Le devoir, 7 janvier 2013, Cahier A
[" Ambulanciers : les moyens de pression s\u2019intensifient Page A 3 f Syrie: discours martial d\u2019un dictateur assiégé Page B1 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C I I I 3 0 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 7 JANVIER 2013 1,09 $ + TAXES = 1,25 $ GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE C\u2019EST DU SPORT! La paix des riches Jean Dion t au 113® jour d\u2019une bataille de tranchées plutôt difficile à comprendre et coûteuse, ardue à expliquer parce que tellement coûteuse, ils convinrent de cesser de se regarder en chiens de faïence, voire d\u2019arrêter de ne plus se regarder du tout, et ils conclurent une paix provisoire, la paix des riches, d\u2019au moins huit ans et d\u2019au plus dix.Ils ont remercié le médiateur qui n\u2019avait jamais perdu son calme, même au petit matin, au fil de la navette qu\u2019il faisait entre les enfants turbulents qui voulaient les jouets et l\u2019argent des jouets.Il était 5 heures et il faisait encore très noir, mais on sait comment c\u2019est à New York, la ville ne dort jamais.Gary Bettman et Donald Fehr ont donné un point de presse commun, l\u2019un à côté de l\u2019autre.On a ainsi obtenu la preuve de ce qu\u2019on ne soupçonnait vraiment pas, soit que le patron des patrons et l\u2019employé des employés n\u2019évoluaient pas dans des univers parallèles faisant en sorte que leurs chemins étaient destinés à ne jamais se croiser.Fehr a d\u2019ailleurs admirablement résumé la situation lorsqu\u2019on lui a demandé quel message il faudrait dorénavant envoyer aux fans un peu ou beaucoup aigris par le pied de nez de trois mois et deux tiers qu\u2019on venait de leur faire : il a répondu que «vous verrez bientôt des gars patiner, et non plus nous deux», ensemble ou séparément.Dans le mille, même si on a affaire à une paire de mer- VOIR PAGE A 8 : RICHES Lire aussi > Six iongs mois de négociations dans la LNH.Page B 4 Aujourd\u2019hui Culture > Billy Elliot, the Musical s\u2019amène à la Place des Arts.Page B 8 Économie > La chronique d\u2019Éric Desrosiers: La fin de la croissance Page A 5 Éthique > La chronique de Jean-Claude Leclerc : Quand les drones tiennent lieu d\u2019outil de paix.Page B 6 7\t.w- .- ___ .\t, Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B2 B6 B5 B5 B6 B2 P«INT CHAUD VIOLENCE SnflD UP! #lDLEN0M0REj â - ¦¦\t.'¦A 'éy ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Une affiche du mouvement Idle No More, placée sur l\u2019île Victoria, à Ottawa, devant la Colline parlementaire, là où la chef d\u2019Attawapiskat, Theresa Spence, pousuit une grève de la faim.Pour le coprésident de la Commission royale sur les peuples autochtones, René Dussault, les solutions aux graves problèmes des autochtones existent et ne demandent qu\u2019à être appliquées.Autochtones : 4000 pages de solutions ¦7^ Seize ans après sa publication, l\u2019ambitieux rapport Erasmus-Dussault n\u2019a toujours pas été appliqué ISABELLE PORTER À Québec Seize ans après la Commission royale sur les peuples autochtones, il a fallu une grève de la faim pour qu\u2019on rappelle ses enjeux.Mais le coprésident de la Commission, René Dussault, est optimiste.Les solutions sont là, dit-il.«ù Canada est encore le pays qui dépense le plus par habitant pour les autochtones.Mais on le fait en fonction des crises, sans direction.C\u2019est le plan qui manque!», a-t-il résumé lors d\u2019une rencontre au cabinet d\u2019avocats Heenan Blaikie de Québec.Le juge Dussault a consacré cinq ans de sa vie à faire le point sur la question autochtone au Canada.La Commission royale a coûté des millions aux contribuables.Le rapport de 4000 pages qu\u2019il a cosigné avec George Erasmus a déjà 16 ans, mais n\u2019a jamais été appliqué.Sur le fond, il n\u2019en changerait pas une ligne.Le rapport proposait un plan sur 20 ans pour réduire les inégalités auxquelles se butent les autochtones.Il suggérait notamment de miser sur l\u2019éducation et de créer un troisième ordre de gouvernement fondé sur les nations autochtones.Les commissaires plaidaient l\u2019urgence.«Avec la jeunesse autochtone, on ne peut pas se permettre de perdre encore deux générations qui vont s\u2019en aller sur l\u2019aide sociale.On se prive de forces vives», plaide le juge.Que doit-on conclure de la grève de la faim VOIR PAGE A 8 : AUTOCHTONES Lire aussi > La chronique de Manon Corneiiier: Un premier pas.Page A 3 Paui Martin louange le combat de la chef Theresa Spence.Page A 3 'À Le juge René Dussault Vers une base de données sur les armes à feu aux États-Unis ?La Maison-Blanche semble vouloir agir rapidement pour encadrer la vente BAHADOR ZABIHIYAN La Maison-Blanche évalue la possibilité de rapidement mettre en place toute une série de lois afin d\u2019encadrer plus strictement la vente des armes à feu, et pour ce faire, le président Barack Obama est prêt à affronter le puissant lobby des armes à feu, la National Rifle Association (NRA), selon le Washington Post.« Ces tragédies doivent s\u2019arrêter et, pour qu\u2019elles s\u2019arrêtent, nous devons changer», avait déclaré le président Barack Obama lors d\u2019un discours prononcé à Newtown, trois jours après la tragédie qui avait fait 28 morts, dont le tireur Adam Lanza.Toutefois, il n\u2019avait donné aucune précision sur les actions qu\u2019il comptait entreprendre pour éviter que des drames similaires ne se reproduisent.Plusieurs prévoyaient déjà qu\u2019une des premières mesures qu\u2019il pourrait tenter de mettre en place serait d\u2019interdire les fusils d\u2019assaut.Une loi, signée par le président Bill Clinton en 1994, les avait interdits, mais elle a expiré en 2004 et n\u2019a jamais été renouvelée depuis.Mais il semble désormais que le président Obama veut aller beaucoup plus loin qu\u2019une simple interdiction des fusils d\u2019assauts.Son plan pour mieux contrôler les armes est bien plus ambitieux, selon les informations recueillies par le Washington Post.Un groupe de travail a été mis en place peu de temps après la fusillade.Il est dirigé par Joe Bi-den, décrit par la NRA comme le vice-président le plus opposé qux armes à feu de l\u2019histoire des Etats-Unis.La puissante asso- VOIR PAGE A 8 : ARMES CHRIS JOHNSTON ASSOCIATED PRESS Des traces de balles sur les lieux d\u2019ime tuerie qui a fait quatre victimes, dont le tireur, à Aurora au Colorado, samedi.La Maison-Blanche prépare im plan ambitieux poiu* mieux contrôler les armes à feu.77831302829402 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 7 JANVIER 20IS ACTUALITES Qui sont les nouveaux élus ?Politicien d\u2019abord, parlementaire ensuite Il y a six mois à peine, ils ont choisi de se lancer dans le vide et de mettre leur destin entre les mains des électeurs.Tous, quel que soit le parti, ont choisi de s\u2019engager en politique pour faire bouger les choses, mais certains découvrent la dure réalité des jeux politiques.Le Devoir est allé à la rencontre de nouveaux élus- JESSICA NADEAU Correspondante parlementaire à Québec Pour Jacques Duchesneau, le métier de député comprend deux volets distincts : celui du politicien, qui se joue dans son comté, et l\u2019autre, celui du parlementaire, où il doit composer avec les demi-vérités, les jeux de coulisse et la partisanerie.S\u2019il avoue d\u2019emblée adorer le travail de terrain à Saint-Jérôme, l\u2019ancien policier ne cache pas sa déception quant à l\u2019exercice du pouvoir à l\u2019Assemblée nationale.«Moi, je n\u2019aime pas me chicaner.Si on pouvait prendre des gens de tous les partis et former un gouvernement pour les gens du Québec, là, je pense que je serais bien content.Ce n\u2019est pas tellement politicien ce que je vous dis là, mais je suis un rêveur, un idéaliste.» Jacques Duchesneau se souvient parfaitement de sa première période de questions au Salon bleu, qui l\u2019a laissé quelque peu pantois.«J\u2019avais mon calepin, prêt à prendre des notes.» 11 fait une pause, cherchant les mots pour traduire son dépit: «Tout le monde parle français, mais il y a des affaires que je ne comprends pas.» 11 raconte comment sa voisine de pupitre, la députée caquiste Sylvie Roy, lui apprend à décoder les vrais messages derrière ces échanges minutés à la seconde près.« On me dit que c\u2019est la période des questions, mais j\u2019attends toujours la période des réponses.», lance le politicien, plus amer que blagueur dans son bureau de comté à Saint-Jérôme.« Ce côté belliqueux, ça me fatigue, ajoute-t-il.Je me suis levé une fois [en Chambre] pour poser une question, et là, il fallait que je sois agressif.Ce n\u2019est pas moi, ça.» Ce qu\u2019il constate, au fil des semaines, c\u2019est que tout se passe en coulisse, lorsque les caméras sont éteintes.«Tu les prends [les ministres] quand ils sortent de Chambre, et là on peut ré- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jacques Duchesneau est porte-parole de la deuxième opposition en matière de Justice notamment.Jacques Duchesneau en bref Âge: 63 ans Parti : Coalition avenir Québec Circonscription : Saint-Jérôme Fonctions: porte-parole de la deuxième opposition en matière de Justice, Immigration et Communautés culturelles.Relations interna- tionales et Francophonie et responsable de la région de l\u2019Outaouais.Profession antérieure: policier, président et chef de la direction de l\u2019Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) et directeur de l\u2019Unité anticollusion (UPAC) gler des problèmes.C\u2019est comme si c\u2019était deux personnalités.» Le contact avec les gens Ce qui l\u2019allume, c\u2019est son travail de député dans sa circonscription.11 est intarissable lorsque vient le temps de parler des problèmes d\u2019accès aux soins de santé à Saint-Jérôme, ou lorsqu\u2019il raconte une visite dans une classe de 6® année ou encore une rencontre avec des bénévoles à un tournoi pee-wee.11 faut dire que Jacques Duchesneau aime bien parler avec ses concitoyens.au point que son personnel doit souvent le tirer par le bras pour l\u2019amener au rendez-vous suivant, où, inévitablement, il arrive en retard.11 affirme sans hésiter qu\u2019il peut lutter plus efficacement contre la corruption comme politicien que comme policier.11 travaille d\u2019ailleurs sur de nouveaux projets de loi qu\u2019il devrait présenter ce printemps.Quant à la commission Charbonneau, il se réjouit de voir qu\u2019elle est déjà allée beaucoup plus loin qu\u2019il ne l\u2019avait fait avec son équipe et ne se sent pas frustré de ne plus être au centre de cette grande enquête.« Qu\u2019ils ne parlent pas de moi, je ne m\u2019en plains pas du tout.Contrairement à ce que les gens pensent, j\u2019ai plus de plaisir à être avec le monde que dans les médias.» Faire rêver Politicien le plus apprécié des Québécois avec Françoise David de Québec solidaire, selon les résultats du dernier baromètre du Devoir, Jacques Duchesneau se dit «flatté», mais ne s\u2019accorde que très peu de crédit.«Soyons honnêtes, c\u2019est le dossier de l\u2019intégrité que je pilote qui me place dans cette situation-là.» Et que ceux qui aiment son style se le tiennent pour dit : il n\u2019a pas l\u2019intention de changer.«Si c\u2019était mon gagne-pain, si j'avais besoin de ça pour faire vivre ma femme et mes enfants, je serais peut-être un peu plus conciliant.Mais je suis à une époque de ma vie où je n\u2019ai plus le goût d\u2019être conciliant.[.] Il y a des valeurs, il y a des principes avec lesquels j\u2019ai été élevé, et ce n\u2019est pas à 63 ans que je vais commencer à changer.» L\u2019expérience lui a appris bien des choses.Et son court passage en politique municipale, alors qu\u2019il tentait sa chance pour remplacer Pierre Bourque à la mairie de Montréal, lui a enseigné quelques rudiments de l\u2019exercice du pouvoir.Après sa défaite, il avait soutenu que «parfois toute vérité n\u2019est pas bonne à dire, spécialement en politique».Quinze ans plus tard.Le Devoir l\u2019a questionné sur cette affirmation.« Ce que je disais, c\u2019est qu\u2019en 1998, je suis allé en politique pour régler le problème de corruption à Montréal.J'ai voulu dénoncer des situations pour me faire élire.Je me suis aperçu que tu ne te fais pas élire en contant des choses négatives.Tu dois faire rêver.Et puis une fois que tu es élu, là tu changes les choses.» Le Devoir MORDU DE MORPHOSYNTAXE?TRADUCTION ANGLAISE, FRANÇAISE OU ESPAGNOLE JUSTEMENT, VOUS LAVIEZ EN TÊTE.SÉANCES D'INFORMATION : FILIÈRE ESPAGNOLE - 14 JANVIER FILIÈRES ANGLAISE ET FRANÇAISE - 15 JANVIER ^ McGül ÉCOLE D\u2019ÉDUCATION PERMANENTE WWW.MCGILL.CA/SCS-TRANSLATION 514.398.5700 Le nombre de cas de grippe est en baisse dans les urgences MAGDALINE BOUTROS à Québec Le ministre de la Santé, Réjean Héberf a tenu à rassurer la population, dimanche, au sujet de l\u2019épidémie de grippe qui touche le Québec depuis le début du temps des Fêtes.Par voie de communiqué, le ministre a indiqué qu\u2019il était resté au Québec durant le congé des Fêtes pour assurer un suivi quotidien de la situation.11 a souligné que le nombre de consultations dans les hôpitaux pour des symptômes grippaux a connu une baisse au cours des derniers jours.Le 27 décembre, les inscriptions dans les urgences liées à la grippe dépassaient les 10%, alors qu\u2019elles étaient descendues à 7,4% samedi.Le directeur national de la santé publique, le docteur Ho-racio Arruda, a pour sa part tenu à préciser que le Québec ne vivait pas une situation de pandémie.Celle-ci est caractérisée par l\u2019arrivée d\u2019un nouveau virus, ce qui n\u2019est pas le cas actuellement.Bien que la souche A du virus H3N2 soit apparue pour la première fois au Québec cette saison, elle était déjà présente dans l\u2019hémisphère austral l\u2019an dernier.Les autorités publiques ont donc inclus cette souche dans le vaccin contre la grippe offert cette année dans l\u2019hémisphère nord.Le docteur Arruda a indiqué que la situation vécue actuellement dans les hôpitaux du Québec était bien différente de celle que prévalait en 2009 lors de l\u2019éclosion du HINT.Au cours de la semaine du 23 au 29 décembre 2012, la proportion de patients qui s\u2019étaient présentés dans les ur- JEFF MCINTOSH LA PRESSE CANADIENNE Le Québec, comme ailleurs au Canada, n\u2019échappe pas à la grippe et la vaccination demeure la meilleure façon de s\u2019en protéger, selon les autorités de la santé publique.gences avec des symptômes d\u2019allure grippale, l\u2019influenza ou la pneumonie était de 10,3%.Lors de la pandémie de HlNl, cette proportion atteignait 21%.