Le devoir, 2 mars 2013, Cahier B
[" Science: un insecte pillard dévaste les plantations d\u2019agrumes aux Etats-Unis Page b g Michel David examine le défi que se donne le PQ avec le Sommet Page b 3 Idées : faire le pari de l\u2019unité autour d\u2019Option nationale Page b 5 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 MARS 2013 Jf JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le recteur de PUdeM, Guy Breton, en compagnie de Pauline Marois et de Martine Desjardins lors du Sommet.Et maintenant, parlons éducation Le Sommet sur l\u2019enseignement supérieur s\u2019est conclu sur une indexation de 3 %, des promesses d\u2019investissements et la mise sur pied d\u2019un organisme consultatif pour une meilleure gouvernance.Aussi bien dire que le printemps des réformes est arrivé.Mais dans cette grand-messe où il a surtout été question de financement, a-t-on oublié de parler d\u2019éducation ?LISA-MARIE GERVAIS La table du Sommet sur l\u2019enseignement supérieur, qui avait lieu lundi et mardi derniers, devait être bien garnie.En fait, sans qu\u2019ils soient officiellement à l\u2019ordre du jour, tous les sujets pouvaient y être discutés.Le ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, s\u2019y était engagé.Comme une promesse solennelle.Pourtant, alors qu\u2019il a été question de revoir la formule de financement, de droit de scolarité, de reddition de comptes, d\u2019accessibilité financière, de compressions budgétaires, d\u2019arrimer la formation en région avec les besoins du milieu, peu de minutes \u2014 le temps de parole des intervenants était extrêmement limité pour tout le monde \u2014 ont été accordées au débat sur le rôle et la mission des universités, sur sa dimension humaine, ont observé certains.La gratuité tant prônée par l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) ?Le scénario a été écarté il y a quelques semaines des propositions à débattre même si le ministre a invité ses ardents défenseurs à «s\u2019exprimer».Ce fut finalement le silence radio sur le sujet.La démocratie étudiante ?Alors que le droit de grève a été prononcé du bout des lèvres par quelques intervenants, notamment des recteurs, et que le ministre avait dit être attentif à l\u2019évolution du sujet, celui-ci n\u2019a pas du tout été abordé.S\u2019il a été question du soutien financier à la recherche, le rôle de la recherche fondamentale par rapport à la recherche appliquée n\u2019a pas non plus été discuté, elle qui avait pourtant fait le printemps étudiant.Hormis dans les rencontres pré-sommet, la question de la mission des universités et de la valorisation de l\u2019éducation, surtout amenée dans le débat par les professeurs et les étudiants, n\u2019a été qu\u2019effleurée.Les recteurs, eux, dans leur plaidoyer pour combler le sous-financement, en ont parlé pour montrer qu\u2019elle était en péril si l\u2019argent n\u2019était pas au rendez-vous.«Nous sommes des privilégiés de la société et il faut rendre à la société, par le travail intellectuel, ce qu\u2019elle nous donne.Et ça, ça n\u2019a pas été abordé dans le sommet», souligne Yves Lenoir, professeur à l\u2019Université de Sherbrooke et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur l\u2019intervention éducative.11 a l\u2019impression que l\u2019Université avec un grand U, dans sa dimension pédagogique, est passée sous le radar.«Je n\u2019ai pas fait d\u2019enquête, mais fai tout à fait ce sentiment.J\u2019ai eu quelques discussions avec des gens de mon université, mais pas de véritables débats avec des collègues.On est hors circuit [.] parce que la question en est essentiellement une d\u2019un réaménagement fondé sur des considérations économiques», dit-il., L\u2019historien et professeur à la Teluq, Eric Bédard, constate que, de manière générale, au Québec, l\u2019éducation n\u2019est à l\u2019ordre du jour que pour parler de décrochage scolaire ou de droits de scolarité.«C\u2019est important, mais qu\u2019est-ce qu\u2019on enseigne?Les valeurs qu\u2019on veut transmettre, la qualité de la formation, l\u2019apprentissage, le savoir.ça, ça ne soulève jamais de débats», fait-il remarquer.Des réformes de structures Le sociologue Guy Rocher, qui a été à l\u2019origine de la grande révolution dans le milieu de l\u2019éducation à l\u2019aube des années soixante, a observé dès la première journée du Sommet qu\u2019il serait peu question d\u2019éducation mais davantage de structures.« J\u2019espère qu\u2019on est à un véritable tournant, mais je ne m\u2019attends pas à de très grandes réformes.Il va y avoir des réformes de structures, avec le Conseil des universitaires notamment, mais pas sur les enjeux de fond», avait-il déclaré en entrevue au Devoir.Dans le rapport Parent, dont il a été l\u2019un des auteurs, un volume entier est consacré à l\u2019enseignement et aux programmes.La grande réflexion publiée en trois tomes, successivement en 1963, 1964 et 1966, était même allée jusqu\u2019à parler de «la primauté de l\u2019esprit», «d\u2019épanouissement de l\u2019étre» et du «sens de l\u2019évolution humaine».Bien sûr, si on a tant parlé d\u2019éducation et des «valeurs humanisantes de la science» dans ce rapport, c\u2019est que tout était à faire en éducation dans le Québec des années soixante.Difficile aujourd\u2019hui d\u2019avoir la même portée.N\u2019empêche, la société a vite dévié loin de la trajectoire du rapport, croit Yves Lenoir.«Dans le troisième volume du rapport Parent, il y a une proposition de ce nouvel humanisme «J\u2019espère qu\u2019on est à un véritable tournant, mais je ne m\u2019attends pas à de très grandes réformes » qui a comme souci de repenser la formation elle-même dans ce qu\u2019elle a de fondamental sur le plan du contenu.Ce qu\u2019on fait aujourd\u2019hui n\u2019a rien à voir.On est dans un système économique universitaire, a constaté celui qui ne cache pas son estime pour le mouvement étudiant.Déjà, au niveau secondaire, et même je le vois au primaire, la logique en est une de préparation à l\u2019emploi.Où est la dimension humaine dans l\u2019éducation ?» , Eaisant une lecture légèrement différente, Eric Bédard formule l\u2019hypothèse que, dès le début de la grande réforme des années 1960, induite par la commission Parent, il n\u2019y en avait que pour la dimension sociale de l\u2019éducation et la démocratisation de celle-ci, jusque-là réservée à la seule élite.«On visait l\u2019égalité des chances, l\u2019accès pour tous.L\u2019éducation est devenue complètement «instrumentalisée» au service de l\u2019égalité sociale.C\u2019est tant mieux si des gens peuvent avoir les plus hautes aspirations parce qu\u2019ils ont reçu une éducation [.], mais le but premier de l\u2019éducation n\u2019est pas nécessairement de procurer de bons emplois», explique-t-il.11 rappelle qu\u2019à l\u2019époque de la Révolution tranquille, le slogan était «Qui s\u2019instruit, s\u2019enrichit».Quelle que soit l\u2019interprétation qu\u2019on en fait, pour le commun des mortels, cela avait une portée économique, croit-il.«On a vendu aux Québécois que le but de l\u2019éducation était d\u2019abord de s\u2019enrichir.» Sans dénigrer ce message, M.Bédard soutient que cela peut en partie expliquer pourquoi le Québec évite les questions de fond lorsqu\u2019il s\u2019agit de parler d\u2019éducation.« C\u2019est comme si on avait pris une orientation qui a donné le ton à la façon dont on a vu l\u2019éducation, et on n\u2019est plus capable d\u2019en sortir aujourd\u2019hui.» Une loi-cadre porteuse d\u2019espoir Dire qu\u2019il n\u2019a été aucunement question de la mission des universités et du contenu ne serait pas tout à fait exact.Quelques phrases ou intentions y faisant référence ont été formulées.Mais le dossier a néanmoins été rapidement expédié sans aucune discussion de fond dès la matinée d\u2019ouverture de cette grand-messe qui réunissait 70 participants à la table des discussions et 350 observateurs et médias.VOIR PAGE B 2 : ÉDUCATION D Lire aussi > Refermer ia boîte de Pandore.Page B 3 ITALIE La méfiance ne signifie pas un rejet de l\u2019Europe PHILIPPE RIDET Ly interprétation selon la-' quelle les électeurs de Silvio Berlusconi et de Beppe Grillo auraient décidé d\u2019envoyer un signal contre l\u2019Europe et l\u2019austérité, vue comme «une punition allemande» contre un pays frivole, doit être nuancée.Certes, l\u2019un comme l\u2019autre, par tactique plus que par conviction, ont attaqué durement la chancelière Angela Merkel et l\u2019euro.Le premier s\u2019est interrogé publiquement sur l\u2019intérêt qu\u2019il y avait encore pour l\u2019Italie à rester dans la zone de la monnaie unique.Le second a proposé un référendum pour en sortir.Mais ce thème n\u2019a pas été, et loin de là, le cœur de leur programme.«Les voix recueillies par MM.Grillo et Berlusconi expriment plus un malaise européen qu\u2019un sentiment antieuropéen, observe le politologue llvo Diamanti.Quand on demande aux Italiens s\u2019ils sont opposés à la construction européenne, ils disent non dans leur grande majorité; quant à l\u2019euro, ils estiment qu\u2019en sortir serait une aventure trop dangereuse.Disons qu\u2019ils sont des Européens malgré tout.» Malgré la crise, le chômage, et la rigueur.Absence Sur le site Internet de Beppe Grillo, unique vecteur de communication du Mouvement 5 Étoiles (M5S), le mot «Europe» n\u2019est même pas écrit et le projet de consultation populaire n\u2019est pas mentionné.Ses électeurs, jeunes et diplômés pour la plupart, sont de la génération Erasmus.Ils ont été davantage séduits par la volonté de leur chef «de faire le ménage» dans une élite politique vieillissante et sclérosée, jugée corrompue, et dans laquelle ils ne trouvent pas leur place.Le programme du Peuple de la liberté (PDL), le parti fondé par Silvio Berlusconi, qui est membre du Parti populaire européen (PPE), ne met pas non plus l\u2019Europe au premier plan de ses préoccupations.Les électeurs du Cavalière, qui se présentait pour la sixième fois aux suffrages des Italiens, ont plus écouté ses promesses fiscales que ses jugements sur le «spread, pas si important que ça».Son idée de rembourser la taxe payée par les Italiens en 2012 sur la résidence principale et ses propos ambigus sur une possible amnistie fiscale ont fait mouche à la fois auprès de ceux qui payent leurs impôts et ceux qui cherchent à fuir le fisc.Signatures En réalité, le seul parti qui a fait de la bataille contre Bruxelles le cœur de son programme et l\u2019une des raisons de son existence est la Ligue du Nord.L\u2019idée d\u2019organiser un référendum sur l\u2019euro était déjà très avancée.