Le Monde illustré, 21 octobre 1899, samedi 21 octobre 1899
[" ~ LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS {1Gwe ANNÉE, No 807.\u2014SAMEDI, 21 OCTOBRE 1899 ANNONCES : Un an, 8300 - - = Sic mois, $1.50 _ La li i i ï a \u2014 i a ligne, par insertion + + .Quatre mois, 81.00, payalle d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, Proprietaires ; 19 cmts Vendu duns les dépôts - - & cents lu copie | Bureaux : No 43, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTREAL ; Tarif spécial pour annonces à long terme Li im 4 ; © ; a me.= amr hg BERGE QE a.A \u2014 \" .= ; \u2014\u2014 ii ol ' .} 4 's SR a i Jar OA RE pill | M\u201d a ; \" i | 1 AY he eu La I \u201chy ing 41 Ti ty J iL HAW CE 1 EE 7 ire d NA aR 32 TY hic alle \"ly Alt MIRE + Th ° a Ten |i pti T Ce {1 Eee LA EL vi 2,58 PQ pi i ok ; = D: od Je A .is CIE RCE ¢ > - fii i \" be\u201d \" ' 3 me A À .fn \\ heir fi 4 D j EN uy Li M o ( a 3 | oor, | 2 : J L.\u2018Nz.x TN A A Lar if ; = ° nd i\u201d i \\ iN - A NS \\ x y fs / le À ° \u201cen I< X% | od c'est Insertions subséquentes +.5 cents 1 I i v ¢ | | ve AN » | PARIS : Le complot devant la haute-cour.- Le prooureur-général Bernard lisant son réquisitoire = 25 ee 384 LE MONDE ILLUSTRE MONTRÉAL, 21 OCTOBRE 1899 SOMMAIRE Texte, Futre Nous, par Léon Ledieu, \u2014 Quelques notes, par À.Pelletier.-\u2014- Poésie Terre de France, par A.Lemoyne, Secret, par Haude, Dévouement, par Hoo Dating Mondanités.- Courrier de In mode, par Blanche de Géry.Hyxiène, par Dr l\u2019écault.Personnel.Poésie : Avarice, par O.Mayra.Chronique parisienne, par R.Brunet.M.L.Herbette.Poésie : Les trois majestés, par C.Gill, Conseils aux jeunes femmes, par Françoise, Nos gravures.-\u2014Théà- tres.Choses et autres, - Feuilletons canadiens : Le chevalier Hemy de Touty où Maiu de Fer, par Régis Roy.Grave res.Le complet devant In Hante-Cour de Paris : Le procureur-général Bernard liant son réquisitoire- Le palais du gouvernement à Pre- totia (Transvanl).-\u2014Au bal (double page).\u2014Hlus- tration du feuilleton.JRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE MonNbE ILLUSTRÉ réserve à ses lecteurs mémes l'escompte ou lu commission que «d'au- res journaux paient à des agents de cireu- lation.Tous les mois, il fait la distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre Journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nomire de 94; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un dus divers prix suivants : 82, 83 &4, 8%, S10, 815, 825 et R50.Nous constituons par là, comme les zélateurs du MoNbE ILLUSTRÉ, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sur le même pied de rivalité ; c'est le sort qui decide entr'eux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque mois, par trois personnes choisies par las- semblde.Ancune prime ne sera payée apres les 30 jours qui suivrout chaque tirage.L'histoire rapporte \u2014etle est vieille et bien connue \u2014qu'un riche anglais, un noble lord, annolli pour avoir brassé beaucoup de bière où d'affaires, je ne sais plus au juste, voulant se guérir d'une maladie réputée incurable dans le Royaume-Uni, la francophobie, consulta les principaux médecins du pays, qui ne purent que lui donner des conseils qu'il était incapable de comprendre.Du reste ve n\u2019était pas ce qu'il demandait.Ce qu'il voulait, c'était uu remude agissant proup- tement, à la tuanière des mouches noires, de la pierre infernale, d\u2019un lnxatif éuergique ou d\u2019un émétique violent, et pouvant le débarrasser des microbes anti- français qui lui trychinaient le sang et le cervenu.I offrait un bon prix, lu chose fut vite connue, et, malgré tout, non seulement le remède n\u2019arrivait pas, mais le noble lord devenait francophobe euragé à tel point qu\u2019il ne pouvait pilus boire ni vin français, ni eau, et qu\u2019il en était réduit à absorber des quantités invraisemblables de gin et de scotsh, tout comme un bon président de société de tempérance.De plus, il était évidemment arrivé à ètre Dreyfusard à tous crins et offrait au fameux traître toutes sen LE MONDE ILLUSTRÉ filles en mariage, Ki l'envie de divorcer venait à l'ancien seigneur de l'île lu Diable.On allait l'envoyer aux loges quand, un beau jour, un brave garçon, un Jersiais, descendant d'un des conquérants de la vieille Angleterre, lui enseigna un reméde garanti ; c'était de se procurer et de porter In chemise d'un homme heureux ot chanceus.H le connaissait.C'était un pauvre diable, vivant de peu, toujours chantant heureux et content de son sort.On lui offrit ane somme folle pour sa chemise, Hélas ! Il n'en avast pas *4* C'est depuis cette aventure que le bruit n'est secrédité que l'honune heureux ne pouvait pus avoir les moyeus de «se procurer une chemise.Dieu merci ! [1 existe un homme heureux et chanceux à Montréal.C'est du moins ce que nous lisons tous les jours en c'est une erreur.ll a univ chemise ot il est avocat.ouvrant un journal, sous le titre * Un homme chanceux.\u201d ** Un homme heurcux.\u201d ** A very lucky man.