Le devoir, 2 mars 2013, Cahier E
[" Nancy Huston, l\u2019étonnante modernité de la mythologie grecque Page es Dead Man Walking, la naissance d\u2019un grand compositeur Page e 7 CULTURE CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 MARS 2013 PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR ESPACE GO 514 845-4890 I espacego.com LE DEVOIR ¦ la pièce de Daniel Bélanger, Chacun pour sol.ledevoir.com/ culture/musique LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 MARS 2013 E 7 CULTURE.MUSIQUE CLASSIQUE Mort d\u2019un homme, naissance d\u2019un compositeur L\u2019Opéra de Montréal met à l\u2019affiche son pari de l\u2019année : Dead Man Walking^ de l\u2019Américain Jake Heggie CHRISTOPHE HUSS Samedi prochain, l\u2019Opéra de Montréal met à l\u2019affiche son pari de l\u2019année : un opéra contemporain, Dead Man Walking, de l\u2019Américain Jake Heggie, créé en 2000 à San Francisco.Sur ce coup, on peut juger que l\u2019Opéra de Montréal a tout juste ! La balle est désormais dans le camp du public mélomane de Montréal, habituellement frileux et timoré, qui devra montrer qu\u2019il peut suivre cette proposition artistique audacieuse autant que le public de Québec, qui a rempli le Grand Théâtre pour La tempête de Thomas Adès, l\u2019été dernier.L\u2019Opéra de Montréal ne ménage pas ses efforts pour glaner de nouveaux spectateurs.Depuis l\u2019annonce de la programmation de Dead Man Walking, d\u2019après le récit de sœur Helen Prejean, les appels du pied se font moins en direction des amateurs de musique que de tous ceux qui peuvent être humainement interpellés par ce vibrant plaidoyer contre la peine de mort.Sœur Prejean a même fait le voyage de Montréal pour la cause.Sont aussi interpellés les cinéphiles, qui n\u2019ont pas oublié l\u2019adaptation de Tim Robbins (1995) avec Scan Penn et Susan Sarandon, qui valut à cette dernière l\u2019Oscar de la meilleure actrice.Rédemption L\u2019histoire est celle de la rencontre humaine marquante entre un assassin et une religieuse, visiteuse de prison.Le meurtrier s\u2019appelle Joseph De Rocher.Condamné à mort, il est en attente d\u2019être exécuté.Sœur Helen deviendra son guide spirituel.L\u2019opéra accompagne l\u2019évolution de cet homme arrogant, qui refuse d\u2019assumer sa responsabilité et de reconnaître sa culpabilité.Au fil des rencontres avec sœur Helen et à l\u2019approche de KAREN ALMOND Le style musical de Jake Heggie, très abordable, mélange de nombreuses influences.la mort, Joseph trouvera in extremis un chemin vers la rédemption.Juste avant de mourir, il adressera à sœur Helen ses derniers mots: «Je vous aime.» L\u2019adaptation lyrique de l\u2019histoire vécue par Helen Prejean a été réalisée par le dramaturge Terrence McNally {Les leçons de Maria Callas) et le compositeur Jake Heggie pour l\u2019Opéra de San Francisco: «San Francisco voulait une comédie pour le millénaire, raconte Jake Heggie au Devoir.Mais quand fai rencontré Terrence McNally, il était clair qu\u2019il voulait traiter un grand drame américain, un sujet qui soit américain et universel, contemporain et hors du temps, avec des personnages marquants et des situations claires.McNally a avancé Vidée de Dead Man Walking et dans l\u2019instant j\u2019ai adhéré au projet, sans même y réfléchir: f avais la chair de poule et j\u2019ai entendu de la musique.Je savais que 2012-2013 SAISOÎ^ 12 au 29 mars 2013 à 20h et 30 mars 2013 à 15h* UNE PRODUCTION DES MIETTES DANS LA CABOCHE - compagnie theatrale UN TEXTE DE JEAN-PHILIPPE LEHOUX DANS UNE MISE EN SCÈNE DE FABIEN CLOUTIER * LA SCENOGRAPHIE DU SPECTACLE NE PERMET PAS AUX RETARDATAIRES D ENTRER DANS LA SALLE LORSQUE LA REPRESENTATION EST COMMENCEE \t\t\t\t\t Québec S S\t\tM ^ 1\t\tQucÊ^ Quebec BS\tHydro Quebec ¥\u201c\til\t5\t-\t\t\tIh [)l'\\(llli\t Pour rendre acceptable.'inacceptable.PalliAmi Fondation PalliAmi C.P.531, succursale C Montréal (Québec) H2L 4K4 Téléphone (514) 890-8000, poste 27434 Télécopieur (514) 412-7523 FESTIVAL INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR ADULTES ET ENFANTS PRESENTE PAR CASTELIERS EN COLLABORATION AVEC LE THEATRE OUTREMONT CASTELIERS 7-10 mars 2013 PAYS-BAS FRANCE LITUANIE ECOSSE ONTARIO QUEBEC festîvai.castelîers.ca THÉÂTRE 0UTR6^M0Nt/519.495.9944 RÉSEAU ADMISSION/514.790.1245 duCanada fortheArts Canada Council Canadan OBOra Québec SS\tMontreal® Montreal® M- 0 oJljSSSo\tKD\tÇ\ttiiHimarc j\u2019avais quelque chose à dire», nous confie le compositeur.Le compositeur dramaturge L\u2019opéra contemporain puise de plus en plus dans les sujets de notre temps, certains de fond, comme Dead Man Walking, certains quasiment triviaux, comme Anna Nicole, opéra de Mark-Anthony Tur-nage, créé il y a deux ans au Covent Garden de Ixmdres et puisant dans l\u2019univers de la téléréalité.Existe-t-il aux yeux de Jake Heggie des limites à la validité des sujets traités?« Tout dépend de ce qui motive le librettiste et le compositeur, mais à mes yeux les règles d\u2019or sont les suivantes: des personnages bien définis et un élément clé important dans chaque scène, où la musique peut soutenir le livret et porter l\u2019histoire.Il faut aussi trouver une histoire qui va au-delà des seuls éléments narratifs et apporte quelque chose qui nous dépasse.Il m\u2019apparaît important aussi qu\u2019au bout du compte quelque chose ait changé: que l\u2019œuvre parle d\u2019une évolution ou d\u2019une rédemption.L\u2019événement qui transforme une situation tout en formant un exemple édifiant: ça, c\u2019est un sujet d\u2019opéra, quel que soit le contexte.» lœ style musical de Heggie, très abordable, mélange de nombreuses influences.«Le livret de Dead Man Walking requérait le recours à divers types de musique.C\u2019était mon premier opéra, j\u2019avais 38 ans, mais les choses sont venues naturellement.Il y a des influences populaires \u2014 pop, jazz, rock \u2014, le gospel et, du côté classique, indéniablement les Français \u2014 Debussy, Ravel, Poulenc \u2014 et les Américains \u2014 Gershwin, Barber, Bernstein, Sondheim, Ménotti \u2014 de même que Britten.» Aux yeux de Heggie le com- positeur doit être aussi dramaturge : «Il doit avoir un sens du théâtre, de la scène, du timing, du développement des personnages.Le risque pour un compositeur aujourd\u2019hui est de sertir des paroles mais de ne pas composer une musique qui aide à raconter une histoire.Or la clé est là: la musique raconte l\u2019histoire et sert le drame.» Jake Heggie n\u2019a jamais eu de contact avec l\u2019Opéra de Montréal: «J\u2019ai appris l\u2019an passé qu\u2019ils étaient intéressés.» Il ne sera pas dans la métropole car il travaille en ce moment sur ses deux prochains opéras.