La Tribune : journal hebdomadaire, 11 octobre 1889, vendredi 11 octobre 1889
[" Voi 2.LA TRIBUNE A.DENIS, Directeur-Propriétaire.FEUILLETON a) nr errata eri en SANS MERE \u201410\u2014 DEUXIÈME PARTIE INNOCENT OU COUPABLE?XI L'HEURE ATTENDUE (Suite) * \u2014de crois, dit il tout d'abord, de cet admirable argane chaud etsym- pathique que remuait les cœurs, je crois après la déposition si sincère desM.Raymond Bosc, el celle de M.Duvergier, que le moindre doute n\u2019existe plus, ne peut exister sur l'innocence de l'honnète homme que je suis si heureux de défendre Mais M.de Sauvesa trop souifert de l\u2019horrible accusation qui pesé sur lui, pour que notre desoir à tous ne soit pas de faire la lumière la plus complète,aussi éclatante que possible ; pour que tous nos eiforis ne tendent pas a ce que la réhabilitation soil entière, sans un donte.Je viens de recevoir la demande d\u2019être entendu, faite par un homuie fort honorable, et je demande à monsieur le présideut d\u2019y [aire droit.Le magistrat y consentit ; et aussitôt un individu d'un certain âge avec un exlérieur etdes manière d\u2019une parfaite distinction fut introduit.C'élaitun médecin des plus dis- lingués et dès longtemps renommé pour ses expériences aussi originales que curieuses.\u2014Monsicur le président, dit-il je suis connu de M.Marais, le chef de la sureté, chez lequel j'ai déjà eut l'honner de me présenter.\u2014Est-ce au sujet de l'affaire ?\u2014Oui, monsieur le président.\u2014Pourquoi n\u2019ètes vous pas venu plus tôt \u2014Je m\u2019absente fréquemment.\u2014Continuez, \u2014À mon avis, continua l'autre Je vous apporte la lumière.Me Leval, appuyé à la barre ne le perdait point des yeux et paraissait éceuler avec un poignant intérêt la moindre parole.\u2014Toute la Inmière, reprit le médecin, c'est peut-être beaucoup di re.Lans tous les cas, je vais vous fournir la preuve flagrante que l'ac cuse est innocent du crime horri- rible dont on l\u2019accuse.Un profound mouvement de curiosité passadans la foule, Le silence néamoins, se refit aussitot complet pendant que le président de sa voix plus blanche que jamais disait au médecin : \u2014Voyons la preuve.\u2014I1 y à quelques années dit sus- sitôt le médecin j'ai beaucoup voyagé en Allemangne et j'ai connu en Bavière, d\u2019une façon toute intime, le célèbre docteur Pruner, celui qui pendant fort longtemps a été professeur d'atanomie, et directeur de l\u2019hopital militaire du Caire.Mais le climat de l'Egypte altéra sa santé, etil dut revenir en Europe où il continua le cours de ses expériences et deses études.Son nom est fort illustre Jans la science, et le docteur Pruner est membre d\u2019éth- nologie de Paris, St-Hvacinthe, Que, Vendredi, 11 Octobre 1889, ' JOURNAL HEBDOMADAIRE \u2014Eh bien ! demanda le président Un peu impatieuté de cette entrée en 'natière que font ves details au sujet qui nous occupe.\u2014Peut-être beaucoup.Ces ex plications vous paraissent superfines Mas il faliait que la notoriété scien cifique universelle de celui doul je vous apporte la signature, fut assez incontestablement etablie pour me faire écouter de vous.Donc le docteur Pruner a fait sur les cheveux humains des expériences extréme.menteurieuse,et il a prouvé qne des cheveux de nuances et d'aspect al- solument identiques dill'éraient es- senciellement au microscope, suivant l'individu sur la tète duquel on les avait coupés.De nouveau un grand frisson secoua l'audience.Le président, voyant l'interêt profond qui s\u2019attachait aux paroles du médecin, demanda.\u2014Dans quel but venez-vous de dire cela ?\u2014Avec le savant docteur Latieux je me suis occupé de ces choses qui m'ont passionné.Il y a longtemps que je me suis dit que cette dérou- verte était appelée à rendre de grands services en médecine légale.Ler- nièrement, en lisant le compte rendu de l\u2019affaire, j'ai vu qu\u2019une mèche de chevenx avait été trouvé dans la main de la victime, Ayant pensé que c\u2019ètait le cas ou jamais de l'aire l'expérience de mes Ihéories, jai obtenu du chef de la sureté quelques-uns de ces cheveux ; j'en ai eu aussi de M.de Sauves, et j'ui commencé mes expériences, \u2014Et vous avez conciu ?\u2014Que les deux sortes de cheveux sur lesquels jai opéré n'ont-rile même bulbe nila même tige.Je m'explique ; au centre du cheveux existe un canal, visible au microsc 0 pe et qui est au cheveux ce que la molle est à l\u2019os.Ce canal est diaphane chez les blonds,plus ou moins plein chez les bruns d'Europe, absolument opaque chez les nègres, De plus, suivant la race le cheveu est plat ovale on rond.Eh bien, non seulement les cheveux que j'ai analysés ne se ressemblent pas,mais ceux de l'assassin sonicomplètement rond comme le cheveu d\u2019un Américain, tandis que ceux de M.de Sauves sont aussi ovales que le sont les européens d\u2019ordinaire.\u2014Vous certifiez cela demanda le président.\u2014Oui en mon honneuret ma conscience, je le cerlifie : mus le docteur Pruner le certifie aussi, dans un rapport que je vais avoir l'honneur de déposer ici.\u2014Comment avez vous le rapport du docteur ?