Le devoir, 26 janvier 2013, Cahier B
[" 'U I__^ M'^m -^fgMirrg\u2014 Trois momies égyptiennes retrouvent le visage qu\u2019elles avaient jadis Page b 6 Michei David s\u2019interroge sur la corruption et l\u2019Eliot Ness québécois Page b 3 Manon Corneiiier observe que le ciel s\u2019est obscurci à Ottawa Page B 3 PERSPECTIVES CAHIER B > LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2013 MARIE-ANDREE DELISLE TOURISME QUEBEC Le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, d\u2019une superficie de 1000 km^, est la seule aire marine protégée au Québec.Il a été créé en 1998, notamment dans le but de protéger une partie de l\u2019habitat du béluga, une espèce menacée de disparition.Les milieux marins laissés à eux-mêmes La Société pour la nature et les parcs La rappelé cette semaine : nos gouvernements tardent à décréter des aires marines protégées, outils pourtant essentiels pour améliorer la protection de la biodiversité des vastes et riches étendues d\u2019eau qui bordent les côtes québécoises et canadiennes.Une situation qui inquiète plusieurs scientifiques et groupes écologistes, à l\u2019heure où les entreprises pétrolières convoitent les gisements d\u2019or noir qui se trouveraient sous les fonds marins.ALEXANDRE SHIELDS Les chiffres parlent d\u2019eux-mêmes: au Canada, mais aussi au Québec, à peine 1% du territoire maritime bénéficie du statut d\u2019aire marine protégée.En fait, le seul exemple situé en sol québécois est celui du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, instauré à la fin des années 1990.Depuis, aucune autre zone n\u2019a reçu un tel statut de protection.Ottawa s\u2019est pourtant donné comme objectif de protéger 10% de son territoire marin d\u2019ici 2020.Mais le ministre de l\u2019Environnement, Peter Kent, a reconnu cette semaine que le Canada pourrait bien rater cette cible, en raison selon lui de la lourdeur de la procédure qui permet d\u2019instaurer une forme de protection.Une situation qu\u2019a déplorée la Société pour la nature et les parcs, au moment de publier un rapport faisant état du peu de progrès dans ce domaine au cours des dernières années.«Le Canada possède la plus longue côte au monde et il a tous les outils juridiques et scientifiques pour aller de Lavant.Il y a visiblement un problème de volonté», a affirmé Jérôme Spaggiari, coordonnateur en conservation à la SNAP Québec.Des sites L\u2019organisme pancanadien a identifié, en 2011, une douzaine de sites qui devraient être désignés comme aires marines protégées.Mais aucun n\u2019a depuis reçu de statut de protection.«Sur les 12sites que nous avons identifiés il y a 18 mois, de longues études ont été menées et le temps était oppor- tun d\u2019instaurer des mesures de protection et de marquer ainsi des points.Maintenant, avec les coupes appliquées aux budgets de Pêches et Océans Canada, d\u2019Environnement Canada et de Parcs Canada, nous doutons sérieusement de la capacité du gouvernement d\u2019aller de l\u2019avant dans la création et la gestion efficace d\u2019aires marines protégées, a fait valoir Sabine Jessen, directrice du programme national des océans à la SNAP.Or la protection d\u2019aires marines est un moyen assuré de maintenir de saines populations de poissons et d\u2019autres espèces marines pour le futur.» Au Québec Pêches et Océans Canada a relevé des sites «d\u2019intérêt» qui doivent faire l\u2019objet de diverses études avant de statuer sur la possibilité de leur offrir une quelconque protection.Au Québec, a rappelé la SNAP, trois sites sont à l\u2019étude.En plus de celui ciblé à la Baie-James, deux se trouvent dans le golfe du Saint-Laurent.Le premier, le Banc des Américains, est une zone de 1000 km^ qui se situe à peine au large de Gaspé.Le gouvernement fédéral reconnaît que plusieurs espèces «à valeur commerciale» ou «en péril» ainsi que des cétacés fréquentent ce secteur.« Tous ces organismes jouent un rôle important dans le fonctionnement de l\u2019écosystème marin», estime Pêches et Océans Canada.L\u2019autre projet en eaux québécoises permettrait de créer la plus grande aire marine de la province.Il s\u2019agit d\u2019établir une zone de IGbOOkm^ entourant les îles de la Madeleine.D\u2019importantes colonies d\u2019oiseaux marins y nichent \u2014 dont 20% des fous de Bassan du Ca- nada \u2014 et le secteur soutient les industries de la pêche et du tourisme, essentielles aux Ma-delinots.Laire à l\u2019étude, dont dépendent plusieurs espèces menacées, est située à quelques dizaines de kilomètres du projet d\u2019exploration pétrolière du site Old Harry.Par ailleurs, un projet d\u2019agrandissement significatif de la zone de protection autour du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent semble stagner, selon les experts consultés par Le Devoir.Il faut dire que l\u2019objectif est ambitieux, puisqu\u2019il est question de faire passer la zone bénéficiant d\u2019une forme de protection de 1245 à 6000km^.Tout le Saint-Laurent serait couvert, de l\u2019île aux Coudres à Mont-Joli.Le Devoir a contacté les ministères concernés à Québec «Je vois l\u2019investissement dans le développement d\u2019un réseau d\u2019aires protégées comme un investissement d\u2019avenir.» et à Ottawa pour obtenir des informations sur l\u2019avancement des études en cours pour tous ces sites.Québec a donné peu de détails, tout comme le gouvernement canadien.Protection ou pétrole ?Mais pourquoi est-ce que le Canada, pays entouré d\u2019océans, peine-t-il à ce point à protéger ses étendues d\u2019eau?Selon le porte-parole de la Coalition Saint-Laurent, Sylvain Archambault, il faut d\u2019abord réfléchir à notre relation au milieu marin.«Il y a un facteur culturel.Le milieu marin, c\u2019est loin de nous, ça nous est étranger.On n\u2019a pas le réflexe marin», a-t-il résumé.Mais surtout, les procédures qui permettent d\u2019en arriver à créer des zones protégées sont d\u2019une grande complexité.«Il est extrêmement compliqué d\u2019établir des aires protégées en milieu marin, beaucoup plus en fait qu\u2019en milieu terrestre, a expliqué celui qui étudie ces questions depuis plusieurs années.En milieu terrestre, par exemple, le gouvernement du Québec peut faire protéger des terres publiques en s\u2019entendant avec les utilisateurs, comme les compagnies forestières.Mais en milieux marins, il y a beaucoup d\u2019utilisateurs et beaucoup de gestionnaires.Il doit notamment souvent y avoir des discussions entre le fédéral et le provincial.» M.Archambault a toutefois rappelé que d\u2019autres régions du monde y parviennent.C\u2019est le cas de l\u2019Australie, qui protège 40% de ses eaux côtières.En Californie, le taux est de 15%.Reste qu\u2019à l\u2019échelle planétaire, la situation n\u2019est guère reluisante, puisqu\u2019à peine 2,3% des océans sont protégés, selon ce qui ressort des données fournies par les 168 pays signataires de la Convention sur la biodiversité.L\u2019objectif commun est de 10% en 2020.Le temps presse, alors qu\u2019on constate année après année l\u2019impact de l\u2019activité humaine sur les océans, qui recouvrent 70% de la planète.Les stocks de poissons dont dépendent des milliards d\u2019êtres humains pour leur survie font par exemple les frais d\u2019une surpêche dévastatrice.Au point où l\u2019ONU estime que les ressources planétaires seront épuisées d\u2019ici 2050.Aires protégées En plus des enjeux liés à l\u2019alimentation, Sylvain Archambault note que la création d\u2019aires protégées est de plus en plus menacée par les convoitises des pétrolières.C\u2019est d\u2019ailleurs le cas dans le golfe du Saint-Laurent.En plus du projet d\u2019Old Harry, appuyé par Québec, des entreprises possèdent des permis d\u2019exploration dans le détroit entre le Labrador et Terre-Neuve.A l\u2019instar de plusieurs scientifiques, M.Archambault est convaincu qu\u2019il faudrait interdire l\u2019exploitation d\u2019énergies fossiles dans ce golfe, sept fois plus petit que celui du Mexique.Il a d\u2019ailleurs participé cette semaine à un colloque international sur les conséquences de la marée noire qui a souillé le golfe du Mexique en 2010.«Beaucoup de chercheurs nous ont dit qu\u2019on ne doit pas faire la même erreur qu\u2019eux, qu\u2019il faut fermer le golfe du Saint-Laurent aux pétrolières», a-t-il souligné.Un avis que partage David Suzuki, qui a déjà fait valoir au Devoir que tout le golfe devrait être considéré comme un «sanctuaire» naturel.Pour Jérôme Spaggiari, de la SNAP, le nerf de la guerre réside dans la reconnaissance, par les gouvernements, du fait que les milieux marins protégés rendent des services écologiques de grande valeur.«Un des éléments qui expliquent l\u2019échec de notre protection des milieux marins, c\u2019est qu\u2019on en connaît mal la valeur.On pourrait, avec des biologistes, des économistes et d\u2019autres spécialistes, les évaluer.Il faudrait réaliser des analyses coûts-bénéfices, par exemple pour des projets d\u2019exploitation pétrolière.» Développement «Les aires de protection marines doivent être considérées comme des outils de développement régionaux et durables, a-t-il précisé./^ vois l\u2019investissement dans le développement d\u2019un réseau d\u2019aires protégées comme un investissement d\u2019avenir.» Selon lui, il serait ainsi plus facile de sensibiliser la population à l\u2019importance de préserver nos étendues d\u2019eau.D\u2019un strict point de vue financier, on évalue que la valeur générée annuellement par les pêcheries, le tourisme et les divers loisirs qui se rattachent au golfe du Saint-Laurent dépasse le milliard de dollars.A cela, il faut ajouter la création et le maintien de plus de 30000 emplois.Et si les ressources sont bien gérées, «cette activité économique est entièrement durable», insiste M.Spaggiari.Dans le golfe du Mexique, la marée noire provoquée par la pétrolière BP a déjà coûté plusieurs dizaines de milliards de dollars, en plus d\u2019anéantir une bonne partie du secteur des pêches pour des années.Le Devoir Israël en mutation ?CLAUDE LÉVESQUE On ne peut pas vraiment parler de séisme mais, de toute évidence, le paysage politique israélien a changé et même changé bien au-delà de ce que les sondages laissaient présager.Une des grandes nouvelles, c\u2019est que Yesh Atid, le parti centriste fondé il y a moins d\u2019un an par l\u2019animateur de télévision Yair Lapid, a fait élire 19 