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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2013-10-05, Collections de BAnQ.

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[" LIVRE CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 f '\t.jfî.:' Melissa Del Pinto, Queen Bee.Huile sur bois et médiums mortes, 2012, Emmanuel Kattan : la reine comme sujet La reine Elizabeth II, hors cour, a l\u2019accent de Brooklyn.Elle aime faire la « couronne buissonnière», se paie des escapades solos, incognito, au cœur de Manhattan, avec son pitou corgi préféré, se vautre dans les dédales des romans policiers de Patricia Cornwell.La reine, vraiment?Celle qui vit dans la tête de l\u2019auteur Emmanuel Kattan, du moins, pour son troisième roman.Le portrait de la reine.Une fable facétieuse sur l\u2019identité, l\u2019image, les rôles sociaux et, conséquemment, les masques amoureux qui embellissent ou empêchent de livrer.Rencontre.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR CATHERINE LALONDE Je pense que c\u2019est toujours, en tant qu\u2019écrivain, à partir de nos souvenirs, de nos propres sentiments, de notre vécu qu\u2019on imagine des personnages.Même les plus fabuleux.» En entrevue, Emmanuel Kattan est généreux et loquace, quasi ver-bomoteur.«Il n\u2019y a pas d\u2019imagination pure, au niveau conceptuel.Tout personnage est fait de bric et de broc.C\u2019est un assemblage conscient ou inconscient d\u2019expériences, de personnes rencontrées, d\u2019expressions de visage vues par flash.Le travail de l\u2019écrivain en est finalement un de recréation constante de notre propre passé.» Comme personnage, ici, la reine elle-même.Enfin presque.Car Rick Boisvert, ex-peintre à succès devenu perdant magnifique, la soixantaine, Québécois à New York, se convainc que cette dame élégante vue au coin de son diner préféré n\u2019est nulle autre que Son Altesse Royale Elizabeth IL «Parfois, les êtres imaginaires nous aident à mieux nous aimer, ou à dissimuler nos failles, dira-t-il.La licorne, c\u2019est une créature noble et pure, trahie par une jeune femme qui la livre aux méchants chasseurs.Combien d\u2019hommes ne se reconnaissent-ils pas dans cette fiction ?» Cette dame qui lui fait face, New-Yorkaise à l\u2019os, se prendra au jeu et se fera reine du mieux qu\u2019elle peut.Comédie des erreurs et des malentendus, roman le plus léger de l\u2019auteur à ce jour, c\u2019est à la danse amoureuse de ces deux-là, hypnotisés par leurs rôles plutôt que leurs êtres, que le lecteur assiste.Tomber Un jeu de masques, donc, et pour Kattan aussi, qui a d\u2019abord voulu publier ce titre sous pseudonyme puisqu\u2019il est par ailleurs FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Emmanuel Kattan directeur du British Council de New York et ne peut se permettre d\u2019être même soupçonné de l\u2019ombre de la pensée des prémices du crime de lèse-majesté.«C\u2019est ce qui fait que c\u2019est le roman, jusqu\u2019à maintenant, où je prends le plus de risque», dit-il.VOIR PAGE F 2 : REINE C\u2019est prouvé; La fiction aide à lire les pensées Page F 2 L\u2019avenir des révoiutions vu par Yannick Haenel Page F 5 Scribd: le livre numérique par abonnement Est-ce que le modèle de diffusion en ligne, imaginé par Netflix pour le cinéma et les séries télévisées et par Spotify pour la musique, pourrait s\u2019imposer dans le monde du livre numérique ?Alors que la mutation n\u2019a pas encore fini son premier chapitre, Scribd, une jeune entreprise américaine, cherche à y trouver rapidement sa place avec le lancement cette semaine d\u2019un service de partage de livres numériques par abonnement.La chose apparaît moins d\u2019un mois après l\u2019ouverture, sur une tablette près de chez vous, d\u2019Oyster, service similaire et désormais concurrent.En substance, ces deux entreprises proposent un accès illimité à un catalogue contenant près de 100000 bouquins numérisés contre un abonnement mensuel de 9 à 10$US.Le tout pour lecture sur appareils mobiles.En comparaison, Amazon se targue d\u2019offrir deux millions de livres électroniques.Petit hic toutefois, seul HarperCollins a accepté de prendre part à la dématérialisation, les autres maisons d\u2019édition craignant une incidence néfaste sur leurs ventes et une baisse de leur revenu.Fabien Deglise Et les livres, aspirants maires?L\u2019Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a déploré cette semaine le silence des aspirants maires pendant la campagne sur la question du livre.Jusqu\u2019à maintenant, les candidats à la mairie de Montréal ont abordé la culture, mais, selon l\u2019UNEQ, ils ont fait peu de cas de la littérature, des écrivains et du développement des bibliothèques.L\u2019UNEQ propose que le Conseil des arts de Montréal soit plus solidement soutenu, ou que les candidats s\u2019engagent dans la transformation du square Saint-Louis en un lieu littéraire qui rendrait hommage aux écrivains qui y sont passé.Et hors Montréal, quelles idées?Le Devoir Dr André Robidoux Ce que la recherche nous apprend sur le cancer du sein «André Robidoux est un précurseur de la médecine personnalisée, assurément l\u2019une des révolutions scientifiques de cette première moitié du xxU siècle.» \u2014 Guy Breton, recteur de l\u2019UdeM pr André Robidoux LE3 RAISONS -espérer Les livres des PUM sont aussi disponibles en version numérique à 50 % du prix papier.www.pum.umontreal.ca LesP'«»\u2019\u201d\u201c\t-' üSs PUM Les Presses de l'Université de Montréal Université I de Montiéai F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 LIVRES REINE SUITE DE LA PAGE F 1 Un jeu d\u2019illusions, aussi.«Sans vouloir les comparer, Rick Boisvert partage l\u2019entêtement et l\u2019opiniâtreté de l\u2019imagination de Don Quichotte.Dans une grande ville tout à fait moderne, il construit ses propres châteaux en Espagne et trouve sa Dulcinée.Finalement, ça parle de cette situation universelle, du fait que ce qu\u2019on recherche en l\u2019autre, c\u2019est souvent l\u2019image qu\u2019il a de nous-mêmes.Plutôt que de dire \u201ctomber amoureux\u201d, je préfère l\u2019expression \u201ctomber en amour\u201d, car on tombe dans un état, pas dans une identité.» La grande ville La ville de New York, surtout Manhattan, est le troisième personnage de ce roman.L\u2019auteur Emmanuel Kat-tan y a migré, comme son Rick Boisvert.Il y est depuis huit ans.De pizzeria-bouiboui en parc, longeant rues et avenues, Rick et la dame de Sutton\u2019s Place ratissent la Grosse Pomme.«New York est une ville où il est très difficile de rester soi-même tant le processus de contraintes est grand, une ville où on devient, comme le dit la dame du roman, soit un clone, soit un clown.C\u2019est une ville bâtie de solitude et, pourtant, on n\u2019est jamais à plus de cinq mètres d\u2019une autre personne à Manhattan.Des statistiques montrent même qu\u2019une personne célibataire multiplie ses chances de 30 à 40% de rencontrer quelqu\u2019un dès qu\u2019elle quitte New York.» Sentiment d\u2019urgence Fils de l\u2019écrivain, critique et collaborateur au Devoir Nairn Kattan, Emmanuel est venu tard à l\u2019écriture, assez pour être, à 45 ans, tenaillé par un sentiment d\u2019urgence.«Pourquoi j\u2019écris ?La vraie réponse reste un mystère.Elle est liée aux grandes peurs: écrire un jour des trucs auxquels je ne crois plus, ou ne plus avoir d\u2019idées.Je crois que la raison pour laquelle on écrit n\u2019est pas très différente de la raison de celle pour laquelle on lit», dit celui qui revient régulièrement s\u2019abreuver à Kafka, Proust, Flaubert, aux poètes Celan et Bonnefoy, à Krauss, Updike, Eagan.«C\u2019est une manière de se comprendre soi-même, de découvrir des aspects de soi qui ne sont pas révélés autrement, et c\u2019est un exercice de liberté.» Une liberté qui reste celle du sujet.Le Devoir LE PORTRAIT DE LA REINE Emmanuel Kattan Boréal Montréal, 2013, 168 pages FRANCE 57 librairies Chapitre sont mises en vente Sonnette d\u2019alarme en France : après que la direction de la chaîne de librairies française Chapitre a décidé, plus tôt cette semaine, de mettre en vente 57 librairies de son groupe, la ministre de la Culture, Aurélie Fili-petti, étudie la possibilité de permettre au réseau de bénéficier du plan d\u2019aide aux librairies indépendantes.Chapitre est une filiale du groupe Actissia, qui compte France Loisirs et Chapitre.com.Lundi dernier, Actissia annonçait la vente d\u2019ici l\u2019été prochain de ses 57 magasins, qui emploient 1200 salariés.La direction justifie ce plan par le contexte «assez difficile» pour le secteur \u2014 à l\u2019image de la plupart des acteurs de la distribution de produits culturels en France, comme Virgin, qui vient de disparaître, ou la Fnac, qui vient d\u2019annoncer la suppression de 180 postes sur un effectif total de 800.Actions En réaction, la ministre Aurélie Filipetti a indiqué que les représentants du personnel et la direction seraient reçus successivement par «les ministères concernés», de façon à «examiner les mesures de nature à préserver ce réseau de librairies et les emplois.» «Sans exonérer pour autant le groupe Actissia de ses responsabilités économiques et d\u2019employeur», le gouvernement examinera en particulier un possible recours aux mesures du plan en faveur de la librairie indépendante.Le plan de cession présenté par la direction correspond, selon la ministre, à «un démantèlement de fait et à sa transformation en réseau de librairies indépendantes».Un retournement de situation puisque le réseau Chapitre avait été constitué par le regroupement de plusieurs réseaux régionaux, comme les librairies du savoir.Privât et Alsatia, et par le rachat de quelques librairies indépendantes qui avaient leur propre identité.Actissia est le numéro 2 du livre en France, derrière la Fnac.Le plan de soutien aux librairies indépendantes, annoncé en mars dernier, doit permettre en 2014 de mobiliser 11 millions d\u2019euros de fonds publics supplémentaires, aux côtés des éditeurs, pour soutenir leur trésorerie, aider à la reprise de magasins et améliorer la formation des libraires.