«Dead Man Walking a connu plus de 200 représentations et deux enregistrements exceptionnels.Les gens peuvent donc savoir à quoi ressemble l\u2019opéra et où il va.Cela me place dans une position très confortable: celle de ne plus être essentiel au montage d\u2019un spectacle.Je pourrais être mort et cet opéra pourrait vivre sans moi, maintenant.» Dans la production de Dead Man Walking à l\u2019Opéra de Montréal, mise en scène par Alain Gauthier dans des décors et costumes de Harry Frehner, éclairés par Eric W.Champoux, les rôles principaux seront tqnus par Allyson McHardy et Etienne Dupuis.L\u2019Orchestre métropolitain et le Chœur de l\u2019Opéra de Montréal seront placés sous la direction de Wayne Marshall.Le Devoir DEAD MAN WALKING Opéra en 2 actes de Jake Heggie (né en 1961).Livret de Terrence McNally d\u2019après le livre La dernière marche de sœur Helen Prejean.Créé au War Memorial Hall Opera House, San Francisco, le 7 octobre 2000.Production du Fort Worth Opera.Salle Wilfrid-Pelletier, les 9, 12, 14 et 16 mars 2013, 19h30.514 842-2112 LA VEILLÉE DU 26 FEVRIER AU 23 MARS COUTEAUIL DANS/^ POULES De David NARROWER Mise en scène Catherine VIDAL Traduction Jérôme HANKINS Partenaire de production t a Jean-François Casabonne, Stéphane Jacques et Isabelle Roy Concepteurs Geneviève LizoHe, Alexandre Pilon-Guay, Francis Rossignal, Elen Ewing THÉÂTRE PROSPERO I ¦ ¦\tCensell des Arts 9D Canada CeundI Québec ¦¦\tdu canada fer the Arts BILLETTERIE 514.526.65S2 RÉSEAU ADMISSION 1 S55.790.1245 WWW.THEATREPROSPERO.COM E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MARS 2 O I S CULTURE>DE VISU Les cris d\u2019angoisse d\u2019un pape de la bédé underground Henriette Valium expose ses multiples facettes en galerie, une première en 35 ans de carrière FABIEN DEGLISE Le doigt est posé sur la vitre, au-dessus d\u2019un assemblage de traits fins.La voix, elle, est fixée sur son objectif: donner un peu de sens au chaos.«Tu vois les lignes, là, en dessous de mon doigt?Imagine un espace d\u2019un quart de pouce: c\u2019est le visage de mon ex, en tout petit, juste là, avec deux yeux et la bouche.Et autour: c\u2019est sa folie, représentée par les mouches.Ça m\u2019a pris trois ans à faire ça.Il le fallait.pour évacuer.» Bien nommée, l\u2019œuvre Le naufrage dévoile depuis quelques jours toute sa complexité sur un mur blanc de l\u2019Espace Robert Poulin à Montréal, une galerie d\u2019art du centre-ville.Mais elle fait aussi un peu plus : pour quelques semaines encore, ce travail de moine vient \u2014 avec son obsession maladive du détail pour former un touf^sa résonance avec les enluminures du Moyen Age, tout comme l\u2019angoisse et la douleur qui semblent s\u2019en dégager \u2014 incarner l\u2019univers torturé de Patrick Henley, alias Henriette Valium, maître incontesté de la bande dessinée underground de Montréal, et qui, pour la première fois en 35 ans de carrière, expose ses multiples facettes dans ce cadre un brin institutionnel qui ne lui ressemble guère.L\u2019exposition s\u2019intitule Habemus papam, formule de circonstance empruntée au Vatican, comme pour mieux souligner la célébration de cet artiste atypique, élevé au rang de grand par des conclaves d\u2019artistes et d\u2019éditeurs ailleurs dans le monde, et dont les planches, les toiles et les collages invitent à l\u2019adorqtion du détail, et surtout pas à l\u2019indifférence.«Etre dans une galerie, c\u2019est une marche de plus, lance l\u2019artiste rencontré cette semaine par Le Devoir sur les lieux de l\u2019expo.C\u2019est aussi énorme pour moi, qui n\u2019ai jamais vraiment eu de reconnaissance ici et qui en ai beaucoup souffert.» Valium \u2014 c\u2019est comme ça qu\u2019on l\u2019appelle parfois \u2014 a commencé à poser son regard inquiet sur le présent à partir des années 80, avec des bandes dessinées autoproduites, comme Vagorbine 14 ou encore 1000 Rectum, PEDRO RUIZ LE DEVOIR Patrick Henley, alias Henriette Valium, est le maître incontesté de la bédé underground de Montréal.sous le nom d\u2019Or-Feu-Lin, le pseudonyme que Patrick Henley aurait voulu avoir si on lui en avait donné le choix.«On m\u2019a baptisé Henriette Valium dans un famine qui s\u2019amusait à présenter les auteurs garçons en filles et inversement, dit-il.C\u2019était dans les années 80.On trouvait ça drôle à l\u2019époque.Le pseudo m\u2019a collé.Il a été plus facile de le garder que de chercher à en prendre un autre.» Or-Feu-Lin?«Je me suis toujours un peu senti comme ça sur le plan artistique, dit Valium: seul, méprisé, déconsidéré, et fai nourri beaucoup de ressentiment à cause de ça.» Ceci explique cela, mais également cette impression de cri déchirant, torturé et plein d\u2019anxiété qui émane de toutes les cases de ses planches, de chaque toile, de chaque assemblage qu\u2019il a réalisé dans les dernières années, pas juste pour «évacuer» la douleur d\u2019un naufrage amoureux, mais aussi pour commémorer les 10 ans du 11-Septembre, les deux ans de la mort de Michael Jackson ou, tout simplement, pour se débarrasser de la douleur causée par un reportage vu au Téléjournal.«Les nouvelles, ça m\u2019angoisse, assène l\u2019homme dans la cinquantaine.Alors, je dessine.La bédé, c\u2019est pour construire mon angoisse, les tableaux, pour la déconstruire, mais dans l\u2019ensemble, c\u2019est surtout poi(r ne pas sombrer.Je l\u2019ai toujours dit.» A l\u2019écouter, on a l\u2019impression que l\u2019équilibre est précaire.11 est aussi par moments, et paradoxalement, plein de lumière et de couleur, avec parfois cette petite teinte bleu poudre couleur Valium, un nom qui le décrit aussi bien qu\u2019un amas de mouches décrit la psychose.Le Devoir HABEMUS PAPAM Henriette Valium, Espace Robert Poulin, édifice Belgo, local 411.Jusqu\u2019au 23 mars.Cœur de maman ou Primitive Crétin que la maison d\u2019édition l\u2019Association, en France, qui a publié les premières œuvres de Guy Delisle, a décidé de réunir en quasi-intégrale en 2007.Signées Henriette Valium, ces histoires franchement dans la marge auraient aussi pu l\u2019être Voir > Des œuvres tirées de l\u2019exposition Habemus papam à l\u2019Espace Robert Poulin.ledevoir.com/culture/artsvisuels D Romany Eveleigh, entre les lignes PAGES Romany Eveleigh Galerie Roger Bellemare et galerie Christian Lambert, 372, Sainte-Catherine Ouest.Espace 502.Jusqu\u2019au 16 mars.MARIE-ÈVE CHARRON Tout en discrétion, les œuvres de l\u2019artiste Romany Eveleigh font en quelque sorte déjà partie de l\u2019histoire.La série fut pour la première fois exposée en 1978 au centre Véhicule Art à Montréal puis, en 1986, à Rome OtalieU exposition pour laquelle le jeune philosophe Giorgio Agamben a écrit un texte.Après avoir été laissées là-bas, et somme toute être tombées dans l\u2019oubli, une partie de ces œuvres sont de retour ici et retrouvent sur les cimaises leurs semblables dans une exposition qui ravive l\u2019intérêt autour d\u2019elles.Le faire minimaliste qu\u2019elles épousent d\u2019emblée, de même que le travail révélant les limites de la peinture en font un corpus emblématique des années 1970 qui se doit d\u2019être connu.L\u2019artiste a depuis poursuivi une pratique en peinture, des champs colorés abstraits sur des surfaces souvent carrées que traversent parfois des traits sommaires.Illisibilité Très homogènes, les œuvres se déclinent sur les murs en différents formats, se situant toutes à l\u2019orée de la peinture et du dessin.11 s\u2019agit d\u2019application d\u2019encre sur papier que l\u2019artiste a ensuite