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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2013-03-09, Collections de BAnQ.

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[" WEZN» \\iin La réforme de rassurance-emploi continue à soulever des questions Page b 3 Manon Cornellier se questionne sur le budget des conservateurs Page b 2 Idées : une mère interpelle la ministre sur la déficience mentale Page b 5 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 20IS HUGO CHAVEZ Un héritage partagé Les uns l\u2019aimaient, les autres le détestaient.Tous pourtant ont été touchés et émus par la disparition d\u2019Hugo Chavez, et pas seulement chez lui.Le verhe coloré, un tempérament flamboyant, l\u2019homme a su montrer qu\u2019il était un politicien de convictions, de principes.Sa marque est partout dans cette Amérique du Sud qui a relevé la tête et a retrouvé sa dignité et sa fierté perdues.JEAN-PIERRE LEGAULT Hugo Chàvez est arrivé au pouvoir à un moment charnière de l\u2019histoire de l\u2019Amérique du Sud.Le continent était à genoux, soumis aux diktats des chantres du néolibéralisme.Pauvreté galopante, services publics bradés au plus offrant, richesses naturelles surexploitées, etc.Après les dures années des dictatures et les échecs des gauches radicales, la population se sentait dépossédée, contrôlée par de cupides élites, sans perspectives d\u2019avenir.Sur le plan politique, il n\u2019existait plus de modèle sur lequel s\u2019appuyer pour progresser.Pourtant, le continent bouillonnait.La mouvance dite de gauche était par-toqt présente.A ce moment, le Venezuela, sorti de la dictature depuis les années 50, est dirigé en alternance par deux partis, la CO-DEI et l\u2019Union républicaine démocratique, deux partis de l\u2019élite inféodés aux politiques néolibérales.Des émeutes éclatent en 19^8 et une tentative de coup d\u2019Etat avorte quatre ans plus tard.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019Hugo Chàvez accède à la présidence, en 1998.Concrètement, ce fut le début de la «vague rose» qui déferlera sur l\u2019Amérique du Sud.Les Vénézuéliens n\u2019ont en effet pas été les seuls à faire montre d\u2019audace : 1999 : De la Rùa et l\u2019Alianza (centre et gauche modérée) prennent le pouvoir en Argentine.Néstor Kirchner lui succédera en 2003 ; 2002 : Iniàco Lula da Silva, à la tête du Parti des travailleurs, est élu président du Brésil; 2004: Tabaré Vazquez, avec le Prente Ampleo, dirige l\u2019Uruguay ; 2005: Evo Morales est élu président de la Bolivie ; 2006 : Rafaël Correa accède à la tête de l\u2019Equateur ; 2008: Eernando Lugo prend en charge le Paraguay.De grands changements étaient en préparation.« Un tel virage à gauche se produit quand des sociétés sont prêtes à procéder à des changements structurels importants, explique Victor Armony, sociologue à l\u2019UQAM.Dans les années 1990, cela aurait été catastrophique.» Les leaders de ce «mouvement rose», contrairement aux expériences précédentes, venaient du peuple, il s\u2019agissait d\u2019un mouvement issu de la base.D\u2019ailleurs, les expériences brésiliennes et uruguayennes sont éloquentes à ce sujet: le changement s\u2019est opéré quartier par quartier, ville par ville, département par département pour atteindre le sommet de l\u2019appareil étatique.Une effervescence popu- um- PEDRO LADEIRA AGENCE ERANCE-PRESSE Hugo Chàvez LEO RAMIREZ AGENCE ERANCE-PRESSE Les partisans du président décédé se sont rassemblés nombreux pour le saluer une dernière fois.laire succédant à ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la crise néolibérale était donc à son comble.C\u2019est dans ce climat politique qu\u2019il faut inscrire Hugo Chàvez.Le premier élu à la présidence, le plus coloré des autres présidents qui suivront sur le continent, envahissait la place publique avec un discours populiste nationaliste bien senti dans lequel le secteur des ressources naturelles a été qualifié de «patrimoine du peuple», le pétrole étant associé à la nation et à l\u2019avenir.«Il a ouvert le discours poli- tique au discours de la gauche», note M.Armony, et en tirant ainsi l\u2019espace politique, des politiciens comme Lula et Kirchner paraissaient modérés.«Si Chàvez n\u2019avait pas été là, Lula aurait peut-être VOIR PAGE B 3 : HÉRITAGE ENSEIGNEMENT Le quoi et le comment d\u2019une histoire L\u2019enseignement de l\u2019histoire comme champ de bataille.Quand ce ne sont pas les didacti-ciens et les historiens qui s\u2019y affrontent, ce sont les partisans d\u2019une histoire nationale et ceux de l\u2019histoire sociale qui s\u2019entredéchirent sur le «quoi» et le «comment» enseigner le Québec aux jeunes.L\u2019histoire de ce conflit se répète.et ça ne date pas d\u2019hier.EISA-MARIE GERVAIS Y van Lamonde, historien des idées au Québec et professeur au département de littérature de rUniversité McGill, n\u2019a pas été étonné de lire cette semaine dans Le Devoir que se profilait à nouveau la querelle entre les tenants d\u2019une histoire nationale (portée par les membres de la Coalition pour l\u2019histoire) et ceux d\u2019une approche sociale.«Ça m\u2019a donné un sentiment d\u2019éternel recommencement de l\u2019histoire.Pour un historien, c\u2019est pas banal», a-t-il dit, un sourire dans la voix.Pour comprendre pourquoi le débat autour de l\u2019enseignement de l\u2019histoire se répète au Québec, rien de mieux que d\u2019en faire l\u2019histoire, justement.C\u2019est ce qu\u2019ont fait Michel Allard et ses acolytes, en coécrivant le volumineux ouvrage L\u2019histoire nationale à l\u2019école québécoise.Regards sur deux siècles d\u2019enseignement.«Au moment de la fameuse crise sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire, au milieu des années 2000, je me suis aperçu qu\u2019on n\u2019avait jamais fait l\u2019histoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Alors on a fouillé», explique cet actif retraité, qui a été enseignant au primaire et au secondaire et professeur d\u2019histoire et de didactique à l\u2019UQAM.Retour aux origines: 1831.Joseph-Erançois Perrault écrit le premier véritable manuel d\u2019histoire.Écrit?Plutôt copié, soutient Michel Allard.En y regardant de plus près, il constate que des pans entiers du bouquin sont un calque des écrits de l\u2019historien jésuite Pierre-Erançois-Xa-vier de Charlevoix (XVIIP siècle) et du Britannique d\u2019origine William Smith, historien et juge en chef du Conseil législatif du Bas-Canada (début XIXe).Ce dernier fait évidemment une interprétation très favorable de la Conquête de 1760 et est très élogieux à l\u2019endroit des Britanniques, qui auraient fait preuve d\u2019une «sage conduite» envers le peuple franco-catholique canadien.«L\u2019interprétation de l\u2019histoire qui a eu longtemps cours est donc celle de Perrault, qui a copié un Britannique», explique M.Allard.Cette interprétation de l\u2019histoire qu\u2019Allard qualifie de «bonententiste», parce qu\u2019elle évite d\u2019attiser les conflits, domine ainsi jusqu\u2019à ce Erançois-Xavier Garneau, premier historien canadien, publie ses propres écrits, beaucoup plus nuancés et sous-tendus par un nationalisme canadien-français, après le rapport Durham de 1839.Yvan Lamonde rappelle néanmoins ^\u2019instrumentalisation à laquelle s\u2019est livrée l\u2019Église et des pressions qui se sont exercées sur Garneau pour que son «histoire» tienne compte du clergé.Selon le chercheur et spécialiste de l\u2019histoire des manuels scolaires, Paul Aubin, également coauteur de L\u2019histoire nationale à l\u2019école québécoise, la confrontation entre deux visions de l\u2019enseignement de l\u2019histoire naît autour des années 1940, lorsqu\u2019André Laurendeau, homme de lettres et ancien rédacteur en chef du Devoir, lance le débat : Peut-on concevoir un manuel d\u2019histoire unique pour l\u2019ensemble du Canada?«Jusque-là, on avait des débats pédagogiques sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire, comme \u201cfaut-il donner de l\u2019importance à la mémorisation?\u201d, etc.Mais là, on va avoir le premier débat idéologique.» «Je me suis aperçu qu\u2019on n\u2019avait jamais fait l\u2019histoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Alors on a fouillé.» Écoles de Montréal et de Laval Durant la deuxième moitié du XX® siècle, deux écoles vont s\u2019affronter.D\u2019un côté, l\u2019École de Montréal, notamment portée par les historiens laïques Maurice Séguin, Michel Brunet et Guy Prégault, qui poussent davantage les idées d\u2019origine de Garneau et qui font une interprétation plutôt nationaliste de l\u2019histoire du Québec, VOIR PAGE B 2 : HISTOIRE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 20IS PERSPECTIVES Purée de pois budgétaire Manon CORNELLIER à Ottawa Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, doit présenter son budget bientôt.Avant Pâques, en fait.Malgré une croissance plus modeste que prévu, il a encore dit vendredi être déterminé à effacer le déficit avant les prochaines élections fédérales.Cela présage-t-il d\u2019autres compressions?Si le passé est garant de l\u2019avenir, oui, mais il sera encore une fois difficile de s\u2019en faire une idée claire à la simple lecture du budget.La raison est simple.Tout le processus budgétaire est devenu au fil des ans, et plus particulièrement au cours des dernières années, un véritable fouillis, un parcours frustrant et confus pour quiconque veut s\u2019y retrouver, les députés au premier chef, mais aussi les citoyens inquiets pour l\u2019avenir des services publics.Le gouvernement se défend de