Le devoir, 9 février 2013, Cahier F
[" UVRK CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 EEVRIER 2013 I ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR ODILE TREMBLAY ^ art du titre exige un DANY LAFERRIERE Dans la salle des machines Journal d\u2019un écrivain en pyjama constitue son art poétique L' doigté que Dany Laferrière maîtrise M\tavec brio depuis '\tl\u2019explosif Comment faire l\u2019amour avec un nègre sans se fatiguer.Celui qui s\u2019afficha sur une jaquette comme un écrivain japonais lance cette fois Journal d\u2019un écrivain en pyjama, sans fard mais avec son poids de mystère.Sous-titré Chronique, ce livre est une série de rubriques inégales: monologues, dialogues avec un lecteur, conseils à des écrivains présents, futurs ou fantasmés, coups de chapeau à ses auteurs préférés, souvenirs glanés à l\u2019enfance, métaphores.Les lecteurs retrouveront au passage l\u2019odeur de l\u2019un ou l\u2019autre de ses romans, celle du café de la grand-mère Ma et le Montréal de l\u2019usine et du premier roman.Nous voici en pays de connaissance.«Ce monologue qui dure depuis plus de trente ans.», énonce-t-il.Appelons ça une œuvre.«J\u2019ai écrit vingt livres.» Il est un homme en mouvement, et comment se démêler parmi les nombreuses escales et correspondances ratées qui l\u2019ont mené jusqu\u2019à vous après poireau-tage dans maints aéroports, où les noms Port-au-Prince et Toronto surnagent?Lui qui aime écrire dans les lieux de passage en profite pour accrocher sa prose au va-et-vient ambiant.Son œil fatigué témoigne pourtant de l\u2019urgent besoin de se poser.Les gens disent avoir l\u2019impression de le connaître, parce qu\u2019il écrit au «je», ce moi du narrateur qui n\u2019est ni tout à fait le même ni tout à fait un autre que lui.«C\u2019est le fondement même de la littérature.Le lecteur doit croire ce qu\u2019on lui propose, sans savoir vraiment comment ça marche.» Laferrière est aussi un homme public, qui aime prendre la parole sur toutes les tribunes, et s'affiche en cela comme un écrivain contemporain.«Ça ne fait pas un siècle que l\u2019écrivain entre en scène sans laisser parler son œuvre.J\u2019ai incorporé l\u2019époque en parlant.Mais d\u2019autres, comme Réjean Ducharme, se taisent.Il n\u2019y a pas de règles.» Avant et après Ce prix Médicis 2009 pour L\u2019énigme du retour, Laferrière en témoigne dans ce livre et en entrevue: la vie avant, la vie après.« Tous ces gens qui vous courent après.Surtout que le tremblement de terre à Haïti est survenu dans sa foulée.On me consultait sur tout, sur l\u2019adoption des enfants haïtiens orphelins du séisme.J\u2019étais devenu l\u2019Haïtien de service.» Plusieurs écrivains paralysent après un gros prix.«Le pouvoir que ça procure corrompt.Mais on est primé pour un livre qui était déjà écrit.Alors, autant continuer sur cette lancée et garder sa couleur.» Tout le reste à ses yeux est faiblesse.Plus que tout, son livre témoigne de l\u2019ascèse de l\u2019écriture.«Il y a ceux qui plongent et ceux qui ne plongent pas.On doit chercher le cœur des choses, tomber dans l\u2019obsession.Il faut attendre le monstre qui arrive.» Le fantôme de Borges, son écrivain d\u2019élection \u2014 «un Sud-Américain avec le flegme anglais» \u2014, trône ici en majesté.mais également Voltaire, Kafka, Proust, Truman Capote, Moravia, Philip Roth, etc.«La meilleure école d\u2019écriture passe par la lecture de grands auteurs.Nos sens sont alors plus aiguisés et le goût se développe », estime-t-il.Pas question pour lui de taire ses références littéraires sous prétexte que bien des lecteurs ne connaissent pas ces auteurs.«Sinon, ils disparaîtront de la circulation.Et ce sera pire que tout.Mais 10% des lecteurs peuvent suivre.» Ce livre possède des liens avec son précédent L\u2019art presque perdu de ne rien faire, chroniques qui abordaient aussi ses amours littéraires.Mais ici, Dany Laferrière cible plus particulièrement un art poétique à travers ces lettres à un jeune poète, façon Laferrière, qui VOIR PAGE F 2 : LAEERRIÈRE Les livres de Tombouctou En aparté Page f 2 Le poids du passé de Louise Penny Page F 3 Un livre fort et ambitieux de Gilles Jobidon Page fs Une bibliothèque sans livres an Texas Une bibliothèque toute numérique verra le jour à l\u2019automne à San Antonio, au Texas, dans un secteur mal desservi en prêts publics.Elle permettra à ses usagers d\u2019accéder à 10000 titres par l\u2019un des 25 ordinateurs portables et 25 tablettes sur place, ou encore en empruntant l\u2019une des 150 liseuses disponibles.Sur place, pas de bibliothécaires, mais plutôt des techniciens informatiques et un comptoir à café.L\u2019élu du compté de Bexar derrière le projet \u2014 un bibliophile qui bichonne sa collection de quelque 1000 livres en édition originale \u2014 fait le pari qu\u2019après l\u2019investissement de départ de 