Le devoir, 13 avril 2013, Cahier H
[" CIMMA LA CINÉMATHÈQUE A 50 ANS Yf «HéSK ?Noces d\u2019or pour { l\u2019établissement sis SI boulevard de P Maisonneuve Page 2 35 boul De Maisonneuve Est ni Cinémathèque '# a fait tellement, M et avec tellement % peu» Pages Des films, certes, des salles, à coup sûr, mais aussi des livres Page 4 CAHIER ANNIVERSAIRE H » LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 r n.% H ta MARTINE DOYON PARTENARIAT DU QUARTIER DES SPECTACLES GENESE ET DEVELOPPEMENT « La Cinémathèque n\u2019est pas tombée du ciel ! » La vitrine du cinéma québécois est esquissée au temps de la Révolution tranquille « Quand je repense à la genèse de la Cinémathèque, je ressens le froid de Thiver 62 durant lequel nous nous sommes réunis chez l\u2019un, chez l\u2019autre, à Saint-Laurent ou Cartierville, pour discuter autour d\u2019une table de cuisine ou de salle à manger.» Un souvenir qui sort tout droit de la mémoire de Jacques Giraldeau, un cinéaste dont la réputation n\u2019est plus à faire et l\u2019un des membres fondateurs de cet établissement.HELENE ROULOT-GANZMANN Autour de la table de l\u2019un ou d\u2019un autre, il y avait donc entre autres Jacques Giraldeau, mais également Rock Demers, Guy Comeau et bien sûr le réalisateur Guy-L.Coté, le grand instigateur du projet.«Nous étions une dizaine, se souvient Jacques Giraldeau, cinéastes, cinéphiles, appartenant à des ciné-clubs.Nous avions une ambition : nous occuper d\u2019éducation cinématographique.Nous avions appelé notre groupe \u201cConnaissance du cinéma\u201d et notre but était de rassembler des copies et de projeter à Montréal les 120 meilleurs films de l\u2019histoire mondiale du cinéma.Rien que ça! Nous dressions des listes, chacun donnait ses titres, nous avons consulté des cinémathèques partout dans le monde.Mais notre ambition était telle que ça ne s\u2019est jamais fait!» Angle Drummond et Dorchester Jamais fait sous cette forme, du moins.Le groupe se rend alors compte qu\u2019il fait le travail d\u2019une cinémathèque et décide d\u2019en fonder une.Et c\u2019est comme cela qu\u2019un soir de 1963, au deuxième étage d\u2019une salle située à l\u2019angle de la rue Drummond et du boulevard Dorchester, l\u2019ancien boulevard René-Lévesque, est née la Cinémathèque, qui s\u2019est d\u2019abord appelée « canadienne avant de devenir « québécoise» en 1971.«A l\u2019époque, nous étions des Canadiens français, note M.Giraldeau.Et puis, avec la Révolution tranquille, tout ça a évolué.Dans cette salle, nous avons rencontré beaucoup de cinéastes de la Nouvelle Vague française.J\u2019ai même une photo avec Truffaut ! Deux jeunes hommes, nous avions la trentaine à ce moment-là!» La trentaine et beaucoup d\u2019ambitions pour le Québec en général et le cinéma québécois en particulier.Les années de gestation de la Cinémathèque correspondent aux dernières de la Grande Noirceur.Le groupe Connaissance du cinéma combat la censure avec virulence.«En même temps, pour nous, ces années n\u2019ont pas été si noires que ça, estime aujourd\u2019hui Jacques Giraldeau.Nous avions tellement de choses à faire, c\u2019était une période emballante.On créait des choses qui n\u2019existaient pas auparavant.» Durant les premières années, la Cinémathèque vivote.Elle n\u2019a pas de bureau, ni de salle de projection en propre, mais elle commence à se constituer une collection avec le peu de moyens dont elle dispose.En 1966, elle devient membre de la Eédération internationale des archives du film (EIAE), ce qui lui donne accès à une quantité inestimable de films et de documents.Sa mission éducative peut alors réellement démarrer avec la projection, à Montréal, de films qui ne sont plus en circulation et qui ont marqué l\u2019histoire du cinéma.«Il faut se remettre dans le contexte, explique Roger Daudelin, directeur de la Cinémathèque de 1971 à 2002.A l\u2019époque, lorsqu\u2019un film n\u2019était plus en salle, il n\u2019y avait plus aucun moyen de le voir.Nous étions loin de penser qu\u2019un jour on pourrait revoir ces grands classiques sur DVD dans notre sous-sol!» À la Bibliothèque nationale Dès les débuts, Roger Daudelin est associé à la Cinémathèque pour des projets ponctuels.Il participe notamment aux deux rétrospectives organisées par l\u2019organisme à l\u2019occasion de l\u2019Exposition universelle de 1967, l\u2019une sur le cinéma canadien, l\u2019autre sur le cinéma d\u2019animation.«Lorsque je suis arrivé à sa tête, tout était en gestation, se souvient-il.Nous étions huit ou neuf personnes, les projections avaient lieu à la Bibliothèque nationale et les collections étaient à l\u2019ONE J\u2019étais très enthousiaste, je revenais d\u2019un séjour à Paris où j\u2019avais fréquenté la Cinémathèque française.Le début des années 60 avait été déterminant pour le cinéma québécois.Jutra, Perrault, Brault réalisent là leurs premières œuvres.C\u2019est la première génération de cinéastes qui s\u2019illustrent avec des longs métrages d\u2019une facture très originale.Ils vont JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jacques Giraldeau est l\u2019un des membres fondateurs de la Cinémathèque québécoise.JEAN VALADE Roger Daudelin a été le directeur de la Cinémathèque de 1971 à 2002.opérer une vraie coupure et assurer la fondation même du cinéma québécois.La Cinémathèque n\u2019est pas tombée du ciel.Si elle est créée en 1963, c\u2019est parce qu\u2019elle s\u2019inscrit dans un courant qui est porteur d\u2019initiatives de cette na-ture-là.J\u2019ai donc débarqué avec l\u2019enthousiasme des cinéphiles de cette époque.» Pendant les 30 ans que passe Roger Daudelin à sa tête, la Cinémathèque opère une mue extraordinaire, devient pérenne et se professionnalise.En 1974, l\u2019établissement se dote d\u2019un centre de conservation spécialement aménagé à Boucherville pour entreposer et conserver de façon optimale ses collections, composées aujourd\u2019hui de 40000 films de toutes les époques, 30000 émissions de télévision, 28000 affiches, 600000 photos, 2000 appareils anciens, 15000 scénarios et documents de production.Boulevard de Maisonneuve En 1982, elle s\u2019installe dans ses locaux actuels du boulevard de Maisonneuve et bénéficie de deux salles de projection.Elle a enfin pignon sur rue et peut donc devenir aussi un véritable lieu de rencontres entre cinéastes et cinéphiles.Ses locaux ont été réaménagés en 1997 et la Cinémathèque dispose maintenant de deux salles d\u2019exposition, qui viennent compléter le programme de projection et témoignent de la richesse de l\u2019histoire du cinéma, de la télévision, de la vidéo et, plus récemment, des nouveaux médias.Lorsque Roger Daudelin quitte, l\u2019établissement compte une quarantaine d\u2019employés.Tout cela malgré le peu de moyens et sur un fond de discorde avec le gouvernement québécois, car celui-ci désirait, dans les années 70, en faire un office d\u2019Etat.«Le milieu du cinéma a refusé, raconte Roger Daudelin.Le bras de fer a duré plusieurs années et, en 1978, nous avons signé un protocole en bonne et due forme, garantissant à la fois notre indépendance et un apport financier de la part du gouvernement.On peut penser que cet apport n\u2019est pas suffisant, mais, depuis ce temps-là, notre existence n\u2019est plus remise en cause et notre réputation n\u2019est plus à faire ici, mais également ailleurs dans le monde.» Collaboratrice Le Devoir H 2 LE DEVOIR LES SAMEDI IS ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 LA CINEMATHEQUE A 50 ANS COLLECTIONS Dans le coffre aux trésors du cinéma québécois Véritable gardienne de la mémoire cinématographique du Québec, la Cinémathèque protège ses collections patrimoniales dans des réserves inaccessibles au grand public.Petite incursion dans le monde de cette pellicule plus que centenaire.SARAH POULIN-CH ARTRAND On connaît surtout de la Cinémathèque québécoise sa salle de cinéma située boulevard de Maisonneuve, à Montréal.Mais connaît-on les collections de la Cinémathèque?Elles sont entreposées dans des réserves, à Boucherville et Mirabel, et comptent environ 50000 œuvres et plus de 15000 heures de bandes magnétoscopiques.On y trouve, par exemple, des courts métrages datant de 1899 et des films de famille amateurs datant des années 1920 et couvrant tout le siècle.