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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
Les réprouvés
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1900-10-13, Collections de BAnQ.

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[" re \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 LE MONDE ILLUSTRE \u2014 \u2014\u20142__ LES REPHROUYVES PREMIERE PARTIE \u201c La malheureuse femme fut entraînée à l\u2019auberge de Shorncliffe ; on la mit dans une écurie, je crois, ou dans un grenier, ou dans quelque endroit du méme goût.C'était assez bon pour elle ; car ce n\u2019était qu\u2019une misérable vagabonde qui, dans su folle ivresse, avait eu l'audace d'attaquer le maître de Jucelyn's-Rock.Elle fut placée dans un grenier au-dessus de l'écurie, et, quand on vint la chercher le lendemain matin, on ne la retrouva nulle part.Par- donnez-moi, un la retrouva, mais pas dans les environs de l'auberge ; on la trouva noyée dans l'Avon, et son cadavre traversait le cimetière de Lisford cing minutes avant votre union avec celui qui avait été son mari.Oh ! oui, lady Haughton, je ne vous ai dit que la vérité quand je vous ai assuré que votre ina- riage était parfaitement conforme à la loi du pays ; il y avait quelques heures \u2018jue sa femine était morte.\u2014Je ne vous crois pas ! s'écriait Laure Jocelyn d\u2019une voix brisée par les sanglots.Je ne sais quel motif vous pouvez avoir pour venir m'apprendre cette histoire ; mais rien que l'aveu de mon mari lui- même ne pourra me faire croire qu'il m'a trompée.\u2014Vous êtes très incrédule, ledy Haughton.Mais pourquoi ne pas aller à Philippe Jocelyn, lui raconter ce que je vous ai dit, et, si mes assertions sont fausses, le laisser les réfuter ?\" Laurs garda le silence pendant quelques instants, et Arthur entendit de nouveaux sanglots sourds et nerveux.** Non, mon mari est malade, dit-elle ; je ne puis le troubler.\u2014 Vous avez peur d'aller le trouver, lady Haughton, répondit M.Vernon ; vous avez peur.Vous savez que je vous ai dit la vérité.Je vous en dirai même plus long ; cette malheureuse femme, la première femme de votre mari, a été attirée loin de Shorncliffe et lâchement assassinée par Phillppe Jocelyn, l\u2019homme que vous aimez.J'ai la preuve du crime de Philippe Jucelyn et je saurai quel usage j'en dois faire.Regardez en arriére, lady Haughton.regardez en arrière et rappelez-vous tout ce qui s\u2019est passé devant vous et votre époux, et dites-vous si toutes les circonstances du passé ne conduisent pas à une conclusion.Votre mari est malade, dites-vous ?Vous dirai-je pourquoi il est malade ?Il succombe sous le poids d'une conscience coupable.C'est le remords qui sape sa vie jusque dans sa racine.Jugez vous-même si c'est un désorire ordinaire qui l'a ainsi abattu.\u201d Il y eut un silence pendant un moment.Puis d\u2019une voix grave et résolue, Laure reprit : \u201c\u2018 Pourquoi êtes-vous venu me faire cette histoire ?\u2014Parce que vous êtes la personne la plus intéressée au bonheur et à la prospérité de lord Haughton, et c'est avec vous qu'il faut que j'arrive à m'entendre ; savoir si je dois garder cette affaire secrète ou faire mon devoir, et venger la mort de la femme de Philippe Jocelyn.\u2014Non, monsieur, répondit- Arthur Lovel en franchissant le seuil de la dernière chambre tout en parlant, ce n'est pas avec lady Haughton, mais avec moi qu'il faut vous entendre.\u201d A la vue soudaine de ce jeune homme, qui entra dans la chambre la tête hautaine et l'œil brillant du feu de l'indignation, le vaillant Herr von Voltercho.ker se troubla un peu, mais il se remit assez vite, et ce fut avec un ton de suprdme insolence qu'il dit : *¢ 1] me semble, lady Haughton, que vous avez des gens qui écoutent à vos portes ?\u2014Non, monsieur, répondit Arthur, mais dans cette circonstance lady Haughton se trouve sous la main de son Ami et son conseiller légal au moment où elle à grand besoin de ses services.\u201d Herr von Volterchoker sembla un peu décontenancé par ces paroles de mauvais sugure.*\u2018 son conseiller légal.\u201d Laure essaya de faire quelques pas, puis se jeta aux genoux d'Arthur Lovel.** Cela n'est pas vrai, s'écria t-elle, cela ne peut pas être vrai.Oh ! Arthur, parlez-moi, par pitié, donnez: moi quelque rayon d\u2019espérance, car cet homme m'a presque rendue folle.dites que cela n\u2019est pas vrai.\u2014Je ne crois pas qu'il ait dit toute la vérité, Laure, répondit Arthur Lovel relevant la jeune femme égarée ; il peut avoir dit une partie de la vérité, peut-être, et un peu de vérité étendue d\u2019une grande duse de mensonge, est ce qui constitue la terrible machination pour laquelle bien des hommes ont subi la punition de crimes qu'ils n\u2019avaient jamais commis.Asseyez-vous, Laure, asseyez-vous et cal- mez-vous.Laissez-moi parler à cet homme.\u2014Cet homme a un nom aussi bien qu\u2019un autre, observa M.Vernun avec insolence, et pendant que vous y êtes vous feriez aussi bien de vous en servir.Mon nom est Vernon, à votre service.Stephen Vernon, de Vert-Cottage, Lisford.\u201d T1 se jeta sur une chaise basse pres de la fenêtre tout en parlant, et étendit ses longues jambes, mais il n'était en aucune façon aussi à l\u2019aise qu'il l\u2019avait été avant l'arrivée d'Arthur, Lien qu\u2019il essayât de surmonter sa gêne dissimulée par une fanfaronnade exagérée.\u201c Pourquoi vous êtes-vous présenté ici avec cette histoire de lord Haughton ?demanda Arthur avec le ton froid d\u2019un homme d'affaires, si vous êtes un honnête homme ; et si vous désirez faire usage de vos renseignements en faveur de la société, pourquoi ne pas aller droit au premier magistrat et lui raconter ce que vous soupçonnez ?\u2014Oh ! Arthur, s'écria Laure, est-ce ainsi que vous me venez en aide ?