«Mais cette année, contrairement aux autres années, le virus est apparu très tôt au mois de novembre de telle sorte que le pic de l\u2019épidémie est arrivé durant le temps des Fêtes», indique le docteur Arruda.Se faire vacciner Avec le nombre important de rassemblements au cours des dernières semaines, le virus s\u2019est donc répandu rapidement dans la population.«Puisque ce virus n\u2019a pas circulé de façon importante au Québec au cours des dernières années, il y a plus de personnes susceptibles de l\u2019attraper», précise le docteur Arruda.La situation était toujours difficile dans de nom,breuses urgences dimanche.A Montréal, le taux moyen d\u2019occupation des civières était de 125%.Le Centre hospitalier St.Mary, l\u2019hôpital Fleury et l\u2019Hôpital général de Montréal vivaient les situations les plps difficiles de la métropole.A Québec, le temps passé sur une civière a dépassé les 48 heures pour certains patients admis à l\u2019hôpital l\u2019En-fant-Jésus et à l\u2019hôpital Saint-François-d\u2019Assise.«Pour la majorité des gens en bonne santé, la grippe c\u2019est très dérangeant mais ça ne mènera pas à des complications», fait valoir le docteur Arruda, qui suggère aux malades de rester à la maison, se reposer, boire beaucoup d\u2019eau et prendre de Tacéta-minophène.Dans les 72 heures, tout devrait être rentré dans Tordre, ajoute-t-il.Le docteur Arruda rappelle que la vaccination demeure le meilleur moyen de se protéger contre le virus de l\u2019influenza.11 est d\u2019ailleurs toujours possible de se faire vacciner au Québec.La Presse canadienne Des cours d\u2019autodéfense pour les diplomates canadiens Ottawa \u2014 Le ministère des Affaires étrangères du Canada serait à pied d\u2019œuvre pour s\u2019assurer que ses diplomates peuvent se défendre en cas de besoin.Le Globe and Mail fait ainsi état, sur son site Internet, du fait que le ministère serait à la recherche d\u2019instructeurs d\u2019arts martiaux pour former ses émissaires.Selon des documents publics, les ambassadeurs envoyés dans certains pays où les risques sont plus élevés doivent connaître des «techniques pour gérer des confrontations dans des situations potentiellement dangereuses».Des diplomates canadiens se sont retrouvés dans de telles situations au cours des dernières années, notamment en Af ghanistan en 2006 et au Niger en 2009.Selon le quotidien torontois, les Affaires étrangères prévoient d\u2019organiser une série de séminaires de deux jours lors desquels les diplomates apprendront l\u2019autodéfense.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 7 JANVIER 2013 A 3 ACTUALITES Ce n\u2019est qu\u2019un premier pas Manon CORNELLIER à Ottawa Vendredi, le premier ministre Stephen H^er rencontrera les chefs des Premières Nations pour discuter, dit-il, des «relations fondées sur les traités et les droits des peuples autochtones» et de «développement économique».Malgré ce pas dans la bonne direction, la chef d\u2019Attawapiskat, Theresa Spence, refuse d\u2019interrompre la grève de la faim qu\u2019elle poursuit depuis le 11 décembre dans le but d\u2019obtenir une rencontre au sommet.Elle attendra, dit-elle, d\u2019en voir les résultats.Elle veut l\u2019assurance que cette réunion ne sera qu\u2019un début.La méfiance exprimée par Spence est largement partagée par une grande majorité d\u2019autochtones, comme l\u2019a démontré le mouvement Idle No More.Et cette méfiance ne date pas d\u2019hier, le bilan du gouvernement Harper en matière d\u2019affaires autochtones étant très mitigé.Dès son élection en 2006, il a mis sur la glace l\u2019accord de Kelowna conclu entre le fédéral, les provinces et les autochtones, qui était l\u2019aboutissement de 18 mois de négociations.Il a aussi dû se faire tirer l\u2019oreille pour appuyer la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.Il a en revanche revu en profondeur le processus d\u2019examen des revendications particulières afin d\u2019en accélérer la résolution, ce que demandaient les leaders autochtones depuis des décennies.En 2008, il a offert aux anciens élèves des pensionnats autochtones victimes de sévices les excuses historiques qu\u2019ils attendaient depuis des années.Puis, l\u2019an dernier, le premier ministre Harper acceptait de tenir, pour la première fois en six ans, une rencontre avec l\u2019Assemblée des Premières Nations (APN).«Pour opérer un changement fondamental, avait alors déclaré le premier ministre, il nous faut redoubler d\u2019efforts, en collaboration avec les Premières Nations, afin d\u2019élaborer les éléments sur lesquels reposera notre nouvelle relation.» Mais trois mois plus tard, le projet de loi C-38 prévoyait maintes mesures affectant les autochtones, dont le nouveau processus d\u2019évaluation environnementale et les amendements à la Loi,sur la gestion des terres des Premières Nations.À l\u2019automne, c\u2019était au tour du projet de loi C45 de mettre fin à la protection de centaines de lacs et de rivières et de modifier les dispositions de la Loi sur les Indiens touchant la désignation de terres autochtones.Tout ça de façon unilatérale.Le gouvernement conservateur n\u2019a pas tout faux dans le dossier autochtone et le principe de certaines de ses mesures, comme celles en matière de reddition de comptes et de partage des biens matrimoniaux, a l\u2019appui de plusieurs autochtones.Mais qu\u2019elles plaisent ou non en principe, les initiatives du gouvernement ont presque toutes en commun d\u2019avoir été concoctées en vase clos, sans réelle consultation avec les Premières Nations qui en ont assez d\u2019étre traitées en mineures à qui l\u2019on dicte leur conduite.Comme le disait le grand chef de l\u2019APN, Shawn Atleo, dans un discours prononcé en octobre, «les Premières Nations veulent être des partenaires à part entière dans la définition de leur avenir collectif».Elles en ont assez l\u2019unilatéralisme, et c\u2019est ce ras-le-bol qui a servi de bougie d\u2019allumage au mouvement Idle No More.Lancé cet automne par quelques femmes autochtones de la Saskatchewan, ce mouvement de la base s\u2019est répandu comme une tramée de poudre.On dira que c\u2019est grâce aux médias sociaux, mais c\u2019est aussi parce que le terrain était très fertile.La mobilisation, portée par un mécontentement profond, risque fort de se poursuivre au-delà de vendredi ou de la fin de la grève de la faim de la chef Spence, car elle vise autant l\u2019attitude du gouvernement que celle jugée trop timorée de certains chefs.Mais ce désir de changement pose un défi aux autochtones eux-mémes, celui de l\u2019unité et de l\u2019expression de demandes intelligibles.Les idées ne manquent pas, mais comme le reconnaissait le chef Atleo cet automne, les communautés doivent, à l\u2019échelle locale et nationale, énoncer une vision claire de leur avenir, identifier leurs priorités et suggérer des propositions concrètes et cohérentes pour les mettre en œuvre.Les enjeux sont complexes et nombreux, de l\u2019éducation au logement, en passant par la santé et le développement économique, que beaucoup de communautés voudraient voir passer par un partenariat autour du développement des ressources naturelles.Il y a aussi la lourdeur bureaucratique qui sévit à Ottawa et la mauvaise gestion qui prévaut dans plusieurs communautés.Et cette histoire centenaire d\u2019encadrement gouvernemental et législatif, par l\u2019entremise de la Loi sur les Indiens, qui limite l\u2019initiative et la prise en main.Un écheveau qui ne peut être démêlé sans donner aux premiers intéressés le mot à dire qu\u2019on leur a trop longtemps refusé.Ni les autochtones ni le gouvernement ne détiennent la vérité.D\u2019où la nécessité d\u2019un réel dialogue.Le défi du gouvernement sera d\u2019apprendre à écouter avec un esprit ouvert.Cela prend du temps?Soit, mais le respect et une relation réellement nouvelle n\u2019en demandent pas moins.La confiance ne sera rétablie qu\u2019à ce prix.Et pour cela, il faudra plus qu\u2019une rencontre aux allures de mise en scène.Il faudra une démarche soutenue, continue et sincère.De part et d\u2019autre.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Une trentaine d\u2019ambulanciers accompagnés de leur famille se sont adonnés à diverses activités ludiques dont le hockey bottines.Les paramédicaux intensifient leurs moyens de pression PAULINE GRAVEL Les 2500 ambulanciers para-médicaux affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont entamé dimanche une série de manifestations dans le but d\u2019interpeller le public et d\u2019inviter le ministère de la Santé et des Services sociaux à reprendre les négociations qu\u2019il a suspendues le 23 décembre dernier.La première manifestation qui se tenait en après-midi à Montréal devant le centre opérationnel de la Corporation d\u2019Urgences-santé a réuni une trentaine d\u2019ambulanciers accompagnés de leur famille qui s\u2019adonnaient à diverses activités ludiques.Les prochaines manifestations auront lieu ce lundi à Sherbrooke devant le bureau de comté du ministre de la Santé et des Services sociaux.Réjean Hébert, puis à Chicoutimi mardi, Sept-Iles mercredi, Jonquière jeudi et Québec vendredi.Les ambulanciers paramédicaux de la Lédération de la santé et des services sociaux (LSSS CSN), qui représente 60% des ef fectifs ambulanciers du Québec, ont déclenché la grève à 18 h le 24 décembre dernier face à la fermeture du gouvernement, qui «a refusé la proposition» qu\u2019ils lui ont soumise le 21 décembre et qui «a suspendu les négociations» sans plus de commentaires, a rappelé Réjean Leclerc, membre du comité de négociation des ambulanciers paramédicaux LSSS-CSN.Dans cette proposition, les ambulanciers acceptaient les augmentations salariales consenties aux employés de la fonction publique, mais ils réclamaient une réduction de l\u2019échelle salariale ainsi qu\u2019une bonification du régime de re- traite.Selon M.Leclerc, peu d\u2019employés gravissent les 16 échelons requis pour atteindre le salaire maximal, ou ils y parviennent si tardivement qu\u2019ils ne peuvent en profiter très longtemps, car «la carrière d\u2019un ambulancier est courte».«Après 25 ans de service, un paramédic est très hypothéqué.Rares sont ceux qui travaillent jusqu\u2019à 60 ans.Le travail est dur psychologiquement et physiquement.Il laisse des traces et des séquelles.Nous aimerions que le ministère reconnaisse ces particularités de notre travail, comme le gouvernement fédéral le fait pour les pilotes de ligne, les contrôleurs aériens, les agents correctionnels, les policiers et les /ioot-a fait valoir le négociateur, dont le syndicat réclame la sup- «Nous devons tenir compte du régime qui a été négocié avec Tensemble des employés du secteur public», dit le Hébert pression de «deux échelons pour arriver à 14, alors que pour des emplois comparables dans le secteur public, les échelles salariales comprennent en moyenne 12 échelons».Pour les mêmes raisons, le syndicat souhaite que l\u2019employeur contribue davantage à leur régime de retraite.100% des services Le mouvement de grève n\u2019a aucunement diminué les services offerts, car 100% des ef fectifs ont été maintenus en vertu de la Loi sur le maintien des services essentiels.Pour at tirer l\u2019attention sur leurs revendications, les ambulanciers ont toutefois refusé d\u2019encadrer des stagiaires et de reconduire à son lieu d\u2019origine le personnel médical accompagnant un patient à bord de l\u2019ambulance.Ils ont omis de comptabiliser à des fins statistiques leurs allées et venues et ont actionné leur sirène sans raison.Depuis dimanche, ils ont troqué leur uniforme habituel pour la chemise blanche des cadres.Pas de rencontres Selon le ministre Réjean Hébert, les discussions avec les ambulanciers ne sont pas rompues.À preuve, «chacun examine des éléments de propositions échangés de part et d\u2019autre.Nous aussi avons fait une proposition sur le régime de retraite qu\u2019ils sont en train d\u2019analyser présentement.Nous négocions de bonne foi dans l\u2019espoir d\u2019en arriver à une entente», a affirmé au Devoir h D\"^ Hébert, qui, pour expliquer la discrétion du gouvernement face à la propo-sition des ambulanciers, a déclaré (pf«on ne fait pas de négociations sur la place publique».