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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 11 septembre 1897
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
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Références

Le Monde illustré, 1897-09-11, Collections de BAnQ.

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[" | LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS: 10 l14ux ANNÉE, No 697.\u2014SAMEDI, 11 SEPTEMBRE 1897 | \"ANNONCES: QU On any $3.00 co © Six mois.$1.50 La ligne, par insertion - - - - - 10 cout Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - § emt Vendu dans les dépôts - - 5 cents la copie RORAUX, 42, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long \u20ac terme WoT enw cs sa CEE 4 EB] = 5 p= + =- EVE iy JE Mb VOYAGE DU PRESIDENT FAURE EN RUSSIE.-\u2014 L'arrivée du Président à bord du \u201c Pothuau \u201d 306 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL.11 SEPTEMBRE 1s97 SOMMAIRE Texts.Retour de sir Wilfrid Laurier, par F.Picard.\u2014Chronique européenne, par Rodolphe Brunet.\u2014 Allusion, par Aimée Patrie.Chronique brésilienne, par Pierre-B.de Boucherville.Départ de M.Faure.Poésie : A l'ombre des meules, par Joseph Melançon.-Sœurs de souffrances, par Rend Ghil.- La légion d'houneur, par I.Picard.Poésie : Cansolatiod, par Louis-J.Béli veau.\u2014-M.Urbain-J.Ledoux, par E.-Z.Massi- cotte.-Désillution, par Paul Tvry.\u2014 La linotte, par Henri Maire.\u2014Etrennes aux enfants pauvres, par F.Picard.\u2014 Petites postes en familles.- Nos théâtres.\u2014 Feuilleton : Les deux Gosses.- Choses et autres.\u2014 Le jeu de Dames.GuavuUrEs.-\u2014 Voyage du président de la République française en Russie.\u2014 Les insignes de la Légion d'honneur.\u2014 Le retour de sir Wilfrid Laurier : Son voyage triomphal à travers le Canada : Le Driad arrivant a Québec ; Sir Wilfrid laissant le Druid\u2014 Portrait de Sir Wilfrid'Laurier.Trois: Rivières : Le maire Couke lisant une adresse.Sorel : Les quais de Sorel à l'arrivée du Prnsd.- Montréal : La procession défilant a angle des rues St-Laurent et Ste-Catherine ; Sur les quais ; Au Cnamp-de-Mars.\u2014 Portrait de M.Urbain Ledoux.PRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE MONDE ILLUSTRÉ réserve à ses lecteurs mêmes l'escompte ou la commission que d'autres journaux paient à des agents de circulation.Tous les mois, il fait la distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au numbre de 94 ; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : 82, 83, 84, 85, 810, £15, $25 et 850.Nous constituons par là, comme les zélateurs du MONDE ILLUSTRÉ, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le même pied de rivalité ; c\u2019est le sort qui decide entr\u2019cux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque mois, par trois personnes choisies par l'us- semblée.Aucune prime ne sera payée aprés les 30 jours qui suivront chaque tirage.RETOUR DE SIR W.LAURIER Le 30 août dernier, vers dix heures du soir, sir Wilfrid Laurier, Premier du Canada.débarquait i Montréal, revenant d'Europe.Le Saint-Père Léon XIII disait, il y a environ dix ans, aux Français, de reconnaitre et d'endurer le gouvernement qu\u2019ils s'étaient donné eux mêmes.Sans aucun parti pris, sans vouloir empicter sur le domaine de la politique, nous nous réjouissons de tout cœur du retour parmi nous, du plus grand Canadien- français jusqu'ici ; nous lui souhaitons la bienvenue, à lui et à Mme Laurier, l'épouse aimante et tidele, la bonne et incomparable femme qui le soutint dans les mauvais jours\u2014les plus grands hommes n'en sont point exempts,\u2014et qui saura trouver dans son cœur des trésors de tendresse si l'adversité\u2026 O peuple, qui te laisses berner par des imbéciles, jaloux d'une gloire loyalement acquise ; qui, dans tes moments d'aberration stupide, est capable de voir rouge, et de briser demain ton idole d'aujourd'hui, sans raisonner, sais te demander pourquoi cette rage barbare et lâche du nombre contre un seul : que t'avait donc fait cet autre illustre enfant du Bus- Canada, te voulant peuple libre et fier\u2014et que tu meurtris un jour de tes piétinements insensés et sau- LE MONDE ILLUSTRE vayes, oubliant sa grandeur passée, le frappant mortellement, lui, père de famille, sans souci des enfants que tu allais rendre orphelins 7.Que ln Providence éloigne de vous, notre chef reconnu aujourd'hui, une épreuve aussi terrible: épreuve réservée, cependant, nous dit l'histoire inexorable, a tout grand homme ! Nous savons que le voyage de air W.Laurier en Furope fut un voyage triomphal ; nous savons-_ pourquoi vouloir rapetisser ce qui est grand /- nous savons les succès qu'il obtint en Angleterre et en France ; nous apbrécierons, bous osous l'espérer, les résultats de sa diplomatie victorieuse de l'Anglais rapace et iutéressé : le cemuerce de notre beau Canada vu prendre un nouvel essor.Voilà pourquoi, saus acception de partis, de races, ni de croyances, tout le peuple, depuis le golfe du Saint-Laurent jusqu'ici, s'est précipité au-devant du grand Canadien ; voila pourquoi la foule la plus iinpo- sante qui se soit jamais vue depuis l'existence de notre pays, à voulu acclamer le Premier Ministre à Montréal, dès son retour.[1 est nier intérét peut offrir une telle négation 2.Aussi, répétons-nous que l'arrivée de sir Wilfrid Laurier a Montréal à été comparable - i parva Licet malséant de vouloir l'évidence : quel componcre maguis-à la réception du président de In République française par les Russes, à Saint Péters- bourz.C'est avec un légitime sentiment de fierté que nous l'avons constaté, que nous le disons.nous le reprocher / La place Jacques-Cartier, au bas de Laquelle les na- vivres accostèrent, l'Hôtel-de- Ville, In rue Notre-Dame et les rues adjacentes, la rue Saint-Laurent, offraient un coup d'œil ravissant.Toute la ville était illuminée, chacun y contribuait.Mars, de la tente de feux multicolores établie au-dessus de l\u2019estrade où la Ville, par son premier magistrat, M.Wilson Smith, offrit, avec le pain et le sel, l'houm- mage de son attachement au gouvernement, par conséquent à celui qui personnitie le gouvernement / Qui peut Mais que dire du Champ-de- La foule, comme à Québee, comme it Trois- Rivieres, comme à Norel, voulait entendre le grand orateur, enfant du peuple, fils de cette province catholique +t française : et hâtons-nous de le dire, avec quelle _ao- tion profonde nous avons entendu cette parole venant, certes, du cœur, et appuyant, ici comme dans les trois villes citées, sur la nécessité de l'union de tons, de l'oubli des fâcheuses divisions politiques\u2014choses que Je nous avons toujours exprimées dans ces colontes et ailleurs ! Le Times, annonçant ls mort du noble proscrit.Henri V, comte de Chanmibord\u2014 l'antithèse de ce qu'on appelle les d'Orléaus\u2014disait avec amertume, mais aveu combien de raison ! reractère, qui disparaissait ! Il ajoutait ne pouvoir guère en citer d'autre, dans notre siècle, que le saint et regretté pontife Pie IX.Le dirons-nous ?Avec quelle joie, avec quels tressaillements de bonheur, nous rappelant ce regret du Times, nous avons vu qu'il existe encore des hommes, des caractères-\u2014et que sir W.Laurier en est un ! Nul plus que nous ne déteste les vils appels au fanatise, a l'intolérance, ou autres sentiments bas : nous n'entendons point, non plus que les vaillants patriotes : si incompris- de 1837, nous laisser mépriser, que c'était un homme, un hélas ! écarter, fouler aux pieds par qui que ce soit : nous avons assez de cceur dans la poitrine pour laisser tranquilles ceux qui nous laisseront la paix, mais, vive Dieu | nous avons aussi assez de cœur pour dénoncer, pour flétrir hautement et sans la moindre crainte, veux qui chercheraient à opprimer les nôtres, sous quelque prétexte que ce soit ! Ces réserves posées, nous répétons avoir constaté avec bonheur qu'il est un homme, en ce Canada, un caractère : c'est sir W.Laurier.Répondant à l'adresse que lui avait lue M.le Maire ile Trois-Rivières, le Premier Ministre disait : * Je ne pouvais aller en France sans me rendre aussi en Italie, déposer mes hommages aux pieds du Chef de la Religion, la religion de mes ancêtres, qui m'a vu naître et dans laquelle je voux vivre ot mourir., I n'ya là, tout le monde en conviendra, aucune provocation.Sir Laurier dit co qu'il est, ce qu\u2019il entend rester.Eu cen tewps de liches défaillances, de respect- humain poussant le fils à rougir de son père, la fille de sa were, c'est une preuve d'énergie, de grandeur d'âme, cette grandeur d'âme constituant ce qu\u2019on nomme le caractère, que de no point rougir de sn Foi On a fort ergoté, glosé, sur ce que sir W.Laurier, enfant du peuple, démocrate si l'on veut dans le bon sens du mot, Nous ch soumties convaincu Avait reçu des titres et des décorations durant son voyage, On vous pradonners de dire franchement notre pensée : ce reproche est tellement bite, que nous H'AVONS pas voulu nous en soucier jusqu'it ce jour.Rien de plus démocrate qu'une Sour de Charité.Démocrate à ce point, qu\u2019elle perd mème son nou ! Que de bonnes Swurs décorées, sur les champs de bataille et dans les hôpitaux ! Ces décorations les abaissent-elles, par hasard ?Et au contraire, l'honneur n'en rejaillit-il pas sur tout l'Ordre / Et dites-moi, de honne foi, la main sur ln conscience : les décorations.les titres donnés à sir W.Laurier Pabaissent ils, voyons 7 Et nous, peuple : ot vous, Nnticistrats : et vous, élite de la société canadienne, te ressentons nous pas l'honneur qui nous est fait 7 Dans la négative, je dirai, avec tout le respect qui nous est dù : ** Nous n'avons done\u2014c'est l'avouer- aucun sentiment de l'honneur, ct nous ne comprenons pas la gloire qui s'attache à notre nou 7\" Ce serait, de tous points, fort regrettable.Ne faisons point dire de nous, à l'étranger, que, seule, la sombre Envie- suivant Fénélon- nous ani- We ; et que tout evénement heureux chez l'un de nous t'excite que notre haine.Ecoutons le chet de notre gouvernement - soyons unis, oublicns les divisions de partis, de races même ce sera la grandeur de notre patrie\u2014et c'est ce que chacun désire \u2014\u2014 .