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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-10-19, Collections de BAnQ.

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[" EYOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 lifflif iiiiiiiii iniiiiiii ijiiiiiii iiiiiiii illiiili Bllilil s ^ Lieu historique national du Manoir-Papineau, à Montebello FRANÇOIS FORTIN ^ r COLLECTION JACQUELINE PAPINEAU DESBAILLETS Les quatre petits-fils d\u2019Amédée Papineau Les Papineau et l\u2019inconscient québécois Micheline Lachance démontre à quel point les Papineau résument et dramatisent notre psyché collective MICHEL LAPIERRE Louis-Joseph Papineau, le révolutionnaire du XIX® siècle québécois, résista à une seule audace : marier sa fille Azélie à un peintre dont l\u2019avenir matériel n\u2019était pas assuré.Mais Azélie était amoureuse folle de Napoléon Bou-rassa: c\u2019était lui ou le suicide.Papineau s\u2019inclina.De l\u2019union d\u2019Azélie et de l\u2019artiste naquit Henri Bourassa qui, continuateur singulier, fonda, dans le Québec obscurantiste de 1910, un journal d\u2019idées et de combat: Le Devoir.Voilà un raccourci qui évoque l\u2019art consommé de la conteuse qu\u2019est Micheline La-chance dans son livre La saga des Papineau.A travers la vie quotidienne d\u2019une famille exceptionnelle, la somme, érudite sans le paraître, éveille en nous les résonances vertigineuses des constantes de l\u2019évolution québécoise.Malgré un titre commercial, l\u2019ouvrage, encore plus que Le roman de Julie Papineau (2001), de la même narratrice, succès retentissant dont il est la suite et l\u2019approfondissement, «s'appuie^ y lit-on, sur des sources historiques sûres, sans rien céder à l\u2019imaginaire».Micheline Lachance a scruté les écrits intimes d\u2019Amédée Papineau (1819-1903), fils aîné de Louis-Joseph, masse de documents en grande partie inédits mais en cours de publication grâce au chercheur Georges Aubin.C\u2019est en faisant, par le fait même, la première biographie de celui qu\u2019elle appelle, avec justesse, «l\u2019écrivain de la famille» que l\u2019historienne retrace, en empruntant le regard méconnu de celui-ci, l\u2019aventure des Papineau.Y fi- gure le grand-père Joseph (1752-1841), député de Montréal, défenseur politique du français, acquéreur de la seigneurie de la Petite-Nation, en Outaouais, où s\u2019élèvera en 1850 le manoir familial de Montebello.Retient l\u2019attention, évidemment, le père Louis-Joseph (1786-1871), chef intellectuel des Patriotes, paria honni par le pouvoir colonial britannique, pourfendeur, à son retour d\u2019exil, de l\u2019Union, puis de la Confédération.L\u2019homme politique résume les enjeux, dès 1848, par le constat fracassant, souligné par Micheline La-chance: le Bas-Canada (futur Québec) «a été vendu» au Haut-Canada (futur Ontario) ! Amédée partage si bien les vues de son père qu\u2019il les développe en dénonçant les Patriotes «vire-capot», comme Louis-Hip-polyte La Fontaine, George-Etienne Cartier, Wolfred Nelson, qui ne s\u2019élèvent pas contre l\u2019Union des Canadas.En 1893, en pensant aux hommes politiques qui, devenus conservateurs, ont ouvert la voie ou façonné la Confédération, il reprend avec sarcasme une idée lancée en 1839 par lord Durham.Il paraphrase l\u2019administrateur colonial: «Donnez aux chefs des Canadiens des titres nobiliaires et honorifiques, multipliez les fonctionnaires et leurs rétributions, et vous ferez ce que vous voudrez de ce peuple docile.» Il caricature la réprimande des évêques, alliés des conservateurs, à Antoine-Aimé Dorion, chef libéral JACQUELINE PAPINEAU DESBAILLETS Mary Westcott-Papineau presque honteux en 1867 d\u2019être contre la Confédération: «Taisez-vous, soumettez-vous, ou nous vous excommunions!» L\u2019attitude devant le catholicisme, voilà ce qui, mêlé à la politique, à la passion amoureuse, voire à la folie, colore et divise la famille Papineau.Micheline Lachance a l\u2019intuition d\u2019en faire la clé secrète de son récit.Amédée, longtemps en exil, comme son père, à la suite de la répression du mouvement des Patriotes auquel il a participé au sein des Fils de la liberté, épouse, plus tard, aux Etats-Unis, Mary Westcott, malgré les réticences des parents de celle-ci au mariage d\u2019une protestante avec un catholique.Revenu avec sa femme à Montréal, sa ville natale, il partage la libre-pensée paternelle et se convertit tardivement au protestantisme, moins par conviction que par dépit du conservatisme politico-religieux cher au clergé canadien-français.Sans doute avant son père qui subit son influence, Amédée, en plus de décrier la peine de mort et l\u2019esclavagisme, préconise, pour échapper à une domination européenne et monarchiste \u2014 le joug britannique \u2014, l\u2019adhésion des siens à une fédération républicaine des nations du Nouveau Continent.Bien qu\u2019elle mentionne cet utopisme panaméricain, Micheline Lachance insiste sur ce VOIR PAGE F 2 PAPINEAU Gabriel Nadeau-Dubois ne serait pas un feu de paille Page F 6 La vie de fauteur des Onze mille verges Page f 4 La génération Potter On a beaucoup discuté, ici, glosé et ri de la génération Passe-Partout.La très, très populaire série télé semble avoir laissé son empreinte sur le développement de toute une (ex-) jeunesse.A nouvelle génération nouvelle idole : le chercheur et professeur Anthony Gierzynski, de l\u2019Université du Vermont, a étudié l\u2019effet des Harry Potter, diffusés tant en livres qu\u2019en films, sur la «génération du millénaire».Les résultats ont été publiés il y a quelques mois dans Harry Potter and the Millennials: Research Methods and the Politics of the Muggle Generation Qohn Hopkins University Press).Les enfants sondés étaient âgés de 10 à 12 ans en 1997, à la sortie du premier tome de ce qui est devenu un énorme best-seller mondial.Ils se montreraient plus ouverts à la diversité, plus tolérants, plus sceptiques, peu cyniques et moins prédisposés à respecter l\u2019autorité.Les fans du sorcier seraient aussi plus engagés politiquement.Un effet de magie ?Le Devoir WARNER BROS La seule edition complète des œuvres poétiques de Saint-Denys Garneau Hector de Samt-Denys Garneau Regards et jeux dans l\u2019espace de Les so itudes BIBLIO - F I D E s BIBLIO-FIDES livres de poche F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 LITTERATÜRE Négationnisme et sexe illégal en nnmérique, sur Amazon FABIEN DEGLISE La numérisation du livre écrit désormais un chapitre pas très glorieux de son histoire.Plusieurs grands libraires en ligne, dont Amazon et Barnes & Nobles, se retrouvent depuis quelques jours sur la sellette après les révélations faites par le magazine britannique en ligne The Kernel : leur catalogue contiendrait en effet plusieurs centaines de titres faisant l\u2019apologie du viol, de l\u2019inceste, de la zoophilie, mais également la promotion de thèses négationnistes ou profascistes.Le phénomène est nourri par le développement dans les univers numériques de l\u2019autopublication autant que par le premier amendement de la Constitution américaine qui défend farouchement la liberté d\u2019expression.«Ici, aux Etats-Unis, le premier amendement protège ce genre de travail au nom de la liberté d\u2019expression, a commenté le Los Angeles Times dans ses pages cette semaine.Qui plus est, quelques livres avec des contenus dits explicites sont connus comme étant des chejs-d\u2019œuvre de la littérature.» Et le journal cite au passage Lolita de Nabokov et L\u2019hôtel New Hampshire de John Irving.