«Nous devons tenir compte du régime qui a été négocié avec l\u2019ensemble des employés du secteur public.Il est bien sûr possible de faire un certain nombre d\u2019aménagements à l\u2019intérieur de ce régime dans le but de répondre à certaines de leurs demandes, mais compte tenu des finances de l\u2019État, notre marge de manœuvre est limitée», a-t-il précisé.Le ministre a confirmé qu\u2019aucune rencontre formelle n\u2019a encore été fixée, mais il a annoncé que les membres du comité de négociations seront « contactés par téléphone dans les prochains jours afin de convenir de rencontres formelles».Le Devoir Après les F-35, les navires ?Le programme de construction de navires de soutien est évalué à 2,9 milliards MURRAY BREWSTER à Ottawa Le programme de construction de navires de soutien de la marine canadienne, longtemps repoussé, devrait faire l\u2019objet d\u2019un examen politique scrupuleux d\u2019ici quelques semaines, dans le cadre de ce qui est sans doute un autre sujet d\u2019embarras pour le gouvernement Harper dans le dossier de l\u2019équipement militaire.Le directeur parlementaire du budget s\u2019est penché sur ce programme et devrait publier ses constatations à la suite du retour des députés après la pause des fêtes.L\u2019analyse incendiaire du programme des chasseurs L-35 effectuée par Kevin Page a provoqué un brasier politique dont les flammes brûlent toujours.Des documents obtenus par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information offrent désormais un aperçu d\u2019un programme naval problématique qui risque de produire des navires moins polyvalents que prévu.Lors de séances d\u2019information offertes en 2011 au ministre de la Défense Peter MacKay et à l\u2019ancien ministre associé de la Défense Julian Lantino, les deux hommes ont pu avoir un premier regard sans équivoque sur les capacités navales dont la marine devrait se passer.Le programme des nouveaux navires de soutien, évalué à 2,9 milliards $, vise à remplacer les navires de soutien âgés de près de 45 ans par trois nouveaux bateaux tout d\u2019abord annoncés en 2004, sous l\u2019égide du gouvernement libéral de Paul Martin.L\u2019arrivée au pouvoir des conservateurs a entraîné l\u2019annulation du Peter MacKay programme en 2008, les troupes de Stephen Harper affirmant que les offres ne correspondaient pas aux demandes et, sans doute l\u2019aspect le plus important, qu\u2019elles entraînaient des dépenses supérieures au budget prévu.Ce qui a suivi, selon une série de rencontres d\u2019information internes, fut un recul important du design des navires, supervisé par de hauts fonctionnaires de la Défense et de la sphère politique.L\u2019effet du balancier Le programme a été relancé en 2010 avec un budget de 2,6 milliards $, mais en tenant compte de l\u2019inflation, d\u2019ici à ce que les navires soient complétés, ils auront fini par coûter plus cher que le budget d\u2019origine.La marine pourra également disposer de deux, peut-être trois navires.Le tout devrait s\u2019étaler jusqu\u2019en 2018.Selon les nouveaux plans, les navires transporteront moins d\u2019hélicoptères, disposeront de beaucoup moins d\u2019espace de transport de marchandises et ne pourront pas héberger les quartiers généraux d\u2019une mission interarmées, ou encore un hôpital complet, tel que stipulé dans le premier appel d\u2019offres.Pour Alan Williams, un ancien haut responsable de la Défense et un virulent critique du L-35, il semble que la situation prévalant dans le dossier des navires soit l\u2019inverse de celui des chasseurs furtifs, où l\u2019armée n\u2019avait en aucun cas cédé la place à la société civile.Selon lui, le balancier pourrait plutôt revenir de l\u2019autre côté, mais il est dangereux que les civils s\u2019impliquent trop dans l\u2019établissement des paramètres de l\u2019équipement militaire.«Cela pourrait être une réaction au fiasco des F-35.Si quelque chose ne fonctionne pas, l\u2019armée peut toujours dire que la faute retombe sur les épaules des civils», affirme-t-il.La Presse eanadienne GREVE DE LA EAIM Paul Martin louange le combat de la chef Spence STEPHANIE LEVITZ à Ottawa La chef autochtone Theresa Spence, qui poursuit une grève de la faim depuis près d\u2019un mois pour forcer la tenue d\u2019une rencontre entre les Premières Nations et le gouvernement fédéral, est une inspiration pour tous les Canadiens, affirme l\u2019ancien premier ministre Paul Martin.M.Martin a visité samedi M™ Spence, chef de la Première Nation d\u2019Attawapiskat, dans son camp sur nie Victoria, non loin de la colline parlementaire, à Qttawa.Dimanche, lors de son passage à l\u2019émission Question Period, sur les ondes de CTV, il a affirmé que la visite avait été productive.En plus d\u2019avoir souligné son côté inspirant, M.Martin a expliqué qu\u2019il avait dit à M\u201c® Spence que les citoyens du pays étaient inquiets pour son état de santé et qu\u2019elle devait prendre soin d\u2019elle.L\u2019un des derniers gestes de M.Martin en tant que premier ministre a été la signature de l\u2019Accord de Kelowna, une entente entre le gouvernement et les Premières Nations qui aurait amené 5 milliards $ en argent frais sur 10 ans.Cette somme aurait été utilisée pour améliorer les conditions en matière d\u2019éducation et de santé, ainsi qu\u2019en matière de logement.Le gouvernement Martin a toutefois été renversé et a été remplacé par les conservateurs sous la gouverne du premier ministre Stephen Harper, et l\u2019accord n\u2019a jamais été mis en place.X ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Theresa Spence poursuit une grève de la faim depuis le 11 décembre dernier.M\u201c® Spence veut entre autres redéfinir la relation entre Qttawa et les Premieres Nations, et réclame pour ce faire une rencontre entre ces dernières, M.Harper et le gouverneur général, David Johnston.M.Harper a annoncé vendredi qu\u2019il rencontrera le leadership des Premières Nations la semaine prochaine, pour discuter du traité fédéral-autochtone et du développement économique.La chef autochtone s\u2019est néanmoins engagée à poursuivre sa grève de la faim jusqu\u2019à ce que la réunion ait effectivement lieu.La grève de la faim de Therea Spence s\u2019inscrit dans la nouvelle mouvance autochtone Idle No More, qui dénonce le projet de loi omnibus C-45, menaçant, selon les Premières Nations, des droits garantis par traité.Blocus ferroviaire Par ailleurs, les manifestants autochtones qui bloquaient la principale ligne ferroviaire entre Toronto et Montréal depuis 17 h samedi ont mis fin à leur action peu après minuit, dans la nuit de samedi à dimanche.Plusieurs autres protestataires des Premières Nations sont descendus dans les rues de nombreuses villes canadiennes, samedi.Le blocus de la ligne ferroviaire, à la hauteur de Marrysville, près de Kingston, en Qntario, a pris fin à minuit et demi.La circulation des trains de Via Rail aura donc été interrompue pendant plus de 7 heures.Plus d\u2019un millier de passagers ont dû être transportés par autocars.Brandissant des drapeaux et transportant des pancartes, plusieurs protestataires ont marché le long de routes, d\u2019autoroutes et de ponts, poussant la police à annoncer une série de retards et de fermetures.Les activités de Via Rail étaient de retour à la normale dimanche, journée importante de déplacement à travers le pays, alors que le congé des fêtes se termine pour plusieurs Canadiens.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 7 JANVIER 20IS ACTUALITES f ik ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le maire Claude Benjamin fait l\u2019objet de vives critiques de citoyens depuis plus d\u2019un an.SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE Le maire Benjamin encore pris à partie BAHADOR ZABIHIYAN \\ ASaint-Bruno-de-Montar-ville, il n\u2019y a pas que les séances du conseil municipal qui se font sous la surveillance des policiers.11 y a aussi la réception annuelle du maire, qui a eu lieu dimanche.La réception est surtout l\u2019occasion pour le maire Claude Benjamin de souhaiter la bienvenue aux nouveaux résidants de cette municipalité de la Rive-Sud de Montréal.L\u2019événement est public et a lieu tous les ans.Une vingtaine de membres du Regroupement de citoyens pour la sauvegarde de la forêt des Hirondelles (RCSFH) ont fait irruption dans la salle municipale, selon leur porte-parole, Marilou Alarie.Le but était de prendre à partie le maire et surtout d\u2019expliquer leurs points de vue aux personnes qui viennent d\u2019emménager à Saint-Bruno.«Je veux que les gens sachent comment ça se passe à Saint-Bruno», explique Alarie.Le tout s\u2019est déroulé calme- ment mais sous l\u2019œil de trois agents du Service de police de l\u2019agglomération de Longueuil, selon Alarie.L\u2019année dernière, une quarantaine de manifestants avaient bruyamment fait leiu entrée dans la salle de réception, avec des pancartes critiquant le maire.Ils avaient assisté à la réception, toujours sous l\u2019œil des pobciers.Ces citoyens mécontents font surtout partie du RCSFH, un collectif qui dénonce depuis plusieurs mois un projet immobilier voulu par la ville.Le RCSFH s\u2019oppose à un projet de développement domiciliaire dans une section de forêt en bordure du parc national du Mont Saint-Bruno.Pour ses défenseurs, cette forêt devrait plutôt faire partie du parc.Ces derniers attendent une décision du ministère de l\u2019Environnement du Québec.En attendant celle-ci, les citoyens faisant partie du RCSFH sont à couteaux tirés avec le maire Claude Benjamin.Les membres du RCSFH prennent régubèrement à partie le maire lors de la période des questions de la séance du conseil municipal.Le ton monte parfois.«Il y a énormément de frustration, car on n\u2019arrive pas à obtenir les réponses», explique M\u201d® Alarie.11 y a un an, M.Benjamin avait demandé que des poli- À plusieurs reprises, le maire ordonne aux policiers d\u2019escorter des participants à l\u2019extérieur ciers soient présents lors des séances du conseil municipal.Mais les membres du RCSFH dénoncent cette présence policière, affirmant qu\u2019elle sert à étouffer l\u2019opposition.Vidéo en ligne Une vidéo dénonçant cette présence a notamment été mise en ligne sur YouTube, la semaine dernière.Intitulée «Sécurité publique ou contrôle politique?», la vidéo montre des séances du conseil où le ton monte entre les citoyens et le maire lors de la période des questions.Les citoyens parlant au micro sont mécontents des réponses du maire çt refusent de céder la parole.À plusieurs reprises, le maire ordonne aux policiers présents d\u2019escorter des participants à l\u2019extérieur.La vidéo a été visionnée plus de 97 000 fois depuis mercredi dernier.«L\u2019ambiance n\u2019est pas du tout agréable lors des séances», explique M\u201d® Alarie.Le maire de Saint-Bruno, Claude Benjamin, avait indiqué que la vidéo n\u2019était qu\u2019un montage et que les séances du conseil se déroulaient généralement dans le calme.Selon lui, Saint-Bruno n\u2019est pas la seule ville à demander une présence policière lors des séances du conseil.La ville de Saint-Bruno n\u2019a pas rappelé Le Devoir, dimanche.Le Devoir Une thérapie génique pour rafistoler le cœur PAULINE GRAVEL L> injection d\u2019un cocktail de ' gènes dans la cicatrice engendrée au sein du muscle cardiaque par un infarctus du myocarde a permis de transformer les cellules cicatricielles en de nouvelles cellules musculaires cardiaques fonctionnelles.Très prometteuse, cette expérience menée chez des rats devra toutefois faire ses preuves sur des cœurs de plus grande taille.Lors d\u2019une crise cardiaque, une portion du muscle cardiaque voit son apport sanguin subitement interrompu.Les cellules cardiaques ainsi as-phjLxiées meurent et cèdent la place à une cicatrice qui affaiblit grandement le cœur.Des chercheurs du Weill Cornell Medical College, du Baylor College of Medicine et du Stony Brook University Medical Center aux Etats-Unis ont donc tenté de convertir cette cicatrice en muscle cardiaque afin de redonner au cœur la force qu\u2019il avait perdue.Pour ce faire, ils ont procédé à une KENZO TRIBOUILLARD AGENCE FRANCE-PRESSE Des avancées majeures ont été faites ces dernières années en génétique.chirurgie qui a consisté à transférer dans le cœur malade de certains animaux trois vecteurs auxquels était attachée l\u2019une des trois formes du gène codant pour le facteur de croissance vasculaire endothélial (VEGF), qui stimule la croissance des vaisseaux sanguins.Chez d\u2019autres animaux, les vecteurs introduits dans la cicatrice cardiaque ne transportaient qu\u2019une substance inactive, servant de compara- tif.Trois semaines plus tard, certains rats ont reçu un mélange contenant les gènes Gata4, Mef 2c et Tbx5 (GMT) codant pour des facteurs de transcription, lesquels se lient à une séquence d\u2019ADN et induisent la transcription de cette information génétique en protéines.Introduits dans le tissu cardiaque, ces trois gènes ont permis de reprogrammer les cellules cicatricielles en cardiomyocytes (cellules musculaires du cœur).Afin de faire ressortir l\u2019effet de ces trois gènes, d\u2019autres animaux se sont vu administrer un composé inerte.Dans un article publié dans le Journal of the American Heart Association, les chercheurs indiquent que la quantité de tissu cicatriciel avait fondu de moitié dans le cœur des animaux ayant reçu les gènes GMT.Ce dernier comportait aussi un plus grand nombre de cardiomyocytes et pompait plus de sang que le cœur des animaux n\u2019ayant été traités qu\u2019avec une substance inerte.Le cœur des animaux dans lequel on avait introduit à la fois les gènes GMT et VEGF éjectait quatre fois plus de sang du ventricule que celui des animaux auxquels on avait transféré uniquement les gènes GMT.Les chercheurs expliquent que les gènes VEGF favorisaient la formation de vaisseaux sanguins qui permettaient d\u2019irriguer les nouvelles cellules musculaires apparues grâce aux gènes GMT.Les auteurs de cette expérimentation prometteuse font également remarquer que cette thérapie génique permet d\u2019éviter les risques de tumeur associés à l\u2019utilisation de cellules souches pluripotentes.Le Devoir Résultats des tirages du : 2012-12-29 01 26 33 36 45 48 61 OZ 09 27 43 44 compi, compl.Prochain gros lot (approx.) ; 3 000 000 $ 4794722 Résultats des tirages du : 2012-12-28 \u2014 Québec 0lT04l23l28l35l40l46) cOMPL (C) (26 + 7 sélections gagnantes additionelles Consultez votre détaillant ou à lotoquebec.com En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité Les nouveaux billets de 20 $ en mal de reconnaissance Des milliers de machines distributrices ne sont pas capables de les accepter DEAN BEEBY à Ottawa Des milliers de machines distributrices ne sont toujours pas capables d\u2019accepter les nouveaux billets de 20$ mis en circulation par le gouvernement il y a deux mois; les propriétaires de ces machines blâment d\u2019ailleurs la Banque du Canada pour ces problèmes.Jusqu\u2019à un demi-million de machines capables de reconnaître des billets de banque doivent être reprogrammées pour accepter les nouvelles coupures grandement modifiées de 20 $, la dénomination la plus populaire au pays.Environ 145 millions de billets de 20$ ont été mis en service depuis le 7 novembre.11 s\u2019agit de l\u2019une des séries de nouvelles coupures en plastique censées déjouer les fraudeurs et durer plus longtemps que leurs prédécesseurs en papier et coton.L\u2019un de ces propriétaires de machines, Kim Lockie, blâme la Banque du Canada pour n\u2019avoir pas avoir écouté ses collègues réclamant des délais importants pour reprogrammer leurs machines avant la distribution des nouveaux billets.Aux dires de Sabbir Kabir, un responsable de la Canadian National Vending Alliance, les membres du groupe \u2014 qui représente les neuf plus importants exploitants de machines distributrices \u2014 n\u2019ont pas non plus eu assez de temps pour convertir leurs scanners.