Le devoir, 19 octobre 2013, Cahier E
[" Carrie à travers les âges, entre conte et tragédie moderne Page es TJ Lucy Guerin, incarner les éléments dans la chair et le geste Page es OCTOBRE 2013 Lart rouge sort de sa réserve LES SAMEDI 19 ET DIM B i De la scène au musée, les jeunes créateurs autochtones font vibrer Montréal entre revendications et modernité Culture autochtone, culture moderne.Culture arrivée au XXI® après un long voyage à travers le temps.Transformée, mais bien vivante.C\u2019est à cette culture bigarrée et te-nace, unique, que le Musée d\u2019art contemporain de Montréal rend hommage cet automne avec la grande exposition Beat Nation : art, hip-hop et culture autochtone.Dans d\u2019autres coins de la ville, les festivals Phenomena et Mundial résonneront aussi d\u2019échos d\u2019art autochtone contemporain, mêlé de revendications politiques.Regard sur ces artistes qui font l\u2019air du temps.CAROLINE MONTPETIT CA est dans les rues des / grandes villes que Dylan Miner, un Métis de l\u2019Alberta, a d\u2019abord conçu son projet d\u2019art visuel Native Kids Ride Bikes, avec de jeunes autochtones vivant en milieu urbain.Accompagnés par un aîné parlant leur langue autochtone, les jeunes étaient invités à décorer une bicyclette d\u2019ornements rappelant leur culture traditionnelle.Quatre de ces bicyclettes, conçues par des artistes autochtones émergents celles-là, font partie de la vaste exposition Beat Nation, sur l\u2019art hip-hop et la culture autochtone, qui prend l\u2019affiche cette semaine au Musée d\u2019art contemporain de Montréal.Voilà que ces bicyclettes, si présentes en milieu urbain, se couvrent de peaux d\u2019animaux ou de côtes de caribou, pour témoigner de l\u2019apport traditionnel autochtone.Art métissé, art hybride, art nerveux et vivant, le tout est traversé de l\u2019impulsion politique qui a soutenu le mouvement de revendications autochtones Idle No More au cours de la dernière année.Une vidéo de l\u2019artiste mohawk Jackson 2Bears, par exemple, expose «l\u2019histoire problématique» de la nation canadienne, ainsi que les ambiguïtés de la construction de son identité culturelle.Car, toute porteuse de culture hip-hop qu\u2019elle soit, cette exposition se veut «très politique», raconte Tania Willard, cocommissaire de l\u2019exposition, qui l\u2019a d\u2019abord conçue pour la galerie Grunt de Vancouver en 2008.Les 24 artistes participant à l\u2019exposition ont pour leur part des identités assez bigarrées.«Certains ont des racines dans quatre nations autochtones différentes», poursuit Tania Willard.Des trésors d\u2019art contemporain L\u2019artiste albertaine Cheryl L\u2019Hirondelle en témoigne, elle qui est un peu crie, un peu métisse, un peu francophone, un peu allemande et polonaise.\u2022 Il\t'' \u2022 \\i  / hi \u2018v.Le long de l\u2019autoroute Transcanadienne, elle a placé des roches dont l\u2019agencement signifie en langue syllabique: «Regardez cette terre dont personne ne veut » Cette terre, c\u2019est le terrain des réserves où le gouvernement fédéral a forcé les autochtones à s\u2019installer au fil des ans.Plus loin.Sonny Assu s\u2019est inspiré d\u2019un enregistrement de son arrière-grand-père chantant dans un poüatch traditionnel, alors que cette pratique était interdite en sol canadien.Sonny Assu a créé une installation sur le thème de la mémoire.Les œuvres elles-mêmes sont issues d\u2019un va-et-vient constant entre la culture moderne et la culture traditionnelle.«Les perles de verre qu\u2019utilisent les autochtones dans leur artisanat ont été apportées ici par les Européens, ce qui n\u2019empêche pas qu\u2019on présente aujourd\u2019hui leur tissage comme de l\u2019art traditionnel autochtone», explique Tania Willard.Cela donne d\u2019ailleurs des trésors d\u2019art contemporain.Ces planches de rouli-roulant, par exemple, dont on a taillé le bois pour les faire ressembler à des raquettes de babiche.Ou cette vidéo de l\u2019artiste Nicholas Galagin, VOIR PAGE E 2 : ROUGE SEBASTIEN KRIETE Raven: On the Colonial Fleet, 2010 (détail) Skeena Reece.Tenue de performance.MAGASINE, MAGASINE, ACHÈTE, ACHÈTE, CONSOMME, CONSOMME.ET SAUVE EÈCONOMIE! Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël Du 8 octobre au 2 novembre 2013 une création du Théâtre Aujourd\u2019hui Texte Michael Mackenzie Mise en scène Marc Beaupré Interprétation Sophie Desmarais et Luc Picard Théâtre d'Aujourd'hui 514 282-3900 theatredaujourdhui.qc.ca BMO Groupe financier Bell \\ Hydro L Québec LE DEVOIR E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 CULTURE Sous les ailes de Voiseau-tonnerre Odile Tremblay Les autochtones sont la mauvaise conscience du Québec.Plus qu\u2019ail-leurs en Amérique du Nord.A cause du projet souverainiste.Les aspirations des uns se heurtent à cellqs des autres, plus anciennes.A cet « autre », originel pour ainsi dire, on n\u2019a pas fait trop de cadeaux, il est vrai.O.K., au début, quelques colliers de verroterie et des promesses en langue fourchue.Et puis.Et puis.L\u2019autre est encore là, il nous regarde.