\u2014 CHRONIQUE EUROPÉFNNE SURESNE, T aout 1SUT.Apres de torrides chaleurs, d'implacahle soleil, tube quelques gouttes de pluie.Mais, le vent du se.qui vient, les seche bientot.Du pavillon où nous dinons, nous entendons Une musique lointaine ; elle vient d'un artiste qui, à l'ex trétnité du grand jardin touchant notre pavillon, tar vibrer son violon sous l\u2019archet de res inspirations, ©: entendant frémir au-dessus de lui les têtes des arbre - qui s'entre-choquent, poussées par le soutlle du vent La Seite coute, de l'autre côté, et va, sans tan mure, rasaut le bois de Boulogue dont les grands arbres donnent le plus syrapathique concert parmi le- chants du soir.La brise caresse choses et ctres, pendant que li tuages gris vont s\u2019émiettant et que les blancs se J: roulent en admirables dentelles.Dans cet infini susurrement sublimement beau, 1 pensées s'entassent aussi rapidement que les viser qui fuient à tire-d\u2019aile dans le bleu, umensément leu Des souvenirs nombreux viennent, planent dus cette peésie invitante qui flotte dans le mystère de la nature, et la mémoire assiste à notre revue tres per sonnelle où le passé rit où pleure, chante la joie vu crie la douleur, et où tous les drames intimes, teutes les comédies cacliées, toutes les ambitions et tous les rêves passent, défilent avec un renouveau pénible où joyeux.11 y a quelques années, le malheureux général Boulanger vint diner ici sur la même table et il écri vait unie lettre se servant du même encrier, m'affirme le propriétaire.e Je n'insiste pas, car il pourrait également m'aftir- que le général se servit de la même plume.Je veux garder l'idée que tout ce qui est devant moi eut une heure plus grande, où tout cols servit à un honume marqué par le Destin pour être un dieu dans une épa- que inquiète, et qui ne fut, de par la faiblesse humaine, qu\u2019un jouet de la Fatalité, .Kt, pendant que je griffonne cos notes, en respirant le vent qui passe en chantaut, mon compa.anon, le peintre Raoul Barred, fait dire à son pinceau ses plus poétiques impressions sur ce que le soir, en courant, Voilers bientôt.Les fleurs aux tremblantes corolles et aux pétales qui s'effeuillent, brûlées par les larnies de feu du soleil de ce matin, we laissent caresser et même emporter par la brise qui balaie le jardin.° » * EN BATEAU-MOUCHE ln laissant Suresne ct ses coquettes villas le long des quais, la vue se porte on face, vers le Bois de Bou- logue dont In niasse verte des beaux arbres frissonne sous le manteau de la nuit qui vient.Les étoiles se fixent et brillent.Pendant que le char de notre imagination, attelé de rugitives chiméres, promene et emporte nos réves, le hateau-mouche, sur la Seine, va sans bruit.Comme dans une vision, paraissent et disparaissent tous les pittoresques villages au bas desquels nous passons silencieux et pensatits.Saint-Cloud avec la splendeur de son parc et lu poésie de son décor fleuri, Sèvres et son vieux clocher, Meudon parfumé de souvenirs et toutes les campa- tes adorablement jolies qui bordent la Seine, disent le bonheur de vivre là.La bateau-mouche va toujours et il approche de Paris dont les lumivres rouges, bleues ot blanches des nombreux ponts font au loin un délicieux effet.A Auteuil, au Point du Jour, la musique des cafés- concerts clame daus la nuit d'harmonieux accords que la Seine nous rechante délicieusement.Et plus nous allons, plus la vie s'atflirme sur les deux rives où est bâtie l'immense Ville-Liuière qui porte la pensée si loin, et qui éwerveille le monde de sa fécondité intellectuelle.La Seine est plus noire malsré les lumicres qui dessinent leur éclat sur ses eaux tranquilles ; le bruit des voitures et des piétons se rapproche ; et la cloche du bateau nous dit que nous sommes au quai du Louvre.+ * UC HAUT DE LA TOUR LIFFEY Granidiose et formidablement beau spectacle que celui qui se dessine enchanteur à nos yeux charmés.De in Tour Eiffel, deuxième galerie, la vue s'étend au loin et l'on reconnait, ici les plus célebres monu- meuts, là le Bois de Boulogne cet exquis jardin de Paris-\u2014et toutes les radieuses campagnes environnantes dont Je parfunt de roses immonte, peut-être, jusqu'aux nuages \u2018 De cette galerie, les objets paraissent plus gros et sont, conséqueminent plus distincts.Dans le loin de la cité, dominant les toits blancs.cris, ardoise et roses, les toits jolis qui disent la pro- toutes ces preté et la heauté de Paris, dominant choses et tout ce charme, s'élève la butte sacrée, Montmartre, avec ses lnaisous entassées 6! ses rues étroites, Montmartre avec son pittoresque naturel et son attitude poétique : Montmartre et sa géante église du Sacre-Coœur, dont la grande tour carrée semble faite pour souterur les nuages blanes qui, partant delà, s'éparpillent en éventail dans l'azur du ciel.Au bas, près de nous, s'étendent gracieusement les Jardins fleuris du Champ de Mars avec leurs cascades, leurs rochers, leur vordure et avec toute la puésie chantante d'un paysage exquis.Tout en haut de la tour, maintenant le spectacle change et, si Von voit plus loin, c'est l\u2019intiniment tout petit qui s'échelonne à nos yeux jusque dans l'indécis lointain.' LE MONDE ILLUSTRE 307 Le Sacré-Cœur de Montmartre n'est plus son égal, et nous le dominons malgré qu'il surgisse toujours imposant dans l'harmonie de l'immense ville qui semble dormir À nos pieds.Là-bas, la Seine coule tranquillement ses esux sombres, et elle à l'aspect d'un simple ruisseau, alors \u201cque ses ponts superbes ressemblent à de petites passerelles.Lex bateaux-mouches qui s\u2019entrecroisent, chargés de promeneurs, ne sont plus ici que de longues chenilles ou de petits fantômes poussés par le vent sur la surface du ruisseau qui passe.Les jardins du Trocadéro, si magistralement beaux, n'offrent plus qu\u2019une miniature ravissante de leur décor magnifique.Les voitures et les porsonnes grouillent et s'agitent cumnie des fouris ; ce ne sont que des poiuts noirs.Du plus haut que l'un puisse ôtre dans la tour, il reste encore une certaine hauteur ornée d\u2019une flèche, qui semblait aujourd\u2019hui accrocher nu passage les nuages blancs dispersés dans le ciel, et dont la déchirure nous causait des gouttes de pluie rapides et fortes, tuais que le soleil séchait d'un seul regard.Pres de nous, au bas, le dowe des Invalides, tout doré, brille tel un papillon aux ailes de diamant, et sou éclat harmonieux dit à la tour fragile, malgré son fer et son acier, l\u2019éternelle grandeur de celui qu\u2019il garde, lui, le dôme doré, de celui qui s\u2019éleva plus haut que la tour, et dont l'histoire du monde porte l\u2019ineffaçable empreinite.Apres la descente dans les quatre ascenseurs successifs, sur le tramway qui nous emportait vers Saint- Germain-des-Prés, nous regardions encore l'altière tour qui projette au loin son innmense silhouette, Et, pour les spectateurs de là-haut, nous étions tuaintenant, les mmoucherons de tout à l'heure, les riens qui s'avitent\u2026 \u2014 {pe re ALLUSION Respectucusement a Firmin Picard, Hi ne dormait pas, le modeste oisillon ; mais perdu tout là-bas en un bosquet fleuri, la tête cachée sous sa plume, il songenit\u2026 11 avait beaucoup voyagé, le pauvret : bien jeune, la dure nécessité l'avait forcé à déployer son aile incer taine encore au hasard de courses aventureuses, sans trève ; et maintenant, précocement las, ce nomade, un instant posé, savourait la douceur d'une branche verte où il pourrait, dans le calme du repos, moduler su chanson ; il rêvait, peut-être, avec tristesse au charme d'un nid douillet ou pinillaient des petits 2.Mais ce matin, il faisait freid sur le rameau où s'était établi le voyageur : le vent sans pitié avait des sittle- ments de rage et secouait tout brusquement : l'oiseau frissonnait sous son duvet, Tout-a-coup, un rayon de soleil glissa dans la feuillée caressant son plumage et une voix douce comme le soupir d'un ange, passa dans la tempête.Surpris par cette appel ami, le réveur ailé tendit lu cou ; cherchant dans l\u2019espace, de ses petits yeux noirs ou brillaient des larmes, l'être mystérieux dont les accents suaves et réconfortants avaient subitement rechautlé som cœur défaillant.Il vit au fond du ciel bleu, fendant l'air d\u2019un vol rapide et hardi, des ainés qui, comme lui, avaient souffert au début et, honteux de sa faiblesse d\u2019une heure, de nouveau il chanta avant de s'élancer à leur suite, mais bien loin en arrière, dans l'azur immense.Oh ! pour entendre encore cette voix sympathique aux notes harmonieuses, il eut volé sans cesse, il eut chanté toujours ! DÉPART DE M.FAURE (Voir gravure) Le 1X août dernier, à 24 heures apres-midi, à Dunkerque, le président de la République française montait à bord du beau navire neuf, lo Pothian, atin de se rendre en Russie.Deux navires accompagnaient lu président : le Srr- couf, croiseur de 3ème clusse, et le Dupuy-de-Lôme, remplaçant le Bruix qui regut une avarie a sa machine a quelque distance de Dunkerque.Notre gravure nous montre le président arrivant, par la chaloupe présidentielle, su bas de la coupée du Pothuau, où il est reeu par l'ainiral de Courtilhe et le capitaine de vaisseau (Germinet.\u2014\u2014 pe BIBLIOGRAPHIE On nous fait voir un joli petit livre intitulé .> La Legislature de Québec.\u201d contenant les portraits des soixante-treize députés, des conseillers législatifs, et, en premier lieu, le portrait du licutenant-gouverneur de la province.Chacun de ces personnages a, en regard, une courte, mais complète, notice hiographique, le tout est fort bien fait, bien conçu, et fait houneur à l'auteur, M.P.