Le matin, 10 février 1923, samedi 10 février 1923
[" VOL.III \u2014 No 6 Rédaction: 162 rue Saint-Denis Chambres 300 - 301 Administration: 164 rue Saint-Denis Tél.: Est 893.Atelier, M.7309 Abonnements par la Poste Canada Etranger Un an .\u2026.532.50 $3.50 Six mois .1.50 1.75 Directeur : ROGER MAILLET MONTREAL, 10 FEVRIER 1923 POLITIQUE ET LITTERAIRE EEE.uy.Ji A CONTRE TOUS LES ABUS ET TOUTES LES INIQUITES Le Numéro: CINQ SOUS Oui: mais.ALEXANDRE TASCHEREAU, LEONIDE PERRON, MEDERIC MARTIN, Sont encore dans la vie publique ! Journal d'avant-garde 2382 uestions actuelles ***LES ELECTIONS.\u2014 La dernière gaffe de M.Alexandre Taschereau (élections du 5 fé- rvier) remet sur le tapis la question des élections à date fixe, Il faut absolument que l'électorat soit mis à l\u2019abri non seulement des coups de jarnac mais des coups de mort, Ce qui s\u2019est passé cette année ne s\u2019oubliera pas de sitôt.Le régime portera longtemps la marque d\u2019assassin qu\u2019il vient de s\u2019infliger.Et\u2019 puisque la première victime de marque est M.Denault, député ministériel de Richmond, les partisans de la clique pourront y ajouter le titre de fratricide.+**LES TELEGRAPHES.\u2014 Une autre réforme qui ne nuirait pas serait l\u2019établissement de la carte électorale qui supprimerait pour une bonne part la fraude, le vol et les suppositions de personne alias télégraphes.La télégraphie est une tache dans nos moeurs politiques, déjà peu relevées; elle engendre à chaque élection des aventures et des contestations disgracieuses, Si le gouvernement avait quelque souci de l\u2019opinion des voteurs il devrait s\u2019employer à détruire un mal qui sévit surtout dans les villes.Mais peut- être les télégraphes sont-ils toujours du côté de la caisse électorale.**+A OTTAWA.\u2014 Le parti progressiste, malgré l\u2019effacement de son chef, M.Crerar, vient de révéler à la Chambre une vigueur inattendue sous la direction de M, Forke.À peine venait-on de finir le discours du trône que le troisième parti se lançait à l\u2019attaque en proposant un amendement qu'il suffit de lire pour constater que le nouveau mouvement s\u2019éloigne des banalités, des précautions oratoires et du chiqué qui font trop souvent la force de notre régime parlementaire.Voici l'amendement présenté par M.Hoey, progressiste, et appuyé par M.Caldwell: \u201cQue ce qui suit soit ajouté à l\u2019adresse de Son Excellence : \u2018Vu le fardeau augmenté des impôts, les privations qu\u2019un grand nombre de gens subissent en conséquence, le malaise et le mécontentement qui en découlent; et vu qu\u2019il est désirable d\u2019adopter des mesures pour diminuer les frais de produe- \u2018tion et pour donner aux consommateurs et producteurs les secours inhérents aux pouvoirs du gouvernement, la Chambre est d\u2019avis que le fardeau des impôts douaniers devrait être substantiellement allègé de façon à atteindre deux objets de la plus haute importance, savoir : \u201c1, \u2014 Diminuer le coût très élevé de la production qui pèse lourdement aujourd\u2019hui sur les producteurs premiers du pays; \u201c2, \u2014 Réduire le coût de la vie pour le peuple, alors que plusieurs personnes sont chassées du pays en raison des conditions économiques existantes.\u201d Le sous-amendement de M.Shaw, secondé par M.Garland, se lit comme suit : \u201cQue ce qui suit soit ajouté à l\u2019adresse de Son Excellence : \u201cQue cette Chambre voit avec alarme l\u2019augmentation substantielle de la dette nationale et insiste auprès des conseillers de Son \u2018Excellence pour qu\u2019ils fassent tous les efforts possibles afin d\u2019économiser dans les dépenses et l\u2019administration du gouvernement et pour diminuer le fardeau de la taxe qui pèse si lourdement sur le peuple du Canada.