\u2014d'avais beaucoup enlendu par, ler de M.de Sauves, et je l\u2019avais vu défondre si chaudement, par des hommes d\u2019une honorabilité incon- testalile, que je m'étais mis moi aus si äcroire à son innocence, et mes expériences me tinrent alors au cœur d'une façon toute particulière.Mais je voulus avant de parler, voir le visage et la physionomie.J'as- sislai pour cela à l'une de ces longues altentes dans le couloir des juges d'instruction, et je vis bien M.de Sanves de \u2018Qrès près même, Non, cet homme au droit regard.au visage ouvert, ne mentait pas.Alors je me dis que mon autorité à 'moi ne suffirait peut-être pas pour convaincre MM les jurées et boulversé parce ce que je prétendais être une immense injustice, je suis parti demander audocteur Pruner.Jl me restait des oheveux, je les lui ai remis.Le docteur Pruner a fait ses expériences, et ses conclusions sont (BUREAU : 114 rue Cascades # de baisers ?identique aux mienttes.Nous vous déclarons done tous les deux que les cheveux trouvés dans les mains de M, George Chaniers assassiné ne sont pas \u2018es cheveux de M.de Sanves, Le docteur se retira au millieu d'une rumeur indescriptible, tandis que Suzanne, assise sur l\u2019un des premiers bancs, devenait aussi plie que si elle allait mourir,et que tout bas elle disait : \u2014Al! Den juste, j'ai donc un moyen de savoir, moi aussi, le nom de l'assassin !\u2026.Le ministère public qui sentait à quel point les jurés et le public étaient relournés, essaya néantoins dans sa réplique de soutenir l'accusation el de l\u2019accentuer dans un au- Lre sens.Mais Me Leval lui répondit d\u2019une façon si catégorique,en même temps si sincere, si émue qu\u2019il refuta triomphalement lous ses arguments, arrachant des larmes à tout le monde.Ce fut au milieu d\u2019un tonnerre d\u2019applandissements impossible à contenir, que le chef du juré Ja main sur son cœur, ainsi que la loi l\u2019ordoune, déclara qu\u2019à l\u2019unanimité Pierre de Sauves était reconnu innocent.A ce moment Ja, un cri domina le tumulte, tandis qu\u2019un coup mat et sourd se faisait entendre.C'était Adèle Caaniers qui s\u2019éva- nouissäil après avoir murmuré tout bus : -Ah! Seigneur! Sur deux, vous m'en rendez donc un! Forte dans la douleur et l'épreuve, elle ne était plus dans la joie.Elle avait tant souffert ! Elle revint assez vite à elle cependant, et tandis que Pierre devait disparaitre avec son avocat pour la dernière formalité de la levée de l\u2019écrou au greffe, Suzanne forçait la jeune femme à prendre la première avec elle le chemin de Belleville.\u2014Je veux l\u2019aitendre, murmurait Adèle en essayant de résister.\u2014Je vous en prie vous allez tomber tout à fait malade, lui répondit la jeune fille.Alors que va devenir Georgette ?Le nom de sa fille était si puissant sur le cœur de la pauvre femme qu\u2019elle obéit.En effet & défaut de son mari gu\u2019elle pleurerait toute sa vie, n\u2019avait elle pas son cher trésor à aller voir, presser dans ses bras, couvrir N\u2019étaitce passa fille seule qui pouvait atténuer l\u2019affreux vide qui était le sien, qui le serait toujours]! Pierre lui était rendu !., Mais l\u2019autre ?Hélas ! de ce cruel pays de l\u2019ombre et du froid, on ne revient ju- mais- Et tout se répare excepté la mort ! Elle partit.Du reste Pierre qu\u2019elle voulait escorter ne sortit pas seul de ce triste lieu ou son bonheur avait failli s'anéantir.Me Leval ne le quitta pas, c'est entendu ; mais tous ses amis de l'Es cole, ses relations, ses clients, ses ouvriers, confus de l'avoir un instant soupçonné, l'entourèrent dès qu\u2019il le virent.C'était à qui prendrait ses mains à qui les serrerait, les baiserait même.\u2014O patron .patror.murmuraient les gens de l\u2019usine, les joues couvertes de larmes, vous revenez donc !.Vrai sort!.ce n\u2019est pas trop tôt! * Et oubliant qu\u2019ils avaient été les premiers à lé charger il ajoutaient ) \u2014Si ce westpas un crime de faire souffrir un brave homme (el que vous ! Les ingénieurs, ses amis n'étaient pas moins expansifs, \u2014Bravo, de Sauves, bravo, Jui criaient ils, l'école et les copains sont fiers de toi, mon vieux !.Nous n'avons jamais douté de ton honneur,tu sais ! Et tes amis étaient aussi solides hier qu aujourd'hui \u2014Lui appuyé au bras de Me Le- valne savait que murmurer,étreint d\u2019une emotion profonde capable de le tuer.~Merci mes braves gens, merci mes camarades.Ah quel bien vous me faites ! Et que c\u2019est donc bon de sorlir de cet enfer ! Plus bas en regardant droit devant lui, de ses yeux illiminés de courage et de volonté, il ajouta : \u2014Onm je suis libre, libre de chercher l\u2019assassin de Georges !\u2026 Et aussi vrai que je suis encore vivant après toute ces hontes, j'y emploierai mon existence entière,je le trouverai! Mais tout à coup un grand cri retentit, et l\u2019on entendit ces mots prononcés par une petite voix de cristal : \u2014Papa ! mon japa.Pierre subitement plus blanc qu'un cierge, se retourna tout d\u2019une pièce, les yeux brillants comme des charbons.En même lemps, d\u2019un inslinctif mouvement, ceux qui l\u2019entouraient s'écartèrent, et Robart vint tomber dans ses bras.Le petit élait très pâle lui mème, ses lèvres roses tremblaient,les narines de son petit nez étaient dilatées ses paupières, sur ses prunelles plus brillantes, que les étoiles, battaient comme les ailes d'un oiseaux l:le\u2014 sé.