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Titre :
Le matin
Éditeur :
  • Montréal :Le matin,1920-1926
Contenu spécifique :
samedi 24 juin 1922
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Petit journal (Montréal, Québec : 1926)
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Le matin, 1922-06-24, Collections de BAnQ.

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[" Rédaction et Administration 164 RUE SAINT-DENIS MONTREAL Téléphone: Est 893 Atelier: Main 7309 Redigé en collaboration.POLITIQUE ET LITTERAIRE LS Abonnements par la Poste : 2.50 1.50 Un an .\u2018ele; folie: \u2018els Core) Teel je 3 Six MOIS 0} Foie) foie taie; [0.07 oo Adresser toute correspondance.Le MATIN, 164, S.-Denis, Montréal Ie svis vn chien qvi ronge l'os.VOL.II\u2014No 22 MONTREAL, SAMEDI, 24 JUIN 1922 Le Numéro 5 sous LA SAINT-JEAN Nous ne pouvons, aujourd\u2019hui, regarder l\u2019avenir avec le même optimisme qu\u2019autrefois.Autrefois, nous avions des chefs, nous avons aujourd\u2019hui des hommes d'affaires, des managers.Autrefois, nous avions Mercier; aujour- d\u2019hui, nous avons une bande de baise-la-piastre, arrogants, puissants qui tendent à rabaisser le niveau de la vie publique.Nous avions des exemples, nous aurions au- jourd'hui des scandales si nous pouvions être scandalisés.Nous avons aujourd\u2019hui des menteurs publics, des scheemers avérés qui conduisent le troupeau., Nous avons l\u2019éternel bouffi, le fat et le plagiaire qui pose au grand homme et fait du népotisme.Nous avons l\u2019homme caoutchouc, ami des trusts, l\u2019opportuniste, l\u2019homme de toutes les grosses combines et qui prétend servir le peuple, comme si l\u2019on pouvait servir deux maîtres.Nous avons l\u2019avocat véreux qui encaisse tout sans rien dire, le valet doré des monopoles.Le mentëur dont on ne peut même pas croire le contraire de ce qu\u2019il dit.Nous avons parmi ceux qui doivent donner l\u2019exemple, ceux qui sont notre appui moral, des hommes louches, aux moeurs louches, qui, emmitouflés et parfumés, roulent en limousine devant les faubourgs ébahis.Nous avons le fanatique, le crétin, l\u2019étroit, trustard (lui aussi) de la vérité, estampilleur officiel du patriotisme, dédaigneux de tout effort qui vient d\u2019ailleurs que de son voisinage, provincial mesquin, pitoyable dédaigneux qui dégoûterait de la vertu si c\u2019était possible.Nous avons l\u2019épais, le mouton, le soumis et l\u2019obéissant, la face à giffle de tous les congrès, des bonnes oeuvres et de toutes les majorités.Nous avons deux partis politiques sans honneur, qui s\u2019entendent à merveille pour pressurer, détrousser et abatardir notre pauvre peuple.Nous avons les journaux d\u2019affaires, himalayas d\u2019excrements, prostitués titaniques qui se vendent douze fois par année et contribuent par le jaunisme à maintenir la multitude dans les ténèbres et l\u2019avachissement.Nous avons d\u2019autre part des honnêtes gens qui disposent d\u2019un pouvoir considérable.Il y a les bergers aux moeurs pures, à la foi austère, mais qu\u2019une case tneônnue empêche non seulement de sévvir, mais de donner des directives.Il y a la bonne presse qui, à force d\u2019intransigeance, de méfiance, d\u2019incivilité, d\u2019incompréhension et d\u2019esprit de boutique finit par lasser les meilleures volontés et poussent à la désertion les esprits qui pourraient l\u2019honorer.Il y a les grands orateurs, les esprits altiers que la foule voudrait suivre, mais qui ne veulent pas descendre chez le peuple dans la crainte puérile d\u2019être traités de démagogues.I] y a les intellectuels qui désertent devant l'hostilité ambiante.Il y a les masses de bonnes personnes qui ne sont pas dupes et qui disent: A quoi bon?Laissez faire! laisser passer! Ah, si tous ces derniers voulaient se donner la main quel nettoyage il y aurait à faire.Si la race canadienne-française doit périr sous l\u2019anglicisation ou dans l\u2019abatardissement, c\u2019est d\u2019abord parce que nos chefs nous auront trahis pour quelques titres d\u2019honneurs et quelques trente deniers.Si nous devons mourir, c\u2019est la crasse d\u2019en haut, la crasse des classes dites dirigeantes qui nous étouffera.L\u2019avenir n\u2019est pas rose, mais la jeunesse qui voudra lui faire face connaîtra la gloire et sauvera la nation.LE | UN VIEUX DE LA VIEILLE.EN MARGE PROCES DELORME Réflexions d\u2019un spectateur Sommes-nous fous?\u2014 Ce qu\u2019en dit Erasme.\u2014 La felure du vase de Sully-Prudhom- me.\u2014 Le docteur Dérôme et la boîte à Pandore.\u2014 Les loges.\u2014 Témoins, avocats et jury.\u2014 Construisons-nous des cabanons.Depuis que les aliénistes et les témoins du procès Delorme ont étalé devant le public, les trésors de leur vaste érudition ou de leur spirituelles observations sur le prévenu, on s'interroge avec inquiétude : | \u2014Est-ce que moi aussi je n\u2019en aurais pas, an grain?La démence est évidemment endémi- yue dans le Québec.Tous en offrent des prodromes infaillibles, le grand parleur qui accroche par le bouton de votre habit pour vous emplir de ses balivernes est un dégénéré.Le baise-la-piastre agenouillé devant son coffre-fort \u2014 tabernacle Du repose son dieu \u2014 est mûr pour la Longue Pointe.Le mari confiant qui vante à tous la vertu de son épouse à ses amis intimes n\u2019a évidemment pas inventé ce qui fait: pouf! Méfiez-vous de cet exalté qui crie son amour aux étoiles, de cet amant qui embrasse les pieds de sa belle avec un délectation du sens olafctif, comme s il aspirait le parfum d\u2019une gerbe de lis; ils ne sont pas tous là.Fuyez aussi les mesureurs de pied\u2014 je ne parle pas des cordonniers, gens sages\u2014mals des poètes: ils battent la campagne, le pavé, et souvent leur femme.Eloignez-vous des vantards qui nous abrutissent du récit de leurs exploits cynégetiques, de leurs innombrables bonnes fortunes, méfiez-vous de ces discoureurs qui sautant sur tous les sujets; il leur manque à tous un bardeau.Erasme dans son Eloge de la Folie ne dit-il pas: Que voit-on chez les hommes qui ne soit marqué au coin de la Folie.Tout se fait par des fous devant d\u2019autres fous.S'il en est un qui veuille protester contre tous, je lui conseille comme Timon, d\u2019émigrer dans un désert pour y jouir seul de sa sagese\u2026 Je ne parle pas de Minos et Numa qui tous deux gouvernèrent par des inventions fabuleuse la sotte multitude, C\u2019est à l\u2019aide de ses niaiseries que l\u2019on fait mouvoir cette énor- |' me et puissante bête qu\u2019on appelle le peuple.Misère de misère, c\u2019est à s\u2019arracher les cheveux! Et moi-même, est-ce que j'en suis indemne?Je me crois plus fin que ceux de mon enton- rage.mais ils sont tous ainsi: Sans me vanter, \u2018je suis le phénix des bêtes de ces bois se disent- îls dans leur fort intérieur.Il me semble que je déménage à mon tour.Je me surprends la tête perdue dans les nuages.Le rêve de régénération universelle, de paix possible, entre des hommes qui se haissent, de progrès quand je monde va à Teculons, de bonté, de miséricorde quand je sals fort bien que faire du bien à un vilain, c\u2019est se faire cracher sur les mains.Je parle raison à ceux qui n\u2019en ont pas, je poursuis la chimère de la fraternité universelle, je veux embrasser ceux qui ont les dents sortis pour me dévorer, j'aurais besoin de me traiter, moi aussi, à l\u2019éllébore car je suis aussi loufoque, Depuis le bébé qui fait son gou! gou! et rit sans cause en se suçant les orteils jusqu\u2019au vieux marcheur qui court les fillettes à grosses jambes de la rue St-Laurent, nous venons de le constater avec désespoir, nous avons tous au cerveau la félure du vase de Sully Prud\u2019- homme: le moindre heurt et son contenu s'épanchera et il faudra nous passer la camisole de force.Le docteur Derome a ouvert la bouche, c\u2019est comme s\u2019il avait ouvert la boîte de Pandore.Tous les maux de l'esprit en sont sortis.Nous sommes \u2018universellement marqués pour les loges.Autrefois nous n\u2019avions à redouter que celles de l\u2019Emancipation, des Coeurs-Unis et des Old-Fel- lôws mais celles de Beauport, de St-Jean-de-Dieu, de Verdun hantent maintenant notre imagination Si tous les fous, logiquement, obtiennent le paradis ils n\u2019ont pas ici le même destin.Il en est qui passent en cours d\u2019Assises, d\u2019autres avec ja même branche atteignent au sommet des honneurs.Du génie à la folie, la cloison n\u2019est pas étanche.C\u2019est ainsi qu\u2019à certains moments, ce n\u2019est plus Delorme qui paraît aliéné mais bien plutôt les témoins ergoteurs et pédants qui s\u2019embrouillent \u2018dans leur discours, les avocats qui s'amusent à fendre des cheveux en quatre, Et que dire de ce jury somnolent qui baille à se dévisser la mâchoire?N'est-ce pas la plus grande aberration de ces gens dits sérieux, que de constituer en juges des personnages aussi drolatiques et dont l\u2019accusé rit sous cape, L'impression qui se dégage de ce tableau, c\u2019est que ces personnages éminents se sont payés leur propre tête, Seul l\u2019accusé apparaît maître de lui ,dédaigneux, hautain, ironique, Il l\u2019avait bien dit: \u201cBibl est intangible\u2026 Bibl s'appelle touche-s'y-pas!\u201d S'est-il trompé?., Il 'regarde cette agitation avec sérénité, comme on regarde la mer en furie: Toutes ces vagues s\u2019affaiseront soumises et obéissantes quand la folle rentrera dans son lit, Vite, construisez des cabanons pour loger la masse des imbéciles dont Délorme n\u2019est pas! POLEMARQUE Poéme en prose Au jour L'aube bleue, émouvante.Bruit d'oiseaux, roulement des voitures de laitiers, Sifflets stridents vers le fleuve, devers les trains en partance 8t la tranquillité des rues commerciales, Etre au troisième étage sous le toit que la pluie vient de baigner, Ætre dans une petite chambre; ne pas dormir, Ouvrir la fenêtre et regarder la vieille qui s\u2019en va, trottinant, vers la cloche gui tinte, x Et tout cela n\u2019est pas un rêve, Pourquoi, d\u2019aflleurs?On existe, on est ému de l\u2019aube bleue, des oiseaux, Cela n\u2019est yraiment pas extraordinaire, : : Non, et cependant, ma Vie: le coeur qui bat derrière moi, ma mie qui dort et devant moi cette autre vie; l'indifférence générale, .A x ; Et toute ia douceur des parfms de l'aurore, le recommencement de la grande journée; page que malgré moi il ya falloix écrire.-\u2014- - a Page de la nuit d\u2019hier, page écrite à mon insu, page déjà tournée, aube pâle, attendrissante, regrets inévitables ! .ue Bow # OX +.Ah! dormir sans remords aux flammes pâles, aux flammes douces, aux flammes bleues de l'aube! , Harold SMITH.McGill, 21 juin 1922.CES TAUX REDUITS.,.Je veux féliciter J, 8.Norris, le gérant général de la Compagnie, pour son culot, Ce qu\u2019il propose n\u2019est pas une réduction, c\u2019est un vol, Il dit que, pour un individu faisant usage de 1,500 pieds de gaz par mois, le prix sera le même qu\u2019aujourd\u2019hui, \u2014 c'est-à-dire, $1,85, comprenant J\u2019escompte de 15 sous; et les frais de service, Or, le prix que nous payons aujourd'hui pour 1,500 pieds de gaz est $1.72 tout compris.Il-y a donc une différence de 13 sous, évidemment non, apparente à M.Norris, maïs qui comptera sûrement dans le budget de la majorité des consommateurs de gaz.Pour 2,000 pieds par mois, nous payens maintenant $2.26, et d\u2019après les derniers changements nous paierons $2.30, Est-ce Jà ce qu\u2019on appelle revenir à Ja normale?DE CI, DE LA | : LES On va nommer des juges.Quelques gros avo-| JUGES cats, forts en gueule, hableurs et bornés se: Ils ont appris un discours à! Ils l'ont débité aux habitants pendant! vingt-cinq ans.Ils ont contribué à l\u2019élection de notre patriotique et intelligente députation \u201clibérale\u201d.Lis! ont fait de la coulisse pour les tripoteurs de fonds pu-l blics.Ils ont eu leurs portraits dans la \u201cPresse\u201d.Ils.se sont enrichis en défendant la veuve et l\u2019orphelin.llsi ont fait beaucoup de pétard.Ce ne sont pas des théoriciens, ceux-là, mais des hommes d'action.Du droit its | savent assez pour confondre un étudiant de première année, Hs plaident peu.Ce sont de grands régleurs de! causes.lls rivalisent d\u2019élégance linguistique et de eul-| ture avec un D.