Le Monde illustré, 24 août 1895, samedi 24 août 1895
[" ONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS : 12xe ANNÉE, No 590 \u2014SAMEDI, 24 AOUT 1895 \u201cANNONCES: Laan, 83.00 «= - - Six mois.81,50 \u2014-\u2014\u2014 \u2014.Quatre mois, 81.00, payable d'avance -\u2014\u2014 \u2014 lu ligne, par insertion - - - - - 10 cents BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - 5cents Vendu duns les dépôts - - # cents la copie\" RUnkaux, 42, PLACE TACQUES-SARTEER, MONTRÉAL, Tarif spécial pour annonces à long terme i] ne b WF ar re 0 if py gp nt Hh TS A a kin eu my BEAUX-ARTS.\u2014L'ATTENTE ! 234 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 24 AOUT 1895 SOMMAIRE Texte, \u2014Chrouique.\u2014 Poésie : La cloche de Louisbourg, ir Jules Lanos.\u2014 Les hommes de Châteauguay, par Senjamin Sulte.\u2014 L'abbé F,-X.Gosselin (avec portrait), par P.-G, R.\u2014Les scieries *\u201c Moua \" incendices, -\u2014Conventum à Sainte-Thérèse.\u2014 Nouvelle : Une mort tragique, par J.- Emile Richard.\u2014 Les femmes en bicycles, par Aimé l\u2019atrie.\u2014 Carnet du Monde Hlustre.- M, Léonard Rivière (avec portrait).par Raoul Bres- seau.- Les fétes de Lille, par Les délegues canadiens.\u2014-Le major-général Herbert, par P.-G, R.\u2014 Croyances et traditions, par Daniel Bellet.\u2014Faits scientifiques, \u2014 Primes du mois de juillet.\u2014 Nouvelles à la main.\u2014 Choses et autres.\u2014Jeux et récréations.\u2014 Les échecs.\u2014 Feuilleton : La mendiante de Saint-Sulpice, par Xavier de Montépin.GRAVURES.-\u2014 Beaux-Arts : L'attente.\u2014Conventum à Ste.Thérèse : Groupe du conventum ; Le collège ; L'église et le chapelle Saiut-Joseph.\u2014 Portrait du major-géneral Herbert.\u2014Les grandes fêtes universitaires de Lille (France) : Portraits des delégnés, MM.Mainville, Ber- thiaume et Bastien ; Porte de Paris : Hotel-de-Ville ; Les délégués en face du Sénat ; Le détilé ; Excursion sur mer : Inauguration de la l\u2019orte de Paris.PRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE MONDE ILLUSTRÉ réserve à ses lecteurs mêmes l'escompte ou la commission que d'autres journaux paient à des agents de cireu- lation.Tous les mois, il fait la distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nombre de 94 ; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : 82, §3, 84, £5, 510, S15, 825 et 850.Nous constituons par là, somme les zélateurs du MONDE ILLUSTRÉ, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le ième pied de rivalité ; c'est le sort qui décide entr'eux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque mois, par trois personnes choisies par l'assemblée, Aucune prime ne sera ; payée après les 30 Jours qu.suivront chaque tirage.TYPE CHRONIQUE ee rt tt dre \"ÉMOTION produite, au Brésil, par l'occupation anglaise de l\u2019île de la Trinité a singulièrement diminué et les meetings populaires qui demandaient 'expulsion de tous les Anglais ont cessé d'entretenir une agitation qui n'avait guère de raison d\u2019être.En effet, M.Bayard, ain bassadeur des Etats- Unis à Londres, a déclaré, dans une conversation avec le représentant de la presse associée de New York, que l'incident de l'île de ln Trinité n'avait aucune importance.Les navires anglais se sont simplement arrêtés dans les eaux de cette île pour immerger un câble.Mais Angleterre ne revendique pas la Trinité, qui, du reste, ne vaut aucune revendication.Brésil, a dit en terminant M.Bayard, s\u2019est, comme le font bien des gouvernements sud - américains, beaucoup trop ému