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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 1 juillet 1893
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1893-07-01, Collections de BAnQ.

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[" LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS : lux ANNÉE, No 47% CHAMEDT, lee JUILLET 1802 ANNONCES: Un an, $3.00 - - - Six mois.$1.50 La ligne, par insertion - - - - .10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPAIETAIRES.Insertions subséquentes - .- 5eents Vendu dans les dépôts - -_ Teenls la copie Berkeacx, 40, PLACE JACQUES-( 'ARTIER, MONTRÉAL.Turif spécial pour annonces à long terme t ¢ w Lai ai me - Ed org SAINT-HENRI (PRES MONTREAL \u2014 LE MONUMENT JACQUES CARTIER Photographie J, N.Laprés\u2014l\u2019hotogravure Armstrong ne 1 tA AAA = re bt.48 LE MONDE ILLUSTRE LE MONDE ILLUSTR MONTRBAL, ler JUILLET 1893 SOMMAIRE TuxTE.\u2014Entre-Nour, par Léon Ledieu.\u2014Dernier salut au drapeau, par Jules Saint-Elme.- Lettre d\u2019Acuslie, ar Jules [anos, \u2014Nos banques Canadicnnes, par J.Nt KE.-Voésie : À mademoiselle B.de M.par Mont du Liban.\u2014Les caravelles, par tiermain Besu- lieu.\u2014La Côte «du ** Colonel,\u201d par Régis Roy.-La Statue de Jacques-Cartier, par EF.2.Massicotte.\u2014 Conventum du collège de l'Assomption, par J.St-F.Nouvelles à la main.Chronique artistique, par Du- fræsne.Fu clic win de fer, par Fauvette,-Notes et faite : Les premières horloges : Sables qui chantent, par Le Chercheur.Rapport de la Banque Jacques- Cartier.Rapport de la Banque Ville-Marie, \u2014 Pari d'un Anglais.Choses et autres.\u2014Noa Feuilletons.-Problèmes d'échecs ot de dames.LRAVURES.\u2014Nat- Henri de Montréal : Le monument Jacques-Cartivr.\u2014 Les trois caravelles de Christophe Colomb dans le port de Montréal : La Santa Maria : La Pinta : Le Ninu.\u2014Les fêtes du collège de l\u2019Assomption : Groupe des anciens élèves.\u2014l\u2019ortraits : M.Dageuais, maire de Saint-Henri : M.J.A.Vincent, sculpteur.-Gravure du feuilleton.PRIMES A TOUS NOS LECTEURS LR MoxnR TLLUSTRÉ réserve à ses lecteurs tnêmes l'escompte ou la commission que d'autres Journaux paient à des agents de circulation.Tous les mois, il fait la distribution gratuite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nombre de 94 ; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : 32, $3, 84, 85, 810, 315, 325 et $50.Nous constituons par la, comme les zélateurs du MoNbR ILLUSTRE, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le méme pied do rivalité ; c\u2019est le sort qui décide entr\u2019eux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque mois, par trois p-rsonnes choisies par l'assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront chaque tirage.NOS PRIMES LE CENT-NEUVIÈME TIRAGE Le cent-neuvième tirage des primes mensuelles du MoNbE ILLUSTRÉES (numéros datés du mois de JUIN), aura lieu samedi, le Ter JUILLET.à deux heures de l'après-midi, dans nos bureaux, no 40, Place Jacques-Cartier.fe public est instamment invité à y assister, ENTRE NNOUS.A fête, que dis-je ! les fêtes nationales, les grandes fêtes nationales sont terminées, et le peuple, épuisé des efforts patriotiques qu'il a faits en ces jours de liesse, re repose et dort.Nos orateurs, selon l'u sage antique et solennel, ont dit, sinon prouvé, que nous sommes la premiere nation du monde, la plus religieuse, la plus morale, la plus étonnante que l'humanité ait jamais enfuntée, que nous avons une mission à remplir, cette fameuse mission qui doit transformer la terre, l\u2019épurer, la rendre meilleure et en faire un Eldorado ; nous summes la fontaine de Jouvence, l\u2019é- lexir de longue vie, la panacée universelle et, chose étonnante, on dit qu'il y a encore des gens qui semblent ne pas le comprendre, ne pas être convaincus de cette vérité indéniable et qui ferment les yeux devant la clarté aveuglante de cet axiôme.Pauvres gens ! L'avenir, qui est, diton, le miroir du passé ot ln conséquence du présent, leur prépare un chemin de Damas, dont ils ne pourront Re détourner, ot les écailles tomberont de leurs yeux à leur grand étonnement, Ceci est tellement évident, que tenter de le prouver serait œux re de fou où tout au moins de cerveau fêlé.*,* Cependant, car tout paysage à ses ombres et toute vérité son côté faible, me serait il permis de faire quelques réflexions à propos de la manière \u2014pure question de forme, puisque le fonds est inattaquable \u2014dont les choses se sont passées.Au banquet, par exemple ?Comme je n\u2019y étais pas, je me contente de lire le menu et les santés, \u2014 MENU \u2014 Shupe FURER CRECY Jravo | Merci ! ! Vive l'Angleterre ! ! ! Nous sommes en plein jour de fête nationale, en plein jour de St-Jean- Baptiste, c'est le jour de fête annuelle de 1a France du Nouveau Monde.Ban quettons, mes amis | Asseyons nous tous, enfants de Ia France, au banquet de la Patrie ! ! A table et n'oublions ni notre histoire, ni notre passé, ni notre mission : à table ! Attaquons le potage, chers fils des hauts faits de ln Gaule, grsta Dei per Francos ! Ce potage, comme l'indique son nom, est une attention délicate, et nos cousins de France seront fiers, demain, en apprenant que nous n'oublions rien de ce qu\u2019ont fait et souffert nos aieux.Ce potage, cette soupe, est une purée Crécy.Un heau nom, mes amis, qui rappelle un grand jour où les Anglais firent une purée de Francais, à la bataille de Créey Ce seul mot nous reporte à six siècles en arrière ; ve fut un grand jour.que ce potage nous rappelle d\u2019une manière si patriotique qu'il faut en «dire quelques mots.