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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-09-28, Collections de BAnQ.

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[" Réflexions autour des langues de chez nous au petit écran Page e 3 H\"/ Des rues à la scène, la massification des danses urbaines Page e 7 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 D SYLVAIN CORMIER On est le 26 juillet, le soleil amollit le bitume dans Tétreaultville.Quand je pénètre dans la bâtisse \u2014 très bunker de l\u2019extérieur \u2014 qui abrite le studio Piccolo, Michel Rivard et les siens en sont à Ma sœur la lune.Je me fais tout petit dans un coin de la régie.L\u2019ingénieur de son Ghyslain-Luc Lavigne et le réalisateur Eric Goulet, à la console, se chuchotent un mot ici, un mot là.De l\u2019autre côté de la grande vitre, Michel est au fond, j\u2019entr\u2019aperçois Mario Légaré derrière sa contrebasse, devine Sylvain Qavette dont j\u2019entends la caisse claire à peine balayée.J\u2019ai par contre pleine vue sur Rick Haworth, penché sur son électrique, et sur Adèle Trottier-Rivard, qui nous fait dos.Autour d\u2019eux, Joséphine Trottier-Rivard, photographe, vidéaste, glane le matériel qui se retrouvera sur le site www.michelrivard.ca.Sérieuse Joséphine.Rieuse Adèle.C\u2019est beau de voir Michel avec ses filles.Prise après prise, tout le monde en même temps, la douce et tendre chanson, déjà de toute évidence jouée souvent et intégrée par tous, se dépose tranquillement.Adèle cherche où harmoniser, où chanter à Tunisson, va chercher ses notes là où on ne les attend pas, comme elle le fait si remarquablement avec Louis-Jean Cormier.Elle harmonise comme personne d\u2019autre, dis-je à Michel, presque deux mois plus tard jour pour jour, alors qu\u2019on se retrouve dans un café de l\u2019avenue du Mont-Royal, près de chez lui.«Aaaaaah Adèle! Adèle, elle chante, tu la laisses faire.» Sourire de papa fier.«C\u2019est un beau trip, travailler avec mes grandes filles: après les sessions, des fois, on allait manger au resta de mon fils.Un homme comblé.» Eamille immédiate, famille de musique: avec le Elybin Band, ça se compte en décennies.L\u2019album en famille d\u2019un homme seul dans la ville Roi de rien : enfin du nouveau Michel Rivard, huit ans plus tard «C\u2019est ma gang depuis tellement longtemps, ils savent toujours ce que la chanson demande, des musiciens-chums-accompagnateurs de haut niveau qui sont jamais frustrés d\u2019en faire moins.Rick, les trois petites notes qu\u2019il vient faire dans Roi de rien [la chanson-titre du nouvel album], c\u2019est tellement à la bonne place, et il était super content.Tout mon band est de même.Sylvain, il joue subtil même quand il tape fort!» De Montréal à Montréal, 40 ans plus tard Après avoir baigné le temps d\u2019un après-midi dans cette ambiance chaude, conviviale et bon enfant, travail collectif heureux et sérieux qui ne va pas sans tension/soulagement à l\u2019écoute des prises (fallait voir Rick, ce marrant de Rick, pas parlable durant les play-back), ça m\u2019a fait drôle d\u2019écouter en début de semaine le résultat: Roi de rien, premier nouvel album de Michel Rivard en huit ans.Drôle d\u2019impression d\u2019écouter l\u2019album en boucle, trouver des chansons entendues à leur état d\u2019achèvement, en découvrir d\u2019autres.Mais plus encore, c\u2019est le contraste qui m\u2019a saisi.La famille qui a créé cet album autour de Rivard a servi des chansons qui parlent beaucoup de ce que c\u2019est que d\u2019être seul dans le Montréal d\u2019aujourd\u2019hui.Roi de rien, presque 40 ans après l\u2019écriture de la chanson Montréal pour le premier album de Beau Dommage, essentiel disque plein d\u2019amours naissantes et de premières peines d\u2019amour avec FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Montréal pour protagoniste et décor, a quelque chose d\u2019un état présent.Me voici, me revoilà, mon nom est encore Michel Rivard et voici mon nouvel album, salut le Plateau, qu\u2019es-tu devenu ?Rivard, revenu habiter le Plateau il y a trois ans après une «période de grand bouleversement», répond à la question de toutes sortes de façons.Personnages «plantés dans le décor», chansons au je (le je de l\u2019homme discret qui abhorre les confidences mais chérit les émotions), échappées épiques ou poétiques, tout lui est bon pour évoquer ce Montréal qu\u2019il voit, vit, arpente, aime.«Ce n\u2019est pas une chronique réaliste du Montréal d\u2019aujourd\u2019hui.Ce n\u2019est pas un regard ironique sur les restos branchés et les hipsters qui roulent sur des bicycles avec juste une vitesse.C\u2019est juste le Plateau d\u2019un gars que la vie a ramené chez lui.Dans le temps de Beau Dommage, je demeurais sur De Lorimier, coin Mont-Royal.Là, je suis plus proche de Christophe-Colomb.» Seul dans son appart, avec Charlie «petite chienne douce et allumée» qui ne remplacera jamais sa chère Alice, qui fut à Rivard ce que Martha était à Paul McCartney.«Je marche avec en laisse / le souvenir de mon chien / tous mes changements d\u2019adresse / et tous mes lieux communs», chante-il au début A Et on avance.«Là, je peux difficilement nier le caractère autobiographique.» La solitude, une nourriture Seul, oui, mais pas mécontent.«Cette solitude est assumée.Je me promène, je la constate, je l\u2019observe autour, je la mêle à mon histoire de vie et ça donne des chansons.Ça commencé un an après mon retour à Montréal: je croyais être vide après les 38 chansons des Pilles de Caleb, qu\u2019il faudrait longtemps avant que l\u2019eau remonte dans VOIR PAGE E 2 : RIVARD MAUVAISE NOUVELLE : DANS LE VRAI MONDE, ON VIT AVEC DES CARNIVORE BMO Groupe financier Bdl Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël Hydro ^ Québec Du 8 octobre au 2 novembre 2013 une création du Théâtre Aujourd\u2019hui Texte Michael Mackenzie Mise en scène Marc Beaupré Interprétation Sophie Desmarais et Luc Picard LE DEVOIR E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 CULTURE Cueillir le bon coquelicot ^ Odile Tremblay Il existe deux catégories de comédiens: ceux qui choisissent avec soin leurs rôles, se forgent une carrière ciblée, et ceux qui embrassent large, engloutissent bon grain et ivraie, généreux de leur personne, identifiés au meilleur comme au pire.Polyvalents, dit-on, éclectiques, inclassables.Téméraires aussi.A ceux-là, parfois, on voudrait conseiller de tourner sept fois leur langue dans la bouche avant de dire oui.Car chacun presse le citron des valeurs sûres jusqu\u2019à lui retirer le jus.Puissent-elles se préserver mieux que ça.Les cotes, ça baisse aussi.Les grands artistes boulimiques de travail sont les premiers touchés.Prenez Gérard Depardieu, longtemps gloire nationale et légende vivante du cinéma français.L\u2019interprète de Cyrano et d\u2019Obélix enchaînait bien, sous la demande, six films par année, s\u2019embrouillait entre ses plateaux, versait le plus souvent dans la facilité.Bon! Sa cadence a baissé depuis qu\u2019il s\u2019est peinturé dans un coin russe, mais ça, c\u2019est unç autre histoire.A chaque société son Depardieu.Le gros nom en sceau de qualité lancé pour boucler un spectacle, assurant, croit-on \u2014 mais parfois le paquet s\u2019effoire \u2014 le succès d\u2019un film, en convainquant les bailleurs de fonds de monter le coup.Le nôtre s\u2019appelle Rémy Girard.Alors, on l\u2019apprête à toutes les sauces, bonnes ou mauvaises, avec son feu vert bien entendu.Le formidable acteur du Déclin de l\u2019Empire américain et des Invasions barbares fut un des ingrédients maison de l\u2019indigeste Hot dog, comédie flop de l\u2019été dernier.Rémy Girard est partout, comme le soleil et la lune, et depuis tant d\u2019années comédien porte-drapeau que notre histoire du cinéma se confond beaucoup avec sa bouille.Dans le milieu, une plaisanterie a longtemps circulé qu\u2019il se faisait encore des films québécois «sans Rémy Girard».Si, si, je vous assure! Certains interlocuteurs, sardoniques, faisaient même semblant d\u2019en douter.Lui, l\u2019entraîneur moustachu des Boys, lui encore, sur les planches, remarquable Estragon 6\u2019En attendant Godot et non moins admirable Sancho Pança de Don Quichotte.Encore lui à la télé, le délicieux monsieur Bougon, au cinéma le maire revanchard du mauvais Bonheur de Pierre.Au micro d\u2019Espace musique à son excel- YVES RENAUD Rémy Girard incarne un comédien à moitié raté qui se présente à une audition sans savoir pour quel spectacle, confus, non préparé.lente émission sur la musique de films, lui toujours, mais beaucoup moins convaincant à l\u2019animation des Jutra, l\u2019an dernier.On l\u2019aime, Rémy Girard, tout en remettant parfois en question ses choix de trajectoire.A la lecture d\u2019un projet, à l\u2019écoute d\u2019une proposition, un interprète doit bien pouvoir flairer le vent, savoir si le morceau lui convient.Coquelicot fané Depuis une couple de semaines \u2014 mais était-ce avant?Ça commence si tôt ces campagnes-là \u2014 à la télé, dans le métro, etc., impossible à rater, tant les publicités sont énormes et multi- ples, Rémy Girard sourit et folâtre, doigt levé, avec des acrobates des 7 doigts de la main.Lancé comme une bombe automnale pour inaugurer la saison du TNM, ce Murmure du coquelicot, mariage de raison ou de déraison entre cirque et théâtre.Et même si ce type d\u2019union n\u2019est pas neuf, pour le TNM c\u2019était jouer d\u2019audace.Pour Rémy Girard aussi.Pas peureux, en tout cas ! Plongeons et voyons après si l\u2019eau est bonne, semble se dire notre homme.Ouais ! Effacé sur la scène du TNM, le beau sourire des pubs.Coudonc ! Il a bien l\u2019air malheureux.Rémy Girard, éteint, atone.On dirait un gars qui s\u2019ennuie de sa mère.Et nous voilà souffrant à l\u2019unisson devant lui, brûlant de le consoler, de le kidnapper, de l\u2019arracher à l\u2019étreinte du cirque.Oui mais, que faire ?Il porte des bretelles, négligé comme s\u2019il allait acheter sa bière au dépanneur du coin.Effet voulu, on en convient, guère judicieux pour autant.L\u2019acteur incarne un comédien à moitié raté qui se présente à une audition sans savoir pour quel spectacle, confus, non préparé.Comme dans les cauchemars d\u2019école, oû le rêveur ignore le sujet de l\u2019examen et n\u2019a rien potassé sur la matière du cours.Mais au TNM, le manque de décorum de son personnage lui nuit.Un chapeau melon à la Chaplin, une redingote trouée l\u2019aurait aidé peut-être à trouver meilleure contenance.Les acrobates des 7 doigts de la main virevoltent, minces, stylés, aériens, costumés.Même Pascale Montpetit, en metteure en scène, ornée, habillée, s\u2019insère dans cette cérémonie de l\u2019absurde.Pas lui.Les 7 doigts de la main, à l\u2019orchestration du spectacle, semblent avoir voulu livrer une sorte de 8 1/2 (mais Eellini avait du génie) : l\u2019homme revoit sa vie, ses amours réincarnées, sans trop savoir quoi en faire et sans rien contrôler.Avec un texte digne de ce nom, Rémy Girard aurait moins trébuché, sans doute.C\u2019eût été l\u2019occasion de relever la tête, de donner une leçon de théâtre à tous ces gambadeux qui peinent à se mettre leurs propres réparties en bouche.Mais allez servir épicées les plates répliques du bonhomme qui veut s\u2019enfuir et reste là, les bras ballants.Place à la défaite de l\u2019artiste devant une œuvre mal ficelée, laquelle, ironie du sort, avait été cousue main pour lui.«La pièce était-elle ou non drôle ?Moi, sify tenais mal mon rôle, c\u2019était de n\u2019y comprendre rien», s\u2019inquiétait avant lui Aragon.Que comprendre, de toute façon ?On imagine la brillante idée en amont, comme une ampoule au-dessus de la tête d\u2019un héros de bande dessinée: jumelons deux combinaisons gagnantes, l\u2019acteur fétiche Rémy Girard et le cirque acclamé Les 7 doigts de la main, qui flirte aussi avec le théâtre.Que du meilleur ! Etincelles assurées ! Succès promis ! Mais cette ampoule qui explose avant d\u2019éclairer, ce choc poétique en non-lieu.Et si tout était question de terreau propice, que le talent doit chercher pour pouvoir bourgeonner ?Si le choix faisait aussi l\u2019acteur?otremblay@ledevoir.com RMRD ERANÇOIS PESANT LE DEVOIR Michel Rivard SUITE DE LA PAGE E 1 le puits, je pensais juste à me nourrir de Montréal, à faire des repas, recevoir mes enfants, passer du temps avec ma blonde, tout ça.Et puis Roi de rien est arrivée et la chanson m\u2019a dit: \u201cJe suis la première d\u2019une série, ne me laisse pas toute seule.\u201d» Et une à une, elles ont surgi.Styromousse, histoire du gars pas certain s\u2019il va rester en ville ou prendre le pont et retourner à Roberval.« C\u2019est peut-être la chanson la plus cinématographique de tout mon répertoire.» Il y a Shangrila, chanson d\u2019été en ville, collante, avec le «son immense d\u2019une ambulance [qui] perce le silence», oû l\u2019insomnie vire échappée dans un pays mythique oû «personne n\u2019attend rien de personne».Il y a Vertige et ses questions dans le désordre : «Mon cœur t\u2019es où ?