Le devoir, 12 octobre 2013, Cahier H
[" SCIENCES & CDLTDRE PRIX DE LIGFAS 1 Yves de Koninck, cet homme qui fouille le cerveau Véronique Dansereau reçoit la première bourse IRSST-maîtrise Page 7 fP', Marc Lucette et \"li rinterdisciplinarité pour contrer les changements I climatiques Pages CAHIER THEMATIQUE H > LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS OCTOBRE 2013 4 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manifestation à Montréal contre le projet de loi fédéral limitant le droit à l\u2019avortement PRIX ANDRE-LAURENDEAU « Pour ne pas devenir esclaves.» Lauréate du prix André-Laurendeau de l\u2019Ac-fas, qui récompense une personne travaillant dans le domaine des sciences humaines, Lori Saint-Martin porte plusieurs chapeaux: romancière, traductrice, professeure et chercheuse au Département d\u2019études littéraires de l\u2019UQAM, elle est de celles qui ont imposé leur regard sur la littérature québécoise.ASSIA KETTANI Appartenant à la première génération de femmes engagées pour travailler en études féministes, à l\u2019époque où il s\u2019agissait d\u2019un champ émergent dans les lettres québécoises, Lori Saint-Martin a forgé, au fil des ans et des recherches, une « autre lecture » des œuvres consacrées et a contribué à enrichir les études littéraires d\u2019une perspective féministe.Aujourd\u2019hui encore, «le fait d\u2019être un homme ou une femme n\u2019est pas indifférent au moment où on se met à écrire et ne l\u2019est pas non plus au moment de la réception», explique-t-elle.S\u2019intéressant autant à la grande littérature qu\u2019à la littérature populaire, elle s\u2019est attachée à déchiffrer les représentations masculines et féminines, la manière dont «les relations entre les genres sont conceptualisées dans les textes et comment les textes littéraires reproduisent la distribution traditionnelle des identités féminines et masculines».Une démarche qui ne manque pas de tisser des liens entre la littérature, la société et les conceptions idéologiques sous-jacentes : par le biais des textes, elle interroge les structures idéologiques de la société et ouvre la voie d\u2019une réflexion «sur nos valeurs, pour éventuellement les changer», laissant émerger le désir de voir naître des relations plus justes et égalitaires.Germaine, Anne et Gabrielle Parmi ses travaux de recherche figurent des éditions critiques et des anthologies des grandes pionnières de l\u2019écriture des femmes au Québec, notamment Germaine Guèvremont, Anne Hébert et Gabrielle Roy, qu\u2019elle a su éclairer sous un nouveau jour.Alors que celle-ci était communément abordée comme une auteure dépourvue de revendications féministes, Lori Saint-Martin a révélé, dans La voyageuse et la prisonnière.Gabrielle ARIANE GIBEAU Lori Saint-Martin Roy et la question des femmes (2002), le visage de celle qui dénonçait avec virulence le sort socialement imposé aux femmes.Loin de défendre une vision traditionnelle des rôles derrière ses modèles féminins, Gabrielle Roy décrivait «comment ces femmes souffraient d\u2019avoir eu trop d\u2019enfants, d\u2019être pauvres et de ne pas pouvoir réalise/ leurs rêves personnels».A travers les inédits de Gabrielle Roy, peu connus du public même s\u2019ils représentent des centaines de pages, Lori Saint-Martin s\u2019est également penchée sur les «réflexions féministes très poussées, profondes et passionnées auxquelles elle a consacré des années de sa vie», où elle critiquait le patriarcat, l\u2019oppression qu\u2019elles vivaient et «le fait qu\u2019elles étaient prisonnières, enfermées dans leur foyer comme dans une cage.Pour ne pas devenir esclaves, leur seule solution était de ne pas avoir d\u2019enfant.» Dans un autre registre, Lori Saint-Martin a passé au crible de son analyse aussi bien la rhétorique antiféministe d\u2019idéologues québécois comme Hemi Bourassa que des personnages stéréotypés féminins, comme la sorcière ou la prostituée.Dans son essai intitulé Postures viriles (2011), elle a analysé de façon novatrice les discours et les représentations de la presse masculine.Dominée par une idéologie patriarcale, cette presse masculine est traversée par un discours machiste des années 1950 qui «se main- tient et même s\u2019aggrave avec le succès du féminisme dans le monde réel.La presse masculine, accusant les femmes d\u2019avoir été trop loin, positionne les hommes comme des victimes», révélant la persistance de schémas traditionnels malgré l\u2019évolution des valeurs.Mère et père Sensible aux «changements sociaux dont on trouve le reflet dans les textes», elle a également mené, dans Le nom de la mère (1999), une réflexion sur ces noms de jeune fille longtemps destinés à disparaître derrière celui de l\u2019homme au moment du mariage.Lori Saint-Martin a travaillé sur ces figures de mères «vues comme une fonction sociale», dont l\u2019identité se réduit au seul rôle d\u2019entretenir le foyer.Elle a ainsi analysé le récit croisé de filles qui découvrent le nom de leur mère sur la pierre tombale, «au moment où il est trop tard pour apprendre à la connaître», attirant ainsi l\u2019attention sur les conséquences sur la psyché des filles qui ont construit leur identité en lien avec celle d\u2019une mère privée d\u2019existence.Parallèlement, elle pose, dans Au-delà du nom (2010), la question du père dans la littérature québécoise.De figures paternelles autoritaires et désincarnées, les représentations du père se sont ouvertes au fil des ans à l\u2019image de la «paternité émotive».«Les pères aujourd\u2019hui, dans notre société et aussi en littérature, ne veulent pas être réduits à un nom, à une figure d\u2019autorité abstraite.Ils veulent aller au-delà du simple fait de donner leur nom, qui implique historiquement une autorité et un acte de possession.» Elle note ainsi l\u2019émergence, dans les 20 dernières années, de figures littéraires de père qui veulent vivre la paternité, qui «décrivent des relations tendres et s\u2019expriment d\u2019une manière nouvelle».Lettres des femmes Enfin, son influence s\u2019est fait sentir sur la recherche, les études et la couuaissauce eu matière d\u2019études fémiuistes eu littérature, uotam-meut à travers sou activité à l\u2019Iustitut de recherche et d\u2019études fémiuistes de l\u2019UQAM.Respousable de piloter des dossiers de couceu-tratious de 3® cycle offertes daus plusieurs programmes, elle a aiusi posé les bases «d\u2019éléments structurants, pour que les étudiants puissent se spécialiser en études féministes et aillent VOIR PAGE H 4 : ESCLAVES SOURCE CRSNG Christophe Caloz PRIX URGEUARCHAMBAULT Des percées dans le génie électromagnétique Le prix Urgel-Archambault est remis cette année à Christophe Caloz, chercheur et professeur à l\u2019Ecole polytechnique de Montréal.Cet honneur vient souligner l\u2019excellence et la pertinence de ses travaux de recherche dans le domaine du génie électromagnétique.PIERRE VALLÉE Jeune homme, ce n\u2019est pas tant la science qui attire Christophe Caloz, mais plutôt la littérature et la philosophie.Pourtant, lorsqu\u2019il entame ses études supérieures, il choisit plutôt la science.«Je me suis inscrit en science parce que je voulais compléter ma culture littéraire par une culture scientifique, ra-conte-t-il.De plus, je voulais acquérir un savoir-faire pratique sur lequel je pourrais m\u2019appuyer plus tard dans la vie.La philosophie et la poésie pourraient alors devenir mes violons d\u2019Ingres.» Dès ses premiers pas en science, il s\u2019oriente vers le domaine des ondes électromagnétiques.«J\u2019étais fasciné par les ondes électromagnétiques qui sont tout autour de nous.J\u2019y trouvais quelque chose de mystérieux, voire de magique.» Il obtient d\u2019abord son diplôme d\u2019ingénieur électrique et le complète par un doctorat ès sciences.En 2000, il quitte sa Suisse natale pour poursuivre ses études postdoctorales au Micro-wave Electronics Lab de l\u2019Université de la Californie à Los Angeles (IJCLA).Quatre ans plus tard, il se retrouve à l\u2019École polytechnique de Montréal.«Polytechnique est un peu le fruit du hasard.Mes recherches au Microwawe Lab m\u2019avaient permis de me distinguer et, comme je me cherchais un emploi, j\u2019avais déjà reçu quelques offres.Mais un ami rencontré par hasard m\u2019a parlé de Polytechnique et ça m\u2019a plu.J\u2019ai postulé, on m\u2019a accepté et j\u2019y suis encore.» Titulaire d\u2019une Chaire de recherche du Canada et de la bourse Staecie du CRSNG, Christophe Caloz axe ses recherches sur les méta-matériaux, les composants électroniques non réciproques, les antennes à ondes de fiiite et la radio analogique à temps réel.Les métamatériaux sont assez récents, ils datent d\u2019une dizaine d\u2019années.Ce sont des matériaux artificiels, donc créés de toutes pièces, qui possèdent des propriétés électromagnétiques.«Et, contrairement aux éléments ferromagnétiques naturels, dont les propriétés électromagnétiques proviennent de la structure moléculaire, les propriétés des métamatériaux proviennent uniquement de leur assemblage.» Les métamatériaux sont utiles car ils peuvent fournir des effets introuvables dans la nature, tout comme ils peuvent servir à inhiber certains effets indésirables.Pour le moment, les métamatériaux sont élaborés selon une seule échelle, que celle-ci soit millimétrique, micrométrique ou nanométrique.Les plus récents travaux de Christophe Caloz portent sur des métamatériaux multiéchelles, qui combineraient plusieurs échelles dans un même métamatériau.