Le devoir, 20 juin 2013, Cahier A
[" Construction : Québec intervient Page B 1 i Brésil : Rio et Sâo Paulo cèdent à la rue et baissent le tarif des transports Page B 5 -?www.ledevoir.com ?- Fermeture des Communes sur fond de compromis trois jours plus tôt que prévu Page a 3 LE DEVOIR Vol.C I V N° 1 3 7 LE DEVOIR, LE JEUDI 20 JUIN 2013 1,13 $+TAXES= 1,30 $ Vers de graves pénuries alimentaires La hausse des températures risque de frapper de plein fouet les plus démunis ALEXANDRE SHIELDS AU rythme où l\u2019activité humaine bouleverse le climat de la planète, la hausse des températures risque de provoquer de graves pénuries alimentaires qui frapperont de plein fouet les plus démunis d\u2019ici à peine deux à trois décennies, a prédit mercredi la Banque mondiale.Ce rapport est publié en même temps qu\u2019une nouvelle étude démontrant que la fonte à venir du pergélisol aggravera encore davantage les changements climatiques.Le constat du président de la Banque mondiale (BM), Jim Yong Kim, est sans appel: «Si le monde se réchauffe de 2°C, ce qui pourrait arriver dans les vingt à trente prochaines années, cela se traduira par de vastes pénuries alimentaires, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus violents.» L\u2019institution, qui avait déjà sonné l\u2019alerte sur le climat en novembre, confirme ainsi son scepticisme sur la capacité de la communauté internationale à freiner la hausse du thermomètre mondial à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, alors que la planète en est déjà à + 0,8 ° C.De plus en plus d\u2019organisations, dont la BM, prédisent d\u2019ailleurs que l\u2019inaction internationale nous conduit vers une hausse qui pourrait atteindre 4 ° C dès 2060.L\u2019Agence internationale de l\u2019énergie évoque même une hausse de 5,3 ° C d\u2019ici la fin du siècle.Mais déjà, avec le scénario à + 2 °C d\u2019ici 2040, la BM avertit que l\u2019Afrique verrait à terme sa production agricole totale reculer de 10% d\u2019ici à 2050, et environ 40% de ses terres dédiées au maïs devenir «inutilisables» dans la décennie 2030.«Des températures extrêmes pourraient affecter les récoltes de riz, de blé, de maïs et d\u2019autres cultures importantes et menacer la sécurité alimentaire» des pays pauvres, estime l\u2019institution L\u2019Afrique et l\u2019Asie du Sud-Est seraient les premières victimes de ces pénuries VOIR PAGE A 8 : PENURIES Aujourd\u2019hui Culture > Ce n\u2019est plus pareil le matin.René Homier-Roy quitte rémission matinale de la Première Chaîne.Page B 7 Actualités > La chronique de Michel David: Le bulletin de l\u2019opposition.Page A 3 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B4 B6 B5 B2 B6 B4 , if'- -\tA\u201d'\u2022'V U'- ¦¦\u2019f.w Coup dur pour Option nationale Évoquant des raisons familiales, Jean-Martin Aussant quitte la vie politique GUILLAUME B O URGAULT-C OTE JESSICA NADEAU Jean-Martin Aussant a tenté le coup, mais en vain : impossible d\u2019être chef de parti et père de jumeaux de deux ans à temps plein, a-t-il conclu.Annoncée mercredi matin, sa décision de quitter la vie politique a bouleversé les militants d\u2019Option nationale.Et l\u2019avenir du parti souverainiste paraît aujourd\u2019hui fort incertain.«J\u2019ai cru au départ qu\u2019il serait possible, avec de la volonté et du travail, de mener les deux chantiers [la famille et la politique] de front, a expliqué M.Aussant lors d\u2019une conférence de presse où il s\u2019est montré très ému.Je me rends compte aujourd\u2019hui qu\u2019il est pénible de continuer ces deux projets sans inévitablement en négliger un pour m\u2019occuper de l\u2019autre.Et trop souvent,_ c\u2019est la famille qui tombe dans la première catégorie.» «Le parti s\u2019engage dans une période très délicate et difficile» - Camil Bouchard PEDRO RUIZ LE DEVOIR «Je me rends compte aujourd\u2019hui qu\u2019il est pénible de continuer ces deux projets sans inévitablement en négliger un pour m\u2019occuper de l\u2019autre.Et trop souvent, c\u2019est la famille qui tombe dans la première catégorie», a déclaré, ému, Jean-Martin Aussant.VOIR PAGE A 8 : AUSSANT Lire aussi > L\u2019éditoriai de Josée Boiieau : Après le chef.Page A 6 Le frisson dans leurs chansons Autour de la table de cuisine des émotions avec les Sœurs Boulay Pourquoi est-on si chamboulés quand l\u2019unisson devient harmonie dans Ça mouille les yeux?Pourquoi un tel émoi quand elles chantent les notes en voix de tête dans Cul-de-sac?Qu\u2019est-ce qui nous déstabilise dans le deuxième refrain de Shooters de fort?J\u2019ai demandé à Stéphanie et Mélanie Boulay d\u2019apporter guitare et ukulélé chez une amie encore plus fan que moi, et on en a parlé tous ensemble.Bouts de chansons à l\u2019appui.Une expérience unique.SYLVAIN CORMIER Exprès, j\u2019ai décanté mon titre d\u2019un autre, celui de l\u2019essentiel et passionnant livre de Stéphane Venne, paru chez Stanké en 2006, Le frisson des chansons : 500 pages à «pénétrer au cœur même des chansons pour tenter d\u2019ex- VOIR PAGE A 8 : BOULAY Lire aussi > Autres informations sur ies FrancoFo-iies.Les chok de nos critiques.Page B 8 7à Ü-SeK ANNIK MH DE CARUEEL Sylvain Cormier a demandé aux Sœurs Boulay comment il se fait que dans leurs chansons, à chaque écoute, on a le cœur qui fait twoui-twoui à des moments très précis?Coderre recrute Philippe Schnobb Jean Fortier, ancien président du comité exécutif, se joint à l\u2019équipe de Mélanie Joly JEANNE CORRIVEAU Journaliste à Radio-Canada depuis 27 ans, Philippe Schnobb se lance dans l\u2019arène municipale.M.Schnobb a été recruté par Denis Coderre et tentera de se faire élire lors des élections municipales du 3 novembre prochain.M.Schnobb a confirmé au Devoir qu\u2019il sera candidat, mais il n\u2019a pas voulu dire s\u2019il briguera un poste de conseiller ou de maire d\u2019arrondissement Même s\u2019il réside dans le Plateau Mont-Royal, il n\u2019entend pas tenter de se faire élire dans cet arrondissement Affecté à la couverture des affaires municipales de 1997 à 2002, M.Schnobb avait publié en 2001 un livre sur les fusions municipales Faire-part pour mariages forcés chez Lanctôt Animateur et chroniqueur, Philippe Schnobb occupe depuis septembre 2011 les fonctions de journaliste aux réseaux sociaux.Il est toutefois en congé depuis trois semaines, ce qui lui a permis de poursuivre sa réflexion sur son changement de carrière.«Ça me trotte dans la tête depuis un bout de temps, mais pas de façon partisane», a-t-il expliqué en soulignant l\u2019intérêt qu\u2019il avait développé pour les affaires municipales.Il suit ainsi les traces de plusieurs journalistes de Radio-Canada comme Christine St-Pierre, Bernard Drainville et Pierre Duchesne, qui, au cours des dernières VOIR PAGE A 8 : SCHNOBB Lire aussi > Montréai aura un maire mardi.Deux candidats briguent officiellement la succession d\u2019Applebaum .Page A 2 Philippe Schnobb 77831303445525 A2 LE DEVOIR LE JEUDI 20 JUIN 20IS ACTUALITES Succession au trône : le Manitoba est d\u2019accord avec le Québec ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Le Québec n\u2019est pas la seule province canadienne à juger que les changements aux règles de succession à la couronne du Canada sont de nature constitutionnelle.Le Manitoba est du même avis.Lors de l\u2019étude par un comité sénatorial du projet de loi C-53 sur la succession au trône, le ministre de la Justice et procureur général du Manitoba, Andrew Swan, a exposé, dans une lettre datée du 6 mars, la position de son gouvernement sur cette question.«Selon nous, des changements au régime constitutionnel et juridique de notre pays requièrent une consultation des provinces et des territoires ainsi que leur participation en temps opportun et de manière significative », écrit-il.Le ministre déplore en outre le peu de temps accordé au Manitoba et aux autres provinces pour se prononcer sur cette question.Le projet de loi C-53 Dans une lettre datée du 12 février, le ministre délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, s\u2019était adressé non pas au Sénat, mais au ministre fédéral des Affaires intergouvemementales, Peter Penashue, afin de contester le droit d\u2019Ottawa de modifier unilatéralement «les règles prévoyant le successeur du chef de l\u2019État fédéral, qui est également le chef d\u2019État des provinces».«De l\u2019avis du gouvernement du Québec, ces règles font partie de la Constitution et ne peuvent être modifiées sans le consentement de l\u2019Assemblée nationale.» La Chambre des communes a adopté le projet de loi C-53 afin de donner l\u2019assentiment du gouvernement canadien aux modifications souhaitées par le gouvernement britannique, visant à permettre, notamment, que l\u2019aîné du roi ou de la reine puisse accéder au trône quel que soit son sexe.Pour Québec, il s\u2019agit d\u2019une modification à «la charge de la reine» qui, comme le prévoit la Constitution, exige l\u2019adoption de résolutions du Sénat et de l\u2019Assemblée législative de chacune des provinces.C\u2019est ce que soutiennent aussi les juristes Geneviève Motard et Patrick Taillon, de l\u2019Université Laval, qui ont déposé, le 6 juin dernier, une requête en Cour supérieure pour faire déclarer inconstitutionnelle la Loi sur la succession au trône.Devant le comité sénatorial, la Fondation du patrimoine royal du Canada avait elle aussi contesté, dans un mémoire étoffé, la façon de procéder d\u2019Qttawa.L\u2019organisme de charité, qui fait la promotion de la monarchie, estime que la Loi sur la succession, qui ne fait que donner son aval à une loi britannique, est ineffective en vertu de la Constitution.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Denis Coderre a livré la pièce maîtresse de sa plateforme électorale devant le gratin « branché » de Montréal, mercredi, en prononçant le discours d\u2019ouverture de la conférence Webcom.Coderre promet une « ville intelligente » MARCO FORTIER DU wi-fi gratuit partout, des capteurs qui dirigent les voitures vers les places de stationnement libres, des juges de la Cour municipale qui vous parlent sur l\u2019écran de votre ordinateur : Denis Coderre s\u2019engage à faire de Montréal une «ville intelligente» qui met les technologies au service des citoyens, comme Boston, New York, Chicago ou Amsterdam.Le candidat à la mairie a livré la pièce maîtresse de sa plateforme électorale devant le gratin «branché» de Montréal, mercredi, en prononçant le discours d\u2019ouverture de la conférence Webcom.Ce forum international a pour thème les «villes intelligentes», réputées pour leur qualité de vie et qui attirent les meilleurs cerveaux avec leur économie axée sur le savoir et l\u2019innovation.Tout un programme pour une ville cicatrisée par les nids-de-poule et rongée par les scandales, dont le maire a été emporté dans une affaire de corruption.Montréal a pourtant tout pour réussir avec ses universités, ses firmes de haute technologie, sa créativité et sa vigueur culturelle, a fait valoir Denis Coderre.«Nous devons prendre ce virage vers la ville intelligente.On a besoin de volonté politique pour le faire et ce sera mon fer de lance», a déclaré le candidat à la mairie devant le parterre du Webcom, à la Société des arts technologiques (SAT).Par exemple, une «ville intelligente» aurait donné l\u2019alerte très rapidement lors de l\u2019incident à l\u2019usine de fdtration Atwater, qui a donné lieu à un avis d\u2019ébullition de l\u2019eau le mois dernier, a expliqué Denis Coderre.La Ville a été critiquée pour le délai à alerter les 1,3 million de Montréalais, les écoles, les hôpitaux et les restaurants qui devaient faire bouillir leur eau.Les adversaires de Denis Coderre à l\u2019Hôtel de Ville ont réagi en affirmant que l\u2019aspirant maire n\u2019invente rien en proposant une «ville intelligente».La Ville met de l\u2019avant depuis longtemps des initiatives dites «intelligentes» \u2014 comme le paiement des parcomètres avec un téléphone mobile \u2014, note Véronique Fournier, conseillère de l\u2019arrondissement du Sud-Quest pour Vision Montréal.