«Nous recueillons des signatures.Si nous en avons deux millions, ce sera le signe d\u2019une volonté de changement», affirmait, en 2012, Roberto Maroni, le nouveau secrétaire fédéral de la Ligue après la démission de VOIR PAGE B 3 : ITALIE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MARS 2 O I S PERSPECTIVES SYRIE, IRAN.Les pays du Golfe attendent Kerry de pied ferme Refus d\u2019armer les rebelles sj^iens, main tendue à l\u2019Iran: les monarchies arabes du Golfe, pourtant alliées des Etafs-Unis, accueillent dimanche le secrétaire d\u2019Etat, John Kerry, avec des interrogations sur la politique régionale de Washington.M.Kerry, dont c\u2019est le premier voyage comme chef de la diplomatie américaine, doit rencontrer dimanche à Riyad ses pairs du Conseil de coopération du Golfe (CCG), regroupant six pays, dont l\u2019Arabie Saoudite est le chef de file, avant de se rendre à Abou Dhabi et à Doha.«Il y a des inquiétudes, de la déception, de la frustration à l\u2019égard de la politique américaine», souligne Abdulaziz,Sager, directeur du GuK Research Center.Les Etats-Unis et les pays du CCG «ne sont pas d\u2019accord sur les principaux sujets: la Syrie, l\u2019Iran, le conflit israélo-palestinien, Bahreïn».D\u2019après cet expert saoudien, certains hauts responsables des pays du Golfe disent même en privé qu\u2019il est désormais «difficile de faire confiance aux Américains ».Plusieiu-s de ces riches monarchies pétrolières, en particulier l\u2019Arabie Saoudite et le Qatar, ont pris fait et cause pour la rébellion en Syrie, proclamant le droit du peuple syrien à se défendre et estimant que le régime du président Bachar al-As-sad ne voulait pas de solution politique.Washington a annoncé jeudi une aide supplémentaire de 60 millions de dollars à l\u2019opposition sju\u2019ienne et, pom la première fois, des aides directes, mais refuse toujours les livraisons d\u2019armes, redoutant qu\u2019elles tpmbent aux mains d\u2019extrémistes.Et les Etats-Unis «empêchent également les pays du Golfe d\u2019aider les rebelles», affirme M.Sager.Selon Mustapha Alani, expert en questions stratégiques basé à Dubaï, «toutes les livraisons d\u2019armes à destination des rebelles syriens financées par les pays du Golfe se sont interrompues depuis le mois de septembre, en raison d\u2019un veto américain».Fermeté La seule exception, souligne M.Alani, est la cargaison évoquée par le New York Times cette semaine, selon lequel des armes achetées par l\u2019Arabie Saoudite en Croatie sont parvenues aux rebelles en décembre via la Jordanie.«Certains pays du Golfe estiment que les Etats-Unis ne vont pas assez loin ni assez vite dans leur politique à l\u2019égard de la Syrie», explique Salman Sheikh, directem du Brookings Doha Center.Les pays du CCG ne cachent pas non plus lem inquiétude devant la politique américaine sur l\u2019Iran, lem voisin immédiat dont ils redoutent les ambitions nucléaires.«Aux yeux des pays du CCG, M.Kerry n\u2019est pas assez ferme sur l\u2019Iran.Ils pensent que les Etats-Unis doivent laisser l\u2019option militaire sur la table en cas d\u2019échec de la politique des sanctions», souligne M.Alani.Pour ces pays, la politique des sanctions a clairement montré ses limites en Irak, au Soudan et siu-tout en Corée du Nord, pays qui vient de mener un essai nucléaire.Quant au conflit israélo-palestinien, les pays du Golfe ne cachent pas lem frustration à l\u2019égard de l\u2019échec du gouverqement américain à imposer la solution des deux Etats, selon les experts.Washington et les pays du Golfe divergent aussi sur Bahreïn, où des troupes des pays du CCG sont déployées depuis l\u2019écrasement d\u2019un soulèvement mené par la majorité, chiite contre la monarchie sunnite en 2011.Les Etats-Unis continuent à voir «des revendications politiques» de l\u2019opposition chiite alors que, pour les pays du CCG, «il s\u2019agit d\u2019un problème de terrorisme», souligne M.Sager.De plus, les monarchies du Golfe n\u2019ont pas oublié comment le gouvernement américain «s\u2019est rapidement détourné de ses anciens alliés» dans les pays du printemps arabe, rappelle M.Sheikh, tout en estimant qu\u2019il faut donner sa chance à M.Kerry, qui «connaît le Proche-Orient et va apporter une attention renouvelée à cette région».Agence France-Presse ÉDUCATION SUITE DE LA PAGE B 1 Devant un certain consensus, la première ministre, Pauline Marois, et le ministre de l\u2019Enseignement supérieur ont donc annoncé la mise sur pied d\u2019un chantier de travail présidé par l\u2019ancienne directrice du Devoir, Lise Bissonnette, et John R Porter, qui a dirigé le Musée national des beaux-arts du Québec en vue de l\u2019adoption d\u2019une loi-cadre sur les universités.Ce chantier aux contours flous cherchera à établir des règles de gouvernance et à «faire valoir les valeurs et les fondements de la mission des universités du Québec», selon le gouvernement.Eric Bédard voit d\u2019un bon œil les travaux d\u2019un tel chantier dirigé par des personnes d\u2019aussi grand calibre, même si pour l\u2019instant le concept est très embryonnaire.D\u2019autres sont plus sceptiques.«On ne sait pas ce que ce chantier aura comme mandat, si ce sera encore structurel.C\u2019est une politique cadre; elle devra se traduire par un ensemble de règlements, mais qui seront conçus sur quelles bases?s\u2019est demandé M.Lenoir.Ça peut être intéressant, mais ça peut aussi se réduire à des éléments d\u2019ordre technique.» Le Devoir Notre chroniqueuse Manon Cornellier fait relâche cette semaine. GERALDINE WOESSNER AGENCE ERANCE-PRESSE La mine de Fermont de la compagnie ArcelorMittal REDEVANCES MINIÈRES Des exemples à suivre pour le Québec Il n\u2019y a pas qu\u2019aux États-Unis que les sociétés minières doivent désormais publier tous leurs paiements aux gouvernements.Déjà, des dizaines de pays en développement divulguent régulièrement tous les revenus qu\u2019ils tirent de leur sous-sol.ANTOINE DION-ORTEGA La nouvelle est passée tout à fait inaperçue : le 12 décembre, alors même que le gouvernement du Québec refusait pour une énième fois de révéler le montant des redevances versées en 2011 par chacune des 16 sociétés exploitant des mines métalliques sur son territoire, l\u2019Irak et la Tanzanie étaient tous deux déclarés «conformes» à l\u2019Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), portant à 18 le nombre de pays qui divulguent systématiquement tous les revenus qu\u2019ils tirent de leurs secteurs minier, pétrolier et gazier.L\u2019Irak et la Tanzanie, plus transparents que le Québec ?11 semble bien que, dans ce cas précis, les Québécois doivent s\u2019y résoudre.«Sur cet enjeu précis, soit les paiements versés aux gouvernements [par les sociétés extractives], on peut effectivement dire que, oui, l\u2019Irak et la Tanzanie sont plus transparents que le Québec», a dû reconnaître Andrew Bauer, analyste économique au Revenue Watch Institute (RWl), une QNG américaine qui milite pour la transparence dans ce secteur clé de l\u2019économie.Quelques clics permettent de consulter sur le site Internet de l\u2019ITlE tous les paiements versés à l\u2019Irak en 2009 par chacune des sociétés pétrolières actives sur son territoire.M.Bauer s\u2019étonne de la fermeture du gouvernement québécois à cet égard.«Pour moi, c\u2019est très troublant d\u2019entendre un gouvernement affirmer que les redevances perçues sont confidentielles, a-t-il confié.C\u2019est que les ressources appartiennent aux Québécois.Ceux-ci doivent pouvoir savoir combien ils obtiennent pour leurs ressources s\u2019ils veulent être en mesure de tenir leur goiçvernement pour responsable de sa gestion.» À ce jour, 36 pays ont accepté de rejoindre riTlE.Le Canada, bien qu\u2019il appuie l\u2019initiative, n\u2019est toujours pas du lot, arguant que ces informations sont déjà publiques.Une réponse qui ne satisfait pas M.Bauer: «En matière d\u2019environnement, de réserves ou de coûts, le Canada se classe relativement bien et les sociétés [minières] inscrites en Bourse y ont un niveau de transparence élevé, a-t-il convenu.Ce qu\u2019elles ne font pas \u2014 et que plusieurs pays exigent \u2014, c\u2019est divulguer leurs paiements aux gouvernements et les quantités [déminerai] qu\u2019elles produisent.» Les minières d\u2019accord Pourtant, ces données sont bel et bien transmises aux gouvernements.Seulement, elles y restent le plus souvent.«Au Canada, la relation entre l\u2019entreprise et le gouvernement, si on la compare à celle entre l\u2019entreprise et ses actionnaires, est très opaque.» Résultat : les citoyens du Nigeria, de la Guinée équatoriale, du Ghana ou de la Côte d\u2019ivoire sont désormais mieux informés que les Canadiens de ce qu\u2019ils obtiennent pour leurs ressources.Mais, répliquera-t-on, les quelque 1600 sociétés minières que compte le Canada s\u2019opposeraient à un tel engagement de Québec et, plus généralement, d\u2019Qttawa.Qr il semble bien que ce soit l\u2019inverse.En septembre dernier, l\u2019Association minière du Canada (AMC) et l\u2019Association des prospecteurs et développeurs du Canada (PDAC) se sont entendues avec les QNG pour revoir de fond en comble le régime de transparence canadien.L\u2019objectif du nouveau groupe de travail est d\u2019établir un «cadre de divulgation obligatoire des paiements aux gouvernements» pour les sociétés extractives canadiennes d\u2019ici juin 2013.«Ce qu\u2019il manque actuellement, ce sont les informations sur les paiements versés aux gouvernements, a admis Ross Gallinger, directeur exécutif de la PD AC, qui représente les sociétés d\u2019exploration.Ce qu\u2019on vise avec le groupe de travail, c\u2019est combler ce vide dans la réglementation canadienne et s\u2019aligner sur ce que font les autres pays.» C\u2019est que le Canada est de plus en plus isolé parrqi les pays développés riches en ressources.Les États-Unis se sont non seulement engagés à rejoindre l\u2019ITlE en septembre 2011, ils ont aussi adopté parallèlement, en août 2012, les règlements qui mettent en application la section de la loi Dodd-Prank sur la divulgation obligatoire des paiements versés par les entreprises extractives aux gouvernements qui les accueillent.«Les règlements finaux mettant en application la section 1504 [de la loi] ont été adoptés en août 2012 et sont entrés en vigueur en novembre», a expliqué Rebecca Morse, la représentante du RWl siégeant à la commission chargée de mettre en œuvre l\u2019ITlE aux Etats-Unis.«La divulgation obligatoire est maintenant du domaine de la loi aux Etats-Unis et nous verrons les premiers rapports des sociétés en 2014, sur des données d\u2019une partie de l\u2019année financière 2013.» Puisque certaines des sociétés enregistrées aux Bourses américaines font affaire au Canada, ces règlements visent également les paiements qu\u2019elles auront versés aux gouvernements fédéral et provinciaux \u2014 dont le Québec.Des dispositions similaires au Canada auraient donc pour effet A «uniformiser les règles du jeu », a estimé Ben Chalmers, vice-président responsable du développement durable à l\u2019AMC.