La Tribune : journal hebdomadaire, 3 juin 1921, vendredi 3 juin 1921
[" - AX la plus violente et la plus injurieuse qui n\u2019ait été publiée.-un article, couvrant la presque totalité de sa première page, le Vor.33 ST-HYACINTHE, Q bia JUIN 1921, \u2018.: IL Y À SCANDALE ET SCANDALE L\u2019organe de Damien, sinon Bouchard lui-même, vient-de jeter une.note nouvelle dans la discussion des affaires municipales : Dans \u201c Clairon \u201d insinue que des concitoyens dignes et honorables ont tenté de voler, \u2014 (l'expression est de lui) \u2014 les élections de juillet prochain en faisant inscrire sur la liste électorale des quartiers Deux et Trois une cinquantaine de noms de personnes, qui (encore d'après lui) \u2014 ne posséderaient aucune qualification - qualconque.\u2018Le tout est saupoudré d'épithètes à la Bouchard, illustrant bien \u2018l'esprit et les préoccupations de son auteur.:Damien peut-il être sincère?.Ne veut-il pas tout simplement échapper aux questions que © nous lui posions, dans notre édition du 20 mai, et auxquelles il n\u2019a pas osé encore répondre ?.S'il feint d'ignorer toute la gravité que comporterait sa réponse, tant-au point de vue de son administration municipale que de celui de l'intérêt des contribuables, ce dernier ne manque point d'apprécier sa faiblesse autant que sa ruse de renard, cachant sa honte d'avoir la queue coupée.Nous mous chargeons de rappeler, | non pas à M.Bouchard parce qu'il a intérêt à simuler l'indifférence, mais aux concitoyens qui ont droit de savoir la teneur, toute la teneur, des précisions exigées.Le régue des petites cachettes est fini à l\u2019Hôtel-de-Ville.Damien a pu assumer le rôle de sauveur de nos finances municipales, \u2014 (quelle dérision aujourd'hui) \u2014 il à pu clamer une diminution dans les taxes, la vérité n\u2019en demeure pas moins imminente, implacable comme le châtiment qu\u2019elle réserve aux transgresseurs.Il est plus facile évidemment de tenter une fois cncore l\u2019effet de jadis sur les préjugés, de soulever les classes, d\u2019arborer enfin la défroque rouge, si souillée soit-elle par ceux-là même qui la réclament pour cacher leurs turpitudes.It est plus facile de chercher le scandale chez les partisans de l'ordre, ses adversaires, que d'étouffer celui qui, il n\u2019y a pas si longtemps, constituait la condamnation la plus flagrante de l'ancienne administration.Nos lecteurs nous ont su gré de n'avoir point piétiné sur une personnalité, indifférente-en somme dans la culpabilité qui devait retomber sur les épaules de ceux-là de cette ancienne administration qui l\u2019avaient protégée de toute l'ignorance et de l\u2019aveuglement de leur étroit esprit de partisannerie.Réclamer le droit de voter constitue un scandale.laisser voler le trésor municipal est une action si banale qu'on ne la mentionne même pas dans les colonnes du \u2018\u2018 Clairen \"\u201d.C\u2019est le vieux jeu, trop vieux pour prendre main- teiiant.Que M.le Maire en fasse son parti ; s'il tente d'ignorer la poutre qu'il a dans son œil, nous n'avons jamais cessé de la voir.Il est un autre côté à la médaille que le \u2018\u2018 Clairon \" présente, sur cette prétendue \u2018\u2018 organisation pour voler les élections \u201d écrit- til, tout comme aussi les honnêtes gens et le tribunal ont dit autrefois d'une victoire de Damien Bouchard.C\u2019est le côté légal, celui de la vérité.Le cas des amis de la \u2018\u201c Tribune \" nous étant plus familier, nous ne craignons pas de le mettre A jour; les arguments invoqués, quant à la légalité elle-même, devront d'ailleurs servir à expliquer certains autres.Le \u2018\u2018 Clairon \" écrit : \u201c* M.Wilfrid Girouard a essayé, avec trois ou quatre autres castors de son espèce, de faire insérer son nom comme locataire de \u2018\u2018 La Tribune ;\u2019 dans le quartier Trois.Le professeur Paquin s\u2019est présenté pour faire