marouflé sur une toile de lin laissée en partie visible.De petits cercles irréguliers, maintes fois tracés dans la matière de couleur blanc sable, animent la surface de ces tableaux, redoublent leur planéité en s\u2019agglutinant pour former des colonnes imprécises.Graphique, le geste en est un d\u2019écriture, inventée il va s\u2019en dire, et confine l\u2019expérience à l\u2019illisibilité.Les toiles sont ainsi comparables à des pages sur lesquelles textes et marges structurent des plans.L\u2019intervention graphique organise un motif de grille qui reprend vaguement la trame du support, la révèle par déphasage.Contrairement aux travaux de l\u2019artiste allemande Hanne Darboven avec qui elles ont des parentés, les œuvres d\u2019Eveleigh sont plus organiques, n\u2019ont de systématique que l\u2019apparence.Par l\u2019inscription répétée du geste de l\u2019artiste sur les surfaces, la temporalité de l\u2019exécution se fait sentir, tandis que la ressemblance de certains ta- bleaux, particulièrement P says P (1977), avec d\u2019anciens dispositifs d\u2019écriture, tels l\u2019écriture cunéiforme sur tablette ou le parchemin, évoque quant à elle un passé très lointain.Le fini cireux et brut des toiles renforce cette impression que le temps a passé.D\u2019ailleurs, l\u2019encre sombre en arrière-plan pointe à certains endroits, composant ainsi un palimpseste.Ailleurs, c\u2019est à un journal que les œuvres font davantage penser, orientant ainsi un rapport plus étroit avec l\u2019actualité.Comme le jeu libre des signes sur la surface des œuvres, ces références restent toutefois abstraites et non figées.Ces «Pages» (1973) sont toutefois bien d\u2019écriture et de langage; l\u2019artiste montre ces systèmes opaques, impénétrables, nullement transparents dans le rapport que supposément ils en- GUY L\u2019HEUREUX La série fut pour la première fois exposée en 1978 au centre Véhicule Art à Montréal puis, en 1986, à Rome.tretiennent avec le réel dont ils ne révèlent finalement que la tentative absurde de le dire.Par sa fragilité d\u2019exécution, papiers déchirés et assemblés, l\u2019œuvre Manifesto (1977) est un autre élément singulier de cette exposition.Aux petits cercles s\u2019en ajoutent de plus grands, rouges, qui semblent vouloir corriger, souligner et condamner, comme le veut la rhétorique du manifeste.De même aussi, pour peu qu\u2019ils soient répétés et plus résistants, les cercles rouges projettent avec aplomb en avant.Collaboratrice Le Devoir ISABELLE VAN GRIMDE VAN GRIMDE CORPS SECRETS LES GESTES 13, 14, 15 MARS 20 H / 16 MARS 16 H CHOREGRAPHE ] ISABELLE VAN GRIMDE DIRECTEUR MUSICAL ] SEAN FERGUSON SUR SCÈNE ] SOPHIE BRETON, ELINOR FREY, MARJOLAINE LAMBERT SOULA TROUGAKOS CONCEPTEURS ] PASCALE BASSANI, ELIOT BRITTON, SEAN FERGUSON IAN HATTWICK, JOEL LAVOIE, JOSEPH MALLOCH, BRUNO RAFIE MARLON SCHUMACHER, MARCELO WANDERLEY _____________I Centre înterdîsciplinaire de recherche en musique, médias et technologie AGORA DE LA DANSE BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL WWW.AGORADANSE.COM Une présentation Saison 2012 2013 Place des Arts « [.] CORPS DE WALK EST UNE TRANSE, UNE FUSION ET UNE EXPLOSION, UN DÉLIRE SENSIBLE D'UNE POÉSIE SAUVAGE» [scenekunst.no, Norvège) .T.RAS.H.EST INFERNAL SAUTE A LA GORGE ET FEND LAME » [Brabants Dagbiad, Tilburg) CARTE BLANCHE T.R.A.S.H.La compagnie nationale de danse contemporaine de Norvège Guilherme Miotto + Kristel van Issum CORPS DE WALK sharon Eyal + Gai Behar ENCHANTED ROOM + PBERNADETTE 5.6.7.8.9 MARS 2013 Cinquième Salle 28 FEV.1.2 MARS 2013 Théâtre Maisonneuve dansedanse.net dansedanse.net ©Iaplacedesart5.com 514 842 2112/1 866 842 2112 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MARS 2 O I S E 9 CULTURE.DE VISU À tâtons dans le réel FAUX INDICES Lynne Cohen URANIBORG Laurent Grasso Musée d\u2019art contemporain de Montréal, 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu\u2019au 28 avril JÉRÔME DELGADO Entre le défilé de photographies de Lynne Cohen et le dédale de corridors de Laurent Grasso, il existe un océan de différences que le Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MACM) a osé rapprocher cet hiver.Il est surprenant, voire rassurant et même gratifiant, de constater la grande cohérence des expositions Faux indices de l\u2019artiste montréalaise et Uraniborg de son confrère parisien.Les images de Lynne Cohen, disposées l\u2019une à la suite de l\u2019autre dans trois salles, appellent à la contemplation, à un exercice proche de la méditation.Elles décrivent des espaces intérieurs, à la fonction ambiguë, qui révèlent, par la métaphore, une humanité fragile, ostracisée, désincarnée.Le projet qui a conduit Laurent Grasso à son expo la plus importante jamais présentée en Amérique du Nord, et présentée au Jeu de Paume de Paris en 2012, relève davantage de l\u2019expérience immersive.Pour la vivre, il faut s\u2019introduire dans l\u2019œuvre, une installation composée de fdms, de peintures, de sculptures lumineuses, de livres rares, d\u2019am-hiances sonores, etc.Et de sombres corridors.Cohérence et presque concordance au MACM : les univers de Cohen et de Grasso se suivent tout naturellement.Les deux, qui semblent s\u2019inspirer de la réalité, se moquent des apparences, préfèrent jouer la fantaisie et l\u2019improbabilité, exploiter les croyances et les mythes, plutôt que les faits véridiques.Autrement dit, leur ton documentaire prend des airs de fiction.Ils théâtralisent la réalité.Eait à noter, les deux catalogues, en écho à cet esprit, s\u2019avèrent peu conformes aux normes.Celui de Cohen n\u2019a pratiquement pas de texte analytique et repose sur une série de commentaires personnels de l\u2019artiste.Celui de Grasso s\u2019ouvre sur une série de reproductions avant d\u2019arriver, une cinquantaine de pages plus loin, à du texte, voire à la table de matières insérée au milieu du bouquin.Des artifices de Cohen.Le parcours débute avec les Faux indices de Lynne Cohen, qui réunit quarante photos couvrant quatre décennies de travail.Or, premier leurre déjà, il ne s\u2019agit pas d\u2019une rétrospective \u2014 le Musée des beaux-arts du Canada s\u2019en était chargé en 2002.Si les œuvres récentes n\u2019abondent pas, la mise en place ne vise aucunement à montrer le cheminement de l\u2019artiste.Bien au contraire, l\u2019accrochage de Erançois Le-Tourneux, le conservateur du MACM désigné commissaire de l\u2019expo, mêle périodes, thèmes, formats.Les noir et blanc et les couleurs se bousculent; même les encadrements varient.La disparité criante de Faux indices est conséquente à la volonté de Lynne Cohen à corrompre spn sujet, à taire son identité.A ce qu\u2019il paraît, elle n\u2019est friande ni de cartels ni de dates.Excepté pour des termes génériques {Spa, Corridor, Classroom), les titres des œuvres ne désignent qu\u2019un détail ou, surtout avec les Untitled des dernières années, un motif, le trait esthétique qui aurait attiré l\u2019œil de la photographe.Untitled (Ma-levitch), de 2011, révèle les figures géométriques utilisées comme cibles dans un stand de fir, par exemple.Etrange, l\u2019expo, comme l\u2019œuvre rassemblée.Sans lien apparent.Ce qui force à observer davantage chacune des photos, comme pour trouver une explication au tohu-bohu.La force de l\u2019expo, et de la pratique de Lynne Cohen, réside là.Chaque scène, minutieuse.KK Les œuvres de Laurent Grasso abordent le même problème, c\u2019est-à-dire le pouvoir d\u2019altérer et de contrôler notre perception de la réalité yy Marie Fraser, cocommissaire de i\u2019expo Uraniborg soignée, déjà captivante, gagne en importance lorsque comparée à ses semblables.Ces lieux de passage, ou d\u2019attente, singuliers par l\u2019absence d\u2019individus et pourtant conçus pour eux, se révèlent de la même nature.Celle d\u2019un monde fabriqué et artificiel, à l\u2019instar des effigies humaines qui finissent par surgir ici et là {Factory, Police Range.), un monde faussement confortable ou alors pernicieux et trompeur \u2014 la salle dans Laboratory a des airs de chambre à gaz.