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Titre :
La Tribune : journal hebdomadaire
Catholique et libérale, La Tribune oeuvre au développement de sa région.
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :[s.n.],1888-1922
Contenu spécifique :
vendredi 25 janvier 1895
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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La Tribune : journal hebdomadaire, 1895-01-25, Collections de BAnQ.

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[" ees faded) ITT of Yol.7.Vendredi 28 Janvier 1395.No ZO FEUILLETON MARGELLE AO ES EE = TITI ( Suite) En ce moment, le prince Zi- nerko, paressensement étendu sur le divan de son petit salon, famait un cigare.Wilalimir avait loué tout un appartement à l\u2019hôtel d'Angleterre ; ce qu\u2019il vy avait de mi-ux an premier étage.Il avait même donné un cach: t de supréme distinction a son petit salon en l\u2019ornant de bibe'ois rares, qui le suivaient dans tous ss Voyages, et en le garnissant de rideaux stores, ton- jours abaissés, alin que les armes des Zinesko, brodées sur le tissu, se développussent dans toute leur splendeur! Le prince songeait, le sourcil légèrement froncé, car il avait toute une stratégie à régier : devenir l'heu- TUx époux d\u2019une jeune héritière fort joliv, pour laquelle, vrai de vrai, il se sentuit un caprice\u2026 ll y avait bien la question de cet inportun fiancé; mais.pour: quoi s'en préoc:uper ontré mesure ?Ce n\u2019était pas ua diplomate, que ce docteur Ploël ; c'é- tuit une nature honnête et droite, tout à fait incapable d'artifice.Et les habiles stratégistes l\u2019emportent sur ces naifs qu, toujours, vout droit leur chemin satts même soupçonner les voies souterraines.; Wiladimir s'était redressé iri- omphant ; et, jetint dans le cendrier son cigare à demi fumé, il s\u2019écria presque à voix hante : \u201411 ne sait pas ce dont je suis copable.Ce que je venx, je le veux en dépit de touset de tout Et le prince, une flamme de convoilise allumée dans ses yeux d'azur, dit en conclusion, décidé à tout : \u2014Et je veux le magot du ri che armateur T1 réglait sa stratégie.Il resterait encore à Dinard deux ou trois jours.Il serait la, la mine mélancolique, errant sans cusse sus les fenêtres du Prieuré, se cachant avec art, assez pour être entrevu.Il se fe- Tait Voir du face, du profil, de trois quarts.Un sentiment s'emparerait du cœur de la naïve Et, bivntôt, les g-rmes lèverait, I\u2019esprit de la jeune fille travaillerait, som imagination créerait un séduisant fantôme, plas séduisant encore que ia réalité.La meilleure tactique pour éveil ler l'amonr, c'est la fuite.Comme l'absent a du prestige, en veloppé des nuages dorés du lointain ! Oh! il connais ait le cœur des jeunes filles, cet hahile stra'égiste.\u2014J'aurais dû entrer dans la diplomatie, murmura Zinesko, ravi de ce p'an de campagne Ce jour-là, toute la colonie étrangère de Dinard allait être en fêle.Tous ces deeœuvrés de haute vie avaient imaginé de varier l-urs plaisirs par une vente de charité C'est fort bien de venir en aide n:(x orphelins des sauvetenrs moris en mer; mais, comms c\u2019est aussi de haut genre, le prince Zinesko avait été l\u2019un des plus ardents à organiser cete kermresse Il avait été l'âme et la ch-ville ouvrière.Une Russe millionnaire, la comtesse Bragiioff, avait offert son parc.Ou y avait construit d: jolies boutiques foraines, dressé des chevaux de bois, organisé des Interies Un acteur célèbre diruit la bonne aventure, et ces dumes tiendraient les boutiques en costumes de paysanne, avec une profusion de brod: ries et de galons d'argent sur leurs robes de drap.Par grande exception, Marcelle, qui ne quittait jamais son silencieux Prieuré, de: vait assister à celte kermesse Pierre Bruce avait ollert une si large aumône pour les enfants des Sauveteurs morts en mer, que la jeune fille avait (té invitée, avec instance, comme bouquetière, Le prine» Zine-ko était résolu à faire grande figure à ce Pardon breton, et à