Le devoir, 18 mai 2013, Cahier B
[" mi in nil ¦IViSSu Fe Ljc Architecture : dialogue avec la ville, la perception de deux visionnaires Page b 6 Michei David examine l\u2019idée d\u2019une primaire chez les souverainistes Page b 3 Manon Corneiiier : la justice à deux vitesses des conservateurs Page b 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 20IS 1 i MANDEL GNAN AGENCE ERANCE-PRESSE La surveillance des journalistes de TAssociated Press a refroidi les rapports entre le président Obama et la presse.ÉTATS-UNIS Un président et des affaires troublantes Ce n\u2019est pas Watergate, contrairement à ce que clament certains républicains.Mais ce n\u2019est pas non plus seulement une cabale menée par l\u2019opposition, contrairement à ce qu\u2019avance Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate à la Chambre.C\u2019est d\u2019abord la crise la plus grave de la présidence de Barack Obama: l\u2019écoute des lignes téléphoniques de l\u2019Associated Press et le ciblage de la droite par des agents du fisc.MARIE-CHRISTINE BONZOM à Washington Quand deux figures aussi emblématiques du Parti démocrate que le député de Harlem et membre fondateur du Black Caucus Charles Rangel et le président de la commission judiciaire du Sénat Patrick Leahy expriment leur «préoccupation » et leur désir A\u2019«en savoir plus » parce qu\u2019ils jugent que Barack Obama «n\u2019a pas fourni de réponses suffisantes» à un problème, c\u2019est que le problème est sérieux.En l\u2019occurrence, le problème est une série de scandales qui, cette semaine, est devenue la crise politique la plus grave jamais rencontrée par le locataire actuel de la Maison-Blanche.Jarmes Carville, l\u2019ancien conseiller politique de Bill Clinton, peut bien prédire que «tout cela sera fini dans 30 jours».Pour réaliser cette prophétie, il compte sur la vieille tactique de contrôle des dégâts perfectionnée par M.Clinton dans les années 1990 qui consiste à nier le problème, à reprendre l\u2019initiative et à changer de sujet.Barack Obama a mis en branle cette tactique mercredi en demandant la démission du directeur de riRS, le service fédéral des impôts, qui, dans l\u2019un des scandales, a harcelé par des vérifications non seulement les groupes de la mouvance du Tea Party, mais aussi des organisations évangéliques liées au pasteur Billy Graham et même des mouvements qui avaient pour point commun de «critiquer la façon dont le pays est dirigé».Le président a aussi appliqué la méthode Clinton à un autre scandale de la série \u2014 celui lié au FBI qui a placé sur écoute des lignes téléphoniques de l\u2019Associated Press (AP) et des lignes personnelles de journalistes de cette agence de presse \u2014 en annonçant qu\u2019il appuie une proposition de loi qui vise à mieux protéger les journalistes et leurs sources confidentielles.Utilisant la bonne vieille tactique dans le cadre du scandale de l\u2019attentat )lu 11 septembre 2012 contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui tua quatre Américains dont l\u2019ambassadeur Chris Stevens, Barack Obama a appelé jeudi le Congrès à financer un plan destiné à renforcer la sécurité des représentations diplomatiques dans le monde.Pendant ce temps, Nancy Pelosi et le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, lui-même ancien journaliste, accusaient les républicains d\u2019exploiter les scandales en question et leur demandaient de se concentrer sur les «vrais défis» que sont la dette, l\u2019immigration et l\u2019emploi.Mais pour importants que soient ces dossiers, il serait dramatique pour un pays qui demeure la plus grande puissance du monde, et qui se veut la meilleure démocratie, de passer sur ces scandales et de zapper vers la couverture de la énième comparution en justice de l\u2019ancien sportif O.J.Simpson, comme CNN l\u2019a fait mercredi au lieu de diffuser en direct l\u2019interrogatoire serré du ministre de la Justice, Eric Holder, par la commission judiciaire de la Chambre à propos de l\u2019IRS et d\u2019AP.«On n\u2019est qu\u2019au début de ces affaires», a d\u2019ailleurs déclaré Charles Rangel, le député de Harlem, contredisant M.Carville.C\u2019est que, considérées séparément ou ensemble, les affaires en question sont «troublantes», comme le dit le professeur David Ru-dalevige, expert du gouvernement fédéral et de sa politisation au Dickinson College.C\u2019est la crédibilité d\u2019Obama dans le domaine des libertés civiles qui est remise en cause Benghazi: le gouvernement américain laisse son personnel en Libye se débrouiller face à une attaque au mortier et, contre toute indication provenant de ses diplomates sur le terrain, s\u2019abstient de relier la tragédie au terrorisme islamique, apparemment pour ne pas nuire, en pleine campagne présidentielle, à l\u2019argument selon lequel Barack Obama a vaincu al-Qaïda grâce à l\u2019assassinat d\u2019Oussama ben Laden.Le fisc: le gouvernement cible des associations opposées au locataire de la Maison-Blanche à l\u2019approche des législatives de 2010 (qui virent pourtant la reconquête de la Chambre par le Parti républicain et la percée du Tea Party) et pendant la campagne présidentielle de 2012.La surveillance de l\u2019Associated Press: le gouvernement américain espionne pendant deux mois l\u2019une des trois plus grandes agences de presse du monde dans le but d\u2019identifier les sources de ce média.Au-delà, ces affaires font voler en éclats, ce que la chroniqueuse du New York Times Maureen Dowd, admiratrice du gouvernement Obama en temps normal, appelle la «mythologie » qui entoure non seulement le gouvernement Obama, mais aussi le gouvernement américain en général.Dans l\u2019affaire de Benghazi, «le comportement du gouvernement Obama ne fut pas digne de la plus grande puissance de la planète», écrit