«Le défi est de maîtriser les interactions des différentes échelles.» Composants «non réciproques» Les composants électroniques non réciproques, présents dans le paysage électronique VOIR PAGE H 4 : GÉNIE H 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2013 ACFAS PRIX LÉO-PARISEAU Après Lelièvre vint Gehrig « On ne vient pas au monde avec la SLA» Lorsqu\u2019on diagnostique chez une personne la sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou «maladie de Lou Gehrig », il ne reste généralement plus à celle-ci que de trois à cinq ans à vivre.et aucun traitement efficace n\u2019existe pour combattre cette dégénérescence.«C\u2019est une maladie terrible, les gens en viennent à paralyser totalement», confirme Jean-Pierre Julien, professeur au Département de psychiatrie et de neurosciences de l\u2019Université Laval.Il s\u2019agit de l\u2019un des éminents chercheurs qui consacrent leur carrière à percer les mystères de cette maladie, et il vient de recevoir le prix Léo-Pariseau en sciences biologiques et sciences de la santé décerné par l\u2019Acfas.CLAUDE LAFLEUR Même après des décennies de recherches, M.Julien concède qu\u2019on ne comprend toujours pas les mécanismes sous-jacents de la SLA.On sait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une dégénérescence des neurones qui transmettent aux muscles les commandes du cerveau.«Ce sont ces cellules nerveuses, qu\u2019on appelle les motoneu-rones, qui contrôlent la motricité des muscles et qui dégénèrent progressivement, explique le chercheur.Les muscles paralysent donc, puisqu\u2019ils ne reçoivent plus d\u2019information en provenance du cerveau.Le patient paralyse donc tranquillement.» On sait aussi qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une maladie d\u2019origine génétique.«On ne vient pas au monde avec la SLA, déclare le spécialiste, on vient au monde avec une prédisposition.» n souligne en outre que, il y a 20 ans, on ne connaissait qu\u2019une cause génétique \u2014 un gène \u2014 mais que, depuis les cinq dernières années, on en a repéré une douzaine d\u2019autres.«On ne connaît cependant pas le mécanisme qui déclenche la maladie, dit-il, et surtout pourquoi ce sont les motoneurones qui dégénèrent spécifiquement, alors que les gènes [défaillants] se retrouvent dans toutes les cellules.» Les hasards de la vie Comme chercheur, Jean-Pierre Julien a un parcours inattendu.Au départ, raconte-t-il, c\u2019était un enfant curieux \u2014 le genre à se promener avec une loupe \u2014 et très bon en classe.Mais il était aussi peu studieux.«J\u2019étais très bon en mathématiques, mais, au cégep [de Maisonneuve],ye préférais fréquenter les cours de poésie de Sylvain Lelièvre, se rappelle-t-il.Bien que je fusse en science, j\u2019aimais beaucoup la poésie et on faisait de la musique avec lui.» Au milieu des années 1970, il entreprend des études de chimie à rUQAM.Toutefois, une grève des professeurs le force à changer d\u2019université.«Après trois mois de grève, dit-il, fai téléphoné à McGill.Mais je me suis trompé de département, puisque j\u2019ai contacté celui de biochimie (plutôt que de chimie) ! On m\u2019a tout de même accepté.Je suis donc allé en biochimie, en me disant que ce n\u2019était pas plus grave que ça, et fai ter- % i SOURCE JEAN-PIERRE JULIEN Le professeur Jean-Pierre Julien consacre ses recherches à percer le mystère de la maladie de Lou Gehrig.miné mon doctorat.» Dans les années 1980, alors que la génétique connaît un essor formidable, le jeune chercheur met au point des souris transgéniques, «fai été le premier, je pense, à avoir conçu des souris qui exprimaient des gènes humains dans les cellules nerveuses seulement», dit-il.En fait, il développe un peu par accident des souris affligées d\u2019une maladie s\u2019apparentant à la sclérose latérale amyotrophique, d\u2019où son intérêt pour cette dernière.Et c\u2019est ainsi que, avec le temps, il a pris la tête de l\u2019une des plus importantes équipes de recherche en la matière.«Dans notre labo, on a développé des modèles de souris transgéniques qui portent les gènes qui causent la SLA, dit-il.Cela nous permet d\u2019étudier la progression de la maladie \u2014 ce qu\u2019on ne peut faire chez l\u2019être humain, puisqu\u2019on n\u2019a que les tissus postmortem.Grâce aux souris, on peut suivre et analyser le développement de la SLA » Avouant sans peine que sa carrière est le fruit d\u2019un enchaînement de concours de circonstances, M.Julien déclare en riant: «Parfois, il faut se laisser aller là où la recherche nous conduit.Et nous continuons où cela nous mène, puisque, après tout, c\u2019est de l\u2019exploration que nous faisons.» Un vaccin.une thérapie ?« Une sclérose, c\u2019est une dégénérescence, explique le cher- cheur.Dans le cas de la sclérose latérale amyotrophique, cette dégénérescence affecte les motoneurones de chaque côté de la moelle épinière, d\u2019où le terme \u201clatérale\u201d.Quant à \u201camyotrophique\u201d, on parle de l\u2019atrophie des muscles (\u201camyo \u201d).» «Il s\u2019agit essentiellement d\u2019une maladie d\u2019origine génétique, poursuit-il.Nous savons depuis quelques années seulement que, dans certaines familles, certains vont développer la SLA et d\u2019autres une démence fronto-temporale.Mais on ne sait pas pourquoi la même cause se manifeste parfois dans le cerveau, parfois dans la moelle épinière.» Son équipe est toutefois parvenue à identifier des cibles pour s\u2019attaquer à la maladie.«On essaie présentement différentes approches, entre autres de mettre au point une sorte de vaccin.» Les chercheurs ont ainsi constaté qu\u2019il se forme progressivement, chez les personnes susceptibles de développer la SLA, des «agrégats de protéines» dans leurs cellules nerveuses.«Pourquoi la SLA apparaît-elle à 50 ou 60 ans, et non pas à 10 ans ?, demande le chercheur.C\u2019est parce qu\u2019il faut probablement du temps pour que les protéines s\u2019accumulent en agrégats.» Son équipe a par conséquent développé des anticorps monoclonaux qui ciblent directement les protéines qui se mettent en agrégats.Les chercheurs travaillent également sur une approche thérapeutique.«Nous avons trouvé des composés, dont un extrait de plante qui, chez la souris, ralentit le développement de la maladie, dit-il.Nous allons bientôt procéder à des essais cliniques avec l\u2019Université de Toronto.Il s\u2019agira d\u2019essais effectués sur une centaine de patients; au bout de six mois, nous devrions voir si cela a un effet, peut-être pas très important, mais un ef fet positif tout de même.Si cela marche, ça ne fera que ralentir la progression de la maladie, ça ne l\u2019arrêtera pas», précise-t-il.Et surtout, peut-être, son équipe poursuit sans relâche ses travaux pour comprendre les mécanismes à la base de cette terrible maladie.Collaborateur Le Devoir 1908 Ernest Rutherford, de McGill, prouve que l\u2019atome est divisible.1967 Charles Scriver, de McGill, met sur pied des programmes de dépistage génétique néonatal.2012 2013 Lucy Gilbert, de McGill, découvre que les cancers ovariens les plus redoutables débutent dans les trompes de Fallope.Céline Le Bourdais, de McGill, reçoit le Prix Thérèse-Gouin-Décarie de l\u2019Acfas pour ses travaux sur l\u2019évolution des familles québécoises et l\u2019importance de l\u2019évolution des politiques sociales.Qui préc peut ire l\u2019avenir?Nui n\u2019est devin.Mais nous savons que, parson enseignement et ses recherches, McGill continuera d\u2019offrir au Québec un avenir encore meilleur.^ McGül UNIVERSITÉ ^Co ncordia UNIVERSITY < U < Q cU O U Z O U MARIE-EVE CHAGNON REMPORTE LE PRIX D\u2019EXCELLENCE DE L\u2019ADESAQ CET HONNEUR RÉCOMPENSE LA MEILLEURE THÈSE DE DOCTORAT PRÉSENTÉE AU QUÉBEC La communauté de l\u2019Université Concordia tient à féliciter Marie-Eve Chagnon, Ph.D.2012, lauréate du Prix d\u2019excellence de l\u2019Association des doyens des études supérieures au Québec (ADESAQ), qui lui a été remis lors de la Journée de la relève en recherche de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas).Ce prix est décerné chaque année à l\u2019auteur de la thèse la plus remarquable dans chacun des domaines suivants : arts; sciences sociales, lettres et sciences humaines: génie et sciences naturelles: sciences de la santé.La thèse de M\"^® Chagnon, intitulée Nationalisme et internationalisme dans les sciences au XX® siècle : l\u2019exemple des scientifiques et des humanistes français et allemands dans la communauté scientifique internationale (1890-1933), repose sur une recherche approfondie menée à Paris, à Berlin et à Londres.Le P'^ Norman Ingram, directeur du Département d\u2019histoire de Concordia et directeur de thèse de M\"^® Chagnon, affirme que ses découvertes « viennent invalider beaucoup d\u2019hypothèses couramment admises que nous chérissions depuis 60, voire 70 ans ». LE DEVOIR LES SAMEDI 12 H 3 PRIX PIERRE-DANSEREAU Entre dépendance et modération « Il y a des problèmes sociaux qui coûtent cher» Louise Nadeau se voit décerner un prix de l\u2019Acfas pour une deuxième fois.En 2006, la professeure au Département de psychologie de l\u2019Université de Montréal avait remporté le prix Marcel-Vincent.Cette année, c\u2019est surtout la présidente d\u2019Educ\u2019alcool qui reçoit le prix Pierre-Dansereau, qui récompense son engagement social.ÉTIENNE PLAMONDON ÉMOND Ta modérajtion a bien meilleur goût».Le -L/slogan d\u2019Educ\u2019alcool est désormais célèbre et la formule s\u2019est intégrée au langage courant.C\u2019est en partie grâce à Louise Nadeau, activement engagée dans Educ\u2019alcool depuis 22 ans, en plus d\u2019en être la présidente depuis 2007.Au départ de toute cette aventure, une simple entrevue que Nadeau avait accordée à Radio-Canada en 1990, dans laquelle elle expliquait que l\u2019alcool était là pour rester et qu\u2019il fallait apprendre à se fixer des limites.Educ\u2019al-cool venait de trouver la scientifique qu\u2019il lui fallait et l\u2019a aussitôt approchée.