royalement dépenser.Ayant done fait une toilette conguérante, et glissé une somme respectable dans son porte-monnaie, il monta dans sa victoria Bientôt 11 eut atteint la villa Bragilofl.Le coup d'œil de la kermesse était délicieux.C'était un emprossement discret chez les vendenses c anme chez les acheteurs, une joie de se retrouver, un caquetage de bon ton, nn fronfron da toilette s mm- pantes, une griserie de libéralités sans frein.On était entré là bien décidé À se laisser 7p/umer et comme les verd-uses étaient délicates, on prenait le parti de un temps charmant.Dans les longues allées, bordées de boutiques, c'était un va-et-vient de promenenrs, henrenx de jouir de cette belle journée.Sous une tente de coutil blanc et rouge, et au repos dans de confortables fautenils, on prenait des glaces à un lonis la coquille.Plus loin c'était le bal champêtre ; puis le jeu des boules.Toutes les vendeuses étaient à leur poste, et en costume.La comtesse Bragiloff était chamar- Tée de galons d'or; elle avait de merveilleux bijonx bretons, achetés autrefois à une igno- tante paysanne de Saint-Ideuc ; son petit bonnet de Cancale, en forme de crate, était tout à fait original ; elle avait des bas rouges que laissait voir sa jnpe courte, et de vrais sabots avec des talons d'argent.Elle parlait avec animation, riait, donnait des explications, Fronçait le sourcil, poussait dvs exclamations, et mettait incessamment en branle son tourniquet pour appeler à sa loterie.Près de en boutique se dressait le kiosque de Marcelle ; quatre colonnes engairlaudées de fleurs, avec nn velam de gaze argentéée pour plafond.Et dans ce petit es ace, eur des gradins.il y avait des leurs en profusion Marcelle était absoruinent charmante dans ce décor fleuri : Conan ne se lassait pas de regarder à la dérobée sa chère fiin- eée; mais, après l'achat d'an bouquet, il dut abandonner la fête ; car si les uns se divertis- sunt en ce monde, combien d'iu- tres souffrent ?la maladie ne fait jamais relâche.Il était done parti, fidèle à son austère devoir, admirable toujours dans sa Vie de dévouem-nt Ei, tandis que son tilbury, tout bour- genis et tout simple, filait du côté de Saint-Euogat, le prince Zine:ko fuisait son entrée dans le parc Bragiloff.C'était le Wladimir de s grands triomy'h s, celui qui avait une élégance souveraine Il se dui- geait vers les groupes, échangeait des saluts, prodiruait des sourires.Il étsit dans son élément : rien ne lui plaisait davantage que de rire, comme un comédivn sous une lorgnette de théâtre, et de faire des grâces.À quoi bou être irrésistibe, s'il n\u2019y a pas une galerie pour regarder et applaudir ?De son kiosque flsuri, Mar- fascinée, Elle le suivait des yeux avec un mélange d'attendrissement et d'orgueil Elle était heureuse de se dire : \u201c Il doit la vie à mon père.\u201d Pas un instant il ne lui avait été indiflé- rent.Qu'est-ce donc qui se pas- suit en elle?Quelle influeuce avait donc sur sa jeune raison, autrefois si juste.cet esprit bril- laut?Elle ne pouvait se répondre à «lle-même, Tout ce qui tui aurait semblé banalité chez un autre devenait délicatesse chez le prince.Ce qu'elle eût appelé orgueilleuse prodigalité chez les élégants de la kermesse, elle le nommait excessive géné- tosité, quand il s'agissait de ce séduisant étranger.Wladimir, après avoir salué la comtse Bragiloif, s'était laissé entourer d\u2019un estaim de vendensrs, ses valseus's du ca sino, et les petites folies.en ou- ragées par sa magnanime con descendance, se livraient à la joie de garnir toutes ses boutonnières de roses, qu'il soldait un louis la fleur, et de bourrer les poches de son veston, de cigares, qu'il payait d'une maiu qui ne comptait pas.Marcelle n\u2019osait lui offrir ses gardenias et ses jase mins.Lui, louillait laf ule du regard comme s'il cherchait quelqu'un Puis, dès qu'il cit reconnu le kiosque fleuri de Mlle Brnc, lentumeat il sappro- cha.Il était devenu grave.\u2014Pardonnez mon audace, murmara-t-il, mais je voudrais une de vos fleurs Puis, plus bas encore, cepen- dont avec une nuance d'Apreté dans l'accent.