\u201d Le Moutréalais en question est arrivé au bonheur en gagnant le gros lot d'une loterie queleunque et va pouvoir guérir le noble lord anglais, en lui envoyant une de Kes chemises, puisqu'il en a plusieurs.L'homnte heureux est un avocat.Qui l\u2019eût cru / Pas moi, à coup aûr, et pour dire le vrai, je ne le crois encore qu'à demi, bien que j'aie vu la chose imm- primée.Je nie le crois pas tout-à-fait, parce que je suis sous l'impression que cela doit horripiler l'heureux gagnant.de lire son aventure puhliée partout, en plus d'une langue, et de se voir en tous lieux qualifié d'homme heureux, chanceux.veinard, privilécié, nageant dans un seau de félicité, tout cela parce qu'il a eu un bon numéro dans une loterie pseudo-artistique.Quoi qu'il lui arrive, désormais, il n'a plus le droit de se plaindre.Il est l'homme chanceux.S'il est malade, personne w'y croira, c'est l'homme chanceux.S'il est triste, c'est qu'il dissimule son bonheur, c'est l'homme chanceux.S'il s'ennuie, il s'arroge un droit qui ne lui appartient pas ; n\u2019est il pas l'honume chanceux / Et dire que certaines gens appellent ça le bonheur, lu chance : A la place de l'avocat chanceux, je demande rais et même j'urdonnerais aux directeurs de la loterie nationale de me ficher la paix, de me laisser tranquille et de ne plus publier ainsi mon nom.Au moins, il pourrait avoir alors la véritable chance de dormir sans être toujours poursuivi par cet affreux caucherar de se Énire appeler partout l'homme chanceux.*,* Mais, cette francophobie qui distingue à un si haut point les insulaires de la (Grande-Bretagne, n'est peut être en réalité que le résultat d'une affection de leur organe visuel qui ne leur permet que de voir de loin, à la manière des presbytes.Ils voient parfaitement la petite parcelle de chaume qui s'égare dans l'œil de leurs voisina de l'autre côté de la Manche, mais ils ne peuvent distinguer l'énormité du végétal qui & pris racine dans l'orbite sourci- licre de leur nation.De cet arbre si grand, \u201cqu\u2019un cheval au galop Mettrait plus de cent ans à sortir de son ombre je vais détacher quelques feuilles, il n\u2019y paraîtra pre quelques petites feuilles qui pourroat nous renseigner sur la moralité de la classe dirigeante britannique.\u2014 11 y à quelques temps, le fils niné de lord Hal- don, destiné à vecuper le siège «le son père à lu Chambre des Lords, n avoué, dans un proces civil, avoir forgé sur un billet, In signature de sa mère.L'usurier qui l'avait escompté, réclama an justice do lady Haldon, le montant du billet, 847,54M),\u2014 rien que ¢a,\u2014 mais la défenderesse refusa de payer en disant qu\u2019elle n'avait jamais signé le billet et fit sommer sun fils de comparaître comme témoin en sa faveur.Le fils reconnut le bien fondé de la défense de ga wire et avoun qu'il avait forgé ns signature.Le demandeur fut débouté de sou action, et Indy Ialdon, qui est déplorablement riche, gagna rou procès.aux dévens de l'honneur de son fils, Celuiei un vhançard, «very leche man\u2014échappe aux poursuites criminelles, grèce à l'habileté de son avocat, qui parvint à persuader aux juxes, que le veal coupable était l'usurier, qui savait parfaitement que ln signature de Indy Haldon était fausse, minis qu'il avait escompté quand mème le billet avec dix pour cent d'escompte, en disant qu'il était bien sûr que La famille paicrait.Le noble faus aire poutre siéger plus tard a lu Chambre des Lords, La justice nuglaise n'est elle pus égale pour tous / Lord William Nevil, fils du marquis A\" Abergavenny, parge en ce moment ane condamnation à cinq ans de travaux forcés, pour avoir forgé la signature de son wind, le capitaine Clay, Le chirurgien major des Horse Guards, de Dr Col- lius, médecin le plus en vogue des fennnes du arian monde de Londres, est dans le mène cas pour avoir forge la signature d'un de ses camarades, fe riche ea.pitaine Selwyn, Un autre officier des Horse Guards, appartenant à une grande famille, le capitaine Scott Saunders, est an lagune pour avoir signé sur un billet le not de lord Landshorongl.[ly noun an.Jay, le célebre usurier de Londres, de- wanda a sir Tatton Sykes le paiement de plusieurs billets portant son tom.Sir Tatton refusa en disant que si signature avait été forgée, et lu cour admit ce moyen de défense, Ce n'est cependat.t un secret pour personne que c'est su femme, lady Tattou, qui est la coupable, et «lle-ci continue à étre reçue dans le moude, avec les mêrnes égards qu'avant cette terrible et déshionorante aveuture.Lady Guntitesest actuellement au pénitenrier pour avoir forgé lu signature de son pere et de plusieurs autres Churelull, dont le chef est le due de Marlhoroush.Je n'avais cueilli qu'un des plus petits rameaux de parents, Elle appartient à la faille des l'arbre, qui grandit toujours dans l'ail de dohu full, de m'artète, bien que J'aperçoive pres de mol une branche tnen faite pour tenter un amateur, car elle à près de quatre-vingts feuilles, dont chacune porte le nom d'un lord compromis daus les adaires véreuses de Hooley, de frauduleuse mémoire.Tout cela n'est guere en faveur de la haute société anglaise, et ln gangrèene démoralisatrice qui la ronge est déplorable, mais ce qui l'est plus encore, c'est l\u2019effet produit sur la classe qui peine, qui souffre et qui est témoin des vilenies commises par ceux qui, riches, pourraient vivre honnêtement si leurs passions tau- vaises ne les rendaient pas vils et méprisables, *,* Mais voici que le vent du Nord nous apporte des cris, ces plaintes, des prières, des râlea, des sanu- slots mélés à des blasphomes, des hurlemerts d'ivrognes et des ricanements denioniaques.Hélas hommes qui, pres d'elles, se vautrent daus une orste ce sont des femmes à l'agonie et des sans nom \u2018 \u2019 C'est un naufrage ! c'est Une scène suprème de cou rage, de lachetés ; c'est l'humanité dans toute sa henuté et dans toute sa