, en rentrant, je le trouve habillé, prèt à sortir.\u2014Où vas-tu Ÿ lui dis je.en cet état, j'espère ?\u2014Oui, me répondit-il, ie ne saurais rester ici plus longtemps.J'ai même abusé de ton amitie Tu ne vas pas sortir dont je suis indigne.Oh ! si tusavais !.\u2026.\u2014 Mais, repris-je, où veux-tu aller ?T1 ne savait pas.A l'hôpital peut-être, si on voulait le recevoir.Comme je me récriais, il ajouta : \u2014L'hôpital ne vaut-il pas mieux que la prison Ÿ Et se jetant sur une chaise, il s\u2019écria : Autant vaut tout te raconter et il me fit le récit de sa vie depuis qu'il était parti de ML.Le bateau sur lequel il s'était embarqué, était un grand Yateh appartenant à un banquier véreux qui le faisait servir à la contrebande de liqueurs entre les Îles Saint-Pierre et Miquelon et la côte américaine.Le capitaine ct presque tous les hommes du bord étaient des repris de justice et pendant deux années, il avait véeu de leur vie, puis tout à coup, la douane avait saisi le yatch et son contenu, puis elle avait fait arrêter tout le personnel, Il était arrivé que Lucien et l'un de vs camarades étaient absents pour quelques heures lors de la descente de In police dans le bateau Lorsqu'en revenant, ils avaient nppris ce qui s'était passé, ils s'étaient enfuis du bourg où ils étaient pour se réfugier dans une des grandes villes d'a Ecats Unis, où, pendant six mois encore, Lucien avait vécu dans la fange, fréquentant les cabarets les plus perdus, puis, un jour qu'avec plusieurs jeunes gens, il jouait aux cartes en buvant, il s'était élevé une querelle qui s'était terminée par des coups de couteau.L'un d'eux était mème resté sur le carreau, dangereusement blessé.Les autres s'étaient dispersés avant l'arrivée de la force publique.Cet événement avait enfin ouvert les yeux de Lucien, il se dit que c'en était trop de cette vie, et il jura de s'amender et de remonter un à un les degrés de l'abime où il s'était Inissé choir.11 se fit à lui même le serment que jamai- un verre de liqueur n'approcherait désormais de ses lèvres, et il avait tena parole.Je vis, a fon regard, qu'il disait vrai et qu'il ne faillirait pas.Après sa vie de débauche, il me dit les souffrances innombrables qui avaient été siennes, et les mille diticultés qui s'étaient élevées sur son chemin quanel il s'était agi de gagner sa vie hon- nôtement.11 avait connu ln misère noire, les humiliations les plus profondes et, lorsqu'il eut fini sou histoire, je me surpris à me demander laquelle était la plus grande de la faute ou de l'expiation 1 Oui, il était descendu bien bas, le pauvre jeune homme, mais aussi comme il avait souffert, comme il avait lutté courageusement ! L'opinion puhligre, rans doute, ne lui tiendrait pas compte de ses efforts, mais moi, est-ce que, en face de son repentir, je n'allais pas oublier ta eul- pabilité pour ne me ressouvenir que le malheureux avait plus que jamais besuin d'amitié et de soutien, car il allait mourir, je le pressentais, et, quand après l'avoir décidé à rester quelques jours encore avec moi, j'eus fait venir un médecin, celui- ci ne me cacha pas que \u201cce serait bientôt fait \u201d ; puis il me demanda ce que je prétendais faire de ce malade.J'avouai que j'étais fort embarrassé étant moi-même chez des étrangers, mais que je ne pouvais pas le Inisser aller mourir sur la route.À son tour, il me parla d'hôpital ! ve me récriai de nouveau, il me semblait que ceux qui laissent des leurs mourir dans ce lieu, commettent presqu\u2019une infamie.Je comprenais qu\u2019on put y aller pour subir une opération quelconque, mais pour mourir de la mort des phtisiques ! rien ne me semblait si triste et j'aurais tout donné pour éviter cette nouvelle souffrance à l'ami que j'allais perdre à jamais, cette fois.Puurtant, je dus me rendre aux justes observations du docteur et aux pressants désirs de Lucien lui même.Il ne lui répugnait pas d\u2019être conduit là, et inscrit sur la liste des pauvres.Peut-être même y trouvait-il une certaine consolation à la pensée «l'ajouter un nouveau sacrifice à son expiation.A vrai dire, lorsque je