-(G, Roy de Lévis.L'ouvrage est en vente chez l'auteur, S, rue Wolfe, Lévis, P.(4., au prix de 81.00.Nous recevons le numéro du mois d'août du Monde Moderne.Vraiment, cette revue est de plus en plus belle, et les écrivains distingués qui y collaborent en font un vrai régal littéraire.Estaunié, est une nouvelle fort bien pensée Le Disprorn, par M.EE.\u201cun peu sombre\u2014 mais quelle exacte peinture de mours de IL faudrait tout citer : le temps et la plave nous font défaut.village, méme dans notre beau Canada.On s\u2019abonte chez A.Quantin, 5, rue Saint-Benoit Paris.Prix : 84,50 par an.\u2014 >. ARS | : i HED > er { bu ¥ i Ih aR \\ TN M = Ju Lid: HEH {RR A ni= py il i thy W Lh wl, OUR An THF 2 ihe) a JH ART 7 dig 5 L'EMl'ERKUR-\u2014 Vous jurez fidélité à l'honneur et à la patrie.LEON NAIRKS- Nous le juruna, EUR- V ane de vous consacrer tout entier au bien de l'Etat.IL LES LEGIONNAIR Nous le jurons.Ie i SH ki A) {by As 2 l COMMANDEUR : Sir J.-A.Clapleau ; hon.L.-A.Sénécal, décédé.OFFICIER : Hon.H.Mercier, décédé ; hon.juge Wurtele ; H.Beaugrand.CHEVALIER © J.-X.Perreault ; G.-A.Drolet, notre compagnon d'armes ; Dr A.Brodeur ; L.Fréchette ; R.Dandurand.Parmi les femmes décorées, les Sœurs =_+| de Charité figurent pour le plus grand nombre ; il n\u2019est que juste que la Sœur du peuple reçuive la marque de l'honneur, du devoir accompli\u2014 marque la plus démocratique qui existe, la plus jalousement gardée qu'il soit, par le peuple même.NS di SRY Firmin Picare.Un intérieur : Jane.Je crois que décidément Henri va bientôt demander ma main, il me dit constamment que ses affaires vont tris bien.Marie.\u2014C'est un signe.certainement.mais moi, je suis encore bien plus sûre que Jacques à l'intention de m'épouser : il me demande constamment comment vont celles de papa ! i i * ¥ * Un monsieur, voyant passer son médecin, se détourne ; on lui en dewande la raison.\u2014dJe suis honteux, dit-il, de paraitre devant lui, il y à si longtemps que je n'ai été malade. 310 CONSOLATION Sunt lacryma rerum.Virone Depatis hier fe Cachemmnes Sur la voie rtroite du viel, Et dans tu coupe, ah ! que de jiel ! Tu vobe d'ange éparpille aux épines Bien des lambeua teats du sang de ton cœur, Ton âme même « pesé la dundeur ! de suis tex deuils, tes peines mémers.! J'ai lu déja dans ton œil noir Qu'ilne brillait que d'un espoir.FEspère encor, chère, prisque tu m'aimes : Pour les absents qui decancent ler tour Jedd pony tol triple source d'amour.Maids, arant tout, que lu prière Vienne souvent le consoler ; Oui: laisse tes Lares couler Avr pueds bénis de lie divixe Mère.Oh! dis-Lui donc tes craintes, tes regrets, Iiculque qonsst tes amoureux secrets, Ne Livisse pus dans ta grande due d'énétrer le vil désespoir, Tout cœur, de divin Réserroir, Doit s'abrevvrer d'un seint et quer dicteane, Cur a a table où Von mcauge à genoux, Trempé de pleurs, le Pain est tongs dos! iri PTL, \u2014\u2014 - = M.URBAIN J.LEDOUX Une des plus agréables surprises de ma vien été celle que m'a causé la nomination de mon excellent mur Urbain J Ledoux au consulat américain des Trois-Rivières.Je savais bien, cependant, qu'avec ses talents, son magnétisme personnel, sa fermeté et son Audace presque sans limite, quoique rétléchie, M.Le- doux finirait par faire son chemin daus sa patrie d'adoption.En effet, aux Etats-Unis plus que partout ailleurs, il faut bien l'avouer, l\u2019on se fait un devoir de seconder les jeunes qui ont des capacités, qui ont foi en eux nièines et veulent faire leur truuée dans le monde, Mais, qui aurait pu prévoir qu'il arriverait si vite, à Vingt-trois abs, à UN poste aussi important et assez rémunérateur, puisque le nouveau consul recevra un traitement de 81,500, plus un millier de dollars d'honoraires.C\u2019est le cas de dire qu'il à eu raison de ne pas douter de sa bonne étoile.N'allez pas croire cependant qu'il n\u2019a eu qu'à demander pour recevoir.La bataille a été rude, car il a fallu lutter contre des centaines de concurrents.protecteurs, des politiciens aussi distingués que le sunt les honorables Thomas B.Reed, M.Nelson Ses LE MONDE ILLUSTRE Dingley et les sénateurs Froye et Halo ont puissamment aidé notre jouteur à remporter la victoire.Les influences considérables qu'il à pu mettre en jeu indiquent suttienmment, à notre avis, qu\u2019en lui reconnaissait les qualités et les aptitudes requises pour remplir ses fonctions dignement.Il l'a prouvé, d\u2019ailleurs, lorsqu'il 8 subi ** devant Ia commission con- #ulaire de Washington un examen de cing heures qui lui fait le plus grand honneur.\u201d J'ai laissé entendre plus haut que M.Ledoux n\u2019était pas né aux Etats-Unis.En effet, il est né le 13 août 1874, à Sainte-Hélène, P.Q., etil est le tils de M.Joseph Ledoux et de Octavie Thibert, je crois, dont les ancitres prirent une part active dans la rébellion de 1837, fait qu'il aime a rappeler et qui donne peut-être l'explication de son amour de la lutte.Toutefois, il ne demeurs pas longtemps au pays, car ses parents partirent presque aussitôt après sa naissance pour aller demeurer dans l'Etat de Maine, autant que je me rappelle.11 à fait une partie de ses études au collège de Sainte-Marie de Mounoir, et il à pris ses degrés au collège Sainte-Marie de Van Buren, Me., en 1864.Depuis, il étudia la loi avec les honorables MM.C.-S.Hamilton et J.-O, Bradbury, et s'occupa activement de journalisme.Pour terminer, tout en félicitant M.Ledoux sur sa nomination, qu'il me permette de lui souhaiter de ne pas s'arrêter en si beau chemin.Le plus jeune consul de la République voisine, en activité de service, doit espérer atteindre à de plus hautes fonctions encore.Du reste, je croir que ce sont là ses intentions : et il peut être assuré que ses nombreux amis suivront attentivement sa marche ascendante dans ln magnitique carrière qu\u2019il vient d'embrasser.Dernier détail : M.Ledoux, qui à été nonnné otti- ciellement le 4 août dernier, à pris possession de son poste le ler septembre dernier.Æz Gael \u2014 + >< DÉSILLUSION !.Qui dévoilera les tourments et les angoisses d'un cœur accablé sous le faix pesant de l'ennui / Quelle plume dépeindrait les sentiments cachés d'une ame qui s'est brisée à l'espérance, à l'amour / Hiélas ! les replis du cœur humain sont si vastes, que nul peut-être n'en peut pénétrer les secrets.l\u2019ourtant, quand je songe à la morosité qui nr'obsède, à ce sentiment de tristesse et de mélancolie qui remplit mon être, je doute alors de ln réalité de ce mystère.Les nuages, qui tantôt comme un voile, tlottaient vagues devant mes yeux, se dissipent peu à peu ; la clarté se fait er, me repliant sur moi-même, il me semble reconnaitre dans les miennes, les vaines illusions du bonheur de la vie chez les autres.Mais vous aussi, jeunes avis, à qui la vie semble de loin sourire, vous que le temps etlleure lentement «de son aile, vous comprendrez un jour ce mystère, Vous reconnaîtrez, avec moi, que l'homme, dès sa naissance, porte écrit sur son front, en caractères indélébiles, les signes d\u2019une lutte acharnée ici-bas.Oh ! dites-le-moi, n'Avez-vous jamais été sous l'empire de ce malaise torturant qu\u2019on appelle ennui?Déjà, 'Avez-vous pas éprouvé des coutrariétés, des soucis, des déboires qui ont souvent, comme les fleurs sous l'orage, cuurbé votre jeune frout 7.N'avez-vous pas senti, en quittant vos parents, ou quelqu\u2019un qui vous était cher, comme une parcelle de votre vie s'échapper de votre être 7.Hélas ! que sera-ce donc plus tard, alors \u2018qu'au printemps de votre vie l'avenir vous souriait : que le bonheur avec ses rêves les plus purs vous appmraianait : que votre cœur, courri d\u2019une illusion féconde et de la sève embaumée de l'amour qui inondait votre âme, semblait fart pour l'épreuve, vous verrez subitement tout s'effondrer dans le néant et ne vous laisser que lo triste souvenir de vus chimères envolées 7.Désormais, pour vous, plus de charmes, plus de joies, plus de ces douces émotions qui vous rendaient cette misérable vie si agréable, et faisaient palpiter votre âne de tendresse et d'amour.Le dégout, cette lèpre qui infecte tout ce qu\u2019elle touche, vous éloigners du commerce des hommes : l'espérance momo, soul adoucissenient i nos mau ici-bas, n'éclhirora plus votre cœur de son flambeau.Une atmosphere de langueur et de détresse vous euvironners ; des soucis sans nombre sillonneront votre front ; lex angoisses, comme autant de vautours, déchireront votre sein bourrelé de regrets, et votre Anne afffigée du vide ne cherchera qu\u2019it s'abiter dans la profondeur même de sa douleur, Oui, ces déceptions d\u2019un wonde qui nous 3Hlouit ces chagrins amers que vous envisagez aujourd'hui d'un œil froid, vous les éprouverez plus tard.Ah nature, pourquoi ne pas avoir pitié des pau vres mortels / Pourquoi souvent briser leur existence encore das ra verdeur, et leur moutrer le chemin de In vie si frais, si riant, quand ff west eu réalité hoidé que de ronces et d'épines L.Pourquet done avoir déposé dans notre cœur lv germe d'une légitime affection, quand tu veux en prendre le fruit au moment où nous allons le cueillir Marâtre | qu'avons-nous fait pour être ainsi con diunnés comme autauf de Tantales, a ne pouvoir approcher de nos lèvres desséchées le breuvage qui coule À nos pieds, et saisir de notre nmin le fruit d'un bonheur qui nous échappe 2.Oui, le pocte n dit vrai : La vie est un combat dont la palme est aux cieux.et chaque fois que je médite ces paroles, je sens un quelque chose qui rend la paix à mon âme brisée, J'étudie ce champ de bataille, où plusieurs ont déja succombé de désespoir à ln lutte, et je wr'anprète à recevoir d'un air calme et résigné l'assaut commencé.CO vous, qui ètes peut-être venus ou viendrez hient.dans l'arène, préparez-vous à ce rude combat dont récompense est si belle.Fortifiez vos jeunes cœurs rocher sur lequel fondront en vain les tempôtes de le : qu'ils soient comme ut.vie, et vous ne touberez pus, comme moi, brisés dun Vos plus belles années ! Car, ne vous faites pas illusion, vous serez en butte «la douleur, aux déceptions meres de ce monde dure nous sentons si souvent les cruelles étreintes, Vous suceomberez aussi sans doute nun appas de» serpent séducteur que récelent des joies éphémères « des plaisirs trompeurs.Mais pour vous rendre invinetbles à la lutte et vo vous éprendre vainement de ce qui passe et ue laws Aucune trace après soi, méditez et ayez toujours devant.les yeux ces paroles d\u2019une vérité frappante : © Le bonheur d'ici bas si l'on regarde bien © De loin semble briller, mais de pres ce n'est rien.Parti Ton \u2014 + >.rm LA LINOTTE (LEGENDE) Un jour, saint Vincent, se promenant dans le pas Toulois, traversait les vignes de la cote Saint Miche.Comme il était fatigué, il pénétra au lieu dit \u2018la Corre,\u201d dans la loge du vigneron qui avait négligé de fermer la porte, et il s\u2019assit sur un escabenu.La matinée, quoique printanière, étant un pes fraiche, notre saint fit flambor des sarments qui den nèrent bientôt une vive clarté et une excellente cha leur.Emerveillé cle cette belle lueur, un petit oiseau, eut chantait depuis quelques instants à l'extrémité d'un échalas, s'approcha du foyer en voltigeant et poussa la familinrité jusqu'à venir se percher sur le genou du saint.