\u201c L'armée française est mal pourvue d'engins et de machines ; ses vivres ne Sont pas assurés : le roi et In noblesse estiment que le courage supplée à la prévoyance, et que l'élan chevaleresque surmonte tous les obstacles.* Le nombre, l'inprévoyance, la discipline, I'infériorité du nombre : de part et d\u2019autres un courage égal.\u2018l'elles sont les conditions dans lesquelles s'engage la lutte.\u2018\u201c La bataille de Crécy est le premier grand dé- sustre que l'armée royale subit par son imprévoyance, Philippe de Valois avait une armée de 70,- 0UU combattants.\u201c Edouard ITI n'avait que 30,000 soldats : son fils, le prince de Galles, portait une armure de bronze bruni, qui lui valut\u2019 le surnom de Prince Noir.Le roi Edouard, dit Froissart, n'avait ni casque, ni cuirasse, mais un chapeau et un pourpoint en velours vert, brodé en or ; il tenait un bâton blanc à la main.\u201c Dans l\u2019armée française, le combat avait été engagé par les arbalétriers génois.Mais l'impatience des chevaliers était telle que, voyant les Génois repoussés par les archers anglais, Philippe s'écria : « \u2014Or tôt, tuez toute cette ribandaille, car ils nous empêchent la voie ! \u201c Apres la purée de la ribandaille, faite par les Français, commença la purée de la chevalerie fran- aise par les archers anglais.\u201d Merci aux organisateurs de la Saint-Jean-Bap- tiste d'avoir choisi, pour soupe, une aussi bonne purée portant un nom si plein de souvenirs ! On n\u2019est pas plus Français.*,* C'estau même banquet que le président n porté «de la santé de l'rance et non celle du président de la République francaise, bien que l'on n'eut pas proposé la santé de l'Angleterre, mais celle de la reine.Encore une attention délicate à laquelle les Français de France seront tres sensibles, bien qu'ils \"agissent ainsi.\" À y à quelques jours, en effet, l'amiral Cavelier de Cuverville, commandant en chef, préfet du premier arrondissement maritime de IF rance, don- naît un grand diner en l'honneur de l'état-major du croiseur russe (\u2019énoral Amiral, arrivé sur rade de Cherbourg, In veille.Entre parenthises, tous ceux qui ont connu l'amiral de Cuverville, à Montréal et à Québec, savent qu'il n\u2019est pus tout a fait républicain, mais qu\u2019il est aussi français que le drapeau tricolore.; Or, voici le texte du toast tres significatif porté par l'amiral : « Messieurs.* Chez nos voisins, auxquels nous pouvons en prunter bien des choses excellentes, il est de tradi tion qu'aucun tosst ne soit porté avant la santé du chef de Etat.Cet usage est bon à suivre : il attirme le respect dû à l'autorité ; or, ce respect est une force.Messieurs à la santé du président de ln République française ! \u201d \u201cEt, maintenant, le moment est venu de porter cet autre tonst qui, j'en suis persuadé, est depais longtemps sur vus lèvres : .w Aux amis de la France ! à fa yanille impr riale de Russie, dont l'angueste chef prodiguait naguère à la marine francaise des témoignages de sympathie dont notre pays tout entier lui reste reconnaissant ! A la nation russe, à son armée et à sa flotte que symbolise le nom meme du biatiment auquel nous sommes heureux d'offrir l'hospitalité * \u201c Au début de ma carrière, j'ai pris part au duel gigantesque d'artillerie qui s'est livré devant Sébas- topol ; dans des combats mémorables, nos deux armées ont fait preuve d'une cale vaillance, de In même abnégation ; elles ont appris à se connaître et À s'apprécier.Ces luttes du passé n'ont lnisgé derrière elles aucune amertume : au contraire, elles ont engendré les sentiments d'estime et de mutuelle sympathie que fortitient aujourd'hui des intérêts communs.En est il une meilleure preuve que la réception magnitique faite, il v a deux ans, à la division de l'amiral Gervais > Cet accueil, dont le retentissement dure encore, a été le point de départ de ces échanges d'amitié qui se manifestent entre les deux marines sur tous les points du globe.\u2018* Soyez donc le bienvenu parmi nous, commandant Besobrazoll' ! et lorsque le Général-Amiral aura rallié les eaux de la Néva, dites bien à vos compatriotes qu'ici comme à Cronstault, les cœurs battent à l'unisson.« Messieurs, à nos hôtes Musses vn la France ! nux amis de Les paroles de l'amiral de Caversille méritent d'être méditées ; mais, pas en Canada où, parait il, on a une certaine manière de comprendre les choses que nulle nation n\u2019a encore imitée ; c'est ce qui fait peut être la force de notre pays.Passons l\u2019éponge.*2* Les Anglais en riraient, et ils «uraient bien raison, s'ils n'avaient lieu d\u2019être profondément attristés en ce moment par un désastre maritime épouvantable.Un magnifique navire de guerre anglais, le Fic toria, abordé par un autre navire de la flotte dont tous deux faisaient partie, à sombré dans la Méditerranée, en grins minutes, en engloutissant quatre cent trente officiers et marins de l\u2019équipage.i.