Le Monde illustré, 6 mars 1897, samedi 6 mars 1897
[" 'AGONNEMENTS.19m ANNÉE, ! No 670.\u2014 SAMEDI, 6 MARS 1897 , ANNONCES.On an, $8.00 - - Six mis.§.00 foes 0 __._ La ligne, pur insertion - .- - :v cents Quatre muis, 81 UV, payable d'avance | BERTHIAUME & SABOURIN, PROPAIETAIRES.Insertions subsequentes - - - - beents Vendu dans lcs dépdts .- 5 cents (a copie \u2018 Tunæaux.49, PLACE JACQUES-CARTIER.MONTREAL | Tarif spécial pour annonces à long terme wiv, A M WI a RL PR ARN AR a LES PETITS MENDIANTS 706 LE MONDE ILLUSTRE \u2014 ee tr rennes LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL.6 MARS 1897 SOMMAIRE TEXTE.- Chronique européenne, par Rodolphe Brunet.\u2014 Notes sur l'Ecosse, par Marie Louise Ber.goron.\u2014Le pain de Mme N., par Bluet Mort du RP.Hadon, SJ Les événements de Crète Poésie : Elle ne n'aîtue plus, par Fu, Beaulieu Nouvelle : En face du devoir, par Mathins Filion La vin aux champs (avec gravures), par un Ami des Champs.Hounuage, pur A.Hurteau.-Le veuvage aux Iules, par G.Maire.\u2014 Conseils pratiques.\u2014 Poésie : Egalité, par L.Paté.\u2014 À travers Rome, par Firmin Pieard.- Une centetaire can dienne-française \u2014Appas pour crocodiles (avec gravure)-\u2014 L'insurrection cubaine,-\u2014 Nayerstitions des Créoles de Cuba.\u2014Jardin des enfants.\u2014 Feuil- lotous : Un drame au Labrador, pur le Dr Eugène Dick.\u2014 La veuve du garde.- Choses et autres, GRAVURES.-\u2014 Les petits mendiants.\u2014 Portrait du RP.Hudon \u2014 Les événements de Culia : Fort Luque ; Insurgés faisant dérailler un train ; Auherve près de Sautiazo.\u2014 Insurrection de Crète : Le port de Cande.\u2014A travers Londres : La Bourse : Pont de Westminster ; Le Palais de Justice ; Les ba- tisses du Parlement ; La hauque d'Ancleterre La cathédrale Saint-Paul : Le pout Blackfriars, - Devinctte.\u2014 Rebus.PRIMFS A TOUS NOS LECTEURS LE MONDE II.LUSTRÉ réserve à ses lecteurs mêmes l'escompte ou la commission que d'autres journaux paient à des agents de cireu- lation, Tous les mois, il fait la distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre jou aul peut, de cette sorte, répaitir parmi ses ecteurs sont au nomlre de 94; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : S2, $3, 84, £5, $10, £15, £23 et £50.Nous constituons par la, somme les zéln- teurs du MONDE ILLUSTRE, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le même pied de rivalité ; c'est le sort qui décide entr'cux.Le tirage se fait le ler samedi de chaqu: mois, pur trois personnes choisies par l'us- semblée, Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront chaque tirage.NOS PRIMES LE CENT CINQUANTE-TROISIÈME TIRAGE Le cent cinquante-troisièeme tirage des primes mensuelles du MoxpE ELuusTrÉ (numéros datés du mois de FÉVRIER) aura licu le samedi, 6 MARS, a deux heures de l'aprés-nudi, dans nos bureaux, 42, Place Jacques-Cartier.Le public est instamment prié d'y assister.- 2.CHRONIQUE EUROPÉENNE Panis, 6 février 1897.C'est un convalescent qui Vous écrit cette chronique, alors qu'un amis plus malade (M.P.) près de moi, se lamente justement contre lu sale température que nous avons.Parfois de la neige qui, touhbée blanche devient plus nocre qu'une négresse, le lendemain c'est de In pluie qui cingle In tigure, et toujours l'humidité, la tuante humidité souffle son haleine mortelle.Les marchandes de violettes font de grosses recettes, puisque ce sont ces modestes fleurs purfumées de sen- timient que l'en jette en quantité sur les cercueils des pauvres qui s'en vont éternellement dormir la où on ne sent plus les morsures impitoyables d'un climat ; mais dans ce cortège inaniné, enlevé par une rafale de mort, les riches, lea riches de jadis, ont nursi leur part; de violettes, eux qui ne marchéreut, peut-être, que sur les roses durant la vie ai brève \u2018 Ailusi passe la Destinée, en jetant aux cuneticres autant d\u2019existences que nous enverrons de confettis dans la rue.aux jours gras, quand le plaisir s'ouvrira BU printemps HONVEAU.Pendant que Paris est drapé de tristesse dans son ciel sombre, le soleil se haigne dans la Méditerranée et se pronièhe str toute Is côte d'azur qu'il habite si joyeusenrent.Cependant, ceux, qui maleré l'atfrouse Lemipérature, se portent comme des charmes peuvent s'amuser dans les théâtres et aux bals nombreux qui se donnent un peu partout + + * Hy what jours deja, la Societe Canadienne de Paris, à remplacé notre viee-président, le Dr J.