«Nos collections ont avant tout une valeur patrimoniale et culturelle.Ces films sont de véritables témoins de l\u2019histoire québécoise», résume Jean Gagnon, directeur des collections à la Cinémathèque québécoise et passionné d\u2019histoire et de films d\u2019art.Mise aux normes Conserver un film, comme un livre ou un tableau ancien, est une science.Les employés de la Cinémathèque ne lésinent pas sur les méthodes de conservation.Les conditions de conservation y sont inspirées des recommandations de l\u2019Image Permanence Institute 0PI), un organisme américain à but non lucratif créé en 1985 qui établit des normes d\u2019entreposage pour les films et les photos.Le Canada a aussi son Institut canadien de conservation, qui met en place des normes d\u2019entreposage et d\u2019entretien pour les musées.Et on ne rigole pas avec la conservation des objets patrimoniaux: l\u2019institut a publié, parmi ses dizaines de guides informatifs, des conseils sur les soins à donner aux «objets ornés de piquants de porc-épic» ou la «fabrication d\u2019une caisse de carton ondulé triple cannelure» poyr le transport A la Cinémathèque, les copies de films en couleur (35mm et 16mm) et les négatifs sont conservés dans une réserve maintenue à une température de -5 degrés Celsius et à une humidité ambiante de 30%.Selon les calculs de l\u2019IPI, ces conditions d\u2019entreposage permettraient de conserver des films en bonne condition pendant 2574 ans! Les films en noir et blanc et les vidéos sur bande magnétique sont, quant à eux, entreposés dans une réserve maintenue à 10 ou 11 degrés Celsius et à une humidité de 40%.Conservation On ne visionne pas non plus une pellicule datant de 1955 comme on le ferait dans le cas du dernier blockbuster hollywoodien en salle.«Chaque fois qu\u2019on projette une copie, on l\u2019abîme, résume Jean Gagnon.Nous avons donc des normes de manipulation et de projection très strictes.» Et on ne parle même pas des quelque 500 films plutôt «explosifs».Jusque dans les années 1950, les films étaient réalisés sur des pellicules à base de nitrate, un produit extrêmement inflammable.La Cinémathèque a conservé des films sur ce type de pellicule, datant des années 1910 et 1920, mais ils sont entreposés au Centre de préservation de pellicule de nitrate, affilié à Bibliothèque et archives Canada, à Ottawa, le seul endroit au pays qui est autorisé à entreposer des films faits de ce composé chimique.Cinématographe Lumière Depuis 2006, la loi oblige les producteurs de films québécois à déposer une copie de leurs œuvres auprès de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.C\u2019est ce qu\u2019on nomme le dépôt légal.Et c\u2019est la Cinémathèque qu\u2019on a mandatée pour le catalogage et l\u2019entreposage de ces documents.Depuis sept ans, près de 2500 titres (soit environ 13000 cassettes ou bobines) lui ont été confiés.A ce jour, environ 95% des films réalisés depuis 1963 sont entreposés dans les réserves de la Cinémathèque.La grande majorité des collections, celles d\u2019avant 2006, proviennent de dons ou de dépôts volontaires de la part de réalisateurs, de producteurs ou même de cinéastes du dimanche dans le cas des films de famille.Mais la Cinémathèque a décrété en juin 2012 un moratoire d\u2019une durée minimale d\u2019un an sur les dons et les acquisitions, par manque de ressources.Seulement deux techniciens sont employés aux réserves de Boucherville, alors que le catalogage et le traitement ont pris du retard.En tout, 15 employés sont affectés aux collections, sur la soixantaine que compte la Cinémathèque.Les collections de la Cinémathèque contiennent beaucoup plus que des films et des vidéos d\u2019archives.Une importante collection d\u2019objets afférents au cinéma et à la télévision s\u2019y trouve: affiches de cinéma, appareils d\u2019enregistrement ou de projection,, costumes, scénarios, etc.A l\u2019occasion de son 50® anniversaire, la Cinémathèque exhibera dès le 18 avril le cinématographe Lumière numéro 16, une invention des frères Lumière datant de 1895 qui servait de projecteur de cinéma.«Ce genre d\u2019objet est très rare, dit M.Gagnon.Pour les célébrations du 5(P, nous allons exposer différents trésors de ce type, comme des lettres olographes de grands personnages du cinéma.» Collaboratrice Le Devoir La Cinémathèque québécoise célèbre cette année ses noces d\u2019or.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR DIRECTION GENERALE Un rêve en monvement Avec de maigres moyens, une tâche énorme à remplir lolande Cadrin-Rossignol, directrice générale par intérim de la Cinémathèque québécoise depuis janvier 2012, aime bien une formule à la fois simple et éloquente pour décrire ce phare du septième art: «Un rêve en mouvement».Or est-ce toujours un rêve de tenir les rênes d\u2019un établissement qui, il y a un an à peine, criait à l\u2019aide dans les pages du Devoir et remettait ouvertement en question son avenir immédiat?ANDRE LAVOIE Cette cinéaste et productrice connaît l\u2019établissement comme le fond de sa poche.Active au sein du conseil d\u2019administration dès les années 1980 et présidente une première fois de 1985 à 1987, lolande Cadrin-Rossignol est revenue au conseil deux décennies plus tard pour retrouver une tout autre Cinémathèque, celle qu\u2019elle avait en partie imaginée à l\u2019époque (soit en faire un véritable musée du cinéma), celle aussi qui n\u2019avait nettement plus les moyens de ses ambitions et surtout de ses responsabilités.Son passage du poste de présidente à celui de directrice générale en janvier 2012 s\u2019est déroulé dans un contexte de crise financière et existentielle, alors qu\u2019on prévoyait pour l\u2019année 2013 un déficit oscillant entre 500 000$ et 700000$, sans compter que les dons privés ont fondu comme neige au soleil après la débâcle économique amorcée en 2008.De là à dire que le «rêve en mouvement» s\u2019est transformé en cauchemar, il n\u2019y a qu\u2019un pas, que lolande Cadrin-Rossignol n\u2019est absolument pas prête à franchir.Son constat est aussi clair que nuancé: «Ça ne me surprend pas trop d\u2019avoir des crises périodiques, parce que nous sommes en croissance de la même manière que l\u2019industrie est en croissance.Mais nos moyens ne sont jamais indexés, tandis que la production augmente.» C\u2019est ce phénomène, récurrent depuis l\u2019instauration du dépôt légal des films québécois en 2006, malgré un maigre soutien gouvernemental annuel d\u2019environ 500000$, qui fragilise, en partie, l\u2019établissement.Rayonnement international Pour lolande Cadrin-Rossignol, ce contexte difficile n\u2019altère pas les nombreux acquis et le grand rayonnement international de la Cinémathèque québécoise: ses 50 ans d\u2019existence le prouvent avec éloquence, même si cela demeure un secret bien gardé.«Nous sommes reconnus partout au pays comme à l\u2019étranger, mais les gens ne le savent pas.Lorsqu\u2019il était directeur, et donc à la tête d\u2019un organisme à but non lucratif, Robert Dau-delin a été président de la Fédération internationale des archives du film, formée de cinémathèques autrement plus et mieux financées que la nôtre.» «Par les fêtes du 50'\u2019, on sent le besoin de changer la conversation à propos de la Cinémathèque, souligne la directrice.Nous faisons énor- mément de choses.qu\u2019on ne célèbre jamais.Pour une fois, on va le dire ! » Elle ne manquera pas non plus de rappeler que sa disparition, une menace plus d\u2019une fois évoquée, serait un véritable scénario catastrophique.