La Tribune : journal hebdomadaire, 29 août 1902, vendredi 29 août 1902
[" (ammaiiés Loi] Vor.15 JOURNAL HEBDOMADAIRE A TRIBUNE v ST-ILY ACINTILE, Que, VENDREDI 29 AOÛT 1909 No.18 LA TRIBUNE JOURNAL HEBDOMADAIRE PUBLIÉ A ST-HYACINTHE,P.Q ABONNEMENT : Uni AAd.n00sossossees $1.00 6 mois.ax0000s 0.50 ANNONCES lère Insertion (laligne).10c Insertion subséquente (la ligne).bo Annonces à long terme à prix modérés A.DENIS, Directeur-Propriétaire.ST-IlyAcINTHE, 29 Aour 1902 Le Cutholie Register, organe des Irlandais catholiques de l'Ontario, publie un article très élogieux sur le voyage de M.Laurier, en Au- gleterre.* L'Evenimy Journal, d'Ottawa, journal tory indépendant, approuve M.Laurier de chercher à obtenir un tarif de faveur, en Franco, pour les produits canadiens.+ * - On annonce que les chefs conservateurs MM.Borden et M Monk, accompagnés de quelques ais vont entreprendre, au commencement de septembre, un grand voyage au Manitoba, nu Nord Ouest eten Colombie Britannique.xx Sir William Mulock, contrairement à ce que l\u2019on avait annonce, D'a jumaïs été mieux portant.II vient démentir In fausse nouvelle dans un câblegram- me au ministère des Postes qu'il informe nussi de son départ pour le Canuda, le 30 courant.* 3 Ini-même de L'Hon.M.Fisher cet informé par le Consul japonnis que le Japon permettra au Canada d'ériger une bâtisse séparée à l'exposition d\u2019Osu- ka.Le ministre de \"Agriculture ira au Japon sous peu faire les préparatifs nécessaires.* + \u2018 Sir William Mulock s\u2019embarquera samedi, le 30 courant, sur le Campana, pour le Canada, vii New-York.Sir Frederick Borden, et les honorables MM.Fielding et Paterson g'embarqueront sur le Tunisian pour Montréal, le 11 septembre, * Toronto, 24 \u2014Câblegramme spécial à l'Evening Telegram : Londres, 23.\u2014 Le Times publie une dépêche spécialo de Paris disant que Sir Wilfrid Laurier a lunché à St-Sulpice.Il a été reçu par Mer Bruchési, archevêque de Montréal.*« + Le Mau & Empire annonce que de nouvelles élections générales vont avoir lieu incessammens à Ontario.Sir Olivier Mowat, lieutonant- gouverneur aurait attendu le retour du premier ministre Ross, pour lui signifier d'avoir à faire un nouvel appel au peuple, vu que sa majorité ne serait pus assez considérable pour assurer à la province une administration stable et efficace.LR Londres, 27.\u2014L'arc canadien de Whitehall, dont la construction a coûté plus de mille livres sterling, à été démoli et vendu pour vingt livres à un marchand anglais qui va employer les matériaux dans des constructions.Le bois de l'arc pesait quarante tonnes, UN MOMENT D'OBSERVATION Il est intéressant de s'arrêter un instant pour considérer ce qu'est la situation économique du Canada et des Etats-Unis à l'heure actuelle, Ce qui nous frappe tout d'abord, c'est le développement prodigieux du Canada et l'espèce d'arrêt que subissent les Etats-Unis, Mais la cause n\u2019est pas difficile à trouver, c\u2019est que le Canada est dans sn période de plein dévelop- petent, tandis que les Etats-Unis en ont atteint lu limite et sont maintenant bullotés au point d'intersection de Pexubérance et du déclin.Pendant que les exportations ninéricaines accusent une diminution considérable duraut l'annéo finissant le 30 juin 1902, los exportations canadiennee nceusent une uugmentation de 936,827,GT3, pendant la même période.Le commerce total du Canada en 1896 était de $231,601,332, Ce commerce avait augmenté de $182,916,026 sur 1896 l'année dernière.Si ce commerce nugmontait de $48,685,306 cette année\u2014ce qui n'est pus du tout improbable\u2014le Canada aurait ainsi doublé son commerce en sept ans.Ce serait un fait inouï, sans pré- cédent dans l'histoire d\u2019aucune nation.L'année 1896 est la dernière du régime conservateur.Si les libéraux réussissent À donbler en sept aus le commerce du pays, tel qu\u2019il existait alors, ils auront fait mentir d\u2019une façon bien énergique la prétention si bruyatnment formulée autrefois par les conservateurs, que si les libéraux prenaient le pouvoir ils ruineraient nos industries et par conséquent notre commerce.C'est là une simple remarque en passaut car il n'entre pas deus le endre de cet article de tirer des conclusions au point de vue politique C'est uniquement de la condition économique du Canada dont nous venons de parler.Le chiftre de nos exportations ge mauntiendra-t-il aussi élevé ?Il n'y & pas de doute que nous avons passé par des années oxcep- tionnelles.Le Canada a vendu à l'Angleterre pour des millions de produits de ferme destinés aux troupes d'Afrique.Cela ne se répétera pas.Nous avous cu au Nord-Ouest des récoltes exceptionnellement abondantes.Le mauvais temps pourrait bien, par intervalles, réduire ces récoltes en bas de la moyenne, Ces considérations, toutes pratiques, ne nous effrayent pas cependant.Si, en effet, le Canada n'est plus |.appelé à contribuer à nourrir une armée,il trouvera peut-être de nouveaux marchés qui compenseront un peu les avantages de ce marché d'occasion.Siau lieu d'avoir des récoltes débordantes, extruordianires, nous tombons à ln moyenne, d'un autre côté nous aurons commo compensation le fruit du développement constant, extraordinaire du pays.On ouvre maintonaut à lo culture, chaque annéu, au Nord Ouest, assoz d'étendue de terre pour que le rendement compeuise la différen- ce entre une récolte moyenne ct une récolte supérieure des années passées.Il faut aussi compter sur l'augmentation de la population.Sans doute nous avons tous été désappointés à co sujet par le dernier recensement, Mus il est incontestable que lu fuible augmentation que nous avons constatée ne doit pas être repartie sur toute la décade, c'est-à-dire de 1891 à 1901, muis seulemont de 1890 à 1901.c\u2019est-à lire du jour où lo commerce