\u201d Plusieurs esprits libres déplorent à bon droit l\u2019absence dans la province de Québec du parti progressiste.Pour notre part et nous le disions l\u2019année dernière, le programme progressiste étant, à quelques virgules près, le vieux programme libéral, c\u2019est avec impatience que nous attendons dans la province la naissance de ce noble mouvement.Les rouges et les bleus clairvoyants et désintéressés y trouveraient leur compte ainsi qu\u2019ouvriers et fermiers-unis.Quant aux nombreux nationalistes qui déplorent la non-existence d'un troisième parti, ils trouveraient dans le progressisme un moyen de servir activement une idée qui leur tient au coeur.RUGER MAILLET.CHRONIQUE LITTERAIRE PRIX GONCOURT: M.HENRI BERAUD Après cinq tours de scrutin, huit membres de l'Académie Goncourt (MM.Lucien Descaves et Emile Ber- gerat, avaient voté par correspondance), ont décerné le prix Goncourt à M.Henri Béraud, par 5 voix (MM.Gustave Gefroy, président; El mir Bourges, Jean Ajalbert, J.H.Rosny, a né, et J.H.Rosny, jeune), contre 4 voix à la \u201cLucienne\u201d, de M.Jules Romains (MM.Hennique, Descaves, Bergerat, Géard), et une à \u201cMa Jeunesse\u201d, de M.Georges Oudard (M.Léon Daudet).Pour la première fois, et peut-être contre les termes du testament d'Edmond de Goncourt, le prix a été décerné à deux ouvrages d\u2019un même auteur: \u2018Le Vitriol de lune\u201d, qui parut l'an dernier, et \u201cle Martyre de l'obèse\u2019, que nous avons pu voir, tout récemment, en librairie.C'est à d\u2019autres que nous d\u2019en parler.Nous voudrions seulement présenter aujourd\u2019hui M.Henri Bé- raud au public, XX L'auteur du \u201cMartyre de l'obèse\u201d, suivant le mot de Roland Dorgelès, est le plus grôs de sa génération.Entendez celle des hommes qui approchent de la quarantaine.Il est né à Lyon en 1885.Son père tenait une boulangerie à l'enseigne de \u2018la Gerbe d'or\u201d.M.Henri Béraud fit des études au lycée Ampère, fut ensuite dessinateur pour soieries et clere d\u2019avoué.Il fallait bien qu'il fût journaliste: il entra à la rédaction de la \u2018Dépêche de Lyon\u201d, qu\u2019il quitta pour faire son service militaire.Au retour de la caserne, il s\u2019établit antiquaire, puis fonda deux journaux.Il publiait deux contes et des essais dans différentes publications, lorsque la guerre éclata.Il se battit, fut décoré de la Croix de guerre et collabora, à Paris, à de nombreux journaux et à des revues diverses: Ii n'y a gudre( il entrait dans un grand journal d'information pour y faire des reportages et des enquêtes à travers le vasté monde.Il est, actuellement, à Athènes, où ees amis lui ont télégraphié la bonne nouvelle.M.Henri Béraud est très gros puisqu\u2019il ne pèse pas moins de 103 kilos, Nous l'avons, parfois, rencontré à Après la bataille La fumée s\u2019est dissipée.Saluons d\u2019abord les morts, les vrais, ceux que la clique Tasche- reau, Perron, Martin et Cie aura fait périr en imposant au peuple des élections en février, (un février particulièrement rigoureux), époque où, sous notre climat, les rnumes, les bronchites et les pleurésies atteignent leur plus haut point de fréquence et préparent un chemin facile au spectre redouté de l\u2019influenza qui se dresse à nos portes.Cette alliance de Taschereau avec l\u2019Hiver, la Grippe et la Camarde aurait dû, nous sem- ble-t-il, porter le coup de grâce au fou politique qui tyrannise et assassine l\u2019électorat, Hélas ! la magie du pouvoir, l\u2019esprit de parti, l\u2019ignorance, le préjugé, la machine électorale, ont triomphé, sauf dans les cités.Il serait ridicule de tirer parti de ce résultat pour diviser la province en rats de ville et rats des champs; la cause de cette démarcation dans le vote tient simplement au fait que les comtés ruraux n\u2019ont pu être éclairés à temps par une opposition chétive mais qui avait pour elle l\u2019intelligence, la propreté morale, le courage civique et les trois plus grands cabaleurs que l\u2019on puisse souhaiter: le saltimbanque démasqué Mé- déric Martin, le cimenteur populaire Léonide Perron, ministre non élu par le peuple, et, enfin, le sinistre gaffeur qui s\u2019appelle