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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2013-07-06, Collections de BAnQ.

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[" Corruption : comment des citoyens en sont venus à participer à des fraudes Page b 5 Humanités 2.0 : une série sur les sciences sociales numériques Page b 2 Fiuoration : les citoyens tentent de départager le vrai du faux Page b 3 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JUILLET 20IS Le saut dans l\u2019inconnu des Égyptiens Avec Morsi déposé et l\u2019armée de retour aux affaires, s\u2019ouvre une phase de transition sans cadre juridique qui fait craindre une période de flottement comme en 2011.MARWAN CHAHINE Même si l\u2019armée a promis d\u2019agir dans le cadre du droit, de la démocratie et avec pacifisme, les premiers signaux envoyés par le régime de transition ne sont pas particulièrement rassurants.De nombreux cadres des Frères musulmans ont été arrêtés depuis mercredi soir.Le président déchu, Mohamed Morsi, serait toujours retenu au ministère de la Défense, «détenu de façon préventive», selon une source militaire.Mercredi, le chef du parti Liberté et Justice, Saad el-Katatni, avait été interpellé et jeudi, c\u2019est Mohamed Badie, le guide suprême de la confrérie, qui a été arrêté à la demande du parquet pour incitation au meurtre de manifestants.Un mandat court toujours contre Khairat el-Chatter, considéré comme la tête pensante et le financier des Frères.En tout, près de 300 mandats d\u2019arrêt auraient été lancés contre des personnalités islamistes.Incertitudes Cette vague d\u2019arrestations survient au lendemain de l\u2019allocution du général Al-Sissi, qui a acté la destitution de Mohamed Morsi et dessiné les grandes lignes d\u2019une feuille de route pour la période de transition.Les principales mesures annoncées sont la suspension de la Constitution, la désignation du président de la Haute Cour constitutionnelle, Adly Man-sour, comme chef de l\u2019État par intérim, la for- mation d\u2019un gouvernement provisoire et la tenue d\u2019une élection présidentielle anticipée.Le cadre juridique reste cependant très flou.«On ne sait pas combien de temps exactement va durer cette période de transition, dans quel ordre vont avoir lieu les élections, qui possédera quelles prérogatives, ni quelle Constitution est aujourd\u2019hui en vigueur», s\u2019inquiète la juriste et chercheuse en droit international Nathalie Maugiron-Bernard, qui craint que ces incertitudes conduisent aux mêmes errements qu\u2019en 2011.Cette année-là, apjès le référendum constitutionnel de mars, rÉg5q)te avait traversé une période de transition marquée par l\u2019indécision et l\u2019instabilité politique.Le pays n\u2019en est d\u2019ailleurs jamais vraiment sorti.Avertissement Les événements qui secouent l\u2019Égypte ont été abondamment commentés à l\u2019étranger.Barack Obama a fait part de sa vive inquiétude et a en- MAHMUD KHALED AGENCE ERANCE-PRESSE Le président Morsi parti, les Frères musulmans s\u2019agitent « L\u2019armée doit décider de son degré d\u2019implication » Spécialiste du Moyen-Orient et de la Turquie, Jean Marcou, professeur à Sciences-Po Grenoble, vient de publier La nouvelle Egypte (Cavalier bleu), pays qu\u2019il connaît bien pour avoir enseigné à l\u2019Université du Caire de 2000 à 2006.Il est aussi coresponsable de l\u2019Observatoire de la vie politique turque (Ovipot).Un coup d\u2019État militaire peut-il aider la démocratisation en Égypte?Il faut évaluer au cas par cas.En Égypte, le blocage politique total et la faillite économique ont relégitimé pleinement l\u2019armée, qui apparaît comme un médiateur aux yeux d\u2019une bonne partie de la population.Elle avait déjà joué ce rôle de garant du système entre la chute d\u2019Hosni Moubarak, en février 2011, et l\u2019élection de Mohamed Morsi, en juin 2012.Beaucoup de ceux qui manifestent aujourd\u2019hui contre Morsi étaient dans la rue il y a un an pour demander la fin de la tutelle militaire.Il est encore difficile d\u2019évaluer ce que fera l\u2019armée.Se contentera-t-elle d\u2019un rôle d\u2019arbitre et d\u2019encadrement, traçant une feuille de route pour le retour à la démocratie et fixant des lignes rouges aux hommes politiques civils ?Sera-t-ejle contrainte de s\u2019impliquer plus ?Elle est un État dans l\u2019État, qui tient à préserver ses privilèges.Mohamed Morsi fut adoubé il y a un an par une nouvelle génération d\u2019officiers ravis d\u2019arriver aux commandes, après qu\u2019il eut contraint à la démission le maréchal Tantaoui et ses pairs, qui géraient le pays depuis la chute de la dictature.Ces militaires, qui souhaitaient rester en retrait de la politique, se retrouvent maintenant impliqués malgré eux dans un processus en grande partie imprévisible.Que feront les Frères musulmans?Le président déchu a été interdit de sortie du territoire et nombre de dirigeants de la confrérie ont été arrêtés.Un engrenage de la répression montrerait toutes les limites de l\u2019intervention jusqu\u2019ici soft de l\u2019armée.Mohamed Morsi et les dirigeants de la confrérie ont refusé tout compromis avec les militaires, car cela signifiait reconnaître leur échec politique alors même qu\u2019ils continuent à se considérer comme légitimes parce qu\u2019élus.Ils ont appelé leurs partisans à résister pacifiquement.Leur dilemme est de décider s\u2019ils vont d\u2019une manière ou d\u2019une autre s\u2019intégrer dans la négociation politique en cours ou continuer cette stratégie de la résistance, au risque de se retrouver dans une semi-clandestinité, comme à l\u2019époque de Moubarak.Il existe des risques de radicalisation et de violences.Mais, à la différence de ce qui s\u2019était passé en Algérie après l\u2019interruption par les militaires du processus électoral, l\u2019armée s\u2019appuie sur le mécontentement d\u2019une population qui, en un an, a pu voir toutes les carences du pouvoir islamiste.L\u2019exemple du Caire peut-il faire école?L\u2019un des grands perdants régionaux de cette nouvelle donne est assurément la Turquie.Très suivie au Caire, la contestation de la place Tak-sim d\u2019Istanbul qui, pendant trois semaines, défia Recep Taj^yip Erdogan avait montré les limites du modèle turc, même si celui-ci reste un incontestable succès économique.Les événements du Caire interpellent l\u2019opinion turque.Le gouvernement islamo-conservatem de Recep Tayjûp Erdogan a très durement condamné «ce coup d\u2019Etat maudit».LAKE, le Parti de la justice et du développement au pouvoir depuis 2002, a fortement soutenu depuis le début ces islamistes égyptiens dits «modérés» qui revendiquaient comme l\u2019une de leurs sources d\u2019inspiration cet islamisme de raison turc qui acceptait le pluralisme.En politique étrangère, Erdogan misait aussi sur l\u2019alliance avec Mohamed Morsi, notamment dans le dossier syrien, pour constituer un pôle