\u2019amiral Tryon est mort à son bord.Le soir du jour où ce drame se passait entre ciel et terre, lady Tryon donnait sa premivre soirée de la saison et deux cents invités se pressaient dans les salons, quand la nouvelle de la mort de son mari lui fut annoncée.Flle tomba évanoure.Que de veuves, que de mères en larmes aujour- d'hui ! Ce n'était cependant pas cette mort que révaient ces vaillants soldats ; ils pensaient mourir un jour de bataille, face à l'ennemi, mais la mer voulait sa proie. LE MONDE ILLUSTRE 99 *,* Je voudrais bien finir un peu gaiment, mais cela n\u2019est guère possible, en n'entendant parler que jeunes gens qui se noient, de maris qui tuent leurs femmes, de caissiers qui volent et d'un tas de mé faits de toutes sortes.On voit que les chaleurs commencent et que les mois des crimes sont toujours les mêmes.O soleil ! qui donnes tant de bienfaits, quelle revanche tu prends, à Phébus \u2018 TD DERNIER SALUT AU DRAPEAU [æ présent numéro du MoNbR ILLUSTRE arrive juste au créposoule de nos fêtes nationales.Les brillantes rolennités que toute la race francaise- canadienne, représentée à Montréal, vient de chômer avec entrain, laisseront dans tous les cœurs, c'est à espérer, de durables et pratiques souvenirs.Notre journal se joint à tous les vrais patriotes qui font monter vers le ciel des vœux ardents pour que Dieu bénisse nos enthousissmes généreux et leur donne tout l'effet dont ils sont dignes.Veuille la Providence permettre qu\u2019en célébrant la dédicace du noble éditice, qui va être son légitime orgueil, la nationalité canadienne sit pris, en ced jours de récollection vt d'encouragement, des résolutions énergiques pour fonder sur des bases solides, l\u2019y maintenir malgré les vents et l'orage qui gronde, cet édifice encore bien plus majestueux, plus important : son existence nationale, Pour nous, avant que le drapeau du Canmls français ne descende de ln pointe des mits, piédestal d'honneur où il a été acclamé ces jours ci et à bon droit, nous lui envoyons de tout cœur un dernier vivat d'amour, un dernier salut plein de respect.JULKR SAINT-ELME.LETTRE I'ACADTE Juin, IS93, Aimables lectrices, Chers lecteurs.ORSQUE, sous les premières poussées de la sève, les boutons craquent au bout des branches, il passe dans Pair un besoin d'épanchement, dans le cerveau une vague mélancolie, dans les bras unelassitude immense, dans lu gorge un appétit et un déguüt dont tout être bénéficie et pâtit.La fraternité des mondes semble plus intense alors dans le travail mystérieux du fluide printanier, qui rend humain ce qui était bête, et bête ce qui, d'ordinaire, était humain.C'est la réflexion qui se présente à mon esprit au moment où je hasarde mon histoire vraie : peut- être vous donnera-telle la clef du ton étrange qu\u2019elle prend ! Jugez plutôt : Je m'étais vautré dans l'herbe, sous un frêne, au bord d\u2019un sentier qui ne sert qu'au débardage des bois en hiver ; loin de mes frères raisonnables, et pendant que j'attendais In dryade ou le faune des poètes, voilà que j'entends un claquement de langue voluptueux.Si j'avris eu d'alignés, sur mon album, seulement deux vers, j'aurais conclu à l\u2019ébahissement de la nature sn présence de son chantre ; hélas ! pas même je n'avais équilibré deux césures ou voilé déliratement d\u2019un mot vaporeux une pensée ténue.bouquet de bruyère sous une toile d\u2019araignée, le matin, avec les gouttes châtoyantes de la rosée et les premiers feux de l'aurore ! Du reste, le bruit changea bientôt ou s\u2019accentua, et je crus au picotement d\u2019un pivert dans la branche sèche d'un bouleau ; puis, je conatatai que, tout bonnement, c'était une corde tendue le long d\u2019un mât, planté dans cette solitude pour quelque pique nique d'antan, et que le vent faisait clapoter.Saisissez-vous l'analogie entre ces différents actes, clapoter, picoter et claquer ?Non !\u2014Ni moi, je l'avoue ; mais pourtant, la vague sur son lit de sable, l'oiseau sur son arbre, la corde contre xs harpe et votre langue divine dans votre bouche adorable s'unissent dans une harmonie initiative quasi identique.Ces choses diverses se parlent et me parlent, au printemps.On peut se mettre le duigt dans l'œil quand il s'agit d\u2019en savoir le pour quoi ! /feu mihi ! J'en étais là quand, au-dessus de ma tête, planèrent les deux ailes noires d'un corbeau.A son croac, croac, et son coup d'aile par en bas, j'eus peur qu'il ne me prit pour un cadavre ; mais je me trompais ; il s\u2019abattit sur la pointe d'un sapin, vis-à vis de moi, et trois fois me dit plus doucement : croa, cro, crod, en inclinant son bec noir et velu, et, distendant à mesure qu\u2019il l\u2019élevait, sa queue moire et jais ; tout de même que l'on fait les salamalecs dans certains pays.J'ouvrais la bouche pour lui rendre ses civilités quand, d'un movlleux mouvement de recul, il disparut derrière le rideau de verdure.Certainement nous eussions lié conversation s\u2019il n'eut été gêné, sans cloute, par l'arrivée d'une promeneuse dont j'attendais le menu trot.Elle me flaira, la noble bête aux cornes en croissant, avant de m\u2019approcher ; braqua sur moi ses grands yeux ronds et mi-clos ; allongea le cou vers mon visage et de sa langue, douce comme une râpe, hasarda un baiser que je refusai.Ce dédain de son amour fâcha ma vache : elle coucha ses cornes en arrêt contre mon flanc gauche et m'eut crevé le cwur, ainsi que les amantes évincées des romans, si je ne lui cusse piqué le museau du bout de mu tadine.Elle renitla d'un air courroucé, fouetta bruyain ment de son appendice caudal ses maigres jarrets ot continua son chemin.Que cherchait-elle par ces sentiers perdus 1 Elle ne broutait point au passage les guzons débordants de sucs et d\u2019arômes ; elle avait la tournure «un philosophe qui poursuit distraitement son idée, d\u2019un être supérieur métamorphiusé par quelque puissance souveraine et condamné à seutir tout ce que nous sentons sans le pouvoir traduire par la parole.A moins qu\u2019elle ne fût ramenée des champs, là- bas, par sa jeune maîtresse qui musait en arrière ' Et, de fait, un