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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-09-28, Collections de BAnQ.

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[" EDDCATIOS ECOLE PUBLIQUE Marcel Sabourin croit qu\u2019il faut ouvrir les jeunes à toutes les formes d\u2019art Page 2 L\u2019école doit donner la chance aux passions L de naître V 0/ Page 4 La mission de faire découvrir le théâtre aux jeunes à Denise-Pelletier Page 8 CAHIER THEMATIQUE G > LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 20IS Le réseau public a à cœur un euseignement de qualité Une commission proclamait en 1969 la nécessité d\u2019inscrire l\u2019art dans la grille scolaire Il revient une fois l\u2019an: l\u2019événement a pour nom «Semaine pour l\u2019école publique».Et l\u2019organisateur de la manifestation ose cette année proposer une thématique qui pourra déranger, en ces temps de compression des budgets et de diminution des subventions gouvernementales, état de fait qui affecte et affectera encore plus tout le réseau de l\u2019éducation.En 2013, est-il audacieux de conjuguer l\u2019école publique et «une école en art»?NORMAND THERIAULT La Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) mène depuis sa fondation un combat incessant: elle fait la promotion de l\u2019école publique, au détriment de toute autre structure, dès qu\u2019il est question de la formation et de l\u2019éducation de la jeunesse québécoise Et, année après année, elle propose une activité où il sera possible de signaler l\u2019engagement de l\u2019enseignant et de l\u2019enseignante dans la formation des jeunes, de montrer les réalisations du réseau public et surtout d\u2019affirmer sur la place publique la raison d\u2019être de cette action : l\u2019école publique doit être la seule école québécoise.Que cette dernière proposition n\u2019ait point à ce jour été réalisée, que continuellement, dans les débats, on fasse état de « tableaux de mérite » (là où le secteur privé affiche de forts résultats), rien n\u2019empêche la poursuite d\u2019un tel objectif.Et on le module même.En 2013, oui, donc, à l\u2019école publique et oui aussi à «une école en art», car tel est le thème cette année retenu pour cette semaine qui fait se rencontrer plus d\u2019un acteur de la société civile.Partenariats La FAE n\u2019est pas seule dans la poursuite de ces objectifs déposés.Les partenaires de l\u2019événement sont en effet d\u2019autres syndicats, affiliés tant à la CSN qu\u2019à la FTQ, des associations regroupant des directions d\u2019école et des commissions scolaires, leur fédération dans ce dernier cas étant elle aussi active pour cette semaine, qui va cette année du 29 septembre au 5 octobre.Ajoutons à cela une fédération des comités de parents ou un mouvement des adultes en formation et on se dit qu\u2019une telle coalition ratisse large.Ce sera donc à plus d\u2019un niveau qu\u2019on agira, mais cela ne pourra pas se faire sans qu\u2019apparaissent des divergences entre les divers partenaires.Car l\u2019organisation du monde scolaire et surtout l\u2019organisation des programmes tels que dé-pqsés par le ministère de l\u2019Education causent difficultés.Il y a de l\u2019art à l\u2019école, mais il y a d\u2019autres matières.Et il est possible de définir pour chaque établissement d\u2019enseignement un plan d\u2019action qui lui soit propre.Et alors, la place de l\u2019art, sa présence même, est loin d\u2019être acquise.Enthousiasme Qui enseigne l\u2019art le ferait avec enthousiasme.«Dans les écoles publiques, ceux qui enseignent les arts sont des êtres passionnés», déclare ainsi Line Simard, une enseignante en arts plastiques à l\u2019école secondaire des Patriotes, à Saint-Eus-tache, avec pour résultat que, «en musique, en danse ou en arts, les élèves arrivent tôt et cognent à la porte le midi».Et ces enseignants sont convaincus de la nécessité de leur mission.«L\u2019art est nécessaire au développement de chaque être humain », dira d\u2019ailleurs Stéphanie Connors, responsable de la section de danse à l\u2019école secondaire Lu-cien-Pagé, dans le quartier Vil-leray, à Montréal, car, au-delà de l\u2019enseignement d\u2019une discipline, il y a plus à acquérir pour l\u2019enfant à qui elle s\u2019adresse: «C\u2019est important pour son développement moteur bien sûr, mais aussi affectif et émotionnel.» Mais voilà, bienfait ou non de la fréquentation des arts, reconnaissance ou pas de sa nécessaire présence dans le système scolaire, ce qu\u2019établissait déjà en 1969 la commission Rioux sur l\u2019enseignement des arts quand elle déposait son rapport (rapport qui venait à la suite d\u2019un autre, le rapport Parent, qui a transformé tout le système scolaire québécois), l\u2019art m JACQUES NADEAU LE DEVOIR « L\u2019art est nécessaire au développement de chaque être humain.» Et pourtant, sa place en milieu scolaire n\u2019est pas acquise.n\u2019est pas, indépendamment d\u2019une discipline, que ce soit la danse, la musique, les arts plastiques ou l\u2019art dramatique, une matière obligatoire inscrite dans la grille de cours.Une école se doit de suivre l\u2019orientation prise par sa commission scolaire, et, aux cours d\u2019art, il est possible d\u2019y suppléer des cours d\u2019anglais ou d\u2019éducation physique.De plus, ce n\u2019est que depuis l\u2019implantation de la réforme scolaire, et elle est récente, que l\u2019art apparaît dans le paysage de l\u2019enseignement secondaire.Politiques D\u2019où divergence de points de vue.Pour la FAE, qui parle au nom des enseignants et des enseignantes, on regrettera donc que les coupes budgétaires imposées ont trop souvent entraîné l\u2019élimination du volet artistique du paysage scolaire.Et, de l\u2019autre côté, les commissions scolaires répliqueront en disant qu\u2019elles aussi doivent vivre en acceptant les exigences de chaque milieu où elles sont présentes : «Les décisions concernant la répartition des budgets sont prises en partie par le conseil des commissaires.Mais il y a aussi des choix qui se font sur le terrain même des écoles, c\u2019est-à-dire à travers les conseils d\u2019établissement», informe Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec.Mais où enseignants et gestionnaires se retrouvent, ce n\u2019est pas seulement pour faire la promotion d\u2019une semaine, mais aussi pour dénoncer ces politiques gouvernementales qui semblent avoir pour seul objectif la réalisation d\u2019un cadre financier déposé et non la formation souhaitée pour l\u2019enfant.Qu\u2019à cela ne tienne.Qn demande à la société québécoise de faire effort.Qu\u2019elle donne donc, financièrement si nécessaire, pour que l\u2019art soit inscrit dans la grille des valeurs quotidiennes, et ce, dès l\u2019école, et qu\u2019elle donne comme les artistes ont eux-mêmes déjà donné: ne souligne-t-on pas cette année un autre cinquantenaire, celui qui rappelle que des gens de théâtre, des Gilles Pelletier, Françoise Graton et Georges Grouk, s\u2019entendaient pour offrir aux jeunes du théâtre dans leur théâtre ?Et cette Nouvelle Compagnie théâtrale accueille toujours en la salle Denise-Pelletier des générations de jeunes, dont ce sera pour plus d\u2019un et d\u2019une une première et différente expérience.Mais si les artistes ont appris à vivre avec peu de moyens, s\u2019attend-on à ce que l\u2019école publique québécoise fasse de même ?Le Devoir L\u2019art n\u2019est pas, indépendamment d\u2019une discipline, que ce soit la danse, la musique, les arts plastiques ou l\u2019art dramatique, une matière obligatoire inscrite dans la grille de cours école,^ je Uaime FEDERATION AUTONOME DE L'ENSEIGNEMENT www.lafae.qc.ca Du 29 septembre au 5 octobre 2013 SEMAINE #\t\u2022 POUR\ty UNE INITIATIVE DE LA FEDERATION AUTONOME DE L'ENSEIGNEMENT 4 G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 20IS ECOLE PÜBLIOÜE ENSEIGNEMENT DES ARTS « Il faut ouvrir les jeunes à toutes les formes d\u2019art » Marcel Sabourin prône le respect de la créativité de chacun On connaît tous Marcel Sabourin comme comédien, mais les gens du milieu artistique le connaissent aussi comme enseignant.Il participe cette année à un débat à l\u2019occasion de la Semaine pour l\u2019école publique, qui a pour thème « Une école en art».MARTINE LETARTE L> éducation est un volet cen-' tral dans la vie de Marcel Sabourin.Jeune, il a été marqué par quelques bons professeurs jésuites et il enseigne lui-même depuis le début de sa carrière.Il est convaincu que c\u2019est par l\u2019éducation qu\u2019on arrivera à un monde meilleur, qu\u2019on s\u2019ouvrira davantage aux autres cultures, qu\u2019on appréciera les plus récentes connaissances scientifiques.Il croit aussi à l\u2019enseignement des arts à l\u2019école, à condition de laisser place à la créativité de chacun et d\u2019éviter de faire comme on le faisait il y a un demi-siècle.«En 50 ans, le monde a complètement changé, remarque Marcel Sabourin.Les professeurs qui ne s\u2019en rendent pas compte passent à côté de quelque chose.Les gens âgés de Pour Marcel Sabourin, cette grande responsabilité de choisir les œuvres à présenter aux jeunes ne devrait pas être laissée uniquement aux soins des enseignants plus de 50 ans ont vécu dans un régime totalitaire de la pensée.Il y avait peu de place pour laisser entrer de l\u2019air.C\u2019était un régime très efficace dans lequel, par exemple, Borduas perdait son job s\u2019il disait quelque chose contre le pouvoir en place.» Pour le comédien, Montaigne, Pascal, Verlaine, Rimbaud et les philosophes antiques, par exemple, ont écrit des œuvres «de toute beauté».«Mais il reste qu\u2019on nous obligeait à les lire ! Ce temps est révolu.Notre société, qui a failli être une théocratie, a vécu une évolution naturelle.Comme d\u2019habitude dans ce genre de situation, la réaction a été exagérée.Nous avons pris tous les classiques et nous les avons \u201ccrissés \u201d par-dessus bord pour créer des écoles nouvelles.L\u2019école était sans balise, alors on n\u2019allait pas y parler de Molière.La littérature est pleine de balises!» S\u2019en sont suivis plusieurs changements successifs.Marcel Sabourin se souvient que ses quatre fils ont chacun appris à écrire d\u2019une façon différente.