«Les livres [à caractère sexuel] pointés par The Kernel n\u2019ont pas une grande valeur littéraire.Mais ils sont aussi proches de Cinquante nuances de Grey, la trilogie érotico-aga- çante» dont tout le monde parle, poursuit le quotidien.N\u2019empêche, dans une première vague d\u2019enquête, le magazine britannique a rapidement trouvé plusieurs titres vendus sur Amazon, Barnes & tifs.Signés par des Erika Simons, Alicia Hathaway ou Ma-rylin L.Wellwood, ces romans sont issus du nouveau courant de l\u2019auto-édition, induit par la démocratisation des outils d\u2019édition numérique qui facili- «Ici, aux États-Unis, le premier amendement protège ce genre de travail au nom de la liberté d\u2019expression», a commenté le Los Angeles Times Nobles ou encore WHSmith \u2014\tle Renaud-Bray des Anglais \u2014\tfaisant ouvertement la promotion de comportements sexuels pour le moins troublants : déflorations de jeunes filles mineures, rapports sexuels forcés entre un père et sa fdle, bestialité, viols collec- tent la production et la diffusion de bouquins en format électronique, et ce, hors des sentiers éditoriaux balisés par les acteurs traditionnels du milieu du livre.Néo-Mein Kampf Dans le deuxième volet de son enquête, The Kernel a également mis en lumière la prolifération sur ces étagères dématérialisées de livres faisant la promotion de l\u2019Holocauste ou encore niant son existence.Les titres à la gloire d\u2019Adolphe Hitler y prolifèrent égale-ment.Et ce, quatre ans après qu\u2019une association de juifs américains eut traîné la division allemande d\u2019Amazon devant les tribunaux pour la vente de bouquins négationnistes et autres titres banalisant les horreurs du régime nazi.Ce corpus avait alors été retiré du site, mais il semble refaire son apparition, y compris sur les marchés où cette littéra- ture est passible de poursuites, comme c\u2019est le cas en Erance, en Allemagne et en Autriche.Même si plusieurs livres cités par The Kernel ont été discrètement retirés des «rayons» numériques, les grands libraires ciblés par ces enquêtes n\u2019ont pas voulu commenter les découvertes troublantes faites par le magazine britannique.Plusieurs des titres soulevant des questions d\u2019ordre moral et légal étaient par ailleurs vendus sur le site canadien d\u2019Amazon jeudi dernier.Malgré nos appels, le libraire en ligne n\u2019a pas souhaité répondre à nos questions.Le Devoir EN BREF À VOS biblios.La bibliothèque publique se définit désormais comme un lieu de partage des savoirs plus que comme un écrin de conservation et de prêts de livres.On a même vu, au nom de cette nouvelle philosophie, des rayons remplacés par des auditoriums.Juste métamorphose ou détournement de mandat?Chose certaine, de plus en plus d\u2019activités et d\u2019animations fleurissent dans les bibliothèques, et encore davantage lors de la Semaine des bibliothèques publiques, qui tient sa quinzième édition du 19 au 26 octobre.Heures du conte, spectacles, conférences, fdms seront proposés aux abonnés et lecteurs, partout dans les bibliothèques du Québec.Cette semaine-là est aussi le moment de nommer les défis des bibliothèques publiques.On pense au tournant vers le livre numérique et à l\u2019intégration des nouvelles technologies \u2014 450 bibliothèques de la province offrent désormais, en prêt numérique, quelque 55 000 titres et 500 nouvelles biblios devraient s\u2019ajouter dans les prochaines semaines.Mais le rôle social ne cesse également d\u2019évoluer, comme le lieu même, qui se transforme physiquement au fil des rénovations et des modernisations.Cette année, pas de site qui collige l\u2019ensemble des activités de la Semaine des bibliothèques publiques : chacun doit chercher à sa bibliothèque ce qu\u2019on y offre pour l\u2019occasion.Le Devoir POLARS W'mwi Un fantôme sur la Main MICHEL BÉLAIR Trevanian, ça vous dit quelque chose?Un auteur mythique, semble-t-il, qui a publié à compter du début des années 1970 une bonne douzaine de romans \u2014 dont cinq vendus à plus d\u2019un million d\u2019exemplaires \u2014 sous trois ou quatre pseudonymes avant de s\u2019éteindre en 2005 dans le Pays basque.Comme si ça ne suffisait pas, un livre du célèbre fantôme, publié en 1976 puis traduit chez Laffont quelques années plus tard sous le titre Le flic de Montréal, ressort aujourd\u2019hui de l\u2019ombre chez Gallmeister, maison qui se consacre exclusivement à la littérature américaine marginale.et à la réédition de l\u2019œuvre de Trevanian.L\u2019intrigue se déroule sur la Main, notre boulevard Saint-Laurent à nous, dans les années 1970.La traduction est d\u2019abord insupportable, comme chaque fois que les Français pensent saisir l\u2019accent, et tant qu\u2019à y être «la véritable spéciflcité québécoise» \u2014 pensez au Fred Vargas qui se déroule au Québec \u2014, mais étonnamment on s\u2019y fait, ou ça se tasse, je ne saurais dire.De sorte qu\u2019après la première cinquantaine de pages, ça y est, on est déjà pris jusqu\u2019au cou dans un récit absolument étonnant.Et par une écriture lancinante d\u2019une pertinence et d\u2019une justesse absolues.Le lieutenant Claude La-Pointe n\u2019a pourtant rien du su- JACQUES GRENIER LE DEVOIR L\u2019intrigue se déroule sur la Main, notre boulevard Saint-Laurent, mais en 1970.perhéros ; début de la cinquantaine, son métier de flic l\u2019a laissé plutôt amoché après l\u2019avoir gratifié de quelques impacts de balles qui menacent toujours sa santé.Vieil ours solitaire depuis la mort prématurée de sa femme il y a plusieurs éternités, LaPointe fait régner l\u2019ordre sur « son » territoire, la Main, depuis plus d\u2019un quart de siècle.Puis voilà qu\u2019on trouve un cadavre dans une petite ruelle débouchant sur la rue Lozeau.En menant l\u2019enquête comme un vieux flic qui accepte mal de pactiser avec les truands, La Pointe nous introduit dans un monde aujourd\u2019hui disparu où les commerçants juifs, les robi-neux et le petit peuple vivaient en symbiose.Qn rencontrera là une impressionnante galerie de personnages animant un quartier cosmopolite où la vie était rude mais immensément plus «humaine».Suivant le fil d\u2019une intrigue brillante qui ne se dévoilera qu\u2019à la toute fin, on lira surtout là des phrases, des chapitres, des pages entières d\u2019une justesse d\u2019observation hallucinante qui sont le fait d\u2019un grand écrivain.Vivement un autre Trevanian ! Collaborateur Le Devoir THE MAIN Trevanian Traduit de l\u2019américain par Robert Bré Editions Gallmeister Paris, 2013, 382 pages L\u2019Hexagone Depuis 60 ans des voix cj^uiportent Thierry Dimanche THEOLOGIE HEBDO Théologie hebdo Thierry Dimanche Germaine Beaulieu Reperes du silence La fin des temps par un témoin oculaire Vincent Lambert François Hébert Ou aller Ou aller rançois Hébert olivieri Librairie & Bistro Lectures du Noroît Le Lundi 21 octobre À 18h Martine Audet Des voix stridentes ou rompues Jean Chapdelaine Gagnon Antonia Luc C.Courchesne La dévoration Antonio D'Aifonso Un ami, un nuage Repères du silence Germaine Beaulieu Noroît À la librairie Olivieri 5219 Côte-des-Neiges RSVP : 514-739-3639 Bistro: 514-739-3303 Québec en toutes lettres Le festival Québec en toutes lettres bat son plein et continue, en son dernier sprint, de présenter, penser et s\u2019inspirer des écrits de Gabrielle Roy, pour déborder sur une réflexion sur «l\u2019imaginaire des femmes».Samedi, le lauréat du Gon-court Jean-Baptiste Del Amo propose une leçon de maître sur «la littérature et le mal».L\u2019auteur d\u2019Une éducation libertine et de Pornographia (tous deux chez Gallimard) réfléchira sur les liens, profonds, intemporels, entre la création littéraire et la part noire de l\u2019âme.A la bibliothèque Gabrielle-Roy, 14 h.Dimanche, on s\u2019interrogera sur les enjeux de la littérature des femmes lors de la table ronde Écrire et éditer au féminin pluriel.Les auteures ARCHIVES NATIONALES DU CANADA Gabrielle Roy France Théoret et Catherine Voyer-Léger ainsi que les éditrices Johanne Guay (Li-brex) et Mylène Bouchard (La Peuplade) seront présentes.Au studio P, 12 h.La programmation complète se retrouve sur www.quebe-centouteslettres.corn PAPINEAU SUITE DE LA PAGE F 1 qui oppose Amédée, à cause de son rejet du catholicisme, à d\u2019autres membres de la famille, tous élevés, comme lui, dans le libéralisme politique.Elle le fait comme pour mieux montrer à quel point les Papineau résument, magnifient, dramatisent les paradoxes et la complexité de notre psyché collective.Frère cadet d\u2019Amédée, Lactance est atteint de démence : il rêve de parfaire le catholicisme de ses compatriotes et finit ses jours à l\u2019asile.Déséquilibrée elle aussi, sa sœur Azélie, mère d\u2019Henri Bourassa, en vient.au nom d\u2019une religiosité exaltée, à dédaigner les relations ^sexuelles avec son mari.