pan de jupe parut au détour ; une petite créature de dix à douze ans perdait, dans les plis trop larges du vêtement, ses membres fluets : ses jambes nues étaient safranées : son minois était niché sous le mouchoir de noir linon des Acadiennes, des paysannes du fond des campagnes.En arrivant sur moi elle eut peur, et, comme une petite bête effarouchée qui craint de reculer, elle rasa le talus opposé en couvrant son visage d'une main et se prit à fuir, étranglée par des cris contenus d\u2019épouvante et de larmes.J'ai encore le cœur gros d\u2019y songer ! Je n\u2019osai pas même la rassurer d\u2019une appellation tendre ; et, c\u2019est alors que je m'enfonçai dans mes théories, à ln façon d'Ovide.Sur mon album je lisais, en levant la séance, un titre de nouvelle dont le plan m\u2019échappe.Mais, j'ai humé du soleil, de la brise tiède, chargée des parfums des fleurs et de l'âcre saveur des sapi nières ! Oh ! mes chères lectrices, je voudrais vous faire les honneurs des plages acadiennes de la baie Sainte-Marie ! Peut-être craindriez-vous de troubler la solitude des bois où j'ai vu, moi, de si étranges choses ; mais, la grève suflit au délassement, à la volupté des sens et du cœur.Je dirais à chacune, après connaissance faite, le site qui vous irait le mieux.Il y en a pour tous les goûts et tous les caractères.Une femme rogue aimerait la falaise de Chicabhan où poussent des urLies, des chardons et des touffes rachitiques d'épines-vinettes.Mais il est rare que fille d\u2019I°ve égare ses pas de ce côté.Nissiboo, avec sa rivière où se mirent des collines, où glissent des périssoires qui se hasardent dans la baie, charmerait une Ame poétique.D'autres encore préféreraient Sainte-Croix.Imaginez-vous un mamelon, haut, plus haut, encore \u2014\u2014_.HIS plus haut, coupé vers la mer en glucis très raide, et ce glacis habillé de luxuriantes végétations dont on ne voit que les cimes, et la morte-cau, tres-bas, au fond, qui n'a presqu\u2019un paperment de lèvres ; et la cascade qui débouche 1a et saute telle quelle à l'eau comme une baigneuse étourdie ! Je me tais, sans quoi j'y courrais : c\u2019est si frais, si large et si magnétiseur ! kn fouillant la côte, on découvre aussi des ca chettes, profondes, des rochers qui se «ressent comme les monuments de Karnak et que ln haute mer cerne deux fois le jour, avec des landes semées d\u2019écueils et de varechs, tout autour, et sur lesquals on peut se permettre des sauteries et des courses qui fleurent bon la santé, la jeunesse et l'amour.Vrai, ces plages évoquent la poésie.Je ne dis pas les jours de brume, vous ne verriez point votre caniche à six brasses de vous, mais en tout autre temps.Je rougis presque de radoter, ainsi que j'en use aujourd'hui, surtout de partir sur les pieds et d\u2019iar- river sur la tête.Du reste, il fallait que je finisse par un malheur cette après-midi nerveuse que je vous conte pour me détendre.Une brave métayère égouttait du lait à sa porte.\u2014Hé, la mère, cela se baratte-t-il ?\u2014Moyennement, monsieur, moyennement.\u2014J'\u2019aime beaucoup le petit lait que vous presses dans la terrine ; il fait diablement chaud ! Voulez vous m'en baîller ane lau:pée (sic) ?La mère me fixa, soupgonneuse, et, come je paraissais bon sire, elle tira du dressoir un verre qu'elle essuya du coin de son tablier, soutlia de dans, le plonges dans le vase écumeux et plein d'œils jaunes.Je bus et lui rendis le gobelet.\u2014-l'a ravigote ; que faites-vous «de ce lait, la mère Ÿ \u2014Je le donne aux cochons, monsieur \u2018 .Pardonnez-moi le mot, chères lectrices, mais il a été lancé et croyez qu\u2019il m\u2019a été plus pénible de l\u2019empoclier qu\u2019à vous «le le lire.Toutefois, ceci confirme mon dire du commencement : Je me sur prends à réfléchir que certaines bêtes semblent bien humaines et certaines personnes joliment nature ' Je suis vengé, du moins, et ce n\u2019est pas perdre son temps et sa philosophie d'avoir, à ce prix même, une aventure pour égayer l'un, pour illustrer l'autre une histoire authentique.Sur ce, mes chères lectrices, permettez moi de fermer ma lettre et de vous inviter à croire à ma considération distinguée._ = / c&se CR NOS BANQUES CANADIENNES LE MoNDE TELUSTRÉ porte un intérét non équivoque à toutes nos institutions nationales qui nous font honneur.Il l\u2019a prouvé plus d\u2019une fois.Nos institutions financières, miroir tidéle de notre condition économique, ont toutes ses sympa thies.Il ouvre ses colonnes, aujourd'hui, à deux des principales d'entre elles, les banques Jacques- Cartier et Ville-Marie, pour démuntrer à son public, par un rapport officiel, l'état florissant de leurs affaires.Malgré les récentes catastrophes financières chez nos voisins des Etats-Unis et en Australie, ces deux banques ont fait une annde exception nelle.La banque Jacques-Cartier a porté sa réserve à 44 p.c.de son fonds capital : ses profits nets ont été de 280,127.96, Il n\u2019y a rien de surprenant à ce résultat pour qui connaît l'habileté de son pre sident, l'hon, M.Desjardins, sénateur et maire de Montréal, et de son caissier, M.DeMartigny.De mème la banque Ville-Marie, sous la pru dente direction de MM.Weir et Strachan n si bien fait que de pouvoir payer deux dividendes de 3 p.c.4 ses actionnaires et augmenter encore si réserve.Nos compliments et vœux «le succès à l'une et à l\u2019autre.