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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2013-01-05, Collections de BAnQ.

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[" Sciences: la malbouffe à l\u2019origine de la maladie d\u2019Alzheimer?Page b 6 Bernard Descôteaux discute du choix d\u2019un maire à Montréal Page b 4 Un appel à briser le silence sur le sort des Premières Nations Page B 5 PERSPECTIVES CAHIER B » LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JANVIER 2013 OF HMf 1- PRAKASH SINGH AGENCE FRANCE PRESSE Un graffiteur indien a inscrit ces lettres («zone de viol désignée») sur les murs de New Delhi pour souligner le danger que courent les femmes dans cette «capitale indienne du viol».Martyre de l\u2019indifférence L\u2019insensibilité de la classe politique à l\u2019égard du décès d\u2019une jeune femme violée trahit la profonde misogynie de la société indienne GUY TAILLEFER à New Delhi Le 27 novembre 1973, fut commis à Bombay un viol effrayant, celui d\u2019Aruna Shaun-bag, affaire abominablement célèbre dans les annales du crime de la mégapole.Agée de 25 ans, elle était infirmière à l\u2019hôpital King Edward Memorial quand un concierge l\u2019a violée dans le sous-sol de l\u2019établissement.L\u2019enchaînant par le cou pour l\u2019agresser, l\u2019asphyxie lui causa d\u2019irréparables dommages cérébraux.Elle repose, dans un état végétatif, dans un lit de l\u2019hôpital King Edward depuis 39 ans, ne devant sa survie qu\u2019aux soins prodigués par des infirmières qui la nourrissent par gavage deyx fois par jour.A l\u2019époque, l\u2019affaire avait déclenché un mouvement de grève parmi les infirmières de Bombay.Son agresseur?Il avait été accusé d\u2019assaut et de vol, la direction hospitalière ayant apparemment plaidé qu\u2019une accusation de viol aurait socialement nui à la victime qui était sur le point d\u2019épouser un médecin de l\u2019hôpital.L\u2019agresseur a recouvré la liberté après avoir purgé deux peines simultanées de sept ans de prison.On a plusieurs fois évoqué cette histoire ces dernières semaines, parmi bien d\u2019autres, toutes plus épouvantables les unes que les autres, à la lumière du viol de la jeune femme de 23 ans dans un autobus de Delhi, commis le 16 décembre dernier par six hommes \u2014 agression dont elle est morte samedi dernier, treize jours plus tard, après avoir été transférée dans un hôpital de Singapour.En raison de l\u2019inhumanité invraisemblable avec laquelle elle a été commise, cette agression a indigné la rue comme jamais, provoqué des manifestations sans précédent à Delhi, réputée «capitale indienne du viol», et donné un haut-le-cœur à tout ce que compte l\u2019Inde de consciences éveillées, en étalant honteusement l\u2019absence de progrès social depuis ce fatidique 27 novembre 1973; en montrant à quel point, finalement, les Indiens considèrent toujours les Indiennes comme des citoyennes de seconde zone, sans véritable liberté de parole.Normalité misogyne «La normalité de la violence \u2014 la violence sexuelle étant la plus perverse \u2014 est le lot de l\u2019Inde.[.] Le viol est en Inde une réalité sordide, dans toutes ses manifestations, si routinière que, la plupart du temps, on n\u2019en parle même pas», écrit carrément la revue Outlook dans son dernier numéro.«Ce viol collectif met en évidence le fait que la société indienne demeure, aujourd\u2019hui encore, profondément misogyne», écrit Santosh Desai, l\u2019un des commentateurs sociaux les plus pertinents du pays, dans The Times of India.«Du contenu patriarcal de nos manuels scolaires à la façon dont la publicité présente la femme, la société est sans arrêt conditionnée à l\u2019asservir», dit, encore dans Outlook, la sociologue Bula Bhadra, de Calcutta.Tout a été dit ces dernières semaines sur la culpabilité de la police et des tribunaux dans la perpétuation de cette violence sexuelle et du déni de justice quasi absolu pour les femmes qui osent s\u2019en plaindre.Pas étonnant, dans ces conditions, que les manifestantes aient réclamé haut et fort pour les six accusés du viol une condamnation expéditive, pour ne pas dire un lynchage.«Pendez-les!» a été la réaction quasi universelle, suivie de près par des appels à la castration.Ce qui illustre bien, ont souligné «La normalité de la violence \u2014 la violence sexuelle étant la plus perverse \u2014 est le lot de rinde» les observateurs, à quel point l\u2019application de la justice est déficiente.Ensuite, le viol de la jeune femme a éclairé de façon saisissante la déconnexion et l\u2019indiff^ rence de la classe politique.A Mayawati, chef politique et icône dalite en Uttar Pradesh (UP), revenait la semaine dernière la palme de la banalisation pour s\u2019être déclarée d\u2019accord, mercredi en conférence de presse, avec le fait que les partis politiques ne devraient pas accepter comme candidats à des élections des hommes accusés de viol.Il n\u2019empêche qu\u2019elle a autorisé un homme accusé de viol à devenir candidat de son parti aux élections qui se sont tenues en UP, début 2012 (sauf erreur, il n\u2019a pas été élu).Des politiciens ont publiquement étalé leur misogynie avec une franchise déconcertante.Ce fut le cas d\u2019Abhijeet Mukherjee, député au Parlement et fils du président indien, qui a dénigré le mouvement de protestation en affirmant que les «jolies femmes maquillées» qui allaient manifester «sortaient de la discothèque», «ne connaissaient rien aux réalités de terrain», ou encore qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019étu-diantes «qui se croyaient à la mode en participant à des veillées à la chandelle».Les médias en ont fait leurs choux gras, répertoriant dans les journaux et à l\u2019écran les remarques sexistes faites par des politiciens et politiciennes ces derniers mois pour excuser les violeurs.Celles, par exemple, de la chef du gouvernement de Delhi, Sheila Dikshit, qui, pleurant samedi dernier la mort de la jeune fille, estimait pourtant il y a quelques mois que, si le nombre de viols augmentait dans la capitale, c\u2019était en partie «parce que les femmes s\u2019habillent de façon provocante».THE roLiCE, Judiciary U?m PRAKASH SINGH AGENCE FRANCE PRESSE Des femmes manifestent devant la cour où devaient comparaître les hommes accusés d\u2019avoir violé la femme de 23 ans qui a succombé à ses blessures dans un hôpital de Singapour.L\u2019automne dernier, alors que les cas de viols se multipliaient au Bengale-Occidental, sa chef de gouvernement, Mamata Ba-neijee, attribuait le problème au fait que «les hommes et les femmes se côtoyaient plus librement.Tout est tellement ouvert aujourd\u2019hui».En février 2012, après le viol collectif d\u2019une femme dans une auto sur Park Street, la grande artère commerciale de Calcutta, M™® Ba-neijee avait commencé par l\u2019interpréter comme un coup monté par ses adversaires politiques.Mamata Sharma, présidente de la Commission nationalç de la femme, un organisme d\u2019Etat, y est allée de son côté de ce petit conseil: «Faites attention à la façon dont vous vous habillez.Singer l\u2019Occident érode notre culture et amène ces crimes à se produire.» Modernité de surface Santosh Desai se désole : «Le viol de la jeune femme et l\u2019insensibilité subséquente de la classe politique soulignent le fait que la discrimination sexuelle est profondément enchâssée dans notre tissu social.» Les autorités ont commencé par traiter les manifestations comme un problème administratif, écrit Outlook, pour ensuite «se lancer dans des homélies politiques».Aussi, le gouvernement du premier ministre Manmohan Singh a été sévèrement critiqué pour avoir ordonné le transfert de la jeune femme dans un hôpital de Singapour, alors qu\u2019elle était dans un état critique.Transfert qui a été largement perçu, non pas comme une façon de lui procurer les meilleurs soins possible, comme l\u2019a prétendu le gouvernement, mais comme un moyen \u2014 qui a d\u2019ailleurs fait long feu \u2014 de faire taire les manifestations qui se multipliaient autour d\u2019india Gate.Pratiquement pas un seul élu qui ne se soit joint aux manifestations, note Desai.Or, la modernisation de l\u2019Inde depuis 20 ans provoque des bouleversements sociaux et culturels qui demandent «un écosystème d\u2019actions et, par-dessus tout, un véritable dialogue».Mais ce dialogue n\u2019existe pas, dit-il; au lieu de cela, estime-t-il, la société se divise.«Le marché crée une modernité de surface tout en renforçant les préjugés.E se dit beaucoup de choses sur le progrès économique de l\u2019Inde, très peu sur les changements sociaux qu\u2019elle subit.Les problèmes auxquels la société indienne fait face ont énormément à voir avec le fait que les vieilles mentalités sont amplijîées par les nouvelles libertés, plutôt que redéfinies par elles.» La loi interdit de nommer une victime de viol.L\u2019étudiante de 23 ans est devenue «India\u2019s Daughter», ce qui n\u2019est pas sans résonance paternaliste.,l\u2019a baptisée Jagruti (Eveil) ; The Times of India, Nirbhana (Sans Peur).Martyre de l\u2019absence de dialogue, en quelque sorte.Elle était la jeune femme urbaine typique, produit de l\u2019Inde moderne \u2014 instruite, entrée en femme autonome sur le marché du travail, ce qui demeure une réalité minoritaire, allant au cinéma sans chaperon, utilisant les transports publics \u2014, mais ne pouvant pas faire un pas sans devoir se battre contre un monde gouverné par des règles archaïques.Le Devoir B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JANVIER 20IS PERSPECTIVES Prospective 2013 Des mutations sociales et technologiques en mutations Vite.Très vite et parfois de manière étonnante.Le déplacement des cadres de l\u2019activité humaine, sous l\u2019effet de la mobilité, de la quête incessante de l\u2019instant, de la communication à coups de 140 caractères ou de la mise en ligne de l\u2019intimité, ne devrait pas s\u2019essouffler en 2013.Où, avec quoi et avec qui l\u2019année qui débute se prépare-t-elle à nous surprendre dans les prochains mois ?Petit décodage prospectif d\u2019un présent en mouvement.FABIEN DEGLISE Vers une autre socialisation en format numérique L\u2019année a commencé aussi mal qu\u2019elle a fini pour la multinationale de l\u2019amitié numérique Facebook, qui, pour souligner le passage à la nouvelle année, a décidé d\u2019offrir à ses fidèles une application permettant d\u2019envoyer des vœux personnalisés à ses amis à minuit pile, dans la nuit du 31 décembre au 1®\u201c^ janvier.Problème : le programme informatique, baptisé New Year Message Delivery, avait une faille permettant à n\u2019importe qui de consulter et même de modifier