À l\u2019inverse, Amédée se montre le prophète païen de la persistance québécoise en épousant à 77 ans sa servante de 24 ans, beauté à qui il fait deux enfants pour une patrie grande comme le monde.Collaborateur Le Devoir LA SAGA DES PAPINEAU Micheline Lachance Québec Amérique Montréal, 2013, 600 pages r Porte d\u2019entrée Le livre inachevé de l\u2019orgueil des rats «Ambitieux.Téméraire, casse-gueule.Énigmatique.Puissant, fulgurant.Décousu.Inspirant.Troublant.Inracontable.Inclassable.Unique.Porte d\u2019entrée est tout ça en mémo temps, et plus encore.» Danielle Laurin, Le Devoir l\u2019Hexagone - depuis 1953 Une société de Québécor Média 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Société de déveioppement des entreprises cultureiles Québec H \u201c LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 F 3 LITTERATÜRE Autopsie d\u2019un couple Danielle f Laurin Six années se sont écoulées depuis Les trois modes de conservation des viandes qui passait au peigne fin la vie d\u2019un couple du point de vue masculin.Après un essai et une courte pièce de théâtre, Maxime-Olivier Mou tier revient en force au roman.Et il enfonce le clou des rapports de couple, cette fois du point de vue féminin.Depuis la parution il y a 15 ans de Marie-Hélène au mois de mars, inspiré d\u2019une peine d\u2019amour suivie d\u2019une tentative de suicide et d\u2019un internement psychiatrique, cet auteur n\u2019a cessé de mettre en question les pièges amoureux.Parfois avec véhémence, sur le ton de la vengeance, de la provocation.On ne retrouve pas dans son nouveau roman la même ferveur orageuse, la même fougue désespérée que dans l\u2019autofic-tion coup-de-poing qui l\u2019a mis au monde comme écrivain.Mais le jeune quarantenaire, devenu entre-temps psychanalyste, nous offre sans doute avec Scellé plombé son roman le plus achevé.Le plus mature ?Le plus cruellement lucide, certainement.Ça se lit d\u2019un trait.Ça coule, c\u2019est un flot.Quel ton, quel rythme.On est dedans, complètement.Parfois, ce qui ressemble à des évidences, au détour, mais on passe par-dessus.Des pages très crues, aussi.Et quand on croit avoir tout vu, tout compris, on risque d\u2019être encore surpris.Une femme écrit, peut-être bien qu\u2019elle parle.Peu importe, on y croit.On y croit, à cette femme, à son mal-être, son écroulement, son hébétude, sa soif de comprendre, tandis qu\u2019elle s\u2019adresse à son mari.L\u2019homme ne lui répond pas.Pour la simple raison qu\u2019il est.mort.On le sait dès le début.11 a été retrouvé sur un terrain de golf Accident, meurtre, suicide?Des indices nous sont donnés ici et là.Puis on finira par avoir le fin mot de l\u2019histoire.Vies secrètes Mais ce n\u2019est pas vraiment ce qui importe.Bon.On peut quand même arguer que le fait de savoir que le corps a été retrouvé en morceaux a quelque résonance.Dans le sens symbolique, littéraire, métaphorique.Cet homme-là était un homme fragmenté, morcelé.11 avait une vie compartimentée.Une vie cachée dont sa femme n\u2019avait pas la moindre idée.Mais sait-on vraiment avec qui on partage sa vie ?Elle non plus, du reste, ne lui Maxime-Olivier Moutier revient en force histoire inspirée des pièges amoureux.PEDRO RUIZ LE DEVOIR au roman avec une disait pas tout.Elle avait ses propres secrets.En fait, ils avaient chacun leur échappatoire, pour ne pas dire leur dépendance malsaine.Ils vivaient dans deux mondes séparés, ils étaient chacun de leur côté affli- sur les nerfs.11 faut dire qu\u2019il avait changé, aussi, qu\u2019il se laissait aller, qu\u2019il avait grossi, ne sentait pas toujours bon.Mais elle ne s\u2019épargne pas non plus.Elle avait ses torts, elle l\u2019avoue.Ce n\u2019est pas lui qu\u2019elle accuse.Le jeune quarantenaire nous offre sans doute avec Scellé plombé son roman le plus achevé gés de constater que leur couple s\u2019effritait et ils trouvaient du réconfort là où ils le pouvaient.Dix ans de mariage, trois enfants.Deux trentenaires, avec de bons emplois.Travailler plus, toujours plus, pour avoir plus d\u2019argent, ou plutôt pour consommer davantage.La course folle, la vie à toute allure.Et puis un jour, on se réveille à côté d\u2019un étranger.Ce pourrait être l\u2019histoire de plusieurs couples.Un bilan de leur échec amoureux: c\u2019est ce que se propose de faire cette femme, plusieurs années après la mort de son mari, alors que les enfants ont grandi, qu\u2019elle s\u2019est refait une vie, qu\u2019elle est devenue plus sage, moins exigeante, qu\u2019elle a appris à faire des compromis, laissé tomber son orgueil.Alors qu\u2019elle a abdiqué?La faute à qui?Elle commence par étaler tout ce qui la dérangeait chez lui, énumère tous ses travers.Tout ce qui au début de leur relation ne la dérangeait pas mais a fini par lui tomber royalement c\u2019est eux.Eux deux.Elle veut comprendre ce qui s\u2019est passé, pourquoi ils en étaient venus à ne plus pouvoir se parler, s\u2019écouter, se comprendre, s\u2019aimer, faire l\u2019amour.Ils ne se disputaient même plus, ça n\u2019en valait plus la peine.«Jamais, au jour de notre rencontre, dit-elle, je n\u2019aurais pu imaginer un tel dénouement.J\u2019entrevoyais une vie de rêve, moi aussi, avec des enfants qui chahutent et des amis qui viennent souper.» Ils se sont acharnés, malgré tout, à continuer à vivre ensemble.«Peut-être aurions-nous dû nous séparer.Nous qui ne voulions tellement pas en ar- river là.Mais nous qui étions aussi devenus comme tout le monde, à la longue.» Puis: «Nous attendions que le temps passe, nous attendions de voir, de ne plus être capables.» Bref, l\u2019usure du couple, normal, inexorable.«Il nous arrivait ce qui était arrivé à un milliard de personnes avant nous.Nous n\u2019avions pas fait mieux.» Tout s\u2019était déglingué dans leur couple, mais aussi du côté des enfants, qui avaient changé leur comportement, étaient tombés malades.Eaute d\u2019attentions soutenues, la maison familiale en avait elle aussi pris pour son rhume.«Autour de nous tout s\u2019effondrait.Je m\u2019effondrais, tu t\u2019effondrais.Les enfants s\u2019effondraient.» Effet miroir Comment en étaient-ils arrivés là?C\u2019est la question que se pose encore cette femme plusieurs années plus tard.La question qu\u2019elle nous pose à nous, en fait.«Au fond quoi ?Que s\u2019est-il passé?Nous n\u2019avons pas fait mieux que les autres.Nous sommes des milliers dans cette situation.On pourra avouer, au mieux, que nous avons failli.Et tout le monde nous pardonnera puisque nous serons devenus comme tous les autres.» Pour ce qui est du titre de l\u2019ouvrage, l\u2019auteur nous donne quelques pistes en ouverture : «Le scellé plombé est le quatrième mode de conservation des viandes.Il s\u2019agit d\u2019une pratique abandonnée aujourd\u2019hui, qui consistait à tremper des pièces de viande dans du plomb fondu, afin de les sceller et de neutraliser leur putréfaction naturelle.» Pratique abandonnée, prend le soin de préciser Maxime-Olivier Moutier, parce qu\u2019elle était dangereuse, qu\u2019elle entraînait des problèmes de santé, qu\u2019elle pouvait même provoquer un coma et la mort.Toxique, le plomb.«Le scellé plombé est un mode qui préserve, mais qui tue», précise-t-il encore.Comme le couple en fait.Du moins celui qu\u2019il met en scène ici, en nous tendant un miroir.SCELLÉ PLOMBÉ Maxime-Olivier Moutier Marchand de feuilles Montréal, 2013, 144 pages P 0GaspardLE DEVOIR 1 ALMARÈS Du 7 au 13 octobre 2013 Les heures africaines La sagace écriture de Linda Amyot, qui iui a vaiu ie succès que i\u2019on sait avec La fille d\u2019en face, donne à ces nouveiies une sensibiiité térébrante.Eiies font résonner de toutes ieurs forces une très fine fréquentation de i\u2019intime.Soeiété de développement des entreprises culturelles 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec El El \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Mensonges sur le Plateau-Mont-Roval \u2022 Tome 1 Un mariage.Michel David/Hurtubise\t\t-/I 2 Les héritiers d'Enkidiev \u2022 Tome 8 l\\n-Anshar\tAnne Robillard/Wellan\t1/3 3 Sous la surface\tMartin Michaud/Goélette\t-/I 4 Malphas \u2022 Tome 3 Ce gui se passe dans la cave reste.