Alexandre Tas- chereau.La manoeuvre de l\u2019astucieux potentat qué- becquois apparaît clairement: eut-il décrété les élections au printemps, c\u2019en était fait de son règne, le courant hostile eut déferlé sur la campagne et la bande des trustards, des autocrates, des arrivistes et des faux libéraux eut été balayée pour le plus complet soulagement de la province.Maintenant le peuple attend de grandes choses de l'opposition.Il s'attend au lavage du linge sale que vingt-cinq ans de domination égoïste, vingt-cinq ans d\u2019impunité ont entassé dans tous les coins de l\u2019administration, il s\u2019attend à la dénonciation implacable des scandales et des abus de pouvoir qui ont illustré dernièrement le ré , \u2018me.MM.Sauvé et Patenaude, appuyés par une phalange de vingt députés, peuvent beaucoup et justifieront, croyons-nous, la confiance que plusieurs comtés ont accordé à leur oeuvre salutaire.D'ailleurs l\u2019opinion publique ne sommeillera pas.La survivance au pouvoir de la triplice Taschereau-Perron-Martin constitue plus que jamais un péril sérieux pour la religion, la liberté, l\u2019honneur, la justice et même \u2014 nous le constatons aujourd\u2019hui \u2014 la santé des citoyens.Bien que la clameur du combat se soit évanouie, les préparatifs de la prochaine offensive doivent être poussés avec vigueur car les faux dieux du faux libéralisme occuppent toujours les collines du pouvoir, le Veau d\u2019or (à trois të- tes) est toujours debout.Fortement ébranlée, la monstrueuse idole ne saurait se maintenir longtemps si tous les hommes de bonne volonté, quels que soient leurs partis, continuent à la cribler de coups, Que les libéraux surtout continuent à faire oeuvre d\u2019abnégation, qu\u2019ils se séparent de la bande infâme, et cela non seulement dans l\u2019intérêt de la province mais du parti même ou des idées qui leur sont chères.ROGER MAILLET.des heures tardives, dans un tafé montmartrois, où il absorbe des quantités véritablement effrayantes de bière et discourt avec violence devant des piles de soucoupes.Sa face ronde s\u2019empourpre soudain: M.Béraud invective contre quelque adversaire de lettres avec une éloquence réelle, encore que tumultueuse, et la plus frénétique injustice.Ah! il se moque bien d'avoir tort ou raison: une seule chose doit lui importer: c'est de se sentir le coeur échauffé par quelque haine solide.Les paroles imprécatoires jaillissent alors de sa bouche en bataillons serrés : il les ordonne soigneusement, dispose ses brigades et ses divisions, prépare quelques retranchements et, au moment de la grande offensive, dérange toute cette belle ordonnance pour jeter -pêle-mêle ses troupes contre l\u2019ennemi: Alors son oeil rond s'llumine, M.Béraud tire de la pipe, qui adorne éternellement le coin de sa bouche, des bouffées pressées, part d'un gros rire jovial, frappe sur sa cuisse et essaie de faire tenir dans son orbite un cristal étincelant.Peine perdue: le monocle tombe toujours, mais M.Henri Béraud ne manque pas de ténacité.Quand il a planté quelque dard convenablement acéré, il se détend, frotte ses mains et conte avec bonhomie une histoire truculente.Il a beaucoup voyagé et, comme il a de bons yeux, il a bien vu et bien retenu.Et, comme il a beaucoup de talent, il nous fait bien voir ce qu\u2019il a vu.Car c'est un Mmfatigable reporter et l\u2019on retrouve, jusque dans \u201cle Vitriol de June\u201d, les traces du reportage.La mort de Damiens, par exemple, quel beau compte rendu d\u2019exécution capitale pour une de nos gazettes! Et le repas des cent-kilos, dans \u201cle Martyre de lobèse\u201d ?Il faudrait dire la langue précise, colorée, pleine de mouvement et d'ardeur qu\u2019écrit M.Henri Béraud, comme toutes choses prennent sous sa plume un caractère étonnant, en un mot le bon ouvrier de lettres qu\u2019il est.Et tirez au moins de ses livres une leçon; celle-là même qu\u2019il nous donne lui-même dans le roman rapide, plaisant et amer qu\u2019il a composé