ces messages privés, dont plusieurs contenaient bien sûr des photos.C\u2019est un jeune étudiant britannique en communication, Jack Jenkins, qui a pointé la chose du doigt, forçant l\u2019empire de Mark Zuckerberg à revoir à la hâte la sécurité de son «appli», histoire de protéger la vie privée de ses abonnés.C\u2019est que le sujet est sensible par les temps qui courent.A la fin de l\u2019année, Facebook a dû en effet gérer une importante crise après que sa filiale Instagram, spécialiste du partage de photos « avec effets de style», a annoncé une modification de ses conditions d\u2019utilisation.C\u2019était à la mi-décem- bre.Par ce geste, la compagnie voulait s\u2019octroyer un droit d\u2019utilisation des photos privées prises par ses usagers et partagées sur son réseau.lœs abonnés ont crié à l\u2019intrusion dans leur vie privée.Instagram a reculé en moins de 24 heures, mais le mal était fait.Selon AppData.com, qui mesure l\u2019affluence des outils de communication en format mobile, Instagram a perdu en décembre 3,5 millions d\u2019usagers, visiblement outrés par ce manque de respect.L\u2019action de Facebook, elle, a fini l\u2019année à la baisse, en grande partie à cause du tollé.Pas de doute, on ne badine pas avec le respect de la vie privée.C\u2019était le cas en 2012.Cela le sera encore en 2013 alors que les projets d\u2019exploitation commerciale des données personnelles par les grands pourvoyeurs d\u2019espace de vie numérique, Facebook en tête, sont sur le point d\u2019attiser ce genre de crises et, du coup, de redéfinir les contours de la socialisation dans les univers virtuels.La perte de confiance des usagers envers les fournisseurs traditionnels risque de servir les intérêts d\u2019autres outils comme Diaspora, qui, depuis plusieurs années, cherche sa place dans la nouvelle équation sociale et tech- nologique.Qualifié d\u2019anti-Fa-cebook par le New York Times, lors de son apparition il y a plus de deux ans, cet autre réseau, fondé sur le principe du logiciel libre, propose une gestion décentralisée des contenus partagés par ses abonnés.Du coup, au lieu de mettre sa vie privée sur les serveurs informatiques d\u2019une entreprise privée cherchant à en tirer profit, les internautes conservent ces données sur leur propre ordinateur.Diaspora, mis au monde par quatre étudiants de l\u2019Université de New York, propose une «humanisation» du principe de réseau social en format numérique.Communautaire, sa structure est actuellement développée par une constellation de programmeurs répartis un peu partout sur la planète.La nouvelle forme de numérisation de sa vie quotidienne pourrait également venir d\u2019ailleurs, comme de l\u2019Asie, oû une nouvelle génération de réseaux sociaux est actuellement en train de voir le jour.WeChat, imaginé par l\u2019entreprise chinoise Tencent, est du nombre.Application mobile pour partager ses impressions, ses états d\u2019âme, ses photos ou ses vidéos avec ses amis, WeChat connaît un succès impressionnant depuis son lancement en 2011, rapportait il y a quelques jours le quotidien britannique The Guardian.Et pas seulement en 4sie, mais également aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, oû des milliers d\u2019usagers commencent à succomber à ses charmes.Depuis la Corée du Sud, Ka-kao Talk, qui revendique plus de 40 millions d\u2019abonnés à ce jour, pourrait d\u2019ailleurs connaître le même sort en étendant son Influence en dehors des frontières du continent oû 11 a pris forme.Un peu en raison de sa capacité à s\u2019inscrire dans un monde oû les communications passent de plus en plus par les outils portables, mais aussi sa volonté de renverser le paradigme Imposé par Facebook.WeChat, Kakao Talk ou encore Line, un réseau japonais, proposent en effet à leurs abonnés de sortir de la sacro-sainte logique de la relation \u2014 que cherchent à exploiter commercialement l\u2019empire Zuckerberg et les autres \u2014 pour se concentrer sur la conversation.La base de la socialisation, quoi.Vers une éradication du hasard Il fallait sans doute en profiter l\u2019an dernier.En 2013, le plaisir de se perdre, physiquement, s\u2019entend, devrait devenir encore plus rare, sous l\u2019effet du vaste projet de cartographie de l\u2019espace habité amorcé par le géant Google.Cela a commencé avec les routes, les rues, les chemins de fer (Google Maps), puis 11 y a eu la troisième dimension (avec Google Street View), et désormais plus de limites.En décembre dernier, la multinationale américaine a lancé sa cartographie géolocallsée de plusieurs grands centres de ski à travers le monde.La chose suivait la numérisation de plusieurs espaces sous-marlns, dont la Grande Barrière de corail, des grands monuments historiques, dont les pyramides d\u2019Egypte, celle de la Vole lactée \u2014 oui, oui ! \u2014, ou encore de plusieurs espaces Inté- rieurs composés d\u2019aéroports, de grands commerces et de quelques musées.Naturel, bâti, éloigné.Inaccessible, l\u2019environnement va encore une fols en 2013 tomber dans les serveurs de Google qui veut en enregistrer et numériser chaque recoin.Un peu pour aider l\u2019humain à répondre à la question contemporaine « t\u2019es oû ?», mais aussi pour assurer le bon développement de plusieurs de ses services, comme la voiture Google sans chauffeur et les lunettes Google, qui rêvent de nous expliquer notre environnement direct par l\u2019entremise de la réalité augmentée, cette superposition d\u2019information virtuelle sur la réalité qui se trouve sous nos yeux.Deux produits, deux concepts qui reposent sur une même chose : la numérisation de l\u2019espace sous tous ses contours.Vers une solitude virtuellement comblée L\u2019histoire est un éternel recommencement et une compagnie américaine va en faire la démonstration en 2013 avec Hatch, petit animal de compagnie virtuel qui se propose de prendre forme et vie dans votre téléphone dit Intelligent.Relecture contemporaine du Tamagotchi, cette petite bête japonaise formée de codes binaires et montée sur un porte-clefs qu\u2019il fallait nourrir, divertir, faire dormir \u2014 c\u2019était en 1996 \u2014, Hatch s\u2019avance dans l\u2019envi-ronnement social du moment avec les mêmes intentions, soit combler le vide de l\u2019existence humaine, mais surtout avec un risque élevé de dépendance et d\u2019addiction, dans un monde hy-perconnecté oû, finalement.quoiqu\u2019en ait chanté Gilbert Bécau4, la solitude existe vraiment.O paradoxe.Vers une ubiquité encouragée (pendant le spectacle) Surtout, n\u2019éteignez pas votre téléphone cellulaire.Depuis le 27 décembre dernier, le Guthrie (Theater de Minneapolis aux Etats-Unis a décidé de ne pas lutter contre la modernité, mais plutôt d\u2019en tirer profit.Comment?En réservant dans sa salle des sièges pour les personnes incapables de se passer de leurs réseaux virtuels pendant plus de trois minutes, et ce, pour quelques représentations de la pièce actuellement à l\u2019affiche, The Servant of two Masters {Arlequin serviteur de deux maîtres) de Goldoni.On les appelle les Tweet Seats.La maison en fait la promotion pour séduire une clientèle plus jeune, accro à la techno, mais surtout pour inciter les spectateurs ayant opté pour ces fauteuils à twitter pendant le spectacle.C\u2019est de la publicité pas chère.La tendance a été amorcée dans les derniers mois par plusieurs autres diffuseurs américains, dont l\u2019Orchestre symphonique de Cincinnati et TOpéra de Palm Beach.Pour ne citer qu\u2019eux.En 2013, sous la pression de consommateurs de culture désormais aussi préoccupés par ce qui se passe sur une scène que par les images ou vidéos que cela va leur permettre de partager sur les réseaux sociaux, le phénomène pourrait se répandre dans d\u2019autres lieux et salles, là-bas comme ici.Le Devoir Les combats à finir de 2013 JOEL SAGET AGENCE ERANCE-PRESSE Les projets d\u2019exploitation commerciale des données personnelles par les grands pourvoyeurs d\u2019espace de vie numérique, Facebook en tête, sont sur le point d\u2019attiser les crises autour du respect de la vie privée.FRANÇOIS DESJARDINS La bataille de titans déjà bien entamée en 2012 ne montre aucun signe de détente en 2013.Quelques fronts : Apple contre Samsung, Microsoft contre Apple, Google contre tout le monde, Research in Motion contre elle-même et contre Apple et Google, Facebook contre Google, Apple contre Google, Amazon contre Netflix, Apple et Google.Entre tablettes, brevets, applications, téléphones à tout faire, réseautage social et téléchargement de contenu vidéo, les frontières s\u2019embrouillent.Mais aussi, des questions surgissent.Par exemple, de ce côté-ci de la frontière, quel sera l\u2019impact?Si Bell a voulu acheter Astral \u2014 et échoué \u2014 en prétendant qu\u2019il y avait là un moyen de se donner le poids nécessaire pour contrer les géants, que réserve Tannée qui vient?Et que dire de la popularité des tablettes?Dans un monde mobile, que devient le rôle de l\u2019ordinateur de bureau?Pour deux joueurs au moins.Tannée pourrait être déterminante.Microsoft a pris le monde par surprise Tété dernier en lançant une tablette au design d\u2019abord louangé, mais dont le fonctionnement, une fois sur le marché à l\u2019automne, a déçu.Et son système Windows 8, dévoilé au mois d\u2019octobre, n\u2019aura pas marqué l\u2019imaginaire du marché PC.Quant à Research in Motion, qui se cherche désespérément un succès pour se remettre en selle après quelques années d\u2019enfer aux mains de TiPhone et des appareils Android, une partie de l\u2019espoir repose sur le BlackBerry 10, qui sera dévoilé le 30 janvier.Régnant autrefois sans partage dans les milieux d\u2019affaires, le BlackBerry a perdu beaucoup de terrain.La respectée Firme de recherche Gartner a estimé il y a deux mois que «56% des téléphones intelligents achetés par des entreprises nord-américaines et européennes en 2016 seront des appareils Android [une plateforme conçue par Google], contre 34%) en 2012 et rien en 2010».Les rumeurs d\u2019une prise de contrôle de Research in Motion, dont le titre a fondu de 80% depuis deux ans, circulent depuis longtemps.La société de Waterloo est plus que jamais sous les projecteurs.Le Devoir Debenedetti, l\u2019homme qui tue sur le Net pour dénoncer les médias MICHELE LERIDON à Rome L> écrivaine J.K.Rowling, ' Mikhaïl Gorbatchev, Fidel Castro ou le pape : en 140 caractères, Tommasso Debenedetti, les a tous « tués » un jour ou l\u2019autre à travers des twitts fallacieux destinés, dit-il, à dénoncer les «points faibles» des médias et «la fragilité des réseaux sociaux».La dernière victime de ce quadragénaire italien qui dit enseigner la littérature à Rome est Tauteure de la saga Harry Potter.Tommasso Debenedetti a créé la semaine dernière un faux compte Twitter au nom du maître de l\u2019espionnage John Le Carré.