Le devoir, 18 mars 2013, Cahier A
[" Qui est « Monsieur 3 % », qui fera son entrée à la commission Charbonneau ?Page a 3 WWW.ledevoir.corn LE DE VOIR Vol.C I V N° 5 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 18 MARS 2013 1,09 $ + TAXES = 1,25 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gabriel Nadeau-Dubois, l\u2019un des meneurs du printemps érable, étudie aujourd\u2019hui la philosophie.P«INT CHAUD « J\u2019étais très conscient qu\u2019on ne contrôlait rien du tout » Gabriel Nadeau-Dubois dresse un bilan plutôt positif du printemps érable, un an plus tard LISA-MARIE GERVAIS Coin Saint-Denis-Maisonneuve, devant rUQAM, Gabriel Nadeau-Dubois, avec sa verve passionnée, défend sa position sur la fiscalité et le contingentement dans les universités.Long manteau, mallette au bras, le jeune homme de presque 23 ans, qui effectue une mineure en philosophie à fUniversité de Montréal, a l\u2019air de n\u2019importe quel étudiant de son âge.Mais, signe que son passé de rock star du printemps érable le rattrape, l\u2019ancien porte-parole de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) est interrompu par une horde d\u2019adolescentes qui gloussent à l\u2019idée de se faire photographier avec lui.«J\u2019assume les conséquences du choix que j\u2019ai fait de me mettre à l\u2019avant-scène, expliquera plus tard celui que plusieurs appellent GND.Même si ça a de très mauvais côtés.La vie privée, ça n\u2019existe plus.» Celui qui dit être aujourd\u2019hui un étudiant plutôt «low-profile» et studieux accepte de dresser un bilan du mouvement étudiant, prés d\u2019un an après la manifestation du 22 mars, la plus importante de tout le printemps érable.Sous un soleil jouissif et un mercure frisant VOIR PAGE A 8 : NADEAU-DUBOIS f / JACQUES NADEAU LE DEVOIR Philippe Couillard aux côtés de son épouse, Suzanne Pilote, lors de l\u2019annonce de sa victoire dès le premier tour comme successeur de Jean Charest à la chefferie du PLQ, à l\u2019auditorium de Verdun, dimanche.Le compte à rebours ' d Michel / David Il n\u2019y avait pas une heure que Philippe Couillard avait succédé à Jean Charest que la préparation de la prochaine élection générale semblait déjà avoir pris le pas sur le grand renouveau promis durant la course au leadership.Officiellement, le «grand congrès d\u2019orientation» qu\u2019il évoquait encore hier matin demeure à l\u2019ordre du jour, mais le nouveau chef du PLQ s\u2019est empressé de mettre un bémol au cours d\u2019un point de presse impromptu.«On sait qu\u2019il y a un échéancier électoral, ça peut changer bien des choses.» La semaine dernière, l\u2019ancien conseiller de Robert Bourassa, Jean-Claude Ri-vest, suggérait de renoncer à renverser le gouvernement Marois pour une période d\u2019un an, afin de permettre un renouvellement en profondeur du discours libéral.Clairement, M.Couillard n\u2019y est pas disposé.Au bout du compte, l\u2019opération pourrait bien n\u2019être que symbolique.Objectivement, les libéraux ont tout intérêt à VOIR PAGE A 8 : COMPTE À REBOURS Couillard promet le renouveau du PLQ Élu dès le premier tour, le successeur de Jean Charest lance un appel aux fédéralistes « de cœur ou de raison » ROBERT DUTRISAC JESSICA NADEAU Fort d\u2019une victoire sans équivoque, le nouveau chef libéral, Philippe Couillard, a appelé les fédéralistes «de cœur ou de raison» à s\u2019unir au sein du Parti libéral du Québec.«Aujourd\u2019hui est un début, le début du renouveau du Parti libéral du Québec, le début d\u2019un vaste rassemblement des Québécois.Le Parti libéral est de retour», a lancé Philippe Couillard lors d\u2019une courte allocution après sa nette victoire au premier tour.Philippe Couillard a recueilli 58,5% des votes tandis que Pierre Moreau obtenait la deuxième place avec 22% des votes et que Raymond Bachand fermait la marche avec un score décevant de 19,5%.Sur une possibilité de 2636 voix, 2377 délégués se sont prévalus de leur droit de vote.Tant Pierre Moreau que Raymond Bachand se sont ralliés au vainqueur, l\u2019assurant de leur collaboration.«Nous allons constituer dans les meilleurs délais une alternative à ce gouvernement qui est en train d\u2019affaiblir et de diviser le Québec.Il ne faut pas se fier au calendrier.Ce gouvernement n\u2019a pas sept mois, ce gouvernement a plus de 40 ans, ce gouvernement appartient au passé.Sa politique est le ressentiment, la division, le blocage», a lancé le chef libéral devant ses partisans en liesse.Philippe Couillard n\u2019a pas l\u2019intention de faire son entrée à l\u2019Assemblée nationale rapidement.Être élu député «n\u2019est pas un objectif incontour- VOIR PAGE A 8 : COUILLARD Lire aussi > Jean Charest fustige le gouvernement Marois.Page A 2 Aujourd\u2019hui Actualités > Un 190^ défilé de la fierté irlandaise.Page A 4 Politique > CPE: les compressions pourraient être plus difficiles à encaisser en région.Page A 2 7\t.w.- ______ .\t, Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku .B6 B2 B5 B5 B2 B4 15^ Soirée des prix Jutra Un raz de marée nommé Rebelle Huit Jutra au long métrage de Nguyen, dont celui du meilleur film ODILE TREMBLAY On avait prévu qu\u2019un vent puissant pousserait le film Rebelle de Kim Nguyen au 15® gala des Jutra.Ouragan il y eut.Les qualités de ce drame poétique, sur fond de guerre civile et d\u2019enfants soldats au Congo, n\u2019ont plus besoin d\u2019être démontrées, mais le fait que le film ait concouru aux Oscar explique aussi ce raz de marée.L\u2019an dernier.Monsieur Lazhar et, en 2011, Incendies avaient également été couronnés aux Génies et aux Jutra à leur retour au pays après des nominations analogues.Appelons ça l\u2019effet Oscar, qui enlève du suspense à la fête.Déjà primé dix fois aux Écrans canadiens dans les plus hautes catégories.Rebelle a reçu aux Jutra huit prix et des gros : meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario, meilleure actrice à la jeune Rachel Mwanza, émue VOIR PAGE A 8 :JUTRA FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Le réalisateur de Rebelle, Kim Nguyen, et Rachel Mwanza, qui a reçu le Jutra de la meilleure actrice.RENDRE LA NATURE PLUS ACCUEILLANTE.-% LE NOUVEAU SORENTO 2014 DE KIA.Avec traction intégrale, sièges pour 7 passagers et toit ouvrant panoramique disponibles Kia est une marque de commerce de Kia Motors Corporation Le pouvoir de surprendre 77831302829412 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 18 MARS 20IS ACTUALITES Les militants libéraux ont rendu hommage à Jean Charest samedi lors du congrès à la chefferie du PLQ.CHEFFERIE DU PLQ Charest fustige le gouvernement Marois L\u2019ex-premier ministre a profité de sa soirée-hommage pour attaquer les péquistes JACQUES NADEAU LE DEVOIR ROBERT DUTRISAC Comme s\u2019il était encore animé par le feu sacré, l\u2019expremier ministre Jean Charest n\u2019a pas manqué de s\u2019en prendre au gouvernement Marois dans un discours à forte saveur politique qui clôturait la soirée-hommage que le Parti libéral lui avait réservée samedi soir.«Les libéraux savent qu\u2019il est possible de se doter d\u2019une économie qui crée de la richesse sans couper les programmes sociaux, sans être obligé de couper dans les services de garde, sans s\u2019attaquer aux personnes âgées sur l\u2019aide sociale», a lancé un Jean Charest en grande forme devant quelque 3000 militants présents à l\u2019ouverture du congrès à la chefferie du parti, qui doivent élire dimanche le prochain chef libéral.«L\u2019alternative que le Parti québécois offre encore aujourd\u2019hui, c\u2019est le repli, c\u2019est le re- cul», a dénoncé Jean Charest.Au grand plaisir des militants, l\u2019ancien chef a usé de l\u2019humour qui était sa marque de commerce en politique.«S\u2019il y avait une compétition mondiale en marche arrière, le PQ serait champion.Si le PQ avait à faire un hymne national, ce serait: bip, bip, bip [le bruit émis par un camion qui recule].» Pour le Québec, «il faut un premier ministre de tous les Québécois», a-t-il déclaré sous les applaudissements.« Un premier ministre pour qui la langue anglaise n\u2019est pas une langue étrangère parlée au Québec.» Et d\u2019ajouter en anglais: «Vous n\u2019êtes pas des étrangers dans cette province.» En anglais toujours, Jean Charest a fait un vibrant plaidoyer en faveur de l\u2019appartenance au Canada.«Pour le peuple du Québec, le Canada est le pays que nous avons fondé, le pays que nous avons créé.Le Ca- nada est notre demeure.» Aux Canadiens des autres provinces, il a dit: «Ne vous laissez pas convaincre par un séparatiste que le Québec veut vivre en dehors du Canada.» 11 a rappelé qu\u2019à l\u2019élection de 1998, en obtenant la pluralité des voix, les libéraux avaient «bloqué le chemin» au PQ qui projetait de tenir un autre référendum sur la souveraineté.Derrière cette défaite «se cachait une victoire», a-t-il avancé.Printemps érable Jean Charest n\u2019a pas esquivé la question: il est revenu sur le printemps «érable», sans exprimer aucun regret.11 a soutenu qu\u2019il s\u2019agissait de sa motivation pour se présenter aux dernières élections alors que des gens de son entourage lui prédisaient la défaite.«Il y a des choses pour lesquelles il vaut la peine de se battre», a-t-il affirmé, ajoutant que le droit des étu- diants à recevoir leur éducation était une question de principe.Jean Charest n\u2019a pas pris parti pour l\u2019un ou l\u2019autre des candidats à la chefferie.Ce sont trois personnes pour lesquelles il a «une profonde admiration» et qui «peuvent très bien diriger le Québec».En revanche, c\u2019est l\u2019économie qui le préoccupe pour la suite des choses, un domaine où Rajunond Bactiand se démarque.«Le choix que nous ferons dans les prochaines heures sera déterminant pour l\u2019avenir du Québec.Ce n\u2019est pas rien.On joue gros.Le Parti libéral du Québec doit nous ramener à une véritable politique économique pour se débarrasser du bricolage péquiste des derniers mois.» Encore avec humour, Jean Charest a ajouté qu\u2019on pourrait écrire sur sa pierre tombale : «Il a perdu tous les sondages et gagné toutes les campagnes.» Le Devoir CPE : les coupes plus difficiles à encaisser en région Les centres de la petite enfance (CPE) situés en région risquent d\u2019avoir plus de mal à encaisser les compressions annoncées par le ministère de la Eamille, d\u2019autant que leur fréquentation pourrait baisser avec la création prochaine de classes de maternelles destinées aux enfants de quatre ans issus des milieux défavorisés, selon des responsables de CPE.Dès le juillet, les CPE subiront des compressions de 37,9 millions, une baisse de 3,5% de l\u2019enveloppe budgétaire.Le gouvernement Marois réduit aussi de 18,3 millions les subventions accordées aux garderies privées.La situation sera plus difficile en région, selon Simon Dufresne, le directeur du Réseau de services à la petite enfance de l\u2019est du Québec, car les garderies y sont de taille moindre.Une des solutions serait de «fusionner des CPE», selon M.Dufresne, afin de réduire le personnel administratif.Les heiues des conseillères pédagogiques, qui soutiennent et conseillent les éducatrices, pourraient aussi être réduites, ce qui diminuerait toutefois la qualité des services.De plus, M.Dufresne estime que la création de 70 classes de maternelles pour les enfants âgés de quatre ans issus des milieux défavorisés aiua un impact sur les garderies en région.Québec prévoit en effet d\u2019offrir la maternelle à quatre ans à 1200 enfants.M.Dufresne craint que cette mesiue ne fasse baisser la fréquentation des garderies situées en Gaspésie et aux îles de la Madeleine.D\u2019autant plus que les tailles de ces garderies sont moindres que celles des ^andes villes.L\u2019Association québécoise des CPE se dit «trahie» par Pauline Marois, l\u2019instigatrice du réseau.Son directeiu général, Louis Se-nécal, estime que c\u2019est la «pire attaque» de l\u2019histoire des CPE.Toutefois, il estime que des solutions «créatives» peuvent être trouvées.M.Senécal espère ainsi rencontrer M\u201c® Marois, pour lui présenter « un certain nombre d\u2019hypothèses».Les compressions aimoncées pourraient entraîner la suppression d\u2019un à deux postes par CPE au Québec, d\u2019après les prévisions de M.Senécal.«Pour l\u2019instant, on est incapables d\u2019y voir autre chose qu\u2019une volonté politique de démontrer que le gouvernement est prêt à couper partout, même dans les CPE.» Aucune marge Selon M.Senécal, la marge de manoeuvre de bon nombre de gestionnaires de CPE est inexistante, puisque les salaires \u2014 qui représentent 80% des budgets de fonctionnement \u2014 sont négociés dans le cadre de conventions collectives dans 40% des CPE.Du côté du ministère de la Eamille, on assure que les compressions ne nuiront pas à l\u2019objectif de création de 28000 nouvelles places en garderie d\u2019ici 2016.Le budget du ministère a d\u2019ailleurs été de bonifié de plus de 3%.« On doit contribuer aux efforts budgétaires demandés, et j\u2019ai essayé de trouver où il y aurait le moins d\u2019impacts possible», a précisé la ministre Nicole Léger.Deux mesiues spécifiques ont été imposées aux CPE.Le ratio éducateur-enfants sera révisé à la hausse pour le groupe d\u2019âge des quatre ans.Le nombre d\u2019enfants à la charge d\u2019un éducateiu passera de huit à dix pour ces groupes.La mesiue serait en fait déjà prévue au règlement du ministère, mais les subventions n\u2019auraient jamais été adaptées.Le deuxième effort demandé a trait aux surplus cumulés des CPE, qui auraient atteint 222 millions au cours des cinq dernières années, selon la ministre.Avec La Presse canadienne Le Devoir Lire aussi > L\u2019incohérence de Pauiine Marois.Une lettre ouverte en page Idées.Page A 7 REFORME DU SENAT La représentation des francophones est menacée, selon la FCFA STEPHANIE MARIN à Ottawa La réforme du Sénat proposée par le gouvernement Harper menace la représentation des francophones au Parlement, craint la Pédération des communautés francophones et acadienne du Canada (PCPA).La Pédération redoute que le système d\u2019élections des sénateurs inclus dans le projet de loi bloque la porte de la Chambre haute aux francophones.Car bien que les communautés francophones hors Québec soient dynamiques, elles sont géographiquement éparpillées et ne pourront être en nombre suffisant pour élire un sénateur de langue française qui pourra comprendre et défendre les délicates questions linguistiques, souligne la présidente de la PCPA, Marie-Prance Kenny.Elle craint donc qu\u2019au final, il n\u2019y ait aucun sénateur francophone dans certaines provinces.Selon M\u201c® Kenny, le Sénat s\u2019est donné comme mandat de représenter les groupes minoritaires et a accompli beaucoup à ce chapitre.C\u2019est pourquoi la Pédération veut qu\u2019au moins un siège par province soit réservé à un fran- cophone et qu\u2019il y en ait aussi un pour l\u2019ensemble des territoires.