d\u2019un rien, LE MONDE ILLUSTRE L'ile de la Trinité avait fait l'objet, l'an dernier, d'un plan de colonisation imaginé par le baron Harden Hickay, le journaliste bien connu, qui révait d'y fonder une petite principauté, dont il avait déjà créé les ordres honorifiques.Co Le baron Harden Hickay, interviewé à cette époque aux Etats-Unis, a fourni quelques données sur cette ile inhabitée, que seuls connaissent les marins qui fréquentent ces parages.; L'île de la Trinité est située par 20 30° de latitude sud et 29 21° de longitude ouest, à environ 300 lieues de la côte du Brésil.Elle a été visitée en 1700 par l\u2019Anglais Halley, en 1803 par le portugais Amaro Delano, et en 1822 par le commodore Owen.L'Île a environ 8 kilomètres de longueur.L'accès en est généralement difficile Un pie montagneux de 3,000 pieds In domine, Les oiseaux de mer y ont déposé de grandes quantités de guano.Le plateau qui couronne lu Trinité est couvert de végétation ; les Portugais y créèrent, il y à deux cents ans, des éta- Dlissements dans un lieu où l\u2019eau abonde et où se trouvent quelques terrains fertiles.Le baron Harden Hickay, après avoir quitté Paris, fut jeté sur cette ile par une tempête, dans un voyage qu'il tit au cap Horn.Il la trouva complètement abandonnée et en prit possession en son propre nom, ce que le gouvernement brésillien ne prit pas au sérieux.Cette tentative semble avoir attiré l'attention de l'Angleterre et elle a songé à faire revivre ses anciens droits en tirant parti de l'abandon dans lequel le Brésil à laissé ce rocher qui peut constituer un excellent dépôt de charbon en plein Atlantique.La * Les journaux parisiens annoncent qu\u2019on vient de fonder, en Angleterre, une so iété pour la protection des chats.Il paraît que les gamins anglais se plaisent, ainsi que les gamins français, à les lapider, à les noyer, à leur attacher des casseroles à la queue, et que les gargotiers d'Outre-Manche ont l\u2019habitude de fos transformer en civets.Des âmes sensibles ont voulu mettre un terme à Ces pratiques barbares, et leur intention a semblé louable.Par malheur, la fondation de la société a tout justement coïncidé avec une véritable Saint-Barthélemy de chats, qui a eu lieu tout récemment à Brighton, sur l'avis des autorités médicales de l\u2019endroit.Une épidémie de diphtérie s'est «déclarée en cette ville, en même temps qu\u2019un grand nombre de chats souffraient d'une maladie inconnue.Les investigations scientitiques les plus attentives n\u2019ont pu découvrir aucune si - militude entre ces deux affections ; mais dans toute maison où se trouvait un diphtérique, le chat était malade ; et s'il était le compagnon de jeu de l\u2019un des enfants en particulier, cet enfant était d'ordinaire lu seule victime de l'épidémie.ref, une exterminatien générale fut résolue, malgré la suciété protectrice.Et ln malu- die diminua aussitôt, ce qui paraît Lien prouver que les infortunés félins y étaient pour quelque chose.Après les perruches cmpoisonnées.voici les chats infectieux.Faudra-t-il donc nous métier de tous nos animaux domestiques ?*.* Curicux mariage que celui qui vient d'étre célébré, près de Londres, à Epsom.Les fiancés, les témoins, ln famille, se sont rendus à l'église protestante à bicyclette, dans le costume habituel à ce genre de sport.Quand les fiancés se sont présentés devant le clergyman, ce pasteur protestant que peu troublé en les voyant si semblab] l'un à l'autre, Le jeune homme ct la i \u201c fille portaient, en effet, le même Veston ne marron, les mêmes culottes courtes, les wipe bas, les mêmes escarpins.Si bio, que lt ciant n\u2019a pu s'empêcher de leur «ire : i \u2014 Pardon, messieurs, lequel de vous de est la fiancée ?ut Aussitôt renseigné, il n célébré selon l\u2019ordinaire.Los lis s'est quelle mariage .