Le Monde illustré, 30 mai 1896, samedi 30 mai 1896
[" LE MONDE ILLUSTRE men __ABONNEMENTS: sso 3ux ANNEE, No 630 \u2014SAMBDI, 8 MAI 1896 ANNONCES: , $3.mois.81.La ligne, par insertion - - « - - 10 eent Quatre muis, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subsbquentes - - - - 5 oents Vendu dans les dipdts - - 5 cents la cople BURRAUX, 43, PLACE JACQUES ARTIER, MONTREAL.Tarif spécial pour annonces à long terme [ Co ; Ÿ a = : ALL IOOOEOSLILOE, RAR ARRFPARRRRAR Qf oF M LES , > ; « | we 870055555577 ETES LE 235 3.33 7 2D, A RRRRARRPRRRRARRRRRRRRFGF=AAFARRRRRRF4L- \"2 * C RR,RRERFARA \u20ac ©) ARRRRARR GES CR a OS ANP NAV D'après hotographi te M.Desjardi L'HONORABLE M.WILFRID LAURIER après une photograpi'e Ce rane Chef du Parti Libéral du Canada 66 LE MONDE ILLUS MONTREAL.30 MAI 1896 SOMMAIRE TexTE.\u2014 Entre-Nous, par Léen Lediou.- Prêtre-dé- uté, par Gaston-P.Labat.\u2014 Le shah de Perse.Jrélosphoro Fournier.Notes et_improssions.\u2014 Une chasse au jaguar dans I'isthme de Panama (avec gravure), par Albert Larthe.- - Un soir de mai, par Actéon.\u2014M.J.-B.Resther.Poésie : À l\u2019hon.J.-E.-P.Prendergust, par Edmond-J.-P.Buron.- En balayant, par Aimée Patrie.L'hon.M.Wilfrid Laurier.Carnet du Monde Hist re, Deux légendes d'outre-rhin : L'heureux pay- ran ; Les deux anges.- Club de natation de Montréal.- Les harangues de Napuléon ler.Comic.\u2014Chuses et autres.\u2014 Jeux ot récréations.\u2014- Les dames.\u2014 Feuilletons : La mendiante de Saint-Sul- sice, par Navier de Montépin ; En détresse, par 5 ules Mary.Gravures.\u2014 Portrait de l'honorable M.Wilfrid Laurier, chef du parti Libéral du Canada.Portraits des membres du nouveau ministère français.- - L'aseassinat du shah de Perse : Mosquée de Shah- zadeh-Abdul-Azim où a eu lieu l'attentat.\u2014 Portraits : Naxsr-Eddin, assassiné : Le nouveau shah Mozaffer-Eddin-Mirza ; L'hon.juge Télesphore Fournier ; M.J.-B.Resther.\u2014 L'assassinat du shah de Perse.Suinte-Anne des Plaines : L'é- Klise, Le presbytère, Le couvent, La gare.PRIMES A TOUs NOS LECTEURS \u2014_\u2014 LE MONDE ILLUSTRÉ réserve à ses lecteurs mêmes l\u2019escompte ou la commission que d'autres journaux paient à des agents de circulation.Tous les mois, il fait Ia distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nombre de 94 ; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : $2, 83, 84, $5, $10, 815, 825 et 850, Nous constituons par là, somme les zélateurs du MoNpE ILLUSTRE, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le même pied de rivalité ; c\u2019est le sort qui décide entr\u2019eux.Le tirage se fait le lcr samedi de chaque mois, par trois personnes choisies par las.semblée, Aucune prime ne sera payéc apres les 30 jours qui suivront chaque tirage.N se sert beaucoup du mot Pm.phlet, chez nous, on s'en sert même un peu trop, car on en est arrivé à désigner sous ce terme toutes sortes d'écrits, trop longs pour être circulaires, trop courts pour avoir droit au nom volume.C'était peut-être bien cela en principe, si vous voulez, mais le mot s'applique surtout à un écrit SArcAstique et malveillant.Aussi, rien n'est-il plus ngaçant que d'entendre dire à chaque instant : Un tel a publié un pamphlet sur telle question, alors que c\u2019est une étude séricuse, ou que monsieur l'abbé X.vient d'écrire un pamphlet sur les miracles de Sainte-Anne de Beaupré, quand c\u2019est une brochure au ton trèa grave et religieux, Ue mot pamphlet sonne très mal à l\u2019oreille, Paul Louis Courier, \u2018ui avait beaucoup d'esprit, en met à foison, à ce sujet, dans un article écrit au sortir du tribunal où il venait d'être condamné à In prison, LE MONDE ILLUSTRE pour avoir publié uno petite brochure aussi mordante que spirituelle, intitulé : Simple discours.Paul Louis semble ignorer ce que c'est qu'un pan- phlot, dans le sens méchant du mot, et s'adresse à un des jurés qui viennent de lo condamner, M.Arthur Bertrand, libraire.