Le devoir, 27 juillet 2013, Cahier E
[" Haifaa Al Mansour fait son cinéma là où il n\u2019y en a pas Page E 6 - ,,\tLe récit de la journaliste Nathalie Blaquière au .Congo Page E 8 -J Culture Livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 20IS Pow-wow et hip-hop fument le calumet de la paix ' ÉÊ 1 ^ m PHOTO PAT BOLDUC Vibrer au rouge Osheaga roule désormais sur l\u2019autoroute des grands festivals de musique.À raffiche : Beck, Mumford and Sons, The Cure, The Lumineers et A Tribe Called Red.PHILIPPE PAPINEAU Les astres semblent s\u2019aligner pour les trois membres d\u2019A Tribe Called Red.Les spectacles s\u2019enchaînent \u2014 près de 15 dans le prochain mois \u2014 et leur dernier disque, Nation II Nation, a reçu plusieurs éloges, se hissant même parmi les 10 finalistes du prÎK Polaris récompensant le meilleur album canadien.C\u2019est certainement une question de rythmes.De battements de tambours, pourrait-on dire, de pulsations cardiaques, même, qui semblent réunir les fans de plus en plus nombreux d\u2019A Tribe Called Red (ATCR).C\u2019est que le collectif composé de DJ NDN (lire indian), de DJ Shub et de Bear Witness agence des sonorités hip-hop et électroniques très modernes à la musique traditionnelle de ces trois autochtones qui ont grandi dans la région d\u2019Ottawa.Le choc est fascinant, et étonnamment cohérent.Du beat, c\u2019est du beat, qu\u2019il soit issu d\u2019un ordinateur ou d\u2019une peau tendue.Et de la tension, c\u2019est de la tension, qu\u2019elle soit générée par un son modulé ou par des chants tribaux.Et selon ce que raconte Bear Witness, la réponse est assez constante partout où le groupepasse.«Les gens reçoivent le heat avec le même plaisir, peu À huit ans seulement, Osheaga joue dans la cour des grands festivals de musique.L\u2019événement, qui se déroule du 2 au 4 août au parc Jean-Drapeau, affiche déjà complet samedi et dimanche, aidé par une programmation jonglant avec les gros noms de la pop et les artistes indies du moment.Les festivaliers pourront y entendre Beck, Mumford and Sons, The Cure, The Lumineers autant qu\u2019Alt-J, We Are Wolves et Father John Misty.Parmi les groupes à l\u2019affiche.Le Devoir a décidé de vous présenter A Tribe Called Red, un trio d\u2019Ottawa qui a le vent dans les voiles avec sa musique croisant le hip-hop et l\u2019électro avec les airs traditionnels autochtones.importe où on est dans le pays et même peu importe dans quel pays on est.On voit les mêmes réactions.» Il y a peu d\u2019exemples de groupes musicaux équivalents à ce trio qui dit faire du «pow wow-step », un clin d\u2019œil au dubstep.Au Québec, il y a bien le rappeur Samian qui mélange les cultures, mais là où ce dernier raconte sa réalité, ATCR provoque davantage par le son, en intégrant les tambours, les cris, les pièces traditionnelles.«Ça commencé en 2007, avec DJ NDN et moi-même ; on s\u2019est réunis pour un party destiné à la communauté autochtone, quelque chose qui ne s\u2019était pas vraiment fait avant dans notre ville, raconte Bear Witness.Et tout de suite VOIR PAGE E 2 : ROUGE E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 2013 CULTURE >MÜS1QUE 19E FESTIVAL MEMOIRE ET RACINES Solas, une histoire d\u2019immigration YVES BERNARD Solas, le groupe irlando-américain le plus célèbre de la planète, s\u2019arrête à Mémoire et Racines en fin de semaine.Ce samedi, il se produit sur la grande scène avec les McDades, Ma Cômère et Réveillons !, alors que dimanche on le retrouve dans le contexte plus intime du Cornet acoustique.Un très bon coup de cet excellent festival.Sous la direction du multi-instrumentiste Seamus Eagan, Solas a fait paraître cette année Shamrock City, un onzième disque en dix-sept ans.L\u2019album, qui est l\u2019un des meilleurs du groupe de Philadelphie, marque un tournant: pour la première fois, on se lance dans un concept à la fois historique et personnel.Shamrock City raconte l\u2019histoire bien réelle de Michael Conway, un arrière-grand-oncle de Seamus Egan.En 1910, à l\u2019âge de 19 ans, il quitte l\u2019Irlande pour la ville minière de Butte, dans le Montana.Six ans plus tard, il meurt assassiné.Est-ce que la police a quelque chose à voir dans ce décès?Certains l\u2019avancent.«J\u2019ai mijoté ce projet durant dix ans, explique Seamus Egan, joint par téléphone.En fait, je n\u2019ai jamais pensé que ça deviendrait un album, mais avec le temps, je me suis rendu compte que ce qui était au départ une histoire personnelle et familiale pouvait contribuer à la connaissance d\u2019une partie de l\u2019histoire américaine.Cette histoire pourrait être celle des immigrants de partout, pas seulement celle des Irlandais.C\u2019est celle d\u2019un homme qui prend la décision de faire son chemin dans une terre inhospitalière.» Le spectacle de Shamrock City comporte une partie visuelle comprenant photos et films d\u2019archives.A cela s\u2019ajoute Tell Your Story, un volet interactif qui permet aux gens de conter leur propre histoire.Seamus Egan raconte: «On recueille les témoignages qui seront intégrés à un film que nous réaliserons autour de Shamrock City.Les gens partagent facilement l\u2019histoire d\u2019une grand-mère ou d\u2019un arrière-grand-père qui a émigré.Ces histoires sont remarquables, mais fondamentalement, elles sont toutes la même.Certaines, comme la nôtre, n\u2019ont pas une fin heureuse, mais dans tous les cas, elles renferment un héritage.» Né en Pennsylvanie, Eagan a grandi en Irlande avant de revenir à Philadelphie.Il a par 1^ suite fondé Solas au milieu des années 1990.A ses débuts, le groupe était beaucoup plus proche de la tradition irlandaise.«A ce moment-là, on se rencontrait et on jouait spontanément, dit le leader.Puis, à partir du disque The Words that Remain, paru en 1998, on a commencé à sortir de notre tradition celtique en reprenant Woodie Guthrie.Avec le temps, on a interprété Waits, Springsteen et Dylan, en plus de marier de plus en plus la musique irlandaise avec le matériel traditionnel américain.» Shamrock City va dans ce sens.A l\u2019aide d\u2019archives sonores, le groupe tente de découvrir et de mélanger des musiques vivantes au début du XX® siècle.Si l\u2019âme irlandaise est très présente, rien n\u2019est ici complètement traditionnel : de la ballade historique originale, des passages instrumentaux très denses, des ponctions de country blues, des arrangements de cordes plus classiques, de la valse folkeuse, du swing sur des claquements rythmiques et dp reel adoucit dans l\u2019esprit contemporain.A cela s\u2019ajoutent des invités, et non les moindres, parmi lesquels la violoncelliste montréalaise Natalie Haas, le bassiste Trevor Hutchinson de Lunasa, les chanteuses Rhiannon Giddens de Carolina Chocolate Drops et Aoife O\u2019Donovan de Crooked Still, en plus de Dick Gaughan le FESTIVAL MÉMOIRE ET RACINES Le dernier album du groupe Solas marque un tournant s\u2019inscrivant dans un concept à la fois historique et personnel.grand frère de tous.Pour le festival Mémoire et Racines, Solas a adapté le spectacle de Shamrock City pour les scènes extérieures sans les archives visuelles, mais avec plusieurs pièces de l\u2019album et quelques classiques.Collaborateur Le Devoir SOLAS Samedi 27 juillet sur la scène Gilles-Cantin avec les McDades, Ma Cômère et Réveillons! à compter de 19 h.Dimanche 28 juillet au Cornet acoustique à 16 h.Au parc Saint-Jean-Bosco à Saint-Charles-Borrornée.Renseignements: 450 752-6798, http://memoireracines.org/ ROUGE SUITE DE LA PAGE E 1 ç\u2019a été un grand succès, on a attiré plein de gens qu\u2019on ne connaissait pas nécessairement.et il y a eu une vraie réaction.C\u2019est quelque chose qu\u2019on n\u2019a pas pu arrêter de faire après.» Un outil pour éduquer Au fil des concerts, ATCR a élargi son public d\u2019abord autochtone, mais continue de créer d\u2019abord pour ses sembla- bles, même si la «discussion» est ouverte à tous.«La plupart des choses que l\u2019on fait n\u2019ont pas changé depuis le début, mais le message que l\u2019on véhicule change selon notre public, il est perçu différemment et a une autre portée selon qui écoute», explique Bear Witness, de son Hydro Québec a\" présente LE FESTIVAL INTERNATK DOMAINE FORGET 4jt Programmation complète donnai neforg et.com 1.888.DFORGET Suivez-nous sur Dr lYou®® DU 15 JUIN AU 25 AOÛT 2013 SÉRIEVIRTUOSES SANS FRONTIÈRES VENDREDI 2 AOÛT 20 H Cordes virtuoses! Pasquieq Sulem, Bertrand j||ei.musique ESPACE ROCHH «8,9\" 91,5\u201c 95,3\" SÉRIEORCHESTRES GRANDEUR NATURE SAMEDI 3 AOÛT 20 H OSQ I Fabien Gabel, chef d'orchestre AntoineTamestit, alto SÉRIE LES GRANDS RENDEZ-VOUS DIMANCHE 4 AOÛT 15 H André Laplante, piano LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l'été! Du 9 juin au 1®' septembre CASINO |9| canadien Heritage QuébecnS Municipalité de Saint-Irénée vrai nom Ehren Thomas.Unis et aussi divisés par les tambours?Quand ATCR joue pour la communauté autochtone, sa musique évoque quelque chose qui est à l\u2019intérieur de leur culture, qui les représente.«Et ça, c\u2019est nouveau, d\u2019avoir quelque chose qui parle d\u2019eux dans la culture populaire.Alors, quand on joue pour eux, on crée de la fierté.La fierté de ce qu\u2019on est, de notre culture, à travers la musique.» Et quand le trio se présente devant un public non autochtone?«Il y a quelque chose qui est plus proche de l\u2019éducation, on peut montrer quelque chose aux gens, dans un environnement où ils ne s\u2019attendent pas nécessairement à être éduqués, ou \u201cchallen-gés\u201d: dans un party où ça danse! C\u2019est une discussion qui n\u2019est pas simple à mener de nation à nation, mais je pense qu\u2019il y a moyen de créer une certaine compréhension mutuelle à travers la musique.Pas d\u2019un point de vue verbal; on parle de feelings, mais ça devient un outil très puissant.» Inévitable politique Selon Bear Witness, l\u2019album Nation II Nation a été créé de manière plus cohérente que le premier disque du groupe.«On s\u2019est assis ensemble pour réfléchir à ce qu\u2019on voulait.Et pendant l\u2019enregistrement, les trucs se sont précipités avec Idle No More, à Ottawa spécialement.Il y avait beaucoup d\u2019action, la ville bougeait, et il y a cette énergie qu\u2019on retrouve sur le disque.» La politique ?A Tribe Called Red \u2014 un clin d\u2019œil croisé aux pow-wow, à la roue médecine et au mythique groupe A Tribe Called Quest \u2014 ne peut faire autrement que d\u2019en porter la croix.Dans le livret de son disque, le groupe écrit d\u2019ailleurs: «en tant que membres des Premières Nations, tout ce qu\u2019on fait est politique».