-A.Saint-Denis parti pour le Canada, par le Dr Daniel E.LeCavalier tres aimé dans notre petite colonie.Le choix est heureux ot favorable à la prospérité de notre Societd, * Un jeune Canadien peintre de talent est arivé récemment de Rome, M.Murray Prendergast, le ils du tres sympathique gérant de la Banque d'Ho- chelaga M.Prenilergast compte séjourner quelque temps a Paris, et il étudiera a l'école des Beaux-Arts, où il vient d'être admis.M.Raymond Préfontaine est presque complètemeut remis, Le distingué député d'Hochelaga n été opéré, avec grand succes, par le Dr Paul Reclus.+.- Dunanche, 7 fevrier.Atjourd'hui, le soleil à jeté sur Paris un peu de ses ovillantes paillettes d'or : et de midi à trois heures, la foule des Parisiens et des Parisiennes se promenant sur les houlevards a vu le printemps qui faisait ane première et gracieuse visite.Hier soir, le traditionnel bal de I'Hotel-de- Villa a réuni -comme chaque année le premier vitoyen de la République et le pauvre charhonnier qui a quel- qu'influence dans son quartier.Mure Félix Faure, et les grandes dames qui donuaient le ton, dansaient pres des petites Dlanchisseuses favorisées, ut, ainsi pêle- mèle, le peuple de Paris clamait sa joie en affirmant sa fraternité républicaine.Les Tout-Paris ont fait des heureux et.parun les pauvres privilégiés invités aui recommenceront demain leur travail avdu, il restera un souvenir dont leur cœur sera fier et content, .» * Notre compatriote, le Dr Charles- Auguste Prevost, de la Faculté de Médecine le Paris, à vuvert un cabi net de consultations au no 8 de la rue de l'Université, à Paris.Le Dr Prévost s'occupe spécialement des maladies dur larynx, du nez et des oreilles.>.ll est rumeur que le comte de Mau et l'ubbé Le- mire, députés, doivent aller rendre visite à ln Société Canadienne de Paris, qui se prépare à les recevoir dignement, * .* Mercredi, 10 février.L'Europe attentive ccoute avec intérêt les graves difficultés qui vont sans cesse.s'élevant entre les Crétois et les Tures.Les diplomates froncent les sourcils, le roi de Grèce se prépare à ln guerre, et les guandes nations font peut-être des rèves humanitaires | Les chrétiens crétois réclament la Juste liberté à laquelle chaque peuple à droit ; et pendant que rampent aux pieds du Sultun les diplomates dont il se moque, la Crete est inondée du sang de ses enfants, qui t>mbent martyrs de leur héroisme.Et pas un gouvernement généreux ne parle eu brave.excepté celui d'Athène.qui xe souvient du glorieux passé des Hellènes.La France attend que le tsui parle, l'Angleterre ne croit pas de son intérêt de s'interposer ei vite pour ln proie nouvelle qu'elle convuite, l'Italie songe encore Ménéliek, l'Autriche dort pendant que l\u2019Allemague rève et que l'Espagne fait une marche de malheurs dans les cimetières de Cuba ; les autres petits peuples attendent le signe d'un maitre.Et l\u2019Europe s0 berce ainsi dans une coupable non chalance alors que retentissent les anpels désespéré do frères qui meurent pour la Sainte Liberté, qui n'a point sur ce continent un seul solide et beau piédestal.-Pauvre Liborté, on t'invoque partout, mais avec quel accent d'hypocrisie et avec combien peu de sincérité \u2018 .* Vendredi, 12 février Les Journaux retentissent tous de lu question cre toise, et ceux de Frauce demandent à l'Europe dv protéger les Crétois et d'aider la Grèce dans In tach.brave et hardie qu\u2019elle entreprend de tendre la min aux frères de sang qui l'appellent à leur secours.M.Hector Depasse écrit, dans l\u2019Æcho de Paris d'au Jourd'hui, ces lignes humanitiores Aton rempli, essayé de reuwplir los promesses données, il y w vingt aus, par le congres de Berlin / A-t-onn_ respecté le pucte d'Halepn ?A-t-on exécuté les principaux aaticles de In convention du mois d'août 1S96 / \\-t-on seulement organisé une