laideur.Lei, unie partie de l'équipaze qui lutte liérorquement Le vent est froid, la mer «st glacée, une chaloupe sombre er là des chauffeurs qui boivent et qui volent.trainant dans la tombe des femmes aux cheveux blane- et de belles jeunes tilles a ln tote blonde, et, dans li tempite de jurons des bandits, d'ordres dounés pat les officiers calmes ct digues, d'appels clésespérés et d'invocations au ciel, deux voix graves murmurent des paroles de pardon.qui donnent l'absolution fu erfremis à ceux qui vont mourir.C\u2019est le nnufrage du Scofsnven, datis le détroit de Belle-Isle.Ce sont celles de deux pretres Mais à quoi bon aller.plus loin, vous en connaissez les détails et il n\u2019est que trop vrai qu\u2019une partie du LE MONDE ILLUSTRÉ 387 l'équipage était composée de voleurs, de lâches, d'ivrognes.On & beau «ire que ces chauffeurs, puisqu\u2019on met tout sur le dos dos chauffeurs, étaient dos hommes recrutés à la hâte à Liverpoul, vu la grève des chauffeurs ordinaires : c'est une mauvaise excuse, et les malheureux passagers nu peuvent l'accepter.Ces gens là était los employés de lu compagnie, .faisaient partie du personnel du navire, et c'est la compagnie qui est responsable de leur conduite.On a bien parlé du naufrage de Is Bourgogne, mais on oublie qu\u2019une grande partie des marins du navire français sont morts avec leurs ufliciers et leur capitaine et que pas un homme de l'équipage du Svofxman n'a disparu ! *,* Eh bien ! la conférence de la paix, de La Haye, porte sos fruits, et co qu'il y n d'assez typique, c'est que ce Congres, ayant eu lieu en Hollande, l'Anyle- terre s'est empresséu de provoquer lu guerre avec les Boers, Hollandais d'origine.Pauvres Buers ! Leur existence n\u2019a pas toujours été heureuse, comme vous le savez.Beaucoup d'entre eux sont des descendants de Français huguenots, chassés de lour patrie par l'inepte révocation de l'édit de Nantes, révucation due à l'influence d'une femme, la veuve Scarron, dite de Main- tenon, comme l'abandon du Canada à été l'œuvre de la fille Poisson, dite de Pampadour.Ces pauvres exilés s'étaient réfugids en Hollande, où ils épouscrent des filles du pays.Plus tard, un un grand nombre de leurs enfants accompaguérent les Hollandais, qui allérent fonder la colonie du Cap, au Sud de l'Afrique.Mais aussitôt cette nouvelle région devenue prospère, l'Angleterre songes parer, et elle y réussit.Tes Bocrs (qui veut dire habitants, cultivatenrs, pausans), s'enfoncèrent dans les terres et s'étublirent plus haut, dans l'Etat d'Orange, où ils furent encure tracassés et finirent par se fixer au-dela de la rivière Vaal, Ils espéraicat y vivre en paix ; ils ne demandaient qu\u2019à être tranquilles, mais cela ue faisait pas l'affaire de l'Angleterre, et voici comment uni journal français, Les Debats, apprécie la situation : \u201c.q à l'acca- On se demande comment l'indépendance des Bours pouvait gêner la puissance impériale, pour qu'un grand pays chrétien comme l'Angleterre füt amené à se ruer contre un petit pays non moins chrétien comme le Transvaal.Il y à des causes multiples à cela, et elles ne sont pas toutes d'un ordre très relevé.Si les mines d'or et de diatuant que l'on sait n'avaient pas été découvertes au Transvaal, et mises en exploitation depuis quelques années, la situation serait au- jourd\u2019hui tout autre ; elle serait restée ce qu'elle était depuis In convention de 1554, qui reconnaissait l'indé- eudance intérieure du pays et ne limitait au protit de \u2018Angleterre que ses droils internationaux : personne n'aurait eu l'idée de se mèler de ses affaires, parce que personne n'y aurait eu intérêt.Mais le Transvaal, qui 8e croyait et que l'on croyait pauvre, s'est tout d'un coup découvert des trésors qui ont violemment excité la cupidité de ses voisins.Pour son malheur, le génie même de la spéculation s'est trouvé incarné à sa porte dans la personne de M.Cecil Rhodes, Time de ln Compagnie à Charte ! Ello languit, Ia Compagnie, malgré ss Charte ! Nes affaires ne sont pas aussi prospères qu'elle l'avait espéré.Mais peut-étro lo devien draient-clles le jour où elle pourrait mettre la main sur les ruines du Transvaal.lly a eu li une de ces tentations qui, pour certaines âpretés, sont irrésistibles, et il est permis de croire, sans pousser les choses à l\u2019exagération, que l'impatience et les exigences de la Compagnie ont intlué sur la politique de la Grande- Bretagne.Mais d'autres causes eticure ont produit le mouvement dont nous sommes aujourd'hui les témoins attristés, causes toutes politiques, celles-là.De plus en plus, les passions impérialistes agissent, pour le dénaturer, sur le vieux caractère de la colonisation an- Mlaise, ce caractère que nous avons tant admiré.Les culonies britanniques se développent librement dans une autonomie qui est poussée aussi loin que possible, \u2014trop loin, comimenice-t-on à trouver quelquefois, M.Chamberlain et M.Cecil Rhodes le trouvent incontestablement, er ce qui touche au moins la colonie du Cap.Cette colonie se permet do proclamer tout haut sa solidarité morale avec le Transvaal, auquel elle se sent unie par les liens du sang.Est-ce tolérable 7 A côté du Cup et de Natal, l'État libre d'Orange no tourne également, et pour les mêmes mo- tifn, vere le Tranavanl, sentant bien que l'indépendance de celui-ci importe singulièrement à la sienne, et que, suivant les vraisemblances, elles périront toutes deux en même temps.Il so trouve donc que, par la force même