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Monde Salinger ne détestait pas le cinéma Une missive inédite du célèbre écrivain vient contredire la légende FRANÇOIS LÉVESQUE \\ A la deuxième page du roman L\u2019attrape-cœur, le jeune protagoniste y va d\u2019une tirade acerbe contre les films, dont il ne veut surtout pas entendre parler.Publié en 1951, ce roman devenu culte, puis mythique, de J.D.Salinger ne fut jamais adapté pour le cinéma, ce qui, aujourd\u2019hui encore, a l\u2019heur d\u2019étonner.D\u2019office, la croyance populaire tint pour acquis que ceci expliquait cela, et que forcément l\u2019auteur exprimait un dégoût personnel par la bouche de son personnage.Or voilà qu\u2019une lettre inédite signée de la main de l\u2019auteur reclus vient raconter une autre histoire.Haine relative Remise jeudi par Shane Salerno, réalisateur du récent documentaire Salinger, à la publication spécialisée Variety, la missive datée de 1967 est adressée à un producteur désireux d\u2019adapter L\u2019attrape-cœur.D\u2019entrée de jeu, on comprend que le premier s\u2019est adressé au second en faisant référence à cette haine présumée de l\u2019auteur pour le cinéma.La réponse de ce dernier, diplomate, un brin suave, apporte des nuances.«Il n\u2019est pas vrai, du tout, que je \u201chais\u201d ou déteste tous les films, et c\u2019est toujours un peu déplaisant, pour ne pas dire irritant, d\u2019entendre que je ne les aime pas.Le fait est que j\u2019aime certains types de films sans mesure, et même que je possède un projecteur 16mm et quelques vieilles bobines.» Plus loin, Salinger explique qu\u2019il serait plus juste de dire qu\u2019il n\u2019éprouve aucun intérêt professionnel pour le cinéma ou la scène, et que le seul théâtre pour lequel il souhaite écrire, justement, est celui qui se trouve dans la tête de ses lecteurs.«Cela pourra sembler horriblement précieux, mais je m\u2019efforce de fournir au lecteur tout ce dont il a besoin de savoir et de ressentir au sujet de mes personnages», écrit-il.Copnlah, tJ, J** Deû< », 19b^ lCr* Hennin^T Carlaon AdQlraûc 13, 6tii rlcor CopûrihaFOn K* Dear Vr, Carlaon: It lanH true, at all, that I \u201chate\u2019 or dislllce all filma, aiid lt*4.always more than a little offputtlry., not tn aay irritaUinr, to hear trat I do* >0 fact la, [ li'ke certain, k nda c-^\tinordinately, ana even own a Ifimci aovu d projector and a fow old, prints* What woula te, t ink, perfertlt Ri:,c-urfi.1 o ¦^o Say la t hat I have no profBsa onal Interest whatevei in f tim-î or s+aFe plays* to doubt feol very differently If 1 were an actor or a director or a producer, but not* The only theater want to write for iS the little laarvollous one inside the individual reade*'»fe mind* H mav eecr an offensively sslf-oonaci on houfiut, tiul i do my dajmdest to filve the reader eveTvthlnr he need to know and te feai exactly and fully what my fictional character'?are up to, /nyway, that»a the wuj It Is with me, and Ï must respso^fullv assure you that it*£, quite final* Thank vou, thoufh, for your letter* J, D* Salinger ^ VARIETY La missive, écrite le 23 décembre 1967, est adressée à un producteur désireux d\u2019adapter Uattrape-cœur.En dépit d\u2019un ton résolument courtois, on note une pointe d\u2019agacement.La conclusion de la lettre est du reste sans appel : «De toute manière, il en va ainsi avec moi, et je puis respectueusement vous assurer que c\u2019est final.» A noter qu\u2019en 1949, le film Tête folle, une adaptation de la nouvelle Uncle Wiggily in Connecticut, dénatura le court récit de Salinger, qui garda un goût amer de l\u2019aventure.Traduit en français en 1953 par Sébastien Japrisot {L\u2019été meurtrier), L\u2019attrape-cœur s\u2019est écoulé à plus de 60 millions d\u2019exemplaires de par le monde.Le Devoir SCOTT OLSON/GETTY IMAGES/AGENCE ERANCE PRESSE Certains types d\u2019œuvres aident les gens à discerner les pensées et les émotions des autres.Lire des œuvres de fiction aide à lire les pensées La qualité littéraire est un facteur déterminant dans la capacité de sonder l\u2019âme d\u2019un autre, selon une étude Les œuvres de fiction sont le genre de littérature qui aiguise le plus les capacités intellectuelles permettant de discerner les pensées et émotions des autres, selon une nouvelle étude de chercheurs américains publiée jeudi.«On se livre à cet exercice difficile quotidiennement pour détecter un faux sourire d\u2019un vrai, pour savoir si une personne est mal à l\u2019aise ou pour jauger les émotions d\u2019amis et de membres de la famille», relèvent les auteurs de ces travaux parus dans la revue américaine Science.«Il s\u2019agit d\u2019un processus mental essentiel qui permet le développement du tissu complexe des relations dans les sociétés humaines, défini en sciences cognitives comme la théorie de l\u2019esprit», précisent-ils.Dans leur recherche, Ema-nuele Castano, professeur de psychologie à la New School for Social Research à New York, et son étudiant en doctorat David Corner Kidd se sont livrés à une série de cinq expériences dans lesquelles ils ont demandé à des participants de lire de courtes nouvelles de fiction littéraire, de fiction populaire de moindre qualité et de non-fiction.Après ces lectures, les chercheurs ont évalué leurs processus cognitifs permettant d\u2019attribuer un état mental, une émotion, une intention ou une croyance à une autre personne, en les soumettant à des tests bien établis dont l\u2019un est la lecture des pensées de l\u2019autre par le regard.Qualité littéraire Pour cela, les auteurs ont présenté aux participants des photographies en noir et blanc d\u2019yeux d\u2019acteurs ainsi que de visages d\u2019autres personnes avec différentes expressions et leur ont demandé de décrire les émotions et les pensées qu\u2019ils y lisaient.Les cinq expériences ont montré que les participants assignés à lire des œuvres de fiction littéraire se sont révélés meilleurs dans ces tests que les autres.L\u2019étude révèle que le facteur déterminant pour aiguiser les capacités à sonder l\u2019âme des autres réside dans la qualité des œuvres de fiction, qui dans les expériences portaient sur différents sujets mais ont toutes produit le même résultat.Les auteurs expliquent cela par le fait que ces lectures impliquent davantage le lecteur intellectuellement, suscitant en lui des pensées créatives, contrairement à la fiction populaire.«Comme dans la réalité, les mondes décrits dans la fiction littéraire sont remplis de personnages complexes dont les vies intérieures sont rarement discernables aisément, requérant un effort intellectuel», soulignent ces chercheurs.Agence France-Presse Proust a Sainte-Foy « A sa façon, Helene de Billy désacralisé Proust.Tout en puisant dans son œuvre matière à réfléchir, à s\u2019émerveiller.Et à créer.» Danielle Laurin, Le Devoir 514 524-5558 lemeac@ emeac.com Astérix en Écosse C\u2019est une histoire sans fin qui ne veut visiblement pas finir.Quatre ans après L\u2019anniversaire d\u2019Astérix et Obélix, qui célébrait leurs 50 ans, l\u2019iconique duo de la bande dessinée fi-an-çaise se prépare à se rappeler à notre bon souvenir avec une 35® aventure intitulée Astérix chez les Pietés, dont la sortie est prévue le 24 octobre prochain.En guise d\u2019apéritif, les éditions Albert-René ont dévoilé cette semaine la couverture de la chose.Attendu avec autant de curiosité que de crainte, vu l\u2019épais historique laissé par neuf albums précédents mis au monde sans le génie de René Goscinny, ce nouvel épisode va marquer un tournant majeur dans l\u2019existence du sympathique Gaulois et de son gentil copain enrobé dont le destin se retrouve désormais, et pour le futur, hors des mains douloureuses et affligées par l\u2019arthrite de leur deuxième géniteur, Albert Uderzo.Ce voyage en Ecosse, en compagnie de ces brittoniques Pietés, est donc le résultat d\u2019une collaboration entre le scénariste Jean-Yves Ferri et le dessinateur Didier Conrad, choisis par les éditions Albert-René au terme d\u2019un appel de candidatures lancé secrètement dans le microcosme du neuvième art en 2011.Même si la réputation de l\u2019œuvre a été passablement malmenée, depuis Le grand fossé et surtout la mort subite de René Goscinny en 1977, l\u2019éditeur voit tout de même grand pour ce énième retour avec un premier tirage annoncé de 1,85 million d\u2019exemplaires pour arroser les marchés francophones.Le Québçc ne devrait pas être épargné.A terme, c\u2019est cinq millions d\u2019exemplaires de cette aventure qu\u2019il envisage de faire entrer dans autant de maisons, et ce, dans 15 pays et 23 langues, a-t-il annoncé cette semaine, par Toutatis ! Fabien Deglise Le Devoir 1 ^ Causerie avec JOSÉE BLANCHETTE Autour de Sans ménagement : confidences publié aux Éditions Flammarion/Québec Animation : Jacques Pasquet LE JEUDI 10 OCTOBRE A 19 H 30 - Librairie Monet- Galeries Normandie, 2752, rue de Salaberry, Montreal (QC) H3M 1L3 Reservations 514 337-4083 ou evenements@librairiemonet corn Sous la direction de Denis Vaugeois et Gaston Deschênes VIVRE la CONQUETE ^ à travers plus de 2 5 ¦Hlj^ parcours individuel^ ¦b M Librairie .ÛYleA Flammarion Etvlïbratrte SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 F 3 LITTERATURE Une virevolte existentielle perpétuelle Le chanteur et poète Fredric Gary Comeau signe son premier roman Danielle f Laurin Ce pourrait être un film.Disons un film à la Claude Lelouch revisité par Robert Lepage.Et retouché au passage par Cédric Kla-pisch, celui de L\u2019auherge espagnole, en particulier.L\u2019écran serait divisé en huit.On verrait simultanément huit personnages évoluant séparément dans huit univers différents.On saurait d\u2019instinct qu\u2019à la fin, l\u2019action tendrait vers un seul lieu, rassemblant tout ce beau monde.On les verrait chacun de leur côté vivre, aimer, faire l\u2019amour, voyager, créer, lire, écouter de la musique.On les entendrait penser, probablement en vobc hors champ.Parfois les scènes ne dureraient que quelques secondes, parfois plus.De temps en temps, de plus en plus souvent, en fait, on retrouverait deux per-sonnages, ou plus, dans la même scène.Les huit ne sembleraient pas liés entre eux au départ, mais des liens apparaîtraient petit à petit çntre plusieurs d\u2019entre eux.A force de chassés-croisés, le cercle des relations finirait par faire son chemin tout à fait.Le point de départ du film : un attentat à la bombe dans une gare parisienne, au milieu des années 1990.Une jeune fille belle comme le jour, prénommée Hope et perdue dans ses pensées, assisterait à l\u2019explosion.De même qu\u2019un vieil homme qui attendrait son petit-fils adoré, en vain : Olivier, 12 ans, mourrait dans l\u2019explosion.Valse à huit temps Le fil conducteur du scénario: un recueil de poèmes écrit par un jeune Acadien et retrouvé dans le désert du Nouveau-Mexique.Un ami de l\u2019auteur l\u2019aurait laissé là, à la demande du poète.La femme qui aurait retrouvé le livre serait la mère de Hope.Une artiste, cette femme.Très portée sur l\u2019astrologie.Elle conseillerait à sa fille de partir à la recherche du poète acadien, possiblement l\u2019homme de la vie de Hope.Il faut dire qu\u2019on verrait Hope très souvent en train de faire l\u2019amour avec un homme différent.Pour elle, et elle le dirait clairement à sa mère, tous les hommes se vaudraient.Elle dirait à sa mère : «Ils sont tous le même homme.» Il ne faudrait pas trop chercher à tout comprendre.Il faudrait juste rester alerte, ouvert à l\u2019aventure, aux rencontres.Il y aurait ce qui nous apparaîtrait comme des invraisemblances.Tellement de hasards, de coïncidences.Il y aurait des rendez-vous sans cesse retardés, sciemment, par le grand manitou derrière le film.Il étirerait la sauce, en faisant s\u2019effleurer, à leur insu, les personnages devant normalement se rencontrer.Il y aurait une forme de suspense.Il y aurait du sexe, beaucoup.Souvent cru.Parfois hard, sadomaso.Sans éclairage tamisé.Il y aurait de la violence attendue, fantasmée, qui ne viendrait pas.Il y aurait de la vengeance qui arriverait à son terme.Beaucoup d\u2019errance.Mais de la sensualité.