suimite alternatif à l\u2019Arabie Saoudite.Le premier ministre turc rêve depuis plusiems années d\u2019une visite of ficielle à Gaza pour conforter son leadership dans le monde musulman.La chute de Morsi renvoie ce projet aux calendes grecques.Propos recueillis par Marc Semo Libération Lire aussi > Adly Mansour est un parfait inconnu pour l\u2019ensemble des Égyptiens.Personne ne connaît le nouveau président.Page B 3 joint aux,militaires Ae «s\u2019assurer que les droits de tous les Egyptiens et Egyptiennes sont respectés, notamment le droit de se rassembler pacifiquement et le droit à des procès justes et indépendants devant des tribunaux civils».Ce dernier avertissement fait directement référence à la période de transition menée par le Conseil suprême des forces armées entre la chute de Hosni Moubarak, en février 2011, et l\u2019élection de Mohamed Morsi, en juin de l\u2019année suivante.Les associations de droits de la personne avaient dénoncé la répression brutale des manifestations et les procès arbitraires d\u2019activistes devant des cours martiales.Le président américain a par ailleurs dit vouloir se pencher sur l\u2019aide militaire annuelle de coopération, de 1,3 milliard de dollars, qui en théorie, ne peut être allouée à un pays où un coup d\u2019État s\u2019est produit.Libération Poussé dans la rue par le marasme économique FLORENCE BEAUGÉ Deux ans et demi après la révolution, l\u2019économie égyptienne est presque exsangue.Alors que le budget 2012-2013 avait été établi sm une prévision de croissance du PIB d\u2019au moins 4%, il n\u2019était plus question, ces derniers temps, que d\u2019un timide 2% pour cette année.En mai, l\u2019agence de notatiçn financière Standard & Poor\u2019s a fait passer l\u2019Égjqjte dans la catégorie spéculative, abaissant sa note souveraine d\u2019un cran de B- à CCC +, invoquant l\u2019échec du gouvernement à faire face aux impératifs budgétaires.De 36 milliards de dollars avant janvier 2011, les réserves de change sont tombées à 13 milliards à la fin du premier trimestre, puis ont légèrement remonté, sans repasser pour autant au-dessus de la barre fatidique des trois mois d\u2019importations.Les devises ont cessé de rentrer dans le pays.Le tomisme est à l\u2019arrêt, sauf à la mer Rouge, où les visiteurs en provenance des pays de l\u2019ex-URSS continuent de venir, mais à des prix bradés.Les recettes du canal de Suez, elles, sont en nette diminution.Quant aux investissems directs étrangers, ils ont fui ces deux dernières années devant les grèves à répétition, les manifestations de plus en plus nombreuses et le climat d\u2019instabilité politique.Seuls les transferts des migrants restent constants, mais ils ne peuvent compenser la fonte des réserves en devises.Les données chiffrées ne donnent néanmoins pas l\u2019exacte mesure de la situation, tant la part (Je l\u2019économie souterraine est essentielle en Égypte.Le secteur informel compte en effet pour 50% à 70% du produit intérieur brut.Ainsi, le taux de chômage \u2014 officiellement de 13% (contre 9% avant la révolution) et de 25% chez les jeunes, n\u2019est pas vraiment significatif.Reste que, selon le Programme alimentaire mondial, la vulnérabilité économique de la population s\u2019es( aggravée depuis la révolution.Désormais, un Égyptien sur deux est considéré comme pauvre ou à la limite de la pauvreté.Files d\u2019attente Pourtant, plus que la faim, ce sont les espoirs déçus d\u2019une vie meilleure et les diffipultés de la vie quotidienne qui ont poussé les Égyptiens à retourner dans la rue.Faute de liquidités, le pays est à court de gazole et de mazout.Ces pénuries se sont généralisées dans le pays ces derniers mois, entraînant des coupures d\u2019électricité un peu partout.Devant les stations à essence encore ouvertes, les files d\u2019attente s\u2019étendent sur des centaines de mètres, parfois même des kilomètres, contraignant les chauf feurs de taxi ou de camion à perdre une demf journée, voire 24 heures, pour faire le plein.Les paysans se plaignent de ne plus pouvoir faire tourner leurs tracteurs et les pompes de leurs puits.Beaucoup sont retournés au charbon à bois, faute de carburant.Mais la principale crainte )le la population, c\u2019est de manquer de pain.L\u2019Égjqjte est le premier importateur mondial de blé, sa production locale étant loin de répondre aux besoins VOIR PAGE B 3 : MARASME B 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JUILLET 201 PERSPECTIVES HUMANITÉS 2.0 Le zéro et l\u2019infini McGill numérise la science et la philosophie islamiques Les nouvelles technologies transforment la production et la diffusion des savoirs.Le Devoir propose une série estivale sur les sciences sociales numériques.Aujourd\u2019hui, la dématérialisation massive de manuscrits de l\u2019Islam.STÉPHANE BAILLARGEON NOS caractères sont latins et nos chiffres, arabes.Ces chiffres ont progressivement remplacé les signes romains en Occident, puis dans le monde entier.Une tradition explique que le savant de Pise Leonardo Fibonacci (1175-1250) étudia les mathématiques à Icosium (aujourd\u2019hui Alger) avant de publier un traité de calculs qui aida à populariser la série numérique, y compris le zéro, mot dérivé de l\u2019italien zéfiro, venu de l\u2019arabe sifr, qui veut dire vide.Notre vie est remplie de ce sifr.Le «zéro» et le «un» de la révolution par la numérisation continuent de changer le monde et nos connaissances.La dématérialisation des textes classiques ou modernes fait partie des travaux fondamentaux de ce nouvel univers.A la base, l\u2019appellation contrôlée des «digital humanities» fait référence aux bonnes vieilles «humanités» des cours classiques.A Montréal, McGill mène son propre chantier, baptisé Rational Sciences in Islam (RSI).«Le projet RSI, que je dirige avec mon collègue Jamil Ragep, historien des sciences, est un projet typique des humanités numériques», explique Robert Wisnovsky, professeur de rinstitute of Islamic Studies de l\u2019université, lui-même historien de la philosophie et de la théologique islamiques.«Ceprojet vise la constitution de hases de données sur les mathématiques, la philosophie et la philosophie théologique à partir de manuscrits conservés dans plusieurs pays, poursuit-il.Nous avons déjà numérisé des centaines de milliers de pages des plus importants manuscrits produits pendant un millénaire.