brouiller les cartes.11 se dit ouvert, vante les soi-disant consultations qu\u2019il mène avant de ficeler son budget et affirme fournir toute l\u2019information dont le Parlement a besoin pour autoriser les dépenses.Ceux qui s\u2019y coimaissent sont loin de partager son point de vue.Encore cette semaine, deux anciens hauts fonctionnaires du ministère des Finances, Scott Clark et Peter DeVries, ont fait beaucoup de bruit avec un texte sévère, paru dans la revue Inside Policy, dénonçant ce qu\u2019est devenu le processus budgétaire.Le problème n\u2019est pas apparu sous les conservateurs, mais il semble s\u2019être aggravé.Prenez les documents sur lesquels les députés doivent s\u2019appuyer pour approuver l\u2019utilisation des fonds publics.11 y a le budget, qui présente les énoncés généraux et priorités du gouvernement en matière de dépenses et de mesures fiscales.11 y a ensuite les crédits, soit le plan détaillé des dépenses qu\u2019on appelle à Ottawa le Budget principal des dépenses.Ce sont les crédits que les députés doivent adopter pour que le gouvernement puisse dépenser.Le problème est que la présentation des crédits doit respecter un calendrier réglementaire, mais pas la présentation du budget.Résultat, les crédits sont généralement présentés avant le budget, sous les conservateurs (cinq budgets sur sept).Et c\u2019est encore le cas cette année.Les crédits ont été déposés le 25 février dernier.Cela veut dire que les crédits que les députés sont appelés à voter ne tiennent pas compte de ce qu\u2019annoncera le budget.Ils sont fondés sur les prévisions budgétaires antérieures.Les corrections se feront au fil des demandes de crédits supplémentaires qui seront soumises au fil des mois.Ce n\u2019est pas tout.On serait un brin perdu même si le budget et les crédits étaient soumis en même temps parce que les deux documents ne sont pas élaborés selon les mêmes méthodes comptables, ce que bien des experts déplorent.L\u2019un recourt à la comptabilité d\u2019exercice et l\u2019autre à la comptabilité de caisse.Je vous épargne l\u2019explication ésotérique de la différence, mais cela explique que les chiffres des deux documents ne coïncident pas toujours.Un autre problème de plus en plus fréquent est le recours à des projets de loi omnibus pour mettre en oeuvre le budget.Ces projets fourre-tout rendent pour ainsi dire impossible toute étude digne de ce nom de changements parfois fondamentaux, comme on l\u2019a vu l\u2019an dernier.On comprend mieux, dans ce contexte, l\u2019importance qu\u2019accordent les députés aux services offerts par le directeur parlementaire du budget (DPB), mais aussi pourquoi le gouvernement aimerait bien lui briser les ailes.Le mandat de l\u2019actuel directeur Kevin Page prend fin le 25 mars, au beau milieu de la saison budgétaire, et son successeur ne sera pas nommé avant plusieurs semaines.Le gouvernement a refusé de prolonger le mandat de M.Page, préférant nommer de façon intérimaire la bibliothécaire parlementaire Sonia L\u2019Heureux, l\u2019actuelle patronne de M.Page.Le hic est qu\u2019elle n\u2019a pas l\u2019expertise nécessaire et qu\u2019elle supervise la sélection du nouveau directeur, processus dont le gouvernement veut se mêler.La composition du comité de sélection a été tenue secrète, mais le Globe and Mail a appris qu\u2019un fonctionnaire du Conseil privé, le ministère du premier ministre, en faisait partie.La confusion qui entoure le processus budgétaire préoccupe les parlementaires depuis longtemps.Des comités parlementaires ont procédé sans grand succès à trois études sur le sujet depuis 1998, la dernière réalisée pas plus tard que l\u2019an dernier par le comité des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires.Les députés, tous partis confondus, ont pris la chose assez au sérieux pour mettre la parti-sanerie de côté et produire un rapport unanime (à l\u2019exception de la recommandation sur le statut du DPB).Ils ont demandé entre autres plus de clarté et un arrimage plus serré entre le budget et les crédits.Qu\u2019a fait le gouvernement?Au moment de l\u2019adoption du rapport aux Communes, il a présenté et fait adopter une motion pour retourner le rapport au comité pour plus d\u2019études.Le gouvernement profite trop de ce brouillard pour vouloir le dissiper.Le système actuel lui permet d\u2019échapper aux regards inquisiteurs, de mettre des bâtons dans les roues des députés et de tenir les citoyens dans le noir.Et dire qu\u2019on nous avait promis plus de transparence et de reddition de comptes.mcornellier@ledevoir.com HARO AUX PRIVILEGES Vers un régime minceur pour les « chats gras » à la tête des sociétés Jusqu\u2019à tout récemment, la seule chose imprévisible de l\u2019assemblée générale annuelle d\u2019une compagnie était le type de hors-d\u2019œuvre servis après la période de vote.Mais c\u2019était avant l\u2019entrée en scène d\u2019actionnaires activistes, qui ont notamment décidé d\u2019imposer un régime minceur aux « chats gras » à la tête des sociétés inscrites à la Bourse.MARCO BÉLAIR-CIRINO La saison des assemblées annuelles des actionnaires est l\u2019occasion de ramener à l\u2019avant-scène la question des inégalités entre la rémunération des hauts dirigeants et celle des autres salariés.11 est toutefois trop tôt pour parler de «printemps des actionnaires»; le cas de la banque américaine Citigroup dont les actionnaires ont refusé, il y a près d\u2019un an, d\u2019approuver le plan de rémunération des dirigeants demeure un cas d\u2019espèce.Les Suisses ont toutefois voté dimanche dernier en faveur d\u2019une proposition visant à obliger les compagnies cotées en Bourse à tenir chaque année un vote contraignant sur la rémunération des administrateurs \u2014 qualifiés de «fat cats» \u2014, mais également à mettre fin à leurs parachutes dorés de même qu\u2019aux primes encourageant l\u2019achat ou la vente d\u2019entreprises.Ennuyé par les frasques des «chats gras» {«fat cats»), le camp du «oui» au référendum a remporté une victoire écrasante en récoltant 68% des voix contre 32%, bien que le pays de 7,6 millions d\u2019habitants affiche un taux de chômage de 3,4%, donc à des années-lumière notamment de la Grèce et de l\u2019Espagne qui affichent un taux de chômage de plus de 26%.Le camp du «oui» avait reçu un énorme coup de pouce, le 15 février, quand la nouvelle du président-directeur général sortant du groupe pharmaceutique Novartis, Daniel Vasella, qui devait se voir remettre une prime de 78 millions de dollars sur six ans en échange de sa promesse de ne pas travailler pour l\u2019un des concurrents de la société suisse eut éclaté.M.Vasella \u2014 l\u2019incarnation du «profiteur» pour plus d\u2019un Suisse \u2014 a eu beau renoncer aux 78 millions de dollars, une fois que les médias se furent emparés de l\u2019histoire, le mal était fait.Le président du conseil d\u2019administration de l\u2019Institut sur la gouvernance d\u2019organisations privées et publiques 0GOPP), Yvan Allaire, n\u2019est pas surpris de l\u2019issue de la consultation helvétique.«Si on faisait un référendum au Québec et qu\u2019on posait la même question, je pense que ce serait un référendum gagnant», a-t-il déclaré dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir.La «portée réelle [de la mesure] pourrait être très limitée», explique le professeur émérite de stratégie de l\u2019UQAM.«Je suis curieux de voir combien d\u2019actionnaires vont utiliser ce droit d\u2019exercer un veto sur la rémunération.» «Essayer d\u2019améliorer la façon dont une entreprise est dirigée est plus constructif que la traditionnelle façon de faire de Wall Street, où les actionnaires mécontents doivent se contenter de vendre leurs actions», a souligné le magazine The Economist dans sa dernière livraison.Mardi, les ministres européens des Finances \u2014 à l\u2019exception de celui de la Grande-Bretagne \u2014 songeaient sérieusement à plafonner les primes des banquiers à 100% de leur salaire de base, ou à 200% si les actionnaires votaient en ce sens.Le projet de réglementation européen \u2014 actuellement sur la glace en raison de l\u2019opposition britannique \u2014 a reçu une volée de bois verf notamment du maire de Londres, Boris Johnson.«C\u2019est sans doute la mesure la plus illusoire prise en Europe depuis la tentative de Dioclétien pour fixer le prix des denrées alimentaires à l\u2019échelle de tout l\u2019Empire romain [via VEdit du Maximum, promulgué en 301 apr.J.-C.j », a lancé le flamboyant élu conservateur, dont les propos ont été rapportés par The Indépendant.189 fois L\u2019Union européenne a le mérite 61 «être plus directe» en attaquant frontalement les primes, fait valoir M.Allard, soulignant du même souffle la créativité des défenseurs d\u2019une «rémunération compétitive».«Qu\u2019est-ce qu\u2019on [le conseil d\u2019administration] va faire ?On va transférer ça sur les op- MARIO TAMA AGENCE ERANCE-PRESSE Il y a un an, les actionnaires de la banque américaine Citigroup ont refusé d\u2019approuver le plan de rémunération des dirigeants.lions ?On va transférer ça sur les actions à vote restreint?», s\u2019interroge-t-il.La question des inégalités entre la rémunération des hauts dirigeants et celle des autres salariés se pose également au Canada, les 100 p.-d.g.les mieux payés à la tête des entreprises de l\u2019indice S&P/TSX affichant un revenu annuel supérieur de 189 fois à la moyenne canadienne en 2010, selon le Centre canadien des politiques alternatives.