\u2014Toi ici, mon trésor, balbutia M.de Sauves.Comment yesiu venu ?\u2014J'ai entendu ce malin Simon dire qu\u2019ils allaient peut-être te condamner, ces gens-là, Simon pleurait et disait ; Ah ! qui pourra leur faire comprendre à ces magistrats, quel honnèce homme est le patron.Alors je me suis échappé dela maison, moi, pour le dire combien tu étais bon, puisque personne n\u2019osait ou ne savait !\u2026.Pierre l'enleva dans ses bras.\u2014Ce n\u2019est plus nécessaire dit-il, Je suis lib:e.\u2014Pour toujours ?\u2014Pour toujours.Ah comme je vais t'aimer ! Me Leval intervint, \u2014Robert, mon petit, dit-il gravement,voyez toutes ces personnes qui entourent votre père, ceuxci sont ses amis, des ingénieurs comme lui c\u2019est-à-dire des hommes honnêtes et intelligents entre nous ; ceux-là ses ouvriers, qui le connaissent et ont vécu avec lui.Tous sont venus serrer sa main et lui répéter quelle profonde estime ils avaient pour lui N'oublions jamais mon enfant,qu\u2019en allant toujours droit son chemin comme l\u2019a fait sans cesse votre père on finit par avoir raison de tous les ennuis, de toutes les douleurs, de toutes les complications, Une voiture était à portée, l'avocat l'uppela.Il voulut serrer la main de Pierre ét le laisser reprendre senl le chemin de l'usine.\u2014Non,lui dit M.de Sauves, vous avez été trop mon am pendant les tristes temps d'épreuves pour ne pas le rester toujours maintenant.C\u2019est avec vous que je veux franchir, réhabilité, le seuil de celte No.26 eulTr(sttarg \u20141 P.U.VAILLANT, Rédacteur maison, dont je suis sorli comme uv criminel.Ne me vefusez pas de m'accompagner.Venez ! XH LE NOM DE L\u2019ASSAESIN Comme s'il l'avait quitté la veille Pierre rentra à l'usine, Les ouvriers élaient Lous encore au Palais de justice : quant à Adèle une émotion souveraine ln clonait dans sa chambre là haut, auprès du berceau de sa fille, qui seul pouvait atténuer son violent chagrin.Malgré elle en effet, malgré Par- dent amour qu\u2019elle éprouvait pour son frère, celte pensée revenait sans cesse, aiguë, insupportable, douleu- reuse à en mourir.\u2014Pourquoi n'en revient-il qu\u2019un seul 7.\u2014Va prévenir maman que je suis là, dil Pierre de Sauves 4 Robert.Celui-ci disparut.Aussitôt Pierre s\u2019empara des mains de son avocat.\u2014Par vous je reviens ici, libre et réhabilité, lui dit-il, jamais je ne l\u2019oublirai ! De grosses larmes inondaient les joues de l'ingénieur, sa voix tremblait, une pâleur livide couvrait ses traits.=\u2014Ma vie estd vous, conlinna-t-il et chez moi ce n'est pasun vain mol.\u2014Aussi, répondit Me Leval, suis- je heureux de l'amitié que vous m\u2019offrez, et je compte bien qu'elle sera désormais indestructible, \u2014Oui, appuya Pierre, de sa belle voix grave et profonde, indestruc- tible- Puis au bout de quelques secondes.\u2014 Vous m'avez sauvé, dit-il, vons m'avez rendu l'honneur.Mais de lous vos services, celui dont je suis encore le plus reconnaissant, c\u2019est que vous m'avez bien défendufcom- me je voulais l'être : vous avez fait triompher mon innocence, et ma sœur, cetle enfant tant aimée, pour laquelle je donnerais ma vie, elle si vaillante, si courageuse et déjà si malheureuse,hélas |.n\u2019a pas souffert davantage, n\u2019a! pas connu les pensés affreuses qui m'ont tant torturé.Ah! Manuel croyez-moi, j'eusse mieux aimé mourirque de lui faire tant de peine ! \u2014Vous l'avez bien prouvé ! L'avocat fut interrompu par un léger frolement qui venait du corrie dor.Presqu\u2019en mème temps, la porte s'ouvrit eË Adèle parut au milieu des plis de la drapcrie reievée.Sans laisser à Me Leval le temps de la saluer, elle \u2018s'avanca vers lui.\u2014Moi aussi, dit-elle, je vous re: mercie, et ma vie est à vous ! Les lèvresde Me Leval tremblèrent légèrement.\u2014 Donnez moi votr3 amitié comme votre frère me donne la sienne, je serai heureux, C\u2019est accordé.Désormais cette maison quoique remplie de deuil et de iristesse, vous est ouverte.Plus vous y viendrez, plus vous comblerez de joie ceux qui l'habitent.Un quart d'heure après, le frère et la sœur étaient seuls, \u2014Enfin ! s\u2019écria Adèle en tombant dans les bras de Pierre tues là ! 5 Elle resta un instant sufloquée d'émotion, pleura silencieusement sur l\u2019épaule de M.de Sauves.Lui lisait dans sa pensée, et rez- pectait cette douleur, qu\u2019il compre- naît si bien, qu'il trouvait si légitime, .\u2019 LA TRIBUNE Tout à couples \u2019sanglots d\u2019Adèle se calmèrent, péu & peu elle s\u2019ap- paisa, puis sentant tout à fait mai- tresse d\u2019elle-même, elle se redressa.\u2014J'ai entendu tes dernières paroles à Me Leval, dit-elle.Maintenant il faut me les expliquer.Pierre tressaillit.\u2014Jamais, dit-il.\u2014C'est donc bien grave ?\u2014Pour nous, de loi à moi ossi, Lrès grave.