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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2013-08-10, Collections de BAnQ.

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[" Elysium, de la science-fiction qui rend le futur ringard Page es Denise Desauteis, promenades au cœur d\u2019une mémoire vive Page et Culture Livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AOUT 20IS de Robert Morin PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le cinéaste Robert Morin entouré de ses quatre soldats: Christian de la Cortina, Antoine Bertrand, Camille Mongeau et Aliocha Schneider.Conte apocalyptique, Les 4 soldats dépeint l\u2019amitié de jeunes combattants qui s\u2019unissent pour survivre ODILE TREMBLAY S\u2019 METROPOLE EILMS Cela faisait près de dix ans que le cinéaste parlait d\u2019adapter le roman de l\u2019Italien Hubert Mingarelli, Prix Médicis en 2003.il est un cinéaste québécois en perpétuelle expérimentation, loup libre criant à la lune, c\u2019est bien Robert Morin.Dans notre paysage audiovisuel depuis le milieu des années 70, jouant avec les supports, les kaléidoscopes de points de vue, il a beau sauter de productions à vrais budgets {Windigo, Que Dieu bénisse l\u2019Amérique, Les 4 soldats) à des films tournés dans l\u2019urgence, assortis de budgets faméliques (Yes Sir, madame, Quiconque meurt, meurt à douleur, etc.), sa poésie égratignée, hirsute et revendicatrice (qu\u2019il appelle sa poésie de shack) forge son inimitable signature.Depuis le temps (pas loin de dix ans) qu\u2019il parlait d\u2019adapter Quatre soldats de l\u2019auteur italien Hubert Mingarelli (Prix Médicis 2003), on avait fini par balayer son projet au rayon des causes perdues.Pas lui.De refus des institutions en versions abandonnées, le cinéaste de Nèg\u2019 et de Requiem pour un beau sans-cœur, tout en tournant d\u2019autres films {Papa à la chasse aux lagopèdes.Le journal d\u2019un coopérant, etc.), tâtonnait sur sa petite armée, écrivait, rongeait son os.Avec un résultat au bout.Car le film gagne les salles le 16 août, après une première cette semaine à Fantasia où le cinéaste s\u2019est senti accueilli comme une rock star.Morin évoque une nouvelle phase dans sa a.Mon meilleur ami est mort, Pierre Falardeau aussi.J\u2019ai senti comme une nostalgie.Dans ce film, une sorte de conte, aucune tension, pas de ligne dramatique.Je suis sorti de ma zone de confort.)) Le cinéaste Robert Morin carrière (pas figée dans le béton).«Mon meilleur ami est mort, Pierre Falardeau aussi.J\u2019ai senti comme une nostalgie.Dans ce film, une sorte de conte, aucune tension, pas de ligne dramatique.Je suis sorti de ma zone de confort.» Son prochain film, 3 Indiens, sera dans la même veine.Après, il verra ! Antoine Bertrand, auréolé par le succès de Louis Cyr, incarne un de ses errants.Aucun flash-back ni explication indue.Les 4 soldats explore l\u2019amitié, d\u2019abord bancale puis soudée comme un cercle familial, entre de jeunes combattants unis pour survivre.Ces gueux, dépossédés de tout, tirent sur les riches, comprend-on, les biens essentiels étant réservés aux nantis.Il a beau assurer s\u2019être aventuré cette fois dans une voie inédite : un classicisme formel {exit la caméra à l\u2019épaule), reste que le monde trash des 4 soldats s\u2019offre une esthétique voisine de son film Windigo (1994).Quel créateur peut s\u2019éloigner vraiment de sa tanière ?Les personnages composent tous des archétypes : la mère (Camille Mongeau), le père dominant, macho, insensible (Christian de la Cortina) , l\u2019ado (Aliocha Schneider) aux allures d\u2019elfe rescapé du Seigneur des anneaux, celui qui a une intelligence douce (traduisez : un attardé, ou plutôt un idiot dostoïevskien) incarné par un Antoine Bertrand tendre et joyeux.S\u2019ajoutera au quatuor un enfant, Gabriel (Antoine Lécuyer), chroniqueur officiel des faits et gestes du clan, qui faillira à la tâche, laissant en plan l\u2019écriture du récit.VOIR PAGE E 6 : MORIN PEINTURE FRAICHE ET NOUVELLE CONSTRUCTION 9® édition | 39 artistes | 130 œuvres | 10 universités Le meilleur de la relève pancanadienne | Sélection des professeurs Jusqu\u2019au 31 août 2013 5826, St-Hubert, Montréal (Québec) | admin(§artmur.com | wvvw.artmur.com | 514 933 071 I Image : Marijana Mandusic, Sans titre (détail), 2013, acrylique Mûr E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AOUT 2013 CULTURE MARCO BORGGREVE Yannick Nézet-Séguin dirigera Lohengrin en version concert.MUSIQUE CLASSIQUE Lohengrin, « le chevalier au cygne » Sous la baguette de Yannick Nézet-Séguin, le Festival de Lanaudière rend un fier hommage à Wagner CHRISTOPHE HUSS En programmant Lohengrin, en version concert, dimanche à 17 h, le Festival de Lanaudière rend un fier hommage à Richard Wagner.Et même si Dehorah Voigt sera finalement remplacée par Jane Henschel dans le rôle d\u2019Or-trud, la présence de Yannick Nézet-Séguin sera suffisante pour attirer l\u2019attention et un nombreux public.Lohengrin (1850) est l\u2019opéra qui ouvre la voie, une œuvre charnière entre Tannhàuser et le Ring.On y trouve, comme souvent chez Wagner, des sources médiévales, qui remontent ici au XIP siècle.Une époque qui alimente aussi Tristan et Isolde et Parsifal.D\u2019ailleurs, à l\u2019image du poème mé- diéval Parzival de Wolfram von Eschenbach, Lohengrin est le fils de Parsifal.Mais, avant cela, Lohengrin est surtout connu comme «le chevalier au cygne», curieux attelage dont il convient de narrer l\u2019histoire.La femme et le secret Au X® siècle, Henri l\u2019Oiseleur, roi de la Germanie, réunit les nobles du pays de Brabant en leur racontant les périls qui menacent le royaume.Le Brabant est sans leader.Friedrich de Telramund explique pourquoi.Tuteur des deux enfants du roi, Gottfried et Eisa, il les a vus aller en forêt et Eisa revenir seule.Telramund pense qu\u2019elle a tué son frère, la dénonce et réclame son héritage.VOIR PAGE E 3 : LOHENGRIN Hydro VXtv Québec présente LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET LA MUSIQUE DES GRANDS ESPACES DU 15 JUIN AU 25 AOÛT Philippe Collard SERIEORCHESTRES GRANDEUR NATURE VENDREDI i6 AOÛT 20 H ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE Jean-Philippe Tremblay, chef Andréa Tyniec, violon Pascale Beaudin, soprano La Banquede musique Musical\tBank SÉRIE LES GRANDS RENDEZ-VOUS SAMEDI 17 AOÛT de 9 h 30 à 22 h JOURNÉE PIANO GRANDEUR NATURE! 