«Pour aller plus loin, ça va prendre tout un changement de culture dans l\u2019appareil municipal», a-t-elle dit au Devoir.Le Devoir NOUVEL POUR LES PETITS PANDAS Nouveau cet été! Nouvel habitat des petits pandas - une véritable immersion dans un décor exotique inspiré de l\u2019architecture traditionnelle chinoise! Le jardin d'Océanie - une nouvelle volière pour les loriquets qui pourront profiter du soleil et de l\u2019air frais! Jardin zoologique \u2022\t1000 animaux de près de 225 espèces exotiques \u2022\tPius de 20 animations par Jour \u2022\t4 continents (Afrique, Amérique du Sud, Asie et Océanie) \u2022\tPaviiion Odyssée Pacifique Sud et ie spectacie Kaïia Parc aquatique Amazoo iôgo \u2022\tAventure Hurakan \u2022\tBassin Booshikë \u2022\tBateau tamponneur \u2022\tRivière Cunucunoma \u2022\tPiscine à vagues chauffée Parc des manèges \u2022\tPirogue Kimbunga \u2022\tTrain aérien Orient Express \u2022\tMontagne russe Anaconda z6d GRANBY [00 VaX AMAZOO lOCO CONCOURS Industrielle Alliance vous fait découvrir la Savane africaine.POUR PLUS DE DÉTAILS www.zoodegranby.com/cgi-bin/zoo/contest m INDUSTRIELLE Ei ALLIANCE ASSURANCE ET SERVICES FINANCIERS INC.QUEBEC L\u2019opposition à Labeaume mise sur la densification ISABELLE PORTER à Québec Le parti Démocratie Québec table sur le thème de la densification pour battre le maire de Québec, Régis Labeaume, aux élections municipales de novembre.«La densification va être un élément fort, très important au cours de la prochaine campagne électorale », a déclaré son chef, David Leme-lin, mercredi matin lors du dévoilement d\u2019un groupe de candidats.Plusieurs changements de zonage défendus par l\u2019administration Labeaume ont créé des foyers d\u2019opposants ces dernières années.La plupart du temps, les citoyens se plaignent qu\u2019on autorise les promoteurs à construire trop en hauteur sans consulter les milieux locaux.«Hier, on était au conseil de quartier de Cap-Rouge et j\u2019ai vu devant mes yeux un autre de ces projets inappropriés et farfelus, a raconté M.Lemelin en conférence de presse.Six étages de condos, 60 unités plantées entre des cottages ![.] Il y avait 50 personnes dans la salle et les gens étaient tous contre, frustrés et fâchés.» Une opposante notoire au projet.Maria Goretti, est d\u2019ailleurs candidate pour Démocratie Québec dans Charlesbourg.D\u2019origine française.Pascale Quelle était la porte-parole des résidants qui s\u2019opposaient au projet en 2011.Elle travaille comme conseillère aux ressources humaines.Le candidat dans Lorrette-ville, Robert Martel, est aussi animé par cette cause.«Ça se développe comme des champignons.[.] On n\u2019est pas consultés, notre conseiller se fout complètement des gens», plaide ce retraité de l\u2019enseignement.Retour de Paul Shoiry Démocratie Québec a en outre confirmé la candidature de sa recrue la plus connue, Paul Shoiry.Ancien maire de Sil-lery, M.Shoiry a siégé au conseil municipal de la nouvelle ville de 2005 à 2009.11 se présente dans son ancien fief Déjà en campagne ?La campagne électorale a beau démarrer officiellement en septembre, les candidats d\u2019Equipe Labeaume sont très actifs cette semaine.Lundi, le candidat Erédéric Poitras convoquait les médias pour donner son appui à un projet immobilier dans Montcalm.Puis mercredi, c\u2019était au tour de Robert Dinan d\u2019annoncer qu\u2019il prendrait la parole sur un autre projet de densification à Sillery.Au parti, on explique que la campagne démarre bel et bien en septembre mais qu\u2019il «fallait se positionner » sur ces sujets particuliers.cqntre Robert Dinan, de l\u2019Équipe Labeaume.Les autres nouveaux venus sont Jean-Yves Roy (Saint-Roch, Saint-Sauveur), Conrad Verret (Sainte-Poy, SJllery, Cap-Rouge), Claudie Émond (Sainte-Thérèse-de-Lisieux), Cari Duchesnq (Lac-Saint-Charles, Saint-Émile) et Michel Carrier (Val-Bélair).Les chances de M.Verret de siéger sont toutefois limitées puisqu\u2019il a accepté de servir de colistier au chef.Ainsi, ad-venant une défaite de M.Lemelin au poste de maire et l\u2019élection de M.Verret comme conseiller, le chef pourrait prendre sa place au conseil.M.Verret, un ancien élu du Renouveau municipal de Québec, aflf onteraje plus jeune des candidats de l\u2019Équipe Labeaume en la personne de Laurent Prouk, l\u2019ex- «carré vert».Démocratie Québec a encore neuf candidatures à annoncer pour boucler son équipe de 21 candidats.Leur absence mercredi a été justifiée par des conflits d\u2019horaire.David Lemelin a promis que leurs noms seraient dévoilés «dans les prochains jours».Le Devoir Montréal aura un maire mardi François Croteau et Alan DeSousa briguent officiellement la succession de Michael Applebaum JEANNE CORRIVEAU La course à la succession de Michael Applebaum s\u2019est officiellement engagée mercredi et deux candidats se sont placés sur la ligne de départ.Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, Prançois Croteau, et le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, ont déposé leur candidature pour le poste de maire par intérim, et d\u2019autres élus pourraient se lancer dans la bataille.Les élus montréalais seront appelés à choisir un successeur à Michael Applebaum lors d\u2019une assemblée extraordinaire du conseil municipal, qui aura lieu le 25 juin prochain.Prançois Croteau a été le premier à déposer sa candidature mercredi après-midi au greffe de l\u2019Hôtel de Ville, suivi par Alan DeSousa une heure plus tard.Maire de Rosemont-La Petite-Patrie, M.Croteau avait été élu en 2009 sous la bannière de Vision Montréal avant de passer dans le camp de Projet Montréal en novembre 2011.11 a promis de quitter les rangs de Projet Montréal pour siéger comme indépendant s\u2019il était élu maire par intérim.De son côté.Alan DeSousa a siégé au comité exécutif de la Ville sous le règne de Gé-rald Tremblay et se présente comme un élu d\u2019expérience.Lors du dépôt de sa candidature mercredi, il a fait valoir que son nom n\u2019avait jamais été terni même si son arrondissement a fait l\u2019objet, en février dernier, d\u2019une perquisition par l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC).Course à cinq?D\u2019autres candidatures sont pressenties.Vision Montréal, le parti de Louise Harel, entend appuyer la candidature du président du comité exécutif, Laurent Blanchard.«On a un président du comité exécutif qui siège déjà comme indépendant, qui a déjà témoigné de sa neutralité, de son indépendance.Tous reconnaissent que cette coalition a l\u2019immense mérite d\u2019administrer la ville en toute transparence et d\u2019assurer ainsi le retour à la confiance des Montréalais», a indiqué Louise Harel.Harout Chitilian, dont le nom a été évoqué par le clan de Denis Coderre, n\u2019écarte pas la possibilité de se lancer dans la course.11 dit être en discussions avec les élus.«On m\u2019attribue cette capacité de m\u2019élever au-dessus de la mêlée, ce que fai fait pendant les deux dernières années», a fait valoir au Devoir celui qui occupe depuis 2011 la présidence du conseil municipal.Helen Potopulos songe aussi à se lancer dans la course et estime avoir démontré sa capacité à créer des consensus.Mais pour l\u2019instant, l\u2019ancienne mairesse du Plateau-Mont-Royal sonde ses collègues.La période de dépôt des candidatures se terminera vendredi à 16 h 30.Les membres du conseil municipal se prononceront par vote secret lors de l\u2019assemblée extraordinaire du 25 juin.Le candidat à la mairie de Montréal Denis Coderre n\u2019a pas voulu se mêler de l\u2019élection du maire par intérim.«Je suis rendu ailleurs», a-t-il dit.Selon lui, il importe avant tout de s\u2019assurer que les services quotidiens sont dispensés à la population.Avec Marco Fortier Le Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI 20 JUIN 20IS A3 ACTUALITES Bulletin de Vopposition Michel / David ême si la Coalition avenir Québec n\u2019a pas réussi à convaincre le gouvernement d\u2019intenter dès maintenant des poursuites contre les entreprises dont la collusion a été étalée devant la commission Charbon-neau, Jacques Duchesneau (Saint-Jérôme) demeure le plus crédible quand il est question de lutte contre la corruption.Qualifier le gouvernement de «bande d\u2019eunuques» n\u2019a cependant rien apporté au débat.A- Bien servi par son expérience en communication, son ancien collègue policier, Robert Poèti (Marguerite-Bourgeoys), n\u2019a eu aucun mal à discréditer la Commission d\u2019enquête sur la réforme de l\u2019assurance-emploi du gouvernement Harper.Après Serge Ménard et Claudette Carbonneau, pourquoi pas Gabriel Nadeau-Du-bois au poste de secrétaire ?a-t-il ironisé.A-Françoise David (Gouin) a fait de louables efforts pour introduire un peu de civilité dans les débats de l\u2019Assemblée nationale, mais sa tentative de donner une image plus modérée à Québec solidaire s\u2019est heurtée à l\u2019orthodoxie des militants, qui ont élu dans la personne d\u2019Andrés Fontecilla un «pur et dur» qui ne le cède en rien à Amir Khadir.A- Le départ de Jean Charest a permis à Pierre Paradis (Brôme-Missisquoi) de sortir des limbes où il croupissait depuis neuf ans.Il n\u2019a pas retrouvé sa visibilité d\u2019autan, mais il est très actif dans les coulisses.Philippe Couillard l\u2019a nommé « conseiller spécial » pour la prochaine campagne électorale.B Pierre Moreau (Châteauguay) a causé une surprise en terminant deuxième dans la course au leadership libéral devant Rajmiond Bachand.Sa pugnacité convient bien à la fonction de leader parlementaire de l\u2019opposition, mais il pourrait faire mieux dans son rôle de porte-parole en matière d\u2019affaires intergouvemementales que de dénoncer bêtement la «gouvernance souverainiste».B Jean-Marc Fournier (Saint-Laurent) a toujours semblé plus à l\u2019aise dans l\u2019opposition qu\u2019au pouvoir.Son travail de sape de la crédibilité économique du gouvernement Marois a porté ses fruits, mais ses méthodes à l\u2019ancienne contredisent de façon flagrante l\u2019image de renouveau que Phihppe Couillard voudrait projeter.B-Dans le climat de foire d\u2019empoigne qui règne à l\u2019Assemblée nationale, le ton courtois adopté par Christian Dubé (Lévis) est digne de mention, mais ses interventions, par exemple sur «les fonds spéciaux», sont un peu trop absconses pour faire mouche.B-Le grand défi de la CAQ est de supplanter le PLQ comme «parti de l\u2019économie».Malgré ses lacunes, le projet Saint-Laurent pourrait ouvrir d\u2019intéressantes perspectives, mais François Le-gauit (L\u2019Assomption) n\u2019a pas encore réussi à l\u2019imposer dans l\u2019opinion publique.Profiter d\u2019une campagne de publicité sur la lutte contre la corruption pour solliciter des contributions n\u2019était pas l\u2019idée du siècle.C Après ses attaques personnelles contre son futur chef et son humiliante troisième place dans la course au leadership, Raymond Bachand (Qu-tremont) est simplement en siusis.Les critiques qu\u2019il adresse au ministre des Finances seraient plus crédibles si elles étaient moins teintées de mauvaise foi.Il est certainement le plus mal placé pour lui reprocher le maintien de la taxe santé ou la hausse des tarifs d\u2019électricité.C- Sam Hamad est allé bouder en Floride parce que son nouveau chef lui a préféré Pierre Moreau au poste de leader parlementaire.De retour à l\u2019Assemblée nationale, ses interventions ont été aussi ordinaires que d\u2019habitude.Sa circonscription de Louis-Hébert conviendrait très bien à son nouveau chef.D Du début à la fin des audiences de la commission parlementaire qui a étudié le projet de loi 14 sur la langue, Marc Tanguay (Lafontaine) a très bien illustré la soumission du PLQ aux désirs de sa clientèle anglophone et son indifférence à la situation du français.D Pour des raisons qui demeurent nébuleuses, Hélène Daneault (Groulx) a entraîné l\u2019Assemblée nationale dans un mauvais procès du p.