\u2014Que veux-tu dire ?\u2014Que j'ai aimé encourir la perte de mon honneur, c\u2019est-a-dire la plus sacrée qui existe pour moi,plu- tot que de donnet l\u2019explication que tu me demandes là, parce qu\u2019en parlant, j'avais peur d\u2019atténuer ton af- feclion, et de blesser ton cœur.Elle lui mit les mains sur les épaules.\u2014Ecoute, lui dit-elle je l'adore.Rion aujourd \u2018hui ne peut affaiblir les liens qui nous unissent, parce nous avons Lrop souffert l\u2019un et l'autre.Mais rappelle-toi que si jamais une pensée de toi n\u2019est cachée,mon désespoir ausmentera.\u2014Cependant, un jour, tu m'as dit.Élle ne le laissa pis continuer.Une lueur veuait d'Aluminer sa ponsée.\u2014Malheureus, lu as soupçonné ticorges ! H baissa la tête.Un silence de quelques secondas eut lieu.\u2014Eh bien s'écria tout coup la «jeune femme, si tu las Fait, c'est Qu'il y avail sans doute des raisons pour cela.Dis-les ces raisons je ne Pen voudrai pas, car tu es la sagesse la droiture, et la justice incarnées.Un grand soupir de soulagement \u2018dilata Ja poitrine de Pierre de Sauves.I lui semblait qu'un immense poids lui était enlevé : Le secret de crainte et d\u2019appréhension qui existait en lui s\u2019envolail sous les paroles confianteset généreuse de la jeune veuve, IL lui dit tout.Un instant les beaux sourcils d'Adèle se froncérent.\u2014Et c'est pour m'éviter ces an- - goisses que th ne Ves pas défendu lui demanda-t-elle.\u2014Oui.\u2014Al! s'écria-t-clle, comme j'ai waison de l'aimer !\u2026 Mais \u2018de ces soupçons qui ont du tant te faire souffrir, je ne retians qu'une chose t'est que tu as mieux aimé ètre maityrisé qu\u2019ajouter une doulenr à mes douleurs, Non Gcorges n\u2019était pas capable d'une mauvaise action.M m'aimait et a été fidèle à sas serments, parce qu'it étalt honnète.Do cela je suis sûr.Pierre respira, heureux de la voir si raisonnable.Elle continua ; \u2014Mais helas il est mort, et le nom de son assassin reste inconnu.\u2014Ce que la justice n'a pu faire, dit gravement Pierre nous pouvons Pentreprendre.\u2014Ah !tu m'as comprise !.Eh bien, que ce soit la seule punition le tes soupçons, mon Pierre, en- ploie ta vie comme j'emploierai la mienne à chercher le meurtrier de Georges, & le trouver, à venger ce- Jui que nous pleurons.\u2014C*est entendu, dit M.de Sauves.Bt he dussé-je le rencontrer qu\u2019à mon heure dernière, il n\u2019échappera pas à ma vengeance, il mourra comme est mort Georges.\u2014Ce n'est pas assez, dit Adèle les veux assombris.\u2019 \u2014Que veux-tn done ¥ Elle serra le bras de son frère à le briser.\u2014Comme les gens des siècles féroces, dit\u2018elle, son beau visage empreint d'une haine implacable, je Taux broyer son cœur avant d'avoir sa vie.; 1 Le soir de cc mème jour, Suzanne sortit seulo de la maison de Del- loville.* Elle était très pâle, clle aussi, et sur ses traits jadis si gais, si rieurs, si jeunes, il y avait une expression douloureuse et terrible, angoissée et colère, qui les figemt et les dur.ainlait.Elle marchait vite,et arriva assez rapidement.à la station des soi- tures du boulevard.Là, elle monta dans un flacre et donna une adresse.Le cocher partit.Je ne sais pas quoi me dit que je n'ai pas révé,murmura t-elle en fron cant ses fins sourcils, c'est lui l'assassin de M.Georges ! Ah ! si les théories de ce ce docteur Pruner son vraies, je vais bien le savoir.\u2014Alors, serait-ce dans vingt aus, malbeur & lui; quia fait souffrir mon Pierre, mon bienfaiteur ! Lu voiture eul vite atteint le do- mirile du médécin.\u2014Celui-ci, un savant austère, passionné pour ses découvertes 11e sortait que rarement, et consacrait sa vic entière à ses études.Il était dans un grand cabinet entouré de llvres, de microscopes, de petit appareils à esprit-de-vin, de réactifs de toute sortes.Une lannpe américaine à plusieurs becs et donnant une lumière intense, recouverte d\u2019un large abot-jour vert, concentrail ses ravons sur le travail, laissant le reste de la vaste pière dans une ombre profonde relative.Suzanne fil quelques pus, se dirigeant versl\u2019endroit éclairé.Aussitot, le donna dounu uu léger coup de main à l'abat-jour, etle faisant basculer, le lin visage de la jeune fille apparut en pleiue lumière.Le reflet de la grande lueur filante, rendait sa pâleur plus diaphane, faisait paraitre mille fois plus beaux ses yeux de diamants, el surtout accentuait la franchise honnête, droi- Le, «le ces traits expressifs.Le médecin se sentit pris d'un gram! intérêt Il se souleva à demi.\u2014Qu'est-ce qui me vaut l'honneur de votre visite, mademoiselle de- Tvanda-il.La pauvrette tremblait beaucoup malgré sa décision naturelle.Le savant s\u2019en aperçut, \u2014N'avez pas peur, mou enfant lui dit-il.Je suis bien sûr, à l\u2019expression de vo:re visage, qu'un motif honnête peut seul vous amener chez moi, aussi suis-je tout disposé à vous être utile, \u2018sije peux le faire.\u2014Oh ! oui, cela vous est facile, monsieur : et mème vous pouvez me rendre un grand, un immense service, \u2014Voyons le service?fit-il avec un sourire qui encouragea Suzanne.