13 h : Le piano muet, un conte de Gilles Vigneault Musique : Denis Gougeon Concerts en après-midi et en soirée avec les pianistes Benedetto Lupo et Jean-Philippe Collard Plusieurs autres activités au programme! LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l'été! Du gjuin au 1*='septembre Suivez-nous sur HQ Youfllü^ PROGRAMMATION COMPLÈTE domaineforget.com 1.888.DFORGET 1^1 Patrimoine canadien Canadian Heritage QuébecHQ Municipalité de Saint-Irénée De jazz et de bayous Y\t^ - Odile V\tTremblay La Nouvelle-Orléans, ça vous prend au cœur, ou bien la ville n\u2019est pas pour vous.Je vivrais bien quelques mois par année sur cette onde musicale, architecturale et gastronomique, qui vous agrippe aux sens.Dans le beau Carré français (en évitant les décibels de la rue Bourbon) et à travers le quartier Marigny, plus zonard, à majorité noir, les musiciens se mêlent aux artistes contemporains, les gens sont cool ou inquiétants et le jazz sublime.Surtout au Snug Harbor, où le piano génial de Davell Craw-ford et la clarinette de l\u2019éblouissant Gregory Agid de ruptown Jazz Orchestra vous sonnent bien dur.Le talent de cent virtuoses déborde à pleins spectacles de rue aux chapeaux tendus.Et dans les églises aux messes gospel, quand la jouvencelle qui sert l\u2019office entonne un spiritual avec une voix à la Mahalia Jackson, on se surprend à crier au miracle avec la ferveur du converti : alléluia ! \u2014 Mais la chaleur louisia-naise ?me demanderez-vous.\u2014 Tolérable.On avait pris du galon pendant les canicules de Montréal.\u2014 Et les séquelles de l\u2019ouragan Katrina, qui ravagea la ville en 2005 ?\u2014 Discrètes au centre-ville, béantes ailleurs, surtout dans le quartier du Lower 9th Ward, coin noir pas trop favorisé, loin des caméras curieuses.C\u2019est fou à quel point la nature reprend vite ses droits quand on la lâche lousse.Là où tant de maisons furent rasées après l\u2019inondation, de petites jungles verdoient entre quelques demeures rebâties et des bicoques en ruine.Sur leurs façades encore, les signes et les croix des inspecteurs venus mesurer l\u2019étendue des dommages.Ici, hier est aujourd\u2019hui.Le grand pianiste Fats Domino y conserve un studio mais déménagea à l\u2019autre bout de la ville, après avoir failli se noyer dans sa maison attenante, engloutie avec ses voisines au milieu de leur Atlantide.Louis Armstrong vécut dans le coin, mais le jazz est né plus bas, au Congo Square (rebaptisé parc Louis-Armstrong).Les esclaves catholiques qui avaient congé le dimanche y jammaient.Leurs descendants surent trouver de nouvelles sonorités aux cuivres des fanfares ambulantes.«The rest is history», comme disent les Américains.En 2005, après que les digues eurent lâché en inondant la ville construite sous le niveau de la mer (95 milliards de litres d\u2019eau déversés).George W.Bush, incompétent, pitoyable, songea à raser la perle du Mississippi, trésor patrimonial bien coûteux pour la nation.«Il avait déjà fallu rebâ- .Ü-V'O KJ.'.ShfîaSâ 1 f h w w Bip'*-\u2019.\tC't xi mm' PHOTOS CAMILLE TREMBLAY De petites jungles verdoient autour de demeures laissées en ruine par le passage de l\u2019ouragan Katrina.tir la ville après l\u2019ouragan Betsy de 1965.Au prochain désastre, La Nouvelle-Orléans sera sacrifiée», soupire le Français Philippe d\u2019Artois, qui nous trimballe dans sa voiture sur les traces dudit cataclysme, il a 11-23 AOÛT MISQA DIRECTEUR GENERAL&ARTISTIQUE ANDRÉ J.ROY 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS SALLE POLLACK ¦ 19H 2013 QUATUORS A CORDES ETATS-UNIS CDNCERTD'DRVERTRRE 11-08 1 4.08 NÛVÛRRÛ gb/irelande/pays-bas 15-08 SCHUMANN™\"^ CALIDORE™\" VAN KUIJK™\u201c 21-08 CALIDORE™\"'' 22 08 VANKUIJK™\u201c 23-08 VOGLER CRNCERTDECLDTRRE NAVARRA BB/IBELANDE/PAYS-BAS SCHUMANN™\"^ GRATUITE/RESERVEZ VOS PLACES MISQA.¦ 514,550,8057 Louis Armstrong vécut dans le coin, mais le jazz est né plus bas, au Congo Square (rebaptisé parc Louis-Armstrong).Les esclaves catholiques qui avaient congé le dimanche g Jammaient.écrit un livre sur Katrina, parle de censure politique venue à l\u2019époque cacher l\u2019ampleur de la corruption, des viols, du pillage, des meurtres dont les gangs de rue, les policiers et autres larrons se repaissaient sur le dos des victimes.«C\u2019était une zone de guerre ici.» Le Lower 9th Ward abrite aussi le quartier des musiciens que Brad Pitt, par l\u2019entremise de sa Make it Idght Fondation, se bat pour reconstruire.Ainsi, 88 maisons écologiques et anticataclysmes (il en prévoyait 150) ont poussé sur les ruines des disparues.Les enfants du coin se vantent de vivre dans une demeure érigée par la star.Vrai! Pitt, sous son casque jaune, y clouait et sciait.Il est fou de La Nouvelle-Orléans, possède une maison dans le Carré français.Jaune, la seule avec une caméra de vidéosurveillance, avait-on prévenu.Construit sur les hauteurs, le Carré français, gorgé d\u2019histoire, n\u2019a pas bu la tasse en 2005.Le coin abrite aussi le petit resto Stella qui servit de cadre au film d\u2019Ella Kazan Un tramway nommé Désir, adapté de Tennessee Williams.Marion Brando, au faîte de sa splendeur en belle brute Stanley, criait sous ses balcons le nom de son épouse Stella.Désormais, chaque année se tient un concours d\u2019appels à «Stella!», mais des femmes et des hommes hurlent parfois «Stanley!» à la place.Faut les comprendre.Le fait français?Partout dans la toponymie et les documents historiques à pleins musées.Si longtemps, chacun y parla la langue des premiers maîtres venus de l\u2019Hexagone.Mais elle a délaissé La Nouvelle-Orléans pour subsister en territoire cajun, à La Fayette.Et encore.Torn Billiot, le capitaine du bateau qui nous entraîne à travers les méandres d\u2019un bayou, parle un français délicieux, mélange d\u2019acadien, d\u2019anglais et du blues des esclaves marrons jadis réfugiés dans leurs marais, où nul n\u2019osait les poursuivre, il me dit: «Ben oui, on le parle entre nous, mais mes enfants à peine.Quand même, Zachary se promène chez vous, mais ben du monde chante encore en français sans sortir du bayou.» Ingrat, mystérieux et poétique bayou peuplé d\u2019alligators qui glacent du regard les yeux des mortels voguant sur leur chemin.Ces routes liquides, stagnantes, voilées de brouillard et de plantes épiphytes, composent les repaires d\u2019élection des zombies.Quoi d\u2019autre ?Pas étonnant que le vaudou demeure si vivace dans cette contrée hantée par ses tragédies, ses métissages, ses légendes et son grain de folie.Parlant vaudou.Facteur