/ Est-ce que ça tourne pour tpi itou ?» Il y a Avalanche, d\u2019abord écrite pour Eric Lapointe, devenue mine de rien pièce de résistance, chanson violente de l\u2019homme seul parti en char dans le nowhere de sa vie : «Au détour de la route / un village a surgi / Saint-Jo-seph-de-la-Déroute ».Et à travers ces chansons oû le désespoir et fespoir se font ou pas risette, des pauses heureuses, histoires d\u2019amour avec les airs des chansons (Mélodie) et les disques avec un trou au milieu (Cœur de vinyle).Et une finale en forme de grand merci qui s\u2019intitule exprès Merci pour tout.Tout ça donné en country-folk délicat, tout en retenue.Tout ça enregistré dans le plaisir : j\u2019en témoigne.Joie de sentir la bonté infinie de Mario Légaré, franche hilarité possible à tout moment en compagnie des dangereux Clavette et Haworth.«Et t\u2019étais pas là quand Audrey-Michèle Simard et Dana Carbonneau sont venues faire les chœurs : oh que je les aime, mes chanteuses!» Rivard, homme comblé.«Et homme qui a compris qu\u2019il n\u2019attendrait plus jamais huit ans pour faire un album, que ça deviendrait un processus continu.Homme qui a compris qu\u2019il aime ça, être en studio souvent avec ses chums, homme qui a besoin de jouer le plus possible, en grosse tournée structurée autant que dans des petites places comme Le Verre Bouteille avec les Mountain Daisies.Vivre tout seul en ville, c\u2019est bien pour écrire des chansons, mais pour le reste, ça me prend du monde.» Le Devoir ROI DE RIEN Michel Rivard Versions acoustiques solos en téléchargement gratuit (plus deux inédites) Spectra Écouter > La pièce Ma sœur la lune tirée de falbum Roi de rien de Michel Rivard.ledevoir.com/culture/musique D ESPACE GO Transposition décapante des Trois sœurs.Spectacie dirigé inteiiigemment par Martin Faucher.Soiide internrétation.Marie Labrecque, Le Devoir\t., j.Comédie tout aussi trucuiente que cynique.Morceau théâtrai mordant.Martin Faucher réussit a irige briiiamment ies comédiens.David Lefebvre, montheatre.qc.ca sis: œ.ciaudedeschenes.ca »ia, pou,IP plu,graup plaisir m.l.ainde.trouue dans la série léléulséo OHs, ar/oc teut son mordanl.Hugo Prévost, pieuure.ca\t.Améiie Lacroix M, Citeboomers.com ESPACE GO ^ ESPACE d GO 0 & m De Martin Crimp Mise en scène de Denis Marleau -f Stéphanie Jasmin Avec Sophie Cadieux + Alexis Martin + Évelyne Rompré Du 28 janvier au 22 février 2014 Une coproduction ESPACE GO + U BU ESPACE d GO De Guillaume Corbeil Mise en scène de Sophie Cadieux Avec Marie-France Lambert D'après Ulysse de James Joyce Mise en scène de Brigitte Haentjens Avec Anne-Marie Cadieux Du 11 au 22 mars 2014 Une production d'ESPACE GO Du 6 au 31 mai 2014 Une coproduction ESPACE GO + Sibyllines LES CHAMPS PÉTROLIFÈRES Théâtre PÀP CINQ VISAGES POUR CAMILLE BRUNELLE - Théâtre PÀP THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI Théâtre PÀP + FTA L'ARCHITECTURE DE LA PAIX Pigeons International +Teatro Sâo Luiz L'ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! ESPACEGO.COM Conseil des arts et des lettres Québec»» Conseil des Arts du Canada or Hydro Québec 'frane.a^- I PARTENAIRE Liai IMl I DE SAISON LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 20IS E 3 CULTURE>TELEVISION Parler les langues de chez nous Réflexion autour des sociolectes dans les fictions québécoises Le linguiste Luc Ostiguy, professeur à TUniversité du Québec à Trois-Rivières, est spécialiste du français québécois.Il a beaucoup publié sur les prononciations québécoises et, en collaboration avec Kristin Reinke, professeure à l\u2019Université de Mayence, sur la langue des médias d\u2019ici et sur celle du doublage des films américains réalisé au Québec.Entretien autour d\u2019une télé qui parle sur tous les tons.Aux Etats-Unis, des critiques ont récemment remarqué que ies séries, surtout ceiies des réseaux câbiés, utiiisent une iangue de pius en pius reiâ-chée, bourrée de jurons.Bref, ça sacre et ça jure beaucoup.Qu\u2019en pense ie iinguiste?Pour ma part, j\u2019ai toujours trouvé que les films américains des dernières décennies ne se privaient pas de faire entendre l\u2019anglais familier.Toutefois, là comme ici, il s\u2019est toujours trouvé de la variation linguistique: tous les personnages des séries ou des films américains ne s\u2019expriment pas de la même façon.Je ne sais trop si le puritanisme américain a quelque chose à voir dans ces nouvelles critiques.Mais il se peut que la situation des séries américaines ait évolué d\u2019une façon qui inquiète maintenant la population.La langue familière, populaire, avec ses usages dévalués Qu-rons violant des tabous sexuels, entre autres), peut parfois charrier des connotations de violence.En effet, on est loin d\u2019Arsène Lupin qui dévalisait les femmes les plus belles et les plus riches de France en versifiant ses excuses.On associe souvent au monde des criminels l\u2019usage d\u2019une langue populaire, aux accents et aux mots dévalués socialement.Il y a peut-être là une piste d\u2019explication.Est-ce le cas ici aussi ?Y a-t-il plus de traits linguistiques québécois dévalués, comme les jurons par exemple, chez les personnages qui, s\u2019ils étaient de vraies personnes, produiraient des sacres tous les 10 mots?Je ne saurais dire.Madame Fabienne Farouche, à l\u2019époque de la série Virginie, avait déjà dit qu\u2019elle limitait les jurons, mais qu\u2019elle en laisserait entendre s\u2019ils étaient justifiés et s\u2019ils concouraient à rendre plus réaliste son personnage {«La langue de chez nous», Le Journcü de Montréal, 21 mars, 2005, p.95).Je crois que c\u2019e^t la tendance des auteurs.Evidemment, cela ne plaît pas à tous.Il se trouve des personnes qui craignent que cela entraîne l\u2019utilîsation par les jeunes d\u2019une langue de plus en plus familière dans toutes les situations, que cela les prive d\u2019entendre un français de qualité.On peut rétorquer qu\u2019il y a tout de même, dans toutes ces sé- ries (si tant est que les jeunes les écoutent), de la variation linguistique: certains personnages s\u2019expriment comme des Québécois scolarisés, dont la langue française est proche du français de référence.De plus, il y a les émissions d\u2019affaires publiques et les bulletins d\u2019information qui font entendre le français québécois à son niveau le plus corrigé.Alors, quelle langue ou quelles langues parlent les personnages de^ fictions québécoises?A ma connaissance, il n\u2019y a pas eu de recherche descriptive sur le sujet, mis à part, sans doute, des travaux de baccalauréat ou de maîtrise qui ont pu être produits dans les différentes universités.Pourquoi?Simplement parce que le constat serait clair.Vous vous posez la question «Quelle langue parlent les personnages?».De toute évidence, les auteurs des fictions, par souci de réalisme, calquent les usages linguistiques de la population dans toutes leurs variations: situationnelles, puisqu\u2019un même personnage peut ne pas s\u2019exprimer de la même façon selon les situations dans lesquelles l\u2019auteur le fait évoluer ; variations sociales, puisque les personnages ne s\u2019expriment pas tous de la même manière: les auteurs font parler les jeunes comme des jeunes, les personnes plus âgées comme des personnes plus âgées, les gens scolarisés comme des gens scolarisés, les personnes moins scolarisées comme des personnes moins scolarisées, enfin, les femmes comme des femmes, toujours un peu plus corrigées si on les compare aux hommes des mêmes groupes sociaux.Tout ce beau monde a plus ou moins un sociolecte: celui des jeunes, celui des femmes, celui des hommes, celui des personnes scolarisées, etc.Il peut même arriver que l\u2019auteur fasse entendre les variations régionales, si son personnage vient de quelque région du Québec, ou les variétés de français parlées par les néo-Québécois.Faut-Il alors des habiletés particulières pour comprendre cette diversité médiatisée, reflet d\u2019une richesse des usages réels?Tous les Québécois reconnaissent les sociolectes ou les variétés des uns et des autres.Cela n\u2019échappe à presque per- La drolatique série Veep (HBO) utilise différents langage, jusqu\u2019à la plus franche vulgarité.HBO niveaux de Minuit, le soir a fait vivre des personnages s\u2019expriment avec peu de mots, souvent en jouai.RADIO-CANADA d\u2019hommes qui I TELE-QUEBEC Dans Tactik, à Télé-Quéhec, les niveaux de langage se croisent entre les adolescentes et les adultes.COURTOISIE DE MACLEAN\u2019S MAGAZINE La famille Plouffe, premier téléroman québécois diffusé à compter de 1953, faisait déjà entendre un français familier.sonne.L\u2019usage des variations linguistiques du français québécois concourt ainsi au réalisme que cherchent souvent les auteurs de fictions.On cherche à faire vrai.C\u2019est une tendance souvent évoquée par Içs spécialistes des médias.Echappe à cette tendance la langue du doublage québécois (films doublés au Québec), sorte de français international made in Québec, qui se veut délocalisé dans ses traits linguistiques.Y a-t-il des tendances récentes à souligner?Cette langue se popularise-t-elle davantage?Je dirais qu\u2019elle tend à reproduire la langue parlée des Québécois, tout simplement.Mais cela n\u2019est pas nouveau.En effet, l\u2019utilisation du français familier dans les séries n\u2019est pas une chose récente: l\u2019émission La famille Plouffe, diffusée sur les ondes de Radio-Canada dans les années 1950, en constitue un bon exemple.Il est vrai, en revanche, que ce n\u2019était pas la norme autrefois: on se souviendra de la série Les enquêtes Jobidon, diffusée sur la même chaîne dans les années 1960, dont les comédiens faisaient usage d\u2019un français relativement international qui en surprendrait plus d\u2019un de nos jours.Il ne faut pas oublier non plus que les concepteurs de la norme linguistique de la SRC à l\u2019antenne reconnaissent le droit aux créateurs d\u2019utiliser le français québécois de tous les registres par souci de réalisme.C\u2019est chose faite depuis pas mal longtemps.Jusqu\u2019à mieux informé, la langue parlée des séries d\u2019aujourd\u2019hui ressemble à celle d\u2019autres séries produites il y a quelques années.Toutefois, j\u2019aimerais rappeler que la langue des séries, parce qu\u2019elle est d\u2019abord plus ou moins écrite avant d\u2019être dite par les comédiens, est conséquemment mieux articulée sur le plan du rapport entre la syntaxe et le contenu à exprimer.Autrement dit, la langue est souvent plus fluide et le propos plus explicite qu\u2019ils ne le seraient dans des échanges réels du même type.C\u2019est là sans doute la différence la plus grande.Est-ce qu\u2019il se trouve une série qui vous plaît davantage?Sur le plan linguistique?Les émissions que je regarde de temps à autre, je les trouve toutes intéressantes, comme, il me semble, le public en général.Il est remarquable de constater que le public, prompt à dénoncer lorsque la langue parlée est mise à mal, intervient peu dans les tribunes quand il s\u2019agit des fictions.En revanche, cela n\u2019avait pas été le cas avec la langue des humoristes, dont le nombre de critiques parues dans les journaux avait atteint un sommet en 2005 à la suite d\u2019un commentaire très dur fait par Denise Bombardier sur les ondes de TVA: le public avait jugé cette langue comme étant «vulgaire», «au-delà des limites permises», par ses jurons et s,es références à la sexualité.A tout considérer, nos auteurs de fictions n\u2019ont jamais été vraiment choquants.Propos recueillis par Stéphane Baillargeon Le Devoir D Voir > Cinq extraits illustrant les niveaux de langue dans nos fictions.Lire > L\u2019article What the $@** Is Up On Cable These Days?, de Neda Ulaby.ledevoir.com/ culture/television LA VEILLÉE présente LA PREUVE^ ONTOLOG DE MON ^STENCE DE JOYCE CAROL OATES THÉÂTRE PROSPERO Partenaire de production\t^ ;.'.v ' ' ¦¦ Hydro\t'\t^ Québec\t- ' 17 SEPTEMBRE > 11 OCTOBRE 2013 MISE EN SCENE CARMEN JOLIN AVEC Nora Guerch Frédéric Lavallée Jean-François Blanchard et Jean-Marc Dalphond « Il faut, de ce fait, saluer le jeu remarquable de Nora Guerch.» Éloïse Choquette, Pieuvre.ca « Méphisto des temps modernes, interprété avec ce qu'il faut de suavité troublante par Frédéric Lavallée [.] Carmen Jolin a instillé dans sa mise en scène une dimension tragique.» Lucie Renaud, Revue JEU « .a thrilling eighty-minute glimpse into the reality of one of our world's deepest sores.» Bloody Underrated « Guerch's Shelley was by far the standout performance.