députés aux élections de mardi, ce qui le place au deuxième rang derrière le Likoud.M.Lapid, qui a réussi à mettre à profit les doléances de la classe moyenne, dont le niveau de vie se détériore, devient ainsi un acteur incontournable.Il a fait mentir les sondages qui ne lui donnaient que 12 sièges et lui réservaient le quatrième rang.Globalement, ce sont surtout les formations centristes qui ont progressé, si bien que la Knesset, le Parlement israélien, comptera désormais autant de députés du centre ou de la gauche qu\u2019il en comptera de la droite ou de l\u2019extrême droite.Autrement dit, le long glissement vers la droite, qu\u2019elle soit religieuse, nationaliste ou autre, semble avoir été stoppé, même si un parti ultranationaliste de création assez récente a réussi à faire élire une douzaine de députés.Le casse-tête L\u2019autre constatation évidente, c\u2019est que l\u2019exercice consistant à forger une coalition constituera un véritable casse-tête.Le premier ministre sortant.Benjamin Nétanyahou, a remporté une victoire aux allures de défaite.Le parti qu\u2019il dirige, le Likoud, obtient quatre sièges de plus qu\u2019à la dissolution, mais c\u2019est uniquement parce qu\u2019il a fusionné récemment avec son principal allié, Yisrael Beiteinou, la formation dirigée par l\u2019ancien ministre des Affaires étrangères, Avig-dor Lieberman, empêtré dans des procès.En réalité, le tandem Likoud-Beiteinou a obtenu 11 sièges de moins qu\u2019en 2009 (31 au lieu de 42), date des dernières élections générales en Israël.Ayant obtenu le plus grand nombre de sièges, ce «Likoud + » a entamé des discussions en vue de former un gouvernement de coalition, ce qui est pratiquement obligatoire en Israël, où le système électoral est basé sur le principe de la représentation proportionnelle intégrale.Il pourra difficilement gouverner en se contentant d\u2019adopter la ligne dure avec les Arabes et le reste du monde, comme il l\u2019a fait jusqu\u2019ici.Isolement «Les résultats indiquent que le public s\u2019oppose à la radicalisation du Likoud vers l\u2019extrême droite.[.] L\u2019isolement dans lequel Nétanyahou et Lieberman ont mené Israël inquiète les électeurs, qui veulent de bonnes relations avec les Etats-Unis du président Barack Obama, plutôt que de nouveaux appartements dans les colonies et des menaces de guerre contre l\u2019Iran», notaient cette semaine les éditorialistes du quotidien Haaretz.VOIR PAGE B 3 : ISRAËL B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 20IS PERSPECTIVES S\u2019inviter à la table i Manon CORNELLIER à Ottawa Chose certaine, la pression ne se relâchera pas de sitôt Les conservateurs ont terminé l\u2019année 2012 satisfaits.Après 18 mois d\u2019un mandat majoritaire, les grandes réformes dont ils rêvaient sont choses faites ou sur le point de l\u2019être.Environnement, justice, immigration, assurance-emploi, pensions, fiscalité, compressions budgétaires, oui, les contours de l\u2019État canadien commencent à correspondre à leur vision du Canada.11 reste bien, à la veille de la reprise des travaux parlementaires lundi, quelques projets de loi au feuilleton que le gouvernement tient à adopter sans trop tarder.11 y a aussi ce budget fédéral qu\u2019on veut équilibrer au plus tôt.Donc, dans l\u2019ensemble, tout baigne.Ou tout baignait?Depuis la fin de décembre, des invités nombreux et bruyants se sont imposés à la table fédérale afin de protester contre ces réformes conservatrices imposées au rouleau compresseur, sans consultations, en multipliant les bâillons.Depuis la fin de décembre, le gouvernement récolte ce qu\u2019il a semé en négligeant le point de vue des autochtones au moment de présenter ses lois budgétaires omnibus.Des chevaux de Troie contenant des changements fondamentaux aux lois environnementales et à certains volets de la Loi sur les Indiens.La session parlementaire ne démarrera donc pas comme le croyaient les conservateurs.Leurs priorités seront largement occultées par un dossier qu\u2019ils pensaient pouvoir faire évoluer par petites touches, de manière étapiste et, souvent, unilatérale.Le gouvernement n\u2019avait pas prévu cette mobilisation aiguillonnée par les femmes autochtones, soutenue par une jeunesse de plus en plus frustrée du traitement réservé aux Premières Nations.11 n\u2019avait pas prévu que le leadership autochtone sauterait dans le train, après que le mouvement Idle No More (Plus jamais l\u2019apathie) eut poussé les chefs à se commettre, à se montrer plus combatifs, à se mettre au diapason de leur population.Ét il n\u2019avait pas prévu non plus le jeûne de la chef d\u2019Atta-wapiskat, Theresa Spence, auquel se sont joints d\u2019autres chefs en cours de route.Son geste n\u2019a jamais fait l\u2019unanimité, mais c\u2019est quand même ce dernier qui a réussi à braquer les projecteurs sur la cause autochtone, tout en offrant une nouvelle source d\u2019inspiration au mouvement Idle No More.Et c\u2019est ce jeûne, soutenu par la pression de la rue, qui a poussé le premier ministre Stephen Harper à offrir, à la hâte, de rencontrer une trentaine de chefs le 11 janvier dernier à son bureau.Une décision qui a toutefois exposé et exacerbé la division qui prévaut dans les rangs autochtones.Les traditionalistes.dont la chef Spence, se sont braqués et ont refusé l\u2019invitation, exigeant que tous les chefs soient présents, tout comme le gouverneur général, la Couronne étant signataire des traités.Les pragmatiques, eux, ont accepté le rendez-vous, non sans tenter au préalable de s\u2019entendre avec leurs collègues sur une liste de revendications.Dans la rue, les autochtones étaient déchirés sur la marche à suivre.Si le gouvernement comptait sur cette division pour faire baisser la pression et reprendre à son rythme la mise en oeuvre des engagements pris le 11 janvier, il sera déçu.Volontairement ou non, les conditions posées par Theresa Spence pour mettre un terme à son jeûne ont forcé la création d\u2019une forme de front commun qu\u2019elle-même et le mouvement Idle No More promettent d\u2019avoir à l\u2019œil.La déclaration qui l\u2019a convaincue de recommencer à manger est plus qu\u2019une manœuvre pour lui permettre de sauver la face.Elle engage l\u2019Association des femmes autochtones du Canada, le comité exécutif de l\u2019Assemblée des Premières Nations (APN), le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral du Canada.Ils ont promis de prendre le relais et de porter les revendications que la déclaration énonce.S\u2019ils ne tiennent pas parole, c\u2019est plus que la chef Spence qu\u2019ils laisseront tomber, ce seront tous ces autochtones qui ont mis leurs espoirs en elle.On peut s\u2019attendre à ce que des demandes aient préséance sur d\u2019autres, mais, chose certaine, la pression ne se relâchera pas de sitôt.La fin du jeûne de Theresa Spence n\u2019annonce pas la fin du mouvement populaire.Au contraire.Idle No More prévoit une journée de manifestations à travers le pays lundi pour lancer un message aux parlementaires.Les partis d\u2019opposition s\u2019engagent à talonner le gouvernement sur ces enjeux.Les chefs, de leur côté, vont insister pour que les engagements pris le 11 janvier par M.Harper soient rapidement mis en œuvre.Quant aux conservateurs, ils ont tout intérêt à ne pas tergiverser s\u2019ils ne veulent pas fragiliser davantage le leadership du grand chef Shawn Atleo, un des plus pragmatiques à leur faire face.Son autorité a été fortement ébranlée ces dernières semaines.Le gouvernement souhaite sûrement que cette mobilisation s\u2019essouffle, mais cela prendra du temps.Et tant que les discussions avec le leadership autochtone ne donneront pas de résultats concrets, une chose persistera, la frustration teintée de forte impatience des jeunes et des femmes des Premières Nations.Qu\u2019il le veuille ou non, le gouvernement devra vivre au cours des prochaines semaines, sinon des prochains mois et même des prochaines années, avec à sa table un convive trop souvent négligé et qui refuse de ne plus être entendu.mcornellier@ledevoir.corn Quarante ans de scepticisme britannique à l\u2019égard de l\u2019Europe ALEXANDRE POUCHARD En promettant, mercredi 23 janvier, un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l\u2019Union européenne (d\u2019ici à 2017, s\u2019il est réélu pour un second mandat), le premier ministre britannique, David Cameron, a fait un nouveau pas en direction des eurosceptiques, nombreux dans le camp conservateur.En novembre, un sondage révélait que 56% des Britanniques souhaitaient une sortie de leur pays de l\u2019UE.Parmi eux, 68% des sympathisants conservateurs approuvaient cette option, contre 44 % des travaillistes (39% pour le maintien) et 39% des libéraux (47% pour).Cette annonce s\u2019inscrit dans une tradition d\u2019euroscepticisme britannique à l\u2019égard de l\u2019UE qui s\u2019est développée peu après l\u2019adhésion du pays en 1973, lorsque Londres a constaté la volonté de ses partenaires européens d\u2019aller au-delà d\u2019une simple coopération économique.Passage en revue des principales frictions entre Londres et Bruxelles.1973 : adhésion après deux refus de la France Enthousiastes à l\u2019idée de rejoindre le marché commun européen, aux perspectives commerciales prometteuses, les Britanniques engagent leur processus d\u2019adhésion à la Communauté économique européenne (CEE) dès le début des années 1960.Mais Charles de Gaulle y oppose deux veto, en 1963 et en 1967, dénonçant un «cheval de Troie des Etats-Unis».Le président français argue que l\u2019économie britannique est incompatible avec les règles communautaires.Mais deux ans après le départ du pouvoir de De Gaulle, son successeur, Georges Pompidou, rouvre la porte au processus d\u2019adhésion, finalisé le 23 juin 1971 au Luxembourg.Le Royaume-Uni entre officiellement dans la CEE en 1973.Dès 1979, le refus du SME Lrappés par la crise économique des années 1970, les Européens décident de mettre en place en 1979 le Système monétaire européen (SME), au sein duquel les taux de change des monnaies ne doivent pas fluctuer au-delà de 2,25%, à la hausse comme à la baisse.Sur les neuf membres que compte la CEE, seul le Royaume-Uni refuse d\u2019y participer.Les Britanniques, qui réalisent une part très importante de leurs échanges en dollars du fait, de leur proximité avec les États-Unis, sont par conséquent moins enclins à faire converger la livre sterling avec leurs partenaires européens.Le Royaume-Uni adhérera finalement au SME en 1990, avec 6 % de marge de fluctuation, et un objectif politique : affaiblir la domination franco-germanique sur la CEE.Mal préparée, cette entrée a été un véritable échec et les Britanniques quittent le SME dès 1992 avec une forte dévaluation.