«Lorsque j\u2019ai vu qu\u2019il était suivi par 2500 abonnés, dont des journalistes de grands titres anglais, américains, alle- mands, fai décidé de faire dire à John Le Carré que J.K.Rowling était morte dans un accident», explique-t-il à TAFP.Selon lui, le message a été retwitté des centaines de fois et une télévision chilienne a même annoncé la nouvelle.Le but de la manœuvre?«Montrer que Twitter est devenue une agence de presse.et la moins fiable au monde», dit-il.«Malheureusement, le journalisme fonctionne sur la vitesse.Une fausse information se répand exponentiellement et quand par exemple un journaliste du New York Times ret-witte un message, il lui donne une crédibilité même s\u2019il ne la publie pas.A la fin, tout le monde oublie la source originale», argumente-t-il.Pour Tommasso Debenedetti \u2014 il insiste beaucoup sur les deux «s» de Tommasso, car, ironie du sort pour ce grand faussaire de la Toile, son prénom est écorché dans nombre de pages qui lui sont consacrées sur Internet \u2014, la fausse mort de l\u2019écrivaine est loin d\u2019être un coup d\u2019essai.Sous ses twitts ravageurs, des dizaines de personnalités ont connu une «mort prématurée», selon l\u2019expression de Mark Twain.En effet, dit-il «Twitter fonctionne très bien avec la mort».H se vante d\u2019avoir contraint le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, à démentir la mort du pape, après un faux twitt attribué au cardinal Tarcisio Ber- Le but est de montrer que Twitter est devenue une agence de presse.et la moins fiable au monde tone, numéro deux du Saint-Siège.Gu d\u2019avoir fait bondir les cours du pétrole après avoir annoncé la mort du président Assad.Gu encore d\u2019avoir provoqué l\u2019actualisation de la page Wikipédia consacrée à Gorbatchev avec la date de son décès.Ces «jeux», ces «plaisanteries », comme il les appelle, ne créent-ils pas un sévère préjudice à leurs victimes ?Debenedetti s\u2019en défend : «Je ne m\u2019en prends qu\u2019à des personnalités de premier plan qui ont tout à fait les moyens de démentir très vite.Je n\u2019annoncerais jamais la mort d\u2019un écrivain de second rang ou celle de ma voisine de palier.» Et puis, il affirme toujours se démasquer et démentir la fausse nouvelle dans l\u2019heure qui suit le premier twitt.« Je ne veux pas que ça aille au-delà de la bulle médiatique.Je ne suis pas un escroc», insiste-t-il, même s\u2019il compte aussi parmi ses titres de gloire plusieurs fausses pages Facebook, notamment aux noms d\u2019Umberto Eco et de Vargas Llosa, à qui il a attribué des propos invraisemblables.«Je veux démontrer la fragilité des médias sociaux, où n\u2019importe qui peut être n\u2019importe qui.C\u2019est un danger énorme que je veux dénoncer», martèle-t-il, invitant les journalistes «à être plus prudents, à procéder à toutes les vérifications nécessaires, surtout dans les petits médias, les petites radios ou sites Internet, qui tom- bent facilement dans le piège».Vérifier l\u2019information ?Debenedetti sait de quoi il parle.Petit-fils d\u2019un critique littéraire de renom en Italie, Tommasso Debenedetti est l\u2019auteur de plusieurs interviews d\u2019écrivains célèbres (70, assure-t-il) publiées dans des petits journaux italiens comme La Na-zione, Libero.et toutes entièrement inventées ! C\u2019est seulement lorsque Philip Roth a découvert le pot aux roses \u2014 des journalistes américains l\u2019interrogeaient sur ses (faux) propos anti-Gbama \u2014 qu\u2019il a admis la supercherie.N\u2019est-il pas en train de théoriser aujourd\u2019hui sur ses propres «bidonnages»?«Pas du tout, assure-t-il.Je voulais voir jusqu\u2019où ça irait.» Agence France-Presse LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JANVIER 20IS B 3 PERSPECTIVES L\u2019économie en 2013 Du brouillard dans la boule de cristal FRANÇOIS DESJARDINS En 1996, une économiste du Fonds monétaire international, Paula R De Masi, a écrit dans un magazine trimestriel de l\u2019organisme que la confection de prévisions était loin de s\u2019être simplifiée depuis les années 1970.Imaginez 17 ans plus tard : la dernière récession a été causée par la finance et contipue de faire des ravages aux Etats-Unis, les gouvernements ici comme ailleurs peinent à revenir à l\u2019équilibre budgétaire, les taux d\u2019intérêt ne peuvent pas descendre davantage, l\u2019Europe chancelle au bord de l\u2019implosion de la zone euro, la Chine vit de profonds changements.Sans évoquer les duels à Washington, comme celui qui vient de se régler in extremis au Congrès américain.«Prédire au-delà d\u2019un an, c\u2019est extrêmement difficile», laisse tomber Stéfane Marion, économiste en chef à la Financière Banque Nationale.que le magazine Bloomberg Markets a pourtant nommé meilleur pré-visionniste canadien en décembre 2011.«C\u2019est un défi extrême, parce que ce n\u2019est pas seulement du cyclique, mais du structurel.[.] La conviction qu\u2019on pouvait avoir sur nos prévisions est beaucoup moins grande que dans le passé.» Une chose au moins est claire : oui, la situation s\u2019améliore à certains égards, mais l\u2019année 2013 ne sera pas un grand cru.Plutôt pessimiste, M.Marion prévoit une croissance canadienne d\u2019à peine 1,3% \u2014 il a récemment révisé à la baisse ses attentes \u2014, tandis que le Mouvement Desjardins la voit plutôt autour de 1,8%.En ce qui concerne le Québec, ce dernier s\u2019attend à ce que la croissance de 0,8% en 2012 grimpe à 1,4% cette année.Au menu : austérité des gouvernements provinciaux et endettement des ménages, lequel atteint des niveaux spectaculaires après la boulimie des dernières années.Le consommateur ayant tout donné, Stéfane Marion dit que l\u2019économie doit impérativement trouver le moyen de miser davantage sur les exportations.Si cette croissance se matérialise, cela pourrait donner de l\u2019élan au marché de l\u2019emploi.Le taux de chômage, qui se situait à 7,6% au mois de novembre au Québec, pourrait donc diminuer un peu.Croissance plus soutenue «La période de faiblesse qui caractérise l\u2019économie du Québec depuis la mi-2011 tarde à faire place à une croissance plus soutenue», ont écrit les spécialistes du Mouvement Desjardins à la fin du mois de décembre.La consommation des ménages est faible, le secteur résidentiel se refroidit, les dépenses gouvernementales font du surplace et les exportations sortent au ralenti, ont-ils souligné.Un point positif: «L\u2019essor des investissements des entreprises est toutefois parvenu à maintenir l\u2019économie à flot jusqu\u2019à l\u2019été.» A-t-on vu d\u2019aussi gros points d\u2019interrogation au cours des 15 ou 20 dernières années?«D\u2019un point de vue canadien, j\u2019aurais tendance à dire que non », dit Christopher Ragan, professeur à l\u2019Université McGill spécialisé en macroéconomie et en politique économique.«Nous traversons tou- «La conviction qu\u2019on pouvait avoir sur nos prévisions est beaucoup moins grande que dans le passé» jours la reprise d\u2019une récession très différente de celles qu\u2019on a vécues dans les années 1980 et 1990, c\u2019est-à-dire des récessions qui n\u2019ont pas été fondamentalement créées par le secteur financier.Cette reprise est lente, très lente.Tout le monde, institutions comme individus, voudrait réduire son niveau d\u2019endettement.» L\u2019éléphant dans la pièce, c\u2019est l\u2019Europe.«B y a de quoi être très pessimiste», ajoute M.Ragan.«Je crois que ça ne s\u2019améliore pas, que les mesures mises en place ne sont pas celles dont l\u2019Europe a besoin, et cela entraîne une énorme incerti- tude.» Et si le Canada n\u2019est pas aussi, lié à l\u2019Europe qu\u2019il l\u2019est aux Etats-Unis, «le monde est autant lié à l\u2019Europe qu\u2019aux Etats-Unis», fait-il remarquer.«Et cette incertitude, c\u2019est un facteur de plus qui peut convaincre une entreprise de ne pas agrandir son usine, de ne pas recruter de nouveaux employés, qui peut convaincre les gens que ce n\u2019est pas le moment de partir en voyage à crédit » 11 y a deux semaines, le Fonds monétaire international a estimé que le Canada, lequel a relativement bien survécu à la crise financière de 2008 et à ses conséquences, ne doit pas prendre à la légère les bouleversements en zone euro.«Le risque d\u2019une aggravation de la crise de la dette dans la zone euro continue de représenter une menace importante, et il toucherait le Canada par un durcissement des conditions financières et une perte de confiance », a écrit le FMI dans son rapport.«Si ces chocs se propageaient de manière plus générale et réduisaient la demande mondiale, le Canada souffrirait d\u2019un affaiblissement des exportations et d\u2019un repli des cours des matières premières, risque auquel pourrait également contribuer l\u2019apparition de tensions financières dans certains pays émergents.» En d\u2019autres termes, l\u2019endettement énorme des pays européens, et l\u2019impact concret qu\u2019il a au plan budgétaire et sur les politiques gouvernementales à court et moyen terme, a créé un environnement qui n\u2019est pas «normal», de dire Stéfane Marion.Les gens en ont peu parlé, dit-il, mais «on est passés près d\u2019une crise financière l\u2019été dernier» et une brochette de pays a vu leur structure de taux d\u2019intérêt nominaux devenir négative.En gros, cela veut dire que des pays comme l\u2019Allemagne émettaient des obligations assorties d\u2019un rendement non pas positif, mais négatif.Autrement dit, pour avoir le privilège de détenir de la dette allemande, l\u2019investisseur doit payer.«On ne l\u2019avait pas vu venir.En fait, on a vu plein de choses qu\u2019on ne voit pas normalement.On va continuer d\u2019être en territoire inconnu au cours des prochains trimestres, même des prochaines années.» Longue haleine A Québec comme à Qttawa, ces prochaines années seront marquées notamment par un effort consistant à redresser les livres.La crise financière ayant nécessité des mesures de stimulation hors-norme, il faut maintenant appliquer le frein.Mais le casse-tête, comme l\u2019a constaté le ministre Nicolas Marceau lors de son budget 2013-2014 déposé hâtivement au mois de novembre, est imposant.