la preuve de sa qualification et de celle de M.Girouard.Cela n\u2019a pas pris de temps au maire de faire admettre sous serment à M.Paquin que le prétendu bail, qualifiant ces personnes, n\u2019était qu\u2019un bail de garanti, \u201cet que c'était réellement une compagnie incorporée qui occupait le focal de \u2018\u2018\u2019La Tribune \u201d, et les noms ont été retranchés de la liste \" Sans nous arréter aux petites injures dont nos amis sont maintenant coutumiers, sans méme relever les finasseries du maire, quant à la question de savoir si le bail est tout simplement de garanti, nous exposons les faits.Il aurait été plus simple peur le Maire, en autant qu\u2019il aurait voulu rendre justice et non abuser de son rôle de porte-parole des échevins à sa dévotion,.de réclamer la présence du gérant même de la maison intéressée indirectement, ou encore celle du propriétaire personnellement.Jusqu'au premier mai dernier, le loyer qu\u2019occnpent actuellement les bureau et atelier de la \u2018\u2018 Tribune \u201d était payable par la compagnie elle-même exploitant ces bureau et atelier, en vertu d'un bail fait en bonne et due forme entre le propriétaire d\u2019une part et les officiers autorisés de la compagnie d'autre part.Trois mois avant la résiliation du bail, la compagnie locatrice recevait un avis d\u2019une forte augmentation dans le\u201d prix du loyer, au point que le gérant a dû faire rapport de la quasi-impossibilité de l'occuper pour un autre terme.Damien Bouchard, qui condnit lui-même une imprimerie, la seule d'ailleurs à être favorisée des.travaux municipaux durant toute l\u2019ancienne administration,, sait personnellement ce qu\u2019il en coûte de.n'avoir pas de patronage lui qui l'avait tout accaparé.La \u2018 En ev a Tribune n'a pase fa période de guerre que grâce à l'appui loyal-de | ses amis et.aiffiéviuement de son gérant et de ses directeurs.Toutefois, devant l'obligation de trouver un local moins dispendieux, de faire: face à des obligations onéreuses de démérage- \u2018ment, des amis se sont offerts d\u2019assurer la responsabilité absolue du loyer, quitte: \u2018à-l'administration de la compagnie de rembourser ses bienfaiteurs \u201cdans la mesure de ses capacités.Et, sur le nombre de ces amis, fait \"\u20ac que le Clasron ne mentionne point, se trouvait déjà un électeur dà Trois, dûment qualifié sur une propriété de la rue Laframboise.La question s'impose-maintenant : les locateurs de la compagnie incorporée, locataires eux-mêmes du propriétaire, devraient-ils ou non être portés sur la liste électorale ?.Le Mairé p apporté la présomption d'un bail de garantie ; ga_ rantie ou non,; e bail existerait et les locataires ont les responsabilités des locatdires.Son argument principal toutefois contre les amis de La Zrihune et contre les autres concitoyens réclamant d\u2019être inscrits sur les listes s\u2019appuierait sur le paragraphe 3 de l'Article 107 de notre Charte, concernant l\u2019inscription de \u2018\u2018toute personne du sexe masculin, tenant feu et lieu dans la municipalité, etc.\u201d I est un autre paragraphe, le suivant, que le Maire a eu garde de mentionner.\u201cIl a trait à \u201c\u2018toute personne du sexe masculin, n'étant pas propriétaire (Par.1) et ne tenant pas feu et lieu (Par.3) mais étant seule ou conjointement associée avec toute autre personne, et inserite sur le rôle d'évaluation ou sur le rôle de perception des taxes en vigueur, comme locataire, en vertu d\u2019un bail, de quelque magasin, comptoir, boutique, bureau ou autre place d\u2019affaires dans la municipalité .etc\u201d Et c'est précisément sur et en vertu de cet article que les amis de Za Tribune ont sollicité le privilège d\u2019être inscrits sur Ja liste électorale, obéissant ainsi non seulement à un droit que leur accorde la charte mais aussi à un devoir, celui du citoyen, chargé de surveiller l'administration