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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-06-01, Collections de BAnQ.

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[" LECTURES D\u2019ETE CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI I^R ET DIMANCHE 2 JUIN 2013 C A S A N 0 V A «J\u2019ai aimé les femmes à la folie, mais je leur ai toujours préféré ma liberté.» BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE ERANCE/SEUIL Pietro Longhi, Le Ridotto, 1757-1760.Venise, Fondazione Querini Stampalia.'p^T hi BNE/SEUIL Portrait de Giacomo Casanova dessiné par son frère Francesco vers 1751 CHRISTIAN DESMEULES Je considère les Mémoires comme la véritable Encyclopédie du XVIIF siècle», disait Biaise Cendrars.On pourrait être tenté de lui donner raison.Car la vie de celui qui se fait appeler Jacques Casanova de Seingalt, au moment où il les rédige, entre 1789 et 1798, et qui est devenu à sokante ans le tranquille bibliothécaire du château de Dux, en Bohême, est un formidable condensé d\u2019un siècle à cheval entre archaïsme et modernité.Des études et des voyages, une douzaine de duels, quelques folles arnaques, de la prison, de l\u2019espionnage, des intrigues galantes et des acrobaties amoureuses à profusion.Avant d\u2019arriver tout d\u2019un bloc jusqu\u2019à nous, le manuscrit aura connu bien des péripéties \u2014 comme son auteur, qu\u2019il nous faudra bien considérer un jour comme l\u2019un des plus grands écrivains français du siècle.Paru d\u2019abord dans une traduction allemande expurgée entre 1822 et 1838, puis dans une version française «révisée» qui a régné sur l\u2019édition française à partir de 1826, il aura fallu attendre 1960 pour que le manuscrit autographe de l\u2019autobiographie de Casanova sorte enfin du coffre-fort où l\u2019éditeur allemand Brockhaus-Plon le conservait.La mémoire dans la peau Publiée pour la première fois dans une version non retouchée, la îshuleuse Histoire de ma vie de Casanova nous plonge en plein XVIIP siècle.Il faut lire Casanova pour savoir combien la vérité est éloignée du mythe.L\u2019achat du précieux original en 2010 par la Bibliothèque nationale de France \u2014 pour la modique somme de 7 millions d\u2019euros \u2014 nous permet aujourd\u2019hui de jeter les yeux sur ce texte d\u2019une liberté folle.Chaque lecteur de Casanova a ses épisodes préférés.J\u2019ai les miens, qui s\u2019échangent la première place au gré des jours.Aujourd\u2019hui, tenez, c\u2019est surtout celui-là qui m\u2019enchante: un soir à l\u2019opéra, peu de temps après son arrivée à Paris en 1750, M™*\" de Pompadour, maîtresse de Louis XV, l\u2019entendant dire qu\u2019il vient de Venise, lui demande s\u2019il vient «vraiment de là-bas».«Venise, madame, n\u2019est pas là-bas; elle est là-haut » Une demi-heure plus tard, le maréchal de Richelieu pointe sur la scène deux actrices en lui demandant laquelle des deux il préfère.Casanova lui répond, avant que l\u2019autre ne lui fasse remarquer que sa préférée a de vilaines jambes.Réplique: «On ne les voit pas, monsieur, et après dans l\u2019examen de la beauté d\u2019une femme, la première chose que f écarte est les jambes.» Son français n\u2019était pas parfait \u2014 son manuscrit est piqueté d\u2019italianismes, et c\u2019est ce qui fait une bonne partie du charme de ces nouvelles éditions des Mémoires.Mais ce «bon mot» en partie involontaire, ajouté aux autres, l\u2019aura du jour au lendemain rendu «es-pectable » (lire célèbre).Les infortunes d\u2019un texte Un coureur, ce Giacomo Casanova?Un «faune en bas de soie» (Barbey d\u2019Aurevilly) ?Un Don Juan capable de compter jusqu\u2019à mille e tre?Un automate façon Fellini?Il faut lire sans lunettes Casanova pour savoir combien la vérité est éloignée du mythe, lui qui ne dit qu\u2019une chose, à savoir que «le plaisir de l\u2019amour sans amour est insipide».Quand ce grand admirateur d\u2019Horace et de l\u2019Arioste, à 66 ans, entreprend la rédaction de ses Mémoires (en français, même s\u2019il n\u2019a vécu en tout que quatre ou cinq ans en France), il en a long à raconter.Car L\u2019histoire de ma vie, chef-d\u2019œuvre insolite plein d\u2019humour et d\u2019esprit, c\u2019est en somme l\u2019histoire d\u2019un homme de légende \u2014 fils de comédiens, romancier, philosophe, amant et aventurier \u2014 qui aura été «plus heureux qu\u2019un autre» et qui en aura eu la pleine conscience.Le long et dernier souffle d\u2019un vieillard VOIR PAGE F 2 : CASANOVA Cinq romans québécois: les chok de Danielle Laurin Page F 3 r/a / Quand Jacques Perron racontait l\u2019avortement Page F 5 Ottawa permet à un éditeur américain de publier canadien Le gouvernement d\u2019Ottawa, par l\u2019entremise du ministère du Patrimoine canadien, a consenti une dispense à l\u2019éditeur américain Simon & Schuster, qui pourra dorénavant publier des auteurs canadiens au Canada.C\u2019était jusqu\u2019ici impossible en vertu d\u2019une politique protectionniste mise en place par le gouvernement Mulroney.Cette décision survient un mois après la fusion des géants de l\u2019édition Random et Penguin et le rachat par Random de l\u2019auguste éditeur canadien McClelland & Stewart.L\u2019annonce du ministère est de nature à inquiéter l\u2019Association canadienne des éditeurs (ACE), qui réclame au contraire depuis quelques années une Loi sur l\u2019investissement étranger dans le domaine livre dotée de plus de mordant.A ce chapitre, la directrice générale de FACE, Carolyn Wood, ironise : «On se retrouve avec une politique qui empêche les intérêts étrangers d\u2019exploiter au Canada une entreprise liée au livre, à moins qu\u2019ils le désirent.» Selon elle, Fexemption accordée à Simon & Schuster et, surtout, le précédent que cela crée risquent de nuire aux petites maisons d\u2019édition canadiennes.Au Québec, la loi 51 sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre assure une sorte d\u2019« exception culturelle », puisque seuls les éditeurs et les librairies agréés bénéficient de crédits d\u2019impôt et peuvent vendre leurs ouvrages aux écoles et aux bibliothèques.Le marché francophone, de moindre taille, représente en outre une cible moins tentqnte pour les intérêts étrangers.A noter que Simon & Schuster publiera bientôt le livre que le premier ministre canadien Stephen Harper a consacré au hockey.Le Devoir Centenaire Césaire Né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe, en Martinique, Fécrivain Aimé Césaire aurait 100 ans dans quelques _____________ jours.Son pays natal rend hommage au plus célèbre de ses écrivains.L\u2019engagement anticolonialiste de Césaire a une portée universelle dont les ef fets se sont fait sentir partout, y compris au Québec.Une édition de son célèbre Cahier du retour au pays natal fut même publiée à Montréal.Césaire fut notamment maire de la capitale de son pays, Fort-de-France, de 1946 à 2001.Le Devoir F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI I®^ ET DIMANCHE JUIN 2013 LECTURES D\u2019ETE EN APARTE Le roi des poches Jean- François Nadeau Qui sait, les affreux corridors beiges ou vert malade des hôpitaux sont peut-être des invitations à apprivoiser la mort pour ceux qui les arpentent?C\u2019est ce que je me disais devant ces longs murs cadavériques rehaussés de chaises en plastique inconfortables, lorsque je rendais visite à Pierre Vallières, à l\u2019époque où il était hospitalisé à l\u2019hôpital Saint-Luc.Bien que toujours très volubile et heureux de recevoir quelques amis, l\u2019auteur de Nègres blancs d'Amérique y vivait en quelque sorte enfermé en lui-même, au milieu d\u2019un univers glauque que le récit de ses malheurs en Bosnie ne rehaussait pas.Dans sa chambre, à côté de son petit lit, il conservait un livre de poche tout corné : L\u2019es-d\u2019André Malraux.«Quand le livre de poche est apparu chez nous, m\u2019expliqua-t-il un soir de visite, je les achetais un à un, à mesure qu\u2019ils arrivaient sur les rayons.C\u2019est comme ça que j\u2019ai pu découvrir la littérature, parce que ces li-vres-là n\u2019étaient pas chers.» Vallières chérissait par-dessus tout deux poches qu\u2019il ne cessera de relire jusqu\u2019à la fin de sa vie : Une saison en enfer de Rimbaud et le Malraux de L\u2019espoir.Le format de poche, pratique et économique, habitué des étés de tous les lecteurs, est bien sûr plus ancien que la création, en 1953, sous le chapiteau de Hachette, du Livre de Poche.Ce petit format, connu sous le nom d\u2019in-octavo chez les imprimeurs, connaissait déjà beaucoup de succès dans le monde anglo-saxon dans l\u2019en-tre-deux-guerres.Auparavant, il avait fait les délices des voyageurs, depuis toujours amateurs de guides au format pratique.Nombre de titres en littérature avaient déjà été publiés dans ce format dès le XVL siècle ! On trouve encore, chez les libraires anciens, ces jolis petits livres couverts de cuir, ancêtres des livres de poche actuels.Ils ne se disloquaient pas, eux, avant même d\u2019avoir été lus ! C\u2019est moins le format que l\u2019utilisation des presses rotatives \u2014 capable d\u2019imprimer à un train d\u2019enfer sur de mauvais papiers économiques \u2014 qui firent du livre de poche un objet de consommation quasi révolutionnaire à compter des années 1950.On n\u2019a pas idée aujourd\u2019hui de ce que cela représentait comme changement dans les mentalités.Dans un document filmé de 1964, un jeune médecin arrogant regrette que tout le monde soit désormais en mesure de lire tout et n\u2019importe quoi grâce au livre de poche.«Je suis persuadé, dit-il, qu\u2019il faut une aristocratie des lecteurs.» En conséquence, il pense «beaucoup de mal» du livre de poche, «parce que ça fait lire un tas de gens qui n\u2019avaient pas besoin de lire» ! Vndic Mill ui\\ I espoii Rimbaud Une saison en enfè\\ Pierre VolILeres Negies blancs d\u2019Aménque Certains auteurs refusent tout net d\u2019être publiés en poche.C\u2019est le cas de Julien Gracq, qui ne considéra jamais l\u2019offre d\u2019être repris en poche comme un compliment.