Le devoir, 20 avril 2013, Cahier F
[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 mon forcast des problèmes modtmcs est Des plus Comm* tatii\toui ^ -r Y T- PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Abécédaire, poèmes de Roland Giguère et dessins de Gérard Tremblay, Montréal, Erta, 1975 < 0 _ / n A Knight Move ou Véniergence de la chrysalide, Pascaline Knight, Montréal, [PJ.Knight], 2011.LME-AET SUITE DE LA PAGE E 1 l\u2019installation», écrit Elise Las-sonde dans Le livre comme art.Matérialité et sens (Nota Bene), lancé cette semaine à Montréal sous la direction de Stéphanie Bernier, Sophie Drouin et Josée Vincent.Le spectre du livre d\u2019artiste va du livre autoédité d\u2019un seul artiste à la création collective impliquant des auteurs et des artistes sous la gouverne de concepteurs.Ceux-ci peuvent être des éditeurs, très peu nombreux, comme Rose-lin, les éditions du Silence ou du Braquet.Mais ils peuvent aussi venir d\u2019un atelier d\u2019artiste (L\u2019Atelier circulaire, Alain Piroir), d\u2019une galerie d\u2019art (Simon Blais) ou d\u2019un imprimeur spécialisé (Martin Dufour).Le texte côtoie généralement les œuvres \u2014 estampes, photos, dessins, peintures, etc.\u2014 mais peut aussi laisser toute la place à celles-ci où se faire œuvre en jouant des typographies.Bref, il y a autant de formes de livres d\u2019artiste que de créateurs, ce qui rend le repérage et la documentation de cette production plutôt ardus.Arrivent de plus en plus de professeurs d\u2019université dont le cours porte directement sur le livre d\u2019artiste Dépôt légal D\u2019où l\u2019importance du dépôt légal, plaide BAnQ, qui exige des créateurs qu\u2019un exemplaire de leur production soit cédé à l\u2019organisme aux fins de documentation, de conservation et de diffusion.BAnQ reçoit, en vertu de cette mesure, en plus des dons et des acquisitions, entre 80 et 100 livres d\u2019artiste annuellement.Le hic, c\u2019est que le tirage souvent limité de ces livres (généralement quelques dizaines d\u2019exemplaires), le coût des matériaux et le temps de réalisation des œuvres font que certains esquivent le dépôt légal ou le respectent à contrecœur.Et ce, même si un seul exemplaire est réclamé sur les deux habituellement requis pour les autres imprimés, BAnQ confiant à un comité la décision d\u2019acheter ou non le second, selon les budgets disponibles.«Donner un exemplaire, c\u2019est beaucoup, affirme l\u2019éditeur de Roselin, qui souhaiterait que BAnQ revoie sa politique pour cette collection.On n\u2019est pas [les éditions dul Boréal,^ on n\u2019est pas subventionné.Étant donné les heures de travail, les petits tirages et leur valeur [parfois 1000$ l\u2019unitél, je m\u2019abstiens de faire le dépôt légal.Et je ne suis pas le seul.Ça fâche beaucoup de gens dans le milieu.» Erta ouvre la voie M\u201d® Lassonde n\u2019hésite pas à rattacher le livre d\u2019artiste à la tradition millénaire des manuscrits enluminés.Il s\u2019agit d\u2019abord de mettre en valeur des textes classiques par le soin typographique, puis plus largement graphique.Sa déclinaison moderne, notamment au Québec, est d\u2019abord associée à l\u2019estampe originale.Les éditions Erta, du poète et amoureux de typographie Roland Giguère, marquent les débuts d\u2019une production où le texte fait corps et œuvre avec les procédés artistiques de 1949 à 1983.Images apprivoisées (1953) marque en ce sens un véritable tournant avec ses textes nés carrément des images de photogravure.A partir de là, tout sera permis.Jusqu\u2019à supprimer le texte pour mieux le laisser émerger dans l\u2019esprit du lecteur, ou à faire éclater la forme même du livre.Un intérêt croissant «La notion même de ce qu\u2019est le livre d\u2019artiste évolue beaucoup au fil du temps et des procédés, et tend à s\u2019élargir», ex- vient De paRaitRe Dossier Le Nord pour tous, vraiment?Numéro 764 \u2022 mai 2013 Les auteurs sont: Aurélie Arnaud, Emiliano Arpin-Simonetti, Alain Deneault, Robert Laplante, Virginie Larivière, François L\u2019Italien, Suzann Méthot, Christian Morissonneau, Normand Mousseau et Bertrand Schepper.A lire aussi : le carnet de José Acquelin, la chronique littéraire de Virginia P Bordeleau, une réflexion de Marc Chabot sur la banalité du mal, un débat sur l\u2019éolien au Québec Artiste invité: Marc-André Pauzé Sommaire détaillé et abonnement en ligne www.revuerelations.qc.ca g NUMEROS PAR ANNEE, 44 PAGES Un an: 40$ Deux ans 170$ A l\u2019etranger (un an) : 55 $ Etudiant: 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : loo $ (un an) 514-387-2541 P 226 I relations @cjfqcca EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 6,00 $ +TAXES Pour qui veut une société juste Le Nord pour tous, vraiment?Halte à la grande braderie! Des communautés nordiques fragilisées Peuples autochtones- des ententes à géométrie variable Repenser le développement du Nord f f 'f-.Pour consulter ^ notre gaierie photo: ledevoir.com/culture/livres FEMMES SUITE DE LA PAGE E 1 hommes, on décrochait déjà abondamment.Pendant des dé cennies, on a exclu les filles de renseignement supérieur en invoquant des raisons «naturelles» (vocation à la maternité, cerveau différent).Aujourd\u2019hui, quand les garçons décrochent, on invoque des raisons «en dehors d\u2019eux», c\u2019est-à-dire sociales.Le double standard se poursuit.On croit souvent, au Québec, que l\u2019égalité hommes-femmes est atteinte en tous domaines.Il reste pourtant du chemin à faire, clame Micheline Dumont, sans cacher sa colère féministe, dans ce dérangeant essai.Une pionnière Grande figure de l\u2019éducation au Canada français, Marie-Aveline Beugle (1861-1937), alias mère Sainte-Anne-Marie, de la Congré gation de Notre Dame, a consacré sa vie entière à lutter pour raccession des filles aux études supérieures.Elle a d\u2019ailleurs fondé, en 1908, à Montréal, le premier collège classique féminin.Les principaux livres d\u2019histoire du Québec, comme pour confirmer la thèse de