\u2014En venant ici, j'ai rencontré le docteur Ploël.11 avait un gardenia à ls boutonnière.Il est bieu heureux.Et se faisant suppliant, prenant sa voix la plus insinnante, celle qui allait tout droit au cœnr innocent de la pauvre Mare lle: \u2014Ah!de grice, donn-z à moi aussi une senle de ces fraîches leurs.Je vais partir.Je vous contemple pour la dernière fois : cette [leur sera un talisman, Fanée elle me rappellera encore le plus précicux souvenir de mon existence.Elle me rappellera 'ardente reconnaissance que j'ai vouée aux habiiants du Pricuré.Je leur dois la vie.O doux ange, pardonnez moi de Le pas avoir su taire mon secret.Sa voix tremblait, et, brusque- Lt le soir.quand Marcelle se retrouva dans sa chambre du Prieuré, «lle se mit à fondre en larmes.tait il possible qu\u2019elle fût aimée à ce point?Pauvre prince ! Comme il allait souffrir, car ils ne se reverraient plus jamais.Ah! si elle n\u2019avait pas été fiancée.si elle n'avait pas donné sa parole.Pauvre noble prince! Pauvre cher prince.qui Seruit torturé à cause d'elle ! Elle venait de mettre, dans un potit coffret en laque, un brin de bruyère semblable à celui qu'avait choisi le moldave ; puis, to it à coup, brusquement, elle le retira du coffret, le froissa dans sn main, et en jeta les débris par ea fenêtre ouverte.Non, elle ne devsit pas garder le moindie souvenir de cette troublante journée, puisqu'elle était la fiancée du bon, du loyal, de l exceilent do:teur Ploel.Elle se mit à aller et v mir dans sa chambre, comme elle aimai.à le faire, chang ant de place les bibelots.Mais el.e ton- chait à tous ces petits riens presque machinalement, par habitude; elle n\u2019y m-ttait plus le charme de son goût Ponrtant, avec quel entrain «Mo l'avait fuit organiser sa jolie chambre.Il n\u2019y avait que trois mois de c-la Comme elle avait pianté joyeusement le lierre qui verdoyait dans la jardinière basse et enlaçait son feuillage à un treillis doré! Avec quelle joie elle avait peint elle-même, sur le petit paravent en satin, les fleurs de lotus et les blancs ibis Rien ne l\u2019iaté- ressait plus de ces choses maté- vivlles Rien; ni les photographies de ses amis du convent dans leurs cadres filigranés d'argent ; ni les {1 urs éparses de ci de là, sur lee guéridons et sur la console.Elle était tout à la lutte morale entre sa parole en.gagde et un naissant amour.Pauvre Marcelle ! Elle n'avait aucune défiance.Et comment eùt elle deviné la stratégie da noble gentilhomme?Dans la cercle funcièrement honnête où elle avait vécu, pas une moin qui ne fat loyals, pas une réputation qui ue respleadit d\u2019honneur.Non, elle ne soupgonnait en rien 'astuce et la perfidie de ce Moldave.Neivemeni, ullé le croyait profondément épris ; et, sans retour, elle allait lui donner son cœur, parant ce gentilhomme de toutes les qualités, Marcelle.Alors il disparaîtrait ee plumer soi-même.Il faisait [celle le regardait, littéralement ment, il se perait dans la foule lui prétant tous les sentiments ~ a: \u2019 damiiminmich = Ss : iii - I IF Pr rT fame ma BEET LE TRIBUNE.Sas nobles et désintéressés, faisaut de lui le séduisant fantôme.Le lendemain, la jeune fille se leva un' peu r-posée par le sommeil.Jamais le lever matinal ne lui avait été un acte de courage.Au contraire, c'était une jouissance pour Marcelle, durant les braux matins d'été, de respirer l'air frais des premières heures.Depuis son retour du couvent, jamais elle n'avait manqué la messe de sept heures.Elle quitta le Prieuré.La f4- laiso avait tous ses parfams sauvages et des gouttes de rosée perlaient à la pointe des genéts.Marcelle pénéira dans la chapelle, entendit dévotement la messe prés d'une vieille parente, une bonne cousine qu\u2019elle retrouvait chaque matin, puis les deux femmes quittèrent l'église.D\u2019habitude, avant de rentrer au Prieuré, Mlle Bruc descendait juequ'à la mer.Elle aimait à chercher des coquiliages et des algues.Elle s'intéressait beaucoup à un album qui était un herbier de plantes marines.Sur la bloncheur du papier, ces fleurs de la mer étalaient leurs minces fibriles ; les unes rosées, _les autres verdâtres, les autres d'un brun sombre, toutes délicates.Des grains de sable demeuraient encore pris dans leurs brins fragiles \u2014Irons-nous chercher des varechs pour l'herbivr?dit la bonne vieille parente.