¦.V, -n t ¦: PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le poète et auteur-compositeur-interprète acadien Fredric Gary Comeau signe avec Vertiges son premier roman.surtout.Tout ça en même temps, sur l\u2019écran subdivisé.Les personnages, que ce soit Hope, sa mère ou le jeune poète acadien, mais aussi un ex-acrobate argentin qui lutterait pour écrire un roman, un gynécologue montréalais d\u2019origine égyptienne qui ne voudrait surtout pas avoir d\u2019enfants, et les autres aussi bien, tous, en fait, seraient liés par l\u2019appel du vertige.Vertige du sexe, vertige de l\u2019amour, vertige de la création, vertige de l\u2019art.Tous auraient soif de vertiges.Et de liberté.On aurait droit à un happy end, mais la fin demeurerait somme toute ouverte.Ouverte sur tous les possibles.On aurait l\u2019impression qu\u2019un autre film pourrait très bien commencer là, sur la toute dernière image.Entre-temps, on aurait exploré Paris, Montréal, Moncton, Halifax, New York, Santa Eé, une partie du Japon et surtout de la Turquie.On aurait humé les lieux par petites touches impressionnistes, par le biais des protagonistes, au gré de leurs déplacements.Quai n® 5 Ce pourrait être un film, c\u2019est un roman.Le premier du poète et auteur-compositeur-interprète acadien Eredric Gary Comeau: Vertiges, publié dans la toute nouvelle collection «Quai n° 5», dirigée par l\u2019ex-rédacteur en chef de Voir Montréal, aussi poète et musicien, Tristan Mala-voy-Racine.C\u2019est un roman, mais franchement, on y voit les choses, les lieux.On y voit les gens.On les entend.On entend de la musique, aussi, beaucoup, toutes sortes de musiques.Et on entend des poèmes, de tous les horizons, qui sont cités.On entend les mots.Les mots de l\u2019auteur.Ça sonne.C\u2019est beau.On dirait des tableaux.Des tableaux vivants.Aux chutes du Niagara GILLES ARCHAMBAULT Dans son précédent roman traduit en français, Emily (2012), Stewart O\u2019Nan racontait minutieusement l\u2019emploi du temps d\u2019une vieille dame cherchant, et réussissant, à tromper sa solitude.Les joueurs, roman qui nous occupe aujourd\u2019hui, explore un terreau presque identique.Encore que le sujet soit encore plus rabattu.Qu\u2019on en juge : un couple en instance de séparation décide de retourner aux chutes du Niagara, où, trente ans plus tôt, il a fait son voyage de noces.Art, le mari, a trompé Marion, sa femme, qui ne le lui pardonne pas.Ils ont deux enfants qui volent plus ou moins de leurs propres ailes, et des dettes.Depuis un an, leur maison ne trouve pas preneur.La solution : une martin- O\u2019Nan s\u2019amuse en traitant d\u2019un thème éculé, la faillite d\u2019un couple, dont ime infidélité a précipité la fin gale mise au point par Art.Elle est toute simple.Dans le cas d\u2019une mise favorable, on la répète.Le contraire survenant, on la double.En exergue, les paroles d\u2019une chanson de Dinah Washington, Wheels of Fortune, dont la subtilité n\u2019a jamais été la marque de commerce.Parfaitement conscient de la banalité des situations dont il traite, Stewart O\u2019Nan coiffe chacun des courts chapitres de son roman de probabilités diverses.Par exemple, «chances pour un couple divorcé de se remarier: 1 sur 20, 480», «chances pour un couple de se disputer le jour de la Saint-Valentin: 1 sur 5», «chances de survivre dans les chutes sans tonneau: 1 sur 1500000».Déception annoncée De toute évidence, O\u2019Nan s\u2019amuse en traitant d\u2019un thème éculé, la faillite d\u2019un couple, dont une infidélité a précipité la fin.Le lecteur jurerait qu\u2019il veut ainsi se dédouaner auprès de lui, en lui prouvant qu\u2019il vaut mieux que l\u2019histoire qu\u2019il raconte.Il y parvient aisément.De deux façons: par l\u2019humour et par la finesse de son analyse des méandres de la vie de couple.Art a beau accepter que son couple va bientôt se dissoudre, il n\u2019en réserve pas moins une chambre dite luxueuse avec vue sur les chutes.Lui, habitué aux petites économies, aux coupons de réduction, veut bien croire aux paradis factices que l\u2019on vante tout autour.Si l\u2019amour revenait, es-time-t-il.Marion est plus réaliste.Quoique.Les deux savent qu\u2019on leur ment tout autour, que les promesses des dépliants touristiques ne seront pas respectées, que le décor est laid, qu\u2019ils seront fatalement déçus.Ils assument.Observateur futé Reste la vie de couple.O\u2019Nan n\u2019a rien d\u2019un chantre inconditionnel de la vie à deux.Art et Marion transplantés dans un faux lieu de rêve refont les gestes qui les ont menés à l\u2019échec.«Ah! Que la vie est quotidienne!», écrivait Jules Laforgue.Ce qui ne veut pas dire que ces cinquantenaires n\u2019ont pas l\u2019un pour l\u2019autre des paroles et des attentions touchantes.Le romancier est un observateur futé.Il sait décrire une relation amoureuse qui s\u2019éteint et peut-être renaîtra.La description que fait O\u2019Nan des Niagara ou Disneyland de ce monde est vi-triolique.C\u2019est à un voyage au pays du prêt-à-porter de rêve qu\u2019il nous convie.Sur l\u2019univers du jeu, il est cynique.Qu\u2019est-ce qui est le plus déprimant, ces malades qui jouent leur va-tout en avançant des jetons ou ces vieilles dames outrageusement poudrées qui s\u2019installent devant des machines à sous ?Un roman intelligent qui jamais n\u2019ennuie.Collaborateur Le Devoir LES JOUEURS Stewart O\u2019Nan Traduit de l\u2019anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard Editions de l\u2019Olivier Paris, 2013, 211 pages P Il Gaspard' LE DEVOIR 1 ALMARÈS Du 23 au 29 septembre 2013 ,\tCLASSEMENT AUTEUR/EDITFUR Romans québécois\t\t Il Les héritiers d\u2019Enkidiev \u2022 Tome 8 An-Anshar\tAnne Robillard/Wellan\t-/I 2| Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 1 1886-1893\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t1/8 3 Madame Tout-le-Monde \u2022 Tome 3 Châteaux de sahie\tJuliette Thibault/Hurtubise\t4/2 4 Fanette \u2022 Tome 6 Du côté des dames\tSuzanne Aubry/Libre Expression\t-/I S Malphas \u2022 Tome 3 Ce qui se passe dans la cave reste dans la.\tPatrick Senécal/Alire\t2/6 6 Le pot au rose\tDominique Bertrand/Homme\t3/3 7 Maggie \u2022 Tome 3 Le destin de Maggie\tDaniel Lessard/Pierre Tisseyre\t10/2 8 Illusion de lumière\tLouise Penny/Flammarion Québec\t6/7 9 La grange d\u2019en haut \u2022 Tome 1 Faut marier Héléna\tMicheline Dalpé/Goélette\t5/6 lOl Le vent en parle encore\tMichel Jean/Libre Expression\t7/2 Romans étrangers\t\t ï] Les perroquets de la place d\u2019Arezzo\tÉric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel\t1/4 3 Inferno\tDan Brown/Lattès\t2/18 3 Cinquante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattès\t5/52 4 Cinquante nuances plus claires \u2022 Tome 3\tF.L.James/Lattès\t3/34 ^ Cinquante nuances plus sombres \u2022 Tome 2\tE.L.James/Lattès\t6/38 6 Mauvaise étoile\tRoger Jon Ellory/Sonatine\t4/6 7 Zoo\tJames Patterson | Michael Ledwidge/Archipel\t-/I 8 La nostalgie heureuse\tAmélie Nothomb/Albin Michel\t8/3 9 Crossfire \u2022 Tome 1 Dévoile-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t7/6 lOl Moi, Alex Cross\tJames Patterson/Lattès\t9/7 Essais québécois\t\t Il Syndicalistes ou voyous.Nos années à la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis | Richard Goyette/Homme\t\t-/I 3 Pour une reconnaissance de la laïcité au Québec\tCollectif/PD L\t-/I 3 Liberté, égalité, solidarité.Refonder la démocratie et la justice.\tChristian Nadeau/Boréal\t-/I 4 Résistance.Chroniques 2008-2009\tPierre Falardeau/VLB\t3/2 5| Quelle laïcité ?\tBruno Demers | Yvan Lamonde/Mediaspaul\t10/2 6 Inclure.Quelle laïcité pour le Québec?\tJean Dorion/Québec Amérique\t-/I 7 Le Sel de la terre\tSamuel Archibald/Atelier 10\t1/6 8 Le petit Fortin, [économie du Québec racontée à mon voisin\tPierre Fortin/Rogers\t5/6 9 Qui vous a dit que nous avions besoin de vous?\tJacques Claessens/Écosociété\t6/2 lOl Désobéissezl\tVictor-Lévy Beaulieu/Trois-Pistoles\t2/5 Essais étrangers\t\t Il Les personnages de Lucky Luke et la véritable histoire de la.\tCollectif/Historia\t1/6 ^ Mafia calabraise.Les 10 commandements\tNicola Gratter! | Antonio Nicasio/[Express\t-/I 3 Vert paradoxe.Le piège des solutions écoénergétigues\tDavid Dwen/Écosociété\t-/I 4 [égalité c\u2019est mieux Pourguoi les écarts de richesses ruinent.Richard Wilkinson | Kate Pickett/Écosociété\t\t2/2 S La grande saignée.Contre le cataclysme financier à venir\tFrançois Morin/Lux\t-/I 6 Fin de l\u2019Occident, naissance du monde\tHervé Kempf/Seuil\t-/I 7 Adolf Hitler.La séduction du diable\tLaurence Rees/Albin Michel\t-/I 8 Le point de bascule\tMalcolm Gladwell/Transcontinental\t-/I 9 Meurtres sans frontières.Mourir pour un reportage dans les.\tTerry Gould/PD L\t6/2 lOl Dans les ruines de l\u2019université\tBill Readings/Lux\t4/2 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d'information et d'analyse Sasparil sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Sasparil et est constitué des relevés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Sasparil.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.\t\t Alternatives\t\t1 CONSTRUIRE\tENSEMBLE\t un monde différent\t\t Pour nous appuyer :\t\tJ \t\t Prenons un passage au hasard.Nous sommes à New York.Personne en particulier dans le cadre, juste la ville qui bat.