sur les aventures d\u2019un obèse : \u201cSi nous ne nous revoyons plus jamais, ne gardez pas de moi un trop mauvais souvenir.Soyez heureux.Au revoir, au revoir.Et ne raillez pas les gros hommes\u201d.M.Henri Béraud, lui, ne veut point choisir: les gros et les maigres doivent, chacun son tour, être touchés par les traits de ce grand railleur, Gilbert CHARLES.Les \u201cPrix d\u2019action intellectuelle\u201d LES MEMBRES DU JURY Nous avons déjà publié une première liste des membres du jury des \u201cPrix d'action intellectuelle\u201d.Les jeunes litvéguteurs se plaisent à reconnaître la dette de reconnaissance contractée envers les personnes compétentes qui ont bien voulu accepter de faire l'examen des volumes et manuscrits soumis.Section de philosophie et de droit: \u2014 M.l'abbé J.- N, Dupuis, docteur en théologie, docteur en droit canon; R.P.Antonio Lamarche, O.P., directeur de la Revue Dominicaine et professeur à l\u2019Université de Montréal ; l'honorable Eugène Lafontaine, juge en chef de la Cour d\u2019Appel, professeur de droit à l'Univrsité de Montréal; l\u2019hon.Philippe Demérs, juge de la Cour Supérieure, professeur de droit à l'Université de Montréal; l'hon.Louis Loranger, juge de la Cour Supérieure, Section d'histoire et de politique: \u2014 M.Henri Gauthier, P.S.S., curé de Saint-Jacques; M.l\u2019abbé Adélard Desrosiers, principal de l'Ecole Normale Jacques-Cartier, membre de la Société historique de Montréal; l'hon.J.B.Archambault, juge de la Cour de Circuit; l'hon.Thi- baudeau Rinfret, juge de la Cour Sépérieure; M.Victor Morin, notaire, membre de la Société royale du Canada, président de la Société historique de Montréal.Section de sciences sociales: \u2014 M.l'abbé Lucien Pineault, docteur en théologie et en philosophie, professeur à l'Université de Montréal, directeur de la Ligue d'action française; M.l'abbé Edmour Hébert, docteur en théologie, en philosophie et en droit canon, professeur à l\u2019Université de Montrèäal et aumônier des Syndicats catholiques et nationaux; M.l'abbé Armand Beauregard, collaborateur à la Revue Dominicaine; M.Emery Beaulieu, avocat; M.Antonio Perrault, avocat, professeur à l'Université de Montréal; et directeur de la Ligue d'action française.Section d\u2019économie politique: \u2014 M.Georges Pelletier, rédacteur au Devoir, membre de la Société royale du Canadadu et professeur à l'Université de Montréal ; M.René Faribault, notair,e, professeur à l\u2019Université de Montréal; M.Beaudry Leman, directeur général de la Banque d'Hochelaga; M.Léon Lorrain, secrétaire de la Chambre de Commerce de Montréal; Dr L.O.Bourni- val, financier.Section de travaux scientifiques et techniques: \u2014 R.P.Joseph Morin, C.S.V., doyen de la Faculté des sciences à l\u2019Université de Montraal; Dr Albert LeSage, professeur à l'Université de Montréal; M.Arthur.Sui- veyer.ingénieur, professeur à l'T'niversité de Montréal: Dr Ernest Gendreau, professeur à l'Uriversité de Montréal; M.Elzéar Beaupré, yrsfessour à l\u2019Université de Montréal.La population des divers jurys \u2014 50 membres choisis parmi leg personnes compétentes \u2014 montre tout le soin que le Comité central de l'A.C.J.C.apporte à faire le choix de ceux qui d'office décernent les \u201cPrix d'action intellectuelle\u201d.Les jurés assistront à la soirée de couronnement pour pouvoir féliciter les lauréats.Le jeudi, 22 février, à la salle Saint-Sulpice, cette événement littéraire et artistique attirera un auditoire distingué, ami des lettres canadiennes et fier d'aider à leur développement, M.l'abbé Georges deurchesrie, principal de l\u2019Ecole Normale de Nicolet et professeur à l'Université Laval, à Québec, exposera les motifs d'espérer en l\u2019avenir de l'intelligence au Canada, en indiquant quelles sont les conditions de l'action intelletcuelle dans l'ordre moral, dans l\u2019ordre matériel et dans l\u2019ordre spécifiquement intellectuel.M.Antonio Perrault, avocat, a accepté la présidence d'honneur de cette séance publique et prononcera une allocution.M.Joseph Blain, avocat, président général de l\u2019A.C.J.C.fera connaître au public le verdict des jurys.Sont inscrits au programme musical: Mlle Germaine Malépart, prix d'Europe en 1917 et M.Armand Gauthier, basse.