«Ils ont un rôle d\u2019influence», affirme M\u201c® Kenny à propos des sénateurs.«Et certains sénateurs sont bien conscients qu\u2019ils ne seraient pas là aujourd\u2019hui s\u2019il y avait eu des élections plutôt que des nominations», dit-elle, soulignant que beaucoup d\u2019entre eux ont été réceptifs à ses arguments.Un mécanisme devrait ainsi être instauré pour que les communautés francophones et acadiennes puissent recommander des sénateurs.«On n\u2019est pas contre toute forme de réforme, mais on veut s\u2019assurer de la présence de sénateurs francophones», précise M\u201c® Kenny.C\u2019est donc une occasion d\u2019améliorer le SénaL indique-t-elle, puisque rien actuellement ne garantit la présence de sénateurs francophones.Les nominations «sont laissées au gré des premiers ministres».Avec le projet C-7, le gouvernement propose de limiter à neuf ans le mandat des représentants de la Chambre haute et suggère un processus d\u2019élection des candidats, pour les provinces qui souhaitent le faire.Qttawa a demandé à la Cour suprême du Canada de rendre un avis sur la constitutionnalité de son projet de loi.La PCPA s\u2019oppose à l\u2019abolition pure et simple du Sénat comme le prône le Nouveau Parti démocratique (NPD).«Le NPD n\u2019a pas été réceptif à notre suggestion.Leur réponse est: \u201con va vous représenter\u201d», affirme M\u201c® Kelly.La majorité de leurs députés sont au Québec.Qr, les Québécois ne comprennent pas suffisamment la réalité des francophones dans le reste du pays pour défendre correctement leurs droits, selon M\u201c® Kenny.La Presse canadienne Mario Beaulieu réélu à la SSJB Mario Beaulieu a été reconduit à la tête de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) pour un troisième mandafi vendredi, à l\u2019occasion de la 179® assemblée générale annuelle de l\u2019association.11 a été réélu par acclamation.L\u2019assemblée générale a aussi permis d\u2019élire quatre membres au sein du conseil général, soit Rachid Bandou, Robert La-douceur, Josiqne Lavallée et Jean Dorion.A la suite de son couronnement, M.Beaulieu a indiqué que la SSJB avait plus que jamais un rôle crucial à assumer pour préserver l\u2019usage de la langue française au Québec.La Presse canadienne COLLOQUE Vers un Moyen-Orient échappant aux États-Unis?Jeudi 21 mars, de 8 h 30 à 20 h P Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques r A aMlSHiJi \\ rit L ^ I baiuo OBSERVATOIRE SUR LE MOYEN-ORIENT ETLAFRIOUEDUNORD OBSERVATOIRE SUR LES ÉTATS-UNIS \u2022**.V«* des sciences ' AUEUNDÏ INOEFIMDEMT Prcgramme ccmplet et inscripticn cbligatcire www.dandurand.uqam.ca | 5i4-987-678i Avec: Sami Aoun, Milaud Chennaufi, Antoine Coppolani, Charles-Philippe David, Jean-François Lépine, Barah Mikail, Mansouria Mokhefi, Firouzeh Nahavandi Agora Hydro-Ouébec du Cœur des sciences, UOAM | 175, avenue Président-Kennedy, Métro Place-des-Arts et Commerce extirteur ____ Québec SS LE CONSEIL DES RELATIONS INTERNATIONAIES DE MONTRÉAL ?Bl ?B U(^M UQÀM DEBAT S»* Jj^ür Des logiciels à la politique La cyberdiplomatie Guy Begin, Département d\u2019informatique, UQAM Pierre Pahlavi, Julien Saada, Chaire Raoul-Dandurand Jeudi 21 mars, 18h www.coeurdessciences.uqann.ca \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 cœur des sciences UQÀM Chaire Raoul-Dandurand Raoul Dandurand Ç^air \"\"^Québec LE DEVOIR LE DEVOIR, LE LUNDI 18 MARS 2013 A 3 ACTUALITES Manipuler d\u2019abord wr\"- X Manon I CORNELLIER à Ottawa ercredi dernier, à Vancouver, l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est intervenue sur un chantier de construction pour mettre la main au collet d\u2019une poignée de travailleurs étrangers présumés illégaux.Rien d\u2019inhabituel jusque-là, l\u2019arrestation d\u2019immigrants illégaux faisant partie du mandat de l\u2019agence.Quelque chose clochait cependant aux yeux de plusieurs témoins.Les agents de l\u2019agence n\u2019étaient pas seuls.Us étaient accompagnés d\u2019une équipe de tournage de l\u2019émission de télé-réalité Border Security: Canada\u2019s Front Line.Et cette équipe n\u2019était pas là par accident.Le producteur Force Four Entertainment a en effet obtenu en août dernier rautorisation de suivre les agents dans leur travail quotidien.Le but de l\u2019émission, diffusée sur le réseau National Geographic, est de «suivre les agents des services frontaliers alors qu\u2019ils interceptent des personnes suspectes et de la contrebande d\u2019à travers le monde dans le but d\u2019assurer notre sécurité et de protéger notre santé, notre main-d\u2019œuvre et nos écosystèmes».(Voilà des propos qui réjouiront sûrement les conservateurs.) Ce projet était passé largement inaperçu.Jusqu\u2019au raid de Vancouver, qui a aussitôt soulevé l\u2019indignation.Une petite manifestation a rapidement eu lieu.La femme d\u2019un des hommes arrêtés était outrée qu\u2019on exploite son drame personnel.Quant à son mari, il a refusé de consentir à ce qu\u2019pu diffuse les images oû il apparaît.A l\u2019agence, on a vite fait savoir que les personnes étaient libres d\u2019accepter ou non et qu\u2019un refus n\u2019influerait pas sur leur sort.On affirme que les régies en matière de vie privée sont respectées.Le producteur, lui, répète qu\u2019aucune image ne peut être diffusée sans le consentement des personnes concernées et même que personne n\u2019est filmé «sans son consentement verbal préalable».Ah oui?Obtenu quand et comment?Force Four affirme que son émission est un documentaire, et non une télé-réalité.On est pourtant bien loin du journalisme cependant, car Four Force soumet à l\u2019ASFC, pour approbation, ses images brutes et la version finale de ses épisodes.C\u2019est du moins ce qu\u2019indique l\u2019entente approuvée par le ministre de la Sécurité publique.Vie Toews.(Une militante de Vancouver en a obtenu copie et l\u2019a montrée à la CBC.) Que ce genre d\u2019émissions stigmatise les gens qui y apparaissent semble n\u2019avoir préoccupé personne.Ni le fait d\u2019ailleurs que notre gouvernement se rende ainsi complice de l\u2019exploitation du malheur des gens par des producteurs qui, eux, s\u2019en servent pour divertir leurs auditeurs Ce gouvernement, qui n\u2019a pas l\u2019habitude de faciliter le travail des journalistes, a accordé cet accès à Force Four parce que son projet sert ses intérêts et son discours musclé en matière de justice et d\u2019immigration.En d\u2019autres circonstances, c\u2019est la chape de plomb, et il se passe rarement une semaine sans que de nouveaux cas soient portés à l\u2019attention du public.Malgré les compressions qui s\u2019abattent sur plusieurs ministères, le gouvernement Harper dépense des dizaines de millions pour promouvoir ses politiques.H ne cherche pas à informer, mais à imposer un message et une image.H n\u2019est pas le premier gouvernement à s\u2019en soucier, mais aucun n\u2019a poussé son contrôle de l\u2019information aussi loin.?Encore la semaine dernière, La Presse canadienne nous apprenait qu\u2019une douzaine de ministères refusaient depuis 18 mois de se soumettre à un ordre de production de documents venant du comité des comptes publics.Le National Post révélait de son côté que c\u2019était maintenant au tour des bibliothécaires et des archivistes d\u2019être soumis à de nouveaux contrôles.Eux qui étaient encouragés par le passé à participer, dans leurs temps libres, à des conférences, publications et séances de formation doivent maintenant obtenir l\u2019autorisation de leurs supérieurs, ces situations étant «identifiées comme à haut risque» et pouvant mettre à l\u2019épreuve la «loyauté» de l\u2019employé.Un rapport sur la censure dont sont victimes les scientifiques fédéraux a été soumis en février en appui à une plainte officielle déposée auprès de la commissaire à l\u2019information par le groupe Démocratie sous surveillance et la Clinique en droit environnemental de l\u2019Université de Victoria.Le document résume le contrôle politique exercé sur l\u2019information scientifique lorsqu\u2019elle est demandée par la presse parlementaire et/ou lorsqu\u2019elle porte sur des sujets jugés sensibles.C\u2019est sans surprise que l\u2019on retrouve sur cette liste les sables bitumineux, les changements climatiques, l\u2019industrie pétrolière et gazière, la protection de l\u2019ours polaire et du caribou et ainsi de suite.Ce ne sont pas seulement les médias qui écopent, mais les députés, les fonctionnaires du Parlement, le directeur parlementaire du budget, les commissions d\u2019enquête et ainsi de suite.Au bout du compte, les citoyens perdent au change et la démocratie en sort amoindrie.Car comment faire des choix éclairés quand l\u2019information est raréfiée, les faits tronqués et déformés, les critiques dénigrés?Et ce qui ne présage rien de bon, on amorce un nouvel exercice budgétaire avec un bureau du directeur parlementaire du budget affaibli.mcornellier@ledevoir.corn COMMISSION CHARBONNEAU Bernard Trépanier, l\u2019honune qui rend des services Le nom de Bernard Trépanier revient constamment devant la commission Charbonneau, où plusieurs l\u2019ont décrit comme l\u2019architecte du système de financement occulte d\u2019Union Montréal.Mais qui est ce mystérieux « Monsieur 3 % »?Le principal intéressé et l\u2019ingénieur Bernard Poulin ont dû lever une partie du voile en témoignant dans un procès récent.Esquisse de la personnalité d\u2019vm témoin attendu cette semaine à la commission.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Selon son ami Bernard Poulin, Bernard Trépanier est un homme qui «a un drôle de vocabulaire», qui «aime cirer des voitures», mais dont l\u2019occupation professionnelle précise n\u2019a jamais été claire.Chose certaine, il aime rendre service.En témoignant dans le cadre du procès qu\u2019il a intenté à l\u2019ancien journaliste André Noël (maintenant enquêteur à la commission Charbonneau) , Bernard Poulin a dû détailler en mai dernier ses relations avec l\u2019ex-directeur du financement du parti de Gérald Tremblay, Bernard Trépanier \u2014 surnommé «Monsieur 3%» pour la ponction qu\u2019il exerçait au nom d\u2019Union Montréal sur les contrats octroyés par la Ville.M.Poulin, président de la firme de génie-conseil Groupe SMi, reproche à André Noël et à La Presse d\u2019avoir diffusé en 2009 et en 2010 le contenu d\u2019une conversation téléphonique privée qu\u2019il a eue avec M.Trépanier en 2006.La discussion concernait le Faubourg Contrecœur.Le procès Noël a permis d\u2019apprendre que les relations étroites entre les deux Bernard dépassaient le cadre des affaires.Bernard Trépanier a en effet été, il y a quelques années, mentor d\u2019un proche de M.Poulin aux prises avec un problème d\u2019alcool.D\u2019oû le «grand respect» voué par Bernard Poulin à l\u2019argentier d\u2019Union Montréal.Et d\u2019oû la consigne donnée par M.Poulin à sa secrétaire de lui passer tous les appels de M.Trépanier.Leurs liens dépassent également les frontières municipales.Depuis 2010, Bernard Poulin paie des «montants minimes» pour que Bernard Trépanier s\u2019occupe de ses voitures en Floride.«Il passe l\u2019hiver en Floride et m\u2019a offert, parce qu\u2019il n\u2019avait rien à faire, d\u2019aller faire laver r-' 1 Bernard Trépanier mes voitures et de les amener au garage, des choses comme ça», a expliqué M.Poulin à la Cour.«Il a une manie: il aime cirer les voitures.» Mais pas seulement ça.On sait depuis octobre 2009 (révélations de Benoît Labonté) et aussi depuis le témoignage récent de Michel La-londe (président de la firme Gé-nius) devant la commission Charbonneau que Bernard Trépanier aime également huiler les relations.M.Lalonde a indiqué avoir été le porte-parole d\u2019un cartel de firmes de génie-conseil qui se sont partagé les contrats de la Ville de Montréal entre 2004 et 2009 (le groupe de M.Poulin faisait partie du cartel).Avec Bernard Trépanier et le président du comité exécutif, Frank Zampino, Michel Lalonde discutait des chantiers à venir et décidait de leur partage entre les firmes.En Floride \u2014 oû il séjourne environ six mois par an \u2014, M.Trépanier n\u2019a pas perdu ses aptitudes au démarchage.D a ainsi offert à Bernard Poulin de «faire le tour des hôtels puis des choses pour voir s\u2019il n\u2019y a pas des gens qu\u2019on peut aller chercher».Une offre que l\u2019ingénieur a refusée.«Faire plaisir» Bernard Trépanier a lui-même expliqué à la Cour supérieure (en mai dernier) que les services qu\u2019il rend à M.Poulin en Floride relèvent du «hobby».«Ça me tient occupé.J\u2019aime bien mon épouse [dont la santé est fragile], mais 24 heures sur 24, sept jours par semaine, disons que, si je peux me tenir occupé, je le fais.» Il a offert son aide à M.Poulin parce que celui-ci avait eu des «problèmes de voiture, à savoir que si une voiture est arrêtée un certain temps, la batterie» peut écoper, a expliqué M.Trépanier.Selon Bernard Poulin, c\u2019est probablement pour lui «faire plaisir» que Bernard Trépanier l\u2019a appelé en 2006 pour lui annoncer qu\u2019un contrat lui était réservé dans le dossier du Faubourg Contrecœur.«On va te donner un mandat sur la décontamination», disait M.Trépanier après avoir précisé avoir participé à une réunion avec différents acteurs-clés du dossier, dont Frank Zampino (alors président du conseil exécutif de la Ville de Montréal) et Michel Lalonde.A Bernard Poulin qui lui demandait l\u2019ampleur du mandat, M.Trépanier a répondu qu\u2019il «y a pour 12 millions de terre contaminée».«Je comprends où ça va», a dit M.Poulin.«Faque, on s\u2019organise», concluait l\u2019autre.Le ton et la teneur de la conversation entre MM.Poulin et Trépanier ont étonné les avocats de la dé-fense.Ils ont demandé à l\u2019ingénieur s\u2019il était normal qu\u2019un «gars qui ne travaillait pas pour la Ville de Montréal, ni pour la SHDM [qui gérait le dossier], vous appelle pour vous dire \u201con va te donner un Bernard Trépanier est surnommé « Monsieur 3 % » pour la ponction qu\u2019il exerçait au nom d\u2019Union Montréal sur les contrats octroyés par la Ville de Montréal contrat\u201d?».