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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-03-23, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MARS 2013 Y # r **S5i L> * ^ 7 y >¦ W - -^4 Wi\u2018 ^3 - .ILLUSTRATION TIFFET La mafia, les tomates rAmérique ) JEAN-FRANÇOIS NADEAU Le 27 avril 1955, sur la route qui conduit à Naples, les obturateurs des appareils photo cliquettent devant la basilique de Santa Maria di Pozzano.Ce n\u2019est pas d\u2019un mariage que les photographes s\u2019occupent, mais d\u2019un meurtre.A première vue, il s\u2019agit d\u2019un «crime d\u2019honneur».Pupetta Maresca, une ancienne reine de concours de beauté, a tué l\u2019assassin de son mari.Du moins semble-t-il.La fusillade dite du Corso Novara est d\u2019abord vue comme l\u2019histoire d\u2019une belle veuve passionnée qui venge son mari dans un dessein de justice.La presse en parle beaucoup.La presse, on le sait, adore consommer les histoires de sang et d\u2019amour, comme si l\u2019agitation continuelle de récits tragiques avait pour effet d\u2019apporter une sorte de calme collectif ou, du moins, l\u2019impression qu\u2019au-delà de ces malheurs, par effet de contraste, tout va si bien.A la suite du meurtre, un procès a lieu.11 ressemble assez à certains épisodes de la commission Charbonneau: témoins muets, témoins sourds, témoins aveugles, témoins amnésiques.Mais le brouillard se dissipe peu à peu.La nuit devient plus claire.L\u2019enquête finit par révéler au grand jour que la mafia a acheté le meurtre, comme tant d\u2019autres choses.Motif?La perception d\u2019une commission sur le lucratif commerce des tomates.Les voleurs de la camorra se livrent depuis longtemps à une véritable guerre de contrôle de cette industrie maraîchère.On a oublié aujourd\u2019hui que les taches de sauce tomate visibles parfois sur les chemises immaculées comportent une part de sang.On a oublié surtout que la belle Pupetta et bien d\u2019autres acteurs mafieux ne sont que des masques d\u2019une vieille histoire humaine dont le vrai visage est celui d\u2019une quête perpétuelle du pouvoir et de richesses par l\u2019exploitation et la violence.C\u2019est à cette célèbre histoire criminelle liée aux tomates et à tout son jus que je songeais en lisant les premières pages de 1493, un livre remarquable de Charles Mann qui s\u2019emploie à montrer ce que l\u2019Amérique a donné au monde, à commencer par ces délicieux fruits rouges.Que mangerait une partie de l\u2019Italie et de ses admirateurs si PAmérique ne lui avait pas donné la tomate ?La tomate, le maïs, le caoutchouc sont au nombre des offrandes de l\u2019Amérique à la planète.Il y eut aussi un lot de cadeaux empoisonnés.Le tabac.bien sûr.Le doryphore aussi, insecte responsable de la maladie de la pomme de terre, qui donna lieu à d\u2019épouvantables famines.L\u2019usage massif d\u2019en-^ais de guano importé d\u2019Amérique du Sud, la fiente riche en composés nitrés des oiseaux, annonce aussi l\u2019épuisement des sols et la monoculture asséchante.Au XIX® siècle seulement, en quarante ans à peine, le Pérou vendit pour plus de 13 milliards de dollars d\u2019aujourd\u2019hui de guano.La Chine d\u2019Amérique Sait-on que l\u2019argent des mines de Potosi, en Bolivie, alors une des villes les plus importantes du monde, sert au développement accéléré de la Chine ?Ce métal transite très tôt par Manille, aux Philippines, qui devient une plaque tournante pour l\u2019exploitation de la planète.Située en altitude, la ville de Potosi, construite à flanc de montagne, fournit dès le XVI® siècle assez du précieux métal pour soutenir le commerce mondial au sens le plus large.Des navires espagnols et portugais le relaient jusqu\u2019en Asie, au bénéfice du développement de l\u2019économie chinoise.Il permet en retour la présence de la soie et de la porcelaine en Amérique, et le développement de fortunes colossales au mépris des vies humaines.Plus de 30000 tonnes d\u2019argent y furent extraites à la main, au milieu des vapeurs de mercure et d\u2019arsenic.On y voit l\u2019horreur de l\u2019esclavage envisagé comme un simple moteur de l\u2019économie déjà mondialisée.Mann rappelle en chemin une histoire que l\u2019on ne considère pas assez, celle de l\u2019étonnant mélange humain auquel donne lieu, vraiment très tôt, l\u2019exploitation du Nouveau Monde.La Chine, qui aurait très bien pu naviguer jusqu\u2019aux Amériques, s\u2019invite dans l\u2019aventure non seulement par son appétit du métal d\u2019argent.Une importante population chinoise s\u2019installe au Mexique et fait commerce jusque sur la Plaza Mayor, au cœur de ce qui reste de la splendide Mexico, inondée par la destruction de ses canaux anciens.Au début du XVII® siècle, les chirurgiens-barbiers espagnols vont présenter une pétition aux autorités contre la concurrence déloyale que leur font les Chinois, forts de leurs rasoirs autant que de leurs herbes médicinales.En 1688, à Puebla, un peu au sud de Mexico, à l\u2019ombre du volcan Popocatepetl, une foule de fidèles force l\u2019entrée de la çhapelle des Saints-Innocents.A l\u2019intérieur, ils se précipitent sur le tombeau tout frais d\u2019une sainte présumée, Catarina de San Juan.Le cercueil est détruit rapidement.Le linceul de VOIR PAGE F 5 : TOMATES TERKt '««Biücue Charlebois, Mouffe, Deschamps et cie en bédé Page f 2 Maude Favreau, les mots dans la peau Page f 3 Au Salon de Québec La 15® édition du Salon international du livre de Québec se tiendra du 10 au 14 avril prochain.L\u2019événement promet d\u2019accueillir plus de 1000 auteurs invités, a annoncé mardi son président-directeur général, Philippe Sauvageau.Quelque 800 maisons d\u2019édition seront au rendez-vous, nouveautés en kiosques et auteurs en dédicaces.Comme par le passé, des lectures publiques auront lieu, des spectacles, des expositions, ainsi que des tables rondes.Gaston Tremblay, Stéphanie Blake, Alain Beaulieu, Gilles Archambault, Henri Dorion et Pierre Lahoud agiront à titre d\u2019invités d\u2019honneur.Dans le mensuel spécialisé Livres d\u2019ici, Philippe Sauvageau précise : «On a de très bons écrivains au Québec et l\u2019objectif ultime du Salon est de donner la plus grande visibilité aux auteurs de Québec.» Le Salon se déroulera cette année sous la présidence d\u2019honneur de l\u2019écrivain français Marc Lévy, un choix vertement critiqué par nombre d\u2019auteurs québécois ainsi que par des éditeurs, dont Jacques Fortin de Québec Amérique.Celui-ci réclamait le mois dernier ni plus ni moins que la démission de Philippe Sauvageau après que ce dentier eut déclaré ceci dans Ix Soleil: «Comme président d\u2019honneur, on essaie d\u2019avoir un auteur québécois qui soit très connu [.].Si on avait quelqu\u2019un comme ça à Québec, on le prendrait » Des propos rapportés notamment dans L\u2019Express et Le Figaro.«Cette nomination est une avanie et un geste qui dévoile, une fois de plus, une attitude colonisée de trop», avait alors argué Fortin, en chœur avec bien des écrivains.Le Devoir L\u2019authentique modernité d\u2019un classique québécois Alain Grandbois Les Voyages de Marco Polo IBLIO \u2022 F I D E S BIBLIO-FIDES livres de poche F 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MARS 2013 LIVRES De YOsstidcho à Kissinger et Pinochet Ami Vaillancourt : un bédéiste face à ses démons identitaires Si loin et pourtant si proche.Avec la complicité du dessinateur Bruno Rouyère, le scénariste Ami Vaillancourt a décidé de plonger ce printemps, en deux temps et avec deux bédés, dans le passé des autres : un passé qu\u2019il a fabulé sur le dos du célèbre quatuor à Porigine de VOsstidcho en 1968, un autre inspiré de faits réels, où quatre femmes proches de Salvador Allende au Chili dans les années 1970 se retrouvent dans la ligne de mire d\u2019un Pinochet.Deux univers aux antipodes, mais qui finalement viennent nourrir chez ce jeune scénariste une même obsession pour la mémoire et la quête d\u2019identité.FABIEN DEGLISE Il est passéiste, et il assume.