À.Lafortune.C\u2019est ça, que, par hasard ; et peut-être, sans doute, l\u2019on va nommer juges.D'un) autre côté, nons avous à Montréal des gens comme MM.Gonzalve Désaulniers, Antonio Perrault, avocats probe,s | diligents, éclairés et consciencieux.Jls n\u2019ont pas dédai- | gné, quand il le fallait, le Forum.Ils l'ont souvent ennoblis.Ils connaissent leur droit.Ce ne sont pas des, hâbleurs, leur passé est sans tache, Perrault et Désaul-! nierz seront-ils juges?trémoussent.vingt-cinq ans.LA NOUVELLE C'est celle de la \u201cMontreal Light,| MORALE Heat and Power\u201d.Quel homme! que! ce M.Norris, quel génie! H n\u2019est pas équitable, déclare ce surhomme, de grever les gros | consommateurs au.profit des petits, Les petits n\u2019em-! ploient pas assez de gaz, i] faut stimuler la dépense de gaz augmentons le taux pour les petits! | Admirable système! En vertu de ce principe les | voyageurs pour Vancouver paieront le prix d\u2019un billet de Tramway, tandis que ceux qui veulent se rendre à Car- tierville, paieront ce que coûte un voyage à Vancouver.Le petit consommateur paie pour le gros, le pauvre pour le riche.Le peuple voudrait économiser, même le gaz, M., Norris trouve cela injuste! Cher M, Norris! LE MAIRE Chaque fois que Son Honneur le Maire MARTIN poursuit quelqu\u2019un en diffamation, le diffamateur s\u2019en sauve à bon compte; quand c\u2019est Médéric qui est poursuivi par un diffame, c'est le contraire qui arrive.Etrange, étrange.Au commencement de cett: maine, deux pochards, petits et piteux, étaient appréhendés au coin deg rues S.-Denis et Ontario.Ces deux infortunés étaient flanqués de deux ou trois constables.La foule regardait.Puis arriva le panier à salade portant trois ou quatre agents.Une demi-douzaine de géants pour arrêter deux nains, un panier à salade quand le poste No 4 est à quelques pas, c\u2019est un peu fort, messieurs.| EXPLOIT CONSTABULAIRE se- PAUVRES ANIMAUX Si.je vois + cheval en sueur, les épaules galeuses et saignantes, les pattes écorchées, la langue pendante, l\u2019arrière-train zebré de coups de fouet et si je vois ce cheval s\u2019abattre, un pressentiment m'avertit que la bête appartient à la \u201cCanadian Transfer\u201d.Ses charretiers, grands tombeurs de chevaux, sont incapables de les relever.Si vous leur donnez un coup de main, ils ne vous disent même pas merci.Il se contentent de vous dire que le cheval est malade.On le serait à moins.Quels animaux que ces charretiers.LE MONUMENT Le monument du Cardinal Tasche- TASCHEREAU reau dont M.Vermare a décroché la commande nous apparaît, plus on: regarde la maquette primée, comme un rare chef-d\u2019oeuvre de mauvais goût.N\u2019allez pas croire qu'il n\u2019y a que les poires dans ce pays, M.Vermare.Votre monument (à part le drapé de la cape) est complètement infect \u2014 et vous le savez M.Vermare \u2014 et vous n\u2019oseriez pas présenter ce pain de sucre enguirlandé, obscène à la commune de Fouilly-les-Oies (Seine).Ne signez pas ce mo-: nument M, Vermare, c\u2019est un article* d'exportation.SIMPLEX.EN RELISANT LUCRECE Lucrèce (Carus) serait né, on le sait, 94 ans environ avant J.-C.et se serait empoisonné à l\u2019âge de 44 ans, c\u2019est-à-dire il y a environ 1966 ans, Je viens de relire par hasard son poème \u201cDe rerum natura\u201d \u2014 De la nature des choses,\u2014 dédié à son ami Memmius, et je n\u2019ai pas pu m'empêcher d\u2019admirer ce génie, Parmi quelques erreurs scientifiques bien pardonnables, si l\u2019on n\u2019oublie pas l\u2019époque à laquelle il écrivait, telle que celle d\u2019affirmer que le soleil n'est pas plus gros qu\u2019on Je volt, il soutient sa théorio des atomes qu'il a fallu des siècles pour admettre, L\u2019axiome fondamental de son système est: Rien ne sort du néant, rien n'y retourne, N'est-ce pas là le Rien ne se perd, rien ne se crée, de Pascal, affirmé déjà 50 ans avant Jésus-Christ ?Tous les corps, affirme Lucrèce, sont composés d\u2019atomes de formes diverses, infiniment petits, indivisibles, éternels, doués de mouvements très rapides, s'attirant, se repoussant, se combinant, créant ainsi des mondes nouveaux qui croissent et disparaissent, Etait-il bien loin des jons ef des electrons relativement nouveaux?Lucrèce n\u2019a-t-il pas devancé Pasteur avec |es infiniment petits?Lucrèce admet l\u2019existence d\u2019une âme corporelle qui anime le corps sans y être mêlée et dont esprit\u201d est l\u2018énergique essence, H rit de la métempsycôse, Il affirme que J\u2019enfer n\u2019est qu\u2019une allégorie, N\u2019y a-t-il pas dans ces pensées de Lucrèce l\u2019idée première, le soupçon de ces forces psychiques qui intriguent actuellement savants et spirites?Lucrèce affirme que le monde n\u2019est pas d\u2019essence divine et qu\u2019en raison même de ses imperfections il ne peut être l\u2019ouvrage des dieux.Il ajoute que les cyclones, les orages, la foudre et| toutes les perturbations maritimes ou terrestres, éruptions volcaniques, comètes, aérolites, météores, etc, ont tous des causes naturelles.\u201cEt les rois superbes, ne les voit-on pas se coller avec effroi aux statues des dieux, craignant que l\u2019heure formidable ne soit enfin venue d\u2019expier quelque action infâme, ou quelque orgueilleuse parole ?\u201d (Livre 5.) N\u2019a-t-il pas dénoncé les tartuffes ; (suite à la page 4) LA SAINTE-ALLIANCE Le libéral \u2014 Les progressistes s\u2019agitent: il est Le conservateur\u2014En effet, cette racaille devient temps, je crois, de montrer que nous sommes un's.menacante.Vous pouvez compter sur mot.BILLET DU SAMEDI NOS BONS REFORMATEURS Le juge Lindsay, de la cour juvenile de Denver, à condamné un jeune homme de 19 ans à 30 | jours de prison pour un léger délit quelconque.Ce qui a attiré sur ce jeune homme la sévérité\u2019 du juge n\u2019est autre chose que sa coupe de cheveux.Ce \u201cJuge aurait fait des études psychologiques et il a la conviction que les *\u2018bell-bottom trousers\u201d ainsi que les \u201cruff back sleek hair cuts\u201d sont les indices certains d\u2019une moralité douteuse.J'abonde dans les mêmes idées.L'élégance outrée n\u2019est plus l\u2019élégance, car l\u2019élégance réelle est sobre, et les jeunes dames aux jupes trop courtes et aux corsages trop épanouis sont généralement celles qui aiment qu\u2019on leur propose de lus deshonorer.Mais le juge Lindsay espère-t-il qu'un séjour de 30 jours dans les géôles de Denver aura quelque influence sur le caractère ct la morale du jeune condamné?Quelle erreur! Oublic-t-il, ce bon juge, qu'il existe des personnes animées des meilleurs sentiments, je le veux bien, personnes qu\u2019on appelle les réformateurs, ct qui empoisonnent la civilisation de l\u2019Amérique du Nord?Ce sont ces personnes pleuses, pétrics de bons sentiments, de bonnes intentions, ct de moral, dont le coeur s'effrite à la vue de l'inconduite et de l'immoralité de l'humanité, qui veulent la prohibition totale, les \u201cblue laws\u201d, la suppression du tabac, celle des vues animées, des pique-niques ou des parties de pêche le dimanche parce qu'ils sont impossibles les autres jours, la fermeture des théd- tres, ctc, ete, ete.Ils veulent tant réformer, ces bonnes personnes au coeur tendre qui lésinent sur les gages de leur bonne et se soustraient aux aqumones, que leur sollicitude émue s'étend jusqu'aux prisonniers pour lesquels ils ont un penchant spécial, Et ils ont la bonne méthode pour reformer, comme d'habitude, d\u2019ailleurs; demandez-le au juge Martin, de la Cour Suprême des Etats-Unis.Les mêmes vues animées qu'ils ne peuvent impatiemment tolérer qu'avec accompagnement d'une ignorante censure, sont offertes gratis aux fervents malheureux de la pince monscigneur.Les parties de baseball, si nécessaires au développement intellectuel des bandits, sont jouées avec enthousiasme dans les cours des prisons sous l'oeil humide des reformateurs qui,ne trouvant pag l\u2019enthonsiasme suffisamment exalté, ont eu l'idée géniale de choisir parmi les élèves des écoles, les plus capables pour aller jouer avec ou contre les cloitrés par force, auxquels ils apportent un peu d'air du pays ;Ç ,, au parfum enchanteur Dont chaque brise est comme une petite soeur.(pour plagier Cyrano.) Le contact de ces jeunes étudiants avee les vieux chevaux de retour est sain, noble, délicat, L'ELECTEUR ET LE DEPUTE \u2014Comment ge fait-il M, le député, que vous autres libéraux, quand vous tenez des conventions adoptiez toujours des résolutions libre-échangistes et qu\u2019une fois au pouvoir vous devenez protectionnistes ?\u2014Fier et intelligent électeur, dans les conventions les theoriciens dominent; au gouvernement ce sont les hommes d'action.\u2014Les actionnaires, quoi! n'est-ce pas?Nos bons reformateurs n\u2019étant pas encue satisfaits, voudraient qu\u2019un cours d\u2019automobiie soit professé dans les prisons.En sortant de Lior- deaux, ou de Sing-Sing, les garages ouvriraient leurs portes à deux battants aux chevaliers du Surin qui deviendraient chevaliers du Volant.Ainsi, alors que l\u2019ouvrier honnête et à.doit se creuser la tête pour joindre les deux bo: , sc torturer la cervelle s\u2019il veut faire réellement instrure ses enfants, limiter ses visites au théé- tre oll aux vues animées, économser sur lu s25ur- riture, Phabillement ct le logement, nos cél3bres rcformateurs,, au cerveau déformé ,prodiquent les parties dep plaisir aux crapules, nourries, iv- gécs, chauffées, blanchies et éclairées à nos frs! Si nous commencions par reformer nus formateurs?Nae 0 DYSCOLE.CE QUE LES PROGRESSISTES NOUS ONT APPRIS nn It is true enough that the English Government sells its honors for money, by the hand of the Prime Minister, and in the name of the Sovereign.All Governments do that, for campaign funds must be supplied.\u2014 (\u201cNew York Times Book Ree view\u201d, p.11-25, Aug.28, 1921).S'il eut un hommie auquel la Grèce antique eût élevé une statue c\u2019est bien celui qui organisa au moyen de procédés encore inusités et grâce à une inconcevable inovation, la campagne électorale qui mit le parti agraire au pouvoir en Ontario.Cet homme, éminemment novateur, a accompli un tour de force inouï et qui restera dans notre histoire politique; il a créé, \u2014 caï organisé n\u2019est pas assez dire, \u2014 un parti nouveau qui déjà est un grand parti, et d\u2019un premier effort, tout en le créant, il l\u2019a conduit à la victoire.On peut dire de ce jeune parti ce que Corneille disait du Cid: Son coup d\u2019essai fut un coup de maître.La grande idée de celui qui organisa les forces dos r'ermiers-Unis fut de se passer de la traditionnelle caisse électorale, alimentée par des financiers plus ou moins véreux, embusqués dans les coulisses d'où ils tirent les ficelles pour faire er les marionnettes qui s\u2019agitent au premier Ce n'est plus un secret pour personne: les Fermiers-Unis de l\u2019Ontario firent la lutte électorale qui les porta au pouvoir, en 1917, sans passer le chapeau et tendre la main devant les magnats de chemins de fer, les barons de la finance de Toronto et autres lieux, (comme les White, les Flavelle, ete.) .