«C\u2019est pas une route facile, assure Bear Witness.Déjà qu\u2019être musicien ce n\u2019est pas simple, on ajoute ça par-dessus.Oui, ça peut être un fardeau, assurément.Ya des jours où je souhaiterais qu\u2019on fasse juste de la musique pour faire danser les gens, et c\u2019est tout.Mais on ne vit pas à une époque où, comme autochtones, on a ce luxe.Il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019occasions de parler de ces enjeux-là, alors c\u2019est un défi de pousser J.SOURCE A TRIBE CALLED RED Les trois artistes considèrent qu\u2019en tant que membres des Premières Nations leurs gestes sont politiques.Quelques incoutouruables à Osheaga Vendredi 2 août 16hl5:Alt-J 19 h 10: Caféine 19\th 45: Phoenix 20\th 45: The Cure Samedi 3 août 16 h 30 : Loud Lary Ajust 18 h 05: Mackelmore & Ryan Lewis 20\th 30 : We Are Wolves 21\th 05: Beck Dimanche 4 août 14 h 15 : Erightened Rabbit 18\th 50 : Eather John Misty 19\th 15 : Hollerado 21 h 15: Mumford and Sons les frontières.Ne pas essayer de combattre les images négatives sur les autochtones, ça serait non seulement irresponsable, mais aussi irrespectueux pour ceux dans notre communauté qui nous appuient.» La musique reste bien sûr au cœur de la vie des trois membres du groupe.La tournée de Nation H Nation est loin d\u2019être terminée, mais déjà Bear Witness a des plans pour le groupe.«Notre prochain but, et ça va être un gros pas vers l\u2019avant pour nous, c\u2019est d\u2019intégrer d\u2019autres artistes dans nos pièces, de faire un album plus collaboratif, avec des gens autochtones ou pas, des rappeurs, des chanteurs, des musiciens de toutes sortes.» Le Devoir A voir à Osheaga, le vendredi 2 août à 21 h 45, sur la scène Piknic électronik Hydro Québec présente _ LE FESTIVAL DE s® >¦\t¦ ilf f' ' fA J\"''- \u2018\t- i\t.J # A A?\t, \"Wp'k.CHARTWe Desjardins -Lt htSIlVAL Ub-r^ lanaudiere Le plus grand festival de musique classique au Canada 13 juillet au 11 août 201 3 encC^navec RONALD BRAUTIGAM ET LES VIOLONS DU ROY Samedi 27 juillet/20 h\tRonald BRAUTIGAM, piano LESVIOLONSDU ROY\t\u201e\tKanvADT ,,\t,¦\tProgramme : MOZART, Bernard LABADIE, direction\tBEETHOVEN, HAYDN Pour te programme comptet: tanaudiere.org 1 800-561-4343 #YAMAHA Québec^^ Canada LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 20IS E 3 CULTURE >MÜSI01IE MUSIQUE CLASSIQUE Bernard Labadie fuit le danger du confort CHRISTOPHE HUSS Coup de tonnerre dans l\u2019été musical québécois : l\u2019annonce, début juillet, du départ de Bernard Labadie de la direction musicale des Violons du Roy, un ensemble qu\u2019il a fondé il y a 29 ans.Le chef a été fort économe de ses paroles, ne souhaitant s\u2019exprimer que dans le cadre d\u2019entrevues de fond \u2014 une pour la radio et deux pour la presse écrite, dont celle-ci que nous publions alors que le chef dirigera ce samedi soir, à l\u2019Amphithéâtre Fernand-Lindsay de La-naudière, des oeuvres de Haydn, de Mozart et de Beethoven.Les Violons du Roy vont devoir entamer très prochainement leur première recherche d\u2019un directeur musical.Bernard Labadie sera observateur et non acteur de ce processus.«Je ne veux pas donner l\u2019impression de nommer un dauphin, car ce que l\u2019organisation va vivre, c\u2019est la dernière étape de la fondation d\u2019une institution.Or une institution doit être capable de penser par elle-même.» La réflexion du type « qui sommes-nous?d\u2019où venons-nous?où allons-nous?» de la part de l\u2019institution sera cruciale.S\u2019il ne fera pas partie d\u2019un comité de sélection, Bernard Labadie répondra «avec plaisir» aux questions de ce dernier.«Je ne pense pas qu\u2019il existe un seul profil», lâche-t-il simplement au sujet de son successeur.Mais une chose est sûre: le positionnement d\u2019orchestre historiquement informé jouant sur instruments modernes est une grande idée pionnière à ne pas abandonner.Ce serait une grave erreur que Les Violons du Roy deviennent un orchestre de chambre lambda.Le processus de réflexion sur la pérennisation des Violons du Roy mûrit depuis des années, passant «à la vitesse grand V» \u2014 selon l\u2019aveu du chef au Devoir \u2014 depuis trois ans.Parmi les facteurs qui ont déterminé le moment de la décision et de son annonce, le chef cite la «stabilité financière et administrative» et le fait que «la réputation artistique de l\u2019ensemble est au plus haut», une réputation acquise auprès du public, des critiques et des partenaires internationaux.Aux yeux de Bernard Labadie, il était primordial de faire un tel choix au moment où sa «relation avec l\u2019organisation, et en particulier les musiciens, est encore à son meilleur.» L\u2019ombre portée Le schéma établi laisse à l\u2019institution le temps de chercher ce successeur.Labadie ga- En se réservant les projets choraux, Bernard Labadie se garde la cerise sur le gâteau; celle-là même qui motive le plus les chefs rantit 12 à 13 semaines de présence dans les saisons 14-15 et 15-16, dont il assurera les tournées.Le gouvernail artistique sera bien tenu, alors qu\u2019une moitié des saisons de Québec et de Montréal permettra à l\u2019orchestre d\u2019audition-nef des candidats potentiels.A terme, Labadie compte garder un pied dans l\u2019institution en préservant dans son giron \u2014 à titre de directeur musical de la Chapelle de Québec et de chef fondateur des Violons du Roy \u2014 les concerts avec choeur: «Au strict minimum, à terme, il va rester ces deux grands projets annuels, qui sont des piliers de la programmation.Peut-être que ce sera davantage.Je le souhaite, mais je ne peux présumer ce que sera la réflexion de l\u2019équipe.» Sa préoccupation avec la Chapelle est de «garder le niveau actuel très élevé et de conserver une masse critique de travail».Pérennité et qualité sont des éléments bien fragiles pour un groupe qui se voit deux ou trois fois par an, alors que l\u2019orchestre travaille déjà plus de la moitié de ses 34 semaines d\u2019activité sans son directeur musical, selon «une éthique, un son, un niveau et des habitudes de travail» bien codifiés.«L\u2019orchestre en tant qu\u2019instrument existe tout à fait en dehors de moi, ce dont je suis très fier en tant que fondateur.» C\u2019est vrai, Bernard Labadie reconnaît que le «lâcher prise» sera crucial.«Il y a un danger que mon ombre soit écrasante et ce serait absurde si je n\u2019étais pas très sensible à cette question-là.Il n\u2019y aurait aucun intérêt de prendre la présente décision pour ensuite annihiler les chances de succès de l\u2019opération.» En se réservant les projets choraux, Bernard Labadie se garde la cerise sur le gâteau, celle-là même qui motive le plus les chefs.11 ne pense pas que la chose découragera les candidats potentiels, mais reconnaît que «cela orientera spécifiquement la recherche vers un chef qui travaillera avec l\u2019orchestre», consîdérant dans un même souffle que «Les Violons du Roy comme institution orchestrale, dans l\u2019état dans lequel ils sont en ce moment, c\u2019est une proposition extrêmement intéressante pour un musicien ».La vie après les Violons Le temps dégagé va-t-il permettre à Bernard Labadie de donner un coup d\u2019accélérateur à sa carrière de chef invité ou de prendre un peu plus de temps pour lui?«J\u2019ai travaillé à un rythme infernal depuis cinq ans.Je dirige deux ou trois des top-5 américains chaque année et suis sur la route cinq ou six mois par année.J\u2019ai besoin de temps non pour lever le pied, mais pour PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le chef Bernard Labadie compte prendre du temps pour réfléchir à la suite de sa carrière.réfléchir et repenser des choses.» Labadie abandonne donc sa sécurité d\u2019emploi à Québec.«L\u2019insécurité d\u2019emploi dans laquelle je me mets à 50 ans est artistiquement nécessaire, car le confort est un danger.J\u2019arrive à un moment où se présentent plein d\u2019options très confortables, dans lesquelles je n\u2019ai pas envie de m\u2019enliser.J\u2019ai envie de me mettre dans une situation où je vais devoir être sur la ligne de feu, y compris avec Les Violons du Roy.» Qutre la carrière de chef symphonique invité, parmi les débouchés il y a aussi l\u2019opéra, que Bernard Labadie a abandonné depuis 2006.Pour cela, il faudra que de nouvelles portes s\u2019ouvrent en Europe.«Mon marché, c\u2019était l\u2019Amérique, mais dans mon répertoire les choses sont mal barrées.Mozart ou Haendel en quatre répétitions dans des salles de 3000 places, c\u2019est impossible.» Le développement du choeur est une avenue pour le moins complexe.D\u2019une part, c\u2019est impossible, syndicalement, auprès des orchestres qui ont leur propre choeur (Chicago, Cleveland, Atlanta, etc.).D\u2019autre part, les coûts élevés de ces productions ont déjà anéanti plusieurs projets, notamment à New York.«Il y a cinq ans, faurais répondu différemment, mais dans la situation économique actuelle, au vu de l\u2019expérience, je doute fort d\u2019un grand développement», analyse Labadie.Bernard Labadie précise qu\u2019il n\u2019est pas en négociation pour un autre poste.11 voit cependant s\u2019ouvrir devant lui une voie inattendue.11 compte fermement développer ses collaborations avec les grands ensembles jouant sur instruments d\u2019époque.«C\u2019est une façon d\u2019aller chercher, a posteriori, ce qui boucle la boucle!» Labadie, qui dirigera prochainement l\u2019English Concert, a d\u2019ores et déjà une relation de chef invité régulier de l\u2019Academy of Ancient Music et des projets pour les deux prochaines saisons avec cet orchestre qu\u2019il juge «exceptionnel».Assurément, à terme, la consécration personnelle de la soixantaine passera par l\u2019Europe.Bernard Labadie assumera la direction musicale des Violons du Roy lors de la saison 2013-2014 puis troquera, à partir de 2014-2015, ce titre pour celui de «chef fondateur».11 restera parallèlement directeur musical de la Chapelle de Québec, le choeur associé aux Violons du Roy, qui se réunit deux ou trois fois par saison pour de grands projets choraux.Le Devoir Arthur H, entre les îles de la Madeleine et Montréal C\u2019est au Québec qu\u2019Arthur H concocte une bonne part de son nouvel album.Entre les îles de la Madeleine et Montréal.Il en profite pour donner une poignée de spectacles intimistes, seul avec son piano.Pour un concert dans l\u2019esprit de l\u2019album Mystic Rumba, enrichi des chansons de son dernier cru, Baba Love.FREDERIQUE DOYON Si Arthur H revient souvent au Québec donner des spectacles, cette fois il compte y écrire et y réaliser en partie son prochain album.L\u2019invitation lancée par les Pas perdus, mythique petite salle de spectacle des îles de la Madeleine où il se produira les 4 et 6 août, lui a donné le meilleur prétexte \u2014 et contexte \u2014 pour se mettre à l\u2019écriture.