Le devoir, 5 octobre 2013, Cahier E
[" T A Note sur réelle pour une exposition de Pascal Grandmaison Page es Marco Beasley, «tombeur vocal» et réinventeur de traditions Page e 7 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 20IS A PHOTOS ANNICK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Dans ce huis clos, Luc Picard est Jason, le patron, courtier de haut vol.Sophie Desmarais incarne Cass, son bras droit, une analyste de première ligne.Ascension et chute d\u2019un roi de la finance Marc Beaupré pousse Sophie Desmarais et Luc Picard dans les hautes sphères du courtage CHRISTIAN SAINT-PIERRE Le titre lui-même a des allures de prise de position: Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël.Créée au Centaur Theatre en mars 2011, la pièce du Canadien Michael Mackenzie \u2014 ici traduite par Alexis Martin \u2014 explore les arcanes de la haute finance.Et, en filigrane, son humanisation.Dans ce huis clos haletant et mystérieux, Jason, le patron, courtier de haut vol incarné par Luc Picard, et Cass, son bras droit, une analyste de première ligne campée par Sophie Desmarais, semblent tout aussi préoccupés par la survie de l\u2019entreprise que par le rapport ambigu qui les lie.Après Caligula_remix et Dom Juan_uncenso-red, Marc Beaupré continue ici de s\u2019intéresser à la relation entre passion et pouvoir, intimité et politique.«Le cadre, c\u2019est la crise économique de 2008, explique le metteur en scène.Des enjeux importants qui concernent le monde de la haute finance sont au cœur de la pièce, mais j\u2019oserais dire que l\u2019essentiel n\u2019est pas là.Il y a autre chose en dessous, une vague plus intime qui pousse.Pour être honnête, c\u2019est ce qui m\u2019a vraiment happé dans ce face-à-face.C\u2019est compliqué d\u2019en parler sans en dire trop.J\u2019ai l\u2019impression de marcher sur des œufs.C\u2019est un véritable thriller, avec des affaires qui sont cachées, des affaires surprenantes.A mes yeux, la pièce n\u2019a de sens que dans ce qui sera révélé.» Les nouveaux rois «Cass est une surdouée des mathématiques, explique Sophie Desmarais.Mais elle a de graves déficits sociaux.Elle a de la difficulté à ressentir de l\u2019empathie.Elle vit dans sa tête.C\u2019est un personnage qui est très particulier, insaisissable, en quête d\u2019humanité, vengeresse et séduisante.Au- trement dit, il s\u2019agissait d\u2019un vrai beau défi à côté duquel je ne pouvais tout simplement pas passer.» La jeune comédienne avoue toutefois qu\u2019elle a eu de la difficulté à pénétrer dans l\u2019univers des finances.«A la première lecture, je n\u2019ai pas compris grand-chose, mais j\u2019ai fait confiance à Marc.Disons que je ne me serais pas lancée avec n\u2019importe qui dans une matière comme ça.Aujourd\u2019hui, après avoir lu et relu la pièce, après qu\u2019on se l\u2019est expliquée, qu\u2019on a fait des recherches, vu des films comme The Inside Job et Too Big to Lail, c\u2019est pas mal plus clair pour nous et je sais que par conséquent ça le sera aussi pour le spectateur.Les courtiers de haute voltige, ce sont ni plus ni moins que les nouveaux rois.Dans leur ascension et leur chute, il y a quelque chose qui est de l\u2019ordre de la tragédie grecque.» Trois unités De retour sur scène cinq ans après la création de Sacré Cœur par le NTE, Luc Picard ré- vèle avoir accepté de s\u2019embarquer pour deux raisons.«Tout d\u2019abord, parce que j\u2019aime beaucoup le ping-pong.L\u2019idée que ce soit deux personnages qui s\u2019échangent les répliques tout au long de la pièce, dans une unité de temps, de lieu et d\u2019action, ça me plaît beaucoup.C\u2019est très bien écrit, avec des phrases courtes, tronquées, une répartie qui fait penser à David Mamet.Sans parler des coups de fil qui entrecoupent le déroulement de l\u2019action et jouent un rôle crucial.Jason est un lion.Un personnage pareil, avec de telles forces et de telles faiblesses, des contradictions immenses, qui subit des pressions pas possibles, c\u2019est une matière passionnante pour un acteur.» L\u2019autre raison pour laquelle le comédien a accepté de remonter sur scène, c\u2019est le propos qui sous-tend la pièce.L\u2019idée n\u2019est pas de défendre un point de vue.Le texte de Mackenzie n\u2019est pas un pamphlet ou un plaidoyer, plutôt VOIR PAGE E 4 : EINANCE CHIHULY UN UNIVERS À COUPER LE SOUFFLE Achetez vos billets sur acouperlesouffle.ca Un succès triomphal L\u2019EXPOSITION EST PROLONGÉE D\u2019UNE SEMAINE ! Maintenant jusqu\u2019au 27 octobre y .-^1 \\V V MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL - T Cette exposition est organisée par Le Musée des beaux-arts de Montréal en ooLLaboration aveo Dale ChihuLy./ Dale ChihuLy, Mille Fiori.2013.2.7 x Ifiâ^x 4,3 m.MBAM. E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 CULTURE Suite 1742 .I Odile '\tTremblay A ardi, je suis allée rencontrer un musicien : Marcus Cahill, une sorte de John Lennon.Combien de clones de l\u2019ancien Beatle se produisent un peu partout dans le monde?je lui demande.Il répond: entre cinq et dix peut-être, sans compter ceux qui jouent en groupe Fah Four.Lui, il se produit tout seul.Fascinant de rencontrer des gens transformés en leur idole.Ils ont abandonné leur ancienne peau, comme les serpents leurs anciennes enveloppes, nommées survies.Tant d\u2019Elvis prouvent aux convertis que The King n\u2019est pas mort \u2014 pattes d\u2019éléphant, déhanchement coquin, œil de velours, et que je vous chante Blue Moon.Chanteur imitateur, c\u2019est bel et bien un métier.On en convient, mais ça intrigue.Le Britannique Marcus Cahill a les petites lunettes de grand-mére de Lennon, sans sa longue silhouette de prophète.«Je ne lui ressemble pas, mais mon registre vocal est à peu près le sien.» Et de m\u2019entonner à la guitare The Ballad I Stï:, ofjohn and Yoko.Le musicien est sans doute voué à vie à incarner le chantre assassiné, en véhiculant son message pacifiste.Il se sent honoré d\u2019être son ombre.«Yoko Ono me suit sur Face-book.Quant à Paul McCartney.Ce serait mon rêve de faire de la musique avec lui.» Marcus est un fan de toujours.Depuis 35 ans, il l\u2019imite.Le musicien avait 15 ans quand il a enregistré un disque-hommage pour la première fois.H a ses fans.Ou ses fans du fan, on ne sait plus.Après 446 spectacles solos au Cavern Club de Liverpool, «davantage que les Beatles», il est allé voir ailleurs si John y était, et depuis 2011 il se produit en tournée.Avec des musiciens québécois, son spectacle Imagine sera le 9 octobre au Granada de Sherbrooke, deux jours après au Rialto de Montréal, puis le 12 au Casino du Lac-Leamy de Gatineau.On verra bien.Lieu-culte Pour tout dire, l\u2019endroit de notre rencontre m\u2019intéressait tout particulièrement: la suite 1742 de l\u2019hôtel Reine Elizabeth, lieu-culte du fameux « Bed-in for Peace» de John et Yoko du 26 mai au 2 juin 1969.Pèlerinage obligé, soit, où je n\u2019avais encore jamais mis les pieds.S\u2019agit de vivre à Montréal.