Le devoir, 15 juin 2013, Cahier F
[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2013 dans un verre de lait Faut-il consommer autant de produits laitiers?ELIANE BRISEBOIS LE DEVOIR LOUIS CORNELLIER \\ la faveur d\u2019une montée A en popularité du végétalisme, la consommation humaine de lait de vache se retrouve sur la sellette depuis quelques années.On l\u2019accuse, en certains milieux, d\u2019être toxique pour la santé et de contribuer à la souffrance animale.Les partisans du véganisme, ce «mode de vie qui cherche à exclure, autant que possible, toute forme d\u2019exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s\u2019habiller, ou pour tout autre but», sont les chefs de file de cette nouvelle croisade éthico-alimentaire.L\u2019essayiste Elise Desaulniers s\u2019inscrit dans ce courant en affirmant que «lutter contre le carnisme devrait être vu comme une tâche aussi importante que lutter contre le racisme ou le sexisme».Déjà auteure de Je mange avec ma tête (Stanké, 2011), un premier essai sur ces questions, elle publie cette année Vache à lait.Dix mythes de l\u2019industrie laitière, un essai plus spécifiquement consacré à la face sombre de la célébré boisson blanche.Sa charge contre le lait, puisqu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019une attaque, même si elle est formulée sans agressivité, se résume à trois thèses principales : la consommation de lait de vache est non nécessaire, voire toxique, pour la santé humaine, elle est nuisible à l\u2019environnement et elle est non éthique puisqu\u2019elle entraîne la souffrance animale.Une vive controverse La thèse selon laquelle le lait de vache pourrait nuire à la santé humaine est la plus faible de cet essai.Elle est actuellement l\u2019objet d\u2019une vive controverse.Dans son récent Échec au cancer.Guide des aliments protecteurs (PUL, 2013), la spécialiste en nutrition Lyse Ge- La thèse selon laquelle le lait de vache pourrait nuire à la santé humaine est la plus faible de cet essai nest la conteste avec force.Si elle reconnaît que le lait et la prostate ne font pas nécessairement bon ménage (une grande consommation de produits laitiers pourrait augmenter les risques de contracter un cancer de la prostate), Ge-nest présente tout de même le lait comme «un aliment parfait» et comme «l\u2019aliment le plus complet».Elle fait même du lait et des produits laitiers «le principal groupe d\u2019un régime alimentaire équilibré », notamment pour ce qui est de l\u2019apport en calcium.Desaulniers n\u2019est pas d\u2019accord.Elle rappelle, d\u2019abord, que les humains n\u2019ont pas toujours bu du lait de vache, que notre goût pour ce lait est plus culturel que naturel et que 75% des humains n\u2019en boivent pas (un chiffre contesté).Même si elle remet en question le lien entre la consommation de lait et la santé osseuse, elle reconnaît que nous avons besoin de calcium et de vitamine D, maïs elle ajoute tout de suite qu\u2019on peut trouver ces éléments ailleurs que dans le lait, en évitant les substances toxiques présentes dans ce dernier (hormones naturelles produites par les grossesses forcées des vaches, allergènes, gras saturés, pesticides et même une sorte de morphine).Le lait, suggère Desaulniers, serait lié à l\u2019acné et à divers cancers.Toxique, le lait?Ce point de vue s\u2019appuie sur certaines études scientifiques, maïs semble surtout déterminé par l\u2019Idéologie véganîste.Dans les milieux scientifiques non ouvertement militants, il est réfuté.Dans leur récent ouvrage Les carottes rendent-elles aimables ?(Le livre de poche, 2013), les nutritionnistes français Anne-Marie Adine et Jean-Paul Blanc affirment que le lien établi entre le lait et certains cancers est «une idée fausse véhiculée par quelques gourous pseudo-scientifiques, voire dangereuse, et parti- JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019idéologie véganiste prône im mode de vie qui cherche à exclure toute forme de cruauté ou d\u2019exploitation envers les animaux.culièrement importante à battre en brèche.[.] On ne peut en aucun cas mettre en accusation le lait et les produits laitiers en termes de risque de cancer.» Le médecin et biochimiste français Jean-Marie Bourre, auteur de Le lait.Vrais et faux dangers (Odile Jacob, 2010), réduit le discours sur les dangers du lait à des «affabulations» et affirme qf«il est beaucoup plus dangereux pour la santé de supprimer les produits laitiers que d\u2019en consommer».Mentionnons au passage que, dans les milieux véga-nistes.Bourre passe pour un anté- christ et est accusé de tous les torts.Desaulniers, au sujet de l\u2019autorité des spécialistes, note qu\u2019il est sain d\u2019entretenir un doute quant aux études (et aux guides alimentaires nationaux) qui vantent les vertus du lait, étant donné que leurs auteurs, c\u2019est un fait, sont souvent financés par l\u2019industrie laitière.On peut au moins conclure, pour le moment, que si les vertus du lait pour la santé humaine sont avérées, la preuve de sa toxicité reste à faire.VOIR PAGE F 2 : LAIT Annie Butor raconte une partie de sa vie avec Léo Ferré Page F 5 Un essai sur les milliardaires coécrit par Linda McQuaig Page F 6 Retour de Livres dans la rue Pour une 31® année consécutive, l\u2019activité estivale Livres dans la rue reviendra instiller le goût de la lecture chez les enfants de 4 à 12 ans.Afin de stimuler la curiosité intellectuelle des jeunes, on recourt à la participation d\u2019animateurs professionnels qui proposent jeux et activités ciblés.Une initiative conjointe du Conseil des arts du Canada, des Amis des bibliothèques de Montréal et des éditeurs jeunesse québécois, Livres dans la rue cible particulièrement les milieux défavorisés.L\u2019an dernier, près de 400 rencontres ont eu lieu sur une quarantaine de sites, dont des parcs et des cours de HLM.Quelque 20000 jeunes lecteurs ont ainsi été rejoints.Du 24 juin au 15 août.Programme complet: http://ville.mon-treal.qc.ca/ Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOIR Michel Tremblay recommandé par l\u2019Académie Goncourt Eidèles à la tradition établie, les jurés du Goncourt ont procédé début juin au dévoilement de la liste de leurs suggestions de lectures estivales.Au hasard la chance (Acte Sud), le plus récent roman de Michel Tremblay, figure parmi leurs recommandations.Sixième volet de La diaspora des Desrosiers, Au hasard la chance