\u2014J.ST-E, PATIO ~ ser.san terre am 100 A MADEMOISELLE B.DE M.Le radieux printemps est revenu vainqueur Du givre, des frimas, de la sombre froidure ; La voix des gais oiseaux vibre dans la nature, Et moi je veux chanter les grâces d'une fleur.De la Aeur de vingt ans, que j'avais le bonheur, D'entrevoir, l'autre jour, sous la verte ramure, Au jardin de ma mère.En ss blanche parure, Je la voyais encor dresser, avec ferveur, Un trône de lilas, de feuilles odorantes, Pour la fé.e de Dieu souriant re ir, Son bseu front ruisselant de perles ravissantes.J'enviais les lilas heureux de recevoir, Dans sa charmante main, ces perles merveilleuses.Elle enivre le cœur, comme les tubéreuses.Most vu LIBAN, LES CARAVELLES (Voir gravures) OLOMB, cette figure géniale dont l'immense rayonnement perce la brume épaisse d'un passé de quatre siècles, venait de découvrir l'Amérique.Par un coup d\u2019audace incroyable, il venait de grandir le monde du double et d\u2019en renouveler la surface.Il ouvrait à ses semblables, une ère nouvelle, toute de prospérité et d'espérance fertile.Mais, pour seule récompense, le géant n'eut bientôt que les chaines que l'envie haineuse souda à ses pieds et à ses\u2019 mains.Le génis, qui avait vaincu les éléments et dit aux flots soumis : \u2018\u2018 Por- tez-moi dans l'inconnu jusqu'aux terres nouvelles ! \u201d fut forcé de courber le front devant la persécution des ingrats de son siècle.Et le temps, avec son sourire amer, le temps qui nivelle toute chose et voile toute grandeur, crut pouvoir plonger dans l'oubli le géant terrassé un moment.Signor Victor Maria Concas Y Palau, commandant des caravelles Mais voilà qu'après quatre cents ans, la figure du vieillard réapparait plus vénérable encore.Les peuples émus du Nouveau-Monde plient le genoux levant elle et de tous les cœurs part ce cri retentissant : * Gloire à Colomb ! Gloire au génie ! \u201d «+.+ Ce furent là les quelques réflexions que m'\u2019inspirèrent lundi soir dernier, la vue de trois petits Vaisseaux accostés coquettement le long des quais.Rien d'agréable, n'est-ce pas, comme, après le coucher d\u2019un soleil brûlant, aller respirer l\u2019air frais LE MONDE ILLUSTRE du fleuve et se reposer, sur le port, par une dewi- heure de marche nonchslante, des fatigues d'une journée de bureau.Et puis, ce suir-là, les trois petits vaisseaux que l'on avait reçus le matin, au bruit du sanon, m'attiraient tout particulièrement.Tle évoquaient à mes yeux un passé bien loin déjà, des figures historiques bien belles et bien nobles : Colomb, la plus belle et la plus noble d'entre elles ! Vieux canon à bord de la Santa-Maria Ces trois petits vaisseaux, vraies coquilles de noix auprès des steamers transatlantiques, étaient la Santa Maria, la Nina et la Pinta.Ils rappellent les trois vaisseaux de Christophe Columb et sont bâtis exactement d\u2019après le même modèle.Qu'on me permette d'en faire une courte description .Le plus gros, \u2014 c\u2019est-à-dire le muins petit, \u2014celui à bord duquel commanclait l\u2019illustre découvreur, la Nanta-Maria, mesure soixante-quinze pieds de longueur sur vingt-huit de largeur ; il jauge environ deux cents tonneaux.La cabice de Christophe Colomb à bord «le la Santa Maria Il a un mât de wisaine, un grand mat et un mit d'artimon, lesquels portent différents étendards : il est armé «le quatre petites caronades sur le deuxième pont, et de quatre canons se chargeant par la culasse, sur le platbord.À l'avant et à l'arrière, on à construit un chantier de bois très fort et recouvert de soie rouge.Les parois sont décorées de tableaux, d'armes, de cuirasses, etc.Sur l'avant du vaisseau, se dresse une petite cabine dont la porte ouvre sur la gauche.Les instruments de marine de Colomb Elle est en tout semblable à celle qu'occupait Christophe Colomb.Enfin, il y a une ceinture de défenses à jour autour du gaillard d'avant et de l'arrière du vaisseau.Les deux autres vaisseaux, ls Nina et la /'inta, de dimensions plus petites encore, diffèrent très peu, par la forme, de la Santa-Maria.* + * Et maintenant, lorsque l'on s'arrête à considérer trois petite vaisseaux, et qu'ensuits, en imagination on se reporte sur l\u2019immensité brumeuse de l'océan, c'est alors que l'on comprend ce qu\u2019il a fallu d'audace et de courageux dévouement à Co- lomb pour s\u2019aventurer ainsi au milieu de tant de dangers, sur une route encore inexplorée.Son génie seul le poussait, et c'est » la lueur do ce génie qu\u2019il entrevoyait dans le lointain, les terres fertiles et glorieuses du Nouveau-Monde.Je n'irai pas à Chicago ; je ne verrai pas les merveilles qu'y étale le peuple le plus industrieux de la terre ; je ne parcourrai pas ces vastes champs de l\u2019Exposition colombienne, et cependant je n\u2019en éprouve pas un seul regret.L'immense gloire de Colomb est contenue bien mieux dans ces trois frêles caravelles, que j'ai contemplées avec émotion, que sous le vaste dôme de l'Exposition.Et, a ceux qui pourraient me demander : * Qu'avez-vous vu de l'Exposition 1\u201d Je serai tout mn fier de répondre : \u201c Tien que les trois caravelles ' 0 SE ét stream LA COTE DU \u201cCOLONEL\u201d (Aujourd'hui le pare Major) A MON AMI E.K.LEMIEUX N 1S27, quand le lieutenant- colonel By vint à Ottawa pour la construction des écluses et du canal Rideau, il demeura sur le terrain qui fut longtemps connu sous le nom de la \u2018 la Côte du Colonel \u201d ; mais, après l'arrivée de sun successeur, le major Bolton, la cite fut appelée * Major,\u201d et quand l'on en fit un parc, ce dernier nom resta.Ce parc est très fréquenté toute la helle #atwn, car le gouvernement fédéral s\u2019étant chargé de l\u2019entretenir et de l\u2019embellir, etc, il y a plusieurs années, nous avons là aujourd'hui un des plus beaux parcs publics du Canada.Deux ou trois fois la semaine, le soir, a tour de rôle, nos fanfares donnent un concert à l'entrée du parc, près du pont Dufferin, et l\u2019on y voit alors un très grand nombre de promeneurs.La douce harmonie des cuivres, la brise du soir chargée du parfum des fleurs da parc, ces allées enveloppées par les ombres de la nuit dont les arbres empêchent la clarté vive des lumières électriques voisines d'y pénétrer, et où l\u2019on voit passer lentement des couples jeunes et vieux, se souriant et se parlant bas, font éprouver une certaine sensation de bien- être et de calme intérieur.