«C\u2019était une vraie farce! Maintenant, ça change moins, mais les humanités ont, je crois, un peu trop pris le bord», affirme celui qui a neuf petits-enfants, mais qui se garde bien de s\u2019immiscer dans leur éducation.L\u2019art comme forme d\u2019expression Pour Marcel Sabourin, l\u2019enseignement des arts doit d\u2019abord servir à ce que chacun s\u2019ouvre à la créativité qu\u2019il a en lui.Celui qui enseigne toujours la scénarisation à l\u2019Institut national de l\u2019image et du son (INIS) est d\u2019ailleurs fasciné par la créativité des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui.«Ils sont tellement plus créatijs que les jeunes d\u2019il y a 40 ans ou ceux de ma génération, affirme Marcel Sabourin.Ceux que je vois à l\u2019INIS et ceux que je voyais auparavant à l\u2019Ecole nationale de théâtre ont tous l\u2019air d\u2019un génie, comparativement à ce que nous étions.Nous arrivions en classe et il fallait tout faire bien, suivre les règles, le langage; tout était compartimenté, étouffant.Aujourd\u2019hui, les jeunes ont une abondance de créativité en eux.» Comme enseignant, il croit qu\u2019il faut encourager les jeunes à s\u2019exprimer.«Ils doivent d\u2019abord mettre de la couleur, créer, expérimenter, avoir un fiin noir! Ensuite, on doit leur montrer qu\u2019il existe un langage des couleurs.On doit leur donner des outils qui leur feront comprendre que l\u2019école est plus intéressante que leurs amis et leur permettre de s\u2019exprimer encore plus avec ces outils.Les jeunes doivent se rendre compte qu\u2019ils auront encore plus de fun dans la vie grâce à ce qu\u2019ils apprennent à l\u2019école.» Il ne faut pas évacuer l\u2019enseignement des grands classiques pour autant, d\u2019après Marcel Sabourin, mais il faut avoir des attentes réalistes.«Le temps en classe est limité, l\u2019argent aussi.On ne peut pas tout voir», affirme celui qui présente toujours une sélection de «bonnes vues» à ses étudiants de FINIS à des fins d\u2019analyse.«L\u2019important, c\u2019est d\u2019ouvrir SOURCE HISTORIA Le comédien Marcel Sabourin, qui est aussi enseignant en scénarisation à l\u2019Institut national de l\u2019image et du son (INIS), croit que l\u2019enseignement des arts doit d\u2019abord servir à ce que chacun s\u2019ouvre à la créativité qu\u2019il a en lui les jeunes à l\u2019ensemble des belles choses réalisées dans le domaine de la littérature, de la peinture, de la musique, de la philosophie.Il y a du bon de tous bords tous côtés, des choses merveilleuses qui se créent ici et ailleurs.Il faut donner un goût forcené aux jeunes d\u2019apprendre le plus d\u2019affaires possible, mais en ayant du fun.Apprendre ne devrait pas être vu comme un devoir envers la société; on doit le faire pour soi-même.» \\ A la rencontre des arts L\u2019école sert aussi aujourd\u2019hui à sortir les élèves pour les amener à la rencontre des arts.«Il faut faire attention, par contre, à ne pas amener les jeunes voir n\u2019importe quoi, croit Marcel Sa- bourin.Il faut prendre en considération l\u2019évolution du cerveau de l\u2019enfant et ne pas lui montrer des oeuvres trop angoissantes qui l\u2019empêcheront de dormir pendant des jours.De plus, si on trouve que l\u2019époque contemporaine est foutue, on risque d\u2019amener les enfants à voir des affaires épouvantables, alors que l\u2019époque engendre aussi énormément de merveilles.» Pour Marcel Sabourin, cette grande responsabilité de choisir les œuvres à présenter aux jeunes ne devrait pas être laissée uniquement aux soins des enseignants.«Certains ont des goûts bizarres, d\u2019autres sont de merveilleux mélomanes mais ne savent pas ce qu\u2019est la littérature ! Il faut ouvrir les jeunes à toutes les formes d\u2019art.» Comme le temps est compté, des choix judicieux s\u2019imposent.«Au théâtre, par exemple, il faut aller vers des pièces de qualité montées par des metteurs en scène de qualité.» Il croit que nous devons faire découvrir aux jeunes des œuvres appartenant à différentes époques.«C\u2019est bien de montrer des choses nouvelles, affirme-t-il, mais, de tout ce qui est nouveau, l\u2019histoire de l\u2019art en garde un millième.Après avoir eu du fim à s\u2019exprimer à travers les couleurs, on peut amener les élèves à découvrir Picasso et Matisse, qui ont traversé l\u2019épreuve du temps.Ensuite, on les emmène voir quelque chose des années 1990 qui a traversé à moitié l\u2019épreuve du temps, puis quelque chose qui vient d\u2019être créé.» Marcel Sabourin est aussi convaincu de l\u2019importance d\u2019amener les jeunes à rencontrer des artistes dans le feu de l\u2019action, qu\u2019ils soient renommés ou pas.«C\u2019est bon de montrer ça pour actualiser l\u2019art.Parce que l\u2019important, ce n\u2019est pas l\u2019artiste.L\u2019artiste, je m\u2019en sacre! Ce qui est important, c\u2019est que, au contact des arts, chacune des 30 personnes d\u2019une classe découvre la créativité qu\u2019elle a à l\u2019intérieur d\u2019elle-même.» Collaboratrice Le Devoir Les services professionnels de récole publique Aide à la réussite Motivation scolaire Support personnalisé Projets innovateurs Encadrement Écoute C'est un ART d'offrir des services personnalisés d'accompagnement à vos enfants.Plus de détails sur le site www.durenfort.com Les profess feT-\tl'enfant Svndkatoriatiiendc X LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 G 3 ECOLE PUBLIQUE PARTENAIRES POUR L\u2019ECOLE PUBLIQUE La FAE prône la nécessaire présence des arts à l\u2019école Les commissions scolaires assurent la difficile gestion des coupes budgétaires Arts plastiques, art dramatique, danse ou musique: ces matières ou les activités parascolaires qui s\u2019y rattachent sont souvent les plus vulnérables aux compressions budgétaires dans le monde de l\u2019éducation.C\u2019est pourquoi la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) a décidé de braquer les projecteurs sur l\u2019art à l\u2019école et de le mettre en valeur en lui dédiant l\u2019édition 2013 de la Semaine pour l\u2019école publique.ETIENNE PLAMONDON ÉMOND Moyens d\u2019expression, d\u2019affirmation et de découverte, les arts semblent être l\u2019objet, en apparence, d\u2019un certain consensus quant à l\u2019importance de leur rôle dans l\u2019intérêt et la motivation de plusieurs élèves pour l\u2019école.Du moins, en théorie.Car, en pratique, les arts peuvent être les premières matières et activités à être négligées quand vient le temps de boucler un budget.Or ils nécessitent du matériel coûteux à se procurer ou à entretenir.«On dit, d\u2019un côté de la bouche, qu\u2019il faut que les enfants aient accès aux arts et à la culture en général et, de l\u2019autre côté, que les budgets ne suivent pas», déplore Sylvain Mallette, président de la FAE.Les arts, dit-il, doivent cesser d\u2019être constamment la cible des coupes.Sylvain Malheureuses coupes\tMallette Sylvain Mallette en impute en grande partie la responsabilité à diverses commissions scolaires.«Ce sont malheureusement ces disciplines qui font souvent les frais quand les commissions scolaires demandent aux écoles de procéder à des coupes budgétaires», dit-il.«Je peux comprendre le mécontentement des commissions scolaires envers les coupes que le gouvernement lui reproche aujourd\u2019hui, alors que le gouvernement a lui-même fait adopter la loi», admet M.Mallette.Mais,\tî lorsque le gouvernement effectue des compressions et que les commissions scolaires doivent absorber le manque à gagner, «les commissions scolaires envoient elles-mêmes des commandes dans les établissements.By a des choix qui sont faits.Et là, ce n\u2019est pas le gouvernement qui dit aux commissions scolaires qu\u2019il va Josée aller couper dans le secteur des arts.Ce Bouchard sont les commissions scolaires qui demandent aux écoles de procéder à des coupes budgétaires.Et souvent, ça va être dans le service direct aux élèves, et aussi dans les matières qui ne sont pas considérées comme des matières de base.» Il précise: «On ne dit pas que les commissions scolaires n\u2019accordent pas de place au domaine des arts, mais que celles-ci font des choix.Et, des fois, ce sont des choix administratifs plutôt que pédagogiques.» Selon M.Mallette, le nœud du problème se trouve tant dans les commissions scolaires qu\u2019à Québec.«Clairement, le réseau de l\u2019éducation est sous-financé, mais il faut aussi que les commissions scolaires fassent le bon choix.Et, à l\u2019heure actuelle, malheureusement, elles accordent beaucoup d\u2019importance à la gestion administrative.Nous ne tenons pas le discours de l\u2019abolition des commissions scolaires, parce que c\u2019est une mauvaise solution à un faux problème.Cependant, les commissions scolaires, comme le gouvernement du Québec, doivent accorder la priorité aux besoins exprimés dans les écoles, notamment par les professeurs en arts, parce que ce sont eux qui sont sur la ligne de front.» Commissaires et conseils concernés Le son de cloche est différent du côté de la Lédération des commissions scolaires du Québec (LCSQ), l\u2019un des partenaires de la Semaine pour l\u2019école publique.«Les décisions concernant la répartition des budgets sont prises en partie par le conseil des commissaires.Mais il y a aussi des choix qui se font sur le terrain même des écoles, c\u2019est-à-dire à travers les conseils d\u2019établissement», constitués de parents d\u2019élève et de membres du personnel, dit Josée Bouchard, présidente de la LCSQ.«Là, il y a effectivement des choix qui se font.Est-ce qu\u2019on favorise certaines activités par rapport à des activités culturelles ?C\u2019est possible que, dans certains milieux, ce soit le cas, dit-elle.Mais de dire que c\u2019est quasiment systématique et qu\u2019on ne valorise pas la culture, là, je ne peux pas être d\u2019accord avec ça.» M\u201c® Bouchard rappelle que la plupart des commissions scolaires se sont dotées d\u2019une politique culturelle, qui «assure qu\u2019il y a un budget qui va être aussi alloué à des activités» reliées^ au domaine.