à un Grasso terre à terre «Les œuvres de Laurent Grasso abordent le même problème, c\u2019est-à-dire le pouvoir d\u2019altérer et de contrôler notre perception de la réalité.» Livré au sujet des multiples procédés de Grasso, ce commentaire de Marie Eraser, cocommissaire de l\u2019expo Uraniborg (avec l\u2019artiste et avec Marta Gili, du Jeu de Paume), pourrait s\u2019appliquer aussi bien au travail de Lynne Cohen.Mais chez l\u2019artiste français.Prix Marcel Duchamp 2008, la question de la perception se vit.en temps réel.Les peintures anachroniques et apocalyptiques de la série Studies into the Past, dont des extraits avaient été présentés lors de la Manif d\u2019art 2010, troublent un instant le regard.Ces tableaux, sont-ils œuvres de maîtres flamands ?Entrer dans Uraniborg, c\u2019est s\u2019introduire dans un ailleurs où l\u2019on avance sans repères.Labyrinthique, plongée dans la pénombre, l\u2019installation se découvre au compte-gouttes, au moyen de petites fenêtres ouvrant, soit sur une étrange collection d\u2019art, soit sur des écrans qui nous collent au nez.Dommage seulement que les normes de sécurité prévalent: les gardiens uniformisés et l\u2019issue de secours ne cessent de nous rappeler que fou se trouve au MACM.La magie opère moins.Le titre Uraniborg évoque un château du XVI® siècle, aujourd\u2019hui disparu, qui abritait un important observatoire du ciel.Grasso s\u2019en est inspiré pour bâtir une sorte de palais où se confondent progrès scientifiques, phénomènes naturels, symboles religieux et références esthétiques.Un pied dans le savoir, l\u2019autre dans l\u2019ouï-dire, un œil dans le passé, l\u2019autre dans la science-fiction, cet Uraniborg monté de toutes pièces livre néanmoins un commentaire sur son époque.Surveillance et crédulité (des images), paranoïa et scepticisme.L\u2019œuvre est finalement très terre à terre.Untitled (Spaceship), 2008, Lynne Cohen, épreuve à développement chromogène.Avec l\u2019aimable permission de l\u2019Olga Korper Gallery, Toronto.PEROU ROYAUMES DU SOLEIL ET DE LA LUIiE LA RELACHE AU MUSEE: DEVENEZ ARCHÉOLOGUE ET VIVEZ L'AVENTURE PÉROU EN FAMILLE ! Collaborateur Le Devoir Du mercredi 6 mars au dimanche 10 mars DVoir aussi > Un survol en photos des deux expositions du MACM.ledevoir.com/culture/artsvisuels DES ACTIVITES DIVERTISSANTES POUR TOUS ! ROMAIN DARNAUD Laurent Grasso, Bomarzo, 2011.Film Super 8 transféré sur DVD Avec l\u2019aimable permission de la galerie Chez Valentin, Paris Sean Kelly Gallery NY.A LA DECOUVERTE DE L'EXPOSITION Visites guidées et audioguide conçus pour les familles A GAGNER : LE PEROU SE PORTE A MERVEILLE ! Création d'un médaillon aux motifs et symboles péruviens UNE SEMAINE AU CAMP DE JOUR DU MUSÉE! .BIJOUX, JOUJOUX, PEROU ! Démonstration de bijoux par une artiste à la manière ancestrale des Péruviens EXPLORONS LES MYSTERES DU PEROU Jeu de piste amusant ACTIVITE SPECIALE: CINEMA D'ANIMATION LE TABLEAU En collaboration avec le Festival international du film pour enfants de Montréal et Axia Films.MIREE Tous les détails sur\tvq pondation mbam.qc.ca/relache\tLm de la Chenelière Entrée GRATUITE à l'exposition pour les enfants de 12 ans et moins Accompagnés d'un adulte.Non applicable aux groupes.Haïti CHAOS ET QUOTIDIEN MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Une presentation de Benoit Aquin Du 28 février au 12 mai 2013 BARRICK 690, rue Sherbrooke Ouest |® McGill | musee-mccord.qc.ca Banque Scotia\" Une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal.Mochica, côte nord, peut-être La Mina, Ornement frontal en forme de tête de félin et tentacules de pieuvre se terminant en têtes de poisson-chat (détail), 100-800 apr.J.-C.Lima, Museo de la Naciôn.Photo Daniel Giannoni E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MARS 2 0 I S CULTURE-CINEMA ESTFILMINDUSTRI Finissant(e)s est un faux et parfois vrai documentaire qui jongle avec les genres, joue au chat et à la souris avec les spectateurs.Le charme du naturel FINISSANT(E)S Réalisation et scénario : Rafaël Ouellet.Image: Pascal L\u2019Heureux.Montage: Jules Saulnier.Musique: Man an Ocean.75 min.ODILE TREMBLAY Ceux qui ont vu les précédents films de Rafaël Ouellet tournés dans son village natal de Dégelis, surtout ses œuvres à petits budgets, comme Le cèdre penché, New Denmark et Derrière moi, se retrouveront en pays de connaissance avec Finissant (e) s.Tout est dans le lieu d\u2019abord, avec une jeunesse à la fois séduite par la beauté de la nature ambiante et attirée par les lumières de la ville.La mort rôde, la drogue est là.Camion, avec des segments tournés à Dégelis, était déjà dans un autre registre, celui du cinéma qui possède les moyens de ses ambitions.Le cèdre penché, New Denmark et Finissant (e)s s\u2019élaborent à partir d\u2019une sorte de canevas.11 y a ce charme du naturel.Finissant (e) s, lancé cette semaine aux Rendez-vous du cinéma québécois, désormais en salle, est un faux et parfois vrai documentaire qui jongle avec les genres, joue au chat et à la souris avec les spectateurs.On avait vu ces adolescents dans New Denmark.À Dégelis, en 2009, de jeunes finissants de la polyvalente locale se préparent à prendre leur envol, et leur bal nous les montre endimanchés, pas très à l\u2019aise.Le cégep, c\u2019est pour bientôt, dans le Bas-du-Fleuve ou à Québec, Montréal, Trois-Rivières.Avec les logements ou colocs à trouver, des choix à faire.Un avant-goût de la vie adulte.Rafaël Ouellet vous dira avoir suivi ces jeunes durant l\u2019été 2009.Caria Turcotte avait joué dans New Denmark.Elle a l\u2019assurance d\u2019une actrice.Tous les autres sont de vrais finissants.Que font les jeunes à Dégelis?De la vitesse au volant, souvent.