«Ce que je veux, [.] c\u2019est tout simple: je veux qu\u2019on r A m M MARCEL VAN HOORN AGENCE ERANCE-PRESSE C\u2019était ce jour-là le 15® anniversaire du Traité de Maastricht signé en 1992.me rende mon argent» («I want my money back»).Le 30 novembre 1979 à Dublin, quelques mois après son arrivée au pouvoir, la première ministre britannique, Margaret Thatcher, prononce cette phrase, entrée dans la postérité, en répondant à un journaliste du Guardian.Le Royaume-Uni donnant alors plus d\u2019argent à la CEE qu\u2019il n\u2019en reçoit, M\u201c® Thatcher réclame le remboursement des deux tiers de la contribution Le contentieux entre Londres et Bruxelles tient à la volonté de l\u2019UE d\u2019aller au-delà d\u2019une simple coopération économique britannique au budget européen.Principale visée : la politique agricole commune (PAC), qui représentait les deux tiers des dépenses de la CEE (environ 40% aujourd\u2019hui), et dont le Royaume-Uni ne bénéficiait que peu.La crise interne durera cinq ans, jusqu\u2019en 1984, quand les autres États européens céderont en accordant un rabais (le « chèque britannique ») sur la contribution du Royaume-Uni à la PAC.Toujours en vigueur, le « chèque britannique » représente environ 26 milliards de livres sterling sur la période 2007-2013.Régulière-ipent critiqué par les autres États membres, il est l\u2019un des points sensibles des discussions sur le prochain budget de l\u2019UE.Mais le gouvernement britannique a déjà annoncé qu\u2019il ne céderait pas sur ce point.social, citoyenneté européenne).Le Royaume-Uni du conservateur John Major refuse de participer au protocole social, qui prévoit notamment l\u2019élargissement des compétences communautaires à la promotion de l\u2019emploi, l\u2019amélioration des conditions de vie et de travail ou encore la protection sociale.Accompagnés de la Suède et du Danemark, les Britanniques refusent également de s\u2019engager dans la future monnaie unique.«Je pense que cela causerait un dommage économique immense en Europe, déclarait John Major en 1991.Tant qu\u2019à n\u2019y a pas de convergence véritable des économies, vous courez au désastre si vous allez à la monnaie unique.» En 1992, le refus de l\u2019euro Le traité sur l\u2019Union européenne est signé à Maastricht, aux Pays-Bas, le 7 février 1992.11 est divisé en plusieurs protocoles (politique, économique.En 2011, Cameron refuse le nouveau traité européen En pleine crise de l\u2019euro, plombé par Ja dette grecque, les chefs d\u2019État et de gouvernement européens trouvent un accord pour renforcer la discipline budgétaire.Le traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG) instaure notamment une «règle d\u2019or» qui fixe le pla-fpnd de la dette publique des États \u2014 sous peine de sanctions \u2014 à 60% du produit intérieur brut (PIB).Accompagné de la République tchèque, le Royaume-Uni oppose son veto, mais les autres États membres passent outre en signant leur propre accord, que Londres ne signe donc pas.«Pour accepter une réforme des traités à vingt-sept, David Cameron a demandé, ce que nous avons considéré tous comme inacceptable, un protocole dans le traité permettant d\u2019exonérer le Royaume-Uni d\u2019un certain nombre de réglementations sur les services financiers», explique alors le président français, Nicolas Sarkozy.De son côté, David Cameron assure quelques jours plus tard, devant le Parlement britannique, qu\u2019il s\u2019était rendu à Bruxelles avec l\u2019espoir qu\u2019un accord à vingt-sept y serait trouvé, mais qu\u2019il était de son devoir de demander des garanties pour son pays.«Nous sommes dans l\u2019Union européenne et nous voulons y rester», assure-t-il alors, notamment pour rassurer son vice-premier ministre, le libéral Nick Clegg, qui a pris ses distances d\u2019avec cette décision britannique.L\u2019opinion publique, elle, soutient à 57% le veto de David Cameron, d\u2019après un sondage publié le 12 décembre 2011 par le quotidien The Times.2013, un veto sur le budget de l\u2019UE?Le prochain accroc entre Londres et ses partenaires européens pourrait bien se dérouler sur le front du budget de l\u2019UE pour la période 2014-2020.En cette période de marasme économique, le Royaume-Uni exige une réduction drastique du budget européen (142,4 milliards d\u2019euros en 2011).En octobre, David Cameron a même menacé de mettre un nouveau veto si l\u2019accord n\u2019était pas conforme à l\u2019intérêt des Britanniques.Mais le Parlement lui a infligé un camouflet le 31 octobre en rejetant sa proposition de gel du budget européen pour l\u2019inciter à obtenir une réduction.L\u2019annonce d\u2019un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l\u2019UE est également un moyen supplémentaire de mettre la pression sur ses partenaires européens avant le sommet des 7 et 8 février, oû le budget sera au cœur des discussions.Le Monde Réorienter l\u2019approche des relations internationales et commerciales du Canada Thomas Mulcair Chef du NPD du Canada Chef de l\u2019Opposition officielle Avec l\u2019appui de : LE CONSEIL DES RELATIONS INTERNATIONALES DE MONTRÉAL Jeudi 7 février 2013 \u2022 de 12 h à 14 h Thèmes abordés : \u2022Transparence et réciprocité : pierre anguiaire des futures reiations commerciaies du Canada \u2022 Les priorités du Nouveau Parti démocratique du Canada en matière d\u2019Affaires étrangères SNC*LA\\AUN O^^Québec Bdl Confédération CSN des syndicats nationaux LE DEVOIR Inscriptions : www.corim.qc.ca \u2022 514-340-9622 http://goo.gl/rIN6b LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 20IS B 3 PERSPECTIVES DURE SEMAINE À LA COMMISSION CHARBONNEAU Entre un Dumont versatile et un Duchesneau altruiste Dure semaine pour la commission Charbon-neau, qui a tenté de rectifier certaines révélations-chocs lancées par Martin Dumont cet automne, sans compter les attaques de la pugnace avocate de ce témoin versatile, M® Suzanne Gagné, qui lui a asséné quelques coups de Charte des droits et libertés.Et puis, il y a ce témoin, Jacques Duchesneau, qui a «préparé» le témoin Martin Dumont, une relation pour le moins particulière qui ne manque pas de soulever des questions.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Ly entreprise de détricotage du témoignage ' de Martin Dumont à laquelle s\u2019est attelée la commission Charbonneau cette semaine a été particulièrement laborieuse.M® Suzanne Gagné, qui défendait le témoin, y a vu.La plaideuse de Québec a soutenu que les enquêteurs de la commission avaient violé les droits fondamentaux de son client garantis par la Charte canadienne des droits et libertés quand ils l\u2019ont interrogé pour vérifier certains éléments de son témoignage du mois d\u2019octobre.L\u2019avocate a même affirmé que Martin Dumont avait fait l\u2019objet d\u2019une détention arbitraire.La juge France Charbonneau n\u2019a pu cacher son irritation devant ces arguments qui lui semblaient relever du droit pénal.«En général, les principes de droit pénal, qu\u2019il soit question d\u2019arrestation, de détention, de fouille, de perquisition, ces notions sont étrangères au domaine de la commission d\u2019enquête», fait observer M® Simon Ruel, un avocat chez Heenan Blaikie qui a été procureur en chef adjoint de la commission Bastarache et procureur gouvernemental à la commission Gomery.Pour Christian Brunelle, professeur de droit à rUniversité Laval, l\u2019avocate a présenté des arguments sérieux eu égard à la Charte des droits.« Chacun a le droit à la protection contre la détention arbitraire.Ce droit s\u2019applique non seulement devant les tribunaux, mais aussi devant les commissions d\u2019enquête», rappelle-t-il.C\u2019est un droit qui est garanti à tous, et pas seulement aux inculpés.Mercredi, M® Gagné devait s\u2019adresser à la Cour supérieure pour faire valoir ses prétentions, mais la cause ne sera pas entendue.La commission Charbonneau, sans doute pour ne pas s\u2019embourber davantage dans un imbroglio juridique somme toute secondaire, a décidé de lâcher le morceau.Ne sera pas admise en preuve la vidéo montrant Martin Dumont en train d\u2019avouer aux enquêteurs de la commission qu\u2019il a inventé de toutes pièces l\u2019histoire des 850000$ que devait compter la réceptionniste d\u2019Union Montréal.Cette vidéo ne pourra pas servir non plus pour l\u2019accuser d\u2019outrage à la commission.M® Gagné est arrivée à ses fins.Clarifications Pour M® Ruel, il est clair que la commission devait absolument clarifier les déclarations de Martin Dumont, dont elle savait désormais qu\u2019elles étaient fausses.Sans attendre la production de son rapport.C\u2019était d\u2019autant plus important que cette «preuve» impliquait des tiers et portait sur des malversations.« C\u2019est la crédibilité de la commission qui est en jeu; elle n\u2019avait pas le choix», estime l\u2019avocat.La présence du maire Gérald Tremblay à une rencontre avec des organisateurs d\u2019Union Montréal où il aurait été question d\u2019une double comptabilité pour le financement du parti est une autre révélation qui a soulevé de sérieux doutes dans l\u2019esprit de la juge Charbonneau.Les bras lui sont tombés quand Martin Dumont a qualifié de «banale» la présence du maire à cette réunion, une information qu\u2019il n\u2019a pas révélée d\u2019emblée aux enquêteurs mais qu\u2019il a ajoutée par la suite.Ce qui étonne M® Ruel cependant, c\u2019est que, pour déboulonner l\u2019histoire des 850000$, la commission a choisi d\u2019exposer son processus interne, les interrogatoires de ses enquêteurs JACQUES NADEAU LE DEVOIR La juge France Charbonneau a paru irritée cette semaine devant ies arguments de Me Suzanne Gagné.qu\u2019une commission d\u2019enquête garde habituellement pour elle.