-d.g.du CHUM, Christian Paire, à qui on semble essentiellement reprocher de toucher le salaire qu\u2019on a accepté de lui verser.D Lawrence Bergman (D\u2019Arcy McGee) a plongé son parti et son chef dans un profond embarras en exigeant un amendement au projet de loi sur les élections à date fixe pour tenir compte du Nouvel An juif, alors que la communauté juive ne demandait rien de tel.E Après le témoignage limpide du président d\u2019Hy-dro-Québec, Thierry Vandal, on ne sait pas trop si c\u2019est la bêtise ou la mauvaise foi qui a empêché Danielle St-Amand (Trois-Rivières) de reconnaître que les hbéraux savaient bien avant les élections que maintenir la centrale de Gentilly 2 en activité était une aberration économique.Rien ne pouvait la justifier de traiter pubhquement la ministre Martine Quellet de «crisse de folle».E Même s\u2019il assure tout ignorer des illégalités qui aiuaient entaché sa campagne à la mairie de Blainville en 2009, Daniel Ratthé (Groulx) a dû quitter le caucus de la CAQ.Dans le climat actuel, cela pourrait bien signifier la fin de sa carrière politique.E mdavid@ledevoir.com Fermeture de la Chambre des communes sur fond de compromis HELENE BUZZETTI MARIE VASTEL Correspondantes parlementaires à Ottawa La fermeture précipitée de la Chambre des communes poiu la saison estivale, mardi soir, aiua permis au gouvernement conservateiu tout comme au Nouveau Parti démocratique de crier victoire.Dans un cas, le premier ministre Stephen Harper n\u2019aura pas eu à répondre aux questions de l\u2019opposition à propos de l\u2019enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dont fait l\u2019objet son ancien chef de cabinet, tandis que le NPI) a obtenu l\u2019abandon d\u2019une loi siu la citoyenneté qu\u2019il combattait avec la dernière énergie.Sans crier gare, les travaux de la Chambre des communes ont été interrompus pour l\u2019été mardi vers 20 h, trois jours plus tôt que prévu, à la suite d\u2019une entente entre le gouvernement et les partis d\u2019opposition.En vertu de cette entente, le gouvernement s\u2019engage à donner suite aux demandes néodémocrates et libérales pour revoir les mesures de surveillance des dépenses à la Chambre des communes.Révision du Bureau de régie interne Le Comité de la procédiue et des affaires de la Chambre devra ainsi mener des audiences pu-bhques poiu revoir le fonctionnement du très hermétique Biueau de régie interne en vue d\u2019en fairç un organe indépendant.À J ,\tl\u2019heure actuelle, ce sont des Les travaux\tdéputés qui y siègent et qui de la Chambre surveillent eux-mêmes.Le des communes ont été interrompus pour l\u2019été mardi, trois jours plus tôt que prévu Comité devra aussi étudier les modes de gestion des autres législatures au pays et proposer, le cas échéant, des modifications à celui d\u2019Qt-tawa.Les propositions de Justin Trudeau pour divulguer de manière plus exhaustive et interrogeable les dépenses des députés devront aussi être étudiées par le Comité, qui doit faire rapport au plus tard le 2 décembre prochain.Le gouvernement accepte qu\u2019un député indépendant puisse participer \u2014 mais pas voter \u2014 aux réunions du Comité.Il y en a présentement huit, dont les cinq bloquistes.Le gouvernement conservateur a également fait une concession au NPD : il baisse pavillon sur le front du projet de loi (J-425 qui visait à révoquer leur citoyenneté aux Canadiens de double nationalité ayant été reconnus coupables d\u2019un acte terroriste.Le gouvernement voulait modifier ce projet de loi d\u2019initiative privée de manière à élargir sa portée.Par l\u2019entente de mardi, il reste tel quel.La proposition initiale du conservateur Devin-der Shory suggérait de retirer la citoyenneté canadienne à un individu de double nationalité qui «commet un acte de guerre contre les Eorces canadiennes».Le ministre de Hmmigration, Jason Kenney, voulait l\u2019élargir pour révoquer la citoyenneté de Canadiens \u2014 qu\u2019ils soient nés ici ou à l\u2019étranger \u2014 qui seraient condamnés pour terrorisme.Le NPD s\u2019était engagé dans une manoeuvre d\u2019obstruction en Comité en monopolisant les débats des heures durant, au point qu\u2019un député s\u2019est uriné dessus, a-t-on rapporté dans les confisses.«Le NPD a été clair sur le fait qu\u2019il utiliserait toutes les mesures à sa disposition pour bloquer nos efforts», a avoué M.Van Loan, résigné.Le bureau de M.Kenney a de son côté annoncé que le gouvernement était «déterminé à adopter une loi qui privera les terroristes condamnés de leur citoyenneté canadienne».En contrepartie, les partis d\u2019opposition ont accepté qu\u2019une série de projets de loi, encore à l\u2019étude, soient réputés avoir été adoptés par la Chambre des communes.C\u2019est le cas de C-54, qui revoit les règles de remise en liberté des personnes reconnues non criminellement responsables de leurs actes pour cause de maladie mentale, comme ce fut le cas avec le médecin Guy Turcotte.Ce projet de loi a été condamné par les professions médicales.Le C-32, qui poireautait dans les dédales législatifs depuis février 2012, a aussi été réputé adopté.Il s\u2019agit du projet de loi colmatant une faille dans le régime de mariages et de divorces des couples de même sexe.Au total, 29 projets de loi ont été adoptés pendant la session.Le leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan, s\u2019est vanté de ce bilan législatif costaud.«Nous avons accompli deux fois plus de choses que ce qui est typique», a-t-il soutenu.Bob Rae tourne la page et quitte Ottawa L\u2019ex-chef intérimaire du Parti hbéral, qui a hérité des troupes après la défaite historique de 2011, se retire de la scène fédérale.Bob Rae a annoncé sa décision mercredi, au lendemain de la fin de la session parlementaire.En point de presse au côté de son chef Justin Trudeau, M.Rae a expliqué qu\u2019il voulait se consacrer à temps plein à son rôle de négociateiu auprès d\u2019un conseil autochtone du nord de l\u2019Qntario, qui discute de ses droits avec la province en marge d\u2019un dossier d\u2019exploitation minière.Une «décision difficile», a affirmé le hbéral de longue date, qui n\u2019a pas su cacher ses émotions, forcé d\u2019essuyer une larme par moments.« C\u2019est clair que ça va prendre beaucoup plus de temps et qu\u2019il n\u2019est pas possible défaire les deux jobs en même temps», a-t-il expliqué.Son chef s\u2019est aussi dit triste de ce départ, ajoutant que ses conseils allaient lui manquer et qu\u2019il ne le laisserait pas partir bien loin, poiu pouvoir continuer de compter sur son expérience.«On perd un des seuls députés qui ont pu servir dans le même Parlement que mon père et que moi», a noté le jeune Trudeau, qui croit que l\u2019histoire se souviendra de M.Rae comme d\u2019un «grand chef pour le Parti libéral pendant un moment extrêmement difficile».Le député de Toronto-Centre a dirigé le parti de façon intérimaire jusqu\u2019à l\u2019élection de M.Trudeau en avril dernier.Il avait alors laissé entendre qu\u2019il conserverait son siège jusqu\u2019aux élections de 2015.En bon politicien, M.Rae n\u2019a pas écarté sa carrière politique pour de bon.«On ne dit jamais jamais.» Mais il a exclu de briguer la mairie de Toronto à l\u2019automne.Ses opposants politiques ont à leiu tour salué sa contribution, se souvenant d\u2019un «orateur brillant et très éloquent», selon le ministre Peter MacKay, qui a eu «une longue et prestigieuse carrière», de l\u2019avis du ministre Peter Van Loan, et qui «mérite tout notre respect pour une carrière remplie», a affirmé le chef néodémocrate Thomas Mulcair.Bob Rae était député hbéral fédéral depuis 2008.Il a été premier ministre de l\u2019Qntario, sous les couleurs du NPD, de 1990 à 1995, après avoir siégé comme néodémocrate fédéral à Qttawa de 1979 à 1982.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Ouf! Cette fermeture du Parlement trois jours plus tôt que prévu a un avantage très concret pour le gouvernement : Stephen Harper, qui était à l\u2019étranger depuis huit jours, n\u2019a pas eu à faire face aux questions de l\u2019opposition à propos de l\u2019enquête de la GRC sur son exchef de cabinet, Nigel Wright.Dans les coulisses conservatrices, on jurait que M.Harper avait l\u2019intention de se présenter au Parlement mercredi.«Il faudrait être quand même un peu naïf de croire qu\u2019il allait être ici aujourd\u2019hui [mercredi] pour la période de questions», a lancé le chef du NPD, Thomas Mulcair.Pour Justin Trudeau, la séance ne servait plus à rien.« Je pense qu\u2019on était certains que le premier ministre continuerait de ne pas répondre aux questions qu\u2019on lui posait et je sens qu\u2019on arrêtait d\u2019accomplir des choses dans cette Chambre des communes», a-t-il dit.Selon lui, les députés seront plus utiles dans leurs circonscriptions.«Trois jours de plus pour finir la session vendredi comme prévu n\u2019allaient pas contribuer à améliorer la vie d\u2019un seul Canadien.» Stephen Harper n\u2019aura été en Chambre que cinq fois depuis que le scandale sur le chèque de 90000$ de M.Wright au sénateur Mike Duffy a éclaté.Le Devoir Saulie Zajdel, candidat conservateur spontané HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le lieutenant politique pour le Québec de Stephen Harper, Christian Paradis, soutient ne pas avoir été impliqué dans la candidature conservatrice de Saulie Zajdel à l\u2019élection de 2011.Celui qui a été formellement accusé de corruption et d\u2019abus de confiance lundi s\u2019était tout simplement porté lui-même volontaire et a donc été accueilli à bras ouverts par le Parti conservateur, selon le ministre.«M.Zajdel s\u2019était manifesté en 2011 pour être candidat dans Mont-Royal, alors les vérifications ont été faites comme d\u2019habitude.A partir de là, vous savez le restant de l\u2019histoire comme moi», a déclaré Christian Paradis mercredi lors d\u2019un point de presse.M.Paradis est ministre responsable de la région de Montréal et heqtenant poiu le Québec depuis l\u2019élection de 2008.A ce titre, il devrait en théorie être l\u2019ultime responsable des candidatures conservatrices dans la province.Saulie Zajdel a été candidat conservateiu dans la circonscription montréalaise pour l\u2019élection générale de 2011.Mais depuis son arrestation lundi, en même temps que le maire intérimaire de Montréal, Michael Applebaum, personne au Parti conservateur ne semble savoir comment il s\u2019est retrouvé là.Les troupes conservatrices répètent, depuis la fracassante arrestation, que M.Zajdel devra faire face à la loi s\u2019il a commis des illégalités.« On a été pris par surprise par le fait qu\u2019il faisait face à des charges criminelles.Il devra faire face à la justice», a conclu M.Paradis.M.Zajdel était ce «député fantôme» de Mont-Royal qui, après sa défaite, avait été embauché par le ministère du Patrimoine pour établir des relations avec les communautés culturelles.Le député Irwin Cotier y voyait une tentative de saper sa propre légitimité démocratique.Le Parti conservateur avait aussi commandé des sondages téléphoniques dans Mont-Royal laissant entendre que M.Cotier allait démissionner et demandant si, à l\u2019élection partielle qui s\u2019ensuivraifi les répondants appuieraient M.Zajdel.Le Devoir A4 LE DEVOIR LE JEUDI 20 JUIN 2013 ACTUALITES De retour à l\u2019automne La commission Charbonneau conclut ses travaux avec la fin du témoignage de Claude Asselin BRIAN MYLES La commission Charbonneau a ajourné ses travaux jusqu\u2019au 3 septembre mercredi, la procureur en chef, Sonia LeBel, promettant de redoubler d\u2019ardeur durant le congé estival pour faire avancer ses enquêtes.M® LeBel n\u2019a pas annoncé la nature des sujets qui seront abordés à l\u2019automne, mais l\u2019on peut d\u2019ores et déjà imaginer que la commission s\u2019intéressera à l\u2019octroi des contrats au ministère des Transports du Québec (MTQ) et au financement des partis provinciaux, deux domaines où les firmes de génie-conseil et les entrepreneurs qui ont fait main basse sur les contrats municipaux sont également fort actifs.La commission devra s\u2019intéresser aux liens incestueux 'P lAi Claude AsseKn entre des dirigeants des syndicats de la construction et des membres du crime organisé, qui furent le point de départ des demandes de la députée caquiste, Sylvie Roy, pour obtenir une enquête publique devant porter au départ sur l\u2019industrie de la construction.Jusqu\u2019ici, la commission a réussi à exposer les liens entre élus et fonctionnaires municipaux, entrepreneurs, ingénieurs et organisateurs d\u2019élections clefs en mains.Pour mettre la main sur les plus gros contrats publics et se partager le marché, les entreprises privées étaient prêtes à faire des contributions occultes aux partis politiques qui se comptent en millions de dollars.Asselin pas au courant Mercredi, l\u2019ex-directeur général de la Ville de Laval, Claude Asselin, a achevé le portrait du présumé gangster Gilles Vaillancourt.L\u2019ex-maire émerge comme le grand patron de la collusion à Laval.Le partage des contrats?