«Le processus d\u2019assainissement des finances publiques est un processus de longue haleine, avec une composante politique qui le rend beaucoup plus volatil», ditM.Marion.Dans les documents du budget, la situation de la zone euro est d\u2019ailleurs classée au premier rang des risques qui pourraient infléchir la croissance économique du Québec.Si les inquiétudes concernant l\u2019intégralité de la zone euro s\u2019exacerbaient, «l\u2019économie du Québec serait affectée, notamment par les exportations et les canaux financiers, alors que l\u2019intérêt accru des investisseurs pour les valeurs refuges, dont les obligations canadiennes, entraînerait une appréciation du dollar», pouvait-on lire.Parmi les autres risques figuraient une réduction trop rapide du déficit budgétaire américain, une hausse des prix du pétrole et un ralentissement des économies émergentes.Au final, plusieurs plaques tectoniques sont en plein mouvement.«On est à un point d\u2019inflexion sur toute une panoplie de règles sous-jacentes à l\u2019économie, telle qu\u2019on la connaît depuis les dix dernières années», dit M.Marion.«Avec tout ce qui change, bien malin celui qui pourra dire avec certitude exactement où on s\u2019en va les cinq prochaines années.» Le Devoir La Chine, hypermarché du monde La frénésie de la consommation gagne de plus en plus les Chinois BRICE PEDROLETTI C> est une révolution coper-nicienne : les Chinois sont devenus des consommateurs voraces, assidus, exigeants, et largement portés sur les achats en ligne.En quelques années à peine, la Chine est devenue le premier marché pour l\u2019automobile, les téléphones portables, les ordinateurs, ou encore.les ventes aux enchères dans le domaine des beaux-arts.Les Chinois sont cette année les premiers acheteurs au monde de produits de luxe, soit 27 % du total, selon McKin-sey \u2014 en incluant les articles achetés lors d\u2019un déplacement à l\u2019étranger.La Chine reste l\u2019atelier du monde, mais ce que produisent les Chinois leur est de plus en plus destiné : Apple, qui fait fabriquer iPhone et iPad dans ce pays, y écoule désormais 15% de ses produits, soit l\u2019équivalent de 23,8 milliards de dollars.La Çhine devrait supplanter les Etats-Unis pour les ventes de détail dès 2014 et devenir cette année-là le premier importateur mondial.Pourtant, la consommation privée représente moins de 40% du produit intérieur brut (PIB), contre 70% dans les pays développés, et a même perdu du terrain ces dernières années, du fait des sommes colossales investies dans les infrastructures.Par ailleurs, la part des revenus demeure «relativement basse en Chine rapportée au PIB: 57%, contre 63%) en Russie», notent les analystes Xiujun Lillian et Jonathan Woet-zel de McKinsey dans un rapport sur l\u2019avenir de l\u2019économie chinoise.Mais c\u2019est justement là un atout.Les analystes du cabinet Deloitte expliquent dans une étude récente que «la restructuration au détriment des exportations va entraîner une hausse rapide des dépenses de consommation ».«On dit souvent que la consommation est en retard en Chine, mais le fait est qu\u2019elle est déjà robuste: dès qu\u2019il y a des produits, il y a des consommateurs.L\u2019offre a même du mal à satisfaire la demande dans beaucoup de domaines, comme le transport, le tourisme, l\u2019alimentation, la restauration», renchérit Zhong Da-jim, directeur du Centre d\u2019observation économique Dajun.Le fameux rééquilibrage de l\u2019économie est donc en cours : l\u2019heure est aux politiques dites proconsommation, et la nouvelle direction du Parti commu- AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019heure est aux politiques dites proconsommation en Chine, et la nouvelle direction du Parti communiste chinois a annoncé qu\u2019elle souhaitait pousser encore les salaires à la hausse.niste chinois a annoncé qu\u2019elle souhaitait pousser encore les salaires à la hausse.Les efforts du gouvernement pour relever les revenus dans les campagnes devraient aussi contribuer à faire monter la fièvre acheteuse dans les années à venir.Les signaux au vert La consultante américaine Helen Wang, qui a sorti fin 2012 une réédition de son ouvrage de 2010 Le rêve chinois.La montée de la plus vaste classe moyenne du monde et ce que cela signifie pour vous, calcule sur son blogue que la classe moyenne chinoise peut être estimée à 475 millions de personnes, classe en grande partie urbaine.Leur pouvoir d\u2019achat équivaut à celui de la classe moyenne des pays développés.Le critère de base, selon elle, c\u2019est que ces foyers peuvent désormais affecter le tiers de leurs revenus à des dépenses discrétionnaires.De fait, les signaux sont au vert: basculement de l\u2019urbanisation \u2014 qui a dépassé, en 2012, 50% de la population chinoise \u2014 , part croissante des services dans la consommation, favorisée par les capacités accrues de mobilité (automobile, TGV) et de connexion (plus de 500 millions d\u2019internautes), amélioration attendue de la sécurité sociale.Tous ces facteurs vont faire qu\u2019il y aura en Chine «beaucoup, beaucoup plus de gens qui vont acheter de plus en plus de choses.Les sociétés qui vendent des produits de consommation sont face à une opportunité énorme, historique et sans précédent», s\u2019enthousiasment les experts de McKinsey.Le consommateur chinois attache de l\u2019importance à l\u2019image de marque des produits, tout en recherchant le meilleur prix.notamment sur Internet.Les achats en ligne ont explosé en Chine : on compte sur la Toile 190 millions d\u2019acheteurs, soit la première population au monde.Jack Ma, le patron d\u2019Alibaba et de sa filiale Taobao, première plateforme chinoise de commerce électronique, prévoit pour celle-ci 155 milliards de dollars en 2012.Le 12 décembre, au moment de recevoir le prix de la personnalité économique de l\u2019année, lors d\u2019une cérémonie organisée par la télévision centrale CCiTV, M.Ma a parié 16 millions de dollars avec l\u2019au- tre vainqueur ex æquo Wang Jianlin, patron du groupe de distribution Wanda, que le commerce en ligne atteindrait 50% des ventes de détail en Chine dans dix ans.De quoi donner le tournis.Le Monde La chronique de Michel David fait relâche. B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JANVIER 20IS EDITORIAL MONTREAL À la recherche d\u2019un maire Année de crise pour Montréal, 2012 s\u2019est conclue avec la démission de Gérald Tremblay de son poste de maire.2013 sera-t-elle l\u2019année de sortie de crise pour la métropole avec l\u2019élection en novembre prochain d\u2019un nouveau maire capable de redonner aux Montréalais la fierté de leur ville ?L es difficultés de l\u2019administration Tremblay à assurer la bonne gestion de Montréal ont amené leur lot de plaisanteries.La dernière est venue de la bouche du maire de Québec, Régis Labeaume, qui, dans une émission d\u2019humour de fin d\u2019année, proposait de prendre en sous-traitance la gestion de Montréal.Bien sûr, ce n\u2019est qu\u2019une blague, mais qui en dit long sur le plan de la perception.D\u2019abord, de la perception que M.Labeaume a de lui-même et de ses capacités de gestionnaire, puis de l\u2019image d\u2019incapables que les politiciens montréalais projettent à l\u2019extérieur.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on en rit que c\u2019est drôle.Au contraire, c\u2019est plutôt dramatique.La solution à la crise que vit Montréal passait par le départ de la mairie de Gérald Tremblay.S\u2019excluant ainsi de la recherche d\u2019une solution aux maux de la ville, il créait un espace-temps pour réfléchir à l\u2019avenir de la métropole et au leadership politique qui saura lui redonner sa cohésion.Une équipe intérimaire étant maintenant en place pour assurer la gestion des affaires courantes, il faut que tous ceux qui ont des ambitions pour Montréal engagent cette __\tréflexion, laquelle doit être large et faire appel aux Montréalais, qui ne doivent pas laisser les seuls politiciens mener un tel débat.L\u2019avenir rde Montréal est le leur.Ils doivent pour une fois s\u2019y intéresser.Bernard Descôteaux Redonner un nouvel élan à Montréal ne peut être l\u2019affaire d\u2019une seule personne Vu les circonstances créées par la multiplication des scandales des dernières années, on pourrait croire qu\u2019il faut à Montréal un nouveau Jean Drapeau, un leader populiste qui jouerait au monsieur Net.Soyons réalistes.Il n\u2019y a aujourd\u2019hui personne qui porte de telles chaussures.De toute façon, le charisme n\u2019a pas toutes les vertus, comme en témoigne l\u2019héritage de Jean Drapeau pour lequel les Montréalais continuent de payer.Le principal enjeu auquel fait face Montréal n\u2019est pas, quoi que l\u2019on en pense, la lutte à la corruption.Il faut s\u2019assurer, il va de soi, que le tandem collusion et corruption est bien éradiqué et qu\u2019il ne puisse refaire surface.Sur ce, le travail est en cours tant à la commission Charbonneau qu\u2019au sein des instances gouvernementale et municipale.La leçon a été comprise.La priorité pour Montréal est ailleurs.Les nombreux scandales des dernières années ont engendré des effets ô combien dévastateurs.La fonction publique montréalaise est démoralisée.Elle manque souvent des ressources compétentes pour assurer une gestion adéquate des mandats qui lui sont confiés.Les projets de développement urbain sont retardés.A l\u2019étranger, Montréal a perdu son aura.Les investisseurs se méfient.Les Montréalais eux-mêmes ne sont pas fiers de leur ville.Toutes des choses qui créent un climat de morosité néfaste pour le développement de la ville dans tous ses aspects.Il ne faut pas se demander pourquoi, ces dernières années, Montréal n\u2019avait plus la capacité de se faire entendre des gouvernements supérieurs.La confiance n\u2019y était plus.Montréal doit se reprendre en main, chose qui ne sera possible que si les forces vives de la métropole, les politiques, les socioéconomiques comme les culturelles, se rassemblent.Les enjeux de développement de cette ville, qui sont aussi multiples que complexes, l\u2019exigent.Montréal est le lieu de vie des Montréalais pour qui il faut créer un milieu de vie dynamique pour qu\u2019ils cessent de déserter leur ville.Montréal, c\u2019est aussi la métropole et, à ce titre, le moteur du développement de tout le Québec.Qn a besoin de toutes les énergies.Redonner un nouvel élan à Montréal ne peut être l\u2019affaire d\u2019une seule personne comme avait cru pouvoir le faire un Pierre Bourque en 1994.Ce doit être l\u2019affaire d\u2019une équipe qui réunit des gens qui partagent une même vision, de telle sorte que cette ville parle d\u2019une même voix à travers celle de son maire avec l\u2019appui de ses concitoyens.Soulignons-le, ce qui donne la capacité à un Régis Labeaume de se faire entendre des gouvernements supérieurs, ce n\u2019est pas son style matamore, mais bien l\u2019appui qu\u2019il a de ses électeurs.?Qui pourrait être ce prochain maire de Montréal?Chose certaine, il