du pays a brisé ses liens pour prendre son trésor \u2014 coumne nous l'avons démontré cu commençant Ces PCINATQUES, Cette augumentation de population s'opère plus rapidement encore depuis l'an dernier, que de 1896 à 1901, Les statistiques des Lureaux d'augmentation et des agences do terres publiques l'attestent.Nous ne voyons plus, non plus, de ces émigrations «n bloc de ¢ana- diens aux Etats-Unis.Sans doute, beaucoup de canndiens y vont encore tenter fortune, mais il en revient un anssi grand nombre pour s'établir de nouveuu nu pays.Des industries nouvelles surgissent, qui pourront compenser aussi le déficit qui pourrait se produire duns les récoltes de l'Ouest.Ainsi, nous avons l'industrie du charbon, du fer et de l'icier À Sydney, Cap Breton, au représenteront des millions do recettes nouvelles pour le pays.L'industrie du beurre ct du fromage prend tous les jours un tel développement, ct atteint un tel perfectionnement, que le commerce de ces prodnits sera bientôt doublé.Comme nous le faisions observer en commençant ces remarques, juste au moment où lu commerce du Cn- nadu se développe d'une façon si merveilleuse, on constate qua le commerce chez nos voisins les nmé- ricains diminue, non pas il est vrai dans une aussi grande mesure, inuis tout de même d'une façon très sensible.Nul doute que ce que l\u2019on constate d'une façon officielle pour les opérations commerciales des deux pays durant l'année dernière, se répétera inaintenant d\u2019année en année.\u201d Cost le résultat inévitable de la condition économique des deux pays.Les 75.000,000 d'habitants américains onb tout exploré, exploité presque chaque pied de leur vaste territoire, et en retirant chaque Jour les richesses qu\u2019il est possible d'en tirer.Il n'en est pas uinsi du Canadu.Nous n\u2019avons pas encore six millions d'habitants pour exploiter un territoire aussi vaste que celui des Etats-Unis.Nous no faisons guère que d'entrer dans la voie du développement, Dans vingt-cinq ans, nous n'aurons pus encore cessé do découvrir quelque nouvelle source de richesse nationale, de Sydney, Cap Breton, à Vancouver, que ce soit dans Ia région qui s'étend du luc St-Jean à ln Baie James, dans la longue chai- ne des Alleghanys, auxquels sont adossés nos comtés do la rivo sud, dans l'immense région encore inexplorée du nord d'Ontario, dans les vastes prairies de Manitoba et des \u2018Corritoires, les forêts gigantesques de la Colombie, ou les minerais de tous genres cachés dans les Montagnes Rocheuses.La perspective est donc brillante pour nous Cnnudiens.Que ce soit un stimulant pour tous les hommes de eceur, pour tous les bons citoyens.C'est notro devoir, c'est le \u201c talent\u201d du Seigneur que ln Providence nous a chargé de fairo fruc- tifier.Le Soleil.Sir Wilfrid Laurier A PARIS Paris, 22\u2014Sir Wilfrid Laurier a donné hier un fort joli lunch au personnel de l\u2019embassnde canndien- ne, à Paris, ainsi qu\u2019à tous les canadiens établis ici.Le premier ministre canadien et M.Deleassé, ministre res affaires étrangères, se sont entendus pour discuter ensemble cortaines propositions dans le but d'opérer un rapprochement commercial entre France et le Canada.Mercredi prochain, le 27, Sir Wilfrid assistera & un banquet donné en son honneur à Lille.Samedi le 30, les hommes d'Etat- français Ini donneront un banquet à l'hôtel du Palais d'Orsay, à Paris.Aujourd'hui, Sir Wil£rid donne un lunch au Séminaire de Suint- Sulpice pour commémorer In mémoire des Révérends Pères de St- Sulpice qui, fureut les premiers missivnnaires au Canada.*,* Paris, 235\u2014Sir Wilfrid Lavrier a en suuedi, un entretien d\u2019une demi- heure nvee M.Delcassé, ministre des affiires étrangères, Il était en compagnie de M, W.S.Fielding, ministre des finances, et de M.W.Paterson, ministre des douanes du Canada.On dit qu'il a été question de changemonts dans le tarif et que la France n\u2019est pas\u2019 opposée À certaines réductions en retour de concessions équivalentes de la part du Canada.Aujourd'hui Sir Wilfrid Laurier sera reçu par le président Loubet.\u201c+ la Puris, 26.\u2014On croit que pendant qu\u2019il sera à Rome, Sir Wilfrid Laurier discutera avec le gouvernement italien une entente commerciale avec le Canada.Il tentera aussi d'arriver à une entente concernant les immigrants italiens qui sont envoyés en Canada, Sir Wilfrid eteles Honorables MAM.Fielding et Paterson ont eu aujourd'hui, une entrevue avec le directeur du département du commerce du ministère des Affaires étrangères concernant le commerce d'échange avec le Canada.Sir Wilfrid à lunché aujourd\u2019hui chez le président Loubut, à Ram- bouillet.Il dinora ce soir chez M.Delcassé, ministre des Affaires étrangères, avec Sir Frederick Borden, Sir William Muloek, et les honorables MM.Fielding ot Paterson.\u2014\u2014\u2014\u2014p= 6 een Londres, 26\u2014La couronne placéo sur la téte du roi par l'archevêque de Cantorbury, lors du couronnement, est actuellement entre les mains des bijoutiers, À son retour au palais de (Buckingham, la couronne donna accidentellement contre le rebord du véhicule ; les dommages sont insignifiants Lo couronne, y compris les diamants qui y sont iucrustés, vaut $2,500,000, L\u2019Ion.M.Royal L'Hon.M.Joseph Royal, ancien Licutenant-Gouverneur du Nord- Ouest, ost décédé sumedi soir, à Montréal.L\u2019Hon.M.Joseph Royal est né à Ropentigny, Que., le 7 mui 1337.Il commença ses études à cet endroit et les compléta au collège des Jésuites, le Montréal.Il fut reçu avo- cut en 1564 M, Royal entra à lu rédaction de In Minerve, en 1857, et fonda le Nouveuu-Monde In même année eb l'Orclre, en 1859 En 18604, il fut l'un des védac- teurs de Le Rerue Cunadienne.Admis au Larreau, In même année, il se consacra presqu'exclusi- vemont aux lettres