À une époque où rhumain court comme une poule pas de tête après des télévisions à écran plat, des tablettes numériques et de Tinfonuagique, Ami Vaillancourt, lui, se fait plutôt une fierté d\u2019exposer dans son salon une impressionnante collection de disques vinyles datant d\u2019une autre époque, une photo rassemblant sur le même papier ar-gentique Maurice Richard et Félix Leclerc, tout comme un tourne-disque en parfait état de marche jouant depuis quelques minutes un morceau de blues que le jeune homme de 36 ans s\u2019excuse une autre fois de remettre au début.«Cest un vinyle que je viens de recevoir, dit-il.Je le cherchais depuis longtemps.J\u2019adore ce morceau», qui à l\u2019oreille a été composé quelque part dans les Etats-Unis des années 1950.Nous sommes en 2013, et dans ce salon d\u2019une résidence ordinaire du quartier Côte-des-Neiges à Montréal, avec ses boiseries arrosées par une luminosité hivernale, le temps a comme suspendu un instant sa course.Et le scénariste ne s\u2019en plaint pas.«Je ne suis pas vraiment intéressé par ce qui se passe à mon époque, lance-t-il.Je n\u2019arrive pas vraiment à m\u2019identifier au présent.Là, où je suis bien, c\u2019est dans le passé.» SAINT-MARTI N LES PORTES CLOSES Lori Saint-Martin LES PORTES CLOSES Avec une lucidité impitoyable, servie par une écriture d\u2019une rare maîtrise, Lori Saint-Martin explore cette folie à deux qu\u2019est un couple.232 pages \u2022 22,95 $ pdf et ePub : 16,99 $ SO Ceci explique cela, mais également l\u2019apparition dans les librairies cette semaine de Charlebois et l\u2019Osstidgang (Glé-nat Québec) et de Kissinger et nous (Glénat Québec) qu\u2019Ami Vaillancourt cosigne avec le dessinateur Bruno Rouyère.Deux titres en apparence éloignés l\u2019un de l\u2019autre, quoique.Avec le premier.Ami Vaillancourt a décidé d\u2019imaginer la jeunesse du quatuor fétiche des années de la Révolution tranquille, Robert Charlebois, Mouffe, Louise Forestier et Yvon Deschamps, en guise d\u2019hommage décalé «à [ses] héros, à [ses] John Lennon à [lui] », résume le scénariste, rencontré cette semaine chez lui en compagnie de Mouffe elle-même.«Ce n\u2019est pas un projet opportuniste.Je suis allé vers ce qui m\u2019habite, vers cette époque, son esprit, qui depuis que j\u2019ai 13 ans est celle qui m\u2019obsède.» Premier tome d\u2019une série en construction justement intitulée Les histoires fabulées, l\u2019œuvre, avec son trait enfantin et sa trame narrative gentillette, imagine un été à la campagne en 1960 pendant lequel un Robert Charlebois de 16 ans, sur le point d\u2019écrire sa célèbre chanson La boulée, va confronter ses idéaux au contact de Mouffe, Louise et Yvon que l\u2019ado, amené là de force par ses parents, va rencontrer.H va y avoir aussi des bains dans une rivière, à moitié ou totalement nu, des autochtones menacés d\u2019expulsion par des tractopelles, un orignal qu\u2019on dépèce, mais surtout, surtout, le début d\u2019un temps nouveau, raconté ici par les tribulations de quatre adolescents dans leur douce utopie.« C\u2019est toutes des menteries et c\u2019est très bien comme ça, résume Mouffe, qui a appuyé le projet, l\u2019a accompagné de loin, mais qui a fait également en sorte que le reste du quatuor en fasse autant.C\u2019est un hommage pas conventionnel.Il n\u2019y a pas de voyeurisme; il y a surtout quelqu\u2019un qui a décidé de tout inventer au lieu d\u2019essayer de mal raconter le passé.Et c\u2019est pour cela qu\u2019on a accepté quç ce bouquin voit le jour.» A des années lumière du vrai, l\u2019objet littéraire reste toutefois proche de l\u2019esprit qu\u2019avait ce groupe de jeunes à l\u2019époque.«Ce Charlebois et VOsstidgang, avec son trait enfantin et sa trame narrative gentillette, imagine un été à la campagne en 1960.Kissinger et nous, de Bruno Rouyère et Ami Vaillancourt n\u2019est pas nous, mais c\u2019est nous, ajoute Mouffe.Mais c\u2019est surtout culotté, comme nous à l\u2019époque de /\u2019Osstidcho.Cette audace, cette créativité méritent d\u2019être encouragées.Pour moi, c\u2019est ma façon de transmettre, non pas ma sagesse, mais ma folie.» Ma mère et Pinochet L\u2019univers de Kissinger et nous n\u2019a bien sûr pas la même légèreté, mais il répond à ce même souci pour Ami Vaillancourt d\u2019explorer, à un autre endroit, les figures du passé qui ont un peu ou beaucoup forgé son identité.«Ma mère est réfugiée politique, dit-il.Elle a été une jeune femme politisée au Chili dans les années 1970, vouée sans doute à une carrière politique là-bas.» Et puis, les manigances de la CIA pour enrayer la montée du socialisme en Amérique du Sud, la chute de Salvador Allende, la www.editionsboreal.qc.ca Triptyque www.tnptyque.qc.ca Un drap Une place Maude Smith Gagnon Conseil des arts Canada Council du Canada for the Arts pnx littéraires\t, oiliL^ du gouverneur general ôlfnOC Maude Smith Gagnon Lauréate du Prix littéraire DU Gouverneur général (poésie) pour UN DRAP.UNE PLACE.Marie-Christine Arbour Chineiollue poésie, 94 p., 15 $ 4^-\t< ™ Marie-Christine Arbour Chinetoque roman, 225 p., 20 $ «Ses années d\u2019universités, ses amours malheureuses, sa relation avec sa mère, son père qui a quitté la maison quand elle était toute petite, son travail de traductrice dans le domaine des médecines douces : l\u2019auteure arrive à raconter tout cela en peu de mots grâce à son écriture concise bien particulière.» Josée Lapointe, La Presse ^^^ssnaem JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ami Vaillancourt et Mouffe, avec les œuvres de l\u2019un et l\u2019autre.montée de Pinochet, de son odieuse dictature, de la délation, de la torture, des meurtres et des disparitions sont venues bouleverser son destin.En 200 pages, le scénariste, toujours accompagné de Bruno Rouyère au dessin, y suit, dans ce Chili au bord des portes de l\u2019enfer, quatre femmes, membres de la garde rapprochée d\u2019Allende.Il y a Clara, Mima, Rosa, Anastasia, qui incarnent un peu la mère de l\u2019auteur, mais également un peu ses amies dont le destin troublé par la géopolitique a été porté régulièrement à ses oreilles pendant sa jeunesse.Il y a aussi un autre quatuor, animé par la construction d\u2019une société plus juste, que les responsables de la politique étrangère américaine dans les années 1970, Henry Kissinger et Richard Nixon en tête, ont méthodiquement et sournoisement fait taire.«Sans ces hommes, que j\u2019ai toujours méprisés, ma mère n\u2019aurait pas fui le Chili, elle n\u2019aurait pas atterri au Québec et je ne se- rais pas venu au monde», dit le scénariste, qui avoue avoir pris 10 ans pour écrire ce livre, un peu pour se débarrasser de cette histoire fondatrice qui a nourri son indignation et sa soif de justice sociale.«Des récits comme ceux-là, qui parlent de tortures, de viols, d\u2019amis que l\u2019on ne verra plus, d\u2019amis qui se retournent contre nous, sur lesquels tu arrives facilement à mettre un visage, ça finit par t\u2019habiter», avec le risque désormais, une et même deux bandes dessinées plus loin, d\u2019amener ses démons à habiter les autres.Le Devoir CHARLEBOIS ET UOSSTIDGANG Ami Vaillancourt et Bruno Rouyère Glénat Québec Montréal, 2013, 56 pages KISSINGER ET NOUS Ami Vaillancourt et Bruno Rouyère Glénat Québec Montréal, 2013, 196 pages pierre ducasse tomvouloumanos ^ POUR UNE ÉCONOMIE M DÉMOCRATIQUE O D\u2019ou venons nous?O Que voulons-nous?O Que faire?O Comment?Un guide d\u2019action stratégique pour construire une économie au service de tous les citoyens Livre disponible I version numérique vlb éditeur Une société de Québécor Med a editionsvib com LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MARS 2013 F 3 LIVRES Maude Favreau, les mots dans la peau Sic ¦ ¥; Danielle i>^ t Laurin >, K lie s\u2019appelle Maude Favreau.Elle est née à Montréal, en 1976.Elle signe son premier roman, La fée des balcons.Et elle disparaît derrière, complètement.Tandis que nous, nous sommes dedans, totalement.Nous sommes dans une bulle, du début à la fin.Une bulle d\u2019écriture ou un monde prend vie, s\u2019allume, nous allume, de l\u2019intérieur.Mais rien d\u2019idyllique.Sous les mots feux d\u2019artifice de l\u2019auteure, il y a de grands trous noirs, de tristesse, de manque, d\u2019impuissance.Il y a quelqu\u2019un qui appelle au secours, mais sans en avoir l\u2019air.En ayant l\u2019air de s\u2019amuser.En jouant à toutes sortes de jeux pour s\u2019évader, pour oublier, faire