\u2014Je suis ia femme de de Mme Chanier.Ls médecin tressaillit.\u2014La sœur de M.de Sauves ?dit- il.chambre \u2014Oui.Mais je suis mieux qu\u2019une femme de chambre, et c'est ma seule affection pour eux qui m°a fait accepter ces fonctions.Je suis une de leur meilleures actions à tous les deux.Etsimplement, au docteur ému qui l'écoutait attentivement, elle ra- conla son histoire.Elle ne lui cacha rien, pas méme ses amours sijionniles avec Eugène Gages.\u2014De ces amours vraies de mon coté, dft-elle, menteuses du sien, il ne m'est rien resté.Voulez-vous el pouvez-vous me dire, si ces che- veus, par hasard, ne scraient pas les mèmes que ceux trouvés dans ha main du pauvre M.Georges Cha- niers, Le docteur la regarda fixement.\u2014Oh ! dit il vous croyez done !.\u2026 \u2014dJe ne sais rien de positif, mais mon esprit'est préoccupé d'un souvenir qui est peut-être simplemeut aussi un rève, peut être aussi la ré alité, Et voyez-vous, si l\u2019assussin | nous était connu,le mort serait vengé d'abord, ensuite.on serait bien sûr, ce jour-là que Pierre n'est pour rien dans l\u2019alfaire.\u2014Tout le monde en cet déjà con- vameu.Ello hocha la tèle tristement.\u2014Non dit-elle, tant que le vérita- ble meurtrier ne sera pas entre les .| mains de\u2019 la justice, il y aura des Gélis gui douieroui dé l'honacur de M.de Sauves \u2014Oh ! bien peu en vérité.\u2014N\u2019y en aurait-il qu'un, c'est \"trop pour un homme tel que mon bienfaiteur.Le médecin ouvrit !e médaillon et pritles cheveux,extrémement touclié de la délicatesse et de l'énergie de cette enfant qui voulait essayer de faire du bien à ceux qui lui eu avait fait.Sentiment bien légitime, pourtant mais si rare en ce monde \u2018 de suis encore tout plein des dernières expériences faites au sujet des cheveux de M.de Sauves, dit-il je u\u2019ai pus eu le temps de les oublier.Il cherclia sur sa table, et au bout (le quelques secondes, il dit.\u2014Précisément, voici ce petit paquet que m\u2019a renvoyé le docteur Praner, il reste encore quelques cheveux de veux qui m'ont été don- us par M.Marais, je vais pouvoir faire tion expérience comparative.IL commence, Suzanne, de ses veux plits bru- lants gue des tisous,anivait les mains adroites Ju nédecin.Cela dura ties longtemps.Dans immense piète.on ent er- tendu une mouche voler.De loiuen loinä peine quelques exclamations troublaient-elle le silence solennel,encore rendu plus poignant par la sombre majesté de la nuit.\u2014Tiens, C'est bizarre !\u2026 \u2014Ah! voilà ! \u2014C'est bien ca ! Pas autre chose.Enfin.il se retourna vers la jeu.ue fille.,, Celle-ci était aussi blanche que si elle allait rendre l'âme.\u2014Ce sont les mêmes, n'est-ce pas demanda-t-elle.Le docteur inclina son grave vi sage.: \u2014Identiquement les mêmes, oui dit-il \u2014Auriez-vous l\u2019obligeance d'en faire un petit écrit spécial.qui ne servira que pour M.de Sauves, Mme Chaniers et moi ?\u2014Volontiers.\u2014 EL personne.autre ne saura ce que vous venez de découvrir ?\u2014Plersonne.\u2014Vous me le jurez ?\u2014Ous.Mais pourquoi m'inposez vous celte réserve ?\u2014P'arce que j'estime que M.de de Sauves, cet honnête homme, impeccable, à assez soullert des soupcons qui pesaient sur lui, pour que seul il ait le droit désormais de fai- rede cetle révélation le terrible usage qu'il lui plaira.\u2014C'est hien, mon eufant, je vous comprends, vous pouvez compter sur moi.Au petit hotel de Belleville, l'inquiétude était grande.Suzanne, sortie sans dire ou elle allait, à l\u2019entrée de la nuit, n\u2019était point revenue.Où pouvait-elle être ?Est-ce qu'un nouveau malheur élail encore à redouter, et on en aurait donc jamais fini avec les drames Une heure, deux heures, trois heures se passèrent.Rien.Minuit arriva.Le dernier ommbus pente raide de la rue.point devant la porte.\u2014Georgette dans sou berceau avait {ini par seudormir,après avoir heaucoup pleuré, car sa gardieune ordinaire, celle qui ne l'avait qu- mais quillé depuis sa naissance, N\u2019élait point auprès d'elle ce soir là.monta la il ne s'arrèta Vingt fois Adèle était allée jusqu'au seuil de la porte, voir à tra- vêrs les lénèlres si Suzanne ne ne revenait pas- \u2014Mais où est-elle mon Dieu |.oùest clle ?\u2026 répétait la jeune veuve pour la centième fois à M.de Sauves aussi inquiet qu\u2019elle, Je tassure Dierre que cette absence west pas naturelle.Mais l'ingénieur au lieu de répondre prêta l'orcille, ~ La grille vient de s'ouvrir, dit-il la voici !.En effet quelques minutes ne s'étaient pas écoulées que la portière se soulevu, et Suzanne plus blanche qu\u2019au spectre apparut au seuil de la pièce.\u2014Malheureuse enfant.s'écria Mme Chaniers en se dressunt les veux ploins de larmes,quelle inquié- tnde tu nous « causée tout ce soir ?D'où viens tu ?