«Il y a des limites au malentendu», dit-il, lorsqu\u2019on lui proposa une première réédition dans ce format.Il voulait souligner ainsi que l\u2019indifférenciation des titres pouvait représenter une menace sournoise pour la littérature.Il refusait que son œuvre soit banalisée de la sorte.Le drame réel du livre de poche, posait-il, est de se voir offrir tout et n\u2019importe quoi au même niveau sous prétexte d\u2019un format unique.Gracq était, faut-il le souligner, bien différent de ces prétentieux chromés pour qui la diffusion de la culture vers le plus grand nombre a toujours représenté une menace pour leurs privilèges.Aujourd\u2019hui, toutes les maisons d\u2019édition proposent des livres au format poche.La doyenne.Le Livre de Poche, compte plus de 5000 titres.En soixante ans, plus de 20 000 titres différents y ont été publiés.Toutes les maisons d\u2019édition publient dans ce format.Désormais, un livre vendu sur quatre serait un poche.Au Québec, Boréal Compact, Bibliothèque québécoise et TYPO sont les grandes enseignes de ce format devenu universel.Les craintes de Gracq étaient-elles fondées ?Cette semaine, dans un salon feutré d\u2019un hôtel de Montréal, le personnel du Livre de Poche, avait réuni quelques personnes à l\u2019occasion des 60 ans de la maison.Au Livre de Poche, comme de plus en plus ailleurs, l\u2019éditeur agit comme un simple point de chute qui ouvre ensuite les portes à une distribution élargie.La maison reprend des titres de plus de 60 maisons d\u2019édition différentes afin de les diffuser à grande échelle.Tout y passe : psychopop, policier, suspense, anticipation, classique, etc.La mission de la maison, résumaient ses deux représentantes en visite à Montréal, se borne à rendre disponibles des titres, n\u2019importe lesquels, qui se vendront beaucoup.Donc beaucoup de traductions, il va sans dire.\u2014 Pourquoi, madame, Paper Money, un livre de Ken Follet, s\u2019intitule-t-il.Paper Money dans la version française que propose Le Livre de Poche ?\u2014 Mais, monsieur! Comment voulez-vous traduire ce titre ?Même le traducteur a baissé les bras.Et qui achèterait un livre qui s\u2019appellerait Papier-monnaie ou Monnaie de singe ?Et après tout, Paper et Money sont des mots universels.On a l\u2019universalité qu\u2019on peut, me suis-je dit.La pizza extra paper money est de plus en plus universelle.Et les riches propriétaires des empires du fast-food savent de mieux en mieux quand il convient de jouer la carte du pauvre.Le Devoir POLARS Bouquet de fleurs noires MICHEL BELAIR Cy est avec Blondie et la mort, une aventure délirante mettant en relief la violence qui afflige le quartier des Elats, en banlieue du Cap, en Afrique du Sud, que Roger Smith est apparu sur nos écrans radars il y a un peu plus d\u2019un an.Avec en arrière-fond une écriture précise, ciselée, affûtée comme une arme blanche.Voici maintenant qu\u2019il nous raconte l\u2019histoire de Robert Dell, un «honnête homme» piégé par la vie.et par les intérêts de quelques truands de haut vol.L\u2019affaire est complexe; elle s\u2019écrit d\u2019abord sur une trame politique alors qu\u2019on comprend rapidement, après quelques chapitres, qu\u2019un certain membre du dernier cabinet de Nelson Mandela prépare depuis longtemps sa succession.On parle ici de rivalités tribales ancestrales, sanguinaires.Et il se trouve que, presque par hasard, la femme de Roger Dell est témoin d\u2019un assassinat et qu\u2019elle doit disparaître.«On» frappera sur la route en maquillant l\u2019exécution pour qu\u2019elle ressemble à un bête accident dont Dell sera le seul survivant.Traqué par un chef de guerre zoulou, il aura bientôt la surprise de se retrouver accusé du meurtre déguisé en accident de sa femme et de ses deux enfants.Pire encore: alors qu\u2019on le conduit en prison, il est enlevé par son mercenaire de père, un homme qui a mené partout sur la planète les combats les plus abominables au nom de la CIA.On vous laisse essayer de deviner comment tout cela finira.Oslo la défonce On aime Jo Nesbo ou non.Le monde qu\u2019il décrit, les per- sonnages tordus qu\u2019il affronte souvent et les univers déjantés dans lesquels ils évoluent, tout cela peut être difficile à supporter pour un lecteur sensible.La réalité n\u2019est pas toujours belle à voir et à décrire et Nesbo semble avoir pris le parti de nous la révéler telle qu\u2019elle est, ou du moins telle que la voit son héros Harry Hole.Hole qui est revenu de Hong Kong par le premier avion dès qu\u2019il a appris que son «fils» Oleg était incarcéré pour meurtre à la suite d\u2019une sombre histoire de drogue.Il nous fait du coup plonger dans le monde violent des accros à un dérivé de l\u2019hé-rome, la fioline, une drogue toute norvégienne créant une forte dépendance mais qui est moins destructrice que l\u2019héro.Les camés sont souvent prêts à tout, même à vendre leur sœur ou à tuer leur père, et Hole veut s\u2019assurer qu\u2019Oleg n\u2019est pas emprisonné à la place d\u2019un autre.Et, bien sûr, il trouvera.Cela sera ardu, parsemé d\u2019embûches et de traîtrises en tous genres, cela sera dur, difficile, avec quelques rêves dégonflés à la clé.mais il trouvera.Un livre d\u2019une tristesse infinie.Collaborateur Le Devoir LE SABLE ETAIT BRULANT Roger Smith Traduit de l\u2019anglais par Eisa Maggion Calmann-Lévy, coll.«Robert Pépin» Paris, 2013, 338 pages EANTÔME Jo Nesbo Traduit du norvégien par Paul Dott Gallimard, Série noire Paris, 2013, 548 pages Photo A Collection «Vertiges», roman 368 pages \u2022 prix: 27,95$ ISBN 978-2-923274-98-0 Avant que ne tombe la nuit de Michèle Matteau est finaliste! Les Éditions L\u2019Interligne sont fières d\u2019annoncer que le roman Avant que ne tombe la nuit de Michèle Matteau est finaliste au prix Trillium 2013 ! Les Editions L\u2019Interligne Ontario\tFondation Canadian Patrimoine Trillium\t2 Trillium m'rm Heritage canadien Foundation\tdel Ontario Canada Conseil des Arts du Canada R E C F\t^ mnser^des'IrTde CASANOVA SUITE DE LA PAGE F 1 qui renouvelle ses plaisirs en se les rappelant.«J\u2019aimais, j\u2019étais aimé, je me portais bien, j\u2019avais beaucoup d\u2019argent, et je le dépensais, j\u2019étais heureux, et je me le disais, riant des sots moralistes qui disent qu\u2019il n\u2019y a pas de véritable bonheur sur terre.» Après l\u2019acquisition du manuscrit en 2010, Gallimard et Robert Laffont se sont livrés à une petite course contre la montre.L\u2019occasion était parfaite pour Gallimard de faire oublier enfin l\u2019édition en trois volumes de La Pléiade basée sur la vieille adaptation de Jules Laforgue \u2014 un travail de mise en français qui s\u2019était accompagné, époque oblige, d\u2019efforts de censure sexuelle et politique.Depuis, c\u2019était donc surtout «Il suffît de se pencher vers les fautes d\u2019orthographe, les bagues, les soldats de plomb, les pelotes d\u2019épingles, et tout revient.» l\u2019édition en trois volumes parue chez Robert Laffont en 1993 qui faisait référence.Mais Laffont en profite aussi pour revoir la sienne, expurgée des erreurs de transcription de la précédente édition Brockhaus-Plon de 1960 et dotée d\u2019un appareil critique renouvelé et enrichi.Ces deux nouvelles éditions (limitées pour l\u2019instant à un premier tome couvrant les années 1725-1757) nous restituent, d\u2019une certaine façon, tout le charme brut des Mémoires.Beaumarchais à M®® de Gode-ville, des témoignages de voyeurs devant l\u2019échafaud, des chasseurs de reliques.Alphant nous rappelle, par exemple, qu\u2019il fallait en général cinq à six heures à Casanova, devant la bonne société parisienne, pour faire de vive voix le récit complet de son évasion de la prison des Plombs, les cachots du palais des Doges à Venise.Pour elle, ce sont «des riens qui sont tout».Un tout pour lequel l\u2019auteure avoue éprouver un mélange de fascination et de répulsion.Car il y a bel et bien de tout dans ce siècle et dans ce lieu \u2014 la Prance, qui était alors l\u2019épicentre de l\u2019Europe \u2014, d\u2019une manière, dirait-on plus marquée, que dans bien d\u2019autres.De la volupté aux terreurs de la Révolution : c\u2019est, d\u2019un côté, les têtes qui tombent et la chaux qu\u2019on répand, et c\u2019est aussi, de l\u2019autre, le marquis de Sade embastillé passant commande à son épouse d\u2019un étui masturbatoire fabriqué sur mesure («.j\u2019en ai un extrême besoin», lui écrit-il).C\u2019est dire aussi combien, rien qu\u2019à travers cet éternel et étonnant couple libertinage-guillotine, la mort et le sexe y sont étroitement liés.Voilà qui suffirait à justifier la fascination qu\u2019exerce tout le siècle.Collaborateur Le Devoir Des riens qui sont tout A genoux comme une archéologue, Marianne Alphant recueille, elle, les artefacts d\u2019un monde perdu: «On court après le dix-huitième et on trébuche sur des ruines.» Inventaire amoureux d\u2019un «siècle sorcier» où rien n\u2019est jamais vraiment droit, elle s\u2019intéresse comme une myope dans Ces choses-là aux détails de l\u2019Histoire.«Il suf-fit de se pencher vers les fautes d\u2019orthographe, les bagues, les soldats de plomb, les pelotes d\u2019épingles, et tout revient.» Les fresques de Tiepolo, la légèreté des cumulus de Pra-gonard, un bout de lettre de CES CHOSES-LA Marianne Alphant PO.L Paris, 2013, 304 pages HISTOIRE DE MA VIE, TOMEI Jacques Casanova Gallimard, «Bibliothèque de La Pléiade» Paris, 2013,1488 pages HISTOIRE DE MA VIE, TOMEI Casanova Robert Laffont, coll.«Bouquins» Paris, 2013,1664 pages (En librairie depuis le 28 mai 2013) LE DEVOIR LES SAMEDI 1\u2019=\u2019' ET DIMANCHE JUIN 2013 F 3 LECTURES D'ETE Premières lectures d\u2019été I* Danielle \u2018 f Laurin K Ils sont parus depuis le début de l\u2019année ou ont été primés au cours des derniers mois.Récits de vie, sagas, romans d\u2019amour, romans noirs ou romans tout court, vous avez le choix.Voici, en deux temps (la suite la semaine prochaine), quinze bonnes raisons de lire québécois cet été.1.Depuis toujours, Madeleine Gagnon (Boréal).