«C\u2019était curieux, en effet, c\u2019était curieux», a reconnu M.Poulin, dont l\u2019entreprise compte près de 2000 employés qui travaillent dans une trentaine de pays.«Je pense qu\u2019il était content de nous avoir recommandés dans le cadre d\u2019une conversation à quelqu\u2019un», a mentionné Bernard Poulin.Même s\u2019il a trouvé «curieux» que M.Trépanier lui parle directement d\u2019un contrat \u2014 ce qui ne serait arrivé qu\u2019une fois \u2014, M.Poulin n\u2019a toutefois pas cherché à comprendre le pourquoi du comment.Quel travail ?De même n\u2019a-t-il pas non plus cherché à savoir au fil des années ce que faisait précisément Bernard Trépanier.« Vous lui parliez une fois par semaine et ne saviez pas ce qu\u2019il faisait dans la vie?», ont demandé les avocats de la défense.«Je savais qu\u2019il était au financement du parti du maire pendant une certaine époque [2004-2006], c\u2019est tout.» Il était aussi au courant du rôle de consultant externe joué par M.Trépanier pour la compagnie Astral Média (il cherchait des sites pour des panneaux publicitaires, confirme Astral au Devoir).De manière plus large, M.Poulin pense que M.Trépanier n\u2019a pas une «douzième année».«Il a un drôle de vocabulaire.Généralement, quelqu\u2019un qui a fait des études s\u2019exprime d\u2019une façon un petit peu plus élégante», a-t-il dit à la Cour.Cela n\u2019empêchait pas Bernard Trépanier de fréquenter le haut pouvoir municipal: bon ami de Frank Zampino et de Michel Bisson-nette (ancien député libéral, membre actuel du comité exécutif), «Monsieur 3%» mangeait souvent avec ces deux personnalités au restaurant Muscadin, a affirmé Bernard Poulin.M.Trépanier a lui-même précisé qu\u2019il connaît M.Zampino «depuis 25 ans».Escouade Marteau Concernant ses occupations, M.Trépanier se dit en «semi-retraite» depuis 2007.Après son départ d\u2019Union Montréal en 2006, il soutient s\u2019être occupé «de la campagne annuelle de financement pour le maire, jusqu\u2019en 2008 environ».Pour Union Montréal, il avait «seulement la responsabilité d\u2019organiser, de voir à ce que les campagnes de financement dans les arrondissements soient organisées dans le but de rencontrer les budgets qui étaient fixés par le parti», a-t-il dit.Âgé de 74 ans, M.Trépanier ne se rappelle pas par quel hasard ces fonctions l\u2019ont mené à assister à la rencontre impliquant les principaux acteurs du dossier du Faubourg Contrecœur, oû la décision d\u2019octroyer un contrat à Bernard Poulin a été prise.On l\u2019a invité, a-t-il dit simplement.«On était polis, j\u2019y allais».Il ne «sait pas» non plus pourquoi c\u2019est lui qui a appelé M.Poulin.«Je n\u2019avais aucun pouvoir de donner des mandats», a-t-il dit.Le 17 mai 2012, M.Trépanier a été arrêté par l\u2019escouade Marteau en même temps que Frank Zampino et sept autres personnes pour leur rôle dans le dossier du Faubourg Contrecœur.Bernard Trépanier devrait témoigner cette semaine devant la commission Charbonneau.Quant à Bernard Poulin, qui n\u2019est accusé de rien, il a refusé d\u2019indiquer au Devoir si la commission l\u2019avait contacté.Le Devoir Union Montréal réuni en caucus : le parti tient le coup BRIAN MYLES Les nouvelles de la mort imminente d\u2019Union Montréal sont largement exagérées.Les élus restants ont réaffirmé leur soutien au chef Richard Deschamps dans une démonstration d\u2019unité à l\u2019issue du caucus samedi.«Je vous invite à ne pas vous mobiliser à chaque fois que nous allons travailler pour les Montréalais», a dit M.Deschamps avec une pointe d\u2019exaspération aux journalistes qui l\u2019attendaient en masse devant les locaux du parti.«La décision que nous prenons, c\u2019est de continuer notre travail au sein d\u2019Union Montréal», a dit M.Deschamps, entouré de 29 des 32 élus restés fidèles au parti.Le caucus a passé la journée de samedi à discuter de l\u2019avenir de la formation durement malmenée à la commission Charbonneau.D\u2019autres rencontres stratégiques semblables auront lieu d\u2019ici aux élections de novembre.Il serait tout aussi prématuré d\u2019annoncer la renaissance de la formation que sa mort immédiate.«Je ne peux pas prédire ce qui va se passer dans huit mois.Il peut y avoir encore des choses qui vont se passer», a dit M.Deschamps.«Il y a un plan d\u2019action, et tout est ouvert», a renchéri le président du caucus, Bernard Blanchet.Bernard Blanchet concède que les temps sont difficiles, mais il refuse d\u2019envisager la mort du parti, né en 2001.«Il y a un côté humain qui n\u2019est pas facile.Il n\u2019y a personne qui a été formé pour passer à travers une situation comme celle-là», a dit M.Blanchet, qui a demandé «du temps et du respect» pour ses troupes.Le vétéran Sammy Forcillo ne croit pas non plus à la disparition imminente d\u2019Union Montréal.«On est à sept mois de l\u2019élection, et il faut regarder le demain», a dit le conseiller du district de Peter-McGill.Parti malmené Les révélations de la commission Charbonneau ont fait mal à l\u2019image de marque du parti, déjà entachée par les enquêtes répétées des journalistes.Union Montréal a remporté les élections de 2001, 2005 et 2009 en utilisant des dons illégaux.De 2001 à 2004, le collecteur de fonds Bernard Trépanier, surnommé «Monsieur 3%», percevait des sommes de 5000$ à 15000$ en liquide, selon le témoignage de l\u2019ingénieur Yves Cadotte, vice-président de SNC-Lavalin.Les firmes de génie-conseil et les entrepreneurs en construction achetaient régulièrement des billets pour les cocktails de financement, en utilisant JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Depuis la démission de Gérald Tremblay, Union Montréal connaît une lente agonie.des proches ou des employés comme prête-noms, ce qui est illégal en vertu de la loi électorale (seuls les dons individuels sont permis).Pour l\u2019élection de 2005, M.Trépanier a monté la barre, en exigeant des contributions en liquide de 200000$ pour les plus grandes firmes de génie, et de 100000$ pour les firmes de taille moyenne.En échange, les firmes de génie ont obtenu le quasi-monopole sur les contrats majeurs en infrastructures à Montréal jusqu\u2019à la création de l\u2019escouade Marteau, en 2009.Durant cette période, les firmes de génie et les entrepreneurs ont accepté de verser des ristournes de 3% en liquide sur la valeur de leurs contrats à Union Montréal.Confiance ébranlée Les élus restants d\u2019Union Montréal sont tout aussi renversés que le public par l\u2019avalanche de mauvaises nouvelles en provenance de la commission Charbonneau.Toutes ces révélations ont ébranlé leur confiance, à sept mois des élections.Le conseiller Alvaro Farinacci trouve dommage qu\u2019une poignée d\u2019individus mal intentionnés aient sapé les fondations d\u2019Union Montréal.«C\u2019est un parti solide parce que ses membres sont nombreux et liés.Ses élus travaillent très fort dans tous les arrondissements», a-t-il dit.Les élus rencontrés en matinée samedi ont tenu une ligne similaire.Les problèmes soulevés à la commission Charbonneau dépassent largement le cas d\u2019Union Montréal.«R y a un problème de société, a dit M.Blanchet.Le lien de confiance est avec la classe politique au complet.Il ne faut pas tout prendre sur nos épaules.» Le parti a encore perdu sept membres en l\u2019espace de 24 heures, en février dernier, dont les poids lourds Luis Miranda et Gilles Deguire, respectivement maires d\u2019Anjou et de Montréal-Nord.D\u2019autres seraient en réflexion, entre autres Michel Bissonnet, maire de Saint-Léonard.Depuis la démission de Gérald Tremblay, le 5 novembre dernier.Union Montréal connaît une lente agonie.Le parti majoritaire au conseil depuis 2001 arrive maintenant bon deuxième (16 élus) derrière les indépendants (23 élus) au conseil municipal.Vision Montréal et Projet Montréal ont respectivement 14 et 10 élus.Deux sièges sont vacants.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 18 MARS 20IS ACTUALITES MOYEN-ORIENT Immigration : des demandes retardées par la guerre et la bureaucratie BAHADOR ZABIHIYAN Le bureau de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) en Turquie est surchargé de travail, au grand dam de ceux qui veulent immigrer au Québec : la faute en revient aux instabilités régionales certes, mais aussi à certaines lourdeurs administratives, selon des documents obtenus par Le Devoir.Depuis presque un an, des milliers de demandes de résidences permanentes et de résidences temporaires du Moyen-Orient ont été réacheminées vers le bureau de CIC à Ankara.En effet, le centre régional de CIC situé à Damas a dû fermer ses portes précipitamment en janvier 2012 à cause de la guerre en Sj^ie.Un grand nombre des 22 000 dossiers qui s\u2019y trouvaient étaient ceux de ressortissants iraniens souhaitant immigrer au Canada.Trois mois plus tard, le bureau de CIC à Téhéran, qui traitait les dossiers des Iraniens souhaitant venir au Canada sur une base temporaire, a fermé ses portes, à la suite d\u2019une décision d\u2019Ottawa: 50000 dossiers supplémentaires ont dû être envoyés à Ankara, selon un courriel (dont Le Devoir a ob- tenu copie) envoyé en août 2012 par un analyste de CIC à une conseillère ministérielle.Tout cela génère des délais de traitement plus longs pour ceux qui attendent depuis des mois, voire des années, afin de savoir s\u2019ils pourront finalement immigrer au Canada.De plus, il semble y avoir eu certaines lourdeurs administratives au sein du ministère.Ainsi, dans un document interne datant de mars 2012, CIC reconnaît que le gestionnaire et le gestionnaire adjoint du programme d\u2019immigration responsables du bureau d\u2019Ankara auraient «certainement» pu être «plus proactijs» et « énergiques » afin que les «choses» avancent «plus vite», explique une note interne, obtenue par Le Devoir en vertu de la Loi d\u2019accès à l\u2019information.Si de telles situations venaient à se reproduire, CIC devrait mieux communiquer avec son bureau afin de mettre au jour plus rapidement les sources de retard, explique la note.CIC note aussi qu\u2019à l\u2019avenir, il faudrait envoyer du personnel pour assister le ministère des Affaires étran- Une quinzaine de demandeurs ont décidé d\u2019entamer des procédures judiciaires gères et du Commerce international, en cas de fermeture d\u2019un bureau.Le bureau de Paris à la rescousse Pour tenter de traiter tous ces dossiers, le nombre d\u2019employés affectés au bureau de CIC à Ankara a triplé passant de 11 à 35.Il a d\u2019ailleurs été difficile de recruter des employés maîtrisant le farsi, la langue parlée en Iran.Le ministre de l\u2019Immigration, Jason Kenney, s\u2019est rendu à Ankara en janvier pour constater la situation.Son bureau avait aussi demandé à être informé des derniers développements à Ankara dès août 2012, selon des courriels dont Le Devoir a obtenu copie.Certains demandeurs s\u2019impatientent: une quinzaine d\u2019iraniens dont la demande d\u2019immigration a été acceptée par le Québec, mais qui attendent que CIC finisse l\u2019étude de leurs dossiers, ont décidé d\u2019entamer des procédures judiciaires, il y a deux mois.Il faut savoir que le Québec choisit ses immigrants.Une fois que les dossiers sont acceptés, ils sont envoyés à CIC, qui vérifie que ces personnes ne représentent pas de risque pour la sécurité nationale et qu\u2019elles ne sont pas malades.Ces vérifications peuvent prendre plusieurs années, selon l\u2019avocate Stéphanie Riccio, qui représente les quinze Iraniens.« Quand on est accepté par le Québec [.], c\u2019est sûr que l\u2019on s\u2019imagine pouvoir déménager dans l\u2019année qui suit, peut-être deux ans après, mais là, quand ça commence à faire deux, trois ans après [.] c\u2019est à ce moment-là que les gens se disent que cela n\u2019a pas de sens», explique Riccio.Elle a demandé à la Cour fédérale de délivrer un recours extraordinaire pour forcer CIC à rendre rapidement une décision dans leur cas.De son côté, la porte-parole de CIC, Nancy Caron, reconnaît que le bureau d\u2019Ankara est «surchargé».Elle ajoute que des dossiers ont été récemment transférés à Paris, ce qui permettra de les traiter dans des délais plus courts.De plus, CIC possède un système de gestion mondiale qui permet de répartir les dossiers entre ses différents bureaux dans le monde afin de mieux gérer les délais.Le Devoir BUDGET EEDERAL Des coupes majeures pour les forces armées Ottawa \u2014 Un document obtenu par La Presse canadienne indique que l\u2019armée canadienne subira des coupes majeures en plus de celles qui font déjà partie de la stratégie de réduction du déficit du gouvernement Harper.Le budget du ministre des Pi-nances.Jim Plaherty, qui sera présenté jeudi, inclura une réduction de 8% du budget de fonctionnement et d\u2019entretien des forces terrestres, qui s\u2019ajoutera à la réduction de son budget de 22% déjà prévue, selon le document.Les nouvelles coupes, de l\u2019ordre de 32 millions de dollars, toucheront la capacité de formation de l\u2019armée pour des opérations dans la jungle, le déserfi et les terrains montagneux.Elles s\u2019ajoutent aux coupes de 226 millions ordonnées par le Plan de réduction du déficit du gouvernement fédéral.Le document, daté du 31 janvier 2013 et rédigé par le lieutenant-général Peter Devlin, commandant de l\u2019armée canadienne, explique que le financement pour les réservistes à temps plein devra faire l\u2019objet de nouvelles réductions et que l\u2019argent inutilisé pour les soldats en temps partiel pourrait être utilisé pour garder ceux à temps plein.Il y aurait aussi une réduction attendue de huit millions pour les services contractuels, et l\u2019armée devra réduire la masse salariale de ses employés civils de dix millions de dollars.Malgré les coupes budgétaires, le document souligne que l\u2019armée fait face à des pressions pour maintenir les activités protocolaires et les projets chers aux yeux des conservateurs, qui avaient autrefois pro- mis un financement stable et prévisible à la défense nationale.Il indique que le fédéral accorde une importance particulière aux activités telles la Garde de cérémonie, et que celles-ci doivent être maintenues, même aux dépens des autres programmes.La Garde de la cérémonie, principalement composée de réservistes, participe à la cérémonie de la relève de la garde sur la colline parlementaire pendant la saison touristique.Entre besoins et intérêts La Défense nationale est le plus important élément discrétionnaire du budget fédéral et est depuis longtemps ciblée par les gouvernements qui veulent réduire le déficit, indépendamment de leurs allégeances politiques.Le premier ministre Stephen Harper avait averti le ministre de la Défense, Peter MacKay, en juin dernier que les coupes initialement proposées ne seraient pas suffisantes.Il a réitéré ce message lors de l\u2019assermentation de chef d\u2019état-major de la Défense, Torn Lawson.Critiqué au sujet du fait que les coupes semblent cibler l\u2019armée, le ministre MacKay a fait valoir que le budget de l\u2019armée est de 500 millions de plus qu\u2019il ne l\u2019était lorsque les conservateurs sont arrivés au pouvoir en 2006.