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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2013-05-07, Collections de BAnQ.

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[" Michel David: Québec solidaire et les raccourcis Page A 3 Espionnage : Montréal s\u2019entend avec son vérificateur Page A 4 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C I V 1 0 0\t?LE DEVOIR, LE MARDI 7 MAI 2013 1,09 $ + TAXES =1,2 5$ Couillard veut ramener les débats d\u2019idées auPLQ MARCO FORTIER Le chef libéral Philippe Couillard veut tourner la page sur les années Charest et propose de renouveler le Parti libéral du Québec (PLQ) de fond en comble pour en refaire une grande formation d\u2019idées.«Les partis politiques ne doivent pas être que des machines organisationnelles et financières servant à faire élire des candidats et des gouvernements», écrit le nouveau chef libéral dans un document interne qui annonce un «changement de culture» au sein du PLQ.Ce rapport, rendu public par Radio-Canada et que Le Devoir a obtenu, propose de revoir tout le fonctionnement du parti pour impliquer davantage les militants dans l\u2019élaboration du programme libéral.Philippe Couillard VOIR PAGE A 8 : COUILLARD C JACQUES NADEAU LE DEVOIR Philippe Couillard compte inviter des penseurs libéraux au sein d\u2019un «groupe de consultation».Aujourd\u2019hui Économie > Les grappes industrielles continuent de fleurir au Québec.Page B1 Le Monde > En France, François Hollande promet des «résultats» pour la deuxième année de son mandat.Page B 5 Avis légaux.B 6 Petites Décès.B 4 annonces.B 4 Météo.B 3 Sudoku.B 6 Mots croisés B 2 Télévision.B 7 7\t,\t_______ w Le nouveau régime de redevances minières Québec se contente de 50 millions de plus Il aurait été irresponsable de respecter la promesse électorale, croit Marceau CLEMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et le ministre des Finances et de l\u2019Économie, Nicolas Marceau, se rendant à la conférence de presse où a été annoncé un nouveau régime de redevances pour les entreprises minières du Québec, lundi.ROBERT DUTRISAC JESSICA NADEAU Correspondants parlementaires à Québec Le ministre des Finances et de l\u2019Économie, Nicolas Marceau, a accouché d\u2019un nouveau régime de redevances beaucoup plus modeste que celui qu\u2019avait fait mi-roiter le Parti québécois en campagne électorale, le pachyderme promis s\u2019étant mué en une souris imposée par des impératifs économiques.Au lieu de revenus supplémentaires de 388 millions, soit plus du double des redevances versées par les minières à l\u2019heure actuelle, une somme à laquelle se seraient ajoutés les millions d\u2019une taxe sur le surprofit, le gouvernement Ma-rois a tempéré son appétit pour se contenter de 50 millions, selon des projections faites pour l\u2019année 2015.Non sans une certaine franchise, Nicolas Marceau a affirmé qu\u2019il aurait été «irresponsable pour moi d\u2019essayer d\u2019obtenir le montant de la campagne électorale».«Je n\u2019ai jamais accepté de me laisser enfermer dans une logique d\u2019un montant que je devais aller chercher.Moi, j\u2019ai voulu trouver l\u2019équilibre», a-t-il fait valoir.«Nous n\u2019avons pas laissé traîner des centaines de mil- VOIR PAGE A 8 : REDEVANCES Lire aussi > Québec a cédé sous la pression du lobby, disent les environnementalistes Page A 3 L\u2019industrie pousse un soupir de soulagement.Page B 1 Aux origines du mal Cinquante ans plus tard, Margarethe von Trotta ressuscite la philosophe Hannah Arendt.Et l\u2019une des plus grandes polémiques du XX® siècle.CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Cela fait un demi-siécle et pourtant ce petit sourire cynique est toujours aussi terrifiant.On scrute ce visage pour essayer de comprendre comment ces traits, en apparence ceux d\u2019un homme ordinaire, ont pu incarner le mal absolu.Devant ce pantin désarticulé dans sa cage de verre, le spectateur se retrouve exactement comme Hannah Arendt lorsqu\u2019elle assista, de la salle de presse de la Beth Ha\u2019am (Maison du peuple) à Jérusalem, au procès d\u2019Adolf Eichmann.Dans le petit cinéma Champollion, à Saint-Germain-des-Prés, les spectateurs sont encore médusés par ces scènes du dernier film de Mar- garethe von Trotta intitulé Hannah Arendt.Le film est à peine sorti qu\u2019on se bouscule pour entendre la cinéaste expliquer pourquoi elle a voulu ressusciter la polémique virulente que la philosophe allemande avait provoquée en « couvrant» pour le New Yorker \\e procès d\u2019Eichmann.«L\u2019idée ne venait pas de moi, dit la cinéaste.Pour quelqu\u2019un qui écrit, ça peut sembler facile.Mais pour un réalisateur de cinéma, ce n\u2019est pas évident.J\u2019ai d\u2019abord pensé mettre en scène toute sa vie, mais elle était beaucoup trop mouvementée, de ses études avec Heidegger [dont elle fut aussi la maîtresse] en passant par son exil à Pa- VOIR PAGE A 8 : ARENDT Lire aussi > Néonazis: le procès de l\u2019aveuglement s\u2019ouvre à Munich.Page B 5 ZEITGEIST EILMS L\u2019actrice Barbara Sukowa dans le rôle de la philosophe Hannah Arendt couvrant le procès du nazi Adolf Eichmann, à Jérusalem, en 1961.SIMON HAYTER LA PRESSE CANADIENNE Claire L\u2019Heureux-Dubé, ancienne juge de la Cour suprême du Canada.Congrès de l\u2019ACEAS Dissidences salutaires à la Cour suprême Des chercheuses mettent en évidence le cas du « mouton noir » Claire L\u2019Heureux-Dubé ISABELLE PORTER à Québec Véritable mouton noir de la Cour suprême du Canada, la juge Claire L\u2019Heureux-Dubé a battu tous les records de dissidence lorsqu\u2019elle siégeait.Et selon deux chercheuses, son influence sur le droit n\u2019en a été que plus grande.«Elle a le titre de la plus grande dissidente, et ce n\u2019est pas pour rien», résume la professeure Marie-Claire Belleau, de la faculté de droit de l\u2019Université Laval.En moyenne, les juges de la VOIR PAGE A 8 : DISSIDENCES Lire aussi > Musées: les peuples autochtones veulent récupérer leur patrimoine.Page A 2 77831302830019 S' ' i\tL \\ t k \u2019 -f / 0^8 CONGRÈS DE L'ACFAS XI Du 6 au 10 mai 2013 I UNIVERSITÉ LAVAL, VILLE DE QUÉBEC ÉPASSE LES FRONTIÈRES DE VOS SAVOIRS www.acfas.ca / , \\ ^ CONFERENCES \\ La chimie de l'amour\t\\ La peur d'avoir peur\t' Le hockey VU du divan\tI Le courrier du cœur\tI québécois\t/ \\ Le boson de Higgs ^ » y'\t^ / \\ / \\ ' PERFORMANCES ; La colonie retrouvée ' ' I\tI ^\tPluton va en appel! ^ ' \\\tVotre soutenance\t^ V.\ten 180 secondes , ' a.\"t / EXPOSITIONS ET PARCOURS La preuve par l'image Quand l'histologie devient une œuvre d'art Développement durable La Route de Soi Œuvres d'art public 4 / \\ / TABLES RONDES, \\ ' ATELIER, FORUM ^ *\tInnovation sociale\tI '\tVilles intelligentes\t/ ' .Réalité augmentée\t/ ^ Fracture numérique\t/ y / 6 \\ / EMISSIONS X ¦ DE RADIO 1 * Les années lumière # La tête au carré i \\ spéciales le^oieii R\" VOIR.CA A Association francophone pour ie savoir Enseignement supérieur.Recherche, Science et Technologie UNIVERSITÉ Hit?Québec ii Caisse de dépôt et placement du Québec amh ^wr RADIO ITÉLÉVISIONI INTERNET A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 7 MAI 2013 ACTUALITES PEDRO RUIZ LE DEVOIR Des autochtones d\u2019ici et d\u2019ailleurs sont de plus en plus nombreux à réclamer des objets, œuvres d\u2019arts et autres biens culturels qui sont détenus par les musées.8 lE CONGRÈS DE UACFAS À qui appartient le patrimoine?L\u2019exemple de deux communautés des Premières Nations du Québec CAROLINE MONTPETIT Leurs œuvres d\u2019art, leurs objets de culte, voire les ossements de leurs ancêtres, dorment dans les musées.Mais ils veulent désormais les récupérer.Aujourd\u2019hui, au congrès de l\u2019ACFAS, une équipe de l\u2019Université de Montréal, qui travaille en collaboration avec deux communautés autochtones du Québec, tiendra un colloque sur le rapatriement du patrimoine autochtone.Il y a plusieurs années, des aînés de la communauté anichi-nabée (algonquine) de Kitigan Zibi ont découvert, au hasard d\u2019une visite au Musée des civilisations de Gatineau, que celui-ci détenait des ossements autochtones, récoltés le long de la rivière Outaouais, qui dataient de près de 8000 ans.«Le musée arguait que les chercheurs ne pouvaient confirmer que ces ossements étaient anichinabés ou encore qu\u2019ils étaient des Premières Nations», raconte Anita Te-nasco, du secteur de l\u2019éducation de la communauté de Ki- tigan Zibi, qui donnera une conférence sur le sujet dans le cadre de ce colloque.Il s\u2019en est suivi de longs pourparlers entre la communauté et le musée pour le rapatriement des ossements que les Anichinabés considéraient comme étant ceux de leurs ancêtres.«Ces ossements n\u2019étaient pas réunis en un seul lieu, ajoute-t-elle.Ces gens ont été enterrés près de petits campements ou de villages le long de la rivière.[.] On a retrouvé à leurs côtés des petits hameçons ou de petits objets qui avaient été enterrés avec eux».Après avoir été déterrés, ces ossements ont fait partie de collections privées ou de collections muséales.En 2005, la communauté de Kitigan Zibi a finalement réussi à les rapatrier et a organisé une cérémonie officielle d\u2019inhumation de ces restes humains.Aujourd\u2019hui, une équipe de l\u2019Université de Montréal travaille avec la communauté et Kitigan Zibi et avec la communauté innue de Mashteuiatsh, pour rapatrier différents objets appartenant à de grandes collections muséales.«Ce sont des objets qui sont importants pour la culture.Ce ne sont pas restes humains, mais des objets comme des tambours, des objets sacrés.A Mashteuiatsh, ils sont intéressés par ce genre de rapatriement.Il y a aussi d\u2019autres sortes d\u2019objets, comme des coiffes.A Kitigan Zibi, ils sont désireux de rapatrier une coiffe qui a appartenu à la dernière femme shaman, qui est au National Museum of the American Indian, à Wasljing-ton», raconte Elise Dubuc, responsable de ce projet de l\u2019Université de Montréal, et qui dirige également le colloque d\u2019aujourd\u2019hui.Ce genre de négociations concernant le retom- d\u2019objets ancestraux ne touche pas que les autochtones d\u2019objets par communauté pourrait être rapatriée.Il ne faut d\u2019ailleurs rien schématiser dans ce dossier, poursuit M\u201c® Dubuc.«Certainespersonnes pensent que tous les objets autochtones dans les musées ont été volés.Et d\u2019un autre côté, les musées pensent qu\u2019ils sont les meilleurs pour les conserver.» Selon M\u201c® Dubuc, le passage au musée fait désormais partie de l\u2019histoire de ces objets et il faut en tenir compte.