\u201cBillets en vente chez Edmond Archambault, 312, rue Sainte-Catherine Est et chez Granger Frères, 43, rue Notre-Dame Ouest.A QUEBEC ON DIT.Québec, 9.\u2014 On dit que si le gouvernement Taschereau a été écrasé sur l\u2019île de Montréal, c\u2019est qu\u2019Onésime Préville n\u2019a pas voté pour lui.# * On dit qu\u2019Onésime Préville aurait bien pu voter, tout de même, sous le nom du détective Larivière, > XX On dit que M, G.Delisle, qui a battu le candidat ministériel dans Chicoutimi, restera libéral indépendant et siégera entre les deux partis, malgré les mamours que lui fait le gouvernement.% x * On dit que Damien Bouchard qui a repris Saint-Hyacinthe, n\u2019est pas de l\u2019école politique des membres du cabinet Taschereau et que ce dernier lui aurait préféré cinq députés oppositionnistes de plus, x x HK On dit que la retraite politique de Perron et de Taschereau s\u2019impose et ce cri est lancé depuis le 6 février courant par les partisans de l\u2019honorable Joseph-Edouard Caron.x x % On dit qu\u2019il ne faut pas rappeler à Tasche- reau sa promesse de démissionner, montrer du rouge à un cog-d\u2019Index x X On dit que les amis& Taschereau insistent sur la retraite de celui\u201d achant qu\u2019il ne ferait que gater la sauce sc, ies attaques des opposi- tionnistes, pas plus que On dit que Louis Létourneau, député de Qué- bec-est, a une 99ième chance d\u2019être fait ministre du Travail dans le gouvernement provincial.x x x On dit que le ministre de l\u2019Agriculture se réjouit \u2014 intérieurement \u2014 du résultat des élections, escomptant que son ambition d\u2019être premier ministre est mieux servie de cette façon-là.x x X On dit qu\u2019après tout, Sir Lomer Gouin a laissé un bien petit héritage à Taschereau.Serait-ce parce que ce dernier s\u2019affiche trop comme prêteur?N\u2019empêche qu\u2019il prête à rire, en ce moment.* OK x On dit que Taschereau n'offrira plus à Sauvé de lui prêter des députés pour voter en Chambre, ni des convives pour ses banquets, DIJON.- - 4 2100 Lt Lettre de M.Lockwell SON EMINENCE LE CARDINAL NE L\u2019A PAS DEMENTI J\u2019ai lu avec respect la lettre du Cardinal publiée hier dans le \u201cSoleil\u201d, tout en regrettant que M.Taschereau ne craigne pas de traîner ainsi dans ses défenses électorales le nom d\u2019un si grand Dignitaire, qui méprise cependant les menaces qu\u2019on lui fait, en disant qu\u2019elles \u2018\u201c\u2018n\u2019étaient pas de nature (lisez: pas assez raisonnables) à lui faire prendre, dans les circonstances, une décision qu\u2019il n\u2019aurait pas prise autrement.Mais cette lettre vénérable contredit-elle mes affirmations ?Non, absolument non.prouve à l\u2019évidence, lo.\u2014J\u2019ai affirmé que M.Taschereau a envoyé une lettre au Cardinal, \u2014 Le Cardinal déclare avoir répondu le 24 janvier.20.\u2014J\u2019ai affirmé que cette lettre demandait la cessation des annonces du comité conservateur.\u2014 Son Eminence : \u201cCette annonce a été supprimée.comme je vous l\u2019ai écrit le 24 courant.\u201d 3o\u2014Je n\u2019ai pas affirmé que cette annonce avait effectivement et directement été arrêtée par les menaces de M.Taschereau et de ses collègues: évidemment la nouvelle lettre d'hier de M.Taschereau voulait tromper Son.Eminence sur ce point, mais n\u2019a pas pu le convaincre, puisqu\u2019il dit: \u201cSi Monsieur Lockwell prétend.