«Etant donné que les budgets sont de plus en plus restreints et qu\u2019il y a de moins en moins de surplus, c\u2019est évident que ce sont les écoles qui ont à faire ce choix [.].Evidemment, les dernières compressions ont fait que, autant du côté de la culture que du sport, il est possible qu\u2019il y ait eu moins d\u2019activités offertes, parce qu\u2019il a fallu aller chercher des sous de ce côté.On ne peut pas aller chercher des sous du côté du personnel enseignant», justifie-t-elle.Dangereuses compressions N\u2019empêche, il y a eu le cas dramatique et très médiatisé de la Commission scolaire de Laval.Celle-ci a réduit de 450000$ à 150000$ une subvention annuelle destinée à un programme spécialisé de musique-études ayant été implanté dans quelques écoles primaires et secondaires.Les écoles et les parents ont été forcés de trouver des sources de financement pour assurer la survie du programme.Ce cas demeure isolé, assure Josée Bouchard, qui prévient que, si les compressions se poursuivent à Québec, il risquerait d\u2019y en avoir d\u2019autres.«J\u2019ai livré un message très clair à la première ministre et à la ministre de l\u2019Education, comme quoi c\u2019est un signal que c\u2019en est assez des compressions et qu\u2019il faut investir dans l\u2019éducation au Québec», raconte M\u201c® Bouchard.Sur la question du budget accordé à l\u2019achat du matériel, Sylvain Mallette déplore que «l\u2019ancien gouvernement libéral, sans l\u2019avis des enseignants, [se soit] mis à acheter des tableaux blancs interactifs, alors que ce n\u2019était pas une demande.Au même moment, il ne prévoyait pas les budgets pour l\u2019entretien ou le remplacement de certains instruments de musique.On était là en pleine contradiction.» Josée Bouchard, quant à elle, distingue les deux choses.«Le gouvernement, quand il y a eu l\u2019implantation du fameux tableau blanc interactif, a créé un programme de financement et c\u2019était distribué partout au Québec.Ça ne venait pas nécessairement affecter le reste.» Elle dit avoir plutôt constaté, sur le terrain, que les arts / SOURCE TELE-QUEBEC Les compressions budgétaires dans les commissions scolaires ont pu avoir des impacts sur l\u2019offre et le matériel dans le domaine culturel.se retrouvent souvent en compétition avec les sports, dont le nombre d\u2019heures est aussi prévu à titre indicatif dans le régime pédagogique.«Il y a certaines écoles où le conseil d\u2019établissement choisit de donner plus de temps à l\u2019éducation physique qu\u2019aux arts plastiques.Je sais que ça ne fait pas l\u2019affaire des tenants des arts plastiques et je peux les comprendre.Il y a un gros lobby du côté des éducateurs physiques, qui souhaite même que le gouvernement puisse éventuellement imposer un plus grand nombre d\u2019heures d\u2019éducation physique dans le programme.La ECSQ est en désaccord.Les arts sont aussi importants.Pour le développement de l\u2019élève, c\u2019est important de bien vivre les deux», dit-elle.Collaborateur Le Devoir Fier partenaire de la Semaine pour l\u2019école publique L\u2019éducation est au cœur du développement d\u2019une société.Enseignants, enseignantes et gestionnaires qui travaillent dans les écoles publiques contribuent à la formation des élèves et étudiants qui, demain, seront les bâtisseurs du Québec.La Capitale est fière de soutenir la Semaine pour l\u2019école publique.Elle collabore ainsi à valoriser des éléments essentiels de notre richesse patrimoniale : l\u2019école publique et tous ses artisans.Iacapitale.com i V' COMMANDITAIRE PRINCIPAL La Capitale Assurance et services financiers Valoriser l\u2019essentiel G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 ECOLE PUBLIQUE UNE MUSICIENNE TEMOIGNE « L\u2019école devrait aussi servir à donner la chance aux passions de naître » Le rapport Rioux recommandait en 1969 que la musique soit inscrite au programme scolaire Si ce n\u2019était de l\u2019école publique québécoise, Natalie Racine ne serait probablement jamais devenue une altiste.Musicienne de r Orchestre symphonique de Montréal (OSM) depuis près de 25 ans, elle estime devoir une fière chandelle aux établissements qui l\u2019ont formée et soutenue.EMILIE CORRIVEAU r Elevée au cœur du Plateau Mont-Royal dans un petit 4 1/2, Racine a grandi au sein d\u2019une famille aux moyens modestes.A la maison, il n\u2019y avait ni guitare, ni piano, des instruments pourtant populaires chez les familles québécoises à l\u2019époque.Chez elle, on ne jouait pas de musique; on se contentait d\u2019écouter les autres le faire.Aussi, la première fois que la future artiste fait glisser ses doigts sur le manche d\u2019un violon, c\u2019est à l\u2019école, à l\u2019âge de sept ans.«Mes parents m\u2019avaient inscrite à l\u2019école à vocation musicale Le Plateau parce que c\u2019était tout près de chez moi», se souvient Racine.Tout en suivant un parcours scolaire régulier, dès ses premières années passées au primaire, elle a la chance de se familiariser avec la flûte, le violon, le xylophone et le violoncelle et même d\u2019apprendre le chant choral.Puis, au secondaire, sa vocation se précise ; elle découvre l\u2019alto, instrument qu\u2019elle n\u2019a jamais délaissé depuis.«Quand j\u2019y repense, je me rends compte que la formation qu\u2019on nous proposait était vraiment complète, relève Racine.J\u2019ai toujours eu des professeurs très dévoués.Nous étions très bien encadrés.On nous facilitait la tâche aussi; il y avait beaucoup d\u2019écoute de la part des enseignants, ils comprenaient nos besoins.Je me rappelle les concerts et la fierté que nous ressentions de nous produire devant nos parents.Je trouve que fai vraiment eu une très grande chance de fréquenter l\u2019école Le Plateau, puis, au secondaire, Joseph-François-Perrault.» Dans la mouvance du rapport Rioux Si M\u201d® Racine a eu droit à un enseignement musical d\u2019une aussi remarquable qualité à l\u2019école publique, c\u2019est en grande partie grâce aux conclusions du rapport de la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement des arts dans la province de Québec, également appelé rapport Rioux, publié en 1969.Bien que ce document concerne toutes les formes d\u2019art, il confère à la musique une importance singulière du fait que «[.] l\u2019homme FELIX B RO ED E Natalie Racine joue du violon depuis l\u2019âge de 7 ans.est né du son et son essence restera toujours sonore».Recommandant que la musique soit présente à tous les niveaux de l\u2019éducation, particulièrement au préscolaire, à l\u2019élémentaire et au premier cycle du secondaire, qu\u2019on accorde une considération spéciale à l\u2019apprentissage d\u2019un instrument, notamment les cordes, et qu\u2019on regroupe tous les établissements d\u2019enseignement musical sous la tutelle a4ministrative du ministère de l\u2019Éducation, afin de mettre en commun certaines de leurs ressources et de dispenser l\u2019instruction musicale, dans la mesure du possible, dans les milieux scolaires et non dans des établissements séparés, ce rapport a eu un impact important sur l\u2019enseignement de la musique au Québec.Il a notamment mené à la création d\u2019écoles publiques à vocation musicale dans plusieurs régions de la province, dont l\u2019école primaire Le Plateau en 1973 et l\u2019école secondaire Joseph-François-Perrault en 1978.Bien que, ailleurs au pays, on retrouve des écoles semblables aux écoles à vocation musicale du Québec, notamment en Qntario et en Colombie-Britannique, les établissements québécois, par l\u2019importance de leur enseignement musical intégré au programme scolaire, fomentent beaucoup d\u2019intérêt et constituent des exemples uniques au Canada.Elles préparent une relève notable pour les niveaux collégial et universitaire, tout en donnant l\u2019occasion aux élèves de s\u2019épanouir dans leur milieu.« C\u2019est vrai que ces écoles publiques à vocation musicale sont très particulières, note Racine.Beaucoup de mes amis de l\u2019époque, ceux qui fréquentaient l\u2019école avec moi, ont aujourd\u2019hui une belle carrière en musique, et ce, pas nécessairement à Montréal! Je pense à un de mes comparses notamment, qui est aujourd\u2019hui violon solo dans un orchestre en Italie et qui a le même parcours que moi.Il y a des tas d\u2019exemples comme ça.» Perte de vitesse Bien que le Québec compte aujourd\u2019hui près d\u2019une vingtaine d\u2019écoles à vocation musicale, l\u2019enseignement de la musique dans le secteur public aux niveaux primaire et secondaire semble être en perte de vitesse.Cela s\u2019explique notamment par le fait que, depuis l\u2019instauration du renouveau pédagogique, l\u2019enseignement de la musique n\u2019est plus obligatoire à l\u2019école.En fait, selon le Régime pédagogique de l\u2019éducation préscolaire, de l\u2019enseignement primaire et de l\u2019enseignement L\u2019enseignement de la musique dans le secteur public aux niveaux primaire et secondaire semble être en perte de vitesse secondaire, seulement deux des quatre disciplines artistiques (musique, danse, arts plastiques, art dramatique) doivent obligatoirement être enseignées au primaire et une seule de ces deux disciplines doit l\u2019être tout au long des trois cycles.Au primaire, la continuité disciplinaire étant remise entre les mains de la direction, de l\u2019équipe de l\u2019école et du conseil d\u2019établissement.l\u2019élève peut passer six années au sein du même établissement sans toucher à la musique, ou encore seulement de façon sporadique.Au secondaire, la situation est similaire : l\u2019élève doit idéalement poursuivre sa formation artistique dans une seule des disciplines artistiques offertes à son école.Il est donc très possible qu\u2019un jeune ne fasse aucun apprentissage musical tout au long de son parcours scolaire dans l\u2019école publique québécoise.Craignant que de moins en moins de jeunes aient accès à un enseignement musical de qualité à l\u2019école publique.Racine remet en question cette disposition du renouveau pédagogique.«C\u2019est tellement regrettable.La musique, ça nourrit l\u2019âme et ça enrichit la vie des gens.