«C\u2019est un risque de faire ça», juge-t-il.Et la constatation de M® Gagné est la matérialisation de ce risque.D\u2019une façon générale, ce que les témoins disent aux enquêteurs de la commission avant leur témoignage ne fait pas partie de la preuve : la seule preuve dont les commissaires tiendront compte lorsqu\u2019ils rédigeront leur rapport, c\u2019est celle qu\u2019ils auront entendue en personne lors des audiences publiques.Témoignage corroboré La reprise des travaux de la commission Charbonneau a donc commencé par un cafouillage, une tentative légitime, toutefois, de redresser les torts causés par de fausses révélations.Heureusement pour elle, le témoi^age du président de Génius, l\u2019ingénieur Michel Lalonde, est venu corroborer le cœur du témoignage de Martin Dumont: un système de collusion entre les entrepreneurs et les firmes d\u2019ingénieurs a permis de financer illégalement le parti du maire Tremblay, notamment par le versement d\u2019une ristourne de 3% de la valeur des contrats.Pour une autre raison, la dernière semaine de la commission Charbonneau fut sin^lière : on apprenait que le député de la Coalition avenir Québec Jacques Duchesneau avait «aidé» Pour déboulonner l\u2019histoire des 850000$, la commission a choisi d\u2019exposer son processus interne Martin Dumont à livrer son témoignage-choc cet automne.Qui plus est, le fils de Jacques Duchesneau, M® Jean-Philippe Duchesneau, a représenté le témoin lors de sa première rencontre avec les enquêteurs de la commission.L\u2019aide qu\u2019il a apportée à Martin Dumont ne portait pas sur le contenu, mais sur la forme, a soutenu Jacques Duchesneau.Qr Martin Dumont est l\u2019un des principaux informateurs de l\u2019ex-policier, sinon le principal, pour la rédaction de son deuxième rapport sur le financement illégal des partis politiques, rapport que Jacques Duchesneau n\u2019a pas rendu public mais qu\u2019il a remis à la commission Charbonneau.Le témoin à la commission, Jacques Duchesneau, a donc aidé un autre témoin à préparer son témoignage, une situation pour le moins incongrue.En droit pénal, devant les tribunaux, un témoin ne peut apporter son aide à quiconque doit témoigner.Cela va de soi : on ne veut pas que les témoins, voire les accusés, ajustent entre eux leurs versions des faits.Une telle règle n\u2019existe toutefois pas pour les commissions d\u2019enquête.Décidément, après avoir coulé lui-même le rapport que lui avait commandé le gouvernement Cha-rest, Jacques Duchesneau continue d\u2019innover.Le Devoir ISRAËL SUITE DE LA PAGE B 1 Yair Lapid, 49 ans, a une tête qui rappelle celle de George Clooney.Journaliste et présentateur-vedette à la télévision, il s\u2019est lancé dans l\u2019arène politique l\u2019année dernière, fondant ce nouveau parti centriste dont le nom signifie « Il y a un avenir ».Rappelons le contexte : pendant l\u2019été 2011, les rues de Tel-Aviv ont été la scène de manifestations de la part d\u2019« indignés » dont les revendications n\u2019étaient pas bien différentes de celles des Madrilènes, des Athéniens et des New-Yorkais.Gu des habitants des capitales et des métropoles arabes, d\u2019ailleurs.Les colonies Il n\u2019est pas étonnant, dans les circonstances, que son message ait porté sur le coût du logement et d\u2019autres soiuces de maux de tête pour la classe moyenne et les moins bien nantis.Lapid a par ailleurs proposé d\u2019abolir l\u2019exemption de service militaire accordée aux jeunes juifs religieux qui poursuivent leurs études dans les yeshivas, ce qui rend pour le moins problématique une éventuelle cohabitation de Yesh Atid avec les petits partis religieux dans la prochaine coalition.Yair Lapid se dit favorable à un arrêt des constructions dans les territoires palestiniens occupés et à une reprise des négociations avec Mahmoud Abbas.Mais la question palestinienne n\u2019a pas constitué un thème majeur de la campagne électorale.«Même si la majorité des Israéliens placent la sécurité en tête de leurs préoccupations, il y a un élément de la population qui réalise que, surtout dans la situation économique actuelle, la sécurité devra être assurée par un traité avec les Palestiniens qui accorderait à ces derniers un Etat, note le journaliste du quotidien britannique The Independent, Robert Fisk, dans un entretien téléphonique avec le Devoir.Malheureusement, avec toutes les colonies, il ne reste plus assez de territoire en Cisjordanie pour créer un Etat palestinien.» «Les gens ordinaires aiment bien Nétanyahou; la plupart des Israéliens sont à la droite du centre.Certes, il y a eu un certain recul du vote de droite, mais je ne vois pas plus de volonté de faire la paix après cette élection qu\u2019avant, poursuit ce grand connaisseur de la région, invité par l\u2019organisme Canadiens pour la paix et la justice au Moyen-Grient à prononcer une série de conférences au Canada.Si vous lisez les discours des principaux candidats, vous voyez que c\u2019est comme si les Palestiniens n\u2019existaient pas.» Espoirs trahis Il faut dire que le fameux mur de séparation a rendu les Palestiniens invisibles aux yeux des Israéliens.Les élections chez ces derniers n\u2019ont pas été suivies avec beaucoup d\u2019intérêt en Cisjordanie.Il y a eu beaucoup de faux départs.beaucoup d\u2019espoirs trahis depuis les accords d\u2019Gslo et le début du «processus de paix».Malgré tout.Mahmoud Abbas a annoncé sa volonté de rencontrer Yair Lapid à Ramallah, si possible avant même la formation du gouvernement de coalition.La Maison-Blanche a quant à elle réitéré son appel à une relance des négociations israélo-palestiniennes.Benjamin Nétanyahou a probablement sous-estimé Iç rejet de ses politiques socioéconomiques.À la dernière minute, dimanche, il a promis que son gouvernement s\u2019attaquerait au problème du logement.Il n\u2019a apparemment pas convaincu grand monde avec cette promesse tardive.Les questions de pain et de beurre devraient être au cœur de l\u2019action du prochain gouvernement, qui comprendra très probablement des ministres issus du parti centriste de Yair Lapid et d\u2019autres issus du parti ultranationaliste La Maison juive.Un consensus sur ces questions sera un peu moins difficile à atteindre que sur le problème palestinien.Contrairement à M.Nétanyahou, qui se dit,mollement en faveur de la «solution de deux Etats», le chef de La Maison juive, Naftali Bennett, jurç que les Palestiniens n\u2019obtiendront jamais leur Etat s\u2019il n\u2019en tient qu\u2019à lui.Il propose même d\u2019annexer la Cisjordanie.M.Lapid, lui, a fait savoir qu\u2019il quitterait une coalition qui ne s\u2019engagerait pas sérieusement dans des pourparlers avec les Palestiniens.Le Devoir La turpitude collective Michel i David Le p.-d.g.de Genius, Michel Lalonde, a esquissé un sourire gêné quand le procureur de la commission Charbonneau lui a rappelé que le code d\u2019éthique de sa profession lui imposait un devoir de loyauté envers sa cliente, en l\u2019occurrence la Ville de Montréal, c\u2019est-à-dire les contribuables montréalais auxquels ses stratagèmes ont coûté très cher.Il ne s\u2019agit plus simplement de quelques pommes pourries œuvrant dans la fonction publique municipale, comme Gilles Surprenant ou Luc Leclerc, qui acceptaient tous les pots-de-vin qu\u2019on leur offrait et jouaient au golf avec des mafiosi.Pendant des années, toutes les firmes d\u2019ingénieurs qui soumissionnaient pour des contrats municipaux ont accepté de participer à la magouille.Il n\u2019y a eu aucune exception.La très grande majorité des 63 000 membres de l\u2019Grdre des ingénieurs n\u2019ont sans doute rien à se reprocher, mais cette omertà au sein d\u2019une profession phare n\u2019en demeure pas moins extrêmement troublante pour l\u2019ensemble de la société québécoise.L\u2019agent de formation à l\u2019Grdre dont Le Journal de Montréal a rapporté le commentaire hier mériterait le prix de l\u2019euphémisme de l\u2019année : « On a constaté une certaine méconnaissance du code de déontologie.» Heureusement, il y aura maintenant un examen obligatoire.Il suffisait d\u2019y penser, n\u2019est-ce pas ?Quand le magazine Maclean\u2019s avait qualifié le Québec de province la plus corrompue de la fédération, l\u2019indignation devant ce Quebec bashing avait été générale.Soit, le gouvernement Cha-rest fournissait d\u2019excellents arguments à nos détracteurs, mais laisser entendre qu\u2019il était le simple reflet de notre turpitude collective relevait d\u2019une calomnie à laquelle nous n\u2019étions que trop habitués.Vraiment?Peut-être avons-nous aussi les ingénieurs que nous méritons.Gn ne fait pas d\u2019omelette sans casser des œufs.Malgré les reproches qu\u2019on peut légitimement lui adresser, la commission Charbonneau est en voie de faire un bien immense au Québec.Elle ne pourra cependant pas changer la nature humaine.Pour fleurir, la vertu aura toujours besoin d\u2019une solide assistance, aussi les\tH n\u2019y avait pas meilleur ,\t, ,\tchoix que l\u2019ancien président ingénieurs du Conseil du trésor, Jacques Léonard, pour présider le comité sur l\u2019octroi des contrats de la Ville de Montréal.Tout au long de sa carrière, il a été d\u2019une probité absolue et il connaît tous les rouages de l\u2019administration publique.Cet homme pourtant enjoué a souvent été présenté comme un politicien ennuyeux.C\u2019est peut-être qu\u2019il n\u2019a jamais eu de goût pour les chamailleries partisanes qui sont trop souvent le lot de 1^ politique, préférant s\u2019en tenir au service de l\u2019État.Gn peut le croire sur parole quand il assure n\u2019avoir aucune intention d\u2019entrer en concurrence avec d\u2019autres instances, que ce soit la nouvelle Escouade de protection de l\u2019intégrité municipale (EPIM) ou la commission Charbonneau.M.Léonard n\u2019a rien d\u2019un justicier.Si certains affichent leur intégrité comme une sorte d\u2019étendard, M.Léonard n\u2019a jamais fait étalage de la sienne.Peut-être avons-nous qu\u2019on mérite Le contraste avec Jacques Duchesneau est saisissant.Être qualifié d\u2019Eliot Ness québécois a manifestement causé le plus grand plaisir à l\u2019ancien policier.D\u2019ailleurs, il ne fait pas de doute que la publication de son rapport a été déterminante dans la décision de créer la commission Charbonneau, et le témoignage du p.-d.g.de Genius donne à penser qu\u2019il avait raison quand il prétendait que 70% du financement çles partis politiques provenait de l\u2019argent sale.