«N\u2019empêche que les fleurs et leur heà-m n\u2019ont pas empêché les humains de s\u2019entretuer sur la planète, que je soupire au musicien, notifiant in situ l\u2019échec du message lennonien.Voyez les con flits ! Les guerres !» «Mais non, ce n\u2019est pas un échec, clame l\u2019imitateur.Ce message est porté, véhiculé à travers les années.Yoko a dit après coup: \u201cPeut-être étions-nous naïB.\u201d Mais tous ceux qui venaient m\u2019entendre à The Cavern cherchaient à garder ce vœu-là en vie: l\u2019individu peut changer le monde.Suffit de vouloir.» C\u2019est vrai, en plus.LA UNE PRESENTATION DE U 11 i ü I n U [¦ O P s I s RESISTE TEXTES ENRAGES 03 AU 19 OCT.2013 CINQUIÈME SALLE DE LA PLACE DES ARTS RECHERCHE ET MONTAGE DES TEXTES OLIVIER KEMEID MISE EN SCENE LUCE PELLETIER AVEC JEAN-ERANÇOIS CASABONNE SHARON IBGUI OLIVIER MORIN MOR ENA PRATS MONIQUE SPAZIANI DAVID STRASBOURG COLLABORATEURS ROMAIN FABRE MARYLINE GAGNON CLAIRE L\u2019HEUREUX MATHIEU MARCIL MARJOLAINE PROVENÇAL laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 8422112 Partenaire de production Hydro Québec Québec n LA VEILLÉE présente N - Ll Partenaire de production a\" Hydro Québec M LA PREUVEc ONTOLOGIQUE DE MON ^ISTENCE DE JOYCE CAROL OATES 17 SEPTEMBRE > 11 OCTOBRE 2013 MISE EN SCÈNE CARMEN JOLIN AVEC Nora Guerch Frédéric Lavallée Jean-François Blanchard et Jean-Marc Dalphond Guerch 1.1 une prestation physique ;< Nora buercn i- i , /-yi^ure sans fausse note.»\t-fipmes interprété « Wléphisfu\ttroublante par \u2019il» 1 touch9nt Qsns\triiîmnse into I sores.» Bioody Underrate « Guerch's\tby the audience SKrCperformance.» The Chariebo.s THEATRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLEUERIE 514.526.6582 WWW.THEATREPROSPERO.COM RÉSEAU ADMISSION 1855.790.1245 CennIlduHti CwiadiCc du Canada forthaArb SOURCES FAIRMONT LE REINE ELIZABETH Le fameux «Bed-in for Peace» de John et Yoko, du 26 mai au 2 juin 1969, s\u2019est déroulé dans la suite 1742 de l\u2019hôtel Reine Elizabeth.Pour Marcus, investir cette suite (on s\u2019installe sur le ht, traditions obligent) relève de l\u2019expérience spirituelle.«Si la paix dans le monde n\u2019est toujours pas une réalité lorsque nous mourrons, alors nous reviendrons.jusqu\u2019à ce que ce le soit», disait Lennon.Ouille! Son spectre a de quoi rôder dans le coin.Je le cherche entre les photos du bed-in en question, qui tapissent la suite : elles ont été exécutées surtout par Gerry Belter, que l\u2019ancien Beatle avait chargé d\u2019immortaliser l\u2019événement.On voit le couple en blanc, alité pour l\u2019amour et la fraternité jusqu\u2019à l\u2019éternité, semble-t-il.John, Yoko et sa fille à elle, Kyoko, qui fouinait partout.Retour aux amoureux rigolant avec Timothy Leary, répondant aux journalistes, aux fans, avec sur l\u2019oreiller le Tao Te King.Livre de la voie et de la vertu de Lao Tseu bien en évidence, les yeux lourds de fatigue parfois derrière les bouquets de fleurs.Ils enregistrent la chanson Cive Peace a Chance aussi, avec la clique autour qui joue les percussions en utilisant ce qui traînait, parfois des livres entrechoqués.L\u2019hôtel Reine Elizabeth n\u2019en demandait pas tant.Joanne Papineau est venu rejoindre le producteur Richard Beaucage et moi dans la suite.Elle est responsable des relations publiques au Reine Elizabeth, apporte un grand cahier d\u2019entreprise, livre de sécurité de l\u2019hôtel en 1969.Entièrement en anglais, faut-il le préciser?manuscrit, sauf quelques feuilles volantes tapées à la machine.L\u2019ère préinformatique tenait du scrap book.Clin d\u2019œil On a regardé les comptes rendus des jours entourant le bed-in : les Jello deux couleurs commandés pour Kyoko, le registre des plaintes des clients.Certains réclamant haut et fort de jeter dehors pareils fauteurs de trouble.C\u2019était conservateur, cet hôtel-là.Et des fans qui crient à la On voit le couple en blanc, alité pour l\u2019amour et la fraternité jusqu\u2019à l\u2019éternité porte et débordent dans le corridor, ça fait du bruit, ça dérange les voisins, la musique aussi.Et les pétales de roses sur les fleurs du tapis, ça coince les aspirateurs.«En fait, explique Joanne Papineau, personne au Reine Elizabeth ne pensait vivre un événement historique.Ça choquait plus qu\u2019autre chose.D\u2019ailleurs, l\u2019hôtel a mis des années avant de rendre hommage à ce bed-in là et à décorer la suite.Les administrateurs ont répondu à la demande des clients.Au cours des années 80, ils ont approché Yoko Ono pour pouvoir mettre des photos, des objets.On en rajoute toujours.» Faut pas croire que la suite était comme aujourd\u2019hui.En fait, les stars amoureuses occupaient le 1738, le 1740, le 1742, le 1744.Il y aura d\u2019autres réaménagements.Des fans louent la suite avec engorgement au cours des périodes fastes : en mai, à l\u2019anniversaire du bed-in (ça faisait 44 ans au printemps dernier), en octobre à celui de John Lennon (il aurait eu 73 ans mercredi prochain).Des visites sont autorisées quand la suite est vacante.Ajoutez les gros événements : pour le 35® anniversaire du bed-in, par ici un nouvel enregistrement de Give Peace a Chance avec des musiciens québécois.Pour lancer l\u2019expo sur les Beatles au musée de Pointe-à-Callières, la suite 1742 reprenait du service.Joanne Papineau assure que l\u2019hôtel refuse les demandes guidées par de mauvaises raisons : « Une entreprise de fruits et légumes voulait y lancer sa campagne: \u201cCive Peas A Chance!\u201d On a dit non.» AhlAh! J\u2019ai quitté cette suite-là, encombrée par son passé et par un message envoyé à tous les deux, en vain peut-être, lançant en pensée un clin d\u2019œil à Claude Chamberlan et Dimitri Eipides du Festival du nouveau cinéma, qui étaient au bed-in pour la paix, dans un hôtel devenu autel pour pèlerins nostalgiques.Le Festival a gardé un peu de cet esprit-là.Les fantômes des rêveurs pacifistes sont partout, en fait.On les traquera au 42® FNC dès mercredi.otremblay@ledevoir.com DU OCTOBRE AU g NOVEMBRE TEXTE ET MISE EN SCENE_STEVE GAGNON AVEC____MARIE-JOSÉE BASTIEN, MARIE SOLEIL DION.RENAUD LACELLE-BDURDDN, GUILLAUME PERREAULT ETCLAUDIANERUELLAND ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE_OLIVIER GAUDET-SAVARD DÉCOR ETACCESS0IRES_ MARIE-RENÉE BOURGET HARVEY ÉCLAIRAGES__CAROLINE ROSS CQSTUMES_ JENNIFER TREMBLAY MUSIQUE ORIGINALE UBERKO O.t\t' CONSEIL DES ARTS Conseil des arts et des lettres DE MONTRÉAL Conseil des Arts\tCanada Council du Canada\tfor the Arts Télé-Québec LE DEVOIR S 4559 PAPINEAU, MONTREAL / THEATRELALICORNE.COM / 514 523.2246 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 20IS E 3 CULTURE'ARIS VISUELS Note surréelle pour une e3q)osition de taille Pascal Grandmaison dans un grand solo à la galerie René Blouin MARIE-EVE CHARRON Avant de mettre les pieds dans l\u2019atelier de l\u2019artiste, il faut d\u2019abord franchir un jardin en bataille, où des légumes se cachent encore.