Ça rend du monde nerveux quand il revendique son bout de taïga.Toute société repose sur ce lien à l\u2019autre, souvent tout croche.Hier autant qu\u2019aujourd\u2019hui.Cet « autre »-là, je suis allée à sa rencontre toute la semaine, comme on remonte les sources d\u2019une longue rivière.Après tout, un émissaire de l\u2019ONU venait de prononcer le mot «crise» en abordant la situation des peuples autochtones au Canada.Et le mouvement Idle No More venait d\u2019avoir un an.Eaut dire qu\u2019au Eestival du nouveau cinéma.Rhymes for Young Ghouls de Jeff Bar-naby, un Micmac du Québec, m\u2019avait impressionnée par sa force de frappe.Disons-le tout net : il s\u2019agit du meilleur long métrage autochtone que j\u2019ai vu, avec une imagerie originale, une mystique.Rien de tel que de jeunes artistes des Premières Nations pour mettre leurs traditions au service de lendemains qui chantent une immense colère transcrite sur sang et en mode surréaliste.Le film, tourné à Kahnawake, se situe au cours des années 70, dans une communauté ravagée par l\u2019alcool, la drogue et la violence.Avec des agents tortionnaires des Affaires indiennes, et les pensionnats en arrière-scène, ça cogne et ça crie vengeance.Quant à la petite héroïne, peintre et sculptrice, elle manie le double langage de l\u2019art et des armes.Red power.Yes Sir! Ces jeunes créateurs autochtones qui montent au créneau, je les ai retrouvés mardi, à la soirée du Wapikoni Mobile, au ENC : en 14 courts métrages diversifiés comme tout, sur fond d\u2019humour, de colère, de poçsie, de mélancolie.A la fin des projections, Réal Junior Leblanc, un Innu d\u2019Uashat (Sept-Iles), a remporté pour la seconde année le Prix du public.La dernière fois, c\u2019était pour Blocus 138 sur la résistance innue.J\u2019avais déjà admiré en 2011 son Tremblement de terre, poésie sur fond d\u2019images oniriques.Car il est aussi poète, ce gars-là.Son dernier film.L\u2019enfance déracinée, parle aussi des pensionnats pour Indiens, avec leurs abus et leurs fantômes, alors que le vieux bâtiment hanté brûle dans une cérémonie d\u2019exorcisme collectif, au fil des images d\u2019archives.Montant sur scène, Réal Jr.a dit: «On a assez pleuré.Il est temps d\u2019enterrer la douleur.» Il prépare un premier long métrage.On l\u2019attend.Rien de tel que de jeunes ar- £ h SOURCE FNC Les acteurs de Rhymes for Young Ghouls de Jeff Barnaby, un film qui se situe au cours des années 70, dans une communauté ravagée par l\u2019alcool, la drogue et la violence.listes des Premières Nations pour mettre leurs traditions au service de lendemains qui chantent.On les entend déjà en chanson, en hip-hop, de Samian à Elisapie Isaac.Ces barrières musicales avaient été défoncées par le groupe Kashtin.Ils débarquent au cinéma.D\u2019autres formes artistiques se développent.Déambulant mercredi à travers l\u2019exposition Beat Nation : art, hip-hop et culture autochtone au Musée d\u2019art contempo- rain de Montréal, je parlais avec André Dudemaine qui dirige Terres en vues.\u2014 Ouais, faudrait marier nos mythologies, disait-il.L\u2019expo nous vient de la Vancouver Art Gallery.Ça ne tient pas du hasard.L\u2019art des Premières Nations est mis en valeur en Colombie-Britannique.Eaut dire qu\u2019on doit aux Haï-das de là-bas les fameux totems, les embarcations sculptées, les masques aux têtes et aux becs colorés, puissants, magiques, connus de tous.Une tradition en arts visuels si féconde qu\u2019elle a inspiré les jeunes artistes, qui s\u2019en sont emparés, y ajoutant des tags, les faisant rebondir sur leurs planches à roulettes.Les artistes de l\u2019expo sont issus d\u2019un peu partout en Amérique du Nord, plusieurs de l\u2019Ouest.Peu de Québécois.Chez nous, les créateurs autochtones en arts visuels demeurent dispersés, mal connus.Ça pourrait changer.Qu\u2019ils viennent d\u2019ici ou de là, nous voici ravis de voir une relève rouge relever la tête, jouer avec les symboles ancestraux, l\u2019artisanat et les clichés collés aux wigwams, pour mieux les détourner sur des selles de bicycle, des câbles d\u2019ordinateur, des disques de vinyle peints.Et par ici les vidéos satyriques, le hip-hop à la sauce amérindienne ! Politique, cette expo.Voyez L\u2019oiseau-tonnerre en néon de Duane Linklater, un Cri de l\u2019Ontario.De tous ses feux rouges, il nargue Stephen Harper.Le premier ministre canadien avait retiré de Rideau Hall le magnifique Oiseau-tonnerre du grand artiste ojibway Norval Morrisseau, dûment remplacé par un portrait de la reine d\u2019Angleterre.Elle lui renvoie la balle.Un masque de Marion Brando, sculpté par Carey Bulpitt, intégré à la performance de l\u2019artiste Skeena Reece, vient appuyer le refus de la star américaine de recevoir un Oscar en 1973.L\u2019acteur protestait alors contre l\u2019image négative des autochtones au cinéma d\u2019Hollywood.Plus loin, le merveilleux per-formeur travesti d\u2019origine crie Kent Monkman, dans sa vidéo Dance to Miss Chief fait vivre à son satirique personnage une romance absurde avec Winitou, l\u2019Amérindien allemand grimé des westerns germaniques des années 60.«Nous ne pouvons nous soustraire à l\u2019Histoire, mais on peut remettre en question la subjectivité de ceux qui l\u2019écrivent», affirme Monkman.Avant d\u2019être journaliste, j\u2019avais travaillé pour un organisme autochtone : le Conseil attikamek-montagnais, dissous depuis.En me promenant à travers les réserves, je ne voyais pas trop alors par quel bout ces communautés-là allaient agripper leur avenir.Ça se passait avant l\u2019été rouge de 1990, qui a fait suer bien des Blancs, mais offert une fierté aux Amérindiens du Québec, et pas seulement aux Mohawks.Après s\u2019être sentis impuissants, faire trembler le gouvernement vous requinque la plume.Mêmes sursauts identitaires après les éclats du mouvement Idle No More, lancé par des femmes.Ça crée une énergie, une onde qui circule de La Romaine à Kanesatake.Oui, il y a de la criminalité, surtout chez les Mohawks, et des problèmes d\u2019alcool, de drogue et de violence dans toutes les communautés.C\u2019est pour ça que le délégué de rONU emploie le mot crise.Pour croire en eux, les peuples ont besoin de se sentir un peu gagnants, pas juste des colonisés piétinés par l\u2019envahisseur.Les Québécois francophones en savent quelque chose.Imaginez les autochtones ! Pour eux aussi, l\u2019art peut être une arme de dénonciation massive.Un oiseau-tonnerre, ça vole et ça griffe.Ça brille en néon.