\u2019 Ils firent eux-mêmes les frais de leur campagne.La mode étant aux coopératives, ils organisèrent la coopérative du vote libre et indépendant, en souscrivant entre eux de modiques sommes de deux ou cinq dollars pour louer des salles de comités, défrayer les frais de déplacements des orateurs, C\u2019était peu, radicalement insignifiant si l'on se place au point de vue de l\u2019ancien système d'organisation électorale, mais assez pour assurer un honnête succès, Ce mouvement fermier ne fut pas d\u2019abord \u2018unsidéré comme sérieux chez les gros bonnets de ia finance, et les faiseurs qui se croyaient absoli- ment indispensables.Mais le jour de la nomination, quand l\u2019on vit cette pléthore de candidatures, dans les comtés ruraux surtout, on ouvrit les yeux et on tendit l\u2019oreille, Les légumes de la finance, à Toronto, en eurent le frisson des veaux.Les politiciens de la province de Québec avaient toujours vécu sur ce mot de Tarte l\u2019ancien : les élections ne se font pas avec des prièrcs; les plus fortes têtes de nos deux partis n\u2019ont pas eu l\u2019esprit assez inventif pour trouver un moyen - de s'affranchir de la tutelle des financiers, tutelle assez peu honorable, et si encombrante par la suite.Que de choses, oui que de choses, nous avons à apprendre des progressistes, SAINT XE. Page 2 LE MATIN, Samedi 24 Juin 1922 VOL.II \u2014 No.22 \u2014 JE SVIS.VN.CHIEN .QVI .RONGE .L'0S.Le Matin POLITIQUE ET LITTERAIRE PARAIT TOUS LES SAMEDIS REDIGE EN COLLABORATION 164, rue Saint-Denis TEL.EST 893 5H Le Matin est une tribune libre pour les esprits libres.Chaque rédacteur est responsable de ses propres articles.NOS LECTEURS NOUS ECRIVENT.Montréal, 15 Juin 1922 Cher Monsieur et Ami, Le 3 juin vous avez fait les honneurs de la premiére pa- sge à un article intitulé \u201cIrresponsabilité\u201d.Avec l\u2019audace un peu spéciale que confère l\u2019anonymat, l'auteur s'attaque à tous les médecins.A l\u2019en croire nous sommes des voleurs, des as- \u2018sassins jouissant de l\u2019impunité et nous suivons d\u2019un oeil indif- férent le convoi de nos victimes.Le 10 juin, dans la même colonne je trouve la reproduction d\u2019un discours que j'ai fait tout récemment.Le \u2018\u201cMüâtin\u2019, cette fois croit devoir faire un éloge enthousiaste de mon humble personne.Je suis un savant, un héros, un patriote.Votre attitude, cher Monsieur, me déconcerte un peu, Je Suis dans la position d\u2019un pauvre diable que des polissons auraient lapidé avec des oeufs pourris et qu'un samaritain compatissant, accouru sur les lieux, couvrirait de roses au lieu de le laver.Je me refuse à demeurer dans cet état.Je vous rends vos roses, débarassez-moi de la malodorante omelette.| Ma science n\u2019a rien de transcendant, mon patriotisme, ne portant pas l\u2019estampille officielle, doit être suspecté; mon courage n\u2019atteint pas le sublime.Et donc ne parlons plus de moi.Parlons de vous et de votre journal.Si j'ai bien retenu le sens de certaine lettre dans laquelle vous m\u2019invitiez à collaborer au \u201cMâtin\u201d, vous rêvez de faire la guerre aux cuistres et de favoriser la liberté intellectuelle.Fort bien.On peut s\u2019attendre alors à trouver dans vos colonnes plus d\u2019un mot violent et des opinions très diverses.Mais je ne vois pas clairement comment on peut faire entrer l\u2019article \u201cIrresponsabilité\u201d dans le cadre de vos activités normales.i Co .Je sais ce que vous allez repondre: \u201cIl s\u2019agit d'une simple boutade.; Relisez bien le poulet.Si le ton ne vous en parait pas trop déplacé mettez-y- l\u2019approbation du \u201cMâtin\u201d.S'il vous scandalise un tant soit peu, répudiez-le.; Tout le monde sera content, surtout votre serviteur.Le seul qui pourrait se plaindre de votre lâchage serait Monsieur \u201cLogic\u201d ; Mais là, entre nous, croyez-vous que son orgueil en souffre beaucoup?Il est facile d\u2019encaisser quand on porte la cuirasse de l'anonymat.; Je vous remercie pour le témoignage d\u2019estime que vous m'avez offert dans vos colonnes et vous serais reconnaissant de vouloir bien en reporter une bonne part sur mes confrères, qui ne vous ont jamais fait de mal si j'en juge par votre aspect florissant! Leo E.PARISEAU N.D.L .D.\u2014 Pour lâcher notre collaborateur \u201cLogic\u201d sur cette question, il aurait fallu d\u2019abord être de son avis.Pour le reste, nous sommes absolument de l\u2019avis du docteur Pari- seau.\u2014 R.M.Mise au point Monsieur le directeur, Au bas de mon article, les \u201cVivants et les Autres\u201d, paru dans votre édition de samedi dernier, vous avez eru devoir ajouter à ma signature ma qualité de président de l\u2019Ecole littéraire de Montréal.Nul doute que cela ne parte d\u2019un bon naturel.Qui ne serait fier de s\u2019entendre proclamer le président d\u2019une institution dons vous seriez l\u2019un des valeureux membres.Mais une question grave s\u2019impose à mon esprit, qui me paraît du plus grand intérêt au point de vue journalistique un directeur de journal a-t-il le droit de modifier, sans la permission de l\u2019auteur, la signature d'un article qu\u2019il accepte de publier ?J\u2019admets que dans le ças présent la liberté que vous avez prise avec moi ne tire à nulle conséquence.Il s\u2019agit d\u2019un articulet sans prétention à la critique littéraire, qui ne saurait faire grand honneur ni grand tort au journal qui l\u2019accueille non plus qu\u2019à l\u2019écrivain qui le fabrique.Mais, tout de même au seul point de vue exactitude, me faire décliner à la suite de mon nom, mon titre de président de l\u2019École littéraire, n'est-ce pas, en somme, me prêter une attitude que je n'ai pas prise?N'est-ce pas, en quelque sorte, un accroc (à peine perceptible) à la sainte vérité?N'est-ce pas exagérer la portée et par suite dénaturer le sens de mes affirmations?Il me plaît, certes, beaucoup que pour votre part, vous n\u2019ayez pas de répugnance à endosser mes humbles remarques Mais ça w\u2019est pas tout.Je lis à la troisième page de votre journal: \u201cLe Mâtin est une tribune libre pour les esprits libres et chaque rédacteur est responsable de ses propres articles.\u201d Malheureux! alors pourquoi, en me faisant partagen avec d'autres la responsabilité de mes opinions sur le régionalisme vous êtes exposé et m'avoir exposé encore davantage aux plus justes comme aux pires reproches?Veuillez me croire, Monsieur, votre dévoué collaborateur et ami.LIONEL LEVEILLE ! ; d'appelés tentent EPITAPHE Pour la Tombe d\u2019Emma Bovary.À ses humbles péchés, donne en passant l\u2019absoute : Le mal d\u2019un siècle fut son mal.Tout l\u2019ennui d\u2019une époque a coulé goutte à goutte Sur son rêve provincial.Bandeaux bombés, rose au chignon, elle était toute La grâce d\u2019un salon claustral, Son fantôme paré cherche encor sur la route Les lumières du premier bal.Fleur pour qui le rucher d\u2019amour n\u2019eut pas une aile Et qui s\u2019étiola dans l\u2019attente éternelle Des rayons espérés en vain, Elle implore de nous un geste de tendresse, A Yimitation du grand geste divin Qui pardonne à la pécheresse, \u2014 A PROPOS DE LA COCAINE LE CALVAIRE DE L\u2019INTOXIQUE En condamnant sévérité quelques trafiquants de cocaïne, il semble que les juges de la 10e chambre correctionnelle de Paris aient voulu, écrit le docteur Henri le \u201cTemps\u201d, montrer qu\u2019ils avaient entendu l\u2019appel lancé de la tribune de l\u2019Académie de médecine, quelques \u2018jours auparavant, par MM.Courtois-Suffit et Giroux, en faveur d\u2019une répression avec Bouquet, dans énergique de ce commerce éminem- Le danger de la cocaïnomanie a pris, en ces der- ment repréhensible.niers temps, une gravité considérable, démontrée par des chiffres of- ficels.Aussi convient-il de revenir sur cette communication de deux médecins particulièrement documentés, non pour exposer de nouveau cette extension du mal, pour en dépister les causes ou insister sur Ja nécessité d\u2019un remède prompt et efficace, mais, suivant le voeu de ces auteurs, pour \u2018\u2018instruire lat jeunesse, mettre le toxicomane de demain en face des dangers qui J\u2019attendent, lui montrer la vanité des rêves qu\u2019il cherche et la déchéance qu\u2019il se prépare\u201d.° Aux paradis artificiels dont tant de s'ouvrir les portes, les rares élus ne jouissent que d\u2019une félicité transitoire.Mal- heuréusement, il est fréquent qu'\u2019elle se manifeste dès les premières tentatives.Contracté, en général, soit par recherche de la sensation \u2018rare et trop vantée, soit par curiosité pure, soit surtout par imitation, le vice cocaïnique n\u2019échappe pas à cette loi.Mise à part, la première prise ou la première piqûre, souvent aussi désagréable que la première cigarette, que tant d\u2019autres suivront cependant, les débuts de l'intoxication sont attrayants ; ils apportent à l\u2019initié une ivresse légère, proche parente de celle que fournit l\u2019alcool, et parfois une lucidité particulière, une activité physique et intellectuelle qui ne manquent pas de charme.Mais aux doses minimes qui les procurent, aucun ne saurait se limiter.Il n\u2019est pas d'intoxication de ce genre où l\u2019état de besoin\u201d se fasse plus rapidement sentir; il est créé souvent en quelques jours.Etat de besoin, c\u2019est-à-dire nécessité absolue, impérieuse, de continuer à user du poi son et à en accroître perpétuellement les doses, car celles par quoi on a débuté se montrent vite insuË- fisantes.Dès lors, les sensations changent d\u2019allure, le bien-être ori- ginel fait place à toute une série de\u2018 manifestations pathologiques qui! vont se dérouler d'autant plus im-! placablement que Yintoxique cherchera sans cesse à les faire disparaître et demandera à ce qui le tue de lui rendre le calme perdu et le bonheur si tôt évanoui.C\u2019est d\u2019abord l\u2019exagération de cette excitation qui jusque-là était modérée et agréable.mane devient Le cocaïno- irritable, agité, batailleur; l\u2019insomnie s\u2019installe à son Charles CLERC.\u2014; chevet, les battements @e son coeur se précipitent, ses oreilles bourdonnent, cependant que son appétit disparaît, que sa vue baisse, que son sens moral s\u2019affaiblit.Phénomènes encore supportables, mais que suivent de prés les hallucinations, révélatrices des désordres les plus graves.Tous les sens y prennent part, et dès l\u2019abord, leur gravité est évidente.Sous sa peau anesthésiée par places, le cocaino- mane gent courir des bétes que, fié- * vreusement, il cherche à capturer.Des animaux étranges, grotesques ou terribles, s\u2019agitent autour de lui et l\u2019assaillent; des scènes invraisemblables passent devant ses yeux, il contemple des théories de personnages imaginaires parmi lesquels il se retrouve parfois lui-même.On chuchote à ses oreilles, on l\u2019accuse, on le menace, on le poursuit.Il se barricade chez lui pour échapper à ces ennemis insaisissables ou s\u2019enfuit dans les rues, au hasard, pour se soustraire à ces terrifiantes hantises, Bientôt les délires, les démences s'installent, l'infortuné a perdu tout sens moral, toute conscience.Glissé aux pires dépravations, il pense au suicide, il songe à tuer ceux à qui il attribue les tourments de sa vie douloureuse.Il est devenu un danger pour lui-même, un danger pour ceux qui l\u2019entourent, un danger pour ses descendants, car, même avant d'arriver à cette phase de déchéance mentale, il a pu procréer des tarés et des idiots.; Et pendant que se déroule cette suite d'accidents psychiques ou sensoriels, les organes les plus essentiels de l\u2019économie sont viciés dans leur fonctionnement.La circulation est la première attente; la nutrition suit de près, les forces disparaissent, l\u2019émaciation devient considérable, et c\u2019est la plupart du temps une loque humaine que recueillent les hôpitaux, les asiles ou les mai- song de santé où l\u2019on s\u2019efforce, trop souvent en vain, de sauver ce pauvre être déchu qui s\u2019achemine vers une mort lamentable.On guérit cependant de la cocaïnomanie, quand on veut bien se soumettre assez précocement à une cure sérieuse de désintoxication ; on en guérit même assez vite; mais on consreve souvent pas mal de symptômes désagréables, pas mal de traces sérieuses de cette grande secousse.Et surtout, combien de ces guéris retournent à leur vice, dès que le prétexte ou l\u2019occasion se présentent! Wies gâchées, cerveaux vidés, santés perdues, tel peut être le résultat d\u2019une heure d\u2019inconscience ou de snobisme, de trop de faiblesse dans la résitsance à la contagion.Comme l'alcool, comme la morphine, la cocaïne ne lâche pas facilement sa proie.Nous avons vu ce qu\u2019elle en pouvait faire.Docteur Henri BOUQUET.