«On m\u2019a beaucoup parlé de cet endroit et f avais très envie de le découvrir.Comme je suis en train de préparer mon prochain album, je me suis dit: c\u2019est l\u2019endroit idéal pour l\u2019écrire», raconte celui qui ira s\u2019enfermer quelques jours dans une petite maison colorée dominant la mer.Quelques autres dates se sont greffées aux spectacles madelinots.Le premier point de chute de cette petite tournée informelle, le Centre Phi à Montréal, n\u2019a rien d\u2019innocent puisque Fauteur-compositeur souhaite y enregistrer une partie de son nouvel opus l\u2019hiver prochain, à la suite d\u2019une première séance à Paris.Les installations multifonctionnelles du lieu lui permettraient du coup d\u2019inviter le public à participer au processus.«J\u2019aimerais proposer aux gens d\u2019assister à l\u2019enregistrement du disque comme une performance, pour qu\u2019ils voient le côté laborieux, ennuyeux et tout d\u2019un coup fantastique de faire un album, le morceau complètement désossé mais qui a aussi en germe toute son âme et sa force, confie-t-il au bout du fd de sa voix éraillée et langoureuse.Les gens n\u2019ont habituellement que le produit final, tout lissé, bien mixé et tout.Je voudrais qu\u2019ils mettent aussi la tête \u2022\u2022r- ' , - Arthur H en tournée québécoise dans le moteur.» Et Montréal incarne pour lui ce lieu où tout est possible : «une ville qui respire, qui est libre, avec tous ces musiciens géniaux, son milieu tout mélangé, anglo, franco ».L\u2019aventure solo Depuis son album de 1990, le fils de Jacques Higelin s\u2019est inventé une poésie bien à lui, à cheval sur l\u2019héritage de Gains-bourg et les récits bizarres de Torn Waits.Ses orchestrations un peu déjantées, entre jazz et rock, rappellent son admiration pour Portishead.Après la folle tournée de Baba Love paru en 2012, Arthur H est ravi de revenir au noyau dur de sa musique, en solo, pour la décliner où et comme ça lui plaît.Cet esprit à la fois introspectif et extatique est propre à l\u2019album Mystic Rumba (2010), où il revisitait, seul au piano, ses vingt ans de carrière.Cet album s\u2019est muté en une forme de concert primitif et salutaire, où il se retrouve et s\u2019éclate.«Mystic Rumba, je le ferais toute ma vie, dit-il.Dès que je suis libre, que je ne suis pas en tournée, je pars à l\u2019aventure avec Mystic Rumba.C\u2019est un moment où je me sens libre, où il n\u2019y a aucune contrainte, où je peux avoir un rapport très cru et direct avec le public.Pour Baba Love, on a fait les gros festivals en France, devant 10000, 150000 personnes avec une énergie très électro-rock.Ça fait du bien de retrouver un univers avec plus de dynamiques, avec du silence et des respirations.» Et le piano incarne bien pour lui cet état musical brut qu\u2019il avait déjà tâté en mode soliloque en 2002 dans Piano solo.«Depuis que j\u2019ai posé les h EMMAPIC Depuis 1990, Arthur H s\u2019est inventé une poésie bien à iui, un méiange de i\u2019héritage de Gainsbourg et des récits de Torn Waits.mains sur un clavier à 13 ans, j\u2019ai senti une espèce d\u2019osmose.C\u2019était comme un animal sauvage qui acceptait d\u2019être dompté.» Dans son spectacle intimiste intitulé Mystic Rumba Experience, il fait à nouveau corps avec le clavier pour mieux dépouiller ses chansons et retrouver leur essence.Qn retrouvera donc des titres des albums Négresse blanche à Baba Love, qu\u2019il a grattés jusqu\u2019à l\u2019os.«Mes chansons redeviennent toutes nues, toutes fraîches, toutes neuves; elles sortent du bain, explique-fil.Il n\u2019y a plus que moi, mon piano, les mots.J\u2019aime bien vivre des moments comme ça où on revient à un instant un peu originel, où il y a plus de vide que de plein, où il peut se passer un peu n\u2019importe quoi.Et d\u2019ailleurs, il se passe n\u2019importe quoi.» Le Devoir l\u201caoût: Centre Phi, Montréal 4 et 6 août : Pas perdus, Cap-aux-Meules 12 août : Salle André-Mathieu, Laval 13\taoût: Théâtre Petit-Champlain, Québec 14\taoût : Bistrot de l\u2019Anse, L\u2019Anse-Sain-Jean 16 août : Auberge Petite-Nation, Saint-André-Avellin Hydro Québec présente WEVENEMENTS Du31 juillet au 17août2013 2 CONCERTS EXCEPTIONNELS SALLE BOURGIE, Musée des Beaux-Arts i UN EVENEMENT UNIQUE À MONTRÉAL POUR LES AMOUREUX DE LART LYRIQUE ET DE L'OPÉRA 15 août, 7:30 pm L\u2019ENFANT ET LES SORTILÈGES Maurice Ravel (version de chambre) LE BAL MASQUÉ Francis Poulenc CHANSONSMADÉCASSES Maurice Ravel Directeur musical : Paul Nadler / Metteur en scène : Joshua Major Avec des musiciens de l'Orchestre Métropolitain 17 août, 7:30 pm CONCERT GALA avec les 40 chanteurs du programme 2013 de l'iCAV 6 CLASSES DE MAÎTRE SALLE TANNA SCHULICH SALLE SERGE-GARANT Université McGill |2 août, 7:30 pm PATRICIA RACETTE Université de Montréal |31 juillet et 5 août, 7:30 pm| JOANDORNEMANN 7 août, 7:30 pm CLAUDE WEBSTER 2 CONCERTS DE CHANT SALLE SERGE-GARANT, Université de Montréal |8 août, 7:30 pm JOSHUA MAJOR |9 août, 7:30 pm| MiCHELSÉNÉCHAL |3août,7:30pm| LAVOiX EST JUSTE! |10 août, 7:30 pm LiEDERETMÉLODiES www.festivaloperamontreal.ca Tarif UdeM :10$\tLaissez-passer intégral: 100$ Tarifs Salle Bourgie : 15 à 25 $ Billetterie : www.admission.com 514-790-1245 Université rHl de Montréal l\\AI Mcrio iind Bcrniird Slollund Fumilv Fuuniliiliun ^Wein A#musi K' ai E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 201 CULTURE>DE VISU T'pu PHOTOS SOURCE CENTRE PHI L\u2019exposition s\u2019ouvre avec éclat sur une tête surdimensionnée en plâtre et en cire rouge, Le grand écorché (2012) de Louis Fortier.Eclosion (2012), œuvre tirée de l\u2019installation Ce n'est que cela, et L\u2019œuvre a été présentée une première fois à la galerie d\u2019art d\u2019Outremont.\trien de plus de M5Tiam Laplante.Fenêtre secondaire, grande vitrine La galerie Donald Browne embrasse large avec son occupation du Centre Phi POPUP! Une exposition de la galerie Donald Browne, Centre Phi, 407, rue Saint-Pierre, jusqu\u2019au 24 août.JÉRÔME DELGADO La galerie Donald Browne, une des plus petites de l\u2019édifice Belgo, a trouvé le moyen d\u2019augmenter sa superficie : réapparaître ailleurs.Selon le principe du pop-up, cette fenêtre secondaire qui s\u2019ouvre sans prévenir sur le Web, la galerie s\u2019offre depuis le mois de mai une des vitrines les plus branchées en ville : le Centre Phi, situé dans le Vieux-Montréal.Inaugurée à la fin de juin, l\u2019exposition intitulée Pop-up ne fait pas dans la demi-mesure.Cette nouvelle expo, la seconde dans ces lieux pour la galerie Donald Browne, constitue une véritable fenêtre publicitaire.On peut y voir les œuvres d\u2019une vingtaine d\u2019artistes, en majorité de ceux que défend la galerie du Belgo.Sur le fond, cette Pop-up n\u2019a que l\u2019apparence d\u2019une autre expo d\u2019été, à prendre à la légère : un collage d\u2019univers disparates, un mélange d\u2019œuvres plus ou moins récentes extirpées du fonds de la galerie, avec un esprit pop pour animer le tout.Or il est vite évident, pour qui circule parmi la soixantaine de pièces exposées dans cette exposition, que la légèreté estivale a, ici, son intérêt.La dissemblance apparente possède sa cohérence.La répétition d\u2019un geste, ou d\u2019un motif, l\u2019œuvre en série et un penchant pour le portrait, et plus spécifiquement l\u2019auto-portrait, parsèment ce parcours qui étonne par la richesse de ses propositions.L\u2019expo s\u2019ouvre avec éclat sur une tête surdimensionnée en plâtre et en cire rouge, sculpture de Louis Fortier.Dévoilé en 2012 à la Galerie d\u2019art d\u2019Outremont, Le grand écorché repose au sol, sur le côté, comme si ce buste venait de tomber de son socle.Trop grande pour être vraie, même en sculpture, cette tête offre toute une image sur le statut de l\u2019art et la condition d\u2019artiste.Un jour solide, le lendemain à terre.Connu pour ses faciès qu\u2019il tire d\u2019un moule de son propre visage, Fortier a fait cette fois de sa main le motif de son travail.11 a moulé et reproduit ses La répétition d\u2019un geste, ou d\u2019un motif, l\u2019œuvre en série et un penchant pour le portrait parsèment ce parcours doigts en quantité, comme s\u2019il devait fabriquer une multitude de gants.Amassées, collées les unes sur les autres, les mains dessinent, littéralement, une tête qui a de quoi épater.Mais à la différence de Ron Mueck et de ses personnages hyperréalistes, Louis Fortier ne cherche pas le trompe-l\u2019œil.Son approche unique ne dénonce pas tant la réplique et le clonage qu\u2019elle en appelle à l\u2019authenticité de l\u2019expression.La question des identités, et en particulier de l\u2019identité artistique, est centrale dans cette exposition organisée autour de mosaïques d\u2019œuvres.Au mur voisin du Grand écorché, plusieurs des propositions baignent dans l\u2019ambiguité, entre la métaphore de Suzy Lake \u2014 la fleur dans Beauty at the End of the Season #12 (2004), une photo à la verticale comme ses autoportraits en pied \u2014 et le camouflage auquel se prête Emanuel Licha, chemise rose et cagoule zapatiste sur la tête.Sa photo, tirée de sa série War Tourist (2005), le place sur un piédestal bien fragile, entre la dénonciation d\u2019une mode et la récupération de celle-ci à son propre bénéfice.Parmi les autres rapprochements heureux, soulignons les autofictions photographiques de Raymonde April et les images de mouchoirs de la série Lacrimosa de Sorel Cohen.Les deux documentent l\u2019intimité, parlent de confidence, que celle-ci se fasse devant la caméra ou au cabinet de la psy, là où Cohen a puisé sa matière.La photographie, très présente dans ce Pop-up, semble un dada chez Donald Browne.Gabriel Coutu-Dumont et Lynn Marsh, qui s\u2019intéressent aux à-côtés de l\u2019industrie du spectacle, cohabitent parmi d\u2019autres artistes, alors que Shari Hatt, figure par excellence du travestissement et de la performance photographique, bénéficie d\u2019un mur à lui tout seul.11 faut dire que sa série Liberace\u2019s Closet (2002) est emblématique de l\u2019apparat derrière la recherche des nouvelles identités artistiques.Ces mannequins en luxueuse tenue n\u2019ont pas la portée politique des sculptures de Yinka Shonibare, artiste britannique qui dénonce le colonialisme, mais ils jouent sur le même plaisir du leurre.La sculpture est l\u2019autre dominante de l\u2019expo.Déjà, avec Louis Fortier, elle se faisait incontournable.Avec les œuvres fortes en simulacres et en répétitions de Valérie Kolakis, de Laura Santini, de John Francis et de Myriam Laplante, elle donne du poids à l\u2019ensemble.Elle met en question la valeur de l\u2019objet et nous pousse parfois dans un beau dédale d\u2019images et de sens.C\u2019est ce que réussit notamment l\u2019installation de Laplante, ancrée des deux côtés d\u2019un mur et dotée à elle seule de sept œuvres.L\u2019exposition intègre aussi des artistes du dessin (dont Jim Holyoak et Mark Iglo-liorte) et de la peinture (Paul Bureau, Christine Major), preuve que l\u2019œil du galeriste zieute tout.Cette Pop-up, impossible à monter dans l\u2019espace du Belgo, s\u2019avère une vraie grande vitrine.Collaborateur Le Devoir La peinture new-yorkaise de Borduas FREDERIQUE DOYON L SOURCE MUSEE DES BEAUX ARTS DE MONT SAINT HILAIRE A Mont-Saint-Hilaire, une exposition est consacrée à la période e Musée des beaux-arts de 'Mont-Saint-Hilaire pose un regard inédit sur l\u2019œuvre de Paul-Emile Borduas, qui est au cœur de sa mission.Son exposition estivale s\u2019attarde à la période new-yorkaise de l\u2019artiste né à Mont-Saint-Hilaire.Une étape moins connue que son exil parisien ou ses débuts à Montréal.Paul-Émile Borduas s\u2019installe à New York de 1953 à 1955 dans la foulée de la parution du manifeste Refus global, avant de s\u2019exiler en France.Certains tableaux qu\u2019il a peints pendant ce séjour sont réunis au musée de la Rive-Sud, grâce à plusieurs prêts, notamment ceux des musées des beaux-arts de l\u2019Ontario, de Montréal et du Canada.