\u201d Inutile d\u2019insister sur ce point.4o\u2014Enfin, j'ai affirmé qu\u2019il y avait dans la lettre de M.Taschereau qui a précédé le 24 janvier courant, et à laquelle réfère la lettre d\u2019hier de Son Eminence gontenait des tentatives d\u2019intimidation et des menaces de poursuites faites pour forcer, c\u2019est-à-dire avec l'intention d\u2019obtenir de force, l\u2019annulation du contrat mentionné.oo Si ces menaces n\u2019existaient pas, est-ce que M.Taschereau n\u2019aurait pas demandé à Son Eminence de le déclarer?Voyez donc plutôt: au troisième paragraphe de sa lettre, Son Eminence déclare qu\u2019il n\u2019aurait pas fléchi devant de telles représentations, Mais M.Taschereau ne peut pas lui faire dire qu\u2019il n\u2019y avait pas de menaces, parce que ces menaces ont été faites.Je maintiens donc mon défi.\u2019.- Seule une copie authentique de la lettre pourra me convaincre de tort.ou prouver a tous que j'ai eu raison.\u201cJe crois mes déclarations suffisamment graves pour me justifier de demander à M.L.-A.Cannon, l\u2019associé légal de M.Taschereau et le candidat libéral dans Québec-Centre, d\u2019aller devant le premier ministre avec une délégation composée des prêtres de toutes les paroisses de la ville pour exiger une copie de la lettre que le premier ministre a écrite au cardinal Bégin et au sujet de laquelle Son Eminence a fait une remarque dans sa missive au \u201cSoleil\u201d hier.Je demande à M.Cannon d\u2019obtenir une copie de la lettre du premier ministre et de la lire à la population de Québec à sa prochaine assemblée publique.Je réitère les accusations que je faisais dimanche dernier.Mon défi est encore le même.M.Taschereau, êtes-vous brave?Si oui, acceptez mon offre.Je répète ce que j'ai dit en public et redit aux journaux: Si votre lettre au Cardinal ne contient pas des menaces et des tentatives d\u2019intimidation, je m\u2019engage à retirer 25 candidats conservateurs dans différents comtés et à laisser élire vos hommes par acclamation.D\u2019un autre côté, si ce que j\u2019avance est vrai, je vous demande de retirer 25 de vos candidats et de démissionner vous-même comme premier ministre.\u201d Au contraire, elle les C.-J.LOCKWELL.LA RENTREE DES CHAMBRES Députés et Sénateurs Rendus forts pour leurs labeurs Par trois mois réparateurs, De nos provinces s\u2019élancent Conservateurs et fermiers Ranger a la Frid Laurier, Tout le monde à l'atelier.V\u20191a les bétis\u2019s qui rrommencent.Déja, sans perdre un moment, On interpelle Aprement Les gens du gouvernement Qui, craignant ceux qui les tancent, Sortent vite de leur sac Discours, pipe et tabac.De quoi vous donner le trac.V'là les bêtis\u2019s qui commencent.Tout en riant dans son for, Pour simuler un effort, On s\u2019engueulera très fort Pendant que nos écus dansent.Et, grevé de maint projet, Quand maint déjà le chargeait, S\u2019alourdira le budget.V\u2019là les bêtis\u2019s qui r'commencent.Les vieux qui, sans le savoir, Roupillent jusques au soir, Ont perdu tout leur pouvoir, Mais rêvant à ce qu\u2019ils pensent, Sont mûrs pour l'opération.Oh! Quelle abomination ! Voronoff, fais attention.V\u2019là les bêtis\u2019s qui rrcommencent ! Et je suis le seul qui, sans Sans compter ce que nos puissants, Qu\u2019ils soient mille ou bien cinq cents À nos frais, chaque an, dépensent, Les félicite, enchanté, De refaire, après l\u2019été, Fleurir l'actualité.V\u2019ia les bêtis\u2019s qui vont r\u2019commencer, : DIDON.Un Contretemps _ Frappé mercredi soir par la grippe espagnole, notre directeur vous prie de l\u2019excuser pour les lacunes qu\u2019il peut y avoir dans ce numéro et remet à la serhaine prochaine quelques courtes explications sur son rôle durant la dernière campagne provinciale.Il tient en attendant à remercier tous ceux qui l\u2019ont aidé dans sa lutte., Nos amis peuvent être persuadés que s\u2019il n\u2019en tient qu\u2019à son optimisme et sa bonne humeur, M.Roger Maillet terrassera la grippe avant mercredi prochain.LA REDACTION.Au lendemain de l'élection, le Canada nous assurait en première page que l\u2019hon.Taschereau avait reçu de New-York plusieurs télégrammes de félicitations, * 5 = Pourquoi diable les Américains aiment-ils tant M.Taschereau ?x
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