\u201d Mais le jeune avocat ne prit pas garde à cette interruption.Il ne quitta pas des yeux la figure de Herr von Volterchoker.\u2018*\u201c Si vous êtes un honnête homme, portez vos doutes à l'endroit où ils doivent être portés, dit-il ; et ne venez pas ici en faire part.\u2014Mais supposons que je ne sois pas un honnête homme, lui répondit M.Vernon en se croisant les bras, et en regardant Arthur d\u2019un air de confiance hypocrite, supposons que je ne sois pas un honnête homme ; dans tous les cas, pas plus honnête que la généralité de mon espèce.Supposons que je désire faire tourner mes renseignements à un bon chiffre, à mon bénéfice particulier et nun à celui de la société en général.Si, ayant découvert ce secret, j'étais disposé à le vendre au meilleur acheteur ?Qu'en diriez- alors ?\u2014ÂAlors vous êtes un misérable, répondit Arthur, et nous devons agir avec vous comme avec un misérable.\u2014Très vraisemblablement.Mais il arrive parfois qu'un misérable ramasse un gros diamant, et la pierre précieuse vaut tout autant que si elle avait\u2019 été ru- massée par l'archevêque de Canterbury.\u2014Mais si le prétendu dinmant n\u2019était seulement qu'un petit morceau de verre, M.Vernon ?Si votre secret n\u2019était point un secret, mais juste une élaboration de votre joyeuse imagination ?Que faire alors ?\u2014Je puis prouver la moitié de ce que j'ai avancé dans moins d\u2019une seconde, répondit M.Vernon ; je \u201c21 puis prouver que Philippe Jocelyn était marié avant d'avoir épousé sa femme actuelle, car j'ai lo certificat de sun premier maringe dans ma poche.\u201d 11 tira son portefeuille de sa puche pendant qu'il parlait, choisit le certitiont dans un amas d'autres papiers, alla vers l'endroit où Arthur Lovel était arsis, et tint le document ouvert devant lui pendant qu\u2019il on tit la lecture.** Ce papier certitie le mariage de Philippe Jocelyn avec une nonunée Agathe Pickchove, dit Arthur très froidement ; mais comment saurai-je que le Philippe Jocelyn ici mentionné est Philippe Jucelyn, lord Haughton ?\" Ily eut un silence enbarrassant après cette question, Laure regardait ces deux hommes haletaute, prenant un intérêt terrible à chaque parole qui était pro- nuncée.\u201c\u201c Oh, quant à cela, exclama Herr von Volterchoker, il est assez facile de le prouver.\u2014C'est possible ; mais cela reste à prouver.Ou ne trouve pas les gens ainsi coupables de meurtre sur d'aussi faibles preuves ; et les preuves que vous avez coutre lord Haughton ne seraient pas suffisantes pour faire pendre un chien.\u201d M.Vernon mit le certificat dans sa poche.II se rassit sur son siége, et s'amusa i ronger ses angles avec fureur, comme un chien sauvage qui mâchonnerait un os volé.Il avait été facile d'etfrayer une femme aimante, prête à s\u2019alarmer au premier murmure de danger pour l\u2019homme aimé.Mais c\u2019était chose bien ditfé- rente d\u2019en imposer à ce jeune avocat qui se possédait si bien, et qui semblait jouir de toute la plénitude de ses moyens.\u201c\u2018 Peut-être aurais-je mieux fait d'essayer de faire usage de mes renseignements autre part,\u201d dit le clown bientôt après.Il était blôme d'une rage concentrée, et sa voix tremblait en parlant.\u201c* Je crois vraiment \u201cue vous auriez mieux fait, répliqua Arthur avec une politesse exquise.Votre renseignement n'a eu d'autre effet, ici, que d'accasionner dans l'esprit de lady Haughton une inquiétude sans fondement.\u2014Très-bien, monsieur le conseiller légal, répondit le clown avec une ironie sauvage ; je ne duute pas de trouver acheteur pour mon secret.J'ai dit à lady Haughton que je pussédais la preuve du crime de son mari.Elle saura que j'ai dit la vérité.quand il sera trop tard.\u201d .Il mit son chapeau et se dirigea vers la porte.* Arthur ! s'écris Laure avec véhémence, vous ne laisserez sûrement pas partir cet homme?\u2014Si son secret mérite qu\u2019on l'achète, je le luj payerai, dit Arthur tranquillement.Je ne crois pas qu'il en suit ainsi.Mais si je suis un peu prompt à en venir à cette conclusion, que M.Vernon passe à mon cabinet demain, à deux heures.Je serai prêt à entendre tout ce qu\u2019il pourra avoir à me dire, \u2014Je ne condescendrai pas à entrer dans aucune négociation avec vous, monsieur, répondit M.Vernon.Quand je discuterai de nouvenu ce sujet, ce sera avec lord Haughton lui même.\u201d Après quoi le clown s\u2019en alla en se dandinant, suivi par Arthur Lovel qui le conduisait à l'escalier, et le confia à un des valets de pied visifs qu\u2019on trouvait toujours près de l'uflice.Le jeune homme retourna alors auprès de Laure ; elle était debout près de ln fenêtre, très pâle, mais calme.Elle avait essuyé les larmes de ses yeux gonflés ; mais l'expression de son visage était plus pénible encore que lorsqu'il était bnigné par ses pleurs.\u2018* Arthur, dit-elle d\u2019un ton suppliant, puisque vous avez entendu ce que cet homme a dit, je ne puis demander protection qu'à vous.Je sais que cela n\u2019est pas vrai.cela ne peut pas être vrai ; mais je vous demande de protéger mon mari contre cet homme.Il peut y avoir quelque secret, quelque nuage dans la vie passée de mon Philippe, et, dans ce cas, je suis prête à supporter ma part du fardeau.Je l'aime, Arthur, je l'aime si tendrement, que, s\u2019il y a des souffrances à endurer, je les supporterais volontiers pour l'amour 122 de lui.Je les supportersis volontiers pour l'amour de lui.Je les supporterais cle grand cœur et avec joie ai, en agissant ainsi, je pouvais lui sauver une torture.