«Si ces objets sont à Washington depuis 1930, ils ont aussi une histoire à Washington», dit-elle.L\u2019Université McGill et le Centre universitaire de santé McGill sont heureux d'annoncer la nomination récente de Guy Rouleau M.D., Ph.D., FRCPC, O.Q.au poste de directeur de l\u2019Institut et hôpital neurologiques de Montréal - Le Neuro.Le Dr Rouleau est un pionnier du domaine des neurosciences qui a consacré sa carrière à l\u2019avancement de la recherche et des soins cliniques pour les personnes atteintes de maladies neurologiques.Le Dr Rouleau est entré en fonctions au Neuro après avoir travaillé à l\u2019Université de Montréal où il a dirigé le Centre de recherche du CHU Ste-Justine, le Centre d\u2019excellence en neurosciences et le Réseau de médecine génétique appliquée du Québec.Le Dr Rouleau et son équipe se sont consacrés à identifier les gènes responsables de plusieurs différentes maladies neurologiques et psychiatriques, ainsi que les mécanismes moléculaires à la source de ces maladies.Parmi ses grandes réalisations figurent l\u2019identification de plus de 20 gènes à l\u2019origine de maladies et la découverte de nouveaux mécanismes mutationnels.Le Dr Rouleau a obtenu un diplôme de médecine (avec grande distinction) de l\u2019Université d\u2019Ottawa et un doctorat en génétique de l\u2019Université Harvard.Il a reçu maintes distinctions, notamment le prix Wilder-Penfield 2012 (Prix du Québec), le prix Henry Friesen, le prix national Margolese de la recherche sur le cerveau, et il est officier de l\u2019Ordre national du Québec.Influent centre médical universitaire spécialisé en neurosciences, le Neuro est reconnu mondialement pour son intégration de la recherche, de ses soins exceptionnels aux patients et de sa formation spécialisée, essentiels à l\u2019avancement de la science et de la médecine.La générosité de membres bénévoles du conseil consultatif du Neuro rend possible la présentation de cette annonce.McGill Centre universitaire de santé McGill McGill University Health Centre Objets achetés Beaucoup de ces objets ont été achetés par les musées à Frank Speck, un collectionneur qui parcourait le Québec et la Nouvelle-Angleterre dans les années 1920-1940.«Ces opjets ont été achetés», précise Elise Dubuc, qui ajoute qu\u2019ailleurs au Canada, dans l\u2019Ouest par exemple, il y a toute une histoire d\u2019objets de culte qui ont été saisis, notamment dans le cadre de l\u2019interdiction faite aux Amérindiens de tenir des potlatchs, par exemple.Pour les communautés autochtones d\u2019aujourd\u2019hui, il est important de rapatrier ces objets pendant que les aînés quî sont toujours vivants peuvent encore expliquer leur usage à leurs descendants.Le groupe de travail de l\u2019Université de Montréal et les communautés de Kitigan Zibi et de Mashteuiatsh s\u2019intéressent présentement à quelque 450 objets, toujours détenus par des musées, pour chacune des communautés.Du lot, peut-être qu\u2019une quarantaine r\\ Lire aussi > Bientôt, des \" nanoparticuies dans ies vaccins.Des nanoparticules qui seront bientôt expérimentées chez l\u2019humain dans un vaccin contre la grippe.A ledevoir.com/acfas DLire aussi > Une baisse d\u2019oxygène inquiétante.Le niveau d\u2019oxygène dans les eaux de l\u2019estuaire du Saint-Laurent a connu une baisse importante au cours des dernières décennies.Un phénomène qui préoccupe les chercheurs québécois.A ledevoir.com/acfas IA À ne pas manquer > Toute ^ ia semaine, nos journalistes suivent les actualités brûlantes du congrès de l\u2019ACFAS et présentent les résultats inédits de certaines des recherches présentées en journée.A ledevoir.com/acfas Grecs, Maoris,.Ce genre de négociations concernant le retour d\u2019objets de musée dans leur territoire d\u2019origine ne touche pas que les autochtones, loin de là.C\u2019est au British Museum de Londres, par exemple, que l\u2019on peut admirer les célèbres frises du Parthénon, chef-d\u2019œuvre de la Grèce antique.Le Musée maintient que cette frise a été acquise légalement par Lord Elgin, en 1816.Mais la Grèce réclame depuis des décennies le retour de ses frises.Elle souhaiterait en faire une attraction majeure de son nouveau musée de l\u2019Acropole, bâti en 2000.«La Grèce a construit un nouveau musée, en se disant que le British Museum ne pourrait plus dire qu\u2019elle n\u2019a pas la capacité de les conserver», explique M\u201c® Dubuc.En 2012, le Musée des beaux-arts de Montréal a aussi pris la décision de remettre une tête momifiée de guerrier maori, acquise par un conservateur bénévole, aux représentants des peuples de Nouvelle-Zélande.Le Devoir ASSOCIATED PRESS Le National Museum of the American Indian, à Washington, possède Tune des plus vastes collections d\u2019objets autochtones.Ici, un parka Inuit pour femme (entre 1890 et 1925). LE DEVOIR LE MARDI 7 MAI 20IS A 3 ACTUALITES 9 MAI -JUIN festivalmontreal.org Les raccourcis Michel y David Le recentrage d\u2019un parti politique, à plus forte raison un parti à forte teneur idéologique, est toujours une opération extrêmement délicate.C\u2019est lors du débat télévisé entre les chefs que Françoise David a entrepris de modifier l\u2019image «pure et dure» projetée par Québec solidaire durant les années où Amir Khadir, toujours prêt à en découdre avec les suppôts du néolibéralisme, en était la figure de proue.Son attitude modérée avait agréablement surpris et lui avait ouvert les portes de l\u2019Assemblée nationale.La réponse des militants au désir de recentrage manifesté par la députée de Gouin est venue en fin de semaine sous la forme de l\u2019élection au poste de président et porte-parole d\u2019Andrés Fontecilla, qui les avait précisément mis en garde contre la tentation de prendre des «raccourcis» pour accroître la députation solidaire.La vision de David s\u2019incarnait nettement mieux dans le principal adversaire de M.Fontecilla, Alexandre Leduc, candidat dans Hoche-laga-Maisonneuve, qui les avait plutôt invités à élire celui qui serait le mieux «en mesure d\u2019élargir notre base d\u2019appuis et de construire de nouvelles solidarités avec l\u2019ensemble de la société québécoise».M.Leduc s\u2019était également présenté comme le plus apte à mobiliser la population autour du «Plan vert» sur lequel QS compte pour asseoir sa crédibilité économique et cesser d\u2019être perçu comme un refuge pour «pelleteux de nuages».Le débat ne pourra que s\u2019amplifier avec le temps.Bien que les résultats de l\u2019élection n\u2019aient pas été rendus publics, M.Leduc a indiqué sur son site Internet qu\u2019«à peine quelques voix» le séparaient de M.Fontecilla.Pour l\u2019heure, les perspectives de pouvoir semblent toutefois trop lointaines pour qu\u2019une majorité de militants puissent être tentés par un virage semblable à celui opéré par le NPD, où le socialisme n\u2019est plus qu\u2019une lointaine référence.La relative marginalité dans laquelle QS a été cantonné depuis sa création leur a assuré le confort de la certitude et de la bonne conscience, mais David veut manifestement en sortir.Il faut cependant savoir distinguer entre le souhaitable et le possible, qui ne l\u2019est pas sans un appui suffisant de l\u2019opinion publique.Il est facile de dire que «le seul vote utile est un vote de cœur et de conviction », mais on vote aussi avec sa raison.Un progressiste peut très bien penser que l\u2019exploitation du pétrole, dont la seule perspective fait pousser des cris d\u2019horreur à QS, générerait des revenus qui seraient très utiles pour venir en aide aux plus démunis.Le problème est que les raccourcis ne mènent pas toujours où on veut.Au congrès de 1974, le PQ avait renoncé à regret au principe de l\u2019élection référendaire au profit de l\u2019éta-pisme, et le Québec est toujours une province canadienne.Ceux qui, à l\u2019époque, n\u2019acceptaient pas la thèse du «bon gouvernement» s\u2019opposent toujours à la «gouvernance souverainiste ».Il faut savoir distinguer entre le souhaitable et le possible Après tout le mal que les porte-parole de Québec solidaire ont dit du PQ depuis les élections du 4 septembre, il aurait été renversant que les militants acceptent de «garder la porte entrouverte » à une quelconque forme d\u2019alliance, comme David disait le souhaiter.Même Qption nationale, dont le programme prévoit notamment la nationalisation des ressources naturelles et la création de Pharma Québec, est maintenant accusée de dérive à droite, sous prétexte que son dernier congrès n\u2019a pas érigé la lutte contre la pauvreté au rang de «priorité nationale».Le gouvernement Marois a indéniablement indisposé bon nombre de progressistes, mais QS croit manifestement que ses intérêts électoraux seront mieux servis en faisant cavalier seul, quitte à condamner le mouvement souve-raipiste à la division perpétuelle.À l\u2019issue du 9® congrès de son parti, David a invité les souverainistes à «tourner la page du PQ ».Cela suppose évidemment que ce dernier perde la prochaine élection, avec les «conséquences heureuses» qu\u2019a évoquées la députée de Gouin.Retourner aussi rapidement dans l\u2019opposition, après y avoir déjà séjourné pendant neuf ans, plongerait en effet les militants péquistes dans une profonde crise existentielle, dont QS ne pourrait que profiter.Ce serait un euphémisme de dire que le mouvement souverainiste se trouve à la croisée des chemins.Les souverainistes qui participeront au congrès de la Convergence nationale, à la fin du mois, sont au moins en droit d\u2019attendre que les différents partis viennent leur expliquer pourquoi leurs intérêts doivent primer la cause qu\u2019ils prétendent tous servir et en quoi le retour au pouvoir des libéraux sera bénéfique.mdavid@ledevoir.com DAVID BOILY AGENCE ERANCE-PRESSE Le Québec opte notamment pour un impôt progressif pour ies minières qui dégagent des profits, comme ceia se fait aiiieurs au Canada.REDEVANCES MINIÈRES Québec a cédé sous la pression du lobby, dénoncent les environnementalistes JESSICA NADEAU Correspondante parlementaire à Québec Le gouvernement a cédé sous la pression du lobby des minières, dénoncent les groupes environnementalistes, qui sont amèrement déçus par ce nouveau recul du gouvernement Marois.«Finalement, on pourrait dire que c\u2019est beaucoup de bruit pour rien », résume en soupirant le directeur de Nature Québec et porte-parole de Québec Meilleure mine, Christian Simard.«Nous avons participé de bonne foi au forum sur les redevances minières, nous avons échangé, mais nous constatons que la position que les minières ont exprimée à huis clos est à peu près ce que l\u2019on retrouve dans le nouveau régime.L\u2019Association minière n\u2019est déçue que pour la forme, car elle semble avoir réellement fait reculer le gouvernement.» L\u2019environnementaliste se dit «grandement insatisfait», estimant que des revenus supplémentaires de 50 millions pour 2015 sont «largement insuffisants» et constituent un «point de déséquilibre».«Le résultat n\u2019est pas à la hauteur des attentes, pas à la hauteur des engagements, c\u2019est quatre fois moins que ce qu\u2019avait promis le Parti québécois en campagne électorale», dénonce-t-il en conférence de presse.Les groupes écologistes n\u2019en sont pas à leurs premières déceptions et ont entendu leur lot de promesses électorales.Mais celle-ci était vraiment «centrale» dans la campagne du Parti québécois «qui s\u2019est fait élire sur cette promesse majeure», dénonce Nicolas Main-ville, de Greenpeace.