diversion.En inventant toutes sortes de scénarios.C\u2019est quelqu\u2019un qui appelle au secours en secret, dans sa tête.Et nous, nous sommes dedans, dans cette tête-là.Voilà.Elle s\u2019appelle Valentine, elle a 10 ans, un corps trop grand, des lunettes aux verres épais comme ça, des dents de lapin, et bientôt, elle ira chez le dentiste pour se faire poser des broches.Evidemment, elle est amoureuse du plus beau gars de,sa classe.Cliché, tout ça?A première vue, on ne peut pas dire que l\u2019héroïne de La fée des balcons réinvente la roue.Ce n\u2019est pas tout.Ses parents sont séparés, elle vit avec une clé autour du cou, le plus souvent chez sa mère, qu\u2019elle doit ramasser à la petite cuillère.Elle est attachante, drôle.débrouillarde, débordante d\u2019imagination.Elle aime le macaroni, la pizza, adore par-dessus tout les desserts de sa grand-mère Iris.Elle a deux chats.Elle rêve d\u2019écrire des chansons.Quoi d\u2019autre?A première vue, Valentine pourrait figurer dans un roman jeunesse.Pourtant, c\u2019est bien à nous qu\u2019elle s\u2019adresse.Nous qui avons été enfants, qui avons parfois des relents de ce temps-là, d\u2019avant la césure, d\u2019avant le paradis perdu, même imparfait, incomplet, même dans les cas où, avec le recul, l\u2019enfance n\u2019était pas si rose que ça.Dans le cas de Valentine, la fin de l\u2019enfance ressemble à ceci: «C\u2019est fini, tout ce que fai connu, que les gens ne meurent pas, surtout ces gens-là.» Dans son cas à elle, ça lui arrive à l\u2019âge de 11 ans.On va d\u2019abord la voir traverser ses 10 ans.Autrement dit, on la suit pendant une année, une année pleine de rebondissements, au cours de laquelle on sent de plus en plus poindre un drame inévitable.Mais était-il vraiment inévitable, se demandera-t-elle?«Toute la puissance de mes verres immenses et n\u2019avoir pas vu ça venir.Le vide.Le vide abyssal.» Entre-temps, il y aura eu le premier baiser, puis la désillusion amoureuse.Il y aura eu l\u2019amitié trahie.Les livres dévorés dans la solitude.Mais aussi, pour la petite fille de la ville qui a besoin d\u2019espace, les virées joyeuses à la campagne, chez les grands-parents, les baignades et les courses folles avec les cousins, les promenades dans le bois, les levers de soleil éblouissants par la fenêtre du grand chalet.Ce temps-là, de l\u2019entre-deux, où l\u2019enfance n\u2019a pas encore dit son dernier mot, on le recon- ^ n PA '-¦.'eZ, FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Dans La fée des balcons, Maude Favreau adopte à s\u2019y méprendre le ton, la manière, les idées, le point de vue, les émotions, la personnalité tout entière de sa petite héroïne-narratrice.naît bien.La petite Valentine le vit à plein.Elle vit d\u2019autant plus intensément, qu\u2019au fond d\u2019elle-même, elle se sent plus vieille que son âge, plus vieille que sa propre mère.Sa mère, son amour.Et sa désolation.Sa mère atypique.Folle?Valentine ne dirait jamais cela, allons donc.Sa mère a l\u2019inquiétude facile, d\u2019accord.Elle est du genre à frôler l\u2019évanouissement si sa fille rentre trop tard, oui, mais bon, sa mère c\u2019est sa mère.C\u2019est vrai qu\u2019elle fume trop : une vraie cheminée.C\u2019est vrai qu\u2019elle dort trop.Qu\u2019elle prend des pilules pour se calmer le pompon.Qu\u2019elle demande à sa fille, parfois, de manquer l\u2019école, pour veiller sur elle au cas où son cœur exploserait.Vrai que sa mère traîne une tristesse sans fond.«Maman est souvent triste.Même quand elle rit.» Depuis quand au juste est-elle comme ça?Depuis toujours?«Souvent, je la fixe pour tenter d\u2019entrer dans son univers, mais alors, les rideaux se ferment sur ses secrets et mon exploration s\u2019arrête là.» Vrai que certains jours sa mère n\u2019a plus envie de rien, n\u2019a plus confiance en rien, surtout pas en elle-même.«Maman a tous les talents, mais ça ne donne rien de le lui dire, parce qu\u2019elle ne me croit pas.» Vrai que certains soirs sa mère rentre tard, sans donner de nouvelles.Que Valentine doit rester seule, avec ses deux chats et le fantôme de sa Un monde à l\u2019endroit, un monde à l\u2019envers SUZANNE GIGUERE inspirant de XOdyssée d\u2019Homère, formidable réservoir d\u2019imaginaire, creuset d\u2019une grande partie de la littérature occidentale, Yvon Paré a imaginé une version contemporaine du voyage d\u2019Ulysse au cœur des paysages grandioses du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de son mythique cours d\u2019eau.Son Ulysse québécois quitte Mashteuiatsh, son village natal, pour un long voyage dans le monde visible et invisible.Devant lui, le grand lac sans fin ni commencement, où le réel et l\u2019imaginaire vont bientôt se confondre, le vécu et le fabuleux ne faire qu\u2019un.Accompagné de ses rusés compagnons \u2014 un renard et un tamia \u2014, notre voyageur va croiser tout au long de ses pérégrinations des personnages étonnants : un maire totalitaire qui traite les artistes d\u2019inutiles, de parasites, de rêveurs ; Alexis le Trotteur, Victor Delamarre, l\u2019homme le plus fort du monde ; Louis l\u2019Aveugle, le roi des conteurs, la mémoire du pays ; la petite Alice, prisonnière de son miroir; Giboulée, la Dame en terre; Tshakapesh, le chasseur qui piège le soleil ; Mani-gouche, le guide des âmes; Maître Bruno, le passeur qui mène Ulysse et s,es compagnons au Jardin d\u2019Eden, où les corps exultent; l\u2019ogre Boula Petit; Karl Gustav Sigmund Belhumeur, guérisseur de Le voyage dVlysse apparaît comme une œuvre pleine d\u2019humanité, d\u2019amour, de passion pour les êtres et la vie Le voyage d\u2019Ulysse l\u2019âme; le sorcier Omar Bloom.Au fil de ses aventures, Ulysse écrira à Manouane, son amoureuse innue: «Je te cherche dans chacun de mes gestes.Je dors et tu me réveilles de ton souffle.» L\u2019attendra-t-elle comme Pénélope, tricotant un monde à l\u2019endroit, un monde à l\u2019envers, alors qu\u2019Ulysse succombe aux maléfices de la nymphe Calypso, aux charmes de Séville et aux défis que lui lance la déesse Perséphone ?Géographiquement enracinée en pays amérindien, l\u2019odyssée contemporaine d\u2019Ulysse est nourrie de contes et de légendes de la région de même que des rituels propres à la culture autochtone.Il en va ainsi du rite funéraire pratiqué après la mort de la grand-mère d\u2019Ulysse.Dans son sarcophage, elle s\u2019apprête à voguer jusqu\u2019à la rivière des Saumons: « Grand-mère Allada a choisi une belle écorce blanche de bouleau pour le dernier voyage.Ils entourent le corps de copeaux de sapin pour l\u2019odorat, de pin pour le regard, d\u2019épinette pour le toucher, de mélèze pour le goût et de bouleau pour l\u2019ouïe.Ils ferment l\u2019écrin avec des racines et le scellent avec de la gomme de sapin.Une bougie est fixée au milieu de l\u2019embarcation.En se consumant, elle mettra le feu aux brindilles».Le voyage d\u2019Ulysse, qui fait référence à l\u2019un des textes fondateurs du patrimoine littéraire mondial, demeure dans sa version saguenéenne une merveilleuse invitation au voyage autour de ce lac mythique où la nature, omniprésente, déborde d\u2019odeurs sucrées et âcres, où toutes les formes d\u2019ivresse et de sensualité sont indissociables.Le voyage d\u2019Ulysse apparaît comme une œuvre pleine d\u2019humanité, d\u2019amour, de passion pour les êtres et la vie.Le romancier fait de ses principaux personnages des êtres de chair, bien vivants, drôles et émouvants.On peut rechercher la signification de toutes les références historiques, géographiques, philosophiques culturelles, spi- rituelles, politiques et sociales dont l\u2019œuvre fourmille.On peut aussi se laisser bercer par la musique des mots et les sensations.Prendre le temps qu\u2019il faut, y trouver un réel plaisir de lecture.Journaliste, écrivain et essayiste, Yvon Paré signe un roman de notre temps d\u2019une grande fraîcheur, proche du conte et de l\u2019épopée.Une fiction jubî- latoîre, avec une vision neuve, parfois jusqu\u2019à la naïveté, maïs jamais une réécrîture du texte antique.Collaboratrice Le Devoir LE VOYAGE D\u2019ULYSSE Yvon Paré XYZ éditeur Montréal, 2013, 454 pages ?