Maureen Dowd.La chroniqueuse explique que les motifs politiques relatifs à la campagne présiden- / i AGENCE ERANCE-PRESSE De sérieuses questions se posent maintenant sur i\u2019attentat contre ie consuiat américain de Benghazi.Belle de Barack Obama l\u2019an dernier et à celle qu\u2019envisage pour 2016 Hillary Clinton, alors ministre des Affaires étrangères, ont prévalu «aux dépens de notre mythe national le plus profond, celui qui veut que, s\u2019il y a quelque chose que nous pouvons faire pour tenter de sauver les vies d\u2019Américains qui se sont portés volontaires pour une mission dangereuse, nous devons le faire, quelle qu\u2019en soit l\u2019improbabilité ou la difficulté».Dans les affaires du fisc et de l\u2019AR le gouvernement américain, qui donne des leçons de démocratie et de bonne gouvernance à travers le monde, est pris en flagrant délit de harcèlement de son opposition à l\u2019intérieur et d\u2019une atteinte «sans précédent» à la liberté de la presse, pour reprendre les termes du patron de l\u2019AP, Gary Pruitt.Ces scandales «remettent en cause la crédibilité de Barack Obama dans le domaine des libertés civiles», note Scott Wilson, correspondant en chef du Washington Post à la Maison-Blanche.«Un ancien prof de droit constitutionnel qui accéda à la présidence en s\u2019engageant à revigorer le respect des libertés civiles dirige aujourd\u2019hui un gouvernement en porte-à-faux avec son curriculum vitæ et ses promesses électorales», assène M.Wilson dans son journal.Il ajoute que «la crédibilité de M.Obama en tant que président qui voulait guérir le pays des dégâts causés par son prédécesseur» est aussi en jeu.Sans aucun doute, la présidence de George W.Bush constitua l\u2019apogée des aspects les plus inquiétants du gouvernement américain : militarisme expansionniste, indifférence ou mépris envers le droit international, manipulation des médias et de l\u2019opinion.Mais celle de Barack Obama, à des égards importants, s\u2019inscrit malheureusement dans la continuité d\u2019un système bien rodé.Ainsi son gouvernement se cache-fil derrière l\u2019invocation d\u2019un mystérieux cas de «sécurité nationale» pour justifier la surveillance des journalistes de l\u2019AP, cas si mystérieux qu\u2019un an après les faits, les commissions de la Chambre et du Sénat chargées des dossiers de sécurité nationale attendent toujours d\u2019être informées de ses détails.Le scandale des impôts prolonge, lui, une tradition d\u2019intimidation de l\u2019opposition lancée dans les années 1930 par Franklin Roosevelt et pratiquée ensuite par John Kennedy, Richard Nixon et Bill Clinton.Jusqu\u2019à présent, on ignore si le président Obama a été directement impliqué dans l\u2019un des trois scandales en cours ou dans les trois.Néanmoins, Anthony Romero, directeur de l\u2019American Civil Liberties Union, la plus ancienne organisation de défense des droits de la VOIR PAGE B 2 : AEEAIRES B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 20IS PERSPECTIVES Coûteuse caution Manon CORNELLIER à Ottawa Les conservateurs sont adeptes d\u2019une justice musclée et punitive, mais ils n\u2019en sont pas moins capables de clémence.Envers les leurs, bien sûr.La saga du sénateur Mike Duffy en offre une nouvelle démonstration.Qu\u2019il ait quitté le caucus conservateur jeudi soir pour siéger comme indépendant ne résout en rien les questions qu\u2019on se pose sur le sens éthique de ce gouvernement.Car avant l\u2019affaire Duffy, il y a eu les affaires Peter Penashue, Bev Oda, Peter MacKay et j\u2019en passe.Chaque fois, le gouvernement a pris leur défense et refusé de condamner des gestes contraires à l\u2019éthique, à la loi électorale ou encore aux lignes directrices en matière de dépenses ministérielles.Mercredi, il défendait toujours M.Duffy.La semaine précédente, il le louangeait.Le leader parlementaire conservateur Peter Van Loan a même déclaré aux Communes que le sénateur avait «fait preuve de leadership » en remboursant sans attendre les allocations de résidence qu\u2019il avait réclamées sans y avoir droit.Le premier ministre Stephen Harper prétextait l\u2019erreur de bonne foi, les règles concernant les résidences principale et secondaire des sénateurs n\u2019étant pas claires.(Certains sénateurs, qui doivent revoir des lois complexes, seraient donc incapables de faire la différence entre les deux types de résidence?Que font-ils au Sénat alors?) Si Mike Duffy a remboursé 90172,24$ au Sénat, ce n\u2019est pas pour rien.C\u2019est parce qu\u2019il a floué, ni plus ni moins, les contribuables.Ce geste, en soi, aurait dû lui valoir une sanction immédiate de son parti ou de son chef, remboursement ou pas.Mais voilà, ce gouvernement, qui se prétend grand défenseur des fonds publics, de l\u2019éthique et de la transparence, n\u2019a pas seulement pris la défense de son as des collectes de fonds, il a cherché à lui trouver une porte de sortie.Et ce n\u2019est nul autre que le chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright, qui est venu à la rescousse, révélait le réseau CTV mardi.Le bureau du premier ministre a confirmé par la suite que M.Wright, riche homme d\u2019affaires en congé sans solde de la fjrme Qnex et vieil ami de Mike Duffy, a DQNNE au sénateur les 90000$ dont il avait besoin.Qu présentait la chose comme un geste quasiment altruiste et désintéressé.