«Ça se passait dans le bureau du maire, entre deux personnes.C\u2019était entre moi et M.le maire», a témoigné M.Asselin.M.Vaillancourt indiquait à son directeur général ses préférences pour l\u2019octroi des contrats à un club sélect formé d\u2019une quinzaine d\u2019entrepreneurs, les principaux étant Simard Beau-dry et Poly-Excavation.Selon lui, le comité exécutif était tenu dans l\u2019ignorance de ces combines qui n\u2019étaient pas «systématiques».En règle générale, M.Vaillancourt se mêlait du partage des contrats lorsque le volume d\u2019activité n\u2019était pas élevé et que les firmes étaient en compétition les unes contre les autres pour obtenir des contrats de la Ville, a expliqué le témoin.M.Asselin transmettait verbalement les «commandes» de Gilles Vaillancourt au directeur général de l\u2019ingénierie, Claude Déguisé.Il lui disait: «J\u2019ai eu une demande de M.le maire.Travaille avec ça», a-t-il expliqué.À l\u2019instar de Claude Asselin, Claude Déguisé était un fonctionnaire servile et obéissant.«Je n\u2019ai pas eu à le convaincre et à insister», a dit M.Asselin.Comme les autres témoins avant lui, M.Asselin a souligné le caractère «prompt» de M.De-guise.«Il pouvait être exigeant, a-t-il expliqué.C\u2019était un gars exigeant au niveau du personnel.» M.Asselin a dit ignorer l\u2019existence de la collusion dans l\u2019octroi des contrats de génie-conseil.Il a répété que ce n\u2019était pas son rôle de s\u2019attaquer au problème.«J\u2019avais peur de gâcher l\u2019emploi que j\u2019aimais», a-t-il expliqué.Il a contredit le témoignage de l\u2019ingénieur Roger Desbois.Il ne lui a jamais promis 25% du marché lavallois s\u2019il acceptait de collecter les ristournes auprès des firmes de génie.«Je n\u2019avais pas d\u2019affaire dans ça», a-t-il lancé.M.Asselin a protégé Claude Déguisé durant sa carrière à la Ville, et même après son départ en 2006.Sa mémoire est vague sur les plaintes des employés au sujet du comportement de M.Déguisé.Le patron du génie pouvait insulter et menacer de représailles ses propres employés, et même ceux des firmes de génie-conseil.Le successeur de Claude Asselin, Gaétan Turbide, a finalement montré la porte à Claude Déguisé.M.Asselin a nié avoir fait des pressions sur M.Turbide, à la demande de Gilles Vaillancourt ou de l\u2019entrepreneur Tony Accurso (un de ses amis), pour qu\u2019il garde M.Déguisé avec lui.Le Devoir La situation de Capitaine Crochet est critique Sans une intervention humaine, la femelle rorqual empêtrée dans un engin de pêche est condamnée ALEXANDRE SHIELDS C?est sans contredit l\u2019une des baleines les plus connues du Saint-Laurent.Capitaine Crochet, une femelle rorqual commun qui revient au Québec chaque année depuis 20 ans, risque maintenant de mourir des suites d\u2019un em-pêtrement dans un engin de pêche au crabe.Depuis deux semaines, les nombreuses tentatives pour libérer l\u2019animal ont échoué.Et Crochet est maintenant introuvable.«On se trouve devant une situation très difficile.La situation de l\u2019animal est sévère.En fait, on juge que, sans une intervention humaine.Capitaine Crochet est condamnée», fait valoir Robert Michaud, président du Groupe de recherche et d\u2019éducation sur les mammifères marins (GREMM) et directeur des programmes de recherche.La baleine, d\u2019une vingtaine de mètres, nage empêtrée dans un engin de pêche qui peut l\u2019empêcher de s\u2019alimenter, en plus de lui causer de sévères blessures.«On a constaté qu\u2019un câble fait le tour de la mâchoire supérieure, ce qui a probablement brisé des fanons, explique M.Michaud, qui connaît Crochet depuis 1994.Cela aura des impacts sur sa capacité â s\u2019alimenter.On voit aussi que, sur le dessus, le câble entre profondément dans la chair.Par ailleurs, des artères importantes passent sur le dessus du crâne, ce qui présente un risque.» , L\u2019V\u2019t * -L f ¦ .'it \\\t* GREMM Capitaine Crochet, une femelle rorqual observée dans le Saint-Laurent depuis 20 ans, nage empêtrée dans un engin de pêche qui peut l\u2019empêcher de s\u2019ahmenter et lui causer de sévères blessures.La situation critique dans laquelle se trouve cette «vedette» a semé l\u2019émoi parmi les gens de l\u2019industrie des croisières d\u2019observation de baleines.Le Devoir a passé quelques jours à Tadoussac et a constaté que plusieurs s\u2019inquiètent vivement pour la vie du rorqual.Partout dans le village, le GREMM a affiché des bulletins d\u2019information présentant les dernières nouvelles de Capitaine Crochet.Animal farouche Des spécialistes du désempê-trement de baleines du Nouveau-Brunswick, de Cape Cod et de la côte ouest sont venus offrir leur expertise.Mais, selon M.Michaud, il est très difficile de libérer un animal aussi rapide et farouche qu\u2019un rorqual commun, un animal surnommé le «lévrier des mers».Il peut plonger une quinzaine de minutes et parcourir de grandes distances sous l\u2019eau.Malgré plusieurs tentatives et le recours à différentes tactiques d\u2019approche.Crochet a donc toujours réussi à se défiler.Et depuis samedi, elle a disparu.Elle pourrait bien avoir quitté le parc marin du Sague-nay-Saint-Laurent, son secteur préféré.Cette baleine est chaque année la première de son espèce à y revenir, généralement dès le mois de mai.La situation est d\u2019autant plus inquiétante que Crochet lait partie d\u2019une espèce menacée de disparition.Le deuxième animal de la planète par sa grosseur a été décimé par la chasse au XX® siècle.Les rorquals communs sont aujourd\u2019hui confrontés à plusieurs menaces, dont la pollution sonore causée par la navigation, l\u2019exploration sismique et le développement industriel.Les engins de pêche constituent une menace constante pour les cétacés dans les océans du globe, mais aussi L\u2019Islande abat ses premiers rorquals L\u2019Islande a annoncé mercredi qu\u2019elle avait tué les premiers rorquals communs de sa campagne de chasse annuelle.Ces animaux, qui font partie d\u2019une espèce menacée de disparition, seront dépecés et leur viande sera exportée au Japon.L\u2019entreprise islandaise Hvalur compte abattre cette année 154 rorquals à l\u2019aide de canons lance-harpons à tête explosive.Le pays chasse aussi une autre espèce, le petit rorqual.Ces deux espèces de cétacés sont observées au Québec.L\u2019industrie baleinière reçoit d\u2019importantes subventions du gouvernement pour mener cette chasse dite «commerciale».L\u2019association touristique d\u2019Islande, qui représente l\u2019industrie des croisières d\u2019observation de baleines, a déploré à plusieurs reprises la chasse à la baleine.Un texte complet est disponible sur LeDevoir.com.dans le Saint-Laurent.En 2009, le cachalot Tryphon \u2014 observé régulièrement depuis 1991 dans le Saint-Laurent \u2014 s\u2019est empêtré dans un engin de pêche et est mort.Le Devoir N'avalez pas nimporte quoi.L'information de qualité, c'est un droit.Si vous jugez qu'elle est mal servie, avisez-nous à conseildepresse.qc.ca Conseil de presse du Québec Pauvreté autochtone Toronto \u2014 La pauvreté touche le tiers des enfants des Premières Nations au Québec \u2014 le double de la moyenne provinciale, révèle une étude publiée mercredi par le Centre canadien de politiques alternatives.Le Québec fait un peu meilleure figure que le reste du Canada, qui affiche pour sa part un pourcentage de pauvreté infantile de 50% \u2014 le triple de la moyenne nationale \u2014 chez les enfants inscrits des Premières Nations \u2014 ceux qui vivent dans des réserves ou qui ont un lien avec celles-ci.La situation est particulièrement catastrophique au Manitoba et en Saskatchewan, où près des deux tiers des jeunes autochtones (Métis, Inuits, etc.) grandissent dans une famille défavorisée.Selon l\u2019étude, un investissement annuel de 580 millions de dollars permettrait d\u2019apaiser les difficultés liées à la pauvreté de ces enfants.La Presse canadienne 200 000 personnes touchées par ritinérance Ottawa\u2014Au moins 200000 personnes sont conlrontées chaque année à un problème d\u2019itinérance au Canada, révèle la toute première étude nationale réalisée à ce sujet.En moyenne, chaque nuit, quelque 30000 personnes se retrouvent dans des refuges, dorment à l\u2019extérieur, cherchent à obtenir une protection contre la violence conjugale ou se retrouvent emprisonnées ou hospitalisées, selon le rapport déposé conjointement par les organisations L\u2019Alliance canadienne pour mettre fin à l\u2019itinérance et The State of Homelessness in Canada.Jusqu\u2019à 50000 personnes feraient partie de la catégorie des «itinérants invisibles», ces gens qui sont temporairement hébergés chez des parents ou des amis puisqu\u2019ils n\u2019ont nulle part d\u2019autre où aller.L\u2019étude conclut en outre que cette situation engendre des coûts annuels d\u2019environ 7 milliards de dollars pour les contribuables canadiens.Cinq recommandations figurent par ailleurs dans l\u2019étude.Les auteurs y conseillent notamment d\u2019augmenter l\u2019accès aux logements abordables et de faire de la lutte contre l\u2019itinérance une priorité nationale.La Presse canadienne Les enfants québécois en santé Les enfants québécois sont généralement en bonne santé, selon l\u2019Institut de la statistique du Québec, mais les garçons sont plus susceptibles que les filles d\u2019avoir un jour des problèmes de santé mentale.Environ 45% des garçons, contre 31% des filles, présentent des symptômes d\u2019hyperactivité, d\u2019inattention, d\u2019agressivité ou de problèmes de comportements, et ce, entre l\u2019âge de 17 mois et 10 ans.Ces observations sont plus relevées chez les enfants issus de milieux défavorisés.Ces résultats s\u2019appuient sur des analyses effectuées à partir des données de VEtude longitudinale du développement des enfants du Québec, menée entre 1998 et 2010 auprès d\u2019enfants nés au Québec en 1997-1998.L\u2019objectif principal de cette étude est de comprendre les trajectoires qui, pendant la petite enfance, conduisent au succès ou à l\u2019échec lors du passage dans le système scolaire.L\u2019étude montre également que 54% des enfants ont présenté des problèmes de santé, principalement des allergies et de l\u2019asthme.La Presse canadienne LES 25 ANS DES FRANCOFOLIES En images et en mots : un quart de siècle de souvenirs à revisiter.Un dossier spécial à lire sur ledevoir.com LE DEVOIR Libre de penser porter raffinée sur toute la ligne Halifax : Porter brille par son service.Envolez-vous vers Halifax à bord de Porter.Vous profiterez d\u2019un service de classe affaires en faisant une bonne affaire.Brillant, n'est-ce pas ! Vols au départ de Montréal.Tarifs aller simple incluant les taxes, surcharges et frais obligatoires.* Tarifs à partir de : \t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t CHICAGO\tNEW YORK\tWASHINGTON Dulles 336 $ 294 $\t281 $ \\ Taxes et frais compris\tTaxes et frais compris\tTaxes et frais compris j \\C^?î!î^**^*\"***\"^ Réservez en ligne, appelez au 1 -888-619-8622 ou contactez votre agent de voyages.Téléscripteur - faites le 711.flyporter.com Nouveau ! ê'fc porter Économisez sur les forfaits vol-hôtel à evasionsporter.com* * Les tarifs sont fonction de la disponibilité.Porter peut exiger un achat jusqu'à 21 jours à l'avance.Description détaillée des tarifs pour tous les itinéraires sur flyporter.com.Tarifs aller simple en classe Fixe au départ de la ville.Les tarifs à destination de la ville peuvent être différents.Nouvelles réservations seulement.Les tarifs incluent les taxes gouvernementales et les frais obligatoires.Ces montants peuvent aller jusqu\u2019à 150 $ par aller simple selon la destination.Les taxes étrangères fluctuent selon le taux de change en vigueur.Les frais pour des services optionnels, tels que les changements d\u2019itinéraire, les bagages supplémentaires, la présélection de siège ou d\u2019autres demandes spéciales, peuvent s\u2019ajouter au montant total.Tarifs non remboursables.Il est possible de changer d\u2019itinéraire moyennant des frais allant jusqu\u2019à 200 $ par personne et par trajet, plus toute différence de tarif.Certaines conditions (incluant des frais de 20 $ pour l\u2019enregistrement d\u2019un deuxième bagage, et les frais pour bagages excédentaires et/ou trop lourds) peuvent changer sans préavis et ne sont garanties qu\u2019à l\u2019émission du billet.Renseignez-vous auprès de Porter ou de votre agent de voyages.En cas de divergence entre le tarif de nos annonces et le tarif affiché sur notre site Internet au moment de la réservation, ce dernier prévaudra.