Micheline Dumont, n\u2019en parlent pourtant pas.La récente Hisr foire des communautés religieuses au Québec (VLB, 2013), de Guy Laperrière, en glisse un mot au passage et le livre de Micheline Dumont la salue incidemment, tout en critiquant ses ambiguités.Dans La féministe en robe noire, un très riche récit biographique solidement documenté et élégamment écrit, le journaliste Claude Gravel, auteur du bel ouvrage La vie dans les communautés religieuses (libre Expression, 2010), lui rend un hommage bien mérité, en racontant avec délicatesse et conviction son impressionnant parcours.Religieuse, mère Sainte-Annœ Marie a souvent dû temporiser pour parvenir à ses fins, ce qui explique les ambiguités que lui reproche Dumont, mais son intelligence et sa détermination dans son combat pour réducation des filles sont admirables et ont grandement contribué à rémancipation des femmes du Québec.Mère Sainte-Anne-Marie est morte célèbre, en 1937, c\u2019est-à-dire la même année que le frère André.Lhistoire a retenu le nom du thaumaturge réactionnaire et a oublié celui de la religieuse féministe.Claude Gravel répare donc une injustice.Ce n\u2019est pas rien.louisco@sympatico.ca PAS D\u2019HISTOIRE, LES FEMMES! Réflexions d\u2019une HISTORIENNE INDIGNÉE Micheline Dumont Remue-ménage Montréal, 2013, 224 pages LA FÉMINISTE EN ROBE NOIRE Mére Sainte-Anne-Marie Claude Gravel Libre Expression Montréal, 2013, 224 pages L ardeur des pierres « [Ce roman] se lit comme un charme.[.] L ardeur des pierres est un livre méticuleux et poétique, fait d\u2019impressions et de références sensorielles, d\u2019illusions de jardin d\u2019hiver.» Guylaine Massoutre, Le Devoir Québec î.» 14 524-5558 emeac(s emeac.coru 725274858798 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 F 3 LITTERATURE On connaît la chanson Danielle ^ Laurin Je viens de refermer Chanson française de Sophie I^tourneau : je suis sous le charme.Tant de fraîcheur, de moments de grâce, d\u2019arrêts sur image.Tellement de passages qui font rêver.Comme dans rêver sa vie.Même si, du rêve à la réalité, la vie finit parfois (toujours?) par nous rattraper.L\u2019amour est au rendez-vous.C\u2019est même le sujet principal du roman.L\u2019amour avec un grand A, celui qui nous tombe dessus quand on ne l\u2019attend pas, auquel on ne croyait plus.Celui qui balaie tout.Pendant un certain temps du moins.Chanson française, ou comment un simple malentendu peut mener à la rupture amoureuse.Chanson française, ou comment savoir que c\u2019est lui, l\u2019homme de notre vie?Et puis, qu\u2019est-ce que ça voudrait dire au juste?Chanson française, ou le milieu de la vingtaine, quand on est une fille appelée vers l\u2019ailleurs, qui veut mordre dans la vie, voler de ses propres ailes, au risque de perdre celui qu\u2019on croyait (qu\u2019on croit encore?) être l\u2019homme de sa vie.Un roman de filles.Chanson française\"^ Peut-être.C\u2019est l\u2019amour vu du point de vue féminin en tout cas, ça c\u2019est sûr.Et l\u2019autre, le «sexe opposé», vu du point de vue féminin.Mais ce n\u2019est certainement pas ce qu\u2019on entend habituellement par littérature girly, du genre chik lit prémâchée.Je veux dire qu\u2019il y a ici une écriture, un ton, une voix.Et un rythme qui s\u2019entend, qui fait vibrer les mots, qui nous prend physiquement, nous emporte, nous transporte.Une fois n\u2019est pas coutume, permettez-moi de me citer: «Ily a un ton, un rythme.Il y a un point de vue, une atmosphère.On y croit.On se dit voilà, je suis devant un vrai livre, écrit par un vrai écrivain.Et si Von assistait à la naissance d\u2019une nouvelle voix en littérature québécoise?» C\u2019était il y a prés de sept ans, je venais de lire le premier livre d\u2019une jeune femme de 26 ans.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Sophie Létourneau vient de publier Chanson française, un roman de filles loin de la chick lit.Polaroïds.Un récit sur l\u2019enfance et l\u2019adolescence composé de 40 petits fragments, comme autant de petits instantanés qui, à partir de petits riens, croquent la vie sur le vif.Ce n\u2019est pas pour me vanter, mais ça y était: j\u2019ai eu raison de croire en Sophie I^-tourneau, en son talent \u2014 je ne suis pas la seule d\u2019ailleurs.Ce qui m\u2019a séduite dans Chanson française, c\u2019est d\u2019abord le titre.J\u2019entendais déjà une ritournelle.Et en effet, elle est bel et bien là.Elle commence lentement puis elle tourbillonne.Plus on avance dans le roman, plus les événements (et les émotions) se précipitent, jusqu\u2019à atteindre la vitesse d\u2019un film projeté en accéléré.La ritournelle s\u2019entend aussi par le biais des paroles de chansons placées stratégiquement, au début de chacune des quatre parties du récit \u2014 si l\u2019on exclut le prélude (brève mise en situation de l\u2019histoire) et la sortie (suite succincte de l\u2019histoire plusieurs années plus tard).Il s\u2019agit de chansons d\u2019amour, bien sûr.De Erançoise Hardy, de Barbara, de Jeanne Moreau.et de Jean-Pierre Eerland.L\u2019histoire se passe entre Montréal et Paris.Entre une Québécoise qui rêve de s\u2019installer à Paris et un Erançais qui vit à Montréal.Je vous laisse devi- LITTERATURE QUEBECOISE Croque-morts et jardiniers CHRISTIAN DESMEULES Ce sont trois amis inséparables dont la vie va basculer dans un roman noir.Dimitri est un écrivain en herbe plutôt fainéant.Alex, lui, est un séducteur impénitent, drop out de la Eaculté de médecine et porté sur les barbituriques.Dimitri et Alex se considèrent comme des frères, puisqu\u2019ils ont partagé une famille d\u2019accueil.Dernière roue du tricycle : Christian, libraire homosexuel amoureux de Dimitri et meilleur ami de sa blonde.Pris entre l\u2019arbre et l\u2019écorce, il est la mauvaise conscience vi-vapte de son ami.A l\u2019annonce de la mort du père de Dimitri \u2014 qu\u2019il ne se souvient même pas d\u2019avoir connu \u2014, la petite bande hume le doux parfum de l\u2019héritage et quitte