(M.Duffy, de son côté, a dit qu\u2019il avait contracté un prêt pour la même somme.) L\u2019implication de Nigel Wright est problématique.Qu parle du bras droit du premier ministre.Quand on occupe une fonction aussi stratégique, on établit des pare-feu solides entre ses fonctions professionnelles et ses affaires personnelles.Et quoi qu\u2019en dise le bureau du premier ministre, M.Wright n\u2019a pas fait qu\u2019aider un ami.11 a offert au gouvernement une façon de sauver la face et, au sénateur, un prétexte pour refuser de coopérer avec la firme Deloitte, appelée en renfort par le Sénat pour faire la lumière sur les réclamations prétendument injustifiées de trois sénateurs.Contrairement à M.Duffy, les deux sénateurs indépendants Mac Harb (anciennement libéral) et Patrick Brazeau (anciennement conservateur) ont mis cartes sur table, bien qu\u2019ils contestent les remboursements qu\u2019on exige d\u2019eux.L\u2019histoire du prêt bancaire et de nouvelles allégations de réclamations faites en campagne électorale ont donné au gouvernement une excuse pour lâcher M.Duffy jeudi et pour ainsi prendre ses distances d\u2019une affaire qui commençait à s\u2019approcher de trop près du premier ministre.Et on peut s\u2019attendre à ce que le gouvernement coupe les cheveux en quatre pour protéger M.Wright.Malgré tout, la commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique.Mary Dawson, se penche sur son cas.Les conservateurs se retrouvent dans l\u2019eau chaude parce qu\u2019ils ont, encore une fois, opté pour l\u2019esquive, le secret, l\u2019obstruction et le déni, avec l\u2019espoir d\u2019avoir leurs critiques et opposants à l\u2019usure.Peter Penashue a reçu des contributions d\u2019entreprises, ce qui est illégal, et a dépassé la limite de dépenses permises lors des élections de 2011.Le gouvernement ne lui a fait aucun reproche.11 l\u2019a plutôt choisi comme candidat pour défendre les couleurs conservatrices lors de l\u2019élection partielle de lundi dernier dans Labrador.Avec le résultat que l\u2019on sait.Ministre du Développement international, Bev Qda a reconnu avoir menti aux Communes.Elle est restée ministre, a été réélue aux élections de 2011 et est restée au cabinet.Tony Clement a utilisé dans sa circonscription 50 millions d\u2019un fonds pour les infrastructures frontalières.Le premier ministre l\u2019a promu à la tête du Conseil du trésor.Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a utilisé un hélicoptère de sauvetage pour quitter un camp de pêche ; il n\u2019a même pas eu droit à une tape sur les doigts.Les conservateurs invoquent toujours le respect des victimes pour justifier les sentences sévères inscrites dans leurs projets de loi.Dans le cas de MM.Duffy, Penashue et consorts, les victimes sont faciles à trouver.Ce sont les contribuables qui ont un moyen efficace de se faire respecter: exercer leur droit de vote.Comme l\u2019ont fait les Labradoriens lundi dernier.Les conservateurs, qui ont mordu la poussière, auraient intérêt à s\u2019en souvenir.mcornellier@ledevoir.com MONTREAL Place à la (pré)campagne ! L\u2019arrivée de Denis Coderre dans la lutte pour la mairie lance la course à trois En faisant le saut dans l\u2019arène municipale jeudi, Denis Coderre a donné le signal pour le lancement de la précampagne électorale à Montréal.Les dernières semaines ont démontré que les candidats ne se bousculaient pas aux portes pour briguer la mairie de Montréal.Gérer la Ville de Montréal, qu\u2019on dit atteinte d\u2019une structurite aiguë, dans un contexte de cynisme ambiant, s\u2019avère une mission périlleuse.JEANNE CORRIVEAU Denis Coderre a eu son baptême du feu de la politique municipale : avec deux manifestants masqués derrière lui, le candidat-vedette a livré un discours entrecoupé de huées jeudi devant l\u2019hôtel de ville.Le décollage a été pénible et son message, plein de bonnes intentions et de formules imagées, a été accueilli avec scepticisme.«Voyez, j\u2019ai gardé mon manteau.Il n\u2019y a plus de strip-tease », a indiqué le député de Bourassa en dévoilant le secret le moins bien gardé en ville : sa candidature à la mairie de Montréal.11 a levé le voile sur quelques grands enjeux qui marqueront sa campagne sans s\u2019embarrasser de trop de détails, car ceux-ci viendront au fd des mois, a-t-il promis : intégrité, transparence, gouvernance, transport.S\u2019il compte faire une campagne minimaliste, son équipe de candidats est encore fort réduite aussi.Seuls Anie Samson, mairesse de Ville-ray-Saint-Michel-Parc-Extension, et Gilles De-guire, maire de Montréal-Nord, se sont affichés à ses côtés lors de sa conférence de presse.Le parti n\u2019est pas encore officiellement autorisé par le Directeur général des élections (DGEQ), a rétorqué M.Coderre, qui promet une équipe complète de 103 candidats pour le scrutin du 3 novembre.Sortant de son univers virtuel pour s\u2019engager sur le terrain difficile de la réalité municipale, Denis Coderre a eu droit à un lancement chaotique.Mais il n\u2019était pas au bout de ses peines car, vendredi matin, il a aussi passé un mauvais quart d\u2019heure à l\u2019occasion d\u2019une entrevue radiophonique sur les ondes du 98,5.Lorsque l\u2019animateur a entrepris de questionner le candidat sur son jugement et sur certains membres de son entourage, l\u2019entretien a pris fin abruptement.Gui, la campagne sera longue.Course à trois?C\u2019est donc une course à trois qui s\u2019engage entre Denis Coderre, Louise Harel, de Vision Montréal, et Richard Bergeron, de Projet Montréal.Et elle risque de demeurer ainsi, croit Pierre P.Tremblay, professeur au Département de science politique de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Bien que les candidats potentiels aient jusqu\u2019au 4 octobre pour entrer dans la course, il doute fort que d\u2019autres candidats «sérieux» se lancent dans l\u2019arène d\u2019ici là.«Pas cette fois-ci, dit-il.Mais s\u2019il y a une nette amélioration du climat et que des changements importants sont apportés à la gouvernance et au fonctionnement de la Ville, on aura peut-être d\u2019autres types de candidature [lors des prochaines élections] », explique-t-il.Un observateur qui a frayé dans les coulisses du pouvoir à l\u2019Hôtel de Ville qualifie le poste de maire de Montréal de «pire job en ville».La fonction est mal rémunérée, l\u2019horaire est de sept jours sur sept, les responsabilités sont énormes et l\u2019équipe de conseillers est petite.