des choses, tous les intérêts alar- nés dans l'Afrique australe, toutes les craintes d\u2019un avenir moins heureux et moins libre, tous les mécontents d'un présent déjà assombri, créent autour du \u2018Transvaal une atmosphère de sympathies, où les Anglais croient découvrir pour eux le germe d'un sentiment contraire.Mais à qui la faute, ki ce n'est à eux ?Il suffisait do quelques ménagements, peut-être de pure forme, à l'égard du Transvaal, pour échapper à ce danger, s1 c'en est un, et, en tous cas, i co désagrément.Une main plus légère et plus souple que celle de M.Chamberlain aurait évité de faire des blessures inutiles, ou se serait empressée de les panser.M.Chamberlain eu très volontairement le geste dur et cassant.Au- jourd'hui le mal est fait, et le même M.Chamberlain le dénonce à ses compatriotes, en assurant qu\u2019on ne peut y pourvoir que par le fer et le feu.Si la guerre écinte, \u2018e sera sa guerre ; il en portera la responsabilité devant l'histoire, et cette responsabilité pourra être plus lourde qu'on ne l'imagine.La victoire sera suivie en etlet, d'un révolution inévitable dans les mœurs politiques de l'Angleterre, et nous craignons que cette révolution ne soit pas\u2018un bien ni pour personne, ni pour elle.On ne peut qu'attendre avec anxiété la réponse de M.Kruger, et sans doute on ne l'attendra pas longtemps : l'Angleterre ne supporterait plus un retard, même de quelques jours.C'est le cercle de Popilius qu'elle tracé autour de M.Kruger ; celui-ci ne peut en sortir que par la sournission pure et simple où par la guerre.Ces prévisions étaient juste, puisque la guerre est déclarée.L'Empire Britannique, dont es sujets s'élèvent à pres de trois cent millions, va donc se battre avec la république du Transvaal, qui compte tout au plus quarante mille homies, de seize a soixante ans.*,* Mais voici que la puissante Albion demande au Canada d'envoyer des Canadiens en Afrique pour prendre part à l'affaire.On comprend facilement qu\u2019il vaut mieux faire tuer des coloniaux que des soldats du Royaume-Uni, mais je me figure ditticilement les tils de Jean-Baptiste allant se battre contre de braves gens qui n\u2019ont rien fait et ne veulent rien faire au Canada, et qui ne demandent qu'une chose : c'est qu'on les laisse tranquilles.Jean-Baptiste, ne t'emballe pas, ces Bocrs ne sont ni des negres, ni des peaux rouges, ce sont de bons ** habitants,\u201d dont plus d'un, gardant son nom d'origine française, s'appelle Duplessis, Leblanc, Mercier, Normand, etc, ete, des gens dont les pères ha- hitaieut l« Saiutonge, la Normandie, l'Auvergne, le pays Basque, tout comme les ancêtres des bons Canadiens.Jean-Baptiste, dlétie-tui et ne Vi pas tirer les marrons du feu pour John Bull.Si, cependant, tute décidais à aller volontairement te faire tuer là-bas, tu pourras passer pour un héros, mais peut-être aussi pour un.imbécile.Quant aux Canadiens, qui sont soldats, ** pour de vrai,\u201d coux-là doivent partir si on leur on donne l'ordre.Is ne feruut que leur devoir en obéissant.\u2014 + ta=\u2014\u2014 QUELQUES NOTES A une jeune fille, Les choses sontimentales et si pleines de mélancolie que vous me disiez au souvenir d'.Atals malheureuse, de cette pauvre Graziella et de l'infortuné Werther, m'ont rempli d'émotion en me découvrant la bonté de votre ame ct la tendresse de votre cœur.Mais, le croiriez-vous, j'ai presque éprouvé du regret de vous avoir fait lire ces livres enivrants.Car, le cœur d'une jeune fille est déjà si vibrant, qu'il vaut mieux ne le pas mettre en contact avec certains courants qui lui donnent des chocs trop durs et font soulover, bien souvent avec trop de force, les vagues si paisibles et si flexibles surtout, qui dorment en lui.Oui, Werther, Atala et Graziella font battre les cuurs avec rage parfois, pour ne pas dire avec désespérance ! Un autre, dans cette catégorie, cat Musset, dont vous me parliez avec enthousiasme.On a dit à tous les échos le génie de Musset ; on l'a proclamé, avec raison, le premier poète de l'amour ; on l'a aduré en quelque sorte, et il est encore I'idole d\u2019une foule infinie.Et cependant, je ne crains pas de dire : ** Malheur à qui lit Musset ! Dans des vers d\u2019une beauté vraiment majestueuse, il vous entraîne la meilleure âme de jeune homme ou de jeune fille ; il l'enlace, la fuit esclave, chante pour elle, la remplit d'ivresse, la fascine, je dirais la magnétise ; et alors lui distille son absinthe goutte à goutte, ou à flots lourds et pressés.Musset, ma chère amie, Musset et bien d'autres dans ce genre, c\u2019est la sirène dont parlent les anciens.On dit que des rochers où elles établisssient leurs demeures, les sirènes, mariant leurs refrains aux harmonies des flots, attiraient irrésistiblement les voyageurs.Ils venaient\u2014les infortunés '\u2014 leurs vaisseaux faisaient naufrage : et c'était In mort implacable et sans merci.Alors, elles, les sirènes astucieuses, chantaient pour d'autres voyageurs.Je lisaix que ls chasseur de lions, pour captiver ses ennemis, creusait une fosse inimense, In recouvrsit de branches, de fouillée, de tours, et mettait un appât au milieu.Les lions, trompés, sautuient sur la proie, les branches traîtresses plisient : ils étaient pris.