Montréal pour Saint-Erançois-Xavier-de-Courtval, un bled perdu des Laurentides ou de la Montérégie.L\u2019occasion était belle de fuir leurs problèmes respectifs.Il ne leur faudra pas longtemps pour s\u2019attirer des ennuis et s\u2019apercevoir que le défunt n\u2019était pas l\u2019homme le plus populaire de l\u2019endroit.Associé dans l\u2019entreprise de pompes funèbres locale, il gérait un four crématoire dans le sous-sol de la maison décrépite dont Dimitri vient d\u2019hériter.Un incinérateur \u2014 ils vont le découvrir assez vite \u2014 qui depuis un certain temps déjà ne fonctionnait qu\u2019à moitié.C\u2019est-à-dire qu\u2019il ne brûle pas complètement les cadavres.Ils remettent aux familles un mélange de cendres de bois et de poudre de ciment, tandis qu\u2019ils engraissent le potager autour de la maison.Dérape En plus de devoir donner le change comme croque-morts improvisés, il leur faudra aussi se frotter à quelques dangers locaux : une femme fatale à la «voix mielleuse» que s\u2019échangeront Dimitri et Alex, un petit caïd, des atavismes inébranlables.Par le feu, le premier roman de Marie-Eve Bourassa, est en somme l\u2019histoire d\u2019une « dérape » qui finira, c\u2019était annoncé, dans un mur.Bonne ambiance de genre, dialogues vivants \u2014 l\u2019auteure a étudié la scénarisation, et ça se sent \u2014, personnages assez bien «découpés»: on pourrait y trouver son compte.Mais Par le feu s\u2019étire de façon inutile à plusieurs moments et la finale, en particulier, aurait pu nous offrir une apothéose un peu plus convaincante.Une histoire moyennement efficace qui, un peu comme le four crématoire du trio, ne fonctionne qu\u2019à moitié.Collaborateur Le Devoir PAR LE FEU Marie-Eve Bourassa Vlb éditeur Montréal, 2013, 328 pages ner la suite.Mais l\u2019histoire est double, en feit.Il y aura un autre Erançais dans le décor.Entre les deux, le cœur balance.L\u2019essentiel se passe en un peu plus d\u2019une année, sur quatre saisons.Tout est raconté au passé.Ce qui ajoute à la nostalgie doucement bercée de mélancolie.On avance en apesanteur, le récit est à fleur de peau sans en faire trop.Pas de lourdeur, même quand le drame se pointe, même quand le ciel s\u2019effondre.Les détails du quotidien, du temps qu\u2019il fait, des vêtements portés, des lieux fi*équentés, de la nourriture ingurgitée, des gestes posés.tout ça est très concret.Et vivant.On s\u2019y croirait.Atmosphère, atmosphère! La phrase est courte, souvent hachurée.Au tournant, elle s\u2019élance parfois, elle se déploie.On l\u2019entend.On entend la phrase, son rythme, comme je vous le disais.Et on entend tout ce qui n\u2019est pas dit, qui vibre par en dessous.Par-dessus tout, c\u2019est le vent qui porte l\u2019héroïne qui m\u2019a séduite.Malgré les doutes, les hésitations, les contradictions qui l\u2019affligent.Malgré sa valse-hésitation continuelle.Pétillante de vie, cette Béatrice, qui se dit à elle-même: «Mais tu garderais toujours rUlusion qu\u2019il ne sert à rien de vivre si l\u2019on ne rêve pas sa vie.» À moins que ce ne soit pas à elle-même, que l\u2019héroïne s\u2019adresse.A moins qu\u2019elle ne serve que de miroir, qu\u2019elle soi,t une héroïne par projection.A moins que le lecteur, la lectrice, soit le héros, l\u2019héroïne de l\u2019histoire.D\u2019oû le tu constant dans le roman.Au-delà de la distance que cela crée habituellement en littérature, parfois jusqu\u2019à la froideur, c\u2019est l\u2019effet on-ne-se-prend-pas-au-sérieux qui se dégage du tu ici.C\u2019est comme si l\u2019auteure nous tendait son livre avec un clin d\u2019œil.Tout se passe à la deuxième personne du singulier finalement.Un tu féminin, d\u2019accord.Qui aime au féminin, jouit au féminin, pense, rêve, s\u2019exprime, agit, s\u2019habille, devient parent au féminin.Justement, un lecteur masculin qui se prend au jeu du tu pourrait vivre là une expérience différente.Et qui sait, voir autrement (de l\u2019intérieur?) ce qu\u2019on attribue normalement à la féminité.En particulier pour ce qui concerne le sentiment amoureux.Personnellement, je me suis complètement approprié le tu de Béatrice, en rêvant sa vie comme si c\u2019était la mienne.CHANSON FRANÇAISE Sophie Létourneau Le Quartanier Montréal, 2013,182 pages ?^Gaspard- LE DEVOIR ALMARÈS \tDu 8 au 14 avril 2013\t \t\tEuSiRBii \t\t Romans québécois\t\t 1 mân\tKim Thûy/Libre Expression\t1/2 2 Les héritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 7 Le conquérant\tAnne Robillard/Wellan\t2/3 3 Félicité \u2022 Tome 4 Une vie nouvelle\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t3/7 4 Les deux saisons du faubourg\tMylène Gilbert-Dumas/VLB\t-/I 5 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique !\tAmélie Dubois/Éditeurs réunis\t4/23 6 La fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t6/24 7 Gaby Bemier \u2022 Tome 2\tPauline Gill/Québec Amérique\t9/9 8 Mâle, femelle et autres espèces animales\tEvelyne Gauthier/Éditeurs réunis\t7/3 9 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 4 Junior\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t5/6 10 II était trois fois.Manon, Suzie, Flavie\tMarie Potvin/Goélette\t-/I Romans étrangers\t\t 1 Cinquante nuances plus claires \u2022 Tome 3\tE.L.James/Lattès\t1/10 2 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattès\t3/28 3 Cinquante nuances plus sombres \u2022 Tome 2\tE.L.James/Lattès\t2/14 4 Demain\tGuillaume Musso/XO\t4/5 5 Un sentiment plus fort que la peur\tMarc Levy/R.Laffont | Versilio\t5/7 6 22/11 /63\tStephen King/Albin Michel\t6/4 7 Crossfire \u2022 Tome 2 Regarde-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t7/6 8 Crossfire \u2022 Tome 1 Dévoile-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t8/16 9 La vérité sur l\u2019Affaire Harry Quebert\tJoël Dicker/Fallois | Âge d\u2019homme\t9/17 10 La première chose qu\u2019on regarde\tGrégoire Delacourt/Lattès\t-/I Essais québécois\t\t 1 La bataille de Londres\tFrédéric Bastien/Boréal\t-/I 2 À brûle-pourpoing\tNormand Lester/Intouchables\t1/3 3 Libérez-vous des syndicats !