«Au Canada, il y a une tendance à une augmentation des disparités économiques et financières.On n\u2019a toutefois pas atteint le niveau américain », insiste Yvan Allaire, rappelant que le rapport entre les dirigeants canadiens et le salaire moyen du secteur privé est passé de 60 à 150 fois entre 1998 et 2010.Le gouvernement canadien se refuse toutefois à adopter une «loi Dodd-Frank » toute canadienne qui octroierait une fois par année aux actionnaires des entreprises un vote consultatif («Say on Pay») sur la rémunération des dirigeants.Ne se décrivant pas comme «un chaud partisan des gouvernements imposant des maxima à la rémunération», le président du CA de l\u2019IGOPP, Yvan Allaire, propose en revanche de mettre un frein à la «rémunération à risque» en éliminant graduellement des options d\u2019achat d\u2019actions et en abolissant un certain nombre d\u2019avantages fiscaux.«Si on sent que les dirigeants sont cupides, avides, ça transmet des valeurs dans l\u2019organisation qui sont très malsaines.Les conseils sont responsables que ça ne se produise pas.De là à dire qu\u2019il faut que le gouvernement s\u2019en mêle, il y a un pas énorme qu\u2019on ne franchit pas, nous.» La rémunération des hauts dirigeants devrait être liée à la «valeur ajoutée» qu\u2019ils apportent à l\u2019entreprise qu\u2019ils administrent.En plus de leur salaire de base, les «chats gras» pourraient par exemple toucher des primes déterminées en fonction de la «performance à long terme» de la société.L\u2019autorité Agir autrement risquerait de saper l\u2019autorité des conseils d\u2019administration, et ce faisant, de créer un «problème général de gouvernance».«On déclare[rdit] que les conseils d\u2019administration sont incapables de faire le travail qu\u2019ils doivent faire, d\u2019assumer les responsabilités qu\u2019ils doivent assumer.C\u2019est un enjeu délicat, subtil, difficile et complexe.Justement, c\u2019est pour ça que les conseils d\u2019administration existent», explique-t-il.Le signal donné par la Suisse et l\u2019Union euro- «Si on sent que les dirigeants sont cupides, avides, ça transmet des valeurs dans l\u2019organisation qui sont très malsaines » péenne devrait néanmoins être entendu comme un coup de semonce par les conseils d\u2019administration des grandes compagnies canadiennes.«Si les conseils ne prennent pas en main cette déci-sion-là en agissant avec fermeté, il est possible que les gouvernements ne résistent pas à intervenir devant la colère, l\u2019outrage des citoyens, et à venir jouer dans leurs plates-bandes», met en garde M.Allaire.Le mouvement des Indignés et Occupy Wall Street, qui ont fait des milliers d\u2019émules à travers la planète, n\u2019ont peut-être pas dit leur dernier mot, estime-t-il.« Ça couve sous la cendre, et puis ça peut embraser des crises sociales.Il faut être prudents là-dessus.Les gouvernements ne résistent pas à une certaine mauvaise humeur de la population à propos de ça.» Si l\u2019IGOPP se garde de fixer un ratio maximal, le Mouvement d\u2019éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) a quant à lui suggéré de limiter les salaires des dirigeants à un maximum de 30 fois la rémunération médiane des employés, sauf les cinq les mieux rémunérés.«II est essentiel de revenir aux véritables valeurs qui doivent sous-tendre la rémunération de tout employé, soit la compétence, l\u2019expérience, le travail d\u2019équipe et l\u2019atteinte d\u2019objectijs quantita-tijs et qualitatijs qui sont de son ressort et axés sur la création de valeur à long terme pour les actionnaires et la société dans son ensemble», a souligné Daniel Thouin, membre du CA du MED AC, lors de l\u2019assemblée annuelle des détenteurs d\u2019actions de la Banque Royale, le 28 février dernier.Persuadé qu\u2019une compagnie ne pourra pas attirer un «bon dirigeant sans payer le prix du marché», l\u2019Institut économique de Montréal QEDM) insiste sur la nécessité de laisser les coudées franches au conseil d\u2019administration afin de juger la rémunération appropriée à verser aux «dirigeants talentueux [.] qui possèdent la capacité et la volonté de gérer une entreprise».Prenant le contre-pied de l\u2019IEDM, M.Allaire estime que les conseils d\u2019administration ont tort de «présume[r] que si on change la rémunération, on va perdre beaucoup de gens indispensables».«Peut-être qu\u2019on va perdre les gens les plus mercenaires.C\u2019est peut-être un avantage plutôt qu\u2019un inconvénient.L\u2019éthique, c\u2019est la résistance des valeurs sous pression.La pression des rémunérations peut amener à une érosion de l\u2019éthique et ça, ça pénètre dans une organisation de haut en bas.» Le Devoir HISTOIRE SUITE DE LA PAGE B 1 sans doute en réaction à l\u2019interprétation «bonen-tentiste » qui avait longtemps dominé.« C\u2019était une école que Léon Dion [politologue] qualifiait de nationaliste pessimiste parce que ces gens accordaient beaucoup d\u2019importance au côté tragique de la Conquête», dit Yvan Lamonde.Ce sont des disciples dissidents du chanoine Lionel Grouk, qui, dans la première moitié du XX® siècle, avait implanté l\u2019idée d\u2019un nationalisme plus traditioimel, basé notammept sur la foi et la langue.De l\u2019autre, l\u2019Ecole de Laval (comme l\u2019université du même nom), où l\u2019abbé Arthur Maheux prend la tête de l\u2019Institut d\u2019histoire à la fin des années 1940, propose une interprétation qui met en relief les points de «bonne entente» avec le Canada, afin d\u2019éviter des frictions historiques.Ces idées seront défendues notamment par les historiens eux aussi laïques Marcel Trudel, Fernand Ouel-let et Jean Hamelin et prédomineront durant la Révolution tranquille et après.«Ils faisaient une nouvelle histoire économique et une nouvelle histoire sociale.On est à la fin des années 1950, l\u2019Université Laval fait beaucoup d\u2019histoire ouvrière et du mouvement syndical», rappelle Yvan Lamonde.Tranquillement, ces deux visions se cristallisent et permettent de comprendre les conflits qui surviennent encore aujourd\u2019hui.Avec toutes les nuances qui s\u2019imposent, la Coalition pour l\u2019tiistoire hérite de la vision nationaliste de l\u2019Ecole de Montréal, dénonçant un certain impérialisme de l\u2019histoire sociale au Québec, associé aux baby-boomers, et qui a dominé dans les années 1960 à 1980, note M.Lamonde.Voilà pourquoi leur réaction d\u2019opposition de la Coalition a été si forte en 2006, lors de la réforme du programme d\u2019histoire au secondaire, où le ministère liait pour la première fois l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale à l\u2019éducation de la citoyenneté.Cette tentative a été perçue comme cherchant «à mettre sous le boisseau la question nationale», constatent les quatre auteurs de L\u2019histoire nationale à l\u2019école québécoise.Une société distincte Cette fois, avec un gouvernement péquiste au pouvoir favorable à une lecture plus politique de l\u2019histoire nationale, les positions de la Coalition ont la part belle.Même s\u2019il comprend pourquoi, Yvan Lamonde ne peut s\u2019empêcher de trouver «un peu ridicule» que le débat sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire reprenne à chaque changement de gouvernement.Le litige n\u2019est pas près de se régler.Car pour lui, le fait qu\u2019on remette sans cesse en question le contenu des programmes n\u2019est pas le problème des seuls historiens, mais de la société québécoise entière.«Chacun est confronté avec le fait qu\u2019il y a des noeuds, des questions non résolues.La Conquête en est un, les Rébellions en sont un autre et la Révolution tranquille aussi», avance-t-il.«A partir du moment où on n\u2019a pas de consensus autour de l\u2019interprétation et de la place à donner à ces événements, on reste dans l\u2019ambivalence.» L\u2019histoire est toujours instrumentalisée aux profits des élites en place ou des courants de pensée dominants, insiste M.Lamonde.Les historiens en sont les interprètes.Le problème n\u2019est pas propre au Québec.Partout dans le monde, y compris au Canada anglais, l\u2019enseignement de l\u2019histoire fait débat.«Mais comment se fait-il qu\u2019au Québec, selon les gouvernements en place, il y ait toujours un rééquilibrage ?C\u2019est particulier que les vents tournent autant Surtout dans une société dont la devise est Je me souviens.On se souvient de quoi ?On ne le sait pas», note-t-il.«C\u2019est drôle que la mémoire soit aussi fluctuante et qu\u2019on ne soit jamais capable de trouver une façon d\u2019enseigner le programme d\u2019histoire qui soit respectueuse de toutes les visions.En ce sens, on est peut-être une société distincte», conclut l\u2019historien.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2013 B 3 PERSPECTIVES ASSURANCE-EMPLOI James Bond cherche qui, exactement ?GUILLAUME B OURGAULT-C OTE Ils ont des quotas \u2014 ou des «objectifs» \u2014 de prestations à couper, et sont félicités quand ils les atteignent.Ils peuvent faire des visites à domicile pour y mener des interrogatoires poussés.Ils peuvent aussi jouer à James Bond et surveiller à distance, planqués dans leur voiture, des prestataires d'assurance-chômage soupçonnés de fraude.Sans avoir les gadgets de Bond, les «espions» de Service Canada ont au moins les moyens des ambitions du gouvernement.Mais qui cherchent-ils, exactement?Les différentes révélations du Devoir (sur les quotas des fonctionnaires-enquêteurs et l'espionnage des prestataires) de La Presse canadienne (visites à domicile) et de CBC (le questionnaire de 23 pages qui peut être remis aux prestataires et qui a été jugé très intrusif par plusieurs) ont continué d'alimenter les débats de la dernière semaine à la Chambre des communes.