\u2014Si vous le voulez, cousine.En ce moment, son herbier ne lai tenait guère à la pensée, mais vlle sentait que le grand air lui ferait du bien.Lt puis, elle avait dans le cour, ce dont elle s'irritait contre elle-même.com- mo une vague espérance d'eu- trevoir le prince.Etait-il vraiment parti?N'apparaitrait-il plus jamais sur la place ?Oui, d\u2019habitude, Marcelle aimait passionnément sa promenade matinale ; elle éprouvait une ivresse de.Vivre, faite du clair soleil, de I'air pur, du par.fun des falaises.Elle trouvait un charme à cette srande mer bruiesanto ; elle ne se lassait pas de regarder les yatchs de plaisance projetant leurs lignes élégantes sur le forid clair du ciel, et les barques quittant le rivage Rien qu'à regarder la mer, elle ressentait un désir presque ir- réeistible de s\u2019élancer parmi les vagues, de courir, de nager, de plonger comme elle le faisait si souvent.Jamais Marcelle, en vraie fille de marin, ne trouvait trop longue sa promenade le long des grèves, à cause du grand air et de l'odeur salée dn flot.Que de fois elle avait admiré ce spectacle sans rival de cette plage de Dinard, arrondis dans un cirque verdoyant ot rénnissant l'attrait du sable d'or des noirs rochers déchiquetés, des villas blanches et des parcs aux arbres verts! Et, cependant, à cetle plage élégante, Marcelle préférait une petite anse solitaire entre ses rochers sauvages, ct qui n'etait guère connue quo des gens da pays.Là, ou ne voyait pas de \u201c-monduines cn cereles sur lu plage, et des étalages de grands éventails et d\u2019ombrelles aux \u201céouleurs éclatantes; mais, com- \u201cme la mer y était vraiment vivante et joyeuse ! cousine, s'écria Marcelle, ou b'iant, pour un instant, l\u2019idée obsédante qui la hantait.Au- jourd'hui la mer est superbe; ello est dans ses jours graves; forte, mais sans violence.Et la jeune fille, avec une merveilleuse agilité, s\u2019élan,a sur une pente rapide conduisant au bord da flot.La vieille cousine accompagnait l\u2019enfant par bonté d'âme et descendait, avec difficulté, le sentier rempli de cailloux Le souffle lui manquait ; et, sur ces aspérités glissantes, elle courait le risque de se donner une entorse.\u2014Que vous êtes bonne, cousine, de mesuivre dans mes aventuieuses expéditions! fit simablement Marcelie.Vous êtes déjà toute fatiguée.Tenez, voilà uno belle pierre bien arrondie.Asseyez-vous dessus, et reposez-vous.Pendant ce temps je ferai de pesites excursions a droite et à gauche\u2026 sans w\u2019éloigner, c\u2019est évident.La bonne cousine adopta de suite cetie combinaison ; et, tirant un journal de sn poche, elle se plongea daus les faits divers d'une feuille locale.D'ordinaire, Murcelle se sentait animée d'une vie nouvelle, dès qu'elle mettait le pied sur cette plage; elle s\u2019en allait, comme elle venait de le dire, à droite, à gauche, au gré de son caprice, gaie, heureuse, fredonnant à demi-voix de petits fragments de mélodies, toûte contente de sentir la forte brise jouer dans ses cheveux et dans les plis de ses vêtements.Et puis, elle s\u2019arrétait pour cueillir ces jolies fleurs de mer que la science appelle des actmies.Oui, d'ordinaire, pour Marcelle, ce coin de grève était un lieu de délices ; elle s\u2019en allait, ramassant les plantes marines avec une ardeur d\u2019entant ; elle sautait de pierre en pivrre, de laque en flaque.Chaque jour, elle prenail ainsi une provision de santé Ses joues étaient roses sous la grande frut hour salée.Elle aspirait, d\u2019un large couille, à la source même de tonte vigueur Oui, d'ordinaire, elle eût volontiers passé une journée entière au bord de la vague, Ccou- fant ces milliers