\u201d Arthur Lovel se retourna vers la fenêtre, et regarda les taillis accidentés pendant que Laure disnit ceci : Ah \u2018 ciel ! combien vainement il avait aspiré à l\u2019amour de cette femme, et ce bonheur suprême lui avait été refusé, pour être si librement offert à Philippe Jocelyn, le bel étranger, une connaissance faite par hasard et datant de quelques semaines seulement.C\u2019était bien cruel, pensait le pauvre Arthur ; mais il avait promis d'être un ami fidèle pour la fille d'Henri Dunbar, et il était certain de tenir sa promesse sans ttéchir un instant.L'homme qui vient de quitter cette maison est un misérable et un escroc, Laure, dit Arthur peu après.J'ai examiné son visage tandis que je lui parlais.Il n'est pas en possession d'un secret de haute importance.J'ai vu faiblir Pesprit du liche sous le masque du matamore.11 n'y a rien à craindre de lui.Mais il peut y avoir une certaine vérité dans ce qu'il a dit.Le certificat de mariage qu\u2019il m'a montré peut faire connaître quelque mariage précédent de votre mari.\u2014Mais pourquoi Philippe me cacherait-il ce mariage ?\u2014Cette union peut ne pas avoir été très heureuse, ou contractée dans une condition si obscure que lord Haughton était trop orgueilleux pour la faire connaître.: \u2014Je ne puis croire cela, dit Laure tristement.Je ne puis croire que Philippe désavouerait sa femme.\u201d Arthur Lovel était silencieux, il se rappelait l\u2019époque qui avait précédé le mariage de lord Haughton, et comment pendant un temps considérable il avait reculé l\u2019aveu de son amour.Ceci ne prouvait il pas en quelque façon l\u2019assertion de M.Vernon que la premiere femme de Philippe Jocelyn ne mourut que bien peu de temps avant son mariage avec Laure Dunbar ?Mais Arthur était trop généreux pour révéler de semblables choses à la malheureuse femme, qui avait eu si vite besoin de consolation et d'appui.\u201c Ne vous laissez pas troubler par les calomnies de cet homme, dit-il ; ce sera à mui à examiner cette affaire tranquillement sans nuire aux intérêts de lord Haughton.En même temps je vous prie de chasser tout ceci de votre esprit.\u2014J'essayerai pour l'amour de mon mari.\u201411 est done tris-malade ?\u2014Oui, trés-malade.Il était déjà malade en quittant Paris, et il paraît bien plus mal encore ce matin.Je n\u2019'aurais jamais cru avoir une si triste arrivée à Jocs- lyn's-Rock.Je réclame votre appui, Arthur.Vous m'avez promis d'être mon ami, et j'ai bien besoin de votre amitié.ll faut que je vous dise adieu maintenant, car il faut que j'aille m'assurer si Philippe est un peu mieux.Voulez-vous roster à dîner avec nous, Arthur 7\u201d Le jeune homme refusa cette invitation.¢ Je vous serai plus utile ailleurs, Laure, dit-il.J'ai besuin de rétléchir avec calme sur cette affaire avant de décider comment je duis air dans votre intérêt.\u201d Il prit la main glucée de lady Hauxhton dans les siennes et la serra tendrement.Que Dieu ait pitié de vous, Laure, si des vœux dépourvus d'égoïsme pouvaient vous aider, les miens sont pour vous.\u201d T1 s\u2019en retourna à Shornclitle, et s\u2019enferma dans la petite pièce dont il avait fait son cabinet de travail.Il tit au crayon un mémorandum des particularités du certificat de mariage, et prit note du nom de la mariée, Agathe Pickchove, et celui de l'église où le mariage avait eu lieu.L'église était Ste-Marguerite, Westminster.** Mon premier soin est de découvrir si le Philippe Jocelyn mentionné dans ce document est Philippe Jocelyn lord Haughton, se dit le jeune homme ; puis ensuite il faudra que je me renseigne sur la moralité de I'accusateur de Philippe Jocelyn.\u201d LK MONDE ILLUSTRE 11 LA LETTRE DE MARGUERITE La vie paraissait bien vide à Clément Austin, quand il rovint à Londres un jour ou deux après que Marguerite Wilmot eut quitté le Grand Cerf.H raconta à sa mère que sa fiancée et lui s'étaient séparés ; mais il ne voulut pas en dire davantage.\u201cJ'ai été cruellement désillusionné, ma bonne mère, et tout cela est plein d\u2019amertume pour moi,\u201d dit-il.Mistress Austin ne se sentit pas le courage de faire d'autres questions.+ Je pense que je dois me trouver satisfuite, Clément, dit-elle.C\u2019est pour moi comme si nous avions vécu dans ces derniers temps dans une atmosphère d\u2019énigmes ; mais je puis encure trouver le moyen d'être contente, Clément, tant que je vous aurai avec moi.\u201d Clément retourna à Londres.La vie semblait pour ainsi dire s'être éluignée de lui, et il éprouvait ce qu\u2019éprouverait un vieillard qui aurait perdu les heureuses chances de la vie, l'espoir du bonheur domestique et d\u2019un nom honoré, et qui n\u2019a plus rien à faire qu'à attendre patiemment que le lent courant de son existence vide se jette dans cette mer sans fond qu\u2019on appelle la mort.\u2018 Je me sens si vieux, ma mère, disait-il parfois ; je me sens si vieux ! \u201d Pour un homme dont la vie a été très-occupée, il n\u2019y a pas d\u2019ennui plus insupportable que l'oisiveté.Clément Austin sentait cela, et pourtant il n'avait \u2018 pas assez de courage pour recommencer la vie, bien que des offres très-séduisantes lui eussent été faites par les maisons de commerce les plus considérables, dont les chefs étaient très désireux de s'emparer du caissier bien connu de MM.Dunbar, Dunbar et Bal- derby.Le pauvre Clément ne pouvait pas encore surmonter sa peine.Sa désillusion avait été trop cruelle, et il n\u2019avait pas eu le courage de se mêler au contact des rudes gens d\u2019affaires et de recommencer la vie.11 gaspillait les jours et les heures à réfléchir triste- tement sur le passé.Combien il avait été trompé, quel faible et malheureux fou il avait été, car il avait cru aussi fermement à la sincérité de Marguerité Wil- mot qu'il avait cru aux cieux bleus qui étaient au- dessus de lui.A la fin, une pensée nouvelle traversa l'esprit de Clément Austin, une pensée qui plaçait l\u2019honorabilité de Marguerite Wilmot sous un jour plus mauvais encore que celui où ell s'était révélée par son propre aveu.Il ne pouvait y avoir qu\u2019une raison dans le changement subit de ses sentiments pour Henri Dunbar.Le millionnaire avait aclieté son silence.Cette jeune fille qui semblait la véritable incarnation de la pureté et de la candeur, avait son prix, peut-être ausssi bien que d'autres gens, et Henri Dunbar s'était acquis le silence de la fille de sa victime.