ne peut venir d\u2019Union Montréal, le parti de Gérald Tremblay, qui depuis son départ se décompose jour après jour.Ce pourrait être Richard Bergeron ou Louise Harel, respectivement chefs de Projet Montréal et de Vision Montréal.Ce pourrait aussi être des leaders actifs au sein de la communauté montréalaise.Des noms ont circulé, ceux de Gilbert Rozon, de Michael Portier, de Jacques Duchesneau.Ils auraient déjà renoncé, mais peut-être pourraient-ils changer d\u2019idée.D\u2019autres noms viennent à l\u2019esprit, ceux par exemple de Diane Lemieux, qui a tâté brièvement de la politique municipale et qui est aujourd\u2019hui à la tête de la Commission de la construction du Québec, ou de Michel Labrecque, candidat défait dans le Plateau Mont-Royal en 2008 et devenu par la suite président de la Société de transport de Montréal, où il excelle.Sans oublier le député libéral Denis Coderre, qui meurt d\u2019envie de devenir maire de Montréal.Il y a aussi Raymond Bachand, qui, s\u2019il n\u2019était pas élu chef du Parti libéral du Québec, pourrait prétendre avoir toutes les qualités pour assumer cette fonction.La liste n\u2019est pas exhaustive.A ce moment-ci, nous n\u2019établirons pas de préférence pour l\u2019un ou pour l\u2019autre avant d\u2019avoir pris connaissance de la vision que les prétendants à la mairie présenteront aux Montréalais et d\u2019avoir vu leur capacité à rallier autour d\u2019eux des gens de tous horizons politiques, guidés par la seule ambition qu\u2019ils ont pour leur ville.Cela, il s\u2019en trouve dans ceux qui siègent présentement à l\u2019Hôtel de Ville ou dans les conseils d\u2019arrondissement.Ne croyons pas qu\u2019ils soient tous des incompétents et des incapables.Il s\u2019en trouve aussi dans les groupes socio-économiques.Le défi sera de réunir une coalition arc-en-ciel pour Montréal.N\u2019y arriveront que ceux qui seront capables de proposer une vision de l\u2019avenir de Montréal qui soit large, claire et crédible.C\u2019est sur cela que les Montréalais jugeront de la qualité de leur leadership.bdescoteaux@ledevoir.com LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO autre grand moment de iviouV^Au 9o(lTillkiTpFLA REÎnÇ CANAPO'BRîTANNiiîufS.-.i.olî.a'î'iÇ LETTRES L\u2019affaire Depardieu ?Gérard Depardieu n\u2019est pas une affaire.Il s\u2019agit de l\u2019un des plus grands acteurs français et il marque depuis belle lurette l\u2019histoire du cinéma.Il n\u2019aurait interprété que Danton et Cyrano de Bergerac que déjà il serait un monstre sacré du 7® art.Deux grands personnages et deux grands films qui ont touché l\u2019imaginaire des cinéphiles du monde entier.Depardieu a joué dans plus de 200 films depuis le début de sa carrière.Que je sache, cet homme a toujours été la proie des « faiseux » de controverses, des placoteux de bas étage.Mais notre légende du cinéma a toujours fait fi de ces égratignures potinesques et a continué bon an mal an son bonhomme de chemin.Mais que voulez-vous, on a déjà aperçu notre grand acteur se présenter en état d\u2019ivresse lors d\u2019une remise des César.Qn l\u2019a déjà vu uriner dans un avion.Qn l\u2019a vu tomber d\u2019une moto à Paris sous l\u2019effet de l\u2019alcool, etc.Qn s\u2019est moqué de lui, on l\u2019a vilipendé de belle façon, comme s\u2019il était un pauvre clown désenchanté.La légende fut malmenée ! Et voilà qu\u2019on le voit changer de pays pour fuir l\u2019appétit vorace des impôts français.Le fisc veut lui bouffer 75% de ses revenus.Alors là, c\u2019est le comble.Le géant est décrié sur toutes les tribunes et devient un traître à la patrie française.Mais Depardieu reste debout.Le colosse continuera sa route et son métier.Les Français qui le renient présentement se rendront compte un jour que Depardieu aura légué à la France un immense héritage culturel en plus d\u2019avoir laissé en impôt, pendant 45 ans, une rondelette somme dans les coffres du pays.Depardieu aime la France, mais la France ne le mérite plus.Bon exil au géant.Yvan Giguère Saguenay, le 3 janvier 2013 Pour la fin d\u2019un monde Comme les Mayas nous ont roulés dans la farine, le 21 décembre dernier, et qu\u2019on a dû se farcir la dinde et les atocas quand même le 25, je me lance au front avec trois grandies résolutions pour l\u2019année qui vient.Etre profondément féministe, absolument athée et activement de gauche dans ma pensée et mes gestes au quotidien.Féministe, pour accorder ma voix à celle des autres pour dénoncer la violence faite aux femmes et qui conduit à des gestes aussi graves que ceux qui ont entraîné la mort de cette jeune Indienne de 23 ans, victime d\u2019un viol collectif d\u2019une cruauté sans nom.Plus jamais de tels crimes ne doivent se passer dans le monde.Athée, et réclamer l\u2019apostasie par conviction philosophique, pour désormais refuser de faire partie d\u2019une religion qui a pu passer sous silence, voire excuser, les sévices sexuels de personnes démunies, et d\u2019enfants en particulier.Ces actes criminels sont inadmissibles et doivent être traduits devant la justice, peu importe l\u2019âge ou le rang des personnes en cause.De gauche, enfin, pour unir ma voix aux chants de la rue, pour aider à lutter contre les inégalités sociales, la pauvreté et l\u2019exclusion.Ça fait beaucoup de pain sur la planche, mais pour la fin du monde tel que nous le connaissons, il vaut la peine de s\u2019activer.Bonne année ! Alain Petel Le 3 janvier 2013 REVUE DE PRESSE Dernier droit MANON CORNELLIER Le premier ministre Stephen Harper a finalement accepté de rencontrer les leaders autochtones vendredi prochain.Il s\u2019est toutefois abstenu de mentionner la chef d\u2019Attawapis-kat, Theresa Spence, et la grève de la faim qu\u2019elle poursuit depuis le 11 décembre dans le but avoué de provoquer un tel rendez-vous et la mise en branle d\u2019un dialogue continu entre les Premières Nations et le gouvernement.Le premier ministre n\u2019a pas voulu donner l\u2019impression de céder, mais on ne peut nier que la pression sur son gouvernement allait en augmentant.Cette ^ève de la faim, l\u2019inquiétude qu\u2019elle suscite et les revendications autochtones portées par le mouvement Idle No More ont alimenté la chronique toute la semaine.Et sur différents tons.Le gouvernement a ses critiques, mais Spence a ses détracteurs.Les chroniqueurs et journalistes de Sun News fouillent le passé de Spence, sa situation financière et celle de son conjoint, et ils mettent en doute sa gestion.Le chroniqueur Lome Gunter insiste fréquemment sur le fait qu\u2019elle n\u2019est pas en grève de la faim puisqu\u2019elle consomme du bouillon.Selon lui, elle est simplement au régime.Le Calgary Herald, lui, associe le geste de Spence à une menace de suicide à la fois malavisée et empreinte d\u2019égoïsme.Bien des Canadiens sont mécontents de la dernière loi budgétaire omnibus, le C-45, mais personne n\u2019a entrepris d\u2019actions aussi extrêmes pour forcer le premier ministre à agir.Selon le quotidien, Spence se livre à un «chantage inexcusable» et «déraisonnable».Elle a refusé toute rencontre avec le ministre des Affaires autochtones, à qui elle aurait pu exposer ses demandes et ainsi préparer le terrain pour un tête à tête avec le premier ministre, dit le Herald, ou encore paver la voie à un sommet centré sin l\u2019amélioration des conditions de vie des autochtones et la modernisation des liens entre les Premières Nations et les Canadiens.Le Herald est catégorique, le premier ministre ne peut agir sous le coup de la menace.Sur le fond John Ivison, du National Post, craint que la possibilité de mener un débat rationnel sur la question nous glisse entre les doigts et s\u2019évanouisse complètement si Spence venait à moinir.Cela l\u2019inquiète, car il est persuadé que le Canada n\u2019a pas connu, depuis la crise d\u2019Qka, de relation aussi tendue avec les autochtones.Il croit que le mouvement Idle No More pourrait radicaliser toute une génération, aidé en partie par l\u2019absence d\u2019interlocuteur gouvernemental capable de démontrer qu\u2019Qttawa n\u2019est pas engagé dans un processus d\u2019élimination des autochtones, comme certains l\u2019ont prétendu.Ivison convient que le statu quo est invivable, mais note que les conservatems n\u2019ont pas sabré les fonds destinés aux autochtones.En revanche, ils ont toujours soutenu que les solutions n\u2019étaient pas que financières.Et depuis l\u2019abandon unilatéral de l\u2019accord de Kelowna, ils ont adopté de nombreuses mesures législatives sans consulter les autochtones, nomrissant ainsi un malaise persistant.Idle No More a d\u2019ailleurs ciblé les dernières lois budgétaires.Mais Ivison remarque que les accusations portées par bien des autochtones contre les conservateurs et les compagnies minières plaisent aux tenants de la rectitude politique.Même si elles sont souvent simplistes et font fi des nuances et de la réalité, elles alimentent le ressentiment, ce qui pomrait avoir de «tragiques conséquences», dit Ivison, puisque certains envisagent des actions de perturbation économique.Michael Den Tandt, de Postmedia News, convient que Harper peut avoir de bonnes raisons de ne pas vouloir rencontrer Spence, mais aucune, dit-il, ne tient la route sur le plan politique.Selon Den Tandt, «les conservateurs se sont plantés en tombant dans leur propre piège et s\u2019en sortir sera difficile.Mais ils n\u2019ont pas le choix d\u2019essayer».Harper doit faire un pas, insiste Den Tandt, parce que cela pourrait durer longtemps ; or plus cela dure, plus la stature de Spence auprès des autochtones démunis grandit.«Au bout du compte, la plus grande faille dans l\u2019armure de Harper est la misère sur les réserves, encouragée par la très raciste Loi sur les Indiens et le système même des réserves.[.] Ces conditions de vie justifient à elles seules les manifestations pacifiques.» Harper doit agir et le plus vite sera le mieux.«La solution de rechange \u2014 laisser une femme mettre sa vie en danger et peut-être mourir pour préserver son propre orgueil politique \u2014 n\u2019est pas envisageable.» Daphne Bramham, du Vancouver Sun, croit elle aussi que plus cette affaire traîne et qu\u2019Harper attend pour répondre à Spence, «plus le danger croît d\u2019être face à des foules en colère».