Le Monde illustré, 24 octobre 1896, samedi 24 octobre 1896
[" 4 un, 83.00 + - .Six mois.$1.50 +\u2014- LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS: 13ux ANNÉE, No 651.\u2014SAMEDI, 24 OCTOBRE 1896 | ANNONCES : La ligne, par insertion « + - - - 10 cents Insertions subséquentes - - - - cents Turif spécial pour annonces à long terme Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.nds dans les dépôts - - 5 cents la copie Brrravx, 42, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTREAL.LA FAMILLE IMPERIALE DE RUSSIE 0 ue ent Le 402 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 24 OCTOBRE 1896 SOMMAIRE TEXTE.\u2014Entre-nous, par Léon Ledieu.A bâtons rompus, par G.P.Labat.Petite poste en famille.Poésie : Pluie d'étoiles, pur Hector De- mers.\u2014 Nouvelle : Marie-Reine, pur Em.Beau- lieu.Dévotion à saint Antoine de Padoue.Poenrée d'automne, par un Jeune.- Poésie : À Napuléon Il, dormant dans les bras de Napoléon ler, par le petit Roseau.Un duel sous Fronte- nae, par Regis Roy.Chronique européenne, par R.Brunet.\u2014 [es martyrs du devoir, par Firmin Picard.\u2014Clérident Lafortune (nvec portrait).Sport.Notes d'histoire naturelle.Choses et autres.\u2014Jeaux et récréations.Feuilleton.Guaveres- Portraits des membres de la familte ihupé- riale de Russie.Vucs extérieure et intérieure de la basilique de Saint-Antoine de Padoue, Entrevue de Paris (double page contenant cent soixante ortraits des souverains et des principaux hoinmes Runses et Français).- Les membres du club de la crosse \u2018\u2018 Québec.\u201d Rébus.PRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE MONDE lLLUSTRÉ réserve à ses lecteurs mêmes l\u2019escompte ou la commission que d'autres journaux paient à des agents de cireu- lation.Tous les mois, il fait la distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nombre de 94 ; soit, 86 de une pinstre chacune, et puis un des divers prix suivants : $2, 83, &4, $5, S10, S15, 825 et 850.Nous constituons par la, comme les zélateurs du MONDE ILLUSTRE, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le même pie de rivalité ; c'est le sort qui décide entr\u2019eux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque» mois, par trois personnes choisies par l'assemblée., Aucune prime ne sera payée après les 30 Jours qui suivront chaque tirage.ROMAN CANADIEN Dans son premier numéro de novembre prochain, LE Monne ILLUSTRÉ commencera la publication d\u2019un roman canadien inédit : LE CADET DE LA VERENDRYE OU LE Trésor des Montagnes Rocheuses L'auteur est l\u2019un des plus actifs et des mieux gofités parmi les nombreux collaborateurs de notre journal.M.RÉGIS ROY, d'Ottawa.Jeune encore, M.Roy s'est déja fait une réputation enviable pour l'attention et le talent qu'il apporte à dramatiser, en des récits entrainants, quelques-unes des plus belles pages de nos annales patriotiques et nationales.Cette nouvelle étude de lui, que nous allons entreprendre de publier, ne pourra qu'ajouter à sa renommée sous ce rapport.Un des épisodes les plus intéressants de notre histoire, la découverte de l'Ouest canadien et des Montagnes Rocheuses par les La Véren- drye, père et fils, se trouve illustré par les nombre.tableaux d'un récit instructif a la fois et captivant.Nos lecteurs le suivront sûrement avec la plus vive attention.LE MONDE ILLUSTRÉ [Eft hans Nous YU EUYTVVY SEETEVOUVY Tous les journaux de la province se sont évertués à reproduire un petit entretilet disant qu'il y avait \u2018\u2019eiiquante ans, Ce Miois-ci, que la plume de fer avait été inventée.