«Autobiographie, autofiction.les termes importent peu.Raconter ses souvenirs, c\u2019est déjà de la fiction», tel que nous le rappelait dans Le Devoir VdiMttmt de bientôt 75 ans à la parution de ce livre exceptionnel.Ce qui est sûr, c\u2019est que nous sommes en pays d\u2019écriture.Nous sommes dans le souffle des mots, qui font images sans effets de manches.Nous sommes au plus vrai d\u2019une vie qui trouve son sens, sa raison d\u2019être par l\u2019écriture.Le monde des sentiments et celui des idées s\u2019entremêlent constamment, tandis que défdent par le trou de la serrure les épisodes marquants qui ont fait de la petite Madeleine, Gaspésienne avide d\u2019émerveillement, la fille, la sœur, la mère, l\u2019amoureuse, l\u2019intellectuelle, l\u2019artiste, la militante, l\u2019indépendantiste, la féministe, la femme de gauche qu\u2019elle est devenue.Tout cela en contexte, en regard des bouleversements sociaux et politiques que le Québec a connus depuis trois quarts de siècle, sans oublier l\u2019ouverture vers le reste de la planète.On comprend, on sent les choses de l\u2019intérieur, dans Depuis toujours.On se déprend, avec Madeleine Gagnon, des carcans qui enca-gent, qui empêchent de trouver sa voie, de faire entendre sa voix, en pleine lumière.2.Jadis, si je me souviens bien, Georges-Hébert Germain, (Libre Expression) il est né en 1944, il se voit vieillir.Comment faire autrement?Le monde qui l\u2019a vu naître et grandir, dans une famille nombreuse et peq argentée du village des Ecureuils, est en voie de disparition.Finis la mainmise de la FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Comment trouver sa voie propre quand on a eu pour modèle, jusqu\u2019à l\u2019adulation, un héros mal léché comme figure paternelle?Déni Y.Béchard explore la quête de soi dans Remèdes pour la faim.MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Autohiographie, autofiction, pour Madeleine Gagnon, auteure de Depuis toujours «raconter ses souvenirs, c\u2019est déjà de la fiction».religion, le devoir conjugal obligatoire, l\u2019abnégation des mères, le renoncement des filles.Tant mieux.Mais faut-il pour autant jeter le bébé du passé avec l\u2019eau du bain du progrès?Georges-Hébert Germain revisite sa jeunesse avec tendresse, beaucoup de légèreté et un brin d\u2019autodérision.On reconnaît bien là les talents de conteur du journaliste-écrivain, avec, en prime, un dévoilement de soi auquel il nous a peu habitués.On va bien au-delà des anecdotes, même si certaines tendent à s\u2019étirer par moments.Au final, dominent dans ce Jadis.les liens du cœur au sein d\u2019une famille tissée serré, mais dont les membres se contredisent nécessairement quand vient le temps d\u2019évoquer leurs souvenirs communs.3.Remèdes pour ia faim, Déni Y.Béchard, traduit de l\u2019anglais par Dominique Fortier (Alto) La vie comme un roman.Un roman d\u2019aventures, rempli de rebondissements à la li- Humour danois rafraîchissant SUZANNE GIGUERE Flemming Jensen est considéré dans son pays comme le Coluche danois.Avec Maurice et Mahmoud, il confirme ses talents d\u2019humoriste, déjà révélés dans Le blues du braqueur de banque (Gaïa, 2012), où il prenait un malin plaisir à casser tous les codes du crime parfait.Roman décalé et burlesque, Maurice et Mahmoud parle du métissage des sociétés occidentales.Après 28 ans de mariage, Maurice, expert-comptable danois, est en pleine procédure de divorce.Il est hébergé par son assistant.Mahmoud, à Avedore, dans un quartier d\u2019émigrés de confession musulmane, en banlieue de Copenhague.Maurice est cynique et désabusé et ne croit plus en l\u2019amour, alors que Mahmoud, idéaliste et romantique, tombe éperdument amoureux de sa voisine du dessus, Laerke.Par un heureux hasard, Maurice a connu il y a plusieurs années les parents de Laerke, un couple juif «impliqué dans leur communauté».Mahmoud le supplie de l\u2019aider à séduire l\u2019élue de son cœur.Mais la cohabitation s\u2019annonce houleuse.Les préjugés, les différences culturelles, religieuses, les décalages générationnels entre eux créent des frictions, mais aussi des situations loufoques.Une scène nous montre Laerke, à bout de nerfs, subtiliser le réveil de Mahmoud réglé sur la fréquence du muezzin et qui doit s\u2019enclencher cinq fois par jour.Maurice et Mahmoud finissent par s\u2019entraider et deviennent de véritables amis.Autour d\u2019eux gravitent des personnages hauts en couleur qui nous font rire autant qu\u2019ils nous touchent: un imam boulimique à la syntaxe assez personnelle qui mange un rôti de porc sans le faire exprès, la mère de Mahmoud, une mère poule inquiète de voir son fils encore célibataire à 32 ans, un pêcheur caractériel, un philosophe libre penseur.L\u2019histoire évolue vers un huis clos.Jusqu\u2019à ce que tout ce petit monde se retrouve impliqué dans une soi-disant prise d\u2019ol^e terroriste.Maurice et Mahmoud pourrait être une pièce de théâtre, l\u2019intrigue se déroulant en grande partie dans l\u2019appartement de Mahmoud.Sous ses airs de comédie de boulevard \u2014 légèreté de ton de l\u2019auteur, dialogues savoureusement inattendus, humour «braque», déluge de situations comiques \u2014, Flemming Jensen mène en filigrane une réflexion sur les stéréotypes et les préjugés de la société danoise inhérents aux différentes cultures et aux trois religions monothéistes.Souvent une petite phrase vaut mieux qu\u2019un long discours: «Je suis fatigué des gens qui se réfèrent à un quelconque enseignement religieux plutôt que de réfléchir par eux-mêmes.» Il met en scène les préjugés et les analyse en s\u2019en moquant.C\u2019est la force de ce roman magiquement raconté dont la construction burlesque et jubila-toire accompagne le suspens et les rebondissements sur fond de satire sociale.Bref, lisez ce roman, vous passerez un très bon moment.Rafraîchissant, l\u2019humour danois! MAURICE ET MAHMOUD Flemming Jensen Traduit du danois par Andreas Saint Bonnet Gaïa Editions/Leméac Montfort-en-Chalosse Montréal, 2013, 208 pages mite de l\u2019improbable.C\u2019est l\u2019impression qui nous reste à la lecture de ces mémoires que l\u2019auteur du très mouvementé et foisonnant roman Vandal love ou perdus en Amérique a mis 17 ans à écrire.C\u2019est lui qui raconte, se raconte.Lui qu\u2019on voit grandir entre des parents s\u2019entredéchirant, lui qu\u2019on voit trouver refuge dans la littérature, commettre des mauvais coups, faire des fugues, errer, se placer dans des situations intenables, s\u2019initier comme tous les ados à la sexualité, se chercher, se perdre en chemin, se torturer sans cesse l\u2019esprit.Mais c\u2019est son père qui fait figure de héros.Un héros mal léché, batailleur, sans foi ni loi, qui mordait dans la vie.Et qui est mort dans la solitude, le dénuement, le désespoir sans fin.Mais qui était donc vraiment ce Gaspésien affabula-teur issu d\u2019une famille de géants qui avait tourné le dos aux siens pour partir à la conquête de l\u2019Amérique?Quel homme se cachait vrai- ment derrière cet ex-braqueur de banques qui s\u2019était retrouvé plus d\u2019une fois en prison?C\u2019est ce que cherche à comprendre Déni Y.Béchard dans son livre.Avec, en filigrane, cette question : comment trouver sa voie propre quand on a eu pour modèle, jusqu\u2019à l\u2019adulation, un père comme celui-là?Remèdes pour la faim, ou la quête de soi-même, finalement.4.L\u2019enfant qui savait parier ia iangue des chiens, Joanna Gruda (Boréal) Il s\u2019agit bien d\u2019un roman, cette fois.Mais inspiré de la vie du père de l\u2019auteure.De son enfance, surtout.Joanna Gruda s\u2019est mise dans la peau de l\u2019enfant qu\u2019a été son vieux papa aujourd\u2019hui âgé de plus de 80 ans.Fascinant.Arrachement familial, déracinement, errance, pauvreté, guerre, nazisme, chasse aux Juifs et aux communistes : le contexte est dramatique, voire tragique.Mais le ton, lui, est léger.Pas une once de misérabilisme dans le re- P ^GaspardlE DEVOIR X ALMARÈS Du 20 au 26 mal 2013 \t\t \t\t Romans québécois\t\t il màn\tKim Thrjy/Libre Expression\t1/8 2 Les héritieis d'Enkidiev \u2022 Tome 7 Le conquérant\tAnne Robiiiard/Weiian\t3/9 3 La fiancée américaine\tÉric Oupont/Marohand de feuiiies\t2/30 4 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique !\tAméiie Oubois/Éditeurs réunis\t4/29 5 Souvenirs de ia baniieue \u2022 Tome 4 Junior\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t6/12 6 Léiicité \u2022 Tome 4 Une vie nouveiie\tJean-Piene Chariand/Hurtubise\t8/13 7 Les sœurs du Cap\tLouise Portai/Hurtubise\t5/2 8 Les deux saisons du faubourq\tMyiéne Giibert-Oumas/VLB\t9/7 9 Gaby Bemier \u2022 Tome 2\tPauiine Giii/Québec Amérique\t10/15 10 Souvenirs de ia baniieue \u2022 Tome 3 Sonia\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t-/I Romans étrangers\t\t il Cinquante nuances pius ciaires \u2022 Tome 3\tE.L.James/Lattés\t2/16 2 Cinquante nuances pius sombres \u2022 Tome 2\tE.L.James/Lattés\t1/20 3 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattés\t3/34 4 Une chanson douce\tMary Higgins Ciark/Aibin Michei\t-/I 5 Le manipuiateur\tJohn Grisham/Robert Laffont\t4/5 6 Uemain\tGuiiiaume Musso/XO\t5/11 7 Ne t'éioiqne pas\tHarlan Coben/Beifond\t6/4 8 Un sentiment pius fort que ia peur\tMarc Levy/Robert Laffont | Versiiio\t7/13 9 Crossfire \u2022 Tome 2 Reqarde-moi\tSyivia Oay/Liammarion Québec\t8/12 10 À moi seui bien des personnages\tJohn inring/Seuii\t-/I Essais québécois\t\t il La bataiiie de Londres\tLrédéric Bastien/Boréai\t1/7 2 Tous fous?L'influence de i'industrie pharmaceutique.\tJean-Ciaude St-Onge/Écosociété\t-/I 3 Évanqéiine.Contes d'Amérique\tJoseph Yvon Tbériauit/Québec Amérique\t-/I\t 4 L'avenir de ia vie sur ia Terne\tHubert Reeves/Bayard\t-/I 5 Joumai d'un écrivain en pyjama\tOany Laferriére/Mémoire d'encrier\t5/15 6 À bririe-pouqioinq\tNormand Lester/intouchabies\t3/9 7 Lâché noir.Chroniques\tStéphane Oompierre/Québec Amérique\t8/2 8 Vieiiiir avec grâce\tOenise Bombardier/Homme\t6/15 9 En temain miné.Comespondance en temps de guene\tRoxanne Bouchard | Patrick Kéqie/VLB\t-/I 10 La désobéissance civiie et nous.L'écoie de Gandhi.\tGuy Ourand/Pides\t-/I Essais étrangers\t\t 11 Repenser ie vieiiiissement\tNortin M.Hadier/PUL\t1/5 2 Menace sur nos iibertés Comment internet nous sun/eiiie Juiian Assange/Robert Laffont\t\t2/3 3 Peut-on encore sauver i'Égiise?\tHans Küng/Seuii\t5/2 4 Les miiiiardaires.Comment ies uitra-riches nuisent.