«Attention à ce que vous allez perdre si vous perdez la Cinémathèque.Les gens doivent le comprendre.Ça pourrait signifier le démantèlement de la collection [48000 films et enregistrements magnétoscopiques, 29300 affiches, 600000 photos, 14500 scénarios, etc.], sa répartition à gauche et à droite.Nous sommes prêts à faire des ponts avec d\u2019autres organismes, comme la Bibliothèque nationale du Québec ou la Régie du cinéma, mais ça ne se fera pas demain matin.» Ce discours quelque peu pessimiste tranche avec l\u2019atmosphère festive que la (Cinémathèque veut instaurer dès le 18 avril, et tout au long de l\u2019année, celle de ses noces d\u2019or avec les cinéphiles du monde entier.«Réfléchir à notre avenir tout en organisant les fêtes du 50\u2019, c\u2019est jongler avec deux réalités extrêmement contradictoires», admet lolande Cadrin-Rossignol.Demain déjà Cela ne l\u2019empêche pas de rêver à voix haute d\u2019une Cinémathèque 2.0, question de rendre encore plus accessibles les collections riches, variées \u2014 et parfois même secrètes ! \u2014 de l\u2019établissement, composées à 75% d\u2019œuvres «Le patrimoine audiovisuel, c\u2019est le contact le plus intuitif que l\u2019on puisse avoir avec une autre culture et une autre civilisation» québécoises et canadiennes, le reste comprenant de petits bijoux du cinéma international, dont plusieurs films d\u2019animation, un secteur important et prestigieux de l\u2019organisme.Cette vision 2.0 se bute toutefois sur la réalité implacable des coûts exorbitants liés aux droits d\u2019auteur ou encore à celle du numérique, «qui ne simplifie pas du tout notre tâche!, précise la directrice.Mettre toutes nos collections sur DVD?Ils ont une durée de vie de 20 ou 30 ans.» lolande Cadrin-Rossignol est encore plus convaincue de l\u2019importance de la Cinémathèque au moment même où «le passé revient»] Le phénomène s\u2019observe partout.«Nous avons de plus en plus d\u2019archives, des documents absolument incroyables et jamais vus, surtout depuis la chute du mur de Berlin.L\u2019image va devenir le moteur du retour sur le passé.Je ne doute pas que le livre va rester, mais les images vont nous stimuler davantage et propulser nos recherches.Katalin Bogyay, la présidente de l\u2019UNESCO, disait que \u201cle patrimoine audiovisuel, c\u2019est le contact le plus intuitif qu\u2019on puisse avoir avec une autre culture et une autre civilisation \u201d.» Pour maintenir ce contact et surtout l\u2019enrichir, la Cinémathèque québécoise répond présent.Et ce, depuis 50 ans.Collaborateur Le Devoir Les professeurs d\u2019études cinématographiques de l\u2019Université de Montréal et l\u2019Observatoire du cinéma au Québec s\u2019unissent pour souligner le 50^ anniversaire de la CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE Envie de voir avec des idées et de penser avec des images?Plusieurs programmes offerts: www.histart.umontreal.ca Faculté des arts et des sciences Observatoire du cinéma au Québec A Université de Montréal C n _l U 50 ANS DE LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE BRAVO À LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE POUR CES 50 ANNÉES EXCEPTIONNELLES DE RENCONTRES, DE DÉCOUVERTES, DE CINÉMA.ooak I LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 H 3 LA CINEMATHEQUE A 50 ANS CINQUANTE ANS PLUS TARD « La Cinémathèque a fait tellement, et avec tellement peu » Et la présidence va à.Charles David, homme de chiffres et de cinéma Un fiscaliste à la présidence du conseil d\u2019administration de la Cinémathèque québécoise ?Un siège autrefois réservé le plus souvent à un cinéaste ou à un producteur, la chose a pu surprendre lors de la nomination de Charles David à l\u2019hiver 2012.Son arrivée à ce poste, précipitée, s\u2019inscrivait dans un climat de crise provoqué par le départ de la directrice générale, Yolande Racine, et son remplacement par la présidente, lolande Cadrin-Rossignol.La crise était également financière, digne d\u2019un film-catastrophe.Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?ANDRE LAVOIE La galère, Charles David la connaît mieux que personne, puisqu\u2019il fut le trésorier de la Cinémathèque pendant au moins cinq ans avant d\u2019accéder à la présidence.Par ailleurs, le monde du cinéma lui est familier depuis le début des années 1980, puisque cet homme de chiffres est aussi un homme de cinéma, plus près toutefois des états financiers que des plateaux de tournage.Comment définit-il son travail au cabinet de comptables agréés Darras David?«Quand la production d\u2019un film va mal, ça prend un spécialiste en finances pour voir comment on peut sortir du guêpier!», ré-sume-t-il avec bonhomie et enthousiasme.Ferveur Ce ton jovial, Charles David le maintiendra tout au long de notre entretien, d\u2019abord pour décrire sa passion pour son métier et ses bons coups dans une industrie qui ne vit pas seulement d\u2019amour (du cinéma) et d\u2019eau fraîche.11 affiche la même ferveur pour la Cinémathèque québécoise, cet éta- blissement parfois mal-aimé, à la mission trop souvent incomprise.Pour le président, le mandat de la Cinémathèque est très clair et relève d\u2019une nécessité incontestable : «Le patrimoine audiovisuel québécois représente une richesse incommensurable et il faut préserver la preuve de notre grande créativité.Ne pas voir son passé pour s\u2019en inspirer, c\u2019est un peu comme arrêter de se regarder dans le miroir.» Cette noble tâche constitue un défi permanent pour un organisme auquel on a confié en 2006 le mandat de conservation et de gestion du dépôt légal des films québécois, sans compter que tout ce cinéma ne se décline plus sur pellicule, mais sur divers formats numériques, ce qui représente un grand défi de préservation et de diffusion.Tout cela retombe sur les épaules d\u2019un organisme à but non lucratif dont le sous-finance-ment chronique est de notoriété publique.«Depuis mon arrivée au conseil d\u2019administration, j\u2019ai lu des dizaines d\u2019études qui ont été faites par mes prédécesseurs ou par des firmes comptables, et elles sont QUEBECOISE CINEÜ/IATHEQUE 335, bout De Maisonneuve La Cinémathèque québécoise a été fondée en 1963.toutes arrivées à ce constat.Les gens pensent encore que nous sommes une société d\u2019Etat!», s\u2019insurge Charles David.Nécessaire financement Ce changement de statut ne déplairait pas au président pour assurer l\u2019avenir de la Cinémathèque, mais il admet que, du côté des décideurs, «on ne veut pas aller dans cette direction-là, parce que ça leur coûterait trop cher».Ce qui ne veut pas dire qu\u2019ils sont totalement insensibles au sort de l\u2019organisme.En pleine tourmente durant l\u2019hiver 2012, Christine St-Pierre, alors ministre de la Culture dans l\u2019ancien gouvernement libéral, a mis en place un comité de relance et de consolidation qui vient tout juste de pondre un premier rapport d\u2019étape.C\u2019est maintenant au tour du nouveau gouvernement du Parti québécois, et du ministre Maka Kotto, d\u2019examiner de près le futur de la Cinémathèque.Pour Charles David, il n\u2019y a pas mille solutions pour assurer la pérennité d\u2019un établisse- JACQUES GRENIER LE DEVOIR ment qui a largement prouvé sa pertinence.«Ça prend un nouveau cadre financier, dit-il sans ambages.Le ministère commence à comprendre à quel point la tâche a augmenté, surtout quand on doit conserver 400 nouvelles œuvres chaque année.Le cycle d\u2019une production audiovisuelle va bien au-delà de son cycle d\u2019exploitation.Il faut donc prévoir de l\u2019argent, parce qu\u2019un film va forcément aboutir à la Cinémathèque pour sa conservation.Qui doit payer?C\u2019est un grand débat.Mais c\u2019est exactement la même chose pour les infrastructures routières.Quand on fait un kilomètre d\u2019autoroute, il faut prévoir qu\u2019on devra le réparer.Dans ce contexte, faut-il en ajouter un autre ?La Cinémathèque est un peu victime de notre incroyable créativité, de notre désir d\u2019avoir des biens culturels.» Lourde tâche La Cinémathèque a traversé tant de tempêtes, crié si souvent famine, qu\u2019on se demande ce qui peut bien motiver Charles David à vouloir guider ce navire à la coque fragilisée.11 entend le discours de toutes les Cassan-dre, mais il refuse d\u2019abdiquer malgré la lourdeur de la tâche, celle qui représente «plusieurs centaines d\u2019heures de bénévolat par année».