Nicolas Cage, qui flirte avec ces rituels magiques, s\u2019est fait bâtir en guise d\u2019ultime refuge une affreuse stèle pyramidale dans le vieux cimetière Saint-Louis de La Nouvelle-Orléans, non loin de la tombe de la prêtresse vaudoue Marie Laveau, couverte d\u2019ex-voto; là où les motards du film Easy Rider faisaient leur fameux trip d\u2019acide, il est jugé fantasque là-bas, ce Nicolas Cage, qui collectionne les maisons sans pouvoir les payer.Mais Brad Pitt, non.Un vrai héros de la place.La ville a de la mémoire.Faut dire que d\u2019autres vagues se lèveront, d\u2019autres mains se tendront.Les changements climatiques se rient des nouveaux garde-fous posés après Katrina.Alors, en quittant notre beauté créole menacée, on se demande le cœur serré dans quel état on retrouvera l\u2019envoûtante çité à qui on lance tous ces «A bientôt ! ».otremblay@ledevoir.com DVoir aussi > Une galerie photo autour de La Nouvelle-Orléans.ledevoir.com/ culture/musique 6 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AOUT 20IS E 3 CULTURE>SPECTACLES Un G.I.Joe « shooté » en « gold » Mille chevaux-vapeur propose un gala de lutte aussi spectaculaire que miniature au Festival de théâtre de rue de Lachine CHRISTIAN SAINT-PIERRE Durant toute l\u2019entrevue, ils ne cesseront à peu près jamais de manipuler leur héros, Golden Boy, une figurine de plastique articulée, musclée et entièrement recouverte de peinture dorée.Ils, c\u2019est Gabriel Léger-Savard et Guillaume Duval, les créateurs de Golden Gala, la plus récente production de Mille chevaux-vapeur, une compagnie multidisciplinaire fondée en 2010 par Joanie Roy, qui est aussi autour de la table, et Hugo Dal-phond.Le spectacle de théâtre d\u2019objets pour les 7 à 77 ans est l\u2019un des bons coups du Festival de théâtre de rue de Lachine.Hommage aux galas de lutte et à leur théâtralité exacerbée.Suite de malicieux clins d\u2019œil à la culture populaire états-unienne.Critique féroce de notre société de consommation, de divertissement et d\u2019antagonismes à tous crins.Golden Gala, c\u2019est tout ça à la fois.« Tout a commencé durant notre formation à l\u2019UQAM, explique Duval, qui prête vie à Golden Boy.Dans un cours donné par les créateurs de La Pire Espèce, on a eu Vidée très enthousiasmante d\u2019organiser un grand combat de lutte entre une foule d\u2019objets.En fouillant, on est tombés sur un G.I.Joe \u201cshooté\u201d en \u201cgold\u201d.C\u2019est comme s\u2019il nous avait tendu les bras.On a tout de suite su que ça allait être notre héros.» Le numéro de cinq minutes élaboré dans un contexte scolaire est peu à peu devenu un 45 minutes de sensationnels affrontements entre Golden Boy, le gentil, et une foule de redoutables opposants, les méchants.Entre l\u2019UQAM et Lachine, le spectacle est passé par le Sgue- La belle vie fait son nid dans la rne Le thème de la 6® édition du Festival de théâtre de rue de Lachine a quelque chose de délicieusement ambigu : «Elle est pas belle la vie?» Seul un point d\u2019interrogation empêche la formule d\u2019être carrément pessimiste.Heureusement, les directeurs de l\u2019événement, Yves Dolbec, Philippe Gauthier et Rémi-Pierre Paquin, nous promettent des spectacles qui enchanteront le quotidien et embelliront la vie.Au menu : trois soirées, 135 artistes.Parmi les compagnies présentes, mentionnons Mobil Home, Manon fait de la danse.Matériaux composites.Péristyle nomade et Dans la chambre.Sur les places, dans les rues, les parcs et les stationnements, sur les berges du canal de Lachine et du lac Saint-Louis, se déploieront du 15 au 17 août une vingtaine d\u2019œuvres amalgamant théâtre, arts visuels, danse, musique, cirque et performance.www.theatrederue.corn.nay, le Zoofest et même l\u2019esplanade du Stade olympique.«On s\u2019est rendu compte dès le début qu\u2019on avait de quoi attirer l\u2019attention d\u2019un large public, explique Léger-Savard, à qui revient la tâche de manipuler tous les méchants.En utilisant ce qu\u2019on appelle de la pyrotechnie de Dollorama, on arrive à captiver les jeunes et les moins jeunes.Le faire dans la rue, sans quatrième mur, en employant des ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Critique de notre société de consommation et de divertissement, le Golden Gala est une création de Guillaume Duval et Gabriel Léger-Savard produite par Joanie Roy, qui tient ici le fameux Golden Boy.codes que tout le monde connaît, c\u2019est notre manière d\u2019intéresser des gens qui vont peu ou pas du tout au théâtre.Au fond, je pense que les spectateurs sont, comme nous, immédiatement ramenés à leur enfance.» D\u2019un round à l\u2019autre, les échelles de grandeur se juxtaposent, le ring-castelet trouve des échos dans l\u2019univers grandeur nature qui l\u2019entoure, l\u2019action se corse, la violence gagne du ter- rain.On dit aussi qu\u2019une Barbie assez peu vêtue fera que l\u2019amour et le désir entreront dans l\u2019équation.Vous aurez compris que le gala, rigoureusement analysé par deux commentateurs, respecte la fameuse règle des 3 S.En effet, sport, sang et sexe seront au rendez-vous.«On a fait beaucoup de recherche, révèle Duval.On a assisté à des matchs dans un sous-sol à Hochelaga, on a vu les films de Michel Brault et de Pierre Ealardeau, des Royal Rumble de la WWE, on a même lu Roland Barthes.On voulait capter l\u2019essence de la lutte, identifier les mythologies qu\u2019elle porte, mettre le doigt sur ce qu\u2019elle représente culturellement.Ça nous a permis de faire un spectacle franchement amusant, mais qui en même temps, sans que ce soit trop appuyé, dit beaucoup de choses sur une société dominée par le matérialisme et le divertis- sement.» Du pain et des jeux, comme dans la Rome antique.Collaborateur Le Devoir GOLDEN GALA De Gabriel Léger-Savard et Guillaume Duval.Une production de la compagnie Mille chevaux-vapeur, au parc Saint-Louis, les 16 et 17 août à 20hl5 et à 23 h.LOHENGRIN SUITE DE LA PAGE E 2 Eisa, elle, parle d\u2019un songe : elle a vu en rêve un chevalier pur et vaillant.Le roi propose un combat entre Telramund et celui qui se désignera comme le défenseur d\u2019Eisa.Et, miracle, un cygne apparaît, tirant une nacelle avec un chevalier \u2014 pur et vaillant, bien sûr \u2014 dedans.Le chevalier remercie l\u2019oiseau pour sa diligence et annonce qu\u2019il est venu défendre une jeune fdle accusée à tort.Eisa accepte sa protection et promet de l\u2019épouser, mais elle ne devra lui demander