«Notre initiative vise à fournir aux communautés les informations dont elles ont besoin pour tenir leur gouvernement responsable.» Après tout, l\u2019industrie minière a tout intérêt à ce que les citoyens soient conscients de la manne qu\u2019elle représente.«C\u2019est dans notre intérêt de divulguer ces données, a ajouté M.Chalmers.Un des défis que nous rencontrons souvent, c\u2019est que les communautés ne voient pas, ou ne comprennent pas, les bénéfices qu\u2019elles peuvent tirer d\u2019une mine.[La divulgation obligatoire] est pour nous un moyen de mieux faire connaître le type et la quantité de bénéfices qui découlent de l\u2019activité minière.» Même son de cloche du côté de la PDAC.« C\u2019est une occasion pour nous de souligner les retombées provenant du secteur de l\u2019exploration, a fait savoir M.Gallinger.Nos membres versent «Si VOUS avez signé un contrat équitable pour les deux parties, vous avez tout intérêt à le divulguer» une multitude de paiements aux gouvernements même s\u2019ils ne génèrent pas de revenus.» Quant aux investisseurs, ils s\u2019étaient déjà prononcés en faveur de la divulgation obligatoire dans une lettre envoyée au gouvernement fédéral en novembre 2011.La demande était restée lettre morte.\\ A qui donc profite le secret?La divulgation des paiements ne peut toutefois pas être mise dans le même panier que celle, plus délicate, des contrats liant les gouvernements aux entreprises.Ainsi, la confidentialité de l\u2019entente entre Hydro-Québec et la société Pétrolia, par exemple, n\u2019est pas concernée par le groupe de travail sur la transparence.«Malheureusement, c\u2019est encore la norme dans la plupart des pays, y compris le Canada, que les contrats ne soient pas publiés, a déploré M.Bauer.Il y a toutefois une demi-douzaine de pays oû les contrats doivent être divulgués.» C\u2019çst notamment le cas du Pérou, de l\u2019Équateur et du Ghana.M.Bauer admet qu\u2019il existe des informations que les sociétés extractives ont légitimement le droit de dissimuler, telles les références à des transactions futures ou les informations protégées.Par contre, il doute que les termes fiscaux d\u2019un contrat signé avec un gouvernement doivent figurer sur cette liste, car ultimement, c\u2019est aux citoyens qu\u2019appartiennent les ressources.De plus en plus, d\u2019ailleurs, à l\u2019échelle mondiale, le manque de transparence alimente la méfiance des citoyens et finit par desservir l\u2019industrie.« C\u2019est une question de stabilité, a conclu M.Bauer.Si vous avez signé un contrat équitable pour les deux parties, vous avez tout intérêt à le divulguer! Les citoyens n\u2019auront aucun intérêt à presser leur gouvernement de le rouvrir et vos investisseurs pourront dormir tranquilles.Mais s\u2019il y a du secret, des rumeurs, il y a plus de chances qu\u2019il y ait des pressions pour que le gouvernement renégocie votre contrat.Plus vous maintenez le secret sur ces données, moins vous aurez de stabilité dans votre secteur.» Les recommandations du groupe de travail sur la transparence, prévues pour l\u2019été prochain, atterriront tôt ou tard dans la cour des provinces, puisque ce sont elles qui gèrent les ressources minérales.Comme quoi Québec n\u2019a certainement pas fini d\u2019entendre parler de transparence.Collaboration spéciale AGENCE ERANCE-PRESSE Les minières canadiennes sont actives à Pétranger, comme TahoeResources au Guatemala. LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MARS 2 O I S B 3 PERSPECTIVES SOMMET SUR L\u2019ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Refermer la boîte de Pandore C\u2019est une victoire pour ceux qui, au Parti québécois, jugent que le parti trop à gauche doit se recentrer «Indéfaisable», a dit la première ministre Pauline Marois de l\u2019indexation des droits de scolarité imposée au terme du Sommet sur l\u2019enseignement supérieur.C\u2019était là l\u2019argument massue qu\u2019elle a énoncé dans la soirée de lundi soir pour convaincre in extremis les associations étudiantes d\u2019appuyer les conclusions du Sommet.Quel que soit le parti qui sera au pouvoir dans les prochaines années, aucun ne sera assez téméraire pour rouvrir la boîte de Pandore.La première ministre n\u2019a peut-être pas réussi avec cet argument à rallier les associations étudiantes autour d\u2019un illusoire «consensus», mais certains libéraux, dont Raymond Bachand et Philippe Couillard, lui donnent raison.ROBERT DUTRISAC C> est mission accomplie pour le ministre de l\u2019Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, clame-t-on au gouvernement.Pour Pauline Marois aussi, elle qui a mis tout son poids dans la balance, ne manquant pas une minute des palabres du Sommet sur l\u2019enseignement supérieur.On risque de voir Pierre Duchesne sur toutes les tribunes au cours des prochaines semaines, à commencer par un passage à Tout le monde en parle diffusé dimanche.La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a lancé une volée de bois vert au gouvernement lundi soir, sorte de baroud d\u2019honneur, mais elle était là mardi matin, acceptant le prix de consolation que le ministre lui avait réservé, un examen des frais institutionnels obligatoires (FIO), ou frais afférents, par le chantier sur la politique de financement des universités.De son côté, la présidente de la Fédéra,tion étudiante collégiale du Québec (FECQ), Eliane La-berge, se félicitait des mesures touchant les cégeps en région.Quant à l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), elle a fait bande à part, ayant refusé de participer à l\u2019exercice.On peut douter que la FEUQ, à l\u2019issue des assemblées générales de ses associations, reprenne le sentier de la guerre.Or, FASSE, déjà profondément divisée, aura bien du mal à se mobiliser en l\u2019absence d\u2019un front commun des associations étudiantes.On se rappellera qu\u2019en 2005, la Coalition de l\u2019Association pour une solidarité étudiante élargie (CLASSE) avait décidé de faire seule la grève pour s\u2019opposer au réinvestissement lié aux bourses du millénaire qu\u2019avait décrété le gouvernement Charest.Sans l\u2019appui des deux autres fédérations, le mouvement avait fini en eau de boudin.Prévisibles Bien que de mauvaise humeur, les recteurs se sont comportés exactement comme le gouvernement le prévoyait.Ils n\u2019ont pas quitté la table et même la rectrice de l\u2019Université McGill, Heather Munroe-Blum, a participé de bonne grâce à la «farce» qu\u2019elle dénonçait.On apprenait cette semaine que la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) s\u2019était entendue avec le gouvernement pour que la coupe de 249 millions se transforme en une compression réelle de 62 millions, soit le quart de la note, en 2014 de surcroît plutôt que dans l\u2019année en cours.Une raison pour les recteurs de rentrer dans le rang.Les recteurs ont une autre raison de ne pas trop maugréer.Chacune des universités doit négocier avec le ministère une forme de «contrat de performance» associé au réinvestissement promis par le gouvernement jusqu\u2019en 2018-2019.Il est toujours difficile, voire périlleux, de mordre la main qui vous nourrit.A quelques jours du Sommet, le Parti libéral JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pauline Marois et François Legault se sont croisés au Sommet sur l\u2019enseignement supérieur.du Québec a dévoilé sa position sur les droits de scolarité : porter la part des étudiants dans le financement des universités de 12,7%, à l\u2019heure actuelle, à 15% ou 17% dans sept ans, pour ensuite indexer les droits de scolarité en fonction de la croissance des coûts des universités, une position qui s\u2019apparente à la hausse qu\u2019a tenté d\u2019imposer le gouvernement Charest avec toutes les suites que l\u2019on connaît.Cette position est bien théorique puisque seul le candidat à la chefferie Pierre Moreau se revendique des hausses préconisées par son mentor, Jean Charest.Tant Raymond Bachand que Philippe Couillard parlent aujourd\u2019hui de modulation, c\u2019est-à-dire d\u2019augmenter les droits dans certaines familles de programmes, notamment en médecine et en dentisterie.Encore là, Philippe Couillard se montre «prudent», tandis que Rajunond Bachand, qui dénonce vertement la simple indexation parce qu\u2019elle ne fournira pas suffisamment de revenus aux universités, convient qu\u2019il ne relancera pas un grand débat sur la question si d\u2019aventure il accède au pouvoir.Il y a fort à parier que seule la Coalition avenir Québec, lors des prochaines élections, s\u2019engagera à rouvrir le dçbat avec tous les risques que cela comporte.A l\u2019approche du Sommet, son porte-parole en matière d\u2019enseignement su- «Tous les Québécois vont être contents qu\u2019on reste dans une ambiance de paix sociale relative» périeur, Stéphane Le Bouyonnec, parlait d\u2019une «double modulation»: hausse des droits dans les facultés dont l\u2019enseignement coûte cher et hausse aussi dans les «grandes» universités dont les droits passeraient du simple au double en cinq ans.Force est de constater que la CAQ a froid aux yeux.Dans ce contexte, il n\u2019est pas étonnant que le gouvernement Marois juge que le Sommet est une grande réussite.« Tous les Québécois vont être contents qu\u2019on reste dans une ambiance de paix sociale relative», concède Philippe Couillard.«Il ne faut quand même pas se cacher qu\u2019il y avait une opération de correction politique là-dedans dans le sens que le Parti québécois, ayant participé aux manifestations, bien sûr, se trouvait dans une situation délicate dont il a voulu sortir.Ça fait partie de la politique.» En ce sens, ceux qui, au PQ, veulent que le parti se recentre crient victoire.Nombre de pé-quistes croient qu\u2019en tentant de séduire à gauche les sympathisants de Québec solidaire et d\u2019Op-tion nationale, le PQ a perdu de vue que son adversaire le plus menaçant est à droite, à la CAQ, dans les circonscriptions francophones, notamment dans la fameuse couronne de Montréal.Pour ceux-là aussi, c\u2019est mission accomplie.Le Devoir ITALIE SUITE DE LA PAGE B 1 son fondateur, Umberto Bossi, balayé par une affaire de détournement de fonds.Or le parti autonomiste et anti-immigrés, fondé dans les années 1980, a perdu sèchement les 24 et 25 février.Il est l\u2019autre grand perdant, après Mario Monti, de ce scrutin sans vainqueur.Il n\u2019a recueilli que 1,3 million de voix à la Chambre comme au Sénat et ne disposera plus que de 35 parlementaires (contre 85 dans la précédente législature).Cet échec a été masqué en grande partie par la victoire paradoxale en Lombardie lors des élections régionales (les deux scrutins avaient lieu en même temps) de M.Maroni, allié au PDL.Entre les élections générales (législatives et sénatoriales) de 2008 et celles de 2013, la Ligue a divisé son score par deux dans un contexte de participation en baisse (-5 points environ), passant de 8,2% des voix à 4,9% à la Chambre et de 7,9% à 4,3% au Sénat.Dans ses fiefs, la chute est encore plus brutale: de 21,6% à 12,9% en Lombardie, de 27% à 10,5% en Vénétie, de 12,6% à 4,8% dans le Piémont.La coalition Révolution civile, d\u2019Antonio In-groia, elle aussi très anti-Europe, n\u2019est pas parvenue à franchir le seuil de représentation au Parlement.Faut-il en déduire que les électeurs n\u2019adhèrent plus au vieux slogan de «Rome la voleuse» et «Bruxelles la pointilleuse», la première dilapidant les impôts des gens du Nord, la seconde les empêchant de travailler selon leurs règles ?M.Maroni rêve à présent de constituer une macrorégion de l\u2019Italie septentrionale qui conserverait pour elle 75% des impôts collectés sur le territoire (contre 35% actuellement).Même l\u2019assaut contre l\u2019Europe semble oublié.Beppe Grillo a refusé, mercredi 27 février, la main que lui avait tendue la veille Pier Luigi Bersani afin de composer, au Sénat, une majorité qui permette de gouverner l\u2019Italie.