s\u2019attarde au retour à Montréal de Ti-Lou, la Louve d\u2019Ottawa, un personnage sulfureux déjà croisé, agonisant, dans La grosse femme d\u2019à côté est enceinte.Spécialiste de l\u2019œuvre de Tremblay, le metteur en scène et comédien René Richard Cyr a déjà comparé La diaspora des Desrosiers au cycle des Rougon-Macquart de Zola.Il reste à voir si l\u2019Académie Goncourt se montrera de cet avis au moment d\u2019annoncer les finalistes à son prestigieux prix en octobre prochain.Le Devoir F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2013 LIVRES HERVE GUIBERT Tout comme Susan Sontag, Hervé Guibert se posait des question sur le fait de se croire soi-même écrivain.EN APARTE Tout publier ^Jean-François Nadeau Je venais de terminer Vice, un livre étrange et peu connu d\u2019Hervé Guibert qui vient d\u2019être repris avec quelques-unes de ses photographies.Juste avant, j\u2019avais avalé d\u2019un trait sa correspondance inédite avec l\u2019écrivain belge Eugène Savitz-kaya, dernier tome, semble-t-il, des inédits publiés à intervalles plus ou moins réguliers depuis sa mort précoce survenue en 1991.Je voulais vous parler de ces deux livres, de l\u2019importance de Guibert, de ses audaces, de son écriture de l\u2019intime.Je voulais vous en parler pour essayer de faire la lumière sur un mystère : comment ce diable d\u2019homme en arrive à me convaincre de le lire même quand ses sujets ne m\u2019intéressent pas du tout.Mais voici qu\u2019arrive le deuxième tome du journal de Susan Sontag.Et me voici qui plonge tête baissée dans Sontag.Dans les pages de son journal édité par les soins de son fils unique, David Rieff, on la suit notamment à Tanger, à Paris et à Naples.C\u2019est déjà pas mal pour entreprendre l\u2019été.Mais cela n\u2019en fait pas pour autant une lecture de plage avec coquillages et crustacés.Dans ce livre qui n\u2019en est pas un, on se retrouve surtout en voyage dans la tête d\u2019une femme qui se fait professeure d\u2019elle-même, résolument décidée à se construire telle qu\u2019elle sera, à tout le moins telle qu\u2019elle souhaite être, coûte que coûte.Ce journal avance un peu à la manière oû Tolstoï progresse dans le sien.Sontag tente de se situer, de se dominer, de s\u2019élever un peu au-dessus d\u2019elle-même pour voir plus loin que ses horizons habituels.Elle entend trouver le moyen en toutes choses de dresser son esprit à s\u2019approcher toujours un peu mieux de ce qu\u2019elle souhaite devenir.Elle note ses activités.Ce qu\u2019elle a fait, ce qu\u2019elle n\u2019a pas fait, ce qu\u2019elle devrait faire.Elle parle de ses lectures, de beaucoup de lectures.Elle s\u2019adresse ici à sa conscience plutôt qu\u2019à un lecteur.Tanger, Paris et Naples: oû qu\u2019elle se trouve, elle ne semble jamais parfaitement seule.D\u2019autres qu\u2019elle sont passés et Elle note des mots, les sens qu\u2019ils peuvent prendre.Parfois, elle glisse sur l\u2019un d\u2019entre eux et se retrouve ailleurs.lui ouvrent le chqmin.Elle le sait et l\u2019indique.A Tanger par exemple, elle fait la liste des gens qu\u2019elle considère en quelque sorte comme sa famille naturelle.Eux aussi sont venus là.Elle les observe pour mieux s\u2019observer elle-même : «Samuel Pepys, Alexandre Dumas, Pierre Loti, Rimski-Korsa-kov, Saint-Saëns, Eugène Delacroix, Gide, Gertrude Stein, Djuna Barnes, Tennessee Williams, Paul Bowles, etc.» Très tôt, alors qu\u2019elle n\u2019n pas encore quitté le sud des Etats-Unis, Sontag a décidé qu\u2019elle sera à son tour un grand écrivain.D\u2019ailleurs, y a-t-il une au- tre façon de le devenir?Qui y croira si elle n\u2019y croit pas d\u2019abord elle-même?C\u2019est une des questions que se posait Hervé Guibert dans son Proto-colç compasionnel.A chaque page, on la sent vivre et pour ainsi dire palpiter tant sa volonté de se construire est forte.Rien ne semble pour autant facile, mais elle conserve un cap très précis.Elle veut écrire.Elle écrit.Surtout, observe-t-elle quelque part dans ces pages, ne pas tout publier! Prendre exemple à cet égard, ajoute-t-elle, sur Louis-René des Eorêts.Ses notes, consacrées à une multitude de sujets de l\u2019esprit, apparaissent parfois brillantes.Mais tout ne reste qu\u2019au stade de schéma.Ce sont des esquisses, de vagues projets sur ceci ou cela.«Il y a un essai \u2014 très général, aphoristique \u2014 à écrire sur la vitesse, la vélocité, écrit-elle.Peut-être la seule catégorie nouvelle dans la conscience du XX^ siècle.La vitesse est iden-tifiée^à la machine.Au transport.A l\u2019homme svelte, fin, léger.» Elle ajoute que la vitesse supprime l\u2019ennui, qui est le grand problème posé par le XK'\" siècle.La vitesse?Elle-même ne donne pas l\u2019impression d\u2019aller particulièrement vite, sans pour autant jamais suinter l\u2019ennui.Elle est patiente bien que fougueuse, Susan Sontag.Elle construit son univers.Elle note des mots, les sens qu\u2019ils peuvent prendre.Parfois, elle glisse sur l\u2019un d\u2019entre eux et se retrouve ailleurs.Et la voilà qui parle de la guerre, des horreurs que la guerre lui inspire, thème omniprésent dans son œuvre.Tout de même, ce deuxième tome du journal, tout comme le premier, n\u2019est en aucun cas un texte écrit et structuré pour être publié.Loin s\u2019en faut.Il s\u2019agit plutôt d\u2019une simple suite de fragments qui touchent aux pensées intimes et immédiates d\u2019une femme exceptionnelle.De la matière brute, en quelque sorte.Aussi a-t-on l\u2019impression d\u2019agir tel un voyeur en lisant ces pages.Tout ça, à la fin, procure même un certain malaise.Sontag s\u2019était bien posé la question de son vivant.Et c\u2019est assez pour que nous la posions à notre tour: «Faut-il tout publier?» jjn@ledevoir.com JOURNAL, VOLUME II Susan Sontag Christian Bourgois éditeur Paris, 2013, 573 pages LAIT SUITE DE LA PAGE E 1 Les autres thèses avancées par Desaulniers pour nous convaincre d\u2019abandonner notre consommation de lait sont-elles plus probantes?La démonstration du caractère non écologique des produits laitiers est intéressante.Le fromage, suggère l\u2019essayiste, aurait un bilan carbone plus lourd que le porc et le poulet et ne serait devancé, dans cette course aux productions polluantes, que par l\u2019agneau et le bœuf, bio ou pas.Ainsi, il serait plus écolo d\u2019être végétalien un jour par semaine que locavore (manger des aliments produits localement) sept jours sur sept.