«Mon film est à 80% documentaire», dit le cinéaste.La fiction, c\u2019est la scène où un jeune est dans sa tombe, une scène où une adolescente disparue fait l\u2019objet d\u2019une battue (c\u2019était arrivé le mois précédent) .Aussi la fin, radicale.Rafaël Ouellet est peu abonné aux happy ends, sauf dans Camion.11 y a tout ça, et un feu de camp, et des rêves, et des angoisses par rapport au futur.Un personnage dira devant la beauté du paysage: «C\u2019est beau, mais c\u2019est plate.» Les régions se dépeuplent.En sous-texte, le film nous en renvoie la tragédie.Rafaël Ouellet s\u2019est retrouvé dans ces jeunes-là.Vingt ans auparavant, il traversait les mêmes affres, vivait des amitiés, des déchirements similaires.Les parents ne sont guère présents dans Finissant (e)s.Les jeunes entre eux préparent leur futur, ou jouent de nostalgie.La caméra est mobile, la musique de Man an Ocean scande faction et nous hante.Les visages passent par une kyrielle d\u2019émotions.La figure principale demeure celle de Caria, qui partira à Montréal, belle, intelligente, promise aux lendemains qui chantent.Mais voilà ! Et c\u2019est délicat comme un entremets, entre l\u2019enfance et la liberté, entre Dégelis qui berce et la ville qui effraie.La caméra capte ce monde flottant de l\u2019entre-deux-âges.C\u2019est merveilleux et douloureux.Tout est possible pour eux?Pas toujours.Pas vraiment.Le Devoir Saisons de Catherine ANIMATION ET CONTINUO CATHERINE PERRIN MehuI, Haydn et Vivaldi Présenté dans le cadre de MONTRÉAL EN LUMIÈRE Billets a partir de 31,29 $ + taxes VIOLON YUKARI COUSINEAU orchestremetropolitain.com LE DEVOIR QuébecS laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Jolies saveurs, vite LES SAVEURS DU PALAIS De Christian Vincent.Avec Catherine Frot, Arthur Dupont, Jean-Marc Roulot, Jean D\u2019Ormesson.Scénario : Etienne Comar, Christian Vincent.Image: Laurent Daillard.Montage : Monica Coleman.Musique: Gabriel Yared.France, 2012, 95 minutes.MARTIN BILODEAU En anglais, on les appelle des «one-hit-wonders».Traduit librement, ça donne des «prodiges à succès unique».Vu d\u2019ici, le réalisateur de l\u2019inoubliable et stupéfiant La discrète, Christian Vincent, appartient à cette catégorie.Tout comme ses compatriotes Eric Rochant {Un monde sans pitié), Martine Dugowson {Mina Tannen-baum) et Erick Zonca {La vie rêvée des anges), sortis de l\u2019ombre durant la même décennie et qui, bien qu\u2019ayant prolongé leur trace de lumière, n\u2019ont jamais renouvelé le miracle du premier film.Cela dit, le succès en France des Saveurs du palais (tout près d\u2019un million d\u2019entrées) a redonné un peu d\u2019élan à Christian Vincent.Mais nous sommes encore loin du miracle, c\u2019est-à-dire de la convergence en douceur du grand art et du cinéma populaire, au cœur du succès, en 1990, de La discrète.Son nouveau film marie deux saveurs : Catherine Frot et la cuisine du terroir.Le mariage est à première vue si évident, et si plaisant, qu\u2019on se demande pourquoi il n\u2019a pas été consommé plus tôt.Inversement, l\u2019assemblage du fdm paraît si empressé et improvisé qu\u2019il aurait pu tirer avantage d\u2019un temps de mûrisse- à METROPOLE FILMS Le film passe trop vite sur l\u2019essentiel : le rapport de son héroïne avec les produits qu\u2019elle transforme en plats gastronomiques ; la source de sa passion ; son passé de fermière pérlgourdine.ment.Celui-ci aurait par exemple donné au cinéaste et à son CO scénariste le temps de creuser davantage le personnage, peut-être (et c\u2019eût été souhaitable) de sacrifier ce qui fait tache dans son récit en deux temps, passé et présent, c\u2019est-à-dire le présent.Nous sommes en Antarctique, où Hortense Laborie (Frot, dans le mille) vit sa dernière journée de cuisinière en chef auprès d\u2019une équipe d\u2019ouvriers.La présence d\u2019une journaliste de la télévision australienne, qui cherche à lui tirer des confidences sur ses deux apnées de service au Palais de l\u2019Elysée à titre de cuisinière personnelle du président de la République, actionne mécaniquement une série de flash-back re- latant l\u2019aventure en question.Mais celle-ci est marquée par si peu d\u2019événements (matière dramatique indispensable) que les scénaristes comblent les ellipses par des retours au présent.Si peu d\u2019événements?Je m\u2019explique.Comme s\u2019il était intimidé par son modèle Danièle Mazet-Delpeuch, qui a bichonné François Mitterrand, Vincent s\u2019éloigne des états d\u2019âme et s\u2019en tient aux faits : l\u2019acclimatation de son hérome à un milieu ultraréglementé, indi-quée dans deux ou trois scènes; l\u2019hostilité qu\u2019elle inspire aux membres çle la brigade des cuisines de l\u2019Elysée, illustrée là encore par deux ou trois anecdotes réglementaires; enfin, ses rares tête-à-tête avec le président, joué avec grandilo- quence par l\u2019écrivain et académicien Jean D\u2019Ormesson.Le film passe trop vite sur l\u2019essentiel: le rapport de son héroïne avec les produits qu\u2019elle transforme en plats gastronomiques; la source de sa passion pour la cuisine; son passé de fermière périgourdine.Bref, ce que le film gagne en dynamisme en privilégiant faction, il le perd en profondeur en sacrifiant le personnage.Les saveurs du palais n\u2019est pas un film vain, cela dit.Grâce à lui, je m\u2019essaierai certainement à préparer le chou de,Savoie farci au saumon (J\u2019Écosse.Ou de Nouvelle-Écosse.Ça devrait faire pareil.Collaborateur Le Devoir Fantasmagories boréales LA LEGENDE DE SARILA Réalisation : Nancy Florence Savard.Scénario : Pierre Tremblay, Paul Risacher et Roger Harvey.Avec les voix de Guillaume Perreault, Mariloup Wolfe, Maxime Le Flaguais, Mario Saint-Amand, Elisapie Isaac, Dorothée Berryman, Rémy Girard, Marina Orsini, Elorent Voilant.Graphisme: Philippe Arseneau Bussières.81 min.ODILE TREMBLAY Le film est une sorte de défi au Québec : faire un long-métrage d\u2019animation en 3D stéréoscopique, avec incursion dans l\u2019univers ciu chamanisme inuit à travers un film destiné aux enfants.La légende de Sarila de Nancy Florence Savard possède de grands atouts : les beaux dessins qui rendent la splendeur des paysages du Grand Nord, un très réussi méchant chaman Croolik flanqué d\u2019un vilain corbeau qui exécute ses basses œuvres.L\u2019action se déroule chez les Inuits nomades avant que les Blancs ne transforment leur mode de vie.L\u2019histoire s\u2019offre une base classique : combat des forces du bien contre les forces du mal et quête initiatique de trois jeunes personnages.Ceux-ci partent en traîneau à la recherche du royaume enchanté de Sarila pour briser l\u2019enchantement qui condamne leur clan à la famine en éloignant les animaux.Markussi possède des dons de chaman, d\u2019où la colère du vieux sorcier qui cherche à le détruire.Le jeune garçon aime Apiq, pourtant promise au fils du chef Poutoulik, et des péripéties sentimentales, ou liées aux obstacles naturels ou surnaturels, ponctuent leur périple dans la toundra.On eût préféré un scénario moins prévisible.Les enfants ALLIANCE FILMS Trois jeunes personnages partent en traîneau à la recherche du royaume enchanté de Sarila.Soiree Vrban Maghreb sont quand même habitués à des trames plus complexes.Par ailleurs, des invraisemblances déparent le récit, quand Apiq, par exemple, croit pouvoir s\u2019amuser avec des oursons sans prévoir une attaque de la mère, une attitude impensable chez des nomades inuits, élevés dans la science des mœurs animales.Mais les figures magiques sont très bien, surtout