\tLinda McQuaiq | Neii Brooks/Lux\t9/7 5 Le business sera humaniste ou ne sera pas\tRichard Branson/La Martiniére\t-/I 6 Or House, i'esprit du shaman\tMartin Winckier/Boréai\t-/I 7 Oestmction massive.Géopoiitique de ia faim (Édition revue) Jean Ziegier/Points\t\t-/I 8 101 raisons de croire en demain.Pourquoi nos enfants.Eduardo Punset/Transcontinentai\t\t-/I 9 Adoif Hitler.La séduction du diabie\tLaurence Rees/Aibin Michei\t7/12 10 Les iois fondamentaies de ia stupidité humaine\tCarlo M.Cipoiia/PUL\t8/2 La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019anaiyse Ssspsnl sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarès est extrait de Baspariet est constitué des reievés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Baspari.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite.gard de ce petit Polonais qui a su s\u2019adapter aux pires situations, porté par un féroce appétit de vivre.5.Barbeiés, Pierre Ouellet, [Sémaphore) Ce livre est à placer au rayon des curiosités.Il est imparfait, d\u2019accord.Trop plein de références littéraires et philosophiques brandies comme faire-valoir, comme le ferait un élève appliqué qui n\u2019a pas encore digéré ses lectures.Très au ras des pâque- rettes, parfois.Complaisant par moments.S\u2019étirant inutilement, se répétant, souvent.Rébarbatif par son aspect scrapbook, fourre-tout.Et pourtant.J\u2019ai dévoré cet ouvrage autobiographique où un voleur de banques impénitent condamné pour meurtre, qui a passé la plus grande partie de sa vie en prison et qui y est toujours malgré quelques évasions spectaculaires, se dévoile, se raconte, se réinvente.ONIACOMPARÉÀ UNCOCKTAaHUDMU sbabduenp^^d\" bûcher DES V^IT j ONNESAURAITMIEUXD^ OLIVIA DE UMBERTERIE,aiÊ CRISTINA ALGER «Un roman que vous ne lâcherez pas.Irrésistible ! » _\tJay Mclnerney « Une tragi-comédie aux allures de thriller.Un IMPITOYADLE PORTRAIT DE FAMILLE (rICHE), DÉMOLIE PAR LA FOLIE DE LARGENT.» Les Echos ALBIN MICHEL F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI I^f\" ET DIMANCHE JUIN 2013 LECTURES D\u2019ETE À la façon de Stendhal GILLES ARCHAMBAULT Je pense bien qu\u2019il est possible de faire de la lecture son occupation préférée sans connaître rexistence de Josep Pla.Personne ne me fera croire, désormais, qu\u2019on puisse ignorer aisément son journal.Publié la première fois en 1966, Le cahier gris a été maintes fois réécrit par son auteur à partir de notes prises alors qu\u2019il avait la jeune vingtaine.Ce journal décrit la vie quotidienne, en 1918 et 1919, dans un petit village de Catalogne.Le jeune homme qu\u2019était Pla, car on ne sait jamais au fond si une considération vient ou non de l\u2019adulte qui revoit ses jeunes années ou si, au contraire, elle découle d\u2019une observation directe, connaît toute la population du petit village de Palafru-gell et n\u2019en finit pas d\u2019en souligner les traits distinctifs, les incongruités comme les sensibilités les plus profondes.Josep Pla est l\u2019un des plus illustres représentants de la littérature catalane.Son œuvre, abondante, écrite en catalan ou en espagnol, témoigne de la ferveur littéraire qui animait Barcelone au siècle dernier.Nourri par la fréquentation de Montaigne, lecteur de Proust, alors peu connu, collaborateur assidu des journaux de son époque, notre auteur apparaît surtout dans Le cahier gris comme un disciple de Stendhal.Il sait être à la fois un observateur de soi-même et du monde qui l\u2019entoure et en rendre compte d\u2019une manière qui n\u2019appartient qu\u2019à lui.Quiconque a lu les récits de voyage de l\u2019auteur de la Chartreuse, son Journal ou La vie de Henry Brulard retrouvera en parcourant les pages de ce Cahier gris le ton à la fois désinvolte et attendri qui fait le charme de l\u2019écriture stendhalienne.Pla sait voir.Il n\u2019a pas son pareil pour débusquer un secret, mettre à nu un comportement sans pour autant donner des leçons.Au contraire, il se sait vulnérable et ne rate aucune occasion de se présenter comme un être falpt, plus que timide.A propos des jeux de hasard en général et de la roulette en particulier, il écrit: «Je me suis aperçu que je n\u2019étais absolument pas fait pour mener une existence dans l\u2019univers du vice.Je ne suis pas assez sûr de moi, pas assez culotté et je ne possède pas du tout le profil.Je ne parviens pas à prendre cette vie au sérieux.» Il conclut en disant: «J\u2019aimerais bien gagner, naturellement, mais je trouve que perdre \u2014 et moi, je perds à tous les coups \u2014 fait tellement partie de la nature des choses que ça ne vaut même pas la peine de m\u2019en soucier.» Que fait le jeune Josep Pla dans son village, en plus d\u2019observer ses concitoyens, souvent plus étranges qu\u2019il ne conviendrait?Il lit ce qui se publie, évoque les ravages de la grippe espagnole, commente la fin des hostilités, se demande comment il pourra s\u2019intégrer dans le monde, lui qui n\u2019a pas encore pénétré dans la vie active.«J\u2019ai l\u2019impression que je souffre d\u2019une tendance à la plus totale passivité, plutôt qu\u2019au plus infime désir de posséder les choses de la vie.» Ainsi, cet auteur dont les œuvres complètes sont réunies en 46 volumes, et qui fait donc figure d\u2019écrivain plutôt prolixe, confesse: «Je suis absolument convaincu que je serai toute ma vie ce que les gens appellent un pauvre type.» Un pauvre type, avance-t-il en souhaitant tout normalement qu\u2019on le contredise sur-le-champ, un pauvre type qui ne croit pas au sublime des premières amours.«Les gens qui connaissent mon habituelle modestie vont sans doute être étonnés par mon audace à raconter un premier amour.Je crois, en effet, que seuls les écrivains qui possèdent une grande imagination peuvent aborder ce sujet, et moi, de l\u2019imagination, je n\u2019en ai jamais eu.» Josep Pla se fait dire par une amie : « Ta timidité est si visible que tu donnes l\u2019impression qu\u2019utiliser les jambes pour marcher est une espèce de privilège exceptionnel.» Ce à quoi il ajoute que, «comme tous les timides, je suis capable d\u2019avoir des moments de grande audace.Et ces moments de grande audace ont lieu la plupart du temps lorsque je me trouve seul, la plume à la main ».L\u2019audace ainsi évoquée, on la trouve souvent, avec des moments de poésie, d\u2019émerveillement, dans ce livre qui est de ceux qui nous accompagnent pendant des années.Observations, art de vivre, enthousiasmes refrénés ou non, notes sur le climat social, politique ou purement littéraires, confessions, on trouve tout cela dans cette œuvre plus qu\u2019attachante et d\u2019une grande richesse.LE CAHIER GRIS Josep Pla Traduit du catalan par Serge Mestre Gallimard, collection «Du monde entier» Paris, 2013, 812 pages Collaborateur Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR Depuis son premier roman paru en 1982 Chrystine Brouillet a publié pas moins d\u2019une quarantaine d\u2019ouvrages.La reine Chrystine Devenue tradition de l\u2019été, Chrystine Brouillet propose, mQC Saccages, une 15® enquête de sa détective Maud Graham FRANÇOIS LEVESQUE Dans son éden urbain, Chrystine Brouillet, la plus gourmande des écrivaines, sait recevoir.Petites bouchées et blanc bien frais, tandis que roule le magnéto.Paraît qux Editions de la Courte Echelle son nouveau roman.Saccages, un cru anniversaire tous azimuts.En effet, non seulement sa célèbre détective Maud Graham y mène-t-elle sa 15® enquête, mais elle apprivoise en plus \u2014 de mauvais gré \u2014 ses 50 ans.Et c\u2019est sans compter son jeune protégé, Maxime, qui franchit le cap de la majorité.Cette idée du temps qui passe s\u2019inscrit dans la palette des couleurs sombres du roman, mais il y a plus.«Que Maud soit parvenue à cet âge, ça la rend plus réelle pour moi», explique Chrystine Brouillet.«La voir vieillir, ne pas la figer dans le temps l\u2019espace de trois ou quatre romans, ça découle d\u2019un simple souci de vraisemblance.Mais ça implique qu\u2019inévitablement, elle unpm, bemvcouii, pm&iomément DES AQUARELLES DE MICHEL TREMBLAY AU PROFIT DE LA MAISON MARGUERITE Plus de 300 aquarelles de Michel Tremblay seront vendues en 3 temps : 11 h 30 à 18 h 30\tVENTE À PRIX FIXE ET ENCAN SILENCIEUX\tEntrée libre 17\th à 18 h 30 18\th 30 à 20 h\tCOCKTAIL-BÉNÉFICE ENCAN À LA CRIÉE\tCoût de 90 $ n ' 1 JUIN SALON URBAIN de la Place des Arts 1600, RUE ST-URBAIN MONTRÉAL maisonmarguerite.com/encan 514-932-8872 poste 103 AU PROFIT DE COMMANDITAIRES iésî/r la maison marguerite ENCADREX 5'INVESTIR POUR ELLES Depuis 35 ANS devra prendre sa retraite.» Bah ! Si Miss Marple a passé toute la fin de sa vie de vieille demoiselle à élucider crime par-dessus crime, pourquoi Maud se priverait-elle d\u2019en faire autant lorsque sera venue l\u2019heure de la pension?L\u2019éventualité provoque un fou rire chez Chrystine Brouillet.«Mes œuvres préférées d\u2019Aga-tha Christie sont celles qu\u2019elle a écrites sous le pseudonyme de Mary Westmacott.Elle laisse une place à l\u2019émotion dans ces intrigues-là.C\u2019est quelque chose qu\u2019on ne retrouve pas dans les Miss Marple et les Hercule Poirot, qu\u2019elle a signés de son vrai nom.» Vrai que Maud Graham n\u2019est pas une héroïne coupée de ses émotions.Au contraire, qui la suit depuis ses débuts sait que sa rigueur n\u2019a d\u2019égale que sa faculté d\u2019empathie.En témoigne son rapport quasi maternel avec le jeune prostitué Grégoire.Chère voisine «Les gens se sont pris d\u2019affection pour Maud dès le deuxième roman.Je me trouve très chanceuse.Au fil des ans, Maud est devenue mon amie, ma voisine.Maud n\u2019est pas mon alter ego, mais c\u2019est quelqu\u2019un que j\u2019aime beaucoup.Maud, Maxime, Gré- goire, Alain.ils me surprennent, parfois, poursuit la romancière, l\u2019air songeur.Je les côtoie depuis si longtemps.Ils ont leur vie, maintenant.Souvent, les lecteurs me demandent ce qui se passera ensuite, et je ne le sais pas.Je ne sais pas où mes personnages m\u2019entraîneront.» Confidence peu banale de la part d\u2019une au-teure qui se décrit, non sans humour, comme une «psychorigide adepte des plans de travail détaillés».De fait, elle trime dur, Chrystine Brouillet.L\u2019écriture pour elle n\u2019est pas un bonheur, mais une nécessité.Depuis son premier roman, paru en 1982, elle a publié pas moins d\u2019une quarantaine d\u2019ouvrages de littérature adulte et jeunesse, le plus souvent \u2014 mais pas que \u2014 dans le registre policier.Le surnom de «Reine du crime» est déjà pris, soit.N\u2019empêche: après quelque trente années d\u2019une activité professionnelle aussi prolifique que disciplinée, Chrystine Brouillet a plus que gagné ses galons.Et quoiqu\u2019elle se garde de les exhiber, les écrivains qui l\u2019ont suivie savent ce qu\u2019ils lui doivent.Lors de la plus récente édition des Printemps meurtriers de Knowlton, par exemple, Martin Michaud confiait que les auteurs de noirs, de policiers et de polars d\u2019ici lui sont tous redevables, puisqu\u2019au Québec, elle est celle qui a ouvert la voie.