1,5 million de dollars, les coûts seront bien moins élevés que ceux des bibliothèques traditionnelles.Selon le directeur de la bibliothèque de San Antonio, qui dessert la même population que la future «bibliotes» au coût de 4 millions par année, la demande pour les livres imprimés demeure importante, et tend même à s\u2019accroître.Rappelons qu'à quelques kilomètres du Texas, en Californie, la communauté de Newport Beach a cherché en 2011 à transformer son réseau de bibliothèques publiques pour en faire des établissements dématérialisés.L'administration municipale a dû toutefois faire machine arrière, devant les protestations exprimées par des citoyens plus attachés au papier du livre qu'à ses aspirations électroniques. F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 FEVRIER 2013 LIVRES EN APARTE Revenir de Tombouctou Jean- François Nadeau Al\u2019ère de rinformatique, qui est celle de la vitesse, les trous de la mémoire humaine apparaissent de plus en plus inacceptables.Le moindre oubli prend l\u2019allure d\u2019une falaise où l\u2019on bascule tête première dans le néant.Tout va vite.De plus en plus vite.Peut-être vais-je encore trop lentement?L\u2019effet premier de la vitesse, c\u2019est bien la distraction, dans tous les sens du mot.Ces jours-ci, j\u2019oublie mes clés.J\u2019oublie le nom d\u2019un ancien confrère.Puis, j\u2019oublie le titre d\u2019un roman que j\u2019aime et d\u2019un essai que je viens de lire.Je n\u2019arrête pas d\u2019oublier.En voilà plus qu\u2019assez pour croire que mon cerveau se ratatine.L\u2019alzheimer, déjà?Suis-je en voie de devenir caduc en cette ère où règne la vitesse ?Longtemps éditeur à l\u2019enseigne du Bien Public à Trois-Rivières, le poète Clément Marchand aura 101 ans cette année.A un questionnaire de la revue Liberté, il répondait ceci: «On évalue le degré de caducité auquel on est parvenu au nombre d\u2019heures passées à chercher des documents qui disparaissent.Il vient un temps où la mémoire surchargée perd les clés qui permettraient de retrouver les indispensables points de repère sans lesquels tout système de classement tombe fatalement dans la confusion la plus complète.Toute ma vie fai essayé de maîtriser cette fatalité, mais sans y parvenir.» Au fil de lectures qui s\u2019accumulent, je cherche de plus en plus souvent les références à des textes dont je garde mémoire de moins en moins.Ainsi, pendant des jours, je me suis torturé les neurones pour me rappeler où j\u2019avais bien pu lire le formidable récit d\u2019un aventurier du NIX'\" siècle qui, totalement submergé par ses fantasmes, tenait à voir la ville de Tombouctou, cette gloire de l\u2019Afrique placée depuis des siècles sous les verrous de l\u2019inconscience de l\u2019Occident.Nous sommes au début du NIX'\" siècle.Pour satisfaire sa curiosité, cet homme se résout au pire.Il apprend l\u2019arabe, puis se déguise pour affronter la poussière autant que les opposants locaux.Revêtu de son identité inventée, rien ne lui semble trop risqué pour connaître de ses yeux le ravissement de cette ville devenue au fd des siècles objet de désir.Après bien des détours, il finit par rallier sa destination en 1828.Cet homme est le premier à parcourir la route dangereuse de Tombouctou, à toucher au but, à en revenir vivant et à publier ses mémoires.Déception totale.Tombouctou n\u2019est que maisons basses mal construites, amas de terre, vastes plaines de sable.Une triste vision qui permet au moins d\u2019éprouver un fait irréfutable : l\u2019aventure loge dans le déplacement plus que dans sa destination.Au XIX'' siècle, Tombouctou n\u2019est plus depuis longtemps que l\u2019ombre de l\u2019ombre de ce qu\u2019elle a été au temps de sa splendeur.Les manuscrits de Tombouctou, un beau livre de Jean-Michel Djian, nous le rappelle en même temps qu\u2019il donne un nom au souvenir que j\u2019ai des récits de cet explorateur: René Caillié.Sait-on que les Touaregs furent parmi les premiers peuples à maîtriser l\u2019écriture?L\u2019alphabet tiginagh, utilisé par eux jusqu\u2019à ce jour, remonterait à la fin du néolithique, c\u2019est-à-dire aux environs de 3000 avant le début de l\u2019ère chrétienne.Les livres manuscrits issus de cette culture sont souvent très beaux.Djian nous les montre.Ils traitent de tout: principes de gouvernement, administration, droit, science, médecine, etc.Depuis 2009, des chercheurs français et des bibliothécaires de Tombouctou avaient entrepris de numériser ces trésors du patrimoine mondial.Leurs travaux ont été interrompus à la suite [eaii-Miclid [5jian LES MANUSCRITS Dt TOMBOUCTOU Secrets* mvthes et réalités AI.AIN QUELLA-VILLÉCER René Caillié VAfricain Une vie d'exploràiettr des avancées des intégristes islamistes.Selon une dépêche, la Bibliothèque nationale de France estime entre 100000 et 900 000 titres le nombre d\u2019ouvrages rares qu\u2019il