\u2014Qui es-tu, petit oiseau, dont la voix flûtée est st mélodieuse, et que me veux-tu / \u2014Grand saint Vincent, depuis Noé je suis prépose 720 Car » EX PE pu [1h RECEPTION DE SIR WILFRID LAURIER.par ton Maitre, à la garde de la plante sainte, et, comme récompense, je ne porte aucune décoration ; je wai ni le plastron orné de mon ami Jean Rouge- Gorge, ni les ailes d'or et l'éclatante cocarde du char- douneret et le rouge-yorge, qui a été décoré par le Christ, ne font que rire de ma triste livrée.Le char- doneret est l'oiseau national de la Lorraine, puisqu'il voltige au-dessus du chardon qui orne son écusson ; moi, j'ai été oublié, et je réclame justice ! -As-tu soif, petit ¢ repartit saint Vincent : at tends, j'ai une idée \u2018 Et.avisant une bouteille de vin que le vigneron avait oubliée dans un cuin, le saint s'en versa une rasade et dit à l'oiselet : Fameux, ce vin, plus délicat que celui que je récoltais à Saragosse et que Dacien m'a volé ; écoute, petit Linot : si je suis le patren des vignerons, toi, tu en es le digne auxilinite et tu le réjouis par ton chant : bois de ce hon petit vin de Toul à mia santé.Ft Maitre Linot de se porter sur le verre et de tremper délicatement son bee dans le nectar cher aux Toulois |.Mais bois done, petit | dit le saint.Et, saisissant la mignonne tête de la linotte, il la plongea jusqu\u2019à la poitrine dans le divin jus.Depuis, @ prodige ! cette belle nuance.lie de vin, est restée sur lu gorge de la linotte de vignes.Le petit virtuose prit alors fièrement son vol, après avoir salué son grand ami, de ses plus doux accents.Depuis, il chanta en l'honneur de saint Vincent ; et su chanson, il la redira jusqu'àla tin des temps.HEnns MAIRE.mn cn * 0 5 La scène sur les quais de Montreal à l'arrivée du \u201c Druid \u201d La science ne sert guère qu'à nous donner une idée de l'étendue de notre ignorance.\u2014 LAMENNAIS.Quand il s'ayit d'élever des hommes, ceux-là ont le plus de chance d'y réussir qui participent à toutes les oceupations de l'homme.\u2014 DirEnot.Quand vient l'automne de la vie, nous ne savons pas assez jouir des fruits que le soleil de la jeunesse a fait mûrir en notre âme : la perspective de l'hiver nous fait alors oublier le charme de la saison présente.CLAIRE BACER.JULSATII ZIONOK IT ITS 4 _ al / ul cE of I\" W | M 7 : | es de ECC esse 7 | \u2014 À À a ta = | \\& A 1 2 | EF = \u2018 I! ir ji! y 3 | À ès UT £3) A pra ig i | ac Joe Yh A ST = Aug ; |! h I 7 | | | LA gz! 7 + i Ut ne 3 gz i JA v Bg, V7 | : Vi 7 1 ef | Ih Lt ; = de 4 MN | 4 i \u2014 } 22 GE Za es 4 > A = | iH / 7 / ) i nn A ; CAISSES + | 5 TRES = SV AE \u2014~ = SS da 22 or / / | 1 | TRE 2 ES © or i i QUEBEC.\u2014Le Druid arr t q de la R TROIS-RIVIÈRES.\u2014 Le maire Coc ke lisant une adresse a Sir W.Laurier k | j ÿ J J / | Hi | | ÿ Ve fi i Ie ) i UN, | fy B | \u2014n =.= ÿ i ih I i ÿ li / j TES miss = rer = ee \u2014\u2014 \\ À UT ITNT J 0 ! 1 y / £a Ee Ld LS A [= T x FT y ie il Mt, i j 1 ; wy BE fe i ?\u2014 Ge | | Ï y pe A j | \u201chs LE ce i = ÿ { e Ra SET has $7 \u2014_ fi 3 > gr IN ë R th | i | UN ip 2 A AQ WS gere gl \u2014 LE ; 4 A I | / == { 3 155% ho 5 | ll a EEE | IH ne ogy (| apr 2 \u2014 our\" REP Ne 5 CS 25 I a ETT | | HA, A ER i à} LL] \u2014 > ) i | iil if ie fu $ iy Ho | ! 1 sta y A > SOREL.\u2014 Les quais de Sorel durant l'escale du Druid SIR WILFRID LAURIER QUÉBEC.\u2014Sir Wilfrid Laurier laissant le Druid JI i H | ( J | I I | | y i Î che i i) | 0 in.| j } | I ail Il il | | | | | | | i 0 J gli + > TIA Lon i Ld (i fi ill] | ; f qu La dun Ha b i | 7, / i il | | j ii it IL | ' il | fl if à i f \u2014\u2014 | M Qu it! gil | H 1 ! j : Ji | | | Ih if i Bias Sis \u201c | ii > | | / TR i.Ÿ Î (/ \\ had lh Ll lil! \\f / Ih p ) | a fl He ih - smi M 1e 7108 11 Hitt Am ; 1 i fa SOETRL ) la Aa ae A i I\" [HF I pb i \" | ait mm cl LU | | | | Il ti Li | | | ue à | | I | | IL | | | J ! \"il \u2018 moi i yf Il | Ji Il i\" WE | | | Ill | il Il | i | { | ll I | | qi I Vii dl i | Tag il ui |! Il | Ih 1 | 7 Ng I | IN Jil | | : | | ig} I Mili | il J li | LL jit fi i Cr C | n J 1 | N Ï | J Ni i I UN Il I NU i i IRS sl ue A i HE Q fe 1 Wa Ë Th 5 fli | à EL) I h ill i i al) fl Ae il = il HRY = 1 Ds Tr) [17 ATS %.; 2.% 4 2 5 ne Al Ae \u2014 i (FH fr ==\" À ME x PA AD 54 ; 7 2 ZL LE el fe A Mit x ÿ A Yay: 7 À ma\u201d fh mn ze fa 7 7) Du EH Ÿ 7 @ 2 2d y 0 AC oD 7 n / NAT Cs H La; a 4 A 2 = To 7 8 ES 2 4 PP AT AA ol ex ; a 2X fe lia 7 7 = AQ \u201cWE pe A LG D Ÿ 5 7 = } @ ST D AE AN 7, 2 D A / / if % 4 \"A Ÿ < 3 v 4 CG D W À WY 49 7 Fy 7 7 CP A À I HN se 7 = 7 > > y 7 A =) 77 ih 7.CE 7, x 77 i 7% I = Q À 5 7 i 1 ÿ 7 J À 7 CE 1 y 7 0 | = Y | Ü 7 y Le () \\ A 77 7 D WH 7 ; ) J ; nN i 4 ! \\ \u201cfs SA J ( \\ LÉ 7 I li | 4 ZX = Z = 7 y D (fi Hi ; \\ Z La procession défilant devant la Maison Boisseau & Frères, à l'angle des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine LE RETOUR DE SIR WILFRID LAURIER SON VOYAGE TRIOMPHAL A TRAVERS LE CANADA SUR LE CHAMP-DE-MARS, Dessin et composition de Edmond-J Massicotte ETRENNES AUX ENFANTS PAUVRES Déja, nous avons attiré l'attention de nos bienveillants lecteurs sur cette œuvre admirable.Nous omettons a dessein nos aimables lectrices : enseigne-t-on In Charité aux anges d'amour que Dieu, dans son éternelle bonté, à mis dans nos demeures comme il à semé les roses sous nos pas ?Sans nous attarder aux répétitions, nous dirons simn- plement, au nom des malheureux, ais surtout au nom de l'adorable enfance tant aimée du Christ durant sou passage sur la terre, nous dirons à tous nos excellents confrères de La Presse : Merci |.ce seul mot.Pauvres petits chéris ! Voilà done que, comme d'autres plus favorisés\u2026 anciennement, vous allez avoir, vous aussi, étrennes, et cela, grace au grand Journal canadien- français de notre ville ! Vous n\u2019éprouverez plus ces douloureux crève-covur, à la vue des autres syant des jouets ; vous ne verserez plus ces larmes nmères, que je voudrais toutes, toutes, sécher de mes baisers .car je n'ai que cela à vous dunner, potits anges chéris, et ma plume : mais comme je vous les donne de bon cœur !\u2026.Pour aider nos grands amis de La Presse, tout le monde s\u2019est dévoué : des sociétés ont donné des représentations, vous ont procuré déjà des parties de plaisir ; les employés des tramways, quoique ayant besoin, C'est notre âme que nous mettons duns vos SMR WILFRID LAURIER ADLESSANT LA PAROLE SONgENt à VOUS ; CL VOYEZ, es petits enfants, combien vous êtes aimés : Voici que les faneux Natinnals, vous suvez, ce club de crosse canadien-français si renommé, va donner une magnifique partie avec les non moins renommés Shaturocks, et le produit de cette partie sera tout entier consacré à vos étrennies, Ds joueront pour un trophée, nous dit on : mais à nos yeux, leur plus beau trophée, voyez-vous, c'est le bonheur qu'ils contribueront à vous procurer.Cette partie se jouera le 11 septembre, sur le terrain de l'Exposition, n Moutieal.L'hon.sir A.Chapleau, Tieutenant-gouverneur de ln province, donnera le signal de Ia partie, en déposant lui-même la balle devant les joueurs.Tous vos protecteurs devraient y assister, Vous savez aussi, wes petits chéris, que ces étrennes seront données à tous les enfants de n'importe quelle religion, de n'importe quelle race, du moment qu'ils ne pourraient pas avoir de cadeaux d'autre part : car vous êtes tous des petits anges et nous sores ol ies, devant Dieu ct notre conscience, de vousaituer, quand même nous aurions souffert des souffrances inoures de la part de vos parents ! Vos petits cœurs reconnaissants béniront nos exvel- lents confrères de Lo Presse : et le bon Dieu exauce ces prières, je le rais * \u2014 F.P.\u2014\u2014> be se La vieillesse est agréable «and elle ressemble encore un peu à la jeunesse.\u2014 THALks ne MILET, PETITE POSTE EN FAMILLE Ouvald M.C'est bien ainsi qu'un bean + Garde unie immortelle jeunesse ! JM.R, Contrecœur, - Beaucoup à corriger.Von lez-vous nous peruettre d'indiquer les points, et de lou vous retourner la pièce / Autonio PL Montreal.parvenu, Des que possible, nous publierons, Mie M.