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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-01-19, Collections de BAnQ.

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[" W' ¦¦ \\ Irene F.Whittome, entre le vide et le plein Page E 3 Le chef Ivân Fischer, créateur d\u2019orchestre Page E 6 CDITÜR.E CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 2013 ;¦\t-v- %) Si KÏW.1C ^¦.4t Denis Marleau et Stéphanie Jasmin reviennent à une dramaturgie contemporaine avec Le dernier feu de l\u2019Allemande Dea Loher.CHRISTIAN SAINT-PIERRE Après un détour plus ou moins heureux du côté des classiques, que ce soit Sénèque, Shakespeare ou Molière, Denis Marleau et Stéphanie Jasmin reviennent à une dramaturgie contempo- bault à l\u2019Espace Go, en 2011.Pour Denis Marleau, le premier contact s\u2019est fait autrement.«Curieusement, c\u2019est par la Comédie-Française que fai rencontré l\u2019écriture de cette auteure.C\u2019est l\u2019administrateur général, Muriel Mayette, qui m\u2019a donné à lire Innocence, qui est une pièce magnifique, ambitieuse, pour laquelle moi et Stéphanie avons eu un véritable coup de Suspendus entre la vie et la mort Denis Marleau et Stéphanie Jasmin plongent dans les entrailles d\u2019un grand brasier avec Le dernier feu raine avec laquelle ils semblent entretenir un rapport plus naturel, pour ne pas dire inné.Avoir mis en scène Thomas Bernhard et Elfriede Jelinek aura fourni au tandem des outils qui leur seront fort utiles maintenant qu\u2019est venue l\u2019heure de s\u2019attaquer à une pièce de l\u2019Allemande Dea Loher intitulée Le dernier feu.Pour les spectateurs montréalais, la porte d\u2019entrée dans l\u2019univers de Dea Loher a été Manhattan Medea, la pièce mise en scène par Denise Guil- cœur Finalement, pour différentes raisons, nous ne l\u2019avons pas montée.Quand Ginette Noi-seux [la directrice artistique d\u2019Espace Go] nous a fait lire Le dernier feu, l\u2019une des dernières pièces de l\u2019auteure allemande, nous sommes à nouveau tombés sous le charme.D\u2019abord parce que les thèmes de son théâtre sont récurrents, mais aussi parce que nous avons découvert une autre des écritures de Loher.» Convoquer un monde La pièce, créée à Hambourg en 2008, traduite en français par Laurent Muhleisen et publiée à L\u2019Arche, est défendue par huit comédiens (Peter Ba-takliev, Annick Bergeron, Maxime Dénommée, Noémie Godin-Vigneau, Louise La-prade, Jérôme Minière, Daniel Parent et Evelyne Rompré), à qui il incombe de donner naissance à un microcosme.«Ily a, parmi les personnages, des vieux, des jeunes et des enfants, explique Marleau.Ce mélange de générations est l\u2019une des forces de cette écriture.Elle convoque un monde, un monde réel, en procédant à une adroite représentation de la vie d\u2019un quartier, et même d\u2019une société.La manière dont chaque personnage entraîne avec lui un pan d\u2019histoire plus ou moins tragique, c\u2019est extraordinaire.En même temps, tout ça est d\u2019une grande complexité, pas simple du tout à mettre en scène.» Il faut préciser ici que la pièce appartient à ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler le théâtre-récit.C\u2019est-à-dire que les événements dont il est question ont déjà eu lieu, dans ce cas-ci il y a sept ans, et qu\u2019ils nous sont racontés par les personnages dans le présent de la scène.Les protagonistes sont donc à mi-chemin entre la subjectivité et l\u2019objectivité.Ils transcendent ce qu\u2019ils ont vécu, mais en même temps ils le revivent, s\u2019y replongent.Il se pourrait même que certains d\u2019entre eux s\u2019adressent à nous d\u2019outre-tombe.«À la première lecture, explique Stéphanie Jasmin, la pièce se révèle presque clas- PEDRO RUIZ LE DEVOIR sique.Mais, quand on s\u2019y attarde vraiment, on comprend que ces personnages viennent rejouer sous nos yeux, en direct, des fragments du passé et, surtout, qu\u2019ils sont ensemble pour le faire.Ils ont des rapports aux mots qui sont différents.Certains n\u2019arrivent pas à nommer la douleur ou la culpabilité qui les habite alors que d\u2019autres parviennent très bien à le faire, ce qui dérange ou bouscule les autres.On n\u2019est donc pas du tout dans la logique du retour en arrière, mais bien dans une mise en évidence de la convention théâtrale.Ainsi, de manière indirecte, la pièce parle beaucoup du théâtre, de son essence, de ce qu\u2019il est capable d\u2019accomplir sans l\u2019ombre d\u2019un artifice.» Un événement déclencheur L\u2019événement qui va relier à jamais les destins de ce groupe de voisins d\u2019un quartier populaire d\u2019une ville occidentale qui n\u2019est pas nommée, c\u2019est la mort d\u2019un enfant.Il y a sept ans, le petit Edgar a été fauché par une voiture.Le seul témoin de l\u2019accident est Rabe, un étranger arrivé le jour même dans le quartier.Dans les premières minutes du spectacle, les personnages établissent ainsi la convention qui va régir tout le spectacle: «Nous, qui racontons cette histoire / Nous n\u2019existons peut-être pas / Nous reconstituons cette histoire c\u2019est tout / Épisode par épisode / Parce que nous pensons qu\u2019ensemble nous VOIR PAGE E 5 : SUSPENDUS E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 2013 CULTURE Gérontofolie ^ ^ Odile Tremblay ardi soir, je suis allée entendre Joseph Rouleau, au Forum Cineplex, dans le coin d\u2019Atwater.Lui qui fréquente davantage les opéras que les cinémas ne venait pas chanter, mais causer.Ce qu\u2019il faisait fort bien.Cette rencontre était organisée par l\u2019Opéra de Montréal et le distributeur Alliance Films, avant une projection du film Quartet {Le quatuor) , premier long-métrage de l\u2019acteur Dustin Hoffman.Son cadre : une maison de retraités pour musiciens, dont plusieurs ex-chanteurs d\u2019opéra ridés et chenus.Joseph Rouleau venait pour la promo, mais qui allait s\u2019en plaindre ?On buvait les paroles du chanteur lyrique, aujourd\u2019hui octogénaire, basse qui donna de la voix sur les plus grandes scènes du monde.Celui qui fut Roméo, Don Quichotte, Philippe II, Boris Godounov, Mé-phisto et compagnie nous a fait bien rire avec son parcours de carrière.Les fées s\u2019étaient penchées sur le berceau de ce fils de Matane \u2014 ville portée davantage sur la crevette que sur l\u2019opéra, surtout au milieu des années 40 \u2014 pour pousser vers la carrière lyrique celui qui chantait en amateur.Une rencontre fortuite avec Wilfrid Pelletier allait faire bifurquer ses projets d\u2019étude en droit ou en médecine vers le Conservatoire de musique de Montréal, où il devint le premier étudiant inscrit en chant.sans professeur dans cette discipline.Son récit de l\u2019audition à New York devant David Webster, le directeur du Covent Garden de Londres, tenait du numéro co- mique.Une malencontreuse laryngite empêchait la jeune basse de chanter bien longtemps.Qu\u2019à cela ne tienne ! Webster l\u2019embaucha illico au Covent Garden, où il prit racine durant 20 ans.On aurait écouté longtemps ses déclarations d\u2019amour à la musique et à sa meilleure partenaire, la soprano Joan Sutherland, si les lumières ne s\u2019étaient éteintes pour la projection, en lui coupant le sifflet.Alors, on a vu ce Quartet adapté de la pièce de Ronald Harwood (film qui a depuis gagné nos salles).Maggie Smith y incarne l\u2019ancienne gloire de l\u2019opéra Jean Horton, qui prend sa retraite dans un Chez-nous des artistes, avec péripéties sentimentales, drolatiques et artistiques au programme.Des acteurs vétérans : l\u2019inénarrable Maggie Smith, mais également Torn Courtenay, Billy Connolly, Pauline Collins et le merveilleux sir Michael Gambon en ancien maestro cabotin, y donnent la réplique à de vrais musiciens et chanteurs retraités, qu\u2019Hoff-man recruta çà et là en les extirpant de leurs tanières respectives.Quartet, film un peu convenu, se révèle charmant, avec sa morale allergique à toute sinis-trose, du genre : «Profitez de la vie le plus longtemps possible.Ne mourez pas avant d'être morts.Et, au-delà de cette limite, votre ticket est encore valable.» Envolé, le temps où Dustin Hoffman s\u2019offrait à travers Le lauréat une frémissante initiation sexuelle dans les bras de l\u2019accorte Anne Bancroft en Mrs.Robinson.L\u2019acteur, à 75 ans bien sonnés, pour ses premiers pas de réalisateur, a battu le rappel des cheveux blancs, et doit même se sentir en terrain de connaissance.Il n\u2019est pas le seul, remarquez ! Le septuagénaire Michael Haneke, avec Amour, Palme d\u2019or à Cannes, cinq fois en nomination aux Oscar, nous offre le bouleversant duo de deux m3d:hes du cinéma en fin de parcours: Jean-Louis Trin-tignant et Emmanuelle Riva.Ce film, à ne manquer sous aucun prétexte, conjugue la maladie, le déclin, l\u2019amour et la mort.Qu\u2019une œuvre en français réalisée par un cinéaste autrichien infiltre si profondément le fief américain des Oscar tient à son immense valeur.On parle de choc SONY PICTURES À 78 ans, Judi Dench dans le film Skyfall n\u2019est-elle pas la véritable Bond Girl des récentes aventures de l\u2019agent 007 ?cinématographique, auquel tous les publics sont sensibles.N\u2019empêche que bien des académiciens votants sont âgés et conservateurs.Le couple au bord du gouffre d\u2019Amour les interpelle, cpmme on dit.Signe des temps?Faut croire.A 78 ans, Judi Dench dans Skyfall n\u2019est-elle pas la véritable Bond Girl des récentes aventures de l\u2019agent 007 ?Force est de le constater : de plus en plus de films courtisent une clientèle de l\u2019âge d\u2019or, lui offrant des figures miroir auxquelles s\u2019identifier.Soit! Holl3rwood persiste à faire les yeux doux aux ados, mais ces derniers téléchargent à qui mieux mieux les films et commencent à déserter les grands écrans.Les aînés, en général plus éduqués que ceux d\u2019hier, plus riches aussi, restent fidèles au cinéma de leurs premières amours.Une clientèle soudain fort séduisante.Alors, les acteurs et actrices d\u2019après floraison, longtemps relégués aux troisièmes rôles ou renvoyés dormir au milieu des boules à mites, sortent timidement de l\u2019ombre.Le phénomène démarre en Europe.L\u2019Amérique suivra bientôt et le Québec sans doute, car sa population vieillit aussi, veux, veux pas.En 2011, The Best Exotic Marigold Hotel de John Madden lançait des retraités britanniques sur la route des voyages et récoltait un succès-surprise (134 millions en recettes mondiales aux guichets).En 2012, un florilège de vedettes d\u2019âge respectable, de Pierre Richard à Jane Fonda en passant par Geraldine Chaplin, Claude Rich et Guy Bedos, partait s\u2019installer en commune sur un air de comédie dans Et si on vivait tous ensemble ?du Français Stéphane Ro-belin.Ajoutez qu\u2019un des films les plus appréciés du dernier Festival des films du monde, à la clientèle pas trop jeunette, fut l\u2019émouvant Corning of Age {Anfang 80) des Autrichiens Sabine Hiebler et Gerhard Ertl, sur un amour d\u2019octogénaires.Le jury décerna d\u2019ailleurs à son acteur, l\u2019excellent Karl Merkatz, le prix d\u2019interprétation masculine.On n\u2019en sort pas car, au début de février.Song for Marion de Paul Andrew Williams atterrira sur nos écrans.Vanessa Redgrave joue une cancéreuse en phase terminale et Terence Stamp, son mari grognon, sur une histoire de chorale d\u2019ainées.La rumeur annonce un film pétri de clichés.Ne fait pas Amour qui veut.Mais bon vent, mauvais vent, le cinéma souffle bel et bien aussi dans la cour de Géronte et va finir par le rendre sexy.Tous ces vieux acteurs nous épatent, faut dire, et on salue bien bas leur résurrection.Trintignant déclare offrir la meilleure performance de sa vie dans le film d\u2019Ha-neke.Le pire, c\u2019est qu\u2019il a raison.otremblay@ledevoir.corn Dure aussi > Notre critique du film Quartet, le premier long-métrage de l\u2019acteur Dustin Hoffman.Page E 9 1 Si DU 15 JANVIER AU 23 FÉVRIER M.r.M se en scène PH UPPE LAMBERT Conseil des Les deux lo^ondes présentent («a, ¥ Les compositions et trouvailles sont particulièrement émouvantes et éloquentes.