^ Évasions Porter est une entreprise agréée par TICO. A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 20 JUIN 20IS EDITORIAL DEPART DE JEAN-MARTIN AUSSANT Après le chef La boucle du printemps érable est bouclée.Il n\u2019aura fallu qu\u2019un an pour que les espoirs des jeunes personnifiés par les nouvelles vedettes qu\u2019étaient Martine, Léo, Gabriel et Jean-Martin se retirent de l\u2019action collective ou rentrent dans le rang.Au-delà des motivations personnelles des uns et des autres, il y a là une leçon d\u2019époque.E Josée Boileau lies sont bien légitimes et sympathiques les raisons (deux!) qui font que Jean-Martin Aus-sant quitte la vie politique.Son déchirement était éloquent en conférence de presse, et il jouit d\u2019un tel capital de sympathie auprès des jeunes à qui il a redonné la flamme de l\u2019engagement souverainiste que peu d\u2019entre eux oseront dire qu\u2019ils se sentent floués.Il faut toutefois bien admettre qu\u2019en dépit de ses propos, en dépit même de la ferveur de ses militants.Option nationale est condamné, et que ce n\u2019est pas une bonne nouvelle pour ceux qui s\u2019y étaient reconnus.Le renouveau de la militance de masse qui avait caractérisé le printemps étudiant et qui s\u2019était poursuivi pendant la campagne électorale dans l\u2019implication politique de terrain, notablement chez ON et Québec solidaire, vient d\u2019en prendre un coup.Dans notre ère de célébrité instantanée et de personnalisation des enjeux, ce n\u2019est plus la mode d\u2019avoir une approche sociologique des événements.Mais il est clair que Jean-Martin Aussant part trop tôt pour que son parti lui survive : il y manque des structures qu\u2019il n\u2019a pas su ou pu mettre en place.De nos jours, ce sont les gens charismatiques, simples charmeurs ou vraiment remarquables, autour desquels on s\u2019agglutine \u2014 la campagne électorale en préparation à Montréal en offre la démonstration quotidienne.On ne bâtit pas, on admire.L\u2019admiré croit dès lors y arriver seul: quoi de plus exaltant que la génération spontanée, surtout quand s\u2019y mêle la fougue de la jeunesse.Mais ce n\u2019est pas ça, un projet: il faut y ajouter des piliers et du temps.Québec solidaire est né d\u2019un vide politique, mais aussi d\u2019une effervescence communautaire qui avait débouché d\u2019un côté sur un parti marginal, l\u2019Union des forces progressistes, de l\u2019autre sur un mouvement.Option citoyenne.Les militants ont précédé les vedettes et des gens bien implantés dans leur milieu, issus de l\u2019action collective, s\u2019investissaient dans le projet.La cause y dépassait bel et bien le chef, pour reprendre l\u2019expression employée mercredi par M.Aussant.Dans la même veine, le Parti québécois des débuts fut bien plus que le parti de René Lévesque.Les seconds étaient connus, et solides.Sa survie n\u2019aurait pu s\u2019envisager autrement.À l\u2019inverse, jusqu\u2019à l\u2019arrivée de François Legault, l\u2019ADQ a failli être le parti d\u2019un seul homme.Pourtant, ses figures les plus connues l\u2019étaient bien davantage que l\u2019entourage de M.Aussant à ON.Il y a, on le sent bien, une vraie envie de bouger de la part d\u2019une nouvelle génération, prête à s\u2019impliquer ici plutôt que de courir le monde, comme le faisaient leurs prédécesseurs.Cela a donné les mouvements Occupy et les carrés rouges, et a permis d\u2019investir le nouveau parti que Jean-Martin Aussant avait créé à l\u2019automne 201 f.On attend maintenant les lendemains.Un chef, une base, de la colère ou des désirs, cela ne suffit pas pour faire de la politique.Il faut encore cette vieille chose qu\u2019on appelle une organisation derrière laquelle les individus s\u2019effacent.Car les individus passent, toujours (et font ensuite carrière à la télévision.).Les 8000 militants d\u2019Option nationale y resteront encore un moment.Ensuite?Le PQ ne doit pas croire qu\u2019il les cueillera comme une rose : le désenchantement est trop grand à son endroit.QS en récoltera un peu.Plusieurs, déçus, risquent de se détourner pour de bon de la politique.Surtout pas ! Il faut plutôt retrouver un goût de XX® siècle : le sens de la patience dans l\u2019engagement.LUTTE CONTRE L\u2019ÉVASION FISCALE Avancée timide ans le cadre du G8 tenu en Irlande du Nord, le premier ministre britannique Dave Cameron vient de remporter une manche sur les consommateurs avides de paradis fiscaux.Il a en effet convaincu ses homologues d\u2019adopter l\u2019architecture conçue pour la mise en place d\u2019un système d\u2019échanges d\u2019informations.Quand Serge Truffaut on sait que la lutte contre l\u2019évasion croupissait dans la cave où sont entreposés les oublis de l\u2019histoire, l\u2019initiative du Britannique mérite d\u2019être saluée.D\u2019autant que le système en question prévoit ceci : échange automatique de données fiscales ; obligation de modifler les règles permettant aux entreprises de concentrer leurs bénéfices dans des pays fiscalement complaisants ; obligation pour les entreprises de communiquer la ventilation des impôts par pays ; obligation de dévoiler les noms des actionnaires dirigeants et des plus influents.De ces balises, il faut se féliciter.Reste que deux faits ou, plus exactement, deux absences vont en restreindre la portée.Sous l\u2019impulsion des Etats-Unis, de l\u2019Allemagne et du Canada, la confection d\u2019un registre dans lequel seraient regroupées les identités des sociétés-écrans, des entreprises fantômes, a été écartée.Non seulement ça, l\u2019application du train de mesures annoncées plus haut n\u2019a pas été Axée dans le temps.Autrement dit, ces mesures pourraient rester lettre morte.En fait, il faut espérer et prier tous les dieux du ciel qu\u2019une forte majorité des pays membres du G20, si ce n\u2019est tous les membres, adopteront à leur tour la politique proposée par Cameron lors de leurs sommets plus tard cet été.Car à bien des égards, il y a urgence.Année après année, on estime qu\u2019environ 30000 milliards échappent à l\u2019imposition.En Europe, soit un continent où la majorité des pays éprouvent toutes les difflcultés du monde à équilibrer leurs budgets, ce vice fiscal avoisine au minimum les fOOO milliards.Cela rappelé, les Européens du G8 sont parvenus à convaincre leurs collègues américains, japonais et russes qu\u2019il fallait à tout prix trouver les moyens efflcaces pour contrer les conséquences très perverses de l\u2019optimisation fiscale.Cette optimisation qui fait que Google, Amazon, Starbucks, Apple et autres ne paient pas un sou d\u2019impôt ou si peu sur la vente de leurs produits en Allemagne et en Erance, qui constituent leur principal marché.À ce propos, s\u2019il en va ainsi, c\u2019est que pour certains pays, la solidarité européenne doit être ramenée à un souhait partagé par les crédules.On pense ici à l\u2019Irlande, qui a bénéficié des milliards accordés par Bruxelles pour s\u2019extirper de la pauvreté et qui, depuis lors, se pose en champion de l\u2019évitement fiscal pour le bonheur de Google et consorts.Bref, à sa manière, l\u2019Irlande est Suisse.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directeur de Tinformation ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de Pinformation PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET OfArJ-IVvARTÎN\tLA ?oi,\\r!C(u\u20ac PouR f'octMPfP K JfuNff CnFAwT?,,, CAUSE (lé lci3>o£-îo LETTRES Bonnes vacances, madame la jnge On connaît bien les œuvres Montréal, plaque tournante du commerce international de la drogue, écrite par Jean-Pierre Charbonneau ; Montréal, ville ouverte, de Lise Payette; et,Montréal PQ, de Victor-Lévy Beaulieu.A une certaine époque, j\u2019ai cru, beau naïf, que tout cela était du passé.Terminée, la corruption, à Montréal.Eh bien non ! Coup de théâtre suivant le fatras de démissions, de congédiements, d\u2019aveux forcés de fraudeurs de tous ordres à la commission Charbonneau.Voilà que le maire suppléant de Montréal, Michael Applebaum, est maintenant arrêté sous 14 chefs d\u2019accusation.Ça senfait mauvais de ce côté, mais à ce point?A la suite d\u2019un événement que j\u2019ai vécu il y a peu de temps, une image me vient à l\u2019esprit quand je vois toutes ces accusations de malversation à l\u2019endroit de politiciens, de fonctionnaires, d\u2019entreprises pourvus de contrats publics.En grattant ma galerie pour la repeindre, je vis qu\u2019une des planches était complètement pourrie.«Il me suffira de la remplacer», me dis-je.Mais quel ne fut pas mon désarroi et ma déconvenue de constater qu\u2019une deuxième, puis une troisième planclte, etc.étaient également gangré-nées.Evidemment, j\u2019ai dû refaire ma galerie au grand complet.Sincèrement, bonne chance, madame la juge Charbonneau.Gérard Audet Chicoutimi, le 17juin 2013 Capitale nord-américaine dn vélo, vraiment ?Nos élus ne cessent de s\u2019époumoner à faire savoir que Montréal est la capitale nord-américaine du vélo.Ah oui?Hummm.À mon avis, c\u2019est un constat encore loin de la réalité.Non seulement le SPVM fait du zèle envers les cyclistes quand il est incapable d\u2019appliquer les règlements de circulation auprès des automobilistes, nous avons un maire d\u2019arrondissement qui impose des changements de signalisation aux voitures, ce qui est encore plus dangereux pour les piétons et cyclistes, car les automobilistes font des crises de rage, nous avons certaines pistes cyclables dangereuses (dont celle mal éclairée le soir au parc Lafontaine) et mal entretenues, voilà que la Ville de Montréal applique à la lettre un règlement interdisant d\u2019attacher nos vélos à un arbre, ce qui entraîne une amende de f 00 à fOOO dollars! Non seulement la Ville de Montréal n\u2019installe plus de support à vélo dans les rues résidentielles et commerciales dans les quartiers de Montréal, voilà que le nouveau parcomètre n\u2019a plus l\u2019anneau qui permet d\u2019y barrer son vélo.On se les met où, nos vélos ?Cessez d\u2019améliorer le Quartier des spectacles et occupez-vous des quartiers résidentiels avec une rue commerçante.Denis Bergeron Montréal, le 18 juin 2013 Un ministre et la réflexion Le ministre Pierre Duchesne, en acceptant distraitement la suggestion de fonctionnaires malavisés, n\u2019a pas réfléchi longtemps en changeant l\u2019intitulé Arts et lettres pour celui de Culture et communication.On communique quoi quand on ne sait ni lire ni écrire ?Heureusement, le ministre a tout l\u2019été pour venir à résipiscence et montrer qu\u2019il ne s\u2019agissait pas là de son intention profonde.Il corrigerait en même temps l\u2019aliénation de l\u2019électorat universitaire et collégial qu\u2019il a provoquée, de même que celle du milieu intellectuel et culturel québécois.Comment son parti, qui souhaite la souveraineté, peut-il envisager un ave- nir pour le Québec en le coupant de son passé ?C\u2019est au contraire en renforçant l\u2019actuel programme de littérature que le ministre atteindra ses objectifs personnels et collectifs.L\u2019été 2013 devrait être pour le PQ celui de la congruence.Jean-Pierre LeBlanc Saint-Fabien-sur-Mer, le 18 juin 2013 Il y a 100 ans Cela fera f 00 ans : deux hommes marchent sur une voie ferrée, un peu à l\u2019ouest de la ville de Chapleau, dans le nord de l\u2019Ontario.Une locomotive va bientôt les heurter.L\u2019un s\u2019appelait Harold Jackson et l\u2019autre, Louis Hémon.Ce dernier, le 24 juin précédent, avait envoyé le manuscrit de Maria Chapdelaine en Erance.Cela fera 400 ans.Jean-François Bonin Montréal, le 18 juin 2013 Zachary Richard et la francophonie Cher éditeur du Devoir, J\u2019ai lu l\u2019article de Lisa-Marie Gervais avec beaucoup d\u2019intérêt.Cependant, la francophonie nord-américaine et la relation entre le Québec et les communautés francophones hors Québec sont des questions complexes et fort nuancées qui ne se décodent pas dans l\u2019espace d\u2019une brève entrevue.Je vous invite donc à publier une série sur la francophonie nord-américaine dans toute son ampleur.Pour que vos lecteurs puissent mieux comprendre la vie de ces 33 millions de parleurs et parleuses de français semés comme des taches de rousseur sur la face de ce continent et avec qui les Québécois partagent plus qu\u2019ils imaginent.Lâche pas la patate.Zachary Richard Le 18 juin 2013 LIBRE OPINION Le déplorable «jeunisme » de Laurent Saulnier FRANCIS HEBERT Montréal Dans un article récent du Devoir, Sylvain Cormier signait un entretien avec le responsable de la programmation des PrancoPolies de Montréal, Laurent Saulnier.Dans ce texte, qui ressemble à une complaisante causerie d\u2019anciens combattants, Saulnier (jadis journaliste au Voir) explique que l\u2019organisation des Prancofolies de Montréal est allée le chercher pour rajeunir son public.Saulnier raconte que les «vieux» (pour reprendre son terme si respectueux) devaient peu à peu disparaître pour