«Le premier ministre a présenté l\u2019extraction de pétrole et la construction de pipelines comme étant dans l\u2019intérêt supérieur de la nation.C\u2019est aussi le cas de la santé et du bien-être des premiers habitants du Canada.L\u2019ignorer ne serait pas qu\u2019au péril de Harper, mais du Canada entier», prédit-elle.Ceci était ma dernière revue hebdomadaire de la presse anglophone.Merci de votre fidélité pendant toutes ces années.J\u2019espère vous retrouver encore chaque samedi, puisqu\u2019à partir de la semaine prochaine, je signerai une chronique dans le cahier «Perspectives».mcornellier@ledevoir.com LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JANVIER 2013 B 5 IDEES Ces Premières Nations que l\u2019on ignore Brisons le silence et Findifférence BERNARD ROY Professeur à la Faculté des sciences infirmières de rUniversité Laval Auteur-compositeur-interprète est dans le village innu d\u2019Unamen Shipu, sur la Côte-Nord, que débuta mon périple d\u2019infirmier en 1986.C\u2019est en hydravion que nous accédions à ce petit village situé à plus de 1000 kilomètres à l\u2019est de la ville de Québec.A peine à quelques centaines de lieues de chez moi, je me sentais étranger en territoire québécois.Bien que je désirais entreprendre ce travail, j\u2019arrivais, en ce village, craintif.Pourquoi?En raison de mises en garde que des fonctionnaires de Santé Canada prirent soin de me transmettre lors de mon embauche.On m\u2019invita à ne pas fraterniser avec les Monta-gnais.Je devais me méfier, ne pas tisser de liens d\u2019amitié.Je nomme ces gens les Mon-tagnais.En fait, au cours des siècles passés, ces femmes et ces hommes ont été nommés Indiens, Amérindiens, autochtones et quoi encore.Le photographe Serge Jauvin, adopté dans les années 1970 par la famille d\u2019Hélène et de William-Mathieu Mark, recueillit auprès de ce dernier ces propos: «Le premier nom que le Blanc nous donna décrivait un animal, ou plutôt un cheval.Ce nom était «sauvage».On nous appela également \u2018\u2018Indiens'', et ce nom est encore utilisé aujourd'hui.Maintenant, depuis que nous avons été baptisés, on nous désigne sous le nom de \u201cMonta-gnais\".[.] Ils nous donnent tous ces noms selon leur volonté, sans jamais se soucier de notre vrai nom qui est \u201cInnu \".Innu, c'est notre nom, et ce nom nous appartient!» (Propos publiés àSiXis Aitnanu \u2014 qui signifie, en langue innue, «c'est ainsi que nous vivons» \u2014, aux éditions Libre Expression, ouvrage aujourd\u2019hui épuisé.) Je n\u2019ai pas suivi les recommandations de mes patrons.Je me suis attaché à ces femmes et à ces hommes aux yeux bridés et au teint foncé.Ces gens m\u2019ont touché.Se trouvait, également dans ce petit village nord-côtier, une communauté de quelque 150 «Blancs».J\u2019ai horreur de nommer ainsi ces gens qui ne sont pas des membres des Premières Nations.Il s\u2019agissait, en fait, d\u2019une communauté, de «Québécois» oubliés de l\u2019Eta^t fédéral et québécois.A mes yeux, ces «visages pâles» étaient, eux aussi, des autochtones.Parlant des gens de son village natal, Natashquan, Gilles Vigneault demanda à Jacques Lacoursière: «Ça prend combien de temps pour devenir un autochtone?» Je me suis aussi lié d\u2019amitié à ces autochtones « blancs » ! Pardonnez cette digression, mais vous ne pouvez imaginer à quel point ce sujet est, à mes yeux, complexe.Il n\u2019est surtout pas tout «blanc» ni tout «noir».La réalité est complexe, mais tellement simplifiée, obscurcie par le poids des préjugés, de l\u2019ignorance et du racisme.Si réducteur.Mon parcours d\u2019infirmier auprès des Innus d\u2019Unamen Shipu, qui se poursuivit auprès d\u2019autres communautés, me confronta à des réalités qui m\u2019entraînèrent dans une quête de réponses à une question toute simple.Pourquoi ces femmes et ces hommes étaient-ils, à ce point, atteints par des maladies si peu diagnostiquées chez les Québécois en général?Parmi ces maladies se trouvait le diabète de type 2 (DT2).Aujourd\u2019hui, en cette seconde décennie du XXI® siècle, cette maladie poursuit une incessante progression dans un grand nombre de communautés des Premières Nations.Ayant le sentiment, comme infirmier, de n\u2019y rien comprendre et d\u2019être inadéquat dans mes interventions, je poursuivis des études de premier, de deuxième et de troisième cycle en santé communautaire, en recherche sociale appliquée, puis en anthropologie.i FESTIVAL PRESENCE AUTOCHTONE C\u2019est nous, les Québécois qui prétendons au pays, que nous pénalisons en ne réglant pas ladite «question autochtone».ù Ci-dessus une scène du film Kanienkaha:ka: Living the Language.Les modèles explicatifs dominants dans la littérature scientifique m\u2019ont, peu à peu, donné la nausée en raison de leur propension à tout réduire à des équations simplistes.Du côté des écrits auxquels s\u2019abreuvaient les milieux de la santé (infirmières, médecins, etc.), l\u2019explication génétique dominait.L\u2019alcoolisme, le diabète, la violence et d\u2019autres problématiques trouvaient racine dans la génétique particulière des autochtones.Ce modèle explicatif, bénéficiant d\u2019un auditoire large et approbateur, a contribué à la «racialisation» de nombreuses problématiques de santé ou sociales.Du côté de l\u2019anthropologie culturaliste, qui attirait de plus en plus d\u2019infirmières, de médecins et de personnes en mal d\u2019exotisme, la perte culturelle, s\u2019exprimant par l\u2019abandon de la chasse, de la pêche ou d\u2019un mode alimentaire traditionnel, constituait le principal facteur pathogénique.Une approche qui, comme le mentionne avec justesse le sociologue Jean-Jacques Simard, a dichotomisé.divisé l\u2019histoire en deux temps: l\u2019«avant» et !\u2019«après» conquête de l\u2019Amérique.Le temps du «paradis indigène» et celui de «l\u2019enfer blanc».Une procédure qui, dans l\u2019imaginaire de nombre de personnes, a réduit l\u2019autochtone du second temps à se définir par la fidélité à celui du premier temps.Un problème d\u2019exclusion Je ne serai pas simpliste en rejetant du revers de la main tous les éléments proposés par ces modèles.Toutefois, j\u2019estime que ce sont davantage les conditions d\u2019exclusion historiques et contemporaines dans lesquelles évoluent les membres des Premières Nations qui sont au cœur des conditions d\u2019émergence de maladies comme le DT2 et de tant d\u2019autres problématiques de santé et sociales qui affectent de forts pourcentages de femmes, d\u2019hommes et d\u2019enfants des Premières Nations.Tant que persistera l\u2019hostilité envers les femmes et les hommes innus, micmacs, atika- mekws, algonquiens, mohawks et autres; tant que persistera leur non-inclusion dans tous les champs d\u2019activités sociales, économiques et politiques, la pauvreté et l\u2019exclusion persisteront et se développeront d\u2019importantes problématiques de santé et sociales.Un jour, je demandais à un anthropologue amérindianiste envers qui je voue un grand respect: «Comment pouvons-nous aider les Premières Nations?» Ma question l\u2019irrita profondément.Elle le fâcha même.Sa réponse, j\u2019en suis très heureux aujourd\u2019hui, me fit tomber de ma posture d'Indian lover.En bref, il me dit que nous n\u2019avions pas à aider les autochtones.Ils sont assez grands pour trouver leurs propres solutions, me dit-il.Ce que nous devons faire, et c\u2019est impérieux, poursuivit-il, c\u2019est de nous aider, nous, les Québécois.C\u2019est nous et nos enfants que nous pénalisons en ne mettant pas fin à notre aveuglement historique.C\u2019est nous, les Québécois qui prétendons au pays, que nous pénalisons en ne réglant pas ladite « question autochtone ».Pour être soKdaires Les anthropologues Gilles Bibeau et Sylvie Eortin estiment que «la santé est une affaire politique et économique dont la responsabilité se trouve entre les mains non seulement des gouvernements et des Etats, mais aussi des personnes, des familles et des communautés de base».La pauvreté et l\u2019exclusion dans lesquelles de vastes pans des membres des Premières Nations vivent sont largement du ressort des gouvernements, bien sûr, mais aussi des collectivités, de leurs choix politiques et des pratiques de leurs institutions.Aujourd\u2019hui, j\u2019écris ces lignes parce que j\u2019ai honte ! Honte d\u2019être citoyen de ce pays qui tolère autant de misère au sein de populations vivant sur son territoire.J\u2019écris pour briser le silence; pour manifester ma non-indifférence; pour signifier ma solidarité envers le mouvement Idle No More initié par Theresa Spence, chef de la nation d\u2019Attawapiskat.J\u2019écris également pour montrer que je suis partisan du dialogue entre les membres des Premières Nations et les Québécois de proximité.Un dialogue ne pouvant pas se construire autour des catégories «Indiens» et «Blancs».Et il y a, à mes yeux, des modèles à suivre.Lun d\u2019eux réside dans le leadership qu\u2019exerce Edith Cloutier, directrice du Centre d\u2019amitié autochtone de Val-d\u2019Or, en Abitibi.Localement, cette leader contribue au développement de partenariats avec les membres des Premières Nations et les Abitibiens.Tous en bénéficient.Elle est également à l\u2019origine de la marche annuelle contre le racisme.L\u2019été dernier, à Natashquan, c\u2019est avec plaisir et espoir que j\u2019observais ma fille de 8 ans jouer avec une Innue de son âge.Elles s\u2019amusaient, riaient, inventaient des jeux.sans se méfier l\u2019une de l\u2019autre! Elles étaient, pour moi, des modèles ! LA SUEDE ET LE QUEBEC QU\u2019ELLE NOUS INSPIRE La gouvernance par le savoir L DOMINIC CHAMPAGNE GENEVIÈVE DORVAL-DOUVILLE MIRIAM FAHMY PASCALE NAVARRO PAUL ST-PIERRE-PLAMONDON Les auteurs reviennent d'une mission d'exploration du modèle suédois.Dernier d'une série de trois textes a résilience de la social-démocratie en Suède repose sur la façon dont les citoyens prennent leurs décisions.L\u2019élaboration des politiques publiques est délibérative, ce qui suppose de longues périodes d\u2019analyse et d\u2019évaluation par des spécialistes bien formés, ainsi que des consultations publiques rigoureuses.Au cours de ce processus, de grands efforts sont déployés pour acquérir une connaissance aussi complète que possible d\u2019une question donnée, notamment par un examen approfondi des expériences historiques ainsi que des solutions de rechange proposées par les chercheurs, en Suède comme à l\u2019étranger.Toutes les parties intéressées sont mises à contribution.Par exemple, en matière d\u2019acceptabilité sociale d\u2019un projet donné, le gouvernement suédois s\u2019oblige à consulter par écrit une liste d\u2019organismes représentant tous les secteurs de la société civile qui sont appelés à donner leur opinion sur le projet.Si jamais la décision gouvernementale ne se conforme pas à l\u2019opinion donnée par un organisme, le gouvernement doit également motiver sa décision par écrit à l\u2019intention de celui-ci.Le résultat: une prise de décision qui n\u2019est jamais brusque, ni bancale, ni idéologique, ni électora-liste.C\u2019est