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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-05-04, Collections de BAnQ.

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[" SANTE SEMAINE DE LA SANTÉ MENTALE Tout est fait pour soigner Tindividu dans son milieu Page 2 «L\u2019avenir de la santé mentale, c\u2019est la prévention» Page 4 \\ «Ils ne sont plus les iaissés-pour-compte» Page 5 CAHIER THEMATIQUE H > LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 20IS de travail le sont pour cause de troubles mentaux » Une pathologie mentale sur deux apparaît avant 14 ans ! NEWSCOM On estime qu\u2019une personne sur quatre au Canada souffre en ce moment d\u2019une maladie mentale, alors que la moitié des adultes de 50 ans et plus ont déjà connu au cours de leur vie un épisode de maladie mentale.Voilà le bilan que dresse le André Delorme, psychiatre clinicien et directeur national de la santé mentale au ministère de la Santé et des Services sociaux.CLAUDE LAFLEUR Lorsqu\u2019on regarde les coûts de toute nature engendrés par les maladies en soins de santé, pertes de salaire, baisse de productivité, espérance de vie réduite et autres, avance le directeur national de la santé mentale, ce sont les maladies cardiovasculaires qui se classent au premier rang, avec 23 % de tous les coûts de morbidité.La santé mentale se classe au deuxième rang, avec 20 %, alors qu\u2019à titre de comparaison, tous les cancers réunis représentent 13 % des coûts de morbidité.» Le Delorme ne considère pourtant pas qu\u2019on observe une augmentation dramatique des cas de maladie mentale.«Je ne pense pas qu\u2019on assiste à une détérioration de la santé mentale de la population, dit-il.On semble observer une certaine croissance de la dépression, des troubles anxieux, etc., mais pas une explosion.» Il ajoute néanmoins que les experts du domaine s\u2019attendent à ce que d\u2019ici 2020, les maladies mentales deviennent la deuxième, voire la première cause d\u2019incapacité.On le voit déjà, fait-il remarquer, auprès des assureurs et dans les programmes de compensation pour congé de maladie.«La plupart des gens qui sont présentement en arrêt de travail le sont pour cause de troubles mentaux, ceux-ci ayant remplacé les maux de dos», constate-t-il.Sommeil et maladie mentale Pour expliquer l\u2019augmentation qu\u2019on observe, le Delorme pense qu\u2019on avoue désormais plus facilement ces maladies, notamment parce que la stigmati- sation liée à celles-ci, bien qu\u2019encore importante, tend à régresser.«Il y a soixante ans, on n\u2019allait pas voir son employeur ou son médecin pour lui dire qu\u2019on ne dort plus, qu\u2019on ne mange plus, qu\u2019on a des idées suicidaires[.] et on ne se faisait pas répondre qu\u2019on pouvait souffrir d\u2019une dépression et que ça se traite.Non, on se faisait plutôt dire: \u201cEnvoyé, mon gars, prends ta vie en mains!\u201d» Par ailleurs, on croit souvent que bon nombre de troubles mentaux s\u2019expliqueraient par le rythme stressant de la vie moderne.Or, le D\"^ Delorme relativise les choses : «Autrefois, dit-il, lorsqu\u2019on travaillait 12 heures par jour, qu\u2019on avait une douzaine d\u2019enfants à la maison, qu\u2019on entrait sur le marché du travail à 7 ans pour en ressortir à 47 ans et que, finalement, on mourait peu après d\u2019un cancer industriel, la vie devait être pas mal stressante aussi!» Il souligne néanmoins qu\u2019un facteur différencie peut-être la vie moderne de celle d\u2019autrefois : on dormirait beaucoup moins longtemps qu\u2019il y a cinquante ou cent ans.«Autrefois, on ne regardait pas la télé, on n\u2019allait pas sur Internet ni ne jouait à des jeux vidéo, souligne le psychiatre, ce qui a probablement un certain impact.» (Sans compter qu\u2019autrefois, les gens habitaient près de leur travail et ne passaient donc pas deux à trois heures par jour sur les routes.) Pour une vie équilibrée Le psychiatre explique en outre qu\u2019il y a parfois des comportements naturels qui sont pourtant jugés pathologiques.«Par exemple, il est naturel, et même nécessaire pour survivre, d\u2019être anxieux.Vivre une certaine anxiété à la veille d\u2019un examen, c\u2019est normal et c\u2019est même une bonne chose.L\u2019anxiété est un mécanisme de survie.» Ça devient toutefois pathologique lorsque ce mécanisme n\u2019est plus lié à des éléments réels ou lorsqu\u2019on devient dysfonctionnel, poursuit-il.«Si j\u2019ai peur d\u2019une guerre nucléaire, par exemple, ça peut être pathologique, puisque ce n\u2019est pas lié à un danger réel, explique le spécialiste.L\u2019anxiété devient aussi pathologie «Si je ne suis plus capable de fonctionner ou de travailler, j\u2019ai alors dépassé la fonction naturelle de l\u2019anxiété » lorsqu\u2019on se trouve envahi par une peur réelle, mais qu\u2019on devient dysfonctionnel dans sa famille, au travail ou dans son réseau social.C\u2019est donc la dysfonction qui fait qu\u2019on considère que c\u2019est une maladie, indique le médecin.Si je ne suis plus capable de fonctionner ou de travailler, j\u2019ai alors dépassé la fonction naturelle de l\u2019anxiété.» Pour se prémunir contre la maladie mentale, il recommande tout bonnement de mener une vie équilibrée.«Ne pas travailler 70 heures par semaine, par exemple, ou négliger sa vie familiale, ses loisirs, son temps de repos, etc.Et ce n\u2019est pas juste pour soi qu\u2019on doit mener une vie équilibrée, mais également pour ses enfants, afin d\u2019éviter autant que possible de les exposer au traumatisme d\u2019un divorce.» Parlant de traumatismes infligés aux enfants, le spécialiste rapporte que 70% des pathologies mentales apparaissent avant l\u2019âge adulte, et 50% même avant l\u2019âge de 14 ans.«C\u2019est dire que les pathologies mentales apparaissent lorsque les enfants sont à l\u2019école, dit-il, et c\u2019est donc à ce moment-là qu\u2019il faut faire de la prévention.» Or, l\u2019un des facteurs à l\u2019origine des maladies mentales est la violence faite aux enfants, qui risque d\u2019engendrer plus tard chez eux des troubles mentaux.On parle de violence sous toutes ses formes : violence parentale, sévices physiques, psychologiques et sexuels, taxage et intimidation à l\u2019école, etc.«Ce sont là des fertilisants dans le sol de l\u2019apparition de la maladie mentale, dit-il./c pense donc que, dans les années à venir, l\u2019accent sera mis sur notre capacité à identijîer rapidement les enfants traumatisés avant même que la pathologie n\u2019apparaisse chez eux.» «Puisqu\u2019on estime qu\u2019à 50 ans, une personne sur deux aura souffert d\u2019une pathologie mentale, si on est capables de réduire cela de moitié grâce à la prévention, voilà qui sera bon pour tout le monde et pour la société», conclut le directeur national de la santé mentale au Québec.Collaborateur Le Devoir H 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2 O I S SANTE Le secret de la maladie mentale bientôt percé ?HELENE ROULOT-GANZMANN Les 51 chercheurs du Centre de recherche de l\u2019IUSMM partent à la recherche de la signature de la santé mentale.L\u2019objectif?Innover pour mieux prévenir, traiter et réadapter les personnes atteintes de troubles de santé mentale, de l\u2019enfance à la sénescence.