[.] The actress both physically and emotionally embodied Shelley's inner crisis, ^ captivating the audience with her raw performance.» The Charlebois Post Ï \t\t \t\t 22 octobre 02 novembre 2013 evelyne delà Chenelière d\u2019UNE VIE POUR DEUX en 2012 Violette Chauveau a remporté le Prix d\u2019interprétation féminine de l\u2019année-Montréal décerné par l\u2019Association québécoise des critiques de théâtre.alice ronfard JEAN-FRANÇOIS CASABONNE VIOLETTE CHAUVEAU EVELYNE DE LA CHENELIÈRE UNE PRODUCTION ESPACE GO PAFfTENAIRE DE SAISON PARTENAIRE DU SPECTACLE ^transat E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 CULTURE >CIR.QÜE Tous pareils La dernière création de la troupe Z & P, Hans was Heiri, est à la Tohu ISABELLE PARE Le tandem créatif Zimmermann & de Perrot (Z & P) est de retour à Montréal avec son cirque-théâtre et ses curieux engins scéniques façonnés pour sonder l\u2019âme humaine et le grand cirque de la vie.Avec leur immense tourne-disque hricolé en carton, les deux artistes suisses avaient fait mouche avec GaffAff \\ors de leur dernier passage dans la métropole, en 2010, sur les planches de l\u2019Usine C.Avec trois fois rien, un DJ en scène, un seul protagoniste et quelques boîtes de carton kraft, Z & P déculottaient VHomo sapiens avec une scénographie minimaliste, mais limpide.Prisonnier d\u2019un plateau tournant et de sa partition, un homme cherchait à s\u2019échapper de cette spirale infinie, tracée d\u2019avance.Métaphore scénique Le même genre de métaphore scénique sert de filon à la nouvelle création de la troupe helvète, Hans was Heiri, qui met cette fois en scène cinq acrobates, un magicien et Dimitri de Perrot, éternel DJ de la troupe.Au moyen d\u2019un engin scéno-graphique mobile et pivotant, où les murs se prennent pour des plafonds et vice versa, la paire de créateurs cherche à débusquer l\u2019homme qui se cache derrière le quidam.L\u2019humain, le vrai, celui qui se fond dans la masse bêtement homogène et sans aspérité du quotidien.Pas étonnant que le nouvel opus s\u2019intitule Hans was Heiri, une expression qui signifie, ni plus ni moins, Jean comme Henri.Bref, tous pareils! «Dans le monde entier, on écoute les mêmes musiques, on porte les mêmes marques de vêtements.Même les grands-mères s\u2019habillent maintenant comme des teenagers.Pourquoi veut-on à tout prix tous se ressembler ?Nous voulions comprendre pourquoi et comment une personne en arrive à retrouver son individualité», soutient Dimitri de Perrot.Ce cube qui tourne sur lui-même, lancé dans un mouvement perpétuel, sera le déclencheur, le révélateur des identités enfouies.Les personnages y sont projetés, chacun tentant de trouver, tant que faire se peut, son propre équilibre.Disparue, la loi de la gravitation universelle.Une fois évacuée, cette convention ouvre la porte à toutes les conjectures.Cet espace arraché à la loi de Newton rappelle d\u2019ailleurs l\u2019ingénieuse MARIO DEL CURTO / STRATES Hans was Heiri met en scène cinq acrobates, un magicien et Dimitri de Perrot, éternel DJ de la troupe helvète.scénographie de Léo, une prestation pour un homme seul livrée dans un cube qu\u2019avait brillamment mis en scène Benoît Brière pour Montréal complètement cirque en 2012.«Cet espace inhabituel fait ressortir leur vrai visage, puisque chacun se débat d\u2019une façon très personnelle», explique Dimitri.Sans étiquette claire, la forme choyée par Z & P mêle autant le théâtre, le cirque et le jeu clownesque que la danse.Au son de la musique live composée et remixée par Dimitri de Perrot, les artistes s\u2019exécutent sur une partition chorégraphiée au poil, où le geste remplace la parole et où la scénographie dicte la cadence.Individualité De Perrot, musicien, et Zimmermann, formé à l\u2019école de cirque, ont fait de la poésie de l\u2019objet l\u2019ancrage de toutes leurs créations et un terrain de jeu inépuisable.«Dans toutes nos pièces, le point de départ est la scénographie, ajoute de Perrot.Comme nous sommes tous les deux passés par les Beaux-Arts, ce qui nous relie, c\u2019est l\u2019espace, c\u2019est l\u2019objet, c\u2019est ce sur quoi se bâtissent tous nos spectacles.» Avec cet œil aiguisé pour la composition scénique, les deux metteurs en scène, qui en sont à leur huitième création, remettent de nouveau leur imagination au service d\u2019une insatiable fascination pour les mystères de l\u2019individualité.Joué 150 fois à travers l\u2019Europe depuis sa création il y a 18 mois, Hans was Heiri s\u2019arrête à Montréal avant de mettre le pied à Brooklyn pour une tournée américaine.Le Devoir HANS WAS HEIRI Zimmermann & de Perrot La Tohu Du P\u2019\u2019au 13 octobre rv Voir > Des extraits vidéo \u201d du spectacle Hans was Heiri.ledevoir.com/ culture/cirque DU 1^^ OCTOBRE AU g NOVEMBRE TEXTE ET MISE EN SCENE_STEVE GAGNON AVEC____MARIE-JOSÉE BASTIEN.MARIE SOLEIL DION.RENAUD LACELLE-BOURDON.GUILLAUME PERREAULT ETCLAUDIANERUELLAND ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE_OLIVIER GAUDET-SAVARD DÉCOR ET ACCESS0IRES_ MARIE-RENÉE BOURGET HARVEY ÉCLAIRAGES__CAROLINE ROSS CÛSTUMES_ JENNIFER TREMBLAY MUSIQUE ORIGINALE UBERKO CONSEIL DES ARTS Conseil d9S arts et des lettres Conseil des Arts Canada Council g\u2014> du Canada\tfor the Arts THEATRE Le désir d\u2019être immense Steve Gagnon entraîne les personnages de Britannicus dans le confort résigné de la banlieue CHRISTIAN SAINT-PIERRE Après La montagne rouge (sang), un quasi-monologue, et Ventre, un rude face-à-face, Steve Gagnon poursuit son exploration des sentiments plus grands que nature, continue de sonder les vertiges de la passion avec une première pièce à plusieurs personnages, une réécriture du Britannicus de Racine intitulée En dessous de vos corps je trouverai ce qui est immense et qui ne s\u2019arrête pas.«Tout ça est parti du fait que je voulais jouer Néron, explique Gagnon.C\u2019est un des rôles que je rêve de tenir depuis l\u2019école.Un jour, fai décidé que je n\u2019attendrais pas qu\u2019on me le propose et je me suis mis à relire la pièce de Racine.Je me suis vite rendu compte qu\u2019il y avait là-dedans des affaires super, mais aussi d\u2019autres qui m\u2019emmerdaient profondément.C\u2019est pourquoi fai décidé de prendre la plume et d\u2019écrire mon Néron à moi.» Ainsi, pour passer de cette écriture intimiste, minimaliste et un brin autobiographique, qui était en voie de devenir sa signature, à une autre forme, plus ambitieuse, plus costaude, le jeune auteur s\u2019est servi de la pièce de Racine comme d\u2019un point d\u2019ancrage.«Pour m\u2019aider, pour me rassurer, f avais la structure de base, les personnages de Racine, auxquels je me suis permis d\u2019ajouter Octavie, la copine de Néron.Rapidement, je me suis affranchi de Britannicus.L\u2019histoire s\u2019est peu à peu transformée.Je me suis notamment permis de dépasser le triangle amoureux en donnant des enjeux importants, pour ne pas dire démesurés, à tous les protagonistes.Au final, je pense que c\u2019est moins directement relié à moi que les deux pièces précédentes.La fiction a repris ses droits.» Ce n\u2019est finalement pas l\u2019auteur qui incarnera Néron, mais Renaud Lacelle-Bourdon.«Renaud a participé à la lecture d\u2019une première mouture de la pièce, explique Gagnon.Une version de 30 minutes présentée au Festival du Jamais lu de Québec.Après quMre minutes, fai su que c\u2019était lui qui devait jouer ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour Steve Gagnon, la banlieue est une métaphore de choix.Néron.Il était tellement bon, il avait tellement l\u2019énergie nécessaire.Je n\u2019ai même pas hésité, même pas ressenti un pincement au cœur.A partir de ce moment-là, fai écrit tout le reste du spectacle en pensant à lui.» Maison familiale Dans la banlieue imaginée par Steve Gagnon vivent Agrippine (Marie-Josée Bastien) et ses deux fils.Alors que Britannicus (Guillaume Perreault) emménage avec la belle Junie (Marie Soleil Dion) dans la maison familiale, Néron, son frère, se prend d\u2019une passion dévorante pour elle.Octavie (Claudiane Ruelland), femme de Néron, assiste, impuissante, au déferlement de la vague.«Je tenais à ce que ce soit très contemporain, explique le créateur.A vrai dire, nous voulions tous d\u2019un spectacle ancré dans nos préoccupations, sans pour autant rompre avec la tragédie, et même avec un certain lyrisme.Je souhaite que la parole se rende complètement au public, que le propos prenne le dessus.Il est avant tout question du désir d\u2019être immense, alors qu\u2019on est coincé depuis 25 ans dans le confort d\u2019une banlieue.Contrai- rement à Britannicus, qui est bonasse, qui se contente de ce qu\u2019il a, Néron est tourmenté, hanté par l\u2019appel de quelque chose de plus grand, de plus intense, de plus authentique.» Pour Steve Gagnon, la banlieue est une métaphore de choix, le lieu tout désigné pour un entrechoquement entre le grand et le petit.«Je ne voudrais pas avoir l\u2019air d\u2019en avoir contre la banlieue, précise-t-il.J\u2019en ai contre les tout-compris, les destins sans surprises, les vies écrites d\u2019avance, les maisons laides et toutes pareilles.J\u2019ai des amis qui rentrent dans le moule.Je les vois s\u2019emmitoufler, se résigner, accepter.C\u2019est comme si le confort primait, comme s\u2019il devançait tout.A mon avis, la source de réconfort, ça devrait être l\u2019autre, pas les biens matériels.» Collaborateur Le Devoir EN DESSOUS DE VOS CORPS JE TROUVERAI CE QUI EST IMMENSE ET QUI NE S\u2019ARRETE PAS Texte et mise en scène: Steve Cagnon.Une production de La Manufacture.A La Licorne, du T\u2019'octobre au 9 novembre 2013.La haine qui détraque Une autre relecture de Britannicus tient l\u2019affiche au même moment à Montréal.Du 9 au 25 octobre, le théâtre Denise-Pelletier présente Britannicus Now, une pièce de et avec Marilyn Perreault créée en 2011 à Sherbrooke par le Théâtre du Double Signe.Le texte mis en scène par Lilie Bergeron fait écho à la tragédie bien réelle d\u2019une adolescente de 14 ans d\u2019origine indienne, trouvée noyée après avoir été humiliée, harcelée, puis battue à mort en 1997, en Colombie-Britannique, par une bande de six adolescentes et un adolescent.«J\u2019ai été choquée et profondément remuée par cette histoire, a déclaré Perreault./e me suis demandé comment on peut à ce point haïr quelqu\u2019un qui est déjà fragile et vulnérable, comment on peut se rendre jusqu\u2019à la destruction mortelle d\u2019une personne du même âge que soi.Et fai pensé au Néron de Racine, le jeune empereur détraqué.C\u2019est exactement ce qu\u2019il fait à Britannicus.Il l\u2019envoie à la mort en se servant sournoisement de son amoureuse Junie.C\u2019est ainsi que fai commencé à échafauder mon projet.» Télé-Québec U 4559 PAPINEAU, MONTRÉAL / THEATRELALIC0RNE.COM / 514 523.2246 LA UNE PRÉSENTATION DE M 1 I [ ii T n 0 1 L \u2022 O P s I s RE5I STE TEXTES ENRAGES 03 AU 19 OCT.2013 CINQUIÈME SALLE DE LA PLACE DES ARTS RECHERCHE ET MONTAGE DES TEXTES OLIVIER KEMEID MISE EN SCENE LUGE PELLETIER AVEC lEAN-FRANÇOIS CASABONNE SHARON IBGUI OLIVIER MORIN MORENA PRATS MONIQUE SPAZIANI DAVID STRASBOURG COLLABORATEURS ROMAIN FABRE MARYLINE GAGNON CLAIRE L\u2019HEUREUX MATHIEU MARCIL MARJOLAINE PROVENÇAL laplacedesarts.com ***\u2019\u2019 514 842 2112/1 866 842 2112 Partenaire de production a\" Hydro Québec Québec S LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 E 5 CULTURE» MUSIQUE Valery Gergiev, le conquérant Le chef du Mariinski veut « conquérir le monde », décuplant ses offres aux jeunes et faisant de Saint-Pétersbourg un « géant culturel » CHRISTOPHE HUSS Grande visite à Montréal le 4 octobre puisque, grâce au producteur toron-tois Show One et à l\u2019accueil de l\u2019OSM, Valery Gergiev nous revient avec son Orchestre du Théâtre Mariinski et le grand Denis Matsuev au piano.Rachmaninov est au programme de cette soirée unique.En mai dernier, Valery Gergiev rayonnait en ouvrant un second Théâtre Mariinski \u2014 ou Mariinski II \u2014 dans son fief de Saint-Pétersbourg.La maison mère, le Mariinski, existe depuis 1783 et son orchestre y réside depuis 1860.Revigoré par Gergiev, l\u2019Orchestre Mariinski a même reçu en novembre 2006 le cadeau d\u2019une salle de concert, désormais appelée Mariinski III.Ce sont trois écrins dont dispose désormais la phalange de Valery Gergiev pour forger ses rêves de grandeur.Le vent tourne Le premier signe d\u2019un changement majeur \u2014 il nous l\u2019a relaté, autour d\u2019une table à Saint-Pétersbourg, en mai \u2014 c\u2019est la candidature d\u2019Allemands et même de deux Japonais lors des dernières auditions destinées à pourvoir des postes au sein de l\u2019orchestre.Des musiciens occidentaux et orientaux en quête d\u2019un travail en Russie: qui l\u2019eût cru il y a 20 ans ?L\u2019orchestre, composé de 180 membres il y a peu de temps encore, en compte aujourd\u2019hui 200, auxquels s\u2019ajoutent cinquante musiciens en période de probation pour une année, dont «certains se verront assurément offrir un contrat à temps plein», certifie le chef en entrevue au Devoir.Et dire que cette révolution musicale n\u2019a démarré qu\u2019en 1988.Et encore.Valery Gergiev voit les années 1988 à 1999 comme destinées avant tout à «assurer la survie et chercher un soutien étatique».Il se souvenait en mai dernier qu\u2019«e« février 1992, Placido Domingo fut le premier à venir à Saint-Pétersbourg et le premier à dire que les chanteurs de Saint-Pétersbourg aillent s\u2019exporter dans le monde».C\u2019est ce qui arriva, rapidement avec Olga Borodina, puis avec un phénomène mondial, aujourd\u2019hui emblématique: Anna Netrebko.Ces artistes n\u2019oublient jamais d\u2019où ils viennent et ont la reconnaissance chevillée au corps \\ «95% d\u2019entre eux reviennent chanter à Saint- cr/.V/'M?