«Comme si Vinterrogation par la police secrète des conservateurs ne suffisait pas, ils se sont lancés dans l'espionnage auprès des prestataires d'assurance-emploi, a dénoncé mardi le chef de l'opposition, Thomas Mulcair.Les enquêteurs reçoivent l'ordre de faire de la filature physique et d'observer les honnêtes chercheurs d'emploi.Le premier ministre peut-il nous dire combien de citoyens honnêtes ont fait les frais de cette invasion de leur vie privée ?» La réponse de Stephen Harper fut du même acabit que celles servies jour après jour par la ministre des Ressources humaines, Diane Finley.«Depuis longtemps, c'est le rôle des fonctionnaires de s'assurer que la caisse de l'assurance-emploi est utilisée pour des gens qui en ont réellement besoin.Ces méthodes visant à garantir la bonne utilisation de la caisse existent depuis longtemps, afin d'assurer que les vrais chômeurs peuvent utiliser les fonds quand ils en ont besoin», a rétorqué M.Harper.Le Devoir a demandé en début de semaine combien de surveillances en embuscade ont été effectuées dans la dernière année.La première réponse du ministère, 24 heures plus tard, fut d'indiquer que la «surveillance est un mécanisme de dernier recours seulement», les trois derniers mots étant soulignés.Relancé, le ministère a fini par admettre le lendemain qu'il ne «comptabilise pas le nombre de surveillances exercées».Mystère.Un flou similaire entoure toute la question des fraudes à l'assurance-emploi.Le portrait précis du problème est difficile à esquisser.Le 27 février, les fonctionnaires dépêchés pour fournir une séance d'information sur le rôle des services d'intégrité ont ainsi été incapables de chiffrer précisément l'ampleur de ces fraudes.Le gouvernement estime qu'il reste encore 330 millions à récupérer en prestations versées en trop aux chômeurs l'an dernier.Mais quel pourcentage de cette somme correspond aux fraudes?Impossible de le dire.Bonne foi, mauvaise foi «Il y a trois sources d'erreurs, relève Michel Bédard, ex-actuaire en chef du régime d'assurance-emploi (entre 1990 et 2003) : les erreurs des prestataires, celles des employeurs et celles qui sont administratives.Mais à savoir lesquelles sont lesquelles, bonne chance.Je ne me rappelle pas avoir jamais vu d'estimation JACQUES NADEAU LE DEVOIR Malgré le mécontentement, les «espions» de Service Canada ont les moyens des ambitions du gouvernement.valable là-dessus.C'était toujours des approximations, des estimations.» Dans le 330 millions mis de l'avant par le gouvernement, il y a «des erreurs, des abus, des paiements futurs incorrects», ont spécifié les fonctionnaires.en ajoutant que rien n'indique qu'il y ait une augmentation du nombre de fraudes dans le système.«C'est relativement constant.» On sait autrement que les enquêteurs de Service Canada doivent identifier chaque année 485000$ en prestations à couper.Cela inclut des prestations déjà versées, et à verser.Ce ne sont pas nécessairement des cas de fraude.On sait aussi que le gouvernement s'est fixé un objectif de 430 millions à récupérer cette année, des «paiements incorrects» \u2014 le Québec fournira 28% de cette somme.Le député libéral Rodger Cuzner soulignait pour sa part cette semaine que les réclamations frauduleuses d'assurance-emploi représentent moins de 1 % de tout ce qui est versé en prestations, soit 128,7 millions sur 17,6 milliards (selon les comptes publics 2012).Et cet argent est recouvré en quasi-totalité, à quelque 21000$ près.Show de boucane?A travers ces chiffres parfois contradictoires, tout le discours sur la fraude mis de l'avant par le gouvernement est un «show de boucane», croit le député néodémocrate Yvon Godin, qui suit de près le dossier de l'assurance-emploi depuis son élection en 1997.«Personne ne veut se faire voler son argent, on s'entend là-dessus.Mais pendant que le gouvernement nous donne l'impression qu'il y a des fraudeurs partout, il ne parle pas de sa réforme du système.» Pierre Céré, porte-parole du Comité national des chômeurs, utilise les mêmes mots qu'Yvon Godin \u2014 show de boucane \u2014 pour qualifier le ton des débats sur le sujet.«On sait qu'il y a un peu de fraude, comme dans tous les régimes du monde.C'est normal qu'il y ait des enquêteurs.Mais d'entendre le gouvernement mettre sans cesse l'accent sur l'intégrité, ça donne l'impression que la réforme est là pour contrer la fraude.Or, ça n'a rien à voir.» La réforme vise plutôt à forcer un retour au travail plus rapide des chômeurs, divisés en trois catégories selon la fréquence de leur utilisation du système.Les travailleurs saisonniers étant plus sévèrement touchés \u2014 situation dénoncée encore vendredi par le Congrès du travail du Canada \u2014, la contestation contre la réforme est surtout venue du Québec et des Maritimes, là où se concentre le travail saisonnier au Canada.Observant ce qui se passe depuis quelques semaines, Yvon Godin se dit convaincu que le mouvement d'opposition ne va pas faiblir.Au contraire.«J'ai vécu 1996 [la grande réforme du gouvernement Chrétien, qui réduisait l'accessibilité au régime] et ce n'était pas aussi fort qu'aujourd'hui, dit-il.On commence à peine à mesurer les impacts de la réforme, le nouveau système d'appel va bientôt entrer en vigueur [le P*' avril], on vient d'apprendre que le gouvernement veut reprendre la formation de la main-d'œuvre.Ce n'est donc pas fini.» Le Devoir HERITAGE SUITE DE LA PAGE B 1 passé pour un extrémiste», ironise-t-il.Chavez donc, par ses politiques de redistribution de la richesse collective et par son style particulier, toujours à l'emporte-pièce, a contribué à sa façon à l'émergence de l'Amérique du Sud telle qu'elle est aujourd'hui.Taxé de tous les noms et de tous les mots par ses opposants, Chavez a traversé quatre élections présidentielles, toutes jugées transparentes par les observateurs internationaux, un référendum révocatoire, qu'il a remporté.Il a perdu un référendum sur le projet de nouvelle Constitution, en 2007, et s'est plié à la décision des électeurs.Malgré les accusations de dictature, «il n'a pas rompu avec la logique démocratique», rappelle Pierre Mouterde, coauteur de Hugo Châvez et la révolution bolivarienne (M éditeur), qui rappelle que le multipartisme a été maintenu tout au long de ses mandats.Du rose au gris Mais 14 années de pouvoir usent un projet.Des signes d'essoufflement sont apparus au cours des dernières années dans la révolution bolivarienne.D'entrée de jeu \u2014 et peut-être le geste le plus spectaculaire qu'il aura posé \u2014, la mise au pas du secteur pétrolier a constitué la pierre d'assise de ses actions par la suite.La «rente pétrolière» était monopolisée par des secteurs privilégiés de la société et échappait alors en bonne partie à l'État.Et ces revenus ont permis de mettre en place les principales politiques de développement social souhaitées.Les avancées, que même l'opposition reconnaît aujourd'hui, ont été importantes dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de la redistribution de la richesse.Mise en place d'un système communautaire de santé, de coopératives, de médias communautaires.Des éléments de démocratie participative voient le jour.L'auto-organisation est favorisée dans plusieurs domaines.Un réseau de distribution et de vente des denrées de première nécessité est mis en place.Le bolivarisme à la Chavez prend son envol.Le taux de pauvreté au pays est ainsi passé de 49% de la population qu'il était en 1998 à 27% AGENCE ERANCE-PRESSE Hugo Châvez avait des appuis importants dans la population.maintenant.L'indigence qui affectait 27% de la population en 1998 a été réduite à 7%.Des avancées importantes qui ne relèvent pas de l'aide sociale, comme se plaît à le dire l'opposition.«Il a donné au peuple les moyens de renforcer son pouvoir sur ses conditions d'existence», observe M.Mouterde.Le développement de ces politiques a été très marqué jusqu'aux années 2007-2008.Et pendant ce temps, contrairement à ce qui a été largement véhiculé, la part du secteur privé dans l'économie augmentait, selon les données colligées par l'économiste Victor Alvarez, du centre international Miranda, dix ans après l'arrivée à la présidence d'Hugo Châvez.Ainsi, de 64,7% qu'elle était en 1998, la part du produit intérieur brut (PIB) générée par le secteur privé est passée à 70% en 2008.«Hugo Châvez croyait à son projet», note M.Armony.Mais il y a les fins et les moyens.La justice sociale a été au centre des actions du gouvernement Châvez, mais il n'a pas toujours pris les moyens idéaux pour y parvenir, observe-t-il.