«C\u2019est loin d\u2019être suffisant pour ramener la confiance des Québécois dans la façon dont sont exploitées nos ressources naturelles».Rien pour les régions Pour Henri Jacob, président de l\u2019Action boréale de l\u2019Abitibi-Témisca-mingue, le nouveau régime de redevances est d\u2019autant plus décevant que tout l\u2019argent qui sera dégagé par cette augmentation de l\u2019impôt minier servira au remboursement de la dette québécoise.«Nous avions demandé qu\u2019une partie de cet argent aille dans un fonds spécial pour aider les régions dans l\u2019après-boom minier, déplore, au bout du fd, cet écologiste de la première heure.On ne nous donne rien pour nous relever, alors on va se retrouver avec des villes qui vont perdre la moitié de leur population quand la mine va fermer, ça va être la déchéance, comme on l\u2019a déjà vécu, parce que, nous, on vit de booms miniers en récessions virulentes quand ça ferme.» Pour Henri Jacob, le nouveau régime, c\u2019est à peine mieux que rien.«Je ne vois pas une grande différence avec ce que proposait l\u2019ancien «C\u2019est quatre fois moins que ce qu\u2019avait promis le Parti québécois en campagne électorale» gouvernement libéral.À première vue, on change quatre trente sous pour une piastre.» Incitatifs à la transformation Les groupes écologistes reconnaissent tout de même des «efforts timides» pour inciter les compagnies minières à faire de la deuxième et troisième transformation.Ils se disent également rassurés de voir un peu plus de transparence dans la divulgation des informations sur le tonnage et sur les redevances qui seront payées par chaque minière.Mais ils s\u2019inquiètent du signal que ce premier recul envoie pour la suite des choses.Mardi, le gouvernement dévoilera, à Chibougamau, son plan de développement pour le Nord québécois.Un nouveau projet de loi sur les mines devrait également être déposé sous peu par la ministre des Ressources naturelles, Martine Quellet.«On s\u2019attend à une réforme majeure de la Loi sur les mines, mais si on a commencé à abdiquer de cette façon-là, jusqu\u2019où irons-nous ?, demande Christian Simard.Le message que la Coalition Meilleure mine envoie au gouvernement, c\u2019est de redresser l\u2019échine et de défendre en toute priorité le bien commun, l\u2019intérêt des Québécois et non seulement celui de l\u2019industrie minière.» Le Devoir INDEPENDANCE La convergence à défaut de l\u2019alliance La décision de QS est « désastreuse », selon Convergence nationale BAHADOR ZABIHIYAN \\ Adéfaut de pouvoir s\u2019allier, les partis souverainistes doivent «converger» afin de faire avancer la souveraineté, pensent plusieurs personnalités indépendantistes réunies au sein du mouvement Convergence nationale.Pour Jocelyn Desjardins, porte-parole du mouvement, la décision de Québec solidaire de refuser une éventuelle alliance électorale avec les autres partis souverainistes est «désastreuse » certes, mais elle n\u2019a rien d\u2019étonnant.«On s\u2019y attendait depuis longtemps.On avait conçu que ce type de configuration désastreuse pourrait arriver», explique-t-il.H estime qu\u2019il y a un «dérèglement de l\u2019action politique» chez les souverainistes québécois.Et pour tenter de surmonter ces divisions, son mouvement organisera un congrès du 24 au 26 mai.Le but du principe de convergence défendu par M.Desjardins est de réunir les partis politiques, mais aussi les syndicats et les mouvements sociaux autour de la question de l\u2019indépendance.«Pour nous, sur la question nationale, ça veut dire que la base d\u2019une approche commune est toujours possible, peut-être pas dans une joute électorale, mais dans le cadre de mouvements citoyens.Pour nous, c\u2019est un point de dé- part», explique M.Desjardins.Gabriel Nadeau-Dubois sera invité au congrès pour donner sa vision de la souveraineté.«Il y a beaucoup d\u2019indépendantistes qui se rendent compte que le Parti québécois ne semble pas être le seul, ni le meilleur moyen d\u2019arriver à l\u2019indépendance.Il faut développer des alternatives politiques aux quelques grands partis qui dominent l\u2019arène politique depuis les dernières années», explique l\u2019ancien leader étudiant au Devoir.Collaborations Québec solidaire enverra une délégation au congrès de Convergence nationale.Car si le parti ne souhaite pas effectuer d\u2019alliances électorales, il n\u2019écarte pas la possibilité de collaborations ponctuelles.«On pourrait parler en commun sur certains dossiers, faire des sorties publiques sur certains dossiers avec des partis politiques ou des mouvements sociaux», explique la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David.De son côté, Qption nationale ne compte pas envoyer de délégation au congrès, et le Parti québécois n\u2019a pas encore confirmé sa participation.Mais M.Desjardins prévoit que de nombreux militants de ces partis viendront à titre personnel.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gabriel Nadeau-Dubois Les droits de scolarité vont augmenter de 2,6% Les droits de scolarité universitaires augmenteront de 2,6% au Québec, a annoncé lundi le ministre de l\u2019Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne.Avec un pourcentage correspondant à l\u2019indice du revenu disponible des ménages, le gouvernement consent à adapter la hausse à la conjoncture économique.En établissant une indexation basée sur le tapx de croissance du revenu des ménages, l\u2019Etat tient compte de la capacité des familles de payer, et la stabilité de l\u2019indice permet le maintien d\u2019un système universitaire accessible, a soutenu le ministre Duchesne par voie de communiqué.Pour un étudiant à temps plein inscrit à 30 crédits universitaires, les droits passeront de 2168$ en 2012-2013 à 2224$ en 2013-2014, soit une hausse de 56$.Pour les étudiants canadiens non résidents, la hausse du montant forfaitaire sera de 8,68%, alors qu\u2019elle sera de 2,67 % pour les étudiants étrangers.La Presse eanadienne Vivez la magie de LangdonArt Aussi dans les galeries d'art : Artists Haven, Fort Lauderdale The Artists Alley, San Francisco Un artiste créant un moment authentique à sa manière: deux paysages différents dans chaque peinture ! Les œuvres de LangdonArt sont exposées du 4 au 12 mai à La Galerie 2456 au 2456, rue Beaubien Est Montréal (à 2 pas du cinéma Beaubien, face au parc Molson) 10 h-22 h tous les jours.Bienvenue ! www.langdonart.com A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 7 MAI 2013 ACTUALITES #CHRONIQUEFD La modernité expliquée à sa mère (9) Fabien Deglise V.Voici la neuvième d\u2019une série de chroniques sporadiques sur la modernité décryptée pour ceux qui peinent à entrer dedans.Cm est peut-être un peu plus qu\u2019une ^ simple série de chiffres.Dans les six derniers mois, l\u2019épidémique réseau de socialisation numérique Facebook a vu plusieurs millions de ses usagers déserter son environnement aussi addictif qu\u2019intrusif, principalement dans les marchés dits matures.L\u2019érosion a été confirmée la semaine dernière par le spécialiste en quantification des çomporte-ments numériques, Socialbakers.Aux Etats-Unis, Facebook a perdu plus de 8 millions d\u2019abonnés, soit 5,5% de ses fidèles.En Grande-Bretagne, cette fuite est incarnée par 2 millions de personnes, 806000 au Canada, 400000 en Espagne, 2,5 millions au Japon.Entre autres.Au même moment, la compagnie Foursquare, qui permet, par l\u2019entremise d\u2019un téléphone dit intelligent, d\u2019indiquer en permanence à ses amis sa position géographique, a révélé une fois de plus sa grande fragilité, avec des revenus qui, après quatre ans d\u2019existence, n\u2019arrivent pas à décoller.Sa dette en croissance laisse présager aussi l\u2019endroit où ce fleuron du 2.0 se prépare du coup à s\u2019enregistrer \u2014 «à checker-in», comme on dit dans son propre langage \u2014 très vite: dans le registre des compagnies en faillite.H est tentant de voir dans ces deux événements des configurations sociales et économiques relevant du hasard ou de l\u2019anecdote, surtout quand on est entrés dans ce tout à l\u2019ego, ce tout à l\u2019hypercon-nexion nourri par ces deux compagnies, comme d\u2019autres entrent en religion.Mais cela serait dommage, en plus de jeter un voile obscur sur une certaine lucidité qui n\u2019est sans doute pas étrangère à toutes ces statistiques.Neuf ans après son lancement et sept ans après sa démocratisation, Facebook a largement atteint ce moment où les innovations, en s\u2019éloignant du plaisir aveuglant de la découverte, dévoilent peu à peu leurs travers.Des travers dont ce réseau social et commercial ne manque certainement pas, lui qui a fait apparaître dans la communication humaine trop de possibles dont la pertinence n\u2019est plus toujours évidente.Le flux tendu des échanges, induit par l\u2019outil, en est un.En permettant des échanges avec sa communauté en tout temps et en tout lieu, Facebook a du coup fait entrer dans l\u2019univers de la socialisation cette notion très pragmatique de «flux tendu», propre au «toyotisme», ce mode de gestion en temps réel de la production, très automobile, très japonais, dans les années 60 et dont l\u2019esprit a depuis roulé plus loin.Dans cet environnement, où pour confirmer notre existence nos fragments de vie doivent s\u2019empiler les uns sur les autres, au moment où ils se produisent, il est désormais crucial de nourrir notre «mur» d\u2019instants vécus, en temps réel, par l\u2019entremise d\u2019un «j\u2019aime», du partage d\u2019une photo, d\u2019une vidéo, d\u2019un commentaire, d\u2019une approbation.Ce culte de l\u2019instant force l\u2019abonné à penser d\u2019abord à médiatiser son présent, plutôt que de le vivre pleinement, à prendre en photo son assiette au restaurant avant de la manger, mais le place aussi dans une logique de représentation permanente dans sa vie quotidienne ou professionnelle, puisqu\u2019il est placé sous le regard numérique de ses «amis» et de leurs jugements éventuels.Lourd.Amitié et publicité Ce pragmatisme dans la socialisation n\u2019est pas sans conséquence puisqu\u2019il a permis à Facebook d\u2019attiser ses projets commerciaux, en trouvant des points de convergence entre les amitiés numériques, les contenus qu\u2019elles génèrent et la publicité.Preuve : la semaine dernière à Montréal, parler de la ville sur ce réseau risquait de faire apparaître un lîen commercîal appelant à répondre à un sondage d\u2019opinion sur.Denis Coderre, le créateur d\u2019un pseudomystère sur sa candidature à la mairie en 2013.Pour la poésie, la subtilité et le bon goût, c\u2019est visiblement ailleurs qu\u2019il faut aller voir.Cette urgence d\u2019exister et ses corollaires sont pour le moins troublants, y compris lorsqu\u2019on regarde du côté des abonnés passifs de ce réseau \u2014 et Ils sont nombreux \u2014 