«Le mois d\u2019octobre chante dans Central Park.Les taxis jaunes s\u2019envolent à la recherche de plusieurs temps perdus.Les petits écoliers rêvent déjà de l\u2019été.Les corps dérivent et ne s\u2019attendent à rien.La nuit et les feuilles tombent.» Si c\u2019était un film, il faudrait garder ça : la voix de l\u2019auteur, ses mots, son langage.Il faudrait garder sa musique à lui.Son rythme.Et ses réflexions: «Le destin n\u2019existe pas, ce n\u2019est qu\u2019un leurre.Tout le monde le sait.Malgré cela, tout le monde a l\u2019intime conviction qu\u2019il faut croire en quelque chose.» Il faudrait garder cette simple phrase: «Kazuo le naufragé s\u2019est retrouvé grâce aux constellations de grains de beauté éparpillés entre les omoplates de Sofia.» Il faudrait garder les descriptions derrière l\u2019image.La description de deux femmes en train de faire l\u2019amour, entre autres: «Cette nuit, elle succombera au véritable vertige qui ne peut exister qu\u2019entre deux femmes se regardant, se désirant entre deux gestes si sublimes que V.E RT/l G même le désert en soupire avec elles.» Puis, tout de suite après: «Une femme.Une autre.Ne pensez pas Courbet.Pensez plutôt vagues, silences, psaumes et fièvres.Voluptés, violoncelles, souffles qui dansent.» Si c\u2019était un film, il faudrait peut-être que ce soit du non-cinéma, comme chez Duras.Mais ça déplairait beaucoup, ça hérisserait.Ce serait trop lent au goût de plusieurs.Et ça ne rendrait pas justice au roman de Fredric Gary Comeau.Pas du tout le même rythme que Duras, de toute façon, pas le même langage, le même style, le même propos.Un moment, dans Vertiges, quelqu\u2019un dit: «Etre Acadien, c\u2019est exactement ça.Une virevolte existentielle perpétuelle.» Cette définition pourrait très bien s\u2019appliquer au roman de Fredric Gary Comeau.C\u2019est exactement ça, oui.Une virevolte existentielle perpétuelle, mise en mots, en images.VERTIGES Fredric Gary Comeau Éditions XYZ Montréal, 2013,200pages Richard FORD CANADA «.une oeuvre majeure qu\u2019il faut lire et relire.» Gilles Archambault Le Devoir Richard Ford CANADA « Un romancier américain absolument formidable.» René Homier-Roy Radio-Canada « Une leçon de vie et un magnifique moment de littérature.» Josée Lapointe La Presse «C\u2019est un roman qu\u2019il faut lire.[.] Du grand roman américain.» Patricia Power Radio-Canada « Puisqu on a toujours eu un faible pour les histoires abracadabrantes, on n\u2019a pu s\u2019empêcher de retenir le dernier titre de l\u2019Américain Richard Ford, qui est déjà considéré comme un chef-d\u2019œuvre du genre.» Karine Vilder, Journal de Montréal «Un merveilleux roman.» liana Moryoussef Radio-Canada éditions du Roman 480 pages \u2022 29,95 $ En coédition avec L\u2019Olivier 50 www.editionsboreal.qc.ca F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 LITTERATURE POESIE France Théoret en zone occupée HUGUES CORRIVEAU Lauréate du prestigieux prix Athanase-David 2012, la plus haute distinction offerte par le gouvernement du Québec en culture, France Théoret publie un livre intense et transgenre.La zone grise est en fait un bel objet noir accompagné de reproductions de sculptures et de dessins de Claire Aubin, entre autres connue pour son buste de la regrettée Louky Bersianik.Divisé en trois parties, le livre s\u2019ouvre sur dix sculptures que la lecture du roman de France Théoret Hôtel des quatre chemins (2011) a inspirées à l\u2019artiste.Chacune des œuvres est soutenue par une citation extraite du roman et choisie par Aubin.Le dialogue s\u2019instaure, et «Je découvrais qu\u2019il était possible d\u2019être dépossédée et de le devenir encore plus» la poésie sous-jacente au livre s\u2019insinue lentement, discrètement.D\u2019entrée de jeu, on lit: «Je me fermais, muette, incapable de prononcer les mots.» Et ce grand silence qui couve tout sentiment ou sensation d\u2019exister, délétère contrition de la narratrice, préside à cette prise de conscience de soi à laquelle nous convie France Théoret.La zone grise, seconde partie du livre, s\u2019offre comme un récit.Il s\u2019agit en fait, au dire même de l\u2019auteure dans son éclairante présentation, à'«un court passage agrandi, largement exposé et dévdoppé» du roman originel.L\u2019arrivée de sa famille à Saint-Colomban, au début de 1958, va présider à la douloureuse prise de conscience de la narratrice de la pauvreté, à la confusion de ses idéaux, à son impossibilité de dire son étouffement.«Je n\u2019ai pas tout vu», dit-elle, mais elle n\u2019a pas tout dit non plus, semble-t-il, dans le roman initiateur.Une sorte d\u2019exigence irrépressible a poussé l\u2019auteure à creuser ce moment charnière de la prise de conscience de soi.au moment où la narratrice affirme: «Je découvrais qu\u2019il était possible d\u2019être dépossédée et de le devenir encore plus.» Question de survivre aussi sous le regard de la mère, car la protagoniste «n\u2019arrivai[t] pas à [se] voir vue par elle [.]».Force est de constater la réussite du projet, sa grande cohérence.Automatismes incessants On accompagne l\u2019auteure qui, dans un style volontairement hésitant, répète et répète encore les gestes, les expériences comateuses, au rythme de la narratrice, prise dans un jeu rituel d\u2019automatismes incessants et d\u2019apprentissages litaniques.Que demander de plus à un style sinon qu\u2019il accompagne de façon idoine la profondeur itérative des angoisses qu\u2019il soutient?La grande force du livre de France Théoret, c\u2019est de nous mener directement du côté de la poésie qui, en troisième partie, s\u2019épanouit alors qu\u2019elle couvait sous les mots, qu\u2019elle fouissait les moindres aléas du cœur.Dans le grand poème en vers libres, «les mots surveillent muets / dérivent des origines» avec «une étendue de solitude, en plein milieu».Et soutenant comme toujours son adéquation avec la vie, la très vive vie des femmes, l\u2019auteure écrit ces très beaux vers : «Puisqu\u2019il y a soi-même il y a l\u2019ampleur / ce qui va apparaître personne ne sait / le vivant bouge en continuité / en deçà de métamorphoses / de brèves transes et transitions / ressemblante est la pensée de toute femme».Livre intense et forcément porteur que cette Zone grise qui s\u2019éclaire d\u2019une voix lumineuse.Collaborateur Le Devoir LA ZONE GRISE France Théoret Avec les sculptures et dessins de Claire Aubin La Pleine Lune Montréal, 2013, 104 pages ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR France Théoret a été la lauréate du prix Athanase-David 2012.POLARS Imbroglio en forme d\u2019origami MICHEL BELAIR Quand on fonde une nouvelle maison d\u2019édition, il ne va pas de soi de réussir à faire sa place, surtout dans un monde qui tend à la dématérialisation.Il faut surprendre avec des titres inattendus, trouver de nouveaux auteurs aussi et soigner le «produit» \u2014 couverture, typo, maquette.\u2014 dans les moindres détails.C\u2019est ce que cherchent à faire Les Escales, tout nouveau venu dans le secteur, qui propose des écritures vives, affirmées, «différentes».Elles se déclinent, ces escales, en une variété de collections, dont, évidemment, une Noire.Voici deux des premiers thrillers publiés là.Le lecteur saisira tout de suite que Peter de Jonge (et sa traductrice, ne l\u2019oublions jamais) a un sens du rythme absolument étonnant.Meurtre sur l\u2019avenue B s\u2019amorce comme une histoire banale tellement elle semble de prime abord ordinaire.sauf que l\u2019on s\u2019y retrouve piégé dès le départ, tout comme l\u2019inspectrice Darlene O\u2019Hara du New York Police Department.L\u2019histoire sur laquelle elle enquête se déplie devant nous comme si elle était une sorte d\u2019origami savamment confectionné: la vérité s\u2019y cache tout au fond du moindre repli.Ce qui semble soudain évident ne le demeure pas longtemps et la moindre petite découverte débouche toujours sur une autre.jusque-là insoupçonnée.Après qu\u2019un vieillard atteint d\u2019alzheimer eut avoué avoir jadis enterré un cadavre dans un petit jardin public, sur l\u2019avenue B, tout se précipite lorsqu\u2019on retrouve plutôt là le corps d\u2019un jeune garçon de neuf ans au lieu du truand que l\u2019on croyait exhumer.Darlene O\u2019Hara se rendra jusqu\u2019en Floride pour élucider le mystère.Elle y travaillera avec une fascinante collègue lesbienne et tatouée, avant de remonter la côte jusqu\u2019à New York à la poursuite de deux escrocs fantômes.On ne vous en dira pas plus afin de vous laisser absorber une à la fois les découvertes fascinantes de cet improbable duo.Disons quand même que vous ne devinerez jamais dans quoi vous mettez le pied.Histoire abracadabrante Le deuxième titre.Article 122-1, est tout aussi étonnant et l\u2019on s\u2019y laissera prendre par une histoire abracadabrante.Les personnages sont un peu secs, le style un peu maniéré, mais efficace.David Messager \u2014 un juge d\u2019instruction antiterroriste qui écrit ici son premier roman noir \u2014 réussit à tisser une intrigue peu banale baignant dans un cocktail explosif: drogue, prostitution de mineure, Assemblée nationale, corruption.Au cœur de l\u2019enquête, on retrouve une autre policière, Estelle Lacroix, aux prises avec ce qui semble être le retour d\u2019un tueur en série.Des heures de plaisir à essayer de comprendre ce qui se passe vraiment et de saisir aussi la portée du fameux article du Code criminel français sur la non-responsabilité pour cause de trouble psychique.Ces Escales?On y reviendra sans doute.Collaborateur Le Devoir MEURTRE SUR L\u2019AVENUE B Peter de Jonge Traduit de l\u2019américain par Anath Riveline Les Escales/Noires Paris, 2013, 356 pages ARTICLE 122-1 David Messager Les Escales/Noir es Paris, 2013, 280 pages Un tremblement de cœur « Anna Raymonde Gazaille se taille avec force une place dans l\u2019univers du polar québécois avec ce premier roman à la fois captivant et maîtrisé.» Cynthia Brisson, Le libraire 514 524-5558 lemeac@lemeac.com LISE GAUVIN Après Failles, témoignage écrit dans l\u2019urgence après le séisme de janvier 2010 qui décrivait la combativité dont font preuve les Haïtiens dans les moments les plus tragiques, l\u2019auteure Yanick La-hens revient avec Guillaume et Nathalie, l\u2019histoire d\u2019un tremblement de cœur entre un homme mûr et une jeune femme réunis pour la mise en place d\u2019un projet commun : la construction d\u2019un centre polyvalent dans les environs de Port-au-Prince.Le récit se déroule en décembre 2009, quelques mois avant le désastre, à la manière d\u2019une photographie d\u2019époque dont il faut respecter le cadrage et les nuances de tons.Guillaume est sociologue, Nathalie architecte.L\u2019un est un père de famille dans la cinquantaine dont la femme et les enfants vivent au Canada, l\u2019autre est une jeune femme revenue en Haiti après plusieurs années d\u2019absence.Ils s\u2019apprivoisent lentement, évoluant vers une intimité perçue comme une «échéance inéluctable».Pourtant, rien ne semble favoriser leur rapprochement.Leurs premiers contacts avaient été plutôt froids.D\u2019entrée de jeu, Nathalie avait perçu en (Guillaume «un de ces sociologues qui se voulaient plus paysan que les paysans ou plus prolétaire que les prolétaires».Quant à lui, il «l\u2019avait d\u2019emblée rangée dans cette catégorie qu\u2019il connaissait bien, celle des petits-bourgeois bohèmes, soigneusement mal habillés et aux convictions mondaines».