resterait à numériser au Mali.Aussi bien dire qu\u2019on ne sait rien encore de la richesse de ce pays.Grande Noirceur: la suite Faut-il prendre au sérieux l\u2019Institut économique de Montréal et ses amis libertariens, ceux-là qui fredonnent gaiement la même ritournelle qu\u2019au village de Nathalie Elga-bly-Lévy du Journal de Mont-réan Patrick Poirier se le demande dans le dernier numéro de Spirale en revenant sur le débat du « prix unique » pour le livre.Poirier répond à un des membres de l\u2019Institut, Vin-sent Geloso, lequel est parti tambour battant porter le fer contre cette politique au LES MANUSCRITS DE TOMBOUCTOU, SECRETS, MYTHES ET RÉALITÉS Le contenu d\u2019une malle sortie d\u2019une bibliothèque familiale à Tombouctou, photo tirée du livre Les manuscrits de Tombouctou, secrets, mythes et réalités, écrit par Jean-Michel Dijan.nom de son idéal du «libre marché».Poirier écrit: «Qualifier l\u2019expérience française du prix unique du livre d\u2019\u201céchec\u201d demande déjà une certaine dose de culot; en parler comme d\u2019un \u201céchec retentissant\u201d, cela témoigne ou bien d\u2019une ignorance crasse de la situation de l\u2019édition en France et des impacts positif de la loi Lang, ou bien d\u2019une atterrante, mauvaise foi qui confine dangereusement au mensonge.» Et Poirier de citer un volumineux rapport d\u2019évaluation remis au ministère français responsable de la loi qui établit précisément le contraire de ce que Geloso avance.Voici qu\u2019après nous avoir annoncé le 15 janvier que « la Grande Noirceur a favorisé un développement plus rapide du Québec que la Révolution tranquille», l\u2019Institut économique de Montréal, par la voix de Vincent Geloso et Youri Chassin, nous annonce cette semaine que la mise en place d\u2019une nouvelle politique du livre serait rien de moins que catastrophique au Québec puisqu\u2019elle augmenterait globalement le prix des livres et qu\u2019il y aurait soudain moins de lecteurs.Bien vissés sur leurs ressorts idéologiques de justiciers du libre marché, ces deux-là posent en la matière les balises d\u2019une bêtise sophistiquée fondée sur des approximations.Réponse des membres de la «Table de concertation du livre»: les chiffres utilisés par le duo sont faux.L\u2019Institut «arrive à des conclusions fausses parce que ses auteurs appliquent des théories spéculatives sur des données erronées».En d\u2019autres mots, ils se désolent de l\u2019épaisse légèreté qui tient ici lieu d\u2019étude autant que de pensée.Roulé ?Je ne connais pas Eric Sab-bag, un Québécois que La Presse présente comme un grand amateur de vélo.Ce monsieur vient d\u2019annoncer par la bouche d\u2019un procureur sa ferme intention de poursuivre Lance Armstrong.Il accuse le cycliste d\u2019avoir menti dans deux autobiographies.Pourquoi s\u2019arrêter en si bon chemin ?Il reproche aussi aux éditeurs d\u2019avoir laissé le champion déchu écrire qu\u2019il ne se dopait pas.Bref, il reproche à Lance Armstrong d\u2019avoir dit des âneries et aux éditeurs de les avoir publiées.Bon, bon, bon.Si monsieur Sabbag ou ses amis pensent qu\u2019auteurs et éditeurs méritent d\u2019être poursuivis chaque fois qu\u2019ils avancent n\u2019importe quoi, il est sans doute possible d\u2019établir tout de suite à leur bénéfice de longues listes, de quoi les occuper en cour jusqu\u2019à la fin de leurs jours.Et puis, l\u2019Institut économique de Montréal a peut-être une çtude toute prête là-des-sus.A vérifier.jfnadeau@ledevoir.corn RENÉ CAILLIE, L\u2019AFRICAIN Une vie d\u2019explorateur Alain Quella-Villéger Editions Auberon Anglet, 2012, 336 pages LES MANUSCRITS DE TOMBOUCTOU Secrets, mythes et réalités Jean-Michel Dijan Editions JC Lattes Paris, 2012, 184 pages LAFERRIERE suite de la page F 1 n\u2019évitent pas complètement le piège sentencieux.Dany a hésité avant de s\u2019y frotter.Il rappelle pourtant que les peintres apprentis vont voir les toiles de maîtres, et partagent ainsi leur intimité.«C\u2019est une façon de communiquer.Je ne prétends pas être un maître, mais fai du métier et tant de jeunes écrivains me demandent des conseils.Après ça, ils n\u2019auront qu\u2019à me lire et j\u2019aurai congé pédagogique.» Petit, il se sentait plus impressionné par les magiciens qui manquent leur truc que par la magie elle-même.La mécanique l\u2019inspire.