de petits brnits confus et de murmures indéli- nissables, se mêlant, sans s\u2019y confondre, à l'éternelle chanson des lames Pas un être humain dans cette solitude; mais tous un monde d'êtres.On les entendait, on les devinait.Sous ces goëmons, sous ces herbes, sous ces galets, dans ces flaques, s'agitaient des peuples entiers avec leurs mœurs, leurs lois, leurs joies, leurs craintes Les sauterellvs dansaient\u2019 des sarabandes, et les lagunes, que laisse la mer descendante, gardaient de petits animaux trop lents, qui n'avaient pu la suivre.Ils se mouraient, tous ces petits polypes, sur ce sable où le so leil buvait l\u2019humidité.Et, pendant ce temps, les courlis je taient leur cri d'appel, et les mouettes Voltigeaient joyeuses en décrivant d'immenses courbes.Oui, d'ordinaire, Marcelle, de ses mains délicates, cueillait, avec ravissement, toutes ces algues colorées que le flux amène sur la roche et que le reflux em- \u2014Que c'est bean, n'est-ce pas, Ss tire Ru porte.Mais, en ce moment, la jeune fille n\u2019avait pas le courage d\u2019achever la tâche commencée.Que lui importait son h-rbier ?A peine eût elle détaché du calcaire.quelques brins de varech, que, lasse, nerveuse, triste, triste à pleurer, elle se laisea presque tomb: r sur une roche | arrondie; et, les mains joiutes, l'œil vague: etle continua à suivre le combat dans son cœur, C'était toujours la lutte, la lut e épuisante entre le penchant d\u2019une sympathie naissante et l'honneur de la parvle engagée.l'obéissance à son père.L'air était parfaitement calme.On n\u2019entendait que le bruit de la marée mon:ante, qui commençait à recouvrir les cailloux de ses ondu'a'ions légères.Elle ga- guait peu a peu.Iit pais, bien- tot, les vagues ss mirent à l'assaut du rocher.La jeune fille, toujours assise, dominait de plusieurs mètres la charge furieuse.En avaut! En avant ! Les vagues arrivaient en tumultueux galops Elles avançaient, blanches d'écume, comme emport(es par une rage.Eu avant ! Ellis ronflaient, hennissaient ; puis sé jetaient éperdues sur la pointe de granit.Assaut inutile.Elles retombaient en fiue poussière d'eau ; leurs gout telettes s\u2019ivisaient au soleil, s'é- vaporisaient dans la chaude atmosphère, et la pointe du rocher breton restait toujours imumo- bile, inébranlable, défiant la nouvelle charge de la vague montante et jamais lassée, \u2014Il sera ainsi de ma volonté, disait Marcelle ; elle sera comme ce rocher; rien ne pourra l\u2019ébranler\u2026 Je suis la fille du plus loyal des hommes, et je ferai mon duvoir, toujours.Je suis la fiancée de Conan Ploël, et je serai sa femme.Qu'ai-je à faire ?à étouffer mon cœur tout simplement\u2026 Eh bien ! je l\u2019étoufferai.J'obéirai à mon père.De grosses larmes coulaient sur ges joues.Pauvre Marcelle! Elle ignorait encore la puissance d'un premier amour.Elle ne savait pas que la passion, si elle n\u2019est étouflée en sou germe, à souvent plus de force eur un jeune cœur que la vague sur le rocher.Elle demandait à Dieu son aide ; mais pas assez fortement\u2026 Il eût fallu, dès la première seconde, chasser le rêve alors qu\u2019il n\u2019était encore qu\u2019un mirage, et elle ne l'avait pus chassé.Elle 1\u2019a- Vait même si peu éloigné, ce dangereux véve, que, maintenant encore, tout en se disaut: * Jo serai la femme ammante et fidèle de Conan \u201d, elle prenait plaisir à revoir, par la pensée, le bel étrauger : elle écontait la musi- gue de 54 voix, le charme de sa parole ; elle croyait sentir la douceur pénétraute de son sèr- rement de main.Ah! toujours, il souffrirait ; .sa blessure serait inguérissable.Pauvre prince ! Toute à ses peusées, la jeune fille oubliait la vieille cousine, assise, là-bas, sur sa pierre.Elle Wapercevait même pas une jolie petite yole amarrée à un pieu parmi les cailloux.la yole de Conan.Il était devant elle, et an bon sourire s\u2019épanouissait sur sun loyal visage.Puis, tout à coup, il demeurs immobile, comme atterré.