À tout le moins à Montréal, cela semblait bien être le cas.Il est néanmoins permis de s\u2019interroger sur les motifs qui l\u2019ont amené à prodiguer ses conseils à l\u2019ancien organisateur d\u2019Union Montréal, Martin Dumont, dont le contre-interrogatoire a démontré à quel point ses allégations sont sujettes à caution.Le député libéral de Fabre et ancien bâtonifier du Québec, Gilles Guimet, a fait écho à la perplexité du milieu jiuidique quand il s\u2019est indigné en apprenant que M.Duchesneau, après avoir lui-même témoigné devant la commission, avait aidé un autre témoin à préparer sa comparution.Qui plus est, son fils, Jean-Philippe Duchesneau, était «l\u2019ami avocat» qui accompagnait M.Dumont pour sa première rencontre avec les enquêteurs de la commission quand celui-ci a omis de leur signaler la présence du maire Gérald Tremblay à la fameuse réunion au cours de laquelle il serait apparu que son parti tenait une double comptabilité.Quand les enquêteurs l\u2019ont reconvoqué en décembre, après avoir découvert de nouvelles inexactitudes dans son témoignage, M.Duchesneau père a de nouveau été appelé à la rescousse.Pour expliquer cette sollicitude, il a fait valoir que «des amis, on en a besoin quand ça va mal, pas quand ça va bien».L\u2019amitié est sans doute une belle chose, mais M.Dumont était aussi un informateur de M.Duchesneau.La crédibilité de l\u2019un était en quelque sorte liée à celle de l\u2019autre.mdavid@ledevoir.eom B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 20IS EDITORIAL CONJOINTS DE FAIT À reconsidérer On en attendait le pire, c\u2019est le contraire qui est survenu : le volumineux jugement de la Cour suprême dans la cause qui opposait «Eric» à «Lola» réussit le tour de force d\u2019à la fois respecter l\u2019approche civiliste du Québec tout en poussant le législateur à revoir sa copie.Place au changement! P Josée Boileau our faire court, on dira que Lola a perdu.Pour faire long (quelque 300 pages!), on dira plutôt que la Cour suprême renvoie aux élus du Québec de très bonnes questions à se poser quant à l\u2019état de notre droit familial, particulièrement eu égard aux conjoints de fait, dont le sort était au cœur du litige.Le ministre québécois de la Justice, Bertrand St-Arnaud, a bien saisi l\u2019enjeu.Il est soulagé de ne pas assister à une fédéralisation de notre Code civil (que la Cour suprême ne comprend pas toujours, comme en font foi des jugements passés), mais conscient que l\u2019heure est venue de refaire le point.Il est vrai que chaque réforme du droit de la famille fut l\u2019occasion pour le Québec de réitérer les vertus de la liberté de choix, donc de ne pas assujettir les couples en union de fait aux mêmes dispositions de ceux qui avaient choisi de se marier ou de recourir à l\u2019union civile.Ce n\u2019était pas là un choix gratuit ou discriminatoire, mais une option liée à des valeurs sociales (au nombre desquelles la perception de l\u2019institution du mariage comme modèle d\u2019inégalité des sexes) et à notre histoire.«Le législateur a voulu respecter le rejet exprimé par la société à l\u2019égard du contrôle traditionnellement exercé par l\u2019État et l\u2019Église sur les relations intimes», écrit ainsi avec justesse la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin, dans la décision rendue vendredi.On n\u2019a d\u2019ailleurs pas fini d\u2019explorer les raisons qui font que le Québec est la société championne de l\u2019union libre au monde: près de 38% des couples vivent ainsi et 60% des enfants naissent au sein de telles unions.Mais comme rien n\u2019indique un renversement de tendance pour l\u2019avenir, on peut croire que ce qui faisait hier figure de rébellion face aux institutions s\u2019est transformé en nouvelle norme à suivre, une option à laquelle on ne réfléchit plus vraiment.C\u2019est ici que s\u2019inscrit la rupture entre le souci du législateur et la réalité.Les déchirements du richissime tandem Eric et Lola nous auront permis d\u2019en savoir plus sur le désarroi de bien des femmes qui se retrouvent lésées quand leur vie de couple prend fin.Mariées, elles pourraient réclamer une pension alimentaire pour elles-mêmes.Ne l\u2019étant pas, elles ne peuvent en réclamer une que pour leurs enfants.Des années de vie commune ne pèsent en rien dans la balance.Quand arrive la rupture, le libre choix révèle tout à coup son vrai visage : celui de l\u2019ignorance de la majorité des «ex», nous ont répété avocats et groupes d\u2019aide.Une campagne d\u2019information n\u2019y changerait pas grand-chose.L\u2019Assemblée nationale est donc interpellée.Le choix du Québec est légitime, nous dit la Cour suprême, mais s\u2019il faut le revisiter, c\u2019est aux élus de le faire, pas aux tribunaux.Même la juge Rosalie Abella, qui, minoritaire, aurait protégé les conjoints de fait au même titre que s\u2019ils étaient mariés, écrit que, «ultimement, c\u2019est au législateur québécois qu\u2019il appartient de choisir la façon de remédier» à la situation.A lui et pas aux juges de trouver la manière d\u2019équilibrer la liberté chérie par les Québécois et la protection que la vraie vie nous oblige à considérer.Le ministre St-Arnaud a bien raison de garder sa porte ouverte.COLLUSION Tout a-t-il été dit ?Bernard Descôteaux Ordre des ingénieurs du Québec compte quelque 63 000 membres, dont un peu plus du tiers travaillent pour l\u2019une ou l\u2019autre des 40 entreprises de génie-conseil faisant affaire ici.Le moins que l\u2019on puisse J dire est qu\u2019ils ne doivent être habités par un senti-^^=1 ment de fierté au lendemain du témoignage devant la commission Charbonneau de Michel Lalonde, qui a décrit en détail le fonctionnement du système de collusion et de corruption mis en place par une douzaine de grandes firmes de génie-conseil pour se partager les contrats de la Ville de Montréal.Ce système de collusion, on le connaissait.Son existence et son fonctionnement ont été décrits dans les pages du Devoir ces dernières années.Beaucoup de gens savaient, mais les autorités politiques niaient.\u2014 On comprend mieux pourquoi aujourd\u2019hui, car ce système de collusion avait partie liée au r\tmonde politique.L\u2019intérêt du témoignage de Michel Lalonde est qu\u2019il a tout confirmé, avec force détails.Il a '\tnommé les membres du cartel et leurs complices dans les appareils administratif et politique.Il a confirmé l\u2019existence d\u2019un pizzo de 3% versé au parti Union Montréal.A-t-il tout dit?Sûrement pas.S\u2019il est donné le rôle de coordonnateur du système, il n\u2019a pas révélé le nom de celui qui en fut l\u2019instigateur.Le procureur de la commission Charbonneau ne le lui a pas demandé, du moins, pas encore.Il ne lui a pas demandé non plus si c\u2019est le même cartel qui intervenait au ministère des Transports du Québec.Ce cartel du génie-conseil fonctionnait sur le même modèle que celui des entreprises de construction décrit devant la commission l\u2019automne dernier, l\u2019objectif étant de s\u2019approprier des contrats par la fraude et la corruption.Sauf que les ingénieurs risquent moins que les entreprises de construction.Alors que l\u2019entrepreneur en construction pourra voir sa licence suspendue et se voir interdire de soumissionner à des contrats publics pendant cinq ans, les firmes de génie-conseil ne sont pas soumises à de telles restrictions.Quant à leurs dirigeants, ils courent peu de risques de perdre leur droit de pratique à la suite de plaintes portant sur leur intégrité.Au pire, on leur imposera une amende, du moins, c\u2019est ce qui est arrivé par le passé.L\u2019Ordre des ingénieurs est maintenant obligé de se préoccuper d\u2019éthique.Les plaintes affluent.Avant de quitter la présidence de l\u2019Ordre pour être candidate à l\u2019élection du 4 septembre 2012, Maud Cohen avait entrepris de créer un cours d\u2019éthique obligatoire et voulait resserrer le code d\u2019éthique de la profession.Son successeur a bien accouché d\u2019un cours.Il dure deux heures, se donne sur Internet et est suivi d\u2019un examen de 15 questions.Un échec pourra conduire à la radiation.mais il sera possible de reprendre l\u2019examen autant de fois que l\u2019on voudra.Un Michel Lalonde réussirait sans doute haut la main cet examen, mais saurait-il pour autant résister à la tentation de se lier à un cartel?Pensons qu\u2019un code d\u2019éthique qui aurait des dents aurait un effet dissuasif beaucoup plus certain.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE iîS ConJoînT; h fAir N'ONÎ Pas PPûvT au PARTA^ pu PATl^iMeiNf toRS p'uNf RuPTuRÎ* Mi LETTRES Qui paye pour la guerre ?La chronique «Repères» fournie par Claude Lévesque dans Le Devoir du 24 janvier est intéressante et inquiétante.On dirait que notre époque se recouvre d\u2019un grand voile pour cacher la lumière à nos yeux.Loin des lieux, on comprend de moins en moins la dynamique de cette guerre larvée au Mali et au Sahel, et qui risque de s\u2019étendre.II fallait bien s\u2019attendre à ce que les guerriers qui étaient en Libye, en Tunisie, en Eg5q)te et ailleurs accroissent leurs champs d\u2019interyention.Les belles armes provenant des Etats-Unis, d\u2019Angleterre et de Erance vont servir à changer les anciennes zones d\u2019influence.L\u2019Islam est le prétexte et les ressources minières, gazières et pétrolifères en sont sûrement la vraie raison.Une question revient toujours à l\u2019esprit: mais qui finance et aide ces islamistes ?Parce qu\u2019il faut beaucoup de ressources pour vivre en guerre : de la nourriture, des munitions, de l\u2019énergie, des soins de santé.Et il faut aussi jouer d\u2019influences, acheter sa présence pour se faire accepter et convaincre.C\u2019est cher tout ça.Une rumeur enfle, c\u2019est la présence du Qatar.Son influence, sa richesse, sa ruse omniprésente, en Europe surtout.Le Qatar achète beaucoup à travers le monde et ce n\u2019est pas la démocratie qui l\u2019étouffe ; c\u2019est l\u2019argent du pétrole.Même certains milieux écologistes se disent séduits par les belles réalisations que fait le Qatar: «Leurs recherches aident au monde de demain et à son besoin d\u2019énergie!» Le Qatar est un joueur important dans les conflits à travers le monde.,On dirait bien que tant l\u2019Europe que les Etats-Unis ou le Japon n\u2019osent en parler, n\u2019osent se priver de ces investisseurs.Les Qataris ont compris comment utiliser l\u2019Islam sans (joute, et ils s\u2019en servent bien, comme en Eg5(pte et ailleurs.Jean-Marie Bonnet Montréal, le 24 janvier 2013 L\u2019autoroute 19 Le gouvernement du Québec ne