et au journalisme.Il prit part à la levéo du régiment des Zouavos québecquois qui &lla combattre pour le Pape, en 1667-1868.En 1870, M.Royal partit pour le Manitoba et fonda à Winnipeg un journal, Le Métis qui tit place au Manitobu, en 1882.Entre temps et jusqu'à l\u2019année 1880, M.Royal ex- erga sn profession d'avocat.Il fut élu député en 1870 à ln législature du Manitoba où il siégen jusqu\u2019en 1879.Il fut alors élu député aux Communes.Au Manitoba, il fut successivement président de la Législature, secrétaire provineinl, procureur général et ministre des Travaux Publies, I fut député nux Communes jusqu\u2019en 1888 alors qu'il fut nommé licutenant-gouverneur des Territoires du Nord- Quest.Il contribua, comme ministre dans le gouvernement manitohain, à l'adoption de la loi scolaire de 1871, à l'abolition du conseil légis- Intif et à Ia création de l'Université du Manitoba, dont il fut élu vice- recteur, en 1877.En 1893, fut élu membre do lu Société Royale.En 1894, devint réducteur en chef de ln Minerve, en remplacement de M.Joseph T'assé.Puis il fut réuac- teur du Journal.M.Royal a publié plusieurs bros chures politiques entre autres une sur \u201c le Canada république ou colonie \u201d qui fit beaucoup de bruit, L'Hon.M.Royal avait épousé en 1856, Mlle Agnès Bruyère.De ce mariage il eut sept enfanta.Les funérailles ont eu lieu mercredi, à l'église du Géau.= OE.Ottawa, 22\u2014Le département des douanes nous n donné aujourd'hui les chiffres officiels de notre come merco pour l\u2019année fiscale terminée au 30 juin dernier.Le commerce total du Canada, y compris les produits canadiens exportés et les importations pour cou- sommation atteint $398,811,358 en 1902, contre $231,601,332 en 1896, la dernière année des conservateurs soit une augmentation de $167,210,- 026 en six années ou de vingt-sept millions et demi par année en moyenne.Les exportations totales de produits canadiens ont été de $196,- 019,763 en 1902, contre $109,707,- 805 en 1896, Augmentation $86, 311,968.*.* New-York, 26.\u2014 Fred West, de Boston, vient de succomber aux blessures que des malfaiteurs lui ont faites pour le voler de plusiedts mille dollars, Comment on traite en Angleterre un député insolvable Si l'on en juge d\u2019après le règlement, les Anglais ont une très haute conception de la dignité parlementaire.* Le député ne peut voter, ni même siéger à la Chambre, ni prendre .part aux travaux des commissions, s'il o été légalement mis on faillite ou judicinirement déclaré insolva- blo.Et il reste frappé de cette in- \u201c eapuoité jusqu'à ce que le tribunal ait annulé le décret, ou lui ait accordé un certificat, déclarunt que son insolvabilité est duo à des causes fortuites, et qu\u2019il n'y a eu ni négligence, ni extravagance ni mauvaise conduite de sa part.Si le député insolvable n'obtient pes de décharge dans les six mois à ,compterde la date du décret de faillite prononcé contre lui, la cour doit fournir à l'oratour de lu Chambre un certificat constatant la banqueroute.Immédistement, l'orateur déclare le siège vacant, et un nouveau bref d'élection cst émis, Si l'oratour est judicinirement notifié, durant la prorogation, do l'état de banqueroute d\u2019un député, il émet son mandat pour l'émission d'un nouveau bref, pour le remplace- mont.Donc, avant de solliciter les suË- froges des électeurs anglris, le candidat parlementaire doit consolider sa situation financière, Le principe de ce réglement n\u2019est pas mauvais.Celui qui administre mal ses propres affaires ne peut guère bien administrer celle des autres.Cardinal ei Président Voici quelques passages de la lettre que le cardinal Richard, de Paris, vient d'adresser au président Loubet, président de la République française : \u201c Les mesures prises, manifestent la volonté évidente de fermer les écoles après avoir tout combiné \u201c pour arriver à ce but.\u201cCes mesures nous semblent d'autant plus regrettables que la France à besoin d'apaisement, C'est la pensée que vous avez plus d'une fois exprimée, monsieur le président, et dont nous sommes tous reconuaissants.\u201c Or, l'apaisement des esprits ne peut se fuire que par le respect des libertés religieuses et civiles.Le passé nous l\u2019apprend.\u201d .Le cardinal Richard examino ensuite comment la France fut amende A signer le concordat et conclut : \u201c Portalis, résumant la situation, en concluait que la France ne pou- voit raisonnablement abjurer le christianisme, sans effacer les monuments de sa propre gloire, \u201c Il n\u2019y a pas, ajoctait-il, une religion mieux assortie à la situation de toutes les nations policées et à la politique do tous les gouverne- \u2018ments.Ce n'est pas la religion d'un pays, c'est celle du monde.\u201d * Alors Pie VIT vint à nous et scella par le concordat la paix religieuse.La France avait repris ses traditions séculaires ot nationales interrompues par la tourmente révolutionnaire.Aujourd'hui Léon XIII vient aussi à nous avec le mêmo amour pour notre pays.\u201c Nous n'avons \u2018omis aucun effort, dit Léon XIII, pour réaliser en France l\u2019œuvre de pacification qui lui aurait procuré d'incalculables avantages, non seu- \u2018lement \u2018dans l\u2019ordre religieux, mais encore dans l\u2019ordre civil et politique.\u201d \u201cLe vœu des évêques français est le ÿœu de Léon XIII : procurer la pacification des esprits.Nous répondons ainsi, monsieur le président, au vœu que vous avez exprimé récemment encore, de l'apaise- ( =\u201c \u201c UN LA IRIBUNE mont et de l'union dans notre chère \u2018France.*« C\u2019est dans le respect des libertés religieuses et civiles que s\u2019uniront les esprits et les cœurs.Si la France est attachée, nous le recon- noissons sans difficultés, à ses institutions actuelles, elle ne veut pas | In persécution religieuse.Les sectes maçonniques travaillent forcément à entretenir la division en s'attu- quant aux institutions chrétionnes.