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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
Histoire d'un homme du peuple
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1901-12-28, Collections de BAnQ.

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[" mr.rb clin} AM ai Le HISTOIRE D'UN HOMME DU PEUPLE var ERCKMANN-CHATREAN Lorsque mon père, Nicolas Clavel, bücheron à Saint-Jean-des- Choux, sur la côte de Saverne, mourut au mois de juin (537, j'avais neuf ans.Notre voisine, la veuve Rochard, me prit chez elle quinze jours où trois semaines, et personne ne savait ce que j'allais devenir.La mère Rochard ne pouvait pas me garder: elle disait que nos meubles, notre lit et le reste ne payeraient pas les cierges de l'enterrement, et que mon père aurait bien fait de m'emmener avec lui.En entendant cela, j'étais effrayé ; je pensais : * Mon Dieu ! qui est-ce qui voudra me prendre >\" Durant ces trois semaines, nous cherchions des mivrtilles et des fraises au bois, pour les vendre en ville, et je pouvais bien en ramasser ing où six chopines par jour ; mais la saison des myrtilles passe vite, js saison des faines arrive bien plus tard, en automne, et je n'avais pas encore la force de porter des fagots.Souvent l'idée me venait que j'aurais été bien heureux de mourir.A la fin de ces trois semaines, un matin que nous étions sur notre norte, la mère Rochard me dit : \u201cTiens, Voilà ton cousin Guerlot, le marchand de poisson ; qu'est- qu'il vient done faire dans ce pays?\u201d Et je vis un gros homme trapu, la figure grasse et grélée, le nez rond, un grand chapeau plat sur les veux et des guêtres à ss jambes courtes, qui venait.\u2018Bonjour, monsieur Guerlot \u201d lui dit lu mère Rochard.Mais il passa sans répondre, et poussa la porte de Li maison de mon père, en criant : © Personne?\u2019 Ensuite il ouvrit les volets, et presqu'aussitôt une grandeStemme jotsse en habit des dimanches, le nez long et la figure rouge, entra derrière lui dans la maison.La mère Rochard me dit : \u201cC'est ta cousine Hoquart, elle vend aussi du poisson : s'ils trouvent quelque chose à pêcher chez vous, ils seront malins.\u201d Et de minute en minute d'autres arrivaient : M.le juge de paix Dolomieu, de Saverne ; son secrétaire, M.Latouche.des cousins et des tantes, tous bien habillés, et seulement à la fin notre maire, M.Binder, avee son grand tricorne et son gilet rouge.Rochard lui demanda : * Qu'est-ce que tous ces gens-là viennent done fairs chez Nicolas Clavel, monsieur le maire ?\u2014C'est pour l'enfant,\u2019 dit-il en s'arrétant, et me regardant d'un \u201cir triste.Comme 11 passait la mère Et voyant que j'étais honteux à cause de ma pauvre veste déchirée, de mon vieux pantalon, de mes pieds nus, il dit encore : \u2018 Pauvre enfant ! \" Ensuite il entra.Quelques instant apres, la mère Rochard me fit cutrer aussi, pour voir ce qui se passait.et j'allaui me mettre sous la cheminée près de l'âtre.Tous ces gens étaient assis autour de notre vicille table, sur les bancs, se disputant entre eux, reprochant à mon père et à ma mère de s'être mariés, de n'avoir rien amassé, d\u2019avoir été des fainéants, et d'autres choses pareilles que je savais bien, être fausses, puisque mon pauvre père était mort à la peine.Tantôt l\u2019un, tantôt l'autre se mettait À crier ; personne ne voulait me prendre, M, le juge de paix, un homme grave, le front haut, les écoutait; et de tempsen temps, quand ils criaient trop, il les reprenait en leur disant: \u2014 que je n'étais pas cause de ce malheur\u2026 ; que les reproches