ni qui il est ni d\u2019oû il vient.Le chevalier terrasse Telramund, mais lui épargne la vie.Ortrud, femme de Telramund, le Ijait quand même.A l\u2019acte 2, dans le château d\u2019Anvers, on célèbre le chevalier.Le terme «on» exclut Ortrud et son mari.Ce denier n\u2019est pas content car il reproche à Ortrud de l\u2019avoir poussé à accuser Eisa.Mais Ortrud n\u2019a qu\u2019une idée : trouver le nom de l\u2019inconnu.Elle «C\u2019est un des opéras les plus importants de Wagner, car la technique du leitmotiv est là, mais pas encore achevée» est persuadée que ses pouvoirs s\u2019écrouleraient une fois son secret découvert.Seule Eisa pourrait recueillir de telles confidences.S\u2019ensuit une série de tentatives d\u2019Or-trud et de Telramund pour amadouer, effrayer ou semer le doute entre le chevalier et Eisa, ce qui n\u2019empêche pas ces derniers de se marier, le chevalier devenant « Protecteur du Brabant».Au dernier des trois actes, on entend la fameuse marche nuptiale.Seule avec le chevalier, Eisa résiste de moins en moins à la tentation de savoir.Au moment oû elle se fait de plus en plus insistante, dans le genre subtil {« Qu\u2019il est doux, mon nom qui s\u2019échappe de tes lèvres! Ne connaîtrai-je pas le doux son du tien ?»), Telramund entre (dans la chambre nuptiale !), ce qui ne plaît guère au cheva-lîer, quî le tue et se retourne vers Eisa en disant : « Tout notre bonheur est enfui.» Aïe ! Devant le roi, le chevalier plaide la légitime défense et accuse sa femme d\u2019avoir trahi sa promesse de ne pas lui demander son nom.Il déclare alors (dans le sublime air In fernem Land) qu\u2019il vient d\u2019une contrée lointaine oû se trouve un château appelé Montsalvat, qui abrite le saint Graal.Investi de pouvoir, le chevalier est Invincible s\u2019il reste Inconnu.Et c\u2019est la révélation : «Par le Graal je fus envoyé à vous.Mon père Parsifal en porte la couronne.Son chevalier je suis et j\u2019ai nom Lohengrin.» A ces mots, Eisa s\u2019écroule, le cygne réapparaît (Lohengrin entonne le fameux Mein lieber Schwan), Ortrud annonce qu\u2019elle avait jadis transformé Gottfried en cygne, mais qu\u2019il reviendra à sa forme humaine.Aussitôt dit, aussitôt fait.Lohengrin troque un cygne pour une colombe, Gottfried apparaît et Eisa meurt.Lohengrin vu par.Comme le résume bien Piotr Kaminski: «Le vrai drame se joue entre les deux couples et a pour enjeu l\u2019âme d\u2019Eisa.[.]» Reste à déterminer le sens de la métaphore.«Même le célèbre maestro Verdi n\u2019a pas craint de puiser chez Wagner quand il s\u2019agissait de dépeindre les dernières souffrances de la mourante Tra-viata.L\u2019effet réside dans l\u2019utilisation des cordes â des registres élevés.» C\u2019est en ces mots que Tchaikovski fait une analogie entre Traviata et le prélude de i Hydro L Québec présente ' ïïf; ^ - LE FESTIVAL DE lanaudiere CHARTWell Desjardins Le plus grand festival de musique classique au Canada 13 juillet au 11 août 2013\tencc\u2014a.ec YANNiCK NEZET-SEGUiN DiRiGE LOHENGRiN Dimanche 11 août/17 h ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YannickNÉZET-SÉGUIN, direction CONCERT I Desjardins CHOEUR DE L'ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Solistes Programme iWAGNER Pour te programme complet: tanaudiere.org 1 800-561-4343 Lohengrin, «création la plus inspirée de Wagner, qui nous emmène dans le royaume de la lumière, de la vérité et de la beauté, d\u2019où Lohengrin descend pour sauver la belle Eisa ».«Ortrud est une femme qui ne connaît pas l\u2019amour.Cela décrit tout; le plus terrifiant.» C\u2019est ainsi que Wagner caractérisait Ortrud, être ancré dans un monde ancien et qui s\u2019oppose violemment à la nouveauté.Parsifal est en filigrane.Voici aussi Lohengrin vu par Nike Wagner, petite-fille du compositeur, que nous avons rencontrée en mars, à Berlin, lors du symposium La musique après Wagner et WeilT.«C\u2019est un des opéras les plus importants de Wagner, car la technique du leitmotiv est lâ, mais pas encore achevée.C\u2019est aussi assurément l\u2019opéra le plus noir de Wagner.Tous les êtres sont anéantis.Le sauveur apparaît, mais â des conditions intenables.On ne peut pas empêcher une femme de demander qui on est.L\u2019enchaînement des conflits, le concept dramatur-gique, est agencé de manière géniale.Et ensuite il y a ce prélude.Il y a l\u2019artiste incompris dans Lohengrin, mais aussi la concomitance avec la révolution de 1848.» Le Devoir LOHENGRIN Version de concert avec Brandon Jovanovich, Heidi Melton, Andrew Foster-Williams, Mi-chaela Martens, Robert Poma-kov et Etienne Dupuis.Chœur et Orchestre métropolitain.Yannick Nézet-Séguin.Dimanche 11 août à 17 h.Amphithéâtre Fernand-Lindsay du Festival de Lanaudière.Lohengrin^ à l\u2019œil et à l\u2019oreille Au disque: ma version préférée reste celle dirigée par Rudolf Kempe avec le Philharmonique de Vienne, Jess Thomas, Elisabeth Grûm-mer, Christa Ludwig, Dietrich Fischer-Dieskau: 50 ans déjà, mais 50 ans de magie.En DVD: le spectacle le plus intéressant est celui mis en scène par Nikolaus Lenhoff et dirigé par Kent Nagano, avec IGaus Florian Vogt en Lohengrin.Dans une qualité vidéo moindre, on trouve, dirigé par Peter Schneider à Bayreuth, une représentation mise en scène par Werner Herzog.©YAMAHA Québec iS\tCanada 12AOUT - 19H30 « Soirée UV Mutuelle » 3 SOIREES DE DECOUVERTES Chiasson, Urbania (Création - commande de l\u2019OF) Beethoven, Concerto pourviolon, Op.61 Schumann, Fantaisie pour piano et orchestre Mozart, Symphonie n° 41, «Jupiter» Pascale Beaudin, soprano Elissa Cassini, violon Jean Desmarais, piano ORCHESTRE DELA FRANCOPHONIE JEAN-PHILIPPETREMBLAY Chef d\u2019orchestre DES RENDEZ-VOUS DE TAEENTS DE JEUNESSE ET DE MUSIQUE.13AOUT-19H30 « Soirée Canimex» Strauss, Serenade pour vents, Op.7 Bizet, Symphonie en do majeur Ravel, Pavane pour une infante défunte (version pour orchestre) Beethoven, « Triple concerto », pour piano, violon et violoncelle Sheila Jaffé, violon Thomas Chartré, violoncelle Philippe Prudhomme, piano ANltyrsx 14AOUT-19H30 « Soirée Garage à Musique » Strauss, Kaiser-Walzer, Op.437 Avec la participation des Jeunes de l'Orchestre du Garage à Musique, Fondation du Dr.Julien Beethoven, Concerto pour piano n° 5 «Empereur» Beethoven, Coriolan, ouverture Beethoven, Symphonie n° 7 Serhiy Salov, piano 4 CARACE4.MUSIliUE Salle Pierre-Mercure, Centre Péladeau 300.boul.de Maisonneuve Est.Montréal Pour lâchât de billets: Téléphone: 514 987-6919 