«Dans ma vie, ç\u2019a été une sorte de souffle», raconte Louise Nadeau.Celle qui préside en ce moment le Groupe de travail sur le jeu en ligne, dont les conclusions et recommandations seront déposées d\u2019ici la fin de l\u2019année, voit plutôt son engagement social dans Educ\u2019alcool comme quelque chose à'« agréable », qui apporte un peu de «légèreté» dans son travail sur les dépendances, qui la confronte souvent à des personnes en détresse.«Avec le groupe de travail sur le jeu en ligne, on va être obligé de parler de joueurs qui se sont enlevé la vie et qui ne sont jamais allés chercher de l\u2019aide ou des services.Ça m\u2019atteint encore profondément.» Sensibiliser et non stigmatiser D\u2019ailleurs, à une question abordant la délicatesse avec laquelle une campagne de sensibilisation doit se réaliser sans sombrer dans un discours moralisateur, Louise Nadeau remet sur la table la question du jeu pathologique.«Au XDC^ siècle, on représentait les alcooliques à travers les problèmes qu\u2019ils créaient.On a présentement ce problème avec le jeu.On assiste à une stigmatisation des joueurs.On présente le jeu pathologique comme la norme et les joueurs comme des gens qui créent des problèmes.Ça fait très longtemps, au Québec, qu\u2019on n\u2019a pas vu une annonce avec un alcoolique qui abandonne ses enfants et qui ruine sa famille», souligne-t-elle.«Il y a des problèmes sociaux qui coûtent cher, liés à toutes les formes de dépendance, que ce soit l\u2019alcool, les drogues, l\u2019obésité ou le jeu.Il faut les chiffrer et on doit en tenir compte.Mais, si on veut aider les gens, ça ne se fait pas en les accablant.» Le regard posé sur la dépendance envers l\u2019alcool, lui, a bien évolué.Nadeau en accorde en grande partie le crédit aux efforts déployés par les Alcooliques anonymes durant le XX® siècle.Mais tout le doigté avec lequel Educ\u2019alcool a mené «intuitivement» ses campagnes de prévention s\u2019est fait dans le même esprit.«C\u2019est toujours dans l\u2019humour, dans le fait de donner de l\u2019espoir ou d\u2019aider les gens dans l\u2019autorégulation», rappelle-t-elle.L\u2019organisme indépendant, qui vise de plus en plus «à avoir des programmes qui ont été validés scientifiquement», est d\u2019ailleurs devenu un modèle en la matière sur la scène internationale.Une modération chiffrée Si elle reçoit aujourd\u2019hui le prix Pierre-Dansereau, Louise Nadeau croit que c\u2019est surtout grâce au succès de la campagne « 2-3-4-0 », lancée en janvier 2012.Dans les publicités, la modération est désormais chiffrée : deux verres par jour et dix par semaine pour une femme, trois verres par jour et 15 par semaine pour un homme, trois verres pour une femme et quatre pour un homme lors des occasions spéciales, ainsi qu\u2019une abstention complète au moins une fois par semaine (le zéro) pour éviter l\u2019accoutumance.Ces quantités précises sont le fruit d\u2019un travail amorcé en 2006 par le Groupe de travail sur les niveaux d\u2019alcool à faible risque, qui regroupait chercheurs, médecins, alcooliers, responsables de santé publique et policiers.Louise Nadeau a été présente dès la première réunion de ce groupe.Après une solide recension, des publications scientifiques rigoureuses et un consensus de tous les acteurs autour de la table, ces données sont devenues la norme au Canada.Educ\u2019alcool a aussitôt décidé de faire le JOCELYN MICHEL Louise Nadeau est une des personnes derrière le succès du slogan «La modération a bien meilleur goût».grand saut et d\u2019intégrer ces données à son message.«Selon moi, c\u2019est une des meilleures campagnes de santé publique qui se sont faites au Québec depuis très longtemps», se félicite-t-elle.Des balises claires, un impact flou «On a rejoint tout le monde avec de l\u2019humour, à la télé et dans les bars, de sorte que le taux de reconnaissance de la campagne est extrêmement élevé.Est-ce que ça veut dire que les gens ont changé leur comportement ?Comme scientifique, je ne suis pas capable de vous le dire.Mais vaut mieux un monde où les gens ont des indicateurs clairs de ce que devrait être leur consommation qu\u2019un monde où tout ça reste flou et vague.» Et ce n\u2019est pas fini, puisque, depuis cet automne, les publicités s\u2019appliquent à bien quantifier le verre d\u2019alcool standard selon la boisson.«Chaque fois qu\u2019on évalue une campagne de prévention psychosociale de manière isolée, on trouve rarement des résultats positifs.C\u2019est une constellation d\u2019actions qui amène des changements», précise-t-elle.Pour réduire les accidents de la route causés par l\u2019alcool, par exemple, la législation, les programmes d\u2019accompagnement comme Nez rouge, les barrages routiers et, évidemment, les campagnes de prévention doivent tous être mis à contribution et être en interaction.Les pays qui ont misé sur ces combinaisons ont constaté une diminution des accidents liés à l\u2019alcool au volant, assure-t-elle.A Educ\u2019alcool, un des gros défis consiste actuellement à convaincre le gouvernement de rendre obligatoire la formation du service d\u2019alcool à tous les serveurs, car «les accidents d\u2019automobile avec facultés affaiblies ont lieu à la sortie des bars» et «on sait que cette action-là, mêlée à d\u2019autres, va être extrêmement efficace».Uautorégulation : l\u2019enjeu du XXI® siècle Si elle continue à se concentrer sur les problèmes liés à l\u2019alcool, Louise Nadeau indique que plusieurs campagnes de prévention, que ce soient celles qui encouragent à faire de l\u2019exercice, à surveiller son alimentation ou à limiter sa consommation d\u2019alcool, doivent aussi toutes être menées de front.Car les liens entre «les multiples conduites addictives» sont «d\u2019une clarté phénoménale», affirme-t-elle.Selon Louise Nadeau, «dans cette société d\u2019abondance qu\u2019est la nôtre [.], l\u2019enjeu du XXP siècle, c\u2019est l\u2019autorégulation, que ce soit sur le montant qu\u2019on peut dépenser dans le jeu ou dans nos automobiles, sur ce qu\u2019on peut manger ou sur le temps à consacrer à l\u2019activité physique alors que tout nous mène à nous asseoir devant un écran 20 heures par jour.L\u2019enjeu de l\u2019autorégulation, tant dans notre consommation que dans nos modes de vie, est déterminant.Si on ne réussit pas en cette matière, tant au niveau collectif qu\u2019individuel, ça va aller mal», prévient-elle.Collaborateur Le Devoir UL NOS CERVEAUX REPOUSSENT LES FRONTIÈRES DU SAVOIR Depuis des décennies, le savoir-faire et la créativité de nos chercheurs façonnent le Québec.Grâce à eux, avancées spectaculaires, transferts technologiques et réalisations de toutes sortes influencent notre vie.Notre palmarès prestigieux lors du 69® Gala de l\u2019Acfas témoigne de cette audace et de ces talents.Si la recherche scientifique fait partie de notre quotidien, elle fait plus que jamais partie de nos gènes.Félicitations à tous! PRIXACFAS DE CARRIERE Prix Jacques-Rousseau (Multidisciplinarité) PRIX ET CONCOURS ETUDIANTS DE UACFAS Prix Léo-Pariseau (Sciences biologiques et sciences de la santé) Prix Michel-Jurdant (Sciences de l\u2019environnement) Prix Acfas - Desjardins - Maîtrise et Concours de vulgarisation de la recherche Concours de vulgarisation de la recherche YVES DE KONINCK Professeur titulaire, Faculté de médecine Chercheur à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec JEAN-PIERRE JULIEN Professeur titulaire, Faculté de médecine Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les mécanismes de neurodégénérescence JEAN BOUSQUET Professeur titulaire.Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique forestière et environnementale SAMUEL ROCHEHE Maîtrise en biologie moléculaire Vers une vision dynamique de ia « mécanique » ceiiuiaire ulavai.ca ROXANE LAVOIE Doctorat en aménagement du territoire et développement régional L\u2019eau souterraine, un enjeu qui fait surface UNIVERSITÉ lAVAL H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2013 ACFAS PRIX THERESE-GOUIN-DECARIE Démographe de famille « Je n\u2019ai jamais vraiment eu d\u2019objectifs de carrière » Séparation, divorce, union libre, monoparentalité, famille recomposée, baisse de la fécondité.Les familles canadiennes et québécoises ont vécu d\u2019immenses bouleversements au cours des 40 dernières années.Si on peut en mesurer l\u2019ampleur aujourd\u2019hui, c\u2019est en grande partie grâce au travail de la démographe Céline Le Bourdais, professeure au Département de sociologie de l\u2019Université McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en statistiques sociales et changement familial.À l\u2019aide d\u2019enquêtes rétrospectives et de méthodes statistiques de pointe, elle a su documenter ces phénomènes au moment même où ils se produisaient.MARIE LAMBERT-CHAN T ^\ta subi des ^ l^changements rapides, mais tout n\u2019est pas survenu d\u2019un coup», observe celle qui, selon plusieurs, est la plus grande spécialiste de la famille au pays.La progression des travaux de Céline Le Bourdais illustre bien les mutations domestiques des dernières décennies.Ses premiers articles scientifiques portent sur les familles monoparentales et révolution des femmes dans ce contexte.Puis suivent des études sur la prise en charge des enfants après la rupture des parents, le paiement des pensions alimentaires, les tribus recomposées, la signification de l\u2019union libre, le partage des tâches, les trajectoires parentales des hommes, la conciliation travail-famille, la vie familiale des baby-boo-mers à la préretraite, les «Tanguy », ces enfants qui refusent de quitter la maison.De tous les sujets que la démographe a patiemment disséqués, ce sont sans doute la po- pularité des unions libres au Québec et le nombre d\u2019enfants nés hors mariage qui l\u2019ont davantage surprise.