\u2014Ce chasseur, c'est Musset ; ces fleurs, ce sont ses vers : cet appit, c'est sa pensée.Et les lions\u2014pauvres victimes\u2014ce sont les lecteurs et les jeunes lectrices dont l'âme est pareille à un miroir, à l'onde : le moindre souffle suflit pour la ternir.Musset, encore, c'est la rose derrière laquelle se cache l'épine qui pique le doigt.Musset, c\u2019est le baiser qui délecte, qui vous électrise, vous passionne, vous pâme, et, finalement, vous donne mal aux lèvres.+.e Ces quelques notes n'auront pas l'assentiment de tous, sans doute.N'importe * J'ai dit la vérité qui exoncre de tout blame et lance toute critique dans le lointain de l'indifférence.Je ne nie par le génie d'Alfred de Musset.A Dieu ne plaise ! Il faudrait renoncer à sa raison pour faire une pareille tentative : car, du génie, il en a ct combien, grand Dieu ! Pour moi, je ne sais trop lequel ou de Victor Hugo, ou de Lamartine, ou de Musset doit oceupier la première place dans la poésie.Il me semble que c\u2019est une trinité, que chacun est le premier dans son genre : et, néanmoins, parlant de Musset, je redis aux âmes blanches : Prenez garde.\u2014 A ho ve lle las __ 0m PRE \u2014 pe ee L'imitation des étrangers, sous juelque rapport que ce soit, est un léfaut de patriotisme.-Mnie VE STAEL.Microbes à part, la mode explique plus d'une épidémie : il y a des maladies bien portées.\u2014G.-M, Va1.- TOUR.Uno poignée de Parisiens font assez de tapage pour qu\u2019on les croie, sur parole, Tout Paris.JULES Cra.RETIE.Fermez votre cœur à l'orgueil, à la sensualité, à toutes les passions, comme un forme les portes et les fonètres quand on veut que personne ne puisse entrer.\u2014V.CURE D'ARs, \u2014 388 TERRE DE FRANCE Grunt l'ail a pu trouver sur la carte du monde 6 France, cers le nord, on pense aux nids d'oiseaux Fixés près de la mer.\u2014 Sur la plate ronde .5 Elle ext toute petite, wit bord des grands eau.\u201d on [mem Elle qu'on aperçoit comme un poînt dans l'esprare, CESR Sur le glole pourquai fiuit-elle tant de bruit.Lx À Près du vaste océan tenant xi peu de pluce ! Cest qu'elle est pour le monde veu flambeau dus le nuit, Chaque soir de très loin, sur nos qrives nabades, = TA On coit, quand le jour meurt, apraraître son feu, \u201cVe Comme le feu sacré des antiques Vestales ° Réreillunt dans les cœurs et l'espérance et Dieu.Dès qu'on a mis le pied sur la plage bine, Hospitalière à tous, on se preud à songer Aux contes merveillens où plane ven bon génie Qui, des heutewrs due ciel, descend nous protéuer.Pour son avdente foi, que jamais rien n'altère, Qui fait muarcher l'enfant, que soutient le vieillard, None lu cénérons toux, la aénérenae terr Où sound n° du Céuesclin, Jeune d'Arc et Boyurd.ANbKE LEMONNE.\u2014\u2014\u2014 pe E\u2014\u2014\u2014 SECRET A mou amie Alice Elle avait vingt ans, Ia belle Léopoldine de My- risne.Elle était fille unique et riche à millions : on la comptait comme la plus séduisante héritière.Depuis deux ans, l'enceus de I'adulation montait à son cœur.partout on la fétait, partout on l'admirait, et elle était idulâtrée d'un pere veuf depuis dix aus, lequel concentrait toute sa vie sur enfant qui lui restait.Cependant, Léopoldine passait indifférente devant cette foule d'admirateurs qui s'empressaient autour d'elle.On s\u2019étonnait partout de ce dédain des plus brillants partis, de cette folie capricieuse qui repoussait toujours sans pitié.On s'étonunit en vaiti, la jeune fille restait toujours charmante, mais inébranlable dans son étrange résolution.Son père, heureux de la garder près de lui, éloignait toute pensée d'avenir qui amene- rait la séparation.ll pensait peut-êtra que sa tendresse paternelle pouvait suflire à ce jeune cœur encore caressé de ln douce brise des blanches illusions\u2026 Un matin, M.de Myriane annonça à sa fille son intention de voyager.\u2014 Ne le veux-tu pas, toi aussi ?D'abord nous irons a l'aventure, aussi en touriste, puis, à l\u2019hiver, nous reviendrons au foyer.Qu'en dis-tu / \u2014Oh ! père, comme tu es hun ! et combien Je t'aime ! répondit la jeune fille, dont les yeux tout à coup s'illuminérent d'une douce juie.Son père remarqua cet éclair rapide, qui avait paru tout un bonheur dans ce regard si ur et si tendre ; dans son cœur toujours inquiet quand il s'agissait de son enfant adorée, il surgit une navrante pensée qui charges son front do lour(ls nuages.\u2014Ni j'allais la conduire moi-même à celui qui doit me l'enlever ?pensait-il.Et cette pensée le suivit toute la journée avec une cruelle persistance.il voulut chasser cette tristesse subite qui l'accablait, et elle s\u2019'envenima davantage.La gaité de sa fille éloigna qualjue peu cette idée pénible, elle fut le seul remède qui put adoucir la douleur de ce cœur de pere, jaloux de son trésor.Trois semaines plus tard, le départ s'effectua.On était en septembre ; le temps était beau ; la nature était passée dans sa dernière toilette d'été, et lorsque le soleil se couchait, inondant la mer d\u2019une pluie de feu, ou qu'il diaparaissait derrière les montagnes dans sa royale splendeur, alors Léopoldine, avide de leau et de puétique, s\u2019enivrait des soirs d'automne, remerciait plus tendrement son père, et qu\u2019il était doux le baiser du merci ! \u2019 M.de Myriane, depuis son départ, avait remarqué combien la jeune fille paraissait heureuse au milieu du nouveau qui l\u2019entourait, mais qu\u2019en retour une impatience fébrile semblait ls pousser toujours en avant, comme si elle poursuivait un but, un but unique, cher LE MONDE ILLUSTRÉ et sérieux.Lorsqu'ils descendaient à l'hôtel, Léopol- dine voulait toujours voir les registres, les fouilletait : sa main trombluit on tournant les payes, elle pâlisseit, mais toujours, comme avec déception, slle rejetait le enhier loin d'elle, ontrainant son père, reprise de sa fièvre de recherches.Bientôt Léopoldine sembla se lasser, elle devint songeuse et attristée.Elle entrevit l'impossibilité de trouver ce qu'elle cherchait avec tant d'ardeur, et un soir, seule dans sa chambre, elle pleura.