qui consacrent de nombreuses minutes chaque jour, à observer la vie des autres, à «sentir» dans la maison du voisin, à scruter avec un certain voyeurisme le quotidien «d\u2019amis» plus que relatifs.Bien souvent, ils n\u2019ont avec eux pas d\u2019autres engagements affectifs que ce lien social numérique tissé dans cet environnement tellement bien balisé qu\u2019on peut effectivement se demander comment font plusieurs pour s\u2019y perdre à se point Or, tout comme la calorie vide, la socialisation sans paroles, sans affection, sans franchise et avec ce soupçon de perfidie ne peut pas être nutritive à la longue.Anthony K Tjan, qui tient un blogue sur le site du Harvard Business Review, se posait d\u2019ailleurs la même question au début de l\u2019année.L\u2019homme qui reconnaissait avoir succombé, comme bien d\u2019autres et sans autre forme de procès, à l\u2019appel du tout numérique, laissait du coup présager ce que Facebook et Foursquare sont en train de vivre en ce moment.Comment?En appelant ses contemporains à prendre leurs distances de ces outils pour renouer avec des conversations plus incarnées, plus profondes, moins pressées.Une idée qui donne envie de lever le pouce en l\u2019air.Sans l\u2019aide d\u2019un index sur souris ou écran tactile, toutefois.Sur Twitter: ©FabienDeglise PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron ESPIONNAGE Montréal et Bergeron mettent un terme à leur coûteux litige JEANNE CORRIVEAU La Ville de Montréal et son vérificateur général ont enterré leur litige concernant l\u2019espionnage de courriels dont Jacques Bergeron avait fait l\u2019objet en 2010 et 2011.Une entente à l\u2019amiable est intervenue entre les deux parties et tous les courriels interceptés par l\u2019ancien contrôleur général de la Ville, Pierre Reid, ont été restitués à Jacques Bergeron.Dans un communiqué publié lundi, la Ville a fait savoir que le comité exécutif avait donné son aval au règlement qui met fin à la bataille engagée devant les tribunaux.«Les parties sont satisfaites des termes du règlement, a indiqué la Ville.Les parties désirent dans les circonstances régler à l\u2019amiable leur litige et ainsi éviter, de part et d\u2019autre, d\u2019engager des frais et honoraires légaux additionnels, et ce, sans admission de responsabilité de part et d\u2019autre.» Dans le cadre de cette entente, aucune somme d\u2019argent n\u2019a été versée au vérificateur, a indiqué Gonzalo Nunez, relationniste à la Ville.Rappelons que les contribuables assumaient les frais d\u2019avocats des deux parties, puisque le vérificateur avait obtenu de la Cour supérieure que la Ville paie les honoraires de ses avocats.A ce jour, la Ville de Montréal soutient avoir dépensé 205000$ pour se défendre \u2014 le 27 mars dernier, le comité exécutif a autorisé une dépense supplémentaire de 100000$ \u2014 en plus des 350000$ en frais d\u2019avocats pour le vérificateur général.Contrats à la belle-sœur Le litige remonte à mars 2010.Après avoir reçu une plainte anonyme faisant état d\u2019irrégularités dans la gestion administrative du Bureau du Vérificateur général, le président du comité de vérification de la Ville, André Harel, avait remis le dossier à Pierre Reid, alors directeur du Capital humain.Pour mener à bien son enquête, celui-ci avait entrepris d\u2019intercepter les courriels de Jacques Bergeron entre juin 2010 et janvier 2011.S\u2019étant rendu compte des intrusions répétées dans sa boîte de courriels.M.Bergeron, avait été outré de cet espionnage, lui qui était déjà à couteaux tirés avec l\u2019administration de l\u2019ex-malre Gérald Tremblay.L\u2019ancien directeur général de la Ville, Louis Roquet, avait fait valoir que les allégations étalent fondées puisque l\u2019enquête avait notamment permis d\u2019établir que M.Bergeron avait octroyé deux contrats de traduction à sa belle-sœur et qu\u2019il avait scindé des contrats pour éviter le recours à des appels d\u2019offres.Jacques Bergeron avait par la suite Intenté une poursuite contre quatre fonctionnaires de la Ville parmi lesquels Pierre Reid, qui a piloté l\u2019opération d\u2019espionnage, et contre André Harel.Administration précédente En février 2011, lorsqu\u2019avait éclaté cette affaire, les partis d\u2019opposition avaient dénoncé les méthodes de Pierre Reid et l\u2019attitude de Gérald Tremblay dans cette affaire.Gérald Tremblay a depuis ce temps quitté ses fonctions.« Cette entente aurait dû avoir lieu il y a un an déjà, a commenté la chef de l\u2019opposition, Louise Harel.Rappelons que ce sont des centaines de milliers de dollars qui ont été dépensés dans cette poursuite et dans celle de Claude Dauphin.» «Cette entente est la solution qui coûtera le moins cher à la Ville de Montréal, a fait savoir le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.Nous sommes heureux que l\u2019administration et le VG tournent la page sur un conflit qui était le fait de l\u2019administration précédente.» Le maire de l\u2019arrondissement de Lachine, Claude Dauphin, qui lui aussi a été la cible d\u2019intrusions dans sa boîte de courriels, avait intenté une poursuite contre la Ville et certains fonctionnaires.Dans le cadre d\u2019une entente à l\u2019amiable intervenue en juillet 2012, la Ville a convenu de lui verser 115000$ pour régler ses frais d\u2019avocats.Le Devoir Le MTQ investit 1,3 milliard dans le réseau montréalais JEANNE CORRIVEAU Le ministère des Transports du Québec (MTQ) investira 1,3 milliard de dollars dans le réseau routier montréalais au cours des deux prochaines années, et parmi les chantiers les plus coûteux figurent ceux du complexe Turcot et de l\u2019échangeur Dorval.En conférence de presse lundi, le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Li-sée, a indiqué que, contrairement aux années précédentes, le ministère avait décidé de présenter les chantiers prévus pour les deux prochaines années, plutôt que de se contenter des travaux pour douze mois seulement.«La planification sur deux ans permet de mieux concentrer un certain nombre de travaux pour réduire les désagréments pour les utilisateurs», a soutenu le ministre.La liste présentée par M.Lisée fait état de vingt projets, dont le maintien des structures de l\u2019échangeur Turcot et l\u2019aménagement d\u2019un accès pour le CUSM, la poursuite des travaux qui Le MTQ a été s\u2019éternisent à l\u2019échangeur Dorval, la reconstruction avare de de certaines structures de ,\t, l\u2019autoroute 40 et la réfec- details sur les tion du tablier du pont Mé-déric-Martin.Même si le ^ ^ ministre a vanté la «trans- prévus pour parence» du gouvernement, le MTQ a été avare chacun des de détails sur les montants ,\t^ prévus pour chacun des chantiers chantiers et les échéanciers liés aux projets.L\u2019essentiel des investissements, qui totalisent 1,3 milliard de dollars pour deux ans, concerne la conservation des structures existantes (1,06 milliard) alors que 86 millions seront consacrés au développement du réseau routier.Ces travaux se traduiront par des interventions sur 252 structures réparties sur 81 chantiers.En 2012, le MTQ avait annoncé des investissements de 585 millions pour une période de douze mois.La loi 1 Contrairement à la Ville de Montréal, le MTQ n\u2019entend pas exclure d\u2019emblée des entreprises qui se seraient incriminées à la commission Charbonneau.Seules les entreprises participant à des appels d\u2019offres pour des contrats dépassant 40 millions de dollars devront se soumettre à l\u2019examen de l\u2019Autorité des marchés financiers (AMF), comme le prévoient les dispositions actuelles de l\u2019application de la Loi sur l\u2019intégrité en matière de contrats publics.Le gouvernement compte toutefois abaisser ce seuil de 40 millions graduellement.Dans ce cas, certaines entreprises pourraient devoir se retirer de projets en cours si elles n\u2019obtiennent pas l\u2019accréditation de l\u2019AMF, a rappelé le ministre Lisée.Le maire Michael Applebaum devait participer à la conférence de presse, mais comme le cabinet du ministre Lisée l\u2019avait invité pour 14 h 30, et non 14 h, le maire a en été quitte pour assister à la fin de la conférence de presse en spectateur.Le Devoir Le ministre Blaney dans l\u2019embarras Grâce aux anciens combattants, il y a eu le succès musical Gangnam Style^ soutient le ministre MARIE VASTER Correspondante parlementaire à Ottawa Le gouvernement conservateur ne s\u2019excuse pas de ses multiples célébrations des batailles militaires passées.Au contraire, pour se défendre, le ministre Steven Blaney a fait valoir que sans les efforts des soldats canadiens le succès musical planétaire Gangnam Style n\u2019aurait jamais vu le jour, ni envahi les ondes de nos radios.Participant à une cérémonie commémorant la participation de marins canadiens à la bataille de l\u2019Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale, le ministre des Anciens Combattants et député de Lévis a affirmé que la population était invitée à «redécouvrir ce qu\u2019ils [les soldats canadiens] ont fait, à s\u2019approprier ce qui est notre histoire et ce qui fait notre fierté, notre identité aussi».Lors de son point de presse, dimanche, il a ajouté qu\u2019il «n\u2019y aurait pas de Gangnam Style si ce n\u2019avait pas été du sacrifice des Canadiens, des membres des Nations unies, qui se sont alliés avec une résolution pour faire en sorte qu\u2019on repousse le communisme», citant aussi les réussites économiques de compagnies comme Kia et Hyundai.Son attaché de presse est venu lundi défendre les propos de son ministre.«Grâce aux sacrifices des vets canadiens, la Corée du Sud est une démocratie prospère.Elle est aussi une superpuissance culturelle», a défendu Jean-Christophe de Le Rue sur Twitter.Le chef néodémocrate estime toutefois que le discours du ministre Blaney «dépasse l\u2019entendement» alors qu\u2019on parle d\u2019une «guerre très sérieuse qui a coûté énormément de vies humaines».«Une chance que le ridicule ne tue pas, a déploré Thomas Mulcair.A un moment donné, il y a une limite à la bêtise des conservateurs, mais, de toute évidence, on ne l\u2019a pas encore atteinte.» Le Devoir Une application contre l\u2019ESPT Qttawa espère pouvoir aider les anciens soldats et leurs proches à mieux vivre avec l\u2019état de stress post-traumatique (ESPT) grâce à une application pour téléphones intelligents et le financement d\u2019une étude universitaire de deux ans.L\u2019application gratuite, nommée Coach ESPT Canada, fournira de l\u2019information, un autodiagnostic des symptômes, de même que de l\u2019information sur les endroits où trouver de l\u2019aide.Elle comprend des outils, dont des conseils de relaxation et de gestion de la colère.De plus, près de 376000$ seront investis pour une étude sur deux ans qui tentera de déterminer l\u2019efficacité de la thérapie cognitive pour soigner les adultes souffrant d\u2019ESPT.La Presse canadienne Une coalition pour l\u2019hôpital Maisonneuve-Rosemont De concert avec des politiciens locaux, la nouvelle Coalition citoyenne pour l\u2019Hôpital Maisonneuve-Rosemont a interpellé le ministre de la Santé, Réjean Hébert, lundi.Elle demande une réponse rapide concernant le projet de modernisation de 900 millions de dollars, déposé il y a 15 mois.Le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l\u2019hôpital a embauché, en mars, un lobbyiste pour faire valoir sa cause à Québec.En réponse, le ministre a précisé avoir demandé à l\u2019Agence de la santé d\u2019analyser les besoins cliniques dans l\u2019est de Montréal d\u2019ici l\u2019été.