«Ce n\u2019est rien, il y en a un plus grand derrière», lance Pascal Grandmaison.L\u2019artiste avoue s\u2019adonner au jardinage, une passion que confirme la visite de l\u2019autre jardin en question, où le désherbage a été délaissé.Grandmaison, visiblement, a été retenu par autre chose.Son été, il l\u2019a passé dans la préparation de sa nouvelle exposition, qui ouvrira sous peu chez René Blouin, son gale-riste depuis 2003.11 a conçu l\u2019exposition sur mesure pour les espaces encore fraîchement inaugurés de la galerie dans le Vieux-Montréal qui compte désormais trois salles, et de bonnes superficies, qu\u2019il sera le premier à occuper intégralement.«Quand tu commences à faire des expositions avec plusieurs salles, tu veux retrouver ce plaisir-là, de créer des limites de sens par rapport aux espaces physiques.Cette ga-lerie-là permet ça», explique-t-il, un plan de la galerie sous les yeux.L\u2019ensemble, mûrement réfléchi, sera composé de vidéos, de sculptures et de photographies qui portent sur un imaginaire de la nature, marquée par les mythes et les croyances.L\u2019amorce de l\u2019exposition sera une vidéo, diffusée par un écran plasma industriel mince comme une planche, qui fera voir la lente progression d\u2019une roche dont on ne sait trop si elle se fait tirer par la corde qui l\u2019enserre où si elle résiste contre une force extérieure, judicieusement laissée hors champ.D\u2019aucuns y reconnaîtront le mythe de Sisyphe, adapté de Camus, figure littéraire que l\u2019artiste pourrait aussi évoquer dans une autre oeuvre de l\u2019exposition.Ça reste à voir.Dans les bois Ce détail, et d\u2019autres encore, est toujours en suspens.«J\u2019aime ça, arriver avec de l\u2019extra et voir sur place.» L\u2019atelier, à quelques jours du montage, est parlant à cet égard, avec plus d\u2019œuvres qu\u2019il n\u2019en faut et une sélection à finir.Ici, ce sont des photos réalisées au Mexique dans la grotte de Taxco, un lieu dénué de lumière naturelle.«Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est de montrer comment l\u2019éclairage artificiel transforme un lieu [.] c\u2019est la mise en scène que les V 1 l FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Pascal Grandmaison a passé l\u2019été à préparer sa nouvelle exposition, qui ouvrira sous peu à la galerie René Blouin.gens créent avec cette lumière-là [.] c\u2019est quasiment l\u2019idée du spectacle.» Aux côtés des images de cette grotte \u2014 que l\u2019artiste considère comme des sculptures, des readymade pour ainsi dire \u2014 se trouvent là des sculptures de son cru, lui qui pratique cet art en de rares occasions depuis 2010.Les larges plaques de plâtre s\u2019enli-gnent contre le mur, leur surface brute livrant une rencon- tre du blanc et du bleu.« C\u2019est un paysage assez basique, avec le ciel bleu.» Comme pour sa première incursion en sculpture \u2014 la série Desperate Island \u2014 la photo, sa technique de prédilection, ne demeure m Dans la mire du prix Sobey Le gagnant du prix Sobey, pour lequel Pascal Grandmaison est finaliste avec quatre autres artistes, sera connu mercredi prochain.Le prestigieux prix pancanadien, réservé aux moins de 40 ans, sera remis poiu une dixième fois par la Fondation Sobey, assorti d\u2019une boiuse de 50000$.L\u2019artiste dit ne pas trop y penser, même s\u2019il devra interrompre le montage de son exposition poiu se fendre au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Ecosse, à Halifax, où se tient l\u2019exposition des finalistes et où la cérémonie aiua lieu.A ses yeux, ce prix constituerait une célébration supplémentaire de son travail, lui qui a déjà une feuille de route substantielle, avec un important solo au Musée d\u2019art contemporain de Montréal (2006), ainsi qu\u2019au Casino du Luxembourg (2010), qui avait en plus fait l\u2019objet d\u2019une monographie de grande qualité et dont le travail est dûmpnt représenté dans les collections muséales.A 38 ans, ce sont des honneius qui arriveraient tout de même à point poiu l\u2019artiste.SECOND REGARD, 2013.SOURCE GALERIE RENÉ BLOUIN.jamais loin.Ces sculptures, faites de plâtre versé et figé, relèvent à\u2019«un procédé de captation.C\u2019est comme la lumière sur un film.Je travaille la matière de la même façon que pour capter la lumière».A la différence près que cette matière a demandé un temps long d\u2019apprivoisement et d\u2019expérimentations, fait de plusieurs tests en atelier selon une méthode toute nouvelle pour lui.Un film couronnera la fin du parcours, La main du rêve, tourné avec une caméra captant 300 images par seconde, offrant des ralentis à la fluidité envoûtante.Dans une sorte de vision extatique, le film révèle une forêt animée d\u2019une présence magique qui se laisse apprécier par contemplation lente.Tournée dans les Lau-rentides, cette œuvre confirme un champ d\u2019intérêt que l\u2019artiste développe plus spécifiquement depuis quatre ans autour de lieux dont il fait l\u2019analyse, laissant derrière lui les portraits qui ont lancé sa carrière, au début des années 2000.Mais, remarque l\u2019artiste, «les lieux aussi, à la limite, peuvent être des portraits.parce que ce sont des lieux transformés par des humains».11 prend comme exemple des œuvres récentes où il a ausculté Coney Island {Light my Fiction) et file Sainte-Hélène {Soleil différé), des espaces autres où se condensent l\u2019artificiel et le naturel, la fiction et le réel.L\u2019actuel opus, de l\u2019avis de l\u2019artiste, gagne en surréel.L\u2019antre de l\u2019atelier Grandmaison va au-devant du monde avec ses caméras, mais c\u2019est dans le giron de l\u2019atelier que tout ça prend forme.Impossible de passer sous silence ce lieu, immense, jadis salle paroissiale de confession anglicane, que l\u2019artiste Marie-Claire Blais, sa compagne, et lui ont converti en atelier, et en milieu de vie.Après neuf ans, l\u2019espace est encore en chantier, divers projets d\u2019aménagement étant encore en route, comme la construction de cabines pour travailler le son.L\u2019artiste s\u2019est doté de l\u2019espace et d\u2019outils pour créer à souhait, suivant un désir d\u2019autonomie qui remonte à loin.11 était encore aux études à l\u2019UQAM quand il a «ouvert un studio de photo avec des chambres noires grand format avec [l\u2019artiste] Patrick Coutu», se rappelle-t-il.Depuis, l\u2019équipement s\u2019est complexifié d\u2019ordinateurs, d\u2019imprimantes et de caméras de pointe, ou désuètes, dont certains modèles se retrouvent, montrés, dans les œuvres.L\u2019espace, lui, permet de tester l\u2019accrochage d\u2019œuvres ou de se transformer en studio de tournage, même pour des à-côtés, tel le vidéoclip Béatitude de Daniel Bélanger.