Évocation lucide Des générations les séparent, celle de Nathalie étant une «génération d\u2019après l\u2019histoire».Plus exactement encore : « Une génération d\u2019après l\u2019alphabétisation, et qui se retrouvait là.Dieu seul sait comment, ou faute d\u2019avoir trouvé mieux.Attendant comme dans une gare routière le prochain tap tap de la chance; un visa k THONY BELIZAIRE AGENCE FRANCE PRESSE Pétion-Ville, en banlieue de Port-au-Prince, où a grandi le personnage de Nathalie pour l\u2019étranger, une place dans une administration gangrenée, un mauvais coup ou tout à la fois».Guillaume avait renoncé à enseigner à l\u2019université à cause de la «cynique indifférence» de ces jeunes gens.Nathalie, pour sa part, se désigne comme «une enfant du chaos» et revendique sa place dans ce chaos: «Ma ville à moi, quand elle n\u2019est pas en guenilles, est en string et minijupe.Port-au-Prince putasse et dépravée [.].Port-au-Prince prédation, qui a soif de petit garçon, petite fille.Port-au-Prince qui a une kalachnikov dans une main, un neuf-millimètres dans l\u2019autre.Mais cela ne m\u2019empêche pas d\u2019avancer dans ce brasier.Et de poser ma pierre au cœur de ce brasier.Et même mieux, Guillaume, ma Actuellement en librairie Montréal en tête Entre autres, aux endroits * \u2018\t* Librairie Renaud-Bray l roi 43S0, rue Saint-Denis Jeanne Mance Les Irlandais de Montréal Librairie d Outremont 12S4, avenue Bernard Montréai Amedee Papineau L\u2019incendie dn parlement pierre de beauté.» La jeune femme déclare vivre «sans mythes», attentive à construire un présent dépouillé de toute nostalgie.Guillaume et Nathalie est le récit d\u2019une passion, traduite dans un style tout à la fois sensuel et pudique, avec des échappées de tendresse et des bonheurs d\u2019expression, telles que ne plus pouvoir «tenir son corps à quai», qui dans le contexte signifie que le sociologue ne restera pas éloigné longtemps de l\u2019architecte, qui apprécie sa «patience tenace».Le roman est aussi un portrait de Port-au-Prince, cette ville où il y a «trop de bras, trop de nez, trop de jambes.Trop de bouches à nourrir.Trop près les uns des autres».Une ville avec ses quartiers et ses classes sociales.Dans son enfance, Nathalie découvre, à travers ses amis, aussi bien les hauteurs de Pétion-Ville «à l\u2019apartheid tran- quille» et «à la discrimination soft» que les rues du bas de la ville et l\u2019exiguité des maisons «où des vêtements s\u2019entassaient sur une chaise à l\u2019entrée, quand ils n\u2019étaient pas juste suspendus à un clou enfoncé dans un mur [.].Où un enfant surgissait de la forêt de jambes des adultes.Où le bruit des conversations se mêlait à la musique qui remplissait toute la pièce.» Evocation lucide d\u2019une société déjà fortement ébranlée par les malheurs qui la traverse, le roman laisse entendre que, dans toutes circonstances, l\u2019espoir reste permis, des pierres de beauté pouvant toujours émerger du chaos.Collaboratrice Le Devoir GUILLAUME ET NATHALIE Yanick Lahens Sabine Wespieser éditeur Paris, 2013, 172pages Deux soirées à la librairie Paulines Mercredi 9 octobre 19h30 Avec François Cardinal Editorialiste et blogueur a La Presse Contribution suggeree 5 $ Mots de passe ilisloiie Lillcidluio JàPfâulines LIBRAIRIE Jeudi 10 octobre 19h30 Avec Jean Proulx, philosophe et Rémi Tremblay, directeur la Maison des leaders Entree libre Beaucoup plus qu^une librairie! 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 F 5 LITTERATURE FRANÇOIS GUILLOT AGENCE FRANCE PRESSE L\u2019écrivain français Yannick Haenel Une révolution poétique Yannick Haenel signe un roman fort sur l\u2019avenir des révolutions.On n\u2019y trouvera rien de séduisant, mais une ironie mordante, un dispositif où la parole se prolonge dans le chaos.Entre politique et polar, voici la « poésie » de Haenel.GUYLAINE MASSOUTRE \\ Arheure où quantité de spectacles européens frappent par la détresse qui les anime, Les renards pâles de Yannick Haenel livre une énergie sombre, pessimiste et angoissante.Il y règne une atmosphère d\u2019Apocalypse et de nihilisme.Ce roman à thèse porte sur le dépit politique et la désolation.Le narrateur, alter ego de l\u2019auteur raisonnant, a décidé de rompre avec la normalité.Rien ne vaut la peine, ni effort, ni geste, tout est inutile.Surtout, ne pas travailler, ni voter, ni dépenser, ni recevoir l\u2019aide de l\u2019État; refuser ce monde et ne -j pas en dépendre.Vivre dans sa voiture, entre une plante, une radio et un livre, se laver dans les fontaines et les piscines publiques, et boire, boire à en devenir fou, vin et alcools forts, désinhiber sa haine du présent.Jean Deichel, toujours le même narrateur chez Haenel, dégoise sa rancœur en un tableau embrasé et déroutant.Polar ou hantise ?Le Godot de Haenel a un air de déjà-vu, de génération perdue, de romantique insurgé, de revenant.Ne croit-il pas que la Révolution est en marche, que l\u2019histoire est un boomerang qui frappera la bourgeoisie ?Sa vision dépolitisée, il l\u2019argumente en se référant aux insurgés de la Commune de 1871, à Guy Debord qui avait prédit la fin de la société du spectacle, la déconfiture des idées de gauche entre autres, et l\u2019échec des politiques de tous bords.L\u2019intrigue Jusqu\u2019à une chasse à l\u2019homme qui déclenche une harangue dœ complexée, extrême, l\u2019action se déroule dans les anciens faubourgs parisiens, le 20® arrondissement, rue de la Chine, rue Pelleport, rue de Ménilmontant, au cimetière du Père-Lachaise.Jusqu\u2019aux beaux quartiers.Un krach affecte, selon Haenel, toutes les vies françaises ; une ribambelle de personnages loufoques et détraqués s\u2019agitent en conséquence.Qu\u2019ils pratiquent des rites maliens, l\u2019envoûtement ou la rébellion, ils refusent ce qui les contraint.Amalgame de pauvreté et de marginalité, cesdits sans-abri et sans-papiers, cette faune d\u2019artistes ratés, de déclassés et de hors-la-loi, font une cour des miracles dans un squat.Les Renards pâles Dans ce repaire aux signes identitaires et aux symboles mystérieux, les forces de l\u2019ordre font des descentes aussi épiques que dramatiques.Le pire arrivera.Les convictions Haenel amalgame chômage, problèmes sociaux, bons sentiments, culpabilité et émigration.Suspense, scènes à vous lever le cœur, images-chocs : bons et méchants dépendront de vos convictions.Vous lisez un roman sur l\u2019anarchie, qui prône «le risque du collectif», les rites ethniques et l\u2019absence de sens.Vous lisez que la planète est contaminée par la dérision, «J qu\u2019elle n\u2019offre aucune solution hormis la négation.Que la société du spectacle a tout rempli de chaos.Vous suivez Haenel dans la révolution en marche.La dys-topie envahit Paris.Chacun a détruit son identité, choisi une radicalité foucaldienne, l\u2019anonymat des sans-papiers.La liberté et le grand loisir, slogans de Mai 68, sont de retour.Haenel prêche avec conviction.De ce roman célinien, de cet Alphaville, ressurgit le ton oublié de Max Stirner.Cet anarchiste que Marx récusait croyait au retour des fantômes.Ceux que Haenel agite ont retenu, de Walter Benjamin, un besoin d\u2019agir, de détruire les attaches et les fondements de la modernité.Solitude rompue, la quête de Deichel passe du dégoût de la politique au messianisme.Selon Debord, les idéologies produisent nos vies.Ce Deichel exemplaire soulève alors la meute, «la communauté des sans», force aveugle, carnavalesque, aux idées suicidaires et aux sens altérés.Tout y est néant, comme chez Houellebecq.La fin du roman est fantastique.Par sa menace spectrale, la horde dépersonnalisée, masquée, choisit de défiler sans autre dessein que de renverser l\u2019ordre actuel.Comme on a vu au G8 de Gênes, dit-on, les militants déferler.Ce roman cherche «l\u2019intervalle», «joie» déchirante d\u2019un manifeste poétique où nul ordre ne s\u2019appliquerait.Collaboratrice Le Devoir LES RENARDS PÂLES Yannick Haenel Gallimard Paris, 2013,192 pages Artaud & Co.Une équipée avec alcool, poésie, paranoïa et vieux fantômes de TIRA CHRISTIAN DESMEULES En janvier 1936, avec trois sous en poche, Antonin Artaud partait «prospecter» au Mexique ce qui pouvait rester là-bas de naturalisme imprégné de magie, à la poursuite un peu hallucinée d\u2019une «nouvelle idée de l\u2019Homme».Son initiation aux effets du peyotl chez les Indiens Tara-humaras, dans le nord-ouest du pays, a été le point culminant de ce long voyage de neuf mois vécu avec un pied en dehors de la réalité.L\u2019année suivante, encore un peu «buzzé», il est arrêté à Dublin pour vagabondage et trouble de l\u2019ordre public, avant d\u2019être jeté sous bonne garde dans un paquebot américain à destination du Havre.Le poète avait voulu rapporter de force au peuple irlandais la «véritable» canne de saint Patrick.C\u2019était sa dernière lubie \u2014 dont il ne décrochera jamais vraiment.Une canne fétiche qu\u2019il avait soutirée à un ami surréaliste, avant de la faire ferrer en prononçant, on l\u2019imagine, quelques paroles pseudocabalistiques à la manière de ses célèbres glossolalies.L\u2019affaire marque un tournant dans la vie d\u2019Artaud : camisole de force, enfermement, électrochocs.Il n\u2019en sortira que neuf ans plus tard, en 1946, tout juste deux ans avant de mourir.Trait d\u2019union Le lien entre ces deux épisodes?Pour Jordi Soler, il est évident, même si l\u2019écrivain mexicain n\u2019est pas vraiment du genre à s\u2019embarrasser de la réalité.Dis-leur qu\u2019ils ne sont que cadavres, son quatrième roman traduit en français, lui sert de trait d\u2019union.Le narrateur est un diplomate, attaché culturel à l\u2019ambassade du Mexique à Dublin, terrorisé à l\u2019idée d\u2019être un jour renvoyé dans son pays pour y tamponner des passeports à longueur de journée.Petit poète mais grand rêveur, c\u2019est en préparant en dilettante une anthologie de textes d\u2019Artaud qu\u2019il tombe sur un curieux personnage, un riche homme d\u2019affaires vaguement catalan qui s\u2019est subtilement accaparé une partie de l\u2019héritage symbolique du poète à travers une minuscule société parisienne baptisée Artaud & Co.Croyant qu\u2019Artaud a bel et bien échangé sa vraie fausse canne contre celle que l\u2019on peut voir aujourd\u2019hui dans une vitrine de la cathédrale de Dublin, le grotesque monsieur Lapin parvient à convaincre le diplomate mexicain de l\u2019aider à la récupérer.Au nom de la poésie d\u2019Artaud et contre une substantielle rétribution.Poussé par Lapin autant que par sa propre ambition, le Mexicain fera la rencontre de Lear McManus, «légende de la poésie irlandaise » et