«On m\u2019en demande toujours les raisons.Elles sont nombreuses.Le Québec, plus que le reste du Canada, a rejeté l\u2019institution religieuse.Le mouvement féministe y a été aussi plus fort.Les femmes ont gagné en autonomie.C\u2019est un complexe mélange de causes», indique celle qui vient de recevoir le prix Thérèse-Gouin-Déca-rie, créé en 1975 et couronnant les travaux d\u2019une personne œuvrant en sciences sociales.De par ses recherches, M™® Le Bourdais a contribué au débat public de même qu\u2019à l\u2019élaboration de politiques familiales.En collaboration avec la chercheuse Nicole Marcil-Gratton, elle a entre autres rédigé, pour le ministère canadien de la Justice, des rapports De par ses recherches, Bourdais a contribué au débat public de même qu\u2019à l\u2019élaboration de politiques familiales qui ont nourri les discussions ayant mené à l\u2019adoption de la Stratégie de justice familiale axée sur l\u2019enfant, en 2002.Céline Le Bourdais a également pris part dans la célèbre cause Eric v.Lola, où elle a agi comme témoin-expert.Ses travaux comparant les couples mariés et les couples en union libre ont été cités en première instance ainsi que dans la décision de la Cour suprême du Canada.Une suite d\u2019heureux hasards «Je n\u2019ai jamais vraiment eu d\u2019objectijs de carrière», déclare en riant Céline Le Bourdais.Au départ, elle ne se destinait pas à la démographie, encore moins à l\u2019étude des familles.Elle décroche d\u2019abord un baccalauréat en enseignement de l\u2019éducation physique, avant de revenir à ses premières amours, les mathématiques.Par hasard, une connaissance lui suggère de s\u2019inscrire directement à la maîtrise en démographie à l\u2019Université de Montréal, au lieu de terminer un deuxième diplôme de premier cycle.«J\u2019ai essayé et fai eu le coup de foudre pour cette discipline», se remémorœt-elle.Ensuite, direction les Etats-Unis, où elle obtient un doctorat en sociologie à l\u2019Université Brown.Sa thèse aborde les inégalités de revenus, les effets de classe et de compétence ainsi que les disparités entre les hommes et les femmes.«Tout cela m\u2019a amenée à me poser des questions sur la famille», indique Céline Le Bourdais.Son intérêt se confirme quand elle prend connaissance des données de l\u2019Enquête sur la famille de Statistique Canada.«Ma carrière est une suite de hasards, analyse-t-elle.S\u2019il n\u2019y avait pas eu cette enquête, je n\u2019aurais peut-être jamais étudié la démographie de la famille.» Démocratisation des données Céline Le Bourdais est particulièrement reconnue pour son apport fondamental au développement des statistiques sociales au Québec et au Canada.Elle a fait partie des forces vives qui, en 2000, ont donné naissance au Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS), qui regroupe sept établissements.Depuis sa création, les chercheurs en sciences sociales ont accès de façon confidentielle et sécurisée aux microdonnées détaillées des enquêtes popula-tionnelles de Statistique Canada et de l\u2019Institut de la statistique du Québec, chose qui était difficile par le passé.«Pour moi, les statistiques constituent un outil pour raconter une histoire et il est important qu\u2019elles soient accessibles et vérifiables, explique-t-elle.En ce sens, le CIQSS est sans doute la réalisation dont je suis la plus fière.» Collaboratrice\tsource celine le bourdais Le Devoir Céline Le Bourdais a remporté le prix Thérèse-Gouin-Décarie.ESCLAVES SUITE DE LA PAGE H 1 jusqu\u2019au bout de leurs études», contribuant à faire évoluer un champ d\u2019études qui méritait d\u2019être approfondi et ouvrant les portes du possible quant à la réflexion et à l\u2019analyse d\u2019un portrait croisé des sexes en société.Depuis leurs débuts, les études féministes ont ainsi connu un progrès énorme : les chercheurs et étudiants ont «plus de marge, de liberté et de légitimité.Il y a des programmes, des cours, tout un corpus de recherche et de textes qui n\u2019existait pas il y a 30 ans.» Quant à savoir si les différences persistent malgré l\u2019évolution de la société, il suffit r* * rc »< SOURCES DIMEDIA ET ARCHIVES NATIONALES DU CANADA Parmi les travaux de recherche de Lori Saint-Martin figurent des éditions critiques et des anthologies des œuvres d\u2019Anne Héhert et de Gahrielle Roy, qu\u2019elle a su éclairer sous un nouveau jour.d\u2019ouvrir les pages des journaux pour s\u2019en convaincre, rappelle-t-elle.«Dans les pages littéraires, quatre pages sont consacrées aux auteurs masculins.contre une page pour les au-teures féminines.» Collaboratrice Le Devoir FELICITATIONSARICHARD ARSENAULT RÉCIPIENDAIRE DU PRIX ACFAS RESSOURCES NATURELLES 2013, DÉCERNÉ DANS LE CADRE DES JOURNÉES DE LA RELÈVE EN RECHERCHE.Doctorant en génie à l'École de technologie supérieure, M.Arsenault est spécialisé en hydrologie.M.Arsenault a reçu l'an dernier l'une des prestigieuses bourses d'études supérieures du Canada Vanier du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).m\tEœle de technologie Le génie pour l'industrie supérieure JACQUES NADEAU LE DEVOIR Si les communications sans fil aujourd\u2019hui utilisent le spectre des micro-ondes se situant entre les fréquences de 1 à 6 GHz, ce spectre devient de plus en plus saturé, de sorte qu\u2019il faudra bien un jour trouver un autre spectre.GENIE SUITE DE LA PAGE H 1 depuis plusieurs années, sont des composants électroniques qui laissent passer un signal dans un sens mais qui l\u2019interdisent dans l\u2019autre, d\u2019où le terme «non réciproque».«Prenons l\u2019exemple d\u2019un rond-point.Les voitures arrivent de toutes les directions, mais, une fois qu\u2019elles s\u2019y sont engagées, les conducteurs savent qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une seule direction où aller.Malheureusement, les ondes électromagnétiques n\u2019ont pas cette connaissance et donc ne savent pas dans quelle direction aller.» Il faut donc les guider, ce qu\u2019on fait en polarisant les ondes grâce à un champ magnétique généré par un aimant.Le hic, c\u2019est que les aimants sont incompatibles avec les circuits intégrés.Les composants électroniques non réciproques mis au point par Christophe Caloz, à base de métamatériaux, sont des semi-conducteurs qui ont la capacité de polariser les ondes, mais sans l\u2019aide d\u2019un aimant, ce qui les rend compatibles avec les circuits intégrés.Pour illustrer le fonctionnement d\u2019une antenne à ondes de fuite, Christophe Caloz y va de cette comparaison.«Prenez un boyau d\u2019arrosage qui serait percé de petits trous sur toute sa longueur.L\u2019eau ne s\u2019écoulerait pas seulement à un bout, mais fuirait tout au long du boyau.» Ainsi, l\u2019antenne à ondes de fuite balaie l\u2019espace avec un rayonnement électromagnétique continu et aléatoire tout au long de sa structure et dans toutes les directions.«Elle a donc l\u2019avantage de pouvoir éviter les zones d\u2019interférence et de repérer le meilleur «La radio analogique servirait uniquement lors du transport du signal, celui-ci pourrait être numérisé après réception» signal possible.Une fois ce signal détecté, elle se verrouille sur ce dernier, mais, si celui-ci se dégrade, comme elle balaie constamment, elle en repère un meilleur et s\u2019y verrouille à nouveau.Ainsi, c\u2019est toujours le meilleur signal qui est détecté.» D\u2019ailleurs, Christophe Caloz est le cofondateur de l\u2019entreprise ScisWave, qui cherche à commercialiser cette antenne, en particulier pour son usage dans les routeurs.Si les communications sans fil aujourd\u2019hui utilisent le spectre des micro-ondes se situant entre les fréquences de 1 à 6 GHz, ce spectre devient de plus en plus saturé, de sorte qu\u2019il faudra bien un jour trouver un autre spectre.L\u2019idée la plus répandue est d\u2019utiliser des fréquences plus élevées, soit supérieures à 200 GHz.Malheureusement, ces fréquences plus élevées sont incompatibles avec la numérisation des signaux.La proposition de Christophe Caloz, et c\u2019est le sujet de ses plus récents travaux, serait de se servir de la radio analogique à ces fréquences plus élevées.«La radio analogique servirait uniquement lors du transport du signal, celui-ci pourrait être numérisé après réception.» Il a même mis au point un dispositif, le phaseur, capable de contrôler la phase de ces signaux analogiques.«Il serait donc possible de bien contrôler tous les paramètres de ces signaux analogiques afin de s\u2019assurer qu\u2019ils soient de la meilleure qualité possible.» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2013 H 5 ALFAS PRIX MICHEI^JURDANT Jean Bousquet, détective du vivant «On s\u2019en allait vers le génome au complet» Jean Bousquet, récipiendaire du prix Michel-Jurdant, s\u2019inscrit dans la sphère scientifique internationale comme une sommité de la génétique et de la génomique des plantes et des forêts, et ses travaux ont produit des résultats remarquables au cours des 20 dernières années.Homme d\u2019action, il n\u2019a cessé de s\u2019investir dans la mise sur pied d\u2019infrastructures de recherche et de s\u2019engager dans son milieu.REGINALD HARVEY r Elève au secondaire, Jean Bousquet subit une véritable fascination à la découverte de la génétique, au moment où la classe dont il fait partie fait pousser des petits pois pour illustrer les lois de Mendel, sous les directives d\u2019un prof qu\u2019il qualifie de «bonhomme fantastique»-.