«Les années 2000 ont été celles du cerveau, explique Sonia Lupien, neuropsychologue et directrice scientifique du Centre de recherche de l\u2019IUSMM.Nous avons découvert beaucoup de choses, mais pas le gène de la schizophrénie, et je ne pense pas qu\u2019on le découvre un jour.C\u2019est bien plus complexe que ça!Les années 2010 vont donc être celles du patient.Nous devons faire de la recherche afin que celui ou celle qui souffre de maladie mentale, au bout du compte, lorsqu\u2019il sort de l\u2019hôpital, aille bien et continue d\u2019aller bien!» Pour atteindre l\u2019objectif fixé, le Centre de recherche de l\u2019IUSMM s\u2019est donné pour mission de découvrir la signature biopsychosociale de la maladie mentale.«Deux personnes qui souffrent d\u2019une même maladie, la dépression, par exemple, ne vont pas forcément réagir de la même manière au traitement médicamenteux ou autre, assure la 0\u201c^® Sonia Lupien.La maladie ne porte donc pas la même signature chez tous les êtres humains.» Une signature complexe aux critères multiples.Biologiques, tout d\u2019abord.«N\u2019y a-t-il pas des marqueurs biologiques qui peuvent signer une vulnérabilité accrue au développement de troubles mentaux?se demande Sonia Lupien.Par exemple, est-ce que le cycle menstruel de la femme ne peut pas mener à de plus grands épisodes maniaques chez une bipolaire ?Je ne vous dis pas que c\u2019est le cas, mais c\u2019est le genre de questions que nous nous posons et il y a des données scientifiques qui suggèrent des choses comme ça.Est-ce que des enfants qui ont grandi dans un environnement où il y avait des polluants chimiques seraient plus à risque eux aussi ?On sait qu\u2019il y a des liens chez les animaux.» Cette signature peut aussi être psychologique et sociale.«Est-ce que la façon dont je pense.toujours négative, toujours positive, la psychologie, les émotions peuvent marquer une vulnérabilité ?Et, enfin, la signature sociale, d\u2019où est-ce qu\u2019on vient, etc.On sait que si on a connu l\u2019adversité durant l\u2019enfance, on a plus de risque de développer un trouble mental à l\u2019âge adulte.C\u2019est en combinant ces trois marqueurs que l\u2019on pourra découvrir la signature de la maladie mentale.» Projet Signature Le Projet Signature a démarré il y a quatre ans dans les laboratoires de ce qui s\u2019appelait encore l\u2019Hôpital Louis-H.Lafontaine.11 y a six mois, les premiers patients sont entrés en jeu.11 s\u2019agit de recueillir im maximum de données sur chaque personne arrivant à l\u2019urgence.Prélèvement de cheveux, échantillons de salive, de sang, afin de déterminer les marqueurs génétiques, les marqueurs de toxines environnementales, les différentes maladies qui ont pu faire leur apparition, pour mesurer les hormones de stress et sexuelles, etc.Parallèlement, des questionnaires évaluant le profil psychologique et social de chacun sont distribués.«Bien sûr, ils doivent être d\u2019accord, et environ 65% d\u2019entre eux le sont, note la Lu-piea Nous refaisons ensuite cette batterie de tests quand ils sont prêts à quitter l\u2019Institut, puis lorsqu\u2019ils reviennent en consultation externe et, enfin, à la fin du traitement C\u2019est la seule étude au monde qui peut se targuer d\u2019avoir des signatures à quatre moments différents.» Un bassin de patients et de situations qui devrait s\u2019élargir puisque le projet doit s\u2019étendre à l\u2019Hôpital Rivière-des-Prairies, qui s\u2019occupe des enfants et des adolescents atteints de troubles psychiatriques, et l\u2019Institut Philippe-Pinel, axé sur les psychopathes et les délinquants sexuels.«Nous aurons abrs accès au plus grand bassin de gens souffrant de troubles mentaux au monde, estime Sonia Lupien.Et dans un spectre très large allant des tout-petits aux délinquants sexuels.De quoi recueillir des données assez complètes pour espérer parvenir à percer enfin le secret de la maladie mentale.» Collaboratrice Le Devoir Il faut éviter que la maladie mentale fasse complètement sortir celui qui en souffre de son milieu de vie.INSTITUT UNIVERSITAIRE EN SANTÉ MENTALE DE MONTRÉAL Soigner l\u2019indMdu dans son milien JACQUES NADEAU LE DEVOIR En mars dernier, l\u2019hôpital Louis-H.Lafontaine changeait de nom pour devenir officiellement l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal.«Cette nouvelle désignation vient confirmer formellement le leadership de notre établissement et de ses partenaires, estime Denise Fortin, directrice générale de l\u2019établissement.L\u2019Institut poursuivra sa mission de soins et services spécialisés et surspécialisés en santé mentale, d\u2019enseignement, de recherche et d\u2019évaluation des technologies et des modes d\u2019intervention dans un souci constant de poursuite de l\u2019excellence.» HELENE ROULOT-GANZMANN Quatre missions, donc, toutes d\u2019une égale importance, toutes intimement liées.Mission la plus connue pour le ^and public, les soins et services aux patients et usagers sont eux-mêmes en pleine réorganisation.« On a de grands défis à relever parce que la psychiatrie existe depuis les années 1960 au Québec et que, depuis, les façons de faire ont beaucoup changé, explique Denise Fortin.H l\u2019époque, tout était neuf et on a calqué les pratiques sur ce qui se faisait en santé physique.Résultat, on a beaucoup hospitalisé.Mais si l\u2019on regarde les grandes tendances à l\u2019échelle mondiale, l\u2019offre de services se fait de plus en plus ambulatoire.On se rend compte que l\u2019hospitalisation crée énormément de rup- tures, que ces ruptures-là ne sont peut-être pas toutes nécessaires, qu\u2019elles mènent à une certaine stigmatisation impropre à la resocialisation du patient par la suite.» Ainsi, lorsqu\u2019un individu a vu son médecin de famille, a consulté une équipe dans son CLSC et qu\u2019il ne parvient pas à stabiliser sa situation, il débarque à l\u2019IUSMM.Là, une équipe spécialisée le prend en charge et lance une évaluation systémique de l\u2019individu.«Il est important de voir la personne dans son milieu pour apprécier son dysfonctionnement dans ce milieu-là, note Mme Portin.Ensuite, l\u2019équipe va s\u2019adresser à la personne et à son entourage, en l\u2019occurrence souvent sa famille, pour leur proposer un suivi adéquat, en collaboration avec le médecin de famille et les équipes de première ligne.Il faut absolument éviter que la maladie mentale fasse complètement sortir celui qui en souffre de son environnement familial, de sa communauté, de son milieu scolaire ou professionnel.» Le mot d\u2019ordre : permettre à la personne de préserver ce qu\u2019elle a déjà dans sa vie.Ne pas lui proposer automatiquement un lit.L\u2019expérience démontre, en effet, qu\u2019une fois que l\u2019individu a été extrait de son milieu, l\u2019entourage a des appréhensions, ne voit pas le cheminement et se méfie.« On se retrouve alors à devoir offrir à nos patients un milieu de transition, puis d\u2019hébergement.Une fois qu\u2019on a mis le doigt dans le processus du lit, c\u2019est un piège.Ces gens-là n\u2019en finissent plus de sortir de la psychiatrie.Notre nouvelle offre de services vise à leur permettre de demeurer dans leur communauté, citoyens à part entière.» Surspécialité Ce qui ne signifie pas que personne n\u2019a plus besoin d\u2019une hospitalisation.Pour les personnes atteintes de psychose et qui ne réagissent pas au traitement médicamenteux, les délirants chroniques, ceux atteints de troubles psychotiques, les grands dépressifs, il faut souvent en passer par là.