/, MARCO BORGGREVE Valery Gergiev sera à Montréal le 4 octobre avec son Orchestre du Théâtre Mariinski.Pétersbourg régulièrement», se réjouit Valery Gergiev.Le budget de la compagnie est de 160 millions de dollars pour ses activités en Russie.Si l\u2019on compte les activités du Mariinski à l\u2019étranger, cela dépasse 200 millions.Le chef a ainsi pu piloter, en mai 2009, la création d\u2019une étiquette discographique propre avec une philosophie opposée à la frilosité de l\u2019industrie phonographique : «Ne pas condamner un projet parce qu\u2019on a peur de perdre 5$ dessus.» Et, à la manière Gergiev, les choses vont vite.«En moins de cinq ans, nous avons environ vingt opéras ou ballets enregistrés en CD ou DVD, et nous finissons une intégrale des symphonies de Chostako-vitch.» Comme, pour Gergiev, «c\u2019est un cancer que de penser que chaque projet doit être rentable tout de suite», sont ainsi parus, sur étiquette Mariinski, l\u2019opéra Le nez de Chostakovitch, projet qui aurait été «normalement» jugé non viable, et, en DVD, Le joueur de Prokofiev.Pour Gergiev, la seule prestation de Vladimir Galouzine dans le rôle d\u2019Alexei aurait justifié l\u2019immortalisation de cette production en «risquant de perdre de l\u2019argent pour faire un grand enregistrement».Il se rattrapera sans doute en vendant son «Œdipus rex avec Gérard Depardieu».Ensuite, Gergiev remettra les concertos et symphonies de Le budget de la compagnie est de 160 millions pour ses activités en Russie Prokofiev sur l\u2019ouvrage, en DVD.Au violon, Leonidas Kava-kos; au piano, Denis Matsuev, Danül Trifonov, Sergei Babayan, Alexei Volodine et Alexander Toradze.L\u2019opéra nouveau On n\u2019en voit pas (encore) les projections ici, mais le Mariinski aussi a son lot de diffusions en direct dans les cinémas.La dernière en date, le 6 juin, était même en 3D : le ballet Le lac des cygnes de Tchaikovski.Gergiev ne pense pas a priori que les petites compagnies d\u2019opéra sont mises en péril par la diffusion au cinéma des spectacles des grandes institutions, mais il admet tout de même que «la régularité des projections du Met» pourrait être une chose «bonne mais dangereuse, car cela accroît la popularité de l\u2019opéra, mais impose des standards».Ces standards de qualité font-ils que des mélomanes en Sibérie iraient moins fréquemment dans leur propre théâtre?Gergiev n\u2019en sait rien, mais il ne croit pas que le modèle d\u2019affaires du Met soit le seul possible.«Je réfléchis à d\u2019autres pistes, concrètement» A peine quinze ans après la stabilisation de l\u2019institution, les objectifs sont nets: décupler l\u2019of fre envers les jeunes et «conquérir le monde» en faisant de Saint-Pétersbourg, dans 20 ou 25 ans, un «géant culturel».En ce qui concerne le jeune public, Mariinski III (la saUe de concert) est un outil majeur.«On peut avoir une fosse et présenter des productions légères comme La flûte enchantée de Mozart ou La nuit de Noël de Rimski-Korsakov.» Il en va de même dans les salles secondaires de Mariinski IL «L\u2019éducation prime: davantage de scolaires et d\u2019étudianp doivent venir dans nos salles.» A ce titre, le chef ne constate pas de perte de concentration de la part des jeunes qui nécessiterait d\u2019adapter ou de raccourcir les programmes.«Je vous promets que des jeunes Russes vont assister à des concerts, des ballets et des opéras!» A l\u2019entendre, si péremptoire, on se dit qu\u2019üs n\u2019auront pas le choix.Un autre pari, en tout cas, est en train d\u2019être gagné : amener les meilleurs jeunes musiciens russes à rester au pays.«Nous sommes mieux équipés pour offrir de meilleurs débouchés.Ce n\u2019est pas idéal encore, mais c\u2019est beaucoup mieux.Et nous offrons aux instrumentistes et chanteurs la possibilité de débuter dans le métier.» Reste à se demander si Valery Gergiev n\u2019est pas trop omniprésent.L\u2019institution Mariinski serait-elle mûre pour vivre sans lui?n promet que oui, nous parle de ses trois directeurs adjoints et nous assure que «l\u2019expérience augmente» et que «l\u2019expertise peut être élargie en développant les coopérations avec de grandes institutions».Gergiev lâche finalement: «Evidemment je veux me concentrer sur la musique.Ce ne sera pas une surprise si dans six mois, un an ou deux ans fan-nonce un changement dans mes responsabilités», c\u2019est-à-dire possiblement un passage de directeur général et artistique à un focus plus musical.Cela laissera du temps au chef pour promouvoir avec encore plus de force des œuvres, même nouvelles, à l\u2019instar du nouvel opéra de Rodion Chtchédrine, Levsha, d\u2019après Nikolai Leskov, créé cet été.«Le monde doit l\u2019entendre, et dans les trois ans nous l\u2019amènerons dans quatre ou cinq capitales.» Toujours conquérant, Vàéry Gergiev! Le Devoir VALERY GERGIEV Vendredi 4 octobre à 20 h à la Maison symphonique de Montréal.A voir: Le joueur de Prokofiev et Attila de Verdi sur DVD Mariinski.George Stamos LIKLIK PIK 2, 3, 4 octobre 20 h Performances au Bain Saint-Michel i -\tLES FILLES ÉLECTRIQUES MARCELLE HUDON 3^\tCHOREGRAPHE George Stamos r INTERPRÈTES Dany Desjardins, George Stamos ^\tRÉPÉTITRICE Sarah Williams CONCEPTION SONORE Jackie Gallant, George Stamos (extraits de La nuit des forains d\u2019Ingmar Bergman compositeur Karl-Birger Blomdahl) VIDÉASTES Dayna McLeod, George Stamos ÉCLAIRAGES Karine Gauthier UNE COPRODUCTION DE L\u2019AGORA DE LA DANSE BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORA DE LA DANSE WWW.AG0RADANSE.COM GEORGE STAMOS -l DANY DESJARDINS / PHOTO JONHY RANGER 7ET MAXIME RIOUX V FERMIÈRES OBSÉDÉES ¦2BOYS.TV LEFRÈRE DE LASANGSUE MÉLISSA GAGNÉ rjULIE DESROSIERS ¦ A \\ FILLES FOLLEN FANTASMAGORIES L\u2019OFF FESTIVAL DE JAZZ Les vertiges grisants de Marianne Trudel La pianiste présente vendredi un doublé avec deux trios GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Quand ils monteront sur la scène du Lion d\u2019Or, le 4 octobre, Marianne Trudel, William Parker et Hamid Drake n\u2019auront aucune idée du contenu de leur prestation.Improvisation libre et complète.Comme un grand saut dans l\u2019inconnu, avec un petit vertige à la clé.Et une belle façon de toucher à «l\u2019essence du jazz», selon Trudel.Figure active de l\u2019Off Festival de jazz depuis plusieurs années, la pianiste de 35 ans recevra ce soir-là deux pointures du jazz improvisé américain en Parker (contrebasse, 61 ans) et Drake (batterie, 58 ans).A trois, ils plongeront sans fdet, improvisant la totalité de la musique qui sera déployée.Un peu plus tôt en soirée, Trudel aura réchauffé le piano avec son trio montréalais composé de Morgan Moore (contrebasse) et Philippe Melanson (batterie).Là, l\u2019approche sera inverse, puisque le trio exécutera des compositions de Trudel \u2014 la plupart toutes fraîches.«Je voulais ce concept d\u2019avoir deux trios complètement contrastés, mais utilisant la même instrumentation, affirme-t-Cdt.Ça me permet aussi de toucher dans une même soirée aux deux volets de la musique qui m\u2019intéressent le plus: la composition et l\u2019improvisation.» L\u2019exercice auquel elle se livrera avec Parker et Drake \u2014 deux poids lourds du free jazz Des finances fragiles L\u2019Off Festival en est à sa 14® édition (la quatrième à être présentée à l\u2019automne), mais les finances de l\u2019événement demeurent fragiles, indique la direction.Une campagne de financement a été lancée dans les dernières semaines pour recueillir 10000$ avant le 15 novembre.Si l\u2019objectif est atteint, le programme Mécénat Placement Culture du Conseil des arts et des lettres du Québec ajoutera 30000$ à la cagnotte.Le budget annuel de l\u2019événement, quelque 200000$, est assuré à 40% par des subventions publiques, les revenus autonomes (ventes, billetterie, commandites) comblant le reste.L\u2019argent de la campagne de financement servira à mettre sur pied des projets spéciaux.\u2014 la branche particulièrement.Les trois ont tenté l\u2019expérience une première fois au Festival de jazz de Guelph il y a trois semaines.Avec beaucoup de bonheur, au goût de la pianiste.«Ce sont deux grands musiciens, mais aussi deux personnes extraordinaires, dit-elle.Généreuses, intègres.Ça compte quand vient le temps d\u2019improviser.Pour eux, la musique a une dimension vraiment spirituelle et ça transcende ce qu\u2019ils font.Ils ont un charisme et une présence très forte.Enfin, quand on s\u2019est rencontrés la première fois, on a échangé quelques mots et on s\u2019est mis à jouer presque immédiatement.Ça duré 90 minutes.A la fin, Hamid Drake a dit: on aurait vraiment dû enregistrer ça.» L\u2019oreille dicte C\u2019est la beauté de l\u2019improvisation, ajoute Trudel: on ne sait jamais où l\u2019exercice va mener.«On monte sur le stage, on s\u2019écoute, on joue, on saute vers l\u2019inconnu.L\u2019improvisation, c\u2019est tellement grisant, f adore.On travaille de manière très instinctive, en temps réel.Le point de départ, c\u2019est le premier son : c\u2019est un moment fascinant, parce qu\u2019on ne sait pas qui va commencer.Selon la personnalité des musiciens, certains ont tendance à prendre les devants et à garder le contrôle \u2014 l\u2019im-pro révèle beaucoup de la personnalité de chacun.Mais ce premier son nous informe de ce qui va se passer.» VOIR PAGE E 6 : VERTIGES Rencontre avec Lorraine Pintal À la recherche d'Albertine Le monde de Michel Tremblay Jeudi 3 octobre 19 h 30 Crédit photo : Jean-François GratKm Beaucoup plus qu\u2019une librairie! 2653 Masson, Montréal, Qc édViiauUnes LIBRAIRIE 514 849-3585 Contribution suggérée : 5^ % USINE 0 ACCLAMEE DE PAR LE MONDE ET RECIPIENDAIRE D\u2019ON LION D\u2019OR À LA RIENNALE DE VENISE.RINHSHI I CHRIS HARING/LIQIJIPFT [AUTRICHE] 08-09-10 OCTOBRE Austrian cultural foruin= lYalDnenomênâTcôm 1345, AV.LALONDE, MONTRÉAL I 514 521-4433 I ADMISSION.COM I USINE-O.OOM Iiîf^ir495 1515 LE DEVOIR âssf£~ssîsr\u2018\tHiSSSSu ¦SISÊSÎS E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 201 CULTURE >MIISI(>ÜE RANDY COLE Marianne Trudel se produit au Lion d\u2019Or le 4 octobre prochain.VERTIGES SUITE DE LA PAGE E 5 Il n\u2019y a donc pas de structure établie, pas de pièces autour desquetes travailler.«C\u2019est une suite de décisions qui sont prises dans le moment, explique Marianne Trudel.Et dans l\u2019idéal, on ne décide pas avec sa tête: c\u2019est l\u2019oreille et la musique qui guident.C\u2019est ça qui est grisant: si on est vraiment dans le bon état d\u2019ouverture, c\u2019est la musique qui dicte la suite des choses.Il faut être à 100% dans le moment.Le jeu de l\u2019un influence celui de l\u2019autre.Si Hamid Drake change subitement de groove, je suis affectée et je dois réagir.Tout est question de symbiose et d\u2019interinfluence.» Sur le plan harmonique, l\u2019exercice implique de ne pas chercher à repousser les limites de la complexité, dit la pianiste.«C\u2019est plausible qu\u2019on sente une certaine progression harmonique, qu\u2019on la détecte et qu\u2019on s\u2019adapte.Mais le but n\u2019est pas de faire des progressions très élaborées, ce serait pratiquement impossible.» N\u2019empêche que le concert du 4 octobre pourra permettre au trio d\u2019aller un peu plus loin qu\u2019à Guelph, estime Trudel.Il y a désormais un territoire de défriché.Quelques balises ont été établies.«Il y avait beaucoup d\u2019adrénaline le premier soir, la salle était pleine, ra-conte-t-elle.On connaît maintenant certaines zones.La question, c\u2019est maintenant de savoir: \u201cWhat\u2019s next?\u201d» Et s\u2019il y a toujours un point d\u2019interrogation lié à ce type de performance, Marianne Trudel soutient que c\u2019est précisément ce type de «vertige qui représente l\u2019essence du jazz.Monter sur scène sans savoir exactement ce qui va se passer.Etre dans le moment, toujours».Le Devoir En spectacle au Lion d\u2019Or le 4 octobre à 20 h et à 21 h 30, dans le cadre de l\u2019OffEestival de jazz qui se déroule du 3 au 12 octobre.Un nouvel album pour Christine Jensen Autre spectacle attendu de l\u2019Off Festival : celui présentant le nouvel album de la saxophoniste et compositrice Christine Jensen, Habitat.Le projet fait suite au très solide disque Treelines, sorti il y a trois ans.C\u2019est essentiellement le même big band qui s\u2019active ici autour des compositions de la Montréalaise d\u2019adoption.Le Christine Jensen Jazz Orchestra compte notamment dans ses rangs les saxophonistes Alexandre Côté, Joel Miller, Chet Doxas et Samuel Blais, les trombonistes Jean-Nicolas Trottier, Dave Martin et Dave Grott, Jocelyn Couture et trois collèges à la trompette, le pianiste John Roney.Un total de 18 musiciens au service d\u2019une musique qui a toutes les qualités du genre : explosive, nuancée, contrastée, le juste mélange de richesse harmonique, rythmique et mélodique.En spectacle au Lion d\u2019Or le 3 octobre.Jimmy Hunt, maître de son destin Avec Maladie d\u2019amour^ Hunt brise son moule fleur bleue à coup de synthétiseur, au nom de la musique et de la liberté PHILIPPE PAPINEAU ^ sa façon de parler A depuis près d\u2019une heure, c\u2019est comme si Jimmy Hunt avait peur de s\u2019empêtrer ou de s\u2019emprisonner.Comme si le jour où il tomberait dans la routine serait le jour de sa mort.Ce n\u2019est pas vraiment du sabotage, mais l\u2019auteur-com-positeur-interprète cherche la liberté, dans sa vie comme dans sa création.Le parcours musical du filiforme guitariste est d\u2019ailleurs parsemé de virages.Après des débuts d\u2019homme-orches-tre.Hunt, un natif de Saint-Nicolas, en banlieue de Québec, est passé au rock un peu rétro avec son groupe Chocolat.Leur mini-album était bien sale, puis leur disque, plutôt classe.Entendu sur le duo Pour un infidèle de Cœur de pirate, Jimmy a aussi fait son bout de chemin en solo, avec un album de chansons pop très fleur bleue, quoiqu\u2019un brin iro-niques, qui l\u2019a révélé à un tout nouveau public en 2010.Le chanteur à la voix nasillarde récoltera même deux nominations à l\u2019ADISQ, pour l\u2019album folk contemporain et comme révélation de l\u2019année.Autant de tournants empruntés pour surprendre, et plus profondément pour rester maître de son destin.N\u2019ayant pas de métier, avouant ne pas trop avoir fréquenté les bancs d\u2019école malgré son érudition, Jimmy Hunt a toujours flirté avec les projets où il avait le contrôle.Quvrir un café ou un resto, écrire un livre, faire du dessin.