publique.Nous ne connaissons pas encore les intentions de nos amis, mais nous croyons comprendre qu\u2019ils se prévaudront en justice de la décision du Maire.Et le Maire aura encore imposé à la ville des procès dont les frais seront à la charge des contribuables.Eugène CHARTIER.A propos de Dollard On nous a fait remarquer que la Zribune n'avait rien dit au sujet de Dollard.Ce n\u2019est pas oubli ni mépris.Voici en peu de mots notre pensée, nous y reviendrons peut- être.Déllard est un héros digne de notre admiration, il convieñt de le louer, de le donner en exemple aux générations.De là à conclure qu'il soit opportun de vouloir faire du 24 mai une fête nationale, il y a toute une différence.Nous avons déjà notre fête nationale, la Saint-Jean-Baptiste, juste un mois plus tard.Cette fête est déjà dans nos mœurs, le peuple la célèbre, il faudrait bien peu pour la rendre absolument universelle chez les Canadiens-français.Si on obtenait de la chômer civilement, ce serait parfait.Dans I'ardre religieux, nous n'avons rien à désirer.Depuis une dizaine d\u2019années, l'Eglise, le Pape nous l\u2019a donné comme patron national pour tous les Canadiens-français partout où ils se trouvent.Rendons cette fête plus solennelle dans l\u2019ordre civil et ça suffira.Allons-nons avoir deux fêtes nationales vraies ?Donnerous- nous la préférence au Saint et au Patron ou bien au héros et au soldat ?I! semble bien que la première place appartient à Saint- Jean- Baptiste, et nous serions heureux de la lui voir garder.Si on veut célébrer Dollard, c\u2019est très bien, mais, pas comme fête nationale, tout au plus comme le souvenir d\u2019un héros.Au lieu de le fêter annuellement, ne vaudrait-il pas mieux se contenter de certains anniversaires qui se rapportent à sa vie ?Que l\u2019on aille chaque année déposer des fleurs aux pieds de sa jolie statue du Parc Lafontaine ou à Carillon, nous y applaudissons ; mais gardons nos hymnes nationaux, nos grandes démonstrations pour la Saint-Jean-Baptiste ! Notre fête nationale, la vraie, la populaire, la traditionnelle, c\u2019est le 24 juin.PAUL DE CASTEL, pe Fête-Dieu Limitée \u2014 Limited La procession àe la Fête-Dieu s\u2019est faite de par le ville dimanche dernier.Le nombre des personnes qui y ont pris part, l\u2019abondance et le bon goût des décorations témoignent de la foi et de l\u2019amour de notre population pour Notre-Seigneur Jésus Christ présent dans l\u2019Hostie.Cette belle manifestation de piété attirera sur nous, soyons-en assurés, des bénédietions abondantes et précieuses, Au sujet de la Compagnie des Phonographes Casavant nous avions, en la félicitant, fait remarquer que limitée n'est pas français.C\u2019est vrai, mais c\u2019est légal et notre loi commerciale impose absolument /imitée ou limited, en toutes lettres.Entre deux maux, il faut choisir le moindre, et c'est avec raison que la Maison Casavant a ajouté limitée ; elle ne pouvait mieux faire : : la loi s\u2019y oppose.» NOTES \u2026 Yamaska Le verdict d'Yamaska a son importance.On a peu voté peur M.Boucher, mais tout le monde a voté contre M.Mondou, et pardessus M.\u2019 Mondou, contre M.Meighen.C\u2019est tant mieux.Le candidat fermier-uni a perdu son dépôt ; notre population ne veut donc pas de ce nouveau parti.La Gazette attribue cette défaite du parti ministériel à, l'influence des idées nationalistes, \u2018 tout comme le Canada voulait rendre les mêmes idées respon sables de.la défaite du parti libé- tionalisme n\u2019est pas un parti, mais une doctrine, un courant d\u2019idées ; les électeurs vont-ils commencer a voter non pour un parti, mais pour les idées, et pour les intéréts du pays.Quel progrès ! 