\tEric Duhaime/Genex\t2/7 4 Vieillir avec grâce\tDenise Bombardier/Homme\t3/9 5 Journal d\u2019un écrivain en pyjama\tDany Laferrière/Mémoire d\u2019encrier\t4/9 6 Le printemps québécois.Une anthologie\tCollectif/Écosociété\t6/3 7 Charies-Sirois, l\u2019homme derrière François Legault\tRichard Le Hir/Michel Brûlé\t-/I 8 Fâché noir.Chroniques\tStéphane Dompierre/Québec Amérique\t9/2 9 Un gouvernement de trop\tStéphane Gobeil/VLB\t-/I 10 Oii vont les États-Unis?\tDonald Cuccioletta/M éditeur\t-/I '?'Essais étrangers\t\t 1 1493.Comment la découverte de l\u2019Amérique.\tCharles C.Mann/Albin Michel\t2/5 2 Adolf Hitler.La séduction du diable\tLaurence Rees/Albin Michel\t1/6 3 Les fantômes familiaux.Psychanalyse transgénérationnelle Bmno Clavier/Payot\t\t-/I 4 Nous voulons tous mourir dans la dignité\tMarie de Hennezel/Robert Laffont | Versilio\t-/I 5 Fin de l\u2019Occident, naissance du monde\tHervé Kempf/Seuil\t4/9 6 Une autre vie est possible\tJean-Claude Guillebaud/I\u2019lconoclaste\t-/I 7 L\u2019éternité dans une heure.La poésie des nombres\tDaniel Tammet/Les Arènes\t-/I 8 No steak\tAymeric Caron/Fayard\t10/2 9 Vivre, penser, regarder\tSiri Hustvedt/Actes Sud | Leméac\t-/I 10 Les milliardaires.Comment les ultra-riches nuisent.\tLinda McQuaig | Neil Brooks/Lux\t-/I La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Sasparil sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Saspard et est constitué des relevés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Baspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.JOURNEE MONDIALE DU LIVRE ET DU DROIT D\u2019AUTEUR Le grand bazar du livre FRANÇOIS LEVESQUE Le 23 avril prochain marquera la 18® édition de la Journée mondiale du livre et du droit d\u2019auteur.De l\u2019Abitibi-Té-miscamingue à la Montérégie en passant par la Gaspésie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, une foule d\u2019activités seront proposées partout au Québec sur le thème «Le grand bazar: sortez vos livres!».Cette année, les organisateurs ont demandé à Samuel Archibald, auteur du roman Arvida, d\u2019officier à titre de porte-parole.Il est certains événements que l\u2019on ne voudra rater sous aucun prétexte.La lecture par le romancier Dany Laferrière d\u2019extraits du recueil de poèmes Alcools de Guillaume Apollinaire est de ceux-là.Cette activité s\u2019inscrit non seulement dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d\u2019auteur, mais elle vise aussi à souligner le centenaire de la publication de l\u2019œuvre d\u2019Apollinaire, qui contribua q renouveler la forme poétique.A 18 h, à la librairie Gallimard (3700, boul.Saint-Laurent, Mqntréal).A la librairie Pantoute de Québec, on a eu l\u2019idée formidable d\u2019une conférence «ciné-psy» portant sur le film Dans la maison de Erançois Ozon, qui vient de prendre l\u2019affiche.Rappelons que ce long-métrage brillant s\u2019intéresse à l\u2019étrange relation de codépendance qui se noue entre un professeur de littérature blasé et un jeune élève brillant.Christiane Lahaie, professeure de création littéraire et de cinéma à l\u2019Université de Sherbrooke, éclairera l\u2019assistance de ses lumières.À19 h au Studio P de la librairie (280, boul.Saint-Joseph Est).La Journée mondiale du livre et du droit d\u2019auteur a été créée par rUNESCO en 1995 afin de développer le goût de la lecture, en particulier chez les jeunes, tout en mettant en relief le fait que, historiquement, les auteurs participent de manière significative au progrès social.Et pourquoi ce jour-là spécifiquement?«Jour anniversaire de la disparition de Cervantes, de Shakespeare et de rinça Garcilaso de la Vega, la même année (1616), et aussi de la naissance ou de la mort d\u2019autres éminents écrivains, comme Maurice Druon, K.Lax-ness, Vladimir Nabokov, Josep Pla ou Manuel Mejia Vallejo, le 23 avril, date symbolique pour la littérature universelle, a été choisi par la Conférence générale de l\u2019UNESCO afin de rendre un hommage mondial au livre et à l\u2019auteur [.]», peut-on lire sur le site de l\u2019organisme.Manifestement, cette journée a porté ses fruits en ce qui concerne Samuel Archibald.«J\u2019ai attrapé la lecture très jeune, moins comme un virus que comme un vaccin, inoculé contre la solitude et la morosité des jours de pluie.C\u2019est un remède que je transmets depuis, en laissant des livres traîner partout Dans ma maison, évidemment, mais aussi dans les métros et dans les trains, sur les bancs de parc et en visite chez les amis.C\u2019est ça, la vraie beauté des livres», déclare-t-il sans ambages.Le Devoir Informations : jmlda.qc.ca/ CHARLES C.MANN Et si l'histoire des Amériques n'était pas celle que l'on ?vous a apprise r t Charles CMann Pari auteur de 14,91 '''\u2019\"'\u201c'Il II MDM), 'iiuiei_____ Monumental et captivant, un essai révolutionnaire qui bouleverse notre vision historique et culturelle des Amériques avant Christophe Colomb.¦ ALBIN MICHEL F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 2013 LITTERATURE Un roman désopilant GILLES ARCHAMBAULT Il ne m\u2019arrive pas si souvent de prendre plaisir à des romans dont on dit qu\u2019ils sont drôles.La drôlerie, je la débusquerais en tout cas de préférence dans une écriture dont la subtilité amusée serait la caractéristique.Le burlesque, voire le picaresque, très peu pour moi.Je viens cependant de faire mon miel d\u2019un roman qui relève de ce genre.La grande embrouille d\u2019Eduardo Mendoza raconte les tribulations d\u2019un coiffeur qui occupe les heures creuses de son salon désaffecté à rechercher le beau Rômulo, ancien compagnon de détention dans un asile psychiatrique.Détective à la manque, désargenté comme ce n\u2019est pas permis, il n\u2019en réussit pas moins à se faire aider par des comparses tout aussi paumés que lui.Leur terrain, une Barcelone en pleine canicule.Les ramblas n\u2019ont rien du charme que lui prêtent les touristes.Gaudi