fus témoin des soius in telligents et dévoués qu\u2019il reçut à l'hôpital de M.je «lus revenir de mes préventions contre cette institution.Pendant trois semaines, la maladie de Lucien tit peu de progrès.J'allais le voir chaque jour et je m'étais presque repris à espérer qu\u2019il pourrait retourner à In santé et.qui sait.je pourrais peut-être tenir mon serment de le rendre, régénéré, à sa fiancée.Hélas ! c'était une illusion, car, en deux jours, il devint si faible qu'il parlait avec peine, et que le médecin déclara qu'il n'en avait que pour quelques jours à vivre.L'aumonier vint faire son œuvre de pardon, il trouva une âme convertie et repentante qu\u2019il laissa résiguée et confiante dans l'Intinie Miséricorde.* * * Le Ciel l'avait absous, mais il lui restait sur la terre deux pardons à obtenir : celui de son père qui l'avair maudit et celui de la fiancée dont il uvait brisé le cœur par son abandon.Tl me fit part de son désir, et me dit quelle consolation ce serait pour lui de mourir réconcilié avec son père et avec la pensée que lorsqu\u2019il ne serait plus, les lèvres de celle qu'il avait aimée murmurernient pour lui une prière et le pardon.Je comprenais quelles devaient être ses impressions et je résolus de lui procurer cette dernière joie.J'allais être témeraire.mais elle l'avait aimé, elle ne saurait être insensible à ce désir d\u2019un mourant.Je me rendis donc à la demeure de Mile D.Une servante me reçut, Me fit entrer dans une salle où elle me pria d'attendre, pendant qu\u2019elle portait ma carte à sa jeune maîtresse, qui parut presque aussitôt, toute émue et tremblante, car elle avait compris qu'il s'agissait de Lucien ! Elle était là, immobile, voulant m'interroger et trop trouble pour le faire, craignant peut être d\u2019apprendre quelque chose d'affreux.Entin, elle parvint à se calmer un peu et, m'ayant offert un siège, ello me demands a quoi elle devait l'honneur de tua visite.\u2014Ne le devinez-vous pas ?répondis je, avez-vous oublié celui.Elle ne me laissa pas le temps de continuer, et me suppha au nom du ciel de lui dire ce que je snvais ; et je lui tis le récit des misères et des regrets de l'infortuné.Puis, quand je lui annonçai qu'il était mourant dans un lit d'hôpital et qu'il attendait son pardon, elle éclats en sanglots et s'écria, effarée : \u2014 Attendez-moi, j'y vais.i ; Mais, après une seconde de réflexion, elle ajouts qu\u2019elle ne pouvait faire cette démarche sans l'us- sentiment de son père.Cependant elle promit qu\u2019elle viendrait dans l\u2019après midi.Quand je revins auprès de mon ami, heureux de lui apporter cette nouvelle, un, homme était là, penché sur son chevet : c'était son père qui, averti par l'aumônier, venait retirer de la tête de son enfant la malédiction dont il l\u2019avait accablé trois années auparavant.A deux heures de l'après midi, une religieuse, accompagnée d\u2019une jeune fille voilée, était auprès de notre malade, Elles restèrent quelques minutes à peine.Après leur départ, on avait entendu Lucien murmurer : \u2018\u201c Maintenant, je serais heureux de mourir.\u201d Et, en effet, l'angelus du soir emportait son âme.* * + Il y a maintenant deux années que Lucien L.repose dans le petit cimetière de S.Sa fiancée est toujours fidèle à son souvenir.De temps en temps je la vois, et nous parlons de lui ensemble.Parfois aussi nous sortons tous deux, et si le hasard p'ace sur notre route un homme ivre, aussitôt deux larmes perlent à ses cils et, si je la regarde, attristé par cette douleur muette, elle me rassure en disant : \u2014IÎls ne sont pas amers, ces pleurs.Je préfère l\u2019aimer dans la tombe que de l'aimer.perdu.Si, à toute heure du jour ou de la soirée, quelques lecteurs voulaient me suivre dans le restaurant malpropre dont j'ai parlé au cours de cette histoire, ils y verraient un grand gaillard tout dépenaillé, In figure traversée par une large balafre.ll est ivre presque toujours, et il a souvent des accès épouvantables de «deliriren tremens.Quand il fatigue par ses cris et ses imprécations quelques uns des habitués du lieu, on le prend par les épaules et on le met brutalement à la porte.Ce personnage méprisable n\u2019est autre que M.Roger.En voilà un qui paye de sa propre dégradation les atteintes qu'il à portées sciemment au bonheur et à l'honneur d'autrui.NOUVELLES A LA MAIN Amie mielleuse-\u2014Trouves tu des lettres, quelquefois, dans les poches d'habit de ton mari ?