«J\u2019apporte ici une description de la littéra- ture, vue d\u2019en bas, de la salle de machines.En même temps, je me méfie de l\u2019expérience.La grâce des débuts est plus belle.Ensuite, on doit travailler longtemps pour la retrouver.L\u2019expérience apporte quand même une modestie.Les jeunes écrivains refusent de faire des poignées de porte.Ils inventent Ils agacent Mes conseils peuvent aider seulement ceux qui ont du talent.Rien d\u2019important ne s\u2019enseigne, après tout » Art poétique Dans son Art poétique, Verlaine conseillait aux écrivains «de la musique avant toute chose».Dany dit de même, en précisant: «Le rythme plus l\u2019émotion égale la musique.» Il rappelle que si, du temps de Balzac, les descriptions pouvaient être longues et touf- r XuJ r,JJ / r, ¦¦ iijjiljüiii üjyLyJijjj Préface de Christine Delphy {Postface de Frédérick Gagnon | Une traduction de Martin Dufresne et Michele Briand 5 les éditions du remue-ménage www.editions-rm.ca fues, aujourd\u2019hui, avec la télé, les nouvelles technologies qui offrent leur poids d\u2019images, mieux vaut sauter à l\u2019essentiel, éviter le trop-plein d\u2019adjectifs aussi.«Balzac devait inventer la télé et le regard.Quant à Proust, il devait mettre en scène l\u2019intimité de l\u2019image.» Dans un intéressant volet, l\u2019écrivain fait la différence entre le monologue français et le dialogue américain.«Les Américains ont le sens du concret.Ils font du cinéma de bruit et de fureur.Les Français absorbent et digèrent à travers une voix unique.Leur sens de l\u2019harmonie s\u2019oppose au rythme américain.En France, on voit l\u2019écrivain et l\u2019impact d\u2019un prix dure plus lon^emps qu\u2019en Amérique, où l\u2019idée de l\u2019œuvre existe peu.Le livre de l\u2019un y chasse le livre de l\u2019autre.» Dany remarque que le désir d\u2019écrire pour donner la parole aux sans-voix, moteur du Martiniquais Aimé Césaire, s\u2019est effrité.«Il avait un rapport avec l\u2019idéologie communiste.J\u2019ai une réticence face à cette conception du monde, même si un grand auteur comme Césaire pouvait en tirer des perles.» Être un écrivain haïtien né sous une dictature a forcé Dany Laferrière à se poser la question du politique dans l\u2019œuvre.«Il existe d\u2019autres voies qui passent par ce que nous vivons.En écrivant mon premier roman, j\u2019ai fait un choix radical: ne pas écrire une seule fois le nom Haïti, mais remplacer la bataille contre la dictature par le sexe.Je préfère stimuler la jeunesse que lui apporter le pouvoir.» 111 \u2019avoue toutefois: «Je vais de moins en moins vers le roman.» Lui qui va bientôt passer trois mois en Suisse prévoit d\u2019aborder dans son prochain livre ses voyages et le goût de l\u2019errance.L\u2019exil est aussi un pays.Le Devoir POLAR Mourir, la belle affaire SUZANNE GIGUERE Le monde de la littérature noire et policière a maintenant sa place pleine et entière en littérature contemporaine.Et il est vaste : thrillers, romans noirs, enquêtes sur fond historique, drames psychologiques.L\u2019Argentin Gaston Si-roni inscrit les quatorze nouvelles de Noirs horizons dans ses marges.Son recueil de nouvelles partagé en deux parties {Noirs et Horizons) est une peinture quasi métaphysique d\u2019une humanité terrassée par le mal et de l\u2019expression des pulsions les plus violentes que l\u2019être humain puisse abriter dans ses entrailles.L\u2019auteur nous entraîne dans les bas-fonds de Buenos Aires et de Cordoba.Des tueurs à gages professionnels minables, grotesques, burlesques, sinistres, sont responsables de crimes sanglants, raciaux ou commandités.Trahison, manipulation psychologique, vengeance passionnelle, corrup- tion et règlement de comptes, la mort ne louvoie pas.Dans un style bref et direct, Gaston Sironi parvient en quelques mots à rendre le lecteur en prise directe avec la brutalité invraisemblable des personnages et des scènes.Les nouvelles delà deuxième partie montrent un univers tout aussi tordu.Les hommes et les femmes sont tous près de (ou dans) la folie, des feuilles portées par le vent, des êtres tristes, victimes d\u2019un quotidien dont personne ne sort indemne.Dans ces récits où le rêve et la réalité s\u2019enchevêtrent, Gaston Sironi explore les thèmes de l\u2019amitié, de la solitude, de la recherche de l\u2019amour.Malgré le portrait assez sinistre que dresse l\u2019écrivain argentin de ses semblables, les nouvelles de Noirs horizons sont teintées d\u2019une étrange beauté, un peu à l\u2019image des tableaux d\u2019Edvard Munch.Entre l\u2019ondulation de la mort et de la douleur, de la lumière et de l\u2019ombre, il y a malgré tout la vie, à laquelle s\u2019attache le langage pour en tirer un sens ou une musique, et ce, au cœur même d\u2019une noirceur qui perdure, comme si le noir était une couleur.Que dire de l\u2019écriture quand elle aborde des rivages aussi sombres?Les nouvelles de Noirs horizons suscitent aussi curieusement, parfois, une douceur indicible, un bercement insondable.Une descente vertigineuse dans les noirceurs de l\u2019âme humaine, oui.Mais pour faire contrepoids à la violence et à la fatalité, Gaston Sironi fait tout sauter à coup d\u2019humour.noir.Collaboratrice Le Devoir NOIRS HORIZONS Gaston Sironi Traduit de l\u2019espagnol (Argentine) par Antoine-Olivier Raymond L\u2019Instant même Québec, 2012, 76 pages .Alternatives CONSTRUIRE eraté Pour