n\u2019est pas tellement au rendez-vous.Il s\u2019agit plutôt pour l\u2019auteur de créer des personnages hirsutes qui se meuvent comme ils le peuvent dans une ville en plein désordre estival, privée qu\u2019elle est d\u2019une bonne partie de ses habitants.L\u2019une des meilleures al- liées de notre détective est Bout-de-Fromage, adolescente de treize ans, grande consommatrice de glaces au chocolat et crocheteuse de serrures émérite.Il y a aussi une famille de restaurateurs chinois, un swami autoproclamé, la femme du beau Rômulo, tellement bien roulée qu\u2019elle cause des esclandres partout où elle passe.Sans oublier le livreur de pizzas plus que condescendant, une joueuse d\u2019accordéon sans talent, un Albinos et un troublant et naïf individu qui cherche à survivre en jouant les statues vivantes dans des endroits stratégiques de la ville.On finira par apprendre qu\u2019il s\u2019agit peut-être de déjouer un attentat organisé par des terroristes et visant Angela Merkel.Pas un instant croyons-nous à la possibilité de l\u2019existence de ce plan visant la chancelière allemande.Eduardo Mendoza nous mène en bateau avec une rare dextérité.Ce ne sont pas tellement les situations qui déclenchent notre hilarité.L\u2019accumulation des détails pourrait au contraire nous faire conclure que trop, c\u2019est trop.Très habilement rendu en français par François Maspero, le roman repose sur une écriture d\u2019un rare brio.J\u2019en prendrais pour preuve les chapitres dans lesquels le coiffeur-détective doit se démêler avec la famille de restaurateurs chinois si faussement accommodants.Il y a le grand-père qui manie comme il le peut la sagesse ancestrale, la bru qui n\u2019en finit pas de préparer des plats, le rejeton à la langue bien pendue qui reçoit plus que son lot de taloches.« Quel dommage, dit Vaïeul, que je n\u2019ai plus l\u2019âge de faire joli cœur.Désir toujours là, mais petit oiseau disparaît.» Il s\u2019adresse alors à une dame qui «est sortie en agitant l\u2019air dense avec ses hanches, enveloppée d\u2019un halo de beauté éthérée et de solide dignité, et en nous laissant plongés dans une flagrance débilitante».Si vous êtes comme moi, vous ne tolérez plus depuis longtemps les détectives omniscients qui élucident les énigmes les plus compliquées.L\u2019enquêteur de La grande embrouille présent dans d\u2019autres romans de Mendoza avoue à la dernière page du roman: «J\u2019avais décidé de ne plus bouger, ni maintenant ni jamais, sous aucun prétexte.» Et tout simplement parce que, «les choses étant ce qu\u2019elles étaient, il n\u2019était pas question de quitter un travail fixe et payé avec autant de ré- gularité que de parcimonie ».IvC rêve, il le laisse à Bout-de-Fromage.Il ne détesterait pas la revoir.Quant au beau Rômulo, il peut tout à son aisç vivre avec la pension que l\u2019État lui a versée pour l\u2019empêcher de commettre de nouvelles sottises.Les personnages du roman se débrouillent comme ils le peuvent dans un monde désorganisé où on ne tire son épingle du jeu que parce qu\u2019on s\u2019en est donné la peine plutôt que de céder au désespoir.Le hasard ne nous aide pas souvent.Au contraire, il nous complique la vie.Ainsi le beau Rômulo, croyant faire un hold-up dans une banque, s\u2019aperçoit-il qu\u2019il a mis en joue les commis d\u2019un établissement de malbouffe.Ce qui ne l\u2019empêchera pas de partir avec à son dos un sac de poulets rôtis ! Croyez-moi, on a là un roman brillantissime.Et très intelligent.Collaborateur Le Devoir LA GRANDE EMBROUILLE Eduardo Mendoza Traduit de l\u2019espagnol par François Maspero Éditions du Seuil Paris, 2013, 248 pages EDITIONS DU SEUIL Le roman La grande embrouille d\u2019Eduardo Mendoza repose sur une écriture d\u2019un rare brio.LITTERATURE QUEBECOISE Le don des langues CHRISTIAN DESMEULES Professeur d\u2019anthropologie dans une université montréalaise, spécialiste d\u2019ethnolinguistique.Benjamin Paradis, 44 ans, a voyagé aux quatre coins du monde et «baragouine une vingtaine d\u2019idiomes».Mais le héros de La maison des pluies, le sixième roman de Pierre Samson, a le sentiment de s\u2019enliser un peu.D\u2019un côté, il vit avec «l\u2019angoisse de se retrouver prisonnier d\u2019un savoir coagulé», de plus en plus décalé d\u2019un monde où les mots ne suffisent plus, même animé, comme il l\u2019est, de la passion et de l\u2019urgence de transmettre.De l\u2019autre, il éprouve un mélange de mépris et de pitié pour la plupart de ses étudiants.Issu d\u2019une famille de classe moyenne montréalaise où la curiosité intellectuelle n\u2019était pas encouragée \u2014 ce qui explique une partie de son radicalisme \u2014, Paradis apprend du jour au lendemain qu\u2019il aurait eu un fils avec une femme rencontrée pendant un séjour au Japon il y a 22 ans.Le jeune homme vient d\u2019atterrir à Montréal et pose à gauche et à droite des questions à propos de son géniteur, dont il serait le «portrait craché, mais en plus compact, tristesse incluse».S\u2019engage alors, pour l\u2019un, une drôle de course à obstacles biographique.Tandis que pour l\u2019autre se présente l\u2019occasion, au milieu du chemin de sa vie, de jeter un long coup d\u2019œil dans le rétroviseur.Mais il regarde le passé en philosophant toujours un peu: «La tragédie humaine, qu\u2019elle soit réelle ou théâtralisée, ne tolère aucun jugement d\u2019ordre moral: il n\u2019y a ni mé- 20 des LIBRAIRES du Québec F/Mliîlts HtfHH Qltfœ chant ni bon, les choses sont ainsi faites, les forces et les ambitions, les devoirs et les passions règlent notre sort et nous ne pouvons qu\u2019accepter notre rôle et le jouer à fond.Et les problèmes de filiation et de legs sont les plus riches, parce que, fondamentalement, profondément ridicules.» Une langue acérée, parfois trempée dans le vitriol, confère aux personnages et aux formules des arêtes coupantes.Pierre Samson, c\u2019est l\u2019évidence, possède un réel talent de dialoguiste : le scénariste de la série télévisée