*\u2018 C'était la connaissance intime de ce fait qui la faisait me fuir pendant cette nuit et crier qu\u2019ele était une créature avilie, indigne d\u2019être unie au sort d\u2019un honnête homme.Oh | Marguerite, Marguerite ! La pauvreté duit en effet être une rude école si elle vous a rendue capable d\u2019une pareille dégradation !\u201d Plus Clément réfléchissait sur ce sujet, et plus il arrivait avec une certitude plus absolue à ce raisonnement que le silence de Marguerite Wilmot avait été ou acheté ou assuré par la frayeur par Henri Dunbar.Il se pouvait que le banquier efit effrayé la malheureuse enfant par quelque terrible menace qui pesait sur son esprit, et l\u2019eût arrachée à l\u2019homme qu'elle aimait, qu\u2019elle aime encore, peut-être malgré ses dures paroles ! Clément ne pouvait croire complétement à l\u2019avilissement de celle en qui il avait eu foi.Il allait et revenait sur le même terrain, essayant de découvrir cer- \u2014 taine circoustance cachée, inutile de dire à quel point elle était invraisemblable, mais qui aurait pu justifier la conduite do Marguerite.Parfois, \u2018dans ses rôves, il voyait un visage hien connu qui le regardait d'un air pensif et presque de reproches, puis une figure sombre qui lui était étrangère venait se placer entre lui et cette ombre gracieuse, et dissipait ls vision d\u2019une main impitoyable.À la tin, à force de revenir toujours sur le même sujet, et de plaider la cause de Marguerite contre la triste et cruelle évidence des faits, Clément commença à considérer l'innocence de la jeune fille comme une chose établie.Il y avait fausseté et perfidie dans cette aflaire, mais Marguerite Wilmot n\u2019était ni fausse ni perfidie.ll y avait un mystère, et Henri Dunbar était au fond de tout cela.\u2018Il semble que l\u2019esprit de la victime ait voulu troubler nos existences, et nous appeler pour le venger, pensait Clément.Il n\u2019y aura pas de repos pour nous jusqu\u2019à ce que le secret de l'acte commis dans le petit bois près de Winchester soit révélé au grand jour.\u201d Cette pensée, qui assiégeait jour et nuit le cerveau de Clément Austin fit naître en lui une idée fixe.Avant de reprendre la tranquille routine de la vie, il se donna lui même une tâche à accomplir, et cette tâche était la solution du mystère de \\Vinchester.Le lendemain même du jour où cette résolution avait pris une forme définie, Clément recevait une lettre de Marguerite Wilmot.La vue de cette écriture familière lui causa une sensation où se mélaient la surprise et l\u2019espérance, et ses mains éprouvèrent un léger tremblement alors qu\u2019il déchira l'enveloppe.Cette lettre était soigneusement et brièvement rédigée.* Vous êtes un brave cœur, monsieur Austin, écrivait Marguerite, et quoique vous ayez des raisons pour me mépriser, vous ne refuserez pas de recevoir mon témoignage en faveur de celui qui a été faussement soupçonné d\u2019un crime terrible, et qui a besoin de justification.Henri Dunbar n\u2019est pas le meurtrier de mon père.Le ciel m'est témoin, que ceci est la vérité, et je sais que c\u2019est la vérité.Que cette assurance vous suflise, et permettez que le secret de l'assassinat reste à jamais un mystère pour ce monde.Dieu sait la vérité, et il a sans doute puni le misérable pécheur qui s\u2019est rendu coupable de ce crime, comme il punit tous les autres pécheurs, tôt ou tard, dans le cours de son ineffable sagesse.Laissez le pécheur, n'importe où il se cache, au jugement de Dieu, qui pénètre tous les endroits cachés, et oubliez que vous m'avez connue moi et ma malheureuse histoire.*¢ MARGUERITE WILMOT Cette lettre même n\u2019ébranla pas la résolution de Clément.¢ Non, Marguerite, votre plaidoiric elle-même ne me détournera pas de mon projet, se disait-il- D'ailleurs, comment puurrais-je dire de quelle façon cette lettre peut avoir été écrite.Elle peut avoir été écrite sous la dictée d'Henri Dunbar, et sous la crainte de quelque menace.Quoi qu'il en soit, il faudra en finir avec le mystère du meurtre de Winchester, si la patience et l'intelligence peuvent résoudre une énigme.Aucun mystère ne me séparera de la femme que j'aime.\u201d Clément mit la lettre de Marguerite dans sa poche et alla droit à Scotland-Yard, où il obtint accès auprès d\u2019un homme à l\u2019aspect affairé, court et de grosse corpulence, ayant des cheveux épais et coupés en brosse, pas de col de chemise, un gilet usé en satin noir, un habit serré croisé sur la poitrine.C'était un homme dont l'extérieur avait à moitié l'aspect d'un capitaine en demi-solde râpé, mais distingué, et- à moitié celui d'un agent de change malheureux ; mais le vif éclat de ses yeux gris plut à Clément, ainsi que l'expression résolue de ses lèvres minces ot de son menton proéminemt.Le service de l'agent de police avait été assez insignifiant jusque-là.Il n'y avait rien de marquant qu\u2019un cas de faux billets de la banque d'Angleterre ; LE MONDE ILLUSTRE 123 =\u2014 et M.Carter informa Clément qu'il y avait plus de chats dans Scotland-Yard qu\u2019il n\u2019y avait de souris à tuer.Dans ces circonstances, M.Carter pouvait entrer dans les vues de Clément, et se consacrer pendant quelque temps aux recherches les plus minutieuses sur l'affaire de Winchester.