\tPatrick Senécal/Alire\t3/8 5 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 1 1886-1893\tLouise Tremblay-D'Essiambre/Guy Saint-Jean 2/10\t 6 Fanette \u2022 Tome 6 Du côté des dames\tSuzanne Aubry/Libre Expression\t6/3 7 Madame Tout-le-Monde \u2022 Tome 3 Châteaux de sable\tJuliette Thibault/Hurtubise\t5/4 8 Maggie \u2022 Tome 3 Le destin de Maggie\tDaniel Lessard/Pierre Tisseyre\t7/4 9 Séraphin.Nouvelles histoires des pavs d'en haut \u2022 Tome 1\tClaude-Henri Grignon/Québec Amérigue\t8/2 10 Le pot au rose\tDominigue Bertrand/Homme\t4/5 Romans étrangers\t\t 1 Crossfire \u2022 Tome 3 Enlace-moi\tSylvia Day/Elammarion Québec\t1/2 2 Interne\tDan Brown/Lattès\t2/20 3 Cinguante nuances de Grey \u2022 Tome 1\tE.L.James/Lattès\t6/54 4 Les perroguets de la place d'Arezzo\tÉric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel\t4/6 5 Cinguante nuances plus sombres \u2022 Tome 2\tE.L.James/Lattès\t5/40 6 Cinguante nuances plus claires \u2022 Tome 3\tE.L.James/Lattès\t7/36 7 Mauvaise étoile\tRoger Jeu Ellory/Sonatine\t3/8 8 Zoo\tJames Patterson I Michael Ledwidge/Archipel 9/3\t 9 Crossfire \u2022 Tome 1 Dévoile-moi\tSylvia Day/Elammarion Québec\t8/8 10 Crossflre \u2022 Tome 2 Regarde-moi\tSylvia Day/Elammarion Québec\t-/I Essais québécois\t\t 1 Tenir tête\tGabriel Nadeau-Dubois/Lux\t-/I 2 Syndicalistes ou voyous.Nos années à la FTQ-Construction\tJocelyn Dupuis I Richard Goyette/Homme\t1/3 3 Là où croît le péril.croît aussi ce gui sauve\tHubert Reeves/Seuil\t-/I 4 Le petit Fortin.Léconomie du Québec racontée à mon voisir\t1 Pierre Eortin/Rogers\t5/8 5 Résistance.Chronigues 2008-2009\tPierre Ealardeau/VLB\t3/4 6 Sans ménagement (confidences)\tJosée Blanchette/Elammarion Québec\t7/2 7 Le Sel de la terre\tSamuel Archibald/Atelier 10\t6/8 8 Désobéissez!\tVictor-Lévy Beaulieu/Trois-Pistoles\t-/I 9 Inclure.Quelle lâi'cité pour le Québec?\tJean Dorion/Québec Amérigue\t4/3 10 Est-il trop tard?Le point sur les changements climatigues Claude Villeneuve/MultiMondes\t\t9/2 Essais étrangers\t\t 1 Puissances d'hier et de demain.Létal du monde 2014\tCollectif/La Découverte\t1/2 2 Les personnages de Lucky Luke et la véritable histoire.\tCollectif/Historia\t4/8 3 Dette.5 000 ans d'histoire\tDavid Graeber/les Liens gui libèrent\t9/2 4 Vert paradoxe.Le piège des solutions écoénergétigues\tDavid Owen/Écosociété\t3/3 5 Compassion.Manifeste révolutionnaire pour un monde.\tKaren Armstrong/Belfond\t-/I 6 Légalité c'est mieux Pourguoi les écarts de richesses.\tRichard Wilkinson | Kate Pickett/Écosociété 2/4\t 7 La grande saignée.Contre le cataclysme financier à venir François Morin/Lux\t\t10/3 8 La mondialisation\tPhilippe Moreau Defarges/PHE\t7/2 9 Déconnectez-vous!\tRémy Oudghiri/Arléa\t-/I 10 Mafia calabraise.Les 10 commandements\tNicola Gratteri | Antonio Nicasio/LExpress -/I\t La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019infoimation et d\u2019analyse 6dspdti sur les ventes de livres français au Canada, Ce palmarès est extrait de Bdspdn! et est constitué des relevés de caisse de 215 points de vente, La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Bdspdré.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.POESIE D\u2019Alfonso dans la Cité HUGUES CORRIVEAU Il faut souvent chercher la poéticité des textes d\u2019Anto-nio D\u2019Alfonso du côté social de la pensée émotive, sous la forme d\u2019un questionnement constant de l\u2019honnête homme à propos de la place qu\u2019il tient dans la Cité et dans son commerce avec les autres.Poésie fortement engagée, poésie d\u2019introspection qui pose la dimension du langage au premier plan, celle du mot juste dans l\u2019incarnation de son identité.Un ami, un nuage s\u2019impose comme un acte d\u2019amour envers les proches du poète, ceux qu\u2019il côtoie, ceux qu\u2019il lit, aveu d\u2019une passion constante qui bouleverse le cœur et s\u2019acharne à la recherche du sens.C\u2019est aussi un constat d\u2019inquiétude qui fait trembler les certitudes aussi bien amicales qu\u2019amoureuses, aussi bien sociales que personnelles.Toujours au plus près des petites choses de la vie, du geste le plus quotidien, le poète s\u2019immisce entre les possibles lectures qui s\u2019offrent à la connaissance.Peut-être qu\u2019Antonio D\u2019Alfonso est un philosophe qui se fait poète pour mieux saisir les ambiguïtés du monde.Ainsi, rarement cherche-t-il la beauté de l\u2019image, privilégiant plutôt une approche qu\u2019on pourrait presque dire frontale des éléments poétiques.«La parole transformée est une cloche, / L\u2019amitié est une étoile sur notre front», dit-il, à la fin du recueil, comme si toute écriture devait sonner l\u2019alarme pour ameuter les sentiments altruistes.C\u2019est aux frontières des scissions, celles qui désunissent les peuples ou les proches, que s\u2019insinue cette poésie.Aride parfois comme doit l\u2019être toute conscience alarmée, douce aussi quand le cœur est aux abois, cette parole témoigne toujours du sort de l\u2019individu au bord d\u2019être largué, au bord de la rupture amoureuse.Dans ses rares moments d\u2019abandon, le poète se fait bellement lyrique : «Les étoiles remontent à la surface / Comme des baigneurs heureux // Pour respirer le jour turquoise / Qui s\u2019enfonce sous l\u2019eau de la canicule.» La route qui mène à ces textes d\u2019une densité redoutable s\u2019ouvre sur «un gros trou à la place du cœur./ Une ligne d\u2019ombre avance vers l\u2019autel du poète», pour donner libre cours à l\u2019imparable lucidité dont témoigne chaque texte, qui se tient au bord d\u2019un pessimisme larvé, d\u2019une peine fouissant cette âme d\u2019amoureux fragile qui s\u2019offre en pâture.Aux confins des doutes s\u2019impose le questionnement des déracinés, des déclassés, de ceux qui cherchent leur origine et l\u2019origine de ce qui fait que, malgré les désillusions, «L\u2019homme insignifiant aime d\u2019un amour qui ne sert à rien./ Son amour qui ne sert à rien pourtant guérit».Rien d\u2019insignifiant ici, au contraire, mais le témoin vivant d\u2019un monde en désaccord avec lui-même.Collaborateur Le Devoir UN AMI, UN NUAGE Antonio D\u2019Alfonso Editions du Noroît Montréal, 2013, 136 pages Invitation Lancement et remise du iV-: Prix Spirale Eva-Le-Grand Mercredi 23 octobre à 18h00 Librairie Olivieri 5219, Côte-des-Neiges, Montéal [Métro Côte-des-Neiges] Tél.: 514-739-3639 Pour information: spiralemagazine@yahoo.com arts lettres sciences humaines Prix Soirale Eva-Le-Grand L'équipe de Spirale aura l'immense plaisir de remettre son prix annuel de l'essai à l'un des trois finalistes pour 2012-2013 : -\tMARIE-CLAIRE BLAIS Passages américains (Boréal) -\tÉRIK BORDELEAU Foucault anonymat (Le Quartanier) -\tYVON RIVARD Aimer, enseigner (Boréal) Lancement Nous profiterons aussi de l'occasion pour souligner la parution de Éblouissement.Gilles Tremblay et la musique contemporaine, de Robert Richard.Robert Richard ÉBLOUISSEMENT GILLES TREMBLAY ET LA MUSIQUE CONTEMPORAINE F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 LIVRES LITTERATURE QUEBECOISE Le goût (ranci) du bonheur CHRISTIAN DESMEULES Humoriste déchu qui s\u2019est recyclé en agent immobilier de la banlieue sud de Montréal après un sérieux accident de la route, Mario Larochelle, alias «Rio», 45 ans, semble filer un authentique «bonheur clandestin».b fricote quelques soirs par semaine avec une ancienne star de la porno, Brigitte, qui habite avec un couple de trisomiques dont elle a la charge.A eux deux, entre des séances de jeux érotiques particulièrement imaginatifs qui épicent leur quotidien (vous prendrez des notes pour les travaux pratiques), ils cumulent une forte dose d\u2019expérience humaine.Et ces esprits libres, au cœur de Joie de combat, le septième livre de Jean-Marc Beausoleil, semblent avoir compris que, pour vivre heureux, il leur faut vivre cachés.Mais \u2014 car il y a un mais, sans quoi il n\u2019y aurait pas d\u2019histoire \u2014, cette harmonie sera troublée par l\u2019arrivée du progrès à Saint-Rancy, précédé de son bulldozer: la «normalité» banlieusarde finira par les retrouver avec l\u2019intention de leur faire avaler de force tous ses bienfaits.Le maire, le propre beau-frère de Rio, souhaite en effet raser Ca-ronville, où habite Brigitte, et les sept petites maisons occupées par des locataires marginaux, adeptes de la simplicité volontaire.Les autorités municipales considèrent l\u2019endroit comme un «bidonville» et feront tout leur possible pour y faire le ménage avant d\u2019y «créer de la richesse».Mais la résistance s\u2019organise, qui viendra vite cristalliser tous les enjeux de ce conflit local.Vont ainsi affluer à Caronville manifestants, touristes de la contestation tous azimuts, «grat-teux de guitare» et autres «po-teux».Une bataille un peu désespérée, pour tout dire, à la David contre Goliath.Guindonville On trouve dans Joie de combat une galerie de personnages colorés, sauvés de la caricature par la densité que l\u2019auteur leur insuf fie : un maire aux ambitions politiques sans limites, aussi ven- deur de véhicules récréatifs, un journaliste émule de Hunter S.Thompson, un sculpteur activiste qui propose de remplir le site d\u2019inukshuks, un policier borné et antipathique, en plus de deux couples de tourtereaux.Drôle d\u2019objet que le dernier roman de Jean-Marc Beausoleil, où s\u2019exprime, vous l\u2019aurez compris, un abondant discours social, qui s\u2019inspire ouvertement des événements qui ont agité Guindonville, à Val-David, dans les Laurentides, durant l\u2019été 2003.L\u2019auteur était d\u2019ailleurs à l\u2019époque journaliste à LEcho du Nord.Une dimension que le narrateur, «comique» au rancart, rend tout à fait vraisemblable, sans qu\u2019on s\u2019étonne trop de ses positions tranchées sur tout et sur rien.À la fois éloge des marges et critique de l\u2019activisme tourbillonnant, Joie de combat, en parvenant à éviter le manichéisme, est sans doute \u2014 malgré son déroulement un peu prévisible \u2014 l\u2019un des meilleurs titres de Jean-Marc Beausoleil, qui nous avait notamment donné auparavant La conversation française (Lanctôt, 2001), Utopie taxi et Blanc bonsoir (Triptyque, 2010 et 2011).Mais revenons à nos moutons \u2014 qui seront bientôt tondus.Laut-il préciser que Rio, en tant qu\u2019agent d\u2019immeubles, «marche sur le fil du rasoir» ?Après la séance du conseil municipal qui viendra officialiser l\u2019expropriation de Caronville, il devient sona non grata parce que soupçonné de parler des deux côtés de la bouche.Même sa Brigitte, qui boude depuis quelque temps leurs séances, finit par lui servir un ultimatum: «Cest comme si tu travaillais dans un camp de concentration tout en étant marié à une Juive.» Coincé, désespéré, dépossédé de son bonheur tranquille, Rio n\u2019aura plus qu\u2019à envisager tous les sacrifices.Collaborateur Le Devoir JOIE DE COMBAT Jean-Marc Beausoleil Triptyque Montréal, 2013,210 pages Apollinaire l\u2019enchanteur Une biographie incontournable du poète et épistolier amoureux GILLES ARCHAMBAULT Léautaud, dans son Journal littéraire, qualifie Apollinaire d\u2019enchanteur.Comment peut-on en douter?Tout, dans son destin, relève du mythe.Il faut s\u2019étonner de ce qu\u2019une pareille figure des lettres françaises n\u2019ait pas fait l\u2019objet d\u2019une biographie d\u2019envergure depuis une quarantaine d\u2019années.Laurence Campa est universitaire et spécialiste de la littérature française du début du XX® siècle.Son Guillaume Apollinaire est une somme, à n\u2019en pas douter.Il ne s\u2019agit aucunement de ces évocations évasives d\u2019une vie.Bien au contraire.Avec une méticulosité constante, elle s\u2019attache à son sujet, ne se contentant jamais d\u2019approximations, se référant constamment à des témoignages d\u2019époque.Parfaitement au fait de la vie littéraire et artistique du début du siècle dernier, elle sait donner vie à une période particulièrement fervente de l\u2019histoire européenne.«Peu à peu, écrit la biographe, le livre s\u2019est mué en quête dans l\u2019univers d\u2019Apollinaire, parmi les pages des poètes et des toiles des peintres, au cœur d\u2019un univers de mots, d\u2019images et de créations extraordinaires.» Comme livre de référence, c\u2019est une mine.Laurence Campa écrit sans fard et sans recours à des explications «psychologiques».Elle n\u2019interprète pas un geste, n\u2019avance une explication que texte à l\u2019appui.Ainsi pourra-t-on se servir de sa biographie comme d\u2019un guide servant à comprendre un écrivain dont l\u2019œuvre est plus vivante que jamais et à y voir un peu plus clair dans le mouvement des idées et de la sensibilité des années 1900.A ceux qui, comme moi, ne sont pas des inconditionnels d\u2019Apollinaire toutefois, cette approche biographique, tout admirable qu\u2019elle est, pourra paraître tatillonne par endroits.Laurence Campa tire profit de sa profonde connaissance du sujet.Nous fait-elle la relation d\u2019une soirée, elle ne manque jamais de nous décrire en détail les personnalités présentes, qu\u2019il s\u2019agisse ou non de figures qui importent.Ce souci de la précision à tout prix nuit à la lisibilité de l\u2019entreprise.Au lecteur qui consacrerait à ce livre le temps et le sérieux nécessaires, je promets toutefois des heures de contentement.Il lui faudra être patient.Tant mieux pour lui si sa soif d\u2019apprendre et sa curiosité sont sans bornes.Il trouvera alors aisément matière à émerveillement.Petite et grande vie Apollinaire naît en 1880.Sa mère, issue de la petite noblesse polonaise, aura une vie sentimentale compliquée et voyagera beaucoup, au gré de ses amours.De son vrai nom Wilheim Apolinaris de Kos-trowitsky, il ne fera pas d\u2019études sérieuses.Jusqu\u2019à l\u2019âge de sept ans, il ne parle qu\u2019italien et polonais.Très tôt, il doit se débrouiller pour subsister.Les petits boulots se succèdent.Il est gratte-papier, nègre, journaliste, directeur bénévole de revues éphémères.Il se rend à la Mazarine, déterre des livres dits li- D\u2019instinct, Guillaume Apollinaire s\u2019est intéressé à la création.cencieux dans son Enfer et les publie pour un public de fins connaisseurs cousus d\u2019or.Comme si ce n\u2019était pas suffisant, il publie les Onze mille verges qui font scandale.Il sera incarcéré quelques jours à la suite d\u2019une accusation de recel de deux statuettes subtilisées au Louvre.Mais il y a bien plus que cette activité modestement lucrative.Apollinaire s\u2019intéresse d\u2019instinct à ce qui est création.Sa connaissance des textes du passé ne l\u2019empêche en rien de se lier avec les jeunes poètes et les jeunes peintres.Cubisme et dadaïsme sont dans leurs balbutiements.Critique d\u2019art, il multiplie les collaborations journalistiques.Il a pour amis Picasso, Braque, Kandinsky, Chirico, bien d\u2019autres peintres aux prises avec l\u2019académisme régnant.Ses amours ne seront pas de tout repos.On connaît ses let- tres admirables adressées à Louise de Coligny-Châtillon, dite Lou, et celles destinées à Madeleine Pagès.Il y eut aussi la liaison avec Marie Laurencin.Apollinaire est dans sa correspondance un confident ardent, traduisant sa passion avec fougue.La littérature française compte peu d\u2019épistoliers qui aient su évoquer le désordre amoureux avec autant de conviction.Le lecteur d\u2019aujourd\u2019hui, pour peu qu\u2019il s\u2019en donne la peine, trouve dans sa poésie une fraîcheur étonnante.Il y a bien plus que cet admirable Pont Mirabeau que tout le monde connaît.La modernité, le refus des oripeaux du symbolisme, la sensibilité, tout concourt à faire d\u2019Apollinaire cet enchanteur devant qui on ne résiste pas.«Ma pensée est une femme au regard farouche semblable/à cette femme sculptée par Michel-Ange/sur un tombeau/Elle déchire mon cœur de ses ongles rouges de mon sang.» Ce poème, on le trouve dans une lettre à Madeleine Pagès, citée par Laurence Campa.Il l\u2019écrivit un peu plus de deux ans avant sa mort survenue en 1918.Savamment annotée, comportant un index indispensable, cette biographie nous offre d\u2019intéressants documents iconographiques.Collaborateur Le Devoir GUILLAUME APOLLINAIRE Laurence Campa Gallimard Paris, 2013, 812 pages ESSAI Parti pris a 50 ans Deux rencontres à la librairie Paulines CHRYSTINE BROUILLET Dimanche 20 octobre 14 h Avec Chrystine Brouillet Animation Richard Migneault Contribution suggeree 5 $ LOUIS CORNELLIER En octobre 1963, à Montréal, André Brochu, Paul Cham-berland, Pierre Maheu, André Major et Jean-Marc Piotte, tous dans la vingtaine, lancent Parti pris, revue politique et culturelle qui entend défendre, radicalement, le laïcisme, le socialisme et l\u2019indépendance du Québec.