« Première dame du meurtre », ça ne sonne pas si mal, tiens.Le Devoir Chrystine Brouillet en cinq dates 1982: Son premier roman.Chère voisine, remporte le prix Robert-Cliche.1985: Chrystine Brouillet déménage à Paris où elle résidera jusqu\u2019en 1997.1987: Parution du roman Le poison dans l\u2019eau, premier volet des aventures de Maud Graham.1993: Le prix du Signet d\u2019or sacre Chrystine Brouillet romancière favorite des jeunes.Elle reçoit la même distinction l\u2019année suivante.2013: Son roman La chasse est ouverte lui vaut le prix Te-nebris du «meilleur vendeur québécois» aux Printemps meurtriers de Knowlton.vieNt De panaitRe Dossier Cap sur la décroissance Numéro 765 \u2022 juin 2013 Les auteurs sont: Yves-Marie Abraham, Alan Boccato-Franco, Catherine Caron, Andrea Levy, Louis Marion, Serge Mongeau, Éric Pineault.À lire aussi : le carnet de José Acquelin, la chronique littéraire de Virginia P.Bordeleau, le témoignage d\u2019un prêtre excommunié pour avoir soutenu l\u2019ordination des femmes, un débat sur la souveraineté alimentaire.Artiste invitée: Raphaëlle de G root Sommaire détaillé et abonnement en ligne : www.revuerelations.qc.ca 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES Un an: 40$ Deux ans: 70$ À l\u2019étranger (un an): 55 $ Étudiant: 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 $ (un an) 514-387-2541 p.226 I relations@cjf.qc.ca Relations : 25, rue jarry Ouest Montréal (Québec) H2P 1S6 EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 6,00 $ -F TAXES Oui, je désire un abonnement de.NOM _______________________ .an(s), au montant de.CODE POSTAL je paie par chèque (à l\u2019ordre de Relations) fH ou carte de crédit fH NUMERO DE LA CARTE EXPIRATION I_____I___ 725274858798 LE DEVOIR, LES SAMEDI I®^ ET DIMANCHE 2 JUIN 2013 F 5 LECTURES D\u2019ETE DANS NOS ARCHIVES L\u2019avortement hier et aiyourd\u2019hui L\u2019être humain est d\u2019abord une culture, écrivait le médecin-écrivain Jacques Ferron Le Devoir en 1973 À l\u2019occasion du décès du Henry Morgentaler survenu cette semaine, nous republions un article de l\u2019écrivain Jacques Ferron, lui aussi médecin, dans lequel il retraçait en quelques lignes, à sa façon toute personnelle, l\u2019histoire de l\u2019avortement chez nous.Son texte fut initialement publié dans Le Devoir le 12 avril 1973.A signaler aussi, dans le même souci d\u2019éclairer une époque, la biographie du Morgentaler qu\u2019avait publiée en 1992 Sylvie Halpern aux éditions du Boréal.Ce livre, comme d\u2019autres, peut être relu avec profit pour ceux qui, sous l\u2019effet de l\u2019annonce de la disparition d\u2019Henry Morgentaler, souhaitent mieux connaître l\u2019histoire de l\u2019avortement chez nous.JACQUES FERRON Vers 1830, il y eut débat au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière sur ce sujet.Le D\u2019\u2019 Labrie, qui en qvait appris la technique à Edimbourg, en était le défenseur.Cela voulait dire qu\u2019il l\u2019avait pratiquée.De quoi s\u2019agissait-il?Ni plus ni moins que de l\u2019avortement que, dans certaines circonstances, un médecin peut juger bon de pratiquer.Le Labrie ne fut pas poursuivi en justice.Sa réputation de bon médecin et de bon chrétien n\u2019eut pas à en souffrir, même si, après délibération, les clercs du séminaire se prononcèrent contre l\u2019embryotomie.Les théologiens (c\u2019est triste de mêler la théologie à ça) n\u2019ont pas toujours eu la même idée.Il fut une époque où, avant un retard de quarante jours, on ne considérait pas la vie de l\u2019embryon.Cela remonte à loin mais subsiste encore.On m\u2019a souvent demandé en disant: «Je n\u2019ai pas encore fait mes quarante jours, ce n\u2019est pas péché.» J\u2019ai pratiqué en Gaspésie et en banlieue de Montréal.En Gaspésie, les pratiques abortives se réduisaient au rognon de castor.C\u2019est une panacée d\u2019une efficacité douteuse.Je n\u2019ai pas observé Les ennuis, c\u2019est nous qui les avions, obligés d\u2019achever un avortement incomplet par un curetage distal d\u2019avortement à l\u2019exception de ceux qui surviennent naturellement entre le deuxième et le troisième mois.Par contre, j\u2019ai cru constater des cas d\u2019infanticide.Ils étaient pratiqués à la fine aiguille en travers d\u2019une fontanelle.De plus, des phrases comme celles-ci, «J\u2019en ai fait mon sa- Prr^./ crifice, je le donne à Dieu», dans le cas des enfants monstrueux, équivalaient à une condamnation, presque toujours effective.En banlieue de Montréal, les pratiques abortives étaient plus nombreuses, les unes inefficaces comme l\u2019application vétérinaire sur le nombril, l\u2019introduction vaginale d\u2019une pilule de permanganate de potasse, les autres plus sérieuses comme l\u2019introduction dans le col d\u2019une tige laminaire, dite bois d\u2019orme ou bois d\u2019homme, qu\u2019on se procurait à la pharmacie de M.pour cinq dollars.Cette tige peut valoir de quinze à vingt cents et ne saurait avoir d\u2019autre emploi qu\u2019abortif.La pharmacie de M.n\u2019a jamais eu d\u2019ennuis pour cela.Les ennuis, c\u2019est nous qui les avions, obligés d\u2019achever un avortement incomplet par un curetage digital.11 y avait aussi les faiseuses d\u2019anges.Mon métier est de remédier et non de juger.Je n\u2019ai jamais pensé à dénoncer un avortement illicite.Je n\u2019ai pas pensé non plus qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019assassinat.On a exagéré le respect dû à la vie.La masturbation était un péché pour cette raison, à cause de la semence vitale, et l\u2019on ne remarquait pas que seuls les garçons pouvaient en être coupables.Chez les filles, l\u2019orgasme ne change rien à l\u2019ovulation qui se fait d\u2019elle-même une fois par mois.De quel péché se rendaient-elles coupables en se masturbant?Je me le suis souvent demandé et j\u2019aimerais bien que le pré- Louis Cornellier est aux PUL Louis Cornellier Dans mon carquois Dernières chroniques de I ¦ f J Dans ses chroniques publiées dans rhebdo lanaudois L'Action, LOUIS CORNELLIER fait flèche de presque tout bois, dans un style alliant fougue et clarté.Louis Cornellier A plus forte hroniques -e L'Action Niv^l Presses de l\u2019Université J ^ Laval www.pulaval.com ///^ y/.fj /n//'// /iff/nofU.ù\tIf Ae/tf/re.i t/tr:, Dti/tm H C COLLECTION JFN Gravures tirées du Traité complet d\u2019accouchemens par Alf.L.M.Velpeau publié à Bruxelles en 1835.tre-médecin me le dise.Actuellement, les avortements se font sans danger.C\u2019est un progrès, il faut l\u2019admettre.Le docteur M.est-il un criminel?Moins, en tout cas, que le pharmacien M.et ses tiges laminaires vendues au comptoir, sans ordonnance.En principe, il ne faut pas s\u2019en tenir à l\u2019embryon, ni au sperme.L\u2019être humain prend vie, après le baptême, après cette acceptation nécessaire à sa formation, à son humanisation qui dure une vingtaine d\u2019années.11 n\u2019a pas de nature, il est une culture.C\u2019est ainsi qu\u2019il faut considérer le problème.Qu\u2019on lise Les enfants sauvages dans la collection 10/18 et l\u2019on cessera d\u2019écrire des déclamations sur la Vie et la Nature.Je suis en faveur d\u2019une casuistique discrète qui relègue dans l\u2019ombre un sujet intime.Le Noroît au 14; p£^TivALÀi pOtSIS ¦ Venez rencontrer des auteurs en signature : Marjolaine Deschênes, Jean-Marc Lefebvre, Jean Royer, Jonathan Charette, Catrine Godin, Jocelyne Feix,RosalieTrudel,Denise Desautels.et quelques autres ¦ Dimanche 2 juin, 14h30, lecture sous le Chapiteau, Place Géralcl-Goclin,avec : Jonathan Charette, Marjolaine Deschênes, Serge-Patrice Thibodeau, Pierre Ouellet et Normand Génois -M- DE LA TERREUR Dario de Facendis Prix International de Poésie Francophone Yvan-Goll 158 FRAGMENTS d'uN FrANCIS BaCON EXPLOSÉ Larry Tremblay FINALISTE AU PrIX DU FESTIVAL DE Poésie de Montréal Les damnés in elation nistés Judy Quin FINALISTE AU Prix Estairé Bistrot-Léméac Éditions du Noroît Événements lenoroit.com lettres québécoises REVUE fondée en 1976 La revue de l'actualité littéraire La seule revue ENTIÈREMENT consacrée a la LinÉRATURE QUÉBÉCOISE.lettres québécoises auebecoises leiLieb Roman Traduction POLAR RÉCIT Nouvelle POÉSIE Études littéraires CONTE Actualité Abonnement papier et électronique : i^w.lettresquebecoises.qc.ca f ' Suivez-nous sur Facebook F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI I®'^ ET DIMANCHE JUIN 2013 LECTURES De prose et d\u2019imagination Pour vérifier « le génie de la langue », rien de tel que de puiser à même le fonds d\u2019une réflexion durable GUYLAINE MASSOUTRE Dans son Discours sur l\u2019universalité de la langue française (1784), repris sous le bandeau provocateur de «La francophonie au XVIIL siècle » (Editions Manucius), le pamphlétaire et monarchiste Rivarol a vanté les qualités de la langue française avec panache.Désormais, c\u2019est inouï! De ses idées sur la perfection, nourries de Condillac et de Voltaire, il a tiré des principes linguistiques, sur la clarté, l\u2019ordre, la nature et la prose du français.Peu porté vers la poésie, il vante l\u2019argumentation et la langue des idées.Pour lui, politique et linguistique forment un nœud fabuleux entre histoire des hommes et universalité de la langue.Ces quelque 60 pages ont bien un air de délire