dernier survivant du cercle des poètes de la prairie asphaltée, qui pourra l\u2019aider dans sa mission.Suivra une équipée un peu folle où se mêlent alcool, poésie, paranoïa et de vieux fantômes de l\u2019IRA.Jordi Soler, lorsqu\u2019il nous raconte les voyages d\u2019Artaud, a une façon bien à lui de mélanger la fiction et la réalité.Lear McManus n\u2019existe pas, bien Ulvsse www.editionsxyz.com Les Éditions XYZ félicitent Yvon Paré Lauréat du Prix littéraire du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean (Roman) Le voyage d\u2019Ulysse l MUSEE D ART MODERNE DE NEW YORK Écrivain, essayiste et théoricien du théâtre, Antonin Artaud a effectué en 1936 un séjour de neuf mois au Mexique, où il vécut avec un pied en dehors de la réalité.sûr, Antonin Artaud n\u2019a jamais croisé l\u2019auteur â\u2019Au-dessous du volcan au Mexique.Même si tout est vraisemblable.L\u2019intérêt, de toute façon, est ailleurs.Il est, par exemple, dans le parallèle que l\u2019écrivain établit entre ces deux destins qui dégringolent.Qui dégringolent tellement, en fait, qu\u2019on pourrait presque parler finalement d\u2019ascension, au sens mystique.Une histoire d\u2019identification à la Vila-Matas qui tourne mal et qui illustre, sur un mode à la fois ludique et tragique, les dangers qui menacent l\u2019amoureux fou de la littérature.Collaborateur Le Devoir DIS-LEUR QUTLS NE SONT QUE CADAVRES Jordi Soler Traduit de l\u2019espagnol (Mexique) par Jean-Marie Saint-Lu Belfond Paris, 2013, 252pages Danse noire « C\u2019est du grand Nancy Huston.» Danielle Laurin, Radio-Canada, Le téléjournal grand Montréal « Sans jamais céder à l\u2019apitoiement ni au misérabilisme, Nancy Huston, qu\u2019elle parle d\u2019amour ou de sexe, d\u2019espoir ou de renoncement, le fait toujours avec le mot juste.C\u2019est ce qui donne son sel et sa force à cette saga où elle impose sa propre vision.» Jean Contrucci, Nouvel Observateur 514 524-5558 lemeac@lemeac.eom F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 LIVRES La Vitrine LITTERATURE JEUNESSE UN VERGER DANS LE VENTRE Simon Boulerice La Courte Echelle Montréal, 2013, 40 pages Au rythme effarant où Simon Boulerice écrit ses livres, on est en droit de sourciller un peu quand paraît un nouveau titre portant sa griffe.Mais le sourcil demeure ici haut de ravissement devant ce premier alhum jeunesse de l\u2019auteur.Raphaël adore manger les pommes en entier, jusqu\u2019à ce que son ami Rémi le prévienne : si tu manges les pépins, un verger poussera dans ton ventre.L\u2019inquiétude s\u2019empare alors de Raphaël.On retrouve la naïveté pleine d\u2019intelligence et le sens aigu du drame de Boulerice, qui collent si bien à l\u2019univers de l\u2019enfance.L\u2019histoire toute simple et automnale a happé m®® petits lecteurs cibles.Car les images d\u2019un graphisme stylisé, un peu vieillot, de Gérard DuBois accentuent aussi bien les moments tendres qu\u2019angoissé^ du récit, qui renoue ainsi avec le côté trouble du conte.A partir de 4 ans.Frédérique Doyon Tout foutre en l'air Carnets d'un jeune prof CARNET TOUT EOUTRE EN UAIR Carnets d\u2019un jeune prof Simon Lanctôt Hamac Québec, 2013, 338 pages Jeune professeur de littérature dans un cégep montréalais, Simon Lanctôt raconte les hauts et les bas de sa vie d\u2019enseignant dans ces carnets qui intéresseront surtout ceux et celles qui exercent la même profession que lui.Lanctôt aime enseigner et aime les cégépiens, mais, comme il le reconnaît, il se complaît beaucoup dans le chialage.«Ça peut être un métier superbe, écrit-il au sujet de l\u2019enseignement au collégial, mais là où tout se gâche, c\u2019est quand le ministère s\u2019en mêle.» Les complaintes, parfois légitimes, prennent toutefois trop de place dans ces carnets.Le jeune prof est plus intéressant quand il réfléchit à la manière de transmettre le plaisir de la lecture ou quand il remet en question l\u2019engouement pour les gadgets techniques en classe.Malheureusement, ses humeurs, plutôt redondantes, laissent peu d\u2019espace à ses idées.Louis Cornellier \t \tJ ks deuxièmes\t| BANDE DESSINEE LES DEUXIÈMES Zviane Pow Pow Montréal, 2013, 132 pages Huis clos sur fond d\u2019attraction des corps.Les deuxièmes, vingtième récit en carrière pour la jeune auteur Zviane, propose une exploration de l\u2019amour et de l\u2019attachement au temps des relations faciles, mais pas forcément superficielles.11 y a un homme.11 y a une femme.Jeunes.11 y a aussi un appartement qu\u2019un ami leur a prêté dans un pays lointain et européen et qui va devenir le théâtre d\u2019une romance improbable et d\u2019une joute charnelle, sur fond de musique et de règles de composition.Introspectif, faisant entrer l\u2019univers de la musique dans celui de la bande dessinée \u2014 deux mondes dans lesquels Zviane navigue avec aisance \u2014, cette nouvelle création permet de renouer avec la douce poésie et l\u2019existentialisme mis en case par cette bédéiste dans ses albums précédents.Le tout pour une autre autopsie, crue et sensible, de la psyché humaine, des rapports humains, des douleurs qui viennent avec et de la beauté qui malgré tout peut finir par en émerger.Fabien Deglise REVUE MfEBIUS N® 138 QUEBEC VILLE INSOLITE Collectif Mœbius Montréal, 2013, 152 pages C\u2019est à la Vieille Capitale que se consacre le plus récept numéro de la revue littéraire Mœbius.Dirigée par Marie-Eve Sévigny, par ailleurs directrice de la Promenade des écrivains, qui offre à Québec des visites guidées aux thèmes littéraires, cette collection de textes veut effacer le «cliché d\u2019une vieille capitale immuable et arriérée» au profit d\u2019un «discours littéraire qui ne cesse de [la] réinventer».Pour ce faire, les fictions d\u2019écrivains qui y vivent \u2014 Gilles Pellerin, Alain Beaulieu, Sabica Senez, Daniel Danis, Hans Jürgen-Greif, Annie Cloutier \u2014 et celles d\u2019« étrangers » : Patrick Ni-col, Julia Pawlowicz, Martine Delvaux, Eric Plamondon.Entre autres.Au total, une vingtaine de fictions, déployées de Limoilou à la rue Saint-Vallier, des brumes polluées de la Daishowa au quartier Saint-Sauveur, avec un détour en poésie signé Michel Pleau.Catherine Lalonde OHUNt NVEITEM TWINS PICTURES îtMÏ aïïlikjl fe \u20181™\u2019™ «TWm'UraniftTtjftiilimTOïn â£,F.lhiA>r«Kiaila>n 1 iili£5b.£4fS(,K.CS UNDEEP CROCKERY HO WAITIMO il' ANDREW CABALLERO-REYNOLDS AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019Inde est considérée comme l\u2019un des principaux pays dits « émergents », avec tout ce que cela implique de distorsions.Acte I de l\u2019indologie québécoise Si le Québec connaît mal l\u2019Inde, la réduisant à quelques clichés mal digérés, alors l\u2019ambitieux L\u2019Inde et ses avatars constitue un effort majeur pour remédier à cette méconnaissance.GUY TAILLEFER Les livres publiés ici en français au sujet du sous-conti-nent sont une denrée rare, pour ne pas dire inexistante.Ils se comptent sur les doigts d\u2019une main.L\u2019Inde et ses avatars.Pluralité d\u2019une puissance vient combler un vide somme toute gênant dans un contexte où, pendant que nous dormons, l\u2019Inde «émerge» \u2014 avec tout ce que cela implique de distorsions \u2014 de manière phénoménale.Or le projet de cet ouvrage collectif mijotait depuis quelques années dans la tête de la petite et dynamique communauté, ici, de spécialistes du monde indien.L\u2019Université de Montréal a été pionnière québécoise avec son Pôle de recherche sur l\u2019Inde et l\u2019Asie du Sud (PRIAS), fondé il y a cinq ans.Vient d\u2019autre part d\u2019être créé à l\u2019UQAM, il y a tout juste quelques mois, le Centre d\u2019études et de recherche sur l\u2019Inde, l\u2019Asie du Sud et sa diaspora (CERIAS).«S\u2019impose l\u2019exigence de donner de l\u2019unité et de la cohésion multidisciplinaire à nos recherches sur l\u2019Inde», disait lundi soir dernier Serge Granger, expert à l\u2019Université de Sherbrooke et l\u2019un des principaux artisans de l\u2019ouvrage, à l\u2019occasion du lancement.Aussi, pour reprendre ses mots, ce livre représente en quelque sorte l\u2019acte fondateur de l\u2019indologie québécoise.Représentation mouvante La couverture est exhaustive \u2014 socio-économique, culturelle, géopolitique.Y sont rassemblés les textes de dix spécialistes d\u2019ici, de la Prance et de l\u2019Inde \u2014 qui prennent à répétition, d\u2019ailleurs, la précaution d\u2019avertir le lecteur que la réalité indienne est bien trop mouvante pour prétendre à une représentation le moindrement définitive.Christophe Jaffrelot, une sommité, signe deux papiers sur les grandes tendances sociales de l\u2019Inde et sa stupéfiante vie politique.Auteure de Planet India (2008) et du Mot de l\u2019Inde au Courrier international, Mira Kamdar, autre grand nom, fait le tour des affolants défis environnementaux auxquels le sous-continent est confronté.Vijaya Rao, québécophile de l\u2019Université Jawaharlal Nehru, à Delhi, une dame dont la thèse de doctorat a porté sur l\u2019œuvre de Michel Tremblay, fait une peinture du théâtre indien.Granger, lui, aborde en long et en large les relations PRAKASH SINGH AGENCE ERANCE-PRESSE Importante ville industrielle, Ghaziabad connaît un important développement immobilier.4e l\u2019Inde avec la Chine, les Etats-Unis et le Canada.Mathieu Boisvert, professeur de religions à l\u2019UQÀM, fondateur du CERLAS, fait en deux volets le topo de l\u2019hindouisme.D\u2019autres papiers \u2014 sur le cinéma, la condition de la femme, le fédéralisme, la démographie, la complexité linguistique, les systèmes d\u2019éducation et de justice.