«La revue, écrira Jacques Perron en 1972, éclata sans crier gare comme un été de Gaspésie, province où il n\u2019y a pas de printemps.» Cinq ans plus tard, après avoir bousculé le monde intellectuel et littéraire québé- cois, elle cessera de paraître.Pour souligner le 50® anniversaire de ce grand moment de notre histoire intellectuelle, deux importants essais sont réédités.Aux Presses de l\u2019Université de Montréal paraît un fac-similé de l\u2019édition originale de Parti pris littéraire, de notre collaboratrice Lise Gauvin, et aux éditions Nota bene est lancée une édition de poche de Parti pris: idéologies et littérature, l\u2019ouvrage de référence de Robert Major.Descriptif et analytique, l\u2019essai de Gauvin, d\u2019abord paru en 1975 et qui se lit encore avec I plaisir, va à l\u2019essentiel et est très éclairant.Son chapitre sur «L\u2019épopée du jouai» rappelle que les partipristes ne se complaisaient pas gratuitement dans ce registre, qu\u2019ils l\u2019utilisaient plutôt avec «le désir d\u2019exprimer [.] la dépossession elle-même».«L\u2019état d\u2019une langue, écrivait alors Gaston Miron, reflète tous les problèmes sociaux.» Rédigé dans une perspective critique et admirative.Parti pris: idéologies et littérature, d\u2019abord paru en 1979, est le grand essai consacré à la célèbre revue.Major, professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa, fait le tour de la question, analyse en détail les sources idéologiques (Marx, Sartre, Memmi, Eanon, Berque) des partipristes pour montrer que ces derniers ne sont pas toujours à la hauteur de leurs modèles théoriques et propose une lecture perçante des articles et des ouvrages des jeunes écrivains engagés.Cinquante ans plus tard, en lisant ces remarquables essais, on se prend à s\u2019ennuyer de l\u2019énergie décolonisatrice qui animait l\u2019équipe de Parti pris.Collaborateur Le Devoir Jeudi 24 octobre 19 h 30 Sous la direction de Sophie Imbeault, Denis Vaugeois et Laurent Veyssière La surchauffe de nos agendas Avec Christine Lemaire Contribution suggeree 5 $ La nouvelle edition des Histoires d\u2019hiver de Marc Robitaille Beaucoup plus qu'une librairie! 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585\tï i^ulines [RRAIRIE .avec encore plus de rues, d\u2019écoles et de hockey LE TRAITE DE PARIS BOULEVERSE L AMERIQUE 4 ROI 'Enlihràirie^ ¦lia mm\tn SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC L'ENIGME DU RETOUR RENCONTRE AVEC L\u2019AUTEUR DANY LAFERRIERE ET L\u2019ARTISTE PIERRE TOUGAS Parabole du failli LE JEUDI 24 OCTOBRE A 19 H Librairie Monet « Parabole du failli est un texte beau et glissant, incertain.une formidable réussite.» Galeries Normandie, 2752, rue de Salaberry, Montreal (QC) H3M 1L3 Reservations 514 337-4083 ou evenements@librairiemonet corn Nils AhI.Le Monde des livres ¦« mevelepfÊement ties entremrises 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec E9E9 Art Global LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 F 5 LITTERiTURE La Vitrine FrmBfTïls lurcdii Le décrocheur et la suppléante JEUNESSE LE DÉCROCHpUR ET IA SUPPLEANTE François Barcelo Soulières éditeur Saint-Lambert, 2013,104 pages En romancier pour adultes, François Barcelo est caustique, joyeusement provocateur et cynique.En romancier pour jeunes, il est tendrement espiègle.Il nous présente, cette fois, Roméo, un élève du secondaire tenté par le décrochage, et Juliette, une jeune et jolie enseignante sans emploi fixe, nouvellement mère de famille et légèrement dissipée.Les deux héros, qui se partagent à tour de rôle la narration, se croiseront par hasard au centre commercial, grâce au bébé de Juliette.Cette dernière, pleine de charme, convaincra doucement Roméo de retourner à l\u2019école, en lui faisant comprendre que ce n\u2019est pas si plate.Le jeune homme la remerciera en la recommandant à la directrice d\u2019école.Sans moraliser, Barcelo chante l\u2019école et les enseignants qui la rendent stimulante.Louis Cornellier UNE PETITE TENTATION BANDE DESSINEE UNE PETITE TENTATION Jim et Grelin Vent d\u2019Ouest Paris, 2013,148 pages Quand la bande dessinée se fait impudique, tout en explorant le tabou de l\u2019adultère et de l\u2019ascension sociale par l\u2019abus d\u2019une plastique avantageuse, cela donne Une petite tentation, brique en forme de chronique coquine du quotidien qui a tout pour émouvoir.Normal.Sous le coup de crayon très moderne et texturé de Grelin, l\u2019œuvre dévoile les courbes aguichantes de Calista et Anna, deux jeunes étudiantes parisiennes qui, entre le gardiennage d\u2019enfants et la fête sans peur du lendemain, se rêvent un nouveau destin fait de grands appartements, de voitures de luxe et de robes griffées.Un défi fou (se taper un homme marié en abusant du décolleté) lancé à l\u2019une par l\u2019autre va très vite les amener à explorer le côté vénal de leur identité, mais également à s\u2019interroger sur leurs limites à l\u2019heure de leur passage dans la vie adulte.PTein de charme, pas forcément dénué de réflexion et, du coup, tout à fait charmant.Fabien Deglise GLOBE REVUE GLOBE Revue internationale d\u2019études QUÉBÉCOISES Volume 16, numéro 1 Montréal, 2013, 230 pages La littératie revient souvent dans les débats, qu\u2019on parle éducation ou littérature.Le dernier Globe collige à propos une demi-douzaine d\u2019études sur le sujet, de la fracture numérique à «la littératie médiatique à l\u2019école», en passant par un «état des lieux en sciences de l\u2019éducation» pour la francophonie.Entre autres.Pour compléter le tout, un bonbon: la transcription d\u2019une entrevue exclusive de l\u2019auteur de l\u2019ouvrage Le meilleur des mondes, Aldous Huxley, par Hubert Aquin, tournée pour l\u2019émission Premier plan en 1960.Les deux auteurs y parlent drogues, surpopulation, intelligence et bombe atomique.Catherine Lalonde Un nouveau western, dans les territoires mythiques de l\u2019Ouest Coup de feu dans la rentrée.Céline Minard signe un western emballant, inspiré par l\u2019imaginaire des hauts plateaux américains et de leurs puissants nomades, Amérindiens et Blancs.GUYLAINE MASSOUTRE Mort en août 2013, Elmore Leonard, maitre du western et du polar américain, a vu rassemblées ses nouvelles en trois volumes chez Rivages.Son esprit vit encore, puisque l\u2019éditeur publie Faillir être flin-gué, un nouveau western épatant signé Céline Minard.Y défile une collection de portraits burlesques et vivants, dans une bousculade déchai-née.Ce roman de cavalcade et de mitraille, de coups de couteaux et d\u2019éperons, d\u2019alcool et de chansons, jubilatoire, est le plus surprenant de l\u2019année.Si les romans « américains » se dénombrent à foison, nul ne vaut celui-ci.Minard tire en premier.Ce qui enchante ?La langue, ni forcée ni simplifiée, juste inspirée \u2014 qu\u2019on pense aux adaptations de Leonard pour le cinéma par Quentin Tarantino et Steven Soderbergh.La narration bouge caméra à l\u2019épaule.Les personnages montrent leur caractère trempé : la loi du genre est retrouvée.Du western à l\u2019écriture Ce Faillir être flingué raconte une épopée d\u2019indiens et de Blancs.Suivez Bird Bois-verd dans «le Grand Ouest»'.Coutumes de chamans et travers de hors-la-loi, mœurs sauvages et cruautés diverses, passion des chevaux et des armes, tout bouge, ricoche et divertit.Minard joue avec l\u2019attaque, la survie à partir de rien et la connivence du lecteur avec les paysages grandioses du Far West, où elle n\u2019a jamais mis les pieds.Nulle référence du genre ne lui échappe.On le voit aux signes de piste dans son co- ministre DES APPROVISIONNEMENTS ET SERVICES CANADA 1992 Faillir être flingué raconte une épopée d\u2019indiens et de Blancs; coutumes de chamans et travers de hors-la-loi, mœurs sauvages et cruautés diverses, passion des chevaux et des armes, tout bouge, ricoche et divertit.man: noms ludiques, lieux, vocables, scènes.Cet humour-là, tout littéraire, joue sur les punchs narratifs, l\u2019angoisse, le montage de décors attendus, où explosent les gueules balafrées.Suspense, tourments et randonnées sauvages dans les plaines de l\u2019Ouest, rien ne manque.Elle a lu Cormac McCarthy, Dorothy Johnson, Tony Hillerman, Francis