ÿGospord-lE Devoir ALMARÈS \tDu 11 au 17 mars 2013\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Félicité \u2022 Tome 4 Une vie nouvelle\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t1/3 2 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 4 Junior\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t2/2 3 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique 1\tAmélie Dubols/Éditeurs réunis\t4/19 4 Gaby Bernier \u2022 Tome 2\tPauline GUI/Québec Amérique\t3/5 5 La fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t5/20 6 L\u2019bistoire de PI\tYann Martel/XYZ\t7/21 7 L\u2019Étoile enfant\tNIcola CIccone/LIbre Expression\t-/I 8 Le petit prince est revenu\tMarc FIsher/Un monde différent\t6/4 9 L\u2019Orpbéon.Quinze minutes\tPatrick Senécal/VLB\t8/8 10 Bébé boum\tJosée Bournival/Hurtubise\t10/5 Romans étrangers\t\t 1 Cinquante nuances plus claires \u2022 Tome 3\tF.L.James/Lattès\t1/6 2 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tF.L.James/Lattès\t2/24 3 Cinquante nuances plus sombres \u2022 Tome 2\tF.L.James/Lattès\t3/10 4 Demain\tGuillaume Musso/XD\t-/I 5 Un sentiment plus fort que la peur\tMarc Levy/R.Laffont | Versillo\t4/3 6 Crossfire \u2022 Tome 2 Regarde-mol\tSylvia Day/Flammarlon Québec\t5/2 7 Crossfire \u2022 Tome 1 Dévolle-mol\tSylvia Day/Flammarlon Québec\t8/12 8 Vert-de-grIs\tPhilip Kerr/Du Masque\t6/4 9 La vérité sur l\u2019Affaire Harry Quebert\tJoël Dicker/Fallols | Âge d\u2019homme\t7/13 10 La première chose qu\u2019on regarde\tGrégoire Delacourt/Lattès\t-/I Essais québécois\t\t 1 Libérez-vous des syndicatsi\tEric Duhalme/Genex\t1/3 2 Journal d\u2019un écrivain en pyjama\tDany Laferrière/Mémoire d\u2019encrier\t2/5 3 Vieillir avec grâce\tDenise Bombardier/Homme\t3/5 4 En terrain miné.Correspondance en temps de guerre\tRoxanne Bouchard | Patrick Kègle/VLB\t4/4 5 Fâcbé noir.Chroniques\tStéphane Domplerre/Québec Amérique\t5/7 6 Une éducation bien secondaire\tDiane Boudreau/Poètes de brousse\t-/I 7 Tous fous?L\u2019Influence de l\u2019Industrie pharmaceutique.\tJean-Claude St-Dnge/Écosoclété\t7/6 8 Nous sommes Ingouvernables.Les anarchistes au Québec.\t.Collectif/Lux\t-/I 9 Hérésies\tJacques Brassard/Accent grave\t-/I 10 Québec cherche Québécois pour relation à long terme.\t.Tanla Longpré/Stanké\t8/3 '?'Essais étrangers\t\t 1 Adolf Hitler.La séduction du diable\tLaurence Rees/Albin Michel\t3/2 2 Fin de l\u2019DccIdent, naissance du monde\tHervé Kempf/Seull\t2/5 3 Indignez-vous 1 (Édition revue et augmentée)\tStéphane Hessel/Indigène\t1/3 4 1 493.Comment la découverte de l\u2019Amérique.\tCharles C.Mann/Albin Michel\t-/I 5 Le siècle de la Chine\tH.Araujo | J.Pablo Cardenal/Flammarlon\t-/I 6 Vivre, penser, regarder\tSIrl Hustvedt/Actes Sud | Leméac\t4/2 7 La fin de l\u2019abondance.L\u2019économie dans un monde.\tJohn Michael Greer/Écosoclété\t-/I 8 La guérison du monde\tFrédéric Lenoir/Fayard\t8/7 9 No steak\tAymeric Caron/Fayard\t5/2 10 La fin de la croissance\tJeff Rubin/Hurtubise\t-/I La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019anaiyse Sasfaril sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimaiès est extrait de Saspanlel est constitué des reievés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Saspanl.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite.grand-mère Isabelle qui veille sur elle au balcon de l\u2019appartement.Dans ces cas-là, la petite doit batailler fort contre celles qu\u2019elle appelle « les Grandes Tristesses», et qui sont Installées dans la cour depuis sa naissance.Ces soîrs-là, et d\u2019autres encore, Valentine le volt bien: «Les Grandes Tristesses finis- sent aussi par me faire sangloter à gros bouillons en me plantant le dard de la grande mélancolie en plein cœur.» Maïs n\u2019allez pas croire: elle a quand même ses bonnes journées, cette mère-là.Ce n\u2019est pas pour rien que Valentine a cessé de pratiquer la garde partagée entre ses deux parents.Elle préfère vivre avec maman, où 11 y a plus d\u2019action, plus de liberté, d\u2019inattendu, de fêtes Improvisées.Maïs surtout, elle sent que sa mère a besoin d\u2019elle.Et elle se dît qu\u2019elle «va sûrement revenir un jour du pays de sa peine».Ce pourrait être l\u2019hîstoîre d\u2019une petite fille qui a grandi trop vite.Qui a trouvé refuge dans l\u2019Imagination.Et qui se heurte à un mur, bien réel.C\u2019est surtout un livre où l\u2019auteure se fond dans la peau, dans les mots de cette petite fille évincée de l\u2019enfance.Pas de fausse note.Maude Favreau adopte à s\u2019y méprendre le ton, la manière, les Idées, le point de vue, les émotions, la personnalité tout entière de sa petite héroïne-narratrice.Tout n\u2019est pas parfait pour autant dans ce premier roman.Maïs cette force-là balaie tout le reste.LA FÉE DES BALCONS Maude Favreau Druide Montréal, 2013, 240 pages Madeleine GAGNON DEPUIS TOU OURS Dans ce livre, son plus beau, le plus limpide, le plus fluide de cette poète, essayiste et romancière, c'est trois quarts de siècle que l\u2019on voit défiler.Depuis toujours, c\u2019est un miroir qui nous est tendu.C\u2019est un regard sur le Québec d'hier à aujourd'hui.Danielle Laurin Le Devoir Ce livre est essentiel à notre présent, et restera pour l'avenir.Chantal Guy, La Presse Madeleine Gagnon DEPUIS TOUJOURS Récit autobiographique Récit autobiographique 432 pages ¦ 29,95 $ pdf et ePub : 21,99 $ éditions du 50 www.editionsboreal.qc.ca F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MARS 2013 LIVRES Encyclopédie du monde visible Épeler le monde avec Diane Schoemperlen Encyclopédie du monde visible est en fait une collection de textes.Les éléments qui les unissent sont précisément ces illustrations, souvent tirées de gravures anciennes et savamment choisies.CAROLINE MONTPETIT Elle écrit des livres singuliers, qui ont, malheureusement, été peu traduits en français.Des livres à la forme étrange : tour à tour collages, récits, cours de création littéraire ou même d\u2019anatomie, un zeste d\u2019ironie à la clé.Des livres où elle mêle habilement vie quotidienne, méditations, réflexions philosophiques, descriptions encyclopédiques et fiction.Son Encyclopédie du monde visible, qui vient d\u2019être bellement traduite par Dominique Fortier aux éditions Alto, compte aussi des images.De belles images.«C'est un mélange d'histoires, de méditations, d'essais», explique l\u2019auteure, Diane Schoemperlen, une Ontarienne originaire de Thunder Bay, en entrevue.«J'aime expérimenter diverses formes et emmener l'écriture là où on n'a pas prévu qu'elle aille, avec des fins imprévisibles, par exemple.J'adore jouer avec les formes et les structures», dit-elle.Publiée originellement en 1998, puis décorée du Prix du Gouverneur général du roman anglophone, VEncy-clopédie du monde visible est en fait une collection de textes.Les éléments qui les unissent sont précisément ces illustrations, souvent tirées de gravures anciennes et savamment choisies.Certaines ont été puisées directement dans des ouvrages savants ou moins savants, d\u2019autres ont été retravaillées par Diane Schoemperlen, qui est aussi une adepte du collage d\u2019art visuel.Le livre s\u2019ouvre sur une sé- tante, mais qui ne s\u2019identifie pas comme «une personne d'Église».Ces fidèles «qui croient en la bienveillance, la leur et celle des autres», ces fidèles qui «s'inclinent fermement dans le vent».Plus loin, un texte.L'innocence des objets, met en scène une femme qui se rend en ville pendant que son appartement est cambriolé.Diane Schoemper- «Ne vous arrive-t-il pas de rencontrer des gens qui semblent tout avoir mais qui, fondamentalement, ne sont pas bien?» rie de textes, intitulée «Dix formes de dévotion», où l\u2019auteur compare les fidèles et les infidèles.«Les infidèles disent que les fidèles sont à côté de la plaque.Mais secrètement les infidèles doivent admettre que si, comme ils l'affirment, il n'y a pas de plaque (pas de but, pas de raison, pas d'espoir), alors les fidèles n'y perdent rien au change », écrit-elle.En entrevue, Diane Schoemperlen dit avoir voulu, par cet exercice, opposer la pensée des cyniques à celle, plus candide, des fidèles.