«C\u2019est un mort qui parle», a écrit sur son blogue l\u2019excomique, fort de ses 164 parlementaires, dont 54 sénateurs.«Le Mouvement 5 Etoiles [M5S] ne votera pas la confiance au Parti démocrate [gauche], ni à d\u2019autres.Il votera les lois qui reflètent son programme, quel que soit celui qui les propose.M.Bersani nous harcèle politiquement.Depuis des jours, il nous importune avec des propositions indécentes au lieu de se démettre, comme le ferait n\u2019importe qui à sa place.» «Qu\u2019il vienne le dire au Parlement!», a répliqué M.Bersani au chef du M5S, qui n\u2019est pas élu.La décision de M.Grillo a suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, y compris de ses militants, ouverts à la proposition de la gauche.Le Monde FILIPPO MONTEFORTE AGENCE ERANCE-PRESSE Beppe Grillo en campagne Le temps des roses , Michel é David François Legault a trouvé que le gouvernement Marois faisait payer cher aux contribuables la « dette politique » que le PQ avait contractée auprès des associations étudiantes.Tout dépend du point de comparaison.Selon les chiffres du ministère de l\u2019Enseignement supérieur, l\u2019ensemble des mesures annoncées au Sommet représente une dépense additionnelle de 696, millions sur une période de sept ans pour l\u2019Etat, soit environ 100 millions par année.Le chef de la CAQ a la mémoire bien courte s\u2019il a oublié la pénible expérience du Sommet québécois de la jeunesse, qu\u2019il avait lui-même organisé en février 2000, à l\u2019époque oû il était ministre de l\u2019Education dans le gouvernement de Lucien Bouchard.C\u2019est ce dernier qui avait promis ce sommet durant la campagne de 1998 pour s\u2019attirer le vote des jeunes et il s\u2019était bien juré qu\u2019on ne l\u2019y reprendrait plus.Ceux qui ont trouvé que la rencontre tenue à L\u2019Arsenal sentait l\u2019improvisation n\u2019étaient sûrement pas au Grand Théâtre de Québec il y a 13 ans.Dès l\u2019ouverture, une manifestation avait tourné à l\u2019émeute.Par la suite, le gouvernement avait complètement perdu le contrôle de l\u2019ordre du jour et s\u2019était fait imposer celui des jeunes.Pour éviter que l\u2019affaire ne tourne définitivement au désastre, M.Bouchard avait été forcé de prendre les commandes et de s\u2019engager à injecter 1 milliard « d\u2019argent frais » dans le système d\u2019éducation sur une période de trois ans.On avait ajouté 240 millions pour créer un nouveau «Fonds jeunesse» qui devait financer des projets permettant d\u2019intégrer les jeunes au marché du travail.Tant qu\u2019à y être, on avait profité de l\u2019occasion pour ajouter 23 millions à l\u2019aide sociale.On avait aussi promis d\u2019installer Internet dans toutes les maisons de jeunes, de monter des projets d\u2019échange avec des étudiants étrangers, de financer des organismes sportifs pour les autochtones, etc., etc.Bien entendu, on n\u2019avait exigé aucune contribution des étudiants.Depuis le retour au pouvoir du PQ en 1994, les droits de scolarité étaient de nouveau gelés et il n\u2019était pas question de les indexer, encore moins de les augmenter.Pourtant, on avait à la retraite des milliers de médecins et d\u2019infirmières dont le départ avait plongé le réseau de la santé dans une crise dont il ne s\u2019est pa^ encore relevé complètement.À la fin du sommet, François Legault avait lancé aux jeunes : « Vous ne vous êtes pas fait avoir.» C\u2019est ce qu\u2019pn appelle un euphémisme.À côté de ces largesses, il est difficile d\u2019accuser le gouvernement Marois d\u2019avoir laissé les étudiants dévaliser la banque.D\u2019ici les prochaines élections, il sera fascinant de voir comment les partis d\u2019opposition vont se repositionner sur la question des droits de scolarité, comme l\u2019explique mon collègue Robert Dutrisac dans le texte ci-contre.Aux yeux de la population, a-t-on vraiment payé trop cher le retour de la paix sur le campus ?Même si le PLQ et la CAQ en arrivent à la conclusion qu\u2019il serait politiquement trop risqué de rouvrir le dossier, les étudiants demeureront sans doute très méfiants, mais il ne faudrait surtout pas croire qu\u2019ils seront reconnaissants au PQ d\u2019avoir aboli la hausse décrétée par le gouvernement Charest au profit d\u2019une modeste indexation, bien au contraire.A-t-on vraiment payé trop cher le retour de la paix sur les campus?Dans l\u2019immédiat, le Sommet sur l\u2019enseignement supérieur constitue indéniablement un succès pour le gouvernement.L\u2019entente subséquente avec les recteurs, qui atténuera considérablement l\u2019impact des compressions budgétaires, a même renforcé l\u2019impression d\u2019un jugement à la Salomon qui a équilibré les mécontentements.Si positif qu\u2019il soit, son effet politique pourrait toutefois ne durer que le temps des roses.François Legault n\u2019est pas le seul à avoir la mémoire courte.En 2003, les jeunes avaient déjà oublié la «générosité» du gouvernement Bouchard.La baisse de 8 points du taux de participation par rapport à 1998 laisse croire qu\u2019ils ne s\u2019éfaient pas précipités aux urnes.À l\u2019époque, cela traduisait sans doute moins de l\u2019ingratitude que de l\u2019indifférence.La prochaine fois, c\u2019est plutôt le ressentiment qui pourrait pousser plusieurs étudiants à appuyer Québec solidaire ou Option nationale, qui proposent tous deux la gratuité complète.À l\u2019occasion du deuxième congés d\u2019ON, qui se tient en fin de semaine, ses militants se feront sans doute un devoir de réaffirmer cette position.Coïncidence, Jacques Parizeau, qui s\u2019est également prononcé en faveur de la gratuité dans une récente entrevue au Devoir, a été invité à prendre la parole, mais il serait étonnant que l\u2019ancien premier ministre leur souligne que la fatuité pourrait s\u2019accompagner d\u2019un sévère contingentement.Le Comité national des jeunes du PQ, qui s\u2019était prononcé pour un gel, ne s\u2019y est pas trompé : la décision d\u2019indexer les droits de scolarité constitue «un coup dur en plein cœur de la fibre militante».Il a invité les jeunes péquistes à se «retrousser les manches pour poursuivre nos idéaux», mais certains pourraient bien décider qu\u2019il vaut mieux les poursuivre ailleurs.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MARS 2 O I S EDITORIAL NOUVEAU PAPE Osons espérer.Le Québec a si furieusement tourné la page sur son passé ultrareligieux que l\u2019élection du prochain pape n\u2019est vue que sous l\u2019étroite lorgnette des scandales, celui de la pédophilie étant le plus monstrueux, et du refus de la modernité, que symbolise le Vatican.Il y a pourtant place à plus de nuances.Et à un peu d\u2019espérance.L Josée Boileau élection d\u2019un prochain pape n\u2019a plus, en nos contrées, l\u2019impact de jadis.Seule la perspective d\u2019avoir un pape issu de terres québécoises sauve présentement l\u2019affaire de l\u2019indifférence quasi générale.Au-delà de cet enjeu, dans le discours public, le catholicisme est réduit à un bloc monolithique et le choix du pape est ramené à une version ritualisée d\u2019un concours de téléréalité.Mais le Vatican reste un tel joueur sur l\u2019échiquier mondial que, croyant ou pas, le choix d\u2019un successeur à Benoît XVI doit nous intéresser, même si cela se déroule sous les auspices conservateurs que l\u2019on sait, les cardinaux votants ayant tous été nommés par celui-ci ou par Jean-Paul II \u2014 pape encensé mais qui fut dans les faits une tragédie, son long règne ayant achevé de déconnecter le Vatican du monde réel.Ce passé récent, marquant, aura ainsi réussi à reléguer dans l\u2019ombre le visage progressiste de l\u2019Eglise, celui par exemple d\u2019un Jean XXIII qui avait, lui, décidé d\u2019arrimer la Ciu-ie à la société de son temps.Le passionnant essai de Pierre Pagé, Claude Ryan.Un éditorialiste dans le débat social, rappelle d\u2019ailleurs que les luttes idéologiques au sein du catholicisme ont longtemps été suivies de près, notamment par Le Devoir.C\u2019est notre ancien directeur, Gérard Filion, qui dénonce en éditorial, en 1956, «ce refoulement constant des catholiques vers la droite».C\u2019est Claude Ryan, alors éditorialiste, qui décrit, en se distanciant des traditionalistes, les «deux familles spirituelles» qui s\u2019affrontent à la veille de Vatican II en 1962.C\u2019est encore M.Ryan, cette fois directeur, qui écrit en 1968 : «Le pape est le témoin par excellence de la foi: il n\u2019en est pas le propriétaire.» Cette phrase résumait sa vive critique de l\u2019encyclique Hu-manæ vitæ sur le mariage et la régulation des naissances, tombée du ciel à la fin de juillet 1968 et dans laquelle Paul VI condamnait toutes les formes de contraception.Ce fut un coup de tonnerre : la rupture radicale entre le Vatican et sa base part de là.Les textes de l\u2019époque en témoignent: pratiquants, curés, évêques même, n\u2019ont pas compris cette ingérence du pape dans la vie des couples.Quarante-cinq ans plus tard, le Vatican en vit toujours les contrecoups.Cette posture implacable \u2014 qui nie l\u2019évolution plus égalitaire des rapports amoureux, le drame des grossesses non désirées, l\u2019horreur du sida \u2014 a rebuté et rebute encore des croyants, qui ont dès lors pris leurs distances.Mais ce n\u2019est pas là un problème spirituel ; c\u2019est une affaire de politique, critiquée comme il se doit en son temps par les catholiques de gauche, particulièrement actifs au Québec.Le ressac de droite les rend aujourd\u2019hui moins audibles, mais ils signent toujours, au magazine Relations par exemple, ou dans les rubriques d\u2019opinion.Ainsi Hélène Pelletier-Baillargeon, qui lançait dans nos pages mercredi un appel pour que la papauté retrouve le sens de l\u2019Évangile.Le sens de Jésus, en fait, ce formidable sjnnbole d\u2019accueil à l\u2019autre dont le Vatican