\u2014Oh ! j'ai été folle, dit-elle, de penser que je pour- vais le retrouver ainsi, [vi que j'ai entrevu un soir et que je n'ai jamais revu ! Le lendemain, elle pris son père de continuer leur vie errante ; \u2018*allons-là, \u201d et elle poss au hasard son doigt sur la carte que lui tendait son père.Le soir même, ils partirent.On était en octobre ; il pleuvait souvent, le ciel avait perdu son azur, les arbres leurs feuilles, les branches leurs nids.Léopoldine aimait la nature à son agonie ; car, elle n\u2019était plus la voyngeuse aux enthousiasmes délicieux qui, daus le commencement, ravissaient son père.Elle avait un secret qui, maintenant, l'étouffiit, l\u2019écrasait ! elle avait une souffrance intime dent elle n\u2019était plus maîtresse et qu\u2019aucun sourire ne pouvkit plus cacher.Oh ! sans doute, elle avait soif d'amour, elle voulait s'abandonner toute entiere à un bonheur supréme, «it simant elle serait aimée ! [ls arrivèrent vers le soir au terme de leur voyage ; le souper fut triste.Mlle de Myrisne ne savait plus réjouir le pauvre pure qui souffrait du mal de sa fille, et qui, en la voyant si lasse, se demandait : Que faire ?La nuit vint avec ses heautés réveuses, une belle nuit claire et sereine, pleine de charmes.Léopoldine garda la chambre, et de sa fenêtre bien close regardait là-bas, à l'horizon sans nuazes ; sa douleur s\u2019engourdissait, elle pesait mois sur son cœur ; duns le silence de l'appartement, le crépitement de la flamme du foyer chantait, et elle voyait une ombre chérie lui sourire tout près, quand on frappa à la porte.Son père entra.\u2014Je viens te chercher.chérie ; j'ai retrouvé ici un jeune homme de ta connaissance que tu seras peut- être heureuse de revoir.\u2014Son nom ?questionna Léopoldine.-Viens l'apprendre.\u201d répondit M.de Myrinne.Et il entraina la jeuue fille qui le suivit en soupirant.En ce moment, une lueur d'espoir caressa sa douleur, l'illusion la toucha de son aile frémissante, et son cœur enivré lui montra la réalité qu'elle n'avait que rêvée : elle descentait vers le salon avec une crainte, cependant ; cet inconnu, même si c'était lui, que lui serait- elle ?Et elle pencha son frout soucieux, comme son père lui disait : \u2014Regarde !.Et là, en pleine lumière, appuyé au marbre de In cheminée, c'était li qu\u2019elle apercevait ! Elle retrouvait le mystérieux aimé ; une étoile brillante s'allumait au ciel de son âme pour guider 8x vie : son cœur conquis avait trouvé non aller ego.Trois mois plus tard, Mlle de Myriane était comtesse de Reynal.Non père l'avait conduite vers celui qui devait la lui ravir.Mauve.\u2014\u2014 cP + re DÉVOUEMENT Lors de la guerre de 1570, les Allemands n'étaient pas tendres pour les Français non incorporés dans l'ar- née régulière ; ne les considérant pas comme belligérants, ila les fusillaient sans pitié.Dès le lendemain de la sanglante bataille de Woerth, ils inaugurèrent un système de représailles abominable.Tout franc-tireur, convaineu ou simplement soupçonné d'avoir pris part à nne escarmoucho, était passé par les aruies.Ah !la procédure était sommaire et ne traînait jus en longueur.Pour la forme, un court interrogatoire et, deux heures après, le malheureux figurait au poteau d'exécution.\"Très rares sont les cas où la grâce fut accordée parle prince impérial, Notre Frit., comme le clésiguaient les dépêches restées fameuses, parle futur empereur.Dans In petite bourgade de Saint-Vioorges, distance du trois lieues do Nnney, habitaient doux frores, Georges et Etienne Mullor, exerçant tous len deux la profession de menuisier.L'ainé Georges, était marié, déjà père de trois enfant ; lo jeune n'avait pas encore pris femme.Alu nouvelle de nos revers, los enfants Muller, are dents patriotes, n\u2019ourent pas d'hésitation : ils s\u2019enro- lèrent dans uu corps franc qui devait harcoler les flanes de l'armée ennemie vn marche sur Paris.Mais que pouvaient ces soldats isolés contre le noubre toujours croissant dos hordes teutonnes / Les franes-tireurs copeuldant, qui opéraient principalement la nuit, faissiont des vices cruels dans les rangs des compagnies bavaroises, loygées dans les vil- lagen et ne se rattachant pus au uros des troupes ; aussi l\u2019état muajor allemand s'en émaut.Résolu de frapper un grand coup, de procéder par la terreur, un beau matin un régiment entier entoura la petite bourgade de Saint-Georges, enserrant tous ses habitants comme dans un filet.Les hommes eu état de porter les arnies furent successivement mandés devant un couseil de guerre siégeant à la mnaivie, et, suivant leurs réponses, le bon vouloir ou simplement la mauvaise humeur des Prussiens, envoyés à la mort, Co jour, Georges Muller était à Nancy, pour régler un compte d'ouvrage avec un entreprenour de travaux, Etienne parut seul devant les juges.Aux premières questions qu'on lui adressa, il lui fut facile de reconnaître que les Allemands le confon- daieut avec son frère.En effet, à l\u2019embuscade de lu veille, Georges y avait pris part , Etienne souffrant était resté chez lui.Come les plus nobles coeurs peuvent en concevoir, une idée sublitie traversa l'esprit du jeune homme.Pour sauver la vie de son ainé, loin de détromper les Prussieus, héroiquement, il luissa les soupçons conta nuer à s'évarer sur son compte et il fut condamné a ctre fusillé.