«Après un certain temps, je me suis rendu compte que j'enviais les fidèles, au fond», dit celle qui a été élevée dans la foi protes- len y superpose habilement l\u2019emploi du temps de cette femme et celui du cambrioleur.Les objets, illustrés en bas de page, y sont accompagnés de longues descriptions, parce que VEncyclo-pédie du monde visible est aussi une œuvre qui s\u2019attarde aux détails, à la couleur d\u2019un mur, à la course de l\u2019aiguille d\u2019une horloge.Au fil des pages, Diane Schoemperlen nous donnera un cours de création littéraire, nous donnera un cours d\u2019anatomie masculine ou nous posera des problèmes mathématiques.Plus loin encore, elle nous fera rencontrer Grace, cette femme à qui la vie a tout donné, mais qui n\u2019en est pas moins déprimée, souffrante.«Ne vous arrive-t-il pas de rencontrer des gens qui semblent tout avoir mais qui, fondamentalement, ne sont pas bien?», demande-t-elle en entrevue.On se demande un instant si elle n\u2019en fait pas partie.Puis on retourne avec elle épeler le monde, minutieusement, comme en espérant qu\u2019il y ait autre chose, un jour, quelque part.Le Devoir ENCYCLOPÉDIE DU MONDE VISIBLE Diane Schoemperlen Traduit de l'anglais par Dominique Fortier Editions Alto Québec, 2013, 283 pages ENCYCLOPEDIE DU MONDE LITTERATURE DE VOYAGE La Méditerranée de Jacques Lacarrière CHRISTIAN DESMEULES T / /îg faut pas confondre les livres qu'on lit en voyage et ceux qui font voyager», disait André Breton.On l\u2019aime bien, l\u2019auteur de Nadja, mais on lui donnera raison une autre fois.Car, par exception, il arrive, bien au contraire, qu\u2019ils se confondent, au sens de mélange et d\u2019amalgame.Et c\u2019est alors un vrai bonheur.Comme chez Jacques Lacarrière.Méditerranée regroupe ainsi quelques-uns des livres les plus importants que cet écrivain (1925-2005) a consacrés à la Grèce et à l\u2019espace méditerranéen.En cheminant avec Hérodote, Promenades dans la Grèce antique, une Grèce revisitée et délivrée du «mirage des pierres», le sublime Eté grec qui avait paru en 1976 dans la célèbre collection «Terre humaine» chez Plon.Les fruits d\u2019une vie buissonnière menée durant une quinzaine d\u2019années en Grèce, d\u2019île en île et de ville en ville, par cet helléniste amateur.Profondeur, sensualité, liberté, passion.A tout cela s\u2019ajoute un inédit, Le buveur d'horizon, où ont été regroupés articles et textes consacrés à l\u2019espace méditerranéen au fil des ans.Le complément indispensable à tout voyage en Grèce ?Collaborateur Le Devoir MÉDITERRANÉE Jacques Lacarrière Robert Laffont, «Bouquins» Paris, 2013, 1088 pages Quand la fuite ressemble au courage GILLES ARCHAMBAULT On parle rarement de la séduction d\u2019un titre.Je ne ferai pas mystère de l\u2019attrait qu\u2019a eu pour moi celui qu\u2019a choisi le traducteur (ou l\u2019éditeur) de Strade blanche d\u2019En-rico Remmert.Mais qu\u2019est-ce qui se cachait donc derrière ce Petit art de la fuite ?Pour commencer, il y a «petit».J\u2019aime assez le minimalisme, la fausse pudeur, le refus des grandes orgues.Le mot « art » exprime un savoir, une habileté feinte ou acquise.Quant à la fuite, j\u2019estime depuis longtemps qu\u2019on a trop souvent médit d\u2019elle.On lui préfère par tradition les affrontements sanglants, les courages qui voisinent la bêtise.Les lecteurs ne prisent rien de mieux que de partager les dangers qu\u2019encourent de valeureux personnages.Cela leur permet d\u2019oublier le confort de leur fauteuil.Qu\u2019on botte les Javotte « [Simon Boulerice] signe un troisième roman surprenant.Ça grince, ça pince, ça chatouille, ça pétille.C\u2019est rythmé, plein de rebondissements.» Danielle Laurin, Le Devoir « C\u2019est déjanté, c\u2019est cruel, c\u2019est complètement fou.[.] Bref, c\u2019est vraiment très bon.» Marie-France Bazzo, Bazzo.tv 514 524-5558 lemeac@lemeac.com fesses du héros à satiété à condition que les leurs soient au chaud.Le trio qui anime le roman d\u2019Enrico Remmert n\u2019a d\u2019entrée de jeu rien de bien intrigant.Ils sont dans la trentaine.Comme dans la plupart des romans, ils se sentent déboussolés, aimeraient Le lecteur est constamment titillé, sachant qu\u2019il est mené en bateau, mais il ne songe pas à mettre fin au voyage sans vraiment le vouloir posséder cette assurance qu\u2019ils prêtent à ceux de leurs aînés qui ne leur paraissent pas trop ridicules.Francesca ne sait pas comment annoncer à son fiancé qu\u2019elle ne l\u2019aime plus.Elle pourrait le lui dire tout de go, mais elle choisit plutôt de l\u2019accompagner dans un voyage en train qui les mènera de Turin à Bari.L\u2019Italie du nord au sud.L\u2019homme que l\u2019on répudiera peut-être, Vittorio, est violoncelliste.Il n\u2019a rien vu venir.Ou presque.Le couple rencontre au moment du départ une amie commune.Manuela, qui préfère qu\u2019on l\u2019appelle Manu, est tout ce qu\u2019on veut, employée d\u2019une école de conduite automobile, gogo girl, aussi imprévisible que ses deux comparses sont sages.Elle les convainc aisément de monter dans sa voiture déglinguée.Elle se garde bien de leur apprendre que, venant de rompre avec son amant, dangereusement fou furieux, elle lui a subtilisé une toile dont elle espère tirer une forte somme.L\u2019auto est une casserole dont s\u2019est départie l\u2019école.Cette auto munie de deux volants a depuis longtemps connu ses meilleurs jours.Elle tombera évidemment en panne.Ce qui ne facilite en rien l\u2019odyssée, c\u2019est que les voyageurs sont rapidement à court d\u2019argent, que Manu apprend qu\u2019elle est probablement enceinte, que le fou furieux accompagné d\u2019un chien à forte mâchoire les a repérés.Pour se sortir d\u2019embarras, on doit faire preuve d\u2019initiative.Même Vittorio ne sera pas en reste, jouant du violoncelle en faisant la manche.D\u2019un côté, une sorte de «road novel» qu\u2019on lirait pour ce qu\u2019elle est, une entreprise d\u2019écriture intelligente, primesautière, qui jamais n\u2019ennuie.Le lecteur est constamment titillé, sachant qu\u2019il est mené en bateau, mais il ne songe pas à mettre fin au voyage.Un peu beaucoup à la façon de Francesca, Vittorio et Manuela, il veut mieux connaître les protagonistes.Mais il y a bien plus.Une nostalgie de paradis perdu plane tout au long de ce voyage.Les trentenaires ne sont surtout pas des pantins mal articulés.Demandant à la vie ce qu\u2019elle ne peut leur donner, ils se démènent comme ils peuvent avec une nostalgie prégnante.Ainsi Vittorio qui rentre à la demeure familiale.A la dernière page du roman : «D'une certaine façon, c'est la tristesse qui m'a ramené le bonheur.Assis sous l'abribus, j'attends l'arrivée de mes parents, tout engourdi, telle une créature traquée, en proie à un sentiment d'affliction indescriptible.Dans ce genre de moments, j'ai l'impression que tout me tire: une sensation épouvantable, comme si quelqu'un avait pris un fil et me l'avait cousu à l'intérieur, me faisant vibrer tout entier, m'entaillant.Alors, vous savez ce que je dis à ce marionnettiste ?Je lui dis: va te faire foutre.Car la musique doit encore commencer.» Roman à trois voix, ce Petit art de la fuite se lit d\u2019un trait.Sa douce tristesse s\u2019accommode d\u2019un humour jamais loin du brio.Comme marionnettiste, Enrico Remmert n\u2019a pas son pareil.Qu\u2019il aille se faire foutre ou non, peu nous importe, mais qu\u2019il nous propose bientôt une autre randonnée douce-amère, voilà qui ne serait pas à dédaigner.Vivent la fuite et les fuyards ! Collaborateur Le Devoir PETIT ART DE LA EUITE Enrico Remmert Traduit de l'italien par Nathalie Bauer Editions Philippe Rey Paris, 2012, 236 pages ENRICO REMMERT Petit art de la fuite \u2018\"/K 't Ea ca è Quebec Eaea @ Découvrez les livres finalistes 2013 Participez à nos différents concours (valeur totale des prix : 2 590 $) et bien plus.LIBRATRES du Québec Organise par I Association des libraires du Quebec Trouvez tous les détails et consultez les règlements sur WWW.PRIXDESLIBRAIRES.QCXA 'ALQ «Itîf LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MARS 2013 F 5 LIVRES LITTERATURE ETRANGERE Paul Auster : la mémoire dans la peau CHRISTIAN DESMEULES Cy est une saison dans la vie de Paul Auster.Une saison qui contient toutes les autres, parce qu\u2019on sait qu\u2019elle sera la dernière et qu\u2019elle est traversée de la mémoire de celles qui l\u2019ont précédée.Autobiographie atypique, Chronique