«Le consommateur se fâche très rapidement et il ne reviendra pas», a-t-il dit, en parlant de pertes potentielles pour l\u2019industrie évaluée à 5 milliards $ sur une base annuelle.La Banque centrale rejette cependant les critiques, affirmant plutôt que ses responsa- bles ont travaillé étroitement avec le secteur des machines distributrices, offrant des échantillons des nouvelles coupures aux propriétaires plusieurs mois avant le lancement officiel des billets pour qu\u2019ils puissent créer les logiciels nécessaires.«Pour le billet de 20$, les billets officiels ont été fournis en mai 2012, six mois avant que les coupures ne soient mises en circulation en novembre», a déclaré le porte-parole Jeremy Harrison.«Quatre-vingt-cinq compagnies ont profité de l\u2019offre de la Banque, ce qui représente la vaste majorité des fabricants d\u2019équipements et des fournisseurs du marché canadien.» Nouvelles coupures Selon M.Harrison, ce délai de six mois était deux fois plus long que celui offert lors de la mise en service de la précédente vague de nouveaux billets, émis pour la première fois en 2004.Le groupe de M.Lockie, la Canadian Automatic Merchandising Association, a demandé à la Banque du Canada de mettre les nouvelles coupiues de 5 et 10$ en service en même temps que celles de 20$, afin de pouvoir n\u2019effectuer qu\u2019une seule calibration des distributrices.La Banque a toutefois décidé de retarder la mise en circulation de ces deux autres types de billets, forçant les propriétaires à effectuer une nouvelle reconfiguration en 2013.Les anciens billets de 20$ en papier et coton sont toujoius en circulation pour l\u2019instant, aux côtés des nouvelles coupures en polymère : les machines distributrices reprogrammées sont en mesure de traiter les deux types de billets.La Presse eanadienne 20 ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le ministre des Finances Jim Fiaherty en novembre dernier, iors du dévoiiement des nouveaux biiiets de 20 $.Assurance-emploi: la réforme entre en vigueur C> est ce dimanche qu\u2019est entrée en vigueur la réforme de l\u2019assurance-emploi au Canada, et les travailleurs saisonniers promettent de poursuivre la lutte contre les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement Harper.Les chômeurs disposeront notamment d\u2019une période moins longue pour se trouver un nouvel emploi, et ils seront contraints d\u2019accepter un travail à un salaire moindre et dans un secteur parfois éloigné de leur domicile.Plusieurs manifestations se sont tenues ces dernières semaines pour dénoncer cette réforme, surtout dans l\u2019est du pays, où les travailleurs saisonniers, les pêcheurs et les travailleurs forestiers notamment, sont nombreux.Pour le ministre québécois délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes, Alexandre Cloutier, cette réforme est inacceptable.11 accuse le gouvernement conser- vateur de laisser tomber le Québec, rappelant que 40% de tous les travailleurs saisonniers qui bénéficient de l\u2019assurance-emploi sont des travailleurs québécois.Au Nouveau-Brunswick, la réforme est aussi fortement contestée.Michel Richard, de l\u2019Union des pêcheurs des Maritimes, blâme le gouvernement pour ne pas avoir tenu de consultations.11 demande à la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, de venir rencontrer les travailleurs affectés par cette réforme.De son côté, le président du Syndicat canadien de la fonction publique pour le Nouveau-Brunswick, Daniel Légère, exige que des modifications soient apportées à la réforme.11 rappelle au gouvernement «que les élus sont là pour écouter la population ».11 assure que la mobilisation va se poursuivre.La Presse eanadienne Les travaux de déneigement retardés Les travaux de chargement de la neige de certaines rues résidentielles de Montréal ont été temporairement suspendus dimanche en raison de nouvelles précipitations.La Ville a indiqué que les équipes qui étaient affectées au déneigement devront prioriser le déblaiement des rues et des frottoirs.11 faut dire que 95% des rues de la métropole ont été bbérées des 45 cm de neige reçus lors de la tempête historique du 27 décembre.La Ville prévoit que la circulation sera fluide lundi au moment de la reprise après le congé des fêtes.Des précipitations de 5 à 10cm étaient prévues dimanche.La Presse eanadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 7 JANVIER 20IS A 5 ECONOMIE La fin de la croissance (>v À - ^ A.Eric Desrosiers i L\u2019idée attaque une prémisse au cœur de notre pensée économique.Certains prêtres de cette pensée osent pourtant l\u2019envisager très sérieusement.On pourrait mettre toute cette histoire sur le compte de la déprime collective qui frappe les économies développées depuis leur spectaculaire dégringolade que l\u2019on sait.Y voir des idées noires qui seront rapidement dissipées aussitôt qu\u2019une vraie reprise se fera enfin sentir.Mais les arguments mis de l\u2019avant et leurs conséquences sur notre future qualité de vie sont suffisamment sérieux pour qu\u2019on y prête attention.Ce que nous disent ces économistes et ces historiens, c\u2019est que ceux qui attendent que le Congrès américain trouve une façon de passer son mur budgétaire ou que la crise de la zone euro soit réglée pour que les pays développés retrouvent enfin le rythme de croissance économique qu\u2019ils ont connu depuis presque un siècle risquent d\u2019être déçus.L\u2019un des derniers en date à se pencher sérieusement sur cette question de «la fin de la croissance» est Robert Gordon.Dans un article remarqué publié à la fin de l\u2019été sous l\u2019égide du National Bureau of Economie Research américain, l\u2019économiste de l\u2019Université Northwestern commence par rappeler qu\u2019il avait fallu cinq siècles pour que le niveau de vie double, dans les pays occidentaux les plus avancés, des années 1300 et 1800.Ce rythme a commencé ensuite à s\u2019accélérer, ce niveau de vie doublant une nouvelle fois durant le siècle suivant, puis doublant à nouveau en l\u2019espace de seulement 28 ans, entre 1929 et 1957, et doublant encore durant les 31 années qui ont suivi.Mais cette période faste est terminée, prévient l\u2019expert.Le délai nécessaire pour le prochain doublement sera de nouveau de l\u2019ordre du siècle.Les progrès rapides des 250 dernières années étaient tout à fait exceptionnels dans l\u2019histoire humaine, explique Robert Gordon.Ils étaient le résultat de trois révolutions industrielles découlant d\u2019avancées technologiques majeures, soit: l\u2019invention de la machine à vapeur et du transport sur rail entre 1750 et 1830; l\u2019arrivée du moteur à explosion, de l\u2019eau courante, de l\u2019électricité, des communications et de la chimie médicale et industrielle entre 1870 et 1900; la création des ordinateurs, d\u2019Internet et des téléphones cellulaires à partir des années 1960.La deuxième révolution technologique a, de loin, été celle qui a permis les plus importants gains de productivité en plus de 80 ans.Mais plusieurs de ces innovations ne pouvaient se produire qu\u2019une fois, telles que l\u2019urbanisation, l\u2019accélération des transports et la libération des femmes de la corvée d\u2019aller chercher l\u2019eau.En dépit de ce qu\u2019on se plaît à croire, les retombées de la troisième révolution \u2014 celle de l\u2019informatique et des technologies de l\u2019information \u2014 ont été beaucoup plus modestes et semblent devoir le rester, note l\u2019économiste.Une petite planète Au moins trois conclusions peuvent être tirées de ce constat, écrivait cet automne l\u2019influent chroniqueur du Financial Times, Martin Woh.Premièrement: les Etats-Unis restent le pays phare de la productivité, mais seront plus faciles à rattraper puisqu\u2019ils n\u2019avanceront plus aussi vite.Deuxièmement: les pays en voie de développement, comme la Chine, ont encore de nombreuses et belles années de rattrapage économique devant eux, si tant est que notre planète puisse le supporter.Troisièmement: il ne suffit pas de mettre en place les bons incitatifs individuels et collectifs pour générer de la croissance.On peut réduire les impôts autant qu\u2019on veut, cela ne pourra jamais compenser l\u2019absence de grandes innovations.Or, même si le rythme des innovations devait rester celui des 20 dernières années, celui de la croissance économique semble quand même condamné à ralentir en raison de sjx phénomènes que Robert Gordon observe aux Etats-Unis, mais qui se retrouvent aussi dans la plupart des autres pays développés.Il s\u2019agit du vieillissement de la population, du plafonnement des gains en éducation, de la croissance des inégalités, de la crise énergétique et environnementale ainsi que l\u2019endettement des ménages et de l\u2019Etat.Des voix rétorquent que ce geme d\u2019analyse n\u2019est qu\u2019une version remaniée de la bonne vieille angoisse d\u2019un autre célèbre économiste, Thomas Malthus.Le Britannique était convaincu, au début du XIK® siècle, que l\u2019humanité se serait maintenant écroulée sous le poids de son propre nombre, ne pouvant pas prévoir l\u2019avènement de toutes sortes d\u2019innovations telles que l\u2019explosion de la productivité agricole, les avancées de la médecine moderne, ni la dématérialisation de l\u2019économie.D\u2019autres voix répondront, au contraire, que toutes ces considérations sur le rythme plus ou moins rapide de la croissance sont oiseuses.La vraie question serait de savoir quand on se rendra enÎBn compte que toutes les innovations du monde ne nous empêcheront pas de nous cogner, un jour ou l\u2019autre, le nez contre les limites physiques (et écologiques) de la petite planète sur laquelle nous vivons.On se dit qu\u2019en fait, il se pourrait, et même il faudrait, que la prochaine grande révolution industrielle soit justement celle du développement durable.194 I I li-m ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jean Théberge et Éric Gallant ont relancé l\u2019entreprise qu\u2019avait créée Paul Gallant en 1991.LES CASSE-TETES WREBBIT Comment rebâtir une entreprise pièce par pièce CLAUDE TURCOTTE Il y a de ces entreprises qui ont un parcours incroyable.A n\u2019en pas douter.Les Casse-têtes Wrebbit en font partie.En 1991, Paul Gallant lançait un produit complètement innovateur, un casse-tête en trois dimensions, et il fondait une petite entreprise, Wrebbit, laquelle allait en l\u2019espace de quelques années connaître une croîssance fulgurante, suivie de revers financiers qui ont conduit à sa disparition.Le fondateur lui-même, qui y avait mis toutes ses énergies, n\u2019a pas survécu à un cancer qui l\u2019a emporté en 2011, alors qu\u2019il cherchait à relancer l\u2019entreprise avec l\u2019appui d\u2019un proche collaborateur, Jean Théberge, et de son propre fils, Eric Gallant.De 1991 à 2005, Wrebbit a produit 30 millions d\u2019unités de puzzles 3D et généré des ventes au détail d\u2019un milliard.En 1997 seulement, les revenus ont totalisé 80 millions en gros et 150 millions au détail.Wrebbit offrait alors 288 modèles différents et ses casse-tête étaient passés de 60 à 1500 pièces.La surface de production en usine, qui était de 10000 pieds carrés au début, avait augmenté à 250000 pieds carrés en 1996 et 400 employés se répartissaient dans deux usines.Des sommes considérables avaient été investies dans le développement, alors même que le principal partenaire, Hasbro, sans prévenir son fournisseur, s\u2019orientait vers des produits de consommation de masse.Wrebbit a été vendue à Irwin Toy, puis reprise par Hasbro en 2095, qui a déménagé la firme montréalaise aux Etats-Unis et retenu quelques employés, dont M.Gallant fils, designer et spécialiste en développement de produits, ainsi que M.Théberge, avocat et principal associé de M.Gallant père.Malheureusement, Hasbro ne s\u2019intéressait pas vraiment à ces casse-tête 3D, trop sophistiqués pour son marché cible, les enfants de trois à cinq