«Si j\u2019étais pessimiste au point de ne pas y croire, je ne serais pas là», tient-il â préciser.Pour lui, la Cinémathèque a un avenir radieux devant elle, mais cet avenir ne passe pas par le seul enthousiasme de son président, de son personnel ou de ses membres.«Le 50\u201c anniversaire va nous permettre de renouer avec toute notre communauté, de nous rapprocher de toutes les manières et de discuter du bien-fondé de notre mission.La Cinémathèque a fait tellement, et avec tellement peu.» Cette petite révolution est-elle pour demain?«Je ne m\u2019attends pas à des changements très rapides.Mais, à six mois près, ce ne sont pas de grands délais quand les enjeux sont aussi importants.» Collaborateur Le Devoir PROGRAMMATION Une année tout en films Cycles thématiques et rétrospectives sont au menu Le 18 avril prochain, la Cinémathèque québécoise aura 50 ans.Histoire de souligner cet anniversaire marquant, plusieurs projections thématiques et rétrospectives seront au menu de la programmation jusqu\u2019en avril 2014.EMILIE CORRIVEAU En plus de la programmation régulière, on s\u2019est mis en tête de programmer pour un an, confie d\u2019emblée M.Fabrice Montai, directeur de la programmation de la Cinémathèque québécoise.Ça n\u2019a pas été évident, parce que, normalement, nos cycles sont beaucoup plus courts ; ils s\u2019échelonnent sur un horizon de six mois.Karine Boulanger signe la programmation internationale.Marco De Blois signe celle du cinéma d\u2019animation et je signe celle du Canada et du Québec.» Si la programmation anniversaire s\u2019annonce diversifiée, elle s\u2019articulera principalement autour de la nouvelle exposition permanente de la Cinémathèque, Secrets et illusions, qui met en lumière l\u2019histoire des effets spéciaux dans le septième art.« Nous avions la volonté d\u2019accompagner la nouvelle exposition permanente.Une grande partie de la programmation va donc apporter un complément à celle-ci par des regards jetés sur des artistes très importants », précise M.Montai.Pal, Harryhausen, Welles et Grémillon Parmi eux, c\u2019est Ray Harryhausen, l\u2019un des plus grands créateurs d\u2019effets spéciaux du XX® siècle, qui a été choisi pour ouvrir le bal.Du 19 avril au 3 mai, la Cinémathèque présentera le récent documentaire Ray Harryhausen : Special Ejfects Titan, ainsi qu\u2019une sélection de films de genre dont il a fait les effets spéciaux.Mysterious Island, Jason and the Argonauts, Qne Million Years B.C., Clash of the Titans etLe septième voyage de Sinbad seront parmi les oeuvres projetées.« Pour cette rétrospective de ce précurseur des effets spéciaux, qui a surtout travaillé dans les années 1950 et 1960, on a travaillé avec la Eon-dation Ray & Diana Harryhausen en Grande-Bretagne.Qn est très content de ce cycle-là », commente M.Montai.En mai, la Cinémathèque a prévu un cycle Do It Yourself, version québécoise.On en profitera pour montrer comment les cinéastes québécois qui réalisent des courts métrages se débrouillent pour créer des effets spéciaux avec des moyens de fortune.On démontrera â quel point ces cinéastes, grâce â leurs connaissances techniques et â leur imagination, peuvent être inventifs.Dans le même esprit d\u2019accompagnement de l\u2019exposition Secrets et illusion, la Cinémathèque présentera en novembre et décembre un cycle sur Georges Pal, un pilier de l\u2019univers de l\u2019animation cinématographique.« Ça va débuter lors des douzièmes Sommets du cinéma d\u2019animation de Montréal, précise le directeur de la programmation.Qn aura un cycle consacré à Georges Pal, qui est un cinéaste d\u2019origine hongroise ayant émigré aux Etats-Unis.Il a commencé dans l\u2019animation et, par la suite, il est passé aux effets spéciaux.Dans le cadre des Sommets, on va présen- ter ses films d\u2019animation, puis, lorsqu\u2019ils seront terminés, on va poursuivre au mois de décembre et montrer plusieurs des films auxquels il a collaboré pour les effets spéciaux.» Egalement en décembre, la Cinémathèque présentera l\u2019oeuvre de Jean Grémillon, considéré par plusieurs spécialistes comme l\u2019un des plus grands cinéastes français, â l\u2019égal de Renoir ou Carné.Ses films marient histoires prenantes, acteurs connus et réflexions nuancées sur la nature humaine.Lumière d\u2019été (1942) ayant récemment été restauré par la Cinémathèque française, l\u2019établissement montréalais pourra faire découvrir cette œuvre particulière aux cinéphiles.La Cinémathèque entamera 2014 avec une grande rétrospective sur Orson Welles.Vu le nombre imposant de documents que compte présenter l\u2019établissement, la rétrospective comptera sur la collaboration de très nombreuses cinémathèques pour le prêt de copies.« Pour nous, c\u2019est le gros morceau de l\u2019année en cinéma international, signale M.Montai.Au-delà de 40 séances s\u2019échelonneront de janvier à mars.Ce sera un méga-événement Qrson Welles, avec tous ses films, qu\u2019on va essayer d\u2019aller chercher dans un format original sous-titré en français, mais aussi plusieurs émissions de télévision, des documentaires sur lui et ses émissions de radio qu\u2019on va projeter dans le noir.Ce sera vraiment une plongée dans l\u2019univers d\u2019Qrson Welles.» Carte blanche aux employés Fait intéressant, la Cinémathèque a donné la possibilité â ses employés qui ne travaillent pas â la programmation de participer â la sélection des œuvres présentées dans le cadre du cinquantième anniversaire de l\u2019établissement.« Ça nous a permis de constater que certains de nos collègues ont une très grande culture cinématographique, affirme M.Montai.Ils sont vraiment passionnés de cinéma et travaillent avec nous non pas pour les hauts salaires \u2014 car ils ne le sont pas \u2014 mais pour le plaisir de la chose.» Contraintes budgétaires obligent, la Cinémathèque présentera surtout des films issus de sa collection.« Les cycles importants vont coûter très cher.Pal, Harryhausen, Welles, Grémillon, tout cela, ça coûte ! Qn conserve très peu de films intacts de cette finesse-là, donc, pour les présenter, il faut avoir les moyens.Qn a choisi de canaliser l\u2019argent vers ces grands événements, mais, en contrepartie, pour tout le reste de la programmation, on va travailler uniquement avec les films de notre collection », explique M.Montai.Contrairement â ce que certains peuvent croire, cette démarche ne permettra pas â la Cinémathèque d\u2019économiser sur les droits, puisqu\u2019elle ne les possède pas sur les films qu\u2019elle conserve.Collaboratrice Le Devoir 7 Le 50^ anniversaire de La Cinémathèque québécoise est L\u2019occasion pour Les secteurs du cinéma, de La vidéo et des nouveaux médias du Québec de témoigner Leur respect envers cette institution.La Régie du cinéma et la Cinémathèque jouent des rôles complémentaires.Au croisement de L\u2019éthique et de L\u2019esthétique, L\u2019une, guide parentaL en matière cinématographique, cLasse et réguLe La diffusion commerciaLe des productions audiovisueLLes, tandis que L\u2019autre archive et anime d\u2019inestimabLes coLLections, qui refLètent notre richesse cuLtureLLe coLLective.La Cinémathèque québécoise rempLit admirabLement sa vocation de musée de « L\u2019image qui parLe », puisqu\u2019eLLe retrace, conserve et vaLorise Le travaiL de décennies de création.Au nom de L\u2019équipe de La Régie du cinéma, je saLue Les artisans de La Cinémathèque, qui, en vaLorisant Les oeuvres québécoises, contribuent