- Le Devoir Un voyage fascinant et poétique.- The Gazette i^ÊÊ On grand pouvoir d'évocation.- Radio-Canada Une œuvre d'une grande efficacité.- Journal de Montréal CARNETS DE VOYAGES Théâtre,^ musique et multimédia 22 JANVIER AU 9 FÉVRIER 2013 Mardi au vendredi a 20h, samedi a 16h Conseil des arts et des lettres Québec i CONSEIL DES ARTS > Conseil des arts\tDE MONTREAL .du Canada LE DEVOIR De NORMAND CANAC-MARQUIS (texte), MICHEL ROBIDOUX (musique), YVES DUBÉ (vidéo) et DANIEL MEILLEUR (mise en scène) Avec Normand Canac-Marquis et Véronique Marchand Voix Noëlla Huet, mezzo-soprano Deux acteurs en tournée s'interrogent sur ce qui les entoure et ce qui donne un sens à leur vie dons un monde traversé par divers conflits AUX^ECURIES 7285, rue Chabot, Montreal $ Fabre 514 328-7437 auxecuries.com Janvier s'annonce chaud au Centre Phi.Cinéma Du 14 au 27 janvier TIFF: CANADAS TOP TEN Le meilleur du Festival international de films de Toronto courts et longs métrages incluant Laurence Anyways, Rebelle, Cosmopolis, Stones we tell, The world before her Gratuit Du 16 au 30 janvier CARTE BLANCHE À DENIS CÔTÉ 5 soirs 5 films le choix d un réalisateur Two years at sea.My joy, Tchoupitoulas, Abenland, Le plein pays 11,25$ (taxes et frais inclus) 22 janvier a 19 h 30 Nightlife présente FAT KID RULES THE WORLD de Matthew Lillard (Etats-Unis 2012) avec Jacob Wysocki Dylan Arnold et Billy Campbell 11,25$ (taxes et frais inclus) 29 janvier a 19 h 30 Soirée V.l.Films Voyez le film avant tout le monde ! ME AND YOU de Bernardo Bertolucci (Italie 2012) avec Tea Falco et Jacopo OImo Antinori 11,25$ (taxes et frais inclus) Conférence 17 janvier a 19 h CONVERSATION AVEC THOMAS DEMAND en compagnie de Michael Freid Presentee par DHC/ART et le Centre Phi dans le cadre de I exposition ANIMATIONS de Thomas Demand Gratuit Exposition Du 24 janvier au 17 février LE VOLEUR DE TITRES Poemes photographiques de Carie Coppens Gratuit Programmation sujette a changement sans préavis Consultez notre site Internet pour les dernieres mises a jour Centre Phi -407 rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul) Vieux-Montreal \u2014centre-phi.com phi ¦ TOUS LES L TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 20IS E 3 CULTURE»DE VISU Irene F.Whittome, entre le vide et le plein Trois expositions simultanées pour la grande dame de l\u2019art conceptuel Photo tirée du livre Irene F Whittome-Room 901 aux éditions du Passage Prix Borduas 1997, un demi-siècle de carrière derrière elle, Irene F.Whittome s\u2019est exprimée sur plusieurs techniques, de l\u2019estampe au dessin, de la peinture à la sculpture.Ses moments \\ charnières, ce sont ceux où elle a fait le vide.A l\u2019instar du projet qui remplit les premières semaines de 2013, né.il y a trente ans.JEROME DELGADO Trois expositions simultanées : le début d\u2019année d\u2019Irene F.Whittome, grande dame de l\u2019installation et de l\u2019art conceptuel québécois, ne se fait pas à petits pas.Or celle qui vient d\u2019atteindre le cap des 70 ans ne carbure pas au travail à la chaîne.Hyper-productive ?Irene F.Whittome est plutôt du genre à laisser les choses se pointer: plutôt posée et sage, calme comme l\u2019âme zen qui semble l\u2019habiter, patiente comme l\u2019archétype de la tortue qu\u2019elle s\u2019est appropriée.«Je suis quelqu\u2019un d\u2019instinctif, disait-elle lors d\u2019une rencontre cette semaine dans son pied-à-terre de la rue Laurier./c laisse les choses arriver; après, je vois si ça fonctionne.Dans mon travail, le rituel et le côté expressionniste se croisent souvent.» Toujours entre deux, Irene F.Whittome, elle qui partage sa vie entre la solitude de la campagne et la densité du Plateau Mont-Royal.L\u2019événement Whittome, qui prend place dès cette semaine, s\u2019étend en deux quartiers : dans le Mile-End, au centre Occurrence et à la galerie Simon Blais, la galerie de l\u2019artiste depuis 2005, ainsi qu\u2019au centre-ville, à l\u2019espace Vox.Le triplé n\u2019est pas une rétrospective, même si on expose du travail vieux de trente ans.Plutôt,une réévaluation, avec un soupçon d\u2019inédits.A la source de cette mise à jour: Room 901, une intervention dans un local vide de Montréal de 1980 à 1982, dont ont découlé un ensemble de 1500 photos, de «boîtes-maquettes» et un film.«Pour la première fois, dit-elle, une œuvre me montre une direction.La réapparition de Room 901 s\u2019est faite hors de mon contrôle.» La nouvelle direction l\u2019amène, entre autres, à exposer pour la première fois dans un centre d\u2019artistes.Tout un OCCURENCE Whiteinsect, huile sur toile, 1963.D\u2019Irene F.Whittome En quelques dates 1942: Irene Whittome naît à Vancouver.1968: elle s\u2019établît à Montréal, après un long séjour à Paris.1979: première Intervention dans un espace vide, à New York, dans l\u2019ancienne école appelée à devenir le P.S.l.1980: Irene Whittome 1975-1980, première rétrospective mise en circulation par le Musée des beaux-arts de Montréal.2000: Bio-fictions, exposition majeure au Musée du Québec.paradoxe pour celle qui a eu sa première rétrospective à moins de 40 ans, en 1980.La résurrection de Room 901 a d\u2019abord été proposée par Yves Laçasse, conservateur retraité du Musée national des beaux-arts du Québec.Marie-Josée Jean, directrice de Vox, a pris le relais, et c\u2019est sa volonté de réévaluer rinstallation-performance qui est à l\u2019origine du présent événement.L\u2019exposition à Vox, Intitulée Room 901, et celle chez Simon Blais, Aftermath, sont toutes deux Imprégnées de l\u2019Insensé projet, animé par le besoin de faire le vide.Le volet à Qccurrence s\u2019apparente davantage à une trouvaille archéologique: les peintures à l\u2019huile regroupées sous le titre Bestiaire n\u2019ont pratiquement jamais été vues depuis leur réalisation dans les années 1960.LUI Michaud, directrice d\u2019Qccurrence, a voulu exposer les huiles dès que l\u2019artiste les lui a montrées.«Je n\u2019avais pas été aussi enthousiaste depuis longtemps.On est toujours excité de découvrir des jeunes artistes, mais là, on est devant du travail nouveau, qui sort de son entrepôt.» Portés par des figures mi-humaines mi-ani-males, les tableaux lui ont paru très actuels.Ce sont des autoportraits qui étonnent en regard de la sobriété de la pratique connue de l\u2019artiste.Ils révèlent cependant son amour de la nature et sa quête de l\u2019essentiel.« Ces autoportraits datent de l\u2019époque de Bacon, de Dubuffet, dit la principale intéressée.J\u2019ai été inspirée par The Hero with a Thousand Faces de Joseph Campbell, et par cette idée que chaque individu doit faire une sorte de voyage pour se trouver.» Croix noire Les oeuvres de Room 901 ont été exposées trois fois dans les années 1980, dont la première avait pris ancrage, déjà, dans trois lieux de Montréal: au Musée d\u2019art contemporain, à la défunte galerie Yajima et à l\u2019atelier de l\u2019artiste, le même sur lequel elle avait travaillé pendant plus de 600 jours.L\u2019intervention, à la fois émotive, constructiviste (du Malevitch, presque), picturale, architecturale et minimaliste, a tourné autour du tracé d\u2019une croix noire.« Comment présenter une œuvre qui témoigne d\u2019un tournant de ma vie ?dit-elle au sujet de ce travail aussi autobiographique.Dans toutes les photos, ce qui est évident, c\u2019est la colonne.C\u2019est moi, c\u2019est ma relation avec l\u2019espace vide.» Room 901 fait partie de ses moments charnières, ses «interstices» qui lui ont permis de se ressourcer dans «l\u2019autonomie et la paix».Seuls trois autres épisodes lui sont aussi chers, dont le Musée des traces (1989), qui avait transformé un ancien garage en cabinet des curiosités, et son actuel retrait dans une ancienne carrière de granite de Stanstead, en cours depuis 2004.«J\u2019ai un côté rebelle», admet celle qui a déjà qualifié les institutions A\u2019« environnement hostile».Peur d\u2019être musérfiée, et pourtant redevable aux musées.Un autre paradoxe chez celle qui travaille l\u2019idée de la collection et de la trace, qui aime évoquer le savoir et la mythologie.L\u2019appellation «musée whittomien» était de mise dans les années 1990.Les contraires sont un peu son leitmotiv.Energique et patiente ou, comme le dit Lili Michaud, «force intellectuelle et douceur physique, solitaire et solidaire», Irene F.Whittome fusionne les identités.Initiée à l\u2019art par la culture haïda de sa Colombie-Britannique natale, elle n\u2019a pourtant pas d\u2019origines autochtones, mais néerlandaises.Le «F» de son nom n\u2019a rien à voir avec le traditionnel middle name, mais avec la rivière Fraser où, enfant, elle a failli laisser sa peau.«J\u2019ai toujours cherché l\u2019équilibre.C\u2019est dans les moments critiques, quand ça basculait un peu d\u2019un côté, que je choisissais ces lieux interstices.Ma force vitale est d\u2019aller au bout de moi-même et de sentir cette libération », dit-elle.Collaborateur Le Devoir Les expositions à la galerie Simon Blais et à Occurrence sont déjà en cours.Le volet à Vox débutera le 25 janvier.DVoir aussi > D\u2019autres oeuvres signées par l\u2019artiste Irene F.Whittome.ledevoir.com/culture/arts visuels I MARIANNE McEWEN « Pour la première fois, dit-elle, une œuvre me montre une direction.La réapparition de Room 901 s\u2019est faite hors de mon contrôle», affirme Irene F.Whittome.ESPACE GO 5 IC DE^IB AVtU PETER BATAKLID»?**^ ANNICK BERGERON MAXIME DENOMMEE NOÉMIE GODIN-VîGKTÈÀU LOUISE LAPRADE JÉRÔME MINIÈRE \u2019\t^ DANIEL PARENT ÉVELYNE ROM^RÉ UNE COPRODUCTION ESPACE 1^ + UBU /TEXTE DEA LOHER TRADUCTION LAURENT MUHLEISEN MISE EN SCÈNE & SCÉNOGRAPHIE DENIS MARLEAU STËPIHANIE JASMIN DU 22 JANVIER AU 16 FÉVRIER 0 1 F THEATRE ESPACE GO M 4890 BOUL SAINT-LAURENT MONTRÉAL BILLETTERIE 514 845-4S90 ESPACEGO.COM ^transat LES ENTRETIENS DE GO Le jeudi 24 janvier 2013 dès 18 h, découvrez avec nous les enjeux de la pièce LE DERNIER FEU lors d\u2019un entretien entre les metteurs en scène Denis Marleau et Stéphanie Jasmin et la professeure et chercheure Marie-Christine Lesage.Une manière unique d\u2019avoir les clefs du spectacle avant d'en être les témoins.En collaboration avec Le Devoir E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 20IS CULTURE'THEATRE ^f.ViSÇa.