Cover Girl n\u2019est jamais loin sous le romancier.Fidèle à son credo romanesque, l\u2019auteur n\u2019est pas avare de digressions et de commentaires sur l\u2019état du monde : on y disserte sur la bêtise conjointe de la jeunesse et des baby-boomers, sur l\u2019état lamentable de l\u2019enseignement universitaire ou l\u2019allergie généralisée à l\u2019effort.Pierre Samson y fustige notamment sans retenue, par personnage interposé, la «déliquescence intellectuelle de la nation» et le «funeste affaiblissement de la parole pure».Notre propre passé nous appartient-il?L\u2019avenir a-t-il un sens?Roman «ouvert» et superbement maîtrisé à la tonalité souvent nuageuse et mélancolique \u2014 malgré ses nombreuses saillies d\u2019humour, La maison des pluies, malgré le regard ambigu posé sur la «tragédie humaine», est un éloge de la complexité du monde.Collaborateur Le Devoir LA MAISON DES PLUIES Pierre Samson Les Herbes rouges Montréal, 2013, 272 pages Dans les convulsions de Roger Des Roches HUGUES CORRIVEAU Poésie compliquée ! Attention ! C\u2019est du Des Roches.Ce n\u2019est jamais banal.Recherche et travail sur la langue se côtoient ici, désarçonnent bien souvent.Mais c\u2019est beau, comme le sont l\u2019audace et une connaissance aiguë du poétique.C\u2019est beau, parce que l\u2019exigence même de cette langue casse les normes, dérape, créant volontairement des courts-circuits entre le féminin et le masculin, confondant les sens d\u2019un texte sans aucune certitude préalable: «L\u2019ouvrage de la sang de joie./ Je vois un grand métier d\u2019eau./ Les bouches qui brillent soudain et alors./ Cachées sous les couleurs, / elles veulent ce qui rampe, / tout le festin, les dents, / toute la vitesse de la j\u2019aime le ciel qui sont nus.» Reconnaissons que nous ne sommes pas là dans l\u2019évidence, qu\u2019il faut un certain effort pour se dépatouil-1er dans ce qui, de prime abord, pourrait ressembler à un magma, mais qui s\u2019insinue et fait sens au-delà de l\u2019exacte grammaire conventionnelle.ROGER DES ROCHES LA CATHÉDRALE.DE TOUT LES HERBES ROUGES / POÉSIE m La «cathédrale» du titre tire à elle un sens catho-chrétien des pulsions ou une certaine langue morale qui, chez Des Roches, étonne, pourrait-on dire, tellement l\u2019esprit laïque a toujours prédominé chez lui, alors qu\u2019ici les «organismes» sont «capables de messe», que le «poète» peut «baptiser».Void une métaphore qui file tout au long du recueil, superposant les strates séculières à une certaine mystique du désir.Oui, bien sûr, comme à l\u2019accoutumée, on y rencontre des femmes, des sexes ouverts; bien sûr, on lèche, on jouit, mais sous l\u2019œil d\u2019une vieille pensée habitée par les fantasmes archaïques.Roger Des Roches parle en somme d\u2019une pulsion clanique et primitive qui recouvre celle plus obtuse d\u2019une religion enfouie dans la conscience d\u2019être.Le poète ouvre la bouche pour manger la chair, le monde, et, comme sans doute ailleurs, l\u2019hostie d\u2019enfance.Voracité féroce: «le livre sera beau où parler à ce Jésus cannibale.» En fait, la tension provoque le vivant en jeu dans ce combat pour la survie des forces capables de perpétuer l\u2019unité ou l\u2019univers à travers la fracture.De Xk Les piliers de la création en couverture, ces colonnes de poussières interstellaires présentes dans la nébuleuse de l\u2019Aigle au cœur de l\u2019amas M16.Ainsi, les membres explosent et la pensée explore, les désirs s\u2019extirpent en quelque sorte de la contrainte qui confinerait les sens.Et pourquoi?Pour «la langue que oui! De scènes pleines, bras éclatés, on voit./ On compte.On voit./ On a Pa- ter, on a atome, on a voile brûlé./ Comptons les dieux, on compte / les filles qui s\u2019éveillent devant».Le rêve du poète est organique, proche d\u2019un fantasme fœtal désordonné où, tout à la fois, on pénètre, on expulse, on fouit, tout cela mélangé à des pulsions dévorantes de nourriture et de ventre, d\u2019organes génitaux et de remugles purulents.Big bang originel! Mais aussi : «Poème, on écrit poème [.] on écrit le temple [.] Le temple.Le neutre.Le mort.L\u2019escalier.Le ventre.Le trompe-fourrure.Les entailles.Le cuir.Les pierres.Les vérités.» La cathédrale du tout dire, du tout faire, du tout sauver.C\u2019est exalté et à bout de souffle, essoufflant et imprenable, «tout l\u2019air tzara dans la tête», comme il se doit.On a le tournis.C\u2019est le fracas.C\u2019est du Des Roches sous influence.Collaborateur Le Devoir LA CATHÉDRALE DE TOUT Roger Des Roches Les Herbes rouges, Montréal, 2013, 80 pages Jusqu\u2019où va l\u2019imaginaire dans une histoire d\u2019amour ?SUZANNE GIGUERE uelle est la place de ^ l\u2019imaginaire dans une histoire d\u2019amour?» C\u2019est la question que pose en crçux le quatrième roman d\u2019Émilie Andrewes, Conspiration autour d\u2019une chanson d\u2019amour, oscillant entre poésie et fantasmagorie.Nul besoin de connaître les précédents romans de l\u2019écrîvaîne de 31 ans {Les mouches pauvres d\u2019Ésope, Eldon d\u2019or.Les cages humaines) pour être séduît (ou pas) par Qui seront les LAURÉATS?La réponse le 13 mai 2013 au Lion d'Or à 19h! Entrée gratuite FWltS&iliiiiWQiiliEr \t\t \t'^r\t \t\t WWW.PRIXDESLIBRAIRES.aC.CA ^ALQ # SX 1*1 Pâlntnoine Canadiar Québec! ÿ Ll 1)1 \\0IH « .1 _ son écriture sinueuse et ses histoires en trompe-l\u2019œil.L\u2019histoire d\u2019amour flouée qu\u2019elle raconte dans ce nouveau roman n\u2019est que la pointe de l\u2019Iceberg.On croise dans ce récit bouillant d\u2019imaglna-tlon, drôle et tragique à la fols, une momie péruvienne, une mannequin devenue auteure de romans policiers, un designer sénile, des jumelles amérindiennes qui s\u2019adorent mais s\u2019insultent «dans des explosions de mots qu\u2019on ne dit d\u2019ordinaire qu\u2019à soi-même Conspiration autour d une chanson d amour rite Duras, un dramaturge déchu, un bibliothécaire qui rêve de vivre dans le désert de Jaïpur, la ville rose Indienne, le