À ma connaissance, il s\u2019agit de la plus riche collection mondiale du genre, constituée à partir de multiples collections.» Science et conscience La première phase du chantier lancé il y a cinq ans vient de se terminer, le 30 juin précisément.La recherche comporte trois volets qui combinent environ 3500 manuscrits au total : L\u2019Islamic Scientific Manuscripts Initiative (ISMI) dématérialise les travaux de quelque 1700 auteurs s\u2019étant intéressés \u2022ecc aux sciences exactes dans la période prémoderne.Le voiet Scientific Traditions in Isiamic Societies (STIS) constitue une «banque de données raffinée» pour documenter la tradition cosmologique dans le monde arabe.Le troisième programme, The Post-Classical Islamic Philosophy Database Initiative (PIPDI), développe l\u2019infrastructure numérique nécessaire pour poursuivre l\u2019étude systématique d\u2019un vaste corpus de textes savants produits depuis la fin du XIP siècle.Ces textes dits postclassiques traitent de philosophie du langage, d\u2019épistémologie, d\u2019éthique et de métaphysique, de théologie ou de cosmologie.L\u2019histoire de la philosophie s\u2019intéresse surtout aux siècles précédents, allant en gros de 800 à 1200.Cette période orientale dite classique a fortement influencé le Moyen Age tardif en Occident, comme le montrent Fibonacci et le zéro.Le renouveau de l\u2019aristotélisme date aussi de ce temps.Abu\u2019l-Walid Muhammad ibn Rouchd de Cordoue (1126-1198), connu sous son nom latinisé d\u2019Averroès, célèbre pour ses commentaires d\u2019Aristote, a eu un ascendant majeur sur les penseurs du monde chrétien médiéval.Le projet en cours veut contredire l\u2019opinion courante voulant que tout le reste, depuis cette période d\u2019effervescence intellectuelle fructueuse, ne soit qu\u2019obscuran-tisme et déclin sous le contrôle de théologiens dogmatiques.Au mieux, l\u2019Occident s\u2019accorde le mérite d\u2019avoir repris le flambeau de la raison allumé dans les oasis du Proche-Orient.«C\u2019est vrai que l\u2019Ouest a été influencé par la pensée islamique, mais cela ne veut pas dire que les penseurs arabes ont cessé d\u2019exister après 1150 ou 1200, dit Robert Wisnovsky.Nous voulons donc utiliser les nouveaux outils pour mettre en évidence la masse de preuves qui existent afin de démonter les vieux et tenaces préjugés autour de l\u2019absence de pensée rationnelle dans cette partie du monde.» Langues mortes, textes vivants Les nouveaux outils numériques ne facilitent pas la tâche: ils la rendent possible.\u2022f A.^ Ni 'i-m 1 1823.a.Philosophical essays by Tâshkohry-zâdah.400 pp.Copied in 1048.SOURCE RATIONAL SCIENCES IN ISLAM La table des matières d'un recueil de traités philosophiques du penseur ottoman Ahmad b.Mustafa Tashkubrizade, mort en 968 du calendrier musulman, soit en 1560 de l'ère chrétienne.Le manuscrit appartient à la Staatsbibliothek de Berlin, plus précisément à la collection de l'orientaliste autrichien Aloys Sprenger (1813-1893).tout simplement.À peine «quelques douzaines» de savants s\u2019intéressent à ces questions en Occident, note le professeur Wisnovsky \u2014 lui-même spécialiste d\u2019Avicenne (980-1037) \u2014, alors que le corpus lie des milliers d\u2019œuvres enfouies dans des collections éparpillées d\u2019un bout à l\u2019autre du monde.La numérisation de McGill s\u2019est étendue de 2008 à 2012.«Le seul accès aux sources pose un défi, résume l\u2019exégète.La banque de données facilite l\u2019accès aux textes, mais aussi la compréhension de leur cheminement physique et intellectuel.Un manuscrit de Samarcande est copié à Ispahan puis se retrouve en Allemagne.La constitution de la bibliothèque virtuelle permet de retracer cette longue et complexe vie du texte.» Elle permet aussi de découvrir des textes perdus, tout simplement.À Téhéran, M.Wisnovsky s\u2019est intéressé à un codex d\u2019anthologie contenant 55 essais de Yahya ibn Adi (893-974), philosophe chrétien de Bagdad, élève d\u2019Al-Farabi, «second instituteur de l\u2019intelligence», après Aristote, selon Averroès.Or la moitié du corpus, 24 textes au total, n\u2019était connue que par des références ultérieures et tenue pour perdue! «C\u2019est un vrai accident, dit le spécialiste à l\u2019origine de la découverte./c m\u2019intéresse plus à la réception d\u2019Avicenne qu\u2019à ses sources.» Robert Wisnovsky enseigne la philosophie et la théologie islamiques avec un œil constant sur la tradition de la traduction du grec à l\u2019arabe.C\u2019est d\u2019ailleurs par cette langue morte que cet Américain d\u2019origine est arrivé à la vivante.Il raconte qu\u2019il a étudié le grec et le latin dans une école secondaire privée, à Princeton au New Jersey.«J\u2019ai commencé des études classiques à l\u2019université et j\u2019y ai découvert l\u2019arabe, qu\u2019on enseignait alors comme une langue classique.J\u2019en suis tombé amoureux.» Des paradoxes La PIPDI a d\u2019abord identifié 3000 recueils notables disséminés d\u2019Istanbul à Berlin.Un comité a ensuite pointé vers une tranche initiale de 400 textes encore plus fondamentaux, soit 65 ouvrages canoniques, 135 commentaires parmi les plus influents et 200 autres écrits jugés fondamentaux.La plus grande part (85%) des manuscrits n\u2019a jamais été éditée.Pour l\u2019instant, des copyrights réservent l\u2019accès à la banque dématérialisée et potentiellement universelle aux seuls chercheurs de McGill, quelques happy few.Robert Wisnovsky a lui-même supervisé 16 Ph.D., dont le tiers appuyé sur les banques de données et cinq autres en cours.Son collègue Jamil Ragep a ses propres étudiants de haut niveau.«C\u2019est l\u2019entente; elle est loin d\u2019être parfaite, mais nous espérons que la tendance ira vers l\u2019accès libre, dit le professeur.Notre accord avec la Stadthi-hliothek de Berlin va dans ce sens.Certains éléments, peut-être le cinquième ou le quart de la banque, seront donc accessibles à tous très bientôt.» , Autre paradoxe : les riches Etats pétroliers du Golfe n\u2019ont fourni aucuns fonds pour ce chantier intellectuel.Le projet RSI est surtout subventionné (à hauteur de 1,5 million) par la Fondation canadienne pour l\u2019innovation.lire à la machine Cet organisme fédéral soutien les projets d\u2019infrastructure des connaissances : équipement de pointe, laboratoires, collections scientifiques, etc.Une des retombées majeures du RSI concerne le traitement informatisé des documents manuscrits en langue arabe.Les différents styles calligraphiques de cette civilisation pose d\u2019énormes difficultés de reconnaissance optique des textes, base de tout le travail de constitution de fichiers exploitables.Sans elle, l\u2019image numérisée ne vaut guère plus qu\u2019un microfilm.Avec elle, le document s\u2019anime et s\u2019interconnecte mot par mot, concept par concept.La translittération et la traduction électronique en dépendent.Les équipes d\u2019ingénieurs du professeur Mohamed Cheriet, de l\u2019École de technologie supérieure (ETS) de Montréal, planchent sur ce défi.«C\u2019est extrêmement complexe, explique le philosophe.L\u2019arabe est une des langues les plus difficiles à faire lire par une machine.Nous avons donc les belles images, mais il faut pouvoir les explorer pour en tirer un plus grand avantage intellectuel.» La science islamique nourrit ainsi la science actuelle, et vice versa.Pour l\u2019instant, le prototype du laboratoire de l\u2019ETS, l\u2019Optical Shape Recognition, réalise les deux tiers des étapes principales du travail de lecture automatisée.Une fois complètement résolu, le traitement informatisé aura des répercussions énormes sur le secteur des études islamiques.Il existe environ trois millions de manuscrits en langue arabe, qui peuvent représenter, quoi, un demi-million d\u2019œuvres copiées six fois chacune.Seule une petite portion est éditée.