«On entre alors dans ce que l\u2019on appelle la sur- Vous n etes pas seul L'aide existe Votre entourage peut faire la différence changeonsleregard.info Institut universitaire en santé mentale de Québec spécialité, explique Denise Fortin.Il s\u2019agit généralement de patients qui ont besoin de plus que des médicaments.La stimulation transcranienne, les électrochocs sont des techniques qui fonctionnent très bien dans certaines situations.Nous mettons en place des techniques de pointe, en partenariat avec nos différents centres de recherche, nous sommes à l\u2019affût des nouvelles pratiques.En surspécialité, nous cherchons aussi de plus en plus à détecter les troubles dès le plus jeune âge.Nous savons aujourd\u2019hui qu\u2019en découvrant la psychose chez les enfants de 8 ou 9 ans, il est beaucoup plus facile de prévenir plus tard la souffrance psychique.Nous sommes donc présents dans les milieux de vie des jeunes, écoles, lieux de loisirs, pour dépister les dérapages potentiels.» Une surspécialité soutenue par les centres de recherche intégrés à l\u2019Institut.Une recherche clinique très près des individus.A partir des constats des praticiens, les chercheurs voient ce qu\u2019ils sont capables d\u2019expérimenter.«Nous sommes notamment en train de cerner une signature biopsychosociale de la maladie mentale, explique Denise Fortin.C\u2019est une étude d\u2019une ampleur sans précédent que nous menons en collaboration avec nos usagers qui arrivent à l\u2019urgence.» Lieu de soin et de services, lieu de recherche, l\u2019Institut est également un lieu d\u2019enseignement affilié à l\u2019Université de Montréal.De 800 à 900 stagiaires y sont accueillis chaque année.«C\u2019est important pour les praticiens, qui sont stimulés par cet apport de connaissances théoriques, ajoute la directrice générale de l\u2019IUSMM.Et de notre côté, nous devons toujours rester à la fine pointe afin de motiver les jeunes à venir développer leurs compétences chez nous, à venir chercher des connaissances ici et à nous en transmettre.C\u2019est une sorte de mutualité qui nous permet d\u2019être véritablement un lieu de savoir.» Intégration Soins, recherche, enseignement, l\u2019excellence est partout.Mais la force de l\u2019Institut, c\u2019est sa capacité à remettre en cause ses pratiques, à s\u2019interroger sur ses valeurs, à évaluer ses modes d\u2019intervention, toujours dans le but premier de faire avancer la cause de la santé mentale.«L\u2019asile protégeait les gens.On les enfermait parce qu\u2019ils étaient ostracisés, explique Denise Fortin.La pleine citoyenneté, ça veut dire que nous aussi, comme société, on a la responsabilité d\u2019intégrer des gens qui sont différents et de leur donner une place.L\u2019évaluation de la situation des gens qui nous arrivent est fondamentale.L\u2019évaluation de nos pratiques également.Historiquement, nous avons par exemple soustrait les familles au traitement en santé mentale.C\u2019est une erreur.Il faut savoir le reconnaître pour changer.Les familles ont souvent une connaissance fine de la transformation de l\u2019individu.Elles ont vécu avec lui depuis sa naissance et le connaissent très bien.Elles doivent faire partie de tout le processus.» Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2013 H 3 SAITE HOPITAL RIVIERE-DES-PRAIRIES La pédopsychiatrie, c\u2019est ici ! Service de 3® ligne destiné à répondre aux cas les plus complexes, l\u2019Hôpital Rivière-des-Prairies (HRDP) est le seul hôpital du Québec exclusivement voué à la pédopsychiatrie.Fondé au cours des années 50 par les sœurs de la Providence, il dispose aujourd\u2019hui de 86 lits avec un flux d\u2019environ 5000 patients par an.Grâce à son expertise qui lui confère une place unique parmi les hôpitaux québécois, il est une pierre de touche de la santé mentale des jeunes au Québec.A l\u2019affût des dysfonctionnements ASSIA KETTANI L> expertise de l\u2019HRDP ' vient tout d\u2019abord du spectre des pathologies traitées entre ses murs.Cette expertise est particulièrement marquée dans les domaines du sommeil, des troubles anxieux, des troubles de l\u2019humeur et du spectre de l\u2019autisme.Du côté des consultations, l\u2019HRDP offre des ressources pour des pathologies aussi diverses que la bipolarité, la psychose, la schizophrénie, l\u2019anxiété, la dépression, les états de stress posttraumatique, les troubles de l\u2019attachement, de déficit de l\u2019attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH), ou les troubles envahissants du développement.L\u2019hôpital ouvre également ses portes à une proportion réduite de patients adultes souffrant de troubles du spectre de l\u2019autisme.Pour répondre à la demande et sous-tendre l\u2019organisation de l\u2019hôpital et l\u2019accueil des patients, les secteurs d\u2019interventions sont organisés autour de cinq programmes: le programme d\u2019accès aux services psychiatriques, le programme d\u2019autisme, des troubles affectifs, des troubles neuropsychiatriques et le programme d\u2019hospitalisation.Avant 18 ans La plupart des patients sont suivis en consultation externe dans les cliniques relevant de ces programmes.L\u2019hospitalisation, quant à elle, survient en dernier recours.«Nous nous tournons vers l\u2019hospitalisation lorsqu\u2019il y a dysfonctionnement grave.Cela se produit lorsque la souffrance ou les symptômes sont tellement in- tenses que le fonctionnement quotidien du jeune est entravé.Il peut alors devenir dangereux, pour autrui ou pour lui-même, comme quand il pratique l\u2019automutilation.Dans ces cas, nous l\u2019hospitalisons pour le mettre le plus rapidement possible en sécurité, ou encore pour ajuster son traitement en urgence», précise la D\"® Pascale Grégoire, chef du département de pédopsychiatrie.Rareté dans le domaine, l\u2019hôpital est également muni d\u2019unités d\u2019hospitalisation pour les plus petits.Il est d\u2019ailleurs le seul hôpital à avoir une unité exclusivement réservée aux 6-12 ans.«Mais l\u2019hospitalisation des plus jeunes est peu fréquente», précise la D\"® Grégoire.Cette organisation répartie en programmes permet d\u2019éviter un des écueils majeurs de la santé mentale chez les jeunes: l\u2019absence de continuité de service passé le cap des 18 ans.«Nous regroupons ces différents types de problématiques afin de nous harmoniser avec les hôpitaux pour adultes, qui fonctionnent comme ça.Nous travaillons en partenariat et en réseau pour établir des corridors de services et des transitions humaines», poursuit Carolle Martin, directrice générale de l\u2019hôpital.Il faut aussi veiller à éviter un bris de service.«Nous les gardons jusqu\u2019à ce qu\u2019un autre établissement les prenne.Ce que nous voulons éviter, c\u2019est qu\u2019un patient tombe entre deux services et qu\u2019il se retrouve sans ressources médicales.» Clinique et recherche Mais l\u2019hôpital se démarque également par son approjche : un modèle «importé des Etats-Unis», nous explique Carolle Martin, profondément ancré dans une dimension empirique JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019HRDP est le seul hôpital à avoir une unité exclusivement réservée aux 6-12 ans.avec un arrimage étroit clinique-recherche.