cesse de reporter le projet de parachèvement de l\u2019autoroute 19, entre la 440 et la 640, devant comprendre de^ voies réservées au transport collectif.A quel moment le Québec mettra-t-il en chantier cet important tronçon du système autoroutier des Basses-Laurentides ?Sur les heures de pointe, circuler sur la route 335 est un véritable enfer.Benoit Voyer Sainte-Thérèse, le 24 janvier 2013 L\u2019intérêt pour la chose publique Les gens ne contestent pas les partis politiques, mais le désintérêt pour la chose publique vient de ce que le processus de choix des délégués dans les partis n\u2019est pas ouvert, mais dépend plutôt des organisateurs.Je crois que si les organisateurs se concentraient sur les élections plutôt que sur la démocratie des partis, la confiance serait plus grande, donc l\u2019intérêt et la participation à la chose publique.François Dorion Québec, le 24 janvier 2013 REVUE DE PRESSE Autour du vide libéral GUILLAUME BOURGAULT-COTE A un certain moment de l\u2019automne dernier, pas moins de sept courses au leadership animaient les libéraux du pays.De quoi inciter la famille rouge à quelques questionnements sur son identité et son avenir.Et ceux-ci demeurent nombreux, alors qu\u2019on entre dans la dernière ligne droite des principales courses.C\u2019est d\u2019abord cette fin de semaine que les libéraux ontariens choisiront le successeur du premier ministre Dalton McGuinty.Les analystes prédisent une victoire de Sandra Pupatello, ou peut-être de Kathleen Wynne.Entre les deux, le Toronto Star hésite.Un éditorial publié lundi accorde la préférence à M\u201c® Pupatello.«Elle a l\u2019énergie, la personnalité et le message qui va donner aux libéraux la meilleure chance de conserver le pouvoir, écrit le journal.Après une année où ils ont titubé d\u2019une crise à l\u2019autre, les libéraux ont besoin d\u2019un changement de direction et d\u2019une nouvelle approche», ce que pourrait amener selon eux Sandra Pupatello.Tout en priorisant le sacré-saint duo de l\u2019économie et des emplois, la candidate a démontré par le passé son engagement envers la justice sociale et promet un «gouvernement frugal avec une conscience sociale», se réjouit le Star.De Kathleen Wynne, le Toronto Star salue les qualités, mais juge qu\u2019elle souffrirait d\u2019avoir été associée à un gouvernement impopulaire.Sauf (jue le chroniqueur Haroon Siddiqui estime qu\u2019elle est quand même la mieux placée pour tenter de sauver la mince minorité libérale en Chambre.Notamment parce qu\u2019elle est beaucoup moins pugnace et plus ouverte au dialogue que M\u201c® Pupatello, une qualité utile dans une assemblée divisée.Siddiqui rappelle la longue carrière politique de M\u201c® Wynne et conclut que cette dernière serait une solution de remplacement plus claire au conservateur Tim Hudaq que Sandra Pupatello.Dans l\u2019Ottawa Citizen, Kate Heartfield se demande toutefois pourquoi le Toronto Star s\u2019inquiète que l\u2019homosexualité affichée de Kathleen Wynne puisse encore effrayer certains électeurs.Ou pourquoi il pose la question de savoir si l\u2019Ontario est prêt pour une femme première ministre.En 2013, vraiment?demande-t-elle.PLC Dans un éditorial intitulé « The big red empty L» publié mardi, le National Post fait de son côté valoir que la course en Ontario \u2014 comme celle au fédéral \u2014 a surtout permis de noter le vide identitaire qui habite les libéraux au pays.Ajoutant le Québec à la sauce, le Post dit que les libéraux manquent d\u2019idées novatrices, de renouvellement aussi.Dans le même esprit, Paul Adams, à\u2019iPolitics, écrit que la formule du premier débat des libéraux fédéraux était «désastreuse» et a surtout permis de voir que les libéraux se sont transformés en une incarnation de l\u2019ancien Parti progressiste conservateur : fiscalement à droite, socialement progressifs.Adams estime lui aussi que les libéraux \u2014 à tous les niveaux \u2014 manquent cruellement d\u2019identité et de convictions.«Qui sont-ils ?S\u2019ils disparaissent subitement de la surface de la terre, est-ce que quelqu\u2019un s\u2019en apercevra ?», demande-t-il.En éditorial, l\u2019Ottawa Citizen écrit que les libéraux n\u2019ont visiblement pas accepté, ni compris, la profondeur de la défaite aux élections de 2011.Il note qu\u2019aucun candidat n\u2019a avancé en débat dimanche le commencement d\u2019une explication intelligible \u2014 notamment que les libéraux ne sont plus vraiment des libéraux au sens classique du terme.Aussi en éditorial, l\u2019Edmonton Journal s\u2019attarde à l\u2019idée d\u2019une fusion entre le Parti libéral et les néodémocrates, que le journal juge mauvaise.Bien sûr, la droite a réussi sa fusion, «mais c\u2019était davantage la réunification d\u2019une vieille famille que la création d\u2019une nouvelle», écrit le journal.Il estime que les électeurs n\u2019ont pas à être privés d\u2019une option.Car «choisir est le but du jeu».Une tendance à noter : personne, nulle part, ne mentionne jamais le nom de Martin Cauchon comme faisant partie des candidats sérieux.Kevin Page, ce «héros» Par ailleurs, le départ prochain du directeur parlementaire du budget.Kevin Page, a été souligné par Lawrence Martin sur iPolitics.Martin croit que M.Page peut être considéré comme un véritable «héros» pour les contribuables canadiens.Le chien de garde des dépenses publiques a fait preuve d\u2019un courage rare pour tenir tête aux conservateurs avec autant de conviction, note Martin.«Quand vous considérez toutes les mauviettes qu\u2019il y a à Ottawa, tous ceux qui tremblent de peur» devant le premier ministre, l\u2019entêtement de Page à «exiger de l\u2019information a été quelque chose à voir».Il fut parfois inutilement bruyant alors qu\u2019il aurait pu se contenter de laisser parler ses rapports, reconnaît le chroniqueur.Mais sur le fond, Lawrence Martin juge excellent le travail de Kevin Page : évaluation des coûts réels de l\u2019achat des P-35, de la guerre en Afghanistan ou du programme de justice conservateur, démonstration de la viabilité du régime de pensions fédérales, M.Page a souvent frappé juste.Surtout, ajoute Martin, quand il s\u2019agissait de dénoncer le manque de transparence du gouvernement conservateur.Reste à voir qui lui succédera \u2014 si quelqu\u2019un le fait.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 20IS B 5 IDEES Les liens économiques enfre conjoints sont au cœur du débat Lola contre Éric : la liberté de choix de qui ?Le respect du choix individuel dans ce domaine a souvent pour conséquence d\u2019imposer la volonté de l\u2019un sur l\u2019autre JACQUES NADEAU LE DEVOIR HELENE BELLEAU Professeure à l\u2019INRS - Urbanisation Culture Société a perspective d\u2019imposer des droits, des devoirs et des obligations réciproques aux conjoints vivant en union libre a suscité, autpur de la cause de Lola contre Eric, des réactions parfois très émotives d\u2019autant plus troublantes qu\u2019elles touchent directement la question de l\u2019égalité entre hommes et émmes, si chère arrx Québécois.Cette question reurte aussi notre désir de préserver la liberté de choix de ceux qui ne désirent pas se marier.La réponse du plus haut tribunal du pays est contrainte par la forme que prennent les revendications qui lui sont présentées \u2014 en l\u2019espèce, une cause de droit constitutionnel, où la question de l\u2019encadrement approprié des conjoints de fait est posée en matière de discrimination et de droit à l\u2019égalité.Mais si cette décision invite au statu quo, elle est loin de résoudre la question pour des milliers de couples québécois.11 serait opportun, selon nous, d\u2019explorer la voie d\u2019une réforme législative, car celle-ci permettrait d\u2019introduire, au sein de la logique juridique, quelques éléments qui lui sont externes, mais nécessaires.Un véritable débat démocratique s\u2019impose sur cette question au Québec et les sciences sociales peuvent et doivent contribuer à une telle entreprise de manière informée et sereine.Le législateur québécois: un être polyglotte?L\u2019évolution du droit au cours des quarante dernières années a produit une fracture profonde dans le traitement réservé aux couples en union libre par le droit privé d\u2019une part, et par le droit public (social et fiscal) d\u2019autre part.Par exemple, le droit fiscal traite les conjoints de fait comme des couples mariés après une seule année de vie commune (ou dès la naissapce d\u2019un enfant).Soulignons qu\u2019en la matière, l\u2019Etat ne leur laisse pas le choix de se déclarer ou non «conjoints de fait».Mais du côté du droit privé, les conjoints non mariés sont vus pratiquement comme des étrangers l\u2019un vis-à-vis de l\u2019autre.Ainsi, au jour de la rupture, et contrairement à la croyance populaire, chacun des conjoints de fait conserve les biens dont il est propriétaire et le conjoint le plus pauvre n\u2019a pas droit à une pension alimentaire pour lui-même.Rien n\u2019oblige les conjoints non mariés à partager leurs biens.Seuls les époux (et les conjoints unis civilement) sont assujettis aux règles relatives au patrimoine familial.Cette position dualiste à l\u2019égard des unions libres n\u2019est pas sans causer des problèmes de taille lorsque survient une rupture.Du point de vue des couples, généralement peu familiers avec le droit, le message qu\u2019ils reçoivent de l\u2019Etat tout au long de leur vie conjugale, par l\u2019impôt et les lois sociales, semble univoque : les conjoints de fait sont traités comme les conjoints mariés après une courte période.Qr, cette fausse croyance, connue sous le nom du mjAhe du mariage automatique, est très répandue et documentée.Les liens économiques entre conjoints sont au cœur de ce débat, puisque ce sont eux qu\u2019il faut négocier, au moyen ou non d\u2019un contrat formel, au début et au terme de l\u2019union advenant une rupture.Qr, les études sociologiques montrent que dans un couple sur deux, les conjoints ne s\u2019entendent pas sur la décision de se marier ou non.et que les questions jiuidiques entrent rarement dans ce choix.Ainsi, le respect de la liberté individuelle dans ce domaine a souvent pour conséquence d\u2019imposer la volonté de l\u2019un sur l\u2019autre.En toute logique, il en résulte qu\u2019un des conjoints est nécessairement plus libre que l\u2019autre ! Des enjeux structurels importants, tels que le type d\u2019emploi