«Nos affirmations sur l\u2019histoire de cette civilisation, ses sciences et sa philosophie, mais aussi son art ou sa poésie, son droit ou son architecture, repose sur une fraction statistiquement insignifiante », répète le spécialiste.Les retombées potentielles dépassent largement le champ savant, on le comprend, surtout dans le contexte sociopolitique actuel en surtension.«Construire une image plus fidèle de l\u2019histoire de cette partie du monde vaut en elle-même, mais ne peut aussi qu\u2019accroître les chances de compréhension mutuelle des civilisations, conclut Robert Wisnovsky, lui-même un pont entre les civilisations.J\u2019ai par exemple été contacté par un institut de Dubaï qui souhaite encourager des interprétations plus raffinées philosophiquement, et en tout cas moins dogmatiques que celles très populaires maintenant.Les concepts et la terminologie contenus dans les textes numérisés peuvent aider dans cette voie.L\u2019idée n\u2019est pas de devenir esclave de ce passé, mais de s\u2019approprier les termes, les exemples ou les idées qui peuvent nourrir la réflexion encore aujourd\u2019hui.» Le Devoir ¦ Le site Internet: islamsci.mcgill.ca/RASI/pipdi.html À L\u2019APPROCHE DES ÉLECTIONS ALLEMANDES Hollande vote Merkel Le président français choisit l\u2019apaisement face à Berlin dans l\u2019espoir d\u2019une relance économique CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Mercredi dernier, François Hollande participait à Berlin à un grand raout européen pour combattre le chômage des jeunes.La mise en scène n\u2019a pourtant trompé personne.Déguisée en sommet européen, l\u2019opération avait tout d\u2019un meeting électoral, ballons et fanfares en moins.En pleine campagne électorale, la chance-lière avait convoqué les leaders européens sur ses terres afin de parler des sujets qui ne fâchent pas.Pour ceux qui s\u2019inquiétaient de l\u2019équilibre budgétaire allemand, celle qui devrait être réélue pour un troisième mandat consécutif avait prévenu qu\u2019il ne serait «pas question d\u2019argent, mais de la façon dont nous voulons l\u2019employer de la manière la plus efficace».Même s\u2019il souffle le chaud et le froid, depuis quelques semaines, François Hollande n\u2019hésite plus à se prêter à ces petits jeux électoraux.Sachant la partie presque perdue pour les sociaux-démocrates du SPD aux élections législatives du 22 septembre prochain, le pré- sident finançais mise sur un subtil rapprochement avec Berlin en échange d\u2019une inclinaison de la politique économique allemande après le 22 septembre.La «mère fouettarde» Même si elle recueille 43% des intentions de vote (contre 26% pour le SPD), Angela Merkel craint en effet que son image de «mère fouettarde» de l\u2019Europe ne lui nuise en campagne.Le thème du chômage des jeunes lui offrait l\u2019occasion de briller devant l\u2019électorat puisque le chômage des jeunes Allemands n\u2019est que de 8% contre 25% en France et plus de 50% en Espagne et en Grèce.Seuls les esprits malveillants auront eu le culot de souligner que cet avantage n\u2019est dû qu\u2019en partie aux politiques économiques compte tenu du taux de natdité catastrophique du pays depuis des années.Pour avoir de jeunes chômeurs, encore faut-il avoir des jeunes.Quant aux 6 milliards d\u2019euros que l\u2019Union européenne vient de débloquer avec l\u2019accord de la chancelière pour les régions les plus touchées par le chômage, les méchantes langues n\u2019y verront aussi que des grenailles.Que pèsent-ils à côté des «120 milliards d\u2019euros du plan de relance demandé par François Hollande», à propos desquels l\u2019ancien président de la Commission européenne Jacques Delors demandait récemment «où en sont-ils ?» et «qui s\u2019en occupe ?» ?En bon équilibriste, François Hollande se plie d\u2019autant plus facilement à l\u2019exercice que lui commande la chancelière que cellœ ci n\u2019a pas hésité de son côté à piller le programme électoral des sociaux-démocrates.Celle que les socialistes français traitaient hier encore ôï«égoïste» propose d\u2019investir pas moins de 30 milliards d\u2019euros dans l\u2019économie allemande, de créer un salaire minimum (par branche), de plafonner les hausses de loyers et d\u2019augmenter les allocations fa-milides.De quoi réjouir un président français qui, n\u2019ayant pas les moyens de la relance, n\u2019a cessé de réclamer un geste de son voisin allemand.«Le progrès, c\u2019est aussi de faire des réformes courageuses pour préserver remploi » virage Cette inflexion de la politique française est apparue évidente lors du discours prononcé par François Hollande à Leipzig en mai dernier.Pour célébrer le 150® anniversaire du SPD, le président avait vanté les réformes drastiques de l\u2019ancien chancelier Gerhardt Schroder.«Le progrès, c\u2019est aussi de faire des réformes courageuses pour préserver l\u2019emploi et anticiper les mutations sociales et culturelles comme l\u2019a montré Gerhard Schroder, disait-il.On ne construit rien de solide en ignorant le réel.» Depuis cette date, le merkelien» de François Hollande ne fait plus de doute, dût-il mécontenter ses alliés sociaux-démocrates allemands.Leur leader.Peer Stein-brück, a récemment rompu le pacte de non-agression qui semblait unir la CDU et le SPD sur la rigueur en Europe.Pour la première fois, il a dénoncé avec une virulence rare les mesures d\u2019austérité de la chancelière, qui «ont provoqué, dit-il.une augmentation du nombre de chômeurs de 26 millions».Les échéances du SPD ne sont malheureusement pas celles de François Hollande.Le président qui avait promis d\u2019inverser la courbe du chômage en un an sera jugé lors des élections municipdes de mars 2014.Deux mois plus tard, il pourrait essuyer une seconde défaite cinglante aux élections européennes du mois de mai.Misant sur Angela Merkel pour le scrutin de septembre prochain.Hollande anticipe la formation d\u2019une de ces grandes coalitions CDU-SPD dont les Allemands ont le secret.Avec elle viendrait probablement une politique de relance qui, est seule en mesure de relancer l\u2019emploi en Europe et en France.Comme à son habitude, le président français s\u2019avance donc vers l\u2019échéance de 2014 avec un double discours.Le premier repris par le Parti socialiste vise à ratisser à gauche, chez les partisans de Jean-Luc Mélenchon, en dénonçant la politique de rigueur de l\u2019Europe imposée par l\u2019Allemagne.