-L Do deles ER Mphonse CN eu Nous répondrons dou Cette fois, l'envoi HOus \u20ac + de lundi, le journal est fini.dans le prochain numera, Jo, Halifax, Avec moi, vieus chercher, l\u2019our faire une guirlaude, La mousse du rocher Et les fleurs de la lande * \u2014t .tzr==\u2014\u2014 NOS THÉATRES (ee ADIATIE DE MUSIQUE Le celebre acteur, M.Lewis Morrison, présente halntuës de l'Académie de Musique, une pièce n velle, qui sera jouée deux soirs, mardi et merered- et 8 septembre ct donnée «en matinée le merere septembre.Ce Joli drame, du à MM.Coote et Cotten, extrait du roman The Master of the Cévennes GoM.Fenn, M.Lewis Morrison reuplira le vale de Stuart | ville, dont l'exceution lui assure Un succès à aqourr- tous ses succes, Jeudi soir, 11 figurera le cardinal dans PL.vendredi soir et samedi, en matinée et le sou, à - Lore, dans Faust, te chef-d'œuvre de Tons Crete, M.Morrisson sera seconde par une troupe dare d'élite, entre atctres par MHe Florence Roberts, VV Barthon Hili, Gordon Foster, Chs.Walhaëd, © trop court passage en cette ville laissera de Souvenirs.THÉATHE FRANÇAIS La piece de début au Théâtre Français, qui a ons: Ses portes cette semaine, est le drame intitule 1» a Life, L'ttraction irrésistible des natmnéros du van.ville ne sera pas moindre cette année que les sus précédentes.M.Phillips promet mème de faire me Et quand M.Pnillips promet.D'après l'opinion «+ personnes qui s'y connaissent, la direction du Thu cie Français à été heureuse dans le choix de sa prin; a actrice, Mlle Lucille LaVerne.On dit que c'est tn actrice de grand talent ; elle à fait ses débuts sous \u20184 direction de M.Frohman et ensuite fut attachee vx troupes de Fannie Davenport, Fhe Klsler, Marsar Mather et Joseph Haworth, qui tous, n'ont gue de éloges à li faire dans tous les différents roles que aretplis.Tout est prêt pour assurer une répetitrn des succès bien mérites que la direction de ce theatre # remportes les saisons dernières.I ne faut pres oublier que la salle du \u2018Fhéâtre Français a subi d'un portantes amcliorations qui seront autant d'acrealbl surprises pour les habitués.QUEEN'S THEATRE Le Queen's Theatre donne, cette semaine, vu toute nouvelle comédie, The Neat Congressman.Cute comédie diffère entièrement des autres pièces de.genre.Bien que l'intrigue n\u2019en soit pas tres coms quée, elle est bien en rapport avec lu vie ordinr- Elle nous dit, d'une matière désopulante, les ditficuit d'un jour d\u2019un homme aspirant aux honneurs pol ques, houneurs par lesquels il espère féchir l'objet « sa flamme, et cu obtenir la miuin.1 faut rire du cor mencement à la fin, à la vue des moyens qu'il empl des projets qu'il forme pour arriver à son but THEATRE EON AL The Protigal Father, tel est le now de la inne farce-connédie, due à ln plume de M.Glen Mach nougl's, qui est représentée cette semaine au that de la rue Coté.Les hahitués du Royal qui aiment rire ne doivent pas tuanquer cette occasion d'aller ay Hauclir des artistes tels que Lyon Welcher, Fan - Temple, Rose Melville, J).Alpin, Geo, Spink, Deli: Gold, Bessie Challenger, Marble Davies, ct autres.PARC SOHUMER Une période de beaux jours semble s'ouvrir : +7 le moment de profiter du bon air que nous apporte la saison.Le pare Sohmer est bien l'endroit où leu Koûte le mieux le repos, où l'on respire le mieux en cette ville.Et que de plaisirs, que d'attractions en ce lieu pour la modique somme de dix centins ! FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE MARTANNIC PAR ANDRE THEURIET (Seite) \u2014Marinnnie, supplia til ne pleurez pas.Vos lurmies njou- rent un navrement de plus à mes misères.Vous qui vivez honné- tement et pieusement dans votre maison de Kerdouarnee, vous ne savez pas quelle existence de cerf traqué par les chiens je mène iei\u2026 Vni été ébloui par mon succès, j'ai dépensé mon argent avec la même facilité que je le gagnais, puis le désastre est venu, et la gêne, et les créanciers qui vous talonnent.Le travail devient plus hasardeux ct plus impossible, les jours se suivent toujours plus noirs, avec le désespoir au bout.Croyez moi, c'est un enfer plus affreux que celui dont vous parlez A la fin, on perd patience, et on cherche une porte peur en sortir ! Mariannie hochait In tote Il ÿ # d'autres moyens d'en sortir que de se danmer éternellement.\u2014-Eh ! pensez-vous que je n'aie pas cherché 720.que j'ai essayés ne n'ont pas réussi et je n'en connais plus d'autres.\u2014dJ'en connais un, moi.C'est d'avoir foi en Dieu et en ses amis ; C'est de ne pas repousser leurs bons otfices.Tenez, Yves, J'ai été maladroite avec vous tout à l'heure, Je n'ai pas rétléchi que que si mon cour, depuis vingt-cinq ans, était resté le ménie, les préoccupations et les façons de vivre du monde de Paris avaient pu changer le vôtre.Je vous ai parlé conne j'aurais fait à Kerdouarnee, quand nos pensées, nos sentiments, tout était en commun : quand Rous nous comprenions à demi-mot, quand nous nous aîtoions enfin.L'amour nous préservait de ces susceptibilités, de ces malentendus qui se produisent entre etrangers, et qui arrétent tonte expansion.Mais aujourd\u2019hui je me rends compte de ma gancherie eampagnarde\u2026 J'aurais dû simplement vous dire que je vous aime comme au premier Jour.S'il est des offres de serviec qui deviennent hurniliantes, offensantes, quand elles sont le fait d'un étranger, on peu tout accepter de ln part de ceux qui vous sont passionnément attachés.Oui, passionnément !.Je conviens qu'à mon age, cela prête à rire, mais je suis d\u2019un pays où tout ce qui est sincère n'est jamais ridicule, et où l'amour dure jusqu'à ln mort.Au temps de Kerdouarnee, vous étiez pauvre comme aujourd'hui ; cela ne vous eût pas cependant em- péché de m'épouser, si mon père s'était montré plus raisonnable et si son brusque refus ne vous avait pas éloigne.Eh bien naintenant Je suis libre de disposer de ma personne, agissez comme vous nuriez agi quand nous étions jeunes, et consentez à partager ce que je possède ! Elle avait prononcé ces derniers mots d'une voix suppliante, comme un enfant qui sollicite une faveur ot tremble de subir un refus, Yves, en l\u2019écoutant, sentait à la fois son admiration croître et ses serupules se réveiller.IL se jugeant indigne de ce dévouement.Une secrète pudeur se révoltnit en lui, à l'idée de bénéticier de cet élan d'amour qui se manifestait à l'heure de sa pire détresse.S'il acceptait maintenant l'offre de Mariannie, il aurait trop l'air d'obéir à un ignoble enleul d'intérêt.Dans le plein de sa misère, il avait conserve intactes sa délicatesse et su fierté, et il éprouvait une instinetive répugnance à passer à ses propres yeux pour un homme qui a épousé une femtne riche, uniquement parce qu\u2019ila eu peur de téourir de faim.\u2014 Vous avez une adorable et exquise bonté, réponddit-il, mais je ne suis pas digne de vous et je me sens trop misérable Si Je vous epousais, on m'accuserait de faire une basse spéculation et, en etfet, toutes les apparences seraient contre moi.\u2014En vérité, vous êtes trop orgueilleux ! s'écria-t-elle, révoltee it son tour.Croyez-vous done avoir seul le privilège de la fierté et du respect humain /.l\u2019ensez-vous qu'il ne n'en ait rien coûté de passer par-dessus ces convenances que nous respeetons si fort, nous autres provinciales, pour vous chercher i travers Paris ct venir frapper à votre porte ?.Que divrait-on à Douarnenez, si on me savait seule chez vous, à pareille heure ?Quel jugemeut doivent Même porter sur moi les gens d'ici en ne me voyant pas redescendre ?Mais que w'importe ?jai mis de côté mon amour-propre et mes scrupules, parce que mon affection pour vous est plus forte que tout, parce que vous êtes le seul ami qui me reste au monde.Ah! mon cher Yves, pour vous toucher ct vous entraîner, que ne puis-je Les remèdes 315 retrouver mes vingt ans ?que n'ai-je encore cet attrait de ln jeunesse que vous vouliez bien m\u2019accorder alors ?.Peut-être réussirais-je a vous convaincre que, devant mon profond amour, l\u2019orgueil et les chétives considérations monduines doivent disparaître.Yves, souve- nez-vous des bons jours de Kerdouarnee, des heures trop vite passées ol nous faisions tous deux des projets d'avenir, sous les arbres du verger ; où nous nous accoudions au mur de lu terrasse, et où nous sentions si près l'un de l'autre, si fermement unis !.Le jardin est resté le même, comme mon cœur: les roses y fleurissent toujours en été, et le manoir vous attend toujours.Je voudrais posséder le charme de Viviane et les enchantements de Merlin pour vous y ramener et vous y retenir.Vous retrouveriez là cette paix de l'esprit et cette amitié chaude, hors desquelles il n\u2019y à rien de précieux et de durable en ce monde.Tandis qu'elle parlait, lu nuit était tout à fait venue.Dans l\u2019en- ténèbrement de l'atelier on ne distinguait plus que la blancheur du visage de Mariannie et l'éclat humide de ses yeux printaniers, Sa voix d'argent montait sous le châssis vitré, aussi limpide, aussi sympathique et musicale qu'au temps où Yves l'écoutait, ravi, sous les châtaigniers de Kerdcanrnee : et de cette musique d'autrefois s'exhalait une irrésistible tendresse.Cormier ne raisonnait ni ne luttait plus.Il était entièrement ressaisi par le spectre de sa jeunesse.Le présent semblait aboli ; il avait l'illusion que vingt-cinq années s'étaient évanouies et que le passé ressuscitait.Il se revoyait après de Mariannie de Tromelin, si fraiche et si originale en son costume d'artisanne bretonne.Son ca-ur rajeunissait, un aimant l'attirait vers les beaux yeux purs de son amie.La source d'amour Juillissait de nouveau et lui rafraichissait les lèvres, \u2014O Mariannie, à ma douce * murmura-t-il en breton.I! lu prit dans ses bras, lu serra contre sa poitrine et, en sanglotant, baisa tendrement ses cheveux et ses yeux.=\u2014Je vous aîme ! balbutiait-il © ordonnez ot je vous obéirai.\u2014 Bien vrai ! s'écrin-t-elle ravie, vous reviendrez avec moi en Bretagne \u2014dJ'irai où vous irez, je vous appartiens.Dites-moi le jour où vous voulez partir, et vous me trouverez à la gare.