au rayonnement de La créativité de notre univers cinématographique.Le président de La Régie du cinéma, Michel Létourneau facebook.com/regieducinema rcq.gouv.qc.ca Régie du cinéma ^ 1\tE9 E9 Québec O O H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 LA CINEMATHEQUE A 50 ANS Coup d\u2019œil à 50 ans d\u2019événements marquants 2011 Refonte intégrale du site web par l\u2019agence Kryzalid.2009 Mise en ligne du Répertoire audiovisuel du Québec, créé par la Cinémathèque en partenariat avec la SODEC, la Régie du cinéma et l\u2019Institut de la statistique/Observatoire de la culture et des communications du Québec.2008 La Cinémathèque réussit à éponger le déficit accumulé depuis plus de 10 ans.Création du Grand Prix Focus-Cinéma-thèque québécoise.Création du Prix de la Cinémathèque québécoise pour la meilleure œuvre québécoise ou canadienne.Révision de la mission de la Cinémathèque pour inclure dorénavant toutes les déclinaisons des images en mouvement, dont les nouveaux médias.2007 Célébration des 70 ans de la Cinémathèque française avec une présentation de 18 films récemment retrouvés, restaurés ou acquis par l\u2019établissement français.2006 Fin du mandat de six ans du président Kevin Tierney.Rétrospective intégrale de l\u2019œuvre de Norman McLaren présentée en première mondiale à la Cinémathèque.2005 Nomination de Yolande Racine en tant que directrice générale.Aménagement d\u2019un entrepôt secondaire à Mirabel.2004 La Cinémathèque se voit confier le mandat officiel de la conservation du dépôt légal du film.Création de la Fondation de la Cinémathèque québécoise, ayant pour mission de soutenir financièrement les activités structurantes de la Cinémathèque.2002 Après 30 ans à la barre, Robert Daude-lin quitte la Cinémathèque et Robert Boivin lui succède à la direction générale.Création des Sommets du cinéma d\u2019animation de Montréal.2001 L\u2019exposition virtuelle De Nanouk à l\u2019Oumigmag, le cinéma documentaire au Canada (www.nanouk.ca) remporte le Grand Prix Boomerang 2001-Arts et culture.1999 Création du site web de la Cinémathèque québécoise.Rétrospective complète de l\u2019œuvre de Gilles Carie : 50 films et vidéos réalisés depuis 1961.1997 Ouverture de la nouvelle Cinémathèque québécoise, rénovée et agrandie, au 335, boulevard de Maisonneuve Est.1996 Acquisition du cinématographe Lumière n° 16.1995 Les cinémathèques du monde célèbrent le centenaire du cinéma.1992 Inauguration officielle du Centre de conservation rénové, à Boucherville.1991 La projection-concert du film Metropolis, de Fritz Lang, fait salle comble à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des arts.1989 Agrandissement des entrepôts de conservation à Boucherville.Robert Daudelin est élu président de la FIAF.1988 Première projection-concert avec / Musici de Montréal : La Nouvelle Babylone, de Leonid Trauberg et Grigori Kozintsev.1987 La salle de projection est nommée en mémoire de Claude Jutra.1982 Inauguration de la Maison du cinéma au 335, boulevard de Maisonneuve Est.1981 Intégration formelle du Centre de documentation cinématographique aux fonctions de la Cinémathèque.1980 Rétrospective du cinéma québécois à la Cinémathèque française : 48 séances à Chaillot et à Beaubourg.1979 Lancement du premier numéro de Copie Zéro.1978 Signature d\u2019une entente-cadre avec le gouvernement québécois, qui reconnaît le mandat de la Cinémathèque.Premiers numéros de la collection « Les dossiers de la Cinémathèque».1974 Construction des premiers entrepôts de conservation à Boucherville.1973 Projet expérimental d\u2019une cinémathèque sur cassettes vidéo avec le Vidéo-graphe.1972 La Cinémathèque installe ses bureaux au 360, rue McGill.Nomination de Robert Daudelin en tant que directeur général et conservateur.Organisation de la Quinzaine du cinéma canadien à Amsterdam.1971 La Cinémathèque canadienne devient la Cinémathèque québécoise.Projections hebdomadaires à Québec (Laval) et à Trois-Rivières (Ciné-Campus).1969 Les projections publiques s\u2019installent à la Bibliothèque nationale, 1700, rue Saint-Denis.Acquisition de la collection de Guy L.Coté.1968 Publication du périodique bilingue Nouveau cinéma canadien/New Canadian Film.1967 Publication, en deux éditions française et anglaise, de Comment faire ou ne pas faire un film canadien.Rétrospective mondiale du cinéma d\u2019animation présentée dans le cadre du Festival international du film de Montréal.1966 Première adresse au centre-ville : 3685, rue Jeanne-Mance.1965 Première saison complète de 250 séances de projections publiques à l\u2019auditorium du Bureau de censure, situé au 360, rue McGill.1964 Exposition sur Eric von Stroheim dans le cadre du Festival international du film de Montréal.4-963 Semaine sur Jean Renoir au cinéma Elysée, en présence d\u2019Henri Langlois, conservateur de la Cinémathèque française.MEDIATHEQUE GUY-L.-COTE Une bibliothèque privée, mais ouverte au public La Médiathèque compte près de 45 000 ouvrages d\u2019une grande diversité documentaire Peu d\u2019entre nous savons que la Cinémathèque recèle quantité de petits trésors.Non seulement possède-t-elle les archives persormelles de plusieurs de nos grands cinéastes, mais elle dispose également de la plus imposante collection de films québécois, de même que de riches collections de livres, d\u2019affiches, de photos et d\u2019objets reliés au monde du cinéma et de la télé.CLAUDE LAFLEUR ¦\\T ous avons énormément de matériel qui remonte jusqu\u2019aux années 1920, indique Jean Gagnon, directeur des collections à la Médiathèque Guy-L.-Coté.Nous avons une très très grande collection de films sur DVD, dont beaucoup qu\u2019on ne retrouve nulle part ailleurs.» La Médiathèque recèle aussi quantité d\u2019émissions de télévision ainsi qu\u2019une importante collection de téléviseurs.«Il faut savoir que la télévision existe depuis les années 1920, rappelle M.Gagnon, puisqu\u2019on faisait alors de l\u2019expérimentation.Nous avons l\u2019une des plus importantes collections de téléviseurs en Amérique du Nord.» La Cinémathèque possède même un véritable joyau du 7® art: un cinématographe Lumière, l\u2019un des premiers projecteurs de film, à l\u2019époque où le projectionniste devait faire défiler le film en tournant une manivelle! «Nous avons le n° 16, soit le 16*\u2019 appareil fabriqué parles frères Lumière, indique Jean Gagnon.C\u2019est une pièce extrêmement rare puisque, à ma connaissance, il n\u2019y en a aucun autre au Canada.» Ce bijou d\u2019histoire est présentement exposé dans le hall de la Cinémathèque.L\u2019apport de Guy L.Coté La Cinémathèque a été fondée en 1963 par Guy-L.Coté, cinéaste et cinéphile, qui était aussi un grand amateur de livres.Tout au long de sa vie, il a constitué une collection qui forme à présent la base du fonds de documentation de la bibliothèque de la Cinémathèque.Par conséquent, celle-ci a été nommée en 1997 la Médiathèque Guy-L.-Coté.Elle nous permet de consulter une vaste sélection d\u2019ouvrages, toutes époques et provenances confondues, portant sur le cinéma, la télévision, la vidéo et les nouveaux médias.La Médiathèque compte, entre autres, près de 45000 ouvrages d\u2019une grande diversité : essais, biographies et analyses de films, catalogues, programmes, documentation promotionnelle et technique, études sur les industries télévisuelle et ciné- matographique, revues de presse, ouvrages de référence, etc.«La Médiathèque, très simplement, c\u2019est une bibliothèque \u201cprivée\u201d mais ouverte au public, relate Jean Gagnon, puisque quiconque peut y venir visionner nos films et consulter nos documents.Toutefois, à la différence d\u2019une bibliothèque publique, nous ne prêtons pas nos livres, ils ne sont disponibles que pour une consultation surplace.C\u2019est en quelque sorte la porte d\u2019entrée des collections de la Cinémathèque.» Soulignons toutefois qu\u2019une interface en ligne, dans le site web de la Cinémathèque, permet d\u2019effectuer des recherches parmi les riches collections.