supréma-ciste et un style pamphlétaire à l\u2019ancienne, pétri d\u2019académisme.Mais certains passages enchantent: «La langue française est de toutes les langues celle qui exprime avec le plus de facilité, de netteté, et de délicatesse, tous les objets de la conversation des honnêtes gens; et par là, elle contribue dans toute l\u2019Europe à un des plus grands agréments de la vie».Séduisante, quand même, Y «éternelle alliance de la parole et de la pensée» ! Des femmes et des enfants Ladivine, de Marie NDiaye, aurait été inconcevable pour un Rivarol.D\u2019une lecture aisée, heureuse, ses 400 pages s\u2019étalent d\u2019un rythme lent.Si la critique française l\u2019a boudée, les lecteurs la suivent volontiers.Certes, son histoire, peu spectaculaire et mélancolique, ressemble aux précédentes de NDiaye.On y suit le destin d\u2019une mère et d\u2019une fille sans père dans une banlieue bordelaise, femmes discrètes et attachantes, modestes, qui rêvent leur vie et trichent THOMAS SAMSON AGENCE ERANCE-PRESSE Paul Auster comme elles peuvent avec le quotidien.Ladivine est femme de ménage.Sa fille, Malinka, fait les marchés.Honteuse de ses origines, elle a changé de nom pour Clarisse, voulant secouer son destin.Sa fille, prénommée aussi Ladivine, mènera sa vie d\u2019adulte en Allemagne.NDiaye joue sur trois générations de logique et de choix, cahin-caha.Comme souvent, sa fin est étrange.Sachez qu\u2019elle tricote la vérité sociale et la fiction et qu\u2019elle transforme toujours l\u2019angoisse intarissable en une étrangeté acceptable pour chacun.Autre esprit décalé avec Liberté dans la montagne (Corti), un premier roman singulier, à l\u2019écriture très investie.Son auteur, Marc Graciano, donne 300 pages, imprimées serré, de la vie mythique des montagnards.La nature y est dure, et les peurs nocturnes étendent leurs tentacules.Il y a de quoi lire.L\u2019histoire est celle d\u2019un vieil homme qui marche avec une très jeune enfant, juchée sur un animal.Le long d\u2019une rivière, il parle.Ce conte pour adultes donne un livre de sensations géographiques, nomade, aux lourds adjectifs chargés d\u2019émotions.Les mots rares évoquent un monde perdu, imagé, musical, matriciel.Tout aurait surgi des yeux d\u2019un cerf et d\u2019une biche, stoppés devant Graciano alors qu\u2019ils fuyaient des chasseurs.Le roman est né de cette cruauté.La rivière suit le fil d\u2019une initiation qui conduit les personnages, anachroniques, vers des épreuves de vie et de mort.Infirmier psychiatrique auprès d\u2019adolescents, Graciano a choisi d\u2019écrire sa tendresse dans un monde brutal, où un veilleur bourru prend en charge, à sa manière, l\u2019enfant qu\u2019il aime et qui ne parle pas.Troublant.Loin du malheur Deux ouvrages plus légers, maintenant.D\u2019Alain Rémond, écrivain et journaliste, l\u2019autobiographie Tout ce qui reste de nos vies (Seuil) évoque la famille d\u2019un cantonnier breton, père de dix enfants.Dans les années cinquante, il n\u2019y a ni eau courante ni confort, mais le milieu est sain: heureux, fiers et solidaires, les villageois s\u2019appuient sur les rites et sur la langue.L\u2019autre est signé Yanick La-hens, romancière haïtienne.il JOEL SAGET AGENCE ERANCE-PRESSE David Foenkinos Avec Guillaume et Nathalie (Sabine Wespieser), roman d\u2019un amour sis à Port-au-Prince en 2009, juste avant le grand séisme destructeur, on côtoie l\u2019humanité passionnée.Guillaume a laissé une famille au Québec pour vivre cette passion torride qui lui fait aimer Nathalie, quand rien ne prédisait l\u2019attirance des corps.D\u2019autres, encore?Le prix Inter, qui sera décerné lundi, a sélectionné Olivier Adam, Les lisières (Flammarion) ; Emma-nuèle Bernheim, Tout s\u2019est bien passé (Gallimard) ; Julia Deck, Viviane Elisabeth Eauvïlle (Minuit) ; Cécile Guilbert, Réanimation (Grasset) ; Christian Oster, En ville (L\u2019Olivier) ; Yves Ravey, Un notaire peu ordinaire (Minuit) ; Yasmina Reza, Heureux les heureux (Flammarion) ; Tanguy Viel, La disparition de Jim Sullivan (Minuit) ; Alice Zeniter, Sombre dimanche (Albin Michel).On ne se trompera pas davantage avec Claude Pujade- i Marie NDiaye Renaud, Dans l\u2019ombre de la lumière (Actes Sud) ; Alice Fer-ney.Cherchez la femme (Actes Sud) ; Andreï Makine, Une femme aimée (Le Seuil) ; David Foenkinos,/g vais mieux (Galli- BERTRAND GUAY AGENCE ERANCE-PRESSE mard) ; enfin, le délicieux Brooklynien Paul Auster, Chronique d\u2019hiver (Actes Sud).Collaboratrice Le Devoir Lumineux hymne à la vie SUZANNE GIGUERE Profanes, le dernier roman de Jeanne Benameur aurait pu n\u2019être qu\u2019une histoire crépusculaire.Il devient par la grâce de l\u2019écriture un lumineux hymne à la vie.Deux questions traversent ce roman.Comment enterre-t-on les regrets et les rernords une fois pour toutes?A quoi arrime-t-on sa vie pour avancer jour après jour ?La route que choisit Octave Lassalle, c\u2019est les autres.Cela fait quarante ans, et la douleur vibre encore.Tout ce temps Octave La-salle, ancien cardiologue âgé de 90 ans, a marché sur des ruines.Faute d\u2019avoir pu sauver sa fille après un accident de la route, c\u2019est pour tenter de sauver sa propre vie (il ne le sait pas encore), chasser les fantômes qui le hantent et, qui sait, cicatriser l\u2019ancienne douleur qu\u2019il recrute avec soin quatre personnes pour l\u2019accompagner jusqu\u2019au bout.Trois femmes et un homme.Il a flairé chez chacun le terreau d\u2019une his- Faites imprimer votre propre livre Votre roman, votre récit, vos souvenirs.25 copies, 500 copies, une seule copie.C'est vous qui décidez.Qualité librairie bouquinplus Service de livre à la demande Pierre Larochelle plarochelle@bouquinplus.com 514 277-6022 poste 231 toire, senti une fragilité, une blessure ancienne encore â vif.Il a reconnu, comme chez lui, leur absence de foi, un rejet des dogmes et de l\u2019irrationnel et en même temps un doute profond et tenace.Marc (traumatisé par des souvenirs de guerre en Afrique) prend soin du vieil homme et du jardin.Hélène, peintre (hantée par une histoire d\u2019amour perdu), lit les journaux.Elle est aussi chargée de faire le portrait de sa fille â la manière des portraits funéraires gréco-égyptien du Fayoum, d\u2019un naturalisme incroyable, l\u2019expression même de la vie.Yolande (en déficit d\u2019amour paternel) prépare les repas.Béatrice, étudiante-infirmière (inconsolée depuis la disparition de son frère aîné) veille sur le sommeil d\u2019Octave.Des liens se tissent progressivement au sein du quintette.En frottant leurs vies aussi imparfaites et trébuchantes les unes contre les autres, ils vont trouver ensemble l\u2019élan nécessaire pour se reconstruire, retrouver peu â peu foi en l\u2019être humain, continuer.Sombre et lumineux, fin et profond, empreint de vie (amour et sexualité) et de mort.Profanes plaide pour la seule foi qui vaille, celle de l\u2019homme en l\u2019homme.Il célèbre la vie dans tous ses instants.«Est-ce que la vie n\u2019est Pourquoi se contenter d'un seul livre?E E À l'achat de trois livres, obtenez.de rabais sur le U' livre * 10% de rabais pas la seule louve à faire entrer dans la bergerie» ?Tout en douceur, pu- ___________ dique et intime, feutré, le roman se hisse â un niveau de perfection du langage et de l\u2019écriture, porté par une langue économe, sensuelle, suggestive et une écriture, puissante, évocatrice, elliptique.Il est de ces livres qui nous traversent et nous transportent par ses phrases qui semblent écrites __________ pour nous.On n\u2019a qu\u2019une envie : tourner les pages lentement, s\u2019imprégner des mots, accueillir la musique: «Les mots de l\u2019amour, il faudrait se contenter de les dire au-dessus de l\u2019eau qui coule, dans le vent au bord de la mer.Qu\u2019ils ___________ soient portés loin.L\u2019amour, on ne devrait jamais l\u2019enfermer, ni dans les bouches, ni dans les coeurs.C\u2019est trop vaste.» d Jeanne Benameur vit au bord de l\u2019Atlantique.Elle est l\u2019auteure de magnifiques romans (Les demeurées, Les insurrections singulières).Profanes a reçu Le Grand Prix RTL-Lire 2013.Collaboratrice Le Devoir PROFANES Jeanne Benameur Actes Sud/Leméac Montréal, 2013, 288 pages Jeanne Benameur Profanes 15% 20% de rabais sur le 2® livre de rabais sur le 3'= livre =^E Offre en vigueur jusqu'au 30 juin 2013 7/ le Parchemin DEPUIS 19\t6\t6 Sur les traces de Joseph Venne I Architecte, 1858-1925 V.Métro Berri-UQAM, 505, rue Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) Tél.: 514 845-5243 www.parchemin.ca ) SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC 6 LE DEVOIR LES SAMEDI I®'^ ET DIMANCHE JUIN 2013 F 7 LECTURES D\u2019ETE La Vitrine BANDE DESSINEE LE DÉCALAGE Marc-Antoine Mathieu Delcourt Bruxelles, 2013, 48 pages Pas que ce soit un préjugé, mais.une bande dessinée qui commence brutalement par la page 7 imprimée sans autre préavis en page couverture, ça n\u2019annonce forcément rien de très banal, ni de très recommandable pour les esprits obtus, ou un peu trop rationnels, d\u2019ailleurs.Quand on regarde le nom de l\u2019auteur imprimé sur le bandeau rouge \u2014 bandeau incontournable dans le contexte pour situer un peu l\u2019objet \u2014, on comprend un peu : Marc-Antoine Mathieu, génie de la déconstruction narrative, jongleur de codes, détourneur de lignes, à des fins tant ludiques que réflexives, père de Dieu en personne ou de 3 secondes, signe ici une autre de ces expérimentations bédéesque.Et le lecteur (non plus que la lectrice) ne va certainement pas en sortir indemne.On est dans le tome VI des aventures de Julius Corentin Acquefacques.Le début n\u2019est pas là où on l\u2019attend, quoi que.Un héros, emporté par un lit, va devoir retrouver le fil de son histoire, donnant du coup dans ce vide un espace de résonance idéal pour les applaudissements que l\u2019intelligence de ce récit fait forcément naître.Fabien Deglise BANDE DESSINEE TERRE SANS DIEUX Tome i : L\u2019éveil du eléau Stéphanie Leduc Premières lignes Gatineau, 2013, 64 pages À condition d\u2019y croire, il paraît que c\u2019est ce qui arrive.Quand les dieux décident d\u2019aller voir ailleurs si les croyances leur