\u2014Oh* reprit la vaillante fille, je ne vous quitte plus.Il y a, ce soir, à onze heures, un train pour Douarnerez J'ai une voiture en bas : hâtez-vous de préparer votre bagage : nous irons chercher le mien a l'hôtel et nous partirons cette nuit même.Mariannie ne voulait pas laisser à son ami le temps de la rétlexion, et, grâce à elle, ln confection de In valise fut tôt achevée, Deux heures après, ils soupaient hâtivenient an buttet, en attendant le train de Bretagne.Et aujourd'hui, Yves Cormier est devenu un bourgeois campagnard.À son arrivée, il a occupé sa chambre d'autrefois, à Plô-mar, et y est resté jusqu'à l'expiration des délais nécessaires pour les publications de son mariage.Au bout d'un mois, il n conduit à la mairie et à l'église de Ploa-ré Mariannie, rajeunie par le bonheur de voir enfin son rêve réalisé ; puis ils sont rentrées sans bruit dans ce manoir de Kerdouarnee, que le peintre avait quitté avee tant d'amertume au cur, Yves y savoure maintenant en toute sécurité, comme Mariunnic le lui avait promis, la paix de l'esprit et les gâteries d'une affection dévouée, Mais, hélas ! il n'y n° plus retrouvé son talent d'autrefois.Les déboires et les dégoûts des dernières années de sa vie d'artiste lui ont ote le désir de courir de nouveau après le succès, La sève de ln production s'est tarie, Des sa profession abandonnée, l'amour seul de la nature bretonne lui est resté.Quand il va et vient à travers le domaine, dont il surveille l'exploitation, il est toujours empoigné parles ecclorations du ciel et de la mer, par ln l'raicheur des chemins creux et la poésie de la lande.Seulement, il se borre à admirer, il n'est pas tente de reprendre son pinceau et de rendre son impression sur un carré de toile, Il a à l'encontre de ln peinture une rancune pareille à celle qu'un buveur novice garde contre un vin capiteux qui l'a intoxiqué.Pourtant, parfois, à l'époque du Salon, quand ses yeux parcourent un journal où lon donne des détails sur hu journée du vernissage et où l'on diseute les mérites des tableaux eu vedette, il demeure longtemps mélancolique.H se rappelle les bruyants succès d'autrefois : il songs que ce même chroniqueur lui a prodigué, nu temps de su gloire, des phrases élogieuses toutes semblables, et une lueur «de regret passe dans ses prunelles.Mariannie alors lui enlève doucement le journal : attentive et prowmpte i lire duns le cour de celui qu'elle aime, elle l\u2019entraîne avec une caresse hors du logis.Hs s'en vont lentement À travers les nllées 316 \u2014 \u2014 de l'antique jardin, jusqu\u2019à la terrasse où le vivier dort sous une couche de lentilles vertes.Le vent du large leur apporte le bercement rythmé des vagues, le susurrement de la châtaigneruie, et Mariannie montrant à Ÿ ves, d'un geste amplifié, la lande onduleuse et bleuâtre, semble lui dire à peu près comme dans l'Imitation : \u201c Que pourrais-tu voir ailleurs que tu ne puisses voir ici ?Voici le ciel, la terre et la mer, et ce sont les éléments de la vraie et éternelle beauté.\u201d ANDRÉ THEURIET.FIN ie L>\u2014_0 eee LES DEUX GOS - mA Sm PREMIERE PARTIE CE QUE DURE LE BONHEUR Cen A tr Il DANS LA NUIT Elle lui sut un gré infini du tact qu'il montra en ne lui demandant pas dans quel quartier elle se rendait.\u2014C'est mon plus vif esnoir, mademoiselle, murmura-t-il de sa voix redevenue tremblante.Il se dirigea vers le pont tournant de la Penfeld.Mariana regarda sa montre , il était neuf heures.\u2014Il est trop tard, se dit-elle, pour me présenter chez madame Nerville ; résignons-nous à trouver un gîte pour cette nuit.Elle prit une chambre à l'hôtel de Montfort.Quand elle se vit dans cette modeste installation, elle eut un amer sourire, en constatant à quel point cette banale chambre d'auberge ressemblait peu à l'opulence de Kerlor.À ce souvenir, ses sourcils se froncèrent ; désormais, elle était prête à tout ; elle se sentait trempée pour le combat sans merci de la vie.Déshabillée, elle jeta un coup d'œil dans la glace et releva la tête avec un air de défi ; elle se trouvait admirablement armée.Elle se coucha.\u2014Demain matin, réfléchit-elle, j'irai au cours d\u2019Ajot ; Madame Nerville sera enchantée de m'avoir comme institutrice de sa fille.Ce n\u2019est pas une mauvaise femme que madame la notairesse, malgré sa langue un peu trop déliée et ses préjugés provinciaux.Et puis, si je m'ennuyais trop, qui sait si ce Paul Vernier ne me tirerait pas de là quand je le voudrais.Elle éteignit sa bougie et s\u2019endormit.Son sommeil fut très agité par la mâle physionomie de Georges de Kerlor, puis par les faces grimaçantes de La Limace et de Zéphyrine ; la douce figure de Paul Vernier y revenait aussi, rassérénante et calme.Bientôt toutes ces apparitions ditférentes se confondirent en un vague et incertain brouillard au milieu duquel sa pensée se perdit, et elle reposa tranquille jusqu'au matin.HI ORPHELINE ! Il était deux heures de l'après-midi, la rue Saint-Donatien, une des plus pittoresques de Recouvrance, resplendissait gaiment sous le soleil.La chaleur d'août eût été accablante sans la bise qui soufHait de la rade.Une jeune fille en grand deuil, qui marchait lentement, indiffé- No 4 ) 1 - FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE rente à tout ce qui l\u2019entourait, et abîmée dans une profonde méditation, arriva devant la maison qui portait le no 10, Elle allait s'engager dans l'allée, quand une femme, sur le seuil d\u2019une boutique de blanchisseuse, l\u2019appela avec beaucoup de déférence : \u2014Mademoiselle Hélène ! La jeune fille releva ln tête ; sons son voile de crêpe, son angélique figure apparut., Le front était encadré de cheveux blonds d\u2019une nuance exquise qui formaient comme une sainte auréole autour de son front pur.La pauvre enfant n'avait pas encore dix-sept ans.; | En voyant cette fraicheur, cette grâce, cette jeunesse, qui sem- Llaient comme ensevelies sous ces lugubres vêtements noirs, une irrésistible sympathie montait au cour.Devant cette antithèse navrante, on se sentait ému au delà de tuute expression, et l\u2019on ne pouvait admettre sans révolt: que cette admirable fleur humaine, à peine éclose, eût déjà payé un tel tribut à la souffrance.\u2014Vous venez de là-bas, prononça avec attendrissement madame Rozen, la blanchisseuse.Nous vous avons vu passer avec des fleurs.Deux grosses larmes monterent aux yeux d'Hélène, ces yeux bleus, si beaux, si doux, si bons, dont la linipidité ordinaire reffétait l\u2019azur mystérieux où s'envolnient ses chastes rêves de jeune fille.\u2014Pauvre Mme de Penhoët ! fit In blanchisseuse qui se sentait, elle aussi, le regard humide.Ne voulant pas raviver In désolation de la chère mignonue, elle changen de conversation : \u2014Ah! mademoiselle, quelqu'un est venu pour vous voir.quelqu'un de Paris.\u2014Je n\u2019y connais personne, répondit Hélène.\u2014C'est un monsieur très bien.Il reviendra vers quatre heures.\u2014Je vous remereie, madame Rozen, dit la jeune fille.Hélène s'engagea dans l'allée très propre de la vieille maison «: monta au deuxième étage où était son appartement.Elle ouvrit ln porte, traversa une petite entrée et pénétra dun- une pièce meublée sommairement.Anéantie, elle tomba sur un fau teuil en contemplant deux photographies placées sur In cheminée.L'une représentait un homme dans la force de l'âge, à la tigure distinguée, à l'air vaillant et bon, c'était son père.L'autre, cette physionomie réveuse, aux grands yeux doux «1! mnélancoliques, était su mère.M.de Penhoët était mort à la Vera-Cruz l'année précédent.emporté par la fièvre jaune.On avait ramené son corps à Brest, Il y avait quinze jours que sa veuve était allée le rejoindre nu cimetière.Hélène de Penhoët était orpheline.Comment l'infortunée résista à cette double catastrophe ¢ Nous renonçons À le comprendre.Elle adorait ses parents, dont elle était l'unique joie, ln suprén consolation, à la suite de grands revers immérités.Quand l\u2019affreuse nouvelle arriva du Mexique, où M.de Pentoc s'était rendu pour tenter un effort désespéré qui aurait pu rétablir su fortune, Hélène fut accablée par le plus profond déseapoir.Elle vit bientôt que sa mère était également frappée au cœur La vaillante enfant pria Dieu de la préserver d\u2019un dernier malheur plus effroyable encore que le premier, s\u2019il est des degrés dans le afflictions de ce genre.La perte d\u2019un père chéri est irréparable : mais après un tel «ect rement, une jeune tille a surtout besoin de sa more.La prière d'Hélène ne devait pas être exaucée.Sa raison chancela quand elle ferma les yeux à madame de Per hoët ; et pourtant.cette fréle jeune fille, cette orpheline de seize au et demi, au regard si tendre, nu cweur si délientement affectueux, eu: le courage d\u2019envelopper d'un linceuil le cadavre de sa mere bien aimée et de l'accompagner nu champ de l'éternel repos.Après une telle commotion le chagrin ne pouvait In tuer.Ell: était condatnnée à vivre, } \u2014Père, mère, dit-elle en tendant les bras vers les chefs absents, vous qui êtes tant aimés, vous qui n'avez pu vivre\u2014ni mourir\u2014l'un sans l'autre, vous que je ne reverrai jamais ici-Lns, Jetez les yeux sur l'orpheline qui portera dignenient votre now, qui bénirn chaque jour votre mémoire et qui priera pour le salut de vos âmes.Protegez moi!.Veillez sur moi ! , Hélène n'avait que des cousins éloignés sur lesquels il lui et.impossible de compter.} Le transfert des cendres de son père, ln maladie et les obseques de sa mère avaient épuisé les «lernières ressources de ln maison.Mademoiselle de Penhoët alluit-elle manqur de pain ?[ 1 coup légèrement frappé à ln porte lui fit lever la tête.L'orpheline s'essuya les yeux et alla ouvrir.Un homme de cinquante-cing ans, au visage fraichement rasé trés soigné dans sa mise, salua la jeune fille avec un respect attendri, - Elle lui tendit la main ; il la pressa avec une sorte de vénération.Hélène le fit asseoir.