a perdu la trace.On comprendra donc que l\u2019Église n\u2019a pas pour vocation d\u2019être réactionnaire, même si présentement c\u2019est cette faction qui la domine outrageusement.L\u2019ordination des femmes, le mariage des prêtres, l\u2019ouverture à la contraception, la reconnaissance de l\u2019homosexualité, l\u2019acceptation de l\u2019humanité, quoi, peuvent s\u2019envisager.Il n\u2019est pas interdit d\u2019espérer que, par pragmatisme (rinstitution vaticane se porte si mal), un nouveau pape,entrouvre la porte à des ajustements, si minimes soient-ils.A condition, évidemment, qu\u2019il ne s\u2019appelle pas Marc Ouellet.MONTRÉAL On ne vous croit plus ! -¦X.Bernard Descôteaux e refus de la commission Charbonneau de laisser venir Gérald Tremblay laver son honneur devant elle au lendemain des propos accusatoires du témoin Martin Dumont sur le financement du parti Union Montréal avait scandalisé.D\u2019emblée, on était prêt à donner raison à l\u2019ancien maire de Montréal contre cet obscur organisateur politique.L\u2019homme méritait de se défendre.Trois mois plus tard, on voit que la commission a bien fait de se méfier des dénégations outrées des personnes mises en cause par des témoins.Que nous aurait dit Gérald Tremblay?Ce qu\u2019il répète depuis des mois, c\u2019est-à-dire qu\u2019il ne savait rien de rien, du financement illégal comme de tout le reste ?Le système de défense de l\u2019ex-maire aurait ^\t\u2014 sans doute tenu puisque les commissaires \"\" n\u2019auraient pas été en mesure l\u2019automne der-'\tnier de le contredire.L\u2019échafaudage s\u2019est ef- fondré cette semaine avec les témoignages ^\td\u2019anciens hauts fonctionnaires de la Ville.Il est ¦\tI\" établi qu\u2019une équipe de fonctionnaires avait réalisé une étude montrant un gonflement des coûts des travaux de 30 à 40%, laquelle étude les avait conduits à préparer une nouvelle politique d\u2019approvisionnement produisant des épargnes de 50 millions par année.Tout cela avait été entériné par le directeur général de la Ville de l\u2019époque, Robert Abdallah, puis présenté à des membres du comité exécutif, dont le maire Tremblay qui était emballé.Mais en 2006, les fonctionnaires responsables du projet ont été mutés ou démis.Six ans plus tard, quand l\u2019existence de cette étude est évoquée, le maire Tremblay et ses collègues prétendent n\u2019en avoir jamais eu vent.Disons-le ainsi : on ne vous croit plus ! Peut-être ne savaient-ils pas tout, mais ils ne pouvaient ignorer l\u2019existence d\u2019un système de collusion dans l\u2019octroi des contrats qui se pratiquait au grand jour.Les responsables du projet d\u2019optimisation écartés, leur étude sur les surcoûts de construction a été oubliée.Ce qu\u2019il faut établir maintenant, c\u2019est qui et pourquoi.Qui a mené l\u2019opération de camouflage ?Toutes les indications mènent au président du comité exécutif, Frank Zampino, qui durant son mandat a été au cœur de bien des tripotages dont certains ont conduit à son arrestation et à des accusations criminelles.Claude Léger, qui fut directeur général de la Ville de 2006 à 2009, se rappelle que le maire Tremblay disait: «Je m\u2019occupe du quoi, pour le comment, voyez ça avec M.Zampino.» Une façon de dire, selon l\u2019expression du témoin Dumont, «moi, j\u2019ai pas à le savoir».Comprenons que, si l\u2019un agissait, l\u2019autre tolérait.Comme premier magistrat, Gérald Tremblay avait le devoir de surveiller Frank Zampino.La commission devra les entendre l\u2019un et l\u2019autre le moment venu.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE H DP PoRTf R T>iT £T/Jt atteint ç'uN CANCER ûwi L'EN>PÈcDt DE aviTTER I.K WAMAS- J'AI VoluiwE LETTRES Merci, cher Saint-Père Après le grand pape Jean-Paul II, messieurs les cardinaux m\u2019ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur, a dit Benoît XVI le jour de son élection.Ft durant ces huit ans de son magistère pétrinien, c\u2019est ainsi qu\u2019il a travaillé : avec simplicité et humilité.Redouté de plusieurs, il nous a montré son vrai visage : celui d\u2019un père doux et respectueux, à l\u2019oreille attentive, d\u2019un pasteur qui dégage la paix.Il nous laisse en héritage la richesse de ses écrits, fruits d\u2019une intelligence brillante, d\u2019une science profonde et d\u2019une foi à toute épreuve ; une parole riche et lumineuse, qui éclaire la raison et pousse la volonté au bien; le courage avec lequel il a bravé les tempêtes, qui est une leçon de force et de sérénité ; son amour du Christ et la soif de le faire connaître et aimer.Ses dernières paroles sont, comme les premières, humbles et détachées de soi, comme le geste courageux de son renoncement: «Je serai simplement un pèlerin qui entame la dernière phase de son pèlerinage sur cette terre.» Merci, cher Saint-Père, pour ces trésors et pour nous avoir rendu le chemin chrétien si attirant ! Adela Gonzalez Coteau-du-Lac, le 28 février 2013 Ouellet et le Québec: pas une question de sensibilité Christian Rioux affirme dans les pages du Devoir que «le désamour persistant entre Ouellet et le Québec nous en révèle peut-être plus sur notre propre sensibilité à fleur de peau que sur ce cardinal conservateur qui, malgré les désaccords qu\u2019on peut avoir avec lui, ne choque personne hors de nos frontières».Mais est-ce vraiment manifester une sensibilité à fleur de peau que d\u2019être outré d\u2019entendre M^i^ Ouellet affirmer que l\u2019avortement est moralement injustifié même pour une femme violée ?Contrairement à ce qu\u2019affirme M.Rioux, ces propos ne sont pas «bçinals», même pour un représentant de l\u2019Église.Ils rompent avec la sage discrétion dont font preuve depuis des années les évêques du Québec dans le dossier de l\u2019avortement.Véronica Ponce Montréal, le l\"mars 2013 Les langues de demain Il y a quelque 6000 langues sur la planète.Si chaque être humain décidait de devenir un anglophone comme les autres au lieu d\u2019assumer son propre héritage linguistique, imaginez la perte qui en résulterait! Bien sûr, les peuples qui côtoient des groupes linguistiques plus nombreux que le leiu ont tout intérêt à apprendre les langues dominantes de leiu région, rqais devraient-ils en tirer une grande fierté?A mon avis, il serait bien plus avant-gardiste de se lancer dès maintenant dans l\u2019étude des langues qui domineront demain (dont certaines sont déjà des langues officielles de l\u2019ONU), par exemple l\u2019arabe, l\u2019espagnol, le hindi, le mandarin et le portugais.Apprenons d\u2019abord l\u2019anglais, sans négliger la langue française (aussi une des langues officielles de l\u2019ONU), puis passons à d\u2019autres défis, en tenant notamment compte du fait que le nombre d\u2019internautes anglophones a déjà commencé à régresser dans le monde.Fn outre, les bénéficiaires de l\u2019anglais intensif dans l\u2019histoire n\u2019ont pas nécessairement eu la vie facile: Acadiçns, autochtones d\u2019Amérique du Nord, Écossais, Irlandais, Maoris.Pierre lincourt Montréal, le 28 février 2013 REVUE DE PRESSE Le sénateur involontaire GUILLAUME BOURGAULT-COTE Un collègue radio-canadien de la colline parlementaire le signalait jeudi : à la période de questions, le NPD s\u2019attaque beaucoup à la réforme de l\u2019assurance-emploi quand il pose des questions en français.mais moins lorsqu\u2019il s\u2019exprime en anglais.De ces cas, c\u2019est le dossier des écarts de certains sénateurs qui prend le devant.Ft ce n\u2019est pa§ sans raison.A l\u2019évidence, les chroniqueurs du Canada anglais aspirent en effet bien plus à discourir des frasques de l\u2019ancien journaliste Mike Duffy et de quelques collègues qu\u2019à s\u2019attarder sur une réforme qui touchera principalement le Québec et les Maritimes.Des dizaines de chroniques ont été écrites sur le Sénat dans la dernière sepiaine, très peu sur l\u2019assurance-emploi.A chacun ses enjeux.Dans le National Post, Jonathan Kay se demandait mardi si «Mike Dufjy ne sera pas considéré comme le père involontaire de la réforme du Sénat».L\u2019histoire des allocations de logement réclamées plus ou moins légalement par le sénateur Duffy \u2014 il s\u2019est engagé à les rembourser \u2014 n\u2019est pas le Watergate, écrit Kay.Mais toute l\u2019histoire permet d\u2019attirer l\u2019attention «sur la nature désuète et anachronique» du fonctionnement du Sénat et de ses règles internes.Impossible, selon lui, de changer cette culture sans modifier en profondeiu l\u2019institution.Les enquêtes que mène le Sénat sur ses membres sont entourées de secjets, au contraire de ce qui se passe aux États-Unis, dit Kay.Ft les sénateurs canadiens ne sont ultimement redevables à personne, déplore le chroniqueur, qui estime qu\u2019une réforme est inévitable et que Mike Duffy en a fait la preuve sans le vouloir.Opinion similaire chez Tim Harper, chroniqueur au Toronto Star.La crise qui agite le Sénat se distingue des précédentes parce qu\u2019elle implique des sénateurs connus, dit Harper en parlant de Patrick Brazeau (qui fait face à des accusations criminelles pour violence) et des exjournalistes Mike Duffy et Pamela Wallin (qui aurait refilé aux contribuables des factures injustifiées de déplacements).Ft c\u2019est tant mieux, soutient-il.Face au tollé soulevé par les différentes histoires qui secouent actuellement le Sénat, Tim Harper pense ainsi que les leaders sénatoriaux n\u2019auront pas le choix «d\u2019ouvrir leurs livres, de clarifier leurs règles, d\u2019augmenter l\u2019imputabilité » pour sortir le Sénat de ses allures de «club privé qui fait un doigt d\u2019honneur au droit du public de savoir ce qui se passe».Dans le Vancouver Sun, Barbara Yaffe estime elle aussi que le Sénat n\u2019a plus le choix : il doit ouvrir ses livres.«Les politiciens canadiens seront désormais toujours prudents avant de commander des verres de jus d\u2019orange coûteux», écrivait-elle lundi.Cela à cause de la publicité autour de Bev Oda, bien sûr.«La meilleure façon de prévenir les dépenses irresponsables, c\u2019est à travers des mécanismes de vérification complets et détaillés, comme le secteur privé le fait.» Sur le site iPolitics, Michael Harris évoque les ennuis de Patrick Brazeau et de Mike Duffy pour remettre en question le flair de recruteur et le jugement de Stephen Harper.Il rappelle que plusieurs rumeurs négatives entouraient déjà M.Brazeau à son entrée au Sénat, mais que M.Harper en a fait fi parce que le leader autochtone était pratiquement le seul à appuyer la décision du gouvernement conser-vateiu d\u2019enterrer l\u2019accord de Kelowna.M.Harper avait promis une réforme du Sénat, il l\u2019a transformé en machine à financer le Parti conservateur, écrit Harris.H a embauché comme conseiller un homme avec un dossier criminel (Bruce Carson).Il a nommé Arthur Porter directeur du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité.Cela fait beaucoup de décisions douteuses pour un seul homme, dit-il.Mulcair A la une du National Post vendredi, Michael Den Tandt écrivait que Thomas Mulcair n\u2019a que lui à blâmer pour le départ du député Claude Patry, désormais bloquiste.Le dépôt d\u2019un projet de loi néodémocrate pour clarifier la Loi sur la clarté était peut-être «intellectuellement honnête», mais c\u2019était «politiquement stupide», croit Den Tandt.