(\u201cLe Temps\u201d).ON FETE M.GABOURY Samedi dernier, les employés des Postes ont fêté M.Gaboury, le sympathique Administrateur Divisionnaire du Service Postal, en l\u2019honneur de sa récente promotion.Le midi, une bourse bien garnie et souscrite de tout coeur, lui fut offerte, et le soir, au Viger, un magnifique banquet a réuni un grand nombre d\u2019employés des Postes venus des différentes villes des Provinces de l\u2019Est.M.Gaboury est un homme \u2018qu\u2019un dividende populaire comme il y en a peu, et ses subalternes ne peuvent se défendre de l\u2019apprécier à sa juste valeur, puisqu\u2019il possède un coeur d\u2019or toujours prêt à donner un coup d\u2019épaule à qui en a vraiment besoin, à rendre service au plus humble de préférence au mieux favorisé et cela, avec un réel désintéressement.Par ses qualités personnelles d\u2019urbanité, d'initiative, de dévouement, de travailleur tenace, sans cesse sur la brêche, M.Gaboury parti du dernier échelon est parvenu au faite de l\u2019échelle des Postes, et tous s\u2019accordent à dire \u201cça lui était dû.\u201d Nous nous joignons à ses nombreux amis pour lui offrir à notre tour, nos plus chaleureuses félicitations pour sa haute position si justement acquise.AVOCATS Gonzalve Desaulniers Avocat 92 (est) rue Notre-Dame Tel: Main 2656 MITCHELL, CASGRAIN & Cle MM.R.B.Angus 187, rue St-Jacques C.R.PEKKON & CIE Hosmer 11, Plage 4\u2019'A mes.Wm.McMaster Lt.-Col.Herbert M.C.ELLIOTT & DAVID 189, rue St-Jacques, ouest, BEIXIUBIEN & LAMARCHE Rue Notre-Dame, 59, eusst.Telephone Est 2205 JACOBS, HALL & Cle Rue Craig, $3, suest.PETER BERCOVITCH Rue St-Jaoques, 389.DESSAULLES, GARN EAQ & Cie Rus Notre-Dame.13.suet.BANQUE DE MONTREAL Capital souscrit $27,250,000 SIR VINCENT MEREDITH, BART., Président SIR CHARLES GORDON, G.B.E., Vice-Président Lord Shaughnessy, K.C.V.OH.R.Drummond D.Forbes Angus Harold Kennedy SIR FREDERICK WILLIAMS- TAYLOR, Directeur-Général SIEGE PRINCIPAL: MONTREAL Succursales dans toutes les v du Canada (Angl.), Paris (France), New York, Chicago, San Francisco, Spokane et la ville de Correspondents dans toutes les parties du monde.Fonds de réserve $27,250,000 Actif Total $653,869,071.21.BUREAU DE DIRECTION MM.H.W.Beauclerk G.B.Fraser Son Honneur Henry Cockshutt J.H.Ashdown E.W.Beatty, K.C.Sir Lomer Gouin, K.C.M.G.Gen.Sir Arthur Currie, G.C.M.G, K.C.B.Molson, C.M.G., illes et cités importantes et de Terreneuve.Bureaux à Londres Mexico.| = ROLAND MAILLET Edifice LA SAUVEGARDE Main 2656 DENTISTES BROWN & CIE Rue St-Jacques, 145 Docteur Edouard Latour Chirurgien-dentiste FONTAINE & DESJARLAIS AVOCATS 51 St-Jacques.Tél.Main 977 389 RUE ST-DENIS Tél.Est 238 ALBAN GERMAIN, C.K.92 NOTRE-DAME EST Tel.Main 30L 2 ST-DENIS Vis-a-vis le carré Viger Dr.Martial Durand Chirurgien-dentiste Tél.Est 1695 MONTREAL F.X.LENOIR MARCHAND-TAILLEUR 161 Rue St-Denis MONTREAL HENLEY WEINFIELD 120, &Et-Jacques \u2014 Main 3294 LA BANQUE D\u2019EPAR- GNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTREAL.Avis est par le présent donné de deux dollars cinquante cents par action, sur le capital appelé et versé de cette institution, a été déclaré et sera payable à son bureau principal, à Montréal, le et après lundi, le trois juillet prochain, aux actionnaires enregistrés jeudi le quinze juin prochain, à trois heures p.m.Par ordre du Conseil d\u2019administration.Bureau tél.est 9342 Garage Savard Réparage, storage, lavage OUVERT JOUR ET NUIT CHAR DE SERVICK 7 à 55 St-Timothée, A.-P.LESPERANCE, Gérant-général.(près Craig), Montréal Montréal, le 29 mai 1922.46 NOTRE-DAME OUEST, MONTREAL L.Ad.MORISSETTE Dessinateur, Graveur, Imprimeur EDITEUR d'ouvrages de luxe pour le ILLUSTRATEUR pour Institutions Publicite Clergé et les religieuses, le Commerce et la COURSES PARC DELORIMIER COURSES REUNION DU PRINTEMPS 26 JUIN AU 3 JUILLET INCLUSIVEMENT Sept courses tous les jours.Beau ou mauvais temps.LES BELLES FOURRURES DU PRINTEMPS Nos nouvelles séries contiennent les modèles les plus récents et les plus distingués, depuis la gracieuse petite cravate en taupe jusqu\u2019au luxueux tour de cou en renard ou en vison.EMMAGASINAGE DES FOURRURES La maison se charge de l\u2019entretien et de la conservation des fourrures qui lui sont confiées par sa clientèle.CHAS.DESJARDINS & CIE, Limitée 130, RUE SAINT-DENIS CHEMIN DE FER DU GRAND-TRONC Nouveau service effectif le 25 juin 1922.MONTREAL SHERBROOKE Train No 16 32-12 15 Tous les jours Ex.le di.Tous les jours Laisse Montréal.8.35 a.m.5.00 p.m.8.30 p.m, Arr.a Sherbrooke .12.30 p.m 8.27 p.m.12.05 a.m, Train No 15 11-31 17 Tous les jours Ex.le di.Tous les jours Laisse Sherbrooke .\u2026.3.15 a.m.8.05 a.m.3.00 p.m, Arr.a Montréal.7.05 a.m.11.26 a.m.6.50 p.m.EQUIPEMENT Confort sur tous les trains.Char parloir sur les trains 16 et 17.Sur le train No 15.\u2014 Pullman et char parloir entre Sherbrooke et Montreal \u2014 peut être occupé a Sherbrooke a 9.30 p.m.Char parloir aussi sur le train 32-12, Pour plus amples informations regardant les achats de billets et réservation, etc, s'adresser à M.O.DAFOE, agent de ville des passagers, 230 St-Jacques, Montréal.Tél.Main 3620.A.M.STEVENS, agent de billets et des trains de pass., No 1 rue Marquette, Sherbrooke.Tél.88.17-24-1-8, H.E.Bourassa Ltée INGENIEUR MECANICIEN Réparations générales d'automobiles, SPECIALITE: Pièces de rechange, roues d'engrenage et ree tification des cylindres.res [Cylinders Reground].1495 NOTRE.NAME EST.\u2014 ino.A Achetez =i Cun Canadian Gramophone & Piano Go, 248 St Catherine E.A.A.GAGNIER, Gérant.Tél.E.3539 Vos disques et Graphophone des principauxdépositaires de Le songe de René Bazin Monsieur Satan, Dieu vous le rende! Grand merci, monsieur l\u2019Aumônier! La Fontaine.M.René Bazin, devant sa table de travail, songeait.Il venait de terminer un nouvel ouvrage: \u201cLes Quatrième Oberlé\u2019\u201d.En écrivant, au bas de la dernière feuille, le mot \u201cfin\u201d, il avait soupiré d\u2019aise, satisfait de voir son pensum achevé.Mais, maintenant, l\u2019avenir le tracassait.Les affaires n\u2019allaïent plus.L\u2019éditeur se plaignait.Depuis la guerre il ne vendait presque point de romans de Bazin.Le public leur préférait des ouvrages .profanes, des récits militaires composés en argot par des: gens qui n\u2019étaient même pas de l\u2019Académie.Des malins comme Henry Bordeaux avaient su s\u2019adapter.Tout le monde n\u2019a pas cette souplesse, Et puisque la vraie clientèle de M.Bazin, celle des jeunes filles de province, le délaissait, le pauvre homme, angoissé, pouvait se demander de quoi demain serait fait.De plus notre auteur, esprit timoré, croit aux présages.Or, le matin de ce méme jour, en allant acheter le \u201cPetit Journal\u201d, il avait cru apercevoir de loin Anatole France.Selon M.Bazin, il ny a pas de doute : Anatole France, c\u2019est l\u2019Antéchrist, le Malin lui-même, paru sur terre pour la perditien du chrétien.Cela, c\u2019est une certitude formelle qu\u2019il affirme à qui veut l\u2019entendre.\u2018Cette rencontre l\u2019avait naturellement effrayé, et il y voyait l'avertissement occulte d\u2019un malheur.M.Bazin, tristement, quitta son bureau: Il soupa de fort mauvais appétit et fut se coucher sitôt après, Il affermit sur sa tête son bonnet de coton, joignit les mains et s\u2019endormit.C\u2019est alors qu\u2019il se sentit violemment tiré par les pieds et entraîné à travers les espaces, à toute vitesse.I] ferma les paupières.D'abord il eut froid, comme s\u2019il eût plongé au travers des mers profondes.Puis il eut chaud, comme dans le cratère d\u2019un volcan.Enfin, il entendit des murmures, des cris, et il rouvrit les yeux.Il se vit au milieu d\u2019une immense excavation souterraine.Des stalactites d\u2019albitre descendaient de la voûte, qu\u2019on ne distinguait pas, tant elle était élevée au- dessus du sol.Une population fantastique groulilait de toutes parts: démons a trois cornes, singes a faces humaines, gouges nues, incubes, spectres, lutins.Et tout cela criait, hurlait, sifflait, grincait.Ce monde fantastique, cette caverne sans limites, s\u2019illuminaïent d\u2019une lumière rouge, éclatante, dont on ne découvrait pas la source.Chaque chose, chaque être, semblait lumineux par lui-même.M.René Bazin éprouva de la confusion à se voir en chemise de nuit et avec un bonnet de coton dans un lieu si fréquenté et si vivement éclairé.Il aperçut en face de lui un trône supporté par neuf degrés d\u2019or.Et sur ce trône était Satan.L'écrivain le reconnut tout de suite, parce qu\u2019on ne pouvait s\u2019y tromper.Car le diable portait son uniforme: maillot écarlate, souliers à la poulaine pour la commodité des griffes, bonnet à deux pointes avec la plume de coq au milieu.Il parut à M.Bazin plus grand que Ja colonne Vendôme et plus effrayant encore que la description que les Saints Pères font habituellement de Belzébuth.Ce n\u2019était pas, à bien le regarder, une créature de chair, mais du métal en fusion dans un moule translucide.Ses yeux brillaient comme des phares, et regardaient Bazin.Le bonhomme se mit à trembler.Il ôta par déférence, son bonnet de coton, baissa la tête et attendit.Un rire formidable éclata, rire de tout l\u2019enfer amusé d\u2019un tel hôte.Mais Satan, de son sceptre en forme de phallus, frappa la terre, qui sonna comme une cloche, et le silense se fit.; \u2014\u201cTu es ici, dit le diable, parce que j'ai eu pitié de toi.Tes peines me sont connues; je veux t'aider.Tu as, il est vrai, passé ta vie à me combattre.Mais aucun de mes sectateurs ne m\u2019a rendu autant de services que toi.Tu es semblable à la mouche du sanctuaire qui écarte les fidèles, L\u2019odeur fade de tes écrits à fait mépriser la sacritie.Tu as su éloigner de l'Eglise, par ta façon de la défendre, bien des esprits qui penchaient |\u2026 vers elle.Je te remercie de ton oeuvre.En ce siècle où la jeunesse semble chercher une foi, tu l\u2019as detournée de Dieu en voulant l\u2019y conduire par de pieuses aneries, Les oeuvres de tes mains ressemblent à ces images que vendent les marchands de Saint-Sulpice et que méprisent les gens de goût.De quoi je fais mon profit.Souvent j'ai pensé que tu étais des nôtres.Mes ministres m\u2019ont détrompé.Satan est juste, sache-le bien.II récompense toujours ceux qui l\u2019ont oblgié.\u201d M.Bazin s\u2019indignait intérieurement des paroles du Démon.Mais il y discernait une promesse.C\u2019est pourquoi il n\u2019interrompit point l\u2019Ange du Mal, et aussi parce qu\u2019il avait peur.\u2014\u201cOn m\u2019a dit, continua le Diable, que ton crédit baissait dans le monde, qu\u2019on ne lisait plus tes écrits, que tu devenais, pour les catholiques eux-mêmes, un objet de risée.Ta fortune décroit; ta gloire s\u2019efface, et je t\u2019ai déjà fait comprendre qu\u2019à ce jeu-là je perds autant que toi.C\u2019est pourquoi je te rétablirai dans ta splendeur.J'augmenterai ta renommée; tous les peuples chériront tes ouvrages; je te porterai au pinacle.Et je ne te demande que de continuer à faire.ce que tu fais, d\u2019écrire comme tu écris.Mais je veux désormais que tu me serves, non plus malgré toi, mais volontairement, et que tu me rendes hommages, comme un bon domestique.\u201d La-dessus, Satan toucha M.Bazin de son sceptre.La caverne et les diables, tout disparut.Puis le Prince des Ténèbres et l\u2019Académicien en chemise se trouvèrent ensemble, et seuls, au faite d'une mentagne, A leurs _ (pieds la Terre, toute la Terre, avec les mers, les fleuves et les villes.Et dans l\u2019Univers étalé en entier de la sorte, M.Bazin apercevait chaque objet dans son plus petit détail.