^r, Se couper de soi-même Anne-Marie Olivier aborde le thème de la dépossession avec Scalpée à l\u2019Espace libre â i PEDRO RUIZ LE DEVOIR Anne-Marie Olivier a été nommée en décembre dernier directrice artistique du Théâtre du Trident SCALPEE de Anne-Marie 01ivier_ mise en scène de Véronique Côté 24 janvier - 9 février ssisî- Qû^iecSS Québec Sasa-sais- LE DEVOIR Ulnrc 1945, rue FuUum 514.521.4191 Achat en ligne à espacelibre .qc.cct CJUIIE PIIEMItRES Construire ensemble ide un mon de différent Pour nous appuyer ; www.alternatives.ca \u2022 514.982.6606 CHRISTIAN SAINT-PIERRE Anne-Marie Olivier a été nommée en décembre dernier directrice artistique du Théâtre du Trident.Mais c\u2019est avec Scalpée, un spectacle produit par sa propre compagnie, Bienvenue aux dames!, qu\u2019elle débarque ces jours-ci à Montréal.Après Gros et détail et Annette, des solos encensés par la critique que la principale intéressée n\u2019hésite pas à qualifier de «eûtes», elle s\u2019engage sur un territoire bien plus sombre, plus près de Mon corps deviendra froid, son drame familial présenté au Quat\u2019Sous en 2010, mais aussi de l\u2019univers de Wajdi Mouawad, son mentor.«J\u2019ai le sentiment d\u2019avancer dans le noir avec une lampe de poche, explique Olivier.Ce spectacle, c\u2019est une plaie.Ni plus ni moins.J\u2019ai perdu quelqu\u2019un.Quelqu\u2019un qui est toujours vivant, mais qui a coupé les ponts sans m\u2019expliquer pourquoi.J\u2019ai reçu ça comme un truck en pleine face.C\u2019est ce qui m\u2019a poussée à écrire Scalpée, pourparler de la perte irrémédiable, de ce qu\u2019on perd pour toujours, de cette longue suite de pertes qui nous «Ce spectacle, c\u2019est une plaie.Ni plus ni moins.J\u2019ai perdu quelqu\u2019un.Quelqu\u2019un qui est toujours vivant, mais qui a coupé les ponts sans m\u2019expliquer pourquoi.» usmE 0 mm DÉCANTÉ DE GUY CASSIERS TEMPS 30 JANU\" FÉV .20H D S Rouge décanté est une ode à la maestria.(.) J\u2019espère que Dirk Roojthoojt continuera à jouer cette pièce jusqu\u2019à la fin de ses jours.De Standaard, Belgique BILLET ET PASSEPORT POUR LA SÉRIE 514 521-4493 I USINE-C.COM Theatre Gahléo présente POUR UN OUI POUR UN NON ?e Nathalie Sarraute mise en scene Christiane Pasquier avec Marc Béland Vincent Magnat Julie Saint-Pierre François Trudel équipe de création : Thomas Corriveau Jean Derome Geneviève Lizotte Jacques-Lee Pelletier AnneMarie Rodrigue Lecours du 15 janvier au 9 février 2013 THÉÂTRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLETTERIE 514 526.6582 RÉSEAU ADMISSION 1855 790.1245 THEATREPROSPERO.COM DEMANDE D\u2019ADMISSION NTREZ EN SCENE DATE L M TE UN RÉSEAU ÉCOLES PARTOUT AU QUÉBEC WWW.CONSERVATOIRE.GOUV.QC.CA CONSERVAT musique et d ^«queduQuéb ^ Marsc âsa-Bs- QpBh.PARTENAIRE PRIVILEGIE T Concervato/re ' af Cf'art dramatique 45uébec^« constitue.Perte des illusions, des valeurs, de la virginité, de l\u2019innocence, de l\u2019amour, de la liberté.J\u2019avais besoin d\u2019aborder ça, besoin de traduire cette impression qu\u2019on m\u2019a arraché un bout de moi-méme.Je sais que ça va donner quelque chose de brut, d\u2019imparfait et par endroits de malhabile, mais il fallait que j\u2019en fasse une pièce.» De là sont apparus des thèmes secondaires, comme la crise d\u2019Oka, la cyberdépendance et les émeutes en milieu carcéral, mais surtout trois destins entremêlés, trois personnages torturés qui ont du mal à composer avec leurs origines, qui peinent à garder la tête haute, à livrer leur combat quotidien.«On retrouve partout dans la pièce des meurtrissures, explique l\u2019auteure, les terribles conséquences des secrets et des mensonges, les dépendances que cela a engendrées chez chacun des protagonistes.Pour Charles, le personnage incarné par Steve Gagnon, ce sont les jeux vidéo qui permettent d\u2019engourdir le mal.Pour Elise, sa mère, gardienne de prison, que je joue, c\u2019est l\u2019alcool.Pour Dorothée, le personnage d\u2019Edith Pate-naude, c\u2019est le sexe.» Identité et territoire Un autre aspect fondamental du spectacle, qui est en quelque sorte sur toutes les tribunes ces jours-ci, est notre rapport aux autochtones.«On est en grande majorité des Métis, lance Olivier./e n\u2019arrive pas encore à comprendre pourquoi on y accorde si peu d\u2019importance.On est étrangers à cette réalité, très éloignés, pour ainsi dire allergiques.Pour moi, c\u2019est lié à l\u2019idée de barbarie.On est toujours le barbare de quelqu\u2019un.Les Québécois pour les Canadiens, les Amérindiens pour les Blancs.Cette question est vaste et je pense que je fais juste commencer à m\u2019y intéresser.Je fais attention parce que je ne veux pas le faire de manière quétaine, mais je sais que je vais en parler dans un autre spectacle.» Quand on lui demande ce qui rend sa pièce typiquement québécoise, l\u2019auteure n\u2019hésite pas un instant à nous parler de «l\u2019attachement au territoire».«Je cherche à représenter cet attachement par le chalet, par ce qu\u2019il symbolise pour nous.Le chalet, c\u2019est l\u2019équivalent québécois de la datcha russe, c\u2019est notre contact avec la forêt, la faune et la flore, notre propre animalité, quelque chose de sauvage.C\u2019est là aussi qu\u2019interviennent selon moi les notions de scalpation et de dépossession.Ça concerne le territoire, manifestement menacé par les temps qui courent, mais aussi le mode de vie, l\u2019identité et les valeurs, autrement dit l\u2019aliénation qui vient avec nos choix et nos consentements.» Anne-Marie Olivier semble tenir à ce que ses fonctions de directrice artistique et de codirectrice générale au Trident ne soient en rien liées à ses activités d\u2019auteure.«Je veux continuer à faire de la création à côté, précise-t-elle.Pour moi, c\u2019était une condition sine qua non à mon embauche.Je ne souhaite pas non plus me servir du Trident pour présenter mes spectacles.Au Trident, je tiens à procéder à une passation et à provoquer des rencontres.Je veux programmer des œuvres qui ont du contenu.Je veux que ce soit un grand vecteur de sens.» Collaborateur Le Devoir SCALPÉE Texte: Anne-Marie Olivier.Mise en scène: Véronique Côté.Une production de la compagnie Bienvenue aux dames l présentée à l\u2019Espace libre du 24 janvier au 9 février 2013 et au Théâtre de la Bordée du 5 au 30 mars 2013. LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 2013 E 5 CULTURE)DA NSE La vie en Bleu-Vert-Rouge Marie Béland annonce les couleurs de ce qu\u2019elle appelle elle-même un ovni dans son parcours chorégraphique FREDERIQUE DOYON Elle a du bagou et la bougeotte, dans la vie comme dans ses créations.La jeune chorégraphe Marie Béland, en ascension rapide depuis ses premières créations en 2005 jusqu\u2019à son passage au Festival TransAmériques (FTA) en 2011, en passant par la cofondation du collectif La 2® Porte à gauche, monte maintenant sur la scène de l\u2019Agora de la danse avec son nouveau cru, Bleu-Vert-Rouge.Sa pièce précédente.Behind: une pièce dont vous êtes le héros, a fait un tabac lors de sa création en 2010 puis au FTA en 2011.Après avoir disséqué le processus chorégraphique dans Rayon X: A True Decoy Story, elle choisissait alors, à l\u2019inverse, de dissimuler la danse (!) en n\u2019en révélant que des reflets, des fragments.Audacieux.Son intention dans l\u2019une et l\u2019autre ?Jouer avec les perceptions, changer le regard sur la danse, sur la représentation, pour laisser le spectateur construire sa propre compréhension.Cette préoccupation \u2014 devenue son sujet de maîtrise \u2014 traverse aussi Bleu-Vert-Rouge, qui se divise en trois courtes pièces, en vertu des trois couleurs élémentaires que perçoit l\u2019œil humain et qui composent l\u2019écran cathodique.«J\u2019ai scindé les trois couleurs pour isoler trois facettes du même matériel chorégraphique, c\u2019est le jeu de perception que je propose, explique la chorégraphe.Pour nourrir la matière de la pièce, la question qu\u2019on s\u2019est posée, c\u2019est notre rapport à l\u2019image et au son qui nous entourent et comment l\u2019omniprésence de l\u2019image et de la parole des autres nourrit nos corps et finit par nous forger.» ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les interprètes-collaborateurs Simon-Xavier Lefebvre, Marilyne St-Sauveur et Ashlea Watkin chahutent dans une bonne partie de la pièce, composant presque la seule «musique» de Bleu- Vert-Rouge.D\u2019un bagou à l\u2019autre : les trois interprètes-collaborateurs Simon-Xavier Lefebvre, Marilyne St-Sauveur et Ashlea Watkin jacassent et chahutent dans une bonne partie de la pièce, composant presque la seule « musique » de Bleu-Vert-Rouge.«J\u2019ai eu envie de jouer avec la musique des mots, de la parole, parce que c\u2019est ça, la musique de nos vies, dit Marie Béland.Je joue avec les mots comme des mantras jusqu\u2019à ce qu\u2019ils se vident de leur sens et deviennent des musiques abstraites, pour les remplir ensuite d\u2019un autre sens.On essaie de Traits dominants chez Marie Béland Le jeu avec les codes et la perception de la danse et du spectacle, ainsi que l\u2019approche ludique en général (même si elle n\u2019aime pas le terme à force de l\u2019entendre).Le chaos organisé de ses propositions chorégraphiques.La physicaiité un peu brute de la gestuelle, qui gravite autour d\u2019un concept central fort.La récurrence, la mise en écho, l\u2019autoréférence.La porosité (pour cette pièce-ci en particulier) : « On est baignés dans les images et les paroles des autres, dit Marie Béland.On absorbe ce qu\u2019on voit et entend, puis on le recrache chacun à sa manière.Alors, on a beaucoup travaillé sur les traces que les choses laissent dans notre mémoire et notre corps.» faire la même chose avec les images.» Brouiller la lecture La vidéo, signée Martin Lemieux (LEM), domine donc la pièce.(J\u2019est à elle que revient ici de fragmenter la danse et de brouiller sa perception, tout en lançant la réflexion sur la prégnance de l\u2019image et du son dans nos vies et nos corps.Dans Bleu, le premier tiers de l\u2019œuvre, l\u2019écran trône à l\u2019avant-scène, un peu comme dans Behind, et transmet en direct la danse qui se déroule derrière par un jeu de caméras multipliant les points de vue pour brouiller sa lecture.Vert propose un «micro-univers de la pièce, un peu comme du théâtre d\u2019objets».Tout se résout dans Rouge, qui remet en écho et en abîme des éléments des deux premiers volets.«C\u2019est comme un téléroman qui se mange la queue, ré-sume-t-elle.On joue avec la volonté de se mettre en scène.» Cet exercice autoréférentiel se distingue des pièces précédentes en sortant du discours strictement disciplinaire pour glisser vers un questionnement plus social.Loin de Marie Béland, toutefois, l\u2019intention de donner une leçon.«B n\u2019y a pas de morale ou de dénonciation ; on essaie plutôt de faire s\u2019entrechoquer la matière.» Si sa réflexion passe toujours parle corps, la danse, Marie Béland réalise avec cette pièce qu\u2019elle s\u2019éloigne d\u2019une approche purement dansée.Elle se permet plus que jamais d\u2019emprunter aux autres territoires artistiques, la vidéo, les arts visuels, le théâtre d\u2019objets, tant qu\u2019il s\u2019agit de mieux servir l\u2019œuvre et de donner «un bon show» au public en le secouant un peu dans ses attentes tranquilles.