«Ya toujours cette no-tion-là de faire ma propre affaire, avoue Jimmy Hunt J\u2019en ai eu, des jobs, fen ai eu, des patrons, comme tout le monde.mais bof!» Casser le moule Son plus récent changement de voie ?Ce Maladie d\u2019amour, nouvel effort baigné dans un univers synthético-kitsch où sa plume est plus acerbe.En bref, un disque qui n\u2019est pas vraiment dans la continuité de son disque précédent.«Quand fai commencé à faire Maladie d\u2019amour, c\u2019était vraiment une réaction au milieu dans lequel mon précédent disque m\u2019avait amené, c\u2019est-à-dire la chanson.C\u2019est un créneau plus conservateur, plus dans le mot que dans la musique.Un moment donné, je me suis senti pris au jeu, et fêtais aussi rendu inconsciemment à me prendre ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le nouvel effort musical de Jimmy Hunt est baigné dans un univers synthético-kitsch où sa plume est plus acerbe.plus au premier degré.Notre public, les attentes, et ce qu\u2019il y a autour de nous, ça nous formate, finalement.» Jimmy Hunt a donc volontairement tassé les meubles, repeint les murs, ramené la liberté.Le piano est entré dans sa composition, et il a aussi fait appel à Christophe Lamarche et à ses synthétiseurs Modu- « L\u2019idée c\u2019était surtout qu\u2019il y de place pour la musique que pour les mots» lar, qui permettent en quelque sorte de concevoir soi-même des textures sonores.«Pour moi, c\u2019est un album pour casser mes habitudes, explique Jimmy Hunt.J\u2019avais quand même un pattern, une manière de composer, et fai essayé de déformer ça pour découvrir autre chose.On a eu un premier jet de l\u2019album, qui allait plus vers l\u2019électro, mais je me suis ravisé finalement.C\u2019était super beau, mai^ fen ai parlé avec Emmanuel [Ethier, son guitariste], et on a rééquilibré ça, pour que ce soit moins extrême.» Maladie d\u2019amour demande un peu plus d\u2019effort de la part de l\u2019auditeur que pour les Ma- a plus thilde.Motocross et Everything Crash du dernier disque.Mais les plus patients y trouveront leur compte, à moins d\u2019être allergiques aux sons de synthèse des années 1970 et 1980.Le musicien évoque Sébastien Tellier et Jean-Michel Jarre, tout comme l\u2019ital-disco de Giorgio Moroder ou le Gainsbourg de L\u2019homme à tête de chou.«L\u2019idée, c\u2019était surtout qu\u2019il y ait plus de place pour la musique que pour les mots, résume Hunt, 36 ans.Et sans abuser d\u2019une nostalgie des claviers, dès que ça se rapprochait des synthés d\u2019un vieux documentaire scientifique ou d\u2019une animation pour enfants, ça touchait une corde sensible et je voulais exploiter ce sentiment-là ! » Incisifs Quant aux paroles, moins nombreuses, elles montrent un Jimmy Hunt beaucoup moins porté sur l\u2019amour pur.Si sur son précédent disque il s\u2019était forcé à garder même les phrases les plus sentimentales, Hunt a ici évité de retrancher les mots plus incisifs.«Il y a des mots qui font ouch», dit en rigolant le chanteur, ins- piré entre autres par l\u2019auteur Christian Bobin, à qui il dédie une chanson.Dans Au-dessus du monde, il y a la \u201cfabuleuse érection\u201d à la deuxième phrase.Dans Un nouveau corps, c\u2019est très ambigu, les références sont un peu troubles.Bref, sur le disque, il y a une spiritualité, une sorte de foi, mélangé à l\u2019amour purement physique.C\u2019est l\u2019intérieur et l\u2019extérieur, et y\u2019a pas l\u2019entre-deux, qui serait le romantisme.» Ces belles audaces relèvent-elles du pari risqué pour sa carrière ?Qn pourrait répondre par une autre question: Jimmy Hunt veut-il à tout prix une carrière?«Tu sais, peut-être que ça va d\u2019une certaine façon filtrer le public qui va me suivre.J\u2019ai envie de protéger une certaine liberté créative.Car si tu fais trois albums qui se ressemblent un peu, les gens tiennent pour acquis que c\u2019est ça que tu fais.Là, on l\u2019annonce le plus tôt possible: ce que je fais peut aller dans n\u2019importe quelle direction.» Le Devoir D Écouter > La pièce Marie-Marthe tirée de l\u2019album Maladie d\u2019amour, ledevoir.com/culture/musique 30 saison À QUÉBEC VIOLONS^ DU ROY SAISON 2013.2014 LACHAPELLE DE QUÉBEC BERNARD LABADIE Une étoile du Metropolitan Opéra de New York.\tLAVOIX GRANDIOSE DE ^TFPHANIF RIYTHF Une vedette du Ring de Robert Lepage.Une voix digne des légendes de l\u2019opéra.Une toute première rencontre avec Bernard Labadie et Les Violons du Roy.\t01 LmHlilL DLI 1 flL Jeudi 10 octobre à 20 h Palais Montcalm Samedi 12 octobre à 19 h 30 Maison svmohoniaue de Montréal Bernard Labadie, chef /Stephanie Blythe, mezzo-soprano AU PROGRAMME HAYDN Arianna a Naxos HANDEL Trois airs extraits de Giubo Cesare BACH Suite pour orchestre n\u201c 4 TELEMANN Suite pour orchestre en do majeur PALAIS mOntcalm /ytaiSon de./a.418 641 -6040 / 1 877 641 -6040 laplacedesarts.com Vèr 514 842 2112/1866 842 2112\t \tPARTENAIRE DE SAISON A QUEBEC\tPARTENAIRE DE SAISON A MONTREAL Q^oilébec\tLaCapital?\tLE DEVOIR Groupe financier \t % musique % ancienne I montréaL ABONNEMENT EN COURS 514861-2626 www.smamontreal.ca DU MONT, DELALANDE, CAMPRA ET MONDONVILLE Christopher Jackson Chef Studio de musique ancienne de Montréal Ensemble vocal avec solistes et grand orchestre NOTES CÉLESTES POUR VOTRE ALTESSE ® ATWATER ÉGUSE SAINT-LÉON DE WESTMOUNT 6 OCTOBRE 2013 14H Conseil des erts et des lettres Québec nn Canada Council Conseil des arts for the Arts\tdu Canada CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 20IS E 7 CULTURE )DANSE Ils tombent tous pour les danses urbaines Issu des rues du Bronx, le breakdance a glissé vers les scènes professionnelles du high art FREDERIQUE DOYON Les danses urbaines envahissent l\u2019automne.Tangente lance ces jours-ci sa saison avec une performance teintée de pantsula, danse de résistance des townships sud-africains, puis ouvre et clôt le mois d\u2019octobre avec des tandems de créateurs inspirés par le breakdance.Mais qu\u2019est-ce qui fait tourner ces danseurs sur leur tête ?«Ily a manifestement un effet de mode», signale Pamela Schneider, pionnière de la scène de breakdance de Montréal avec le collectif Solid State, qui propqsait sa première création à Tangente en 2001.A l\u2019époque, les shows de hip-hop de scène étaient marginaux.Depuis, et en Europe encore plus vite qu\u2019ici, la culture hip-hop a investi les théâtres.Le glissement d\u2019un art populaire, issu des rues du Bronx, vers les scènes professionnelles du high art a eu lieu.De même que la musique hip-hop prend d\u2019assaut les ondes, que ses breakbeat s\u2019infiltrent dans les compositions les plus diverses, les figures du breakdance se répandent dans les phrasés chorégraphiques contemporains.«Cette esthétique venue des danses urbaines atteint un seuil de maiurité», estime Dena Davida, commissaire et fondatrice de Tangente, qui a vu les modes passer et les langages du corps rester pour évoluer.Si la concentration de propositions à forte influence urbaine au programme du diffuseur découle «un peu du hasard», dit-elle, elle est aussi le fruit d\u2019une première génération d\u2019artistes qui ont enfoncé des portes et multiplié les modèles.Chorégraphies minutieuses Solid State et le Rubberbandance Group de Victor Quijada \u2014 notamment avec son Post Hip Hop Project en 2009 \u2014 ont servi de catalyseur et de laboratoire pour la génération d\u2019artistes qui émerge aujourd\u2019hui.«Victor nous a ouvert la voie», affirme le danseur et chorégraphe David Albert-Toth, qui a bénéficié de son mentorat.Cette jeune génération «se tient un peu moins près des racines que la précédente, selon Dena Davida.Ce qu\u2019elle préserve, c\u2019est l\u2019énergie physique, le vocabulaire et ses possibilités très athlétiques».On est loin de la facture directe des battles où b-boys et b-girls improvisent leurs figures.«Les mouvements sont minutieusement chorégraphiés», souligne la commissaire, même si un certain esprit de liberté, de spontanéité demeure.JUSTIN DESFORGES Caroline Gravel, Milan Panet-Gigon, Jody Hegel et Lael Stellick pour In Mixed Company.«La danse urbaine n\u2019est plus à l\u2019avant-plan de ma démarche; c\u2019est devenu un contenu, un bagage de vocabulaire» dans lequel puise le corps, confie David Albert-Toth, qui a baigné dans le hip-hop avant de faire son baccalauréat en danse contemporaine.Il forme aujourd\u2019hui le tandem Parts + La-bour_Danse avec Emily Gualtieri, qui prépare une soirée complète à Tangente à la fin d\u2019octobre.Au-delà de l\u2019énergie du break, il croit que les nouvelles générations chérissent aussi «l\u2019étude du corps» que permet la danse urbaine: ses techniques au sol ont outillé la danse contemporaine.Repousser les limites Même les artistes qui restent plus fidèles au style du hip-hop, comme Emmanuelle Lê Phan et Ismaël Mouaraki (qui ouvrait la saison du MAI_Montréal Arts interculturels le week-end dernier), créent dans un esprit de défrichage.Car l\u2019innovation est dans l\u2019ADN de la danse urbaine, selon Albert-Toth.«C\u2019est mon mode d\u2019expression, je suis une b-girl», affirme Emmanuelle Lê Phan, qui a également cofondé Solid State, dansé pour Rubberbandance et participé à la création du spectacle sur les BeaÜes du Cirque du Soleil.C\u2019est là qu\u2019elle a d\u2019ailleurs rencontré son partenaire Elon Hôglund, avec qui elle forme la compagnie Tentacle Tribe.«On veut repousser les limites de ces formes, on essaie de gommer les styles en les fusionnant.» Outre les éléments de break et de popping, les deux performeurs intègrent aussi des éléments d\u2019arts martiaux et de capoeira pour alimenter le travail de partenaire déjà important en hip-hop.«C\u2019est une forme de danse qui évolue tellement vite aujourd\u2019hui, poursuit la jeune femme.C\u2019est beaucoup les jeunes qui l\u2019adoptent et trouvent de nouvelles façons de faire bouger le corps.» Même Pamela Schneider reconnaît que le phénomène dépasse la seule tendance passagère, car cette danse est une manière privilégiée «d\u2019entrer en contact avec le jeune public, qui cherche des modèles» d\u2019émulation.Lê Phan souligne aussi la vitalité de la scène plus pure et dure du hip-hop et du breakdance à Montréal, qui mène le festival Bust and Move depuis 2005 et peut aussi compter sur la soirée YURA LIAMIN Emmanuelle Lê Phan et Elon Hôglund lOOlux organisée depuis l\u2019an dernier par le duo Eorêt Noire.