«Après des années de croissance sans précédent, et suivant la fin des missions de combat en Afghanistan, il est nécessaire pour le gouvernement de mesurer les besoins militaires avec les intérêts des contribuables», a écrit son porte-parole Jay Paxton.La Presse eanadienne Budget: le FRAPRU interpelle Ottawa Même s\u2019il nourrit peu d\u2019espoir au sujet du budget fédéral qui sera présenté jeudi par le ministre des Pinances, Jim Plaherty, le Pront d\u2019action populaire en réaménagement urbain (ERA-PRU) estime qu\u2019il s\u2019agirait du moment idéal pour mettre fin aux incertitudes sur la poursuite de l\u2019implicadon fédérale dans la lutte contre les problèmes de logement et d\u2019itinérance.Le PRAPRU souligne que c\u2019est le 31 mars 2014 que se terminera le Cadre de référence sur le logement abordable, en vertu du- quel Qttawa contribue financièrement aux programmes d\u2019habi-tation du Québec, notamment en matière de nouveaux logements sociaux.Tout en souhaitant que le gouvernement annonce dès maintenant la poursuite de cette contribution, le PRAPRU réclame une bonification majeure.Actuellement, le Québec reçoit d\u2019Qttawa la somme de 57,7 millions par année.C\u2019est aussi le 31 mars 2014 que prendra fin la Stratégie des partenariats de lutte contre l\u2019iti-nérance.Le PRAPRU demande l\u2019annonce immédiate de la prolongation et de l\u2019accroissement de l\u2019aide fédérale.La Presse eanadienne Des milliers de personnes ont assisté au traditionnel défilé de la Saint-Patrick dimanche à Montréal.Un 190® défilé festif de la fierté irlandaise FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR KARL RETTING-P ARAZELLI Le mercure est redescendu au-dessous de zéro cette fin de semaine, mais ce ne fut pas suffisant pour refroidir les ardeurs des milliers de personnes qui ont pris part dimanche à la 190® édition du défilé montréalais de la Saint-Patrick.Des milliers de personnes se sont massées aux abords de la rue Sainte-Catherine pour être de la fête, le gobelet de café remplaçant parfois la traditionnelle cannette de bière irlandaise.Chapeaux, colliers, lunettes, maquillage et vitrines de magasins : le centre-ville tout entier a viré au vert dimanche.«Tout le monde est irlandais aujourd\u2019hui», a lancé en anglais un fêtard avant d\u2019aller rejoindre ses amis.Plus loin, Mireille ne s\u2019est pas trop formalisée du mercure à la baisse et des bourrasques.«Si on a trop froid, on va aller au bar plus rapidement!», a-t-elle glissé en riant.Le cortège de 18 chars allégoriques et de quelque 3000 participants, dont une vingtaine de Du Brésil à l\u2019Égypte Dans le cadre des célébrations mondiales, quelque 70 monuments ou bâtiments mondialement connus, copime les pjramides d\u2019Egjqite, la statue du Christ rédempteur de Rio de Janeiro, ou encore des stades de football comme celui de fanfares, s\u2019est mis en marche sur le coup de midi au son des cornemuses, à l\u2019intersecdon des rues Sainte-Catherine et du Port.Le tout s\u2019est conclu au square Phillips vers 15h30.Tous Irlandais Plusieurs élus se sont déplacés pour l\u2019événement, dont le maire de Montréal, Michael Applebaum.«Aujourd\u2019hui, les Montréalais d\u2019origine irlandaise continuent de façonner l\u2019identité de la métropole, qui ne serait sûrement pas ce qu\u2019elle est devenue sans leur courage et leur persévérance », a-t-il déclaré, coiffé pour l\u2019occa- Munich, ont été illuminés de la copieur verte cette semaine.À Dublin, plus de 250000 personnes ont participé dimanche à la traditionnelle parade de fanfares et de danseurs, et ce, malgré la pluie.Agence France-Presse sion d\u2019un haut-de-forme.La foule a également pu reconnaître le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair \u2014 lui-même d\u2019ascendance irlandaise \u2014, la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, en compagnie du chef adjoint de la formation et ancien joueur du Canadien, Georges Laraque, et le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-Prançois Lisée.«Ce que j\u2019aime beaucoup chez les Irlandais du Québec, c\u2019est leur grande capacité d\u2019intégration.Il y a des protestants, des catholiques, des francophones, des anglophones», a commenté M.Lisée avant de battre le pavé pour son premier défilé de la Saint-Patrick.«Les Irlandais font partie de nous.C\u2019est une des sources, une des racines de la réalité québécoise.» La fête s\u2019est déroulée sans incident majeur, ou presque.Selon Urgences-santé, un homme d\u2019une vingtaine d\u2019années a fait une chute de deux étages en tombant de son balcon.L\u2019alcool serait en cause.Le porte-parole Marc-André Ga^on n\u2019a pas pu nous indiquer si la vie du jeune était en danger.Le Service de police de la Ville de Montréal a quant à lui procédé à deux arrestations pour méfaits.La vitrine d\u2019un commerce et une voiture ont été endommagées.Le défilé montréalais de la Saint-Patrick est organisé par les Sociétés irlandaises unies de Montréal.Il a eu lieu chaque année sans interruption depuis 1824, ce qui en fait l\u2019un des plus importants rassemblements du genre en Amérique du Nord.Plus de 400000 Québécois se disent d\u2019origine irlandaise et près du quart d\u2019entre eux habitent à Montréal.Le Devoir SAINT-JÉRÔME Deux prisonniers s\u2019évadent.en hélicoptère Québec Saint-Jérôme \u2014 Pendant que le Québec honorait ses plus grandes oeuvres cinématographiques de la dernière année, dimanche soir, la grande région de Laurentides-Lanaudière a eu droit à son propre suspense holljrwoodien après que deux prisonniers du centre de détention de Saint-Jérôme eurent réalisé une spectaculaire évasion en s\u2019accrochant à un hélicop- tère, dimanche après-midi.L\u2019événemenL qui n\u2019avait rien d\u2019un film de fiction, a été marqué par une première vague d\u2019arrestations, dont celle de Benjamin Hudon-Barbeau, l\u2019un des deux détenus en cavale, et de deux autres suspects non identifiés à Chertsey, à une cinquantaine de kilomètres au nord du centre de détention.L\u2019autre détenu, Danny Proven- Prochain gros lot (approx.11 000 000 $ Résultats des tirages du : 2013-03-16 04 14 J6 25 45 47 01 09 24 32 35 47 34 compi compi E|tra 2911458 Résultats des tiraqes du : 2013-03-15 3770261 + 7 sélections gagnantes additionelles Consultez votre détaillant ou à lotoquebec.com En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité çal, a été localisé en milieu de soirée, et la Sûreté du Québec a érigé un périmètre de sécurité dans le but de mettre fin à sa cavale.Vers 23 h.Provençal n\u2019avait toujours pas été arrêté.Hudon-Barbeau, 36 ans, et Provençal, 33 ans, ont réalisé leur spectaculaire coup d\u2019éclat vers 14h20, selon le sergent Benoît Richard de la Sûreté du Québec (SQ).Après la mise en place d\u2019un vaste déploiement de policiers, le sergent Richard a confirmé l\u2019arrestation de trois personnes en hen avec ces événements, vers 19h45, sans toutefois dire, à ce moment, si les évadés avaient été capturés.M.Richard n\u2019a donné aucun détail quant aux circonstances de l\u2019arrestadon, se contentant de dire que l\u2019opéradon se poursuivait et que d\u2019autres arrestations étaient à prévoir.Mais à peine 30 minutes plus tard, la SQ confir- mait, via son compte Twitter, l\u2019arrestation de Hudon-Barbeau et de deux autres hommes.L\u2019évasion a été si spectaculaire que le directeur général adjoint des Services correctionnels pour l\u2019ouest du Québec, Yves Galarneau, a admis n\u2019avoir jamais vu une telle manoeuvre en 33 ans de carrière.Précisant que les deux détenus évadés s\u2019étalent agrippés à l\u2019hélicoptère alors qu\u2019ils prenaient part à une sortie «normale» des détenus, il a mentionné qu\u2019il n\u2019existait pas d\u2019équipements pour empêcher une évasion par la voie des airs.«Quand les employés ont entendu l\u2019hélicoptère et l\u2019ont vu à si basse altitude, ils ont commencé à réagir», a expliqué M.Galarneau, lors d\u2019un point de presse tenu en début de soirée.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 18 MARS 20IS A 5 ECONOMIE PERSPECTIVES Et si ça m\u2019arrivait?(>v À Eric Desrosiers i J La crise économique et l\u2019accroissement des inégalités ont rendu plus difficile l\u2019exercice mental \u2014 et éthique \u2014 de se mettre à la place des autres.Le célèbre théoricien de la justice John Rawls avait trouvé une façon ingénieuse de penser à ce que devraient être les cadres d\u2019une société juste.Il disait que, pour se prononcer, il faudrait pouvoir ne pas connaître d\u2019avance les talents et handicaps qu\u2019on allait recevoir à la naissance, les caractéristiques de la famille et du milieu socio-économique dans lesquels on allait grandir, et tout ignorer des autres bonnes ou mauvaises surprises qu\u2019allait nous réserver la vie.Bien qu\u2019inapplicable en pratique, cette idée de protéger son jugement derrière un «voile d\u2019ignorance» reste une image forte.Il y a toutes sortes d\u2019arguments éthiques et scientifiques sur lesquels on peut se baser pour juger de l\u2019équité des cadres économiques, politiques et sociaux d\u2019une société.On ne peut toutefois s\u2019empêcher de penser qu\u2019avec les règles du jeu proposé par John Rawls, même le plus ardent défenseiu des principes du tout-au-marché voudra, dans sa société idéale, un minimum de filet social au cas où il naîtrait dans une famille d\u2019immigrants ou qu\u2019il serait victime d\u2019une maladie chronique, efi qu\u2019à l\u2019inverse, même le collectiviste le plus convaincu hésiterait à réclamer des niveaux d\u2019impôts confiscatoires au cas où il ferait des études en médecine ou serait l\u2019inven-teiu d\u2019un ordinateiu révolutionnaire.Les questions d\u2019éthique et de justice se posent continuellement dans une société, mais prennent toujoius un tour plus aigu en période de difficultés économiques.L\u2019écart entre la bonne fortune des uns et la mauvaise fortune des autres se fait alors plus dramatique.Comme le coût des programmes sociaux explose en même temps que les revenus des gouvernements dégringolent, on arrive, tôt ou tard, à un moment où les finances publiques doivent être redressées, et où l\u2019on commence à entendre les uns accuser les pauvres et les chômeius d\u2019abuser du système, et les autres reprocher aux riches de ne pas apporter leiu juste contribution.La terrible crise dont les pays développés n\u2019ont pas encore fini de sortir ne fait pas exception.Quoi qu\u2019on ait raconté sur les pertes d\u2019emplois à Wall Street, c\u2019est encore les moins riches et les moins qualifiés qui ont principalement fait les frais de la récession.Pour compliquer encore plus les choses, les finances publiques étaient, dans la plupart des cas, déjà dans un piteux état et les inégalités se creusaient déjà avant même son déclenchement.L\u2019un des effets pervers de l\u2019accroissement des inégalités est qu\u2019elle réduit ce qu\u2019on appelle la mobilité sociale, c\u2019est-à-dire la capacité réelle de changer de statut social, par rapport à celui de ses parents ou au cours de sa propre vie, vers le haut comme vers le bas.Ce niveau de mobilité sociale varie beaucoup d\u2019un endroit à l\u2019autre.Les pays d\u2019Europe du Nord y font, encore une fois, office de région modèle, alors que le Royaumç-Uni, l\u2019Italie, la France et, paradoxalement, les Etats-Unis apparaissent, au contraire, comme les sociétés développées où le fameux rêve américain d\u2019ascension sociale est le plus difficile à réaliser.La peur de la pauvreté La crise économique a frappé tellement fort dans certaines sociétés qu\u2019un peu tout le monde s\u2019y est senti plus vulnérable.Un récent sondage révélaifi par exemple, que presque la moitié des Français ont désormais le sentiment d\u2019être pauvres (11%) ou d\u2019être en train de le devenir (37%).Mais, objectivement, plus les chances d\u2019ascension et de dégringolade sociale sont minces, plus le petit jeu proposé par John Rawls devient abstrait et plus les gens fortunés pourraient, notamment, avoir du mal à se mettre à la place d\u2019un chômeur ou d\u2019un assisté social.Les sondages du Pew Research Center pion-trent en tout cas une baisse marquée aux Etats-Unis, depuis la crise, de l\u2019appui de la droite et des populations à haut revenu à l\u2019idée d\u2019un filet social venant en aide aux gens dans le besoin.La pro-pçrtion de ceux croyant qu\u2019il en va du devoir de l\u2019Etat a ainsi globalement reculé de 69% à 59%, alors que ceux qui pensent le contraire sont passés de 28% à 36%.La situation se présente différemment au Canada.Bien que les inégalités de revenus y aient augmenté comme ailleurs, la mobilité sociale y demeure, pour l\u2019instant, aussi forte que dans les pays d\u2019Europe du Nord.Bien que les gouvernements se tournent actuellement davantage vers une réduction des dépenses et un resserrement des programmes sociaux que vers une augmentation des impôts, la population,resterait fortement attachée aux principes de l\u2019Etat providence où les plus gâtés par la vie viennent en aide aux plus malmenés.Un sondage commandé par l\u2019Institut Broadbent rapportait, le printemps dernier, que 64% des Canadiens (et même 58% des conservateurs) étaient prêts à payer des impôts «légèrement plus élevés pour protéger les programmes sociaux comme les soins de santé, les pensions et l\u2019accès aux études secondaires».Cet appui passait à 83% pour une augmentation de l\u2019impôt des plus nantis (personne gagnant plus de 250000$ par année).On verra bien ce qu\u2019en fera le ministre des Finances, Jim Flaherty, dans son budget de jeudi.