Parkman {The Oregon Trail), Charles Reznikoff, Jeffrey Lent, Frank Mayer, Rudolf Wurlit-zer.Elle a beaucoup retenu des auteurs de pulp magazines et des Contes des Indiens d\u2019Amérique du Nord parus chez Corti.Se défendant d\u2019être puriste, de faire du western américain, italien ou thadandais, elle les a ingurgités avec voracité, de La horde sauvage du Californien Sam Peckinpah aux Trois enterrements de Melquiades Es- trada du Mexicain Guillermo Arriaga.Dans ce huitième livre, la romancière, formée en philosophie, s\u2019empare du western, confirmant son audace depuis Bastard Battle (Tristram, 2008), où elle inventait une pseudolangue du XV® siècle, et So Long, Luise (Denoel, 2011), imaginaire fantastique, poétique et corsé d\u2019une dame âgée.Elle aime les cosmologies, leurs territoires et les récits qui les hantent, et elle y plonge en écrivant à l\u2019oreille, sans plan.Des chevaux, des hommes et des flingues Le roman sert bien le cinéma, et inversement.Chez Minard, on est dans un espace littéraire, qui change allègrement de point de vue.Précis comme un scénario d\u2019Akira Kurosawa et flou comme une fresque, la mort balaie les personnages.Encore que la chevauchée s\u2019arrête aux étapes du genre et les détaille.Si le lecteur précède l\u2019auteure, la mort présentera un nouveau visage.Spectacle médusant que ce ballet de balles perdues, rythmé et scandé ! En lice pour le Médicis et le Femina, ce roman « mauvais genre » est une performance, une épopée incandescente et drolatique, mi-parodique, mi-sérieuse.De William Carlos Williams, Allen Ginsberg ou Robert Creeley, elle adopte lyrisme et mythes américains.Mais avec le brio d\u2019une passion bien couvée, elle répond à Paul Shepard, qui donnait en 1996 un condensé de son œuvre, Nous n\u2019avons qu\u2019une seule terre (Corti, 2013), où il a mis son credo sur l\u2019engrenage des civilisations, absurdement occupées à détruire ce qui les précède.Collaboratrice Le Devoir FAILLIR ÊTRE FLINGUÉ Céline Minard Rivages Paris, 2013, 326 pages EN BREF Bret Easton Ellis en désaccord avec Stockholm L\u2019écrivain américain Bret Easton Ellis, auteur 6\u2019American Psycho et de l\u2019excellent Lunar Park, a fustigé sur son compte Twitter personnel la décision de l\u2019Académie des prix Nobel d\u2019accorder sa palme en littérature à Alice Munro.La décision a été saluée, en 140 caractères ou par des voies plus exhaustives, par plusieurs auteurs, dont Margaret Atwood et le nouvelliste américain Jeffrey Euge-nides.Mais pour Easton Ellis, qui exprime souvent des «Ê Presses de rUniversité du Québec LE NOUVEL ORDRE CONSTITUTIONNEL CANADIEN Sous la direction de François Rocher et ienoît Pelletier LE NOUVEL ORDRE CONSTITUTIONNEL CANADIEN DU RAPATRIEMENT DE 1982 A NOS JOURS Sous la direction de François Rocher et Benoît Pelletier Collection Politeia 352 pages | 978 2 7605 3760 6 CONNAITRE DIFFUSER ET AGIR A.A- r puq ca puq ca/blogue Q twitter com/PressesUQ D facebook com/PressesUQ CRÉER ET PARTAGER LA PROSPÉRITÉ SORT R LECONOMIE CANADIENNE DE L IMPASSE DIANE BELLEMARE f Presses de I Université du Quebec CREER ET PARTAGER LA PROSPÉRITÉ SORTIR LECONOMIE CANADIENNE DEL IMPASSE Diane Bellemare 252 pages | 978 2 7605 3798 9 BSP PDF EPUB opinions à contre-courant, «Alice Munro est surestimée», et le prix Nobel «n\u2019est qu\u2019une blague».Les lecteurs, semble-t-il, décideront eux-mêmes : sept titres de Munro se hissaient au palmarès des 20 meilleurs vendeurs de la branche canadienne d\u2019Amazon dès le lendemain du prix, selon l\u2019Asso-ciated Press.Sur le site américain d\u2019Amazon, c\u2019est cinq livres de Munro qui rejoignaient le palmarès des 30 meilleurs vendeurs.GABRIEL BOUTS AFP Bret Easton Ellis, auteur Le Devoir dé American Psycho Le lecteur traversera cet ouvrage en étant d\u2019abord ému par la beauté de l\u2019écriture.Chacun de ces parcours, aussi différents soient-ils, tiennent de la même humanité, que Gilbert suit avec un pas de danseur de ballet : aérien mais d\u2019une précision redoutable.514 524-5558 lemeac@lemeac.com ciz/tureî/es Québec F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 ESSAIS Gabriel Nadeau-Dubois dans la tourmente Contrairement à ce qu\u2019une certaine pensée « mononcle » veut faire croire, la désobéissance civile bien comprise n\u2019est pas un parti pris pour le chaos Louis CORNELLIER Gabriel Nadeau-Dubois (GND) ne sera pas un feu de paille.Le jeune militant, comme en fait foi l\u2019essai qu\u2019il publie ces jours-ci, a beaucoup d\u2019aplomb et déjà une bonne dose de sagesse.Ses adversaires, pendant le printemps étudiant de 2012, ont voulu le présenter comme une tête brûlée, comme un boutefeu gauchiste épris de désordre.En publiant, un peu plus d\u2019un an après les événements, Tenir tête, un essai sérieux, solide et intelligent, le jeune homme vient faire avec brio la barbe à ses contempteurs.Récit honnête et plein d\u2019humanité des coulisses «du plus grand débrayage de notre histoire, tous domaines confondus».Tenir tête est aussi un livre d\u2019idées, dans lequel GND défend un modèle de société fondé sur le «maintien des conditions institutionnelles d\u2019existence de la classe moyenne» et sur une fiscalité progressive.Les libéraux de Jean Charest et leurs alliés médiatiques ont défendu, dans ce conflit, une conception étriquée de la démocratie et de l\u2019éducation.En réduisant la première au seul droit de voter tous les quatre ou cinq ans et en condamnant les manifestations et «la rue», ils ont montré les limites de leur foi démocratique.«Si ceux qui appelaient le gouvernement à refuser de dialoguer avec les étudiants étaient un tant soit peu conséquents avec leurs prises de position, explique justement GND, ils cesseraient d\u2019écrire des éditoriaux sur-le-champ.En effet, si on réduit la démocratie à la joute électorale et aux décisions de ceux qui en sortent gagnants, on ne voit pas à quoi servirait le débat public entre les élections.» La désobéissance civile bien comprise, continue GND, n\u2019est pas, contrairement à ce qu\u2019une certaine pensée «mononcle» veut faire croire, un parti pris pour le chaos; «elle ne refuse pas les institutions, mais leur détournement», comme dans le cas du projet de loi 78.Assauts argumentatifs La logique de la «juste part» et de «l\u2019utilisateur-payeur», défendue par Raymond Bachand au nom d\u2019une «révolution culturelle», ne résiste pas non plus aux assauts argumentatifs de GND.«Le bénéfice social des études univer- VICTOR DIAZ LAMICH Avec Tenir tête, Gabriel Nadeau-Dubois montre à ses dépréciateurs qu\u2019il ne sera pas un feu de paille.sitaires, rappelle ce dernier en citant le rapport Parent, a plus de poids que le bénéfice individuel.» Endetter lourdement les étudiants pour leur permettre d\u2019accéder à ces études revient à renier ce constat qui est au cœur du modèle québécois et à pousser les diplômés vers le seul appât du gain pour rentabiliser cet investissement.Bachand n\u2019a pas dit, explique GND, que l\u2019ordre social qu\u2019il voulait remplacer, «c\u2019était celui de la classe moyenne, et que cet ordre-là avait au moins un mérite: il tentait de libérer les personnes des nécessités économiques».Critique féroce et brillant de «l\u2019université de l\u2019excellence», ce modèle à l\u2019américaine dans lequel, selon Guy Breton, recteur de l\u2019Université de Montréal, «les cerveaux doivent correspondre aux besoins des entreprises», GND dénonce la privatisation des savoirs, la bureaucratisation des institutions, la marchandisation des diplômes, la clientélisation des étudiants et plaide pour «une université accessible et gratuite, libre de poursuivre sa vocation universelle [développement de la culture, des savoirs et quête de vérité] et qui offre aussi une solide formation professionnelle».Quand il revient sur la «brutalité médiatique» (l\u2019expression est du philosophe Christian Nadeau) et la brutalité policière réservées aux étudiants pendant les événements, GND laisse poindre l\u2019émotion.Les grévistes, faut-il le rappeler, ont d\u2019abord été qualifiés d\u2019en-fante-rois nombrilistes, de privilégiés opportunistes, pour être ensuite traités avec mépris, et en toute incohérence, de dangereux révolutionnaires anarchistes et communistes.