d\u2019hiver n\u2019est pas non plus à proprement parler un journal.Il n\u2019y a ni date ni chronologie réglée, pas de thèmes bien rangés, on n\u2019y commente pas non plus le quotidien.C\u2019est plutôt une sorte de récit décousu que nous livre cette fois l\u2019auteur de Moon Palace et du Voyage d\u2019Anna Blume, un patchwork de fragments personnels.Un corps à corps avec ses souvenirs.Un Paul Auster méditatif se dévoile avec un mélange de fascination et de nostalgie pour toutes les «premières fois».La découverte de la sexualité, le premier voyage en France, les premières amours, l\u2019arrivée à l\u2019écriture, la révolution de la paternité, la rencontre magique et improbable avec celle avec qui il est marié depuis 30 ans (l\u2019écrivaine Siri Hustvedt), la mort THOMAS SAMSON AGENCE ERANCE PRESSE Dans Chronique d\u2019hiver, un Paul Auster méditatif se dévoile avec un mélange de fascination et de nostalgie pour toutes les «premières fois».Paul Auster de son père, d\u2019abord, puis celle de sa mère, qui sera vite suivie d\u2019une première crise de panique.A 65 ans, l\u2019écrivain de Brooklyn sait que tout commence et que tout finit avec le corps.Le corps qui souffre, qui ronfle et qui tousse, celui qui est «l\u2019esclave volontaire d\u2019Eros», celui qui jouit et qui finit tôt ou tard par se dégrader.Et puisque le corps a besoin d\u2019un abri, l\u2019écrivain en profite pour dresser un inventaire de tous les appartements ou maisons qu\u2019il a habités au cours de sa vie.Mais derrière les cicatrices, il y a forcément aussi des instants d\u2019illumination, tel le souvenir de cette prostituée française récitant du Baudelaire au lit, dont l\u2019écrivain était tombé amoureux alors qu\u2019au début de la vingtaine il vivait à Paris.L\u2019un des moments les plus heureux de sa vie, se rappelle Paul Auster.Autobiographie écrite à la deuxième personne du singulier (le tu), le procédé narratif qui traverse Chronique d\u2019hiver est aussi, au-delà d\u2019une volonté de proximité avec le lecteur, l\u2019expression d\u2019une indépassable dualité corps et esprit, présent et passé.Le futur ?Malgré tout il est là, entre les lignes, même s\u2019il n\u2019est jamais vraiment nommé.On n\u2019explore pas ses souvenirs (et surtout ceux des débuts, quels qu\u2019ils soient) sans l\u2019arrière-pensée de la fin.Il y a partout dans Chronique d\u2019hiver une part de regrets, bien sûr, qui s\u2019incarne autant à travers la tonalité que dans les thèmes ou le lexique.L\u2019hiver y prend ses aises, dans toute sa désolation.Selon l\u2019auteur, c\u2019est la saison qui a accompagné l\u2019écriture du livre.C\u2019est aussi pour la plupart, bien sûr, une saison de la vie, celle oû on commence à sentir le souffle de la mort sur sa nuque.On courbe un peu les épaules, on relève son col.C\u2019est ce que fait Paul Auster à travers ces 250 pages qui, malgré leur intérêt, n\u2019appartiennent pas tout à fait, disons-le, au meilleur de son œuvre.Car il y a un effet de contraste aussi entre L\u2019invention de la solitude, son premier livre, un beau récit autobiographique consacré à la mort de son père, et cette Chronique d\u2019hiver un peu désordonnée et désespérée.On y trouve autant de différence \u2014 de ton et de nécessité \u2014 qu\u2019entre un acte de naissance et un testament.Collaborateur Le Devoir CHRONIQUE D\u2019HIVER Paul Auster Traduit de l\u2019anglais (États-Unis) par Pierre Furlan Leméac/Actes Sud Montréal et Arles, 2013, 256 pages TOMATES SUITE DE LA PAGE F 1 la morte est déchiré en mille morceaux.Des mains énergiques tentent d\u2019arracher les doigts, les oreilles et des morceaux de chair de la défunte en guise de relique.Cette folie religieuse, maladie qui continue de se transmettre aujourd\u2019hui, a pour objet une Chinoise, puisque la Catarina en question a été enlevée en Asie par des pirates portugais qui la laissèrent à des jésuites avant qu\u2019elle n\u2019arrive en terre d\u2019Amérique.Mann retrace ainsi la riche histoire des échanges économiques, écologiques et humains aux commencements de l\u2019Amérique, du temps de Christophe Colomb.Il avance dans cette vaste matière avec énergie et style, dans un habile mouvement de va-et-vient entre le présent et le passé, oû s\u2019intégrent à la fois son histoire personnelle et celle du monde.Un continent et sa tomate Un jour, il y a vingt ans, Mann fut étonné de découvrir plus de cent variétés de tomates en même temps que l\u2019origine américaine de ce fruit.Les variétés de tomates nous viennent aujourd\u2019hui de partout.Cependant, rappelle-t-il, «aux yeux des botanistes, le fait que les tomates aient atterri en Ukraine ou au Japon est moins mystérieux que la question de savoir comment les créateurs de la tomate moderne se sont déplacés des Andes au Mexique, où les sélectionneurs amérindiens ont transformé radicalement le fruit pour le rendre plus gros, plus rouge, et surtout plus comestible.» Charles Mann montre bien que, «depuis le début, la mondialisation engendre à la fois des gains économiques colossaux et de grands désordres sociaux et écologiques qui menacent d\u2019en annuler les bénéfices».Journaliste pour la revue Science auréolé de quelques prix, voyageur curieux de tout, son fivre précédent, 1491, constituait une synthèse intelligente de ce que nous pouvons savoir de l\u2019Amérique avant l\u2019arrivée des Européens.Ce nouveau livre de Charles Mann, déjà salué partout, est à la hauteur du premier.Au sujet des origines de l\u2019Amérique, on lira aussi avec intérêt une enquête de Christian Duverger, parti sur les traces du conquistador Fernando Cortés à cheval sur les mots d\u2019un de ses compagnons.Bernai Diaz del Castillo, qu\u2019ils confrontent à son remarquable savoir sur le monde méso-américain.Le Devoir 1493 Comment la découverte DE l\u2019Amérique a transformé LE MONDE Charles C.Mann Albin Michel Paris, 2013, 535 pages CORTES ET SON DOUBLE Enquête SUR UNE MYSTIFICATION Christian Duverger Seuil Paris, 2013, 312 pages JD SLOAN Charles C.Mann La Vitrine tu/ m/cUmeà^ Lettres d amour a Leopoldine IS63 IS67 Texte élâbl et annoté par Gaor^M Aubin ai Ranéo BtaMbH HISTOIRE DIS-MOI QUE TU M\u2019AIMES Lettres d\u2019amour À Léopoldine (1863-1867) Honoré Mercier Texte établi et annoté par Georges Aubin ef Renée Blanchet Éditions Trois-Pistoles Notre-Dame-des-Neiges, 2013,312 pages Étudiant en droit de sensibilité libérale et, plus tard, premier ministre du Québec, Honoré Mercier (1840-1894) dénonce, dès juin 1864, le projet de Confédération canadienne que les conservateurs de l\u2019Amérique du Nord britannique, en particulier chez nous GeorgœÉtienne Cartier, veulent soumettre au Parlement de Londres.Il écrit à Léopoldine Boivin: «Cartier nous a trahis; il nous a vendus.» Criante de vérité, sa correspondance inédite avec sa future femme nous révèle un drame intérieur : «Je ne sais si je ne dois pas briser ma plume et renoncer à cette politique trompeuse et égoïste.» Amédée Papineau, fils du grand Louis-Joseph, déclare en 1894 dans son journal inédit: «Un homme [.] nous aurait peut-être sauvés.Mercier!» Mais, déjà, l\u2019heure du Québec tardait Michel Lapierre LITTERATURE QUEBECOISE DANS LA CAGE Mathieu Leroux Héliotrope Montréal, 2013,186 pages Sombre et court premier roman.Dans la cage suit la trajectoire d\u2019un homme en peine d\u2019amour.Des pages brutes oû l\u2019homosexualité est vécue comme un poids, un «défaut de fabrication», une «maladie mentale».Une vraie bombe à retardement La sexualité y est une arme tournée autant vers soi que vers les autres.