\u2018* Je vais regarder sur une série de journaux et parcourir des yeux les détails du meurtre, dit l\u2019agent.J'étais à Glasgow, tout l'été dernier, à la recherche des particuliers qui s'étaient livrés à un grand vol de plaids écossais, et je ne sauruis dire que j'ai grande souvenance de ce qui s'est passé dana l'affaire Wilmote M.Dunbar lui-même offrait une récompense si on prenait les coupables, n\u2019est-ce pas ?\u2014Oui ; mais ceci est peut-être pour donner le change.\u2014Oh ! certainement, cela se peut ; mais, d\u2019un autre côté, cela peut ne pas être.Il faut toujours considérer ces sortes de choses à tous les points de vue.Frappé de la conviction de la culpabilité de cet homme, vous découvrirez des preuves à l'appui de cette conviction.Mon plan est de commencer par le commencement, d'apprendre l'alphahet de la chose, et sortir peu à peu dans la syntaxe et la prosodie.\u2014Je voudrais pouvoir vous aider dans cette affaire, dit Clément Austin, car j'ai un intérêt extrême à l\u2019issue de cette aventure.\u2019 \u2014Je crois que vous gêneriez plutôt que vous ne serviriez dans tout ceci, répondit M.Carter en souriant ; mais vous aurez le droit de mettre la main à la pâte, si cela vous fait plaisir, aussi longtemps que vous vous engagerez à être muet quand je vous le recommanderai.\u201d Clément promit d'être la discrétion même.L'agent lui rendit visite deux jours après l'entrevue dans Scotland- Yard.** J'ai entièrement étudié l'affaire Wilmot, monsieur, dit M.Carter ; et je crois que ce que je puis faire de mieux d'abord, c'est d'aller voir le lieu du meurtre.Je partirai pour Winchester demain matin.\u2014 Alors j'irai avec vous, dit Clément vivement.\u2014A votre aise, M.Austin.Vous ferez bien aussi d\u2019emporter votre livre de chéques, pendant que vous y êtes, car ce genre d\u2019affaire est susceptible de devenir très coûteux.LIII NOTES PRISES DANS LE JOURNAL TENU FAR CLÉMENT AUSTIN PENDANT SON VOYAGE A WINCHESTER Si j'avais été un homme heureux, n'ayant pas une grande inquiétude dans l\u2019esprit, je crois que j'aurais pu m\u2019amuser beaucoup dans la société de M.Carters I'agent de police.Cet homme avait un amour enthousiaste pour sa profession, et s\u2019il peut y avoir quelque chose de dégradant dans cet oflice, cela ne l\u2019affectait en aucune façon.Il se peut que la connaissance qu'avaig M.Carter de son utilité fût suffisante pour mettre son amour-propre à l'abri.Si, en remplissant son devoir, il avait à faire des choses désagréables ; s\u2019il avait à affecter des relations d'amitié avec l'homme qu'il poussait à la potence ; s\u2019il avait pour mission d\u2019extirper:du hasard les fils de criminels secrets dans la confiance insouciante qui s\u2019échappe d'un verre ami ; si de temps à autre il avait [à se soumettre à des actes qui, pour d\u2019autres hommes sersient une flétrissure honteuse et infâme, il savait qu'il faisait son devoir et qu\u2019il n\u2019y aurait point de sûreté pour la société, si des hommes comme lui.clairvoyants, braves, résolus et sans scrupule dans I'accomplissement de cette besogne désobligeante, n\u2019étaient disposés a agir comme des chiens de garde pour la protection du genre humain en général, et la terreur des bêtes sauvages échappées.M.Carter m'en raconta fort long sur ses antécédents durant notre voyage à Winchester.Je l'écoutais et je comprenais ce qu'il me disait ; mais je ne pouvais prendre aucun intérôt à sa conversation.Je ne pouvais me rappeler ni penser à aucune chose qu\u2019au mystère qui me séparait de la femme que j'aime.Plus je pensais à cela, plus ma conviction s\u2019augmentait de l'idée que je n'avais pas été dupe d'une femme intéressée ou sans cœur.Non, Marguerite n'avait pas agi librement.Elle avait payé la faute de su détermination de s'introduire par force chez Ilenri Dunbar.Par quelques moyens inexplicables, par quelque chef-d'œuvre de hassesse et d'adresse, cet homme avait amend la fille de sa victime à re fairo lo champion de son innocence au lieu de la dénonciatrice de son crime.Il faut qu'il y ait eu une confusion désespérante, quelque cruelle difticulté, comme raison, pour pousser Marguerite à fausser sa nature, et à sacrifier son hon- heur et le mien.Lorsqu'elle me quitta ce jour-là à Shorncliffe, elle souffrait aussi cruellement que je pouvais souffrir ; je sais maintenant qu\u2019il en était ainsi.Mais j'étais aveuglé alors par l'orgueil et la colère ; je n\u2019avais conscience de rien que de mes propres maux.Trois fois dans le courant de mon voyage de Londres à Winchester j'ai tiré de mon portefeuille l\u2019étrange lettre de Marguerite, et j'ai lu ces lignes familières, avec la pensée de me confier entièrement à mon compagnon, et de remettre cette lettre entre ses mains.Mais pour cela il faudrait lui raconter l\u2019histoire de mon amour et de mon désenchantement ; et je ne puis me résoudre à le faire.Il se peut que cet homme découvre des idées cachées dans les parules de Marguerite.des idées qui sont tout à fait obscures pour moi.Je crois que l\u2019art de la découverte renferme en lui la puissance de deviner les pensées qui se cachent sous des expressions qui sont assez simples en elles-mêmes.Nous entrâmes dans Winchester vers midi, et M.Carter proposa de nous rendre tout directement à l\u2019hôtel Geurges, vi Henri Dunbar était resté après le meurtre dans le petit bois.** Nous ne pouvons mieux faire que de nous fixer à l'hôtel où les gens soupçonnés se sont arrêtés au mu- ment de l'évènement pour lequel nous faisons des recherches, me dit M.Carter, quand nous nous éloignions de la station après avoir remis notre mince bagage aux soins d\u2019un porteur ; nous allons ramasser tous les genres de renseignements d'une façon engageante, si nous restons dans la maison, de ces niaiseries qui ne vous paraitront rien du tout, jusqu\u2019à ce qu\u2019elles scient réunies et que vous commenciez au commencement, et que vous les lisiez couramment et de la bonne façon.Maintenant, M.Austin, je dois vous dire quelques mots avant d'entendre l'affaire, car vous êtes un amateur dans ce genre d'exercice, et il se peut trés bien faire qu'avec les meilleures intentions, vous alliez de l'avant et gâtiez mon jeu.J'ai entrepris cette affaire, et je désire consciencieusement la mener à bien ; dans ces circonstances je suis obligé d\u2019être sincère.Consentez-vous à n\u2019agir que d\u2019après mes ordres \" Je dis à M.Carter que je consentais parfaitement à obéir à ses ordres en toutes choses, aussi longtemps que ce que je ferais aiderait au but de notre voyage.