«Nous sommes conscients des besoins immédiats et c\u2019est pourquoi on continue d\u2019investir dans l\u2019hôpital», dit-il.Le Devoir Laval: suspensions confirmées Les élus lavallois ont entériné à l\u2019unanimité, lundi après-midi, la suspension du directeur général de la Ville de Laval, Gaétan Turbide, et de son adjoint Jean Roberge.Lors d\u2019une rencontre la semaine dernière, les deux hommes auraient eux-mêmes dit au maire Alexandre Duplessis qu\u2019ils ne pourraient reprendre leurs fonctions après leur passage à la commission Charbonneau au cours du mois de mai.Même si la nature exacte des faits évoqués par les deux fonctionnaires lors de cette rencontre demeure obscure, la conseillère Claire Le Bel estime que les élus n\u2019avaient d\u2019autre choix que d\u2019agir ainsi.«Si on ne fait rien, on peut se faire accuser de n\u2019avoir rien fait et d\u2019avoir su», a indiqué M\u201c® Le Bel à Radio-Canada.Le Devoir Étude de l\u2019enseignement de l\u2019histoire : le comité recule Qttawa \u2014 Les conservateurs ont reculé quant à leur souhait d\u2019étudier l\u2019enseignement de l\u2019histoire au pays.Après deux jours de critiques nourries aux Communes, les députés qui siègent au comité du patrimoine \u2014 qui avait décidé de se pencher sur le sujet \u2014 ont fait marche arrière lundi.Le comité étudiera bel et bien les connaissances historiques des Canadiens, mais pas le programme qui leur est enseigné à l\u2019école primaire et secondaire dans les différentes provinces du pays.Les conservateurs ont accepté en comité, à l\u2019unanimité avec les libéraux et les néodémocrates, de retirer cet aspect contesté de l\u2019examen qu\u2019ils avaient choisis d\u2019entreprendre, la semaine dernière.Le Devoir porter raffinée sur toute la ligne Porter tranche ses tarifs menu et vous traite aux petits oignons.Porter vous a mijoté des rabais irrésistibles.Mettez du piment dans votre vie et goûtez le grand confort à bord.Réservez d\u2019ici le vendredi 10 mai 2013.^t)i I I I I I I I I I I I I \tni\t11 ^ \tJUMll\t Vols au départ de Montréal.Réservez d\u2019ici le 10 mai 2013.Voyagez d\u2019ici le 3 septembre 2013.Le rabais est compris dans les tarifs.Porter peut exiger un achat jusqu'à 14 jours à l'avance.Les tarifs annoncés peuvent ne pas être disponibles pendant toute la période de voyage.Tarifs aller simple incluant les taxes, surcharges et frais obligatoires.* Tarifs à partir de : HALIFAX 3 par jour TORONTO T SAULT STE.MARIE Y ST.JOHN\u2019S 17 par Jour SUDBURY Y THUNDER BAY TIMMINS WINDSOR BOSTON Taxes et frais compris I Taxes et frais compris 1 Taxes et frais compris 184$ 138$ 207$ 248 $\t207$\t207$\t207$\t173$\t225$ Taxes et frais compris ^ ^ Taxes et frais compris ^ ^ Taxes et frais compris ^ ^ Taxes offrais compris ^ ^\tTaxes et frais 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A 6 LE DEVOIR LE MARDI 7 MAI 20IS EDITORIAL Serge Truffaut HOLLANDE UN AN APRES À demi président À l\u2019égard de leur président, l\u2019humeur des Français se confond avec la morosité, au mieux, avec la sédition, au pire.Rien ne résume mieux le climat observé au terme d\u2019une ribambelle de manifestations récentes que cette exclamation de Jean-Luc Mélenchon, figure emblématique du Front de gauche, concernant Hollande: «Petit monarque hors de tout contrôle».Déclinons.1 y a un an et un jour, l\u2019installation de François Hollande à l\u2019Elysée avait mis un terme au mandat de Nicolas Sarkozy, mandat qui s\u2019était singularisé, entre autres choses, par l\u2019inclination qu\u2019avait ce président pour la crispation.Il se mêlait de tout et à tous, alors que Hollande et sa promesse de «président normal» ont coloré, si l\u2019on ose dire, la fonction suprême d\u2019une certaine distance.D\u2019une sobriété qui a quelque peu embrouillé le regard que l\u2019on porte sur son action.Et notamment sur le front judiciaire.Avec raison, sur les plateaux de télévision comme sur les ondes radio, élus de gauche et de droite, commentateurs et simples citoyens ont exprimé leur dégoût pour les mensonges à répétition de l\u2019ex-ministre du Budget, Jérôme Ca-huzac, et ses exercices d\u2019évasion fiscale en Suisse.Cette avalanche de critiques fut, on le répète, justifiée.Cela étant, cette affaire s\u2019est énormément distinguée de scandales qui ont émaillé les présidences antérieures par ceci : l\u2019Elysée et Matignon ont laissé les juges faire leur travail sans intervenir.Le dossier Cahuzac mis à part, la gestion des affaires s\u2019est caractérisée par un sacré déficit sur les fronts de la communication et de la pédagogie.À telle enseigne qu\u2019on a l\u2019impression que le duo que Hollande forme avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s\u2019est tourné les pouces, alors qu\u2019en nombre les gestes faits et les lois dessinées et votées sont plus imposants que ceux signés par Sarkozy lors de sa première année : engagement au Mali, accord sur la flexibilité de l\u2019emploi, augmentation du nombre des enseignants, déductions accordées aux entreprises qui embauchent des jeunes, transparence imposée aux élus et aux mandarins de l\u2019Etat, mariage pour tous, etc.Ce déficit en matière de communication s\u2019est accompagné des effets multiples et souvent pernicieux des technologies de l\u2019information qui font croire à une majorité de Français qu\u2019à l\u2019époque de De Gaulle, Giscard ou Mitterrand, la France était LE jardin d\u2019Eden.A ce propos, les unes d\u2019hebdomadaires des dernières semaines se sont illustrées par une dramatisation propre à polir davantage la nostalgie pour les présidents évoqués.Comparer la France d\u2019aujourd\u2019hui à celle des années 30 ou à 1789 permet de rappeler \u2014 hélas ! \u2014, ce mot de l\u2019historien Michel Winock : «Il est dangereux de transformer l\u2019histoire en procureur du temps présent.» Cela dit, là où Hollande fut décevant, très décevant même, c\u2019est dans ses relations avec la chancelière allemande, Angela Merkel.On se rappellera que, lors de sa campagne, il avait convaincu un grand nombre de Français de voter pour lui en confiant que la finance était son véritable ennemi.On se souviendra qu\u2019il avait promis de discipliner un monde bancaire enclin comme jamais à jongler avec des fictions financières.Résultat?Il n\u2019est pas parvenu à modifier autant qu\u2019il l\u2019avait clamé les positions de Merkel.On est aujourd\u2019hui là où l\u2019on était il y a un an.Autrement dit, faute d\u2019être parvenu à convaincre Berlin que les politiques imposées avaient consisté en réalité à assujettir des nations entières à la récession pour des années (six ans au moins pour la Grèce!), Hollande a déprimé ceux qui croyaient justement en une Europe solidaire.Qu\u2019il le veuille ou non.Hollande, surtout si Merkel gagne les élections de septembre, devra muscler quelque peu les rapports de force qui ont cours.Ainsi, il sera à la hauteur de ce qu\u2019exige sa fonction.CONGRÈS DE QUÉBEC SOLIDAIRE Le confort de l\u2019utopie \\ Antoine Robitaille es militants de Québec solidaire veulent-ils vraiment passer de l\u2019utopie à la réalisation concrète de leur programme?Qn peut en douter lorsqu\u2019on observe certains des choix qu\u2019ils ont faits lors de leur congrès de la fin de semaine.À gauche, l\u2019utopie a toujours bonne presse même si, dans le passé, elle s\u2019est souvent muée en dystopie.Bien des enfers politiques au XX® siècle (les goulags !) étaient pavés de «bonnes» intentions révolutionnaires.Reste qu\u2019il est impossible de faire évoluer le monde en asséchant l\u2019imagination politique.Une certaine utopie \u2014 beaucoup plus modeste que celles du XIX® siècle \u2014 demeure donc présente aujourd\u2019hui.Plusieurs, dans Québec solidaire, voudraient incarner ce courant qu\u2019on pourrait ^\t,r baptiser d\u2019« alter » (comme dans « alter »-mon- dialisation) qui a rompu avec les pensées uto-^ pistes radicalement révolutionnaires.La coporte-parole et âme de QS, Françoise David, s\u2019inscrit dans ce courant de pensée.Manifestant une certaine impatience après sept ans d\u2019existence de QS, la députée de Gouin a déclaré vendredi que son parti devait faire des efforts pour dépasser le succès d\u2019estime qu\u2019il a eu jusqu\u2019à maintenant.En chiffres, cela signifie 11 % dans les sondages récents.Et 6,03% à la dernière élection; 263111 voix.«Pas encore de quoi former un gouvernement», a laissé tomber M\u201c® David devant ses militants.A ses yeux, il faut d\u2019abord que son parti s\u2019emploie à convaincre les Québécois que QS, ce « n\u2019est pas juste des professeurs et des travailleuses sociales», mais aussi des petits commerçants et des économistes de gauche; et que ses propositions sur l\u2019économie (pharma-Québec, le Plan vert de l\u2019électrification des transports, etc.) sont «faisables, réalisables».Il faudrait ensuite laisser la «porte entrouverte» pour des ententes avec les autres partis souveraiifistes et les gens de gauche du PQ qui pourraient être tentés de passer à QS.Qr, les militants de QS ont réservé un «niet» clair à l\u2019idée de s\u2019aventurer dans ces deux pistes pragmatiques indiquées par M\u201c® David.Alors que le candidat défait au poste de coporte-parole, Alexandre Leduc, souhaitait que QS se pose en «alternative crédible au gouvernement du PQ», celui qui l\u2019a emporté, Andrés Fontecilla, incarnait la méfiance à l\u2019égard de toute «NPDéisation» de QS.Ce derifier a livré un discours contenant une charge révolutionnaire typique des purs et durs de QS, soutenant que le «vaste programme» de ce petit parti ne pouvait s\u2019accommoder «des raccourcis visant à obtenir davantage de sièges à l\u2019Assemblée nationale».Ce choix pourrait bien signifier que QS reste sur la voie de l\u2019utopie pure plus longtemps que plusieurs ne le souhaiteraient en son sein.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE l£ CûVoîTuRAfff $\u20aclo^ fpANfoiç£ PAVil>.