«Il s\u2019agissait d\u2019un cours de base en biologie où s\u2019inscrivait dans notre subconscient l\u2019existence de tout un paquet d\u2019informations du vivant qui sont vraiment cachées et qu\u2019on ne voit pas; tout à coup, elles apparaissent sous nos yeux comme si un vrai tour de magie se produisait», se souvient le professeur chercheur au Département des sciences du bois et de la forêt de l\u2019Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique forestière et environnementale.Tel fut le point de départ qui l\u2019incitera à devenir «une sorte de détective du vivant» et qui le conduira à opter pour la profession d\u2019ingénieur forestier après des études à Laval; il obtiendra son diplôme de doctorat auprès du même établissement, en cotutelle avec l\u2019Université de l\u2019Alberta, et terminera ses études po^tdoctorales à l\u2019Université d\u2019Etat de l\u2019Oregon en 1990.il résume l\u2019objectif qu\u2019il poursuit durant ses études universitaires et, en quelque sorte et en partie, le travail accompli depuis ce temps : «Les gènes, la génétique et le génome, c\u2019est un peu comme une scène de crime qui cache quelque chose, et je voulais être celui qui allait mettre en lumière ces informations et qui allait trouver le plan secret qui fait en sorte qu\u2019un être humain est un être humain, qu\u2019une plante est une plante et qu\u2019un animal est un animal.» La génétique appliquée aux plantes il effectue son retour de l\u2019Oregon en 1990 pour occuper un poste de professeur-chercheur en foresterie à l\u2019Université Laval, dans une discipline en pleine émergence.11 cerne les résultats probants obtenus à partir de là : « On séquençait alors des gènes et on les utilisait comme horloges moléculaires.Donc, pendant la première phase de ma carrière, fai travaillé sur les plantes agricoles et on a reconstitué, si on veut, les grandes étapes de l\u2019évolution de celles-ci, en collaboration avec des Américains et d\u2019autres chercheurs sur la scène mondiale.» 11 dégage le fait marquant survenu durant cette période : «En travaillant sur la phylogénie des champignons et en regardant les mutations de l\u2019ADN, on a réussi à calibrer l\u2019horloge moléculaire.Il était tout nouveau de séquen-cer l\u2019ADN à ce moment-là et, à l\u2019aide de ces mutations qu\u2019on détectait sur l\u2019ADN, on pouvait en arriver à dater la fameuse apparition des champignons symbiotiques qui produisent des symbioses avec les arbres; ils apparaissent sur tous les arbres et toutes les plantes.On a finalement réussi à dater l\u2019apparition de ces champignons à 400 millions d\u2019années.» 11 s\u2019est alors produit une avancée majeure : «L\u2019enthousiasme du moment est survenu quand on a remarqué que les premières plantes terrestres sont apparues il y a 400 millions d\u2019années sur la Terre.On venait donc de matérialiser ce qui avait pu faciliter la sortie de l\u2019eau des plantes qui ont colonisé la terre: elles ont pu y arriver grâce à la présence de ces champignons symbiotiques.C\u2019était une découverte fondamentale, parce que cette colonisation a été la plus importante de toute l\u2019histoire à leur arrivée sur la Terre.» Les animaux allaient les suivre et sortir de l\u2019eau eux aussi : «Ils ont alors été en mesure de survivre sur la planète et, selon la théorie de l\u2019évolution de Darwin, par la suite on est arrivé jusqu\u2019à l\u2019espèce humaine.» 11 rapporte que de tels travaux ont aussi servi à voir comment ces plantes à fleurs de toutes les espèces ont connu des existences mouvementées et ont évolué de mille et une façons en quelques centaines de millions d\u2019années ; on a réussi à dater la séparation fondamentale entre les plantes à graines primitives que sont les conifères et les plantes à graines évoluées qui font des fleurs : «Elles ont vraiment explosé alors que les génomes de nos conifères n\u2019ont pas changé beaucoup; ceux-ci sont un exemple de stabilité et d\u2019adaptation à l\u2019environnement.» La génomique viendra plus tard et l\u2019ensemble des gènes et du génome est apparu avec le séquençage du génome humain, dans les années 1996 à 1998.Au début des années 2000, il lance la première chaire en génomique au Canada.11 lui apparaît clairement que se produit une évolution rapide dans ce secteur: «Je voyais que cela arrivait grâce à mes liens avec différents groupes sur la scène mondiale: on ne s\u2019en allait plus seulement vers quelques gènes à la fois, mais vers le génome au complet.» L\u2019objectif de départ est le suivant: «On ne disposait pas des trois milliards de dollars que le séquençage du génome humain a coûté à cette époque.On s\u2019est fixé des buts plus modestes et plus progressifs, consistant à sé-quencer les gènes chez les conifères dans une première étape; en deuxième phase, on a recensé toute la diversité génétique de ces gènes-là à travers le projet \u201cArborea \u201d, qui a été mis sur pied autour de 2003 et qui s\u2019est poursuivi jusqu\u2019à tout récemment.» 11 mesure le chemin parcouru: «Cela a donné en 2013 la séquence du premier génome de conifère au monde; on a publié cette année les résultats sur deux génomes de l\u2019épinette blanche qui vit au Québec et au Canada; il en est allé de même avec nos collègues de la Norvège pour l\u2019épinette suédoise.» 11 reste bien du boulot à abattre dans ce domaine: «C\u2019est le début d\u2019une nouvelle ère, parce que, présentement, on est en train de recenser tous les polymorphismes dans l\u2019épinette et de se livrer à des applications très intéressantes pour la foresterie; on procède un peu comme en médecine en développant ce qu\u2019on appelle des outils de prédiction par la génomique, dans le but de prévenir notamment les effets des changements climatiques rapides sur la forêt.» Jean Bousquet est intarissable sur les projets qui sont en cours et sur leurs applications pratiques.mais encore faut-il saluer ses initiatives dans les organismes de recherche qu\u2019il a contribué à mettre en place : «J\u2019ai consacré beaucoup de temps à la mise sur pied d\u2019infrastructures de recherche et d\u2019accueil.Ce fut comme une double vie, pour laquelle je n\u2019ai pas été seul et durant laquelle fai tout le temps embarqué des collègues avec moi.Le plus souvent, quand quelque chose était bien parti et bien installé, je partais développer autre chose.» Engagement social Au terme de l\u2019entretien, il insiste pour livrer ce discours sur le monde scientifique, lui qui fut un étudiant de Michel Jurdant il y a 30 ans : «Il m\u2019a m SOURCE JEAN BOUSQUET Professeur cherchexu au Département des sciences du bois et de la forêt de TUniversité Laval, Jean Bousquet est très enthousiaste devant les dernières découvertes réalisées sim le génome d\u2019un conifère.montré le chemin de l\u2019engagement social des chercheurs dans leur milieu.Aujourd\u2019hui, la science n\u2019est pas muselée complètement, mais, avec le populisme qui gouverne à plusieurs endroits, présentement ici et ailleurs, l\u2019opinion objective scientifique est souvent mise de côté au profit de la mise en valeur d\u2019idées très subjectives qui ne sont pas du tout scientifiques; il en va de même pour les changements climatiques, au sujet desquels certains cher- cheurs fédéraux sont réduits au silence, ou pour le démantèlement de certaines infrastructures scientifiques.» 11 lance cette invitation: «Compte tenu du manque de considération scientifique dans les décisions politiques à tous les niveaux, je crois que les scientifiques doivent encore plus s\u2019affirmer dans les lieux publics et dans les médias.» Collaborateur Le Devoir BRAVO À NOS LAURÉATES! ¦¦¦ 'L ' ¦ N \u2022 '\u201cK ¦\tÏL J .tf .f ¦¦¦-.¦ \u2022 \u2022 ¦ \u2022\t.J.- /r*, Làk '\tr-, 1, t m LOUISE NADEAU Professeure (psychologie) Prix Acfas Pierre-Dansereau Engagement sociai du chercheur Nos étudiantes-chercheuses JOËLLE DUVAL psychopédagogie Prix Acfas Desjardins - Doctorat VÉRONIQUE DANSERAU relations industrielles Prix Acfas IRSST - Maîtrise CAROLE ANGLADE sciences biomédicales Prix Acfas Concours de vulgarisation de la recherche Nous sommes très fiers de nos chercheurs et chercheuses, qui préparent l\u2019avenir.Tout ce que nous faisons à l\u2019Université de Montréal, nous le faisons en pensant à demain.Et nous le faisons pour toute la société.m campus ÜLCMontréal A I Polytechnique Montréal M O n C1601 Université de Montréal Université de Montréal rH.Des talents.Une planète.Université ITn de Montréal H 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2013 ACFAS PRIX JACQUES-ROUSSEAU Ce professeur qui fouille dans le cerveau « Un simple toucher peut déclencher une douleur » Le D'^Yves De Koninck est professeur de psychiatrie et de neurosciences à TUniversité Laval et chercheur à l\u2019Institut universitaire en santé mentale du Québec.Ce chercheur de haut rang vient de recevoir le prix Jacques-Rousseau pour avoir établi des ponts entre les disciplines des sciences physiques, computationnelles et médicales.En fait, il poursuit encore et toujours ce travail.On aura compris que ce noble objectif a pour but ultime de repousser les frontières des sciences de la vie.C\u2019est-à-dire ?THIERRY HAROUN La documentation afférente au dossier d\u2019Yves De Koninck rappelle qu\u2019il «a déployé de grands efforts pour développer des collaborations interdisciplinaires entre les physiciens spécialistes de l\u2019optique photonique, les chimistes spécialistes des sciences des matériaux, les théoriciens spécialistes de l\u2019analyse des signaux et de modélisations et les scientifiques des neurosciences».Il est aussi indiqué que les problèmes reliés au cerveau et à la santé mentale sont les maladies du XXI® siècle, en raison de leur incidence croissante, de leur complexité et des coûts socio-économiques qu\u2019elles entraînent.Ainsi, leur traitement et leur soulagement passent par la compréhension du fonctionnement des cellules du cerveau, qui sont fragiles et sont d\u2019une très grande complexité.