la force du consensus.Pour les Suédois, une décision est bonne lorsqu\u2019elle atteint à un équilibre, concept qu\u2019ils nomment lagom.Ce mot, qui n\u2019a aucun équiva- lent en français, pourrait être traduit par «juste ce qu\u2019il faut ».Véritable socle de l\u2019élaboration des politiques publiques, la pondération est le passage obligé de toute prise de décisions.Elle commence par la recherche et l\u2019analyse.Lun des lieux les plus importants de ce travail sont les agences conseils indépendantes, qui effectuent des travaux de recherche fondamentale et appliquée afin de conseiller le gouvernement sur les meilleurs choix, les meilleures stratégies pour atteindre les objectifs fixés.Les ministères sont relativement petits et ils ont pour fonction d\u2019élaborer les politiques à la lumière des recherches des agences.Lun des critères importants pour considérer qu\u2019une décision est bonne est de mesurer son «acceptabilité».Par exemple, l\u2019organisme SA-LAR réunit des membres de la société civile, du monde politique et des entreprises pour s\u2019assurer que les décisions prises à l\u2019un ou l\u2019autre des paliers sont cohérentes et font consensus.Signalons que le pouvoir en Suède est décentralisé à travers les 20 conseils régionaux et 290 municipalités de ce pays.Les municipalités constituant un palier de gouvernement distinct et autonome, leur consentement est requis pour la grande majorité des projets ayant une incidence locale.Un peu comme les conseils québécois, les agences sont indépendantes.En Suède, il est interdit à un membre du cabinet d\u2019interférer dans le fonctionnement des agences ou dans la publication de leurs résultats de recherche.Leurs dirigeants sont choisis selon leur réputation dans les cercles universitaires.Les nominations partisanes sont très mal vues, et donc inexistantes.Les résultats des recherches sont le plus souvent repris par les gouvernements, même s\u2019ils ne «cadrent» pas avec l\u2019idéologie au pouvoir, car leur valeur est tenue pour acquise.Il faut dire que ces processus sont fondés sur le respect des Suédois pour le savoir.Jamais un citoyen ne serait raillé pour son haut niveau de connaissances ou sa grande culture générale, chose que l\u2019on voit malheureusement trop souvent au Québec.En Suède, la valeur du savoir informe la vie économique, politique et sociale, qui s\u2019appuie sur des données statistiques détaillées et nombreuses, les travaux de spécialistes, de professeurs et chercheurs pour documenter les dossiers et les valider.Toute cette connaissance cirçule grâce à des mécanismes organisés par l\u2019Etat entre les universités, les agences, les ministères, les entreprises, les associations et le grand public.Les idées se renouvellent facilement en Suède.Par exemple, les recherches universitaires sont en partie planifiées et nourrissent les débats sociaux, politiques ou scientifiques.Cela favorise l\u2019innovation (voir texte 2 de la série) et évite de se cantonner à des idées toutes faites ou à la partisanerie aveugle.L\u2019intelligence du dtoyen La Suède compte l\u2019un des taux d\u2019analphabétisme les plus bas au monde.Ses citoyens sont en mesure de comprendre les enjeux de société et les solutions proposées.Au Québec, 49% des adultes âgés de 16 à 65 ans ont des difficultés de lecture.Parmi ceux-ci, 800000 adultes sont analphabètes.Comment partager une vision commune lorsque tous ne peuvent suivre le débat?Eondées sur le savoir et la pondération, la consultation et le dialogue, les décisions en Suède sont prises avec sérénité et confiance, bien loin du déchirement de chemise qui caractérise la prise de décisions au Québec depuis quelque temps.Lun des effets les plus bénéfiques d\u2019une prise de décisions basée sur l\u2019étude approfondie des savoirs, c\u2019est qu\u2019elle suscite la confiance et l\u2019adhésion et, plus encore, qu\u2019elle permet de partager une vision.Cette vision s\u2019acquiert par une com- préhension commune des problèmes économiques, sociaux et budgétaires.Lorsque l\u2019on peut s\u2019entendre, par-delà les lignes partisanes, sur les défis à relever, on a fait la moitié du chemin.Il y a en Suède un grand respect de l\u2019intelligence du citoyen, dont on entretient méthodiquement la conscientisation au sujet des enjeux sociaux, et que l\u2019on consulte systématiquement lors de consultations publiques, celles étant des outils de concertation, et non pas d\u2019acceptabilité sociale ni des soupapes à récriminations.Prendre le temps de bien faire Parfois vue au Québec comme entraînant l\u2019immobilisme, la recherche de consensus sociaux est vue en Suède comme la manière la plus efficace de fonctionner.En prenant le temps de discuter de l\u2019enjeu et de choisir collectivement la solution qui semble la plus adaptée, les décisions prises sont moins susceptibles de se révéler, à moyen et à long terme, inadéquates.Les Suédois sont conscients que, sur le coup, la prise de décisions est plus longue.Mais selon leur philosophie, il vaut mieux investir du temps avant la concrétisation d\u2019un projet, plutôt que de réaliser après coup qu\u2019on a oublié de se pencher sur certains éléments ou qu\u2019une autre solution aurait été plus appropriée à long terme.Un exemple en forme de boutade nous a été donné par un Suédois à ce sujet: «Quelle est la manière la plus productive de faire sept tonnes de clous ?» La réponse peut surprendre: «Un clou de sept tonnes.» C\u2019est effectivement plus productif, mais ça ne répond pas aux besoins ! Soucieux d\u2019équité et d\u2019égalité, mais aussi de stabilité, les Suédois ont porté à sa quintessence l\u2019art de se fixer un but collectivement, en se frottant patiemment à l\u2019exigence du débat nourri, en pesant le pour et le contre, à la recherche du juste milieu, de ce qui est raisonnable.Une fois le consensus établi, ils tranchent et foncent, tous au service de l\u2019œuvre, de leur société, de leur pays.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) , informatioii générale : Marie-Andree Chouinard (chef de division), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Jeanne Cornveau (reporter), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amelie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse(société) et Jean Dion (sports) , information politique Michel David(chroni-queur), Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Robert Dutnsac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec), Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Louise-Maude Rioux Soucy (chef de division), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters)\tCarpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Belair Cirino, François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy TaiWeier (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eolie-Boivm et Louis Gagne (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettmo-Parazelli et Genevieve Tremblay (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amelie Gaudreau (secretaire), Elorence Eerrans (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOCITÉ Celine Benoît, Jean de Billy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Amel Elimam, Amelie Maltais, Claire Paquet, Chantal Rainville, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux).Elise G\\rard.(secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fîhon, Caroline Guimond, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Ugo Galfrascoh (analyste-programmeur), Hansel 'M.atth.evfs(technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la promotion), Maxim-Olivier Leclerc (responsable du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Fîhon, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Beliveau (adjointe administrative), Moïse Bastien, Claudine Chevrier, Celme Furoy, Ghislaine Lafleur et Véronique Page B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JANVIER 20IS SCIENCES La malbouffe à l\u2019origine de la maladie d\u2019Alzheimer ?La consommation de malbouffe favorise non seulement l\u2019obésité et l\u2019apparition du diabète, mais vraisemblablement aussi la maladie d\u2019Alzheimer.Chose certaine, plusieurs études épidémiologiques ont montré que le diabète double, voire quadruple le risque de souffrir de la maladie d\u2019Alzheimer.Ce lien entre les deux maladies fait craindre le pire, car la pandémie de diabète de type 2 qui pointe à l\u2019horizon, au moment où la malbouffe et la sédentarité se répandent sur la planète, pourrait être à l\u2019origine d\u2019une véritable épidémie de démence dans les prochaines décennies.PAULINE GRAVEL Un nombre croissant d\u2019observations suggère que la maladie d\u2019Alzheimer est avant tout une maladie métabolique.Certains scientifiques en sont même arrivés à considérer cette démence comme une autre forme de diabète, qu\u2019ils ont surnommée diabète de tjqie 3 ou diabète du cerveau.Le diabète de type 2, la forme la plus commune de diabète dont sont atteints 95% des diabétiques, se manifeste dans un premier temps par une résistance à l\u2019insuline.Le pancréas produit toujours de l\u2019insuline, contrairement à ce qui se passe dans le diabète de type 1 d\u2019origine génétique, mais «le corps n\u2019arrive plus à l\u2019utiliser de manière optimale», explique le neurobiologiste Emmanuel Planel du Centre de recherche du Centre hospitalier de l\u2019Université Laval (CRCHUL).Normalement, l\u2019insuline incite les cellules à extraire le glucose présent dans le sang pour l\u2019utiliser comme source d\u2019énergie.Elle favorise aussi le stockage de ce sucre dans les muscles, le tissu adipeux et le foie.Mais lorsqu\u2019on se nourrit principalement d\u2019aliments sucrés et gras et qu\u2019on ne fait pas d\u2019exercice pour brûler toutes ces calories, nos cellules, submergées par tant d\u2019abondance, répondent de moins en moins aux signaux de l\u2019insuline et y deviennent résistantes ; elles cessent d\u2019absorber le glucose sanguin, dont le taux demeure alors anormalement élevé après les repas.«Les cellules du pancréas \u201csurproduisent\u201d de l\u2019insuline dans l\u2019espoir de compenser cette résistance, mais au bout d\u2019un certain temps, elles finissent par s\u2019épuiser et l\u2019organisme en vient à manquer d\u2019insuline.A ce stade avancé de la maladie, les personnes doivent s\u2019administrer de l\u2019insuline, et elles courent alors un risque quatre fois plus grand de souffrir d\u2019Alzheimer», précise le chercheur qui examine le lien entre diabète, obésité et Alzheimer.Le cerveau et l\u2019insuline Or, des recherches chez l\u2019animal et sur des cerveaux humains semblent indiquer qu\u2019un processus comparable se déroule dans le cerveau et qu\u2019il serait lié à l\u2019apparition de la maladie d\u2019Alzheimer.Il y a une dizaine d\u2019années, des chercheurs se sont aperçus que le cerveau produit aussi de l\u2019insuline.