Ça devrait vraiment être obligatoire.Si ce n\u2019avait été de l\u2019école publique, je n\u2019aurais jamais eu la chance de découvrir ma passion.Combien de jeunes ne sauront jamais qu\u2019ils sont doués pour le piano ou le violoncelle s\u2019ils ne peuvent le découvrir à l\u2019école ?Il me semble que l\u2019école, ça devrait aussi servir à ça: donner la chance aux passions de naître.» Collaboratrice Le Devoir \\\tf UES ARTS A U\u2019ECOUE « Les arts constituent le mode d\u2019expression le plus naturel qui soit » Pour une cinquième année, la comédienne Claire Pimparé reprend son rôle de porte-parole de la Semaine pour l\u2019école publique.MARIE LAMBERT-CHAN La Semaine pour l\u2019école publique se déroule cette année sous le signe des arts, un thème qui sied fort bien à sa porte-parole, Claire Pimparé, comédienne de formation et de carrière.«Les arts, que ce soit la musique, le théâtre, la danse ou les arts plastiques, constituent le mode d\u2019expression le plus naturel qui soit, croit-elle.Grâce à la création, plusieurs enfants peuvent s\u2019exprimer pour la première fois sans entrave ni jugement.» L\u2019interprète de la célèbre Passe-Carreau se consacre depuis plus de 30 ans à différentes causes sociales, dont le fil conducteur est la protection et l\u2019ép,anouissement des enfants.A travers différentes initiatives, elle a pu observer le pouvoir libérateur des arts sur les jeunes.«La musique m\u2019a permis de communiquer avec des enfants malentendants, se rappelle-t-elle.Ils s\u2019allongeaient sur le sol, l\u2019oreille au plancher, pour faire l\u2019expérience des vibrations émises par des haut-parleurs retournés sur le sol.» Pendant un temps, Claire Pimparé a reçu à sa ferme de jeunes démunis qui venaient y passer l\u2019été aux côtés des trois enfants de la comédienne.Parmi les activités offertes, il y avait des productions théâtrales où chacun devait interpréter une personne significative dans sa vie.«Ils jouaient le rôle de maman, de papa, de la gardienne, illustre-t-elle.Si vous saviez tout ce qui sortait de leur bouche.On en a appris des belles! Comme quoi l\u2019expression artistique est une voie privilégiée chez l\u2019enfant pour dire les choses qu\u2019il ne peut communiquer autrement.» Une plus grande place aux arts Selon Claire Pimparé, la place accordée aux arts \u2014 et à l\u2019éducation physique, ajoute-t-elle \u2014 dans les écoles publiques n\u2019est pas suffisante.«Des carences ont émergé en raison des changements qui ont bouleversé le système d\u2019éducation au cours des dernières années, constate-t-elle.C\u2019est malheureux, car les enfants ont besoin de s\u2019exprimer et de bouger.Comme fai l\u2019habitude de le dire, ils ont le droit d\u2019être des enfants.Je pense que des écoles tentent de remédier à ce problème.Et la beauté des arts, c\u2019est que parfois on a besoin de peu pour produire des miracles.Il suffit d\u2019avoir de l\u2019imagination et de la débrouillardise.» La comédienne donne en exemple une intervention qu\u2019elle a faite dans une classe de prématernelle, à l\u2019invitation d\u2019une jeune stagiaire.«J\u2019ai réalisé un atelier sur les fruits et «Au fil des entrevues avec les médias, j\u2019ai pris conscience que j\u2019avais souvent à défendre l\u2019école publique.On me pointait tout ce qui n\u2019allait pas.» les légumes.On a chanté des comptines sur les vitamines, dessiné et bricolé des \u201cmaisons santé \u201d à l\u2019aide de fruits et de légumes offerts par le marché d\u2019alimentation.Les créations des enfants étaient tellement originales: des cheminées en raisins, des jardins faits de feuilles de laitue, des pommiers conçus à partir de bâtons de carotte et de cerises.On a même pris le temps de tailler des sar-raus dans les chemises blanches des pères des élèves.Tout cela ne coûtait presque rien et était hyperéducatif! » Quand Claire Pimparé a accepté de devenir le visage de la Semaine pour l\u2019école publique il y a cinq ans, elle ne se doutait pas à quel point cette cause suscitait des réactions enflammées.«C\u2019est très différent que d\u2019être porte-parole pour le Salon des métiers d\u2019art, où la tâche consiste à inviter le public à participer à l\u2019événement, remarque-t-elle.Au fil des entrevues avec les médias, j\u2019ai pris conscience que f avais souvent à défendre l\u2019école publique.On me pointait tout ce qui n\u2019allait pas.Cela m\u2019a prise par surprise, car fai toujours considéré le système scolaire public comme un joyau.On ne semble plus saisir à quel point cette institution a changé le cours des choses, comment elle a permis à tous, qu\u2019on soit riche ou pauvre, d\u2019avoir accès à l\u2019éducation.S\u2019il existe une classe moyenne au Québec \u2014 élément essentiel à l\u2019équilibre d\u2019une société \u2014 c\u2019est parce qu\u2019on a créé l\u2019école publique.» Le réseau des écoles publiques est souvent synonyme de décrochage, de drogues, d\u2019intimidation, d\u2019enseignants à bout de souffle.Les parents sont de plus en plus nombreux à envoyer leur progéniture au secteur privé.Claire Pimparé refuse de comparer les deux milieux.«Il n\u2019y a pas lieu de confronter les résultats d\u2019un collège privé avec ceux d\u2019une école où on retrouve des enfants qui ne parlent pas français, qui sont issus de familles d\u2019accueil ou qui n\u2019ont jamais de petit-déjeuner le matin.Pourtant, on le fait et c\u2019est aberrant.» L\u2019école publique, poursuit-elle, est justement un microcosme de la société, où les enfants apprennent le partage, la tolérance et le vivre-ensemble.«Les élèves peuvent y apprivoiser la différence et coniprendre qu\u2019il faut de tout pour faire un monde, signale-t-elle.On en fait ainsi de meilleurs citoyens.» A ses yeux, l\u2019école publique est «une chance inouïe qu\u2019on ignore ou qu\u2019on tient pour acquise.Au cours de ma carrière, fai côtoyé de près le milieu de l\u2019école publique et je peux vous assurer qu\u2019il y a plus de bons coups que de mauvais.Il faut simplement en parler davantage.Il faut aussi apprendre à mieux connaître cette institution.On doit l\u2019écouter, la regarder, la respecter et lui donner la place qui lui revient.Comme on devrait le faire avec chaque enfant.» Collaboratrice Le Devoir % SOURCE SEO Selon Claire Pimparé, la place accordée aux arts \u2014 et à l\u2019éducation physique, ajoute-t-elle \u2014 dans les écoles publiques n\u2019est pas suffisante.fneeq Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec www.fneeq.qc.ca CSN / FneeqCSN Une école en art \u2022ApprendreJ instruire \u2022 Rêver J créer çef eu( pi/blîoï LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 G 5 ECOLE PUBLIQUE ECOLE LUCIEN-PAGE La danse agit comme ferment de la société Stéphanie Connors est une jeune femme enthousiaste, qui a le pouvoir de transmettre sa passion pour la danse à qui l\u2019écoute en parler.Il y a peu de doute qu\u2019elle parvienne également à emballer ses élèves de l\u2019école Lucien-Pagé, qui, depuis la réforme scolaire et l\u2019obligation faite à chaque élève du secondaire de choisir une discipline artistique dans son programme scolaire, sont nombreux à se diriger vers la danse.HELENE ROULOT-GANZMANN T ^ «rf est nécessaire au dé-^ veloppement de chaque être humain», estime Stéphanie Connors, responsable de la section de danse à l\u2019école secondaire Lucien-Pagé, dans le quartier Villeray à Montréal, et visiblement bien contente que l\u2019art ait été mis à l\u2019honneur cette année, dans le cadre de la Semaine pour l\u2019école publique.«Cest important pour son développement moteur bien sûr, mais aussi affectif et émotionnel, ajoute-t-elle.Lucien-Pagé est une école située dans un quartier multiethnique, certains élèves ont des difficultés d\u2019apprentissage, d\u2019autres sont de nouveaux arrivants et ne parlent pas très bien le français.La danse, c\u2019est un langage universel.Ça aide énormément à acquérir de la confiance et de l\u2019estime de soi.» Dans cette école, située juste au-dessus du parc Jarry, boulevard Saint-Laurent, et qui compte un peu moins de 1400 élèves, ils sont environ 350 à suivre, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, un cours de danse avec l\u2019un des trois enseignants que compte la section.Depuis la réforme de ces dernières années, chaque élève a aujourd\u2019hui l\u2019obligation, durant les cinq années du secondaire, de mettre une discipline artistique à son horaire régulier.À Lucien-Pagé, il peut choisir entre l\u2019art dramatique, les arts plastiques ou la danse.Mais, en plus de cette obligation, l\u2019élève peut également décider de suivre une autre discipline artistique, ou la même, en option.Des cours qui compteront eux aussi pour l\u2019obtention de son diplôme.Les sportifs dansent! Autre public: les garçons qui suivent les options sportives de soccer et de basket-ball.Depuis plusieurs années, ceux-là sont obligés de suivre en parallèle des cours de danse.«Ce sont de grands gars, des jeunes qui ont besoin de bouger, et il s\u2019agit de canaliser leur énergie.Ils sont généralement très doués du point de vue moteur, la pratique de la danse leur permet de suivre un entraînement différent, de mieux connaître leur corps, ce qui va les aider dans la pratique de leur sport.Ça leur ouvre également l\u2019esprit.» Car les cours de danse ne se limitent pas à la pratique.«L\u2019élève est bien sûr évalué sur sa pratique, son interprétation, sa créativité, explique Stéphanie Connors.Durant les cinq ans que dure le programme, s\u2019il «En danse, les groupes mixtes ne fonctionnent que s\u2019il y a un équilibre entre les deux sexes, estime Stéphanie Connors.Sinon, les uns et les autres sont gênés.» décide de rester en danse tout au long, il touchera d\u2019ailleurs à tous les styles de danse, du ballet classique à la danse moderne, contemporaine, jazz, en passant par toutes les danses urbaines, hip-hop, break dance, house, krump, et les danses du monde, africaines, latines, baladi, etc.On offre vraiment un portrait très global.» Une diversité qui sort forcément les élèves de leur zone de confort.Car, si toutes les danses comportent des points communs, comme l\u2019expressivité du corps, la coordination, l\u2019énergie, etc., être bon dans la pratique de l\u2019une ne signifie pas nécessairement que ce sera facile pour les autres.