«Bleu-Vert-Rouge est très interdisciplinaire, très indisciplinaire, à un point où je ne sais plus si c\u2019est du théâtre, une installation ou du théâtre d\u2019objets.C\u2019est un ovni.C\u2019est une pièce qui a une identité très propre et très singulière.Alors, c\u2019est super-stimulant et stressant.» Le Devoir BLEU-VERT-ROUGE Du 23 au 26 janvier à l\u2019Agora de la danse SUSPENDUS SUITE DE LA PAGE E 1 en saurons davantage / Que chacun isolément.» 11 est intéressant de noter que les personnages, malgré la teneur collective de leur démarche, ne s\u2019expriment jamais à l\u2019unisson.«Selon moi, explique Jasmin, c\u2019est une façon pour l\u2019auteure de montrer que cette communauté qui essaie de se mettre ensemble pour raconter une histoire ne peut finalement le faire que de manière individuelle.C\u2019est en quelque sorte un constat de l\u2019échec du collectif On peut y voir une problématique très allemande, qui concerne la guerre et la réunification, mais aussi, par endroits, établir des liens avec notre propre quête d\u2019un projet collectif.» La mort de l\u2019enfant va occasionner chez tous les protagonistes un changement de trajectoire, une confrontation avec l\u2019épreuve.11 sera alors question de deuil, de maladie, d\u2019amour, de solitude et de mémoire, mais aussi de racisme et de ter-rorismophobie.«Ces personnages sont d\u2019une fabuleuse humanité, lance Marleau.Bs ont des corps, des corps qui portent des marques, des stigmates.» «Ce n\u2019est pas un théâtre de la pensée, ajoute Jasmin.C\u2019est un théâtre de la prise en charge par le corps.A la fin, les personnages doivent accepter que tout ça se soit déposé dans leur corps et que la vie continue; et c\u2019est peut-être ça le plus tragique.» Collaborateur Le Devoir LE DERNIER EEU Texte: Dea Loher.Traduction: Laurent Muhleisen.Mise en scène: Denis Marleau et Stéphanie Jasmin.Une coproduction de l\u2019Espace Go et de la compagnie Ubu, présentée à l\u2019Espace Go du 22 janvier au 16 février 2013.Dea Loher, dramaturge de sa génération Traducteur, spécialiste du théâtre allemand contemporain, mais aussi conseiller littéraire et théâtral à la Comédie-Française, Laurent Muhleisen a accepté de situer pour nous Dea Loher parmi les dramaturges allemands contemporains.«Elle fait partie de la première génération issue du cursus d\u2019écriture scénique mis en place par Heiner Muller et Tankred Dorst à l\u2019Ecole des beaux-arts de Berlin au lendemain de la chute du Mur.Auteure d\u2019une quinzaine de pièces, elle est aujourd\u2019hui en Allemagne la dramaturge la plus connue et la plus célébrée de sa génération.» «Ses pièces font exister des êtres simples, quotidiens, aux prises avec de grands questionnements, auxquels ils ne savent pas toujours répondre, mais qui les confrontent les uns aux autres avec toute leur énergie, toute leur sincérité, et tout leur désespoir.A l\u2019instar d\u2019Ôdôn von Horvath ou Rainer Werner Fassbinder, mais aussi de romanciers américains tels que Cor-mac McCarthy, elle fait preuve de beaucoup d\u2019empathie envers ses personnages.Elle affiche également un grand sens du plateau, dû à un compagnonnage artistique de près de 20 ans avec le metteur en scène Andreas Kriegen-burg, qui a créé nombre de ses pièces.» STEPHANIE JASMIN Le comédien Maxime Dénommée r:, A UAFFICHE n UNE PRESENTATION DE Desjardins EUGENElONESC M SE EN SCENE FREDERIC DUBOIS Théâxre du Nouveau IVIonde AVEC BENOÎT McGINNIS / VIOLETTE CHAUVEAU / PATRICE DUBOIS / KATHLEEN FORTIN ÉMILIEN NÉRON / ISABELLE VINCENT CONCEPTION LINDA BRUNELLE / STÉPHANIE CAPISTRAN-LALONDE FLORENCE CORNET / ANICK LA BISSONNIÈRE / MARTIN LABRECOUE / PAUL LEFEBVRE / PASCAL ROBITAILLE / RACHEL TREMBLAY TNM.QC.CA 514.866.8668 Théâtre Sortie de Secours et le théâtre l\u2019Escaouette en codiffusion avec le Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui THÉÂTRE I D\u2019AUJOURD\u2019HUI (théâtre l\u2019Escaouette) ÜS TROIS EXILS BlimtsjiélLi.« Un vrai bijou, empreint de générosité, de lucidité et d\u2019humilité.» MONTH EATRE.QC.CA « Drôle, étrangement exaltant et d\u2019une grande finesse.Les trois exils de Christian E.s\u2019avère un plaisir de chaque instant.» VM\\:t DU 15 JANVIER AU 2 FEVRIER 2013 AU THÉÂTRE DAUJOURÔ\u2019HÜiï RESERVATION : 514 282-3900 3900 RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA R Bruns^AO^ Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec rara Conseil des Arts du Canada MONCTON « Une époustouflante performance d\u2019acteur.[.] Il n\u2019y a aucun temps mort pendant cette heure et demie, qui passe à la vitesse de l\u2019éclair.» LE SOLEIL E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 2013 CULTURE .MUSIQUE JAZZ liK\\ SlDIi Le chef-d\u2019œuvre de Ben Sidran SERGE TRUEEAUT Ltannée commence très .bien, fort bien.Beaucoup mieux que la dernière et l\u2019antérieure à la dernière.Il en est ainsi parce que le pianiste et chanteur Ben Sidran vient de signer ce qui est bel et bien un chef-d\u2019œuvre.Ensuite?La filiale allemande d\u2019Universal propose un solde de qualité totale assortie d\u2019un souci réel pour la rareté.Allons-y avec Sidran.Il y a un an et quelques mois, le militant d\u2019un style sculpté s\u2019était appliqué à décortiquer les ballades écrites par Bob Dylan.Le résultat fut très étonnant.Ces jours-ci, il se signale à nous en proposant 13 pièces originales et le classique Reflections écrit par The-lonious Monk.Le titre de l\u2019album?Don\u2019t Cry for No Hipsters.L\u2019étiquette?Nardis/Bon-saï Music.Soyons brutaux dans le sens le plus succinct du terme: aucun temps mort.Aucun défaut.Aucune aspérité, pour parler jeune.Cet album, on le répète, est un chef-d\u2019œuvre.Qualificatif, on tient à le souligner, qu\u2019on emploie très, très rarement.Il en est ainsi parce que Ben Sidran ne se pose pas en simple héritier d\u2019une esthétique «jazzée» par Charles Brown, Shirley Horn et Mose Allison, mais bien en champion toutes catégories mélangées comme confondues.Cet album est un régal continu sur une heure et des poussières de temps parce qu\u2019il.Parce qu\u2019il est fait de nuances, de finesses, et seulement de cela.Ça balance comme ça balançait si bien dans les derniers enregistrements de Count Basie.Ça balance, faut le préciser, au rythme des paresses épicé par une dose de calme, évidemment olympien.Ça hypnotise comme ça hypnotisait dans bien des albums de Lester Young.Ça hypnotise avec légèreté.Car les compagnons de Sidran démontrent dans l\u2019exécution des morceaux une inclination prononcée pour le «tous au diapason».Autrement dit, comme on dit en mauvais français, c\u2019est «tight».Très.Il y a d\u2019ailleurs amplement matière à applaudir à tout rompre Léo Sidran à la batterie, Moises Patron aux percussions, Tim Lunntzel à la contrebasse, John Ellis et Mark Shim aux saxophones et Will Bernard qui, à la guitare, s\u2019avère le frère d\u2019armes de Marc Ribot.C\u2019est dire.Au fond, c\u2019est simple, tout simple: ce disque appartient à la catégorie de ces productions si singulières, dans le sens magnifié du terme, qu\u2019il est hors catégorie.Vive Sidran ! Et vive la filiale allemande du conglomérat culturel Universal, qui a mené une aventure étonnante.Au ras des pâquerettes, voici de quoi il s\u2019agit: chez Archambault \u2014 on ne les a pas vus chez HMV \u2014 on peut acheter deux disques réunis sur un compact pour 10 $ seulement.Mais il y a mieux.«Jazzplus», c\u2019est ainsi qu\u2019a été baptisée cette collection, se distingue de toutes les rééditions par le soin méticuleux appporté à extraire le rare des fonds de cave.En un mot, les responsables de cette collection publient aujourd\u2019hui, tenez-vous bien, des albums qui n\u2019avaient jamais été transposés sur le format CD.Bref, pour l\u2019amateur comme pour le collectionneur, c\u2019est le nirvana.Par exemple, de Clark Terry on propose Everything\u2019s Mellow et AU American paru sur Moodsville/Riverside.Il en va de lui comme il en va de Gerry Mulligan, de Dizzy Gillespie, de Johnny Hodges, de Bill Evans, de Benny Golson et de plusieurs autres.Bref, c\u2019est le pactole de l\u2019année.Déjà?Oui! Le Devoir CHOREGRAPHE ] MARIE BELAND INTERPRÈTES ] SIMON-XAVIER LEFEBVRE MARILYNE ST-SAUVEUR, ASHLEA WATKIN * CONCEPTEURS ] L EJM M, YAN LEE OMAN, OLIVIER DUCAS, STEVE LALONDE FRANCIS MONTY, ÉRIK PALARDY, ANGELA RASSENTI CLASSIQUE MARIE BELAND MARIBÉ - SORS DE CE CORPS BLEU-VERT-ROUGE 23-24-25 JANVIER 20 H / 26 JANVIER 16 H folie douce ET TROUVAILLES ingénieuses Ivan Fischer, créateur d\u2019orchestre La visite du chef de l\u2019Orchestre du Festival de Budapest à Montréal est aussi rare qu\u2019attendue CHRISTOPHE HUSS Mardi, l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) accueille l\u2019Orchestre du Eestival de Budapest, un ensemble remarquable qui, avec son chef et créateur Ivân Eischer, est à la tète de l\u2019une des discographies les plus glorieuses des vingt dernières années.Il est difficile de décrire à quel point la visite de ce chef et de son orchestre nous rend positivement fébrile.Tout d\u2019abord, pour la programmation de la 2^ Symphonie de Rachmaninov, un chef-d\u2019œuvre que l\u2019on entend trop rarement ici et dont Ivân Eischer et son orchestre ont gravé l\u2019une des grandes références discographiques.Ensuite, parce que, pour entendre un concert d\u2019Ivân Eischer, il faut normalement traverser l\u2019Atlantique.Le chef hongrois le confirme au Devoir: sa vie de nomade de la musique est finie.« J\u2019ai quasiment stoppé toute activité de chef invité il y a déjà quelques années.J\u2019aime travailler avec mes orchestres, celui du Festival de Budapest et, désormais, l\u2019Orchestre du Konzerthaus de Berlin.Pour le reste, je me limite à l\u2019Orchestre du Concertgebouw d\u2019Amsterdam et au Philharmonique de Berlin.» Ivân Eischer jure qu\u2019il ne s\u2019agit pas tant d\u2019une décision née de frustrations que d\u2019une simple logique liée à «l\u2019impossibilité d\u2019atteindre, quand il faut repartir de zéro, le niveau très élevé quVW peut] obtenir avec [son] orchestre».Un facteur de consolidation Né en 1951 en Hongrie \u2014 il fête son 62® anniversaire ce dimanche en dirigeant à New York \u2014, Ivân Eischer est l\u2019un des nombreux disciples de Hans Swarowski à Vienne, ce pédagogue qui forma également Claudio Abbado et Zubin Mehta.Chose peu commune, il s\u2019est intéressé très tôt à la musique ancienne et fut assistant de Nikolaus Harnoncourt dans ses jeunes années.Son audace exceptionnelle lui a valu de retourner en Hongrie en 1983 et d\u2019y créer un ensemble d\u2019élite, l\u2019Orchestre du Eestival de Budapest, qui se réunissait alors à quelques occasions ponctuelles, avant de devenir un orchestre permanent en 1992.Eischer et son orchestre ont immédiatement attiré l\u2019attention par leurs enregistrements sur étiquette Philips.Aujourd\u2019hui encore, l\u2019orchestre est quasiment entièrement hongrois : «Lorsque nous serons à Montréal, il y aura environ 85 Hongrois et 5 ou 6 non-Hongrois sur scène, mais si l\u2019orchestre est l\u2019un des meilleurs du monde, ce n\u2019est pas forcément parce qu\u2019il est Hongrois», Ivân Fischer (notre photo) est pédagogue qui forma également estime le chef Parmi les instruments les plus spécifiques, Ivân Eischer cite «les cordes, en raison d\u2019influences croisées viennoises, russes, tziganes».Alors que dans tous les pays du bloc de l\u2019Est (République tchèque et Russie, notamment) la chute du Mur a provoqué un véritable exode des meilleurs musiciens d\u2019orchestre, l\u2019Orchestre du Eestival de Budapest a été un facteur de consolidation.