\u2014 viennent compléter le tableau.Rien de spécifique, en passant, sur la santé.N\u2019empêche, il s\u2019agit d\u2019un fameux tour d\u2019horizon.L\u2019Inde émerge et essaime, dont acte.Soixante pour cent des 1,2 milliard d\u2019indiens n\u2019ont pas 30 ans.Dans quatre ans, les Indiens seront plus nombreux au Canada que ne le sont les Chinois.L\u2019Inde commence seulement à faire sentir sa présence.Le Devoir LTNDE ET SES AVATARS PLURALITÉ d\u2019une PUISSANCE Collectif Presses de l\u2019Université de Montréal Montréal, 2013, 486 pages BHL au pays des arts visuels PAUL BENNETT Bernard-Henri Lévy, dit BHL, commissaire d\u2019exposition?Pourquoi pas?Après tout, le philosophe et activiste tous azimuts n\u2019a-t-il pas déjà tâté de l\u2019esthétique avec des essais sur Piero della Eran-cesca, Piet Mondrian et Prank Stella?Aussi, quand le président de la richissime Ponda-tion Maeght lui a offert, au mois d\u2019août 2011, carte blanche pour concevoir une exposition centrée sur les rapports entre l\u2019art et la philosophie au fd des siècles, BHL n\u2019a pas hésité une seconde.Au risque d\u2019être encore une fois accusé d\u2019être un incorrigible touche-à-tout.En juin dernier, après deux ans à courir les musées, les galeries et les collections privées, BHL accueillait dans l\u2019écrin qu\u2019est le musée de la Pondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, le gotha du milieu mondain, artistique et politique pour cette exposition réunissant quelque 140 peintures, sculptures et installations, de Cranach l\u2019Ancien à Basquiat et Kiefer, du Tintoret et de Rubens à Duchamp, Pollock, Guy Debord et Yan Pei-Ming, ainsi que quelques-unes créées pour l\u2019occasion.Les sceptiques furent presque tous confondus \u2014 Le Monde, Libé, Le Temps \u2014 sauf un carré d\u2019irréductibles.L\u2019exposition Les aventures de la vérité, qui se poursuit 1 JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET AGENCE ERANCE-PRESSE La Fondation Maeght a donné carte blanche à Bernard-Henri Lévy pour concevoir, à Saint-Paul-de-Vence, en France, une exposition centrée sur les rapports entre Fart et la philosophie au fll des siècles.L\u2019ouvrage Les aventures de la vérité témoigne de cette exposition.jusqu\u2019au 11 novembre, est accompagnée d\u2019un catalogue, vendu en librairie, où BHL non seulement présente et commente chacune des œuvres, toutes reproduites, mais relate dans une longue lettre à Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation, ainsi qu\u2019à l\u2019aide d\u2019extraits de son journal, son projet et sa mise en chantier.Relation Ce que propose BHL, c\u2019est «sa» lecture de l\u2019histoire croisée de l\u2019art et de la philosophie, de l\u2019Antiquité à aujourd\u2019hui, et le récit de leurs interactions et de leurs conflits autour de l\u2019idée de vérité.Cette histoire est découpée en sept séquences, depuis l\u2019exclusion des artistes de la cité platonicienne jusqu\u2019au dialogue souvent fécond qu\u2019entretiennent philosophes et artistes contemporains.Ces séquences, explique BHL, représentent «sept [postures] possibles de l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui, y compris lorsque je montre des œuvres des autres époques».Ainsi, une de ces séquences, intitulée «Tombeau de la philosophie», raconte comment la peinture dans les dernières décennies du XX® siècle a «ab- sorbé» la philosophie, s\u2019est «substituée» à elle, par exemple dans l\u2019art conceptuel, comme chez Joseph Kosuth.Ou au contraire, dans «La revanche de Platon», comment Dada et les surréalistes ont voulu faire le deuil de leur art, en finir avec le «fétichisme de l\u2019objet» et laissé toute la place à la philosophie dans une sorte de retour inconscient au platonisme.BHL explique ne pas avoir voulu rassembler son «musée imaginaire », mais concevoir une exposition qui ait un sens, à travers une mise à l\u2019épreuve concrète de ses hypothèses, notamment en confrontant classiques et modernes, Platon et Klossowski, Hegel et Magritte, Nietzsche et Soulages.Pari relevé avec aplomb.BHL se permet des confrontations et des parallèles stimulants, propose une vision cohérente, sinon toujours convaincante, de ce que l\u2019art doit à la philosophie et la philosophie à l\u2019art.Le livre témoigne éloquemment de cette expérience originale et inédite.Collaborateur Le Devoir LES AVENTURES DE LA VERITE Peinture et philosophie : UN RÉCIT Bernard-Henri Lévy Fondation Maeght/Grasset Paris, 2013, 389 pages 920924 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 OCTOBRE 2013 F 7 LIVRES» ESSAI Le plaidoyer social-démocrate de Christian Nadeau Louis CORNELLIER Les fidèles lectrices et lecteurs de cette chronique savent que la social-démocra-tie y a la cote.Modèle socio-économique qui allie rattachement à l\u2019individualisme moderne au souci de la justice sociale, la social-démocratie réunit, en quelque sorte, le meilleur de deux mondes : elle défend la liberté individuelle, si chère à la pensée de droite, tout en recherchant une certaine égalité, valeur phare de la pensée de gauche.Ceux et celles qui partagent cette lecture des choses se réjouiront donc avec nous de la parution de Liberté, égalité, solidarité, un essai du philosophe Christian Nadeau qui «se veut résolument une défense de la gauche, laquelle est malmenée ces dernières années, au Québec et ailleurs, par une droite désinhibée».Il y a, évidemment, toutes sortes de gauches.Certaines, radicales, sont anarcho-libertaires ou socialo-communistes; d\u2019autres, plus incertaines et presque au centre, sont sociales-libérales.Christian Nadeau se réclame d\u2019une gauche solidariste, un courant théorisé par Léon Bourgeois (1851-1925), intellectuel et homme politique français, lauréat du prix Nobel de la paix en 1920.Bourgeois, à son époque, contestait autant le programme socialiste, trop peu soucieux des libertés individuelles, que la domination capitaliste.«Les êtres humains sont pour lui, explique Nadeau, des êtres sociaux: il s'agit à la fois d'une donnée descriptive et normative.» Descriptive, car notre interdépendance mutuelle est un fait.Normative, car la refuser reviendrait à nuire au lien social et, par conséquent, à la justice sociale, «meilleure assurance pour le respect des libertés individuelles».Solidarité sans compromis On associe souvent la valeur de la liberté à la droite et la valeur de l\u2019égalité à la gauche.Ce que veut montrer Nadeau, c\u2019est qu\u2019«f/ n'y a pas de compromis à faire, car il n'y a pas à choisir entre liberté et égalité si nous les pensons toutes les deux à la lumière du principe de solidarité».En effet, le droit d\u2019être libre ne vaut rien si on ne dispose pas des moyens de l\u2019exercer.De plus, dans une société, «plus grande est la diffé- BRIGITTE DUPLESSIS L\u2019essai du philosophe Christian Nadeau se veut une défense de la gauche québécoise.rence de richesse ou de moyens, plus l'interdépendance se manifeste en réédité comme une dépendance».Aussi, dans une véritable démocratie, «la solidarité implique que chacun d'entre nous comprend que ses propres libertés et celles des autres demandent un effort collectif, parce que nous jugeons que toute personne mérite une égale considération et que, sans respect égal, les sociétés sont défaillantes, ou très fragiles».La solidarité ne doit pas être confondue avec la charité.«Faire preuve de générosité, explique André Comte-Sponville dans son Dictionnaire philosophique [on attend, ces jours-ci, une édition augmentée de cet indispensable ouvrage qui date de 2001], c'est agir en faveur de quelqu'un dont on ne partage pas les intérêts.[.] Faire preuve de solidarité, à l'inverse, c'est agir en faveur de quelqu'un dont on partage les intérêts: en défendant les siens, vous défendez aussi les vôtres; en défendant les vôtres, vous défendez les siens.» Christian Nadeau reprend cette distinction à son compte.«Lorsque je suis charitable, expliqua t-il, je donne aux plus démunis parce que j'en ai les moyens et parce qu'ils m'inspirent de la compassion.Lorsque je suis solidaire, je défends les mesures de protection sociale pour empêcher la pauvreté ou amoindrir ses effets» parce que je suis conscient que «les inégalités, la séparation trop forte entre les catégories sociales ou encore l'égoïsme fragilisent la confiance réciproque entre les citoyens nécessaire à la stabilité sociale».Je reconnais donc, ce faisant, qu\u2019il faut privilégier «une conception du groupe basée sur la coopération, où celle-ci n'écrase pas les aspirations des personnes, mais au contraire leur offre des conditions de développement personnel ».Une théorie du juste Le solidarisme mis en avant par Nadeau, qui n\u2019est au fond que l\u2019autre nom de la social-démo-cratie, ne relève pas d\u2019une théorie du bien (qui prône une «conception particulière de la vie bonne érigée en maxime universelle»), mais d\u2019une théorie du juste, qui cherche à définir «des principes formels d'équité», sans imposer une conception particulière du bien.«Si la solidarité, résume Nadeau, ne nous dit pas comment vivre notre propre vie, elle indique clairement un certain type de rapport à autrui, un éthos: elle formule les principes généraux des rapports moraux entre les membres d'une même société.» Cet éthos recommande de lutter contre les inégalités pour réduire le plus possible «les rapports de pouvoir arbitraires entre nous».La thèse de Nadeau, ici, rejoint en grande partie celle de John Rawls.Pour établir le modèle qu\u2019il propose, le philosophe québécois insiste sur 1^ nécessité de compter sur des institutions (Etat, syndicats, groupes sociaux, société civile, etc.) qui adhèrent au principe de solidarité et qui protègent le pluralisme.Il précise avec raison être de ceux «qui pensent que nous devons concevoir les institutions de manière à ce qu'elles déchargent les citoyens du fardeau de l'héroïsme», même si cela «n'affranchitpas les individus de toute responsabilité pour autant».Ce plaidoyer philosophique pour une gauche qui conçoit «la liberté politique et la justice sociale comme deux faces d'une même médaille: celle de la solidarité» est certes juste et bienvenu, mais l\u2019argumentation qui le soutient manque de cohésion et oblige le lecteur à travailler fort pour en dégager la logique.Nadeau expose ses idées comme un jazzman improvise à partir d\u2019un thème.Aussi, le résultat ressemble à un collage de réflexions solides, mais en panne de coordination.Cette négligence rhétorique nuit à la clarté de la thèse.La deuxième moitié de l\u2019ouvrage, qui se penche sur des enjeux québécois concrets (luttes autochtones et féministes, pauvreté, immigration, santé, éducation, question nationale), manque quant à elle d\u2019originalité, ressemble à un long commentaire enthousiaste du programme de Québec solidaire et ne contient rien de particulièrement remarquable.louisco@sympatico.ca LIBERTÉ, ÉGALITÉ, SOLIDARITÉ Refonder la démocratie et la justice SOCIALE Christian Nadeau Boréal Montréal, 2013, 272 pages Un frondeur délicat MICHEL LAPIERRE Autour de 20 ans, Jean-Erançois Nadeau, né en 1970 et aujourd\u2019hui journaliste au Devoir depuis une dizaine d\u2019années, ne partageait pas l\u2019optimisme de beaucoup de gens de sa génération.