\u201d ~~ 9 DAWSON CITY Toronto, Ont.\u2014 M.Geo.H, de Toronto, chargé par l'Association des Manufacturiers Canadiens de ; faire une enquéto sur l'état des affaires du Yukon, dit que le climat en été, est magnifique, en hiver, le thermomètre descend jusqu\u2019à 50 degrés, mais comme l'air est très sec, cette température se supporto très bien.Au mois de janvier, il y avait 105 places d\u2019affaires à Dawson.Les maisons de commerce de Vancouver, Victoria, Seattle et San Francisco envoient leurs voyageurs à Dawson pour prendre des commandes.En 1897, lors do la découverte de l'or au Klondyke, tout se vendait à un prix fabuleux, vu que le défaut de transport rendait très difficile acquisition des wmarchan- dises.Maintonant, grâce aux chemins de fer et aux bateaux, on peut obtenir des marchandises à un prix relativement pou élevé, Ilyauv an, une piustre dans l'Est pouvait acheter pour autant quo 36 à Dawson, mais ces prix ont été baissés d\u2019une piastre et demi.On n'emploie pas au Klondike de monnaie moindre que 25 cts.Chaque journal se vend 25 cts.Un verre de boisson forte se vend 50 cts, Un mauvais cigare 25 cts, ct trois bons cigares, S1, Un bureau qui se loue 530 par mois à Toronto, se loue 8130 & Dawson.Los filles de restaurant gagnent $100 par mois et les servautes de maisons privées S75 et 8125 par mois.Les prix d'hôtels sont modérés : $2.50 par jour une petite chambre, et $1 pour un diner, On voit à Dawson, quatres belles églises et plusieurs maisons d'écoles bien construites, deux théâtres, et plusieurs salles de danse ainsi que des clubs.Les maisons de jeu ont été supprimées.Il y a, à Dawson, quarante-huit avocats et quarante-quatre docteurs.La production de l'or, l'an dernier, a été de $24,000,000.Lu production de l'an prochain ne ser pas de plus de $14,000,000, parce quo tous les vieux creeks ont été presque épuisés et que, depuis un an, aucune nouvelle découverte importante n\u2019a été faite, Dawson est destiné à devenir une ville importante.Dans le monde Boer Londres, 26.\u2014 On mande de Bruxelles, au \u201c Daily Telegraph,\u201d quo-le résultat de la conférenco d\u2019Utrecht, entre les chefs boers a été la démission de l'ex-présidont Kruger et son remplacement par le général Louis Botha.Cette dépêche n'est pas encore confirmée, mais on sait que M, Kruger ira passer I'hiver dans le sud de la France, .* Paris, 26\u2014 M.Reitz, ancien secrétaire d\u2019État du Transvaal vient d'envoyer à M.J.McBride, qui a fait du service en qualité d'officier, durant la dernière guère, un drapeau transvaalien sur l'enveloppe duquel, il a tracé les lignes suivantes : \u201c Quoique cela eut coûté beaucoup de soupirs et de larmes à coux qui se sont livrés à l'appel de la libérté, of es Scientific Frsmerican, A handsomely thhustreated weekly, Largest ely culation of any scientide journal, Terma, 33 yoae: fone months, £5, Soll by all nevadenlers UHH & Lo 2s 10mm.Naw York Uranch Uifice.123 I St, Washington, DG Étienne Vortean Rue Piéte ST-HYACINTHE, Bieres de fincembre.SODAS of Ligneurs de temperance \u2014 Propriétaire de l\u2019Esu Minérale \"EXCELSIOR Nouveau Manuel du Précieux Sang \u2014 OT \u2014 LE LIVRE DES BLUS Ce livre à 666 pages.Cutre un grand nombre de pieuse pratiques, prières et lectures, 11 contient un tableau très étendu d\u2019indulgences, sept formules différentes pour la sainte messe et le chemin de la Croix, et vingt-deux ¢¢ Entretiens avec No- tre-Seigneur pour l\u2019HEunE p\u2019Apo- RAT1ON en présence du Saint Sacrement Le prix varie sclon la qualité de la reliure.Relivre ordinaire: 75¢, Soc, goc, $1.00.Reliure de luxe: $1.35, $2.00, $2.50, $3.00.Les srair de TRANSPORT y compris, Toute personne qui achétera ce livre recevra, en même temps, un pieux et élégant petit Recueil de Prières.Adresser, comme suit, sa demande (y compris l\u2019un des prix spécifiés plus haut.MoNASTÈRE DU PRÉCIEUX SANG, St Hyacinthe, P.Q.Wanted\u2014An Idea tect your ideas: the: Write v Oi Who can think of some simple thing to patent?may bring you wealth, not.Washington, D- Go for 1hote 61.40 prit offer as » D.C., for thoir gi, Pig and ist of two ' Re offer Emporium, 106 , LA IRIBUNE + FEUILLE rON DEOL RIVAL Aux derniers mots du marquis, le comunissaire de police avuit fait un geste d'impatience, visiblement agacé par les protestations de Michel.\u2014Monsieur, dit-il sèchement, je vous scrais obligé de garder pour vous vos opinions et de ne point ajouter de commentaires à mes actes, Ce fut comme un coup de fouet bui cingla le marquis.Et brusquement, sur le même tou, ct lu tête haute : \u2014La police n\u2019est pas infaillible et les sottises qu\u2019elle commet sont nombreuses.Il était inntile d\u2019augmenter su liste d'erreurs, déjà trop longue.\u2014 Monsieur ! \u2014 Mirador est innocent, je le répète.\u2014Pouvez-vous le prouver et mo moutrer le coupable ?Michel palit.En défendant Mirador comme il lo fuisnit, n'allait-1l pas inspirer des doutes a la justice soupronpneuse ?Le prouver ! Oui, il l'aurait pu, d\u2019un mot, en accusant son frère.Et Mirador était litre ! Muis prononcer ce mot, eccuser Laurent, non, non! Effuré, il considérait sa inére.Rien, certes, de ce douloureux débat n\u2019avait échappé l\u2019infirme, mais elle y paraissait indifférente, comme portée par son rêve désespéré très loin de là, comme morte, tant elle était imwo- bile et bléme ! Peut-être savait- elle l'horrible vérité, elle aussi.Comment n\u2019eût-elle pas reconnu son fils, en le retenant dans ses doigts crispés ?Et pour avoir ainsi, cn quelques minutes, changé ce visage de femme heureuse, souriante et contiante, ne falluit-il pas un abominable mystère?Et puisque cette mère, sachant tout, se taisait, où lui, le frère, eût-il pris le droit de parler ?Il répondit sourdement, le cœur torturé : \u2014Hélas ! monsieur, je ne puis que défendre un garçon que j'estime incapable d\u2019un tel acte.Quant au coupable, c'est votre devoir de le chercher, \u2014Vous n'uvez, n\u2019est-ce pas, au- tun soupçon personnel ?