«Au milieu des années 80, on pouvait déjà voyager et sortir du pays avec plus de facilité.La chute du Mur n\u2019a donc pas changé radicalement la situation.Par contre, le succès de l\u2019orchestre a été un facteur amenant les meilleurs musiciens à rester au pays.J\u2019y ai travaillé très fort, et SOURCE ORCHESTRE DU EESTIVAL DE BUDAPEST l\u2019un des nombreux disciples de Hans Swarowski à Vienne, ce Claudio Abbado et Zubin Mehta.TANGENTE Laboratoire de mouveinents contemporains Sflison DE DPUSE COflIEMPORPIflE 2012-2D13 2Ç 25,26 JflNVIERJ9H30 27JPHVIERJ6H STUDIO HYDRÛ-gUÉBEC DU MOnUMEHT-llfiTIOnOL imonumentialional billetterie centrale 514-871-2224 Régulier 20$// Étudiant 16$ LE TERATOME FRÉDÉRIC TRVERMim/Clovek&Ihe 420 En collaboration avec .fiTELIER BflRDfl, JEfln-FRflMÇOIS LAPORTE, RLEXRI1DRE PILOM-GURY, RNHE THÉRIRULT AGORA DE LA DANSE BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL WWW.AGORADANSE.COM tangente.qc.ca ||j\u2019ang£ntë| PHOTO ] MARTIN FLAMAND avec succès.Nous sommes donc, de ce point de vue, une exception à l\u2019Est.» Si les musiciens sont restés, c\u2019est aussi parce qu\u2019il se passait quelque chose de musicalement fort stimulant et que la «Les intégrales étant forcément inégales, il suffit donc d\u2019enregistrer ce qu\u2019on fait le mieux! » Hongrie était alors le mieux loti des pays de l\u2019Lst Père de famille La réputation d\u2019Ivân Lischer est celle d\u2019un travailleur forcené.«Je ne suis pas un chef autoritaire, je suis là pour encourager la créativité de mes musiciens et je me sens comme un partenaire de musique de chambre, père d\u2019une famille heureuse.Si nous travaillons dur, c\u2019est parce que, collectivement, nous aimons cela et avons l\u2019ambition de porter la musique à son plus haut niveau.» Pour atteindre ce niveau, Ivân Fischer ne multiplie pas le nombre de répétitions: «Ce n\u2019est pas le nombre qui compte; c\u2019est la concentration qui permet de travailler plus.Nous ne travaillons pas davantage que des orchestres français ou allemands, mais le niveau de travail est extrêmement élevé.» S\u2019agissant des enregistrements, Ivân Fischer et l\u2019Orchestre du Festival de Budapest, après avoir gravé leurs disques pour Philips dans les années 80 et 90, ont établi un partenariat avec l\u2019étiquette néerlandaise Channel Classics.Que ce soit dans Beetho- ven, Mahler ou Rachmaninov, chacune de leurs parutions est marquante.«Nous enregistrons deux disques par année et choisissons les œuvres dans lesquelles l\u2019orchestre est le meilleur.Channel Classics accepte tous nos choix, qui sont donc purement guidés par des critères artistiques et jamais marketing.» Ainsi, les disques Mahler qui paraissent ne constitueront jamais une intégrale \u2014 «je ne dirigerai jamais la 8®Symphonie», affirme le chef De manière générale, Ivân Fischer considère que, «les intégrales étant forcément inégales, il sujfit donc d\u2019enregistrer ce qu\u2019on fait le mieux» ! Quant à la 2^ Symphonie de Rachmaninov, au programme du concert montréalais, Ivân Fischer n\u2019est pas retourné à son enregistrement: «Cela a forcément évolué, mais à l\u2019intérieur du même concept.Rachmaninov crée de grandes émotions avec des mélodies simples; il faut donc gérer précautionneusement la liberté et les affects, afin que rien ne devienne sentimental ou vulgaire.La beauté, dans Rachmaninov, c\u2019est le bon goût.» Le Devoir ORCHESTRE DU EESTIVAL DE BUDAPEST A la Maison symphonique de Montréal, mardi 22 janvier.Direction: Ivân Fischer.Soliste: Liza Ferschtman (violon).Chos-takovitch: Suite pour orchestre de variété.Bernstein: Sérénade.Rachmaninov: Symphonie ri2.Rens.: 514 842-2112.Fischer en cinq CD essentiels Beethoven: Symphonie ri 7 (Rossini, Weber, Willms).Channel CCSSA 25207 Mahler: Symphonie ri 1.Channel CCSSA 33112 Mahler: Symphonie ri4.Channel CCSSA 26109 Rachmaninov: Symphonie ri2.Channel CCSSA 21604 Schubert: Symphonie ri 9.Channel CCSSA 31111 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 20IS E 7 IDE VISU Des artistes, leurs discours et le politique FAUT-IL SE COUPER LA LANGUE?Edith Brunette Centre des arts actuels Skol, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 314, jusqu\u2019au 9 février.MARIE-ÈVE CHARRON Comme par défi ou par provocation, ça parle beaucoup dans l\u2019exposition Faut-il se couper la langue?.Paroles échangées dans un documentaire et des témoignages filmés d\u2019artistes actuels se font entendre dans des conversations qui ne laissent pas indifférent pour leurs propos sur le rôle social de l\u2019artiste et l\u2019engagement politique.Le printemps érable a ramené dans l\u2019actualité ces questions, qui sont complexes en raison des enjeux paradoxaux qui les composent.L\u2019artiste Edith Brunette est derrière l\u2019exposition qui se frotte à un sujet aussi délicat.Pas étonnant venant d\u2019elle qui, à l\u2019automne 2011, dans un premier solo présenté à la Galerie de rUQAM, montrait déjà un penchant pour les sujets politiques; au moyen d\u2019un dispositif incluant des bandes sonores, de textes et des images, elle soulevait une réflexion sur la surveillance par caméra dans les espaces publics.La même démarche critique préside dans l\u2019actuelle présentation qui, dans un dépouillement austère, met dos à dos des artistes québécois d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui alors qu\u2019ils s\u2019expriment sur leur rapport à la société.La parole est d\u2019abord donnée aux artistes de 1970 par le truchement d\u2019un documentaire de Jacques Giral-deau, puis à sept artistes actifs aujourd\u2019hui que, tout comme Edith Brunette, la grève étudiante a particulièrement interpellés.Autour de 1968 Eorcément, entre les deux générations, un monde a changé.Des liens entre les deux sont toutefois tissés, si ce n\u2019est que par le titre de l\u2019exposition, dérivé du documentaire de Giraldeau intitulé Faut-il se couper l\u2019oreille ?La question est posée dans le film par l\u2019artiste François Dallegret en référence au geste de Van Gogh, un geste de souffrance, qui s\u2019est imposé comme un motif clé dans la conception de l\u2019artiste maudit, ce dans quoi les artistes des années 1970 ne se reconnaissaient plus, bien qu\u2019ils fussent restés en partie romantiques.Qu\u2019est-ce qui, plutôt, secouait le monde de l\u2019art à l\u2019époque?Trois affiches en prélude au documentaire le rappellent de manière succincte: l\u2019occqpation par les étudiants de l\u2019École des beaux-arts en 1968, qui allait entraîner une véritable mutation de l\u2019enseignement des arts.La contestation visait entre autres l\u2019élitisme qui élevait l\u2019art et l\u2019artiste sur un piédestal.L\u2019intervention de l\u2019artiste dans l\u2019espace social, le décloisonnement entre les disciplines artistiques, la participation du public et la prise en compte des nouvelles technologies sont les phénomènes évoqués dans le documentaire par les artistes \u2014 que des hommes \u2014 comme Jean Febe-lure, Richard Lacroix et Serge Lemoyne qui, eux, avaient dès le début des années 1960 contribué à redéfinir le rôle de l\u2019artiste-ce qui n\u2019est pas explicité dans l\u2019expo.Elliptique, ce retour en arrière est néanmoins éloquent; la discussion y était vive, la parole parfois radicale, et on tend à l\u2019avoir oublié.Textes de démarche Quarante ans plus tard, la donne n\u2019est plus la même.Le contexte qui ramène la question du rôle social de l\u2019artiste est celui de la contestation étudiante, pas celui d\u2019une révolution spécifique aux arts.Que peut donc l\u2019art en temps de crise sociale?L\u2019artiste doit-il s\u2019engager politiquement?Qu\u2019est-ce que l\u2019engagement?L\u2019autonomie de fart, sa liberté, est-elle compromise par la participation sociale?& fl Le Centre des arts actuels Skol présente l\u2019exposition Faut-il se couper la langue?, d\u2019Edith Brunette.C\u2019est ce genre de questions, pas nouvelles mais de nature sensible et toujours pertinentes, que Brunette a posé aux artistes.Le mode de présentation, de petits moniteurs qui diffusent les entrevues menées une à une avec chaque artiste séparément, instaure toutefois une certaine monotonie.Les propos intéresseront peut-être Le contexte qui ramène la question du rôle social de l\u2019artiste est celui de la contestation étudiante surtout un public initié qui aura déjà des références sur les exemples évoqués qui se rapportent après tout à une communauté locale relativement restreinte, dont Skol est un des points de ralliement.11 faut d\u2019ailleurs souligner que cette exposition s\u2019inscrit dans une programmation conçue sur mesure par le centre dans la foulée du printemps, avec la volonté de poursuivre les débats.Cela est en soi notable.S\u2019il est question dans les vidéos d\u2019interventions que les artistes interrogés ont faites durant les manifestations, par exemple les affiches de Clément de Gaulejac et les discours politiques mis dans la bouche des participants de Sophie Castonguay, il est aussi question de leur démarche artistique, à tout le moins de la place de leur texte de démarche, un discours désormais requis dans la carrière d\u2019un artiste professionnel, notamment soumis dans les demandes de bourses.Le jargon qui émaillé souvent les textes de démarche est révélateur d\u2019une spécialisation qui a pour effet de refermer le cercle autour du monde de l\u2019art.En même temps, ces textes peuvent être à propos de préoccupations sociales.L\u2019exposition met dos à dos des artistes québécois d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui aiors qu\u2019iis s\u2019expriment sur ieur rapport à ia société.Un début de saison prometteur! 3 mars\tRéflexion sur le voyage et LANCEMENT de la saison 2013 13-16 mars Printemps à NEW YORK LA TRAVIATA à l\u2019opéra du Met Exposition Henri MATISSE Musées, jardin et autres découvertes! 