«Jusque-là, tout le monde croyait que seul le pancréas pouvait synthétiser cette hormone, dont une partie atteint le cerveau par la circulation sanguine.Or, des scientifiques ont découvert que certaines cellules, en l\u2019occurrence celles de l\u2019hippocampe, une région du cerveau responsable de la mémoire qui est très affectée dans la maladie d\u2019Alzheimer, fabriquaient aussi de l\u2019insuline», rappelle M.Planel.Non seulement cette insuline aiderait les cellules de l\u2019hippocampe à capter le glucose pour combler ses besoins en énergie, mais elle réglerait les niveaux d\u2019acétylcholine, un neurotransmetteur intervenant dans la mémoire et l\u2019apprentissage, et jouerait même un rôle important dans la croissance des vaisseaux sanguins qui approvisionnent le cerveau en oxygène et en glucose.En 2005, la neuropatholo-gi^te Suzanne de la Monte, de l\u2019École de médecine Brown à Providence, dans le Rhode Island, publiait un article dans lequel elle rapportait des observations étonnantes après avoir examiné 45 cerveaux de personnes décédées à un âge avancé, certaines atteintes de la maladie d\u2019Alzheimer tandis que d\u2019autres avaient été épargnées.La chercheuse avait alors découvert que «l\u2019expression de l\u2019insuline» dans le cerveau déclinait graduellement au cours de l\u2019évolution de la maladie d\u2019Alzheimer.Aux stades les plus avancés de la pathologie, les récepteurs spécifiques à l\u2019insuline étaient 80% moins actifs que dans un cerveau normal.De plus, l\u2019insuline et le facteur de croissance insulinomimétique-1 (IGP-1) qui y est associé se liaient beaucoup moins bien à ces récepteurs, qui semblaient devenus résistants à l\u2019insuline.L\u2019hypothèse d\u2019un diabète de type 3 Siegfried Hoyer, de l\u2019Université de Heidelberg, en Allemagne, figure parmi les premiers chercheurs à avoir proposé l\u2019hjqiothèse d\u2019un diabète de type 3, selon laquelle un dysfonctionnement de l\u2019insuline au niveau du cerveau serait à l\u2019origine de la maladie d\u2019Alzheimer.Son équipe a mené des expériences qui ont consisté à injecter dans le cerveau de souris de la streptozotocine, une substance qui, lorsqu\u2019elle est administrée dans la circulation périphérique, détruit les cellules du pancréas productrices d\u2019insuline et, de ce fait, provoque un diabète de type 1.Introduite directement dans le cerveau, la streptozotocine y a d\u2019abord induit des anomalies similaires à celles survenant dans le diabète, avant d\u2019engendrer des pathologies comparables à celles observées dans la maladie d\u2019Alzheimer.Plus récemment, l\u2019équipe d\u2019Emmanuel Planel de l\u2019Université Laval a voulu vérifier quelles conséquences aurait sur le cerveau un diabète de type 2 avancé où les patients sont contraints de s\u2019administrer de l\u2019insuline.Pour ce faire, on a injecté dans la circulation sanguine de souris de la streptozotocine qui a induit une carence en insuline, comme cela se produit dans le diabète de type 1 ou le stade avancé du diabète de type 2.Dans le cerveau de ces souris diabétiques, les chercheurs ont ensuite noté une augmentation de la phosphorylation de la protéine tau, une anomalie tout à fait caractéristique de la maladie d\u2019Alzheimer chez l\u2019humain, qui apparaît sous la forme d\u2019un «enchevêtrement neurofibrillaire».«Dans l\u2019Alzheimer, les protéines tau s\u2019agrègent, s\u2019assemblent et forment des amas dans les cellules neuronales, explique M.Planel.Or, chez nos souris, le traitement à la streptozotocine a induit des changements au niveau de la protéine tau qui rappellent ceux observés dans la maladie d\u2019Alzheimer.On s\u2019est toutefois demandé si ces anomalies résultaient du manque d\u2019insuline global, c\u2019est-à-dire périphérique, ou si la drogue avait atteint le cerveau et y avait provoqué localement les changements observés.» Pour résoudre cette énigme, les chercheurs ont eu recours à des somis possédant des gènes les prédisposant au diabète de type 1.Sans qu\u2019on leur ait injecté la streptozotocine, ces souris ont rapidement dû faire face à une carence en insuline et leur cerveau a subi les mêmes JACQUES NADEAU LE DEVOIR «De là à affirmer que la maladie d\u2019Alzheimer que développent les patients découle d\u2019une alimentation inadéquate, c\u2019est aller trop loin, croit Frédéric Galon, professeur à la Faculté de pharmacie de l\u2019Université Laval.Mais nous disposons aujourd\u2019hui d\u2019ohservations suffisantes pour recommander aux gens de soigner leur alimentation, surtout en vieillissant » changements que ceux qu\u2019on observe dans la maladie d\u2019Alzheimer.Dans un article paru dans la revue Diabetics en 2012, l\u2019équipe de Québec a ainsi pu démontrer que le manque d\u2019insuline entraîne des anomalîes cérébrales semblables à celles apparaissant chez les personnes atteintes de la maladie d\u2019Alzheimer.Cette même équipe vient tout juste d\u2019observer que l\u2019obésité produit aussi des modifications de type Alzheimer dans le cerveau des somis.Stephen Cunnane, de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de l\u2019Université de Sherbrooke, fait pour sa part remarquer que les personnes qui sont porteuses de la forme E4 du gène de l\u2019apolipoprotéine, qui constitue le plus important facteur de prédisposition à la maladie d\u2019Alzheimer, présentent très tôt, avant même l\u2019apparition de signes cliniques sur le plan cognitif, des changements dans l\u2019utilisation du glucose par le cerveau.M.Cunnane rapporte aussi les observations de Lisa Mosconi de l\u2019Université de New York, indiquant que les femmes dont la mère ou la grand-mère était atteinte d\u2019Alzheimer, et qui de ce fait sont davantage prédisposées à la maladie, présentaient des anomalies de captage du glucose au niveau du cerveau, et ce, avant l\u2019appari-tiop de symptômes d\u2019amnésie.Également, grâce à la tomographie par émission de positons, une technique d\u2019imagerie médicale permettant de mesurer l\u2019activité métabolique d\u2019un organe, des chercheurs ont pu voir que le métabolisme du glucose dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d\u2019Alzheimer était beaucoup moins élevé que chez les personnes saines du même âge.«On ne sait toutefois pas si ce phénomène cause la mort des neurones ou s\u2019il s\u2019agit d\u2019une conséquence, c\u2019est-à-dire que les neurones, en mourant, deviennent moins nombreux à utiliser du glucose», indique Emmanuel Planel.Plusieurs types d\u2019Alzheimer Selon Erédéric Calon, professeur à la Eaculté de pharmacie de l\u2019Université Laval, il est un peu «audacieux d\u2019affirmer que l\u2019Alzheimer est une maladie métabolique».«Personne ne sait exactement quelles sont les causes de l\u2019Alzheimer.Il y a plusieurs causes possibles et il y a vraisemblablement plusieurs types d\u2019Alzheimer.Actuellement, en 2012, on met tous les patients dans le même paquet.Mais peut-être qu\u2019avec les années, on va se rendre compte que certains patients souffrent d\u2019une forme de la maladie dans laquelle des désordres métaboliques entrent en ligne de compte, tandis que pour d\u2019autres, ces aspects sont moins importants», nuance-t-il.Emmanuel Planel se montre tout aussi prudent: «La maladie d\u2019Alzheimer est peut-être liée au diabète et à des changements métaboliques qui découlent d\u2019une mauvaise alimentation et de facteurs génétiques, mais on ne peut affirmer catégoriquement que l\u2019Alzheimer est une maladie métabolique.Car il y a des patients qui deviennent Alzheimer et qui n\u2019ont jamais été diabétiques ou obèses, et inversement, il y a des obèses qui ne souffriront jamais de la maladie d\u2019Alzheimer.Celle-ci est une maladie multifactorielle, sauf la forme, bien sûr, qui est due à des mutations familiales.Mais les formes sporadiques (non familiales) représentent 99% de tous les cas d\u2019Alzheimer.» «On a de bonnes raisons de croire que le diabète est impliqué dans la maladie d\u2019Alzheimer, mais on ne peut pas affirmer qu\u2019il en est la cause.Néanmoins, comme il semble être un facteur majeur, après les facteurs génétiques, dans l\u2019apparition de la maladie, il nous faut convaincre les gens d\u2019adopter des habitudes de vie plus saines avant qu\u2019il ne soit trop tard», lance Stephen Cunnane, tout en soulignant que les populations du Japon, de Norvège, d\u2019Islande et du Portugal qui consomment beaucoup de poisson semblent mieux protégées de la maladie d\u2019Alzheimer que les populations du Canada et des États-Unis, qui en prévoient peu dans lem alimentation.Soigner son alimentation «On n\u2019a pas prouvé que le régime alimentaire pouvait avoir une influence sur l\u2019apparition de la maladie, mais plusieurs études le suggèrent», affirme pour sa part Erédéric Calon.Son équipe a justement montré chez les souris que non seule- ment un régime alimentaire abondant en ^as induisait une résistance à l\u2019insuline, l\u2019obésité et d\u2019autres anomalies liées au diabète, mais qu\u2019il accélérait l\u2019apparition de la maladie d\u2019Alzheimer et empirait ses manifestations neuropathologiques et cognitives.En revanche, un régime riche en acides gras oméga 3, qu\u2019on retrouve dans le poisson, semblait protéger les animaux de ces anomalies.«De là à affirmer que la maladie d\u2019Alzheimer que développent les patients découle d\u2019une alimentation inadéquate, c\u2019est aller trop loin, croit M.Calon.Mais nous disposons aujourd\u2019hui d\u2019observations suffisantes pour recommander aux gens de soigner leur alimentation, surtout en vieillissant.» Chose certaine, «être sain et bien portant, ne pas être obèse et diabétique diminue le risque d\u2019Alzheimer, ou, pour être plus juste, n\u2019augmente pas le risque, car il y a des gens qui, même s\u2019ils font de l\u2019exercice et mangent sainement, auront l\u2019Alzheimer», ajoute Emmanuel Planel.Pace à la pandémie de diabète qui frappera la planète dans les prochaines années, doit-on craindre une épidémie d\u2019Alzheimer ?Selon M.Planel, il faut s\u2019attendre à une multiplication des cas, «mais peut-être que toutes ces personnes diabétiques n\u2019atteindront pas l\u2019âge auquel apparaît la maladie d\u2019Alzheimer et qu\u2019ils mourront de maladies cardiovasculaires bien avant», fait-il remarquer.Le Devoir "]
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