^ardium Uardium DIUM GROU WIAt ARDIUM G ARDIUM ¦ GROUPE vâAF ARDIUM ARDIUM ARDIUM lARDIUM DIUM GROUPE ARDIUM G ÜHOUPE ARDIUM IDIUM ARDIUM L\u2019entreprise dirigée par Dany Laflamme offre notamment des services de gardiennage, ie « printemps érabie ».PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les agents de Gardium étaient postés à i\u2019UQAM pendant Portrait d\u2019entreprise Gardium, la sécurité sous toutes ses formes L\u2019électrochoc éthique causé par la commission Charbonneau pourrait profiter à la division enquête de l\u2019entreprise CLAUDE TURCOTTE Le Groupe Gardium se fixait l\u2019an passé l\u2019objectif de doubler son chiffre d\u2019affaires dans le domaine des enquêtes spécialisées au cours des cinq prochaines années.Or, il se pourrait que la stupeur causée par les révélations faites à la commission Charbonneau aide Gardium à atteindre son objectif plus tôt que prévu.Dany Laflamme, président-directeur général de Gardium, est convaincu que cette commission est en train de lui ouvrir un nouveau marché.«La relation d\u2019éthique et d\u2019intégrité des gestionnaires devient de plus en plus importante et on en parle depuis longtemps», dit-il.Evidemment, Gardium ne va pas jouer dans les plates-bandes criminelles labourées par la commission Charbonneau.Tout de même, la plupart des enquêteurs qu\u2019il embauche sont des policiers à la retraite et il recrute ses clients dans le monde des affaires.Par exemple, récemment ime entreprise avait recours à ses services pour enquêter sur son vice-président des finances, qui suscitait des cloutes.En remontant dans sa carrière, l\u2019enquêteur de Gardium a découvert que le suspect avait à son compte trois dossiers similaires chez trois ex-employeurs.Cet homme avait été embauché sans vérifications sur ses activités antérieures.«Quand tu recrutes du personnel ou que tu fassocies avec un partenaire ou un investisseur, tu dois vérifier qui est cet individu, recueillir des informations à son sujet.Tu n\u2019as pas le choix aujourd\u2019hui.C\u2019est un créneau d\u2019enquête en croissance, mais il faut quand même y aller avec prudence; il y a des règles à suivre pour respecter la vie privée.Il faut se limiter à des informations publiques et on en trouve beaucoup sur les réseaux sociaux et Internet » Les comportements de fraude et de collusion qu\u2019on déterre actuellement à la commission Charbonneau amènent évidemment des dirigeants d\u2019entreprise à se demander si la contamination ne s\u2019est pas propagée dans leur propre organisation.Jusqu\u2019à maintenant, Gardium a concentré ses encjuêtes sur le préemploi, c\u2019est-à-dire la vérification des antécédents d\u2019un candidat à un emploi.Il y a des enquêtes également sur divers autres problèmes, notamment les employés consommateurs de drogue, le harcèlement psychologique à la suite de plaintes portées par des employés.Certains mandats d\u2019enquête proviennent aussi de la Commission de la santé et de la sécurité du travail, pour vérifier si certains bénéficiaires de l\u2019assurance qui ne guérissent pas sont vraiment incapables de travailler.Certains ne le sont pas, comme cette personne qui Gardium a concentré ses enquêtes sur le préemploi, c\u2019est-à-dire la vérification des antécédents d\u2019un candidat souffrait d\u2019un mal de dos permanent, mais qui s\u2019était trouvé un talent d\u2019émondeur et une source de revenus supplémentaires, n\u2019hésitant aucunement à monter sur le toit des maisons pour couper des branches.Un enquêteur anonyme chargé de vérifier ce cas a fait appel à ses services d\u2019émondeur, mais en lui demandant aussi la permission de filmer son travail afin de pouvoir le montrer ensuite à son épouse absente.Le faux malade est tombé dans ce piège, mais en ayant quand même eu le temps de se trouver d\u2019autres clients dans la même rue ! Une croissance par des acquisitions et le nouveau marché du Grand Nord En se donnant l\u2019objectif de doubler son chiffre d\u2019affaires dans les enquêtes spécialisées d\u2019ici 2017, Gardium ne mise pas spécifiquement sur les retombées que pourrait susciter la commission Charbonneau.Sa stratégie s\u2019appuie plutôt sur l\u2019acquisition d\u2019entreprises concurrentes œuvrant déjà dans le secteur des enquêtes.M.Laflamme constate que cette industrie est encore très morcelée.Il en a relevé 125 au Québec, appartenant à de «petits joueurs», dont certains approchent de l\u2019âge de la retraite.«Il y aura des possibilités d\u2019acquisitions dans le futur», ajoute le p.-d,g.qui envisage l\u2019avenir avec confiance.A ce jour, trois acquisitions ont déjà été effectuées.Cette division des enquêtes spécialisées, créée en 2007, génère 10% du chiffre d\u2019affaires.Gardium est préparée à faire face au changement de générations dans le monde des entreprises.M.Laflamme a lui-même vécu une telle expérience en devenant l\u2019an passé le p.-d.g.de Gardium, remplaçant ainsi Jean Marc-Aurèle, un ex-policier et fondateur de cette entreprise en 2002.M.Laflamme, dont la mère était la conjointe de M.Marc-Aurèle, était devenu dès le départ le principal associé dans Gardium.Il présentait un curriculum vitæ impressionnant: un MBA de l\u2019UQAM, suivi de sept ans comme conseiller et directeur en planification stratégique chez Secor avec des clients comme Bombardier, la Caisse de dépôt, etc.Il avait passé ensuite quatre ans au Fonds de solidarité FTQ dans une période de grande transition dans l\u2019organisation.Agé de 31 ans, il quittait ensuite cet emploi avec une généreuse indemnité de départ pour aller chez Gardium, où pendant quatre ans, il a consacré la plus grande partie de son énergie à trouver du financement, sans même de salaire, car le démarrage de l\u2019entreprise a été plutôt lent.«Heureusement que Jean était retraité», ajoute-t-il, en taisant allusion à la pension que celui-ci recevait.M.Marc-Aurèle demeure l\u2019actionnaire principal, mais la transition à la présidence s\u2019est faite de %on ordon- née, en profitant de toute l\u2019expérience acquise par M.Laflamme sur le sujet dans ses années passées chez Secor et le Fonds de solidarité.Bref, Gardium a déjà le leadership en place pour gérer les acquisitions qui pourront être faites dans les deux prochaines décennies.Le p.-d.g.a 45 ans.Gardium mise par ailleurs sur un autre secteur de croissance, celui du Grand Nord québécois, où la demande de services de gardiennage va continuer d\u2019augmenter dans les années à venir.Il y a déjà 150 employés dans une demi-douzaine d\u2019exploitations minières.Le gardiennage qui a été à l\u2019origine de la création de Gardium représente environ 70% des revenus du Groupe, qui conserve ime bonne brochette de clients depuis ses débuts, tels que Couche-Tard, Dollorama, l\u2019Union des producteurs agricoles et Dorel.En fait, Gardium est la quatrième société de gardiennage en importance au Québec.Ce service implique des équipes en uniforme qui assurent jour et nuit la sécurité et la surveillance des installations des clients.D\u2019ailleurs, pour maintenir en tout temps du personnel disponible, au cas où un gardien ne pourrait pas se rendre au travail, Gardium s\u2019est constitué une liste de rappel en offrant des engagements à des employés qui occupent déjà un emploi à temps partiel chez des concurrents.Sur les 1000 employés à son service, la moitié seulement sont des permanents.Grâce à l\u2019informatique, il est possible de gérer cette flexibilité.Qn n\u2019impose pas un cadre de travail, on demande plutôt aux gens leurs heures de disponibilité.Parmi eux, il y a par exemple des étudiants qui ne travaillent que les fins de semaine.Il y a au Québec environ 15000 personnes embauchées dans le gardiennage pour diverses entreprises.Une seule convention collective est négociée pour tout ce monde et elle est appliquée ensuite dans un décret.Gardium a un troisième actionnaire, Michel Morin, arrivé dans l\u2019entreprise dans les premières années et qui a ajouté une division spécialisée dans les services de sécurité lors de conflits de travail.Celle-ci contribue à hauteur de 20% aux profits du Groupe.Ses activités varient beaucoup selon les années et ont tendance à baisser en période de ralentissement économique, ce qui a été le cas depuis quelques années.Il y a quand même eu certains contrats dans le contexte de la crise du printemps érable avec des mandats venus de rUQAM et de certains cégeps.Dans ce domaine, M.Laflamme, qui rappelle avoir eu deux de ses enfants en grève, ne mise en aucune façon sur la violence dans les interventions: «On n\u2019a pas besoin de gros bras.Quand tu as une tête sur les épaules, tu es capable d\u2019influencer les gens.» Collaborateur Le Devoir A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 18 MARS 20IS EDITORIAL GUERRE CIVILE EN SYRIE La valse européenne Qu\u2019importe ce que décideront l\u2019ONU et l\u2019IJnion européenne (UE) concernant la Syrie.Pour le premier ministre britannique, David Cameron, et le président français, François Hollande, l\u2019affaire est entendue : des armes seront fournies aux rebelles.Ce faisant, il est probable que l\u2019on va assister à une régionalisation plus nette et brutale d\u2019un conflit vieux désormais de deux ans.E Serge Truffaut n marge du dernier sommet de l\u2019UE, Hollande et Cameron ont arrêté certains des aspects de l\u2019aide militaire envisagée aux rebelles, que réfutent la majorité des membres de l\u2019UE.Les Allemands en tête, les pays du Nord ont la certitude que l\u2019allocation d\u2019armes diverses va ajouter la guerre à la guerre.Pêle-mêle, on craint de poursuivre «une guerre par procuration», pour reprendre l\u2019expression du ministre allemand des Aftaires étrangères, Guido Westerwelle.On craint également, non sans raison d\u2019ailleurs, qu\u2019une partie de ces armes soient rapidement manipulées par les djihadistes, dont beaucoup sont affiliés à al-Qaïda.On craint surtout une prolifération des engins de mort dans une région où le nombre de ces derniers se conjugue déjà avec inflation à la puissance dix.Plus exactement, les Européens, inquiets par le geste franco-britannique, ont la certitude que l\u2019Iran, l\u2019Irak aujourd\u2019hui gouverné par les chiites, la Russie et le Hezbollah vont acheminer da-vantage d\u2019armes lourdes, de conseillers ainsi que 0\tdes.combattants! On sait peu, trop peu, que le nombre de miliciens du Hezbollah libanais dé- 1\t\u2022 passe les 50000.Certains organismes avancent T ~ - même qu\u2019ils seraient en fait 70000.Chose certaine, certaine, les pays nommés et le Hezbollah envisagent avec terreur un renversement du régime de Bachar el-Assad.Ils envisagent avec effroi que les rebelles sunnites et son cortège de djihadistes l\u2019emportent et que, dans la foulée, on assiste à une réaction en chaîne, à une atomisation de l\u2019influence chiite.Cette hantise est évidemment plus prononcée en Iran, le royaume des chiites, qu\u2019ailleurs.Car si les opposants font plier Assad et tous les siens, cela signifiera à terme une dégringolade du Hezbollah au Liban pour la bonne et «plate» raison qu\u2019ime Syrie entre les mains des sunnites se traduira par la mise entre parenthèses des routes par lesquelles transitent les armes et les dollars made in Iran.En clair, le Hezbollah subira la torture de la triangulation.De ces arguments, positions et hypothèses composés à l\u2019enseigne de la logique Cameron et Hollande se sont totalement détachés.Pendant des mois, ces dirigeants ont entendu ces propos et y ont adhéré jusqu\u2019à ce que le Britannique dise stop en février dernier avant de convaincre le Prançais de le rejoindre.Cette inflexion, au demeurant notable, découle d\u2019un constat aussi logique que celui formulé par l\u2019Allemand.Quel est-il?Au bout.Au bout de deux ans de guerre civile : on compte 70000 morts, im million de réfugiés, l\u2019ONU est impuissante, car la Russie s\u2019évertue à gommer ses initiatives, la Syrie est détruite.Le pire, c\u2019est que ce processus de désintégration risque fort de continuer, car Assad, sur la suggestion de Moscou, a adopté la méthode la terre brûlée.De la guerre totale.Ce n\u2019est pas tout.Les rebelles ne présentent ni un front politique ni im front militaire unis.Conséquemmenfi les parties étant dans l\u2019impasse, la Syrie risque fort de se métamorphoser en une Somalie du Moyen-Orient.Une «somalisation» qui débouchera à moyen terme en un affrontement plus frontal entre le croissant chiite et le suimite.C\u2019est fort probablement pour cette raison que Barack Obama, après avoir minutieusement pesé le pour et le contre, les variables de l\u2019un et les facteurs de l\u2019autre, a opté pour la solution «douce».Mais encore?Pour-nir médicaments et nourriture.On a l\u2019impression que, d\u2019un côté comme de l\u2019autre, la stratégie du billard à trois bandes a pris le pas sur l\u2019inflexion humanitaire la plus timide qui soit.TARIFS D\u2019ÉLECTRICITÉ Une régie essentielle D Jean-Robert Sansfaçon ans son budget de novembre, le gouvernement Marois a franchi une limite dangereuse en intervenant dans les pouvoirs de la Régie de l\u2019énergie en matière de fixation des tarifs d\u2019électricité.Malgré cela, la Régie a décrété une hausse de 2,4% au lieu des 3,4% demandés pour répondre aux attentes du gouvernement.Tant mieux! Jusqu\u2019à ce jour, la Régie fixait les tarifs après avoir analysé les coûts présentés par Hydro-Québec.Or, dans son budget, le ministre Nicolas Marceau a demandé à Hydro-Québec d\u2019éliminer 2000 postes pour dégager des profits supplémentaires.Son problème, c\u2019est que la loi actuelle oblige la Régie à faire profiter les consommateurs et non pas l\u2019actionnaire des gains de productivité réalisés au-delà du taux de rendement normal.Québec a donc présenté un projet de loi qui, une fois adopté, imposera un nouveau partage des économies entre les consommateurs et le gouvernement.Mais voilà, la loi n\u2019étant pas encore en vigueur, la Régie a décidé de refuser la demande d\u2019augmentation de tarif d\u2019Hydro-Québec.Les régisseurs ont-ils joué de légalisme?Si oui, ils ont pris un risque personnel.De toute façon, il faut s\u2019attendre à ce qu\u2019Hydro revienne à la charge.