«Souvent, ce sont des étudiants qui viennent nous visiter, rapporte le directeur des collections, des étudiants en cinéma, en communication ou en arts, de même que des chercheurs professionnels, dont des journalistes, des historiens et des critiques.Parfois même, des personnes viennent de l\u2019étranger pour consulter nos collections, puisque la Médiathèque est une ressource documentaire importante du cinéma à l\u2019échelle de la planète.» Pour Internet Jean Gagnon explique aussi que les importantes collections de films dont dispose la Cinémathèque sont entreposées sur la rive sud de Montréal, à Boucherville, de sorte que, «très souvent, le matériel film lui-même n\u2019est pas accessible au grand public ».D\u2019ailleurs, pour visionner un film original, il faut entre autres acquitter les coûts afférents aux services d\u2019un projectionniste, ce qui n\u2019est pas à la portée de toutes les bourses.Cependant, poursuit-il, la Médiathèque possède une vaste collection de films sur DVD.«La majorité de nos films sont québécois ou canadiens, dit-il, bien que nous ayons d\u2019importantes collections internationales.» La Médiathèque dispose également d\u2019un certain nombre d\u2019émissions de télé, mais relativement peu qui ont été produites par Radio-Canada.«Si, par exemple, vous rêvez de voir les émissions jeunesse de la Société Radio-Canada, il faut plutôt s\u2019adresser à celle-ci, indique M.Gagnon.Notre mandat est plutôt de collectionner les émissions de télévision 4 SOURCE JOHN DAGGETT COLL CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE EONDS LÉON H BÉLANGER Le fondateur du Ouimetoscope, Léo-Ernest Ouimet (à droite), discute autour d\u2019une caméra Pathé avec le producteur Michel Costom et Guy-L.Coté (au centre), fondateur de la Cinémathèque québécoise.SERGE DESAULNIERS L\u2019entrepôt de conservation de Boucherville, tel que vu en 1988 faites par le secteur privé.Nous avons ainsi des émissions de TVA, mais également de divers producteurs privés.» Soulignons que les collections télévisuelles de la Médiathèque se sont prodigieusement enrichies depuis 2006, soit depuis que les producteurs sont tenus par la loi de déposer une copie de toutes leurs productions vidéo.«Depuis février 2006, tout film, tout vidéo et toute émission de télévision produits au Québec qvec l\u2019aide directe ou indirecte de l\u2019Etat sont assujettis au dépôt légal, précise Jean Gagnon, importe le genre: documentaire, fiction, vidéo d\u2019artiste, etc.» Par ailleurs, la Médiathèque procède en ce moment à la refonte de son site web, afin de faciliter le repérage de ses formidables res- sources.«Internet change beaucoup de choses, observe M.Gagnon.Ainsi, nous constatons que les habitudes de recherche des étudiants consistent à utiliser Google et à conclure que ce qu\u2019ils ne trouvent pas là, eh bien ça n\u2019existe pas ! Nous faisons donc la refonte des collections afin que Google puisse répertorier ce que nous avons.L\u2019un de nos buts, c\u2019est d\u2019être beaucoup plus repérable par les moteurs de recherche.» M.Gagnon prévoit que le site web nouvelle version de la Cinémathèque devrait être lancé en février 2014.« Voilà qui clôturera en quelque sorte nos célébrations du 50\u2018\u2018 anniversaire!», dit-il joyeusement.Collaborateur Le Devoir AU 335, DE MAISONNEUVE EST Entre les murs de l\u2019établissement montréalais On passe souvent devant, à pied, en vélo ou en auto, on la fi'équente pour sa programmation originale ou dans le cadre de festivals ou d\u2019événements spéciaux, mais connaît-on vraiment la Cinémathèque québécoise, ses différents espaces et ses secret ?MARTINE LETARTE Lorsque le Festival du nouveau cinéma et Fantasia ont voulu présenter l\u2019an dernier une rétrospective pour souligner le 100® anniversaire de la société de production et de distribution japonaise Nikkatsu, la Cinémathèque était le seul endroit à Montréal à pouvoir projeter les œuvres rares et anciennes.Le système de projection est l\u2019un des trésors qui se cachent derrière les murs de la Cinémathèque.«C\u2019est très compliqué de faire jouer des films d\u2019époque, puisque les bobines de 35 millimètres peuvent déchirer n\u2019importe quand, ou on peut créer des rayures dans l\u2019image», affirme lo-lande Cadrin-Rossignol, directrice générale de la Cinémathèque.Pour recevoir des films très anciens, un établissement doit avoir accès à un système de projection conforme aux normes de la Fédération internationale des archives de films.«La Cinémathèque a longtemps été le seul établissement au Canada à être équipé d\u2019un tel système, et maintenant nous sommes deux, avec le TIFF Bell Lightbox à Toronto», précise M\u201c® Cadrin-Rossignol.De nouveaux fauteuils ont aussi été installés en janvier dans la salle Claude-Jutra, qui compte 150 places.«Nous avions les mêmes depuis 30 ans, qui avaient été restaurés, mais nous sommes heureux d\u2019avoir de nouveaux fauteuils très conjbr-tables», affirme la directrice générale.La salle Claude-Jutra est largement utilisée par la Cinémathèque pour sa programmation régulière et pour les projections organisées par différents festivals.A l\u2019étage, on retrouve la salle Fernand-Seguin avec ses 84 sièges.«Elle est davantage consacrée au numérique, précise lolande Cadrin-Rossignol.On organise également dans cette salle plusieurs classes de maître et des colloques.» La salle multifonctionnelle Norman-McLaren peut, pour sa part, accueillir jusqu\u2019à 450 personnes.« On peut faire des projections sur les quatre faces de la salle, indique la directrice générale.Elle prend différents visages selon les besoins: bar, salle de conférence, salle d\u2019exposition, etc.Nous y accueillons plusieurs œuvres de nouveaux médias.Même si nous travaillons énormément à conserver le patrimoine, nous nous intéressons aussi à ce qui se fait actuellement.» Souci architectural Adjacent à la salle Claude-Jutra, on retrouve le foyer Luce-Guilbeault, où peuvent se réunir 150 personnes.Ce heu accueille souvent des gens pour un cocktail ou un lancement.C\u2019est aussi un heu où la Cinémathèque expose des photographies et des affiches.C\u2019est à cet endroit d\u2019ailleurs qu\u2019on pourra observer dès le 18 avril un cinématographe confectionné par Lorsqu\u2019on analyse l\u2019architecture et le décor intérieur de la Cinémathèque dans ses petits détails, on remarque plusieurs clins d\u2019œil au septième art les frères Lumière.«Cette pièce est un don d\u2019un des plus grands bienfaiteurs du cinéma, René Malo [coproducteur du Déclin de l\u2019empire américain].» Cet espace communique aussi directement avec le hall d\u2019entrée.«Lorsqu\u2019on entre à la Cinémathèque, la première impression en est une d\u2019espace, décrit lolande Cadrin-Rossignol.C\u2019est la large fenestration qui donne cette impression.Le lieu est donc aussi intéressant pour des cocktails et différents genres d\u2019événement.On peut y accueillir 150 personnes supplémentaires.» On retrouve aussi à l\u2019étage la salle de l\u2019exposition permanente, où sera inaugurée prochainement une grande exposition sur les effets spéciaux dans le cinéma, dont Montréal est une plaque tournante.Le café-bar de la Cinémathèque attire pour sa part de nombreux visiteurs et plusieurs travailleurs du Quartier latin pour casser la croûte, boire un café ou un cocktail.Ce café-bar peut accueillir 50 personnes et 70 de plus sur la terrasse en été.On y diffuse également des œuvres audiovisuelles, multimédias et expérimentales.On doit à la firme Saucier -i- Perrotte Architectes la transformation de l\u2019ancienne école Jeanne-Mance en la Cinémathèque qu\u2019on connaît aujourd\u2019hui.Les travaux ont été réalisés en 1997 et l\u2019édifice a remporté deux prix importants: celui de l\u2019Ordre des architectes du Québec dans la catégorie «architecture institutionnelle» et le prix du Gouverneur général-Médailles du mérite.Lorsqu\u2019on analyse le heu dans ses petits détails, on remarque plusieurs clins d\u2019œil au septième art.