E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AOUT 20IS CULTURE-CINEMA Bisbille au manoir Le cinéaste français Pascal Thomas revisite Agatha Christie, sur fond de polémique acrimonieuse ODILE TREMBLAY Associés contre le crime constitue le dernier film d\u2019une trilogie adaptée de récits d\u2019Agatha Christie mettant en scène le couple Beresford.Mais ce fdm du Français Pascal Thomas passera surtout à l\u2019histoire comme une oeuvre polémique, genre règlement de comptes après vente, et pas des plus élégants.Les deux premiers volets de ces polars fantaisistes, mélangeant tous les genres, fort populaires en France, dans lesquels le couple Beresford (Catherine Frot et André Dusso-lier) mène l\u2019enquête façon Miss Marple, s\u2019intitulaient Mon petit doigt m\u2019a dit (2005) et Le crime est notre affaire (2008).Ils n\u2019avaient jamais gagné les salles au Québec.Ce numéro 3, Associés contre le crime, a beaucoup moins séduit le public de l\u2019Hexagone et Pascal Thomas en garde un goût amer.Précisons que ce cinéaste, à la barre de comédies populaires au cours de la décennie 70, comme Les zozos et Confidences pour confidences, après des années de vagabondage, avait repris le collier en 1998 avec l\u2019excellent La dilettante, qui donnait la vedette à Catherine Frot.Celle-ci avait été vraiment découverte à l\u2019écran à travers Un air de famille de Klapisch, mais La dilettante la consacra vedette.Au cours de la controverse ayant entouré au début de 2013 les salaires des stars, jugés trop élevés en France, Pascal Thomas a vertement dénoncé les émoluments de Catherine Frot qui, à son avis, contribuèrent à étrangler son fdm.Associés contre le crime remet donc en scène le couple Prudence et Bélisaire, en semi-retraite dans leur manoir de la Côte d\u2019Azur.Mais comme un riche Russe est disparu, que Prudence (Frot) rudence & CIE Pascal Thomas a réalisé un film qui a pris des allures de règlement de comptes.s\u2019ennuie, ses pas la conduiront dans une clinique de chirurgie esthétique sur les traces d\u2019un drôle de médecin pas très ka-sher.Bélisaire, d\u2019origine écossaise, la suivra dans son enquête, retombera en enfance sous son kilt, etc.«Quand on a entrepris le premier film, personne n\u2019y croyait trop, déclare le cinéaste.Les gens disaient: \u201cAgatha Christie, c\u2019est poussiéreux.Aujourd\u2019hui, le polar, c\u2019est du thriller.\u201d Mais on a fait des images somptueuses, mis la légèreté et l\u2019humour au programme, et le public a aimé.Le deuxième a un peu moins marché.Cette fois, on s\u2019est intéressés à l\u2019intrigue policière, bien sûr, il y a même un œuf aux pouvoirs magiques, mais le couple Prudence-Bélisaire se tient au cœur du film.» Pascal Thomas a eu le feu vert des héritiers d\u2019Agatha Christie pour transposer ses actions en France en ajoutant du loufoque à l\u2019affaire.Le cinéaste dit adorer fouiner dans les marchés aux puces, les ventes aux enchères, pour trouver avec la décoratrice Katia Wyszkop des accessoires délirants, des costumes incongrus, clous de cette sérje de films.Echec du dernier, donc.«Catherine Frot nous a causé de tels soucis de financement, soupire Pascal Thomas.Son salaire [un million d\u2019euros] nous empêchait d\u2019avoir de beaux décors, des deuxièmes et troisièmes rôles solides.Je voulais faire le film sans elle, mais on avait créé une franchise.Elle n\u2019incarne plus, elle tourbillonne, cabotine, perd son humanité [etc.].Remarquez, il y eut des bons moments de drôlerie durant le tournage.On soigne les répliques.Et les héros ont quelque chose de plus grand que nature, alors même que les acteurs évitent de surjouer.Ça se joue dans la nuance.Mais c\u2019est le dernier film de cette série.» Fini ! Quand on rencontre Catherine Frot, elle s\u2019avoue consternée par l\u2019attitude du cinéaste \u2014 les ponts sont bel et bien coupés \u2014, estime que le scénario n\u2019était pas assez solide, malgré quelques bons flashs, trouve ses propos honteux et disgracieux, ajoutant que son salaire n\u2019a pas augmenté par rapport aux films précédents.En France, ils se sont publiquement crêpé le chignon, par magazines interposés.Bref le torchon brûle, et le film sort ici avec sur sa pellicule une petite odeur de brûlé.Le Devoir Pilote automatique PLANES (AVIONS) Réalisation : Klay Hall.Scénario : Jeffrey M.Howard.Version anglaise avec les voix de Dane Cook, Stacy Reach, Brad Garrett, Cedric The Entertainer, Julia Louis-Dreyfus, John Clezze, Carlos Alazraqui, Priyanka Chopra, Roger Craig Smith, etc.Image: David Brickley.Musique: Mark Mancina.Montage: Jeremy Milton.Dir.de l\u2019animation : Arturo A.Fernandez.Animation 3D.92 min.ODILE TREMBLAY Impossible d\u2019évoquer Planes sans faire un retour sur l\u2019animation Cars enfanté par l\u2019équipe Pixar (désormais sous l\u2019aile de Disney) et réalisé alors par John Lasseter.Cars, une animation délicieuse avec des bagnoles à tronches, à bagout et à personnalité, sous les spectaculaires décors de l\u2019Arizona, possédait une fraîcheur qui séduisit non seulement les jeunes enfants, mais bien des adultes de concert.Le procédé s\u2019était essoufflé en cours de route et Cars 2, déployé sur la planète entière, avec prétention nouvelle, avait désorienté les enfants et irrité leurs aînés.Planes est un retour au climat et aux procédés du premier Cars (2006) \u2014 suffit de remplacer les autos par des avions : retour à la simplicité, donc, avec des éléments de Cars 2, côté course autour du monde.Mais l\u2019effet de surprise n\u2019est plus guère au menu, sauf pour les très jeunes enfants au regard neuf L\u2019équipe manque d\u2019inspiration.Dans la version française, la championne olympique Joan-nie Rochette prête sa voix à un avion féminin du Québec.Mais en anglais, Julia Louis-Dreyfus donne au rose personnage à carlingue un accent francophone supposément québécois, qu\u2019on n\u2019a jamais entendu dans nos parages.