«Au cégep [Montmorency], dit Grandmaison sourire en coin, les premières oeuvres que fai faites, c\u2019était des plaques de plâtre.» Alors qu\u2019une impression de boucle s\u2019instaure, le solo à venir est plutôt pour l\u2019artiste un prétexte pour évoquer les projets futurs, qui émergeront quelque part entre une collection encore imaginaire de mains de plâtre.Terre des hommes et l\u2019atelier.Collaborateur Le Devoir LA LIMITE DE L\u2019ÉCHO Pascal Grandmaison Galerie René Blouin 10, rue King, Montréal Du 12 octobre au 23 novembre DVoir > D\u2019autres œuvres de Pascal Grandmaison et deux vidéos, ledevoir.eom/ eulture/arts- visuels [i ç»: Transposition décapante des Trois sœurs.Spectacle dirigé intelligemment par Martin Faucher.Solide interprétation.Marie Labrecque, Le Devoir\t.a.Hirinor comédie tout aussi truculente que cynique.Morceau théâtral mordant.Martin Faucher réussit a diriger brillamment les comédiens.David Lefebvre, montheatre.qc.ca claudedeschenes.ca\t.,\t^ ,\t.Subl'ime raeÏria, pour le plus grand plaisir malsain des trouve dans la série télévisée G/r/s, avec tout son mordant.Hugo Prévost, pieuvre.ca Améiie Lacroix M, Citeboomers.com \t\t \t\t \t\t \t\t LES CHAMPS PETROLIFERES Théâtre PÀP CINQ VISAGES POUR CAMILLE BRUNELLE - Théâtre PÀP THE DRAGONFLY OF CHICOUTIMI Théâtre PÀP + FTA L'ARCHITECTURE DE LA PAIX Pigeons International d-Teatro Sâo Luiz L'ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! ESPACEGO.COM Conseil des arts et des lettres Québec i Conseil des Arts du Canada a\" Hydro Québec transat ' DE SAISON E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 CULTURE.DANSE Et courent les sushis Chris Haring et Stephanie Gumming rient de nous-mêmes et de notre manière de recevoir la culture japonaise, du feng shui au shiatsu en passant par le sushi.FREDERIQUE DOYON Running Sushi, littéralement « sushi qui court», renvoie au comptoir à sushis sur tapis roulant où le client choisit ses morceaux.La compagnie autrichienne Liquid Loft en fait un duo où le public choisit chaque soir l\u2019ordre des scènes de la performance.L\u2019expression «running sushi», très en vogue en Europe à l\u2019époque de la création de la pièce (2006) \u2014 comme le restaurant qu\u2019il désigne \u2014, n\u2019a peut-être pas la même résonance au Québec.N\u2019empêche que Montréal a aussi succombé à la mode des Sushi Shop.où l\u2019on choisit ses mq-kis, nigiris ou sashimis.A l\u2019Usine C, cette semaine, ce choix aura un impact esthétique déterminant.«Ça donne une pièce complètement différente si c\u2019est une scène agressive ou une scène d\u2019amour qui conclut le spectacle», avise le chorégraphe Chris Haring, qui forme le duo avec Stephanie Gumming, une Canadienne expatriée à Vienne qui a participé à la fondation de Liquid Loft avec le dramaturge Thomas Jelinek et le musicien Andreas Berger en 2005.Au-delà de son côté ludique \u2014 la pièce s\u2019annonce désopilante \u2014, l\u2019approche dépasse le seul jeu de format pour multiplier les perspectives sur le corps et la performance, cœur de la démarche de Liquid Loft.«Quand on joue avec le langage et la narration sur scène, la concentration s\u2019éloigne du corps et du mouvement parce qu\u2019on veut suivre l\u2019histoire, on pense dramaturgie.En la coupant, ça s\u2019approche plus de la pensée associative et ça fait en sorte qu\u2019on regarde à nouveau le corps, la danse; on peut donc travailler de manière plus claire et plus simple.» Cette pensée associative est par ailleurs un trait dominant de notre époque dopée aux hyperliens qui nous font surfer et Le chorégraphe Chris Haring; regarder un écran plat.» PEDRO RUIZ LE DEVOIR « On pense toujours en termes de plateformes et de dimensions avec le Web, mais à la fin, on ne fait que {{Ça donne une pièce complètement différente si c\u2019est une scène agressive ou une scène d\u2019amour qui conclut le spectacle )) Chris Haring, chorégraphe dériver d\u2019un sujet à l\u2019autre sur le Web, note l\u2019artiste.Fanatique de science-fiction et de littérature cyber-punk.Liquid Loft observe avec attention comment les nouvelles technologies façonnent nos rapports aux autres et à nous-mêmes.Car c\u2019est bien là que se joue la science-fiction de demain.«Finalement, on ne s\u2019est pas tant éloignés du corps, on ne court pas comme des cyborgs avec plus de prothèses qu\u2019avant, on va plutôt vers cet univers virtuel, les réseaux sociaux.On communique tout le temps à travers ces médias, on y laisse aussi nos émotions, notre présence, et nos corps s\u2019y affichent beaucoup.Ça définit comment on se perçoit et on se présente maintenant.» Distorsion acoustique Pour Liquid Loft, on a toujours une expérience immédiate des choses, du réel.Une vision qui s\u2019incarne notamment dans la distorsion acoustique traversant la plupart des pièces de la compagnie.Dès qu\u2019un nouveau collaborateur s\u2019ajoute au noyau dur de l\u2019équipe, celui-ci se «soumet» à l\u2019enregistrement de sa propre voix, des opinions qu\u2019il exprime par rapport aux idées guidant des pièces en travail.«On les enregistre sur l\u2019ordinateur, parfois on manipule la bande et leur relance.Ils doivent donc se doubler, danser dans leur propre son, rejouer leur propre voix à la manière d\u2019un karaoké», explique Haring.Fausse quête de vérité qui ne fait qu\u2019accentuer le décalage avec le réel.La scénographie en rajoute une couche en déployant un décor copié sur un studio de cinéma, «pour que le public ait l\u2019impression de voir la fiction devenir la réalité», dit-il.Le découpage chorégraphique suit aussi une esthétique vidéographique, en jouant sur les avan- cées rapides (fast forward), les retours en arrière, les pauses.L\u2019univers manga est évoqué notamment dans les effets visuels des éclairages qui misent sur les couleurs pour accuser les émotions.La présence de Stephanie Gumming au sein de la compagnie n\u2019est pas le seul lien qui unit Chris Haring au Canada.Le danseur a en effet déjà foulé la petite scène montréalaise de Tangente en 1998.Il revient à Montréal fort du Lion d\u2019or de la meilleure performance qu\u2019a remporté Liquid Loft avec Running Sushi, à la Biennale de Venise, en 2007.Leurs pièces mêlent danse, théâtre, arts visuels et pure théorie.Super-Plat La création de Running Sushi s\u2019inspire d\u2019ailleurs du Super-Plat de l\u2019artiste japonais Takashi Murakami, qui se réclame d\u2019un art intentionnellement superficiel et commercial.«On pense toujours en termes de plateformes et de dimensions avec le Web, mais à la fin, on ne fait que regarder un écran plat.», ironise Chris Haring.Si la culture japonaise imprègne la pièce, elle en forme moins le cœur que le prétexte.«Ce n\u2019est ni une pièce japonaise ni une occasion de se moquer de cette culture.On rit plutôt de nous-mêmes, de notre manière de recevoir cette culture, du feng shui au shiatsu en passant par le sushi.» Qu\u2019il s\u2019agisse de design, de mode, d\u2019art, de médias, de gastronomie ou de jeux vidéo, on ne retient que les éléments fragmentaires, sans tous leurs fondements, des cultures que la mondialisation nous donne pourtant l\u2019impression de mieux connaître.Alors, ce sera le tekka maki ou le California Roll.?Le Devoir OVoir ' Deux extraits de Running Sushi.ledevoir.com/culture/danse ! MAINTENANT ! ACHETEZ NOTRE CAMION ! OBTENEZ LE CREDIT POUR VOTRE ACHAT ! MAIS ACHETEZ-LE, LE CRISS DE CAMION ! POUR LAMOUR DU CIEL, ACHETEZ IT MAUDIT CAMION ! ON VA MEME VOUS LE DONNER S\u2019IL EAUT À ZERO POUR CENT D\u2019INTERET, MAIS ACHETEZ-LE ! ACHETEZ LE CAMION, POUR LAMOUR DE DIEU, ACHETEZ IT MAUDIT CAMION ! Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël Du 8 octobre au 2 novembre 2013 une création du Théâtre Aujourd\u2019hui Texte Michael Mackenzie Mise en scène Marc Beaupré Interprétation Sophie Desmarais et Luc Picard Théâtre d'Aujourd'hui 514 282-3900 theatredaujourdhui.qc.ca I\tGroupe financier\tBell\tLE DEVOIR FINANCE SUITE DE LA PAGE E 1 un état des lieux.pour le moins alarmant.«Un moment donné, explique Picard, mon personnage dit: \u201cTout le monde parle de produits dérivés, de CDO et de CDS; mais y\u2019a personne qui les comprend réellement! \u201d C\u2019est tout à fait représentatif déjà dynamique du spectacle.A cause de la mondialisation et d\u2019Internet, la rapidité des transactions est aujourd\u2019hui effarante.Le système financier, basé sur la spéculation, est devenu une grosse bête imprévisible, abstraite et déshumanisée.Une bête dont on a perdu le contrôle.On voit l\u2019effet de ça dans nos vies.Dans les grandes surfaces, les commerces, partout.A mon avis, la pièce aborde tout ça, mais sans porter de jugement.C\u2019est sa grande qualité.Au-delà du thriller, c\u2019est une confrontation entre quelqu\u2019un de purement humain et quelqu\u2019un qui s\u2019est éloigné de son humanité et de son éthique.» ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Sophie Desmarais et Luc Picard en répétition.Pas un bandit à cravate «Je sais que les gens vont venir voir le spectacle en ayant une idée de la haute finance, explique Marc Beaupré, qui signe une première mise en scène au Théâtre d\u2019Au-jourd\u2019hui, qui plus est sur la grande scène.Le spectateur aura nécessairement une idée de la crise économique et du genre de gars qui en est responsable.Ce qu\u2019on a tendance à penser, surtout avec la commission Charbonneau, c\u2019est qu\u2019il y a beaucoup de fraude ou de corruption.Bien sûr, le personnage que joue Luc représente un peu cet univers, mais ce n\u2019est pas non plus un bandit à cravate.Pas un méchant archétypal.» Sous l\u2019assurance du courtier de haut vol, se cache aussi des problèmes, des zones d\u2019ombre.Il vit la crise, lui aussi, poursuit Marc Beaupré.«Ce n\u2019est pas un gars qui a participé à la déréglementation.Il a fait les choses selon les règles de l\u2019art.En fait, la pièce met un visage sur quelque chose qui est très abstrait, elle développe une superbe métaphore de notre vie en société en s\u2019appuyant sur le destin d\u2019un homme.Ce que Michael Mackenzie a fait, c\u2019est énorme: c\u2019est une véritable entreprise d\u2019humanisation de la haute finance!» Collaborateur Le Devoir INSTRUCTIQNS POUR UN EVENTUEL GOUVERNEMENT SOCIALISTE QUI S0U5AITERAIT ABOLIR LA FETE DE NOEL Texte: Michael Mackenzie.Traduction : Alexis Martin.Mise en scène: Marc Beaupré.Au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 8 octobre au 2 novembre 2013.» 0 ^ au 25 octobre i, vendredi 20h âTion: 514 523-2246 Ljjfjdi au jeudi ene de Julie Vincent cher et Julie Vincent fezte SX miss srMs '\\'/3c Lilians f LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 20IS E 5 CULTURE »MÜSI0UE Tensions, attention ! Né dans la douleur, le deuxième disque de Random Recipe étonne par son audace PHILIPPE PAPINEAU Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.Voilà comment on pourrait résumer le récit croisé de Frannie, Fab, Vincent et Lin Kong, les quatre têtes du groupe Random Recipe, qui depuis de longues minutes racontent à quel point leur deuxième album.Kill the Hook, a été douloureux à produire.Des tensions, des prises de tête et une larme ou deux plus tard, les regards sont redevenus complices, et c\u2019est avec le sourire aux lèvres que le groupe attaque les prochains mois.S\u2019ils se sont disputés autant qu\u2019ils le disent, les quatre musiciens doivent être magnanimes au possible, car ça rigole sur la terrasse du café de Villeray où Le Devoir les a rencontrés.Les défauts sont devenus sujets de taquineries plutôt que de disputes.Mais en reculant quelques mois en arrière, c\u2019est à une tout autre bande qu\u2019on aurait parlé.«A cause de la grande proximité qu\u2019on avait ensemble pendant la tournée, on aurait eu besoin d\u2019un break, et on l\u2019a pas eu, explique Frannie, bavarde.On est rentrés directement dans la création, avec quatre membres beaucoup plus affirmés et des idées beaucoup plus ancrées.Disons que nos idées n\u2019étaient pas nécessairement en accord les unes avec les autres!» Rester en vie Pour mieux comprendre, il faut reculer un peu.A la base.Random Recipe est né des deux fdles du groupe, Frannie Holder et Fabrizia Di Fruscia, la première à la guitare et au chant,, l\u2019autre au rap et au beat-box.A force de s\u2019amuser et d\u2019improviser, des chansons sont nées, et le groupe a pris une forme plus sérieuse quand Vincent Legault et Liu Kong Ha sont venus les accompagner après coup.Leur premier disque.Fold It! Mold It! est né en 2010.Jamais dans le passé les quatre n\u2019avaient construit des pièces ensemble à partir de rien.Fab, la plus funky des quatre, compare la situation à celle d\u2019un couple.«C\u2019était une autre période de découverte, d\u2019apprentissage.On pense qu\u2019on se connaît, mais quand t\u2019es dans un autobus ou quand t\u2019es dans un studio à créer, c\u2019est deux vibes quand même très différentes.Est-ce qu\u2019on s\u2019assoit ensemble pour trouver une mé- »\t«¦v.-N.w ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le dernier opus de Random Recipe a été douloureux à produire si on en croit les membres du groupe montréalais, mais cela est maintenant chose du passé.lodie, un beat, ou on travaille chacun de notre côté ?Ça été une aventure.» D\u2019autant que chaque musicien est arrivé avec sa petite idée fixe.Vincent venait de tomber sur un clavier Realistic, Fab sur un steel drum, etc.Rien pour faciliter le mélange.«Un moment donné, tu te demandes pourquoi tu le fais, avoue Frannie.Mais personne de nous quatre n\u2019a voulu arrêter.Même si on avait nos autres projets on the side [Frannie et Vincent sont dans le groupe Dear Criminals], on avait l\u2019impression qu\u2019il y avait quelque chose avec Random qui devait exister.On a réussi à le faire, on est restés en vie, et je pense qu\u2019on est plus forts qu\u2019avant parce qu\u2019on est passés par-dessus.» Et le résultat d\u2019autant de stress est étonnant.Random Recipe a toujours le don de la ritournelle simple et du clin d\u2019œil musical, mais Kill the Hook nous plonge dans un univers moins acoustique, où les claviers et la basse prennent une place de choix.Un peu comme le dernier Jimmy Hunt, c\u2019est déstabilisant au premier test, mais plus on Hyperactivité musicale Comment se démarquer dans la mer de disques qui sont lancés chaque semaine ?Random Recipe a dû se poser la question.«On est hyperactijs en musique, constate Frannie.Ya beaucoup trop de choix, ce qui est une bonne chose à la base, mais ça fait que tu ne peux pas rentrer dans aucun mood profondément, comme quand on était jeunes.Pendant trois ans j\u2019ai trippé sur du ska, pen- dant cinq ans fai aimé le new swing.Là, il faut écouter quatre genres musicaux en même temps pour être à l\u2019affût de tout ce qui se passe.