police, une adusitistration ayant apparence régulière ?Rien de rien.Tel est le régime de l'Europe ! On se dit quelquefois qu'il n'Y à pas an paysan, dans sa métairie qui n'ait plus de sagesse que toute a diplomatic officielle des Eta, A part lex trois villes, lu Cande.Retymo, Candie.ou les musulmans sont les nuitres,- c'est à peu pres tout ce qui reste de \u2018© Ja Crete aux cent villes, *\u2014 les CAIPALNES sont occupées par des populations qui veulent enfin vivre Hibres et s'administrer selon leurs idées et leurs tnœurs.Le parti de l'indépendance na Jamais été mieux armé.Les bergers crétois sont invincitles dans leurs montagnes, comme les Suisses et comme les hommes de l'Abyssinie, Eu vénlité, la séparation d'avec la Turquie est fuite et consommée La Crète s'est affranchie elle meme pelle se couserne.comuie elle pear, par ses comités et var ses chefs locaux.Ce qu'on demanderait à l'Europe, c'est di rendre la Crete.pieds et poinus liés, à la Turquie Est-ce possible ?La géographie, l'histoire et trois siècles de bataille sont des témoignages beaucoup plus clairs et authen tiques de ln destinée d'un peuple que toutes le- foranes de suffrage et de plébiscite.La Crete fue, avant ln Grèce mete, un berceau de civilisation et d'art, Cette ile devrait être un des orne ments de l'Europe, un jardin dans la Méditerrance Ce n'est plus qu'une terre misérable, portaut partout les vestiges d'une guerre éternelle.Elle pourrait re fleurir, dans son union avec In Greece, et pour utili et l'agrément du monde, si l'Europe avait un peu de décision politique.Le prince Georges, port laer de Grece à la tête du la flotte de guerre se portant au secours de la Crète, est le second tils du to, et Cest hu qui, il y n doux au.sauva la vio au price Nicolas, maintenant empereur de Russie, peudant un voyage que tous deux faisaient la.Le peuple grec, en entier, à acvlamé le prince Georges à sou départ.Puisse-t il ajouter une palme de qlus # Fhistoire glorieuse de sa vaillarte patrie .«- .L'eté dernier, au château des Boulayes, ou j'etais hôte de l'illustre Dr Par, Je fis la connaissance du Dr Curomilas, qui occupe une haute situation a Cala tuata (Grèce) ; et, comme nous parlions des premières difficultés crétoises, le Dr Coronnilas disait ** Les diplomates régleront la question pour aujour d'hui, mais elle reviendra sur le tapis, et celn bientôt.dans six mois, dans un an nu plus tard.Et alors les puissances en serunt embarrausées, parce que c'est leur intérêt commun de protéger l\u2019empire turc.Néan moins, ls justice de la cause des Crétoia pèsera peut-être pour quelque chone : et il ae pourrait que de x HW he liée 200 = \u2014\u2014 LE MONDE ILLUSTRÉ 707 -\u2014\u2014 EE ve rien, dont l'Europe ne s'occupe point maintenant\u2018 il parte un conflit amenant une sanglante guerre euro- penne.\" La première partie de la prédiction du Dr Coromilas est accomplie, mais expérona que lo resto sera remis à plus tard, à un plus tard très éloigné.Car, si une guerre éclatait actuellement en Eurupe, ce serait Ia plus barbare boucherie du siècle qui sedit le plus civilisé.Tous les engins de guerre perfectionnés, à l\u2019électricité donnersient la main à la Mort pour faucher plus vite les vivants qui les fabriquèrent.Le spectacle serait trop macabre et trop sinistrement etfrayant pour qu'il soit désiré.Faisons des vœux pour que 1897 s'éclaire, non des feux des sauglatitos batailles, mais de l'éclatante intelligence des dipto- aies, qui peuvent montrer ainsi les progres de les: prit humain et sa prépondérance fraternelle et sublime duns lo monde.Par ce fait, In diplomatie acquerr« une reconnaissance éternelle.Que lu Crète se gouverne à sou gré, et que les puissances, tout en l'aidant par d'humanitaires mesures, gardent la paix rayonnaute, qui seule donne un peu de bonheur, voilà ce qui est le plus désicable pour l'intérèt du monde entier./ FA Shea, \u2014 + \u2014\u2014\u2014 NOTES SUR L'ÉCOSSE Chacmantes lectrices et atmables lecteurs du Mosnk ULLUSTRÉ, qui comme moi avez voyagé, plus par ima- cinstion qu'en réalité, vous te permettez bien de vous faire part d'une lecture illustrée, à laquelle j'ai assisté à l'Académie de Musique de Boston, le deux janvier.Le sujet était l'Ecosse, qui n'a rien à envier an voisine l'Anvleterre.Nous somes a 'embouchure de lu riviere Clyde.