contre mon père et ma mère tie servaient à rien\u2026: qu'on devait tout pardonner aux malheu- feux, quand même ils auraient eu des torts\u2026: qu'il fallait surtout songer aux enfants, etc.; \u2014 mais la fureur chaque fois devenait plus #rande.Moi, sous la cheminée, je ne disais rien, j'étais comme un Mort.Aucun de ceux qui criaient ne me regardait.LE MONDE ILLUSTRE 1 \u201c11 faut pourtant s'entendre, dit à la fin M.le juge de paix.Voyons.Cet enfant ne peut pas rester à la charge de la commune\u2026 Vous êtes tous de gens riches.aisés.Ce serait une honte pour la famille, Monsieur Guerlot, parlez.\u201d Alors le gros marchand de poisson se leva furieux, et dit : * Je nourris mes enfants, c'est bien assez \u2014Ft moi je dis fa même chose, cria la grande femme rousse.Je nourris mes enfants; les autres ne me regardent pas.\u201d Et tous se levaient, en criant que c'était une abomination de leur faire perdre une journée pour des choses qui ne les regardaient pas.Le juge de paix était tout pâle.II dit encore.* Cet enfant vous regarde pourtant plus que lacommunez; je pense: c'est votre sang ! S'il était riche, vous seriez ses héritiers, et Je crois que vous ne l'oublieriez pas.\u2014Riche, lui ! criait le marchand de poisson, ha ! ha! ha!\u201d Moi, voyant cela, j'avais fini par sangloter: et, comme le juge de paix se levait, je sortis en fondant en larmes.J'allai m'asseoir dehors sur le petit bane, à la porte.Les cousins et les cousines sortaient aussi d'un air de ne pas me voir.Mon cousin Guerlot soufflait dans ses joues, en s'allonsgeant les bretelles sous sa capote avec les pouces, et disait : \u201811 fait chaud.une belle journée ! He! commère Hoquart ?\u2014Quoi ?\u2014On pêche l'étang de Zeller après-demain: est-ce que nous serons de moitié >\" Is s'en allaient tous à la file, le juge de paix, le greffier, le maire, les cousins, les cousines, et la mère Rochard disait : \u201cTe voilà bien maintenant Personne ne te veut! Je ne pouvais plus reprendre haleine, à force de pleurer, Et pendant que j'étais là, La figure toute mouillée, j'entendais les parents s'en aller, et quelqu'un venir par en haut, en descendant la ruelle des Vergers au milieu du grand bourdonnement des arbres et de la chaleur.\u201cHé ! bonjour, mère Balais, s'écria la mère Rochard.Vous venez done tous les ans acheter nos cerises.-\u2014Hé ! dit cette personne, munis ouf.Je ne fais pas les cerises, j'en vends : il faut que je les achète pour les vendre.\u2014Sans doute.Et sur les arbres on les cucille plus fraiches Je ne regardais pas, j'étiis dans la désolation.Comme cette personne s'était arrêtée : je l'entendis demander : \u2018Pourquoi donc est-ce que cet enfant pleure ?Ët tout de suite la mère Rochard se mit à lui raconter que mon père était mort, que nous n'avions rien, que les parents ne voulaient pas de moi et que j'allais rester à la charge de la commune.Alors je sentis la main de cette personne mie passer dans les cheveux, lentement, pendant qu'elle me disait comme attendrie : * Allons ! regarde un peu\u2026 que je te voie.\u201d Je levai la tête.C'était une grande femme maigre, déjà vicille, le nez assez gros, avec une grande bouche et des dents encore blanches.Elle avait de grandes boucles d'oreilles en anneaux, Un mouchoir de soie jaune autour de la tête, et un panier de cerises sous le bras.Elle me regardait, en me passant toujours sa longue main dans les cheveux, et disait : \u201cComment, ils ne veulent pas de lui ?Mais c'est un brun superbe.Is ne veulent pas de lui ?\u2014Non, répondait ln mère Rochard.