\u20acT SCUn PAutiNf MARoîÇ.; VOi£ RÉSf Rvf f \" 3 Au Cûv/oî\u2019Tu PA5 i3u£?Ti0(q PLifR EN QUATRE Point ÇnTRÊIî PAwS SA PtTiTf VoiTuRF/ PAS auPSTiDN b'Être vut pans SA BRoSSî ÙraouÇinF PoU-uAWTE ! (HtR'VeTTF \u2022 V ^-> LETTRES « Je serai trop différent pour leur vie si tranquille » J\u2019appuie infiniment les paroles de Xavier Dolan comme quoi condamner le récent vidéoclip d\u2019Indochine, c\u2019est de la pure hypocrisie.Qn peut condamner un vidéoclip violent qui lui-même condamne la violence.Qui, on peut.Qn peut s\u2019attarder sur la forme, que les enfants ont pourtant besoin de voir et de comprendre pour saisir pleinement la portée de leurs gestes et de leurs silences, ou encore on peut s\u2019attarder sur le fond, sur ce que ledit clip veut vraiment véhiculer, et ce de manière très claire.Simultanément, on peut aussi vendre aux enfants des jeux vidéo comme Call of Duty, Left 4 Dead, Battlefield.Mettre sur les tablettes des films comme Décadence ou The Human Centipede.Qn peut aussi se dire que les jeunes ont besoin de comprendre ce qu\u2019est l\u2019intimidation et ses effets sur les victimes.Qu\u2019ils doivent savoir à quel point c\u2019est important de se confier à des gens de confiance et de ne pas rester silencieux face à la violence, et qu\u2019ils doivent absolument prendre conscience de la portée de leurs actes.Surtout que dans une bonne partie des cas, les intimidateurs le sont uniquement en groupe, et considèrent leurs actes comme de simples taquineries.Mais qui le fait comprendre, ça, à nos jeunes?Les parents?Trop occupés.L\u2019école?Peut-être, si les profs ont le temps.Les films?Non, pas assez stimulants, les films sur l\u2019intimidation.Les jeunes n\u2019aiment pas.Alors qui ?Peut-être qu\u2019un vidéoclip n\u2019est pas le nec plus ultra, c\u2019est sûr.Mais il me semble que de le condamner en se bandant les yeux (!) par rapport aux autres messages de violence, verbale et physique, véhiculés aux jeunes et par rapport au message que le clip communique, c\u2019est se mentir en pleine face.Soulignons aussi que l\u2019absence de sang lors des coups de feu, les images en noir et blanc ainsi que l\u2019aspect cartoon du sang que l\u2019on voit lors de la crucifixion sont des aspects qui adoucissent la violence présentée.Violence qui est bien réelle et qui a sa place dans ce contexte de prise de conscience.Frédérique Francœur Québec, le 3 mai 2013 L\u2019histoire revue et corrigée par les conservateurs Quand les conservateurs formaient l\u2019opposition officielle, ils étaient les premiers à dénoncer les incursions des libéraux dans les champs de compétences provinciaux.Et à se poser comme les défenseurs d\u2019un sain fédéralisme.Qr, qu\u2019apprenait-on dernièrement ?Que le gouvernement Harper s\u2019immiscera dans le secteur de l\u2019éducation, qui relève des provinces.Le comité permanent du Patrimoine canadien, à majorité conservatrice, veut savoir comment s\u2019enseigne l\u2019histoire (en particulier certains événements militaires) d\u2019un océan à l\u2019autre.Pourquoi?Ça, on ne le dit pas.Si le passé est garant de l\u2019avenir, il y a lieu de s\u2019inquiéter.Les mesures prises par les conservateurs, depuis leur arrivée au pouvoir, ne traduisent pas un amour pur du savoir et de la vérité : compressions en recherche (notamment en histoire !), musellement de scientifiques, désinformation sur certains enjeux environnementaux, etc.Qn constate la haute opinion que M.Harper a de l\u2019histoire lorsqu\u2019il refuse de faire la lumière sur les révélations troublantes du livre La bataille de Londres.A ses yeux, le rapatriement de la Constitution de 1982 n\u2019est qu\u2019une « vieille chicane » qui ne mérite plus qu\u2019on en parle.Ce me demande, dans cette optique, comment il faudrait qualifier les tentatives de certains députés conservateurs pour limiter le droit à l\u2019avortement.) La propagande du gouvernement fédéral entourant la guerre de 1812 laisse présager le genre de programme d\u2019histoire dont il rêve.Qn a clairement cherché à instrumentaliser l\u2019événement pour faire vibrer la fibre patriotique des Canadiens.Après les cours d\u2019histoire, quelle sera la prochaine cible ?Les cours de sciences, de philosophie, de politique?Ne nous attendons pas à trop de transparence de la part de M.Harper.Dany Lavigne Professeur de philosophie Mascouche, le 3 mai 2013 Louis Riel dans l\u2019histoire Une nouvelle ou une rumeur laisse entendre que Patrimoine Canada voudrait suggérer des projets sur la façon d\u2019enseigner l\u2019histoire canadienne.Si c\u2019est le cas, nous attendons alors avec impatience et anxiété comment les événements inhérents à l\u2019histoire de Louis Riel, un traître ou un héros de la nation métisse, seront interprétés, après plusieurs textes de loi rejetés au Parlement canadien pour réhabiliter sa mémoire?Son procès et sa pendaison sont toujours le sujet de débats passionnés.Dif ficile de trouver un sujet d\u2019entente entre anglophones et francophones sur un sujet divisant autant l\u2019opinion publique.Robert Riel Montréal, le 3 mai 2013 LIBRE OPINION Festival de chansons ou de chantage ?RICHARD DESJARDINS Auteur-compositeur-interprète Lettre à Jean-Claude Loranger, président de la Chambre de commerce et de l\u2019industrie de Rouyn-Noranda.Monsieur Loranger, j\u2019ai souvent offert mes spectacles dans des festivals commandités par d\u2019importantes entreprises.Mais j\u2019ai toujours refusé que leurs bannières ou leurs logos apparaissent sur ma scène au moment où je chante.Le son et l\u2019image que je soumets aux spectateurs doivent refléter sans interférence l\u2019état de mon âme.C\u2019est la raison pour laquelle les gens viennent me voir et m\u2019écouter.Et les organisateurs de ces événements ont toujours respecté cette volonté.Le contrat moral qui relie un festival à ses commanditaires prévoit une évocation publique de sa participation sur les posters, les programmes, les communiqués, etc.Mais point à la ligne.La direction d\u2019un festival n\u2019a pas pour mandat de se prononcer sur un enjeu politique dont elle n\u2019est pas partie prenante.Hydro-Québec devrait-elle inciter un festival qu\u2019elle commandite à approuver une hausse de ses tarifs ?La Loi des mines est actuellement en révision.Une majorité de la population la souhaite cette révision, consciente du fait que les pratiques minières \u2014 fiscales et environnementales \u2014 méritent d\u2019être discutées.L\u2019industrie minière et les Chambres de Commerce ont amplement les moyens de se faire entendre dans ce cadre.Votre récente intervention visant à inciter les récipiendaires de subventions minières à approuver sans discernement le point de vue de l\u2019industrie minière relève du chantage, une des formes que peut prendre la corruption.L\u2019industrie minière ira-t-elle jusqu\u2019à intervenir dans la programmation des événements culturels ?Je pense que c\u2019est déjà fait.En 2000, Rouyn-Noranda fêtait son 75® anniversaire.Un comité dans lequel siégeait l\u2019industrie minière proposa de réunir dans un festival les ar- tistes «célèbres» de la ville.Le groupe Abbittibbi \u2014 dont les membres étaient nés à Rouyn-Noranda \u2014 ne fut pas invité en dépit du fait qu\u2019il eut rempli plusieurs fois les centres culturels de la région, huit fois le Spectrum de Montréal, deux fois le Bataclan de Paris et obtenu le prix du Festival d\u2019été de Québec en 1994.Parce que je suis critique du monde minier?Probablement.J\u2019ai néanmoins assisté au spectacle de notre grand Jimmy James sous le chapiteau du lac Osisko.Il m\u2019a élégamment invité à venir chanter Quand j\u2019aime une fois, j\u2019aime pour toujours devant une foule de dignitaires, dont le gérant de l\u2019usine Horne, le seigneur des anodes.Votre patron, à ce qu\u2019il semble.Monsieur Loranger, l\u2019actuel boom minier profite sans conteste à ceux qui y sont associés.Mais pour une vaste portion de la population, il se traduit plutôt par une pénurie de logements et par une inflation des prix.J\u2019ai hâte d\u2019entendre la Chambre de commerce se prononcer sur ce sujet. LE DEVOIR LE MARDI 7 MAI 20IS A 7 IDEES Les risques de la « Charte du bois » Le lobby de l\u2019industrie du bois est largement financé par des fonds publics pour convaincre les politiciens de contourner le processus du Code du bâtiment MICHAEL McSWEENEY Président et chef de la direction Association canadienne du ciment a promotion continue et sans réserves de la construction en bois pour les bâtiments en hauteur, qui a vu le jour en Colombie-Britannique il y a quelques années et tout dernièrement au Québec, est préjudiciable à la lutte contre les changements climatiques, aux mouvements pour les bâtiments verts et aux institutions dont le mandat principal est d\u2019assurer la sécurité et l\u2019intégrité de notre parc de bâtiments.D\u2019autant plus que cela se produit au moment où la société canadienne réalise de plus en plus que la construction de bâtiments résilients est devenue nécessaire.Nos forêts sont un trésor, une ressource d\u2019une valeur inestimable au Québec, en Colombie-Britannique et sans contredit partout au Canada.Toutefois, la Charte du bois présentée la semaine dernière par le gouvernement du Québec et le programme «Wood First» (bois d\u2019abord) déjà implanté en Colombie-Britannique sont basés sur une notion erronée et de plus en plus critiquée que le bois est plus écologique que les autres matériaux de construction.Cette perception a été agressivement promue par l\u2019industrie du bois malgré le fait que plusieurs recherches universitaires sur des analyses de cycle de vie (ACV), revues par des pairs, contredisent clairement ce point de vue.Spécifiquement, les partisans du bois voudraient nous faire croire que l\u2019énergie nécessaire à la construction d\u2019un bâtiment, y compris l\u2019énergie intrinsèque, est l\u2019impact environnemental le plus important de ce bâtiment.Efficacité énergétique Cependant, les ACV au sujet de l\u2019impact des bâtiments sur les changements climatiques démontrent clairement et constamment que l\u2019énergie utilisée pour la construction d\u2019un bâtiment est très largement éclipsée par l\u2019énergie consommée pour le chauffage, la climatisation et l\u2019éclairage de ce bâtiment.C\u2019est à ce niveau que les autres matériaux comme le béton se distinguent.La masse thermique du béton peut être démultipliée en la combinant à des systèmes intelligents d\u2019économie d\u2019énergie afin de réduire jusqu\u2019à 70% les émissions carbone, du berceau au tombeau.Même en ignorant les technologies qui activent les avantages de l\u2019efficience thermique du béton, un édifice conventionnel de moyenne hauteur fait en béton peut surpasser ses pairs de plus de 13% sur le plan de l\u2019efficacité énergétique.Sur d\u2019autres paramètres environnementaux tels que les impacts sur les sols, l\u2019eau et la biodiversité, le béton est aussi en tête de file.m r iLiiii ¦ iiiPilr Bien qu\u2019elle demande à ce que le bois soit systématiquement préféré, la Charte demande aussi, à juste titre, qu\u2019une ACV soit ef fectuée sur la performance du bois et des autres matériaux de construction, en matière de GES, pour tous les projets de bâtiments financés partiellement ou totalement par des fonds publics.Pensez un moment au sérieux problème qui surviendra