\u201ctiv mesure que nous AVançons, se déroulent à nos regards des paysages charmants d'une richesse de couleur incomparable.Duwbarton Rock nous appa Fait dans toute sa beauté.il n'est pus très élevé, mais tout de mème il leve harditment sa tète vers le ciel.L'Icosse est remarquable pour la leauté de ses nappes Lean.Le Lae Lomond est Porgueil du poaple deossais : ses eaux sont si lihnpides que la nsture aime a wy mirer.Les iles ljoisées qui flotteut sa surface res semblent à de grandes corbeilles rustiques, remplies de fleurs où La forryère domine.Le juge Routhier, dans son ouvrage remarquable A travers l'Europe,\u201d dit que la bruyère d'Ecosse est un arbuste mignon ressemblant au bluet, couverte de jolies petites fleurs violettes qui sont presque immortelles.(Quittous cette place enchantoresse et allons voir Balmoral, la résidence d'été de la gracieuse souveraine de l'Angleterre, Victoria.trouve sur les linutours.Cette demeure royale se La reine à deux autres résidences, uno dans l'ile de Wisht et l'autre à Windsor sante figure de Mary Queen of Scotts ne présente à nous ; elle eat très belle, et cette Leauté a été le sceau fatal de sa destinée future, qui & excité la jalousie de l'ambiticuse Elizaboth.Mais ne nous arrétons pas sur ces faits ensevelis dans la nuit des temps.Que reste-t-il de ceux qui ont joué les principaux rôles, qui ont ou une si grande influence eur la destinée de l'Écosse ?Pas méwme un peu de poussicre, et on fouil- letant l'histuire, nous nous demandons à quoi ont servi toute ces julousies, pour disputer le trône à une jeune femme malheureuse, qui à porté sur son front un doulilo diadème, celui de reine et de martyre.l\u2019assons encore, et allons respirer l'air sain et forti- finnt des montagues de l\u2019Ecosse.Arrêtons-nous à Guisachan, daus Invernesshire, endroit désert.C'est dans cet: + solitude, que Fshbel Mwrjoribankes n lu et étudié l'histoire de son pays.L'enfant est devenue jeune fille, et la jeune fille est devenue la fennne de lord Aberdeen, le gouverneur-général du Canada, nimé et respecté de tout le Dominion.Les wontagnes de l'Ecosse, ses Iucs, et ses vallées ont été chantés par les anciens bardes et les poètes.On à essayé de reproduire sur la toile lu grandeur des Hébrides, la beauté de ces monts, mais seul le divin Artiste à su mêler les couleurs, et nous sommes sous le charme quand à notre vue, les tnontagnes apparaissent sous les feux du soleil levant.qui forment une auréole unique sur leurs cimes imposantes.De là nous nous rendous à l'ile de Staffs, sous la quelle re trouve la cave de Fingal, que son architecture naturelle fait ressembler à une cathédrale du tioyen- ape, lu vonte est d'un bleu turquoise, ses parois sein blent d'albitre, et la pricre monte naturellement du owur aux levies.Le murmure de l'océan semble le prélude d'une mélodie divine, et la vague qui vient résulièrement caresser la rive ressemble à l'hymne de Ja reconnaissance pour l\u2019auteur de tant de mer veilles.Le parfum apre de l'Atlantique monte (Œuvres Le soleil, horloge de la comme | encens dans cette grotte enchantée.sutilimes du divin Architecte | nature, code sa place a la reine de la nuit, et il nous faut quitter ces lieux inouhliables, emportant dans nos cœurs un souvenir qui ne saurait s'effacer.Mine Mouir-LouisE BEpseron.\u2014 >>.\u2014==\u2014\u2014 LE PAIN DE Mme X.A Huron du \u201cRives, NOTRE EDUCATIONS ET Nos PRINCIFES Merci d'avoir daigne donner, dans le Reeal, place a mon humble article Le Pain.