\u2014 Aucun.\u2014Vous étiez si affirmatif en proclamant l'innocence de Mirador que je pouvais croire vraiment que vous me cachiez quelque chose.Et le magistrat observait Michel contraint, dont toute l'énergie tendait à ne se point trahir.Et son regard, un moment, quitta le fils pour aller vers la mère.Celle-ci était toujours immobile, seulement, ses doigts se contractaient sous une convulsion.Sur le visage du fils, comme sur le visage de la mère, les mêmes horreurs, la même épouvante, le inême désespoir exprimé.Lément murmurs, habitué aux mystères les plus redoutables : \u2014On me cache quelque chose.Tout en parlant, tout en interrogeant, depuis quelques minutes, il avait pris le livre de caisse ouvert sur le bureau de Jactel et il y avait jeté un coup d'œil, \u2014Vous avez une échéance très importante, à ce que je vois, monsieur de Soulaimes ?\u2014Hélas ! \u2014Ce crime vous empêche d'y faire honneur ?\u2014Oui.aujourd'hui, da moins.car ma mére sacrifie sa fortune pour l'honneur de ma signature.\u201c \u2014Vous n\u2019'aviez aucune réserve ?, \u2014 Tous mes fonds sont engagés dans ma fabrique à laquelle j'ai voulu donner, en ces derniers temps une grande extension.Je me suis même endetté.auprès de quelques wumnis, .\u2014Voilà qui est singulier, dit le commissaire qui continuait d'examiner les livres, et en se penchant comme pour vérifier des chiflres.Ce nunège ugaçait ct effrayait le marquis, Il se contenuit avec peine.ll finit par dire: \u2014 Ai-je besnin de vous faire remarquer que vous êtes ici, pour constuter un crime et non pour vérifier mes écritures commerciales, \u2014T'outes mes observations concourent au même but, monsieur, dit tranquillement le magistrat qui, voyant Michel très nerveux, continuait de l'ubserver en dessous.Et je ne vous cacherai pas ma surprise.Vous avez pris, il y a quatre jours, à ln cnisse, une somme très forte, \u2014lLh! mousieur, encore une fois ! dit le marquis au supplice.\u2014Est-ce done vous faire injure que de s'occuper de votre honneur, monsieur?dit Lément avec un calme absolu.Les livres de M.Jactul, très bien tenus, constatent que le caissier vous n remis, il y à quatre jours, une somme de quatre-vingt mille francs.\u2014C'est lu vérité.\u2014Or, comme ces mêmes livres ne mentionnent aucune échéance pour ce jour-là, il est aisé d'en conclure que vous avez dû employer cette somme a des besoins personnels.Je ne trouve, ici, aucune trace de cet emploi.\u2014Inuti!o de chercher, en effet.\u2014Votre situation industrielle n\u2019est donc point, heureusement, si fort en péril qus vous le dites.Et vous devez vous féliciter d'avoir retiré cette somme de la caisse.Lo voleur croyait l\u2019y rencontrer sans doute.Mais alors votre échéance n'est plus compromise et vous pouvez laisser intacte lu fortune de votre mère.Ces quatre-vingt mille francs sont plus que suffisants, je le vois avec plaisir, pour faire Face à vos payements de fin de mois.Vous ne vous en êtes pas dessaisi ?Le marquis comprenait vaguement, qu\u2019il roulait sur une pente très glissunte.Un soupçon était né dans l'esprit du magistrat.Celui- ci venait de s\u2019y arrêter.L'instinet du policier lui montrait une énigme.[it il essayait de la pénétrer.Un mensonge aurait pu tirer le marquis d\u2019embarras.S'il avait dit que lu somme retirée à Jactel quatre jours auparavant, il la gurdait en réserve, C'était fivi, les soupçons, les mauvaises pensées s\u2019évanouissaient, Mais ce mensonge était devenu .impossible puisqu'il avait confié tout à l'heure à Lément qu'\u2019- il aurait bosoin de la fortune de sa mère pour sauver son honneur de commerçant.Ces quatre-vingt mille francs avaient done disparu.Et comme il tardait à répondre, il entendit tout à coup, tout près de lui, la voix tremblante de su mère qui demandait : \u2014Répondez donc, Michel ?Qu'avez-vous fait de cette somme ?Elle s'était levée, lentement, et \u2014Ma mère, dit-il, suppliant, \u2014Eh bien, vous hésitez ?\u2014Je ne lu possède plus.\u2014Qu'\u2019en avez-vous fait ?\u2018dit le commissaire de police.\u2014Je l'ai dépensée, \u2014Quatre-vingt mille francs, en trois jours ?Et à quoi donc ?\u2014Je ne puis le dire.\u2014Qui vous en empêche ?\u2014Des raisons que je vous demande de ne point vous révéler, \u2014Ce sont ces raisons que justement je voudrais entendre.\u2014J'ai le regret d\u2019être obligé de me taire.-=Voilà qui est étrange, avouez- s'était approchée des deux hommes | le, inonsieur.Michel gurda le silence, s uffrant d'uue inexprimable torture.Et pondaut que le magistrat, songeur, sv mordait les lèvres, ln marquise, debout, paraissait écouter, toute son atteution en éveil, suivant, au fond de son cœur, l'unique pensée que depuis longtemps Michel lui cachait un secret ct voulant, & tout prix, ce secret, le counaître.Lé- went roprit .\u2014Vous vous mettez, au point de vue commercial, duns une situation tras délieate.Vous devez comme moi vous en rendre compte ?\u2014Je ne l'ignore pus.\u2014II se peut que vous ayez des créanciers exigeants, qui refusent d'attendre que vous ayez réalisé la fortune que vous sacrifie si noblement votre were.Il se peut que ln faillite soit prononcée contre vous.\u2014Je m'attends a tout.