À ce titre, la récente passe d\u2019arme sur l\u2019exception culturelle entre François Hollande et le président de la Commission européenne, Manuel Barroso, ne peut que servir la popularité du président français.Le second discours, plus pragmatique, escompte de l\u2019Allemagne un véritable investissement capable d\u2019assurer un certain retour de la croissance en Europe.Le fédéralisme ?A Bruxelles, on chuchote aussi que, convaincue que ni la France ni le Royaume-Uni n\u2019accepterait une réforme fédérale de l\u2019Union, Angela Merkel aurait abandonné son projet de révision des traités européens.La chancelière aurait mis de côté ses prétentions fédéralistes pour se rallier à l\u2019idée française d\u2019une Europe des États et accepter l\u2019idée d\u2019un pilotage économique de la zone euro.Malgré cette nouvelle alliance, François Hollande dit maintenir une «tension dynamique» dans ses rapports avec l\u2019Allemagne.Si la relance était au rendez-vous dans quelques mois, le jeu en vaudrait la chandelle.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JUILLET 20IS B 3 PERSPECTIVES FLUORER OU NON ?Le débat sans fin Les citoyens tentent de départager le vrai du faux pendant que les gouvernements successifs maintiennent le statu quo JESSICA NADEAU Correspondante parlementaire à Québec Depuis 30 ans, le débat sur la fluoration de l\u2019eau potable revient sur une base cyclique dans l\u2019actualité.Chaque fois, on avance les mêmes arguments appuyés par de nouvelles études scientifiques qui confortent les deux clans dans leurs positions respectives.Au centre de ce dialogue de sourds, les citoyens tentent de départager les mythes de la réalité pendant que les gouvernements successifs maintiennent le statu quo, renvoyant la balle dans la cour des municipalités pour éviter de se mouiller dans ce dossier particulièrement sensible.D\u2019un côté, il y a la Santé publique qui demande à Québec d\u2019imposer la fluoration de l\u2019eau potable, arguant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une mesure efficace et peu coûteuse pour prévenir la carie dentaire, particulièrement chez les enfants issus de milieux défavorisés.On rappelle que la carie dentaire est un problème de santé important, quoique sous-estimé, et que les Québécois ont plus de caries que leurs concitoyens canadiens qui bénéficient, dans une proportion plus importante, de la fluoration de l\u2019eau potable.De l\u2019autre, il y a les opposants qui, citant d\u2019autres études \u2014 ou les mêmes mais avec une lecture différente \u2014, travaillent à l\u2019échelle locale pour convaincre la population de refuser la fluoration sur la base du principe de précaution.Ces deux visions se sont affrontées en commission parlementaire en avril dernier, un exercice émanant d\u2019une pétition des citoyens de Richmond réclamant à Québec d\u2019interdire la fluoration.Il faut dire que le Parti québécois avait, dans sa plateforme, un engagement dans ce sens émanant de sa base militante.Mais jamais le gouvernement n\u2019a eu de réelle intention d\u2019interdire la fluoration, affirme-t-on dans les hautes instances.En effet, dans les officines ministérielles, on reconnaît qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une mesure de prévention efficace qui doit être maintenue et encouragée.L\u2019exercice parlementaire aura donc servi, tout au plus, de vacuum.Information ou désinformation ?Du côté de la Santé publique, on reconnaît que les opposants à la fluoration sont très bien organisés et particulièrement efficaces dans l\u2019art de relever chaque contradiction pour semer le doute chez les citoyens, mais on laisse entendre que leur argumentaire se base sur des études non valables et qu\u2019ils véhiculent des demi-vérités.«Une rapide navigation sur Internet permet de mesurer l\u2019ampleur et le type d\u2019information négative véhiculée relativement à la fluoration, écrivait dans son mémoire le Directeur national de la santé publique et sous-ministre adjoint au ministère de la Santé, Horacio Arruda.On comprendra tout citoyen de s\u2019inquiéter d\u2019une mesure qui, supposément, provoque des cancers ou autres maladies, diminue le quotient intellectuel ou, encore, pollue l\u2019environnement.Personne ne veut prendre de tels risques pour avoir moins de caries.» Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, affirmait lui aussi cette semaine que «ces perceptions négatives étaient exagérées».De leur côté, les opposants estiment qu\u2019ils sont les seuls à transmettre une information complète et objective, remettant en question l\u2019indépendance des organismes et instituts de recherche scientifique, dont l\u2019Qrganisation mondiale de la santé, qui font la promotion de la fluoration.Selon ce qu\u2019afflrmait en commission parlementaire Dominique Bernier, des Amis de la Terre, «la plupart des scientifiques qui se sont penchés sur cette question s\u2019accordent pour dire que les études qui justifient la pratique de la fluoration sont soit de mauvaise qualité, soit obsolètes».Dans leur argumentaire, la question des risques pour la santé revient constamment.Et si la Santé publique reconnaît que certaines études en font effectivement mention, le président-directeur général de l\u2019Institut national de santé publique, Luc Boileau, rappelait aux élus.J ARCHIVES LE DEVOIR A peine 2% de la population a aujourd\u2019hui accès à de l\u2019eau fluorée alors que le niveau était à 15% dans les années 1990.en avril dernier, qu\u2019il fallait savoir «capter les études qui ont un relief solide » dans la mer de documents scientifiques qui sort quotidiennement.«Nous ne pouvons cacher que certains ont prétendu qu\u2019il pouvait exister un lien entre, par exemple, l\u2019ostéosarcome \u2014 le cancer des os \u2014 et la fluoration, mais ç\u2019a été démenti par toutes les études qui ont été faites de ce côté-là.» Dans de volumineux mémoires (certains faisant plus de 600 pages), les opposants remettent tout en question, du statut légal des produits de fluoration, qui devraient être homologués par Santé Canada puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un produit visant à améliorer la santé dentaire, à l\u2019aspect éthique de «médicamenter massivement» la population sans son consentement.Plus pragmatiques, d\u2019autres rappellent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un incroyable gaspillage puisque seulement 1 % de toute l\u2019eau traitée est destinée à la consommation humaine, le reste servant à l\u2019hygiène personnelle ou se perdant dans les égouts.Ils soutiennent qu\u2019il serait plus efficace de réduire la quantité de sucre dans l\u2019alimentation des enfants.Histoire d\u2019un déchet industriel Au-delà de la guerre d\u2019études et des critiques méthodologiques, la question de la provenance des produits de la fluoration est sujette à de nombreuses conjectures.Si la Santé publique préfère parler d\u2019un «produit qui est totalement naturel», rappelant que l\u2019eau est fluorée naturellement dans plusieurs municipalités, les opposants