«Je suis le fils d\u2019Hedda Gabier; je refuse la lumière.Mon appartement est une cage qui se referme sur moi.» Sur fond d\u2019histoire familiale meurtrie, le narrateur y raconte aussi le retour de son frère aîné, homosexuel (lui aussi), toxicomane et séropositif.Mathieu Leroux crache des phrases saccadées, haletantes.Il compose une atmosphère lourde traversée d\u2019urgence, d\u2019isolœ ment et de solitude, de rage et de désespoir.Le lexique animalier \u2014jungle, proie, chasseur, gibier \u2014 sent un peu \\e gimmick.Et si le style haletant, la violence et la cruauté du roman accrochent vite le lecteur, ils n\u2019ont rien de bien révolutionnaire (il y a longtemps qu\u2019on a lu Guyotat) et ne suffiront peut-être pas à la retenir.Des maladresses qui étouffent un peu la portée de ce cri du cœur.Christian Desmeules ESSAI Miroirs d une vie MIROIRS D\u2019UNE VIE Jean Daniel Gallimard Paris, 2013,168 pages Dans Miroirs d\u2019une vie, l\u2019anden directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, âgé aujourd\u2019hui de 92 ans, revient sur son enfance et son adolescence en Algérie et sur son engagement de journaliste à L\u2019Express puis au Nouvel Obs.Né Jean-Daniel Bensaïd de parents juifs à Blida, en Algérie française, Daniel avoue qu\u2019il lui a «fallu des voyages en Tunisie et au Maroc pour découvrir une ara-bité» qui lui avait complètement échappé dans son village natal.Il n\u2019a même jamais appris à parler arabe.Composé de quelques textes originaux, mais principalement d\u2019entrevues accordées en 2010 et 2011 et de deux textes d\u2019hommage d\u2019amis arabes.Miroirs d\u2019une vie aborde principalement les questions de la décolonisation française, de la guerre d\u2019Algérie, des relations entre Israël et le monde arabe et, enfin, de l\u2019immigration en France.Paul Bennett y XJ.y Uc^^taulines LIBRAIRIE La fiancée américaine Entretien avec Éric Dupont Mardi 26 mars 19 h 30 Animation : Eisa Pépin Contribution suggeree 5 $ Beaucoup plus qu'une librairie! 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 olivieri Librairû Bistro Au cœur de la littérature Le juste retour des choses Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Sophie Cardinal-Corriveau « Ses récits, alertes, tendres, malicieux, témoignent d\u2019un amour de la vie où les scènes les plus triviales trouvent leur réponse dans la lecture, la musique, le cinéma - échafaudant une réflexion \u201cen dehors du temps\u201d sur la condition humaine, d\u2019une intelligence à faire frémir.» Marie-Ève Sévigny, Entre les lignes 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Lundi 25 mars à 19 heures c A Entrée libre/réservation obligatoire RSVP; 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Causerie La poésie ce matin Autour de l\u2019œuvre de Normand de Bellefeuille Poète, nouvelliste, essayiste et romancier, Normand de Bellefeuille a publié une trentaine de titres depuis 1973 et obtenu de nombreux prix, dont les prix de poésie Alain-Grandbois de l\u2019Académie des Lettres du Québec et du Gouverneur Général du Canada, en 2000, pour La marche de l\u2019aveugle sans son chien (Québec Amérique) et le Prix Québécor du Festival international de poésie de Trois-Rivières pour Mon bruit, Chroniques de i\u2019effroi /// (Éditions du Noroît, 2012).Avec Normand De Bellefeuille Animée par Karim Larose F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 MARS 2013 ESSAIS Sri 5»' 5'.;\tfer fir.t- ¦ Sik Swî^-awiw JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour un chantre de la prudence et de la modération, l\u2019ex-député péquiste Martin Lemay ne donne pas l\u2019exemple en agitant l\u2019épouvantail communiste dans ses Lettres à un jeune gauchiste.Qui a peur des communistes ?Louis CORNELLIER ans Le Journal de Montréal du 23 février dernier, le bourru chroniqueur Michel Hébert s\u2019inquiète de l\u2019ascendant des «communistes» sur la société québécoise.«Le Manifeste du Parti communiste, écrit-il, suggérait, un peu comme aujourd\u2019hui les communiqués de la CSN, de la CSQ et des autres insatisfaits du modèle québécois, \u201cun impôt lourd et progressif\u201d, de même qu\u2019une \u201céducation publique et gratuite pour tous les enfants\u201d.Ceux qui n\u2019embrassèrent pas ces idées finirent dans des camps.» Le chroniqueur donne ici dans le sophisme de la pente savonneuse: si, comme les communistes d\u2019hier, vous défendez le principe de l\u2019égalité sociale grâce à l\u2019intervention de l\u2019État, vous nous préparez une société totalitaire.Aussi, il faut comprendre que, selon Hébert, seul le capitalisme est garant de nos libertés et que toute contestation un peu radicale de ce système contient de la graine de totalitarisme.Comme la CSN et la CSQ contestent parfois ce système, on doit donc conclure qu\u2019elles sont des ennemis de la liberté.Trois jours plus tard, Hébert signait un billet dans lequel il déplorait la «victoire étudiante» au Sommet sur l\u2019enseignement supérieur, en citant «le génial Bertrand Rus-sel», un démocrate, certes, mais clairement de gauche, qui, contrairement à Michel Hébert, ne s\u2019opposait pas aux lourds impôts pour les riches et faisait la preuve que la gauche ne mène pas nécessairement aux «camps».Une puissance fantasmée Ce discours hystérique sur les dangers pour la liberté que représente la gauche, toujours trop extrême aux yeux de ses adversaires, effectue un retour sur la scène québécoise à la faveur du printemps étudiant de 2012.Dans des Lettres à un jeune gauchiste qu\u2019il vient de faire paraître chez un éditeur qui penche à droite, Martin Lemay, ex-député péquiste, s\u2019inquiète lui aussi de «la renaissance de l\u2019extrême gauche, ici même au Québec».«Contrairement à ce que plusieurs affirment et semblent croire, avertit-il, le véritable danger ici au Québec ne vient pas d\u2019une fantasmatique extrême droite.Il vient de l\u2019extrême gauche, une idéologie qui, par-delà les nobles et généreuses intentions qu\u2019elle a toujours affichées, imposa la violence et le meurtre comme système de gouvernement.» Avant d\u2019aller plus loin, établissons d\u2019abord une chose: l\u2019idée de la puissance de l\u2019extrême gauche, au Québec, relève du pur fantasme.Les gens qui se réclament de cette idéologie ne sont qu\u2019une poignée et ils ne suscitent aucune adhésion de masse.Ils ont bien sûr profité du « printemps érable» pour se faire entendre, mais la très vaste majorité des partisans du carré rouge ne communiaient pas à cet au- tel et adhèrent plutôt à la so-cial-démocratie.Lemay note lui-même que «les pauvres» sont imperméables à l\u2019idéologie communiste et que les Québécois, historiquement, ont toujours été allergiques à l\u2019extrémisme.D\u2019où lui vient, alors, son frisson?«Je dois t\u2019admettre, avoue-t-il à son jeune gauchiste, que de voir, soir après soir, quelques centaines d\u2019individus assiéger ainsi toute une société m\u2019a donné froid dans le dos.Je ne fus pas sans me rappeler qu\u2019en Russie, seulement quelques milliers de bolcheviques fanatiques ont suffi, à prendre le pouvoir.» Pour un chantre de la prudence et de la modération, Éemay, en agitant ainsi l\u2019épouvantail communiste, ne donne pas l\u2019exemple.On ne saurait nier que certains jeunes militants de la CLASSE, lors des événements du printemps dernier, ont été emportés par un élan révolutionnaire exalté et se sont réclamés d\u2019idéaux d\u2019extrême gauche, anarchistes ou communistes.A ceux-là, pas toujours dotés d\u2019une solide culture historique, Lemay n\u2019a pas tort de rappeler que le communisme «fut la cause de millions de morts» et qu\u2019il a erré en plaçant «les idées au-dessus des hommes».Fidèle à l\u2019école de pensée libérale, Lemay renvoie de plus dos à dos le communisme et le fascisme, qui «eurent des effets analogues: la souffrance et la mort».Il rejette la thèse d\u2019une saine essence du communisme qui aurait été dénaturée.Combattre ou éduquer Cette thèse, fort répandue et défendue par de brillants essayistes, me paraît toutefois un peu courte, en ce qu\u2019elle fait l\u2019impasse sur les intentions originaires des uns et des autres.Les militants nazis voulaient le racisme et la haine.Les militants communistes voulaient l\u2019égalité.Dans les faits, les deux ont nourri le to- talitarisme, c\u2019est vrai, mais refuser de reconnaître que les intentions premières des seconds sont d\u2019une nature plus noble que celles des premiers nuit à la compréhension du communisme et, surtout, n\u2019aide pas à convaincre un jeune gauchiste d\u2019aujourd\u2019hui des dangers de son option.Je veux dire, par là, qu\u2019on peut espérer canaliser de bonnes intentions dans une direction démocratique (faire comprendre que l\u2019avenir de la gauche ne doit pas être communiste), ce qui s\u2019avère impossible dans le cas des mauvaises; je veux dire