«On aurait donc tort de penser que remplacer le bœuf ou la volaille par du fromage est un geste écolo», écrit Desaulniers.Ethique animale Il reste que le grand enjeu de tout ce débat est celui qui concerne la souffrance animale.Les vaches, rappelle l\u2019essayiste végétalienne, sont des êtres sensibles, capables d\u2019affection, ce que souligne aussi une campagne de publicité dans le métro de Montréal.Or, dans l\u2019état actuel de l\u2019industrie, elles sont maltraitées: on les enferme alors qu\u2019elles préfèrent aller dehors, on leur arrache leurs petits à la naissance, on les contraint à une productivité démentielle, on les fait souffrir dans les encans et les abattoirs.A-t-on, moralement, le droit de faire ça?Trois écoles s\u2019opposent sur ce sujet.Il y a d\u2019abord des mangeurs de viande indifférents, qui s\u2019en foutent.Ils sont le déshonneur du genre humain.Il y a, ensuite, les humanistes, péjorativement qualifiés de «spécistes» par les militants les plus radicaux de la cause animale, qui distinguent l\u2019homme de l\u2019animal, considè- Vache Dix mtthks oc l'industrie LAITIÈRE rent que le premier a des droits que n\u2019a pas le second, mais que ces droits s\u2019accompagnent de devoirs.Ces humanistes réclament le droit moral de consommer des produits d\u2019origine animale, mais luttent pour un traitement plus humain des animaux qui les nourrissent, c\u2019est-à-dire contre les méthodes barbares de l\u2019industrie.Il y a, enfin, les véga-nistes, ou antispécistes, qui prônent la libération animale, c\u2019est-à-dire le végétalisme ou le refus de toute instrumentalisation des animaux.Elise Desaulniers appartient à ce dernier camp, alors que je me retrouve plutôt dans le deuxième.Même si son essai, clair et honnête, ne me convainc pas de changer d\u2019équipe, je reconnais que ses considérations sur l\u2019éthique animale ébranlent l\u2019humaniste, ami de «nos frères inférieurs» (Michelet), que j\u2019essaie d\u2019être.Collaborateur Le Devoir VACHE À LAIT Dix MYTHES DE l\u2019industrie LAITIÈRE Elise Desaulniers Préface de Normand Baillargeon Stanké Montréal, 2013,200 pages JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les vaches, rappelle l\u2019essayiste végétalienne Elise Desaulniers, sont des êtres sensibles, capables d\u2019affection.Bleu bémol PAUL SAVOIE Bleu bémol Poesie FINALISTE David POUR EN SAVOIR DAVANTAGE www.editionsdavid.com ERIC PIERMONTAFP Alain Mine Nouveau plagiat pour AlaiuMiuc?Homme d\u2019affaires, conseiller officieux de plusieurs politiques de la République française sous Nicolas Sarkozy, longtemps membre d\u2019un conseil de direction du journal Le Monde, Alain Mine est de nouveau plongé dans une affaire de plagiat.Les faits?On lui reproche cette fois d\u2019avoir repris à l\u2019identique plusieurs passages d\u2019une biographie de René Bousquet signée Pascale Eroment en 1994.En 2001, ce spécialiste de l\u2019administration publique a été condamné pour contrefaçon d\u2019un livre sur Spinoza.Né en 1949, il reconnaît ce plagiat comme «une faute de jeunesse tardive», mais se défend des accusations qui sont portées contre lui cette fois.Le Nouvel Observateur s\u2019est amusé à repérer des similitudes et à monter un dossier à charge.A en croire les éléments que met en preuve Le Nouvel Observateur, Alain Mine aura du mal à se sortir indemne de ce nouveau faux pas.Le Devoir Une plaque pour L\u2019Arche Le 26 de la rue Notre-Dame Est à Montréal sera désormais orné d\u2019une plaque commémorative à la mémoire de l\u2019atelier d\u2019artistes L\u2019Arche, qui y çut autrefois pignon sur rue.A partir de 1904, en effet, et ce jusqu\u2019en 1929, L\u2019Arche fut un haut lieu de la vie artistique québécoise, peintres, poètes, musiciens, comédiens, journalistes et romanciers s\u2019y rencontrant à l\u2019occasion de discussions et de dé,bats.C\u2019est le peintre et poète Emile Vézina (le caricaturiste Vir du Nationa- liste d\u2019Olivar Asselin) qui en fut le fondateur lorsqu\u2019il convertit le grenier de l\u2019immeuble en atelier.Avec les graveurs Joseph et Charles Tison au rez-de-chaussée et le photographe Louis-Adolphe Mo-rissette, le poète et dessinateur Albert Eerland et l\u2019illustrateur Edmond-Joseph Massicotte aux eiages supérieurs, les locataires étaient alors tous des artistes.En 1913, les avant-gardistes Victor Barbeau, Philippe La Perrière, Roger Maillet et Ubald Pa-quin reprirent L\u2019Arche, avant que le peintre Ernest Aubin ne leur succède au début des années 1920.Le peintre Marc-Au-rèle Eortin fut l\u2019un des habitués de L\u2019Arche.La plaque commémorative, qui reproduit une œuvre de Lucien Parent, sera dévoilée le 25 juin.Le Devoir George Orwell vous écoute A la faveur de la crise de l\u2019espionnage américain sur les Georges Orwell comptes téléphoniques privés, les ventes de 1984, le plus célèbre des romans de George Orwell, semblent connaître une hausse vertigineuse.Selon la radio publique américaine NPR, les ventes du livre sur Amazon ont bondi de 6,021% en 24 heures seulement en date du 11 juin, passant du 60 298'\u2019rang au 193'\u2019 du palmarès des meilleures ventes.Les éditions originales du livre, publié pour la première fois en 1949, semblent aussi connaître de nouveaux sommets.Deux exemplaires de la première édition du livre, publiée sur un papier sans grande qualité, viennent de s\u2019envoler pour près de 3000$ chacun.Un autre exemplaire de cette première édition avait été vendu en avril dernier pour 10 000 $.Le livre traite d\u2019une dictature oû le gouvernement cherche à contrôler les esprits et adopte en conséquence une politique de surveillance omniprésente.