n\u2019hésitent pas à affirmer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un «déchet industriel toxique», présentant des photos d\u2019un sac de fluorure destiné aux municipalités sur lequel il est écrit «pour usage industriel seulement».Dans sa brochure anti-fluoration.Eau Secours affirme que «l\u2019acide fluosilicique provien- drait principalement des usines produisant des fertilisants (engrais) à base de phosphate ».La coalition ajoute que «l\u2019agent de fluoration est extrait à partir des filtres épurateurs antipollution installés sur les énormes cheminées des usines d\u2019engrais phosphatés parce que la loi interdit de le rejeter dans l\u2019environnement».Depuis 2007, il n\u2019y a plus qu\u2019un seul Jusqu\u2019à\tfournisseur de produits fluorés qui approvisionne les municipalités du présent,\tQuébec, selon des documents obte- nus par Le Devoir en vertu de la Loi ce sont les d\u2019accès à l\u2019information.En entrevue, nnnncnntc nui\tdirection de Min-Chem opposanis qui Canada, John Lang, confirme que ses ont remporté produits proviennent d\u2019usines de phosphate américaines et euro-la guerre\tpéennes, mais nie catégoriquement , ,\tqu\u2019ils soient prélevés à même les Ai- de 1 opinion très des cheminées.« Ceci est complè-1 II\ttement faux», répond-il avant d\u2019entre- puD que\tprendre patiemment le récit de l\u2019his- toire des produits fluorés.C\u2019était au début du siècle dernier.Les compagnies ont découvert une technologie pour faire des fertilisants par l\u2019acidification des roches phosphatées.Lors de l\u2019opération, il se dégageait un sous-produit liquide toxique qui était entreposé, faute de mieux, dans des bassins de décantation.Puis un jour, il y a une bonne cinquantaine d\u2019années, quelqu\u2019un a découvert que l\u2019on pouvait utiliser ce sous-produit, le traiter et l\u2019utiliser comme base pour fluorer l\u2019eau afin de lutter contre la carie dentaire.«C\u2019est vrai que c\u2019était un déchet industriel à l\u2019époque, mais à partir du moment où on lui trouve une utilité, ce n\u2019est plus un déchet, mais un coproduit», explique John Lang.Les produits de fluoration de Min-Chem Canada sont distribués aux municipalités québécoises en poudre ou dans sa forme liquide, à une concentration qui se situe entre 23 et 25%.«Ce produit est indéniablement considéré comme un produit chimique, affirme sans ambages John Lang.C\u2019est considéré comme toxique dans sa forme concentrée.C\u2019est corrosif et ça doit être identifié comme corrosif et poison lorsqu\u2019il est acheminé par tonneaux.» Le produit concentré est ensuite dosé par les municipalités pour ramener la concentration à 0,7 mg/1, un seuil où, selon la Santé publique, il n\u2019y a que des effets bénéfiques.Selon cet homme d\u2019affaires montréalais aujourd\u2019hui basé en Qntario, les standards québécois en matière de qualité et de contrôle du produit sont les plus exigeants du Canada.Le produit doit respecter plusieurs normes américaines et des échantillons de chaque livraison sont testés dans les laboratoires de l\u2019Institut national de santé publique du Québec.Refusant de «faire de la politique», il dit comprendre les craintes des citoyens.«Plusieurs municipalités ont décidé de retirer la fluoration sous la pression des citoyens qui ne voient pas plus loin que le mot «toxique».Ils s\u2019inquiètent de la toxicité, mais n\u2019ont pas nécessairement les connaissances pour comprendre les subtilités entourant les concentrations.» Dans le lot d\u2019informations qui circulent sur la fluoratipn, certaines relèvent carrément du mythe.A la suite de la diffusion d\u2019un article sur la fluoration, un ancien maire de la banlieue nord de Montréal a contacté Le Devoir pour témoigner du fait que, si la Santé publique et les gouvernements voulaient à ce point favoriser la fluoration, c\u2019était parce qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un produit dérivé de la fabrication d\u2019aluminium par la compagnie Alcan pour lequel il n\u2019y avait pas d\u2019autres débouchés.Vérifications faites auprès de la compagnie, elle dispose bel et bien d\u2019une usine de fluorure d\u2019aluminium, mais le produit n\u2019a pas les mêmes propriétés que celui qui est ajouté dans l\u2019eau potable.« C\u2019est une autre sorte de fluorure, qui n\u2019a pas les mêmes lettres [symboles chimiques], explique la porte-parole de Rio Tinto Alcan, Claudine Gagnon.Nous utilisons le fluorure d\u2019aluminium dans les bains électrolytiques dans les salles de cuves.Nous n\u2019avons aucun client externe de type municipalité, nos seuls clients sont des alumineries.» Sondage Jusqu\u2019à présent, ce sont les opposants qui ont remporté la guerre de l\u2019opinion publique puisqu\u2019à peine 2% de la population a aujourd\u2019hui accès à de l\u2019eau fluorée alors que le niveau était à 15% dans les années 1990.Nombre de municipalités, dont Laval et Québec, ont abandonné la partie devant le tollé que suscitait cette mesure dans leur communauté.Pourtant, dans un sondage Som commandé par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) en 2010, 62% de la population se disait favorable à l\u2019ajout de petites quantités de fluor dans l\u2019eau des villes.Se basant sur ces chiffres et sur les recommandations de la commission parlementaire qui préconisait une meilleure acceptabilité sociale, la Direction nationale de santé publique veut se lancer dans une ultime campagne de sensibilisation afin de fluorer 50% de la population d\u2019ici cinq ans.Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, n\u2019a pas encore donné son appui formel à cette nouvelle stratégie, mais ce n\u2019est qu\u2019une question de temps.La tâche ne sera pas facile et Québec risque bien d\u2019être obligé de se tourner vers la fluoration des aliments \u2014 le sel par exemple \u2014 tel que cela se fait dans plusieurs pays d\u2019Europe, car les opposants n\u2019ont pas l\u2019intention de lâcher prise.