«Montréal est moins influencée par la danse commerciale que Toronto; on cherche plus à faire évoluer la danse et les battles.» Par quoi explique-t-elle l\u2019attrait des danses urbaines chez les jeunes?Par l\u2019aspect athlétique, la prédominance du rythme, de la musicalité.Et peut-être la mise en scène de soi qu\u2019elle cultive et qui pousse au dépassement, si emblématique de notre époque.Le Devoir NOBODY LIKES A PDŒLATED SQUID de Tentacle Tribe, dans une soirée partagée avec STOICTEMENT {A}STATIQUE d\u2019Élise Bergeron et Philippe Poirier et DIFFRACTION d\u2019Evelyn Laforest et Rémi Laurin-Ouellette, au Monument-National du 3 au 6 octobre.LA CHUTE ET IN MKED COMPANY de Parts + Labour_Danse, au Monument-National, du 31 octobre au 3 novembre.FACULT L\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal sous la direction de JEAN-FRANÇOIS RIVEST présente LA PLACE DE L\u2019HOMME DANS LA NATURE D\u2019APRÈS HUBERT REEVES avec la diffusion de témoignages du réputé astrophysicien Samedi 5 octobre 2013,19 h 30 Église Saint-Jean-Baptiste 309, me Rachel est, Montréal CONCERT INAUGURAL GRATUIT/20^ SAISON Au programme : BEETHOVEN - Symphonie n° 6, « Pastorale » BLOCH - Schelomo Soliste : Valentin Bajou, violoncelle FOCCROULLE - Due Soliste : François-Nicolas Guertin, baryton VACCHI - Dai calanchi di Sabbiuno SEAN CLARKE - Ouverture de Lucrèce (lauréat du Concours de composition 2012 de l\u2019OUM) Renseignements : 514 343-6427 www.musique.umontreal.ca MusUdeM Université de Montréal MONTREAL CHRISTINE JENSEN JAZZ ORCHESTRA - ALECWALKINGTON\u2019S CONTRABAND MARIANNETRUDEL + MORGAN MOORE + PHILIPPE MELANSON MARIANNETRUDEL + WILLIAM PARKER + HAMID DRAKE TRIO DEROME GUILBEAULTTANGUAY - CÉDRIC DIND-LAVOIE QUARTET CHET DOXAS QUARTET - TILTING - JANIS STEPRANS QUARTET - JEFF JOHNSTON TRIO MEND HAM - BENJAMIN DESCHAMPS QUARTET - LANCEMENT 3 SAX EXPRESSION ENSEMBLE RÉMI-JEAN LEBLANC - ISIS GIRALDO POETRY PROJECT LISANNETREMBLAY 4TET - QUARTETSKI DOES STRAVINSKY -THEYOUJSH CRAIG PEDERSEN QUARTET - MARGIN GARBULINSKI QUINTET - NORDESTTRIO LITANIA PROJEKT - JOEL KERR QUARTET - RENÉE YOXON & MARK FERGUSON JOHN RONEY &JAZZLAB ORCHESTRA + MARK FELDMAN 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage mtdmMtnt Québec DI caissede laculture des Mnements culturels MontréaU LE DEVOIR E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 CULTURE>DE VISU De la nécessité de la critique institutionnelle ANARCHISME SANS ADJECTIF.SUR LE TRAVAIL DE CHRISTOPHER D\u2019ARCANGELO, 1975-1979 A la galerie Leonard et Bina Ellen, jusqu\u2019au 26 octobre.NICOLAS MAVRIKAKIS \\ A la galerie Leonard et Bina Ellen se tient encore une fois une exposition majeure pour l\u2019histoire de l\u2019art contemporain.Et elle porte à nouveau sur la remémoration et l\u2019écriture de l\u2019art conceptuel.Rappelons comment l\u2019an dernier, dans cette galerie, furent présentés les deux volets de Trafic: l\u2019art conceptuel au Canada 1965-1980, événement incontournable qu\u2019il était essentiel de réaliser et dont on se demande encore pourquoi et par quel mystère il n\u2019avait jamais été fait auparavant.L\u2019exposition Anarchisme sans adjectif Sur le travail de Christopher D\u2019Arcangelo, 1975-1979, qui a lieu ces jours-ci au même endroit, aurait elle aussi pu être présentée dans un musée.Mais, que voulez-vous, nos institutions semblent bien frileuses.La dictature du tourniquet aura-t-elle la peau de l\u2019idée du musée comme lieu de recherche ?Encore une fois, nous avons la preuve que ce sont avant tout les galeries universitaires qui maintenant font (ou présentent) le travail de fond qui était autrefois dévolu aux musées.Une simple sortie de Toubli ?Cette expo pourrait être décrite comme étant celle de la redécouverte ou tout au moins de la revalorisation d\u2019un artiste un peu oublié.Christopher D\u2019Arcangelo, qui s\u2019est suicidé en avril 1979 à l\u2019âge de 24 ans, a eu une production très restreinte : une dizaine d\u2019interventions réalisées durant cinq ans.Néanmoins, elle a été marquante.Par exemple, son travail joue un rôle clé dans le célèbre article « Unwritten His- PAUL LITHERLAND Vue de l\u2019exposition (Rainer Oldendorf) Anarchisme sans adjectif.Sur le travail de Christopher D\u2019Arcangelo, 1975-1979 à la galerie Leonard & Bina Ellen, 2013.tories of Conceptuel Art» de l\u2019historien de l\u2019art Thomas Crow.Cette « redécouverte » méritait à elle seule que les conservateurs (Dean Inkster et Sébastien Pluot, avec la collaboration de Michèle Thériault) aient monté cette présentation.Sur son travail, aucune monographie n\u2019avait été constituée, aucune rétrospective n\u2019avait été montée.11 faut dire que D\u2019Arcangelo travaillait sur la disparition, l\u2019effacement.Une réflexion sur Técriture de Thistoire Mais cette présentation est beaucoup plus qu\u2019une simple sortie de l\u2019oubli.Elle est une occasion de réfléchir à l\u2019histoire comme reconstruction du passé.Elle s\u2019intéresse aussi à l\u2019im- pact d\u2019une pratique éphémère sur l\u2019écriture de l\u2019histoire de Part.En nous référant encore à Thomas Crow, nous pourrions aussi dire que cette œuvre est une manière de redéfinir l\u2019histoire des arts en dehors de la suprématie de l\u2019image.Dans cet esprit, les commissaires ont donc opté pour l\u2019idée de ne pas exposer de photos des œuvres.Quelques-unes le sont, mais juste de courts moments dans des vidéos.L\u2019expo s\u2019ancre dans des témoignages, principalement d\u2019amis artistes (Lawrence Weiner, Daniel Buren, Peter Nadin.), et sur l\u2019écho des questions que D\u2019Arcangelo posait chez des artistes contemporains, dont plusieurs invités pour l\u2019occasion (Ben Kinmont, Sophie Bélair Clément, Pierre Leguillon.).Cela démontre comment l\u2019histoire de l\u2019art n\u2019est pas juste une écriture des faits passés, mais qu\u2019elle rend compte de l\u2019impact d\u2019une œuvre sur la durée, soqvent sur des générations.Etant donné la quasi-absence d\u2019images des œuvres D\u2019Arcangelo dans cette expo, devrais-je alors moi-même ne pas vous en dire plus, vous laisser sans aucune image (représentation mentale) de son travail?La liste complète de ses œuvres n\u2019est d\u2019ailleurs accessible qu\u2019en en faisant la demande au comptoir de réception.Disons, néanmoins, qu\u2019il a en particulier réalisé toute une série d\u2019interventions dans des musées, sur ce que l\u2019on nomme de nos jours la critique institutionnelle.Par exemple, durant la Biennale de la Whitney en 1975, il s\u2019est enchaîné à l\u2019entrée de ce musée, torse nu, portant sur son dos une déclaration anarchiste qu\u2019il a souvent utüisée.Dans un autre cas, au Musée du Louvre en 1978, il a enlevé du mur un tableau de Thomas Gainsborough afin de le déposer sur le sol, remplaçant cette œuvre par un commentaire sur l\u2019art que je vous laisse découvrir.Collaborateur Le Devoir GALERIE AFTER BACON / MUYBRIDGE Sorel Cohen Galerie Donald Browne Jusqu\u2019au 12 octobre DETAIL D\u2019AFTER BACON/MUYBRIDGE: COUPLED FIGURES/OVER AND UNDER, SOREL COHEN, 1980.C\u2019est un trésor qui attend les visiteurs à la galerie Donald Browne, où les cimaises sont toutes dédiées à la notoire série After Bacon / Muybridge (1979) de Sorel Cohen, notamment conservée dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada.Trésor, parce que l\u2019exposition a pris forme grâce à une découverte par l\u2019artiste de tirages d\u2019époque qu\u2019eUe avait oubliés dans le fond d\u2019une caisse.Sans le savoir, ce n\u2019est pas seulement deux impressions argentiques (noir et blanc), mais également quatre impressions chromogènes (couleurs), datées de 1980, qu\u2019elle déposait chez l\u2019encadreur.La trouvaille faite, l\u2019exposition s\u2019imposait.La série a pour sujet des lutteurs gréco-romains que l\u2019artiste a photographiés en action, dévoilant pour chacune des séquences des prises spécifiques à cette discipline.Cohen revisitait ainsi un motif cher au peintre anglais Francis Bacon, qui lui avait pour modèle les chronophotographies d\u2019Eadweard Muybridge.Par ce retour de la peinture à la photographie, la série livre un double corps à corps; dans les flous provoqués par la vitesse d\u2019obturation lente se révèlent autrement la charge homoérotique de ces nus masculins, mais aussi une indétermination troublante entre le pictural elle photographique.Marie-Eve Charron lA Voir aussi > Des gaieries photos pour chacune \" des expositions critiquées dans cette page.ledevoir.com/culture/arts- visuels 16 novembre Les Gauguin, Degas, Matisse de la COLLECTION WILLIAM S.PALEY au Musée à Québec! En préparation pour mars 2014 PHILADELPHIE et NEW YORK Jonas Kaufmann au Metropolitan Opera.^^%\u20acaux [detours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec 0 LA GUILDE CANADIENNE DES METIERS D'ART PRESENTE Icône et iconographie dans l\u2019art des Premières Nations Un panel animé par le Professeur Norman CORNETT* /l/?77S7'fS//Vl//7rS \u2022\tGinette AUBIN, malécite/graveure \u2022\tDenis CHARETTE, algonquin/sculpteur et graveur \u2022\tChristine SIOUI, abénakis/sculpteure etgraveure 11 i'i I i RiM DJ ii\tkf II EI : I ÉGLISE ST-ANDREW ET ST-PAUL, 3419 RUE REDPATH, MONTRÉAL RSVP: 514-849-6091/Places limitées Professeur, spécialiste en études religieuses et critique d'art.Norman CORNETT, Ph.D., publie dans diverses revues canadiennes et américaines.Il est aussi professeur invité dans plusieurs universités d'Amérique du Nord et d'Europe.Guilde canadienne des métiers d\u2019art Canadian Guild of Crafts 1460-B, rue Sherbrooke Ouest Montréal, QC H3G1K4 T 514.849.6091 www.guildecanadiennedesmetiersdart.com Une exposition rassembiant ies œuvres de ces artistes est présentée à ia Guiide jusqu'au 12 octobre 2013 Un Mois ou trop plein ou trop simple DRONE.LTIVÎAGE AUTOMATISEE Mois de la photo à Montréal, différents lieux, jusqu\u2019au 5 octobre (sauf indication contraire).JÉRÔME DELGADO On s\u2019attendait de l\u2019actuel Mois de la photo, et de son intitulé Drone.L\u2019image automatisée, qu\u2019il en émerge quelques traits.La banalité des images ou la présence notoire de machines, notamment.C\u2019est le cas.On s\u2019attendait moins à ce que l\u2019ensemble manque de cohérence et de relief Excepté quelques cohabitations heureuses, voire quelques œuvres percutantes, l\u2019événement, 13® du genre, se présente comme un caphar-naüm sans âme.Est-ce le résultat d\u2019images captées de manière automatique et infinie ?Impossible de le voir autrement devant le déroutant rassemblement de projets à la Fonderie Darling.Dans sa vaste salle, dans ce qui a l\u2019apparence d\u2019être une seule exposition, les huit installations photo et vidéo s\u2019embêtent plus qu\u2019elles se complètent.Le commissaire invité Paul Wombell a opté pour une pleine occupation de l\u2019espace.Choix risqué, d\u2019autant plus qu\u2019ü y a placé certains des projets basés sur l\u2019accumulation d\u2019images sans grande signification.Les innombrables couchers de soleil que Penelope Umbrico trouve sur Internet et les scènes d\u2019un prestigieux bal viennois prises par des caméras de surveillance et rassemblées par Jules Spinatsch se répondent peut-être avec justesse.Mais ce face-à-face où fierté de soi et dévoilement de vies privées se a *4 II SIS ISl'fî\u201d .fl un '«a M il M w»*r:inrm tu, : rj ip 1 tviülfE'If I3if1 tï ü' *4 0, 100.0 k.\t\u2022\t.\tk\t.O.^ .'\u2019¦SBiViE* _________ îk \u2018 __________________________kl CORINA ILEA La Fonderie Darling présente un corpus de photographies de Michael Wesely réalisées sur de longues périodes d\u2019exposition.confrontent finit par se tirer dans le pied.C\u2019est de fexcès.à outrance.On respire mal ici, on manque de recul devant les mosaïques d\u2019Umbrico et de Spinatsch.Et devant les autres œuvres coincées dans cette salle, qui n\u2019avait jamais paru aussi petite.L\u2019installation cinétique de Pascal Dufaux, Le cosmos dans lequel nous sommes, est parmi celles qui empiètent sur notre passage sans vraiment qu\u2019on la remarque.Cette machine rotative gagne pourtant à être bien entourée, elle qui filme tout ce qui bouge, à l\u2019image des sondes spatiales qui l\u2019ont inspirée.Un brin anachronique Etonnamment, la petite salle de la Fonderie Darling ne présente qu\u2019un corpus de photographies, celles de Michael Wesely, réalisées sur de très longues périodes d\u2019exposition \u2014 jusqu\u2019à 26 heures.Ce déséquilibre entre un espace bien plein et un autre plutôt vide reflète le reste du Mois de la photo, davantage axé sur le principe d\u2019une expo, une œuvre.Difficile dans ces conditions de voir l\u2019unité derrière la disparité.Qu\u2019est-ce qu\u2019une image automatisée?Pas facile d\u2019y répondre, tellement l\u2019événement et ses 24 expos \u2014 s\u2019agit-il d\u2019un tout?\u2014 couvrent large.Dans les photos noir et blanc de Donovan Wylie, artiste irlandais, et d\u2019ilse Bing, figure du Bauhaus moderniste (au Centre canadien d\u2019architecture, jusqu\u2019au 5 janvier) , il est même ardu de trouver le lien avec le thème.Tirés d\u2019époques lointaines, les deux corpus sont issus de reportages dans des lieux refermés sur eux-mêmes, soit une prison ou un complexe d\u2019habitation.Leur supposé rapprochement \u2014 ils sont campés dans deux espaces bien distincts \u2014 n\u2019est cependant pas sans intérêt.Le portrait d\u2019outils photographiques analogiques que livre Michel Campeau dans sa série Splendeur et fétichisme indus- Salle ® Alfred-Pellan CRÉDIT IMAGE lElenaWillis PinkUmbretta 20i3ldetail| Expositions ELENA WILLIS Cohésion Commissaire : Sylvain Campeau JEFFREY POIRIER Contenir i essaim Expositions au MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval ^ Montmorency H 311 ou 450 662-4440 www.viüe.laval.qc.ca, onglet Culture Visite commentée; 29 septembre, à 14 h 30 Catalogue d\u2019Elena WiUis disponible [LS24L Québec U U Québec! triels (au Musée des beaux-arts de Montréal, jusqu\u2019au 10 novembre) semble hors sujet.Les images sont bel et bien prises par l\u2019artiste; des choix ont été faits au moment de photographier.Il est où, le drone?Dans le détail, mais c\u2019est un peu tiré par les cheveux.Qn y trouve le rappel qu\u2019à une autre époque, le photographe pouvait déjà s\u2019appuyer sur un minimum de programmation.Aussi, Campeau donne à ses appareils leur personnalité, en fait des individus avec une histoire, un vécu.Ce détournement technologique, ce retour-hommage à une autre photographie, Véronique Ducharme l\u2019exécute autrement dans son installation Encounters (à la galerie B-312, du Belgo).Ses images captées en forêt avec les dispositifs propres aux chasseurs \u2014 des caméras programmées et isolées \u2014 ne répondent pas aux critères esthétiques de Campeau; elles sont floues ou surexposées, mal cadrées et sans intérêt hors du contexte de la chasse.C\u2019est dans leur mise en espace, en tant qu\u2019installation, que ces photos prennent du galon.Un brin anachronique, l\u2019artiste les a d\u2019abord transformées en diapositives, les a rendues analogiques, et c\u2019est à travers une bruyante machine qu\u2019elles sont projetées sur les murs de la galerie.Un clic nous donne le signal de l\u2019apparition d\u2019une nouvelle image et nous plonge dans une « rencontre » similaire à celle vécue par les animaux devant la caméra.Qui trop embrasse.Au centre MAI, un autre cas de détournement est au cœur des deux projets exposés, ceux de Tomoko Sawada et du collectif Wassinklundgren.Les deux consistent en des images de photomaton, beaucoup d\u2019images.Dans ID400 (1998), à la manière d\u2019une Cyndi Sherman, la première a travesti son look et fessence de cet objet censé produire des photos d\u2019identité.Répété inlassablement, l\u2019exercice propose une sorte de victoire de l\u2019individu sur la machine.Les seconds ont placé un miroir dans le champ de vision de la caméra.En captant l\u2019environnement extérieur du photomaton, Wassinklundgren renverse les intentions de ce drone immobile.Le résultat fait sourire, sans plus.Au MAI, comme dans les lieux où les œuvres sont peu nombreuses, la banalité des images finit par avoir le dessus sur le propos.C\u2019est le paradoxe de ce 13® Mois.Un trop plein de choses épuise; des projets esseulés, par la simplicité du rendu, laissent sur la faim.Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 E 9 CULTURE>CINEMA ^àÆW\tVA.**., wnM J rex n n e SÉVILLE Rush ne porte pas tant sur la course automobile que sur la rivalité profonde entre deux passionnés.Les boulons bien serrés RUSH De Ron Howard.Avec Chris Hemsworth, Daniel Brühl, Alexandra Maria Lara, Olivia Wilde, Natalie Dormer, Joséphine de la Baume.Scénario: Peter Morgan.Image : Anthony Dod Mantle.Montage: Daniel P.Hanley, Mike Hill.Musique: Hans Zimmer.Etats-Unis, 2013, 123 minutes.MARTIN BILODEAU Ron Howard et Peter Morgan.Le créateur dApollo 13 et le scénariste de The Queen se sont connus sur la production de Frost/Nixon, réalisé par le premier, écrit par le second d\u2019après sa pièce.Leur union paraît naturelle: deux artisans au service d\u2019un cinéma populaire, porteur de sensations dans le cas du tra-queur de héros grandeur nature qu\u2019est Howard, porteur de sens dans le cas de l\u2019historien du quotidien qu\u2019est Morgan.Les boulons bien serrés.Rush vrombit sur la même piste, à vitesse décuplée, pour offrir un spectacle pour les yeux (palette rappelant le cinéma de la RD A, caméra au microscope, montage à la mitraillette), une torture pour les oreilles (montage-son phénoménal surmonté du «zignage» de Hans Zimmer), enfin, quelques mots d\u2019esprit comme antidote à l\u2019anesthésie complète.Rush ne porte pas tant sur la course automobile que sur la rivalité profonde, atavique, de deux passionnés de celle-ci, aux antipodes dans leur style et leur approche, qui se sont affrontés sur les circuits du monde entier au milieu des années 70.Le Britannique James Hunt (Chris Hemsworth, Thor pour les intimes) , play-boy sanguin et noceur, chouchou des médias, exploite son talent naturel dans différentes écuries avant d\u2019aboutir chez McLaren.L\u2019Autrichien Niki Lauda (Daniel Brühl), vedette de l\u2019écurie Ferrari, est au contraire un conquérant cérébral, fils de banquier renié par son père, doté du charisme d\u2019un pasteur luthérien.Le film, par conséquent, s\u2019intéresse moins au dénombrement de leurs victoires respectives l\u2019un sur l\u2019autre qu\u2019aux facteurs qui sont entrés en jeu dans la composition de leur rivalité Trompe-la-mort En piste : l\u2019instinct de survie et le courage trompe-la-mort, inversement distribué.Hors piste : l\u2019envie mutuelle.Hunt de l\u2019encadrement de Lauda par l\u2019écurie Ferrari, ce dernier, des conquêtes féminines faciles de son rival.Hunt incarne l\u2019archétype du coureur automobile.Tous les clichés correspondent et les top-modèles tombent dans son lit comme par magie, une ou plusieurs à la fois.Lauda est au contraire un homme de devoir antipathique rongé par une sombre culpabilité filiale (son compatriote Hitler est mort depuis 30 ans à peine), impossible à mettre en case, et qu\u2019une seule femme a trouvé assez bien pour l\u2019épouser (Alexandra Maria Lara, dans un rôle ingrat).Le scénario de Morgan, avec l\u2019aide de Brühl, investi et très crédible dans le rôle pour lequel il s\u2019est enlaidi d\u2019une prothèse dentaire, parvient à dire beaucoup de choses à mots couverts à son sujet.Le héros de Rush, c\u2019est lui, quoi qu\u2019en dise l\u2019affiche montrant en gros plan le visage de Chris Hemsworth.Une façon pour le studio Universal de dire que ce qui séparait les deux hommes à l\u2019époque a encore force de loi aujourd\u2019hui.Collaborateur Le Devoir Contenir le feu de sa colère VOLCAN Réalisation et scénario: Runar Runarsson.Avec Theodor Julius-son, Margret Helga Johannsdot-tir, Thorstein Bachmann, Elma Eisa Gunnarsdottir.Image: Sophia Olsson.Montage: Jacob Sécher Schulsinger.Musique: Kjartan Sveinsson.Islande, 2011, 103 minutes.ANDRÉ LAVOIE Les ravages de la vieillesse inspirent depuis quelque temps des cinéastes de tous les horizons qui en offrent une vision émouvante, mais sans tomber dans la mièvrerie.Amour, de Michael Haneke, ou Still Mine, de Michael McGowan, exposent le caractère inéluctable de la déchéance physique et mentale, une plongée dont personne ne ressort indemne.Un même sentiment de vertige nous habite devant Volcan, le premier long métrage de fiction du «jeune» (il est né en 1977) cinéaste islandais Runar Runarsson, auréolé de la Louve d\u2019or au Festival du nouveau cinéma en 2011.Son pari est pour le moins audacieux : il est moins question d\u2019un couple à la dérive que d\u2019un homme antipathique, taciturne, éloigné de tout, particulièrement de sa conjointe et de ses deux enfants, des adultes qui ont pris depuis longtemps le parti de leur mère.Même son petit-fils semble effrayé en sa présence.L\u2019heure de la retraite a sonné pour Hannes (Theodor Julius-son, abrasif et intense) et il n\u2019avait rien prévu pour meubler le vide de sa vie.Et ce vide devient gigantesque lorsque son épouse (Margret Helga Jo-hannsdottir, authentique et naturelle même dans la souffrance) , victime d\u2019un arrêt cardiaque, se retrouve dans un état végétatif.Celui qui a du mal à se faire cuire un œuf saura-t-il prendre soin d\u2019elle?Sous le ciel gris de Reykjavik, cet être bourru, rongé de l\u2019intérieur et dont le bateau de pêche prend l\u2019eau (belle métaphore de sa propre condition), effectue une transformation qui n\u2019a rien de spectaculaire.Elle touche pourtant droit au cœur, illustrée avec doigté par un cinéaste cherchant à saisir les silences assourdissants, les moments d\u2019intimité (ce couple n\u2019est pas dépourvu de désirs sexuels) ainsi que la distance qui sépare cet antihéros des autres.Une scène en apparence banale à l\u2019hôpital montre d\u2019ailleurs toute l\u2019étendue de cet écart avec ses enfants.Moins foudroyant epJAmour, moins chaleureux que Still Mine, Volcan s\u2019impose par son dépouillement esthétique et ce regard attendri sur ces personnages emmurés dans leurs certitudes ou leurs colères.Et pourtant, le volcan se réveille.Collaborateur Le Devoir Sébastien Ricard à travers les brumes gaspésiennes Le comédien donne la réplique à la jeune Ariane Legault dans Une jeune fille, de Catherine Martin, qui sort en salle vendredi prochain ODILE TREMBLAY Dans ce beau film sauvage et douloureux, Sébastien Ricard incarne Serge, un fermier gaspésien misanthrope, touché par la grâce d\u2019une jeune fille réfugiée chez lui, son âme sœur.Ça se déroule sous le soleil et la pluie, parfois le vent du large, sous la lumière d\u2019automne, et le langage des corps, des regards et de la musique est souvent plus éloquent que celui des mots.Catherine Martin (derrière Mariages, Trois temps après la mort dAnna, etc.) explore une fois de plus la poésie des non-dits, les mystères.«Avec Ariane Legault, dès les premières scènes, j\u2019ai su que c\u2019était ça, explique Ricard.Elle est une fille d\u2019instantanéité, disponible, capable d\u2019aller loin.Il fallait investir le moment le plus possible et la chimie fonctionnait entre nous.» Rôle de maturité Lui qui fut le Dédé Fortin de Dédé à travers les brumes, couronné aux Jutra, était déjà de la distribution d\u2019Octobre de Pierre Falardeau, puis dernièrement dans Avant que mon cœur bascule de Sébastien Rose, en ce moment dans le fameux Gabrielle de Louise Archambault, en Raphaël, le copain qui s\u2019ennuie au loin de Sophie, la sœur de l\u2019héroïne.On l\u2019a vu beaucoup à la télé à travers Fortier, Tabou, Les hauts et les bas de Sophie Faquin, etc.Entre son métier d\u2019acteur et celui de rappeur au sein du FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Le dernier long métrage de Catherine Martin (à droite) met en vedette Sébastien Ricard et Ariane Legault.groupe Loco Locass, artiste engagé, l\u2019expérience, le cours de la vie le transforme aussi.Rôle de maturité que celui de ce Serge, ancré en lui-même, qui peu à peu s\u2019ouvre à une autre solitude ?«Il s\u2019agit peut-être de mon premier vrai rôle d\u2019homme adulte à l\u2019écran, ré-pond-il.Et ce n\u2019est pas un hasard.J\u2019ai 41 ans, deux enfants.» Sébastien Ricard, à l\u2019heure de se laisser diriger par Catherine Martin, a songé à quel point le cinéma était un monde d\u2019hommes.«Je la trouvais courageuse juste d\u2019être là.» Il la ju- geait précise, ultra préparée, aimait ses longs plans-séquences et ses cadrages qui lui rappelaient à quel point le cinéma peut se coller à la peinture, au portrait.Il la sentait inquiète aussi, mais cherchait et trouvait son propre espace de liberté dans l\u2019enfermement du rôle.A ses yeux, Serge, par la précarité de sa situation (doit-il garder la ferme ancestrale ?la vendre ?), fait écho à un Québec à la croisée des chemins.Proche de lui, cet être de peu de mots, qui trouve son bonheur dans une ferme ?Il dit aimer se retirer, mais posséder surtout un côté Philinthe, le contre-pied du sauvage Alceste dans Le misanthrope de Molière.«N\u2019empêche qu\u2019une jeune fille a fait souffler sur moi et l\u2019équipe un vent d\u2019isolement propice à l\u2019esprit de corps comme à la réflexion solitaire.Les paysages d\u2019automne gaspé-siens sont une source d\u2019inspiration extraordinaire.» Deux mondes Il dit goûter l\u2019économie de paroles de son personnage.« Ça fonctionne bien pour moi.Déjà, dans la série Tabou, j\u2019avais ce registre-là.» Pourtant, Sébastien Ricard habitait chez un vieil agriculteur qui parlait d\u2019abondance.«Les gens de la terre ont une présence au monde qui leur est propre, qu\u2019ils soient volu-biles ou pas.Celui-ci nous racontait le jour où il avait mis ses bestiaux en vente à l\u2019encan, avec tant d\u2019émotion.Mais sa fille a repris la ferme depuis.Cet homme avait connu plusieurs combats.Son rapport aux choses et aux êtres me fécondait.» Il tourne dans Antoine et Marie, un film de Jimmy La-rouche, qui l\u2019avait déjà mis en scène dans La cicatrice, et jouera dans Forget Me Not de François Delisle.En attendant, il fait une tournée avec Loco Locass dans l\u2019est du Québec et aime conserver le meilleur des deux mondes.Le Devoir Être d\u2019ici et de là-bas PARIS A TOUT PRIX Réalisation: Reem Kherici.Avec Reem Kherici, Cécile Cassel, Stéphane Rousseau, Tarek Boudait, Philippe Lachau, Shirley Bousquet.Photo: Nicolas Mas-sart.Montage: Véronique Par-net.Musique : Laurent Aknin.France, 2013, 97 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Dans la Ville lumière.Maya brille de mille feux glamours.Le jour, elle conçoit de la haute couture pour un grand «designer».Le soir, elle sort dans les boîtes branchées sans faire la queue.Elle est belle, elle est jeune.Elle a tout.Sauf un permis de travail en règle, il appert.Venue étudier à Paris à 10 ans.Maya a laissé son pays d\u2019origine, le Maroc, loin derrière.Et voilà que, 20 ans plus tard, le destin, sous la forme de la politique française en matière d\u2019immigration, la renvoie à la case départ.Dans la maison de son père bourru (qui lui réserve le traitement silencieux) , Maya passe par toutes les étapes du deuil: déni, co- lère, marchandage, dépression, puis, enfin, acceptation.Acceptation de la situation, mais acceptation, également, de soi ; de son héritage comme un atout plutôt que comme un handicap à la réalisation de ses rêves.Gros succès dans l\u2019Hexagone, Paris à tout prix a pour lui une leçon de vie édifiante, quoique prévisible.Il n\u2019empêche, tout cela est mené avec allant, verve et sincérité par Reem Kherici, vedette et coscénariste de son premier long métrage.Sorti chez nous quelques semaines à peine après le drame Né quelque part, qui table, lui, sur la filière franco-algérienne pour commenter le malaise entourant la notion d\u2019identité nationale en France, Paris à tout prix rappelle qu\u2019un individu se définit à la fois par son point d\u2019origine et son point d\u2019arrivée, et par tout ce qui se trouve entre les deux.Une notation intéressante en ces temps de valeurs québécoises et autres chartes.Le Devoir Carte blanche à Natalie Michaud L'Ivresse musicale en Italie à l'aube du baroque VENDREDI 4 OCTOBRE à 20 h 00 L'ensemble vocal et instrumental des Idées heureuses Natalie Michaud, flûtes à bec et direction ^aLie.oureie La Fondation Arte Musioa présente 2013/2014 K LES IDEES HEUREUSES - GEneVieVE SOLV - oncert ^ .A/ID A\tT Salle de concert w Bourgie du MBAM - 1339, rue Sherbrooke Ouest 514 285 2000 option 4 www.ideesheureuses.ca rdone MERCREDI 9 OCTOBRE\\19 h 30 TARANTELLA DEL PIACERE Marco Beasley ténor Guido Morini, chef Musique traditionnelle populaire de l\u2019italie du Sud JEUDI 10 OCTOBRE\\ 19 h 30 FROTTOLE Marco Beasley ténor Guido Morini, chef Chansons italiennes des 15^ et 76® siècles Dans le cadre de l\u2019exposition Splendore a Venezia sallebourgie.caX 514-285-2000, option 4 E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 ICmEMA Les vérités nues de Peter Landesman Le cinéaste recrée les jours entourant l\u2019assassinat de JFK dans sonParkland ODILE TREMBLAY Avec son film, Peter Landesman avait enchaîné Venise (en compétition) et Toronto (en gala), rencontré une grosse partie de la presse cinéma, atterrissant à Montréal et trouvant ça paisible, tout compte fait.Son Parkland a fait partout l\u2019objet d\u2019attention et de critiques, abordant un sujet chaud cinquante ans après les faits.Car le 22 novembre sera célébré le triste demi-siécle de l\u2019assassinat du 35® président américain, John Fitzgerald Kennedy, dans la ville texane de Dallas, qui en porte encore la marque au fer rouge.Peter Landesman, journaliste d\u2019enquête américain, écrivain, scénariste et pour la première fois cinéaste, a entrepris de mettre en scène trois jours entourant cet événement majeur qui transforma l\u2019Amérique et lui brisa les reins et les rêves.