«Niant aux étudiants le statut d\u2019adversaires légitimes, écrit GND, [l\u2019élite médiatique] avait refusé d\u2019entendre leur cause, refusé d\u2019examiner sérieusement leurs arguments, elle avait tourné le dos au débat, elle leur avait craché au visage, méprisé leur détresse, raillé leurs espérances.» Au nom du respect de l\u2019ordre social à tout prix, de nombreux éditorialistes et chroniqueurs soi-disant respectables ont «préféré le combat de ruelle au débat démocratique» et appuyé aveuglément des forces policières n\u2019hésitant plus à jouer de la matraque et de l\u2019intimidation.Nadeau-Dubois raconte même que, sous prétexte de lui assurer une protection policière, la Sûreté du Québec l\u2019aurait incité, par des menaces détournées, à «collaborer» avec elle.A l\u2019heure des bilans, il y a, manifestement, pour ceux qui croient vraiment à la démocratie québécoise, des leçons à tirer de cette brutalité médiatique et policière.Motifs de réjouissance Malgré tout, malgré le dénouement ni chair ni poisson de la crise, GND, étonnamment serein, retient quelques motifs de réjouissance.Cette grève, écrit-il, «a été la meilleure école d\u2019engagement politique que l\u2019on puisse imaginer».Elle a été l\u2019occasion d\u2019un débat sur des valeurs fondamentales et a permis à une jeunesse éloquente (et non «articulée», comme l\u2019écrit GND en reprenant un anglicisme répandu), souvent considérée comme strictement individualiste et apolitique, de s\u2019inscrire pleinement dans le débat public.En restera-t-il quelque chose, à cet égard ?Peut-on croire, comme GND nous y invite, que cet engagement aura des suites et marque, d\u2019une certaine façon, le réveil politique d\u2019une génération, à laquelle le jeune militant rend hommage ?Il faut, malheureusement, en douter.Le climat social de dépolitisation règne presque partout en Occident, nourri par un culte de la gouvernance sans projet autre que la croissance économique à tout prix et adossé à un fatalisme du chacun pour soi.Eaire perdurer le sursaut étudiant, dans ces conditions, s\u2019annonce comme un sacré défi.Il y a, pourtant, plus de grandeur, de noblesse et de plaisir, même, à tenir tête à ceux qui veulent nous rapetisser qu\u2019à s\u2019adapter servilement à un modèle économique qui nous réduit au statut de ressources humaines.C\u2019est le message du beau livre, rondement et habilement mené, de Gabriel Nadeau-Dubois.louisco@sympatico.ca TENIR TÊTE Gabriel Nadeau-Dubois Lux Montréal, 2013, 224 pages La compassion d\u2019Hubert Reeves Le scientifique chouchou rappelle l\u2019urgence de penser une éthique de la Terre LOUIS CORNELLIER Attachant professeur de Big Bang, incarnation de la sagesse écologique contemporaine et poète des étoiles, Hubert Reeves est probablement, pour toutes ces raisons, le scientifique préféré des Québécois.La douceur qui accompagne toujours l\u2019expression de son savoir rend sa pédagogie charismatique et efficace.Dans Là où croît le péril.croît aussi ce qui sauve, l\u2019astrophysicien reprend à sa bienveillante manière son bâton de pèlerin pour raconter deux histoires.La «belle-histoire» est celle de l\u2019évolution de la matière, caractérisée par la «croissance de la complexité», qui nous révèle notre origine cosmique.La «moins-belle-histoire» est celle de l\u2019intelligence humaine, trop souvent obsédée par la quête de puissance et de pouvoir et, par conséquent, responsable de la crise écologique actuelle.L\u2019évolution, en d\u2019autres termes, a mené à l\u2019humain, mais ce dernier n\u2019est pas toujours à la hauteur de son statut.«Aucune espèce, écrit Reeves, n\u2019a jamais eu une interaction plus désastreuse avec son environnement naturel.Après seulement quelques millions d\u2019années, notre avenir est déjà bien incertain.» Heureusement, un «réveil vert» est possible.Du vert au noir La science récente, explique l\u2019astrophysicien, suggère, d\u2019une certaine façon, que «la matière était grosse de la vie et [que] la vie était grosse de l\u2019homme».Reeves, pour le moment, refuse d\u2019en tirer une conclusion métaphysique sur le statut de l\u2019humain et se contente d\u2019observer les faits en réservant son jugement.Il constate néanmoins, comme bien d\u2019autres, que «les forces qui régissent la matière semblent finement \u201cajustées\u201d pour l\u2019apparition de la complexité, de la vie et de l\u2019intelligence dans l\u2019Univers» et il enrichit sa démonstration par des explications sur la granularité du rayonnement fossile, sur la matière et l\u2019énergie sombres, sur les neutrinos et sur l\u2019évolution du vivant.Malgré le talent de vulgarisateur du professeur, on ne comprend pas tout, loin de là, mais on saisit au moins que, «sans ça, nous ne serions pas là pour en parler».La «moins-belle-histoire», toutefois, noircit le portrait.Avec son intelligence, en effet, l\u2019humain a développé une puissance qui menace sa propre existence et celle des autres espèces.«Depuis cent mille ans, constate Reeves, l\u2019humain saccage sa planète.» Le reconnaître pour se donner les moyens de renverser la vapeur est donc une urgente nécessité.Depuis la fin du XIX® siècle, se réjouit le scientifique, ce «réveil vert», fondé sur «la prise de conscience de l\u2019interdépendance de tous w I JOHN FOLEY Dans Là où croît le péril.croît aussi ce qui sauve, Hubert Reeves s\u2019épanche sur la relation trouble entre l\u2019humain et l\u2019environnement.les êtres vivants» et sur l\u2019idée que «protéger la biodiversité, c\u2019est veiller au bon fonctionnement des processus naturels qui perpétuent la vie», est en marche.Il faut, insiste Reeves, l\u2019accélérer, passer de la puissance à la compassion dans notre rapport avec le monde pour développer une «cosmoéthique», une «éthique de la Terre» qui serait une sorte de «nouvel humanisme, étendu à la biosphère et à tous les éléments auxquels nous sommes, de près ou de loin, reliés pour notre existence».Sans ça, en effet, viendra un jour oû nous ne serons plus là pour raconter la «belle-histoire».Livre de science et de morale, cet essai n\u2019est pas le plus fort dans l\u2019œuvre de Reeves \u2014 il ne fait, au fond, que reprendre sur le mode de l\u2019urgence des thèmes abondamment développés dans ses ouvrages précédents \u2014, mais il lance un cri d\u2019alarme que nous serions fous d\u2019ignorer.Collaborateur Le Devoir LÀ OÙ CROÎT LE PÉRIL.CROÎT AUSSI CE QUI SAUVE Hubert Reeves Seuil Paris, 2013,180 pages éditeur DB ©Également disponible en version numérique www.editionsxvz.com Stéphane Achille Corbeau et Novembre Stéphane Achille Corbeau et Novembre L\u2019été où tout bascule.vient De paRaitRe Dossier Politique municipale sortir du cul-de-sac NUMÉRO 768 \u2022 NOVEMBRE 2013 Les auteurs : Sandra Breux, Catherine Caron, Guy Dufresne, Marie-Josée Fortin, Yann Fournis, Pierre J.Hamel, Anne Latendresse, Mario Lavoie, Marc Simard.À lire aussi: le Carnet de Naïm Kattan, la chronique littéraire de Marie-Célie Agnant, une réflexion sur la Commission de vérité et réconciliation, une analyse sur la Bosnie Herzégovine et un débat: les intellectuels, une espèce en voie de disparition?Artiste invité : Pierre Crépô Sommaire détaillé et abonnement en ligne: www.revuerelations.qc.ca Citoyens ou clients de la ville?Le rôle des élus locau Montréal, un chantier pour la gauche Presse régionale; combler le vide démocratique leTrS\t«conciliation: drame des pensionnats autochtones 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES Un an : 40 $ Deux ans : 70 $ À l'étranger (un an) : 55 $ Étudiant: 25 % (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 $ (un an) 514-387-2541 p.226 | relations@cjf.qc.ca Relations : 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P1S6 EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 6,00 $ + TAXES Oui, je désire un abonnement de NOM _______________________ .an(s), au montant de ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉLÉPHONE (.Je paie par chèque (à l'ordre de Relations) D ou carte de crédit D NUMÉRO DE LA CARTE |\t|\t|\t|\t|\t|\t|\t|\t|\t|\t|\t| EXPIRATION I I I SIGNATURE 725274858798 "]
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