ans.Einalement, MM.Théberge et Gallant furent remerciés, ce qui allait tout de même marquer le début d\u2019un nouveau chapitre dans l\u2019histoire de Wrebbit.Les brevets détenus par Hasbro devaient prendre fin en septembre 2011 pour le Canada, en juin 2012 pour les Etats-Unis et en juillet 2012 pour l\u2019Europe.Hasbro, ne voulant pas se départir des brevets, avait proposé une entente de licences à M.Théberge à la condition de faire fabriquer les casse-tête en Chine, ce que M.Théberge a pour ainsi dire reçu comme une insulte : «Pourquoi en Chine ?L\u2019expertise est à Montréal.Alors j\u2019ai commencé à voir l\u2019ancien réseau des fournisseurs de Wrebbit, dont Conception Genik de Saint-Jérôme, une firme spécialisée dans les équipements d\u2019automatisation.» Il s\u2019en est suivi certaines études sur les marchés et les investissements qui seraient requis.La décision de relancer Wrebbit fut discrètement prise au printemps 2011, alors même que les négociations se poursuivaient avec Hasbro.M.Théberge allait s\u2019occuper du développement des affaires, M.Gallant se chargerait du design et du développement de produits et Gé-nik s\u2019occuperait des équipements.Wrebbit étant une marque de commerce non enregistrée, il allait de soi que la nouvelle entreprise porterait ce nom déjà largement connu.La compagnie fut officiellement créée en juillet 2011 et M.Théberge s\u2019est rendu à une foire importante en Europe pour parler de Wrebbit, mais sans disposer d\u2019un stand officiel.Il fallait attendre l\u2019expiration des brevets.En attendant, les signaux étaient très clairs, personne n\u2019avait oublié ces casse-tête 3D.Un nouveau départ qui augure bien Par ailleurs, MM.Théberge et Gallant, qui avaient participé à une entente mondiale en 2001 pour un casse-tête 3D du Seigneur des anneaux, eurent l\u2019agréable surprise d\u2019apprendre qu\u2019une nouvelle version du Hobbit allait être présentée dans les salles de cinéma en 2012 ! Et pourquoi ne pas revenir avec les casse-tête 3D sur ces mêmes thèmes ?Sans hésiter, même si Wrebbit n\u2019avait alors que trois employés, M.Théberge est entré en contact avec Warner Brothers, qui se souvenait très bien de ces casse-tête 3D.Bref il y a eu une nouvelle entente portant sur des droits mondiaux de licences pour Le seigneur des anneaux et pour les trois nouveaux films Le hobbit en 2012, 2013 et 2014.La relance de Wrebbit se fait maintenant avec sept modèles génériques, dont trois sont licenciés.Sur le plan de l\u2019organisation financière, Wrebbit redémarre avec un investissement d\u2019environ un million.MM.Théberge et Gallant sont les actionnaires majoritaires avec une participation de 80% et l\u2019appui de prêteurs amicaux {Love money).Genik détient une part de 20%.Le financement ne fut pas de tout repos, puisque dans le milieu financier, on voyait là le démarrage d\u2019une nouvelle entreprise.Les emprunteurs avaient une opinion différente.« On a 20 ans de rodage.On redémarre Wrebbit.On a gardé la même folie, mais avec l\u2019expérience du passé, on va faire une gestion plus serrée», répondent ces deux entrepreneurs, qui n\u2019entendent pas se laisser emporter une seconde fois par une vague de croissance effrénée.La production réelle a commencé en août dernier avec sept employés, dont les deux principaux actionnaires.On a d\u2019abord accordé la priorité à trois marchés internationaux : le Royaume-Uni, l\u2019Allemagne et l\u2019Australie, puis le marché américain, d\u2019où une autre surprise allait venir de la part de la grande chaîne de librairies Barnes & Nobles, soit une commande de 10000 unités.Enfin, on n\u2019a pas oublié le marché qui a donné la première Impulsion à Wrebbit, celui du Québec, juste à temps pour la période des fêtes.L\u2019entreprise compte maintenant neuf employés, tous des membres de l\u2019ancienne équipe qui ont repris le boulot avec grand plaisir.L\u2019objectif fixé au début était de produire 120000 unités dans la première année allant d\u2019août 2012 à août 2013.Après deux mois et demi, on en était rendu à 40 000 unités, et en décembre dernier, M.Théberge estimait pouvoir atteindre les 50000 en trois mois et demi.Dans les bonnes années de sa première vie, Wrebbit faisait 50 % de ses ventes suç les marchés Internationaux, plus 25% aux Etats-Unis et le reste au Canada, le Québec compris.Qu\u2019en sera-t-11 à l\u2019avenir?Le marché des jeux a beaucoup changé, et avec l\u2019explosion des technologies et des réseaux sociaux, Wrebbit renaît dans un contexte très différent.MM.Théberge et Gallant en sont bien conscients, mais leur confiance en les casse-tête 3D est Inébranlable : «Il y a des gens qui font un retour aux sources.On en a eu un exemple avec une famille aux Etats-Unis.» Sur un site Internet qui se spécialise dans les produits de consommation {chitowncheapskate.com), cette famille dit qu\u2019après avoir découvert le casse-tête 3D de la tour de Blg Ben dans un Salon de jeux et jouets à Chicago, elle a passé quatre jours sans télé ni jeux vidéo, trop prise qu\u2019elle était à mettre en place tous les morceaux du casse-tête.La morale de cette petite histoire familiale : « Cela fait du bien de retrouver cet esprit de famille et de travailler en équipe.» Wrebbit ne se volt évidemment pas comme un concurrent aux réseaux sociaux.«Nous, on n\u2019a pas comme objectif de répéter les 80 millions de ventes de 1997.On veut avoir du plaisir à remonter l\u2019entreprise et à travailler ensemble.Si, dans quelques années, on fait 10 ou 15 millions de revenus, on sera très contents», avance M.Théberge, qui n\u2019entend quand même pas se reposer sur les lauriers de Wrebbit.Blentôf 11 participera aux grandes foires de New York et de Nuremberg.La capacité de production de la nouvelle usine Installée dans l\u2019est de Montréal permettrait de tripler les activités actuelles.Wrebbit a soji propre réseau de ventes au Canada et aux Etats-Unis, alors qu\u2019en Europe, elle fait appel à des distributeurs.«Mais on pourrait avoir un pied à terre en Europe avant longtemps», ajoute le président.Collaborateur Le Devoir A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 7 JANVIER 20IS EDITORIAL VIOL EN INDE Si près de nous Elle a beau avoir eu lieu à l\u2019autre bout du monde, la sauvage agression de décembre qui a entraîné la mort d\u2019une jeune Indienne de 23 ans a bouleversé bien des gens, jusqu\u2019au-delà des frontières.Pour les femmes, elle est un cruel rappel de la fragilité des acquis.L Josée Boileau e drame de cette jeune fille, battue et violée dans un autobus de Delhi aux côtés de son ami, lui aussi frappé à coups de barres de fer, a suscité en Inde une mobilisation sans précédent.Un réveil qu\u2019on espère déterminant dans une société où l\u2019accès à la modernité, qui implique l\u2019égalité hommes-femmes, se bute à une tradition où la misogynie fait loi.Des aspects de cette sordide histoire sont spécifiques à l\u2019Inde, comme l\u2019expliquait samedi notre correspondant Guy Taillefer.L\u2019imbrication des inégalités au quotidien, l\u2019indifférence de la classe politique aux maux sociaux, la dénonciation de modes de vie occidentaux sont autant d\u2019éléments dont il faut tenir compte.Néanmoins, la toile de fond de cette sordide affaire dépasse l\u2019Inde, dépasse le viol, dépasse les chocs de civilisation.Ce qui est en jeu, ce qui touche tant, c\u2019est la présence même des femmes dans l\u2019espace public.Nulle part au monde on ne trouvera un homme pour s\u2019interroger sur son droit in-T-jài '\ttrinsèque de sortir de sa maison, seul, pour 'a\tmarcher dans la rue, prendre les transports en commun, aller travailler, se divertir, ma- ¦\tnifester, même!, ou simplement flâner au ¦\tgrand air.Ce que l\u2019on appelle vivre en société.Pour la quasi-totalité des femmes de la planète, rien de tout cela ne va de soi.Même pour celles qui ne sont pas confinées à la maison, vivre dans l\u2019espace public reste un dangereux pari.On voit à Mexico des autobus réservés aux femmes aux heures de pointe pour diminuer les agressions sexuelles.Dans plusieurs métropoles, même d\u2019Europe, des taxis sont mis au service exclusif des femmes pour les protéger.Le printemps arabe nous a démontré les défis d\u2019être une manifestante avec un grand E.Les milieux de travail sont des nids de harcèlement.Et presque partout, les places publiques sont des fiefs de rassemblement masculins.Quant aux bars.La violence contre les femmes est une réalité si routinière en Inde qu\u2019on n\u2019en parle pas, écrivait encore notre collègue samedi.Cela, hélas, est vrai dans une foule de pays.Mais heureusement plus ici, où les agressions sont socialement perçues comme inacceptables.Une avancée gigantesque, mais que de batailles les féministes ont dû mener pour y arriver.La violence ne dit toutefois pas tout de l\u2019espace public.Au Québec, au Canada, subsiste tout un écart entre l\u2019accès des hommes et des femmes au marché du travail, à la création, à des mandats électifs, aux responsabilités, aux prix, à la reconnaissance.Une affaire d\u2019histoire, d\u2019éducation, d\u2019absence de modèles, de mentors, de réseaux, a-t-on expliqué depuis des années.Qr que voit-on se repointer le nez, même de la bouche d\u2019intellectuels ?La thèse essentialiste : au fond, les femmes, par leur nature, préfèrent la sphère privée à la vie publique.Plus confortable que de décortiquer le patriarcat! À quoi il faut ajouter l\u2019effacement suprême, que vient d\u2019avaliser la plus haute cour du pays : celui du port du niqab devant les tribunaux.Notre Cour suprême qui rend acceptable, on croit rêver ! un marqueur de non-existence publique des femmes.Pendant ce temps, d\u2019autres meurent d\u2019avoir été au cinéma, libre et tête nue, en bus, avec un amoureux.Non, l\u2019Inde n\u2019est pas si loin de nous.EMPLOI Une année médiocre =1 an dernier, à la même date, certains commentateurs ^ plus masochistes que nécessaire exprimaient leur dépit à la lecture des données sur l\u2019emploi au Québec.«Le party est fini ! », pouvait-on lire sans trop compren-J dre à qui s\u2019adressaient les remontrances.Il est vrai que les résultats des derniers mois de 2011 laissaient croire à une flambée du taux de chômage, passé de 7,3% en septembre à 8,7% en décembre.Mais une analyse de l\u2019ensemble de l\u2019année, et non seulement des derniers mois, aurait plutôt permis de conclure que le Québec s\u2019était bien tiré d\u2019affaire grâce à l\u2019ajout de 38500 emplois nets en moyenne annuelle et un __\ttaux de chômage de 7,8%, au lieu de 8% en 2010 .\t^ et de 8,5% en 2009, année de la crise.^\tLe même exercice s\u2019impose en ce début de nouvelle année, puisque les derniers mois de ,\t2012 donnent une impression d\u2019élan très posi- ) tive que les 7,3% de chômage de décembre, pris de façon isolée, semblent confirmer.Pour-tant, il ne s\u2019est créé que 30800 nouveaux em-Jean-Robert plois nets sur l\u2019ensemble de 2012, soit moins Sansfaçon que l\u2019année précédente, et le taux de chômage est resté stable à 7,8%.Il n\u2019y a donc pas lieu de pavoiser, puisqu\u2019il faut au moins le double chaque année pour répondre à l\u2019arrivée de nouveaux travailleurs.Le phénomène n\u2019est pas propre au Québec.En Qntario, le taux de chômage est aussi resté stable à 7,8% au cours des deux dernières années en dépit de la reprise des ventes d\u2019automobiles.Pour 2013, plusieurs facteurs militent contre une forte croissance de l\u2019emploi malgré une amélioration de la situation chez notre principal partenaire, les Etats-Unis.Avec la crise qui perdure en Europe, un marché immobilier qui ralentit chez nous et les consommateurs qui tentent de retrouver une zone de confort au chapitre de l\u2019endettement, l\u2019activité économique s\u2019en ressentira en même temps que les revenus des gouvernements, qui seront alors tentés d\u2019accroître leurs efforts de compression pour équilibrer les comptes.Cet enchaînement vicieux comporte évidemment le risque d\u2019accentuer le ralentissement en cours, voire de provoquer une récession.Dans ce concert de décisions parfois forcées, c\u2019est Qttawa qui porte la plus grande part de responsabilités, puisque c\u2019est lui qui contrôle les politiques fiscales et monétaires, alors que les provinces sont forcées de fournir des services dont les coûts sont incompressibles.Quant aux entreprises qui dorment sur des milliards en liquidités, elles ont aussi un rôle essentiel à jouer.En effet, c\u2019est à elles qu\u2019il revient d\u2019investir pour améliorer la productivité, ce qu\u2019elles ont très peu fait depuis la crise.Pourquoi avoir réduit les impôts des sociétés, qui sont déjà parmi les plus bas de l\u2019QCDE, si l\u2019argent ainsi épargné ne sert qu\u2019à justifier des salaires et des bonis supérieurs pour les dirigeants ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOFARO autre ^rând moment de PLO WÎ'f ^ PE Pf LAVàU le'c C't(r Au Sujet PE EST PeffcTugu^t LETTRES L\u2019Inde, le viol et les valeurs religieuses J\u2019ai toujours pensé, comme Qccidental qui n\u2019a jamais visité l\u2019Inde, que ce pays était un havre de paix entre les hommes et les femmes.Je me suis toujours dit que si on a une telle tolérance pour les vaches qui circulent librement, même dans les villes, ce n\u2019est pas possible qu\u2019il n\u2019y ait pas un véritable amour entre personnes de sexe différent.Je pensais que cette culture s\u2019étendait à toutes les couches de la société.Je me souviens des paroles du mahatma Gandhi, un homme vénéré par le peuple de l\u2019Inde, de son vivant: Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.Au début de l\u2019an 2013, je