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2013 F 3 LITTERATURE Maud Graham en mode majeur SACCAGES UC EMluEn OE MAUO GRMUM Danielle Laurin Saccages se dévore.Pas de lourdeur, ça coule.Très réussi, le quinzième polar que consacre Chrystine Brouillet à sa pétillante enquêtrice de Québec.Intrigue ficelée au quart de tour, rebondissements constants.Et émotions en dents de scie, tandis que Maud Graham nous entraîne dans une plongée vertigineuse vers le monde du crime, celui de la pédophilie en particulier.On pourrait croire le sujet usé, mais tout est dans la façon.La façon qu\u2019a renquêtrice (et derrière elle, l\u2019auteure) de s\u2019intéresser aux conséquences multiples de cette déviance, à court et à long terme.Souci des victimes, de leur sort.De leurs _____________ proches.Empathie naturelle.C\u2019est une constante chez Maud Graham.Ce qui nous la rend a priori sympathique, attachante.Ce qui fait qu\u2019on la suit depuis si longtemps, qu\u2019on prend plaisir à la retrouver.Toujours, chez elle, outre la dose d\u2019intuition nécessaire à son travail et l\u2019acharnement obsessif qu\u2019elle met à trouver les coupables, cette humanité qui transparaît, et qui fait contrepoids à l\u2019horreur des crimes sur lesquels elle enquête.Humanité, dans tous les sens du terme.Dans le sens d\u2019imperfection aussi.Maud Graham, dans la vie de tous les jours, n\u2019a rien d\u2019une héroïne irréprochable.Mais elle n\u2019est pas non plus du genre alcoolique au dernier degré, seule au monde, malheureuse comme les pierres.Eacile de s\u2019identifier à elle.Elle est une femme, une mère, une sœur, une amante, une amie comme les autres.Elle se pose toutes sortes de questions.Angoissée de nature, elle doute même un peu plus que d\u2019autres.Dans Saccages, on la voit s\u2019inquiéter d\u2019avoir atteint la cinquantaine, s\u2019inquiéter à l\u2019idée que son amoureux prenne la route alors qu\u2019une tempête de neige s\u2019annonce, s\u2019inquiéter parce que son protégé, Maxime, maintenant majeur, semble vouloir s\u2019éloigner d\u2019eUe.«Est-ce qu\u2019elle cesserait un jour de vouloir tout savoir à propos de son fils adoptif?Comment étaient les autres mères ?Aurait-elle été la même si elle avait recueilli Maxime bébé ?Elle craignait toujours de ne pas être à la hauteur.» CHRYSTINE BROUILLET » 3 Bref, Maud est du genre, tout en menant une enquête qui lui prend la tête, à se remettre constamment en question dans sa vie privée.Elle est aussi du genre à aimer la bonne chère, à choisir son vin.Elle a un côté joie de vivre, quelque chose de lumineux.C\u2019est bien là ce qui fait l\u2019originalité de la série.Mais Saccages se démarque en ce que ce roman atteint un dosage remarquable dans l\u2019amalgame de ses différents éléments.On passe en un tournemain, comme si ça allait de soi, de considérations relativement ordinaires liées au quotidien à un univers malsain, sordide.On est à la fois du côté dç la vie et du côté de la mort.A la fois dans un roman plein de vie, de lumière, et dans un suspens sombre qui nous tient sur les dents.L\u2019équilibre est ici admirable.Dès le début du roman, sans en avoir l\u2019air, on est mis sur la piste.L\u2019enquêtrice, dans le confort de son foyer, tandis qu\u2019elle prend l\u2019apéro avec sa meilleure amie en attendant la suite {«une soupe de crevettes à la noix de coco et un poulet tandoori qui marinait depuis l\u2019aube dans un mélange d\u2019épices et yogourt»), discute de tout et de rien.Puis le sujet du viol s\u2019amène dans la conversation.Maud fait référence au cas d\u2019une femme victime de viol qu\u2019elle a réussi à convaincre de témoigner.Pas facile d\u2019affronter son bourreau en cour, de déballer toute l\u2019histoire, de la revivre.Qu\u2019aurait fait la policière à sa place si elle avait subi le même sort?On ne le saura pas.Mais sa meilleure amie, qui la fréquente depuis plus de 30 ans, s\u2019interroge sur la décision qu\u2019aurait prise Maud en pareil cas: «Témoignerait-elle contre son violeur pour faciliter le travail de la justice ou préférerait-elle se taire pour éviter qu\u2019on la con,sidère comme une victime ?» Eviter d\u2019être considérée comme une victime.C\u2019est ce que souhaite à tout prix la jeune Rebecca, 25 ans, violée à répétition à l\u2019adolescence par un homme en qui elle avait placé sa confiance.Elle a tenté à l\u2019époque de se venger, elle en a payé le prix.Mais jamais elle n\u2019a dévoÜé le nom de son bourreau.Il n\u2019est surtout pas question, alors qu\u2019elle réalise son rêve en perçant dans le milieu de la chanson, qu\u2019elle divulgue publiquement quoi que ce soit concernant ces agressions vieilles de douze ans.«Je ne veux pas être une victime! avait martelé Rebecca.Ça gâchera tout! Les gens achèteront mon CD par compassion.Par curio- sité.Pas pour ma musique.Personne ne doit apprendre ce qui m\u2019est arrivé.» Quel lien entre ce qui est arrivé à Rebecca et le corps d\u2019un homme poignardé à plusieurs reprises qu\u2019on vient de retrouver chez lui dans un paisible quartier de Québec ?Tous ses voisins s\u2019entendent pour dire que ce comptable d\u2019âge mûr était on ne peut plus respectable.Mais l\u2019était-il vraiment?«Qu\u2019avait bien pu faire Carmichael pour s\u2019attirer tant de haine ?songea Maud Graham.Les attaques à l\u2019arme blanche trahissent souvent une intimité entre la victime et son bourreau.Une raison très personnelle, profonde, chargée d\u2019émotion.[.] L£s lames supposaient une vraie proximité avec l\u2019ennemi détesté.» Eacile de faire le rapprochement.Trop facile.Pour nous.Pour ce qui est de l\u2019enquêtrice, elle est dans la brume.Elle n\u2019a encore aucune idée de l\u2019existence de cette Rebecca.Mais si on errait, nous aussi.On sera fixés assez tôt là-dessus, tandis que Graham et son équipe passeront en revue plusieurs suspects.Puis, les choses vont se précipiter.Il y aura un autre meurtre et une tentative de meurtre, liés à cette affaire.Tout cela en moins d\u2019un mois.Entre-temps, on aura fouillé le passé d\u2019un pédophile immonde et mesurer l\u2019ampleur des saccages qu\u2019il a causés dans la vie de ses jeunes victimes.Pas seulement chez elles, d\u2019ailleurs.Mais partout autour de lui.On aura croisé un fils dévasté jusqu\u2019au dérèglement, une adolescente anorexique, un père qui a perdu la carte, un maître chanteur pervers.Mais aussi une grande sœur protectrice, un amoureux transi, des voisins bienveillants.On sera passé à travers une série de réflexions à saveur psychologique et sociale.Sur le poids du passé, sur la création artistique comme échappatoire possible.Sur le sens de la justice et le système judiciaire.Sur la difficulté d\u2019être parent.Et ainsi de suite.Rien dans tout cela n\u2019apparaît plaqué.Si quelque chose semble un peu forcé, ce pourrait être la fin du roman.Alors que toutes les pièces du casse-tête se mettent en place comme par magie.Mais sinon, on ne serait pas dans un Maud Graham, n\u2019est-ce pas ?Et puis, on ne perd rien pour attendre.Si la tendance se maintient, Chrystine BrouîUet