\u2014Vous pleurez, murmura-t-1l, vous pleurez?O Marcelle, vous avez du chagrin ?De grosses larmes roulaient encore sur les joues de la jeune fille ; elle les essuya violemment \u2014Je n\u2019ai rien, fit-elle d'un accent brusque.11 la regarda.Une grand tristesse s'était soudainement empreinte sur le visage du jeune homme, et d'une voix nuancée de reproche : \u2014Vous n'avez donc plus cou- flance en moi que vous ne me dites pas vos peines ?\u2014Je n'ai rien, répéta-t elle.Et un sourire légèrement moqueur, qu\u2019elle ne put réprimer, se dessin sur ses lèvres Pauvre Conan! Pour lutter avec le prince Wladimir Zines- ko, dont il avait compris la dangereuse puissance, il avait vou- la paraître, dovant sa fiancée, sous l\u2019aspect d'un gentleman ayant une jolie barbe courte, des moustaches retroussées, et une jaquette de haut genre.Mais, plus il avait soigné son costume moins il avait réussi.Il était presque grotesque, ce pauvre bon docteur, pomponné, parfumé, gêné dans ses vêtements neufs.Et le sourire légérement moqueur s'accentuait sur les lèvres d» la jeune Glle.Ce manque d'élégance de Conan donnait, en quelque sorte, un nouveau prestige an prince Wladi.mir.It, fout à coup, Conan si plein de cœnr et de delicatesse, Conan si intelligent, comprit qu\u2019il avait fait fausse route.Il comprit qu\u2019il avait eu tort de faire émonder ses cheveux et sa barbe, et d'abandonner ses vêtements commodes et simples de tous les jours.Il en ressentit un amer chagrin ; ses yeux s'emplirent de larmes.\u201c \u2014Oh Marcelle, murmura t-il d\u2019une vuix altérée, Marcelle, ma chère petite flancée, ne vous moquez pas de moi.Tenez, ma seule excuse d'être si ridicule, c'est que j'ai voulu vous plaire.Oh! je ne suis pas un jeune homme séduisant, moi; je ne sais que bien vous aimer.Et remuaut tristement la tête.\u2014Muis la tendresse et le dévouement ne suffisent pas pour mériter l\u2019amour.ll s'exaltait.\u2014Ah! dites vous, Marcelle, dites- vous qu\u2019il ne laut pas me Juger sur l'enveloppe.Dites vous que ce n\u2019est pas ma faute si, par nue fatalité malheureuse, la nature m'a taillé des traits sans la moindre régularité ; dites vous que ce n'est pas na faute si, par cette même fatalité, ceux qui aument le mieux .sont presque tonjours ceux qui savent le moins bien ; arler d'umour.L'émotion lui coupa la voix, et Marcelle, vraiment touchée, ne sourinit plus ; mais elle murmurait de su voix douce : \u2014Mou pauvre Conan, je sais que vous m\u2019aimez bien, et ju vous trouve fort bien habillé, Ne vous montez pas la tèle.Elle metiait loyalement sa petite main dans celle de son fiancé, et, tous deux, par le sen- tler de la falaise, s\u2019en allèrent rejoindre la vieille consine, endormie sur les faits divers de sou journal.(A continuer.\u201d \u2014___remmemm__ Mercerie Immense assortiment de chemises, cols, collets, gants, chez M.O.David & Cie, place du Marché.À méditer.\u2014 Que les annexionnistes méditent les paroles suivantes d'un penseur: \u201cSi la république américaine continue de se développer ainsi, le capital se centralisant dans quelques mains, le pauperisme se généralisaut à vue d\u2019æil, avant vingt-cing ans vous verrez ici des choses auprès desquelles la terreur de 98 el la Commune en France, ne paraîtront qu'un réve\u2026.\u2014\u2014 te EI +0 nem AVIS est par le présent donné qu\u2019une demande sera faite à son Honneur le Lieutenant-Gouverneur de la province de Québec, pour obtenir des Lettres Patentes sous le Grand Sceau de la dite province octroyant une charte d\u2019incorporation aux requérants et telles autres personnes qui pourront devenir actionnaires de la compagnie, les constituant en corps incorporé, 1° Le nom corporatif de la compagnie seru: \u2018* La Compagnie du Grand-Hôtel de $t Hyacinthe.