«Mais la formation comporte également un volet théorique et de culture générale, poursuit-elle.Les élèves étudient donc tous l\u2019histoire de la danse, et nous jetons également des passerelles vers toute autre forme d\u2019art qui peut avoir un lien, comme le cirque, la musique, la poésie, le théâtre, etc.» La section de danse de l\u2019école Lucien-Pagé offre également ses services en parascolaire.Et pas seulement aux élèves du cours régulier, mais aussi à ceux qui suivent un programme spécifique.Lucien-Pagé dispose en effet d\u2019un secteur pour les élèves malentendants.Et, l\u2019école étant située dans un quartier où s\u2019installent de nombreux nouveaux arrivants, elle a également développé des cours en francisation, d\u2019autres pour les élèves raccro-cheurs, qui, après être sortis du système scolaire, décident de venir terminer leur secondaire, pour les élèves en difficulté d\u2019apprentissage, etc.«En parascolaire, on donne la chance à tous de faire partie d\u2019une de nos troupes, explique la responsable de la section.Ainsi, tout au long de leur programme, les élèves ont de nombreuses occasions de toucher à la danse.Et je travaille actuellement à la mise en place, dès l\u2019an prochain, d\u2019un cours de concentration en danse, qui, j\u2019espère, sera approuvé par le ministère.» Seul hic, les classes surchargées.Certaines comptent jusqu\u2019à 34 élèves.«C\u2019est vrai que ce n\u2019est pas facile à gérer, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une classe de garçons de cinquième secondaire.Ils sont souvent très costauds! Ça nécessite une attention particulière», admet la jeune enseignante.Particularité de la formation, les garçons et les filles suivent séparément leurs cours de pratique.«En danse, les groupes mixtes ne fonctionnent que s\u2019il y a un équilibre entre les deux PHOTOS ANDRE DE KEIJZER La danse est un langage universel qui permet aux élèves, peu importe leur culture, d\u2019acquérir de l\u2019estime de soi.sexes, estime Stéphanie Connors.Sinon, les uns et les autres sont gênés.L\u2019an dernier, un de nos groupes était mixte et ç\u2019a très bien fonctionné.Nous retentons l\u2019expérience à cette rentrée, on verra comment ça se passe.Mais il y a un rapport au corps dans notre art, qui n\u2019est pas forcément évident durant l\u2019adolescence.Et puis, nous sommes situés dans un quartier multiculturel.Certaines jeunes filles portent le voile.S\u2019il y a des garçons dans le groupe, elles sont obligées de le remettre.» Une séparation qui a permis également le développement d\u2019un programme spécifique pour les garçons, intégrant des styles de danse variés, qui motivent plus une clientèle masculine.L\u2019approche est également différente, car les enseignants tiennent compte du fait que les garçons sont généralement moins attentifs en classe que les filles.Si le but de cette formation en danse n\u2019est pas de transfor- mer les élèves en danseurs professionnels, Stéphanie Connors est très heureuse de voir que certains partent ensuite au cégep en danse et font même une carrière remarquable.Elle est satisfaite également lorsque d\u2019autres se dirigent vers des métiers en relation avec le corps, comme l\u2019ergothérapie, l\u2019ostéopathie ou la massothérapie.Elle est fière également du volet communautaire développé par l\u2019école.«Nous sommes situés dans un milieu défavorisé, explique Stéphanie Connors.Nous donnons des ateliers gratuitement dans les écoles primaires, ateliers qui sont en fait encadrés bénévolement par certains de nos élèves du secondaire.Ainsi, ils donnent au suivant.Ça leur permet de prendre conscience de la\tsociété\tdans laquelle ils vivent et de s\u2019en sentir une partie prenante.» Collaboratrice Le Devoir THEATRE DENISE-PEliniER du milieu i\u2019éducatioi WWW.DENISE-PELLETIER.QC.CA DEPUIS 50 ANS, plus de 5 millions de spectateurs tous publics confondus ont franchi nos portes w UNE MiSSION UNIQUE : donner naissance aux spectateurs de demain en ies conviant ^ À à découvrir les richesses de ia dramaturgie d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019ici et d\u2019aiiieurs.Aujourd\u2019hui plus de 60 000 ÉTUDIANTS par année fréquentent les salles du Théâtre Denise-Pelletier canadien Hentage Syndicat de l'Enseignement de l'Ouest de Montréal Syndicat de rEnseignement des Seigneuries La fierté d\u2019être prof! Encore et toujours au cœur de l\u2019école publique! ^ G 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 ECOLE PUBLIQUE THEATRE Ils iront voir Zone et Marie Tudor «Les jeunes aiment dépasser leur zone de confort» À l\u2019école secondaire Calixa-Lavallée, plus de 400 élèves s\u2019initient à l\u2019univers théâtral grâce à l\u2019option d\u2019art dramatique.Pour leur enseignante, c\u2019est une occasion privilégiée de se familiariser avec la culture, mais aussi, et surtout, d\u2019apprendre à se connaître et à connaître les autres.SARAH POULIN-CHARTRAND Karen Le Gouadec enseigne l\u2019art dramatique depuis cinq ans à Calixa-Lavallée, dans le quartier de Montréal-Nord.Entre 400 et 450 élèves, sur les 1500 élèves que compte l\u2019établissement, ont choisi cette option, qui est offerte à tous, sans audition.En première et deuxième secondaires, ils se frottent au langage théâtral technique et aux techniques de jeu de base : projection, respiration, etc.Les élèves de troisième secondaire s\u2019initient à une panoplie d\u2019auteurs québécois et étrangers, et les élèves de quatrième et cinquième secondaires mettent sur pied des créations présentées à l\u2019école.Ils ont, par le passé, écrit avec leur enseignante les textes du gala Méritas de fin d\u2019année, monté des numéros du gala des finissants, joué dans un cabaret ou une pièce qui regroupait les pièces marquantes du théâtre québécois.Dans un quartier traînant une réputation difficile, l\u2019enseignement de l\u2019art dramatique est-il parfois perçu comme un luxe?«Les parents se demandent parfois à quoi ça sert, reconnaît Karen Le Gouadec.Je leur réponds que ça peut être une très belle façon d\u2019apprendre à parler devant les autres, s\u2019ils sont timides.» L\u2019art dramatique leur permet aussi de développer leur curiosité et leur créativité, en plus SOURCE KAREN LE GOUADEC Karen Le Gouadec dénonce le fait que l\u2019art dramatique n\u2019est pas reconnu comme une matière à part entière.d\u2019accéder à une culture qu\u2019ils n\u2019ont pas toujours l\u2019occasion de fréquenter, croit l\u2019enseignante.«Certains élèves viennent d\u2019un milieu où la culture est absente à la maison.J\u2019essaie donc de les intéresser en partant de thèmes qu\u2019ils connaissent», explique-t-elle.S\u2019ils ne sont pas particulièrement friands de théâtre classique, ils se montrent, en revanche, beaucoup plus intéressés lors des ateliers de doublage, de radio ou de publicité.«Leur intérêt pour les classiques n\u2019est pas encore éveillé, je leur propose donc en même temps des choses différentes pour les accrocher.» Cela n\u2019empêchera pas l\u2019enseignante de les initier à des œuvres plus pointues en cours d\u2019année.Les deux pièces qu\u2019ils iront voir: Zone, de Marcel Dubé, et Marie Tudor, de Victor Hugo.«Ce sont deux pièces opposées à l\u2019extrême et c\u2019est ce que je veux! Je veux les intéresser à voir différentes choses et je souhaite qu\u2019ils désirent fréquenter davantage le théâtre.» Plus qu\u2019une initiation culturelle Pour la diplômée en jeu de l\u2019UQAM, qui a entamé une maîtrise en enseignement des arts, l\u2019art dramatique permet de déborder du cadre de l\u2019apprentissage des auteurs ou des bases de l\u2019interprétation.Le théâtre leur permettrait de découvrir les autres et de se découvrir eux-mêmes.Elle évoque par exemple quelques intenses épisodes d\u2019improvisation, où des thèmes comme l\u2019homophobie et la violence familiale sont abordés.«Mes cours ne sont pas des thérapies non plus, nuance Karen Le Gouadec.Mais certains thèmes reviennent et je les laisse aller, cela leur fait du bien.Et les jeunes aiment dépasser leur zone de confort en général.» Selon l\u2019enseignante, l\u2019art dramatique permet aussi de développer son ouverture d\u2019esprit, son autonomie et sa capacité de travailler en équipe.C\u2019est d\u2019ailleurs sur ces principes qu\u2019elle base ses évaluations.«On n\u2019évalue pas le talent d\u2019un élève, puisque c\u2019est très subjectif J\u2019évalue plutôt leur réussite selon quatre \u201cclés écoute en classe, engagement, participation et remise des travaux à temps.» Plus de place aux arts ! Karen Le Gouadec enseigne à ses élèves deux fois par période de neuf jours.Et elle juge que c\u2019est nettement insuffisant.«J\u2019ai enseigné, dans une autre école, en concentration théâtre.Je voyais ces élèves six fois sur neuf jours.C\u2019était incroyable, on avait le temps d\u2019implanter quelque chose, de développer des trucs plus ambitieux.Il faut plus d\u2019arts dans les écoles! Les jeunes en ont besoin.» Elle déplore du même souffle que les arts écopent, alors que la priorité est souvent accordée à l\u2019activité physique.«Les gens minimisent l\u2019impact que peuvent avoir les arts sur les enfants.Quand ils sont stimulés â un jeune âge, cela peut les aider â développer leur langage.Plus tard, c\u2019est un moyen de s\u2019exprimer, de créer, de développer son imagination.Et ce ne sont pas toutes les familles qui ont les moyens de se tourner vers des activités parascolaires pour favoriser ces apprentissages.» Il y a, selon M™'' Le Gouadec, une méconnaissance de l\u2019importance des arts dans les écoles publiques.«J\u2019aimerais qu\u2019on informe mieux les parents sur nos programmes, sur ce que sont les cours d\u2019arts et ce qu\u2019ils peuvent apprendre aux jeunes.» On peut comprendre son découragement, alors qu\u2019elle raconte ne recevoir que quelques parents de ses 400 élèves lors des rencontres de parents.Et cette méconnaissance se traduit aussi dans le statut des enseignants d\u2019art dramatique dans les écoles secondaires.Contrairement aux collègues de Karen Le Gouadec qui enseignent la musique ou les arts plastiques et dont la matière est reconnue comme un champ d\u2019enseignement précis, l\u2019art dramatique entre dans le champ d\u2019enseignement du français.