«The French Canadian is the langage of love», susurre un avion amoureux.Qn veut bien les croire.En gros, l\u2019histoire est celle d\u2019un mini-avion de village.Dusty, qui rêve à des compétitions de haut niveau sans avoir le gabarit requis.Pour mal faire, il a peur des hauteurs.Mais, aidé par un avion militaire, il rejoindra une équipe en or; et à travers épreuves.m DISNEY Plus d\u2019effet de surprise avec Planes, conçu sur une trame semblable à celle des films Cars 1 et 2.intrigues, accidents, trahisons, romances et tout ce qu\u2019on voudra, il dépassera ses limites.Le scénario et sa morale n\u2019ont rien de neuf, les mimiques anthropomorphiques de ces véhicules, déjà éprouvées dans Cars, non plus.C\u2019est tendre, sentimental, ça virevolte sous les nuages et en pleines tempêtes.Les paysages, entre New York, Hong Kong et le Taj Mahal vu des airs, sont bien faits.Les dessins demeurent soignés, les voix sont réussies, surtout celle de Dane Cook en Dusty, et le 3D est justifié.Mais de nouveaux scénarios s\u2019imposent et ces personnages constituent de vrais clichés.Tout cela est tellement déjà-vu.11 suffit sans doute d\u2019avoir quatre ans pour s\u2019en enchanter.Aux tout-petits, le film paraîtra charmant; aux autres, redondant à outrance.Les recettes éprouvées lassent à la fin.Le Devoir a\" Hydro ^ Québec présente O'ARf VOCAL DE fiONTRÉAL Du 31 juillet au 17 août 2013 2 CONCERTS EXCEPTIONNELS UN EVENEMENT UNIQUE A MONTRÉAL POUR LES AMOUREUX DE L'ART LYRIQUE ET DE L'DPÉRA SALLE BOURGIE , Musée des Beaux-Arts I Jeudi 15 août, 7:30 pmi L'ENFANT ET LES SORTILÈGES Maurice Ravel (version de chambre) LE BAL MASQUÉ Francis Poulenc CHANSONSMADÉCASSES Maurice Ravel Direction musicale : Paul Nadler/ Mise en scène : Joshua Major ISamedi 17 août, 7:30 pm I CONCERT GALA avec les 40 chanteurs du programme 2013 de l'ICAV I WWW.fGStivalopGramontrGal.Ca Tarifs:15à25$ Billetterie:www.admission.com 1-855-790-1245\t^ y.?Y INSTITUT CANADIEN Université rHl de Montréal iV\\l Merle Jiml Bernard Sldtland Family Fuiindaliun VOCAL 1ICAV Le héros sans repos LES AILES DE JOHNNY MAY Réalisation et scénario: Marc Fafard.Voix: James Hyndman, Marie Gignac, Jack Robitaille.Image: Paul-Anthony Mille, Dominique Delapierre.Musique originale: Camille Delafon.Montage: Alain Baril.3D, 2D.Animation, documentaire.83 min.ODILE TREMBLAY Le Québécois Marc Fafard avait déjà versé dans le documentaire, la fiction ef pardessus touf dans les productions Imax : entre autres Dinosaures: géants de la Patagonie et Dragons: Real Myths and Unreal Creatures.11 a l\u2019habitude de jongler avec les techniques et il les multiplie avec Les ailes de Johnny May, une coproduction France-Québec pour laquelle se sont alliés l\u2019Qffice national du film, les Productions Thalie et K\u2019ien Productions.Ce documentaire avec prises de vue réelles, documents d\u2019archives et animations 2D et 3D livre récit et réflexions socioécologiques sur plusieurs supports et force voix hors champ, souffrant ainsi de surabondance.Les ailes de Johnny May ne manque pourtant pas ,de points d\u2019intérêt.A commencer par son sujet principal: l\u2019histoire d\u2019un pilote inuit désormais sexagénaire, Johnny May, qui fut le premier de son peuple à voler au Nunavik.Qn pense d\u2019abord à la nouvelle de Gabrielle Roy La rivière sans repos, à travers laquelle un Inuit métissé de l\u2019Ungava devient pilote et délaisse sa mère restée dans, sa communauté nordique.Egalement ici, le personnage principal a eu un Blanc pour père, par contre celui-ci, devenu Inuit à part entière, vit dans les igloos avec femme et enfants.Son fils Johnny May est un héros du quotidien qui aide son peuple, recherche les disparus, trimballe les autres, et avec plus de 34000 heures de vol à travers des décennies, il a vu se transformer la vie de sa société, des traîneaux à chiens aux mo-toneiges, des igloos aux maisons préfabriquées, de la banquise intacte à la fonte du pergé-lisol.Deux fins du monde, nous précise-t-on: d\u2019abord après la sédentarisation (gratinée des odieux pensionnats et du massacre des chiens de traîneaux), puis à la suite de la dégradation accélérée de l\u2019environnement.Les images du ciel, de la toundra, intéressent, et on salue la qualité des bruitages et de la trame sonore SEVILLE Johnny May, un héros du quotidien qui aide son peuple Les images du ciel, de la toundra, intéressent, et on salue la qualité des bruitages et de la trame sonore.Le sujet est double.La vie du pilote, recréée à l\u2019animation, avec des photos et films d\u2019archives \u2014 toujours passionnants \u2014 et des interviews, mais aussi un portrait louable de la difficile condition contemporaine des Inuits du Nunavik, surtout chez les jeunes, en détresse, sur fond de violence et de dépendances diverses.Le cinéaste court deux lièvres à la fois et, même s\u2019il entend marier la vie de Johnny May au destin en mutation de son peuple, chaque sujet eût mérité d\u2019être creusé séparément.D\u2019autant plus que les entrevues du sympathique pilote se font trop rares.Qn aurait préféré l\u2019entendre davantage (sur le tiraillement de ses racines, entre autres) et à travers un cadre moins statique.De leur côté, les voix hors champ, fort bavardes, confèrent un caractère trop didactique à un document aux accents souvent de cours magistral.Côté animation, le 3D n\u2019apporte pas grand-chose, quelques effets tout au plus et pas toujours de la meilleure mouture.Les dessins, plutôt simplistes, ne réinventent pas le genre, mais permettent de recréer des sauvetages spectaculaires qui ont parsemé le parcours de Johnny May.Sauf qu\u2019à trop varier les techniques, à trop vouloir charger le discours de plusieurs niveaux de sens, un auteur risque d\u2019égarer son fil, et c\u2019est ce qui survient ici, hélas! malgré l\u2019intérêt des destins et des enjeux abordés.Le Devoir Pas de quoi paranoïer THE CONSPIRACY (VOA) Scénario et réalisation: Christopher MacBride.Avec Aaron Poole, James Gilbert, Alan C.Peterson, Julian Richings.Photo: lan Anderson.Montage: Adam Locke-Norton, Christopher Mac-Bride.Musique: Darren Baker.Canada, 2012, 84 min.ERANÇOIS LÉVESQUE Deux documentaristes qui préparent un fdm sur un hurluberlu qui voit des complots partout découvrent avec horreur que l\u2019illuminé en question a non seulement toute sa tête, mais a de surcroît parfaitement raison.Le monde, réalisent-ils, est en ef fet gouverné par une poignée de puissants qui se rencontrent périodiquement dans un club privé.11 s\u2019en trouvait encore pour l\u2019ignorer ?En 1999, les apprentis cinéastes du faux documentaire Le projet Blair Witch (v.f.de The Blair Witch Project) s\u2019aventurèrent dans une forêt supposément hantée par une sorcière.Ils la trouvèrent, pour leur plus grand malheur.De la même manière, les deux protagonistes de The Conspiracy (en version originale seulement) se rendent aux confins d\u2019Internet à la recherche d\u2019une prétendue société secrète.Et la trouvent, pour leur plus grand malheur.Produit avec un budget modeste, le film démarre plutôt bien grâce à un montage efficace qui juxtapose énonciation de théories conspirationnistes et extraits d\u2019archives (discours de John F.Kennedy, points de presse de George Bush père et plus tard de Gordon Brown, etc.) semblant valider celles-ci.