«À ma connaissance, c\u2019est la première fois qu\u2019une exposition est consacrée à sa production spécifiquement new-yorkaise, confiait au Devoir Isabelle Pi- +ANAGRAMME mJNECHAISE+ VENTE AUX ENCHERES ENTIEREMENT AU BENEFICE DES ARTISTES JEUDI 22 AOÛT À18 HEURES ANIMATION Gilles Daigneault directeur de la Fondation Guido Molinari a Montreal Maison de la culture DU Plateau-Mont-Royal 465 avenue du Mont Royal Est 514 872 2266 accesculture com Horaire Mardi mercredi jeudi 13 II a 19 II Vendredi samedi dimanche 13 h a 17 h Lundi ferme ARTISTES PARTICIPANTS ++++++++++++++++++++++++++++++++++ KiranAmbwani + Raymonde April + Martine Audet + Claude Arseneault + Hejer Chart + Caroline Cloutier + Lucienne Cornet + Yvon et Monic Cozic + Christiane Desjardins + Patrick Dionne + Stéphane Dionne + Lalie Douglas EXPOSITION DU 20 JUIN AU 25 AOUT 2013 ++++++++++++++++++++++++++++++++++++ Michele Assal + Christian Barre + Khosro Berahmandi + Pierre Blache + Noe Cropsal + Michel Depatie + Denise Desautels + Marie Suzanne Desilets + h Gilbert Duclos + Suzanne Dubuc + Serge Fisette + Jacques Fournier + Marc Carneau + Miki Gingras + Kakim Goh + Michel Goulet + Andre Greusard + Hortavan Hoye+ Emmanuelle Jacques + Harlan Johnson Eric Ladouceur + Laurent Lamarche + Eric Lamontagne + Françoise Lavoie + Jean Francois Leblanc + Louise Mercure + Allison Moore + Serge Murphy + Julie de Oliveira + Violene Ponce + Bertrand R Pitt + Ianick Raymond + Etienne Rochon dit Arthur Desmarteaux + Genevieve Turcotte + Eric Sauve + Rafael Sottolichio + Michel Tetreault + SarlaVoyer + Louise Viger + Loren Williams Commissaire Louise Viger ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ Le Plateau-Mont-Royal Montréal UTURELDE MONTRÉA Montreal® Quebec S ORCUlipES DU 27 JUILLET AU 4 AOÛT CIRCUIIPES arts MEMPHREMAGOG Exposition collective à partir du 24 juillet au centre-ville de Magog, 61 rue Merry Nord chef, commissaire de l\u2019exposition, en juin dernier.C\u2019est une période de changement très effervescente dans son travail.Borduas va découvrir et explorer la lumière.» Dans la métropole américaine, le chef de file du mouvement automatiste va côtoyer l\u2019avant-garde artistique de l\u2019époque, notamment le peintre Franz Kline.Sa rencontre avec l\u2019expressionnisme abstrait donne un nouvel élan à sa peinture, qui devient plus matérielle.«La relation fond-forme va disparaître de son travail; il va plutôt réfléchir à l\u2019espace du tableau, poursuit M®® Pichet À New York, il se rend compte qu\u2019il n\u2019est pas le seul à se questionner sur ces éléments.» L\u2019exposition, qui réunit 13 tableaux du maître jusqu\u2019au 15 septembre, aborde aussi l\u2019héritage de Borduas, tel que transmis par Françoise Sullivan, qui a été son élève.Les œuvres de celle-ci ainsi que celles de huit artistes ayant reçu son enseignement à leur tour, sont présentées dans la salle polyvalente du musée.Elles portent aussi, quoique indirectement, l\u2019empreinte du maître.Le Devoir 20« EDITION ! WVVW.CIRCUITDESARTS.COM LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 20IS E 5 CULTURE.CINEMA .y MAGNOLIA PICTURES Le parcours de Lépaulard Tilikum, relaté dans le documentaire Blackfîsh, bouleverse.L\u2019attaque de l\u2019épaulard BLACKFISH Réalisation: Gabriela Cowperth-waite.Scénario et montage: Eli B.Despre, G.Cowperthwaite.Photo: Jonathan Ingalls, Chris Towey.Musique: Jeff Beat.États-Unis, 2013, 83 min.FRANÇOIS LEVESQUE Ly association cinéma-épau-' lard évoque deux visions opposées, selon la génération à laquelle on appartient.Les plus jeunes se rappellent avec nostalgie les aventures du gentil cétacé de Mon ami Willy, tandis que les plus âgés se souviennent en frissonnant de la belle Bo Derek se faisant arracher une jambe dans Orca.Récemment, le puissant De rouille et d\u2019os fit de la récupération poétique avec ce motif.Fait intéressant, dans la réalité comme dans ce dernier film, les attaques d\u2019épaulards surviennent exclusivement dans un contexte de captivité, entre autres informations glanées dans le documentaire Blackfish.«Blackfish», ou «poisson noir», est l\u2019appellation que donnent les pêcheurs aux épaulards.Tilikum, le spécimen auquel s\u2019attarde le documentaire de Gabriela Cowperthwaite, est un mâle mature qui se produit actuellement à Sea World Orlando, en Floride.Il a pourtant tué trois personnes.Malgré cela, d\u2019anciens employés viennent prendre la défense de la bête.Leur plaidoyer convainc, et le parcours de Tilikum bouleverse.Rendu instable par les condi-tions de confinement inhérentes à la domesticité forcée, Tilikum est une bombe à retardement, et il n\u2019est pas le seul de son espèce.Scientifiques et experts détaillent les traumatismes et la détresse psychologique que vivent les épaulards lors de leur capture et lors des séances subséquentes de domptage, confinant à la torture.Ceci expliquant cela, les bouffées d\u2019agressivité des mammifères marins apparais- sent inévitables.Avec beaucoup de rigueur et de passion \u2014 et un biais assumé \u2014, ce long métrage présenté à Sundance constitue une attaque frontale contre l\u2019empire Sea World et ses semblables.Blackfish est certes un outil pédagogique et de sensibilisation précieux, mais il se révèle aussi une étude de moeurs prenante, celle d\u2019une créature du large, une créature d\u2019instinct.Une créature que l\u2019homme s\u2019entête à dresser.Il en résulte des tours amusants, des morts et des éclopés, et ce, des deux côtés du bassin.Le Devoir Valse-hésitation de charmes en sortilèges MAIN DANS LA MAIN De Valérie Donzelli.Avec Jérémie Elkaïm, Valérie Lemercier, Béatrice de Staël, Valérie Donzelli.Scénario : Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm.Image: Sébastien Buchmann.Montage: Pauline Gaillard.Prance, 2012, 84 min.MARTIN BILODEAU Sa part d\u2019une excellente idée.D\u2019un flash, en fait, malheureusement reste à ce stade et s\u2019éteint bien avant la fin, qui survient vite il est vrai, mais trop longtemps après que le charme de ce nouveau long métrage de Valérie Donzelli (La guerre est declared) cesse d\u2019opérer.De passage à l\u2019Opéra Garnier de Paris afin de mesurer les murs de la salle de danse, Joachim Gérémie Elkaïm), un miroitier de province, rencontre Hélène, la directrice de l\u2019école de ballet (Valérie Lemercier), qu\u2019il ne connaît pas, et l\u2019embrasse spontanément sur la bouche.Le baiser produit un sortilège qui les force à mimer les gestes de l\u2019autre.Impossible, dans ces conditions, de se séparer, puisque le chemin pris par l\u2019un dicte celui pris par l\u2019autre, et vice-versa.Ce pas de deux opposé, ou valse-hésitation de deux étrangers, permet à la cinéaste, dans la première partie du fdm, de multiplier les instants comiques, avec un brin de slapstick à la Mel Brooks, beaucoup de screwball à la Capra et Sturges.Mais le pro- La réflexion manque de profondeur et de pertinence, comme en font foi quelques développements forcés cédé fait son temps, et le film fait moins de cas de l\u2019attachement forcé des deux personnages dans la seconde partie, où Donzelli et son coscénariste Jérémie Elkaïm développent un peu lourdement quelques thèmes existentiels.Qu\u2019est-ce qui nous attache aux autres?Le travail nous définit-il comme individus?La valeur d\u2019une personne se me-sure-t-elle à son statut social?Mais la réflexion manque de profondeur et de pertinence, comme en font foi quelques développements forcés servant à colmater les brèches : le concours de danse auquel Joachim se prépare à participer avec sa sœur, la mort de la grand-mère centenaire qui dormait au salon, la maladie de la meilleure amie d\u2019Hélène, etc.Le film ne manque pas de charme ni de chaleur humaine.Seulement de rigueur et de constance.En photo, le charme fou d\u2019El-kaïm et l\u2019autorité inédite de Lemercier fonctionnent à merveille.En mouvement, ça se déchire.Dans une composition gouailleuse rappelant celles d\u2019Andrea Ferreol, Béatrice de Staël est parfaite en troisième roue du carrosse.Mais son histoire emprunte inexplicablement une voie de garage.En résumé.Main dans la main est un film raté qui déborde de qualités.Collaborateur Le Devoir SEVILLE Les acteurs Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm jouent dans un film qui ne manque pas de chaleur humaine, mais de constance.10 août Une fascinante exposition au Musée national des beaux-arts du Québec ALFRED PELLAN 50 ans de création.Un art joyeux, un art de liberté! Quelques places disponibles Le; ,%eaux detours WWW.I es beauxd eto U rs.corn 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec Mort de Venise THE VENICE SYNDROME Réalisation : Andreas Fichier.Scénario : Andreas Fichier, Thomas Tielsch.Image: Attila Boa, Gesa Jager, Caroline Leitner, Sebastian Lipp, Bine Pufal.Montage: Florian Miosge.Musique: Jan Tilman Schade.Allemagne-Italie-Autriche, 2012, 82 min.ANDRÉ LAVOIE Est-ce toujours plus beau sur la photo ?En ce qui concerne Venise, ça semble le cas, véritable ville assiégée par les touristes, vidée de ses habitants et de toutes les institutions et services d\u2019une cité digne de ce nom.C\u2019est cette tragédie silencieuse