«Ce n\u2019est pas reconnu comme une matière â part entière, explique l\u2019enseignante, et ce n\u2019est donc pas toujours pris au sérieux.Il y a une façon d\u2019enseigner l\u2019art dramatique, et ça prend un spécialiste pour l\u2019enseigner.Je ne suis pas une animatrice de camp de vacances!» Collaboratrice Le Devoir MUSIQUE ET ART DRAMATIQUE On dit « oui » à l\u2019art à la commission scolaire Val-des-cerfs « La santé mentale et émotionnelle passe aussi par les arts » Chantal Fournier enseigne à la commission scolaire du MARIE-HÉLÈNE ALARIE \u2014 arts plastiques, danse, mu-Val-des-cerfs.Là-bas, les enfants reçoivent de deux à trois\tsique et art dramatique les heures d'enseignement d'art par cycle de 10 jours; c'est un e\u201e\u201eeioppe budgétaire à ré- les cours d\u2019anglais choix de l\u2019ecole.\tpartir entre les cours d\u2019art Les écoles ont donc plu- affilié à la FÉDÉRATION AUTONOME DE L'ENSEIGNEMENT Une école en L\u2019ouverture au monde des arts et à la culture, l\u2019école publique la vit à travers la danse, la musique, l\u2019art dramatique et les arts plastiques.BONNE SEMAINE POUR à toutes les enseignantes et à tous les enseignants qui se dévouent quotidiennement à l'épanouissement de leurs élèves.1 SYNDICAT DE L\u2019ENSEIGNEMENT DE LAPOINTE-DE-L\u2019ÎLE .une organisation service de ses membres Téi ; 514.645.4536 www.^d^i.qc.ca sieurs possibilités quand vient le temps de choisir les programmes d\u2019art.Certaines écoles demandent à des professeurs, toutes disciplines d\u2019art confondues, d\u2019expliquer leur projet éducatif.D\u2019autres écoles confient cette tâche à un comité de professeurs qui décide ce qui se fait dans l\u2019école.Cette solution, une de celles prescrites par le ministère, n\u2019est pas idéale puisque souvent les gens principalement concernés ne déterminent pas le sort de l\u2019art dans l\u2019école.Ces directives expliquent les variations d\u2019une école à l\u2019autre.L\u2019école peut donc choisir de répartir également l\u2019enveloppe budgétaire entre les disciplines, mais on vit actuellement dans un mouvement où on privilégie les cours d\u2019éducation physique.« On oublie que, dans un cours d\u2019art aussi, on peut les faire bouger et que la santé mentale et émotionnelle passe aussi par les arts», déplore Chantal Eournier.Aborder la musique Pour preuve, parlons de méthode, où, parmi les grands courants de pédagogie musicale, on retrouve trois penseurs majeurs: Dalcroze, Ko-dâly et Orff.Chez Dalcroze, on assiste à «une véritable initiation â la musique par le mouvement; on fait marcher les enfants sur la musique, on leur fait suivre les pulsations, arrêter et repartir quand on entend tel type de son», explique Chantal Eournier.Du côté de la méthode Ko-dâly, c\u2019est avec des gestes de la main qu\u2019on va faire l\u2019équivalent de la lecture des lettres.La pédagogie Orff, quant à elle, prône les jeux d\u2019ensemble: «On va jouer, tous ensemble, des choses différentes qui sont faciles â réaliser et qui donnent un résultat optimal.Chacun réalise quelque chose de simple et de répétitif donc le succès est assuré, et le fait de jouer ensemble développe l\u2019esprit d\u2019équipe», précise M\u201ce Fournier.Les cours de musique permettent aussi de faire des transferts scolaires vers d\u2019autres matières.Par exemple, lire des notes sur une portée aide grandement les enfants dans l\u2019apprentissage de la lecture.Des études le démontrent et des expériences ont été menées sur des enfants en prélecture et à propos de l\u2019incidence de la musique sur le développement de la lecture chez les petits.Le fait de comprendre la subdivision des notes et de distinguer la valeur de chacune ressemble beaucoup aux fractions mathématiques: «Normalement, au premier cycle, selon le programme du ministère, on ne nomme pas les notes comme les blanches, les noires et les croches.On devrait plutôt demander â l\u2019enfant d\u2019être capable de différencier les sons longs des sons courts.Pourtant, les enseignants n\u2019hésitent pas â utiliser le langage musical traditionnel et les enfants, lorsqu\u2019ils commencent â connaître la valeur des notes, se sentent très compétents.Ils aiment bien être capables de lire la musique des grands.», ajoute M™'^ Eournier.Les tout-petits vont d\u2019abord faire l\u2019apprentissage de la musique avec des instruments à percussion non déterminés: tambourins, claves, güiros et triangles.Vient ensuite Tins-trumentarium Orff, qui compte les xylophones, les métallophones et les flûtes à bec, qui sont les instruments à hauteur déterminée.«C\u2019est en VOIR PAGE G 7 : MÉTHODE Vos représentants syndicaux sont fiers de souligner l'excellence du travail des enseignantes et enseignants de l'école publique^ un travail toujours fait avec la même passion sans cesse renouvelée^ le même dévouement et le plus grand professionnalisme.Vous êtes au cœur de l'école publique^ vous êtes le cœur de l'école publique! Syndicat de renseignement des Basses-Laurentides LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 G 7 ECOLE PUBLIQUE ARTS PLASTIQUES ET ART DESIGN « Qu\u2019ils deviennent médecin, chef d\u2019entreprise ou secrétaire, l\u2019art permet de développer leur créativité » L\u2019école secondaire des Patriotes donne aux arts la part belle Dans la classe de Line Simard, les tiroirs et les caisses débordent de tissus, de plumes ou de dentelles, les murs sont ornés de masques vénitiens et de reproductions maison de toiles de Michel Sauvé, Paula Ferrari ou Louise Marion et les plafonds portent des lampes en papiers multicolores.ASSIA KETTANI NOUS sommes à l\u2019école secondaire des Patriotes, à Saint-Eustache, où les arts ont la part belle.Danse, art dramatique, musique \u2014 l\u2019école a même une harmonie, ainsi qu\u2019un atelier de bois qui accueille des élèves en difficulté autour de cabanes d\u2019oiseaux, de pantins ou de camions \u2014 font vibrer les lieux à longueur d\u2019année.Et, depuis quatre ans, l\u2019école offre une concentration en arts plastiques aux élèves de première et deuxième secondaires et une autre en art design jusqu\u2019en cinquième secondaire.«Nous avons la chance d\u2019avoir l\u2019appui de la direction pour nos projets artistiques», se réjouit Line Simard, enseignante et directrice artistique de la concentration en art design.Car, en effet, pour monter des concentrations en art, il faut amputer d\u2019autres matières \u2014 comme le français et les sciences \u2014 de deux précieuses périodes.Un choix d\u2019autant plus difficile que les arts plastiques sont longtemps demeurés au rang des «petites matières».«Ily a une évolution depuis 15 ans, note-t-elle.On s\u2019éveille à l\u2019importance de l\u2019art: cette matière n\u2019est d\u2019ailleurs obligatoire au secondaire que depuis la réforme.» Et, par le détour de l\u2019art.Line Simard affirme que rien ne se perd.Ainsi, les couleurs, les questions d\u2019optique et de lumière ou encore les notions de géométrie abordées permettent de lancer des ponts vers les mathématiques et la science, alors que les analyses et les commentaires d\u2019œuvres et de projets développent des compétences d\u2019écriture, de vocabulaire, d\u2019argumentation et d\u2019articulation d\u2019idées.L\u2019histoire et l\u2019histoire de l\u2019art sont également abordées à travers les recherches menées par les élèves autour des thématiques proposées.«L\u2019art englobe toutes les matières.Mais il ne s\u2019agit jamais de cours magistraux, précise-t-elle.Les élèves apprennent en manipulant et en cherchant eux-mêmes.» Art et design Montée pour la première fois à l\u2019école Jean-Jacques-Rousseau, la concentration en art design a été mise sur pied avec l\u2019objectif de «répondre à l\u2019évolution des tendances et des goûts».Après 25 ans d\u2019expérience comme professeure d\u2019arts plastiques.Line Simard a en effet proposé le programme à l\u2019école des Patriotes, car elle a «senti un besoin chez les élèves» et un intérêt marqué pour les tendances décoration et la fabrication d\u2019objets du quotidien, si présents dans une société de consommation comme la nôtre.Les projets, quant à eux, se succèdent tout au long de l\u2019année.Alors que les arts plastiques explorent aussi bien les reproductions d\u2019œuvres de maîtres que les travaux créatifs où la spontanéité figure au premier plan, l\u2019art design aborde, quant à lui, une démarche plus technique.En effet, «contrairement aux arts plastiques, la fonction de l\u2019objet devient primordiale : les élèves travaillent aussi bien en deux dimensions qu\u2019en trois dimensions.Quand ils font un vase décoratif en argile, par exemple, je les pousse à repenser le vase traditionnel et à se demander comment améliorer le côté fonctionnel de l\u2019objet.En art design, on leur demande de créer un produit qui pourrait être mis sur le marché et vendu.» A travers cet apprentissage.Line Simard inclut une perspective écologique sous-jacente.«Je fais beaucoup d\u2019éco-design et je me sers de matériels recyclés toute l\u2019année, explique-t-elle.C\u2019est une sensibilisation à faire: on leur montre qu\u2019on peut travailler avec du matériel recyclé et faire quelque chose de beau et de fonctionnel.