«Je trouvais le conservatisme ambiant étouffant», avoue-t-il dans Un peu de sang avant la guerre, son dernier essai qui, encore plus que ses ouvrages d\u2019historien engagé, nous le dévoile, au-delà des idéologies, pris aux tripes par l\u2019horreur universelle de la haine.Recueil de textes écrits entre 1998 et 2013, comprenant bien sûr des chroniques du Devoir mais aussi des articles disséminés dans plusieurs autres périodiques ainsi que quelques inédits, le livre examine le fléau de la guerre, notamment en Irak et en Afghanistan, sous un jour neuf.Il bouleverse les idées reçues sur une violence excusée lorsqu\u2019on la juge nécessaire pour vaincre une autre violence plus condamnable, du moins à première vue.Nadeau a brillamment décortiqué l\u2019infamie allant jusqu\u2019au terrible ridicule de l\u2019extrême droite dans ses biographies de Robert Rumilly et d\u2019Adrien Ar-cand, cet admirateur montréalais de Hitler.Mais il n\u2019hésite pas à voir dans les bombardements aériens des Alliés sur l\u2019Allemagne nazie, que l\u2019on devait, pour lui, renverser de toute évidence, «l'étonnante pulsion destructrice que recèle le genre humain».Les morales de poltron Tuer, entre 1940 et 1945, plus d\u2019un demi-million de civils allemands, dont une multitude d\u2019enfants, au nom de la démocratie, n\u2019est-ce pas un cruel paradoxe dont le monde aurait dû se priver?Nadeau ne se contente pas de se le demander.Il pousse la réflexion jusqu\u2019à se révolter contre le fait que l\u2019on considère seulement «les idées de progrès, de démocratie et d'autonomie du jugement» comme des «digues solides» qui protègent des dérives politiques.Avec raison, l\u2019essayiste trouve «instables et parfois trompeurs» olivieri Lihrcîirie ésf Bistro Au cœur de la société Lundi 7 octobre à 19 h Entrée libre/réservation obligatoire RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Causerie Propos d\u2019une pédagogue À l\u2019occasion de la parution de La carotte et la marguerite Propos sur l\u2019éducation, dix-huit entretiens avec Sœur Louise Bonta de Jean Louis Fleury Aux éditions du passage Fennnne d\u2019exception, d\u2019action et de réflexion, Soeur Louise Bonta a dirigé la Viiia Sainte-Marceiiine à Montréal du début des années 1960 à sa récente retraite.Elle a été témoin de toutes les transformations du système scolaire québécois.Jean Louis Fieury s\u2019entretiendra d\u2019éducation et de pédagogie avec Sœur Louise Bonta.ces «garde-fous» qu\u2019il ose ne pas toujours dissocier des «mythes».Il donne des exemples éloquents.Même si les deux pays combattaient le racisme hitlérien, le Canada refusait d\u2019accueillir en grand nombre les réfugiés juifs fuyant la pçrsécution nazie tandis que les États-Unis, sur leur propre territoire, jugeaient légale la ségrégation des Noirs.En laissant entrevoir que la littérature et les arts éclairent le mieux ces contradictions lorsqu\u2019ils explorent les zones abyssales, encore taboues, de la complexité humaine, Nadeau se démarque des autres spécialistes des sciences sociales.Cela caractérise la personnalité de celui qui, à 20 ans, exultait en découvrant que Pierre Vadeboncœur, qu\u2019il considérera comme un maître, nota, avec indignation, dès l\u2019époque de Cité libre (1950-1966), que «notre jeunesse est bedonnante».Toute vérité n\u2019est pas bonne à dire.Cette maxime ne suscite guère chez Nadeau une adhésion absolue.Il ne craint pas de lui accoler l\u2019affirmation que donne un autre de ses maîtres, Arthur Buîes (1840-1901) : «C'est une morale de poltron.» Vadeboncœur et Buîes, ces stylîstes québé-coîs, l\u2019ensorcellent en lui rappelant que la vérité est avant tout une passion.Sî le polémiste se montre lucide à l\u2019égard du « commerce équitable» que préconise une Laure Warldel, changement si Maurice et Mahmoud TRADUIT DU DANOIS PAR ANDRÉAS SAINT BONNET « Un roman [.] à la fois touchant et hilarant, sur l\u2019amitié qui va au-delà du décalage générationnel et des préjugés culturels et religieux.Léger et rafraîchissant ! » Pénélope Jolicœur Librairie Le Fureteur 25, rue Webster, Saint-Lambert peu révolutionnaire qu\u2019«f/ prolonge le commerce ordinaire sous des dehors à peine plus doux», les mots qui le frappent, sur les pancartes du printemps érable, sont ceux des poètes.Derrière la fougue, la passion de Nadeau cache une extrême délicatesse.Collaborateur Le Devoir UN PEU DE SANG AVANT LA GUERRE Jean-François Nadeau Lux Montréal, 2013,184 pages UN PEU DE SANG AVANT LA GUERRE JEAN-FRANÇOIS NADEAU RESERVEZ VOTRE EXEMPLAIRE auprès de votre libraire préféré dès maintenant à l'aide de ce coupon de réservation.Vous vous assurez ainsi de l\u2019obtenir le jour même de sa sortie, le 10 octobre ! NADEAU- DUBOIS GOURRIEintltniONE:  514 524-5558 lemeac@lemeac.com ^1\tEa E9 1^ Quebec ma @ EGALEMENT DISPONIBLE SUR www.luxediteur.com/gnd PRESENTE LE 29TESTIVAL INTERNATIONAL DE I.A POÉSIE a^im/ù/Yuït^ poA TROIS-RIVIÈRE$ DU 4 AU 13 OCTOBRE 2013 yWÆ\tWÆé m^AW^ Au Four à bois Dîner-poésie : 12 h - 5 au 13 oct.Souper-poésie :\t18 h 30 - 6 au\t10 et\t13 oct.Souper-poésie :\t17 h 30 et 20 h\t- 5,\t11\tet\t12 oct.Bistro l'Ancêtre Souper-poésie : 18 h - 8 et 9 oct.Café Bar Zénob Pique-nique-poésie: 12 h - 5 au 13 oct.Café Le Bucafin Dîner-poésie : 12 h - 7 au 11 oct.Le\tCastel\tdes\tPrés\tSouper-poésie :\t18h30 - 5 et 9\toct.Il Circo Pâtes et\tPassion\tSouper-poésie :\t18 h - 9 au 12\toct.Le Lupin Dîner-poésie : 12 h - 8 au 11 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 5, 6 et 8 au 13 oct.Le Manoir Dîner-poésie : 12 h - 5, 6,11 au 13 oct.Souper-poésie : 18 h - 6, 9, 10 et 13 oct.La p'tite Brûlerie Dîner-poésie : 12 h - 8 et 10 oct.Olive & Papaye Dîner-poésie : 12 h - 7 au 11 oct.Souper-poésie : 18 h - 10 oct.Le Rouge vin Souper-poésie : 18 h 30 - 6, 7, 9,10 et 13 oct.Le Sacristain Tartines et poésie : 9 h - 7 au 11 oct.Brunch-poésie : 10 h - 6 et 12 oct.Souper-poésie : 18 h - 7 et 10 oct.Tapas et poésie : 18 h - 11 oct.Le St-Germain Bistro Souper-poésie : 18 h - 5 au 13 oct.Le Troquet (Hôtel Delta) Souper-poésie : 18 h - 5 et 12 oct.Maison de la culture.Dîner-poésie : 12 h - 7 au 12 oct.Café Morgane : 15 h - 5, 6 et 10 au 13 oct.Rendez-vous avec un poète ! 19 h 30 - 5, 6 et 9 au 13 oct.Réservations 24 h à l'avance / 819 448-4463 Le Sacristain : Atelier-bistro 15 h - 8, 9 et 10 oct.Musée des Ursulines : 13 h 30 - 5, 6 et 9 au 13 oct.Poésie ludique Maison de la culture : 15 h 30 - 5, 6 et 8 au 13 oct.Atelier d'écriture-poésie Café Morgane - Muffins et poésie : 11 h - 6 et 13 oct.Librairie Clément Morin Signature poète : 12 h - 6 et 13 oct.Entrevue-poésie : 13 h 30 - 5 et 7 au 12 oct.La p'tite Brûlerie Moments de poésie : 10h30 - 5, 9 et 13 oct.Hôtel Delta - Bar l'Hexagone Mignardises et poésie : 16 h - 12 et 13 oct.Nys Pâtissier Pause-poésie : 10 h - 10 et 11 oct.Goûter-poésie : 16 h - 5, 9, 10 et 11 oct.Hôtel Delta - Bar l'Hexagone Apéro-poésie : 17 h -10 oct.Café Bar Zénob Apéro-poésie : 17 h - 5 au 13 oct.Maison de la culture Apéro-poésie : 17 h - 5 au 11 oct.L'Embuscade Café Galerie Scotch et poésie : 15 h - 5, 6,10,12 et 13 oct.Café Morgane- Routes de la poésie : 19 h - 5, 9 au 11 oct.Librairie Clément Morin Suite soixante Poésie à la Suite : 20 h - 5, 9 et 10 oct.Café Bar Zénob Récital de poésie : 19 h - 5 et 6 oct.Soirée de poésie : 20 h 30 - 4 au 13 oct.Poèmes de nuit : 23 h - 5 au 13 oct.Prix de poésie Grand Prix Québécor du Festival International de la Poésie 2013 LABINE, Marcel Prix Piché de poésie UQTR-2013 ROCHETTE, Catherine Finaliste - Prix Piché de poésie UQTR-2013 BLIER, Hugue Prix Félix-Antoine-Savard de poésie-2013 HARTON, Catherine Prix Félix-Leclerc de poesie-2013 ELICEIRY, Rose Prix Jean-Lafrenière/Zénob-2013 DAOUST, Jean-Paul Prix Itileriiatiotial de Poésie Anton id Viccaro-2013 AL-MASSRI, Maram (Syne/France) Prix Alain-Graridbois-2012 BOISCLAIR, Antoine Prix Benjamin Fondane 2013 BROSSARD, Nicole Prix Émile-Nelligan 2013 BRASSARD, Mario Bourse Flector-de-Sairt-Dervs.Garreau-2012 j CHARBONNEAU-GRENIER.Anthony Prix de poésie Radio-Canada-2013 i À venir Prix Athanase-David 2012 ITHÉORET, France Prix littéraire TrilliLim de langue frarçaise-2013 SAVOIE, Paul Prix National de poésie en immersion française-POGUE, Vanessa (Colombie-Britannique) Poètes Québécois 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13\t\u201e\t^ Poetes québécois AUDET, Martine BEAUCHEMIN, Jean-François BERROUËT-ORIOL, Robert BOULANGER, Patrick BOULERICE, Jacques CATALANO, Francis CHAGNON, Philippe CHARETTE, Jonathan CHARRON, François COPPENS, Patrick DARGIS, Daniel DORÉ, Kim DUBÉ, Frédérique DUPRÉ, Louise FAUST I NO, Alexandre FONTAINE, Natasha Kanapé FORGET, Carole FOURNIER, Danielle GILL, Marie Andrée GODIN, Catrine GOUDREAULT, David HAEFELLY, Claude HORIC, Alain JUTEAU, Monique I LABELLE-HOGUE, Simon Pier LAMBERT, Vincent 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 LAROUCHE, Jean-Sébastien LATIF-GHATTAS, Mona {Égypte/Québec) LAUZON, Dominique LEBEL, Guillaume LEFEBVRE, Jean-Marc MONETTE, Madeleine MORALI, Laure PARADIS, Claude PICARD-SIOUI, Louis-Karl PIPAR, Rosette PLEAU, Michel ROGER, Danielle SALMERON, Odelin SIOUI, Jean TREMBLAY, Larry WILLIAMSON, Mathew K.YOUNSI, Ouanessa 4 5 6 7 8 9 10 1112 13 \t9\t9\t9\t9\t9\t9\t\t\t9\tB 1 AUBIN, Daniel (Ontario)\t\t\t\t*\t*\t*\t\t\t\t 1 CHARLEBOIS, Tina (Ontario)\t\t*\t*\t*\t*\t\t\t\t\t 1 DUMONT, Marilyn (Alberta)\t\t\t\t\t\t\t*\t*\t*\t* 1 GOYETTE, Sue (Ontario)\t\t\t\t\t\t\t*\tif\t*\t 1 GROLEAU-LANDRY, Daniel (Ontario)\t\t\t\t*\t*\t*\t*\t\t\t 1 LEBLANC, Georgette (Nouvelle-Écosse)\t\t\t*\t*\t*\t\t\t\t\t 3 LE BOUTHILLIER, Claude {N -Brunswick)\t\t\t\t*\t*\t*\t*\t\t\t 1 OUELLET Marie-Belle (Québecrontano)\t\t\t\t*\t*\t*\t\t\t\t 1 ROBICHAUD, Valéry (N,-Brunswick)\t\t*\t*\t*\t\t\t\t\t\t 1 ROY, Jonathan (N-Brunswick)\t\t*\t*\t*\t\t\t\t\t\t 1 SCHEIER, Jacob (Ontario)\t¦\t\t¦\t¦\t¦\t¦\t*\tie\t* ¦\t \t1\tS\t\t1\t3\tS\t\t\tï\tB BARMABÉ-AKAYI.DatéAtavitO (Bénin) BARRIÈRE, Nicole (France) BERTAZZA, Juan Pablo (Argentine) BOYLE.Peter (Australie) EL-SHAHAWY.Ahmed (Égypte) GOVEA, Gabriel (Colombie) GRANDO, Diego (Brésil) GUILBAUD, Luce (France) HÂSLER, Rodolfo (Espagne) KONTIO.Tomi (Finlande) KRAMBERGER, Taja (Slovénie) MATTOS, Thiago (Brésil) NDIONE, Abdoulaye Fodé (Sénégal) NITZAN, Tal (Israël) NOY, Fernando (Argentine)\u2019 PIETRASS, Richard (Allemagne) PIETTE, Éric (Wallonie-Belgique) RENOUX, Marie-Hélène (France) SADOUN, Abdul Hadi (Irak/Espagne) SALAZAR, Elias Carlo (Mexique) SCOTTO, Fabio (Italie) VEGA FARFAN, Denisse (Pérou) XI, Du (Chine)\u2019 4 5 6 7 8 910111213 Procurez-vous notre programmation complète chez tous les hôtes du Festival ou au www.fiDtr.com.Grande soirée Québécor de la poésie Samedi 12 octobre 20 h 25 poètes sur scène à la Maison de la culture (# 4).Prix 15 $ taxes incluses.Réservations billetterie de la salle J.-A.Thompson entre 11 h et 18 h 819 380-9797 ou billetterie(3)v3r.net ou 1 866 416-9797 (sans frais)./1\tE3 Québec O O 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage IM Canada Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts prix littéraires , , OÜL^ du gouverneur general olH/cÜD ORGANISATION INTERNATIONALE DE O la francophonie Ljcp\"r« LE DEVOIR Libre de penser Savoir.Surprendre.4 TROIS-RIVIÈRES VILLE o'HISTOIRE ¦^\u201cCULTURE "]
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