Ça une influence sur la façon dont on crée, parce qu\u2019il faut se battre avec ça.T\u2019as l\u2019impression qu\u2019il faut que tu crées «le» hook qui va se démarquer, sans trop tomber dans la pop et rester dans ce qui est indie, accepté pour un band émergent.» creuse et plus on s\u2019y sent à l\u2019aise.Le steel drum donne une touche à la fois électro et caribéenne, et les claviers nous replongent dans les années 1990.«La découverte des claviers a complètement changé l\u2019affaire, explique Vincent, replaçant sa casquette.Quand j\u2019ai reçu le Realistic, donné par un ami qui l\u2019avait trouvé dans les ordures, ç\u2019a donné une autre tendance.Et on s\u2019est laissé le droit d\u2019utiliser les sonorités qu\u2019on voulait, contrairement au premier disque.Sans engager un orchestre symphonique ou utiliser 18000 keybords, mais quand même.» De son époque.Kill the Hook emprunte quand même un peu partout.On entend certains sons de danse «à la Ace of Base», comme le dit Frannie, des claviers que ne renierait pas Kanye West, des textures à la Danger Mouse et à la Beck.«L\u2019idée, c\u2019était d\u2019essayer de transposer une mélodie, un arrangement, dans différents styles musicaux.On l\u2019essaie-tu en hip-hop, en grunge ?On se promenait à la limite du mauvais goût, en testant jusqu\u2019où on pouvait pousser le mélange de deux genres qui n\u2019ont rien à voir ensemble.Comme dans une toune qui s\u2019appelle Dimple, y\u2019a un bridge super 1990, à la Tame Impala, et le reste est très Jan elle Monde.Est-ce que ces deux-là ensemble vont donner le goût de vomir ou bien de se frotter les mains ?» Nous, en tout cas, on opte pour les mains.Le Devoir IX Écouter > La pièce Big Girl \" tirée de l\u2019album Kill the Hook, ledevoir.com/ culture/musique Violette Chauveau, Prix de i\u2019intenpnetation féminine de l\u2019année 2012 - Montréal AQCT Quel textel Quelle mise en scene Quels comédiens extraordinaires! bravo: Un des grands moments de la saison.Merci.Michel Bélair, Le Devoir 22 octobre 02 novembre 2013 evelyne delà Chenelière l alice ronfard JEAN-FRANÇOIS CASABONNE VIOLETTE CHAUVEAU EVELYNE DE LA CHENELIÈRE CE CORPS QUI PARLE UNE PRODUCTION ESPACE GO au 26 octobre 2013 PRODUCTION LE THEATRE DU MOUVEMENT, FRANCE TEXTE.MISE EN SCÈNE ET INTERPRÉTATION : YVES MARC OmmIbus le'coipâ H théâtre ET EN LEVER DE RIDEAU SPLENDEUR ET MISÈRE D\u2019UNE COURTISANE PRODUCTION OMNIBUS LE CORPS DU THÉÂTRE MAÎTRISE D\u2019OEUVRE ; JEAN ASSELIN INTERPRÉTATION; SYLVIE CHARTRAND ^^Uélï&C Q E9 riuCandrid fwthiArtï LE DEVOIR 194S, RUE FULLUM, MONTRÉAL BILLETTERIE S14 521 4191 WWW.ESPACELIBRE.QCCA Violette Chauveau fougue, une rage justesse de jeu particulièrement émouvantes.[Son] monologue de la fin est à couper le souffle.Marc Cassivi, La Presse Violette Chauveau et Jean-François Casabonne offrent une performance remarquable.La dernière scène est si troublante \u2019il ne faut surtout pas en parler.Elle est à recevoir dans le plexus.Louise Vigeant, RevueJeu.org Epoustouflante Violette Chauveau et solide Jean-François Casabonne.Une pièce forte et belle.Une grande réussite.David Lefevbre, montheatre.qc.ca Encore bouleversé, secoué, par Une vie pour deux.Texte, distribution, mise en scène admirables! Violette Chauveau est sublime, grandiose.Une rencontre au sommet entre une actrice et un personnage.À voir toutes affaires cessantes! Luc Boulanger, La Presse (sur Facebook) Ne ratez surtout pas Une vie pour deux! C\u2019est bouleversant.Violette Chauveau est au sommet de son art.Christian Saint-Pierre, Revue Jeu (sur Facebook) Bdli PARTENAIRE DU SPECTACLE Qf''a^bee ^transat E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 CULTURE.HUMOUR L\u2019inconfort et la différence Plutôt que de s\u2019asseoir sur ses acquis, l\u2019humoriste et comédien français Gad Elmaleh choisit de se mettre en danger FRANÇOIS LEVESQUE Allô New York, ici Montréal.On s\u2019entretient avec Gad Elmaleh depuis sa chambre au X Hotel.De passage dans la Grosse Pomme, l\u2019humoriste et comédien français, hyper-vedette dans l\u2019Hexagone, y présente son nouveau spectacle Sans tambour, en français (si, si), tout en se produisant simultanément, en anglais cette fois, dans des clubs de comédie, où on ne le connaît ni d\u2019Eve ni d\u2019Adam.Masochiste, Gad Elmaleh?Passionné, plutôt.D\u2019entrée de jeu, précisons que Gad Elmaleh est l\u2019humoriste le plus populaire en Erance.En 2007, son «one man show» Papa est en haut écrit une page d\u2019histoire alors que le spectacle est présenté à guichets fermés à l\u2019Olympia de Paris pendant sept semaines consécutives: du jamais vu.Né à Casablanca, il habite au Québec pendant cinq ans, où il étudie au cégep Saint-Laurent et à l\u2019Université de Montréal (en sciences politiques!).Il demeure l\u2019un des rares Eran-çais capables de reproduire un accent québécois plus vrai que vrai.En 1992, il suit une formation de théâtre à Paris avant d\u2019entamer une fructueuse carrière cinématogra-phique en 1996 {Salut cousin !).Bref, Gad Elmaleh pourrait très bien se contenter de produire un spectacle tous les quatre ans, ceux-ci entrecoupés de quelques films, et de compter ses sous.Nenni.La francophonie lui est acquise?Voyons voir si les Anglo-Saxons le trouveront drôle.«J'étais mûr pour ce défi-là, confie la vedette des comédies à succès La doublure et Hors de prix.Me produire en anglais, une langue que je ne maîtrise pas encore, ça m\u2019oblige à sortir de ma zone de confort.Il ne s\u2019agit pas juste de traduire un bon numéro du français à l\u2019anglais; ce n\u2019est pas si simple.J\u2019ai brisé la glace à Montréal à Just for Laugh.J\u2019ai voulu traduire un numéro de façon littérale.En français, il faisait quatre pages.En anglais, il en faisait une et demie.Les expressions sont plus carrées en anglais; il y a plus de raccourcis.La musique n\u2019est pas la même.» De fait, un humour verbal comme le sien ne se sert pas de la même manière selon que l\u2019on cause Molière ou Shakespeare, comme Gad FRANCIS LE PRESTI AGENCE FRANCE-PRESSE De l\u2019aveu de Gad Elmaleh, le Québec, ça reste un peu chez lui.\\\\ Jerry Seinfeld dit un truc que je trouve très juste.D\u2019après lui, brsqu\u2019unepersonne est drôle, on le ressent, et ce, qu\u2019on parle sa langue ou pas yy Elmaleh a l\u2019occasion de s\u2019en rendre compte aux Etats-Unis ces jours-ci.Tout à prouver (à soi-même) «Ce qui est formidable avec cette petite tournée américaine, c\u2019est qu\u2019il y a une équipe de do-cumentaristes qui me suit, explique Gad Elmaleh.Rien ne leur échappe.Les silences d\u2019un comedy club après une de mes routines; un type pas convaincu qui s\u2019écrie: \u201cWho\u2019s i Il d that guy?