«En plus, le gouvernement du Québec te met des bâtons dans les roues et cherche à te contrôler», dit-il.11 y a deux semaines, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a même mis en ligne une offre d\u2019emploi fictive pour le poste de maire.Si le président de la Chambre, Michel Leblanc, s\u2019est défendu d\u2019être à la recherche d\u2019un maire \u2014 «On veut amener les candidats à se positionner sur les enjeux et les solutions que nous attendons», a-fil expliqué \u2014, bien des têtes d\u2019affiche ont décliné les invitations à se lancer dans la course au cours des derniers mois.ïf.'Vid' JACQUES NADEAU LE DEVOIR Denis Coderre a confirmé jeudi ce que tous savaient: ii brigue ia mairie de Montréai.Une «organisation monstrueuse» Cela dit, Pierre P.Tremblay croit que Denis Coderre est en bien meilleure position que ses adversaires pour l\u2019emporter le 3 novembre, bien que la campagne soit encore jeune.«Je pense que Bergeron et Harel n\u2019iront pas plus loin que les intentions de vote obtenues dans les sondages.Ces gens-là ne passent pas jj nlus le boulevard Saint-Laurent», corn-\t^ mente-t-il.M.Coderre ferait-il un bon de cinq mois maire?«Pourquoi pas?On peut toujours être surpris», dit-il, tout en for- avant le mulant de nombreuses réserves quant aux capacités de Denis Coderre à gé- »cruiin.rer V « organisation monstrueuse » Ripn dpc qu\u2019est la Ville de Montréal.Laurence Bherer, professeure de choses science politique à l\u2019Université de Montréal, fait aussi preuve de pru- peuvent deuce en commentant la candidature pi,\u201e\u201ertpr du député libéral.Pour l\u2019instant, sa cnanger.candidature semble essentiellement axée sur sa personnalité, reconnaît-elle, mais il reste plus de cinq mois avant le scrutin.Bien des choses peuvent changer.Elle se méfie toutefois de son engagement à ne pas constituer un vrai parti.«A partir du moment où les autres sont structurés en partis politiques, il n\u2019a pas d\u2019avantage à agir ainsi, car il ne peut pas fonctionner au conseil municipal.Un maire peut se retrouver minoritaire, a-t-elle rappelé.Je pense que ça dénote que M.Coderre comprend mal les instances municipales.» Elle croit que les stratégies de communication seront au cœur de la campagne.Denis Coderre a promis de faire une campagne minimaliste en misant sur les médias sociaux, mais la professeure exprime de gros doutes quant au succès de cette stratégie.«C\u2019est sûr que c\u2019est sa marque de commerce, mais seulement 10% des gens sont sur Twitter et la plupart sont journalistes, signale-t-elle.Il veut peut-être refaire le coup d\u2019Andrée Boucher parce qu\u2019il est très connu, mais je ne sais pas s\u2019il a la même popularité qu\u2019elle.Ça peiçt être un choix très risqué.» A ce sujet, elle rappelle qu\u2019en 2009, Projet Montréal a su démontrer qu\u2019il était possible de mener une campagne avec peu de moyens financiers tout en ne renonçant pas aux moyens plus traditionnels, comme la campagne de terrain et les affiches.Les citoyens ont déjà de la difficulté à s\u2019y retrouver avec l\u2019abondance de candidats et de partis.Mieux vaut ne pas les égarer davantage.Louise Harel et Richard Bergeron, déjà actifs sur les médias sociaux, attendaient de pied ferme l\u2019arrivée de Denis Coderre.C\u2019est d\u2019ailleurs sur cette plateforme que le chef de Projet Montréal a salué l\u2019arrivée du député libéral dans la bataille électorale jeudi: «Je souhaite la bienvenue à @DenisCoderre dans la course à la mairie et ai hâte de débattre des enjeux de MTL #cmmtl #polmtl #mtl2013», a écrit Richard Bergeron sur son fil Twitter.Le Devoir AFFAIRES SUITE DE LA PAGE B 1 personne aux Etats-Unis, souligne que « le président Obama porte la responsabilité de ce que les officiels du gouvernement peuvent et doivent faire».«Le ton est donné par le haut», explique M.Romero.Du reste, les affaires actuelles illustrent le danger que, le clientélisme politique en vigueur aux Etats-Unis depuis l\u2019avènement de la république représente pour la démocratie américaine.Comme ses prédécesseurs, Barack Gbama est arrivé au pouvoir accompagné de milliers d\u2019amis proches ou éloignés qui assument les postes de responsabilité les plus importants au gouvernement fédéral.C\u2019est le fameux système des dépouilles {spoil system).Au fil des décennies, la cohorte de ces fonctionnaires politiques {«political appointees », par opposition aux fonctionnaires de carrière) s\u2019est élargie.Leur nombre a doublé, rien qu\u2019entre les années 60 et 90, alors même que les rangs des fonctionnaires de carrière diminuaient.Parallèlement, la polarisation du discours politique s\u2019est accentuée tandis que le monopole des deux partis alternant au pouvoir se renforçait.Par ailleurs, et depuis 10 à 20 ans, les fonctionnaires politiques occupent souvent des postes de cadres moyens, non plus seulement supérieurs.Gr, si la recherche universitaire montre que les individus nommés par les présidents ou leurs ministres peuvent être aussi compétents que des fonctionnaires de carrière et parfois plus, leur point commun est d\u2019être dans la fonction publique, pour servir d\u2019abord les intérêts du chef de l\u2019État, pas l\u2019intérêt général.«Auparavant, c\u2019étaient des gens dont la loyauté allait au parti du président, mais il y a eu une transformation des élections qui, de plus en plus, sont gagnées par les équipes de campagne du futur président, et pas par les partis.Donc, les gens recrutés dans l\u2019administration en tant que fonctionnaires politiques ont maintenant une loyauté plus personnelle envers le chef de l\u2019Etat», précise au Devoir PvaAj Ruda-levige, le politologue du Dickinson College.Dans un tel système, une dérive est facile, et, avec elle, une corruption du processus de décision du gouvernement.