\u2014Onii, toutes celles que je lui donne pour mettre à la malle.+ + * Dialogue de la rue : Tu vois ee monsicur 7 1 a contribué a essuyer bien des larmes.\u2014-Quel bon cœur ! Que fait-il done \u2019 11 est marchand de mouchoirs.+ + * Entre gendarmes.\u2014 Garçon, de l\u2019eau ?De l'eau ?Pourquoi faire?\u2014 Mais pour boire, Tu es fou !.De l'eau '.Quand tu en as seulement dans tes hottes, ça t'enrhume.Et tu t'en mi ttrais dans l'escomue ! UN MOYEN FACILE PE VENIR EN AIDE A DE PAUVRES MISSIONS Recueillez les timbres-postes oblitérés de toutes nuances et de tous pays et envoyez-les au Rev.M.Barral, Missionnaire 4 Hammonton, Nouveau- Jersey, Etats-Unis.Veuillez donner de suite votre adresse et vous recevrez avec les renseignements nécessaires un beau Souvenir des Missions d\u2019Hammonton.Trouvée, la raison de la grande popularité de la Sarsepareille de Hood, C'est simplement celle-ci : les cures de Huvd.Suyez sûr d\u2019avuir celle de Hood pa To man LITE wT es 4e = tn, 2, LE MONDB ILLUSTRE 2 REGRETS FTERNELs NOTES SUR L'EXPOSITIUN DE! CH CAGO \u2014Dix hit Tndiens de la Boliie| (Amérique du Sad) sont en route; pour l\u2019Kxposi'ion ; parmi eux sa tron- ve un géant qui, assure-t-on, a une hauteur de neuf pieds et dix pouces âgé de vingt cinq ans et pesant 418 livres.\u2014Une reproduction exacte de l'église de 8t Pierre de Rome sra exhibée à l'exposition de Chicagn.Le Modèle est pris du plan de Miche) Angela.La bâti-se doit être d- 50 2150 picds et sera érigée an prix de £100,000.! \u2014 L'Etat de New York doit exposer | à Chicago une immense carte repré sentant dans tous ses détails son sys | tème de canaux.On ve fera une idée \u2018 de la grandeur de cette carte quand on saura qu'elle pèse six tonnes.Ce ne #rait guère plus de trouble de transporter tous les canaux même, | \u2014Îl et arrivé au Jackson Parc un groupe de 125 natifs de l'Ile de Java, dont la plupart sont des femmes parti l-squelles des danseuses appartenant à la Cour du Sultan de Sœæra karta.L'originalité de leurs costumes et | ur apparence ne manque ront pas d'at'irer la curiosité des vi.aiteurs de l'Exposition.\u2014Un globe terrestre de proportions immenses sera expræé à Chicago.C'est une reproduction de la terre ayant un peu plus de 20 pieds de dia mètre avec une circonférence de 63 pi-ds, une superficie de 2,276 pied.et pieds et pesant plus de 4050 ii vres ; ce globe reposera et pourra tourner sur une axe et sera absoln ment conforme à ceax que l'on voit en petit dans les é:oles.Ce modèle est construit par & ctions ; aussitô qu'elles seront expéd ées à Chicago et on les réunira sur place.\u2014On sait qu\u2019à l'exposition de Chi cago, un palais spécial, le Woman's Huiiding, sera réservé aux travaux des feumes du monde entier.Le comité français, soun |« présidence de Mme Carr ot, à jugé qu'il était inté resant, au point de vua national, d'adjoindre à son exposition une reconstitution de l\u2019histoire du costume.C-tte tâche difficile n été confiée au syndicat de l\u2019Aiguille qui s'en ect tiré à son honneur.Depuis la Gauloi-e et la femme du moyen âge jusqu'à In Frar çaise du règne de Louis Phiippe.da l'Kmpire et de la troisième Répu b ique, toutes Jes diverses phases de ln toi ette féminine française sont pas sées en revue avec une scrupuleuse exactitude d'étofl's, de broderies et de bijoux.Des poupées resêtaes de costumes variés ont la cuiffure et l'at titade en harmonie avec l'époque qu\u2019elles représentent.\u2014\u2014\u2014 CHOSES ET AUTREs \u2014On dit qu'il y a en Chine besu- coup de ponts en piarre qui datent de 1000 ans avant J.C.\u2014 D'après le tehlesu mortoaire des compagnies d'assurance anglais 6, cinquante pour cent des auteurs et how- mes d'état, quarante deux pour cent des membres du clergé, trente pour cent des avocats, vir gt-sept pour cent des médécins atteignent l'âge de 70 ans.