découvre avec stupem que le viol des femmes est monnaie courante en Inde et qu\u2019il est rarement rapporté, et encore moins sanctionné, parce que les hommes de pouvoir cachent cette réalité et que pour la femme, c\u2019est une honte que de dévoiler qu\u2019elle a été violée.Cette culture n\u2019est pas propre à l\u2019Inde, on la retrouve dans plusieurs pays.Dans la société québécoise, on a réagi de la même manière qu\u2019en Inde pendant longtemps, et la femme devait se soumettre à l\u2019homme.Partout, cette soumission était et est toujours soutenue par les dirigeants de toutes les religions dominées par des hommes.Le viol d\u2019une extrême violence commis par six hommes dans un bus en Inde vient de faire basculer l\u2019opinion publique.Désormais, il n\u2019y aura plus de tolérance de la part des Indiens et Indiennes devant la violence sexuelle faite aux femmes.Le fait que le chauffeur du bus a participé au viol et tenté d\u2019écraser la victime sous les roues du véhicule qu\u2019il conduisait est certainement l\u2019élément le plus marquant de cette sauvage agression.Je ne veux pas juger l\u2019Inde, mais je constate des faits qui ne doivent plus être cachés, quel que soit le rang de l\u2019auteur d\u2019un tel crime, ni dans quelque pays que ce soit.André Mainguy Longueuil, le 3 janvier 2013 Un adieu au poète Yves Boisvert Yves Boisvert était mon ami et complice depuis fort longtemps.La dernière fois que je le vis, j\u2019étais en compagnie du poète Louis Jacob, notre ami de toujours.Nous étions dans sa chambre aux soins palliatifs de l\u2019Hôtel-Dieu de Sherbrooke.Nous le savions amoindri et fatigué et ne voulant recevoir que peu de visites.Heureux de le voir à nouveau après une heure d\u2019échanges autour de la poésie et de son prochain recueil à paraître, on le vit combattre la fatigue : les paupières lourdes et refusant de s\u2019assoupir, il continua de parler avec ferveur malgré sa difficulté à respirer convenablement.Je lui dis: «Repose-toi, on reviendra dans 15, 20 minutes.» Lui, avec cet air coquin et franc qui le caractérisait, osa en rire; soulignant qu\u2019il aurait tout le temps pom dormir \u2014 «Assez longtemps, merci», dit-il.C\u2019est avec lucidité et résignation qu\u2019il était prêt pour ce long sommeil qu\u2019il appe- lait de ses vœux.Nous en avons parlé ensemble, ouvertement.Notre amitié l\u2019exigeait.Vers la fin de l\u2019après-midi, vint le temps de partir.Sa main dans la mienne, penché vers lui pour l\u2019accolade ultime : on s\u2019est regardés droit dans les yeux.Il le savait.Nous le savions.C\u2019était l\u2019adieu.Serge Mongrain, écrivain Trois-Rivières La loi avant l\u2019esprit ou l\u2019esprit avant la loi L\u2019erreur en politique et en religion, c\u2019est que les lois sont coulées dans le ciment.Qr l\u2019esprit devrait passer avant la loi.Aujourd\u2019hui, l\u2019esprit de la société, en général, c\u2019est que la religion et l\u2019Etat doivent être séparés.Par conséquent, le crucifix, comme l\u2019avait proposé la commission Bouchard-Taylor, ne devrait pas figurer à l\u2019Assemblée nationale.Sa place, en tout respect pour l\u2019esprit du passé, serait au Musée des religions, à Niçolet.Evoquer la fidélité à nos origines me semble exagéré, il y a bien plus important qu\u2019un crucifix représentant une religion imposée.L\u2019enlever serait faire preuve de notre liberté et de notre appartenance au temps présent.Notre principale identité, ce n\u2019est pas d\u2019être catholiques, mais citoyens et citoyennes d\u2019une nationalité.Le drapeau national serait donc de mise et suffisant.Andréa Richard Trois-Rivières, le 28 décembre 2012 LIBRE OPINION Le prix unique du livre : l\u2019échec français VINCENT GELOSO MICHEL KELLY-GAGNON Respectivement économiste et président-directeur général de l\u2019Institut économique de Montréal Regroupés sous la bannière de «Nos livres à juste prix», les promoteurs québécois d\u2019un prix unique du livre s\u2019inspirent largement de l\u2019expérience française.Dommage, car le cas français constitue un échec retentissant.Cette politique d\u2019augmentation artihcielle du prix des livres, car c\u2019est bien de cela qu\u2019on parle, a eu pour principale conséquence de réduire les achats de livres sans pour autant sauver les petites librairies.Dès la fin du XIX® siècle, la Erance se dote d\u2019un système de prix unique informel pour les livres avant de l\u2019inscrire dans une loi en 1981.Depuis cette date, il est interdit d\u2019offrir un rabais de plus de 5% sur le prix suggéré pendant une période de deux ans.Tout comme au Québec, cette politique visait à protéger les petites librairies, dont les parts de marché s\u2019effritaient progressivement, de la concurrence des grandes surfaces.Ce n\u2019est toutefois pas ce qui s\u2019est passé.Les librairies indépendantes n\u2019ont obtenu qu\u2019un répit de cinq ans à la suite de l\u2019adoption de la loi.Par la suite.leurs parts de marché ont repris leur tendance à la baisse.Aujourd\u2019hui, la structure du marché des librairies en, Erance est très similaire à celui des Etats-Unis, où une telle mesure n\u2019a jamais été mise en œuvre.Le prix unique a été inefficace sur ce plan.Des conséquences prévisibles Le prix unique du livre n\u2019a pas été sans effet pour autant.De 1959 jusqu\u2019à 1981, les familles françaises achetaient de plus en plus de livres, de sorte que ceux-ci représentaient une part grandissante des dépenses totales des ménages.Toutefois, depuis 1981, les dépenses des Erançais en achat de livres ont d\u2019abord stagné avant de diminuer au cours des années 1990.Les causes de ce déclin sont fort simples.Le prix des livres a monté et les lecteurs en ont moins acheté.Eaut-il s\u2019en étonner?Selon une étude économique de Mathieu Perona en 2004, les familles françaises ont tout simplement choisi d\u2019autres biens culturels à acheter comme les disques.En 1981, alors que le prix unique du livre en Erance était instauré, les dépenses en livres représentaient 0,45% du budget des ménages, contre 0,15% pour les disques.En 2003, on parlait plutôt de 0,37% pour les livres, contre 0,19% pour les disques.Ce phénomène s\u2019est probablement produit avec d\u2019autres biens culturels comme les hlms.En gros, les autres produits culturels ont en partie remplacé le livre.Dans les dernières années, les substituts aux livres achetés en librairies se sont multipliés.Des livres numériques aux livres audio, en passant par les plateformes d\u2019achats en ligne comme iTunes et les vidéos diffusées en mode continu, les substituts sont plus que jamais disponibles.La majoration du prix du livre par rapport aux autres biens culturels n\u2019en est qu\u2019accentuée.Étouffer la culture québécoise Qui a prohté de la loi en Erance ?Ni les lecteurs ni les librairies indépendantes.Personne ne prétend que les fruits et légumes deviendront plus populaires si on en augmente le prix.Alors pourquoi devons-nous expliquer qu\u2019une hausse du prix du livre ne va pas en augmenter la diffusion ?Un principe d\u2019économie aussi simple devrait pourtant être compris de tous, surtout lorsqu\u2019on se rend compte que les Québécois sont parmi les lecteurs les moins assidus au Canada.Quiconque a la culture québécoise à cœur devrait tirer les leçons de l\u2019exemple français.et dénoncer cette mesure obscurantiste ! LE DEVOIR LE LUNDI 7 JANVIER 20IS A 7 IDEES Projeter le Québec sur la scène internationale PHILIPPE C.MARTINE Etudiant au doctorat aux Hautes Etudes internationales de l\u2019Université Laval e virage conservateur de la diplomatie canadienne marque un tournant historique dans la gestion des affaires étrangères du Canada.La démonstration la plus récente de cette crise de conscience de la « nouvelle diplomatie canadienne» est sans conteste l\u2019appui inconditionnel du gouvernement conservateur à la politique de colonisation israélienne en territoire palestinien.À cette défense de l\u2019indéfendable s\u2019ajoute une longue liste de prises de position controversées qui ont toutes pour particularité de faire l\u2019una-nimité contre elles au Québec; pensons par exemple au retrait du Canada du protocole de Kyoto, alors que 89% des Québécois s\u2019y opposaient.Pensons aussi à la refonte controversée de l\u2019ACDl et à la révision de la liste des pays «prioritaires» bénéficiant de l\u2019aide bilatérale du Canada.Qnt ain§i été rayés de la liste une demi-douzaine d\u2019Etats d\u2019Afrique francophone \u2014 le Burkina Faso, le Rwanda, le Niger, le Bénin et le Cameroun \u2014 qui comptent pourtant parmi les plus pauvres de la planète.Non seulement toutes ces décisions, qui consacrent l\u2019isolement du Canada sur la scène internationale, sont préjudiciables à la réputation du pays \u2014 et à ses parties constituantes \u2014, mais elles vont à contresens de la position partagée par une large majorité de Québécois.Considérant le fossé abyssal qui sépare désormais la diplomatie canadienne des intérêts et des valeurs de la population québécoise et considérant le désistement du gouvernement canadien en matière de sobdarité internationale, il est souhaitable que les Québécois retrouvent voix au chapitre et puissent exprimer par l\u2019intermédiaire de leurs officiels les positions qui sont les leurs auprès du concert des nations.Une participation internationale strictement circonscrite En vertu de la doctrine Gérin-Lajoie, qui fait office d\u2019énoncé fondamental à l\u2019action internationale du Québec depuis plus d\u2019un demi-siècle, c\u2019e,st dans les limitqs que lui confère son statut d\u2019Etat fédéré que l\u2019Etat québécois administre sa politique internationale en matière d\u2019éducation, de main-d\u2019œuvre, d\u2019immigration, etc.DIEU NALIO CHERY ASSOCIATED PRESS Les décisions dipiomatiques du gouvernement conservateur vont presque systématiquement à i\u2019enconti'e de i\u2019opinion pubiique québécoise.Ottawa a notamment geié dans ia controverse ia semaine dernière i\u2019aide accordée à Haïti.Ceci appeiie, seion i\u2019auteur, une redéfinition du rôie dipiomatique du Québec.Bien que novatrice au moment de sa formulation en 1965, ce sont davantage les contraintes plus que les potentialités inhérentes à une telle doctrine qui sont désormais apparentes.Non seulement le Québec ne parle pas de sa propre voix dans les principaux forums internationaux \u2014 dont il est pratiquement absent \u2014, mais la doctrine n\u2019a pas offert de plateforme permettant au gouvernement québécois de contrer efficacement la dérive conservatrice de la politique étrangère du Canada.D\u2019ailleurs, l\u2019historique n\u2019est pas à la coopération intergouvemementale en matière internationale, Qttawa entendant exercer seul sa souveraineté dans le domaine; que ce soit dans le cas de l\u2019attribution d\u2019un siège au Québec au sein de la délégation canadienne à l\u2019UNESCQ, ou encore du refus du ministre de l\u2019environnement libéral de l\u2019époque, Stéphane Dion, d\u2019accueillir une délégation du Québec à la Conférence de l\u2019QNU sur les changements climatiques, dont la ville hôte était nulle autre que Montréal! Preuve n\u2019est plus à faire de la nécessité pour le Québec de s\u2019affranchir de la diplomatie canadienne et de devenir pleinement opérationnel sur le plan des affaires étrangères.Pour ce faire, l\u2019action internationale du Québec doit se déployer autour d\u2019une politique structurante et ambitieuse qui soit le reflet des aspirations du Québec à faire reconnaître sa spécificité dans l\u2019espace nord-américain et du rôle phare qui incombe au Québec parmi les nations fédérées de la planète.Son credo devra s\u2019énoncer autour d\u2019un nouvel humanisme en relations internationales duquel s\u2019est largement détourné le Canada.11 devra prioritairement déployer son action autour des enjeux internationaux de l\u2019heure \u2014 environnement, solidarité internationale et culture \u2014 et investir les forums internationaux qui en font la promotion, l\u2019objectif étant de positionner avantageusement le Québec parmi les acteurs les plus dynamiques de la communauté internationale et d\u2019ainsi donner une signature distinctive à l\u2019implication du Québec dans les débats internationaux.La loi P-38, un pernicieux levier de psychiatrisation sociale ETIENNE BOUDOU-LAEORCE Etudiant à la maîtrise en service social, Université de Sherbrooke travers les siècles, maintes visions souvent fort différentes \u2014 voire opposées \u2014 de notre conception de ce qui est différent ou dérangeant au sein d\u2019une société se sont succédé.Assujettie à la culture, la religion, aux mœurs et à nos connaissances relatives sur la santé mentale, la définition de «personne normale» a subi les règles et les lois de quelques bien-pensants.Alors que le XXI® siècle nous permet de nous inscrire dans une soi-disant démarche plus civilisée et humanitaire, comme en témoigne le phénomène de la désinstitutionnalisation, force est d\u2019admettre qu\u2019il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour nous défaire d\u2019une certaine hégémonie psychiatrique et d\u2019un relent institutionnel.La loi P-38, s\u2019inscrivant dans les nombreuses et complexes transformations en matière d\u2019intervention psychosociale, en est un cas de figure.Au Québec, depuis 1998, en vertu de l\u2019article 8 de la Loi sur la protection des personnes dont l\u2019état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, surnommée loi P-38, un agent de la paix peut détenir une personne contre son gré dans un établissement de santé sans qu\u2019elle ait commis quelque crime que ce soit.Qn appelle cette intervention