14 avril et 5 mai 25 mai Le %eaux detours CIRCUITS CULTURELS MONTREAL - deux conférences L\u2019eau, l\u2019air, le feu et l\u2019art! DE LA FLANDRE BELGE AUX PAYS-BAS ST-CAMILLE - théâtre - arts visuels Festival international du masque du Québec : MASQ\u2019ALORS! www.lesbeauxdetours.com 514 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d'un permis du Québec Une enfilade de feuilles sur les murs donne d\u2019ailleurs à lire des extraits de textes de démarche qui parlent justement d\u2019un art travaillé par des questions politiques.Les fragments lus confirment l\u2019idée reçue qu\u2019un art à portée politique, disons-le comme ça, doit être critique \u2014 critique de la marchandise, d\u2019un système, des institutions, de l\u2019art lui-même.Pas d\u2019erreur, par sa mise en forme et par les stratégies employées, l\u2019exposition de Brunette est de cet acabit.11 faut savoir que les textes sont de plusieurs artistes.Qu\u2019ils ne soient pas identifiés ou distingués donne l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une multitude de voix sans origine, mais dont le propos se rejoint par des affinités, quelque part uniformisées.Cette exposition en est la révélation; il ne s\u2019agit PHOTOS EDITH BRUNETTE pas d\u2019une seule artiste, mais aussi de son groupe affmitaire.Cela, et la discussion qui aura lieu en galerie entre les artistes le 8 février à 18 h, contrebalance l\u2019approche individuelle adoptée pour les vidéos, si loin avec leurs quasi-monologues de l\u2019échange animé de 1970.Collaboratrice Le Devoir 1 HEURES PROLONGEES! Samedi et dimanche de 9h à 19h «Vraiment, à ne pas manquer!» - Claude Deschênes, Radio-Canada GRATUIT pour les enfants de 12 ans et moins Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.M THE CLARK MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Une présentation de Achetez vos billets renoiramonet.com § Banque Scotia\" metro 3\u201c*™' /Mi Cette exposition est organisée par le Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts.La présentation canadienne est produite en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.Auguste Renoir, Une loge au théâtre (Au concert) (détail), 1880.©Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 2013 CULTURE.TELEVISION A Testé sur des humains Une téléréalité soumet tout un chacun à des Cas de conscience RADIO-CANADA André Sauvé animera à compter du 28 janvier Cas de conscience sur les ondes de RDI.STÉPHANE BAILLARGEON La scène est filmée en secret à Montréal, quelque part sur le Plateau, en été.Un comédien déambule sur le trottoir.Il laisse tomber un billet de 20 $ pour tester la réaction des passants.Une personne sur deux lui signale la perte.Quand un observateur se rajoute à la scène, un témoin assis sur un banc, le taux de remise monte à 92%.Dans un autre essai en caméra cachée, de jeunes adolescentes pensent participer à une séance de test de produits de maquillage quand une complice de la production en apostrophe une autre, elle aussi de mèche, d\u2019abord doucement, puis de plus en plus férocement.Les vacheries se multiplient, mais il faut tout de même 45 bonnes minutes avant que les quatre autres filles interviennent pour protéger la victime de l\u2019intimidation.Ces deux expériences font partie de la nouvelle série de RDI intitulée Cas de conscience, qui prendra l\u2019affiche le lundi 28 janvier, pour une dizaine d\u2019épisodes.Chaque fois, le «laboratoire télévisuel» sert à mettre en évidence un problème social précis, par exemple pour démontrer la soumission volontaire et généralisée aux mécanismes menant à la corruption ou banalisant la violence.L\u2019intimidation, la cohabitation, l\u2019obéissance, la notoriété, la tolérance et la cupidité font partie des thèmes abordés.Chaque fois, des spécialistes (psychologues, La répétition un peu lancinante de la démonstration débouche sur des surinterprétations des différents «lologues» appelés à théoriser sociologues ou philosophes) commentent les résultats des expériences.L\u2019humoriste-hu-maniste André Sauvé, fin observateur des petits travers de la vie et des méandres de l\u2019humain, sert de guide-animateur avec son humour un peu décalé qui sert bien le propos souvent assez grave.Généralisations savantes La production prétend ainsi proposer «une lecture nouvelle des grands enjeux sociaux en ex- P II J OPUS =§5 LES LAUREATS SERONT DEVOILES LORS DU 16^ GALA DES PRIX OPUS LE 27 JANVIER 2013.Une emission spéciale consacrée au 16® gala des prjx Opus sera présentée sur les ondes d\u2019Espace musique, dans le cadre des Soirées classiques animées par Mario Paquet, le mardi 29 janvier 2013 à 20 h CONSEIL QUEBECOIS DE lA MUSIQUE Le Devoir\tlirnil BOURGTË\tLascenaMus/ca/e 100,7™ CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL muBica^on Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts plorant l\u2019origine et les motivations de l\u2019être humain».Y arrive-t-elle ?En partie, oui, mais sans convaincre totalement et efficacement.Le premier épisode visionné, traitant de l\u2019intimidation, laisse souvent l\u2019impression de forcer le trait.Comme si la proposition péchait par défaut méthodologique en voulant tirer des leçons générales à partir d\u2019exemples plus ou moins anodins.Le travers se révèle dès le tout premier sketch.Un comédien bouscule des promeneurs du square Saint-Louis avant de laisser tomber un dossier à leurs pieds.Les réactions diffèrent en fonction de l\u2019attitude du lourdaud.S\u2019il s\u2019excuse, les passants font preuve de compassion et certains l\u2019aident à ramasser sa paperasse.Dans le cas contraire, il suscite la grogne.Et alors?La répétition un peu lancinante de la démonstration débouche sur des surinterprétations des différents « lologues » appelés à théoriser, dans ce cas précis sur l\u2019intimidation.Les généralisations savantes demeurent certainement valables.C\u2019est le lien entre la pratique et la théorie qui ne semble pas toujours évident, même si la formule peut s\u2019améliorer au fur et à mesure du développement de la série.On peut formuler le reproche autrement: fallait-il vraiment passer par ces mises en scène pour réfléchir sur les problèmes?Impression malaisante La mécanique doit beaucoup aux insolences des caméras et autres sketchs tournés en caméras cachées depuis des décennies.L\u2019empire Juste pour rire en a produit tout un tas.Surprise sur prise jouait sur ce terrain.L\u2019émission de TVA Testé sur des humains adapte et développe aussi le concept.La production ne cache d\u2019ailleurs pas la filiation, citant Les insolences d\u2019une caméra.Le créateur de cette très vieille émission à caméra cachée dans les années 60, Alain Stanké, a d\u2019ailleurs été consulté par l\u2019équipe de Cas de conscience.Seulement, au total, on se retrouve avec une étrange impression malaisante de théoriser à partir de scènes plus ou moins loufoques.La maison Blimp a l\u2019habitude du détournement des canevas de la téléréalité au profit de nobles causes.La logique appréciable a déjà donné la passionnante série Naufragés des villes, sur la pauvreté contemporaine.Cette fois, il s\u2019agit donc de divertir les farces et attrapes filmées pour parler de sujets graves.Le résultat est beaucoup moins convaincant tout en se laissant regarder.Le Devoir EtsiV doimait la leçon.Les émissions à sketchs ont la cote.La chaîne V en rajoute avec la production Et si, concoctée par l\u2019équipe qui a déjà donné Les détestables, une des belles surprises de l\u2019automne.Dans cette série filmée en caméra cachée, de vieux tannants multipliaient les mauvais coups en repoussant sans cesse les limites du bon goût.Cette fois, des comédiens professionnels imaginent des situations loufoques, improbables et surréalistes.Et si tout le monde était joueur de hockey, ça donnerait quoi?Et si Face-book tombait en panne?Et si les garçons bouchers étaient des stars?Et si le Titanic n\u2019avait jamais coulé?Tout devient possible, surtout quand l\u2019humoriste-pro-ducteur de talent Louis Mo-rissette se retrouve aux commandes.L\u2019émission tournée au Québec est présentée le lundi à 19 h. LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 20IS E 9 CULTURE'CINEMA Le flair de Mads Mikkelsen L\u2019acteur danois revient chez lui Liaison royale^ un film de son compatriote Nikolaj Arcel ANDRE LAVOIE Avec ses yeux perçants, sa gueule de dur à cuire et sa stature imposante, des atouts qui lui ont permis jadis d\u2019obtenir le titre de «l\u2019homme le plus sexy du Danemark», l\u2019acteur Mads Mikkelsen ne passe jamais inaperçu.Si plusieurs l\u2019ont découvert dans Casino Royale aux côtés de Daniel Craig dans le rôle du Chiffre, le cinéma lui fait de l\u2019œil depuis longtemps, lui qui a fait des débuts remarqués dans Pusher (f996), de Nicolas Winding Refn.Depuis, il tourne dans plus d\u2019une langue (en français dans Coco Chanel & Igor Stravinsky) et ne se limite pas aux frontières de la Scandinavie (car il parle aussi suédois).Lors de notre entretien téléphonique à l\u2019occasion de la sortie, vendredi prochain, de Liaison royale, de son compatriote Nikolaj Arcel, Mads Mikkelsen parle de ce film comme A\u2019«un retour à la maison ».Avec son charisme habituel, il interprète un médecin de province, Johann Friedrich Struensee, qui jouera un rôle déterminant dans l\u2019histoire du Danemark: au XVIIF siècle, il était connu pour ses amours torrides et adultères avec la reine Caroline Mathilde, mais aussi pour son influence sur le roi Christian Vil, insufflant à ce monarque un peu crétin les idées progressistes des Lumières, tout particulièrement celles de Rousseau et de Voltaire.Bien qu\u2019il s\u2019exprime dans un anglais plein d\u2019assurance, ce qui lui a ouvert quelques portes à Holljrwood, il n\u2019a jamais songé à tirer un trait sur sa carrière danoise, et encore moins à gommer complètement son accent.« Je ne ferai jamais croire que je suis Anglais ou Américain, précise en riant celui que l\u2019on verra bientôt dans La chasse, de Thomas Vinterberg, qui lui a valu un prix d\u2019interprétation à Cannes le printemps dernier.Il y a plusieurs avantages à jouer METROPOLE EILMS L\u2019acteur Mads Mikkelsen avec la comédienne Alicia Vikanderk dans une scène tirée du film Liaison royale, de Nicolaj Arcel.dans ma propre langue.Je n\u2019ai pas à répéter de la même façon qu\u2019en russe ou en anglais.Mais il y a un piège, car fai une forte identité danoise et je dois m\u2019en séparer pour être au service du personnage.Dans une autre langue, je n\u2019ai ni la même personnalité ni la même attitude; je suis déjà quelqu\u2019un d\u2019autre.La langue, ce n\u2019est pour moi qu\u2019un autre chapeau.» Celui qu\u2019il porte dans Liaison royale ne manque pas de panache, donnant beaucoup d\u2019étoffe à une figure historique méconnue, même au Danemark.Mads Mikkelsen ne cherche d\u2019ailleurs pas à excuser l\u2019ignorance de ses compatriotes.«Les gens de ma génération [il est né en 1965] en ont peut-être entendu parler à l\u2019école.Dans notre pays, nous étudions peu notre propre histoire, car nous préférons celle des autres.A dire vrai, nous n\u2019aimons pas nous afficher comme des nationalistes.Cette attitude m\u2019apparaît dangereuse parce qu\u2019au final, nous ne savons rien de nous.» Devant mon étonnement face à cette négation qui semble répandue, du moins de son point de vue, il ne peut s\u2019empêcher de remettre les pendules à l\u2019heure.