\u201d J\u2019exagère à peine.Mais le plus beau, c\u2019est que des stand-up américains légendaires comme Jerry Seinfeld et Woody Allen [qui a dirigé Gad Elmaleh dans Midnight in Paris] viennent me conseiller.» Riche idée, certes, mais pourquoi, quand on est un roi de la comédie chez soi, risquer de passer pour un bouffon autre part?«Peut-être que j\u2019en ai toujours rêvé.Oui, c\u2019est un vieux rêve, VAmérique.L\u2019art du stand-up là-bas, c\u2019est sérieux, c\u2019est mythique.Je viens de me produire dans de petits clubs avec la menace de la lumière rouge qui vous force à quitter la scène si vous ne faites pas rire la salle.» Gad Elmaleh évoque cette pression qu\u2019il s\u2019impose à lui-même comme une seconde naissance professionnelle, fébrile et passionné qu\u2019il est, comme un débutant qui a tout à prouver, à se prouver.« Cette impression de repartir à zéro, c\u2019est grisant», assure-t-il.Je reviendrai à Montréal Les thèmes ont été circonscrits, des dénominateurs communs ont été arrêtés: filiation, rapport au père, questionnements identitaires, etc.«Je m\u2019amuse évidemment des différences entre la Erance et les Etats-Unis, par exemple quant à l\u2019attitude des chauffeurs de taxi à New York et à Paris.» Improvisateur virtuose reconnu pour être capable de rebondir sur scène au quart de tour, Gad Elmaleh se permet-il la même latitude en anglais?«Non, ça demeure pour l\u2019instant plus écrit en anglais, car je n\u2019ai pas encore l\u2019aisance que requiert l\u2019improvisation.» Il n\u2019empêche que son humour, ancré dans la quotidienneté et l\u2019universalité, constitue un bon candidat pour l\u2019exportation.« Jerry Seinfeld dit un truc que je trouve très juste.D\u2019après lui, lorsqu\u2019une personne est drôle, on le ressent, et ce, qu\u2019on parle sa langue ou pas.C\u2019est une belle idée, non ?» Après sa virée étasunienne, Gad Elmaleh se produira pour la première fois de sa carrière à Toronto, après quoi il sera de passage à Montréal à l\u2019occasion de trois représentations au Théâtre Saint-Denis, du 10 au 12 octobre inclusivement.Dans quelle langue cela se passera-t-il?«En français, c\u2019est certain! Mais, et c\u2019est certain ça aussi, je prendrai un bon dix minutes au début du spectacle pour raconter ce qui m\u2019est arrivé au cours des dernières semaines.» Silence au bout du fil.Puis, un sourire dans la voix, soudain lointaine: «Je me revois, étudiant, assister aux spectacles d\u2019humoristes québécois au Saint-Denis.On m\u2019aurait dit que je foulerais ces planches-là un jour que je n\u2019y aurais pas cru.» De l\u2019aveu de Gad Elmaleh, le Québec, ça reste un peu chez lui.Aussi a-t-il hâte de raconter ses souvenirs de voyage à la famille.Information : http://theatrest-denis.com/fr Le Devoir Benoît Lachambre Montréal Danse PRISMES 16, 17, 18 octobre 20 h 19 octobre 16 h Théâtre d'ombres ' et marionnette ontemporaine à La Sala Rossa vAv, 10$/12$ '-:iri9et20octobre àl9het2lh LE CIRQUE ORPHELIN j, / LES SAGES FOUS ¦(r '.ItSIII '\u201c uW 21 octobre L-uüü'\tà 20h THE MORE or - EVERYTHING REVIVAL HOUR suivi de TOUT INCLUS SUR LA PLANETE ROUGE .3 CHOREGRAPHE Benoît Lachambre CONlpiLLÈRE ARTISTIQUE Kathy Casey INTERPRÈTES Elinor Fueter, Annik Hamel ^ Rachel Harris, Sylvain Lafortune Manuel Roque, Peter Trosztmer MUSIQUE Laurent Maslé ÉCLAIRAGES Lucie Bazzo BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORA DE LA DANSE WWW.AGORADANSE.COM ELINOR FUETER / PHOTO ALEJANDRO DE LEON JAZZ JIMMY KATZ Le saxophoniste Eric Alexander Les maîtres de musique à l\u2019Upstairs L\u2019automne amène un formidable carré d\u2019as Alexander, Mabern, Webber et Farnsworth SERGE TRUEEAUT est tout d\u2019abord l\u2019histoire du maître et de l\u2019élève.Ensuite?C\u2019est l\u2019histoire de l\u2019élève qui devient l\u2019égal du maître.C\u2019est également l\u2019histoire du maître nouveau qui engage le maître ancien.C\u2019est enfin, pour ne pas dire surtout, la plus belle affiche du jazz de l\u2019automne.Celle qui annonce pour le 19 octobre le saxophoniste Eric Alexander, le maître nouveau, le pianiste Harold Mabern, l\u2019ancien, le contrebassiste John Webber et le batteur Joe Earnsworth.Pour dire les choses tout simplement, on nous propose un carré d\u2019as.Car.Car ce groupe, ce quartet, est beaucoup, beaucoup plus important qu\u2019il n\u2019y paraît de prime abord.Oui, mille fois oui.Mais encore?Non seulement ces messieurs déclinent à l\u2019aune de l\u2019excellence les standards et les originaux, ils sont habités par la foi du charbonnier.Mais encore (bis) ?Ce quartet est la personnification, si l\u2019on peut dire, du combat mené en son temps par Art Blakey, soit être les messagers du jazz version « bibeaupe » et non version italo-suédoise-BCBG-bien blanche.Eaut dire et surtout préciser que Mabern, héritier de Phineas Newborn, fut un contemporain de Blakey.Il était l\u2019un des leurs, un^es messagers.A ce titre, il est important de le souligner, il a joué avec Max Roach, Miles Davis, Donald Byrd, Elvin Jones, George Coleman, Sarah Vaughan, Sonny Rollins, Archie Shepp et bien d\u2019autres, avant de se consacrer à l\u2019enseignement.Et c\u2019est comme ça comme ainsi qu\u2019il a donné de la baguette sur les doigts de l\u2019élève Alexander.Autrement dit, si ce dernier évolue avec une aisance saisissante dans les arcanes du blues et du swing, c\u2019est grâce au maître de musique H.Mabern né le 20 mars 1936 à Memphis, Tennessee.Inversement comme à l\u2019envers, c\u2019est grâce à Alexander si Mabern a repris du service.Grâce au cadet si l\u2019aîné fréquente de nouveau les scènes du monde et en particulier les londoniennes et les parisiennes.On le répète, ils défendent une certaine idée du jazz.Un jazz fait de blues, de swing, de balancements, de mises en relief pesantes, dans le sens noble du terme, des notes.De tout cela, leurs albums publiés par l\u2019étiquette High Note sont les illustrations tout éloquentes.Chacun de leurs disques est un écho des grands rendez-vous sonores mis en boîte par les quartets qui étaient sous contrat avec Élue Note, Riverside, Prestige et autres Pablo.En un mot comme en mille.Alexander, Mabern et leurs complices forcent, dans le sens tout aussi noble du terme, notre attention.Autrement dit, ils sont la contradiction de la musique d\u2019ambiance.Car le jeu d\u2019ensemble combine la sensibilité sans mièvrerie, la conviction, la franchise, le sens du temps long.Bref, ce qu\u2019ils font relève du grand art.P-S.: très sérieusement, si cela vous dit, on vous conseille de réserver au plus tôt.Tél.: 514 931-6808.Le dernier Jazz Magazine propose une nouvelle formule sans l\u2019expliquer, à moins que cela nous ait échappé.Toujours est-il qu\u2019après avoir intégré le mensuel Jazzman, voilà que les éditeurs ont décidé de puiser dans leurs archives.Au ras des pâquerettes comme du bitume, cela donne ceci : le numéro 100 publié en 1963 est greffé à celui du présent mois.Au programme : en-trevues avec Art Blakey, Shelly Manne, Ray Charles.Passionnant ! Le Devoir Écouter > La pièce Blues for Phineas de l\u2019album Revival of the Eittest.ledevoir.com/culture/musique D USINE @ ¦ilHIHilJillllllifilillliMI\t\t11 IMiiliaililMll!