«Le futur des neurosciences réside dans le développement de notre capacité à mesurer, dans leur contexte fonctionnel, les événe- ments cellulaires et moléculaires permettant de comprendre comment chaque composante du cerveau traite et transfère l\u2019information neurochimique qu\u2019elle reçoit», lit-on plus loin.Décodage Tel est le monde dans lequel Yves De Koninck nage depuis des décennies.En entrevue, il prend le temps de vulgariser les choses.«Le cerveau est constitué de circuits de cellules nerveuses qui sont interconnectées entre elles.Et notre objectif comme chercheur \u2014 et moi qui travaille beaucoup sur la physiologie sensorielle \u2014 est d\u2019essayer de comprendre comment l\u2019information qui provient de notre corps est interprétée au niveau de la moelle épinière et du cerveau pour ensuite être traduite sous forme de signal.» En d\u2019autres mots, poursuit notre professeur, «que se passe-t-il lorsqu\u2019on vous touche la main ou le pied?Qu\u2019est-ce qui se passe, au niveau du système nerveux central, qui fait que le signal est interprété comme un SOURCE YVES DE KONINCK En tant que chercheur, l\u2019objectif d\u2019Yves de Koninck est d\u2019essayer de comprendre comment l\u2019information qui provient de notre corps est interprétée au niveau de la moelle épinière et du cerveau, pour ensuite être traduite sous forme de signal.signal normal ou douloureux ?Et ce qui m\u2019intéresse sur le plan biomédical, c\u2019est de savoir ce qui ne va pas.Qu\u2019est-ce qui va de travers, dans des conditions de douleurs chroniques, quand les gens perçoivent une douleur exagérée, une douleur aber- rante ?Vous savez, un simple toucher peut déclencher une douleur.Et cela a à voir avec le traitement de l\u2019information qui est captée par les nerfs, transférée à la moelle épinière, où il y a un traitement de l\u2019information \u2014 si on peut parler ainsi \u2014 d\u2019où un signal est ensuite envoyé au cerveau.» Concrètement, pour parvenir à comprendre un tant soit peu la complexité du monde infini du cerveau où s\u2019interconnectent des milliards de cellules, «on a besoin d\u2019outils et notamment de ce qu\u2019on appelle les neurosciences computationnelles.On utilise des outils issus des domaines de la physique et des mathématiques pour essayer de comprendre comment une cellule nerveuse intègre l\u2019information, la traite, l\u2019encode puis la transmet aux cellules suivantes.En pratique, ajoute M.De Koninck, les neurosciences computationnelles ont pour objectif de faire de la modélisation à l\u2019aide d\u2019ordinateurs en vue de modéliser le fonctionnement de la cellule nerveuse.» «Un million de milliards de connexions ! » Percer le mystère du cerveau est l\u2019un des grands enjeux de notre siècle, rappelle le professeur.«C\u2019est un mystère fantastique de comprendre son fonctionnement.Il est d\u2019une complexité absolument extraordinaire!» Le cerveau, faut-il le rappeler, estconstitué de 100 milliards de neurones qui font des milliers de connexions.«Jusqu\u2019à 10000 connexions entre elles.Ça fait un million de milliards de connexions!», insiste le professeur, qui a fait un calcul rapide.«Il s\u2019agit donc de comprendre ce qui se passe quand ça déraille, quand la maladie apparaît.C\u2019est le cerveau qui contrôle tout notre corps.» Il s\u2019agit, dit-il, de penser à l\u2019épilepsie, aux douleurs chroniques, à la maladie de Parkinson, à l\u2019Alzheimer, aux dépressions et à la schizophrénie, entre autres.«Toutes ces maladies prises ensemble sont un fardeau social plus grand que toutes les maladies cardiovasculaires et les cancers réunis.Mais ce n\u2019est pas surprenant quand on sait que le cerveau est notre centre de contrôle.» Par ailleurs, souligne le professeur De Koninck, on a longtemps cru que le cerveau ne se régénérait pas.«Mais c\u2019est faux.Nous avons dans notre cerveau des cellules souches qui sont produites constamment.Il y a donc une régénérescence, et ce, tout au long de notre vie.C\u2019est une découverte encourageante, qui a été faite au cours des 10 à 15 dernières années.Et, en ce sens, il y a un champ de recherche prometteur, car, au lieu d\u2019aller chercher des cellules souches chez les embryons, on peut essayer d\u2019utiliser nos propres cellules souches pour essayer de stimuler la réparation de notre cerveau.» Collaborateur Le Devoir PRIX ACFAS Textes et images sont mis à Thonneur Année après année, outre les prix qui soulignent le travail de recherche que poursuivent les universitaires et scientifiques québécois, l\u2019Acfas souligne les réalisations et les travaux de recherche menés par des étudiants, et ce, indépendamment des prix Desjardins et Ressources naturelles.Concours de vulgarisa- 'UWS aux lauréats de l'Université du Québec Les établissements de l'Université du Québec sont fiers de souligner la contribution scientifique de leurs chercheurs et de leurs étudiants.PRIX ACFAS 2013 Marc Lucotte (Prix Adrien-Pouliot) Professeur au Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère Université du Québec à Montréal Lori Saint-Martin (Prix André-Laurendeau) Professeure au Département d'études littéraires Université du Québec à Montréal Valérie Albert (Prix Acfas IRSST) Étudiante au doctorat interdisciplinaire en santé et société, avec spécialisations en ergonomie et en évaluation de programme Université du Québec à Montréal Richard Arsenault (Prix ressources naturelles) Étudiant au doctorat en génie de la construction, avec spécialisation en hydrologie École de technologie supérieure LA PREUVE PAR L'IMAGE R' prix « Module science Radio-Canada 2013 » Cyrena Riley Étudiante au doctorat en biologie Richard Cloutier Professeur de biologie Université du Québec à Rimouski PRIX DE THÈSE EN COTUTELLE QUÉBEC-FRANCE Adeline Caute Docteure en études littéraires Paris IV Sorbonne et Université du Québec à Montréal Université du Québec à Montréal Université du Québec à Trois-Rivières Université du Québec à Chicoutimi Université du Québec à Rimouski Université du Québec en Qutaouais \"I Université du Québec www.uquebec.ca \u2022\tUniversité du Québec en Abitibi-Témiscamingue \u2022\tInstitut national de la recherche scientifique \u2022\tÉcole nationale d'administration publique \u2022\tÉcole de technologie supérieure \u2022\tTélé-université tion de la recherche de l\u2019Acfas Ce concours est mené en partenariat avec le Secrétariat à la politique linguistique du Québec, et les cinq lauréats et lauréates ont été présentés lors de la Journée de la relève, tenue le jeudi 26 septembre dernier.Carole Anglade Hôpital général juif Le droit à la parole Thomas Burelli Université d\u2019Ottawa Les chercheurs : incorrigibles flibustiers de la connaissance Christian-Alexandre Castellano Université de Sherbrooke La maladie d\u2019Alzheimer : le cerveau est-il en panne d\u2019énergie?Roxane Lavoie Université Laval L\u2019eau souterraine, un enjeu qui fait surface Samuel Rochette Université Laval Vers une vision dynamique de la « mécanique » cellulaire La preuve par l\u2019image Le concours est exclusivement consacré aux images issues de recherches scientifiques réalisées dans tous les domaines de la connaissance.1®*^ prix: Module science Radio-Canada 2013 Cyrena Riley et Richard Cloutier Université du Québec à Rimouski Des étoiles dans les yeux 2® prix : Acfas 2013 et prix du public Eurêka! 2013 Maxime Chamberland Université de Sherbrooke Attaque tumorale au câblage cérébral 3® prix : Acfas 2013 Jean-Michel Attendu et Jeremy Pinto Ecole polytechnique de Montréal Le chant de la cymbale Prix de thèse en cotutelle Québec-France Ce prix est attribué par le Consulat général de France à Québec et le ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur Lauréat québécois: Guillaume Rousseau Université de Sherbrooke et Université Panthéon-Sorbonne (P^is 1) L\u2019Etat unitaire et la décentralisation en Erance et au Québec : identité nationale et identités régionales Lauréate française: Adeline Caute Paris IV Sorbonne et UQAM Le sacrifice de la mère.Etude du matricide dans six romans de femmes, 1945-1968 .