Ça part du passé pour remporter l\u2019avenir.otremhlay@ledevoir.corn DU 18 - 27 OCTOBRE 2013 12® 'éstival interculturel du conte du Québec Veillée amérindienne et tsigane Contes, chants au tambour et musique Robert Seven-Crows (micmac) Armelle et Peppo Audigane (tsiganes) SAMEDI 19 OCTOBRE, 19h30 - LA MAISON AMÉRINDIENNE, MONT-SAINT-HILAIRE 0 0$) Contes et légendes d\u2019un barde pas barbant Patrik Ewen (Bretagne) DIMANCHE 20 OCTOBRE, 19h30 - GAINZBAR, MONTRÉAL (10$) Patrik Ewen Renee Robitaille Contes coquins Gaillardises et mots fleuris Renée Robitaille, maîtresse de cérémonie Ahmed Hafiz (tunisie-belgique) Halima Hamdane (maroc-france) Gisèle Ndong Biyogo (gabon-québec) Etienne Loranger au piano SAMEDI 19 OCTOBRE, 20 H - AUDITORIUM LE PRÉVOST, MONTRÉAL (ENTRÉE LIBRE) ^ U fPêif: Nouveautés 2013 des éditions Planète rebelle -F lancement du triple CD NUITS DU CONTE À MONTRÉAL en présence des éditeurs et des conteurs Michel Faubert, Jocelyn Bérubé, Suzanne De Serres, Hélène Matte LUNDI 21 OCTOBRE, À 17 H - RESTO ROBIN DES BOIS, MONTRÉAL (ENTRÉE LIBRE) Les plus belles histoires d'amour Stéphanie Bénéteau, maîtresse de cérémonie Patrik Ewen (Bretagne) Halima Hamdane (maroc) Ahmed Hafiz (Tunisie) mardi 22 OCTOBRE, 20 H - MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC, MONTRÉAL (LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES) Dires d'amoi W Stéphanie Bénéteau Série Créations Un conteur, un nouveau spectacle par soir Sylvi Belleau, Mathieu Lippé, Stéphanie Bénéteau, Nadine Walsh, François Lavallée DU LUNDI 21 AU VENDREDI 25 OCTOBRE À 1 8 H (SAUF LE 21 : 20 h) - THÉÂTRE DE L'ESQUISSE, MONTRÉAL (10$) Laissez-moi parler ! Halima Hamdane (maroc) JEUDI 24 octobre, 20 h - maison DE LA CULTURE ROSEMONT-LA PETITE-PATRIE, MONTRÉAL (LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES) Le Chant des os Contes, récits et musique Renée Robitaille et Étienne Loranger (québec) MERCREDI 23 OCTOBRE, 20 H MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU-MONT-ROYAL, MONTRÉAL (laissez-passer disponibles) Jean-Marc Delirium Jean-Marc Massie MERCREDI 23 OCTOBRE, 20 H AUDITORIUM LE PRÉVOST, MONTRÉAL (entrée libre) Halima Hamdane La Mensongère\tMichel Michel Faubert et Daniel Roy\tFaubert vendredi 25 OCTOBRE, 20 H - MAISON DE LA CULTURE MERCIER, MONTRÉAL (LAISSEZ-PASSER DISPONIBLES) Plus de 75 conteurs d'ici et d'ailleurs 95 spectacles solos et collectifs \u2022 une quinzaine de villes Le Marathon du conte 40 conteurs, 10 heures de contes, un thème P« hem:\t^ OeTSlTURE FRONTENAC, MONTRÉAL (ENTRÉE ÜBRE) www.festival-conte.qc.ca Québec El El El El 1^1 Patrimoine Canadian canadien Heritage Montréall Le Devoir \u2022\tConseil des arts et des lettres \u2022\tMinistère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire \u2022\tMinistère de la Culture et des Communications ROUGE SUITE DE LA PAGE E 1 originaire de l\u2019Alaska, qui présente le danseur de breakdance David «Elsewhere» Bernai, se déhanchant au son de tambours traditionnels.«Moi, ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est de voir comment l\u2019art peut être un outil de transformation, comment on peut l\u2019utiliser pour sensibiliser le public aux questions autoclîtones», raconte pour sa part Emilie Monnet, qui est la fondatrice des productions «L\u2019humour a permis de survivre aux aspects les plus noirs liés à la colonisation, les pensionnats indiens et l\u2019adoption des enfants» Onishka, qui présente le spectacle Recompose, le 23 octobre à la Sala Rossa, dans le cadre du festival Phenomena.Onishka, en anishnaabe (algonquin), qui est la langue de la mère d\u2019Emilie Monnet, pela veut dire « réveille-toi ! ».Emilie Monnet s\u2019est d\u2019ailleurs remise à l\u2019apprentissage de la langue de ses ancêtres.L\u2019humour comme instrument de survie Le but de cette maison de production, fondée en 2011, est de «permettre une plateforme qui donne de la visibilité aux affaires autochtones».Recompose mettra en scène certains personnages de la tradition autochtone, le Trickster, par exemple, qui joue des tours, ou la Grande Tortue.On y exploitera aussi certaines grandes prophéties hopis, mayas, ou anishnaabes, pour s\u2019intéresser à de grands enjeux contemporains : l\u2019approvisionnement en eau dans les réserves autochtones, mais aussi le réchauffement climatique et l\u2019avenir de l\u2019environnement, mais toujours avec l\u2019humour propre à la culture autochtone.«L\u2019humour, pour les autochtones, a été un instrument de survie pendant des années.Il a permis de survivre aux aspects les plus noirs liés à la colonisation, les pensionnats indiens et l\u2019adoption des enfants, raconte Emilie Monnet.L\u2019humour fait passer les messages dans des situations difficiles.» Comme l\u2019exposition Beat Nation, Recompose traverse allègrement les frontières entre tradition et modernité.La violoncelliste Cris Derksen, par exemple, soumet son instrument à d\u2019étonnantes manipulations pour créer un nouveau genre, alliant musique classique, folk, et électro.En novembre, ce sera au tour du Mundial Montréal d\u2019offrir au public les sonorités issues d\u2019une tradition autochtone mêlée de modernité.Le festival y consacre en effet toute une série de spectacles sous le titre «Accents autochtones».Au programme donc, un pow wow électrique du groupe A Tribe Called Red.Le groupe, finaliste au prix Polaris, offre lui aussi un mélange de rythmes autochtones traditionnels réarrangés à la manière techno.Le rap-peur algonquin Samian, quant à lui, continuera d\u2019y retracer l\u2019histoire de son peuple, avec les mots de son rap.Là encore, l\u2019engagement politique est voisin de l\u2019art.Samian a entre autres mis en ligne une chanson dénonçant le Plan Nord en 2012.Toujours au Mundial, il faut vibrer sur la théâtralité des chants de gorge de la chanteuse inuite Tanya Tagaq.Tanya Ta-gaq a créé un nouvel accompagnement musical pour les séquences silencieuses du film Nanook of the North, tourné en 1922, sur le mode de vie des Inuits de l\u2019Arctique.Si ce film prétendait être un documentaire, il trafiquait certains éléments de la