** Je le saluai, dit Paul-Louis Courier ; il M'accueillit, car c'est le meilleur homme au onde, et chemin faisant, je le priai de me vouloir dire ce qui lui semblait à reprendre dans le Simple discours condaumé.- Je ne l'ai point lu, me dit-il, mais c'est un pamphlet, cela me suttit.Alors je lui demandai ce que c\u2019était qu'un pamphlet, et le sens de ce mot qui, sans m'être nouseau, avait besoin pour moi de quelque explication.\u2014C'est, répondit-il, un écrit de pou de pages comme le vôtre, d'une feuille ou deux seulement.(1) -\u2014De trois feuilles, vepris-je, sernit-ce encore un pamphlet ¢ \u2014Peut-être, me dit-il, dans l'acception commune ; mais proprement parlant, le pamphlet n'a qu\u2019une feuille seule ; deux ou plus font une brochure.\u2014 Et dix feuilles ?quinze fouilles ?vingt feuilles ?\u2014Tout un volume, dit-il, un ouvrage.Moi, là-dessus : \u2014Monsieur, je m'en l'apporte à vous qui divers sue voir ces choses.Mais, hélas ! j'ai bien peur d'avoir fait, en effet, un pamphlet, comme dit le procureur du roi.Sur votre honneur et conscience, puisque vous êtes juré, M.Arthur Bertrand, mon écrit d\u2019une feuille et demie est-ce pamphlet ou brochure / \u2014 Pamphlet, me dit-il, pamphlet.sans nulle dithi- cuité.\u2014Je suis donc painphlétaire ! \u2014Je ne vous l\u2019eusse pas dit, par égard, ménagement, compassion du malheur ; mais c'est la vérité.Au reste, ajouta-t-il, si vous vous repentez, Dieu vous pardonnera (tant 88 miséricorde est grande *) dans l'autre monde.Allez, mon bon monsieur, et ne pèchez plus : allez à Sainte-Pélagie.(2) Voila commie il me consolait.\u2014Monsieur, lui dis-je, du grâce, encore une question ?.-Daux, me dit-il.et plus, et tant qu'il vous plaira, jusqu'à quatre heures et demie, qui, je crois, vont sonner.-Bien, voici ma question : Si au lieu de ce pamphlet sur la souscription de Chambord, j'eusse fait un volume, un vuvrage, I'auriez-vous condamné ?\u2014 Selon.-\u2014J'entends, vous l'auriez lu d'abord pour voir s\u2019il était condamnable.Oui, je l'aurais examiné.-\u2014Mais, le pamphlet, vous ne le lisez pas / «Non, parceque le pamphlet ne saurait être bon.Qui dit pamphlet, dit un écrit tout plein de poison.-De poison ?\u2014Oui, monsieur, ct du plus détestable, sans quoi on ne le lirait pas.\u2014S'il n'y avait pas de poison ?\u2014Non.Le monde est ainsi fait i on aime le poison dans tout ce qui s'imprime.Votre pamphlet que nous venons de condamner, par exemple, je ne le connais PAs ; je no sais, en vérité, ni ne veux savoir ce que sait, mais on le lit il y a du poison.M.le procureur du roi nous I'a dit et je n\u2019en doutais pas.Dieu, dis-je en moi-méme tout bas, Dieu, délivre- nous du malin et du langage figuré ! Les médecins m'ont pensé tuer, voulant me rafraichir le sang ; celui- ci m\u2019emprisonne, de peur que je n\u2019écrive du Poison ; d'autres laissent reposer leur champ, et nous manquons de blé : Jésus, mon Sauveur, sauvez-nous de la métaphore ! Après cette courte oraison mentale, je repris : \u2014En effet, monsieur, le poison ne vaut rien du tout, et l\u2019on fait à merveillo d'en arrêter le débit.Mais je m'étonne comment le monde, à ce que vous dites, l\u2019aime tant.C\u2019est sans doute qu'avec ce poison il y a dans le pamphlet quelque chose\u2026 (1) La feuille d'imprimerie contient un certain nombre de pages, suivant le format ; ainsi la feuille in-12 à 24 pages.