«Châvez était un tacticien avant d'être un stratège», renchérit M.Mouterde.Il fonctionnait au «coup par coup», n'hésitant pas à bousculer au passage et à oublier de ménager des susceptibilités.Son discours, disons un tantinet débordant, illustre ce penchant de la personnalité de feu Châvez.Ainsi, la récente nationalisation des cimenteries de propriété étrangère, loin de s'inscrire dans un plan de développement à long terme, relevait plutôt de la mauvaise qualité du matériau que ces firmes produisaient.Le même raisonnement s'applique au plan politique : le référendum perdu et la tentative de lier davantage son parti à l'État en 2007 (qui avait provoqué une série de départs de proches collaborateurs du président), et d'ainsi forcer le regroupement de toute la gauche sous l'égide du parti, en sont des exemples.Et avec le temps, la société vénézuélienne a changé.De nouveaux problèmes sont apparus, auxquels Caracas a semblé tarder à s'attaquer; au premier chef, la violence endémique qui touche particulièrement la capitale.En outre, les critiques sont fortes et justifiées concernant la corruption, le développement d'une nouvelle bureaucratie, la bolicratia, dit-on au Venezuela, même parmi les chavistes, et la concentration des pouvoirs.Ceci, sans mentionner le taux d'inflation, qui avoisine les 20%.D'ailleurs en octobre, Châvez a recueilli 55% des votes, une baisse frôlant 8% par rapport au scrutin de 2006.Et, fait notable, soulignait récemment M.Mouterde, «sur les 8,5 millions de votes en sa faveur [de Châvez], près de 2 millions sont allés [.] à des formations regroupées dans le Grand pôle patriotique», composé de la gauche critique ou non chaviste.Le successeur de Châvez, quel qu'il soit, devra à coup sûr procéder à d'importantes réformes structurelles et redéfinir ou relancer un projet de société qui maintient les acquis des dernières années.Cela, l'opposition l'a bien compris, son candidat, Henrique Ca-priles, disant vouloir conserver les acquis sociaux du chavisme, mais il s'empresse du même souffle de mettre de l'avant avec ses partenaires des politiques annonçant un retour à celles d'antan.Le Devoir SYRIE « On éprouve un sentiment de désespoir » Sobcante-dix mille morts, 2,5 millions de déplacés à l'intérieur du pays, un million de réfugiés dans les pays limitrophes, des millions d'habitants victimes des pénuries et de l'effondrement du système de santé.«La situation humanitaire est catastrophique en Syrie et l'aide apportée, dérisoire, au regard des besoins», souligne l'organisation Médecins sans frontières (MSF) dans son rapport Deux ans de conflit en Syrie.L'aide humanitaire dans l'impasse, publié jeudi.A défaut d'avoir obtenu l'accréditation des autorités de Damas, l'organisation intervient uniquement dans les zones sous contrôle de l'opposition, où elle administre notamment trois hôpitaux.Dans son rapport, elle relate par le menu la bataille que représente chaque jour l'intervention humanitaire dans ces zones.Face à l'impasse dans laquelle elle se trouve sur le terrain, MSF appelle les parties en conflit à trouver un accord minimal sur l'aide humanitaire.Pour qu'elles ouvrent l'accès aux convois humanitaires par-delà les lignes de front et les frontières et garantissent la sécurité des travailleurs humanitaires, des structures médicales et des patients.Mégo Terzian, directeur des urgences à MSF, revient sur le contexte de cet appel.À la lecture de votre rapport et de l\u2019appel que vous lancez jeudi, on a le sentiment d\u2019un aveu d\u2019impuissance.On éprouve un sentiment de désespoir, alors qu'on est une ONG expérimentée dans les situations de conflit.On ne peut prétendre couvrir tous les besoins et organiser tous les secours dans des zones dont les acteurs humanitaires traditionnels sont quasiment absents.Dans les lieux sous contrôle de l'opposition, on n'observe pas une présence des acteurs traditionnels expérimentés dans les zones de conflit, comme les agences des Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les ONG.Pour la population syrienne, c'est une triple déception: politique, militaire et, désormais, humanitaire.Il y a eu de grandes promesses sur l'apport de secours non létaux aux zones contrôlées par l'opposition, mais sur le terrain, l'aide humanitaire est très timide.Dans mon expérience avec MSF depuis 1999, c'est la première fois que je constate une telle disparité entre des besoins humanitaires énormes et une réponse très timide.C'est aussi la première fois que je vois autant de violence extrême.Dans les gouvernorats d'Alep et d'Idlib, il y a beaucoup de médecins de la diaspora syrienne qui sont présents dans des petites structures de santé.Tous croient en ce qu'ils font, mais chacun a son programme, qui est de participer indirectement aux efforts de la guerre.Ils n'ont toutefois les moyens d'intervenir qu'auprès des personnes victimes de traumatisme.Les autres besoins de santé sont négligés.Presque personne ne s'occupe des besoins en santé primaire, presque personne n'envoie de médicaments pour les maladies chroniques.On observe des ruptures de traitement sur des mois chez des patients atteints de maladies chroniques.Les centres de dialyse ne sont plus fonctionnels.A Alep, MSF a créé la seule banque de sang qui fournit tout le gouvernorat.Ces problèmes d'accès aux soins sont amplifiés par le fait qu'il n'y a pas d'électricité, pas d'eau potable, pas de nourriture de bonne qualité.Les bailleurs de fonds institutionnels traditionnels ont l'habitude de financer les opérations en zone de conflit.En Syrie, elles sont timides.Jusqu'à fin janvier, elles ne finançaient pas les ONG qui ne sont pas enregistrées en Syrie.Cela a causé des retards dans l'aide humanitaire.Il n'est pas normal qu'une ONG française, par manque de financement, n'ait pu distribuer des couvertures dans le gouvernorat d'Alep qu'après le 15 février, presque à la fm de l'hiver.En conséquence, l'aide est timide, inadaptée, mal organisée et peu coordonnée.On a des échos similaires côté gouvernemental, où les populations se retrouvent éparpillées, sans assistance avec des ruptures d'approvisionnement en médicaments.Comment les organisations Internationales peuvent-elles Intervenir?Pourquoi ne le font-elles pas actuellement?Les agences onusiennes et ONG internationales accréditées par le régime de Damas ont pu franchir une fois ou deux les lignes de front et mener des activités transfrontalières, mais c'est peu par rapport aux besoins qui existent dans les zones sous contrôle de fop-position.On leur demande d'accroître leurs opérations de secours dans ces zones, on voudrait qu'elles organisent des opérations transfrontalières plus agressives pour mener des activités impartiales pour toutes les populations syriennes.Au Sud-Soudan, par exemple, les agences des Nations unies organisaient des organisations transfrontalières de grande ampleur dans les zones rebelles depuis le Kenya et assumaient politiquement cette opération.Aujourd'hui, on ne voit pas de tentes du Programme alimentaire mondial en Turquie, pas de camions, de voitures et de personnel des agences onusiennes dans le nord d'Alep ou d'Idlib.Propos recueillis par Hélène Sallon Le Monde La chronique de Michel David fait relâche cette semaine B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 20IS EDITORIAL FEMINISME Tout partager ! «Le privé est politique» est l\u2019un des slogans les plus percutants du féminisme contemporain.Lancé au début des années 70, il décrivait en quatre mots la nécessité de ne pas se contenter d\u2019une réforme des institutions, mais de brasser la cage jusque dans son salon.La bataille n\u2019a pas donné tous ses fruits?Mais évidemment! On ne change pas des millénaires en 40 ans! Q Josée Boileau u\u2019on se le dise, la femme contemporaine est essoufflée, et la mère, tellement plus.Le constat n\u2019est pas neuf, il a même fait les beaux jours de la littérature populaire (Je ne sais pas comment elle fait a déjà dix ans), a créé toute une tradition de blogues, et nourrit toujours les conversations de tonnes de soupers de filles.Maman est essoufflée, mais a toujours de l\u2019humour à partager même si son temps libre, apprend-on dans notre dossier, ne cesse de s\u2019étioler.Avoir le contrôle de son travail, de sa maisonnée, des enfants, de son apparence et de sa vie de couple, ça gruge les heures de loisir dans une journée ! De toute évidence, renverser la vapeur est un défi énorme, nécessaire, mais il doit être considéré à sa juste mesure : un enjeu social, pas un problème personnel.Hélas, l\u2019analyse du lien entre le privé et le politique a moins la cote de nos jours.Nos sociétés sont plus conservatrices et le discours ambiant est à l\u2019avenant : tant qu\u2019à courir, mesdames, pourquoi ne pas rentrer à la maison?Enfin, à mi-temps.C\u2019est bien mieux pour vous et pour les enfants, non?Papa, dans ce décor, est inexistant.On ne l\u2019interpelle guère et il peut, lui, garder un emploi à temps plein, avec tous les avantages financiers et d\u2019avancement professionnel qui en découlent.Avec un atout en plus par rapport aux générations de pères d\u2019avant: il a découvert le plaisir d\u2019avoir des enfants.Mais les sacrifices qui viennent avec restent toujours du côté de maman.On comprendra qu\u2019au sein des couples, tout cela ne se discute pas.C\u2019est toujours difficile de causer \u2014 de penser ! \u2014 Politique avec un grand P avec celui qu\u2019on aime, surtout quand la Cité est son propre foyer.Vaut mieux être pragmatique : valoriser l\u2019affection paternelle et oublier que ce n\u2019est jamais le chéri qui nettoie la salle de bains ; se dire que la tendre moitié gagne davantage que soi pour justifier de diminuer ses propres heures au travail; ou mettre à jour ses connaissances sur l\u2019organisation optimale d\u2019une journée de maman-qui-voit-à-tout.C\u2019est pourquoi l\u2019enjeu est ailleurs : dans l\u2019organisation sociale.Un exemple fabuleux au Qiiébec fut la création des places à tarif réduit dans les garderies.A 5$ au départ, maintenant à 7$ par jour, cette création de Pauline Marois, alors ministre, venait régler à la source le sempiternel calcul : « Chérie, à quoi bon te trouver un boulot, la garderie va manger toute ta paye ! » Il suffit de traverser les frontières du Québec pour mesurer à quel point lever ce poids financier fut une libération pour les mères.De la même manière, les pères se sont rapprochés de leurs enfants parce que le congé de paternité a créé des conditions pour ce faire, et une symbolique qui leur permet d\u2019inscrire ce geste dans la