\u2014Îls sont donc fous ?\u2014 Non, mais ils ne veulent pas de cette charge.\u2014Une charge ?.un garçon pareil ! Tu nas rien?Tu n'es pas Tu n'es pas boiteux ?\" Elle me tournait et me retournait, et s'écriait comme étonnée : \u201cIl n'a rien du tout 1\" Ensuite, elle me disait : + Est-ce que tu as besoin de pleurer, nigaud ?Oh ! les gueux\u2026 ils ne veulent pas d'un enfant pareil ?Notre maire, qui revenait après avoir conduit M.le juge au bas du village, dit aussi : ** Bonjour, Mme Balais Et elle, se tournant, s'écria : Est-ce que c'est vrai qu'on ne veut pas de ce garçon ?\u2014Mon Dieu ! oui, c'est vrai, répondit le maire il reste à la charge de la commune.\u2014Fh bien ! moi, je le prends.\u2014Vous le prenez ?dit le maire, en ouvrant de grands yeux.hossu ?\u2026. 9 LE MONDE ILLUSTRE \u2014Oui, je le prends à mon compte, si ln commune veut, bien entendu.\u2014Oh ! la commune ne demande pas mieux in entendant cela, la vie me revenait.Je glorifiais en quelque sorte le Seigneur, pendant que cette dame m'essuyait Ja figure et me demandait : \u2018Tu as mangé ?La mère Rochard répondit que nous avions mangé notre soupe aux pommes de terre le matin.Alors elle sortit de sa poche un morceau de pain blane qu'elle me donna, et dit : \u2018* Prends aussi des cerises dans mon panier, ct allons-nous-en.\u2014 Attendez que je lui donne son paquet, s'écria la mère Rochard, en courant chercher dans un mouchoir mes souliers et mes habits des dimanches.\u2014 Voilà ! Je n'ai plus rien à toi, dit-clle en me donnant le paquet.\u2019 Et nous partimes.\u201c Ah ! l'on ne voulait pas de toi ! disait la diume : faut-il qu'on trouve des gens bêtes dans le monde ?Ça fait suer.parole d'honneur ça fait suer.Comment t'appelles-tu.\u2014Je m'appelle Jean-Pierre Clavel, madame.\u2014Eh bien ! Jean-Pierre, je te garde, et bien contente encore de t'avoir.Prends-moi la main \" Elle était très-grande.et je marchais près d'elle, Ta main en l'air.Devant le petit bouchon de /a Somme de pin, au bout du village.stationnait la charrette du charbonnier Elie, sa petite éigue tousse devant, À l'ombre du hangar, et, dans la charrette se trouvaient trois grands papiers de cerises.Le vieux Elie, avec son large feutre noir et sa petite veste de toile, regardait du haut de l'escalier en dehors : il s'écria : ** Est-ce que nous partons, Mme Balais ?\u2014Oui, tout de suite.Attendez que je prenne un verre de vin, ct mettez l'enfant sur la charrette.\u2014 Mais, c'est le petit de Nicolas Clavel ?\u2014Justement ! il est maintenant à moi L'aubergiste Bastien, ses deux filles et un hussard regardaient à la fenêtre du bouchon.Mme Balais, en imontant l'escalier.racontait que je pleurais comme un pauvre caniche abandonné par ses gueux de maîtres, et qu'elle me prenait.En même temps, elle disait toute réjouie : * Regardez-le ! On l'aurait fait exprès, avec ses cheveux bruns frisés, qu'on ne l'aurait pas voulu autrement.Allons, dépêchez-vous d'atteler, Elie, et mettez l'enfant avec les cerises Le hussard, les deux filles et le père Bastien criaient : \u2018\u201c À la bonne heure, Mme Balais ! c'est bien.ça vous porter: bonheur \u2019\u2019.Elle, sans répondre, entra vider sa chopine de vin.Ensuite elle sortit en criant : * En route ! Ft nous commengames ad descendre la cote, moi sur la charrette.