disponible, la présence de services de garde à proximité, limitent parfois l\u2019autonomie financière de l\u2019un ou des deux conjoints.Les statistiques par région administrative concernant les écarts de revenus entre conjoints rendent poiu le moins perplexe.C\u2019est dans les régions où plus de 75% des enfants naissent hors mariage (Saguenay-Lac-Saint-Jean, Laurentides, Lanau-dière, Mauricie, Côte-Nord, Abitibi-Témisca-mingue, etc.) que l\u2019on retrouve aussi plus de 40% des femmes contribuant pour moins du quart du revenu d\u2019emploi du ménage ! Quelle situation attend ces mères au lendemain d\u2019une rupture ?Qnt-elles payé les biens périssables (noiuriture, vêtements, etc.), comme cela se fait encore aujourd\u2019hui dans bien des couples?Repartiront-elles avec leius sacs d\u2019épicerie vides pendant que leur conjoint gardera les meubles, la voiture et quelques économies poiu la retraite?Pour des solutions novatrices et adaptées Informer la population est une chose nécessaire, mais cela ne résout pas la question, étant donné la complexité du droit et son intrication avec le rapport amoureux.Plusieurs solutions peuvent être envisagées.Le contrat de vie commune, souvent brandi comme LA solution par ceux qui, sans doute, préfèrent le statu quo, existe depuis plus de trente ans, mais demeure très peu utilisé, car il cadre mal avec la relation affective naissante.Un contrat de vie commune n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un contrat de séparation.Ces contrats adaptés à chacun risquent djailleurs d\u2019éroder l\u2019espace de non-ingérence de l\u2019Etat dans les relations intimes dans l\u2019éventualité de conflits, car ils nécessitent d\u2019exposer devant les tribunaux les détails de la relation intime afin de déterminer qui a droit à quoi; contrairement aux grandes catégories liées à des obligations juridiques (régime légal, patrimoine familial, etc.).Enfin, ces contrats favorisent les plus éduqués et ceux qui ont les moyens de consulter un professionnel du droit.Une autre avenue serait celle d\u2019imposer un cadre minimal à tous les couples (par exemple, après trois ans de vie commune), ou seulement à ceux ayant des enfants, avec néanmoins la possibilité de rédiger des ententes qui reflètent leur situation familiale particulière (ménages recomposés simples ou complexes, etc.), voire de s\u2019en soustraire éventuellement.Dans ce dernier cas de figure, il incombe au plus fort économiquement de prouver à l\u2019autre qu\u2019il est dans son intérêt de n\u2019avoir aucune protection.La loi évoque alors, non plus la règle contraignante qui impose et interdit, mais plutôt l\u2019accès à la justice en créant un cadre qui apaise les conflits lors d\u2019une rupture, tout en préservant l\u2019autonomie, la liberté et l\u2019égalité de tous.L\u2019incurie de l\u2019Agence métropolitaine de transport Quand 1200 personnes se retrouvent à la rue par un froid sibérien ! MICHEL RENAUD Laval est un peu ce qui s\u2019est produit mer-^ credi matin sur le train 926 de ' l\u2019Agence métropolitaine de transport.Rappelons les faits.Le train 926 en direction de la Gare centrale quitte vers 7 h 18 de la gare Deux-Montagnes.^^^=1 Après avoir accumulé plus de 15 minutes de retard, le train est immobilisé à la gare Montpellier, le train est en panne.Qn nous annonce que nous devons quitter le train et nous rendre sur le quai numéro 2 pour prendre les trains suivants.La température extérieure est d\u2019environ -25 °C.Mais voici, les trains subséquents en direction de la Gare centrale sont déjà au maximum de leiu capacité.L\u2019équation est simple, il est impossible d\u2019y faire monter 1200 personnes, soit le nombre approximatif de voyageius dans un train rempli au maximum de sa capacité.Les voyageurs ont dû attendre dehors dans un froid sibérien.J\u2019ai vu des personnes sur le bord des larmes, des parents avec des bébés ne sa- chant pas trop quoi faire.Aucun préposé à l\u2019exté-rieiu poiu donner des consignes de sécurité.Des voyageurs se sont même réfugiés dans une clinique à proximité.Jamais on ne nous a laissé regagner le train en panne, chaud et confortable.Les agents de sécurité veillaient au grain afin qu\u2019il ne reste personne à bord du train.Pourtant, la panne ne mettait pas en danger les gens; la température froide, oui.L\u2019AMT a délibérément risqué la santé des voyageurs en forçant l\u2019évacuation du train.A-t-on pensé aviser les services d\u2019iugences; Urgences-santé, le service de police, le Biueau de la sécurité civile du Québec?Est-ce que l\u2019AMT avait un plan d\u2019urgence, un protocole d\u2019intervention?Comble de l\u2019incurie, jamais l\u2019AMT n\u2019a présenté d\u2019excuses aux voyageurs à la suite de cet événement.Son président n\u2019a pas assuré le leadership qu\u2019une personne qui occupe cette position aiuait dû exercer.A la lumière de cet événement et de ceux passés, je me pose de sérieuses questions sur la culture d\u2019entreprise de cette organisation publique.Comment ne pas être inquiet lorsque l\u2019on voit cet organisme mettre en danger les usagers?Comment ne pas être inquiet lorsqu\u2019au départ, on nous disait que les nouvelles locomotives bimodes ne représentaient pas de danger dans le tunnel Mont-Royal?Comment ne pas être inquiet quand le même organisme a dessiné une voie ferrée aux limites du terrain d\u2019une usine de munitions?Comment ne pas être inquiet quand même le Biueau de la séciuité des transports se dit préoccupé par le risque de déraillement de locomotives lourdes en service voyageiu siu des voies de classes infé-rieiues, à la suite du déraillement d\u2019une locomotive bimode à la Gare centrale?Comment ne pas être inquiet lorsque l\u2019on oblige des voyageurs à quitter un train, à -25°C dehors, alors que la sécurité de ceux-ci n\u2019était pas compromise?Le manque de vision et une culture déficiente de sécurité de l\u2019AMT posent un risque important aux utilisateius des trains de banlieue.Un sérieux coup de barre s\u2019impose dans cette organisation.Je doute que son président Nicolas Girard, par manque d\u2019expertise, soit la meilleure personne poiu diriger une organisation aussi importante et complexe.Madame Marois, agissez avant qu\u2019un événement grave ne se produise.Lart de la faim David Desjardins La semaine s\u2019est écoulée lentement, presque figée dans le froid.L\u2019actualité a elle aussi ralenti.Elle s\u2019est agglomérée comme le givre dans la barbe du coureur de fond qu\u2019est la commission Charbonneau, me ramenant ainsi au sujet de la semaine dernière dans cette chronique : l\u2019éducation.Le cégep, disions-nous, est un levier qui permet de s\u2019extraire de sa condition de base.Celle de consommateur, puisqu\u2019il faut la nommer.La philo, le cinéma, l\u2019histoire, la littérature et les choses en apparence inutiles qu\u2019on y apprend permettent de devenir autre chose qu\u2019un travailleur, de participer au monde comme un être qui doute.Vous avez été nombreux à m\u2019écrire sur le sujet.Quelques-uns ont fait remarquer : oui, d\u2019accord, mais avant?Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec le décrochage, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec les enfants qui cessent de lire à l\u2019adolescence, qu\u2019est qu\u2019on fait avec l\u2019école qui ressemble à un service social plutôt qu\u2019à un milieu d\u2019apprentissage ?Je sais pas trop, en fait.Je disais que m\u2019était revenu ce sujet de l\u2019éducation, et ce n\u2019est pas seulement en raison de mon désintérêt pour les actualités majeures.Par votre abondant courrier, un peu, c\u2019est vrai.Aussi, cette entrevue avec Pierre Moreau qui parlait à nouveau des cégeps à Radio-Canada dans l\u2019émission du matin de Québec.Mais surtout, il y a ce débat que j\u2019ai écouté attentivement sur Prance Culture à propos de l\u2019école, et où deux discours s\u2019opposaient.Celui du modèle républicain, et l\u2019autre libéral.C\u2019est-à-dire, d\u2019un côté, une idée de l\u2019école qui serve à fabriquer des citoyens au mépris de tous les particularismes et de toutes les religions, y compris celle du marché.Et de l\u2019autre, au contraire, une école qui s\u2019adapte à tout, mais surtout à la clientèle.Au marché, donc.Qr, le clientélisme, comme le soulignait le premier, c\u2019est le plus gros problème de l\u2019école.J\u2019ai beaucoup ri quand son adversaire a ensuite comparé l\u2019école à une épicerie, parce que c\u2019est exactement à cela que je pensais.Je me disais: il va ânonner que c\u2019est comme l\u2019épicerie, que le modèle républicain ressemble à un comptoir soviétique qui force tout le monde à manger du lard et des betteraves, que la population peut bien décider si elle veut manger du poulet.Si j\u2019avais été en studio, j\u2019aurais répondu que, justement, l\u2019école n\u2019a pas pour fonction de se plier aux modes.C\u2019est son drame, l\u2019école souffre d\u2019être une vieille dame un peu ringarde, alors que c\u2019est pourtant ce qu\u2019on devrait attendre d\u2019elle : transmettre un savoir qui n\u2019a pas d\u2019âge et un sens de l\u2019effort qui n\u2019a pas à souffrir des goûts du jour.Je ne connais pas suffisamment le système scolaire français pour en juger, et ce n\u2019est pas ce qui m\u2019intéresse.Le plus fascinant, ici, c\u2019est la manière de scléroser le débat, de l\u2019arrêter net sur une idée de liberté qui n\u2019en est pas une.C\u2019est une confusion des genres.Une méprise sur la nature de l\u2019éducation devenue un produit comme les autres.C\u2019est la faute de personne et de tout le monde.Les parents, qui vouent un culte à leurs enfants, se sont mis à s\u2019intéresser à ceux qui les élèvent à leur place.L\u2019école publique, aux prises avec la concurrence du privé et la dénatalité, s\u2019est vue forcée de se farder.De faire un peu la pute.Qu plus poliment, de s\u2019écraser devant les désirs des parents qui voudraient que l\u2019enseignement se moule aux besoins spécifiques de leur petit trésor.Eorcément, le décalage est immense quand t\u2019es le petit trésor en question, que t\u2019arrives au cégep, à l\u2019université, et que tu dois te dé-merder comme un grand.Je disais que j\u2019avais entendu Pierre Moreau reparler des cégeps l\u2019autre matin.11 revenait avec sa rengaine du faible taux de diploma-tion universitaire au Québec comme indice de l\u2019inefficacité du système collégial., Et si le problème était avant?A l\u2019école autant que dans l\u2019idée qu\u2019on s\u2019en fait?Parce que l\u2019école n\u2019est pas le monde et ne devraippas s\u2019y conformer.Au contraire.Je rêve?Evidemment.