À In porte nord du parc, l'on se croirait dans un grand jardin.De belles pelouses vertes, émaillées de fleurs, charment le regard.Des allées aux formes capricieuses con- LE MONDE ILLUSTRE bem 18 a trames 101 \u2014 duisent à une fontaine.La belle place pour causer ou lire, à l'ombre de ces grands arbres où nous grimpions jadis pour dénicher des ciseaux ou pour cueillir des glande ! Lorsque nous allions sur ln \u201cCôte du Colonel,\u201d nous entrions par lu rue Saint-Patrice.Après avoir traversé le marceage presque circulaire et grand alors de quelques centaines de vorges, nous gravissions la côte et nous ous Lrouvions tout près des ruines de la résidence en premier lieu «lu colonel By, et plus tard de son successeur, le major Bolton.De ce marécage qui, à l'époque Lytornnienne, n'étendait de In Côte jusqu\u2019à la rue King, mais qui devint si petit par la suite, l'on a fait un étang, avec un flot au centre.À l'extrémité nord-ouest de cet étang il y & un joli petit pont assez large et solide pour permettre le passage d'une voiture, ll y avait près des ruines une éclaircie où nous avons souvent joué à lu palette, fait des courses, ote, quand las de notre jeu, nous voulions nous désaltérer, nous prenions une course jusqu\u2019à la source d\u2019eau limpide comme le cristal, et quasi froide comme la glace, à mi-chemin, sur lo flanc de ln câte, en face des écluses et de In rivière Ottawa.Le sentier est très étroit, par endroits, juste assez pour poser le pied, et, en imprudents, en insouciants \u2014comme est l'enfance\u2014nous le descendions en courant presqu\u2019avec la sûreté de pied et I'agilité du chamois.A deux pas avant d'arriver à la source, sous un arbre incliné horizontalement sur le flanc de la côte, il y avait trois grosses pierres rectangulaires.Ces pierres avaient à peu près un pied carré sur six pieds de long pour celle de face, et trois pieds pour les deux latérales, Après s'être désaltérés, nous nous asseyions sur ces pierres pour nous reposer un peu, et je me rappelle que parfois nous nous disions avoir our dire qu'il y avait ia quelqu'un d'enterré.L'un disait que c'était un suicidé qui se serait pendu à l'arbre qui s'incline au-dessus.Pourquoi ?On l\u2019ignorait.Un autre : c'était un homme souffrant d'un mal réputé incurable, à la jambe, qui serait venu à la source de bonne heure tous les matins, faire couler l\u2019eau froide sur ce membre malade.Un matin on le trouva sans vie près de In source et on l'enterra là.D'autres avaient des histoires plus ou moins vraisemblables à raconter.Par un beau soir de l'été dernier, lorsque j'écoutais, In musique de l'une de nus fanfares, et que je regardais passer tout ce monde, je me pris à pen- 8er AU temps où fous venions jouer ici, et à cette Histoire de la personne qu'on suppose enterrée près de ln source, et je me promis, si possible, de savoir ce qu'il y avait de vrai en cela Après avoir interrogé plusieurs des anciens citoyens de Bytown qui, pour la plupart, croyaient à cette histoire d'une inhumation là, voici ce que J'appris d'un vieil employé des écluses, maintenant à sa retraite.La source, auparavant, ne coulait pas au même endroit qu'aujourd'hui Elle à jailli a deux autres places, La première fois, là où sont les pierre: qui servaient alors de bassin pour recueillir l'eau que, chez le major, en haut de la côte, on préférait à l\u2019eau de la rivière.Quand Peau ne coula plus dans le bassin, il se remplit graduellement de pierre et de terre, qui debvulèrent du haut de la côte.Le sentier, sur le flune de la côte, à sans doute été frayé par les eus du colonel, comme un court chemin pour se rendre aux écluses, en bus.Telle est l'histoire des pierres placées près de la source, sur lo tlane de ln côte Major.Aujourd'hui, ces pierres sont à peine visibles, et le sentier est presqu\u2019impraticnble.2 La taquinerie est lu méchanceté des bons.\u2014 V 1e- ror Hugo, Celui qui fait toujours co qu'il veut fait rare ment ce qu\u2019il doit.\u2014- FÉNILON.LA STATUE DE JACQUES-CARTIER {Voir gravure) ouUs nos lecteurs savent, sans aucun doute, que la potite ville de Saint-Henri, sise à l'ouest de Montréal, vient d'élever au découvreur du Canada un monument superbe.Rien ne complète l\u2019idée qu'on a d\u2019une chose comme la vue d\u2019une illustration relative.LE MonbE TLLUsTRÉ a donc fait photographier le- monument et s'est procuré en inême temps les portraits des hommes patriotiques dont les noms se trouvent liés à cet événement historique.M.F.Dagenais, maire de Saint-Henri Celui qui conçut le projet de doter Saint-Henri, de cette statue, est un citoyen bien connu et bien populaire là-bas : M.Toussaint Aquin.Il en fit part au conseil de sa ville, dont M.I*.Dagenais est le maire dévoné et l'an de nus Canadiens les plus progressistes.M.J.A.Vincont, sculpteur Iæ projet fut bien accueilli et la somme nécessaire fut votée.La statue devait être l'wuvre