«Ça vous surprend, mais il y a beaucoup de choses surprenantes que vous ignorez à propos du Danemark.De l\u2019extérieur, la vision est plutôt idyllique, mais la réalité est différente.» Toujours d\u2019un point de vue extérieur, la carrière de Mads Mikkelsen apparaît florissante, lui qui enchaîne les productions, et pratiquement sur tous les continents.Sans compter la nomination de Liaison royale pour l\u2019Oscar du meilleur fdm en langue étrangère, ce qui ne gâte rien, et stimule l\u2019acteur à défendre le film avec une grande ferveur.Au sujet de sa carrière, il affiche la même franchise.«Un acteur doit attendre que le téléphone sonne, dit-il avec un soupçon d\u2019ironie.Et neuf fois sur dix, ce sont de mauvaises propositions, des choses vues au moins cent fois, et encore plus ratées.Mais ça peut aussi être une histoire entendue mille fois, mais avec une approche différente.Heureusement, il y a plein de gens dont je trouve le travail intéressant, alors.» Celui qui se juge «radical face aux choses [qu\u2019il] aime ou pas» a eu beaucoup de flair ces derniers temps et semble confortablement installé près du téléphone.Sachant qu\u2019il devrait sonner encore un bon moment.Collaborateur Le Devoir Une mère envahissante MAMA Réalisation : Andrés Muschietti.Scénario: Neil Cross, Andres Muschietti, Barbara Muschietti.Avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Mélisse.Image: Antonio Riestra.Montage: Michele Conroy.Musique: Fernando Velazquez.Espagne-Canada, 2013, 101 min.ANDRÉ LAVOIE Pour le cinéaste et producteur Guillermo del Toro, l\u2019enfance est loin d\u2019être un jardin de roses.C\u2019est sûrement la raison pour laquelle il s\u2019est entiché du court-métrage d\u2019An-drés Muschietti, où deux petites sœurs sont terrassées par un fantôme répondant au nom de Marna.Un modèle de concision et d\u2019efficacité qui laissait place à de multiples possibles: pourquoi cette présence menaçante face à deux figures angéliques sorties tout droit d\u2019un conte pour enfants ?Guillermo del Toro a donné au jeune cinéaste la chance, et les moyens, d\u2019étoffer ce récit, d\u2019y greffer une dimension tragique digne des drames les plus sordides qui tapissent les téléjournaux.Les petites Victoria et Lilly ont perdu leurs parents dans des circonstances effroyables et passent plusieurs années dans une ca-bane au fond des bois.Lorsqu\u2019elles sont découvertes.L % ALLIANCE EILMS Le film repose sur les fragiles épaules de quatre jeunes interprètes.pratiquement à l\u2019état sauvage, tous se demandent comment elles ont pu vivre aussi longtemps par elles-mêmes.Lucas (Nikolaj Coster-Waldau), l\u2019oncle des deux fillettes, et sa copine Annabel Gessica Chastain) les avaient cherchées sans relâche et, lorsqu\u2019ils s\u2019en voient confier la garde, artistes bohèmes qui n\u2019ont guère le profil de parents responsables, l\u2019apprivoisement se fait avec peine.D\u2019autant plus que la cadette (Isabelle Nélisse) affiche un caractère irascible, à l\u2019opposé de l\u2019aînée (Megan Charpentier), trop sage pour son âge.De plus, elles semblent souvent s\u2019amuser avec un être qu\u2019Annabel croit tout d\u2019abord imaginaire.Or des manifestations surnaturelles laissent croire au couple qu\u2019il y a bel et bien quelqu\u2019un nommé Marna caché au fond d\u2019un placard, sous un lit, ombre menaçante.surtout pour la vie des parents adoptifs.Pour ceux qui fréquentent le cinéma fantastique (dans tous les sens du terme !) de Guillermo del Toro, son ombre est ici bien présente dans le premier long-métrage de Muschietti, même si le cadre ban- lieusard de Marna n\u2019a rien de flamboyant.Tout baigne ici dans des couleurs hivernales d\u2019une pâleur maladive, renforçant un climat d\u2019inquiétude qui enveloppe tous les personnages.Quant aux contours de cette créature, somme toute assez discrète mis à part quelques apparitions foudroyantes, ils présentent ceux de plusieurs figures macabres de son cinéma, et le souvenir éblouissant de Pan\u2019s Labyrinth nous revient vite en mémoire.Si le film repose sur les fragiles épaules de quatre jeunes interprètes incarnant les deux sœurs à deux époques bien distinctes, et que facteur danois Nikolaj Coster-Waldau offre une prestation athlétique dans le double rôle du père déséquilibré et plus tard de l\u2019oncle bienveillant, il faut surtout compter sur la star montante Jessica Chastain.Arborant une coiffure qui souligne son tempérament malveillant et égocentrique, l\u2019actrice \u2014 dont le personnage n\u2019aurait pas survécu vingt minutes dans un drame d\u2019horreur plus conventionnel \u2014 sait imposer sa présence charismatique, dans un film cédant parfois aux longues explications psychologiques.Les fantômes n\u2019en demandent pas tant.Collaborateur Le Devoir Madame et son fantôme CORNOUAILLE Réalisation: Anne Le Ny.Scénario: A.Le Ny, Luc Béraud.Avec Vanessa Paradis, Samuel Le Bihan, Jonathan Zaccaï.Photo: Jean-Marc Fabre.Montage: Guerric Catala.Musique: François-Eudes Chanfrault.France, 2012, 96 min ERANÇOIS LÉVESQUE AU décès de sa tante, une Parisienne stressée (lieu commun numéro f) se rend en Bretagne afin de clore la vente de la propriété de la défunte.Chargée de souvenirs et de mystères, la maison qui surplombe la mer a tôt fait de produire son effet sur la jeune femme, qui y passa jadis ses étés.Par tous leurs pores, les murs de la vieille demeure sécrètent en effet traumatismes enfouis et secrets familiaux douloureux (lieu commun numéro 2).Déjà vacillant, l\u2019équilibre mental de l\u2019héroïne est mis à mal par le retour d\u2019un soupirant d\u2019autrefois qu\u2019elle METROPOLE EILMS Vanessa Paradis semble être la seule à voir (lieu commun numéro 3).Avec son héritage celte, la Bretagne a l\u2019insolite qui lui coule dans les veines.Maurice Leblanc y campa jadis l\u2019action de son roman L\u2019île aux trente cercueils, lequel inspira la minisérie-culte avec Claude Jade.Même s\u2019il n\u2019embrasse jamais ce legs, Cornouaille n\u2019en flirte pas moins avec une inquiétante étrangeté gothico-païenne à la Wicker Man sans toutefois se décider à se commettre, à l\u2019instar de son héroïne (une Vanessa Paradis fadasse) , qui hésite entre deux amants: l\u2019homme marié qu\u2019elle a laissé à Paris et l\u2019amour de jeunesse qui vient de la relancer, possiblement par-delà le tombeau.Après les prometteurs Ceux qui restent et Les invités de mon père, ce troisième long-métrage d\u2019Anne Le Ny constitue une grosse déception et fut reçu comme tel en France l\u2019an dernier.Agréable à l\u2019œil grâce à la direction photo de Jean-Marc Fabre {Lemming, Un balcon sur la mer), le film intrigue pendant une trentaine de minutes, au bout des- quelles, l\u2019histoire n\u2019allant nulle part et s\u2019y rendant fort lentement, on décroche.L\u2019idée de départ avait pourtant du potentiel.Sous-genre cinématographique à part entière, la métaphore de la maison/apparte-ment représentant la psyché d\u2019un protagoniste névrosé a en effet engendré quelques bien belles vues : Répulsion et Le locataire de Roman Polanski, The Servant et Secret Ceremony de Joseph Losey, et, plus récemment.Keyhole de Guy Maddin.Variation maladroite dans laquelle l\u2019ambiguïté psychologique s\u2019apparente davantage à de l\u2019indécision narrative, Cornouaille ne parvient jamais à exploiter les possibilités de la formule, encore moins à la renouveler.Au final, on se retrouve avec du sous-François Ozon qui, avec Swimming Pool et Le refuge, proposait des récits affiliés beaucoup mieux construits.Le Devoir w'r : ALLIANCE FILMS Film d\u2019acteurs, Quartet donne à chacun sa partition à jouer.De l\u2019importance d\u2019être constant QUARTET (LE QUATUOR) De Dustin Hoffman.Avec Maggie Smith, Torn Courtenay, Billy Connolly, Pauline Collins, Michael Gambon.Scénario: Ronald Harwood, d\u2019après sa pièce.Image: John De Borman.Montage: Barney Pilling.Musique: Dario Mqrianelli.Grande-Bretagne-États-Unis, 2012, 98 minutes.MARTIN BILODEAU Difficile de mesurer la valeur artistique de cette nouvelle page récréotouris-tique du cinéma anglais contemporain sans tenir compte de ses visées démographiques et commerciales, résolument dirigées vers les aînés et les nostalgiques des grands films d\u2019acteurs d\u2019hier.Au moins peut-on dire que, pour ses débuts derrière la caméra, à l\u2019âge de 75 ans, l\u2019acteur américain Dustin Hoffman ne perd jamais de vue l\u2019un et l\u2019autre, signant une œuvre maladroite et à la bonne humeur forcée sur le thème des occasions manquées, néanmoins soutenue par un sens exquis de la composition picturale.Quartet, dont l\u2019action est campée dans une résidence pour retraités de la musique et de l\u2019opéra, valse et hésite entre ses enjeux intimistes et collectifs sans atteindre l\u2019harmonie complète.Ce «problème de santé » semble provenir de la matière première, soit la pièce de théâtre de Ronald Harwood (scénariste du Pianiste de Polanski), qui présente un aréopage de figures inconstantes, asservies par un récit qui semble ignorer leurs fêlures et leurs motivations profondes pour les conduire vers un dénouement heureux en trois coups de cuiller à pot.Au centre du tableau, Maggie Smith joue une soprano fière et orgueilleuse, forcée d\u2019aller s\u2019établir dans la maison de retraite où réside un de ses nombreux anciens maris (Torn Courtenay), le seul qui ait vraiment compté.L\u2019inconfort de ces retrouvailles, la douleur et l\u2019humiliation de la cantatrice et sa difficile acclimatation au sein d\u2019un groupe formé de tous les archétypes habituels (la candide, le libidineux, le tyran, etc.) sont vite évacués au profit d\u2019un enjeu plus rassembleur : l\u2019organisation du gala-bénéfice annuel, dont la survie de l\u2019établissement dépend.La diva y prendra-t-elle part?Le suspense meurt avant de naître, abattu par un scénario qui ré-soud ses enjeux dans les ellipses, et un montage qui extrait tant bien que mal le best of des rushes.Film d\u2019acteurs néanmoins.Quartet donne à chacun sa partition à jouer, et la plupart s\u2019en acquittent avec bonne humeur.Maggie Smith défend avec sa grâce habituelle le seul personnage appelé à évoluer \u2014 mais la douairière de Downton Abbey n\u2019est pas très loin, comme certaines répliques, bizarres pour son personnage, s\u2019évertuent à le rappeler.Le rare Torn Courtenay, qui nous avait éblouis en 1983 dans le rôle-titre de The Dresser au côté d\u2019Albert Finney, apporte quant à lui une émouvante dignité à son personnage d\u2019amoureux trahi.Mais Hoffman passe trop vite sur leur pas de deux, et trop de temps à valser les autres.Quartet se serait appelé Duet qu\u2019il aurait sans doute été deux fois meilleur.Collaborateur Le Devoir E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JANVIER 2013 iCINEMA Souffrir à tue-tête Par la fiction, la cinéaste Nathalie Saint-Pierre met des visages sur les enfants de la DPJ FRANÇOIS LEVESQUE Elle s\u2019appelle Cathy, elle a six ans.Assise sur la banquette arrière d\u2019une voiture, elle écoute distraitement la conductrice lui décrire le paradis où elle l\u2019emmène.Elle s\u2019appelle Kayla, elle ail ans.Assise sur la banquette du même véhicule, elle contemple le vide pendant que la travailleuse sociale détaille ce que sera le second, voire le huitième, foyer où on l\u2019a placée.Elle s\u2019appelle Mégane, elle a 16 ans.Assise sur le rebord de la fenêtre de sa chambre verrouillée, elle fomente sa prochaine fugue en restant sourde au babillage de l\u2019éducatrice.Elle s\u2019appelle Manu, elle a 18 ans.Assise sur le rebord de la porte-fenêtre de son premier appartement, elle semble se demander que faire de cette liberté nouvelle.Elles sont les protagonistes de Catimini, long-métrage intime et bouleversant de Nathalie Saint-Pierre, qui s\u2019est ouverte au Devoir sur sa démarche.