redynamiser les Prancos.C\u2019est donc à cause de lui que, depuis quelques années, on assiste à une lente et sûre disparation de tout un pan important de la chanson française : les chansonniers, les chanteurs poétiques, les gratteurs de guitares.Bref, tous les descendants de Pélix Leclerc et Georges Brassens : dehors ! On ne veut plus de vous.Les seules mentions que vous aurez, ce sont les soirées hommage où ce qui compte, c\u2019est la nostalgie compassée.Pas la célébration d\u2019une chanson vivante.Il en existe pourtant beaucoup, des chansonniers très créatifs, avec un répertoire bien à eux, qui continuent à écrire des chansons nouvelles.Par exemple, l\u2019excellent auteur-compositeur-interprète belge Jofroi est au pays ces temps-ci, pour quelques récitals à Tadoussac, Québec, Sherbrooke, Montréal.Qui en parle?Comment se fait-il qu\u2019un tel artiste chante dans un petit bistro loin dans Montréal plutôt que dans un festival important?Ce tjqie de chansons était défendu par Hélène Pedneault, dès qu\u2019on lui confiait qn micro (en remplacement, l\u2019été).Ou Elizabeth Gagnon, à qui on doit la belle et défunte émission Chansons en liberté à la Chaîne culturelle de Radio-Canada, qui faisait de la place à ces chanteurs méconnus, mais bouillants de sève.Qui diffuse désormais les Jacques Berlin, Jean-Marie Vivier, Jean Vasca, Morice Bénin ou Louis Capart?Notre époque macère dans le jeunisme, et Laurent Saulnier se fait ainsi le fossoyeur d\u2019une certaine chanson française tout en prétendant tenir compte du goût de tous les publics ! C\u2019est d\u2019une incohérence rare ! Ces chansonniers que l\u2019on écarte à Montréal, ils ont pourtant bouleversé plusieurs générations.Le producteur Pierre Jobin en fait encore venir à Québec.Le festival de Tadoussac y consacre une, part de sa programmation.L\u2019Atelier à l\u2019Écart en accueillait encore à Longueuil il y a quelques années.Mais pas à Montréal.Pas au plus gros festival.Qù on dissimule, pour être dans le vent, des artisans importants, avec la complicité des médias.Pourtant, il suffirait de lui redonner un peu d\u2019espace pour que des générations plus jeunes y prennent goût. LE DEVOIR LE JEUDI 20 JUIN 20IS A7 IDEES POLLINISATEURS SAUVAGES À RISQUE Le même destin tragique que l\u2019abeille domestique ?Il est possible de poser des actes concrets pour protéger ces alliées, mais avec l\u2019aide des gouvernements MADELEINE CHAGNON Entomologiste et chercheuse associée au Département des sciences biologiques de l\u2019Université du Québec à Montréal CHRISTINE GINGRAS Directrice générale adjointe de Nature Québec es pollinisa- L leurs, nous le savons, sont responsables de îa produc-tion d\u2019un grand nombre de cul-tures de fruits et de légumes, cultures que nous consommons tous les jours et qui nous procurent un bon apport d\u2019éléments nutritifs.Cette pollinisation par les insectes est aussi nécessaire à la régénération de nombreuses cultures fourragères utilisées par le bétail.Nous reconnaissons maintenant le rôle essentiel de ces précieux alliés, rôle directement lié à notre propre survie.L\u2019insecte pollinisateur le plus réputé est sans aucun doute Vapis mellifera, mieux connue sous le nom d\u2019abeille domestique.Ce pollinisateur est domestiqué, tout comme la vache, le porc ou la volaille.Il est donc possible pour l\u2019humain d\u2019avoir un certain contrôle sur le maintien des populations d\u2019abeilles.Malgré cela, depuis quelques années, les apiculteurs de toutes les régions du monde déplorent annuellement une perte de colonies d\u2019abeilles allant de 30 à 70%, et parfois plus.Pendant que les apiculteurs s\u2019acharnent à rebâtir leurs colonies perdues, qui s\u2019occupe PEDRO RUIZ LE DEVOIR Depuis quelques années, les apiculteurs de toutes les régions du monde déplorent annuellement une perte de colonies d\u2019abeilles allant de 30 à 70%, et parfois plus.des pollinisateurs sauvages ?Ces espèces hébergées par les milieux naturels sont-elles au^si en train de dépérir ?A l\u2019échelle mondiale, quelque 17 000 espèces de pollinisateurs sauvages ont été identifiées, dont 3500 en Amérique du Nord.Au moins 1000 de ces espèces sont présentes au Canada, dont plus de 350 au Québec.Depuis le milieu des années 1990, des baisses de population de ces pollinisateurs ont été signalées sur pas moins de quatre continents.Le déclin d\u2019une population est défini comme une diminution du nombre d\u2019individus ou encore du nombre d\u2019espèces dans un milieu, dans le temps.Selon les experts chargés d\u2019estimer le déclin des pollinisateurs, ce type de situation est observable et varierait d\u2019une espèce à l\u2019autre.Pour obtenir un nombre suffisant de pollinisateurs et assurer le rendement optimal de nos cultures, il est possible d\u2019augmenter le nombre d\u2019individus par l\u2019élevage d\u2019espèces sélectionnées.Au fil des siècles, c\u2019est ainsi que l\u2019humain a domestiqué l\u2019abeille.Toutefois, ce ne sont pas toutes les espèces qui peuvent être domestiquées.La majorité des pollinisateurs sauvages sont solitaires, et non sociaux.L\u2019élevage de ces espèces solitaires est impossible.Les insecticides La protection et le maintien des populations naturelles locales s\u2019avèrent des stratégies durables de conservation des pollinisateurs.Or, une des signataires de la présente lettre.Madeleine Chagnon, qui s\u2019intéresse aux effets des insecticides néonicotinoïdes systémiques sur les abeilles, a publié avec sa collègue Monique Boily une étude dans laquelle elles réitèrent leurs inquiétudes par rapport à la présence même de ces composés chimiques dans l\u2019environnement pour la survie des pollinisateurs.En effet, à partir de biomarqueurs, l\u2019étude a démontré une hausse de l\u2019activité de l\u2019enzyme AChE chez les abeilles qui étaient exposées au pollen de plants de maïs qui avaient été ensemencés avec des graines enrobées de ces pesticides systémiques de la famille des néonicotinoïdes.Ainsi traitée, la plante récupère une dose mortelle de l\u2019insecticide, ce qui la protège des insectes ravageurs.Malheureusement, ce produit se retrouve aussi, à plus faibles doses, dans le pollen et le nectar des plantes.Basé sur les résultats de nombreuses études importantes, l\u2019usage de ces insecticides fait présentement l\u2019objet d\u2019un moratoire dans plusieurs pays du monde.Il existe bien sûr d\u2019autres causes possibles du déclin des pollinisateurs, incluant la perte de diversité des ressources florales, les pathogènes et les parasites.Cependant, des études ont démontré que l\u2019exposition, même sous-létale, à ces pesticides neurotoxiques pourrait accentuer les effets néfastes de ces autres facteurs de stress.Des études sont en cours au laboratoire de Valérie Eournier de l\u2019Université Laval pour vérifier les risques d\u2019exposition des abeilles domestiques et sau- vages aux poussières de semences contenant des néonicotinoïdes, lors des semis de maïs, de soya et de canola.Bien que l\u2019on considère que les abeilles sauvages jouent un rôle clé dans les fonctions des écosystèmes, très peu d\u2019études ont exploré la dynamique de ces populations.De plus en plus, on observe de grandes fluctuations des populations chez ces pollinisateurs à l\u2019échelle de la planète, ce qui peut avoir d\u2019importantes conséquences sur l\u2019équilibre des relations écologiques dans les écosystèmes naturels.Par des initiatives individuelles, communautaires et urbaines, il est possible de poser des actes concrets pour protéger ces alliées.Toutefois, nous avons besoin de l\u2019aide des gouvernements, afin qu\u2019ils posent des gestes notoires tels que la création d\u2019aires de conservation, et surtout, la mise en place d\u2019une réglementation plus adaptée à la réalité des espèces contre les stress environnementaux qui les menacent, tels que les néonicotinoïdes, allant jusqu\u2019à les interdire.Tout comme l\u2019abeille domestique, les pollinisateurs sauvages butinent les plantes agricoles dans leur environnement.Avec l\u2019intensification croissante de l\u2019agriculture, il est important de prendre des mesures de gestion des ennemis des cultures qui permettront le développement d\u2019une agriculture durable.Tout cela, pour assurer la conservation à long terme de nos ressources alimentaires et aussi la survie de l\u2019équilibre écosystémique dans lequel nous vivons.En somme, il est donc question ici de notre propre survie ! La réplique > Prostitution Simone n\u2019aurait pas été dupe Devant l\u2019oppression patriarcale que représente la prostitution, il y a fort à parier que de Beauvoir aurait choisi le camp abolitionniste V ELIANE LEGAULT-ROY Responsable des communications, Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelle (CLES) iviane Namaste de l\u2019Institut Simone de Beauvoir affirmait samedi que la philosophe existentialiste aurait approuvé la décriminalisation totale de l\u2019industrie du sexe.L\u2019argumentaire de M\u201c® Namaste ne m\u2019ayant pas convaincue, je suis donc retournée lire cette chère Simone pour en conclure que, si elle vivait aujourd\u2019hui, elle serait résolument abolitionniste.Dans Pour une morale de l\u2019ambiguïté (1947), Beauvoir soutient que les humains se perçoivent mutuellement comme des objets, ce qui les brime dans leur désir d\u2019exercer leur subjectivité.En ce sens, l\u2019objectification des individus, qui nie leur subjectivité les atteint dans ce qu\u2019ils et elles ont de plus précieux : leur humanité.Dans Le deuxième sexe, Beauvoir démontre que la femme est objectifiée par le fait que son existence même est nommée par son sexe.La valeur de la femme étant son corps, sa subjectivité, voire son humanité, est nulle et non avenue.Dans ce livre, Beauvoir affirme aussi que la femme ne peut se penser sans homme.En ce sens, la prostitution, qui n\u2019existe que pour les hommes (99% des clients de la prostitution), est une démonstration patente du rôle de l\u2019homme comme référent de la femme.Alors que la personne prostituée est objectifiée par le client qui achète un corps pour assouvir son désir, l\u2019altérité de la femme est réaffirmée par le fait qu\u2019elle est prostituée (l\u2019objet) par le pros-titueur (le sujet).Cette négation de l\u2019humanité de la femme par la transaction prostitutionnelle n\u2019est pas un acte isolé entre «deux individus consentants», comme le veut la rhétorique prodécriminalisation.Elle s\u2019inscrit plutôt dans le cadre structurant de la société patriarcale qui limite la liberté de toutes les femmes et assigne à chacun et chacune son rôle.Beauvoir abolitionniste Devant l\u2019oppression patriarcale que représente la prostitution, il y a fort à parier que de Beauvoir aurait choisi le camp abolitionniste.Si elle évoque le fait que «la prostituée n\u2019a pas les Le déclencheur « On peut imaginer que Simone de Beauvoir refuserait la position abolitionniste féministe sur la prostitution.Au contraire, elle revendiquerait le droit des femmes à travailler en toute liberté.