de M.J.Arthur Vincent, sculpteur de Montréal, et le piédestal de la maison Chanteloup.Il seyait bien à une ville canadienne-française d'être la première à élever un bronze à l\u2019inmortel lrançais qui donna à François Ter un des plus beaux et des plus vastes pays du monde.TI seyait bien à ceux qui profitirent de cotte découverte en venant habiter la nouvelle contrée de proclamer de cette manière, la gloire du grand navigateur, héros dont on prononce le nom qu'avec respect.Lorsque le monument fut prêt, lorsque vint le m6 ment de le mettre en place, Saint-Henri, décida de donner des fêtes grandioses pour en signaler le dévoilement.A cet effet on nomma un comité d'organisation et la présidence en fut confié au capitaine Joseph Giroux, un autre patriote, un autre Canadien-fran- vais de progrès.Les fêtes devaient être grandioses, elles le furent.Des milliers de personnes y prirent part, des ora- wurs fameux se firent entendre ct le tout fut cou ronné par un charmant banquet.Voilà comment les Canayens font les choses quand ils s\u2019en donnent la peine Pour terminer, donnons une courte description de la statue : \u201c Sur un piédestal dont la buxe se baigne dans un large bassin se dresse au milieu de plusieurs jets d'eau, la statue do Jacques Car tier.Le marin malouin est tel que nous le repré sentait notre imagination.La main gauche appuyée sur le pommeau de son épée, la main droite tournée vers l\u2019ouest, l'ouest le but de ses aspirations de ses voyages.Sur les quatre faces «du socle on lit : \\ Jacques-Cartier, né à Saint-Malo le 31 décembre 1494.Fuvoyé par Francois ler i lu découverte du Canada, le 200 avril 1534, Jutant l'ancre le 16 juillet de la même année dans l'entrée du Saint-Laurent.Il prit possession de tout le pays au nom du roi son maitre et l'appela Nouvelle-France.Placé dans un jardin public, ce monument tien dra continuellement sous les yeux du peuple unc des plus belles pages de notre histoire.Nous devrions en avoir une foule de ces monu ments, car c\u2019est ainsi souvent que les masses apprennent à connaître leurs héros et les raisons pour lesquelles elles doivent être fières de leur race.(25.732 222 ier CONVENTUM DU COLLEGE DE IJASSOMPTTON Le Moxbe Jrnusrre à voulu faire photogra phier par son fidèle artiste.M J.N.Laprés, un souvenirs des belles fêtes du collège de l\u2019Assomption.Parmi diverses vues, fort bien réussies, il n choisi ce groupe, si vivant et expressif.On aimera à conserver cette page en mémoire d\u2019un des jours les plus heaux de l'une de nus plus gloricuses institution, du Canada français et catholique.\u2014J.Sr.-E.NOUVELLES A LA MAIN Bi.Vase marier.On montre à C.le cadeau de nuce.\u2014Le présent, dit il, vaut mieux que le futur! + + * Lamento d'un veuf qui se connait bien.-\u2014Pauvre femme ! nous avions vécu tous deux longtemps.\u2014Vous aviez souffert ensemble ?-\u2014Oh ! non.Elle, seulement.* * + Le philosophe Chamouillut a épousé, en 1560, une femme déjà édentée.Aujourd'hui, le reste de sa personne a subi d\u2019autres injures du temps.Elle est absolument démantelée.\u2014 Hein! raconte Chamouillot, crois-tu qu\u2019il faut que j'aie du courage ! Et dire que voila trente- trois que je suis sur la brèche ! vr > A ; ASC pee ot En 3 ps pe > Joly Le +9 > FE : XY >» \u2019 \u201d 2 a sy a 5 * 3 A ro 3 LA 3 : ».C3 Ÿ 5 À + RP Ÿ £ ¥ * À _ .à \u20ac = ir Ja 4 3 45° ra \u201c ned h a 2 1 eq\u201d * Se 2 NT >> LA \" 4%.* wy ges Ys 1 / sun Fg +H , w a = - > T .; | \u2014 al va * + » .gd TEA at & : £ : de » at 220 .va we Ty py Cp i6 À : à \u201c2 * ia a + j va $ nt ; na KR a a pe 3 À | TA 2 \u201c 3 AH \u2014 JA + HE a» de > a ; po $ æ Voy = # : Al 4 À DR = k= FW M N ns 3 : > 4 .> ih = Are al pi, i : > pacte A = | \u201c nn M + Ei 3 rare > : ZL ; H = \u2018 va) = > > ah Gus ht FA > F A 2 ; ts = it pas » pk po ~n » + At Es es k of : La a \u20ac ray a A : ~ a re ki 5 ob > Lh 2 En da es i! 2k 2g 4 ~N x tad 1 Pa È 2 2 Ste La\u2019 Pinta f= vy \"i \"4 mn 5 : 3 eum a Fa; se EEE A+ A ad -: : 9e à AE 7 x | ee ver um} ve wise & sat ¥ i Lye que apr Van © w wr > 5 Car ?1 ee pL So.©?7 \"pas we Fix) iB eo f 4: » ue ES à ad TT / PR ul o > ak: A À Ÿ er\u201d |] mu 4 ~ can ; Ld cn AIR apd ; 5 + ai 1 32 PA Tan wr g fr\u2019 grag ki X \\ 3 Hi PE y À «Kl + ai a 2% te AAS 3 La Nina 2 rE q | £ 2 rif : ; La : Ie) À 5 173 «5 \u201c dde = ve Ww 4 ve A = _ RUES 23 Andi Rr Nh Lu + # AJ - i ; de \u20ac \u2026 nn = \u2019 £ 0.10 pr EY : ue a æ ; FREES VE Au 5 AM \u201c\u2018 44 ded 1% } ly Chg wi 5 10 / LES TROIS CARAVELLES DE CHRISTOPHE COLOMB DANS LE PORT DE MONTREAL\u2014Photograph we 4 or y pt iy oe ee Ir \u20ac >on SF oy ax = à § $e.RX I \u201c3 4% be = EN & é eo .r ig Por \u201d PY # Ig, \u201d pes À # of #0 of = ss À NE PE \u2018 J Yt Tw = * 1 < rd \u2018 A \u201c5 a i fy # > 3244 I M 3a.Lh] lol yy DE Fi ry id me 4 à à = \u2014 \u2014 ws 4 Ed eu Re RES 4 pe EN 2 | +n x pq À 2 Hi ex 2 ry 3 71 hy = = ir 2073 ae Eos) ve a RAE, \"20 à =X ctx ig] rare, wer = [SE acd aka 1 I dN.reid et fd \u201cgs ge QE ot a oR rye Ee RS = Le Es LE étain Eee = Pa rE IAS ol ES - ee _ vr sise Exe a = Ry 3 ek es cac Da SE ar ool oT =r >\u2019 Ld 204 za 5e LY EX ae iy Sad £2 à © ps IE Een ce uw ra i SS [i Lad 4 LY \u201c a = Re 4k, ~ eC QG PS a) je) 4 HQ as dd 8 =X, -$ fe a Cx) 5) Cut be LL AC) [aso Le) b= .a RX 7) es a -~ 4 - po iy Hy wna Jk Led * Ve ¥o =, =» =PA id wt %4 | hy 3 5% A LZ) PE +2 Pe >4t _\" ab os LR EC C3 TE a OC STE = 5) ); a A Es + Ce pe LS 2 at 7% A LY Xe p A ke + \u201c0 Pas) LA Es a .À a a 1 fr A et y as.nd A er le, \u20ac cr .