réalité.On y avait par exemple vêtu les Inuits en costumes traditionnels, qu\u2019ils ne portaient plus au moment du tournage, et on avait demandé au héros, Allariallak, de chasser avec une lance alors qu\u2019il chassait normalement avec un fusil.Pour couronner cet automne autochtone, une pièce au nom paradoxal, évoquant à la fois la destruction et la parenté, Tu é moi, première œuvre de Marco Collin, originaire de la communauté innue de Masteusiash, prendra l\u2019affiche le 14 novembre, aux ateliers Jean-Brillant, à Montréal.Une pièce oû «VAutre porte à la fois le visage de l\u2019ennemi et le reflet de soi-même», dit-on.Tout à fait dans l\u2019air du temps.Le Devoir D Voir > Une galerie de photos qui témoignent de l\u2019effervescence de l\u2019art autochtone.ledevoir.com/culture LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 E 3 CULTURE.CI N EM A Il était quelques fois Came De la figure du tueur fou à Cendrillon, l\u2019adolescente victime d\u2019intimidation créée par Stephen King revient sur les écrans à chaque décennie.Œuvre visionnaire ou séculaire ?FRANÇOIS LEVESQUE Carrie relate comment une adolescente victime d\u2019intimidation déchaîne ses pouvoirs de té-lékinésie contre ses bourreaux.Depuis sa publication en 1974, le premier roman de Stephen King est revisité chaque décennie.Il y eut d\u2019abord, en 1976, l\u2019adaptation de Brian De Palma, devenue leçon de cinéma, puis en 1988, la version musicale du film, qui flopa sur Broadway.Carrie 2, une suite malavisée, prit l\u2019affiche en 1999.En 2002, la télévision présenta un re-makç, oubliable, en deux parties.A l\u2019affiche cette semaine, la version concoctée par Kimberly Peirce confirme un intérêt qui ne se dément pas.Pourquoi?Sans doute parce que, une fois déparé de ses oripeaux contemporains, Carrie exhibe ceux, indémodables, des contes de fées.On pense en particulier à Cendrillon, avec beaucoup plus de sang toutefois.L\u2019association n\u2019est pas neuve : dans le New York Times, un critique qualifia de «variation carmin de Cendrillon» le roman de King.On ne saurait mieux dire.Pour mémoire, hormis les persécutions qu\u2019elle subit à l\u2019école, Carrie souffre en plus des sévices physiques et psychologiques que lui inflige à la maison une mère fanatique religieuse.Dans le coin droit, la princesse en chiffons, dans le coin gauche, la marâtre.Dans le roman comme dans ses différentes incarnations, la scène charnière, pour ne pas dire primitive, survient au début, lorsque, sous les douches communes du vestiaire des filles, Carrie, 16 ans, a ses premières règles.Sa mère ne lui ayant rien expliqué des choses de la vie, Carrie croit être en train de mourir d\u2019une hémorragie (c\u2019est ce tumulte hormonal qui réveille un don latent de té-lékinésie).Ecœurées, ses consœurs \u2014 ou méchantes demi-sœurs \u2014 se massent autour d\u2019elle et lui lancent des tampons.Pour se racheter, une camarade de classe contrite, la bonne fée marraine, oblige son amoureux, le garçon le plus populaire de l\u2019école, c\u2019est-à-dire le prince charmant, à inviter Car-rie au bal de fin d\u2019année.Cendrillon décomplexée Dans Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim définit ainsi le paradigme établi par Cendrillon.«L\u2019enfant est incapable d\u2019imaginer de lui-même qu\u2019il sera secouru, que ceux qui, selon sa conviction, le méprisent et exercent sur lui leur pouvoir, reconnaîtront un jour sa supériorité.Un grand nombre de petites filles sont tellement convaincues par moments que leur méchante belle-mère (ou mère) est à l\u2019origine de tous leurs maux que, d\u2019elles-mêmes, elles n\u2019ont aucune chance d\u2019imaginer que la situation pourrait changer.Mais quand l\u2019idée est présentée à leur pensée par l\u2019intermédiaire de «Cendrillon», elles peuvent croire que d\u2019un moment à l\u2019autre une bonne (fée) mère peut venir à leur secours, puisque le conte de fées leur dit d\u2019une façon très convaincante que c\u2019est ce qui adviendra.» Dans Carrie, malheureuse- SONY PICTURES Dans la nouvelle version, réalisée par Kimberly Peirce, Carrie devient une métaphore des tueries dans les écoles.MGM ET CINEPOP MGM L\u2019adaptation de Brian De Palma, de 1976, est devenue une leçon de cinéma.ment, et contrairement à ce qui se produit chez les frères Grimm et chez Charles Perrault, la pauvre subit au bal une ultime humiliation.Or Carrie est capable de déplacer les objets à distance, d\u2019agir sur la matière par la pensée.Autrefois vilain petit canard, la voilà désormais furie, ange exterminateur.Et les bourreaux d\u2019hier de devenir victimes du jour, en l\u2019occurrence celui du Jugement dernier.Bref, Carrie, c\u2019est Cendrillon qui, refiisant de redevenir miséreuse sur le coup de minuit, dA eide plutôt de mettre le bal à feu et à sang.Prenez garde au courroux des honnis C\u2019est ici que, de conte de fées, Carrie se meut en conte moral ambigu.En effet, Carrie pose un dilemme déchirant.D\u2019une part, et là encore contrairement à la tradition établie par les contes, la protagoniste n\u2019est pas sauvée de son milieu abusif par une intervention extérieure (la marraine, le prince), mais grâce à une force qu\u2019elle porte en elle.