\u2014Maitre Nerville, dit-elle, nvee beaucoup de calme, je vois à votre physionomie que vous avez des choses tristes À m'annoncer.Je suis habituée à la douleur.Maître Nerville était un notaire de Brest ; son étude, située sur le cours d\u2019Ajot, était très fréquentée : sa clientèle comptait les plus grands noms de ln Bretagne.TI avait été chargé des intérêts de la famille de Penhoët, La résignation d'Hélène, bien qu\u2019elle ne le surprit guère, diminua son embarras.\u2014Ma chère demoiselle, répondit-il, permettez-moi d'abord de vous demander comment vous vous portez Je n'ai pas eu l'honneur de vous saluer depuis.Il hésita, très ému.\u2014Depuis les obsèques de ma pauvre mère, compléta l\u2019orpheline, «ont le regard se voila.Il se hâta de continuer : \u2014-Mme Nerville vous à rendu visite deux fois, depuis cet affreux malheur.Elle m'a chargé de vous présenter l'expression de toute sa sympathie, et de vous dire qu\u2019elle désirerait beaucoup vous voir.Hélène répliqua : Père, mère, vous qui m'avez tant aimés, protégez-moi.\u2014 Page 316, col.2 \u2014J'irai très prochainement remercier Mme Nerville de sa sollicitude ct embrasser votre fillette Jeanne, Le notaire eut un geste atfable : puis il poursuivit de sa voix grave : \u2014 Il est impossible de vous consoler, mademoiselle ; je ne suis pas de ceux qui prodiguent les paroles inutiles en présence d'un deuil votmme le vôtre : mais je fais appel à votre courage pour que vous ne vous laissiez pas accabler.Votre existence va de nouveau se modifier.Vous avez besoin dde compter sur toutes les personnes qui \u201cintéressent À vous.La jeune fille répondit simplement : _ \u2014Vous vous trompez, maitre Nerville, je ne veux faire appel à aucun dévouement.Je ne dois compter que sur moi-même.\u2014Vous aurais-je blessée ?interrogea le notaire avec la plus vive appréhension.\u2014Non, car vous êtes un véritable ami.\u2014Ah ! Mlle Hélène ! comme vous me récompensez d'avoir servi tidèlement les vôtres.\u2014Et maintenant, parlez ; ne craignez rien.Comment voulez- vous que je redoute un nouveau déchirement ?Est-ce que je n\u2019ai pas souffert tout ce qu'on peut souffrir ?; Ses beaux yeux regardèrent stoïquement le ciel.FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE 317 Maître Nerville avait été nommé, par le tribunal, tuteur de l\u2019orpheline.Le digne homme, qui était la probité même, avait tenté l\u2019impossible pour que In succession se liquidât de la façon la moins désastreuse ; ses efforts étaient restés stériles.Il venait prévenir In jeune fille que ses dernières ressources étaient épuisées.Il commença : \u2014Vous savez, ma chère demoiselle, que quand votre regret:é père, le marquis de Penhoit, s'est marié, il était encore très riche.Votre mère ne lui a rien apporté.\u2014Elle l'a aimé, elle l\u2019a réconforté, soutenu ; elle lui a permis de recommencer une existence nouvelle ; la pauvreté ne l\u2019effrayait pas : elle à montré à mon père la seule voie qui lui restait à suivre, celle du travail.N'est-ce done rien cela ?\u2014Votre mère, mademoiselle, était une sainte.Hélène remercia son interlocuteur d\u2019un regard empreint d'une gratitude si touchunte qu\u2019il se sentit remué jusqu'au plus profond de lui-même.\u2014Pardonnez-moi, reprit-il, c\u2019est le notaire, c'est le tuteur qui vous parle.Quand vous êtes née, le patrimoine des Penhoët était à peine entamé.L'orpheline eut un soupir prolongé.Elle revoyait, dans une brume lointaine, le beau castel où s'était écoulée sa prime jeunesse ; il lui senrblait encore en gravir le perron monumental.Elle se promenait sous les hautes futaies de l'immense pare, sillonné d\u2019eaux vives ; elle se reposait sous ses grottes naturelles, après de longues courses à travers le domaine seigneurial.Elle se rappelait le grand salon Louis XV, les tapisseries des Gobelins, d\u2019Aubusson et de Beauvais.De tous les tableaux qui l'ornaient et portaient la signature des plus grands maîtres, il ne restait plus à l'orpheline qu\u2019un portrait d'aïeule qu\u2019elle regardait en ce moment.C'était celui d\u2019une femme dont In beauté s'allinit à ln grâce spirituelle qui caractérise cette exquise époque Elle était adorable, cette figure d'autrefois, qui gardait, malgré son délicieux sourire, la grandeur de la race et la sérénité de l'épouse fidèle à tous ses devoirs.Les tons harmonieux mettaient en valeur les moindres détails de la toilette ; un ruban bleu, que deux crayons avaient satiné et moiré, était une pure merveille d'exécution.Le temps n'avait pu altérer l\u2019œuvre, malgré la fragilité vaporeuse du pastel.C'était tout ce qui restait à Hélène, ln dernière épave de sn splendeur.Maitre Nerville continuait à exposer les faits avec sa précision professionnelle.La jeune fille l\u2019écoutait religieusement, car chaque detail lui remettait en mémoire l'énergie surhumaine déployée par M.de Pen.hoët pour conjurer l'écrasement final.Le notaire tira des papiers de sa poche ; ils étaient couverts de chiffres ; Hélène ne voulut pas les examiner : elle en connaissait les conclusions.M.Nerville poursuivit : \u2014 Vous n'aviez plus que deux mille francs.J'ai achevé «le payer votre pension chez les dames de Saint-Joseph de Quimper, où vous étiez l\u2019année dernière encore.J'ai réglé les ohsèques, qui ont été, selon vos instructions, dignes de la noble défunte ; enfin, je viens d'acquitter le terme de votre appartement.\u2014De sorte que je ne dois rien ?interrogen mademoiselle de Penhoët.\u2014Rien, ma chère demoiselle ; inais vous restez sans ressources.Toutefois, vous savez bien que nous ne vous abandonnerons pas.Elle répondit avec une suprème fierte : \u2014Je vous suis très reconnaissante de ce que vous avez fait pour moi : je vous sais un gré infini de la bienveillance dont vous me donnez une preuve nouvelle ; mais, vous l'avez dit, je n'ai pus de dettes : je ne veux pas en contracter ; encore une fois, l'honneur des Penhoët restera intact.\u2014Mais si vous ne voulez pas recourir à notre affection, il en est d'autres auxquelles vous ne ferez pus vainement appel.N'avez-vous pas eu pour compugne de couvent mademoiselle Carmen de Kerlor ?Elle ne voudra pas laisser une ancienne amie dans le besoin.\u2014Une Penhoët n'implore personne, M.Nerville.D'ailleurs, j'ai d'autres projets.\u2014 Vraiment ?\u2014Oui ; je vais travailler !.Je me livre déjà À une petite besogne qui me permettra d'attendre la rénlisation des promesses qui m'ont été faites.Je compte sur une solution très prochaine.Je vais gagner ma vie.\u2014Je souhaite que vos épreuves soient terminées, mademoiselle Vous me permettrez pourtant d'insister.Songez que vous allez être obligée de quitter cette maison dans quelques jours.Le gain 318 FEUILLETON d'une jeune fille est bien mince, bien aléatoire, quand elle travaille chez elle.Je serais vraiment très inquiet si vous n'obteniez pas tout de suite cette place.cet emploi auquel vous semblez faire allusion.L'orpheline reprit : \u2014Je vais vous mettre au courant de wa détmaroho, J'ai écrit à M.de Saint-Gildas, le riche manufacturier de Saint-Etienne, que vous avez vu au château de Penhoët, avec sa fenume et ses filles, Maintes fois, il m'a complimentée en regardant mes dessins, qui étaient, dlisait- il, d'une véritable artiste.Il ajoutnit qu'il serait heureux de me voir lui créer des modèles pour les nouveautés qu'il Innee chaque saison.Je crois qu'il n'a pu uvoublier, Le notaire répliqua, plus tranquille : \u2014J'en suis convaineu, mademoiselles'eclaireit un peu.Maître Nerville n'avait plus qu'à prendre congé de ln jeune fille ct à lui rappeler qu'elle pouvait compter sur lui et ur sa femme, Il le tit en quelques mots très sincèrement affectueux, et il partit.Mademoiselle de Penhoët ouvrit le tiroir d'une commode et en sortit un petit carton qui contenait plusieurs images de piété.Elles lui avaient été confiées par un marchand du voisinage pour qu'elle les enluminit.Hélène dessinnit fort bien : mais elle n'avait guère eu en cette oceu- sion à faire appel à son talent ; on lui avait demandé de colorier avec goût des images en noir : elle avait accepté avee empressement, car c était son premier labeur qui serait rétribué M.Paterne, le marchand, lui avait promis de la payer quand elle lui rapporterait les images.Il était temps ; Hélène avait épuisé ses dernières ressources le Jour même, pour porter des fleurs sur la tombe de son père et de sa mere.Au grand jour de lu fenêtre, elle regarda son ouvrage : sembla irréprochable, L'orpheline se sentit moins oppressée, \u2014-T'u vois, «dit-elle avec ferveur, en se tournant vers la cheminée où souriait ln photographie de sa mère : je travaille Je prends modèle sur toi, chère wmaman.Toi nussi, tu travaillais avant de devenir marquise de Penhoët Je veux que tu bénisses mes premiers efforts.Le marquis de Penhout avait épousé une cantatrie d\u2019une grande réputation.Marthe Gérard, qui joignait à une beauté idéale, une voix dont In pureté et l'étendue étaient sans égales, chantait les premiers rôles.Qu'elle jouât Marguerite, Juliette ou Mireille, c'était toujours li divine perfection.M.de Penhoët, violemment épris, n'avait pas tarde a apprendre que l'existence de Marthe était au-dessus de tout blame.Elle vivait honorablement avec sa mère.Il avait suivi la célèbre artiste, nu cours de ses pérégrinations à travers l\u2019Enrope, pendant plus de dix- huit mois.Entin, un soir, à Naples, au théâtre San Carlo, le gentilhomme avait avoué à la prima-dorna qu'il l'aimoit éperdument.Le mariage avait eu lieu quinze jours plus tard, au consulat français.Cette union, on le comprend, avait été accucillie de la façon In plus hostile dans la famille du marquis; ruis il était libre de ses actes ; il avait une volonté de fer : il n'avait pas hésité à rompre toutes reln- tions avec les siens, qui maudirent celle qu\u2019ils appeluient injustement l\u2019aventurière.La