(2) Prison d'Etat.ro \u2014Fi ! ne m'en parlez pas, opprobe de la littératie, honte du siècle ot de ls nation, qu'il se puisse tro: er des auteurs, dos imprimeurs et des lecteurs de « a Linbles impertinences.-Monsieur, lui dis-je, lex Lettres Provincial, T Paseal.\u2014Oh ! livre admirable, divin, le chef d'œuvre |, notre langue ! -Eh bien, ce chef-d'œuvre divin, ce sont pourt : des pamplets, des feuilles qui parurent.\u2014Non.Tenez, j'ui là-dessus mes principes, | idées.Autant j'honore les grands ouvrages faits por durer ot vivre dans la postérité, autant je mépris déteste ces petits écrits éphémères, ces v'apiers vont de main on main, et parlent aux gens d'à-prés.des faits, des choses d'aujourd'hui ; je nu puis souf! les pamphlets.\u201d L'article de I'sul Louis Courior comporte doux enseignement, à savoir que nous devons nous I.garder d'imiter M.Arthur Bertrand, qui, dans sa - tise incommensurable, appelait pamphlet tout écrit avait moins de 48 payes, au maximum.Mais sans In bêtise do ce M.Bertrand, de que belle page de Paul Louis, nous aurions été privés *,* Il y aeu mort d'homme, l'autre jour, à Mo.réal ; cela arrive quolquefuis, sans doute, mais t jours trop souvent, mais comme, on cette affnire, l'a était justifiable, il n'y à eu qu'un malheur et nou Ix crime, Copendant, vous avez dû remarquer Avec quel! complaisance, quelle bonté de cœur, quel souvenir de liens du sang, quelle muitié pour l'ancienne min patrie, plusieurs journaux ont raconté la chose Dave quels jolis titres et sous-titres \u2018 * Un français tue son beau-frère belge.\u201d ** Le meurtrier, ex-soutteur au théâtre français.Eh! qu'est-ce que cela peut faire au lecteur que l'un.soit Belge et l'autre Français, alors qu'au Canad.Français, Belges et Canadiens se considèrent généra lement comme moumbres de la mème famille.Xi l'un avait été Autrichien et l'autre Hongrois, vu Russe ot Polimais, aurait-on tant insisté, dans le titres des compto-rendus, sur la nationalité des per sounages de la tragédie, évidemment NON, MAIR que voulez-vous, il y a des gens qui ont l'esprit (?) ai sin- gulièrenient tourné * Quoiqu'il en soit et, sans w'inquiéter de savoir » l'un était anglais ot l\u2019autre américain, où espagnol et portugais, je constate une fois de plus que celui qui s'est défendu a eu raison de ne pas imiter Thémis- tucle.Oh! ce Thémistocle, qu'il m'a donné sur les nerfs, AU temps de ma primo jounesse / Qu'il m'agaçait done.quand on nous racontait l'altercation qu'il eût avec Eurybiade, ayant Salamine, et que Témistocle dit au général spartiatu \u2018qui levait sou bâton pour le frapper : *\u201c Frappe, mais écoute,\u201d et que notre professeur se pâmait d'admiration devant cette réponse ! Plusieurs de mes camarades n'y trouvaient pas non plus rien de ni admirable, et voici le raisonnement que hous opposions à l'enthousiasme de notre vieux maître : \u2014 Les spartiates, comme tous leurs contemporain, n'étant pas gens tros oncdurants et l'action suivant vito la pensée, il est evident que si Kurybiade avait eu vraiment l'intention de frapper Thémistole, il l'aurait assommé