nous appuyer ; www.alternatives.ca \u2022 514.982.6606 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 EEVRIER 2013 F 3 LITTERATURE POESIE Fernand Ouellette l\u2019admirable HUGUES CORRIVEAU \\ A plus de 82 ans, Fernand Ouellet publie encore et toujours des livres remarquables de tendresse et de pertinence, ouverts sur l\u2019essentiel, portés par une exaltation vivifiante des qualités morales et mystiques de l\u2019existence.Le voici, cpnfie-t-il sans amertume, À l\u2019extrême du temps, vers lequel il va.Pendant deux ans, de 2010 à 2012, le poète a écrit prés de 340 poèmes, sans inféoder son projet de quelque façon à un journal poétique.Bien au contraire, avec une visée toujours aussi haute de texte en texte, il saisit la profondeur de la parole et l\u2019essence même de son désir de vérité, d\u2019absolu, consubstantiel pour lui à l\u2019acte de vivre.Sa quête des valeurs ne s\u2019épuise pas.«L\u2019esprit à l\u2019aveugle va / Parmi des rochers empanachés / De brumes./ L\u2019angoisse aggrave son errance, / Maintient des ouvertures / Pour le grand œuvre du silence./ N\u2019importe, le cœur, / En des temps / Encore généreux de lendemains / Reste en vigilance, / Assimile les fragments de missives / Envoyés de l\u2019aube / Tout au long du trajet, /Avec une sérénité / Dévisageant la mort», écrit-il dans Rochers.Toute la signification du recueil tient dans ce poème qui affronte l\u2019inéluctable, les ultimes frontières.Les lumières d\u2019aurore continuent de fasciner le poète, elles le remettent en vie, l\u2019assurent de sa présence renouvelée dans le jour naissant, dans la conscience d\u2019être là, pour assouvir sa quête.Les sens à vif rassurent, contraignent la durée à persister.Car la lassitude menace dans le noir de l\u2019âme, contre laquelle il faut se battre ; et Fernand Ouellette, guetteur d\u2019au-delà, l\u2019affirme dans L\u2019oppressif.«L\u2019âme / Demeure parfaitement réceptrice / Des scintillations, de l\u2019abondance./ Ainsi s\u2019atténue l\u2019oppressif / S\u2019éloigne avec le vent / L\u2019agitation des pensées vaines.» On est trop souvent porté à croire Fernand Ouellette perdu dans des sphères éthé-rées, alors qu\u2019une très grande sensualité préside aussi à sa poésie.Tant les matières naturelles que les êtres vivants l'cinaiKl Oucllclic A I extrême du temps éveillent en lui des évocations luxuriantes et charnelles.Un érotisme épicurien sourd de cette voix qui ne craint pas de rameuter les pulsions élémentaires.On vient ici aux beautés du monde avec le corps, ouvert à l\u2019écoute devant l\u2019éblouissement des êtres et des choses.Et c\u2019est un combat quotidien que ce bonheur auquel aspire Fernand Ouellette, une tension constante entre le dépressif et l\u2019expressif afin de maintenir la vie à hauteur de corps et d\u2019âme.Chose rare, voici une poésie obstinément optimiste qui, sans renoncer à dire le noir, convoite les éclats d\u2019oiseaux solaires comme ceux d\u2019un dieu toujours proche du poète.La mort s\u2019annonce, la mort est là, devant, mais le poète persiste, vigilant, saisit tout, présent, mémoire, avenir immédiat, tout.Sagesse prodigue, optimisme irréductible, «Patiemment, rassemblons», dit-il dans Survivance, « En nous ce qui a déjà franchi l\u2019intemporel, / Garde la présence irradiante / De l\u2019or, des élans d\u2019esprit qui résistent, / Survivent à la panique des mots.» J\u2019aime cette poésie au plus près de l\u2019émotion vive qui donne à penser, toujours, que la vie vaut, que l\u2019avenir est, que les possibles ne sont jamais éphémères.J\u2019aime ces confidences murmurées du poète qui, sans bruit, se donne: «Là-bas où l\u2019éternité / Reste à vivre, /Avec un cœur à jamais vermeil, / Mes pas ne laisseront aucune empreinte, / Tel l\u2019oiseau traverse l\u2019éther / Sans marquer sa trace./ J\u2019habiterai un pur ovale / Que de rares peintres ont entrevu, / Sans pensées mourantes, / Sans ressentiments, / Absolument dépouillé / De l\u2019éphémère, des interdits, / Absolument étonné / Par la gravitation de l\u2019Amour, / Par la durée du soleil / Dont les yeux ne se détachent, / Ni l\u2019être, / Sans noircir./ Ici, allant avec le risque de l\u2019espérance.» Collaborateur Le Devoir À L\u2019EXTRÊME DU TEMPS Poèmes 2010-2012 Pernand Ouellette L\u2019Hexagone Montréal, 2013, 384 pages Le poids du passé Danielle Laurin Pourquoi devrait-on lire Louise Penny?Parce que cette exjournaliste anglophone native de Toronto et établie au Québec réinvente à sa façon le polar, tout en respectant les règles de l\u2019art?C\u2019est un bon point de départ.Mais c\u2019est un début de réponse, seulement.Ce qui caractérise sa série policière Armand Gamache enquête, traduite dans une vingtaine de pays et couverte de prix, c\u2019est qu\u2019elle se passe au Québec, aujourd\u2019hui, et fait se côtoyer anglophones et