(à continuer) \u2014 = Note Littéraire Hya quelque temps le Détroit Free Press offrait $3.000 en primes pour les trois meilleures histoires périodiques qui lui seraient envoye Ges avant le ler juillet.Comme résultat de celte compétition, le major Kirkland de Chicrgo à obte- uu le premier prix de 81.600.Son histoire a pour titre \u201cLe Capitaine de la compagnie K.Le second prix a été gagné pur Mme Elisa W.Teatlie, de Oliama.Neb, dont histoire a pour titre \u201cLe juge\u201d.Le trois S.Broo:s de Boston Mass.qui a écrit \u201cLe ills d'Issichar\u201d., Ces histoires seront prochaine- littérature anglaisene saurait mieu faire que de s'abouner à ve journal NOTES SPÉCIALES.L'ABIETINE.\u2014Pour la Toux.le ffhume, la Brouchite, Catarrhe, l'Asthimie, Come soupuon, La Coqurtuche, ete, ete.Prix 25 cta.Aux fumeurs\u2014Le cigare\u2019 Alicia est manufacture av ge le meilleur tabac de la Havane, $516,000 de chaussures & 5c dans la piastre au grand magasin de chaussures, chez À.Dion.L'opposition nous oblige à vendre les chaussures presque pour rien.rent les Alicia à tous les autres çigares.Névrosthéaiques, pour tous les cas de Débis lité, faiblesse, langueur, migraine, mal de téle, Névralgie, l\u2019alpitutations du cœur, Danse do St-Guy, Dyspepsia, ete.Prix: 40 ets la boîte.11289 Grande oppositlon dans les chauesures.\u2014Si vous tenez à acheter des chaussures meilleur marché que n'importe où ailleurs, allez au magasin de chau- sures chez À.Dion, c'est là que vous trouverez le plus grand assortiment de chaussures américaines dans le dernier style.On a commence à faire de l'opposition dans celte ligne, croyant qu'on ne pourrait faire la même choso.d'avertis le publie que toutes mes chaussures sont réduites de 50 yp sur l\u2019ancien prix, venez vous convaincre par vous mème et je paierai les dépenses de quiconque ne sera pas sat:sfait- Ayant acheté les échantillons de six mianu factures à des prix » détruit huit maisons et causé la mort de 45 personnes.En de- pit du verdict du jury, rendu à l'enquête qui a eu lieu au sujet de la catastrophe, le gouvernement d'Ottawa n\u2019est pas encore décidé d'en assumer la responsabilité, Cependant personne ne peut nier que le rocher de Québec ne soit sa propriété et qu'il sert de base à la Citadelle, aux batteries et aux autres constructions qu\u2019il y a fait ériger.Il a fait construire un mur à sa base pour protéger et enclore sa propriété.Pendant l'hiver, des escouades d'hommes sont employés pour déblayer la neïge et\u2019 l'empêcher de tomber en avalanches sur les maisons qui sontau bas.Quand la corporation à vouln réparer les murs de la terrasse, il s\u2019y est opposé.Pour empêcher les ébou- lemeuts, il a fait exécuter au cap des travaux qui quoique à peu près inutiles, n\u2019en indiquent pas moins son titre de propriété.Il a mémepayé a un boulanger le prix d\u2019un cheval qui avait été tué par une pierre tombée du cap.Malgré ce qu\u2019en disent certains jour- Taux, nous ne croyons pas cependant quo le gouvernement s'obs- tiñe à ne pas payer ces dommages.Le ministre de la milice, dans une entrevue avec le maire Lan- gelier, n'a pas essayé de nier la Tesponsabilité du gouvernement iédéral.Ila demandé qu'on présentât des reclamations en forme .+«é0tstatant l'étendue et le montant des dommages et qu\u2019il les com- , MMüniquerait à ses collègues, D'aucuns croient que la prise en considération de ces demandes sera probablement remise aux calendes grecques.La Corporation de Québec n\u2019a pas lieu d\u2019être satisfaite du verdict des jurés qui attribuent lu mort de plusieurs personnes à la négligence des autorités à se procurer les outils nécessaires pour retirer promptement les victimes de dessons les décombres.Le maire Langelier a donné instruction à l'avocat de la corporation et à M.Dunbar, C.IR, de prendre des mesures énergiques immédiates pour faire invalider cette partie du verdict qui incrimine les autorités de la ville.Voici l'opinion de quelques journaux sur conduite des autorités municipales et la responsabilité du gouvernement d'Ottawa: (Du Cancilien) Quand aux autorités municipales, il nous semble hors de doute qu'elles ont fait pour lemieux.En de pareilles circonstances, il est assez difficile de saisir et d\u2019indiquer d'un coup d'œil les moyens les plus efficaces à adopter.Chacun était libre de faire des sug- gessions ; en a-t-il été lait qui n\u2019ont pas été mises en pratique ?Si oui, lesquelles et par qui ?- Nous savons nne chose : des instruments de sauvetage, des pelles ont été volés sur les lieux même du désastre! Des protestations se sont élevés contre les militaires qui se dévouaient en la manière dont nous avons été tous les témoins.L'on se disait : Il nous enlèvent notre argent, c'est nous qui devrions travailler.Quand certains conseillers.croyant bien faire, ont ordonné de fuire servir des r2pas aux tra vailleurs, des douzaines et des douzaines d'individus s\u2019y sont précipités, et y seraient encore si bon ordre n'y eut été mis.Ici, l\u2019on ne courtise personne et l'onadit la vérité ; la vérité la voilà.Parmi les résidents de la localité si cruellement éprouvée.il enest, et ils sont nombreux, qui se sont noblement conduits.D'autres ont montré un manque absolu de cœur et de décence.À ce point que, dans un momont d'indignation, le muire a été tenté de laire arrêter les travaux de sauvetage.