normalité.Au Québec, il n\u2019y a plus rien d\u2019étonnant à ce qu\u2019un homme prenne du temps pour son enfant.C\u2019est le partage des tâches, et surtout la prise de responsabilité de l\u2019enfant, qui pose maintenant problème ?Redistribuer le congé parental pour qu\u2019une partie soit prise par le père seul est une piste à explorer, comme le font déjà des pays nordiques.sCorollaire intéressant: les mères en arriveront à se voir un peu moins comme les piliers de la maison.Les détricotages d\u2019habitudes, ça doit se faire des deux côtés ! Il faudrait encore revisiter la Loi sm les normes du travail: prévoir des congés pom les rhumes des petits, allonger le nombre de semaines de vacances.Donner du temps, quoi, dans ce monde de fous.Mais revenir en arrière?Non, surtout pas.Car les femmes ont, comme les hommes, le droit de tout avoir.CONTENTIEUX CORÉEN Crispation nucléaire Serge Truffaut ntre les dirigeants des deux Corée, les gros mots, c\u2019est le cas de le dire, fusent.Les satrapes de la Corée h' du Nord menacent de transformer Séoul en «une mer de feu nucléaire » ?Park Geun-hye, nouvelle première J ministre de la Corée du Sud et très grande admira-trice de Margaret Thatcher, rétorque qu\u2019elle pourrait bien éradiquer le nord de la péninsule.C\u2019est à noter comme à retenir, les mots que ces dirigeants encore bleus se sont échangés au cours des deux derniers jours sont plus chargés, plus lourds, que ceux formulés par leurs prédécesseurs.Ce énième épisode belliqueux a pour origine le troisième essai nucléaire effectué le 12 février par le Nord.En donnant son aval à cet exercice, Kim Jong-un, l\u2019autocrate nord-coréen, savait pertinemment qu\u2019il expo-sait son pays à des sanctions plus musclées que 1\t/ celles jusqu\u2019ici arrêtées par les membres du %\t-\tConseil de sécurité de l\u2019QNU.Cela s\u2019est effecti- vement produit.Mais à la différence, la grande différence des fois antérieures, la Chine ne s\u2019est ni abstenue ni opposée.En fait, derrière les rideaux, la Chine et les Etats-Unis ont négocié et rédigé les sanctions.Ces dernières ont pour dénominateur commun le nucléaire.Tout a été fait, à travers ces sanctions, pom freiner des quatre fers le programme nord-coréen en visant plus particulièrement les besoins financiers qui lui sont inhérents.Il semblerait que la nouvelle direction chinoise, le premier ministre Xi Jinping au premier chef, soit si agacée par le comportement turbulent de son voisin qu\u2019elle envisagerait même de mettre ses homologues nord-coréens à terre.Comment?En cessant la distribution de pétrole et de nourriture.Cela étant, Pékin poursuit ses calculs à l\u2019aune d\u2019un interdit, d\u2019une ligne à ne pas franchir, d\u2019une concession à ne jamais accorder.De quoi s\u2019agit-il ?Pas question de paver la route à une réunification des deux Corée.D\u2019autant que contrairement à ses prédécesseurs, la première ministre de la Corée du Sud a employé jusqu\u2019à présent un langage plus musclé.Pour faire court, à Pékin, on craint comme la peste que la réunification, si réunification il y a, se fasse à ses dépens et au grand avantage des Etats-Unis.A l\u2019avantage d\u2019une puissance qui, dans la foulée de l\u2019essai du 12 février, vient de donner l\u2019assurance au Japon et à la Çorée du Sud qu\u2019elle les protégerait.A cet égard, on sera très vite fixé.En effet, à compter de lundi et jusqu\u2019à la fin d\u2019avril, les armées américaines et sud-coréennes vont mener des exercices conjoints.La crispation entre les deux Corée étant à son comble, ces exercices pourraient bien être ceux de tous les dangers.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE CûMN\\tSÇûNS - r- V « .Soi»Vf RIVA iU LETTRES Et que faire des catholiques?Comme vous le savez, la chapelle Six-tine est sur le point d\u2019accueillir le conclave en vue de l\u2019élection du prochain pape.Un candidat plausible, nous affirment tous les journalistes allant se promener à La Motte depuis une dizaine de jours, est le cardinal Marc Quellet.Certains s\u2019en réjouissent, mais on entend surtout ceux qpi en sont atterrés.Pourtant, l\u2019Église catholique n\u2019est pas une institution politique.Qn a peur d\u2019elle et de son chef, comme si elle allait élaborer des lois et règlements, avec les sanctions qui s\u2019ensuivent.Elle est influente, certes, mais elle est influente par l\u2019importance que les gens lui accordent librement, parce qu\u2019elle cadre avec leur déÇnition du bien.Dire que M*^ Quellet, et l\u2019Église par le fait même, est plutôt arriéré, ridicule, rétrograde, voilà une insulte : une insulte directe à travers sa personne aux millions de croyants catholiques dans le monde, une insulte à la hberté de croyance et d\u2019expression, à la hberté de conscience et à l\u2019intelligence même de l\u2019individu humain, qui a le bagage pour comprendre et choisir.Il semble que le Québec en ait gros sur le cœin.Il ridicuhse souvent son passé, ses traditions et craint parfois les débats d\u2019idées.Pourtant, ce sont ces débats qui nous permettent de bien comprendre les choses, de nous positionner.Plusiems personnes respectent ces idées «stupides» et s\u2019y reconnaissent sans être arriérées ! Il semblerait que le Québec, fier d\u2019être actuel, moderne et avant-gardiste, ne mette pas toujours de l\u2019avant les valeurs qui lui tiennent à cœur: dialogue, ouverture d\u2019esprit, respect, hberté.Il se dit ouvert à toutes les cultures et religions, prétend offrir un contexte permettant aux gens de se réaliser.Qu\u2019advient-il de celles et ceux qui désirent s\u2019accomplir pleinement en tant qpe membres de cette institution qu\u2019est l\u2019Éghse ?C\u2019est un débat très important.Le prochain pape, au risque de paraître une amatrice de Walt Disney ou « déconnectée de la réahté», je l\u2019espère aimant, humain, d\u2019une grandeur d\u2019âme qui se remarque, d\u2019une vie intérieure riche, d\u2019une intelligence droite, comme l\u2019ont été ces personnages historiques que sont les Socrate, Jésus-Christ, Gandhi, Martin Luther King ou mère Teresa ! Vous remarquerez que sur ces cinq personnes, quatre ont été tuées pour leurs idées.Insulter, ridicuhser.faire taire quelqu\u2019un sur la place publique, c\u2019est un peu les tuer, à notre manière.Je veux d\u2019un catholicisme en vie, de débats d\u2019idées et d\u2019un bon pape! Et si c\u2019est Marc Quellet qui le devient, je serai fière d\u2019être une professeure, jeune femme mariée, future mère de famille ayant pour pape un Québécois qui sait se tenir! Nadine Cyr Professeure de philosophie Le 7 mars 2013 Un recul pour la laïcité Compte tenu des positions connues de M®\"^ Quellet concernant la proximité qu\u2019il devrait y avoir entre la religion, la vie pubhque et la politique, je redoute que s\u2019il est élu pape, nous ne soyons obhgés d\u2019assister à une grand-messe au début de chaque assemblée municipale de ma ville, Saguenay.La parenté idéologique entre M®^ Quellet, Jean Tremblay et Stephen Harper, en regard de la place qu\u2019ils privilégient pom la rehgion dans la société, associée à la grande force de pouvoir qu\u2019ils possèdent, m\u2019inquiète pour notre santé démocratique à tous.Une réflexion sérieuse s\u2019impose.Robert Boucher Jonquière, le 5 mars 2013 REVUE DE PRESSE Le vide stratégique de Trudeau GUILLAUME BOURGAULT-COTE Il s\u2019est dit beaucoup de choses sm Justin Trudeau ces derniers mois : il s\u2019en dira assurément encore bien plus au cours des prochains, la victoire du député de Papineau dans la course à la direction libérale ne faisant visiblement plus de doute pour personne.D\u2019où, peut-être, le lapsus de Stephen Harper en Chambre jeudi, alors qu\u2019il a parlé de Justin Trudeau «minister» plutôt que «member from Papineau ».Il reste encore un mois à la comse, mais même Marc Garneau semble sentir le vent souffler dans une seule direction.Au réseau Global, il a indiqué cette semaine que Justin Trudeau ama «100% de [mon] appui s\u2019il gagne».Il a assmé que lui-même serait là «pour un bon bout»,, répétant qu\u2019il est un «bon et loyal soldat».A tout hasard ! Dans une chronique publiée sur le site Canada.com, Michael DenTandt (de Postmedia News) écrit que Justin Trudeau n\u2019a plus qu\u2019un véritable adversaire d\u2019ici le 14 avril : la suffisance.Den Tandt note que Justin Trudeau a mené une campagne plutôt exemplaire.Il possède de réelles quah-tés de communicateur, il est bien entouré, il maîtrise les tactiques nécessaires à la victoire, il a évité les écueils de campagne, a su afficher un discours centriste grand public sans trop s\u2019engager, etc.Pour Den Tandt, Trudeau est resté vague pour se «préserver la liberté de mouvement pour établir ses politiques et avoir la marge de manoeuvre pour s\u2019éloigner au besoin de certaines positions libérales traditionnelles».«On l\u2019accuse de manquer de substance, mais il a fait ce qu\u2019ont fait Brian Mulroney et Jean Chrétien à une autre époque: énoncer quelques grandes lignes, se faire connaître, amasser de l\u2019argent et monter une bonne organisation ».Sur iPolitics, Don Lenihan décortique le cœur de la démarche de Justin Trudeau, soit bâtir son futur programme à partir des suggestions des militants \u2014 donc du bas vers le haut, plutôt que l\u2019inverse.Derrière l\u2019impression que le candidat évite les débats de fond, Lenihan explique qu\u2019il s\u2019appuie sur une manière intéressante de faire de la politique.