francophones.On pénètre dans les deux communautés à la fois.On les voit vivre de l\u2019intérieur.Et bien sûr, on sent les tensions, parfois, entre les deux.Autre richesse de cette série, dont le premier volet fait l\u2019objet d\u2019une adaptation télé qu\u2019on devrait voir à l\u2019automne sur les ondes de CBC et de Radio-Canada: on assiste à toutes sortes de considérations sur le genre humain, au-delà des différences.On se penche sur les liens qui nous unissent aux autres: amour, amitié, envie, haine.On plonge dans un monde où la rationalité, la logique n\u2019expliquent pas tout; derrière les agissements de chacun: des sentiments mêlés, contradictoires.Même quand il s\u2019agit de héros.Autres particularités: la place accordée à la poésie, la touche d\u2019humour qui fait sourire au tournant, les excentricités de certains personnages.Et les petits riens du quotidien mis en valeur.Enfin, comme dans tout bon polar, on est captivé.Par les intrigues, les rebondissements, les enquêtes qui suivent leur cours.Mais sans que ce soit une fin en soi.Etrangement, Louise Penny écrit des polars réconfortants.Maintenant: pourquoi faudrait-il lire le sixième volet de sa série, celui qui vient tout juste d\u2019être traduit en français, Enterrez-vos morts ?Parce que c\u2019est le meilleur jusqu\u2019ici, tout simplement.Le plus profond, le plus dense, le plus habile.Cette fois, l\u2019action se situe en grande partie en dehors du petit village imaginaire de Three Pines, dans les Cantons-de-l\u2019Est.Même si on y revient.On revient sur une enquête effectuée par l\u2019inspecteur-chef de la Sûreté du Québec, Armand Gamache, dans le roman précédent de la série : Révélation brutale.Un coupable avait pourtant été arrêté, jugé, écroué, concernant le meurtre d\u2019un vieil ermite dont le corps avait été retrouvé dans le bistro du village, lieu de rencontre des habitués, la plupart issus de la communauté anglophone.Mais Gamache doute, tout à coup: si quelque chose lui avait échappé ?Ce n\u2019est qu\u2019un aspect de l\u2019intrigue.le moins convaincant à vrai dire : un peu trop tarabis-coté comme dénouement, même si on prend plaisir à retrouver la petite communauté du village.Au fait, ce n\u2019est pas Gamache lui-même qui rouvre l\u2019enquête: il dépêche sur les lieux son second, Beauvoir.Qui n\u2019a pas des rapports aussi cordiaux que son supérieur avec les Anglos de l\u2019endroit.Difficulté supplémentaire : Beauvoir doit travailler dans l\u2019ombre, officieusement.Il est of- ENTERREZ VOS MORTS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Louise Penny mal physiquement, mais il demeure hanté par la tuerie.Il se sent responsable de la mort de certains de ses hommes.Il revoit la scène constamment dans sa tête, met le doigt où, selon lui, il a fait des erreurs.Si le personnage nous est toujours apparu comme un homme affable, un grand humaniste, jamais il ne nous a paru si vulnérable.Obsédé par l\u2019idée de sa culpabilité, Gamache est in- Louise Penny montre à quel point la défaite de Montcalm sur les plaines d\u2019Abraham demeure une plaie ouverte.Et elle nous fait remonter jusqu\u2019à Samuel de Champlain.ficiellement en congé de maladie, tout comme Gamache.C\u2019est la deuxième trame du roman.Les deux enquêteurs ont été victimes d\u2019une terrible tuerie, qui s\u2019est passée plusieurs semaines auparavant, dont on ne sait rien : on va apprendre au compte-gouttes les dessous de cette affaire d\u2019attentat terroriste où des policiers sont morts.Et ce n\u2019est qu\u2019à la toute fin qu\u2019on mettra les pièces du casse-tête ensemble.Quand le roman commence, Gamache est à Québec, ville qu\u2019il affectionne tout particulièrement et, on s\u2019en doute, l\u2019auteure tout autant : son roman peut se lire en grande partie comme un hommage à cette ville qu\u2019elle a habitée durant deux ans, au Vieux-Québec en particulier.Gamache le Montréalais fait de longues marches avec son chien, découvre les charmes de l\u2019endroit en plein hiver.Il a besoin de respirer, de faire le point.Il s\u2019est réfugié chez son vieil ami, ex-patron et mentor, en qui il a une confiance absolue.Il récupère tant bien que capable de se réconcilier avec lui-même, avec le passé r A cent.Il est incapable d\u2019enterrer ses morts.C\u2019est là un des aspects qui pourrait faire référence au titre du roman.Mais il y a plus, bien plus.Il y a la troisième trame, qui s\u2019enchevêtre continuellement aux deux autres.Elle fait référence à l\u2019histoire du Québec.Elle montre à quel point la défaite de Montcalm sur les plaines d\u2019Abraham demeure une plaie ouverte.Et elle nous fait remonter jusqu\u2019à Samuel de Champlain.Comment Louise Penny s\u2019y prend-elle?Elle campe un meurtre dans la cave d\u2019une vénérable institution anglophone sise dans le Vieux-Québec.Une bibliothèque, tenue par une poignée