lorsque les résultats la sorte, ces efforts ne tiennent pas compte de l\u2019expérience et du jugement professionnel de bien des architectes et ingénieurs.De plus, les sérieuses réserves au sujet de la sécurité incendies semblent être ignorées.Les experts en bâtiment jouent un rôle critique, se basent rigoureusement sur la science, les essais et l\u2019expérience (sans politique) pour le maintien de la sécurité du public.Interférence politique Plus important encore, cette politique du « bois d\u2019abord » force une solution unique pour tout, allant à l\u2019encontre de tout ce que nous connaissons du développement durable et responsable, de l\u2019innovation et du développement de technologies, en présélectionnant arbitrairement une solution individuelle.Dans une économie de marché, ce n\u2019est pas le rôle du gouvernement de décider subjectivement quelles industries doivent profiter.Alors que l\u2019industrie du bois et ses partisans peuvent présenter l\u2019opposition de l\u2019industrie du béton à la politique du «bois d\u2019abord» comme étant motivée par la l\u2019industrie du peur du changement, peu d\u2019attention semble être accordée à s\u2019interroger sur les raisons pour lesquelles l\u2019industrie du bois pense que l\u2019interférence politique dans le marché est nécessaire La politique «bois d\u2019abord» est aussi le reflet du lobby intensif de CHUCK STOODY LA PRESSE CANADIENNE La promotion continue et sans réserves de ia construction en bois pour ies bâtiments en hauteur est préjudiciabie à ia iutte contre ies changements ciimatiques et aux mouvements pour ies bâtiments verts, seion i\u2019Association canadienne du ciment de l\u2019ACV démontreront clairement que le bois n\u2019est pas l\u2019option ayant le plus faible impact environnemental sur la durée de vie en service du projet.La politique « bois d\u2019abord » est aussi le reflet du lobby intensif de l\u2019industrie du bois, un lobby largement financé par des fonds publics, pour convaincre les politiciens de contourner le processus du Code du bâtiment.En agissant de bois, un lobby largement flnancé par des fonds pour sécuriser et accroître , leur part de marché.Au mo- publics ment où l\u2019accord de la forêt boréale fait face à de sérieuses critiques de la part de certains organismes environnementaux non gouvernementaux signataires et où l\u2019engagement de l\u2019industrie du bois envers la gestion durable de la forêt est remis en question, l\u2019industrie du béton réclame tout simplement d\u2019être traitée sur un pied d\u2019égalité.Les gouvernements devraient absolument promouvoir les constructions durables et responsables.11 y a un écart important entre ce qui peut être atteint aujourd\u2019hui par rapport à ce qui est requis en matière d\u2019infrastructures durables et résilientes.Les gouvernements ne devraient cependant pas restreindre les options disponibles sur la façon dont le marché peut réduire cet écart.Les gouvernements devraient plutôt mettre en place des normes rigoureuses pour tous les types de bâtiments et infrastructures non seulement quant à leurs impacts sur le climat et la consommation d\u2019énergie, mais quant à l\u2019ensemble du cycle de vie, du berceau au tombeau, afin de permettre aux architectes, ingénieurs, pompiers et professionnels du bâtiment qualifiés, le soin de déterminer la manière la plus sécuritaire et la plus économique de respecter ou de dépasser ces normes, et ce, pour chaque projet.Internet et F « exigence humaine » Aujourd\u2019hui, nous sommes tous des sujets de Google et de Facebook avant d\u2019être des citoyens du monde réel S CARL BERGERON Auteur du livre Un cynique chez les lyriques, Denys Àrcand et le Québec, Boréal, 2012 amedi 13 h, au Star-bucks, coin Mont-Royal et Brébeuf.Affalés sur les chaises en bois et dans les fauteuils en cuir, des sédentaires en survêtement Adidas et en t-shirt American Apparel circulent à toute vitesse sur l\u2019autoroute invisible du wi-fi.Quelques clients extravagants, assis face à la rue, soliloquent un micro iPhone à la main.Au milieu du café, des solitaires réunis en demi-cercle autour d\u2019un foyer artificiel communient tête penchée sur leurs ordinateurs portables.Parfois, quelqu\u2019un lève les yeux et promène un regard drogué sur l\u2019assistance fluide et insaisissable.Deux extrêmes : le travail autistique et la rêvasserie masturbatoire.Entre les deux, la réalité inhabitable.Personne n\u2019est vraiment là et pourtant tout le monde est las.Ce rapide portrait de la petite faune ordinaire de l\u2019urbanité occidentale dit une chose: au-delà d\u2019un certain seuil, plus il y a de la « communication», moins il y a de lien social.Un environnement surchargé d\u2019attirails médiatiques tend à censurer la disponibilité humaine et à atrophier la sensualité des corps et des visages.Prenez les voyages en transport en commun, devenus absolument sinistres.Qui se souvient de la dernière conversation qu\u2019il a eue avec un inconnu dans le métro?Le transport en commun devrait permettre de prendre le pouls du peuple, or il ne fait plus que mettre en scène la dépendance d\u2019une majorité croissante de nos concitoyens à l\u2019écran portatif.La société de tous les jours \u2014\tpas celle des politiques et des groupes de pression, mais celle que nous façonnons en vaquant à nos occupations privées et publiques \u2014\tdemande de l\u2019attention, de la disponibilité, de l\u2019empathie, de l\u2019éveil.Si elle n\u2019est pas incompatible avec le «flux» médiatique, elle ne saurait toutefois vivre à long terme sous son emprise sans se vider de son essence.Optimisme libéral Un certain optimisme libéral veut qu\u2019on soit plus malin que la technologie et que celle-ci ne sera jamais que ce qu\u2019on aura décidé d\u2019en faire.Des idées en revues Chaque mardi.Le Devoir of fre un espace aux artisans d\u2019une revue d\u2019idées afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou dont ils traitent dans les pages du dernier numéro de leur publication.Cette semaine un texte inédit de Cari Bergeron sur un sujet qu\u2019il traite dans le dossier « La révolution numérique : utopies et réalités » du dernier numéro de la revue ArgMwiewt (vol.15, n\u201c2, revueargument.ca).La téléphonie et la télévision ont révolutionné la société en leur temps, plaide-ton, et font aujourd\u2019hui partie du paysage.Qn les cite ainsi en exemple pour disqualifier la critique d\u2019Internet.Mais on oublie de dire que leur poids est sans aucune mesure avec celui de la révolution numérique.Qu\u2019on en juge : la téléphonie traditionnelle suggérait un rapport intime et circonstancié entre deux interlocuteurs ; la télévision était encadrée par des institutions, des Argument A\tPOI ITTQIJE'ÏOCIFTFHISTOIFCF Aiitoui d un livre entreprises privées et des règles communes.Monstre démocratique, Internet recycle les médias qui l\u2019ont précédé (téléphonie, radio, télé, vidéo, photo) et fait exploser la notion d\u2019intermédiaire pour étendre à l\u2019individu l\u2019exercice d\u2019un pouvoir autrefois dévolu aux institutions et aux professionnels reconnus.Chaque personne devient un média dont la capacité de diffusion est, en théorie, illimitée et instantanée.11 est inutile de jouer aux relativistes : non, on n\u2019a jamais vu dans l\u2019histoire un pouvoir médiatique pareil concentré en autant de mains et, oui, cela mérite d\u2019être examiné de près.Penser Internet comme pouvoir Internet fabrique une contre-société de la surveillance (usager actif) et de la distraction (usager passif).Grâce à lui, nous sommes tous des sujets de Google et de Facebook avant d\u2019être des citoyens du monde réel.Ni la justice ni la police n\u2019ont pu sauver les citoyennes Reh-taeh Parsons et Amanda Todd du verdict de la «Toile», qui, instrumentalisée par des esprits pervers, a réussi à les mener au suicide.Réfléchissons un instant à ceci et me-surons-en bien les conséquences: déménager dans une autre ville et même dans un autre pays n\u2019est apparemment plus suffisant pour échapper à une réputation salie par une photo compromettante.Quand vous êtes banni quelque part, vous êtes banni partout.À moins de changer d\u2019identité (et donc de renoncer à ce que vous avez de plus précieux), échapper au jugement délétère du village global est impossible ! La «Toile» a un aspect carcéral que les «innovations» technologiques à venir, sous des dehors séduisants, sont destinées à accentuer.Les lunettes de «réalité augmentée» de Google («Google Glasses») en sont un exemple.Qn peut présumer que, dans un avenir pas si lointain, ces lunettes deviendront indiscernables des autres et qu\u2019il nous sera de plus en plus difficile de parler en toute confiance à un individu sans se croire filmé, enregistré ou photographié.Au XXL siècle, la tentation totalitaire semble donc se recomposer par le bas plutôt que par le haut, par les produits du maçché de masse plutôt que par l\u2019Etat.« C\u2019est un mouvement irréversible.C\u2019est là pour rester, alors autant vivre avec son époque!» Qn connaît la ré-pîique-réflexe par laquelle on nous somme d\u2019accepter la fatalité du «Meilleur des mondes».Il ne devrait pas être interdit pour autant de réhabiliter la critique des nouvelles technologies, moins au nom de l\u2019époque qu\u2019au nom de ce que j\u2019appellerais Vexigence humaine.Des commentaires ?Des idées pour Des idées ep revue ?Ecrivez à aroUtaille@ledevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) , information générale : Mane-Andree Chouinard {chef de division'), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DeghseésoceefeJ et Jean Dion (sports) , information politique Marco Fortier (chef de division), Michel Dav\\d(chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Robert Dutnsac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau et Bnan Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter) , information culturelle Louise-Maude Rioux Soucy (chef de division), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Jubé Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Belau* Cinno, François Desjardins et Enc Desrosiers {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'TaxWeier (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emihe Eohe-Boivm et Louis Gagne (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettino-Parazelli et Genevieve Tremblay (assistants) , correction : Andre^ne Bedard, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau 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(contrôleur), Olena Bilyakova (reponsable des services comptables).Claudette Behveau (adjointe administrative), Moïse Bastien, Claudme Chevner, Cehne Euroy, Ghislaine Lafleur et Véronique Page A 8 LE DEVOIR LE MARDI MAI 2013 ACTUALITES REDEVANCES SUITE DE LA PAGE 1 lions de dollars sur le trottoir, ce n\u2019est pas vrai.S\u2019il avait été possible d\u2019aller en chercher plus, on serait allés en chercher plus», a ajouté le ministre.Un taux de taxation combiné \u2014 les redevances ajoutées aux impôts fédéral et provincial \u2014 dépassant 40% ne se traduirait pas par unç hausse des revenus de l\u2019État, au contraire.