garde préventive.Elle fait partie des autres mesures du même genre, soit la garde provisoire et la garde autorisée.La première, résultant d\u2019une ordonnance judiciaire, force l\u2019individu à subir deux évaluations psychiatriques et il peut être détenu dans un éta-bbssement de santé jusqu\u2019à 96 heures.Elle survient lorsque deux personnes, généralement des proches ou le médecin traitant, soumettent une requête d\u2019évaluation psychiatrique à la Cour du Québec et obtiennent gain de cause.La deuxième, elle aussi ordonnée par la Cour, contraint une personne à rester à l\u2019hôpital pour une période déterminée.Une loi et ses dérives Si la loi d\u2019exception P-38 peut se donner bonne conscience en prétextant qu\u2019elle veut offrir une protection au public, il nous faut admettre que depuis sa mise en œuvre et son applica- La loi P-38 serait-elle sur le point de cristalliser notre manière d\u2019appréhender la normalité et la pathologie?tion il y a maintenant 15 ans, plusieurs critiques sobdement fondées (loi mal définie et mal encadrée, entre autres) mettent au jour les dérives d\u2019une loi d\u2019exception qui s\u2019est métamorphosée au fil du temps en pratique d\u2019oppression.Même si elle peut s\u2019avérer légitime à plusieurs occasions (menaces homicidaires, fortes idées suicidaires, psychoses), il arrive encore trop fréquemment que les droits des personnes soient bafoués, notamment celui d\u2019être traité avec respect et dignité, d\u2019être informé ou encore de refuser un traitement.Des éléments explicatifs se trouvent peut-être dans le fait que la loi ne définit pas avec précision ce qu\u2019est la dangerosité.Qn semble confondre dérangement et danger réel.Une confusion subsiste aussi concernant l\u2019évaluation de l\u2019état mental.Qui peut poser le «diagnostic» et avoir préséance?Il semble y avoir absence de hiérarchie claire dans le processus décisionnel entre les différents acteurs pouvant utiliser la loi P-38.Est-ce le médecin, le psychiatre, l\u2019intervenant de crise ou le pob-cier qui a force de loi?Malheureusement, cette confusion amène fréquemment des zones ^ises et un flou où l\u2019on conjugue maladie mentale, pauvreté, criminalité, détresse psychosociale et dangerosité mentale.Le plus souvent, c\u2019est même l\u2019agent de la paix qui, sur le fait, se voit contraint de prendre une décision poiu laquelle il n\u2019a souvent pas la formation requise.Considérant que les services d\u2019aide en situation de crise ne sont pas disponibles partout au Québec, les intervenants qui auraient l\u2019expertise nécessaire poiu désamorcer la crise et poser une estimation éclairée sur la dangerosité et l\u2019état mental sont sous-utibsés.Et pourtant, s\u2019üs étaient convoqués, ils pourraient certainement bien souvent éviter l\u2019appbcation de cette loi.Par ailleurs, bien que le changement de terminologie à la loi ayant amené « maladie mentale » à devenu « état mental » suggère une noble intention, à savoir diminuer la stigmatisation qui pèse sur les personnes vivant avec un trouble de santé mentale, dans les faits, cette modification tend malheureusement à élargir les interventions possibles à l\u2019ensemble de la population, que la situation de la personne «soit dangereuse ou non, urgente ou non», comme le soubgne le sociologue Marcelo Qtero.En effet, les demandes de requête n\u2019ont cessé d\u2019aug- menter avec le temps.Mabitenant, tout un chacun peut subu la loi P-38.De plus, on ne manque pas d\u2019exemples où on garde en établissement psychiatrique des personnes qui dérangent leur entourage ou qui sont trop bruyantes pour le voisinage.La dangerosité devient donc une notion très élastique, et la requête pour garde en établissement psychiatrique devient un outil de contrôle social.P^chiatrisation de la vie sociale Alors que le marché de la maladie psychique de même que le recours aux médicaments s\u2019accroissent, un constat s\u2019impose : notre culture occidentale accepte et tolère difficilement la souffrance psychique et les dysfonctionnements sociaux, les logiques hédonistes, pro-ductivistes et mercantiles aidant.Désormais, le conditionnement culturel veut que pour exister, il faille mener une vie active, une vie axée sur l\u2019ego.Ainsi, le glissement est que chaque comportement ou émotion humaine le moindrement transgressif se voit bientôt catalogué copime anormal.À l\u2019égard de la loi P-38, il apparaît d\u2019ailleurs que des comportements dérangeants sont souvent considérés comme dangereux.Dans notre société qui craint la déviance, on constate que les émotions et pulsions trop vives sont, dans la mesure du possible, exclues.De même que la médication participe activement de l\u2019exercice d\u2019un contrôle social des comportements indésirables, la loi P-38 répond à une l\u2019inquiétude et favorise une apparente cohésion de la société.Avec l\u2019arrivée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) en 1952 et de ses éditions subséquentes, le spectre de la santé mentale s\u2019élargit et entraîne une multiplication dangereuse des diagnostics de troubles mentaux.Quand on pense que les pobciers amènent trop souvent des bidividus à l\u2019hôpital sous la sbn-ple présomption d\u2019un trouble de santé mentale, ü importe de s\u2019inquiéter, puisque les dérives relevées précédemment pourraient s\u2019accentuer dramatiquement.La loi P-38 serait-elle sur le point de cristalliser notre manière d\u2019appréhender la normalité et la pathologie ?En définitive, le cadre législatif entourant la loi P-38 participe activement, au nom de la santé publique, à la définition d\u2019une norme de comportements et s\u2019évertue à gérer le danger social comme risque pathologique, ce qui tend à une psychiatrisation de la société pour le moins inquiétante.L Le déplacement de L\u2019homme de Calder : encore ?MARIE-CLAUDE LANGEVIN Chercheuse, M.A en étude des arts à l\u2019Université du Québec à Montréal, auteure d\u2019un mémoire portant sur le déplacement et la mise en valeur de sculptures contemporaines d\u2019art public (dont L\u2019homme et La joute) a mission que s\u2019est donnée Alexandre Taillefer, président du comité-conseil en art public à la Ville de Montréal, soit délocaliser la sculpture L\u2019homme de Calder, fait revivre un débat déjà abordé en art public, il y a quelques années, avec le déplacement de La joute de Riopelle d\u2019Hochelaga-Mai-sonneuve vers le quartier des affaires.Elle nous questionne sur l\u2019importance de la mise en valeur de l\u2019art public à Montréal.Depuis la fin des années 1980, les efforts consacrés à la sauvegarde de l\u2019ensemble des œuvres de la collection municipale de Montréal ont permis de développer une réflexion globale sur les problématiques de conservation de l\u2019art public et de tester des traitements, des approches, des modes de collaboration interdisciplinaires et des stratégies de communication entre les œuvres, leur environnement et le public.Depuis son implantation en 1989, le Bureau d\u2019art public a mené plusieurs projets de conservation et de restauration.Le déplacement d\u2019œuvres, pour des raisons de conservation et de mise en valeur, constitue un problème délicat.Il s\u2019est posé en 1991 lors de la première restauration de L\u2019homme, ce grand stabile en acier inoxydable, et encore aujourd\u2019hui, ce scénario est remis de l\u2019avant.Pour Expo 67 Délocaliser la sculpture de son contexte physique et artistique des années soixante et l\u2019installer dans une place moderne entraîne des «pertes» à plusieurs égards.Il faut tenir compte du fait que l\u2019œuvre de Calder fut construite pour un événement bien précis, l\u2019Expo 67.Bien qu\u2019« abstraite », puisqu\u2019aucun élément formel, mis à part son beu, ne renvoie à l\u2019Expo, elle est indissociable de cet événement.En étant déplacée, la sculpture subira un décalage temporel et esthétique avec son nouvel environnement.Elle perdra le caractère propre de sa production.De plus, il faut se rappeler que lors de la première intervention de conservation, l\u2019immense stabile a déjà quitté son lieu d\u2019origine, devenu désuet faute d\u2019entretien, pour être installé sur un belvédère surplombant le Saint-Laurent.Pour ce projet de conservation, les experts proposèrent trois scénarios de mise en valeur du site et de l\u2019œuvre : l\u2019œuvre devait soit rester en place, soit être déplacée sur un autre site de Î\u2019île Sainte-Hélène, ou encore être déplacée hors de l\u2019île.En déplaçant l\u2019œuvre de son site laissé à l\u2019abandon, les autorités ont opté pour un endroit qui recréait les caractéristiques formelles de l\u2019ancien lieu et qui met la sculpture en évidence pour que le public puisse se la réapproprier plus facilement.Etant ainsi plus accessible, le public est plus apte à découvrir ou à redécouvrir et à expérimenter l\u2019œuvre artistique.Par exemple, une communauté de «piknikeurs électroniques » s\u2019est créée, depuis 2003, autour de }a sculpture.Economiquement, le déplacement d\u2019une œuvre entraîne des coûts auxquels il faut ajouter les frais de mise en valeur de l\u2019œuvre.Le déplacement ne pourra pas se faire sans l\u2019intervention d\u2019une panoplie d\u2019intervenants de différents milieux : conservateurs, restaurateurs, architecte de paysage, ingénieur, artisan, fabricant, qui eux aussi engendreront des coûts supplémentaires.Cet argent ne serait-il pas mieux investi dans un projet d\u2019art public imaginé en fonction du nouveau lieu ?Le regain d\u2019attention que suscite l\u2019œuvre de Calder nous rappelle la controverse entourant la délocalisation de la sculpture de Jean-Paul Riopelle La joute.Ces deux cas démontrent l\u2019importance de réfléchir sur la place faite à l\u2019art public actuellement au Québec.Sans le statut d\u2019objet patrimonial, on oublie trop souvent qu\u2019il reflète une certaine histoire artistique du Québec.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019œuvre a déjà quitté son lieu d\u2019origine pour être installée sur un belvédère surplombant le fleuve.L\u2019EQUIPE DU DEVOm REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) , information générale : Mane-Andree Choumard {chef de division), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Jeanne Cornveau (reporter), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DeghseésoceefeJ et Jean Dion (sports) , information politique Michel Davidéc/trowe-, Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a OffatcaJ, Robert Dutnsac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec) ,^r\\an.Myles (affaires municipales, Montreal) ,lsahe\\[Q:Vort'er (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Louise-Maude RiouxSoucy (chef de division), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters) ,}\\xh.Q: Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Belair Cinno, François Desjardins et Enc Desrosiers {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy ^aiWeier (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emihe Eohe-Boivm et Louis Gagne (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettino-ParazeUi et Genevieve Tremblay (assistants) , correction : Andre^ne Bedard, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Elorence Eerrans (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITE Cehne Benoît, Jean de BiUy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Amel Ehmam, Amehe Maltais, Claire Paquet, Chantal Rainville, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Ehse G\\rard(secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur), Ohvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard 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populations?Dans le dossier d\u2019Attawapiskat, le gouvernement de Stephen Harper a mis en cause la gestion des dizaines de millions consentis à la communauté crie.Depuis, le manque d\u2019imputabilité des chefs autochtones a été pointé du doigt par plusieurs.De l\u2019importance du pouvoir de taxation «C\u2019est une énorme question», rétorque René Dussault.Mais pour lui, le véritable enjeu est ailleurs.«On peut améliorer [la gestion], donner plus de transparence», dit-il.Mais cela pose aussi la question de l\u2019autonomie.«Quand l\u2019argent vient d\u2019en haut et non pas de la taxation, l\u2019imputabilité des bandes autochtones est vis-à-vis d\u2019Ottawa.Le contrôle n\u2019est pas social.C\u2019est pour ça que dans le rapport, on recommandait de leur donner le pouvoir de taxation.Pour leur donner une imputabilité», dit-il.«Si tu n\u2019as pas à répondre à ta population de l\u2019argent que tu dépenses, ça crée un problème.» Pendant les travaux de la Commission, le juge Dussault avait eu l\u2019occasion de se rendre à Attawapiskat.Il avait alors été saisi du contraste entre cette communauté et la réalité des Cris de l\u2019autre côté de la baie James, au Québec.« Tu déboulais un escalier.C\u2019était tellement différent en termes de développement.[.] On voit l\u2019impact de la Convention de la baie James au Québec.