«Il est certainement vrai que la présence de tant de postes occupés par des politiques peut influer sur le comportement de certains fonctionnaires de carrière qui, comme les fonctionnaires politiques, peuvent être tentés d\u2019anticiper les désirs du ministre ou du président», indique M.Rudalevige.À ce stade, l\u2019identité des employés du fisc qui ont décidé de harceler des groupes d\u2019op- position n\u2019est pas établie, ni celle de ceux du PBl qui ont décidé d\u2019espionner l\u2019Associated Press et ses sources.En ce qui concerne Benghazi, on sait que des fonctionnaires politiques et des fonctionnaires de carrière de la Maison-Blanche, du ministère des Affaires étrangères et de la CIA ont participé à l\u2019élaboration de la version des faits relatée au public.Comme la chroniqueuse Maureen Dowd l\u2019écrit à propos de Benghazi, «la vérité est la première victime» des scandales qui agitent Washington, quand certains «fiefs» sont surtout intéressés par la protection de «leurs mythologies » ou, plus prosaïquement, de leurs intérêts politiques.En 1989, une commission indépendante présidée par Paul Volcker, ancien patron de la Réserve fédérale, avait déploré la «perte de confiance » du peuple américain dans son gouvernement.Pour remédier à cette situation, cette Commission nationale pour le service public avait notamment recommandé de « réduire de manière importante » le nombre des fonctionnaires politiques.Devant l\u2019indifférence des deux partis qui contrôlent Washington et la nécessité d\u2019une réforme qu\u2019elle juge «urgente», la Commission est revenue à la charge en 2003, puis en 2010.En vain.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 20IS B 3 PERSPECTIVES AGENCE ERANCE-PRESSE La construction de la SSI a coûté plus de 135 milliards de dollars.La grande ronde autour de la Terre La Station spatiale internationale est-elle avant tout une vitrine médiatique ou sert-elle de véritable laboratoire scientifique ?Le succès médiatique de l\u2019astronaute Chris Hadfield, revenu sur la Terre lundi dernier après un séjour de cinq mois à la Station spatiale internationale, a fait resurgir les critiques au sujet de la pertinence de maintenir à grands frais dans l\u2019espace cette installation fragile et vieillissante qui génère très peu d\u2019avancées scientifiques.PAULINE GRAVEL Suivi par quelque 885000 abonnés sur Twitter, où il a régulièrement publié des photos et des vidéos de sa vie à l\u2019intérieur de la Station spatiale internationale (SSI), Chris Hadfield a fait un tabac avant d\u2019entreprendre son retour sur la Terre en interprétant Space Oddity de David Bowie avec sa guitare flottant autour de lui.Vendredi, la chanson avait été visionnée près de 13 millions de fois.«Ça fait cher la séance d\u2019enregistrement d\u2019une partition musicale!», lance Yves Gin-gras, sociologue des sciences à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Même si on a surtout entendu Chris Hadfield jouer de la musique, l\u2019Agence spatiale canadienne affirme qu\u2019il a effectué 130 expériences scientifiques, un record, dit-on.«La question qu\u2019on doit se poser est celle-ci: quelle est la valeur de ces expé-riences-là, quel est leur coût?», soulève M.Gin-gras, avant de poursuivre.« On a fait une foule de petites expériences de niveau secondaire, mais pas vraiment de contribution qui nous permettrait d\u2019affirmer qu\u2019on a fait avancer la science.Les associations savantes des Etats-Unis, dont l\u2019Association américaine des physiciens et la Société américaine de biologie cellulaire, ont toujours déclaré qu\u2019il n\u2019y a pas de justification scientifique à la station orbitale.» La construction de la SSI a coûté plus de 135 milliards de dollars, et chaque année le gouvernement américain y accorde plus de 4 milliards, si on inclut le transport pour s\u2019y rendre et en revenir.La contribution du Canada depuis 1990 s\u2019élève à 1,45 milliard, dont 1,245 million pour le développement du système d\u2019entretien mobile, comprenant la base mobile, Canadarm2 et Dextre.Peu d\u2019impact Tout cet argent sert à tourner autour de la Terre à 350 kilomètres d\u2019altitude et à réaliser des expériences ayant peu d\u2019impact scientifique, font remarquer Yves Gingras, Robert Lamontagne, professeur d\u2019astrobiologie à l\u2019Université de Montréal, et Sylvain Bélair, directeur général du Cosmodôme de Laval et membre d\u2019un comité d\u2019exploration spatiale à la NASA.En comparaison, le grand collisionneur de hadrons (LHC pour Large Hadron Collider), dont la construction a coûté 9 milliards de dollars, est une aubaine, compte tenu du fait que sa contribution scientifique devrait révolutionner notre compréhension de la matière et de l\u2019Univers.Dans un article du Financial Times le 31 mars dernier, on affirmait que «le Royaume-Uni ne s\u2019était jamais impliqué dans la SSI parce qu\u2019il considérait que sa valeur scientifique était réduite».«On ne peut pas faire de l\u2019exploration spatiale dans une station qui tourne autour de la Terre à 350 kilomètres d\u2019altitude, comme on l\u2019a entendu ad nauseam à propos de la SSL Explorer l\u2019espace, c\u2019est explorer Mars, Jupiter, Uranus, et cela se fait avec des robots et des satellites automatisés.C\u2019est la seule façon de faire de la vraie science.Tout l\u2019argent qu\u2019on engloutit dans la SSI ne va pas aux véritables priorités, qui sont d\u2019ob- server la Terre et l\u2019Univers à l\u2019aide de satellites et de télescopes comme Hubble, Kepler et Planck, qui nous informent sur les origines de l\u2019Univers et qui coûtent énormément moins cher que la SSI, qui n\u2019a jamais véritablement fait avancer la science», déclare le sociologue Gingras.