\u2014\u201cRegarde, dit Lucifer.Vois-tu Paris?Vois-tu les boutiques des libraires?Considère ces piles de livres qu\u2019apportent des chariots.A Londres, à Madrid, à Rome, à New-York, n\u2019observes-tu pas la même chose ?{Ces millions de volumes que s\u2019arrachent les foules, ce (sont tes oeuvres, Bazin.Ces gros navires, la, sur l\u2019Océan, en ont leur pleine cargaison.Tout cela est réel, tout cela continuera de s\u2019accomplir, si tu veux être à moi.Si tu ne veux pas, n\u2019attends plus rien que ta ruine.Accepte ou refuse.\u201d Et M.Bazin regarda s\u2019entasser, par centaines et par milliers de tomes ses oeuvres complètes.Il vit l\u2019édition des \u201cQuatrième Oberlé\u201d enlevée d\u2019assaut dans chaque pays; et il sourit.Alors le Diable plia les genoux, comme pour s\u2019asseoir sur le rocher; et M.Bazin, qui savait, pour l'avoir lu dans les livres, comment l\u2019on scelle les pactes avec Satan, lui baisa la fesse.Ce fut à ce coment-là qu\u2019il s\u2019éveilla, la tête au pied du lit, les orteils sur l'oreiller, et son bonnet de coton entre ses mains.PIERRE BILLOTEY, (Les grands hommes en liberté), VOL.II \u2014 No.22 LE MATIN, Samedi 24 Juin 1922 Page 3 CHRONIQUE MEDICALE La Cocaine D'où elle nous vient Les Indiens peuvent se vanter de nous avoir fait connaître une quantité de substances possédant de curieuses propriétés.C\u2019est le tabac, dont on sait assez les effets, c\u2019est le curare, dont un rien injecté sous la peau paralyse petit à petit tous les muscles en laissant le cerveau intact; c\u2019est la coca ,dont les feuilles contiennent une substance ayant la curieuse propriété d\u2019endormir la sensibilité des muqueuses et des régions cutanées où on Yintroduit, tout en surexcitant les facultés cérébrales.Les Indiens sent de remai- quables botanistes et de savants préparateurs de poisons.Ils on délaissé Jeurs flèches depuis de nombreuses années, teur flèches dont la pointe imprégnée d\u2019un liquide mystérieux donnait la mort à ceux qu\u2019elles blessaient.Lorsque ce poison se préparait par la cuisson d'herbes multiples, les vapeurs tuaient infailliblement le préparateur.Aussi était-il de mode de choisir pour remplir cet office la femme la plus âgée de la tribu.C\u2019était, paraît-il, un honneur et une grande joie pour la vieille squaw, que de terminer ainsi son existence.Je suppose qu\u2019à présent le chmiste indien opère sous la protection d\u2019un masque à gaz, ce qui est préférable pour la conservation de sa race.Sa race, les blancs venus d'Europe Pont dépouillée et décimée.Elle leur a rendu la pareille, sans le savoir peut- être, en leur apprenant à se sevir des poisons, qu\u2019elle connaissait.Ce ne serait rien d\u2019en faire un usage modéré, mais, par malheur, beaucoup de rapidement leur intelligence d\u2019abord, leur corps ensuite.La coca, très cultivée en Bolivie et au Pérou, contient cet alcaloïde plus redoutable que l'alcool, la cocaïne.Ses vertus Les Indiens on évélé aux explorateurs les vertus de la feuil le coca.Quiconque en mâche éprouve tout à coup une singulière sensation.Le goût en est amer, c\u2019est ce qui frappe tout d\u2019abord, et puis l\u2019insensibilité envahit toute la muqueuse buccale.La langue, cet organe tactile et gustatif perfectionné, et le palais, et toute la bouche perdent Jeurs précieuses qualités.Ils conservent une vague notion du toucher, mais ne réagissent plus aux autres influences, le goût et la douleur.Ils sont \u2018\u201cde bois\u201d, disent ceux qui mâchent la coca et ceux dont on insensibilise la bouche à Ja cocaïne avant une intervention chirurgicale.La salive entraîne une certaine quantité de l\u2019anesthésique vers l\u2019oesophage qui devient \u201cde bois\u201d, lui aussi Lorsqu\u2019il est insensibilisé à son tour, il arrive fréquemment que l\u2019on ait l'impression de ne plus respirer, parce que l\u2019on sent plus le contact de l\u2019air sur la muqueuse pharyngienne.Et puis la muqueuse stoma- chale est touchée, la faim est endormie, ce qui est tout naturel.Le poison enlève aux autres muqueuses les qualités qui leur sont propres, l\u2019odorat à celle du nez, le goût à celle de la bouche, la sensibilité ou la douleur à toutes les deux.Il endort l\u2019estomac en le privant du pouvoir, qu\u2019il possède, de réveiller l'appétit, mais par contre calme les douleurs dont il lui arrive d\u2019être le siège.Lorsque la cocaïne \u2014 c\u2019est à elle que sont dus tous ces phénomènes \u2014 a pénétré dans la circulation, quelque chose de plus remarquable, de plus troublant encore se passe.Les té lumineuse, les conclusions se précisent, les impressions anciennes renaissent comme datant de la veille, le cerveau devient inventif, il plane au-dessus des autres et de ce qu\u2019il était lui-même.Les hésitations, Jes contrariétés,les imprécisions s\u2019atténuent et puis disparaissent.La navire qui vogue sur la mer calme sous un ciel éblouissant de lumière n\u2019apparaît pas plus nettement que la pensée dégagée des entraves qui l\u2019obscurcissent d\u2019ordinaire.Une substance capable d\u2019une action aussi remarquable sur les facultés cérébrales ne pouvait manquer de séduire les intellectuels désireux de se soustraire aux banalités de l\u2019existence.Aussi est-ce parmi eux que se rencontrèrent les premiers cocaïnomanes.A côté de sa mystérieuse influence sur les fonctions cérébrales, la cocaïne en possède une autre, qui, agissant sur le système nerveux et musculaire, exagère leur puissance.Malheureusement, l\u2019usage devient vite l\u2019habitude et l\u2019habitude, l\u2019abus.Ainsi apparaît la cocaïnomanie avec ses dangers.Ses dangers La cocaïne a ses comme l\u2019alcool, le tabac et la morphine.Lorsqu\u2019on abuse d\u2019elle, les troubles les plus graves peuvent se produire et se produisent d\u2019ailleurs certainement.Ceux à qui Pon a di faire des pigûres de cocaïne, pour l\u2019extraction de dents par exemple, ont peut-être .ressenti des symptômes désagréables, inquiétants même à la suite de ces interventions bénignes: l\u2019angoisse, le délire léger, la surexcitation cardiaque, la tendance à la syncope, l'incapacité complète du mouvement.Il n\u2019y a pour supporter cette intoxication rien à faire d\u2019autre que se reposer couché tout de son long et at- dangers, exactes, ; Chez les personnes sensibles, ces symptômes peuvent s\u2019exagérer et déterminer la mort.Aussi la médecine pres- crit-elle dans l\u2019emploi de la cocaïne en injection sous la peau qu\u2019il est bon de suivre.Elles et les muqueuses des règles, doivent, quel que soit le cas, fût-ce la simple extraction dentaire, être pratiquées sur le patient couché et de telle façon que lors de l\u2019incision au bistouri ou de l\u2019extraction dentaire une bonne partie du liquide anesthésiant s\u2019échappe par l\u2019ouverture artificielle, autrement dit que Jl\u2019absorption du médicament soit réduite au minimum.Mais ceci est, dire, un empoisonnement honnête, par opposition à l\u2019intoxi- cation profonde, à laquelle se préparent les malheureux que la faiblesse et la débauche ont rendus maniaques.Ils se font rarement des piqûres, se contentant de priser des poudres de compositions diverses contenant, mélangé à une poudre inerte, tout au moins inoffensive, du chlorhydrate de cocaine, Les sensations agréables intellectuelles et physiques qu\u2019ils éprouvent, les enchantent.Leur nature faible ou tourmentée trouve la vigueur ou le calme dans le poison tentateur.Ils s\u2019y accoutument rapidement, sa privation leur est pénible, insupportable même.Elle amène le délire et la faiblesse corporelle, comme la morphine chez le morphinomane.En fin de compte, les cocainomanes sombrent dans la folie, tandis que leur coeur, touché irrémédiablement, s\u2019achemine vers la dégénérescence et l\u2019arrêt fatal.La manie de la cocaine se prend très aisément.Quand on a éprouvé une fois ses effets \u2018étonnants, on y revient chaque jour.Tel étudiant qui se l\u2019injecta avant de se présen- si l\u2019on peut.user, tant les sensations pro- | duites en lui ont été prenantes.Tel autre égaré dans un de ces établissements où l\u2019on y prise, y revient chaque jour pour retrouver la lucidité, la force et le bien-être, que procure le coca.Les intellectuels, parce qu\u2019ils savaient, ont été ses premières victimes.Actuellement il semble que le monde où l'on s\u2019amuse et le demimonde lui paient le plus large tribut.On ne peut que réprouver de toutes ses forces la conduite des wens sans honneur, cil vendent le terrible poison.Ce sont des criminels, qui savent rar\u2018ait.ment ce qu\u2019ils font et ne méritent aucune excuse.Dr Pierre Schuind.Chemin de fer du Grand- Tronc CHANGEMENT D\u2019HORAIRE Un changement dans le traffic des passagers sera fait le 25 JUIN 1922 Les informations sont maintenant entre les mains des agents.Cour Supérieure, province de Québec, district de Montréal.No 3642.Salluste Lavery et Maurice Demers, membres dûment en règle du Barreau de la province de Québec, faisant affaires tous deux à Montréal, district de Montréal, sous le nom et la raison sociale de \u201cLavery & Demres\u201d, tous deux des cité et district de Montréal, demandeurs, vs James William Walker, des cité et district de Montréal, défendeur.Il est ordonné au défendeur de comparaître dans le mois.Montréal, 17 mars 1922.T.DOCTEURS Téléphonez Est 7580 pour comsal- tation.Or J.M.E Prévost Des Hôpitaux de Paris, Londres, New-York.Spécialité des maladies aigues et chroniques de l\u2019Estomac, des Reina, de la Vessie et des Organes Génitaux de l\u2019homme et de la femme, aussi Maladies Vénériennes et complications.460 Rue St-Danis.MONTREAL.Tel.Est 6958 Or, Albéric Marin Des Hôpitaux Militaires Vénériens, France, AnSleterre.Traitement des maladies de la peau, voies urinaires, syphilis, Consultations: 2 à 5, 7 à 9.295 RUE SAINT.DENIS.Tél.Bell Est 5487 WILLIAM HAYNES Armurier et Mécanicien Marchand d\u2019Articles de Sport Spécialités: Chargement sur commande de cartouches de cal.4 à 44.La célèbre poudre anglaise sans fumée.237 AVE HOTEL DE VILLE MONTREAL, Tél.Main 2287 Rés.Kockland 349 |, J.E.C.DAOUST ARCHITECTE Diplome de VA.A.P.Q.successeur de GAUTHIER & DAOUST 180, RUE SAINT-JACQUES MONTREAL Le journal! le \u201ctialin\u201d est publié par la compagnie de publication le \u201cMatin, limitée\u201d, ayant ses ateliers au No 71la, Saint-Jacques, et son bureau En vente dans toutes les pharmacies et librairies 0 SOUS LE CAHIER DE 32 DIVISIONS SORE RR! 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Vous voyez.Je sais bien que la plupart de ces pamphlétaires étaient d\u2019honnétes gens, que, le plus souvent, ce n\u2019était pas la haine, le dépit ou l\u2019envie qui les faisaient écrire, qu\u2019à côté de la haine, très apparente dans leurs écrits, paraît, d\u2019ordinaire, la Vérité, mais, leurs assertions, il faut les tourner, les retourner, les palper, avant de les tenir pour vérités d\u2018évangile.Et donc, si Valdombre joue le justicier, il faut chercher les motifs de ses jugements (exaltation éternelle, goût du mot violent etc.) et ne pas croire tout de suite qu'il parle par sainte indignation.Co Il y a autre chose encore.Et cette fois, à l'honneur du pamphlet.La critique modérée, le plus souvent, est terne et insipide.Le plus souvent, car Faguet et Lemaître, et Sainte-Beuve, et Taine, et Rémy de Gourmont (mais oui, ce fut, très souvent, un modéré) qui à leurs heures furent des violents, sont oin d\u2019être toujours ternes et insipides.Et puis la critique modéré a plus de préjugés que la critique véhémente.D: \u201c1oins, autant.Ils sont innombrables, les vieux clich \u2018- \u2019A-nule depuis vingt ans, quarante ans, la criuiuue universitaire et sorbonnarde.