sont plus favorables, tout finit par mal tourner: le climat se dérègle, les sources se tarissent, l\u2019angoisse et l\u2019incertitude s\u2019installent, forçant du coup quelques courageux à prendre le destin de l\u2019humanité en main, pour éviter le pire.C\u2019est en tout cas ce qui va guider les pas de Jaspe et sa sœur Self, partis à la recherche d\u2019une solution, mais aussi donner corps à ce récit de science-fiction en images où légendes, mythologies, foi, questionnements existentiels, troublante intensité et histoire qui fleure bon celles que l\u2019on s\u2019invente à l\u2019adolescence se mélangent de manière un peu lourde autour d\u2019un coup de crayon particulièrement maîtrisé.Avec sa forme qui prend rapidement le dessus sur le fond, cet Éveil du fléau, première création de Stéphanie Leduc, ne peut donc que dévoiler un tout en déséquilibre, à l\u2019image de ce monde désolé et en quête de sens.Fabien Deglise LES PRIImÏNELRS ^ DU TEMPS BANDE DESSINEE LES PROMENEURS DU TEMPS Tome 2 : L\u2019arcane sans nom Viale et Dorange Morlanwelz, 2013, 56 pages C\u2019est un peu comme un épisode de la série Les rescapçs, celle qui a montré la plastique de Roy Dupuis sur la télé d\u2019État, mais qui se jouerait à Paris, en 1901, bien avant l\u2019invention de la preuve ADN.On se souvient du tome 1 : le commissaire Ambroise Clé, pensif dans un parc, rêve d\u2019un siècle nouveau où la science combattrait l\u2019obscurantisme.Avec l\u2019apparition d\u2019un curieux Anglais capable de lire le futur, il va plutôt se retrouver au cœur d\u2019une enquête improbable à travers les époques à la recherche d\u2019un «zouave inspiré par H.G.Wells» qui s\u2019amuse à «explorer le temps en commettant des meurtres en série».Avec un compas, qui plus est.Étrange.Dans ce deuxième épisode, l\u2019intrigue s\u2019épaissit un peu plus, en jouant à nouveau des questions de paradoxe, surtout quand ils s\u2019incarnent ou quand est évoqué le théorème d\u2019incomplétude de Gôdel.Le criminel, lui, court toujours, à l\u2019image de l\u2019intelligence et de l\u2019audace marquant cette trame narrative soutenue par un graphisme élégant.Charmant.Fabien Deglise PRATIQUE PETIT MANUEL DU TRAVAIL AUTONOME Conseils et témoignages Martine Letarte et Judith Lussier Éditions La Presse Montréal, 2013,199 pages Ah, cette bibitte qu\u2019est le travailleur autonome ! L\u2019horaire de sa journée est toujours un peu flou pour les salariés, quand il ne les rend pas tout simplement jaloux.Parmi tous les travailleurs québécois, ils sont 14% à bosser à leur compte, et ils ne le font pas nécessairement en attendant mieux.Écrit par deux journalistes à la pige, le Petit manuel du travail autonome est un livre concis et accessible pour outiller le futur travailleur autonome.Les auteures ont interrogé des gens œuvrant dans plusieurs secteurs d\u2019emploi (l\u2019immobilier et la nutrition autant que la photographie), ce qui leur permet d\u2019atteindre une large cible.Ées chapitres explorent la réalité de l\u2019autonomie et déboulonnent les mythes, pèsent les avantages et les inconvénients et fourguent plusieurs conseils fort pratiques pour aider ce travailleur à s\u2019organiser, à faire des contacts, à décrocher et.à se discipliner, chose difficile quand la pause-café se prend, en un clic, sur les réseaux sociaux.Un document bien fait, qui est aussi pertinent pour ceux qui seraient tentés par le travail autonome que pour ceux qui l\u2019ont déjà adopté.Émilie Folie-Boivin Pour un été reggae, laïque et cultivé Les choix de Louis Cornellier A> n LOUIS CORNELLIER T ^ soleil descend sur la l^montagne/Tu rêves dans les bras de ta compagne/Tout l\u2019monde a un smile de Ja-maïque/Ya queq\u2019chose de pas catholique/Ça doit être ça le nir-vâna/Ou quelque chose qui ressemble à ça», chante Lucien Francœur dans L\u2019êtê reggae.Pour agrémenter votre été, reggae ou pas, la biographie de l\u2019artiste que signe Charles Messier est toute désignée.Dans Francœur, le rockeur sanctifié (VÉB, 2013), le poète témoigne sans pudeur de son parcours agité.Le personnage a ses travers et ses contradictions, mais il demeure une captivante figure culturelle du Québec moderne.Pour bien vous préparer au débat qui aura lieu, l\u2019automne prochain, autour de la Charte des valeurs québécoises que compte présenter le gouvernement péquiste, deux essais récents s\u2019imposent.Dans Québec cherche Québécois pour relation à long terme et plus (Stanké, 2013), Tania Longpré, jeune enseignante en francisation des immigrants à Montréal, plaide pour une meilleure intégration des nouveaux arrivants au «nous» québécois.Elle rappelle la nécessité de programmes de francisation solides et bien financés et propose un modèle plus nationaliste, c\u2019est-à-dire une francisation qui s\u2019accompagne d\u2019une introduction aux codes culturels québécois.Nous avons, écrit-elle, un devoir d\u2019accueil auquel doit répondre une réelle volonté d\u2019intégration.Dans Des femmes au prin- RGUMEPiT Sous peine ^'être .ignorant iAJ temps (VLB, 2012), Djemila Benhabib, la pasionaria de la laïcité, raconte avec fougue et style l\u2019engagement des femmes et des démocrates tunisiens et égyptiens en ce sens et redit l\u2019urgence de ce combat universel pour permettre l\u2019émancipation des femmes.Sans la culture, l\u2019émancipation n\u2019est qu\u2019une fausse liberté qui nous enferme dans le nombrilisme et nous laisse démunis devant l\u2019impérialisme commercial.Ignorant, on peut se croire libre, mais on ne l\u2019est pas.C\u2019est ce que disent, avec raison, les 25 spécialistes réunis dans Sous peine d\u2019être ignorant, l\u2019excellent numéro spécial de la revue Argument paru l\u2019automne dernier.Riche présentation de «la culture générale en vingt-cinq essentiels», ce numéro, plus classique que reggae, mais pas moins entraînant pour autant, mettra de la substance dans votre été.Vous devez, enfin, absolument trouver quelques heures pour partager le tragique désarroi de Claude Jasmin, magnifiquement relaté dans Anita, une fille numérotée (XYZ, 2013), un bouleversant récit à teneur autobiographique.Le romancier, dont la ferveur est légendaire, a follement aimé une camarade de classe d\u2019origine juive.La passion, ressuscitée dans cet ouvrage avec une troublante maestria, a mal tourné.L\u2019aveu du romancier, 65 ans plus tard, prend la forme d\u2019un chef-d\u2019œuvre.C\u2019est trop rare pour qu\u2019on s\u2019en prive.Collaborateur Le Devoir MARIE-HELENE POITRAS LE DEVOIR Claude Jasmin est l\u2019auteur d\u2019Anita, une fille numérotée, un bouleversant récit à teneur autobiographique.- 1,\tl'd 1\t\u2018 ;\t' ''ù\t i- T 'LL P\t- -\t \t' ¦ ''ùl , PEDRO RUIZ LE DEVOIR Djemila Benhabib raconte l\u2019engagement des femmes et des démocrates tunisiens et égyptiens dans Des femmes au printemps.Photo: Louise Naubert Collection «Fugues/Paroles», poésie 104 pages \u2022 prix: 13,95$ ISBN 978-2-923274-96-6 Comment on dit ca, «t'es mort», en anglais?de Claude Guilmain est finaliste! Les Éditions L\u2019Interligne sontfières d\u2019annoncer que le recueil de poésie Comment on dit ça, « t\u2019es mort», en anglais ?de Claude Guilmain est finaliste au prix Trillium 2013 ! Les Editions LT NTERLIGNE Fondation wanauiciii i ai.\tiriLlIUlll\t^ ^ Heritage canadien Foundation\tl'Ontario 1^1 Canadian Patrimoine Trillium a.^ Trillium Canada Conseil des Arts du Canada ^RECF (ma ONTARIO ARTS COUNCIL I _ CONSEIL DES ARTS DE L'ONTARIO] F 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 1®^ ET DIMANCHE JUIN 2013 LECTURES D\u2019ETE Découvrir les plaisirs de la culture scientifique Louis CORNELLIER a culture scientifique constitue un ghetto au sein de la culture», écrivait le regretté Fernand Seguin dans Le cristal et la chimère (en réédition chez Libre Expression, 2003).«La science, continuait-il, est perçue non pas comme une aventure excitante de l\u2019esprit humain, mais comme une activité confidentielle, réservée à quelques cerveaux supérieurs, dont on espère l\u2019amélioration de notre condition en même temps qu\u2019on en redoute les conséquences sournoises.» Pour briser cette indifférence du public à l\u2019égard de la science.Seguin suggérait aux scientifiques «de commencer par manifester eux-mêmes le plaisir qu\u2019ils éprouvent de participer à la grande aventure scientifique de notre siècle», car «si la science doit passionner le public, il faudrait que ceux qui la font soient eux-mêmes passionnés».Or, dans les faits, passionnés, ils le sont souvent, mais, pour toutes sortes de raisons, ils n\u2019arrivent pas à rendre cette passion contagieuse.Dans Impasciences (Points, 2003), le physicien Jean-Marc Lévy-Leblond, défenseur de la «mise en culture des sciences», propose quelques pistes susceptibles de donner le goût de la culture scientifique.Il plaide notamment pour un enseignement des sciences conçu pour ceux qui «n\u2019en feront pas», mais qui gagneraient à les connaître.La science.écrit-il, doit entretenir sa culture propre et le système scolaire devrait intégrer « à l\u2019enseignement des disciplines scientifiques leur histoire, leur philosophie, et même leur économie et leur sociologie».Comme l\u2019écrivent les membres du groupe de réflexion français Traces, dans Les scientifiques jouent-ils aux dés ?(Le Cavalier bleu, 2011), «la culture scientifique n\u2019est pas la science», mais cette attitude qui consiste «à faire des connaissances scientifiques l\u2019un des éléments qui structurent notre rapport au monde».Le rôle des médias De nos jours, paradoxalement, la science jouit d\u2019une grande autorité, mais la culture scientifique demeure une denrée plus que rare.«Aujourd\u2019hui, notent les membres du groupe Traces, dans la plupart des pays du monde, on peut devenir biologiste, ou ingénieur, ou géologue, sans avoir la moindre notion d\u2019épistémologie et en ignorant complètement l\u2019histoire de sa propre discipline.» Imaginez, alors, l\u2019état de la culture scientifique des autres ! L\u2019école, les cégeps et les universités ont donc un rôle à jouer pour corriger cette déplorable situation et doivent être appuyés, dans cette mission, par les médias.Or, ces derniers ne sont pas toujours au rendez-vous.