célèbre groupe rock américain Aerosmlth, un moine orthodoxe, le frère d\u2019Emmanuelle noyé dans un lac givré, une tante victime d\u2019un meurtre crapuleux et, bien sûr, Jack, puisque «tous les écrivains ont un personnage qui s\u2019appelle Jack ».Conspiration autour d\u2019une chanson d\u2019amour laisse un peu, hagard, perdu.Comme si Émllle Andrewes avait des aficionados de Margue- voulu tout attraper sur son Prix des Libraires Lucie Lachapelle Histoires nordiques Egalement disponible en version numérique w' mi www.editionsxvz.com passage, comme le ferait une flaque de mercure.Son roman a quelque chose de fiévreux, comme si, à l\u2019instar de son héroïne, la romancière «avait bu de l\u2019hypocras comme d\u2019Artagnan, ce vin de miel, de cannelle et de gingembre qui réveille les morts, comme le ferait un piment fort».Collaboratrice Le Devoir CONSPIRATION AUTOUR D\u2019UNE CHANSON D\u2019AMOUR Émilie Andrewes XYZ éditeur, coll.«Romanichels» Montréal, 2013, 144 pages Lucie Lachapelle Histoires nordiques ;i| La toundra et les hommes LE DEVOIR LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AVRIL 201 F 5 LITTERATURE Edmund White : écrire par défaut, par nécessité, puis par plaisir L\u2019Américain francophile revient sur 40 années d\u2019une activité littéraire prisée Edmund White, un des invités d\u2019honneur du festival Metropolis bleu, participera à différentes activités littéraires à l\u2019occasion de l\u2019événement qui se déroulera à Montréal du 22 au 28 avril.Romancier, biographe, critique, il s\u2019est intéressé à Jean Genet et à Marcel Proust tout en élaborant une œuvre personnelle riche liée à sa mémoire personnelle.FRANÇOIS LEVESQUE ^ étais un piètre acteur et je n\u2019avais guère de talent pour la peinture ou le dessin.En sports, j\u2019étais nul Puis un jour, une enseignante m\u2019a félicité pour l\u2019un de mes textes en m\u2019assurant que j\u2019avais du talent.J\u2019ai voulu la croire.» Ainsi Edmund White résume-t-il la genèse de sa vocation d\u2019écrivain.Plusieurs fois primée, son œuvre se révèle souvent autobiographique, mais pas seulement.Son homosexualité, sa séropositivité, ses émerveillements et ses heurts : Edmund White manie l\u2019impudeur en Edmund White : biographe Bien que ses autobiographies figurent parmi ses ouvrages les plus connus, Edmund White ne s\u2019intéresse pas qu\u2019à sa seule personne.Hormis plusieurs romans de fiction, l\u2019écrivain a signé au fil des ans un tiercé de biographies fort respectées : Jean Genet (Gallimard, 1993), Marcel Proust (Eides, 2002) et Rimbaud, la double vie d\u2019un rebelle (Payot, 2011).Et c\u2019est sans compter Hotel de Dream (Plon, 2007), un roman historique consacré à l\u2019écrivain américain Stephen Crane, mort de tuberculose en Allemagne en 1900 à l\u2019âge de 28 ans.L\u2019auteur entretient-il d\u2019autres velléités biographiques?«J\u2019avoue que je lorgne depuis longtemps du côté de Baudelaire.Malheureusement, pour le marché anglophone, on ne cesse de me dire que les lecteurs ne sauront pas de qui il s\u2019agit.Mon livre sur Rimbaud était à cet égard jugé très risqué.Mon agent et mon éditeur préféreraient que j\u2019écrive sur Jackie Kennedy, confie-t-il en aparté.Le milieu littéraire est devenu très frileux.» virtuose.Au cours d\u2019un entretien-fleuve accordé au Devoir, l\u2019auteur de La symphonie des adieux pose un regard candide sur son parcours, sur sa vie, sur la question gaie, et ce, en anglais et en français.Edmund White naît à Cincinnati en 1940 et passe son enfance à Chicago au sein d\u2019un foyer brisé où planent des relents d\u2019inceste.«Mes parents ont divorcé à la fin des années 1940.C\u2019était très mal vu.Outre ce stigmate social, je portais déjà en moi la certitude d\u2019être gai.» C\u2019est dire qu\u2019il possède déjà la substance de quelques romans lorsqu\u2019il refuse une bourse doctorale de Harvard afin de suivre son amant à New York, en 1962.Journaliste pigiste, Edmund White vit à Rome, à San Eran-cisco.1973 voit la parution de son premier roman: Oublier Helena.«La fin des années 1960 a été torturée.J\u2019ai été fiancé à deux femmes, confie-t-il sur ce ton mi-sérieux, mi-amusé, qui prévaudra tout au long de l\u2019entrevue.Je trouvais injuste d\u2019être homosexuel.J\u2019essayais d\u2019en guérir, imaginez! Au début, j\u2019utilisais l\u2019écriture comme une thérapie.Puis j\u2019ai suivi une vraie thérapie et j\u2019ai appris à m\u2019accepter.Dès lors, j\u2019ai pu écrire pour le pur plaisir que cela me procure.» En 1978, Nocturne pour le roi de Naples est plébiscité par Vladimir Nabokov.Le recours à la deuxième personne là où l\u2019on privilégierait normalement la troisième rend compte de ce qu\u2019Edmund White se rapproche de la première.Edmund en trois temps Deux ans plus tard, il lance sa trilogie autobiographique avec Un jeune Américain.Susan Sontag ne se peut plus de louanges.Suit en 1988 La tendresse sur la peau et, en 1997, son œuvre la plus populaire, La symphonie des adieux, dédiée aux victimes du sida dont il sait alors qu\u2019il peut les rejoindre à tout moment.L\u2019auteur y dévoile, dans l\u2019ordre, l\u2019enfance à la fois éblouie et meurtrie, le MARK LENNIHAN LA PRESSE CANADIENNE Romancier, dramaturge, essayiste et épicurien, Edmund White est aussi un militant.Il a cofondé Forganisme AIDES, qui apporte soutien et ressources aux personnes atteintes du VIH sida.jeune âge adulte des excès et des frémissements, et, enfin, la maturité douloureuse mais éclairée.Tout y passe, sans censure: rencontres éphémères enfiévrées, émois momentanés ou prégnants, réflexions, doutes.Romancier, dramaturge, essayiste et épicurien, Edmund White est aussi un militant, en témoigne Les états du désir: voyages en gay Amérique {sic), qui lui permet en 1980 de commenter a posteriori les émeutes de Stonewall qui agitèrent New York au cours des années 1960 et donnèrent naissance à des mouvements organisés de lutte pour les droits des gais.