qu\u2019illustre, avec un ton plus mélancolique que bêtement alarmiste, le documenta- Cette carte postale grandeur nature s\u2019enfonce peu à peu dans la lagune du néolibéralisme riste Andreas Fichier dans The Venice Syndrome.Cette carte postale grandeur nature, dépositaire de tous les fantasmes et clichés touristiques, ceux de l\u2019amour tout particulièrement, s\u2019enfonce peu à peu dans la lagune du néolibéralisme.Et le cinéaste lance quelques chif fres affolants: de 200000 habitants il y a 20 ans, il n\u2019en reste plus que 58000, principalement des personnes âgées, et, autour de 2030, il ne devrait plus en rester un seul.Quant aux touristes, ils sont environ 60000 à fouler, chaque jour, les abords de la place Saint-Marc ou à s\u2019offrir une promenade en gondole, soit un total annuel de 21 millions de personnes.Ce flot de «barbares», surnom pas très affectueux donné par une vieille Vénitienne qui doit louer sa demeure pour continuer d\u2019y vivre, exerce une pression insoutenable sur les résidants, mais aussi sur les infrastructures usées par des siècles d\u2019histoires, nullement conçues pour les autocars.et les paquebots de luxe.Ils sont d\u2019ailleurs de plus en plus nombreux à amarrer, leur accostage faisant trembler les murs des maisons, si imposants qu\u2019ils donnent à la basilique Sainte-Marie-du-Salut des allures de nain de jardin.Les ténors de la providence économique par le tourisme devraient jeter un œil à ce documentaire passionnant, qui épingle les multiples travers de cette industrie que les élus municipaux n\u2019arrivent pas à discipliner.Car le tragique déficit démographique s\u2019explique par l\u2019augmentation exponentielle des prix des loyers, forçant le petit peuple de Venise à abandonner leurs logements devenus trop coûteux, souvent achetés par des étrangers qui ne viennent qu\u2019à Noël ou pour le carnaval.En dehors de ces périodes, les volets restent parfois fermés pendant de longs mois, ou alors les logements sont occupés par des touristes qui n\u2019ont guère besoin d\u2019écoles, d\u2019hôpitaux ou de bureaux de poste.D\u2019ailleurs, le splendide bureau central de la ville, un peu en décrépitude, venait tout juste d\u2019être acquis par le groupe Benetton au moment du tournage.Le phénomène est-il propre à Venise ?Cette ville magnifique, dont l\u2019affaissement des fondations représente un autre danger (sujet à peine effleuré dans le film), apparaît comme une triste métaphore des dérives du tourisme mondialisé.Sans tambours ni trompettes, Andreas Fichier démontre qu\u2019il est illusoire de croire que cette industrie peut se discipliner pour conserver les précieux joyaux qui la font (grassement) vivre.Elle a d\u2019ailleurs toutes les allures d\u2019un train fou chargé de pétrole filant sur les chemins de fer du Québec, quelque chose comme un désastre annoncé et que personne ne veut voir venir.Collaborateur Le Devoir 2-5-4aeift20l5 Couleursurbaînes GRANBY Plus de 50 artistes, sélectionnés à travers le Québec, à l'œuvre au centre-ville de Granby 450.361.6081 www.couleursurbaines.org Granbÿ Ville rayonnante Vie culturelle C\u2019g'3 COMMERC OURISME ®\u2018 communauleire GRANBY RÉGION\tdo Granby PEINTURE FRAICHE ET NOUVELLE CONSTRUCTION 9® édition | 39 artistes | 130 œuvres | 10 universités Le meilleur de la relève pancanadienne | Sélection des professeurs Jusqu\u2019au 31 août 2013 5826, St-Hubert, Montréal (Québec) | adminl^artnnur.conn | www.artmur.com | 514 933 071 I Image : Marijana Mandusic, Sans titre (détail), 2013, acrylique Mûr E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 2013 CULTURE.CINEMA ENTRETIEN AVEC HAIEAA AL MANSOUR Faire son cinéma là où il n\u2019y en a pas ANDRE LAVOIE T y Arabie Saoudite n\u2019est pas le meilleur ^ endroit au monde pour faire du cinéma», affirme la réalisatrice saoudienne Haifaa Al Mansour.Mais son parcours personnel et professionnel pourrait faire l\u2019objet d\u2019un film tant il tranche avec la société dont elle est issue.On trouve d\u2019ailleurs un peu d\u2019elle-même dans son premier long métrage de fiction intitulé Wadjda, du nom de sa jeune héroïne dont la personnalité téméraire ressemble à celle de sa créatrice, la toute première femme cinéaste de l\u2019Arabie Saoudite, un pays qui ne compte aucune salle de cinéma.Ce n\u2019est pas la seule contradiction de cette nation où l\u2019islamisme isole les femmes, invisibles et voilées hors du foyer, les empêche de conduire une voiture mais favorise le mariage des très jeunes filles, forcées parfois de composer avec d\u2019autres épouses de leur conjoint.Haifaa Al Mansour a échappé à tout cela, elle dont le père, un poète, mettait en pratique ses idées libérales.Onzième enfant d\u2019une famille de 12, il lui était possible de faire de la bicyclette, interdite jusqu\u2019à tout récemment aux Saoudiennes, et surtout des études.Diplômée en littérature comparée de l\u2019Université américaine du Caire et en réalisation à l\u2019Université de Sydney, Haifaa Al Mansour est une ancienne responsable des relations publiques pour une compagnie pétrolière.Pour elle, le septième art est vite devenu une nécessité.En entrevue téléphonique, celle qui a maintenant élu domicile à Bahreïn avec son mari américain et ses deux enfants constate les lenteurs de son pays d\u2019origine, son caractère figé.Mais elle voit aussi poindre des changements.Elle veut participer à ces transformations, mais à sa manière, «jamais radicale», précise-t-elle.Elle EMMANUEL DUNAND AGENCE ERANCE-PRESSE La cinéaste saoudienne Haifaa Al Mansour alors qu\u2019elle présentait son film Wadjda au Tribeca Film Festival à New York en avril dernier.ajoute du même souffle «qu\u2019il y a une petite place pour en faire, dont pour les femmes.C\u2019est pour cette raison que je ne veux pas utiliser inutilement la provocation avec un film dénonciateur.Passer le filtre de la censure fut déjà une épreuve, et je voulais la réussir.» Avoir une bitYclette Il en a d\u2019ailleurs fallu, de la persuasion, et cinq ans d\u2019efforts, pour qu\u2019elle puisse mettre en images Wadjda, l\u2019histoire de cette fillette interprétée avec vivacité par Reem Abdullah, vivant en banlieue de Riyad, déterminée à avoir une bicyclette, symbole de liberté et d\u2019autonomie.Elle scandalise son entourage en portant des espadrilles, en voulant jouer avec les garçons, en bravant l\u2019autorité de ses professeurs.Cependant, elle aura bien du mal à obtenir un vélo, chose plutôt banale en nos contrées.Haifaa Al Mansour a vite constaté la portée universelle de son film depuis sa première au dernier Eestival de Venise.«Les gens d\u2019un peu partout rient exactement au même moment.» Elle souligne qu\u2019il est apprécié partout «pour ce qu\u2019il raconte, et pas nécessairement pour ce qui a entouré sa conception.Bien sûr, plusieurs trouvent le contexte assez exotique».L\u2019exotisme dont elle parle est d\u2019abord celui d\u2019un pays et d\u2019une ville guère reconnus pour leurs richesses cinématographiques.Les images de Riyad se font rares sur grand écran.Il y a aussi la manière singulière dont le film est tourné.La cinéaste a dû se réfugier dans une camionnette, à l\u2019abri des regards, pour diriger toutes les scènes extérieures à l\u2019aide d\u2019un walkie-talkie, «car hommes et femmes ne sont pas censés travailler ou fraterniser en public».Ces obstacles n\u2019ont pas freiné l\u2019enthousiasme de Haifaa Al Mansour.La réalisatrice s\u2019est d\u2019abord fait connaître dans son pays et à l\u2019étranger grâce à quelques courts métrages et à un documentaire percutant sur la vie des femmes saoudiennes.Woman Without Shadows, où elle réussit à faire avouer à un cheik qu\u2019il n\u2019y a aucune loi islamique qui oblige les femmes à se voiler.Ne souhaitant pas du tout «prendre encore cinq ans pour faire un film», elle compte revenir assez vite en Arabie Saoudite pour raconter d\u2019autres histoires, inspirée qu\u2019elle est «par cette société pleine de contradictions» et dont le dernier film «a provoqué des fissures dans son conservatisme».Elle ne veut surtout pas s\u2019arrêter en si bon chemin.Wadjda, son film, prendra l\u2019affiche à Montréal le vendredi 2 août en version originale avec sous-titres français ou anglais.Collaborateur Le Devoir Le poids de l\u2019immortalité THE WOLVERINE (V.E.: Le Wolverine) De James Mangold.Avec Hugh Jackman, Rila Fukushima, Tao Okamoto, Svetlana Khodchen-kova, Haruhiko Yamanouchi, Famke Janssen.Scénario : Mark Bomback, Scott Frank, Christopher McQuarrie.Image : Ross Emery.Montage : Michael McCusker.Musique : Marco Beltrami.Etats-Unis, 2013,126 min.MARTIN BILODEAU Les superhéros finissent tous par se ressembler.A maudire le mauvais sort qui les rend puissants et immortels, en marge du monde qu\u2019ils en viennent à détester et à fuir.A cet égard, l\u2019homme-loup aux griffes d\u2019acier revu et corrigé par James Mangold dans The Wolverine n\u2019est pas très différent de l\u2019homme-chauve-souris réinventé par Christopher Nolan dans la série Batman.La comparaison entre les deux séries s\u2019arrête là, mais force est de reconnaître qu\u2019aucun épisode àeX-Men ne s\u2019était autant rapproché, sur les plans de l\u2019humeur et de l\u2019ambition visuelle, de la grâce de l\u2019autre.Hirsute et retiré du monde quelque part au Yukon, Logan alias Wolverine (à moins que ça ne soit l\u2019inverse?), toujours bien défendu par Hugh Jackman, cultive sa misanthropie en compagnie des grizzlis.Jusqu\u2019à ce qu\u2019une tueuse professionnelle un brin voyante (excellente Rila Eukushima) le retrouve et le convainque de se rendre à Tokyo, au chevet d\u2019un milliardaire mourant (Haruhiko Yamanouchi) dont il avait sauvé la vie lors du bombardement nucléaire de Nagasaki.Celui-ci rêve d\u2019éternité, Logan, de mortalité.Un échange est-il possible, se demande le vieux mourant avant EXC3NTRIS MAIN DANS LA MAIN VALÉRIE DONZELLI - 85 MIN, V.O.FRANÇAISE BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: LES AMANTS PASSAGERS PEDRO ALMODOVAR UNE FAMILLE RESPECTABLE MASSOUD BAKHSHI HANNAH ARENDT MARGARETHE VON TROTTA BEFORE MIDNIGHT ROBERT LINKLATER sCupesoun un nouveau comptoir /\t^\t' SOUPESOUPÀEXCENTRIS /\tTOUS LES JOURS! que ninjas et yakuzas ne propulsent l\u2019action vers.l\u2019action, justement.En jeu : la vie de l\u2019héritière du vieillard (Tao Okamoto), dont Logan va se faire le protecteur en dépit du virus, administré par une scientifique russe (Svetlana Khodchen-kova), qui l\u2019a rendu mortel.Prenez garde à vos désirs, ils pourraient se réaliser.C\u2019est là la morale de cette histoire inspirée des comic books de Stan Lee