«Pour nous, la réponse est claire, affirmait la présidente d\u2019Eau Secours, Martine Châtelain, en commission parlementaire.Pour nous, c\u2019est non, nous n\u2019en voulons pas.Et on aura beau nous sortir toutes les études du monde, quand un citoyen est convaincu qu\u2019il n\u2019en veut pas dans son eau potable, il va déplacer des montagnes.» Le Devoir EGYPTE Adly Mansour, un président inconnu MARWAN CHAHINE au Caire La nomination, mercredi soir, du juge Adly Mansour comme président intérimaire de l\u2019Egypte a mis certains médias en panique: deux photos légendées à son nom ont circulé et tout le monde se demandait si Adly Mansour était le moustachu aux cheveux gris et aux grosses lunettes ou l\u2019autre homme, à la mine austère, aux cheveux gris et aux grosses lunettes.Certaines rédactions ont opté pour la moustache.Erreur.C\u2019était le second.L\u2019anecdote montre à quel point Adly Mansour est un parfait inconnu.Personne, sur la place Tahrir ou ailleurs en Egypte, n\u2019a jamais brandi son portrait.Et même les experts du droit constitutionnel égyptien ne le connaissent que de nom.Rien ne prédestinait ce magistrat de 67 ans à occuper la fonction suprême.C\u2019est un étonnant concours de circonstance qui l\u2019a mené là : il a, selon la procédure légale, hérité du fauteuil de raïs en tant que président de la Haute Cour constitutionnelle (HCC).Il doit occuper le poste jusqu\u2019à une élection présidentielle anticipée.Nommé par le président déchu, Mohamed Morsi, le 19 mai \u2014 en réalité, élu par ses pairs au titre de l\u2019ancienneté \u2014, il est entré en fonction le l®Quillet, soit au lendemain des grandes manifestations contre le régime.H avait remplacé Maher el-Beheiry, le fameux moustachu mystère de la photo.C\u2019est donc par hasard que cet homme de l\u2019ombre, diplômé en Erance de l\u2019ENA en 1977, se retrouve sur le devant de la scène politique.Avant cela, Adly Mansour avait eu un parcours des plus classiques.Il a laborieusement grayi tous les échelons du Conseil d\u2019Etat avant compte d\u2019entrer à la HCC en 1992, une cour constitutionnelle à la tête de laquelle il ne sera resté que deux petits jours.Depuis sa nomination, toutes les rumeurs circulent sur son compte.Les islamistes assurent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un chrétien, s\u2019appuyant vraisemblablement sur la seule consonance de son nom.D\u2019autres l\u2019accusent d\u2019être pro- Depuis sa nomination, toutes les rumeurs circulent sur son Morsi pour avoir servi sous son mandat, sans pouvoir étayer leur propos.«Il est plutôt probable que le juge nommé par Hosni Moubarak en 1992 n\u2019avait pas d\u2019antipathie profonde à l\u2019égard de l\u2019ancien régime, qu\u2019il a servi plus de vingt ans à un poste clé, estime une juriste, spécialiste du droit égyptien.Rien néanmoins ne permet d\u2019en être certain : les décisions de la HCC étant prises de façon collégiale, les choix individuels de ses membres ne sont pas rendus publics.» Selon plusieurs sources, le magistrat a pris part aux manifestations anti-Morsi du 30 juin.Lors de sa prestation de serment, jeudi, il a promis de «protéger le système républicain» et d\u2019être le «garant des intérêts du peuple».Mais quel rôle va-t-il jouer ?Vu le flou juridique régnant depuis que la Constitution a été suspendue, il n\u2019est pas certain que lui-même le sache.Libération MARASME SUITE DE LA PAGE B 1 (145 kg de pain par an et par personne contre 60 kg à peine pour up Erançais).Saisis par la peur de l\u2019avenir, les Eg5q)tiens stockent depuis des mois, aggravant les pénuries et le marché noir.Essence, gaz, dollars, euros, tout s\u2019échange désormais sous le manteau, à des prix de plus en plus astronomiques.Devant les deux plaies nationales que sont la dépréciation de la monnaie nationale et l\u2019inflation, la population est à cran.Depuis décembre dernier, la livre a chuté de plus de 10% par rapport au dollar.Les prix, eux, sont sans cesse à la hausse: 11% en 2010-2011, 8,2% en 2012-2013,13,7% en 2013-2014, selon les prévisions du Eonds monétaire internatiopal (EMI).Depuis plus de deux ans, l\u2019Egypte et le EMI butent sur la conclusion d\u2019un accord qui permettrait au Caire de desserrer l\u2019étau qui l\u2019étreint.Mais le Eonds conditionne son prêt de 4,8 milliards de dollars à une baisse des subventions publiques au carburant et aux produits alimentaires, très coûteuses pour l\u2019Etat (un tiers de son budget annuel).Une réforme que Mohamed Morsi n\u2019a pas osé lancer, pas plus que ses prédécesseurs, en raison de son caractère impopulaire.Le Monde B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JUILLET 20IS EDITORIAL POLITIQUE ENERGETIQUE DU QUEBEC Une cible audacieuse Le gouvernement de Pauline Marois amorce un processus de consultation qui conduira à l\u2019adoption en 2014 d\u2019une nouvelle politique énergétique pour le Québec.Le but est moins de définir des objectifs, car ils sont déjà arrêtés pour l\u2019essentiel, que de rechercher l\u2019appui des Québécois à une politique qui concilie préoccupations environnementales et économiques.L 'K Bernard Descôteaux e Parti québécois avait promis d\u2019adopter une telle politique au cours des 12 premiers mois de son mandat.Alors que s\u2019achève sa première année, il se donne quelques mois supplémentaires pour y arriver.En cette matière, comme en bien d\u2019autres, il avait sous-évalué la complexité du processus gouvernemental de décision.On ne le lui reprochera pas.La précipitation est la pire des approches.En apparence, les Québécois partagent l\u2019objectif premier de la politique énergétique proposée, qui est la réduction des gaz à effet de serre.Ils sont parmi les Canadiens les plus préoccupés par le réchauffement climatique et les plus enclins à appuyer les cibles fixées par le protocole de Kyoto.En réalité, leurs comportements ne correspondent pas toujours aux convictions qu\u2019ils affichent.Ifs sont parmi les consommateurs d\u2019énergie les plus avides au monde, avalant cinq tonnes d\u2019équivalent pétrole par année en moyenne par personne.Ifs sont partagés quand il s\u2019agit de sacrifier leur bien-être économique à fa protection de f\u2019environ-^ _ nement.Certains voudraient exploiter les .réserves d\u2019hydrocarbures découvertes à \u2019\tAnticosti et dans le golfe Saint-Laurent, alors que d\u2019autres souhaitent les y laisser pour le -\tbien de fa planète.i V 'X.\tLe gouvernement Marois n\u2019est pas différent à cet égard de f\u2019ensembfe de fa société québécoise.Au cours de cette première année, on a vu s\u2019affronter publiquement les «verts» et les « économiques » au sein du cabinet.Souvent, fa première ministre a dû trancher, faisant valoir l\u2019argument de nécessité économique, comme dans le cas du projet d\u2019inversion du flux du pipeline Sarnia-Montréaf pour permettre le raffinage au Québec du pétrole bitumineux d\u2019Afberta.Avant de lancer fa consultation sur sa politique énergétique, le gouvernement Marois se devait de réaliser ses propres consensus et définir ses objectifs pour orienter fe débat.Pour réduire les GES, if misera sur f\u2019éfectriflcation des transports, l\u2019efficacité énergétique et fa production d\u2019énergies renouvelables, sans pour autant mettre au ban fe pétrole.Pour assurer fa sécurité des approvisionnements énergétiques, et pour y trouver des revenus qui emichiront coffectivement les Québécois, if confirme sa volonté de permettre l\u2019exploration et Vexploitation responsable des hydrocarbures sur fe territoire québécois.On verra fà une contradiction entre cette mesure et l\u2019objectif de réduction des GES.Les groupes environnementaux fa relèveront, puisque l\u2019exploitation du pétrole produira des GES.Ifs auront raison sous f\u2019angfe d\u2019une préoccupation strictement environnementale, mais if faut aussi prendre en compte fa nécessité économique, ce que ne peut ignorer un gouvernement.Pour convaincre de sa bonne volonté environnementale, fe gouvernement se donne des objectifs plus qu\u2019ambitieux en matière de lutte contre les GES.If entend réduire leurs émissions de 25% sous fe niveau de 1990 d\u2019ici à 2020.Quand on sait que fe gouvernement précédent s\u2019était fixé de les réduire de 6% à fa fin de 2012 et n\u2019a obtenu qu\u2019une réduction de 2%, on ne peut qu\u2019être dubitatif.Encore plus quand on assure qu\u2019on ne dérogera pas de cette cible peu importe ce qui arrivera en matière d\u2019exploitation du pétrole.If y a fà un peu de poudre aux yeux éfectorafiste, alors que l\u2019exercice qui s\u2019engage devrait consister à regarder froidement les enjeux auxquels fe Québec est confronté, aussi bien au plan environnemental qu\u2019économique.PROJET D\u2019HÔPITAL À QUÉBEC Comme le CHUM ?