- AMPLEMENT ENDOSSEE Fat le réclame de la S«rsrpareille de Huod, sadressant au sens commun, refléchi, des gens qui pensent ; tellement bien cautiouuée toujours que dans le monde de la finance elle an- rait reçue sans aucune hésitation.Ces témoignage c'ablissent que CELLE DE HoGD GUERIT Les Pilales da ood guérissent les msladira da foie, la bite, le mal de téte, la constipation.ee BREUVAGE A LA MODE Le Chocolat Menier est un breuvage à la node, Ea avez-vous jamais fsit usage.Adresssz une carte postale à C Alfred Chouillon, Montréal, pour un échantillon +t mole d'empioi.\u2014_\u2014\u2014\u2014 Des MATHIEU & BERNIER Chirargiene-dentistes, coin des rues du Champ-de-Mars et Bonseconrs, Montréal.\u201c2traction de dents par le gaz on l'électri- rité.Duntiers faits avec ou sans palais.R-atauration des dents d'après les procéies \u2018es plus modernea, Quérit la Goensemption, la Teun, le Oreup, lee Maux de George.En vente nez tous les pharmaciens avec garantie Vendu par } E MeGALE V.ROY & L.Z.GAUTHIER Architectes et évaluateurs 162\u2014RUE SAINT - JACQUES\u2014162 (Block Barron) Victor Roy, L.Z, GAUTHIER, Téléphone no 2113, A VENDRE Une machine à tricoter, BON MARCHÉ S'adresser : 40, place Jacques-Cartier BMILE VANIER « (Ancien élève de l'Eoo0le Polytechnique INORNIRUR CIVIL.ARPENTEUR 07, rae Bt-Jaoques, Roya) Building Montréal Demandes de hreveta d'invention, marque de omme ce etc, prépa éas pour le Canada nt l'étraiger.LES CAUSERIES FAMILIERES 52 NUMÉROS PAR AN 24 Gravures coloriées, 15Patrons découpés, 12 Planches de patrons et broderies, Modes pratiques, savoir-vivre, partie littéraire morale et soignée.84.00 PAR AN Edition notre à $7.40,avec 12 gravures cosoriées et 15 patrons découpés.$3 A per an, à l'étranger, Directrice : Mme LOUISE D'ALQ, 4, rue Lord- Byron, Paris Abunnements reçus au Monds Ilustré, ATTRACTION sans PRECEDENT Plua d'un quart de million distribue > Compagnie de la Lotterie de l'Etat de la wione Incorporée par la Légisiature pour les fins d'éducation e.ae charite, © ses franct.:-08 d clarmes, être parties de La presente cui.tutiou de l'Ktat en 1874, par un vo.ep.-pula:re Laquelle expiro le 1er Janvier 1895 Les Grands Tirages Extraordinaires Ont lue U veri.-anguelleme.tiJu n et Dencs:n- bre et les Grands Tirages S8imples ont i.gy mens.ellement les dix autres Mois de | .p- née.(\u2018esti ages ont lieu en poblic, à l'4-n.demie de musique, Nouvelle-Or car 8, Le.Ronommée depu\u2018s pl s de £0 ans pour l'intégrité de se.tirages ot e tr mpt paiement d.8 pr.X, dont suit attestation \u201c* Nous certifions par l 8 préseutes que rune surs elllons lea arrangements faits po rie tirages men uel et semi-Annuess de las m.pagniede Loterie de l'État de la Lou.-:ine Que us ger ns et «ontrolon- person: ie.men\u2019 les tirages nous-mames et que (4; est conduit avec hounêtete, franchiee «t tome foi pour t us lus int ron-és: nous autori-ma In Cormpagai: à se ser .(r de ve vertiti \u2018at vee des facaimile de n08 signatures à tachiv- dans les annonces \u2014 Commissaires Le Colonel (*.J.Villers succe te aut, corat Peaurega d comine \u2018unae n scomm.sires pour surveiller nog 4.ages mensuels et au8.À zoat du dep: français.PixrR& DUPONT, Inap.des Agences DEMANDEZ A VOTRE EPICIER LE CÉLÈBRE CHOCOLAT MENIER Ventes Annuelles dépassent 33 MILLIONS de Livres.Korire pour Echantillons gratuits à C, ALFRED CHOUILLOU, Montréal, rv P VIN oe VIAL PHOSPHATE DE CHAUX, VIANDE ET QUINA Tonique puissant pour guérir : ANÉMIE, CHLOROSE, PHTHISIE ÉPUISEMENT NERVEUX Aliment Iatispencadlo Cane lee CROLSRANCES DIFFICILES, Longues convaloscences et tout état de langueur caracténsé par la perte de l'appéut et des forces.J.VIAL, - Chimiste, - Lyon, France, ÉCHANTILLONS GRATUITS ENVOYÉS AUE SÉDEC NA S'Adresser À C.ALFRED CHOVILLOU Ageat Gendral pour le Canada, MONTREAL, A1.Un Article Parfait TITLE BAKING POWDER .La qualité la plus pure de Créme de Tas te ; 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