et Jack Kirby {Hulk, Spider-Man), qui déboule à bonne vitesse et donne lieu à quelques vrais superbes instants de cinéma, dont l\u2019un, de loin le plus beau, lie Wolveripe au martyr saint Sébastien.A l\u2019opposé, le virage Goldorak (ou Iron Man) pris au cours d\u2019un dernier acte en apothéose shakespearienne n\u2019est pas très heureux.Malgré la splendeur de la chorégraphie de James Mangold, pour la première fois à la barre d\u2019un navire de cette taille, les dents du suspense mordent dans du mou et le compositeur Marco Beltrami surchauffe son clairon en guise de compensation.Enfin, comme c\u2019est trop souvent le cas, la technologie en relief (3D) n\u2019ajoute rien à l\u2019expérience d\u2019un film qui s\u2019achève, vous l\u2019aurez deviné, sur la promesse de nouvelles aventures.Ce désir-là est déjà réalité : X-Men : Dayf of Future Past prendra l\u2019affiche le 23 mai 2014.JAMES FISHER TWENTIETH CENTURY FOX FILM CORPORATION Collaborateur Hugh Jackman défend toujours aussi bien le personnage de Logan, Le Devoir alias Wolverine, l\u2019homme aux griffes d\u2019acier.Choisissez vos sorties.Cinéma >30 juillet à 19 h 30 SURVIVAL LESSONS de Ryan McKenna(Canada, 2013) avec Guy Maddin, Dave Barber, Greg Klymkiw Version originale anglaise >\t31 juillet à 19 h 30 JOBS Le parcours de Steve Jobs de Joshua Michael Stern (États-Unis, 2013) avec Ashton Kutcher, James Woods Version originale anglaise Avant-première Seconde projection le 7 août >\t6 août à 20 h Soirées V.l.Films Voyez le film avant tout le monde ! LES 4 SOLDATS de Robert Morin (Canada, 2012) avec Antoine Bertrand, Aliocha Schneider, Camille Mongeau Version originale française sous-titrée en anglais GRATUIT >\t18 et 24 septembre à 19 h 30 DONJON de Joseph Gordon Levitt (États-Unis, 2013) avec Scarlett Johansson et Julienne Moore Version originale anglaise Avant-première Expositions >\tJusqu'au 24 août 2013 POP-UP! Un regard nouveau sur la production artistique montréalaise GRATUIT Spectacles >\tW août à 21 h ARTHUR H Mystic Rumba Experience Première partie: AroarA 35 $ (taxes et frais inclus) Billets en vente dès maintenant >\t26 septembre à 20 h CORYARCANGEL + D'EON en concert 10 $ (taxes et frais inclus) 20$ avec surclassement POP Hopper (taxes et frais inclus) Spectacle présenté dans le cadre de l'exposition CoryArcangel: Power Points à DHC/ART Conférences > W août à 18 h 30 KRZYSZTOF WODICZKO « Projections and instruments» GRATUIT Tous les films sont à 11,25$ (taxes et frais inclus), sauf indication contraire.Programmation sujette à changement sans préavis.Consultez notre site Internet pour les dernières mises à jour.Centre Phi\u2014407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal\u2014centre-phi.com phi ¦ TOUS LES TOUS LES LIEUX DE L'ART http://cinemaexcentris.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 2013 E 7 LIVRES Modiano ou l\u2019art de chantonner Si Modiano n\u2019invente GILLES ARCHAMBAULT Dans les premières pages de Villa triste, paru en 1975, Patrick Modiano écrit: «Il faut chantonner certains mots, sur un air de berceuse.» Y a-t-il meilleure description de la manière Modiano?Je ne crois pas.On réunit dans la collection « Quarto », et sous le titre de Romans, dix titres qui s\u2019échelonnent sur une période de trente-cinq ans et qui sont pour leur auteur «l\u2019épine dorsale des autres livres qui ne figurent pas dans ce volume».Entendons par là que, si Modiano n\u2019invente jamais complètement ses fictions, certains de ses livres sont une sorte d\u2019autobiographie rêvée ou imaginaire.Une bien étrange autobiographie écrite au fil des ans, avec de multiples retours en arrière, des redites.En somme, tout ce qui fait le charme d\u2019un auteur qui séduit tout autant qu\u2019il peut irriter.Aussi convient-il de dire que ces faux romans ou ces faux récits s\u2019adressent en priorité aux lecteurs convaincus.Ces derniers feront leur miel de documents iconographiques que l\u2019on réserve d\u2019habitude aux écrivains qui ont passé l\u2019arme à gauche ou qui s\u2019apprêtent à le faire.Les autres, ceux pour qui les livres de Modiano sont répétitifs et désuets, inutile d\u2019insister.Ils ne trouveront pas matière à ébranler leurs convictions.Il y a un culte « Modiano » qui peut agacer ceux qui ne trouvent dans Modiano jamais complètement ses fictions, certains de ses livres sont une sorte d\u2019autobiographie rêvée ou imaginaire ses romans que l\u2019évocation d\u2019un passé inlassablement évoqué avec recours à un vocabulaire restreint.La plongée que j\u2019ai faite, à l'occasion de cette réédition, dans des livres que j\u2019avais lus pour la plupart lors de leur parution n\u2019a en rien mis à mal ma ferveur.Je suis un accro à cette drogue qui émane des pages les plus réussies de l\u2019auteur du Café de la jeunesse perdue.Qu\u2019il y ait de la redondance à l\u2019occasion, que Modiano cède parfois à la tentation de séduire en jouant au beau ténébreux, cela est évident.Ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019écrire dans Un pedigree : «A part mon frère Rudy, sa mort, je crois que rien de tout ce que je rapporterai ici ne me concerne en profondeur.J\u2019écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitæ, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n\u2019était pas la mienne.Il ne s\u2019agit que d\u2019une simple pellicule de faits et gestes.» Plus loin, cet aveu : «Je n\u2019éprouve aucun goût pour l\u2019introspection et les examens de conscience.Au contraire, plus les choses demeuraient obscures et mystérieuses, plus je leur portais de l\u2019intérêt.» De certains auteurs, on peut dire qu\u2019ils sont lourds.Modiano serait d\u2019une légèreté intrigante.Il n\u2019aurait pas à hausser le ton pour atteindre à la gravité.N\u2019a-t-il pas écrit La rue des boutiques obscures, une invitation à se perdre dans l\u2019univers d\u2019un auteur qui fait chantonner les mots ?Si vous préférez les écrivains à fort tonus, les chanteurs à voix, comme on disait jadis, ce monde n\u2019est pas pour vous.Collaborateur Le Devoir ROMANS Patrick Modiano Gallimard, collection «Quarto» Paris, 2013,1083 pages C HELIE GALLIMARD Dix titres de Patrick Modiano sont réunis dans l\u2019ouvrage intitulé RomaDS.Les produits du marché CHRISTIAN DESMEULES T?n 2054, l\u2019avènement des « démocraties de 11/ marché», après la faillite généralisée des Etats devenus incapables de faire face aux enjeux sociaux et environnementaux du nouveau millénaire, est un phénomène qui paraît inéluctable.Dans le nouveau système, certains citoyens considérés comme plus productifs occupent ouvertement la première classe, et le vote d\u2019un de ces actifs humains cotés en Bourse a bien entendu plus de valeur que les autres.La performance et le profit régnent en maîtres, à présent débarrassés de ces freins au développement qu\u2019ont longtemps été l\u2019éthique et la morale.Les journalistes \u2014 qui s\u2019en étonnera?\u2014 sont ainsi rapidement devenus des «publi-reporters».C\u2019est le scénario de catastrophe déshumanisante imaginé par Alexandre Delong dans 2054, un premier roman dystopique.Ethan Price, 30 ans, récemment recruté à haut prix par une puissante organisation médico-financière, est un orthogénéticien, c\u2019est-à-dire un médecin spécialiste d\u2019une technique de manipulation du fœtus qui permet d\u2019en modifier à la demande toutes les caractéristiques.Contre toute attente, il entreprendra un voyage clandestin pour aller rendre visite à son frère qui habite la «Zone», un espace de troisième ordre aux confins de la Bolivie.Une sorte de voyage initiatique qui sera pour ce premier de classe l\u2019occasion de désobéir pour la toute première fois de sa vie et de se confronter à sa propre inhumanité.Après la mort de son frère \u2014 un assassinat maquillé en accident \u2014 puis celle de sa gérante, Ethan se mettra à la recherche d\u2019indices laissés par son frère dans un jeu de réalité virtuelle bien connu créé par celui-ci.C\u2019est toutefois à partir de ce moment que le roman bascule et se met à ressembler à n\u2019importe quel film d\u2019action hollywoodien de moyenne envergure, avec courses-poursuites, échappées et travestissement à la clé.Le protagoniste n\u2019échappera pas, à cet égard, à d\u2019étonnantes révélations à propos de ses origines.Une histoire de rédemption intéressante, en somme, assortie d\u2019une charge de réflexion sociale et philosophique bien réelle, mais dont les deux moitiés bipolaires, dirait-on, paraissent mal ajustées l\u2019une à l\u2019autre.Collaborateur Le Devoir 2054 Alexandre Delong XYZ Montréal, 2013, 352 pages 166 millions et la tranquillité Les six éditeurs américains accusés d\u2019avoir orchestré avec Apple un régime de collusion pour fixer les prix à leur avantage ont finalement évité un procès avec le département de la Justice amœ ricaine.Seul le géant Apple demeure au banc des accusés.Hachette, HarperCollins, Simon & Schuster, Holtzbrinck Riblishers, Macmillan et Penguin ont signé un règlement à l\u2019amiable et versé plus de 160 millions de dollars en amendes pour s\u2019éviter les désagréments d\u2019un procès.Les montants ont été estimés selon les préjudices subis par les lecteurs.Apple devait avoir une amende salée, mais comme elle a décidé de faire appel, rien n\u2019est entendu.Le Devoir POÉSIE Quête de l\u2019essentiel chez Marcel Labine Lauréat du tout dernier Prix du Festival de poésie de Montréal pour Le tombeau où nous courons, recueil finaliste au Grand Prix du livre de Montréal et au prix Estuaire-Bistro Leméac, Marcel Labine nous propose maintenant Promenades dans nos dépôts lapidaires.HUGUES CORRIVEAU Encore une fois, si besoin était, Labine prouve qu\u2019il est sans aucun doute l\u2019un des plus importants poètes actuels.Ses œuvres sont marquées au sceau de l\u2019exigence et de la rigueur; jamais elles ne renoncent à un sens extraordinaire de ce qu\u2019est la quête même du poétique, de ce qu\u2019est un livre véritable, bien construit, soulevé par une passion qui ne se dément jamais.Je tiens cette œuvre pour majeure, et ces Promenades auxquelles le poète nous convie ouvrent des pistes fondamentales qui tentent de saisir ce qui maintient la poésie en vie, ce qui peut bien causer sa survie bien qu\u2019elle soit si précaire, si peu soutenue en ces temps présents.On croirait y reconnaître le souffle du Rimbaud du Bateau ivre, convoqués que nous sommes à suivre une trajectoire foisonnante, «comme si l\u2019on marchait au fond des mers les plus inhabitées».Inquiets aussi sommes-nous, comme le Cain de La conscience de Victor Hugo, de ce qui tremble dans les consciences, comme