«Notre recherche se développe sur une base clinique: nos chercheurs conçoivent des outils à partir de leur travail sur le terrain, qui sont donc directement associés aux besoins.Ces outils sont développés, puis reviennent en clinique pour des applications concrètes.» Cet arrimage entre la pratique clinique et la recherche permet à l\u2019HRDP de se maintenir à la pointe des connaissances en pédopsychiatrie.A travers son partenariat avec l\u2019Institut en santé mentale de Montréal et son affiliation à l\u2019Université de Montréal, l\u2019HRDP se trouve au cœur d\u2019un réseau alliant recherche, travail sur le terrain et enseignement, ce qui permet un perfectionnement et un transfert des connaissances à l\u2019ensemble du Québec.Qu\u2019il s\u2019agisse du nombre de patients vus chaque année à l\u2019hôpital ou de la diversité des cas abordés, «nous disposons d\u2019une masse clinique idéale» pour alimenter la recherche et les compétences des étudiants.Ainsi, un programme en 6® année de résidence spécialisé en pédopsychiatrie est en cours de développement à l\u2019Université de Montréal, en collaboration avec l\u2019HRDP.De plus, l\u2019HRDP sert de pivot à la diffusion des connaissances dans les régions où il y a pénurie de pédopsychiatres et où l\u2019expertise fait défaut.Ce transfert des connaissances à l\u2019échelle du Québec est voué à prendre de l\u2019importance à travers le développement de la télésanté, un développement qui, selon Carolle Martin, est de la plus haute importance.«On dit souvent que la psychiatrie est le parent pauvre de la santé.J\u2019ajouterai que la pédopsychiatrie est le parent pauvre de la psychiatrie.En cela, nous avons un rôle à jouer: celui de faire valoir l\u2019importance de la pédopsychiatrie, de développer l\u2019expertise et de contribuer à ce que tous les enfants reçoivent le service dont ils ont besoin.» Collaboratrice Le Devoir ASSIA KETTANI Même s\u2019il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, la pédopsychiatrie a fait des bonds spectaculaires ces 30 dernières années.«Nous connaissons beaucoup mieux les différentes pathologies chez les enfants.Ils sont mieux diagnostiqués, et plus rapidement.On pense qu\u2019il y a de plus en plus de cas, mais en réalité, c\u2019est juste qu\u2019on les reconnaît de mieux en mieux», avance Pascale Grégoire, chef du département de pédopsychiatrie de l\u2019Hôpital Rivière-des-Prairies (HRPD).Si l\u2019HRDP couvre un éventail complet de pathologies susceptibles d\u2019affecter les plus jeunes, la répartition des diagnostics varie avec l\u2019âge.Pour les plus jeunes, les diagnostics relevant du spectre de l\u2019autisme ou encore du trouble déficitaire de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont prédominants, alors que les adolescents consultent pour des troubles de l\u2019humeur, des dépressions, des tendances suicidaires ou encore l\u2019émergence de troubles psychotiques.Traitements selon l\u2019âge Les traitements varient également selon l\u2019âge.«Plus un patient est jeune, plus nous sommes prudents avec la médication.Pour un enfant de 5 ans et moins qui présente des troubles du comportement, par exemple, on privilégie les approches multidisciplinaires, avec des travailleurs sociaux, des psychologues ou des psychoéducateurs.» Une autre évolution de la pédopsychiatrie concerne l\u2019âge moyen des enfants au moment du diagnostic.«Aujourd\u2019hui, les enfants qui présentent des problèmes de santé mentale sont pris en charge plus jeunes que dans le passé.» Une différence de taille, notamment lorsqu\u2019on considère que plus le traitement a heu rapidement, meilleur est le pronostic.«Si on at- « Lorsqu\u2019il y a un changement dans le fonctionnement, il faut faire quelque chose» tend trop pour soigner un jeune, celui-ci a davantage de chances de développer des problèmes et des complications.» Pas facile à diagnostiquer En revanche, il n\u2019est pas toujours évident de dépister certains problèmes de santé mentale chez les jeunes.«Plus un patient est introverti, plus il est difficile de le diagnostiquer rapidement.Certains enfants intériorisent leur souffrance», poursuit Pascale Grégoire.De plus, «certaines pathologies bien connues chez les adultes ne se manifestent pas aussi clairement chez les enfants.C\u2019est le cas notamment des troubles psychotiques ou des troubles de l\u2019humeur.Les symptômes peuvent être plus flous ou plus diffus».Quand s\u2019inquiéter?«Lorsqu\u2019il y a un changement dans le fonctionnement, il faut faire quelque chose», conseille Pascale Grégoire.Lorsqu\u2019un jeune ne fonctionne plus â l\u2019école, ne dort plus, ne s\u2019alimente plus ou ne socialise plus, c\u2019est un signal d\u2019alarme.D\u2019autres pathologies, présentes dès la naissance, doivent amener â consulter lorsque «l\u2019enfant ne se développe pas selon des paramètres standards.Un enfant doit jouer, rire, se faire des amis.Lorsqu\u2019un enfant est toujours isolé, il peut s\u2019agir d\u2019un motif de consultation».D\u2019autres enfants, enfin, ont une souffrance psychosociale.«C\u2019est le cas d\u2019un jeune qui a subi un traumatisme, un abus ou une situation difficile.Dans ce cas, il n\u2019y a pas toujours de cassure dans le comportement.» Pour continuer de mieux soigner les enfants et les adolescents aux prises avec des troubles de santé mentale.Pascale Grégoire insiste en revanche sur les avenues qui restent â explorer.«La pharmacologie mérite plus de recherches à l\u2019avenir», estime-t-elle.Collaboratrice Le Devoir LE DOUGLAS A LA SANTÉ MENTALE I A CŒUR ¦¦m % O y-.Detecter, intervenir, se rétablir et reprendre sa vie en main dans la collectivité par l\u2019entremise de soins spécialisés, d\u2019une recherche de pointe et d\u2019un enseignement de haut niveau.Le Douglas est le 1®' Institut en santé mentale à recevoir les certifications Milieu novateur et Entreprise en santé.Affilié à l'Université McGill Affiliated with McGill University Centre collaborateur OMS/OPS de Montréal pour la recherche et la formation en santé mentale RUIS^McGUl RÉSEAU UNIVERSITAIRE INTÉGRÉ DE SANTÉ Douxmüa INSTITUT MENTAL HEALTH ¦\\ UNIVERSITAIRE EN SANTÉ MENTALE MENTAL HEALTH UNIVERSITY INSTITUTE '¦¦r Suivez le Douglas : s£ douglas.qc.ca Faculté de l'éducation permanente Certificat en santé mentale PROBLÉMATIQUES ACTUELLES + FONDEMENTS + PRATIQUES D'INTERVENTION ADMISSION AUTOMNE 2013 514 343.6090\t1 800 363.8876 www.fep.umontreal.ca/santementale Université fnl de Montréal H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2013 SANIE Tout pour contrer le suicide 1 EMILIE CORRIVEAU Cette année, près de 8% des adultes québécois seront touchés par la dépression.A en croire les plus récentes statistiques, environ 1100 d\u2019entre eux s\u2019enlèveront la vie.S\u2019intéressant de près à cet important problème de santé publique, des chercheurs de l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas contribuent chaque jour à faire progresser la science dans sa lutte aux comportements suicidaires et aux maladies qui leur sont liées.Directeur du Groupe McGill d\u2019études sur le suicide (GMES), le D\"^ Gustavo Turecki s\u2019est joint q l\u2019équipe de Douglas en 2000.Eminent psychiatre et généticien, il consacre ses recherches aux comportements suicidaires depuis près d\u2019une vingtaine d\u2019années.Chapeautant aujourd\u2019hui une équipe multidisciplinaire de huit chercheurs intéressés à cette problématique, il cherche à mieux déterminer ce qui prédispose certains dépressifs à s\u2019enlever la vie.