\u20141II te reste deux heures a vivre, ajouts le commandant apres le prononcé de la sentence.Situ as un désir à formuler, 11 y sera fait droit dans les limites du possible.\u2014 Avant de mourir, je voudrais embrasser tua belle- sœur ct ses enfants.\u2014\"l'u seras satisfait ; on va les envoyer chercher, Quand ls femme, escortée de ses trois marmiots, fut entrée dans la prisoi et se trouva seule en sa présence, Étienne la mit au courant de la situation.\u2014 Mais, malheureux, tu es innocent ; il faut déclarer la vérité et tu ue seras pas fusillé\u2026 Alors.\u2026 ce sers mon frère ?-Mou Dieu |.Mon Dieu |.ayez pitié de nous.\u2014l\u2019ar tes pleurs et tes sanglots, ne n''enlève pas le courage, wma bonne Katly.Excepté vous tous que J'aime, je n'ai aucun lien au monde.Mon pere et ma Resté warqon, je wai pris d\u2019engagement envers personne.Ma disparition de ce monde ne causers pas un gramd vide.\u2014 Mais tu cs innocent, cémissait sa belle-sœur\u2026 Uicre sont torts.El oui ; mais cette innocence moe sauve ton mari dont je prends Is place.Sans lui que devien- driez-vous tous /.(Quel avenir sorait réservé à ces pauvres petits 7.Qui pourvoirait à leurs besoins ?.\u2026 Il est votre indispensable soutien.Moi je suis seul, Katly, ce n'est point a la légire que j'agis ainsi, mais en parfaite connaissance de cause.Du reste, jo te le déclare, mon parti est pris.\\vertis mon frere de l'erreur des Allemands, et profitez en.Surtout, pas de paroles imprudentes et que ma mort du moins vous serve.-Mon pauvre Etienne |.Encore une fois, Katly, par tes larmes n'amollis pas mon courage.Tu lo vois, je suis tres calme, mais il ne faut pas me troubler.Mes mains sont enchai- nées ct je no puis vous serrer dans mes bras.Hausse jusqu'à mes lèvres ces chers petits qui, tout etfarés, se pressent contre tes jupes.Adieu, mes mignons. LE MONDE ILLUSTRÉ 389 Soyez toujours gentils et obéissez bien à votre mère.l\u2019arfois elle vous parlera de l'oncle Etienne.Fmbras- se moi, Katly, et porte co baiser à mon frère Georges.Etienne |.Etienne |.sanglotait In malhew reuse.Plus un mot uuintonaut\u2026.l'artez ct Inissez-ruoi sue recueillir.J'ai besoin de prier avant de paraitre devant le Souverain Juge, devant mon Dieu, le Dieu le miséricorde et de pardon.Une heure après, Etienne Muller recevait douze Halles alletuandes eu pleine poitrine.Heses Deux.\u2014\u2014 \u2014 MONDANITÉS Je veux répéter encore pour les lecteurs nou veaux- que si l'éloignement où l'on est les uns des nutres empêche ut invité du faire une visite à ses hôtes, après une fète à laquelle il « assisté, il suthra qu'il leur adresse sa carte.Sous son now, il écrit quel- UES tots, puts eremple ** Monsieur NX.envoie ses respectueux (ses meilleurs où ses plus affectueux, selon son âge et les relatons), Hes respectueux compliments à Monsieur et Madame Z.et conserve le plus agréable souvenir de la soiré> du.\u201d \u201c.Une jeune fille qui n'est pas assez habile pour con- fectionuer un potit ouvrage de ses mains, peut offer i une dame, à l'occasion de In fête de nom de celle-ci, un livre désiré où tout autre présent analogue, cette ane füt-elle du mime âge que là mère de la jeune tille.Le volume est présenté avec des fleurs.ax Ea chasse est an sport que le deuil ne proserit pas stk ie proserit pas long emps, a condition qu'on chasse seul ou en compagnie d'un seul ami.Hone peat être question, bien entendu, des joyeuses parties cynégétiques auxquelles prennent juut un and wanhre de fervents de saint Hubert.\u201cx Quand la princesse Hélène d'Odléans éponsa en Au- gleterre le due d'Aoste, elle avt perdu son pere de puis peu de temps.Cependant, en cette journée, la mere de Lu tiariée quitta le noir et le crèpe pour une toilette guise et d'un grand voie de tulle, gris également.La plus jeune fille de la comtesse de Paris pertit une toilette mauve ou mème blanche, je crois.Le lendemuin, les trois princesses reprirent le deuil profond qui avait été interrompu pour la cérémonie du mariage.J'ai cité cet exemple, parce qu'en général, pour toutes questions de savoir-vivre, on aime i Ven référer au très grand monde.Si Pon ne voulait pas quitter enticrement le deuil, meme pour un jour, une veuve {mere de l'épouséébien entendu) pourrait choisir ane robe de satin noir sobrement garnie et un chapeau de tulle noir avec aigrette blanche.La jeune sœur de la mariée pourrait s'habiller de tatfetas cris et mettre des violettes de Parme it son chapeau, ou d'une robe hanche avec un chapeau noir.Une sœur ainée prendrait du violet où aussi du veis un peu plus foncé que celui de Ia endette.ree A un médecin, après la naissance d'un enfant, les parents, à moins qu'ils ne soient de très pauvres gens, offrent «les dragées du baptême.Les malades rétablis font une visite de remerciements au médecin qui les à soignés.Hs ont soin de ne pas s'éterniser dans cette visite.Celui qu'ils vont voir te dispose pas de son temps, on le sait.