«Les robots coûtent nettement moins cher.Une mission spatiale robotisée modérément complexe, comme le robot Curiosity sur Mars, est de l\u2019ordre du milliard.C\u2019est cent fois moins cher, donne comme exemple Robert Lamontagne.Je ne suis pas contre le fait d\u2019envoyer des humains dans l\u2019espace, mais je pense que nous n\u2019en avons pas les moyens présentement.La facture de l\u2019exploration habitée est très salée pour la quantité d\u2019informations qu\u2019on en retire.» Des robots ?L\u2019astrophysicien de l\u2019Université de Montréal René Doyon, qui a découvert des exoplanètes il y a quelques années, a un point de vue plus positif.«Il est indéniable que, scientifiquement, ce sont les activités d\u2019astronomie spatiale et d\u2019exploration du système solaire qui ont produit le plus d\u2019articles dans Nature.Mais on ne sait pas si les robots seront suffisants pour déterminer hors de tout doute s\u2019il y a eu de la vie sur Mars.On avance très bien dans cette quête-là en envoyant des robots, mais il n\u2019est pas impossible qu\u2019on ait vraiment besoin d\u2019envoyer des humains un jour.Dans ce cas, il nous faut comprendre comment l\u2019humain réagit dans l\u2019espace.Or la SSI est là, ce serait dommage de ne pas s\u2019en servir pour maintenir une présence humaine dans l\u2019espace», croit-il.«Les progrès que nous avons accomplis avec les robots sont étonnants.On ne voit toujours pas les limites de cette technologie.Les missions robo-tiques sont beaucoup moins coûteuses et, quand on se plante, c\u2019est moins dramatique.Un voyage humain sur Mars soulève de nombreux problèmes éthiques, notamment parce que cela risque fort d\u2019être un voyage aller seulement et que l\u2019exposition aux rayonnements qu\u2019entraînera un tel voyage sera problématique.» «S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019intention sérieuse de faire le grand bond sur Mars qui devrait coûter une centaine de milliards de dollars, on pourrait faire plein d\u2019autres missions spatiales.Le Canada a notamment un beau projet de télescope spatial que nous n\u2019arrivons pas à financer parce que les fonds sont limités», fait-il remarquer, avant d\u2019insister sur le défi de trouver un équilibre entre les coûts associés au programme spatial humain, dont fait partie la SSI, et ceux liés aux au- «On ne peut pas faire de l\u2019exploration spatiale dans une station qui tourne autour de la Terre à 350 kilomètres d\u2019altitude » très activités que sont l\u2019astronomie spatiale et l\u2019exploration du système solaire par des sondes.Selon Robert Lamontagne, la SSI nous permet probablement d\u2019apprendre «encore quelques petites choses sur la physiologie humaine et la façon dont on pourrait maintenir des humains dans l\u2019espace très longtemps.C\u2019est à peu près la seule science véritablement utile qui est digne d\u2019intérêt.Le reste, des robots pourraient probablement le faire».Yves Gingras convient que la SSI est l\u2019endroit par excellence pour faire des expériences en état d\u2019apesanteur.«Mais à l\u2019heure oû on réduit les budgets de recherche aux organismes subventionnaires et aux universités, et oû on exige d\u2019un physicien qu\u2019il justifie le bien-fondé des 20000$ qu\u2019on lui accordera, [.] il faudrait qu\u2019on cesse d\u2019investir quoi que ce soit dans la SSI», tranche-t-il.Par ailleurs, plusieurs soulignent l\u2019âge de la SSI, dont la plupart des modules ont largement dépassé la durée de vie qu\u2019on leur avait prédite.Qn dit aussi souvent que les astronautes consacrent plus de temps à l\u2019entretien et à résoudre des dysfonctionnements qu\u2019à faire des expériences scientifiques.«La SSI est scientifiquement indéfendable, mais elle a une valeur médiatique», affirme Yves Gingras.«Chris Hadfield a fait un travail remarquable en relations publiques et en communication», poursuit Robert Lamontagne.René Doyon fait remarquer pour sa part que «tout ce qu\u2019on fait dans l\u2019espace coûte très cher.Notamment, le télescope spatial James-Webb coûtera 8 milliards de dollars.Pour le justifier auprès des contribuables, les astronautes ont beaucoup plus de pouvoir que nous.Le vidéoclip de M.Hadfield a fait beaucoup de chemin.La NASA a besoin de cette visibilité-là auprès du public pour mieux se justifier.Cela dit, je me fais davantage l\u2019avocat de l\u2019exploration robotique et scientifique car, pour un même nombre de milliards de dollars mis à notre disposition, elle est plus rentable scientifiquement.» Les astronautes qui flottent dans l\u2019espace fascinent toujours le grand public, mais pour motiver les jeunes à opter pour une carrière scientifique, ce sont plutôt les robots qui rouleront sur Mars ou qui s\u2019enfonceront plus loin dans l\u2019Univers qui font vraiment rêver, croient Yves Gingras et Sylvain Bélair.Le Devoir AGENCE ERANCE-PRESSE Il y a des années que des robots se promènent dans l\u2019espace ou encore sur Mars.Projet-pilote Michel David On ne peut certainement pas reprocher aux promoteurs de la « convergence nationale » de manquer de ténacité.Les partis souverainistes ont beau répété à l\u2019unisson qu\u2019ils ne veulent rien savoir d\u2019une quelconque forme d\u2019alliance, rien ne semble pouvoir les décourager.L\u2019idée de tenir des «primaires» pour choisir un candidat unique est dans l\u2019air depuis un bon moment.L\u2019ancien député péquiste de Borduas, Pierre Curzi, en avait fait la suggestion il y a près d\u2019un an afin d\u2019éviter que la division