«Trudeau croit que c\u2019est une erreur de laisser quelques personnes intelligentes de son bureau dresser des stratégies en vase clos.» Pour concevoir des politiques susceptibles de créer des consensus, la consultation des intervenants et le dialogue public sont primordiaux, écrit-il.Le Toronto Star rappelle toutefois qu\u2019en élisant Justin Trudeau, les militants libéraux vont enterrer une idée intéressante défendue par la candidate Joyce Murray: celle d\u2019une collaboration ponctuelle entre libéraux, néodémocrates et verts.Comme Nathan Cullen l\u2019an dernier au NPD, M\u201c® Murray a reçu des critiques pour cette proposition, mais il s\u2019agirait d\u2019un «changement fondamental dans la façon dont la politique se fait au pays», note le chroniqueur Tim Harper.Virage à droite?Dans un livre qui vient de paraître (JThe Big Shift), le chroniqueur John Ibbit-son et le sondeur Darrell Bricker parlent du virage à droite du Canada et du fait que les conservateurs ont remplacé les libéraux comme «parti naturel de gouvernement».Le livre a suscité plusieurs textes depuis deux semaines.Sur iPolitics, Paul Adams doute des conclusions des deux auteurs : il rappelle que plus de 60% des Canadiens ont voté pour des partis au centre ou à gauche de l\u2019échiquier.Mais Adams reconnaît la bonne position des conservateurs : ils ont du succès auprès des immigrants, ils devraient être favorisés par l\u2019ajout de 30 nouvelles circonscriptions aux prochaines élections, ils pourront profiter encore un temps de la division du vote d\u2019opposition \u2014 et sûrement de la défection de certains libéraux à la John Manley si jamais le NPD et le PLC unissent leurs forces.Pour les progressistes canadiens, le défi demeure donc important, écrit-il.Surtout que selon lui, les conservateurs oqt réussi à persuader les Canadiens que l\u2019État est impuissant à s\u2019attaquer à certains dossiers majeurs \u2014 comme l\u2019environnement.La crise de confiance envers les élus est réelle.Aussi le XXP siècle ne sera-t-il peut-être pas tout conservateur, mais il y a certes largement matière à réflexion et motifs d\u2019inquiétude pour les partis d\u2019opposition, conclut Adams.Dans le Globe and Mail, Jeffrey Simpson souligne lui aussi qu\u2019il est un peu fort de café de soutenir que le Canada entier a basculé à droite.Il est vrai que la conjoncture favorise aujourd\u2019hui les conservateurs, mais Simpson doute que cela persiste éternellement.Les conservateurs n\u2019ont jamais franchi la barre des 40% d\u2019appuis, rappelle le chroniqueur.«Si c\u2019est là une véritable ère conservatrice, comme on le dit, alors cette ère n\u2019a pas entraîné de changements marqués et permanents dans le vote populaire.» Les conservateurs de Brian Mulroney étaient plus populaires dans les années 1980, ajoute-t-il pour mémoire.D\u2019après lui, quand Stephen Harper se présentera devant Télectorat en 2015, après neuf ans de pouvoir, il pourrait bien rencontrer un adversaire difficile à battre : «le goût de changement».Le Devoir Les liens vers les textes originaux sont intégrés à la version numérique de cet article. LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2013 B 5 IDEES REVALORISATION DE L\u2019ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE DU QUEBEC Une action légitime, nécessaire et urgente ERIC BEDARD Historien et professeur (TELUQ) ROBERT COMEAU Historien et porte-parole de la Coalition pour Vhistoire PIERRE GRAVELINE Directeur général de la Fondation Lionel-Groulx GILLES LAPORTE Historien et président du Mouvement national des Québécoises et Québécois omposée de nombreuses associations œuvrant dans divers domaines, la Coalition pour Uhistoire n\u2019est pas un «clan», mais un regroupement sans affiliation politique d\u2019hommes et de femmes soucieux du bien commun, qui croient à l\u2019importance pour les jeunes Québécois d\u2019avoir accès à un enseignement de l\u2019histoire de qualité, particulièrement de l\u2019histoire du Québec.Les dizaines de milliers de Québécoises et de Québécois et les centaines de professeurs d\u2019histoire qui sont membres de nos associations ne sont pas des comploteurs qui veulent «endoctriner les jeunes» au service d\u2019une cause politique.Pas plus que les 6300 signataires d\u2019une pétition déposée à l\u2019Assemblée nationale du Québec en février 2012 demandant au gouvernement de revaloriser l\u2019enseignement de l\u2019histoire du Québec.Pas plus que les 52% de Québécois (59% des francophones) qui, selon un sondage réalisé par Léger Marketing en mars 2012, se disent insatisfaits de l\u2019enseignement de l\u2019histoire du Québec dans le réseau scolaire.Pas plus que les 50 personnalités, dont Claude Béland, Lucien Bouchard, Fernand Daoust, Rock Demers, René De-rouin, Richard Desjardins, Joseph Facal, Denise Filiatrault, Micheline Lachance, Jean-Paul L\u2019Allier, Bernard Landry, Alexis Martin, Jacques Parizeau, Pierre Karl Péladeau, Hélène Pelletier-Baillargeon, Yann Perreau, Denise Robert et Julie Snyder, qui ont lancé un appel public en ce sens en mai dernier.Une préoccupation légitime L\u2019exigence touchant la revalorisation de l\u2019enseignement de l\u2019histoire, particulièrement de l\u2019histoire du Québec, dans notre système d\u2019éducation, ne tombe pas du ciel.Elle repose sur trois études rigoureuses, menées par la Coalition pour l\u2019histoire entre 2010 et 2012, qui démontrent que cet enseignement souffre indéniablement de graves lacunes: insuffisance de la formation des futurs enseignants d\u2019histoire au secondaire, effacement des événements majeurs et des figures marquantes de notre histoire nationale dans les programmes (de l\u2019avis même de 63% des enseignants d\u2019histoire au secondaire), quasi-disparition de l\u2019offre de cours en histoire du Québec au niveau collégial (moins de 5% des étudiants suivent un cours d\u2019histoire du Québec), PHOTO MUSEE McCORD Uenseignement de Thistoire culturelle, économique et sociale, bien sûr, mais aussi de Uhistoire politique, est une condition de la vitalité démocratique d^une nation.Ci-dessus: Tincendie du Parlement du Canada-Uni à Montréal, en 1849.histoire politique du Québec de plus en plus né^igée dans l\u2019enseignement et la recherche universitaire.Au vu de cette réalité, n\u2019est-il pas légitime de s\u2019inquiéter quand on croit que l\u2019enseignement de l\u2019histoire, de l\u2019histoire culturelle, économique et sociale, bien sûr, mais aussi et tout autant de l\u2019histoire politique, est une condition de la vitalité démocratique d\u2019une nation?Il n\u2019y a pas de honte à enseigner l\u2019histoire de sa nation.Bien sûr de façon non partisane.Bien entendu en exposant les diverses interprétations.Evidemment en développant la pensée critique chez les jeunes.Sans connaissance adéquate de notre histoire nationale, de notre héritage collectif, comment les jeunes générations peuvent-elles exercer en toute connaissance de cause leurs droits et devoirs de citoyens?Comment les enfants des nouveaux arrivants peuvent-ils s\u2019intégrer pleinement à leur société d\u2019accueil?Une action nécessaire et urgente Dans son programme adopté à son congrès de 2011, le Parti québécois a repris à son compte les principales propositions de la Coalition pour l\u2019histoire.Nous aurions souhaité que tous les partis en fassent autant.La première ministre, M\u201c^^ Pauline Marois, s\u2019est engagée publiquement, avant, pendant et après la dernière campagne électorale, à agir pour revaloriser l\u2019enseignement de l\u2019histoire du Québec dans nos écoles, cégeps et universités.Six mois après son élection, n\u2019est-il pas temps que le nouveau gouvernement, manifestant une volonté et un courage politiques assumés, pose des gestes concrets pour atteindre cet objectif dans les meilleurs délais?S\u2019agissant du programme au secondaire, il faut réparer le gâchis du programme de 2006 qui avait été énormément critiqué.Critiqué pour sa structure : rappelons que pour un même contenu, le cours de 3^ secondaire est chronologique alors que celui de 4^ secondaire est thématique, ce qui donne lieu à de nombreuses redites et répétitions dont se plaignent les enseignants et les élèves.Nous croyons qu\u2019il faudrait rétablir la structure chronologique et ainsi approfondir les contenus.Critiqué aussi pour son contenu, qualifié par plusieurs d\u2019«histoire javellisée»: des événements aussi fondamentaux que la fondation de la Nouvelle-France, la Conquête, les Rébellions, les conscriptions, la Révolution tranquille, les référendums sur l\u2019avenir politique du Québec étaient soit minimisés, soit dépouillés de leur sens politique.Nous comprenons tout à fait qu\u2019une réforme du programme d\u2019histoire au secondaire ne peut être concoctée sur un coin de table ou en catimini.C\u2019est un dossier sensible, qui nécessite de larges consultations.Mais les objectifs du présent gouvernement doivent être clairs et précis.S\u2019il souhaite que les grands événements de notre histoire politique soient mieux enseignés, le gouvernement doit agir en conséquence.Confier ce mandat à ceux qui ont été à l\u2019origine du fiasco de 2006 ne nous mènera nulle part.La ministre ne doit pas perdre la maîtrise du processus, garder le cap sur les engagements de son parti et répondre ainsi aux attentes de la population.A LA VEILLE DE LA SEMAINE DE LA DEFICIENCE INTELLECTUELLE Pour que tant d\u2019efforts ne tombent pas dans le vide.ISABELLE PERRIN Montréalaise, maman de Thomas Lettre à Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la Jeunesse adame la Ministre, j\u2019ai pris connaissance avec beaucoup d\u2019intérêt des dernières