le ookpik, puissance bénéfique.La sorcière à forme de sirène qui garde le royaume de Sarila semble tirée des légendes plus occidentales.Mais les rites chamaniques, avec talismans et enchantements, séduisent pardessus tout.On savoure les beaux dessins, même si le 3D se révèle à peine perceptible.Costumes, traîneaux et accessoires respectent les réalités inuites, et l\u2019atmosphère du conte dans ces glaces, sous les aurores boréales, s\u2019offre un cadre féerique.Les voix ne sont pas toutes au point toutefois ef si la musique commence avec de beaux chants de gorge, elle les abandonne trop rapiilement.La légende de Sarila, dans son hommage au peuple inuit à travers son mode de vie traditionnel et ses croyances, possède de vrais atouts, sans avoir su pour autant s\u2019abstraire des clichés de narration.Mais les jeunes enfants devraient apprécier leur incursion en terre arctique, dans le champ du merveilleux et du blanc territoire.Le Devoir Club Balattou 4372 boui.St Laurent (coin Marie-Anne) 514-845-5447 üebel Mom Makam (Maroc) -\t, ' Concert, ^ ^ evenemetüiel 1/endredi 15 mars 20h30 Æ VV lMl L\u2019Olympia 1004 Ste Catherine Est (metro^erri-UQAM) 514-845-3524 1dir W\t(Algérie) 1ère pŒi\\e^erbanga \tX\tSoirée V TratiâMaghreb m Cabaret du Mile End W\t5240 ave.du Parc f\t(coin Fairmount) 514-563-1395\tSohOUtl (Tunisie) SgnCOp (Algérie) îijruÂtg (Maroc) ^iUeUerie &1l^0û i\t\t NI LE DEVOIR Cycle baroque Femmes de Lumière! JEUDI 14 MARSKB PREMIERS Laissez vos sens voyager à travers l\u2019ardente poésie de Sor Juana Inès de la Cruz - avec I rase ma Terrazas (Mexique) En coproduction avec la Fondation Arte Musica VENDREDI 15 MARS ^ AMANTE SEGRETO Découvrez les pages laissées par la sulfureuse Vénitienne Barbara Strozzi - avec Suzie LeBlanc (Acadie/Quebec) SALLE BOURGIE Musée des beaux-arts de Montréal 1339, rue Sherbrooke Ouest BILLETTERIE: 514 285 2000 (#4) www.mbann.qc.ca/la-musique Un billet Premiers Songes acheté, le second à -15%! Toutes les infos sur Constantinople.ca LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 3 MARS 2013 E 11 CULTURE >CII!ËMA De couleurs et d\u2019espoirs Jean-François Laguionie signe Le tableau, une fantaisie farcie de références picturales ANDRE LAVOIE De son atelier en Bretagne, Jean-François Laguionie n\u2019a pas le ton de celui qui a un film à vendre.Cet artiste peintre doublé d\u2019un cinéaste d\u2019animation, jadis un protégé d\u2019une des grandes figures du genre en France, Paul Grimault {Le roi et Voiseau), me décrit le ciel bleu de son coin de pays, une anomalie pour la saison, et s\u2019informe des caprices de l\u2019hiver à Montréal.A 72 ans, le réalisateur du superbe film Le tableau n\u2019a visiblement plus rien à prouver.Cette fantaisie aux couleurs chatoyantes et farcie de références picturales (Picasso et Modigliani y reconnaîtraient leurs griffes) présente trois clans de personnages bien distincts, tous issus de l\u2019imagination d\u2019un peintre.Plusieurs sont achevés (les Toupins), à d\u2019autres il manque des couleurs (les Pafinis) et certains sont à l\u2019état d\u2019esquisse (les Reufs).Dans leur univers se résumant à une toile, la discrimination règne, imposée par les Toupins, et pour qu\u2019elle cesse, une figure de chaque clan part à la recherche du peintre qui les a mis au monde.Autobiographique, cette histoire ?D\u2019une voix chaleureuse, Jean-François Laguionie ose presque répondre par l\u2019affirmative.«Il se crée une grande intimité avec nos personnages^ admet celui qui a retrouvé le goût des pinceaux après plusieurs années consacrées exclusivement au cinéma.Dès que je fais des dessins, ils commencent à prendre une épaisseur psychologique, et ils vieillissent en même temps que moi.» Puisque la conception de longs-métrages d\u2019animation s\u2019étale souvent sur plusieurs années, «ils prennent de la maturité», dit-il, amusé.Il sait aussi reconnaître que cette brillante idée.n\u2019est pas la sienne.«La scénariste Anik Leray m\u2019a apporté cette histoire et j\u2019ai eu un coup de foudre \u2014 pour les deux d\u2019ailleurs ! Au départ, c\u2019était la description d\u2019une relation entre un peintre et son modèle, mais peu à peu les petits personnages se sont imposés, et elle a trouvé ce truc génial: certains sont complètement dessinés, d\u2019autres pas.Les niveaux philosophique et politique devenaient alors plus faciles à imaginer.» Présent dans le paysage de l\u2019animation depuis les années 1960, il a vu défiler bien des ar- AXIA FILMS Présent dans le paysage de Panimation depuis les années 1960, Jean-François Laguionie a vu défiler bien des artisans et bien des techniques.tisans, bien des techniques {«Le 3D, j\u2019ai longtemps trouvé que c\u2019était froid, artificiel, mais plus maintenant, car les artistes ont repris leur pouvoir») et bien des modes.Celle des vedettes qui passent en coup de vent dans les studios pour prêter leurs voix à grands frais n\u2019est pas celle qu\u2019il préfère.«J\u2019avais cédé au producteur pour Le château des singes, une grosse production européenne.Dans Le tableau, j\u2019ai obtenu une grande liberté parce que je déteste travailler avec des voix connues.J\u2019ai l\u2019impression que le spectateur va entendre le comédien qu\u2019il reconnaît, et que ça enlève au personnage une part de son originalité, de sa personnalité.» Celui qui affirme avec désinvolture «se moquer un peu de la technique et de l\u2019outil» a tout de même su tirer grand profit du 2D, mais aussi du 3D et des images en prises de vue réelles, pour servir ce récit touchant d\u2019une quête aussi noble qu\u2019improbable.Au-delà de son caractère fantaisiste, et ludique, c\u2019est toute une société rongée par les injustices et les hiérarchies étouffantes qui s\u2019étale sous nos yeux.Les adultes auront vite perçu la brillante métaphore d\u2019un monde impitoyable qu\u2019ils connaissent trop bien ; les enfants retrouveront sans doute les règles (tout aussi dures) de leur cour d\u2019école.Tous y verront un film d\u2019une beauté inclassable, exécuté avec le doigté d\u2019un esthète et porté par l\u2019espoir naïf d\u2019une conclusion heureuse de la lutte des classes.Ce n\u2019est pas défendu de rêver.en couleurs.Le Devoir LE TABLEAU Réalisation: Jean-François Laguionie.Scénario: Jean-François Laguionie, Anik Leray.Avec les voix de Jessica Monceau, Adrien Larmande, ThierryJahn.Montage: Emmanuel de Miranda.Musique: Pascal Le Fennec.France, 2011, 76 min.Un petit monde de tendresse ERNEST ET CELESTINE Réalisation: Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier.Scénario : Daniel Pennac, d\u2019après les albums de Gabrielle Vincent.Voix: Lambert Wilson et Pauline Brunner.Musique: Vincent Courtois et Thomas Fersen.Animation: Patrick Imbert.Montage: Fabienne Alvarez-Giro.80 min.ODILE TREMBLAY Couronné meilleur film d\u2019animation aux César, montrant une fois de plus la force de l\u2019animation française en 2D, Ernest et Célestine semble vivre de poésie.Ses trois réalisateurs.Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier, ont entrepris de faire revivre le petit monde de Gabrielle Vincent, dont les albums ravissaient les enfants des décennies 80 et 90.Si le romancier Daniel Pennac a emprunté ses personnages à l\u2019auteure et illustratrice belge, il a écrit un scénario original vraiment délicieux.Le charme un peu désuet des aquarelles aux teintes délavées et aux contours flottants de Gabrielle Vincent est transposé à l\u2019écran avec une rare délicatesse.L\u2019amitié de METROPOLE FILMS Le charme un peu désuet des aquarelles aux teintes délavées de Gabrielle Vincent est transposé à l\u2019écran avec une rare délicatesse l\u2019ours Ernest et de la souris Célestine, par-delà les préjugés des deux camps, se fait métaphore de tous les ponts possibles.Car en bas, au royaume des souris, les ours sont des ogres et, en haut, les souris sont réputées porteuses de mille tares.Mais deux êtres esseulés, gros ours clochard saltimbanque et souris plus intelligente et curieuse que les autres, briseront le mur des préjugés.Les voix de Lambert Wilson et de Pauline Brunner font merveille aussi, de même que les décors, surtout dans le monde des souris, mariage entre l\u2019antre souterrain du Metropolis de Fritz Lang et un village troglodyte turc.Ajoutez des gags drôles sur les dents des oursons volées par les souris et de gros rats dentistes qui en font le trafic, et une musique adaptée à ce monde suranné qui enchante.Le film palpite d\u2019humour et de tendresse fine.Ernest et Célestine séduira autant les enfants que les adultes sensibles à la grâce de l\u2019art de l\u2019animation, qui retourne à ses sources avec envol.Le Devoir Les belles bêtes LES ENFANTS LOUPS AMEETYUKI (V.F.ET V.O.S.-T.F.) Réalisation: Mamoru Hosoda.Scénario: Satoko Okudera, M.Hosada.Musique: Masa-katsu Takagi.Japon, 2011, 117 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Etendue dans un champ, une jeune fille s\u2019éveille d\u2019un songe, ou peut-être y plonge-t-elle?Debout sur la ligne d\u2019horizon, à contre-jour, un loup l\u2019observe.Soudain, la silhouette de la bête se meut en une forme humaine.L\u2019homme-loup s\u2019approche.La jeune fille ferme les yeux.Fable aussi bouleversante qu\u2019inusitée sur les affres et les joies de la parentalité, Les enfants loups Ame et Yuki constitue une proposition animée comme seuls les Japonais savent en inventer.Avec une grâce visuelle infinie, Mamoru Hosoda {La traversée du temps) brosse une véritable saga familiale à la lisière du conte fantastique et du drame social.Surtout, le cinéaste nippon s\u2019accorde tout l\u2019espace narratif dont il a besoin afin, d\u2019une Lumière sur des guerriers de l\u2019ombre THE GATEKEEPERS Réalisation et scénario: Dror Moreh.Image : Avner Shahaf Montage: OronAdar.Israel, 2012, 101 min.ANDRÉ LAVOIE Tuer, torturer, au nom de la raison d\u2019État et pour la sécurité du peuple d\u2019Israël: ce fut leur boulot quotidien.Chacun leur tour, ils ont traqué des terroristes, soudoyé des Palestiniens dans les territoires occupés, alerté les politiciens des dangers qui menaçaient leurs concitoyens, ou leur propre personne.Ils ne furent pas toujours écoutés, ou ont suivi des ordres qu\u2019ils jugeaient parfois stupides et suicidaires.Six anciens dirigeants de l\u2019agence de services secrets israéliens Shin Bet déballent leur sac devant la caméra de Dror Moreh, un ancien directeur photo devenu documenta-riste, grand admirateur d\u2019Er-rol Morris, une fascination évidente devant The Gatekeepers.Son approche est aussi simple que percutante : une suite d\u2019interviews au ton jamais complaisant, parfois même corsé, le tout entrecoupé d\u2019images d\u2019archives et d\u2019actualités, le plus souvent des opérations militaires ou secrètes.Avec ou sans bavures.De la guerre des Six Jours en 1967 à la seconde intifada en 2000 en passant par le tristement célèbre massacre du «bus 300» en 1980, les têtes fortes de cette organisation opaque jouent cette fois la carte de la transparence : sur leurs méthodes, les dommages collatéraux (les victimes civiles, et innocentes, furent parfois nombreuses) et, chose inhabituelle chez ces ex-guerriers de l\u2019ombre, leurs réflexions politiques.Car c\u2019est là que réside la force de ce film académique dans sa forme mais audacieux dans son propos: non seulement jouent-ils franc jeu sur le caractère parfois impitoyable de leur travail, mais ils obligent leurs compatriotes à prendre conscience du prix à payer.pour le futur de leur pays.Partisans du dialogue avec les Palestiniens, et tous ceux impliqués dans la poudrière du Moyen-Orient (l\u2019un d\u2019eux souhaite même inclure le président iranien Ahmadine-jad!), ils sont convaincus que plus d\u2019assassinats ciblés de terroristes n\u2019équivaut pas à plus de sécurité.Encore traumatisés par le meurtre du premier ministre Yitzhak Rabin en novembre 1995 par un extrémiste orthodoxe, ils envisagent l\u2019avenir d\u2019Israël avec la loupe la plus pessimiste.Car l\u2019ennemi est aussi de leur côté de la frontière, et ils craignent d\u2019avoir contribué à sa fabrication.Collaborateur Le Devoir part, de jeter les bases de son univers presque réaliste, et, d\u2019autre part, de bien camper ses personnages dans celui-ci.Ainsi, on a tout loisir de voir éclore l\u2019histoire d\u2019amour singulière entre une humaine et un sang-mêlé, puis d\u2019assister, impuissant et étonnamment ému, à la naissance de leur progéniture dont le destin occupera ensuite les deux derniers tiers de l\u2019intrigue.Fidèle à la tradition animée japonaise, les accents mélodramatiques, lorsqu\u2019ils surviennent, sont emphatiques ; on ne les voudrait pas autrement.Sur le plan formel, la réalisation éblouit constamment par sa technique virtuose et ses cadres étudiés.Vraiment, quelle jolie créature que cette œuvre.Le Devoir EXCENTRIS Les enfants loups Ame et Yuki.« Un film absolument savoureux dans tous les sens du terme! » Rene Homier Roy, C est bien meilleur le matin «Catherine Frot trouve ici l\u2019un de ses plus beaux rôles.Marc Andre Lussier, La Presse » ?«Un pur régal!» «Un film gourmand TeleCmeObs\tet brillant!» NouvelObs m CATHERINE\tJEAN\tHIPPOLYTE\tUN FILM DE FROT D\u2019ORMESSON GIRARDOT CHRISTIAN VINCENT lesSAVEURSduPALAIS métropole lAJii-d buncln www lessaveursdupalais lefilm c ® PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! jTmetropoletilms.com t FESTIVAL MERNATIONAL DU FLtl POUR ENFANTS DE MONTREAL ^ Desjardins Coopérer pour créer l'avenir INFOS ET BILLETTERIE WWW.FIFEM.COli eyi ûidkUmtufv mw\tirffm- okez^vutr^ Ivé\u2019mwoe Renaud-Brav Montréal®\tSedcükm 'T E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 MARS 2013 ICIffEMA «Un film nécessaire, en somme.» MARTIN LAROCHE Ifïfil A I\t__Id\trCINEMA BEAUBIEN] CONSULTEZ LES GUIDES [Un\"! /a I /Al I\t1^1 I QUARTIER LATIN 112396 Beaubien E 514 721 6060| HORAIRES DES CINEMAS Dans l\u2019intermonde de François Delisle Son film-poème météore assure samedi la clôture des Rendez-vous du cinéma québécois PEDRO RUIZ LE DEVOIR François Delisle a eu l\u2019impression de revenir aux origines du cinéma avec Le météore.ODILE TREMBLAY CA est un film, / mais aussi une série de tableaux, une mé-ditation, et peut-être un rêve.Uenvoûtant Météore de François Delisle prend Faffiche en salle le 8 mars, après avoir cheminé.Lancé au Festival de Sun-dance, puis à la Berlinale, le cinéaste a répondu à tellement de questions de spectateurs qu\u2019il a mieux compris son propre film.