()uels sont les funestes desseins des marionnettistes de l\u2019ombre qu\u2019essaient de débusquer les compères documentaristes ?Ils se résument à trois mots : nouvel ordre mondial.Dommage que la seconde partie de ce suspense mâtiné d\u2019horreur s\u2019avère aussi prévisible et que les personnages adoptent des comportements de plus en plus stupides.Comme mettre leur vie entre les mains d\u2019un parfait inconnu dans un contexte oû une saine paranoïa devrait prévaloir.Modèles supérieurs The Conspiracy multiplie les hommages aux films Le Dieu d\u2019osier (v.f.de The Wicker Man, de Robin Hardy) et Les yeux grands fermés (v.f de Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick), mais peine à se distinguer de ses modèles.Sorti chez nous directement en DVD, La liste noire (v.f de Kill List), un long métrage suprê-mement inquiétant du surdoué Britannique Ben Wheatley {Down Terrace, Touristes), propose un récit fort similaire à celui du Canadien Christopher MacBride.Là oû le premier opte pour l\u2019ambiguïté, le second privilégie l\u2019évidence.C\u2019est la différence entre une oeuvre qui hante la mémoire et un film qu\u2019on oublie sitôt vu.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II AOUT 2013 E 5 ICIffEMA JEAN-PIERRE AGATHE\tARTHUR BENJAMIN AGNES BACRI BONITZER DUPONT BIOLAY JAOUI AU «BOUT, DU (Me UN FILM RÉALISÉ PAR AGNÈS JAOUI\t^ P RÆ S E JM TE A/IE JM T\tconsultez les ^ T ^ yV\tT T__r f GUIDES-HORAIRES yv\tJtt c ! des cinémas AmMqu \u20143^\t^^[gI à L\u2019AFFICHE! SOmPICrUBES CLASSICS-\t|vi8A«i6#RAL| \u201c \u201c\t^\t^ «Vaut vraiment le détour!» Myriam Fehmiu C est bien meilleur le matin ?T cha Dunlevy unpZnide.The Gazette TJalfaaÆïïlQJisour Isabelle Hontebeyrie Le Journal de Montreal G À l\u2019AFFIOHFI CONSULTEZ LES GUIDES '¦\u201d^1 \u201d ^ #%rriotic- horaires des CINEMAS iTietropole 'metropoletilms Elysium : rendre le futur ringard Le nouveau film de Neill Blomkamp a beau se dérouler en 2154, sa misogynie galopante relève d\u2019un passé qu\u2019on croyait révolu ELYSIUM (V.O., V.F.) Scénario et réalisation: Neill Blomkamp.Avec Matt Damon, Jodie Foster, Alice Braga, Sharlto Copley, Diego Luna.Photo: Trent Opaloch.Montage: Julian Clarke, Lee Smith.Musique: Ryan Amon.Etats-Unis, Canada, Mexique, 2013, 109 min.FRANÇOIS LÉVESQUE AUX champs Elyséens, qui sont aux confins de la terre.C\u2019est dans ce lieu que la plus douce vie est offerte aux humains.» Tel est TElysée selon Homère dans VOdyssée.Dans le film Elysium, il s\u2019agit d\u2019une gigantesque station spatiale qui accueille au XXIF siècle le proverbial 1 % de l\u2019humanité pendant que les 99% restants croupissent sur une planète Terre inhospitalière.La métaphore est lourde, mais c\u2019est le moindre des problèmes du film, qui est d\u2019une misogynie affligeante.Elysium relate les manœuvres d\u2019un mercenaire improvisé, Max (Matt Damon), pour court-circuiter le serveur de ladite station afin que tous aient accès aux ressources médicales hypersophistiquées qui s\u2019y trouvent.Afin de neutraliser Max, la secrétaire à la Défense d\u2019Elysium, Delacourt (Jodie Foster), envoie son meilleur agent à ses trousses, Kruger (Sharlto Copley).Jusque-là, il n\u2019y a pas de quoi s\u2019énerver le deuxième sexe.Symétrie narrative oblige, un second rôle féminin est adjoint au premier: à l\u2019instar du gentil Max qui fait face au méchant Kruger, la méchante Delacourt se voit impartie la gentille Trey.Trey est une infirmière (pas une médecin, pensez-vous!) âgée de 30 ans, brune, latine, et désirée par Max, dont elle est l\u2019ex-amie de cœur.Elle sera comme il se doit kidnappée à des fins dramatiques, puis elle attendra, comme il se doit encore, que Max vienne la sauver à des fins, cette fois, d\u2019hé-roisme à sens unique.L\u2019actrice Alice Braga tente de donner des accents robustes à Trey, en pure perte, le scénario la cantonnant dans la passivité.Revenons à Delacourt, la secrétaire à la Défense de la station Elysium.50 ans, cheveux blonds coupés courts, yeux et tailleur gris : elle est le proto-type de la dame de fer asexuée.Delacourt est calculatrice et prête à tout pour préserver son paradis artificiel.Jodie Foster défend le personnage avec un mélange de flegme et de pragmatisme qui, n\u2019eût été l\u2019autre personnage féminin, aurait très bien passé.Mais voilà, il est là, l\u2019autre personnage féminin, et c\u2019est dans l\u2019opposition des deux que se manifeste le passéisme pernicieux de cette production de Sony.La jeune contre la vieille, la princesse contre la reine des glaces.La soumission contre la détermination: un vrai fantasme macho.Femmes qui occupez de hautes fonctions, honte à vous ! On en est là en 2013, pardon, en 2154?Masculin, féminin Hollywood est notoirement COLOMBIA Le personnage d\u2019Alice Braga s\u2019apprête à se faire enfermer avant de se faire secourir.Pour une seconde fois.COLOMBIA Le personnage de Delacourt, interprété par Jodie Foster, est le prototype de la dame de fer asexuée.de guerre, chasse gardée masculine s\u2019il en est.L\u2019interprétation opiniâtre de Mary Elizabeth Mastrantonio dans Abysse (1989) et celle, musclée, de Linda Hamilton dans Terminator 2: le Jugement dernier (1992) s\u2019inscrivent dans la même lignée.Avatar (2009), tous les personnages féminins importants, ceux défendus par Zoe Saldana, Michelle Rodriguez et, oui, Sigourney Weaver, rendent compte du même parti pris de la part du réalisateur-scénariste.En science-fiction comme dans les autres genres qu\u2019il a visités, le Néérlandais Paul Verhoeven affiche lui aussi une prédilection pour les insoumises.La policière (Nancy Allen) Robocop (1987), la fausse épouse (Sharon Stone) et la vraie amante (Rachel Ti-cotin) d\u2019Arnold Schwarzenegger dans Voyage au centre de la mémoire (1990), la cadette et la pilote dans Les patrouilleurs de l\u2019espace (2002) : toutes sont capables de se mesurer à leurs partenaires masculins, au propre comme au figuré.Dans son plus célèbre essai, Simone de Beauvoir écrivit: «Il faudra que la femme qui est elle aussi sujet, activité, se coule dans un monde qui l\u2019a vouée à la passivité.» Cameron et Verhoeven se