(Du Free Press d'Ottawa 2 oct) Quand à la prétention que les autorités civiques de Québec sont blâmables pour la perte de vies occasionnée par la récente avalanche du cap Diamant, la Gazette, de Montréal, dit qu\u2019il n'y a pas de raison pour que la cité soit tenue responsable: de la:catastrophe, pas plus que pour les incendies qui peuvent éclater dans ses limites.Pour quiconque a regardé dela cime du cap, dit la Gazelle, il est évident que la chute d'une certaine portion du rocher était aussi certaine que le fait qu'un incendie éclaterait un jour quelconque dans la ville.C'est précisément cela.Tout le monde voyait parfaitement qu'une avalanche était inévitable, et malgré que ce fut de devoir des autorités fédérales de prendre les mesures nécessaires pour protéger la propriété et la vie, elles n\u2019en ont rien fait, (Du Moncton Transcript) Lo gouvernement fédéral n été virtuellement trouvé coupable de manslaughter par le jury dans l'affaire du désastre de Québec, et sur ce point, le verdict nous parait essentiellement juste.De même que pour la rébellion du Nord- Ougst, le gouvernement avait été maintes fois averti de la calamité ti menaçait, mais il a r.égligé ¢ prendre les précautions même les plus élémentaires peur protéger la vie des citoyens.\u2014}-> Comté de Richelieu\u2019 M.L Gouin ayant positivement refusé de se laiss\u2019r porter candidat, les nationaux ont choisi M.Tlyacintho Benuchemin de Sorel pour le remplacer.C'est un excellent choix, M.Beauchemin ost très populaire et très considéré de ln classe ouvrière dans Sorel.Ii estaussi fort avantageuse- LA TRIBUNE ment connue dans les campagnes où 11 n fait beaucoup de transactions avec les cultivateurs La bataille est commencée.M.Benuchemin a déjà attaqué 'ennemi dans ea place forte\u2014St- Aimé.Le géneral ne s\u2019est pas montré et c\u2019est un lieutenant M.Bergeron qui n été chargé de ln défence.M.IBenuche min, at moyen d\u2019un discours pratique, et intelligent, a fait une brèche considerable dans les faibles retranchements de M, Bergeron.Apart un petit troupeau de censitaires qui ont encore peur de \u2018 not\u2019 seigneur \u201d et quelques autres nécessiteux alléchés par ses (eus, il est tout probable que In garnison passera du côté des assiégeants.M.Beauchemin a un état major d'élite.Ce sont tous des preux brisés tux Juttes électorales.Ils ont déjà attaqué avec enthousiasnre les différentes parties du comté et partout le sue- ees à courronnt leurs efforts.M, Massue à commence à trouver que les conseils de son ami Denugrand n\u2019était pas tout à fait inopportuns.Il et tout probable qu'avant peu il verra autre chose que \u201c le soleil de minait.\u201d\" Le seruttin aura lieu le 15.\u2014- {rem .\u2014 L'hon.M.Laurier a Ste- Catherins UN DISCOURS MAGISTRAL COMPRIS ET APPRECIE Ste-Catherine, Ontario, 3 octo- bre\u2014Le vieux comté de Lincoln a racheté aujourd'hui le déshonneur d'avoir pour représentant un homme comme M.Rykert, en donnant une réception sincère et enthousiaste dans toute la force de ces mots au chef aimable, courtois et illustre du parti libéral du Canada.L'honorable M.Laurier a quitté Toronto à midi aujourd'hui en compagnie de M.$.Fisher, M.T\u2019., qui comme lui, à Ste-Catherine, est l'hôte des libéraux de la ville qui leur ont préparé des appartements au Welland House.Tendant l'après-midi, M.Laurier a reçu un grand nombre de visites et, dans la soirée, la population tout entière a fait au chef de l'opposition un accueil digne du discours sérieux, élégant et magnifique qu'il leur a adressé.Le Docteur Downey, un des partisans les plus en vue du parti libéral, présidait.Il a ouvert l'assemblée par quelques mots aimables, présentant à ses compatriotes le chef de l'Opposition et son collègne de Québec.M.Fisher a parlé le premier.On l'a écouté avec faveur et attention.Ln sa qualité de représentant d\u2019un comté de la frontière dans la province de Québec, par\u2014 lunt dans un comté semblablement situé dans Ontario, on reçoit que ses arguments ont été compris et appréciés.Il a déploré l'émigration de nos jeunes gens aux Etats-Unis et a fait remarquer que ce mouvement ne se bornait pas à la province d'Ontario, mais que le mal se faisait vivement sentir dans Québec.L'auditoire a applaudi lorsqu'il a dit, qu'avec un gouvernement convenable, le Canada pouvait devenir un des pays les plus riches du globe.Lorsque l'honorable M.Laurier s\u2019est levé pour prendre la parole, ila reçu une ovation dont il se souviendra longtemps.On montait sur des chuises pour mieux le voir, les dames agitaient leur mouchoir ; les applaudissements se sont prolongés à tel point qu\u2019il dut attendre plusieurs minutes avant de commencer.Pendant tout son discours, il a reçu les mêmes marques de sympathie et d'attention respectueuse de la part du vaste auditoire qui l'écoutait.Ses arguments en faveur de la réciprocité étaient pratiques et convaincants.Il ne visait pas à l\u2019éloquence, mais les périodes claires, et les propositions inattaquables se succédaient et plus il parlait et plus ont admirait l\u2019éloquente exposition d'un sujet économique qu'il savait rendre intéressant.1! a rappelé au peuple de Ste- Catherine que leurs chantiers, autrefois bondés de travailleurs, sont maintenant déserts ct que, malgré la promesse du gouverne- ment tory que le Canada appar- .