(Et ce qu\u2019elle dit des fades et déclamatoires Nuits de Musset, de Baudelaire, de Mallarmé, de Verlaine, de Saint-Amant, de Théophile de Viau.) Ils se lèguent de père en fils leurs vérités éternelles.Ils sont les conservateurs officiels des chefs-d\u2019oeuvre, qui, par leur faute, moisissent dans leurs toiles d\u2019araignée.Oh! les professeurs! Heureusement qu\u2019il en est d\u2019intelligents, Je ne sais pas si Valdombre admet qu\u2019il soit des sorbonnards intelligents: mais les sorbonnards, avec crainte, il est vrai,admettent bien qu\u2019il est des pamphlétaires intelligents, Tandis que la critique véhémente est rarement terne (bien que les éreintements méthodiques des petites revues soient extrêmement gris) qu\u2019elle roule des images, des épithétes voyantes, et qu\u2019elle parle pour être entendue À dix ieues, : ; ; tendre.Le pamphlétaire a moins de chance, le plus souvent, d\u2019atteindre la vérité que le sorbonnard: il exagère trop, et le pamphlet est à la critique modérée ce qu\u2019est la caricature, même admirable, à la photo, même peu ressemblante.Je préfère la caricature, mais c\u2019est goût artistique, et je ne jugerais Barbeau ou Loranger d\u2019après les charges qu\u2019en a faites Valdombre.Le pamphlétaire a moins de chance d\u2019atteindre la vérit§, mais il a plus de chance de se faire lire.Heureusement qu\u2019un pamphiétaire, s\u2019il a du talent, on l\u2019admire, sans se soucier trop de quoi il parle; qu\u2019un sorbonnard bon écrivain (il en fut) on écoute d\u2019abord ce qu\u2019il dit.Une autre chose.Chercher minutieusement la vérité, lire un livre attentivement, le regarder à la loupe, réfléchir avant d\u2019en parler, en inventorier les puces, si on veut être ridicule, c\u2019est un travail plus fatiguant que de se monter peu à peu, et d\u2019écrire, tout d\u2019une traite, une page véhémente, fut-elle sublime.Le pamphlet a de grands avantages, et, surtout, on le lit (dans les pays où on lit) et on l\u2019achète.Les souvenirs de Léon Daudet se vendent mieux que les Promenades littéraires de Gour- mont.Mais nous sommes au Canada.Aucun de nos écrivains n\u2019est sorti du deuxième et même du troisième rang.C\u2019est malheureux; mais il faut bien l\u2019admettre.Et jégçrois bien que tout le monde l\u2019admet.) Maintenant songez à un pamphlétaire qui se lance parmi ce troupeau de moutons.S'il se met à les tondre, il ne restera rien; s\u2019il se met à les louer, de ces moutons, il ne fera jamais des lions.Sa position est dangereuse.Et pourtant nous avons vu et nous voyons ce spectacle.Barbeau, qui n\u2019est pas tout à fait un pamphlétaire, et qui se contrôle, nous en avait presque donné une première épreuve.Mais ce n\u2019était pas encore tout à fait ça.Aujourd'hui, nous voyons Valdombre.II Il n\u2019y a pas une éternité que je le connais.Je le regrette.Mais il écrivait dans les journaux politiques, et je ne lis guère les journaux politiques., C\u2019est Barbeau qui me fit connaître Valdom- bre (mais oui Grignon, c\u2019est comme ça.) Et il me conseilla de lire l\u2019article sur Lozeau critique, qui venait de paraître dans la \u201cMinerve\u201d Je lus l\u2019article, qui me plut malgré les éternels tics de Valdombre: il disait ce qu\u2019il fallait dire.Mais peu après, ce fut les articles du \u201cNationaliste\u201d et surtout son éloge de Ferland.Brrr.il aurait voulu ridiculiser un homme à tout jamais qu\u2019il n\u2019aurait pas fait mieux.Le poète du \u201cCanada chanté\u201c le poète des lieux communs et des expressions toutes faites, Le poète des ouaouarons (petite machine sentimentale, uniquement sentimentale, écrite en vers ronflants) le poète cité dans les \u201clectures courantes\u201d et les \u201cManuels de grammaire\u201d, Albert Ferland devenu le Captif Albert Ferland | C\u2019était vraiment très drôle, Heureusement que Valdombre sut découvrir, enfouis dans ces plaquettes, deux beaux vers: Entends-tu paysan la chanson des çcorneilles.De leurs bras ténébreux appellent la lumière.Je goûtais Valdombre: après cet article, je ne Je prie plus au sérieux et je le tins pour un pince-sans-rire lyrique.IIT Et voici ce que j\u2019écrivais, après avoir lu son pamphlet, On verra que je ne prenais pas au sérieux Valdombre, Et, chaque fois que je lis pour la première fois un de ses articles, c\u2019est ainsi, Valdombre ne veut plus être le Mendiant ignoré, Valdombre abdique, D\u2019ailleurs, il n\u2019avait guère régné.Valdombre en a assez.Barbeau s\u2019en va, Valdombre veut le remplacer.Et le moyen: tomber Barbeau, Depuis des mois je suppose, il préparait son pamphlet, Comme tout le monde Valdombre ne dédaigne pas la réclame; le \u201cNatlonaliste\u201d, par ces petites notes élogieuses et lyriques, s\u2019est chargé de lui en faire, Valdombre, Barbeau parti, écrira une demi- douzaine de pamphlets, et, vous verrez peu à peu son ardeur diminuer; et, en gants blancs, en habit, ce Pauvre (avec une majuscule) avant de partir pour l'Europe nous donnera une conférence d\u2019adieu, extraite du fameux journal qui ne manquera pas d\u2019étonner nos contemporains intitulé Mensonges, où il glorifiera, comme il sied, Jeo rands Gaptifs, Ferland et Beauchemin, Veldombra n\u2019est plus le Mendiant ignoré, ter à l'examen continue à en Qui le remplacera?Lorsque j'ai lu pour la première fois les en- guelades de Valdombre (ici, m\u2019exaltant, je ne dis Pas tout à fait la vérité) je me demandais quelle Muller et Reboux, ennemis de Léon Bloy, avaient commis ces incohérents \u20184 la maniére de.\u201d Léon Bloy.Puis, en critique modéré que je suis, je trouvai du talent à Valdombre: il abuse tant de la métaphore qu\u2019il en trouve de très belles, il est tellement lyrique qu\u2019il a de grandes envolées, il lance tellement à tort et à travers, ses épithètes sonores, ordurières et scatologiques que, parmi ce fumier, selon le bon vieux cliché, il se rencontre des pièces d\u2019or.Mais on se lasse vite de l\u2019exaltation continue les oreilles se fatiguent vite d\u2019entendre hurler, et je n\u2019ai plus lu Valdombre.Je l\u2019ai connu, sa passion continuelle, et ces gestes effrenés, je les ai goûtés un moment, et ses articles, je me les suis lus, m\u2019imaginant les Jui entendre gueuler.C\u2019est un spectacle qui amuse.Et ses tics, ses éternelles Majuscules, ses mots en italique, ses phrases obscures m\u2019amusèrent.Car Valdombre est très amusant, il n\u2019est peut-être, même que cela.Il feint de se prendre au sérieux, et l\u2019on s\u2019y trompe.Il dit qu\u2019on fait autour de Valdombre, comme on fit autour de Vil- liers et de Bloy, la conspiration du silence.Ne vous y laissez pas prendre: lorsque Valdombre se plaint, c\u2019est qu\u2019il prépare un éreintement.Valdombre est un homme tres amusant et, aussi, très adroit, Vous verrez ce jeune homme ira loin.Il a sans doute ambitionné, comme tout le monde d\u2019être le Critique (avec une majuscule encore) des exotiques.La place était prise.Mais le voilà qui fait des mamours aux régionalistes.Ue jeune homme ira loin.Mais aussi prévoyons qu\u2019auront peur du loup dans la bergerie, les moutons.Car, n\u2019est-ce pas, et tout le monde le sait, on ne gueule que pour attirer la foule dans sa baraque (ô le Pare Dominion de mon enfance!!!) Barbeau avait répondu à son article de I'\u201cAvenir du Nord\u201d par une petite note assez sévère et que je trouve assez juste, ayant l\u2019horreur du tam-tam et de la grosse caisse.Valdombre s\u2019est faché du moins il veut nous le faire croire, et pour employer une expression qu\u2019il adore, sur Barbeau en habit noir et en gants blancs, il verse un vase d\u2019eau sale.C\u2019est le commencement de la fin, le dernier poteau de la piste.Valdombre approche.Il se démène, mais il approche et, à son tour, il sera la vieille-barbe que devient tout le monde.Or voit maintenant clair dans son jeu.Je m\u2019amuse à dénigrer un homme qui n'a peut-être pas des intentions aussi noir (Non, sûrement; et Valdombre est l\u2019homme le moins pratique du monde, Mais, que voulez-vous, je m\u2019amusais à écrire un article voilent).Mais je vous répète que je ne crois guère à la sincérité de ceux qui jappent ou qui beuglent.Par ironie, et à la façon de Paul-Louis, Val- dombre dit toujours le contraire de ce qu\u2019il veut prouver, Il affirme, avec emphase et de grands gestes,de grands éclats de voix, que l\u2019abbé Groulx Gallèze, Dreux, le juge Rivard, le frère Victorin, Beauchemin, Lamontagne ne traîneraient jamais leurs brillantes bottes sur les planches de la popularité accablante.Valdombre veut rire.Il sait bien que les ré- glonalistes, comme les autres, aiment qu\u2019on parle d\u2019eux, qu\u2019ils adorent la réclame.Et ce n\u2019est pas eux qui dédaigneraient de faire une conférence, qui refuseraient un article élogieux, Rappelez- vous la \u2018Soirée des poètes\u201d et celles des prosateurs, sur les programmes desquelles se lisaient les noms de Dreux, Gallèze, Lamontagne, Val- dombre, Ferland, Valdombre insinue (il le dit plutôt ouvertement, je crois) que Barbeau généralise toujours ses critiques, Ici encore Valdombre veut rire.On voulait rire dans l'article du \u2018\u2018Nationaliste\u201d signé Kalomel, et qui sentait son Valdombre à dix lieues, Il sait bien que Barbeau généralise ou spécifie, comme lui-même, quand ça lui chante, il sait bien que Barbeau se cache sous un pseudo bien connu, comme lui, sous un pseudo moins bien connu, Hélas! Tout cela est bien drôle et serait encore plus drôle si Valdombre était sérieux.Barbeau est quelque peu arrivé \u2018\u201cValdombre lui tombe dessus.Quand tout le monde l\u2019attaquait on me dit que Valdombre le louait.Notre petit monde de lettre est bien ridicule, qui singe ainsi les dégoûtantes moeurs littéraires de France, Et je pourrais dire à Valdombre, si je ne savais pas Dépatie, député-protonotaire.d'administration au No 1627 LE MAGASIN DU PEUPLE MONITREAN rue Saint-Denis.| qu\u2019il s\u2019amuse, qu\u2019il est beaucoup plus petite revue que Barbeau.La petite revue est le plus souvent, envieuse, et les gens arrivés la dégoûtent.Charmantes moeurs! Valdombre joue au croquemitaine, il joue aussi au socialiste, il dédaigne les salonnards et les jolies bas-bleues.Fi! que c\u2019est vilain, M.le Vicomte.Et vieux jeu.On ne parlé mal que de ce qu\u2019on connaît mal.Mais, souvenez-vous, Valdom- bre s\u2019amuse.Il s\u2019affuble d\u2019une salopette, il salit ses doigts, et il gueule contre les richards, il feint d\u2019être envieux, et fait, pour se distraire, l\u2019éloge des pieds crottés et de la boue.Mais attendez, et, vous verrez Valdombre, le pontife du régionalisme débiter, d\u2019une voix suave, une conférence exquise, en habit noir et en gants blancs.J\u2019ai lu l\u2019autre jour, par une soirée de pluie, à un ami, qui est très sceptique, l\u2019éloge lyrique que Valdombre a fait de Ferland.Mon ami se tordait: \u2018Pourquoi done ce Valdombre, que tu me représentes comme un critique original, n\u2019écrit-il pas des comédies?Je n\u2019ai jamais vu personne donner aussi bien la comédie de lui-même.Il est moliéresque.\u201d Mais mon ami n\u2019était pas au courant.Il ne savait pas que Valdombre, ironiste subtil, loue à l\u2019extrême les gens qu\u2019il déteste, et critique violemment les gens qui lui ressemblent trop, quand il est fâché contre lui-même.Barbeau était voilent moins évidemment que Valdombre; Valdombre est écoeuré de la violence, il éreinte Barbeau.Mais tout cela n\u2019est rien.Lisez, et savourez ces quelques extraits du chef-d\u2019oeuvre en fumisterie de Valdombre et qui est son épitaphe pour un bagne.