\u2014Oui, mais vous attendez-vous également à ce que cette faillite soit déclarée plus tard frauduleuse?Un négociunt se relève d'une faillite, jamais d\u2019une banqueroute.La première est un grand malheur, la seconde est un crime.C\u2019est pour- taut cet avenir que vous vous préparez.Vous serez obligé d'expliquer lu disparition de cette somme et si vous ne l'expliquez pas, je vous l'aflirme, vous étes perdu, bel et bien perdu ! \u2014Oni, oui, répétait Michel sourdement, je m\u2019uttends à tout.\u2014Jl faut une grave raison pour vous obliger à vous taire.\u2014Pout-être Ne pouvez-vous supposer bieu des choses après tout ?\u2014Et quoi doue ?\u2014Une perte de jeu, par exemple.\u2014Et qu'il aurait fallu rembourser à tout prix ?fit le commissaire avec ironie.Je le connais, allez, ce prétexte.D'abord, vous n'êtes pas joueur.Qu'en savez-vous ?\u2014Celn se voit vite, à la physionomie.Du reste, votre mère mme renseignera, j'en suis sûr.Et s'adressant à la marquise : \u2014Votre fils aime le jeu ?Elle secous la tête, sans répondre, les paroles expirant sur ses lèvres, \u2014Vous le voyez, inonsieur de Soulaimes ?dit le commissaire.\u2014J'ai pu jouer par hasard, répliqua Michel ; j'ai pu me trouver engagé dans une partie.\u2014 Uno dette de jeu, ce n'est pas déshonorant.Si vous dites la vérité, où avez-vous joué et contre qui avez-vous perdu ?\u2014J'ui dit que vous pouviez supposer beaucoup de choses et j'ai purlé du jeu.Ne peut-il se faire que j'aie été forcé de sauver un ami ?\u2014 Possible, très possible, nom- mez-le-moi donc.\u2014Si je ne le puis?Il peut se trouver des raisons qui ordonnent le silence ?\u2014Pour la justice il n'en est point Nous savons, nous autres, garder admirablement les secrets qui mettent en jeu l'houneur des familles, Parlez donc et soyez sans inquiétude, \u2019 \u2014Non, \u2014VYous laissez tout supposer, monsieur de Soulaimes.\u2014Vous en êtes libre, monsieur.\u2014Je ne vous cache pas que mon instruction mentionnera très lon- .guement toute cette partie de l\u2019enquête.- \u2014C'est votre droit.\u2014Non, monsieur, fit le commissaire avec simplicité, c\u2019est seulement mon devoir, et je regrette quo vous n\u2019ayoz point mis à profit les avances que je vous ai faites pour vous tirer d'un mauvais pas.\u2014Je ne vous en remercie pas moins, monsieur, \u2014Il faut vous attendre à être maudé chez le juge qui seru chargé de l'affaire.On vous interrogera de nouvenu \u2014Je ferai les mêmes réponses, \u2014Jo souhaite qu'elles satis£ns- sont le juge, mais vous ne devrez, dans tous les cas, vous en prendre qu'à vous même s'il vous arrive malheur, Quelques minutes après, M.Lé- ment quittait les bureaux, après avoir fait enlever le corps de Jnc- tel, qui fut déposé à lu mairie, Michel couduisit su mère dans sa chambre.ll voulut In quitter ensuite.Un mot, très doucement prononce, l\u2019arrétn, \u2014Mon tils ! Il revint auprès d\u2019elle.\u2014Mu mère?vous désirez quelque chose / \u2014Oui, mon fils, Ne vous atten- dez-vous pus à ce que je vais vous demander ?\u2014En vérité, non, ma inère.-\u2014Ce que vous n\u2019avez pus voulu révéler uu commissaire de police, tout à l'heure, il faut inc l'avouer à tuoi, mon enfant.\u2014Oh! mere.\u2014larlez, qu'est devenn cet argent?Moi, je ue doute pus de vous.Mais on vous interrogera, M.Lément u raison, et votre honneur va dépendre de ce quo vous répondrez.\u2014Je ne dirai rien, wore, \u2014Rien ?\u2014Non.Jamais ! \u2014Celu est done bien effrayant, ce que vous me cachez ?\u2014II s'agit d'un ami; j'ai juré de garder le sceret.\u2014-Mais à moi, mon fils, à moi?dit-elle suppliante.\u2014Devant vous aussi, mère, il faut que je me taise.Elle garda le silence.Puis tout à coup, d'une voix indistincte : © \u2014Il ne s'agit pas d'un membre de notre famille ?\u2014 Non, mère.\u2014Il ne s'agit pas de Leurent, mon fils ?\u2014Non, dit-il, lu main appuyée sur son cœur, pour réprimer son émotion mortelle.\u2014C'est bien ! allez, mon fils, je ne vous retiens plus ! Il se retira.Restée seule, I'infirme fit le signe de la croix, et dit, à demi-voix : .\u2014Mon Dieu, ayez pitié de mes deux fils.Ayez pitié de Laurent ! Ayez pitié de Michel ! Et la tôte renversée en arrière sur le dossier de son grand fauteuil, elle perdit connaissance.Elle avait tout compris ! VI A Paris, 'enquéte se poursuivit, rapidement menée par le commissaire de police.Les renseignements fournis sur Mirador, sur sa probité, étaient excellents, mais les renseignements parvenus à la police sur sa conduite privée laissaient beaucoup à désirer.Mirndor était ce qu'on appelle \u201c un fêteur.\u201d Gaume était allé tout de suite chez Claire Chiffon.Il avait trouvé la jolie fillo préparant une fête intime pour laquelle elle avait invité quelques-unes de ses amies, L'appartement qu\u2019elle habitait était petit, mais très élégant.Très joliment meublé et avec beaucoup de goût, l'appartement n\u2019était pas cclui d\u2019une ouvrière, mais d\u2019une dé- sœuvrée* Mlle Claire avait été modiste autrefois, mais elle avait laissé là les rubans, les fleurs ortifi- cielles, les dentelles et les plnmes, pour le métier moins difficile do demi-mondaine, Elle fut surprise lorsque Gaume se présenta, en déclinant ses qualités.\u2014Mais, monsieur, dit-elle, je n\u2019ai rien à faire avec la police.Gaume la rassura.Du reste, il avait une bonne et large figure souriante, aux yeux fins, un peu scep- tiques-par habitude.Rien d\u2019effray- ant.L'abord ot l\u2019uilure d'un bourgeois uisé, ron:l en affaires ot ne détestant point la guudriole, Ce soir-lk, Claire pendnit justes ment lu crémaillère Cinq jeunes personnes, vêtues de couleurs voyantes, très guies, l'aidaient à ranger les rueubles d\u2019un petit salon où l'on devait danser, après le diner.Ln table étaitservie.On n'attens dait plus que le maitre de In maison, mais il n\u2019était pas sept heures, Il quittait régulièrement son bureau vers six heures.Il lui fallait une heure pour venir de la fabrique de Nogent au No 20 du boulevard Beaumarchais, Il y avait des fleurs dans l'appartement.Toutes les bougies étaient allumées.Le cuisinière, l'unique domestique, al- luit et vennit très inquiète, surveillant sa cuisine et achevant de mot- tre le couvert.