\\\\ L\u2019enfant est incapable d\u2019imaginer de lui-même qu\u2019il sera secouru, que ceux qui, selon sa conviction, le méprisent [.] reconnaîtront un jour sa supériorité yy Bruno Bettelheim, dans Psychanalyse des contes de fées Son processus de résilience est inspirant.Ceci expliquant cela, et même si, ultimement, rien de bon n\u2019en résulte, la vengeance exercée par Carrie est vécue, d\u2019autre part, comme une catharsis.D\u2019où l\u2019équivoque.A ce chapitre, pour ratée qu\u2019elle soit, et elle l\u2019est, la plus récente adaptation s\u2019inscrit de manière logique dans la filmographie de la réalisatrice Kimberly Peirce, à qui l\u2019on doit le percutant Les garçons ne pleurent pas {Boys Don\u2019t Cry), dans lequel une jeune fille, après s\u2019être fait passer pour un garçon, est assassinée par les habitants d\u2019un bled.Stop-Loss, son deuxième film, s\u2019intéressait pour sa part au sort de soldats traumatisés et à peine sortis de l\u2019adolescence.Dans Carrie, Peirce conjugue les deux en une sorte de mise en garde, un «cautionary taie», avec une autre héroïne marginale (isée) qui, poussée à bout, fourbit non pas une arme à feu, mais une arme psychique.Du coup, Carrie devient une métaphore des tueriçs scolaires avec lesquelles les Etats-Unis, en particulier, sont de plus en plus souvent confrontés.Dès lors, on mesure mieux la dimension archétypale, mythique, de Remake télévisé de Carrie, 2002 cette histoire d\u2019une adolescente ostracisée relevant peut-être après tout non pas du conte, mais de la tragédie.Le Devoir ï cj J au ' I SARD \u201c\t7 au 25 octobre eudi 19h, vendredi 20h /ation: 514 523-2246 scène de Julie Vincent fBbucher et Julie Vincent 5I4 52I-4493 USINE 0 USINE-C.COM NEDERLAND/ L\u2019USINE COUVRE SES PORTES AUX ARTISTES NÉERLANDAIS UNITED-C, ANNVANDENBROEK, ROBVANRIJSWIJK &JEROENSTRIJBOS, LEONARD &JER0EN, JAN MARTENS, DOODPAARD,.NDDVELLES SCÈNES PAYS-PAS PRENEZ VOS PASSEPORTS! I SEMAINE ^ 6 COMPAGNIES THÉÂTRE ^ DANSE MUSIQUE ^ PERFORMANCES ATELIERS & CLASSES DE MAÎTRES PRÉSENCE DTVO VAN HOVE CO(TE)LETTE A BRIMFUL \"^ASHA RAVI&ASHAJAIN/ WHY NOT THEATRE VARIATIONS UNE DÉCHÉANCE ANNONCÉE CHEESE 2/>30i SPECTACLE EN ANGLAIS | REPAS INDIEN.i> R1 DAPRES LA CERISAIE DE TCHEKHOV.QpébeeSS i.iss-issr'\tmSu SïlSISIES! E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 CULTURE.ME DI A S Forfaits et forfaiture Les promesses gouvernementales au styet des télécommunications ne sont pas sans faiblesses Paye-bon trop cher?STEPHANE BAILLARGEON ^ envers du men- songe, ce n\u2019est pas nécessairement la M vérité.Ça peut être .une perspective tronquée.Ou un point de vue intéressé.Et de toute manière, on peut souvent promettre n\u2019importe quoi.Avant même le discours du Trône cette semaine, des médias claironnaient l\u2019intention d\u2019Ottawa de déposer un budget en faveur des consommateurs.Les mesures devaient viser les services bancaires, les cartes de crédit, le transport aérien, les télécommunications.Surtout celles-ci, en fait, de stricte compétence fédérale.Finis les excès.Adieu les surcharges.Bonjour la télé à la carte.Il était temps, merci.Et alors?Mercredi, les mesures pro-consommateurs attendues étaient-elles clairement au rendez-vous ?«U n\u2019y a rien de vraiment réjouissant dans les nouvelles annonces parce qu\u2019il n\u2019y a pas grand-chose de vraiment neuf dans celles-ci», commente Sophie Lambert-Racine, analyste des politiques et de la réglementation en matière de télécommunications, radiodiffusion, inforoutes et vie privée de l\u2019Union des consommateurs, organisme de promotion et de défense des droits des consommateurs.«En tout cas, il n\u2019y a pas vraiment d\u2019an- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le CRTC se penche déjà sur les frais d\u2019itinérance internationale.nonces dans les documents officiels.Le discours cherche plutôt à s\u2019attribuer les mérites des dossiers dont s\u2019occupe déjà le CRTC.» Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) demeure l\u2019organisme régulateur dans ces domaines.Lambert-Racine reprend les annonces une à une pour montrer chaque fois que c\u2019est plutôt de là que viendront ou ne viendront pas les solutions.Les frais d\u2019itinérance.La proposition vise la réduction de ces frais «au Canada».Très bien.Sauf que ces frais s\u2019appliquent quand un abonné change de leIcendres bleues DU 22 OCTOBRE AU 9 NOVEMBRE 2013 JEAN-PAUL DAOUST «^PHILIPPE CYR SEBASTIEN DAVID.JDNATHAN MÛRIER ET JEAN TURCDTTE COLLIBORITEURS MARIE-ËVE PAGEAU.THIERRY GAUTHIER SALLE JEAN-CLAUDE-GERMAIN 2;\"\u201c\u201c THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI lO'A ConseH ties erts et des lettres Québec Êî Éa 1 - Marie-Claire Girard, Huffington Pos\t\u201eniir Steve Gaqnon (.) C\u2019est un I « La tiédeur,\t^^sotages'se 3ent de «dieu» et de « reine », tout en raSdfiS'SicIrl (.) un ieune auteur à suivre.» :rress:rsrv\" ZT) : ^es ™ts qui tonttrissonner.» ¦SSiSsasi\"-\"-' Philippe Couture, VOIR fournisseur et que les réseaux nationaux, par définition, couvrent tout le pays.«Les principaux problèmes avec les frais d\u2019itinérance se posent quand un abonné se rend à l\u2019étranger, dit la spécialiste.Pour l\u2019instant, le CRTC, dans son code sur les services sans fil qui entrera en vigueur en décembre, prévoit déjà un plafond pour les frais excédentaires pouvant être facturés.Par exemple, pour l\u2019itinérance internationale, les services Internet s\u2019arrêteraient après 100$ d\u2019utilisation.Le CRTC a aussi posé des questions au sujet de la tarification de tous les services d\u2019itinérance, mais on ne sait pas où ça va aboutir, tout en soupçonnant qu\u2019une réglementation s\u2019en vient.Ce qui serait une ex- cellente nouvelle en soi.Ces frais sont beaucoup plus élevés ici qu\u2019ailleurs dans le monde.D\u2019ailleurs, l\u2019Europe a réglementé dans ce domaine.Le CRTC, une entité indépendante, peut s\u2019occuper de ce problème et est en train de le faire.Je trouve donc très bizarre que le gouvernement, qui n\u2019est pas censé se mêler de ce qui se passe au Conseil, semble en plus s\u2019attribuer du mérite pour ses dossiers.» Les bouquets de services.Là encore, le CRTC a développé un cadre pour les services de télédistribution.Ces balises prévoient une certaine flexibilité pour les services aux consommateurs.Les (Québécois en bénéficient d\u2019ailleurs davantage.Lambert-Racine rappelle que Vidéotron est par exemple reconnu pour sa plus grande flexibilité d\u2019abonnement par rapport à d\u2019autres télédistributeurs, Bell notamment, qui rassemble ses chaînes en gros paquets plus contraignants.Seulement, tout cela ne constitue pas un strict modèle à la carte ipick-and-pay) qui permettrait au consommateur de cueillir une à une les fleurs de son bouquet.