\u2022 Le Torrent d\u2019Anne Hébert (1945/1950), Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras (1950), La Belle Bête de Marie-Claire Blais (1959), The Bell Jar de Sylvia Plath (1963), Les Belles Images de Simone de Beauvoir (1966) et Expensive People de Joyce Carol Oates (1968) Prix de l\u2019ADÉSAQ Ce prix est remis par l\u2019Asso- ciation des doyens des études supérieures au Québec, en association avec les fonds québécois de la recherche.Secteur des sciences humaines et socMes, arts et lettres Marie-Ève Chagnon Université Concordia Nationalisme et internationalisme dans les sciences au XY siècle : l\u2019exemple des humanistes et des scientifiques français et allemand dans la communauté académicienne internationale (1890-1933) Secteur des sciences naturelles et génie Shulabh Gupta Ecole polytechnique Dispersion Engineered Real-Time Analog Signal Processing Components and Systems Secteur des sciences de la santé Guillaume Desnoyers Université de Sherbrooke Découverte de nouveaux mécanismes d\u2019action des petits ARN régulateurs bactériens Le Devoir Voir le succès comme une source d\u2019inspiration L\u2019Université de Sherbrooke est fière de compter dans sa communauté des personnes passionnées dont la détermination les amène à se surpasser et à remporter des honneurs grandement mérités.Leur contribution à l\u2019avancement du savoir et au développement de notre société sont une véritable source d\u2019inspiration pour les générations à venir.USherbrooke.ca UNIVERSITE DE SHERBROOKE Voir au futur 69'^ GALADEI\u2019ACFAS Maxime Chamberland, doctorant à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et diplômé de la maîtrise en informatique à la Faculté des sciences, a remporté le T prix du concours La preuve par l'image ainsi que le Prix du public Eurêka! JOURNÉE DE LA RELÈVE EN RECHERCHE Christian-Alexandre Castellano, stagiaire postdoctoral à la Faculté de médecine et des sciences de la santé, est lauréat du Concours de vulgarisation de la recherche.Guillaume Desnoyers, doctorant à la Faculté de médecine et des sciences de la santé, est lauréat du prix de l\u2019Association des doyens des études supérieures du Québec pour la meilleure thèse dans le secteur des sciences de la santé.Guillaume Rousseau, professeur à la Faculté de droit, a reçu le Prix de thèse en cotutelle Québec-France du ministère des Relations internationales du Québec et du Consulat général de France à Québec. LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2013 H 7 ACFAS ii'nnTTTTnn m i SOURCE SAMUEL ROCHETTE Samuel Rochette Joëlle Duval SOURCE JOËLLE DUVAL\tSOURCE RICHARD ARSENAULT\tSOURCE VERONIQUE DANSEREAU Richard Arsenault\tVéronique Dansereau PRIX ACFAS ETUDIANTS Les jeunes chercheurs sont aussi primés Les réalisations de cinq étudiants reçoivent une reconnaissance Depuis 1944, l\u2019Association francophone pour le savoir (ACFAS) décerne annuellement des prix pour récompenser la contribution exceptionnelle de scientifiques à la recherche, et ce, dans tous les domaines du savoir.Cette année, 14 lauréats sont primés, dont cinq chercheurs étudiants.EMILIE CORRIVEAU Le prix Desjardins-maîtrise est destiné à un étudiant ayant entamé sa maîtrise à l\u2019automne 2009 ou après, cette bourse d\u2019études soulignant l\u2019excellence du parcours universitaire du lauréat et l\u2019encourageant à poursuivre sa carrière en recherche.Cette année, c\u2019est Samuel Rochette, étudiant-chercheur à la maîtrise en biologie à l\u2019Université Laval, qui mérite cet honneur.S\u2019intéressant au réseau cellulaire et plus particulièrement à sa flexibilité, les travaux qu\u2019effectue M.Rochette visent à déterminer de quelle façon, à la suite de divers stress physiologiques, celui-ci se remodèle.Si elles s\u2019avèrent concluantes, ses recherches pourraient aider à mieux comprendre le fonctionnement cellulaire.«Tous les réseaux qui ont été décrits jusqu\u2019à ce jour ont été caractérisés comme s\u2019ils étaient statiques, donc dans une seule condition environnementale et génétique, précise M.Rochette.Ce qui est intéressant avec les travaux que j\u2019effectue au laboratoire du Christian Landry, à l\u2019Université Laval, c\u2019est qu\u2019ils ont le potentiel d\u2019apporter une compréhension plus dynamique des réseaux cellulaires.» Prix Desjardins-doctorat Après 17 années passées à enseigner le français au secondaire, Joëlle Duval est retournée sur les bancs d\u2019école, soit ceux de l\u2019Université de Montréal.Chercheure en sciences de l\u2019éducation, option psychopédagogie, elle remporte cette année le prix ACFAS Desjardins-doctorat pour l\u2019excellence de son parcours universitaire.Portant sur le décrochage scolaire, les travaux de Duval visent à déterminer comment, lors du passage de l\u2019élève du primaire au secondaire, les interventions de collaboration école-famille pourraient être plus efficaces.S\u2019intéressant particulièrement au point de vue des élèves, la chercheure espère démontrer qu\u2019une plus grande prise en compte des besoins exprimés par ceux-ci permettrait d\u2019améliorer le processus d\u2019intervention.«Dans la littérature scientifique, on donne rarement la parole aux enfants; de là découle l\u2019originalité de mon projet.Lors de celui-ci, je parlerai aux parents, aux enfants et aux enseignants.Je demanderai aux adultes ce qu\u2019ils font pour aider les élèves en difficulté d\u2019apprentissage à faire une transition scolaire primaire-secondaire réussie, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un important facteur de risque de décrochage scolaire.En ce qui concerne les enfants, je leur demanderai de me faire part de leurs besoins.Je vais comparer et analyser le tout afin de déterminer si les besoins des en- fants sont véritablement comblés par les interventions des adultes», vulgarise Duval.Prix Ressources naturelles Attribuée à un étudiant au doctorat dans le domaine des ressources naturelles, la bourse Ressources naturelles a pour objectif de souligner les résultats des études de deuxième cycle et la qualité du projet doctoral du méritant.Menant ses recherches à l\u2019Ecole de technologie supérieure en génie de la construction, avec une spécialisation en hydrologie, Richard Arsenault remporte l\u2019édition 2013 de ce convoité prix de l\u2019ACFAS.Utilisant le Modèle régional canadien du climat (MRCC), un simulateur de climat à haute résolution qui est capable de recréer avec précision les conditions climatiques, pour ajuster les paramètres d\u2019un autre outil numérique, le modèle hydrologique, grâce à ses travaux, M.Arseneault souhaite pouvoir prédire avec précision le comportement de bassins versants québécois, chose encore impossible.«Une mauvaise gestion de l\u2019eau peut causer d\u2019énormes dégâts, comme des inondations.En revanche, une bonne gestion peut être très profitable.Mais, pour bien gérer l\u2019eau, il faut savoir comment la contrôler, ce qui n\u2019est pas le cas actuellement, car on manque de données mesurées, surtout parce que l\u2019équipement pour obtenir ces données coûte très cher.En utilisant le MRCC, mon objectif, c\u2019est de trouver une façon de continuer à faire de la recherche en hydrologie sans mesure, donc d\u2019être capable de faire de la quantification et de la qualification de l\u2019état des rivières sans station de mesure», résume M.Arsenault.L\u2019impact des travaux du chercheur pourrait être très important.Ceux-ci permettraient notamment de mieux gérer l\u2019hydroélectricité et de mieux prévenir les inondations.Prix Institut de recherche Robert-Sauvé en santé mentale (IRSST)-maîtrise Etudiante en relations industrielles, option santé et sécurité du travail, à l\u2019Université de Montréal (UdeM), Véronique Dansereau reçoit la première bourse IRSST-maîtrise, laquelle souligne l\u2019excellence du dossier de la candidate pendant ses études universitaires passées et actuelles et l\u2019encourage à poursuivre sa carrière en recherche dans le domaine de la santé et sécurité du travail.Première chercheure à avoir la chance de travailler qvec la base de données de l\u2019Equipe de recherche sur le travail et la santé mentale (ERSTM) de l\u2019UdeM, dont elle fait d\u2019ailleurs partie, M\u201c® Dansereau s\u2019intéresse à la comorbidité, c\u2019est-à- dire la cooccurrence de deux troubles chez un même individu.Ses travaux visent l\u2019exploration et la validation d\u2019un modèle multidimensionnel de la santé mentale au travail.«La littérature est très pauvre sur le sujet.Souvent, on s\u2019attarde à la consommation d\u2019alcool seulement ou encore à l\u2019épuisement professionnel, mais toujours en vase clos.Moi, je voulais déterminer s\u2019il y avait bel et bien cooccurrence chez nos travailleurs québécois.Je me suis attardée à l\u2019épuisement professionnel ainsi qu\u2019à la consommation d\u2019alcool et de médicaments psychotropes.A cela, fai tenté de rattacher divers facteurs relatijs au travail, comme les récompenses, le soutien social et les demandes psychologiques, des facteurs hors travail, comme le revenu du ménage et les obligations parentales, ainsi que des facteurs individuels, comme le genre et l\u2019âge», explique M\u201c® Dansereau.Les travaux de la chercheure ont établi qu\u2019il existe bien une concomitance de l\u2019épuisement professionnel et de la consommation de substances chez les travailleurs québécois.Ils ont également démontré que le surinvestissement, les fortes demandes psychologiques en milieu de travail, l\u2019absence de récompenses et l\u2019inexpérience avaient tendance à rendre les travailleurs plus vulnérables à l\u2019épuisement.« Ce qui est intéressant, c\u2019est que ça nous permet de mieux comprendre sur quels facteurs il faut intervenir lorsqu\u2019on est en présence d\u2019un individu qui souffre d\u2019épuisement, note M\u201c® Dansereau.Si on est en présence de comorbidité, on ne traitera pas l\u2019individu de la même façon.» Prix IRSST-doctorat Ayant suivi un parcours universitaire exemplaire, Valérie Albert, étudiante à l\u2019Université du Québec à Montréal au programme du doctorat interdisciplinaire en santé et société avec spécialisations en ergonomie et en recherche évaluative, mérite la première bourse IRSST-doctorat.S\u2019intéressant à la prévention des troubles musculosquelet-tiques (TMS), par le biais de ses recherches, l\u2019étudiante tente de mieux comprendre les relations complexes entre le déroulement des interventions ergonomiques participatives, le contexte dans lequel elles sont réalisées et les effets de celles-ci en milieu de travail.«Dans le cadre de mon projet, je vais suivre des interventions ergonomiques dans le temps pour voir quelles actions posent les intervenants en fonction des contextes de travail particuliers des entreprises.Ensuite, je vais m\u2019intéresser aux effets de ces actions-là pour tenter d\u2019identifier les stratégies d\u2019intervention performantes, en fonction des différents contextes», précise M\u201c® Albert.Comptant sept années de pratique comme ergothérapeute clinicienne en réadaptation auprès d\u2019adultes atteints de TMS avant d\u2019entamer son doctorat, M\u201c® Albert a su mettre à profit son expérience de travail.