devrait faire replonger son enquêtrice fétiche dans le sordide, le crime, le meurtre, dès l\u2019été prochain.SACCAGES Chrystine Brouillet La Courte Echelle Montréal, 2013; 328 pages PEDRO RUIZ , JACQUES GRENIER, ERANÇOIS PESANT LE DEVOIR Les auteurs Roxanne Bouchard, Evelyne de la Chenelière et Eric Dupont, entre autres, participeront aux cafés littéraires des Correspondances d\u2019Eastman.Les Correspondances d\u2019Eastman dévoilent lenr progranunation Le seul festival littéraire estival en Amérique du Nord se déroulera sur le thème des « Belles lettres rebelles » FRANÇOIS LEVESQUE équipe des Correspondances d\u2019Eastman a procédé cette semaine au dévoilement de la programmation de sa 11® édition, qui se tiendra du 8 au 11 août dans l\u2019environnement enchanteur des Cantons-de-l\u2019Est.Soucieux de représenter toutes les formes d\u2019expression écrite, l\u2019événement fera la part belle tant à la poésie qu\u2019à la bande dessinée, tant au roman qu\u2019au genre épistolaire, au slam, au récit, à la chanson, etc.Un classique aux Correspondances d\u2019Eastman: les cafés littéraires sont de retour.Parmi les auteurs qui se prêteront à l\u2019exercice, signalons Jacques Allard, Déni Y.Bé-chard, Michel-Marc Bquchard, Roxanne Bouchard, Evelyne 4e la Chenelière, Jean Désy et Eric Dupont.Assureront l\u2019animation de ces causeries lettrées les Tristan Malavoy-Racine, Jean Eu-gère, Sébastien Diaz, David Desjardins, Louis Hamelin et Danielle Laurin, ces trois derniers étant des chroniqueurs du Devoir.Du côté de l\u2019organisation, plusieurs nouveautés sont à signaler.Professeur de lettres et de communication au cégep de Sherbrooke et cofondateur du Prix littéraire des collégiens, Bruno Lemieux assure désormais la fonction de di- Dans le même esprit de renouveau, des sujets inédits seront abordés en tables rondes recteur de la programmation.Décision inédite aux Correspondances d\u2019Eastman: on s\u2019en est remis cette année non pas à un, mais à deux porte-parole.Il s\u2019agit de Erancine Ruel, comédienne, animatrice et auteure, et de David Gou-dreault, lauréat à Paris de la Coupe du monde de slam-poésie en 2011.Dans le même esprit de renouveau, des sujets inédits seront abordés en tables rondes, tel Bla-bla blogue: l\u2019écriture à l\u2019heure d\u2019Internet, en compagnie des biogueuses Caroline Allard et Catherine Voyer-Lé-ger et de l\u2019animatrice Danièle Bombardier (samedi 10 août, 15h30).Entre images et mots: BD et roman graphique propo- sera une rencontre au sommet avec les bédéistes Michel Ra-bagliati, Maryse Dubuc et Marc Delafontaine (dimanche 11 août, 12h30).Auront également lieu les traditionnels soupers d\u2019auteurs, avec pour invitées cette année Kim Thuy et Louise Portai (jeudi 8 août, 20 h et vendredi ^ août, 20 h, respectivement) .A signaler : une exposition de Jacques Nadeau, photographe au Devoir, présentée à la bibliothèque d\u2019Eastman.Enfin, donnant tout son sens au thème retenu pour cette 11® édition, la chanteuse, comédienne et auteure Louise Eorestier se livrera lors d\u2019un grand entretien intitulé La rebelle passionnée (vendredi 9 août, 12 h 30).Information : http://www.les-correspondances.ca/ Le Devoir Lire pour combattre la peur de l\u2019inconnu Une étude montre les effets bénéfiques de la lecture contre les jugements hâtifs FRANÇOIS LEVESQUE Une étude publiée dans le Creativity Research Journal révèle que la lecture accroît le degré de confort des sujets vis-à-vis des situations ambiguës ou à l\u2019issue incertaine.Lorsque exacerbé, l\u2019inconfort en regard de telles situations engendre une pensée rigide, la formulation de jugements hâtifs et, conséquemment, la prise de mauvaises décisions.La lecture favoriserait à l\u2019inverse une pensée sophistiquée et une plus grande ouverture d\u2019esprit.Menée par des chercheurs de rUniverstité de Toronto auprès de 100 étudiants, l\u2019étude consistait à faire lire à chacun soit une nouvelle littéraire, soit un essai.Par la suite, un sondage venait mesurer leur désir de stabilité et de certitude.Les sujets devaient alors exprimer leur niveau d\u2019accord ou de désaccord avec des affirmations comme «Je n\u2019aime pas les situations qui sont incertaines» ou encore «Je n\u2019aime pas les questions qui peuvent avoir plusieurs réponses».Les travaux ont notamment permis d\u2019établir que la lecture d\u2019une seule nouvelle pouvait contribuer à diminuer ce que les psychologues appellent le besoin de «clôture cognitive», c\u2019est-à-dire le besoin de «parvenir rapidement à une conclusion dans un processus décisionnel», le tout s\u2019accompagnant d\u2019une «aversion face à l\u2019ambiguïté et à la confusion», dixit la recherche.Ainsi, non seulement les sujets exposés à la littérature ont-ils obtenu un pointage moins élevé, mais ledit pointage était encore plus bas chez les participants s\u2019étant déclarés «lecteurs fréquents».Ces derniers étaient en outre plus à l\u2019aise avec la notion d\u2019ambiguïté, contrairement à leurs pairs ayant lu un texte de non-fiction.La force de l\u2019habitude Lire de la fiction, il appert, permet entre autres de se familiariser avec différents styles de pensée, et ce, même si l\u2019on réprouve ceux-ci.Les chercheurs PEDRO RUIZ LE DEVOIR La lecture favoriserait une pensée sophistiquée et une plus grande ouverture d\u2019esprit.citent comme exemple Humbert Humbert, dans Lolita, un pédophile dont on ressent les tourments sans pour autant se prendre de sympathie pour lui.On ignore si les effets observés sont durables, mais leur prégnance chez les lecteurs fréquents suggère que l\u2019habitude de la lecture concourt à établir une zone de confort per- manente devant l\u2019ambiguïté et l\u2019incertitude, ce qui, en retour, contribue à une ouverture d\u2019esprit accrue.«Ces résultats, concluent les chercheurs, devraient faire réfléchir aux effets des coupes actuelles en éducation dans les domaines des arts et des sciences humaines.» Le Devoir ?itoasparf Le Devoir ALMARÈS Du 3 au 9 juin 2013 ,\t__ CLASSEMENT AUTEUR/EDITEUR V Romans québécois 1\tLit double ?Tome 2_____ 2\tmân_____________________ 3\tLit double Janette Bertrand/Libre Expression 1/2 Kim Tbüy/Libre Expression 2/10 Janette Bertrand/Libre Expression 3/2 4 La fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t4/32 5 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique !\tAmélie Dubois/Éditeurs réunis\t5/31 6 Les béritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 7 Le conquérant\tAnne Robillard/Wellan\t6/11 7 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 4 Junior\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t7/14 8 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 3 Sonia\tRosette Laberge/Éditeurs réunis\t10/3 9 Les deux saisons du faubourg\tMyléne Gilbert-Dumas/VLB\t-/I 10 Les sœurs du Cap\tLouise Portai/Hurtubise\t-/I W Romans étrangers\t\t 1 Infemo\tDan Brown/Lattés\t1/2 2 Cinquante nuances plus claires \u2022 Tome 3\tE.L.James/Lattés\t3/18 3 Cinquante nuances plus sombres \u2022 Tome 2\tE.L.James/Lattés\t4/22 4 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattés\t5/36 5 Une chanson douce\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t2/3 6 Le manipulateur\tJohn Grisham/Robert Laffont\t6/7 7 Demain\tGuillaume Musso/XD\t7/13 8 Un sentiment plus fort que la peur\tMarc Levy/Robert Laffont | Versilio\t10/15 9 Le manuscrit retrouvé\tPaulo Coelho/Flammarion\t-/I 10 Crossfire \u2022 Tome 2 Regarde-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t9/14 W Essais québécois\t\t 1 La bataille de Londres\tFrédéric Bastien/Boréal\t1/9 2 À brûle-pourpoing\tNormand Lester/Intouchables\t2/11 3 Journal d\u2019un écrivain en pyjama\tDany Lafeniéro/Mémoire d\u2019encrier\t4/17 4 Pas d\u2019bistoiro, les femmes! Réflexions d\u2019une bistorienne.\t.Micheline Dumont/Remue-ménage\t-/I 5 Vieillir avec grâce\tDenise Bombardier/Homme\t5/17 6 En terrain miné.Correspondance en temps de guerre\tRoxanne Bouchard | Patrick Kégle/VLB\t-/I 7 Tous fous?L\u2019influence de l\u2019industrie pharmaceutique.\tJean-Claude St-Dnge/Écosociété\t3/3 8 Chades Sirois, l\u2019homme derrière François Legault\tRichard Le Hir/Michel Brûlé\t-/I 9 Une éducation bien secondaire\tDiane Boudreau/Poètes de brousse\t-/I 10 Libéroz-nous des syndicats!\tEric Duhaime/Genex\t10/2 1 Une autre vie est possible\tJean-Claude Guillebaud/I\u2019lconoclaste\t-/I 2 Notre troisième cerveau.La nouvelle révolution psychologique Jean-Michel Oughourlian/Albin Michel\t\t-/I 3 Repenser le vieillissement\tNortin M.Hadler/PUL\t2/7 4 Quand la beauté nous sauve\tChades Pépin/Robert Laffont\t3/2 5 La vérité sur le hamburger.Pourquoi manger moins.\tMarianne Thieme/Transcontinental\t5/2 6 Les animaux aussi ont des droits\tB.Cyminik | E.de Fontenay | PSinger/Seuil\t-/I 7 Les milliardaires.Comment les ultra-riches nuisent.\tLinda McQuaig | Neil Brooks/Lux\t7/9 8 Adolf Hitler.La séduction du diable\tLaurence Rees/Albin Michel\t10/14 9 Confessions d\u2019un jeune romancier\tUmberto Eco/Grasset\t-/I 10 Mémoire du feu Eduardo H.Galeano/Lux La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d'information et d'anaiyse EsspsrÉ sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarés est extrait de Bsspsril et est constitué des reievés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet BsspsnI.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite. F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 20IS LITTERATURE L\u2019étrange beauté de vivre selon J.-B.Pontalis Les derniers souvenirs du philosophe demeurent au service d\u2019une grande cause : aimer la vie telle qu\u2019elle se présente GUYLAINE MASSOUTRE Le décès de J.-B.Pontalis laisse un vide parmi les lecteurs de psychanalyse.Auteur d\u2019une trentaine d\u2019ouvrages, comprenant des essais et des récits, il a contribué à la scène freudienne au sens large, notamment en dirigeant l\u2019indispensable collection «Connaissance de l\u2019inconscient» chez Gallimard.Freud, Winnicott, André Green, Paul Laurent Assoun, Didier An-zieu.ils sont nombreux à lui devoir leur rayonnement.Dans la Nouvelle Revue de psychanalyse, sous sa direction pendant 24 ans, il a montré le chemin qui tient ensemble la vie, la littérature et la langue, à savoir un grand respect de ceux qui lui confiaient leurs secrets, il aimait écouter, observer, guider la vie telle qu\u2019elle se présente, plutôt que plaquer des interprétations, il en avait pourtant la compétence et les aptitudes.Mais pas l\u2019envie.Cela lui valut de fonder la collection «L\u2019un et l\u2019autre» chez Gallimard, où quantité d\u2019écrivains ont pu déposer le récit de leur parcours, tel qu\u2019ils se le sont représenté.Cela vient se concrétiser encore autrement dans sa collaboration avec Edmundo Gômez Mango, qui donne un livre à quatre mains, Freud avec les écrivains en 2013.Précaires engouements En son grand âge, Pontalis écrivait encore.Ce qui nous est livré consiste en des récits de vie.Marée basse marée haute, ouvrage posthume, est de cette nature.Vingt-six brèves nouvelles le constituent, campant en peu de mots des silhouettes étonnantes et des accidents singuliers de l\u2019existence, des hasards, d\u2019étranges moments qu\u2019il vient à vouloir noter.Rien de moins tristes que ces petits récits, ouverts sur l\u2019étrange beauté de vivre, il s\u2019y met lui-même en scène, un peu de côté, comme si ses observations vagabondes ponctuaient le fil des jours pour les éclairer: «L\u2019humeur vagabonde se refuse à se fixer, à occuper une place déterminée.» C\u2019est tout lui, ces notules jouant de la surprise et de la çomplicité, des coïncidences.A lire Pontalis, on pourrait croire que nos vies se réduisent à peu de chose.C\u2019est précisément ce peu qui l\u2019intéresse, ce qu\u2019on omet, pressés que nous sommes tous par tant de valeurs courantes, surtout par la vanité.Pour lui, de simples mises en relation, poétiques et subtiles, suffisent à faire jaillir la beauté, saveur précieuse de l\u2019up, destin original de l\u2019autre.A retrouver ces brefs portraits, on se dit qu\u2019on en prendrait encore.Des erreurs d\u2019un tel, de la liberté de tel autre, de l\u2019incroyable astuce avec la-quelle,chacun signe son passage.Ecrit au passé simple, le temps des historiens, mais avec l\u2019allégresse d\u2019un cœur jeune, aussi gai que sérieux, l\u2019ouvrage est optimiste, tourné vers les rencontres.Toutes n\u2019ont pas abouti, certaines ont donné du bonheur.Pontalis se souvient de cela, exactement.Comme un apéritif d\u2019été, une sieste d\u2019après-midi, une parenthèse dans la vie quotidienne, les récits de Pontalis divertissent.Sa fin était prochaine.Les choses en resteront là.On aurait tant aimé qu\u2019il en fût autrement.Mais en lisant, la vie reprend.Collaboratrice Le Devoir MARÉE BASSE MARÉE HAUTE J.