\u2014 D. \u201c0 passé, reurettant que la France l'ait nas su s'occuper des enfants qu'elle a de pur le monde et qui te demaudaient qu'à créer de l'autre côté de l'Océan une deuxieme France, Cette étude si bien faite a été l'objet, de la part de tous ceux qui l'écoutaient, de nombreux applaudissements, Le résumé que nous donnons ne fera cou- prendre qua d'une fagon bien impartate combien le sujet était intéressant.En effet, l'orateur peut être ficrement heureux du suceus remporté.Des professeurs, des éceivains, Venus de partout, so joignent aux notabilités de Honfleur pour acclamer avec enthousiasme M.Richard et le saluer avec Une sympathie tres grande.On lui tit fète ; et ce fut justice.Le soir, causerie de M.Hector Fabre, qui sut faire rire son auditoire.N racouta de *\u201c piquantes anecdotes sur Québec.La cauaerie vaio de M.Fabre compléta la patriotique conférence de M.Richard.L'un sut émouvoir son auditoire ct l'intéresser à notre pays, l'autre montra aux Hontleurnis que les Canadiens, quelquefois, savent être très gais conume Alphonse Allais.Plusieurs acteurs de l'avis assistaient à cette soirée.que Mme Marcilly, des Variétés, et M.Fragerolles, de Ia Roulette, terminérent en disant des poésies et en chantant des chausons eanadiennes.Bref, les fêtes magnitiques données par le ** Vieux Honutleur \u201d ont laissé, chez tous les hetreux auditeurs, un trés beau souvenir./ LG AN /9 31?> À.5 \u2018 \u2014 Ll ¥ 4 > WN 0, = A aod F ~~ Ww .\"x N = pi \\¢ i 4 a À mm, = x j $ Fo hn.7 > ad b \u2018 vase ee AN ly 3 a oh \u20184 Fe + à 2m.À.049 N WN WN æ kX Ly + iver ve Pa, KL PR % qe BR ir x) 2 ZH ad \u201cor # > SS T 7 \u201c2 \u2014o A J \u2018 me ER és sé (ee AN 4, Ed jé\u201d $ a» 5 uk = de, 4 en S SN À 4 ~~ = IRC a Le 4 EN Ÿ = 2 > 2 > pret EC a.- at $ it Ny N ¥ À a V *% 9 hie or = Ta A = = a bY a N 2 \\ a : SAN * 2e on + ae a NS a\" SS = = Zit LS ~ ~~ WN La { oN ii ES == J vil Z &.= ; NS bf i Fi 00 2 _ LE ni N A Sl 35 9, nN M 23 a À Pi 4 à pes 4 Fa: = » A n, pr Ta Ne $ SE eh = WN Ï eH eG A Af AT, AU = 394 PROTECTION POUR TOUS kn weteant un sou par jour de côté, que voux déponserez üln ** Caisse Natio- nle d'Economie,\u201d vous retirerez après 2) ans une rente suflisante pour vous aider dans votre commerce et ne pus être à char«e à persoune pendant votre vieillesse.Sur demande, les statuts et regloments To is seront expédiés franco.Adressez-vous à Arthur Gagnon, Sce.veés., Monument National, Montréal.Cueilli au passage, rue du Faubourg- l\u2019oissonnière : * Au ler septembre prochain, ouverture de la blanchisseuse.\u201d Pauvre Manchisseuse ENNEMI IMPUISSANT ! L'ennemi impitoyable de la santé de la femnie, cette terrible maladie, le \u2018* Beau Mal \u201d qui fait tant souffrir à toutes les époques de la vie, ne respectant ui vieillesse, ni jeunesse, a entin capitulé ; sa puissauce n'est plus ! Ce résultat scientilique merveilleux à été obtenu par les inventions plus merveil- leuxes encore du DrJ.Larivière.Ce médecin probe, honnête et consciercieux, ému des souffrances atroces endurées par les personnes du beau sexe, s\u2019est mis à lu recherche d'un spécitique propre it leur apporter une guérison rapide et radicale.Apres de longues et patientes recherches scientifiques, des heures, des jours et des nuits consacrés à ce travail, il voyait enfin res efforts couronnés du plus brillant succès, et il donnait au monde médical étonné le fameux \u2018* Régulateur de la Santé de la Femme \u201d qui porte sen nou.Quelque temps apres il inventait les ** Fennle Plasters \u201d qui jouissent aujourd'hui d'une célébrité universelle.Ces remèdes souverains contre toutes vos affections, mesdames, sont vendus che: tous les pharmaciens aux prix respectifs de S10 et de 20 ceuts, où les demander par lettre au Dr J Lansvrène, Manville, RE PRUDENCE Le voyageur prudent a toujours une houteille de Brave Blood avec lui.VOTRE DEBILITE GENERALE Ne peut disparaître qu'en prenant les ** Pilules Cardinales \u201d du Dr Ed Morin.Elles sont d'une ellicacité bien marquée dans tous les eas de maladies des femmes ou des jeunes filles, Se vendent partout.LES FEMMES QUI FUMENT On ne cotnpte plus aujourd'hui les femmes Qui fument ; les jeunes filles elles-mêmes ne sont pas insensibies au charme de la cigarette en depit des conclusions effrayantes d'une note du Dr Decaisne à l'Academié des Sciences, IT conde Fusage, meme restreint, au tabi a fumer chez les femmes et qui amene souvent une alteration du sari et jes principaux sy phomes de chloro-anémie : paleur du vie sage, amaigrissement, intermitence des battements de cœur et du pouls, dituanution de la quantite normale des globules du sang, dit eultes de digestion, ete, ete.Le meme docteur rretend que l'usage du tabie developpe chez les personnes du bent sexe un gout prononce pour les liqueurs fories, Sans aller aussi loin que le docteur Decaisne dans ses conclusions, nous conseillons aux femmes et aux jennes filles gui, pour une raison ou une autre, font Usage de Inbac, de combattre lappanvrisse- ment du sang qui en re-ulte par \u2018emploi re- ulier des Filules de Longue Vie du Chimiste Bonard.On les trouve dans toutes les phar- mmacies à raison de 0e lu boîte, Knvoyees par la malle en s'adressant à la Cie Médicale Franco-Coloniale, boite 353, bureau de poste, Montreal.HOTEL §™ JAMES THEO.LANCTOT, Prop.vig aves 0 L'hôtel le plus moderne et | LE GT.le plus honnetement con- | RT PREM du t du pay =.Confort par- | DU CIR.1 fnivet à prix populaires.LE MONDE ILLUSTRÉ SEMAINE DU 15 OCTOBRE \"108 05 0 01 0 0 0000 6 0 66 6 0460000 MONUMENT NATIONAL leruis cneuf pour l'occasion, l'ières à l'étude pour cette semaine : MIGNON, LA MUETTE DE PORTICI.LAKME, AIDA Avec Grande Matinée: Samedi.tN places A 50e 736 et
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