- ar ten (a wy 5 5 ; Ée + x x 2, = oi he = 5 æ He 2 + i: ; 2 > 2% ee rid 3 hd = vA 1.pr Te # eo \u201cRF ve .fe 3 ne = TN 57 4 7.fr mt he SA \u201c4 9 = mure f LES PETES DU COLLEGE DE L'ASSOMPTION \u2014 GROUPE DES ANCIENS ELEVES Photographie J.N.Laprés\u2014Photogravure Armstrong A + \u2014 1 A = \u2014 1v4 __ - ye mn a me CHRONIQUE ARTISTIQUE & charmant théâtre de la lte- naissance, à Paris, à trouvé un acquéreur sérieux.C'est Mme Sarah Bernhardt qui 8'y installera l\u2019hiver prochain, sous la direc tion de M.Maurice Grau.Le bail, fait pour une longue durée, fait pressentir que la grande tragédienne restera plusieurs années à Paris.L'intention de M.Grau ést de faciliter & Mme Sarah Bernhardt l'accomplissement d\u2019un projet qu\u2019elle chéviseait depuis longtemps.C'est d\u2019avoir son théâtre à vlle, à Paris, à l'exemple d'Trving, le célèbre tragédien anglais.On voit que la grande artiste jouera des chefs-d\u2019œuvre classiques et qu'elle fvra appel à tous les grande poètes, à tous les gran 5 auteurs, pour donner un corps à sun rêve artistique.* +* + Voici quel à été le résultat du vote des médailles d'honneur, au deruier Salon, à Paris.Section d'architecture \u2014M.Drefrasse, par 42 voix, pour une ** Restauration de l'enceinte sacrée d\u2019Epidaure.Section de peinture.\u2014 M.Royhet, pur 191 voix sur 311 votants, pour \u2018Charles le Téméraire \u201d et + Propos galants.\u201d Section de gravure.\u2014 M.Lamotte, par 31 voix sur 37 votants.Section de sculpture.\u2014M.Charpentier, par 63 voix, pour un groupe en marbre, * Les lutteurs,\u201d ct une statue en plâtre, \u201c Les hirondelles.\u201d + + + La Connpagnie Dramatique Française, de Mont réal, est réellement une troupe d'amateurs de grand mérite, et dont les principaux membres peuvent être comptés pour des acteurs de première lasse.Le drame français est une belle et bonne chose, surtout à Montréal, mais je crois que de l'opéra francais serait encore plus apprécié par les amateurs de belle musique, et par le public en général.Celui qui connait ré/lement les principales actrices de cette troupe, est porté, tout naturellement, a se demander pourquoi on ne joue pas d\u2019opéra Ÿ En eftet, Mlle Blanche de la Sablonnière et Mme Numa, sont, sans contredit, très fortes sur la déclamation, mais, l\u2019une et l'autre, sont aussi, des tuusiciennes distinguées, qui connaissent le chant comme leur ater, et qui feraient es cantatrices de première force.M.Louis Labelle, quuique très bon acteur, est aussi un excellent chanteur.Je ne connais pas les aptitudes musicales de Melle Jeanne Belcourt, de M.Ravaux et des autres membres de la troupe, mais, Mme Nunia pourrait, J'en suis certain, former une compagnie d'opéra, composée d'excellents acteurs canadiens, dont profiterait tout le monde : les gérants, les acteurs et toute la population canadienne française de Montréal.Elle qui mène si rondement, dans ne cause célèbre, le mariage du vicomte Raoul et d\u2019Adrionne, saura bien amener sur le même théâtre Duquette, Dubois, Labelle et autres qu\u2019elle connaît mieux que moi, et qui, avec M.Itoy pour chef d'orchestre, feraient des merveilles.Que les meinbres de la Compagnie Dramatique Française y réfléchissent et ils reconnaitront la justesse de ces remarques.DUFRES=E.EN CHEMIN DE FER Nous étions à l'avant-veille de Novl, époque de réunion, jour de réjouissance universelle.Je profite de cette fête pepulaire pour donner congé à ma petite Fay et prendre mon essor vers.n'anticipons pas, vous allez voir tout à l'heure où \u2014\u2014\u2014 > LE MONDE ILLUSTRE je vais.Pour le moment, je suis dans les chars.Il est huit heures du soir.chacun s\u2019est arrangé dans son coin pour dormir, La petite lumière de la lampe, lévèrement agitée par la marche, In fatigue d'une journée «le courses, «l'emplettes d\u2019é- treunes, l\u2019immobilité forcée qui lui » succédé, le balancoment régulier du wagon, tout pousse au sommeil.Eu dehors le silence de la nuit, troulilé de temps en temps par le cri aigu de la locomotive.Locumotive heureuse ! qui w\u2019entraine vers le pays de mes amours !.ju te bénis.je te bé.Ma tête se penche, mes yeux se forment et les images les plus riantes »'agitent autour de moi.Il me semble que ma salle d\u2019étude, sous la forme d'une locomotive rapide, Îlle, file en sens contraire de nous, et je reconnais, à l'arrière, Fay elle-même, qui, sous le costume d\u2019un conductour, fait des efforts, inours, mais heureusement inutiles, pour arrêter la machine.Une soudaine agitation qui sc produit autour de moi me réveille en sursaut.Nous sommes au Côteau.Tei, nous changerons de lit.de lisne, je veux dire.On attend une quinzaine de minutes, plus peut être, que cela parait long ! Enfin, whew ! la vapeur siffle, le convoi s'ébranle doucement, doucement, nous voilà repartis sur le même train que tout à l'heure.Le conducteur s\u2019avance, je lui clonne mon billet.Mon voisin dort probablement puisqu'on est obligé de dire à plusieurs reprises : Tickets please.Tiens, le voilà qui s'éveille, il met l'index et le pouce dans sn poche de veste, rien, il essaie de l'autre côté, rien ; soigneusement, mais vainement, il fait subir à toutes ses poches la même opération.l'embar- l'Assée son ex pression devient ahurie, surtout quand il se voit le point de mire de tous les passagers.Il s'en suit une nouvelle pérégrination a travers les poches.En commençant par la veste qui en à trois, au inoins, jusqu\u2019au par-dessus qui en à peut-être une demi
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