À titre de législateur, Québec a le droit de modifier les lois.Rappelons tout de même que le ministre Marceau avait pris la peine de préciser que les compressions à Hydro-Québec n\u2019influeraient pas sur les tarifs.Ce qui est faux puisqu\u2019Hydro-Québec ne peut pas économiser autant que nécessaire dès cette année.Mais il y a plus.Créée au milieu des années 90 par le gouvernement Bouchard pour mettre fin aux interventions arbitraires des gouvernements dans la gestion du monopole d\u2019électricité, la Régie de l\u2019énergie s\u2019est vue amputée de son rôle d\u2019évaluation des projets de production avant même l\u2019entrée en vigueur de la loi.Pas question de laisser un tel pouvoir à un groupe d\u2019experts indépendants, la Régie concentrera ses efforts sur les équipements de transport et de distribution, et déterminera la grille des tarife, point.Ainsi, le gouvernement conservait le droit d\u2019établir la liste des infrastructures à construire en fonction des besoins et des ambitions politiques du parti au pouvoir.Ce qui a conduit au devancement de plusieurs projets, à l\u2019offensive éolienne et aux nombreux décrets forçant Hydro à acheter l\u2019électricité au rabais des producteurs privés.Partout où des sociétés de services publics exercent un monopole, la théorie économique veut que l\u2019on confie l\u2019examen des tarifs et souvent des projets à des régisseurs indépendants pour en évaluer la pertinence.En reprenant petit à petit le contrôle sur les tarifs de distribution en plus des projets et des prix de production, le gouvernement Marois ampute la Régie de ses dernières prérogatives et nous ramène vingt ans en arrière.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE LETTRES Attention anx redevances Le projet du gouvernement d\u2019imposer une redevance de 5% sur la valeur brute de la matière extraite laisse songeur.On a beaucoup publicisé le fait que la moitié des sociétés minières n\u2019ont pas payé de redevances en 2011, ce qui a laissé le champ libre à toutes sortes de déclarations déchaînées de la part des diverses coalitions en cabale contre l\u2019industrie minière, qui ont même commandé un sondage qui démontrerait que la population est d\u2019accord avec une telle hausse des redevances.Il s\u2019agit pourtant d\u2019une problématique très complexe, tant du point de vue scientifique que financier, et on se demande comment quelqu\u2019un qui n\u2019est pas au fait de la façon de fonctionner de l\u2019industrie minière peut se prononcer sur la pertinence ou non d\u2019une telle redevance.Imposer une redevance «mur à mur» de 5%, sans tenir compte de la matière exploitée ni du type de gisemenfi est une solution simpliste qui risque de créer plus de problèmes que de solutions.Si cela pourrait être envisageable dans le cas des mégagisements de fer de la fosse du Labrador, ou même des grosses exploitations d\u2019or à ciel ouvert, il en va autrement des petits gisements d\u2019or ou poljunétalliques filoniens.En effeL avec une redevance sur la valeur brute, la tentation est ^ande pour les exploitants de ces petits gisements d\u2019extraire seulement les parties les plus riches et de laisser tomber tout le reste, réduisant ainsi considérablement la durée de l\u2019exploitation, tout en rendant inexploitable la matière minéralisée qui reste, celle-ci étant dégarnie de ses portions les plus riches, ce qui correspond à dilapider nos ressources.Quand on regarde les autres juridictions, seuls les pays du tiers monde ont un tel système, les pays plus industrialisés (comme l\u2019Australie) ont un système de redevance modulé qui tient compte de ces paramètres.Bien qu\u2019il semble que le système actuel laisse trop de latitude aux manipulations comptables afin de ne pas payer d\u2019impôts miniers, il faudrait quand même tempérer ce remède de cheval qu\u2019on veut imposer.Claude Provost, géologue Saint-Bruno, le 14 mars 2013 Une cité verte, mon oeil ! La Cité verte, à Québec, continue à mettre de côté les aspects patrimoniaux du site.Un véritable carnage ! Au début de la semaine du 3 mars dernier, SSQ Groupe financier a continué la coupe des arbres.Il y en a maintenant 108 qui sont passés à la tronçonneuse.Pour éviter les questions, on q entrepris les travaux à 4 heures du matin.Évidemmenf les habitants du secteur ont été incommodés par le bruit, mais le promoteur a eu la possibilité de terminer les travaux et d\u2019avoir ainsi le champ libre pour la suite.Ces travaux ont été autorisés par la Ville lundi 4 mars et la coupe des arbres a eu lieu dans la nuit du 5 mars.Antérieurement, il y a eu le démantèlement de la grange historique ayant abrité les animaux qui servaient à nourrir les bébés nés à la crèche et probablement aussi les jeunes femmes qui y étaient formées en puériculture.Qui de nos enfants et petits-enfants connaît cette triste réalité de notre histoire?Une histoire de femmes malmenées, ce n\u2019est pas si important.La grange aurait pu servir à mettre en valeur cet élément de notre passé.Consciente de la richesse de ce bâtimenf la SSQ s\u2019est hâtée de la reconstruire à Lac-Beauport.Elle porte injustement le nom de «Grange SSQ».Son aspect historique a disparu.Au déparf il y a eu la démolition de la maison Raymond Casgrain qui datait d\u2019au moins 150 ans.Une autre richesse patrimoniale détruite.Sur ce terrain, on est en train d\u2019ériger un bâtiment qui servira à entreposer et à traiter les déchets (poliment nommés matières résiduelles).Quelles seraient les conséquences d\u2019un bris, d\u2019une fuite, du mauvais fonctionnement d\u2019un tel système expérimental dans l\u2019environnement?Nous avons posé tant de questions sans aucune réponse.Cette décision de la Ville de Québec fut prise au détriment de l\u2019avis de citoyens directement concernés par le projet.Gens de Sillery, je vous admire pour votre détermination et votre engagement.Vous ne serez jamais trop vigilants.Ne lâchez surtout pas.Marie-Paule Tremblay Québec, le 14 mars 2013 La maternelle à quatre ans, un choix judicieux?Le gouvernement Marois a décidé de mettre huit millions de dollars dans l\u2019implantation de maternelles quatre ans en milieux défavorisés.Je me demande pourquoi Pauline Marois a choisi la maternelle plutôt que le CPE.Au CPE, le ratio est d\u2019une éducatrice pour 10 enfants alors qu\u2019à la maternelle, il est d\u2019une enseignante pour 18.Dans les CPE, les éducatrices ont une formation spécialisée en petite enfance.Pour enseigner à la maternelle quatre ans, les enseignantes n\u2019ont pas une formation adéquate en éducation préscolaire.Au CPE, l\u2019espace et l\u2019aménagement sont régi§ par des normes strictes et obligatoires.A l\u2019école, ces dernières sont flexibles et facultatives : on retrouve souvent des classes dans des locaux complètement inadéquats.On sait qu\u2019il est essentiel de viser le développement des compétences parentales si on veut aider les enfants.Les garderies ont toute l\u2019expérience et la structure pour le faire, et c\u2019est dans leur mandat de le faire.Ce n\u2019est pas le cas à l\u2019école.Même le Conseil supérieur de l\u2019éducation affirme que la meilleure place pour un enfant de quatre ans est le CPE.Avec cette décision, M\u201c® Marois a-t-elle vraiment à cœur le bien-être des petits de quatre ans ?Danielle Jasmin Montréal, le 14 mars 2013 LIBRE OPINION Dérapages d\u2019un ancien président du BAPE JEAN BARIL Avocat, docteur en droit et auteur du livre Le BAPE devant les citoyens (PUL, 2006) Selon divers médias, l\u2019ancien président du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE), M.Pierre Renaud, affirme que «douze personnes mènent le jeu environnemental au Québec, dont certains sont devenus ministres» et que «ces gens se prononcent sur des choses qu\u2019ils ne connaissent pas ».Selon lui, «il y a des gens qui prennent le micro et il y a des journalistes peu scrupuleux qui vont tout simplement mentionner des choses sans égard à la vérité».M.Renaud appelle donc les minières «à prendre d\u2019assaut les médias» et présente la mine d\u2019Osisko, à Malartic, comme un exemple de développement durable.On peut comprendre la colère de M.Renaud d\u2019avoir été congédié après un renouvellement de mandat effectué par les libéraux juste avant le déclenchement des élections.Cependanf cela ne peut excuser des déclarations rompant totalement avec l\u2019attitude de réserve observée par tous les anciens présidents du BAPE durant son histoire.Cette réserve est essentielle au maintien de la crédibilité du BAPE, tout comme l\u2019indépendance de vue et la neutralité de ses commissaires, encore plus de ses présidents.Même congédiés.Les propos de M.Renaud ne dégagent pas une telle neutralité d\u2019esprit ef malheureusement, ne font qu\u2019ajouter de l\u2019eau au moulin des partisans de la «théorie du complot» et d\u2019un BAPE «aux rapports complaisants penchant toujours du même bord».Ils manquent aussi de respect envers les milliers de personnes qui assistent et contribuent de bonne foi au déroulement des audiences publiques du BAPE sans être manipulées ou menées par une petite clique de douze personnes.Expertise citoyenne Concernant Osisko, la crédibilité du BAPE avait déjà été mise à rude épreuve par le fait que ses audiences publiques avaient lieu au moment même où l\u2019entreprise déménageait les maisons pour faire place à sa mine.Pour plusieurs, la décision d\u2019aller de l\u2019avant semblait donc déjà prise, et les audiences du BAPE étaient une «mascarade».L\u2019éloge de l\u2019entreprise par celui qui présidait l\u2019organisme au moment de ces audiences ne va certainement pas leur redonner confiance dans nos mécanismes de consultation et de participation du public ! «L\u2019expertise citoyenne» est une réalité dont le BAPE a pour mission de faciliter l\u2019expression.Les questions environnementales interpellent de plus en plus de gens et le BAPE n\u2019est d\u2019ailleurs pas étranger à la sensibilisation environnementale observée au Québec.Il est malheureux que l\u2019orgueil, ou une colère démesurée, amène un ancien président du BAPE à tenir des propos dignes des «dinosaures» qui présentent le développement économique comme perpétuellement entravé par une minorité d\u2019activistes écologistes.Sans compter le discrédit qu\u2019il jette sur le BAPE, un organisme précieux pour la délibération publique en matière d\u2019environnement.La décision de le remplacer était finalement la bonne. LE DEVOIR LE LUNDI 18 MARS 2013 A 7 IDEES Revenir à l\u2019esprit de la loi 101 Pour quelle absurde raison les rédacteurs du projet de loi 14 ont-ils jeté aux orties les comités de francisation?GUY ROCHER Professeur émérite de sociologie à l\u2019Université de Montréal et corédacteur de la loi 101 a loi 101, à ses origines, constituait un édifice cohérent qui touchait tous les aspects de la vie en société : droits officiels, espace public, administration, système scolaire, monde de l\u2019entreprise, travail et relations de travail.Le fil rouge de la Loi était de faire du Québec une société qui fonctionne en Lançais, qui intègre ses immigrants dans la angue de la majorité, et cela, dans le respect des droits institutionnalisés de la minorité anglophone.Les tribunaux et certaines décisions intempestives venant des différents gouvernements ont enlevé quelques pierres à l\u2019édifice.Une instance administrative de protection de la loi 101, laquelle avait développé une expertise précieuse, a même été rayée d\u2019un coup de plume en 2002.11 s\u2019agit de la Commission de protection de la langue française, désignée par les détracteurs de la Loi 101 comme la «police de la langue» \u2014 terme assez infamant utilisé exclusivement pour cet organisme et non pour tous les autres organismes publics qui défendent les citoyens.Le gouvernement Marois a tenté, avec son projet de loi 14, d\u2019adapter la loi 101 à la conjoncture actuelle, et cela avec d\u2019infinies précautions.Les débats enclenchés par des porte-parole de la communauté anglophone ont jeté la confusion sur les objectifs gouvernementaux.Cette campagne de dénigrement a au moins eu le mérite de rappeler que des éléments importants de la communauté anglophone n\u2019ont jamais accepté le principe et l\u2019esprit de la loi 101 et se jettent dans toutes les portes qui laissent un peu d\u2019ouverture pour demander qu\u2019on la mette en pièces.11 a fallu à l\u2019époque toute la détermination du ministre d\u2019Etat, Camille Laurin, pour faire fi des menaces les plus sombres venant de certains milieux anglophones, du patronat et du Parti libéral du Québec (dont tous les députés ont voté contre la loi 101).Le Québec n\u2019a pas fait faillite, les entreprises ne se sont pas exilées et les employeurs ne se sont pas évanouis sous des monceaux de paperasse.Le français «utile», ou le français mort La loi 101 fut adoptée en 1977.Cet ouvrage immense fut préparé dans l\u2019urgence, mais avec la plus grande minutie.Pour le «père» de la loi 101, la priorité était le domaine du travail.La langue française devait être «utile», sous peine d\u2019être folklorisée.Les syndicats québécois, et tout particulièrement la FTQ, ont poussé à la roue.La FTQ avait, pour des raisons de nature historique, davantage d\u2019ancrages dans les moyennes et grandes entreprises privées à direction anglophone.Ses responsables syndicaux étaient forcés de négocier en anglais.La négation du droit de travailler en français ou celui d\u2019avoir des contremaîtres connaissant la langue des subalternes fut l\u2019objet de conflits de travail et d\u2019accrochages qui mettaient les entreprises sous tension permanente.Ce sont les syndicats, dans les années 1960, qui ont réclamé le droit de travailler en français, et la possibilité de participer au processus de francisation.M.Laurin les a entendus, a inscrit dans la loi 101 la mise sur pied de comités de francisation auxquels participaient d\u2019office les syndicats, proclamés «chiens de garde » de la francisation, coresponsables de l\u2019objectif de faire en sorte que la connaissance de la langue française soit indispensable pour qui veut gagner sa vie au Québec.Loin d\u2019être sourd aux revendications patronales, le gouvernement (péquiste) modifia la ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Pour Camille Laurin, le «père» de la loi 101, la priorité était le domaine du travail.La langue française devait être «utile», sous peine d\u2019être folklorisée.loi 101 pour instituer un régime moins contraignant pour les sièges sociaux et les centres de recherche situés au Québec.La construction dans les années soixante et suivantes d\u2019un Etat moderne a permis aux francophones et à leurs élites de prendre pied dans l\u2019administration publique et de mettre sur pied des leviers économiques collectifs, mais ce phénomène, aussi important soit-il, n\u2019avait guère pénétré le secteur privé de l\u2019économie.La loi 101 a fortement contribué à augmenter la présence de francophones dans les entreprises privées.Des francophones sont graduellement apparus dans les organigrammes des entreprises et ont occupé des postes de