«Depuis les années 1970, rapporte Pascal Lapointe, de l\u2019Agence Science-Presse, les études québécoises, canadiennes et américaines situent l\u2019espace rédactionnel que les journaux allouent à la science entre 4 et 7% \u2014 suivant que l\u2019on inclut ou non la santé, la technçlogie et l\u2019environnement.» A la télé, c\u2019est pire : «Pour cinq heures sur les chaînes télévisées d\u2019information continue, vous auriez droit en moyenne à.une minute de science!» Y a-t-il malgré tout de l\u2019espoir?Oui, répond Lapointe, et il se situe peut-être sur la Toile, qui a vu naître, ces dernières années, une commu- FRANK PERRY AGENCE FRANCE PRESSE nauté de blogueurs scientifiques vigoureux, hyperactifs et souvent rigoureux, un groupe composé de journalistes scientifiques, d\u2019étudiants et de professeurs en science et de scientifiques reconnus.C\u2019est pour témoigner de ce réjouissant foisonnement que l\u2019Agence Science-Presse, qui fêtera ses 35 ans en novembre prochain, a organisé, en collaboration avec l\u2019organisme français Le Café des sciences, un concours des meilleurs textes publiés sur des blogues de science en français en 2012.Les organisateurs ont reçu 169 billets, rédigés par 98 blogueurs.Ils ont finalement retenu 80 billets, rédigés par 68 auteurs \u2014\t47 hommes et 21 femmes \u2014\tprovenant de sept pays, pour composer Les meilleurs blogues de science en français.Sélection 2013, un dynamique et passionnant recueil qui est une fête de la culture scientifique.Les auteurs choisis y traitent autant des liens entre science et société que des controverses scientifiques et de la science citoyenne, ainsi que d\u2019une foule d\u2019enjeux scientifiques précis (santé, physique, mathématiques et langue).Des Québécois en vedette Plusieurs blogueurs québécois ont été retenus.C\u2019est le cas, notamment, de l\u2019excellente Valérie Borde, du magazine L\u2019actualité, qui revient dans ces pages sur les craintes, à son avis injustifiées, liées aux «compteurs intelligents» d\u2019Hy-dro-Québec et sur l\u2019éclosion de légionellose à Québec, en 2012.C\u2019est le cas, aussi, de Jean-François Cliche, du Soleil, qui relativise les dangers pour la santé attribués à la centrale Gentilly-2 et qui dénonce la propagande des « antiréchauf-fistes» dans l\u2019affaire du Clima-tegate.Un texte de Karel May-rand, de la Fondation David Suzuki, vient rappeler à Stephen Harper, chantre de l\u2019identité canadienne, que nos hivers rigoureux font partie de cette identité et sont menacés par la politique énergétique conservatrice.Directeur de ce collectif, Pascal Lapointe y signe un texte qui conteste la méthode du chercheur Séra-lini dans son étude anti-OGM.La linguiste Anne-Marie Beaudoin-Bégin, pour sa part, explique avec brio les concepts de variétés et de registres en français.Tous ces auteurs ont des blogues facilement accessibles.S\u2019il fallait déterminer un gagnant de ce concours, je choisirais le journaliste français Pierre Barthélémy, du journal Le Monde.Brillant et drôle, il illustre les liens qui existent entre les tenants des théories du complot et le rejet de la science et raconte «l\u2019exposé le plus sexy de toute l\u2019histoire des sciences», c\u2019est-à-dire la conférence strip-tease, en 1983, du chercheur britannique Giles Brindley, portant sur la dysfonction érectile.«Alors que l\u2019on vit dans la société la plus technologique et scientifique de l\u2019Histoire, écrit l\u2019astrophysicien Yvan Dutil dans un texte où il plaide pour l\u2019engagement politique des scientifiques, cela n\u2019a, au final, que très peu d\u2019impact dans le débat public, les opinions ayant plus de valeur que les faits.Dans mon esprit, il s\u2019agit là d\u2019une situation extrêmement dangereuse qu\u2019il faut combattre à tout prix.» Lire ce livre pourrait être un premier pas en ce sens.louisco@sympatico.ca LES MEILLEURS BLOGUES DE SCIENCE EN FRANÇAIS SELECTION 2013 Sous la direction de Pascal Lapointe Multimondes Québec, 2013, 412 pages La petite violence née de la grande MICHEL LAPIERRE La conscience myope réprouve la violence politique en occultant sa complexité.Elle oublie que la violence étatique provoque la violence citoyenne et que les deux s\u2019opposent l\u2019une à l\u2019autre.Mais Guy Rocher éclaire à merveille l\u2019ouvrage collectif Violences politiques en sachant distinguer la conviction du droit officiel et de la raison du plus fort.C\u2019est après le choc de ces trois points que l\u2019on approche d\u2019une vérité : la vérité humaine.Dans le livre publié sous leur direction, Ivan Carel, Robert Comeau et Jean-Philippe Warren ont bien fait de mettre le texte de Rocher au début.Il sert de clé pour pénétrer, dans toute leur profondeur, les différents thèmes qu\u2019abordent les 12 autres collaborateurs en scrutant les Amériques et l\u2019Europe, entre 1960 et 1979.Rocher souligne que l\u2019interprétation, la légitimation ou la condamnation de la violence dépendent souvent de la position sociale qu\u2019occupent ceux qui jugent.Le sociologue émérite l\u2019illustre par deux événements québécois qu\u2019il a vécus à titre d\u2019intellectuel engagé: la grève d\u2019Asbestos en 1949 et la Crise d\u2019octobre 1970.«Gérard Pelletier, fean Marchand et Pierre Elliott Trudeau étaient solidaires de la grève illégale de l\u2019amiante, au nom de la justice, rappelle-t-il, et l\u2019avocat qui a défendu les grévistes au criminel n\u2019était nul autre que.fean Drapeau.Or, en 1970, on les retrouve tous de l\u2019autre côté.» Ayant alors accédé au pouvoir, ces gens favorisent les mesures de guerre, la suspension des libertés civiles dans tout le Canada pour mater une poignée de terroristes de la région montréalaise, presque des amateurs.Rocher est en droit de conclure de manière percutante : « Cela fait partie de la tragédie de notre destinée québécoise.» A la légitimité juridique sur laquelle s\u2019appuie l\u2019État et à la légitimité d\u2019une cause juste qui inspire les activistes, il ajoute la légitimité du succès découlant de la loi de la jungle.Cette dernière légitimité sert en général aux puissants qui se cachent derrière le prestige populaire de l\u2019État de droit.Les milieux dominants agissent avec tant d\u2019astuce, explique Bernard Dagenais, un autre collaborateur, qu\u2019ils voilent le constat moral selon lequel «c\u2019est l\u2019injustice qui engendre la violence».De son côté, Ivan Carel traite de Pierre Vallières, penseur de la violence révolutionnaire québécoise qui comprit tellement qu\u2019elle n\u2019était qu\u2019une résistance spontanée, passagère, à l\u2019agression par l\u2019ordre établi qu\u2019il finit par choisir une contestation non violente et mystique du système, aussi permanente et totale que celui-ci.La résistance violente des faibles contre la sourde attaque des dominants, Robert Comeau la retrouve dans l\u2019extrême gauche afro-américaine, Ma-ritza Felices-Luna, dans le Sentier lumineux du Pérou métis et André Poulin, dans TIRA «provisoire» d\u2019Irlande du Nord.Partout, la révolte désespérée se heurte au système et à sa force implacable.Collaborateur Le Devoir VIOLENCES POLITIQUES Collectif Lux Montréal, 2013 336 pages La sociologie des sciences Souvent considérée, dans l\u2019opinion populaire, comme l\u2019affaire de quelques génies un peu fous qui explorent la matière en solitaires, la science est pourtant une réalité sociale inséparable des contextes politique, économique et culturel dans lesquels elle se déroule.Dans cet ouvrage de la collection « Que sais-je ?», l\u2019historien québécois des sciences Yves Gingras présente, de savante façon, les «différents facteurs sociaux ayant contribué au développe- a ment et aux transformations des sciences depuis le XVIL siècle».Tour d\u2019horizon des fondements socioculturels des sciences (dans leurs rapports avec la religion, la démocratie et les valeurs culturelles), des institutions liées à la science, de la science comme institution et du débat concernant la validité des contenus de la science, ce substantiel petit ouvrage s\u2019adresse à un public averti.Louis Cornellier SOCIOLOGIE DES SCIENCES Yves Gingras PUF Paris, 2013, 128 pages BERNARD ANDRES Prix Gabrielle-Roy 2012 Les PUL félicitent chaleureusement Bernard Andrés, récipiendaire du Prix GabrieUe-Roy 2012 pour son ouvrage Histoires littéraires des Canadiens au XVIir siècle HISTOIRES LITTÉRAIRES DES CANADIENS AU XVIIP SIÈCLE Bernard Andres Presses de l\u2019Université Www.pulaval Censure à La Hune La Hune, librairie phare du Paris intellectuel, se trouve sous les projecteurs.En période de tension autour du mariage gai, la direction vient d\u2019annuler une séance de dédicaces de Charb, directeur de l\u2019hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.Dans sa nouvelle BD, Maurice et Patapon, chien et chat ^ossiers, s\u2019épousent La direction de La Hune craindrait des «incidents» en lien avec la question du mariage pour tous.Furieux, Charb écrit: «Si ce libraire craint que Maurice et Patapon ne représentent une provocation pour les homophobes, on imagine ce qu\u2019il aurait dit à Oscar Wilde pour annuler sa venue.» Le Devoir usfim Poesie (U DU 27 MAi AU 02 JUIN Félicitations au lauréat du Prix Festival de la poésie de Montréal 2013 Marcel Labine pour LE TOMBEAU OÙ NOUS COURONS paru aux éditions Les Herbes rouges La cérémonie de dévoilement du nom du lauréat a eu lieu le 30 mai sur la scène du chapiteau du marché de la poésie à la place Gérald-Godin.Le Prix est rendu possible grâce au soutien de la Caisse Desjardins de la culture.Un partenariat avec l'Association des libraires du Québec (ALQ) participe de la promotion du Prix.Vous pouvez vous procurer l'œuvre du lauréat au MARCHE DE LA POESIE 80 éditeurs représentés au marché, lectures en musique, table ronde ^ place Gérald-Godm (© Mont-Royal) Samedi iihso à 2oh et dimanche iihso à T/h Entrée libre MAISONdela P©ESIE deMontréal Québec «H M caisse culture '^ALQ l^l canadien Heritage i Le Devoir I^RECF Montréal s RE "]
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