*¢ C'est poli et charmant, révondit-il, donc à présent à l\u2019œuvre.D'abord et en premier, vous et moi, nous sommes deux gentilshommes «jui avons tant de temps à dépenser que nous n\u2019en savons que faire, et plus d\u2019argent que nous ne savons en dépenser.On nous & un peu parlé de la pêche dans les environs de Winchester ; et nous y sommes venus pour y passer une semaine d'oisiveté, ou quelque chose dans ce genre-là ; nous irons voir les environs, et si ils nous plaisent.eh bien, nous arriverons pour passer les mois d'été à l'hôtel Georyes, où nous trouverons le confortable en général, et pourrons dire que les soles frites, ou la soupe à la tortue y était meilleures que dans tous les hôtels des trois royaumes.Ceci est le numéro un ; et cela nous met sur le pied de bonne pratiques qui probablement deviendront meilleures encore.Ceci rendra polis l'aubergiste et les garçons, et il n'y a rien qu'ils ne sachent, qu'ils ne consentent alors à dire de bonne volonté.Voilà pour le premier point.Maintenant le point numéro deux est que nous ne savons absolument rien de l\u2019homme qui a été assassiné.Nous connaissons M.Dunbar parce que c\u2019est un homme connu, un grand personnage et plusieurs choses de cette nature.Nous avons Ju quelques rapports relatifs à ce meurtre days les journaux, miaig nous n'y avons pas donné grande attention.Il se pout alors que culs délie lu langue de l'aubersiate et des garçons, et nous saurons toute l'histoire de l'ussussi- lat, avec tout ve qui a été dit et fait, pensé et soupçonné, toutes les suppositions qui out écé mises en avant, et toutes les rumeurs qui ont couru.Quand I'nubergiste et les garcons nous en aurons raconté une bonne partie, nous comumencerons à nous animer, et à nous intéresser beaucoup à cette affaire ; et alors, petit à petit, je poserai mes questions, et je continuerai à les poser jusqu'it ce que chaque bout de renseignement sur ce sujet suit onlevé aussi proprement que la viande d\u2019un os par un chien allumé.J'espère à présent qu\u2019il vous sera agréable de m'aider dans cette opération, M.Austin ; et si vous le vouliez, je crois que jo trouverais un plan dans lequel vous pourriez vous rendre très utile.\u201d Je dis à mon comqagnon que j'étais très désireux de le servir en tout ce qui serait en mon pouvoir, si insignifiant que puisse être l\u2019appui qu\u2019il me demandât.** Alors je vais vous dire ce que vous pouvez faire.Je ne vais pas aborder le sujet sur lequel je veux les faire causer, tout d\u2019abord, parce qu'\u2019ainsi je trahirais l'intérêt que je prends à cette affaire et gâterais mon jeu ; non pas que quelqu\u2019un tenterait de me contrecarrer, vous comprenez si l'on savait que je suis l\u2019agent de police Henri Carter, de Scotland Yard.Ils seraient tous sur le qui-vive immédiatement après qu\u2019ils auraient découvert qui je suis, et onsuite ils tenteraient tous de me servir ; et tous me raconteraient ceci, et Dick voudrait m'expliquer cela, et Harry se souviendrait de l'autre, et ils arrivaient tous à troubler la tête la plus lucide qui ait jamais résolu un problème d'instance criminelle.Mon jeu est de rester dans l'ombre, et de me procurer toutes les lumières des autres.Je ne ie livrai à aucune question importante, mais j'attendrai tranquillement que le meurtre de Joseph Wilmot surgisse dans la conversation ; et je ne crois que j'aurai longtemps à attendre.Votre besugne est assez facile.Vous aurez des lettres à écrire, vous entendez, et aussitôt que vous m'\u2019entendrez soit avec l'auberyiste.soit avec les garçons, cumme cela peut être, causer du meurtre, vous sortirez de votre poche ce qu\u2019il vous faut pour écrire et vous vous mettrez à l'œuvre.\u2014 Vous avez besoin de prendre des notes sur la conversation ?lui dis-je.\u2014 Vous l'avez deviné.Vous ne paraîtrez prendre aucun intérêt à la conversation sur Henri Dunbar et l'assassinat de sou domestique.Vous semblerez plongé dans vos lettres, qui doivent être prêtes avant l'heure du courrier ; mais vous contribuerez à recueillir chaque mot dit par les gens de l'hôtel (eorgyes et ayant trait à l'affhire que nous poursuivons.Ne prenez pas garde à mes questiuns ; ne les écrivez pas, car elles seront inutiles.Ecrivez les réponses aussi clairement que vous pourrez.Elles s\u2019amasseront toutes à tous évènements ; mais qu'importe.Ce sera mon affaire de les mettre au net et de les réunir ensuite.Vous devez être muet et prendre des notes, monsieur Austin ; c\u2019est tout ce que vous avez à faire.\u2014Je vous promets de faire de mon mieux.