Ça les sensibilise à leur consommation ».A partir de matériaux aussi variés que des tissus, des rubans, du papier, du vinyle, du cuir, des voilages ou encore du métal, du bois ou du plastique, elle se lance dans la fabrication de trousses d\u2019art, de maquettes architecturales, de masques, d\u2019habits, de bijoux, d\u2019accessoires, d\u2019horloges ou de lampes.Parmi les projets lancés récemment, la participation au concours «Je m\u2019emballe autrement», qui regroupe cinq commissions scolaires du Québec, a par exemple amené les élèves à fabriquer un costume de bal de finissant pour 50 $ ou moins, tout en développant une sensibilité à la surconsommation et à la provenance des vêtements qu\u2019ils portent.Le projet s\u2019est SOURCE LINE SIMARD Le projet «Je m\u2019emballe autrement» a occupé les élèves de l\u2019école secondaire des Patriotes.d\u2019ailleurs révélé être un franc succès, avec en fin de compte trois élèves finalistes et un premier prix décroché pour un kilt fait à partir d\u2019une nappe de cuisine carreautée.Une passion exprimée Pour Line Simard, il s\u2019agit avant tout d\u2019une histoire de passion: «Dans les écoles publiques, ceux qui enseignent les arts sont des êtres passionnés.» Mais le résultat en vaut largement la peine, estime-t-elle, car les arts contribuent à motiver les élèves dans un cadre scolaire.«En musique, en danse ou en arts, les élèves arrivent tôt et cognent à la porte le midi.» De plus, les programmes en arts comptent peu d\u2019échecs, car, «dans la planification, nous faisons tout pour que les élèves réussissent.D\u2019ailleurs, certains élèves qui échouent dans d\u2019autres matières fonctionnent très bien en arts.Ce n\u2019est pas un cours où on reste assis à écouter le prof On se lève, on circule, on jouit d\u2019une liberté de mouvement: c\u2019est un atelier où règne un beau climat.» Ses élèves poursuivent-ils dans des programmes artistiques au cégep?C\u2019est loin d\u2019être la majorité.«En tout, deux ou trois élèves chaque année vont continuer en arts.Les autres poursuivent en architecture, en design ou encore en sciences.Mais, qu\u2019ils deviennent médecin, chef d\u2019entreprise ou secrétaire, l\u2019art permet de développer leur créativité.» Une qualité essentielle, dit-elle, qui peut jouer un rôle tout au long de la vie.«A connaissances égales, celui qui sera plus créatif ira plus loin.La créativité permet de trouver des solutions aux problèmes et d\u2019ouvrir l\u2019esprit.Il y a toujours des occasions d\u2019être créatif avec un enfant par exemple, ou même dans ses loisirs.Mon objectif est de faire de mes élèves des créateurs de leur vie.» Collaboratrice Le Devoir METHODE SUITE DE LA PAGE G 6 troisième année qu\u2019on aborde la flûte, et j\u2019ai même des collègues qui forment des harmonies comme au secondaire!» L\u2019art dramatique pour sortir de soi Chantal Pour nier enseigne aussi l\u2019art dramatique au troisième cycle du primaire.Elle y intègre quelques notions de musique qu\u2019elle utilise à l\u2019intérieur de pièces de théâtre.Mais il faut rappeler que la musique et l\u2019art dramatique sont deux programmes assez costauds et assez hermétiques.«Quand on fait de l\u2019Orff on peut avoir des élèves qui jouent des instruments et d\u2019autres qui interprètent des personnages.A l\u2019inverse, quand on est en art dramatique, on peut ajouter de la sonorisation: quand on fait du mime, on ajoute des sons.Mais on ne jumelle pas les deux de façon globale, parce que chaque programme est assez exigeant.Au fond, quand les enfants arrivent dans les cours d\u2019art dramatique, c\u2019est complètement nouveau pour eux.» Les classes de Chantal Pour-nier sont loin d\u2019être homogènes, et on y retrouve des élèves qui ont fait de la musique et d\u2019autres qui ont fait de la danse, mais rarement de l\u2019art dramatique : « Quand ils arrivent en cinquième, ils n\u2019ont pas vu tout le reste du programme parce que, à notre école, l\u2019art dramatique ne commence qu\u2019en cinquième», explique encore Chantal Pournier.Il faut alors reprendre, en accéléré, tout un lot de connaissances pour permettre une mise à niveau.«La continuité serait très souhaitable, mais, comme on a la multiplication des options partout et qu\u2019on essaie d\u2019en donner le plus à tous les enfants, ça finit par causer un petit problème.» Le programme d\u2019art dramatique est complet: il a pour but d\u2019éveiller les enfants à leurs émotions et à leur corps.On y voit la marionnette, le théâtre d\u2019ombres et le jeu masqué.Surtout, le cours d\u2019art dramatique ne consiste pas seulement à monter une pièce pour les parents en fin d\u2019année ! Serait-Ü possible qu\u2019on voie un jour plus d\u2019arts au primaire?« Une enveloppe budgétaire un peu plus substantielle pourrait grandement améliorer les choses, s\u2019exclame M™® Pournier.On pense à l\u2019embauche de techniciens pour seconder les profs d\u2019art, mais surtout on aimerait des locaux adaptés: j\u2019enseigne ainsi dans un laboratoire informatique, que je partage avec le service de garde et les dîneurs.Il faut beaucoup revendiquer, mais, comme les artistes sont très créatifs, ils s\u2019accommodent de situations difficiles en se disant qu\u2019ils peuvent faire avec ce qu\u2019ils ont.Il faut démontrer le besoin réel des enseignants et les bienfaits que procurent aux enfants quelques heures d\u2019art par semaine.» Collaboratrice Le Devoir L'ËCOLE PUBLIQUE.Une école EN ART ! sr Où chaque élève est accueilli; Où les différences sont respectées; l' Où le dépassement de soi est valorisé et l\u2019entraide est encouragée; f Mais surtout où la solidarité devient un incontournabie ! Pour qu\u2019une telle école existe, il faut des enseignantes et des enseignants ouverts sur le monde, accueillants et engagés* Syndicat de l\u2019enseignement de la région de Laval www.sreqionlaval.ca téléphone : 450 978-1513 Syndicat del'enseignement pour ^apprendre à vivre àaï\\s \\a DIVERSITÉ culturelle, ethnique et religieuse.\u2014\tALLIANCE DES\tPROFESSEURES ET\tPROFESSEURS DE\tMONTREAL \u2014 G 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 PUBLIQUE %y ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier depuis 1995, Pierre Rousseau croit que la pertinence de son théâtre, celle d\u2019éveiller les jeunes à l\u2019art et à la culture, est vitale dans un contexte de réforme scolaire où l\u2019on valorise davantage les compétences que les connaissances.théâtre DENISE-PELLETIER Un denü-siecle d\u2019existence et cinq millions de spectateurs plus tard.« Il y a encore des jeunes de 15 ans qui débarquent ici et qui n\u2019ont jamais vu une seule pièce de théâtre de leur vie » En 50 ans, le vent du changement a soufflé fort sur les écoles du Québec et sur les scènes théâtrales.Depuis sa fondation, le 29 février 1964, la Nouvelle Compagnie théâtrale, devenue en 1977 le Théâtre Denise-Pelletier, a été un témoin privilégié de tous ces bouleversements.Mais, au fil des décennies, une chose demeure constante : cette détermination inébranlable de faire découvrir le théâtre aux adolescents d\u2019ici.ANDRE LAVOIE On pourrait croire que Pierre Rousseau, directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier depuis 1995, a pour mission de former le public de demain.Dans le hall de l\u2019ancien cinéma Granada, petit bijou d\u2019architecture au cœur d\u2019Hochelaga-Maisonneuve depuis 1928 qui a été rénové avec doigté en 2010, le volu-bile maître d\u2019œuvre de la programmation apporte une nuance.«Les jeunes specta- teurs, ce n\u2019est pas le public de demain, c\u2019est mon public d\u2019aujourd\u2019hui, s\u2019exclame Pierre Rousseau.Ils vont peut-être fréquenter les théâtres plus tard, mais ils sont dans ma salle maintenant!» Pour lui, pas question de dévier de la trajectoire initiale de la compagnie, qui avait été déterminée par les fondateurs, les comédiens Gilles Pelletier, Françoise Graton et Georges Groulx.Eux souhaitaient donner à voir aux étudiants des œuvres théâtrales qui, dans les années 1950 et 1960, ne pouvaient le plus souvent qu\u2019être lues (du moins, dans les collèges classiques).Leur pari audacieux a fait en sorte que, 50 ans plus tard, ce sont plus de cinq millions de spectateurs qui ont assisté à une représentation théâtrale d\u2019un texte qu\u2019ils ont d\u2019abord lu.ou pas.Transmission Car, même si Pierre Rousseau multiplie les présences dans les écoles, fait l\u2019impossible pour maintenir au plus bas le coût des billets et peut compter sur des enseignants convaincus et passionnés, une certaine réalité le rattrape d\u2019une saison à l\u2019autre.«Ce qui est surprenant, et un peu décevant, déplore le directeur artistique, c\u2019est que, 50 ans après la fondation de Denise-Pelletier, 30 ans après celle de la En cette cinquième Semaine pour l\u2019écoie publique, les élus syndicaux du Syndicat de l\u2019enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) sont heureux de souligner l\u2019excellent travail des enseignantes et des enseignants.L\u2019école publique, lieu de dépassement pour tous, est plus rayonnante grâce à vous.À l\u2019occasion de cette Semaine sous le thème des arts, nous affirmons fièrement que vous êtes des personnes en « ART ».Bonne Semaine pour l\u2019école publique! SYNDICAT DE L'ENSEIGNEMENT DE LA HAUTE-YAMASKA Maison-Théâtre, il y a encore des jeunes de 15 ans qui débarquent ici et qui n\u2019ont jamais vu une seule pièce de théâtre de leur vie.» Du même souffle, il admet que certains de ces néoph54es ne constituent pas «un public toujours facile mais, quand ils écoutent, c\u2019est extraordinaire, d\u2019où l\u2019importance du choix des pièces».La pertinence de la compagnie, celle d\u2019éveiller les jeunes à l\u2019art et à la culture, lui semble vitale dans un contexte de réforme scolaire où l\u2019on valorise davantage les compétences que les connaissances.«Notre mis- Ceux et celles que le spectacle aura conquis le devront en partie au metteur en scène sion en est une de transmission.Les étudiants d\u2019une autre époque connaissaient le répertoire classique.Maintenant, fai parfois l\u2019impression que la culture générale prend le bord, d\u2019où l\u2019importance de donner accès aux jeunes â des œuvres importantes.J\u2019espère que je ne suis pas trop pessimiste, mais sommes-nous rendus â la fin des humanités ?» Il en veut également pour preuve les changements qui s\u2019opèrent au sein même du corps professoral.