nouvelles de Colin la Lune.C\u2019est le cœur triste et la gorge nouée que j\u2019ai lu les échanges de courriels de ses parents, brisés par le cauchemar qui attend bon nombre de jeunes présentant un handicap lorsqu\u2019ils atteindront 21 ans.Le fameux trou noir, le no man's land oû se dirigent tout droit nos enfants.Parce que j\u2019ai aussi un fils différent, parce que je pense à Camille, Ludovic, Edouardo, Hubert, Alexandre, Raphaël, Ewen, Samia, Lau-réanne, Mikael, Hadi et tous les autres enfants qui présentent une déficience intellectuelle ; parce que je n\u2019accepterai pas qu\u2019on les laisse mourir à petit feu dans une chaise berçante devant un poste de télévision à 21 ans, je vous écris ces quelques mots de mère angoissée.Thomas atteindra 21 ans dans 244 semaines.Top chrono.D\u2019ici là, vous faites quoi?Dès son plus jeune âge, on nous a cassé les oreilles avec le «tout se joue avant six ans».Le sentiment d\u2019agir vite pour contribuer à son développement pesait lourd sur nos frêles épaules de parents en-mal-de-connaissances-de-la-ma-chine-médicale-publique.Après 18 mois d\u2019attente, et après avoir payé des milliers de dollars pour obtenir des services au privé, notre petit est pris en charge par l\u2019établissement public.Maman laisse un emploi stable bien rémunéré pour se transformer en une «enfant handicapé mom».Moins sexy qu\u2019une hockey mom, mais qu\u2019est-ce qu\u2019un parent ne ferait pas pour développer le potentiel de son enfant?Surtout quand il ne lui reste que quelques années devant lui pour progresser.En 2008, notre Thomas rentre à l\u2019école (et maman retourne au travail.).Après quatre années d\u2019efforts acharnés, le plus souvent entouré de professionnels aguerris, et ce, souvent dans un contexte de manque criant de ressources, il ne sait toujours pas lire ni écrire et ne connaît pas ses chiffres.Mais qu\u2019importe, nous pratiquons à la lettre le concept d\u2019intégration sociale.Il fréquente la bibliothèque du quartier, va au cinéma, au théâtre et pratique un tas d\u2019activités sportives.Chaque été, il va au camp de jour de la ville, soutenu par un accompagnateur qui se consacre tout à lui.Il a une vie active (et ses parents sont essoufflés.), et à sa façon, il taille sa place sous le soleil.Malgré tous ses défis, Thomas est probablement l\u2019enfant le plus heureux sur la planète.Rien n\u2019est acquis Si je vous présente notre «tranche de vie», ce n\u2019est pas pour recevoir une médaille.C\u2019est pour illustrer toute l\u2019énergie que déploie tout Même adulte, notre Thomas aura besoin de services.Rien n\u2019est acquis pour les jeunes qui présentent une déficience intellectuelle.un chacun pour amener Thomas à acquérir un maximum d\u2019autonomie.Lui, ses parents, ses frères, orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues, physiothérapeutes, éducateurs et professeurs.Tout ce beau monde qui se mobilise depuis plusieurs années pour donner à ce petit homme les outils pour devenir grand.Même adulte, notre Thomas aura besoin de services.Rien n\u2019est acquis pour ces jeunes qui présentent une déficience intellectuelle.Des notions de base que l\u2019on croit acquises doivent régulièrement être révisées.Un travail de longue haleine autant pour lui que pour les intervenants ! Permettez-moi, M\u201c^^ Hivon, de vous dire que ce n\u2019est pas uniquement l\u2019entourage proche de Thomas qui sera peiné de savoir que tout cessera à 21 ans.Ce sont aussi les milliers de contribuables qui auront payé des services qui aboutissent à un vide.Tout ça pour ça ! Vingt ans, c\u2019est l\u2019âge des possibles, des rêves et des chimères.Promettez-moi, M\u201c^^ Hivon, que Thomas, Camille, Ludovic, Edouardo, Hubert, Alexandre, Raphaël, Ewen, Samia, Lau-réanne, Mikael, Hadi et tous les autres enfants différents vivront leurs vingt ans les yeux pleins de lumière.Et bien égoïstement, je souhaite que notre grand Thomas soit l\u2019adulte le plus heureux de la planète.Bonne semaine de la déficience intellectuelle ! Comme des canettes de Pabst David Desjardins Laissons faire un instant les coupes dans l\u2019aide sociale elles-mêmes.Pas que leurs conséquences m\u2019indiffèrent, mais je trouve dans cette histoire la forme plus intéressante que le fond.Plus révélatrice et surtout plus noçive.A commencer par cette visqueuse confiture de la vertu économique dans laquelle on a égrené l\u2019amer médicament: c\u2019est pour encourager le retour au travail.Mieux encore :, c\u2019est pour combler le manque de main-d\u2019œuvre.A très peu de chose près, le même discours que celui employé par Diane Finley à Ottawa pour justifier les changements aux critères d\u2019admissibilité à l\u2019assurance-emploi et qui ont déchaîné f est du Canada.Et c\u2019est là, tandis que f intox des conservateurs et celle des péquistes convergent, que le flamboyant personnage d\u2019Agnès Maltais montre toute l\u2019étendue de son registre.Si, si, flamboyant.Souvenez-vous seulement de la députée dans l\u2019opposition, indignée, poing levé, à la défense des poqués et des laissés pour compte.Puis de la ministre souverainiste scandalisée qui pourfendait le fédéral la semaine dernière.Et, enfin, de la péquiste soumise aux critiques tandis qu\u2019on f accuse de sabrer à son tour faide aux plus faibles, et qui dit aux journalistes: Vous n\u2019allez quand même pas m\u2019apprendre ce qu\u2019est la pauvreté.Comme si elle l\u2019avait inventée.Agnès Maltais joue avec la même intensité sur tous les modes, de la moue évasive à la colère en passant par la compassion, la contrition et l\u2019enthousiasme (pour le nouveau Colisée, juste avant la dernière élection, tiens donc), si bien qu\u2019on ne peut faire autrement que de rappeler qu\u2019avant d\u2019être une professionnelle de la politique.Madame fut actrice.Parenthèse : il y a quelques semaines, une journaliste du Soleil a fait se rencontrer Agnès Maltais et Marjorie Champagne, qui a fondé la Revengeance des Duchesses, une activité plutôt champ gauche, très loin en marge du Carnaval de Québec.On a eu beau expliquer à la politicienne que cette nouvelle mouture n\u2019avait rien du «concours de miss» d\u2019autrefois, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une réappropriation du nom, que l\u2019événement met en valeur l\u2019histoire de la ville et la vie de quartier, qu\u2019il table sur f intelligence et le talent en communication, elle n\u2019a rien voulu savoir.Madame a joué dans une pièce qui dénonçait la tradition machiste des duchesses, il y a trente ans.On ne lui en passera pas.Ce nouveau concours a beau retourner comme un gant tout ce qui tournait à vide dans f autre, elle ne veut rien entendre.Elle connaît ça, les duchesses.Presque autant que la pauvreté.Fin de la longue parenthèse qui sert d\u2019éclairage au personnage, et en particulier à sa posture.Une sorte d\u2019inflexible certitude qui n\u2019est pas loin de celle, au fond, qui anime le cardinal Ouel-let: ce sentiment de détenir sur les autres une sorte d\u2019ascendant moral ou intellectuel qui permet d\u2019avoir toujours raison.Surtout lorsqu\u2019on a tort.Je vous disais que la forme m\u2019intéresse plus que le fond dans cette histoire, parce qu\u2019elle montre une vérité qui pue, qui me fait chaque fois haïr la politique, son spectacle, et plus encore l\u2019arrogance de ceux qui y jouent Le fait que, bien souvent, M\u201c^^ Maltais défend les mêmes causes que moi n\u2019arrange rien.Bien au contraire.Chaque contorsion idéologique, chaque fois oû la politique l\u2019amène à se trahir, c\u2019est un peu comme si un membre de mon équipe scorait dans mon but Qu\u2019elle parraine le projet de loi privé 204, visant à soustraire le contrat du futur amphithéâtre de Québec à la contestation, relevait de la manœuvre bassement électoraliste.Mais sa manière d\u2019aller déchirer sa chemise à Ottawa, de nier avoir pratiqué des coupes en catimini pour ensuite avouer s\u2019être indûment emportée contre la ministre Finley: voilà qui confirme que la ministre n\u2019a guère de scrupules quand vient le temps d\u2019insulter notre intelligence.Que les libéraux nous prennent pour des cons, passe encore.Qu\u2019ils soient parvenus à récolter le tiers de f électorat à la dernière élection leur en donne probablement le privilège.Mais vous, M\u201c^^ Maltais?Vous aurez beau tendre la main, dire que vous ne laisserez tomber personne, qui vous croira encore?Surtout quand, au même moment, le ministre des Finances annonce qu\u2019il sera inflexible sur ces coupes, et qu\u2019elles sont presque identiques à celles des libéraux, dénoncées par votre parti en 2010.Je le disais, c\u2019est la forme qui m\u2019intéresse.C\u2019est par elle que l\u2019on mesure le degré de bullshit dans lequel s\u2019enfoncent nos politiciens, leurs lignes de parti et les joutes partisanes consistant à tirer sur ce qu\u2019il nous reste de confiance, comme des chasseurs saouls sur des canettes de Pabst au clair de lune.Des canettes qui tombent au sol, et dont, au matin, on découvre qu\u2019il n\u2019en reste que des lambeaux.Un peu comme pour votre crédibilité.Madame la Ministre.ddesjardins&edevoir.corn L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) , information générale : Marie-Andrée Chouinard (chef de division), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Caroline Montpeht (affaires sociales), Lisa-Mane Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deg\\\\s.e(société) et Jean Dion (sports) , information politique Michel Dam
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