Ça a permis la Paix des Braves et l\u2019entente sur la gouvernance.On construit quelque chose là.Dans le temps de Grande-Baleine [le projet hydroélectrique en 1990], les Cris étaient devant les tribunaux et c\u2019était la guerre de tranchées.Aujourd\u2019hui, je pense qu\u2019ils veulent vraiment être partenaires.» René Dussault n\u2019a jamais cessé de s\u2019intéres- René Dussault en cinq dates 23 novembre 1939: Naissance à Québec 1975: Alors sous-ministre au ministère de la Justice du Québec, René Dussault coordonne la rédaction des projets de loi découlant de la Convention de la baie James 1984: Publication de la 2\u2018^ édition du Traité de droit administratif avec Louis Borgeat 1989: M.Dussault est nommé juge.Huit ans plus tard, il est nommé à la Cour d\u2019appel 1991-1996 : Commission royale sur les peuples autochtones Iv CLEMENT ALLARD LE DEVOIR Le juge René Dussault pose devant les 4000 pages du rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones qu\u2019il a coprésidée.ser au dossier autochtone depuis la Commission.Mais il connaît particulièrement bien le dossier cri parce qu\u2019il a rédigé l\u2019entente de principe de 2011 entre la nation et le gouvernement du Québec.Le rôle moteur des ressources naturelles D\u2019ailleurs, ce qui se passe avec les Cris lui donne de l\u2019espoir pour l\u2019ensemble des autochtones.« Tout est loin d\u2019être noir.Il y a un développement économique quand même à cause de l\u2019intérêt pour les ressources naturelles.» Le développement du Nord et les mines seraient de formidables outils de développement pour les autochtones.«Le fait que diverses sociétés minières ou forestières développent des ententes avec les communautés concernées par les répercussions, c\u2019est un bon progrès.Il n\u2019est plus question de faire comme en 1975 lors de la Convention, de donner des montants forfaitaires et de s\u2019occuper du développement.Les redevances sur les ressources qui vont aux autochtones, c\u2019est devenu un incontournable.» Et ce, en partie grâce à la Cour suprême, qui, depuis une dizaine d\u2019années, a imposé dans ses décisions «l\u2019obligation de consulter» les autochtones avant de développer les ressources.M.Dussault précise toutefois que les réussites des Cris ne découlent pas seulement des ressources et des barrages.«Leur gros avantage, c\u2019est qu\u2019ils se sont regroupés», dit-il.«Il y a dix communautés qui sont ensemble, une administration régionale crie.[.] C\u2019est comme ça qu\u2019ils ont pris de l\u2019avance.» Mais avec ou sans ressources naturelles, la clé de la réussite des autochtones est l\u2019éducation, répète-t-il.«Il faut travailler sur tous les blocages à l\u2019éducation des jeunes, tous les freins.» Depuis 1996, il remarque qu\u2019il y a davantage de jeunes autochtones avocats, ingénieurs, mais il en faut beaucoup plus, dit-il.Autre point positif, la création de la Commission de réconciliation sur les pensionnats et les excuses faites par Stephen Harper aux victimes en 2008.Les blessures sont profondes, dit-il.D\u2019ailleurs, les réticences de certains parents autochtones à faire étudier leurs enfants ne sont pas étrangères au traumatisme des pensionnats, à son avis.«La relation de confiance, il n\u2019y a pas de recette magique pour la faire renaître.Il y a des démonstrations à faire», avance-t-il.«C\u2019est pour ça qu\u2019on avait intitulé le rapport KVoxihe d\u2019un rapprochement».Lorsqu\u2019on lui demande ce qui l\u2019a le plus marqué durant les travaux de la Commission royale, il souligne qu\u2019««7 faut investir beaucoup personnellement pour créer une relation de confiance».«Je me suis fait dire souvent: \u201cMon-trez-moi une parcelle de votre âme.\u201d» Loin du juge l\u2019envie de se plaindre du sort du rapport.Selon lui, on n\u2019a pas le choix d\u2019être optimiste.De croire à la possibilité d\u2019un changement.Pourquoi?«Parce que l\u2019inverse n\u2019a pas de bon sens.» Le Devoir RICHES SUITE DE LA PAGE 1 veilleux patineurs en leur genre.Qu\u2019on ne les revoie pas avant 2020 crée un sacré quelque chose dans la région.Examinant tout ça, l\u2019amateur moyen, lui, se demandait justement pourquoi il avait fallu attendre si longtemps avant qu\u2019un dénouement heureux ne survienne.Avec un peu de bonne volonté de part et d\u2019autre, une entente aurait été possible dès le départ, non?C\u2019était oublier qu\u2019il n\u2019y en avait pas, de bonne volonté, et qu\u2019une date limite peut accomplir de petits miracles, surtout quand elle vous montre une photo du précipice qui s\u2019en vient et qui vous engloutira par l\u2019absurde.La crainte de la gourmandise À cet égard, il existe trois catégories de partisans.L\u2019ex, en beau fusil, qui jure qu\u2019on ne l\u2019y reprendra plus et que le sport professionnel, c\u2019est bien fini, qu\u2019ils aillent tous au diable, et qui entend se mettre à la poterie abstraite pour compenser; par-delà la fermeté de ses intentions, on observe souvent chez l\u2019ex une rechute à plus ou moins brève échéance.Le modéré, pour sa part, est au milieu : il n\u2019arriverait guère à se passer de son divertissement préféré tout en conservant un équilibre général dans sa vie, mais il sait où frapper pour punir les coupables, en plein dans leur portefeuille, aussi se bornera-t-il à l\u2019avenir à regarder les matchs dans le confort de son salon ou depuis le pub du voisinage, pas question d\u2019acheter un billet.Et on retrouve le jovialiste, qui reconnaît d\u2019emblée son assuétude, qui ne se peut plus que ça recommence et qui va jusqu\u2019à se réjouir de ce que nous approchions de la mi-janvier et que son Canadien ou ses Maple Leafs n\u2019aient pas encore subi la moindre défaite.Les conflits de travail passés dans le monde du sport ont montré que ce dernier est fort répandu, et que propriétaires et joueurs le savent: pour un qui a fait une croix, cinq cents reviendront toujours.Il y aura donc du hockey de la Ligue nationale, avec un plafond salarial replacé à CHRIS JOHNSTON LA PRESSE CANADIENNE Gary Bettman et Donald Fehr s\u2019adressant à la presse tôt dimanche matin.64,3 millions $ par équipe par saison à compter de la deuxième année de la convention collective, un partage des revenus 50-50, un fonds de pension amélioré, un mécanisme de transition, une limitation de la variation de la rémunération d\u2019année en année (merci, Ilya Kovalchuk) et toutes ces choses qui favorisent l\u2019assoupissement la fin de soirée venue.Mais la singularité de ce lockout \u2014 et de sa conclusion \u2014 réside dans un élément particulier: la durée maximale des contrats.Là, on a vraiment de la difficulté à comprendre.Les propriétaires tenaient mordicus à ce que la limite soit fixée à cinq ans pour un joueur autonome qui change d\u2019équipe et à sept pour un autre qui signe avec le même club.Pourquoi ?Pour se protéger contre leur propre gourmandise.Car ce sont bien des proprios comme vous et moi (enfin, vous) qui, peu de temps avant l\u2019imposition du lockout, ont offert, au Minnesota, des ententes de 13 saisons pour 98 millions $ à Zach Parise et à Ryan Suter, et à Philadelphie, un pacte de 100 millions $ sur 14 ans à Shea Weber.Les Predators de Nashville ont dû égaler cette dernière proposition afin de conserver les services de Weber.« La colline où nous sommes prêts à mourir» Or il appert que ces prodigues personnages n\u2019étaient pas, au moment de procéder, sous la menace d\u2019un quelconque supplice par immersion ni d\u2019une soumission à une projection des buts de Scott Gomez en boucle, ce qui fait un peu répétitif.Ils ont agi de leur plein gré, et en sachant pertinemment que les règles allaient bientôt changer.C\u2019eût eu des dlures de délit d\u2019initiés si tout le monde n\u2019avait été au courant, rompu à l\u2019observation de l\u2019impudence de çes milieux détachés du monde.Evidemment, que cela soit désormais conventionné permet d\u2019éliminer la possibilité d\u2019accusations de collusion.Mais c\u2019en dit pas mal sur la nature du système et des gens qui le composent.Au lieu de cinq et sept ans, ce sera finalement sept et huit.Et pourtant.Et pourtant, pas plus tard que le mois dernier, le commissaire adjoint Bill Daly affirmait que le plafond de cinq et sept ans faisait partie des éléments se trouvant au sommet de ce qu\u2019il appelait «la colline où nous sommes prêts à mourir».Aucun recul acceptable.Il faut croire que contrairement à ce qu\u2019on croit depuis des millénaires, la mort est une chose bien relative, et négociable.Qui a gagné ?Les amateurs de sport affectionnent tellement que tout se termine par une victoire et une défaite et ils exècrent le match nul, ce à quoi ressemble pas mal la situation actuelle.Mais quoi qu\u2019il en soit, n\u2019oublions pas une chose : après le règlement du lockout qui avait forcé l\u2019annulation complète de la saison 2004-2005, les experts patentés étaient unanimes à annoncer que les proprios avaient passé les joueurs à l\u2019essoreuse, notamment avec ce plafond salarial dont l\u2019AJLNH assurait qu\u2019il ne verrait jamais, jamais le jour.Et pourtant.Et pourtant, huit ans plus tard, les joueurs étaient prêts à vivre avec cette convention collective jusqu\u2019au fin fond de l\u2019éternité alors que la ligue, cette grande conquérante, se plaignait que le foutu système ne fonctionnait juste pas.Mais bon, il y aura du hockey.N\u2019est-ce pas là l\u2019essentiel si on a les priorités à la bonne place ?La nation a le cœur ragaillardi, même si elle dispose de bien peu de temps pour faire son pool.Le Devoir ARMES SUITE DE LA PAGE 1 dation lui attribue d\u2019ailleurs la note «E», pour ses prises de position systématiques pour un contrôle plus strict des armes à feu.Le groupe de travail réfléchit notamment à la possibilité de mettre en place une «base de données» pilotée par le Bureau fédéral de l\u2019alcool, du tabac et des armes à feu pour suivre les ventes et les échanges d\u2019armes à feu au niveau national, selon les sources du Washington Post.M.Biden étudie aussi la possibilité de vérifier l\u2019état du casier judiciaire d\u2019un acheteur d\u2019armes.Il a notamment été question de la mauvaise qualité des informations contenues dans les bases de données servant à vérifier les casiers judiciaires des personnes souhaitant acheter une arme à feu, selon Richard Stanek, un responsable d\u2019une association de shérifs, qui a participé à une réunion du groupe de travail.On a aussi évoqué la possibilité de mieux encadrer les ventes d\u2019armes aux personnes atteintes de maladies mentales.Le groupe pense aussi à la mise en place de sanctions plus sévères pour ceux qui portent des armes près des écoles ou qui en fournissent aux mineurs, selon plusieurs sources citées par le Washington Post.Le groupe n\u2019a pas encore énoncé de recommandations finales à l\u2019intention du président, précise un porte-parole de la Maison-Blanche.La NRA n\u2019impressionne pas la Maison-Blanche Mais le président Obama s\u2019attend d\u2019ores et déjà à une vive opposition de la part des groupes d\u2019intérêts, comme la NRA, et des élus qui les soutiennent.Les recommandations seront déposées d\u2019ici un mois.Dès lors, l\u2019administration Obama souhaite mener une bataille de relations publiques pour rapidement faire passer des mesures qui permettront de mieux encadrer le commerce des armes.Pour ce faire, la Maison-Blanche souhaite obtenir le soutien de certains revendeurs d\u2019armes, comme la chaîne de magasins Wal-Mart.En effet, des lois plus restrictives pour les ventes d\u2019armes de particuliers à particuliers, notamment lors des foires aux armes, pourraient favoriser les détaillants comme Wal-Mart.La Maison-Blanche a été en contact régulier avec les conseillers du maire de New York, Michael Bloomberg.Ce dernier est un partisan du contrôle des armes à feu.Les recommandations du groupe de travail risquent de faire réagir les républicains, qui pour la plupart soutiennent la NRA, mais aussi certains démocrates, qui en sont membres.En entrevue avec le réseau NBC, le sénateur républicain Mitch McConnell s\u2019est toutefois fait avare de commentaires, pour le moment.Il a demandé à voir les recommandations d\u2019abord, avant de s\u2019exprimer.Toutefois, il a prévenu que pour les trois prochains mois, les discussions au Congrès porteront seulement sur la dette et les dépenses fédérales, et que le contrôle des armes à feu n\u2019est pas une priorité à ses yeux.La sénatrice démocrate Heidi Heitkamp, qui est membre de la NRA, a qualifié les idées du groupe de travail à'«extrêmes», pour le moment.En entrevue au réseau ABC, elle a déclaré que de telles mesures, si elles sont présentées, ne passeront pas.Mais l\u2019administration Obama souhaite trouver des solutions afin d\u2019éviter d\u2019avoir à demander l\u2019accord du Congrès.L\u2019une d\u2019entre elles consisterait à moderniser le programme de contrôle des armes à feu déjà mis en place par le Bureau fédéral de l\u2019alcool, du tabac et des armes à feu, selon des personnes qui ont participé aux séances du groupe de travail, citées par le Washington Post.Une autre solution serait d\u2019apporter des changements aux programmes fédéraux destinés aux personnes ayant des problèmes de santé mentale.L\u2019administration Obama souhaiterait aussi agir rapidement, profitant du fait que l\u2019opinion publique américaine est encore sous le choc de la tuerie de Newtown.Samedi encore, trois personnes ont été tuées lors d\u2019une prise d\u2019otages à l\u2019issue de laquelle le tireur a été finalement abattu par la police, dans la ville d\u2019Aurora, au Colorado.Le preneur d\u2019otages s\u2019était retranché dans une résidence.Aurora avait déjà été le théâtre d\u2019une fusillade dans un cinéma de la ville, qui avait fait 12 morts.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir vN i .CAROLYN RASTER ASSOCIATED PRESS Le vice-président américain, Joe Biden, dirige un groupe de travail sur le contrôle des armes à feu.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com OG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par 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division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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