immédiatement.Si même il avait ou un moment d'hésitation.le mot : \u2018 Frappé,\u201d prononcé par le général athénien, aurait suffi pour faire abaisser le bâton et jamais Thémistoclo l'aurait pu terminer sa belle phrase.D'un autre côté, si Thémistocle savait qu\u2019Eurybiade n'avait pas l'intention sérieuse de le frapper, son \u2018* Frappe, mais écoute,\u201d n\u2019a plus grande valeur.C\u2019est comme dans la belle Hélène, alors que le bouillant Ajax dégaine à moitié son sabre à chaque instant ot qu'un de sen Compagnons d'armes lui dit : ** Laisse donc ton grattoir tranquille.\u201d Mais, pour en revenir nu j'auvre diable qui à tiré sur son beau-frère, il est évident \u2018ue s'il avait imité smile \"4 Es LE MONDE ILLUSTRE 67 émintucle et s'on était tenu à des mots, méme des ts antiques, à la grecque, il est probable qu'il serait jourd'hui au nombre des défunts.l\u2019est une très triste affaire, très regrettable, mais misère, le désespoir font commettre bien des fautes.T'Isignona le malheureux qui à été victimo d'un mont de colère et l'homme qui u été dans la pénible -ensité de défendre sa vie au prix de cello de sun rent.+*,* La Russie est en liesse à l'uccasion du couron- ment du czar.Les fêtes coûtent des sommes folles, ot le peuple sse acclame avec un enthousiasme trop bruyant peut- ro pour être sincère, celui qui d\u2019un mot peut en- yor souffrir, pourir et mourir des milliers de ses jets.Uetto autorité shsulue fait peur et ce n'est pas sans notion que j'ai lu dernièrement dana le Star le récit o 'évasion de Siberie de trois prisonniers politiques, ontée par l\u2019un d'eux qui habite Montréal.On parle souvent des crimes que l\u2019on commet au om de la Liberté, qu\u2019est-ce donc à côté des atrocités ns nom commises par une monarchie absolue, comme elle de la Russie, ls soule de l'Europe, du reste, der- ier vestige des mœurs d'autrefois © On le fête, on l\u2019adule, le czar de toutes les Russioes, in se prosterne devant lui, on lui dit qu'il est le plus loré de ses cent cinquante millions de sujets, et tout cela est faux ; en réalité, on a peur de lui, de son prou- voir et plus d'un des empereurs qui l\u2019ont précédé, à appris à ses dépens qu'il n\u2019y à pas loin du Capitole à la roche tarpeïenne.Les nihilistes conspirent toujours dans l'ombre, et les murs des prisons de la Sibérie, n'entendent pas souvent de paroles d'amour à l'adresse du monarque que l\u2019on couronne à Moscou.Et pourtant co souverain exécré de tant d'hommes avait du cœur, il savait que la forme de gouvernement de son pays est contre nature, insensée, wais en montant sur le trône et pour le conserver, il faut qu'il suive la tradition, qu'il suive la même ligne de conduite que ses prédécesseurs, toute absurde qu'elle soit.Il n'aura probablement pas, lui non plus, le courage de donner au peuple les libertés nécessaires et il ne faudra pas s'étonner s'il tombe à son tour victime d'un attentat.+*,* Dans le tas d'insanités que l'on entend tous les jours à propos de politique, il s'en trouve parfois d'assez drôles.L'autre jour, sur le bateau, deux jounes geus avisent un brave homme, enfoui dans uu fautouil et paraissant avoir eu des relations trop intimes avec lo jus de la vigne : \u2014 Eh ! bien, l'ami, dit l\u2019un en le secouant, êtes-vous bleu! Pas de réponse.Etes-vous rouge / lien qu'un rontlement.Laisse-le done, dit son entuarade, tu vois bien qu'il est gris.Ez .\u2014
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