000 La \u2018\u201c Gazette \u201d regimbe La Gazette est furieuse du résultat des élections d'Yamaska.Elle change de ton et menace de faire du chantage.On penserait, dit-elle, à répondre au bloc solide du Québec par le bloc so-\u2019 lide des huit autres provinces.Ce serait, avoue-t-elle, changer de plan de campagne.Jusqu'ici, probablement, elle nous a loués par tactique.Plusieurs partisans du gouvernement commenceraient volontiers la bataille de race contre race.Ils l\u2019ont- déjà tenté en 1917 ; ils recommenceraient ! C\u2019est la Gazetle, ce journal si souvent vanté par notre Maire, qui nous avertit biéñ à l'avance que les prochaines élections se feront dans les autres provinces sur la question de race.En avant le fanatisme, la calomnie et la rage ! 000 Drapeaux ) A l'occasion de la Féte- Dieu tout le monde a décoré sur le parcours de la procession.Les drapea ux étaient très nombreux : drapeaux du Pape, drapeaux Ca- rillon-Sacré-Cœur, drapeaux canadiens, drapeaux français, drapeaux anglais, drapeaux améri- squvent, c\u2019est très probablement le drapeau Carillon-Sacré-Cœur.Il est bien devenu, par l'usage, le drapeau des Canadiens-fran- çais.Son champ bleu gris, croisé de blanc et fleurdelysé, avec le Sacré-Cœur enguirlandé de feuilles d'érable, fait.vraiment bel effet.Il n\u2019a rien de banal er n\u2019a rien d\u2019étrange.Il plait.Ça et là, onja aperçu des drapeaux .américains avec leurs bandes et leurs étoiles.1ls étaient peu nombreux, et deviennent de plus en plus rares; deviendrions-nous plus patriotes ?000 Il n\u2019y était pas M.Bouchard, l\u2019ex-député de Saint-Hyacinthe, n\u2019est pas paru dans Yamaska et la victoire est splendide.Conclusion : les députés se passent de notre ex-dé- puté, ils veulent s\u2019en passer et n\u2019en veulent plus du tout; 1 -nuirait.ral en 1911 eten 1917.Et le na-< cains.Celui que l\u2019on revoit plus - LE 3:JUIN 1921 - CHAPITRE III \"Organisation religieuse : origine, desserte, paroisse, Ea religion, ¢\u2019est le'bien spiri- tiiel, bien réel quoiqu'invisible gui attache la terre au ciel.La vie religieuse d\u2019une population, c\u2019est par comparaison le courant électrique divin qu'on appelle grâce et qui, par l'inter- -miédiaire de ce lien ou fil qu\u2019est la-religion, est transmis du dynamo générateur qui est Dieu au dynamo transformateur qui est l'âme de chacun des membres de cette population pour la rendre cäpable de produire des actes agréables à Dieu.Son organisation religieuse, c\u2019est l\u2019ensemble des moyens dont Dieu se sert pour fixer son fil condueteur aux différentes âmes de cette population en prenant toujours le corps humain comme soudure métallique.Ces diffé- \u201c rents moyens constituent le culte auquel l\u2019organisation paroissiale donne la forme voulue.Dès lors, l'on comprend que tout ce qui se rapporte à l\u2019organisation religieuse d\u2019une population lui est plus intimement sensible que le reste et attire toujours son attention d\u2019une façon .particulière.Or dans notre catholique province de Québec, terre choyée du dièl qui a vu le radieux flambeau de 1a foi briller d\u2019un si vif éclat dès l\u2019aurore de son premier jour, * c\u2019est à l\u2019arrivée du premier colon en ce lieu qu'il faut remonter pour découvrir les origines reli- fieuses d\u2019une localité.Ainsi, dans notre cas, il faut aller frapper à la porte de M.De- lorme et de ses compagnons qui débarquaient aux Rapides-Plats au printemps de 1757 pour prendre connaissance avec les origines religieuses de Saiat-Hya- ciiithe.Bt que le lecteur ne pense pas \u2018que c'est lui faire perdre son temps que de l\u2019entratner dans ce loititain un peu ténébreux ; la connaissance, si imparfaite soit- elle, des premiers mouvements vers Dieu de l'âme d'une popula- tien nous permet de tâter son pouls religieux ponr ainsi dire en fous permettant d'analyser la source même où elle a puisé ses sentiments religieux.\u2018M.Delorme et ses compagnons étaient des chrétiens à l\u2019me grande, à Ja foi robuste et agissante.Ils étaient des
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