«Mes collègues et moi, on cherche également à comprendre comment mieux aider les gens qui manifestent des comportements suicidaires et comment mieux les prévenir», dit-il.Pour y parvenir, l\u2019équipe du GMES utilise différentes stratégies de recherche reposant sur l\u2019étude du tissu cérébral, du génome, des facteurs cli- niques et de l\u2019environnement social.L\u2019une des principales particularités de sa recherche est la compréhension de l\u2019activité se produisant aux niveaux moléculaire et cellulaire dans le cerveau des gens avant qu\u2019ils ne se suicident.Banque de cerveaux Depuis 2007, le neuroanatomiste Naguib Mechawar collabore de près avec M.Turecki et le GMES, dont il est d\u2019ailleurs membre.Directeur de la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada, dans son laboratoire contenant près de 3000 spécimens humains, il étudie les substrats neurochimiques et neuroanatomiques qui sous-tendent la dépression majeure et le suicide.Il s\u2019intéresse particulièrement aux circuits du cerveau impliqués dans les émotions et dans l\u2019humeur.Créée en 1980, la banque de cerveaux qui permet au D\"^ Mechawar et à son équipe de mener leurs recherches est la plus ancienne au Canada et la seule encore en activité aujourd\u2019hui.Elle constitue l\u2019une des plus importantes réserves de cerveaux autopsiés au monde et est l\u2019une des seules en Amérique du Nord à comprendre des échantillons de personnes décédées alors qu\u2019elles souffraient de troubles de santé mentale.«Elle nous permet de faire des recherches notamment sur la dépression, mais aussi sur d\u2019autres Nous soninies dM mffliera formes à intervenir.donnez-iwus les moyens de l\u2019aider.Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux www.aptsq.com ( info@aptsq.com maladies mentales comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires», précise le D\"' Mechawar.Bien qu\u2019elle reçoive en moyenne une centaine de spécimens par année, la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada manque toujours d\u2019échantillons.«Toutes les banques vivent le même problème que nous: on manque de cerveaux de sujets sains, donc de gens qui n\u2019ont pas souffert de maladies neurologiques psychiatriques, signale M.Mechawar.Ces cerveaux-là sont pour nous aussi importants que ceux de personnes malades, parce qu\u2019ils nous servent d\u2019échantillons témoins pour nos recherches.Si on n\u2019a pas de base de comparaison, on ne peut rien faire.» Découvertes On est aujourd\u2019hui plus près de déterminer dans quelle mesure certains facteurs ont un impact sur la dépression et le suicide.Par exemple, en s\u2019intéressant aux cellules gliales, qu\u2019on croyait jusqu\u2019à tout récemment surtout impliquées dans un soutien assez passif aux neurones, M.Mechawar et ses collègues sont en train de confirmer qu\u2019elles ont probablement un rôle important à jouer.«Depuis quelques années, il y a certains groupes de recherche qui les impliquent dans les troubles de l\u2019humeur et la dépression.Ce que mon équipe a fait, c\u2019est analyser la morphologie de ces cellules-là dans une région corticale impliquée dans la dépression.En étudiant et en caractérisant ces cellules à partir d\u2019échantillons de personnes dépressives et de témoins appariés, on a constaté que chez les gens diagnostiqués avec de la dépression, elles étaient hypertrophiées.Ce qui est intéressant, c\u2019est qu\u2019on sait aussi depuis peu que ces cellules-là jouent un rôle immunitaire dans le cerveau.Ça nous a mis sur la piste de la neuroinflammation comme base de la dépression.» Ainsi, le chercheur et son équipe s\u2019intéressent aujourd\u2019hui de très près à la production de molécules pro-in-flammatoires afin de découvrir si elles sont vraiment associées au développement de la dépression.En outre, ils examinent les cellules immuni- taires dans la même région corticale.Si l\u2019on en croit les résultats préliminaires, il semble bien que l\u2019hypothèse de recherche de M.Mechawar tienne la route.«Nos observations ajoutent un peu d\u2019eau au moulin à cette théorie de la neuroinflammation comme facteur parmi d\u2019autres de la symptomatologie de la dépression», soutient-il.Dans le même esprit, le GMES a été le premier à démontrer que l\u2019adversité environnementale et les expériences de violence durant l\u2019enfance pouvaient être à l\u2019origine de modifications dans le cerveau qui font augmenter la probabilité qu\u2019une personne se suicide.«En étudiant l\u2019impact de l\u2019expérience de vie négative pendant l\u2019enfance aux niveaux moléculaire et cellulaire cortical, on est parvenu à déterminer que des expériences traumatisantes très intenses peuvent modifier la régulation épigénétique de gènes cruciaux dans le cerveau», confirme M.Turecki.Traitement Par-delà son implication dans la recherche, le GMES s\u2019investit également dans le traitement des personnes dépressives aux comportements suicidaires.Elle mesure l\u2019efficacité des interventions thérapeutiques au début, pendant et après celles-ci.« Une des caractéristiques de notre service est que la recherche est vraiment intégrée aux services cliniques.Les patients qui sont suivis ont accès à des traitements de poifite», commente M.Turecki.A titre d\u2019exemple, certains patients suivis à l\u2019Institut ont vu leur pronostic précisé grâce aux scanneurs du centre d\u2019imagerie cérébrale de Douglas.S\u2019appuyant sur les mesures précises de ces appareils, les chercheurs peuvent mieux prédire l\u2019évolution de la maladie et ajuster les traitements en conséquence.Dans cet esprit propre à Douglas d\u2019interrelation entre le travail des chercheurs et celui des cliniciens, M.Turecki prépare en partenariat avec plusieurs organisations le Congrès mondial sur le suicide, lequel s\u2019ouvrira le 10 juin sous le thème De la recherche à la pratique.Collaboratrice Le Devoir Pî INSTITUT UNIVERSITAIRE EN SANTE MENTALE DOUGLAS Lynne McVey, directrice générale de l\u2019Institut Douglas INSTITUT, UNIVERSITAIRE EN SANTE MENTALE DOUGLAS « L\u2019avenir de la santé mentale, c\u2019est la prévention » Spécialisé dans les troubles de l\u2019alimentation, les troubles de l\u2019humeur, les troubles psychotiques et la maladie d\u2019Alzheimer, l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas se distingue de ses semblables par son approche translationnelle novatrice : il se veut à la fois un établissement de recherche et un centre clinique.Réunissant 64 chercheurs, il est reconnu à travers le monde pour ses projets novateurs, tant sur le plan de la recherche en neurosciences que de l\u2019intervention clinique et psychosociale.EMILIE CORRIVEAU O ffrant un vaste éventail de services de soins spécialisés et surspécialisés à tous les groupes d\u2019àge, l\u2019approche de Douglas arrime le travail des chercheurs à celui des cliniciens traitants.Dans le cas de patients souffrant de troubles alimentaires, ceux-ci sont invités à participer aux programmes de recherche de l\u2019Institut et leurs traitements sont constamment ajustés selon les plus récentes avancées.