\u201cAyant eu la gloire d\u2019écrire plusieurs articles qui ont été refusés par la presse contemporaine, je me vois dans la douce nécessité de livrer a un public charitable.Ces pamphlets, cavaliers de l\u2019Esperance, défileront pour tourmenter une bande.Vous savez bien que, chargé de pareilles chaînes, je ne peux rien promettre au public des autres (c\u2019est lui qui souligne), j'ignore aujourd\u2019- hui si je pourrai poursuivre, même pendant un certain temps la publication de mes pamphlets.Le public et la justice y verront.Seul et très pauvre (ô Léon Bloy) je conjecture que je descendrai après tant d\u2019autres punis au tombeau du Silence.Que j\u2019y mourrai, oui que j'y mourrai (Pardonnez moi mon Dieu tout cet orgueil, vous m\u2019avez donné tant de talent! (1) mais VIVANT, mais moi-même et non dans la peau d\u2019un autre! (c\u2019est encore lui qui souligne.) C\u2019est admirable comme pastiche de mégalomanie.Par bonheur Valdombre enveloppe toujours ses affirmations d\u2019un nuage de phrases obscures ou qui ne veulent rien dire, comme pour laisser aux seuls inititiés le plaisir de goûter ses violences.Et c\u2019est pourquoi Barbeau s\u2019est retiré du combat sans la plus petite égratignure.Vous êtes trop bon Valdombre.J'étais indigné: \u2018je fus injuste.Et au surplus, l\u2019ironie, même la grosse ironic de Bloy, et donc de Valdombre, n\u2019a jamais rien prouvé., IV Léveillé, dans un article publié ici-même, loue Valdombre de se proclamer ouvertement régionaliste, de proclamer la vraie doctrine littéraire le régionAlisme.Les vieilles querelles vont- elles recommencer ?On s\u2019est tant servi de ces mots de régionalisme et d\u2019exotisme qu\u2019ils ne veulent plus rien dire.Et peut-être on n\u2019a jamais su.Les régionalistes, c\u2019était les écrivains qu\u2019on n\u2019aimait pas, les cxoti- ques, ceux qu\u2019on aimait.Et Chopin était exotique qui l\u2019était si peu, et Léo d\u2019Yril était exotique, qui ne l\u2019était guère plus.Tandis que quelques-uns admiraient en Lozeau un des meilleurs poètes régionalistes; mais Lozeau parle de lui-même, comme tout le monde, peint des paysages qui pourraient être espagnols ou portugais aussi bien que canadiens, et il admire Joffre et le cardinal Mercier.Pour moi, qui me fiche du régionalisme et de l\u2019exotisme, qui exècre presque tout ce qu\u2019ont fait l\u2019abbé Groulx, Blanche Lamontagne ou Fer- land (un tiers de son oeuvre à celui-là aussi n\u2019est pas régionaliste le moins du monde) pour moi qui n\u2019ai jamais aimé les exotiques que pour le changement d\u2019air qu\u2019ils auraient pu apporter, le régionalisme et exotisme, c\u2019est le kif-kif.Deux mots qui veulent dire à peu près la même chose.En France, les régionalistes peignent la cam- (1) Cette incidente n'est pas de Valdombre.pagne.Et au Canada, les exotiques, l'Orient.Nos exotiques parlent d\u2019eux .Je ne vois guère que Morin qui ait été presque toujours paysagiste exotique.Or ceux qui lisent ne sont d\u2019ordinaire, ni des paysans ni des Chinois.Et le régionalisme, l\u2019exotisme, pour eux, c\u2019est des littératures d\u2019exception.Et, presque au même dégré, très souvent.Je sais nous sommes tous ils ou petit-fils de paysans.Mais nous n\u2019allons plus aux champs qu\u2019en amateurs.Et en villégiature.Ou pour vivre d\u2019une vie presque primitive, comme me disait Léveillé, l\u2019autre jour.Quoiqu'il en soit, et à quelque dégré que ce soit, et bien que nous connaissions tous assez la campagne, le régionalisme n\u2019est plus, pour les citadins que nous sommes, qu\u2019une littérature d\u2019exception.Et voilà que nos littérateurs canadiens veulent, les uns, ériger en doctrine le régionalisme, les autres, l\u2019exotisme.Ils savent, pourtant, que l\u2019un et l\u2019autre des deux genres sont morts, ou presque, en France, et du moins qu\u2019ils ne vivent plus que de clichés.Rien de plus banal (autant que le clubman ou que la grande courtisane de la comédie, que le paysan madre (Maupassant) ou que le paysan cornélien (G.Sand, Bazin).Rien de plus banal que la Tonkinoise ou que la Japonaise.Non, tout ça, c\u2019est des blagues.Moréas mourant disait à Barrès : romantisme, classicisme, zut! Il n\u2019y a que la littérature française.Malgré tout, j\u2019admire assez certains poèmes de Morin, un peu trop froids et parnassiens, cependant, pour son goût, et des courts récits en vers de Léveillé, qui a eu tort de ne pas cultiver cette veine, comme disent ces bons critiques français.Mais je suivrai Valdombre quand il dira: Plus de sincérité.Ne parlons que de ce que nous connaissons.Que M.X.qui a passé deux jours à Stamboul, n\u2019écrive pas trente poèmes sur la Turquie, et que M.Z.qui n\u2019a jamais vécu à la campagne que durant ses vacances scolaires, laisse à d\u2019autres le soin de peindre les paysans (au surplus, peindre les paysans est la chose la plus difficile du monde.) Valdombre est un critique violent.Il faut en prendre son parti.Valdombre exagèrera toujours.Il faut en prendre son parti.Valdombre sera toujours injuste.Il faut en prendre son parti.Mais il a des poumons.Il a de la voix.Il fonce sur la porte et la défonce d\u2019un coup de poing ou d\u2019un coup de picd.Quand il veut bien ne plus être obscur, il frappe ferme, il tape dur.Il emporte le morceau.Il n\u2019a peut-être jamais écrit que du Bloy et du Barbey d\u2019Aurevilly.Quoiqu\u2019il dise, il n\u2019a jamais été lui-même.Comme tous les écrivains canadiens, il imite sans cesse.Je ne lui reproche pas.Je ne lui reproche rien.C\u2019est un type, et il aurait tort de changer d\u2019attitude.Il serait ridi- cute de lui conseiller autre chose que de cesser de lire pendant un an Barbey et Bloy.Put-étre de- viendrait-il un écrivain (un original).En attendant, et quand je suis de bonne humeur, il me plait comme il est.Je suis toujours un peu scandalisé de sa violence qui m\u2019émerveille et que j'admire.Un telle absence de scepticisme est prodigieuse.Et une telle foi en son propre talent.Je ne rêve pas d\u2019avoir le talent de Valdombre la polémique et la discussion me fatiguent trop.Mais, cette foi en son propre talent, je donnerais beaucoup, même ne valant pas plus que je vaux, pour l\u2019avoir, On n\u2019est tranquille, on ne craint pas le ridicule, on peut tout affirmer sans crainte.c\u2019est épatant.Oh! vous êtes heureux, Valdombre, d\u2019abord, et, magré toutes les restrictions que lon peut faire, d\u2019avoir le talent que vous avez, et ensuite, d\u2019être si orgueilleux et si téméraire.Ce n\u2019est pas un mince mérite dans la vie.Je voulais d\u2019abord dire du bien de Valdombre Je me suis laisé emporté,et je n\u2019ai dit que du mal.Mais, après tout, le plus grand éloge que l\u2019on puisse faire de Valdombre, c\u2019est celui-ci : Valdom- bre est un type.Notre littérature est tellement grise,telement terne que lorsqu\u2019apparaît un écrivain tout à fait différent des autres, on est émerveillé.Valdombre a osé être un type, un original, et il n\u2019a pas craint le ridicule.Et pour cela, même de ceux qui ne l\u2019aiment pas toujours,il lui sera beaucoup pardonné mle om 1 Berthelot BRUNET \"age 4 LE MATIN, Samedi 24 Juin 1922 VUL.YI \u2014 No.22 | LA VIE SPORTIVE | Ce qu'on a écrit de mieux sur un combat de boxe _ Boxeurs ! La piste carrée, clôturée de cordes, avait une blancheur d\u2019os au soleil sous la lumière assénée par les lampes électriques.Les gradins du cirque portaient six mille têtes en lignes pâles sur le fond sombre des habits.Au bas de cette colline d'hommes où chaque coude touchait un voude, l'éboulis des gens lourds de fortune arrivait sur les chaises à 250 francs.Lord Yousi venu de Londres s\u2019y asseoir, rendit le salut de M.Prat- Hugot qui passait sa vie à regarder courir les chevaux, combattre les boxeurs.Ce voyeur de sports, se tenant assis ou debout pour le spectacle d'un grand nombre d\u2019exercices physiques, atteignait une grande réputation: il était le Sportman Familier de lord Yousi sur les champs de course, il lui souhaita ici la bienvenue et lui tint conversation en un français littéralement traduit de l'anglais: Je crois que Pedlar Lawn aura le meilleur de Jef Youno.Lord Yousi, raide, les bras pendants, et son visage glabre parfaitement immobile s\u2019adossait aux planches de l\u2019estrade.La tête aux cheveux luisants touchait la plus basse des cordes habillées de toile pour empêcher le limage de la peau des boxeurs par le chanvre.A deux angles opposés Ge la piste, deux serviettes pendaient.Le remuement de la foule qui achevait de se placer sur les gradins donnait le bruit de la mer.M.Prat-Hugo loua la multitude de ce peuple: Nous devenons sportifs, très, très.Vraiment ! Il se courba en ressort qui grince, pour des civilités à des dames, puis serra la main d\u2019un homme jeune, à l'oreille croûtée d\u2019une cicatrice et qu\u2019il définit: Notre espoir blanc, poids moyen.Cette manière d\u2019angliciser la français ne déci dait pas lord Yousi à une active conversation.Rigide dans l\u2019attitude habituelle à sa dignité seigneuriale et à son métier d\u2019officier de l\u2019armée des Indes, il regardait avec tranquilité les soigneurs au torse mailloté de blanc.Mac Ofcorse, homme d\u2019affaires de Jef Youno boxeur, salua lord Yousi qui lui serra la main.Mac Ofcorse, à la figure bien charneuse et fort rouge, gardait de son ancien métier de champion d\u2019Ecosse, poids lourds, d\u2019épaisses épaules, dont la gauche, un peu plus haute que la droite; son actuelle profession de commerçant de Ja boxe lui permettait un ventre où il pouvait faire tenir beaucoup de bière btune et de viande saignante.On le surnommait lord Soho-Square depuis qu\u2019il mettait un habit.Il demanda à lord Yousi : L\u2019avez-vous pris à dix contre quatre?\u2014J\u2019espère, dit le lord, que les garçons mèneront un glorieux combat.De nouveaux feux s\u2019allumèrent dans la constellation des lampes et un grand bruit jaillit de la foule.Pedlar Lawn et Jef Youno entraient dans les cordes.Un peignoir de bain ourlé de crasse habillait Pedlar.Jef avait posé sur ses épaules son pardessus noir d\u2019où sortaient chacun de son coin et poussèrent leurs mains serrées de bandelettes gommées dans les gants de quatre onces que tendaient les soigneurs, dont un nègre devant Jef.Youno.Massant le crin dans le cuir, les hommes le reculaient vers le poignet pour en dépouiller le poing.L\u2019arbitre & figure sévère tordait un peu la bouche, comme s\u2019il venait de manger quelque chose qui ne lui avait pas plu.; Avancé au milieu de la piste, il cria: Combat en vingt rounds de trois minutes, gants de quatre onces, entre Jef Youno, soixante- dix kilos cinq cents, Américain, et Pedlar Lawn, soixante-dix kilos quatre cent quatre-vingts, Anglais.A ma droite, Jef Youno.A ma gauche, Pedlar Lawn.Un brouillard de mains qui applaudissaient remua sur les gradins.Les boxeurs se dressèrent nus sauf une braguette rouge pour Jef Youno ceinturé du drapeau américain et blanche pour Pedlar Lawn aux reins noués du drapeau anglais.Debout au milieu de la piste, ils écoutaient le rappel des règles dites à voix basse par l\u2019arbitre.Leurs corps semblaient deux tiges klanches d\u2019où pendaient les bras armés du gant! frun.Sur eux n\u2019était aucun noeud de muscles.La force n\u2019était bien évidente qu\u2019aux épaules pleines et au cou où la peau tendue ne laissait sur la chair dure aucun pli.Ils revinrent a leurs escabeaux où le commandement de out!