direction.Les porte-parole actuels des employeurs ont à cet égard la mémoire courte.S\u2019adapter à la nouvelle structure d\u2019affaires Arrive le projet de loi 14, qui étend l\u2019obligation de francisation aux entreprises de vingt-six à cinquante employés.Cela relève d\u2019une simple logique socio-économique.Les entreprises sont maintenant plus petites, pour toutes sortes de raisons (technologie, impartition, flexibilité, recentrages productifs.).En ce sens, étendre les obligations des moyennes et grandes entreprises aux petites entreprises va en quelque sorte de soi, pour peu que l\u2019objectif soit de protéger la francisation ou de franciser les milieux de travail.De plus, les porte-parole des communautés immigrantes de pays francophones ne cessent de répéter que les immigrants francisés doivent impérativement parler anglais pour décrocher un emploi, ou cet emploi-là.Mais pour quelle absurde raison les rédacteurs du projet de loi 14 ont-ils jeté aux orties les comités de francisation en faveur d\u2019autres mécanismes de consultation et de participation de son personnel (article 42) ?Pour satisfaire les organismes patronaux?Parce qu\u2019ils ont eu «peur de faire peur»?Si tel était l\u2019objectif, c\u2019est raté, car le chantage à l\u2019exode des entreprises et des capitaux a repris.Nous revoilà installés dans l\u2019esprit (et le fantasme) de la loi 22, qui tablait sur la bonne foi des employeurs.C\u2019est là renvoyer la défense et la promotion de la francisation à l\u2019arbitraire patronal, dans un contexte où les syndicats ont perdu de leur rapport de force.Qui plus est, le projet de loi 14 introduit dans les interventions et litiges linguistiques la commission des normes du travail, des comités sectoriels de main-d\u2019œuvre, des associations corporatives.qui n\u2019ont aucune expertise en la matière.Les comités de francisation ont été et sont les acteurs majeurs de la francisation des grandes entreprises.Ils ont eu et ont toujours la vie difficile.Leur efficacité est due souvent à quelques travailleurs déterminés, qui en sont membres, avec l\u2019appui de leur syndicat.Lors de la commission parlementaire, non seulement le gouvernement doit maintenir les comités de francisation dans les grandes entreprises, mais aussi en étendre l\u2019existence dans les entreprises comptant vingt-six employés au moins (il s\u2019agit bien d\u2019entreprises et non d\u2019établissements) afin que la Loi serve de levier aux revendications syndicales.11 importe également, comme d\u2019aucuns et l\u2019auteur de ces lignes l\u2019ont réclamé, que la personne dirigeant l\u2019Qffice québécois de la langue française soit nommée par l\u2019Assemblée nationale après les consultations appropriées auprès des partis, comme le sont d\u2019ailleurs plusieurs dirigeants d\u2019organismes consacrés à l\u2019intérêt public.La loi 101 est notre loi fondatrice comme peuple francophone québécois, mais aussi l\u2019illustration de notre ouverture collective aux autres communautés linguistiques.C\u2019est bien mal la traiter que de ne pas lui conférer un statut illustrant une volonté collective allant au-delà des partis politiques.Abandonner la francisation des enfreprises aux employeurs Le gouvernement envoie des messages contradictoires.Personne ne contestera la pertinence du bilinguisme ou du multilinguisme sur une base individuelle.Mais, à l\u2019heure où les espaces privé et public se bilinguisent, particulièrement dans la région montréalaise, il n\u2019est aucune raison valable d\u2019abandonner la francisation des entreprises aux employeurs, lesquels déjà pourfendent les avancées timides du projet de loi 14, au nom du droit à la liberté d\u2019entreprendre et de gérer.Les entreprises ne faisant pas affaire avec le public sont des espaces privés, où l\u2019on ne pénètre pas à sa guise.Les seules personnes en mesure de défendre le français au travail sont celles qui y gagnent leur vie, qui assistent à la défrancisation bien souvent.La vie au travail, c\u2019est aussi celle d\u2019une affirmation linguistique collective, laquelle devra toujours être un objectif et faire l\u2019objet de vigilance.Et cette vigilance doit être accrue dans la mesure où les francophones seront plus bilingues.En effet, les compétences linguistiques accrues des salariés francophones peuvent favoriser un retour discret et insidieux de l\u2019anglais comme langue de travail, de même que celui d\u2019unilingues anglophones dans des postes clés.C\u2019est pourquoi les organismes militant pour un Québec francophone doivent se remobiliser sur la question de la langue de travail, et c\u2019est aussi pourquoi les syndicats doivent faire de même.L\u2019incohérence de Pauline Marois La maîtresse d\u2019œuvre de la création des CPE semble avoir oublié les valeurs qui en sont les fondements MICHELINE LALONDE-GRATON Sociologue M adame Marois, En 2002, vous avez écrit la préface du livre que j\u2019ai publié en collaboration avec le Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie, soit Des salles d\u2019asile aux centres de la petite enfance.Vous y écriviez ceci : « C\u2019est avec la certitude de poser les premiers jalons d\u2019une série d\u2019initiatives nouvelles au Québec que j\u2019ai présenté à mes collègues du Conseil des ministres, en 1997, la politique familiale.J\u2019avais l\u2019im- pression qu\u2019en soutenant avec plus de vigueur des parents, en offrant l\u2019universalité du programme éducatif et l\u2019accessibilité aux services de garde à l\u2019enfance à l\u2019ensemble des familles québécoises, nous augmentions le développement de notre nation.[.] En se dotant d\u2019une véritable politique familiale, le Québec s\u2019est donc illustré une fois de plus comme une société avant-gardiste aux yeux de plusieurs nations.Je suis d\u2019ailleurs extrêmement fière d\u2019avoir participé à cette réalisation.[.] Le Québec peut s\u2019enorgueillir de cette réussite sociale dont les CPE ont été des acteurs essentiels.[.] [Ce livre] montre que nous pouvons être fiers des progrès réalisés en faveur de nos jeunes, de nos enfants.» Le Québec vous doit, sans aucun doute, la création des CPE en 1997.Je suis certaine que dans le cadre de ce projet, vous souhaitiez, pour sont confiés.Ces éducatrices appliquent un programme éducatif qui, justement, met l\u2019accent sur l\u2019importance de la qualité dans le processus de leur développement.Qr, votre gouvernement Ce que vous imposez aux CPE, c\u2019est de faire des choix.Ils auront à décider où il faudra couper; dans la nourriture, dans le matériel, dans l\u2019entretien ou encore, dans les conditions de travail des éducatrices?«nos enfants», un milieu de vie de qualité grâce à des éducatrices formées et conscientes de l\u2019importance du rôle qu\u2019elles ont à jouer auprès des petits qui leur vient d\u2019annoncer des compressions dans les CPE, menaçant ainsi cette qualité souhaitée.Ce que vous imposez aux CPE, c\u2019est de faire des choix.Ils auront à décider où il faudra couper; dans la nourriture, dans le matériel, dans l\u2019entretien ou encore, dans les conditions de travail des éducatrices?11 y avait certes d\u2019autres choix, par exemple celui d\u2019indexer les frais de garde de 7 $ à 8$, au lieu de pénaliser les CPE.Ce dernier choix aurait peut-être eu le désavantage d\u2019irriter momentanément certains parents, mais si on leur avait bien expliqué que la qualité de vie de leurs enfants est en jeu, ils auraient sûrement accepté.A la suite de ce que les médias ont déterré samedi, je ne peux mesurer l\u2019ampleur de ma déception.J\u2019ai œuvré dans le milieu de l\u2019éducation à la petite enfance pendant plus de 30 ans, et ce, tant sur le plan de la recherche que sur celui de l\u2019enseignement.Je ne comprends pas votre position actuelle, vous qui avez été le «maître d\u2019œuvre» de la création des CPE, il semble difficile de croire que vous êtes celle qui leur impose des compressions à ce stade important de leur développement.Je n\u2019y vois pas autre chose qu\u2019une incohérence entre les valeurs que vous aviez, il n\u2019y a pas si longtemps, et les actions que vous posez aujourd\u2019hui.C\u2019est malheureux pour les CPE, pour les éducatrices et surtout pour les enfants.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) ; information générale : Marie-Andrée Chouinard (chef de division), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DegYise (société) et Jean Dion (sports) ; information politique : Michel D^tVvKchroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter) ; information culturelle : Louise-Maude Rioux Soucy (chef de division), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Bélair Cirino, François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Gnj TaWXeier(reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) -, section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Folie-Boivin et Louis Gagné (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettino-Parazelli et Geneviève Tremblay (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire)-, Florence Ferraris (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec).PU'BIACTT'È, Céline Benoît, Claîre Breton, Jean de Bîlly, Jean-Françoîs Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elîmam, Amélîe Maltais, Claire Paquet, Catherine Pelletier, Chantal Rainville, Nadia Sebai, Ousmane C.Touré (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux).Élise Gïrar6.(secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur), Olivier Zulda (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Caroline Guimond, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la promotion) ,yi?CKiva-0\\ïvïer Leclerc (responsable du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables).Claudette Béliveau (adjointe administrative), Moïse Bastien, Claudine Chevrier, Céline Furoy, Ghislaine Lafleur et Véronique Pagé. A 8 LE DEVOIR LE LUNDI 18 MARS 20IS ACTUALITES COUILLAED SUITE DE LA PAGE 1 nable», a-t-il indiqué.«Le plus important pour moi, c\u2019est de mobiliser le parti, trouver des candidats partout au Québec et rassembler les militants dans une nouvelle direction.» Dans les prochaines semaines, il fera une tournée du Québec et préparera des rencontres régionales qui doivent aboutir, au printemps 2014, à un grand congrès d\u2019orientation.Cet échéancier est incertain et pourrait être contrecarré par le déclenchement d\u2019élections.«Ne nous méprenons pas: le calendrier électoral peut jouer un rôle là-dedans et changer ça», a-t-il prévenu.Dans son discours, dimanche avant la tenue du vote, Philippe Couillard a réitéré son souhait que le Québec signe la Constitution canadienne alors que le Canada célébrera, en 2017, le 150® anniversaire de sa fondation.«Je ne peux pas concevoir que Von puisse s\u2019investir en politique québécoise et choisir le Canada sans le désir de voir le Québec réintégrer un jour la famille canadienne.On ne peut pas vouer à l\u2019oubli un enjeu aussi fort sur le plan des symboles que l\u2019absence de la signature du Québec au bas de la loi maîtresse du Canada.» Au cours d\u2019une mêlée de presse après le scrutin, Jean Charest a tiqué à la simple mention de la Constitution.La priorité doit être l\u2019économie, a-t-il soutenu.«C\u2019est ce qui rend tout le reste possible.» Devant les journalistes, Philippe Couillard a précisé que signer la Constitution n\u2019était pas «une priorité quotidienne.La priorité quotidienne des Québécois demeure l\u2019économie, l\u2019emploi et la création de la richesse».La surprise Bachand En terminant dernier, Raymond Bachand a causé la seule véritable surprise de la journée.Pour l\u2019ancien ministre des Finances, la défaite JACQUES NADEAU LE DEVOIR Raymond Bachand, dernier de la course au PLQ est amère.Certains diront que la greffe de l\u2019ancien lévesquiste au Parti libéral n\u2019a pas pris.Au bord des larmes, l\u2019ex-ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, un des premiers élus à accorder son appui à Raymond Bachand, a indiqué que les seuls scénarios envisagés, c\u2019était une deuxième place ; au deuxième tour, l\u2019équipe Bachand aurait fait campagne auprès des partisans de Pierre Moreau.«Voir qu\u2019on est en troisième, ça, c\u2019est la surprise totale.[.] C\u2019est sûr que c\u2019est très, très décevant et je pense que Raymond est certainement très blessé.C\u2019est un homme excessivement sensible.» Elle souhaite que Raymond Bachand reste député, du moins jusqu\u2019aux prochaines élections.C\u2019est d\u2019ailleurs un engagement qu\u2019il avait pris durant la course.Même si les clans Bachand et Moreau ont exploité la controverse entourant les liens qui unissaient Philippe Couillard et l\u2019ancien directeur du Centre universitaire de santé de McGill (CUSM), Arthur Porter, les députés qui faisaient partie des camps adverses estiment au- jourd\u2019hui que ces liens ne seront pas un handicap pour le nouveau chef.C\u2019est le cas de Christine St-Pierre, qui a dit n\u2019avoir jamais eu de doute sur l\u2019intégrité de Philippe Couillard, et aussi du député de Vian, Emmanuel Dubourg.Pour les partisans du vainqueur, le spectre de Porter ne le poursuivra pas.«L\u2019histoire de M.Porter, on en a entendu parler tous les jours, ou à peu près, pendant la campagne.Pour moi, c\u2019est derrière nous cette chose-là et M.Couillard a dit là-dessus ce qu\u2019il avait à dire», croit le député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, Jean D\u2019Amour.Dans le camp de Pierre Moreau, la défaite n\u2019a pas été déshonorante, estiment ses partisans.« Je souhaitais, dans cette campagne-là, qu\u2019il y ait quand même une course, qu\u2019il n\u2019y ait pas un couronnement.Il y a eu une course.Ça permis certainement à la population de découvrir Pierre Moreau.Il ressort de cette expérience comme étant quelqu\u2019un de très valable sur le plan des communications», a fait valoir l\u2019ancien ministre du Développement durable, Pierre Ar-cand.Pour plusieurs militants, Pierre Moreau fut celui des trois candidats qui a fait le meilleur discours dimanche.Tout en félicitant pour la forme Philippe Couillard, le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, croit que le nouveau chef libéral doit rejeter l\u2019héritage des neuf dernières années du gouvernement Charest.