* En Afghanistan, c'est une coutume, lorsqu'un est convié à un banquet, d'emporteur comme souvenir les couverts dont on s'est dant le repas Le maître de ln Maison est même tenu d'offrir,en outre, à ses hôtes, le coupes dans lesquelles ils ont Lu, surtout si es coupes sont d\u2019un métal précieux ou d'un joli travail.\u2019 Il y a quelques semaines, le tils de l'étir d'Afghanistan était reçu en grand appart, à Windsor, par la reine d\u2019Angleterre.Or, raconte une revue anglaise, le fils de l'étir et ses officiers se montrèrent un peu froissés de ne point recevoir les couverts dont ils faisaient usage aux repas qui leur étaient offerts par les fonctionnaires militaires où gi- vils de l'administration des Indes.Ils crurent à un procédé déduigneux, puis à une négligence et, s'étant concerts, prirent le parti d'enlever tout naturellement l'argenterie, par politesse, sans attendre qu'on la leur offrir.En voyant alors disparaître réculiérement leurs couverts, depuis les cuillères à potage Jusqu'à la pince à sucre, les fonctionuaires anglais ressentirent une stupéfaction \u201cui dégénéra bientôt en inquiétude, et ils priérent le colonel Talbot de bien vouloir intervenir auprès «de leurs invités.Il accomplit cette mission délicate avec le tact dont il est coutumier, et Nasroullah khan donna des ordres cn conséquence à sn suite.servi peu- .+ * C'est au tour de Vénus à nous adresser des signaux.Des astronomes allemands ont, pa raît-il, découvert une large bnnde qui devient lumineuse de quatre à huit heures et gui re tombe ensuite dans l'obscurité.Ie lu à conclure à des signaux il n\u2019y a qu'un pas N cela est vrai, notre pauvre monde est bien arriéré.Tous nos voising trouvent le moyen de signaler leur existence, tandis que nous restons plongés dans notre obseurité.On cherche des clous pour l'exposition de 10.En voilà un tout trouvé.Une grande affiche écrite en volupük, cette langue universelle, et facilement visible des planètes les moins éloi- nées ! C'est beau, l'imagination : .+ * Les fabricants de pianos, aux Etats-Unis, commencent à se lamenter, et non sans motif.Leur industrie subit une crise terrible, par une conséquence indirecte de la popularité sans cesse croissance du cyclisme dans le monde féminin.Il y à une dizaine d'années, l'achat d'un piano était indispensable pour une jeunt fille.Aujourd'hui, les bicyclettes ont la pre férence.Il faut avouer que ce changeuren de mode n'est pas fait pour déplaire au publie en général.L'idée que l'éducation d'une dé moiselle n\u2019est complète qu'à lu condition ; comprendre le tapotage d\u2019un air quelconque sur un piano plus ou moins bien accordé, co! : mence à mourir de mort naturelle et bien Ce ens seront davis que ceei n'est pas le moir dre service rendu à l'humanité par Je vélu cipède. LA CLOCHE DE LOUISBOURG \u2014 Vieille voix do le vieille France, ('hevrottant sous le bronze froid, disuis-tt dans ton boffroi hie Ï le ciel comme une lance ?Droit vers pe mon tintement argentin Sannin les échos sauvages, Pruplais les bois et les rivages Et chantais, pour tous, le matin.Aux marins je disais la route, Jr marquais les repos du jour ; En mer, dans les bois, dans Louisbours, A mon ordre on cassait la croûte, Et je sonnais le couvre-feu cmand la noire forét bretonne S'epdormait