«C\u2019est Vintermonde créé dans l\u2019esprit des gens, par le contraste des images et des paroles qui les touchent dans cette tension, cette zone floue, entre images et monologues, entre vie et mort » Appelons ça la poésie ! François Delisle affirme garder un souvenir impérissable du chef-d\u2019œuvre Rashomon de Kurosawa (1950), qui présentait un même fait à travers le point de vue de plusieurs personnes, tout en assurant que les voix multiples dans Le météore n\u2019ont rien à voir avec l\u2019imitation d\u2019un modèle.Avant le film, il y eut des photos Polaroid d\u2019Anouk Lessard auxquelles il répondait par des monologues.De cette correspondance est né un livre, pas si éloigné du scénario du Météore.Se libérer Dans le film, un quadragénaire, Pierre, est incarcéré pour délit de fuite et homicide involontaire.Sa mère lui rend visite en prison.Son ex- iA Tous mes films, je les vois comme des fantasmes.Mais celuirci est mon plus personnel, livré sans pudeur.)y François Delisle femme essaie de l\u2019oublier.Un gardien de prison rumine ses problèmes.Et chacun est bien seul.Mais les protagonistes restent muets.Des voix hors champ sont celles d\u2019autres interprètes.Et des images, souvent de nature en majesté, contrastent avec les monologues douloureux.Pierre ne coïncidera avec son verbe qu\u2019en quittant ce monde.«En partant, il se libère.» « Tous mes films, je les vois comme des fantasmes, précise le cinéaste de Toi et de Deux fois une femme.Mais celui-ci est mon plus personnel, livré sans pudeur.Je joue Pierre, ma mère incarne ma mère et mon fils marche dans la forêt.Tous mes personnages sont des drames ordinaires et extraordinaires dans leur singularité.» Pour lui, cette prison constitue une métaphore de nos propres prisons intérieures.«Le désir de liberté de mes précédents films débouche sur quelque chose d\u2019intime abordant nos limites.Comment être un parent, un fils, un amoureux?Chacun se montre incapable de bien jouer son rôle.» François Delisle a mis deux ans à faire ce film, au départ esseulé avec les mots et une caméra Super 8 vite abandonnée, puis en numérique, cherchant la texture, la colorisation des images.«J\u2019ai tourné 80% du film tout seul, avant de demander un appui financier: 250000$ en tout.Juste assez pour engager des acteurs et finir le film.» Noémie Godin-Vigneau est l\u2019ex-amoureuse, Laurent Lucas, le gardien de prison, etc.Il lui fallut aussi trouver les voix des protagonistes: colonnes vertébrales du film: François Papineau devient celle de Pierre, Andrée Lachapelle celle de la mère, Dominique Leduc celle de l\u2019aimée Suzanne, etc.François Delisle a eu l\u2019impression de revenir aux origines du cinéma avec ce film.«Habituellement, on est pris dans des structures, des horaires.Ici, j\u2019ai ouvert une porte sur autre chose.Pour mon cinéma, ça semble un point de non-retour!» Le prochain film s\u2019intitulera Forget Me Not et réunira un couple devant les restes de leur fils disparu.Le Devoir Repères brouillés, tabous brisés LES MANEGES HUMAINS Réalisation et scénario/.Martin Laroche.Avec Marie-Evelyne Lessard, Marc-André Brunet, Normand Daoust, Stéphanie Dawson, Alexandre Dubois, Michel Vézina.Image: Félix Tétreault.Montage: Catherine Legault.Musique: Thomas Heilman.ODILE TREMBLAY Etrange et troublant film que celui-ci, produit avec des moyens restreints (400000$) en 13 jours de tournage, empruntant la forme du film dans le film et du faux documentaire dans un trépidant décor de fête foraine.Martin Laroche, derrière La logique du remords et Modernaire, dotés pour leur part de budgets de famine, est un cinéaste qui n\u2019a pas froid aux yeux.Son film aborde un sujet-choc mais quasi tabou, celui de l\u2019excision, et il le fait en cassant la forme, avec des éléments de thriller, de film social, sur des flous d\u2019œuvre étudiante.L\u2019héroine, Sophie (Marie-Evelyne Lessard, très charismatique), jolie mulâtre, a un emploi d\u2019été dans un p^arc d\u2019attraction ambulant.A la demande de son patron, elle se lance dans un film en profil d\u2019entreprise (savoureux ca-méo du patron), sur fond de barbe à papa et de grande roue.Sauf que ses questions K EILMS AMERIQUE Uhéroïne, Sophie (Marie-Evelyne Lessard), a un emploi d\u2019été dans un parc d\u2019attraction ambulant.aux employés se font de plus en plus indiscrètes, crues; son langage et ses actes déraillent vers le porno.Tout cela avec une caméra qui bouge, s\u2019affole, en perd des bouts, se reprend.Mais voilà! Après nous avoir copieusement irrités, Sophie, grâce à son secret révélé, retourne l\u2019action comme un gant.Et le procédé se révèle habile, puisque le spectateur doit traverser des affres pour mériter d\u2019entrer dans le vif du sujet.Beau personnage que celui de Sophie, une vraie battante qui décide de tout, prend son sort en main, impose ses volontés à celui qu\u2019elle convoite, Fred (Marc-André Brunet, d\u2019abord bravache, puis confus et aimant).Formidable, la figure de sagesse de Normand (Normand Daoust, merveilleux de douleur surmontée), que la vie a malmené et qui aide la jeune fille.Une scène intime entre eux se fait catharsis, dont le caractère sexuel n\u2019est qu\u2019accessoire.Les manèges humains, par-delà des longueurs, des apartés parfois redondants, des personnages secondaires moins solides que les trois protagonistes, parvient à créer un climat insolite puis déconcertant.Martin Laroche manipule le spectateur jusqu\u2019à lui faire perdre ses repères avec une aisance diabolique dont on salue l\u2019habileté.Le Devoir EXC3NTRIS EN EXCLUSIVITÉ À EXCENTRIS FESTIVAL DU NOUVEAU - ro FNC2012-PRIXDUPUBLII EN ATTENTE DE VISA ENFA LOUPS MAMORU HOSAD^20^^P< soupesoup UN NOUVEAU COMPTOIR [\t^\t^ SOUPESOUP À EXCENTRIS i\tTOUS LESJOURS! BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OO CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: FINISSANT(E)S RAFAEL OUELLET\tEN ATTENTE DE VISA AMOUR MICHAELHANEKE\t BARBARA CHRISTIAN PETZOLD\tH-»l 1 JOURNAL DE FRANCE RAYMOND DEPARDON ET CLAUDINE NOUGARET\t DJANGO DECHAINE QUENTIN TARANTINO\t ACHTUNG FILM'LA FILLE INVISIBLE CHRISTIAN SCHWOCHOW JEUDI 7 MARS A19H\tEN ATTENTE DE VISA CINE-KID: LE JARDINIER QUI VOULAIT ÊTRE ROI DIMANCHE A 11H DES 5 ANS\tÜ'.l «SaTsissanp, d'une étoflnence exceltfonnelle.CommenU Giovanni MarchfnJCamia « MggnHque.^^ Martin gitodeaU |t(p Devoir Internatitnale Filmfests|iiele lerlin Forum SUNDANCE ETEORE UN FILM DE FRANÇOIS DELISLE AVEC LES VOIX DE I FRANÇOIS PAPINEAU I ANDRÉE LACHAPELLE I DOMINIQUE LEDUC I STÉPHANE JACQUES I PIERRE-LUC LAFONTAINE AVEC I NOÉMIE GODIN-VIGNEAU I FRANÇOIS DELISLE I DANY ROUDREAULT I LAURENT LUCAS I JACQUELINE COURTEMANCHE I canadien Heritage DES LE VENDREDI 8 MARS http://cinemaexcentris.com "]
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