\u2014 ce qui ne m'était jamais arrivé,\u2014Elie devant, tenant sa vieille &igur par la bride, et Mme Balais derrière, qui me disait à chaque instant \u201c+ Mange des cerises, ne te gêne ps ; mais prends garde d'avaler trop de noyaux \u2019\u2019.Qu'on se figure ma joie ct mon attendrissement d\u2019être sauvé ! J'en étais dans l'étonnement.Et, du haut de ma charrette, qui descendait pas À pas le chemin creux bordé de houx, je regardais Saverne au fond de la vallée, avec sa vieille église carrée, sa grande rue, ses vieux toits pointus,\u2014où montent des étages de lucarnes en forme d'éteignoir,\u2014la place et la fontaine : tout cela blanc de soleil.Cent fois j'avais vu ces choses de la Rochecreuse ; mais alors je ne songeais qu'à garder les vaches, à réunir les chèvres au milieu des bruyères.À cette heure, je pensais : \u2018Tu vas demeurer en ville, dans l'ombre des rues ! Près de la belle fontaine entourée d'aunes et de grands saules pleureurs, au bord de la route, la bigue d\u2019Elie reprit haleine un instant.Mme Balais but une bonne gorgée d'eau, en se penchant au goulot.Il faisait une grande chaleur et l\u2019on aurait voulu rester là jusqu'au soir.Mais nous repartimes ensuite lentement, à l'ombre des peupliers, jusqu\u2019à l'entrée de Saverne.En voyant de loin la jolie maison couverte d\u2019ardoises bleues,-\u2014un.petit balcon et des volets verts autour, \u2014qui s'avance à Ii min.pensais qu'un prince demeurait 1à pour sûr.Nous entrâmes done en ville sur les trois heures, en among iy grande rue : «À.vers le milieu, plus loin que la place du Ma! nous en primes une autre À droite, la petite rue des Deux-Clefs, où ie wl) descendait entre les cheminées, le long des balcons vermonin- + du murs décrépits.La mère Balais disait en riant : * Nous arrivons, Jean-Pierre ; \u20ac Moi, j'ouvrais de grands yeux, n'ayant jamais rien vas eut, Bientôt la charrette s'arrêta devant une vieille maison ét.fenêtre en bas, \u2014 plus large que haute, \u2014garnic de petites vir I et d'écheveaux de chanvre pendus à l\u2019intérieur, C'était la maison d'un tisscraud.Une femme de trou à quarante ans, les cheveux bruns roulés en boucles sur les 167 te veux bleues et le nez un peu releve, nous regurdait de Le pete noire.- \u201cHé c'est vous, Mme Palais > s'éertt-Lelle.\u2014Oui.Mme Dubours, répondit Lu mère Balais : et je vous ine encore quelqu'un.mon petit Jean-Pierre, que vous ne con © vs, Regardez nu peu ce pauvre éichon Elle me prenait dans ses bras, el m'emlrassain ci : terre.Ensuite nous entrâmes daus une petite chambre grise cn\u201d BR métier, le fourneau du fonte.la table.et les écheveaux pui.es perches au plafond, encombraient tous les coins, Avec le es de bobines.le vieux fauteuil à crémaillère.et l'horloge au te 7 Tans son étui de nover.on ne saviit pus comment se retouri Sas c'était encore bien plus que notre pauvre baraque de saint Ls Choux : c'était magnifique, des écheveaux de chanvre etc nx de toile, quan! on n'avait VU que nos quatre murs ct notre 1 ore rière, presque toujours vide Oui, vela me paraissan ig richesse.Mme Balais racontait comment elle m'avait pris Loo a ne disait rien.elle me regardait.Je m'étais mis contre le am oser lever les veux.Comme Lu mère Balais venait de sorts hr le voiturier à décharser les cerises, cette dame s'écrit * Dubours, arrive dune \" Et je vis entrer, par une porte à droite, couverte dec un petit homme maigre et pâle, la tete déjà grisonnante.\u20ac.ot, avec une jolie petite filie toute rose, les veux Éveilles 57 it tine grosse tartine de fromage blanc.Tiens, regarde ce que la mère Balais nous rantene de > ti des Choux, dit la dame : ses parents.les Hoquart et les © \u201cne voulaient pas de lui, elle l'a pris à sa charge.\u2014Cette mère Balais est une brave fenme, répone Me attendri.