-B.Pontalis Gallimard Paris, 2013, 140 pages % JACQUES ROBERT En tant que directeur de la Nouvelle Revue de psychanalyse pendant 24 ans, J.-B.Pontalis a montré le chemin qui tient ensemble la vie, la littérature et la langue.Jean-Bertrand Pontalis en six dates: 1924 Naissance dans une famille bien installée.1946 Ancien élève de Jean-Paul Sartre, il amorce sa collaboration à la revue Les Temps modernes.1953 Analyse avec Jacques Lacan, il s\u2019éloignera de lui dans les années 1960.1966 Début d\u2019une longue carrière d\u2019éditeur vouée à la psychanalyse et à la littérature.il sera membre du comité de lecture de Gallimard.2011 Grand Prix de littérature de l\u2019Académie française.2013 il meurt le 15 janvier.Vitaliano Trevisan ou l\u2019art du coup de poing GILLES ARCHAMBAULT J y ai lu, il y a quatre ans, un roman de Vitaliano Trevisan, Le pont (Un effondrement), qui racontait le retour au pays natal, la Vénitie, d\u2019un provincial vivant à Brême.Cette ville portuaire allemande lui paraissant en tout point plus acceptable que le petit village qui l\u2019a vu naître, plus acceptable aussi que Vi-cence, la ville de Palladio, célèbre architecte du XVI' siècle.Le héros, roulant à moto, se remémorait les raisons qui lui avaient fait quitter l\u2019Italie, l\u2019avaient incité à rompre avec une famille qu\u2019il détestait.La raison de son retour?La mort apprise par la lecture d\u2019un journal local de Pinoc-chio, un ancien copain de jeu.Et aussi le désir de régler ses comptes avec un milieu honni, il y a dans cette attitude une vindicte proche de celle de Thomas Bernhard, le même acharnement à s\u2019indigner, le même souci de dénoncer l\u2019innommable.Avec, en prime, le recours à Passolini.Bic et autres shorts, paru en français en 2008, recueil de courts textes incisifs, dénonce l\u2019urbanisation sauvage, l\u2019âpreté des lotisseurs, la course à la laideur qui dénature les milieux de vie.Ce qu\u2019il note en Italie, on le retrouve partout.Ce ne sont pas les abords de nos villes, grandes ou petites, qui nous inclineraient à le nier.Trevisan, on l\u2019aura compris, ne cherche pas à être aimé à tout prix.Dans le monde du livre où trop souvent l\u2019écrivain fait le trottoir, donnant à ce qu\u2019on appelle le public lecteur ce qu\u2019il souhaite lire, c\u2019est-à-dire des sortes de capsules de bonheur bon marché, il fait tache.Notre auteur n\u2019en a cure.Treize réunit les nouvelles dites longues de cet écrivain singulier né en 1960 et dont on nous dit qu\u2019il a exercé une quarantaine de métiers dans une vie où, en plus d\u2019écrire, il a fait office de comédien.Les trois premières, réunies sous le titre de Trio sans piano, ne prennent leur sens que si on a du jazz JEEE PACHOUD AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019une des nouvelles composant le recueil de Vitaliano Trevisan porte sur un saxophoniste alto qui ne joue de son instrument qu\u2019un jour sur deux et, quand il le fait, c\u2019est dans un endroit isolé, ce qui peut faire penser au saxophoniste Sonny Rollins.une certaine connaissance.Oiseaux nous invite à suivre un saxophoniste alto qui ne joue de son instrument qu\u2019un jour sur deux.Quand il le fait, c\u2019est dans un lieu isolé au bord de la mer.Le mot « oiseau » nous incline à penser à Charlie Parker, surnommé «Bird».La décision de jouer en retrait fait penser à Sonny Rollins, s\u2019isolant sur le Williamsburg Bridge à New York.Là encore, Trevisan déroute le lecteur, son personnage insistant pour dire qu\u2019Eric Dolphy est un musicien supérieur à Parker.Dans Soupe de légumes, le narrateur, par refus de l\u2019autorité paternelle, n\u2019a jamais pu manger de ce potage.Batteur dans un médiocre petit ensemble de jazz, il associe sa pratique de la musique à la confection d\u2019une soupe.«Nous passons au hachoir le jazz dans sa totalité et nous en faisons une soupe que nous forçons nos VITALIANO TREVISAN TREIZE élèves à avaler même s\u2019ils n\u2019en ont aucune envie.Nous n\u2019avons aucun scrupule et nous forçons nos élèves, ainsi que tous ceux qui viennent nous écouter, à avaler notre soupe de légumes jazz, car nous avons dû l\u2019avaler.» La conclusion : le jazz enseigne la liberté ou il n\u2019enseigne rien.11 en est de même pour tout.On n\u2019est pas né pour reproduire l\u2019action de nos pères., ^\tC\u2019est la conclusion de VitalianoTrevisan.il dit et redit les mêmes certitudes, les assène à longueur de pages.Dans ces nouvelles aussi, il est question à répétition de Vi-cence, de sa décrépitude, de son enlaidissement programmé.Avec un acharnement qui ressemble à celui de Bernhard pour Salzbourg, il martèle les causes de son indignation, reprend sur tous les tons ses invectives.Le lecteur pourrait se lasser de ces redites.Qui n\u2019en sont pas.La singularité de Trevisan serait d\u2019écrire à la façon d\u2019un jazzman jouant des standards en les modulant sans cesse.Persuadé qu\u2019un écrivain ne fait que reprendre le même livre, ce n\u2019est pas moi qui lui donnerai tort.La nouvelle intitulée Quand je tombe est exemplaire.«Nous tombons.Précisément aujourd\u2019hui, précisément aujourd\u2019hui et par surprise.Et, de ce fait, nous n\u2019avons pas peur: nous sommes surpris.Nous étions distraits.Nous devions vivre.» L\u2019écrivain n\u2019est pas cet observateur lucide que souhaitent voir en lui des observateurs légers, mais un être qui tombe et qui tombe, pris dans l\u2019engrenage du temps.Collaborateur Le Devoir TREIZE Vitaliano Trevisan Nouvelles traduites de l\u2019italien par Vincent Raynaud Gallimard, coll.«Du monde entier» Paris, 2013, 300 pages La Vitrine M'Arie Les mots pour le dire et autres romans INTEGRALE LES MOTS POUR LE DIRE ET AUTRES ROMANS Marie Cardinal Préface de Toni Morrison Editions Grasset, coll.«Bibliothèque Grasset» Paris, 2013, 1973 pages Clinique dans son esprit, mais vivante et pulsative jusque dans sa chair, l\u2019écriture de Marie Cardinal est marquée au fer rouge des abîmes de la folie et de la lente reconstruction de soi.