«Il n\u2019y avait aucune nécessité d\u2019agir», note-t-il.Mais le mal est fait et le ressac n\u2019est pas terminé, croit Harris.Fn proposant son propre projet de loi en réponse à un projet du Bloc québécois, M.Mulcair a fourni une cible aux nationalistes québécois tout en indisposant les Anglo-Québécois et les Canadiens anglais.De manière générale, Den Tandt estime que M.Mulcair est en train de créer un bordel: il s\u2019est aliéné une partie de l\u2019Ouest sans nécessairement faire de gains en Ontario, il a rouvert un débat constitutionnel dont le Canada anglais ne veut pas entendre parler, il a insufflé de l\u2019oxygène au Bloc québécois.Ft Jusdn Trudeau s\u2019en vient.Fn éditorial, le Toronto Star revient sur la défection du député Patry et soutient \u2014 comme Thomas Mulcair \u2014 qu\u2019il devrait avoir le courage de démissionner et de se présenter sous les couleurs blo-quistes.Car le transfuge a trahi non seulement le NPD, mais aussi les électeurs de Jonquière-Alma, écrit le quotidien.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE MARS 2013 B 5 IDEES Souverainistes et indépendantistes L\u2019unité peut se faire autour d\u2019Option nationale Faire ce pari avec nous, c\u2019est marcher dans les traces du premier ministre Parizeau, qui s\u2019adressera au congrès d\u2019ON dès samedi NIC PAYNE Ex-candidat d\u2019Option nationale dans Mercier n peu plus d\u2019un an après sa fondation, Option nationale tient son deuxième congrès national cette fin de semaine, au Palais des congrès de Montréal.Plus de 1000 membres du parti y adopteront un programme dont l\u2019élément central sera une démarche résolue d\u2019accession du Québec à son indépendance.A l\u2019aube de ce moment important, et après une année remplie d\u2019effervescence et ponctuée d\u2019une élection générale survenue tôt dans la courte histoire de notre parti, l\u2019heure est déjà propice à un retour sur le chemin parcouru, et à un certain état des lieux.Il fallait être décidé pour entreprendre de lancer la construction d\u2019un parti indépendantiste, dans un contexte où d\u2019autres formations bien installées revendiquaient cette étiquette, et en pleine frénésie antilibérale se traduisant en volonté féroce de remplacer le gouvernement sortant à tout prix.Mais nous l\u2019avons fait sans mesurer la hauteur du défi, parce que nos convictions ne nous ont guère donné d\u2019autres options.Il y avait au Québec deux partis du non, deux partis du peut-être, mais aucun parti du oui.Cela nous paraissait inadmissible.Nous avons procédé pas à pas, sans l\u2019aide de grandes vedettes, sans argent, sans compter sur l\u2019apport de regroupements déjà existants qui se seraient joints pour former un noyau de départ; nous n\u2019éüons qu\u2019une poignée d\u2019individus motivés.Quinze mois plus tard.Option nationale compte 8000 membres, des instances bien installées et une administration dont le plus gros problème est de devoir gérer une croissance dépassant toutes nos attentes.Cette progression fait-elle de nous des génies ?Bien sûr que non.Mais elle montre que notre parti est pertinent et nécessaire, et elle témoigne du fait que notre chef Jean-Martin Aussant fait recette partout où il se fait entendre.Nous en sommes d\u2019ailleurs tous très fiers.Or il n\u2019est pas de bon chef politique qui n\u2019incarne pas une vision, et qui ne tienne pas un discours qui trouve résonance dans la population.De toute évidence, le discours indépendantiste du chef d\u2019Option nationale était attendu par les uns, et il a la faculté d\u2019intéresser et de rallier les autres.C\u2019est sur une telle volonté de porter un engagement indépendantiste mobilisateur, clair et serein qu\u2019Opüon nationale fonde son existence.Nous savons cependant qu\u2019à ce jour, un certain nombre de souverainistes ne partagent pas, ou pas complètement, notre vision des choses.Ils font plutôt le choix, et ce en toute bonne foi, nous en sommes convaincus, de miser encore sur la philosophie qui caractérise l\u2019action du Parti québécois depuis maintenant une génération : accéder au pouvoir sans faire campagne sur l\u2019indépendance, pour ensuite gouverner dans l\u2019espoir de susciter un contexte favorable à la tenue d\u2019un hypothétique référendum, quelques années, ou quelques mandats plus tard.Si, à Option nationale, nous avons décidé de tirer un trait sur cette philosophie, c\u2019est que nous arrivons au constat, difficilement contestable, qu\u2019elle n\u2019a pas produit les résultats escomptés.Nous pensons en outre que la joute court-termiste d\u2019alternance entre partis de pouvoir \\ \\ Le chef d\u2019Option nationale, Jean-Martin Aussant traditionnels ne saurait justifier plus longtemps que l\u2019on s\u2019empêche d\u2019agir et de voter selon nos réels intérêts, et avec en tête et dans le cœur une perspective plus inspirée que celle de simplement battre un adversaire sans se donner tous les moyens d\u2019atteindre son but premier.Cependant, nous entendons l\u2019appel à l\u2019unité que font périodiquement des souverainistes inquiets.Nous comprenons cet appel, et nous en partageons les motifs, à tel point que dès la fondation de notre parti nous avons inscrit au cœur de ses statuts qu\u2019Opüon nationale montrerait une ouverture permanente à diverses formes de collaboration avec d\u2019autres formations dont les objectifs seraient suffisamment similaires aux siens.Appel au rassemblement Forts de l\u2019état d\u2019esprit que traduit cette clause unique en son genre, nous reprenons aujourd\u2019hui, à notre tour, l\u2019appel au rassemblement.Nous adressons cet appel aux précieux militants souverainistes de tous les horizons, et ce, dans le plus grand respect de leurs préférences partisanes.Nous pensons aussi à ces têtes d\u2019affiche souverainistes, ces intellectuels, philosophes, historiens, artistes, professeurs, politiciens, et même certaines personnalités du monde des affaires ou du domaine financier; les premiers comme force vive du mouvement indépendantiste, les seconds comme orateurs, motivateurs et propagateurs d\u2019idées, tous se donnent sans compter, parfois depuis des décennies, en participant autant qu\u2019ils le peuvent à une multitude d\u2019événements, de rencontres, de cocktails de financement, de conférences et de débats portant sur l\u2019indépendance du Québec.Ils répondent toujours «présent» lorsqu\u2019on leur demande de venir donner de leur temps, de leur argent, ou de partager leurs convictions indépendantistes, dans toutes sortes de circonstances et de lieux qui sont loin de toujours transpirer l\u2019extase et le faste des grands soirs.Ils s\u2019impliquent contre vents et marées, parfois dans un certain confort, mais si souvent mal assis sur de vieilles chaises d\u2019école chambranlantes, l\u2019oreille agacée par un système de son défaillant.Nous disons à ceux d\u2019entre tous ces gens qui hésitent encore à collaborer, ne serait-ce qu\u2019un peu, avec Option nationale: de grâce, ne vous en JACQUES NADEAU LE DEVOIR privez plus! Des milliers de jeunes, et de moins jeunes aussi, enthousiastes et nouvellement intéressés à la politique indépendantiste, vous attendent dans des enceintes bondées, prêts à vous donner une dose massive d\u2019espoir et d\u2019énergie, et ne demandant en retour qu\u2019à absorber avec avidité ce que vous voudrez bien leur transmettre.Que les plus anciens militants soient avertis: ils pourraient ressentir à nouveau des émotions grisantes qu\u2019ils avaient depuis longtemps oubliées.Si vous acceptez de venir prendre ce pari avec nous, sachez que, ce faisant, vous marcherez dans les traces du premier ministre Jacques Parizeau, qui compte s\u2019adresser aux congressistes d\u2019Option nationale dès samedi.Il y a de ces visites qui revêtent un caractère particulièrement significatif.Quoi qu\u2019il en soit, nous ne vous implorons pas d\u2019acheter votre carte de membre d\u2019Option nationale, ni même de voter pour nous.Nous vous tendons simplement la main, dans l\u2019espoir de faire en sorte que le précieux passage inter-générationnel \u2014 ainsi qu\u2019intragénérationnel \u2014 des valeurs et des énergies indépendantistes ne soit pas platement entravé par la routine des allégeances partisanes.C\u2019est le Québec de demain qui nous appelle tous, et nous pouvons agir dès aujourd\u2019hui pour que ce Québec soit un pays souverain ; avec un peu de hauteur de vue, vous l\u2019apercevrez devant ces nouvelles cohortes indépendantistes qui se mettent en marche, même si, dans l\u2019immédiat, notre comportement électoral bouscule vos certitudes.Est-ce qu\u2019Option nationale caracole au sommet des sondages ?Bien sûr que non \u2014 pas encore ! \u2014, et cela serait totalement anormal à ce moment-ci.Mais nous cultivons notre avenir, et celui de l\u2019idée qui nous porte, dans le terreau le plus fertile qui soit: une forte part de jeunesse et une immense volonté commune.Nous ne jouons pas à «mon parti est plus souverainiste que le tien».Nous ne sommes pas de meilleurs indépendantistes que les autres.Nous ne sommes ni des dissidents, ni des utopistes, ni des protestataires.Nous avons simplement fait le choix de l\u2019action, non pas au mépris de la nécessité d\u2019accéder au pouvoir, mais plutôt en dehors des paramètres de l\u2019alternance ordinaire au pouvoir provincial.DÉEICIT des RÉGIMES DE RETRAITE À QuÉBEC La « démonisation » à la Labeaume ne réglera rien DAVID LEMELIN Chef de Québec autrement, candidat à la mairie e maire de Québec n\u2019aime pas la fonction publique de sa ville, c\u2019est bien connu.Son administration n\u2019a pas réussi à renouveler les conventions collectives échues dans certains cas depuis cinq ans.Les propos méprisants qu\u2019il tient depuis son premier mandat l\u2019ont amené un jour à traiter les fonctionnaires de notre ville de «fourreurs de système».Plutôt que de recourir au dialogue et, au besoin, à la médiation ou à la conciliation, pour régler les différends avec ses troupes, il les affronte, les provoque et les insulte par médias interposés.Il vient de trouver l\u2019arme suprême de son combat en transformant le déficit actuariel des régimes de retraite en gouffre financier et en élevant cet enjeu en psychodrame collectif.Reconnaissons-le: l\u2019état des relations de travail n\u2019a jamais été aussi sombre à Québec.Car jamais dans l\u2019histoire de notre ville un maire s\u2019est-il fait l\u2019ennemi avoué de ceux et celles sans lesquels une administration municipale devient inopérante et ses dirigeants, impuissants.Peut-on imaginer un général d\u2019armée qui se retournerait contre ses troupes, ou un directeur d\u2019école qui s\u2019en prendrait à son équipe d\u2019enseignants, ou encore un instructeur de hockey qui chercherait noise aux joueurs de l\u2019équipe qu\u2019il dirige?