\u201d Merci aussi de votre approbation des sentiments qui l'ont inspiré, j'y suis très sensible.H we fait peine de constater que nous différons quelque peu l'opinion sur deux points.Permettez-vioi de conserver mia conviction et ma croyance.Non, mille fois non © Me NX.n'a pas agi suivant les principes qu'on lui a enseignes au pays et son action ne doit pas être attribuée à son éducation A ello comme à ln plupart d'entre nous, rien n'a éte Mais Balmoral est son château favori, où elle aime à épargné dans l'enseignement des sains principes et du venir se reposer des fatigues de In cour.La place est, toujours gardée par des soldats, et personne ne peut venir sur le terrain sans une permission spéciale.C\u2019est un endroit favorahlo pour la chasse, et qui abonde en gibier, c'est vraînient nne retraite délicieuse qui invite au repos.L'hospitalité écossaise, gracieuse et désintéressée, nous permet de visiter plus on détail Edimburgh, la capitale, une des plus belles villes de l'Europe, située près du Firth ou Forth, Elle est renommée pour l'excellence de ses universités et du ses écoles, son histoire authentique commence en 817, quand le roi Edwin étaldit une forteresse sur Castle Rock, le siège ancien des rois d'Feosse La rue principale, Princess, nous montre le monumeut superbede Walter Scott, qui évoille dans l'âme dus Ecossais tout un monde du souvenirs glorieux.Nous ne pouvons rester longtemps dans la vieille capitale sans que l'intéres- respect des choses sacrées et saintes que l'on apprend it connaître dès le plus bas âge, au foyer de la famille.Ce t'est pas tout, vous le savez, de hien ensemencer la terre.Ceux qui ont mission où \u201charge de former les cœurs, de développer les intelligences, de cultiver en un mot les ** terres vierges, \u201d ne les créent pas eux- mêmes, ils n'ont pus le pouvoir de les refaire.Comme le semeur de l'Evangile ils jettent la ** semence forte \u201d dans des terrains différents : le grain qui tombe sur le roc sert de pature aux oiseaux et le sol reste stérile.Je cruis que c'est là le cas de Mme X.et quil est assez rare parmi nous, Dieu merci.11 serait trop long et ennuyeux pour nos lecteurs de m'étendre plus longtemps sur ce sujet.D'ailleurs, je pense que vous savez tout aussi bien que moi que notre creation est bonne.Vous avez seulement voulu faire une petite malico, n'est-ce pas ?Quant à recevoir Mme N.dans lea salons canadiens, je crois encure que je n'ai pas cris trop haut.J'admets, avec vous, que quelques portes lui seraient ouvertes, en votre bonne ville de Montréal, mais ce seraient les exceptions : car il n\u2019y à pas de rézlesabso- lues.Pourvu que la majorité, quelque petite soit elle, n'sbsolve pus Mie X.BLUET.\u2014t GR > AR\u2014\u2014 il neige à gros flocons, Bébé n'a jamais va de neige.\u2014Matnan, tiaman, viens voir, il tombe du sucre en | poudre : fais vite des crêpes pour manger avec.IY La SES M NA JOUR DE GRANDE LESSIVE (Mlustrations de Edmond-J.Massicotte) LES FUGITIFS Il y n un peu p'us d'une cinquantaine d'années, \u2014en face «du Grand Mécatina, sur In côte du Labra-lor, \u2014 vivait une pausre famille de pécheurs, composée du père, de lu mère, de deux enfants (un garçon et une fille), et du cousin de ces derniers.Le chef de la famille s'appcluit Labarou : le fils, Arthur, et le cousin, Gaspard, Quant aux deux femmes, l'une répondait au nom de mère Hélène vt l'autre au sobriquet de Minie.Tout ce petit monde vivait en parfaite intelligence, se contentait de peu et n'avait pas la moindre idée que l'on fût plus heureux ailleurs que sur cette lisiere de côte désolée qu'il habitait.Pour peu que la péche allât bien, que la tempête ne vint pas démolir In barque ou abimer les tilets et que le hareng, la morue et le maqueienu fissent leur migration au temps voulu, on n\u2019en demanduit pas davantage.L'automne et le printeumps, une goélette de cabotage pareourait cette partie de la côte, approvisionnant les pécheurs échelonnés ça et à, achetuit leur poisson et les quittait pour ne revenir qu'à la nou- ville saison navigable.Quelquefois evtte goclette avait à son bord un missionnaire.chargé des intérêts spirituels de cette vaste étendue de pays.Et cette visite Insannuelle, impatiemment attendue, constituait tout le commerce qu'avait avec le reste de l'humanité la petite colonie des Kévarpout.Car eétait sur la rive droite de la rivière Kécarpoui, à son embouchure même dns le fond de Ia Laie du même nou, que la Famille Lebaron avait assis son établissement.Cela remontait à 1S40.Un soir de cette année-là, en juillet, une barque de pêche lourdement chargée