\u201d Cest tout simplement une fumisterie.Il y a beau tempis que ce petit instrument si coum- mode, si bon et si mauvais, selon l'usage qu\u2019on en fait.a été fabriqué pour la première fois.C'est un Français, Joseph Arnoux, mécanicien, qui en est l'inventeur.Il vivait au milieu du siècle dernier, mais ce west guere qu'au commencement de notre siècle qu'elle fut bien connue.La plume d'oie ne fut cependant pas détrénée tout de suite par la plume métallique, et je me souviens trés bien que mon vieux professeur d'écriture-\u2014il est mort fou, du reste\u2014 ne voulut jannais se servir d'autres plumes que celles des descendants des suuveurs du Capitole.I nous taillait les nôtres et cette opération se renouvelait si souvent qu\u2019il passait bien les trois quarts de la leçon, le canif à la main.C'est peut-être pour cels que j'ai toujours été un assez médivere calligraphe.Les premières plumes métalliques se vendaient fort cher, aujourd'hui elles sont tembées à un prix très minilue.Pendant pres d'uu demi-siccle, les Anglais eurent le tonopole de la fabrication des plumes d'acier et la ville de Birmingham est encere célebre pour ses produits.mais la France vivalise aujourd'hui avec l'An- sleterre.Les plumes de Blanzy-Poure et Cie se von- dent dans le monde enticr.L'invention de la plume de fer remontant à cinquante ans n'est donc qu'un vulgaire canard.*,* Que de gens se sont extasiés de voir un empereur, le plus puissant des ethipereurs, rendre visite à uni président de république ! Je n'y trouve rien d'extraordinaire, à part peut-être cette petite particularité que pour être élu présedet t d'une république, il faut avoir au moins une certaine intelligence, tandis que pour être empereur où roi, ou ue s'oceupe nullement de ce détail, témoin le roi actuel de Bavière, Othon, qui est idiot de unissance, et qui n'a jamais pu faire une différence entre A et b.Le crétinisme qui le distingue ne l'empêche nullement d'être roi.Règle générale, la fabrication d'un roi ou d'un ens.pereur est tres simple, il suttit à un individu d\u2019être le fils de son père, quand celui-ci a été en possession de l'emploi, tuais parfois aussi il suttit de la volonté d\u2019un homme pour se faire donner ce titre, témoin Napoléon ler, Louis-Philippe, Napoléon IHL, qui tous ont eu leur petit coup d'iétat.\u2019aul-Louis Courier raconte, d'une manière tres plaisante, l'aventure de Napoléon Ter : Nous venons de faire un empereur, écrit-il.en mai 1804, à un de ses amis, et.pour ma part, je n'y ai pas nui.Voici l\u2019histoire : Ce matin, d'Anthouard nous assomble et nous dit de quoi il s'agissait : mais bonnement, sans préambule, ni péroraison : \u2014Un empereur ou la République, lequel est le plus à votre goût ?Comme on dit, rôti ou bouilli, potage ou soupe, que voulez-vous / Sa harangue tinie, nous voilà tous à nous regarder, Assis en rond.-\u2014Messieurs, qu\u2019opinez-vous ?Pas le mot.Personne n'ouvre la bouche.Cela dura un quart d'heure au plus, et devenait embarrassant pour d'Anthouard et pour tout le monde, quand Maire, un jeune homme, un licutenant que tu as pu voir, se lève et dit : \u2014 S'il veut être empereur, qu'il le suit, mais.pour sn dire mon avis, je ne le trouve pas bou du tout.\u2014Expliquez-vous, dit le colonel ; voulez-vous.ne voulez-vous pas / -de ne le veux pas, répondit Maire.Nouveau silence.On recommence à w'obuerve lux Unis les autres, comme dus gons qui ne voient pu la première fois.Nous y serions encore, si je n°.pris la parole -Messicurs, dis-je, il me semble, sauf corr.u, que ceci ne nous regarde pas : la uation veut wy.u- porour, est-ce à nous d'en délibérer ?Ce raisonnement parut si fort, si lumineux.4 rem.que veux-tu ?J'entrainai l'assembléo.J aus orateur h\u2019eût un succès si complet.On we li: on signe, on s\u2019en va jouer au billard.Maire me dis.Ma foi, commandant, vous parlez comme Ci \u2026u, mais pourquoi voulez-vous tant qu'il soit empere te vous prie / - Pour en finir et faire notre partie de billard 1- Init-il rester là tout le jour ! Pourquoine lex, VOUS pan / Ju ne sais, Me dit-il, mais jo le croyais fai gp quelque chose de mieux.Voilà lo propos du lieutenant, que je ne trous tant sat.En etfet, que signifi, dis-woi 1.un he comme lui, Bonaparte, soldat, chof d\u2019armée, Io mier capitaine du monde, voulon qu'on l'appel A jesté | Ktre Bonaparte ot se faire sive ! IL as.