\u201d 2° L'objet pour lequel la dite in- corporalion est demaudée, est d\u2019acquérir un ou plusieurs Immeubles; de construire dans la cité de St Hyacinthe les édifices\u2019 nécessaires À l\u2019établissement d\u2019un lidtel et des accessoires ordinaires pour les voyageurs et le public en général, et d\u2019exploiter le dit Hôtel.3° Le siège d\u2019affaires de la compagnie sera dans la cité de St Hyacinthe, 4° Le montant proposé du fonds social de la dite compagaie sera de cinquante mille dollars ($50,000) divisé en cinq cents actions de cent piastres chacune.5° Les noms, résidences et professions de chacun des requérants sont : Michel Esdras Bernier, de la paroisse de St Hyacinthe, notaire; A.Paul Cartier, de la paroisse de Ste Marie-Madeleine, médecin; Louis Coté, gentilhomme ; François Xavier Alphonse Boisseau, notaire; Ale vhonse Denis, éditeur de journaux ; Théodore Godfioy Harvey, commerçant ; Eusèbe Morin, marchand, tous ces derniers de la cité de St Hyacinthe; Jean Baptiste Blanchet, avocat de la paroisse de St [yacinthe, et Alfred Thibodeau, commerçant de la cité de Montréal, Lesquels seront les premiers directeurs provisoires de lu compagnie.Tous sont sujets anglais et résidants en Canada, St Hyacinthe, 9 Janv.1895.LUSSIER & GENDRON, Avocats et Procureurs des Requérants COUR SUPERIEURE Distniecr p£ ST HYACINTHE No 372 Dame Rose Delima Robert, de la paroisse de St Charles, district de St Hyacinthe, épouse de Narcisse Hé- bert, cultivateur, du même lieu, a, ce Jour, institué coutre ce dernier une action en séparation de biens.St Hyacinthe, 24 Déc.1894.BLANCHET & BEAUREGARD, Avocats de la Demanderesse COUR SUPÉRIEURE.No 383 Dame Clara Trudeau, des cités et district de St Flyacinthe, épouse de Hermille Réné, commerçant du même lieu, nce jour, institué contre ce dernier une action en séparation de biens.St Hyacinthe, S Janv.1895.BLANCHET & BEAUREGARD, Avocats de la Demanderesse.38\u20143 s.Magasin Bazar Un seul prix.La plus grande vente de 1a saison.Immense sacrifice, nous vendrons toutes nos marchandises d'ici au premier mars, au prix coutaut el en dessous du prix coutant pour les marchandises d'hiver, qu\u2019on se le dise, Départemeut du gros: Eusèse Monin.Département du détait : HEnni SICOTTE. Lisez ceci Un achat considérable de peaux de mouton de Perse, à prix réduits, permet à M Nap.Martet, 179 rue cascades, St Hyacinthe, d'offrir un man tenu pour Dame, à 875.Hâtez-vous d'envoyer vos commandes, à Ces prix.le steck sera vite épuisé.Grande réduction dans toutes les autres fourrures.\u2014\u2014\u2014.Gl SO Sept annees de souffrances CURIEUSE EXPÉRIENCE DIN HOMME D'HAMILTON La névralrie lui avait rendu la vie insupportable.Nombre de médicaments essayés vainement.Mais le soulagement vint.Comment il l\u2019obrint.D.Canadian Evangeiist, d\u2019Hamilton: Un attaché à la rédaction du Canadian Evangelist, a eu une conver sation récemment avec M.Robert Hetherington, qui demecure au No a2 Railway avenue et qui a préné avec volubilité tout le bien qu'il avait éprouvé en faisant usage des Pilules Roses du Dr Williams et lui a dit combien il était anxieux que leurs graades qualités soient connues de tous.Il est si reconnaissant du bien qu\u2019elles lui ont procuré, qu\u2019il croit de son devoir d'apprendre aux autres ce que les Pilules Roses ont fait pour lui.M.Hetherington souffrait énormément de névralgie depuis sept ans.Il souffrait beaucoup de la tête, aux bras et aux jumbes, et la douleur souvent devenait si intense et le mal empirait tant qu\u2019il pouvait à peine marcher.Il essaya, nêces- sairement, de se procurer du soulagement et pour cela essaya nombre de remèdes recommandés, et dont il ne profita nullement.En août dernier il entendit parler des Pilules Roses du docteur Williams et il résolut d\u2019en faire l'essai et en ayant acheté il en commença l\u2019usage.Au bout de deux semaines il se sentit beaucoup mieux et s'aperçut que ses douleurs disparaissaient el après qu\u2019il eut pris des Pilules Roses peu- dant plusieurs semaines encore il devint aussi bien portant que jamais.M.Hetherington n'a jamais voulu rendre public les faits relatés ci-dessus pour la simple raison qu\u2019il voulait être certain que sa guérison était complète avant de parler, ce de quoi il est maintenant convaiucu.En réponse À une question M Hetherington a dit qu'il croyait fermement que sa guérison ne pouvait être attribuée qu\u2019à l\u2019usage des Pilules Roses.Avant d'en commencer l'usage il abandonna tous les autres remèdes et quand il s\u2019aperçut du bien qu\u2019il éprouvait il continua a s\u2019en servir jusqu\u2019à son rétablissement complet, Il remarqua aussi;qu'il se sentait tout comme un liomme nouveau.