«Pendant que fêtais folle j\u2019ai découvert des chemins de mon esprit que je n\u2019aurais jamais découverts sans la folie», écrira-elle dans Les mots pour le dire, œuvre phare qui donne aussi son titre au Cahier rouge que Grasset consacre à l\u2019écrivaine française d\u2019origine algérienne, aussi Montréalaise de cœur.Cette collection placée sous le signe de la passion convient parfaitement à la compagne de l\u2019homme de théâtre Jean-Pierre Routard, qu\u2019on a trop souvent reléguée à l\u2019ombre.Ainsi rassemblés, ses romans dessinent la cartographie d\u2019un esprit à l\u2019agilité intellectuelle rare, n\u2019en déplaise à ses détracteurs, nombreux parmi les féministes et les psychanalystes.Un ouvrage qui, mieux peut-être que cet Inédit récemment bricolé à partir de carnets intimes, rend vraiment justice à cette plume d\u2019une justesse remarquable.Louise-Maude Rioux Soucy PHOTOGRAPHIE L\u2019APPEL Maryse Goudreau Préface de Michel Campeau Sagamie éditions d\u2019art Alma, 2013, 112 pages Ce livre de Maryse Goudreau paraît à l\u2019heure où la Ville de Percé se défend bec et ongles pour que son quai puisse continuer de vivre.Depuis plusieurs années, l\u2019artiste s\u2019emploie à tracer les contours de la mémoire des quais, centre de gravité des villes maritimes de sa Gaspésie natale.Inspirée par des images anciennes qui charient avec elles la mémoire des êtres et de leur lumière disparue, elle considère les vieux quais de pêche comme des lieux d\u2019expérience et de création qui témoignent du temps et de la vie des siens.Dans sa préface, le photographe Michel Campeau écrit: «Les œuvres de Maryse Goudreau tendent constamment à faire apparaître la cartographie d\u2019un monde kaléidoscopique dans toute sa richesse géographique, culturelle, sociale, spirituelle et émotionnelle.Elles font jaillir l\u2019esprit d\u2019un microcosme, celui de la péninsule gaspésienne, et lui donnent une portée qui confère à l\u2019universel.» Qu ne saurait dire mieux.Jean-François Nadeau extrême richesse, en atteignant la dérai-' son, constitue la forme la plus subtile du vol et la négation même de l\u2019économie qui, dans la Grèce antique, désignait l\u2019art terre à terre de tenir la maison.Dans Les milliardaires, les Canadiens anglophones Linda McQuaig et Neil Brooks l\u2019illustrent en donnant une image concrète des 53 milliards de Bill Gates.Si celui-ci les comptait «au rythme d\u2019un dollar par seconde», cela durerait 1680 ans.Dès lors, on se surprend moins du sous-titre de la version française, préfacée par le Québécois Alain Deneault, du livre de la chroniqueuse politique au Toronto Star et de l\u2019expert en droit fiscal : Comment les ultra-riches nuisent à l\u2019économie.Dans leur style efficace, éloigné de la sécheresse universitaire, les auteurs montrent que Gates ne «mérite» qu\u2019une fraction de sa fortune.Ce novateur relatif s\u2019est attribué, dans la révolution du micro-ordinateur, les trouvailles de son compatriote Gary Kildall (1942-1994) et l\u2019apport d\u2019inventeurs plus anciens.Mais ses agissements restent véniels si on les compare à ceux d\u2019un autre milliardaire américain: John Paulson.Selon McQuaig et Brooks, ce gestionnaire de fonds spéculatifs établit «un record \u2014 sans doute celui de tous les temps \u2014 en matière de bénéfices tirés de la misère d\u2019autrui».Il paria sur la possibilité que des millions de personnes ayant contracté des prêts hypothécaires à risque seraient incapables de les rembourser.Il s\u2019agissait, pour lui et d\u2019autres spéculateurs, de relier à ces prêts des obligations qui leur permettraient d\u2019obtenir des indemnités en cas de débâcle du marché immobilier.Or l\u2019effondrement arriva.En 2008, Paulson contribua donc, expliquent nos auteurs, «au déclenchement de la crise financière (et à ses répercussions ruineuses pour des millions de personnes à travers le monde».Il commit son arnaque, effarante mais légale, grâce à la droite affairiste empêchant, à Washington, l\u2019adoption de lois pour régir les produits dérivés qui, depuis trois décennies, ont transformé les marchés financiers en casino.Ce laisser-faire s\u2019inscrit dans la logique de l\u2019abrogation, sous Clinton en 1999, de la loi Glass-Steagall, adoptée, sous Roosevelt en 1933, pour assainir les pratiques de la haute finance en établissant l\u2019incompatibilité des banques de dépôts et des banques d\u2019affaires.L\u2019influence nocive des milliardaires sur le gouvernement, McQuaig et Brooks la retrouve au Canada.Ils donnent l\u2019exemple d\u2019une famille (les Bronfman, dit-on) qui, en 1991, bénéficia d\u2019une exemption d\u2019impôt de 700 millions Iprsque Ottawa lui permit de transférer aux Etats-Unis PHOTO FOURNIE PAR L\u2019AUTEURE Linda McQuaig, chroniqueuse au Toronto Star, s\u2019est penchée sur la question de l\u2019extrême richesse.plus de 2 milliards.En rappelant que, pour Adam Smith (1723-1790), en qui les néolibéraux ont tort de voir un père, l\u2019impôt révèle le sens social de la liberté, nos auteurs nous poussent à penser que les ultra-riches ont, en guise de doctrine, la seule déraison de leur avidité.Collaborateur Le Devoir LES MILLIARDAIRES Linda McQuaig et Neil Brooks Lux Montréal, 2013, 304 pages LES MILLIARDAIRES cMHKM tn Klu-ncm «km i i ucmi UNDA MCQUAIG NEIL BROOKS Au hasard la chance UNE LECTURE D\u2019ETE RECOMMANDEE PAR LES JURÉS CONCOURT « À travers ce quintuple portrait de l\u2019émouvante et arrogante Ti-Lou, où flotte un capiteux parfum fatal sur le pittoresque Montréal des années 20, Tremblay se prête à une réflexion tour à tour grinçante, mélancolique et lucide sur la vieillesse, la solitude et la mort.» Manon Dumais, Voir « Que Tremblay puisse se renouveler tout en jonglant avec les mêmes personnages, il nous l\u2019a prouvé plus d\u2019une fois.Dans Au hasard la chance, il parvient à innover, à surprendre par le procédé narratif employé, tout en exploitant un thème vieux comme le monde.» Danielle Laurin, Le Devoir « Impossible de ne pas aimer Ti-Lou, en lutte contre un monde d\u2019hommes et une société hypocrite.[.] Toute la Diaspora des Desrosiers est un hommage à ces femmes qui n\u2019ont pas eu le choix d\u2019être courageuses, mais du lot, c\u2019est Ti-Lou peut-être qui est la plus consciente de son combat.» Chantal Guy, La Presse « Au hasard la chance est un roman truculent, ébouriffant, drôle.Si Ti-Lou séduit autant par sa liberté de mœurs et de ton, c\u2019est parce que Michel Tremblay [.] lui prête son intarissable verve.» Bernard Pivot, juré de l\u2019académie Goncourt Le Journal du Dimanche 514 524-5558 lemeac@lemeac.com "]
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