d\u2019anglophones vieillissants qui se sont donné pour mission de conserver la mémoire de leurs ancêtres dans cette ville fondée par Champlain et conquise par les Anglais, cette ville où ils sont minoritaires, et peut-être condamnés à s\u2019éteindre, où ils vivent, en tout cas, en retrait, dans l\u2019indifférence des francophones, et où ils cherchent leur place.Voilà pour le portrait général.Or, il se trouve que l\u2019homme retrouvé mort dans la cave de cette bibliothèque est un francophone.Un francophone obsédé par Champlain.Toute sa vie, quitte à être considéré comme un bouffon, il a cherché à localiser l\u2019endroit où Champlain a été enterré, endroit qui demeure, aux yeux de tous, un mystère depuis 400 ans.Mais tout indique que cet archéologue amateur a été tué parce qu\u2019il croyait avoir enfin trouvé ce qu\u2019il cherchait.ici même, dans la cave de l\u2019institution anglophone où on Ta assassiné à coups de pelle.Fâcheuse situation, n\u2019est-ce pas?«Les Québécois s\u2019étaient représenté Champlain comme le Sauveur.Et l\u2019homme qui voulait le faire ressusciter était mort.Assassiné par les Anglais \u2014 selon la presse à sensation i, qui pouvaient bien, aussi, cacher le corps de Champlain.» Gamache, bien sûr, va se mêler de l\u2019enquête.Officieusement.Une enquête qui le conduira nécessairement à revisiter l\u2019histoire du Québec.Voilà comment Louise Penny s\u2019y prend pour déterrer le passé, pour faire résonner le passé dans le présent.Et pour rendre compte des tensions, mais aussi des liens, entre les communautés anglophone et francophone d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.Le meurtre de l\u2019archéologue, somme toute, est un prétexte.Tout comme le mystère concernant la sépulture de Champlain.Mais ce sont des prétextes en or.Pour montrer à quel point, en effet, il est difficile d\u2019enterrer nos morts.ENTERREZ VOS MORTS Louise Penny Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Claire Chabalier et Louise Chabalier Plammarion Québec Montréal, 2013, 464 pages Point de bascule SUZANNE GIGUERE Il ne vous est jamais arrivé de quitter quelqu\u2019un, offrant toutes les apparences de la joie de vivre, et d\u2019apprendre ensuite qu\u2019immédiatement après votre séparation ce quelqu\u2019un s\u2019est brûlé la cervelle ou jeté sous le métro, poussé par une force intérieure irrésistible ?Est-ce qu\u2019on peut savoir ce qui se passe vraiment dans l\u2019esprit d\u2019un être humain ?Est-ce que l\u2019intéressé lui-même sait ce qui se passe dans son propre crâne ?Une dépression brusque, un accès soudain d\u2019inexplicable cafard, une perte temporaire des facultés mentales.et voilà ! Est-ce que vous n\u2019avez pas eu à connaître de tels exemples ?» Léo Malet.Pendant des années, Sergio Kokis a observé la nature humaine tant dans la vie qu\u2019en clinique comme psychologue.Il ne pouvait choisir une meilleure citation pour appuyer le propos de Culs-de-sac, un recueil de quinze nouvelles cadrant des personnages à un moment crucial de leur vie, quand tout bascule.Déshonneur {La confession d\u2019un sous-officier), humiliation (De sales étrangers), peur imaginaire (Obsessions), jeu de massacre auquel se livre un couple (La rose des vents), autant d\u2019expériences humaines qui trouvent NICOLAS KOKIS Pendant des années, Sergio Kokis a observé la nature humaine tant dans la vie qu\u2019en clinique comme psychologue.un large écho contemporain.Comme toujours chez Kokis, les histoires s\u2019enchaînent d\u2019elles-mêmes, en tourbillons.Les nouvelles suivantes décrivent des situations d\u2019isolement extrême où l\u2019esprit de personnes fragiles présente de graves manifestations d\u2019angoisse ou de peur irrationnelle dont l\u2019intensité frôle la folie, ce qui les mène à commettre des gestes désespérés.Dans Stabat mater, un professeur ne se résout pas à faire le deuil de la femme qu\u2019il a aimée; dans Incidents au phare Evangelista, des marins coincés dans un phare de la Terre de Feu vivent une épreuve ultime, alors que dans Lazare, à la suite d\u2019un coup de grisou, un homme se retrouve emmuré non pas dans une galerie effondrée, mais dans la noirceur du champ de sa propre conscience.Kokis s\u2019attarde encore à ceux qui souffrent jusqu\u2019à l\u2019immobilisme quand ils n\u2019excellent pas dans un domaine pour lequel ils ne sont pas doués.La page blanche traite du problème des frustrations paralysantes d\u2019un professeur de littérature rongé par l\u2019ambition d\u2019être écrivain.Ecrivain des victimes et des perdants, Sergio Kokis observe en clinicien et en visionnaire ses semblables.Les nouvelles de Culs-de-sac mettent en scène le plus insurmontable des chaos : l\u2019angoisse et le doute.