«J\u2019étais à Stonewall en 1969.Le mouvement de protestation contre la répression policière correspond avec le moment de ma propre émancipation.Il s\u2019agit pour moi d\u2019une période charnière.» Son implication va au-delà des mots: installé en Erance entre 1983 et 1990, Edmund White y cofonde en 1984 l\u2019organisme AIDES, qui apporte soutien et ressources aux personnes atteintes du VIH sida.Membre de l\u2019Académie américaine des arts et des lettres et officier de l\u2019Ordre des arts et des lettres de Erance, il est depuis revenu aux Etats-Unis où il enseigne la création littéraire à l\u2019Université de Princeton.Ces jours-ci.Le passage attendu d\u2019Ed-mund White au festival Metropolis bleu sera notamment l\u2019occasion pour lui de discuter de son plus récent roman.LU LL -I LU O LU CO 2 H LU \u2014 ce Z) ^ LU 050 < < ÛC « Après tant d\u2019ouvrages sur Jacques Perron et tant d\u2019inédits de l\u2019écrivain, qui aurait cru possible que sa correspondance, jusqu\u2019ici inaccessible, avec sa sœur Madeleine et son beau-frère Robert Cliche révélerait l\u2019essentiel ?Michel Lapierre, Le Devoir Jack Holmes and His Friend (2012; pas encore traduit), une chronique extrêmement intimiste (l\u2019auteur va au plus près des corps) relatant l\u2019amitié, d\u2019abord difficile puis indéfectible, qui unit un homme gai et un homme hétérosexuel, dont les points de vue sont abordés successivement.«Je crois que je me suis toujours intéressé à la perception qu\u2019ont les hétérosexuels des homosexuels, à la manière dont les seconds affectent les premiers.Surtout maintenant, parce que les hétéros sont très intéressés par les homos, qui n\u2019ont jamais bénéficié d\u2019autant de visibilité.C\u2019est particulièrement vrai cette année», rappelle Edmund White en référence à la question du mariage gai qui est à l\u2019étude simultanément en Erance et aux Etats-Unis, deux cultures que l\u2019auteur connaît intimement.Au pays de Jean Genet, la population est majoritairement d\u2019accord avec le principe du mariage pour tous, mais contre l\u2019accès à l\u2019adoption.De grandes manifestations sont venues polariser le débat.Au pays de Tennessee Williams, les sondages indiquent également qu\u2019une majorité de gens approuve désormais le mariage gai.Là-bas toutefois, point de flot humain venu déverser son outrage sur le Capitole.Une disparité dans les réactions qui n\u2019étonne pas vraiment Edmund White.«À quelques exceptions près, les Français n\u2019ont jamais aimé discuter de l\u2019identité sexuelle \u2014 j\u2019ai eu des échanges houleux à ce sujet avec mon défunt ami Michel Foucault.En France, il n\u2019y a pas un roman gai emblématique, pas plus qu\u2019il y a un roman juif ou un roman noir, en cela que rien n\u2019est spécifique et tout est littérature.C\u2019est tabou non pas parce que les Français sont puritains, mais parce qu\u2019ils sont universalistes.Aux Etats-Unis, des meurtres homophobes ont choqué, ont secoué.Mine de rien, une comédie de situation comme Will and Grace [mettant en vedette deux hommes gais et deux femmes hétérosexuelles] a permis aux Américains d\u2019apprivoiser la réalité gaie.En même temps, l\u2019histoire américaine nous enseigne que, lorsque le moment d\u2019une avancée des libertés civiles est venu, rien ne peut freiner celle-ci.» Des propos qui font écho à la couverture du magazine Time du 8 avril prophétisant: «Le mariage gai d\u2019ores et déjà gagné».Parmi les activités auxquelles participera Edmund White au cours de son séjour montréalais, signalons le brunch littéraire donné en son honneur (le samedi 27 avril à 12 h 30 au restaurant Brooke, 8 Sherbrooke O.) ainsi que deux entrevues publiques de 90 minutes chacune: la première menée par la romancière Catherine Mavrikakis, le vendredi 26 avril à 19 h à la librairie Gallimard (3700, boul.Saint-Laurent), et la seconde le samedi 27 à 18 h à la Grande Bibliothèque en présence du philosophe français Erédéric Martel.Le Devoir À surveiller à Metropolis bleu Table ronde La romancière, historienne et sociologue Régine Robin, le comédien et metteur en scène Daniel Brière et l\u2019écrivain Eric Dupont tenteront d\u2019expliquer pourquoi Berlin exerce une telle fascination sur les artistes (et sur eux, on le présume).Histoires beriinoises se veut une porte d\u2019entrée dans une capitale culturelle en constante mutation.Jeudi 25 avril à 18 h 30 au Goethe-Institut, 1626, boulevard Saint-Laurent (suite 100).Soirée chic Un événement-bénéfice visant à souligner les 15 ans d\u2019existence de la Eondation Metropolis bleu, la soirée Le fruit défendu, sera non seulement l\u2019occasion de savourer le proverbial fruit, en l\u2019occurrence avec des cidres primés, des bouchées fines et des chocolats non moins exquis, mais également de l\u2019entendre par le biais de lectures d\u2019extraits d\u2019œuvres séminales telles Histoire d\u2019O de Pauline Réage, L\u2019amant de Marguerite Duras ou encore Vénus Erotica d\u2019Anais Nin.Jeudi 25 avril à 20 h à l\u2019hôtel 10, 10, rue Sherbrooke Ouest.Conférence Psychologue à l\u2019Institut de santé mentale Douglas, le docteur Camillo Zacchia donnera une conférence gratuite intitulée Aux frontières du bien et du mai : ia vie copiant i\u2019art dans un monde divisé.En partant de la prémisse que les maux de la société découlent de ceux qui grugent les individus qui la composent, le docteur Zacchia explorera différents enjeux socioculturels en s\u2019appuyant notamment sur l\u2019œuvre de George Orwell {1984, La ferme des animaux).Samedi 27 avril à 12 h 30 à l\u2019hôtel 10,10, rue Sherbrooke Ouest.Tous les détails à http://me-tropolisbleu.org/ littéraire ÉRIC DUPONT remporte le Prix littéraire des collégiens 2013, pour son roman La fiancée américaine chez Marchand de Feuilles.www.prixlitterairedescollegiens.ca I BANQUE I NATIONALE QUEBEC BEÇQR_ ^tll CRILCO b lan^ h 514 524-5558 lemeac@lemeac.com LE DEVOIR\tÛ\tW
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