nbordait sur cette plage.Elle portait les Laharou et tout ce qu'ils possédaient : articles de menage, provisions et agres, Le père \u2014un Français des îles Miquelon, \u2014fuyait la justice de In colonie lancée à ses trousses pour le meurtre d'un camarade, commis dans une de ces rixes si fréquentes entre pécheurs et matelots, lorsqu'ils arrosent trop largement le plaisir qu'ils éprouvent de se retrouver sur le plencher des vaches, [1 s'était dit avec raison que le diable lui-même n'oserait pas Valler chercher au fond de ces fiords bizarrement découpés qui den- teHlent le Hittoral du Labrador, Le fait est que les hasards de sa fuite précipitée avaient merveilleusement servi Labarou.Rien de plus étrange d'aspect.de plus sauvage à l'œil que l'es- tunire de ectte baie de Kécarpoui, à l'endroit où ln rivière vient y mêler ses eaux ; rien de plus caché à tous les regards que cette plage -ablonneuse où ln barque des fugitifs de Miquelon venait enfin de heurter de son étrave une terre indépendante de In justice française ! Les lames du large, longues et presque nivelées par une course de plusieurs milles en ean relativement calme, viennent mourir avec nue régularité monotone sur un rivage de sable fin, dessiné en un vaste hémieyele qui enserre cctte grosse patte du Saint-Laurent allongée sur le torse du Canada.Mais, au-delà de cette lisière de sable, d'un gris-jnunâtre très doux à l'œil, quel chaos !.quel entassement monstrueux de collines pierreuses, de blues erratiques a equilibre douteux, de falaises à No 1 FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE pic encaissant l'étroite et profonde rivière aui a fini par creuser son lit \u2014 Dieu suit au prix de quelle suite de siècles !\u2014au milieu de cette cristallisation tourmentée !.Çh et là, des mousses, des lichens, de petits sapins même.épais et trapus, s'élancent des fentes qui lézardent où séparent les diverses assises de ce couloir de Titans, au fond duquel In Kéearpoui ehemine, tapageuse et profonde, vers In mer.Le thalwex de cette vallée est indiqué par la ligne sinucuse des conifères en bordure sur ses crêtes, jusqu'à un pâté de montagnes très élevées qui masque l'horizon du nord.A droite et à gauche, le sol, moins tourmente, offre ci et là des bouquets de sapins où d'épinettes, qui semblent des îlots surélevés au sein d\u2019une mer de bruyères, d'où émergent de nombreux rochers couverts de mousse et de squelettes d'arbres foudroyés, où le feu du iv] a laissé su patine noiritre.En somme, s'il plait à l'imagination, le pays semble aride et tout à fait impropre à l'agriculture.Pourtant, Labarou embrassa d'un vil satisfait ce paysage d\u2019une horreur saisissante.Bon homme au fond, mais d'humeur taciturne \u2014surtout depuis cette fatale rixe où il avait tué un camarade,\u2014le pécheur mique- lonnais ne tarda pas à s'éprendre de cette nature boul versée, si bien en harmonie avec sa propre conscience.La situation exceptionnelle aussi de cette jolie taie, en pleine region de péche le décida.La baie de Kecarpota, ou téside Lu fannille Laharou Il resolut de sy fixer.L'installation ne fut ni longue, ni ditticile.Des sapins et des épinettes, de médivere futaic sur toute cette partie du littoral, furent alattus, grossièrement équarris et superposés pour former les quatre pans du futur logis.Toutes ces pièces de bois, liées à queue d'aronde aux quatre angles, formèrent un carré très solide, que l'on surmonta d'un toit en accent circonflexe.recouvert de planches confectionnées & la diable.Et la maison était construite.On sen rapportu aux jours de chômage à venir pour améliorer petit à petit cette installation faite À la hâte et y ajouter les hangars et autres annexes indispensables.\u2018 L'essentiel, pour le moment, c'était de s'organiser pour la pêche.Les ngiès furent inspectés ct réparés ; lu barque radoubée et goudronnée de l'étrave À l'étambot : les voiles remises en état.Bref, quinze jours après leur abordage, les Labarou se retrouvaient chez eux ct reprenaient leur train de vie ordinaire.Cela devait durer douze années entières, pendant lesquelles un incident digne d'être rapporté vint rompre la monotonie de cette existence patriarcale. 