\u2014Oui.mais se mettre Une charge parcille sur le dos \u2014Mon Dieu ! fit l'homme, cle est seule.l'enfant 155.\u2014 Mais il n'a rien ! s'écria la temme, \u2014qui venait +.ion petit paquet sur ses genoux, et qui regardait ma pauvre pe este des dimanches, ma chemise et mes soutiers-\u2014il ny arc a On ne saura pas seulement où le coucher.\u2014Fé \u2018 s'écria la mère Balais, cn rentrant et posent : du métier son dernier panier de cerises, ne Vous inquiétez dou tant.madame Madeleine.J'ai mon oncle, le chanoine d'Espagne x avd bien\u2026 celui de quatre-vingt-dix aus et demi, et qui ne per r de passer l'arme à gauche.Je vais attraper son héritage.$ dura pour élever le petit.lle riait : madame Dubourg, la femme dutisserand.nue toute rouge.\u2014Oh ! dit-cile, votre oncle d'Espagne.\u2014Hé ! pourquoi est-ce que je n'aurais pas un oncle at la mère Balais.Vous avez bien une tante, vous, Utte tante + > wat Et quand les deux enfants seront grands, nous les mariern ~ ble.avec les deux héritages de l'oncle et de latante.N'estec] sisiQUF Antoine ?Alors le petit homme dit en riant - Qui, madame Balais, oui, vous avez raison, l'hérit votre oncle est aussi sûr que celui de notre tante Jacqueline.M Cis ave?bien fait de recueillir cet enfant.C'est bien ! \u2014Et je ne m'en repens pas, dit la mère Balais.Je ais pi .\u201coo a 11° .,\u2018 .quvre embarrassée de lui.J'ai là-haut un vicil uniforme de: pas, Jambre I, défunt, nous lui taillerons un habit là-dedans.Et près de + 4 al Be « NN marin MB ils bento re Be NW © ntlliadini an LE MONDE ILLUSTRÉ 3 jaile petit fruitier, pour mettre son lit.Nous trouverons bien un matelas, Une couverture, c'est lu moindre des choses ; le petitva dormir comme un dieu.\u2014Allons, embrassez-vous, fit-elle en m'amenant la petite fille, qui me regardait sans rien dire, ses beaux yeux hleus tout grands ouverts, et qui m'embrassa de bon cœur, en me barbouillant le nez.Tout le monde riait, et je reprenais courage.Madame Rivel, la femme du vitrier qui demeurait au second, passait dans l'allée : où l'appela.C'était une toute petite femme, avec un gros bonnet piqué.le fichu croisé sur la poitrine et la petite croix d'or au cou.La mère Balais voulut aussi lui raconter mon histoire : trois voisins, appuyés sur lu fenêtre ouverte, Écoutaient : et ce qui s'élevait de malédictions contre les Hoquart et les Guerlot n'est pas à dite : on les traitait de gueux, on leur prédisait la misère, Madeleine avait aussi fini par s'apaiser.* Puisque c'est comme cela, tout ce que je demande, disait-elle.c'est qu'il ne fasse pas trop de bruit dans la maison, Mai- les garçons.\u2014Bah ! répondait le père Antoine, quand le métier marche, on n'entend rien.FH faut aussi que les enfants s'amusent, et Li petite ne sera pas fâchée d'avoir un camarade.Finalement la mère Balais reprit son panier sur sa téte ot me dit : \u201cArrive, Jean-Pierre.En attendant l'héritage, nous allons toujours faire une bonne soupe aux choux.et puis nous verrous pour le deux où Madame coucher.\u201d Hlle entra dans l'allée, et je repris sa men, bien content de La suivre.I Nous avions trois étages à monter : le premier était aux Dubours.le deuxieme aux Rivel, et le troisième sous les tuiles, à nous.C'était tous zris, tout vermoulu : les petites fenêtres de l'escalier regardaient dans la cour, oft passait une vieille galerie, sur laquelle les Dubourg faisaient sécher leur linge.C'est là qu'il fallait entendre, en autonme, pleurer et batailler les chats pendant la nuit © on ne pouvait presque pas s'endormir.Au-dessus se trouvait encore le colombier, avec son toit pointu ct ss ntauds clous rouillés autour de la lucarne.pour arrêter les fouines.Mais les ardoises tombaient de jour eu jour, ct les pigeons n°v venaient plu depuis longtemps.Voilà ce que je voyais en grimpant chez nous.qui me donnait la main dans le petit escalier sombre, disait : * Tiens-toi droit ! efface tes épaules ! ne marche pas en dedans ! Ju tc dis que tu feras un bel homme : mais il faut avoir du cœur, il ne faut pas pleurer.