\u201c Auparavant, a-t-il dit, lorsque je me levais le matin, j'étais si raide et fatigué que j'avais de la peine à marcher, tandis que maintenant il se sentait dispos ct frais et prêt au travail.Je n'ai plus ressenti de douleurs depuis le mois de septembre et j ne voudrais pas éprouver une autre fois les douleurs que j'ai endurées même pour le prix de 20 boîtes des pilules.\u201d M.Hetherington n\u2019est pas la seule personne dans sa famille qui ait bé- néficiés par l\u2019usage des Pilules Roses.Une de ses filles, une jeune femme, a été gravement malade pendant un mois ou six semaines et apiès avoir pris des Pilules Roses régulièrement elle a été complètement guérie.Les Pilules Roses du docteur William ont une remarquable effic icité dans la guérison des maux provenant de la pauvre condition du sang, ou de l\u2019affaiblissement du système nerveux, du manque d'appétit, du découragement, de l'anémie, de la dE LE TRIBUNE.la mémoire, d- la paralysie, du rhu- matieme +ciatique, de la danse St.Victis, des suite.de la grippe, du scrofule, des érysipèles chroniques, etc.Elle sont aussi bienfaisantes pour les troubles particuliers du système féminin guérissant les irrégue larités, ces arrêis et tous les genres de maladie de la femme, reconsti- tuantle sang et ramenant la verve de la vie aux jones pâles et creuses.Dans le cas des hommes, elles guérissent radicalement les maladies pr venant d\u2019excès de travail mental et excès de loute nature.Ces pilules ne rout pas purgatives.Eiles ne contiennent que des proprieiés vivifian- | tes et rien qui puisse faire du toct au | système le pius délicat.Les l\u2019ilules Roses du docteur Wil- lism nesont veudues qu'en boîtes | portant la marque de commerce ct Penveloppe imprimées à l\u2019er cre rouge.Elles ne sont jamais vendues en grande quautité, et par douzame, ti au cent et tout commerçant qui en offre comme cela, doit étre évité.Demandez les Pilules Roses du Dr Willliams pour les personnes piles et refusez toutes imitations ou substituts.Les Pilules Roses du Dr Williams peuvent se trouver chez tous les pharmaciens où on peut se les procurer directement par la poste de ln Dr Williams Medicine Company, Brockville, Ont., ou Schenectady, New-York, à raison de 50 cts la boîte ou six boîtes pour $2.50.Si vous avez lo catarrhe, employez lo Baume Nasal.II donne uno guérison instantanée et cor- taine.Il adoucit, nettoie et guérit.er GP so Aujourd'hui, tout le monde pose.L'homme propose, la femme dispose, l'industrie expose, le gouvernement impose, le commerce dépose, les consciences composent et les grands hommes re, o:ent.Le docteur Boselli, un italien, prétend que le paradis terrestre so trouvait en Australie et non pas en Mésopotamie, Boselli, étudiant l\u2019anatomie des Australiens, a découvert que ceux-ci possèdent 13 paires de côtes au lieu de 12 comme les autres mortels.\u2018 Alors, dit-il, c'est là que le Créateur est allé trouver l'homme qui pourait céder un» côte pour la création d\u2019Eve.\u201d \u2014_\u2014\u2014\u2014 \u201cNe Vous 4 fichez pas contre la cui- f= @ sinière si la pâtisserie n'est j #1 pas exactement a votre à goût; ne vous En Prenez Pas 4 non plus à votre femme, ce B n'est -pas peut-être sa 4 faute, non plus.Cela :4 peut provenir dusaindoux p- dont elle se sert.+3 Le saindoux est indigeste, vous le savez bien.\u2018A si vous voulez que Votre Mais k, Pâtisserie, vos gateaux, K 4 vos tartes, vos petits pains F et votre pain soient tou- p; 4 jours agréables au goût }- Yet parfaitement digesti- ÿ- À bles, achetez la nouvelle £ ==
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