716 tEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE es = a \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 i =e a.AVENTURE DE CHASSE En juillet 1830,\u2014c'est-à-dire dans In dixième année de leur séjour & Kécarpoui\u2014les jeunes cousins Lalmrou firent une assez longue expédition en mer, Axés tous deux alors d'un peu plus de vingt ans, très développés physiquement et hardis marins, ils ne craignaient guère de s'aventurer en plein golfe, dans la barque à demi pontée qu'ils s'étaient construite eux-mêmes, sous la direction du vieux Labarou.Cette fois là, \u2014roit hasard de ln brise, soit curiosité d'adolescents, \u2014 ils avaieut poussé une pointe Jusque près de lu côte ouest de Terre- neuve, malgré les recommandations paternelles : et, joyeux comme des galopins qui ont fait l'école buissonnière, ils revenaient à pleines voiles vers lu baie de Kécarpoui, lorsqu'en remontant le littoral, qu\u2019ils serraïent d'assez près, un spectacle fort attrayant pour des yeux de chasseurs leur fit aussitôt oublier qu'ils étaient pressés.Deux caribous \u2014 arrêtés au bord de ln mer, où ils étaient venus boire sans doute,\u2014se tennient côte à cote, les pieds dans Peau et la mine inquiète, regardant cette embareation voilde qui se mouvait sans bruit.à quelque distance du rivage.La tentation était vraiment trop forte !.Un coup de barre, et la barque se dirigea vers le rivage, qu'elle Inbourn de son étrave et ol elle s'immobilisa.Les deux jeunes gens, le fusil & la main, chasse, Mais les gentilles bêtes \u2014revenues de leur premier mouvement de surprise et ramenées d'instmet au sentiment de la prudence, \u2014- piroucttérent sur leurs pieds et disparurent sous bois, gagnant la côte voisine.Les chasseurs s'élancèrent sur leurs traces et eurent bientôt fnit d\u2019escalader la côte boisée qui leur Innsquait l'horizon du nord.Arrivés sur ln crète, ils s\u2019arrétèrent un moment pour reprendre haleine et s'orienter.Devant eux s\u2019étendait une large savane, tapissée de lruyères longues et maigres, émergeant d'une herbe Jaunie, haute et clairsemée.Ça et là, des rochers de formez diverses necidentnient cet espace déconvert, que Jupiter tonnant avait dû défricher lui-même, s'il fallait en juger par les souches à demi caleindes qui dressaient partout leurs squelettes noircis.Au-delà de cette savane, au pied de la chaine de fermait l'horizon du nord, se l'incendie.C'est vers ce hois que se dirigeaient los carihous, chasseurs les revirent du haut de la cote.La délibération ne fut pas longue.Nos jeunes Nemrods résolurent de continuer lu poursuite, Maisce fut bien inutilement qu\u2019ils s'essouffièrent à courir au milieu de cette savane pleine de trous et de busses, ear les earibous prirent un galop allongé, qui les porta en quelques minutes nu pied des contreforts boisés de la chaîne de montagnes, où ils disparurent.Haletants et penauds, les deux cousins s'arrétèrent enfin sur une énninence rocheuse, d'où ils pouvaient embrasser toute la savane.et même l'immense golfe, dont la nappe bleuâtre, évhancrée par les dentelnres de In côte, s'étendait devant leurs yeux jusqu'au littoral ouest de Terre-Neuve.Quel panorama ! A droite, le bras oriental de la baie de Kécarpoui s\u2019avançait dans la mer, à demi replié, comme s\u2019il eût voulu retenir les flots qui le baignaient.L'ouverture de ln haie, elle-même, était visille jusqu\u2019à son milieu, mais, à part ce petit triangle d'azur miroitant au sein des masses sombres qui l'enserraient, ce n'étaient, jusqu'à perte de vue, que le chaos mouvementé de la côte labradorienne s\u2019abmissant avec gradation vers le golfe, dont la surfnce scintillante se confondait avec l'horizon, dans les lointains du couchant.Tout homme, en présence d'un pareil spectacle, est poète d\u2019ins- tinet ; et les jeunes Labarou, sans connaître un traître mot des rèvles de ln poésie, ne purent s'empêcher de faire entendre des exclumations admiratives : \u2014Ln belle vue qu'on a d'ici ! s\u2019écria Arthur.