au chant monotone Et herceur de l'océan bleu.Paint de forts et de soldatesques ; Louisbourg alors était un nid Chantant par mon bronze bénit C-int d'oraisons et d'arabesques Bientot l'on hätit des fortins Et braqua dans les meurtrières Les gros canons couleur des pierres, Qui grognent comme des matins.L- vvsse alors mes chansontiettes, Me ange lus, mes carillons | L'ou n'entend plus que les clairons, Les sourds amours et les trompettes.Puis, l'on me dit : Sonnez toesin, Rerutrez vite, fermez la porte ; tue pas tn citoyen ne sorte, L'runemi nous corne, demain.Et je sonne toute éperdue Jour ct nuit sur notre Louisbourg © [Les houlets pleavent tout autour, t qutue des grélons de la nue.|» < vaisseaux nous cernent par mer, Et des troupes rampent dans l'ombre Ih la forét.Contre le nombre ue nous vaut de evoiser le fer ! Drapeanx au vent l'on évacue, Fiers, entre deux rangs d'ennetnsis, Je vois les Français mes amis Partir Prisonnière et vaineue ! Je tinte en un suprême effort t'our que l'on revienne et m\u2019emporte, Mais l'ennemi franchit la porte Et dojà s'installe en le fort ; Puis, le soldats toute une horde, Me prend d'assaut dans le beffroi, Mais mon hronze demeure coi, Bien que vingt tirent sur la corde.Mors un soudard me tira Une balle.Je suis félée : Mais ma voix ne s'est pas mélée A deur sacrilege hours ! = X= \u2014 \u2014\u2014 .> nn M.LEONARD RIVIERE Je vous présente le directeur du Théâtre des Modernes et de la Revue Froncnise (9, auteur de ces chartnantes et subtiles «euvres en prose et poésie : Les Voir, V'apuure d'Ether, Rayons d'Opale, L'Incomprehe usible et l'Amour triste.LEONARD RIVIÉRE M.Léonard Rivière a aussi écrit ct fait re présenter, à différents théâtres, les picees sur vantes : Crime et Rédemption, Lowataires x n de Siecle, Dans le marasme, L'I nel uctul \u2018 les Deux Sergents, les Aventures de Fight 5 le Capitaine du Royal - Provence, (ler i l'Hommu, le Portefeuille, l'Amour ticolier, Juré et les Précoces.Ce Ses deux ceuvres nouvelles : le Capitals Tac et le Paria, seront représentées un oct bre, l\u2019une aux Folies-Drumatiques ct l'autre à l\u2019'Ambigi, oa A part cela, M.Rivière a un répertoire de (*) Bureaux au No 40 de la rue Milton, A Paris.15\u20ac tins l\u2019exemplaire et $4.40 par an. LE MONDE ILLUSTRÉ cent cinquante chansons satiriques dont la jupart ont eu un grand succès à Paris et Jans les principales villes de France.;Ç Comme critique dramatique et littéraire, les études qu\u2019il 8 faites ont toutes été très re- évèlent chez l'auteur une bril- uées et r .; hate intelligence servie par un style admi- mb conard Rivière, qui n'a que trente ans, a le droit l'être fier de son œuvre et des suc- çès qu'il 0 remportés, lesquels font honneur à son réel talent.Le Mosbk ILLUSTRE, de Montréal, sera done heureux de publier le portrait du jeune et sympathique écrivain dont les œuvres vont être encore interprétées dans deux importants théâtres do Paris, en septembre prochain.Le eritique littéraire et dramatique de ln Revue Française suit se distinguer d'une manière admirable, dans cette belle et splendide revue dont il a le mérite d'être le directeur- fondateur.C'est dans les bureaux de sa chère revue \u201c| travaille ses pièces de théâtre, ses chan- s, ses poésies et ses critiques sur l\u2019art et les livres : c\u2019est là aussi que In gloire commence à sourire à ce jeune et intrépide soldat de la pensée, qu'est Léonard Rivière.RAOUL BRESSEAU.qu son Paris, juillet 1895, \u2014
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