« Démoniser» la fonction publique peut amuser la galerie et faire des adeptes dans l\u2019immédiat; à terme, ce ne peut être qu\u2019improductif et conduire à une impasse civique déplorable et coûteuse.Le déficit actuariel est un problème réel pour tous les corps publics qui administrent des régimes de retraite avec leurs employés.Les solutions doivent toutefois être élaborées et appliquées en partenariat entre employeurs et employés, dans l\u2019esprit du contrat de travail qui lie les parties.Celles-ci doivent se respecter mutuellement et trouver des approches de discussion et de négociation qui conduisent à la bonne entente professionnelle plutôt qu\u2019aux antagonismes destructeurs.Et puisque le problème est de caractère universel, il faut se réjouir que le gouvernement du Québec ait créé une commission d\u2019étude chargée de proposer une approche qui serait commune à toutes les villes.C\u2019est pourquoi tous les maires du Québec, à l\u2019exception de celui de Québec, attendent la publication du rapport D\u2019Amours et les conclusions pratiques que le gouvernement en tirera à la faveur d\u2019une solution applicable à toutes les villes, à toutes les fonctions publiques, à tous les employés publics.Il ne sert à rien de jouer les matamores ou les Don Quichotte pour se distinguer des autres, dans le genre « dégagez la piste, je n\u2019ai pas besoin du rapport D\u2019Amours et des décisions gouvernementales pour régler les affaires de Québec».Oui, il faut attendre la solution envisagée pour tous afin d\u2019avoir en vue toutes les mesures de nature à résoudre le problème avec équité et justice pour les employés publics.Un peu de patience permettrait de faire naître un règlement de la question durable et satisfaisant pour tous.Le maire de notre ville ne peut traiter la question comme il le faisait du temps où il dirigeait une entreprise privée.C\u2019est dans cet esprit que mon parti et moi-même envisageons les relations de travail dans notre ville.Notre parti pris pour la fonction publique n\u2019est signe ni d\u2019aveuglement, ni de naïveté, ni d\u2019asservissement à l\u2019égard des fonctionnaires et de leurs organisations syndicales.Il témoigne simplement du calme, du jugement et du sens civique qui nous habitent.Si les citoyens et citoyennes de Québec nous font confiance en novembre prochain, ils peuvent être assurés que le climat de contentieux qui caractérise les relations de travail dans notre ville prendra fin le soir de l\u2019élection.Comme une sorte d'écologie 1 m David Desjardins è athieu.Élise et Julie ont 32, 25 et 29 ans.Ils ont l\u2019air d\u2019étudiants qui tuent le temps à la Brûlerie entre deux cours, avec leurs ordis, leurs iPhone, leurs feutres Sharpie et leurs cahiers de croquis.Sauf qu\u2019ils bossent en m\u2019attendant et que le café, c\u2019est un peu une extension du bureau.Ils sont leur propre patron et travaillent dans le Web et les communications.Leur rapport aux réseaux sociaux relève d\u2019une sorte de ponctuation qui rythme leurs jours, si bien, que leur lien au monde est à la fois réel et virtuel.Un peu de magazines, beaucoup de Pinterest.Des rencontres en chair et en os et des messages en masse sur Facebook.Ils font partie d\u2019une génération dont on prétend qu\u2019elle est la plus individualiste de l\u2019histoire, rivée à ses écrans, obsédée par ses envies de choses.Toutes ces jeunes solitudes alignées devant des écrans dans la vitrine des cafés avec des écouteurs fixés aux oreilles renvoient exactement cette image d\u2019ultramoderne prostration.Et pourtant, ces trois-là, avec quelques amis, sont peut-être en train de changer le monde des affaires en même temps qu\u2019ils réinventent le sens du réseau social, le temps de sauver de la fermeture leur pizzeria favorite.Incapable de défrayer les coûts de la pose d\u2019un nouveau système de ventilation, étranglé par les factures de ses fournisseurs et le loyer à payer, Olivier, de la pizzeria Gemini, croyait devoir fermer ou vendre.«Il ne voyait pas d\u2019autre solution», raconte Julie, qui ne connaît pas le proprio, sinon comme cliente.Mais elle aime l\u2019esprit de ce commerce, la qualité des produits.Et aussi la douce folie de ce type qui rebondit dans son resto comme dans les entrailles d\u2019une machine à boule, le flot de ses paroles quittant sa bouche avec une intensité qui devrait agacer, et qui pourtant charrne sa clientèle.Avec quelques compères, dont Élise et Mathieu, Julie tâte le terrain sur Facebook, proposant un marché à leurs amis de l\u2019ère Zuckerberg.Une campagne de financement pour aider Olivier à se relever.50$ en échange de la promesse de deux pizzas lorsque le resto pourra rouvrir, soit un peu plus que le montant réel qui figure au menu, histoire de donner un coup de pouce supplémentaire au patron qui en arrache.«On s\u2019attendait à une bonne réponse, parce qu\u2019on avait déjà vu la popularité de campagnes de financement du même genre, mais on est quand même un peu surpris de la rapidité avec laquelle les gens ont réagi», raconte Mathieu.L\u2019enthousiasme sur la page créée pour sauver Gemini mène rapidement à l\u2019annexion à un site transactionnel, et en quelques jours, 16000$ sont amassés.Des amis artistes (Fishier et Pierre Bouchard) vendent à l\u2019encan des portes qu\u2019ils ont peintes.Des journalistes racontent l\u2019histoire.Moi aussi, chez Catherine Perrin à Radio-Canada, lundi dernier.Mais je croyais alors qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une histoire de bonté alors que c\u2019est beaucoup mieux que ça.«On ne croit pas à cette idée que, parce que tu connais une mauvaise passe en affaires, tu devrais nécessairement fermer», avance Élise pour expliquer ce qui motive leur entreprise de sauvetage.Entre parenthèses, les trois disent: si c\u2019était nous, on voudrait aussi qu\u2019on nous aide.C\u2019est ce qui m\u2019intéresse le plus id.Cette leçon d\u2019altruisme qui se démultiplie en ligne, où des gens montent dans le train pour sauver un entrepreneur, justement au moment où les gouvernements et les chambres de commerce se demandent comment encourager les citoyens à se lancer en affaires.La solution est peut-être ici.Ou enfin, c\u2019en est une: repenser le modèle pour qu\u2019il ne repose plus seulement sur une communauté d\u2019affaires, sur une idée du marché comme un groupe de consommateurs, mais un marché en tant que communauté.Un groupe qui partage des mentalités, des goûts, un espace de vie.Mais qui est aussi prêt à le défendre s\u2019il va mal.Parce que ce qui ressort de cette histoire, c\u2019est que le geste de ces gens-là n\u2019est pas gratuit.Il est même drôlement intéressé.Ce qu\u2019ils défendent, c\u2019est leur propre intérêt.Ils veulent vivre dans une ville où l\u2019on célèbre la différence et l\u2019originalité qu\u2019incarne Gemini.Ils défendent leur environnement, leur quotidien.Les affaires et le commerce sont un lien, pas seulement une source d\u2019enrichissement.Et les réseaux sociaux servent à autre chose qu\u2019à faire de la promotion : ils deviennent aussi une sorte de filet de sécurité numérique.Et si tu tombes, ils te freinent dans ta chute.Ce que protègent Mathieu, Élise, Julie, c\u2019est un mode de vie qui passe par la diversité, la survie des espèces en quelque sorte.Leur truc, c\u2019est plus qu\u2019une économie.C\u2019est comme une sorte d\u2019écologie.http://www.indiegogo.com/projects/quebec- aime-pizzeria-gemini ddesjardins@ledevoir.corn L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) ; informatioii générale : Marie-Andrée Chouinard (chef de division), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DegYise(société) et Jean Dion (sports) ; information politique : Michel Y)a.vid(chroniqueur), Héléne Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter) ; information culturelle : Louise-Maude Rioux Soucy (chef de division), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Bélair Cirino, François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et GuyTaiWeieréreporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Èmilie Folie-Boivin et Louis Gagné (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettino-Parazelli et Geneviève Tremblay (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michéle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire); Florence Ferraris (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec).PUBLICIlÉ Céline Benoît, Claire Breton, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Amélie Maltais, Claire Paquet, Catherine Pelletier, Chantal Rainville, Nadia Sebai, Ousmane C.Touré (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux).Élise G\\ra.rd.(secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Caroline Guimond, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Hansel Matthews (technicien injbrmatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la\tMaxim-Olivier Leclerc (responsable du service à la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Moïse Bastien, Claudine Chevrier, Céline Furoy, Ghislaine Lafleur et Véronique Pagé. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 MARS 2013 SCIENCES Le psylle asiatique ne fait qu\u2019une bouchée des plantations d\u2019agrumes en Floride et en Californie, f les menaçant d\u2019extinction ^ ODD ANDERSEN AGENCE ERANCE-PRESSE Les oranges de la Floride et de la Californie sont menacées de disparition.Le traditionnel jus d\u2019orange de nos petits-déjeuners pourrait bien devenir une denrée extrêmement rare d\u2019ici peu.Car les vergers d\u2019orangers, mais aussi de pamplemoussiers, voire de tous les arbres produisant des agrumes, sont frappés de plein fouet par une maladie bactérienne disséminée par un petit insecte exotique qui signe l\u2019arrêt de mort des arbres auxquels il s\u2019abreuve.PAULINE GRAVEL AU cours des huit dernières années, plus de la moitié des citrus \u2014 les arbres produisant des agrumes \u2014 de la Floride ont été infectés par la bactérie responsable d\u2019une maladie mortelle, Vhuanglongbing (HLB), qui signifie « maladie du dragon jaune» en chinois, aussi appelée «maladie des pousses jaunes ».Le pathogène a maintenant atteint la Géorgie, la Caroline du Sud, la Louisiane, le Texas et même la Californie, principal producteur des oranges que l\u2019on mange entières, plutôt que pressées sous forme de Des voyageurs revenant d\u2019Asie ou du Mexique auraient clandestinement rapporté dans leiu-s valises des branches portant des psylles infectés jus comme celles de la Floride.Cette maladie qui a fait des ravages en Chine, en Inde, en Indonésie et en Afrique du Sud serait vraisemblablement apparue en Floride et en Californie après que des individus, revenant d\u2019Asie ou du Mexique, eurent rapporté clandestinement dans leurs valises des branches portant des psylles infectés, ces petits insectes vecteurs de la bactérie, pour les greffer à un arbre fruitier de leur jardin, supposent les spécialistes.Une attaque violente «Ces insectes sévissent avec une extraordinaire violence et, si on laissait la nature suivre son cours sans surveillance, ils pourraient certainement anéantir l\u2019industrie des agrumes.Nous tentons divers traitements sur les arbres déjà infectés, ce qui nous a permis de maintenir l\u2019industrie à flot, mais personne ne sait pendant combien de temps encore elle pourra survivre», explique en entrevue téléphonique Tim Schubert, du service de pathologie végétale du Florida Department of Agriculture and Consumer Services.Les psylles asiatiques des agrumes, petits insectes ailés, raffolent de la sève présente dans les feuilles de citrus.Si celle-ci est contaminée par la bactérie responsable de l\u2019HLB, l\u2019insecte contractera le pathogène et le transmettra ensuite aux autres plantes sur lesquelles il prendra ses prochains repas.Les bactéries \u2014 du genre Candidatus liberibacter \u2014 prolifèrent alors dans le système vasculaire de l\u2019arbre et en viennent à bloquer la circulation de la sève nourricière vers les parties biologiquement actives, comme les bourgeons, les fruits et les racines.Affamé, l\u2019arbre dépérit, ses feuilles jaunissent et deviennent asymétriques, tout comme les fruits qui perdent également leur couleur, ainsi que leur contenu en sucres et en jus.Ce qui a favorisé la prolifération des psylles asiatiques dans les Etats du sud des Etats-Unis est, d\u2019une part, leur extraordinaire fécondité.Chaque femelle pond jusqu\u2019à 800 œufs sur les jeunes pousses de citrus au cours du seul mois que dure sa vie, ce qui peut engendrer des populations dépassant 40 0000 psylles sur un seul oranger.D\u2019autre part, cette espèce exotique n\u2019a rencontré aucun prédateur naturel en terre américaine, ce qui lui a permis de proliférer rapidement.Devant un tel ravageur, les vaporisations d\u2019insecticide ont été vaines.Les producteurs d\u2019oranges de la Floride fertilisent leurs vergers à outrance, en croisant les doigts.En Californie, on mise actuellement sur la lutte biologique.Mark Hoddle, professeur d\u2019entomologie à l\u2019Université de Californie à Riverside, est allé au Pakistan chercher de petites guêpes reconnues pour parasiter les psylles asiatiques des agrumes.En effet, la femelle de cette guêpe pond un œuf dans l\u2019abdomen de son hôte, en l\u2019occurrence le psylle.Une fois l\u2019œuf éclos, la larve de la guêpe se développe en dévorant les tissus du psylle, dont il ne subsiste à la fin que la coquille qui sert de protection à la larve de guêpe.L\u2019équipe de Mark Hoddle a procédé au relâchement de ces guêpes parasites dans le comté de Los Angeles, où les psylles asiatiques des agrumes font de véritables ravages.«Il est encore trop tôt pour savoir si cette expérience, qui se poursuivra pendant deux ans, aura des effets bénéfiques.Mais nous avons observé que certains citrus sont visités par des fourmis qui s\u2019abreuvent du miel sécrété par les psylles.Or ces fourmis protègent les psylles des parasites.Si on arrivait à débarrasser les arbres des fourmis, les guêpes parasites par- viendraient à mieux attaquer les psylles et à en éliminer jusqu\u2019à 85 %, alors que si des fourmis sont présentes sur les arbres, les guêpes n\u2019arrivent à tuer que 15 % des psylles», explique l\u2019entomologiste.Pour éliminer les fourmis, les chercheurs déposent des appâts composés d\u2019une nourriture alléchante mais toxique pour les fourmis, qui, en la ramenant au nid, permettra d\u2019exterminer la colonie.«Malgré cette intervention supplémentaire, l\u2019introduction d\u2019un parasite ne pourra pas supprimer complètement les psylles asiatiques des citrus.Si nous parvenons à en éliminer 30% à l\u2019aide des guêpes parasites, ce sera un très bon résultat», croit Mark Hoddle, précisant que d\u2019autres interventions sont expérimentées, comme l\u2019épandage sur le sol d\u2019un puissant insecticide agissant sélectivement contre les psylles asiatiques des agrumes.D\u2019autres scientifiques cherchent à identifier le parfum qu\u2019exhalent les dtrus et qui attire ces psylles.«Nous pourrions synthétiser les composés de ce parfum et les introduire en fortes concentrations dans des pièges qui attireraient les psylles et les tueraient quand ils s\u2019en approcheraient», explique Mark Hoddle.Le génie génétique On fait aussi appel au génie génétique pour créer de nouvelles espèces d\u2019agrumes qui résisteraient à cette maladie.Pour ce faire, les chercheurs passent au crible les variétés naturelles de dtrus dans l\u2019espoir d\u2019en trouver qui n\u2019y seraient pas vulnérables et qu\u2019on pourrait croiser avec des variétés commerciales.«Les populations sauvages de citrus sont souvent plus résistantes aux attaques d\u2019insectes que les variétés commerciales qui ont été sélectionnées pour leur goût, leur couleur et d\u2019autres caractères prisés par les consommateurs et les producteurs.Mais, souvent, lors de cette sélection, on perd le caractère de résistance aux maladies ou aux insectes», explique Jacques Brodeur, du Département de sciences biologiques à l\u2019Université de Montréal.Aussi, des chercheurs songent à transférer dans les variétés commerciales des gènes issus d\u2019autres plantes, telles que l\u2019épinard, qui ont été reconnus pour doter d\u2019une résistance aux maladies similaires.«Dans la très grande majorité des cas, lorsqu\u2019on a affaire à des espèces exotiques envahissantes et MIKE LEWIS THE CENTER EOR INVASIVE SPECIES RESEARCH Le psylle asiatique des agrumes, petit insecte ailé, raffole de la sève présente dans le feuillage des citrus, ici une jeune feuille de citronnier.a Nous tentons divers traitements, ce qui a permis de maintenir l\u2019industrie à flot, mais personne ne sait pendant combien de temps encore elle pourra survivre )) nuisibles, il n\u2019y a pas de solution unique idéale qui réglera tous les problèmes.Il faut plutôt combiner plusieurs stratégies, c\u2019est-à-dire mener une lutte intégrée pour arriver à bien contrôler les populations d\u2019insectes nuisibles.L\u2019introduction de la guêpe parasite en provenance du Pakistan devra représenter un élément parmi d\u2019autres pour résoudre le problème en Floride et en Californie.Comme autres méthodes, on peut modifier les pratiques culturales, les programma de fertilisation, planter des cultivars résistants et procéder à l\u2019épandage de pesticides sélectifs, car les pesticides sont parfois nécessaires», affirme M.Bor-deur, qui, à titre de spécialiste de la lutte biologique, s\u2019est attaqué aux populations de pucerons du soya qui avaient envahi tous les champs du Québec un an après leur arrivée, en 2002.«Lorsque nous désirons mettre en place une lutte biologique, on retourne dans le pays d\u2019origine de l\u2019espèce exotique afin d\u2019y sélectionner ses ennemis naturels (parasites, pathogènes, champignons) qui, là-bas, contrôlent leur population», explique le chercheur, avant d\u2019évoquer les erreurs du passé.«Quand on a commencé à faire de la lutte biologique, on a introduit des espèces qu\u2019on pensait être bénéfiques, mais qui se sont avérées nuisibles par la suite, par exemple la coccinelle asiatique, qui pénètre dans nos maisons à l\u2019automne.Il s\u2019agit d\u2019une espèce que les Américains ont introduite pour contrôler les pucerons dans les grandes cultures de blé et d\u2019orge.C\u2019est un très bon prédateur de pucerons, sauf que c\u2019est une espèce extrêmement agressive, compétitive et envahissante, qui s\u2019est répandue comme une traînée de poudre en Amérique et qui est devenue nuisible parce qu\u2019elle décime les coccinelles indigènes et qu\u2019elle nuit aux humains en entrant dans les maisons», rappelle-t-il, soulignant que, maintenant, avant d\u2019introduire un parasite ou un prédateur, il faut démontrer son innocuité pour l\u2019environnement et sa spécificité pour l\u2019espèce visée.Une petite guêpe parasite «Dans le cas du puceron du soya, on a dû démontrer aux autorités canadiennes, américaines et mexicaines que l\u2019espèce parasite que l\u2019on voulait introduire s\u2019attaquait spécifiquement à ce puceron et ne menaçait pas d\u2019autres espèces d\u2019insectes.Cette espèce appelée Binodoxys communis est une petite guêpe parasite provenant de Chine, qui est très similaire à celle introduite en Californie pour lutter contre le psylle asiatique, un insecte très semblable au puceron.Pour ce faire, on a laissé le Binodoxys communis en quarantaine pendant deux ans afin de s\u2019assurer qu\u2019il était exempt de pathogènes.On a dû faire des tests de laboratoire pour démontrer que cette guêpe n\u2019attaque que le puceron du soya et non les autres espèces de pucerons qu\u2019on retrouve dans la nature», précise cet ardent défenseur de la lutte biologique.Le soya du Québec Au Québec, on a réussi à contrôler le puceron du soya à l\u2019aide de cette guêpe parasite et de cultivars plus résistants aux pucerons, qui ont été obtenus par hybridation entre des cultivars commerciaux et des cultivars tolérants.Par contre, chez nos voisins du Sud, la situation demeure problématique car le climat plus clément et les saisons plus longues permettent le développement de plus nombreuses générations de pucerons, «ce qui fait qu\u2019ils sont encore obligés de procéder à des épandages de pesticides», souligne M.Brodeur, faisant remarquer que cette situation favorise les exportations de soya québécois, car «certains Asiatiques, dont les Japonais, achètent à prix fort notre soya produit sans insecticide qui leur permet de préparer un tofu de meilleure qualité».«Cela aurait été tragique si nous n\u2019avions pas trouvé de solution biologique pour contrôler les pucerons, car il nous aurait fallu vaporiser des pesticides par avion sur les grandes surfaces (soit plus de 200000 hectares) cultivées dans des régions très peuplées de la Monté-régie, poursuit-il.Nous aurions tué non seulement les pucerons, mais aussi les abeilles, les papillons et d\u2019autres prédateurs; nous aurions affecté les batraciens et les reptiles et nui à la santé des humains.» Mais il avoue qu\u2019on ne détient pas de solution biologique à tous les problèmes: «Si on bannissait demain l\u2019utilisation des pesticides, les humains de la planète mourraient de faim.» Le Devoir "]
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