\u2019 Elle ouvrit en haut unie porte qui se fermait au loquet, ct nous entrames dans une grande chambre blanchic à la chaux, avec deux fenttres en guérite sur la rue, un petit fourneau en fonte au milieu.\u2014 le tev an en zigzag, \u2014et une grande table de chêne au fond, où la mère Balais hachait sa ciboule, ses oignons, son persil et ses autres légumes pour faire la cuisine, \\u-dessus de la table, sur deux planches, étaient les assiettes Printes, la soupière ronde, et deux où trois bouteilles avec des verres : dans nn titoir se trouvaient les cuillers et les fourchettes en étain : dans un autre, la chandelle, les allumettes, le briquet : au-dessous, la grosse cruche à l'eau.Avec le grand lit à rideaux jaunes dans un enfoncement,la grande caisse ouverte de tapisserie au pied du lit ct trois chaises, cela faisait tout notre bien.Contre le mur du pignon, au-dessus de la table, le portrait de M.Balais, ancien capitaine au 37e de ligne, le grand chapeau à cornes et ses deux glands d'or en travers des épaules, les veux gris clair, les Môtistaches jaunes et les joues brunes, avait l'air de vous regarder en entrant.C'était un homme superbe, avec sa tête toute droite dans son haut collet bleu ; la mère Balais disait quelquefois : La mère Balai.© C'est Balais, mon défunt, mort au champ d'honneur le 21 juin IS13, à la retraite de Vittoria, dans l'arrière-garde.\u201d Alors elle serrait les lèvres et continuait à faire son menage, toute pensive, sans parler durant des heures, -\\ gauche de la grande chambre s\u2019ouvrait le fruitier, qui n'était que le grenier de la maison ; ses lucarnes restaient ouvertes en été : Mais, quand la neige commençait À tomber, sur la fin de novembre, on les fermait avec de la paille, Les fruits, en bon ordre, montaient sur SUT trois rangées de lattes, et la bonne odeur se répandait partout.= ond ams Sr A droite se trouvait encore un cabinet, la fenêtre sur le toit de la Daus ce cabinet, j'ai dormi des années : il n'avait pas plus de huit pieds de large sur dix à douze de long : mais il y faisait bien bon, à cause de la grande cheminée appliquée contre, où passait toute la chaleur de la maison.Jamais l'eau n°y gelait dans ma cruche en plein hiver.Combien de fois depuis, songeant À cela, je me suis éerié : * Jean-Pierre, tu ne retrouveras plus de chambre pareille ! J'aime autant vous raconter ces choses tout de suite, pour vous cour.fre comprendre ma surprise de trouver un si beau logement.Les paniers de cerises étaient tous rangés à terre, madame Balais commença par les porter dans le fruitier ; ensuite elle revint avec une heHe tête de choux, des poireaux et quelques grosses pommes de terre, lle sortit du tiroir le pain, le sel, le poivre, avec un morceau de lard : et comme je qu'elle déposa sur la table.d'un air de bonne humeur.voyais d'avaice ce qu'elle voulait faire, je pris aussitôt Ia hachette pour tailler du petit bois.Elle me regardait en souriant, et disait : \u201cTues un brave enfant, Jean-Pierre, Nons allons être heureux ensemble.Elle battit le hriguet, ct c'est moi qui fis le feu, pendant qu'elle
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