seraient-ils fait les chantres de cette maxime ?Y croire reviendrait sans doute à confondre mission et préférence.Au cours des 30 dernières années, ces productions à succès ont contribué à ce que la science-fiction telle qu\u2019on la pratique à Hollywood demeure un rare bastion d\u2019équité des sexes.Depuis Aliens surtout, une certaine tradition féministe prévalait dans la représentation de la femme au sein du genre.La vision ringarde qu\u2019en propose aujourd\u2019hui Elysium n\u2019en est que plus navrante.Le Devoir DLire aussi > Femmes et science-fiction, retour à la case départ?ledevoir.com/ culture/cinéma sexiste.Il suffit, pour s\u2019en convaincre, de comparer les filmographies respectives d\u2019un acteur et d\u2019une actrice vedettes passé le cap de la quarantaine.Cette attitude, forcé- II est certes des exceptions, mais la réalité est que, dans le cinéma américain dit de divertissement, il vaut mieux être homme que femme ment, contamine les films produits là-bas et consommés en masse de par le monde.Il est certes des exceptions, mais la réalité est que, dans le cinéma américain dit de divertissement, il vaut mieux être homme que femme.Le premier tient généralement un rôle actif dans l\u2019intrigue et la seconde, un rôle passif.Dans le film policier, d\u2019horreur ou d\u2019humour, il agit, elle subit.Chacun possède en outre ses chasses gardées: lui le film d\u2019action, elle la comédie romantique.Heureusement, la science-fiction, qui, en proposant souvent des personnages féminins aussi forts, sinon plus, que leurs vis-à-vis masculins, fait bande à part.Dans son essai Time Travel.Primai Scene and Dystopia, la professeure Constance Penley explique ainsi le phénomène: «S\u2019il y a de moins en moins de diffé- rences entre les hommes et les femmes, il en existe bien assez entre un humain et un extraterrestre (\"L\u2019homme qui venait d\u2019ailleurs, StarmanJ, un humain et un cyborg (\"Androïde, Blade Run-nerj, ou un humain du présent et un humain du futur (Terminator).Dans ces films, la question de la différence sexuelle \u2014 une question qui ne va plus «de soi» \u2014 est remplacée par celle de la différence plus remarquable entre l\u2019humain et l\u2019autre.» Les hommes qui aimaient les femmes (d^action) Deux cinéastes en particulier se sont distingués au sein du genre en excluant systématiquement les personnages de midinettes de leurs films.L\u2019œuvre de James Cameron, celui-là même qui a réalisé et écrit Terminator (1984), est ponctuée d\u2019héromes dures à cuir, et pas masculinisées pour autant, dans un contexte mélangeant action et science-fiction.En témoigne au premier chef le personnage du lieutenant Ellen Ripley (Sigourney Weaver) àans Aliens (1986), second volet de la saga Alien lancée en 1979.Dans son combat contre des créatures extraterrestres, Ripley y devient carrément une héroïne de film Ode aux calories vides HOTDOG Réalisation et scénario: Marc-André Lavoie.Avec Paul Doucet, Rémy Girard, Eric Salvail, Daniel Lemire, Pierre-François Legendre, Edith Cochrane.Image: Alexandre Bussière.Montage: Marc-André Lavoie, Mathieu Leblanc.Musique: Frédéric Bégin.Québec, 2013, 90 min.ANDRÉ LAVOIE La pauvreté se décline de bien des manières: matérielle, morale, culturelle et, bien sûr, cinématographique.Marc-André Lavoie adopte cette posture d\u2019un film à l\u2019autre {Bluff Yen aura pas de facile), suite de pieds de nez aux institutions par leur seule présence sur les écrans, prouvant ainsi la détermination de son auteur.A l\u2019opposé, il est possible de manquer d\u2019argent et de ne pas être pauvre pour autant.Ce n\u2019est pas ce que démontre le cinéaste dans Hot Dog, une comédie dont le titre évoque une expérience culinaire minimaliste, aux limites du comestible.Pour le reste, il s\u2019agit d\u2019une production sans opulence, si ce n\u2019est la somme des péripéties rocambolesques qui affligent les personnages.Leurs déboires débutent par une histoire de dent délibérément déposée dans la chaîne de production d\u2019une usine à saucisses, acte de sabotage d\u2019un associé de la compagnie (Paul Doucet) se croyant, à tort, largué par ses partenaires.Il s\u2019agit d\u2019un imbroglio destiné à démarrer une mécanique forçant la rencontre de personnages disparates, allant du petit couple banlieusard (Pierre-François Legendre et Edith Cochrane, comme sortis d\u2019une réclame de magasin de meubles) à une bande de mafiosi (dominée par Dino Tavarone, qui a déjà joué cent fois dans ce film-là) en passant par des « self-made men» s\u2019irnprovisant maître chanteur (Eric Salvail, un affront à beaucoup d\u2019acteurs au chômage) ou magouilleur (Daniel Lemire, aussi absent que dans le triste Bye Bye qu\u2019il a signé jadis).Cette agitation pourrait susciter le rire, mais comment peut-il jaillir sans tous les ingrédients qui manquent parfois cruellement à ce Hot Dogl La liste est longue, à commencer par la mise en scène aux accents téléromanesques, largement soumise à la dictature des dialogues, eux-mêmes souffrant de pauvreté, parsemés çà et là de grossièretés qui n\u2019ajoutent aucun piquant à l\u2019affaire.On pourrait se rabattre sur les rares scènes de bagarre pour sortir de notre torpeur, mais elles sont coincées entre de longues séances de bavardage qui plombent le rythme de cette comédie au souffle court.Au rayon des calories vides, cette comédie mérite quand même bien son titre.Collaborateur Le Devoir SEVILLE Les déboires commencent par un acte de sabotage du personnage de Paul Doucet qui se croit, à tort, largué par ses partenaires.MIIFLUSE RUTHÉPRÉSEMIEW PRIX DU PUBLIC & PRIX D INTERPRETATION FEMININE Festival de I Alpe d Huez 2013 K-\t< yi « À VOIR.DES MOMENTS D'HUMOUR « UNE COMÉDIE TENDRE, LUMINEUSE ET HUMAINE.» Luc Boulanger, La Presse- INCROYABLES! Michel Coulombe « ?LE PARISIEN\t20 MINUTES\tLACROIX\tL'EXPRESS ?METRO\tSTUDIO CINE LIVE\tTELÉRAMA\tTELE 7 JOURS Q @ YouQEQ Cage Dorée une comedie «a la portugaise» de nALVES BLANCO DE ALMEIDA GIRAUD UUBY CABRITA GAUTRY CROISILLE EjËEEËS CINÉMA WoM&CM ?\"CHAQUE IMAGE EST INCROYABLE\" -THE GUARDIAN ?\"UN COUP DE MAÎTRE\" -PREMIÈRE ?\"FASCINANT\" - PARIS MATCH ?\"LE MEILLEUR FILM DE L'ANNÉE\" -THE METRO filmswelike WERNER HERZOG & ERROL MORRIS PRESENTENT THE ACT OF KILLING L ACTE DE TUER EXC3NTRIS f RFRim* V fnAMiRRFim« )f SHEFFIELD X f DOCUMENTA % \\ 7* / ^SeMy7 i^OC/FEST^i 0' ïi* V â ^ tf\" l'laWta A BERLIN 13 ANS
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