«Il y a beaucoup de noir et de gris parce que les architectes se sont inspirés du cinéma qui se passe dans le noir», indique lolande Cadrin-Rossignol.Au-dessus de la rampe d\u2019accès à la salle Claude-Jutra, il faut aussi porter attention à l\u2019éclairage.«H y a des rangées de lumières qui représentent la perforation d\u2019une pellicule! Ce sont des éléments, bien sûr, que bien des gens ne remarquent pas», raconte M\u201c® Cadrin-Rossignol.La Cinémathèque est aussi propriétaire de l\u2019ancienne école Saint-Jacques, un heu qu\u2019elle loue à l\u2019Institut national de l\u2019image et du son (INIS).Une fréquentation variée On associe souvent la Cinémathèque à des étudiants en cinéma.«Nous recevons effectivement de nombreux étudiants, mais issus de différentes disciplines, affirme la directrice générale.Nous accueillons aussi des cégépiens, des élèves du secondaire et du primaire.Nous proposons des visites commentées.» La Cinémathèque accueille un public à la recherche d\u2019une programmation très pointue, mais aussi le grand public, grâce à des événements populaires.Par exemple, cette année, lors de la Nuit blanche, la Cinémathèque a présenté trois films de spectacles rock, des Beatles, de Queen et des Rolling Stones.«C\u2019était plein à craquer», indique M\u201c® Cadrin-Rossignol.Environ 100000 personnes visitent la Cinémathèque chaque année.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2013 H 5 LA CINEMATHEQUE A 50 ANS CINEMA D\u2019ANIMATION Une collection uniqne an monde La Cinémathèque conserve près de 5000 chefs-d\u2019œuvre «Lorsque l\u2019Office national du film a déménagé d\u2019Ottawa à Montréal en 1956, les studios d\u2019animation ont suivi, ce qui a engendré l\u2019éclosion d\u2019une communauté d\u2019animateurs ici, raconte Marco de Blois, conservateur et programmateur à la section de cinéma d\u2019animation de la Cinémathèque.L\u2019animation est très rapidement devenue un domaine d\u2019excellence au Québec.Les fondateurs de la Cinémathèque ont eu le flair de penser qu\u2019elle devait avoir sa place dans cet organisme, de façon à mettre en évidence une des forces du cinéma québécois.» Petit rappel historique.HELENE ROULOT-GANZMANN Dès le début des années 70, une personne s\u2019est consacrée exclusivement à la conservation et à la diffusion du cinéma d\u2019animation à la Cinémathèque.Un poste qui est occupé aujourd\u2019hui par Marco de Blois, mais qui fut habité pendant une trentaine d\u2019années par Louise Beaudet, véritable passionaria du cinéma d\u2019animation, sans doute la plus grande spécialiste du sujet au Québec.La grande dame est décédée depuis, mais son empreinte reste indélébile.Dans une entrevue accordée au magazine Ciné-bulles à l\u2019occasion des 25 ans de la Cinémathèque, elle expliquait les prémices de la constitution de cette collection.C\u2019était en 1967, alors que Guy-L.Coté souhaitait organiser une rétrospective mondiale du film d\u2019animation dans le cadre de l\u2019Exposition universelle.«Cela a été un coup de foudre! Je débarquais dans ce monde-là, je connaissais Mickey Mouse, comme tout le monde.Pour l\u2019événement, la Cinémathèque québécoise a constitué un fonds de 250 films d\u2019animation.des invités de marque sont venus.J\u2019ai connu Otto Messmer, le créateur de Félix le chat.Chuck Jones, Bob Clampett, Tex Avery, le créateur de Tweety Bird.Quand fai vu les dessins originaux, ceux de Blanche-Neige et les sept nains en marche, par exemple, qui bougeaient sur le papier, fai été émerveillée [.].On avait acheté beaucoup de films de pionniers américains pour Expo 1967.On a même ré- « Depuis l\u2019explosion des technologies, le Québec et le Canada restent à l\u2019avant-garde cupéré des copies sur nitrate, presque en décomposition, qu\u2019on a sauvées de justesse en les transférant sur acétate.» Une cinquantaine d\u2019années plus tard, la collection se compose de 5000 chefs-d\u2019œuvre, pour moitié des films canadiens ou québécois, l\u2019autre moitié venant du monde entier.«En ce qui concerne les ouvrages québécois, nous voulons être exhaustifs et protéger l\u2019ensemble du patrimoine, précise Marco de Blois.Pour la collection internationale, nous sommes très sélectifs.Nous sommes devenus une référence en la matière tout autour de la planète, parce que nous avons de très bonnes conditions de conservation et que, dans certains cas, nos copies sont de meilleure qualité que celles qui se trouvent dans les pays d\u2019origine.» Œuvres uniques Une collection tellement unique que, le printemps dernier, la Cinémathèque a pu organiser une rétrospective sur l\u2019histoire de l\u2019animation soviétique, depuis les années 30 jusqu\u2019aux années 60, en ne piochant que dans ses propres archives.«À l\u2019époque, l\u2019Union soviétique aimait beaucoup distribuer ses productions à travers le monde.Nous avons composé une rétrospective en trois programmes de courts métrages, suivis avec attention par un public très intéressé.Mine de rien, ce n\u2019est pas facile de mettre sur pied une telle programmation, parce que les copies sont rares.Mais nous, nous les avons et nous avons les techniciens qualifiés pour projeter ces films de façon adéquate.» Une collection qui regorge de trésors oubliés, comme cette copie de Gertie the Dinosaur, film réalisé par Winsor McCay en 1914 qui est exceptionnel, car il s\u2019agit du premier film d\u2019animation mettant en scène un personnage affichant une réelle psychologie.Jusque-là, l\u2019animation se cantonnait à des fantaisies débridées, surtout graphiques.La Cinémathèque est à l\u2019origine de sa redécouverte dans les années 60.Tout comme elle est également à l\u2019origine, tout récem- ment, de la redécouverte d\u2019une autre pépite, un film abstrait peint sur pellicule qui a été réalisé vers la fin des années 1940 par Gordon Webber, professeur d\u2019architecture à l\u2019Université McGill.«Ça été un moment exceptionnel dans ma carrière de conservateur et d\u2019historien de l\u2019art, confie Marco de Blois.Cette découverte signifie que, dès les années 40, il y avait des gens à Montréal qui s\u2019intéressaient au cinéma d\u2019animation, à l\u2019avant-garde et au cinéma expérimental.Jusque-là, nous ne soupçonnions pas qu\u2019il y avait ici, avant l\u2019arrivée de l\u2019ONF, une pratique, même marginale, de l\u2019animation.Nous avons trouvé cette copie dans une bibliothèque à l\u2019Université McGill.Elle était assez abîmée, usée, fragile et improjetable, car laissée à l\u2019abandon pendant des années.Nous l\u2019avons restaurée, numérisée, nettoyée, de façon à permettre sa diffusion.» Toujours à l\u2019avant-garde Aujourd\u2019hui encore, Montréal reste une place forte du cinéma d\u2019animation.11 est très courant, dans les festivals à l\u2019étranger, qu\u2019une bonne partie de la sélection provienne des studios québécois, et ce sera encore le cas dans quelques semaines à Annecy, en France, site du plus grand festival d\u2019animation au monde.«Depuis l\u2019explosion des technologies \u2014 numérique, nouveaux médias, effets spéciaux, etc.\u2014 le Québec et le Canada restent à l\u2019avant-garde, affirme M.de Blois.Ce qui est intéressant, c\u2019est que les techniques traditionnelles et modernes cohabitent très bien.De par mon poste, mon 4 MARTINE DOYON PARTENARIAT DU QUARTIER DES SPECTACLES La Cinémathèque conserve des milliers de films d\u2019animation.râle est bien entendu de présenter des films, leur histoire, de mettre en valeur des œuvres, mais aussi de faire vivre toute une communauté.J\u2019ai le privilège d\u2019avoir des liens avec plusieurs créateurs d\u2019ici et je vois bien qu\u2019il y a de l\u2019engouement et du talent à l\u2019égard de l\u2019animation.» Engouement de la part des créateurs, engouement également de la part du public, qui répond présent chaque jeudi lors des projections à la Cinémathèque et chaque mois de novembre désormais, à l\u2019occasion des Sommets du cinéma d\u2019animation de Montréal, organisés eux aussi par la Cinémathèque.