\u2014Hum ! grommela Gaspard : c'est rudement chiftonné \u2014Voisdone.notre fameuse baie Kécarpoui, ce qu'elle est deve- : À peine grande comme le foc de la barque ! Nous en sommes loin !.répliqua Gaspard, que cette réflexion de son cousin arracha aussitôt à sa contemplation.Au fait, ajouta- t-il, il est temps de regagner la mer.F ilons, \u2014C'est vrai .Ces dinbles de carihous vont nous faire perdre Une marée, et nous ne serons pas chez nous avant ce soir.\u2014À la côte, et courons ! étaient déjà partis en montagnes qui voyait une lisière de forêt épargnée par quand nos nue Et Gaspard, prenaut les devants.sS'engagen nussitôt sur la pent.du wunticule qui leur avait servi d'observation, dévalaut comme un cerf qui aurait eu toute une meute sur les jarrets, Arthur ne fut pas lent à le suivre ; et tous deux, prenant la savane en diagonale pour \u201c piquer au plus court,\u201d firent ainsi un bon demi-mille, ne s'arrêtant qu\u2019au pied d\u2019une colline peu élevée, qui leur barrait In route.| ; LA, ils firent halte un moment pour souffler, puis reprirent aussitôt leur marche en avant.Arrivés sur le dos de cette intumescence, ahsolument dépourvue de végétation, ils s'orientèrent nn instant et allaient redescendre le Versant opposé, lorsqu'un coup de fusil, tiré de fort près, les clous net sur place.Lo Avant même d'avoir eu l'opportunité d'échanger une parole, ils entendirent un hurlement de douleur et virent, À une couple d'arpents en face d'eux, un ours blessé qui traversait In savane, par bonds inégaux, et qui finit par se luisser choir au pied d\u2019une souche, où il demeura immobile.D'où partait ce coup de fusil ?.Qui avait tiré ?.| Les Labarou eurent à peine le temps de se poser ces questions, qu'elles étaient résolues, (ss p< vu - qu / / Le Puis l\u2019ours bondit sur le sauvage et l'écrasa.Page 711, col.2 Un enfant d'une douzaine d'années CHVIron,-\u2014un petit sauvage, à Cn juger par son costume et son teint basané \u2014 surgit des broussailles.parut examiner les traces sanglantes lnissées par l'animal blessé, puis retournant aussitôt sur ses pa-, il se prit à crier : \u2014 Vite, père à du sang tout plein ! Un homme grand, sec.la figure osseuse et brane, tenant en main un fusil qui fumait encore.II échangen quelques paroles avec son fils et s'approcha avec précaution jusqu\u2019à quelques pieds de l\u2019endroit où gisait l'ours, Aynnt aperçu ce dernier, il s'arrêta et fit mine de recharger son arme.Mais, voyant ln bête immobile sur le flune, il remit en place la baguette, à demi tirée, du fusil qu'il tenait d- lu main gauche et s'avança, tout courbé, vers l'animal, en Apparence mort.A deux pas de sa victime, le sauvage s'arrêta de nouveau et se mit en frais de fourrer le canon de son arme sous le cadavre, pour le retourner, sans doute, et voir ln blessure par où la vie s'était échappée.Mais il arriva alors quelque chose de bien terrible.D'an conp de patte, l'ours tit voler le fusil au loin ; puis bondissant sur le sauvage abasourdi, il l'écrasa SOUS sa Inasse pesante, lui lubourant en imême temps ln poitrine, de ses longues griffes.Pendant quelques secondes, l\u2019homme et ln bête s'ugitèrent.parut nussitôt, inattendu et de bien A suivre FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE LA VEUVE DU GARDE FNS re (Suite) Elle s\u2019écouln plus lentement que les autres, parce que le deuil vesait lourd sur son cœur.De plus, François se rendait compte du soin urgent que sa mère avait de son aide, et il comptait avec une impatience douloureuse les mois restant à s'écouler jusqu'au jour où il toucherait sa paye d'ouvrier.On avait fait comme on avait pu dans lu maison, s'ingéniant à multiplier les petits labeurs atin d'encourager les petits protits, Cu- therine, aidée des enfants, redoubla de zèle, et l'on attendit que l'up- prenti passât ouvrier.Ce fut un jour mémorable dans l'histoire du cette famille, que celui où François, le cœur battiost, une belle rougeur l'orgueil aux joues, et l'argent de In semaine sonnant dans sa poche, entra dans la maison, et, allant vers sn mère d'un air grave, posa devant elle une poignée de pièces blanches.Catherine le regarda,
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.