«Ça devient contre-productif, c\u2019est-à-dire que la baisse de l\u2019investissement fait en sorte que des revenus futurs sont diminués», a expliqué l\u2019économiste.Le gouvernement s\u2019est contenté d\u2019un taux combiné de 39,4% pour une marge bénéficiaire moyenne.Malgré tout, le ministre a soutenu qu\u2019il avait respecté les quatre principes énoncés par le gouvernement: les revenus tirés des redevances devaient croître ; toutes les exploitations minières, rentables ou non, devaient payer un impôt minier; les redevances devaient augmenter en fonction du rendement ; et enfin, davantage de transformation du minerai devait se faire au Québec.Nicolas Marceau était accompagné de la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui a décidé, au dernier moment, de ne pas bouder l\u2019annonce.Elle a parlé à\u2019« avancées importantes» plutôt que d\u2019une mission accomplie.A l\u2019heure actuelle, 10 des 20 mines exploitées au Québec ne paient pas de redevances parce qu\u2019elles ne sont pas ren- «S\u2019il avait été possible d\u2019aller en chercher plus, on serait allés en chercher plus», dit le ministre des Finances, Nicolas Marceau tables.C\u2019est le cas notamment de mines qui en sont à leurs premières années d\u2019exploitation.En campagne électorale, le PQ avait promis d\u2019imposer à toutes les mines une redevance de 5% de la valeur brute du minerai extrait.Qr la formule retenue est beaucoup moins gourmande.La redevance minimale s\u2019élève à 1% des premiers 80 millions de la valeur « de la production à la tête du puits », c\u2019est-à-dire la valeur brute moins les dépenses subies après l\u2019extraction du minerai.Pour la tranche de 80 millions et plus, elle grimpe à 4%.En outre, l\u2019impôt minier minimum pourra être reporté et déduit de la redevance sur le profit.Les mines rentables se verront imposer une redevance, ou impôt minier, sur leur profit à un taux de 16% pour une marge bénéficiaire faible ou moyenne \u2014 jusqu\u2019à 35% \u2014, soit exactement le même taux que le régime de redevance actuel revu par l\u2019ancien ministre des finances, Raymond Ba-chand.Le taux de redevances augmentera par tranche: une mine avec une marge bénéficiaire de 50% paiera 17,8% de son profit et une autre avec une marge de 100% versera 23%.Nicolas Marceau a souligné que le prix des métaux avait chuté de 25% depuis le sommet de 2011 et que les surprofits avaient disparu, ce qui expliquerait, selon lui, que le gouvernement ne remplisse pas ses promesses électorales.Qr, si on se fie aux pro-jections du ministère jusqu\u2019en 2020, même en épousant l\u2019hypothèse la plus favorable \u2014 des prix et des marges élevés \u2014, jamais le gouvernement ne touchera en redevances minières une somme qui pourrait s\u2019approcher de la promesse péquiste.Dans le rneilleur des cas, en 2020, l\u2019État empochera 201 millions de plus qu\u2019avec le régime Bachand.Cette baisse des revenus projetés n\u2019aura pas de conséquence sur les finances publiques, a soutenu le ministre, puisque les redevances minières sont versées à la dette et ne serviront pas à «payer l\u2019épicerie».Autre recul majeur Pour les partis d\u2019opposition, le nouveau régime de redevances minières est un autre «recul» majeur du gouvernement Marois, qui s\u2019est fait élire sur de fausses promesses.«Depuis deux ans, le Parti québécois nous accuse, crie partout que le Québec brade ses ressources, ils ont fait leurs élections avec ça», a dénoncé le porte-parole de l\u2019opposition of ficielle en matière de finances, Raymond Bachand, qui parle de «promesse irréaliste» de Pauline Marois.Ironique, il a salué les fonctionnaires du ministère des finances «qui ont dû faire des ingéniosités acrobatiques pour tenter de sauver la face du gouvernement ».11 reconnaît que le contexte mondial a changé, mais estime que c\u2019est «la conjoncture péquiste» qui a fait le plus mal à l\u2019économie du Québec.Le Parti libéral réclame une étude d\u2019impact sur les petites minières et des emplois manufacturiers.Marqué par la publicité électorale du Parti québécois qui présentait un immense camion d\u2019où s\u2019échappaient à peine quelques cailloux, Erançois Bonnardel s\u2019est présenté en conférence de presse avec un minuscule camion Tonka, lundi.«Ce camion devient le symbole d\u2019une industrie qui a mal, de l\u2019hypocrisie du Parti québécois.» 11 reconnaît certains points positifs, dont l\u2019incitation à la deuxième et troisième transformation, mais estime que ce troisième changement de système de redevances met «en péril» les projets d\u2019explorations.«Ç\u2019a été beaucoup plus négatif dans un contexte d\u2019investissement que ce 50 millions de dollars qu\u2019on va proposer.» De son côté, Québec solidaire soutient que «c\u2019est le chantage économique qui l\u2019emporte sur le courage politique».Le Devoir DISSIDENCES SUITE DE LA PAGE 1 Cour suprême rédigent des opinions dissidentes dans 38,6% des cas.Qr lorsqu\u2019elle siégeait, Claire L\u2019Heureux-Dubé s\u2019est distinguée dans 63,2% des décisions.M\u201c® Belleau et sa collègue de l\u2019Université de Victoria Rebecca Johnson ont passé au crible les 2231 jugements de la Cour entre 1982 et 2012.En publiant ces résultats à l\u2019AC-EAS lundi, elles ont voulu montrer que le phénomène de la dissidence n\u2019avait rien de marginal et de négatif.«On fait valoir que ça fait avancer le droit parce que ça sème l\u2019idée d\u2019autres possibilités», avance le professeur Belleau.«La dissidence est vue comme un problème pour la prévisibilité et la sécurité du droit puisqu\u2019elle présente une perspective différente de celle de la majorité.La dissidence est plus répandue chez les juges de sexe féminin et chez les magistrats québécois Beaucoup de juristes pensent que c\u2019est une exception.Or, on se rend compte que 40% des opinions sont divisées.C\u2019est beaucoup plus qu\u2019une exception.» Les deux chercheuses qui s\u2019intéressent au sujet depuis 2002 estiment que, par ses dissidences, M\u201c® É\u2019Heureux-Dubé a eu une grande influence sur le droit.Elles donnent l\u2019exemple de « L\u2019Affaire Massop» en 1993, un dossier en discrimination.Un homme avait demandé un congé à son employeur (le gouvernement fédéral) pour se rendre aux fu-nérailles du père de son conjoint.Le congé avait été accordé, mais on refusait de le considérer comme un congé de nature familiale.Dans sa décision en faveur de l\u2019employeur, le juge en chef Antonio Lamer décrivait les deux hommes comme des «amants», rappelle M\u201c® Belleau, et soutenait qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de discrimination puisqu\u2019ils ne constituaient pas une famille au sens de la loi.Un rôle précurseur Claire L\u2019Heureux-Dubé avait alors rédigé une opinion dissidente dans laquelle elle soulignait que les deux hommes étaient conjoints depuis plus de vingt ans, qu\u2019ils pouvaient être considérés comme une famille et qu\u2019il y avait discrimination.«Ç\u2019a été suivi de plusieurs discussions», soutient le professeur Belleau.«Elle avait commencé à ouvrir la porte au mariage des conjoints de même sexe ».Dans une autre décision (Q\u2019Connor 1995), la juge s\u2019était opposée au fait que dans des causes d\u2019agressions, on donne à la défense la possibilité d\u2019accéder au dossier médical des victimes.«Elle disait qu\u2019il fallait tenir compte du contexte particulier pour chaque femme, que ça pouvait avoir des effets.» D\u2019abord autorisée, la pratique a poussé des centres thérapeutiques à «systématiquement déchirer les dossiers» avant que la Loi ne l\u2019interdise.«Nous faisons valoir que Claire L\u2019Heureux-Dubé a fait beaucoup fait avancer les idées ici et ailleurs.Ses opinions dissidentes ont été aussi citées en Israël et en Afrique du Sud.» Pour M™ Belleau, M™ L\u2019Heureux-Dubé est clairement une «visionnaire».Elle et sa collègue entretiennent par ailleurs un lien particulier avec la dame puisqu\u2019elles ont travaillé pour elle comme clercs en début de carrière.En plus de la juge L\u2019Heureux-Dubé, elles ont déjà écrit sur la juge en chef Beverley McLachlin et la juge Bertha Wilson notamment.Une recherche est en cours sur la juge Louise Charron et il est question d\u2019écrire aussi sur la juge Marie Deschamps qui vient de céder sa place.Quant au thème de la dissidence, elles n\u2019en ont pas fait le tour et plusieurs questions restent à éclairer.Les deux chercheuses se demandent par exemple pourquoi les dissidences sont particulièrement répandues chez les juges de sexe féminin et chez les magistrats québécois qui siègent à la Cour suprême.Éa professeure Johnson souligne par ailleurs que les dissidences sont moins courantes dans les causes de nature économique.«Il y a un manque d\u2019imagination dans ce domaine», dit-elle.Au-delà de leur impact à long terme sur les lois, les dissidences ont beaucoup d\u2019autres bénéfices à leur avis.Elles font en sorte que les juges écrivent davantage, forcent leurs collègues à raffiner leurs arguments lors des délibérations et font place à d\u2019autres points de vue.Mais il ne faut pas y voir pour autant un outil de nature «idéologique», précisent-elles puisque dans certains cas, une dissidence peut défendre le statu quo quand les autres poussent davantage vers le changement.Le Devoir ARENDT SUITE DE LA PAGE 1 ris, où elle devient apatride, à son internement au camp de Gurs avant de gagner les Etats-Unis.On comprend alors pourquoi Hannah Arendt s\u2019offre comme reporter pour aller à Jérusalem: elle voulait voir un nazi face à face!» La cinéaste a donc décidé de se concentrer sur «ce duel avec Eichmann», dit-elle.Car il s\u2019agit d\u2019une véritable confrontation, celle de toute une vie.Avant de publier Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal, Hannah Arendt, qui enseignait à New York, avait déjà publié Les origines du totalitarisme.En se rendant à Jérusalem, celle qui est aujourd\u2019hui considérée comme l\u2019un des intellectuels majeurs du siècle dernier voulait donc soumettre ses thèses à l\u2019épreuve de la réalité.«C\u2019est d\u2019abord une affaire entre elle et elle, dit l\u2019historienne française Annette Wieviorka spécialiste de la Shoah.Elle y va pour comprendre quelque chose de pa propre histoire.» A Jérusalem, Hannah Arendt s\u2019attend à voir le mal en personne.Elle découvre un bureaucrate médiocre.Un homme incapable de formuler correctement une phrase et qui s\u2019accroche sans cesse à des clichés.Un technicien compétent, mais sans pensée, sans le moindre regard critique.C\u2019est là qu\u2019elle élabore sa théorie de la lité du mal».Adolf Eichmann lors de sa condamnation à mort
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