«Le cinéma d\u2019anima- tion se porte plutôt bien aujourd\u2019hui, estime Marco de Blois.Il est porté par les grosses productions commerciales du type Pixar ou Disney et par les Japonais.Et il y a, à côté de ceux-là, tout un marché alternatif pour les créateurs indépendants.Ce n\u2019est pas toujours évident pour eux, parce qu\u2019il s\u2019agit principalement de courts métrages qui trouvent difficilement leur place dans les cinémas.Mais, via les festivals ou via des organismes comme la Cinémathèque, ces films ont l\u2019occasion d\u2019être vus.» Collaboratrice Le Devoir EXPOSITIONS Le cinéma a son musée ! On qualifie souvent une cinémathèque de musée du cinéma, en référence à sa collection de films.Mais on oublie, par contre, qu\u2019une cinémathèque peut aussi être un lieu où on trouve une véritable pratique muséale.C\u2019est le cas de la Cinémathèque québécoise.PIERRE VALLEE NOUS avons toujours eu des expositions, explique Jean Gagnon, directeur des collections à la Cinémathèque québécoise.D\u2019ailleurs, la salle Raoul-Barré, située au deuxième étage, sert à loger notre exposition permanente.» Quant aux expositions temporaires, c\u2019est la salle Norman-McLaren qui les accueille.Le foyer Luce-Guilbeault sert à présenter de petites expositions où sont souvent mis à l\u2019honneur quelques-uns des artéfacts de la Cinémathèque québécoise.«Nous nous servons même des espaces de circulation au deuxième étage pour exposer une partie infime des téléviseurs de la collection Znaimer.» Effets spéciaux Le cinquantenaire de la Cinémathèque québécoise est donc le moment tout indiqué pour la création d\u2019une toute nouvelle exposition permanente, qui remplace l\u2019ancienne consacrée à l\u2019animation.Intitulée Secrets et illusions, la magie des effets spéciaux, cette exposition permanente, sous la direction du commissaire invité, Eric Falardeau, permettra aux visiteurs de pénétrer dans l\u2019univers fascinant des effets spéciaux.«On a choisi une définition large des effets spéciaux, explique Eric Falardeau.Cela va du simple effet d\u2019optique, comme un fondu enchaîné, devenu avec le temps un simple élément du langage cinématographique, jusqu\u2019aux effets spéciaux numériques.Cela inclut aussi le maquillage, l\u2019usage de maquettes, l\u2019animatronique, etc.Il ne faut pas oublier que la confection d\u2019un effet spécial exige souvent la contribution de tous les services de la production d\u2019un film.» Et, par effets spéciaux, on n\u2019entend pas uniquement les effets spéciaux clinquants.«Lorsqu\u2019on parle d\u2019effets spéciaux, on pense surtout aux effets spectaculaires, comme une explosion ou une bataille de vaisseaux spatiaux.Mais ces effets ne sont valables que s\u2019ils s\u2019inscrivent dans la trame dra- matique du film, sinon ce sont des effets pour des effets.Il faut aussi accorder de l\u2019importance aux effets spéciaux dont le but est d\u2019être imperceptibles.Même les comédies romantiques ont des effets spéciaux, par exemple, dès qu\u2019on corrige numériquement un défaut de la peau ou qu\u2019on ajoute ou enlève un élément du décor.» L\u2019exposition est divisée en trois parties.«La première partie est historique et sert à présenter de grands artisans qui ont marqué l\u2019univers des effets spéciaux.On pense à Mé-liès, mais aussi à Douglas Trumbull, qui a travaillé pour 2001, l\u2019odyssée de l\u2019espace.Une biographie et des extraits de leur travail permettront de les présenter.» La deuxième partie porte sur les raisons pour lesquelles les cinéastes font usage d\u2019effets spéciaux.«Avec les effets spéciaux, on cherche souvent à créer ce qui n\u2019existe pas ou à donner à voir ce à quoi on n\u2019a pas accès.» La troisième partie porte sur les techniques des effets spéciaux.«On s\u2019intéresse ici autant aux effets spéciaux faits de façon traditionnelle qu\u2019à ceux générés par ordinateur.D\u2019ailleurs, plusieurs effets spéciaux sont produits par la combinaison de plusieurs techniques.Par exemple, on peut faire neiger directement sur un plateau pour ensuite rajouter numériquement de la neige en arrière-plan.Nous avons retenu neuf techniques qui seront illustrées par la présence d\u2019un ou deux artéfacts.Des extraits de films ainsi que des entrevues avec des créateurs d\u2019effets spéciaux québécois permettront aux visiteurs de mieux comprendre de l\u2019intérieur la création d\u2019effets spéciaux.» La télé à l\u2019honneur Déjà présente dans le domaine de la télévision, notamment par le biais de la collection de téléviseurs Znaimer, la Cinémathèque québécoise a choisi de poursuivre dans cette voie avec la création d\u2019une exposition portant sur la télévision au Canada de 1950 à 2000.«C\u2019est une exposition temporaire que la Cinémathèque québécoise crée et qui tiendra l\u2019affiche tout l\u2019été, explique Jean Gagnon.Ensuite, nous espérons la faire tourner dans d\u2019autres lieux d\u2019exposition au Canada.» Ici aussi, on a choisi de ratisser large, et cette exposition comporte de nombreux volets.Un de ces volets portera sur l\u2019évolution des appareils et des caméras, un autre fera état des vedettes passées du petit écran.«Nous avons aussi de nombreux extraits d\u2019émissions de télévision, publique comme privée, qui donneront un éventail de l\u2019évolution de la programmation ainsi que de l\u2019esthétique et de la stylistique de la télévision canadienne.» Qn s\u2019intéressera aussi au décloisonnement de la télévision.«C\u2019est la télévision qu\u2019on ne voit pas habituellement dans nos postes et qui déborde du sens strict de la télévision.Je pense ici à la télévision communautaire ou encore à la vidéo, que les groupes communautaires et sociaux se sont appropriée, grâce notamment à l\u2019apparition du caméscope.» Un autre volet portera sur les tentatives de distribuer différemment les émissions de télévision, ainsi que sur les efforts déployés pour créer de la télévision mobile.«On ne s\u2019en souvient guère, mais les premières tentatives de télévision à la carte remontent au début des années 70.Nous avons aussi des appareils, conçus dans les années 80, qui cherchaient à rendre mobile la télévision et qui, à l\u2019époque, étaient perçus comme l\u2019avenir de la télévision.On pense ici au Watchman, le pendant télévisé du Walkman de Sony, ainsi qu\u2019à la TVWatch, un petit écran qu\u2019on portait au poignet, comme une montre.Aujourd\u2019hui, à une époque où on peut regarder une émission de télévision sur une tablette numérique ou un téléphone intelligent, il est intéressant de rappeler que ce qu\u2019on vit présentement a des racines.» Collaborateur Le Devoir PUBLICITÉ syiiïïargB .y % l 50 ans de promotion de notre patrimoine audiovisuel, ça se fête.Bravo Cinémathèque québécoise ! PUBLICITÉ SAUVAGE Fier partenaire de la culture ÜISTIBUTÉUR ÜFFICIÉL ÜU ÜÉPLANT ü£ LA PRÜGRAMMATIÜN ü£ LA CINÉMATHÈQUE QEPUIS PLUS UE 15 ANS ! Saviez-vous que la Cinémathèque québécoise sauvegarde l\u2019une des trois plus importantes collections d\u2019affiches au Québec ?\u201cAffiche-ionados\u201d visitez l\u2019exposition virtuelle te cinéma québécois s\u2019affiche cinematheque.qc.ca/exposition/ index.htm pubUcUesauvage.com LA CINEMATHEQUE QUÉBÉCOISE A 50 ANS: y E HISTOIRE D'AMOUR QUI # r UNE ANNEE DE CELEBRATIONS VOUS ATTEND! on L\u2019inis\tJ.R CHENET\t^ CONSEIL DES ARTS Conseil desalts CanadaCouncil\tDEMONTRÉAL , duCanada IbrtheArts CINEMATHEQUE QUEBECOISE CINEMATHEQUE.QC.CA m s http://cinematheque.qc.ca/fr/cinematheque/50ans "]
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