des votes souverainistes ne favorise la réélection des libéraux de Jean Charest.Elle avait aussitôt été rejetée.Qn peut très bien comprendre que le PQ refuse de céder plus de terrain à Québec solidaire dans son berceau de l\u2019Est montréalais, où il a déjà perdu la circonscription quasi mythique de Mercier, que Gérald Godin avait arrachée à Robert Bourassa lors de la victoire historique de 1976, puis celle de Gouin, qui était considérée comme une forteresse inexpugnable.Inversement, QS a présentement le vent dans les voiles et n\u2019a aucune raison de faire des concessions.Au congrès de la Convergence nationale, qui se tiendra en fin de semaine prochaine, l\u2019exécutif du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) proposera donc de tenter l\u2019expérience d\u2019une primaire dans la circonscription de Lau-rier-Dorion, qui a toujours élu un candidat libéral, sauf à l\u2019élection partielle du 20 septembre 2004, quand la péquiste Elsie Lefebvre avait causé une véritable commotion au PLQ en l\u2019emportant par une marge de 483 voix.Cette victoire-surprise était cependant largement due à l\u2019abstention massive de la communauté grecque, furieuse de voir Christos laissé pour compte lors de la formation du premier cabinet Charest.C\u2019était également avant la création de Québec solidaire.Le nouveau président de QS, Andrés Lontecilla, qui était déjà candidat sous la bannière de l\u2019Union des forces progressistes (ULP), n\u2019avait obtenu que 4,7% des suffrages exprimés.Depuis ce temps, le libéral Gerry Sklavounos a clairemeqt profité de la division du vote souverainiste.À l\u2019élection du 4 septembre dernier, il a été élu avec 34% des voix, devant le péquiste Badiona Bazin (26,4%) et M.Lontecilla (24,3%).Le candidat d\u2019Qption nationale, Miguel Trepiblay avait obtenu 2,3%.A eux trois, les candidats souverainistes détenaient donc la majorité absolue.Les mêmes causes ayant généralement les mêmes effets, la probabilité d\u2019une répétition du scénario du 4 septembre est cependant très élevée.Bien entendu, toutes les voix souverainistes ne se reporteraient pas sur un candidat unique.11 existe de sérieuses divergences idéologiques que certains seront incapables de surmonter.11 y aura inévitablement des électeurs qui refuseront de se rallier, choisiront de s\u2019abstenir ou voteront mêpie pour la CAQ.Etant donné l\u2019écart de 19% entre le total des voix souverainistes et celles que M.Sklavounos a recueillies le 4 septembre, les chances de victoire du candidat de la convergence seraient néanmoins bien réelles.Quoi de mieux qu\u2019un projet-pilote pour le vérifier?Qn saurait au moins à quoi s\u2019en tenir.Toutes les voix souverainistes ne se reporteraient pas sur un candidat unique Si les participants au congrès de la fin de semaine prochaine retiennent l\u2019idée de la primaire, un courriel sera envoyé aux 14 000 sympathisants que dit compter le NMQ, les conviant à une vaste opération de porte-à-porte dans Laurier-Dorion afin d\u2019identifier les souverainistes qui seraient habilités à élire le candidat de la convergence.11 est clair que sa victoire pourrait modifier considérablement la stratégie du camp souverainiste et l\u2019ensemble de la dynamique politique au Québec, mais il y a encore très loin de la coupe aux lèvres.Dans l\u2019esprit du NMQ, l\u2019organisation d\u2019une primaire qui permettrait aux souverainistes de choisir leur candidat serait «autonome et indépendante de la volonté des partis politiques », mais on voit mal comment cela serait possible contre leur volonté.11 faudrait à tout le moins que les partis permettent à leurs candidats d\u2019y participer et s\u2019engagent à en respecter le résultat.Laisser à de simples citoyens un tel pouvoir d\u2019arbitrage est totalement étranger à leur culture.La formule de la primaire n\u2019éliminera pas le problème que constitue l\u2019impossibilité de s\u2019entendre sur une plateforme commune.Au lendemain de l\u2019élection, le candidat retrouvera son étiquette d\u2019origine.Par exemple, dans l\u2019hypothèse où le nouveau député de Laurier-Dorion serait Andrés Lontecilla, élu grâce à l\u2019appui des électeurs péquistes, comment se comporterait-il devant un gouvernement issu du PQ, que les militants du parti qu\u2019il préside trouvent à peine plus estimable que le PLQ ?Mal^é le désir d\u2019unité que ne manqueront pas d\u2019exprimer les souverainistes qui se réuniront la semaine prochaine, l\u2019adage selon lequel les intérêts de la patrie doivent primer sur ceux des partis a démontré ses limites depuis longtemps.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 20IS EDITORIAL FINANCES PUBLIQUES L\u2019objectif contesté La publication cette semaine dans Le Devoir d\u2019une longue analyse de M.Jacques Parizeau ramène à l\u2019avant-plan la nécessité de réfléchir à la situation financière du Québec.L\u2019ancien premier ministre a raison de rappeler qu\u2019il ne faut pas «surdramatiser» l\u2019endettement du Québec au point d\u2019opérer des coupes sombres dans les services.Mais encore?E t - fw) Jean-Robert Sansfaçon n matière d\u2019endettement public, le Québec n\u2019est pas la Grèce, tant s\u2019en faut ! Malgré cela, les données forcent à la prudence.S\u2019il est juste d\u2019affirmer comme M.Parizeau qu\u2019à 114 milliards, ou 33% du PIB, la dette du Québec constituée des déficits cumulés est loin d\u2019être dramatique, elle n\u2019en est pas moins beaucoup plus élevée que celle des autres provinces canadiennes (Ontario : 24%; T.-N.-L.: 13%;C.-B.:0).Mais par-delà ces chiffres, il faut tenir compte du fait que nous payons des intérêts sur la totalité de la dette du secteur public qui est de 246 milliards, ou 71% du PIB, et non seulement sur la fraction des déficits cumulés, même si une partie est assumée par Hydro-Québec.