\u201d Nous approchions de l'hôtel (feorges, et je ne pouvais m'empêcher de songer à cette belle journée d\u2019été, par laquelle Houri Dunbar et sa victime étaient venus à Winchester comme première étape d\u2019un voyage que l\u2019un d'eux ne devait jamais finir.La conviction de la culpabilité du banquier était devenue si puissante en moi depuis la scène dans Saint-Botolph- Lane, que je pensais alors à cet homme comme s\u2019il avait été jugé et trouvé criminel.Je fus surpris quand l\u2019agent me parla de son crime comme d'une chose faisant question, et encore à prouver.Dans mon esprit Henri Dunbar était condamné par la preuve de sa conduite comme meurtrier de son vieux domestique, Joseph Wilmot.Le temps était froid, il faisait du vent, et il y avait peu de promeneurs dans les grandes rues montueuses de Winchester.Nous fâmes reçus avec beaucoup d'égards à l'hôtel Georges, et conduits dans un petit salon très confortable du premier étage, dont les fenêtres 124 donnaient sur In rue.Deux chambres à coucher prèr du salon nous fâmes assignées, Je cunnuandai le diner pour six heures, m'étant assuré que cette heure convenait à M.Carter, qui retirsit doucement toutes les couvertures de voyage qui l'enveloppaient, et re- uardait délibérément chaque objet qui était dang lu chambre, comme s\u2019il pensait qu\u2019il pouvait y avoir quelque fragment de renseignement à recueillir d\u2019une persienne ou d\u2019un seau à charbon, ou quelques mystères cachés dans les tiroirs du buffet.Je crois que l'habitude de l'observation était si puissante chez cet homme, qu'il épiait involontairement les choses les plus insignifiantes.C'était un jour triste et désagréable, et j'étais bien aise d'avancer ma chaise près du feu, e* je m'y établis commodément pendant que le garçon alla chercher une bouteille de suda et pour six pence d\u2019eau-de-vie pour mon compagnon, qui se promenait dans la chambre les mains daus ses poches et ses sourcils gris froncés.La récompense offerte par le gouvernement pour l'arrestation de l'assassin de Joseph Wilmot était la mise à prix ordinaire de la tête d\u2019un meurtrier.Le gouvernement avait offert de payer cent livres à la personne ou aux personnes qui pourraient donner quelque renseignement qui permettrait de s'emparer du coupable ou des coupables de ce crime.J'avais promis à M.Carter de lui donner, en outre, cent livres de ma poche s'il réussissait à résoudre le mystère de la mort de Joseph Wilmot.La récompense en jeu était par conséquent de deux cents livres, et c'était un enjeu assez joli et assez élevé, me dit M, Carter, pendant que cette affaire allait son train.Je lui avais donné l'engagement écrit d'avoir à lui payer cent livres le jour même de l'arrestation du meurtrier, et j'étais très à même de remplir cet engagement, sans crainte de réclamer un service de ma mère, car j'avais économisé environ mille livres pendant mes douze années de service dans la maison Dunbar, Dunbar et Balderhy.Je vis à; l'aspect de M.Carter qu'il réfléchissait et très sérieusement.Il but sa bouteille de soda et d'eau-de-vie, et ne dit pas un mot au garçon qui lui apporta ce mélange ; mais quand cet homme fut sorti, il vint se planter devant moi sur le tapis du foyer.** Je vais vous parler très sérieusement \u2018, me dit.Me l\u2019assurai que j'étais prêt à entendre tout ce qu\u2019il pourrait avoir à dire.\u2018* Quand vous vous servez d'un agent de police, n'employez jamais un homme en qui vous ne pourriez avoir entière confiance.Si vous n'avez pas foi en lui, n'ayez rien à démêler avec lui, car on ne doit pas lui confier les plus chers secrets de la famille, qui furent toujours regardés comme sacrés par un lonnéte homme, parce que c\u2019est un misérable et que vous feriez mieux «le marcher sans son aide.Mais, quand vous avez mis la main sur un homme qui vous a été recommandé par des gens qui le connaissent bien, tiez-vous à lui et sans crainte.Ne lui racontez pas une partie de vutre histoire, en lui cachant l'autre ; parce que, voyez-vous, le travail fait au crépuscule ne vaut guère mieux que celui fait dans l'obscurité.Maintenant, pourquoi vous dis-je ceci, M.Austin ?Vous le savez aussi bien que moi : je le dis parce que je sais que vous n'avez pas confiance en moi.\u2014Je vous ai dit tout ce qu'il était absolument nécessaire que vous sachiez, lui répondis-je.\u2014Pas le moins du monde, monsieur.Il est absolument nécessaire pour moi de tout savoir, si vous désirez que je réussisse dans l\u2019œuvre que j'ai entreprise.Vous craignez de me donner votre entière confiance, sans réserve.Que Dieu ait pitié de vous, monsieur ; dans ma profession, un homme apprend à fuire usage de ses yeux, et, quand une fois il à appris la manière de s\u2019en servir, il ne lui est plus facile de les fermer.Jo sais nussi bien que vous que vous me cachez quelquo chose ; vous me cachez quelque chose, bion que vous soyez à moitié résolu de vous fier à moi.Pendant que nous étions assis en face l\u2019un de l\u2019autre dans le wagon de chemin de fer, vous avez tiré trois fois une lettre de votre poche, et, de temps en temps, LE MONDE ILLUSTRE «(quand vous lisiez, vous me regardiez avec hésitation at votre regard semblait complètement indécis.Vous pensiez que pendant tout le temps je regardais par la fenêtre, très intéréssé par ls vue des champs de blé que nous traversions alors ; mais, M.Austin, si je n'étais pus capable de regarder par la fenêtre et de vous observer en même temps, je ne vaudrais pas un grain de sel ni pour vous ni pour les autres.J'ai vu assoz clairement que vous aviez envie de me montrer cette lettre, et il n'était pas bien ditticile de deviner que catte lettre avait quelque rapport avec l'affaire qui nous » amenés à Winchester.\u201d M.Carter s'arrêta et s'établit confortablement dans le coin de la cheminée.Je n'étais pas surpris qu'il eût deviné mes pensées dans le chemin de fer.Je réfié- chis sérieusement sur ce sujet.Il avait raison, en somme, sans aucun doute, mais comment pouvais-je raconter à un agent de police mes plus chers secrets.la triste histoire de mon unique amour ! ** Ayez confiance en moi, M.Austin, me dit mon compagnon ; si vous avez besuin que je vous serve, ayez entière confiance.Cette même chose que vous me cachez peut être la clef que j'aurais le plus besoin de tenir.