que les jeunes gauchistes ne sont pas tant à combattre qu\u2019à éduquer.Martin Lemay n\u2019a pas tort de rappeler à son destinataire que la société québécoise, sans être un «nirvana social», est «tout aussi éloignée de l\u2019enfer de l\u2019oppression et de la misère que tu décris dans tes discours épiques et un brin démagogiques».Toutefois, ses appels répétés à la modération et à la prudence, sa complaisance à l\u2019égard du capitalisme tel qu\u2019il va, et qu\u2019il distingue «d\u2019un système qui encourage la surconsommation et le surendettement» sans voir qu\u2019il s\u2019agit de la même chose, son enfermement dans un fatalisme libéral de centre droite, dont l\u2019idéal consiste à s\u2019accommoder réalistement d\u2019un système injuste considéré comme le seul possible, ne sauraient convenir à des esprits épris de justice.Si la raison doit inciter à se méfier de l\u2019extrême gauche, elle ne doit pas pour autant, en se drapant dans le manteau de la modération, mener à la résignation satisfaite.louisco@sympatico.ca LETTRES À UN JEUNE GAUCHISTE Martin Lemay Accent grave Montréal, 2013, 64 pages Les pensées de Paré LOUIS CORNELLIER Ex-éditeur du magazine L\u2019Actualité, traducteur des ouvrages de Marshall McLu-han et essayiste, Jean Paré, même s\u2019il est à la retraite, n\u2019a pas cessé de réfléchir et de noter les pensées que le monde tel qu\u2019il va lui inspire.Dans Le calepin d\u2019Erasme, du nom de ce grand penseur de la Renaissance qui combattait tous les dogmatismes.Paré a réuni ses notes, qui vont de l\u2019aphorisme au court essai et qui, additionnées, dessinent une vision du monde.Incarnation de l\u2019honnête homme contemporain.Paré s\u2019intéresse à presque tout et mêle habilement le sérieux et l\u2019humour subtil.Partisan d\u2019une laïcité sans compromis (le crucifix, dit-il, n\u2019a pas sa place à l\u2019Assemblée nationale et la religion devrait sortir des écoles), très critique à l\u2019endroit de toutes les religions \u2014 des maladies de l\u2019espèce humaine, écrit-il \u2014, le journaliste n\u2019est pas plus tendre envers les idéologies en général.«Je veux déplaire aux fanatiques de tous bords», lance-t-il, tout en réclamant le droit de changer d\u2019idée, puisque «la pensée est un chantier, pas un tombeau».Convaincu que l\u2019individualisme est «le seul vrai contre-pouvoir», Paré n\u2019adhère pourtant pas à la droite vulgaire.«Qu\u2019est-ce donc, demande-t-il, que les démocraties ont à pri- Jean Paré m d'Erasme vatiser, pour se conformer aux théories de «management» à la mode?Très exactement ce qu\u2019elles avaient créé pour éradiquer la misère, assurer le décollage économique, créer des sociétés de bien-être et devenir vraiment des démocraties [.].» Propos d\u2019un homme de centre droit éclairé, pourrait-on dire.Homme de culture, aussi.Paré aime les grands auteurs et la musique classique, déplore que la poésie dérive vers le rap, que les humoristes n\u2019aient plus d\u2019esprit, que «les médias nous donnent ce que nous aimons, après nous avoir dit ce que nous devons aimer» et affirme, dans une généralisation abusive, que l\u2019expression «télévision éducative» est un oxymoron.Parfois drôle, comme quand il suggère qu\u2019«« relire les écrits politiques de Jean-Paul Sartre, on se dit que cet homme-là pensait comme il regardait», le libre penseur ne déteste pas bousculer les idées reçues de l\u2019époque.Il affirme notamment que l\u2019ouverture d\u2019esprit, le véritable humanisme, passe plus par la littérature que par le tourisme.«Il y a plus d\u2019étonnement et de découvertes dans les livres qui ont survécu au centrifuge du temps que dans toutes les agences de voyage du monde», écrit-il.Il lui arrive cependant de succomber aux clichés.Ainsi, il répète à quelques reprises cette idée, fausse, selon laquelle la vraie menace qui pèse sur le français au Québec n\u2019est pas l\u2019anglicisation, mais la mauvaise qualité du français.La vitalité d\u2019une langue, pourtant, tous les linguistes le savent, est bien plus une affaire de statut qu\u2019une affaire de qualité ou d\u2019esthétisme.On pourra, parfois, trouver agaçant le ton arrogant et affirmatif de ce sceptique très sûr de lui, qui maîtrise l\u2019art de la pique intellectuelle.On devrait plutôt recevoir ces notes comme de tonifiants petits jabs décochés par un batailleur expérimenté.Collaborateur Le Devoir LE CALEPIN D\u2019ÉRASME Jean Paré Leméac Montréal, 2013,216 pages Le mondialisme vert d\u2019Hervé Kempf MICHEL LAPIERRE La globalité des perspectives d\u2019avenir échappe souvent aux universitaires.Le journaliste et essayiste français Hervé Kempf se distingue de ces gens très spécialisés, très circonspects.Dans Fin de l\u2019Occident, naissance du monde, il sait rendre claire une réalité qui, trop neuve, d\u2019abord nous aveugle: «Riches et pauvres sont de moins en moins attachés à une nationalité, leur destin est de plus en plus délocalisé.» La Terre n\u2019a jamais semblé si ronde.Kempf insiste: «la suprématie occidentale se dissout», elle n\u2019aura été qu\u2019une «parenthèse brillante et décisive» d\u2019au plus «trois siècles d\u2019emballement», soit «moins d\u2019un millième» de l\u2019histoire de l\u2019humanité.L\u2019intellectuel, qui, dans le quotidien Le Monde, tient une chronique d\u2019écologie, considère que, compte tenu de la limite des ressources, «la grande convergence» sociopolitique du globe devra se déterminer, avant 2050, par une consommation moyenne étrangère à la tradition occidentale du gaspillage.Est-ce là un jugement plus moralisateur que scientifique, qui cache, de la part d\u2019un Occidental, une sorte de masochisme culturel ?Nullement.Le style très parlant, parfois même dramatique, de Kempf (né en 1957) exprime, plutôt qu\u2019un sentimentalisme, un profond sens de l\u2019urgence, dicté par l\u2019éloquence de faits concrets.De 1992 à 2010, l\u2019augmentation de 75 % du produit intérieur brut mondial est dû non pas tant aux pays développés qu\u2019aux pays émergents, surtout la Chine et l\u2019Inde.Sensible au phénomène des oligarchies politico-financières, J\u2019essayiste signale que, si les États-Unis arrivent encore au premier rang pour le nombre de milliardaires, la Russie occupe la deuxième position et la Chine la suit de très près.Ce qui l\u2019amène à exposer l\u2019idée la plus forte du livre: l\u2019inégalité sociale au sein de chaque pays, riche comme pauvre, «paraît aussi importante que celle qui sépare le \u201cNord\u201d et le \u201cSud\u201d».Cette aggravation structurelle de l\u2019inégalité attisera-t-elle les discordes entre les nations et à l\u2019intérieur de chacune d\u2019elles ?Kempf fait preuve d\u2019un optimisme qui s\u2019appuie sur un motif presque inébranlable, cristallisé en une saillie: «La crise écologique planétaire change la donne: contre la froide raison d\u2019Etat s\u2019affirme la raison vibrante de l\u2019avenir du monde.» Un bouleversement aussi gigantesque découle d\u2019un constat: les richesses de la Terre ne sont pas inépuisables.Selon le journaliste devenu philosophe, il faut non seulement limiter leur exploitation, mais surtout abandonner la vision occidentale «d\u2019un monde matériel muet et instrumentalisable à loisir».Voilà une idée audacieuse, une véritable aventure qui, contre-pied de la révolution industrielle de jadis, pourrait faire de la nature, qui commencerait à parler, une valeur en soi en puisant en Orient, chez les autochtones d\u2019Amérique ou ailleurs un esprit nouveau.C\u2019est la gageure de la survie.Collaborateur Le Devoir FIN DE L\u2019OCCIDENT, NAISSANCE DU MONDE Hervé Kempf Seuil Paris, 2013,156 pages w Nicolas VONARX Prix du Canada 2013 en sciences sociales Les PUL félicitent chaleureusement Nicolas Vonarx, gagnant du Prix du Canada 20B en sciences sociales pour son ouvrage Le vodou haïtien.Presses de l\u2019Université L www.pulaval.Le gardien de l\u2019orchidée Traduit de ranglais (Canada) par Paule Noyart « C est un très joli roman [.] [qui dresse] un portrait intéressant du Viêtnam contemporain.» Emilie Dubreuil, Radio-Canada, Plus on est de fous, plus on ht 514 524-5558 lemeac@lemeac.coin "]
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