«Quand un patient est orienté vers notre programme, on commence par le suivre de façon régulière en consultation externe.Il peut participer à un programme de recherche et être traité sous un protocole de recherche, le tout en recevant les soins prévus pour ce type de trouble.Si on juge que ces services ne Faisons connaissance Nous sommes vos PÉRISOIGNANTS On accueille, assiste, sourit, dose, analyse, nourrit.On cuisine, répare, entretient, nettoie, prépare, soutient.On renforce, rééduque, archive, transporte, radiographie, stérilise.On travaille pour les Québécois de mille et une façons à la grandeur du réseau public de la santé et des services sociaux.Venez nous voir à perisoignants.com PERLOsQ1î3NÔNT5 Du métier et du cœur CPAS Aæ- Syndicat canadien de ^ la fonction puMiciue ne sont pas suffisants pour le patient, on l\u2019admet dans un hôpital de jour.Il côtoie les chercheurs qui travaillent dans le même pavillon, mange avec eux, discute avec eux.Les résultats des recherches effectuées auprès de patients antérieurs alimentent les traitements que les nouveaux patients reçoivent dans l\u2019hôpital de jour», explique Lynne McVey, directrice générale de l\u2019Institut Douglas.Puisque l\u2019Institut ne peut accueillir tous les Québécois souffrant de troubles alimentaires, celui-ci a créé des partenariats avec les CSSS de la province, ce qui permet à des patients vivant à l\u2019extérieur de la région métropolitaine d\u2019avoir accès à l\u2019approche de Douglas.«Pour nous, il est très important de prendre les résultats de la recherche et de les traduire dans la pratique clinique.Nous sommes reconnus à l\u2019international pour être rapides dans la pratique translationnelle.On croit beaucoup à cette approche et nous souhaitons que le plus grand nombre possible de gens en bénéficient», poursuit M\u201c® McVey.Le pouvoir de se rétablir Afin que les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale puissent légitimement aspirer à mener une vie plus satisfaisante et engagée, les membres de l\u2019Institut Douglas travaillent beaucoup en se fixant comme objectif le rétablissement des patients.Celui-ci n\u2019est pas synonyme de guérison clinique ou de remède ; il constitue plutôt un processus par lequel la personne malade reconstruit et développe de nouvelles interdépendances d\u2019ordre personnel, social et environnemental.Cela peut notamment se traduire par la capacité de réintégrer le milieu du travail, de vivre en appartement ou de tisser des liens d\u2019amitié.Les activités préventives constituent également une priorité pour l\u2019Institut.«Les résultats de recherche nous le démontrent: le futur de la santé mentale, c\u2019est la prévention.Il faut viser le dépistage hâtif et l\u2019intervention précoce.» Lait à noter, l\u2019Institut Douglas a obtenu la certification Milieu novateur octroyée par le Conseil québécois d\u2019agrément.Cette certification souligne la culture de l\u2019innovation au sein des établissements de santé au Québec.A ce jour, seuls cinq établissements l\u2019ont obtenue.Collaboratrice Le Devoir Faculté de l'éducation permanente Certificat d'intervention en déficience intellectuelle et en troubles du spectre de l'autisme ADMISSION AUTOMNE 2013 514 343.6090\t1 800 363.8876 www.fep.umontreal.ca/intdefici A Université ffn de Montréal http://www.perisoignants.com/ LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2013 H 5 SAITE Des juges siègent à Robert-Giffard REGINALD HARVEY 11 s\u2019agit d\u2019une première dans les annales de la justice au Canada: les juges de la Cour supérieure du district de Québec siègent désormais à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec, autrefois appelé le Centre hospitalier Robert-Giffard, dans une salle d\u2019audience aménagée à cette fin.Le projet pilote, démarré en septembre 2012, a été reconduit pour une période d\u2019un an.«Il s\u2019agit d\u2019une mise en application d\u2019une conception de la justice vers le justiciable.On doit savoir que les patients devant se présenter devant la Cour supérieure du Québec pour participer au débat sur l\u2019émission d\u2019une ordonnance visant à les faire traiter contre leur volonté se trouvent dans une situation assez précaire », explique le directeur des services professionnels et hospitaliers de l\u2019Institut, le Pierre Laliberté, l\u2019un des instigateurs du projet.«Pour que soit émise une telle ordonnance, le patient doit refuser des soins de façon catégorique ou être considéré comme inapte à consentir à ses soins.Pour qu\u2019il soit justifié de lui imposer un traitement, il faut des raisons très sérieuses telles qu\u2019un problème de santé mentale aigu comme une psychose ou un désordre de la personnalité», poursuit-il.Des avantages La présence de juges au sein de l\u2019Institut représente plusieurs avantages.« Qu\u2019il paranoïe ou qu\u2019il éprouve des hallucinations auditives et parfois visuelles, on comprendra que l\u2019amener au Palais de justice et le faire circuler dans les corridors ou les aires publiques de cet endroit où il peut croiser des personnes (policiers armés ou autres) qui le fragilisent comporte un risque: ce n\u2019est pas un contexte favorable pour lui, et malgré toute la bonne volonté des gens de la justice, il arrive que ces patients-là se donnent en spectacle en raison de leur état de santé.» «Dans de telles circonstances, on attire l\u2019attention, ce qui donne une image de la santé mentale extrêmement négative», déplore-t-il.Le Laliberté se montre très satisfait des résultats obtenus à ce jour : «Dans une lettre, le Barreau de Québec démontre les avantages liés à ce projet, se félicite de cette réussite et détaille les raisons pour lesquelles il souhaite qu\u2019on lui donne suite.Les psychiatres chez nous disent: quelle quiétude! Il n\u2019y a plus de va-et-vient des avocats dans la salle, les patients ne se donnent plus en spectacle, les horaires sont respectés et le juge est concentré parce qu\u2019il ne s\u2019occupe que de ces causes-là durant cette journée d\u2019audiences.En plus, le tribunal est situé dans un endroit tranquille de l\u2019hôpital et le décorum est respecté.» Collaborateur Le Devoir INSTITUT UNIVERSITAIRE EN SANTE MENTALE DE QUEBEC « Ils ne sont pins les laissés-pour-compte » INSTITUT UNIVERSITAIRE EN SANTE MENTALE DE QUEBEC La salle d\u2019audience a été aménagée pour traiter les ordonnances de soins.L\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec (lUSMQ) apporte, dans le respect des usagers, vm soutien aux personnes atteintes de maladie mentale dans le but de les aider à se rétablir, améliorant ainsi leur qualité de vie et favorisant leur intégration à la société.Il fait partie au Québec des trois établissements majeurs voués au traitement des troubles psychologiques ou comportementaux.RÉGINALD HARVEY L> Institut se consacre depuis fort longtemps ' à la science de la psychiatrie, comme le rapporte son directeur général et médecin dans le domaine de la santé publique, Simon Racine : « Cet établissement raconte en quelque sorte l\u2019histoire de la psychiatrie au Québec à l\u2019instar des deux instituts de Montréal.C\u2019est en 1845 qu\u2019est né ici l\u2019embryon de ce qui allait devenir un des trois plus gros hôpitaux psychiatriques québécois.» Tant l\u2019approche que les démarches ont évolué en santé mentale depuis cette époque.