ces aïeux occupés au «grand déchiffrement des âges [eux qui] s\u2019agrippaient / au mobilier haletaient collés à la vitre / proche croyaient-ils d\u2019en connaître la fin // depuis personne ne s\u2019en approche / il n\u2019y a plus de lecteurs pour eux / le silence et le vide frôlent la perfection».Labine ne renonce pas à arpenter ses territoires dévastés, ces lieux mortuaires, ces enclaves où on respire tout de même quelque espoir de lumière.Il est en quête d\u2019une survie.MARCEL LABINE PROMENADES DANS NOS DÉPÔTS LAPIDAIRES LES HERBES ROUGES / POÉSIE de cette étincelle qui maintient la parole dans ses dimensions les plus radicales.Le poète parcourt des salles aux échos funèbres, cherche des tables où se lisent des «manuscrits fossiles», traverse les âges et certaines formes de la poésie.Reste «au géologue de s\u2019astreindre à la lecture» des palimpsestes, reste à rejoindre «[.] les hauts-fourneaux du langage et de l\u2019espoir pour que le poème [nous] accompagne».Majeure, vous dis-je, cette œuvre.Porté par un souffle souverain, ce recueil convainc.Collaborateur Le Devoir PROMENADES DANS NOS DÉPÔTS LAPIDAIRES Marcel Labine Les Herbes rouges Montréal, 2013,120 pages Parents gauchistes, enfants capitalistes SUZANNE GIGUERE Après avoir mélangé tracteurs et romance {Une brève histoire du tracteur en Ukraine), cueillette de fraises et banditisme {Deux caravanes), conflit palestinien et rénovation intérieure {Des adhésifs dans le monde moderne), Marina Lewycka \u2014 prononcer Levishka \u2014 est de retour, toutes griffes dehors, avec une nouvelle histoire menée à toute allure où s\u2019entrecroisent rongeurs, idéalistes grisonnants et financiers prêts à foncer dans toutes les combines, dans une Grande-Bretagne sous tension sociale.Marcus et Doro, enseignants à la retraite et ex-hippies sexagénaires, projettent de se marier après quarante ans de vie commune.Ils réunissent leurs anciens camarades de la commune Solidarity Hall avec qui ils ont vécu des années d\u2019euphorie, d\u2019aventure et d\u2019insouciance durant les années 1970.Du coup, leurs trois enfants sautent dans la mêlée et en profitent pour réévaluer les idéaux de leurs parents qu\u2019ils trouvent «pittoresques», le mot «révolutionnaire » décrivant pour eux, au mieux, la dernière technologie de téléphonie mobile ou l\u2019écoute de la musique indienne.Merveilleusement drôle, inventif et plein d\u2019esprit, ce portrait de famille où s\u2019opposent parents gauchistes et enfants capitalistes s\u2019inscrit dans le contexte de la crise financière de 2008, avec une question en sourdine : le capitalisme va-t-il s\u2019écrouler sous le fardeau de ses propres contradictions ?Ce récit-fleuve de 616 pages diablement théâtral pose un large éventail de questions allant de la désillusion qui accompagne la perte de la jeunesse aux drames qui résultent de conflits familiaux, en passant par l\u2019évolution des valeurs sociales qui définissent chaque génération.La romancière s\u2019installe dans les trous d\u2019air que traverse toute la famille et prouve que contestations et secousses finissent toujours par remettre un peu d\u2019ordre et de paix.Entre la foire aux utopies et l\u2019aveuglement par le culte de l\u2019argent, la réconciliation des générations semble possible.Dans un retournement jouissif, nous suivons le clan de Marcus et Doro qui contribue à la chute du capitalisme, et ce, chacun à sa 4 RALPH GATTI AGENCE ERANCE PRESSE Dans Traders, hippies et hamsters, les personnages de Marcus et Doro sont d\u2019ex-hippies qui ont vécu des années d\u2019insouciance et d\u2019euphorie avec les camarades de leur commune.manière.Doro s\u2019engage dans les causes environnementales, Marcus écrit un essai sur l\u2019histoire du mouvement de gauche des années 1970 et analyse la façon de renégocier un nouveau contrat social, leur fille Clara enseigne à des enfants issus des milieux défavorisés, leur fils Serge, trader à la City, réussit à déstabiliser temporairement les marchés financiers diaboliques.Même la petite Oolie, atteinte de trisomie, relève un défi.Le récit fourmille d\u2019histoires et de personnages, de rebondissements en cascades et d\u2019intrigues.Conteuse hors pair, Marina Lewycka écrit à partir d\u2019un point de vue comique et main- tient un équilibre parfait entre la farce et le pathos.L\u2019écrivaine ukrainienne qui vit à Sheffield, en Angleterre, met à profit tout au long de son récit cet humour «so british».Rigolomètre : 18/20.Collaboratrice Le Devoir TRADERS, HIPPIES ET HAMSTERS Marina Lewycka Traduit de l\u2019anglais (Grande-Bretagne) par Sabine Porte Éditions Alto Québec, 2013, 616 pages E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 2013 LIVRES mr- TTir\u2014r - m\tï TOSE CENDON AGENCE ERANCE-PRESSE Le récit de Nathalie Blaquière se veut un long reportage sur l\u2019atmosphère, déterminée par l\u2019état de guerre quasi pemanent, qui règne en République démocratique du Congo.Nathalie au Congo (.-1 Louis CORNELLIER Journaliste à la télévision de Radio-Canada à Moncton, Nathalie Blaquière accepte, en janvier 2005, d\u2019effectuer une mission en République démocratique du Congo (RDC), le plus grand pays francophone d\u2019Afrique.Son mandat: être chef d\u2019antenne de Radio Okapi, une station fondée en 2002 par la Mission de l\u2019Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MO-NUC), en collaboration avec l\u2019ONG suisse Fondation Hirondelle.Blaquière devra superviser une cinquantaine de journalistes locaux, qui oeuvrent dans ce média présenté comme «le plus écouté en RDC» par Wikipédia.Boules d\u2019ambiance et kalachnikovs.Chronique d\u2019une journaliste au Congo est le captivant récit de cette mission, qui prendra un tour inattendu.La situation géopolitique de la RDC est extrêmement complexe.Dirigé d\u2019une main de fer pendant presque trente ans par le maréchal Mobutu, le pays est gravement perturbé par le génocide rwandais de 1994.Envahie, à l\u2019est, par des réfugiés hutus \u2014 des miliciens génoci-daires, des soldats du régime rwandais en déroute et des civils qui fuient les représailles du nouveau régime tutsi de Paul Kagame \u2014, la RDC sombre à son tour dans la guerre civile.Des milices soutenues par le Rwanda et l\u2019Ouganda sèment la pagaille et pillent les immenses ressources natu- La journaliste raconte aussi la pauvreté qui affame les Congolais relies (or, coltan) du pays.En 1997, Laurent-Désiré Kabila, avec l\u2019appui des pays précédemment mentionnés, renverse Mobutu.Il souhaite toutefois, ensuite, se libérer de ses encombrants alliés, qui refusent de désarmer.En 2001, Kabila est assassiné et est remplacé par son propre fils, Joseph, lui-même soupçonné d\u2019être à la, solde du Rwanda, allié des Etats-Unis.Joseph Kabila sera élu président de la RDC en 2006 et réélu en 2011.Le pays ne s\u2019apaise pas pour autant et demeure aux prises avec de multiples groupes armés, menés par de sanguinaires seigneurs de guerre.Depuis 1996, tous ces conflits auraient fait de quatre à cinq millions de morts, sans compter les survivants de viols et autres exactions.Un pays désorganisé et terrorisé C\u2019est donc dans ce pays désorganisé et terrorisé que débarque Nathalie Blaquière, en 2005, pour y diriger des journalistes.«Le pays, écrit-elle, n\u2019a actuellement aucun projet national.Sa fonction publique, aussi énorme soit-elle, ne fournit aucun service.Les initiatives pour améliorer les infrastructures ou le bien-être des communautés dans les localités ou les quartiers sont quasi inexistantes ou n\u2019aboutissent jamais.» Privé d\u2019un véritable système de justice et d\u2019une police minimalement efficace, le pays laisse les crimes impunis ou encore condamne des victimes, comme les enfants-soldats, par exemple.Pour ajouter à son malheur, il voit sa population être décimée par le choléra, la peste, la malaria et le sida.Quand on leur demande comment ils vont et qu\u2019ils sont dans de bonnes dispositions, les Congolais, nous apprend Blaquière, ont l\u2019habitude de répondre que «ça va un peu bien».Or, en 2005-2006, et aujourd\u2019hui encore, le pays ne va pas bien du tout.Nathalie Blaquière, dans son récit très personnel, évoque toutes ces considérations politico-militaires, mais ces dernières ne constituent pas la trame dominante de son histoire.Boules d\u2019ambiance et kalachnikovs n\u2019est pas une enquête sur les conflits congolais.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un long reportage sur l\u2019atmosphère qui règne en ce pays.Comme cette atmosphère est déterminée par l\u2019état de guerre quasi permanent qui règne en RDC, surtout dans le nord-est du pays, cette région contiguë au Rwanda, à l\u2019Ouganda et au Soudan, Blaquière ne néglige pas les explications géopolitiques et militaires, mais son livre n\u2019est pas la référence idéale pour comprendre les tenants et aboutissants des guerres congolaises.Pour cela, on lira plutôt Carnages (Fayard, 2010), une solide enquête du journaliste français Pierre Péan.La culture du pays Chez Blaquière, on trouvera surtout un portrait des Congolais ordinaires qui subissent les conséquences de tous ces conflits et une plongée dans la culture du pays.La journaliste, par exemple, se penche sur la situation des enfants-sorciers, des petits qui n\u2019ont rien de sulfureux et qui sont victimes de la pauvreté et de l\u2019ignorance.Nourrie par les Eglises néopentecôtistes qui se multiplient en RDC, cette peur des enfants-sorciers n\u2019est pas sans lien avec le tabou de la maladie mentale qui règne dans le Hou (raniHiaiU\u2019c cl kahu\u2019hnikox pays.«Cela existe peut-être quelque part ailleurs, explique Blaquière, mais pas ici.Au Congo, c\u2019est l\u2019esprit du mal qui est le plus rapide et qui apporte la folie.» La journaliste raconte aussi la pauvreté qui affame les Congolais.Même les restaurants, là-bas, manquent régulièrement de nourriture, et l\u2019eau potable çst une denrée rare.A Goma, pour en rajouter, le volcan Nyiragongo constitue une épée de Damoclès.Quand des soldats et des miliciens sans foi ni loi, majoritairement séropositifs selon ONUSIDA, viennent en plus exploiter cette misère, sous l\u2019œil impuissant des soldats de la MONUC, la vie s\u2019appelle l\u2019enfer.