« Je comprends que le gouvernement souhaite étendre le modèle de Vidéotron, dit la spécialiste.Encore là, c\u2019est au CRTC d\u2019examiner la question.Encore là, on se demande pourquoi le gouvernement s\u2019en attribue le mérite.» Les réseaux haute vitesse à large bande.Cette fois, le texte officiel annonce que le gouver- nement «va continuer à veiller» à l\u2019amélioration des réseaux haute vitesse à large bande.Lambert-Racine note alors que les efforts du gouvernement semblent plutôt sporadiques en cette matière.Le programme fédéral « Large bande Canada : un milieu rural branché » a été débranché en 2011.En tout cas, il n\u2019a pas été renouvelé.Le CRTC évalue que 94% de la population canadienne a déjà accès à un réseau permettant de circuler à une vitesse de 5 mégabits/seconde sur les inforoutes, ce qui semble satisfaisant.Reste donc les plus éloignées des régions éloignées.La vie privée.Ce dernier dossier ne vise pas directement le CRTC.Dans une section dite sur le soutien aux victimes et la punition des criminels, une note annonce que le gouvernement veut «présenter des mesures législatives pour offrir aux policiers et aux procureurs de nouveaux outils pour gérer efficacement la cyberintimida-tion».Lambert-Racine s\u2019inquiète de cette possible ouverture vers une autre mesure qui permettrait aux autorités d\u2019avoir accès aux données personnelles sans mandat de la cour.«Je suis complètement d\u2019accord avec la volonté d\u2019aider les victimes d\u2019actes criminels, mais faut-il surveiller l\u2019ensemble des citoyens ?Il faut mettre en place des mesures justes et équitables.Tous les citoyens ont droit à une vie privée.» Le Devoir MOI, DANS LES RUINES ROUGES DU SIÈCLE Trois Tristes Tigres 481k à 19 h 30 « [Une] production à ta fois férocement drôle et très émouvante qui propulse le récit de vie bien au-delà de l\u2019anecdote.» Alexandre Cadieux, Le Devoir [AURÉATPRODUCTION-MONTRÉAL, PRIXD£[ACRITI0U£ 2012,A.O.C.T.BILLETTERIE 450 667-2040 RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 450 662-4440 MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval ifî.E3 Montmorency www.maisandesarts.laval.ca Le foyer canadien type (et le Québécois de base en est) paye environ 180$ par mois pour ses services de télécommunication (Internet, télé, téléphone).Est-ce trop ?Ça dépend.Ça dépend des études, de ce qu\u2019elles observent et de ce qu\u2019on leur fait dire.Celles de la firme Wall Communications font autorité au pays.Le CRTC relaie sur son site une mise à jour très récente de ses enquêtes internationales comparatives des tarife des services de télécommunication.Les résultats semblent conclure qu\u2019en gros les Canadiens payent la plupart de leurs abonnenients moins cher qu\u2019aux Etats-Unis, mais plus cher qu\u2019en Europe.Un service groupé comprenant une ligne téléphonique, Internet en large bande, la télé et un cellulaire coûte à peu près 177 $ par mpis au Canada, 224$ aux Etats-Unis, mais 140$ au Royaume-Uni, 101$ en France.L\u2019Australien moyen paye en gros (178$) la même chose que le Canadien de base.Le Japonais débourse un peu plus (182$).Il y a aussi des écarts notables du côté des services à la pièce.Un cellulaire en faible utilisation coûte une trentaine de dollars par mpis ici mais 20$ en France.A grande utilisation, J1 coûte 93$ ici, 146$ aux Etats-Unis et 49$ en Australie.«La comparaison internationale des services est très difficile», juge Sophie Lambert-Racine, analyste des télécommunications pour l\u2019organisme Union des consommateurs.«Il faut aussi faire attention à cette étude.Wall Communications a tendance à prendre des exemples moins avantageux et d\u2019autres plus avantageux pour dire que le Canada se situe dans la moyenne.» Elle fait référence à d\u2019autres études comparatives qui disent qu\u2019on se fait avoir, en gros.Ici, par exemple, il n\u2019y aurait pas assez de services abordables.L\u2019OCDE a montré que, pour un abonnement de base (780 appels locaux, 600 textos, huit messages multimédias), les prix mensuels allaient de 11$ à 53$ en 2008.Le Çanada, l\u2019Espagne et les Etats-Unis se positionnaient comme les trois pays les moins avantageux du point de vue des consommateurs.H.CE CORPS QUI PARLE 8 au 26 octobre 2013 PRODUCTION LE THEATRE DU MOUVEMENT, FRANCE TEXTE, MISE EN SCÈNE ET INTERPRÉTATION : YVES MARC Qmniîbus La coipfil (AjlhéÉtie vVWW.MI M FOMNIBUS.QC.CA ET EN LEVER DE RIDEAU SPLENDEUR ET MISÈRE D\u2019UNE COURTISANE PRODUCTION OMNIBUS LE CORPS DU THÉÂTRE MAÎTRISE D\u2019OEUVRE: JEAN ASSELIN INTERPRÉTATION: SYLVIE CHARTRAND Québec ! Conseil des Arts Canada Council du Canada\tfor the Arts TéléXJuébec 4559 PAPINEAU, MONTREAL / THEATRELALIC0RNE.COM / 514 523.2246 U\tQuébec^\tLLDEVUIH 1945, RUE FULLUM, MONTRÉAL BILLETTERIE 514 521 4191 WWW.ESPACELIBRE.QC.CA LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 E 5 CULTURE >MÜS1QÜE L\u2019Off Festival de jazz à l\u2019appel SERGE TRUEEAUT Petit à petit l\u2019écart se rétrécit.L\u2019écart lié aux espèces vitales, soit les sonnantes.Mais encore?Dans la foulée du chambardement temporel effectué par la direction de l\u2019Off Festival de jazz il y a quatre ans, soit «déménager» l\u2019événement de l\u2019été à l\u2019automne, la vente de billets avait chuté de 45 % (!) en un an.Au terme de la 14® édition, une augmentation de plus de 15 % d\u2019entrées payantes sur la 13® édition a été enregistrée.De fait, selon Jean-Jules Pilote, coordonnateur et pierre angulaire de ce festival, le déficit découlant d\u2019une quasi-inversion du calendrier est en train de se résorber.Mais voilà, comme les colonnes financières de cette