\u2014Je ne crois pas cela, lui dis-je.Cependant, j'ai toutes raisons de vous crcire un homme consciencieux et honnête, et je me fierai à vous.Je cruis que vous devez vous demander pourquoi je m'intéresse autant à cette affaire ?\u2014Eh bien ! pour dire la vérité vraie, monsieur, il paraît assez extraordinaire de voir un homme indépendant comme vous prendre tant de peines pour découvrir le vrai et le faux d\u2019un meurtre commis il y a près d'un an, à moins que vous ne soyez un parent de l\u2019homme tué ; et même si cela était, vous seriez bien différent de l'espèce des parents ordinaires, car ordinairement ils prennent cela d\u2019une façon plus paisible que toute autre personne,\u201d répondit M.Carter.Je racontai à l\u2019agent que jamais de ma vie je n'avais vu l\u2019homme assassiné, et n'avais jamais entendu prononcer son nom avant le meurtre.\u201c\u201c Alors, monsieur, je puis dire que je ne comprends pas le motif qui vous fait agir, dit M.Carter.\u2014Eh bien ! M.Carter, je crois que vous êtes un brave homme, et je veux me fier à vous, lui dis-je.Mais, pour cela, il faut que je vous raconte une longue histoire, et, ce (qui est pire encore, une histoire d\u2019amour.\u201d Je sentis que je rougissais un peu en disant ceci, et je fus tout honteux de cette fausse pudeur qui amenait cet incarnat sur mes joues.M.Carter s'aperçut de mon embarras et fut assez aimable pour m\u2019excuser.\u2018* Ne soyez pas effrayé de me raconter cette histoire parce qu'elle est sentimentale, dit-il ; que le ciel ait pitié de vous ; j'en ai joliment entendu des histoires d'amour, Tl n\u2019y à pas beaucoup d'affaires qui s'offrent à nous qui, si nous les sondions, ne nous feraient décuuvrir un cotillon au fond.Vous vous rappelez l'Oriental qui demandait toujonrs : ** Qui estelle ?\u201d quand il entendait parler d'un combat ou d'un feu, ou d\u2019un taureau furieux qu\u2019on avait laissé s\u2019échapper, ou de toute autre légère calumité de ce genre ; parce que d'après ces aperçus, il y avait toujours une femme au fond de toutes mauvaises choses qui arrivaient sur cette terre.Eh bien ! monsieur, si ce potentat oriental avait vécu de nos jours et avait été élevé dans la carrière de la police, que Dieu me damne s\u2019il aurait eu besoin de changer d\u2019opinion.Ne soyez donc pas honteux de me faire le récit d\u2019une histoire d\u2019amour, monsieur.J'ai été amoureux moi-même autrefvis, bien que j'aie l\u2019air d\u2019un vieux copeau sec, et j'ai épousé la femme que j'aimais : c'était une petite paysanne, aussi fraîche et aussi innocente que les marguerites de l'enclos de son père ; et, jusqu\u2019à ce soir, elle ne sait pas encore ce qui est réellement mon travail.Elle croit que je suis quelque chose dans la Cité, cher petit cœur.\u201d (A suivre) Primes à nos abonnés Les anciens ou nouveaux abonnés qui nous enverront la somme de &3.00 pour un an d'abonnement commençant dans le mois d'août 1900, auront droit à une des primes suivantes, que nous leur feruns parvenir à nos frais, Ces primes sont réellement magnifiques et valent seules une bonne partie du prix d'abonnement.Nous faisons ces sacrifices atin de conserver et d'augmenter le nombre de nos abonnés directs.Lisez attentivement et choisissez sans retard : 1.\u2014CYRANO DE BERGERAC, comédie héroïque en cin; actes, en vers, par Edmond Rostand.L vol.de 256 pages.2.\u2014LES BOSTONNAIS, par John Lespérance (roman historique illustré).3.\u2014 FEMME OU SABRE, (Zhe trail of the sword) par Gilbert Parker.Traduit de l'anglais par N.Levas- sur, illustré.1 vol.de 281 pages.4.\u2014LES FEMMES REVEES, (poésies), par Albert Ferland.5.\u2014LES MONOGRAPHIES DE PLANTES CANADIENNES, suivies de croquis champêtres et d'un calendrier de la flore de la province de Québec, par E.-#.Massicotte ; 1 vol.gr.in 8 illustré.6.\u2014GUSTAVE OU UN HEROS CANADIEN, par A.Thomas.7.\u2014LES FLEURS DE LA POESIE CANADIENNE, deuxième édition, augmentée et précédée d'une préface par M.l'abbé A.Nantel.1 vol.de 255 pages.8.\u2014PETIT DICTIONNAIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE, suivant l\u2019orthographe de l\u2019Académie, contenant tous les mots qui se trouvent dans son dictionnaire, aves la prononciation lorsqu'elle est irrégu- liere, par Hocquart.Nouvelle édition, revue avec soin, considérablement augmentée et rendue conforme à la dernière édition du Dictionnaire de l\u2019Académie, par Jus.M.Valois.1 vol.cartonné de G36 pages.9.\u2014L'AIMABLE COMPAGNON nouveau recueil de bons mots, de fines saillies, de reparties spirituelles, d\u2019historiettes amusantes, etc.1! vol, gr.in 8 de 324 pp.10,\u2014NAPOLEON.Le général.Le consul.L'empereur.La campagne de France.La chute.L'Ile d'Elbe.Cent jours.Sainte-Hélène.Très beau volume, grand format, orné de 40 belles gravures.Couverture de luxe.11.\u2014ALMANACH HACHETTE DE 1900.Petite encyclopédie populaire de la vie pratique.Nous avons pu, grâce à nos échanges d'Europe, nous procurer un nombre limité de ce célèbre almanach qui est très volumineux, bien illustré, et qui mérite d'être conservé à raison des renseignements précieux qu\u2019il renferme, Cette édition est complètement épuisée en France.12.\u2014PETIT PARUISSIEN ROMAIN.Nouvelle édition.Gravure en taille douce.1 vol.de 359 pages avec encadrement rouge.Papier fin.Petits caractères.Couverture flexible en maruquin chagriné.Tranches dorées.13.\u2014PETIT PAROISSIEN DE LA JEUNESSE, contenant les tableaux de la messe et du chemin de la croix en riches gravures en plusieurs couleurs.Augmenté de prières et de cantiques.1 vol.de 96 pages.Couverture en maroquin chagriné.Tranches dorées.14.\u2014UN CHAPELET en perles mordorées à facettes, croix et cœur en métal blanc, plein, chaîne triangulaire, avec un étui télescope à soufflet, en cuir maroquiné.Les abonnés n'ont droit qu\u2019à une prime par abonnement."]
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