«Cet événement, comme après lui le 11-Septembre, a changé ce que nous sommes», dit-il.D\u2019abord, il y eut le livre de Vincent Bugliosi Four Days in November, qui décortiquait d\u2019heure en heure les événements de ces jours fatidiques.Approché par des producteurs pour en écrire le scénario, dont Torn Hanks, très im- ! ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Peter Landesman a entrepris de mettre en scène les trois jours entourant l\u2019assassinat de John Fitzgerald Kennedy, un événement majeur qui transforma l\u2019Amérique.pliqué dans le projet, Peter Landesman précise avoir passé trois ans en recherches avant de décider de le réaliser lui-même.Parkland débute à Dallas avant le tour de voiture fatal du président, se poursuit à l\u2019hôpital de Parkland et suit le fil des événements, assassinat et enterrement de Lee Harvey Oswald compris.Un film avec acteurs.«Le livre comptait 2000 pages, mais une partie avalisait la théorie du complot.J\u2019ai ajouté des voix, des angles.» «Si, à part JFK d\u2019Oliver Stone, personne ne s\u2019était vraiment penché sur les faits entourant la mort de Kennedy, c\u2019est que cette théorie du complot occupait toute la place», estime le cinéaste.Une thèse qu\u2019il réfute, à l\u2019encontre de Stone dans son film, estimant qu\u2019Os-wald et son assassin Jack Ruby étaient des déséquilibrés qui ont agi seuls.Trois jours, dans son cas «Il fallait trouver les témoins survivants.» Pour la première fois, la famille d\u2019Abraham Za-pruder, qui tourna le fameux film 8 mm de l\u2019assassinat de Kennedy, accepta de témoigner.Mort en 1970, Zapruder a vu sa vie brisée par cette affaire.H se sentait coupable d\u2019avoir filmé le meurtre, comme s\u2019il en partageait ainsi la responsabilité.«Sa famille nous a fait confiance, à Torn Hanks et à moi, nous racontant comment les choses se sont passées avec les services secrets, dans sa vie personnelle aussi.» Dans le film, Zapruder est incarné par Paul Giamatti.Les scènes du meurtre sont tournées à Dallas, mais les autres l\u2019ont été à Austin, Texas, où l\u2019hôpital ressemble à celui qu\u2019il y avait alors à Parkland.Malgré un modeste budget de 10 millions, Landesman précise que le sujet touchait émotivement les gens, au point où tous les acteurs voulaient participer au projet.Il put diriger, entre autres, Billy Bob Thornton en chef des services secrets à Dallas et Zac Efron dans le rôle du chirur- gien Jim Carrico de l\u2019hôpital de Parkland, qui avec la même équipe opéra en vain Kennedy et Oswald.Mais Landesman refusa de rencontrer la famille d\u2019Oswald, dont le frère Robert vit toujours à Dallas.«Il est très malade, de toute façon, et on avait beaucoup de documentation sur la famille.» Peter Landesman dut sacre fier des scènes au montage.«A l\u2019hôpital, durant l\u2019opération, il y avait des moments vraiment trop sanglants.Je les ai sacrifiés.Question de dignité.Mais on peut voir que Jacky Kennedy était présente dans la salle d\u2019opération tout au long.» Le cinéaste estime que ce film diminuera le côté fantasmatique de la mort de Kennedy pour la réduire à quelque chose d\u2019ancré dans le réel.«Mon film est très puissant, mais il dérange ceux qui tiennent à leur théorie de conspiration.» Landesman a dans ses tiroirs le scénario d\u2019une autre enquête, après avoir interviewé Deep Throat dans l\u2019affaire du Watergate, qui coula l\u2019information contre Nixon.«Je raconterai l\u2019histoire de son point de vue; l\u2019envers, en somme, des Hommes du président de Pakula.» Le Devoir FOX SEARCHLIGHT James Gandolfini et Julia Louis-Dreyfus Les copines d\u2019abord ENOUGH SAID Réalisation et scénario : Nicole Holofcener.Avec Julia Louis-Dreyfus, James Gandolfini, Catherine Keener, Toni Collette.Image: Xavier Pérez Grobet.Montage: RobertFrazen.Musique: Marcelos Zarvos.États-Unis, 2013, 92 minutes.ANDRÉ LAVOIE Nicole Holofcener fait son cinéma depuis plusieurs années (Walking and Talking remonte à 1996) mais travaille aussi pour la télé {Sex and the City, Six Feet Under, Parks and Recreation), ce qu\u2019elle aurait du mal à nier à la lumière de ses films.Ses univers sont le plus souvent féminins, ancrés dans des milieux artistiques ou sophistiqués {Friends with Money).Enough Said n\u2019échappe pas à la règle, se déroulant dans le Los Angeles de la classe moyenne confortable, là où les massothé-rapeutes ne manquent pas de boulot pour chasser le stress.Eva Gulia Louis-Dreyfus), une charmante divorcée dans la cinquantaine, trimballe sa table d\u2019une résidence à l\u2019autre, et son cœur esseulé.Au cours d\u2019une soirée où elle débarque sans enthousiasme, elle fait la connaissance d\u2019une poétesse \u2014 une vraie ! \u2014 prénommée Marianne (Catherine Keener, une fidèle de la cinéaste et personne ne s\u2019en plaint) et, un peu plus tard, d\u2019un archiviste de télévision, Albert (le regretté James Gandolfini), lui aussi divorcé.La première devient vite SnkjRS l OMI 01 JULIETTE WNOCHE CAMILLE CLAUDEL untilmde BRUNO DUMONT une fidèle cliente, et une confidente, tandis que le second prend une sérieuse place dans sa vie sentimentale.Mais Eva était loin de se douter que l\u2019ex-conjoint que Marianne dépeint avec dédain n\u2019est nul autre qu\u2019Albert.De ce premier quiproquo amusant en découlent beaucoup d\u2019autres, toujours assortis de répliques pleines d\u2019esprit dignes d\u2019un Woody Allen de bonne tenue.Rarement flamboyant dans son enrobage, Enough Said fait toute la place à l\u2019éclat de deux étoiles de la télé qui nous font parfois oublier leur passé glorieux, Gandolfini {The Sopranos) réussissant davantage que Louis-Dreyfus {Seinfel^.Leur complicité, palpable d\u2019un bout à l\u2019autre et pimentée par la présence impromptue de quelques figures secondaires (Toni Collette s\u2019impose sans efforts en copine névrosée), donne au film sa belle pertinence.Et pour être parfaitement honnête, la seule.Collaborateur Le Devoir Hors du cliché ALYAH Réalisation : Elie Wajeman.Scénario : Elie Wajeman et Gaëlle Macé.Avec Pio Marmaï, Cédric Kahn, Adèle Haenel, Guillaume Gouix, Sarah Le Picard.Image: David Chizallet.Montage: Prançois Quiqueré, 90 minutes.ODILE TREMBLAY Il y a des films tout simples qui possèdent le mérite d\u2019être vraiment vivants.Tel Alyah, premier long métrage du Français Elie Wajeman, tourné caméra à l\u2019épaule, tout en bondissements, en souplesse, en naturel.Très parisien aussi (avec quelques scènes à Tel-Aviv) .On y suit le héros Alex (Pio Marmaï, fort juste) à la crqisée des chemins.A 27 ans, sa vie s\u2019enlise dans la vente de drogue, avec un frère casse-pieds qui le saigne à qui mieux mieux (le cinéaste Cédric Kahn, éclatant en mani- AZ FILMS Cédric Kahn et Pio Marmaï dans une scène 6.\u2019Alyah pulateur, première apparition à l\u2019écran) et un père qui se fout de lui.Il porte la judéité indifférente, mais on lui offre de s\u2019associer dans la direction d\u2019un restaurant à Tel-Aviv, et tout bifurque.Il doit faire son alyah, c\u2019est-à-dire remplir les procédures auprès d\u2019une agence juive et renoncer à sa vie antérieure.Entre un ancien amour (Sarah Le Picard), une nouvelle flamme (la délicieuse Adèle Haenel) et cet avenir au loin, Alex se prête, se cherche, deale, aide qui peut être aidé et se voit sauvé par un ami qui ne lui voulait pourtant pas du bien.Le film sait bouger et on salue en Elie Wajeman un talent de directeur d\u2019acteurs, de scénariste.Ses interprètes savent mettre un pied devant l\u2019autre, occuper l\u2019espace devant la caméra d\u2019urgence.La classique scène de rupture au restaurant est ici forte et touchante, hors du cliché, portée par l\u2019aplomb de la jeune Adèle Haenel.Tout en iranchissant son Rubicon, le personnage d\u2019Alex nous fait découvrir les dessous de cette agence qui confère des certificats de judaïté.Sans non plus réinventer le genre, Alyah possède une originalité supérieure à celle de bon nombre de films français qui empruntent ce type d\u2019ornières.On gardera un œil sur la trajectoire d\u2019Elie Wajeman.Le Devoir Quand on se compare.ON THE JOB (V.O.EILIPINO STA) Scénario et réalisation : Erik Matti.Avec Piolo Pascual, Gerald Anderson, Joel Torre, Angel Aquino.Photo: Ricardo Buhay HI.Montage: Jay Halili.Musique: Erwin Romulo.Philippines, 2013,121 minutes.FRANCOIS LÉVESQUE Deux hommes se promènent sur une avenue piétonne achalandée.Non loin de là, un défilé festif a cours.Politiciens et accointances fri- quées gravitent en périphérie.Ça sent la visibilité pré-électorale.Soudain, l\u2019un des compères sort une arme et abat un type en costard.La première balle touche la poitrine, la seconde arrache le haut du visage de la victime.Panique dans la rue, mouvement de foule.Les deux hommes se séparent.Ainsi débute On the Job, à la fois drame politique et thriller, une production philippine présentée à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.Inspirée d\u2019un fait réel, l\u2019intrigue relate comment des politiciens véreux.soucieux de remporter leurs élections, échafaudent le stratagème suivant: pour chaque adversaire qu\u2019ils désirent neutraliser, ils font libérer clandestinement, pour quelques heures, et avec la complicité d\u2019un gardien, des prisonniers qu\u2019ils chargent de s\u2019acquitter de leurs basses œuvres.Un moyen comme un autre de désengorger les pénitenciers.Fascinante, cette histoire est portée à l\u2019écran de manière musclée, crue, parfois à la limite du supportable.Détails sordides, accents glauques: âmes sensibles s\u2019abstenir.Par moments, on se surprend à penser à ces productions italiennes des années 1970, comme Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d\u2019Elio Petri ou encore Salut les pourris de Fernando Di Léo, méditations violentes et stylisées sur le potentiel corrupteur du pouvoir.Confronté aux turpitudes politiques du moment, on se dit en sortant de la salle qu\u2019au moins, ici, on n\u2019en est pas là.Pas encore.Le Devoir S PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE SELECTION OFFICIELLE « EXCELLENT! L'UN DES MEILLEURS FILMS CEDE ANNÉE! » c.eoLDsrem THE LOS ANGELES TIMES ?«ELIE WAJEMAN RÉUSSIT UN POLAR INTIMISTE » ?UN FILM DE ELIE WAJEMAN ?STUDIO CINÉ LIVE\tLE PARISIEN ?TÉLÉ 7 JOURS LE NOUVEL OBSERVATEUR PIO marmaï CÉDRIC KAHN ADÈLE HAENEL GUILLAUME GOUIX SARAH LE PICARD ?TÉLÉCINÉOBS\tLES INROCKUPTIBLES VERSION FRANÇAISE [rFApTnoiiHii nii'cLAFn PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! VERSION FRANÇAISE AVEC\tm\tXI ru\t_______________ SOUS-TITRES ANGLAIS |LE FORUM 221 f lOU Me |www.a2nim$.cci EXCBNTRIS VOLCANO (ELDFJALL) RUNAR RUNARSSON - 98 MIN, V.O.ISLANDAISE S.-T.F.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: GABRIELLE LOUISE ARCHAMBAULT M'»! JASMINE FRENCH (BLUE JASMINE) WOODY ALLEN [H»l VIC ET FLO ONT VU UN OURS DENIS CÔTÉ DANS UN OCÉAN D\u2019IMAGES - J\u2019AI VU LE TUMULTE DU MONDE HELEN DOYLE CAMILLE CLAUDEL 1915 BRUNO DUMONT ACHTUNG FILM ! PRÉSENTE LE MUR INVISIBLE (DIE WAND) JULIAN ROMAN POSLER - JEUDI 3 OCTOBRE À19H LA PASSION DU CONFORT : LA BANLIEUE EN 3 FILMS DEUX FEMMES EN OR - VENDREDI 27 SEPTEMBRE À 20H30 À L\u2019OUEST DE PLUTON - SAMEDI 28 SEPTEMBRE À 20H30 LA GRANDE INVASION - DIMANCHE 29 SEPTEMBRE À 20H30 http://cinemaexcentris.com http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html "]
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