«Nous sommes condamnés au doute [.1 L\u2019angoisse et le souci, voilà notre condition» (Une soirée théologique).Au-delà de la gravité des propos de Culs-de-sac, on sent que l\u2019auteur se divertit en imaginant des histoires, comme s\u2019il rapportait des faits réels.On ignore si ce qui est énoncé est vérité ou affabulation, réalité ou imagination, raison ou élucubration.Il est intéressant de voir comment il imbrique visions fantastiques et fantaisies les plus obsédantes dans ses nombreuses notations ana- lytiques.Ses fidèles lecteurs retrouveront la verve rageuse de l\u2019écrivain qui depuis vingt ans et vingt livres exprime quelques opinions tranchées (l\u2019écriture et ses simulacres, la «pâture abrutissante» des médias, les tabous religieux et moraux) et éprouve manifestement un grand plaisir à nous le faire savoir.Kokis demeure un conteur formidable à l\u2019imaginaire débordant.Il nous enjôle avec sa verve luxuriante, son esprit radical, aussi drôle que cynique, ses dialogues animés et joyeux, acides et satiriques, ses scènes burlesques, son aspect libertin et désespéré, sa gaieté noire.C\u2019est très rafraîchissant de lire un écrivain aussi passionné, qui n\u2019oublie jamais de faire un clin d\u2019œil à ses lecteurs: «La lecture est un acte amoureux; le lecteur doit d\u2019abord fréquenter le texte avec la totalité de ses sens et de son monde imaginaire.Voilà pourquoi il n\u2019existe pas de livre qui soit absolument bon pour tous les lecteurs.» (La page blanche).Collaboratrice Le Devoir CULS-DE-SAC Sergio Kokis Lévesque éditeur collection «Réverbération» Montréal, 2013, 250 pages éy Gaspard LE DEVOIR ALMARÈS Du 28 janvier au 3 février 2013 \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 La fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t2/14 2 Enterrez vos morts\tLouise Penny/Flammarion Québec\t1/4 3 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique !\tAmélie Dubois/Éditeurs réunis\t3/13 4 L\u2019Orphéon.Quinze minutes\tPatrick Senécal/VLB\t4/2 5 La dernière saison \u2022 Tome 3 Les enfants de Jeanne\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/ Guy Saint-Jean 5/12\t 6 L\u2019histoire de Pi\tYann Martel/XYZ\t6/15 7 Au hord de la rivière \u2022 Tome 4 Constant\tMichel David/Hurtubise\t7/12 8 Euchariste Moisan\tDenys Arcand/Leméac\t-/I 9 Lorsque le cœur est somhre\tGilles Archambault/Boréal\t8/2 10 L\u2019Orphéon.Coïts\tVéronique Marcotte/VLB\t9/2 Romans étrangers\t\t 1 Cinquante nuances plus sombres \u2022 Tome 2\tE.L.James/Lattès\t1/4 2 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattès\t2/18 3 La vérité sur l\u2019Affaire Harry Quehert\tJoël Dicker/Fallois | Âge d\u2019homme\t3/7 4 Les enquêtes du département V \u2022 Tome 3 Délivrance\tJussi Adler-Olsen/Albin Michel\t-/I 5 Dévoile-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t4/6 6 Le siècle \u2022 Tome 2 L\u2019hiver du monde\tKen Follett/Robert Laffont\t5/15 7 La liste de mes envies\tGrégoire Delacourt/Lattès\t6/3 8 Le prisonnier du ciel\tCarlos Ruiz Zafôn/Robert Laffont\t7/12 9 La faille souterraine, et autres enquêtes\tHenning Mankell/Seuil\t8/13 10 One place à prendre\tJ.K.Rowling/Grasset\t9/19 Essais québécois\t\t 1 Fâché noir.Chroniques\tStéphane Dompieire/Québec Amérique\t-/I 2 La juste part\tDavid Robichaud | Patrick Turmel/Atelier 10\t1/2\t 3 Carré argent\tMichel Brûlé/Michel Brûlé\t-/I 4 Gouvernance.Le management totalitaire\tAlain Deneault/Lux\t5/3 5 L\u2019état du Québec 2012\tCollectif/Boréal\t3/2 6 Chers voisins.Ce qu\u2019on ne connaît pas de l\u2019Ontario\tJean-Louis Roy/Stanké\t-/I 7 Fin de cycle.Aux origines du malaise politique québécois\tMathieu Bock-Côté/Boréal\t-/I 8 De quoi le Québec a-t-il besoin en éducation?\tJ.Barbe | M.-F.Bazzo | V.Marissal/Leméac 4/13\t 9 L\u2019éducation en péril\tCollectif/Fides\t-/I 10 Histoire intellectuelle de l\u2019indépendantisme québécois \u2022 Tome 2\tCollectif/VLB\t-/I '?'Essais étrangers\t\t 1 La guérison du monde\tFrédéric Lenoir/Fayard\t-/I 2 Le livre du temps\tAdam Hart-Davis/Broquet\t4/12 3 Les moissons du futur.Comment l\u2019agroécologie.\tMarie-Monique Robin/Stanké\t-/I 4 Critique de la violence\tWalter Benjamin/Payot\t-/I 5 Les lois fondamentales de la stupidité humaine\tCarlo M.Cipolla/PDF\t-/I 6 Peut-on encore sauver l\u2019Église ?\tHans Kung/Seuil\t-/I 7 L\u2019empire de l\u2019illusion\tChris Hedges/Lux\t1/2 8 La cassure.L\u2019état du monde 2013\tCollectif/La Découverte\t6/13 9 Trois Américaines à Paris.J.Kennedy, S.Sontag, A.Davis Alice Yaeger Kaplan/Gallimard\t\t-/I 10 Les femmes et la droite\tAndrea Dworkin/Remue-ménage\t5/2 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Ssspsnl sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Esspsnle\\ est constitue des releves de caisse de 215 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Ssspsnl © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 EEVRIER 2013 LITTERATURE La Vitrine swiiÉ«iftcwt.JtaÉ>i
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