\u2018 \u2014On ne m'\u2019atteudait pus, dit Gaume avec un sourire.\u2014Ma foi, non, tit Cluire, et si vous voulez m'expliquer.\u2014dJe suis là pour interroger, surs tout, ma jolie fille.\u2014Elh bien, dépêchez-vous, car Mirador va venir et quand il rentre il meurt de fai et n'aime pas attendre.\u2014-J'uime mieux vous dire sans retard que votre amant ue viendra pas.Une course importante.\u2026 \u2014Allons done, guand il sait qu'« aujourd'hui.Ët d\u2019un geste elle montra les gentils préparatifs.\u2014Oh :! il le regrettera sûrement, d'autant plus qu'il no passera pas sa soirée on aussi aimable compagnie.' \u2014Où est-il done ?\u2014Au dépôt ! \u2014Hen ?Vous avez dit ?\u2014Arrôté.oui, vous avez compris.\u2014Ah! mon Dieu, fit-clle toute pâle, mais qu\u2019est-il arrivé ?Presque rien.\u2014Ah! vous m'avez fait une peur.Enfin quoi ?\u2014Il se pourrait qu'il efit assassiné, pour voler, \u2014Mirador ?\u2014Oui.\u2014Et vous appelez ça presque rien, vous ?dit-elle stupéfaite.\u2014Dame !.par le temps qui court ! Mais tout à coup la jolie fille partit d'un éclat de rire.\u2014Dites donc, vous êtes un fumiste, vous, mon gros père.\u2014Moi, mademoiselle ?fit doucement l'agent.\u2014Je parie que vous êtes un camarade de Mirador, et que vous venez faire la fête ici avec lui?Alors vous avez voulu me monter un bateau.Mais co n\u2019est pas drôle, vous savez, vous auriez pu trouver autre chose.\u2014Malheureusement, je ne plaisante pas.Et Gaume avait, en effet, cessé, de sourire.\u2014Alors, c'est vrai ?\u2014Oni.\u2014 II est inculpé de ce que vous dites ?\u2014Du moins il y a des charges très graves contre lui.\u2014Tl est accusé.Mirador est noceur, mais pour le reste, c\u2019est la probité en personne, que ce garçons là \u2014Eh bien, aidez-moi à prouver qu'il est innocent.\u2014Oh ! si cela est possible, de tout mon cœur, mais de quèlle façon ?\u2014En répondant franchement aux questions que je vous-adresse- rai.\u2014Je n'ai aucune raison pour vous mentir et j'ai confiance dans mon amant.Il n\u2019a pas besoin - de mensonges pour se tirer d\u2019un mauvais pas.vois \u2014Vous êtes uñe bonne fille, jé-le FA abla ie ag st + - oO TA TRIBUNAL rer \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014Je n'ai jamais fait de mal à Personne, voilà qui est certain, et en outre j'ai une très grande amitié\u2018pour Mirador.\u2014Tout est donc pour le mieux Répondez-moi.\u2014Interrogez.Mais auparavant, \u2018attendez.Elle I'introduisit dans la salle à mangor et referma les portes.On entendait le caquetrge des femmes dans le salon.'\u2014Les autres n'ont pas besoin de savoir, dit-elle, \u2014Vous n'avez pas passé la soirée hier aves Mirador?\u2014Non; Je suis restée seule, ici, A lire un roman.J'adore la lecture.\u2014Savez-vous où il est allé ?\u2014Il n\u2019est venu qu'après minuit.Tl aura sans doute passé sa soirée avec des camarades au théâtre, au concert, ou au café.~2Vous n'avez rien remarqué d'extraordinaire en lui ?\u2014Rien du tout.Il m'a dit seulement: \u2018Tout de même, j'avais promis à ce bon père Jactel d'aller \u2018l'aider ce soir ! J'ai mieux aimé flà- ner!\u201d \u2014C'est lui qui vous n installé cet appartement si coquet ?\u2014C'est lui.\u2014Combien vous donne-t-il par Toois ?\u2014Oh ! cola dépend.\u2014De quoi ?\u2014De ce qu'il gagne à la Bourse ?\u2014Ah ! il joue à la Bourse ?.\u2014Oui, et il a du flair ! Il gagne presque tout le temps.\u2014Mais par à peu près, ne pou- vez-vous me dire ?\u2014Cinq ou six cents francs par mois, souvent plus, jamais moins.\u2014Et il gagne trois mille francs chez M.de Soulaimes! Ce matin, lorsqu\u2019il.est parti pour Nogent, ne paraissait-il pas inquiet ?\u2014Oui.\u2014Ah ! Qu'avez-vous remarqué ?\u2014 I s'attendait à être attrapé par le père Jnctel.et de fait puisqu'il avait promis, il a eu tort de flâner.Il ne fallait pas promettre.\u2014Et c'est tout?\u2014Dame ! \u20141I1 ne vous a pas remis hier ou ce matin une somme importante ?\u2014Non, mais commo il sait que -le tapissier a envoyé ses notes, il m'a annoncé qu'aujourd'hui ou de- -main il me remettrait l'argent.C'est lo fin du mois.Il a sans ~doute des rentrées.; * \u2014250 francs, chez son patron, Combien devez-vous au tapissier ?\u2014Un peu moins de dix mille francs.\u2014Vous me remettrez les notes.\u2014Volontiers.Gaume se leva.\u2014Je ne veux pas vous importu- .ner davantage, mademoiselle, et jo vous laisse à vos amies et à votre petite fête.Claire Chiffon se mit à pleurer : \u2014Oh ! monsieur, de fête il ne peut plus en être question puisque Mirador cst dans la peine.Jo vais renvoyer tout le monde.Quand il sortira de prison, il sera temps de nous réjouir.\u2014Oui, quand il en sortira ! dit Gaume d'un air de doute.= \u2014Le croyez-vous donc coupable ?\u2014Ma foi, s\u2019il ne l\u2019est pas, il peut 8e vanter de n'avoir guère de chau- ce, car tout semble se liguer contre Jui, .