[.] Sa valorisation de leur solidarité la conduirait à critiquer des lois, comme celle sur les maisons de débauche [.].Beauvoir dénoncerait en définitive tout cadre juridique (tel que celui en place au Canada) exigeant que les \u201ctravailleuses du sexe\u201dse retrouvent à exercer leur métier de manière isolée.» Viviane Namaste, Le Devoir de philo, 15 juin 2013.droits d\u2019une personne», ce n\u2019est pas pour défendre «le droit de se prostituer», mais bien plutôt les droits au respect, à la dignité et à la liberté que nie la prostitution.Pour Beauvoir, la prostitution est un esclavage.Elle affirme : «Dans un monde où sévissent misère et chômage, dès qu\u2019une profession est ouverte, il y a des gens pour l\u2019embrasser [et] il est bien hypocrite de s\u2019étonner des offres que génère la demande masculine.» Pour ces mêmes raisons, les abolitionnistes préfèrent agir sur les inégalités systémiques \u2014 afin que la prostitution ne joue pas le rôle de filet social pour les femmes \u2014 ainsi que sur la demande masculine par la sensibilisation à l\u2019égalité entre hommes et femmes et la criminalisation des prostitueurs.Consciente que bien des obstacles maintiennent les femmes dans la prostitution, Beauvoir est sensible à la stigmatisation dont elles sont victimes.Cependant, contrairement à ce que M\u201c® Namaste semble affirmer, Beauvoir souligne que ce stigma n\u2019est pas lié au fait d\u2019exercer dans la clandestinité, mais plutôt au fait que la femme prostituée est une Autre sacrifiée au désir de l\u2019homme.En ce sens, la philosophe aurait opté pour le modèle nordique \u2014 qui décriminalise les femmes et s\u2019attaque à ceux qui voudraient les voir rester dans la prostitution \u2014, puisqu\u2019il refuse explicitement la stigmatisation et la mise à disposition d\u2019un groupe de femmes aux désirs des hommes.La solidarité des opprimées Déformant les propos de Beauvoir pour appliquer l\u2019altérisation à une dichotomie inventée entre travailleuses du sexe et abolitionnistes, M\u201c® Namaste fait référence dans son texte à une solidarité glorifiée entre les femmes prostituées et le « \u201ccontre-univers \u201d dans lequel elles retrouvent la dignité humaine».Toutefois, chez Beauvoir, cette solidarité et ce «contre-univers» sont loin d\u2019être aussi positifs.Selon la philosophe, la solidarité entre les femmes dans la prosdtudon s\u2019explique par le fait qu\u2019elles sont dégoûtées par leurs relations commerciales avec la moitié de l\u2019humanité et par la violence de leurs proxénètes.En ce sens, c\u2019est en tant qu\u2019Autre que naît cette solidarité, c\u2019est-à-dire en tant que femmes par rapport au groupe hommes.Selon les mots de Beauvoir, la femme prostituée a besoin des autres femmes «pour créer ce contre-univers que toute femme opprimée par l\u2019homme réclame».La décriminalisation totale de la prostitution apparaît comme une abdication devant cette al-térisation, au détriment des femmes et de la solidarité qu\u2019elles espèrent.La réponse à l\u2019oppression patriarcale ne peut se trouver dans la légalisation de ses pratiques.La véritable solidarité envers les personnes prostituées exige de se dresser en tant que femmes, solidaires et sujets de leurs propres existences.Et de refuser les pratiques de domination.Beauvoir aurait souhaité cette solidarité féministe, solidarité qui demande que celles ayant le privilège du choix ne l\u2019imposent pas à celles que les conditions d\u2019existence oppriment.La solidarité suppose le refus de certains privilèges, qu\u2019il s\u2019agisse de privilèges de race, de classe, ou, dans ce cas-ci, du privilège de choisir la prosdtudon.Il ne faut pas oublier les apports importants de Simone de Beauvoir au féminisme: la théorie de l\u2019oppression de genre et le concept de construction de l\u2019Autre qui rendent possibles la prostitution de même que la solidarité et l\u2019engagement politique qui nous encouragent à y résister.Simone dénoncerait aujourd\u2019hui l\u2019industrie du sexe, expression suprême du pouvoir capitaliste et patriarcal, de même que celles et ceux qui la défendent comme un lieu d\u2019expression du pouvoir des femmes.Bref, elle ne serait pas dupe.GEORGES BENDRIHEM AGENCE ERANCE-PRESSE ^ Lire aussi > Fabuiations autour de Si- \" mone de Beauvoir et de ia prostitution.Le débat se poursuit sur notre site Web, avec le texte de la chercheuse Emma Lévesque, dont voici un extrait: «Pour affirmer que Simone de Beauvoir n\u2019était pas abolitionniste, Viviane Namaste n\u2019a eu d\u2019autre choix que d\u2019évacuer son utopie d\u2019un monde sans prostitution.Dans Le deuxième sexe, de Beauvoir explique que \u201c[pjowr que la prostitution disparaisse il faudrait deux conditions: qu\u2019un métier décent fût assuré à toutes les femmes; que les mœurs n\u2019opposent aucun obstacle à la liberté de l\u2019amour.\u201d En conclusion, de Beauvoir ajoute que dans un \u201cmonde où les hommes et les femmes seraient égaux, [.] la liberté érotique serait admise par les mœurs, mais l\u2019acte sexuel ne serait plus considéré comme un \u2018service\u2019 qui se rémunère \u201d.Bref, de Beauvoir était abolitionniste.» LeDevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (editoriahste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste) , information générale : Mane-Andree Chouinard {chef de division'), Dominique Reny (adjointe au directeur de l\u2019information), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien DeghseésoceeÉeJ et Jean Dion (sports) , information politique Marco Fortier (chef de division), Michel DaN\\d(chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Robert Dutnsac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau et Bnan Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter) , information culturelle Louise-Maude Rioux Soucy (chef de division), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Jubé Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Belau* Cinno, François Desjardins et Enc Desrosiers {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'TaxWeier (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emihe Eohe-Boivm et Louis Gagne (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettino-Parazelli et Genevieve Tremblay (assistants) , correction : Andre^ne Bedard, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Elorence Eerrans (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur) fbAasxoxv Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Claire Breton, Jean de Billy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Amehe Maltais, Claire Paquet, Catherine Pelletier, Chantal RamviUe, Nadia Sebai, (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Ehse Girard (secretaire) PRODUCTION Ohvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Carohne Guunond, Yannick Monn, Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la promotion),ls/iaxira-0\\rvier Leclerc (responsable duservice a la clientèle), Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables) ,G\\a\\id'sXX/s.Behveau (adjointe administrative), Claudine Chevner, Elorentina Draghici, Cehne Euro y, Ghislaine Lafleur et Véronique Page A 8- L E DEVOIR LE JEUDI 20 JUIN 2013 ACTUALITES SCHNOBB SUITE DE LA PAGE 1 années, ont fait le saut en politique.Coderre M.Schnobb animait mercredi deux panels de discussion dans le cadre du 15® Forum international sur le Web et l\u2019Internet sur le thème des villes et territoires intelligents qui se déroulait à la Société des arts technologiques (SAT).Le candidat à la mairie Denis Coderre était d\u2019ailleurs présent en matinée puisqu\u2019il prononçait le discours d\u2019ouverture du Forum et s\u2019est engagé à faire de Montréal une «ville intelligente» s\u2019il est porté au pouvoir le 3 novembre prochain.Philippe Schnobb a indiqué au Devoir avoir pris l\u2019engagement de participer à cet événement il y a plusieurs mois et qu\u2019il ignorait jusqu\u2019à tout récemment que Denis Coderre y prendrait part.Le journaliste de 49 ans devrait pouvoir obtenir un congé sans solde de son employeur afin de mener sa campagne électorale.Advenant une défaite le 3 novembre, il réintégrera son poste à Radio-Canada, mais ne pourra pas revenir en ondes, a-t-il précisé.L\u2019annonce de cette candidature vedette devait être faite en conférence de presse vendredi, mais l\u2019entourage de Denis Coderre a finalement décidé de devancer l\u2019événement.Les médias sont donc convoqués jeudi matin.Jean Fortier Dans le camp de Mélanie Joly, qui a annoncé sa candidature à la maire de Montréal lundi dernier, on s\u2019active aussi à recruter des candidats.Jean Fortier, ancien président du comité exécutif sous l\u2019administration de Pierre Bourque, effectuera un retour dans l\u2019arène municipale et se joindra à l\u2019équipe de M\u201c® Joly, a confirmé celle-ci au Devoir.Sa candidature sera officiellement annoncée lorsque le parti sera autorisé par le Directeur général des élections (DGF), a indiqué Mélanie Joly, qui a vanté l\u2019intégrité de son futur candidat.Au cours des dernières années, M.Fortier a dénoncé à maintes reprises la corruption dans le monde municipal.Rappelons que Jean Fortier a occupé les fonctions de président du comité exécutif de la Ville de 1998 à 2001.En 2001, il avait mordu la poussière contre.Michael Applebaum dans la circonscription de Notre-Dame-de Grâce.Puis, en 2004, M.Fortier avait tenté de se faire élire dans la circonscription fédérale d\u2019Ahuntsic sous la bannière du Parti conservateur.Plus tôt cette semaine, Mélanie Joly s\u2019est fait taper sur les doigts par le DGF, qui lui a reproché d\u2019avoir lancé sa campagne électorale sans avoir, au préalable, déposé de demande d\u2019autorisation pour être candidate à la mairie.Le Devoir PENURIES SUITE DE LA PAGE 1 dans son nouveau rapport.L\u2019Afrique et l\u2019Asie du Sud-Est seraient les premières victimes de ces pénuries de denrées essentielles à la survie, alors que leurs habitants «ne sont pas maîtres de la hausse de la température mondiale», a insisté le président de la BM.La part des populations en état de malnutrition risquerait par ailleurs de flamber «de 25% à 90%» en fonction des pays.L\u2019Asie du Sud et du Sud-Est serait aussi sous la menace d\u2019autres «crises majeures».Les inondations massives qui ont touché plus de 20 millions de personnes au Pakistan en 2010 pourraient devenir «monnaie courante», selon la BM.De violents épisodes de sécheresse pourraient également frapper l\u2019Inde, tandis que la montée des eaux en Asie du Sud-Est, associée à des cyclones, pourrait se traduire par l\u2019inondation d\u2019une «grande partie» de Bangkok dans les années 2030, d\u2019après le rapport.En fin de compte, c\u2019est tout l\u2019objectif de réduction de la pauvreté extrême qui risque de pâtir de l\u2019inaction de la communauté internationale.«Le changement climatique fait peser une menace fondamentale sur le développement économique et la lutte contre la pauvreté», a admis M.Kim mercredi.La Banque mondiale, qui a doublé en un an ses investissements destinés à financer l\u2019adaptation des pays aux changements climatiques (4,6 milliards de dollars en 2012), admet par ailleurs qu\u2019elle doit elle aussi opérer un «changement radical» en cessant de financer des projets de développement émetteurs de CO2.Les gouvernements déterminés à exploiter de nouvelles réserves pétrolières et gazières sur leur territoire \u2014 comme celui du Canada et du Québec \u2014 devraient aussi y penser à deux fois avant d\u2019aller de l\u2019avant, selon la Commission sur le climat de l\u2019Australie.Dans un rapport publié lundi, elle a fait valoir qu\u2019il faudrait laisser 80% des réserves d\u2019énergie fossile mondiales dans le sol.Sans quoi, c\u2019est tout simplement «l\u2019existence de notre société» qui est menacée.Fonte du pergélisol La situation est d\u2019autant plus critique qu\u2019une nouvelle étude britannique indique que le pergélisol devrait commencer à dégeler de façon durable d\u2019ici 10 à 30 ans.Ce pergélisol représente un quart de la surface des terres dans l\u2019hémisphère Nord.Au niveau mondial, il renferme pas moins de 1700 milliards de tonnes de carbone, soit environ le double du CO2 déjà présent dans l\u2019atmosphère.Selon des travaux menés par le Département des sciences de la terre de l\u2019Université d\u2019Ox-ford, le pergélisol pourrait commencer à fondre à partir d\u2019un réchauffement du globe de 1,5 ° C.Si cette matière organique gelée fond, elle relâche lentement tout le carbone qui y a été accumulé au fil des siècles.Or, cet énorme apport de CO2 rejeté dans l\u2019atmosphère n\u2019a jusqu\u2019à présent pas été pris en compte dans les projections sur le réchauffement climatique qui sont utilisées dans le cadre des négociations mondiales sur le climat.La communauté internationale s\u2019est donné comme objectif de limiter le réchauffement à 2°C et d\u2019y parvenir en concluant un accord contraignant regroupant 190 Etats d\u2019ici 2015.Le secrétaire général des Nations unies.Ban Ki-moon, est d\u2019ailleurs catégorique: il sera «bientôt trop tard» pour sauver la santé environnementale de la planète si les pays n\u2019y parviennent pas.Mais pour freiner la hausse du thermomètre, il faudrait que la concentration de CO2 plafonne entre 350 et 400 parties par million (ppm).Les prévisions des scientifiques indiquent que celle-ci devrait atteindre 450 ppm d\u2019ici quelques décennies.