^ Cette année, le gouvernement consacrera ,\t15% de ses revenus, soit 10 milliards sur 68,6 milliards, aux intérêts.Or, non seulement ce montant est-il appelé à grimper avec la t\thausse des taux, mais malgré l\u2019atteinte de Jr ' l\u2019équilibre budgétaire, la croissance de la dette associée aux 92 milliards d\u2019investissements prévus d\u2019ici dix ans dans les infrastructures fera aussi gonfler la part des revenus fiscaux réservée aux intérêts.La question qui se pose n\u2019est donc pas de savoir si le Québec est en mesure de faire face à ses obligations, mais quelle part des revenus nous sommes prêts à jeter par la fenêtre pour ne pas avoir équilibré revenus et dépenses d\u2019épicerie ?Si la croissance retrouvait son rythme d\u2019antan de 3% à 5% par année, il n\u2019y aurait pas lieu de s\u2019inquiéter.Or, à ce chapitre, le Québec fait face à un autre défi : celui de la démographie.Avec la baisse du nombre de travailleurs actifs, la croissance économique pourrait ne pas dépasser 2% par année au moment même où les dépenses en santé explosent, exigeant toujours plus de rigueur.Faut-il pour autant sabrer l\u2019aide sociale de quelques millions, ce que déplore M.Parizeau ?Non.Mais si le passé est garant de l\u2019avenir, il faut se rendre à l\u2019évidence qu\u2019à l\u2019instant même où le gouvernement renoncerait à équilibrer les livres, il devrait composer avec une multitude de lobbies en quête d\u2019argent frais, sans oublier l\u2019opposition qui n\u2019attend que ça! Cela dit, M.Parizeau a raison de souligner qu\u2019en respectant son plan de match, ce n\u2019est pas d\u2019équilibre budgétaire dont Québec devrait parler pour 2013-2014, mais d\u2019un excédent d\u2019un milliard de dollars ! Il s\u2019agit, en fait, du milliard inscrit à la dépense pour être déposé au Fonds des générations dans le but de réduire la dette.Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une dépense de programme au sens habituel.Pour y renoncer, il faudrait modifier la loi qui force à déposer l\u2019argent des redevances sur l\u2019eau et l\u2019électricité dans ce Fonds des générations, ce qui ne va pas de soi pour un gouvernement minoritaire.Et là encore, compte tenu de l\u2019héritage déjà lourd laissé aux prochaines générations, l\u2019arbitrage s\u2019impose entre la réduction progressive de la dette dans un contexte de croissance mo-dçste permanente et l\u2019ajout d\u2019un autre milliard aux dépenses de l\u2019Etat déjà le plus dépensier du pays.SÉNAT CANADIEN L\u2019assiette au beurre Il faut tenir compte du fait que nous payons des intérêts sur la totalité de la dette du secteur public qui est de 246 milliards, et non seulement sur la fraction des déficits cumulés Bernard Descôteaux e sénateur Mike Duffy est un personnage incontournable sur la colline parlementaire à Ottawa.Difficile de ne pas connaître ce journaliste qui, pendant des années, a écumé les corridors du Parlement pour CTV et CBC, et dont la renommée lui a valu un siège au Sénat qu\u2019il peut occuper jusqu\u2019à 75 ans.Le premier ministre Stephen Harper, qui l\u2019y a nommé, pensait tirer des bénéfices politiqqes de la popularité du rondouillard sénateur de l\u2019Ile-du-Prince-Edouard.C\u2019est pour cela aussi qu\u2019il a invité au Sénat des gens comme l\u2019ex-entraîneur de hockey Jacques Demers.Sauf que depuîs quelques jours, Mîke Duffy ne fait plus rîre les conservateurs.Il est devenu un tel embarras qu\u2019on lui a fait comprendre qu\u2019il ^ _\tvaudrait mieux qu\u2019il s\u2019éloigne d\u2019eux en douce.\"\"\tSa propension à mettre les doigts dans l\u2019as- \u2019\tslette au beurre en a fait un pestiféré politique.Le premier ministre est bien mal pris, lui qui avait promis d\u2019être d\u2019une sévérité exemplaire ,\t^ -'X.i V pour quiconque dans son parti serait pris à en- freindre les lois et règlements.C\u2019était bien sûr en 2005, alors qu\u2019il était chef de l\u2019opposition.Aujourd\u2019hui, il voit les choses d\u2019un autre œil.La tempête qui s\u2019élève autour du sénateur Duffy l\u2019atteint directement.D\u2019abord parce que c\u2019est lui qui l\u2019a fait sénateur pour des raisons purement partisanes.Il est donc associé aux turpitudes de cet homme qui a eu ces dernières années un appétit insatiable pour les réclamations de dépenses, parfois en double.Puis parce que son chef de cabinet a cherché, supposément à titre personnel, à aider Duffy en lui refilant 90 000 $ pour qu\u2019il rembourse l\u2019allocation de logement reçue du Sénat ces dernières années sans y avoir droit.Ce cadeau aurait dû faire l\u2019objet d\u2019une déclaration suivant les règles du Sénat, ce qui rend l\u2019affaire bien délicate pour le premier ministre qui, s\u2019il voulait être d\u2019une sévérité exemplaire, devrait mettre au ban tant M.Duffy que son chef de cabinet.Chose bien difficile à faire, car les condamner serait exposer sa propre faiblesse.En politique, on ne peut dire «faute avouée est à demi pardon-née».Avouer une faute, c\u2019est donner des armes à l\u2019opposition, qui, dans le cas présent, n\u2019entend surtout pas se priver de tirer à boulets rouges sur Stephen Harper, qui, pour une rare fois, se trouve en position vulnérable.Il l\u2019a bien cherché d\u2019ailleurs : lui qui avait promis de transformer le Sénat en institution respectable î\u2019a dévalué encore plus par ses nominations partisanes.Il en a fait l\u2019assiette au beurre poiu ses amis.Tous les sénateius ne sont pas du même modèle que Mike Duffy.Ils vont réexaminer son cas.S\u2019ils ont le sens de l\u2019institution, ils devraient le chasser sans tarder.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Mii
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