fête musicale, qui a fait la preuve par A plus B de sa grande pertinence, sont fragiles, une campagne de financement a été lancée.Entre les dons des particuliers et des entreprises, l\u2019Off a déjà recueilli 7000$ des 10000$ souhaités.Si, à la mi-novembre, l\u2019objectif est atteint, alors un appel du pied sera fait en direction du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).Plus exactement, la somme sera transférée dans un programme confectionné à l\u2019évidence par des fonctionnaires soviétiques avant la déclinaison du rapport Kroutchev en 1956.Oui, oui, oui.Qu\u2019on y songe : si le portefeuille de l\u2019Off se gonfle de 10000$, alors le CALQ triplera la mise pour un total de 40000$.Eau quai?Bon! Pendant deux ans, cette somme dormira dans un fonds de dotation.Après quoi, soit pour la.17® édition, les animateurs de l\u2019Off pourront utiliser 80%des40000$.Allô.Sur un autre plan mais pas tout à fait, le sieur Pilote a confirmé qu\u2019un Regroupement Jazz Québec a été formé.Le conseil d\u2019administration est composé de neuf membres.Enfin ! ?Il aura fallu 17 ans (!), de courage et de patience, avant que Steven Morris achève la réalisation d\u2019un documentaire consacré au pianiste.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Jean-Jules Pilote coordonnateur et pierre angulaire de l\u2019Off Festival de jazz.chanteur et compositeur de R & B le plus sous-estimé qui soit: Harry Vann Walls.Dix-sept ans de travaux forcés pour rendre hommage à celui qui a fait la fortune, au propre comme au figuré, d\u2019une ribambelle d\u2019artistes et surtout de dirigeants de labels.Grâce à ce film présenté cette semaine dans le cadre du Festivd du nouveau cinéma (FNC), on apprend ou réapprend un fait d\u2019une importance capitale dans l\u2019évolution de la musique populaire américaine : Vann Walls fut, dans les années 50, le pianiste à résidence de l\u2019étiquette Atlantic, fameuse pour avoir produit Ray Charles, Aretha Franklin, The Modem Jazz Quartet, Charles Mingus et autres clochards célestes du jazz et du blues.A ce titre, Vann Walls a donc ponctué les chants de Big Joe Turner, Lavern Baker, Ruth Brown, etc.Devant la caméra de Morris, cette dernière livre un témoignage qui force la méditation comme l\u2019admiration, car elle détaille comment Vann Walls et elle ont été escroqués dans toutes les largeurs par les croque-morts de l\u2019art musical.Cela souligné, Morris a réussi le prodige suivant : il a convaincu Ry Cooder, Ahmet Er- SHOW TIME MUSIC ARCHIVES TORONTO Le pianiste et chanteur Harry Vann Walls tegun, fondateur d\u2019Atlantic, Jerry Wexler et surtout Dr John, qui fut l\u2019élève de Vann Walls, de confier ce que le monde musical doit à ce pianiste qui a passé les 30 dernières années de sa vie à Montréal.Ce film étant un incontournable, espérons qu\u2019un distributeur se manifestera.Le Devoir Écouter aussi > The Blond Next Door tirée de l\u2019album In the Evening, ledevoir.com/culture/musique D La couleur des mots Ariane Moffatt propose un ouvrage où se côtoient photos, pensées à chaud et confessions ERANÇOIS LÉVESQUE On retrouve Ariane Moffatt à la terrasse de l\u2019Arts Café, dans le quartier Outremont.Soleil d\u2019automne estival, bonne humeur idoine.Elle a belle mine, Ariane Moffatt, le sourire spontané, comme impossible à réfréner.Motifs de cette joie irrépressible?Des jumeaux neufs de cet été, pour l\u2019essentiel, et un livre tout aussi nouveau, pour l\u2019accessoire.Publié chez Somme toute, i(ma)ges et réflexions est un objet hybride, à la fois journal intime et de tournée.« On avait confié au duo de photographes SPG & Lepigeon [Simon-Pierre Gingras et Jerry Lepigeon] la conception de la pochette de l\u2019alhum MA, et eux, tout de suite, ils ont proposé de s\u2019intégrer à la tournée pour en tirer un album de photos.L\u2019idée m\u2019a séduite, puis, graduellement, je me suis dit que je pourrais profiter de cette occasion pour explorer un autre type d\u2019écriture.Ça me travaillait depuis longtemps», révèle Ariane Moffatt.Inspirée par l\u2019esthétisme cru et texturé qu\u2019entendent privilégier les photographes (le tandem a expérimenté avec des appareils jetables), Ariane Moffatt entend se dévoiler en plongeant au cœur de son être, de ses préoccupations et valeurs.Le but de l\u2019introspection ?Mettre en mots, simplement, sans filtre, une part d\u2019elle-même, d\u2019abord au bénéfice futur de sa progéniture, et aussi, au fond, au sien propre.Ne gagne-t-on pas toujours à mieux se connaître ?Défi exploratoire, expérimentation impudico-ludique : l\u2019auteure-compositrice-inter-prète découvre rapidement qu\u2019en s\u2019attelant à cet exercice-là, c\u2019est un processus créatif inédit qui s\u2019ouvre à elle.Ivresse, celle d\u2019une pratique artistique débridée, et vertige, celui qui accompagne la perspective de tout dévoiler.Pour le compte, ne se sent-on pas plus à nu, sans musique pour habiller ses mots ?«Oui, forcément.Je me suis retrouvée à écrire sans jouer d\u2019instruments de musique en même temps.Au début, c\u2019était déstabilisant.Tristan Malavoy-Racine m\u2019a beaucoup aidée; il m\u2019a guidée.» Il en résulte un contenu désinhibé offert dans une forme éclatée mais cohérente, synchrone avec l\u2019univers d\u2019Ariane Moffatt, quoi.Réminiscences et scènes du quotidien se mélangent en un EDITIONS SOMME TOUTE Photo tirée du livre i(ma)ges & réflexions.entrelacs autobiographique infusé d\u2019une saine dose d\u2019autodérision.Il faut lire le pas- sage où Ariane Moffatt se demande pourquoi elle aime tant Nina Simone.Et sa douce Florence de lui expliquer : «Entre autres parce qu\u2019elle est noire et que les Noirs exercent sur toi quelque chose de magique et que tu t\u2019en rends même pas compte, ce qui prouve que tu te prends pour une Noire.En fait, tu crois que les Noirs vont aller jusqu\u2019à penser que tu es noire tellement tu voudrais être noire.» Savoureux.Maudit bonheur Quelques amis y vont de témoignages fugaces.Celui de Daniel Bélanger s\u2019avère particulièrement éclairant.