- + tiendrait aux Canadiens, pendant la dernière décade en calculant l'augmentation naturelle à 3 p.c.les cantons du comté de Lincoln ont peda 5.29 p.¢.dolour popn- lation, les villeset villages du comté 22.01 fames,et la ville même de Sainte-Catherine 27.82, soit une perte totale du comté de Lincoln de 10,080 ames.Ces chiffres ont eu un effet extraordinaire sur l'assemblée et le chef libéral a dù être convaincu à la façon dont la révélation a été accueillie, qu'ils ne manquaient pas leur effet.11 fait ensuite un exposé amusant de la prodigalité de promesses faites par les chefs torys durant la campagne sur ln politique nationale.Puis, parlant de la réciprocité, il rappelle qu\u2019en 1860 sir John Macdonald déclarait que cette politique bénéficierait énormément aux cultivateurs et que le renouvellement des droits sur le blé rapporterait 20 p.c.de plus par minot.Il ne croit pas que les manufacturiers ne puissent pus se maintenir avec la réciprocité ; mais, à tout événement, dit-il au milieu d\u2019applandissements prolongés, il se range du vôté des cultivateurs qui forment les soixante quinze centièmes de la population du Canada- Son discours roule ensuite sur les avantages naturels du canal WeHlland et démontre que le commerce en franchise avec les EEtats- Unis serait la prospérité pour toutes les classes du peuple canadien.Même les manufacturiers v bénélicieraient ; ils trouveraient aussi de nouvelles industries à exploiter et un vaste marché pour écouler leurs produits.Il fait observer en termes éloquents qu'il comprend la valeur du sentiment public à l'égard de la mère-patrie et qu'il préfèrerait lui aussi le commerce avec l\u2019Angleterre ; mais il démontre que c'est en vain qu'on espère que l'Angleterre abandonnera sa politique de libre échange et imposera une taxe sur les céréales au bénéfice de ses colonies.Il refute aussi l'utopie de l'union commerciale impériale.Cette réfutation est un des arguments les plus forts en faveur de la politique libérale.La nombreuse assemblée qui écoutait M, Laurier et l'a applaudi avec un enthousiasme indescriptible, était composée en majeure parlie de partisans de la ré réprocité, il a produit sur eux l'impression la plus profonde.Dans la péroraison de son magnifique discours, le chef libéral a affirmé la doctrine des droits provinciaux, il a plaidé éloquemment la tolérance entre les provinces, les races et les coyances du Dominion, et terminé en faisant chaleuseusement appel au peuple d'OntarioSlui demandant de «e pas nier à la province de Québec les droits du self-rovern- ment.(Applaudissement prolongés et ovation.) \u2014\u2014\u2014\" + 0 > Quelques pensèes cueillies dans le discours de l\u2019hon.M.Laurier a Toronto A la vue de ce courant sans fin d'émigration qui décime notre jeune et naissante population, les plus optimistes d'entre nous sont bien forcés d'admettre, \u2014 qu'ils aient le courage de le déclarer tout haut ou que l'aveu reste au foud de leur conscience\u2014que la situation économique du pays est loin d\u2019être satisfaisante.Petes THe PEPPER EONS aupaut ob Use 520000 Les diflicultés et les périls de la situation se réduisent en un seul mot: \u2018défiance.Déliance entre races, défiance entre religions, déliance des motifs, dé- liance des intentions, qui porte tous ceux d\u2019une même race et d'une même religion à faire groupe à part au lieu de les réunir à la poursuite du but commun ; défiance qui engendre l'hostilité, une hostilité dont les conséquences font déjà peur.En présence de cette défiance universelle, le devoir du parti libéral est de persévérer dans sa politique de bon vouloir et de respect mutuel.| asso ou sorot ao SP6t00000 quant 150001 022 404880 Nous vivons sous le règne d'une confédération, et c'est notre ! devoir de maintenir la confédé- à ration, d'y âtre loyaux, Je suis | libéral, et je crois au mouvement | au progrès, mais je ne crois pas | aux changements irréfléchis Je .crois aux changements nécessités par révolution naturelle de l'existence des peuples.ses 0056004 guvaut st anses ur sancuusest Sur ce sentiment, ceux qui ne parlent que le français sont dans un état d\u2019infériorité, mais sion les oblige d'apprendre l'anglais, la la conséquence sera qu'ils possè- deront deux langues et que tout l'avantage sera de leur coté.Quand ont à fait la Confédération, on n'a jamais eu l'intention d'asseoir ce régime sur l'humiliation d'aucune race.On a fait la division du pays en provinces, pour qu'il y eut union de tout.ll n'y a pas une seuic organisation chrétienne qui pratique plus rigoureusement que l'église catho lique romaine le grand précepte du Christ : Rendez à César ce qui est à César.à Dieu ce qui est à Dieu! sencosses nou seu 0.ant c 6000100 ce came { voquées par le Mail.peuvent élre du libéralisme allemand, mais à coup sûr non pas du lib
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