\u2014Ah! mon Dieu, le pauvro gar- -çon, si doux, si gai, toujours le mot \u201cpour rire.Et adorant son patron, .monsieur, son patron qu'il continuait d'appeler son commandant ! - 8e peut-il | Une chose pareille ! as- Bassin et voleur ! Jamais je ne croi- ai, | .;, Et.elle pleurait à chaudes larmes \u2018quand l'agent la quitta.II avait Ordre d'aller rejoindre M.Lémont.4 yn ar de .Tous deux, lè\u2018léñdémain, se rendaient rue de Lyon, et faisnient une perquisition dans le logement de Mirador.Ils recherchaient le vêtement dont un morceau était resté entre les mains de la marquise.Mais ils ne trouvèrent rien.Trop de charges avaient été relevées contre Mirador.Trop de choses suspectes dans sa vie.Malgré ses protestations, il fut maintenu en état d'arrestation.Pendant qu'il essayait vainement de prouver son innocence, des scènes poignantes se passaient duns la maison de Nogent.Tout l\u2019après- midi de ce jour au matin duquel l'enquête de la justice avait commencé, le marquis de Soulaimes eut le cœur broyé, de minute en minute, par une nouvelle douleur, Il reçut, pendant cet après-midi, d\u2019incessantes réclamations d'argent.Ce furent, d'heure en heure, les garçons de banque qui présentèrent les billets ou les traites.Aux bureaux, on avt l\u2019ordre de les renvoyer au cabinet particulier du marquis, dans l'autre pavillon.Michel tenait à les recevoir lui- même, Et à chaque demande il expliquait ce qui s'était passé.Les garçons remettaient leur fiche et sortaient.Bien que ces payements fussent les plus sérieux et les plus considé rables.ce ne fut pas ce qui le fit le plus souffrir ; celu se passait d\u2019une façon officieuse, pour ninsi dire, ct par intermédinires.Ces gens qui venaient lui étnient inconnus.Ils né fuisaient aucune réflexion, écoutaient les réponses du marquis, saluaient et disparaissaient.Ses employés furent compuatis- sants aussi.Ils savaient que dans la caisse pas un centime n\u2019était resté.Comment leur eût-on payé leurs appointements ?Ils ne réclamaient rien.Ils préféraient atten- dro, certains qu\u2019un jour le marquis leur tiendrait compte de ce qui leur était dû.Et pourtant plusieurs d'entre eux comptaiont sur cet argent pour le ménage.Les fournisseurs ne font guère crédit plus d'un mois, lorsqu\u2019on montre de la mauvaise volonté, eb le boulanger, l\u2019épicier, le boucher allaient fermer leur porte.Comment faire?La plupart n\u2019u- vaient point d'avance, point d'économies.Cependaut ils ne se plaignaient pas.Môme ils détachèrent l'un d'eux, Lazare Beermann, auprès de Michel pour l'assurer de la continuation de leur travail.\u2014 Monsieur, dit Lazare, nous vous sommes dévouds comme par le passé, Nous ne réclamons rien.Usez de nous.\u2014Je vous remercie, avait dit Michel, et je vous reprendrais tous auprès de moi lorsque des temps meilleurs seront revenus, mais pour l'instant, je n'ai besoin, pour m'aider, que de deux d'entro vous.Il est juste que je choisisse les plus anciens, Les autres sont libres, Duns quelques jours, ju l'espère fermement, je pourrai les rappeler et leur rendre leur situation.Luzare Beermann alla annoncer In nouvelle dans les bureaus.Tous les larmes aux yeux, ils vinrent serrer les mains du marquis.\u2014Comptez sur nous, monsieur de Soulaimes, nous vous aimous bien ! Et ils étaient partis.Mais les réclamations qui allèrent droit à son cœur et lui firent le plus de mal furent celles des ouvriers.Ils assiégeaient les bureaux, attondant la paye.et vainement, Le marquis était allé dans la fabrique, les avait réunis et avait voulu, comme aux autres, coimme à tous, leur demander un peu do patience, un pev de bonne volonté.\u2014Mes amis, vous savez combien je suis atiaché à vous.Jamais vous n\u2019avez eu à vous plaindre de moi, Aujourd'nui le malheur est sur ma maison.Co qui me fait le plus souffrir, ce n'est pas le danger de la faillite auquel je n'échapperai peut- être point, c'est l'impossibilité où je suis de vous payer, Il y eut un sourd murwure parmi les ouvriers.L'un d'eux cria : \u2014Nous attendons auprès notre argent pour manger.On n'a pas pu vous prendre jusqu'au dernier sou.C'est à nous, à nos femmes et à nos enfants qu'il faut que vous songiez avant tout.\u2014J'ai dit la vérité.Il ne me reste rien.Dans quelques jours.De violentes exclamations l\u2019interrompirent, \u2014On nous berne de promesses ! Il nous faut notre paye ! ; Le marquis considérait ces hommes avec surprise.Il ne les reconnaissait pas.Ils semblaient nouveaux pour lui.On eût dit qu\u2019un vent de colère et de révolte était pnasé sur eux ! Quai done avait pu ainsi lui nuire dans leur esprit ?Et à haute voix, ils échangeaient des réflexions qui parvenaient jusqu'à ses oreilles et mettaient le dé- gespoir et la rage duns son cœur.\u2014Voila un vol qui tombe joliment bien ! On l'aurait arrangé exprès que cela ne serait pus mieux réussi ! Ce qui était venu en l\u2019esprit du commissaire do police Surrazin venait également dans l'esprit des foules.\u2014T'out n'en sera pus perdu.Il y a de l'argent qui colle aux doigts.\u2014On dit qu'il y n deux ou trois jours il y avait près de cent mille francs en caisse et que le marquis les a pris pour lui.Et Michel entendait ainsi le premier pas de la calomnic qui faisait de lui presque le complice ou l'initiateur du crime.Qui donc les avait animés coutre lui ?Qui donc avait jeté en eux, si paisibles hier encore, si luborieux et si confiants dans lour patron, ce ferment de haino?Et ces détails do l'enquête qui déjà étaient devenus publics ! Il voulut faire face à cette tempête, à ce flot qui inontait.\u2014NMes enfants, dit-il, vous ne pouvez mettre cn doute ma probité, vous n\u2019en avez pas le droit.Je vous le défends.Une catastrophe imprévue ruine ma maison.Vous ne pouvez m'en rencro responsable.Mais écoutez moi, dans cing ou six jours au plus, je le répete, vous serez payés tous jusqu\u2019au dernier.Vous regretterez alors votre défiance, et les mauvaises paroles que quelques-uns d'entre vous, mal inspirés, ont laissé échapper contre moi.(A continuer) on Nf or A 3) + a EN pu WG £4 FBR 4 RS Un besn cha.nl at HAF, 30 un Barunis malpropre 2, 7 sont une mauvaise wom- = 20 binsien, 1 \u2019 : SES 0 L\u2019Éuiie Eureka 90) .= pour Harnais 5 A donne Bn senlement misiitsure appar \u201ci 3 tence au harnais 030\" ch
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