«Elle avait les cheveux rouges.Elle était implosive et du coup absolument intrigante.» Au fil des mois et des ans, les chemins du chanteur et de la chanteuse se recroiseront, elle avec les cheveux verts, puis bleus, et lui avec la même question: « Tu cherches encore ta couleur, Ariane?» Ils se font des confidences.Quand il remet en doute certain choix professionnels de sa cadette, elle lui répond qu\u2019il faut tout essayer, une fois.On pense à l\u2019émission La voix, où tout un chacun s\u2019étonna de trouver Ariane Moffatt.Elle, chouchoute d\u2019une certaine intelligentsia culturelle, acceptait de se compromettre dans (gulp !) un show de variétés ! ?Que si.Et elle y fit un tabac, sans pour autant renouveler l\u2019expérience.Tout essayer, une fois.Car, selon Ariane Moffatt, popularité et bonheur ne voguent pas nécessairement de conserve, en cela que la première ne garantit pas le second.«Les gens confondent les deux.J\u2019ai confondu les deux, mais plus maintenant», as-sure-t-elle.On la sent sincère, et surtout très sereine.Est-ce, en partie, le fait du livre ?Sortir ainsi de sa zone de confort créative, cela ne revenait-il pas à chercher la couleur de ses mots, à l\u2019instar de celle de ses cheveux ?Encore ce sourire, large, ravi.L\u2019idée plaît.D\u2019autant qu\u2019en l\u2019occurrence, elle semble l\u2019avoir trouvée, la couleur qui sied le mieux à sa chevelure et à sa parole : celle du naturel assumé.Le Devoir I(MA)GES & RÉFLEXIONS Ariane Moffatt SPG & Lepigeon photographes Éditions Somme Toute Montréal, 2013, non paginé 19 & 20 OCTOBRE-19h&21h LA SALA ROSSA 10$/12$ 4848 bout St-Laurent, Montreal Billetterje : 514 495-1515 www.festivalphenomena.com Conseil des Arts Canada Council du Canada\tfor the Arts Violette Chauveau, Prix de 1\u2019interpretation feminine de l\u2019annee 2012 Montreal AQCT Quel texte Quelle mise Quels oomediens extraordinaires Bravo Un des grands moments de la saison Meroi Michel Belair Le Devoir Violette Chauveau a u fougue, une rage, um justesse de jeu partioulie rement émouvantes [Son] monologue de la fin est a oouper le souffle Marc Cassivi La Presse Violette Chauveau et Jean François Casabonne offrent une performanoe remarquable La derniere soene est si troublante qu\u2019il ne faut surtout pas en parler Elle est a reoevoir dans le plexus Louise Vigeant RevueJeu org Epoustouflante Violette Chauveau et solide Jean Erançois Casabonne Une pieoe forte et belle Une grande réussite David Lefevbre montheatre qc ca Enoore bouleverse, seooue, par Une vie pour deux Texte, distribution, mise en soene admirables Violette Chauveau est sublime, grandiose Une renoontre au sommet entre une aotrioe et un personnage A voir toutes affaires oessantes Luc Boulanger La Presse (sur Facebook) Ne ratez surtout pas Une vie pour deux C\u2019est bouleversant Violette Chauveau est au sommet de son art Christian Saint-Pierre Revue Jeu (sur Facebook) 22 octobre __^ü- 02 novembre 2013 evelyne delà Chenelière alice ronfard JEAN-FRANÇOIS CASABONNE VIOLETTE CHAUVEAU EVELYNE DE LA CHENELIERE UNE PRODUCTION ESPACE GO et lettres Québec O® T-Res Bell ssîisr-Québec S S Conseil des Arts ^transat PARTENAIRE DE SAISON E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 201 CULTURE>MUSIO,UE CLASSIQUE Poulenc, le musicien d\u2019Éluard et d\u2019Apollinaire CHRISTOPHE HUSS Mardi dernier, ATMAapubHé Tun des plus grands projets de rhistoire de l\u2019édition phonographique classique québécoise: une intégrale des mélodies de Francis Poulenc menée par le pianiste Olivier Godin et six chanteurs.Riche de 170 poèmes mis en musique, l\u2019album de 5 CD fait face à la concurrence d\u2019un coffret concomitant de l\u2019éditeur anglais Hyperion.Abondance de biens nuit-elle?Francis Poulenc est mort il y a 50 ans.La commémoration de sa disparition n\u2019a pas suscité un flot de parutions équivalent à celui de 1999, à l\u2019occasion du centenaire de sa naissance.L\u2019année du centenaire avait engendré plusieurs anthologies, dont celle de la musique de chambre, pilotée par Alexandre Tharaud chez Naxos, mais rien de neuf dans le domaine de la mélodie.Le seul choix, pour qui désirait approcher l\u2019intégrale de la production, restait la somme très hétéroclite constituée par FMI (Gerard Souzay, Elly Ameling, Mady Mesplé, Michel Sénéchal, José van Dam, etc.).FMI proposait également les mélodies avec accompagnements de petits groupes instrumentaux.Eclaireur de textes De ces mélodies avec ensembles, Olivier Godin repêche les rares Quatre poèmes de Max Jacob, dont il réalise une transcription au piano.Il ajoute aussi trois inédits : Petite complainte, Chanson de marin et Viens !-Une flûte invisible, la première mélodie de Poulenc.Hyperion ne touche pas au volet instrumental, ne cherche pas d\u2019inédits, mais inclut tout de même une version avec piano de Cocardes et un incunable, Uhistoire de Babar récitée par Pierre Bernac en 1977 à la BBC, deux ans avant sa mort.Le pianiste vedette Graham Johnson, maître d\u2019œuvre de l\u2019intégrale Hyperion, avait alors 27 ans.Il n\u2019y a pas lieu, ici, de décerner quelque «diplôme d\u2019intégralité» ou d\u2019établir un catalogue de «qui chante quoi», ni même de lister l\u2019ensemble des choix divergents de tessiture, comme les Chansons polonaises, défendues par une soprano chez FMI, une mezzo chez ATMA et un ténor (le grand Nicolaï Gedda) chez FMI.Ce qui importe, c\u2019est de jauger à quel point, dans l\u2019une et l\u2019autre intégrale, règne l\u2019esprit P mwŒ POUUHC m FRANCIS POULENC THE COMPLETE on^ FELICITY LOTT * AILISH TYNAN AGNIESZKA ADAMCZAK NICOLE TIBBELS * SARAH EOX SARAH JANE BRANDON GERALDINE McGREEVY
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