Ça ne m\u2019empêche pas d\u2019avoir raison quand je dis qu\u2019elle est nulle, votre idée de l\u2019école au service de sa clientèle, et que vos petits amours, si vous les y laissiez souffrir un peu, apprendraient cette patience essentielle à tout, y compris au bonheur, y compris à l\u2019obtention d\u2019un DEC ou d\u2019un bac.11 faut une école qui soit un monde en marge du monde.Un endroit où le temps ralentit, où le savoir n\u2019est pas au service de la gloutonnerie du monde.C\u2019est pour cela que je vous disais la semaine dernière que le cégep est essentiel.Parce que c\u2019est le dernier rempart contre l\u2019indigence intellectuelle depuis,que l\u2019école a cessé d\u2019enseigner l\u2019essentiel.A commencer par l\u2019art de la faim.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) , information générale : Mane-Andree Choumard {chef de division'), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Jeanne Cornveau (reporter), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DeghseésoceefeJ et Jean Dion (sports) , information politique Michel Davidéc/trowe-, Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a OffatcaJ, Robert Dutnsac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec) ,^r\\an.Myles (affaires municipales, Montreal) ,lsahe\\[Q:Vort'er (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Louise-Maude RiouxSoucy (chef de division), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters) ,}\\xh.Q: Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Belair Cinno, François Desjardins et Enc Desrosiers {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy ^aiWeier (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), 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MatthewsÇfec/^wîc^ew informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la promotion), Maxim-Ohvier Leclerc (responsable du service a la clientèle), Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Moïse Bastien, Claudine Chevner, Cehne Euro y, Ghislaine Lafleur et Véronique Page B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JANVIER 2013 SCIENCES MOMIE Û JACQUES NADEAU LE DEVOIR En collaboration avec des anthropologues ontariens et un ingénieur du Collège John Abbott, une artiste judiciaire de Montréal a reconstitué le visage qu\u2019avaient avant leur mort les trois momies égyptiennes du musée Redpath de l'Université McGill.La vie après la mort Un projet de recherche a permis de soumettre trois momies du Musée Redpath à un examen de tomodensitométrie à l\u2019Institut et Hôpital neurologiques de Montréal Grâce aux plus récentes technologies d\u2019imagerie médicale et connaissances en médecine légale, des anthropologues ontariens, un ingénieur et une artiste judiciaire de Montréal ont redonné à trois momies égyptiennes le visage qu\u2019elles avaient avant leur mort PAULINE GRAVEL Les trois momies égyptiennes reposent discrètement derrière des vitrines au Musée Redpath de rUniversité McGill depuis 124 ans pour Tune et 88 ans pour les deux autres.L\u2019une est allongée au fond d\u2019un cercueil de bois recouvert de scènes de vie égyptiennes peintes en couleur.Une autre est exposée à visage découvert et les bras étendus le long du corps.La troisième porte un masque facial.En 2011, dans le cadre d\u2019un vaste projet de recherche sur les momies mené par une équipe d\u2019anthropologues de l\u2019Université Western à London, en Ontario, les trois momies sont soumises à un examen de tomodensitométrie à l\u2019Institut et Hôpital neurologiques de Montréal, qui fournit aux chercheurs des images tridimensionnelles des momies, en très haute résolution.Ces clichés permettent de distinguer notamment le squelette, les muscles, le cerveau s\u2019il est toujours là, les cheveux et les bandelettes enveloppant le corps.« Nous avons créé une immense hase de données incluant les radiographies et les examens tomodensitométriques réalisés sur diverses momies exposées à travers le monde, explique Andrew Wade, anthropologue à l\u2019Université Western Ontario.Ces données nous permettent de faire des comparaisons et de constater les changements survenus au cours du temps et selon les régions dans les pratiques de momification.« Nous pouvons ainsi voir ce que les Egyptiens jugeaient im- Les analyses permettent de faire des comparaisons et de voir les changements survenus au cours du temps et selon les régions dans les pratiques de momification portant de faire pour leurs morts afin de leur offrir la meilleure vie qui soit après la mort.» Pour les Egyptiens, le processus de momification consistait à retirer l\u2019eau du corps à l\u2019aide d\u2019une mixture de sels de natron et de bicarbonate de soude qu\u2019on insérait dans tous les orifices du corps.Souvent, on retirait le cerveau par une narine, explique M^.Wade.« Les Egyptiens croyaient que le cerveau n\u2019était qu\u2019un mucus sans importance.Pour eux, les émotions et les idées venaient du cœur », rappelle l\u2019anthropologue.L\u2019examen tomodensitométrique a aussi permis de découvrir une boule de lin insérée entre deux dents, dans la bouche d\u2019une momie.« Cette compresse était probablement imbibée d\u2019une médication servant à soulager la douleur émanant du nerf sous-jacent.L\u2019individu est probablement mort d\u2019une infection dentaire », ajoute M.Wade Pour les besoins de la recherche, l\u2019âge des momies a aussi été déterminé par des méthodes scientifiques.« Depuis l\u2019arrivée des trois momies à Montréal, en 1889 pour l\u2019une et en 1859 pour les deux autres, on affirmait qu\u2019elles dataient du Nouvel Empire (entre 1550 et 1070 avant Jésus-Christ), époque durant laquelle Toutân-khamon fut pharaon, car les momies ont été achetées au XWsiècle sans qu\u2019on ait aucun détail sur leur site d\u2019origine », explique Barbara Lawson, conservatrice de la Galerie des cultures du monde au Musée Redpath.La datation au radiocar-bone des bandelettes enroulées autour des deux momies provenant de Thèbes a ainsi permis d\u2019infirmer cette hypothèse et de découvrir que la momie de sexe masculin remonte à la période ptolé-maïque (entre 332 et 30 avant J.-C.), tandis que celle de sexe féminin date de la fin de l\u2019Empire romain (entre 230 et 380 après J.-C.).L\u2019examen en tomodensitométrie a révélé des détails de la coiffure de la troisième momie qui ont permis de la situer au milieu de l\u2019Empire romain (entre 96 et 161 après J.-C.).« Le style de coiffure de cette momie est similaire à celui adopté par les Romains », précise M.Wade.Le style gréco-romain du cartonnage (constitué de papier mâché, de plâtre et de papyrus) recouvrant cette momie ajoute un autre indice en ce sens, affirme M\u201c® Lawson.Reconstruction faciale La reconstruction faciale des momies a d\u2019abord débuté par la préparation d\u2019un crâne.Pour ce faire, l\u2019ingénieur en technologie physique Mark Ewanchyna, du collège John Abbott, a transmis à une imprimante 3D les données tomodensitométriques décrivant le crâne de chaque momie.« De six à dix heures ont été nécessaires à l\u2019imprimante pour façonner un crâne constitué d\u2019une poudre de plâtre fragile comme la craie.Il a ensuite été nécessaire de le solidifier en le recouvrant d\u2019une colle époxy», explique M.Ewanchyna.Les crânes ont ensuite été acheminés à l\u2019artiste judiciaire Victoria Lywood, du collège John Abbott, qui les a métamorphosés en têtes presque vivantes, tant leur visage et leur chevelure semblent véridiques.Pour en arriver à des reconstitutions faciales aussi conformes à l\u2019apparence que devaient avoir les trois individus momifiés, M\u201c® Lywood s\u2019est appuyée sur les informations que lui ont fournies les anthropologues, ainsi que sur des données scientifiques publiées par deux chercheurs du Département de médecine légale de l\u2019Université Tanta, en Egypte.Les deux scientifiques ont mesuré à l\u2019aide d\u2019un appareil échographique l\u2019épaisseur des tissus mous (muscles, graisses et peau) recou,vrant les os du crâne de 204 Egyptiens (120 hommes et 84 femmes) âgés entre 20 et 35 ans.Des portraits Des mesures ont été prises à différents points stratégiques du visage, tels qu\u2019au niveau de la glabelle (entre les deux sourcils), des mâchoires, des pommettes, des lèvres, du nez, etc.« Mes reconstitutions ne sont pas des créations, mais des dessins techniques », souligne M\u201c® Lywood, tout en ajoutant qu\u2019une multitude d\u2019éléments anatomiques du crâne ont aussi guidé son travail.« Une petite pointe â l\u2019intérieur de l\u2019orbite nous indique où les paupières étaient attachées.Des éléments de l\u2019os du nez permettent aussi de déterminer l\u2019orientation et la forme du nez.Nous savons également que la largeur du nez sera en moyenne de cinq tiers plus grande que celle de la cavité nasale.Nous obtenons ainsi une reconstitution approximative du visage de la personne », explique-t-elle.A l\u2019aide de tous ces repères, Victoria Lywood a d\u2019abord dessiné un portrait du visage de chaque momie.Et dans un deuxième temps, elle a commencé à appliquer de l\u2019argile sur le crâne d\u2019é-poxy afin de reproduire les tissus mous qui donnent au visage son relief caractéristique.Des dessins historiques montrant la coiffure adoptée à l\u2019époque où vivait la momie lui ont aussi servi d\u2019inspiration.Ces reconstitutions faciales au regard stupéfiant seront exposées auprès des momies au Musée Redpath à partir de la mi-février.Le musée situé sur le campus de l\u2019Université McGill est ouvert au public.Le Devoir S PHOTOS NICOLAS MORIN INSTITUT HOPITAL NEUROLOGQIUE DE MONTREAL Une des momies qui reposent au musée Redpath de l\u2019Université McGill, à Montréal.Une momie est introduite dans le scanner qui permet de réaliser un examen de tomodensitométrie.À gauche, la conservatrice de la Galerie des cultures du monde au musée Redpath, Barbara Lawson, aux côtés de l\u2019anthropologue Andrew Wade, examine une image tridimensionnelle du crâne d\u2019une momie, image obtenue par densitométrie."]
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