à descendre.Mais non, il croit monter en s'égnlai à rois.Pauvre honune, ses idées sont au-dessous fortune.Je m'en doutais, quand je le vis dou: 4 petite sœur à Borghese, et croire que Borgh, 1 faisait trop d'honneur.César l'entendait bien uieux, et aussi ¢'éta un autre homme.Il ne prit pas de titres usés, mais i son nom un titre supérieur à celui de roi.Adi Que d'esprit et de bon sens daus cette lettre nous raconte, en termes si\u2019simples, un des événeu .les plus importants de notre histoire ! Et quel mépris bien juste ot si mérité, dan mots : ** Être Bonaparte ct se faire sire ! *,* Les Canadiens sont des types.Bien ou ws ne font rien comme les autres.Enr voici deux qui vieunent de déserter leur na dans les conditions les plus extraordinaires.Ordinairement, quand on déserte c'est non + ment pour échapper à un genre d'existence n.portable pour une raison où Une autre, mais a pour ticher de trouver mieux, mais nos deux typo un nommé Lafortune et un autre donut le nom chappe n'en ont pas jugé ainsi et ont choisi, | déserter, le pays le plus mhospitalier du monde.d.et froid à faire frémir.Ces gaillards-la, faisaient partie de l'équipage « navire ancré la-bas, quelque part dans la baie d'H son, pays où les théâtres, les restaurants et les vettes sont rares.La vie était tellement assommant- monotone, à bord, que nos Canadiens décidérent s'en aller à terre et d'essayer de regagner le Canad.ll faisait un petit froid de 25 au-dessous de zéro: 11 fallait parcourir LOW milles avant de trouver un eta- blissement de blanes.Ce n'était pas ane entreprise des plus facile et les pauvres diables après deux jours de marche étaient déja épuisés, quand des hommes de l'équipage envoyés à leur recherche.les retrouvérent mourants.Le retour fut assez dar.mais les malheureux reprirent a\u201dec plaisir la vie de bord, qui leur parut tout autre, apres cette excursion de quelques jours, Is ue déserteront plus.#*4* Les nouvelles du Brésil sont bien muivaises.On s\u2019y attendait.Nos malheureux Canadiens, qui ont persisté à s'expatrier, naluré les conseils qu'on leur à donnés, com mencent à s'apercevoir que tout n'est par rose dan les pays chauds.l'uieso leur exemple servir à ceux qui auraient cu velléités d'aller faire le métier de nègre au Brésil.*4* A propos de cette malheureuse émigration au Brésil, la société de Saint-Jean-Baptiste, de Québeu, vient de passer «les résolutions d'une importance telle que LE MoNbE ILLUSTRE croit de son devoir de les publier.On ne saurait trop prendre do précaution, en effet.pour empêcher nos compatriotes de se lnisser séduire par de fausses promesses.Voici ces résolutions : mann Que les membres de ln société Saint-Jean-Baptiste de Québec, réunis on assemblée générale, à l'Hôtel-de- Ville, voient avec douleur qu'un certain nombre des nôtres ont quitté la patrie pour aller travailler sur les plantations de café du Brésil.Elle apprend, par les journaux, que l'un se propose de recruterde nouveaux cmigrants, et que l'on à choisi notre ville comme point d'opération.Élle craint que quelques-uns de nos compatriotes wnorent ce à quoi ils s'exposent, écoutent les propositions d'agents intéressés ct laissent tiotre beau Canada, où le plus pauvre des habitants est encore relativement riche et où la liberté fleurit dans tout son épanouissement.Elle considère comme un danger national cette tentative de faire émigrer nos compatriotes dans un pays sù le climat est meurtrier pour lon gens du nord et où les conditions d'existence sont telles qu'aucun Canadien n'y peut être heureux.C'est pourquoi cette assemblée jette le cri d'alarme et supplie tous les Cunadions-français d'employer tous les moyens légitimes pour empêcher que vette tentatives ne réussisse.Elle prie les autorités religieuses de faire connaître toutes leurs ouailles le danger que court la population.Elle prie messieurs les curés, toutes les soc étés saint Jenn-Baptiste, toutes les sociétés de bienfaisance quelconques, tous les conseils municipaux de le signaler à leur population.Elle demande à la presse de lui prêter son précieux concours.Elle fait appel au patriotisme de tous pour l'ider a faire connaitre aux plus éloigné de nos compatriotes qu'il doit repousser de toutes ses forces les proposi- tious quelque avantageuses qu'elles lui paraissent, qu'on lui fers pour émigrer au Brésil, Enfin, elle deniande avec instance au parlement fédéral de prendre les moyens pour protéger ceux des nôtres qui émigrernient au Brésil.Cette motion est adoptée unanimement.20e te \u2014 +.
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