«Dans l\u2019état des connaissances à ce moment-là, comment s\u2019occupait-on des malades mentaux qui étaient dérangeants pour la société, une fois qu\u2019on a eu compris qu\u2019ils n\u2019étaient sans doute pas possédés du démon ?Il n\u2019y avait pas d\u2019autre traitement que de les sortir de la société et de les amener dans des milieux où on tenterait de leur apporter le plus de soutien humain, sans recourir à des technologies ou à des médicaments, qui n\u2019existaient même pas», explique M.Racine, rappelant que les premiers neuroleptiques sont apparus dans les années 1950.Au fil du temps, les lieux abritant ces malades sont devenus de véritables villes autonomes repliées sur elles-mêmes.A Québec, celle-ci est démantelée en 1976 pour devenir le Centre hospitalier Robert-Giffard, qui, en 2006, acquiert le statut d\u2019institut universitaire.«Dans les années 1960, il y avait dans les murs de cette ville autour de 5200 patients.En 2013, il nous reste ici environ 350 lits et on suit plus de 6700 personnes en consultation externe.» En parallèle, les mentalités se sont transformées.«La pensée sociale en matière de maladie mentale a évolué au rythme d\u2019une compréhension accrue de celle-ci et de meilleurs outils pour soutenir les gens.Autrement dit, il est aujourd\u2019hui plus acceptable d\u2019avoir quelqu\u2019un qui éprouve un problème de santé mentale autour de soi qu\u2019il y a un siècle et demi, quand les gens étaient soi-disant possédés et qu\u2019on les enfermait faute de mieux.» En pleine évolution L\u2019Institut dessert la région de la Capitale nationale, en plus de venir en renfort, dans certains cas précis, dans tout l\u2019est du Québec.Aujourd\u2019hui, sur le plan des services, il se consacre à une psychiatrie adulte.«Ici, notre carte des services est orientée en fonction des diagnostics.Nos programmes portent sur une clientèle atteinte de troubles psychotiques et de troubles anxieux de l\u2019humeur.On se penche aussi sur les troubles sévères de personnalité.» « On a aussi de la psychiatrie légale et, à part l\u2019Institut Philippe-Pinel de Montréal, on est le seul hôpital au Québec qui dispose d\u2019un nombre de lits désignés à cette fin», ajoute-t-il.L\u2019Institut possède une équipe multidisciplinaire.«On compte des psychologues, des psychiatres, des travailleurs sociaux, des neuropsychologues, des éducateurs spécialisés et des infir- \\ V-Lff U L\u2019avenir des soins en santé mentale passe par le dépistage précoce.JOËL SAGET AGENCE ERANCE-PRESSE mières.Ces gens travaillent à l\u2019interne pour les services hospitaliers et on a trois points de service spécialisés dans la collectivité dont les intervenants professionnels sont rattachés à l\u2019hôpital.Toutes ces opérations se déroulent à l\u2019intérieur d\u2019un réseau régional parce que la maladie mentale, nous ne sommes pas les seuls à la traiter.On soigne les gros épisodes aigus, mais pour le reste, il y a toute une trajectoire de services offerts par les centres de santé et de services sociaux donnés par les organismes communautaires», explique M.Racine.A l\u2019heure actuelle, l\u2019Institut est entré dans la dernière phase de sa transformation: «On est déjà en mode réalisation, mais on a des aspirations pour aller encore plus loin.On a subi des modifications physiques importantes qui ont fait disparaître dortoirs et chambrettes.Présentement, on complète un projet de réaménagement de 41 millions de dollars au terme duquel les patients occuperont des chambres semblables à celles des établissements les plus modernes.Les gens en santé mentale n\u2019ont plus à vivre selon des ressources et dans des aménagements en quelque sorte de second ordre.Ils ils ne sont plus des laissés-pour-compte.» Les priorités d\u2019aujourd\u2019hui Selon Simon Racine, l\u2019Institut aborde d\u2019abord la santé mentale en se fondant sur des réalités démographiques et sur des aspects directement La santé mentale des jeunes constitue une priorité à l\u2019Institut liés à la maladie elle-même.Dans un contexte de vieillissement de la population, la gérontopsy-chiatrie occupe une place importante.Mais la santé mentale des jeunes constitue une priorité.«L\u2019axe des jeunes, c\u2019est la priorité de la programmation en santé mentale non seulement de l\u2019Institut, mais du ministère de la Santé lui-même.On commence à avoir les outils pour cerner de façon plus précoce les symptômes et empêcher que des gens évoluent dans une maladie durant des longues périodes de psychose, voyant ainsi leur qualité de vie future se détruire.C\u2019est actuellement l\u2019axe majeur des pays qui s\u2019engagent le plus dans le domaine de la santé mentale, comme l\u2019Australie et l\u2019Italie.Ce sont des précurseurs à cet égard.» Pour s\u2019inscrire dans un parcours similaire et suivre leurs traces, l\u2019Institut universitaire, qui est affilié à l\u2019Université Laval, dispense de l\u2019enseignement depuis le début du siècle dernier.Aujourd\u2019hui, celui-ci transmet son savoir dans plus de 20 disciplines.Il est également reconnu comme l\u2019un des pôles majeurs au Canada dans la recherche et possède l\u2019un des trois plus gros centres de recherche en neurosciences et santé mentale au pays.Collaborateur Le Devoir « Michel n\u2019a plus peur de sortir seul de chez lui.^ tiilitellIMî»! \u2022\tSOINS ET SERVICES \u2022\tENSEIGNEMENT \u2022\tRECHERCHE \u2022\tÉVALUATION DES TECHNOLOGIES ET MODES D\u2019INTERVENTION ^^Sandra est fière d\u2019être retournée au travail Elle a profité de raccompagnement d\u2019une équipe d\u2019intervenants ^^Geneviève gère seule sa nnédication.Institut universitaire en santé mentale de Montréal H 6 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE MAI 2013 SANTE SEMAINE DE LA SANTE MENTALE La santé mentale passe par une bonne estime de soi L\u2019Association canadienne lance sa cinquième campagne annuelle de « vaccination » Et si on se disait mutuellement qu\u2019on est formidables ?Voilà le défi que lance l\u2019Association canadienne de la santé mentale (ACSM), division du Québec, à l\u2019occasion de la Semaine de la santé mentale.