«Partout, la détresse, la pauvreté et les conflits recouvrent la vie d\u2019une épaisse couche de misère, d\u2019une cruelle réalité, écrit Blaquière.Pour un journaliste occidental, c\u2019est la rencontre d\u2019innombrables événements qu\u2019il ne croisera, aussi bien dire, jamais.» Blaquière, pourtant, choisira d\u2019y rester.Au cours de sa mission, elle tombera amoureuse d\u2019un correspondant de l\u2019agence de presse américaine Associated Press.Depuis, elle a démissionné de Radio-Canada et vit à Kigali avec son conjoint, d\u2019où elle tourne des documentaires sur le Rwanda et sur l\u2019est de la RDC.Une conclusion étonnante à ce riche récit sur la misère qui l\u2019est tout autant.louisco@sympatico.ca BOULES D\u2019AMBIANCE ET KALACHNIKOVS Chronique d\u2019une JOURNALISTE AU CONGO Nathalie Blaquière Editions David Ottawa, 2013, 380 pages Un républicanisme élastique MICHEL LAPIERRE Préférer la «vertu» inquiète du républicain à l\u2019« optimisme » sans limites du libéral pour récrire l\u2019histoire des idées, c\u2019est la gageure qu\u2019ont accomplie Marc Chevrier, Louis-Georges Harvey, Stéphane Kelly et Samuel Trudeau dans l\u2019anthologie commentée De la république en Amérique française.Les pages choisies de Papineau, de Buies, de Fréchette et d\u2019autres transcendent cet a priori.Mais en quoi la référence à Salazar l\u2019enrichit-il?On se pose la question en saluant l\u2019impressionnante érudition de cette «anthologie pédagogique des discours républicains au Québec (1703-1967) » qui réunit les textes d\u2019une cinquantaine d\u2019auteurs, parfois méconnus et souvent très différents les uns des autres.Comme l\u2019expression groulxiste «Amérique française» mise dans le titre, la présence d\u2019une « constitution » républicaine rédigée par un idéologue aussi marginal que le naturopathe Raymond Barbeau (1930-1992) surprend.Les anthologistes n\u2019hésitent pas à préciser que Barbeau s\u2019inspire en partie de «la constitution de l\u2019Estado Novo portugais de Salazar » et des «principes corporatistes» de l\u2019autocrate.Rien comme le «discours républicain» de cet indépendantiste québécois de droite ne prouve mieux que les idées politiques colligées par Chevrier et consorts ne sont ni uniformes ni soumises à des exigences égalitaires et démocratiques absolues.Férus de vertu antique, d\u2019ordre, de tradition, nos commentateurs soutiennent, en évoquant le XVI'' siècle européen, que «le Florentin Machiavel a formulé la vision la plus origi- nale et la plus radicale pour son époque d\u2019un républicanisme fondé sur une réinterprétation de l\u2019héritage romain».Ils sont sûrement conscients que le culte du passé lointain les éloigne des meilleurs textes de l\u2019anthologie.Loin d\u2019opposer le républicanisme au libéralisme, comme Chevrier et ses collègues s\u2019évertuent à le faire, Arthur Buies (1840-1901) identifie l\u2019idéal de la république à celui de la «liberté moderne» et juge celle-ci «inséparable de la fraternité», la distinguant de la «liberté antique», cette «marâtre pleine d\u2019égoïsme et de tyrannie».A la différence des anthologistes, au républicanisme très élastique allant de la tolérance à l\u2019autoritarisme, il opte pour la république libérale.Il ne faut pas réduire le libéralisme, à l\u2019instar de Chevrier et consorts, à l\u2019une de ses contrefaçons (celle que Pierre Elliott Trudeau défendait) ou à une monstruosité, comme le prétendu néolibéralisme qui.Noam Chomsky sait le montrer, trahit le libéralisme d\u2019Adam Smith (XVHE siècle).Dans l\u2019anthologie, Louis Fréchette (1839-1908) ne peut mieux dire lorsqu\u2019il qualifie A «acte de foi libérale» l\u2019adhésion, en 1890, de ses compatriotes progressistes aux «institutions républicaines» de la France.La république libérale vise un bien plus vital que la vertu : la liberté.Collaborateur Le Devoir DE \\A RÉPUBLIQUE EN AMERIQUE FRANÇAISE Marc Chevrier, Louis-Georges Harvey, Stéphane Kelly et Samuel Trudeau Septentrion Québec, 2013, 538 pages Notre laïcité née frileuse MICHEL LAPIERRE Si Urgel-Eugène Archambault (1834-1904), d\u2019abord instituteur dans une école rurale, n\u2019avait pas été un conservateur modéré, hostile au progrès radical, il n\u2019aurait pu ébranler l\u2019obscurantisme québécois.Premier directeur général de la Commission des écoles catholiques de Montréal, instigateur de l\u2019École polytechnique, il apporta, en restant croyant, à une éduca- Archambault a raison des frères enseignants qui rêvent d\u2019exclure des écoles publiques les mstituteurs laïques.Mais, sexiste, il ne valorise pas les mstitutrices laïques.tion régie par le clergé un ferment laïque, timide mais plein d\u2019avenir.Son biographe, l\u2019historien Robert Gagnon, nous convainc que seul un novateur prudent, patient, diplomate, comme ce natif de L\u2019Assomption, un tenant de l\u2019Église et du Parti conservateur (le plus souvent au pouvoir au Québec entre 1867 et 1897), pouvait rendre acceptables les réformes qu\u2019il proposait.Les attaques des ultraconserva-teurs qui l\u2019accusaient d\u2019être un laï-ciste à la française finissaient par apparaître comme des coups d\u2019épée dans l\u2019eau.Archambault était dans les bonnes grâces du conservateur Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, premier ministre et ministre de l\u2019Instruction publique, de Gédéon Ouimet, premier ministre bleu lui aussi et surintendant (1876-1895) du Conseil de l\u2019Instruction publique, de MS'\" Elzéar-Alexan-dre Taschereau, de la Vieille Capitale, l\u2019un des évêques les plus éclairés du Québec.Le réseau influent auquel il appartenait lui permit d\u2019émettre des idçes fortes.A la suite d\u2019un,voyage d\u2019études en 1870 aux États-Unis, modèle de modernité, il préconise la valorisation de «l\u2019humble 7\\ichanil)aiill profession d\u2019instituteur » en payant beaucoup mieux çelui-ci et l\u2019établissement par l\u2019État de l\u2019instruction obligatoire.Mais son conservatisme refait surface lorsqu\u2019il rejette l\u2019idée de gratuité scolaire «comme le dernier perfectionnement de l\u2019esprit vraiment libéral».Le principe condamné permettrait la mainmise de l\u2019État sur l\u2019école, puisque seul celui-ci pourrait financer l\u2019éducation.Cela sç ferait au détriment de l\u2019Église qui, par charité, n\u2019accorde parfois la gratuité qu\u2019en jugeant, de manière paternaliste, du besoin des pauvres et du mérite des enseignants.Il reste qu\u2019Ar-chambault a le doigté d\u2019ouvrir une brèche, acceptée du milieu, dans l\u2019emprise du clergé sur les seuls établissements postsecondaires du Canada français : les collèges classiques.Il a fait de sa création, l\u2019Académie commerciale catholique de Montréal (appelée Académie du Plateau), une école primaire qui offre deux années du secondaire, en particulier une initiation aux affaires, sujet que négligent les collèges classiques.En 1872, sciences et techniques y seront à l\u2019honneur.Comme l\u2019affirme Gagnon avec l\u2019insistance appropriée, l\u2019Académie « deviendra bientôt le berceau de l\u2019enseignement du génie au Canada français».Archambault a raison des frères enseignants qui rêvent d\u2019exclure des écoles publiques les instituteurs laïques.Mais, sexiste, il ne valorise pas les institutrices laïques.Comme le Québec d\u2019alors, le conservateur boit le progrès à petites doses.Collaborateur Le Devoir URGEL-EUGÈNE ARCHAMBAULT Une vie au service DE l\u2019instruction PUBLIQUE Robert Gagnon Boréal Montréal, 2013, 304 pages ?ÿGasparer LE DEVOIR Î^LMARÈS \u2014^\tDu 15 au 21 juillet 2013\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 11 Saccages\tChrystine Brouillet/Courte échelle\t1/6 1 2| Lit double \u2022 Tome 2\tJanette Bertrand/Libre Expression\t3/8 3 mân\tKim Thùy/Libre Expression\t2/16 4 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique 1\tAmélie Dubois/Les Éditeurs réunis\t5/37 1 5l Lit double\tJanette Bertrand/Libre Expression\t7/8 6 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 5 Tante Irma\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t4/6 7 La fiancée américaine\tÉric Dupont/Marchand de feuilles\t6/38 8 Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 3 Sonia\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t9/5 9 Les héritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 7 Le conquérant\tAnne Robillard/Wellan\t-/I 1 lOl Souvenirs de la banlieue \u2022 Tome 4 Junior\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t10/20 Romans étrangers\t\t 1 11 Inferno\tDan Brown/Lattès\t1/8 ^ Cinquante nuances plus claires \u2022 Tome 3\tE.L.James/Lattès\t2/24 3 Cinquante nuances plus sombres \u2022 Tome 2\tE.L.James/Lattès\t3/28 4 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattès\t4/42 â Le cinquième témoin\tMichael Connelly/Calmann-Lévy\t5/6 6 Secret d\u2019été\tElin Hilderbrand/Lattès\t6/6 7 Demain\tGuillaume Musso/XD\t7/19 8 Le manipulateur\tJohn Grisham/Robert Laffont\t9/2 9 Une chanson douce\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t10/9 1 lOl Un sentiment plus fort que la peur\tMarc Levy/Robert Laffont | Versilio\t8/3 Essais québécois\t\t 1 il Bordeaux, [histoire d\u2019une prison\tSébastien Bossé | Chantal Bouchard/Au carré 1/3\t 3 La bataille de Londres\tFrédéric Bastien/Boréal\t2/15 3 Journal d\u2019un écrivain en pyjama\tDany Laferrière/Mémoire d\u2019encrier\t3/23 4 À brûle-pourpoing\tNormand Lester/Intouchables\t6/17 si Libérez-nous des syndicatsi\tEric Duhaime/Genex\t-/I 6 Vieillir avec grâce\tDenise Bombardier/Homme\t4/23 7 Démocratie.Histoire politique d\u2019un mot\tFrancis Dupuis-Déri/Lux\t-/I 8 Gouvernance.Le management totalitaire\tAlain Deneault/Lux\t-/I 9 Assez c\u2019est assez 1 Pourquoi et comment le monde.\tLouis Lallier/Carte blanche\t10/3 1 lOl Charles Sirois, l\u2019homme derrière François Legault\tRichard Le Hir/Michel Brûlé\t-/I Essais étrangers\t\t 1 11 Vers un nouvel ordre du monde\tGérard Chaliand/Seuil\t-/I ^ Les lois fondamentales de la stupidité humaine\tCarlo M.Cipolla/PUF\t5/2 3 Théorie du drone\tGrégoire Chamayou/la Fabrique\t-/I 4 Les tweets sont des chats\tBernard Pivot/Albin Michel\t4/4 1 5| Repenser le vieillissement\tNortin M.Hadler/PUL\t9/13 6 Notre troisième cerveau.La nouvelle révolution psychologique Jean-Michel Dughourlian/Albin Michel\t\t3/7 7 Nous voulons tous mourir dans la dignité\tMarie de Hennezel/Robert Laffont | Versilio\t-/I 8 Peut-on encore sauver l\u2019Église ?\tHans Küng/Seuil\t-/I 9 Palestine, [état de siège\tNoam Chomsky | llan Pappé/Galaade\t-/I 1 lOl Les animaux aussi ont des droits\tB.Cyrulnik | E.de Fontenay | P.Singer/Seuil\t8/4 La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d'information etd'anaiyse Ba^ari sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarés est extrait de BaspaU et est constitué des reievés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet BaspaU.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite."]
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