\u201d les laissa seuls sur la piste, Son coin, assis tranquilles et qui ne se regardaient.pas.Au coup de gong, ils se levèrent et les second | ôtèrent par-dessus les cordes, les sièges.Pedlar Lawn, élastique sur la pointe des pieds, fut pre-; Mier au centre de la piste où Jef Youno avançait plus lentement.Pedlar fit encore deux pas vifs au-devant de lui et les deux hommes feintèrent par coups inachevés pour attirer la réplique à faux, chacun guettant où passer ses poings entre les poings de l'autre.Le gauche de Pedlar, parti avec une rapidité de détonation, toucha le front de Jef.Les pieds des deux hommes aux gestes | mélés, donnaient aux planches d\u2019une sonorité de tambour, des coups égrenés comme d\u2019un collier | de perles agiles et lourdes qui se rompt.Jef, dej nouveau frappé en pleine face souriante, reculait ; la tête, mais brusquement, il se baissa et les pieds rivés au sol, arrêta de l'épaule Pedlar lancé sur lui.Le coup qu'il lui bourra dans l\u2019estomac fut appréciable au fléchissement des genoux de Pedlar dont la tête pencha en avant.Les deux hommes, joue contre joue, semblaient en accolade et se tenaient les avant-bras.L\u2019arbitre les desserra et passa entre eux.Jef aussitôt se remit en noeud mais Pedlar vivement dégagé, lui frappa le menton du poing droit, en ne lâchant qu\u2019au moment où son coup portait le gant droit de Jef serré sous son bras gauche.Vacillant à ce coup dont l\u2019incorrection fut peu visible par sa rapidité, le martelé, bourré d\u2019une charge où les deux poings de Pedlar alternaient vite, reculait vers l\u2019angle des cordes et s\u2019abritait à ses gants levés devant son sourire.Brusquement encore baissé, il fit butoir, mais le cong conclut cette reprise.La foule battait des mains.Une dame se leva d\u2019une chaise à 250 francs pour agiter vers Jef son gant blanc.Les soigneurs éventaient à la serviette leurs hommes assis qui posaient les bras en croix sur les cordes et respiraient à fond, rafraîchis par l\u2019_éponge humide.Un grand bourdonnement venait de la foule.M.Prat-Hugot s\u2019animait : Trop de corps à corps.L\u2019arbitre ne sépare pas.Ce propos plut à lord Yousi qui parla lentement un français parfait: Nous venons de voir un combat laid.Les Américains ont abîmé le noble art de la boxe.Leurs frappeurs font de la lutte à coups de poing.D\u2019anciennes gravures nous montrent les champions du temps de la reine Anne, avec les oreilles fendues par les coups taillés, à bras long.Au temps de la reine Victoria, on préféra le coup direct, visé a distance, \u2019estroc.La boxe c\u2019est le jeu du poing.Les Américains ont inventé l\u2019infighting.ils se collent et se bourrent.Le combat de près, rien que de crochets, de coups à bras coudés, est sans grâce.Frapper n\u2019est pas boxer.L\u2019infighting est à la boxe ce que le couteau est à l\u2019épée Un entraîneur de Pedlar Lawn lui parlait à voix basse.Le boxeur penchait vers lui sa figure glabre blanche, où la bouche se tordait ainsi que pour un ricanement.Au coup de gong, les gladiateurs marchèrent élastiquement l\u2019un vers l\u2019autre; au moment de s\u2019atteindre, ils restèrent à la garde stricte, le poing gauche avancé faisant une lente menace qui ne s\u2019accomplissait pas.Ils se déplaçaient, comme tournant face à un même axe; leurs corps arqués sur la pointe des pieds semblaient deux arcs tendus pour le jet du bras.S\u2019attaquant par bonds précis dont l\u2019assailli cédait la place, ils ne se frappaient pas.La foule impatiente commençait de crier.Cessant de sourire, Jef Youno parut se résoudre à foncer.Docile à cette feinte de visage, le poing gauche de Pedlar jaillit de son bond en avant, mais par un écart de tête, strictement exact à l\u2019espace où passerait le poing, Jef évita, et rendit en réplique son dur coup gauche à l\u2019estomac.Lord Yousi allait applaudir à cette perfection, mais Pedlar maintenant bourrait.Les deux hommes se martelaient et leurs talons battaient les planches.La foule hurla son approbation excitée par la rude bataille où durait le sourire de Jef à la figure \u201cSeconds | chacun dansi rouge de sang.Il tomba sur un genou et le bras de l\u2019arbitre commença de compter sur lui les secondes La dame aux gants blancs, la bouche ouverte, se penchait en avant et M.Prat-Hugo, aux genoux joints, tenait l\u2019ongle de son pouce gauche entre ses dents.Des Américains en habit de soirée hurlaient à l\u2019homme qui portait en ceinture le drapeau de leur pays.A la huitième seconde, Jef se relevait et reculait, les gants levés devant son sourire résigné.Pedlar, appuyant bien l\u2019attaque, le suivait, collé à sa peau où ses poings laborieux laissaient des | marques roses.Le gong arrêta ce violent tra- L\u2019AUTO MEURTRIERE vail comme le dos de Pedlar touchait la corde.Le tumulte de la foule approbatrice emplit la salle où la poussière extraite du plancher des galeries par le frappement des pieds, montait en brouillard autour des lampes.Les deux gladiateurs, assis, le dos dans l\u2019angle des cordes dont leurs bras épousaient les deux lignes blan- :hes, haletaient sous l\u2019activité des soigneurs qui, à pleine bouche, vaporisaient sur eux de l\u2019eau froide Mac Ofcorse massait à l\u2019onguent résineux les articulations de Jef qui fermait les yeux, M.Prat- Hugo s\u2019emportait dans une approbation totale: C\u2019est un magnifique combat! Lord Yousi parla avec soin : Çe n\u2019est pas leur boxe de rue qui est le plus travail, mais ce qui est derrière.Le Yankee ne se bat pas qu\u2019avec ses poings.Il mène une longue ruse.Pedlar Lawn cogne trop et perd son souffle.Je ne peux pas aller le lui dire, ce ne serait pas loyal.Il formula la loi du combat probe: Let the men fight their own fight.Le gong remit lentement debout Jef au sourire tenace.La paleur de Pedlar forçait la couleur rouge de sa paupière droite gonflée Il approchait vivement cherchant le coup dur qu\u2019il voulut loger à toute volée du poing droit sur le coeur de Jef qui reçut le choc sur son coude baissé au temps exact.Profitant du pied gauche de Pedlar venu entre les siens Jef y appuyant son pied droit le fixait au sol pour battre du poing le menton de l'homme piégé.Ce coup interdit, vu par l\u2018arbitre qui passa entre les deux hommes, sembla moins assommer Pedlar que lui fournir la rage de sa revanche qu\u2019il chercha furieusement et dans le noeud serré du corps à corps frappa de la tête au visage de Jef, puis du coude à l\u2019estomac.Jef cherchait appui sur lui, se remettant à lui tenir les bras après chaque commandement de l\u2019arbitre auquel, docilement, il obéissait, lâchant l\u2019homme, puis aussitôt revenait s'appuyer sur lui.Du poing droit, ils se bourraient les reins.es hurleurs conseillaient à Pedlar : Dégage! Il l\u2019essayait mais n\u2019y réussissait pas, toujours promptement bouclé par Jef qui semblait fuir dans tee brai le coup de grâce.Jef a laissé Pedlar avoir trop confiance en soi et i a frappé sur cette confiance.I ne faut jamais croire tsop tôt à a victoire.Pour qui y croit e repos commence et l\u2019homme qui se repose en esprit est perdu.Jef s\u2019est laissé marquer la figure pour avoir devant lui un homme triomphal Rien ne tombe vite comme un homme triomphal.T1 ajoute l\u2019effrondement de son espoir au ioup de son adversaire.Quand Jef a sorti, pour frapper Pedlar, sa forie patiente, il lui a touché l\u2019esprit: Au deuxième coup, il n\u2019avait plus que le corps à pousser.Les hommes forts savent ne jamais triompher.Qui triomphe est vaincu par sa victoire.Il n\u2019y a point de pire ennemie de l\u2019homme que la satisfaction, l\u2019ignobe satisfaction.Sur les épaules de ses porteurs hurlants, Jef souriait nans la gloire brève et violente ies boxeurs, sous les grands globes électriques graves comme des astres.beau Pierre HAMP.EN RELISANT LUCRECE (suite de la page 1) \u201cLa piété ne consiste point à être vu sans cesse tournant un.front voilé devant une pierre, À s'approcher de tous les autels, à prosterner son corps abattu sur la terre, à étendre ses mains ouvertes vers le sanctuaire des dieux, à inonder l\u2019autel du sang des animaux, a enchainer les voeux aux voeux, non: celui là est pieux qui sait tout envisager d\u2019une âme tranquille.\u201d (Livre 5.) Ainsi, 50 ans avant Jésus-Christ, sans télescope, microscope, ou autre instrument, ignorant l\u2019électricité, par la seule force de sa raison, Lucrèce, en philosophie comme en science, prévoyait, devinait ce qu\u2019il a fallu des siècles pour prouver.Et il lui fallait, lui aussi, dès cette époque, lutter contre la Tradition, qui n\u2019est, suivant le professeur À Policard (1) que la paresse à changer une habitude ou l'incapacité d\u2019avoir des idées.Et après Lucrèce, il nous a fallu attendre 1600 ans pour avoir Pascal et Galilée ! LOGIC (1) Leçon inaugurale du cours d'histoire de la Faculté de Médecine de Lyon, faite le ler mars 1920, par le professeur A.Policard.LES BOXEURS AMERICAINS SE BATTRONT AU JAPON La boxe est un sport qui s'étend rapidement à travers le monde civilisé.Avant la guerre, la France était virtuellement le seul pays.ne parlant pas anglais, où le gant était à al mode.Maintenant toute l\u2019Europe semble aimer ce jeu.Mème les Allemands et les Danois ont leur propre champion.Le Japon et la Chine sont les dernières contrées à prendre un intérêt dans la boxe.Récemment des boxeurs américains laissèrent la côte du Pacifique pour le Japon, Parmi eux était Spider Roach, le plsu léger poids de la Californie, qui était dirigé par Billy Gibson à New-York; Young Ketchell, de Los Angeles, et Togo Korlyama, un Japonais américanisé, poids léger.Roach et Kor- lyama se mesurérent a Tokio, pendant que Ket- chell rencontrait un autre Japonais qui a appris a boxer en Californie.Les Japonais prirent grand plaisir à voir les boxeurs, mais n\u2019entendent pas que l\u2019un des leurs puisse être renversé.C\u2019est très bien si un Japonais a le dessus sur un Américain, mais les orientaux n'ont pas fait grands progrès dans le métier de la boxe.Généralement, un boxeur américain, qui visite le Japon reçoit des instructions de ne pas être trop rude, ce serait de tuer l\u2019oie pour avoir les oeufs d\u2019or.Poids plumes, poids légers sont les bienvenus de l\u2019autre côté, mais il n\u2019y a rien à faire pour poids moyens et poids pesants.Les Japonais sont petits et ils n\u2019ont pas de poids lourds.SAINT-VALIER vs CHAMBLY Le St-Valier n\u2019a pas joué dimanche dernier à cause de la pluie, il recevra dimanche prochain à St-Bazile le Grand la visite du fameux Chambly La partie gui est d\u2019une grande importance vis à vis les partisans des deux places sera sans contredit une belle exhibition de Base-ball.La direction du St-Valier comme de St-Bazile invite tous ses partisans à venir l\u2019encourager en plus grand nombre possible.Il tient aussi à inviter le (publie de Beloeil, St-Hilaire, St-Bruno, St-Hubert let tous les partisans du Chambly.Une estrade | pouvant contenir au-delà de 300 personnes est à la disposition du public en général.Le train part de Montréal à 12.10 P.M.à la nouvelle heure.Le St-Valier est libre le Ier.Juillet, jour de la Confédération et est prêt à visiter tout club Amateur de la province.Libre aussi pour le 9 Juillet et quelques autres dimanches en Août.Le St-Valier invite tout club amateur à aller lui rendre visite e nparticulier au Régal de Maisonneuve d\u2019aller comparer ses forces sur un autre terrain que le leur.Pour qInf.Georges Lacombe 870 St.Catherine Est.Montréal LE PROGRAMME AGRAIRE Les fermiers-unis de la province de Québec, désireux de porter sur les hauteurs le drapeau des traditions que nous ont léguées les pionniers de ce pays en gage de la survivance de la vérité q de la justice sur cette terre d'Amérique, et de marcher à la conquête éco- sentent à l\u2019électorat le programme politique provincial suivant: L\u2019ETAT 1, \u2014 \u2018 Baser le gouvernement de l'Etat sur les principes de la morale chrétienne; 2.\u2014 \u201cProtéger les droits par une législation juste et claire, appliquée par des officiers honnêtes, compétents et exempts d\u2019attaches de partis; 3.\u2014 \u201cAider les intérêts en facilitant aux différentes classes de la société, aux classes pauvres surtout, l\u2019acquisition du bonheur matériel, intellectuel et moral; administrer, à tout diriger et à tout entreprendre pour des fins politiques.ADMINISTRATION GENERALE 1, \u2014 \u201cCombattre le fonctionnarisme en n\u2019acceptant dans les services publics que des employés qualifiés et en les rénumérant raisonnablement; 2.\u2014 \u201cSoustraire \"administration de la justice a \u2014 nomique essentielle à la poursuite de J\u2019idéal national, pré
de

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