«Je porte ce projet-là depuis au moins dix ans, avoue d\u2019entrée de jeu la réalisatrice du savoureux Ma voisine danse le ska.Quand j\u2019étais enfant, il y avait ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui un centre jeunesse près de mon école primaire.Bon an mal an, il y avait toujours quelques élèves qui arrivaient après la rentrée scolaire et qui repartaient souvent avant la fin de l\u2019année.Plus tard, j\u2019ai appris que ces en-fants-là ne vivaient pas avec leurs parents.Plus tard encore, fai compris pourquoi.» « Chaque transgression est contrée avec un discours bienveillant interminable qui transpire lefatabsme» À l\u2019âge adulte, la vie fit en sorte que Nathalie Saint-Pierre fut amenée à visiter de jeunes résidents de tels centres.Elle en brosse un portrait nuancé, mais critique.«Chaque transgression est contrée avec un discours bienveillant interminable qui transpire le fatalisme.C\u2019est écrasant.Lors de ces visites, les enfants qui me paraissaient les plus sains \u2014 et j\u2019avoue que je ne connaissais pas l\u2019histoire de chacun \u2014 étaient ceux qui résistaient.Ce comporte-ment-là me semblait bien plus \u201cnormal\u201d pour des adolescents que le conformisme soumis qu\u2019on exigeait d\u2019eux.» Au passage, la jeune réalisatrice lève son chapeau aux intervenants.«Ils manquent cruellement de ressources, et, surtout, de soutien, souligne-t-elle.Un exemple concret: j\u2019ai eu connaissance de jeunes qui, au sein de leur programme de réinsertion, sortaient du centre le vendredi et retournaient dans leur milieu \u2014 avec ce que ça comporte de risques \u2014 avant de revenir le dimanche soir.Or les éducateurs n\u2019avaient le temps de revenir sur les événements de la fin de semaine que le jeudi suivant.Leur charge de travail était telle que les problèmes étaient soulevés une fois que l\u2019angoisse avait été intériorisée et l\u2019agressivité en résultant, extériorisée.» À la Cendrillon Pour illustrer son malaise, la cinéaste recourt à une image intéressante: «On a souvent une vision du problème à la Cendrillon, avec cette idée que, dès qu\u2019on le sortira de son milieu, un enfant victime de maltraitance » Catimini, de Nathalie Saint-Pierre, est raconté à hauteur d\u2019enfant.s\u2019épanouira», argue-t-elle.Or, aussi essentielle et admirable soit-elle, la Direction de la protection de la jeunesse n\u2019est pas une bonne fée marraine.Le sujet est éminemment sensible et d\u2019aucuns éprouveront peut-être de l\u2019agacement devant la manière dont les adultes sont dépeints dans le film, ceux-ci tour à tour professionnels, distants ou affectés.A cet égard, il convient d\u2019insister sur le fait que Catimini est raconté à hauteur d\u2019enfant.Et rarement la formule consacrée aura-t-elle été aussi appropriée.Ainsi, les «grandes personnes» ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR sont montrées telles qu\u2019elles sont perçues par les quatre protagonistes, Cathy, Kayla, Mégane et Manu.Avec ce que cela comporte de biais et d\u2019information partielle, car il s\u2019agit de leur histoire à elles.C\u2019est leurs points de vue croisés, exclusivement, qu\u2019épouse la ci- néaste, et la démonstration dénote une rare sensibilité, de même qu\u2019une singqlière faculté d\u2019empathie.A Braunschweig, en Allemagne, le jury jeunesse a d\u2019ailleurs couronné le film.D\u2019Angoulême, Catimini est reparti avec le Valois d\u2019or.Du Eestival de Namur à celui de Rouyn-Noranda, le second long-métrage de Nathalie Saint-Pierre a, mine de rien, beaucoup voyagé.Justesse et pudeur D\u2019une justesse et d\u2019une pudeur exemplaires, la proposition ébranle.Preuve que Catimini n\u2019est pas pour autant reçu comme un doigt accusateur de la part des intervenants du milieu, après notre entretien, Nathalie Saint-Pierre avait rendez-vous avec trois travailleurs sociaux qui, émus par le film après l\u2019avoir vu au Eestival du nouveau cinéma, souhaitaient en parler avec elle.Au final, l\u2019objectif de l\u2019au-teure n\u2019est pas de dénoncer la DPJ, mais plutôt de mettre en lumière certaines failles du système.«Quelques personnes m\u2019ont reproché de ne pas proposer de solutions, mais ce n\u2019est pas le mandat que je me suis donné.Il ne s\u2019agit pgs d\u2019un film d\u2019intervention.» A cette critique, on pourrait en outre opposer que, ne serait-ce que parce qu\u2019il force la réflexion.Catimini fait œuvre utile.Dans une manœuvre de mise en marché audacieuse qui témoigne de sa foi dans le film, le distributeur Armand Lafond, d\u2019Axia Eilm, sortira Catimini en 10 copies (dont deux destinées à des salles Guzzo !) le 25 janvier.On ne saurait trop vous encourager à lui prouver qu\u2019il a eu raison.Le Devoir Les errances d\u2019une route ON THE ROAD Réalisation: Walter Salles.Scénario: José Rivera d\u2019après le roman de Jack Kerouac.Avec Garrett Hedlund, Sam Riley, Kristen Stewart, Amy Adams, Tom Sturridge, Danny Morgan, Alice Braga, Elisabeth Moss, Kirsten Dunst, Viggo Mortensen, Marie-Ginette Guay.Image: Eric Gautier.Musique: Lynn Eainchtein.Montage: Erançois Gedigier.137 min.ODILE TREMBLAY Publié en 1957, On the Road est le récit un peu romancé d\u2019un voyage de Jack Kerouac, qui avait parcouru l\u2019Amérique avec son compagnon Neal Cassady, en vagabonds fous de la vie, faisant un pied de nez aux conventions sociales, sur fond de sexe, de drogue et de jazz.Voici donc cette œuvre-culte, emblématique de la génération beatnik qui a précédé celle des hippies, portée à l\u2019écran par le Brésilien Walter Salles, qui avait déjà versé dans le road-movie à travers le beaucoup plus réussi Carnets de voyage.Le cinéaste a travaillé énormément sur On the Road, tournant d\u2019abord un documentaire avec des témoins et amis de Kœ rouac et de Neal Cassady, invitant ses acteurs à un camp de travail en amont du tournage, lisant les livres de Kerouac, mais aussi de John Clellon Holmes, des poèmes d\u2019Allen Ginsberg, des livres de William Burroughs, tous engagés dans cette aventure libertaire et littéraire.Le film avait été lancé en compétition au dernier Eestival de Cannes et tièdement accueilli.Il a fait depuis l\u2019objet d\u2019un nouveau montage, plus fluide, écourté de 15 minutes, qui améliore son rythme, lui retire une certaine mièvrerie, sans lui procurer pour autant le souffle épique et le sentiment d\u2019urgence qui avaient fait la gloire du livre de Kerouac.D\u2019autant que le film, en lançant son monde sur les routes de l\u2019Amérique de la fin des années 40 et du début des années 50, omet de montrer le choc de cultures entre des w ALLIANCE FILMS On the Road est le récit un peu romancé d\u2019un voyage de Jack Kerouac.membres de la société conservatrice et les jeunes libertaires.Ceux-ci pourraient aussi bien être des hippies des années 70 ou des routards de la décennie 80 tant ils sont rarement confi*ontés au vieux monde dont ils appellent la chute.Petit aparté pour rappeler que Kerouac (dans le livre de 1957 et dans ce film sous le nom de Sal Paradise), né au Massachusetts, avait des parents québécois et parlait un français joualisant.Sa mère, en de trop rares apparitions, est ici jouée par Marie-Ginette Guay.Mais Sam Riley, qui joue Kerouac, n\u2019a pas reçu l\u2019aide d\u2019un entraîneur pour l\u2019accent, comme il est pourtant de mise en ces matières.Plusieurs de ses répliques en finançais furent cou- pées au remontage.Celles qui demeurent, hormis des «merci», «bonjour», sont à peu près inintelligibles, sur un accent anglais à couper au couteau, à la grande irritation des oreilles québécoises.Sinon, le film, qui comporte de belles scènes de route sur des paysages changeants et magnifiques, ennuie par ses propos et par ses deux héros, jolis garçons infantiles et d\u2019un égocentrisme à hurler.Surtout Garrett Hedlund en Neal Cassady, alias Dean Mo-riarty.Là où le Hvre traduisait sa rage de vivre et sa révolte, ne subsiste qu\u2019un joli garçon inconscient et d\u2019une misogynie féroce, qui sème ses épouses et conquêtes avec ou sans enfants, abandonne son ami malade sur son grabat au Mexique, et révolutionne le monde surtout en se défonçant dans des partys arrosés et enfumés.Toute une dimension manque à l\u2019appel, celle de l\u2019intériorité, malgré les passages du livre récités par la voix de Sam Riley.En ce sens, les figures féminines séduites et abandonnées, dont les deux épouses de Moriarty, la vibrante Marylou (jouée par Kristen Stewart) et la douce Camille (Kirsten Dunst), ont du moins un juste courroux à communiquer, encore que Marylou soit avant tout une fille de party.Tous ces beaux jeunes gens en quête érotique ont quelque chose de charmant et d\u2019inoffensif.Figures mjdliiques Dans Carnets de voyage, qui suivait sur les routes de l\u2019Amérique latine Che Guevara et son compagnon Al- berto Granado, leur démarche de générosité illuminait le film, alors qu\u2019ici seul le plaisir personnel semble au programme.Quant aux figures également mythiques de William Burroughs alias Old Bull Lee, joué par Viggo Mortensen, et d\u2019Allen Ginsberg alias Carlos Marx, campé par Torn Sturridge, elles se réduisent à peu de chose, sans éclairer les merveilles de leurs œuvres à venir.On the Road aborde aussi la quête du père : Sal Paradise vient de perdre le sien, Dean Moriarty cherche en vain le sien.Mais cette piste est peu exploitée, tout comme l\u2019homosexualité flottante des deux compagnons, qui reste en plan.Tout cela finit en queue de poisson, sur une note inachevée d\u2019illusions perdues.La musique traduit parfois mieux l\u2019époque que le scénario, qui oblitère trop la démarche littéraire au profit des joyeuses virées.Quant aux fades et lisses interprètes, il leur manque une épaisseur pour pénétrer la métaphore d\u2019une jeunesse en flammes, qui fit entrer le livre de Kerouac dans la légende.Le Devoir GAGNANT DU GOLDEN GLOBE MEILLEUR EILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE 5 NOMINATIONS AUX OSCARS 1 CONSULTEZ LES GU DES HORA RES DESC NÉMAS \"1 A L\u2019AFFICHE EN EXCLUSMTE ! F\tH rmetropoletilms comiÇ EXC3NTRIS EN EXCLUSIVITE PALME D\u2019OR CANNES 2012 AMO MICHAEL HANEKE, 127 MIN, V.O.FRANÇAISE 11H30,12H30,13H, MH, 15H30,16H30, iq(H^O, 19H, 21H30 SAUF MERCREDI PAS DE SÉANCE À12H30 BILLETTERIE : 5M 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OG CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE DJANGO DECHAINE QUENTIN TARANTINO CINE-KID: KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES MICHEL OCELOT,DIM 11H -A PARTIR DE 3 ANS sÇupesoup UN NOUVEAU COMPTOIR SOUPESOUPÀ EXCENTRIS TOUS LES JOURS! "]
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