\ti!ilillii w 1II\tHi RUNNING SUSHI i.CHRIS HARING/LIQUitllOFI\t\u201c austrian cultural forum LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 20IS E 7 CULTURE)MÜSI0,ÜE CLASSIQUE Marco Beasley, reinventeur de traditions Entretien avec un « tombeur vocal » italien à l\u2019expertise unique CHRISTOPHE HUSS Marco Beasley, 56 ans, chanteur et musicologue, est un charmeur vocal.Lorsqu\u2019il aborde la tarentelle La carpinese, il nous attire dans un monde fascinant.Cette force d\u2019évocation n\u2019a pas échappé aux cinéastes français.En 2011, le réalisateur Philippe Claudel en faisait un thème de son film Tous les soleils, avec Clotilde Coureau.Même air lorsque Catherine Frot rend visite à son père, funambule, en haut d\u2019un chapiteau, dans Associés contre le crime de Pascal Thomas (2012).La voix de Marco Beasley épouse le vertige, accompagne la nostalgie d\u2019un temps révolu.Cette Carpinese, on espère bien l\u2019entendre, mercredi, lors du programme Tarantella del piacere présenté à Montréal.La salle Bourgie accueillera en effet mercredi et jeudi, pour leur première visite au Canada, Marco Beasley, Guido Morini et leur ensemble Ac-cordone.Le Devoir, qui vous prédit des événements musicaux de l\u2019automne montréalais, s\u2019est entretenu avec le ténor Marco Beasley.Parcours atypique Retour en arrière.Le disque éponyme, paru en 2002, déjà cité ici comme l\u2019un des dix meilleurs de sa décennie, a été enregistré avec Christina Plu-har.C\u2019est ce CD, paru chez Alpha, qui avait révélé Marco Beasley, érudit des musiques italiennes et «tombeur vocal».Pour ce projet, Beasley avait été invité par Pluhar, qui avait auparavant travaillé avec l\u2019Ac-cordone, à contribuer au lancement de son nouvel ensemble, L\u2019Arpeggiata.Opération réussie, ô combien ! Depuis, Marco Beasley a réintégré Accordone,fondé en 1984 par lui-même, le claveciniste et organiste Guido Mo-rino et le luthiste Stefano Rocco.Il s\u2019en explique au Devoir: «En 2004, j\u2019ai abandonné L\u2019Arpeggiata, car mon cheminement était avec Accordone.L\u2019ensemble est moins fameux, mais c\u2019est ma maison, c\u2019est là où je me reconnais artistiquement.» Le parcours de Marco Beasley est pour le moins atypique pour un chanteur italien : «J\u2019ai étudié la musicologie à Bologne et j\u2019ai commencé à pratiquer le chant grégorien, qui m\u2019a fasciné.Je n\u2019ai jamais imaginé devenir chanteur professionnel.Ce sont des amis qui m\u2019ont V \\ \\ La voix de Marco Beasley épouse le vertige, accompagne la nostalgie d\u2019un temps révolu.poussé à sortir du chœur de l\u2019université.» Plus étrange encore, dans un pays où, comme il le résume, «on commence ses études par Mozart pour finir à Puccini », ses intérêts musicaux se portaient vers la Renaissance et les débuts du baroque italien.«Je me suis rendu compte que ma voix et ma manière de chanter «La musique savante est une musique écrite qui se différencie de la musique de tradition orale» se mariaient bien à l\u2019esthétique de ce répertoire.J\u2019ai aussi la chance que la couleur de ma voix soit bien adaptée aux instruments de cette musique: luth, théorbe, clavecin.» L\u2019unicité de Marco Beasley s\u2019explique par le fait que ceux qui exploraient ce répertoire avec autant d\u2019érudition sur les traditions napolitaines du XV® au XVIL siècle sont plutôt rares.«Je me sens un peu seul dans mon pays!», résume-t-il.Populaire et savant A Montréal, Beasley et Accordone présenteront deux programmes différents et complémentaires : Tarantella del piacere mercredi et Frot- tole jeudi.Musique du Sud, musiques du Nord.Même si la tarentelle en appelle immédiatement à l\u2019imaginaire, il ne faut pas négliger la soirée de Frottole, compositions poétiques très en vogue dans les cours de la Lombardie autour de 1500.Dans tout le répertoire défendu par Beasley et Morini, on sent une interpénétration entre musiques savantes et poétiques.C\u2019est à la fois juste et voulu, nous dit le chanteur.«La musique savante est une musique écrite qui se différencie de la musique de tradition orale.A l\u2019époque de la Renaissance et aux premiers temps du baroque précoce, la musique savante était pour les cours alors que la musique traditionnelle était celle du peuple.L\u2019aristocratie ne se mélangeait pas au peuple.Par contre, le compositeur, par excellence, était entre les deux.Il travaillait pour la noblesse mais observait ce qui se passe dans la vie réelle.» Cette interpénétration des univers est très notable.«Dans certaines frottole, nous reconnaissons des sources traditionnelles au sein de compositions savantes à quatre voix, consignées dans onze volumes saison À QUÉBEC a LA CHAPELLE SAISON DE QUEBEC 2013.2014 BERNARD LABAD E Une étoile du Metropolitan Opéra de New York.Une vedette du Ring de Robert Lepage.Une voix digne des légendes de l\u2019opéra.Une toute première rencontre avec Bernard Labadie et Les Violons du Roy.PALAIS M()NTCALM />lC0fi de.i\t12 et 19 octobre à 16 h SLEEPLESS NIGHTS STORIES de Jonas Mekas (États-Unis, 2011) avec Marina Abramovic, Bjôrk, Louis Garrel Version originale anglaise GRATUIT >\t25 octobre à 19 h 30 En première canadienne SILENT ONES de Ricky Rljneke (Pays-Bas, Hongrie, 2012) Version originale hongroise, sous-titrée en anglais Une occasion unique de ie voir à Montréai >\t29 octobre à 19 h 30 En avant-première DALLAS BUYERS CLUB de Jean-Marc Vallée (États-Unis, 2013) avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Jared Leto Version originale anglaise, sous-titrée en français Le dernier fiim de Jean-Marc Vaiièe, encensé au TiFF Une collaboration de Remstar et du Centre Phi Spectacles >\t11 octobre à 21 h PIERRE KWENDERS African Dream Invité: Nom de Plume 11,25$ (taxes et frais incius) Dans le cadre de la série dlFa@Phi >\t24 octobre à 20 h BETTY BONIFASSI Chants d'esclaves, chants d'espoir Première partie: Dear Criminals 20$ (taxes et frais incius) Expositions > Du 11 au 26 octobre JONAS MEKAS L'éloge de l'ordinaire Commissaire invitée: Anna Kerekes Une présentation du Centre Phi, de DHC/ART et du Festival du Nouveau Cinéma GRATUIT Conférences >\t8 octobre à 19 h MOBILITÉS ET ÉCHANGES Ici et ailleurs.De nouvelles régions du monde.Avec Steve Bates, Dominique Fontaine et Romeo Gongora GRATUIT >\t16 octobre à 19 h DISSECTIONS: CORYARCANGEL Discussion autour de l'œuvre de Cory Arcangel, avec Brandy Vergera, Artie Vierkant, Jon Rafman.GRATUIT Une présentation de DHC/ART et du Centre Phi À venir > Du 1®'^ au 30 novembre RAD HOURANI SOUS TOUTES SES COUTURES 5 ans de création unisexe Boutique, exposition, spectacles et autres surprises Tous les films sont à 1125$ (taxes et frais inclus), sauf indication contraire.Programmation sujette à changement sans préavis.Consultez notre site Internet pour les dernières mises à jour.Centre Phi-407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal-centre-phi.com phi ¦ TOUS LES TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 E 11 ICIffEMA 1 IX
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