«Il doit se dissocier de la corruption, de la dette, de la mauvaise gestion », a-t-il avancé.11 a invité M.Couillard «à travailler avec nous pour nettoyer les dégâts qu\u2019ils nous ont laissés» et collaborer à «l\u2019opération de redressement» entreprise par le gouvernement Marois.Sur la question constitutionnelle, Bernard Drainville a exigé du chef libéral qu\u2019il précise «à quelles conditions, il veut livrer la signature du Québec au bas de la Constitution.» Le Devoir COMPTE À REBOURS SUITE DE LA PAGE 1 laisser le gouvernement faire le sale travail de dégraissage de l\u2019appareil gouvernemental dont ils devraient eux-mêmes se charger s\u2019ils revenaient prématurément aux affaires, mais il sera très difficile de laisser passer une occasion de précipiter sa chute.Le compte à rebours semble bel et bien commencé.L\u2019ancien premier ministre Charest avait donné le ton samedi soir avec un discours féroce sur les méfaits péquistes.Des trois candidats, c\u2019est indéniablement Pierre Moreau qui était au diapason de l\u2019humeur des militants libéraux, quand il a dénoncé «l\u2019entreprise de déconstruction nationale» menée par le PQ.Que peut-il y avoir de plus urgent que d\u2019y mettre fin?Après tout, pourquoi ne pas réfléchir dans le confort du pouvoir ?Hier, M.Charest a également envoyé un message clair à son successeur, qui entend «reprendre l\u2019initiative de la discussion » dans le dossier constitutionnel : la priorité doit être l\u2019économie et non pas la Constitution.M.Couillard était en Arabie durant les années de l\u2019après-Meech dont M.Charest a conservé de douloureux souvenirs.Le nouveau chef libéral, qui ne manque aucune occasion de rappeler son attachement au fédéralisme, n\u2019a peut-être pas pris toute la mesure du danger qu\u2019un nouvel échec ferait courir à funité canadienne.Qu se chargera certainement de le lui faire comprendre.Daniel Johnson avait été cruellement blessé en 1983, quand il avait terminé troisième derrière Pierre Paradis dans la course qqi avait marqué le retour de Robert Bourassa.À l\u2019époque, M.Johnson était cependant un jeune député, élu à peine deux ans plus tôt, qui devait bénéficier d\u2019une deuxième chance dix ans plus tard.Pour Raymond Bachand, l\u2019humiliation qu\u2019il a subie hier est d\u2019autant plus difficile à encaisser qu\u2019à son âge, il n\u2019aura pas d\u2019autre chance.Qui plus est, il n\u2019était pas une recrue, mais un ministre des Finances respecté, même si ses politiques étaient contestées.Dans la hiérarchie ministérielle, il était nettement au-dessus de Pierre Moreau.Cette troisième place a des allures de rejet.Plusieurs au PLQ ne lui ont pas pardonné son passé péquiste et il peut se demander si, malgré sa conversion au fédéralisme, il n\u2019était pas encore trop nationaliste pour les militants libéraux, dont l\u2019attachement au Canada est sans doute plus inconditionnel que le sien.Même si, dans un geste de conciliation, M.Couillard lui demandait de conserver son poste de porte-parole en matière de finances, M.Bachand peut difficilement ne pas voir dans sa promesse d\u2019une réforme majeure de la fiscalité un dés- aveu de ses propres politiques.11 a promis de terminer son mandat de député d\u2019Qutremont, mais le cœur n\u2019y sera plus.Inversement, la carrière politique de M.Moreau vient de faire un grand pas.11 apparaît maintenant comme un incontournable numéro 2.Si la raison commandait aux militants libéraux de choisir M.Couillard, qui a les meilleures chances de les ramener au pouvoir, leur cœur était avec le député de Châteauguay.Contrairement à ce qui s\u2019était produit au NPD durant la course à la succession de Jack Layton, Jean-Marc Fournier a réussi à faire en sorte que les libéraux offrent une opposition ef ficace, mais M.Moreau serait certainement très performant au poste de chef parlementaire, en attendant le jour où M.Couillard fera sa rentrée à l\u2019Assemblée nationale.Au cours de la très difficile dernière année qu\u2019a vécue le gouvernement Charest, il a été le seul qui a réussi à marquer des points.M.Moreau devra patienter avant de satisfaire ses ambitions, mais il a tout le temps devant lui.M.Couillard peut être assuré de sa loyauté, mais il conservera toujours à l\u2019esprit que quelqu\u2019un est prêt à prendre la relève, si jamais il trébuche.Et, un jour ou l\u2019autre, on finit toujours par trébucher.mdavid@ledevoir.com JUTRA SUITE DE LA PAGE 1 jusqu\u2019à en perdre le souffle, dédiant son prix aux enfants de la rue et aux pauvres, déjà couronnée à la Berlinale et aux Ecrans canadiens (au nez de Suzanne Clément brûlante dans Laurence Anyways, primée à Cannes).Meilleur acteur de soutien à Serge Kanjdnda, en sorcier albinos amoureux de la jeune fille.Ajoutez meilleures images, meilleur montage, meilleur son.Kim Nguyen, qui signait son quatrième long métrage, n\u2019avait jamais remporté de Jutra et se reprenait dimanche, souriant, heureux.Rémy Girard, chantant et rappant, mais menant le rjùhme trop vite, aurait eu besoin de réinventer la roue pour faire lever la cérémonie, après une année où le public bouda son cinéma.«C\u2019est sûr que je n\u2019avais pas de film cette année», ironisa-t-il.11 bouclait la boucle, ayant animé les premiers Jutra en 1999 et resta dans sa zone de confort.Pas très djmamique tout ça! Remerciements brefs, numéros plus ou moins réussis, décors classiques; André Turpin a su donner une amusante leçon de direction photo, avec le concours d\u2019Isabelle Blais.C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée, fut plébiscité meilleur film parmi les grands lauréats des Jutra des quatorze dernières années.Hommage à Michel Côté L\u2019acteur Michel Côté, si aimé des Québécois a reçu avec émotion, le regard mouillé, mais plein d\u2019humour son prix hommage des mains de son ami et partenaire de la mythique pièce Broue, Marc Messier.Celui-ci a fait remarquer que tous les films auxquels Côté a participé au cours des quinze dernières années ont été des succès populaires.«C\u2019est aussi par son cinéma qu\u2019on mesure l\u2019évolution d\u2019un pays, a dit Michel Côté.Pas seulement par son escadrille de F35.» 11 trouve in- ERANÇOIS PESANT LE DEVOIR Le comédien Michel Côté a reçu dimanche le prix Jutra-Hommage 2013.quiétant que nos films aient fait des recettes décevantes en 2012.«C\u2019est à nous de revitaliser notre patrimoine culturel», estime-t-il.Le lauréat du prix hommage, avec ses mots vibrants pour sa famille aussi, fut le clou de la cérémonie.Julien Poulin, dépouillé à l\u2019écran des défroques d\u2019Elvis Graton, pour avoir joué avec une intériorité puissante le père dépressif dans Camion de Rafaël Quellet, a reçu le Jutra du meilleur acteur.11 a damé le pion à Ali Amar, si impressionnant dans son incarnation d\u2019un jeune exclu et handicapé à travers Roméo Onze d\u2019Ivan Grbovic.Ce dernier film, souvent en nomination, n\u2019a rien récolté, mais le cinéaste et l\u2019acteur s\u2019imposent comme des valeurs montantes.Camion fut primé aussi pour la meilleure musique originale.La grande interprète française Nathalie Baye (qui jouait la mère du transsexuel Laurence) était présente dans la salle Pierre-Mercure du Centre Péladeau, siège du gala retransmis à Radio-Canada, mais la statuette de la meilleure actrice de soutien est allée à Sabrina Quazani, la Palestinienne brimée et révoltée dans Inch\u2019Allah d\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette.C\u2019est Anne Pritchard, derrière les décors et l\u2019esthétique de Laurence Anyways, qui a gagné le trophée de la meilleure direction artistique.Sinon, l\u2019imposant vitrail baroque de Xavier Dolan avec dix nominations n\u2019a reçu que deux autres Jutra: meilleurs maquillages et meilleures coif fures.11 n\u2019était pas (injustement) en lice pour le prix des meilleurs costumes, que Carmen Alie derrière Esimésac de Luc Picard sur un scénario de Fred Pellerin, a remporté.Des films comme L\u2019affaire Dumont, Mars et Avril, Le torrent et Tout ce que tu possèdes sont revenus Gros-Jean comme devant.C\u2019est sans surprise que le bouleversant Over my Dead Body de Brigitte Poupart, sur le parcours et la màadie du chorégraphe Dave Saint-Pierre, a remporté le Jutra du meilleur long métrage documentaire.Côté courts, Bydlo de Patrick Bouchard, film apocalj^tique sur une musique de Moussorgski, déjà primé à Clermont-Ferrand, a remporté le Jutra du meilleur film d\u2019animation, alors que Là oû je suis de Mjriam Magassouba, une histoire de deuil dans l\u2019hiver abitibien, repart avec le laurier du meilleur court ou moyen métrage de fiction.Le lumineux Monsieur Lazhar de Philippe Fa-lardeau, en nomination aux Qscar l\u2019an dernier, et célébré un peu partout, a été classé film s\u2019étant le plus illustré à l\u2019extérieur du Québec, et le cinéaste a remercié Xavier Dolan pour avoir ouvert les portes ces dernières années, 40 ans après les Gilles Carie, Denys Arcand, Claude Jutra, Jean Pierre Lefebvre.Omertà de Luc Dionne remportait de son côté le Billet d\u2019or du film ayant engrangé le plus de recettes au guichet.A Infoman, il avait reçu le prix Aurore du pire film québécois.Le Devoir D Voir aussi > Une gaierie de photos de la Soirée des Jutra.ledevoir.eom NADEAU-DUBOIS SUITE DE LA PAGE 1 les 20 degrés, des centaines de milliers de personnes de tous âges ont participé à cette grande «manifestation nationale», première d\u2019une série de marches qui auraient lieu tous les 22 du mois.«Ça a été un moment charnière», se rappelle Gabriel Nadeau-Dubois.«Au sens oû c\u2019est à ce moment-là qu\u2019on a pris conscience de l\u2019ampleur du mouvement et de notre propre pouvoir comme génération.» 11 évoque aussi comme tournant décisif l\u2019assemblée générale de l\u2019association étudiante du Cégep Maisonneuve, qui a eu lieu fin février.«Il y a 3500 personnes à l\u2019assemblée, c\u2019est du jamais vu.On est installés dans deux gymnases un pardessus l\u2019autre.Avant de commencer, le directeur de la sécurité vient au micro et demande aux gens de ne pas bouger en même temps et de ne pas sauter parce que le cégep n\u2019a pas été construit pour accueillir autant de personnes et que ça pourrait être dangereux, raconte-t-û.L\u2019institution elle-même n\u2019avait pas été pensée et conçue pour un tel niveau de mobilisation.On ne faisait pas juste surprendre les chroniqueurs de mauvaise foi, on surprenait aussi les murs de nos écoles!» A travers ces moments d\u2019euphorie, d\u2019autres, plus sombres, évoquent l\u2019horreur, pour Gabriel Nadeau-Dubois.L\u2019émeute de Victoriaville.«Je me rappelle que je me suis dit: \u201cOh, fuck\u201d.L\u2019affrontement ne peut plus continuer.Il aurait pu y avoir des morts et ç\u2019aurait été une tragédie incommensurable.Je ne sais pas comment on aurait géré ça.» Cette manifestation en marge du Conseil général du Parti libéral avait complètement dégénéré.Le bilan: une centaine d\u2019arrestations et trois blessés graves, dont un qui a perdu un œil.Rien que de l\u2019évoquer, Gabriel Nadeau-Dubois a la voix qui s\u2019étrangle.11 a des regrets de ne pas avoir suffisamment condamné la violence de la répression.«Dans ma déclaration, j\u2019ai reformulé mon mandat de congrès et je suis resté vague.J\u2019étais troublé par ce qui se passait, mais je n\u2019avais pas conscience du niveau de brutalité policière et de la répression.Avoir su, j\u2019en aurais parlé.» C\u2019était le 4 mai.«A ce moment-là, les gens avaient pris une autonomie importante par rapport à l\u2019organisation du mouvement et encore plus par rapport à moi.J\u2019étais très conscient qu\u2019on ne contrôlait rien du tout», admet-il.Tout ça pour ça?Gabriel Nadeau-Dubois, qui est en train d\u2019écrire un livre dopt la sortie est prévue pour octobre chez Lux Editeur, dresse malgré tout un bilan positif du mouvement étudiant.Du moins sur le plan personnel.« Ça nous a vieillis beaucoup comme mouvement, ça nous a appris beaucoup de choses», reconnaît-il.11 décrit comme très « différenfes » les relations avec les deux ministres de l\u2019Éducation qui se sont succédé pendant le conflit.Line Beau-champ \u2014 qui a démissionné le 14 mai \u2014 et Michelle Courchesne.11 dépeint cette dernière comme «sympathique» sur la forme et comme une «redoutable politicienne» sur le fond, alors que Line Beauchamp avait un côté plus émotif.«La seule fois oû je l\u2019ai rencontrée lors d\u2019une négo, elle ne m\u2019a pas regardé dans les yeux.Elle avait quelque chose de frêle.[.] La loi spéciale, elle n\u2019était pas capable de vivre avec ça.» Mais Gabriel Nadeau-Dubois déplore la victimisation de certains acteurs.«Les vraies victimes, ce n\u2019est pas Line Beauchamp, ce n\u2019est pas Arielle Grenier [une «carré vert»] et c\u2019est pas moi non plus.Ce sont les gens pris pour plusieurs années dans des procédures judiciaires parce qu\u2019ils ont eu des tickets dans des manijs.Ce sont des gens qui ont été blessés, ont perdu un œil, ont été matraqués, se sont fait suivre et perquisitionner.» Le récent Sommet sur l\u2019enseignement supérieur organisé par le gouvernement péquiste s\u2019est soldé par une indexation de 3% des frais afférents et des droits de scolarité.Tout ça pour ça?L\u2019air grave, Gabriel Nadeau-Dubois réfléchit longuement avant de répondre.«Je n\u2019aime pas parler de déception parce que ce serait triste pour les gens qui ont lutté.[.] On a fait une belle grande grève, et c\u2019est important d\u2019en faire un bilan positif», souligne-t-il, rappelant que la hausse des droits proposée par les libéraux a quand même été annulée.«Un vieux militant syndical m\u2019avait un jour dit: \u201cLa politique, c\u2019est pas comme un match de hockey, oû la troisième période se termine et tu sais si t\u2019as les deux points ou pas.\u201d C\u2019est plutôt une nouvelle lutte qui s\u2019amorce et qui va se dérouler autrement, qui va être sur le long terme.» Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois en cinq dates 31 mai 1990 : Naissance à Montréal.Automne 2007 : Début de son militantisme au sein de TASSE.Automne 2009:11 commence une majeure à TUQAM en histoire.Automne 2011:11 devient coporte-parole de la CLASSE.Novembre 2012:11 est jugé coupable d\u2019outrage au tribunal et en appelle de la décision.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.eom GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele.Le Devoir est pubhe du lundi au samedi par Le Devoir me.dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Mirabel me., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt legal.Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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