«Sans la pratique clinique que j\u2019ai faite sur le terrain, je n\u2019aurais probablement pas aussi bien compris la réalité des entreprises et des personnes aux prises avec des TMS, relève M\u201c® Albert.D\u2019avoir été confrontée à des situations problématiques dont les solutions ne se trouvaient pas dans les livres, ç\u2019a été le moteur qui m\u2019a poussée à retourner aux études et à entreprendre des recherches pour améliorer nos interventions.» Collaboratrice Le Devoir Valérie Albert SOURCE VALERIE ALBERT Félicitations aux récipiendaires 2013 des prix de l\u2019Acfas PRIXADRIEN-POULIOT Coopération scientifique avec la France -ÏCÏX! Marc Lucotte Professeur Département des sciences de la Terre et de l\u2019atmosphère PRIX ANDRE-LAURENDEAU Sciences humaines Lori Saint-Martin Professeure ^ Département d\u2019études littéraires L\u2019UQAM salue également deux étudiantes chercheuses lauréates d\u2019un prix de l\u2019Acfas PrixIRSST Valérie Albert Doctorat interdisciplinaire en santé et société Adeline Caute Prix de thèse en cotutellë]___________ Québec-France\tDoctorat en études littéraires L\u2019effet UQÀM H 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2013 ACFAS PRIX ADRIEN-POULIOT Ce scientifique profondément attristé « Les questions écologiques sont devenues tellement larges et tellement interreliées» Professeur au Département des sciences de la terre et de l\u2019atmosphère ainsi qu\u2019à l\u2019Institut des sciences de l\u2019environnement (ISE) de l\u2019UQAM, Marc Lucotte est le lauréat du prix Adrien-Pouliot cette année.Interpellé au départ par la France pour son expertise sur l\u2019interdisciplinarité et les sciences de l\u2019environnement, M.Lucotte a aidé entre autres à la mise sur pied de l\u2019Institut écologie et environnement.Ce professeur, passionné par la science en général et par les sciences de l\u2019environnement en particulier, pose un regard lucide sur les enjeux écologiques auxquels l\u2019humanité est confrontée.JACINTHE LEBLANC Le prix Adrien-Pouliot de l\u2019Acfas souligne la coopération scientifique d\u2019un chercheur québécois avec la France, qui a des retombées autant ici que là-bas.Marc Lucotte s\u2019intéresse principalement aux milieux aquatiques et terrestres, ainsi qu\u2019à la santé écologique.Il étudie, entre autres, «la relation qui existe entre la dégradation de l\u2019environnement et la santé des êtres humains qui vivent dans cet environnement-là».Cet intérêt l\u2019a amené à se préoccuper particulièrement des populations vulnérables.Ces temps-ci, le chercheur s\u2019intéresse aux pesticides de nouvelle génération, comme l\u2019herbicide Roundup, de Monsanto, qui sont utilisés abondamment dans toutes les culturelles industrielles.Un scientifique engagé à sa façon Géochimiste de formation, le professeur Lucotte est réaliste quant aux enjeux écologiques qui touchent la planète.Il donne en exemple le dépassement du seuil des 400 particules par million de CO2 au printemps dernier, qui est venu confirmer le déséquilibre du système planétaire.«Même si on arrêtait immédiatement toute activité industrielle, note-t-il, le système est enclenché.Ça prendrait des dizaines voire des centaines d\u2019années avant que le système ne retourne à l\u2019équilibre.» Face à l\u2019état de dégradation de la planète, dont le rythme s\u2019accélère, Marc Lucotte se considère «comme un scientifique profondément attristé».Il s\u2019explique: «Je me considère profondément frustré de voir que, malgré ces milliers, ces dizaines de milliers de scientifiques de très haut niveau qu\u2019il y a partout dans le monde, malgré l\u2019incroyable précision de la science d\u2019aujourd\u2019hui, on assiste à une accélération de la dégradation de tous les écosystèmes.On assiste à une dégradation de la qualité de vie des êtres humains sur la planète.On assiste même à une dégradation de la longévité en santé!» Et il ne peut que réagir devant ces constats.Il souhaite que les recherches faites par les scientifiques, y compris les siennes, «puissent avoir un impact tangible, contribuer à limiter les dégâts et éventuellement permettre de restaurer les systèmes».Mais, à la longue, selon le professeur, il va falloir accepter de changer.« Se rendre compte qu\u2019il est plus qu\u2019urgent que nous changions de mode de vie, mais radicalement, et [remettre] en question nos valeurs ailleurs que dans la consommation » devient nécessaire, analyse-t-il.On ne peut continuer à agir «comme si tout nous était dû, que les ressources non renouvelables nous étaient dues et qu\u2019on pourrait modifier le climat si on le voulait».L\u2019interdisciplinarité Marc Lucotte mise beaucoup sur l\u2019interdisciplinarité pour affronter ces crises écologiques.Pour lui, «la véritable interdisciplinarité, et c\u2019est un point important à rappeler, c\u2019est d\u2019avoir l\u2019humilité de dessiner les projets de recherche avec des collègues qui ne font pas partie de sa discipline d\u2019origine ».Un des défis de l\u2019interdisciplinarité réside dans la capacité de «garder sa racine scientifique», c\u2019est-à-dire de ne pas faire un peu de tout de façon superficielle.Il importe de véritablement savoir jouer en équipe, puisqu\u2019on ne devient pas spécialiste d\u2019une autre discipline avec l\u2019interdisciplinarité.«Les questions écologiques sont devenues tellement larges et tellement interreliées, poursuit M.Lucotte, qu\u2019on ne peut pas, si on est un scientifique engagé dans les sciences de l\u2019environnement, continuer à ne travailler qu\u2019en géochimie [par exemple].» Il devient nécessaire de mélanger les différentes sciences et perspectives dans une optique de résolution de problèmes.«Ce n\u2019est pas simplement écrire une problématique.C\u2019est essayer de la résoudre», explique le chercheur.Des échanges avec la France A son arrivée au Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), l\u2019organisme redéfinissait son mandat et for- mait des instituts de recherche.« Un de mes rôles, explique Marc Lucotte, a été de démontrer que les sciences de l\u2019environnement n\u2019étaient pas à la marge des autres sciences.» Grâce à ses efforts et à ceux d\u2019autres collègues, finstitut écologie et environnement est né.Et c\u2019est là un des accomplissements dont il est le plus fier.«Avoir réussi à créer ce dixième institut en sciences de l\u2019environnement qu\u2019ils ont appelé Institut écologie et environnement [.], c\u2019était de reconnaître les sciences de l\u2019environnement comme une science à part entière», mentionne-t-il.Il a ensuite travaiUé à l\u2019Institut national de recherche en sciences et technologies pour l\u2019environnement et l\u2019agriculture, où il a agi à titre de président du conseil scientifique de l\u2019organisme.«Et mon rôle, ç\u2019a été de trouver avec lui [.] des façons de véritablement faire dialoguer les sciences», précise-t-il.«L\u2019approche qu\u2019on a développée, ici à l\u2019UQAM, en interdisciplinarité en science de l\u2019environnement, essayant d\u2019intégrer le maximum d\u2019éléments qui permettent d\u2019envisager des solutions, c\u2019est ce qui a séduit la France, insiste le professeur.Et, dans plusieurs comités, on m\u2019a demandé de servir d\u2019expert ou de donner des conseils.» Ces occasions lui ont par ailleurs permis de rencontrer de nombreux collègues français, avec qui il travaille sur des projets de recherche.Sciences de l\u2019environnement Pour Marc Lucotte, il est formidable de voir la France embarquer autant dans les projets interdisciplinaires que dans les sciences de l\u2019environnement, notaniment avec la création de l\u2019INÉE et l\u2019ouverture du CNRS.Il aimerait bien que cela soit ainsi au Québec, particulièrement au sein de son université.«On n\u2019arrive pas, ne serait-ce qu\u2019à l\u2019UQAM, une université qui a toujours mis de l\u2019avant les sciences de l\u2019environnement, à faire en sorte qu\u2019on les reconnaisse comme une entité.On se fait ballotter entre les sciences», exprime-t-il, avec une légère irritation.Il aimerait bien avoir la même écoute et la même influence au Québec et souhaite que les sciences de l\u2019environnement soient enfin reconnues par les différents milieux pour ce qu\u2019elles sont, soit une nouvelle science en propre.Collaboratrice Le Devoir y \\ NATHALIE SAINT-PIERRE Le professeur Marc Lucotte souhaite que ses recherches, et celles des autres scientifiques, contribuent à limiter les dégâts des changements climatiques.BRAVO, MADAME THÉRÈSE GOUIN DÉCARIE! Thérèse Gouin Décarie est la première femme à avoir obtenu un prix de MAcfas, soit le prix Marcel-Vincent en 1986.Ce prix pour les sciences sociales devient à compter de cette année le prix Thérèse-Gouin-Décarie.C\u2019est la première fois que l\u2019Acfas donne à l\u2019un de ses prix le nom d\u2019une grande chercheuse.Deux fois bravo, madame! Professeure émérite au Département de psychologie de l\u2019Université de Montréal, madame Gouin Décarie est aussi la première femme francophone à siéger au Conseil national de recherches du Canada.Elle est en outre membre à vie de la Société canadienne de psychologie.En 1994, Thérèse Gouin Décarie devient officière de l\u2019Ordre national du Québec.Nous sommes très fiers de ses réalisations et des hommages qui lui sont rendus.Nous sommes également très heureux qu\u2019elle soit toujours parmi nous.campus .L ^ I Polytechnique Montreal CI\tI Université de Montréal Des talents.Une planète.Université fm de Montréal "]
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