prétendue aventurière se montra ln meilleure des épouses, et, un an plus tard, après la naissance de ln petite Hélène, elle était, de l'aveu de tous, la plus tendre et ln plus dévouée des mères, Allons ! l'horizon il lui Après bien des années, une catastrophe réveilla les malveillances qui semblaient endormies : M.de Penhoët, un jour de chasse, dans une battue au sanglier, tun raide, d'une halle dans In tête, son voisin d'affât, M.d'Espérac, un jeune gentilhounne très répandu dans le haut monde parisien, ct qui avait également une propriété en Bretagne.L'accident n'était pas douteux, il avait été causé par une fatale imprudence de la victime.M.d\u2019Espérac, dans J'ardeur de lu chasse, quittant In place qui lui était assignee, avait couru au-devant de la lête aperçue au moment où elle entrait dans un layon.M.de Penhoët, voyant un buisson remuer et entendant le soutHe rauque du sanglier, avait tire, M, d'Espérac était mort sans prononcer un mot.Cette catastrophe coîïneida avec les très graves cmtmrras d'argent du marquis.Marin, il avait démissionné après avoir épousé Marthe Gérard, et il avait obtenu au Mexique une importante concession de terrains argentifères dont il avait confié l'exploitation à des individus qu'il croyait honorables, et qui, au point de vue technique, semblaient présenter les garanties les plus sérieuses, mais qui protitaient de I'éloignement du propriétaire pour se livrer à une suite d'agissements coupables destinés à faire tomber à vil prix l'affaire entre leurs mains.DU MONDE ILLUSTRE Une nouvelle traversée n'était pas faite pour effrayer le marquis de Penhoët, Il s'embnrqua dans le plus bref délai, malgré les larmes et les funestes pressentiments de la marquise.Marthe n'avait pu surmonter son désespoir ; le chagrin d'avoir perdu Henri, l'opprobre dont on voulnit l\u2019accabler, furent pour elle autant de coups auxquels elle ne devait pas tarder it succomber.L'orpheline ignorait toutes ces ignominies : maître Nerville était renseigné, lui : mais à aucun prix, il n'aurait voulu que ln pauvre vnfant les soupçonnit.( Hélène enveloppa soigneusement ses inunges et quitta l'appartement.Elle se rendit en fuce de l'église Saint-Louis ct entra dans une boutique qui portait cette enseigne : PATERNE, propel ic r-libraire.Le commerçant était à son comptoir il examimait une grosse de chapelets qui venaient d'arriver de Paris.Tout petit, très souriant, très sautillant, il releva ses bésicles sur son front pour micux accueillir la personne qui entrait.I parut surprisen reconnaissant mademoiselle de Penhoët: mais il ln reçut pourtant avec beaucoup d'aménité.\u2014Je vous rapporte mon ouvrage, dit la jeune fille, \u2014 Vous vous êtes trop pressée, dit le papetier-libraire, de son ton le plus gai.Mademoiselle de Penhoët se méprit sur le sens de ces paroles.elle ajouta vivement : \u2014Je vous assure, monsieur, que vous serez satisfait : j'ai serupu- leusement tenu compte de vos instructions.\u2014Je n\u2019en doute pus, mademoiselle : Je n'en doute pus, tit-il avec une intonation joyeuse.M, Paterne examinn les images : il poussait de petits cris d'admiration, toujours ponetués par les plus ainables sourires.\u2014 Parfait ! Superbe * Magnitique 2 C'est incroyable.ÿ n'aurais jamais cru.Est-ce possible que.C'est merveilleux Hélène respira : le fâcheux pressentiment qui l'avait assailh.tout à l'heure s'évnnouit.\u2014Je vais vous payer, mademoiselle, reprit le conmerçant avec cinpressement.Il sortit de sa caisse une pièce de vingt francs : c'était le pris convenu.Et elle le remercia avec ettusion : il se défendit : Mais non, mais non, c'est moi qui suis votre obligé.Plu tard, je vous contierai toutes mes commandes \u2014Plus tard ! répéta l'orpheline comme un écho lugubre.Elle devint toute blanche, M.Paterne lu regarda un peu cha devenant moins hilare.Surmontant son trouble.Hélène reprit : \u2014En attendant, vous altez me donner l'ouvrage courant ¢ reprit le commerçant.Mais, tn demoiselle, je n\u2019en ai pus pour le moment.M.Paterne s'expliqua en ternies qui ne laissaient subsister au cune équivoque, hélns \u2018 Il le tit d'ailleurs avec sa jovialité ordinaire.\u2014 Autrefois, je vendnis beaucoup de ces inages.our ! oui, affaires marchaient adimirablement.Hét he 222 C'était l'âge d'or Aujourd'hui, le siècle est aux choses plus profanes.J'ai cu de! chance de gagner une petite fortune et de la placer judicieusement sans cela, je végéterais.Je ne me retire pas parce que Mme l'a terne se plait dans sn boutique où elle est depuis hientôt quarant ans.Mais In foi s\u2019en va lo.Oui, mime en Bretagne, mademoisellr la toi s'en va ! Hé\" hé! Il y à vingt ans, je vendais tous les saint et toutes les suintes du calendrier.Aujourd'hui, mon meilleur article, ma pièce de résistance, une marchandise de tout repos.Notre-Dame de Recouvrance.entin ! hé ! Notre-Dame de Recon vrance est menacée À son tour, Entin, mademoiselle, c'est le nimarasun général, le Krach, comme on éerit dans les journaux de Paris Il m'est done impossible, avec la meilleure volonté du monde, de vou- gratifier d'une nouvelle commande avant que In présente livraison soit enlevée.Hélène balbutia quelques mots et sortit chancelante de l'étublis sement du papetier-libraire.Elle reprit courage assez vite pourtant, et murmura : \u2014Dieu ne peut m'alundonner ; en rentrant chez moi, jo va peut-être trouver une lettre de M.de Saint -Gildas, L'orpheline reprit le chemin de ln rue Saint-Donatien.\u2014Voilà Mlle de Penhoët qui revient, dit une jeune lavandier en la voyant passer.\u2014Toujours bien triste, fit une autre ouvrière qui tuyautait.\u2014Ah ben ! I faut que les nobles nient leurs peines aussi.PIERRE DE COURCELLE.À suivre -_\u2014 \u2014 pu C'EST DU A CELA La faveur dont jouit le Bowe Bhional auprès de tous les malades atteints de rhume, toux, grippe, bronchite, est di à sa grande rapidité d'action et à son insurpassable etticacité, Fn vente duns toutes les pharmacies, Zôe la bouteille.me res fee CHOSES ET AUTRES Il se publie, aux États-Unis, 2,200 journaux hebdomadaires représentant vingt-quatre langues différentes, Les publications françaises occupent le troi- Kleine Fg.Au pays de Lombardie revient l'honneur d'avoir produit le plus petit cheval du monde.ll n'a que 24 pouces de hauteur aux épaules, tandis que les plus petits ponys shetlands conus ont au Mmoitis 28 pouces.Les fermiers des envitons d'Union (Kansas) on organisé une grande chasse aux rats, qui leur dévorent des milliers de boisseaux de mais.Dans tune seule vo .y battue, avec l'aide de leurs chiens, les fermiers ont tué 5,0MM) rats.La plus grande beurrerie du monde, nu dire des journaux américains, est celle de St Alban, Vermont.Ou y fabrique 22,000 livres de beurre par jour, ce qui néeessite le Init de EH 000 vaches.Avec le lait de beurre, on nourrit 3,600 porcs.SOYEZ PERSUADÉE Pas de souffrances inutiles, si vous prenez, au début de votre rhume, du Biome Klonnal, le célebre spécitique français.Cortaits savants francais, 1dliens et allemands attribuent aun état part culier de l'atmosphere les nombreux crimes qui se commettent dans le monde, si nombreux parfois qu'on les qualifie d'épidémie.Suivant eux, le crine se propage sous l'influence d'un certain mt crabe tout comnie le choléra, la variole, la diphtérie, ete.TOUS LES JOURS Tous les jours, les mérites du Bonne Hlonnel sont proclames par ceux qui en tont usage.Ceux qui l'enuploient se guérissent promptement et radicalement.Le Barmne Rhinnal est le remède qui con- convient à tous ceux qui toussent.\u2014\u2014p LE JEU DE DAMES PROBLÈME No 200 Composé par M.CF.St Maurice, fils, Montreal Noirs 9 pieces P PE | - & BE A SON SN 3 3a AS J J Am 0 AO eo e = NN qe x ml nm * N E FE EE 14 pièces 1-0 nN Mo a \u20ac à Blancs Les Blanes jouent et gagnent Solution du problème No 204 Blancs Noirs 3 42 20 Se 47 41 2 os 44 38 ST Os 65 62 6x di LE MONDE 17 24 18 46 70 63 42 45 hd ti} gagnent vo.- Sounuaire de la Revue des Levies du 15 moût 1897 : Le maître et les sevvi- teurs d'Yeldiz (dans l'intimité d\u2019un Cour la fin du xine sicele) : La fennue polo- aise, E.Orzesko : Les chemins de fer électriques et la locomative Heilmann (9 gravures), J.Boyer ; L'art appliqué it l\u2019industrie (L'orfévrerie à travers les ages), Cte L.de Norvins - Les horreurs de l'Inde, A Hawthorne (4 gravures) : Le portrait, N.Gogol : Dans le pays des suicides (4 gravures), Dr Matignon ; La prospérité américaine en images (10 \u201cravares), sir Wo Jordan ; Analyse des Revues ; Caricatures politiques (4 gravures).Bureau : 12, avenue de l'Opéra, Pa ris.Union postale, 18 frs par an, Nu tnéro spécimeu sur demande.Des paroles de louanges sont accordées journellement wou re mode qui a été une beuediction pour des ruitliers de femmes odes paroles qui partert du cour de la mère epuisée et surcharge, de Be tlle a l'aurore de la vie de femitne, annonçant l'heureux avenemient d'une vis nouvelle, Les entraves du mal ont eté brisées et velle qui fut une fois clous au chevalet de torture est maintenant a, de bout dans be sentiment d'une nouvelle et saine existeuve, Les Pilules Rouges .du Dr Coderre POUR FEMMES PALES ET FAIBLES accotaplissent plus pour Le Luerisen de la faiblesse feminine qu'aucun autre remède sur le marche.Que cha que teinine se rende bien compte de son état physique et elle S'aperrevra que cette douleur dans le dos, cette faiblesse corporelle.vette paleur, ant srissement, acconpagnees d'irrégula- rites sont des symptômes de la faiblesse feminine et le tout eédera rapidement devant le traitement indique plas haut.Ecrivez-nous -i lex P'ilules Rouges du De Coderre ne vous gucrissent pus completement et notre me in specia Liste vous répondra sans frais, Vous indiquant un regitue à suivre.Toute cor respondance cat confidentielle.En vente partout, 50 ets la boite ; 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