«Nous considérons comme vraiment important de faire la promotion d\u2019une bonne estime de soi.Mais ça se construit collectivement, indique Renée Ouimet, directrice de la division québécoise de l\u2019ACSM.Il ne s\u2019agit pas de faire cela individuellement, tout seul dans son coin, mais d\u2019être capable de reconnaître les gens qui nous entourent.» CLAUDE LAFLEUR Les spécialistes en santé mentale observent qu\u2019avoir une bonne estime de soi est l\u2019un des meilleurs outils dont on puisse disposer pour faire face aux difficultés de la vie.En effet, les études montrent que les personnes ayant une bonne estime de soi vont entre autres plus facilement chercher de l\u2019aide et se rapprocher des autres en cas de problème.Elles ont aussi davantage confiance en elles et en leurs capacités et doutent moins de leur capacité à se faire accepter et aimer d\u2019autrui.Enfin, elles ont aussi plus de facilité à aimer et à faire confiance aux personnes qui les entourent.Bref, à exister telles qu\u2019elles sont.Dose vaccinale A cette fin, l\u2019Association canadienne de la santé mentale lance une campagne originale de «vaccination» favorisant l\u2019estime de soi.Appelé TEE, pour «Tu es formidable!», ce vaccin «stimule la formation d\u2019anticorps spécifiques \u2014 l\u2019estime de soi \u2014 et confère une protection reconnue contre de potentiels problèmes de santé mentale», explique-t-on.Ce vaccin ne protège toutefois pas d\u2019emblée contre toutes les souffrances de la vie, ajoute-t-on, mais il permet de traverser plus facilement les aléas du quotidien et de mieux se rétablir en cas de maladie.La «dose vaccinale» est simple; elle consiste tout simplement à dire aux gens qui nous entourent qu\u2019ils sont formidables, explique Renée Ouimet, «non pas pour souligner qu\u2019ils ont fait un marathon, mais plutôt pour souligner les belles petites réalisations du quotidien.Il s\u2019agit de reconnaître ce qu\u2019il y a de formidable en chaque personne, à son travail, dans sa famille, dans sa communauté.Et de cette façon, on souligne qu\u2019on est attentif et présent aux autres».Ouimet recommande d\u2019administrer fréquemment de bonnes doses! Elle cite en outre des enquêtes qui observent que, dans le milieu du travail, au moins le tiers des travailleurs éprouvent un niveau de stress de modéré à élevé.«Si on était confrontés à un niveau de grippe ou de problèmes psychiques aussi élevé que cela, nul doute qu\u2019on agirait sur le plan social, observe la directrice québécoise de l\u2019ACSM.Nous, nous demandons donc à tout le monde d\u2019agir collective- \".U' '¦*\t^ V 5 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les personnes ayant une bonne estime de soi vont plus facilement chercher de l\u2019aide et se rapprocher des autres en cas de problème.ment afin d\u2019améliorer les conditions de vie au travail et dans notre entourage.» Et c\u2019est simple, poursuit-elle, puisque bien souvent, il ne s\u2019agit que de prendre le temps d\u2019être en lien avec les autres.«Hélas, dans les milieux de travail, il n\u2019y a plus vraiment de temps morts qui nous permettraient de prendre le temps de soutenir un collègue, de reconnaître à la fois les forces et les limites de l\u2019autre et de s\u2019entraider 1.] Tout cela est beaucoup plus difficile qu\u2019aupa-ravant», déplore-t-elle.Par contre, en prenant le temps de dire aux autres «Tu es formidable», on renforcerait l\u2019estime de soi des uns et des autres en montrant que les autres comptent pour nous et que nous comptons pour les autres.L\u2019estime de soi, «c\u2019est en quelque sorte le système immunitaire de la santé mentale, poursuit Renée Ouimet.Lorsqu\u2019on a une bonne estime de soi, lorsqu\u2019on est capable de croire qu\u2019on a les capacités de passer au travers des coups durs de la vie, bien sûr qu\u2019on souffre quand même, mais on est capables de se relever plus facilement.On est mieux outillés, mieux en mesure d\u2019accepter nos erreurs, etc.» Coffres à outils pour tous La campagne de vaccination TEE que lance cette se- maine la division québécoise de l\u2019Association canadienne de la santé mentale constitue l\u2019aboutissement de cinq années de sensibilisation.«C\u2019est la cinquième année que nous travaillons sur l\u2019estime de soi, rapporte Renée Ouimet.La première année, nous avons travaillé sur le sentiment d\u2019identité: être capable de reconnaître ses forces et ses capacités et être reconnu par les autres.La deuxième année, nous avons travaillé sur le sentiment de confiance, être capable de croire en ses capacités et aux capacités des autres.La troisième année, nous avons travaillé sur le sentiment d\u2019ap- partenance.Puis nous avons travaillé sur le sentiment de sécurité, car avoir une sécurité de base nous permet ensuite de prendre des risques et de faire des choix qui nous ressemblent.Et cette année, pour boucler le tout, nous travaillons sur l\u2019estime de soi.Il s\u2019agit dans tous les cas des éléments nécessaires à une bonne santé mentale.» Concrètement, l\u2019ACSM met à notre disposition une série d\u2019outils, des documents de diverse nature, pour développer les différentes facettes d\u2019une bonne santé mentale.« Chaque année, nous avons conçu un coffre à outils sur chacun de ces thèmes, explique Ouimet.Il s\u2019agit d\u2019un recueil de textes et d\u2019exercices destinés à rejoindre les adultes, les jeunes, les travailleurs et les aînés.Et tout est disponible sur notre site Web acsm.qc.ca et peut être utilisé sans problème par tout le monde et par n\u2019importe quel organisme: école, entreprise, groupe, etc.» «Faire la promotion de la santé mentale, ce n\u2019est pas très sexy, confie Ouimet.On ne saigne pas, ça ne fait pas mal, ça ne fait que du bien 1.] de sorte que ça ne suscite pas beaucoup d\u2019intérêt.On s\u2019est d\u2019ailleurs fait plusieurs fois dire que notre cause n\u2019est pas sexy! Pourtant, nous, nous faisons la promotion du plaisir, de l\u2019importance de prendre soin de soi et des autres.Nous cherchons à améliorer la qualité de la vie de tout un chacun 1.] Il me semble que ça, ça devrait être sexy pour tout le monde, n\u2019est-ce pas ?» Collaborateur Le Devoir IHôpital Rivière-des-Prairies et la Fondation los potits trésors unis pour la Santé mentale des jennes Universitéfll) de Montreal Hôpital Rivière-des-Prairies Centre hospitalier de soins psychiatriques L\u2019Hôpital Rivière-des-Prairies est un chef de file en pédopsychiatrie et en troubles envahissants du développement (TED).Affilié à l\u2019Université de Montréal, l\u2019Hôpital a comme mission d\u2019offrir des soins et des services spécialisés et sur-spécialisés dans le domaine de la santé mentale aux enfants et aux adolescents du Québec ainsi qu\u2019aux adultes ayant un trouble envahissant du développement Ce qui le rend unique Outre sa mission, c\u2019est la passion de ses chercheurs et de ses cliniciens qui fait de l\u2019Hôpital Rivière-des-Prairies un centre de santé unique.Ici, tout est mis en oeuvre pour la guérison des jeunes patients.C\u2019est à partir de la prémisse « leur mieux-être toujours en tête » que le personnel de l\u2019HRDP contribue à l\u2019avancement du savoir, au transfert des connaissances et au développement des pratiques exemplaires en santé mentale.Fondation les petits trésors Hôpital Rivière-des-Prairies Pour des têtes en santé POUR EN SAVOIR PLUS www.hrdp.qc.ca La Fondation les petits trésors s'est donné comme mission de soutenir le leadership du seul centre spécialisé en santé mentale pour les enfants et les adolescents du Québec : l'Hôpital Rivière-des-Prairies.Nous avons à coeur de permettre à nos petits trésors de retrouver leur vie d'enfant, parce que grandir avec un problème de santé mentale peut sérieusement freiner leur développement et leur évolution.Parce qu\u2019ils sont notre avenir Notre espoir est de contribuer à faire avancer les connaissances et à éliminer les nombreux tabous qui amènent encore aujourd'hui les familles éprouvées à s'isoler.Notre désir le plus cher est de faire savoir que contribuer à la Fondation les petits trésors de l'Hôpital Rivière-des-Prairies, c'est investir dans la ressource la plus importante de toutes : le capital humain.^ POUR FAIRE UN DON www.petitstresors.ca "]
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