«D\u2019ici quelques années, la moyenne d\u2019âge des professeurs sera de 35 ans, souligne Pierre Rousseau.Les plus vieux, issus du collège classique, prennent peu â peu leur retraite.Et les jeunes projs ne connaissent plus nécessairement le répertoire tels Musset ou Corneille.Ils n\u2019ont pas les mêmes repères, les mêmes connaissances de base.Ce qu\u2019on fait ici devient encore plus important.» Découverte Devant cette situation, qu\u2019il considère comme «une espèce d\u2019entre-deux», le travail de préparation au spectacle s\u2019avère crucial pour assister, comme cette année, à Zone, de Marcel Dubé, Le Cid, de Corneille, ou Marie Tudor, de Victor Hugo.«Je leur fais comprendre que ce n\u2019est pas important de tout aimer, mais de trouver ce qu\u2019on aime.Je fais d\u2019ailleurs beaucoup de comparaisons avec le cinéma: un film ennuyant ne les empêche pas d\u2019en voir d\u2019autres, et c\u2019est la même chose pour les autres arts.Je leur spécifie aussi que l\u2019acteur est vivant sur scène: \u201cVous l\u2019entendez.et lui aussi vous entend!\u201d» Cette donnée échappe par- fois à certains jeunes spectateurs, bruyants ou hostiles, tandis que d\u2019autres «jouent avec leur appareil électronique», ce qui console (un peu) Pierre Rousseau, puisque «ça dérange moins les acteurs».Ceux et celles que le spectacle aura conquis le devront en partie au metteur en scène, autre élément essentiel au succès de la mission du Théâtre Denise-Pelletier.La ligne éditoriale de Pierre Rousseau est tracée, sachant que son public, qui vient des écoles plus ou moins favorisées de Montréal, mais aussi de tout le Québec ainsi que de l\u2019Ontario, arrive avec son bagage culturel et surtout son âge, de 12 à 18 ans.«Au metteur en scène, je ne demande pas de réduire la portée de la pièce ou de la rendre plus facile.Il faut surtout lui donner du dynamisme pour un public qui ne connaît pas le théâtre.Dans d\u2019autres compagnies, les spectateurs viennent découvrir, par exemple, une nouvelle mise en scène de Dom Juan, de Molière; â Denise-Pelletier, ils viennent découvrir la pièce.» Et tous espèrent que, dans un avenir rapproché, ils vont en redemander.Collaborateur Le Devoir JOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS Les enseignantes et les enseignants sont des personnes enthousiastes, disponibles et dévouées auprès de tous les élèves.iwiiri- a Merci Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais Notre force; nos membres! 15 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2013 G 9 ECOLE PUBLIQUE La Nouvelle Compagnie théâtrale a donné à la jennesse accès au théâtre « Tous les arts intéressent l\u2019enfant, parce qu\u2019il est par nature plus curieux qu\u2019un adulte » En 1964, Françoise Graton, Gilles Pelletier et Georges Groulx fondent la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT), qui prendra en 1997 le même nom que le lieu où elle se produit: le Théâtre Denise-Pelletier.Ils deviennent ainsi des précurseurs et un phare dans la présentation aux élèves d\u2019œuvres théâtrales de premier plan.Encore aujourd\u2019hui, environ 60 000 jeunes, en provenance de quelque 250 établissements scolaires, fréquentent annuellement ce lieu artistique.Echanges avec le couple Pelletier-Graton au sujet des arts et de l\u2019école.REGINALD HARVEY AU moment de la mise sur pied de la Nouvelle Compagnie théâtrale (NCT) en 1964, il est possible de brosser ce portrait succinct des trois membres fondateurs: Françoise Graton se présente comme la chef de file qui déniche le financement, Gilles Pelletier est le comédien auréolé du prestige de ses rôles dans des téléromans et Georges Groulx est considéré comme un metteur en scène hors du commun.Ils vivent une expérience unique en montant Iphigénie, de Racine : cela leur servira de tremplin pour pousser plus avant et consolider leur première expérience d\u2019un théâtre destiné aux élèves.L\u2019un et l\u2019autre racontent en long et en large les premiers pas de cette aventure, avant que Gilles Pelletier ne résume le concept de départ: «Françoise et moi avions la même conception de ce que devait être une compagnie de théâtre pour la jeunesse: on était persuadé qu\u2019il n\u2019y avait rien de trop beau ni de trop difficile pour les jeunes; tout cela n\u2019existe pas.Le difficile, ils le rejettent comme les adultes le font, mais il se trouve toujours certains d\u2019entre eux qui éprouvent cette sorte de joie d\u2019entrer dans un élément d\u2019inconnu et de découvrir des choses.Nous étions tous les trois liés par l\u2019amitié et mus par cet élan de faire ce qu\u2019on pouvait faire de mieux pour ce public, il nous apparaissait impardonnable de faire cela n\u2019importe comment; la rigueur était de mise.» Françoise Graton abonde dans ce sens: «Sur le plan des productions, on avait convenu de choisir les meilleurs décorateurs, les meilleurs dessinateurs de costumes, les meilleurs comédiens et les meilleurs textes.Nous nous sommes entourés de gens exceptionnels et on offrait aux jeunes ce qui nous apparaissait être ce qu\u2019il y avait de mieux.» Les jeunes sont choyés en raison de la variété des pièces retenues, qui appartiennent aussi bien au répertoire classique, moderne qu\u2019étranger.Les auteurs québécois prennent la parole sur la scène : «Il y avait Gratien Gélinas et Marcel Dubé.Et il y a eu Tremblay aussi; on les a tous joués et on a même monté Inespéré et inattendu, de Réjean Ducharme, relate le comédien.Toutes les grandes œuvres qu\u2019on jugeait importantes, et dans notre histoire et dans le développement de la culture, ont été présentées.» L\u2019école est acteur de formation Un demi-siècle plus tard, la comédienne, survolant l\u2019offre scolaire actuelle, dépose une évaluation plutôt positive de la situation: «Si je songe à [l\u2019expérience vécue par] de jeunes enfants que je connais très bien, je découvre que l\u2019école joue un rôle important dans le domaine des arts.Il y en a certaines qui sont axées sur la musique, comme Le Plateau et quelques autres.Aussi, l\u2019Orchestre symphonique porte de son côté une attention particulière au public scolaire.Je me rends compte que les professeurs stimulent les élèves et que le gouvernement apporte beaucoup d\u2019aide sur le plan des concerts et des expositions de peinture pour les jeunes.En théâtre, il y a plusieurs jeunes groupes qui se sont formés dans le sillage de la NCT.» Car l\u2019école fournit une éducation qui compte pour beaucoup dans l\u2019intérêt que les élèves portent aux arts: «Ily a, dans ces établissements, des profs qui sont très engagés, et même certains de ceux qui enseignent l\u2019éducation physique les accompagneront au théâtre par amour de cet art.» Gilles Pelletier se penche ALAIN RENAUD ARCHIVES LE DEVOIR Françoise Graton et Gilles Pelletier, deux des cofondateurs de la NCT par la suite sur le caractère artistique intrinsèque dont est porteur l\u2019enfant: «Je dirais même que, au niveau de la maternelle, si on pense â la musique par exemple, on retrouve lâ du rythme, de l\u2019harmonie et de la mesure.Un enfant est naturellement ouvert â cette forme d\u2019art, tout comme â la danse.Celui-lâ même, quand il en sera rendu â aborder les mathématiques, possédera une notion de ce que sont la mesure et le rythme.En fait, tous les arts intéressent l\u2019enfant, parce qu\u2019il est par nature plus curieux qu\u2019un adulte.» Gilles Pelletier évoque l\u2019histoire pour étoffer sa pensée: «Avant qu\u2019on n\u2019invente cette chose merveilleuse qu\u2019est l\u2019enseignement public, qui donne accès pour tout le monde â une certaine instruction, dans l\u2019éducation des princes, eux qui étaient évidemment les grands favorisés de la société, il y avait beaucoup de sport et d\u2019art.On touchait aux sciences après qu\u2019on avait eu recours â un développement artistique et aussi physique.» Une telle méthode pédagogique ne peut être que bénéfique, d\u2019autant plus qu\u2019elle est maintenant à la portée de toutes les bourses.L\u2019enfant, le théâtre et le jeu «Il est important de stimuler l\u2019être humain avant qu\u2019il ne soit pris dans des moules», renchérit le comédien, qui fait appel à son expérience théâtrale pour témoigner de l\u2019ouverture d\u2019esprit dont faisait preuve à la NCT un jeune public, car ce public se montrait réceptif à l\u2019écoute de pièces dédiées aux adultes: «Ils s\u2019identifiaient â des personnages et â des situations qu\u2019ils ne connaîtraient sans doute jamais dans leur vie mais qui les touchaient.Pour eux, le théâtre était beaucoup plus accessible que pour un homme approchant de la cinquantaine qui a travaillé toute sa vie dans un bureau, lui qui est moulé par des habitudes liées â sa situation sociale et par sa course â la fortune.» Sans oublier que l\u2019enfant plus ou moins jeune fait appel à une imagination dont il a besoin: «Ce sont les jeux de l\u2019enfant! D\u2019ailleurs, le théâtre, c\u2019est de jouer; la comédie, c\u2019est un jeu: je suis le bon et tu es le mauvais.Les enfants font du théâtre continuellement.» Et madame Graton démontre l\u2019intérêt suscité chez les jeunes au fil des représentations: «On a même découvert que, dans les écoles de théâtre de niveau collégial et autres, ils utilisaient en audition, pour y être admis, des extraits de textes tirés de pièces qu\u2019ils avaient vues â cette NCT devenue le Théâtre Denise-Pelletier.» Collaborateur Le Devoir L\u2019EDUCATION PUBLIQUE AU QUÉBEC Des forces qui s\u2019additionnent Des succès qui se multiplient DECLARATION EN FAVEUR DE UÉDUCATION PUBLIQUE AU QUÉBEC I I ADHEREZ EN LIGNE À LA CAUSE DE L\u2019ÉCOLE PUBLIQUE www.fcsq.qc.ca ASSOCIATION DES CADRES SCOLAIRES DU QjOÉBEC Les cadres scolaires, fiers partenaires de l'école publique L'éducation est au cœur du développement de la société québécoise.Un système d'éducation doit offrir à tous un accès égal à des programmes de qualité.Or comme le disait Paul Gérin-Lajoie: « l'accessibilité universelle à l'école passe par le réseau public.» Les cadres scolaires travaillent sans relâche à faire de notre réseau d'éducation public un système de qualité, adapté aux multiples besoins de la clientèle, dans l'objectif de la réussite pour tous.www.acsq.qc.ca La Fédération des commissions scoiaires du Québec Du 29 septembre au 5 octobre 2013 M^eeSle SEMAINE POUR FEDERATION DE L'ENSEIGNEMENT www.lafae.qc.ca "]
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