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir AGENCE ERANCE-PRESSE Le pergélisol pourrait commencer à fondre à partir d\u2019un réchauffement du globe de 1,5 °C.BOULAY SUITE DE LA PAGE 1 pliquer les mécanismes qui nous font les aimer.ou pas».Je voulais reparler aux Soeurs Boulay pour leur spectacle des Francos, ce vendredi au Club Soda, et j\u2019ai pensé au livre de Venue: et si on essayait de comprendre comment il se fait que dans leurs chansons, à chaque écoute, on a le cœur qui fait twoui-twoui à des moments très précis ?Quelle part de travail essai-erreur, de décisions parfaitement conscientes, de pur instinct (c\u2019est-à-dire la ponction involontaire dans le grand bagage de musique) ?Il se trouve que mon amie Dominique et sa fille Juliette, son aînée, 14 ans, sont les plus grandes fans des Sœurs que je connaisse.L\u2019album Le poids des confettis ne les a pas quittées depuis la sortie, fin mars.C\u2019est tout naturellement autour de leur table de cuisine qu\u2019on se retrouve fin mai en compagnie de Stéphanie et Mélanie, instruments à portée de démonstration.Do a noté des moments-clés dans certaines chansons, moi dans d\u2019autres.On y va, les filles ?On y va.Des shooters de fort sur le bras Un sol.Il y a un sol en plus, uniquement dans le deuxième refrain de Shooters de fort, après le fa, au lieu d\u2019aller tout de suite au la mineur.J\u2019ai constaté ça en apprenant à jouer la chanson.Ça crée quelque chose, ce sol en plus.Une sorte de flottement, un espace pour l\u2019émotion.«C\u2019était pour suivre le texte», explique Stéphanie.Comme dans Quand j\u2019aime une fois, j\u2019aime pour toujours de Desjardins, comme dans la tradition folk, «dans presque chaque chanson de Jimmy Rodgers» : si la phrase est plus longue, on ajoute un accord, et puis voilà.«Quand on est arrivées avec un band, raconte Mélanie, ils ont fait: hein ?C\u2019est weird, qu\u2019est-ce qui se passe?C\u2019est inégal.On n\u2019avait aucune idée de ça, nous autres.» M\u2019étant commis, me voilà jouant Shooters de fort avec elles.Oui, je me suis trompé d\u2019accords.Mélanie, compatissante: «C\u2019est pas grave, Sylvain! Je me trompe tout le temps de toute façon.» Après la perfo, on comprend mieux : la petite rallonge du sol donne du temps à l\u2019émotion d\u2019agir.«Il y a comme une ouverture», soumet Stéphanie.Exactement.Ça mouille les yeux Dominique: «La dernière fois qu\u2019on s\u2019est retrouvées en auto, Juliette et moi, on écoutait beaucoup Ça mouille les yeux ensemble.Sur repeat.» Ce qui l\u2019a frappée: l\u2019importance des notes partagées dans cette chanson par ailleurs farcie d\u2019harmonies.«C\u2019est là [que ça se passe], c\u2019est quand vous embarquez à l\u2019unisson.» Mélanie est bien d\u2019accord: «Je commence à chanter toute seule.[.] Dès qu\u2019une deuxième voix embarque, ça grossit la patente, mais en harmonie, ça grossit trop vite, alors Stéphanie embarque à l\u2019unisson, ça fait juste rajouter une dite dite couche de plus.A un moment donné, les voix se séparent, et reviennent ensemble, se reséparent, et à la fin, il y a les brass qui embarquent et ça grandit comme ça.» Stéphanie prend le relais : «Nous, quand on écoute de la musique et qu\u2019il y a un unisson qui splitte, ça nous fait de quoi.» Et les Sœurs d\u2019offrir, a capella, un extrait de la chanson de Crosby, Stills, Nash and Young: Our House.Et puis la portion finale de Ça mouille les yeux.On sent bien le surcroît d\u2019émotion quand l\u2019unisson devient harmonie.« C\u2019est la coche de plus», dit Mélanie.Chanson bien nommée : oui, ça mouille les yeux.Chanter en harmonie Dominique leur parle de Lola en confiture.La conversation, d\u2019abord centrée sur le propos, amène les Sœurs à examiner une autre façon d\u2019harmoniser : la manière inextricable.Stéphanie: «On se croise tout le temps dans la toune.Ce qui fait la chanson, c\u2019est l\u2019harmonisation.Je ne peux pas chanter Lola toute seule.Je n\u2019ai plus de repères.» Mélanie sait d\u2019où ça vient.' «Je me rappelle qu\u2019on avait entendu Antoine Gratton et Manuel Gasse faire un show ensemble, c\u2019est pas des frères, mais c\u2019est des frères spirituels en maudit [.], même si je les connais tous les deux, je sais jamais qui chante quoi, ils arrêtent pas de se croiser.Ça m\u2019avait vraiment marquée.» Stéphanie: «On avait des gros jrissons et on braillait, tellement les harmonies étaient belles.J\u2019ai chanté une fois And I Love Her des Beatles avec [Antoine], j\u2019avais jamais ressenti ça, il fait des contre-chants, il descend quand il monte, il monte quand il descend.Tu respires tout croche quand t\u2019écoutes ça.» Cul-de-sac Là où mon cœur répond dans Cul-de-sac, dis-je aux Sœurs, c\u2019est dans les très brèves saillies en voix de tête dans le refrain, dans le «prends» de «Tu comprends pas», dans Y «attend» à\u2019«Anyway on t\u2019attend pas pour avancer».C\u2019est comme si le souffle leur manquait, comme si elles étaient elles-mêmes trop émues.Stéphanie.' «Je me souviens, quand on a écrit cette toune-là, qu\u2019on avait rien pendant des heures et des heures, on bûchait, on savait pas où aller, et puis à un moment donné.» Elles ont trouvé ça.Haletantes de joie.«On vient les yeux pleins d\u2019eau quand ça nous arrive.Tu sais, quand tu mets le doigt dessus?» Joueraient-elles le refrain, qu\u2019on exulte aussi?Mélanie est dépitée: «Ah! Tas pas ton capot.» Stéphanie: «Ben oui, il est dans l\u2019étui.» Perfo.C\u2019est tellement évident.Mélanie ajoute un élément: «C\u2019est l\u2019intervalle, aussi, je fais deux notes sur la même voyelle, de très bas à très haut, d\u2019une shot.» Stéphanie: «Quand on monte, tu dois sentir qu\u2019on va au bout de notre capacité.» Et, par là, au bout de l\u2019émotion.Où la vague se mêle à la grand-route Il y a aussi les textes.Des expressions qui font l\u2019effet.Qui disent l\u2019essentiel dans une chanson.Où la vague se mêle à la grand-route, bel exemple.Dominique.' «C\u2019estJuliette qui m\u2019a fait remarquer \u201cMets ton chapeau de laine et tes lunettes à lune\u201d.» Mélanie: «Tout le monde accroche sur ces mots-là.» Do : «On sent le bonheur d\u2019être là, chez nous.et en même temps l\u2019ennui.» Mélanie: «Il y a aussi \u2018J\u2019veux te faire voir les plumes / et les galets des dunes\u201d, c\u2019est vraiment juste une fixation d\u2019images qui nous font penser à chez nous.» Et les Sœurs, sans se faire prier, de la chanter en entier.On en aurait pour la journée comme ça (d\u2019ailleurs, la jasette de cuisine chez Do aura avoisiné les deux heures).Chaque chanson suppose tant de décisions.Pourquoi avoir décidé d\u2019harmoniser SEULEMENT la phrase «Tu dis mon nom dans ton sommeil», dans Chanson de route! Pourquoi ne pas harmoniser du tout dans Sac d\u2019école, ont-elles essayé à deux ?(Oui.) Autant de décisions heureuses qui font que chaque fois, l\u2019émotion passe.Maximale.Autant d\u2019explications qui n\u2019expliquent pas tout, non plus.Les Sœurs, en chœur: «Heureusement!» Le Devoir En spectacle au Club Soda, vendredi à 19 h; Joseph Edgar en première partie.i\\ À écouter > Extraits de la rencontre, \u201d conversation et chansons, avec les Sœurs Boulay.LeDevoir.com AUSSANT SUITE DE LA PAGE 1 Le chef d\u2019Option nationale a donc «pris la difficile décision de [se] retirer de la vie politique, le temps que [sa] situation familiale soit plus propice à un engagement aussi intense et entier que celui de faire de la politique active.» M.Aus-sant a indiqué qu\u2019il reviendra certainement à la politique quand ses enfants auront grandi.Pratiquement personne n\u2019avait pressenti le départ de M.Aussant.«C\u2019est une immense surprise», confie Catherine Dorion, candidate d\u2019ON à Québec et membre du conseil national du parti.«C\u2019est assurément une décision très pénible et douloureuse», ajoute l\u2019ancien député pé-quiste Camil Bouchard, proche de M.Aussant.Le 3 mars, Jean-Martin Aussant avait reçu un appui de 97 % des militants lors du congrès du parti.La formation lui avait aussi accordé l\u2019équivalent du salaire d\u2019un député (près de 87000$) pour s\u2019assurer qu\u2019il puisse se consacrer à temps plein à ses tâches de chef.Jean-Martin Aussant a expliqué mercredi qu\u2019il lui est désormais impossible de «reporterie conflit famille-politique» plus longtemps.Dès la fondation de son parti, il mentionnait la question de sa situation personnelle comme irein à son engagement.Le couple Jacques Parizeau et Lisette La-pointe, amis proches de Jean-Martin Aussant et de son parti, s\u2019est dit «bouleversé» par la nouvelle de la démission du «fils spirituel» de l\u2019ancien premier ministre.Jean-Martin Aussant les a contactés mardi pour leur annoncer la nouvelle, au cours d\u2019une conversation que l\u2019ancienne députée qualifie de «déchirante».Jointe en Europe, la voix de M\u201c® Lapointe trahissait une blessure encore vive.«Disons que je suis bien triste, mais en même temps, je comprends.Et je comprends que c\u2019est un au revoir.» Pas un pique-nique Mais le parti que M.Aussant a fondé en octobre 2011 sera-t-il encore là à son retour annoncé ?L\u2019ex-chef est lui-même convaincu qu\u2019Option nationale lui survivra.«Il a plus que jamais sa raison d\u2019être», es-time-t-il.Selon lui, il y a quantité de «leaders naturels» dans les quelque 8000 membres et militants du parti.Tous reconnaissent toutefois que les lendemains seront difficiles pour Option nationale.Le parti compte sur une base de militants jeunes et dévoués, mais ses assises demeurent fragiles.Option nationale a récolté moins de 2% des voix aux dernières élections, avec 82 500 votes.«Il y a tellement d\u2019intelligence et de ferveur dans ce parti, je ne peux imaginer qu\u2019il va se dissoudre, dit Camil Bouchard.Mais ce ne sera pas un pique-nique.Le parti s\u2019engage dans une période très délicate et difficile.» Lisette Lapointe avoue qu\u2019il sera difficile pour quiconque de remplacer Jean-Martin Aussant, qui restera «l\u2019inspiration» du parti.Mais elle «pense qu\u2019à l\u2019intérieur du parti, il y a certainement des jeunes qui seraient prêts à relever le défi».Aucun des ex-députés péquistes proches de M.Aussant \u2014 Lisette Lapointe, Camil Bouchard et Pierre Curzi \u2014 n\u2019a l\u2019intention de se présenter à sa succession, ont-ils confirmé mercredi.M.Curzi espère lui aussi que la démission du chef permettra aux jeunes de prendre leur envol.«Je crois qu\u2019il est sage de laisser la place à ce beau monde», dit-il.Marois salue À Québec, la première ministre Pauline Marois a tenu à témoigner son «respect» à son ancien député.«J\u2019ai parlé à Jean-Martin il y a quelques instants pour lui dire que je lui souhaitais bonne chance pour la suite des choses et que je savais que le Québec pourrait compter sur lui comme souverainiste, peu importe là où il sera.» Refusant de dire si son départ signifiait une bonne ou une mauvaise nouvelle pour la cause indépendantiste, la première ministre a toutefois réitéré que c\u2019est par le PQ que passait la souveraineté.«Il y a une place, si on veut travailler à la souveraineté, où les gens sont tous les bienvenus, et c\u2019est au PQ.» Catherine Dorion estime toutefois que M\u201c® Marois se trompe si elle croit que les militants d\u2019Option nationale vont simplement réintégrer le giron péquiste.«Tous ceux à qui j\u2019en parle disent la même chose: voter ON, c\u2019était voter à part, voter différemment, voter pour la souveraineté.Ce n\u2019était pas juste une question d\u2019être un peu plus à droite ou à gauche, c\u2019est plus profond.» Jean-Martin Aussant avait claqué la porte du Parti québécois en juin 2011 afin de siéger comme indépendant.Il a été battu par le ca-quiste Donald Martel lors de l\u2019élection de septembre 2012 dans Nicolet-Yamaska.Le Devoir Rectificatif Une erreur s\u2019est glissée dans un texte paru sur notre site Internet, dans la journée du 19 juin, intitulé Commission Charbonneau : Vaillancourt était à la tête du système de collusion, confirme l\u2019ex-d.g.de Laval.Contrairement à ce que nous écrivions, Claude De-guise n\u2019a pas travaillé directement à la Société des ponts fédéraux lors de son départ de la Ville de Laval.Il a été employé par l\u2019une de ses filiales, soit la société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com 00 sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev® ledevoir.corn 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi 7h30à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les ser'\\dces peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre ser'\\dce à la clientèle Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 II est imprimé par Imprimerie Mirabel inc , 12800, rue Brault, Saint-JanMer de Mirabel, diMsion de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les serMces de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.