(R r Antoine Robitaille e débat entourant l\u2019emplacement d\u2019un nouvel hôpital à Québec commence malheureusement à ressembler à celui qui a fait perdre tant de temps à Montréal en général et au Centre hospitalier universitaire de Montréal en particulier.Et fa responsabilité est clairement celle du gouvernement Marois.Le 26 mars, fa première ministre, sans estimation, sans étude, enterrait en public, devant fa Chambre de commerce de Québec, fe projet de rénovation et d\u2019agrandissement de f\u2019Hôtef-Dieu de Québec (HDQ).Pourtant, fonctionnaires, médecins, architectes et autres y travaillaient depuis 2005.Mue par une partisanerie contre-productive, elfe lançait: «Ce projet annoncé par les deux ministres de la Santé de l\u2019ancien gouvernement s\u2019en va tout droit dans le mur.» Selon plusieurs, pourtant, une des seules questions qui restait à régler était esthétique : comment faire en sorte que fe nouvel édifice cor-, responde aux normes patrimoniales ?Presque AV\\d(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter) ; information culturelle : Louise-Maude Rioux Soucy (chef de division), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), Marco Bélair Cirino, François Desjardins et Eric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; itrformation internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy HaJJdeier(reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives)', section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eolie-Boivin et Louis Gagné (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier, Karl Rettino-Parazelli et Geneviève Tremblay (assistants) ; correction : André^ne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire)', Florence Ferraris (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur) fAdvuou Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITE Elyes Ben M'rad, Claire Breton (superviseur), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier, Chantal Rainville, Suzanne Rooke, (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais, (coordonnatrice), Elise Ghrardésecrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eilion, Caroline Guimond, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORJVIATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Jean-Robert Divers (responsable de la promotion),y\\.axJm-0\\Yv\\eY Leclerc (responsable duservice à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables) ,C\\a.udetX.e Béliveau (adjointe administrative) , Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, Céline Euroy, Ghislaine Lafleur et Véronique Pagé. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JUILLET 20IS JEUX DE MOTS Chaque samedi pendant la saison estivale, pour une sixième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances, et surtout leur patience, à l'épreuve en complétant les jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy, professeur de français à la retraite.En règle générale, les amateurs de mots croisés retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.MÉTAMO(T)RPHOSES Il s'agit ici d'atteindre un mot d'arrivée à partir d'un mot de départ, en un nombre minimum d'étapes.À chaque étape, on peut changer une lettre du mot précédent, les autres lettres restant les mêmes et occupant le même rang.À titre d'exemple, passons du SUD à L'EST.Ici, la métamorphose se fait en trois étapes : SUD-SUT, SUT-EUT, EUT-EST.Notez que les mots intermédiaires doivent être de véritables mots et non pas de simples lettres accolées les unes aux autres.D'autre part, les noms propres et les abréviations ne sont pas acceptés comme mots intermédiaires.On a droit, cependant, au pluriel des mots et aux verbes conjugués.Ne tenez pas compte des accents.On indique pour chaque problème un nombre d'étapes.Il est probable que vous prendrez un chemin plus long.Cela n'a pas d'importance.Ce qui compte, c'est d'arriver au but.Voici les quatre (4) métamorphoses que vous devez réussir.Les mots de départ et d'arrivée sont écrits en lettres majuscules.1.\tCe sont les VERS du mûrier qui font la plus belle SOIE.La métamorphose peut se faire en moins de cinq étapes.2.\tPassez de DOUZE à MILLE en six étapes ou plus.3.\tSi vous avez un bon CHAT, il va vous débarrasser de tous les RATS du voisinage en sept étapes.4.\tAvec une voiture en bon ordre, vous pourrez aller du MAINE au TEXAS en sept étapes.EN PIECES DETACHEES Ce jeu porte sur des proverbes inscrits dans des rectangles numérotés qu'on a ensuite mélangés.Vous devez remettre ces rectangles dans le bon ordre de façon à ce qu'on puisse lire le message.Exemple : 1\t2\t3*\t4\t5 MENTI lENTD ABEAU ELGIN RQUIV Si on dispose les rectangles dans l'ordre suivant : 3-1-5-2-4, on obtient ceci : A BEAU MENTI RQUIV lENTD ELGIN, et, en faisant correctement le découpage : A BEAU MENTIR QUI VIENT DE LGIN.Mais les proverbes qu'on vous soumet sont issus d'une langue étrangère à la nôtre, ce qui rend le Jeu moins facile mais plus amusant.1\t2\t3\t4\t5\t6*\t7\t8 BÂTI\tRPRG\tILFA\tEUSE\tFGND\tPGUR\tRHAUT\tUTCR UN POUR TOUS À partir d'un certain nombre de mots donnés, il vous faut trouver un autre mot qui pourra s'associer successivement avec chacun de ceux-là, de façon à former une locution ou une expression française.Exemple : Avec les mots RIRE, CRGCGDILE et ŒIL, on trouve comme réponse le mot LARME(S), car on peut RIRE aux LARMES, verser des LARMES de CRGCGDILE et avoir la LARME à l'ŒIL.Les mots réponses sont tous des noms de parties du corps humain.1.HONNEUR, LEVIER, FER, BROUETTE 2.LIT, VIGNE, LETTRE, PERDRE 3.VERRE, FERMER, MAGIQUE, DIEU 4.VERTE,TIRER, BOIS,TENIR, MAUVAISE ^ i ^ ^ ÛC ' 00 00 =5 ?O fD C '\t+-* ^\t00\tI ' O ^ E'U E r, CL-O ai P 8 'oo ai fD \u2022 £ CO Z O O CO Q P [/) O 0\tT 1\tz; è S P i, Q 00 1 -i< Ê Z 5 5 *< O X Û U < El I S|JJ û LO LU U û.Z ^ OjJ f\\J 3 LO LO CO II -S ^ X ™ ' D .ai 0.1 \"D _2 \"O .0^ 3 O' C ,=.¦D op E 3 is ^ 2 cô .b LD a; LO D D ^ O i ^ s D ^ O fo û- i Z D oj ai \u2022û.8 5
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